Senate Committee — RIDR — Evidence — 62ev-57127

RIDR / Evidence / 62ev-57127

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Senate Committee — RIDR — Evidence — 62ev-57127

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EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Monday, December 9, 2024 OTTAWA, le lundi 9 décembre 2024 The Standing Senate Committee on Human Rights met with videoconference this day at 4:32 p.m. [ET] to examine such issues as may arise from time to time relating to human rights generally. Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se réunit aujourd’hui, à 16 h 32 (HE), avec vidéoconférence, afin d’examiner les questions qui pourraient survenir concernant les droits de la personne en général. Senator Wanda Thomas Bernard (Deputy Chair) in the chair.

La sénatrice Wanda Thomas Bernard (vice-présidente ) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Deputy Chair: Good afternoon. I would like to begin by acknowledging that the land on which we gather is the traditional, ancestral and unceded territory of the Anishinaabe Algonquin Nation and is now home to many other First Nations, Métis and Inuit people from across Turtle Island. La vice-présidente : Bonjour.

Pour commencer, je tiens à souligner que nous nous réunissons sur les terres traditionnelles, ancestrales et non cédées de la nation algonquine anishinabe, qui accueille maintenant de nombreux autres peuples des Premières Nations, des Métis et des Inuits de l’ensemble de l’île de la Tortue. I am Wanda Thomas Bernard, a senator from Nova Scotia, Mi’kmaq territory, and deputy chair of the committee. In the absence of the chair, I will be chairing the first panel this evening. Je suis Wanda Thomas Bernard, sénatrice de la Nouvelle- Écosse, territoire mi’kmac, et vice-présidente du comité.

En l’absence de la présidente, je présiderai le premier groupe de témoins ce soir. I would like first to invite my honourable colleagues to introduce themselves. J’aimerais d’abord inviter mes honorables collègues à se présenter. Senator Osler: Welcome to all the witnesses. I am Flordeliz (Gigi) Osler, a senator from Manitoba. La sénatrice Osler : Bienvenue à tous les témoins. Je suis Flordeliz (Gigi) Osler, sénatrice du Manitoba. Senator Pate: Welcome. Kim Pate. I live here on the unceded, unsurrendered and unreturned territory of the Algonquin Anishinaabeg. La sénatrice Pate : Bienvenue. Kim Pate.

Je vis ici sur le territoire non cédé, non abandonné et non restitué du peuple algonquin anishinabe. Senator K. Wells: Hello, everyone. Kristopher Wells, a senator from Alberta, Treaty 6 territory. Le sénateur K. Wells : Bonjour à tous. Kristopher Wells, sénateur de l’Alberta, territoire visé par le Traité n o 6. Senator Arnot: Good evening. I’m Senator David Arnot, from Saskatchewan. I live in Treaty 6 territory. Le sénateur Arnot : Bonsoir. Je suis le sénateur David Arnot, de la Saskatchewan. Je vis dans le territoire visé par le Traité no 6.

The Deputy Chair: Welcome, senators, and welcome to all those who are following our deliberations from home. La vice-présidente : Bienvenue, sénateurs et sénatrices, et bienvenue à tous ceux qui suivent nos délibérations à la maison. Today, our committee will continue its study on anti-Semitism in Canada under its general order of reference. This afternoon, we shall have three panels. In each panel, we shall hear from the witnesses, and then the senators around this table will have a question-and-answer session.

Aujourd’hui, notre comité reprend son étude de l’antisémitisme au Canada dans le cadre de son ordre de renvoi général. Cet après-midi, nous aurons trois groupes de témoins. Dans chaque groupe, nous entendrons les témoins, puis les sénateurs autour de la table auront une période de questions et de réponses. I will now introduce our first witness. Our witness has been asked to make a five-minute opening statement. With us today via video conference, please welcome Deborah Lyons, Canada’s Je vais maintenant présenter notre première témoin, qui a été invitée à faire une déclaration liminaire de cinq minutes.

Veuillez souhaiter la bienvenue aujourd’hui par vidéoconférence 9-12-2024 Droits de la personne 62:1

Special Envoy on Preserving Holocaust Remembrance and Combatting Antisemitism with Canadian Heritage. I now invite Ms. Lyons to make her presentation. à Deborah Lyons, envoyée spéciale pour la préservation de la mémoire de l’Holocauste et la lutte contre l’antisémitisme, de Patrimoine canadien. J’invite maintenant Mme Lyons à présenter son exposé.

Deborah Lyons, Special Envoy, Office of the Special Envoy on Preserving Holocaust Remembrance and Combatting Antisemitism, Canadian Heritage, as an individual: Thank you so much, Madam Chair, and thank you to the committee for the opportunity to speak about the unprecedented and frightening level of anti-Semitism in Canada today. Deborah Lyons, envoyée spéciale, Bureau de l’envoyée spéciale pour la préservation de la mémoire de l’Holocauste et la lutte contre l’antisémitisme, Patrimoine canadien, à

titre personnel : Merci beaucoup, madame la présidente, et merci au comité de me donner l’occasion de m’exprimer sur le niveau d’antisémitisme sans précédent et effrayant au Canada aujourd’hui. When I accepted this role, I could never have imagined that the situation would be so challenging, so dire. According to Statistics Canada, our Jewish community comprises only 1% of the population but endures now 70% of all religiously motivated hate crimes and now tops the charts as the target for overall hate crimes, well ahead of LGBTQ, anti-Black and anti-Muslim hate.

Lorsque j’ai accepté ce rôle, je n’aurais jamais imaginé que la situation serait aussi éprouvante, aussi difficile. Selon Statistique Canada, notre communauté juive ne comprend que 1 % de la population, mais subit maintenant 70 % de tous les crimes haineux à caractère religieux et se classe en tête des classements comme cible des crimes haineux globaux, bien avant la haine contre les personnes LGBTQ, les Noirs et les musulmans. Since anti-Semitism, Madam Chair, is a human issue, let me walk you through the day of a typical Jewish family in Canada.

Étant donné que l’antisémitisme, madame la présidente, est une question humaine, permettez-moi de vous dépeindre la journée d’une famille juive type au Canada. Ben and Sarah, the parents, have two kids, Noah in Grade 5 and Aaron in university. Ben is a social worker, and Sarah works in a public security agency. Given that several Jewish businesses were vandalized recently in their neighbourhood and their local synagogue was firebombed, security is always on their mind, so they start their morning by checking their phones to see if there were any incidents overnight.

Ben et Sarah, les parents, ont deux enfants, soit Noah, qui est en cinquième année, et Aaron, à l’université. Ben est travailleur social, et Sarah travaille dans une agence de sécurité publique. Étant donné que plusieurs entreprises juives ont été vandalisées récemment dans leur quartier et que leur synagogue locale a été incendiée, la sécurité occupe toujours leur esprit, alors ils commencent leur matinée en vérifiant leur téléphone pour voir si des incidents sont survenus pendant la nuit.

This morning, they are debating whether to send Noah, their fifth grader, to school wearing his kippah — his religious head covering. Noah has been bullied with anti-Semitic comments, and it has made him very anxious and ostracized at school. They have received little recourse from the school authorities. Ce matin, ils débattent à savoir s’ils doivent envoyer à l’école Noah, leur enfant de cinquième année, avec sa kippa, son couvre-chef religieux. Noah s’est fait intimider avec des commentaires antisémites, et cela l’a rendu très anxieux et l’a ostracisé à l’école.

Ils n’ont reçu que peu d’aide de la part des autorités scolaires. Meanwhile, Aaron fearfully weaves his way through a protest encampment on campus. He arrives in class with relief, only to find that the professor has deemed the classroom a Zionism-free zone. Like the vast majority of Canadian Jews, Aaron himself is a Zionist, believing in the right for Jewish self-determination in their ancestral homeland. Parallèlement, Aaron se fraie craintivement un chemin à travers un campement de manifestation sur le campus.

Il arrive en classe soulagé, pour finalement découvrir que le professeur a décidé que la salle de classe est une zone exempte de sionisme. Comme la grande majorité des Canadiens juifs, Aaron est lui- même un sioniste, qui croit au droit à l’autodétermination des Juifs dans leur patrie ancestrale. At work, when Sarah raises a legitimate concern about a new international initiative, a colleague openly scoffs, “You only care about that because you’re a Jew,” implying that Sarah has dual loyalties, a particularly damaging accusation in a security agency. Her public service union ignores her concerns.

Au travail, lorsque Sarah soulève une préoccupation légitime au sujet d’une nouvelle initiative internationale, un collègue dit ouvertement en raillant : « Cela ne t’intéresse que parce que tu es juive », laissant entendre que Sarah a une double allégeance, une accusation particulièrement préjudiciable dans une agence de sécurité. Son syndicat de la fonction publique fait abstraction de ses préoccupations. 62:2 Human Rights 9-12-2024

This evening, Ben will be taking his son to the local Jewish community centre for swimming classes, but unlike all other Canadian parents, he will have to pass by a police car as he enters, knowing that this security symbol is vital for the protection of his child. Ce soir, Ben amènera son fils au centre communautaire juif local pour ses cours de natation, mais contrairement à tous les autres parents canadiens, il devra passer devant une voiture de police à l’entrée, sachant que ce symbole de sécurité est vital pour assurer la protection de son enfant. Such is the life of a Jewish family in Canada today.

There are so many more stories to tell, and I hear them every day. Telle est la vie d’une famille juive au Canada aujourd’hui. Il y a de nombreuses autres histoires à raconter, et je les entends tous les jours. There is much hard work to be done, Madam Chair, and I so wish this work had been done 10 years ago or 5 years ago. But I warn you: if we do not do it now, I truly fear for your grandchildren and mine. Il y a beaucoup de travail à faire, madame la présidente, et j’aurais aimé que ce travail ait été fait il y a dix ou cinq ans.

Mais je vous avertis : si nous ne le faisons pas maintenant, je crains réellement pour vos petits-enfants et les miens. So what are we doing about it? Our team is currently focused on five key areas — education first and foremost. We are working closely with Ministers of Education who have committed to reinforce Holocaust education in 2025. I am proud of their leadership. However, I also see it as essential that the K to 12 curriculum address contemporary forms of anti-Semitism and that that also be directed to school boards and teachers. Alors que faisons-nous à ce sujet?

Notre équipe se concentre actuellement sur cinq domaines clés, le plus important étant l’éducation. Nous travaillons en étroite collaboration avec les ministres de l’Éducation qui se sont engagés à renforcer l’éducation au sujet de l’Holocauste en 2025. Je suis fière de leur leadership. Toutefois, j’estime également essentiel que le programme de la maternelle à la 12e année traite des formes contemporaines d’antisémitisme et qu’il s’adresse également aux conseils scolaires et aux enseignants. Second, Canadian universities and colleges are a top priority for my office.

Post-secondary institutions have a basic responsibility to ensure the safety of Jewish students — indeed, all students — on their campuses. The administrations need and deserve our help in this effort. Deuxièmement, les universités et les collèges canadiens sont une priorité absolue pour mon bureau. Les établissements d’enseignement postsecondaire ont la responsabilité essentielle d’assurer la sécurité des étudiants juifs — en fait, de tous les étudiants — sur leurs campus. Les administrations ont besoin de notre aide dans le cadre de ces efforts et la méritent. Third, law enforcement.

Anti-hate and anti-Semitism training for police officers, prosecutors and judges is essential. I would also like to see dedicated Crown prosecutors for hate crimes. Improving law enforcement’s ability to investigate and prosecute will benefit all vulnerable groups. Troisièmement, l’application de la loi. Une formation sur la lutte contre la haine et l’antisémitisme pour les policiers, les procureurs et les juges est essentielle. J’aimerais également voir des procureurs de la Couronne affectés aux crimes haineux.

L’amélioration de la capacité des forces de l’ordre de faire enquête et d’intenter des poursuites profitera à tous les groupes vulnérables. Fourth, online harms. As you all know, anti-Semitism, hate and atrocity denialism online have exploded in recent years. This is not a problem unique to Canada, which is why I helped form a task force of international special envoys like myself to force the accountability of social media platforms as a global imperative. And, of course, we support the work of Minister Virani and his team on their online harm legislation. Quatrièmement, les méfaits en ligne.

Comme vous le savez tous, l’antisémitisme, la haine et le déni des atrocités en ligne ont explosé ces dernières années. Ce n’est pas un problème exclusif au Canada, et c’est pourquoi j’ai aidé à constituer un groupe de travail composé d’envoyés spéciaux internationaux comme moi‑même pour forcer la responsabilisation des plateformes de médias sociaux en tant qu’impératif mondial. Et, bien sûr, nous soutenons le travail du ministre Virani et de son équipe concernant leur

loi sur les méfaits en ligne. Inside government is the fifth area. The federal government is not immune to anti-Semitism within our institutions. My team is working with deputy ministers and Treasury Board to mobilize senior leaders to respond to anti-Semitism and to review L’intérieur du gouvernement est le cinquième domaine. Le gouvernement fédéral n’est pas protégé contre l’antisémitisme au sein de ses institutions. Mon équipe travaille avec les sous- ministres et le Conseil du Trésor pour mobiliser les dirigeants 9-12-2024 Droits de la personne 62:3

government policies, programs, training, appointments and funding to ensure they are free of anti-Semitism and ensure the safety and well-being of all employees. principaux afin qu’ils réagissent à l’antisémitisme et examinent les politiques, les programmes, la formation, les nominations et le financement du gouvernement pour s’assurer qu’ils sont exempts d’antisémitisme et garantir la sécurité et le bien-être de tous les employés. But we must also, Madam Chair, equip stakeholders with a better understanding of present-day anti-Semitism.

I am proud to share with your committee the Canadian government’s handbook on the International Holocaust Remembrance Alliance’s definition of anti-Semitism. Shaped by consultations with over 150 Canadians and organizations, as well as 8 federal departments, this is a true guide for governments at all three levels, educators, law enforcement and civil society. The IHRA definition was a global collaboration that took 16 years to develop and is now endorsed by 43 countries and most of our provincial governments.

Mais nous devons aussi, madame la présidente, équiper les intervenants d’une meilleure compréhension de l’antisémitisme d’aujourd’hui. Je suis fière de communiquer à votre comité le guide du gouvernement canadien sur l’antisémitisme selon la définition de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste. Façonné par des consultations auprès de plus de 150 Canadiens et organisations, ainsi que huit ministères fédéraux, ce guide s’adresse aux trois ordres de gouvernement, aux éducateurs, aux forces de l’ordre et à la société civile.

La définition de l’AIMH est le fruit d’une collaboration mondiale qui s’est renforcée pendant 16 ans et est maintenant adoptée par 43 pays et par la plupart de nos gouvernements provinciaux. My team and I cannot do this work alone, Madam Chair. We need support, and that includes stronger active support from all political levels. No matter what global or regional conflicts are occurring thousands of miles from our shores, Jewish Canadians deserve the same protections, support and allyship as other communities. Mon équipe et moi ne pouvons pas faire ce travail seuls, madame la présidente.

Nous avons besoin d’aide, et cela comprend des mesures de soutien plus actives de la part de tous les partis politiques. Peu importe les conflits mondiaux ou régionaux qui surviennent à des milliers de kilomètres de nos rives, les Canadiens juifs méritent les mêmes protections, soutiens et alliances que d’autres communautés. In conclusion, Madam Chair, yes, it is clear that I am alarmed by what I have seen during these past 15 months, but I believe we can turn this unprecedented crisis into a catharsis.

It is a time to address our unconscious biases, our legal and procedural weaknesses, and reinforce our commitment to one another. We can emerge stronger — not weakened, nor permanently — En conclusion, madame la présidente, oui, il est clair que je suis alarmée par ce que j’ai vu au cours des 15 derniers mois, mais je pense que nous pouvons transformer cette crise sans précédent en catharsis. Il est temps de réagir à nos préjugés inconscients, à nos faiblesses juridiques et procédurales, et de renforcer notre engagement les uns envers les autres.

Nous pouvons en sortir plus forts — pas plus faibles, ni de façon permanente… The Deputy Chair: I’m sorry, Ms. Lyons, but we’ve run out of time. We don’t have much time left for questions from the senators, but thank you for your opening remarks. La vice-présidente : Je suis désolée, madame Lyons, mais le temps est écoulé. Il ne reste plus beaucoup de temps pour les questions des sénateurs, mais merci d’avoir présenté votre déclaration liminaire. Ms. Lyons: Thank you, Madam Chair. I was just finishing up. Thank you so much. Mme Lyons : Merci, madame la présidente. J’étais en train de terminer. Merci beaucoup.

The Deputy Chair: Yes, and I’m sorry to have had to interrupt you. La vice-présidente : Oui, et je suis désolée d’avoir dû vous interrompre. Senators, we’ll create a list for questions, and while we’re doing that, I just want to make a statement that I neglected to make at the beginning. Sénateurs et sénatrices, nous allons créer une liste de questions, et pendant que nous le ferons, je tiens simplement à dire une chose que j’ai oublié de mentionner au début. I would like to provide a content warning for this meeting.

The sensitive topics covered today may be triggering for people in the room as well as for those watching and listening to the broadcast. Mental health support for all Canadians is available by phone and text at 988. Senators and parliamentary employees are also reminded that the Senate’s Employee and Family J’aimerais faire une mise en garde pour la réunion. Les sujets sensibles abordés aujourd’hui peuvent agir comme déclencheur pour des personnes dans la salle ainsi que pour des personnes qui regardent et écoutent la télédiffusion.

Une aide en santé mentale est offerte à tous les Canadiens par téléphone et message texte; il suffit de composer le 988. Je rappelle aux sénateurs et aux 62:4 Human Rights 9-12-2024

Assistance Program is available to them and offers short-term counselling for both personal and work-related concerns, as well as crisis counselling. Thank you. employés parlementaires que le Programme d’aide aux employés et à leur famille du Sénat est à leur disposition et offre un service de counseling à court terme pour tout problème personnel ou professionnel, ainsi qu’un service de counseling en cas de crise. Je vous remercie. Senators, we’ll now proceed to questions. You will have four minutes for your questions, which includes the answer.

Sénateurs et sénatrices, nous allons maintenant passer aux questions. Vous aurez quatre minutes pour vos questions, ce qui comprend la réponse. Senator Arnot: Thank you, Ms. Lyons, for coming this evening. Le sénateur Arnot : Merci, madame Lyons, d’être venue ce soir. Thank you for the handbook you referenced. It’s a really excellent document. I’m sure we’ll be able to use it. Merci d’avoir mentionné le guide. C’est un document vraiment excellent. Je suis sûr que nous pourrons l’utiliser.

Also, thank you for setting the context in the way you did this evening regarding the immediate and acute impacts upon Jewish Canadians, families and the community, as well as the fears that are very legitimate about what’s happening, especially with the impacts of anti-Semitism. Aussi, merci d’avoir établi le contexte de la manière que vous l’avez fait ce soir pour ce qui est des répercussions immédiates et profondes pour les Canadiens juifs, les familles et la communauté, ainsi que les craintes légitimes par rapport à ce qui se passe, surtout en ce qui concerne les conséquences de l’antisémitisme.

I also believe in the power of education. I would like you to talk about defining the problem and identifying your recommendations. I know those are big topics, and they could comprise a document you could put forward later. However, having served as the ambassador to Israel, how do you see Canadian’s approach to combatting anti-Semitism compared to other countries? Are there global strategies or better practices in other countries? Je crois également au pouvoir de l’éducation. J’aimerais que vous parliez de votre définition du problème et que vous formuliez vos recommandations.

Je sais que ce sont de gros sujets, et vous pourriez les aborder dans un document que vous présenteriez plus tard. Cependant, étant donné que vous avez été ambassadrice en Israël, comment percevez-vous l’approche du Canada à l’égard de la lutte contre l’antisémitisme par rapport à celle d’autres pays? Y a-t-il des stratégies mondiales ou de meilleures pratiques dans d’autres pays? Second, what are the biggest challenges in keeping Holocaust education relevant and impactful for younger generations? How do you attack or address Holocaust denial and distortion in modern educational settings?

Deuxièmement, quels sont les plus grands défis pour garder l’éducation au sujet de l’Holocauste pertinente et efficace auprès des jeunes générations? Comment vous attaquez-vous au déni et à la distorsion de l’Holocauste dans les milieux éducatifs modernes? Ms. Lyons: I have about two minutes to answer that, I believe. Mme Lyons : J’ai environ deux minutes pour répondre à la question, je pense. Senator, on the question of global strategies, we have produced a document — I and other special envoys for anti- Semitism — on global guidelines for combatting anti-Semitism. First of all, I want to highlight that.

Second, yes, Canada has seen this huge uptick in anti-Semitism, but I would argue that we are also one of the most active countries in combatting it. That is part of the reason why our handbook was so readily received recently at an international conference in London last week. It demonstrates the commitment the government is applying to this. However, there is so much to do. I mentioned some of our key areas that we are going to continue to work on with the many stakeholders across the country.

Sénateur Arnot, concernant la question des stratégies mondiales, nous avons produit un document — moi et d’autres envoyés spéciaux contre l’antisémitisme — sur des lignes directrices mondiales de lutte contre l’antisémitisme. Premièrement, je tenais à le souligner. Deuxièmement, oui, le Canada a constaté une augmentation énorme de l’antisémitisme, mais je dirais que nous sommes aussi l’un des pays les plus actifs pour ce qui est de le combattre. C’est en

partie ce qui explique pourquoi notre guide a été si bien reçu récemment lors d’une conférence internationale à Londres, la semaine dernière. Il montre l’engagement du gouvernement à cet égard. Cependant, il y a tellement de choses à faire. J’ai mentionné certains de nos domaines clés sur lesquels nous allons continuer de travailler avec les nombreux intervenants partout au pays. 9-12-2024 Droits de la personne 62:5

With regard to your question about Holocaust education, we are all aware of the fact that we are losing, due to aging and so forth, our incredible Holocaust survivors, but there are many initiatives under way now, including a new project we launched recently as part of the International Holocaust Remembrance Alliance called “My Hometown” to try to engage young people and help them better understand what happened during the Holocaust.

We are also bringing together educators from across the country in education symposia in Canada to ensure that we are supporting the provincial ministers of education in their work in putting in place a much more robust curriculum.

Pour ce qui est de votre question sur l’éducation au sujet de l’Holocauste, nous sommes tous au courant du fait que nous perdons, à cause du vieillissement et ainsi de suite, nos incroyables survivants de l’Holocauste, mais de nombreuses initiatives sont en cours d’élaboration en ce moment, dont un nouveau projet que nous avons lancé récemment dans le cadre de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste appelé « Ma ville natale » pour essayer de mobiliser les jeunes et les aider à mieux comprendre ce qui est arrivé pendant l’Holocauste.

Nous sommes aussi en train de réunir des éducateurs d’un bout à l’autre du pays dans le cadre de symposiums sur l’éducation au Canada afin de soutenir les ministres provinciaux de l’Éducation dans leur travail pour mettre en place un programme beaucoup plus robuste. Finally, I will highlight that it is not just about our kids. What we have seen in the past year is that it’s about our adults as well. We need to get better Holocaust awareness out there for our general population so that people can see the conditions that lead to that kind of incredible catastrophe for humanity.

Working at a public awareness level is also absolutely critical. Enfin, je vais préciser que cela ne concerne pas seulement nos enfants. Nous avons vu dans la dernière année que ce sont aussi nos adultes. Nous devons mieux sensibiliser la population générale au sujet de l’Holocauste afin que les gens puissent voir les conditions qui donnent lieu à ce type de catastrophe incroyable pour l’humanité. Il est également essentiel de sensibiliser le public. Senator Arnot: Thank you for your good work. Le sénateur Arnot : Merci de votre bon travail. Ms. Lyons: Thank you, senator. Mme Lyons : Merci, sénateur Arnot.

Senator Osler: Thank you, Ms. Lyons, for being here. La sénatrice Osler : Merci, madame Lyons, d’être ici. You mentioned online harms, and I see that the IHRA definition could be used by civil society as a framework for monitoring online anti-Semitism and engaging with social media companies. Could you share with the committee your vision for how the definition could help prevent online harms, especially with social media being such a propagator of disinformation and misinformation?

Vous avez mentionné les méfaits en ligne, et je vois que la définition de l’AIMH pourrait être utilisée par la société civile comme cadre pour surveiller l’antisémitisme en ligne et établir un dialogue avec les entreprises de médias sociaux. Pourriez- vous dire au comité de quelle façon selon vous la définition pourrait aider à prévenir les méfaits en ligne, étant donné que les médias sociaux contribuent énormément à propager la désinformation et la mésinformation? Ms. Lyons: Thank you very much for that question, senator. Mme Lyons : Merci beaucoup de cette question, sénatrice.

First and foremost, the definition is meant to help people understand anti-Semitism in its present-day form, the various manifestations of it and how it has mutated and changed over time. The definition, with its 11 examples, helps to scope out how one can identify anti-Semitism. What we have done with the handbook is use real-life case studies here in Canada — online, on the streets and on our campuses — to help clarify that for people.

D’abord et avant tout, la définition vise à aider les gens à comprendre l’antisémitisme dans sa forme actuelle, ses diverses manifestations et la façon dont il a muté et changé au fil du temps.

La définition, avec ses 11 exemples, aide à déterminer la façon de reconnaître l’antisémitisme. Pour le guide, nous avons utilisé des études de cas réelles ici au Canada — en ligne, dans les rues et sur nos campus — pour aider les gens à comprendre l’antisémitisme. Specifically with regard to online harm, we’re using the handbook and the IHRA definition in our discussions with social media platforms when I bring together this international task force of special envoys to work with the platforms in identifying where anti-Semitism is playing out online and how they might respond to it.

For instance, we saw just recently that Meta made the decision to categorize “Zionist” as a replacement for “Jewish” or “Israeli.” It helps to educate the platforms on what Plus précisément, en ce qui concerne les préjudices en ligne, nous utilisons le guide et la définition de l’AIMH, dans nos discussions avec les plateformes de médias sociaux lorsque je réunis ce groupe de travail international d’envoyés spéciaux pour travailler avec les plateformes afin de déterminer où l’antisémitisme se manifeste en ligne et comment elles pourraient y répondre.

Par exemple, nous avons vu tout récemment que Meta a pris la décision de répertorier « sioniste » 62:6 Human Rights 9-12-2024

words and comments might be seen as harmful and hurtful. In that regard, I think the definition for all of us in other aspects of fighting anti-Semitism is very much an attempt to clarify for people where anti-Semitism is reflected in the words — where the hurt, hatred and incitement are coming from. A perfect example of that, which we’re seeing a lot online, is in Holocaust denial and atrocity denial. Again, that is scoped out very clearly in the definition as one of the examples.

We’re working with the platforms in trying to clarify where they see this happening and what the appropriate response is. en remplacement de « juif » ou « israélien ». Cela permet d’éduquer les plateformes au sujet des mots et des commentaires qui peuvent être considérés comme préjudiciables et blessants. À cet égard, je pense que la définition que nous avons tous dans d’autres aspects de la lutte contre l’antisémitisme vise en grande

partie à clarifier pour les gens où l’antisémitisme se reflète dans les mots — d’où viennent la souffrance, la haine et l’incitation. À ce propos, un exemple parfait, que nous voyons beaucoup en ligne, est le déni de l’Holocauste et le déni des atrocités antisémites. Encore une fois, cela est très clairement décrit dans la définition comme l’un des exemples. Nous travaillons avec les plateformes pour essayer de clarifier où elles voient cela se produire et quelle est la réponse appropriée.

I’ll hasten to say, senator, that this definition and the work we have done with the handbook, whether we’re talking about online or in any other capacity, but mostly certainly in working with civil society, is also meant to help us clarify how important it is to continue with our emphasis on freedom of expression and freedom of speech. The definition and the handbook help people to see where we are ensuring true clarification about what is harmful and what should be accepted.

We’re attempting to actually reinforce people’s ability to discern when the words and the actions are hateful or inciting hate, as well as for people to understand what the facts, context, intentions and impacts are. It’s important that we look at all of these dimensions so we are both fighting anti-Semitism and continuing with those important principles of a free and open society.

Je m’empresse de dire, sénatrice, que cette définition et le travail que nous avons effectué avec le guide — que nous en parlions en ligne ou à un autre titre, mais surtout certainement en travaillant avec la société civile — visent également à nous permettre de préciser l’importance de continuer à mettre l’accent sur la liberté d’expression et la liberté de parole.

La définition et le guide aident les gens à voir où nous veillons à clarifier ce qui est préjudiciable et ce qui devrait être accepté. Nous essayons de renforcer la capacité des gens à discerner si les mots et les actes sont haineux ou incitent à la haine, ainsi qu’à comprendre les faits, le contexte, les intentions et les répercussions. Il est important que nous prenions en considération toutes ces dimensions afin de lutter contre l’antisémitisme et de respecter les principes importants d’une société libre et ouverte. Senator Osler: Thank you very much. La sénatrice Osler : Merci beaucoup. Senator K.

Wells: I wanted to pick up on your last two recommendations specifically focussed on hate crimes and the online harm bill. Do you have a concern that the Minister of Justice said he is planning to split that bill and that the hate crimes sections might not move forward in the first round of that bill? Le sénateur K. Wells : Je voulais revenir sur vos deux dernières recommandations qui portaient particulièrement sur les crimes haineux et le projet de

loi sur les préjudices en ligne. Êtes-vous préoccupée par le fait que le ministre de la Justice ait déclaré qu’il prévoyait scinder ce projet de loi et que les articles sur les crimes haineux ne soient pas adoptés lors de la première étape du projet de loi? Ms. Lyons: In fairness, senator, yes, I would say that I would have concerns that that very important

section on hate and inciting hate might not move forward. It does require a robust discussion, of course, from our parliamentarians. But I think that the legislation came together as a result of an intensive consultative process across Canada with civil society groups. The Justice officials and Heritage officials put together a very strong set of legislation. It is important, of course, that the

section on protecting our children move forward, but I’m hoping that the

section related to hate crimes will also move forward, because certainly this past year, year and a half, we have seen how essential that is. Mme Lyons : En toute honnêteté, sénateur, oui. Je dirais que je crains que cette

section très importante sur la haine et l’incitation à la haine ne soit pas adoptée. Cela nécessite bien sûr une discussion approfondie de la part de nos parlementaires. Mais je pense que le projet de loi a été élaboré à la suite d’un processus de consultation intensif avec des groupes de la société civile partout au Canada. Les fonctionnaires du ministère de la Justice et du ministère du Patrimoine ont élaboré un ensemble de mesures législatives très solide. Il est important, bien sûr, que la

section sur la protection de nos enfants soit adoptée, mais j’espère que la

section relative aux crimes haineux sera également adoptée, car au cours des 12 ou 18 derniers mois, nous avons certainement vu à quel point cela est essentiel. Senator K. Wells: Thank you. Le sénateur K. Wells : Merci. 9-12-2024 Droits de la personne 62:7

You also mentioned the importance of specialized Crown prosecutors. We know that only one in ten hate crimes are ever reported to law enforcement. It’s very rare in Canada to see a successful hate crime prosecution. I’m wondering what you would envision that training would look like for those Crown prosecutors so we can see more not only charges but successful cases that move forward. Vous avez également mentionné l’importance de procureurs de la Couronne spécialisés. Nous savons que seulement un crime haineux sur dix est signalé aux forces de l’ordre.

Au Canada, il est très rare de voir une poursuite pour crime haineux aboutir. Je me demande à quoi ressemblerait, selon vous, la formation de ces procureurs de la Couronne afin que nous puissions voir non seulement plus d’accusations, mais aussi plus de cas aboutir. Ms. Lyons: Your committee had the benefit of hearing from Mark Sandler last week about his work in this area, and we’re working very closely with him, of course. With the Simon Wiesenathal Center we’re doing a lot of training with hate crime units, police officers on the street, prosecutors and judges.

This is all very important to get that education out there to all of these interlocutors. Mme Lyons : Votre comité a eu l’occasion d’entendre Mark Sandler la semaine dernière parler de son travail dans ce domaine, et nous travaillons en étroite collaboration avec lui, bien sûr. Avec le Centre Simon Wiesenathal, nous offrons beaucoup de formation aux unités de lutte contre les crimes haineux, aux policiers sur le terrain, aux procureurs et aux juges. Il est très important de dispenser cette formation à tous les interlocuteurs.

But the real interest in having dedicated special prosecutors for hate crimes is to ensure that we have those who are continuously deepening their understanding of the case law and have the best possible knowledge of how the law can be applied and can act as, if you would like, sort of specialists or experts that other prosecutors can consult.

Mais le véritable intérêt d’avoir des procureurs spéciaux chargés exclusivement des crimes haineux est de s’assurer que nous avons des personnes qui approfondissent continuellement leur compréhension de la jurisprudence et qui ont la meilleure connaissance possible de la façon dont la loi peut être appliquée et qui peuvent agir, si vous voulez, comme des spécialistes ou des experts que d’autres procureurs peuvent consulter. Senator, we have something like 20 special prosecutors for car theft in at least one of our provinces.

We have seen a huge increase in hate speech and incitement of hate and hate crimes across our country. We just have to look at the data. Surely this is an area where Canadians deserve a specific number of special prosecutors who are well trained, have deep experience and are continuously building their knowledge in this area so that they can advise others. It seems to me obvious for our law enforcement agencies and provincial governments to put this in place. Sénateur, nous avons environ 20 procureurs spéciaux pour le vol de voitures dans au moins une de nos provinces.

Nous avons constaté une augmentation considérable des discours haineux, de l’incitation à la haine et des crimes haineux au pays. Il suffit d’examiner les données. Il s’agit certainement d’un domaine dans lequel les Canadiens méritent de compter sur un certain nombre de procureurs spéciaux bien formés, qui possèdent une vaste expérience et qui approfondissent continuellement leurs connaissances dans ce domaine afin de pouvoir conseiller les autres. Il me semble évident que nos organismes d’application de la loi et nos gouvernements provinciaux doivent mettre cela en place. Senator Senior: Thank you, Ms. Lyons.

I really appreciate your testimony today, as well as the way that you have painted the picture for us to take a peek into what happens in the lives of Jewish families. La sénatrice Senior : Merci, madame Lyons. J’apprécie vraiment votre témoignage d’aujourd’hui, ainsi que la façon dont vous avez dépeint ce qui se passe dans la vie des familles juives. Notwithstanding what’s happening online around hate and spewing hate, I’m curious as to understanding a national picture and having to develop a strategy in Canada to address anti‑Semitism. Is there a region in the country that you’re most concerned about?

Is there a region of the country where it’s being handled well?

Malgré ce qui se passe en ligne concernant la haine et la diffusion de propos haineux, je suis curieuse de comprendre le portrait national et la nécessité d’élaborer une stratégie au Canada pour lutter contre l’antisémitisme. Y a-t-il une région du pays qui vous préoccupe davantage? Y a-t-il une région du pays où la question est bien gérée? Ms. Lyons: Senator, our urban centres are the ones seeing the greatest intensity of hate speech on the street. We’re working pretty closely with a number of the mayors across the country. We’re also working with the association of big-city mayors.

In fairness to everyone, including myself, we were all in a little bit of shock after October 2023 at the aftermath of hate that seemed Mme Lyons : Sénatrice, ce sont nos centres urbains qui connaissent les discours haineux les plus intenses dans la rue. Nous travaillons en étroite collaboration avec un certain nombre de maires de partout au pays. Nous travaillons également avec le Caucus des maires des grandes villes. Pour être juste envers tout le monde, y compris moi-même, nous avons tous été un peu sous 62:8 Human Rights 9-12-2024

to spew onto our streets, online and on campuses. Everyone is grappling with trying to address it — university administrators, mayors, school boards, et cetera. le choc après octobre 2023 en raison de la haine qui semblait se répandre dans nos rues, en ligne et sur les campus. Tout le monde essaie de régler le problème : les administrateurs d’université, les maires, les conseils scolaires, etc. I don’t know that there is any one region of the country dealing with this better than others.

I do find that the local governments, because they are closer to the people and have the direct responsibility for law enforcement, are much more frontline and deserve a lot of our attention and support. I wouldn’t say that I see any one area doing better than others. I will mention that I think that our university presidents came back to the school year in September this year more prepared to address a calmer and more respectful university climate for all students. We have seen some improvements there, which I congratulate them for.

Je ne sais pas s’il y a une région du pays qui gère mieux cette situation que les autres. J’estime que les gouvernements locaux — parce qu’ils sont plus proches de la population et qu’ils ont la responsabilité directe de faire respecter la loi — sont beaucoup plus en première ligne et méritent grandement qu’on leur accorde notre attention et notre soutien. Je ne dirais pas qu’une région en particulier s’en sort mieux que les autres.

Je tiens à préciser que nos présidents d’université sont revenus en septembre de cette année mieux préparés à faire face à un climat universitaire plus calme et plus respectueux pour tous les étudiants. Nous avons constaté certaines améliorations à cet égard, et je les en félicite. There is more work to be done. The truth of the matter is, senator, that we’re all learning how to make our way through this. We all are worthy of a little patience with one another, but with true determination and commitment to our Jewish community and future generations, we’re going to deal with this issue and learn from it.

We’re in a somewhat calmer period right now than we were this time last year, but we have to take that time and the experience of this past year to think through what needs to change, either within our laws, within our codes of conduct, within some of our programming, federally and provincially, within our school boards and within our schools. It’s a huge learning process we’re in, senator, that isn’t just going to benefit our Jewish community but is going to benefit all of our marginalized communities. Il reste encore du travail à faire. La vérité, sénateur, c’est que nous apprenons tous à avancer.

Nous méritons tous de faire preuve d’un peu de patience les uns envers les autres, mais avec une véritable détermination et un engagement envers notre communauté juive et les générations futures, nous allons faire face à ce problème et en tirer des leçons.

Nous traversons actuellement une phase un peu plus calme que l’année dernière à la même période, mais nous devons prendre le temps et tirer les leçons de l’expérience de l’année écoulée pour réfléchir à ce qui doit changer, que ce soit dans nos lois, nos codes de conduite, certains de nos programmes — à l’échelle fédérale et provinciale —, nos conseils scolaires et nos écoles. Nous sommes dans un énorme processus d’apprentissage, sénateur, qui profitera non pas seulement à notre communauté juive, mais à toutes nos communautés marginalisées. Senator Pate: Thank you, Ms. Lyons, for being here with us.

La sénatrice Pate : Merci, madame Lyons, d’être ici avec nous. I wanted to pick up on something you’ve mentioned in terms of enforcing hate crimes and special prosecutors. Most of the work I’ve done most of my life has been in that area, and it tends to be that laws are actually utilized against those who are the most dispossessed. It tends not to be leaders who are projecting hateful ideas or thoughts or propagating hateful policies who tend to be held accountable; it tends to be those who are the least powerful, least privileged. How would you see formulating these policies?

If we have special prosecutors, it is unlikely they will be going after very senior people to prosecute them on this. It is more likely you’re going to scoop up the poorest, the racialized, the young who — while certain behaviours may need to be corrected — may not be the crux of where the risk and greatest threat emanate. Je voulais revenir sur un point que vous avez mentionné concernant la répression des crimes haineux et les procureurs spéciaux. La plus grande

partie du travail que j’ai fait pendant la majeure

partie de ma vie a été dans ce domaine, et il arrive souvent que les lois soient utilisées contre les plus démunis. Ce ne sont pas les dirigeants qui véhiculent des idées ou des pensées haineuses ou qui propagent des politiques haineuses qui sont tenus responsables; ce sont plutôt ceux qui sont les moins puissants et les moins privilégiés. Comment envisagez-vous la formulation de ces politiques? Si nous avons des procureurs spéciaux, il est peu probable qu’ils s’en prennent à des personnes très haut placées en vue de les poursuivre.

Il est plus probable qu’on s’en prendrait aux plus pauvres, aux personnes racisées, aux jeunes qui — même si certains comportements doivent être corrigés — ne sont peut-être pas au cœur des risques et des menaces les plus graves. 9-12-2024 Droits de la personne 62:9

Ms. Lyons: I would hope that would not be the case, senator, but your experience may be more elucidating than mine. I would hope what the special prosecutors would bring is simply a greater depth of knowledge of the law and of the issues of hate as they are experienced by various marginalized communities, having, I would hope, good contact with the different communities, understanding the different elements of the various racist approaches that people might take, and that they would apply the laws of Canada with that deeper understanding.

The last thing I would want to see is that they would go after the more dispossessed. I think what would be happening is that the law enforcement officers would bring cases to them and be advised by the special prosecutors how to act. The last thing we want is a targeting of the more dispossessed. What we want, from what we have seen in the past year, is law enforcement who are truly knowledgeable on the scope of the law that exists, is truly knowledgeable on the various human rights issues and concerns and therefore is able to better counsel officers on the street. It seems to me that it is absolutely possible.

Mme Lyons : J’espère que ce ne sera pas le cas, sénatrice, mais votre expérience est peut-être plus éclairante que la mienne. J’espère que les procureurs spéciaux auront une connaissance plus approfondie du droit et des problèmes liés à la haine vécus par diverses communautés marginalisées, qu’ils auront de bons contacts avec les différentes communautés, qu’ils comprendront les différents éléments des diverses approches racistes que les gens peuvent adopter et qu’ils appliqueront les lois du Canada avec cette compréhension plus approfondie.

La dernière chose que je voudrais voir, c’est qu’ils s’en prennent aux plus démunis. Selon moi, ce qui se passerait, c’est que les agents d’application de la loi leur soumettraient des dossiers et que les procureurs spéciaux les conseilleraient sur la façon d’agir. La dernière chose que nous voulons, c’est que les plus démunis soient ciblés.

Ce que nous voulons, d’après ce que nous avons vu au cours de la dernière année, c’est que les forces de l’ordre connaissent vraiment la portée de la loi en vigueur, connaissent vraiment les divers problèmes et préoccupations en matière de droits de la personne et soient donc en mesure de mieux conseiller les agents dans la rue. Il me semble que c’est tout à fait possible. I also think they would be in a position to perhaps better advise us when we think through whether or not we have the right set of laws in place. I’m sure you heard about this from Mark Sandler last week.

He believes that much of the context or framework of the Canadian law right now is more than adequate, but it is simply not being utilized by prosecutors, judges and law enforcement officers. One would think that special prosecutors might be better positioned to help advise on that. Je pense aussi qu’ils seraient peut-être mieux placés pour nous conseiller lorsque nous réfléchirons à la question de savoir si nous avons ou non le bon ensemble de lois en place. Je suis sûre que vous en avez entendu parler par M. Mark Sandler la semaine dernière. Il estime qu’une grande

partie du contexte ou du cadre de la

loi canadienne actuelle est plus que suffisant, mais qu’il n’est tout simplement pas utilisé par les procureurs, les juges et les agents d’application de la loi. On pourrait penser que les procureurs spéciaux seraient mieux placés pour nous conseiller à ce sujet. Senator Pate: Thank you. La sénatrice Pate : Merci. The Deputy Chair: Ms. Lyons, thank you very much for agreeing to participate in our study. Your assistance has helped us a lot. La vice-présidente : Madame Lyons, merci beaucoup d’avoir accepté de participer à notre étude. Votre intervention nous a beaucoup aidés.

Colleagues, before we start our second panel, Senator Senior has joined us. I’ll have her introduce herself. Chers collègues, avant de commencer avec notre deuxième groupe de témoins, la sénatrice Senior s’est jointe à nous. Je vais lui demander de se présenter. Senator Senior: Thank you for being here, especially in this weather. I’m Paulette Senior from Ontario. La sénatrice Senior : Merci d’être ici, surtout par ce temps. Je m’appelle Paulette Senior, de l’Ontario. The Deputy Chair: Thank you. La vice-présidente : Merci. I shall now introduce our second panel.

Our witnesses have been asked to make an opening statement of five minutes. We shall hear from the witnesses and then turn to questions from the senators. With us at the table this evening, from the Network of Engaged Canadian Academics, please welcome Deidre Butler, Associate Professor; and Pamela Walker, Professor. I understand that Dr. Butler and Dr. Walker will be sharing their time. I now invite them to make their presentation. Je vais maintenant présenter notre deuxième groupe de témoins. Elles ont été invitées à faire une déclaration liminaire de cinq minutes.

Nous allons les entendre, puis passer aux questions des sénateurs. Nous comptons parmi nous ce soir, Deidre Butler, professeure agrégée, et Pamela Walker, professeure, du Réseau des académiques canadien·ne·s engagé·e·s. Nous leur souhaitons la bienvenue. Je crois comprendre que les deux partageront leur temps de parole. Je les invite maintenant à présenter leur exposé. 62:10 Human Rights 9-12-2024

Deidre Butler, Associate Professor, Network of Engaged Canadian Academics: Thank you, chair and members of the committee. My name is Dr. Deidre Butler, and I am an associate professor of Jewish studies at Carleton University. Deidre Butler, professeure agrégée, Réseau des académiques canadien·ne·s engagé·e·s : Merci, madame la présidente, mesdames et messieurs les membres du comité. Je m’appelle Deidre Butler et je suis professeure agrégée d’études juives à l’Université Carleton. NECA is a non-partisan group of nearly 400 Canadian academics from 45 universities and colleges.

We advocate for academic freedom, diverse perspectives and an expansive understanding of inclusion to combat anti-Semitism and uphold the core values of Canada’s universities. Le RDACE est un groupe non partisan composé de près de 400 universitaires canadiens issus de 45 universités et collèges. Nous défendons la liberté universitaire, la diversité des points de vue et une compréhension élargie de l’inclusion pour lutter contre l’antisémitisme et défendre les valeurs fondamentales des universités canadiennes. Anti-Semitism is flourishing on our campuses. Why are universities targeted?

Universities are the places where knowledge is created and young people’s minds and attitudes are shaped as citizens. Since October 7, a wave of anti-Semitism, which is often expressed as anti-Israelism, has swept our campuses. This hatred centres on the idea that Israel should not exist as an independent, sovereign state, nor as the home of nearly half of the world’s Jews. Claims are justified by false evidence, demonization and racist concepts. A recent study shows that 91% of Canadian Jews support Zionism. A campaign to target Israel, and only Israel, inevitably affects Canadian Jews.

It creates a poisoned environment for university faculty, staff and students. L’antisémitisme est en plein essor sur nos campus. Pourquoi les universités sont-elles ciblées? Les universités sont les lieux où le savoir est créé et où l’esprit et la mentalité des jeunes se forment en tant que citoyens. Depuis le 7 octobre, une vague d’antisémitisme, souvent exprimé sous le terme d’anti‑israélisme, a déferlé sur nos campus. Cette haine est centrée sur l’idée qu’Israël ne devrait pas exister en tant qu’État indépendant et souverain, ni comme patrie de près de la moitié des Juifs du monde.

Ces allégations sont justifiées par de fausses preuves, la diabolisation et des concepts racistes. Une étude récente montre que 91 % des Juifs canadiens soutiennent le sionisme. Une campagne visant Israël, et seulement Israël, touche inévitablement les Juifs canadiens. Elle crée un environnement empoisonné pour les professeurs, le personnel et les étudiants des universités. When student encampments proclaimed “Zionists off campus,” that was a call to exclude Jews from university life. Now, a campus group is asking students to name Zionist faculty so that they can get Zionists off campus.

In the classroom, professors are glorifying the events of October 7, celebrating systematic rape and murder, while in the hallways student groups are shouting, “globalize the intifada.” Student groups have painted red triangles on buildings, a symbol used by Hamas to mark a target for assassination, and then posted photos of them on their social media to amplify this intimidation.

Jewish women have been threatened with, “We are going to rape you like Hamas did on October 7,” and students hiss, “Jew, get back in the oven.” Lorsque les occupants des campements étudiants criaient : « Sionistes, hors de nos campus », ils demandaient que les Juifs soient exclus de la vie universitaire. Aujourd’hui, un groupe sur le campus demande aux étudiants de nommer les membres du corps enseignant qui sont sionistes pour qu’ils puissent mettre les sionistes à la porte des campus.

Dans les salles de classe, les professeurs glorifient les événements du 7 octobre, en célébrant le viol et le meurtre systématiques, tandis que dans les couloirs, des groupes d’étudiants crient : « Mondialisez l’intifada. » Des groupes d’étudiants ont peint des triangles rouges sur les immeubles, un symbole utilisé par le Hamas pour marquer une cible d’assassinat, et ils ont ensuite publié des photos de ces triangles rouges sur leurs réseaux sociaux pour amplifier cette intimidation.

Les femmes juives ont été menacées : « Nous allons vous violer comme le Hamas l’a fait le 7 octobre », et les étudiants crient : « Retournez dans les fours, les Juifs. » As the delegitimization of Israel becomes normalized, administrations face intense pressure at every level of university governance. We are seeing increasingly inflammatory, baldly anti-Semitic statements in student unions and faculty associations, as well as boycott, divestment and sanctions — or BDS — in university senates.

À mesure que la délégitimation d’Israël devient normalisée, les administrations sont confrontées à une pression énorme à tous les paliers de la gouvernance universitaire. Les syndicats étudiants et les associations d’universitaires tiennent des propos de plus en plus incendiaires, et brutalement antisémites, ainsi que des campagnes prônant le boycott, le désinvestissement et les sanctions — ou BDS — au sein des conseils universitaires. 9-12-2024 Droits de la personne 62:11

Pamela Walker, Professor, Network of Engaged Canadian Academics: I’m Dr. Pamela Walker, and I’m a professor of history at Carleton University. Pamela Walker, professeure titulaire, Réseau des académiques canadien·ne·s engagé·e·s : Je suis Pamela Walker, et je suis professeure d’histoire à l’Université Carleton. University faculty, students and advocacy groups are now seeking to establish BDS policies directed at one state: Israel.

These motions claim that Israel is uniquely evil among states and that Canadian universities should end academic partnerships, investment in Israeli companies and cooperation with Israeli scholars. These campaigns seek no similar rejection of any other state and never have. It is an anti-Semitic campaign because it seeks to vilify and restrict only one country, Israel, and thereby ignores all other conflicts around the world. Des universitaires, des étudiants et des groupes de défense cherchent maintenant à établir des politiques de BDS qui visent un État : Israël.

Ces motions affirment qu’Israël est un État particulièrement malfaisant, et que les universités canadiennes devraient mettre un terme aux partenariats universitaires, aux investissements dans les entreprises israéliennes, et à la coopération avec les chercheurs israéliens. Ces campagnes ne cherchent pas à rejeter un autre État de la même façon, et ne l’ont jamais fait. Il s’agit d’une campagne antisémite, car elle cherche à calomnier et à contraindre un seul pays, Israël, et ainsi, elle fait fi de tous les autres conflits dans le monde.

These university motions threaten to undermine the very foundation of academic life. They would restrict the academic freedom of all members of the university to pursue research in any area. They would diminish Canada’s research potential and undermine open inquiry. They would hollow out the Canadian academic enterprise. Ces motions universitaires menacent de miner le fondement même de la vie universitaire. Elles limiteraient la liberté pédagogique de tous les membres de l’université de mener des recherches dans n’importe quel domaine.

Elles réduiraient le potentiel de recherche du Canada, et mineraient la recherche libre. Elles videraient de sa substance l’esprit d’entreprise universitaire canadienne. BDS relies on anti-Semitic claims. It asserts that there is only one proper response to the conflict in the Middle East. Because this conflict is different from all others, it requires an unprecedented response — the end of the state of Israel. BDS uniquely targets Jews in Israel and in Canada by holding them solely responsible for this complex conflict.

BDS undermines Canada’s future by condoning a distorted, one-sided understanding of the Middle East. Canadian scholars would lose cutting-edge knowledge in high tech, health science, climate innovation and other areas. This ultimately restricts Canada’s competitiveness in addressing challenges faced by our own country and the broader world. La campagne BDS s’appuie sur des affirmations antisémites. Selon elle, il n’existe qu’une seule réaction appropriée au conflit dans le Moyen-Orient. Étant donné que ce conflit n’est pas comme les autres, il nécessite une réaction sans précédent : la fin de l’État d’Israël.

La campagne BDS cible particulièrement les Juifs en Israël et au Canada en les tenant pour seuls responsables de ce conflit complexe. Elle mine l’avenir du Canada en cautionnant une vision partiale et déformée du Moyen-Orient. Les chercheurs canadiens perdraient du savoir de pointe en haute technologie, en science de la santé, en innovation liée au climat, et dans d’autres domaines. En fin de compte, cela limite la compétitivité du Canada au moment de résoudre des problèmes auxquels notre pays est confronté, au même

titre que le reste du monde. These efforts are a serious, anti-Semitic threat to the universities’ core mission. When universities are dedicated to equity and inclusion, how can we accept the heinous effects of anti-Semitism on campuses? We need decisive leadership now to counter this threat. Universities must be spaces where robust debate, sustained research and viewpoint diversity flourish. Our leaders must support university administrators by providing them with effective tools to protect our universities and stand against these threats to our society.

Ces efforts représentent une grave menace antisémite pour la mission de base des universités. Si les universités appuient l’équité et l’inclusion, comment pouvons-nous accepter les conséquences odieuses de l’antisémitisme sur nos campus? Il faut que des leaders assurés luttent contre cette menace. Les universités doivent être des espaces propices au débat vigoureux, à la recherche durable et à la diversité d’opinions. Nos dirigeants doivent soutenir les administrateurs universitaires en leur fournissant des outils efficaces pour protéger nos universités et résister à ces menaces à notre société. Thank you. Merci.

The Deputy Chair: Thank you, Dr. Butler and Dr. Walker. La vice-présidente : Merci, madame Butler et madame Walker. We will now go to questions from the senators. Nous allons maintenant passer aux questions des sénateurs. 62:12 Human Rights 9-12-2024

Senator Arnot: Ms. Butler, you have done a lot of work on gender and Judaism. That gives you a unique perspective. Do you see any significant gender differences in how anti-Semitism manifests or impacts individuals? If so, how can that be addressed? Le sénateur Arnot : Madame Butler, vous avez énormément travaillé sur le genre et le judaïsme. Cela vous donne un point de vue unique. Est-ce que vous voyez de grandes différences quelconques en matière de genre dans la façon dont l’antisémitisme se manifeste ou affecte les individus? Si oui, comment peut-on y remédier? Ms.

Walker, as an innovator in teaching methodologies, how can educational institutes integrate teaching practices that directly address and challenge anti-Semitic tropes in historical and contemporary contexts? Madame Walker, en tant qu’innovatrice dans les méthodologies de l’enseignement, comment les établissements d’enseignement peuvent-ils intégrer des pratiques d’enseignement qui abordent directement et qui contestent les stéréotypes antisémites dans les contextes contemporain et historique? Ms. Butler: Thank you for the question. Mme Butler : Merci de la question.

Professor Walker and I teach a course together known as “Anti-Semitism, Then and Now,” where we teach our students that in order to understand anti-Semitism, you need to understand both continuity and change. I have taught courses where I focused on the gendered story of Jewish women but specifically about gendered anti-Semitism. We can look historically and see how women have been targeted differently through anti-Semitism and anti-Semitic tropes.

Mme Walker et moi-même donnons ensemble un cours intitulé « Anti-Semitism, Then and Now », où nous apprenons à nos étudiants que, pour comprendre l’antisémitisme, il faut comprendre à la fois la continuité et le changement. J’ai enseigné des cours où je me suis concentrée sur l’histoire genrée des femmes juives, mais en particulier l’antisémitisme genré. Dans l’histoire, nous voyons comment les femmes ont été ciblées différemment par l’entremise de l’antisémitisme et de stéréotypes antisémites. Today, we’re seeing both continuity with that past but new one elements as well.

After October 7, I spoke about how women are being threatened with rape. Also, at the same time, the rapes of October 7 have been denied and the stories of Jewish women’s suffering have been excluded from our public conversations about anti-Semitism and also on campuses, so we’re not having programs, events or teaching about the sexual violence of October 7. Aujourd’hui, nous voyons une continuité de ce passé, mais aussi de nouveaux éléments. Après le 7 octobre, j’ai parlé du fait qu’on menaçait de violer les femmes.

Et au même moment, les viols du 7 octobre ont été niés, et les histoires de la souffrance des femmes juives ont été exclues de nos conversations publiques portant sur l’antisémitisme, mais également des campus, ce qui fait que nous n’avons aucun programme, aucun événement ou aucun enseignement sur la violence sexuelle du 7 octobre. Ms. Walker: Yes, I do work in very innovative teaching. I have a program with game-based learning to teach history. One of the things that methodology teaches is empathy and the ability to see the point of view of others.

It asks students to immerse themselves in particular historical moments of change. Doing that kind of teaching is essential, and we need to find ways to move people out of their very tightly organized views and take the point of view of a peasant in rural France during the French Revolution, as an example, not necessarily because that allows you to understand anti-Semitism but it gives you the intellectual ability to move outside of your framework. Mme Walker : Effectivement, je travaille dans l’enseignement très innovant. J’ai un programme d’enseignement fondé sur le jeu pour enseigner l’histoire.

L’une des choses que la méthodologie enseigne, c’est l’empathie, et la capacité de voir le point de vue des autres. La méthodologie demande que les étudiants plongent dans des moments historiques de changement en particulier.

Ce genre d’enseignement est essentiel, et nous devons trouver des moyens de faire en sorte que les gens délaissent leurs opinions organisées et très fermées, pour adopter le point de vue d’un paysan dans la France rurale durant la Révolution française, par exemple, pas nécessairement parce que cela permet de comprendre l’antisémitisme, mais parce que cela donne la capacité intellectuelle de sortir de son cadre. The other thing that Ms. Deborah Lyons mentioned that is also something I am alarmed by and seeing more increasingly is Holocaust denial among my students.

Our collaboration first began a number of years ago when I had students openly arguing with me, a professor, and, in one instance, laughing at me, saying, “I can’t believe you actually believe in that nonsense.” As a historian, that undermines the very foundation of my La deuxième chose que Mme Deborah Lyons a mentionnée, et c’est également quelque chose qui m’effraie et que je vois de plus en plus chez mes étudiants, c’est le déni de l’Holocauste.

Notre collaboration a commencé il y a plusieurs années lorsque certains de mes étudiants se sont disputés avec moi, une professeure, et, à une occasion, ont ri de moi, en disant : « Je n’arrive pas à croire que vous croyez à ces sottises. » En tant 9-12-2024 Droits de la personne 62:13

discipline. It is not just this particular thing, but if you don’t believe in the Holocaust, you don’t believe in historical research, you don’t believe in truth and you don’t believe in data-driven knowledge. qu’historienne, cela mine la fondation même de ma discipline. Il n’est pas seulement question de cela en particulier, mais lorsque vous ne croyez pas à l’Holocauste, vous ne croyez pas à la recherche historique, vous ne croyez pas à la vérité, et vous ne croyez pas au savoir axé sur les données.

When I teach now, when I teach modern Europe, I always ask my students how many of them are familiar with Holocaust denial and distortion and whether they have read about it. They respond that 100% of them are reading about it, and I ask them, “How many of you thinking, ’Yeah, maybe that makes sense; this never happened.’” I always get a sizable number of students who affirm that. I’m teaching against something that is very deep. In two instances, I even had students use their final exam to write me Holocaust denial answers. That’s a solid commitment to Holocaust denial.

They are going to take an “F” because they are so committed to telling me this never happened. Lorsque j’enseigne aujourd’hui, lorsque j’enseigne l’Europe moderne, je demande toujours à mes étudiants combien d’entre eux connaissent la déformation et le déni de l’Holocauste et s’ils ont lu sur le sujet. Ils me répondent qu’ils sont tous en train de lire sur le sujet, et je leur demande : « Combien d’entre vous pensent : ouais, c’est logique, cela ne s’est jamais passé. » Il y a toujours un nombre assez important d’étudiants qui affirment cela. J’enseigne pour contrer quelque chose qui est très ancré.

À deux occasions, j’ai même vu deux étudiants utiliser leur examen final pour m’écrire des réponses qui niaient l’Holocauste. C’est un engagement très solide à nier l’Holocauste. Ils vont avoir un « F », parce qu’ils veulent absolument me dire que cela ne s’est jamais produit. A recent study showed a very high correlation between Holocaust denial and anti-Semitism. They are obviously connected. We need to think again about how we teach the Holocaust, what we’re doing with that and how we can have young people understand this not only as an historical event but what led up to it.

They need to know that anti-Semitism did not start in 1940 and did not end in 1945 and is a much larger problem. They need to understand the connection between the Holocaust and anti-Semitism, for example, in the Soviet Union in the 1970s or whatever you want to go. D’après une étude récente, il y a une très grande corrélation entre le déni de l’Holocauste et l’antisémitisme. Il est évident que les deux sont liés.

Nous devons repenser la manière dont nous enseignons l’Holocauste, ce que nous faisons avec cela, et comment nous pouvons faire comprendre l’Holocauste aux jeunes, en tant qu’événement historique, mais nous devons aussi leur faire comprendre les événements qui l’ont précédé. Ils doivent comprendre que l’antisémitisme n’a pas commencé en 1940 et pris fin en 1945, et qu’il représente un problème d’une plus grande ampleur. Ils doivent comprendre le lien entre l’Holocauste et l’antisémitisme, par exemple, dans l’Union soviétique dans les années 1970 ou à n’importe quelle date.

So it is both the historical knowledge as well as an ability to think with empathy and to understand points of view you don’t share, not simply responding, “Oh, the Holocaust — you know, I don’t need to know about that.” It is both of those. Donc il faut une connaissance historique ainsi qu’une capacité de réfléchir avec empathie, et une capacité de comprendre les points de vue que vous ne partagez pas, au lieu de simplement répondre : « Ah, l’Holocauste… vous savez, ce n’est pas quelque chose que j’ai besoin de savoir. » Ce sont ces deux éléments. Senator K.

Wells: Thank you for being here today, especially in person. Le sénateur K. Wells : Merci d’être ici aujourd’hui, surtout en personne. I want to pick up on something at the end of your opening comments where you talked about tools. I would like to give you an opportunity to talk more about what those tools might look like to create a safer post-secondary environment, particularly with this rise of anti-Semitism, while also maintaining the free expression we hold so dearly as valuable, particularly at a post- secondary institution.

J’aimerais revenir sur quelque chose que vous avez dit à la fin de votre déclaration liminaire, où vous avez parlé des outils. J’aimerais vous donner l’occasion de nous parler davantage de ces outils, et de la façon dont ils pourraient favoriser la création d’environnements postsecondaires plus sécuritaires, en particulier avec cette montée de l’antisémitisme, tout en préservant la liberté d’expression qui nous tient tant à cœur, en particulier dans un établissement postsecondaire. Ms. Butler: Thank you for the question.

Perhaps I will talk about existing policies and Professor Walker could speak about institutional neutrality. Mme Butler : Merci de la question. Peut-être que je vais parler des politiques existantes, et Mme Walker pourrait parler de la neutralité institutionnelle. 62:14 Human Rights 9-12-2024

One of the things you have already heard is that we have laws and policies. They exist, and they need to be implemented, and implemented in thoughtful ways. Universities do have tools they can use to address many of these issues. They also have tools that need to be improved and strengthened. I would like to point to EDI, or equity, diversity and inclusion, as the mechanism by which our universities address issues of discrimination, intolerance and uneven access to our universities. L’une des choses que vous avez déjà entendues, c’est que nous disposons de lois et de politiques.

Elles existent, et elles doivent être mises en application, et ce, de façon réfléchie. Les universités disposent d’outils qu’elles peuvent utiliser pour résoudre un grand nombre de ces problèmes. Elles disposent également d’outils qui doivent être améliorés et renforcés. Je souhaite souligner que l’EID, l’équité, l’inclusion et la diversité, est le mécanisme que nos universités utilisent pour lutter contre les problèmes de discrimination, d’intolérance et d’accès inégal à nos universités. When we think about anti-Semitism and that particular tool, that tool fails Jews and our universities.

If you look at EDI statements across Canada — and I have done so as part of my research — you won’t find the word “Jew,” and if you do, it will be incidental. Anti-Semitism will be incidental. Concern will be on other populations that, of course, also need to be lifted up and supported, but there is a lack there and a problem there. When we have a problem with anti-Semitism on our campuses, if we’re relying upon a tool that doesn’t see us, it can’t do that work. Lorsqu’on pense à l’antisémitisme et à cet outil en particulier, on se rend compte qu’il n’aide aucunement les Juifs et nos universités.

Lorsque vous regardez les discours en matière d’EID dans tout le pays — et je l’ai fait dans le cadre de ma recherche — vous n’allez pas trouver le mot « juif », et si vous le trouvez, ce sera par accident. L’antisémitisme sera accidentel. Les préoccupations sont axées sur d’autres populations, qui, évidemment, doivent être appuyées et soutenues, mais il y a un manque et un problème ici. Lorsque nous avons un problème d’antisémitisme sur nos campus, si nous dépendons d’un outil qui en fait abstraction, il ne peut pas faire le travail. Ms.

Walker: Institutional neutrality is the idea that the university, institutionally, does not take positions on issues outside of its operational needs. That imagines that the university is like a big bowl, and inside of it are all the professors and students who might have all kinds of positions they may advocate for, work toward and believe in. Yet, that’s not the view of the institution. The institution is neutral on a war, on foreign policy or on other social and political issues. That enables free expression to happen.

Mme Walker : L’idée de la neutralité institutionnelle, c’est que l’université, en tant qu’établissement, ne doit pas prendre position sur des questions qui sont à l’extérieur du cadre de ses besoins opérationnels. On imagine que l’université est comme un grand bol à l’intérieur duquel se trouvent tous les professeurs et étudiants qui pourraient avoir toutes sortes de positions qu’ils défendent, qu’ils appuient et soutiennent. Pourtant, ce n’est pas la vision de l’établissement. L’établissement est neutre en ce qui concerne la guerre, la politique étrangère ou d’autres questions politiques et sociales.

Cela permet de favoriser la liberté d’expression. The idea is that instead of having universities say that they believe the right position on issue “X” is this or they believe that, they allow all points of view to be heard, so free expression flourishes and academic freedom in that context is possible. But once the university takes a position saying, for instance, that Israel is responsible for every wrong thing on the planet and the university totally rejects Israel, then you don’t have academic neutrality; you actually have the university taking a partisan position that would silence people like us.

That should be at all the levels — departments, institutes and the university as a whole. L’idée, c’est qu’au lieu de laisser les universités affirmer que ce qu’elles pensent être la bonne position sur la question « X », c’est telle ou telle chose ou qu’elles croient ceci ou cela, il faut permettre à tous les points de vue d’être entendus, donc la liberté d’expression est florissante, et la liberté universitaire dans ce contexte est possible.

Mais une fois que l’université adopte une position en disant, par exemple, qu’Israël est responsable de chaque chose qui va mal sur la planète, et que l’université rejette complètement Israël, alors vous n’avez plus la neutralité universitaire. En effet, l’université prend une position partisane qui muselle les personnes comme nous. Cela devrait être à tous les niveaux : les départements, les établissements et l’ensemble de l’université.

The point is not that the university doesn’t have an opinion — all the individual faculty members certainly do — but there is no external body in the university, a department statement, saying the university believes this to be true and all other positions to be wrong. That actually serves to silence many people.

L’objectif n’est pas que l’université n’a pas d’opinion — tous les membres du corps enseignant en ont certainement une —, mais il n’y a aucun organe externe, aucune déclaration du département, qui affirme que l’université croit que telle ou telle chose est vraie, et que toutes les autres positions sont mauvaises. C’est quelque chose qui sert à faire taire beaucoup de personnes. 9-12-2024 Droits de la personne 62:15

Most universities in Canada don’t have a practice of institutional neutrality. Increasingly, a number of American universities and some British ones are taking this approach. I think we need to look at that as a way forward to encourage the free expression of ideas and the rich research that can happen, which is, in fact, stopped when you have a position where a department says they have already decided what the right answer is on the conflict in Israel and Gaza, or Ethiopia, Eritrea or any other thing. La plupart des universités au Canada ne mettent pas en pratique la neutralité institutionnelle.

Un certain nombre d’universités américaines, et certaines universités anglaises adoptent de plus en plus cette approche. Je pense que nous pouvons le voir comme une façon d’encourager la liberté d’exprimer des idées et une recherche riche, chose qui, en réalité, est impossible si un département affirme avoir déjà décidé de la bonne réponse concernant le conflit en Israël et à Gaza, ou en Éthiopie, en Érythrée ou ailleurs. Senator Senior: Thank you so much. I’m sitting here just thinking about a few of the things that you have said that create many questions for me. There are also some similarities.

Being a Black woman, I don’t have a lot of faith in EDI practices either. I can really empathize there. La sénatrice Senior : Merci beaucoup. Je suis assise ici et je pense à certaines des choses que vous avez dites, qui ont suscité de nombreuses questions chez moi. Il y a également quelques similitudes. Étant une femme noire, je ne fais pas énormément confiance aux pratiques d’EID non plus. Donc je peux vraiment comprendre ce que vous voulez dire ici. I think it was Ms. Walker who mentioned the game that focuses on empathy. I’m curious about that.

I remember being a kid in public school, and we learned about the Holocaust. We grew up understanding that this happened in history, and I don’t know what has changed. I’m curious about how that kind of approach in terms of utilizing empathic means in an educational institution can actually shift people’s understanding if you create the atmosphere of academic curiosity. I’m curious how that has worked in the past, and is it still possible for that to work? Je pense que c’est Mme Walker qui a mentionné le jeu qui se focalise sur l’empathie. Je serais curieuse d’en savoir plus.

Je me rappelle que quand j’étais une enfant à l’école publique, nous avions appris des choses sur l’Holocauste. Nous avons grandi en comprenant que cela s’est passé dans l’histoire, et j’ignore ce qui a changé. J’aimerais savoir comment ce genre d’approche, qui vise à utiliser des moyens empathiques dans un établissement d’enseignement, peut transformer la compréhension des gens si vous créez une atmosphère de curiosité universitaire. Je suis curieuse de savoir comment cela a fonctionné dans le passé. Est‑ce que cette technique est toujours efficace? Ms.

Walker: If you want to know about game-based historical teaching, that is a whole other topic. I’m happy to share with you some of the work that I do with an organization called Reacting to the Past Consortium. Mme Walker : Si vous voulez en savoir plus sur l’enseignement historique fondé sur le jeu, c’est un sujet complètement différent. Je serai heureuse de vous parler d’une

partie du travail que j’effectue avec une organisation appelée le consortium Reacting to the Past . Game-based learning in this context has a limit. I wouldn’t try gamifying the Holocaust. I wouldn’t do that. I do think that thinking empathetically and thinking from the point of view of others — Dr. Butler has wonderful online resources on understanding the Holocaust, and one of the things I learned from her was to use those stories in my teaching so that students are listening to living people. We can’t have them in the classroom, but they can listen to them speak on this resource.

That way, you actually hear someone’s story, and you actually have to think about that, and you inevitably imagine yourself in that. Hearing from people who survived the Holocaust or, in some cases, did not, teaches us much more than a very distant perspective. Dans ce contexte, l’apprentissage fondé sur le jeu comporte une limite. Je n’essaierais pas de ludifier l’Holocauste. Je ne ferais pas ça.

Je pense que le fait de réfléchir de façon empathique, et de réfléchir du point de vue des autres… Mme Butler a de formidables ressources en ligne qui permettent de comprendre l’Holocauste, et l’une des choses que j’ai apprises d’elle, c’est qu’il faut que j’utilise ces histoires dans mon enseignement pour que les étudiants écoutent des personnes vivantes. Nous ne pouvons pas faire venir ces personnes dans la salle de classe, mais nous pouvons les écouter parler sur cette ressource.

De cette façon, nous pouvons écouter l’histoire de quelqu’un, et nous devons y réfléchir, et nous sommes obligés de nous imaginer dans cette histoire. Le fait d’écouter des personnes qui ont survécu à l’Holocauste ou, dans certains cas, qui n’y ont pas survécu, nous enseigne beaucoup plus que le fait d’écouter quelqu’un qui a une perspective distante. Ms.

Butler: One of the things that I have worked on is to develop new oral histories with survivors, as well as the children of survivors, and the descendants and children of the Righteous Mme Butler : Un des éléments sur lesquels j’ai travaillé est la création de nouvelles histoires orales avec les survivants, les enfants des survivants et les descendants et les enfants des Justes 62:16 Human Rights 9-12-2024

Among the Nations during the Holocaust, and this became part of an online project known as Hear Our Voices, and we continue to work on this. parmi les nations durant l’Holocauste. Cette initiative s’est greffée sur un projet en ligne connu sous le nom de « Écoutez nos voix! », et nous continuons à travailler sur ce projet. This idea came out of the experience I had teaching about the Holocaust throughout my career, which is that students who may have had no knowledge of the Holocaust before coming into the classroom may never have met a Jew before. They heard these stories, and they saw themselves in the stories.

Part of what you can do is to share many different experiences. L’idée m’est venue de mes expériences d’enseignement sur l’Holocauste pendant ma carrière, où des étudiants qui n’avaient peut-être aucune connaissance par rapport à l’Holocauste avant d’arriver en classe n’avaient jamais rencontré de Juifs auparavant. Ils ont écouté ces témoignages, et ils se sont reconnus dans les histoires qui étaient racontées. Une chose que vous pouvez faire, c’est de transmettre une grande diversité de vécus.

While we’re talking about the Holocaust, this is also possible with anti-Semitism generally or any experience of discrimination or prejudiced bigotry. When you hear from people about who they are, what they experienced, what they’re concerned with, how they live their lives, then that helps to build that connection with the student learner. When my students come back to me years later and say, “I remember hearing this in your class; I remember reading this,” it is inevitably the oral histories and the diaries, the stories of people who lived what we’re trying to teach them about.

Bien que nous parlions de l’Holocauste en ce moment, ce type de démarche est également envisageable pour l’antisémitisme de manière générale ou pour n’importe quel type de discrimination, d’intolérance ou de préjugé. Lorsque vous entendez des gens dire qui ils sont, raconter ce qu’ils ont vécu, ce qui les préoccupe, comment ils vivent leur vie, tout cela contribue à tisser un lien avec l’étudiant.

Lorsque mes étudiants viennent me voir des années plus tard et me disent « Je me souviens d’avoir appris ceci, d’avoir lu cela dans votre cours », il est clair que c’est inévitablement les histoires orales, les journaux intimes et les témoignages des gens qui ont vécu ce que nous tentons de leur enseigner qui touchent véritablement les étudiants. Senator Senior: Thank you. La sénatrice Senior : Merci. The Deputy Chair: Colleagues, our chair has arrived, but she has asked me to stay in the chair for this panel. Chair, I would like you to introduce yourself, please.

La vice-présidente : Chers collègues, notre présidente est arrivée, mais elle m’a demandé de rester à la présidence pour ce groupe de témoins. Madame la présidente, je voudrais que vous vous présentiez, s’il vous plaît. Senator Ataullahjan: Salma Ataullahjan, from Ontario. I apologize. The flight was late, and it took me over an hour to come from the airport. Please accept my apologies. La sénatrice Ataullahjan : Salma Ataullahjan, de l’Ontario. Je m’excuse. Le vol a été retardé, et ça m’a pris plus d’une heure pour me déplacer de l’aéroport jusqu’ici. Veuillez accepter mes excuses.

Senator Osler: Thank you to both witnesses for being here today. La sénatrice Osler : Je remercie les deux témoins de leur présence aujourd’hui. In your opening statement, Dr. Butler, I believe you talked about why universities are being targeted. I would ask both of you, could you expand more on the conditions, whether they are economic, sociocultural or geopolitical, that help grow the rising anti-Semitism on campuses, and for these broader conditions, what have you found effective on campus to help counter that?

Madame Butler, dans votre remarque préliminaire, je crois que vous avez parlé de la raison pour laquelle les universités sont ciblées. Je vous demanderais à vous deux si vous pourriez en dire un peu plus sur les conditions, qu’elles soient économiques, socioculturelles ou géopolitiques, qui contribuent à la montée de l’antisémitisme sur les campus, et, en tenant compte de ces facteurs plus larges, de nous dire quelles solutions sont efficaces selon vous pour remédier à la montée de l’antisémitisme sur les campus? Ms. Butler: I think there is a lot to say there about the condition of anti-Semitism.

Anti-Semitism did not start on October 7. It was already of concern years before. It has been a concern my entire career. I have taught at Carleton for 18 years. Mme Butler : Je suis d’avis qu’il y a beaucoup à dire sur la situation de l’antisémitisme. L’antisémitisme n’a pas commencé le 7 octobre. C’était déjà une préoccupation des années auparavant. Cela a été une préoccupation pendant l’intégralité de ma carrière. J’ai enseigné à l’Université Carleton pendant 18 ans. 9-12-2024 Droits de la personne 62:17

The conditions for anti-Semitism on campus are also the conditions for off campus. Anti-Semitism is in our culture; it is in our history; it is in our world. Social media amplifies many of those ideas and those hatreds, and they are particularly effective at reaching a generation of students who are on our campuses right now and who have grown up as digital natives and for whom social media is an important source not only of connecting with each other but actually understanding the world they live in and understanding history.

I have had the very unpleasant experience of teaching my students something and having them go to YouTube to study for an exam. It is difficult. Les conditions qui engendrent l’antisémitisme sur les campus sont les mêmes qui l’engendrent à l’extérieur des campus. L’antisémitisme fait

partie de notre culture; il fait

partie de notre histoire; il fait

partie de notre monde. Les réseaux sociaux amplifient bon nombre de ces idées et de ces haines. De plus, les réseaux sociaux arrivent particulièrement bien à rejoindre une génération d’étudiants qui fréquentent nos universités en ce moment, qui ont grandi à l’ère numérique et pour qui les réseaux sociaux servent non seulement à tisser des liens entre eux, mais également à comprendre le monde dans lequel ils vivent et à en comprendre l’histoire.

J’ai vécu l’expérience très désagréable d’enseigner quelque chose à mes étudiants pour qu’ils aillent ensuite sur YouTube pour étudier ce que je leur avais enseigné en vue d’un examen. C’est pénible. One of our colleagues who is a cofounder of NECA, Professor Cary Kogan, is a clinical psychologist, and we often speak about the setting of many hatreds and how this plays out in universities at this moment when students are invested so deeply in social justice, in changing the world, which is exactly what they should be doing.

When there is so much misinformation, when there is so much distortion and hatred all around them, is it any surprise that that impulse for good can also be diverted in ways that are extremely damaging and harmful? Un de nos collègues qui est le cofondateur du Réseau des académiques canadien.ne.s engagé.e.s, ou RDACE, M. Cary Kogan, est un psychologue clinicien.

Lui et moi discutons souvent du contexte de nombreux préjugés haineux et de la manière dont l’intolérance se manifeste dans les universités en ce moment même, alors que des étudiants sont investis si profondément dans la justice sociale et qu’ils souhaitent changer le monde, ce qui est exactement ce qu’ils devraient faire. Lorsque tant de désinformation, de distorsion et de haine pullulent tout autour d’eux, est-il si surprenant que cette volonté de faire le bien puisse être également détournée de façon extrêmement destructrice et nocive? Ms.

Walker: One of the core problems — hopefully this IHRA handbook that has recently been released will help us — is people genuinely don’t understand it. I sit in meetings with people who are in positions of authority to manage all kinds of university affairs, and it is clear to me that they don’t quite get it. They don’t understand it. They don’t know where it comes from. They don’t recognize it. One of the things that would be effective is to have a better way of communicating what it is and what to do about it.

In terms of what’s working at the minute, I will sound a bit pessimistic and say, “Not much, and I am looking for change.” Mme Walker : Un des principaux problèmes — en espérant que ce guide de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste, ou l’AIMH qui a récemment été publié pourra nous aider — c’est que les gens ne comprennent vraiment pas l’antisémitisme en tant que tel. J’assiste à des réunions avec des personnes qui sont dans des positions d’autorité et qui gèrent toutes sortes d’affaires universitaires, et il est évident qu’elles ne le comprennent pas tout à fait.

Elles ne savent pas ce que c’est. Elles ne savent pas d’où il vient. Elles n’arrivent pas à le reconnaître. L’une des choses qui seraient efficaces serait d’avoir une meilleure façon de communiquer ce qu’est l’antisémitisme et ce qu’il faut faire pour y réagir. En ce qui concerne ce qui fonctionne actuellement, je vais paraître un peu pessimiste et dire « Pas grand-chose, et j’attends un changement. » Senator Osler: Thank you both. La sénatrice Osler : Merci à vous deux. Senator Pate: Thank you to both of you for being here. La sénatrice Pate : Merci à vous deux d’être ici aujourd’hui.

I’m going to ask something that I think dovetails with what you have already been asked. I have spent a lot of time working with folks on residential school denialism, and I see some incredible parallels. My daughter’s father is Jewish. When my kids were young, we found lots of resources to talk about Je vais demander quelque chose qui, je crois, concorde avec ce qu’on vous a déjà demandé. J’ai passé beaucoup de temps à travailler avec des gens sur le déni des pensionnats autochtones, et je peux relever des parallèles incroyables. Le père de ma fille est juif.

Lorsque mes enfants étaient jeunes, nous avons trouvé 62:18 Human Rights 9-12-2024

anti‑Semitism and not much to talk about anti-Indigenous hatred. I’m curious as to whether there are any partnerships and learning that you have about both of these in terms of real issues right now in Canada. beaucoup de ressources qui abordaient l’antisémitisme, mais il n’y en avait pas tant qui portaient sur le racisme anti-autochtone. Je serais curieuse de savoir s’il existe des partenariats et des enseignements qui découlent de ces deux problèmes réels à l’heure actuelle au Canada. Ms.

Butler: On October 8, I was in Nunavut, and I was invited to speak about anti-Semitism and the history of the Holocaust, and I did so through oral history. I did so, speaking to the college that was there in Iqaluit. There were high school students as well as a public lecture. In each one, it was so incredibly powerful to speak to this community and hear how they heard the connections between their experiences and what I was speaking about, but also the importance of oral history, of sharing these stories and having the next generation sharing these stories.

There are very natural connections there, and many people have done that kind of work. Certainly, within the Indigenous community in Canada, there have been strong bridges that have been built between the Jewish community and different Indigenous communities and across. That’s where I would start my thinking. Mme Butler : Le 8 octobre, j’étais au Nunavut, et on m’a invitée à parler de l’antisémitisme et de l’histoire de l’Holocauste, ce que j’ai fait par le biais de l’histoire orale. C’est ce que j’ai fait en prenant la parole devant les gens à un collège à Iqaluit.

Il y avait des étudiants du secondaire ainsi qu’une conférence publique. Dans chaque cas, j’ai ressenti une force incroyable en m’adressant à cette communauté et en observant les liens qu’elle tissait entre ses expériences et ce dont je parlais, mais aussi en constatant l’importance de l’histoire orale, du partage de ces témoignages et de la transmission de ces histoires à la prochaine génération. Il y a là des liens très naturels, et de nombreuses personnes ont fait ce genre de travail.

Il est certain qu’au sein de la communauté autochtone du Canada, des ponts solides ont été jetés entre la communauté juive et différentes communautés autochtones. C’est par là que je commencerai ma réflexion. Ms. Walker: I am sure you know the work of Harry LaForme. He has made important connections that are beautifully expressed and very clearly expressed, and I think about taking leadership from him. Mme Walker : Je suis certaine que vous connaissez le travail de Harry LaForme.

Il a établi des liens importants qui sont merveilleusement exprimés et très clairement détaillés, et j’estime que son leadership devrait servir d’exemple. I have often thought that in terms of the denialism of certain elements, those stories are very similar. I would take very seriously the question of where that leads you to in Holocaust denial or in forms of denial of Canada’s history as well and the very dangerous way that can take you places. J’ai souvent pensé qu’en ce qui concerne le déni de certains éléments, ces histoires sont très similaires.

Je prendrais très au sérieux la question de comprendre les endroits très dangereux où le déni de l’Holocauste et les formes de déni de l’histoire du Canada pourraient vous mener. There are many examples of Holocaust denial that have been absolutely horrendous in their actual social effects on the ground. People in Canada and elsewhere in the world have been denied an understanding of something and the origins of problems, and it’s very serious. There are those partnerships and the recognition of elements of a shared history, elements of a story about what it means to be a minority people who are being persecuted.

Il existe de nombreux exemples de déni de l’Holocauste qui ont eu des effets sociaux absolument affreux sur le terrain. Au Canada et ailleurs dans le monde, des personnes se sont vu refuser la compréhension de quelque chose et l’origine de problèmes, et cela est très grave. Il y a ces partenariats et la reconnaissance des éléments d’une histoire partagée, des éléments d’une histoire concernant ce que cela signifie d’être un peuple minoritaire qui est persécuté. Senator Ataullahjan: Thank you, both of you, for being here. La sénatrice Ataullahjan : Je vous remercie toutes les deux d’être présentes. Ms. Butler.

I would like you to expand on something you said. You said that anti-Semitism is not new. It’s in our culture, and it’s in our history. Can you give us a bit about the history of anti‑Semitism and the role that the media has played in this? I don’t know if someone else has asked this question, as I wasn’t here. Madame Butler, j’aimerais que vous en disiez plus sur une chose que vous avez abordée plus tôt. Vous avez dit que l’antisémitisme n’est pas nouveau. Il fait

partie de notre culture et de notre histoire. Pouvez-vous nous parler un peu de l’histoire de l’antisémitisme et du rôle que les médias ont joué à cet égard? Je ne sais pas si quelqu’un d’autre a déjà posé cette question, car je n’étais pas là. 9-12-2024 Droits de la personne 62:19

Ms. Butler: I’m laughing a little bit because the next panel is my former professor, Professor Ira Robinson, who literally wrote the book on anti-Semitism in Canada. You will be able to speak to him, and he will speak beautifully. Maybe I can answer kind of quickly. Mme Butler : Je ris un peu parce que mon ancien professeur, Ira Robinson, qui est littéralement un expert de l’antisémitisme au Canada fait

partie du groupe suivant. Vous pourrez lui parler, et il s’exprimera magnifiquement. Je peux peut-être vous donner une réponse rapide. When we look at the roots of anti-Semitism, we can go back to the ancient world and the origins of Christianity. It carries forward, and it changes over time, and it has specific manifestations in different places, but certainly it is within the culture of Christianity that spreads throughout the world. In the Muslim world, it is a very different experience.

In other places, where you don’t have Christianity or Muslim or Judaism, it is expressed in different ways at different times. Lorsque nous nous penchons sur les origines de l’antisémitisme, nous pouvons les faire remonter à l’Antiquité et au début du christianisme. Il perdure dans le temps et se métamorphose à travers les époques, et il se manifeste de manière spécifique dans différents endroits, mais il existe certainement au sein de la culture chrétienne qui se répand partout à travers le monde. Dans le monde musulman, cela est tout autre chose.

Dans d’autres endroits, où il n’y a pas la présence du christianisme, de l’islam ou du judaïsme, l’antisémitisme est exprimé de manières différentes selon les époques. Here in Canada, we have the inheritance of a Christian culture. We also have a global society that Canada participates in where immigrants from all over the world, including my grandparents, come to Canada, and they come with ideas and beliefs from all over the world. The ideas of anti-Semitism also get transported around the world. Ici, au Canada, nous sommes les héritiers d’une culture chrétienne.

Nous avons également une culture mondiale au Canada, en raison des immigrants qui viennent de partout dans le monde, y compris mes grands-parents, apportant avec eux des idées et des croyances de partout dans le monde. Les idéologies antisémites sont également exportées internationalement. One of the things that we do in our class is we show how the lines connect between the anti-Semitism, for example, during World War II and connects with the anti-Semitism that happened during the Soviet era that we’re seeing now in other parts of the world in the left.

Anti-Semitism is often known as something that shape-shifts, but it’s always the same thing. L’une des choses que nous faisons dans notre cours est de montrer les liens entre l’antisémitisme, par exemple, pendant la Seconde Guerre mondiale, et l’antisémitisme qui est survenu pendant l’ère soviétique et que nous voyons aujourd’hui dans d’autres parties du monde de la gauche. L’antisémitisme est souvent considéré comme quelque chose qui se transforme, mais au fond, c’est toujours la même chose. Ms.

Walker: One of the important things about the history of anti-Semitism is frequently the criticism of Jews is that they’re too powerful, which is not necessarily true of other minority groups who are seen as a problem because they are too powerful. That is not typically the case. Mme Walker : Un des éléments centraux de l’histoire de l’antisémitisme est la critique fréquente adressée aux Juifs selon laquelle ils sont trop puissants, chose que nous ne voyons pas nécessairement chez d’autres groupes minoritaires qui sont vus comme étant problématiques car ils sont trop puissants.

Cela n’est pas habituellement le cas. One of the ways that anti-Semitism is often harder for people to see is they say, “Well, the Jews have all the power; they run the media; they run the banks. What’s the problem?” They don’t understand the nature of what they’re saying and how this actually operates. We teach an entire course on it. You’re very welcome to get a copy of our course outline.

Une des raisons pour lesquelles l’antisémitisme est parfois plus difficile à remarquer pour certaines personnes est parce que ces personnes se disent : « Eh bien, les Juifs ont tous les pouvoirs; ils dirigent les médias; ils dirigent les banques. Quel est le problème? » Elles ne comprennent pas la nature de ce qu’elles disent ou le fonctionnement des rouages de l’antisémitisme. Nous donnons un cours entièrement consacré à cela. Vous êtes chaleureusement invités à vous procurer une copie de notre cours en ligne.

But it’s also something that we are really innovating, because when we started teaching the course two years ago, there were no other people teaching this kind of material in the way we’re doing it. It is happening in a few places. We are affiliated with a research centre, an international group of people trying to learn how to teach this, because it’s not obvious to most people. Mais c’est également quelque chose que nous innovons véritablement, car lorsque nous avons commencé à donner ce cours il y a deux ans, personne d’autre n’enseignait ce genre de matière de la manière dont nous le faisons.

Maintenant, cela se passe dans quelques endroits. Nous sommes affiliés à un centre de recherche, un groupe international qui essaie d’apprendre 62:20 Human Rights 9-12-2024

comment enseigner ce type de contenu, car ce n’est pas quelque chose d’évident pour la plupart des gens. There is a book called The Protocols of the Elders of Zion which was published in Russia at the turn of the 20th century. It’s still being read and circulated. It’s nonsense. None of it is true. But in that book is the idea that the Jews run all of the banks — that is one of the big arguments — and they found out about this secret group.

I have students who read it and said, “No, no, no, I read a book about that.” This book is still in circulation a hundred years later and still influencing the way people understand the world. That is an example of that kind of continuity. That book, which you would think would have died out long ago, hasn’t. Its life is very long. Il y a un livre intitulé Les Protocoles des Sages de Sion qui a été publié en Russie à l’aube du XXe siècle. Ce livre est encore lu et diffusé. C’est du grand n’importe quoi. Rien là-dedans n’est vrai.

Mais dans ce livre se trouve l’idée que les Juifs dirigent toutes les banques — c’est un de leurs grands arguments — et qu’un groupe secret avait été découvert. J’ai des étudiants qui l’ont lu et qui ont dit : « Non, non, non, j’ai lu un livre là‑dessus. » Ce livre est encore diffusé 100 ans après sa publication et continue à influencer la manière dont les gens comprennent le monde. Voilà un exemple de ce genre de continuité. On aurait pu penser que ce livre aurait disparu il y a longtemps, mais ce n’est pas le cas. Il est encore bien vivant. Senator Ataullahjan: The role of media?

La sénatrice Ataullahjan : Et le rôle des médias dans tout cela? Ms. Walker: We’ve spoken of roles of social media, and it can be very difficult. One of the things we have seen is that certain really important things have happened; for example, a number of universities have rejected BDS motions, and, as far as I know, that doesn’t get covered in the Canadian press. I haven’t seen any coverage of it, even when looking.

And other things are going on that I think are not getting the kind of coverage that would enable people to say, “Okay, there are remedies, and there are important, positive things going on.” And I’m not sure that is getting covered very well. Mme Walker : Nous avons parlé des rôles des réseaux sociaux, et ils peuvent être très pernicieux. Un des éléments que nous avons observés était que certains événements très importants sont survenus; par exemple, un certain nombre d’universités ont rejeté des motions de BDS, mais, à ma connaissance, ces événements ne sont pas diffusés dans la presse canadienne.

Je n’ai pas vu de couverture médiatique de ces événements, même après des recherches. Il y a d’autres choses qui se passent, et qui, je crois, ne sont pas diffusées par les médias au point où des gens seraient en mesure de se dire « D’accord, il y a des solutions, et il y a des choses importantes et positives qui se produisent. » Et je ne suis pas certaine que cela est très bien diffusé par les médias. Ms. Butler: In terms of media, one of the things we’re struggling with is to help people understand the ways in which anti-Semitism intersects with anti-Zionism and how that targets Jewish identity in Canada.

You’ve heard today already that 91% of Canadian Jews identify as Zionists in some way. What that means is that we’re not hearing the voices of that 91% in our media. If you look at what is often presented, you will hear minority groups within a minority saying that there’s no anti‑Semitism problem. The vast majority of Jews are telling you that there is an anti-Semitism problem. At my synagogue, there is security outside. What Deborah Lyons said earlier about the family, that could have been my family.

Mme Butler : En parlant de médias, une des choses que nous avons de la difficulté à faire, c’est d’aider les gens à comprendre les manières dont l’antisémitisme se croise avec l’antisionisme et comment cela cible l’identité juive au Canada. Vous avez entendu aujourd’hui que 91 % des Juifs canadiens s’identifient comme étant sionistes d’une certaine manière. Ce que cela veut dire, c’est que nous n’entendons pas les voix de ces 91 % de Juifs dans nos médias.

Si vous examinez ce qui est souvent mis de l’avant, vous allez entendre des groupes minoritaires au sein d’une minorité déclarer qu’il n’y a pas de problème d’antisémitisme. La grande majorité des Juifs vous disent qu’il y a bel et bien un problème d’antisémitisme. Il y a des gardes de sécurité à l’extérieur de ma synagogue. Ce que Deborah Lyons a raconté plus tôt à propos de la famille, je sens que cela aurait bien pu arriver à ma famille. Ms.

Walker: There is no one who would suggest that these little minority groups should be silenced, but they are taking a group that represents maybe 2 or 3% of the Jewish population of Canada and they are constantly being consulted and interviewed as if they represent a large constituency. They don’t.

It’s not that their view is not important, it is, but it needs to be put into a Mme Walker : Il n’y a personne qui laisserait entendre que ces petits groupes minoritaires devraient être muselés, mais les médias prennent un groupe qui représente peut-être 2 ou 3 % de la population juive au Canada pour les consulter et les interviewer constamment comme s’ils représentaient un grand groupe. Ce n’est pas le cas. Je ne suis pas en train d’avancer 9-12-2024 Droits de la personne 62:21

context where people can see that this is where this view fits, and 91% of Jews would see things differently. que leur point de vue n’est pas important, il l’est, mais il doit être mis dans un contexte où les gens peuvent comprendre que 91 % des Juifs ont une opinion différente. Senator Ataullahjan: Isn’t that true of other religions too? You have the majority has one view, and others deny what is happening. I’ve seen it in some of the other religions too. Thank you. La sénatrice Ataullahjan : Mais n’est-ce pas la même chose dans les autres religions?

Une majorité a une même opinion, et une minorité nie ce qui se passe. J’ai déjà vu ce phénomène dans d’autres religions. Merci. Ms. Butler: Also, we have to remember that sometimes a member of a group or a group is brought forward as a token example, and that tokenization tells a good story, but it may not always give us a good picture of what is happening on the ground. As Canadians, we need to understand what’s happening on the ground. Jews are a very tiny minority in this country. We’re experiencing a level of hatred that none of us have ever experienced before, or imagined.

We don’t feel seen, we don’t feel heard and we do feel silenced. Mme Butler : Nous devons également nous rappeler que, parfois, une personne ou un groupe sont mis sous les feux des projecteurs en tant qu’exemple, parce que cette diversité de façade raconte une histoire intéressante, mais elle ne reflète pas réellement ce qui se passe sur le terrain. En tant que Canadiens, nous devons comprendre la réalité sur le terrain. Les Juifs sont une très petite minorité au Canada. La haine a atteint un niveau historique, que personne n’a jamais vécu ni imaginé. Nous nous sentons délaissés, ignorés et bâillonnés.

The Deputy Chair: I would like to follow up on that and ask a question before we go to second round. Can you tell us how Canadians generally, and post-secondary students that you’re aware of on campuses, perceive the connection between anti‑Semitism and other forms of racism or bigotry? La vice-présidente : J’aimerais poursuivre sur le sujet et poser une question avant de passer à la deuxième période. Selon vous, de quelle manière les Canadiens, en général, et les étudiants universitaires que vous côtoyez sur les campus, perçoivent-ils le lien entre l’antisémitisme et d’autres formes de racisme ou de sectarisme?

Ms. Walker: That is more complicated than perhaps it would seem on the surface. On one level, it just depends on who you’re talking about and what other form of racism you mean. Mme Walker : C’est plus complexe qu’on pourrait le croire. D’un côté, cela dépend de qui vous parlez et de quelle autre forme de racisme vous parlez. The Deputy Chair: Anti-Black racism. La vice-présidente : Le racisme anti-Noirs. Ms. Butler: Yes, I understand what you’re trying to get at here. On the surface, you see this list of anti-Indigenous racism, anti-Black racism and anti-LGBTQ+.

There is that list, and anti- Semitism is usually on that list along with Islamophobia. When you speak to people, whether they’re just the general population or students, they will tell you all of those things are bad. Their depth of knowledge about what each of those things looks like, their frequency and how they’ve evolved historically is very shallow. Mme Butler : Oui, je comprends où vous voulez en venir. En apparence, on met sur une liste le racisme anti-Autochtones, le racisme anti-Noirs et la discrimination anti-LGBTQ+. On y met aussi l’antisémitisme et l’islamophobie, en général.

Lorsque vous discutez avec les gens, que ce soit la population générale ou des étudiants, ils vous diront que ces opinions sont inadmissibles. Toutefois, ils ont une connaissance superficielle de leurs manifestations, de leur fréquence et de leur évolution historique. Add to that stereotypical beliefs about a certain population, such as what Professor Walker was mentioning in terms of Jewish power: the myth that Jews have all the power and control the banks. Those myths are also attributed to Zionism. That plays out in a very different way than it does in terms of other hatreds.

Every hatred is specific, as much as they overlap in terms of some of the mechanisms that drive them and the experiences that result. Ajoutez à cela les convictions stéréotypées sur certaines populations, comme l’a dit Mme Walker, pour ce qui est du pouvoir des Juifs, à savoir le mythe selon lequel les Juifs ont tout le pouvoir et contrôlent les banques. Ces mythes sont également dus au sionisme. L’antisémitisme se manifeste différemment des autres types de haines. Chaque haine est unique, mais les haines se chevauchent pour ce qui est des mécanismes qui les soutiennent et des expériences qui en résultent.

We have to work together in terms of understanding the different hatreds and the different experiences of minority groups and vulnerable populations, but we also have to listen to the distinct narratives and scholarship that helps us understand these experiences. We need good data about different populations.

We need good data that will help us understand how these hatreds Nous devons travailler ensemble pour comprendre les différents types de haines et les différentes expériences des groupes minoritaires et des populations vulnérables, mais nous devons également tenir compte des histoires et du savoir pour mieux comprendre leurs expériences. Nous avons besoin de données de qualité sur différentes populations. Nous avons 62:22 Human Rights 9-12-2024

have developed, how they are manifesting and how they are experienced so that we can have data-driven policies and tools developed to address them together as a Canadian society and at each individual point. besoin de données de qualité pour comprendre la source de ces haines, leurs manifestations et leurs conséquences si nous voulons élaborer des politiques et des outils fondés sur des données pour lutter contre ces haines, en tant que société canadienne et en tant qu’humains. Ms. Walker: I am going to give you a different area that is more anecdotal and not data driven. It is just my own experience.

I teach a lot of African American history, and I have never had a student, in 30 years of teaching, tell me that slavery was a good thing, and I have never had a student tell me that it didn’t happen. In general, in the tone when I’m teaching that as part of, say, a European history class, the history of slavery and its relationship to European economy, students are very interested because they want to know the effects of this, how it began and why anyone would have thought this was a good idea, et cetera.

They walk in committed to thinking that this is something that has had dreadful effects on the African continent, in Europe and North America, et cetera. They already think that. Mme Walker : Je vais vous parler d’un autre sujet, plutôt anecdotique, qui n’est pas fondé sur des données. Il s’agit seulement de mon expérience. J’enseigne beaucoup l’histoire afro-américaine, et, en 30 ans d’enseignement, je n’ai jamais entendu un étudiant me dire que l’esclavage était une bonne chose ou que ce n’est jamais arrivé.

Habituellement, lorsque je donne ce cours dans le cadre, disons, d’un cours sur l’histoire européenne, l’histoire de l’esclavage et son lien avec l’économie européenne, les étudiants sont très intéressés parce qu’ils veulent connaître les conséquences et savoir comment cela a commencé et pourquoi les gens pensaient que c’était une bonne idée, et cetera. Même avant de commencer le cours, ils savent que ce pan de l’histoire a eu des effets dévastateurs sur le continent africain, en Europe et en Amérique du Nord, et cetera. C’est déjà leur état d’esprit.

When I teach something about anti-Semitism and the Holocaust, they’re arguing with me and saying that didn’t happen. That is a very different take. I don’t feel, in the room when I’m with 100 undergraduates, the sense that we’re already here and saying anti-Semitism really is a problem and we should understand it so that we can operate against it. It is actually the opposite: it didn’t happen, that’s not true. I’m not Jewish. That also comes up often because students will say, “You must be Jewish if you think this.” No, I think this because I’m an educated historian.

I’m not Black either, but I also understand slavery as a historian, not as a person who experienced it, obviously. Lorsque je donne des cours sur l’antisémitisme et l’Holocauste, les étudiants me tiennent tête et disent que cela n’est jamais arrivé. C’est complètement différent. Je n’ai pas l’impression, lorsque j’enseigne à une centaine d’étudiants de premier cycle, qu’ils savent déjà que l’antisémitisme est un problème qu’ils doivent comprendre pour le dénoncer. C’est tout le contraire : ce n’est jamais arrivé, ce n’est pas vrai. Je ne suis pas Juive.

Les étudiants me disent souvent : « Vous êtes sûrement Juive pour penser cela. » Non, je pense ainsi parce que je suis une historienne instruite. Je ne suis pas Noire non plus, mais je comprends l’esclavage en tant qu’historienne, et non pas, évidemment, en tant que personne qui l’a vécu. That difference is very, very stark. I’ve never had students dismiss me in the way that they do on these issues, and that is after decades of teaching.

I just don’t have that happen, and I don’t have students arguing with me and saying they think it never was a good thing they gave women the vote, and, “Why would they have done that? That is bad.” They just don’t do that, yet I’m sitting here having these often quite engaged arguments about whether the Holocaust occurred, or that it’s so distorted and it was a couple of hundred people in Poland and it’s been blown out of proportion. Either of those two things is really a problem and not comparable. I wonder often why so few not‑Jewish people think this isn’t a serious issue. La différence est saisissante.

Même après des dizaines d’années d’enseignement, il ne m’est jamais arrivé que des étudiants me tiennent tête sur un autre sujet. Ça n’est jamais arrivé, aucun étudiant ne conteste ce que je dis en affirmant que le droit de vote des femmes était une mauva

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CitationRIDR / Evidence / 62ev-57127
Typecommittee
Volume / chapter441 / Evidence / 62ev-57127
Languageen
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