Senate Committee — POFO — Evidence — 05ev-55455

POFO / Evidence / 05ev-55455

Senate Committees

Loading PDF viewer…

Senate Committee — POFO — Evidence — 05ev-55455

POFO / Evidence / 05ev-55455

Senate Committees

EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Tuesday, April 5, 2022 OTTAWA, le mardi 5 avril 2022 The Standing Senate Committee on Fisheries and Oceans met with videoconference this day at 9 a.m. [ET] to study the implementation of Indigenous rights-based fisheries across Canada. Le Comité sénatorial permanent des pêches et des océans se réunit aujourd’hui, à 9 heures (HE), avec vidéoconférence, pour étudier la mise en œuvre des pêches fondées sur les droits autochtones au Canada. Senator Fabian Manning (Chair) in the chair.

Le sénateur Fabian Manning (président) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Chair: Good morning, my name is Fabian Manning, senator for Newfoundland and Labrador. I have the pleasure to chair this meeting. Today, we are conducting a hybrid meeting of the Standing Senate Committee on Fisheries and Oceans. Le président : Bonjour. Je m’appelle Fabian Manning. Je suis un sénateur de Terre-Neuve-et-Labrador, et j’ai l’honneur de présider cette réunion. Nous tenons aujourd’hui une séance hybride du Comité sénatorial permanent des pêches et des océans.

I would like to remind senators and witnesses to please keep your microphones muted at all times unless recognized by name by the chair. Should any technical challenges arise, particularly in relation to

interpretation, please signal this to the chair or to the clerk, and we will work to resolve your issue. If you experience other technical challenges, please contact the ISD Service Desk with the technical assistance number that has been provided to you. Finally, I would like to remind all participants that Zoom screens should not be copied, recorded or photographed. You may use and share official proceedings posted on the SenVu website for that purpose. Je rappelle aux sénateurs et aux témoins qu’ils doivent garder leur micro désactivé en tout temps, sauf si la présidence leur accorde la parole.

En cas de problèmes techniques, surtout en ce qui a trait à l’interprétation, veuillez en aviser le président ou le greffier, et nous tâcherons de régler le problème. Si vous éprouvez d’autres difficultés techniques, veuillez communiquer avec le centre de services de la DSI en utilisant le numéro d’assistance technique qui vous a été fourni. Enfin, je rappelle à tous les participants qu’il est interdit de copier, d’enregistrer ou de photographier les écrans Zoom. Vous pouvez utiliser et diffuser les délibérations officielles, qui sont disponibles à ces fins sur le site SenVu.

I would like to take a few moments to introduce the members of the committee participating in today’s meeting: our deputy chair, Senator Busson from British Columbia; Senator Ataullahjan from Ontario; Senator Christmas from Nova Scotia; Senator Cordy from Nova Scotia; Senator Cormier from New Brunswick; Senator Francis from Prince Edward Island; Senator Kutcher from Nova Scotia; Senator McPhedran from Manitoba; Senator Quinn from New Brunswick; and Senator Ravalia from Newfoundland and Labrador.

J’aimerais prendre quelques instants pour présenter les membres du comité qui participent à la réunion d’aujourd’hui : la vice-présidente du comité, la sénatrice Busson, de la Colombie- Britannique; la sénatrice Ataullahjan, de l’Ontario; le sénateur Christmas, de la Nouvelle-Écosse; la sénatrice Cordy, de la Nouvelle-Écosse; le sénateur Cormier, du Nouveau-Brunswick; le sénateur Francis, de l’Île-du-Prince-Édouard; le sénateur Kutcher, de la Nouvelle-Écosse; la sénatrice McPhedran, du Manitoba; le sénateur Quinn, du Nouveau-Brunswick; et le sénateur Ravalia, de Terre-Neuve-et-Labrador.

Today, the committee continues its study on Indigenous rights‑based fisheries. Aujourd’hui, le comité poursuit son étude sur les pêches fondées sur les droits autochtones. I would just like to advise committee members and witnesses that for the last half hour of the meeting, I have to leave. Deputy chair Senator Busson will take the chair. You can be patient and kind with her as you are with me. Je signale aux membres du comité et aux témoins que je devrai m’absenter pour la dernière demi-heure de la réunion. La vice‑présidente, la sénatrice Busson, occupera alors le fauteuil.

Je vous saurais gré d’être aussi patient et gentil avec elle que vous l’êtes avec moi. We have the pleasure today to welcome — and I apologize; I will try my best to have the right pronunciations. Some people tell me I’m still working on the English language, being from Newfoundland and Labrador. Nous avons le plaisir d’accueillir... Je m’excuse à l’avance si je ne prononce pas les noms comme il faut. Je vais faire de mon mieux pour les prononcer correctement.

Certaines personnes me disent que j’ai encore du travail à faire pour maîtriser la langue anglaise, étant donné que je viens de Terre-Neuve-et-Labrador. 5-4-2022 Pêches et océans 5:1

We have the pleasure to welcome Chief Carol Dee Potter and Eric Zscheile from the Bear River First Nation; Grand Chief Jacques Tremblay and Guy-Pascal Weiner from the Wolastoqiyik Wahsipekuk First Nation; Tara Levi, Executive Director, and Bruce McIvor, Legal Counsel, from the Mawiw Council Inc. Nous avons le plaisir d’accueillir la cheffe Carol Dee Potter et Eric Zscheile, de la Première Nation de Bear River, le grand chef Jacques Tremblay et Guy-Pascal Weiner, de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk, de même que Tara Levi, directrice générale, et Me Bruce McIvor, avocat, de Mawiw Council Inc.

On behalf of the members of the committee, I thank you for being here today. I understand that we have some opening remarks. Following the opening remarks, I’m sure members of the committee will have many questions for you. Au nom des membres du comité, je vous remercie d’être là aujourd’hui. Je crois comprendre que vous avez des observations préliminaires à faire. Après votre exposé, les membres du comité auront sans doute de nombreuses questions à vous poser. Chief Potter, I’m going to give you the floor first to begin our meeting today. Pour commencer, j’aimerais donner la parole à la cheffe Potter.

Carol Dee Potter, Chief, Bear River First Nation: I would like to thank the Standing Senate Committee on Fisheries and Oceans for inviting me to appear today and address the implementation of the Mi’kmaq fishing rights. I have been a chief of Bear River First Nation for 11 years and, with my council and community elders, have been working on implementation of our fishing rights for our children, grandchildren and generations to come.

Carol Dee Potter, cheffe, Première Nation de Bear River : Je remercie le Comité sénatorial permanent des pêches et des océans de m’avoir invitée à comparaître aujourd’hui pour parler de la mise en œuvre des droits de pêche des Mi’kmaqs. Je suis cheffe de la Première Nation de Bear River depuis 11 ans et mon conseil, les anciens de ma communauté et moi collaborons en vue de mettre en œuvre nos droits de pêche dans l’intérêt des enfants, des petits-enfants et des générations à venir. I have always been a fisher. I learned from my parents and grandparents how to fish for our family and for our livelihood.

For me, fishing is not only a way to provide for my family but is a direct connection to my ancestors and the Mi’kmaq culture that they gave me. We are and have always been a fishing people. Fishing is fundamental to my attachment to the lands and waters around me. J’ai toujours pêché. Mes parents et mes grands-parents m’ont appris comment pêcher pour nourrir notre famille et gagner notre vie. Pour moi, la pêche n’est pas simplement un moyen de subvenir aux besoins de ma famille; c’est un lien direct avec mes ancêtres et la culture mi’kmaq qu’ils m’ont inculquée.

Nous sommes et avons toujours été un peuple de pêcheurs. La pêche fait

partie intégrale de mon attachement à la terre et à l’eau qui m’entourent. In these brief remarks, I would like to make two points. One, all Mi’kmaq people have the constitutional right to fish for food and their livelihood, and two, all Mi’kmaq communities have the right to self-govern their implementation in a way that they see fit in cooperation with Canada. Dans mon bref exposé, j’aimerais présenter deux arguments. Premièrement, tous les Mi’kmaqs possèdent le droit constitutionnel de pêcher pour se nourrir et gagner leur vie.

Deuxièmement, toutes les collectivités mi’kmaqs ont le droit de gouverner elles-mêmes, comme bon leur semble, la mise en œuvre de ce droit, en coopération avec le Canada. Regarding the right to fish, I have known all my life through the teachings of my elders that I have the right to fish based on the inherent rights of my ancestors and the treaties they had made with the Crown. All their lives, all Mi’kmaq know what the courts finally had accepted, 20 years ago, in Marshall.

I also had been taught that my right to fish must always be guided by the Mi’kmaq law of Netukulimk: that I can only take what I require; that I have personal stewardship responsibilities to the land, water and resources; that I have an obligation to ensure that I do not exploit what the creator has given and that I see that my children, grandchildren and future generations have the same opportunities. This is why Bear River never signed with the DFO post-Marshall.

Those agreements were about the commercial fishery, and my community was not interested in developing a fishery based on our culture and rights of Mi’kmaq. Parlons du droit de pêcher. Toute ma vie, j’ai su, grâce aux enseignements de mes anciens, que j’avais le droit de pêcher conformément aux droits inhérents de mes ancêtres et aux traités que ces derniers ont conclus avec la Couronne. Toute leur vie, tous les Mi’kmaqs savent ce que les tribunaux ont enfin accepté il y a 20 ans dans l’arrêt Marshall.

On m’a également enseigné que mon droit de pêcher doit toujours être guidé par la loi mi’kmaq du Netukulimk : je peux uniquement prendre ce dont j’ai besoin; je suis personnellement responsable de protéger les terres, les eaux et les ressources; je ne dois pas exploiter ce que le Créateur m’a donné; et je dois veiller à ce que mes enfants, mes petits-enfants et les générations futures jouissent des mêmes possibilités.

Voilà pourquoi la Première Nation de Bear River n’a jamais signé d’accord avec le ministère des Pêches et des Océans depuis l’arrêt Marshall, car les accords proposés 5:2 Fisheries and Oceans 5-4-2022

portaient sur la pêche commerciale, et, compte tenu de notre culture et des droits des Mi’kmaqs, ma collectivité n’est pas intéressée à développer une telle pêche. To date, my community members still do not have the ability to fully access the fisheries resources, particularly for those purposes of sustaining moderate livelihood in Bear River. À ce jour, les membres de Bear River ne peuvent toujours pas accéder pleinement aux ressources halieutiques, en particulier à des fins de subsistance convenable.

In cooperation with other communities that make up the Kespukwitk district of the Mi’kma’ki, we are working as hard as we can with the DFO to fully implement these rights. We’re making some progress, but it is far too slow and far too little. They ask us to have patience, yet Marshall came down over 20 years ago. DFO continues to support the interest of the commercial fishery ahead of the Mi’kmaq. En coopération avec d’autres collectivités du district de Kespukwitk du Mi’kma’ki, nous déployons tous les efforts possibles auprès du ministère des Pêches et des Océans pour pleinement mettre en œuvre ces droits.

Nous effectuons des progrès, mais pas suffisamment et beaucoup trop lentement. Le ministère nous demande d’être patients. Or, cela fait 20 ans que l’arrêt Marshall a été rendu. Le ministère continue de soutenir l’intérêt de la pêche commerciale avant celui des Mi’kmaqs. I have always maintained that all Nova Scotians are treaty people. We have the equality to share the resources around us. Bear River always kept good relations with our non-native neighbours. Our Mi’kmaq community has not, however, come close to accessing the equitable share.

J’ai toujours maintenu que tous les Néo-Écossais sont visés par les traités. En ce qui a trait au partage des ressources qui nous entourent, nous sommes égaux. La Première Nation de Bear River a toujours entretenu de bonnes relations avec ses voisins non autochtones. Toutefois, notre communauté mi’kmaq est loin d’avoir accès à sa juste part. On the right to self-govern, I wholeheartedly assert that the Mi’kmaq have the right to self-govern their rights-based fishery. This was promised in an understanding of both our ancestors when they entered into the treaties.

I accept that Mi’kmaq self‑government in fisheries must be done in cooperation and collaboration with Canada. We each have the responsibility to ensure a safe and sustainable fishery, to properly implement the constitutional rights of our community and our government and your government must develop a working solution that each of us in turn supports. Parlons du droit à l’autonomie gouvernementale. Je soutiens sans réserve que les Mi’kmaqs ont le droit de gouverner eux‑mêmes leurs pêches fondées sur leurs droits, conformément à ce qui a été convenu par nos ancêtres respectifs au moment de conclure les traités.

J’accepte que l’autonomie gouvernementale des Mi’kmaqs en matière de pêche doive se faire en coopération et en collaboration avec le Canada. Chacun de nous a la responsabilité de faire en sorte que la pêche soit sécuritaire et durable ainsi que de mettre en œuvre adéquatement les droits constitutionnels de notre communauté. Notre gouvernement et votre gouvernement doivent trouver une solution qui fonctionne et que chacun de nous appuie. To further our self-government in the fishery, Bear River has joined with Acadia, Annapolis Valley and Glooscap First Nations to develop Kespukwitk district management.

We support each other and, jointly, species management plans, community training processes and harvest engagements. We jointly determine how best to share fisheries access for livelihood purposes throughout our district. Pour favoriser notre autonomie gouvernementale relativement à la pêche, la Première Nation de Bear River s’est jointe aux Premières Nations d’Acadia, de la vallée d’Annapolis et de Glooscap pour créer un plan de gestion des pêches pour le district de Kespukwitk.

Nous nous entraidons et mettons en commun nos plans de gestion des espèces, nos formations communautaires et nos consultations en matière de pêche. Nous déterminons ensemble le meilleur moyen de répartir dans l’ensemble du district l’accès à la pêche à des fins de subsistance. We have been jointly negotiating with DFO to further our community management plans. As Kespukwitk communities, we have the obligation to be in stewardship of our area. We take the responsibility seriously. This does not mean the Mi’kmaq from outside of Kespukwitk are forbidden from harvesting in our district.

Other communities’ districts need to work with us in our management planning to ensure proper sustainability and safety. As part of the Assembly of Nova Scotia Mi’kmaw Chiefs, we are exploring ways that this can happen. Nous faisons front commun pour négocier avec le ministère des Pêches et des Océans afin de faire valoir nos plans de gestion communautaires. En tant que collectivités de Kespukwitk, nous sommes tenus de protéger notre région, responsabilité que nous prenons au sérieux. Cela ne veut pas dire qu’il est interdit aux Mi’kmaqs de l’extérieur de Kespukwitk de pêcher dans notre district.

Les districts des autres collectivités doivent travailler avec nous pour planifier la gestion et assurer adéquatement la durabilité et la sécurité. En tant que membres de l’Assemblée des 5-4-2022 Pêches et océans 5:3

chefs mi’kmaqs de la Nouvelle-Écosse, nous examinons les moyens d’y parvenir. This is based on the teachings of my elders, shared with you and with others and with respect to stewardship responsibility of those shared with you. Les observations que je vous ai transmises sont fondées sur les enseignements de mes anciens et le respect notre responsabilité commune de protéger. As frustrating as it has been for 20 years, I will continue to work with Canada to finally set down a respectful path of treaty implementation. There was no other path.

I simply ask that when DFO sits at a table to work with how fisheries will look into the future, they stop giving priority to protect the commercial fishery or to protecting their own jurisdiction and control and start giving priority to helping the Mi’kmaq implement their constitutional rights. In the end, it will be a better fishery for all of us. Wela’lioq, thank you. Aussi frustrant que la situation puisse être depuis 20 ans, je continuerai de collaborer avec le Canada pour enfin trouver une solution respectueuse afin de mettre en œuvre les droits issus des traités. Car leur mise en œuvre est indispensable.

Je demande simplement au ministère, lorsqu’il négocie l’avenir des pêches, de cesser de protéger en priorité la pêche commerciale, ses propres pouvoirs ou son contrôle et de commencer à aider, en priorité, les Mi’kmaqs à mettre en œuvre leurs droits constitutionnels. Au bout du compte, cela mènera à une meilleure pêche pour nous tous. Wela’lioq, merci. The Chair: Thank you, chief. Le président : Merci, cheffe. [Translation] [Français] Jacques Tremblay, Grand Chief, Wolastoqiyik Wahsipekuk First Nation: Hello everyone.

Thank you for welcoming us here this morning and allowing us to briefly present our nation and to talk to you about our fishery agreement with Fisheries and Oceans Canada. I am here with Guy-Pascal Weiner, Director of Commercial Fisheries of the First Nation. Jacques Tremblay, grand chef, Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk : Bonjour tout le monde. Merci de nous recevoir ce matin et merci de nous permettre de présenter brièvement notre nation et de vous parler de notre entente de pêche avec le ministère des Pêches et Océans Canada.

Je suis accompagné de Guy-Pascal Weiner, directeur des pêches commerciales à la Première Nation. The Wolastoqiyik Wahsipekuk First Nation, formerly called the Maliseet of Viger First Nation, is the only Wolastoqiyik Nation in Quebec territory. Six other Wolastoqiyik Nations are in New Brunswick. After the loss of Viger’s reserve lands in 1869, the community dispersed over the territories of Quebec, Canada and the United States. La Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk, autrefois Première Nation Malécite de Viger, est la seule nation Wolastoqiyik en territoire québécois.

Six autres nations Wolastoqiyik se trouvent au Nouveau-Brunswick. Après la perte des terres de la réserve de Viger en 1869, la communauté s’est dispersée sur le territoire du Québec, du Canada et des États‑Unis. It was in 1987 that a small group of people initiated work to find the descendants of the “Amaliseets of Viger” in order to re‑form the band, revive it and have it officially recognized.

After a few years of hard work, the Quebec National Assembly passed a motion in 1989 officially recognizing the Maliseet of Viger First Nation as the eleventh First Nation in Quebec, and I include the Inuit in that of course. C’est en 1987 que se sont amorcés, sous l’initiative d’un petit groupe de personnes, des travaux visant à retrouver les descendants des Malécites afin de faire revivre et reconnaître officiellement notre communauté.

Après quelques années d’efforts soutenus, l’Assemblée nationale du Québec a adopté, en 1989, une motion reconnaissant officiellement la Première Nation Malécite de Viger comme la 11e nation autochtone du Québec, et j’inclus évidemment les Inuits. Since that time, the road travelled has been impressive. The nation has embarked on the long road of cultural and identity reappropriation while deploying considerable means to develop itself on political and socio-economic levels. Depuis ce temps, le chemin parcouru est impressionnant.

La nation s’est engagée sur le long chemin de la réappropriation culturelle et identitaire tout en déployant des moyens considérables pour se développer sur les plans politique et socioéconomique. Today, the Wolastoqiyik Wahsipekuk First Nation has a small reserve land in Cacouna in the Lower St. Lawrence and its members form a diaspora of 1,900 people. Our members are spread out throughout Quebec and beyond. Several members of Aujourd’hui, la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk possède une petite terre de réserve à Cacouna, dans le Bas‑Saint‑Laurent, et les membres forment une diaspora de 1 900 personnes.

Nos membres sont répartis sur tout le territoire 5:4 Fisheries and Oceans 5-4-2022

the nation still go to Wolastokuk, our ancestral land, to take

part in traditional activities there. québécois et au-delà. Plusieurs membres de la nation se rendent toujours sur le Wolastokuk, notre territoire ancestral, pour y pratiquer des activités traditionnelles. In the momentum for self-determination, in 2019 the community chose to go back to its original name, the Wolastoqiyik Wahsipekuk First Nation. This identity is closely linked to the water and the river. The term “Wolastoqiyik” means “the people of the beautiful and bountiful river,” or the St. John river, which is in the heart of Wolastokuk, our ancestral land. The term “Wahsipekuk” means “near the St.

Lawrence River.” The reappropriation of this name demonstrates the cultural and historic importance of these waterways and the fisheries resources to the members of our community. Dans cet élan d’autodétermination, la communauté a choisi de reprendre son nom d’origine en 2019, soit la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk. Cette identité est intimement liée à l’eau et au fleuve. Le terme « Wolastoqiyik » signifie « peuple de la belle et généreuse rivière », soit la rivière Saint-Jean qui se trouve au cœur du Wolastokuk, notre territoire ancestral.

Le terme « Wahsipekuk » signifie quant à lui « près du fleuve Saint- Laurent ». La réappropriation de ce nom démontre toute l’importance culturelle et historique des cours d’eau et des ressources halieutiques pour les membres de notre communauté. In fact, this relationship with the water is at the heart of several promising projects for the nation. Among other things, we have signed occupancy agreements with the Government of Quebec for the lands adjacent to the Port of Gros-Cacouna.

The First Nation is currently establishing various partnerships that are essential to the development of these lands in order to collaborate with the different stakeholders. We hope to create a unique synergy on this site as well as on the land adjacent to this site, including on the sacred Gros-Cacouna mountain. D’ailleurs, cette relation avec l’eau est au cœur de plusieurs projets porteurs pour la nation. Entre autres, nous avons signé des ententes d’occupation avec le gouvernement du Québec pour les terres adjacentes au port de Gros-Cacouna.

La Première Nation établit actuellement divers partenariats essentiels au développement de ces terres afin de collaborer avec les différentes parties prenantes. Nous souhaitons créer une synergie unique sur ce site ainsi que sur les terres limitrophes de ce site, notamment sur la montagne sacrée de Gros-Cacouna. What is more, since Marshall, which confirmed that First Nations signatories to peace and friendship treaties have recognized and constitutionally protected commercial fishing rights, the nation has initiated the process to reappropriate the river and its resources.

This process began with discussions between us and the Government of Canada that concluded with the signing of a framework agreement to renew the relationship with Canada in 2019. This agreement essentially sets out general discussions terms in order to provide a channel for an official discussion on implementing the rights of the Wolastoqiyik.

De plus, depuis l’arrêt Marshall qui est venu confirmer que les Premières Nations signataires des traités de paix et d’amitié ont des droits de pêche commerciale reconnus et protégés constitutionnellement, la nation a entamé diverses démarches afin de se réapproprier le fleuve et ses ressources. Ces démarches ont d’abord débuté par des discussions entre nous et le gouvernement du Canada qui se sont conclues par la signature d’une entente-cadre visant le renouvellement de la relation avec le Canada en 2019.

Cette entente prévoit essentiellement des termes généraux de discussion afin de s’offrir un canal de discussion officiel pour la mise en œuvre des droits des Wolastoqiyik. Then the First Nations and Fisheries and Oceans Canada concluded the agreement on the fisheries resources. That agreement touches only on the commercial fishery. The goal is to support access to the fisheries resources, agree on collaborative and participative management formats and to support self‑government in the management of harvestable fisheries resources on a commercial level.

The agreement on fisheries resources also sets out contributions over 10 years divided among four key sectors for a total value of roughly $12 million. I will spare you the details about the division per sector. Par la suite, la Première Nation et le ministère des Pêches et Océans Canada ont conclu l’accord concernant les ressources halieutiques. Cet accord touche uniquement les pêches commerciales.

Il a notamment pour but de favoriser l’accès aux ressources halieutiques, de convenir de modes de gestion collaborative et participative ainsi que de favoriser l’autonomie gouvernementale dans la gestion des ressources halieutiques exploitables sur le plan commercial. L’accord concernant les ressources halieutiques prévoit également des contributions réparties sur 10 ans divisées en quatre principaux secteurs, pour une valeur totale d’environ 12 millions de dollars. Je vais vous faire grâce de la répartition par secteur. Today, from the estuary to the channel bottom of the Gulf of St.

Lawrence, the First Nation commercial fisheries are catching a range of fish, mollusks, echinoderms and crustaceans. Roughly 15 or so direct jobs are flourishing in eastern Quebec with another 15 or so jobs that support these activities during the Ainsi, aujourd’hui, de l’estuaire jusqu’au fond des chenaux du golfe Saint-Laurent, les pêches commerciales de la Première Nation capturent diverses espèces de poissons, de mollusques, d’échinodermes et de crustacés. C’est environ une quinzaine d’emplois directs qui rayonnent dans l’est du Québec avec une 5-4-2022 Pêches et océans 5:5

harvest season. We are very proud that this agreement was signed. What is more, we were the first community in eastern Canada to sign a commercial fishing agreement with Canada, which is a testament to the dynamism of our community. autre quinzaine de postes qui gravitent autour de ces activités pendant la période d’exploitation. Nous sommes donc très fiers de la signature de cet accord. De surcroît, nous avons été la première communauté de l’est du Canada à signer une entente concernant les pêches commerciales avec le Canada, ce qui démontre tout le dynamisme de notre communauté.

Accordingly, the Wolastoqiyik Wahsipekuk First Nation recognizes that the funding it receives for its commercial fishery is a positive lever for developing seafood processing and enhancement projects. The agreement also helps prevent disputes between Indigenous and non-Indigenous people by imposing one and the same system on everyone. Par conséquent, la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk reconnaît que le financement qu’elle reçoit pour ses activités de pêcheries commerciales est un levier positif pour mettre en œuvre des projets de transformation et de valorisation des produits de la mer.

L’accord permet également d’éviter des conflits entre Autochtones et non-Autochtones en imposant un seul et même système pour tous. However, as we made clear to Government of Canada representatives during the negotiation of the accord, we do not believe that this accord can be described as an agreement of reconciliation. The non-negotiable part of the agreement would require the First Nation to submit to the federal regulatory framework on fishing activities in exchange for funding for fisheries resource development, with the governance and management that goes with it. The funding amounts were predetermined.

These amounts were therefore not part of a negotiation focused on the vision and objectives of the First Nation with respect to the development of these fisheries and in full respect of the First Nation’s rights. Cependant, comme il a été formulé de vive voix auprès des représentants du gouvernement du Canada lors de la négociation de l’accord, nous ne considérons pas que cet accord puisse être qualifié d’entente de réconciliation.

En effet, la base non négociable de l’accord consistait pour la Première Nation à se soumettre au cadre réglementaire fédéral sur les activités de pêche en échange d’un financement pour l’exploitation des ressources halieutiques, et la gouvernance et la gestion y étant liées. Les montants de financement étaient prédéterminés. Ces montants n’ont donc pas fait l’objet d’une négociation axée sur la vision et les objectifs de la Première Nation quant au développement de ces pêcheries et au plein respect des droits à cet égard.

A quick calculation confirms that an amount of roughly $6 million for the Maliseet fishery, if spent strictly on right of access, on licenses for example, is far from adequate for achieving a suitable subsistence for our community. Consideration should be given to the fact that the price of fishing licenses is systematically inflated by non-native sellers because of the funding the First Nations receive from the Government of Canada. Buying access to the resource in the current system, added to this bidding war, means the money from the funding quickly ends up back outside the community. Un calcul

sommaire permet d’affirmer qu’un montant d’environ 6 millions de dollars à

titre de fonds des activités de pêche malécite, s’il est dépensé strictement en droit d’accès, par exemple les permis, est loin de permettre l’atteinte d’un seuil de subsistance convenable pour notre communauté. Il faut considérer que le prix des permis de pêche est systématiquement gonflé par les vendeurs non autochtones en raison du financement que les Premières Nations reçoivent du gouvernement du Canada. L’achat d’accès à la ressource dans le système actuel ajouté à cette surenchère fait donc en sorte que l’argent du financement est vite retourné à l’extérieur de la communauté.

The First Nation’s vision for its treaty fishing rights goes hand in hand with its vision for self-government and enhanced decision-making powers in managing its rights, which has not been adequately implemented, in our opinion, in the wake of the signing of the agreement. For example, last week the First Nation received correspondence from Fisheries and Oceans Canada (DFO) confirming that the experimental lobster fishing protocol in area 19 A-1 would be upheld for the fifth year.

La vision de la Première Nation quant à ses droits de pêche issus de traités s’intègre dans la vision de son autonomie gouvernementale et l’augmentation de ses pouvoirs décisionnels dans la gestion de ses droits, ce qui n’est pas adéquatement mis en œuvre, à notre avis, à la suite de la signature de l’accord. À

titre d’exemple concret, la semaine dernière, la Première Nation recevait une correspondance de Pêches et Océans Canada (le MPO) qui confirmait le maintien, pour une cinquième année, du protocole de pêche expérimentale au homard dans la zone 19 A-1. 5:6 Fisheries and Oceans 5-4-2022

Since 2018, the First Nation has been conducting experimental lobster fishing in this sub-area. We are calling for the transition from experimental status to an exploratory status in light of the good-quality high landings we have seen over the past two years. Depuis 2018, la Première Nation mène une pêche expérimentale au homard dans cette sous-zone. Nous demandons la transition du statut expérimental vers un statut exploratoire devant les débarquements abondants et de qualité dont nous avons été témoins au cours des deux dernières années. An agreement implementation committee meeting was held on March 9.

During that meeting, there was discussion about the DFO’s direction, which planned to uphold the experimental status of this fishery by invoking an inability to conduct the necessary analyses on time as well as an insufficient data collection by the First Nations. According to the explanations provided at this meeting, a change in harvest efforts at this time could compromise the analysis and hinder the working protocol. Une réunion du comité de mise en œuvre de l’accord s’est tenue le 9 mars dernier.

Lors de cette rencontre, il a été discuté de l’orientation du MPO, qui entendait maintenir le statut expérimental de ces pêches en invoquant une incapacité à réaliser les analyses requises dans les délais ainsi qu’une prise de données inadéquate effectuée par la Première Nation. Selon les explications données lors de cette rencontre, une modification des efforts de pêche, à ce moment-ci, risquerait de compromettre l’analyse et de nuire au protocole de travail. Obviously, we disagree.

For the First Nation, reconciliation and the recognition of its self-government requires the recognition of a permanent and active role in conservation measures for the resource to which the nation enjoys constitutional rights. The conservation parameters are currently entirely determined by the Government of Canada. Évidemment, nous ne sommes pas d’accord.

Pour la Première Nation, la réconciliation et la reconnaissance de son autonomie gouvernementale passent par une reconnaissance d’un rôle permanent et actif dans les mesures de conservation de la ressource à l’égard de laquelle elle jouit de droits constitutionnels. Or, les paramètres de conservation sont actuellement entièrement déterminés par le gouvernement du Canada.

The First Nation’s vision for the implementation of its fishing rights includes an active, even central participation in determining conservation objectives and developing conservation measures, which for now seems to be in opposition to the DFO’s vision, despite the signing of the agreement on fisheries resources.

La vision de la Première Nation de la mise en œuvre de ses droits de pêche inclut une participation active, voire éventuellement centrale, à la détermination des objectifs de conservation et l’élaboration des mesures de conservation, ce qui pour l’instant, semble être une vision opposée à celle du MPO, malgré la signature de l’accord concernant les ressources halieutiques. Honourable members of the committee, I hope all of this has been helpful for developing the DFO policy on implementing peace and friendship treaty rights. Thank you very much. Woliwon.

En espérant le tout utile à l’évolution de la politique du MPO sur la mise en œuvre des droits issus de traités de paix et d’amitié, veuillez agréer, chers membres du comité, l’expression de nos sentiments distingués. Merci beaucoup. Woliwon. [English] [Traduction] The Chair: Thank you, Chief Tremblay. Le président : Merci, chef Tremblay. Tara Levi, Executive Director, Mawiw Council Inc.: Good morning, senators. Today I am making submissions on behalf of the Elsipogtog and Esgenoopetitj First Nations regarding the need for true shared decision making over our fisheries with Canada.

Together, our two First Nations represent the largest Indigenous fleet in Atlantic Canada and represent over 400 fishers with 110 vessels. Tara Levi, directrice générale, Mawiw Council Inc. : Bonjour, sénateurs. Aujourd’hui, je présente des observations au nom des Premières Nations d’Elsipogtog et d’Esgenoopetitj concernant la nécessité de prendre des décisions réellement communes avec le Canada en ce qui a trait à nos pêches. Ensemble, nos deux Premières Nations représentent la plus importante flotte de pêche autochtone du Canada atlantique, puisqu’elles comptent 400 pêcheurs et 110 bateaux.

As you will hear from me this morning, when DFO unilaterally regulates our First Nation fisheries, DFO not only fails to respect our inherent and constitutionally protected right to self-governance, it also puts our people’s lives in jeopardy. Comme vous l’entendrez dans mon exposé ce matin, lorsque le ministère des Pêches et des Océans réglemente unilatéralement les pêches des Premières Nations, non seulement il ne respecte pas notre droit inhérent, protégé par la Constitution, à l’autonomie gouvernementale, il compromet également la vie des membres de notre population. 5-4-2022 Pêches et océans 5:7

To provide some context surrounding our fisheries agreement, in 2019 our First Nations entered into an interim fisheries agreement with Canada. Under this agreement, Canada committed to co-develop an approach to the collaborative management of our fisheries. Our nations were hopeful this commitment would result in a meaningful government-to- government relationship over the conduct of our fisheries. Under

section 4.1(1) of the Fisheries Act, Canada can enter into agreements with Indigenous nations. However, it is three years later, and DFO still refuses to negotiate a true shared decision- making arrangement which represents our inherent jurisdiction and decision-making authority. Instead, we have been limited to a consultation-based framework under which our First Nations can only make recommendations to the minister on decisions impacting our fisheries. Je vais donner un peu de contexte concernant notre entente relativement aux pêches.

En 2019, nos Premières Nations ont conclu avec le Canada une entente provisoire sur les pêches. Aux termes de cette entente, le Canada s’est engagé à élaborer, de concert avec nos Premières Nations, une approche collaborative de gestion de nos pêches. Nos nations espéraient que cette entente mènerait à une véritable relation de gouvernement à gouvernement en ce qui concerne la gestion de nos pêches.

Le paragraphe 4.1(1) de la

Loi sur les pêches habilite le Canada à conclure un accord avec les nations autochtones. Or, nous voilà trois ans plus tard, et le ministère des Pêches et des Océans refuse toujours de négocier une véritable entente de prise de décisions partagée tenant compte de notre compétence et de notre pouvoir décisionnel inhérents. Plutôt, on nous limite à un cadre de travail axé sur la consultation dans le cadre duquel nos Premières Nations peuvent uniquement formuler des recommandations à l’intention de la ministre à l’égard des décisions ayant une incidence sur nos pêches.

There is a need for a true shared decision-making framework that recognizes our right to regulate our fisheries in accordance with our Indigenous laws and governance structures. There is already a legislative tool in place that can be used to achieve this. What is missing is the political will to do so. Il faut établir un véritable cadre de prise de décisions partagée qui reconnaît notre droit de réglementer nos pêches conformément à nos lois autochtones et à nos structures de gouvernance. Il existe déjà un outil législatif en place que l’on pourrait utiliser à cette fin.

Ce qu’il manque, c’est la volonté politique de le faire. The need for true shared decision making is personal. Days before the opening of the 2021 snow crab fishery, our nations implored DFO to delay the opening of the crab season. We knew there was still ice in the water, making it a hazard for our fishers. It was a little over a year ago that our communities lost two crew members: Jonathan Craig Sock, saw also known as Jumbo, and Seth Monahan. Le besoin d’une prise de décisions partagée est personnel.

Dans les jours qui ont précédé l’ouverture de la saison 2021 de la pêche au crabe des neiges, nos nations ont imploré le ministère des Pêches et des Océans de la retarder. Nous savions qu’il y avait toujours de la glace sur l’eau, ce qui mettrait nos pêcheurs en danger. Il y a un peu plus d’un an, nos collectivités ont perdu deux membres d’équipage : Jonathan Craig Sock, surnommé Jumbo, ainsi que Seth Monahan. This is why we cannot be limited to making recommendations only. If our nations were respected and approached as decision makers over our fisheries, this would not have happened.

These discussions must be supported by adequate funding for the development of our governance programs, including the training of our guardians and fishers. When this training and our equipment are underfunded, it puts our people’s lives at risk. We know our territory and our waters. Shared decision making recognizes that together we can do better and make better decisions. Voilà la raison pour laquelle on ne peut limiter notre rôle à la simple formulation de recommandations. Si nos nations étaient respectées et qu’on nous consultaient à

titre de décideurs en ce qui a trait à nos pêches, cela ne se serait pas produit. Ces discussions doivent être appuyées par un financement adéquat pour la création de nos programmes de gouvernance, y compris la formation de nos gardes-pêche et de nos pêcheurs. Lorsque cette formation et notre matériel sont sous-financés, cela compromet la vie des membres de nos collectivités. Nous connaissons notre territoire et nos eaux. La prise de décisions partagée reconnaît que, ensemble, nous pouvons faire mieux et prendre de meilleures décisions. Canada must and can do better for Indigenous peoples in Canada.

The path forward is true shared decision making over our fisheries. Wela’lin, thank you. Le Canada peut et doit faire mieux pour les Autochtones au Canada. La voie de l’avenir est la véritable prise de décisions partagée concernant nos pêches. Wela’lin, merci. The Chair: Thank you, Ms. Levi. Le président : Merci, madame Levi. We’re going to go to our senators now. Before we do that, I just want to advise senators that we have a long list here.

We have another panel this morning, so if possible, if you have two Nous passons maintenant aux questions des sénateurs, mais d’abord, je préviens les sénateurs que la liste des personnes qui souhaitent intervenir est longue et que nous accueillerons un 5:8 Fisheries and Oceans 5-4-2022

questions, please put them into one and direct them where you can just to save time. I hate pushing, but I have no choice with the time constraints we have. autre groupe de témoins ce matin. Ainsi, si vous avez deux questions, je vous prierais, si possible, de les combiner en une seule et de préciser à qui elles s’adressent afin d’économiser du temps. Je regrette de devoir mettre de la pression, mais je n’ai pas le choix, car nous sommes serrés dans le temps. Senator Busson: My question is for Chief Potter.

Chief Potter, in your opening remarks, you spoke about the fact that you have not signed a fisheries agreement with DFO in your search for a way forward for a moderate livelihood fishery. You talked about the need for self-governance in arranging a way forward. La sénatrice Busson : Ma question s’adresse à la cheffe Potter. Cheffe Potter, dans votre déclaration préliminaire, vous avez mentionné que vous n’avez pas signé d’accord sur les pêches avec le ministère des Pêches et des Océans dans votre quête de solution pour mettre en œuvre votre droit à une pêche de subsistance convenable.

Vous avez parlé de la nécessité de l’autonomie gouvernementale pour négocier une solution. In your view, how can co-governance be reasonably integrated into a path forward, given your negotiations presently with DFO? Do you believe that DFO is the proper department to be dealing with the moderate livelihood fishery? Selon vous, à la lumière de vos négociations en cours avec le ministère des Pêches et des Océans, comment peut-on raisonnablement intégrer l’autonomie gouvernementale dans la solution?

Croyez-vous que le ministère des Pêches et des Océans soit le bon ministère pour régler la question de la mise en œuvre du droit à une pêche de subsistance convenable? Ms. Potter: Thank you for the question, but I would prefer that Eric Zscheile answer that for Bear River First Nation. Mme Potter : Je vous remercie de la question, mais je préférerais qu’Eric Zscheile y réponde au nom de la Première Nation de Bear River. Eric Zscheile, Negotiator with Kwilmu’kw Maw-klusuaqn (KMKNO), Bear River First Nation: That’s an excellent question, senator.

Currently, the Kespukwitk communities are in a process with DFO in what we’re calling implementation of community-based management plans. Eric Zscheile, négociateur avec Kwilmu’kw Maw-klusuaqn (KMKNO), Première Nation de Bear River : C’est une excellente question, sénatrice. À l’heure actuelle, les collectivités de Kespukwitk collaborent avec le ministère des Pêches et des Océans afin de mettre en œuvre des plans de gestion communautaires.

Under our system, the communities themselves work with our harvesters and develop management plans on a species-specific basis to look at the livelihood fishery and implementation. We then have a process where we are sitting down with DFO and working out how that implementation can take place within both of our mandates. We still have parts of our mandates that are not aligned, but we are finding that there are enough of our mandates that are aligned that we are able to come up with solutions that let us start exploring, on an interim basis, where we can go forward.

Dans notre système, les collectivités collaborent avec les pêcheurs et élaborent un plan de gestion propre à chaque espèce pour éclairer la mise en œuvre du droit à une pêche de subsistance convenable. Ensuite, nous discutons avec le ministère des Pêches et des Océans pour déterminer comment cette mise en œuvre peut se faire dans le respect de nos mandats respectifs. Certains aspects de nos mandats ne sont toujours pas compatibles, mais nous constatons que des parties suffisantes se rejoignent pour nous permettre de commencer à mettre à l’essai, provisoirement, des solutions.

In Kespukwitk, for example, both with the lobster fishery and the elver fishery, we have developed community plans that the harvesters are operating under. DFO, on their side, develops authorization, so it doesn’t require the signing of any agreements or the signing off of any licences by the First Nations. They go by their community plans; DFO goes via their authorizations. The negotiations are really making sure that the DFO authorization and the First Nation community plan align so that we are all doing the things that we think we are doing.

Par exemple, à Kespukwitk, nous avons créé un plan de gestion communautaire pour la pêche au homard et un autre pour la pêche à la civelle, lesquels régissent les activités des pêcheurs. Pour sa part, le ministère des Pêches et des Océans autorise ces activités. Ainsi, aucun accord ni aucun permis n’est nécessaire. Les Premières Nations sont régies par leurs plans communautaires et le ministère fonctionne par autorisation. Les négociations servent en réalité à harmoniser l’autorisation du ministère et le plan communautaire de la Première Nation de sorte que tout le monde fasse les choses comme prévu.

So far, they have been quite successful, and we’ve been able to get some people out doing some livelihood fishing and selling their fish without much of a problem. We’ve been able to get Jusqu’à présent, le processus fonctionne plutôt bien, et nous avons réussi à faire en sorte que des gens puissent pêcher à des fins de subsistance convenable et vendre leurs prises sans trop de 5-4-2022 Pêches et océans 5:9

enforcement to be helpful in ensuring that the livelihood fishers are safe in doing what they’re doing. problèmes. Nous avons réussi à amener les forces de l’ordre à aider ceux qui pêchent à des fins de subsistance à le faire en toute sécurité. The Chair: Thank you, Mr. Zscheile. Le président : Merci, monsieur Zscheile. Senator Francis: Thank you. I am joining you today from my office that is located in the unceded territory of the Algonquin Anishinabeg people. Le sénateur Francis : Merci. Je me joins à vous aujourd’hui depuis mon bureau situé sur le territoire non cédé du peuple algonquin anishinabe.

My question is for Grand Chief Tremblay and the Mawiw Council. The First Nations you represent signed RRAs. I am interested in hearing about your experiences. Could you tell us what legal mechanisms are available under the RRAs to create the space for true shared decision making, and have your relationships and experiences with DFO improved since Minister Murray was appointed? Ma question s’adresse au grand chef Tremblay ainsi qu’au Mawiw Council. Les Premières Nations que vous représentez ont signé un accord de réconciliation des droits. J’aimerais que vous nous parliez de cette expérience.

Pourriez-vous nous dire quels mécanismes juridiques sont disponibles en vertu des accords de réconciliation des droits pour créer l’espace nécessaire à la véritable prise de décisions partagée? De plus, votre relation et votre expérience avec le ministère des Pêches et des Océans se sont-elles améliorées depuis la nomination de la ministre Murray? Ms. Levi: I will divert the question to Bruce McIvor for Mawiw Council. Mme Levi : Je vais laisser à Me Bruce McIvor le soin de répondre à la question au nom du Mawiw Council. [Translation] [Français] Mr. Tremblay: Thank you for the question, senator.

I would like to start by saying that our relationship with the people from DFO is very respectful, and I do want to mention that. M. Tremblay : Merci pour la question, sénateur. Tout d’abord, notre relation avec les gens du MPO est très respectueuse, je tiens à le mentionner. We agreed to implement a reconciliation agreement with Canada for our fishery, and during the process, and at our request, we withdrew the title of reconciliation agreement. This agreement works for us to some extent because it does let us develop our fisheries, but it does so according to the standards and vision of Canada.

We wanted to have a more participatory role in the agreement. I gave the example of lobster fishing where we collect our own data. Lorsqu’on avait convenu de mettre en œuvre une entente de réconciliation avec le Canada dans le cadre de nos pêches, en cours de route — et c’est à notre demande — nous avons retiré le nom d’entente de réconciliation. Cette entente nous convient en partie, puisqu’elle nous permet quand même de développer nos pêches, mais selon les normes et la vision du Canada.

On voulait avoir un rôle plus participatif dans l’entente, et j’ai donné l’exemple de la pêche au homard où on prend nos propres données. We belong to the Mi’gmaq Maliseet Aboriginal Fisheries Management Association. We have scientists working for us. They collect data from our boats and analyze them. However, Canada continues to apply its management formula for a conventional program. Our nation can take on more responsibilities. We have established impeccable financial management and administrative systems within the nation. We have scientists working with us.

We are working with the Maurice Lamontagne Institute and Fisheries and Oceans. We also work closely with the Group for Research and Education on Marine Mammals on the protection of marine mammals, which lets us continually improve our fishing techniques. Nous faisons

partie de l’Association de gestion halieutique autochtone avec les peuples mi’kmaq et malécite. Nous avons des scientifiques qui travaillent pour nous; ils prennent les données sur nos bateaux et les analysent. Cependant, le Canada garde toujours sa formule de gestion d’un programme conventionnel. Notre nation est en mesure de prendre davantage de responsabilités. Nous avons établi des systèmes de gestion et d’administration financières impeccables à l’intérieur de la nation. Nous avons des scientifiques qui collaborent avec nous. Nous travaillons avec l’Institut Maurice-Lamontagne, avec Pêches et Océans.

Nous avons également des liens étroits avec le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins pour la protection des mammifères marins, ce qui nous permet d’améliorer continuellement nos techniques de pêche. 5:10 Fisheries and Oceans 5-4-2022

Therefore, we have reached a point where we can move on to the next level. When you talk about self-determination and self‑government, you have to move in that direction. Unfortunately, the current agreement only works for us in part because it is based on the management of a conventional program. Donc, nous sommes rendus à un niveau où on peut passer à une prochaine étape. Lorsqu’on parle d’autodétermination et d’autonomie gouvernementale, il faut tendre vers cela. Malheureusement, l’entente actuelle ne nous convient qu’en partie, car c’est la gestion d’un programme conventionnel.

Once again, our discussions with DFO staff are respectful and cordial. Encore une fois, les discussions que nous avons avec le personnel du MPO sont respectueuses et cordiales. [English] [Traduction] Bruce McIvor, Legal Counsel, Mawiw Council Inc.: Thank you, senator, and thank you for the opportunity to follow up on your question on behalf of Elsipogtog and Esgenoopetitj. What is really important here is that there is a mechanism within the legislation to move forward true shared decision making.

Me Bruce McIvor, avocat, Mawiw Council Inc. : Merci, sénateur, et merci de me donner l’occasion de répondre à votre question au nom des Premières Nations d’Elsipogtog et d’Esgenoopetitj. Ce qu’il importe de souligner, c’est que la loi prévoit un mécanisme pour parvenir à une véritable prise de décisions partagée. The current mandate that we see from the federal government doesn’t move in that direction; it is more of your usual consultation-based thing, where all decision making is with the federal minister.

Or, nous constatons que le mandat actuel du gouvernement fédéral ne va pas dans cette direction; il mise plutôt, comme d’habitude, sur la prise de décisions fondées sur la consultation, où le pouvoir décisionnel repose entièrement entre les mains de la ministre fédérale. But this is a unique situation. There is

section 4.1 under the Fisheries Act, which, as senators know, was amended several years ago to allow for these kinds of true shared decision-making agreements with Indigenous governments. It is there. I do this work all across the country. Usually there is no legislative mechanism for it. Here there is a mechanism, but what is missing is the political will to have those conversations with the Mi’kmaq to see what a true shared decision-making agreement would look like. Cela dit, la situation est unique. Comme le savent les sénateurs, l’article 4.1 de la

Loi sur les pêches a été modifié il y a plusieurs années pour permettre au gouvernement de conclure des accords de prise de décisions partagée avec les gouvernements autochtones. C’est prévu par la loi. Je fais ce travail à la grandeur du pays. En général, il n’existe aucun mécanisme prévu par la loi à cette fin. Or, dans le cas du gouvernement fédéral, le mécanisme existe. Ce qu’il manque, c’est la volonté politique de tenir ce dialogue avec les Mi’kmaqs pour parvenir à un accord de prise de décisions réellement partagée.

It is really important that this can be based on the Mi’kmaqs’ inherent laws and inherent rights to govern themselves. It would be in line with the federal government’s commitments under UNDRIP, because the legislation says that they must take all steps necessary. This would be implementing

Article 18 of UNDRIP. Il est très important de souligner qu’un tel accord peut être fondé sur les lois inhérentes des Mi’kmaqs et leur droit inhérent à l’autonomie gouvernementale. Cela serait conforme aux engagements pris par le gouvernement fédéral relativement à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, puisque la loi précise que le gouvernement doit prendre toutes les mesures nécessaires pour la respecter. En concluant des accords sur la prise de décisions partagée, le gouvernement appliquerait l’article 18 de la déclaration. It is not just an opportunity.

Elsipogtog and Esgenoopetitj say there is a positive obligation on the federal government to move forward in this direction, and Parliament created this space exactly for that to happen. What we need now is the political will from the minister’s office to do it. Thank you very much. Ce n’est pas simplement une possibilité. Les Premières Nations d’Elsipogtog et d’Esgenoopetitj soutiennent que le gouvernement fédéral est indéniablement tenu de prendre des mesures en ce sens, et le Parlement a justement créé cet espace à cette fin.

Ce qu’il faut, maintenant, c’est une volonté politique de la part du cabinet de la ministre pour y arriver. Merci beaucoup. Senator Francis: Thank you. Le sénateur Francis : Merci. 5-4-2022 Pêches et océans 5:11

[Translation] [Français] Senator Cormier: Chief Potter, I would like to thank you for the help the Mi’kmaq gave Acadians during the darkest days of our history. I want to recognize that this morning. I also want to say that I am speaking to you from the Algonquin Anishinabe territory. Le sénateur Cormier : Cheffe Potter, je vous remercie pour l’aide que le peuple mi’kmaq a apportée au peuple acadien au cours des jours les plus sombres de notre histoire. Je veux reconnaître cela ce matin. Je tiens également à souligner que je vous parle du territoire algonquin anishinabe ce matin.

My first question is for Chief Potter and Ms. Levi. I find it difficult to reconcile the fact that we are talking about, in the case of Indigenous peoples, constitutional rights and self‑governance, which I recognize. How can these two visions come together? It seems to me that they cannot necessarily be reconciled. Ma première question s’adresse à la cheffe Potter et à Mme Levi. J’ai de la difficulté à réconcilier le fait qu’on parle, dans le cas des peuples autochtones, de droits constitutionnels et d’autogouvernance — que je reconnais. Comment ces deux visions peuvent-elles se rejoindre?

Il me semble qu’elles ne sont pas forcément réconciliables. My second question is for Mr. Tremblay. You spoke about the agreement with the federal government. How were you able to establish a climate of trust that led to the signing of the agreement? This type of agreement is not really found elsewhere, if I have understood correctly. Thank you. Ma deuxième question s’adresse à M. Tremblay. Vous avez parlé de l’entente avec le gouvernement fédéral. Comment avez‑vous réussi à établir un climat de confiance qui a permis cette signature d’entente?

Ce genre d’entente ne se retrouve pas vraiment ailleurs, si je comprends bien. Merci. [English] [Traduction] Ms. Potter: Thank you for the question, but I will also ask Eric Zscheile to speak to your question. Thank you. Mme Potter : Je vous remercie de la question, mais je vais également demander à Eric Zscheile d’y répondre. Merci. Mr. Zscheile: Thank you very much, Chief Potter. M. Zscheile : Merci beaucoup, cheffe Potter.

The way we look at it from the Mi’kmaq perspective is that the treaties were really about co-management and co‑governance — the idea that two peoples governing themselves from different cultures could still find a way to share resources and do it in a way that was culturally appropriate to their own communities. Du point de vue des Mi’kmaqs, les traités visaient principalement à instaurer la cogestion et la cogouvernance, l’idée étant que deux peuples de culture différente s’autogouvernant pouvaient tout de même trouver un moyen de partager les ressources d’une manière qui convienne à leur culture respective.

In Nova Scotia, we have a concept that we call “two-eyed seeing,” which is having Western science and traditional knowledge, and both of those have something to offer to the way that management of resources can take place. The idea that Canada and the Mi’kmaq themselves could look at jointly managing the fisheries in a way that brings out the best of both of our communities is really what we look at with the co‑management idea.

En Nouvelle-Écosse, nous avons un concept que nous appelons « le double regard » et qui signifie combiner les connaissances scientifiques occidentales et le savoir traditionnel, car les deux sont utiles pour déterminer la meilleure façon de gérer les ressources. En bref, quand on parle de cogestion, on fait valoir l’idée que le Canada et les Mi’kmaqs gèrent conjointement les pêches de la manière la plus avantageuse qui soit pour nos deux communautés. So each of us has a role to play, and it is completely consistent with the idea that two governments can work together and find a better way to manage the resource.

Chacun de nous a donc un rôle à jouer, et cela est tout à fait compatible avec l’idée que deux gouvernements peuvent travailler ensemble pour trouver un meilleur moyen de gérer les ressources. Ms. Levi: I am under the same understanding as the previous speaker. We realize that DFO is not going anywhere, so what better way than to try to work together and develop our governance structure and our fisheries. We’re doing that currently.

We have a DFO fishery officer on secondment with us who is helping train our guardians because of incidents last year when the Coast Guard, DFO and the RCMP did not go out and search for Jumbo. We had to send in our own people to do so. Mme Levi : Je comprends la même chose que l’intervenant précédent. Nous sommes conscients que le ministère des Pêches et des Océans est là pour rester, alors que pourrions-nous faire de mieux sinon que de tenter de collaborer avec lui et de développer notre structure de gouvernance et nos pêches. C’est ce que nous faisons en ce moment.

Nous avons un agent des pêches du ministère en détachement chez nous qui aide à former nos gardes-pêche en raison des incidents survenus l’an dernier, car la 5:12 Fisheries and Oceans 5-4-2022

Garde côtière, le ministère des Pêches et des Océans et la GRC n’ont effectué aucune recherche pour trouver Jumbo; nous avons dû envoyer nos propres membres à sa recherche. We recognize that we need to work together and there is that willingness. When we use the word “collaborative,” that is government terminology. We signed an overarching agreement, of which we met two out of the three criteria for DFO. We are waiting on the collaborative part, which seems to be the most difficult part, reaching forward.

We want to work together, and as mentioned, we want to regulate our own fisheries, but we want do it in the light that’s the best for everyone. Nous sommes conscients qu’il faut travailler ensemble et sommes disposés à le faire. Nous employons le mot « collaboration », mais c’est la terminologie du gouvernement. Nous avons signé un accord global à l’égard duquel le ministère a rempli deux de ses trois obligations. Nous attendons toujours en ce qui a trait à l’aspect de la collaboration, qui semble le plus difficile à concrétiser.

Nous sommes prêts à collaborer et, comme je l’ai dit, nous souhaitons réglementer nos propres pêches, mais nous voulons le faire de la façon qui sera la plus avantageuse pour tous. [Translation] [Français] Mr. Tremblay: Thank you, senator, for the question. How were we able to establish a climate of trust with the federal government? M. Tremblay : Merci, monsieur le sénateur, pour la question. Comment avons-nous réussi à établir un climat de confiance avec le gouvernement fédéral? First of all, shortly before signing the fisheries agreement, we signed a framework agreement with the Government of Canada.

To summarize, that agreement stated that when our nation speaks to Canada, it speaks government to government, nation to nation. Based on that framework, we established a framework for future discussions on various topics. Tout d’abord, peu avant la signature de l’entente sur les pêches, nous avons signé une entente-cadre avec le gouvernement du Canada qui, pour résumer, mentionnait que lorsque notre nation parle avec le Canada, on parle de gouvernement à gouvernement, de nation à nation. En tenant compte de ce qui précède, on a établi un cadre pour des discussions à venir sur différents sujets.

After that, we had the fisheries agreement. How did that come about? We were invited to meet the government negotiator at the time, James Jones, and were asked if we were ready to consider the possibility of a rights reconciliation agreement on fisheries. Par la suite, nous en sommes arrivés à l’entente sur les pêches. Comment cela s’est-il produit? On nous avait invités à rencontrer le négociateur du gouvernement de l’époque, M. James Jones, nous demandant si nous étions prêts à considérer la possibilité d’une entente de réconciliation dans le cadre des pêches. We agreed to negotiate this agreement.

Initially, it was to be about five years, but it took us two years. However, along the way we realized that the agreement, which was supposed to be a reconciliation agreement, did not go that far for us. It was an agreement or a program specific to our nation, which began as a reconciliation agreement, but ended up being a fisheries agreement, an agreement to develop our commercial fisheries. Effectivement, nous avons été d’accord pour négocier cette entente.

Ce qui était prévu au départ, c’était quelque chose comme environ cinq ans; nous avons réussi à le réaliser en deux ans, mais en cours de route, nous nous sommes aperçus que l’entente, qui devait être une entente de réconciliation, pour nous, n’allait pas si loin. C’était une entente ou un programme propre à notre nation avec l’idée de départ d’une entente de réconciliation, mais qui a fini par être une entente sur les pêches, une entente de développement de nos pêches commerciales. Once again, it is worthwhile for us, but, today, we are ready to go much further with regard to self-determination.

With the Port of Gros-Cacouna, we are also working with the federal government, Parks Canada and various organizations, such as the Saguenay-St. Lawrence Marine Park. We want to be guardians of the river. Encore une fois, c’est intéressant pour nous, mais aujourd’hui, nous sommes prêts à aller beaucoup plus loin quant à l’autodétermination. Avec le port de Gros-Cacouna, nous collaborons également avec le gouvernement fédéral, avec Parcs Canada, ainsi que différents organismes, par exemple le Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent, on veut être les gardiens du fleuve.

We are able to self-manage the fishery so we can fish based on the quality and abundance of resources. We are able to protect the resources as we have competent people to do it, and we can do it. We want to have more freedom in this role while On est donc en mesure de pratiquer une autogestion pour être capable de pêcher selon la qualité et l’abondance des ressources. Nous sommes en mesure de protéger les ressources, nous avons des gens compétents pour le faire et nous pouvons le faire. Nous 5-4-2022 Pêches et océans 5:13

continuing to have discussions with DFO. We could share our knowledge and our data. We want to go further. The time is ripe for moving much further towards self-determination. We can manage ourselves. As is the case for everyone, our objective is self-government. It is the perfect time to take a step forward. souhaitons avoir plus de liberté dans ce rôle tout en étant en constante discussion avec le MPO. On pourrait partager nos connaissances et nos données. On souhaite aller plus loin. Le moment est propice pour aller beaucoup plus de l’avant vers l’autodétermination.

Nous avons la capacité de pratiquer une autogestion. On vise, comme tout le monde, la cible d’autonomie gouvernementale. Le moment est parfait pour faire un pas en avant. Senator Cormier: Thank you very much. Le sénateur Cormier : Merci beaucoup. [English] [Traduction] The Chair: Thank you, Chief Tremblay. Le président : Merci, chef Tremblay. Senator Christmas: Thank you, panellists, for appearing this morning. Mr. Chair, I have two questions. I would like to ask one question to the Mawiw Council and another question to the Bear River First Nation.

Le sénateur Christmas : Merci aux témoins qui ont comparu ce matin. Monsieur le président, j’ai deux questions à poser; une s’adresse au Mawiw Council et l’autre à la Première Nation de Bear River. Ms. Levi, first I want to pass along my deepest condolences. I am speaking from the Membertou First Nation here in Cape Breton, or Unama’ki. When we lost Mr. Sock and Mr. Monahan, it was a shock for us here as well. It was a shock that they sent the crews out through the ice. It was an even greater shock when they refused to help with the rescue.

Madame Levi, tout d’abord, je tiens à exprimer mes plus sincères condoléances. Je vous parle depuis la Première Nation de Membertou, ici, au Cap-Breton, ou Unama’ki. La perte de M. Sock et de M. Monahan a été un choc pour nous, ici, aussi. Nous avons été stupéfaits lorsque les équipages ont été envoyés dans des eaux recouvertes de glaces. Nous avons été encore plus stupéfaits par le refus d’assister au sauvetage. I was very disappointed when you had mentioned — and I think Mr. McIvor mentioned the same thing — that DFO has refused to use

section 4.1 of the Fisheries Act. This committee that you are speaking to today spent a lot of time in amending the Fisheries Act, and we spent a lot of effort to include 4.1 to allow the minister to enter directly into agreements with First Nations on a bilateral nation-to-nation basis. I hear both of you saying that DFO lacks the political will, but my question is: Has DFO given you an official reason as to why they refused to use 4.1 in establishing agreements with the members of the Mawiw Council? J’étais très déçu quand vous avez mentionné — je crois que Me McIvor en a aussi parlé — que le MPO a refusé d’utiliser l’article 4.1 de la

Loi sur les pêches. Le comité devant lequel vous prenez la parole aujourd’hui a consacré beaucoup de temps à la modification de la

Loi sur les pêches, et nous avons travaillé très fort pour inclure l’article 4.1 pour permettre à la ministre de conclure directement des accords avec les Premières Nations sur une base bilatérale de nation à nation. D’après ce que vous dites tous les deux, le MPO manque la volonté politique de le faire, mais voici ma question : le MPO vous a-t-il donné une raison officielle pour justifier son refus d’utiliser l’article 4.1 pour établir des ententes avec les membres du Mawiw Council? Mr. McIvor: I will try my best to answer that, senator.

Thank you for your question and for your kind words about the loss of the community members. Chief Sock and Chief Alvery had a productive meeting with both Minister Murray and Minister Miller just recently to raise this directly. They were appreciative of the ministers taking the time. The chiefs were very forceful. This is what they are looking for, to have that conversation to implement. They are hopeful that the ministers will come back, in particular Minister Murray, and say they are willing to step up and have that exploratory conversation on how to use it.

Me McIvor : Je vais faire de mon mieux pour vous répondre, monsieur le sénateur. Merci de votre question et de la gentillesse de vos paroles sur la perte des membres de la communauté. Le chef Sock et le chef Alvery viennent tout juste d’avoir une réunion productive avec la ministre Murray et le ministre Miller pour en parler directement. Ils ont été contents que les ministres aient pris le temps de le faire. Les chefs ont été catégoriques. C’est ce qu’ils souhaitent : se réunir pour discuter de la mise en œuvre.

Ils ont bon espoir que les ministres reviendront, surtout la ministre Murray, pour dire qu’ils sont prêts à prendre leurs responsabilités et à discuter de la manière d’utiliser l’article. I don’t know exactly what the reluctance might be based on. I think part of it might be determining where the authority comes from to enter into these agreements. As you know, senator, it lies in the inherent decision-making authority of the Mi’kmaq. There Je ne sais pas exactement ce qui pourrait justifier leur réticence. Je pense que c’est peut-être en

partie une question de savoir qui détient le pouvoir de conclure ce genre d’ententes. Comme vous le savez, sénateur, cela relève du pouvoir 5:14 Fisheries and Oceans 5-4-2022

is no requirement for any delegation of authority to these Indigenous governments to enter into those types of agreements, and we think it would be a very good opportunity for the federal government to step up and implement UNDRIP based on Mi’kmaq inherent authority. décisionnel inhérent des Mi’kmaq.

Il n’existe aucune exigence relative à la délégation des pouvoirs aux gouvernements autochtones pour conclure ces ententes, et nous sommes d’avis que ce serait une très bonne occasion pour le gouvernement fédéral de prendre ses responsabilités et mettre en œuvre la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones en fonction du pouvoir inhérent des Mi’kmaq. Just to build on that and to follow up on the question from Senator Cormier, this is a great opportunity to participate in cooperative federalism. As senators know,

section 4.1 was originally between the federal and provincial governments, and Parliament expanded it to include Indigenous governments on an equal basis. It is not just based on treaties and that long history but based on Canadian law. The principles are there. They can be taken from how the federal and provincial governments have cooperated for decades, for 150 years. We can build on those principles and the principles of Mi’kmaq law to create a real important agreement that gets past this regular consultation and gets to real shared decision making.

And I know Elsipogtog and Esgenoopetitj look forward to having that conversation with the federal government. Pour poursuivre cette ligne de pensée et revenir sur la question du sénateur Cormier, je dirai que c’est une excellente occasion de participer au fédéralisme coopératif. Comme le savent les sénateurs, l’article 4.1 visait initialement le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux, et le Parlement a élargi sa portée pour y inclure les gouvernements autochtones sur une base égale. Cela ne découle pas uniquement de la longue histoire des traités, mais du droit canadien.

Les principes sont présents. Ils reposent sur la manière dont le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux coopèrent depuis des décennies, voire depuis 150 ans. Nous pouvons faire fond sur ces principes et les principes du droit mi’kmaq pour créer une entente vraiment importante qui va au-delà de la consultation ordinaire pour arriver à des décisions véritablement concertées. Je sais que les Elsipogotog et les Esgenoopetitj sont impatients d’avoir cette conversation avec le gouvernement fédéral.

Senator Christmas: I would like to ask my second question to the representatives of the Bear River First Nation. It’s so nice to see you, Chief Potter and Mr. Zscheile. I have noticed with great interest how you have developed a unique relationship with DFO. I think Mr. Zscheile described that, how your community had come up with community plans and how you worked with DFO to come up with authorizations, and I think Eric mentioned that you had managed to develop a harmony between them. And it struck me that this is how the treaties were meant to operate.

Le sénateur Christmas : J’aimerais poser ma deuxième question aux représentants de la Première Nation de Bear River. Je suis très heureux de vous voir, cheffe Potter et monsieur Zscheile. C’est avec grand intérêt que j’ai suivi la relation unique que vous avez établie avec le MPO. Je pense que M. Zscheile a décrit la façon dont votre communauté a élaboré des plans communautaires et la façon dont vous avez travaillé avec le MPO pour obtenir les autorisations, et je pense que M. Zscheile a mentionné que vous aviez réussi à établir une harmonie entre tous ces éléments.

Il me semble que c’est ainsi que les traités sont censés fonctionner. Eric, I know that you have litigated Crown-Mi’kmaq treaties for many, many years, including Marshall. DFO, at the moment, is still promoting its Rights Reconciliation Agreements. And this approach that Bear River has brought forward — in fact, the whole Kespukwitk district — is based on a different model. Can you explain to us how this approach by Bear River and Kespukwitk is based more on the spirit and intent of our previous treaties, as opposed to the rights reconciliation approach by DFO?

Monsieur Zscheile, je sais que vous avez plaidé en justice les traités des Mi’kmaq pendant de nombreuses années, y compris la cause Marshall. Actuellement, le MPO promeut encore les ententes de réconciliation des droits. L’approche présentée par Bear River — en fait, par l’ensemble du district Kespukwitk — s’inspire d’un modèle différent. Pourriez-vous nous expliquer en quoi cette approche de Bear River s’inspire davantage de l’esprit et de l’intention de nos traités antérieurs, comparativement à l’approche du MPO fondée sur la réconciliation des droits? Mr. Zscheile: Yes.

Thank you very much, Senator Christmas, and nice to see you again, by the way. It is different. I think what happened in Nova Scotia is — as you said, I was part of the litigation of Marshall when I was a much younger man, because it was a long time ago. I think what we’re trying to say is we have analyzed Marshall over and over and over for long enough. We really need to sit down and start finding ways that we can move forward, even if it’s tentative steps, even if it’s just M. Zscheile : Oui. Merci beaucoup, sénateur Christmas. En passant, je suis heureux de vous revoir. L’approche est différente.

Je pense que ce qui s’est passé en Nouvelle-Écosse est... Comme vous l’avez dit, j’étais l’un des avocats plaidants dans l’affaire Marshall quand j’étais beaucoup plus jeune, car cette affaire remonte à très loin. Je pense que ce que nous essayons de dire, c’est que nous avons analysé l’arrêt Marshall encore et encore et encore pendant assez longtemps. Nous 5-4-2022 Pêches et océans 5:15

searching for the path, not knowing exactly where the path may end up. devons vraiment nous asseoir et commencer à trouver des moyens d’aller de l’avant, même s’il s’agit de mesures provisoires ou de simples efforts en vue de trouver une approche, sans savoir exactement où elle nous mènera. But yes, you are right. What we mean is, when the treaties were put together, I think the way I saw it unfolding in court and the way I have heard it from elders is that you had two peoples.

They both agreed that those peoples should be able to govern their communities the way they saw fit, because they understood their communities and they understood their social structures. But they also understood they had to share the land and resources, and the only way you could do that was through cooperation and discussion together, that that was the only way that things would move forward. Toutefois, vous avez raison. Voici ce que nous voulons dire : selon ce que j’ai vu en court et entendu de la part des Aînés lorsque les traités ont été établis, il a deux peuples.

Ils ont tous deux convenu qu’ils devaient pouvoir gouverner leurs communautés comme ils l’entendaient, car ils comprenaient leurs communautés et leurs structures sociales. Cependant, ils savaient aussi qu’ils devaient partager la terre et les ressources et que la seule façon d’y parvenir et de faire avancer les choses était de coopérer et d’avoir des discussions. So when we looked at the RRA approach, it was rejected by the Assembly of Nova Scotia Mi’kmaw Chiefs simply because it seemed like a unilateral approach that wasn’t respecting the community understandings of what the Mi’kmaq wanted to pursue.

Ainsi, lorsque nous avons examiné l’approche relative aux accords de réconciliation des droits, l’Assemblée des chefs mi’kmaq de la Nouvelle-Écosse l’a rejetée simplement parce qu’elle semblait être une approche unilatérale qui ne respectait pas les connaissances communautaires que les Mi’kmaq voulaient poursuivre. So when we started doing the approach through the Kespukwitk community — and I should give full credit to the Potlotek community and the Unama’ki as well, because they were certainly one of the first that started this up in that area. I have to say, I agree with the whole analysis on

section 4.1 that Mr. McIvor has just provided. And I agree with the frustrations. I think the way we approached it here was the high-level discussions just didn’t seem to get anywhere. We were discussing principles. We were discussing sections of statutes. It just didn’t seem to get anywhere. Nous avons donc commencé à adopter l’approche de la communauté kespukwitk, dont le mérite revient aussi à la communauté potlotek et à Unama’ki puisqu’ils ont certainement été parmi les premiers à adopter cette approche dans la région. Je dois dire que je souscris à toute l’analyse de l’article 4.1 que M.

McIvor vient de fournir. Je partage aussi ses frustrations. Je pense que les discussions de haut niveau que nous avons eues sur le sujet ne semblaient mener nulle part. Nous discutions de principes. Nous discutions de sections de lois. Cela ne semblait mener nulle part. So in Nova Scotia, we’ve kind of taken a bottom-up approach and started saying, “Let’s find ways that we can actually get some success on the ground in what we’re talking about.

Let’s see if we can dispel the fears of DFO, dispel the fears of the Mi’kmaq communities, dispel the fears of the commercial fishery and be able to say we think a livelihood fishery can be implemented in a way that’s a bit different than it always has been, but in a way that fully respects sustainability and fully respects safety on the waters.” Ainsi, en Nouvelle-Écosse, nous avons adopté en quelque sorte une approche ascendante et commencé à dire : « Trouvons des moyens de passer de la parole aux actes.

Essayons de dissiper les craintes du ministère des Pêches et des Océans, des communautés mi’kmaq et du secteur de la pêche commerciale et d’être en mesure de dire que nous pensons qu’une pêche de subsistance peut être mise en œuvre d’une manière un peu différente de ce qu’elle a toujours été, mais d’une manière qui respecte pleinement la durabilité et la sécurité sur les eaux. » As Chief Carol said, Bear River has a working relationship with their non-Native neighbours. They have for generations. You can’t exist as a small community like Bear River without having good relations with your neighbours.

So we’re trying to find ways that we can implement a fishery and continue that understanding of relationships that have been built over the years. So by working with the harvesters first, instead of — with due respect to someone like myself — a bunch of lawyers in a bunch of rooms trying to figure it out, we started working with the harvesters and we started putting together plans that made Comme l’a dit la cheffe Potter, la Première Nation de Bear River a une relation de travail avec ses voisins non autochtones. Cette relation existe depuis des générations.

Il est impossible pour une petite communauté comme Bear River d’exister sans avoir de bonnes relations avec ses voisins. Nous essayons donc de trouver des moyens de mettre en œuvre une pêche et de mieux comprendre les relations qui ont été établies au fil des ans. Ainsi, avec tout le respect que je dois à quelqu’un comme moi, au lieu de travailler avec un groupe d’avocats dans une série de salles qui essaient de trouver une solution, nous avons commencé à 5:16 Fisheries and Oceans 5-4-2022

sense to them as harvesters. And then we started taking that plan up to see where we could go. travailler avec les pêcheurs et à élaborer des plans qui étaient logiques pour eux en tant que pêcheurs. Ensuite, nous avons commencé à appliquer ce plan pour voir ce qui était possible. Senator Christmas: Thank you, Eric. Le sénateur Christmas : Merci, monsieur Zscheile. Senator Kutcher: Thank you very much to our witnesses today. I am speaking to you from the Algonquin Anishinaabe territories. We have heard much testimony about the roadblocks that have hindered the implementation of rights-based fisheries.

Our report will include recommendations on how to move forward. What one or two key recommendations would you suggest that our report could include? I would like to hear from all three of our witnesses on that, please, if possible. Le sénateur Kutcher : Merci beaucoup à nos témoins d’aujourd’hui. Je m’adresse à vous depuis le territoire du peuple algonquin anishinabe. Nous avons entendu de nombreux témoignages sur les obstacles qui ont nui à la mise en œuvre des pêches fondées sur les droits. Notre rapport comprendra des recommandations sur les mesures à prendre.

Si vous pouviez y inclure une ou deux recommandations clés, quelles seraient‑elles? Si possible, j’aimerais entendre la réponse des trois témoins. The Chair: We are getting close to our time, so I want to give all three an opportunity to answer, but just be conscious of the time. Le président : Comme nous approchons de la fin de la période de questions, je veux donner aux trois témoins l’occasion de répondre, mais soyez conscients du temps. Mr. McIvor: In the interests of time, I can go first and quickly. Two main things: One, there is a positive obligation to move ahead with implementation of a

section 4.1 agreement. That’s there and government needs to be exploring that. Second, there is a positive obligation to do so based on the federal government’s UNDRIP legislation, that that is not just a forward-looking, aspirational piece of legislation, but it creates an obligation to do exactly this now. Thank you. Me McIvor : Comme le temps file, je vais répondre en premier et je serai bref. J’ai deux points importants. Premièrement, il y a une obligation positive d’aller de l’avant avec la mise en œuvre d’un accord en vertu de l’article 4.1. Cette obligation existe et le gouvernement doit l’explorer. Deuxièmement, il y a une obligation positive de le faire conformément à la

Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones du gouvernement fédéral, qui est non seulement une loi ambitieuse axée vers l’avenir, mais aussi une loi qui crée une obligation de le faire maintenant. Merci. The Chair: Thank you, Mr. McIvor. Le président : Merci, maître McIvor. [Translation] [Français] Mr. Tremblay: I concur with the previous speaker. I would simply like to add that we are hearing a lot about reconciliation agreements at the political level.

I don’t know if it is the machine that cannot keep up, but it will take even clearer political direction for the machine to adjust. M. Tremblay : Je partage l’opinion de celui qui a parlé avant moi. J’ajouterais simplement qu’on entend beaucoup parler d’ententes de réconciliation sur le plan politique. Je ne sais pas si c’est la machine qui n’est pas capable de suivre, mais ça prend une orientation politique encore plus claire pour que la machine puisse s’ajuster. Once again, our discussions with DFO people are fine. These people are used to managing standard programs.

When it comes to reconciliation, self-determination and self-government agreements, these words do not seem to be part of their vocabulary and they do not seem to have the authority to move forward with this. The discourse is going to have to be adjusted. Thank you. Encore une fois, nos discussions avec les gens du MPO sont correctes, ce sont des gens qui sont habitués à gérer des programmes normés. Lorsqu’il y a des ententes de réconciliation, d’autodétermination, d’autonomie gouvernementale, ce sont des mots qui ne semblent pas faire

partie de leur vocabulaire et ils ne semblent pas avoir l’autorisation d’aller plus loin avec ça. Il va falloir ajuster les discours. Merci. [English] [Traduction] The Chair: Thank you, chief. Le président : Merci, chef. Mr. Zscheile: All I would say is to please be flexible and please come to the table in the spirit of reconciliation. That’s really all we’re asking. We can work out anything we have to M. Zscheile : Je recommanderais seulement de faire preuve de souplesse et de négocier dans un esprit de réconciliation. C’est vraiment tout ce que nous demandons. Nous pouvons 5-4-2022 Pêches et océans 5:17

work out as long as both parties are flexible and both parties are coming with the spirit of trying to achieve something that we all need to achieve based on the treaty relationship. trouver une solution à n’importe quel problème tant que les deux parties sont souples et essaient de réaliser quelque chose que nous devons tous réaliser dans le cadre de la relation fondée sur les traités. The Chair: Thank you, Eric. Le président : Merci, monsieur Zscheile. Senator Cordy: I am speaking to you today from the unceded land of the Mi’kmaq people. Thank you very much to our witnesses today.

It has been very helpful in our study, especially for me. I am a new person on the committee. La sénatrice Cordy : Je vous parle aujourd’hui depuis les terres non cédées du peuple mi’kmaq. Merci beaucoup à nos témoins d’aujourd’hui. Leurs témoignages nous ont été très utiles dans notre étude, surtout pour moi. Je suis une nouvelle membre du comité. Ms. Levi, I heard you speak about shared participation; and Grand Chief Tremblay, you spoke about government-to- government discussions; and Mr. McIvor, you spoke about the need for true shared decision making.

And we’ve heard the comment “nation-to-nation discussions” in meetings so that it is equals and not just consultations, but that you are actually part of the decision making. Madame Levi, je vous ai entendu parler de participation partagée; grand chef Tremblay, vous avez parlé de discussions de gouvernement à gouvernement; et maître McIvor, vous avez parlé de la nécessité d’un véritable processus décisionnel partagé.

De plus, nous avons entendu la mention de « discussions de nation à nation » dans les réunions afin qu’il s’agisse de discussions entre égaux et d’une véritable participation au processus décisionnel et pas seulement de consultations. Mr. Zscheile, I think you spoke about how we have analyzed the Marshall decision for over 20 years and we’re still having meetings without solutions. Yet we know that the legislation is there, so there is no political will.

Senator Busson, in her question earlier, spoke about whether it really is the Department of Fisheries and Oceans that has the mandate to negotiate the implementation of the treaty, or should it be Crown-Indigenous Relations and Northern Affairs rather than Fisheries and Oceans? Monsieur Zscheile, je pense que vous avez parlé du fait que nous analysons l’arrêt Marshall depuis plus de 20 ans et que nous tenons toujours des réunions sans solutions. Pourtant, nous savons que la loi existe; il n’y a donc pas de volonté politique.

Dans sa question précédente, la sénatrice Busson a demandé si le ministère des Pêches et des Océans a vraiment le mandat de négocier la mise en œuvre du traité ou si cela devrait être le mandat du ministère des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord. I guess my second question, since we have a shortage of time, is: What role should Fisheries and Oceans play in the livelihood fishery? Étant donné qu’il ne reste pas beaucoup de temps, je suppose que ma deuxième question est la suivante : quel rôle le ministère des Pêches et des Océans devrait-il jouer dans la pêche de subsistance? Mr.

McIvor: Thanks for your question, Senator Cordy. I think there is a role for both Ministers Murray and Miller on this. This is one of these situations where it’s not necessarily one ministry — for example, DFO — taking the lead. I think both ministries need to be there on an equal basis because this is fundamental to the implementation of rights. Me McIvor : Je vous remercie de votre question, sénatrice Cordy. Je pense que les ministres Murray et Miller ont tous deux un rôle à jouer dans ce dossier.

C’est l’une de ces situations où ce n’est pas nécessairement un seul ministère, notamment le ministère des Pêches et des Océans, qui prend l’initiative. Je pense que les deux ministères doivent participer à parts égales parce que c’est essentiel à la mise en œuvre des droits. It really does get to the question of how to implement the Marshall decision. I agree with the other witnesses — too much talk, not enough action.

A reason there’s been so much talk is there’s been this focus on the word “moderate.” I think DFO and the federal government need to move away from that because they use it, it seems, like an excuse not to implement the right to the commercial fishery. They say, “We have to figure out what ‘moderate’ is first.” No, you don’t. You have to create the space for implementing the Mi’kmaq commercial fishery. If there is a need for a limitation, that is a subsequent conversation just like you have around conservation. Cela renvoie vraiment à la question de savoir comment mettre en œuvre l’arrêt Marshall.

Je suis d’accord avec les autres témoins : le gouvernement parle trop et n’agit pas assez. L’une des raisons pour lesquelles il y a eu tant de discussions est parce qu’on a mis l’accent sur le mot « convenable ». Je pense que le ministère des Pêches et des Océans et le gouvernement fédéral doivent s’en éloigner, car ils semblent l’utiliser comme excuse pour ne pas mettre en œuvre le droit à la pêche commerciale. Ils disent qu’ils doivent d’abord déterminer ce que signifie « convenable ». Non, ce n’est pas le cas.

Il faut créer l’espace nécessaire pour mettre en œuvre la pêche commerciale des 5:18 Fisheries and Oceans 5-4-2022

Mi’kmaqs. À l’instar de la conservation, s’il devient nécessaire d’imposer une limite, cela fera l’objet d’une discussion ultérieure. What I have seen in my work is that the focus on “moderate” has been used as a barrier to implementing the fishery. It is a commercial fishery. There is a positive obligation because it is a treaty right to get out there and do it, and that’s what the government needs to do in cooperation with their treaty partners. Thank you very much.

Dans le cadre de mon travail, j’ai constaté que l’accent qui est mis sur le mot « convenable » a été utilisé pour entraver la mise en œuvre de la pêche. Il s’agit d’une pêche commerciale. Étant donné que c’est un droit issu du traité, il y a une obligation positive de le mettre en œuvre et c’est ce que le gouvernement doit faire en collaboration avec ses partenaires du traité. Merci beaucoup. The Chair: Thank you, Mr. McIvor. Le président : Merci, maître McIvor. Senators and witnesses, that concludes our first panel. We’ve gone over a couple of short minutes.

I would like to take the opportunity to thank each of our witnesses this morning. Certainly, you’ve given us some great additional information for our study. Honorables sénateurs et témoins, voilà qui met fin à notre premier panel. Nous avons dépassé de deux minutes le temps qui nous était alloué. J’aimerais profiter de l’occasion pour remercier chacun de nos témoins de ce matin. Vous nous avez certainement fourni d’excellents renseignements supplémentaires pour notre étude.

As I try to do most of the time, I’ll say that if there is something that comes to your mind following our meeting today that you think would be worthwhile for us to know about or to have, especially recommendations we would be making to the department and the government, please feel free to forward it to the clerk. We can include it in our discussions on our study. Thank you all for taking time to inform us this morning.

Comme j’essaie de le dire la plupart du temps, s’il y a quelque chose qui vous vient à l’esprit après la réunion d’aujourd’hui et que vous pensez qu’il serait utile que nous sachions ou que nous ayons, en particulier les recommandations au ministère et au gouvernement, n’hésitez pas à le transmettre au greffier. Nous pouvons l’inclure dans nos discussions sur l’étude. Je vous remercie tous d’avoir pris le temps de nous informer ce matin. Honourable senators, the committee continues its study of the implementation of Indigenous rights-based fisheries across Canada.

We have the pleasure to welcome for our second panel Megan Bailey, Associate Professor, Canada Research Chair in Integrated Ocean and Coastal Governance, Dalhousie University, and Shelley Denny, Director, Aquatic Research and Stewardship, Unama’ki Institute of Natural Resources. On behalf of the members of the committee, I want to thank you for taking the time to join us here today. Following the presentation of your opening remarks, I’m sure members of our committee will have questions for you.

Honorables sénateurs, le comité poursuit son étude de la mise en œuvre des pêches fondées sur les droits autochtones au Canada. Pour notre deuxième panel, nous avons le plaisir d’accueillir Megan Bailey, professeure associée, Chaire de recherche du Canada en gouvernance intégrée des océans et du littoral, Université Dalhousie, et Shelley Denny, directrice, Recherche aquatique et intendance, Unama’ki Institute of Natural Resources. Au nom des membres du comité, je vous remercie d’avoir pris le temps de vous joindre à nous aujourd’hui.

Après la présentation de vos observations préliminaires, je suis sûr que les membres de notre comité auront des questions à vous poser. Megan Bailey, Associate Professor, Dalhousie University, as an individual: Good morning. Thank you for the invitation to join you today and speak about Indigenous rights-based fisheries. I’m a professor at Dalhousie University, located in Mi’kma’ki. My background is in zoology, fisheries management, fisheries economics and marine governance. Importantly, I’m neither Indigenous nor a lobster biologist.

I have two boys aged two and seven, and I accepted this invitation to speak to you today in part because the invitation came but also because I feel a responsibility to them and to future generations who will be beholden to the ocean and the systems of governance we leave them. Megan Bailey, professeure associée, Université Dalhousie, à

titre personnel : Bonjour. Je vous remercie de m’avoir invitée à me joindre à vous aujourd’hui pour parler des pêches fondées sur les droits autochtones. Je suis professeure à l’Université Dalhousie, qui se trouve à Mi’kma’ki. J’ai fait mes études en zoologie, en gestion des pêches, en économie des pêches et en gouvernance marine. Fait important, je ne suis ni Autochtone ni biologiste spécialisée dans le homard. J’ai deux garçons, un de 2 ans et un autre de 7 ans, et j’ai accepté l’invitation de témoigner devant vous aujourd’hui en

partie parce que je l’ai reçue, mais aussi parce que j’estime avoir une responsabilité envers eux et envers les générations futures qui seront redevables à l’océan et aux systèmes de gouvernance que nous leur laisserons. 5-4-2022 Pêches et océans 5:19

A year ago, I co-developed a lobster sampling protocol with Sipekne’katik First Nation as part of their lobster conservation study to help fill what they identified as gaps in our scientific knowledge around lobsters, lobster fishing and Lobster Fishing Area 34, or LFA 34, outside of the commercial season. These gaps exist partly because we collect no information at this time of year, yet DFO has insisted that conservation of the stock is a concern and that treaty fishing outside the commercial season cannot be sanctioned.

DFO’s own assessment of the lobster population in LFA 34 puts it at near-historic highs, and lobster fisheries here are Marine Stewardship Council-certified, meaning they meet the highest environmental sustainability standard we have. To date and to my knowledge, DFO has presented no evidence to Sipekne’katik that their treaty fishery is detrimental to lobster population status.

Il y a un an, j’ai élaboré un protocole d’échantillonnage du homard avec la Première Nation Sipekne’katik dans le cadre de son étude sur la conservation du homard afin de combler les lacunes qu’elle avait trouvées dans nos connaissances scientifiques sur le homard, la pêche du homard et la zone de pêche du homard 34, ou ZPH 34, en dehors de la saison commerciale. Ces lacunes existent en

partie parce que nous ne recueillons aucune information pendant cette période de l’année. Pourtant, le ministère des Pêches et des Océans soutient que la conservation des stocks est une préoccupation et que les pêches issues d’un traité qui ont lieu en dehors de la saison commerciale ne peuvent pas être sanctionnées. Selon sa propre évaluation, la population de homards dans la ZPH 34 a atteint des sommets quasi historiques et la pêche au homard ici est certifiée par le Marine Stewardship Council, ce qui signifie qu’elle satisfait à la norme de durabilité environnementale la plus élevée que nous ayons.

À ce jour et à ma connaissance, le ministère des Pêches et des Océans n’a présenté aucune donnée probante à la Première Nation Sipekne’katik que sa pêche issue d’un traité nuit à l’état de la population de homard. In response to questions around seasonality, DFO has developed a document justifying the current seasonal management regime for commercial lobster fisheries across Atlantic Canada. This regime focuses on four main things: controlling fishing mortality, protecting important life-history stages, keeping fisheries orderly and keeping science consistent. These are all important.

In my opinion, none of these justifications bear direct relevance on our ability to manage lobster populations if fishing occurs at times outside the currently established commercial seasons. They only speak to our unwillingness to do so. En réponse aux questions sur la saisonnalité, le ministère des Pêches et des Océans a produit un document qui justifie le régime actuel de gestion saisonnière des pêches commerciales du homard dans le Canada atlantique.

Ce régime est axé sur quatre éléments clés : le contrôle de la mortalité par pêche, la protection des stades importants du cycle biologique, le maintien de l’ordre dans les pêches et la cohérence des données scientifiques. Tous ces éléments sont importants. À mon avis, aucune de ces justifications n’a d’effet direct pertinent sur notre capacité à gérer les populations de homard si la pêche a lieu en dehors des saisons commerciales actuellement établies. Elles témoignent seulement de notre réticence à le faire.

Given the lack of evidence around what fishing outside the commercial season might mean in LFA 34, Sipekne’katik took it upon themselves to collect data from their fishery to contribute to population assessments. I’ve been a part of that effort. Étant donné le manque de données probantes sur les conséquences possibles de la pêche en dehors de la saison commerciale sur la ZPH 34, la Première Nation Sipekne’katik a pris l’initiative de recueillir elle-même des données sur sa pêche pour contribuer aux évaluations de la population. J’ai participé à cet effort.

What seems to be happening is that Sipekne’katik and other First Nations are being asked to bear the entire conservation burden for sustainability of a shared resource. The imposed burden is not fair, equitable or just. It’s also not fair to burden commercial lobster harvesters with upholding all of Canada’s treaty responsibilities. When non-Indigenous harvesters issue cries about lobster conservation, they’re crying out for their livelihoods and the well-being of their families.

A commercial harvester asked me in the fall of 2020 why I was speaking to the media about what I felt was a lack of a conservation issue. I told him I wanted to be proud of who I am in this moment for my sons. He countered with, “And what should I tell my sons? That I lost everything their grandfather worked so hard for?” In fact, he and I are not so different. Il semblerait qu’on demande à la Première Nation Sipekne’katik et à d’autres Premières Nations de porter tout le fardeau de la conservation en ce qui concerne la durabilité d’une ressource partagée. Le fardeau imposé n’est ni juste ni équitable.

Il est également injuste de demander aux pêcheurs commerciaux de homard de remplir toutes les responsabilités du Canada aux termes des traités. Lorsque les pêcheurs non autochtones plaident pour la conservation du homard, ils plaident pour leur gagne‑pain et le bien-être de leurs familles. À l’automne 2020, un pêcheur commercial m’a demandé pourquoi je parlais aux médias de ce que j’estimais être l’absence de problèmes de conservation. Je lui ai répondu que je voulais être fière de la personne que je suis en ce moment pour mes fils. Il m’a répondu : « Et que devrais-je dire à mes fils?

Que j’ai perdu tout 5:20 Fisheries and Oceans 5-4-2022

ce pour quoi leur grand-père a travaillé si fort? » En réalité, lui et moi ne sommes pas si différents. Let me take the opportunity to say that Atlantic lobster fisheries are fisheries-management success stories. The fishery has provided sustained jobs and income for harvesters across rural Atlantic Canada, and stock status has remained healthy. But it has also created inertia and a feeling that the way the fishery has been managed in the past and the way that benefits have been distributed historically remains the right way to do things today.

That cannot be true if the management system is not respecting treaty-protected and court-affirmed rights for Indigenous people. Permettez-moi de profiter de l’occasion pour dire que les pêches du homard de l’Atlantique sont des réussites sur le plan de la gestion des pêches. La pêche a fourni des emplois et des revenus durables aux pêcheurs de l’ensemble du Canada atlantique rural et l’état des stocks est resté sain.

Cependant, cela a aussi créé de l’inertie et le sentiment que la façon dont la pêche a été gérée dans le passé et dont les bénéfices ont toujours été répartis demeure la bonne façon de faire les choses aujourd’hui. Cela ne peut pas être vrai si le système de gestion ne respecte pas les droits des peuples autochtones qui sont protégés par les traités et confirmés par les tribunaux.

This leads me to the following question that I tackle in my research and a question that, I think, we share: How can we maintain a sustainable lobster harvest while ensuring the benefits flowing from lobster fisheries are distributed in a more just way? Cela m’amène à la question que je cherche à répondre avec mes recherches et que je pense que nous avons en commun : comment pouvons-nous maintenir une pêche au homard durable tout en veillant à ce que les bénéfices qui découlent de la pêche du homard soient répartis de manière plus équitable? I have five opportunity areas where steps forward can be made.

Je propose cinq mesures qui permettraient de réaliser des progrès. Number one is to recognize multiple forms of governance. The assumption that fisheries operating outside of DFO regulation are by definition unregulated is simply wrong. Indigenous laws and customs also guide sustainable resource use. Work here on new models for fisheries governance by Dr. Shelley Denny, for example, can be drawn on. Additionally, co-management systems across land-claims areas may provide alternative models to learn from, albeit perhaps not to repeat in their entirety.

La première consiste à reconnaître les multiples formes de gouvernance. L’hypothèse selon laquelle les pêcheries non assujetties à la réglementation du ministère des Pêches et des Océans sont, par définition, non réglementées est tout simplement fausse. Les lois et les coutumes autochtones guident également l’exploitation durable des ressources. On peut faire fond, par exemple, sur le travail réalisé par Shelley Denny sur les nouveaux modèles de gouvernance des pêches.

De plus, les systèmes de cogestion dans les secteurs visés par des revendications territoriales peuvent fournir d’autres modèles dont on peut s’inspirer, même s’il ne faut peut-être pas les reproduire dans leur intégralité. Number two is that overall mortality matters. Treating one user group of a fishery as the straw that broke the camel’s back does not take into account a foundational principle in fisheries management, which is that overall mortality of the stock matters and not just marginal mortality of what some believe to be new entrants.

If conservation is a concern, it’s because overall mortality is too high. La deuxième consiste à reconnaître l’importance de la mortalité globale. Si on traite un groupe de pêcheurs comme la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, on ne tient pas compte d’un principe fondamental de la gestion des pêches, à savoir que la mortalité globale des stocks est importante et pas seulement la mortalité marginale de ce que certains considèrent comme des nouveaux venus. Si la conservation est une source de préoccupation, c’est parce que le taux de mortalité globale est trop élevé.

Number three is the need to change legislation. Since the Supreme Court found Donald Marshall Jr. not guilty of violations against the Fisheries Act in 1999, no legislation regarding moderate livelihood has changed, meaning that if he were still with us today and fishing as he did, he could and probably would be charged. Legislation must change. DFO’s conservation officers must be given a mandate to do their jobs justly. La troisième consiste à changer la loi. Depuis que la Cour suprême a déclaré Donald Marshall Jr. non coupable d’infractions à la

Loi sur les pêches en 1999, aucune loi portant sur une subsistance convenable n’a été modifiée. Par conséquent, si Donald Marshall Jr. était encore parmi nous aujourd’hui et qu’il pêchait comme il l’avait fait, il pourrait être inculpé et le serait probablement. Il faut changer la loi. Il faut donner aux agents de conservation du ministère des Pêches et des Océans le mandat de faire leur travail de façon juste. 5-4-2022 Pêches et océans 5:21

Number four is diversifying economic portfolios. Lobster fisheries are but one vehicle for treaty rights. Diversifying to other fisheries and to land-based livelihood activities is essential. But even more than that, it is important to realize that lobster conservation may actually be as dependent on the overall economic prosperity and employment options for Canadians as it is on our fisheries governance regime. La quatrième consiste à diversifier les portefeuilles économiques. La pêche du homard n’est qu’un moyen parmi d’autres de faire valoir les droits issus de traités.

La diversification vers d’autres pêches et vers des activités de subsistance terrestres est essentielle. Mais encore plus que cela, il est important de comprendre que la conservation du homard peut dépendre autant de la prospérité économique globale et des possibilités d’emploi pour les Canadiens que de notre régime de gouvernance des pêches. Finally, implement a rights-based approach. The United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples and works by Indigenous scholars like Russ Jones, Ken Paul and Dr.

Sherry Pictou on how Indigenous rights can and should apply to marine resources can provide a really strong starting point. Enfin, il faut mettre en œuvre une approche fondée sur les droits. La Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et les travaux réalisés par des universitaires autochtones comme Russ Jones, Ken Paul et Sherry Pictou sur la manière dont les droits autochtones peuvent et devraient s’appliquer aux ressources marines peuvent fournir un très bon point de départ.

In closing, I’m not Indigenous and I cannot understand the pain of the struggle of having to fight for my rights every day. Many of us take our rights for granted and trust that our government will deliver on its promises; I know I do. But there are human- and Indigenous-rights obligations across this country that are not being delivered on. I appreciate the opportunity to appear here today, and I thank the committee for undertaking this difficult and important work. Thank you.

Pour terminer, je ne suis pas Autochtone et je ne peux pas comprendre la lutte douloureuse que les Autochtones doivent mener chaque jour pour défendre leurs droits. Nous sommes nombreux à tenir nos droits pour acquis et à croire que le gouvernement respectera ses promesses; je sais que c’est le cas pour moi. Cependant, il y a des obligations en matière de droits de la personne et de droits autochtones au Canada qui ne sont pas remplies. Je suis heureuse d’avoir l’occasion de comparaître devant le comité aujourd’hui et je vous remercie d’avoir entrepris ce travail difficile et important. Merci.

The Chair: Thank you, professor. Le président : Merci, professeure. Shelley Denny, Director, UINR–Unama’ki Institute of Natural Resources, as an individual: Wela’lioq. Thank you for the opportunity to present today on the outcome of my research. For the past seven years, I’ve been exploring the exact question that the Senate is trying to address. Shelley Denny, directrice, UINR–Unama’ki Institute of Natural Resources, à

titre personnel : Wela’lioq. Je vous remercie de me donner l’occasion aujourd’hui de présenter les résultats de mes recherches. Au cours des sept dernières années, je me suis penchée sur la question précise à laquelle le Sénat tente de répondre. My research is part of a larger project referred to as Fish‑WIKS, which stands for fisheries western Indigenous- owned knowledge systems. It strives to examine how different knowledge systems can be harnessed and enhance fisheries governance across Canada. The project received the support from the Assembly of First Nations and the Department of Fisheries and Oceans. Mes recherches font

partie d’un projet plus vaste appelé Fisheries-Western Indigenous Knowledge Systems, ou Fish‑WIKS. Ce projet vise à examiner les façons dont les différents systèmes de connaissances peuvent être exploités et à améliorer la gouvernance des pêches au Canada. Le projet a reçu le soutien de l’Assemblée des Premières Nations et du ministère des Pêches et des Océans. I started my research with this question: How can Mi’kmaq rights to fish from our livelihood be implemented in Nova Scotia? My research indicated that it’s more than implementing a right.

The issue is embedded in a larger, more complicated process than federal authority over Mi’kmaq treaty rights, as justification has shown. J’ai commencé mes recherches avec la question suivante : comment peut-on mettre en œuvre en Nouvelle-Écosse le droit des Mi’kmaqs de pêcher pour assurer leur subsistance? Selon mes recherches, la réponse ne se limite pas à la mise en œuvre un droit. La question s’inscrit dans un processus plus vaste et plus compliqué que l’autorité fédérale sur les droits issus de traités des Mi’kmaqs, comme l’a montré la justification. This is a governance issue.

It’s important to understand that governance does not necessarily imply government or the role of law and government. Governance is the capacity to get things Il s’agit d’une question de gouvernance. Il est important de comprendre que la gouvernance n’implique pas nécessairement le gouvernement ou le rôle de la loi et du gouvernement. La 5:22 Fisheries and Oceans 5-4-2022

done without necessarily having the legal competence to command that they be done. It is through the interactive processes in which society and the economy are steered toward collectively negotiated objectives. gouvernance est la capacité de faire avancer les choses sans nécessairement détenir la compétence juridique d’ordonner leur réalisation. C’est par l’intermédiaire des processus interactifs que la société et l’économie sont orientées vers des objectifs négociés collectivement. Governance is further complicated, given the historical, political and legal contexts of Mi’kmaq Aboriginal treaty rights.

For example, pre-Confederation treaties between the Crown and the Mi’kmaq did not extinguish Mi’kmaq sovereignty. The imposition of the Indian Act divided Indigenous nations into First Nations or replaced traditional forms of governance. La gouvernance est encore plus compliquée, compte tenu des contextes historique, politique et juridique des droits ancestraux des Mi’kmaqs issus de traités. Par exemple, les traités conclus avant la Confédération entre la Couronne et les Mi’kmaq n’ont pas fait disparaître la souveraineté des Mi’kmaqs. L’imposition de la

Loi sur les Indiens a divisé les nations autochtones en Premières Nations ou a remplacé les formes traditionnelles de gouvernance. Legal pluralism plays an important role in the empowerment of a dual legal system and mutual rights for self-determination, as affirmed by sections 35 and 52 of the Constitution Act. This creates challenges for Mi’kmaq fishers to abide by Canadian law and it empowers the Mi’kmaq with the ability to make law. Furthermore,

interpretations of case law limit Aboriginal treaty rights. Le pluralisme juridique joue un rôle important dans l’autonomisation d’un double système juridique et les droits mutuels à l’autodétermination, conformément aux articles 35 et 52 de la Loi constitutionnelle. Cela crée des difficultés pour les pêcheurs mi’kmaqs en ce qui concerne le respect de la

loi canadienne et donne aux Mi’kmaqs la capacité de faire des lois. De plus, les interprétations de la jurisprudence limitent les droits autochtones issus de traités. To cite the issue and develop a solution, I used the approach of “two-eyed seeing.” This refers to the use of the strengths of Indigenous and Western knowledge systems for the benefit of all. Importantly, two-eyed seeing recognizes that knowledge systems are underpinned by beliefs and influence values, and those two ways of knowing are often at odds because of conflicting values and beliefs.

That interplay between knowledge systems often results in tensions that can lead to a greater understanding of the differences as well as the use of shared values and beliefs, which can be used to bridge knowledge systems to derive solutions. Pour citer le problème et trouver une solution, j’ai adopté l’approche à double perspective. Cela renvoie à l’utilisation des forces des systèmes de connaissances autochtones et occidentaux au profit de tous.

Il est important de noter que l’approche à double perspective reconnaît que les systèmes de connaissances sont axés sur des croyances et influencent les valeurs et que ces deux méthodes de connaissance sont souvent en conflit à cause de valeurs et de croyances contradictoires. Cette interaction entre les systèmes de connaissances entraîne souvent des tensions qui peuvent mener à une meilleure compréhension des différences ainsi qu’à l’utilisation de valeurs et de croyances communes, ce qui peut être utilisé pour faire le pont entre des systèmes de connaissances afin de trouver des solutions.

Through my research, 52 interviews were conducted with Mi’kmaq fishers, leaders, individuals in related fields, Mi’kmaq and Indigenous organizations, individuals in federal and provincial departments and non-Mi’kmaq fishers. From these interviews, the Mi’kmaq emphasized the challenges of conflicting relations, disputing the legitimacy of the governing system and marginalizing Mi’kmaq fishers.

Dans le cadre de mes recherches, 52 entrevues ont été menées auprès de pêcheurs mi’kmaq, de dirigeants, de personnes œuvrant dans des domaines connexes, d’organismes mi’kmaqs et autochtones, de fonctionnaires fédéraux et provinciaux et de pêcheurs non mi’kmaqs. À partir de ces entrevues, les Mi’kmaqs ont souligné les difficultés que posent les relations conflictuelles, la contestation de la légitimité du système de gouvernance et la marginalisation des pêcheurs mi’kmaqs. Importantly, there were subcategories of challenges for the Mi’kmaq participants.

For example, while there were conflicting relations between Mi’kmaq and non-Mi’kmaq fishers, as well as between Mi’kmaq and DFO, internal conflicts were also revealed. Those are evident as division in political organizations and leadership, and the lack of coordination and collaboration with the Mi’kmaq Grand Council. Un élément important est qu’il existait des sous-catégories de défis pour les participants mi’kmaqs. Par exemple, en plus des relations conflictuelles entre les pêcheurs mi’kmaqs et non mi’kmaqs et entre les Mi’kmaqs et le ministère des Pêches et des Océans, le MPO, l’e

Document details

CollectionSenate Committees
CitationPOFO / Evidence / 05ev-55455
Typecommittee
Volume / chapter441 / Evidence / 05ev-55455
Languageen
Formatpdf
SourceCOMM_SEN
Identifier08426db1cfd95e0b6bd7405eec84a3bada4fe827

Source file is stored in the law ingest library (pdf).