Senate Committee — OLLO — Evidence — 36ev-56292

OLLO / Evidence / 36ev-56292

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Senate Committee — OLLO — Evidence — 36ev-56292

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EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Monday, June 12, 2023 OTTAWA, le lundi 12 juin 2023 The Standing Senate Committee on Official Languages met with videoconference this day at 4:01 p.m. [ET] to study Bill C-13,

An Act to amend the Official Languages Act, to enact the Use of French in Federally Regulated Private Businesses Act and to make related amendments to other Acts. Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit aujourd’hui, à 16 h 1 (HE), avec vidéoconférence, pour étudier le projet de loi C-13, Loi modifiant la

Loi sur les langues officielles, édictant la

Loi sur l’usage du français au sein des entreprises privées de compétence fédérale et apportant des modifications connexes à d’autres lois. Senator Lucie Moncion (Acting Chair) in the chair. La sénatrice Lucie Moncion (présidente suppléante) occupe le fauteuil. [Translation] [Français] The Acting Chair: I am Lucie Moncion, senator from Ontario and the Acting Chair of the Standing Senate Committee on Official Languages.

La présidente suppléante : Je m’appelle Lucie Moncion, sénatrice de l’Ontario, et je suis présidente suppléante du Comité sénatorial permanent des langues officielles. [English] [Traduction] Before we begin, I wish to invite committee members participating in today’s meeting to introduce themselves. Avant de commencer, je souhaite inviter les membres du comité qui participent à la réunion d’aujourd’hui à se présenter. [Translation] [Français] Senator Mockler: Percy Mockler, from New Brunswick. Le sénateur Mockler : Percy Mockler, du Nouveau- Brunswick. Senator Gignac: Clément Gignac, from Quebec.

Le sénateur Gignac : Clément Gignac, du Québec. Senator Cormier: René Cormier, from New Brunswick. Le sénateur Cormier : René Cormier, du Nouveau- Brunswick. Senator Loffreda: Tony Loffreda, from Quebec. Le sénateur Loffreda : Tony Loffreda, du Québec. Senator Clement: Bernadette Clement, from Ontario. La sénatrice Clement : Bernadette Clement, de l’Ontario. Senator Seidman: Judith Seidman, from Montreal, Quebec. La sénatrice Seidman : Judith Seidman, de Montréal, au Québec. Senator Audette: [Innu-aimun spoken], Senator Michèle Audette, from Nitassinan, Quebec.

La sénatrice Audette : [Mots prononcés en innu-aimun], sénatrice Michèle Audette, du Québec, Nitassinan. Senator Poirier: Rose-May Poirier, from New Brunswick. La sénatrice Poirier : Rose-May Poirier, du Nouveau- Brunswick. [English] [Traduction] The Acting Chair: I also wish to welcome viewers across the country who may be watching. I would like to point out that I am is taking

part in this meeting from within the traditional territory of the Algonquin Anishinaabe Nation. La présidente suppléante : J’aimerais également saluer les téléspectateurs de tout le pays qui nous regardent. Je souhaite préciser que je participe à cette réunion depuis le territoire traditionnel de la nation algonquine anishinabe. 12-6-2023 Langues officielles 36:1

[Translation] [Français] Today, we continue our study of Bill C-13,

An Act to amend the Official Languages Act, to enact the Use of French in Federally Regulated Private Businesses Act and to make related amendments to other Acts. Aujourd’hui, nous poursuivons notre étude du projet de loi C-13, Loi modifiant la

Loi sur les langues officielles, édictant la

Loi sur l’usage du français au sein des entreprises privées de compétence fédérale et apportant des modifications connexes à d’autres lois.

Today, we welcome a panel of distinguished legal scholars, lawyers, and experts to share their perspectives and to answer our questions on the technicalities of the bill: Michel Doucet, Professor Emeritus, Faculty of Law, Université de Moncton; Érik Labelle Eastaugh, Associate Professor and Director, International Observatory on Language Rights, Université de Moncton — I believe he has just been promoted to the position of dean, so congratulations — and Janice Naymark, Lawyer.

Aujourd’hui, nous accueillons un groupe de juristes, d’avocats et d’experts qui partageront leurs points de vue et répondront à nos questions sur les aspects techniques du projet de loi : Michel Doucet, professeur émérite, Faculté de droit de l’Université de Moncton; Me Érik Labelle Eastaugh, professeur agrégé et directeur, Observatoire international des droits linguistiques de l’Université de Moncton — je crois que l’on vient de le promouvoir au poste de doyen, donc félicitations; Me Janice Naymark, avocate. [English] [Traduction] Welcome. We are ready to hear your opening remarks, starting with Mr. Doucet.

Nous vous souhaitons la bienvenue. Nous sommes prêts à entendre vos remarques liminaires, à commencer par M. Doucet. [Translation] [Français] Michel Doucet, Professor emeritus, Faculty of Law, Université de Moncton, as an individual: Good afternoon, Madam Chair and honourable senators. Michel Doucet, professeur émérite, Faculté de droit, Université de Moncton, à

titre personnel : Bonjour, madame la présidente, honorables sénateurs et sénatrices. First, I want to thank you for inviting me today to discuss the modernization of Canada’s Official Languages Act, although I’m not sure I can contribute anything new at this stage of the process, except to encourage you to pass, as soon as possible, this bill that Canada’s francophone community has anticipated for many years. Premièrement, je tiens à vous remercier de m’avoir invité à prendre la parole aujourd’hui sur le sujet de la modernisation de la

Loi sur les langues officielles du Canada, bien que je ne sois pas certain d’apporter quelque chose de nouveau à ce stade du processus, à part de vous encourager à adopter aussi rapidement que possible ce projet de loi attendu depuis de nombreuses années par la communauté francophone du Canada. For those who do not know me, I am an Acadian from New Brunswick. A lawyer by training, I spent a very large part of my professional life defending language rights across Canada.

Being a native of a municipality in northern New Brunswick, I became aware early on that, all too often, my mother tongue was not respected in either the public or private sphere. I soon realized that, although there had been two official languages since 1969, one of them was more official than the other. I’ll let you guess which one that was. Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis un Acadien originaire du Nouveau-Brunswick. Juriste de formation, j’ai passé une très grande

partie de ma vie professionnelle à défendre les droits linguistiques partout au Canada. Originaire d’une municipalité du Nord du Nouveau-Brunswick, j’ai rapidement pris conscience du fait que, trop souvent, ma langue maternelle n’était pas respectée, tant dans la sphère publique que privée. J’ai vite réalisé que dans ma province, s’il y avait deux langues officielles depuis 1969, une seule de ces langues était plus officielle que l’autre. Je vous laisse deviner laquelle. I was 14 years old in 1969, when Canada and my province finally decided to pass the first Official Languages Act.

For the first time since 1867, a statute was passed making English and French the official languages of my country and province. Despite that recognition, substantive equality between the two languages was far from established, and the road to that destination is still a very long one today. En 1969, j’avais 14 ans quand le Canada et ma province ont enfin décidé d’adopter les premières lois sur les langues officielles. Pour la première fois depuis 1867, une loi faisait du français et de l’anglais les langues officielles de notre pays et de ma province.

Malgré cette reconnaissance, l’égalité réelle entre les deux langues était loin d’être acquise, et la route pour y parvenir est, encore aujourd’hui, très longue. 36:2 Official Languages 12-6-2023

Another step was taken in 1982, when sections 16 to 20 and 23 were enshrined in the Canadian Charter of Rights and Freedoms. Those sections entrenched in our Constitution the equality of status of the official languages and our right to be served in our language by federal institutions and those of the Government of New Brunswick. En 1982, un autre pas a été franchi avec l’enchâssement des articles 16 à 20 et 23 dans la Charte canadienne des droits et libertés.

Ces articles constitutionnalisent notamment l’égalité des langues officielles et notre droit à des services dans notre langue de la part des institutions fédérales et de celles du gouvernement du Nouveau-Brunswick. In 1988, as president of the Société de l’Acadie du Nouveau‑Brunswick, I personally witnessed the first amendment of Canada’s Official Languages Act. I also had a front row seat as subsection 16(2), the sole survivor of the Meech Lake and Charlottetown accords, which acknowledged the equality of New Brunswick’s official languages, was added to the Canadian Charter of Rights and Freedoms.

That recognition conferred a kind of special status on New Brunswick within the Canadian whole, even though, in reality, successive provincial governments have all too often tended to forget that fact. En 1988, j’ai vécu en première ligne la première modification de la

Loi sur les langues officielles du Canada à

titre de président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick. J’ai également été aux premières loges au moment de l’inscription dans la Charte canadienne des droits et libertés du paragraphe 16(2), seul survivant des accords de Meech et de Charlottetown, qui reconnaît l’égalité des langues officielles du Nouveau‑Brunswick. Cette reconnaissance donnait, en quelque sorte, un statut particulier au Nouveau-Brunswick dans l’ensemble canadien, même si, dans la réalité, les gouvernements provinciaux qui se sont succédé ont eu tendance à l’oublier trop souvent.

Today I have come before you to discuss the most recent bill to modernize the federal Official Languages Act. Aujourd’hui, je suis devant vous pour discuter du plus récent projet de loi visant à moderniser la Loi fédérale sur les langues officielles. Will all these acts and constitutional guarantees, including this bill, leave the situation of francophone communities outside Quebec any less tenuous? Unfortunately, the answer is no. However, they are essential tools in developing and enhancing the vitality of our francophone communities.

But make no mistake: Apart from Indigenous languages, French is the only official language in a vulnerable position in Canada. It is essential that this fact be acknowledged, and that is what this bill does. Est-ce que toutes ces lois et garanties constitutionnelles, y compris le projet de loi, rendront moins précaire la situation des communautés francophones hors Québec? La réponse, malheureusement, est non. Elles sont cependant des outils indispensables pour le développement et l’épanouissement de nos communautés francophones. Il ne faut pas se leurrer : à

part les langues autochtones, le français est la seule langue officielle en situation de vulnérabilité au Canada. Il est essentiel que cette réalité soit reconnue, et c’est ce que fait le projet de loi. English is not threatened in any province or territory, including Quebec. The anglophone community in Quebec very likely faces its own challenges, and I will leave it to that community to explain what they are. However, we simply cannot compare its situation to that of the francophone communities in the other provinces, including New Brunswick, which is the so‑called only officially bilingual province in Canada.

L’anglais n’est en péril dans aucune province ou territoire, y compris le Québec. Au Québec, la communauté anglophone a fort probablement ses propres défis, et je la laisserai expliquer ce qui en est. Nous ne pouvons aucunement comparer sa situation à celle des communautés francophones des autres provinces, y compris le Nouveau-Brunswick, qui est la soi-disant seule province officiellement bilingue au Canada. In the course of my career, I have witnessed all the battles that francophone communities have waged to have their rights respected.

I have seen the challenges they have led in the courts, not just against provincial governments, but all to often against the federal government. Take, for example, one of the battles that I led against the RCMP in New Brunswick for the right of francophone citizens in the only officially bilingual province in Canada to obtain services from that federal institution in their language across the province. It took us 10 years to finally win a unanimous Supreme Court decision in our favour, 10 years to gain recognition for what should have been obvious to everyone. Was English Canada outraged by the situation? No.

It probably knows nothing about it. I could cite many other such examples, but what is the point? Fortunately, under the new bill, which Durant ma carrière, j’ai été témoin de toutes les luttes menées par les communautés francophones pour faire respecter leurs droits. J’ai été témoin des luttes qu’elles ont menées devant les tribunaux, non seulement contre les gouvernements provinciaux, mais aussi trop souvent contre le gouvernement fédéral.

Je donne l’exemple d’une des luttes que j’ai menées contre la GRC au Nouveau-Brunswick pour faire reconnaître le droit des citoyens francophones de la seule province officiellement bilingue au Canada de recevoir les services de cette institution fédérale dans leur langue partout sur le territoire provincial. Cela nous a pris 10 ans pour enfin obtenir une décision unanime de la Cour suprême qui nous donnait raison — 10 ans pour faire reconnaître ce qui aurait dû être une évidence pour tout le monde. Est-ce que le Canada anglais s’est indigné de cette situation? Non. Il n’en 12-6-2023 Langues officielles 36:3

acknowledges the specific character of New Brunswick, I hope that a situation such as the one involving the RCMP will not occur again in New Brunswick. sait probablement rien. Je pourrais donner plusieurs autres exemples, mais à quoi bon? Heureusement, avec la nouvelle loi qui reconnaît la spécificité du Nouveau-Brunswick, j’ose espérer qu’une situation comme celle qui s’est produite avec la GRC ne se reproduira plus au Nouveau-Brunswick. So here we are in 2023. Will the bill before you solve all our problems? The answer, once again, is obviously no. Does it constitute progress?

Yes, provided the political will is there to implement it. Could it have been a better bill? Probably, yes. Should we delay its passage because it doesn’t contain all the amendments we would have liked made to it? No, because, as Montesquieu said, “Perfect is the enemy of the good.” In striving for perfection, we stray from our initial goal and may thus destroy something good by seeking the best. Nous voici maintenant en 2023. Est-ce que le projet de loi que vous étudiez réglera tous les problèmes? Évidemment, la réponse est non, encore une fois. Est-ce qu’il constitue un progrès?

Oui, pourvu que la volonté politique de le mettre en œuvre soit présente. Est-ce que le projet de loi aurait pu être plus parfait? Probablement, oui. Est-ce qu’il faut retarder son adoption parce que toutes les modifications que l’on aurait souhaité y apporter ne sont pas présentes? Non, car, comme le disait si bien Montesquieu, « le mieux est le mortel ennemi du bien ». À trop chercher la perfection, on se décale du but initial. On peut donc détruire quelque chose de bien en cherchant le meilleur. I repeat: what is important now is that this bill be passed.

Adopting the bill does not mean that the review process is over. We can always try to improve the act. Yes, there will be a review in 10 years. However, there is nothing preventing us from beginning that process right now or from proposing amendments that, possibly and from time to time, may be adopted before that 10-year limit. Je le répète : ce qui importe maintenant, c’est que ce projet de loi soit adopté. L’adoption du projet de loi ne veut pas dire que le processus de révision se termine. On peut toujours chercher à améliorer la loi. Certes, il y aura une révision dans 10 ans.

Cependant, rien n’empêche que l’on commence ce processus immédiatement et que l’on propose des modifications qui pourraient, éventuellement et même ponctuellement, être adoptées avant l’échéance de 10 ans. I will stop my presentation here because I would prefer to answer your questions. Thank you. J’arrête ici ma présentation, car je préfère plutôt répondre à vos à questions. Merci. The Acting Chair: Thank you very much, Mr. Doucet. La présidente suppléante : Merci beaucoup, monsieur Doucet. I now turn the floor over to Ms. Naymark, then I will come back to Mr.

Labelle Eastaugh, since we’ve had a connection problem. Je vais maintenant céder la parole à Me Naymark, puis je reviendrai à Me Labelle Eastaugh, puisqu’il y a un problème de connexion. [English] [Traduction] Janice Naymark, Lawyer, as an individual: Good afternoon, Madam Chair and committee members. Thank you for the invitation to appear today. As was obvious from my introduction, I am not a constitutional law or language rights scholar. I appear before you as an individual and not as a representative of any organization. Me Janice Naymark, avocate, à

titre personnel : Bonjour, madame la présidente, mesdames et messieurs les membres du comité. Je vous remercie de m’avoir invitée à comparaître aujourd’hui. Comme en témoigne mon introduction, je ne suis pas une spécialiste en droit constitutionnel ou en droits linguistiques. Je témoigne devant vous à

titre personnel, et non pour représenter une organisation quelconque. I am a corporate commercial lawyer in Montreal, who was named to the Expert Panel on Language in 2021. My comments today will be limited to explaining exactly why it is that the Quebec English-speaking minority is so disappointed with Bill C-13. Je suis une avocate spécialisée en droit commercial de Montréal, et j’ai été sélectionnée en 2021 pour faire

partie du comité d’experts sur la langue. Je me limiterai aujourd’hui à expliquer exactement la raison pour laquelle la minorité anglophone du Québec est si déçue par le projet de loi C-13. While we certainly recognize that the French language is need of protection in Canada, so too is the English-speaking community in Quebec in need of protection, not because English Même si nous reconnaissons que la langue française doit être protégée au Canada, nous sommes d’avis que la communauté anglophone du Québec nécessite également une protection. Ce 36:4 Official Languages 12-6-2023

itself is threatened, but because the survival and vitality of our community are far from certain. n’est pas parce que l’anglais lui-même est menacé, mais parce que la survie et le dynamisme de notre communauté sont loin d’être garantis. My comments today will focus on three areas: The nature of the Official Languages Act, the use of French in the federally regulated private businesses act and references to the Charter of the French language in the Official Languages Act. J’aborderai aujourd’hui trois points : la nature de la

Loi sur les langues officielles, la

Loi sur l’usage du français au sein des entreprises privées de compétence fédérale et les références à la Charte de la langue française dans la

Loi sur les langues officielles. The quasi-constitutional Official Languages Act has special status over other legislation and is used to interpret other federal laws. The Official Languages Act, like the constitutional provisions it brings to life, has always enshrined equal treatment of minority language speakers in Canada. Bill C-13 affects a dangerous paradigm shift, moving the Official Languages Act from a well-balanced act that recognizes two official languages and two minority communities and affording them similar protections to

an act that promotes unequal linguistic rights for its citizens based upon their language and location. Bill C-13 creates different types of rights in Canada depending upon which official minority language you speak, and the most recent amendments to the

preamble of Bill C-13 expressly authorized this differentiated treatment. We keep being told that nothing in this act diminishes the rights of anglophone communities in Quebec. If that is truly the case, why not include language to this effect in the act itself? La

Loi sur les langues officielles, qui est quasi constitutionnelle, a un statut particulier par rapport aux autres lois et peut être utilisée pour interpréter d’autres lois fédérales. La

Loi sur les langues officielles, comme les dispositions constitutionnelles qu’elle met en lumière, a toujours prévu un traitement égal des locuteurs d’une langue minoritaire au Canada. Le projet de loi C-13 donne lieu à un changement de paradigme dangereux, faisant passer la

Loi sur les langues officielles d’une loi bien équilibrée qui reconnaît les deux langues officielles et les deux communautés minoritaires, et leur accorde des protections similaires, à une loi qui fait la promotion de droits linguistiques inégaux pour ses citoyens en fonction de leur langue et de leur emplacement. Le projet de loi C-13 crée différentes catégories de droits au Canada en fonction de la langue officielle minoritaire parlée. Les modifications les plus récentes apportées au préambule du projet de loi C-13 autorisent expressément ce traitement différent.

Les responsables nous disent sans cesse que rien dans cette loi ne réduit les droits des communautés anglophones du Québec. Si c’est vraiment le cas, pourquoi ne pas inclure un libellé à cet effet dans la loi? In regard the use of the French in the federally regulated private businesses act, the provisions of this act insofar as they apply to French language minority communities outside of Quebec will promote the use of French in those regions and be positive for the rights of such communities and their members.

In Quebec, they will instead be positive for the rights of the majority language community and detrimental to the rights of the minority language community in Quebec and its members. Unfortunately, this act will result in the elimination of jobs for anglophones and reduce the services available to them in English in Quebec. Parlons de la

Loi sur l’usage du français au sein des entreprises privées de compétence fédérale. Ces dispositions, appliquées aux communautés francophones en situation minoritaire à l’extérieur du Québec, favoriseront l’utilisation du français dans ces régions et protégeront les droits des membres de ces communautés. Mais au Québec, ils favoriseront la communauté linguistique en situation majoritaire au détriment des communautés linguistiques minoritaires et de ses membres. Malheureusement, la loi fera perdre des emplois aux anglophones et réduira les services offerts en anglais au Québec.

English speakers are already underrepresented in the federal civil service in Quebec and have a higher rate of unemployment in general in the province. The reality is simply that when you require that things be done in French but permit them to be done in English, businesses will stop hiring anglophones and operate solely in French to keep their costs down. Les anglophones sont déjà sous-représentés au sein de la fonction publique fédérale au Québec, et ils affichent généralement un taux de chômage plus élevé dans la province.

Le fait est que si vous exigez que des choses soient faites en français, mais que vous permettez seulement qu’elles se déroulent en anglais, les entreprises cessent d’embaucher des anglophones et fonctionnent uniquement en français pour maintenir leurs coûts à un niveau raisonnable. With regard to the Charter of the French language, the adoption of Bill 96 in Quebec struck a significant blow to the English-speaking community, essentially creating two classes of citizens: French speakers and everyone else.

Bill C-13 could not En ce qui concerne la Charte de la langue française, l’adoption du projet de loi no 96 au Québec a porté un grand coup à la communauté anglophone du Québec, créant essentiellement deux catégories de citoyens : les francophones et les autres. Le projet 12-6-2023 Langues officielles 36:5

come at a more sensitive or difficult moment. We look to the federal government to protect our rights and assure us equal treatment as a minority language community in Canada. We are not conflating Bill 96 with Bill C-13, as some have suggested. As drafted, Bill C-13 provides credibility and support to, as well as indirect approval of, Bill 96. You need to be aware that Bill 96 contains many disturbing and even blatantly unconstitutional provisions, a number of which are already being contested before the courts in Quebec.

Last week alone, 23 municipalities announced their intention to challenge various provisions. de loi C-13 n’aurait pas pu arriver à un moment plus sensible ou difficile. Nous nous tournons vers le gouvernement fédéral pour protéger nos droits et nous assurer un traitement égal en tant que communauté linguistique en situation minoritaire au Canada. Nous ne confondons pas les projets de loi no 96 et C-13, comme certains l’ont laissé entendre. Tel qu’il est rédigé, le projet de loi C-13 donne de la crédibilité au projet de loi no 96 en le soutenant et en l’approuvant indirectement.

Il faut savoir que le projet de loi no 96 contient de nombreuses dispositions inquiétantes, voire carrément inconstitutionnelles, dont certaines sont déjà contestées devant les tribunaux du Québec. La semaine dernière seulement, 23 municipalités ont annoncé leur intention de contester certains passages. Permit me to give you a few examples of what I am talking about. Bill 96 provides that all documents filed in legal proceedings by corporations must be in French regardless of the preferred language of the litigants. Permettez-moi de vous donner quelques exemples de ce dont je parle.

En vertu du projet de loi no 96, tous les documents déposés par une personne morale dans le cadre d’une procédure judiciaire doivent être en français, quelle que soit la préférence linguistique des plaideurs. Companies with more than five employees in Quebec must now publicly disclose the level of French competency of their employees on their registre des entreprises du Québec, and for what purpose other than to encourage public not to do business with these companies? The Office québécois de la langue française is given unheard-of search and seizure powers to verify whether a company is functioning in French.

They have the right to seize computers and cell phones based upon an anonymous complaint. There is not even a warrant required. Les entreprises ayant plus de cinq employés au Québec doivent désormais divulguer publiquement le niveau de compétence en français de leurs travailleurs au registre des entreprises du Québec. Quel en est l’objectif, autre que d’inciter la population à ne pas faire affaire avec ces entreprises? L’Office québécois de la langue française dispose de pouvoirs de perquisition et de saisie sans précédent pour vérifier si une entreprise fonctionne en français.

Il a le droit de saisir des ordinateurs et des téléphones portables à la suite d’une plainte anonyme. Aucun mandat n’est même nécessaire. Before accessing government services in English, an individual must now attest to the fact that they are entitled to receive these services in English. We actually have to check a box on the government websites before turning to the English page. Avant de recevoir des services gouvernementaux en anglais, une personne doit désormais confirmer qu’elle a le droit d’obtenir ces services dans cette langue.

Nous devons en fait cocher une case sur les sites Web du gouvernement avant de pouvoir ouvrir la page anglaise. As you are all aware, Bill 96 purports to operate notwithstanding constitutionally protected fundamental rights and freedoms. The pre-emptive use of the “notwithstanding clause” alone to override these fundamental freedoms should be enough to give pause to anyone considering including references in Bill C-13 to the Charter of the French language.

This truly matters, because supporting Bill 96 in this way tells all provinces that they can run roughshod over the Canadian Charter of Rights and Freedoms and disregard the rights of minority communities whenever it is convenient for them to do so. This is surely not the Canada you want to promote. Comme vous le savez tous, le projet de loi no 96 est censé fonctionner en dépit des droits et libertés fondamentaux protégés par la Constitution.

Le recours préventif à la disposition de dérogation pour supplanter ces libertés fondamentales devrait suffire à faire réfléchir quiconque envisage d’inclure des références à la Charte de la langue française au projet de loi C-13. C’est vraiment important, car le fait d’appuyer ainsi le projet de loi no 96 indique à toutes les provinces qu’elles peuvent faire fi de la Charte canadienne des droits et libertés et ignorer les droits des communautés minoritaires chaque fois que cela les arrange. Ce n’est certainement pas le Canada que vous voulez faire valoir.

Including references to the Charter of the French language in the Official Languages Act has the effect of blurring federal and provincial spheres of competency. Why should the federal government, in a federal statute, recognize the goals of a provincial law? And why in particular one that is so L’inclusion de référence à la Charte de la langue française du Québec dans la

Loi sur les langues officielles a pour effet de brouiller la limite entre les sphères de compétence fédérale et provinciale. Pourquoi le gouvernement fédéral devrait-il reconnaître les objectifs d’une loi provinciale dans une loi 36:6 Official Languages 12-6-2023

controversial and dismissive of rights protected by the Constitution? fédérale? Et pourquoi choisir une loi aussi controversée et méprisante pour les droits protégés par la Constitution? In conclusion, I have three recommendations. The first is that an additional paragraph should be added to the purpose clause in the Official Languages Act to provide that nothing in this act is intended to diminish the rights of the English-speaking minority community in Quebec. This will clarify the intention of the legislators and the

interpretation of the provisions of the act. Second, it should be assured that the obligations created by the federally regulated private businesses act are balanced so that English-speaking employees and customers in Quebec won’t suffer. Finally, I strongly urge you to eliminate all references in Bill C-13 to the Quebec Charter of the French language. Thank you for your attention. En conclusion, j’ai trois recommandations à formuler. La première consiste à ajouter un paragraphe à la disposition sur l’objet de la

Loi sur les langues officielles qui précise que rien dans cette loi ne vise à diminuer les droits de la communauté minoritaire anglophone du Québec. Voilà qui permettrait de clarifier l’intention des législateurs et l’interprétation des dispositions de la loi. Deuxièmement, il faudrait s’assurer que les obligations découlant de la

Loi sur l’usage du français au sein des entreprises privées de compétence fédérale sont équilibrées pour éviter que les employés et les clients anglophones du Québec n’en souffrent. Enfin, je vous demande instamment d’éliminer toute référence à la Charte québécoise de la langue française dans le projet de loi C-13. Je vous remercie de votre attention. The Acting Chair: Thank you, Ms. Naymark. La présidente suppléante : Je vous remercie, maître Naymark. [Translation] [Français] Thank you for your opening remarks. Je vous remercie de vos déclarations préliminaires. Mr.

Labelle Eastaugh is having connection problems. He will be joining us as soon as he can, and I will allow him his five minutes at that time. Me Labelle Eastaugh a des problèmes de connexion. Il va se joindre à nous dès qu’il sera en mesure de le faire. Je lui accorderai ses cinq minutes de temps de parole à ce moment-là. I would ask the committee members present in the room to refrain from leaning in too close to your microphones or removing your earpiece when you do. That will prevent any acoustic feedback that may injure committee staff here in the room.

J’aimerais demander aux membres du comité présents dans la salle de s’abstenir de se pencher trop près de leur microphone ou de retirer leur oreillette lorsqu’ils le font. Cela permettra d’éviter tout retour sonore qui pourrait avoir un impact négatif sur le personnel du comité qui se trouve dans la salle. [English] [Traduction] Colleagues, being aware of the time we have available to us, I suggest that for the first round, each senator be allowed five minutes, including questions and answers. Considering that we do not have as much time today, I will be stricter on time allocation this time.

Chers collègues, compte tenu du temps dont nous disposons, je propose que chaque sénateur ait cinq minutes pour les questions et les réponses au premier tour. Puisque nous avons moins de temps aujourd’hui, je serai plus stricte sur le temps de parole, cette fois-ci. [Translation] [Français] Senator Poirier: Thanks to both witnesses for being with us this evening. La sénatrice Poirier : Je remercie les deux témoins d’être des nôtres ce soir. My question is for Mr. Doucet.

Would Bill C-13 give effect to all of the findings of the Supreme Court of Canada in its judgment in Conseil scolaire francophone de la Colombie‑Britannique? Ma question s’adresse à M. Doucet. Le projet de loi C-13 donne-t-il effet à l’ensemble des conclusions de la Cour suprême du Canada dans la décision ayant trait au Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique? Mr. Doucet: I don’t think it’s easy to answer the question whether the bill gives full effect to the Supreme Court’s judgment in the British Columbia case. M.

Doucet : Je pense que c’est une question à laquelle il n’est pas facile de répondre, à savoir si le projet de loi donne pleinement effet à la décision de la Cour suprême dans le dossier de la Colombie-Britannique. 12-6-2023 Langues officielles 36:7

I think the bill, as it stands, provides tools we can use to enumerate rights holders more accurately. It’s an addition, a gain that we’ve secured that we didn’t previously have. Je crois que le projet de loi donne actuellement des outils pour en arriver à un meilleur dénombrement des ayants droit. C’est un ajout, un gain que nous avons obtenu, qui n’était pas là auparavant. So should the Supreme Court’s judgment in the British Columbia case be given full effect? Some aspects of that decision trouble me. I might not want it to be given full effect.

Sur ce plan, est-ce que la décision de la Cour suprême sur la Colombie-Britannique mériterait qu’on lui donne pleinement effet? Certains aspects de cette décision m’inquiètent. Je ne voudrais peut-être pas qu’on lui donne pleinement effet. The bill would definitely give greater assistance to francophone communities in enumerating rights holders who could then have access to French-language schools. Assurément, le projet de loi aide beaucoup mieux les communautés francophones en ce qui concerne le dénombrement des ayants droit qui pourraient avoir accès aux écoles de langue française.

In that respect, this is definitely a very positive result. I don’t think any act gives effect to all the judgments rendered on language rights issues by the courts today. If that were the case, we might not be here today. The bill is definitely a step in the right direction. Sur ce plan, c’est évidemment un résultat très positif. Je ne crois pas qu’aucune loi ne donne effet à toutes les décisions rendues par les tribunaux en matière de droits linguistiques actuellement. Si c’était le cas, nous ne serions peut-être pas ici aujourd’hui. Le projet de loi est certainement un pas dans la bonne direction.

Senator Poirier: Thank you. La sénatrice Poirier : Merci. Senator Cormier: My question is for both witnesses and it concerns the inclusion of the Charter of the French Language. Le sénateur Cormier : Ma question s’adresse aux deux témoins et elle concerne l’inclusion de la Charte de la langue française. Thank you very much for your testimony, Ms. Naymark. You were very clear. Maître Naymark, je vous remercie beaucoup pour votre témoignage. Vous avez été très claire. Once again, I’m going to cite certain points, and I’d like to hear the comments of both witnesses on the subject.

Je vais de nouveau mentionner certains éléments et j’aimerais entendre les commentaires des deux témoins à ce sujet. The inclusion of the Charter of the French Language in Bill C-13 doesn’t suppress anglophones’ rights. It’s a statement of fact, and, to use a legal expression, it isn’t an incorporation by reference. It doesn’t subordinate the Charter and federal institutions — and the Official Languages Act even less so — to the Charter of the French Language. L’inclusion de la Charte de la langue française dans le projet de loi C-13 n’enlève pas de droits aux anglophones.

Il s’agit d’une déclaration de faits et, pour utiliser une expression juridique, il ne s’agit pas d’une incorporation par renvoi. Elle ne subordonne pas la Charte et les institutions fédérales — et encore moins la

Loi sur les langues officielles — à la Charte de la langue française. Bill C-13 doesn’t affect the constitutional rights of anglophones; for example,

section 133 of the Constitution Act, 1867 isn’t affected. That

section provides constitutional guarantees of the use of English and French in the debates of Parliament and the Quebec National Assembly. Le projet de loi C-13 n’affecte pas les droits constitutionnels des anglophones; par exemple, l’article 133 de la Loi constitutionnelle de 1867 n’est pas affecté : cet

article prévoit des garanties constitutionnelles quant à l’usage du français et de l’anglais dans les débats au Parlement et à l’Assemblée nationale au Québec. The notwithstanding clause, which is

section 33 of the Canadian Charter of Rights and Freedoms, thus authorizes Parliament or the legislature of a province to derogate from certain provisions of the Charter set forth in certain sections, but it is provided that the

section does not apply to language rights; that is to say, sections 16 to 23 of the Canadian Charter of Rights and Freedoms. La fameuse disposition de dérogation, c’est-à-dire l’article 33 de Charte canadienne des droits et libertés, autorise effectivement le Parlement ou la législature d’une province à déroger à certaines dispositions de la Charte en vertu de certains articles, mais il est précisé que cet

article ne s’applique pas aux droits linguistiques, c’est-à-dire aux articles 16 à 23 de la Charte canadienne des droits et libertés. 36:8 Official Languages 12-6-2023

I would like to hear what you have to say on that subject because our concerns are mainly about language rights. However, based on the information I have, it seems that doesn’t affect language rights. J’aimerais vous entendre à ce sujet, car nos préoccupations ont notamment trait aux droits linguistiques. Pourtant, selon l’information dont je dispose, il semble que cela n’affecte pas les droits linguistiques. I’d like to hear you both on that matter. J’aimerais vous entendre tous les deux sur cette question. Mr. Doucet: I’ll let Ms. Naymark answer first, and then I’ll respond. M.

Doucet : Je vais laisser Me Naymark répondre en premier et je répondrai ensuite. Ms. Naymark: First of all, it’s true that there’s no incorporation by reference. However, are you aware of any federal statutes that refer to a provincial act? Me Naymark : Dans un premier temps, il est vrai qu’il n’y a pas d’incorporation par renvoi; cependant, connaissez-vous plusieurs lois fédérales qui font mention d’une loi provinciale? First, I find that bizarre; and, second, I consider it disappointing for anglophones’ rights given the major controversy surrounding Bill 96.

Premièrement, je trouve cela bizarre; deuxièmement, je trouve cela décevant à l’égard des droits des anglophones, étant donné la grande controverse entourant le projet de loi n o 96. This act also affects other rights set forth in the Canadian Charter of Rights and Freedoms, particularly sections 2 and 15, which concern freedom of expression and equality. So this isn’t just about

section 133; other rights set forth in the Canadian Charter of Rights and Freedoms are also affected. Cette loi touche aussi d’autres droits énoncés dans la Charte canadienne des droits et libertés, notamment à l’article 15 et à l’article 2, articles qui traitent de la liberté d’expression et de l’égalité. Il ne s’agit donc pas seulement de l’article 133; d’autres droits énoncés dans la Charte canadienne des droits et libertés sont touchés. We view this as a recognition of Bill 96, even though it isn’t an incorporation of that act in the federal act.

Nous prenons cela comme une reconnaissance du projet de loi no 96, même s’il ne s’agit pas d’une incorporation de cette loi dans la loi fédérale. This guarantees support for and recognition of the validity of that act. The federal government shouldn’t be taking

part in that debate but rather should protect our rights as a minority community. Cela assure un appui et une reconnaissance à la validité de cette loi; selon nous, le gouvernement fédéral ne devrait pas prendre part à ce débat, mais plutôt protéger nos droits à

titre de communauté minoritaire. Mr. Doucet: Senator, you probably answered the question in your

preamble when you said it wasn’t an incorporation by reference. It’s true that sections 16 to 20 of the Charter, which concern federal institutions and language obligations, will continue to apply in Quebec; the notwithstanding clause doesn’t apply to those provisions.

Section 133 will still stand as well, so I won’t comment on the validity of Bill 96. That debate must be conducted in Quebec, and it will be conducted in the courts, as Ms. Naymark said earlier. M. Doucet : Sénateur, vous avez probablement répondu à la question dans votre préambule lorsque vous avez précisé qu’il ne s’agissait pas d’une incorporation par renvoi. Il est vrai que les articles 16 à 20 de la Charte, qui portent sur les institutions fédérales et les obligations linguistiques, continueront d’être appliqués au Québec; la disposition de dérogation ne s’applique pas à ces dispositions.

L’article 133 sera toujours présent aussi, alors je ne me prononcerai pas sur le bien-fondé de la loi no 96; ce débat doit se faire au Québec. Ils feront ce débat devant les tribunaux, comme Me Naymark l’a dit tout à l’heure. At the federal level, and as regards the Official Languages Act, I don’t see how that reference affects constitutional rights or

section 133. À l’échelle fédérale et en ce qui a trait à la

Loi sur les langues officielles, je ne vois pas en quoi cette référence affecte les droits constitutionnels et l’article 133. Earlier Ms. Naymark mentioned that it was also important to have a certain degree of symmetry with respect to language rights. Speaking of

section 133, I’d like to recall that that

section itself created a linguistic asymmetry in Canada at the country’s founding, because it acknowledged the rights of anglophones in Quebec,

whereas francophones in the other provinces didn’t have the same rights. In New Brunswick, people Tout à l’heure, Me Naymark a mentionné qu’il était également important d’avoir une certaine symétrie eu égard aux droits linguistiques. J’aimerais rappeler, en parlant de l’article 133, que cet

article lui-même créait déjà une asymétrie au Canada sur le plan linguistique lors de la création du pays, puisqu’il reconnaissait des droits aux anglophones au Québec, alors que les francophones des autres provinces n’avaient pas ces mêmes 12-6-2023 Langues officielles 36:9

didn’t have access to

section 133; they didn’t have that until 1982, when the Charter was adopted. droits. Au Nouveau-Brunswick, on n’avait pas accès à l’article 133; on ne l’a pas eu avant 1982, avec l’adoption de la Charte. We can talk about Manitoba, with

section 23 of the Manitoba Act of 1870, but we know what happened in that case: The government promptly abolished those rights that were equivalent to those provided under

section 133, and we had to wait more than 100 years for Franco-Manitobans to get them back. On peut parler du Manitoba, avec l’article 23 de la Loi de 1870 sur le Manitoba, mais nous savons ce qui est arrivé dans ce cas; le gouvernement a aboli rapidement ces droits qui étaient équivalents à l’article 133 et il a fallu plus de 100 ans avant que les Franco-Manitobains puissent les regagner. We can talk about

section 110 of the North-West Territories Act, which was recognized in the Mercure decision and which acknowledged similar rights, which Alberta and Saskatchewan immediately abolished after the court rendered its judgment. On peut parler de l’article 110 de la

Loi sur les Territoires du Nord-Ouest, qui avait été reconnu dans l’arrêt Mercure et qui reconnaissait des droits semblables, que l’Alberta et la Saskatchewan ont immédiatement abolis dès le lendemain de la décision de la cour. Consequently, there has already been an asymmetry with respect to rights; in this instance, that asymmetry is designed to promote a situation of vulnerability. I believe it’s entirely legitimate in the case of the Official Languages Act. Il y a donc déjà eu une asymétrie en ce qui concerne les droits; dans ce cas-ci, cette asymétrie vise à favoriser une situation de vulnérabilité. Je crois qu’elle est parfaitement légitime dans le cas de la

Loi sur les langues officielles. The Acting Chair: Your speaking time is up, Senator Cormier. I’ll put you down for the second round. La présidente suppléante : Votre temps de parole est écoulé, sénateur Cormier. Je vous inscris pour le second tour. Mr. Labelle Eastaugh, we are going to allow you five minutes for your opening remarks. Then we will follow with our period of questions. Unfortunately, I believe you are still having connection problems. Maître Labelle Eastaugh, nous allons vous allouer cinq minutes pour vos commentaires introductifs. Nous poursuivrons ensuite notre période de questions.

Malheureusement, je crois que vous éprouvez encore des problèmes de connexion. So we will continue the period of questions with Senator Loffreda and then return to Mr. Labelle Eastaugh if his connection improves. Nous allons donc poursuivre la période des questions avec le sénateur Loffreda et nous reviendrons à Me Labelle Eastaugh si sa connexion s’améliore. [English] [Traduction] Senator Loffreda: Thank you to the panellists for being here. Le sénateur Loffreda : Je remercie les témoins d’être avec nous. I, along with the majority of Montrealers, believe in protecting the French language, but, Ms.

Naymark, you expressed the English community concerns very well in your

preamble. Would you agree that a solution to avoid any confusion and to seek legal clarity would be to remove the reference to the provincial law completely? Perhaps, as an alternative, we could replace it with a reference to the fact that the National Assembly of Quebec has recognized French as the official language of the province. Would that not reduce any risk of misinterpretation? Comme la majorité des Montréalais, je crois qu’il faut protéger la langue française. Dans votre introduction, maître Naymark, vous avez toutefois très bien exprimé les préoccupations de la communauté anglophone.

Afin d’éviter toute confusion et de clarifier les choses sur le plan juridique, il faudrait retirer complètement toute référence à la loi provinciale, n’est-ce pas? Peut-être pourrions-nous plutôt remplacer ces dispositions par une mention du fait que l’Assemblée nationale du Québec a reconnu que le français est la langue officielle de la province. Une telle solution ne réduirait-elle pas le risque de mauvaise interprétation? I do have a second question. I will give you some time to prepare that answer. J’ai une deuxième question. Je vous laisserai un peu de temps pour préparer la réponse.

What impacts, if any, would removing the references to the Quebec Charter of the French language have on the overall intent of Bill C-13 in protecting and promoting the French language in Quelle serait l’incidence, le cas échéant, de supprimer les références à la Charte québécoise de la langue française sur l’intention générale du projet de loi C-13, qui vise à protéger et à 36:10 Official Languages 12-6-2023

Quebec? How does the inclusion of the charter in the federal law actually help francophones in Quebec? promouvoir la langue française au Québec? Comment l’inclusion de la charte à la loi fédérale aide-t-elle réellement les francophones du Québec? I’m of the view that removing it will not affect French language rights; rather, keeping it could be harmful to the English-speaking community in Quebec, due to the concerns you have already expressed. Je suis d’avis que le retrait de ces passages n’aura pas d’incidence sur les droits des francophones.

En revanche, leur maintien pourrait nuire à la communauté anglophone du Québec, en raison des préoccupations que vous avez déjà exprimées. Ms. Naymark: Thank you, Senator Loffreda. Me Naymark : Je remercie le sénateur Loffreda. I was taking notes. I am not sure if I have your questions exactly correct. You asked whether removing the reference to the charter and replacing it with a recognition that the National Assembly of Quebec has declared French to be the official language of Quebec — if that would make a difference? Je prenais des notes. Je ne suis pas certaine d’avoir bien compris vos questions.

Vous avez demandé si le fait de supprimer la référence à la charte et de la remplacer par le fait que l’Assemblée nationale du Québec a déclaré que le français est la langue officielle du Québec changerait la donne. Est-ce exact? Senator Loffreda: Yes — Le sénateur Loffreda : Oui... Ms. Naymark: That was your first question. Me Naymark : C’était votre première question.

Senator Loffreda: My question — to reword it — is this: As an alternative, we could replace it with a reference to the fact that the National Assembly of Quebec has recognized French as the official language of the province rather than make reference — because there are three explicit references to Bill 96. That is concerning, because we all know — and you did explain well what Bill 96 entails for the English-speaking minority — that is a debate to be held in the National Assembly — but why refer to Bill 96? Let’s refer to the National Assembly that has declared French as the official language of Quebec.

Le sénateur Loffreda : Ma question est la suivante, et je la reformule : comme solution de rechange, nous pourrions remplacer la référence par une mention du fait que l’Assemblée nationale du Québec reconnaît le français comme langue officielle de la province — il y a trois références explicites au projet de loi no 96. C’est inquiétant, car nous savons tous que ce débat doit avoir lieu à l’Assemblée nationale. Vous avez bien expliqué ce que la loi no 96 suppose pour la minorité anglophone, alors pourquoi y faire référence?

Disons plutôt que l’Assemblée nationale a déclaré avoir le français comme langue officielle du Québec. Ms. Naymark: With regard to the references to the charter, they are all troubling, and the most troubling is the one in the

preamble — the purpose clause — because that is the clause that will be used to interpret the remaining provisions of the act. If you replace it with a reference to the National Assembly recognizing French as the official language in Quebec, I think that would be an improvement.

It would still be fair to ask for an inclusion of a clause to the effect that “nothing in the Official Languages Act is intended to diminish the rights of the English‑speaking community of Quebec,” because the problem we have right now is that this concept that improving French means diminishing the rights of the anglophone community, and it really doesn’t have to. Me Naymark : Toutes les références à la charte sont troublantes, et c’est d’autant plus vrai pour le préambule, qui est la disposition sur l’objet, puisqu’elle servira à interpréter les autres dispositions de la loi.

Je pense qu’il serait préférable de remplacer ce passage par une référence à la reconnaissance du français comme langue officielle au Québec par l’Assemblée nationale. Il faudrait tout de même demander d’inclure une disposition stipulant que rien dans la

Loi sur les langues officielles ne vise à diminuer les droits de la communauté anglophone du Québec. Ce qui nous pose problème actuellement, c’est l’idée de diminuer les droits de la communauté anglophone pour améliorer le français, ce qui n’est vraiment pas nécessaire. I am 100% behind everything Mr. Doucet has been saying about the fight for French minority rights outside of Quebec. Je soutiens totalement tout ce que M.

Doucet a dit au sujet de la lutte pour les droits des minorités francophones à l’extérieur du Québec. [Translation] [Français] I congratulate them for fighting for many years to have their rights recognized. We’re demanding exactly the same thing; we don’t want to lose our rights. Je les félicite de s’être battus pendant plusieurs années pour faire respecter leurs droits. Nous demandons exactement la même chose; nous ne voulons pas perdre nos droits. 12-6-2023 Langues officielles 36:11

[English] [Traduction] By including the references to the charter, we are implicitly approving the removal of rights from the English-language community in Quebec, because that is what Bill 96 does. En faisant référence à la charte, nous acceptons implicitement de diminuer les droits de la communauté anglophone du Québec, car c’est l’essence même du projet de loi n o 96. Senator Loffreda: With respect to my other question, how does the inclusion of the charter in the federal law actually help francophones in Quebec? Do you feel it does?

Le sénateur Loffreda : En ce qui concerne mon autre question, en quoi l’inclusion de la charte dans la loi fédérale aide-t-elle les francophones du Québec? Pensez-vous que c’est le cas? Ms. Naymark: I feel it hurts anglophones more than it helps francophones in Quebec. Me Naymark : J’ai l’impression que cette mention nuit plus aux anglophones qu’elle n’aide les francophones du Québec. Senator Loffreda: Thank you. Le sénateur Loffreda : Je vous remercie. Ms.

Naymark: I think the rights are clear as they are spelled out in the bill, and by adding references to the charter, you are adding an extra tool to allow a reduction of the English-language community’s rights. Me Naymark : Je pense que les droits sont énoncés clairement dans le projet de loi, mais en ajoutant des références à la charte, vous créez un outil supplémentaire permettant de réduire les droits de la communauté anglophone. Senator Loffreda: Thank you. Le sénateur Loffreda : Je vous remercie. [Translation] [Français] The Acting Chair: Mr. Labelle Eastaugh, we can see that you’re back with us.

We hope that you can deliver your presentation and that your connection remains stable. The floor is yours. La présidente suppléante : Maître Labelle Eastaugh, nous voyons que vous êtes de retour parmi nous. Nous espérons que vous pourrez nous livrer votre présentation et que votre connexion demeurera stable. Vous avez la parole. Érik Labelle Eastaugh, Associate Professor and Director, International Observatory on Language Rights, Université de Moncton professeur, as an individual: Good afternoon and thank you very much. I’m very sorry for all these technical issues.

I’ll be brief in case I’m still having a connection problem. Me Érik Labelle Eastaugh, professeur agrégé et directeur, Observatoire international des droits linguistiques, Université de Moncton, à

titre personnel : Bonjour et merci beaucoup. Je suis bien désolé de tous ces pépins techniques. Je serai bref, au cas où il y aurait encore un problème de connexion. First of all, I would just like to say that I support Professor Doucet’s comments — or at least the part that I heard — which echo comments that I myself have made before this committee in the past. Premièrement, j’aimerais simplement dire que je souscris aux commentaires du professeur Doucet — ou du moins la

partie que j’ai entendue —, qui font écho à des commentaires que j’ai déjà faits moi-même par le passé devant ce comité. As for my remarks, I will take advantage of this invitation to discuss a very concrete and specific point. I recently noted, while preparing for a case, that Bill C-13 proposes a series of amendments to

Part VII of the Official Languages Act. More specifically, it would clarify various aspects of the general obligation that is already set forth in the present act. Pour ce qui est de mon intervention, je profite de l’invitation pour parler d’un point très concret et précis. J’ai remarqué récemment, en préparant un dossier, que le projet de loi C-13 propose une série de modifications à la

partie VII de la

Loi sur les langues officielles. Il vise notamment à préciser différents aspects de l’obligation générale qui est déjà prévue dans la loi actuelle. As you know, one of the main reasons for these additions is the Federal Court of Appeal’s judgment in Fédération des francophones de la Colombie-Britannique, or FFCB, which essentially gutted

section 41 and drained it of all meaning. Comme vous le savez, l’une des principales raisons de ces ajouts, c’est la décision de la Cour d’appel fédérale dans l’affaire de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique (FFCB) qui, essentiellement, avait charcuté l’article 41 et l’avait vidé de tout son sens. 36:12 Official Languages 12-6-2023

Generally speaking, the new approach taken toward amendments to

Part VII is excellent and entirely sensible. However, the amendments were drafted before the Federal Court of Appeal rendered its judgment in the FFCB affair. De façon générale, la nouvelle approche qui a été adoptée concernant les modifications à la

partie VII est excellente et tout à fait censée. Toutefois, les modifications ont été rédigées avant que la Cour d’appel fédérale ne rende son jugement dans l’affaire de la FFCB. I recently realized that, on one point in particular — which is nevertheless quite an important one — the wording of Bill C-13, as cited in the Federal Court of Appeal’s judgment in FFCB, represents a step backward from the current state of the law.

Ce que j’ai constaté récemment, c’est que, sur un point en particulier — qui est tout de même assez important —, le libellé du projet de loi C-13, tel qu’il figure dans le jugement de la Cour d’appel fédérale dans l’affaire de la FFCB, représente un recul par rapport à l’état actuel du droit. I prepared a brief working paper and submitted it to the clerk of the committee. You may not have received it yet, but I will be referring to it as I explain the nature of the problem in detail.

The essence of that problem is that the Federal Court of Appeal’s decision indicates that federal institutions, as a result of all their decisions, have a systematic obligation to avoid or, if that’s impossible, mitigate the negative consequences that their decisions or initiatives may have on the vitality and development of official language minority communities. J’ai préparé un court document de travail que j’ai transmis à la greffière du comité. Vous ne l’avez peut-être pas encore reçu, mais je vais m’y référer pour expliquer en détail la nature du problème.

D’ailleurs, l’essence du problème, c’est que la décision de la Cour d’appel fédérale indique que, de façon systématique, les institutions fédérales ont, en vertu de toutes leurs décisions, l’obligation d’éviter ou, si ce n’est pas possible de le faire, d’atténuer les conséquences négatives que leurs décisions ou leurs initiatives pourraient avoir vis-à-vis de l’épanouissement et du développement des communautés de langue officielle en situation minoritaire. A version of that obligation may be found in new subsection 41(7) introduced under the Bill C-13.

However, this version was drafted before the Federal Court of Appeal handed down its judgment, and it does not go as far as the court does in that decision. Consequently, if subsection 41(7) were adopted in its present form, it would constitute a step backward from the current state of the law. Une version de cette obligation se retrouve au paragraphe 41(7) du projet de loi C-13. Cependant, cette version a été rédigée préalablement au jugement de la Cour d’appel fédérale, et elle va moins loin que la Cour d’appel fédérale dans son jugement.

Donc, si le paragraphe 41(7) était adopté dans sa forme actuelle, il y aurait un recul par rapport à l’état actuel du droit. In my brief, I propose amendments to subsection 41(7) that reflect the language used in the Federal Court of Appeal decision and that would help eliminate the problem and harmonize the new obligation provided under subsection 41(7), in accordance with the current state of the law, in order to avoid any regressive impact.

Dans mon document, je propose des modifications au paragraphe 41(7), qui sont calquées sur le langage employé dans la décision de la Cour d’appel fédérale et qui permettraient d’éliminer le problème et d’harmoniser la nouvelle obligation prévue au paragraphe 41(7) conformément à l’état du droit actuel, afin d’éviter qu’il y ait un recul.

As you will understand, this is quite an important issue, since although the obligation to take positive measures that contribute proactively to the vitality and development of the communities is important, we must avoid making decisions that undermine that vitality and development. In some cases, that may be even more important than taking positive measures.

Vous comprendrez qu’il s’agit d’une question tout de même assez importante, puisque, tout autant que l’obligation de prendre des mesures positives contribuant de façon proactive à l’épanouissement et au développement des communautés est importante, il faut éviter de prendre des décisions qui nuisent à ces mêmes épanouissement et développement. Dans certains cas, cela peut même être plus important que la prise de mesures positives. The obligation not to harm is the logical counterpart of the obligation to take positive measures.

I think it would be important to strengthen the wording of that obligation in Bill C-13 to ensure there is no backsliding on this point. I will conclude my remarks on that point. Thank you. En fait, l’obligation de ne pas nuire est le pendant logique de l’obligation de prendre des mesures positives. Selon moi, il serait important de renforcer la façon dont cette obligation est formulée dans le projet de loi C-13 pour s’assurer qu’on ne recule pas sur ce point. C’est là-dessus que je conclurai mes remarques. Merci. The Acting Chair: Thank you very much, Mr. Labelle Eastaugh.

Senator Seidman, you are the next person to ask a question. La présidente suppléante : Merci beaucoup, maître Labelle Eastaugh. Sénatrice Seidman, vous êtes la prochaine à poser une question. 12-6-2023 Langues officielles 36:13

[English] [Traduction] Senator Seidman: I would like to say thank you to our witnesses for being with us today. My question is for Professors Doucet and Labelle Eastaugh. And Professor Doucet, perhaps you might begin. It’s very simple. Are you concerned that the New Brunswick Official Languages Act is not mentioned in Bill C-13? La sénatrice Seidman : J’aimerais remercier nos témoins d’être avec nous aujourd’hui. Ma question s’adresse aux professeurs Doucet et Labelle Eastaugh. Professeur Doucet, vous pourriez commencer. Ma question est très simple. Êtes-vous inquiet que la

Loi sur les langues officielles du Nouveau‑Brunswick ne soit pas mentionnée dans le projet de loi C-13? Mr. Doucet: No, I’m not concerned that it is not mentioned. I don’t see why it should be mentioned. What is important, though, is that the act does recognize the specificity when implementing the act. It is important to recognize the specificity of New Brunswick.

The example I can give you is the same one I gave you a while ago where the RCMP in New Brunswick refused to offer services to francophone New Brunswickers all over the province at that time because it was applying the federal act, which states that you don’t have to offer services everywhere in New Brunswick. We had to go to the Supreme Court to get that overturned. M. Doucet : Non, je n’en suis pas inquiet. Je ne vois pas pourquoi il en serait mention. Ce qui est toutefois important, c’est que la loi reconnaît la spécificité au moment de la mise en œuvre.

Il est important de tenir compte des besoins propres au Nouveau-Brunswick. Je peux vous donner le même exemple que précédemment. À l’époque, la GRC du Nouveau-Brunswick avait refusé de servir les Néo-Brunswickois francophones de toute la province parce qu’elle appliquait la loi fédérale, qui dit qu’elle n’est pas tenue d’offrir des services dans toute la province. Nous avons dû nous adresser à la Cour suprême pour faire infirmer cette décision.

Now, in the act, when it talks about the specificity of New Brunswick, that does include New Brunswick and the linguistic obligation that we find in the Charter — for example, in

section 16.1, which is the equality of both linguistic communities in New Brunswick. The example I gave would not happen anymore because we would be able to rely on that to make sure the federal institutions do respect the specificity of New Brunswick. Maintenant, lorsque la loi parle de la spécificité du Nouveau‑Brunswick, elle englobe la province et l’obligation linguistique conférée par la Charte — par exemple, l’article 16.1 porte sur le statut égal des deux communautés linguistiques du Nouveau‑Brunswick.

L’exemple que j’ai donné ne se produirait plus parce que nous pourrions invoquer cette disposition pour inciter les institutions fédérales à respecter la spécificité du Nouveau‑Brunswick. Senator Seidman: Mr. Labelle Eastaugh, can you answer the same question? La sénatrice Seidman : Monsieur Labelle Eastaugh, pouvez- vous répondre à la même question? Mr. Labelle Eastaugh: Yes, I share Professor Doucet’s view.

I’m not concerned for the same reasons he outlined and also because insofar as this is related to the mention of the Charter of the French language in the act, my understanding — I gather there was a bit of an exchange of views on this earlier when I was in and out, so I don’t know exactly what was said — of the scheme of Bill C-13 is that the relevance of that mention is that Bill C-13 applies to questions that potentially also arise under the Charter of the French language.

And it provides a mechanism whereby federal companies can elect to be governed by the Charter of the French Language rather than the Official Languages Act. So there is a need for the act to be mentioned there. There is no overlap, as I understand it, between the federal Official Languages Act and the New Brunswick Official Languages Act that would call for that kind of specific reference. Me Labelle Eastaugh : En effet, je suis du même avis que le professeur Doucet. Je ne suis pas inquiet pour les mêmes raisons qu’il a évoquées.

En ce qui a trait à la mention de la Charte de la langue française dans la loi — j’imagine qu’il y a eu des discussions à ce sujet alors que je tentais de me brancher, de sorte que j’ignore ce qui a été dit exactement. Ce que je comprends de l’esprit du projet de loi C-13 est qu’il est pertinent de la mentionner pour des enjeux qui pourraient également relever de cette charte. Le projet de loi permet aux entreprises de compétence fédérale de choisir d’être régies par la Charte de la langue française plutôt que par la

Loi sur les langues officielles. Il est donc nécessaire d’en faire mention. Sauf erreur, il n’y a pas de chevauchement entre la

Loi sur les langues officielles fédérale et celle du Nouveau-Brunswick qui justifierait une telle référence. Senator Seidman: Just further along that line, Professor Labelle Eastaugh — yes, you probably didn’t hear the discussion, but what you referred to are the federally regulated corporations, and that’s part two of this bill. But the first part of the bill has to do with the Official Languages Act, of course, where the charter as well is mentioned.

So how to you square La sénatrice Seidman : Dans le même ordre d’idées, professeur Labelle Eastaugh, il est vrai que vous n’avez probablement pas entendu les échanges, mais vous avez fait référence aux sociétés de compétence fédérale, qui sont le deuxième volet du projet de loi. Or, la première

partie se rapporte bien sûr à la

Loi sur les langues officielles, où la charte 36:14 Official Languages 12-6-2023

that with the point you just made about federally regulated corporations? est aussi mentionnée. Comment cela cadre-t-il avec ce que vous venez de dire au sujet des sociétés de compétence fédérale? Mr. Labelle Eastaugh: Well, I would point out that the specificity of New Brunswick stems not principally from its official languages act but from the provisions in the constitutional Charter of Rights and Freedoms dealing with language. If I’m not mistaken — I’m working from memory now — those are explicitly mentioned in the Official Languages Act. In that respect, I don’t really see an issue.

Me Labelle Eastaugh : En fait, j’aimerais souligner que la spécificité du Nouveau-Brunswick ne découle pas principalement de sa

loi sur les langues officielles, mais plutôt des dispositions de la Charte constitutionnelle des droits et libertés qui traitent des langues. Si ma mémoire m’est fidèle, ces éléments sont énoncés explicitement dans la

Loi sur les langues officielles. Dans cette optique, je n’y vois pas vraiment de problème. Senator Seidman: My question for Ms. Naymark has already been asked and answered, so I am finished. Thank you. La sénatrice Seidman : La question que j’avais préparée pour Me Naymark a déjà été posée et des réponses y ont été données. J’ai donc terminé. Je vous remercie. [Translation] [Français] Senator Audette: First of all, I’m going to start with a positive comment because my languages are French and Innu‑aimun, and I’m trying to speak English as I perform my senatorial duties.

La sénatrice Audette : Tout d’abord, je commence par un commentaire positif, parce que je porte en moi la langue française et l’innu-aimun et que j’essaie de m’exprimer en anglais dans l’exercice de mes fonctions de sénatrice. You mentioned that Indigenous languages were vulnerable as well, and I thank you for that, because one’s choice of words can mitigate certain reactions, including my own when I hear that French is the only endangered language,

whereas many Indigenous languages are as well. So I thank you for your comment. Vous avez mentionné que les langues autochtones étaient vulnérables elles aussi et je vous en remercie, parce que le choix des mots atténuera peut-être certaines réactions, y compris la mienne lorsque j’entends dire que le français est la seule langue qui est en danger, alors que beaucoup de langues autochtones le sont également. Je vous remercie donc de votre commentaire. My question is for Ms. Naymark.

You mentioned that, at the assembly of chiefs, the First Nations Education Council filed a legal challenge concerning 14 sections of the Charter of the French Language. You surely know that education and access to justice are two major issues that will have an impact on us. Ma question s’adresse à Me Naymark. Vous avez mentionné que, à l’assemblée des chefs, le Conseil en éducation des Premières Nations a déposé une contestation judiciaire dans laquelle 14 articles de la Charte de la langue française sont visés.

Vous savez certainement que l’éducation et l’accès à la justice sont des enjeux majeurs qui auront un impact sur nous. If we ever win this legal challenge in court, will that have an impact on the Official Languages Act, since it’s said that the Charter of the French Language is included in Bill C-13? Si jamais nous gagnons en cour avec cette contestation judiciaire, est-ce que cela aura des répercussions sur la

Loi sur les langues officielles, puisqu’on mentionne que la Charte de la langue française est incluse dans le projet de loi C-13? Ms. Naymark: We can always amend the Charter of the French Language in response to court decisions, government changes and needs of the moment. Sometimes, even after the courts have ruled certain provisions of the Charter of the French Language unconstitutional, the Quebec government hasn’t really reacted in accordance with the Supreme Court’s judgment. In short, the reference isn’t static; the Charter of the French Language may change, but the reference in Bill C-13 remains. The problem in my mind is that this recognizes

an act that is controversial today — that’s the least one can say — and that could well be even more controversial in future. Me Naymark : On peut toujours amender la Charte de la langue française à la suite des décisions de la cour, des changements de gouvernement et des besoins du moment. Parfois, même après la reconnaissance par les cours de l’inconstitutionnalité de certaines dispositions de la Charte de la langue française, le gouvernement du Québec n’a pas tout à fait réagi conformément à la décision de la Cour suprême.

Bref, la référence n’est pas statique; la Charte de la langue française peut changer, mais la référence dans le projet de loi C-13 reste là. Pour moi, le problème, c’est que l’on accorde une reconnaissance à une loi qui, aujourd’hui, est controversée, c’est le moins que l’on puisse dire, et qui risque d’être encore plus controversée à l’avenir. 12-6-2023 Langues officielles 36:15

I think it’s the reference as such that’s the problem. À mon avis, c’est la référence en tant que telle qui est problématique. Senator Audette: If I can go a little further, since I’m not a lawyer and don’t have the legal expertise, and so on, of many of my colleagues, I’ve always been concerned that, if you write — The choice of words is important; words create paragraphs, and paragraphs create laws.

Can the act of talking about a specific province or region become a tool that can be turned around and used against us in our region to recognize conventioned First Nations, which are entitled to an exemption under Bill 101 in Quebec? Under Bill C-13, that exemption can no longer be recognized or debated in court. My concern is this: Could Quebec take advantage of this and say it now has

an act that protects it as a province? I’m being told no. La sénatrice Audette : Si je peux aller un peu plus loin, puisque je ne suis pas juriste et que je n’ai pas l’expertise de bon nombre de mes collègues en droit et ainsi de suite, j’ai toujours eu la préoccupation que si l’on écrit... Le choix des mots est important; les mots vont créer des paragraphes et les paragraphes vont créer des lois.

Le fait de parler d’une province et d’une région spécifique peut-il devenir un outil qui se retournera contre nous, dans notre région, pour reconnaître des Premières Nations conventionnées qui ont droit à une exemption par rapport à la loi 101 au Québec? Avec le projet de loi C-13, on ne pourra plus reconnaître cette exemption ou débattre en cour. Ma préoccupation est la suivante : est-ce que le Québec pourrait profiter de cela et dire qu’il a une loi qui le protège comme province? On me dit que non. Ms.

Naymark: You can’t absolutely say that a federal act and a provincial act that contradict each other —The two acts don’t necessarily cover the same fields or derive from the same powers of the federal or provincial government. There are overlaps, of course, but there’s always a way to achieve recognition under one act of things that aren’t recognized under another act. There could well be conflicts. Me Naymark : On ne peut pas tout à fait dire qu’une loi fédérale et une loi provinciale qui se contredisent...

Les deux lois ne couvrent pas nécessairement les mêmes domaines ou ne proviennent pas des mêmes pouvoirs du gouvernement fédéral ou du gouvernement provincial. Il y a des chevauchements, bien sûr, mais il y a toujours moyen de faire reconnaître, en vertu d’une loi, des choses qui ne sont pas reconnues en vertu d’une autre loi. Il risque d’y avoir des conflits. Senator Clement: Good evening, and thanks to the three witnesses. La sénatrice Clement : Bonsoir et merci aux trois témoins. [English] [Traduction] I’m going to say it in English and Mohawk. Good evening and thank you. [Indigenous language spoken].

I like it when the transcript reads “Indigenous language.” Je vais le dire en anglais et en mohawk. Good evening and thank you. [mots prononcés dans une langue autochtone ]. J’aime bien quand il est écrit « langue autochtone » dans la transcription. [Translation] [Français] Here’s my first question. I’ll begin with Mr. Doucet. You said in your testimony that Bill C-13 wasn’t perfect. So I’d like to know what more you would have done if we’d had more time, but I’d also like to know the following: What will you expect from this bill when it’s reviewed in 10 years?

I’m putting those two questions to all three witnesses. Voici ma première question. Je vais commencer par M. Doucet. Vous avez dit, lors de votre témoignage, que le projet de loi C-13 n’était pas parfait. J’aimerais donc savoir ce que vous auriez fait de plus, si on avait eu plus de temps. J’aimerais aussi savoir ce qui suit : qu’attendez-vous de ce projet de loi lors de son réexamen dans 10 ans? Je pose ces deux questions aux trois témoins. Mr. Doucet: First, no single act is perfect; unfortunately, nothing is perfect in this world. M.

Doucet : Premièrement, il n’y a pas une seule loi qui est parfaite; la perfection n’est malheureusement pas de ce monde. Looking at Bill C-13, you could have added certain things, such as protection for the court challenges program to make sure it can’t be cancelled in future; you could have further clarified the powers under

Part VII and ensured that they’re consistent with the judgments that have been rendered. Lorsqu’on regarde le projet de loi C-13, on aurait pu ajouter certaines choses, comme une protection pour le Programme de contestation judiciaire, pour assurer qu’on ne puisse plus l’abolir à l’avenir; on aurait pu préciser un peu mieux les pouvoirs de la

partie VII et s’assurer qu’ils sont conformes aux décisions qui ont été rendues. 36:16 Official Languages 12-6-2023

A lot of things could have been done. You could have added elements, but, at some point, you have to move on to a new phase and pass the bill. That doesn’t mean you should stop discussing possible amendments that might arise. What would I like to see in the act in 10 years? First of all, I’d like to see a government that makes sure it honours the obligations provided for in Bill C-13. Il y a plusieurs choses que l’on pourrait faire. On pourrait ajouter des éléments, mais à un moment donné, il faut passer à une nouvelle étape, c’est-à-dire adopter la loi.

Cela ne veut pas dire qu’on doit arrêter de parler de modifications possibles qui pourraient survenir. Qu’est-ce que j’aimerais voir dans la loi dans 10 ans? Au départ, j’aimerais voir un gouvernement qui se sera assuré de mettre en œuvre les obligations prévues dans le projet de loi C-13. We’ve seen that with the Official Languages Act in New Brunswick. We have an Official Languages Act, and its implementation is far from guaranteed by the current governments. The same is true at the federal level; earlier we discussed

Part VII, and the implementation of the act is never a sure thing. Au Nouveau-Brunswick, on l’a vécu avec la

Loi sur les langues officielles. On a une

Loi sur les langues officielles et sa mise en œuvre est loin d’être assurée par les gouvernements actuels. C’est la même chose à l’échelle fédérale; on a parlé de la

partie VII tout à l’heure, et la mise en œuvre de la loi n’est jamais assurée. The first thing I hope for is that governments, regardless of which government, make sure they actually discharge the obligations they’ve accepted. La première chose que j’espère, c’est que les gouvernements, peu importe le gouvernement, assureront une véritable mise en œuvre des obligations qu’ils auront prises. What will happen in 10 years? When I took

part in the first review of the Official Languages Act in 1988, there was no social media or Internet. You couldn’t have held a committee meeting via Zoom; it didn’t exist. I didn’t even know that would happen. Things change quickly in the world, so you have to ensure that the act continues to meet the needs of the communities as they occur. Que va-t-il se produire dans 10 ans? En 1988, lorsque j’ai participé à la première révision de la

Loi sur les langues officielles, il n’y avait pas de médias sociaux ni d’Internet. On n’aurait pas pu tenir la séance de comité par Zoom; cela n’existait pas. Je ne savais même pas que cela allait se produire. Les choses changent rapidement dans le monde, donc il faut s’assurer que la loi répond toujours aux besoins des communautés telles qu’elles se présentent. Francophone communities in Canada are in a very vulnerable position. In two or three years, they may need other changes to the act, and we may have to address matters differently.

Les communautés francophones au Canada sont dans une situation très vulnérable actuellement. Dans deux ou trois ans, elles auront peut-être besoin d’autres changements à la loi. On devra peut-être aborder les choses de façon différente. In that respect, I can’t say what we should see in 10 years, but I’m happy to see that there will be a review in 10 years, even though I would have preferred it to be in 5 years. Sur ce plan, je ne peux dire ce que l’on devrait voir dans 10 ans, mais je suis heureux de constater qu’il y aura une révision dans 10 ans, même si j’aurais préféré que ce soit après 5 ans.

I’m happy to see that your committee can continue its work during that time. Je suis heureux de constater que le travail de votre comité pourra se poursuivre pendant cette période. Ms. Naymark: Thank you. In 10 years, I’d like to see growth in the francophone minority communities outside Quebec. I’d like to see that their rights have expanded. We take baby steps with every amendment to the act, but I hope we can continue in that direction. I’d like to see the federal government encourage English and French majority language people to improve their minority language skills. Me Naymark : Merci.

Dans 10 ans, j’aimerais voir une croissance des communautés minoritaires francophones à l’extérieur du Québec. J’aimerais voir une augmentation de leurs droits; on fait de petits pas avec chaque amendement à la loi, mais je souhaite que l’on continue dans cette direction. J’aimerais voir le gouvernement fédéral encourager les gens des langues majoritaires à améliorer leur connaissance de la langue minoritaire, selon le cas. I’d also like the rights of minority communities to be recognized across Canada. J’aimerais aussi que les communautés minoritaires voient leurs droits reconnus partout au Canada. Mr.

Labelle Eastaugh: I’ll take the moderate view. There’s a lot in this bill that’s new; we don’t know exactly what consequences will follow from the new administrative penalties, Me Labelle Eastaugh : Je serai très modeste. Il y a beaucoup de nouveau dans cette loi; on ne sait pas exactement ce que cela donnera avec les nouvelles sanctions administratives, les 12-6-2023 Langues officielles 36:17

the new powers conferred on the Commissioner and the new amendments to

Part VII. Consequently, the revision process will enable us to take stock of the experience that we have acquired as a result of all these new provisions and to see what adjustments will have to be made. nouveaux pouvoirs donnés au commissaire et les nouvelles modifications à la

partie VII, donc le processus de révision nous permettra de faire le bilan de l’expérience que nous aurons avec toutes ces nouvelles dispositions et de voir quelles adaptations devront être faites. Senator Gignac: I want to welcome all our witnesses. Le sénateur Gignac : Je veux souhaiter la bienvenue à tous nos témoins. My question is for Mr. Doucet. I’d like him to discuss the new powers of the Office of the Commissioner of Official Languages. We know he’ll be able to make orders. How many complaints can the Commissioner receive at times? You need only think of the airline industry, which makes the news.

Are the new powers he’s being given strong enough? Do you approve or would you have hoped for more? Ma question s’adresse à M. Doucet, pour parler des nouveaux pouvoirs du commissaire aux langues officielles. On sait qu’il pourra émettre des ordonnances. Combien de plaintes à l’occasion le commissaire peut-il recevoir? On n’a qu’à penser au domaine du transport aérien qui fait les manchettes. Est-ce que les nouveaux pouvoirs qu’on lui donne ont assez de tonus? Est-ce que cela vous convient ou auriez-vous espéré davantage? Mr. Doucet: I approve for the moment.

We’ll have to see how the Commissioner uses those new powers. In 1988, we were very pleased to see that the Commissioner was granted the power to appear in court to ensure compliance with the act. Unfortunately, I believe that power may not have been used enough. The compliance orders are currently a very good tool that, if properly used, could ensure that the institutions implement and comply with the recommendations that the Office of the Commissioner of Official Languages makes. Earlier we discussed the possibility of imposing monetary penalties. That’s also a power.

These are powers that should enable the Office of the Commissioner to be more effective, although that office will have to use the powers granted to it effectively. M. Doucet : Cela me convient pour l’instant. Il faudra voir comment le commissaire utilisera ces nouveaux pouvoirs. En 1988, on était très heureux de constater qu’on donnait au commissaire le pouvoir de se présenter devant les tribunaux pour assurer le respect de la loi; malheureusement, je trouve que ce pouvoir n’a peut-être pas été assez utilisé.

Actuellement, les ordonnances de conformité sont un outil très important qui, s’il est bien utilisé, pourrait assurer que les recommandations faites par le commissariat aux langues officielles soient mises en œuvre et respectées par les institutions. Tout à l’heure, on a parlé de la possibilité d’imposer des sanctions pécuniaires. Ça aussi, c’est un pouvoir. Ce sont des pouvoirs qui devraient permettre au commissariat d’être plus efficace. Encore faut-il que le commissariat utilise effectivement ces pouvoirs qui lui seront accordés.

Senator Gignac: I don’t know whether the other witnesses would like to add any comments or react on the subject as well. Le sénateur Gignac : Je ne sais pas si les autres témoins aimeraient ajouter des commentaires ou réagir également à ce sujet. Mr. Labelle Eastaugh: I’m going to echo Mr. Doucet’s comments. Me Labelle Eastaugh : Je vais faire écho aux commentaires de M. Doucet. I completely agree. I think the powers being granted are excellent, but there has to be a willingness to wield them. It’s an open secret that the Commissioner doesn’t make enough use of his power to bring legal proceedings.

That may be due to the hybrid nature of his position. Je suis tout à fait d’accord. Je crois que les nouveaux pouvoirs qui sont donnés sont excellents, mais encore faut-il qu’il y ait une volonté de les utiliser. C’est un secret de Polichinelle que le commissaire n’utilise pas suffisamment ses pouvoirs d’ester en justice à l’heure actuelle. C’est peut-être en raison de la nature hybride du poste. The Commissioner position is based on the ombudsman model, which is intended to be non-conflictual. Former Commissioner Graham Fraser has written at length on the subject.

By relying on persuasion as the main influence mechanism, one tends not to use other mechanisms that may be more impactful and conflictual. So it’s possible that this prevailing trend may continue in future, even with the new powers. We’ll have to see how the Commissioner uses them. We Le poste de commissaire est calqué sur le modèle d’un poste d’ombudsman, qui se veut un modèle non conflictuel. L’ancien commissaire, Graham Fraser, a beaucoup écrit à ce sujet.

En mettant l’accent sur la persuasion comme principal mécanisme d’influence, on a tendance à ne pas utiliser les autres mécanismes qui sont peut-être plus percutants, mais plus conflictuels. Il y a donc une possibilité que cette même tendance lourde se poursuive à l’avenir, même avec les nouveaux 36:18 Official Languages 12-6-2023

may have to consider more significant structural reforms if he doesn’t use them appropriately. pouvoirs. Il faudra voir comment le commissaire s’en servira. S’il ne s’en sert pas de façon adéquate, il faudra peut-être réfléchir à des réformes structurelles plus importantes. Senator Gignac: I’ve spent a large part of my career in the private sector. Le sénateur Gignac : J’ai passé une grande

partie de ma carrière dans le secteur privé. Mr. Doucet, I’d like to hear your views on the new obligations that will be introduced to protect the French language in federally regulated private businesses. Are we going far enough in this area? Monsieur Doucet, j’aimerais avoir votre point de vue sur les nouvelles obligations qui seront imposées pour protéger la langue française dans les entreprises privées de compétence fédérale. Est-ce qu’on va suffisamment loin de ce côté-là? Mr.

Doucet: When it’s said that this provision could apply to New Brunswick, if it has to apply to New Brunswick, I hope it isn’t applied solely in certain predominantly francophone regions because then it would be purely symbolic. If it’s done in New Brunswick, it should be done all across the province in a manner consistent with specificity and the recognition of equality or else it shouldn’t be done at all. M.

Doucet : Lorsqu’on dit que cette disposition pourrait s’appliquer au Nouveau-Brunswick, si on doit appliquer cette disposition au Nouveau-Brunswick, j’espère qu’on ne l’appliquera pas uniquement dans certaines régions à prédominance francophone, parce qu’à ce moment-là, ce sera purement symbolique. Si on le fait au Nouveau-Brunswick, on doit le faire dans l’ensemble du territoire en respectant la spécificité et la reconnaissance de l’égalité ou ne pas le faire du tout. In certain cases, this provision could help improve the situation of francophone communities outside Quebec. However, it has to be done right.

In the case of New Brunswick, it has to be done across the province, not in certain specific regions, as was noted. Pour les communautés francophones à l’extérieur du Québec, cette disposition pourrait permettre, dans certains cas, d’améliorer leur situation. Toutefois, il faut que ce soit bien fait. Dans le cas du Nouveau-Brunwisck, il faut que ce soit fait dans l’ensemble du territoire, et non pas dans certaines régions spécifiques, comme on l’a souligné. Senator Gignac: Thank you. Le sénateur Gignac : Merci.

Since you come from an officially bilingual province in Canada, I hope it’s done across all of New Brunswick. Étant donné que vous êtes la seule province officiellement bilingue au Canada, j’ose espérer que ce sera fait dans l’ensemble du territoire du Nouveau-Brunswick. Senator Mockler: I’d like to congratulate the three witnesses. I’d be remiss if I didn’t state the following fact. Le sénateur Mockler : J’aimerais féliciter les trois témoins. Je m’en voudrais de ne pas mentionner le fait suivant. Mr. Doucet is a staunch advocate of rights and liberties and is active in many cases.

Thanks to his extensive experience, he has modernized our services and institutions both in New Brunswick and across the country. M. Doucet est un ardent défenseur des droits et des libertés et est actif dans beaucoup de dossiers. Grâce à sa grande expérience, il a modernisé nos services et nos institutions non seulement au Nouveau-Brunswick, mais aussi partout au pays. Mr. Doucet, my sincere congratulations for the work you’ve done. Monsieur Doucet, mes sincères félicitations pour votre travail. I have a few brief questions for you. My first question is for all three witnesses.

Is the bill a step in the right direction? J’ai quelques petites questions à poser. Ma première question s’adresse aux trois témoins. Le projet de loi est-il un pas dans la bonne direction? Mr. Doucet: I believe I answered that in my opening statement. Yes, it’s a step in the right direction. Will it solve all our problems? No. However, it’s nevertheless a step in the right direction for the rights recognized in the 1988 act. M. Doucet : Je crois que j’y ai répondu lors de ma présentation. Effectivement, c’est un pas dans la bonne direction. Est-ce qu’il va régler tous les problèmes? Non.

Toutefois, c’est quand même un pas dans la bonne direction pour ce qui est des droits reconnus dans la loi de 1988. Mr. Labelle Eastaugh: Yes, it’s a step in the right direction. It’s a significant step in the right direction. Me Labelle Eastaugh : En effet, c’est un pas dans la bonne direction. C’est un pas important dans la bonne direction. 12-6-2023 Langues officielles 36:19

Ms. Naymark: I think it’s a step in the right direction for the rights of francophone communities outside Quebec. However, it isn’t a step in the right direction for anglophones in Quebec. Me Naymark : Selon moi, c’est un pas dans la bonne direction en matière de droits des communautés francophones à l’extérieur du Québec. Cependant, ce n’est pas un pas dans la bonne direction pour ce qui est des anglophones au Québec. Senator Mockler: Could the bill have gone further? If so, why? Le sénateur Mockler : Le projet de loi aurait-il pu aller plus loin? Si oui, pouvez-vous spécifier pourquoi? Mr.

Doucet: Every bill could go further. We could definitely add a number of elements, and, if we did, which ones would they be? Earlier I discussed some things that could have been added, but, as my colleague Mr. Labelle Eastaugh said earlier, I think we now have to look at the bill. In the next 10 years, or in the following years, we’ll have to assess the way it was implemented. We’ll be in a better position to say what could be added or done differently to ensure our communities develop better. M. Doucet : Tous les projets de loi peuvent aller plus loin.

On pourrait certainement ajouter plusieurs éléments, et si oui, lesquels? J’ai parlé plus tôt de certaines choses qu’on aurait pu ajouter, mais comme mon collègue M. Labelle Eastaugh l’a dit tout à l’heure, je crois qu’il faut maintenant regarder le projet de loi. Dans les 10 prochaines ou dans les prochaines années, il faudra évaluer la mise en œuvre de ce qui a été accordé. On sera plus en mesure de dire ce qui pourrait être ajouté ou fait de façon différente pour assurer un meilleur développement de nos communautés. Mr. Labelle Eastaugh: I generally agree with Mr. Doucet, except on two points.

Me Labelle Eastaugh : De façon générale, je suis d’accord avec M. Doucet, sauf pour deux points. First, there’s the point that I address in the working paper that I sent the committee this afternoon and that includes a specific provision that could be quite simply amended to enable the act to comply with the case law. Premièrement, il y a le point que j’aborde dans le document de travail que j’ai transmis au comité cet après-midi, où il y a une disposition précise qui pourrait être modifiée assez simplement pour permettre à la loi de se conformer à la jurisprudence.

The second point that I would have liked to see addressed a little more thoroughly or more dynamically concerns immigration targets. Le deuxième point que j’aurais aimé voir aborder d’une façon un peu plus poussée ou un peu plus dynamique, ce sont les cibles en matière d’immigration. The bill provides for an obligation to develop an immigration policy but doesn’t outline the nature of an immigration policy that would genuinely respect the equality of the two linguistic communities in Canada. I would’ve liked to see more substance and flesh on the bone regarding that particular point.

On énonce l’obligation de développer une politique en matière d’immigration, mais la loi ne dit pas en quoi consisterait une politique en matière d’immigration qui respecterait réellement l’égalité des deux communautés linguistiques au Canada. J’aurais aimé voir plus de substance et plus de chair autour de l’os sur ce point en particulier. Ms. Naymark: I have nothing to add. Me Naymark : Je n’ai rien à ajouter. Senator Mockler: Will the situation of francophone Acadians be better with or without this bill?

Le sénateur Mockler : La situation des Acadiens et des Acadiennes francophones sera-t-elle meilleure avec ce projet de loi que sans ce projet de loi? Mr. Doucet: I’ll answer briefly. The situation definitely isn’t worse; it can only get better. M. Doucet : Je vais répondre rapidement. La situation n’est certainement pas pire, elle ne peut qu’être meilleure. Mr. Labelle Eastaugh: It’s better with this bill. Me Labelle Eastaugh : Elle est meilleure avec ce projet de loi. Ms. Naymark: I think it’s better, but I’m not the expert on New Brunswick.

Me Naymark : Je crois qu’elle est meilleure, mais ce n’est pas moi qui suis l’experte pour ce qui est du Nouveau‑Brunswick. Senator Mockler: I have another question. Do I have time? Le sénateur Mockler : J’ai une autre question. Ai-je du temps? 36:20 Official Languages 12-6-2023

The Acting Chair: You have approximately 40 seconds left. La présidente suppléante : Il vous reste environ 40 secondes. Senator Mockler: Witnesses have said during this committee’s hearings that the reference to the Charter of the French Language in Bill C-13 would suppress the rights of anglophones in Quebec from a legal and constitutional standpoint. Is that correct?

Le sénateur Mockler : Certains témoins ont affirmé, lors des audiences de ce comité, que la référence à la Charte de la langue française dans le projet de loi C-13 supprimerait des droits aux anglophones au Québec d’un point de vue juridique et constitutionnel. Est-ce exact? Mr. Doucet: Sections 16 to 20 and 23 of the Charter will continue to apply and acknowledge the constitutional rights of anglophone Quebecers. M. Doucet : Les articles 16 à 20 et 23 de la Charte continueront de s’appliquer et de reconnaître des droits constitutionnels aux Anglo-Québécois. They can’t be stripped of those rights.

Section 133 will also remain. The language rights they have enjoyed under the Constitution will remain, despite the reference to Bill 96 and the federal act. On ne peut pas leur enlever ces droits. L’article 133 demeurera également. Les droits qu’ils avaient constitutionnellement sur le plan linguistique demeurent, malgré la référence au projet de loi no 96 dans la loi fédérale. Mr. Labelle Eastaugh: The short answer is no. In any case, all the new provisions in the act respecting language of work in the federally regulated private sector are new. There are no federal rights in those areas in any case.

It’s brand new law. Me Labelle Eastaugh : Je vais donner une réponse courte : non. De toute façon, toutes les nouvelles dispositions dans la loi qui portent sur la langue de travail dans les institutions fédérales du secteur privé sont nouvelles. Il n’y a aucun droit dans ces domaines sur le plan fédéral de toute façon. C’est du droit tout à fait nouveau. Ms. Naymark: I don’t agree. I don’t share that opinion, that it will restrict the rights of anglophones in Quebec. Me Naymark : Je ne suis pas d’accord. Je ne partage pas cette opinion, à savoir que cela ne réduirait pas les droits des anglophones au Québec.

The fact that the bill acknowledges Bill 96, especially in the

preamble to the act, provides a vision and a way of interpreting the rights under federal statutes. If those statutes must be consistent with Bill 96, that will definitely restrict the rights of anglophones in Quebec. Le fait de reconnaître le projet de loi no 96, surtout dans le préambule de la loi, donne une vision et un moyen d’interpréter les droits en vertu des lois fédérales. Si ces lois doivent être conformes au projet de loi no 96, cela réduira sans doute les droits des anglophones au Québec. The Acting Chair: Thank you. I’m going to ask the next question, which is a bit different from the others.

La présidente suppléante : Merci. Je vais poser la prochaine question, qui est un peu différente des autres. My question concerns new subsection 65.95(1) of the use of French in federally regulated private businesses act. Ma question concerne le paragraphe 65.95(1) de la

Loi sur l’usage du français au sein des entreprises privées de compétence fédérale. This provision would prevent an entity subject to the regime of administrative monetary penalties from citing in its defence that it had exercised due diligence to prevent the violation of the Official Languages Act. Cette disposition retire la possibilité, pour une entité assujettie au régime de sanctions administratives pécuniaires, d’invoquer comme moyen de défense la prise de mesures nécessaires pour empêcher la violation de la

Loi sur les langues officielles. We’ve heard Air Canada’s concerns on this matter. My office followed up with Canadian Heritage, which provided us with the following explanation: Federal institutions have obligations of result, not obligations of means. This type of defence can’t be used in cases where language rights have been violated, given the very nature of those rights. They are fundamental rights. Furthermore, the principle of substantive equality means that such a defence is impossible. Nous avons entendu les inquiétudes d’Air Canada à ce sujet.

Mon bureau a fait un suivi auprès de Patrimoine canadien, qui nous a fourni l’explication suivante : les institutions fédérales ont des obligations de résultat, et non de moyens. Ce type de défense n’est pas possible en cas de violation de droits linguistiques, étant donné la nature même de ces droits. Il s’agit de droits fondamentaux. En outre, le principe de l’égalité réelle fait en sorte qu’une telle défense est impossible. 12-6-2023 Langues officielles 36:21

To help us put matters in perspective in the context of our study of the bill, would you please comment on these statements and explain to us how the nature of language rights can justify disqualifying a due diligence defence for subject entities, despite their institutional obligations? I’d like to hear your legal opinion on the subject.

Afin de nous aider à faire la part des choses dans le cadre de notre étude du projet de loi, pourriez-vous commenter ces affirmations et nous expliquer comment la nature des droits linguistiques peut justifier qu’une défense de diligence raisonnable ne soit pas autorisée pour les entités assujetties, malgré des obligations de nature institutionnelle? J’aimerais entendre votre opinion juridique à ce sujet. Mr. Labelle Eastaugh: I have to admit I haven’t examined the issue in detail.

Generally speaking, the explanation that you read seems accurate to me, in that the fact that there’s an explanation or circumstantial reasoning explaining why a language right was violated is not a ground for concluding that the right was not violated. The existence of a violation is objectively and absolutely established. This is an obligation of result. On the other hand, the question of circumstances may be relevant to the type of penalties that many be imposed and to the reparation sought or granted by the courts, among other things.

Me Labelle Eastaugh : Je dois vous avouer ne pas avoir étudié la question de façon détaillée. De manière générale, l’explication que vous avez lue me paraît exacte, en ce sens que le fait qu’il y ait une explication ou un raisonnement circonstanciel expliquant pourquoi on a porté atteinte à un droit linguistique ne permet pas de conclure qu’il n’y a pas eu de violation de ce droit. L’existence d’une violation s’établit de façon objective et absolue. C’est une obligation de résultat.

Par contre, la question des circonstances peut être pertinente pour ce qui est du type de sanctions que l’on pourrait imposer et de la réparation demandée ou accordée par des tribunaux, entre autres. Therefore, if an institution, for reasons beyond its control, was unable to discharge its obligations on a particular occasion, that isn’t the same situation as that of an institution that systematically refuses to establish systems that would enable it to meet its obligations. You have to distinguish carefully between these two types of situations.

Donc, si une institution, pour des raisons hors de son contrôle, a été incapable, à une occasion particulière, de respecter ses obligations ce n’est pas la même situation qu’une institution qui refuse systématiquement de mettre en place les systèmes qui lui permettront de respecter ses obligations. Il faut pouvoir faire la part des choses entre ces deux types de situations. Mr. Doucet: My colleague Mr. Labelle Eastaugh explained it very well. I haven’t examined that provision either, so I wouldn’t want to venture beyond what I’ve already said, and I entirely support his comments. M. Doucet : Mon collègue M.

Labelle Eastaugh l’a très bien expliqué. Je ne me suis pas penché non plus sur cette disposition, donc je ne voudrais pas m’aventurer beaucoup plus loin que ce qu’il a dit et j’appuie tout à fait ses propos. Ms. Naymark: I share Mr. Labelle Eastaugh’s opinion. I think it’s more nuanced than saying it’s an obligation of result. There are circumstances. There are always circumstances that you have to analyze before coming to a conclusion. Me Naymark : Je partage l’opinion de Me Labelle Eastaugh. Je pense que c’est plus nuancé que de dire que c’est une obligation de résultat. Il y a des circonstances.

Il y a toujours des circonstances à analyser avant d’en venir à une conclusion. The Acting Chair: Thanks very much. La présidente suppléante : Merci beaucoup. Senator Cormier: Mr. Labelle Eastaugh, thank you for that remark on

section 41 and the necessary amendments. The act has to be reviewed every 10 years, but do you agree that amendments may be made to the act within that period? We aren’t required to wait 10 years to solve the problem you referred to; we could solve it in the coming years. Le sénateur Cormier : Maître Labelle Eastaugh, je vous remercie de cette remarque sur l’article 41 et les modifications qui sont nécessaires. La loi doit être révisée tous les 10 ans, mais êtes-vous d’accord pour dire qu’il est possible d’apporter des modifications à cette loi à l’intérieur de cette période?

On n’est pas obligé d’attendre 10 ans pour régler ce problème dont vous parlez; on pourrait le régler au fur et à mesure au cours des années qui viennent. Mr. Labelle Eastaugh: Yes, definitely; there’s no limit to Parliament’s power in that area. Me Labelle Eastaugh : Oui, certainement; il n’y a absolument aucune limite au pouvoir du Parlement à ce niveau‑là. Senator Cormier: Ms.

Naymark, you seem quite pessimistic about the content of Bill C-13 for anglophone communities in Quebec, even though it provides many improvements for Le sénateur Cormier : Maître Naymark, vous semblez assez pessimiste sur le contenu du projet de loi C-13 pour les communautés anglophones du Québec, alors qu’il y a beaucoup 36:22 Official Languages 12-6-2023

Quebec’s anglophone communities, particularly regarding

Part VII, which concerns improvements to positive measures. d’améliorations qui visent les communautés anglophones du Québec, notamment la question de la

partie VII, qui porte sur l’amélioration sur le plan des mesures positives. I’d like you to comment on that statement that Bill C-13 doesn’t suppress the rights of Quebec anglophones and that it makes substantial improvements that will help ensure the vitality and development of Quebec’s anglophone communities. J’aimerais que vous commentiez cette affirmation selon laquelle le projet de loi C-13 n’enlève pas de droits aux anglophones du Québec et qu’il apporte des améliorations substantielles qui permettront d’assurer la vitalité et l’épanouissement des communautés anglophones du Québec. Ms.

Naymark: When an employer is required to prepare certain documents in French, to hold internal meetings in French and to provide customer services in French but still has the right to do so in English, I don’t think that expands anglophones’ rights. I think it results in lost jobs in the anglophone community. Me Naymark : Quand on oblige un employeur à préparer certains documents en français, à tenir des réunions à l’interne en français et à offrir des services à la clientèle en français, mais qu’on lui laisse le droit de le faire en anglais, je ne crois pas que c’est une amélioration des droits des anglophones.

Je crois que cela mènera à une perte d’emplois dans la communauté anglophone. I’m seeing a fair number of negative things in the act for Quebec anglophones. Is it a total disaster? No. As you said, there are some positive provisions, but, on the whole, the community is very disappointed with the bill. Je vois pas mal de choses négatives dans la loi pour les anglophones du Québec. Est-ce un désastre total? Non. Comme vous l’avez dit, il y a certaines dispositions qui sont positives, mais dans l’ensemble, la communauté est très déçue du projet de loi. Senator Cormier: Mr.

Doucet, when we think about this version of the bill, what I have in mind is its restorative character and the idea of substantive equality. You mentioned improvements; I’d like to hear what you think are the main gains here, but I’d also like to hear what you have to say about the strong francophone presence in federally regulated private businesses. Do you think it’s nevertheless reasonable, based on what’s stated in the act, to allow a period of two years to make an effective contribution to the country as a whole in order to determine what a “strong francophone presence” means?

Le sénateur Cormier : Monsieur Doucet, j’ai en tête le caractère réparateur et la notion d’égalité réelle lorsqu’on pense au projet de loi dans sa version actuelle. Vous avez parlé d’améliorations; j’aimerais vous entendre sur ce qui, selon vous, semble être les principaux gains, mais j’aimerais aussi vous entendre sur la question de la forte présence francophone dans les entreprises privées de compétence fédérale.

Jugez-vous qu’il est quand même raisonnable, en fonction de ce qui est énoncé dans la loi, d’allouer une période de deux ans pour faire une consultation efficace dans l’ensemble du pays pour bien déterminer ce que l’on entend par une « forte présence francophone »? Mr. Doucet: There are obviously many positive aspects to the bill. For example, the obligation for Supreme Court judges to be bilingual when they sit is definitely a positive aspect.

Part VII has also been improved. I agree with what my colleague said about what should be improved in light of the Supreme Court’s decision. That’s obviously an improvement, but we can go even further. There are the powers granted to the Commissioner of Official Languages, in this case, which are very positive, but we’ll still have to see, in this case, whether he actually uses the new powers conferred on him. There are many positive aspects. M. Doucet : Évidemment, il y a plusieurs aspects de la loi qui sont positifs. Par exemple, l’obligation pour les juges de la Cour suprême d’être bilingues lorsqu’ils siègent, c’est certainement un aspect positif. Il y a aussi la

partie VII qui a été améliorée. Je rejoins ce que mon collègue a dit sur ce qui devrait être amélioré à la lumière de la décision de la Cour fédérale. Évidemment, il y a une amélioration, mais on peut aller encore plus loin. Il y a les pouvoirs accordés au commissaire aux langues officielles, dans ce cas-ci, qui sont très positifs, mais encore faudra-t-il voir s’il va effectivement, dans ce cas-ci, bien utiliser les nouveaux pouvoirs qui lui ont été accordés. Il y a plusieurs aspects positifs.

As I said earlier, we can have the best act in the world, but if there’s no political will to implement it and guarantee follow-up, it will come to nothing. I’ll be monitoring the federal government’s commitment to implementing this act and improving the situation of official language minority communities. We can have whatever we want in this act, but it will all come to nothing if it isn’t properly implemented. Comme je l’ai dit tout à l’heure, on peut avoir la meilleure loi que l’on veut, mais s’il n’y a pas de volonté politique de la mettre en œuvre et d’assurer un suivi, elle ne donnera rien.

Je vais surveiller l’engagement du gouvernement fédéral vis-à-vis de la mise en œuvre de cette loi et de l’amélioration de la situation des communautés de langue officielle en situation minoritaire. On peut avoir tout ce que l’on veut dans la loi, mais 12-6-2023 Langues officielles 36:23

si elle n’est pas mise en œuvre correctement, cela ne donnera rien. Will two years be enough to maintain representation? Yes, I think it’s reasonable and I especially want to go back once again to the situation of New Brunswick. With regard to providing services solely in certain francophone regions, I wouldn’t want that to happen because it would become purely symbolic and would achieve nothing. If that study is conducted, it must be done across the entire province. Est-ce que deux ans seront suffisants pour garder la représentativité?

Oui, je crois que c’est raisonnable et surtout, je reviens encore une fois à la situation du Nouveau-Brunswick. Lorsqu’on parle d’offrir ces services uniquement dans certaines régions francophones, je ne voudrais pas qu’on fasse cela, car cela deviendrait purement symbolique et cela ne mènerait à rien. Si on fait cette étude, il faut la faire dans l’ensemble de la province. Senator Clement: I have a question of a societal and legal nature. What does a future in which official language minorities and the protectors of Indigenous languages work together look like?

La sénatrice Clement : J’ai une question d’ordre de société et d’ordre juridique. À quoi ressemble un avenir où les minorités de langue officielle et les protecteurs des langues autochtones travaillent ensemble? Mr. Doucet: It’s important for me that they work together. M. Doucet : Pour moi, c’est important qu’ils travaillent ensemble. Earlier I emphasized that Indigenous languages are also in a vulnerable position. I think it’s important in this case to give the Indigenous Languages Act more teeth so we can protect and improve the situation of Indigenous languages across the country.

I think that francophone communities, especially minority communities, should help improve the situation of Indigenous languages. We have to work together because, every two years, we’re going to find ourselves in a situation where we have to protect languages J’ai souligné tout à l’heure que les langues autochtones se trouvent également dans une situation de vulnérabilité. Je crois qu’il est important dans ce cas de donner plus de mordant à la

Loi sur les langues autochtones, pour qu’on puisse protéger et améliorer la situation des langues autochtones dans le pays. Je crois que les communautés francophones, surtout en situation minoritaire, doivent contribuer à l’amélioration des langues autochtones. On doit travailler ensemble, parce qu’on se retrouve tous les deux dans une situation où il faut protéger les langues. Take, for example, the third edition of a book entitled, Language Rights in Canada, which I published with former Supreme Court Judge Michel Bastarache and with the Université de Moncton’s Observatoire international des droits linguistiques. For the first time, we inserted a

chapter in the book on the protection and advancement of Indigenous languages in Canada, which was written by Naiomi Metallic. It’s important for me that we make people aware of the situation of Indigenous languages in francophone communities and that they also be able to join in helping Indigenous communities more effectively protect their languages within Canada. Je donne l’exemple de la troisième édition du livre intitulé Les droits linguistiques au Canada , que j’ai publié avec l’ancien juge de la Cour suprême Michel Bastarache et avec l’Observatoire international des droits linguistiques de l’Université de Moncton. On a ajouté pour la première fois dans ce livre un

chapitre consacré à la protection et à l’avancement des langues autochtones au pays, qui a été écrit par Naiomi Metallic. Pour moi, c’est important qu’on fasse connaître la situation des langues autochtones aux communautés francophones et qu’elles puissent également contribuer à aider les communautés autochtones à mieux protéger leur langue à l’intérieur du Canada. Ms. Naymark: I entirely agree with Mr. Doucet that it will be very important for us to work hard in future to improve the situation of Indigenous languages, which are definitely endangered.

Me Naymark : Je suis tout à fait d’accord avec Me Doucet pour dire que ce sera très important à l’avenir de travailler pour améliorer la situation des langues autochtones, qui sont sûrement en danger. Someone asked us what we would like to see in 10 years. A large portion of the Official Languages Act should be devoted to acknowledging the tenuous situation of Indigenous languages. Quelqu’un nous a demandé ce que l’on voudrait voir dans 10 ans. Une bonne

partie de la

Loi sur les langues officielles devrait être consacrée à la reconnaissance de la situation précaire des langues autochtones. Senator Mockler: I am looking for a lot more clarification. There’s this consensus view that French is the language that’s threatened in Canada and Quebec. That’s an observation, an Le sénateur Mockler : Je recherche beaucoup plus de précisions. Il y a un consensus selon lequel le français est la langue qui est menacée au Canada et au Québec; c’est un 36:24 Official Languages 12-6-2023

actual fact. My question for Mr. Doucet is this: Does the asymmetry exist in our Constitution? Can you explain that? constat, un fait réel. Ma question pour M. Doucet est la suivante : est-ce que l’asymétrie existe dans notre Constitution? Pouvez-vous l’expliquer? Mr. Doucet: There was no symmetry even in 1867 because

section 133 acknowledged Quebec anglophones at the federal level, but not francophone communities outside Quebec. Francophones in New Brunswick had requested the same protection but were not granted it; the provincial government refused. We know what happened in Manitoba; I discussed it earlier. There was no symmetry until we adopted the Canadian Charter of Rights and Freedoms. However, there is no symmetry even in the Canadian Charter of Rights and Freedoms because the francophone communities in Quebec, Manitoba and even New Brunswick enjoy certain protections that other communities don’t.

There has never really been genuine symmetry. The situation of francophone communities outside Quebec and anglophone committees in Quebec is definitely not symmetrical either. M. Doucet : Déjà en 1867, la symétrie n’existait pas, car on avait reconnu à l’article 133 des droits aux anglophones du Québec à l’échelle fédérale, mais pas aux communautés francophones à l’extérieur du Québec. Au Nouveau-Brunswick, les francophones avaient demandé d’avoir la même protection; on ne la leur a pas accordée, le gouvernement provincial a refusé. Pour le Manitoba, on connaît l’histoire; j’en ai parlé tout à l’heure.

La symétrie n’existait pas jusqu’à ce qu’on adopte la Charte canadienne des droits et libertés. Même sur le plan de la Charte canadienne des droits et libertés, la symétrie n’existe pas, parce que les communautés francophones au Québec, au Manitoba et même au Nouveau-Brunswick jouissent de certaines protections que d’autres communautés n’ont pas. Il n’y a jamais vraiment eu de véritable symétrie. La situation des communautés francophones à l’extérieur du Québec par rapport à la situation des communautés anglophones au Québec n’est certainement pas symétrique non plus. Mr.

Labelle Eastaugh: If I may add something, I would also say that, in practice, the equality principle, which is formally and symmetrically stated in the Canadian Char

Document details

CollectionSenate Committees
CitationOLLO / Evidence / 36ev-56292
Typecommittee
Volume / chapter441 / Evidence / 36ev-56292
Languageen
Formatpdf
SourceCOMM_SEN
Identifier14da93cbe4f0624aa8a83e14d62cd353eba6e033

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