Senate Committee — RIDR — Evidence — 14ev-55639

RIDR / Evidence / 14ev-55639

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Senate Committee — RIDR — Evidence — 14ev-55639

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EVIDENCE TÉMOIGNAGES VANCOUVER, Wednesday, September 7, 2022 VANCOUVER, mercredi 7 septembre 2022 The Standing Senate Committee on Human Rights met this day at 9:10 a.m. [PT] to examine such issues as may arise from time to time relating to human rights generally. Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se réunit aujourd’hui, à 9 h 10 (HP), pour examiner les questions qui pourraient survenir concernant les droits de la personne en général. Senator Salma Ataullahjan (Chair) in the chair. La sénatrice Salma Ataullahjan (présidente) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Chair: Good morning.

I am Salma Ataullahjan, a senator from Toronto and chair of this committee. La présidente : Bonjour, je m’appelle Salma Ataullahjan et je suis sénatrice de Toronto et présidente du comité. Today we’re conducting a meeting of the Standing Senate Committee on Human Rights, and I would like to take this opportunity to introduce the members of the committee who are participating in this meeting. We have Senator Arnot from Saskatchewan, Senator Busson from British Columbia and Senator Jaffer from British Columbia.

Aujourd’hui, nous tenons une réunion du Comité sénatorial permanent des droits de la personne, et j’aimerais profiter de l’occasion pour présenter les membres du comité qui participent à la réunion. Nous avons le sénateur Arnot, de la Saskatchewan, la sénatrice Busson, de la Colombie-Britannique, et la sénatrice Jaffer, de la Colombie-Britannique. Having held two meetings in June in Ottawa, today we are continuing our study on Islamophobia in Canada under a general order of reference.

Our study will cover, amongst other matters, the role of Islamophobia with respect to online and offline violence against Muslims, gender discrimination, as well as discrimination in employment including Islamophobia in the federal public service. Our study will also examine the source of Islamophobia, its impact on individuals, including mental and physical safety, and possible solutions and government responses. Après avoir tenu en juin deux réunions à Ottawa, nous poursuivons aujourd’hui notre étude sur l’islamophobie au Canada dans le cadre d’un ordre de renvoi général.

Notre étude portera, entre autres, sur le rôle de l’islamophobie en ce qui concerne la violence en ligne et hors ligne contre les musulmans, la discrimination fondée sur le sexe ainsi que la discrimination dans l’emploi, y compris l’islamophobie dans la fonction publique fédérale. Notre étude examinera également la source de l’islamophobie, ses répercussions sur les personnes, y compris sur la santé mentale et physique, ainsi que les solutions et les réponses possibles du gouvernement. We are pleased to be here in Vancouver and to hear from witnesses about Islamophobia in this part of the country.

This is the first of our public hearings outside of Ottawa. Tomorrow we will be in Edmonton, and in two weeks, we shall be in Quebec City and Toronto. Nous sommes heureux d’être ici à Vancouver et d’entendre des témoins s’exprimer sur l’islamophobie dans cette

partie du pays. Il s’agit de la première de nos audiences publiques à l’extérieur d’Ottawa. Nous serons demain à Edmonton, et, dans deux semaines, nous nous retrouverons à Québec et à Toronto. Let me provide some details about our meeting today. This morning we shall have two one-hour panels with a number of witnesses who have been invited. In each panel, we shall hear from the witnesses, and then the senators will have a question- and-answer session. There will be a short break around 11:00 a.m. Permettez-moi de fournir quelques détails concernant la réunion d’aujourd’hui.

Ce matin, nous aurons deux groupes de discussion d’une heure avec un certain nombre de témoins qui ont été invités. Dans chaque groupe, nous entendrons les témoins, puis les sénateurs prendront part à une séance de questions et de réponses. Il y aura une courte pause vers 11 heures. In addition, the committee has set aside some time at the end of the morning to hear some short five-minute interventions from members of the public but without a question-and-answer session.

If you would like to participate in that part of the meeting, you need to register beforehand with the committee staff sitting at the table just outside of the room. De plus, le comité a réservé du temps à la fin de la matinée pour entendre certaines brèves interventions de cinq minutes de membres du public, mais sans séance de questions et de réponses. Si vous souhaitez participer à cette

partie de la réunion, vous devez vous inscrire à l’avance auprès du personnel du comité assis à la table située juste à l’extérieur de la salle. 7-9-2022 Droits de la personne 14:1

Before we hear from our first witnesses, the committee needs to deal with two housekeeping motions. Avant que nous entendions nos premiers témoins, le comité doit traiter de deux motions d’intérêt courant. The first motion we need is about quorum because not all committee members are travelling. The motion is: La première motion qu’il nous faut concerne le quorum, parce que ce ne sont pas tous les membres du comité qui voyagent.

La motion est la suivante : That notwithstanding usual practice, pursuant to Rule 12-17, the committee be authorized to hold meetings without quorum on September 7, 8, 20, 21 and 22, 2022, for the purpose of receiving evidence, provided that two committee members are present. Que, nonobstant la pratique habituelle, et conformément à l’article 12-17 du Règlement, le comité soit autorisé à entendre des témoignages les 7, 8, 20, 21 et 22 septembre 2022 en l’absence de quorum, pourvu que deux membres du comité soient présents. Senator Arnot, are you prepared to make that motion?

Sénateur Arnot, êtes-vous prêt à présenter cette motion? Senator Arnot: I make that motion. Thank you. Le sénateur Arnot : Je présente la motion. Je vous remercie. The Chair: All in favour? Thank you. La présidente : Que tous ceux qui sont pour? Secondly, we need a motion permitting photography during the meeting: Ensuite, nous avons besoin d’une motion afin de permettre les photographies durant la réunion : That the committee allow electronic, photographic media of its public meetings in Vancouver, Edmonton, Quebec City, and Toronto with as little disruption of its meeting as possible.

Que le comité permette la couverture par les médias électroniques et photographiques de ses audiences publiques à Vancouver, Edmonton, Québec et Toronto, avec le moins de perturbation possible de ses audiences. Senator Busson, are you prepared to move this motion? Sénatrice Busson, êtes-vous prête à proposer cette motion? Senator Busson: Yes, I am, Madam Chair. La sénatrice Busson : Oui, je le suis, madame la présidente. The Chair: All in favour? Thank you. La présidente : Tous ceux qui sont pour? Je vous remercie. Before we begin our first panel, I will ask Senator Jaffer to come forward.

As you know, I am in an advisory role with the NCCM, so I have a declaration of conflict of interest and, therefore, will not chair this panel. Our deputy chair, Senator Bernard, is not travelling with us, so Senator Jaffer has graciously agreed to assume the chair for this portion of today’s hearing of our study. Avant de passer à notre premier groupe de témoins, je demanderais à la sénatrice Jaffer de s’avancer. Comme vous le savez, je joue un rôle consultatif auprès du CNMC; j’ai donc une déclaration de conflit d’intérêts et, par conséquent, je ne présiderai pas ce groupe.

Notre vice-présidente, la sénatrice Bernard, ne voyage pas avec nous. La sénatrice Jaffer a donc gracieusement accepté d’assumer la présidence pour cette

partie de l’audience d’aujourd’hui sur notre étude. Senator Mobina Jaffer (Acting Chair) in the chair. La sénatrice Mobina Jaffer (présidente suppléante) occupe le fauteuil. The Chair: Thank you for your confidence, Senator Ataullahjan. La présidente : Merci de votre confiance, sénatrice Ataullahjan. I shall now introduce our first panel of witnesses. We have one witness, and he has five minutes to speak. I’d like to introduce Mr. Kashif Ahmed, the board chairman of the National Council of Canadian Muslims. Mr. Ahmed has spent a lot of time on this issue.

He’s well known for his very active work on this issue to make us all equal Canadians. Je vais maintenant présenter notre premier groupe de témoins. Nous avons un témoin, et il a cinq minutes pour parler. J’aimerais vous présenter Me Kashif Ahmed, président du conseil d’administration du Conseil national des musulmans canadiens. Me Ahmed a consacré beaucoup de temps à cette question. Il est bien connu pour son travail très actif sur cette question pour que nous soyons tous des Canadiens égaux. 14:2 Human Rights 7-9-2022

Mr. Ahmed, it’s an absolute honour to welcome you, and we look forward to hearing from you. You can start your presentation now. After you speak, senators will ask questions. Thank you. Maître Ahmed, c’est un réel honneur de vous accueillir, et nous sommes impatients de vous entendre. Vous pouvez commencer votre exposé maintenant. Après votre intervention, les sénateurs poseront des questions. Merci. Kashif Ahmed, Board Chairman, National Council of Canadian Muslims: Thank you, Senator Jaffer.

Me Kashif Ahmed, président du conseil d’administration, Conseil national des musulmans canadiens : Merci, sénatrice Jaffer. Good morning, Madam Chair and honourable senators. I begin by acknowledging that I’m joining you today from the traditional, ancestral and unceded territories of the Coast Salish peoples, the Squamish, Tsleil-Waututh and Musqueam Nations. I thank the committee for the invitation to appear before you and for initiating this landmark study of Islamophobia in Canada. Bonjour, madame la présidente et honorables sénateurs.

Je tiens d’abord à souligner que je me joins à vous aujourd’hui depuis les territoires traditionnels, ancestraux et non cédés des peuples Salish du littoral, des Squamish, des Tsleil-Waututh et des Musqueam. Je remercie le comité de m’avoir invité à comparaître devant vous et d’avoir lancé cette étude historique sur l’islamophobie au Canada. I serve as the chair of the board of directors of the National Council of Canadian Muslims, and by background, I am a corporate lawyer and a resident of Metro Vancouver.

Je suis président du conseil d’administration du Conseil national des musulmans canadiens et, pour la petite histoire, je suis avocat en droit des sociétés et résidant du Grand Vancouver. Very briefly, the NCCM is an independent, non-partisan and national advocacy organization. Our mission is to protect Canadian human rights and civil liberties, to challenge discrimination and Islamophobia, to build mutual understanding and to articulate the public concerns of Canadian Muslim communities.

The NCCM has a long-standing track record of working with all levels of government and with community partners to advance effective and meaningful public policies that ensure a more just Canada for all and that uphold our constitutional rights and freedoms. Très brièvement, le CNMC est un organisme de défense des droits indépendant, non partisan et national.

Notre mission consiste à protéger les droits de la personne et les libertés civiles au Canada, à lutter contre la discrimination et l’islamophobie, à favoriser la compréhension mutuelle et à exprimer les préoccupations publiques des communautés musulmanes canadiennes. Le CNMC a une longue expérience de travail avec tous les ordres de gouvernement et des partenaires communautaires pour promouvoir des politiques publiques efficaces et concrètes qui assurent un Canada plus juste pour tous et qui respectent nos droits et nos libertés constitutionnels.

As I think about why we are here today discussing Islamophobia, I am reminded of the unmistakable fact that Canada has become the leading country among the G7 for targeted killings of Muslims motivated by Islamophobia. Violent Islamophobia across Canada is extremely dangerous and requires a whole-of-government approach. From the Quebec City mosque attack to the London attack to the IMO mosque attack in the Greater Toronto area, Canadian Muslims have witnessed ugly violence directed against them because of their faith identity.

We have also seen violent attacks against Black Muslim women in Edmonton and the street harassment of Muslim women in Vancouver. Lorsque je réfléchis à la raison pour laquelle nous sommes ici aujourd’hui en vue de discuter de l’islamophobie, je me souviens du fait indéniable que le Canada est devenu le premier pays du G7 au

chapitre des meurtres ciblés de musulmans motivés par l’islamophobie. L’islamophobie violente au Canada est extrêmement dangereuse et exige une approche pangouvernementale. De l’attentat à la mosquée de Québec à l’attentat de la mosquée de l’IMO dans la région du Grand Toronto en passant par celui de London, les musulmans canadiens ont été témoins d’une violence horrible dirigée contre eux en raison de leur identité religieuse. Nous avons aussi assisté à des attaques violentes contre des femmes musulmanes noires à Edmonton et au harcèlement de rue de femmes musulmanes à Vancouver.

That says nothing, however, about systemic Islamophobia and how it affects Canadian Muslims every day — such as how Canadian financial institutions have “de-banked” mosques and local charities without transparency and without recourse or how government agencies and security bodies have a history of disproportionately targeting Canadian Muslims.

Cela ne dit toutefois rien de l’islamophobie systémique et de la façon dont elle touche les musulmans canadiens au quotidien, comme la façon dont les institutions financières canadiennes ont bloqué à des mosquées et des organismes de bienfaisance locaux l’accès aux banques sans transparence et sans recours, ou la façon dont les organismes gouvernementaux et les organismes de 7-9-2022 Droits de la personne 14:3

sécurité ont l’habitude de cibler de façon disproportionnée les musulmans canadiens. Just over one year ago, the federal government hosted the National Summit on Islamophobia in the aftermath of the devastating terrorist attack in Ontario that claimed the lives of several members of the Afzaal family. After conducting extensive consultations with the Muslim communities from coast to coast in the prelude to the summit, NCCM put forward 61 policy recommendations for adoption by various levels of government to address Islamophobia in both its violent and systematic forms.

A total of 35 recommendations were directed to the federal government, 19 were directed at provincial governments and 7 were directed at the municipal level. Il y a un peu plus de un an, le gouvernement fédéral a organisé le Sommet national sur l’islamophobie dans la foulée de l’attentat terroriste dévastateur qui a coûté la vie à plusieurs membres de la famille Afzaal en Ontario.

Après avoir mené des consultations approfondies auprès des communautés musulmanes d’un océan à l’autre en prélude au sommet, le CNMC a présenté 61 recommandations politiques à faire adopter par les différents ordres de gouvernement pour lutter contre l’islamophobie dans ses formes violentes et systématiques. Au total, 35 recommandations étaient destinées au gouvernement fédéral, 19, aux gouvernements provinciaux, et 7, aux administrations municipales. Recently, the NCCM released an accountability report, one year after the Islamophobia summit.

As part of that report, which I have with me here today, we have documented that 27 of our recommendations have been addressed by different levels of government. Although much has been done, much more remains. Récemment, le CNMC a publié un rapport sur l’obligation de rendre des comptes, un an après le sommet sur l’islamophobie. Dans le cadre de ce rapport, que j’ai avec moi ici aujourd’hui, nous avons constaté que 27 de nos recommandations ont été prises en considération par différents ordres de gouvernement. Même si beaucoup a été fait, il reste encore beaucoup à faire.

At the federal level, the creation of the Office of the Special Representative on Combatting Islamophobia, the listing of white supremacist and neo-Nazi groups as terrorist entities and the commitment to the creation of an oversight body for the CBSA are some of the recommendations that have been implemented.

À l’échelon fédéral, la création du bureau du représentant spécial chargé de la lutte contre l’islamophobie, l’inscription des groupes suprémacistes blancs et néonazis sur la liste des entités terroristes et l’engagement à créer un organisme de surveillance de l’ASFC sont quelques-unes des recommandations qui ont été mises en œuvre. Here in British Columbia, the provincial government has committed to introducing new anti-racism legislation that will push for an equitable society for all people regardless of their race, skin colour or faith.

We look forward to working with the B.C. government in making that legislation a reality. Ici, en Colombie-Britannique, le gouvernement provincial s’est engagé à présenter une nouvelle loi contre le racisme qui favorisera une société équitable pour tous, peu importe la race, la couleur de la peau ou la confession. Nous sommes impatients de travailler avec le gouvernement de la Colombie-Britannique pour faire de cette loi une réalité. In terms of next steps, we emphasize that Islamophobia deserves not simply study but action from this chamber.

As we look ahead, NCCM strongly urges this committee to put forward the following policy recommendations: first, the creation of a freestanding provision in the Criminal Code to mandate a special process to deal with hate crimes, including stiffer penalties for violent offenders and a rehabilitation path for young offenders or those who can benefit; second, a reform of the Security Infrastructure Program to streamline funding for places of worship; and third and last, an investment in anti-Islamophobia public service announcements to educate the larger public and help drive behavioural changes.

Pour ce qui est des prochaines étapes, nous insistons sur le fait que l’islamophobie mérite non seulement d’être simplement étudiée, mais aussi de faire l’objet de mesures par le Sénat.

Pour l’avenir, le CNMC demande instamment au comité de formuler les recommandations stratégiques suivantes : premièrement, la création d’une disposition autonome dans le Code criminel afin de mettre en place un processus spécial pour faire face aux crimes haineux, y compris des peines plus sévères pour les délinquants violents et une voie de réadaptation pour les jeunes délinquants ou ceux qui peuvent en bénéficier; deuxièmement, une réforme du programme d’infrastructure de sécurité afin de rationaliser le financement des lieux de culte; et troisièmement, un investissement dans des messages d’intérêt public contre l’islamophobie afin d’éduquer le grand public et de contribuer à des changements de comportement.

Subject to the committees’ questions, those are my submissions today. Thank you.

Sous réserve des questions du comité, voilà ce que je propose aujourd’hui. Je vous remercie. 14:4 Human Rights 7-9-2022

The Chair: Thank you very much, Mr. Ahmed, for your presentation. La présidente : Merci beaucoup, maître Ahmed, de votre exposé. I’m going to move to questions, but having read your presentation, I’m just making a remark that I’m sure NCCM knows how many times you recommend things before things will happen, but I see that a number of your recommendations have been put in place, so congratulations for that.

Je vais passer aux questions, mais après avoir lu votre exposé, j’ai un simple commentaire : je suis sûre que le CNMC sait combien de fois vous recommandez des choses avant que les choses ne se produisent, mais je vois qu’un certain nombre de vos recommandations ont été mises en place, donc félicitations pour cela. Senator Arnot: Welcome to the committee, Mr. Ahmed. I’m very pleased to meet you here this morning and very pleased to know that you’re a Saskatchewan Roughrider fan, born and raised in Regina, Saskatchewan, and a graduate of the College of Law at the University of Saskatchewan.

We have a big connection. Le sénateur Arnot : Bienvenue au comité, maître Ahmed. Je suis très heureux de vous rencontrer ici ce matin et de savoir que vous êtes un fan des Roughriders de la Saskatchewan, que vous êtes né et avez grandi à Regina, en Saskatchewan, et que vous êtes diplômé de la faculté de droit de l’Université de la Saskatchewan. Nous avons un lien important. I am aware of the work of the National Council of Canadian Muslims in my role as chief commissioner of the Saskatchewan Human Rights Commission. I did a lot of work with the executive director in the past, Mr.

Ihsaan Gardee; and, of course, he came to Saskatchewan a number of times, actually, to do some work with our commission. I have respect for your organization, the work it does in the community and the advocacy that it provides to Canada, really, from your perspective. Je suis au courant du travail du Conseil national des musulmans canadiens dans le cadre de mon rôle de commissaire en chef de la Commission des droits de la personne de la Saskatchewan. J’ai beaucoup travaillé avec le directeur général dans le passé, M.

Ihsaan Gardee; et, bien sûr, il est venu en Saskatchewan un certain nombre de fois, en fait, pour travailler avec notre commission. J’ai du respect pour votre organisation, pour le travail qu’elle accomplit dans la communauté et pour la défense des droits qu’elle offre au Canada, vraiment, de notre point de vue. I wanted to make a comment. You’re really keen on action, and you have three recommendations. There’s one issue I would like to raise with you and maybe get your comment on.

It revolves around the power of education and providing curriculum in the grades K to 12 system in Canada to try to bring to students the concept of the rights of Canadian citizenship but also the responsibilities that come with those rights, which is a forgotten topic but probably one of the most important ones, and the fundamental responsibility to respect our fellow citizens as a duty of Canadian citizenship. I have spoken to you in the past about the Concentus Citizenship Education Foundation, and we heard evidence from Mr. Daniel Kuhlen earlier this year. Je voulais faire un commentaire.

Vous tenez vraiment à agir et vous avez trois recommandations. Il y a une question que j’aimerais soulever avec vous et peut-être obtenir des commentaires de votre part.

Cela concerne le pouvoir de l’éducation et la mise en place d’un programme d’études dans le cadre du système scolaire canadien, de la maternelle à la 12e année, afin d’essayer d’inculquer aux étudiants le concept des droits de la citoyenneté canadienne, mais aussi les responsabilités qui les accompagnent, un sujet oublié, mais probablement l’un des plus importants, et la responsabilité fondamentale de respecter nos concitoyens, un devoir dont s’assortit la citoyenneté canadienne. Je vous ai parlé dans le passé de la Fondation d’éducation à la citoyenneté Concentus, et nous avons entendu un témoignage de M.

Daniel Kuhlen plus tôt cette année. I bring that forward because my central premise is that if you want to change the culture in the community, then you should really be in the schools and working with students to ensure that they understand what it means to be a Canadian citizen and the fundamental competencies of Canadian citizenship, which, in my opinion, include the five Es, which is that all students need to be enlightened, ethical, engaged, empowered and empathetic. That empowerment does give a foundation for action in the community on these in issues in advocacy.

Si j’en parle, c’est parce que ma prémisse centrale est que si vous voulez changer la culture dans la communauté, vous devriez vraiment être dans les écoles et travailler avec les étudiants pour vous assurer qu’ils comprennent ce que signifie être un citoyen canadien et les compétences fondamentales que suppose la citoyenneté canadienne, qui, à mon avis, comprennent les cinq E, c’est-à-dire que tous les étudiants doivent être éclairés, éthiques, engagés, émancipés et empathiques.

Cette émancipation fournit une base pour qui veut agir dans la communauté sur ces questions de défense des droits. 7-9-2022 Droits de la personne 14:5

I know that, in the past, the National Council of Canadian Muslims has supported the Concentus materials, and I’m hoping that you may make some comment on that issue here this morning. Je sais que, dans le passé, le Conseil national des musulmans canadiens a soutenu le matériel de Concentus, et j’espère que vous pourrez faire quelques commentaires à ce sujet ce matin. Mr. Ahmed: Thank you, senator, for the question. Me Ahmed : Merci, monsieur le sénateur, de poser la question. You rightly point it out that education is at the core of this issue of how to combat Islamophobia, but racism in general and the different forms that we see of it today. Vous soulignez à juste

titre que l’éducation est au cœur de cette question de lutte contre l’islamophobie, mais aussi contre le racisme en général et les différentes formes qu’il revêt aujourd’hui. While my recommendations today were directed in particular to the Senate committee, given its federal nature, the NCCM has a whole host of recommendations that are directed at provincial governments, and one of our key asks is curriculum reform at the provincial level.

Même si mes recommandations aujourd’hui s’adressaient plus particulièrement au comité sénatorial, compte tenu de sa nature fédérale, le CNMC a toute une série de recommandations qui s’adressent aux gouvernements provinciaux, et l’une de nos principales demandes est une réforme des programmes d’études à l’échelon provincial. In Ontario, the NCCM was able to draft and push for a piece of a legislation called the Our London Family Act in the aftermath of the attack in London, Ontario.

That act included a whole piece on reform to the education system in Ontario to speak to the very issues that you just raised today, and that is what is being taught to our children, particularly at the primary school level and the secondary school level. En Ontario, le CNMC a été en mesure de rédiger et de faire adopter un texte de loi, dans la foulée de l’attentat survenu à London, en Ontario, intitulé Loi de 2022 en solidarité avec la famille de London.

Cette loi comprenait tout un volet sur la réforme du système d’éducation en Ontario afin d’aborder les questions que vous venez de soulever aujourd’hui, c’est-à-dire ce qui est enseigné à nos enfants, en particulier à l’école primaire et à l’école secondaire. We definitely take that issue to heart. We have a whole department at NCCM that’s dedicated to purely education and public schools. I think our team has visited almost every school board in Ontario at some point in the past five years, and that needs to grow to places like British Columbia, Alberta and elsewhere.

There is definitely a need and desire to do that. Although I can’t comment specifically on the program that you reference that’s come from Saskatchewan, education is something that we’re looking at and something that we are committed to speaking further about. Cette question nous tient assurément beaucoup à cœur. Au CNMC, nous avons toute une

section qui se consacre exclusivement à l’éducation et aux écoles publiques. Je pense que notre équipe a rendu visite à presque tous les conseils scolaires de l’Ontario à un moment ou à un autre au cours des cinq dernières années, et il faut que cela s’étende à des endroits comme la Colombie-Britannique, l’Alberta et ailleurs. Il y a assurément un besoin et un désir de le faire. Même si je ne peux me prononcer précisément sur le programme auquel vous faites référence et qui vient de la Saskatchewan, l’éducation est quelque chose que nous examinons et dont nous nous engageons à parler davantage.

Senator Busson: Thank you very much for being here. This is certainly a challenging and interesting time to be dealing with this incredibly important topic of Islamophobia. La sénatrice Busson : Merci beaucoup d’être ici. C’est certainement un moment stimulant et intéressant pour traiter de ce sujet incroyablement important qu’est l’islamophobie. I can’t resist asking a question, since you’re the chair of the national council, regarding Quebec’s Bill 21. Although it’s in Quebec, it’s been the subject in my circles and people that I exchange with.

It’s been the topic of conversation since it was first introduced and through its legal wranglings and the notwithstanding clause, et cetera. I would like to get your opinion of how that act in Quebec has affected the attitudes, the goals and the objectives of your organization and certainly the view of Muslims generally across Canada. Je ne peux m’empêcher de poser une question, étant donné que vous êtes le président du conseil national, qui concerne le projet de loi 21 du Québec. Même s’il s’agit d’un projet de loi du Québec, il a fait l’objet de discussions dans mes cercles et avec les gens avec qui j’échange.

C’est un sujet de conversation depuis qu’il a été présenté pour la première fois et à cause de ses querelles juridiques et de la disposition de dérogation, et ainsi de suite. J’aimerais connaître votre opinion sur la façon dont cette loi au Québec a influencé les attitudes, les buts et les objectifs de 14:6 Human Rights 7-9-2022

votre organisation et certainement le point de vue des musulmans en général au Canada. As a secondary, but I’ll just state it now so that we can have it all on the table, amongst your recommendations and the work that you’re doing within your organization, is there anything that you see going forward that might be able to be a counter to that kind of a legislation?

Ensuite, mais je vais simplement le dire maintenant pour que nous puissions avoir tout cela sur la table, parmi vos recommandations et le travail que vous faites au sein de votre organisation, y a-t-il quelque chose que vous entrevoyez pour l’avenir qui pourrait être en mesure de contrer ce genre de loi? Mr. Ahmed: Thank you, senator, for the question. Me Ahmed : Merci de poser la question, madame la sénatrice. It goes without saying that Bill 21 in Quebec goes to the heart of NCCM’s advocacy against Islamophobia. It’s the worst-kept secret in terms of what Muslims are facing in the country today.

When we speak to Quebec Muslims, Bill 21 has fundamentally changed the way they view themselves, the way they view themselves in Quebec’s society and the way they interact with Quebec’s society. It really is institutionalized second-class citizenship that a whole

section of observant people of faith cannot serve in certain public sector positions in Quebec solely because of who they are and what they wear. That is a huge issue of concern. As you know, NCCM is a primary litigant in that case. The case will be heading to the Quebec Court of Appeal later this year for a hearing, and I expect that case will ultimately also end up at the Supreme Court of Canada. Il va sans dire que le projet de loi 21 au Québec est au cœur de la défense des droits du CNMC contre l’islamophobie.

C’est le secret le moins bien gardé pour ce qui est de ce à quoi les musulmans font face dans le pays aujourd’hui. Lorsque nous parlons à des musulmans québécois, ils disent que le projet de loi 21 a fondamentalement changé la façon dont ils se perçoivent, la façon dont ils se perçoivent dans la société québécoise et la façon dont ils interagissent avec elle. Il s’agit vraiment d’une citoyenneté de seconde place institutionnalisée qui fait qu’une frange entière de croyants pratiquants ne peuvent pas occuper certains postes du secteur public au Québec uniquement en raison de qui ils sont et de ce qu’ils portent.

C’est un énorme sujet de préoccupation. Comme vous le savez, le CNMC est l’un des principaux plaideurs dans cette affaire. L’affaire se rendra devant la Cour d’appel du Québec plus tard cette année pour une audience, et je m’attends à ce que cette affaire aboutisse également devant la Cour suprême du Canada.

What I can say, though, in terms of tangible actions that we can take against Bill 21 in terms of the federal government, is that one of our asks at the Islamophobia Summit was for the federal government to commit to intervening in the Bill 21 litigation in the event it reached the Supreme Court, and we were pleased that earlier this year Attorney General Lametti did make the commitment that when the case does reach the Supreme Court, they would intervene vis-à-vis the attorney general. That is a critical step.

In our view, there must be a federal government intervention at the Supreme Court of Canada on this case. We essentially have to wait to see what the courts decide, but our organization and our communities in Quebec are committed to ensuring that Bill 21 is eventually removed.

Ce que je peux dire, cependant, pour ce qui est des mesures concrètes que nous pouvons prendre contre le projet de loi 21 du côté du gouvernement fédéral, c’est que l’une de nos demandes lors du Sommet sur l’islamophobie était que le gouvernement fédéral s’engage à intervenir dans le litige concernant le projet de loi 21 advenant qu’il se rende devant la Cour suprême, et nous sommes ravis que le procureur général Lametti se soit plus tôt cette année engagé à intervenir auprès du procureur général lorsque l’affaire aboutirait à la Cour suprême. C’est une étape essentielle.

Selon nous, il doit y avoir une intervention du gouvernement fédéral auprès de la Cour suprême du Canada dans cette affaire. Nous devons essentiellement attendre de voir ce que les tribunaux décideront, mais notre organisation et nos communautés au Québec sont déterminées à faire en sorte que le projet de loi 21 finisse par être retiré. Senator Busson: I’m wondering if you could expound a little bit on your council’s impression or its view of how this legislation is affecting Muslims and other Canadians outside of Quebec.

La sénatrice Busson : Je me demande si vous pouvez en dire un peu plus sur l’impression de votre conseil ou son point de vue sur la façon dont cette législation touche les musulmans et d’autres Canadiens à l’extérieur du Québec. Mr. Ahmed: I think Bill 21 has brought home the message to Canadian Muslims writ large that their rights can be taken away very quickly and that the safety of the constitution that we thought we had can be removed with the invocation of the notwithstanding clause. That sense of being able to rely upon the constitution at this time to protect us has been damaged.

The Me Ahmed : Je pense que le projet de loi 21 a fait comprendre aux musulmans canadiens en général que leurs droits peuvent être supprimés très rapidement et que la sécurité de la Constitution que nous pensions avoir peut-être éliminée par l’invocation de la disposition de dérogation. Ce sentiment de pouvoir compter sur la Constitution à l’heure actuelle pour nous 7-9-2022 Droits de la personne 14:7

Muslim community, as well as NCCM, is watching very carefully what happens in Quebec because we fear that what’s happening in Quebec could one day, at some point down the road, also happen elsewhere in Canada. We would never want that to happen. At this point in time, we see no reason as to why that would happen, but it remains an issue of concern. It’s definitely coloured the perception of the community. It’s raised concerns. From a practical point of view, we’ve seen a number of people move out from Quebec to other parts of Canada to be able to work in their chosen profession, for example, teaching.

Members of the community have interacted with Quebec Muslims who have migrated from Quebec to other parts of Canada, and they’ve heard firsthand the challenges that they face. protéger a été mis à mal. La communauté musulmane, ainsi que le CNMC, observe attentivement ce qui se passe au Québec, parce que nous craignons que ce qui se passe au Québec puisse un jour, à un moment donné, se produire ailleurs au Canada. Nous ne voudrions jamais que cela se passe. À l’heure actuelle, nous ne voyons aucune raison pour laquelle cela se produirait, mais cela reste un sujet de préoccupation.

Cela a définitivement teinté la perception de la communauté. Cela a suscité des inquiétudes. Du point de vue pratique, nous voyons un certain nombre de gens déménager à l’extérieur du Québec dans d’autres régions du Canada afin de pouvoir travailler dans la profession de leur choix, par exemple, l’enseignement. Des membres de la communauté ont interagi avec des musulmans québécois qui ont migré du Québec vers d’autres régions du Canada et ils ont entendu parler directement des défis auxquels ils sont confrontés.

Bill 21 is a common conversation in our community, but we’re hopeful that, with our litigation and the various pieces of action taken by not just NCCM but our allies in the civil rights community, that we will be able to ultimately have Bill 21 removed. Le projet de loi 21 est un sujet de conversation courant dans notre communauté, mais nous espérons que, grâce à nos litiges et aux diverses actions entreprises non seulement par le CNMC, mais par nos alliés dans la communauté des droits civiques, nous serons en mesure de faire retirer le projet de loi 21. Senator Busson: Thank you. La sénatrice Busson : Merci.

Some of the conversation I hear is that generally, for people that aren’t even directly affected but that are conscientious observers to all of this and just generally Canadians, there’s a feeling that this is fuelling the Islamophobia generally across the country. Could you make a comment about that? Certaines des conversations que j’entends sont que, en général, pour les personnes qui ne sont même pas directement touchées, mais qui sont des observateurs consciencieux de tout cela et pour les Canadiens en général, il y a le sentiment que cela alimente l’islamophobie en général dans le pays.

Pourriez-vous faire un commentaire à ce sujet? Mr. Ahmed: Well, there’s no doubt that in Quebec, Bill 21 has been viewed, although Premier Legault disputes it, to allow or give a licence for people to target visible Muslims with discrimination and hate. There’s no doubt about that. We’ve seen those cases in Quebec. It’s been documented. Bill 21 has contributed to Islamophobia in Quebec. It’s contributed to the public discourse that is often negative towards Muslims in the rest of the country. There’s no doubt about that connection.

Me Ahmed : Eh bien, il ne fait aucun doute que, au Québec, le projet de loi 21 a été perçu, même si le premier ministre Legault le conteste, comme permettant aux gens de cibler les musulmans visibles par la discrimination et la haine ou leur donnant une licence pour le faire. Il n’y a aucun doute là-dessus. Nous avons vu ces cas au Québec. Cela a été documenté. Le projet de loi 21 a contribué à l’islamophobie au Québec. Il a contribué aux discours publics qui sont souvent négatifs envers les musulmans dans le reste du pays. Ce lien ne fait aucun doute. Senator Arnot: Mr.

Ahmed, we’ve heard recently that fully around 80% of incidents of intimidation, harassment and violence against Muslim people in Canada and Muslim citizens in Canada is not reported. I see that you’re recommending a freestanding provision in the Criminal Code to deal with this and to have special processes to deal with hate crimes. It seems to me, and part of the foundations of this study, is that Islamophobia is not taken as seriously in this country as it should be.

I’m just wondering what your thoughts are about how the Muslim community can feel more comfortable in coming forward to authorities and reporting these incidents to ensure that they’re dealt with in a more expeditious and effective manner than they have been in the past. Le sénateur Arnot : Maître Ahmed, nous avons récemment entendu dire qu’environ 80 % des incidents d’intimidation, de harcèlement et de violence contre les musulmans au Canada et les citoyens musulmans au Canada ne sont pas signalés.

Je vois que vous recommandez une disposition autonome dans le Code criminel pour traiter de cette question et avoir des processus spéciaux afin de lutter contre les crimes haineux. Il me semble, et cela fait

partie des fondements de notre étude, que l’islamophobie ne soit pas prise au sérieux au pays autant qu’elle devrait l’être. Je me demande simplement ce que vous pensez de la façon dont la communauté musulmane peut se sentir plus à l’aise de se présenter aux autorités et de signaler ces incidents pour s’assurer qu’ils sont traités de façon plus rapide et plus efficace que dans le passé. Mr. Ahmed: Thank you for the question. Me Ahmed : Merci pour la question. 14:8 Human Rights 7-9-2022

At the NCCM, we regularly counsel our community members to report any incidents of hate or discrimination or, in the case of your question, violence or intimidation to the police. There is a history in the Muslim community of being a bit shy about reporting these types of incidents. Part of it is culture; part of it is fear; part of it also is a bit of lack of faith in police services to actually do the job. There have been a number of incidents where apparent hate incidents have happened and law enforcement has not taken them seriously.

There are several contributing factors to why there is not as much reporting from the Muslim community. We’re trying our level best to improve that. Au CNMC, nous conseillons régulièrement aux membres de notre communauté de signaler à la police tout incident de haine ou de discrimination ou, dans le cadre de votre question, de violence ou d’intimidation. La communauté musulmane a toujours été un peu timide à l’idée de signaler ce genre d’incidents. C’est en

partie une question de culture, en

partie une question de peur, en

partie aussi un manque de confiance envers les services de police : on craint qu’ils ne fassent pas leur travail. Il y a eu un certain nombre de cas où des incidents apparemment haineux se sont produits et les forces de l’ordre ne les ont pas pris au sérieux. Plusieurs facteurs expliquent pourquoi la communauté musulmane ne signale pas autant d’incidents. Nous faisons de notre mieux pour améliorer la situation. The supports that are in place for victims of hate crimes also need to be addressed. The trauma and the harm that emanates from this kind of violence is far-reaching.

It’s very difficult when I see that our staff teams have to be trauma counsellors instead of advocates when families can’t afford psychology services and therapy in the aftermath of an assault or an Islamophobic incident. These are all issues that we’re dealing with on a regular basis, and one of our recommendations at the summit and as well at the federal level was that there should be a national victim support fund, money allocated by the federal government to take into account the victim services in the light of hate crimes.

Les mesures de soutien qui sont en place pour les victimes de crimes haineux doivent aussi être examinées. Les traumatismes et le préjudice qui découlent de ce type de violence ont une grande portée. C’est très difficile lorsque je vois que les membres de notre équipe d’employés doivent devenir des conseillers en traumatisme plutôt que des défenseurs des droits, lorsque les familles n’ont pas les moyens de se payer des services de psychologie et de thérapie à la suite d’un attentat ou d’un incident islamophobe.

Ce sont tous des problèmes auxquels nous sommes confrontés régulièrement, et l’une de nos recommandations au sommet, ainsi qu’à l’échelon fédéral, était qu’il devrait y avoir un fonds national d’aide aux victimes, de l’argent alloué par le gouvernement fédéral pour tenir compte des services aux victimes à la lumière des crimes haineux. Senator Arnot: Mr.

Ahmed, do you have any comment about what should be occurring between the Muslim communities in Canada and the municipal police forces to encourage and build support and understanding so that there is more confidence in the community to report these issues and work more closely with the community to prosecute where necessary?

Le sénateur Arnot : Maître Ahmed, avez-vous des commentaires par rapport à ce qui devrait se produire entre les communautés musulmanes au Canada et les forces de police municipales pour encourager et établir un soutien et une meilleure compréhension, de sorte qu’il y ait une plus grande confiance dans la communauté au moment de signaler ces enjeux et de travailler en plus étroite collaboration avec la communauté afin d’intenter des poursuites lorsque c’est nécessaire? Mr. Ahmed: I think that comes down to the relationship that’s between law enforcement and the particular community in question.

What were the interactions in the past? Has law enforcement taken reports seriously from that community? For example, if we’re talking about Vancouver, has the VPD or the RCMP taken seriously concerns and reports from the Muslim community? Me Ahmed : Je pense que cela revient à la relation qui existe entre les forces de l’ordre et la communauté particulière en question. Quelles ont été les interactions dans le passé? Les forces de l’ordre ont-elles pris les signalements de cette communauté au sérieux?

Par exemple, si nous parlons de Vancouver, le Service de police de Vancouver ou la GRC ont-ils pris au sérieux les préoccupations et les signalements de la communauté musulmane? I think law enforcement needs to continue with outreach with the Muslim community on hate crime awareness and prevention. Without that, the community feels isolated. Law enforcement has to play its role in enforcing the law and recommending charges where appropriate so that these kinds of crimes are punished to the fullest extent and that a deterrent is shown.

Just to give you an example, it took weeks after the London attack for that attack to be characterized by prosecutors as a terrorist incident. The Muslim community continues to see a double standard such that Je pense que les forces de l’ordre doivent continuer de collaborer avec la communauté musulmane au sujet des crimes haineux et de la prévention. Sans cela, la communauté se sent isolée.

Les forces de l’ordre doivent jouer leur rôle en appliquant la loi et en recommandant des accusations, le cas échéant, afin que ces types d’actes criminels soient punis avec toute la rigueur de la loi et que les mesures prises aient un effet dissuasif. Pour vous donner un exemple, il a fallu des semaines après l’attentat de London pour que les procureurs qualifient cette attaque 7-9-2022 Droits de la personne 14:9

when violence is perpetrated against the Muslim community, it is, “You know, well, there could have been something else going on here,” instead of looking at the obvious evidence before us that, in fact, these were ideologically motivated terrorist incidents. d’incident terroriste.

La communauté musulmane continue de voir deux poids deux mesures, de sorte que lorsque des actes de violence sont commis contre la communauté musulmane, on se dit « Vous savez, il aurait pu se passer autre chose ici », plutôt que d’examiner les preuves évidentes à notre disposition qui montrent qu’il s’agissait en fait d’incidents terroristes motivés par l’idéologie. All of these situations have a cumulative effect of harming the trust of the Muslim community, so there is certainly a lot of work to do.

Toutes ces situations ont un effet cumulatif qui mine la confiance de la communauté musulmane, et il reste donc certainement beaucoup de travail à faire. The Chair: I have many questions. Senators, if you have any further questions, please stop me because I don’t want to take the whole time. We have the absolute luxury today that it’s just the three of us, which has never happened to me or any of us. La présidente : J’ai de nombreuses questions. Mesdames et messieurs les sénateurs, si vous avez d’autres questions, veuillez m’arrêter, parce que je ne veux pas prendre tout le temps.

Nous avons le luxe absolu aujourd’hui de n’être que tous les trois, ce qui n’est jamais arrivé, ni à moi ni à aucun d’entre nous. I want to go first to what you were saying to Senator Arnot about calling crimes terrorist crimes. I’ve spent quite a bit of time in Quebec with the community, and for the longest time, they were very upset that Bissonnette was never held as a terrorist crime. I don’t think it was; I could be wrong. I haven’t read your recommendations, but was one of your recommendations not to be so reluctant?

When that happens, the faith of the community is lost because immediately you see a double standard. Je veux d’abord revenir sur ce que vous disiez au sénateur Arnot à propos de la qualification des crimes terroristes. J’ai passé beaucoup de temps au Québec avec la communauté, et pendant très longtemps, ils étaient très contrariés que M. Bissonnette n’ait jamais été considéré comme un criminel terroriste. Je ne pense pas qu’il l’ait été; je peux me tromper. Je n’ai pas lu vos recommandations, mais l’une d’entre elles était- elle de ne pas être aussi réticent?

Lorsque cela se produit, la foi de la communauté est perdue, parce que vous voyez immédiatement deux poids, deux mesures. Mr. Ahmed: Yes, senator. Me Ahmed : Oui, madame la sénatrice. Our concern is not so much whether or not the Criminal Code provisions on terrorism offences are used but rather that they be used properly and in a way that is equal when such crimes are before us and when they’re investigated.

Notre préoccupation n’est pas tant de savoir si les dispositions du Code criminel sur les infractions de terrorisme sont utilisées ou non, mais plutôt qu’elles soient utilisées correctement et de manière égale lorsque nous sommes témoins de tels crimes et qu’ils font l’objet d’une enquête. NCCM has a long-standing concern with the Anti-terrorism Act and the way the provisions have been used to disproportionately target racialized and Muslim communities, so we’re not asking for the Anti-terrorism Act to be implemented every time. The concern is the perception. The concern is the double standard.

The concern is that when Muslims are the victims of these crimes, they are not terrorist incidents and that only a crime that’s committed by a Muslim can be characterized as a terrorist incident or a terrorist offence. Le CNMC s’inquiète depuis longtemps de la Loi antiterroriste et de la façon dont ses dispositions ont été utilisées pour cibler de manière disproportionnée les communautés racisées et musulmanes, alors nous ne demandons pas que la Loi antiterroriste soit appliquée à chaque fois. Ce qui nous préoccupe, c’est la perception. Le problème, c’est le deux poids, deux mesures.

Le problème, c’est que lorsque des musulmans sont victimes de ces crimes, ce ne sont pas des incidents terroristes, et seul un crime commis par un musulman peut être qualifié d’incident terroriste ou d’infraction terroriste. The Bissonnette case and other cases that have unfortunately emerged since that time have demonstrated to us that there is no clear understanding as to how our justice system and our prosecutorial functions apply the law, and we remain concerned when it comes to the application of terrorism offences to these kinds of incidents.

L’affaire Bissonnette et d’autres affaires qui ont malheureusement surgi depuis nous ont montré que notre système de justice et nos fonctions de poursuite appliquent la loi, et nous restons préoccupés par l’application des infractions terroristes à ces types d’incidents. 14:10 Human Rights 7-9-2022

The Chair: This is not the question I was going to ask, but I will ask it now. You were mentioning all the different reasons why the community is not trusting the police, even though I think the police are doing a good job, and one of the things is the use of the terrorism act immediately after 9/11 and continuing. I have heard mothers say to me when they get that knock on the door, they think it’s CSIS or the police coming to get their son, or that’s their perception, for no reason. That’s one reason why I understand that our communities do not want to go to the police.

You must have a lot of experience with this issue because I know at one point — I don’t know if it was your organization — cards were issued saying, if police or CSIS knocks on your door, here is what to do. I used to have it in my purse, but I can’t find it. There was lots of reaching out to communities on how to deal with CSIS or police knocking on the door. Can you expand on that, please? La présidente : Ce n’est pas la question que j’allais poser, mais je vais la poser maintenant.

Vous mentionniez toutes les différentes raisons pour lesquelles la communauté ne fait pas confiance à la police, même si je crois que la police fait un bon travail, et l’une des choses, c’est l’utilisation de la

loi sur le terrorisme immédiatement après les événements du 11 septembre et par la suite. J’ai entendu des mères me dire que, lorsqu’on frappe à leur porte, elles pensent que c’est le SCRS ou la police qui vient chercher leur fils, ou c’est leur perception, sans raison. C’est une des raisons pour lesquelles je comprends que nos communautés ne veulent pas aller voir la police.

Vous devez avoir beaucoup d’expérience dans ce domaine, car je sais qu’à un moment donné — je ne sais pas si c’était votre organisation — des cartes ont été distribuées disant que si la police ou le SCRS frappe à votre porte, voici ce qu’il faut faire. Je l’avais auparavant dans mon sac à main, mais je ne la trouve plus. Il y a eu beaucoup de communications avec les communautés sur la façon de traiter avec le SCRS ou la police qui frappe à la porte. Pourriez-vous nous en dire plus à ce sujet, s’il vous plaît? Mr. Ahmed: Senator, that speaks to the systemic nature of Islamophobia, and that’s a great concern to us.

The history of the Muslim community with security agencies in the country has been fraught. It’s been very difficult, and there’s still a lot of distrust from the Muslim community towards the motivation of law enforcement and security agencies. For a number of years, we have raised concerns at the highest levels of government about security practices engaged by the Canadian Security Intelligence Service, by the RCMP and others, and that remains to be a major work in progress. It’s been about 15 years from Maher Arar inquiry, and we’re still talking about these issues.

Me Ahmed : Madame la sénatrice, cela témoigne de la nature systémique de l’islamophobie, et c’est une grande préoccupation pour nous. L’histoire de la communauté musulmane avec les organismes de sécurité dans le pays a été tendue. Elle a été très difficile, et il y a encore beaucoup de méfiance de la part de la communauté musulmane envers la motivation des forces de l’ordre et des organismes de sécurité.

Pendant un certain nombre d’années, nous avons soulevé des préoccupations aux plus hauts échelons du gouvernement au sujet des pratiques de sécurité utilisées par le Service canadien du renseignement de sécurité, par la GRC et par d’autres, et cela reste un travail important à faire. Il s’est écoulé environ 15 ans depuis l’enquête sur l’affaire Maher Arar, et nous parlons encore de ces questions. I can say that, at the NCCM, we continue to push for greater accountability from our security agencies.

We have recently seen that Member of Parliament Salma Zahid has put forward a private members’ bill that tries to enshrine the duty of candour into law. That private members’ bill arises from the fact that successive federal court judges have found that CSIS has misled the courts in obtaining warrants for particular operations. The courts have raised this time and again. We have heard from the director of CSIS and the highest levels of CSIS that this is something that they’re wanting to fix and reform, but we are still waiting for that reform, and we’re still waiting for those fixes.

Je peux dire que, au CNMC, nous continuons de faire pression pour une plus grande responsabilisation de la part de nos organismes de sécurité. Nous avons récemment vu que la députée Salma Zahid a présenté un projet de loi d’initiative parlementaire visant à inscrire l’obligation de franchise dans la loi. Ce projet de loi d’initiative parlementaire découle du fait que des juges successifs de la Cour fédérale ont constaté que le SCRS avait trompé les tribunaux en obtenant des mandats pour des opérations particulières. Les tribunaux ont soulevé cette question à maintes reprises.

Le directeur du SCRS et les plus hautes instances du SCRS nous ont dit qu’il s’agissait d’un problème qu’ils voulaient corriger et réformer, mais nous attendons toujours cette réforme et ces corrections. We’re going to continue our work to hold our national security agencies accountable because it’s things like that, misleading the courts, that do not engender any kind of trust from the Muslim community when it comes to security operations.

It’s sad because a community should have some faith in the integrity of our security agencies and their operations, but issues like that Nous allons continuer notre travail pour demander des comptes à nos agences de sécurité nationale, car ce sont des choses de ce genre, le fait de tromper les tribunaux, qui n’engendrent aucune forme de confiance de la part de la communauté musulmane à l’égard d’opérations de sécurité. C’est triste, parce qu’une communauté devrait avoir une certaine 7-9-2022 Droits de la personne 14:11

continue to come to the fore and challenge our ability to have a more trusting relationship. confiance dans l’intégrité de nos organismes de sécurité et de leurs opérations, mais des problèmes comme celui-là continuent de surgir et de remettre en question notre capacité d’avoir une relation de plus grande confiance. The Chair: For me, misleading the court is the last step. It’s misleading you when you knock at the door, given the effect it has on a community member. I got those calls when I was practising law as well, and it’s very fearful.

One of the main things that we need to raise is how the community gets treated, and that’s why there’s a reluctance to go to the police. But I have lots of questions, so I should get on with that. La présidente : Pour moi, tromper le tribunal est la dernière étape. C’est tromper lorsque vous frappez à la porte, étant donné l’effet que cela a sur un membre de la communauté. J’ai reçu ces appels lorsque je pratiquais le droit également, et c’est très angoissant.

L’une des principales choses que nous devons soulever c’est la façon dont la communauté est traitée, et c’est pourquoi il y a une réticence à aller voir la police. Mais j’ai beaucoup de questions, alors je devrais m’y mettre. Yesterday, we met informally with a very active group of women. We were very impressed by their presentation. One of the things that they brought up — and I had never heard this before, although I’m sure you have — is gendered Islamophobia. I’ve heard it, but I’ve never thought about it as much as I had last night.

I was wondering if your organization works on the issue of gendered Islamophobia, because there’s no doubt at the moment that Muslim women are being attacked a lot on the streets and in the grocery stores. Should there be a campaign of how to protect these women? I don’t know. Maybe you have some thoughts on that. Hier, nous avons rencontré de manière informelle un groupe de femmes très actives. Nous avons été très impressionnés par leur exposé. L’une des choses qu’elles ont évoquées — et je n’avais jamais entendu cela auparavant, mais je suis sûre que vous oui —, c’est l’islamophobie sexospécifique.

J’en ai entendu parler, mais je n’y ai jamais réfléchi autant qu’hier soir. Je me demandais si votre organisation travaillait sur la question de l’islamophobie sexospécifique, car il ne fait aucun doute que, en ce moment, les femmes musulmanes se font beaucoup attaquer dans la rue et dans les épiceries. Devrait-il y avoir une campagne sur la façon de protéger ces femmes? Je ne le sais pas. Peut-être avez-vous des idées à ce sujet. Mr. Ahmed: Thank you for that, senator. Me Ahmed : Merci, madame la sénatrice. Yes. NCCM considers gendered Islamophobia part and parcel of our advocacy against Islamophobia.

Our education department works a lot on that issue as we do a whole host of anti- Islamophobia education across the country. Gendered Islamophobia is the most common type of Islamophobia because Muslim women who are visibly Muslim are the primary targets when it comes to violence and intimidation. We have, hopefully this afternoon or this morning, some further witnesses from the Muslim community of B.C. who can speak to the female experience with Islamophobia right here in B.C. Oui, le CNMC considère que l’islamophobie sexospécifique fait

partie intégrante de notre plaidoyer contre l’islamophobie. Notre

section sur l’éducation travaille beaucoup sur cette question, car nous organisons toute une série d’initiatives éducatives contre l’islamophobie dans tout le pays. L’islamophobie sexospécifique est le type le plus courant d’islamophobie, parce que les femmes musulmanes qui sont visiblement musulmanes sont les principales cibles lorsqu’il s’agit de violence et d’intimidation. Nous avons, avec un peu de chance, cet après-midi ou ce matin, d’autres témoins de la communauté musulmane de la Colombie-Britannique qui peuvent parler de l’expérience féminine de l’islamophobie ici, en Colombie-Britannique.

What I can say is that there needs to be more work done on that. We have partners in the community, like the Canadian Council of Muslim Women, the Federation of Muslim Women and other groups like that who are working alongside NCCM to make sure that gendered Islamophobia is a key focus area, not just for us but for all the policy-makers that we speak to. For all of the legislators that we speak to, we want to make sure that the experiences of Muslim women are put forward and are understood by everyone. Ce que je peux dire, c’est qu’il faut travailler davantage sur ce sujet.

Nous avons des partenaires dans la communauté, comme le Conseil canadien des femmes musulmanes, la fédération des femmes musulmanes et d’autres groupes comme ceux-là qui travaillent avec le CNMC pour s’assurer que l’islamophobie sexospécifique est un domaine d’intérêt clé, non seulement pour nous, mais pour tous les décideurs politiques auxquels nous nous adressons. Pour tous les législateurs auxquels nous nous adressons, nous voulons nous assurer que les expériences des femmes musulmanes sont mises en avant et comprises par tous.

The Chair: Probably this is the most unreported crime, because women do not want to bring attention to themselves, at least on this issue. Before I go to other questions, do you have La présidente : Il s’agit probablement du crime le moins signalé, parce que les femmes ne veulent pas attirer l’attention sur elles, du moins sur cette question. Avant de passer aux autres 14:12 Human Rights 7-9-2022

any material on gendered Islamophobia that you can share with our clerk? We definitely want to look at it further, and it will really help see. If you can provide any other information on that, please do so. questions, avez-vous des documents sur l’islamophobie sexospécifique que vous pourriez transmettre à notre greffier? Nous voulons absolument les examiner de plus près, et cela nous aidera vraiment à voir les choses. Si vous pouviez fournir d’autres renseignements à ce sujet, n’hésitez pas à le faire. Mr. Ahmed: I will certainly undertake to find out if we have some information to share.

Me Ahmed : Je vais certainement essayer de voir si nous avons des renseignements à communiquer. The Chair: Thank you. La présidente : Merci. I’m very interested in your hate crime recommendation, and I wanted to look at what you mean by a special process to deal with hate crimes. What exactly do you mean? Je suis très intéressée par votre recommandation sur les crimes haineux, et je voulais savoir ce que vous entendez par un processus spécial pour lutter contre les crimes haineux. Que voulez-vous dire exactement? Mr.

Ahmed: Senator, the current system in the Criminal Code basically provides judges with discretion in the face of a hate crime offence to use the bias motivation as part of the sentencing principles for a hate crime offence. There’s actually no stand- alone provision that defines what a hate crime is and how it is to be prosecuted.

Me Ahmed : Madame la sénatrice, le système actuel dans le Code criminel fournit essentiellement aux juges le pouvoir discrétionnaire, face à une infraction de crime haineux, d’utiliser la motivation fondée sur les préjugés dans le cadre des principes de détermination de la peine applicables à une infraction de crime haineux. Il n’y a en réalité aucune disposition autonome qui définit ce qu’est un crime haineux et comment il doit être poursuivi.

What this recommendation is about is that we need to have clarity in the Criminal Code as to what is a hate crime, and that’s a question that needs to be answered because several police forces across the country use a different definition of a hate crime, and that needs to be clarified at the legislative level as well in order to achieve what we’re asking for here.

Cette recommandation vise à clarifier dans le Code criminel ce qu’est un crime haineux, et c’est une question à laquelle on doit répondre, parce que plusieurs forces de police au pays utilisent une définition différente d’un crime haineux, et cela doit être clarifié à l’échelon législatif également afin que nous puissions concrétiser ce que nous demandons ici.

In terms of a special process, what we mean by that is there should be a process laid out in a prospective provision in the Criminal Code that describes exactly how a hate crime would be dealt with, and that includes things like the penalties that would be particularly applied in such a case, whether there’s a minimum or a maximum, and are there any alternative methods of prosecution that are available under that provision.

While I don’t have a specific draft, and I’m not a criminal lawyer, I can say that the current version of the Criminal Code doesn’t have anything like what we’re recommending, which is a free, stand- alone provision that deals specifically with hate crime offences as hate crimes, not as a sentencing principle when a judge is sentencing a convicted criminal for the offence of, for example, an assault or other violent offence. Our hope is that by having a freestanding provision, this will act as a further deterrent in the criminal justice system against these kinds of heinous crimes.

En ce qui concerne le processus spécial, ce que nous voulons dire, c’est qu’il devrait y avoir un processus énoncé dans une disposition prospective du Code criminel qui décrit exactement comment un crime haineux serait traité, et cela comprend des choses comme les peines qui seraient particulièrement appliquées dans un tel cas, s’il y a un minimum ou un maximum et s’il y a d’autres méthodes de poursuite prévues en vertu de cette disposition.

Bien que je n’aie pas d’ébauche précise et que je ne sois pas criminaliste, je peux dire que la version actuelle du Code criminel ne contient absolument rien de ce que nous recommandons, c’est-à-dire une disposition libre et autonome qui traite précisément des infractions de crime haineux en tant que crimes haineux, et non pas comme principe de détermination de la peine lorsqu’un juge condamne un criminel reconnu coupable, par exemple, d’une agression ou d’une autre infraction violente.

Nous espérons que la création d’une disposition autonome aura un effet dissuasif supplémentaire dans le système de justice pénale contre ces types de crimes haineux. The Chair: You talk about a different treatment for young offenders or a rehabilitation path for young offenders. I was surprised to see that because normally when it’s a young offender, the court looks after that and there are different paths. La présidente : Vous parlez d’un traitement différent pour les jeunes délinquants ou d’une voie vers la réadaptation pour les jeunes délinquants.

J’ai été surprise de voir cela, parce que normalement, lorsqu’il s’agit d’un jeune délinquant, le tribunal 7-9-2022 Droits de la personne 14:13

Why did you feel it was specifically necessary here? I was interested in that. s’en occupe, et il existe différentes voies. Pourquoi avez-vous estimé que cela était particulièrement nécessaire? C’est ce qui m’intéressait. Mr. Ahmed: That’s a great question, and it goes to an ethical concern that we have as Canadian Muslims. We’ve noted that some of the most prominent perpetrators of violent attacks against Muslims have been, unfortunately, young people, and we believe young people should be given the opportunity to, where appropriate, find a path towards rehabilitation.

We have a great knowledge as a community, as a racialized community, about what the criminal justice system can do to people, so we do want to have an avenue open that allows for young offenders, and also others, not necessarily only young offenders but also folks who show a real desire and a real remorse for what happened and what they did, to find perhaps a different path to atone for what they have done. We don’t simply think that harsh criminal penalties are the only path forward, and that comes from our experience as a community that has experience with the criminal justice system.

We have heard from our allies in the other communities, like the Black community, the Aboriginal community, about how they have also dealt with the same situations, so we take a more holistic approach to how we deal with these types of offences. Me Ahmed : C’est une excellente question, qui touche à une préoccupation éthique que nous avons en tant que musulmans canadiens.

Nous avons remarqué que certains des auteurs les plus connus d’attaques violentes contre des musulmans étaient, malheureusement, des jeunes, et nous croyons que les jeunes devraient avoir la possibilité, le cas échéant, de trouver une voie vers la réadaptation.

Nous avons une grande connaissance, en tant que communauté, en tant que communauté racisée, de ce que le système de justice pénale peut faire aux gens, et nous voulons avoir une voie ouverte qui permet aux jeunes délinquants, et aussi à d’autres, pas nécessairement aux seuls jeunes délinquants, mais aussi aux personnes qui montrent un réel désir et un réel remords pour ce qui s’est passé et ce qu’elles ont fait, de trouver peut-être une voie différente pour expier ce qu’elles ont fait.

Nous ne pensons pas simplement que des sanctions pénales sévères sont la seule voie à suivre, et cela découle de notre expérience en tant que communauté ayant une expérience du système de justice pénale. Nous avons entendu nos alliés dans d’autres communautés, comme la communauté noire, la communauté autochtone, nous dire comment ils ont fait face aux mêmes situations, alors nous adoptons une approche plus holistique quant à la façon dont nous traitons ces types d’infractions. The Chair: Thank you. La présidente : Merci. Senator Arnot: Mr.

Ahmed, Canada has been described as the most successful experiment in pluralism the world has ever seen, and I agree with that. We need to go much further, however. There’s a fragility attached to that observation directly related to the knowledge, understanding and commitment that all Canadians have to our multicultural, multitheist and multiethnic country. There was an Ipsos-Reid study in, I believe, 2018 that indicated that only 38% of Canadian adults over the age of 40 supported multiculturalism.

Le sénateur Arnot : Maître Ahmed, le Canada a été décrit comme l’expérience de pluralisme la plus réussie que le monde ait jamais connue, et j’en conviens. Nous devons cependant aller beaucoup plus loin. Il y a une fragilité attachée à cette observation qui est directement liée à la connaissance, à la compréhension et à l’engagement que tous les Canadiens ont envers notre pays multiculturel, multithéiste et multiethnique. Une étude Ipsos-Reid menée en 2018, je crois, révélait que seulement 38 % des adultes canadiens de plus de 40 ans étaient en faveur du multiculturalisme.

I’m just wondering sir, if you have any comments on how our Senate report could perhaps bolster that and make recommendations about a much more robust national education program targeting adult Canadians who may not have had the benefit of some of the education that younger Canadians now have. I notice in your third recommendation it speaks to that issue in some ways, but I’m wondering if you have any thoughts about what a robust national program to build understanding and support for the foundations of multiculturalism and why multiculturalism is a such a central part of what it means to be Canadian.

Je me demande simplement, monsieur, si vous avez des commentaires sur la façon dont notre rapport sénatorial pourrait peut-être soutenir cela et formuler des recommandations concernant un programme d’éducation national beaucoup plus robuste pouvant cibler les Canadiens adultes qui n’ont peut-être pas bénéficié d’une

partie de l’éducation que les jeunes Canadiens ont maintenant. Je remarque que votre troisième recommandation traite de cette question d’une certaine façon, mais je me demande si vous avez des idées sur ce qui pourrait être un solide programme national visant à faire comprendre et à soutenir les fondements du multiculturalisme et à expliquer 14:14 Human Rights 7-9-2022

pourquoi le multiculturalisme est un élément central de ce que signifie être Canadien. Mr. Ahmed: Thank you for the question, senator. Me Ahmed : Merci de poser la question, monsieur le sénateur. When we think back to multiculturalism in Canada, 1988 seems a long time ago when the act was first passed. I agree with you that there is a need to ensure that the historical legacy and current examples of multiculturalism in Canada are taught and shared with our young people. It really speaks to education. We need to have real, concrete plans across all provinces to deal with this issue.

Some years ago, when we were having issues with national security concerns involving the Muslim community, the NCCM said to law enforcement, and which holds true today, that we can’t spy and arrest our way out of the problem. I would reiterate that today. We can’t spy and arrest our way out of this problem either. There needs to be a real focus on education. There needs to be a real focus on how the federal government can work with provincial counterparts on the issue of multiculturalism and on the issue of race relations.

I understand the federal government has increased funding for the Canadian Race Relations Foundation in the past budget, which was very impressive and much needed. We need to go a lot further. Lorsque nous pensons au multiculturalisme au Canada, l’année 1988 semble être il y a très longtemps, lorsque la loi a été adoptée pour la première fois. Je suis d’accord avec vous pour dire qu’il faut s’assurer que l’héritage historique et les exemples actuels du multiculturalisme au Canada sont enseignés et communiqués à nos jeunes. Cela concerne vraiment l’éducation.

Nous devons avoir des plans réels et concrets dans toutes les provinces pour traiter de cette question. Il y a quelques années, lorsque nous avions des problèmes de sécurité nationale qui touchaient la communauté musulmane, le CNMC a dit aux forces de l’ordre — et cela reste vrai aujourd’hui — que nous ne pouvons pas espionner et arrêter des gens pour régler le problème. Je tiens à le répéter aujourd’hui. Nous ne pouvons pas espionner et arrêter des gens pour régler ce problème. Il faut mettre l’accent sur l’éducation.

Il faut vraiment se concentrer sur la façon dont le gouvernement fédéral peut travailler avec ses homologues provinciaux sur la question du multiculturalisme et des relations raciales. Je crois savoir que le gouvernement fédéral a augmenté le financement de la Fondation canadienne des relations raciales dans le dernier budget, ce qui est très impressionnant et très nécessaire. Nous devons aller beaucoup plus loin. This is going to involve difficult conversations between different levels of government and stakeholders. I’m afraid that we’re not having that discussion at the federal level right now.

I’m concerned that the political atmosphere in the country has become far too charged and far too polarized. We really need to think about how to bring that back, and it will take the goodwill of a lot of different people to make that happen. I share your concern, and I agree with you. We need to think not just as NCCM but as Canadians about how we can move the needle forward on building that better understanding. Building mutual understanding goes to the core of NCCM’s work. It’s not just policies and legislation that can fix the problem. We need to change hearts and minds, and that takes education.

That takes elbow grease. That takes a lot of effort. Cela va nécessiter des conversations difficiles entre différents échelons du gouvernement et différents intervenants. Je crains que nous n’ayons pas cette conversation au palier fédéral présentement. Je suis préoccupé par le fait que le climat politique du pays est devenu beaucoup trop lourd et beaucoup trop polarisé. Nous devons vraiment réfléchir à la manière de le rétablir, et il faudra la bonne volonté de nombreuses personnes différentes pour ce faire. Je partage votre crainte, et je suis d’accord avec vous.

Nous devons penser, non seulement en tant que Conseil national des musulmans canadiens, mais aussi en tant que Canadiens, à la manière dont nous pouvons faire avancer les choses et favoriser une meilleure compréhension. Favoriser une compréhension mutuelle est au cœur du travail du CNMC. Les politiques et les lois ne suffisent pas à régler le problème. Nous devons changer les cœurs et les esprits, et cela nécessite de l’éducation. Cela exige de l’huile de coude et beaucoup d’efforts.

Senator Busson: I think your answer to the last question that my colleague posed has sort of addressed my query, but I wanted to just make a comment around your comment about law enforcement and the justice system generally. La sénatrice Busson : J’estime que votre réponse à la dernière question posée par mon collègue a en quelque sorte répondu à la mienne, mais je voulais juste faire un commentaire sur votre remarque concernant l’application de la loi et le système judiciaire en général.

I think all of us in the room are of a consensus that the justice system is certainly not as victim-based as it should be and seldom reaches the high standard of satisfaction for anybody Je crois que nous tous dans la salle sommes d’accord pour dire que le système judiciaire n’est certainement pas aussi axé sur les victimes qu’il devrait l’être et qu’il atteint rarement la norme 7-9-2022 Droits de la personne 14:15

that’s involved in that, and coupled with that the perception of danger, the perception of lack of safety, the perception of threat in any community, including racialized communities, which is as dangerous and debilitating as the actual threat itself as terrorism strives to continue. élevée de satisfaction pour toute personne impliquée dans ce système.

Ajoutons à cela la perception du danger, la perception du manque de sécurité, la perception de la menace dans toute la communauté, notamment les communautés racisées, qui est aussi dangereuse et débilitante que la menace réelle proprement dite, car le terrorisme tend à continuer. You talked about outreach from the police and law enforcement, and that’s a subject near and dear to my heart. In Canada, yet in the Criminal Code, Canadian police officers aren’t called law enforcement officers; they’re called peace officers.

Yesterday we saw a bit of that feeling when two members from the management of the Burnaby detachment attended at the mosque we were so wonderfully greeted and hosted at. Vous avez parlé de la sensibilisation de la police et des forces de l’ordre, et il s’agit d’un sujet qui me tient à cœur. Or, au Canada, dans le Code criminel, les policiers sont appelés non pas des agents des forces de l’ordre, mais bien des agents de la paix.

Hier, nous avons pu observer un peu de ce sentiment lorsque deux membres de la direction du détachement de Burnaby étaient présents à la mosquée où nous avons été accueillis si merveilleusement. I’m wondering if you have any ideas or thoughts about how the police can do more to reassure people. There are bad apples everywhere. In the organization I used to work for, the outreach included trying to hire more Muslim members. I had the joy and the satisfaction of meeting a number of members.

One in particular I can think of was killed on duty, and the outreach and the amount of care and attention that the Muslim community brought to the RCMP at that time really opened a lot of doors. Do you have any idea how we can break that barrier and build more of that trust? I know you talked about the lack of trust, and I see that every day. A lot of people in the Muslim community and other racialized communities come from places where the police generally are their enemy. Do you have any comment on my comments, please?

Je me demandais si vous avez des idées ou des pensées concernant la manière dont la police pourrait en faire plus pour rassurer les gens. Il y a des pommes pourries partout. Au sein de l’organisation où je travaillais, la sensibilisation incluait le fait d’essayer d’embaucher plus de membres musulmans. J’ai eu la joie et la satisfaction de rencontrer un bon nombre de ces membres. Je me rappelle d’un membre en particulier qui a été tué en service; la sensibilisation et la quantité de soins et d’attention que la communauté musulmane a apportés à la GRC à cette époque ont vraiment ouvert beaucoup de portes.

Avez- vous une idée de la façon dont nous pouvons briser cette barrière et renforcer cette confiance? Je sais que vous avez parlé du manque de confiance, et je le constate chaque jour. Beaucoup de gens dans la communauté musulmane et d’autres communautés racisées viennent d’endroits où la police est généralement l’ennemi. Avez-vous des commentaires à faire sur ce que je viens de dire, s’il vous plaît? Mr. Ahmed: Thank you, senator. Me Ahmed : Merci, madame la sénatrice. The Chair: Mr. Ahmed, unfortunately, we have very little time; so you have a minute to answer. Thank you.

La présidente : Maître Ahmed, malheureusement, nous avons très peu de temps, alors vous disposez d’une minute pour répondre. Merci. Mr. Ahmed: I’ll make it quick. Me Ahmed : Je répondrai rapidement. It’s a difficult issue, senator. I think the first thing that can be done by law enforcement is to better investigate and prosecute hate crimes offences that are directed against racialized communities and, in this case, the Muslim community. That builds trust. Of course, no one’s calling for charges to be laid when it’s not deserved, but offences need to be properly investigated.

Time and time again, whether it’s Edmonton, whether it’s other places, we have seen law enforcement not take appropriate action despite pleas from the community, so we need to see better policing in respect to those issues. Second, when Muslim youth see themselves reflected in the police through the hiring and promotion recruitment of racialized Canadians, I think we will see a continuous improvement on that issue, but it’s definitely a work in progress and there’s no quick fix to that problem. Il s’agit d’une question difficile, madame la sénatrice.

Selon moi, la première chose qui peut être faite par les forces de l’ordre est de mieux enquêter et mieux poursuivre les crimes haineux visant les communautés racisées et dans le cas présent, visant la communauté musulmane. Cela renforce la confiance. Bien entendu, personne ne demande que des accusations soient portées lorsque ce n’est pas mérité, mais les infractions doivent faire l’objet d’une enquête appropriée.

À maintes reprises, que ce soit à Edmonton ou ailleurs, nous avons vu les forces de l’ordre ne pas intervenir de manière appropriée malgré les demandes pressantes de la communauté, alors nous devons voir de meilleurs services de la part de la police à l’égard de ces questions. Ensuite, lorsque les jeunes musulmans se verront représentés au sein de la police par l’embauche et la promotion de Canadiens racisés, je crois que nous constaterons une 14:16 Human Rights 7-9-2022

amélioration continue de cette question, mais il s’agit certainement d’un travail en cours, et il n’y a pas de solution rapide à ce problème. The Chair: Thank you, Mr. Ahmed. The committee sincerely thanks you for your presence, and I would like to also say that you have given and dedicated a lot of time, and I won’t say just on Islamophobia. What you’re fighting for is that we all be treated as equal Canadians. That’s your fight and has been for a very long time. Thank you for taking the time to be here today. La présidente : Je vous remercie, maître Ahmed.

Le comité vous remercie sincèrement de votre présence, et je voudrais également souligner que vous avez donné et consacré beaucoup de votre temps, et pas seulement au sujet de l’islamophobie. Vous vous battez pour que nous soyons tous traités comme des Canadiens égaux. C’est votre combat, et ce, depuis très longtemps. Je vous remercie d’avoir pris le temps d’être présent aujourd’hui. Senator Salma Ataullahjan (Chair) in the chair. La sénatrice Salma Ataullahjan (présidente) occupe le fauteuil. The Chair: I shall now introduce our second panel of witnesses.

Each witness has been asked to make an opening statement of five minutes, but we decided that since we have ample time, you can go above the five minutes to six or seven minutes. We shall hear from all witnesses and then turn to questions from the senators. La présidente : Je vais maintenant présenter notre deuxième groupe de témoins. Chaque témoin a été invité à faire une déclaration préliminaire de cinq minutes, mais nous avons décidé que, comme nous disposons de suffisamment de temps, vous pouvez dépasser les cinq minutes et aller jusqu’à six ou sept minutes.

Nous allons entendre tous les témoins, ensuite nous passerons aux questions des sénatrices et sénateurs. We will start with Dr. Neila Miled, who is the Anti-racism Advisor, Faculty of Medicine, University of British Columbia. Dr. Miled, you have the floor. Nous commencerons avec Mme Naila Miled, qui est une conseillère en matière de lutte contre le racisme, de la faculté de médecine de l’Université de la Colombie-Britannique. Madame Miled, vous avez la parole. Dr.

Neila Miled, Anti-Racism Advisor, Faculty of Medicine of the University of British Columbia, Office of Respectful Environments, Equity, Diversity & Inclusion: Hi, everybody. I’m here to speak about this phenomenon, and particularly I want to say that Muslims are living in a precarious existence in Canada, and the discomfort with Islam and Muslims is deeply entrenched in the Canadian policies, media and school curriculum.

Neila Miled, conseillère en matière de lutte contre le racisme, Faculté de médecine de l’Université de la Colombie- Britannique, Bureau pour un environnement respectueux, équitable, de la diversité et de l’inclusion : Bonjour, tout le monde. Je suis présente pour parler de ce phénomène, et je veux préciser que les musulmans mènent une existence précaire au Canada, et que le malaise à l’égard de l’islam et des musulmans est profondément ancré dans les politiques, les médias et les programmes scolaires canadiens.

I’m talking to you today to bring to you the voices of the Muslim youth I conducted my research within my PhD dissertation. My study was conducted in a high school with Muslim youth aged 14 and 19. My research study explored how Muslim youth aged 14 to 19 attending Canadian public high school negotiate their identities and sense of them belonging in Canada and how their school experiences impacted this process. Je m’adresse à vous aujourd’hui pour faire entendre la voix des jeunes musulmans sur lesquels j’ai mené mes recherches pour ma thèse de doctorat.

Mon étude a été menée dans une école secondaire auprès de jeunes musulmans âgés de 14 à 19 ans. Cette étude portait sur la manière dont les jeunes musulmans de 14 à 19 ans fréquentant une école secondaire publique canadienne composent avec leur identité et leur sentiment d’appartenance au Canada, et sur l’impact de leurs expériences scolaires quant à ce processus. I acknowledge that for several years I had to deal with the uneasiness of researching young people carrying the label Muslim and trying to get them to answer my research questions. It was hard to ask them the question: How does it feel to be a Muslim?

Probing for responses about how they negotiate their “Muslim-ness” and “Canadian-ness” meant asking them the real questions, du Bois’ question, the famous question: How does it feel to be a problem? Based on my research findings, I confirm Je reconnais que, pendant plusieurs années, j’ai dû composer avec le malaise de faire des recherches sur des jeunes portant l’étiquette de musulmans et de tenter de les amener à répondre à mes questions de recherche. Il était difficile de leur poser la question : comment se sent-on quand on est musulman?

Afin d’obtenir des réponses sur la façon dont ils composent avec leur « identité musulmane » et leur « identité canadienne », il a fallu leur poser les vraies questions, celle de du Bois, la fameuse 7-9-2022 Droits de la personne 14:17

that Muslim youth feel insecure and excluded from the imagination of the Canadian nation. This is not pessimistic; this is realistic. question : comment se sent-on quand on est un problème? D’après les résultats de mes recherches, je confirme que les jeunes musulmans se sentent insécures et exclus de l’imaginaire de la nation canadienne. Ce constat n’est pas pessimiste; il est réaliste. I’m going to say a few quotes. “As a Black Muslim woman, I face a lot of discrimination and hate in so many places,” Fatemeh said. “As a Black Muslim, I was always seen as the bad boy, the troublemaker,” said Ahmed.

Hadija said, “My veil makes people look at me in a strange way. My mom was attacked once, and it was a terrible experience.” The heartbreaking one is this one: “I was born here. English is my first language, but I never felt I belong here. I was always attacked and asked to go home. Where is home? I have no other place to go to.” Je vais vous citer quelques extraits. « En tant que musulmane noire, je suis confrontée à beaucoup de discrimination et de haine à bien des endroits », a déclaré Fatemeh.

« En tant que musulman noir, j’ai toujours été perçu comme un mauvais garçon, un fauteur de troubles », a déclaré Ahmed. Hadija a déclaré : « Mon voile fait en sorte que les gens me regardent d’une manière étrange. Ma mère a été attaquée une fois, et c’était une expérience terrible ». La déclaration la plus émouvante est la suivante : « Je suis née ici. L’anglais est ma langue maternelle, mais je ne me suis jamais sentie à ma place ici. J’étais toujours attaquée, et on me disait de rentrer chez moi. Où c’est, chez moi? Je n’ai pas d’autre endroit où aller. »

All participants in my study expressed their daily encounter with hate, but the essential impact of Islamophobia, according to them, is how it impacts their lives, opportunities, education, employment, and if they will ever have the chance to be considered Canadians. Tous les participants à mon étude ont exprimé leur expérience quotidienne de la haine, mais l’impact essentiel de l’islamophobie, selon eux, c’est la manière dont elle a une incidence sur leur vie, sur leurs débouchés, leur éducation, leur emploi et la question de savoir s’ils auront un jour la chance d’être considérés comme des Canadiens.

Islamophobia impacts Muslims in differentiated ways. It is important that visibly Muslim women and Black Muslims are the most marginalized. Black Muslims are double alienated. Being Black and Muslim, the intersection of Muslim-ness and Blackness makes them at the margins of what Canadian identity represents. Visibly Muslim participants expressed the feeling of insecurity and being constantly threatened and emphasized the concerns about safety of visibly Muslim women. L’islamophobie affecte les musulmans de différentes manières.

Bien évidemment, les femmes visiblement musulmanes et les musulmans noirs sont les plus marginalisés. Les musulmans noirs sont doublement aliénés. Le fait d’être noir et musulman, l’intersection de l’identité musulmane et de l’identité noire les place en marge de ce que représente l’identité canadienne. Les participantes visiblement musulmanes ont exprimé un sentiment d’insécurité et de menace constate, et ont insisté sur les préoccupations concernant la sécurité des femmes visiblement musulmanes. I’m not going to go through the statistics. We all know them.

What’s important for me here is that census figures indicate that Muslims are well educated. Among those 15 years of age and older, 56% of Muslims had some form of post-secondary education compared to 44% of the total population. However, a higher education level doesn’t mean or correspond to higher income. There are more Muslims in the lower income bracket, earning 30,000 and less per year, than any other religious group. Muslims also have the highest unemployment rate after the Indigenous people. Je n’entrerai pas dans les statistiques. Nous les connaissons tous.

Ce qui est important ici pour moi, ce sont les chiffres du recensement selon lesquels les musulmans sont bien éduqués. Parmi les personnes âgées de 15 ans et plus, 56 % des musulmans ont fait des études postsecondaires, contre 44 % pour l’ensemble de la population. Cependant, un niveau d’éducation plus élevé ne veut pas dire et ne suppose pas un revenu plus élevé. Les musulmans sont plus nombreux que tout autre groupe religieux à se situer dans la tranche inférieure des revenus, soit les personnes qui gagnent 30 000 $ et moins par an.

Les musulmans ont également le taux de chômage le plus élevé après les Autochtones. The youth expressed that violence is not only physical but also carried through different policies and targets Muslim women. The media represents them as faceless and powerless. I personally prefer anti-Muslim racism — the anti is expressed Les jeunes ont fait savoir que la violence n’est pas seulement physique, mais qu’elle est aussi véhiculée par différentes politiques et qu’elle cible les femmes musulmanes. Les médias les représentent comme étant sans visage et sans pouvoir. Je 14:18 Human Rights 7-9-2022

through the absence, the silence, and the eviction of Muslims from the decision-making processes. préfère personnellement le racisme antimusulman — celui qui s’exprime par l’absence, le silence et l’exclusion des musulmans des processus décisionnels. Thank you. Je vous remercie. The Chair: Thank you very much, Dr. Miled. La présidente : Merci beaucoup, madame Miled. Now, we will turn to Hasan Alam, who is co-founder and community liaison for the Islamophobia Legal Assistance Hotline.

Maintenant, nous céderons la parole à Hasan Alam, qui est le cofondateur et l’agent de liaison communautaire de la Ligne d’assistance juridique pour l’islamophobie. Hasan Alam, Co-Founder and Community Liaison, Islamophobia Legal Assistance Hotline: Good morning, chair, honourable senators and committee members. My name is Hasan Alam, and I am one of the co-founders of the Islamophobia Legal Assistance Hotline, and I currently serve on the steering committee and as a community liaison for the hotline.

In my role as a community liaison, I engage Muslim communities here in British Columbia, meet with them and speak with them about Islamophobia, and I also liaison with the media and government. Me Hasan Alam, cofondateur et agent de liaison communautaire, Ligne d’assistance juridique pour l’islamophobie : Bonjour, madame la présidente, honorables sénatrices et sénateurs et membres du comité. Je m’appelle Hasan Alam, et je suis l’un des cofondateurs de la Ligne d’assistance juridique pour l’islamophobie. Je fais actuellement

partie du comité directeur et j’assure la liaison avec la communauté pour la ligne d’assistance. Dans le cadre de mes fonctions d’agent de liaison communautaire, je communique avec les communautés musulmanes de la Colombie-Britannique, je les rencontre et leur parle de l’islamophobie, et j’assure également la liaison avec les médias et le gouvernement.

The Islamophobia Legal Assistance Hotline, or ILAH, was created in 2016 by a diverse coalition of individuals and organizations in the legal community here in British Columbia after we witnessed a nationwide increase in reported incidents of racial- and faith-related discrimination against Muslims across Canada.

The purpose behind creating the hotline was to offer a free and confidential legal service in multiple languages to individuals that have been impacted by Islamophobia, both people who are Muslim and those who are perceived to be Muslim, because we know that often people who aren’t even Muslim often are the victims of Islamophobia because they are perceived to be Muslim. As you are aware, Islamophobia continues to be an issue in Canada, and our country has suffered more mass killings motivated by Islamophobia in the last five years than any other country in the G7.

La Ligne d’assistance juridique pour l’islamophobie a été créée en 2016 par une coalition diversifiée de personnes et d’organisations de la communauté juridique de la Colombie- Britannique, après que nous avons constaté une augmentation nationale des incidents signalés de discrimination raciale et religieuse à l’encontre des musulmans au Canada.

L’objectif qui sous-tendait la création de cette ligne d’assistance était d’offrir un service juridique gratuit et confidentiel, dans plusieurs langues, aux personnes qui ont été affectées par l’islamophobie, qu’elles soient musulmanes ou perçues comme telles, puisque nous savons que, bien souvent, des personnes qui ne sont même pas musulmanes sont victimes d’islamophobie parce qu’elles sont perçues comme musulmanes. Comme vous le savez, l’islamophobie reste un problème au Canada, et notre pays a connu plus de massacres motivés par l’islamophobie au cours des cinq dernières années que tout autre pays du G7.

In terms of how our hotline functions, an individual that calls our hotline first speaks to a volunteer that takes a description of the incident or situation the caller is dealing with, and the calls to the hotline are answered by volunteers belonging to an organization called Access Pro Bono. Based on the situation the caller describes and their language needs, they are then connected with a lawyer with a corresponding area of legal expertise and language proficiency who proceeds to provide them with legal advice on a pro bono basis.

The legal issues that we see arising from the hotline stem from human rights complaints, issues with immigration and criminal law matters. In particular, we’ve seen an increase in employment law matters as well. The individuals who call the hotline report incidents ranging from being denied a job or a promotion based on their Muslim identity, prejudicial comments in the workplace, the Quant au fonctionnement de notre ligne d’assistance, une personne qui appelle notre ligne d’assistance parle d’abord à un bénévole qui prend une description de l’incident ou de la situation à laquelle l’appelant est confronté.

Les appels à la ligne d’assistance sont traités par des bénévoles appartenant à une organisation appelée Access Pro Bono. Selon la situation décrite par l’appelant et ses besoins linguistiques, il est mis en relation avec un avocat compétent dans le domaine juridique en question et qui maîtrise la langue, et ce dernier lui fournit des conseils juridiques de façon bénévole. Les problèmes juridiques que nous constatons dans le cadre de la ligne d’assistance concernent les plaintes relatives aux droits de la personne, les problèmes d’immigration et les questions de droit criminel.

Plus particulièrement, nous avons observé une augmentation des problèmes liés au droit du travail. Les personnes qui appellent la 7-9-2022 Droits de la personne 14:19

classroom, or while taking transit or walking on the street, and experiencing racial profiling from border agents as well. ligne d’assistance téléphonique signalent des incidents allant du refus d’un emploi ou d’une promotion en raison de leur identité musulmane à des commentaires préjudiciables sur le lieu de travail, en classe, dans les transports en commun ou dans la rue, en passant par le profilage racial de la part des agents frontaliers. From March 6, 2016, when the hotline was launched, the Islamophobia hotline has received hundreds of calls but has received 113 confirmed complaints of Islamophobia.

When I say confirmed, I mean complaints where we have, in fact, identified an issue of Islamophobia and the person chooses to move forward with a legal suit. There are hundreds more calls that we receive where the individual reports the incident but chooses not to proceed with the complaint or they cannot identify or we cannot concretely prove that it was in fact an incident of Islamophobia.

The figures show that 68% of the calls involved issues of discrimination in employment, at school, at the hospital, by the CBSA, in prisons and on transit; 28% of calls involve issues of harassment, and 4% of the calls unfortunately involved issues of physical assault. Unfortunately, as you can tell by these statistics, Islamophobia permeates all sectors of our society. As I mentioned earlier, often the person calling the ILAH is not even a person of Muslim background but perceived to be Muslim.

Depuis le 6 mars 2016, jour du lancement de la ligne d’assistance téléphonique, celle-ci a reçu des centaines d’appels, mais également 113 plaintes confirmées pour islamophobie. Quand je dis confirmées, je veux dire des plaintes où nous avons, en fait, cerné un problème d’islamophobie et où la personne choisit d’aller de l’avant avec une poursuite judiciaire.

Nous recevons des centaines d’autres appels où la personne signale l’incident, mais choisit de ne pas donner suite à la plainte ou n’est pas en mesure de déterminer qu’il s’agissait en fait d’un incident d’islamophobie ou encore nous ne pouvons le prouver concrètement. Les chiffres montrent que 68 % des appels concernent des problèmes de discrimination dans l’emploi, à l’école, à l’hôpital, par l’ASFC, dans les prisons et dans les transports en commun; 28 % des appels concernent des problèmes de harcèlement, et 4 % concernent malheureusement des problèmes d’agression physique.

Malheureusement, comme vous pouvez le constater au vu de ces statistiques, l’islamophobie est présente dans tous les secteurs de notre société. Comme je l’ai mentionné précédemment, il arrive souvent que la personne qui appelle la Ligne d’assistance juridique pour l’islamophobie ne soit même pas une personne d’origine musulmane, mais qu’elle soit perçue comme musulmane. In creating the ILAH, we recognized that those impacted by Islamophobia often lack the financial resources to access legal advice given how costly accessing our legal system is.

In addition to financial barriers, the individuals or communities impacted by Islamophobia face a host of other intersectional factors that prevent them from accessing assistance.

These factors include English not being their first language, a lack of knowledge or familiarity with the support services available to them, precarious citizenship status that makes them hesitant or fearful to reach out to law enforcement or government agencies for help out of fear that their precarious immigration status may lead to them being deported — whether that fear is grounded in truth or reality, we don’t know, but that is a fear that permeates — and often a distrust of state-associated agencies, such as law enforcement, based on past negative experiences and/or perceptions.

Lorsque nous avons créé la Ligne d’assistance juridique téléphonique, nous étions conscients du fait que les gens qui sont victimes d’islamophobie n’ont souvent pas les ressources financières nécessaires pour obtenir des conseils juridiques, étant donné le prix élevé de l’accès à notre système juridique. En plus des obstacles financiers, les gens et les communautés qui sont victimes d’islamophobie sont confrontés à une panoplie d’autres facteurs intersectoriels qui les empêchent de trouver de l’aide.

Par exemple, l’anglais n’est peut-être pas leur langue maternelle; ils ne connaissent pas ou pas bien les services de soutien qui leur sont offerts; ils peuvent avoir un statut de citoyenneté précaire qui fait qu’ils hésitent à demander l’aide des forces de l’ordre ou des organismes gouvernementaux ou craignent de la faire, de peur d’être renvoyés du pays à cause de leur statut d’immigration précaire — nous ne savons pas si cette crainte est fondée en réalité, mais elle demeure omniprésente —; et ils se méfient souvent des organisations associées à l’État, comme les organismes d’application de la loi, à cause d’expériences négatives qu’ils ont vécues dans le passé ou de leurs perceptions.

In the past six years that the ILAH has been operational, I wanted to share with you a few reoccurring issues from both the phone calls we’ve received and from the community outreach work that we have done and that we have noted. The first issue is that when individuals call the hotline, it often is not clear to them whether what they are experiencing is in fact Islamophobia.

This Je voulais vous faire part de quelques-uns des problèmes récurrents que nous avons observés au cours des six dernières années, depuis l’ouverture de la Ligne d’assistance juridique téléphonique, autant en ce qui concerne les appels que nous avons reçus que dans le cadre de nos activités communautaires de sensibilisation. Premièrement, quand les gens appellent le 14:20 Human Rights 7-9-2022

is because when people or organizations engage in acts of anti- Muslim prejudice, it is rarely done in an explicit manner. The prejudicial act or attitude is often masked as a micro-aggression or as a decision or policy whose justification is not Islamophobic but whose impact is felt as being prejudicial. service téléphonique, il arrive souvent qu’ils ne savent pas s’ils ont véritablement vécu de l’islamophobie. C’est que les gens et les organisations qui agissent avec des préjugés contre les musulmans le font rarement de façon explicite.

Ces actes et attitudes préjudiciables prennent souvent la forme d’une micro- agression ou de décisions ou politiques qui ne reposent pas sur l’islamophobie, mais dont les répercussions sont tout de même ressenties comme étant préjudiciables. Another issue we have identified through our community outreach work is that even when people explicitly experience

an act of Islamophobia, the individual impacted often does not have the knowledge or vocabulary necessary to describe that incident as Islamophobic. They know something is wrong, they know something is off, but they don’t have the framework to identify that act as

an act of discrimination. Un autre problème que nous avons observé dans le cadre de notre travail communautaire de sensibilisation est que, même quand une personne est clairement victime d’islamophobie, elle n’a souvent pas les connaissances ou le vocabulaire nécessaires pour expliquer qu’il s’agit d’un incident islamophobe. Elle sait qu’il y a un problème, que quelque chose ne tourne pas rond, mais elle n’a pas le cadre de référence nécessaire pour démontrer que ce qui s’est passé était un acte de discrimination.

Lastly, there tends to be a hesitancy on the part of people that experience Islamophobia explicitly to seek help through the ILAH and/or to report that incident elsewhere. I think this hesitancy stems from a number of places, and I think the first one, which we’ve identified, is that many immigrant communities have a deeply ingrained sense of belonging to what I would call the model minority framework where they have been socialized to believe that they are lucky to be here in Canada, that they should keep their heads down, work hard and not attract attention to themselves by speaking out.

Secondly, Muslim communities, given the history of surveillancing that they’ve experienced since 9/11 here in Canada, the history of racial profiling, they also don’t want to attract attention to themselves. Enfin, les gens qui sont clairement victimes d’islamophobie ont tendance à hésiter à demander de l’aide à la Ligne d’assistance juridique téléphonique ou à dénoncer l’incident d’une autre façon.

Cela s’explique de plus d’une façon, mais, comme nous l’avons constaté, je crois que la première raison tient au fait que de nombreuses communautés d’immigrants ont un sentiment d’appartenance profondément ancré à ce que j’appellerais le milieu de la minorité moderne, c’est-à-dire qu’elles ont été socialisées de façon à croire qu’elles sont chanceuses d’être ici au Canada, qu’elles ne devraient pas faire de vagues, mais travailler dur et ne pas attirer l’attention en s’exprimant.

Deuxièmement, les communautés musulmanes, vu la façon dont elles sont surveillées depuis le 11 septembre ici au Canada et les antécédents de profilage racial, ne veulent pas non plus attirer l’attention sur elles. I think one of the ways to address these issues that I’ve highlighted for you is to provide a nationwide network of education aimed at raising awareness about what Islamophobia is, the forms it takes on, the underlying attitudes and ideologies it is grounded in and what people can do in response to it.

This education should take place in all sectors of our society including but not limited to our schools, colleges, universities, workplaces, law enforcement, border agencies and within government itself. The goal of this education is to not only empower those who experience Islamophobia to take action but also prevent it from happening in the first place by teaching people about the harmful biases and attitudes that cause Islamophobia.

Je crois que l’une des façons de combattre les problèmes que je viens de vous exposer est de fournir un réseau de sensibilisation à l’échelle du pays, dans le but de sensibiliser les gens à propos de l’islamophobie, des formes qu’elle peut prendre, des attitudes et des idéologies sous-jacentes sur lesquelles elle repose et pour informer les gens de ce qu’ils peuvent faire pour intervenir.

Ces efforts de sensibilisation devraient avoir lieu dans tous les secteurs de la société, y compris nos écoles, nos collèges, nos universités, nos lieux de travail, les organismes d’application de la loi, les services frontaliers et les organismes du gouvernement lui-même. Le but de cette sensibilisation n’est pas seulement de donner aux gens victimes d’islamophobie les moyens de réagir, mais aussi d’empêcher que cela arrive, en premier lieu, en sensibilisant les gens à propos des préjugés et des attitudes nuisibles qui causent l’islamophobie. I think bystander training is also incredibly important.

What we hear from people who call the hotline time and time again is, “I wish someone who saw this happening did something about it. I wish they intervened.” That is something that we aren’t seeing happening. We need people to intervene and speak up when they Je pense qu’il est extrêmement important qu’il y ait une formation pour les gens qui sont témoins. Les gens qui appellent la ligne d’assistance téléphonique nous disent très souvent : « J’aurais aimé que quelqu’un qui a vu ce qui se passait ait fait quelque chose. J’aimerais que les gens soient intervenus. » C’est 7-9-2022 Droits de la personne 14:21

witness these experiences because the person on the receiving end of Islamophobia is often frozen or in shock and feels helpless, and we need people with more privilege to step up and do something about these incidents, whether it’s on the street, on the bus, in the workplace, at the border or wherever. quelque chose que nous ne voyons pas.

Il faut que les gens interviennent et qu’ils disent quelque chose quand ils sont témoins de ces incidents, parce que la personne qui subit de l’islamophobie est souvent figée ou choquée, et elle se sent impuissante, et nous avons besoin que les gens plus privilégiés interviennent et fassent quelque chose lors de ce genre d’incidents, qu’ils se produisent dans la rue, dans l’autobus, au travail, à la frontière ou n’importe où ailleurs. I will conclude by stating that although the hotline is an important service, it is only a Band-Aid solution.

It provides a potential remedy to individuals who are already the victims of Islamophobia, but it does not prevent Islamophobia from happening in the first place. That is why we at the ILAH believe it is incredibly important to deal with the underlying causes of Islamophobia in Canada, and there are many of them. I’ve highlighted some of them, but one that we are particularly concerned about, given the studies and given what many of our agencies here in Canada are saying, is the rise of white supremacy in Canada.

White supremacy is on the rise here, and the prejudicial rhetoric that stems from it is becoming normalized within the realm of social media, the public sphere and even politics. It is radicalizing and empowering, in particular, young white males to engage in racist and hateful behaviour both online and in our everyday public sphere. Je vais conclure en disant que, même si la ligne d’assistance téléphonique est un service important, ce n’est qu’une solution temporaire. Il s’agit d’un recours potentiel pour les gens qui sont déjà victimes d’islamophobie, mais cela n’empêche pas l’islamophobie en premier lieu.

C’est pourquoi nous, les gens de la Ligne d’assistance juridique téléphonique, croyons qu’il est incroyablement important de s’attaquer aux causes sous-jacentes de l’islamophobie au Canada, et il y en a beaucoup. J’en ai déjà souligné quelques-unes, mais une cause qui nous préoccupe tout particulièrement, compte tenu des études et de ce que nous entendons d’un grand nombre de nos organismes ici au Canada, c’est la montée du mouvement de la suprématie blanche au Canada.

La suprématie blanche est en hausse ici, et le discours préjudiciable qui en découle est en train d’être normalisé dans les médias sociaux, dans la sphère publique et même dans le monde politique. C’est ce qui radicalise les jeunes hommes blancs en particulier et les encourage dans leur comportement raciste et haineux, autant en ligne qu’en public, dans la vie de tous les jours. In 2019, David Vigneault, the director of CSIS, told the Senate committee on national security that it is increasingly preoccupied with the threat of violent right-wing extremism and white supremacists.

This is the same ideology that motivated Alexandre Bissonnette to open fire on worshippers at a Quebec mosque, and it’s the same hateful ideology that motivated Nathaniel Veltman to brutally run over a Muslim family of five in London, Ontario, but it is also the ideology behind the more, can I say, benign forms of Islamophobia that take place every day. I urge you to dedicate time, energy and resources towards studying this spread of this ideology and stopping it.

En 2019, David Vigneault, le directeur du SCRS, a dit au Comité sénatorial de la sécurité nationale que son organisation est de plus en plus préoccupée par la menace que représentent les groupes d’extrême-droite violents et les suprémacistes blancs.

C’est cette même idéologie qui a motivé Alexandre Bissonnette à ouvrir le feu sur les fidèles de la mosquée de Québec, et c’est cette même idéologie haineuse qui a motivé Nathaniel Veltman à faucher brutalement une famille musulmane de cinq personnes à London, en Ontario, mais c’est aussi cette même idéologie qui alimente, si je peux dire, les formes plus bénignes de l’islamophobie au quotidien. Je vous implore de prévoir temps, énergie et ressources pour étudier la propagation de cette idéologie et la freiner. I think I’ll conclude with those comments and open up the floor to questions.

I thank you for the time and opportunity. Je vais conclure sur ces commentaires et vous céder la parole pour les questions. Je vous remercie de votre temps et de l’occasion que vous m’avez donnée. The Chair: Thank you, Hasan. La présidente : Merci, maître Alam. We will next turn to Tahzi Ali, who is the assistant secretary of the British Columbia Muslim Association Board of Women Council. C’est au tour de Mme Tahzi Ali, secrétaire adjointe du Conseil des femmes de l’Association musulmane de la Colombie- Britannique.

Tahzi Ali, Assistant Secretary, British Columbia Muslim Association Board of Women Council: Good morning to the committee members and my panellists here. I’m with theB.C. Muslim Association, and the B.C. Muslim Association has many Tahzi Ali, secrétaire adjointe, Conseil des femmes de l’Association musulmane de la Colombie- Britannique : Bonjour, mesdames et messieurs les membres du Comité et bonjour aux témoins. Je fais

partie de l’Association 14:22 Human Rights 7-9-2022

mosques, schools and centres around B.C. It started in 1966, and that is when Muslims established a centre. We were a handful, under 100 Muslims probably at that time,

whereas now there are over 100,000 Muslims in B.C. musulmane de la Colombie-Britannique, qui compte un grand nombre de mosquées, d’écoles et de centres d’un bout à l’autre de la Colombie-Britannique. L’Association a vu le jour en 1966, quand un certain nombre de musulmans ont décidé d’ouvrir un centre. Nous n’étions qu’une poignée, moins de 100 musulmans probablement à l’époque, alors qu’il y a maintenant plus de 100 000 musulmans en Colombie-Britannique. My testimony today is more from a local B.C. Muslim community perspective. I came to Canada in 1973. I was seven years old.

Seeing the growth in the community from a lens of a young girl who didn’t know how to speak English to seeing the community grow, here we are today. We have a second and third generation of Muslims in B.C., and we also have new Canadians. We have refugees that have come and have added to the population. The growth has been exponential. Our centres and mosques are full, completely full, when we have events, when we have prayers, when we have religious events, large events, where the capacity is absolutely exceeding.

Mon témoignage aujourd’hui sera surtout axé sur le point de vue de la communauté musulmane locale de la Colombie- Britannique. Je suis arrivée au Canada en 1973, à l’âge de sept ans. J’ai vu la communauté grandir avec les yeux d’une jeune fille qui ne savait pas parler anglais, je l’ai vue grandir et devenir ce qu’elle est aujourd’hui. Nous avons des musulmans de deuxième et de troisième générations en Colombie- Britannique, et il y a aussi de nouveaux Canadiens. Des réfugiés sont arrivés et se sont ajoutés à la population. Nous avons connu une croissance exponentielle.

Nos centres et nos mosquées sont pleins, pleins à craquer, et quand nous avons des événements, quand nous avons des prières, quand nous avons des événements religieux, des événements de grande envergure, nous dépassons largement notre capacité. What does that say when you have an increase in numbers? You have a diaspora. You have multi-generational Muslims in B.C. That tells you about the issues that the Muslims have faced. Being in the mosque myself, I’ve been a part of the director level and at the grassroots level. Muslims see mosques as a safe place. They see it as a safe place.

It’s open from morning to night. They can walk in, and they can talk to whoever is there. They can express how they’re feeling and what they may be going through. The directors at the mosque are tasked with making sure that they are supporting the communities and that they are listening to them, yet resources are limited. Cependant, qu’est-ce que cette augmentation reflète? Nous avons une diaspora. Nous avons des musulmans d

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CollectionSenate Committees
CitationRIDR / Evidence / 14ev-55639
Typecommittee
Volume / chapter441 / Evidence / 14ev-55639
Languageen
Formatpdf
SourceCOMM_SEN
Identifier1d5d2edb195575a805be33c325db885ffed60854

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