Senate Committee — RIDR — Evidence — 30ev-55979
RIDR / Evidence / 30ev-55979
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EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Monday, February 6, 2023 OTTAWA, le lundi 6 février 2023 The Standing Senate Committee on Human Rights met with videoconference this day at 4:01 p.m. [ET] to examine such issues as may arise from time to time relating to human rights generally. Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se réunit aujourd’hui, à 16 h 1 (HE), avec vidéoconférence, pour examiner les questions qui peuvent survenir de temps à autre relativement aux droits de la personne en général. Senator Wanda Thomas Bernard (Deputy Chair) in the chair.
La sénatrice Wanda Thomas Bernard (vice-présidente ) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Deputy Chair: Honourable senators, I am Wanda Thomas Bernard, a senator from Nova Scotia and deputy chair of this committee. In the absence of the chair, Senator Ataullahjan, I will chair our meeting today. La vice-présidente : Honorables sénateurs, je suis Wanda Thomas Bernard, sénatrice de la Nouvelle-Écosse et vice- présidente du comité. En l’absence de la présidente, la sénatrice Ataullahjan, je présiderai notre réunion d’aujourd’hui.
I would like to begin by acknowledging that we are gathered today on the traditional unceded territory of the Algonquin Anishinaabe people. Je tiens d’abord à souligner que nous sommes réunis aujourd’hui sur le territoire traditionnel non cédé du peuple algonquin anishinabe. I will ask the members of the committee who are here participating in this meeting to introduce themselves. Je vais demander aux membres du comité qui participent à cette réunion de se présenter. Senator Hartling: Good afternoon. Senator Hartling from New Brunswick. La sénatrice Hartling : Bonjour. Sénatrice Hartling, du Nouveau-Brunswick.
Senator Arnot: Senator Arnot from Saskatchewan. Le sénateur Arnot : Sénateur Arnot, de la Saskatchewan. [Translation] [Français] Senator Gerba: I’m Senator Gerba from Quebec. La sénatrice Gerba : Sénatrice Gerba, du Québec. [English] [Traduction] The Deputy Chair: Senator Omidvar is on her way. She is a senator from Ontario. La vice-présidente : La sénatrice Omidvar, de l’Ontario, est en route. For our first meeting of the year, our committee will continue its study on Islamophobia in Canada under its general order of reference.
Our study will cover, among other matters, the role of Islamophobia with respect to online and offline violence against Muslims and general discrimination as well as discrimination in employment, including Islamophobia in the federal public service. Our study will also examine the sources of Islamophobia, its impact on individuals, including mental health and physical safety, and possible solutions and government responses. Pour notre première réunion de l’année, notre comité poursuivra son étude sur l’islamophobie au Canada dans le cadre de son ordre de renvoi général.
Notre étude portera, entre autres, sur le rôle de l’islamophobie en ce qui concerne la violence en ligne et hors ligne contre les musulmans, la discrimination générale ainsi que la discrimination en matière d’emploi, y compris l’islamophobie dans la fonction publique fédérale. Notre étude examinera également les sources de l’islamophobie, ses répercussions sur les personnes, y compris en matière de santé mentale et de sécurité physique, ainsi que les solutions possibles et les interventions gouvernementales.
After having held two meetings in June 2022 in Ottawa, followed by public meetings and visits to mosques in September in Vancouver, Edmonton, Quebec City and Toronto, we continued our public hearings in Ottawa last fall. Après avoir tenu deux réunions en juin 2022 à Ottawa, suivies de réunions publiques et de visites de mosquées en septembre à Vancouver, Edmonton, Québec et Toronto, nous avons poursuivi nos audiences publiques à Ottawa l’automne dernier. 6-2-2023 Droits de la personne 30:1
Let me provide some details about our meeting today. This afternoon, we shall have two panels. In each panel, we shall hear from the witnesses, and then senators will have a question-and- answer session. I will introduce our first panel of witnesses. Each witness has been asked to make an opening statement of five minutes. We shall hear from all witnesses and then turn to questions from the senators. Permettez-moi de vous donner quelques détails sur notre réunion d’aujourd’hui. Cet après-midi, nous entendrons deux groupes de témoins.
Dans chaque groupe, nous entendrons les témoins, puis les sénateurs poseront des questions. Je vais vous présenter notre premier groupe de témoins. Chaque témoin a été invité à faire une déclaration préliminaire de cinq minutes. Nous entendrons tous les témoins, puis nous passerons aux questions des sénateurs.
I wish to welcome our first witnesses, who are joining us today by video conference: Jasmin Zine, Professor of Sociology, Religion and Culture, Muslim Studies Option, Wilfrid Laurier University; and Barbara Perry, Professor and Director, Centre on Hate, Bias and Extremism, Faculty of Social Science and Humanities, Ontario Tech University.
Je souhaite la bienvenue à nos premiers témoins, qui se joignent à nous par vidéoconférence, soit Jasmin Zine, professeure de sociologie, de religion et de culture, Option d’études musulmanes, Université Wilfrid Laurier, et Barbara Perry, professeure et directrice, Centre sur la haine, les préjugés et l’extrémisme, Faculté des sciences sociales et humaines, Université Ontario Tech. Before Professor Perry speaks, senators, may I have your permission to distribute her PowerPoint, which is in English only? Agreed? Thank you. I now invite Professor Zine to make her presentation.
Avant que Mme Perry ne prenne la parole, puis-je avoir votre permission pour distribuer son document PowerPoint, qui est en anglais seulement? D’accord? Merci. J’invite maintenant Mme Zine à faire sa présentation. Jasmin Zine, Professor of Sociology, Religion and Culture, Muslim Studies Option, Wilfrid Laurier University, as an individual: Thank you very much for this opportunity to address members of the Senate today and to discuss Islamophobia in Canada. Jasmin Zine, professeure de sociologie, de religion et de culture, Option d’études musulmanes, Université Wilfrid Laurier, à
titre personnel : Merci beaucoup de me donner l’occasion de m’adresser aux sénateurs aujourd’hui et de discuter de l’islamophobie au Canada. I am a professor of Sociology, Religion and Culture at Wilfrid Laurier University, and I am also a co-founder of the International Islamophobia Studies Research Association, IISRA. I’ve worked as an expert on Islamophobia internationally for UNESCO, The Council of Europe and the Organization for Security and Co-operation in Europe. I have been researching Islamophobia in Canada for more than 20 years.
Je suis professeure de sociologie, de religion et de culture à l’Université Wilfrid Laurier et cofondatrice de l’International Islamophobia Studies Research Association, l’IISRA. J’ai travaillé comme experte de l’islamophobie à l’échelle internationale pour l’UNESCO, le Conseil de l’Europe et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. Je fais des recherches sur l’islamophobie au Canada depuis plus de 20 ans. For the past four years, I have been working on a study of the Canadian Islamophobia industry.
What makes Islamophobia distinct from other forms of oppression and racism is that there is an industry behind purveying anti-Muslim hate. Islamophobia is organized, orchestrated, networked and monetized. My report entitled The Canadian Islamophobia Industry: Mapping Islamophobia’s Ecosystem in the Great White North was released last October. It reveals the interconnected networks through which Islamophobia is purveyed Canada. Depuis quatre ans, je travaille à une étude sur l’industrie canadienne de l’islamophobie.
Ce qui distingue l’islamophobie des autres formes d’oppression et de racisme, c’est qu’il y a une industrie derrière la haine antimusulmane. L’islamophobie est organisée, orchestrée, réseautée et monétisée. Mon rapport intitulé The Canadian Islamophobia Industry: Mapping Islamophobia’s Ecosystem in the Great White North a été publié en octobre dernier. Il révèle les réseaux interconnectés par lesquels l’islamophobie est propagée au Canada. Given the deadly consequences of Islamophobia in this country, it is important to understand the various manifestations through which anti-Muslim racism operates.
When I speak about the Islamophobia industry, I’m talking about a grouping or a network that is comprised of far-right media outlets and Islamophobia influencers, White nationalist groups, far-right groups, soft-power fringe right groups, Muslim dissidents, think tanks and their designated security experts, and the donors who fund those campaigns.
These otherwise diverse individuals and groups have shared political and ideological goals that involve Compte tenu des conséquences mortelles de l’islamophobie au Canada, il est important de comprendre les diverses manifestations par lesquelles fonctionne le racisme antimusulman.
Lorsque je parle de l’industrie de l’islamophobie, je parle d’un groupe ou d’un réseau composé de médias d’extrême droite et d’influenceurs de l’islamophobie, de groupes nationalistes blancs, de groupes d’extrême droite, de groupes marginaux de droite, des dissidents musulmans, des groupes de réflexion et leurs experts en sécurité désignés, ainsi que les donateurs qui financent ces campagnes. Ces individus et groupes 30:2 Human Rights 6-2-2023
the demonization and vilification of Islam and Muslims, and often work in concert to foment controversies and spread Islamophobic narratives and conspiracy theories. autrement diversifiés ont des objectifs politiques et idéologiques communs qui impliquent la diabolisation et la diffamation de l’islam et des musulmans, et travaillent souvent de concert pour fomenter des controverses et répandre des discours islamophobes et des théories du complot. Research on the Islamophobia industry in the United States has shown how Islamophobic hate is monetized.
Funding for Islamophobia networks in the United States circulates in the amount of $1.5 billion to 39 organizations that are dedicated to promoting anti-Muslim propaganda and disinformation campaigns. Some of the funding helps support groups in Canada whose goal it is to orchestrate controversies and promote conspiracy theories about Muslims as a demographic, cultural, security and civilizational threat. La recherche sur l’industrie de l’islamophobie aux États-Unis a montré comment la haine islamophobe est monétisée.
Le financement des réseaux islamophobes aux États-Unis est distribué à hauteur de 1,5 milliard de dollars à 39 organisations qui se consacrent à la promotion de campagnes de propagande et de désinformation contre les musulmans. Une
partie du financement aide à soutenir des groupes au Canada dont le but est d’orchestrer des controverses et de promouvoir des théories du complot au sujet des musulmans en tant que menace démographique et culturelle, ainsi que pour la sécurité et la civilisation. The Islamophobia industry involves a number of players, including media outlets and Islamophobia influencers. In Canada, Rebel News and other far-right media circulate racist and Islamophobic narratives that can dog-whistle to various anti‑Muslim groups.
Islamophobia influencers contribute to far‑right media forums and echo chambers, use social-media platforms to professionalize and monetize their propaganda and bigotry, and add to the propagation of Islamophobic ideologies and anti‑Muslim conspiracy theories. L’industrie de l’islamophobie regroupe un certain nombre d’acteurs, y compris des médias et des influenceurs de l’islamophobie. Au Canada, Rebel News et d’autres médias d’extrême droite diffusent des récits racistes et islamophobes qui peuvent faire appel à divers groupes antimusulmans.
Les influenceurs de l’islamophobie contribuent aux caisses de résonance et aux forums médiatiques d’extrême droite, utilisent les plateformes de médias sociaux pour professionnaliser et monétiser leur propagande et leur sectarisme, et contribuent à la propagation des idéologies islamophobes et des théories du complot antimusulman. We also have what we characterize as the foot soldiers, which are far-right, White nationalist and neo-Nazi groups, and the agitators behind them who are active in promoting anti-Muslim hate online and through public protests and demonstrations.
Il y a aussi ce que nous appelons les simples soldats, qui militent pour des groupes d’extrême droite, des nationalistes blancs et des néonazis, et les agitateurs derrière eux qui font la promotion de la haine contre les musulmans en ligne et au moyen de manifestations et de protestations publiques. Drawing on Dr. Perry’s work, across Canada, there are approximately 300 White nationalist groups of different sizes and spheres of influence.
Promoting Islamophobia is a core mandate for some of these Canadian groups, such as Patriotic Europeans Against the Islamization of the West, PEGIDA; Soldiers of Odin; Canadian Infidels; Northern Guard; Proud Boys; The Canadian Nationalist Front; Three Percenters; Rise Canada; World Coalition Against Islam and Quebec’s Islamophobic group, La Meute. Selon les travaux de Mme Perry, il existe au Canada environ 300 groupes nationalistes blancs de tailles et de sphères d’influence différentes.
La promotion de l’islamophobie est au cœur du mandat de certains de ces groupes canadiens, comme Patriotic Europeans Against the Islamization of the West, PEGIDA; Soldiers of Odin; Canadian Infidels; Northern Guard; Proud Boys; The Canadian Nationalist Front; Three Percenters; Rise Canada; World Coalition Against Islam et La Meute. While those may be the foot soldiers, there are also soft-power groups that leverage influence by promoting anti-Muslim campaigns to achieve specific political and ideological goals that drive Islamophobic subcultures.
They do that under the guise of promoting democracy, human rights, free speech and Judeo- Christian values, ideals to which they deem Islam and Muslims as being antithetical and incompatible. Ce sont peut-être de simples soldats, mais il y a aussi des groupes de persuasion plus discrets qui exercent une influence en faisant la promotion de campagnes antimusulmanes pour atteindre des objectifs politiques et idéologiques précis qui alimentent les sous-cultures islamophobes.
Ils le font sous le couvert de la promotion de la démocratie, des droits de la personne, de la liberté d’expression et des valeurs judéo- chrétiennes, des idéaux auxquels ils considèrent que l’islam et les musulmans sont opposés et incompatibles. 6-2-2023 Droits de la personne 30:3
Soft-power groups engage in coercive tactics like bullying, harassment and intimidation to silence those who oppose them. These ideological purveyors espouse conspiracy theories about Canadian Muslim organizations and charities serving as a Trojan horse for Islamist groups like Hamas or the Muslim Brotherhood whom they see as having an agenda of global domination. Les groupes de persuasion utilisent des tactiques coercitives comme le harcèlement et l’intimidation pour réduire au silence ceux qui s’y opposent.
Ces fournisseurs idéologiques épousent des théories du complot selon lesquelles les organismes de bienfaisance et les organisations musulmanes canadiens servent de cheval de Troie pour des groupes islamistes comme le Hamas ou les Frères musulmans qui, selon eux, visent un objectif de domination mondiale. Another group that’s part of this network is Muslim dissidents and ex-Muslims who play the role of authoritative interlocutors, creating and validating Islamophobic narratives and conspiracy theories. They play an insider role, validating pejorative stereotypes, and they play a major
part in fomenting and legitimizing Islamophobic tropes, thereby providing the political cover for Islamophobic campaigns. Un autre groupe qui fait
partie de ce réseau est celui des dissidents musulmans et des ex-musulmans qui jouent le rôle d’interlocuteurs faisant autorité en créant et en validant des récits islamophobes et des théories du complot. Ils jouent un rôle d’infiltrés, validant les stéréotypes péjoratifs, et jouent un rôle majeur dans la fomentation et la légitimation des troupes islamophobes, et représentent une justification politique des campagnes islamophobes.
We also have think tanks and their designated security experts who create a cult of expertise promoting Islamophobic conspiracy theories that brand Muslims as potential radicals and national security threats. These think tanks and security experts propagate Islamophobic rhetoric under the guise of national security and protecting Canada from dangerous Muslim foreigners and homegrown radicals. These stereotypes allow for Muslims to be singled out for undue scrutiny and racial and religious profiling.
Il y a également des groupes de réflexion et leurs experts désignés en matière de sécurité qui créent un culte d’expertise faisant la promotion des théories du complot islamophobe et qui présentent les musulmans comme des radicaux potentiels et des menaces à la sécurité nationale. Ces groupes de réflexion et ces experts de la sécurité propagent la rhétorique islamophobe sous le couvert de la sécurité nationale et de la protection du Canada contre les dangereux étrangers musulmans et les radicaux d’origine intérieure.
Ces stéréotypes permettent aux musulmans d’être ciblés à des fins de surveillance indue et de profilage racial et religieux. Islamophobia has fortified the security industrial complex and legitimized policies that construct Muslims as potential jihadists who require state surveillance and monitoring. Recently, we’ve seen reports looking at how that monitoring has been extended to Muslim charities by state agencies like the CRA.
L’islamophobie a renforcé le complexe industriel de la sécurité et légitimé les politiques qui font des musulmans des djihadistes potentiels qui doivent être surveillés et suivis par l’État. Récemment, nous avons vu des rapports sur la façon dont cette surveillance a été étendue aux organismes de bienfaisance musulmans par des organismes d’État comme l’ARC.
We also find that, within the Islamophobia industry, the players are strengthened and enabled by politicians who authorize Islamophobic narratives and policies that promote anti‑Muslim sentiments as part of the wider ecosystem that primes the ground for Islamophobic racism to take root and spread.
Nous constatons également qu’au sein de l’industrie de l’islamophobie, les acteurs sont renforcés et appuyés par des politiciens qui autorisent des discours et des politiques islamophobes qui favorisent des sentiments antimusulmans dans le cadre d’un écosystème plus vaste qui ouvre la voie au racisme islamophobe, afin qu’il prenne racine et se propage. There are a number of discourses, part of what I call Islamophobia’s play list, out there. Those involve various scare stories and conspiracy theories that are perpetuated by this Islamophobia industry.
A central trope is this idea of the Islamist bogeyman, a conspiracy theory that claims that Muslims have been installed in Canada as a Trojan horse or a fifth column, where Muslim operatives are occupying positions of authority — Muslim MPs are usually cited as part of this conspiracy — and are using deceptive tactics, termed “taqiyya,” to fool Canadians and hide their alleged aims of waging a civilizational jihad and imposing creeping sharia law. Il y a un certain nombre de discours, qui font
partie de ce que j’appelle la liste musicale de l’islamophobie. Il s’agit de diverses histoires de peur et de théories du complot qui sont perpétuées par cette industrie de l’islamophobie. Un corollaire primordial est cette idée du croque-mitaine islamiste, une théorie du complot qui prétend que les musulmans ont été installés au Canada comme cheval de Troie ou comme cinquième colonne, où des agents musulmans occupent des postes d’autorité — les députés musulmans sont habituellement cités dans le cadre de cette conspiration — et utilisent des tactiques trompeuses, appelées « taqiyya », pour tromper les Canadiens et cacher leurs 30:4 Human Rights 6-2-2023
présumés objectifs de faire du djihad de civilisation et d’imposer une charia rampante. There is also the characterization of Muslim invaders seeking to overthrow Western civilization. The Muslim invader narrative was brought home on the far-right platform Terrorgram that referred to the Afzaal family who were mowed down and killed in a terror attack in London, Ontario, in 2021, as “dead invaders.” It referred to the perpetrator of this horrific attack as a saint. Il y a aussi la caractérisation des envahisseurs musulmans qui cherchent à renverser la civilisation occidentale.
Le récit de l’envahisseur musulman a été rapporté sur la plateforme d’extrême droite Terrorgram, qui désignait la famille Afzaal qui a été fauchée et tuée lors d’un attentat terroriste à London, en Ontario, en 2021, comme « envahisseurs morts ». On y a qualifié l’auteur de cette horrible attaque de saint. These ideologies and conspiracy theories are not unique to Canada They are part of Islamophobia’s global mythologies. For example, the great replacement theory warns of a white genocide taking place.
These ideas, promoted by far-right, white nationalist groups, have been galvanized by anti-Muslim demographic fears that have been widely circulated in Europe but also can be found in India and China, for example. These ideas were evident in the manifesto of the Christchurch, New Zealand, shooter, as well as the Quebec City mosque shooter who also cited fears of Muslim refugees “invading” Canada. Ces idéologies et théories du complot ne sont pas propres au Canada. Elles font
partie des mythes mondiaux de l’islamophobie. Par exemple, la grande théorie du remplacement met en garde contre un génocide des Blancs. Ces idées, promues par des groupes nationalistes blancs d’extrême droite, ont été galvanisées par des craintes démographiques antimusulmanes qui ont été largement diffusées en Europe, mais aussi en Inde et en Chine, par exemple. Ces idées étaient évidentes dans le manifeste du tireur de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, ainsi que dans celui de la mosquée de Québec, qui a également parlé de la crainte que des réfugiés musulmans envahissent le Canada. We saw these ideas surface as far back as 2007 in Canadian media through Mark Steyn’s Maclean’s
article that claimed that while Western societies were in demographic decline, there was a growing young Muslim population poised to rise up and wage jihad. These discourses also depict Islam as posing a threat to Judeo-Christian values and democracy. That is a trope that is circulated widely among Islamophobia groups.
Nous avons vu ces idées émerger dès 2007 dans les médias canadiens grâce à l’article de Mark Steyn paru dans le Maclean’s, qui affirmait que, pendant que les sociétés occidentales étaient en déclin démographique, une jeune population musulmane croissante était sur le point de s’élever et de faire le djihad. Ces discours dépeignent également l’islam comme une menace aux valeurs judéo-chrétiennes et à la démocratie. C’est un argument qui circule largement parmi les groupes islamophobes.
For me, it was very troubling to see how these Islamophobic ideologies and conspiracy theories were being reproduced, echoed and amplified by Canadian Islamophobia actors. Since 9/11, Muslims have been construed as the new folk devils around which moral panics have been galvanized. Players in the Islamophobia industry have been able to monetize this bigotry in ways that Islamophobia essentially becomes professionalized. Pour moi, c’était très troublant de voir comment ces idéologies islamophobes et ces théories du complot ont été reproduites, reprises et amplifiées par les acteurs canadiens de l’islamophobie.
Depuis le 11 septembre, les musulmans ont été interprétés comme les nouveaux démons autour desquels les paniques morales ont été galvanisées. Les acteurs de l’industrie de l’islamophobie ont été en mesure de monétiser ce sectarisme de manière à ce que l’islamophobie devienne essentiellement professionnalisée.
Unpacking the networks of bigotry and anti-Muslim hate and identifying how they bolster ideological and systemic forms of Islamophobia and create breeding grounds for hate crimes are imperative for fully understanding the dynamics of Islamophobia as a system of oppression and the industry behind its promotion. It is through such an examination and the resulting more robust understanding that we gain about Islamophobia’s ecosystem that the consequences of Islamophobia can be fully understood and measures that address the contemporary formations of Islamophobia can be developed and deployed.
Démêler les réseaux du sectarisme et de la haine antimusulmane est essentiel pour bien comprendre la dynamique de l’islamophobie en tant que système d’oppression et l’industrie qui en fait la promotion, et il est impératif de cerner la façon dont elle renforce les formes idéologiques et systémiques de l’islamophobie et crée des lieux propices aux crimes haineux.
C’est grâce à un tel examen et à une meilleure compréhension de l’écosystème de l’islamophobie que les conséquences de l’islamophobie peuvent être pleinement comprises et que des mesures visant à contrer les formations contemporaines de l’islamophobie peuvent être élaborées et déployées. 6-2-2023 Droits de la personne 30:5
In conclusion, I will emphasize one point or recommendation or call to action, if you will, that is coming from my perspective as a scholar in the field of Islamophobia studies.
I would like to see that the Social Sciences and Humanities Research Council, SSHRC, helps to develop the academic field of Islamophobia studies through creating Canada research chairs, allocating designated research funding toward centres and projects on Islamophobia, and to recognize that because Islamophobia has no borders, Canada must help fund global networks of experts to combat Islamophobia since the global networks that purvey Islamophobia already exist and are very active in their destructive aims.
En conclusion, j’insisterai sur un point, une recommandation ou un appel à l’action, si vous voulez, qui vient de mon point de vue d’universitaire dans le domaine des études sur l’islamophobie.
J’aimerais que le Conseil de recherches en sciences humaines, le CRSH, aide à développer le domaine universitaire des études sur l’islamophobie en créant des chaires de recherche du Canada, en affectant des fonds de recherche désignés à des centres et à des projets sur l’islamophobie, et à reconnaître que, parce que l’islamophobie n’a pas de frontières, le Canada doit aider à financer des réseaux mondiaux d’experts pour lutter contre l’islamophobie, puisque les réseaux mondiaux qui diffusent l’islamophobie existent déjà et sont très actifs dans leurs objectifs destructeurs. Thank you very much. Merci beaucoup.
The Deputy Chair: Thank you. La vice-présidente : Merci. Barbara Perry, Professor and Director, Centre on Hate, Bias and Extremism, Faculty of Social Science and Humanities, Ontario Tech University, as an individual: Thank you for this opportunity. I want to thank Dr. Zine for setting the foundations for me. Many of the narratives that she has outlined are issues that I identify in my own work as well as a foundation for anti-Muslim violence in particular.
Barbara Perry, professeure et directrice, Centre sur la haine, les préjugés et l’extrémisme, Faculté des sciences sociales et humaines, Université Ontario Tech, à
titre personnel : Je vous remercie de cette occasion. Je tiens à remercier Mme Zine d’avoir jeté les bases pour moi. Bon nombre des récits qu’elle a présentés sont des questions que j’ai moi-même cernées dans mon travail et qui constituent une base pour la violence contre les musulmans en particulier. I am the Director of the Centre on Hate, Bias and Extremism at Ontario Tech University, where I also hold a UNESCO Chair in Hate Studies. I have been working in this field of hate studies for about 30 years.
For at least 20 of those years, part of my focus has been on anti-Muslim violence and hate crimes, specifically. That’s really what I want to focus on today. That is one of the most extreme manifestations of Islamophobia, and that is in the form of various forms of personal and property violence against individuals and communities as a whole. Je suis la directrice du Centre sur la haine, les préjugés et l’extrémisme à l’Université Ontario Tech, où je suis titulaire d’une chaire UNESCO d’études sur la haine. Je travaille dans le domaine des études sur la haine depuis une trentaine d’années.
Pendant au moins 20 de ces années, je me suis concentrée en
partie sur la violence contre les musulmans et les crimes haineux. C’est vraiment ce sur quoi je veux me concentrer aujourd’hui. C’est l’une des manifestations les plus extrêmes de l’islamophobie, parmi les diverses formes de violence contre les personnes et les biens et contre l’ensemble des collectivités. I’m drawing here largely on the official statistics, the Statistics Canada data, that I’m sure you are all very familiar with, but I want to highlight some of the trends that we see year to year, not just in any particular year. Je m’appuie en grande
partie sur les statistiques officielles, les données de Statistique Canada, que vous connaissez tous très bien, j’en suis sûre, mais je tiens à souligner certaines des tendances que nous observons d’une année à l’autre, et non seulement dans une année en particulier. You have the slides in front of you. On slide 2, looking at the police-reported hate crimes by motivation, you see that, quite consistently, racially motivated hate crime is most common, followed by that motivated by religion.
When we break that down even further, we see here that anti-Semitic hate crime is typically the most common form of religiously motivated hate crime, followed by anti-Muslim crime. Vous avez les diapositives devant vous. À la diapositive 2, qui porte sur les crimes motivés par la haine déclarés à la police, vous voyez que, de façon assez constante, les crimes haineux motivés par la race sont les plus courants, suivis des crimes motivés par la religion.
Si l’on fait une ventilation encore plus détaillée, on constate que les crimes haineux antisémites sont généralement la forme la plus courante de crimes haineux motivés par la religion, suivis des crimes contre les musulmans. You will see, though, in 2017, there was a really dramatic uptick in reported anti-Muslim hate crime so that it’s nearly on a par with anti-Semitic hate crime.
That was the first year of the Trump administration and the year in which we saw policies and Vous verrez toutefois qu’en 2017, il y a eu une hausse spectaculaire des crimes haineux contre les musulmans, de sorte qu’ils sont presque au même niveau que les crimes haineux antisémites. C’était la première année de l’administration Trump 30:6 Human Rights 6-2-2023
rhetoric that really vilified and marginalized Muslims in that country, and the ideas bled into the Canadian context as well. In 2018, we see that it sort of returns to normal, or, rather, usual levels of hate crime, with some decrease in 2020.
Now, in 2021, we do not have the full data yet, but we do know that anti‑Muslim hate crime increased again by 77%, so that’s another quite dramatic uptick in anti-Muslim violence. et l’année au cours de laquelle des politiques et des discours ont vraiment vilipendé et marginalisé les musulmans dans ce pays, et les idées se sont également retrouvées dans le contexte canadien. En 2018, nous constatons que les crimes haineux reviennent à la normale, ou plutôt à leur niveau habituel, avec une certaine diminution en 2020.
Maintenant, en 2021, nous n’avons pas encore toutes les données, mais nous savons que les crimes haineux contre les musulmans ont encore augmenté de 77 %. Il s’agit donc d’une autre hausse assez spectaculaire de la violence contre les musulmans. It’s important also to look at some of the elements of racially motivated hate crime to understand this as well. I believe it’s in 2022 that we will begin to see multiple motivations. At this point, police can only record either race or religion or sexual orientation — one motivation only.
We are also likely seeing some collapse or elision of religion with race and ethnicity here. For example, in slide number 4, you see violence against South Asian, Arab and West Asian communities has also increased in some years again. In 2021, it is up another 46%. I think we have to take into account some of this racially motivated hate crime as well to explain anti-Muslim violence. In Canada, I think nearly 88% of Muslims are also members of visible minority communities. Il est également important d’examiner certains des éléments des crimes haineux motivés par la race pour comprendre le phénomène.
Je crois que c’est en 2022 que nous commencerons à voir de multiples motivations. À ce stade, la police ne peut consigner que la race, la religion ou l’orientation sexuelle — une seule motivation. Il est également probable que nous assistions à un certain fléchissement ou à un certain remplacement de la religion par la race et l’ethnicité ici. Par exemple, à la diapositive 4, on peut voir que la violence contre les communautés sud‑asiatiques, arabes et asiatiques occidentales a également augmenté au cours des dernières années. En 2021, elle a encore augmenté de 46 %.
Je pense que nous devons tenir compte de certains de ces crimes haineux motivés par la race pour expliquer la violence contre les musulmans. Au Canada, je crois que près de 88 % des musulmans sont également membres de minorités visibles. The Muslim community is a frequently targeted community in the Canadian context in terms of typical kinds of hate crimes. However, they are also disproportionately represented as victims and targets of far-right violence, specifically extreme-right violence. Dr.
Zine alluded to some of the far-right groups that are active in the Canadian context and set the stage in terms of their narratives and rhetoric that vilifies and demonizes Muslim communities, but I think we also see that being played out in terms of the most extreme forms of violence. La communauté musulmane est souvent ciblée dans le contexte canadien pour ce qui est des crimes haineux typiques. Cependant, elle est également surreprésentée parmi les victimes et les cibles de la violence de la droite, plus précisément de la violence d’extrême droite.
Mme Zine a fait allusion à certains des groupes d’extrême droite qui sont actifs dans le contexte canadien et qui préparent le terrain pour ce qui est de leur discours et de leur rhétorique qui calomnient et diabolisent les communautés musulmanes, mais je pense que nous voyons aussi cela se produire en ce qui concerne les formes les plus extrêmes de violence. In slide number 5, what I have represented here are the number of mass murders that are tied in some way to the far‑right movement in the Canadian context.
Since 2014, we have seen at least 28 murders associated with far-right extremism in the context of mass murders specifically, perhaps more in the 2022 case in Winnipeg. There is some suggestion that there might be more Indigenous women who were victims of that particular murderer. There were also two other individual murders associated with the far right, one of which was anti‑Muslim and one of which was anti‑woman or motivated by incel ideologies. In total, we see that 11 of these murders are associated with anti‑Muslim narratives and anti‑Muslim rhetoric and motivation for the individuals.
These are not just low‑level incidents of hate crime we are seeing. This is not just vandalism or graffiti at mosques or in the community. It ranges all the way À la diapositive 5, vous voyez le nombre de meurtres de masse qui sont liés d’une façon ou d’une autre au mouvement d’extrême droite dans le contexte canadien. Depuis 2014, il y a eu au moins 28 meurtres associés à l’extrémisme d’extrême droite dans le contexte de meurtres de masse en particulier, peut‑être plus dans l’affaire de 2022 à Winnipeg.
Certains laissent entendre qu’il pourrait y avoir plus de femmes autochtones qui ont été victimes de ce meurtrier en particulier. Il y avait aussi deux autres meurtriers individuels associés à l’extrême droite, dont l’un était antimusulman et l’autre était antiféministe ou motivé par l’idéologie incel, ou célibat involontaire. Au total, nous constatons que 11 de ces meurtres sont associés à des particuliers motivés par une rhétorique ou par des discours antimusulmans. Il ne s’agit pas seulement d’incidents mineurs de crimes haineux. Il ne s’agit pas seulement 6-2-2023 Droits de la personne 30:7
up to the most extreme forms of violence in the form of homicides. de vandalisme ou de graffitis dans les mosquées ou dans la collectivité. Cela va jusqu’aux formes les plus extrêmes de violence sous forme d’homicides. I just want to close by reminding you of the impacts. I know this is something you’re very interested in. What are the impacts? This comes from the work that I have done with Muslim communities across the country.
It’s important to recognize that when we’re talking about hate crime, even at the individual level, the impacts are different than they are for non‑bias motivated similar offences, so an assault that is motivated by [Technical difficulties] tends to have longer- lasting, more deeply felt impacts than an assault that isn’t motivated by identity. We have quite a body of literature now that supports that. J’aimerais terminer en vous rappelant les répercussions. Je sais que c’est un aspect qui vous intéresse beaucoup. Quelles sont les répercussions?
Selon le travail que j’ai fait auprès des communautés musulmanes partout au pays, il est important de reconnaître que, lorsqu’on parle de crimes haineux, même au niveau individuel, les répercussions sont différentes de ce qu’elles sont pour des infractions similaires non motivées par des préjugés, de sorte qu’une agression motivée par [Difficultés techniques] a tendance à avoir des répercussions plus durables et plus profondes qu’une agression qui n’est pas motivée par l’identité. Nous avons beaucoup de documentation à ce sujet.
What we’re also starting to unpack are the community impacts of anti-Muslim hate crime which is one of the reasons why we have this designation of hate crime. It is a recognition that it is a message crime that affects not just the direct or the immediate victim but community members as well. Many of the same emotional, psychological and mental effects that direct targets feel are experienced by others in the community when they are aware of these sorts of incidents. When they are aware of the risk of these sorts of incidents, they become fearful.
They are paranoid and cognizant at all times and vigilant about their environment and who is in the area, who might be watching them, who might be following them or who might be turning their gaze to them in ways that they feel are threatening. Nous commençons également à analyser les répercussions communautaires des crimes haineux contre les musulmans, ce qui est l’une des raisons pour lesquelles nous avons cette désignation de crime haineux. Il est important de reconnaître qu’il s’agit d’un crime à message qui touche non seulement la victime directe ou immédiate, mais aussi les membres de la collectivité.
Bon nombre des mêmes effets émotionnels, psychologiques et mentaux ressentis par les cibles directes sont aussi ressentis par les autres membres de la collectivité lorsqu’ils sont mis au courant de ce genre d’incidents. Lorsqu’ils sont conscients du risque de ce genre d’incidents, ils deviennent craintifs. Ils sont paranoïaques et conscients en tout temps, et ils sont vigilants à l’égard de leur environnement et de ceux qui se trouvent à proximité, qui pourraient les surveiller, qui pourraient les suivre ou qui pourraient tourner leur regard vers eux d’une façon qu’ils jugent menaçante.
It creates a sense that they don’t belong, that they are not valued and not welcome in the community, whether we’re talking about the local neighbourhood and community or whether we’re talking about the national community. This creates a sense of isolation, not just in emotional terms but in physical terms as well as people become fearful of leaving the home and fearful of engaging with people who are not of their community for fear of the consequences.
Cela donne l’impression qu’ils n’ont pas leur place, qu’ils ne sont pas appréciés et qu’ils ne sont pas les bienvenus dans la collectivité, qu’il s’agisse du quartier et de la collectivité locale ou au sein de la population nationale. Cela crée un sentiment d’isolement, non seulement sur le plan émotif, mais aussi sur le plan physique, et les gens ont peur de quitter leur foyer et d’interagir avec des gens qui ne font pas
partie de leur collectivité, par crainte des conséquences. It also leads people to manage their identity to find a way reduce the risk or threat and to very often reduce the signals or the signs that they are, in fact, Muslim. We hear of women deciding to no longer cover for fear of being targeted because we know how frequently Muslim women who are covered are targeted in this respect and Muslim men who shave their beard, really changing markers of identity.
Cela amène aussi les gens à gérer leur identité pour trouver un moyen de réduire le risque ou la menace et, très souvent, de réduire les signaux ou les signes qu’ils sont, en fait, musulmans. Nous entendons parler de femmes qui décident de ne plus se couvrir de peur d’être ciblées parce que nous savons à quelle fréquence les musulmanes qui sont couvertes sont ciblées à cet égard et les hommes musulmans qui se rasent la barbe, ce qui change vraiment les marqueurs de leur identité.
At the broader social level, not just in terms of the effect on the Muslim community but the effect on the broader community as a whole, hate crime generally, and anti-Muslim hate crime specifically, has the effect of creating divisions between communities and driving a wedge between communities. It Sur le plan social, non seulement en ce qui concerne l’effet sur la communauté musulmane, mais aussi sur l’ensemble de la communauté, les crimes haineux en général et ceux qui sont commis contre les musulmans en particulier, ont pour effet de créer des divisions et un clivage entre les communautés.
Cela 30:8 Human Rights 6-2-2023
creates a sense of distrust amongst Muslim communities for others, particularly white communities who tend to be the perpetrators in this particular context. crée un sentiment de méfiance parmi les communautés musulmanes à l’égard des autres, en particulier les communautés blanches qui ont tendance à être les auteurs de ces crimes dans ce contexte particulier. If there is any silver lining here, it is that there are those for whom their own experience or the community experiences of hate crime also mobilize them.
It encourages them to become involved, to push back against the risk and to push back against the reality of Islamophobia in their community. I think this is important if we’re thinking about how we intervene. What are the mechanisms that are necessary here? I think it is to leverage that mobilization and to leverage the work that is already being done, very often at the local level, by Muslim community groups and other equity-seeking groups. S’il y a un aspect positif, c’est qu’il y a des gens qui se mobilisent par suite de leur propre expérience ou de l’expérience communautaire des crimes haineux.
Ces crimes les encouragent à s’impliquer, à repousser les risques et à repousser la réalité de l’islamophobie dans leur communauté. Je pense que c’est important si nous pensons à la façon dont nous intervenons. Quels sont les mécanismes nécessaires? Je pense que c’est pour tirer parti de cette mobilisation et du travail qui se fait déjà, très souvent au niveau local, par les groupes de la communauté musulmane et d’autres groupes en quête d’équité. That suggests, just as Dr. Zine was saying, that we do need a federal framework for engaging in this space.
The government likes to talk about a whole-of-government approach, but I would much prefer to see a whole-of-society approach where the government provides a foundation, especially in terms of funding, not just for the research but for the community-based work and the grassroots work already being done and to ensure that it is sustainable. I think every sector of society has a role to play in countering Islamophobia, whether that’s through education or much more direct action. Cela laisse entendre, comme le disait Mme Zine, que nous avons besoin d’un cadre fédéral pour nous engager dans ce domaine.
Le gouvernement aime parler d’une approche pangouvernementale, mais je préférerais de loin une approche pansociétale dans le cadre de laquelle le gouvernement fournit une base, surtout en ce qui concerne le financement, non seulement pour la recherche, mais aussi pour le travail communautaire de base et déjà effectué et pour s’assurer qu’il aura des effets durables. Je pense que chaque secteur de la société a un rôle à jouer dans la lutte contre l’islamophobie, que ce soit par l’éducation ou par des actions beaucoup plus directes. Thank you very much for your time. Merci beaucoup de votre temps.
The Deputy Chair: Thank you, Professor Perry. Thank you both for your presentations. La vice-présidente : Merci, madame Perry. Je vous remercie tous les deux de vos exposés. Before asking and answering questions, I would like to ask committee members in the room, for the duration of this meeting, to please refrain from leaning in too close to the microphone or to remove your earpiece when doing so. This will avoid any sound feedback that could negatively impact the committee staff in the room.
Avant la période des questions, j’aimerais demander aux membres du comité présents dans la salle, pour la durée de la réunion, de ne pas se pencher trop près du microphone ou de retirer leur oreillette s’ils doivent le faire. Cela permettra d’éviter l’effet Larsen qui pourrait avoir une incidence négative sur le personnel du comité dans la salle. We will now proceed to questions from senators. As was our previous practice, I would like to remind each senator that you have five minutes for your question, and that includes the answer. Nous allons maintenant passer aux questions des sénateurs.
Comme nous le faisions auparavant, j’aimerais rappeler à chaque sénateur qu’il dispose de cinq minutes pour poser sa question et écouter la réponse. Senator Hartling: Thank you to the witnesses for being here with us. La sénatrice Hartling : Je remercie les témoins d’être parmi nous. Professor Zine and Dr. Perry, it’s shocking and disturbing to hear what you’re saying, but I’m glad that we are hearing it because I think the more people that hear, the more we’ll be able to take some action.
I’m thinking about your report, Professor Zine, The Canadian Islamophobia Industry, and about all the levels in which it is taking shape. It’s a real movement. I’m just thinking about what our federal government could do to systematically change the social and cultural landscape that gives rise to Islamophobia. What are some of the things that the Mesdames Zine et Perry, c’est choquant et troublant d’entendre ce que vous dites, mais je suis heureuse que nous l’entendions parce que je pense que plus il y a de gens qui entendent, plus nous serons en mesure d’agir.
Je pense à votre rapport, madame Zine, The Canadian Islamophobia Industry, et à tous les niveaux où il prend forme. C’est un véritable mouvement. Je pense simplement à ce que notre gouvernement fédéral pourrait faire pour changer systématiquement le paysage social et culturel qui donne lieu à l’islamophobie. Quelles 6-2-2023 Droits de la personne 30:9
government might do? I know, Dr. Perry, you talked about how on all levels that things definitely have to change, but just starting with the federal government, what might they do? Thank you. mesures le gouvernement pourrait-il prendre? Madame Perry, je sais que vous avez dit que les choses doivent changer à tous les niveaux, mais qu’est-ce que le gouvernement fédéral pourrait faire? Merci. Ms. Zine: Thank you very much for the question.
In my report, which is very lengthy — it’s about 240 pages long — I didn’t actually add recommendations because of the fact that in the summit that happened about a year ago, there were hundreds and hundreds of recommendations that came forward from the Muslim community. I didn’t think I could trump any of that. However, I agree with Dr. Perry about this being a sort of society-wide kind of prospect for change. I think where the federal government can be instructive and leading some of that really starts with evaluation of its own policies and practices.
I did mention reports that have come out of the monitoring of Muslim charities by the CRA. I’m sure you have heard more testimony about this, and the issue of securitization of Muslims beyond charities but in terms of other Muslim groups and organizations that have not been able to shake this association with terrorism that has been around since the aftermath of 9/11 and is continually being reinforced in new ways through the Islamophobia industry actors. Look at policies in Quebec like Bill 21, which isn’t the federal government’s purview but nonetheless have an impact in creating the environment.
Mme Zine : Merci beaucoup de la question. Dans mon rapport, qui est très long — il fait environ 240 pages —, je n’ai pas formulé de recommandations, car lors du sommet qui a eu lieu il y a environ un an, la communauté musulmane a formulé des centaines et des centaines de recommandations. Je ne pensais pas pouvoir éclipser toutes ces voix. Cependant, je suis d’accord avec Mme Perry pour dire qu’il s’agit d’une sorte de perspective de changement à l’échelle de la société. Je pense que le gouvernement fédéral peut donner l’exemple et diriger une
partie de ce travail en évaluant ses propres politiques et pratiques. J’ai mentionné les rapports qui ont été produits à la suite de la surveillance des organismes de bienfaisance musulmans par l’ARC. Je suis sûre que vous avez entendu d’autres témoignages à ce sujet, et la question de la sécurisation des musulmans au‑delà des organismes de bienfaisance, mais en ce qui concerne d’autres groupes et organisations musulmans qui n’ont pas réussi à rompre cette association avec le terrorisme qui existe depuis les événements du 11 septembre et qui est continuellement renforcée de nouvelles façons par l’islamophobie.
Il suffit de regarder des politiques comme le projet de loi 21, au Québec, qui n’est pas du ressort du gouvernement fédéral, mais qui ont quand même un impact sur la question.
If we think Muslim attire is not suitable for the Canadian public sphere, and if we think Muslim organizations and charities need to be surveilled in different ways or there needs to be a no-fly list that has Muslim names — and even Muslim toddlers — on this list, or that security agencies need to focus on the Muslim community, what message does that give to the wider public and what message does that give to Muslim children growing up who don’t have much counter-narrative to the ways in which Muslims are presented to them? I think those kinds of systemic changes around Islamophobia really need to happen.
Si nous pensons que l’habillement musulman ne convient pas à la sphère publique canadienne, et si nous pensons que les organisations et les organismes de bienfaisance musulmans doivent être surveillés de différentes façons ou qu’il faut une liste d’interdiction de vol qui contient des noms musulmans — et même de tout-petits musulmans — sur cette liste, ou que les organismes de sécurité doivent se concentrer sur la communauté musulmane, quel message envoie-t-on au grand public et aux enfants musulmans qui grandissent et qui n’ont pas beaucoup de contre-discours sur la façon dont les musulmans leur sont présentés?
Je pense que des changements systémiques de ce genre liés à l’islamophobie doivent vraiment se produire. I have to say I was disappointed in the aftermath of the hearings that went after motion 103 and the report that came out that has framed the anti-racism strategy in Canada. Out of the 30 recommendations, only two or three even addressed Islamophobia. I think we need to do better. The resources are there. We have the wonderful Amira Elghawaby taking the role as a special representative, and she has received enormous targeting and attacks herself, which are completely unwarranted.
This is just another example of how quickly, when racialized Muslim women try to speak truth to power in the public sphere, that gets shut down. Every effort to support her work will be vital. Je dois dire que j’ai été déçue par les audiences qui ont suivi la motion 103 et le rapport qui a servi de base à la stratégie canadienne de lutte contre le racisme. Sur les 30 recommandations, seulement deux ou trois portaient sur l’islamophobie. Je pense que nous devons faire mieux. Les ressources sont là.
Il y a Amira Elghawaby qui assume le rôle de représentante spéciale, et elle a elle-même fait l’objet d’énormes attaques, qui sont tout à fait injustifiées. Ce n’est qu’un autre exemple de la rapidité avec laquelle, lorsque des femmes musulmanes racisées tentent de dire la vérité au pouvoir dans la sphère publique, on les empêche de le faire. Tous les efforts pour appuyer son travail seront essentiels. Senator Hartling: Thank you. La sénatrice Hartling : Merci. 30:10 Human Rights 6-2-2023
Senator Arnot: Thank you, witnesses, for coming today. My question is for both witnesses to comment. Le sénateur Arnot : Merci aux témoins d’être venus aujourd’hui. Ma question s’adresse aux deux témoins. Professor Zine, you have done a comprehensive study. You called it an industry of Islamophobia and talked about the networks and the connections.
You’ve also made a recommendation here today about the social sciences and humanities research grants available should be focused on studying this issue in a much more robust and aggressive way because the results of that kind of research in academia will support policy-makers and changes that you want. Professor Perry, you recommended focusing on education. Madame Zine, vous avez fait une étude approfondie. Vous avez dit que l’islamophobie constitue une industrie et vous avez parlé des réseaux et des liens.
Vous avez également fait une recommandation aujourd’hui au sujet des subventions de recherche en sciences humaines qui devraient être axées sur l’étude de cette question de façon beaucoup plus rigoureuse et dynamique, parce que les résultats de ce genre de recherche universitaire aideront les décideurs à instaurer les changements que vous voulez. Madame Perry, vous avez recommandé de mettre l’accent sur l’éducation.
I would like to have Professor Zine amplify a little bit about the direction this committee’s work could go in recommending actions that would move towards prevention, reduction and elimination of anti-Muslim hate. J’aimerais que Mme Zine nous en dise un peu plus sur l’orientation que le comité pourrait prendre dans ses travaux en recommandant des mesures visant à prévenir, à réduire et à éliminer la haine envers les musulmans. In particular, I would like Professor Perry to amplify her comment about education and the role of education, particularly in the Grades K to 12 system in Canada.
Obviously, anti-Muslim hate is antithetical to democracy and democratic values but also Canadian values, and I’m wondering if you have any comments about the nature of current education and how it could be improved and how education can lead us out of the morass we’re in with the kinds of evidence that we’ve heard basically from coast to coast about anti-Muslim hate in the communities. Plus particulièrement, j’aimerais que Mme Perry nous en dise davantage sur l’éducation et le rôle de l’éducation, en particulier de la maternelle à la 12e année au Canada.
De toute évidence, la haine contre les musulmans est contraire à la démocratie et aux valeurs démocratiques, mais aussi aux valeurs canadiennes. Je me demande si vous avez des commentaires à faire sur la nature de l’éducation actuelle et sur la façon dont elle pourrait être améliorée et comment l’éducation peut nous sortir du marasme dans lequel nous nous trouvons avec le genre de témoignages que nous avons entendus d’un océan à l’autre au sujet de la haine contre les musulmans dans les collectivités. Ms. Perry: Thank you for that question. Mme Perry : Je vous remercie de cette question.
You say an emphasis on K through 12, and I want to preface it by saying I think we also need to teach adults how to more constructively and positively engage with the Muslim community because many of the perpetrators of anti-Muslim crimes are in fact adults. They get to that stage having not gotten the foundations in their early years and are socialized in a culture and a community that often harbours pretty virulent anti-Muslim narratives.
Absolutely, I think starting at K through 12, and I remember when doing some of the interviews that I was speaking with university students, some who had been active themselves when they were students in terms of promoting positive images of Muslims. That first-hand experiential introduction can’t be overstated in that respect. It’s not just the formal strategies of education but the informal strategies as well.
Vous dites qu’il faut mettre l’accent de la maternelle à la 12e année, et je tiens d’abord à dire que nous devons aussi enseigner aux adultes comment s’engager de façon plus constructive et positive avec la communauté musulmane parce que bon nombre des auteurs de crimes contre les musulmans sont en fait des adultes. Ils en arrivent à ce stade-là parce qu’ils n’ont pas obtenu les bases nécessaires au cours de leurs premières années et qu’ils sont socialisés dans une culture et une collectivité qui ont souvent des discours antimusulmans assez virulents. Tout à fait.
Je pense qu’à partir de la maternelle jusqu’à la 12e année, et je me souviens de certaines des entrevues que j’ai eues avec des étudiants de l’université, dont certains avaient eux-mêmes fait la promotion d’images positives des musulmans lorsqu’ils étaient étudiants. On ne saurait trop insister sur cette expérience de première main. Il ne s’agit pas seulement des stratégies formelles d’éducation, mais aussi des stratégies informelles. One of the most important points of intervention is also in terms of the online sphere.
I didn’t really talk much about the online attacks, but they are endless, it seems, whether it’s individual attacks on individual people through email or attempts to libel them in public or whether it’s wide-scale commentary about Muslims and the evil associated with Muslims. So much of L’un des points d’intervention les plus importants concerne également la sphère en ligne.
Je n’ai pas vraiment parlé des attaques en ligne, mais elles sont sans fin, semble-t-il, qu’il s’agisse d’attaques individuelles contre des personnes par courriel ou de tentatives de diffamation en public ou de commentaires à grande échelle sur les musulmans et le mal 6-2-2023 Droits de la personne 30:11
what we’re exposed to online are negative, demonizing portrayals of Muslims, and I don’t think we’re well equipped — either adults or children — to be critical of what’s passing by our screens and through our devices. I think of the role of critical digital literacy in particular and helping youth to develop those skills of how to identify suspect material and what to do about it, not just that you don’t pass it on and share it with others. Can you report it to someone? It’s probably not safe for youth to intervene and challenge it. If it’s amongst other youth, perhaps, but otherwise we have to be careful there.
How can they report it? How can they create a groundswell of support for broader pushback in their online spaces as well? I think those are some of the skills we need to develop, especially in terms of challenging the narratives. That’s where they come in contact with them. associé aux musulmans. Une grande
partie de ce à quoi nous sommes exposés en ligne est négatif, diabolisant des représentations de musulmans, et je ne pense pas que nous soyons bien équipés — que ce soit les adultes ou les enfants — pour critiquer ce qui passe par nos écrans et nos appareils. Je pense au rôle de la littératie numérique essentielle en particulier et au fait d’aider les jeunes à acquérir ces compétences sur la façon de repérer le matériel suspect et ce qu’il faut faire à ce sujet, et pas seulement de ne pas le propager et de ne pas le partager avec les autres. Est-il possible de le signaler?
Il n’est probablement pas sécuritaire pour les jeunes d’intervenir et de contester. Si c’est parmi d’autres jeunes, peut-être, mais autrement, il faut faire attention. Comment peuvent-ils le signaler? Comment peuvent-ils créer une vague de soutien pour une plus grande résistance dans leurs espaces en ligne également? Je pense que ce sont là certaines des compétences que nous devons acquérir, surtout pour ce qui est de remettre en question les récits. C’est là qu’ils y sont confrontés. Ms. Zine: I was going to add to that briefly, if there is still time.
Mme Zine : J’allais ajouter quelque chose brièvement, s’il reste du temps. The Deputy Chair: We have actually used all of Senator Arnot’s time, but I think we have time so I am going to ask the indulgence of the committee to have you respond. Thank you. La vice-présidente : En fait, nous avons utilisé tout le temps dont disposait le sénateur Arnot, mais je crois que nous avons encore un peu de temps. Je vais donc demander l’indulgence du comité pour que vous puissiez répondre. Merci. Ms. Zine: Thank you very much for that indulgence. Mme Zine : Merci beaucoup de votre indulgence. Echoing what Dr.
Perry was pointing out about some of the online communities and echo chambers that are there that propagate Islamophobia, it is vital to have that critical digital media literacy and to make young people, from a very early age, aware of the disinformation that’s out there and how to be critical about discerning truth from facts because the orchestrated disinformation campaigns are also deeply embedded. For example, if you are searching information — even as I was doing my report — about terms like sharia or jihad, the first hits will be anti-Muslim sites. It’s very difficult to get proper information.
It’s important to have that education part of the curriculum from K to 12 and beyond. I mentioned about post-secondary because that’s where I work and where I do my work. There are very few courses on Islamophobia across Canada. I can name two or three others aside from my own teaching around that. I do think we need to fortify the kind of anti-Islamophobia education from a younger age but also into post-secondary.
Pour faire écho à ce que Mme Perry disait au sujet des communautés en ligne et des caisses de résonance qui propagent l’islamophobie, il est essentiel d’avoir cette connaissance essentielle des médias numériques et de faire en sorte que les jeunes, dès leur plus jeune âge, soient conscients de la désinformation qui existe et de la façon d’être critiques lorsqu’il s’agit de distinguer la vérité des faits, car les campagnes de désinformation orchestrées sont aussi profondément enracinées.
Par exemple, en cherchant de l’information — même pendant que je préparais mon rapport — sur des termes comme la charia ou le djihad, les premiers à être consultés seront des sites antimusulmans. Il est très difficile d’obtenir des renseignements exacts. Il est important que l’éducation fasse
partie du programme d’études de la maternelle à la 12e année et au-delà. J’ai parlé des études postsecondaires parce que c’est là que je travaille et que je fais mon travail. Il y a très peu de cours sur l’islamophobie au Canada. Je peux en nommer deux ou trois autres, à part mon propre cours à ce sujet. Je pense que nous devons renforcer l’éducation concernant la lutte contre l’islamophobie à partir d’un plus jeune âge, mais aussi jusqu’au niveau postsecondaire.
I would add that one modality of education that is powerful is the arts, and it’s important to see Muslim artists and storytellers supported through grants and funding dedicated to this because we need to have a counter-narrative. We need that counter- narrative to resonate with the wider public, and the arts have an J’ajouterais que l’une des formes d’éducation qui est puissante, ce sont les arts, et il est important de voir les artistes et les conteurs musulmans appuyés par des subventions et des fonds consacrés à cela parce que nous avons besoin d’un contre- discours.
Nous avons besoin de ce contre-discours pour trouver 30:12 Human Rights 6-2-2023
ability to do that. I would like to see that funding dedicated to all of the Muslim artists, storytellers and so on who have a powerful voice and have stories to share that others can benefit from. un écho auprès du grand public, et les artistes ont la capacité de le faire. J’aimerais que ce financement soit consacré à tous les artistes et conteurs musulmans qui ont une voix puissante et qui ont des histoires à communiquer dont d’autres peuvent bénéficier. [Translation] [Français] Senator Gerba: My question is for Ms. Zine.
You’ve researched Islamophobia internationally for many years, so how do you distinguish between Islamophobia in Canada and Islamophobia elsewhere in the world? Have any countries put solutions or best practices in place that we could adopt to combat Islamophobia here? La sénatrice Gerba : Ma question s’adresse à Mme Zine. En tant qu’académicienne ayant travaillé longtemps à l’échelle internationale, quelle différence faites-vous entre l’islamophobie au Canada et l’islamophobie ailleurs dans le monde?
Y a-t-il des solutions ou de meilleures pratiques qui ont été mises en œuvre dans d’autres pays que nous pouvons utiliser pour contrer l’islamophobie au Canada? [English] [Traduction] Ms. Zine: Thank you very much for the question. Mme Zine : Merci beaucoup de la question. I have worked internationally, and Islamophobia is a global scourge. We can talk about genocide that’s happening in Myanmar, China, India and all over the world. Europe has also deeply embedded Islamophobia in many nations.
This was why, in 2010, 2012, I started working with UNESCO, the Council of Europe and the OSCE on developing guidelines for educators and policy-makers around challenging Islamophobia. I notice they still have those guidelines up. The other day, I was thinking that they need to be updated. J’ai travaillé à l’échelle internationale, et l’islamophobie est un fléau mondial. Nous pouvons parler du génocide qui se produit au Myanmar, en Chine, en Inde et partout dans le monde. L’Europe a aussi profondément ancré l’islamophobie dans de nombreux pays.
C’est pourquoi, en 2010 et 2012, j’ai commencé à travailler avec l’UNESCO, le Conseil de l’Europe et l’OSCE à l’élaboration de lignes directrices pour les enseignants et les décideurs sur la lutte contre l’islamophobie. Je remarque que ces lignes directrices sont toujours en vigueur. L’autre jour, je me disais qu’il fallait les mettre à jour. What I found in Europe is that as far back as 2010, and even earlier, there has been dedicated focus, through a lot of different NGOs working with intergovernmental organizations, to bring these issues to the forefront.
Ce que j’ai constaté en Europe, c’est qu’en 2010, et même avant, beaucoup d’ONG différentes, en collaboration avec des organisations intergouvernementales, se sont employées à mettre ces questions à l’avant-plan. One of the initiatives I was involved with through the Council of Europe was among youth and having youth across European nations come together in Budapest. We did a week-long session with them so that they could go back to their communities and be able to become leaders in challenging hate and Islamophobia. It was part of a wider no-hate campaign that UNESCO had.
L’une des initiatives auxquelles j’ai participé dans le cadre du Conseil de l’Europe a été de réunir des jeunes de tous les pays européens à Budapest. Nous avons tenu une séance d’une semaine avec eux afin qu’ils puissent retourner dans leurs collectivités et devenir des chefs de file dans la lutte contre la haine et l’islamophobie. Cela s’inscrivait dans le cadre d’une vaste campagne de lutte contre la haine menée par l’UNESCO.
What I have noticed is that Canada has been quite slow to implement any kind of national initiatives that would outreach to communities, that would engage those communities in a meaningful way and that would continue to inform policy, education and so on. I think that some of those examples could be very helpful as we look at more nationwide types of policies that are impactful.
Ce que j’ai remarqué, c’est que le Canada a mis beaucoup de temps à mettre en œuvre des initiatives nationales visant à sensibiliser les collectivités, à faire participer ces dernières de façon significative et à continuer d’éclairer les politiques, l’éducation et ainsi de suite. Je pense que certains de ces exemples pourraient être très utiles dans le cadre de notre examen de politiques nationales qui ont des répercussions. Senator Omidvar: My apologies to the committee and to the witnesses for being late. Therefore, I am all the more grateful for the printed version of Professor Zine’s remarks.
La sénatrice Omidvar : Je présente mes excuses au comité et aux témoins pour mon retard. Je suis donc d’autant plus reconnaissante pour la version imprimée des observations de Mme Zine. 6-2-2023 Droits de la personne 30:13
Professor Zine, I have read about your work. I won’t pretend to have read the report, but I have read about it in newspapers and in academic releases. You talk about your conclusions that Islamophobia is an organized, orchestrated, networked and monetized industry. Madame Zine, j’ai lu au sujet de votre travail. Je ne prétends pas avoir lu le rapport, mais j’ai lu des articles à ce sujet dans les journaux et dans des publications universitaires. Vous dites que l’islamophobie est une industrie organisée, orchestrée, réseautée et monétisée.
Could you comment on the role of legislation in the roots of Islamophobia in this country? I refer particularly to the anti‑terrorism code that was passed in 2001 by Prime Minister Chrétien. Subsequently, around 2011, Prime Minister Harper approved the risk assessment against dealing with money laundering and terrorism financing. This brings the entire machinery of government — CBSA, RCMP, CSIS, CRA, IRCC, all of them — around the risk-assessment framework, which we have heard is part of systemic racism and Islamophobia in Canada.
We heard earlier from Monia Mazigh that after the rendition of Meja Harar and his subsequent release, not a single thing changed in the anti-terrorism code. Would you comment on the role of legislation and legislators as part of this constellation of the industry? Pourriez-vous nous parler du rôle des lois dans les racines de l’islamophobie au Canada? Je pense notamment au code antiterroriste adopté en 2001 par le premier ministre Chrétien. Vers 2011, le premier ministre Harper a approuvé l’évaluation des risques dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Tout l’appareil gouvernemental — l’ASFC, la GRC, le SCRS, l’ARC, IRCC, etc. — s’articule autour du cadre d’évaluation des risques, qui, comme nous l’avons entendu, contribue au racisme systémique et à l’islamophobie au Canada. Nous avons entendu plus tôt Monia Mazigh dire qu’après l’extradition de Meja Harar et sa libération subséquente, rien n’a changé dans le code antiterroriste. Pourriez-vous nous parler du rôle de la législation et des législateurs dans cette constellation de l’industrie? Ms. Zine: Thank you very much for that question. It is an important one. Mme Zine : Merci beaucoup de cette question.
Elle est importante. I mentioned earlier how the government needs to reflect on its own policies and their consequences when it comes to tackling Islamophobia. Security policies and the wider security industrial complex that is attached to it is also very important as part of that. J’ai mentionné plus tôt que le gouvernement doit réfléchir à ses propres politiques et à leurs conséquences lorsqu’il s’agit de lutter contre l’islamophobie. Les politiques de sécurité et le complexe industriel de la sécurité plus vaste qui y est associé sont également très importants. You’ve mentioned the Anti-terrorism Act.
There are also security certificates that were applied to noncitizens, and, really, sort of operate around secret trials, secret evidence and so on, and that has affected Muslim men in this country. Obviously, there are issues of extraordinary rendition, and there are a number of other ways in which there are questions around certain cases to do with entrapment and other things that have specifically affected Muslim populations.
When security agencies are directing their attention to particular groups in society, then those groups are singled out in the wider public as well as being in need of surveillance: We need to watch them. We need to monitor them. They could be threats. Vous avez parlé de la Loi antiterroriste. Il y a aussi les certificats de sécurité qui ont été appliqués aux non-citoyens et qui, en fait, tournent autour de procès secrets, de preuves secrètes et ainsi de suite, ce qui a touché les hommes musulmans dans ce pays.
De toute évidence, il y a des problèmes d’extradition extraordinaire, et il y a un certain nombre d’autres problèmes entourant certains cas liés au piégeage et à d’autres choses qui ont particulièrement touché les populations musulmanes. Lorsque les organismes de sécurité concentrent leur attention sur des groupes particuliers de la société, ces groupes sont ciblés par le grand public et doivent être surveillés. On se dit qu’il faut les surveiller, parce qu’ils pourraient constituer des menaces.
For me, as a sociologist, it’s the way the legislation supports, sustains and reproduces Islamophobic ideas and narratives about the potential radical, the jihadist. In my book, Under Siege, Islamophobia and the 9/11 Generation , that came out last year, I was looking at Muslim youth and how they are responding to having been socialized into a world where they were perceived as radicals, as terrorists, as jihadists since 9/11 happened and all of those security policies were ushered in. There are a number of ways that has impacted this generation of youth and the generation of youth that has followed.
Pour moi, en tant que sociologue, c’est la façon dont la loi appuie, soutient et reproduit les idées et les récits islamophobes au sujet du radical potentiel, le djihadiste. Dans mon livre, Under Siege, Islamophobia and the 9/11 Generation, qui a été publié l’an dernier, j’examinais les jeunes musulmans et la façon dont ils réagissent au fait d’avoir été socialisés dans un monde où ils étaient perçus comme des radicaux, en tant que terroristes, en tant que djihadistes depuis le 11 septembre et depuis que toutes ces politiques de sécurité ont été mises en place.
Il y a un certain nombre de moyens qui ont eu une incidence sur cette génération de jeunes et la génération qui a suivi. 30:14 Human Rights 6-2-2023
For me, it is not just the legislation itself. That has been widely critiqued. It’s also looking at what the effect is on communities and how that is taken up and what message it sends to the wider public about particular groups being criminalized, being seen as radicals and potential threats. I think we need to look at it more broadly, not just in terms of what is legislated but what the impact is of that surveillance. Pour moi, ce n’est pas seulement la loi en soi. Cela a fait l’objet de nombreuses critiques.
Il s’agit également d’examiner son effet sur les collectivités et la façon dont elle est adoptée et le message qu’elle envoie au grand public au sujet de groupes particuliers qui sont criminalisés, qui sont considérés comme des radicaux et des menaces potentielles. Je pense que nous devons examiner la question de façon plus générale, non seulement en ce qui concerne ce qui est prévu par la loi, mais aussi l’incidence de cette surveillance. As Dr. Perry said, I have found in my research with Muslim youth across Canada how they tend to internalize that securitization.
They tend to worry about if what they are doing would be suspicious to others. “Can we go play paint ball? Can we be seen playing violent video games? We don’t want to be seen as being terrorists.” That internalization of that securitization is something that has carried through for decades. I think the impact has to be considered systemically but also in terms of the affective registers of Islamophobia and how those policies transcend and translate into responses from Muslim communities.
Comme l’a dit Mme Perry, j’ai découvert dans mes recherches auprès de jeunes musulmans de partout au Canada comment ils ont tendance à internaliser cette sécurisation. Ils ont tendance à se demander si ce qu’ils font est suspect pour les autres. Ils se demandent s’ils peuvent aller jouer au Paint Ball? Peuvent-ils être vus en train de jouer à des jeux vidéo violents? Ils ne veulent pas être perçus comme des terroristes. L’internalisation de cette sécurisation se poursuit depuis des décennies.
Je pense que l’impact doit être considéré de façon systémique, mais aussi en ce qui concerne les registres affectifs de l’islamophobie et la façon dont ces politiques transcendent les réactions et se traduisent en réponses de la part des communautés musulmanes. Senator Omidvar: Professor Zine, do you think it’s time for us to review the anti-terrorism code? La sénatrice Omidvar : Madame Zine, pensez-vous qu’il est temps pour nous de revoir le code antiterroriste? Ms. Zine: Along with other policies that I have mentioned, to take a serious approach to tackling Islamophobia, that is well overdue.
Mme Zine : En plus des autres politiques dont j’ai parlé, il est grand temps d’adopter une approche sérieuse pour lutter contre l’islamophobie. The Deputy Chair: You’ve both mentioned intersectionality and the role that that plays, particularly around race and being Muslim. I’m wondering if you have some suggestions around what kind of legislative or policy changes would be helpful in terms of even how we collect data around hate crimes in this country. Is that part of the problem? I would appreciate it if you could expand on that.
La vice-présidente : Vous avez tous les deux parlé de l’intersectionnalité et du rôle qu’elle joue, surtout en ce qui concerne la race et le fait d’être musulman. Je me demande si vous avez des suggestions sur le genre de changements législatifs ou de politiques qui seraient utiles, même en ce qui concerne la façon dont nous recueillons des données sur les crimes haineux au pays. Est-ce que cela fait
partie du problème? J’aimerais que vous nous en disiez davantage à ce sujet. Ms. Perry: I can speak to that because it’s something that I have been thinking about and talking with law enforcement about for some time. Law enforcement themselves have felt that their hands have been tied in terms of accurately representing the small proportion of hate crime that comes to their attention. Some of them do recognize that a racialized Muslim woman might be victimized not just because she is Muslim but because she is a Muslim woman and also because she is racialized.
We are finally at that point, and it is a very recent change. As I said, it’s not in the 2021 data, but in the 2022 data, law enforcement can now identify multiple motivations as they see it. That will allow us to better understand the complexities associated with many forms of hate crime where gender is often an issue, or even gender identity or sexual orientation, and disability sometimes as well. That’s a very important step forward. Mme Perry : Je peux en parler parce que c’est une question à laquelle je réfléchis et dont je discute avec les responsables de l’application de la loi depuis un certain temps.
Les organismes d’application de la loi eux-mêmes estiment qu’ils ont les mains liées pour ce qui est de représenter avec exactitude la faible proportion de crimes haineux qui sont portés à leur attention. Certains reconnaissent qu’une femme musulmane racisée peut être victimisée non seulement parce qu’elle est musulmane, mais aussi parce qu’elle est une femme musulmane et parce qu’elle est racisée. Nous en sommes enfin là, et c’est un changement très récent.
Comme je l’ai dit, ce n’est pas dans les données de 2021, mais dans les données de 2022, les forces de l’ordre peuvent maintenant identifier les multiples motivations telles qu’elles les perçoivent. Cela nous permettra de mieux comprendre les complexités associées à de nombreuses formes de crimes 6-2-2023 Droits de la personne 30:15
haineux où le sexe est souvent un problème, ou même l’identité de genre ou l’orientation sexuelle, et parfois aussi le handicap. C’est un pas en avant très important. Before we think about new legislation, we have to think about how the legislation that we have is enforced, and that comes back to be laid at the feet of law enforcement, where there is often not the political will to fully and appropriately respond to and investigate hate crime and take it seriously as it warrants. In some cases, the will might be there but the awareness and knowledge aren’t. There is so little training in this space.
I know that the national task force struck by the RCMP and Canadian Race Relations Foundation is making this one of their priorities, looking more closely at law enforcement, law enforcement training and whether they have a victim-centric approach to hate crime or not, but also more emphasis on victim and victim support.
This is where the question of intersectionality will become important, because an individual victim or a community of victims may come with multiple sorts of needs, depending on which community they might be more closely aligned with or which part of their identity — very artificial — they think might have been most salient in the attack. That means we have to train our victim service providers in different ways as well. It’s not just about understanding Muslim identity, but understanding Muslim identity and Arab identity and how that might complicate gender identity as well.
Avant de penser à une nouvelle loi, nous devons penser à la façon dont la loi qui existe est appliquée, et cela revient aux responsables de l’application de la loi, lorsque, souvent, il n’y a pas de volonté politique de réagir pleinement et de façon appropriée aux crimes motivés par la haine, d’enquêter sur ces crimes et de les prendre au sérieux, comme il se doit. Dans certains cas, la volonté peut exister, mais la sensibilisation et les connaissances ne sont pas au rendez-vous. Il y a si peu de formation dans ce domaine.
Je sais que le groupe de travail national mis sur pied par la GRC et la Fondation canadienne des relations raciales en fait une de ses priorités, en examinant de plus près l’application de la loi, la formation des agents d’application de la loi et la question de savoir s’ils ont une approche axée sur les victimes en matière de crimes haineux ou non, mais aussi davantage de soutien aux victimes.
C’est là que la question de l’intersectionnalité deviendra importante, parce qu’une victime individuelle ou une communauté de victimes peut avoir de multiples types de besoins, selon la communauté avec laquelle elle pourrait être plus proche ou selon la
partie de son identité — très artificielle — qui, selon elle, aurait pu être la plus importante dans l’attaque. Cela signifie que nous devons également former nos fournisseurs de services aux victimes de différentes façons. Il ne s’agit pas seulement de comprendre l’identité musulmane, mais aussi l’identité arabe et la façon dont cela pourrait compliquer l’identité de genre. The Deputy Chair: Professor Zine, do you want to respond that at all? La vice-présidente : Madame Zine, voulez-vous répondre à cette question? Ms. Zine: I think Dr. Perry has given a robust response.
I will respond from a personal point of view as a racialized Muslim woman. Mme Zine : Je pense que Mme Perry a donné une réponse solide. Je vais répondre d’un point de vue personnel en tant que femme musulmane racisée. There were times earlier on when I used to wear a hijab or headscarf and had that pulled off my head. More recently, in 2019, I was subject to an assault that took place at a conference where I was researching the study on the Islamophobia industry, and within this group, I was physically assaulted for speaking out about Islamophobia.
What someone yelled was, “You’re just lucky to be in this country in the first place.” When looking at those responses, the issue of “you’re just lucky to be here,” is reflecting on my racial background and identity. I wasn’t visibly recognizable as a Muslim. I’m sure people assumed that. Il m’est déjà arrivé, lorsque je portais un hidjab ou un foulard, où on me l’a arraché de la tête. Plus récemment, en 2019, j’ai fait l’objet d’une agression lors d’une conférence au cours de laquelle je menais des recherches dans le cadre de l’étude sur l’industrie de l’islamophobie.
Au sein de ce groupe, j’ai été agressée physiquement pour avoir parlé d’islamophobie. Quelqu’un m’a crié que je devrais me compter chanceuse d’être dans ce pays. Lorsque je regarde ces réponses, la question de « se compter tout simplement chanceuse d’être ici » se reflète sur mon origine raciale et mon identité. Je n’étais pas visiblement reconnaissable en tant que musulmane. Je suis sûre que c’est ce que les gens pensaient. It all gets read into each other. Racism and Islamophobia are mutually entwined. Anti-Muslim racism is part of Islamophobia and, as Dr.
Perry mentioned, there are different registers through which Islamophobia is lived and experienced. Whether it’s through the nexus of anti-Black, anti-Arab or anti-brown racism, there are different inflections to that Islamophobia and different Tout se reflète l’un dans l’autre. Le racisme et l’islamophobie sont intimement liés. Le racisme antimusulman fait
partie de l’islamophobie et, comme l’a mentionné Mme Perry, il existe différents registres par lesquels l’islamophobie est vécue et expérimentée. Que ce soit par le lien entre le racisme anti-noir, anti-arabe ou anti-brun, il y a différentes inflexions à 30:16 Human Rights 6-2-2023
ways it is experienced and lived. It arrives through different genealogies and histories, and that’s important to recognize. There is a tendency to see Muslims as monolithic and therefore a tendency to see that the impact of Islamophobia would be monolithic, and it’s not. l’islamophobie et différentes façons dont elle est vécue et expérimentée. Elle arrive par l’entremise de généalogies et d’histoires différentes, et il est important de le reconnaître.
On a tendance à considérer les musulmans comme un bloc monolithique et, par conséquent, à penser que l’impact de l’islamophobie serait uniforme, ce qui n’est pas le cas. The Deputy Chair: Thank you. La vice-présidente : Merci. Senator Omidvar: This is a question for both of our witnesses, and it’s about language. You’re both professors. You deal with research, analysis and policies, but you use language to shape the ideas.
There is some discussion and discourse between using the word “Islamophobia” versus using the words “anti‑Muslim racism” or “anti-Muslim hate.” There’s no right or wrong answer, but I would like to get both your perspectives on the relative advantages or disadvantages or the impact of using one over the other. La sénatrice Omidvar : Ma question s’adresse aux deux témoins et porte sur la langue. Vous êtes toutes les deux professeures. Vous vous occupez de recherche, d’analyse et de politiques, mais vous utilisez un langage pour façonner les idées.
On débat actuellement de la pertinence de faire la distinction entre l’utilisation du mot « islamophobie » et celle des mots « racisme antimusulman » ou « haine antimusulmane ». Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, mais j’aimerais avoir votre point de vue à tous les deux sur les avantages ou les inconvénients relatifs de l’utilisation de l’un par rapport à l’autre. Ms. Zine: That’s an important question. There is a lot of debate about the naming of Islamophobia and the definition.
I talk about that both in my recent book and report, and I do use the term “Islamophobia,” which is as a system of oppression that is manifested in individual, ideological and systemic ways, to boil it down simply. I see anti-Muslim racism as part of that overarching framework as the ways in which discrimination is enacted upon Muslim bodies. If you take Islam out of the equation in terms of its resonance within Islamophobic imaginings, conspiracy theories and discourses, it is very central to that.
I don’t think you can have one without the other, and therefore I think it’s useful to talk about anti-Muslim racism as we talk about how the impacts affect the discrimination against Muslims, but I believe that Islamophobia is an overarching framework that better helps us understand the breadth of those individual ideological and systemic ways that Islamophobia takes shape. Mme Zine : C’est une question importante. Il y a beaucoup de débats au sujet de la dénomination de l’islamophobie et de sa définition.
J’en parle dans mon récent livre et dans mon récent rapport, et j’utilise le terme « islamophobie », qui est un système d’oppression qui se manifeste de façon individuelle, idéologique et systémique, pour résumer simplement. Je considère que le racisme antimusulman fait
partie de ce cadre général et qu’il s’agit de la façon dont les musulmans sont victimes de discrimination. Si vous retirez l’islam de l’équation pour ce qui est de sa résonance dans les imaginaires islamophobes, les discours et théories du complot, c’est très central. Je ne pense pas qu’on puisse avoir l’un sans l’autre. Par conséquent, je pense qu’il est utile de parler du racisme antimusulman alors que nous parlons des répercussions sur la discrimination à l’égard des musulmans.
Mais je crois que l’islamophobie est un cadre global qui nous aide à mieux comprendre l’étendue de ces moyens idéologiques et systémiques individuels qui constituent l’islamophobie. On the issue of anti-Muslim hate, I think that’s a problematic way of using the term simply because “hate” reduces the phenomenon to something that occurs at an individual level, and we want to be aware of the systemic aspects.
The individual level is part of it, but there is also a systemic and, as I’ve pointed out in the way that anti-Muslim narratives are being purveyed, a very deep ideological underpinning to all of this that has its own long history and genealogy. Talking just about anti-Muslim hate — and I know that’s a term being used in a lot of European circles right now — is too limiting and doesn’t allow us to interrogate the systemic aspects of Islamophobia.
En ce qui concerne la haine antimusulmane, je pense que cela n’est pas une bonne façon d’utiliser le terme simplement parce que le mot « haine » réduit le phénomène à un phénomène individuel, et nous voulons être conscients des aspects systémiques. Le niveau individuel en fait partie, mais il y a aussi un système et, comme je l’ai souligné dans la façon dont les discours antimusulmans sont véhiculés, un fondement idéologique très profond qui a sa propre longue histoire et généalogie.
Le simple fait de parler de haine antimusulmane — et je sais que c’est une expression utilisée dans beaucoup de cercles européens en ce moment — est trop limitatif et ne nous permet pas de remettre en question les aspects systémiques de l’islamophobie. 6-2-2023 Droits de la personne 30:17
Ms. Perry: I agree with that last point in particular wholeheartedly. It’s something that I’ve talked about. We’re saddled with this term “hate crime” when it doesn’t do justice to the phenomenon we are talking about, which really is systemic. It’s embedded in systemic histories and contemporary practices. It’s embedded in the narratives that we use to define, and often vilify, particular communities. It is a term that I’m afraid we are saddled with for the long term, I think. Mme Perry : Je suis tout à fait d’accord avec ce dernier point, et j’en ai d’ailleurs parlé.
Nous sommes aux prises avec l’expression « crime motivé par la haine », qui ne rend pas justice au phénomène dont nous parlons, qui est vraiment systémique. Il est ancré dans l’histoire systémique et les pratiques contemporaines. Il fait
partie intégrante des récits que nous utilisons pour définir et souvent dénigrer des communautés particulières. C’est un terme qui, je le crains, nous est imposé à long terme. I struggle with “phobia” as a suffix. I have done so with homophobia and transphobia as well. Perhaps that’s overthinking it a little bit. A phobia refers to an irrational fear, and in a culture like ours, there is nothing irrational about hostility towards particular communities because that is what we’re socialized to think.
We are still very much living in a racist and homophobic culture that still has very rigid ideals of masculine and feminine. Does the broader community understand that phobia refers to irrational fears? Je n’aime guère plus le suffixe « phobie ». J’ai dit la même chose pour l’homophobie et la transphobie. Je vais peut-être trop loin dans ma réflexion, mais une phobie fait référence à une peur irrationnelle, et dans une culture comme la nôtre, il n’y a rien d’irrationnel dans l’hostilité envers des communautés particulières parce que c’est ce que la société nous amène à penser.
Nous vivons toujours dans une culture raciste et homophobe qui a encore des idéaux masculins et féminins très rigides. La communauté en général comprend-elle que la phobie fait référence à des peurs irrationnelles? As academics, as long as we acknowledge the limitations as umbrella terms, they are powerful. For the reasons that Dr.
Zine has discussed, Islamophobia in particular is a concept that resonates very well in terms of capturing that phobia is not just about, as I have just described it, the individual fear, hostility or anxiety but is a cultural phenomenon embedded in the national psyche at political and personal levels. En tant qu’universitaires, tant que nous reconnaissons les limites comme des termes généraux, elles sont puissantes.
Pour les raisons évoquées par Mme Zine, l’islamophobie en particulier est un concept qui résonne très bien pour ce qui est de saisir que la phobie ne se limite pas, comme je viens de le décrire, à la peur, l’hostilité ou l’anxiété individuelle, mais il s’agit d’un phénomène culturel inscrit dans la psyché nationale aux niveaux politique et personnel. Senator Omidvar: I’m staying on the same strand of language and constructs. During previous testimony, when we’ve talked about Islamophobia, there has been, at various times, a follow-up conversation about diversity. I’ve worked in this field, as many know.
Would you give us your views on whether “diversity” is a soft peddling of the real problem, which is systemic racism as you have described it? La sénatrice Omidvar : Je reste dans le domaine du langage et des concepts. Au cours des témoignages précédents, lorsque nous avons parlé d’islamophobie, il y a eu, à divers moments, une discussion de suivi au sujet de la diversité. J’ai travaillé dans ce domaine, comme beaucoup le savent. Pourriez-vous nous dire si, à votre avis, la « diversité » est un moyen de détourner l’attention du vrai problème, qui est le racisme systémique, comme vous l’avez décrit? Ms.
Perry: Now you’re asking the easy questions, right? There is a recognition of that. We moved away from that notion of tolerance because that doesn’t connote any sort of respect or inclusion. Now we see, in many contexts, the term EDI — equity, diversity and inclusion. Perhaps the inclusion is drawing us a little more closely to the outcome we are striving for. Mme Perry : Vous posez maintenant les questions faciles, n’est-ce pas? On le reconnaît. Nous nous sommes éloignés de cette notion de tolérance parce que cela ne sous-entend aucun respect ni aucune inclusion.
Nous voyons maintenant, dans de nombreux contextes, le terme EDI — équité, diversité et inclusion. L’inclusion nous rapproche peut-être un peu plus du résultat que nous visons. Diversity is like this term that they are using in the terrorism or extremism space — ideologically motivated violent extremism. It’s a euphemism in some respects. It really occludes the foundations. It really does mask, again, the histories of exclusion and marginalization and oppression as well. We need to turn it on its head and not use those positive terms to describe what we’re talking about.
As you say, whether we’re talking about anti-queer hostility or anti-Muslim hostility, we should name it. Even with hate crime, I often say I would much rather La diversité est comme un terme que l’on utilise dans le contexte du terrorisme ou de l’extrémisme — l’extrémisme violent à caractère idéologique. C’est un euphémisme à certains égards. Il fait vraiment abstraction des fondations. Encore une fois, il cache l’historique d’exclusion, de marginalisation et d’oppression. Nous devons renverser la vapeur et ne pas utiliser ces termes positifs pour décrire ce dont nous parlons.
Comme vous le dites, qu’il s’agisse d’hostilité envers les homosexuels ou les musulmans, il faut nommer les choses. Même dans le cas des 30:18 Human Rights 6-2-2023
hear us talking about racialized violence or anti-gay violence than just this term “hate crime” which smooths the rough edges. In many respects, it homogenizes a class of violence, a class of attack, that is experienced in very different ways for different communities. crimes haineux, je dis souvent que je préférerais de loin que nous parlions de la violence raciale ou de la violence contre les gais plutôt que simplement de l’expression « crime motivé par la haine », qui adoucit la chose.
À bien des égards, l’expression homogénéise une catégorie de violence, une catégorie d’attaques, qui est vécue de façon très différente par différentes communautés. Senator Omidvar: Thank you. La sénatrice Omidvar : Merci. Ms. Zine: Just to add to that, the issue of EDI — or equity, diversity and inclusion — is one that I’m very critical of for reasons similar to Dr. Perry’s. I do a lot of consulting work, not as an EDI consultant but through the lens of anti-oppression. That allows a view of the interlocking forms of oppression that exist to look at the intersectionality of that. EDI has become a new buzzword.
It is a very watered-down approach. Diversity and inclusion do not promise equity. That’s another issue that needs to be understood in the naming of this category. It’s been taken up in ways that do not allow a deeper interrogation of questions of power, historical privilege and disadvantage. It can focus a little more on positive ideas that don’t allow us to get to the underlying issues and causes about racism and various intersectional forms of violence and oppression. I work with an anti-oppression framework that allows for that type of analysis and intervention. It’s very important. Language is constitutive.
How we define something and understand it implicates how we can intervene. Mme Zine : J’aimerais ajouter que je suis très critique à l’égard de l’équité, de la diversité et de l’inclusion, pour des raisons semblables à celles de Mme Perry. Je fais beaucoup de travail de consultation, non pas en tant que consultant en EDI, mais dans l’optique de la lutte contre l’oppression. Cela permet d’examiner l’intersectionnalité des formes interdépendantes d’oppression qui existent. L’EDI est devenue la nouvelle expression à la mode. C’est une approche très édulcorée. La diversité et l’inclusion ne promettent pas l’équité.
C’est une autre question qui doit être comprise dans la désignation de cette catégorie. Elle a été adoptée d’une manière qui ne permet pas un interrogatoire plus approfondi des questions de pouvoir, de privilège historique et de désavantage. Elle peut se concentrer un peu plus sur des idées positives qui ne nous permettent pas d’aborder les problèmes sous-jacents et les causes du racisme et des diverses formes intersectionnelles de violence et d’oppression. Je travaille avec un cadre anti-oppression qui permet ce type d’analyse et d’intervention. C’est très important. Le langage est constitutif.
La façon dont nous définissons et comprenons quelque chose implique la façon dont nous pouvons intervenir. Many years ago, when I was working with the UNESCO project, they wanted to talk not about Islamophobia but about intolerance to Islam or intolerance to Muslims. It took me an hour, going into this meeting and talking about the fact that tolerance, in and of itself, is the lowest common denominator. People do not want to be tolerated. If we’re doing this as a process of intergovernmental work, the state cannot also be interrogated if we talk about tolerance. That is not the purview of the state.
That’s why many states liked that term — because it left the discussion at the level of individuals. “Let’s just let people work it out amongst themselves, and let’s not examine the state.” Il y a de nombreuses années, lorsque je travaillais au projet de l’UNESCO, on voulait parler non pas d’islamophobie, mais d’intolérance envers l’islam ou envers les musulmans. Il m’a fallu une heure pour me présenter à cette réunion et parler du fait que la tolérance, en soi, est le plus petit dénominateur commun. Les gens ne veulent pas être tolérés.
Si nous faisons cela dans le cadre d’un travail intergouvernemental, on ne peut pas corriger les choses au niveau de l’État si on parle de tolérance. Cela ne relève pas de l’État. C’est pourquoi de nombreux États ont aimé ce terme, parce qu’il permettait de garder la discussion au niveau individuel. Pendant que les gens s’entendaient entre eux, on n’examinait pas le problème au niveau de l’État.
I find that a lot of the kind of language that’s being used plays that same role of obscuring the deep cleavages of structural, systemic and historical disadvantage that need to be fully understood and named and not sugar-coated with EDI language. Je trouve qu’une grande
partie du genre de langage utilisé joue le même rôle, c’est-à-dire qu’il obscurcit les clivages profonds des désavantages structurels, systémiques et historiques qui doivent être pleinement compris et nommés, et non pas enrobés de langage sur l’EDI. Senator Omidvar: I hear you saying — I’m just, chair, repeating back what I hear — that you would recommend we stay with the terminology of Islamophobia and not water it down with other
definitions, including strategies of equity, diversity La sénatrice Omidvar : Je vous entends dire — je ne fais que répéter, madame la présidente, ce que j’ai entendu — que vous recommanderiez que nous nous en tenions à la terminologie de l’islamophobie et que nous ne l’édulcorions pas avec d’autres 6-2-2023 Droits de la personne 30:19
and inclusion, which simply obfuscate the heart of the problem. I’m just rephrasing what you said far more elegantly than I did. Thank you. définitions, y compris des stratégies d’équité, de diversité et d’inclusion, qui ne font qu’obscurcir le cœur du problème. Je reformule simplement ce que vous avez dit de façon beaucoup plus élégante que je ne l’ai fait. Merci. Senator Arnot: I would like to have Professor Perry speak a little more about some of the things she has raised. She has worked with police forces fairly regularly on the intersectionality and motivation and the reporting of data.
Perhaps Professor Zine would have comments on the same thing. We have heard that there is a very clear impression that police officers on the front line aren’t taking as seriously as they should some of the incidents being reported to them. Police officers do have a number of tools to deal with Criminal Code offences of assault, intimidation and harassment, but there is an impression that they are not following up with some of these things. Perhaps it’s because of the deeply embedded systemic nature of this issue.
Do you have any advice for our committee on recommendations we could make to police forces, particularly provincial and municipal police forces, in dealing with anti-Muslim hate or crimes that appear to be apparent on the face of the information we’ve been hearing? Le sénateur Arnot : J’aimerais que Mme Perry nous en dise un peu plus sur certains des points qu’elle a soulevés. Elle a travaillé assez régulièrement avec les services de police sur l’intersectionnalité, la motivation et la déclaration des données. Peut-être que Mme Zine aurait des commentaires à ce sujet.
Nous avons entendu dire qu’il y a une impression très claire que les policiers de première ligne ne prennent pas au sérieux certains des incidents qui leur sont signalés. Les agents de police disposent d’un certain nombre d’outils pour traiter les infractions au Code criminel, comme les voies de fait, l’intimidation et le harcèlement, mais on a l’impression qu’ils ne donnent pas suite à certaines de ces infractions. C’est peut-être à cause de la nature systémique profondément enracinée de ce problème.
Avez-vous des conseils à donner à notre comité sur les recommandations que nous pourrions faire aux services de police, en particulier aux services de police provinciaux et municipaux, en ce qui concerne la haine ou les crimes antimusulmans qui semblent être apparents à la lumière de l’information que nous avons entendue? Ms. Perry: Thank you for that question. It’s so important. Mme Perry : Je vous remercie de cette question. C’est tellement important. I wouldn’t leave the federal force, the RCMP, out of it because, of course, they are the law enforcement agency of record in most of the provinces.
I actually find that some of the biggest problems are there, that there is even less awareness around hate crimes amongst the RCMP than amongst many of municipal and provincial services. It has to go across the spectrum. Je ne laisserais pas de côté la GRC, la force fédérale, parce que, bien sûr, elle est l’organisme d’application de la loi attitré dans la plupart des provinces. En fait, je trouve que certains des plus gros problèmes sont là, qu’il y a encore moins de sensibilisation aux crimes haineux au sein de la GRC que dans bon nombre de services municipaux et provinciaux.
Il faut tenir compte de tous les aspects. On the research side, I did a pilot study in Ontario looking at eight police services. These services are engaged with the provincial HCEIT, the Hate Crime and Extremism Investigative Team. These are services that are very much engaged in conversations around hate crime. They have some trained officers on hand to respond. Du côté de la recherche, j’ai mené une étude pilote en Ontario sur huit services de police. Ces services collaborent avec l’EECHE de la province, l’Équipe d’enquête sur les crimes haineux et l’extrémisme.
Ce sont des services qui participent beaucoup aux discussions sur les crimes haineux. Ils ont des agents formés pour intervenir. Even there, there were a number of barriers. I identified three levels. One I called environmental; that is the legislative ambiguity that they have to work with. More importantly was the community trust deficit that made their work a challenge. There were also organizational factors and then individual factors as well.
Organizationally, that often comes down to the level of commitment, the priority that a service places on that and how that is manifested through enabling training, sourcing and funding training, but also developing hate crime units — not just a dedicated officer or coordinator but dedicated units that have oversight around hate crime. Outside of those HCEIT members that I mentioned, a lot of services across the country actually have hate crime units. A lot of services don’t even have a Même à ce niveau, on constate un certain nombre d’obstacles. J’ai identifié trois paliers.
J’ai parlé d’environnement; c’est l’ambiguïté législative avec laquelle les services doivent composer. Plus important encore, le déficit de confiance des communautés a rendu leur travail difficile. Il y avait aussi des facteurs organisationnels et des facteurs individuels.
Sur le plan organisationnel, cela se résume souvent au niveau d’engagement, à la priorité qu’un service accorde à ces infractions et à la façon dont cela se manifeste par l’habilitation, l’approvisionnement et le financement de la formation, mais aussi à la création d’unités de lutte contre les crimes motivés par la haine — pas seulement un agent ou un coordonnateur attitré, mais des unités spécialisées qui surveillent les crimes motivés par la haine. Outre les 30:20 Human Rights 6-2-2023
well‑trained individual, in part because there’s not a lot of training available; that’s the other piece. membres de l’EECHE dont j’ai parlé, beaucoup de services au pays ont des unités de lutte contre les crimes haineux. Beaucoup de services n’ont même pas une personne bien formée, en
partie parce qu’il n’y a pas beaucoup de formation disponible; et c’est l’autre élément. The individual factors are embedded in structural factors as well. It’s very much apparent from the findings we’ve had recently around police carding and profiling and all of that. There is still a problem with systemic racism within policing. That trickles down into the enforcement of hate crime legislation as well — not so much in the interviews because very different people are volunteering to engage in an interview.
In the surveys, some of the qualitative comments written in by individuals really show the persistence of racism and also the lack of sympathy around hate crime. They see it as a political issue, the squeaky wheel, people trying to distract from their own violence, so the culture is not changing. This is coming from young officers as well as officers who have been in the service for a while. Les facteurs individuels sont indissociables des facteurs structurels. Cela ressort clairement des récentes constatations concernant le fichage et le profilage par les policiers et tout cela.
Le racisme systémique demeure problématique au sein des forces policières. Cela se répercute jusqu’au niveau de l’application de la loi en matière de crimes haineux, mais pas tant dans les entrevues, étant donné que ce sont des personnes très diversifiées qui se portent volontaires pour les mener. Dans les sondages, certains commentaires de nature qualitative écrits par des répondants indiquent clairement la persistance du racisme ainsi que le manque de sympathie entourant les crimes motivés par la haine.
Ils perçoivent cela comme un enjeu politique, une note discordante, le fait de personnes qui essaient de détourner l’attention de leur propre violence, ce qui explique que la culture ne change pas. On le constate autant chez les jeunes agents que chez ceux qui comptent de nombreuses années de service. Just as we’re talking about a shift in the culture in the military right now, I think we need to continue to have those conversations and continue to push that in the police services as well. How do we do that? Part of it is through hiring.
There is this idea that hiring people who are representative of the community is a panacea. As we have seen with some of the murder by police officer in the U.S. in recent years, Black officers are no less likely than White officers to engage in these sorts of behaviours because they are socialized into that culture. They might come in with great ideals, but that is soon taken away from them, and those are the conversations that we need to have.
Au moment où nous parlons d’un changement de culture au sein de l’armée, je suis d’avis qu’il faut poursuivre ce débat et maintenir la pression sur les services policiers également. Comment pouvons-nous y arriver? En
partie par le recrutement. Certains semblent penser que le recrutement de candidats représentatifs de la collectivité est une panacée. Comme nous l’ont démontré les meurtres commis par des policiers aux États‑Unis au cours des récentes années, les agents noirs ne sont pas moins susceptibles que leurs collègues blancs d’adopter ce genre de comportements parce qu’ils baignent dans cette culture. Ils peuvent nourrir de grands idéaux à leur arrivée dans le service, mais ils ne tardent pas à les perdre. Ce sont là des sujets que nous devons aborder.
We’re trying to force those conversations at the level of the RCMP — I’m not sure how much is changing there — but we need to continue to have them at the local level as well. Perhaps they are easier conversations to have at the municipal level than at the federal level. Can we create best practices there for culture shift and let that trickle up? Nous cherchons à imposer ce débat au niveau de la GRC — j’ignore dans quelle mesure la situation change là-bas —, mais nous devons aussi le poursuivre à l’échelon local.
Il est peut-être plus facile d’avoir ce genre de discussions au niveau municipal qu’au niveau fédéral. Ne pourrions-nous pas instaurer des pratiques exemplaires en matière de changement de culture qui se répercuteraient du bas vers le haut? Senator Hartling: Thank you very much for this interesting conversation. La sénatrice Hartling : Merci beaucoup pour cette intéressante discussion. We were talking about education, and you brought up the subject of where education should begin. I was thinking about that, and also we were about talking about police officers. What about in other professions?
I’m wondering about the number of Muslims that would be in corrections, teaching, health care and those things. Is there a movement in that area? Having more people in those professions would help to set some movement Nous parlions d’éducation et vous avez demandé où doit commencer l’éducation. J’ai réfléchi à cela. Nous parlions des policiers, mais qu’en est-il des autres professions? Je me demande combien de musulmans travaillent dans les services correctionnels, dans l’enseignement, dans les soins de santé et dans d’autres domaines. Y a-t-il une mobilisation dans ces secteurs?
S’il y avait plus de musulmans dans ces secteurs, cela 6-2-2023 Droits de la personne 30:21
towards the acceptance of other people in those professions and education. Do you have any documents on that? favoriserait davantage l’acceptation de l’autre au sein de ces professions, notamment dans le milieu de l’enseignement. Avez‑vous de la documentation à ce sujet? Ms. Zine: I can add a little bit here. I do know of scholars, projects and community organizations that are looking at different sectors and how Islamophobia impacts. For example, Islamic Relief Canada just did a study on employment.
I know that the University of Toronto just had a postdoc position looking at Islamophobia in medicine and in health care. There have been a number of initiatives around education, and I was happy to see that the Peel board of education in Ontario has taken up an anti-Islamophobia initiative there. It is important to interrogate different sectors. Mme Zine : Je peux vous en glisser un mot. Je sais que des universitaires, des responsables de projets et des organismes communautaires examinent la situation dans différents secteurs ainsi que les répercussions de l’islamophobie. À
titre d’exemple, l’organisme Islamic Relief Canada vient de faire une étude sur l’emploi. Je sais que l’Université de Toronto vient de confier à un postdoctorat le mandat d’étudier le problème de l’islamophobie dans les secteurs de la médecine et des soins de santé. Plusieurs initiatives ont été lancées dans le domaine de l’éducation et j’ai été ravie de voir que le conseil scolaire de Peel, en Ontario, a lancé un projet de lutte contre l’islamophobie. Il est important d’examiner la situation dans une diversité de secteurs.
Corrections too is another area that needs to be examined in terms of whether there is an over-representation of Muslims. I know that the number of chaplains for federal institutions was cut down years ago. I don’t know if that’s changed at all. I taught for four years in a federal prison for women through the Walls to Bridges program. The Muslim women who were there didn’t have a lot of access to support on a spiritual level, for example. Things like that and access to those kinds of supports are very important for people who have been involved with the law.
Il faut également se pencher sur les services correctionnels afin de déterminer si les musulmans y sont surreprésentés. Je sais que le nombre d’aumôniers dans les institutions fédérales a été réduit il y a plusieurs années. Je ne sais pas si cela a changé quelque chose. J’ai enseigné pendant quatre ans dans une prison fédérale pour femmes dans le cadre du programme Walls to Bridges. J’ai constaté que les détenues musulmanes avaient peu de soutien spirituel à leur disposition, par exemple. Il est très important que les personnes qui ont eu des démêlés avec la justice aient accès à ce genre de soutien.
All of the sectors that you have mentioned are important in terms of looking at how Islamophobia has manifested. Again, that goes back to the funding and resources needed to do this kind of work, and then to build those recommendations and be able to share them with policy-makers and community at large is important to amplify the work that has already been done. It’s not as though nothing has been done in terms of some of this research, but it’s important to have that continue and not just be sort of a flash in the pan when people happen to be thinking about Islamophobia.
It’s an ongoing problem that requires ongoing support and funding to address it. Il est important d’examiner tous les secteurs que vous venez de mentionner afin de comprendre comment se manifeste l’islamophobie. Comme je l’ai dit, toutefois, nous avons besoin de financement et de ressources pour faire ce genre de travail. Il faut ensuite faire des recommandations et les communiquer aux décideurs et à la collectivité en général afin d’amplifier le travail amorcé. Ce n’est pas comme si rien n’avait été fait.
La recherche est en cours, mais il est important de la poursuivre afin qu’elle ne soit pas qu’un feu de paille dans la lutte contre l’islamophobie. Il s’agit d’un problème persistant et nous avons besoin d’un soutien et d’un financement constants pour le régler. [Translation] [Français] Senator Gerba: That’s very interesting. La sénatrice Gerba : Ces discours sont très intéressants. I listened to the discussion about diversity. I heard Ms. Zine talk about her own experience and the fact that she had to remove her veil. In your research, do you look at the issue of secularism?
On one hand, I don’t know whether removing your veil made a difference in your life or made you less of a target for anti-Muslim racism. J’ai entendu parler de diversité et j’ai entendu le témoignage de Mme Zine sur son propre parcours, durant lequel elle a dû enlever son voile. J’aimerais savoir si dans vos études, vous avez abordé la question de la laïcité. Parce qu’en enlevant le voile, je ne sais pas si cela a changé votre vie, ou fait en sorte qu’il y ait moins de comportements antimusulmans envers vous, d’une part.
On the other hand, I’m from Quebec, a society that is very keen on secularism, hence Bill 21, which seeks to ensure that immigrants to Quebec integrate into Quebec society. Accordingly, those in public organizations who wear the veil are D’autre part,