Senate Committee — RIDR — Evidence — 18ev-55650

RIDR / Evidence / 18ev-55650

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Senate Committee — RIDR — Evidence — 18ev-55650

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EVIDENCE TÉMOIGNAGES QUEBEC, Tuesday, September 20, 2022 QUÉBEC, le mardi 20 septembre 2022 The Standing Senate Committee on Human Rights met this day at 9:12 a.m. [ET] to examine such issues as may arise from time to time relating to human rights generally. Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se réunit aujourd’hui, à 9 h 12 (HE), pour examiner les questions qui pourraient survenir concernant les droits de la personne en général. Senator Salma Ataullahjan (Chair) in the chair.

La sénatrice Salma Ataullahjan(présidente) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Chair: I am Salma Ataullahjan, a senator from Toronto and chair of this committee. La présidente : Je m’appelle Salma Ataullahjan, sénatrice de Toronto et présidente du comité. It is with great sadness that I learned of the passing of Her Majesty Queen Elizabeth II, who was laid to rest yesterday inside St. George’s Chapel. As a mark of respect and in honour of Queen Elizabeth II, we will now observe a minute of silence.

C’est avec une extrême tristesse que j’ai appris le décès de Sa Majesté la reine Elizabeth II, qui a été portée à son dernier repos hier à la chapelle Saint-Georges. En signe de respect et pour honorer la reine Elizabeth II, nous allons maintenant observer une minute de silence. (Those present then stood in silent tribute. ) (Les personnes présentes se lèvent pour observer une minute de silence.) Today, we’re conducting a meeting of the Standing Senate Committee on Human Rights. I will introduce the members of the committee who are participating in this meeting.

To my left, we have Senator Jaffer, from British Columbia; to the right, we have Senator Gerba from Quebec; and then to the left again, we have Senator Oh, from Ontario. Nous tenons aujourd’hui une réunion du Comité sénatorial permanent des droits de la personne. Je vais vous présenter les membres du comité qui participent à cette réunion. À ma gauche, il y a la sénatrice Jaffer, de la Colombie-Britannique; à ma droite, la sénatrice Gerba, du Québec, et, à nouveau à ma gauche, il y a le sénateur Oh, de l’Ontario.

Having held two meetings in June in Ottawa, today we continue our study on Islamophobia in Canada under our general order of reference. Our study will cover, amongst other matters, the role of Islamophobia with respect to online and offline violence against Muslims and general discrimination, as well as discrimination in employment, including Islamophobia in the federal public service. Our study will also examine the sources of Islamophobia, the impact on individuals, including mental health and physical safety, and possible solutions and government responses.

Après avoir tenu deux réunions en juin, à Ottawa, nous continuons aujourd’hui notre étude sur l’islamophobie au Canada, conformément à notre ordre de renvoi général. Notre étude portera, entre autres, sur le rôle de l’islamophobie dans la violence en ligne et hors ligne contre les musulmans, la discrimination générale, ainsi que la discrimination en matière d’emploi, y compris l’islamophobie dans la fonction publique fédérale.

Notre étude portera également sur les sources de l’islamophobie, ses répercussions sur les gens, notamment sur la santé mentale et la sécurité physique, ainsi que sur les solutions possibles et les réponses des gouvernements. We are pleased to be here in Quebec City and to hear from witnesses about Islamophobia in this part of the country. This is the third of our public hearings outside of Ottawa. Two weeks ago, we were in Vancouver and Edmonton, and tomorrow, we shall be in Toronto. Nous sommes heureux d’être ici, à Québec, et d’entendre des témoins sur l’islamophobie dans cette région du pays.

Il s’agit de la troisième de nos audiences publiques à l’extérieur d’Ottawa. Il y a deux semaines, nous étions à Vancouver et à Edmonton, et demain, nous nous réunirons à Toronto. Let me provide some details about our meeting today. This morning we shall have three one-hour panels with a number of witnesses who have been invited. In each panel, we shall hear from witnesses, and then the senators will have a question and answer session. There will be a short break around 11:00 a.m. Permettez-moi de vous donner quelques détails sur la réunion d’aujourd’hui.

Ce matin, nous aurons trois blocs de discussion d’une heure avec des témoins invités. Chaque heure, nous entendrons d’abord les témoins, puis les sénateurs auront l’occasion de leur poser des questions. Il y aura une courte pause vers 11 heures. 20-9-2022 Droits de la personne 18:1

Each witness has been asked to make an opening statement of five minutes. Dear witnesses, we are on a very tight schedule, and we want to get the senators’ questions, so I ask that you please keep your remarks to five minutes. I don’t like interrupting people, but Sébastien, who actually runs this committee with the tight schedule, wanted me to sort of say, okay, five minutes because we want to have a lot of time for question and answer. We shall hear from all of you and then turn to questions from the senators. Chaque témoin est invité à faire une déclaration préliminaire de cinq minutes.

Chers témoins, notre horaire est très serré, alors, je vous demanderai de ne pas dépasser ces cinq minutes parce que nous voulons nous garder suffisamment de temps pour que les sénateurs posent des questions. Je n’aime pas interrompre les gens, mais M. Payet, qui gère cet horaire serré, voulait que je vous demande de ne pas dépasser les cinq minutes parce que nous voulons avoir beaucoup de temps pour les questions. Nous allons entendre vos déclarations liminaires, puis nous allons passer aux questions des sénateurs.

We’re supposed to be joined by, from the Islamic Cultural Center of Quebec City, Boufeldja Benabdallah, who is the co- founder and spokesperson, and Mohamed Labidi. I’m sure, with the Quebec traffic, they’re running late. Laïla Aitoumasste, the coordinator, is here. Then we have Mohamad El Hafid, Saïd Akjour and Nabila Daoudi. I’ll ask Laïla to give the first presentation. Nous attendons toujours, du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah, cofondateur et porte-parole, et Mohamed Labidi. Je suis certaine qu’ils sont en retard en raison de la circulation dans la ville de Québec.

Nous avons toutefois avec nous la coordonnatrice, Laïla Aitoumasste. Nous accueillons également Mohamad El Hafid, Saïd Akjour et Nabila Daoudi. Je vais demander à Mme Aitoumasste de commencer. [Translation] [Français] Laïla Aitoumasste, Coordinator, Islamic Cultural Centre of Quebec City: Well, I wasn’t expecting that. I thought I was going to be third. So I’ll go ahead and be first. Laïla Aitoumasste, coordonnatrice, Centre culturel islamique de Québec : Bon. Je ne m’attendais pas à ça, je croyais que j’allais être la troisième. Donc, je commence et serai la première.

I’m actually not testifying about anything I’ve experienced. This is more about a project that I’ve worked on with women victims of acts of hate in society here in Quebec City. So I’d like to present one project among many that I’m working on with the Centre multiethnique de Québec. It’s a project that we called Ensemble pour agir, and it involved workshops on intimidation and racism. It’s a project dedicated mainly to women who have been victims of hate crimes, intimidation and racism.

These are women who suffered greatly in the attack on the great mosque in Quebec City, and the situation has gotten worse since that attack. These women were victims and suffered greatly, and so on. En fait, ce n’est pas un témoignage de quelque chose que j’ai vécu. C’est plutôt un projet sur lequel j’ai travaillé avec les femmes qui étaient victimes d’actes haineux, ici dans la société, dans la Ville de Québec. J’aimerais donc vous présenter un projet parmi les projets sur lesquels j’ai travaillé avec le Centre multiethnique de Québec.

C’est un projet qu’on a appelé Ensemble pour agir, qui comporte des ateliers sur l’intimidation et le racisme. C’est un projet qui est dédié surtout aux femmes qui ont été victimes d’actes haineux, d’intimidation ou de racisme. Ce sont des femmes ayant vécu beaucoup de souffrances lors de l’attentat qui a eu lieu dans la grande mosquée de Québec, et, depuis cet attentat, les choses ont empiré. Ces femmes ont été des victimes et ont vécu beaucoup de souffrance, etc. So the workshop was dedicated to helping those women. It was a three-part workshop. In the first part, we divided the women into groups.

In each workshop we welcomed a dozen women who had been victims of acts of hate and just let them describe what they had experienced, suffered and so on. Donc, l’atelier était justement dédié à ces femmes-là pour pouvoir les aider. C’est un atelier qui comportait trois volets. Le premier volet, c’était de faire un regroupement de ces femmes. À chaque atelier, on accueillait une dizaine de femmes qui étaient victimes d’actes haineux. On leur permettait justement de raconter leurs expériences, leur souffrance, etc. Generally speaking, we had people who took

part in the workshop and described all the suffering they had experienced. I can’t deny that there were some very difficult moments; there were tears. We had a psychologist with us who helped a little, who provided aid to those women, women who had decided either to stay strong and continue participating in society or who simply decided to isolate, to withdraw from society and focus solely on their families and children because they were afraid to D’une manière générale, on a eu quand même des gens qui y ont participé et qui ont exprimé toute la souffrance qu’ils ont vécue.

Je ne vous cache pas que c’était des moments très difficiles, il y avait des pleurs. On avait quand même une psychologue avec nous qui aidait un petit peu, qui donnait de l’aide à ces femmes-là. Des femmes qui ont soit décidé de rester fortes et de continuer de faire

partie de cette société, ou qui ont carrément décidé de s’isoler, de se retirer de la société et de se 18:2 Human Rights 20-9-2022

leave their homes. It was very hard for them just to take their children to school. So that was the first part. concentrer juste sur leur famille et leurs enfants, parce qu’elles avaient peur de sortir de chez elles. Même le fait d’aller mener leurs enfants à l’école, c’était très difficile pour elles. Donc, ça, c’était le premier volet. In the second part, we mainly distributed information to people. What’s

an act of hate? What’s intimidation? What differentiates

an act of hate from intimidation and racism? The idea was to provide all the tools and to inform people about the remedies available to them here in Quebec City. What should you do if you witness or are a victim of a crime? For example, you can film the incident, take photographs, get the licence plate number of a car and so on. Le deuxième volet consistait surtout à donner de l’information aux gens. Qu’est-ce qu’un acte haineux? C’est quoi l’intimidation? C’est quoi la différence entre l’acte haineux, l’intimidation ou le racisme?

Il s’agissait de donner tous les outils et de les informer sur les recours dont ils disposent ici, dans la Ville de Québec. Qu’est-ce qu’il faut faire quand on est victime ou témoin d’un crime? Par exemple, on peut filmer l’incident, prendre des photos, prendre le numéro de plaque d’immatriculation d’une voiture, etc. Then we also gave them a list of organizations available here in Quebec City together with their contact information. If a woman is a victim of a crime, she need only call the organization that can help her, not to mention 911, of course, which you can call any time.

Par la suite, on leur donnait aussi une liste des organismes disponibles ici, à Québec, et leurs coordonnées. Dans le cas où une femme a été victime d’un crime, elle n’a qu’à appeler l’organisme qui pourra lui venir en aide. Sans oublier, bien sûr, le numéro 911 qu’on peut appeler à tout moment. The third part, which I was unfortunately unable to finalize due to the health crisis, was a meeting with the Quebec City police service.

There were two objectives to that part: First, we wanted to raise police awareness about the fact that these women live in their city, but that they aren’t comfortable, that they’re afraid; and the second objective was to provide those women with access to assistance. Some women file complaints. They go to the police, but there’s no follow-up. And the women were very enthusiastic. They said they’d ultimately be able to meet with police and get follow-up to what they had experienced. They wondered why there was no follow-up, why they got no response. They had filed complaints, and the process had stopped there.

That’s what discouraged many women. Some simply decided not to file complaints, and that isn’t good for us; it’s not for the good of society because we’ve always advised women victims to call, if only for statistical purposes. Then we at least have statistics, even if there’s no follow-up, even if there’s no solution. We know there have been so many crimes in such and such a city. Le troisième volet, que je n’ai pas malheureusement pas pu finaliser tout simplement à cause de la crise sanitaire, c’est une rencontre avec le Service de police de la Ville de Québec.

Ce volet comporte deux objectifs principaux : d’abord, on voulait sensibiliser la police sur le fait que ces femmes vivent dans leur ville, mais qu’elles ne sont pas bien, qu’elles ont peur; ensuite, le deuxième point, c’était de donner accès à de l’aide à ces femmes. Il y a celles qui vont porter plainte. Elles vont appeler la police, mais il n’y aura pas de suivi. Et les femmes étaient très enthousiastes. Elles ont dit que, finalement, elles vont pouvoir rencontrer la police et avoir un suivi sur ce qu’elles ont vécu. Elles se sont demandé pourquoi il n’y avait pas de suivi, pourquoi elles n’ont rien eu.

Elles déposaient une plainte, puis ça s’arrêtait là. C’est ce qui a découragé beaucoup de femmes. Certaines ont décidé carrément de ne pas porter plainte, tout simplement. Et ça, ce n’est pas pour notre bien, ce n’est pas pour le bien de la société parce qu’on a toujours conseillé aux femmes victimes d’appeler, ne serait-ce que pour des fins de statistiques. Au moins, même s’il n’y a pas de suivi, même s’il n’y a pas de solution, on a des statistiques. On sait que dans telle ville, il y a eu un tel nombre de crimes, etc. So those were the three parts. As I said, the third part was unfortunately incomplete.

In fact, the overall project as such wasn’t really completed as a result of the health crisis, and we couldn’t divide the women into groups. My second point is that we’re short of funding. Sometimes it’s also cut off. Donc, ça, c’était les trois volets. Comme je l’ai dit, le troisième volet, malheureusement, n’a pas abouti. En fait, le projet comme tel n’a pas vraiment abouti jusqu’à la fin à cause de la crise sanitaire, puis on ne pouvait plus faire des regroupements. Le deuxième point, c’est le manque de financement. Parfois, ça bloque aussi de ce côté. That’s a

summary of what happened. I’d like to add a brief conclusion. I’d like to mention that immigrant families, particularly Muslim families in which women wear the veil, are an integral part of our society. They have emerged from our culturally diverse society and they contribute to the vast economic and social wealth of this country. However, as a result Voilà un résumé de ce qui s’est passé. J’aimerais faire une petite conclusion. J’aimerais mentionner que la famille immigrante, particulièrement la famille musulmane qui porte le voile, fait

partie intégrante de notre société. Elle est issue de la diversité culturelle, elle contribue à la grande richesse économique et sociale de ce pays. Cependant, à cause des 20-9-2022 Droits de la personne 18:3

of the prejudices and ignorance of some of their fellow citizens, they become victims and have no recourse. As such they’re unable to exercise their citizenship fully. I would also note that Bill 21 definitely hasn’t helped. On the contrary, that government legislation completely flouts equality rights and access to employment. préjugés et de l’ignorance de certains de ses concitoyens, elle se retrouve une victime sans recours. Elle ne peut ainsi exercer pleinement sa citoyenneté. Je rappelle aussi que la loi 21 n’a certainement pas aidé.

Au contraire, cette loi de l’État brime carrément les droits d’égalité et d’accès à l’emploi. So the Ensemble pour agir project, which was intended for women, was nevertheless an opportunity to increase women’s awareness and inform them about fundamental rights. Thanks to that project, they — Donc, le projet Ensemble pour agir, destiné aux femmes, représentait quand même une occasion de sensibiliser et d’informer les femmes sur les droits fondamentaux. Grâce à ce projet, elles... [English] [Traduction] The Chair: Thank you. I’m sorry, I have to interrupt you. La présidente : Merci.

Je suis désolée d’avoir à vous interrompre. Ms. Aitoumasste: That’s alright, I was almost done. Mme Aitoumasste : Il n’y a pas de problème, j’avais presque terminé. The Chair: Thank you. La présidente : Merci. Ms. Aitoumasste: Thank you. Mme Aitoumasste : Je vous remercie. The Chair: I want to take this opportunity to welcome Mohamed Labidi. Thank you for being here. I’ll ask you to present your remarks, but we’re running on a tight schedule, so please keep your remarks to five minutes because the senators will have a lot of questions.

La présidente : Je profite de l’occasion pour souhaiter la bienvenue à Mohamed Labidi. Je vous remercie pour votre présence. Je vais vous demander de faire votre déclaration préliminaire, mais comme notre horaire est serré, je vous demanderai de ne pas dépasser cinq minutes, car les sénateurs ont beaucoup de questions à poser. [Translation] [Français] Mohamed Labidi, President, Islamic Cultural Centre of Quebec City: Good morning, everyone. We are very pleased to welcome the Senate committee that is studying Islamophobia. Mohamed Labidi, président, Centre culturel islamique de Québec : Bonjour à tous et à toutes.

Nous sommes très heureux d’accueillir le Comité sénatorial qui étudie l’islamophobie. The Islamic Cultural Centre of Quebec City, or CCIQ, is a non-profit organization serving the Muslim community since 1985. Our organization manages two mosques in Quebec City and provides religious, educational and cultural services to thousands of Muslims. Our presentation will focus on the tragedy of the great mosque in Quebec City, Bill 21, employment discrimination in the federal government and elsewhere, hate messages and social media.

Le CCIQ est le Centre culturel islamique de Québec, un organisme à but non lucratif au service de la communauté musulmane depuis 1985. Cet organisme gère deux mosquées de la Ville de Québec, offre des services religieux, éducatifs et culturels à des milliers de musulmans. Notre présentation portera sur la tragédie de la grande mosquée de Québec, la loi 21, la discrimination en matière d’emploi au fédéral et ailleurs, les messages haineux et les médias sociaux.

The year 2017 began with the great mosque tragedy and the loss of six of our brothers, who were shot out of hatred, a hatred fuelled by prejudice, and the stigmatization of Muslims in social media and on populist radio. Despite the national wave of sympathy for the Muslim community in Quebec City, we still receive tens of messages of hate in the mail and by telephone at the CCIQ, and the cost to secure our premises has amounted to more than $50,000, just to purchase surveillance cameras and screens and to install a door opening system. That has cost more than $50,000.

There’s also the cost to demolish and relocate the wall and install a concrete wall. That has cost us more than L’année 2017 a commencé par la tragédie de la grande mosquée et la perte de six de nos chers frères tombés sous les balles de la haine, une haine alimentée par les préjugés, la stigmatisation des musulmans dans les médias sociaux et les radios populistes.

Malgré l’élan national de sympathie envers la communauté musulmane à Québec, nous avons continué à recevoir des dizaines de messages haineux par la poste, par téléphone au CCIQ et par Internet, d’où la peur qui s’empare des fidèles. Eux demandent de sécuriser les lieux de plus en plus. Nous avons fait un petit calcul rapide à votre demande, avec les trésoriers du CCIQ, et les coûts pour sécuriser les lieux s’élèvent 18:4 Human Rights 20-9-2022

$2 million. I remind you that we have received only $17,000 in assistance from the federal government. à plus de 50 000 $ rien que pour l’achat de caméras de surveillance et d’écrans et l’installation d’un système d’ouverture de portes. Cela a coûté plus de 50 000 $. Puis, on ajoute à cela les coûts pour faire défoncer et décaler le mur et installer un mur de béton. Cela nous a coûté plus de 2 000 000 $. Je vous rappelle que nous avons reçu une aide de seulement 17 000 $ du gouvernement fédéral.

The community experienced another disappointment in 2017: the loss in the referendum to establish a Muslim cemetery in Saint-Apollinaire, 20 kilometres from Quebec City. The resolution of the Muslim cemetery issue was followed by the burning of my car during the time when I was president of CCIQ. That incident shook the Muslim community because it was a direct attack on individuals, on persons and their homes. It was a very tough year for our community. Those bad memories have stayed with us and motivated many individuals in our community to move away from Quebec City and settle in another province.

I have kept track of those of my acquaintances who have left, and 50% of them have left Quebec City. La communauté a vécu une autre déception en 2017 : la perte du référendum pour établir un cimetière musulman à Saint- Apollinaire, à 20 kilomètres de Québec. Le dénouement du dossier du cimetière musulman a été suivi par l’incendie de ma propre voiture, alors que j’étais le président du CCIQ à l’époque. Cet événement a ébranlé la communauté musulmane, car on s’attaque directement à des individus, à des personnes et à leur demeure. C’est une année très dure qu’a vécue notre communauté.

Ces mauvais souvenirs sont restés gravés dans notre intérieur et ont poussé plusieurs personnes de notre communauté à déménager de la Ville de Québec pour aller s’installer dans une autre province. J’ai fait un petit suivi de mes connaissances qui sont parties. Plus de 50 % d’entre elles ont quitté la Ville de Québec. Bill 21, that discriminatory act, has exacerbated a sense of being discriminated against by members of our community and has encouraged many to leave the province of Quebec for good.

That feeling fuelled by Bill 21 has been particularly strong among Muslim women and young girls, including my own two daughters. La loi 21, cette loi discriminatoire, a accentué le sentiment de discrimination chez les membres de notre communauté et a encouragé plusieurs d’entre eux à quitter définitivement la province de Québec. Le sentiment de discrimination alimenté par la loi 21 a touché encore plus les femmes et les jeunes filles musulmanes, dont mes deux propres filles. I would like to discuss employment discrimination in the federal government and elsewhere.

I reluctantly retired from the federal public service because I couldn’t tolerate workplace discrimination any longer. I decided to take early retirement. Over a career of 18 years of service, I filed four complaints with the Public Service Staffing Tribunal to assert my rights. I can attest that, in the federal public service in Quebec City, immigrants in general are very poorly served in federal public service reviews. A lot of work needs to be done in that area. J’aimerais parler de la discrimination à l’emploi au fédéral et ailleurs.

Je suis fonctionnaire fédéral retraité, malgré moi, puisque je ne pouvais plus supporter la discrimination en milieu de travail. J’ai décidé de prendre une retraite anticipée. Durant une carrière de 18 ans de service, j’ai fait affaire quatre fois au Tribunal de la dotation de la fonction publique pour réclamer mes droits. Je peux témoigner que les immigrants en général, dans la ville de Québec, dans la fonction publique fédérale, sont très mal servis lors des examens de la fonction publique fédérale. Il y a un travail à faire à cet égard.

As for social media and messages of hate, the virtual world is constantly expanding. Social and media interactions mutate in the virtual world. Hate speech has always existed, but now it’s amplified by social media because it’s easy to access an audience now and there’s a false perception of anonymity online. In the absence of any clear legislation, there’s a certain degree of online impunity regarding crimes. The Islamophobia one encounters there frightens and terrorizes the members of our community. The situation appears to be completely out of control.

Pour ce qui est des médias sociaux et des messages haineux, le monde virtuel est en pleine expansion. Les interactions sociales et médiatiques mutent vers le monde virtuel. Les discours haineux ont toujours existé, mais ils sont maintenant amplifiés par l’entremise des médias sociaux, car l’accès à un auditoire est rendu facile, et une fausse perception d’anonymat en ligne existe. Une certaine impunité en ligne existe face aux crimes haineux en l’absence de législation claire. L’islamophobie qu’on y rencontre fait peur et terrorise les membres de notre communauté.

Il semble que la situation est hors de tout contrôle. The hundreds of racist and Islamophobic comments that are posted online every day amount to a collective psychological harassment of our community. The authors of hateful comments can be press and media interests represented openly or Les centaines de commentaires racistes et islamophobes qui apparaissent en ligne au quotidien s’apparentent à un harcèlement psychologique collectif envers notre communauté. Les auteurs des propos haineux peuvent être des entités 20-9-2022 Droits de la personne 18:5

anonymously by certain columnists and individuals. The hate speech the virtual world directs at our community includes calls for the murder and extermination of minorities, for the justification of hate crimes and direct and indirect messages. This causes enormous harm to Canadian society. journalistes et médiatiques par l’entremise de certains chroniqueurs ou de particuliers, ouvertement ou sous le couvert de l’anonymat. Les répercussions des propos haineux du monde virtuel sur notre communauté sont des appels au meurtre et à l’extermination de minorités, à l’apologie de crimes haineux, aux messages directs et indirects.

La société canadienne subit un énorme tort. [English] [Traduction] The Chair: Mr. Labidi, I have to stop you, as it has been five minutes. You have brought up some points, and senators are going to be questioning you about that. La présidente : Monsieur Labidi, je dois vous arrêter là, car les cinq minutes sont écoulées. Les sénateurs vous poseront des questions concernant les points que vous avez soulevés. Mr. Labidi: Okay. M. Labidi : D’accord. The Chair: Thank you so much. La présidente : Je vous remercie beaucoup. Mr. Labidi: Thank you. M. Labidi : Merci.

The Chair: Now I will turn to Mohamad El Hafid for his testimony. La présidente : C’est maintenant au tour de Mohamad El Hafid. [Translation] [Français] Mohamad El Hafid, as an individual: Thank you, senators and members of the audience. My name is Mohamed El Hafid. I am married and the father of three children. I work as an information technology professional and I am a survivor of the terrorist attack on the great mosque on January 29, 2017, a January 29 that is etched in my memory and that has left psychological trauma and scars that unfortunately will not heal. However, life goes on, and one must survive.

Mohamad El Hafid, à

titre personnel : Merci, mesdames les sénatrices, monsieur le sénateur, chers membres de l’auditoire. Je me présente, Mohamad El Hafid. Je suis marié et père de trois enfants. Je travaille comme professionnel en technologie de l’information et je suis un survivant de l’attaque terroriste de la grande mosquée du 29 janvier 2017. C’est un 29 janvier qui est gravé dans ma mémoire et qui a laissé des traumatismes et des cicatrices psychologiques qui ne se guérissent pas, malheureusement, mais la vie doit continuer, et il faut survivre. Everything in my life has changed. I am hypervigilant everywhere I go.

Just imagine feeling permanently threatened for no valid or logical reason. It’s unbearable to live with, you may say, but whether you believe me or not, it’s what we survivors, and all survivors of murderous attacks, feel every day; that’s what we experience every day. Tout a changé dans ma vie. L’hypervigilance est de mise partout où je vais. Imaginez si vous vous sentiez menacé en permanence, sans raison valable ni logique.

C’est insupportable à vivre, me diriez-vous, mais croyez-le ou non, c’est notre quotidien, c’est notre expérience chaque jour, nous, les rescapés, et tous les rescapés des attentats meurtriers. The mosque, which, for me, used to be a place of peaceful contemplation, physical tranquility and healing of the heart, no longer exists. Every time I enter a mosque, I’m on guard and stressed, monitoring the faithful as they enter and leave. Perhaps, who knows, someone, an intruder, may fire on us. It’s an enormous and unbearable stress. Why all this, and how did this drama happen?

These are the questions that come to mind, especially on every anniversary of the attack. They demand answers, but especially to ensure this never happens to us again. La mosquée, qui était pour moi jadis un lieu paisible de recueillement, de tranquillité du corps et d’apaisement du cœur, n’est plus. Chaque fois que je suis dans une mosquée, je suis sur mes gardes, stressé, en train de surveiller le va-et-vient des fidèles à l’intérieur. Peut-être, qui sait, quelqu’un, un intrus, va nous tirer dessus. C’est un stress énorme et insupportable. Pourquoi tout ça et comment est arrivé ce drame?

Ce sont là des questions que je me pose surtout à chaque anniversaire de l’attentat pour trouver des réponses, mais surtout, pour que cela n’arrive jamais chez nous. The experts unanimously maintain that the mosque terrorist was attracted to the cause by the hatred and Islamophobia that were par for the course on social media and the trash radio stations in Quebec City that amplified the Islamophobia.

In denouncing the crime of which a taxi driver from the Maghreb Tous les spécialistes étaient unanimes que le terroriste de la mosquée était embrigadé par le sentiment de la haine et de l’islamophobie qui était monnaie courante dans les médias sociaux et dans les radios-poubelles de la ville de Québec. Et ces radios attisaient cette islamophobie. La députée de Québec 18:6 Human Rights 20-9-2022

was a victim, Québec solidaire MNA Catherine Dorion clearly described the situation in a Facebook post, calling on the public to mobilize against the preachers of hate raging in Quebec City. She wrote, and I quote: solidaire, Mme Catherine Dorion, en dénonçant le crime dont a été victime un chauffeur de taxi d’origine maghrébine a décrit très bien cette situation dans une publication Facebook. Elle a appelé la population à se mobiliser contre les prêcheurs de haine qui sévissent dans la ville de Québec. Elle a écrit, et je cite : There are people out there who are responsible for this social climate.

Columnists, media hosts and politicians sow the seeds of hatred in exchange for votes, clicks and big bucks. Sooner or later, those people will be held accountable. Ce climat social, il y a des gens qui en sont responsables. Il y a des chroniqueurs, des animateurs et des politiciens qui sèment les graines de la haine pour empocher des votes, des clics, du gros cash. Tôt ou tard, ces gens seront tenus responsables. Régis Labeaume, mayor of Quebec City at the time, continued in the same vein on February 1, 2017, two days after the attack, saying: D’ailleurs, le maire de Québec à l’époque, M.

Régis Labeaume, a poursuivi dans la même veine la deuxième journée après l’attentat, le 1 er février 2017. Il a dit : At some point, we’ll have to challenge the leaders, owners, owners’ family’s and especially the shareholders of businesses that make and sell hate-based products. . . . Let’s hope that one of the consequences will be a rejection of all those who use hate to get rich.

Il y aura un moment donné où il faudra interpeller les dirigeants, les propriétaires, les familles propriétaires et surtout, les actionnaires des entreprises qui créent et vendent des produits haineux. [...] Espérons peut-être qu’une des conséquences, ce sera de rejeter ceux et celles qui s’enrichissent avec la haine. Islamophobia and hatred are institutionalized and systemic. Proof of that are the hundreds of racist and Islamophobic comments that appear online every day in connection with a Muslim subject in an article. Here are just two examples of comments that have been received at our mosques.

The first one reads: “Shut up, stop criticizing, keep praying until you die! That’s the way.” And another one: “It’s going to take more people like Alexandre Bissonnette. Next time, everyone in the mosque. Bravo, Alexandre.” L’islamophobie et la haine sont institutionnalisées et systématiques. Pour preuve, des centaines de commentaires racistes et islamophobes apparaissent en ligne au quotidien, dès qu’on traite d’un sujet sur les musulmans dans un article. Je vous donne juste deux exemples de commentaires recus dans nos mosquées.

Voici le premier commentaire reçu : « Ne partez plus, ne critiquez plus, continuez de prier jusqu’à votre mort! Il en sera bien ainsi. » Puis, un autre commentaire reçu : « Ça prendra plus de monde comme Alexandre Bissonnette, la prochaine fois, tout le monde dans la mosquée, bravo à Alexandre. » We therefore condemn the weakness of the institutions that are supposed to defend our rights such as the Canadian Radio- television and Telecommunications Commission, the CRTC, the Canadian Broadcasting Standards Council, the CBSC, and the Conseil de presse du Québec.

We also note the silence, indeed the complicity, of our elected representatives in the most appalling demonstrations of racism and Islamophobia. Donc, on déplore la faiblesse des institutions censées défendre nos droits, comme le CRTC, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, le CCNR, le Conseil canadien des normes de la radiotélévision, et le Conseil de presse du Québec. On explore aussi le silence, voire la complicité des élus face aux manifestations les plus déplorables de racisme et d’islamophobie.

We also condemn the shoddy work of certain francophone media that add fuel to the fire for personal gain and their unacceptable treatment of issues relating to racism and Islamophobia, in speaking, for example, of TVA journalist Marie-Pier Cloutier, in December 2017, who fabricated the story of a mosque that purportedly prohibited women from working next door. I’ve given you some links you can check. That false story was entirely fabricated. She entitled it, No to women on mosque job sites . That just goes to show how they want to stir up hatred and Islamophobia against the Muslim community.

On déplore aussi le travail bâclé de certains médias francophones mettant l’huile sur le feu pour des gains personnels et leur traitement inadmissible des questions relatives au racisme et à l’islamophobie. Par exemple, en parlant à la journaliste Marie-Pier Cloutier de TVA, en décembre 2017, qui a monté de toutes pièces l’histoire d’une mosquée qui aurait interdit à des femmes de travailler à côté de la mosquée. Je vous ai laissé des liens à consulter. Cette histoire mensongère est fabriquée de toutes pièces. Elle a intitulé son reportage Non aux femmes sur les chantiers de la mosquée.

C’est pour vous dire comment 20-9-2022 Droits de la personne 18:7

ils veulent attiser la haine et l’islamophobie contre la communauté musulmane. So we need action to revitalize the CRTC by condemning racism and Islamophobia. Our elected representatives shouldn’t hesitate to condemn racism and Islamophobia when they appear in the media. They should also refuse to encourage media outlets that base their business on intolerance and invite everyone else not to do so. Advertisers should withdraw their ads. All governments contribute to the funding of Quebec City radio stations through advertising campaigns.

That support should be conditional on strict compliance with basic principles of journalistic conduct. Il faut donc agir en redynamisant le CRTC, en dénonçant le racisme et l’islamophobie. Les élus ne devraient pas tarder à dénoncer le racisme et l’islamophobie lorsqu’ils se manifestent dans les médias. Ils devraient aussi refuser d’encourager les médias qui font leur fonds de commerce de l’intolérance et inviter tout le monde à ne pas le faire. Il faut retirer la publicité. Tous les gouvernements contribuent au financement des radios de Québec par le biais de campagnes de publicité.

Cet appui devrait être conditionnel au strict respect des principes déontologiques de base du journalisme. A commission on systemic racism should be established once the government has repealed the act, which is a clear example of a racist and Islamophobic act designed to deprive Canadians, and more particularly Muslim women, of their fundamental right to freedom of conscience and religion.

Il faut mettre sur pied une commission sur le racisme systémique après avoir aboli la loi, qui est un exemple flagrant d’une loi raciste et islamophobe qui vise à priver les Canadiens et les Canadiennes, et plus particulièrement les femmes musulmanes, de leur droit fondamental à la liberté de conscience et de religion. The internet giants should also be required to invest in monitoring hateful and Islamophobic messages on social media and held responsible and accountable for this outpouring of hatred and Islamophobia on their platforms.

Il faut exiger aussi que les géants du Web investissent pour contrôler les messages haineux et islamophobes des médias sociaux et les rendre responsables et imputables de ce déferlement de haine et d’islamophobie sur leurs plateformes. Consequently, the right way to respect victims and enable all of us in Canada to live together is to take forceful action to prevent another such tragedy. Let’s support the victims and their families and ensure that their sacrifice wasn’t in vain. Let’s take action.

Donc, la bonne façon de respecter les victimes et de créer un vivre-ensemble pour nous tous au Canada est d’agir avec force pour éviter qu’une autre tragédie ne se reproduise. Soyons solidaires avec les victimes et leurs familles, faisons en sorte que leur sacrifice n’ait pas été en vain. Agissons, agissons. Thank you for listening and for your attention. Merci de votre écoute et de votre attention. [English] [Traduction] The Chair: Thank you very much. La présidente : Je vous remercie beaucoup. Mr. Akjour, we are ready for your presentation. Thank you. Monsieur Akjour, nous sommes prêts à vous entendre.

Merci. [Translation] [Français] Saïd Akjour, as an individual: Good morning, everyone. Saïd Akjour, à

titre personnel : Bonjour à tous. My name is Saïd Akjour, and I’m a native of Morocco. I arrived here nearly 15 years ago, in 2007. I obviously can’t sum up the past 15 years in 5 minutes, but I can give you an overview of how I have integrated here in Quebec City. Je m’appelle Saïd Akjour, je suis d’origine marocaine. Je suis arrivé ici en 2007, donc ça fait à peu près 15 ans. C’est sûr que les 15 dernières années, je ne peux pas les résumer en cinq minutes, mais je vais quand même faire un autre survol sur mon intégration ici, à Québec. Like most immigrants, I arrived here in Quebec City with degrees.

I have an undergraduate degree in sociology and a minor in education sciences. However, despite the 15 years that have elapsed, my degrees haven’t been recognized to this day. Déjà à mon arrivée ici, à Québec, je suis arrivé avec des diplômes comme la majorité des immigrants. J’ai un bac en sociologie et une mineure en sciences de l’éducation. Alors, malgré les 15 ans qui sont passés, mes diplômes ne sont pas reconnus jusqu’à aujourd’hui. 18:8 Human Rights 20-9-2022

My degrees aren’t recognized in the system of my present employer. I can’t advance in my career, my salary doesn’t reflect my qualifications, and I can’t get a position that does. So that’s the first part. Avec mon employeur actuel, mes diplômes ne sont pas reconnus dans leur système. Je ne peux avancer dans ma carrière, mon salaire ne reflète pas mes diplômes ou je ne peux obtenir un poste qui reflète mes diplômes. Donc, ça, c’est le premier volet. The second

part concerns work. When I arrived here, the first thing I wanted was to do the work I had been doing in Morocco. I was a teacher in Morocco. I taught for 11 years. There has been no recognition of my teaching degree or experience. What was important when I arrived here was really to work so I could pay my rent and my bills. So I wound up working as a patient attendant. I had that job for 10 years. It was nevertheless a rewarding job; it’s a job that I really enjoyed, but I don’t have it any more because I’m doing something else. Le deuxième volet concerne le travail.

Lorsque je suis arrivé ici, la première chose que je voulais dire, c’était de faire le travail que je faisais au Maroc. J’étais enseignant au Maroc. J’ai enseigné pendant 11 ans. Il y a eu zéro reconnaissance par rapport à ce diplôme et mon expérience. Ce qui était important lorsque je suis arrivée ici, c’est vraiment de travailler pour payer mon loyer, pour payer mes factures. Je me suis donc ramassé à travailler comme préposé aux bénéficiaires. J’ai fait ce travail-là pendant dix ans. Quand même, c’est un travail valorisant, c’est un travail que j’ai apprécié beaucoup.

Je ne fais plus ce travail actuellement parce que je fais autre chose. When you identify a person, you first say his name. So my name is Saïd Akjour. Saïd is a familiar name to Quebecers. Despite my name and the fact that I’ve been living in Quebec for many years, many people mispronounce it. They pronounce it as “Sad,” or “Sid.” And yet my name is Saïd; that’s how you identify me. There’s no willingness to make the effort, to say “Saïd.” These are easy syllables to pronounce in French. Nevertheless, to date, my name has been rejected.

Some people pay attention, but even though my name is easy to pronounce, no real effort is made to pronounce it properly. But we’ve learned names that we didn’t know and have gotten better at pronouncing them properly. Lorsqu’on parle d’identité de la personne, on parle d’abord de son nom. Donc, je m’appelle Saïd Akjour. Quand même, Saïd, c’est un nom qui est familier à l’oreille des Québécois.

Malgré ce nom-là, malgré le fait que je vis au Québec depuis plusieurs années, beaucoup de personnes le prononcent mal. On le prononce soit « Sad », soit « Sid ». Pourtant, je porte le nom Saïd, c’est vraiment l’identité de ma personne. Il n’y a pas cette volonté de faire l’effort, de dire « Saïd ». Ce sont quand même des syllabes qui sont faciles à prononcer en français.

Malgré cela, jusqu’à aujourd’hui, mon nom est « scrapé ». Certaines personnes font quand même attention, mais mon nom, même s’il est facile à prononcer, il n’y a pas cette volonté vraiment de faire l’effort pour le prononcer comme il faut. Pourtant, on a appris des noms qu’on ne connaît pas et on s’est amélioré à les prononcer comme il faut. As you may know, I was wounded in the attack on January 29, 2017. It’s true that we experienced a great deal before that date, but that tragic incident opened our eyes and taught us to say no when we encounter injustice. It’s true that many people are vulnerable.

I’m referring more to women who are veiled, who can’t defend themselves. Some of them can defend themselves, but most suffer petty jibes from fellow citizens, and that happens in the course of everyday life, on the public transit system here, the RTC. Drivers say “hello” to everyone who gets on but look away when it’s a veiled woman. Failing to provide good service and not making eye contact are already forms of discrimination. That means you reject the other person, as though he or she doesn’t exist. It’s really a subtle form of discrimination. It’s in the way someone welcomes you or addresses you in public.

Comme vous le savez peut-être, j’ai été blessé par balle lors de l’attentat du 29 janvier 2017. C’est vrai qu’on a vécu plein de choses avant cette date-là, mais cet événement tragique nous a ouvert les yeux et nous a appris à dire non lorsqu’on subit des injustices. C’est vrai qu’il y a beaucoup de personnes vulnérables. Je parle plus des femmes qui sont voilées, qui ne sont pas capables de se défendre.

Certaines d’entre elles sont capables de se défendre, mais une majorité d’entre elles subissent des coups mesquins de la part de leurs concitoyens et ça arrive dans la vie de tous les jours, dans le transport ici, le RTC. Les chauffeurs disent « bonjour » à tout le monde qui entre, mais lorsque c’est une femme voilée, là, il détourne les yeux. Le fait de ne pas fournir un bon service, de ne pas établir de contact visuel, c’est déjà une forme de discrimination. Ça veut dire qu’on rejette l’autre, comme s’il n’existait pas. C’est vraiment une forme subtile de discrimination.

C’est dans l’accueil ou dans l’aspect public. There’s also discrimination in the workplace and everyone has a tale to tell about that. At my old job, I was talking to a Moroccan colleague who worked in another department. My boss passed by and said, “What are you plotting? Are you talking about bombs, about building a bomb?” I screwed up the courage La discrimination, ça se passe aussi au travail. Chaque personne peut parler de son expérience par rapport à ça. Dans mon ancien travail, j’étais en train de parler avec un collègue marocain, qui travaille dans un autre service.

Ma patronne est passée et elle m’a dit : « Qu’est-ce que vous êtes en train de 20-9-2022 Droits de la personne 18:9

to follow her into her office and told her, “You just can’t say that. What goes on between us is private. We were talking about something else.” Then she responded, “No, don’t take it that way. It was a joke.” Message received, but it wasn’t really a joke. You don’t laugh about those things, especially in a professional setting where there’s a hierarchy. She was my boss at the time of that incident. fabriquer, est-ce que vous êtes en train de parler d’une bombe, de fabriquer une bombe? » J’ai pris mon courage à deux mains et je l’ai suivie jusqu’à son bureau pour lui dire : « Ça ne se dit pas, tout simplement.

Ce qui se passe entre nous, c’est privé. On parlait d’autres choses. » Puis, elle m’a répondu : « Non, prends- le pas mal. C’est une blague. » Le message est passé, mais, en fin de compte, ce n’était pas une blague. On ne rit pas de ces choses-là, surtout dans un contexte professionnel avec une hiérarchie. Elle était ma supérieure au moment de cet incident. I also went and worked at the Centre de services scolaires de la Capitale for a few months and experienced serious discrimination there too. I was hired, and when they lost a secretary, they came and asked me to help them out. I said yes.

I accepted the challenge, but they already intended not to keep me. They retained my services well before Christmas 2021 but immediately laid me off just before the holidays. They said it wasn’t really a job for me — Je suis allé travailler aussi quelques mois au Centre de services scolaires de la Capitale. Là, encore une fois, j’ai subi une grande discrimination. On m’a engagé et lorsqu’ils ont perdu un secrétaire, ils sont venus me voir pour me demander de les dépanner. J’ai dit oui. J’ai quand même relevé ce défi, mais ils avaient déjà l’intention de ne pas me garder.

Ils ont fait appel à mes services avant les Fêtes en 2021, mais juste avant le congé des Fêtes, ils m’ont tout de suite remercié pour mes services. Ils m’ont dit que ce n’était pas tant un travail pour moi... [English] [Traduction] The Chair: Mr. Akjour, I’m sorry, but I have to interrupt you. We have one more witness and only 15 minutes left for senators’ questions, and I’m sure they have questions. La présidente : Monsieur Akjour, je suis désolée, mais je dois vous interrompre.

Nous avons un dernier témoin à entendre, et il reste seulement 15 minutes pour les questions des sénateurs, et je suis certaine qu’ils ont des questions à poser. [Translation] [Français] Mr. Akjour: Yes, I just wanted to say that there were other points that… Thanks all the same. M. Akjour : Oui. Je voulais juste dire qu’il y avait d’autres points que... Merci quand même. [English] [Traduction] The Chair: If there are points you want to raise and you didn’t get time, you can do a written submission to us, and that will be part of your testimony. You can always send us written submissions.

La présidente : S’il y a des points que vous n’avez pas eu le temps de soulever, vous pouvez nous transmettre un mémoire, qui fera

partie de votre témoignage. Il est toujours possible de nous envoyer des mémoires. [Translation] [Français] Mr. Akjour: Good. Thank you very much. M. Akjour : Parfait. Merci beaucoup. [English] [Traduction] The Chair: Now, I will turn to Nabila Daoudi for her remarks. Thank you. La présidente : La parole est maintenant à Nabila Daoudi. Merci. [Translation] [Français] Nabila Daoudi, as an individual: Good morning, everyone. Nabila Daoudi, à

titre personnel : Bonjour à tous. First, I want to thank you very much for allowing us to appear. I’ll be very brief today since we don’t have the time to say all we have to say. So I’ll briefly address two parts of my presentation: The first is the labour market, and the second concerns xenophobic acts of hate. D’abord, je vous remercie infiniment de nous avoir permis de faire un témoignage. Je vais être vraiment très brève aujourd’hui, vu que nous n’avons pas le temps de tout dire et raconter. Je vais donc aborder brièvement deux volets de ma présentation : le premier, c’est le marché de travail et le deuxième, ce sont les actes haineux à caractère xénophobe. 18:10 Human Rights 20-9-2022

With regard to the first, it’s hard for educated Muslim women to enter the labour market. We experience discrimination, stigmatization and restrictions instead of a review of our academic and professional competencies. I can simply and easily be disqualified from an internship or paid position just because I’m Muslim or because I wear Muslim-looking clothing. I earned a degree in finance in Morocco. I have a university degree. I worked as an intern for one month in Quebec City, but then all doors were closed to me. I had to adjust and train to become an educator.

En ce qui concerne le premier volet, c’est difficile pour les femmes musulmanes diplômées d’accéder au marché du travail . La discrimination, la stigmatisation et les contraintes prennent la place de l’évaluation des compétences académiques ou professionnelles. Je peux tout simplement et facilement être disqualifiée pour un stage ou pour un poste de travail juste parce que je suis musulmane ou parce que j’ai une tenue vestimentaire d’aspect musulman. Je suis diplômée en finances au Maroc. J’ai un diplôme universitaire. J’ai décroché un stage d’un seul mois à Québec.

Par la suite, toutes les portes se sont fermées devant moi. J’ai dû m’adapter et suivre une formation pour devenir éducatrice. Now I’ll discuss the second part: xenophobic acts of hate. I have to say that Muslim women experience xenophobic acts of hate every day, and I am one of those women. Here’s a specific example of an incident that occurred last week. I was shopping at the Maxi with my three children. We were standing in line and there was a woman behind me that I hadn’t seen because she was behind me. I simply asked the cashier to check the price of a product because she had made a mistake.

As the cashier was talking, the woman began to insult me. I’m sorry but I can’t say the inappropriate words she used before this committee. She basically told me to go home, back to my country. I can definitely characterize those insults, words, gestures and threats quite simply as acts of hate. I’m really sorry, but I can’t repeat those words to you in public. Je vais maintenant aborder le deuxième volet : les actes haineux à caractère xénophobe. Il faut mentionner que les actes haineux à caractère xénophobe sont vécus quotidiennement par les femmes musulmanes. Je suis un exemple de toutes ces femmes.

Je vais vous citer un exemple concret d’un incident qui s’est produit la semaine dernière. J’étais au Maxi en train de faire l’épicerie avec mes trois enfants. On faisait la file et il y avait une femme derrière moi que je n’ai pas vue parce qu’elle était derrière moi. J’ai tout simplement demandé à la caissière de vérifier un prix pour un produit parce qu’elle avait fait une erreur. La caissière était en train de me parler, puis la dame derrière moi — je suis désolée, je ne vais quand même pas utiliser des mots déplacés devant le comité — s’est mise à m’insulter.

Elle m’a demandé de rentrer chez moi, dans mon pays, tout simplement. Je peux clairement qualifier ces insultes, ces paroles, ces gestes et ces menaces de gestes haineux, tout simplement. Je suis vraiment navrée, je ne peux pas vous dire ces mots en public. I called the police and insisted on filing a complaint. The police came, and I spent a long time, three quarters of an hour, demanding my right to file a complaint. The officers told me, “Madam, we’ll go out to the parking lot and straighten her out.” But I told them, “You’re police officers; you’re not here to lecture the woman. I want to file a complaint.

That woman insulted me. She committed acts of hate and made death threats.” I told him that she had wanted to attack me. There were witnesses, there were cameras, and there were people. They took no action. They just stood there in front of me for three quarters of an hour, but I kept demanding a simple right to file a complaint. They didn’t let me. J’ai appelé la police, j’ai insisté pour déposer une plainte. La police s’est présentée. J’ai dû insister longtemps, trois quarts d’heure, pour demander mon droit de déposer une plainte.

Les policiers m’ont dit : « Madame, on va aller faire la morale à la dame à l’extérieur, dans le stationnement. » Mais je leur ai dit : « Vous êtes des policiers, vous n’êtes pas là pour faire la morale à la dame. Je veux déposer une plainte. Cette dame m’a insultée. Elle m’a fait des gestes haineux et des menaces de mort. » Je leur ai dit qu’elle voulait se lancer sur moi. Il y avait des témoins, il y avait des caméras, il y avait du monde. Ils n’ont posé aucun geste. Ils sont restés plaqués devant moi pendant trois quarts d’heure. Pourtant, j’étais en train de demander un simple droit de porter plainte.

Ils ne l’ont pas fait. They left the parking lot, then came back and told me, “Madam, we’re going to ask you to write down your story and sign it.” I was shaking so much I couldn’t even write. The female officer did it for me. I told her my story, I read it, and I signed it. Then she left and gave me a report. I’ll be appearing before a judge soon to pay for a report because I asked the police to defend me. I’ve been here for 12 years. These incidents occur on the bus, on the street, in my car, in grocery stores, everywhere. And that’s just a specific example that I experienced last week.

As a Canadian citizen, I, Nabila Daoudi, I’m a person who Ils sont sortis du stationnement, puis ils sont revenus et ils m’ont dit : « Madame, on va vous demander d’écrire votre témoignage et vous allez signer ». Je n’ai même pas pu écrire, parce que je tremblais. C’est la policière qui l’a fait. Je lui ai donné mon témoignage, je l’ai relu et je l’ai signé. Par la suite, elle est sortie, elle m’a remis un constat. Je vais comparaître devant le juge bientôt pour payer un constat parce que j’ai appelé la police pour me défendre. Cela fait 12 ans que je suis ici.

Ces incidents se passent dans le bus, dans la rue, dans ma voiture, dans les épiceries, partout. Et ça, c’est juste un exemple concret 20-9-2022 Droits de la personne 18:11

participates socially and economically in the advancement of society, as do all full-fledged citizens. que j’ai vécu la semaine dernière. Étant citoyenne canadienne, moi, Nabila Daoudi, je suis une personne qui participe socialement et économiquement à l’évolution de la société, comme tous les citoyens à part entière. I, Nabila, like many of my friends and many Muslims who haven’t had an opportunity to appear and testify before you, know my hijab has been politicized. I feel anger, apprehension and fear. I see the injustice and the lack of understanding in my children’s eyes.

I was with three of my children, who witnessed the scene from A to Z, who saw it all. I see psychological trauma. It’s an attack on my dignity and it affects my ability to live in society. Moi, Nabila, comme beaucoup d’amies que je connais, comme beaucoup de musulmanes qui n’ont pas eu l’occasion de se présenter et de témoigner devant vous, je sais que mon voile est politisé. J’ai un sentiment de colère, de crainte et de peur. Je vis de l’injustice et de l’incompréhension dans le regard de mes enfants. J’étais accompagnée de trois de mes enfants qui ont vu la scène de A à Z, qui ont tout vu.

Je vis un traumatisme psychologique. Ça porte atteinte à ma dignité et ça affecte ma possibilité d’exister socialement. My question and my demand, with all due respect, is that an effort at least be made to honour the rights guaranteed by the Charter of human rights and freedoms and to acknowledge the existence of Islamophobia. Thank you. Ma question et ma demande, en tout respect, c’est de veiller au moins au respect des droits garantis par la Charte des droits et libertés de la personne et de reconnaître l’existence de l’islamophobie. Je vous en remercie. [English] [Traduction] The Chair: Thank you very much.

La présidente : Je vous remercie beaucoup. I’ll turn to the senators for their questions. Je vais maintenant laisser les sénateurs poser leurs questions. [Translation] [Français] Senator Jaffer: Thank you for your testimony. It moved me greatly, and I will always remember what you’ve told us. This is really important. This is why we’re here. As the chair said, we don’t have enough time to hear everything you have to say, but please send your notes to our clerk because we would like to read all you have to say. That’s really important for us. La sénatrice Jaffer : Merci de votre témoignage.

Cela m’a beaucoup touchée et je me souviendrai toujours de ce que vous nous avez dit. C’est vraiment important. C’est la raison pour laquelle nous sommes ici. Comme la présidente l’a dit, nous n’avons pas assez de temps pour entendre tout ce que vous avez à raconter, mais, s’il vous plaît, envoyez vos notes à notre greffier, parce que nous voudrions lire tout ce que vous avez à dire. C’est vraiment important pour nous. I’ll begin with you, Mr. Labidi. Je vais commencer par vous, monsieur Labidi. Mr. Labidi, I very much respect you. Thank you for your work in the community.

It’s really important for all Muslims, and I thank you for that. Monsieur Labidi, je vous respecte beaucoup. Merci pour votre travail dans la communauté. C’est vraiment important pour tous les musulmans et je vous en remercie. The federal government said it had granted a considerable amount of money to improve security at the mosque, but you say you’ve received a small sum of money for that purpose. As I asked yesterday, please send us all your details: how much money you requested and how much you received, and all the issues involved with the applications.

Send that to the clerk because that’s really, really important for our committee. Le gouvernement fédéral a dit qu’il avait donné beaucoup d’argent pour augmenter la sécurité de la mosquée, mais vous dites que vous avez reçu une petite somme d’argent pour la sécurité de la mosquée. Comme j’ai demandé hier, s’il vous plaît, envoyez tout le détail : combien d’argent vous avez demandé et combien vous avez reçu, et tous les problèmes avec les applications. Envoyez cela au greffier, parce que, ça, c’est vraiment, vraiment important pour notre comité.

I don’t have a lot of time because other senators want to ask questions too. Je n’ai pas beaucoup de temps parce que d’autres sénateurs veulent poser des questions. 18:12 Human Rights 20-9-2022

Nabila, Mohamad and Saïd, I’d like to ask you to write to our clerk and give us your recommendations. If you had a recommendation that you would like to make, major or minor, what would that recommendation be? Nabila, Mohamad et Saïd, je voudrais vous demander d’écrire à notre greffier pour nous faire part de vos recommandations. S’il y a une recommandation que vous aimeriez faire, petite ou grande, quelle serait cette recommandation? [English] [Traduction] If you were going to recommend one thing to the committee that we can work on or recommend to the federal government, what would that be?

As you know, the time is very short, and I still have a question for Laïla and, before the chair tells me I have no more time. You can always send your other details to the clerk. I’ll start with you, Mr. Saïd. S’il y avait une recommandation que vous voudriez faire au comité ou au gouvernement fédéral, quelle serait-elle? Comme vous le savez, nous disposons de très peu de temps, et il y a une question que j’aimerais poser à Mme Aitoumasste avant que la présidente me dise que mon temps est écoulé. Vous pouvez toujours envoyer des précisions au greffier.

Allez-y en premier, monsieur Akjour. [Translation] [Français] Mr. Akjour: The only recommendation I would like to make first, even though my list of recommendations is long, concerns firearms control. We definitely experience discrimination here in Quebec City, but what’s been truly catastrophic is the damage and devastation as a result of firearms. So we want greater firearms control. M. Akjour : La seule recommandation que j’aimerais faire en premier, même si la liste de mes recommandations est longue, c’est le contrôle des armes à feu.

C’est sûr qu’ici, à Québec, on subit de la discrimination, mais ce qui a été vraiment catastrophique ce sont les dommages et les dégâts qu’on a subis à cause des armes à feu. Donc, on veut un meilleur contrôle des armes à feu. Senator Jaffer: Thank you, Saïd. La sénatrice Jaffer : Merci, Saïd. Mr. El Hafid: I have a single recommendation. I ask that the federal government work hard to oppose the internet giants. They should invest in controlling messages of hate because the Web giants are responsible for this. They make money publishing these messages.

That’s the only recommendation I would make: Force the web giants to invest, to exercise control over the publication of messages of hate on their platforms and in social media. M. El Hafid : J’ai une seule recommandation. Je demande que le gouvernement fédéral travaille très fort pour contrer les géants du Web. Il faut qu’ils investissent dans le contrôle des messages haineux. Parce que les géants du Web en sont responsables. Ils gagnent de l’argent en publiant de tels messages.

C’est la seule recommandation que j’ai à faire : forcer les géants du Web à investir, à exercer un contrôle sur la publication des messages haineux dans leur plateforme, dans les médias sociaux. Senator Jaffer: Thank you, Mohamad. La sénatrice Jaffer : Merci, Mohamad. Ms. Daoudi: I would just like to raise two points: The existence of Islamophobia must be recognized, and that hasn’t been done, even after many years and efforts, and care must be taken to comply with the Charter of Human Rights and Freedoms. That’s the least that can be done.

Mme Daoudi : J’aimerais juste soulever deux points : il faut s’assurer de reconnaître l’existence de l’islamophobie, ce qui n’a pas été fait, même après plusieurs années et de nombreux efforts; et il faut veiller au respect — c’est la moindre des choses — de la Charte des droits et libertés de la personne. Senator Jaffer: Thank you, Nabila. La sénatrice Jaffer : Merci, Nabila. Laïla, I have a question for you. You said you had taken two courses, but you didn’t take a course with the police. Have you done that? Laïla, j’ai une question pour vous.

Vous avez dit que vous aviez suivi deux cours, mais vous n’avez pas fait un cours avec la police. Maintenant, l’avez-vous fait? Ms. Aitoumasste: No, not at all. In fact, the project was shut down when COVID started. There was no follow-up. I was working more in the multiethnic community at the time, but not now. So there was unfortunately no follow-up to that project as such. Mme Aitoumasste : Non, pas du tout. En fait, on a arrêté le projet au début de la COVID. Il n’y a pas eu de suite. Je travaillais plus dans le milieu multiethnique à l’époque, mais maintenant, je ne le suis plus.

Donc, il n’y a pas eu de suite comme telle pour ce projet-là, malheureusement. Senator Jaffer: Thank you. La sénatrice Jaffer : Merci. 20-9-2022 Droits de la personne 18:13

I have one last minor thing to say. I’m sorry, I’m going to speak in English because my French isn’t very good, but — J’ai une dernière petite chose à dire. Je suis désolée, je vais parler en anglais parce que mon français n’est pas vraiment bien, mais... [English] [Traduction] I want to say to the survivors that I was here immediately after the horrible assault on all of us. I want you to know that this is not something you carry alone. We Muslims all across the country carry this. I don’t want you to think you are alone.

Even though we’ve had very little time to hear you, it’s not the last thing we will hear, so if there’s anything you want to tell us, you can send it in writing, or you can send a tape if you want, but don’t think that because of time constraints, we are not listening to you. Please, send your stuff, and Mr. Labidi, please don’t forget to send that information. Je tiens à dire aux survivants que je suis venue ici immédiatement après cette horrible attaque contre nous tous. Je veux que vous sachiez que vous n’êtes pas seuls. Nous, les musulmans de partout au pays, sommes avec vous.

Je ne veux pas que vous pensiez que vous êtes seuls. Même si nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour vous écouter, ce n’est pas la dernière occasion que vous aurez de vous exprimer. S’il y a d’autres choses que vous voulez nous dire, vous pouvez nous écrire, ou nous envoyer une vidéo si vous voulez, mais ne croyez pas qu’en raison du temps restreint, nous ne vous écoutons pas.

Faites-nous parvenir ce que vous souhaitez, et monsieur Labidi, n’oubliez surtout pas de nous envoyer l’information que j’ai demandée. [Translation] [Français] Boufeldja Benabdallah, Co-founder and spokesperson Islamic Cultural Centre of Quebec City: It’s already done. Boufeldja Benabdallah, cofondateur et porte-parole Centre culturel islamique de Québec : C’est déjà fait. Senator Jaffer: That’s really, really important for us. Thank you. Thank you for your testimony. La sénatrice Jaffer : Ça, c’est vraiment, vraiment important pour nous. Merci.

Merci pour ton témoignage. [English] [Traduction] Senator Oh: Thank you, witnesses, for being here this morning. Last night, the committee visited the mosque, and it was really a touching moment of recalling what happened years ago. This is a problem that this committee is paying attention to, and we are aware of what’s going on. Le sénateur Oh : Je remercie les témoins pour leur présence ce matin. Hier soir, le comité a visité la mosquée. Nous avons vécu un moment très touchant en nous rappelant ce qui s’est passé il y a plusieurs années.

Il s’agit d’un problème auquel le comité porte attention, et nous sommes conscients de ce qui se passe. I just want to ask a few questions. It seems that the women are the most affected in their daily life. For instance, Nabila was saying that in front of the children, things happen, and that is terrible. That is something that shouldn’t be, you know, when kids are involved, because that can have a long-term impact on their thinking and their mind. J’ai quelques questions à poser. Il semble que les femmes sont les personnes les plus touchées dans leur vie quotidienne.

Par exemple, Mme Daoudi a raconté que des choses se produisent en présence de ses enfants, et c’est terrible. Ces incidents ne devraient pas se produire devant des enfants, car cela peut avoir des répercussions à long terme sur leur pensée et leur esprit. How does Bill 21 really affect the Muslim women in Quebec? I think that before that, there might have some minor problems or issues, but never has it been this bad. I think Bill 21 probably is the big cause. What are your thoughts? Can anyone tell us something about that? Dans quelle mesure la loi 21 a-t-elle une incidence sur les femmes musulmanes au Québec?

Je pense qu’avant cette mesure législative, il y avait peut-être des problèmes, mais la situation n’était pas aussi grave que maintenant. Je crois que la loi 21 est probablement la cause principale de la situation actuelle. Qu’en pensez-vous? Quelqu’un peut-il nous en parler? [Translation] [Français] Ms. Aitoumasste: It’s actually made things worse. We’re already having a very hard time with these employment discrimination problems. Bill 21 simply made us realize that we don’t have a right to work, that we don’t have a right to be a teacher, to be a judge or anything. So it’s really affected us.

Mme Aitoumasste : En fait, elle n’a fait qu’empirer les choses. Nous vivons déjà très mal tous ces problèmes de discrimination en ce qui concerne l’emploi. La loi 21 est arrivée pour nous dire carrément que nous n’avons pas le droit de travailler, que nous n’avons pas le droit d’être une enseignante, 18:14 Human Rights 20-9-2022

d’être un juge, ni quoi que ce soit. Donc, c’est sûr que cette loi nous a beaucoup affectées. It isn’t just the workplace; it’s also in society, outdoors, in the street. It’s as though certain individuals have been given permission — I’m not generalizing here; I’m not going to say that Quebec as a whole or all of Quebec City is racist, far from it —to say that, because we wear the hijab, we don’t have a right to work, we don’t have a right to exist, we don’t even have a right to be here, and we should go back where we came from. And I hear that often.

As I said earlier, the women in the project I worked on often heard those words: “Go back where you came from.” But those women have been here for years. Ce n’est pas juste en milieu de travail, c’est aussi dans la société, à l’extérieur, dans la rue.

C’est comme si on avait donné la permission à certaines personnes — je ne vais pas généraliser, je ne vais pas dire que tout le Québec ou toute la ville de Québec est raciste, loin de là — de dire que, effectivement, parce qu’on porte le voile, nous n’avons pas le droit de travailler, nous n’avons pas le droit d’exister, nous n’avons même pas le droit d’être ici et nous devons rentrer chez nous. Et ça, on l’entend souvent. Comme je l’ai dit tout à l’heure, dans le projet sur lequel j’ai travaillé, les femmes, elles ont souvent entendu ces propos-là : « Rentrez chez vous ».

Pourtant, les femmes sont établies depuis des années. I don’t know if there is anything else. Je ne sais pas s’il y a autre chose à ajouter. Mr. Akjour: What I might add is that the Premier of Quebec said that there was no Islamophobia in Quebec. He said it several times. He acts like someone who buries his head in the sand, who acts like an ostrich, saying there’s no problem, but the problem is there. It exists. M. Akjour : Ce que je pourrais rajouter, c’est que le premier ministre québécois a dit qu’il n’y a pas d’islamophobie au Québec. Il l’a dit à plusieurs reprises.

Il agit comme quelqu’un qui met la tête dans le sable, qui fait l’autruche en disant qu’il n’y a pas de problème. Pourtant, le problème, il est là, il existe. He has often said that this is representative of the majority, that the majority voted for Bill 21. So it’s the law of the majority. However, the minority’s overlooked, but it also has rights. When we say reasonable accommodation, for example, we aren’t talking about a privilege; we’re talking about a procedure for protecting minority rights. Il a souvent dit que ça représente la majorité, que la majorité a voté pour la loi 21.

Donc, c’est la loi de la majorité. Mais, on oublie que la minorité, elle aussi, a des droits. Lorsqu’on parle des accommodements raisonnables, par exemple, on ne parle pas d’un privilège, mais on parle d’une procédure pour protéger les droits des minorités. There’s an imbalance here in Quebec City between what the majority is and what the minority is. The majority votes, but the minority suffers. So minority rights unfortunately aren’t protected here in this province. Thank you. Ici, à Québec, il y a un déséquilibre entre ce qui est la majorité et ce qui est la minorité.

C’est la majorité qui vote, mais c’est la minorité qui subit. Donc, les droits des minorités ne sont pas protégés ici, dans cette province, malheureusement. Merci. Mr. El Hafid: As Laïla said, we experienced discrimination, especially Muslim women, before Bill 21. That act institutionalized all Islamophobia and put Islamophobes in the right. It’s very important to say that. It came from a major institution that should represent citizens’ rights and freedoms. And the rights and freedoms of any society are measured by it’s respect for minority rights. They’ve trampled minority rights, especially those of women.

Being a woman is already a handicap; being an immigrant woman is another obstacle; being a veiled woman adds a third layer of discrimination; being a woman of colour, veiled and Muslim is a fourth layer of intimidation and discrimination; and being a woman with a disability is a fifth layer of discrimination. So this bill will institutionalize that and approve systemic discrimination. M. El Hafid : Comme l’a dit Laïla, avant la loi 21, on subissait déjà de la discrimination, surtout les femmes musulmanes. La loi est venue institutionnaliser et donner raison à tous les islamophobes.

Ça, c’est très important de le mentionner. Elle est venue d’une grande institution qui devrait représenter les droits et les libertés des citoyens. Et les droits et libertés de toute société se mesurent par le respect des libertés et des droits des minorités. Ils ont bafoué les droits des minorités et, surtout, les droits des femmes.

Être une femme, déjà, c’est un handicap; être une femme immigrante, c’est un autre obstacle; être une femme voilée, c’est une troisième couche de discrimination; être une femme de couleur, voilée et musulmane, c’est une quatrième couche d’intimidation et de discrimination; et être une femme en situation de handicap, c’est une cinquième couche de discrimination. Donc, cette loi vient institutionnaliser cela, vient approuver une discrimination systémique. In addition, the government is described as neutral because it’s secular. However, we all know the definition of secularism.

Secularism means that the government is secular, not citizens. Citizens have a right to wear or remove whatever they want. De plus, on dit que l’État fait preuve de neutralité sous prétexte qu’il défend la laïcité. Or, on connaît tous la définition de la laïcité. La laïcité, c’est l’État qui est laïc, par les citoyens. Les citoyens ont le droit de porter ou d’enlever ce qu’ils veulent. 20-9-2022 Droits de la personne 18:15

Consequently, it’s as though the government comforts all extremists in their judgment and discrimination. I find that very worrying. Donc, c’est comme si l’État vient conforter tous les extrémistes dans leur jugement et dans leur discrimination. Et ça, je trouve ça très grave. Efforts have also been made to entrench in Quebec’s Charter of human rights and freedoms the “notwithstanding clause,” which wasn’t really made for that purpose. Consequently, Bill 21 ultimately serves no purpose. It’s just a law designed to attract the votes of a few extremists. I’ll stop there.

Thank you On a aussi essayé d’enchâsser dans la Charte des droits et libertés de la personne du Québec la « clause nonobstant » qui, normalement, n’est pas faite pour ça. Donc, finalement, ça ne sert à rien, la loi 21. C’est une loi juste pour avoir des votes de quelques extrémistes. Je m’arrête ici. Merci. [English] [Traduction] The Chair: Thank you. La présidente : Merci. Nabila, please be very brief, because we have two senators still to ask questions. Madame Daoudi, veuillez être très brève, car il y a encore deux sénateurs qui veulent poser des questions. [Translation] [Français] Ms.

Daoudi: I’d like to add briefly that Bill 21 quite simply supports Islamophobia. It contradicts the Canadian Charter of Rights and Freedoms. It actually contradicts the values of the Charter, and it supports Islamophobia. Thank you. Mme Daoudi : J’aimerais ajouter brièvement que la loi 21 entretient l’islamophobie, tout simplement. Elle entre en contradiction avec la Charte canadienne des droits et libertés. C’est vraiment contradictoire avec les valeurs de la charte, et elle entretient l’islamophobie. Merci. [English] [Traduction] The Chair: Thank you. La présidente : Merci. Senator Oh: Thank you.

Le sénateur Oh : Je vous remercie. [Translation] [Français] Mr. Benabdallah: If I could add a thought concerning the Charter, it’s that the federal government should do something to amend or cancel this Bill 21 because it’s causing a lot of problems for the Muslim community, particularly for Muslim women. Thank you. M. Benabdallah : Si je peux ajouter quelque chose au sujet de la charte, c’est que le fédéral doit faire quelque chose pour modifier ou annuler cette loi 21, parce que ça cause beaucoup de problèmes pour la communauté musulmane, particulièrement pour les femmes musulmanes.

Merci. [English] [Traduction] The Chair: Thank you. La présidente : Merci. Senator Oh: Thank you. Le sénateur Oh : Merci. [Translation] [Français] Senator Gerba: Thanks to all the witnesses for coming this morning. It’s much appreciated. La sénatrice Gerba : Merci à tous les témoins d’être venus ce matin, c’est vraiment apprécié. I salute the courage of the witnesses, I salute the courage of the victims and survivors, and I especially salute the courage of the women who suffer most of the impact of Islamophobia on a daily basis.

Nabila’s testimony is quite simply… I imagine that’s the everyday lot of all veiled Muslim women in our country, and that’s unfortunate. Je salue le courage des témoins, je salue le courage des victimes et des survivants, et je salue surtout le courage des femmes, qui subissent majoritairement les répercussions de l’islamophobie au quotidien. Le témoignage de Nabila est tout simplement... J’imagine que c’est le lot quotidien de toutes les femmes voilées musulmanes de notre pays, et c’est dommage. 18:16 Human Rights 20-9-2022

I want to go to Saïd. Regarding what you experienced on that day in 2017, can you tell us something of what exactly happened and whether you’ve received assistance since then? Thank you. Je vais m’adresser à Saïd. Par rapport à ce que vous avez vécu durant cette journée en 2017, pouvez-vous nous raconter un petit peu ce qui s’est passé exactement et nous dire si vous avez eu de l’aide depuis ce fameux jour de 2017? Merci. Mr. Akjour: It was freezing on the evening of January 29, 2017; it was the end of the world, a disaster, an earthquake. There are no words to express it.

We subsequently felt some solidarity from society in general, Muslims and non-Muslims. We received a lot of support and empathy. That felt good. M. Akjour : Le soir du 29 janvier 2017, c’était une soirée glaciale, c’était la fin du monde, c’était une catastrophe, un tremblement de terre. Il n’y a pas de mots pour l’exprimer. Par la suite, on a quand même eu des élans de solidarité de la société en général, musulmans et non-musulmans. On a reçu beaucoup de soutien, beaucoup d’empathie. Cela a fait du bien. On the official side of things, all the court proceedings produced was defeat after defeat.

The judgment was a defeat, even where it was a little more reasonable, by which I mean 40 years; it wasn’t really one, but then it was defeat after defeat, and, if I may say so, from a legal standpoint, the attacker had more rights than the rest of us victims. Pour ce qui est officiel, tout ce qui concerne le tribunal, c’était défaite après défaite.

Donc, le jugement était une défaite, même lorsqu’il était un peu plus raisonnable, c’est-à-dire 40 ans, ce n’en n’était pas une, mais par la suite, c’était défaite après défaite, et là, si je peux dire, du point de vue juridique, c’est l’assaillant qui a plus de droits que nous autres, les victimes. We’ve been forgotten by society and by government bodies such as Quebec’s Indemnisation des victimes d’actes criminels, for IVAC. Our case was closed five or even six years ago. We’ve seen no follow-up, we don’t know what’s happening, and we haven’t been compensated.

We’re trying to survive on our own, and I can tell you I’m even stronger now than I was in 2017. Thank you. On est tombé dans l’oubli, soit par la société, soit par des instances gouvernementales, pour ce qui est de l’Indemnisation des victimes d’actes criminels, ou l’IVAC. Cela fait maintenant cinq ans, voire six ans, que notre dossier a été classé. On n’a pas de suivi, on ne sait pas ce qui se passe, on n’est pas indemnisé. Et avec nos propres moyens, on essaie de survivre, et je peux vous dire que je suis encore plus fort aujourd’hui qu’en 2017. Merci. Senator Gerba: Thank you very much.

That’s really quite moving. Thank you for your recommendations, Mr. Labidi. You have 17 years’ experience in the federal public service. If you had a specific recommendation to make to the Government of Canada regarding the federal public service, what would it be? La sénatrice Gerba : Merci beaucoup, c’est vraiment très touchant. Merci pour vos recommandations. monsieur Labidi. Vous avez 17 ans d’expérience à la fonction publique fédérale. Si vous aviez une recommandation particulière à faire au gouvernement du Canada au niveau de la fonction publique fédérale, qu’est-ce que ce serait? Mr.

Labidi: Thank you for your question. I would ask that reviews be conducted by human resource professionals who are independent of the offices where we work, of the administrations where we work. Because who you know is worth more than experience, more than intelligence, more than knowledge, more than anything. If you know the boss, you’re promised a position as team leader, director, consultant and so on. You climb up the ranks because it’s who you know that counts. So to stop that, we need neutral committees from other cities or Ottawa to conduct reviews.

And reviews must be organized and standardized to preclude any human intervention in review results, because minorities are excluded when humans intervene. M. Labidi : Merci pour votre question. Je demanderais que les examens soient faits par des professionnels des ressources humaines qui sont indépendants des boîtes où on travaille, des administrations où on travaille. Parce que les connaissances, ça vaut plus que l’expérience, plus que l’intelligence, plus que le savoir-faire, plus que tout. Si on connaît le boss, on nous promet de devenir chef d’équipe, directeur, consultant, etc.

On monte les échelons, parce que ce sont les connaissances qui comptent. Donc, pour briser ça, il faut que des comités neutres, qui viennent d’autres villes ou d’Ottawa, fassent les examens. Et il faut des examens qui sont balisés et normalisés, pour éviter toute intervention humaine dans les résultats d’examen. Parce que dès qu’il y a une intervention humaine, les minorités sont exclues. For example, the administration where I work has 400 federal employees. Not a single team leader among those 400 federal employees is a visible minority.

I’m not talking about Arabs, Muslims, but rather visible minorities of any origin. There’s not a single consultant or director, and I’m talking about 400 employees, including 20 team leaders and 80 consultants. Not a single one of those employees is an immigrant. Don’t any of us, with our diplomas, master’s degrees, doctorates and all that, have Par exemple, si je parle de l’administration où j’ai travaillé, ce sont 400 employés fédéraux. Sur les 400 employés fédéraux, pas un seul chef d’équipe n’est de minorité visible.

Je ne parle pas d’Arabes, de musulmans, mais de minorités visibles, toutes origines confondues. Il n’y a aucun consultant, aucun directeur. On parle de 400 employés, avec 20 chefs d’équipe et 80 consultants. Il n’y a aucun immigrant parmi ces employés. Est-ce que nous tous, avec les diplômes, les maîtrises, les doctorats, 20-9-2022 Droits de la personne 18:17

the necessary competencies to climb the ladder? I know an African who’ll be filing a complaint against the federal government for blocking his career. He has a master’s degree in administration, and he’s leaving at the level where he was when he started. If the system was an open one, he could have been a director or a director general at the end of his career. avec tout ça, on n’a pas les compétences nécessaires pour monter dans la hiérarchie? Je connais un Africain qui va déposer une plainte contre le gouvernement fédéral pour bris de carrière.

Il a une maîtrise en administration, et il sort avec le niveau auquel il est rentré. S’il s’agissait d’un système ouvert, il devrait être un directeur ou un directeur général en fin de carrière. [English] [Traduction] The Chair: Thank you, Mr. Labidi. La présidente : Merci, monsieur Labidi. I was going to ask a question, but I might just have one comment with Mr. Benabdallah, and I will give my question time to you. If you can keep it really, really short, because we are almost 15 minutes over, I would appreciate that. J’allais poser une question, mais je vais laisser M.

Benabdallah formuler un commentaire, et je vais vous donner mon temps de parole. Je vous serais reconnaissante d’être très bref, toutefois, car nous avons dépassé notre temps de pratiquement 15 minutes. [Translation] [Français] Mr. Benabdallah: I’m being asked to be brief, to — M. Benabdallah : On me pose la question d’être bref, de... Senator Gerba: Actually, she wants you to say something. La sénatrice Gerba : En fait, elle veut que vous disiez quelque chose. Mr. Benabdallah: Sorry, I must apologize to the Senate committee and to you, Madam Chair, for arriving so late. I got the time wrong.

I simply wrote down 10 a.m. instead of 9. M. Benabdallah : Désolé, je dois m’excuser auprès du Comité sénatorial et auprès de vous, madame la présidente, d’être arrivé à cette heure. Je me suis trompé d’heure. J’avais écrit 10 heures au lieu de 9 heures, tout simplement. As you heard, I think the people here have as much to say as I do. First of all, your committee has an important responsibility to meet with Muslims, to listen to them and to discuss the issue of Islamophobia. That involves semantics and a lot of other things. I had prepared a whole presentation, but I know I won’t have the time to discuss it.

I’ll submit it to the chair of the committee. Comme vous l’avez entendu, je pense que les gens ici ont autant de choses à dire que moi. Tout d’abord, votre comité a cette responsabilité importante de rencontrer des musulmans, de les écouter et de discuter de la question d’islamophobie. Il y a de la sémantique là-dedans, il y a plein de choses. J’avais préparé tout un exposé, mais je sais que le temps ne me permet pas d’en discuter. Je le remettrai à la présidente du comité. All I want to say is that Islamophobia is a characteristic found in Canadian and Quebec society but not in its majority.

This has to be acknowledged: It isn’t the majority; it’s a minority. However, that doesn’t mean we can close our eyes and ears to that minority. It’s an active minority, a busy minority, a minority that has the social status to speak out and loosen its tongue… The active loosening of its tongue across social media hurts our Muslim community even more. Tout ce que je veux dire, c’est que islamophobie est de l’apanage de la société canadienne et québécoise non pas dans sa majorité. Il faut le reconnaître : ce n’est pas la majorité, c’est une minorité.

Toutefois, cela ne veut pas dire qu’il faut fermer les yeux et les oreilles sur cette minorité. C’est une minorité agissante, c’est une minorité exercée, c’est une minorité qui a les trucs sociaux dans lesquels elle peut se déclarer et elle peut se délier la langue... Le fait de se délier la langue à travers les réseaux sociaux fait encore du tort à notre communauté musulmane.

What we’re asking the federal government to do is to sort out all these aspects, the religious issues in Quebec that have occupied Quebecers, because the religious issue here is Catholicism, and Muslims have suffered the torments of that issue since arriving. This has to be sorted out with the provincial government. Ce qu’on demande au gouvernement fédéral, c’est de « détricoter » tous ces aspects, c’est-à-dire le contentieux religieux au Québec qui a poursuivi les Québécois, parce que le contentieux religieux est catholique, et en arrivant les musulmans ont subi les affres de ce contentieux.

Il faut le « détricoter » avec le gouvernement provincial. We hope the federal government will act as quickly as possible to undo part of this Bill 21, a part that is in itself discriminatory, racist and Islamophobic. We aren’t saying that Nous souhaitons que le gouvernement fédéral agisse le plus vite possible pour défaire une

partie de cette loi 21, qui est une

partie en elle-même discriminatoire et en elle-même raciste et en 18:18 Human Rights 20-9-2022

Bill 21 is all bad, but we are saying that this

part is discriminatory since it has employed the “notwithstanding clause,” which you said, at least once, before the courts, shouldn’t have been granted to a government that wants to render

an act discriminatory. That makes no legal or human sense. elle-même islamophobe. On ne déclare pas que toute la loi 21 est mauvaise, mais on déclare donc son volet discriminatoire puisqu’elle a utilisé la « clause nonobstant », que vous dites enfin une fois, auprès de la magistrature, que la clause nonobstant ne devait pas être accordée à un gouvernement qui veut faire d’une loi une loi discriminatoire. C’est un non-sens sur les plans juridique, légal et humain. That being said, this has left something of a bitter taste in our mouths, but we also have to be logical.

To combat Islamophobia, we ask that the government take tangible action, and I don’t mean restrictive action: The act is the act and it can be used to simplify matters, but beyond legislation, there are positive actions that can be taken. Positive actions are always something that help us live together. As Muslims, we embody that urge to live together. We love living with people, we love our neighbours, we love working in society to make it more humane, but it has to be more than mere words. We don’t have the financial capacity, we don’t have programs or actions to do that.

The federal government has the capacity to implement projects in which people can find meaning in life, meaning in associating with each other, and by associating with people, we will reduce racism; we will reduce xenophobia. Cela dit, on est un peu aigri de la chose, mais il faut aussi qu’on soit logique. Pour lutter contre l’islamophobie, nous demandons au gouvernement de mener des actions tangibles. Et ce ne sont pas des actions contraignantes : la loi, elle est là, la loi peut être mise à contribution pour décomplexifier la chose, mais au-delà des lois, il y a des actions positives qu’on peut faire.

Les actions positives, c’est toujours dans le vivre-ensemble. En tant que musulmans, nous sommes porteurs en nous-mêmes de ce vivre-ensemble. Nous aimons vivre avec les gens, nous aimons notre voisin, nous aimons travailler dans la société pour rendre la société plus humaine. Mais il ne faut pas que ça soit uniquement des mots. Nous n’avons pas la capacité financière, nous n’avons pas de programme et des actions pour faire ça.

Le gouvernement fédéral a la capacité de mettre en place des projets dans lesquels les gens trouvent un sens à la vie, trouvent un sens à se côtoyer, et en côtoyant les gens, on diminuera cet aspect d’islamophobie, on diminuera le racisme, on diminuera la xénophobie. So where are all these actions? They are in the culture. We newcomers have so many things to share with people. Cultural programs must be put in place to enable us to work with people and to show them that the contribution that Islam has made to global civilization is a very positive one, that it is not just words.

We must demonstrate things by making presentations, by discovering the other, who is Muslim, by creating theatre plays. In this culture we will be able to share things and to laugh together. I also think we must simplify the situation by doing pleasant things together. Alors, où se trouvent ces actions? Elles sont dans la culture. On a tellement de choses à partager avec les gens, nous, les nouveaux arrivants.

Des programmes de culture doivent être mis en place afin de pouvoir nous permettre de travailler avec les gens puis de leur montrer que l’apport de l’islam dans la civilisation mondiale est un apport très positif, que ce n’est pas uniquement des mots. Il faut démontrer les choses en faisant des exposés, en découvrant l’autre qui est musulman, en créant des pièces de théâtre. C’est dans cette culture qu’on va pouvoir partager les choses et rire aussi. Je pense qu’on doit aussi nous décomplexer de la situation en faisant des choses agréables entre nous.

Why does a committee such as yours go out and meet people like me? I’m stunned by the situation. We want to have cultural projects, theatre, painting and literature. We want to do a lot of things through which we can express ourselves as Muslims here in Quebec. These are so many actions that will reduce Islamophobia in this country. Let’s set an example for the world. Comment se fait-il qu’une commission comme la vôtre allez rencontrer des gens comme moi? Je suis ébranlé par la situation. On veut faire des projets culturels, du théâtre, de la peinture, de la littérature.

On veut faire beaucoup de choses dans lesquelles nous pouvons nous exprimer en tant que musulmans ici, au Québec. C’est autant d’actions qui vont diminuer l’islamophobie dans ce pays. Soyons un exemple à l’échelle mondiale. I think the federal government can do it, but it can’t do it alone. That’s why we here, around this table, are prepared to work with the federal government to make positive proposals so that this theme, this action, this nascent philosophy declines somewhat. We would like to make Islamophobia disappear from the Canadian space.

Je pense que le gouvernement fédéral peut le faire, mais il ne peut le faire tout seul. C’est pour ça que, nous, ici, autour de la table, nous sommes prêts à travailler avec le gouvernement fédéral pour faire des propositions positives afin que ce thème, cette action, cette philosophie naissante de l’islamophobie diminuent un peu. Nous souhaitons faire disparaître l’islamophobie de l’espace canadien. 20-9-2022 Droits de la personne 18:19

We are aware this will be a long-term effort, and I would like to wish the committee every success in its work as it travels across Canada, from sea to sea. Madam Chair, senators, thank you for being here and for allowing me to say these few words even though I arrived here late. Thank you very much, [Another language spoken ]. Nous sommes conscients que c’est du travail de longue haleine, et je tiens à souhaiter à la commission tout le succès dans son travail en se déplaçant à l’échelle du Canada, d’un océan à l’autre.

Merci, madame la présidente, mesdames les sénatrices et monsieur le sénateur, de votre présence et de m’avoir permis de dire ces quelques mots, moi qui suis arrivé en retard à cette rencontre. Merci infiniment [mots prononcés dans une autre langue ]. [English] [Traduction] The Chair: Thank you very much. La présidente : Merci beaucoup. As you were speaking, I was doing a quick check on the percentage of people who view Islam unfavourably, just looking at some of the polls that have been released. In Quebec, it’s 48% of Quebecers view Islam unfavourably, and almost half of Canada. 46% of Canadians.

Clearly, this committee clearly has its work set out. I don’t have time for that question, so I’ll just leave it for the next panel. Pendant que vous parliez, je vérifiais rapidement le pourcentage de personnes qui voient l’Islam d’un mauvais œil, en regardant simplement certains des sondages qui ont été publiés. Au Québec, 48 % des Québécois voient l’Islam d’un mauvais œil, et à l’échelle du Canada, c’est près de la moitié des Canadiens, soit 46 %. Il est évident que ce comité a du pain sur la planche. Comme je n’ai pas de temps pour cette question, je vais la réserver pour le prochain groupe de témoins.

I want to thank each and every one of you. Your testimony will help us a great deal as we get ready to write our report, and I thank you for taking the time and sharing your thoughts with us. Saïd and Mohamad, thank you. This must have been a difficult day for you because we forced you to relive what you went through. We saw Mr. Labadi getting emotional. Last night, all of us came back with a very heavy heart from what we had seen and heard. I was talking to my children, and they said, “You must have had a difficult day.” I said, “Yes, we did.” And I speak for all the senators.

Thank you for welcoming us to the mosque. If you missed anything, or if you feel there is something that we should know, please send it to us in writing. Je tiens à remercier chacun d’entre vous. Vos témoignages nous seront d’une grande aide pour la rédaction de notre rapport, et je vous remercie d’avoir pris le temps de nous faire part de vos réflexions. Messieurs Akjour et Labidi, merci. Cette journée a dû être difficile pour vous, car nous vous avons forcés à revivre ce que vous avez subi. Nous avons été témoins de l’émotion de M. Labidi.

Hier soir, nous avions tous le cœur très lourd, après ce que nous avions vu et entendu. Mes enfants m’ont dit que nous devions avoir passé une journée difficile, ce à quoi j’ai répondu que c’était bien le cas. Et je parle au nom de tous les sénateurs. Merci de nous avoir accueillis à la mosquée. Si vous avez oublié de mentionner quelque chose, ou si vous pensez qu’il y a quelque chose que nous devrions savoir, veuillez nous transmettre cette information par écrit. Before I introduce our second panel of witnesses, I would just let you know that we’re running half an hour late.

Witnesses, I hate to interrupt, but please keep your remarks to five minutes so the senators will have time for questions. We shall hear from all the witnesses and then turn to questions from the senators. Avant de présenter notre deuxième groupe de témoins, je tiens à vous faire savoir que nous avons une demi-heure de retard. Je déteste interrompre les témoins, mais je vais vous demander, messieurs, de vous en tenir à cinq minutes pour que les sénateurs aient le temps de vous poser des questions. Nous allons entendre tous les témoins, puis nous passerons aux questions des sénateurs.

From the Canadian Muslim Forum, we have some Samer Majzoub, who’s the president. We have Rashid Antonius, a professor in the Department of Sociology at the Université du Québec à Montréal, and Louis-Philippe Lampron, a full professor in rights and freedoms, researcher and spokesperson for the Faculty of Law, Laval University. Du Forum musulman canadien, nous avons M. Samer Majzoub, qui en est le président. Nous accueillons également M. Rashid Antonius, professeur au Département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal, et M.

Louis-Philippe Lampron, professeur titulaire en droits et libertés, chercheur et porte-parole de la Faculté de droit de l’Université Laval. I will now invite Samer to make his presentation. J’invite maintenant M. Majzoub à présenter son exposé. Samer Majzoub, President, Canadian Muslim Forum: Thank you so much for the invitation, by all means. Every step that is being taken to address Islamophobia has a Samer Majzoub, président, Forum musulman canadien : Je vous remercie sincèrement de votre invitation. Chaque mesure prise pour lutter contre l’islamophobie a une 18:20 Human Rights 20-9-2022

dispositive dimension, and this is what I would like to underline. I will try to respect my time of five minutes. I have already sent my submission to Mr. Payet, and I will be distributing this later on. dimension déterminante, et c’est ce que je voudrais souligner. Je vais essayer de respecter mon temps de parole de cinq minutes. J’ai déjà envoyé mon mémoire à M. Payet, et je vais distribuer ma déclaration ultérieurement. I would like to underline, as I start up, and this is very important and we have repeated this many times, that Islamophobia is neither a religious war nor an ethnic war.

This is an extremely important element to have in mind, whether for my brothers from the Muslim community or for the fellow citizens, Canadian citizens, in Quebec and outside Quebec and all of Canada. Je tiens à souligner d’emblée une chose très importante, que nous avons répétée à maintes reprises, à savoir que l’islamophobie n’est ni une guerre de religion ni une guerre ethnique. C’est un élément extrêmement important que tous doivent retenir, et cela comprend mes frères de la communauté musulmane aussi bien que leurs concitoyens, les citoyens canadiens, au Québec et hors Québec et dans tout le Canada.

Islamophobia is an extreme form of hate, and that expresses itself and inserts itself in different dimensions: hate speech, racism, hidden racism and, unfortunately, terror, as we have seen in Quebec City and Northern Ontario. It expresses itself in hate against Islam and its universal values. I have my submissions, seven pages, and I will not go through the seven pages, but I will try to focus on a few points that I’d like to read and have those shed a light on. Islamophobia has many forms, many shapes.

L’islamophobie est une forme extrême de haine qui se manifeste de diverses façons et prend diverses formes : discours haineux, racisme, racisme caché et, malheureusement, terreur, comme nous l’avons vu à Québec et dans le Nord de l’Ontario. Elle s’exprime par une haine contre l’islam et ses valeurs universelles. J’ai mon mémoire de sept pages que je ne vais pas parcourir en entier, mais je vais essayer de me concentrer sur quelques points que j’aimerais lire et mettre en lumière. L’islamophobie revêt de nombreuses formes et comporte de nombreux aspects. I have been here in Canada for 34 years continuously.

I have seen Islamophobia unfortunately evolving per se, and not a positive evolving. No, it is evolving from the hate speech that we all know, and I really need to underline that because we have worked very hard to reach this point where Islamophobia is being recognized and worked on. At one point during 2017, we had a lot of media coming out, asking, What does it mean? Are we asking people to have a lack of freedom of speech? No. I just want to make sure that hate speech means hate. Every speech that leads to hate is hate speech, and it doesn’t have to do with the freedom of speech.

They are completely different dimensions. Je suis au Canada depuis 34 années consécutives. J’ai malheureusement vu l’islamophobie évoluer dans le mauvais sens. Cette évolution s’appuie sur les discours haineux que nous connaissons tous, et je tiens à le souligner, car nous avons travaillé très dur pour parvenir à un point où l’islamophobie est reconnue et prise en compte. À un moment donné au cours de 2017, de nombreux médias sont venus nous demander ce que cela signifiait. Est-ce que nous voulons priver les gens de leur liberté d’expression? Non.

Je veux juste m’assurer que les discours haineux sont associés à la haine. Tout discours qui conduit à la haine est un discours haineux, et cela n’a rien à voir avec la liberté d’expression. Ce sont des dimensions complètement différentes. We have the social media platforms. This is another fact that we face a lot, and it is not limited to Muslims. It is hate and bigotry and racism and targeting the women and men. All social media is becoming extremely intimidating, especially for our youth. We have a train car that is hitting the Western world, and Canada is not out of it.

It is the extreme supremacy-based ideology, and the danger of this ideology is that it reflects its beliefs in violence. It’s not limited to Canada. We’ve seen this in Norway, we have seen this in Europe, and unfortunately, we have seen it extensively in Canada at least in two or three major events that have sent people dying on the streets and in mosques. I’ll not repeat this because this is known to everyone. Nous avons les plateformes de médias sociaux. C’est un autre fait auquel nous sommes souvent confrontés, et cela ne se limite pas aux musulmans.

Il y a de la haine, de l’étroitesse d’esprit, du racisme et des attaques contre les femmes et les hommes. Tous les médias sociaux deviennent extrêmement intimidants, surtout pour nos jeunes. C’est un train qui fonce sur le monde occidental, et le Canada ne s’en sauvera pas. Il s’agit d’une idéologie fondée sur la suprématie extrême, et le risque de cette idéologie réside dans la violence qui traduit ses croyances. Ce n’est pas limité au Canada.

Nous l’avons vu en Norvège, nous l’avons vu en Europe, et malheureusement, nous l’avons vu amplement au Canada, où des gens sont morts dans les rues ou dans les mosquées lors de deux ou trois événements majeurs. Je ne vais pas en reparler parce que tout le monde est au courant. We also have another face of Islamophobia, and it comes within laws and rules, unfortunately. The panel before me mentioned the implication of law 21, and whether we like it or L’islamophobie a un autre visage : elle s’inscrit dans les lois et les règles, malheureusement.

Le groupe de témoins précédent a mentionné les répercussions de la loi 21, et que nous le voulions 20-9-2022 Droits de la personne 18:21

not, whether we admit it or not, whether we try to hide it or not, it does inflame the words of Islamophobia and xenophobia. It’s not only in Quebec, with all respect. It is Quebec and outside Quebec. Again, I need to underline this. Quebec is not a racist society. All my children were born in Quebec and lived in Quebec, and we love the province. This is an issue that needs to be addressed when it comes to racism all over Canada. ou pas, que nous l’admettions ou pas, que nous essayions de le cacher ou pas, cette loi attise les discours islamophobes et xénophobes.

Ce n’est pas seulement au Québec, avec tout le respect que je vous dois. C’est au Québec et hors du Québec. Encore une fois, je dois le souligner. Le Québec n’est pas une société raciste. Tous mes enfants sont nés au Québec et ont vécu au Québec, et nous aimons la province. C’est une question qu’il faut aborder lorsqu’il est question de racisme partout au Canada. Another factor, and I will be very quick on this, is what we call a toxic environment within certain federal agencies. The media has said it, the Prime Minister himself has said it, and it has been reflected in certain rules and regulations.

We see some non-profit organizations have raised complaints in Canada that they have been targeted because of their identity, and this is another factor that we need to look at. Je vais aborder très rapidement un autre facteur, celui de ce que nous appelons un environnement toxique au sein de certaines agences fédérales. Les médias l’ont dit, le premier ministre lui- même l’a dit, et cela s’est reflété dans des règles et des règlements.

Des organisations sans but lucratif ont déposé des plaintes au gouvernement canadien, affirmant qu’elles ont été ciblées en raison de leur identité, et c’est un autre facteur que nous devons examiner. We have what we call hidden racism, and hidden racism is another factor that is reflected mainly in the job market, where it is not easy to access the job market and, if you do have access, and the panel before me mentioned this, there are limitations for your advancement. Nous avons ce que nous appelons le racisme caché. Il s’agit d’un autre facteur qui se manifeste principalement sur le marché du travail.

L’accès y est difficile, et si vous réussissez à y accéder, comme les témoins du groupe précédent l’ont souligné, votre avancement est limité. I will finalize my statement by the most important factor that is intimidating our kids and our lives. It’s the safety and the security of Muslim Canadians. And yes, I can tell you there are periods of time, not all the times, when parents call my organization and ask whether they should send their children to schools or not. And yes, this is in Canada, this is in our cities, so we are not talking about a war zone.

The safety and the security of Canadian Muslims requires that our security agencies take every fear that we might see online, every intimidation, very seriously in order to avoid, God forbid, any violence or any bloody incidents like we have seen before. Je terminerai ma déclaration par le facteur le plus important qui intimide nos enfants et entrave notre quotidien. Il s’agit de la sûreté et de la sécurité des Canadiens musulmans. Effectivement, je peux vous dire que, à certains moments — pas toujours —, des parents appellent mon organisation pour demander s’ils doivent envoyer leurs enfants à l’école ou non.

Eh oui, c’est au Canada, c’est dans nos villes; nous ne parlons pas d’une zone de guerre. La sûreté et la sécurité des musulmans canadiens exigent que nos agences de sécurité prennent très au sérieux toutes les craintes que peut susciter ce que nous voyons en ligne, toutes les formes d’intimidation, afin d’éviter — Dieu nous en préserve — toute violence ou tout incident sanglant comme nous en avons vu auparavant. I will conclude there, and I’m ready to receive any questions. Je vais m’arrêter ici. Je suis à votre disposition pour répondre à vos questions.

The Chair: Thank you very much for being respectful of the time. I will turn now to Mr. Antonius for his remarks. La présidente : Merci beaucoup d’avoir respecté le temps dont vous disposiez. Nous allons maintenant écouter la déclaration liminaire de M. Antonius. [Translation] [Français] Rachad Antonius, Adjunct Professor, Department of Sociology, Université du Québec à Montréal, as an individual: Good morning, Madam Chair, senators and members of the panel. Thank you for allowing me to be here today. Rachad Antonius, professeur associé, Département de sociologie, Université du Québec à Montréal, à

titre personnel : Bonjour, madame la présidente, sénateurs, membres du panel. Merci de m’avoir permis d’être présent ici. The moment we experienced at the great mosque in Quebec City yesterday was an intensely emotional one. The members of the community remembered the tragic events of 2017, and visitors came to hear them. The panel of witnesses this morning Le moment que nous avons vécu hier à la grande mosquée de Québec était un moment d’émotion intense. Non seulement pour les membres de la communauté qui se sont remémoré les événements tragiques de 2017, mais aussi pour les visiteurs 18:22 Human Rights 20-9-2022

also shared that intense emotion. In the circumstances, it’s uncomfortable, perhaps even inappropriate, to want to take a step back and conduct a cold, objective analysis of the relations between the host societies in Quebec and Canada and the Muslim individuals and communities that have recently settled here. These are perhaps not the best circumstances in which to conduct a more fundamental consideration. At the same time, however, this is a necessary task, and I believe it is one of the tasks of the Senate committee before which I am appearing. venus les écouter.

Le groupe de témoins de ce matin aussi a participé à cette émotion très intense. Dans ce contexte, il est malaisé, peut-être même inapproprié, de vouloir prendre du recul pour faire une analyse froide et objective des rapports entre les sociétés d’accueil au Québec et au Canada, et les individus et les communautés musulmanes d’installation récente. Donc, ce n’est peut-être pas le meilleur contexte maintenant pour amener une réflexion plus fondamentale. Mais en même temps, cette tâche est une nécessité. Et j’ai cru comprendre que c’est une des tâches du Comité sénatorial devant lequel je témoigne maintenant.

This situation cannot be managed by emotion alone. Unless we are to conclude that the host societies are irremediably morally deficient, there are issues that must be understood on both sides. Ignorance must be overcome and dialogue established. I want to thank Mr. Majzoub and Mr. Benabdallah for drawing those distinctions earlier. L’émotion seule ne peut suffire à gérer la situation. À moins de conclure que les sociétés d’accueil sont irrémédiablement déficientes du point de vue moral et qu’elles sont irrécupérables, il y a des choses à comprendre de part et d’autre.

Il y a une ignorance à surmonter et il y a des dialogues à établir. Je remercie MM. Majzoub et Benabdallah d’avoir fait ces distinctions-là tantôt. However, let’s remain on emotional ground for a moment, because I want to engage in a critical consideration of the entire process. Let’s remain on emotional ground for a moment. Yesterday I heard how certain seemingly trivial incidents could nevertheless have a profound impact on individuals, especially children, potentially scarring them for a long time and making them feel rejected.

I am well aware of the destructive rhetoric of the populist media in Quebec, which spread stereotypes and stigmatize all Muslims. I have analyzed that rhetoric and condemned it in speeches over some 20 years. Mais restons un moment sur le terrain de l’émotion, parce que je veux amener une réflexion critique sur tout le processus. Restons un moment sur le terrain de l’émotion. J’ai entendu hier comment certains incidents qui pourraient sembler banals en apparence, mais qui peuvent avoir des répercussions profondes chez les individus, surtout les enfants.

Cela peut les marquer pour longtemps et leur donner le sentiment d’être rejetés. Je connais bien le discours dévastateur des médias populistes au Québec qui propagent des stéréotypes et qui stigmatisent l’ensemble des musulmans. J’ai analysé ce discours, je l’ai dénoncé dans de multiples interventions pendant une vingtaine d’années. However, that reminded me that I myself have witnessed similar situations, but in reverse circumstances involving non- Muslim minorities and Muslim majorities. Is this relevant? Yes, and I will tell you why.

In the context of Islam and the rise of political Islam and Salafism, I won’t focus on the emotional aspects of that situation, which, moreover, are far more dramatic than anything we have experienced here. Circumstances aren’t appropriate today. I will do so through the written documents that I will forward to you. I simply want to say that consideration of these other situations enables one to understand the concepts in another way, to define them differently and to understand the causes and consequences of the racist phenomena about which we are concerned.

Mais cela m’a rappelé que j’ai été moi-même témoin de situations semblables, mais dans un contexte inversé : celui d’une minorité non musulmane au sein d’une majorité musulmane. Est-ce que c’est pertinent? Oui, je vais vous dire pourquoi c’est pertinent. Dans le contexte de l’Islam, de la montée de l’islam politique et du salafisme, je ne m’attarderai pas sur les dimensions émotives de cette situation, beaucoup plus dramatique d’ailleurs que tout ce qu’on peut vivre ici. Le contexte n’est pas approprié aujourd’hui, je le ferai dans les documents écrits que je ferai suivre.

Je veux juste dire que la prise en compte de ces autres situations permet de comprendre autrement les concepts, de les définir autrement, de voir les causes et les conséquences des phénomènes de racisme qui nous préoccupent. I am moved by the current circumstances to say that there is an elephant in the room, and that relevant is Islamism. This factor is rarely considered in discussions of Islamophobia. And yet certain analysts and anti-Muslim racism activists, which is to say advocates of Muslim rights, occasionally remind us of that fact.

Hussein Ibish, a well-known personality in the United States, a La considération de ce contexte me fait dire qu’il y a un éléphant dans la pièce : c’est celui de l’islamisme. Ce facteur est rarement pris en considération lorsqu’on parle d’islamophobie. Pourtant, certains analystes et militants contre le racisme antimusulman, donc les défenseurs des droits des musulmans, nous le rappellent à l’occasion. Ainsi, Hussein Ibish, qui est une 20-9-2022 Droits de la personne 18:23

native of Lebanon, an activist and intellectual who condemns and combats Islamophobia, writes as follows: personnalité très connue aux États-Unis, un Libanais d’origine, un militant, un activiste, un intellectuel qui dénonce l’islamophobie et lutte contre celle-ci a écrit ceci : Despite all the harm undeniably caused by the proponents of the usual Islamophobic rhetoric, the worst Islamophobes, and, in fact, in many respects, the real Islamophobes, are the violent Muslim extremists, who seem determined to supply the facts to underpin that Islamophobic discourse.

Malgré tout le mal incontestablement causé par les tenants du discours islamophobe usuel, les pires islamophobes, et en fait, à bien des égards, les vrais islamophobes, sont les extrémistes musulmans violents, qui semblent déterminés à fournir au discours islamophobe, des faits sur lesquels s’appuyer. Serious consideration of this factor in any analysis compels us to think differently about the concepts used to combat anti- Muslim racism.

If Islamism and its jihadist, political and social tendencies did not exist, Islamophobia could be explained solely on the basis of the variables specific to the host society: colonial history, orientalism, intrinsic racism in the DNA of white societies and so on. We could overlook the facts regarding Islamist violence in Arab and Muslim countries and elsewhere that explain why many Muslims here and there reject the symbols that have been popularized by Islamist trends to the point where those Muslims accuse each other of being Islamophobes. We are caught in a catch-22.

If we don’t discuss these points, then they don’t exist, no one asks questions, and if we discuss them, we say that we’d better watch out, that they’re too sensitive and that we shouldn’t discuss them. I’m therefore sticking out my neck here and putting myself at risk. La prise en compte sérieuse de ce facteur dans l’analyse nous oblige à penser autrement les concepts avec lesquels on veut lutter contre le racisme antimusulman.

Si l’islamisme n’existait pas, avec ses tendances non seulement djihadistes, mais aussi politiques et sociales, on pourrait expliquer l’islamophobie uniquement par des variables propres à la société d’accueil : l’histoire coloniale, orientalisme, racisme intrinsèque inscrit dans l’ADN des sociétés blanches, etc.

On pourrait oublier les faits des violences islamistes dans les pays arabes et musulmans et ailleurs qui expliquent pourquoi de nombreux musulmans, ici et là-bas, rejettent les symboles qui ont été popularisés par les courants islamistes, au point de se faire traiter eux-mêmes, ces musulmans, d’être islamophobes. Je veux ajouter une petite chose qui n’est pas dans le texte

Document details

CollectionSenate Committees
CitationRIDR / Evidence / 18ev-55650
Typecommittee
Volume / chapter441 / Evidence / 18ev-55650
Languageen
Formatpdf
SourceCOMM_SEN
Identifier215ba3f53f91b8ae69bef05d86389a861f7329ff

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