Senate Committee — SOCI — Evidence — 41ev-56017
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EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Wednesday, February 15, 2023 OTTAWA, le mercredi 15 février 2023 The Standing Senate Committee on Social Affairs, Science and Technology met with videoconference this day at 4 p.m. [ET] to examine and report on such issues as may arise from time to time relating to social affairs, science and technology generally.
Le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie se réunit aujourd’hui, à 16 heures (HE), avec vidéoconférence, pour examiner, afin d’en faire rapport, les questions qui pourraient survenir concernant les affaires sociales, les sciences et la technologie en général. Senator Ratna Omidvar (Chair) in the chair. La sénatrice Ratna Omidvar (présidente) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Chair: My name is Ratna Omidvar. I am a senator from Ontario, and I am chair of this committee.
La présidente : Je suis la sénatrice Ratna Omidvar, de l’Ontario, et je suis la présidente du comité. I would like to begin by going around the table and ask my colleagues to introduce themselves, starting with the deputy chair of the committee. Poursuivons les présentations, à tour de rôle, en commençant par la vice-présidente. Senator Bovey: I’m Patricia Bovey, a senator from Manitoba. La sénatrice Bovey : Je suis la sénatrice Patricia Bovey, du Manitoba. Senator R. Patterson: I’m Rebecca Patterson from Ontario. La sénatrice R. Patterson : Je suis la sénatrice Rebecca Patterson, de l’Ontario.
Senator Kutcher: Stan Kutcher from Nouvelle-Écosse . Le sénateur Kutcher : Stan Kutcher, de la Nouvelle-Écosse. Senator Moodie: Rosemary Moodie from Ontario. La sénatrice Moodie : Rosemary Moodie, de l’Ontario. [Translation] [Français] Senator Petitclerc: Chantal Petitclerc, Quebec. La sénatrice Petitclerc : Chantal Petitclerc, du Québec. Senator Mégie: Marie-Françoise Mégie, Quebec. La sénatrice Mégie : Marie-Françoise Mégie, du Québec. [English] [Traduction] Senator Dasko: Donna Dasko, a senator from Ontario.
La sénatrice Dasko : Je suis la sénatrice Donna Dasko, de l’Ontario. [Translation] [Français] Senator Verner: Josée Verner, Quebec. La sénatrice Verner : Josée Verner, du Québec. [English] [Traduction] The Chair: Today we continue our study on Canada’s temporary and migrant labour force. La présidente : Aujourd’hui, nous poursuivons l’étude sur la main-d’œuvre temporaire et migrante du Canada. Our first panel is one witness in person and another on video conference.
In person, we welcome Eugénie Depatie-Pelletier, Executive Director of the Association for the Rights of Household and Farm Workers, and by video conference we have Syed Hussan, Executive Director, Migrant Workers Alliance for Change. Souhaitons la bienvenue à notre premier groupe : la directrice générale de l’Association pour les droits des travailleurs de maison et de ferme, Eugénie Depatie-Pelletier; et le directeur général de la Migrant Workers Alliance for Change, Syed Hussan. Ils témoigneront respectivement en personne et par vidéoconférence. 15-2-2023 Affaires sociales, sciences et technologie 41:1
Thank you to both our witnesses for being with us today. We will begin with your opening statements. I remind you, please, that you have five minutes for your statements, which we will follow up with questions. Ms. Depatie-Pelletier, the floor is yours. Je vous remercie tous les deux de votre présence. Nous entendrons d’abord vos déclarations liminaires. Vous disposez chacun de cinq minutes pour ce faire, après quoi nous enchaînerons avec les questions. Madame Depatie-Pelletier, vous avez la parole.
Eugénie Depatie-Pelletier M.Sc., LL.D., Executive Director, Association for the Rights of Household and Farm Workers: Dear members of the Senate Social Affairs Committee, thank you for inviting me to attend today’s meeting.
Eugénie Depatie-Pelletier M.Sc., LL.D., directrice générale, Association pour les droits des travailleuses de maison et de ferme : Honorables sénateurs, je vous remercie de votre invitation. [Translation] [Français] I’m Eugénie Depatie-Pelletier, Executive Director of the Association for the Rights of Household and Farm Workers and Doctor of Law, but also an adjunct professor in the Department of Geography at Université Laval in Quebec City. I’ve been studying migrant and temporary labour for over 20 years.
I will speak to you in English given the interest shown in your work by various partners in Australia, Mexico, Germany, the United Kingdom and the United States. Je suis Eugénie Depatie-Pelletier, directrice générale de l’Association pour les droits des travailleuses.rs de maison et de ferme et docteure en droit, mais aussi professeure associée au département de géographie de l’Université Laval, à Québec. J’étudie la main-d’œuvre migrante et temporaire depuis plus de 20 ans.
Je m’adresserai à vous en anglais vu l’intérêt porté à vos travaux par différents partenaires de l’Australie, du Mexique, de l’Allemagne, du Royaume-Uni et des États-Unis. [English] [Traduction] Canada has a long history of using immigration policy to consolidate its labour force. This includes admitting workers and their families with permanent status, allowing them to work for any employer in Canada, to leave and return to the country, settle, if they wish and, after a certain time, become citizens.
We also admit foreign workers on open work permits, which equally provides a right to work for practically any employer in the country. Cela fait longtemps que le Canada emploie une politique d’immigration pour répondre à ses pénuries de main-d’œuvre, notamment en accordant à des travailleurs et à leurs familles le statut permanent, en les autorisant à travailler pour n’importe quel employeur au Canada, à partir et à revenir au pays, à s’installer, s’ils le veulent et, après un certain temps, à devenir des citoyens.
Nous admettons aussi des étrangers munis de permis de travail ouverts, qui leur confèrent également le droit de travailler pour pratiquement tout employeur au Canada. However, at an increasing rate, the federal government facilitates the admission of workers on employer-tied work authorizations, making the right to legally work in Canada conditional on a relationship with a sponsoring specific employer. For many of these workers, no access or very exceptional access to permanent status keeps them in a perpetual state of dependency on their employer in order to maintain their right to legal employment in Canada.
The imposition of employer-tied work permits and other similar federal measures negates the worker’s right to work for any other employer, undermining the worker’s capacity to resign, refuse unsafe work, assert their rights and seek justice in cases of violations. Mais de plus en plus le gouvernement fédéral facilite l’admission de détenteurs de permis de travail liés à un employeur. Le droit de travailler en toute légalité au Canada devient conditionnel à une relation avec un employeur précis.
L’absence d’accès ou un accès très exceptionnel au statut permanent maintient beaucoup de ces travailleurs dans un état perpétuel de dépendance envers leur employeur pour conserver le droit de travailler au Canada. Ces permis de travail et d’autres mesures fédérales semblables leur nient le droit de changer d’employeur, en portant atteinte à leur capacité de démissionner, de refuser un travail dangereux, d’affirmer leurs droits et de chercher à obtenir justice quand leurs droits sont bafoués. This, as already confirmed by American jurisprudence, places the worker in a legal condition of servitude.
Scientific evidence confirms that employer-tied work authorizations restrict workers’ physical liberty and are associated with higher risks of employer abuse, wage theft, psychological, physical and sexual harassment, assault, rape, debt bondage, human trafficking, as well as work-related illnesses, accidents and death. In fact, such legal status for migrant workers was characterized as a modern form of slavery in a 2006 unanimous decision by the Supreme Court of Israel. Ce régime, comme la jurisprudence états-unienne l’a confirmé, les soumet juridiquement en servitude.
La science confirme que ces permis de travail limitent leur liberté physique d’ouvriers et augmentent le risque d’abus par l’employeur, de vol de leur salaire, de harcèlement psychologique, physique et sexuel, de coups et blessures, de viol, d’esclavage pour dettes, de trafic de personnes ainsi que de maladie, d’accidents et de mortalité liés au travail. En fait, la Cour suprême d’Israël, dans un arrêt de 2006, a unanimement qualifié ce régime juridique de forme moderne d’esclavage. 41:2 Social Affairs, Science and Technology 15-2-2023
The Canadian government has attempted to address the high risk of abuse through increased employer requirements, recruitment regulation, greater oversight over work contracts and legal information initiatives. These efforts systematically fail, unsurprisingly so, since the subordinate legal status that prevents, in the first place, migrant workers from asserting their rights remains enforced. Band-Aid solutions cannot mitigate the state-increased risk of rights violations inherent in a system where, as a general rule, the right to change employers is negated.
The current situation is at odds with how Canada defines itself — as a free and democratic society founded on a principle of human dignity and equality. Furthermore, by removing competitiveness between employers, this unfree labour regime places a downward pressure on wages and work conditions within the affected sectors for all workers, including citizens. Righting this wrong cannot be achieved by tinkering at the edges of the problem.
Le gouvernement canadien a essayé d’abaisser le risque élevé d’actes illicites en exigeant davantage des employeurs, en réglementant le recrutement, en surveillant de plus près les contrats de travail et en intensifiant l’information juridique. Il n’est pas surprenant que ses efforts aient systématiquement échoué, parce que, d’abord, on laisse en vigueur le statut juridique inférieur des travailleurs migrants qui les empêche d’affirmer leurs droits.
Les rafistolages ne peuvent atténuer le risque, accru par l’État, de violations des droits inhérents à un système où, en règle générale, on nie le droit de changer d’employeur. La situation actuelle dément la façon dont le Canada se définit — comme une société libre et démocratique fondée sur un principe d’égalité et de dignité humaine. En outre, en supprimant la concurrence entre les employeurs, ce régime de main-d’œuvre asservie exerce une pression vers le bas sur les salaires et les conditions de travail de tous dans les secteurs touchés, y compris des citoyens.
Ce tort ne saurait être réparé par des réformettes. At a minimum, Canada must abolish all employer-tying measures and emancipate the labour force currently unfree in the country. How would that be accomplished? It would require replacing employer-tied authorizations with open work permits. The hiring permits currently granted to specific employers or to specific groups of employers would be replaced by the establishment of annual skill quotas, based on provincial labour shortage assessments, to fix the numbers and skill of the foreign workers to be sponsored by the federal government.
The international recruitment, placement and integration of workers must be accomplished through bilateral government services, state-funded community integration and micro-loan programs. This would minimize the high risk of abusive practices and debt bondage associated with recruitment industries dominated by private actors. With these reforms, Canada would achieve the objective of its foreign worker programs without severely compromising the fundamental rights of migrants, nor consolidating a growing underclass of unfree workers in the country.
Au minimum, le Canada doit abolir toutes les mesures privilégiant l’employeur unique et émanciper les travailleurs asservis de notre pays. Comment? En remplaçant les permis de travail liés à un employeur par des permis de travail ouverts. On remplacerait les permis d’embauche actuellement accordés à des employeurs particuliers ou à des groupes particuliers d’employeurs par l’établissement de quotas annuels de main- d’œuvre qualifiée fondés sur des évaluations des pénuries de main-d’œuvre dans les provinces, pour fixer le nombre et les compétences des ouvriers étrangers que le gouvernement fédéral parrainerait.
Le recrutement à l’étranger, le placement et l’intégration d’ouvriers doivent être accomplis par des services gouvernementaux bilatéraux, l’intégration dans la communauté financée par l’État et des programmes de microprêts. On réduira ainsi le risque élevé de pratiques illicites et d’esclavage pour dettes associé aux entreprises de recrutement dominées par des acteurs privés.
Avec ces réformes, le Canada accomplirait l’objectif de ses programmes des travailleurs étrangers sans compromettre gravement les droits fondamentaux des migrants ni augmenter les effectifs d’une sous-classe de travailleurs asservis dans notre pays. Furthermore, to respect the fundamental rights to psychological integrity, we must automatically issue open work and study permits to the spouses and children of all workers, ensure that our programs stop destroying families and children and recognize the basic human principle of the family unit.
In addition, since meaningful access to justice requires permanent legal status, workers must be provided upon arrival with independent access to permanent legal status. En outre, pour respecter les droits fondamentaux à l’intégrité psychologique, nous devons délivrer automatiquement des permis de travail ouverts et des permis d’études aux conjoints et aux enfants de tous les travailleurs, veiller à ce que nos programmes cessent de détruire les familles et les enfants et reconnaître le principe humain fondamental de l’unité familiale.
De plus, comme un véritable accès à la justice exige un statut juridique permanent, les travailleurs doivent avoir accès, dès leur arrivée, à ce statut permanent. Finally, an ongoing universal regularization procedure would be mandatory, as individuals with temporary permits systematically lose their legal status, often because of employer Enfin, il faudrait une régularisation universelle permanente, puisque les détenteurs de permis temporaires perdent systématiquement leur statut juridique, souvent par la négligence 15-2-2023 Affaires sociales, sciences et technologie 41:3
negligence or bad faith, fraudulent immigration consultants, if not because of illness, accident or pregnancy. ou la mauvaise foi de l’employeur, de conseillers en immigration fraudeurs, quand ce n’est pas à cause de la maladie, d’accidents ou d’une grossesse. More details on the human rights issues associated with the current regime, and the necessary reforms will be included in a memo prepared by our organization for the committee’s attention. Thank you for your interest in these essential matters.
Plus de détails sur les questions des droits de la personne qui découlent du régime actuel et sur les réformes nécessaires se trouveront dans un mémoire que notre organisation destine à votre comité. Merci de votre intérêt pour ces questions essentielles. The Chair: Thank you very much, Ms. Depatie-Pelletier. La présidente : Merci beaucoup, madame Depatie-Pelletier. We will move on to you, Mr. Hassan, please, for your remarks. Monsieur Hussan, à vous la parole pour votre déclaration. Syed Hussan, Executive Director, Migrant Workers Alliance for Change: Thank you so much for inviting me to speak here.
I’m here on behalf of Migrant Workers Alliance for Change, which is a membership-based body of migrant farm workers, international students, domestic workers, refugees and undocumented residents. I was asked to focus my remarks on the care economy, which is what I’ll do. Syed Hussan, directeur général, Migrant Workers Alliance for Change : Merci de votre invitation à venir témoigner. Je suis ici de la part de la Migrant Workers Alliance for Change, qui représente des ouvriers agricoles migrants, des étudiants étrangers, des employés de maison, des réfugiés et des résidents sans papiers.
Conformément à ce qu’on m’a demandé, je focaliserai mes observations sur l’économie des soins. We have 2,065 members who are temporary foreign workers in the various caregiver streams who are predominantly from Indonesia, Philippines, India and the Caribbean countries. About half of the membership takes care of children, and the other half takes care of the sick and the elderly. In addition, we have 4,689 members who are refugee claimants or are undocumented who work in long-term care or other residential care facilities. They are primarily from Nigeria, Uganda and Kenya, as well as from many other countries.
This membership attends monthly meetings, gives direction about polls and surveys as well as focus groups, and they all participate in public activities. Our priorities and strategies are voted on by the membership, so my remarks today represent the experiences and demands of 6,754 migrant members of the Migrant Workers Alliance for Change. J’aimerais souligner que 2 065 de nos membres sont des travailleurs étrangers temporaires affectés à diverses filières de soins et originaires d’Indonésie, des Philippines, de l’Inde et des Caraïbes, principalement.
Une moitié s’occupe d’enfants; l’autre soigne des malades et des personnes âgées. De plus, 4 689 autres membres sont des demandeurs du statut de réfugié ou sont des sans-papiers travaillant dans les établissements de soins de longue durée ou d’autres établissements de soins pour bénéficiaires internes. Ils sont essentiellement originaires du Nigeria, de l’Ouganda et du Kenya de même que de nombreux autres pays. Ces membres assistent à des réunions mensuelles, contribuent à des sondages, à des enquêtes d’opinion et à des groupes de discussion, et ils participent tous à des activités publiques.
Ils se prononcent sur nos priorités et nos stratégies. Mes observations d’aujourd’hui refléteront donc les expériences et les demandes de ces 6 754 membres migrants de notre alliance. First, let me start with migrant care workers and the temporary foreign worker program. In a recent survey, 48% of the care workers reported working long hours of work, ranging from 10 to 12 hours a day, sometimes six or seven days per week. About 40% of the workers reported not being paid for the extra hours of work, averaging out to $6,552 stolen in wages over the previous six-month period.
That’s about $12,000 a year per worker being stolen. One in three of the respondents reported being forbidden by the employers to leave the house, take public transit, send remittances home, visit doctors or meet with friends or family members in the country. Permettez d’abord que je parle des soignants migrants et du programme des travailleurs étrangers temporaires. Dans un sondage récent, 48 % des soignants ont signalé le grand nombre d’heures qu’ils travaillaient quotidiennement, de 10 à 12, parfois six ou sept jours par semaine.
Environ 40 % d’entre eux ont dit ne pas être rémunérés pour leurs heures supplémentaires, ce qui correspond, en moyenne, à 6 552 $ en salaires non versés au cours des six mois précédents, soit environ 12 000 $ par année et par travailleur. Un sondé sur trois a dit s’être fait interdire par l’employeur de quitter la maison, de prendre des moyens de transport en commun, d’envoyer de l’argent dans son pays d’origine, de consulter le médecin ou de rencontrer des amis ou des membres de sa famille dans notre pays. 41:4 Social Affairs, Science and Technology 15-2-2023
More than one in three lost their jobs or were fired during COVID-19 because their employer either lost income or they were working from home and, in some cases, employers died. When migrant care workers lose their jobs, they also become homeless. They don’t have access to health care, there’s no income support and they have to then find a new employer for an employer-dependent work permit to complete the 24-month work experience that is required. If they can’t do that, they become undocumented.
Plus du tiers d’entre eux a perdu son emploi ou a été congédié pendant la COVID-19, soit que l’employeur ait perdu son revenu, ait travaillé à partir de chez lui et que, dans certains cas, l’employeur soit décédé. Quand les soignants migrants perdent leur emploi, ils deviennent également des sans-abri. Ils n’ont pas accès aux soins de santé, n’ont aucun revenu et doivent alors trouver un nouvel employeur pour un permis de travail lié à l’employeur pour accumuler les 24 mois requis d’expérience de travail. Sinon, ils deviennent sans-papiers.
Nearly 60% of the respondents identified being worried about not being able to fulfill the 24-month requirement to apply for permanent residency. Over 30% could not secure the high English language score that is required for permanent residency or get an accreditation for one year of post-secondary education, which is another requirement for permanent resident status. Près de 60 % des sondés ont dit craindre de ne pouvoir satisfaire à l’exigence des 24 mois requis pour la résidence permanente.
Plus de 30 % n’ont pu obtenir le pointage élevé de connaissance de la langue anglaise exigé pour la résidence permanente ou la reconnaissance d’une année d’études postsecondaires, une autre exigence pour l’obtention du statut de résident permanent. Let me now turn to refugee and undocumented health care workers.
About 19.5% of our current membership, or 4,689 members, are personal support workers; 17% are direct hires at long-term care homes; 35% are working at long-term care homes via temporary health agencies; and 26% are working in other residential care facilities taking care youth, people with disabilities or people with addictions. As of February 2023, our members worked for a median of 13 months in these facilities, which means they turned to these jobs during COVID-19 because Canadian citizen workers and permanent residents left those jobs during the massive outbreaks in residential care facilities.
Voyons maintenant les travailleurs de la santé réfugiés et sans- papiers. Environ 19,5 % de nos membres, ou 4 689 d’entre eux, sont des auxiliaires de vie; 17 % sont directement embauchés par des établissements de soins de longue durée; 35 % y travaillent par l’entremise d’agences d’aide temporaire; 26 % soignent des jeunes, des personnes handicapées ou des toxicomanes dans d’autres établissements de soins pour bénéficiaires internes.
En février 2023, nos membres avaient travaillé dans ces établissements pendant une durée médiane de 13 mois, ce qui signifie qu’ils y étaient arrivés pendant la COVID-19, après l’abandon de ces postes par des préposés canadiens et résidents permanents pendant les grosses flambées de la maladie sur place. On average, our members have been in the country for 51 months. Many of them are undocumented. The median wage of our members is $18 per hour; however, over 40% of them reported stolen wages, particularly for unpaid overtime. Our members have been and still are the front lines of health care.
These are the aides, nurses, orderlies, cooks, cleaners and support staff in residential care facilities where citizens and permanent residents have exited following massive outbreaks. En moyenne, nos membres sont au Canada depuis 51 mois. Beaucoup sont des sans-papiers. Leur salaire médian est de 18 $ l’heure; mais plus de 40 % d’entre eux ont signalé ne pas avoir été pleinement rémunérés, particulièrement pour le travail en temps supplémentaire.
Nos membres étaient et restent des soignants de première ligne — aides, infirmières et infirmiers, agents de service hospitalier, cuisiniers, préposés au nettoyage et personnel de soutien dans les établissements de soins pour bénéficiaires internes que des citoyens et des résidents permanents ont abandonnés après les grosses flambées. The central demand for both of these sections of our membership is full and permanent immigration status for all and landed status now. All migrants in Canada, including those that have become undocumented, should be granted permanent resident status immediately.
All migrant care workers arriving in Canada in the future should do so with permanent resident status. Pour ces deux groupes de nos membres, nous formulons une demande fondamentale : le plein droit au statut permanent d’immigration pour tous et le droit de résidence permanente maintenant. Tous les migrants se trouvant au Canada, y compris ceux qui sont devenus des sans-papiers, devraient recevoir immédiatement le statut de résident permanent. Tous les travailleurs migrants de la santé qui arriveront désormais au Canada devraient obtenir ce statut.
On December 16, 2021, Prime Minister Trudeau promised a regularization program which means permanent resident status for undocumented residents. While we have participated in many meetings with the appropriate government bodies, no program has been created since. Migrants who may be given permanent Le 16 décembre 2021, le premier ministre Trudeau a promis un programme pour la régularisation de la situation des résidents sans papiers, qui leur accorderait la résidence permanente.
Malgré notre participation à de nombreuses réunions avec les organismes gouvernementaux compétents, aucun programme n’a 15-2-2023 Affaires sociales, sciences et technologie 41:5
residence tomorrow may continue to be wrenched apart from their families and continue to be deported today. I’m happy to share more details about regularization later in the discussion period. été créé depuis. Les migrants à qui on peut accorder la résidence permanente demain risquent aujourd’hui d’être arrachés à leurs familles et d’être expulsés. Je serai heureux de donner plus de détails sur la régularisation en réponse à vos questions. Permanent resident status must be understood as the mechanism through which all other rights are accessed.
It is only with permanent resident status that migrants can protect themselves against labour exploitation, have the power to leave a bad job or make a complaint without fear of reprisal. Permanent resident status allows access to essential health care services and allows for family reunification. Permanent residency will allow workers to move into health care, where workers are sorely needed. Considérons le statut de résident permanent comme le sésame donnant accès à tous les autres droits.
Lui seulement protège les migrants contre l’exploitation de la main-d’œuvre, leur permet de quitter un travail déplorable ou de se plaindre sans crainte de représailles. Il conduit aux soins de santé essentiels et à la réunification des familles. Il ouvre la porte à la profession des travailleurs de la santé, dont la pénurie est criante.
As an interim measure for migrant workers in the so-called Home Child Care Provider Pilot and Home Support Worker Pilot, there must be some interim measure changes, which includes the removal of the one-year post-secondary education requirement, the high English language scores that exceed that for Canadian citizenship, the 2,750 cap, and the job offer letter should also be removed. I can explain more about why we ask for these demands in the discussion session.
En attendant, il faut entreprendre des changements pour les travailleurs migrants dans les programmes pilotes des gardiens d’enfants et des aides familiaux à domicile, notamment la suppression de l’exigence d’une année d’études postsecondaires, des notes élevées en langue anglaise, qui sont supérieures à celles qu’on exige des citoyens canadiens, du plafond de 2 750 demandes et de la lettre requise d’offre d’emploi. Pendant la période de questions, je pourrai vous expliquer ces demandes. Thank you so much. I look forward to our conversation. Merci beaucoup. Je me réjouis d’avance de vos questions.
The Chair: Thank you to both our witnesses for your remarks. La présidente : Je remercie nos deux témoins de leurs exposés. We will now turn to questions. I have a long list of senators waiting to ask questions. I would remind you that you have five minutes, colleagues, for your questions. The shorter the question, the longer the answer. Nous allons maintenant passer aux questions. J’ai une longue liste de sénateurs désireux de poser des questions. Je vous rappelle que vous avez cinq minutes, chers collègues, pour vos questions. Plus la question sera courte, plus il y aura de temps pour la réponse.
Before asking questions, may I request members and witnesses in the room to please refrain from leaning in too closely to the microphone, or remove your ear piece when you do so. This will avoid any sound feedback that could negatively impact the committee staff. Avant de passer aux questions, pourrais-je demander aux sénateurs et aux témoins présents dans la salle de s’abstenir de se pencher trop près du microphone ou de retirer leurs écouteurs s’ils le font. Cela permettra d’éviter tout retour de son susceptible de blesser le personnel du comité.
The first question is from Senator Pat Bovey, deputy chair of our committee. La première question sera posée par la sénatrice Pat Bovey, vice-présidente du comité. Senator Bovey: I’d like to thank both our presenters. You gave us a lot of information to mull over and consider. La sénatrice Bovey : J’aimerais remercier nos deux témoins. Vous nous avez donné beaucoup d’informations à méditer et à prendre en considération. I’m going to focus my questions on the migrant caregivers, if I may. You both mentioned rights. I’ve got a few questions.
Are there still caregivers entering Canada under what might be considered now defunct programs? When caregivers get here, how are they told of their rights? Once here, who enforces their housing standards if they’re live-in caregivers? J’axerai mes questions sur la main-d’œuvre soignante migrante, si vous me le permettez. Vous avez tous deux mentionné ses droits. J’ai quelques questions à vous poser. Y a-t- il encore des soignants qui entrent au Canada dans le cadre de ce que l’on pourrait considérer comme des programmes aujourd’hui disparus?
Lorsque des soignants arrivent ici, comment sont-ils informés de leurs droits? Une fois qu’ils sont ici, qui fait respecter les normes de logement s’ils habitent sur place? 41:6 Social Affairs, Science and Technology 15-2-2023
Ms. Depatie-Pelletier: I will start, maybe, and then Mr. Hussan can continue. Mme Depatie-Pelletier : Je peux peut-être commencer, puis M. Hussan pourra enchaîner. Officially, there are some new initiatives and a new website with information that explains their rights in Canada. Since COVID, there is some funding for community organizations to reach out and inform workers and caregivers of their rights.
Frankly, however, even when they know and they are aware of their rights, they will refrain from exercising them because they have so much to lose if they lose employment with the sponsor, if only because of delays to access permanent status. I have to be honest and say that while all the rights of the world technically apply to them, it’s not exactly the main issue. Sometimes language is a barrier, but even when they do have the information, most will refrain from complaining and asserting their rights.
Officiellement, il y a quelques nouvelles initiatives et un nouveau site Web, où l’on trouve de l’information sur leurs droits au Canada. Depuis l’arrivée de la COVID, il y a du financement pour les organisations communautaires en contact avec les travailleurs et les soignants pour les informer de leurs droits. Mais franchement, même s’ils connaissent leurs droits et en sont conscients, ils s’abstiendront de les exercer parce qu’ils ont tellement à perdre s’ils perdent leur emploi chez le parrain, ne serait-ce qu’en raison des délais pour obtenir un statut permanent.
Je dois être honnête et vous dire que même si tous les droits du monde s’appliquent techniquement à eux, ce n’est pas vraiment le problème principal. Parfois, la langue est une barrière, mais même lorsqu’ils ont l’information, la plupart s’abstiendront de se plaindre et de faire valoir leurs droits. Mr. Hussan: In terms of the people entering into the country, it’s a bit more complicated. The majority of care workers are already in the country. The new program allows people to come into the country on open work permits once they’ve been preapproved for permanent residency.
During COVID-19, we saw almost no new workers arrive in the country on open work permits, but some workers were arriving on closed work permits. M. Hussan : Pour les personnes qui arrivent au pays, c’est un peu plus compliqué. La majorité des soignants sont déjà dans le pays. Le nouveau programme permet aux gens de venir au pays avec un permis de travail ouvert dès qu’ils ont été préapprouvés pour la résidence permanente.
Pendant la période de la COVID-19, nous n’avons vu pratiquement aucun nouveau travailleur arriver au Canada avec un permis de travail ouvert, mais certains travailleurs sont arrivés avec un permis de travail fermé. Since those workers have started arriving, we’ve been getting FOI information from the federal government. These are sometimes people coming with families. It’s a different class makeup. The education requirements are higher and the language requirement is higher. The new care workers entering the country are very different than the care workers who are already in the country.
By and large — and we coordinate the national immigrant coalition — no one is really in touch with these new workers, but there are very few coming in. It is the people who are already in the country who are stuck in a backlog or who are stuck because they can’t fulfill the requirements that I discussed, for example, the education, the language, the work permit, the job offer letter. There’s a 2,750 cap on how many people can apply for permanent residence status. It opens on January 1 each year.
On January 1, 2023, it opened and closed within three hours because there are so many more people who want to apply who are already in the country. New workers are uniquely different based on countries of origin, et cetera. Depuis que ces travailleurs ont commencé à arriver, nous recevons de l’information sur l’accès à l’information du gouvernement fédéral. Il peut s’agir de personnes qui arrivent avec leur famille. Ils ont toutes sortes de profils différents. Les exigences en matière d’éducation sont plus élevées, tout comme les exigences linguistiques.
Les nouveaux soignants qui arrivent au pays sont très différents des soignants qui sont déjà ici. En réalité — et nous coordonnons la coalition nationale des immigrants —, personne n’est vraiment en contact avec ces nouveaux travailleurs, mais il y en a très peu qui arrivent. Ce sont des personnes qui sont déjà au Canada qui sont prises dans l’arriéré ou qui sont bloquées parce qu’elles n’arrivent pas à répondre aux exigences dont j’ai parlé, notamment pour ce qui est de l’éducation, de la langue, du permis de travail, de la lettre d’offre d’emploi.
Le nombre de personnes pouvant demander le statut de résident permanent est limité à 2 750. Le processus ouvre le 1er janvier de chaque année. Le 1er janvier 2023, il a ouvert et fermé en trois heures tellement il y a de personnes qui veulent faire une demande et qui sont déjà au pays. La situation des nouveaux travailleurs est totalement différente et dépend de leur pays d’origine, entre autres. In terms of information about rights, I agree with my colleague. It’s not about rights. It’s about the power to assert those rights, and that power comes from permanent residence status.
You have to complete 24 months of work. But if you speak up, you get fired, you become homeless and you’re not allowed to work for anyone else. You can’t get income support. En ce qui concerne l’information sur les droits, je suis d’accord avec ma collègue. Ce n’est pas une question de droits. C’est surtout qu’il est difficile de faire valoir ses droits sans le statut de résident permanent. Il faut avoir déjà travaillé 24 mois ici.
Mais la personne qui dénonce une situation sera licenciée et se retrouvera sans abri, non autorisée à travailler pour quelqu’un 15-2-2023 Affaires sociales, sciences et technologie 41:7
You have no access to justice, and you have to start all over again. The cost of speaking up is too high because you have to finish those 24 months within 36 months. If you can’t do that, then you become undocumented. That is happening — particularly because of COVID-19-related backlogs — to tens of thousands of racialized women. d’autre. Elle ne pourra pas obtenir de soutien au revenu. Elle n’aura pas accès à la justice et devra tout recommencer. Il en coûte trop cher de parler, parce qu’il faut réussir à accumuler 24 mois de travail en 36 mois, faute de quoi on devient sans- papiers.
C’est ce qui arrive — notamment à cause des arriérés liés à la COVID-19 — à des dizaines de milliers de femmes racisées. Senator Bovey: This really concerns me because we’ve all had situations in our lives where we’ve needed to have care workers for those who are near and dear to us. They do amazing work. I’m well aware of some of the strictures that some of these caregivers have. You’ve outlined some of what needs to be done, but what can be done right away to make their situation better?
La sénatrice Bovey : Cela me préoccupe vraiment parce qu’il nous est tous déjà arrivé dans nos vies d’avoir besoin de soignants pour nos proches. Ils font un travail extraordinaire. Je suis bien consciente de certaines des contraintes auxquelles ils sont soumis. Vous avez exposé quelques-unes des mesures à prendre, mais que pourrions-nous faire dès maintenant pour améliorer leur sort? Mr. Hussan: We’ve talked to the federal government about creating a small temporary resident to permanent resident pathway that removes both the education and the language requirement.
The work experience requirement has just been cut down to half as of April 30, 2023, but it is these other two other requirements in particular. A new program could be opened without the 2,750 cap. Get rid of these. This happened when the Liberal government came in initially in 2019. It was called the interim pathway. Many workers were able to get in. There needs to be a new interim pathway for care workers and for seasonal farm workers, actually. The government has shown an openness and interest to it, which removes the education and the language requirement. M.
Hussan : Nous avons proposé au gouvernement fédéral de créer une petite voie d’accès de la résidence temporaire à la résidence permanente qui ferait abstraction des exigences en matière d’éducation et de langue. L’exigence relative à l’expérience de travail vient d’être réduite de moitié, à compter du 30 avril 2023, mais ce sont ces deux autres exigences en particulier qui posent problème. On pourrait créer un nouveau programme sans le plafond de 2 750 demandes. Éliminons ces exigences. C’est ce que le gouvernement libéral a fait initialement quand il a été élu en 2019. Cela s’appelait la voie d’accès provisoire.
De nombreux travailleurs ont pu être admis ainsi. Il doit y avoir une nouvelle voie d’accès provisoire pour les soignants et pour les travailleurs agricoles saisonniers, aussi. Le gouvernement a fait preuve d’ouverture et d’intérêt à cet égard, en supprimant les exigences en matière d’éducation et de langue. Ms. Depatie-Pelletier: Again, I would say that open work permits are mandatory. The caregiver program doesn’t apply in Quebec, so caregivers are all on closed work permits. They can’t access permanent status at all.
Most of them are actually nurses, but they can’t work as nurses because they can’t change employers. There are all different sorts of issues. We’re talking about labour shortages, yes, but at least right away, if all their work permits would change to open, they would be able to access their equivalencies and maybe work in places where they’re more needed or would be valued. Mme Depatie-Pelletier : Encore une fois, je dirais que les permis de travail ouverts sont obligatoires. Le programme des aides familiaux ne s’applique pas au Québec, donc les aides familiaux y ont tous un permis de travail fermé.
Ils n’ont pas du tout accès au statut de résident permanent. La plupart de ces personnes sont en fait des infirmières, mais elles ne peuvent pas travailler comme infirmières parce qu’elles ne peuvent pas changer d’employeur. Il y a toutes sortes de problèmes. Nous parlons de pénurie de main-d’œuvre, oui, mais au moins dans l’immédiat, si tous leurs permis de travail devenaient des permis ouverts, ces personnes pourraient avoir accès à des postes équivalents et peut-être travailler dans des endroits où l’on a davantage besoin d’elles ou où elles seraient appréciées.
The Chair: Would you kindly, colleagues, address your questions to whichever witness you’d like to answer. La présidente : Auriez-vous l’amabilité, chers collègues, de préciser à quel témoin s’adresse votre question, s’il vous plaît? Senator Kutcher: Thank you to the witnesses. Le sénateur Kutcher : Je remercie les témoins. This is for both or either of the witnesses.
The first question is whether there are different country sources of temporary foreign workers from which those workers — I’ll use the word “oppressed,” to cover all these different things you talked about — are more oppressed than from other countries. The Je m’adresse à l’un ou l’autre des témoins ou aux deux.
Ma première question consiste à savoir s’il y a différents pays sources de travailleurs étrangers temporaires dont les travailleurs sont — j’utiliserai le mot « opprimés » pour couvrir toutes les choses dont vous avez parlé — plus opprimés que ceux d’autres 41:8 Social Affairs, Science and Technology 15-2-2023
second part of that is whether there are different employment sectors in which workers are more likely to be oppressed than other employment sectors. The third part of that is, if we know, what remedies are there currently available, and are they being applied? pays. La deuxième
partie de la question vise à savoir s’il existe différents secteurs d’emploi dans lesquels les travailleurs sont plus susceptibles d’être opprimés que dans d’autres. La troisième partie, enfin, c’est de savoir, si possible, quels sont les recours qui existent actuellement et s’ils sont utilisés. Ms. Depatie-Pelletier: I can maybe start. Mme Depatie-Pelletier : Je peux peut-être commencer. About countries of origin, yes, the current regime is highly discriminatory.
For instance, we offer open work permits to workers from France, Australia, the U.K., the United States, and these programs, which is a privileged program of open work permit, is not offered to other countries such as Mexico, Guatemala, the other Caribbean states and the Philippines, which are the highest countries of origin. So there is discrimination. Within, for example, agriculture, we know that Mexican workers must pay their airfare, but Guatemalan workers don’t pay the airfare but can be charged accommodation.
There are all sorts of different rights and specific entitlement or not, depending on the countries of origin. The whole thing is highly discriminatory based on countries of origin. That’s one thing. Au sujet des pays d’origine, oui, le régime actuel est très discriminatoire.
Par exemple, nous offrons des permis de travail ouverts aux travailleurs de France, d’Australie, du Royaume-Uni et des États-Unis, et ces programmes, qui sont des programmes privilégiés de permis de travail ouverts, ne sont pas offerts aux travailleurs d’autres pays comme le Mexique, le Guatemala, les autres pays des Caraïbes et les Philippines, qui sont les pays d’origine les plus courants. Il y a donc de la discrimination.
Dans le domaine de l’agriculture, par exemple, nous savons que les travailleurs mexicains doivent payer leur billet d’avion, tandis que les travailleurs guatémaltèques ne paient pas le billet d’avion, mais peuvent se voir facturer le logement. Il y a toutes sortes de droits différents et de droits particuliers ou non, selon les pays d’origine. Tout cela est hautement discriminatoire et dépend du pays d’origine. C’est une chose. The second thing is the sectors — I have to be honest. Most people talk about unskilled work and specific sectors. I represent people from household work and agriculture.
The fact is that all occupations now, including the highly skilled, are sometimes stuck and trapped in employment. I’m talking about postdoc students stuck with a specific professor. I have people in IT also saying that they’re working twice as much as all the other people because the employer knows they cannot work for any other firm in the country. Honestly, I have to say that even if there are more temporary foreign workers in some industries, such as agri-food and meat packing, and it’s increasingly developing into the seafood sector, the fact is they are present in all occupations in all sectors now.
The employer-tied status is problematic everywhere, including for the highly skilled. La deuxième chose, ce sont les secteurs, et je dois être honnête. La plupart des gens parlent de travail non qualifié et de secteurs en particulier. Je représente les travailleurs ménagers et agricoles. Le fait est que des gens de toutes les professions maintenant, y compris les plus spécialisées, sont parfois coincés dans un emploi, pris au piège. Je pense à des étudiants de postdoctorat qui sont coincés avec un professeur en particulier.
Je vois aussi des gens du secteur des TI dire qu’ils travaillent deux fois plus que les autres parce que l’employeur sait qu’ils ne peuvent travailler pour aucune autre entreprise du pays. Honnêtement, je dois dire que même s’il y a plus de travailleurs étrangers temporaires dans certains secteurs, comme l’agroalimentaire et le conditionnement de la viande, et il y en a de plus en plus dans le secteur des fruits de mer aussi, le fait est qu’ils sont présents dans toutes les professions et dans tous les secteurs de nos jours.
Le fait qu’ils soient liés à l’employeur est problématique partout, y compris pour les travailleurs hautement qualifiés. So I would say yes, again, open work permits and free labour is the only remedy to allow these workers to assert any rights in the country. Donc je dirais que oui, encore une fois, les permis de travail ouverts et le travail libre sont le seul remède pour permettre à ces travailleurs de faire valoir leurs droits au Canada. Senator Kutcher: Before Mr. Hussan answers as well, I would just like a little twist on this: Have you heard of concerns about human trafficking?
If people are this oppressed and are this caught, have there been any issues raised around that? Le sénateur Kutcher : Avant que M. Hussan ne réponde à son tour, j’aimerais juste avoir une petite précision à ce sujet : avez-vous entendu parler de trafic d’êtres humains? Si les gens sont opprimés à ce point, pris à ce point, y a-t-il des inquiétudes à ce sujet? Mr. Hussan: Very quickly, I think what we have to do is be very clear about terminology. When we talk about temporary foreign workers, which is where your question started, we are only talking about something like 90,000 to 100,000 people. If M.
Hussan : Très rapidement, je pense qu’il faut bien clarifier la terminologie. Lorsque nous parlons de travailleurs étrangers temporaires, qui est le point de départ de votre question, nous ne parlons que d’environ 90 000 à 100 000 15-2-2023 Affaires sociales, sciences et technologie 41:9
we talk about migrant workers in the country — people without permanent resident status — our best, most conservative estimate is 1.7 million. So who are we talking about? In the Temporary Foreign Worker Program, there are very few countries of origin. There are open work permits for most of the other, say, 1.6 million people, except for the undocumented people. As Eugénie was speaking about this, you can see that when we’re talking about Guatemala versus Mexico, these are different subsections of the program, but the IT workers are different. So we have to get very clear with who we’re talking about. personnes.
Si nous voulons parler des travailleurs migrants dans ce pays, de gens qui n’ont pas le statut de résident permanent, alors la meilleure estimation, la plus prudente, serait de l’ordre de 1,7 million de personnes. Alors, de qui parlons-nous? Dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires, il y a très peu de pays d’origine. La plupart des autres personnes, disons 1,6 million de personnes, si l’on exclut les personnes sans papiers, ont des permis de travail ouverts.
Comme le disait Mme Depatie-Pelletier, on sait que pour le Guatemala et le Mexique, il y a des conditions différentes dans le cadre du programme, mais c’est autre chose pour les travailleurs des TI. Il faut donc bien préciser de qui nous parlons. In that case, I would say the most specific form of discrimination is not happening at the level of the country of origin; it is the question of wages. People who are deemed low skilled and low wages do not have any access to permanent residency. Those happen primarily to be from racialized countries.
And those who do, who are in jobs that are deemed high wages, have a slightly improved chance. The dividing line is wages and work experience, so the people who are deemed the most essential are the most excluded. Dans ce cas, je dirais que la forme la plus flagrante de discrimination n’est pas liée au pays d’origine; c’est la question des salaires. Les personnes jugées peu qualifiées et à bas salaire n’ont pas accès à la résidence permanente. Il s’agit principalement de personnes originaires de pays dont les ressortissants sont racisés.
Ceux qui y ont accès, qui occupent des emplois jugés bien rémunérés, ont une chance légèrement supérieure. La ligne de démarcation est le salaire et l’expérience professionnelle, de sorte que les personnes jugées les plus essentielles sont les plus exclues. On the question of human trafficking, all of the conditions that I’m speaking about now — theft of wages, long working hours, lack of decent housing — this is all legal. This is legal, so we’re not talking about some exceptional cases of some rare bad employers.
In Ontario where I’m currently sitting, a migrant farm worker is excluded from minimum wage, overtime work, hours of work, breaks and days off, which means you can work three straight months without a single day off, without a break, 12 hours a day, without being able to go to the bathroom, forced to sit on your knees under the raging sun, and that’s legal. You can put 18 people into a room, three on top of each other, and that’s legal. So we’re not talking about human trafficking. We’re talking about Canadian immigration law creating the conditions for employers as a rule to exploit migrants.
En ce qui concerne la traite des personnes, toutes les conditions dont je parle en ce moment — le vol de salaire, les longues heures de travail, l’absence de logement décent — sont légales. Tout cela est légal. Nous ne parlons donc pas de quelques cas exceptionnels de quelques rares mauvais employeurs. En Ontario, où je me trouve actuellement, un travailleur agricole migrant n’a pas droit au salaire minimum, aux heures supplémentaires, aux horaires de travail, aux pauses et aux jours de congé.
Cela signifie qu’il peut travailler 12 heures par jour, sans pause, sans pouvoir aller aux toilettes, en étant forcé d’être à genoux sous un soleil de plomb, pendant trois mois d’affilée sans avoir une seule journée de congé, et c’est légal. Vous pouvez mettre 18 personnes dans une pièce, en empiler trois les unes sur les autres, et c’est légal. Nous ne parlons donc pas de traite des personnes. Nous parlons de la
loi canadienne sur l’immigration qui crée des conditions qui permettent aux employeurs, en règle générale, d’exploiter les migrants. The Chair: Thank you, Mr. Hussan. We have to move on. La présidente : Merci, monsieur Hussan. Nous devons passer à autre chose. Senator Moodie: It’s a good segue into my question. I want to set the tone. I would ask this question to both of you. Do you agree that the government policy on temporary foreign workers has reflected systemic racism and discrimination? If so, has this policy-making improved in terms of discriminatory bias in recent years?
What improvement, if any, has the federal government made to address the vulnerability of Canada’s gendered and racialized migrant care workforce? La sénatrice Moodie : Voilà qui m’amène à ma question. Je veux donner le ton. Je pose cette question aux deux témoins. Convenez-vous que la politique gouvernementale sur les travailleurs étrangers temporaires est teintée de racisme systémique et de discrimination? Si oui, cette politique s’est-elle améliorée en ce qui a trait aux préjugés discriminatoires dans les dernières années?
Quelles améliorations, le cas échéant, le gouvernement fédéral a-t-il apportées pour remédier à la vulnérabilité de la main-d’œuvre migrante, racisée et genrée dans le secteur des soins au Canada? 41:10 Social Affairs, Science and Technology 15-2-2023
Ms. Depatie-Pelletier: The short answer is yes. We’re talking about sustaining a regime that has been in place since the 17th century. Quite frankly, we have had indentured workers for a long time. This is just now that we are maintaining a system of unfree workers who happen to be from very racialized countries of origin. Initially, yes, it started with the Jamaicans. They were Black. Yes, it has been developed in a system that maintains a labour force. So I believe it maintains a form of state racism. Mme Depatie-Pelletier : La réponse courte est oui.
Nous parlons du maintien d’un régime qui est en place depuis le XVII e siècle. Bien franchement, l’emploi de travailleurs liés par contrat ne date pas d’hier. Maintenant, nous maintenons un système de travailleurs non libres qui sont issus de pays d’origine très racisés. Tout a débuté avec les Jamaïcains. Ils étaient noirs. En effet, cela s’est développé dans un système qui maintient une population active. Je crois donc que cela entretient une forme de racisme d’État.
Before I talk about a few solutions, going back to human trafficking, the fact is, on these employer-tied work authorizations and just in general temporary status, there are so many ways in which a worker or an individual can fall between the cracks and become undocumented. The high risk of ending up in various networks of human traffickers is mostly when people are not even aware that they’re not undocumented anymore. They’re being told, yes, you can do that, and yes, I’m going to give you access to permanent status. There are so many fraudulent immigration consultants.
There are so many people who actually come here legally and actually become undocumented and then are stuck in all sorts of very bad apple networks just to be able to stay and remain and feed themselves and their family. I agree with Hussan that it’s literally the system that produces this systematic undocumented worker who falls into human traffickers’ hands. So yes, the risk is high, and a lot of human trafficking and forced labour comes from people that came in within the Temporary Foreign Worker Program, and now it is being recognized.
Yes, the risk is there, but initially, it was because the whole system made them vulnerable to that condition. Again, open work permits and access to permanent status is mandatory. Avant de parler de solutions, je veux revenir à la traite des personnes. Le fait est que, en ce qui concerne ces permis de travail liés à l’employeur et le statut temporaire en général, un travailleur ou une personne peut passer entre les mailles du filet et se retrouver sans papiers pour bon nombre de raisons.
Le risque de se retrouver dans les différents réseaux de trafiquants de personnes est surtout élevé lorsque les gens ne savent même pas qu’ils ne sont plus sans papiers. On leur dit : « Oui, vous pouvez faire cela, et oui, je vais vous donner accès à un statut permanent. » Il existe tellement de consultants fraudeurs en immigration. Beaucoup de gens qui viennent au Canada par voie légale se retrouvent sans papiers et sont ensuite coincés dans toutes sortes de terribles réseaux simplement pour pouvoir rester au pays, se nourrir et nourrir leur famille. Je suis d’accord avec M.
Hussan pour dire que c’est littéralement le système qui fait que ce travailleur se retrouvera sans papiers et tombera aux mains des trafiquants de personnes. Alors oui, le risque est élevé, et une grande
partie de la traite des personnes et du travail forcé touche les gens qui sont entrés au pays dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires, et cette réalité est maintenant reconnue. Le risque existe, j’en conviens, mais au départ, le risque existait parce que le système rendait ces gens vulnérables à cette situation. Encore une fois, les permis de travail ouverts et l’accès au statut permanent sont obligatoires. Mr. Hussan: The majority of our current members are African, either from the Caribbean countries or — and we see a very clear amount of racism and discrimination.
Recently, our members from Jamaica, hundreds of them, wrote a joint letter in which they said that they are living in systems of systematic slavery. We have made a formal complaint to the United Nations Special Rapporteur on racism on Canada’s experience of treatment of migrants. So absolutely, we are meeting the legal definition of racial discrimination within the Temporary Foreign Workers program. M. Hussan : La majorité de nos membres actuels sont africains. Ils viennent soit des pays des Caraïbes ou... Nous voyons beaucoup de racisme et de discrimination.
Récemment, nos membres de la Jamaïque — des centaines d’entre eux — ont écrit une lettre commune dans laquelle ils affirmaient qu’ils vivent dans des systèmes d’esclavage systématique. Nous avons déposé une plainte officielle auprès du rapporteur spécial des Nations unies sur le racisme à propos de ce qui se passe au Canada en matière de traitement des migrants. Absolument, nous répondons à la définition juridique de la discrimination raciale dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires. In terms of what needs to be done, what we need first and foremost is a regularization program.
The over half a million undocumented people in the country, the majority of whom are failed refugee claimants, many of whom are from Africa and the Latin American countries, should be given permanent resident status. Second, we need permanent resident status for everyone in the country. Pour ce qui est de ce qui doit être fait, je vous dirais que nous avons avant tout besoin d’un programme de régularisation.
Les plus d’un demi-million de personnes sans papiers au pays, dont la majorité sont des demandeurs d’asile laissés pour compte, et dont beaucoup sont originaires d’Afrique et d’Amérique latine, devraient obtenir le statut de résident permanent. Deuxièmement, il faut donner le statut de résident permanent à tout le monde au pays. 15-2-2023 Affaires sociales, sciences et technologie 41:11
In 2000, there were 60,000 work permits issued in Canada. In 2020, that number was 600,000. There has been a complete transformation of this country into a temporary agency. Today, 1 in 23 residents in the country, at the most conservative, are non- permanent residents. At the current rate of growth, in 10 years, that will be 1 in 13 people. Canada is transforming itself into a temp agency where low-waged people from racialized countries will be brought here, exploited, forced to work and kicked out every three to four years. Some will remain and become undocumented.
That is the trajectory that subsequent governments from both political parties have put into place. It is racist. It is discriminatory on the basis of wages and on the basis of gender. Our membership is very clear about this because we’ve been tracking this stuff for 20 years. En 2000, 60 000 permis de travail ont été délivrés au Canada. En 2020, ce nombre est passé à 600 000. Le Canada s’est complètement transformé et est devenu une agence de placement. Aujourd’hui, 1 résident du Canada sur 23 est un résident non permanent. Il s’agit des chiffres les plus conservateurs.
Au rythme actuel de croissance, dans 10 ans, ce sera 1 personne sur 13. Le Canada est en train de se transformer en une agence de placement où des personnes mal rémunérées et originaires de pays racisés seront amenées au pays pour être exploitées et forcées de travailler pour ensuite être renvoyées tous les trois ou quatre ans. Certaines personnes resteront et deviendront des sans-papiers. Il s’agit de la trajectoire que les gouvernements successifs des deux partis politiques ont mise en place. Cette façon de faire est raciste. Elle est discriminatoire sur la base des salaires et du sexe.
Nos membres sont très clairs à ce sujet parce que nous suivons cette situation depuis 20 ans. The Chair: Thank you. La présidente : Merci. I have a short question of my own. In this committee, in previous hearings, we’ve heard from employer associations, like agricultural food associations and farmers associations, et cetera, and we will likely continue to hear more from them. They have said to us that open work permits do not work for them because when an individual has an open work permit, they will not work in that industry and will migrate to another industry.
Therefore, they are left with no workers for the agriculture industry, for the mushroom industry, for all kinds of other industries. What is your response to that point of view? J’ai une brève question. À ce comité, lors de réunions précédentes, nous avons entendu les témoignages des représentants d’associations d’employeurs, comme des associations agroalimentaires et des associations d’agriculteurs, et nous entendrons probablement d’autres témoignages de leur part.
Ces témoins nous ont dit que les permis de travail ouverts ne leur convenaient pas, car lorsqu’un travailleur en a un, il ne reste pas dans leur industrie. Il se tourne vers une autre industrie. Par conséquent, les employeurs se retrouvent sans travailleurs pour l’industrie agricole, l’industrie des champignons, ou pour une foule d’autres industries. Quelle est votre réponse à cette déclaration? Ms. Depatie-Pelletier: I will say two things. First, captive labour and unfree labour are not the solutions for our retention issues.
For instance, in World War II, when Canada and the provincial governments decided that the food and agriculture industry was important, the governments organized accommodation and camps for families. There was also a place for children, buses and transportation. There are all sorts of ways in which we could actually help the agricultural industry other than human rights violations and unfree labour.
The fact that we have work conditions in agriculture that are literally conditions from the 18th century is the reason — actually, I think it is a good thing that there is competition between the agri-food and other sectors, because then, yes, work conditions would be better. Maybe Canadians would be back in that sector. And maybe, if we want cheap food, there are other ways we can subsidize agriculture. Human rights violations are not the answer. Mme Depatie-Pelletier : Je dirai deux choses.
Premièrement, le travail en situation de dépendance et le travail sans liberté ne sont pas les solutions à nos problèmes de rétention. Par exemple, pendant la Deuxième Guerre mondiale, lorsque le Canada et les gouvernements provinciaux ont décidé que l’industrie agroalimentaire était importante, les gouvernements ont construit des logements et des camps pour les familles. Ces endroits comprenaient aussi un espace pour les enfants, les autobus et le transport.
Une multitude de moyens, autres que les violations des droits de la personne et le travail sans liberté, pourraient être utilisés pour réellement aider l’industrie agricole. Le fait que nous ayons des conditions de travail dans le secteur de l’agriculture qui sont littéralement des conditions qui existaient au XVIIIe siècle est la raison... D’ailleurs, je pense que ce serait une bonne chose s’il y avait une concurrence entre le secteur de l’agroalimentaire et les autres secteurs, parce que les conditions de travail pourraient s’améliorer. Peut-être que les Canadiens reviendraient dans ce secteur.
Si nous voulons des aliments bon marché, il existe d’autres façons de subventionner l’agriculture. Les violations des droits de la personne ne sont pas la solution. Mr. Hussan: All of us know that the cost of food has skyrocketed over the last little while. Every one of us knows that there has been a huge increase, but none of that money is M. Hussan : Nous savons tous que le prix de la nourriture a monté en flèche ces derniers temps. Nous savons tous qu’il y a eu une énorme augmentation, mais aucune part de cet argent ne 41:12 Social Affairs, Science and Technology 15-2-2023
trickling down to workers. We have to understand that this is not an uncontrolled labour market where supply meets demand and increased supply means increased wages or that profits are being rationally divided. parvient aux travailleurs. Nous devons comprendre qu’il ne s’agit pas d’un marché du travail incontrôlé où l’offre répond à la demande et où l’augmentation de l’offre entraîne une augmentation des salaires ou que les bénéfices sont répartis de manière rationnelle. What is happening is that the entire rural economy has been structured in a way that there are no schools.
You can’t have families when you work there. There is no transportation. There is no housing being developed. It’s not just about access to work permits and people walking away. We as a country have developed the agriculture industry. Canada is the world’s fifth- largest agri-food exporter. This is an agri-specific economy, and yet there has been no workforce development in that industry.
The only way it is able to work is if you bring in an indentured workforce, you force them to live in warehouses, there are no roads for them to go anywhere, they can’t come with their children because there are no schools and there are no health care facilities. That’s how the whole rural economy has been developed. That’s a massive mistake, and it is not sustainable. Ce qui se passe, c’est que toute l’économie rurale a été structurée de telle sorte qu’il n’y a pas d’écoles. Il n’est pas possible d’avoir de famille quand on travaille dans ce secteur. Il n’y a pas de système de transport.
Aucun logement n’est construit. Le problème n’a pas seulement à voir avec l’accès aux permis de travail et le départ des gens. Au Canada, nous avons développé l’industrie agricole. Le Canada est le cinquième plus grand exportateur de produits agroalimentaires au monde. Notre économie est principalement concentrée sur l’agriculture, et pourtant nous n’avons pas développé la main-d’œuvre dans cette industrie.
La seule façon dont ce secteur peut fonctionner est de faire appel à une main-d’œuvre liée par contrat, de l’obliger à vivre dans des entrepôts sans qu’elle puisse se déplacer, car il n’y a pas de routes, et de l’empêcher de s’installer avec ses enfants parce qu’il n’y a pas d’écoles ni d’établissements de soins de santé. C’est ainsi que l’économie rurale a été développée. Il s’agit d’une erreur monumentale, et cette façon de faire n’est pas viable.
When employers say, “If these workers leave, what will we do,” and no one will work for them, it will force an improvement in labour conditions and an investment in housing and infrastructure development that is necessary for the Canadian agriculture sector to enter the 21st century — in fact, to enter in the 19th century, as pointed out, because it is still living in the 18th. There is a massive investment to be made. Employers can be brought on to see this development as positive rather than actually controlling only one factor, which is an indentured, enslaved, captive, primarily Black workforce.
Lorsque les employeurs diront : « Que ferons-nous si ces travailleurs partent? » et que plus personne ne travaillera pour eux, nous serons forcés d’améliorer les conditions de travail et d’investir dans le logement et le développement des infrastructures qui sont nécessaires pour que le secteur agricole canadien entre dans le XXI e siècle, ou plutôt dans le XIX e siècle, comme on l’a souligné, car le secteur se trouve encore dans le XVIIIe siècle. Il faut investir de façon massive.
On peut amener les employeurs à considérer cette évolution comme positive plutôt que de contrôler un seul facteur, à savoir une main- d’œuvre liée par contrat, asservie, captive et principalement noire. [Translation] [Français] Senator Petitclerc: Ideally, my question is for both witnesses. I ask you this while being fully aware that there are challenges in terms of permits, and that the types of permits lead to problematic power relationships; that is at the heart of the matter. La sénatrice Petitclerc : Idéalement, ma question s’adresserait aux deux témoins.
Je vous pose cette question en étant tout à fait consciente qu’il y a des défis en matière de permis, et que les types de permis mènent à des rapports de force problématiques; c’est le cœur de la question. That said, what role can information, education and awareness campaigns play in terms of the tools and laws available to workers, what is their importance? Ceci étant dit, quelle importance et quel rôle peuvent jouer l’information, l’éducation, les campagnes de sensibilisation en ce qui concerne les outils et les droits auxquels les travailleurs peuvent avoir recours?
I ask this because I wonder if we’re doing enough. Are there enough tools and education? Do workers use them enough? That’s basically what I want to know. Is there a limit to those tools due to the power relationship, which is problematic? Perhaps Mr. Hussan can answer first, but I’d also like to hear your response, Ms. Depatie-Pelletier. Je pose la question parce que je me demande si on en fait assez. Est-ce qu’il y a assez d’outils et d’éducation? Est-ce que les travailleurs les utilisent assez? C’est un petit peu tout cela que je veux savoir.
Est-ce qu’il y a une limite à ces outils en raison du rapport de force, qui est problématique? Peut-être que M. Hussan, effectivement, peut répondre en premier, mais 15-2-2023 Affaires sociales, sciences et technologie 41:13
j’aimerais entendre votre réponse également, madame Depatie- Pelletier. [English] [Traduction] Mr. Hussan: We are the largest migrant-led body in the country. We produce educational and informational materials that are distributed to about 37,000 people. We are on YouTube, WhatsApp videos and TikTok at a level no one else is doing. We run six hot lines that run 24/7 for any migrant from anywhere in the country to call us.
I can tell you that people call us not because they don’t know what their rights are, not because they don’t have information, but because they don’t have any rights or the power to assert those rights. We are fundamentally opposed to this constant logic that says we need to just do more education. The Government of Canada is throwing away hundreds of millions of dollars into this so-called rights education, which is being wasted across the country. It was alluded to earlier about the new funding mechanisms that have been created. They are completely pointless.
We have the same people producing the same information in 30 different ways so as to get funding from the government. It is not an issue of information and education at all. This is about fundamental transformation of the system with permanent resident status for everyone here and permanent resident status upon arrival here in the future. M. Hussan : Nous sommes le plus grand organisme dirigé par des migrants au pays. Nous produisons des documents éducatifs et de sensibilisation qui sont distribués à environ 37 000 personnes.
Nous sommes présents sur YouTube, les vidéos WhatsApp et TikTok à un niveau que nous n’observons nulle part ailleurs. Nous gérons six lignes d’assistance téléphonique qui fonctionnent 24 heures sur 24 et sept jours sur sept pour que tout migrant, où qu’il soit au pays, puisse nous appeler. Je peux vous dire que les gens nous appellent, non pas parce qu’ils ne savent pas quels sont leurs droits ou parce qu’ils n’ont pas d’information, mais parce qu’ils n’ont aucun droit ou n’ont pas le pouvoir de faire valoir ces droits.
Nous sommes fondamentalement opposés à cette logique qui ne cesse de dire que nous devons simplement faire plus de sensibilisation. Le gouvernement du Canada jette des centaines de millions de dollars dans cette soi-disant initiative de sensibilisation aux droits, et cet argent est gaspillé. Plus tôt, on a fait allusion aux nouveaux mécanismes de financement qui ont été créés. Ces mécanismes sont complètement inutiles. Les mêmes personnes produisent la même information de 30 manières différentes afin d’obtenir des fonds du gouvernement. Il ne faut pas se concentrer sur l’information et la sensibilisation.
Il faut réaliser une transformation fondamentale du système pour donner le statut de résident permanent à tous ceux qui sont au pays et pour donner le statut de résident permanent à l’arrivée au pays, à l’avenir. Ms. Depatie-Pelletier: I will just add a few points to that. I totally agree with what Mr. Hussan has said. However, we could fund more community organizations on the ground to support — not necessarily educate, but to support, legally speaking, when there are rights issues.
Right now, there are millions given away, but I have to be honest, for example, that a huge part of it has gone to employers’ coalitions to make rights education for workers. So, again, it is not unbiased information. The whole integration has been delegated and privatized toward employers because it costs nothing to Canada, so the whole “go to the airport, take care of the worker, give them a coat and accommodation and everything;” employers are responsible for access to health care. Mme Depatie-Pelletier : J’aimerais ajouter quelque chose à ce sujet. Je suis tout à fait d’accord avec ce que M. Hussan a dit.
Cependant, nous pourrions financer davantage d’organisations communautaires sur le terrain pour soutenir les gens — pas nécessairement les sensibiliser —, sur le plan juridique, lorsqu’ils se heurtent à des problèmes liés aux droits. À l’heure actuelle, des millions de dollars sont investis, mais, je me dois d’être honnête, une énorme
partie de ces fonds a été donnée aux coalitions d’employeurs pour qu’ils financent des activités de sensibilisation aux droits des travailleurs. Donc, encore une fois, il ne s’agit pas d’informations impartiales. Toute l’intégration du système a été déléguée et privatisée vers les employeurs parce que cette façon de faire ne coûte rien au Canada. On dit donc aux employeurs d’aller à l’aéroport, de prendre soin du travailleur, de lui donner un manteau et un logement et tout ce dont il a besoin. Les employeurs sont responsables de l’accès aux soins de santé des travailleurs. That’s problematic.
So even right now, we’re saying that we are funding education initiatives, but again, employers are paid to educate their workers. So, no. That would again be useless, all of it — or not useless, but almost useless — if we remain in a structure that is an employer-tied legal status and where people, even if they know their rights, will not act on them. Cela pose problème. En ce moment, on dit qu’on finance des initiatives de sensibilisation, mais je le répète, les employeurs sont payés pour sensibiliser leurs travailleurs. Ma réponse est donc non.
Je pense que tout cela serait inutile — ou pas inutile, mais presque inutile — si nous conservons une structure où il existe un statut juridique lié à l’employeur et où les gens, même 41:14 Social Affairs, Science and Technology 15-2-2023
s’ils connaissent leurs droits, n’agiront pas en fonction de ceux- ci. [Translation] [Français] Senator Petitclerc: Thank you. La sénatrice Petitclerc : Merci. Senator Verner: Good afternoon, Ms. Depatie-Pelletier. I’m from Quebec City. I was pleased to learn that you had studied in my city. La sénatrice Verner : Bonjour, madame Depatie-Pelletier. Je suis de la ville de Québec, j’étais heureuse d’apprendre que vous aviez fait vos études dans ma ville. My question is for you in particular, because you live in Montreal and you defend the interests of people working in Quebec and those working elsewhere in Canada.
As you know, Quebec has its own agreement concerning immigration. Ma question s’adresse à vous en particulier, parce que vous êtes établie à Montréal et que vous défendez les intérêts autant de personnes qui travaillent au Québec que de celles qui travaillent ailleurs au Canada. Comme vous le savez, le Québec a une entente particulière en ce qui concerne l’immigration. Since you’re interested both in workers in Quebec and those elsewhere in Canada, are the problems the same under the federal program and the Quebec program? Could one program share lessons learned with the other?
Do they both have essentially the same difficulties? Puisque vous vous intéressez autant aux travailleurs présents au Québec qu’à ceux qui le sont ailleurs au Canada, est-ce que les problèmes sont les mêmes, tant dans le cadre du programme fédéral que du programme québécois? Est-ce qu’un des programmes pourrait transmettre des leçons apprises à l’autre? Est-ce que les deux vivent grosso modo les mêmes difficultés? Ms. Depatie-Pelletier: The short answer is that they are both as problematic on the same level.
It’s worse in Quebec than elsewhere in Canada because from the outset, Quebec excludes all workers in low-paying jobs from accessing permanent status, a priori, while there are exceptions in other provinces, in some cases. Workers can access permanent status, particularly in the case of female workers providing help or care at home. Throughout Canada, they have access to permanent status. Quebec refuses to grant that. Honestly, I’d say that it’s worse in Quebec than elsewhere, but overall, the structures for workers who are not free and in servitude are nonetheless problematic in both cases.
Mme Depatie-Pelletier : La réponse courte est qu’ils sont aussi problématiques l’un que l’autre, sur les mêmes plans. C’est pire au Québec qu’ailleurs au Canada, parce que d’emblée, le Québec exclut tous les travailleurs qui occupent des emplois à bas salaire de l’accès au statut permanent, a priori, tandis que dans d’autres provinces, dans certains cas, il y a des exceptions. Ils peuvent y avoir accès, en particulier dans le cas des travailleuses qui offrent une aide ou des soins à domicile : partout au Canada, ils ont accès au statut permanent. Le Québec refuse de l’accorder.
Je dirais honnêtement que c’est pire au Québec qu’ailleurs, mais que dans l’ensemble, les structures de travailleurs non libres en situation de servitude sont tout de même problématiques dans les deux cas. Senator Verner: I have another brief question. Mr. Hussan could also respond. La sénatrice Verner : J’aurais une autre courte question. M. Hussan aussi pourra répondre. You talked about the relationship with the employer, which is problematic. You used the term “servitude”; that’s troubling. Vous avez parlé du lien avec l’employeur, qui est problématique.
Vous avez utilisé le terme « servitude »; c’est troublant quand même. Where do you think this obligation comes from? Has it always been like that? Historically, has the relationship of servitude, the unique relationship with the employer, always been there, in the application of the program in Quebec and at the federal level? Mr. Hussan may also have information on that. À votre avis, d’où
part cette obligation? Est-ce que cela a toujours été comme cela? Historiquement, est-ce que le lien de servitude, le lien unique avec l’employeur, a toujours été présent dans l’application du programme, tant au Québec qu’au fédéral? M. Hussan a peut-être aussi de l’information là-dessus. This bothers me a lot. What was the intention behind that relationship? Cela me dérange beaucoup. Quelle était l’intention de ce lien? Ms. Depatie-Pelletier: Initially, it stemmed from the debt for international migration — it costs a lot.
Historically, it has always been a situation where someone said: “I’ll give you an advance, you come and you’re bound to me for four, seven, ten Mme Depatie-Pelletier : Initialement, cela vient de la dette pour la migration internationale — cela coûte cher. Historiquement, on a toujours été dans une situation où quelqu’un dit : « Je te donne une avance, tu t’en viens et tu es lié 15-2-2023 Affaires sociales, sciences et technologie 41:15
years.” The worker cannot work for anyone else until the debt is repaid, because the employer invested in him. à moi pendant quatre, sept, dix ans. » Le travailleur ne peut travailler pour personne d’autre tant qu’il n’a pas remboursé la dette, parce que l’employeur a investi en lui. The problem lies in the fact that, now, if a worker leaves a job, the employer calls the police and says: “Bring him back to me, he’s my property, he’s my production unit that has left.” People talk about “runaway slaves”; law enforcement is literally sent to find workers who dare leave their job.
Le problème réside dans le fait que, maintenant, si un travailleur quitte son emploi, l’employeur appelle la police en disant : « Ramenez-le-moi, c’est mon bien, c’est mon unité de production qui est partie. » On parle de runaway slaves; littéralement, on envoie les forces de l’ordre chercher les travailleurs qui osent quitter leur emploi. The problem with investing that much is that, for years, the employer paid a lot, the federal government paid a lot for the permit, it invested a lot, and all of a sudden, the worker left for another sector. That’s the problem.
No employer should be allowed to develop a feeling of ownership over a human being; which is why the federal government should sponsor all foreign workers. Le problème avec le fait d’investir autant est que pendant des années, l’employeur a payé cher, le fédéral a payé cher son permis, il a investi, puis tout d’un coup, le travailleur s’en va dans un autre secteur. C’est le problème. On ne devrait permettre à aucun employeur de développer un sentiment de propriété sur un être humain. D’où le fait que le fédéral devrait parrainer tous les travailleurs étrangers.
As for what is not covered, there should be microcredit programs. In that way, foreign workers’ debts would be owed to an institution, not the specific employer. It’s very important to end that relationship, to not allow the development of a sense of possession, or even ownership over the worker. Pour ce qui n’est pas couvert, il faudrait des programmes de microcrédit. De cette façon, les dettes des travailleurs étrangers seraient dues à une institution et non pas à l’employeur en particulier.
C’est très important de couper le lien, de ne pas permettre le développement d’un sentiment d’appartenance, ou même de propriété envers le travailleur. [English] [Traduction] Mr. Hussan: I believe your question was about the history of this program. Is that it? That’s what I got through the translation. I apologize. M. Hussan : Je crois que votre question portait sur l’évolution de ce programme. C’est bien cela? C’est ce que j’ai compris selon la traduction. Je m’excuse. The first program was created in 1966, the Seasonal Agricultural Worker Program.
It followed the late 1950s, and the intention was to have workers tied to their bosses, literally tied to their bosses. The intention has always been the same. Le premier programme a été créé en 1966. Il s’agissait du Programme des travailleurs agricoles saisonniers. C’était à la fin des années 1950, et l’intention était d’avoir des travailleurs liés à leurs patrons, littéralement liés à leurs patrons. L’intention a toujours été la même. I want to be clear, though. Canada has gotten far more sophisticated in its exploitation. Employer-dependent work permits are now the minority.
There are only about 100,000 of them. A lot of people are coming on other kinds of work permits, such open work authorizations. In fact, the largest group of migrant workers in the country is current international students. Many of us are not able to see it that way, but international students are coming here, living and working here for a few years, working in low-wage industries and then leaving. They are part of this revolving door workforce. Je tiens à être clair, cependant. Le Canada emploie des techniques d’exploitation beaucoup plus sophistiquées.
Les permis de travail liés à l’employeur représentent maintenant la minorité des permis. Il n’y en a qu’environ 100 000. Beaucoup de gens viennent au pays à l’aide d’autres types de permis de travail, comme les permis de travail ouverts. En effet, le groupe le plus important de travailleurs migrants au pays est constitué des étudiants étrangers actuels. Beaucoup d’entre nous n’arrivent pas à le voir de cette façon, mais les étudiants étrangers viennent au Canada, y vivent et y travaillent dans des industries à bas salaires pendant quelques années, puis repartent. Ils font
partie de cette main-d’œuvre touchée par le phénomène de la porte tournante. Now, Canada is facing a challenge where the majority of the population is aging, and the workforce that’s required right now is in the millions. The Canadian government has refused to grant most of these people permanent resident status, and that’s been the central dilemma since at least the 2000s, where these two Actuellement, le Canada est confronté à un défi où la majorité de la population est vieillissante, et la main-d’œuvre dont nous avons besoin en ce moment se compte en millions.
Le gouvernement canadien a refusé d’accorder à la plupart de ces travailleurs le statut de résident permanent, et il s’agit du 41:16 Social Affairs, Science and Technology 15-2-2023
streams that have existed have now multiplied to the point where, yes, Canada may take half a million permanent residents, but there is going to be 1.2, 1.3, even 1.4 million temporary permits that are issued, and those people, because they don’t have permanent resident status, will become undocumented at huge levels. That’s really what is going on here. Whatever the initial intention is, now the tension is between these two factors, the aging workforce and the need for a workforce and the refusal to give them rights. principal problème depuis au moins les années 2000.
Ces deux volets se sont multipliés au point où le Canada peut maintenant accueillir un demi-million de résidents permanents, mais 1,2 million, 1,3 million voire 1,4 million de permis temporaires seront également délivrés. Les gens qui obtiennent ces permis temporaires deviendront, en grande partie, des sans-papiers, parce qu’ils n’auront pas obtenu le statut de résident permanent. Voilà la situation en ce moment.
Quelle que soit l’intention initiale, nous observons maintenant cette tension entre ces deux facteurs : le vieillissement de la main-d’œuvre et le besoin de main-d’œuvre, et le refus de donner des droits à cette main- d’œuvre. Senator Verner: Thank you. La sénatrice Verner : Merci. [Translation] [Français] Senator Mégie: Thank you to both witnesses for all the clarifications. For the question I wanted to ask, I have a half answer from Ms. Depatie-Pelletier and a quarter answer on the other side. La sénatrice Mégie : Merci aux deux témoins pour tous les éclaircissements apportés.
À la question que je voulais poser, j’ai une moitié de réponse venant de Mme Depatie-Pelletier et un quart de réponse de l’autre côté. I wanted to know if the federal government could be responsible for making the change, if it receives a proposal. Je voudrais savoir si le gouvernement fédéral pourrait se charger d’effectuer le changement, s’il y a une proposition qui lui est faite. If I understand correctly, if the worker had used microcredit, the employer would have avoided feeling that they were close to losing their investment. On the other hand, I wonder why — and Mr.
Hussan touched on this — steps could not be undertaken to obtain permanent resident status for the workers. Currently, the worker is given temporary status to come here, but could steps be taken to obtain permanent status for them once they arrive? Do you think that’s possible? Are there other ways, as part of a plan developed by the federal government, to prevent this modern slavery status? Si je comprends bien, si le travailleur avait fait appel au microcrédit, cela aurait évité que l’employeur se sente proche de perdre son investissement. D’un autre côté, je me demande pourquoi — et M.
Hussan a effleuré le sujet — on ne pourrait commencer les démarches pour qu’il obtienne le statut de résident permanent. Dans ce cas, on donne au travailleur le statut temporaire pour qu’il vienne, mais pourrait-on commencer les démarches pour qu’il obtienne un statut permanent dès son arrivée? Pensez-vous que c’est quelque chose de possible? Y aurait-il d’autres façons, dans le cadre d’un plan élaboré par le fédéral, pour empêcher ce statut d’esclavage moderne? Ms. Depatie-Pelletier: Yes.
I believe so, even though I think it’s important for Canada to return to granting permanent status to immigrant families upon arrival. Mr. Hussan spoke about demographic challenges, but it must also be taken into account that there will probably always be an American engineer who will come here just for a week. There must still be a functional temporary permit system, that is human-rights compliant. Mme Depatie-Pelletier : Oui. Selon moi, même si je pense que c’est important que le Canada revienne en général à l’octroi du statut permanent à l’arrivée, pour les familles immigrantes. M.
Hussan a parlé des défis démographiques, mais il faut aussi tenir compte du fait que probablement, il y aura toujours un ingénieur américain qui viendra ici pendant une semaine seulement. Il faut quand même avoir un système de permis temporaire fonctionnel et compatible avec les droits de la personne. The idea isn’t to abolish the temporary permit framework. There will be cases where someone is brought in for one day, quickly, for strategic reasons. L’idée n’est pas d’abolir le cadre des permis temporaires.
Cela va arriver qu’on fasse venir quelqu’un en une journée, de façon rapide, pour des questions stratégiques. What’s important, in fact, is that once a worker is here, he be given access to permanent resident status, because it is the exercise of rights generally that is problematic in a temporary framework. As I explained, there are so many ways to fall through the cracks and end up without status.
It’s very important Ce qui est important, effectivement, c’est que dès qu’un travailleur est ici, l’accès au statut de résident permanent soit reconnu, parce qu’en fait, c’est tout l’exercice des droits qui est problématique dans un cadre temporaire. Comme je l’expliquais, il y a tellement de façons de tomber dans les failles et de se 15-2-2023 Affaires sociales, sciences et technologie 41:17
for access to be provided upon arrival, particularly because it takes some time to obtain permanent status, let’s be honest. If it’s addressed upon arrival, at least, at some point, it will happen. retrouver sans statut. C’est très important que l’accès soit fourni dès l’arrivée, surtout parce que cela prend un peu de temps pour obtenir le statut permanent; soyons honnêtes. Si on s’en occupe dès l’arrivée, au moins, à un moment donné, il va l’avoir. That said, that doesn’t mean that a framework can’t be maintained for granting work permits.
The important thing is that it is an open work permit, offering access to permanent status. Cela dit, cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas maintenir un cadre d’octroi de permis de travail. L’important, c’est qu’il s’agisse de permis de travail ouverts, offrant un accès au statut permanent. Senator Mégie: Mr. Hussan, do you have anything to add? La sénatrice Mégie : Monsieur Hussan, avez-vous quelque chose à ajouter? [English] [Traduction] Mr. Hussan: Yes, absolutely. As I said at the beginning, whatever I say is based on our membership.
If our membership votes are in opposition, that is not my opinions but that of the largest group of democratically organized migrants in the country. M. Hussan : Oui, absolument. Comme je l’ai dit au début, tout ce que j’avance se fonde sur l’expérience de nos membres. Si les votes de nos membres sont en opposition, cela ne reflète pas mon opinion, mais celle du plus grand groupe de migrants organisés de façon démocratique au pays. There is already a way that you can come to the country with permanent resident status. About half a million people have that path, and there are another million and a half who don’t.
What’s the difference between one versus the other? It is not their country of origin; they are coming from the same countries. It’s wages. Low-wage workers are coming into exploitable situations far more than those who are not. It’s as simple as that. At the same time we are on the streets celebrating the fact that these essential workers kept us alive during COVID, Canada denies them permanent resident status. Il existe déjà un moyen de venir au Canada avec le statut de résident permanent. Environ un demi-million de personnes ont cette possibilité, et un autre million et demi ne l’a pas.
Quelle est la différence entre les deux groupes? Ce n’est pas leur pays d’origine, car ces gens viennent des mêmes pays. La différence, c’est le salaire. Les travailleurs à bas salaire se retrouvent beaucoup plus souvent dans des situations d’exploitation que ceux qui sont bien rémunérés. C’est aussi simple que cela. Au même moment où nous sortons dans les rues pour rendre hommage aux travailleurs essentiels qui nous ont gardés en vie pendant la pandémie de COVID, le Canada leur refuse le statut de résident permanent. I want to be very clear. Permanent resident status is not about whether you live here or not.
Migrant workers and undocumented people already live here. It is about your ability to access every other right. We’ve created a system where permanent resident status is the mechanism through which you get health care and education for your family or can stand up against a bad boss. It is not possible to provide that entire family the umbrella of rights that effectively determines your life in Canada without permanent resident status, which is why our position is to simply let people come here with permanent resident status on arrival, as has historically happened.
This turn of the century — Je tiens à être très clair. Le statut de résident permanent ne dépend pas du fait que vous viviez ici ou non. Les travailleurs migrants et les personnes sans papiers vivent déjà au Canada. Le statut de résident permanent dépend de votre capacité à avoir accès à tous les autres droits. Nous avons créé un système dans lequel le statut de résident permanent est le mécanisme qui permet à votre famille d’obtenir des soins de santé et une éducation ou de dénoncer un mauvais patron.
Il n’est pas possible d’offrir à votre famille tous les droits qui déterminent votre vie au Canada sans le statut de résident permanent. Voilà pourquoi nous croyons qu’il faut laisser les gens venir au Canada et leur donner le statut de résident permanent à leur arrivée, simplement, comme cela se faisait autrefois. Ce tournant du siècle... The Chair: Thank you, Mr. Hussan. We’re going to go on to Senator Bernard. I’m sorry, but there is so much interest. La présidente : Merci, monsieur Hussan. Nous allons passer à la sénatrice Bernard. Je suis désolée, mais cette question suscite tellement d’intérêt. Mr.
Hussan: No, no. I’m sorry. M. Hussan : Non, non. Je suis désolé. Senator Bernard: Thank you to both witnesses. La sénatrice Bernard : Merci aux deux témoins. 41:18 Social Affairs, Science and Technology 15-2-2023
I consider myself a person who is rather well informed about issues of systemic racism and discrimination, and I’m finding myself feeling very troubled by what I’m hearing here today. I want to ask a broader question, which is, how did we get here? How did we get to this state-sanctioned, modern-day enslavement of mostly African people doing care work that other Canadians don’t want to do? How much of this is tied to Canada’s shameful past of enslavement and colonization? And what is blocking change? You’ve both identified a number of barriers.
You’ve shared a number of really good solutions that I’m sure you’ve shared widely. So why are we still in this place where we have such horrible conditions? Je me considère comme très au fait des enjeux liés au racisme systémique et à la discrimination. Les témoignages que nous avons entendus aujourd’hui m’ont profondément remuée. Je vais poser la question de façon plus générale. Comment en sommes- nous arrivés là? Comment en sommes-nous arrivés à accepter une forme d’esclavagisme moderne sanctionnée par l’État visant en majeure
partie des personnes d’origine africaine qui font du travail que les autres Canadiens ne veulent pas faire dans le domaine de la prestation de soins? Dans quelle mesure cet esclavage moderne est-il lié au passé du Canada entaché par l’esclavage et la colonisation? Quelles sont les entraves au changement? Vous avez tous les deux indiqué un certain nombre d’obstacles. Vous avez exposé au comité plusieurs excellentes solutions, que vous aviez certainement déjà proposées à moult reprises. Pourquoi alors des personnes subissent-elles encore ces conditions horribles? Ms.
Depatie-Pelletier: One answer is that a captive labour force has been present in household work and agricultural work for centuries in North America. Some groups of employers have been more efficient than others in making sure that the unfree labour supply is maintained throughout time and in the last decades. Now other employers and coalitions are seeing what is happening with these captive labour forces in other sectors, and they want in. They want the same. They also want to have captive labour forces and captive employees.
Mme Depatie-Pelletier : Une des explications possibles est la présence, depuis des siècles en Amérique du Nord, d’une main- d’œuvre captive dans les résidences privées et les exploitations agricoles. Certains groupes d’employeurs réussissent mieux que d’autres à maintenir un bassin de main-d’œuvre captive depuis les dernières décennies. Aujourd’hui, d’autres employeurs et d’autres coalitions convoitent cette main-d’œuvre captive. Ils voient eux aussi les avantages à retirer des travailleurs non libres. You want to know what the barriers are? Well, lobbies.
Of course, agriculture is one of the strongest lobbies in Ottawa — actually, in every province — but there are also oil, agri-food and hospitality lobbies as well. So, quite frankly, I think governments are in a very difficult position because you have strong coalitions of employers who want more of it. They like it. They really love captive employees. Vous vous demandiez quels étaient les obstacles. Eh bien, ce sont les lobbys.
Évidemment, le secteur agricole est un des lobbys les plus puissants à Ottawa — il l’est dans chaque province en fait —, mais il y a aussi les lobbys du pétrole, de l’agroalimentaire et de l’hôtellerie. Donc, bien franchement, les gouvernements sont dans une situation très délicate, car des coalitions d’employeurs très influentes souhaitent s’approprier davantage de cette main-d’œuvre captive. Ils sont très friands des employés captifs. Quite frankly, I hope there will be some political change, but we are preparing to go to the Supreme Court for that.
I think this is against basic constitutional rights and the charter, so at some point somebody will have to say to the government, “You know what? Tying workers to specific employers and an unfree labour force? Sorry.” Now we have a charter. Maybe that was a good idea in the 19th century, but now we changed and we want free labour, so I think we will need the help of the courts. À vrai dire, même si j’espère que des changements politiques seront apportés, mon association se prépare à aller devant la Cour suprême.
Je pense que cette forme d’exploitation contrevient aux droits constitutionnels fondamentaux et aux droits prévus dans la Charte. À un certain stade, quelqu’un doit dire au gouvernement que les travailleurs liés à un employeur et la main-d’œuvre captive, c’est assez. Nous avons la Charte. Cette manière de traiter les travailleurs était peut-être une bonne idée au XIX e siècle, mais la société a évolué et nous voulons que les employés soient libres. Nous devons donc porter l’affaire devant les tribunaux. Mr. Hussan: Very quickly, I think the first thing to remember is that there are changes.
As I said earlier, care workers are disappearing. There is a constant transformation in the industries and the kinds of work. We have to follow the changes and, as you said, look at the big picture. M. Hussan : Très rapidement, il ne faut pas oublier que le monde change. Comme je l’ai dit plus tôt, les travailleurs dans le domaine de la prestation de soins sont une denrée de plus en plus rare. Tous les secteurs et les professions connaissent des transformations constantes.
Nous devons rester en phase avec ces changements et, comme vous l’avez dit, avoir une vue d’ensemble. 15-2-2023 Affaires sociales, sciences et technologie 41:19
The reason for the big picture is that there is a global impoverishment of people, particularly post-COVID-19. People around the world, in part because of Canadian intervention, have nowhere else to go. Particularly low-wage people are willing to take massive amounts of risk to come here, either as migrant workers or as refugees or as international students, whatever path, as tourists and then becoming undocumented. There is a global impoverishment of people that is forcing them to move, and Canada is just taking advantage of it.
Il faut regarder le portrait global en raison de l’accroissement de la pauvreté au niveau mondial, particulièrement depuis la COVID-19. Des gens un peu partout dans le monde — attribuons cela en
partie à l’intervention du Canada — n’ont nulle part ailleurs où aller. Les personnes à faible revenu, surtout, sont prêtes à courir des risques élevés pour venir au Canada, que ce soit en tant que travailleurs migrants, réfugiés, étudiants internationaux ou même touristes, et ce, pour devenir en fin de compte des sans-papiers. Une multitude de personnes sont poussées à se déplacer en raison de l’augmentation de la pauvreté à l’échelle mondiale, et le Canada tire profit de leur précarité. Senator Dasko: We certainly have a picture of a labour force that’s very problematic. Just to follow up on your points, Ms.
Depatie-Pelletier, you talked about the interest of employers. You’ve talked about employers who are enthusiastic about the program, and you would like to see the program gone. Mr. Hussan would also like to see the program gone. Because it’s been with us for so long, because it is so popular and because the government also likes the program alongside the employers, I’m going to assume that this program is going to continue. Closed permits are an essential feature of this program. We’ve learned that from other witnesses. Hypothetically, given the continuation of this program, what can we do to make it better?
La sénatrice Dasko : La situation d’une catégorie de main- d’œuvre est très problématique. Parmi les points que vous avez soulevés, madame Depatie-Pelletier, vous avez parlé de l’intérêt des employeurs et de leur enthousiasme à l’égard du programme. Quant à vous, vous souhaiteriez que le programme soit aboli. C’est ce que voudrait également M. Hussan. Par contre, comme ce programme est très populaire autant auprès des employeurs que du gouvernement et qu’il existe depuis longtemps, je suppose qu’il sera maintenu.
Comme nous l’ont appris d’autres témoins, les permis de travail liés à un employeur donné sont une composante essentielle du programme. Si ce programme devait être maintenu, que pourrions-nous faire pour l’améliorer? Ms. Depatie-Pelletier: The short answer, again, is nothing. There are so many Band-Aid solutions. From what I see, it is smokescreen reforms, Band-Aid solutions and initiatives that are called harm reduction measures, but in the end, they really do not address the root cause so I would not recommend them. However, there is now a campaign for open work permits, so it could be done quite easily.
Maybe I am a little bit less enthusiastic than my colleague here, but I think it is possible. I think we can improve the program. Mme Depatie-Pelletier : La réponse courte, encore une fois, c’est que nous ne pouvons rien faire. Beaucoup de solutions illusoires ont été mises en œuvre. Selon ce que je constate, ce sont des réformes « écrans de fumée » et des solutions factices qui sont qualifiées de mesures de réduction des préjudices, mais qui ne règlent pas les causes profondes. Pour cette raison, je ne les recommanderais pas. Par contre, une campagne est menée pour faciliter l’obtention des permis ouverts.
Je suis peut-être un peu moins enthousiaste que mes collègues à ce propos, mais je pense que c’est possible. Je pense que le programme peut être amélioré. Certainly, sectoral permits or occupation permits are equally problematic. Again, in Israel, employer-tied work permits were declared a system of slavery, so the Israeli government then created sectoral and agency-tied permits. In the end, if you are in a sector where employers can collude or are well organized, taking advantage of workers is very efficient. As well, if somebody complains or if there are work accidents, they are out.
There was a Human Rights Watch study conducted afterwards saying that when you have a restriction on the right to quit and the right to change employers, conditions will not improve. Les permis axés sur le secteur ou sur la profession sont eux aussi problématiques. Je rappelle qu’en Israël, les permis liés à un employeur donné sont considérés comme une forme d’esclavage. Le gouvernement israélien a donc mis sur pied des permis axés sur le secteur et sur l’organisation. Au fond, dans les secteurs propices à la collusion, où les employeurs sont bien organisés, l’exploitation des travailleurs est chose aisée.
En outre, aussitôt qu’ils déposent une plainte ou que survient un accident de travail, les employés sont mis à la porte. Une étude de Human Rights Watch menée après les mesures israéliennes a révélé que les conditions de travail ne peuvent pas s’améliorer si le droit de quitter son emploi ou de changer d’employeur est restreint. Honestly, we can discuss how to find some other Band-Aid solutions, but I would really hope that you refrain from doing that. Again, we’ve been doing that, trying to find ways of limiting the problem for 60 years.
This is a huge unfree labour Nous pourrions discuter d’autres solutions factices, mais, pour être franche, ce n’est pas ce que je souhaite. Je le répète, nous essayons de trouver des moyens de limiter les dégâts depuis 60 ans. Quelqu’un va devoir reconnaître et régler le problème de 41:20 Social Affairs, Science and Technology 15-2-2023
force, and honestly, somebody will have to address that as it is. Now the numbers have skyrocketed, so I think now is a good time to ask yourselves if this is the kind of Canada you want. l’énorme bassin de main-d’œuvre captive. Comme les statistiques sont plus élevées que jamais, le temps est venu de nous demander si ces chiffres représentent le Canada que nous voulons. The Chair: We’re coming fast to the end of our session, Senator Dasko. La présidente : Nous arrivons malheureusement à la fin de la séance, sénatrice Dasko. Senator Dasko: I would just like to ask Mr. Hussan that same question.
La sénatrice Dasko : Je voudrais poser la même question à M. Hussan. Mr. Hussan: I just want to say that the program has grown and expanded over time, and there have been changes. The Temporary Foreign Worker Program itself, which is the system of employer-dependent work permits, has grown and reduced itself. In 2014, it went down. It’s coming back up again. None of it is essential to it. It can be changed. The Seasonal Agricultural Worker Program had the creation of so-called sectoral permits. You just heard about how useless they are. There are changes happening all the time.
These are not essential features of the program. The essential feature of the program is that the agri- food industry has been subsidized to the point where people are unwilling to make any changes. There needs to be political will to make substantive changes, and permanent resident status is the only mechanism that can do that because people need that to be able to fight it. M. Hussan : Je voudrais seulement souligner que le programme a pris de l’expansion et a été modifié au fil du temps.
Le Programme des travailleurs étrangers temporaires, qui est en soi le système de permis de travail liés à l’employeur, a été élargi, puis réduit. En 2014, l’accès des employeurs au programme a été restreint, mais ce programme revient en force aujourd’hui. Aucune composante n’est essentielle. Le programme pourrait être modifié. Les permis par secteur, comme on les appelle, ont été intégrés au Programme des travailleurs agricoles saisonniers. Or, vous avez appris qu’ils étaient parfaitement inutiles. Des changements sont apportés continuellement, mais aux composantes accessoires du programme.
Parmi les composantes essentielles du programme, il y a les subventions accordées à l’industrie agroalimentaire qui n’incitent personne à apporter de changements. Toute réforme demande une volonté politique. Le seul mécanisme qui permettrait d’apporter des changements est le statut de résident permanent, parce qu’il donnerait aux travailleurs des mécanismes de recours. In terms of other kinds of changes, we are organizing ourselves like a union. We currently have farm worker members who are joining and making changes.
We also have workers in fishery — so all across the food chain — who are winning contracts from employers and making changes where they are, and they will continue to do that. There are a lot of ways to improve where workers have power to fight back. That is the thing. At the federal government level, the solution is permanent resident status. But farm workers are winning changes all the time. We’re coordinating wildcat strikes, getting increases in wages and improving housing conditions all the time. Farm workers aren’t just sitting down and taking this level of exploitation. They’re fighting back and winning.
Quant aux autres types de changements, nous nous organisons comme le ferait un syndicat. Nous comptons parmi nos membres des travailleurs agricoles porteurs de changements. Nous avons aussi des travailleurs des pêches — nous couvrons l’ensemble de la chaîne alimentaire — qui signent des contrats avec des employeurs et qui apportent et qui continueront à apporter des changements dans leur secteur. Il existe plusieurs façons d’améliorer les mécanismes de recours des travailleurs. Voilà ce qui compte.
Au gouvernement fédéral, la solution est le statut de résident permanent, mais les travailleurs agricoles réussissent à apporter des changements. Nous coordonnons des grèves sauvages, nous obtenons des augmentations salariales et nous améliorons les conditions d’hébergement. Les travailleurs agricoles n’encaissent pas passivement cette forme d’exploitation. Ils se battent et ils gagnent la partie. The Chair: As you can see, there’s lots of interest. To our two witnesses, thank you so much. You have enriched our understanding of the context hugely. We may be getting back to you with some more questions.
In the meantime, thank you very much. La présidente : Comme vous pouvez le constater, la discussion suscite beaucoup d’intérêt. Merci beaucoup aux deux témoins. Vous nous avez permis d’avoir une compréhension du contexte beaucoup plus pointue. Nous allons peut-être vous poser d’autres questions plus tard. D’ici là, merci beaucoup. We are now welcoming Professor Geraldine Pratt, Canada Research Chair in Care Economies and Global Labour, Professor in the Department of Geography at the University of British Columbia. Welcome, Professor Pratt.
We also have Ethel Nous accueillons à présent Mme Geraldine Pratt, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l’économie des soins et le travail mondial et professeure au Département de géographie à l’Université de la Colombie-Britannique. Bienvenue, madame 15-2-2023 Affaires sociales, sciences et technologie 41:21
Tungohan, Canada Research Chair in Canadian Migration Policy, Impacts and Activism, and Associate Professor in the Department of Politics at York University. Pratt. Nous avons aussi Mme Ethel Tungohan, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les politiques canadiennes en matière de migration, les impacts de la migration et l’activisme et professeure agrégée au Département de sciences politiques à l’Université York. Thank you for being with us today. I now invite you to kindly provide your opening remarks of five minutes. Then we will follow that with questions from the senators.
Professor Pratt, the floor is yours. Merci de votre présence parmi nous aujourd’hui. Je vous invite à prononcer votre déclaration préliminaire d’une durée de cinq minutes. Nous passerons ensuite aux questions des sénateurs. Madame Pratt, la parole est à vous. Geraldine Pratt, Canada Research Chair in Care Economies and Global Labour and Professor, Department of Geography, University of British Columbia, as an individual: Good afternoon and thank you for this invitation.
Geraldine Pratt, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l’économie des soins et le travail mondial et professeure, Département de géographie, Université de la Colombie-Britannique, à
titre personnel : Bonjour et merci pour l’invitation. My comments are focused on a specific temporary foreign worker cluster of programs that bring home childcare providers and home support workers to Canada. I have prepared a table that summarizes these programs. I really did it to clarify my own thought about what I find to be an extremely confusing array of programs. I have submitted this table to your committee, hoping it might be of some use to your committee as well.
Je vais me concentrer sur un ensemble de programmes pour les travailleurs étrangers temporaires qui font venir au Canada des gardiens d’enfants en milieu familial et des aides familiaux à domicile. J’ai préparé un tableau qui dresse le
sommaire de ces programmes afin de me faire une idée plus claire de cette batterie de programmes, que je considère comme extrêmement compliquée. J’ai soumis mon tableau au comité en espérant qu’il vous sera d’une quelconque utilité. I have three quick points. My first point has been made by so many others, which is that the backlog in processing of permanent resident, or PR, applications must be resolved immediately. The effects of the stalled processing of PR applications radiate in all sorts of directions.
I’ll draw attention to one, which I studied quite carefully, and that is the impact of prolonged family separation. Je vais aborder brièvement trois points. Premièrement, comme cela a été soulevé maintes et maintes fois, le retard dans le traitement des demandes de résidence permanente doit être réglé dès que possible. Les effets de l’enlisement du processus de demandes de résidence permanente sont multiples. Un de ces effets, que j’ai analysé en profondeur, est la séparation prolongée des familles.
The research I’ve done on family separation was done during the time of the Live-In Caregiver Program, or LCP — an earlier program — when the delay in PR applications was incredibly short compared to the situation today. It seemed long at the time. Even so and even then, mothers in the LCP were separated from their children for a median of eight years. Children arrived in Canada once their mothers got PR status at, on average, 13 years old. That was when they were reunited with their mothers.
Putting that long separation together with a teenaged child, you can imagine that the family struggles at that point of reunification were quite extreme. J’ai mené mes recherches sur la séparation des familles du temps du défunt Programme des aides familiaux. Même si cela semblait long à l’époque, le traitement des demandes de résidence permanente était incroyablement rapide comparativement à sa durée actuelle. N’empêche : en dépit de l’efficacité d’alors, les mères étaient séparées de leurs enfants pour une période médiane de huit ans.
Les enfants arrivaient au Canada lorsque leur mère avait obtenu son statut de résidente permanente. Ils étaient alors âgés en moyenne de 13 ans. Cette réunification avec un enfant adolescent après une longue séparation est extrêmement difficile pour les familles. Most disturbingly, we found that high school drop-out rates were very high among Filipino youth. At that point, it was mostly Filipino women coming through that program. High drop-out rates and low grade-point averages for those who stayed in high school were experienced because of what is essentially a quite arbitrary state-regulated family separation.
This is just to point out that the intergenerational costs — not just to the individual workers but to communities of migrants — are very high. Fait encore plus troublant, mes recherches ont révélé que le taux de décrochage au secondaire était très élevé chez les jeunes Philippins. À cette époque, la plupart des participantes qui venaient au Canada dans le cadre de ce programme étaient des Philippines. Le taux élevé de décrochage et les faibles résultats scolaires étaient attribuables à ce que nous pourrions appeler la séparation arbitraire des familles par l’État.
Ce que je veux souligner en somme est le coût intergénérationnel très élevé, pas seulement pour les travailleurs, mais aussi pour les communautés de migrants. 41:22 Social Affairs, Science and Technology 15-2-2023
My second point is that this is a chaotic array of programs. Pilot programs created since 2014 attempted — I think genuinely — to respond to criticisms of the LCP. In the first generation of pilot programs brought in in 2014, the live-in requirement was removed. The second generation of pilots were introduced in 2019, and that went further to attempt to address criticisms with the LCP by creating the opportunity to acquire an occupationally specific open permit that does not require a labour market impact assessment. They also appeared to accommodate families migrating together.
However — and I think we heard this in the previous session — these innovations and improvements seem to exist only on paper. Care providers still, for the most part, live in their employers’ homes, and the anecdotal evidence suggests that open permits are scarce and few family members have been able to migrate together. Deuxièmement, cette panoplie de programmes est gérée de façon chaotique. Des programmes pilotes sont établis depuis 2014 dans le but sincère de remédier aux faiblesses relevées dans le Programme des aides familiaux résidants.
L’obligation de demeurer chez l’employeur a été retirée de la première génération de ces programmes pilotes. En 2019, on a voulu aller encore plus loin en lançant une deuxième génération de programmes pilotes qui offraient la possibilité d’obtenir un permis ouvert axé sur la profession sans que l’employeur doive présenter une étude d’impact sur le marché du travail. En outre, ces programmes pilotes semblaient permettre aux membres d’une même famille de migrer ensemble. Toutefois, comme cela a été mentionné lors des témoig