Senate Committee — RIDR — Evidence — 22ev-55697
RIDR / Evidence / 22ev-55697
Senate Committees
EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Monday, October 3, 2022 OTTAWA, le lundi 3 octobre 2022 The Standing Senate Committee on Human Rights met with videoconference this day at 4:11 p.m. [ET] to examine such issues as may arise from time to time relating to human rights generally. Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se réunit aujourd’hui à 16 h 11 (HE) pour examiner les questions qui pourraient survenir concernant les droits de la personne en général. Senator Salma Ataullahjan (Chair) in the chair.
La sénatrice Salma Ataullahjan (présidente) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Chair: Honourable senators, I am Salma Ataullahjan, a senator from Toronto and chair of this committee. Welcome. La présidente : Honorables sénateurs, je me présente, Salma Ataullahjan, sénatrice de Toronto et présidente du comité. I would like to introduce the members of the committee who are participating in this meeting: Senator Arnot from Saskatchewan, Senator Gerba from Quebec, Senator Hartling from New Brunswick, Senator Jaffer from British Columbia and Senator Ravalia from Newfoundland and Labrador.
Je vais présenter les membres du comité qui participent à la séance :le sénateur Arnot, de la Saskatchewan, la sénatrice Gerba, du Québec, la sénatrice Hartling, du Nouveau-Brunswick, la sénatrice Jaffer, de la Colombie-Britannique, et le sénateur Ravalia, de Terre-Neuve-et-Labrador. Our committee is studying Islamophobia under its general order of reference. Our study will cover, among other matters, the role of Islamophobia with respect to online and offline violence against Muslims, gender discrimination and discrimination in employment, including Islamophobia in the federal public service.
Our study will also examine the sources of Islamophobia, its impacts on individuals — including mental health and physical safety — and possible solutions and government responses. Notre comité réalise une étude sur l’islamophobie en vertu de notre ordre de renvoi général. L’étude porte notamment sur le rôle de l’islamophobie dans la violence en ligne et hors ligne contre les musulmans, la discrimination fondée sur le sexe et la discrimination en matière d’emploi, y compris dans la fonction publique fédérale.
Elle s’intéresse également à la source de l’islamophobie, à ses répercussions sur les personnes, notamment sur les plans de la santé mentale et de la sécurité physique, ainsi qu’aux solutions et aux interventions gouvernementales possibles. After holding two meetings in June in Ottawa, our committee held public meetings last month in Vancouver, Edmonton, Quebec City and Toronto. In addition, we visited mosques in each of those cities. Today, we continue our public meetings in Ottawa to hear from national organizations and representatives from other parts of our country.
Après avoir consacré deux séances à la question en juin à Ottawa, notre comité a tenu des audiences publiques à Vancouver, à Edmonton, à Québec et à Toronto le mois dernier. De plus, nous avons visité des mosquées dans chacune de ces villes. Aujourd’hui, nous poursuivons nos audiences publiques à Ottawa afin d’entendre les témoignages d’organisations nationales et de représentants d’autres régions du pays. Let me provide some details about our meeting today. This afternoon, we shall have two one-hour panels with a number of witnesses who have been invited.
In each panel, we’ll hear from the witnesses and then senators will ask questions of the witnesses. At the conclusion of the public portion of our meeting, the committee will hold a short in camera meeting to discuss future business. Voici quelques détails au sujet de la séance d’aujourd’hui. Cet après-midi, nous entendrons pendant une heure chacun deux groupes composés de plusieurs témoins. Avec chaque groupe, nous entendrons d’abord les exposés des témoins, après quoi les sénateurs poseront des questions. Après la
partie publique de la réunion, le comité se réunira à huis clos pour discuter de ses travaux futurs. Now I will introduce our first panel of witnesses. Each witness has been asked to make an opening statement of about five minutes. We shall hear from all witnesses, and then turn to questions from senators. Witnesses, I ask you to stick to the time limit. As you can see, there are six senators sitting here, and we will all have questions. Also, if you feel that you missed something, you can always make a written submission to us. Je vais maintenant présenter notre premier groupe de témoins.
Chaque témoin a été invité à faire un exposé préliminaire d’environ cinq minutes. Nous entendrons tous les témoins, puis nous passerons aux questions des sénateurs. Je demande aux témoins de respecter le temps imparti. Comme vous pouvez le voir, il y a six sénateurs assis ici, et nous aurons tous des questions. En outre, si vous avez l’impression d’avoir manqué 3-10-2022 Droits de la personne 22:1
quelque chose, vous pouvez toujours nous faire parvenir un mémoire écrit. From the Moncton Muslim Association, we welcome Abdal Khan. You have the floor, sir. Nous entendrons tout d’abord Abdal Khan, de l’Association des musulmans de Moncton. La parole est à vous, monsieur. Abdal Khan, President, Moncton Muslim Association: Thank you very much. First of all, this is my first time. I am not sure what is expected in terms of my presentation here. I am the President of the Moncton Muslim Association and the Moncton Masjid, which opened almost 15 years ago.
We take care of most of the Muslim community’s needs here in Moncton. Abdal Khan, président, Association des musulmans de Moncton : Merci beaucoup. Tout d’abord, c’est ma première fois. Je ne sais pas trop ce que l’on attend de moi comme présentateur ici. Je suis le président de l’Association des musulmans de Moncton et de la mosquée de Moncton — Moncton Masjid —, qui a ouvert ses portes il y a presque 15 ans. Nous répondons à la plupart des besoins de la communauté musulmane, ici, à Moncton.
As I said, I’m not familiar with what I’m supposed to present, but I will give you some examples of what we deal with here when it comes to Islamophobia. Comme je l’ai dit, je ne sais pas exactement ce que je suis censé présenter, mais je vais vous donner quelques exemples de ce à quoi nous avons affaire ici en matière d’islamophobie. I have one typical example that’s more recent. During the last Ramadan, which was May of last year, I was at the mosque and there was somebody outside the mosque who started yelling obscenities and a lot of hateful words against Muslims.
A few of them were “Go back to your country,” “You don’t pay taxes,” “What are you doing inside?” — it went on. He was a little bit intoxicated too, that’s what I assume. He was there, yelling obscenities outside the mosque. We tried to calm him down, but eventually I believe one of the neighbours called the RCMP and then he was gone. I’m not sure what happened after. J’ai un exemple type qui est plus récent. Pendant le dernier ramadan, qui était en mai de l’année dernière, j’étais à la mosquée et il y a quelqu’un dehors qui a commencé à crier des obscénités et beaucoup de mots haineux contre les musulmans.
En voici quelques-uns : « Retourne dans ton pays », « Tu ne paies pas de taxes », « Que faites-vous à l’intérieur? » Il ne voulait pas se taire. Il était aussi un peu ivre, c’est ce que je suppose. Il était là, à hurler des obscénités devant la mosquée. Nous avons essayé de le calmer, mais finalement, je crois qu’un des voisins a appelé la GRC, puis il est parti. Je ne suis pas sûr de ce qui s’est passé ensuite. Things like that do happen. I think it’s because of Islamophobia in our communities. Ce genre de choses arrive. Je pense que c’est à cause de l’islamophobie dans nos communautés.
I want to point out one thing: Instead of dealing with the after effects or cosmetic changes, we have to go to the root cause of this information. The example I gave you of the guy who outside the mosque saying that we don’t pay taxes — that is very absurd. We have to deal with the misinformation in the community. In Canada, in general, people are misinformed about immigrants who come to this country. Je tiens à souligner une chose : au lieu de traiter les effets secondaires ou de faire des changements cosmétiques, nous devons nous attaquer à la cause profonde de ce phénomène.
L’exemple que je vous ai donné du type devant la mosquée qui disait que nous ne payons pas d’impôts, c’est tout à fait absurde. Nous devons nous attaquer à la désinformation dans la société. Au Canada, en général, les gens sont mal informés sur les immigrants. First of all, one thing I have observed that a lot of people think is that everyone who immigrates to Canada is most likely a refugee. We welcome all refugees, and we are proud, as Canadians, to bring refugees in and help them. But somehow they think that everybody comes in, they’re taking benefits and stuff like that.
I think probably 95% of the immigrants who come here are not refugees. They are professionals in their fields who try to make a good professional life in Canada and have a better life. That’s why they move here. Tout d’abord, j’ai observé une chose que beaucoup de gens pensent, à savoir que toute personne qui immigre au Canada est très probablement un réfugié. Nous accueillons tous les réfugiés, et nous sommes fiers, en tant que Canadiens, d’accueillir des réfugiés et de les aider. Toutefois, pour une raison quelconque, les gens pensent que tous ceux qui arrivent reçoivent des avantages et des choses comme ça.
Je pense que probablement 95 % des immigrants qui viennent ici ne sont pas des réfugiés. Ce sont des professionnels dans leur domaine qui essaient de faire une bonne vie professionnelle au Canada et d’avoir une meilleure vie. C’est pour cela qu’ils viennent ici. 22:2 Human Rights 3-10-2022
Another example is — as he was saying — we don’t pay taxes and things like that. In general, people who have Islamophobia or harbour hate against Muslims feed on that misinformation. They feed on the information that is spread in the community about immigrants in general. That creates tropes, then they become organized and do silly things. Un autre exemple, comme cet homme le disait, est l’idée que nous ne payons pas de taxes, entre autres. En général, les personnes qui sont islamophobes ou qui éprouvent de la haine envers les musulmans se nourrissent de cette désinformation.
Ils se nourrissent des informations qui sont diffusées dans la communauté à propos des immigrants en général. Cela crée des stéréotypes, puis les gens s’organisent et font des choses stupides. That’s what I would like to focus on. To eliminate Islamophobia — not only Islamophobia, but hate against immigrants or people of colour — we must educate people; eliminate misinformation from society; give them the right information and right numbers; talk about the contributions of Muslims, people of colour and immigrants who came to this country and how they can help build this country together.
C’est sur ce point que je voudrais me concentrer. Pour éliminer l’islamophobie — pas seulement l’islamophobie, mais la haine contre les immigrants ou les personnes de couleur —, nous devons éduquer les gens; éliminer la désinformation de la société; donner aux gens les bonnes informations et les bons chiffres; et parler des contributions des musulmans, des personnes de couleur et des immigrants qui sont venus dans ce pays et de la façon dont ils peuvent les aider à bâtir le Canada ensemble.
We have to spend a lot of resources to spread the right information in the community and eliminate the wrong information that is prevailing and creating hate and Islamophobia. That’s what I would like to say. I will now pass to the next person. Nous devons dépenser beaucoup de ressources pour diffuser les bonnes informations dans la communauté et éliminer les mauvaises informations qui prévalent et créent la haine et l’islamophobie. C’est ce que je voudrais dire. Je passe maintenant la parole à la personne suivante. The Chair: Thank you very much, Mr. Khan.
Now, I would like to turn to Iman Abdallah Yousri, the Executive Director of the Ummah Mosque. You have the floor. La présidente : Merci beaucoup, M. Khan. Maintenant, je vais me tourner vers l’imam Abdallah Yousri, le directeur général de la mosquée Ummah. Vous avez la parole. Imam Abdallah Yousri, Executive Director, Ummah Mosque and Community Centre: Thank you, Madam Chair, for the introduction. Imam Abdallah Yousri, directeur général, Mosquée Ummah et centre communautaire : Madame la présidente, je vous remercie de cette présentation. I would like to speak about a few points briefly.
For the Muslim community at this point in time, as we see a rise in Islamophobic attacks and many of the hate crimes against Muslims, it is extremely important for us to come up with a clear definition of “Islamophobia” since we do not have something that clearly defines what “Islamophobia” is about. We believe that is the foundation of moving a step further toward putting an end to anti-Muslim hate and anti-Muslim attacks. Je voudrais aborder brièvement certains éléments.
Pour la communauté musulmane, à l’heure actuelle, alors que nous assistons à une augmentation des attaques islamophobes et à de nombreux crimes haineux perpétrés contre les musulmans, il est extrêmement important d’établir une définition claire de l’ « islamophobie », puisqu’il n’en existe aucune. Nous pensons qu’une telle définition nous permettra de faire un pas de plus vers l’élimination de la haine et des attaques contre les musulmans. That is one of the pivotal things we need to see happen. This is for the Senate to act upon.
Without this, we would just be going around in circles, as we have seen in many cases. Voilà une des mesures essentielles qui doit être prise, et il revient au Sénat de le faire. Autrement, nous ne ferions que tourner en rond, comme ce fut souvent le cas. One of the other important things that we wanted to point out is that hate crimes or hate speech are not clearly defined in the Criminal Code. We have seen terrible issues in Halifax and surrounding areas to a point that I want to mention one of the incidents that just manifests the importance of defining Islamophobia and hate crimes.
Nous voulons également souligner que les crimes haineux ou les discours haineux ne sont pas clairement définis dans le Code criminel. Nous avons été témoins d’événements terribles à Halifax et dans les régions avoisinantes, à tel point que je veux parler de l’un des incidents qui ne fait que démontrer l’importance de définir l’islamophobie et les crimes haineux.
We have seen a CBC report about one of the elected officials in one of the municipalities around us in Nova Scotia speaking about mosques that need to be blown away and Qurans that need Un reportage de la CBC a indiqué qu’un élu de l’une des municipalités avoisinantes en Nouvelle-Écosse avait soutenu qu’il fallait faire sauter les mosquées et mettre le feu au Coran, 3-10-2022 Droits de la personne 22:3
to be burned, or something like this. It was reported in social media and by CBC. Unfortunately, nothing happened as a consequence of these words despite the fact that it became public. We have seen officials saying, “It is not a crime to be racist; it is not considered a crime to say such things,” which also then keeps us in these loops and gives the Muslim community a kind of sense that it is more about trying to find comfort for people with words. However, the willingness to have concrete actions in place is not there.
These things are reported and commented on publicly for you to have a say in. ou quelque chose du genre. C’est ce qui a été rapporté dans les médias sociaux et par la CBC. Malheureusement, ces paroles n’ont entraîné aucune conséquence, quoiqu’elles aient été rendues publiques. Des fonctionnaires ont dit : « Ce n’est pas un crime d’être raciste; ce n’est pas considéré comme un crime de dire de telles choses. » Or, de telles affirmations nous font faire du sur place et donnent à la communauté musulmane le sentiment que l’on tente plutôt d’essayer de réconforter les gens avec des mots.
Quant à elle, la volonté de prendre des mesures concrètes s’avère absente. Ces affirmations sont rapportées et commentées publiquement, de sorte que chacun peut y mettre son grain de sel. The other important area — which I’ve seen some have done lots of work around — is the federal institutions like the Canada Revenue Agency, or CRA, Immigration, Refugees and Citizenship Canada and the services and work that they do.
There are lots of Muslim communities, individuals and activists who are talking about discrimination against Muslim institutions — charities, mosques, youth centres — and different institutions dealing with different parameters and different rules for Muslim charities, Muslim activists, imams and religious figures. This is another important question raised by the Muslim community, whether in the East or the West. Thank you. I appreciate your work.
Un autre enjeu important — sur lequel certains ont beaucoup travaillé — concerne les institutions fédérales comme l’Agence du revenu du Canada, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, ainsi que les services qu’elles fournissent et le travail qu’elles font.
Beaucoup de communautés musulmanes, de musulmans et de militants parlent de discrimination à l’égard des institutions musulmanes, qu’il s’agisse d’organismes de bienfaisance, de mosquées ou de centres de jeunesse, et ils affirment que diverses institutions appliquent des règles et des critères différents aux organismes de bienfaisance musulmans, aux militants musulmans, aux imams et aux personnalités religieuses. Voilà une autre question importante soulevée par la communauté musulmane, aussi bien à l’est qu’à l’ouest. Je vous remercie, et je vous suis reconnaissant de votre travail.
The Chair: Thank you, Iman Yousri. I failed to mention that Iman Yousri is speaking to us from the beautiful city of Halifax. Iman, I was there about six weeks ago. Thank you for joining us. La présidente : Je vous remercie, imam Yousri. J’ai oublié de mentionner que l’imam Yousri nous parle depuis la belle ville d’Halifax. Monsieur l’imam, j’y étais il y a environ six semaines. Je vous remercie de vous joindre à nous. Now we have from the Sabeel Muslim Youth and Community Centre, Mostafa Hanout. You have the floor. Comme prochain intervenant, nous avons M.
Mostafa Hanout du Sabeel Muslim Youth and Community Centre. Vous avez la parole. Mostafa Hanout, Vice-Chairman, Sabeel Muslim Youth and Community Centre: Thank you so much for having me today. I really appreciate that. I’m full of positivity about this meeting. I don’t have any similar experience before such meetings, but I’m full of positivity. I always regarded Canada as one of the most reputable countries in terms of protecting the rights of minority communities, and I’m very optimistic about the outcomes of this meeting and any other effort that goes along the same road to address the problem of Islamophobia.
Mostafa Hanout, vice-président, Sabeel Muslim Youth and Community Centre : Merci beaucoup de me recevoir aujourd’hui. Je vous en suis très reconnaissant. Cette réunion me remplit d’enthousiasme. Je n’ai jamais participé à une réunion du genre, mais je suis très enthousiaste. J’ai toujours considéré le Canada comme l’un des pays les plus réputés en matière de protection des droits des communautés minoritaires, et je suis très optimiste quant aux résultats de cette réunion et de toute autre initiative allant dans le même sens pour lutter contre le problème de l’islamophobie.
I agree with what was previously mentioned by Mr. Khan and Iman Abdallah Yousri. I have some first-hand experience. It’s not at all about personal experience, of course, because the Islamophobia problem is well recognized. We’ve seen some devastating consequences of this hate. We’ve seen innocent people, innocent worshippers being killed. It’s not really about Je suis d’accord avec ce qu’ont dit précédemment M. Khan et l’imam Abdallah Yousri. J’ai de l’expérience dans le domaine. Bien sûr, ce n’est pas qu’une question d’expérience personnelle, puisque le problème de l’islamophobie est bien connu.
Cette haine nous a apporté des conséquences dévastatrices. Des personnes innocentes, des fidèles innocents ont été tués. Il n’est 22:4 Human Rights 3-10-2022
my personal experience, but I will share this personal experience that happened to my daughter in a school just to highlight what’s going on and also to give us some thoughts on what we need to do. pas vraiment question de mon expérience personnelle, mais je vais raconter l’expérience personnelle vécue dans une école par ma fille, simplement pour expliquer ce qui se passe et pour nous donner quelques pistes de réflexion sur la voie à suivre. My daughter is a high-schooler and one of the students in her class has very negative thoughts about Islam and is very Islamophobic.
He would tell her things like, “Do you have a bomb in your bag?” — stuff like that. Until one day he actually physically attacked her and pulled her veil forcibly off her head. This student was suspended for one day. He didn’t repeat the action against my daughter afterwards. He still carried the same thoughts, has still made the same comments and shared the same sentiments with other students, which brings us to thinking what should be done to address that. Ma fille fréquente l’école secondaire, et un des élèves de sa classe a une conception très négative de l’islam; il est très islamophobe.
Il lui dit des choses du genre « As-tu une bombe dans ton sac? » Un jour, il l’a attaquée en lui arrachant son voile de la tête. Cet élève a été suspendu de l’école pendant un jour. Il n’a plus attaqué ma fille par la suite. Pourtant, sa conception n’a pas changé. Il a continué à faire les mêmes commentaires et à partager les mêmes sentiments avec d’autres élèves, ce qui nous amène à réfléchir à ce qu’il faudrait faire pour remédier à cette situation.
I second Iman Yousri for what he suggested — that there should be a free-standing provision to the Criminal Code that mandates some action towards similar hateful or Islamophobic actions if we really are to address the problem and stop it. There could also be some form of rehabilitation required for people who commit such aggressions.
J’appuie la suggestion de l’imam Yousri, à savoir qu’il devrait y avoir une disposition distincte dans le Code criminel qui rendrait obligatoires certaines mesures à l’égard d’actes haineux ou islamophobes de la sorte, si nous souhaitons vraiment nous attaquer au problème et y mettre fin. Une forme de réadaptation pourrait également être exigée pour les personnes qui commettent de telles agressions. In addition to that, I think raising the awareness of the community or incorporating some sort of information into the education system to counter such negative concepts and help make people more aware or inclusive.
These are all suggestions. As I said, I’m very positive and optimistic about the outcome of this meeting, and I’m confident that all the efforts taken on this path towards addressing Islamophobia will be fruitful. Again, I thank you for the opportunity to be here. Je pense aussi qu’il faudrait sensibiliser la communauté ou intégrer certains renseignements au système d’éducation pour contrer de tels concepts négatifs et rendre les gens plus conscientisés ou plus ouverts. Ce ne sont que des suggestions.
Comme je l’ai dit, je suis très optimiste quant à l’issue de cette réunion et je suis convaincu que tous les efforts déployés sur cette voie pour lutter contre l’islamophobie s’avéreront fructueux. Je vous remercie encore une fois de m’avoir invité. The Chair: I want to take this opportunity to thank all of you for your presentations. We will now proceed to questions from senators. La présidente : Je profite de l’occasion pour vous remercier tous de vos présentations. Nous allons maintenant passer aux questions des sénateurs. Senator Jaffer: Salaam Alaikum to all of you and thank you for being here.
I want to start with three short questions to each witness. I’ll start with Mr. Hanout. La sénatrice Jaffer : Salaam Alaikum et merci de votre participation. J’aimerais commencer par poser trois brèves questions à chacun des témoins. Je commencerai par M. Hanout. You said one action, but it’s not really one action. It’s one action that leads to many actions. Your daughter’s experience, she probably will never forget. It’s very important for us to hear those. Besides suspending the student for a day — I have my views on that suspension, but I won’t say that here — but what else did the school do?
What other steps did the school take to empower your daughter or make her feel more at home and also to let other students know that this is not acceptable behaviour? Vous avez parlé de prendre des mesures. Or, une mesure mène à une autre. Votre fille n’oubliera probablement jamais l’expérience qu’elle a vécue. Il est très important que de telles expériences soient racontées. Outre la suspension d’un jour de l’élève — j’ai une opinion sur cette suspension, mais ce n’est pas la tribune pour l’exprimer —, la direction de l’école a-t-elle fait autre chose?
Quelles autres mesures l’école a-t-elle prises pour autonomiser votre fille ou pour qu’elle se sente plus à l’aise, ainsi que pour faire savoir aux autres élèves qu’un tel comportement est inacceptable? Mr. Hanout: My daughter’s teacher was very supportive and was upset about the action that this student committed. She spoke with him, but I’m not aware of any further actions. I would say my daughter doesn’t have a problem at the school. She’s happy, has friends and she’s okay. After the suspension, M.
Hanout : L’enseignante de ma fille a été d’un grand soutien et elle a été bouleversée par l’acte commis par cet élève. Elle a discuté avec lui, mais je ne sais pas si d’autres mesures ont été prises. Je dirais que ma fille n’a pas de problème à l’école. Elle est heureuse, elle a des amis et elle va bien. Après la 3-10-2022 Droits de la personne 22:5
this particular student did not repeat any action towards her specifically, although she tells me that he still says similar things to others. But there’s no process in place to rehabilitate this kind of unacceptable behaviour. I’m not aware of one, further than the suspension. suspension, l’élève en question n’a pas récidivé envers ma fille, quoiqu’elle affirme qu’il dit encore des choses semblables à d’autres. Cependant, il n’existe aucun processus de réadaptation pour ce genre de comportement inacceptable. Je n’en connais pas, à
part la suspension. Senator Jaffer: How old was your daughter? La sénatrice Jaffer : Quel âge avait votre fille? Mr. Hanout: She’s now 17. M. Hanout : Elle a maintenant 17 ans. Senator Jaffer: A question for Iman Yousri. Imam, you talked about the definition of Islamophobia and our committee has been struggling with the definition. Any expert I’ve asked has said they don’t really have a definition. Our chair had come up with a good definition of being racist against Islam. What would your definition be? La sénatrice Jaffer : J’ai maintenant une question pour l’imam Yousri.
Vous avez parlé de la définition de l’islamophobie, et notre comité a du mal avec cette définition. Tous les experts à qui j’ai posé la question m’ont répondu qu’ils n’avaient pas vraiment de définition. Notre présidente a suggéré une bonne définition, c’est-à-dire d’être raciste envers l’Islam. Quelle serait votre définition? Mr. Yousri: Thank you, senator, for the question. This work needs to happen after research. We have seen similar work done in the U.K., where a definition came out after lots of research and discussions with Muslim organizations across the country, and I think this is worth being looked at.
M. Yousri : Madame la sénatrice, je vous remercie de cette question. Une telle définition doit être issue de travaux de recherche. De tels travaux ont eu lieu au Royaume-Uni, où une définition a été élaborée après de nombreuses recherches et discussions avec des organisations musulmanes partout au pays, et je pense qu’il vaut la peine de l’examiner. Second, I don’t want to impose a personal definition for something like this for the Muslim community. However, what we want to see are serious actions to launch this research, including by experts in anti-racism.
There are experts in Islamophobia across the country in different universities who are starting research around this. I think we would be able to come up with a definition that really reflects this, and also benefit from other work that has been done in other countries around us. Je ne voudrais pas imposer une définition personnelle sur une telle question à la communauté musulmane. Cependant, nous souhaitons que des mesures sérieuses soient entreprises pour lancer des recherches, et qu’elles incluent des experts de l’antiracisme.
Des spécialistes universitaires de l’islamophobie de partout au pays lancent des recherches sur ce sujet. Je pense que nous serions en mesure de proposer une définition qui reflète ces recherches et qui bénéficierait également des travaux réalisés dans d’autres pays. Senator Jaffer: Thank you, Imam. Mr. Khan from the Moncton Muslim Association, I was very interested in your presentation. I see the association purchased a property that was converted into Moncton’s first mosque.
I’m wondering if you’ve applied for funds from the federal government for security of that mosque in order to have cameras and other things so that the mosque is secure? La sénatrice Jaffer : Je vous remercie, monsieur l’imam. Monsieur Khan, de l’Association des musulmans de Moncton, votre présentation m’a beaucoup intéressée. Je constate que l’association a acheté une propriété pour en faire la première mosquée de Moncton. Je me demande si vous avez réclamé des fonds au gouvernement fédéral pour assurer la sécurité de cette mosquée, afin d’y installer des caméras et d’autres dispositifs de sécurité. Mr.
Khan: Thank you for the question, senator. It is a very good question. Actually, that’s one of our main points. M. Khan : Je vous remercie de la question, madame la sénatrice. Elle est excellente. En fait, c’est l’un des principaux points que nous voulons soulever. We applied to the Security Infrastructure Program, or SIP, from the federal government almost a year and a half ago. The process is taking so long to actually get anything done. We do have security, but it’s not sufficient for the mosque. That program is so slow to respond that it’s been over a year and a half.
A few months ago we finally got a response that it’s almost Nous avons présenté une demande au Programme de financement des projets d’infrastructure de sécurité, qui est offert par le gouvernement fédéral, il y a presque un an et demi. Le processus est extrêmement long pour faire quoi que ce soit. Nous avons effectivement un système de sécurité, mais il est insuffisant pour la mosquée. Les délais de ce programme sont 22:6 Human Rights 3-10-2022
approved. But then the people working on the project were on vacation, and when they came back, we gave all the information needed and we are still waiting. It’s been over a month since we’ve received a response. très longs : nous attendons depuis plus d’un an et demi. Il y a quelques mois, nous avons enfin reçu une réponse indiquant que notre demande était presque approuvée. Toutefois, les personnes qui travaillaient sur le projet sont parties en vacances. À leur retour, nous avons donné toute l’information nécessaire, mais nous attendons toujours.
Il y a maintenant plus d’un mois que nous avons reçu une réponse. I think it’s a great program, and the vulnerable communities could really benefit from that. However, I think it’s very slow to respond. We need to make sure that if somebody puts in a request, it’s done in a few months, not more than a year or so. À mon avis, c’est un excellent programme, et les communautés vulnérables pourraient vraiment en tirer parti. Le délai de réponse est toutefois très long. Nous devons faire en sorte que le traitement des demandes nécessite quelques mois, et non pas plus d’un an.
Senator Jaffer: If I’m not mistaken, you have been waiting now for almost 25 months, is that correct? La sénatrice Jaffer : Si je ne me trompe pas, vous attendez depuis près de 25 mois. Est-ce exact? Mr. Khan: I don’t know the exact number of months, but it’s more than a year and a half, that’s for sure. M. Khan : Je ne pourrais pas vous dire le nombre de mois exact. Chose certaine, nous attendons depuis plus d’un an et demi. Senator Jaffer: Okay, thank you. The part we’ve heard from other witnesses is that the forms are very complicated to fill in. La sénatrice Jaffer : D’accord, merci.
D’autres témoins nous ont dit que les formulaires étaient très compliqués à remplir. Mr. Khan: True. M. Khan : C’est vrai. Senator Jaffer: They are really complicated, was that your experience as well? La sénatrice Jaffer : Ils sont très compliqués. Est-ce aussi ce que vous avez vécu? Mr. Khan: Yes, it was. It’s complicated and there are a lot of requirements, and not much help to fill those in.
Maybe one way to solve it is to have one of the members of that department help the candidates fill out the forms, perhaps online sessions with whoever is applying for the grant to guide them through filling out the forms. If I remember correctly, I think it took us almost two months just to file the request for the grant. M. Khan : Oui, c’est compliqué. Il y a de nombreuses exigences et très peu d’aide pour remplir les formulaires. Pour résoudre ce problème, il serait peut-être utile qu’un fonctionnaire du ministère aide les candidats à remplir les formulaires, possiblement au moyen de séances en ligne.
Le fonctionnaire guiderait les demandeurs de subvention. Si je me souviens bien, il nous a fallu près de deux mois seulement pour préparer la demande de subvention. Senator Jaffer: Thank you. La sénatrice Jaffer : Merci. Senator Arnot: I’m addressing these comments to all the witnesses, and I’d like them to give their impression about some of these issues. Le sénateur Arnot : Mes observations s’adressent à tous les témoins, et j’aimerais avoir leur point de vue sur une
partie des questions soulevées. It’s quite clear to us, certainly to me, that Islamophobia is acute in Canada. We’ve heard about a plethora of incidents and situations that really call for it to be addressed. Il est évident pour nous — c’est certainement mon cas — que l’islamophobie est un problème grave au Canada. On nous a raconté une pléthore d’incidents et de situations qui soulignent vraiment la nécessité de s’y attaquer.
I believe that one of the ways that this could be addressed is through the power of education as an inoculant against hate, ignorance and fear, which is giving rise to anti-Muslim hate and racism. I say that because we live in Canada — a multicultural, multi-ethnic country. Canadian Heritage has a lot to do with that issue. À mon avis, l’une des façons de le faire est de miser sur le pouvoir de l’éducation comme un vaccin contre la haine, l’ignorance et la peur, qui sont à la source du racisme et de la haine envers les musulmans. Après tout, nous vivons au Canada : un pays multiethnique et multiculturel.
Patrimoine canadien a un rôle prépondérant à jouer dans ce dossier. 3-10-2022 Droits de la personne 22:7
In respect of education, I’m wondering what the witnesses might say about the need to develop a K to 12 set of resources that really answers the questions, “What does it mean to be a Canadian citizen? What are the rights of citizenship?” More importantly, what are the responsibilities that come with those rights, and how do you build and maintain respect for every citizen, no exception, because every human being deserves equal moral consideration? That’s in the K to 12 system.
Au sujet de l’éducation, je me demande ce que pensent les témoins du besoin d’élaborer un ensemble de ressources de la maternelle à la 12e année qui permet de vraiment répondre aux questions suivantes : « Que signifie être citoyen canadien et quels sont les droits inhérents à la citoyenneté? » Il faudrait aussi aborder des questions encore plus importantes : « Quelles sont les responsabilités associées à ces droits et comment peut-on bâtir et maintenir le respect envers tous les citoyens, sans exception, parce que tous les êtres humains méritent la même considération morale? »
C’est ce qui pourrait se faire dans le système scolaire de la maternelle à la 12 e année. With respect to adults, I’m wondering if the witnesses would comment on the responsibility of Canadian Heritage to develop strategies and multi-platform communication programs that could be used to build understanding where there is ignorance and support inclusion rather than exclusion.
En ce qui concerne les adultes, je me demande si les témoins voudraient se prononcer sur la responsabilité de Patrimoine canadien d’élaborer des stratégies et des programmes de communication sur de multiples plateformes qui pourraient servir à combattre l’ignorance pour accroître la compréhension et à favoriser l’inclusion au détriment de l’exclusion. I’m just wondering what the witnesses would say about that aspect of education, both in the K to 12 system and to adult Canadians.
Je voudrais tout simplement avoir l’avis des témoins sur cet aspect de l’éducation, tant pour les enfants de la maternelle à la 12e année que pour les adultes canadiens. Mr. Khan: Thank you. Actually, that’s a great question. It’s the most important topic. I was talking to my wife about this. She’s a supply teacher in the school. More than adults, I think the most important thing is to give knowledge to K to 12 students because that’s the generation that’s going to take the concepts and spread them. I don’t think there’s currently any program that teaches particularly about Islam. M. Khan : Merci.
C’est une excellente question. Elle touche le sujet le plus important. J’en parlais d’ailleurs avec mon épouse, qui est enseignante suppléante. Le plus important est de transmettre des connaissances aux élèves de la maternelle à la 12e année, plus encore qu’aux adultes, parce que c’est la génération qui propagera les concepts dans la collectivité. Je ne pense pas qu’il existe en ce moment un programme de formation qui porte sur l’islam en particulier. I’ll give you an example. My kids grew up here in Moncton. They were born and raised here. One is in university, two are in high school.
When they were younger, there was not much diversity. They were probably the only Brown kids, with maybe one or two other Muslim kids in the whole school. Nobody knew about Ramadan, nobody knew about prayers or had any information. They struggled going through that system. Je vais vous donner un exemple. Mes enfants ont grandi ici, à Moncton. Ils sont nés et ils ont grandi ici. L’un d’entre eux étudie à l’université; deux sont au secondaire. Lorsqu’ils étaient plus jeunes, il y avait peu de diversité.
Ils étaient probablement les seuls enfants à la peau brune, à l’exception de peut-être un ou deux autres enfants musulmans, dans toute l’école. Personne n’était au courant du ramadan ou des prières. Personne n’avait quelque information que ce soit à ce sujet. Il n’a pas été simple pour mes enfants d’évoluer dans ce système. Now, I think there’s a difference. There are a lot of Muslim kids in school now who talk about Ramadan, prayers and all that stuff. The district caught up because the population increased. Je pense que la situation est maintenant différente.
Il y a beaucoup d’enfants musulmans à l’école qui parlent du ramadan, des prières et de toutes ces questions. Le district scolaire s’est adapté parce que la population a augmenté. We have to have consistent programs for K to 12 students where local mosques and Islamic organizations are invited, maybe every four to six months, to give a light presentation about what Islam is. This way, it brings awareness among kids that it’s a religion and maybe it’s a little bit different from what they might practise, but that’s what they do and why they do it.
In this way, they’ve developed an understanding and acceptance of the Islamic culture so they’re not surprised. Or if somebody gives them wrong information or the twisted part of Islamic religion, they can differentiate. Il doit y avoir des programmes cohérents pour les élèves de la maternelle à la 12e année, qui prévoient d’inviter des organisations islamiques et des mosquées locales, aux quatre à six mois peut-être, pour donner une courte présentation sur ce qu’est l’islam.
De cette façon, les enfants apprennent qu’il s’agit d’une religion et que les pratiques sont peut-être un peu différentes des leurs, mais ils comprennent ce que les musulmans font et les raisons qui les poussent à agir de cette façon. Parce qu’ils développent ainsi une compréhension et une acceptation de la culture islamique, ils ne sont pas surpris. De plus, si 22:8 Human Rights 3-10-2022
quelqu’un leur donne de l’information erronée ou une vision déformée de la religion islamique, ils sont en mesure de le savoir. That’s something that would be very helpful, in my opinion, to start something like a program through the school district. À mon avis, il serait très utile de mettre en place un programme de ce genre dans l’ensemble du district scolaire. The Chair: Thank you. Imam, would you like to add to that? La présidente : Merci. Monsieur l’imam, aimeriez-vous ajouter quelque chose? Mr. Yousri: Yes. Thank you so much, senator. I truly believe this will be helpful for K to 12 and beyond.
Here in Halifax, we have developed a program for government institutions, like human resources for the Halifax police, Halifax firefighters and even beyond government institutions. We offer a program for the cadets joining the Canadian Forces to educate them and to help answer questions about Islam and the Muslim community in Halifax and the surrounding areas. The feedback we have received from this program has been really positive. Since then, we have been developing this for every group of police officers and first responders. M. Yousri : Oui. Merci beaucoup, madame la sénatrice.
Je suis convaincu que l’approche éducative sera utile pour les élèves de la maternelle à la 12 e année et au-delà. À Halifax, nous avons élaboré un programme pour les institutions publiques qui peut aussi s’appliquer ailleurs. Il a servi notamment aux ressources humaines de la police d’Halifax et aux pompiers de la ville. Nous offrons aussi un programme pour les cadets qui se joignent aux Forces armées canadiennes afin de les sensibiliser et de les aider à répondre à leurs questions sur l’islam et la communauté musulmane à Halifax et dans les environs.
Les commentaires que nous avons reçus sur ce programme ont été très positifs. Depuis, nous préparons des programmes pour tous les groupes de policiers et de premiers répondants. We were really hoping to share this beyond Halifax. The only challenge we face is finding the funds we need to continue to provide this on an ongoing basis, especially with growing demand from other institutions who have heard about the program. Their staff and teams would like to have it. Nous espérions sincèrement étendre cette approche au-delà d’Halifax.
Le seul défi, c’est de trouver les fonds nécessaires pour continuer d’offrir ce service de façon permanente, surtout avec l’augmentation de la demande de la part d’autres institutions qui ont entendu parler du programme. Leur personnel et leurs équipes souhaiteraient le suivre. I thank you for this. We have also mentioned this to Minister Rodriguez before, and we hope to see this become an option soon. Je vous remercie d’avoir soulevé cette question. Nous en avons aussi discuté avec le ministre Rodriguez et nous espérons que ce sera une possibilité bientôt. The Chair: Thank you. Mr.
Hanout, would you like to add anything to that? La présidente : Merci. Monsieur Hanout, aimeriez-vous ajouter quelque chose? Mr. Hanout: I don’t have much to add to that. I do believe in the power of education. I do believe that if the younger generations receive the correct guidance or the correct information at an early age, this would help to create a healthy society, one that is more inclusive and more accepting of others. M. Hanout : Je n’ai pas grand-chose à ajouter. Je crois au pouvoir de l’éducation.
Je pense que si les jeunes générations sont bien guidées ou reçoivent l’information exacte tôt dans la vie, cette approche contribuera à créer une société saine, une société qui est plus inclusive et plus ouverte envers les autres. I’m very much aware of the efforts of Imam Yousri. I’m also in Halifax, and I know they do a great job interacting with the community. It’s very beneficial, especially on behalf of the Muslim communities. Definitely, the power of education — I’m a big believer in that. This will be a big part of the solution, of course. Je suis bien au fait du travail de l’imam Yousri.
Je vis aussi à Halifax et je sais que son équipe fait un excellent travail dans la collectivité. C’est très utile, en particulier pour les communautés musulmanes. Je suis sans aucun doute profondément convaincu du pouvoir de l’éducation. Ce sera évidemment une grande
partie de la solution. The Chair: Thank you. La présidente : Merci. Senator Ravalia: Thank you very much to our witnesses. I have a couple of comments before I pose a question. Le sénateur Ravalia : Merci beaucoup à tous les témoins. Je vais faire quelques observations avant de poser une question. 3-10-2022 Droits de la personne 22:9
I wanted to inform the committee that Newfoundland and Labrador has recognized October as Islamic History Month. We’re also working very closely within our community and the government to introduce a K to 12 curriculum that addresses Islamophobia and other anti-racism issues. This is a multi- or quadripartite system involving the education department, justice and Aboriginal affairs, as well as a broad swipe of the communities. Je tiens à informer le comité que Terre-Neuve-et-Labrador a désigné le mois d’octobre comme le Mois de l’histoire islamique.
Nous travaillons également en étroite collaboration avec la communauté et le gouvernement pour mettre en place un programme de la maternelle à la 12e année qui porte sur l’islamophobie et d’autres questions liées à l’antiracisme. C’est un projet multipartite ou quadripartite qui inclut les ministères responsables de l’éducation, de la justice et des affaires autochtones, ainsi qu’une bonne
partie des communautés. In a small province, it is possible to do some of this work and to actually address the vulnerabilities of our students. The Muslim Students’ Association at Memorial University, similarly, disseminates this type of information. We’ve had some very successful iftars where members outside of the Muslim community have partaken, and part of this includes educational sessions. Dans une petite province, il est possible d’effectuer une
partie du travail et de vraiment cibler les vulnérabilités des étudiants. L’association des étudiants musulmans de l’Université Memorial diffuse, de façon similaire, ce type d’information. Nous avons eu des iftars très réussis auxquels des gens de l’extérieur de la communauté musulmane ont participé. Il y avait aussi un aspect éducatif sous la forme de séances d’information. The question that comes to me repeatedly from the student bodies, though, is the particular vulnerability that Black Muslims face in my province. It’s almost a kind of double whammy. They’ve faced Islamophobia, as well as anti-Black racism.
Sometimes this extends into the Muslim community as well, where there’s a divide between Black and non-Black. I wonder if you can comment on that. How can we address this issue? It is particularly disconcerting to me when I’ve talked to Black Muslims who have suffered substantially in this realm. Thank you. Cela dit, la même question revient constamment dans mes conversations avec les associations étudiantes : la vulnérabilité particulière des musulmans noirs dans ma province. C’est en quelque sorte un double coup dur. Ils font face à l’islamophobie et au racisme anti-Noirs.
C’est parfois aussi le cas au sein de la communauté musulmane elle-même, où il y a un fossé entre les Noirs et les non-Noirs. Je me demande si vous pourriez nous en parler. Comment pouvons-nous nous attaquer à ce problème? J’ai été particulièrement troublé par des conversations que j’ai eues avec des musulmans noirs qui ont grandement souffert à ce chapitre. Merci. Mr. Yousri: Yes, it’s absolutely true. Thank you, senator, for bringing this up. We have also seen lots of examples here.
Actually, last week, we produced a podcast for the youth highlighting one of our Muslim leaders in the city who was subject to racism and anti-Black sentiment — both within the community and outside it — in order to educate the youth and the community about it. This really exists. M. Yousri : Oui, c’est tout à fait vrai. Je vous remercie de soulever ce point, sénateur. Nous avons vu de nombreux exemples ici aussi.
En fait, la semaine dernière, nous avons produit un balado pour les jeunes qui porte sur l’un de nos dirigeants musulmans dans la ville qui a été victime de racisme et de sentiments anti-Noirs — tant au sein de la communauté qu’à l’extérieur — afin de sensibiliser les jeunes et la collectivité à ce sujet. C’est quelque chose qui existe vraiment. Islam and the Muslim community — the diversity of the Muslim community is really something that we are proud of. However, at the same time, these incidents do exist, and we try our best to educate our youth in our communities about it.
That’s why it’s unfortunate to see these things happen. This even happens to imams and leaders in the community, not just regular people, despite the fact that we have clear guidance in the Quran and in the teachings of Islam, again, from day one and from the great Companions of the Prophet being from the Black community. We always advocate about this. The issues do still exist, and it’s our mutual responsibility to put an end to this mainly through education, as we were just saying. Thank you. L’islam et la communauté musulmane... Nous sommes vraiment fiers de la diversité de la communauté musulmane.
Cependant, en même temps, de tels incidents se produisent et nous faisons de notre mieux pour sensibiliser les jeunes de nos communautés à ce sujet. C’est pourquoi il est regrettable que de tels incidents se produisent. Cela arrive même à des imams et à des dirigeants de la communauté et pas seulement à de simples citoyens, malgré le fait que nous ayons des principes clairs dans le Coran et dans les enseignements de l’islam, encore une fois, depuis le début et avec les grands compagnons du Prophète issus de la communauté noire. Nous plaidons toujours en ce sens.
Les problèmes existent toujours, et il est de notre responsabilité à tous d’y mettre un terme, principalement par l’éducation, comme nous venons de le dire. Merci. 22:10 Human Rights 3-10-2022
Mr. Khan: Imam Yousri summed it up very well. Speaking from the Islamic point of view, there’s zero tolerance for any type of racism, including racism based on colour. But, again, we are human beings. Things happen, even within our community. If something like that happens — and it is rare that we have seen it happen — we address it not only with education, but also with action. I will not name an incident, but something happened many years ago here in the mosque. Somebody was a little bit racist about people of colour, and we strongly condemned that and it was taken care of.
Whenever we see that happen, we not only educate people, but we take action. M. Khan : L’imam Yousri a très bien résumé les choses. Dans l’islam, aucune forme de racisme n’est tolérée, y compris le racisme fondé sur la couleur. Mais, encore une fois, nous sommes des êtres humains. Des incidents se produisent, même au sein de notre communauté. Si une telle chose se produit — ce que nous avons vu rarement —, nous nous attaquons au problème non seulement par la sensibilisation, mais aussi par l’action. Je ne raconterai pas d’incident, mais quelque chose est arrivé ici, à la mosquée, il y a de nombreuses années.
Quelqu’un s’est montré un peu raciste à l’égard des personnes de couleur, ce que nous avons fermement condamné et l’affaire a été réglée. Chaque fois que nous voyons cela se produire, nous ne nous contentons pas de sensibiliser les gens. Nous agissons. The Chair: Thank you very much. La présidente : Merci beaucoup. Senator Hartling: Thank you very much to the witnesses for being here today. Mr. Khan from Moncton, I’ve never met you, but I’ve spoken to you. I’m from Moncton in Atlantic Canada, so I’m pleased to hear your voices here today and to talk about some of the issues and things that you see.
La sénatrice Hartling : Je remercie beaucoup les témoins d’être ici aujourd’hui. Monsieur Khan, de Moncton, je ne vous ai jamais rencontré, mais je vous ai parlé. Je viens de Moncton, dans le Canada atlantique, et je suis heureuse de vous écouter tous aujourd’hui et de parler de certains des problèmes et certaines des choses que vous constatez. We talked a lot about education, and that is really important because education is certainly something that makes change. The idea of having the K to 12 program is a really good point.
Nous avons beaucoup parlé d’éducation, et c’est vraiment important parce que l’éducation fait certainement changer des choses. L’idée d’un programme destiné aux élèves de la maternelle à la 12 e année est très bonne. I’m also thinking about what you said about other partners and affiliates, especially in all professions. I’m a social worker, so in social work, in health care, in other areas — are those some of the other areas that could also have some education on what you’re about and on some of the struggles? You can’t do it all yourselves. Who else can be your partners to help us make this education happen?
Thank you. Je pense également à ce que vous avez dit au sujet d’autres partenaires et affiliés dans toutes les professions. Je suis travailleuse sociale, et donc dans le travail social, les soins de santé, d’autres domaines... Est-ce que ce sont là certains des autres domaines où l’on pourrait également offrir une certaine formation sur votre communauté et sur certaines des difficultés? Vous ne pouvez pas tout faire vous-mêmes. Qui d’autre peut être votre partenaire pour nous aider à concrétiser cette éducation? Merci. Mr. Khan: Thank you very much, senator. It’s a great question. I will say two things.
One thing that Imam Yousri mentioned, they already have a program where they talk to the RCMP, to cadets and other professionals. We would like to copy that because I don’t know of anywhere in New Brunswick where that is being done. If it’s from an organized platform and if we could do that, that would be great. M. Khan : Merci beaucoup, sénatrice. C’est une excellente question. Je dirai deux choses. L’imam Yousri a mentionné qu’ils ont déjà un programme dans le cadre duquel ils parlent à la GRC, aux cadets et à d’autres professionnels.
Nous aimerions le reproduire, car je ne connais aucun endroit au Nouveau- Brunswick où l’on fait la même chose. Si c’est à partir d’une plateforme structurée et si nous pouvons le faire, ce serait formidable. The second part of your question is who should be our partners? To be honest, I’m not sure who, but I think it would be great if local governments or the federal government could initiate one of their departments to help us. You are 100% right; we are volunteers. For example, personally, I am a volunteer. I have a full-time job, and then I serve the community just for the sake of Allah, for the sake of God.
Vous nous demandez également qui devraient être nos partenaires. Pour être honnête, je ne le sais pas trop, mais je pense que ce serait merveilleux si les gouvernements locaux ou le gouvernement fédéral pouvaient demander à l’un de leurs ministères de nous aider. Vous avez tout à fait raison. Nous sommes des bénévoles. Par exemple, je suis un bénévole. J’ai un emploi à temps plein, puis je sers la communauté juste pour l’amour d’Allah, pour l’amour de Dieu. 3-10-2022 Droits de la personne 22:11
We want to go and talk to the people. We want to go see RCMP officials, nurses and doctors at the hospital and generally educate them about Islam or at least break the barriers between the different cultures and religions. But we can’t do that because we don’t have time to arrange all of that. Nous voulons aller parler aux gens. Nous voulons aller voir les agents de la GRC, les infirmières et les médecins à l’hôpital et, d’une manière générale, les informer sur l’islam ou au moins briser les barrières entre les différentes cultures et religions.
Or, nous ne pouvons pas le faire parce que nous n’avons pas le temps de tout organiser. Perhaps there could be an organization or a department that could set up those things and let us know, “Okay, Mr. Khan, are you available on this date and at this time to give a small presentation to these professionals?” We would love to do that. Il pourrait y avoir un organisme ou un ministère qui organiserait ces choses et nous demanderait si nous sommes disponibles à telle date et à telle heure pour faire une petite présentation à leur personnel. Nous serions ravis de le faire. But, again, you’re right.
We have very tight schedules and a short time, and we can’t do it all. We need help. I’m not sure which department can help, but it would be great if someone could help. Cela dit, encore une fois, vous avez raison. Nous avons des horaires très serrés et peu de temps, et nous ne pouvons pas tout faire. Nous avons besoin d’aide. Je ne sais pas quel ministère peut nous aider, mais ce serait formidable si quelqu’un pouvait le faire. Senator Hartling: Thank you. Any other comments? La sénatrice Hartling : Merci. Y a-t-il d’autres commentaires? Mr.
Hanout: Yes, in our Sabeel Muslim Youth and Community Center, speaking of education specifically, we communicate with all the schools in the Halifax and Bedford areas. We organize the Friday sermon mainly for the Muslim kids, but we also have attendance from non-Muslim kids who come to listen to these sermons. They have the curiosity to explore what this is about. M. Hanout : Oui. Dans notre centre communautaire, nous communiquons avec toutes les écoles des régions de Halifax et de Bedford.
Nous organisons le sermon du vendredi surtout pour les jeunes musulmans, mais des jeunes qui ne sont pas musulmans viennent aussi écouter ces sermons. Ils sont curieux et veulent découvrir ce dont il s’agit. This is a role we have in terms of education. We arranged that in cooperation with the schools. It also delivers a good message to non-Muslim students to familiarize them with their Muslim colleagues and with Islam in general. This is one thing we do. C’est un rôle que nous jouons sur le plan de l’éducation. Nous avons organisé le tout en collaboration avec les écoles.
Il s’agit également d’un bon message pour les élèves non musulmans, qui apprennent à mieux connaître leurs collègues musulmans et l’islam en général. C’est une chose que nous faisons. Senator Hartling: Thank you. La sénatrice Hartling : Merci. Mr. Yousri: Thank you, senator. If I may add to this piece, this is a very important point that we suffer from a lot when we talk about community services and issues of Islamophobia in community services. For example, in hospitals.
In all of Atlantic Canada, we do not have chaplains in any hospitals across Atlantic Canada — a Muslim chaplain who could provide this service within hospitals and the health care system. I was actually surprised when I participated in the training to find that of all of the chaplains across Eastern Canada, there are no Muslims there. There is minimal understanding or training about providing this service to the Muslim community. It’s a big pain for our community and the entire Atlantic region, so thank you for pointing to this. M. Yousri : Merci, sénatrice.
Si je peux ajouter quelque chose, c’est un point très important qui nous touche beaucoup en ce qui concerne les services communautaires et les problèmes d’islamophobie dans les services communautaires. Prenons l’exemple des hôpitaux. Dans tout le Canada atlantique, aucun hôpital ne compte un aumônier, c’est-à-dire un aumônier musulman qui pourrait offrir ce service dans les hôpitaux et le système de soins de santé. En fait, j’ai été surpris, lorsque j’ai participé à la formation, de constater que parmi tous les aumôniers de l’Est du Canada, il n’y avait aucun musulman.
La compréhension ou la formation concernant la prestation de ce service à la communauté musulmane est minime. C’est vraiment douloureux pour notre communauté et pour toute la région de l’Atlantique, et je vous remercie d’avoir soulevé la question. Senator Hartling: Thank you. La sénatrice Hartling : Merci. [Translation] [Français] Senator Gerba: The nice thing about coming last is that all the questions have already been asked. La sénatrice Gerba : Ce qui est bien quand on passe en dernier, c’est que toutes les questions ont déjà été posées. 22:12 Human Rights 3-10-2022
I was interested in Imam Yousri’s work, which is really about awareness raising, communication with institutions, and, I guess, with the people. Je me suis intéressée au travail de l’imam Yousri qui porte vraiment sur la sensibilisation, la communication avec les institutions, et j’imagine, avec les populations. Mr. Yousri, I would like you to tell us a little more about the results. Could this be exported or replicated in other provinces, as Senator Arnot and one of the witnesses mentioned? Monsieur Yousri, j’aimerais que vous nous en disiez un peu plus sur les résultats.
Est-ce qu’on pourrait exporter cela ou le reproduire dans d’autres provinces, comme l’ont mentionné le sénateur Arnot et un des témoins? That is something that would be interesting to understand so that we could duplicate it in other provinces. How do you do it? C’est quelque chose qui serait intéressant à comprendre afin d’être en mesure de le dupliquer dans d’autres provinces. Comment faites-vous? [English] [Traduction] Mr. Yousri: Thank you, senator, for the question. We are really happy to share what we are doing.
I just summarized the last one — the training that we have done for Halifax police, as an example. We have organized this training for all the new candidates. There were around 50 of them participating in this half-day training. We had one Black imam presenting, one white Canadian imam presenting and a social worker also presented to cover different things in this training, including anti-Black racism and the Islamophobic piece. We have been giving the cadets training about cultural sensitivity, and dealing and interacting with Muslim communities.
A big piece of the program is about the religious sensitivities in dealing with Muslim communities. Another piece of that training dealt with women and girls. In particular, there were lots of questions from officers around this. M. Yousri : Je vous remercie de la question, sénatrice. Nous sommes très heureux de faire connaître ce que nous faisons. Je viens de parler brièvement de la formation que nous avons donnée à la police de Halifax, par exemple. Nous avons organisé cette formation pour tous les nouveaux candidats. Ils étaient environ 50 à participer à cette formation d’une demi-journée.
Un imam noir et un imam canadien blanc ont fait une présentation, ainsi qu’un travailleur social qui a couvert différents éléments de cette formation, notamment le racisme envers les Noirs et l’islamophobie. Nous avons donné aux cadets une formation sur les particularités culturelles et les relations avec les communautés musulmanes. Une
partie importante du programme porte sur les particularités religieuses. Un autre volet de cette formation concerne les femmes et les filles. Les agents ont notamment posé beaucoup de questions à ce sujet. We have a big portion at the end of the training that allows cadets to ask questions about incidents we have seen and situations we have been through before so that we can answer them.
After that, we have established a point of contact through the community officer of the Halifax Regional Police to always invite members to attend the mosque on Fridays, to connect, see the mosque from the inside and interact with the Muslim community. À la fin de la formation, les cadets ont une bonne période pour poser des questions sur des incidents dont nous avons été témoins et des situations que nous avons vécues afin que nous puissions y répondre.
Après, nous avons établi un point de contact par l’intermédiaire de l’agent de police communautaire du service de police régional de Halifax pour inviter les membres à se rendre à la mosquée le vendredi, afin qu’ils puissent créer des liens, voir la mosquée de l’intérieur et interagir avec la communauté musulmane. One interesting thing at the end, and the result you asked about — we were fortunate enough to get the official feedback forms from the officers who attended the training and how they felt.
It was very surprising for all of us to see the impact and how they all rated this as one of the best pieces of training they received in their entire training program. For us, this has been a very important and successful project. We would be very happy to share this with others in other provinces. Thank you. Chose intéressante, à la fin, et c’est lié à votre question sur les résultats, nous avons eu la chance d’obtenir les formulaires de commentaires que les agents qui ont participé à la formation ont remplis et de connaître leur opinion.
Nous avons tous été très étonnés par l’incidence qu’a eue la formation et par le fait qu’ils ont tous considéré la formation comme l’une des meilleures formations qu’ils aient reçues dans l’ensemble de leur programme. Pour nous, il s’agit d’un projet très important qui s’est avéré un succès. Nous serions très heureux de le faire connaître à d’autres personnes dans d’autres provinces. Merci. 3-10-2022 Droits de la personne 22:13
[Translation] [Français] Senator Gerba: It is true that Islamophobia comes from ignorance. Indeed, it is important to communicate, to raise awareness so that people understand the true meaning of Islam and Muslims. La sénatrice Gerba : C’est vrai que l’islamophobie vient de l’ignorance. Effectivement, il est important de communiquer, de sensibiliser les gens afin qu’ils comprennent le vrai sens de l’Islam et des musulmans. Could the training that you offer to institutions also be offered in schools, to the media, to the population so that they understand the Muslim religion?
What should be done on the government side? Est-ce que les formations que vous offrez aux institutions pourraient également être offertes dans les écoles, auprès des médias, auprès des populations afin qu’ils comprennent la religion musulmane? Qu’est-ce qu’il faudrait faire du côté du gouvernement? [English] [Traduction] Mr. Yousri: Absolutely. This is exactly what we are doing. M. Yousri : Absolument. C’est exactement ce que nous faisons. [Translation] [Français] Senator Gerba: Can the federal government help you expand the pool of people taking this training?
La sénatrice Gerba : Est-ce que le gouvernement fédéral peut vous aider à élargir le bassin de gens qui suivent cette formation? [English] [Traduction] Mr. Yousri: Certainly. This is what we are asking for. If we have the support from the government, we would be able to offer this to different areas, such as hospitals, prisons and other areas in community services that deal with domestic violence in homes and family issues. All of these workers — unfortunately, I hate to say — lack the minimum requirements of the training needed to deal with Muslim communities and deal with these situations.
This is what we have been seeing. Whether in schools or in hospitals, we understand the rapid change that has been happening in the community, but we also need to be fast in equipping the teams of workers and first responders with the training that they need. If we have support from the government in spreading this out, we would definitely be able to be consistent in providing this to many organizations across the province. M. Yousri : Certainement. C’est ce que nous demandons.
Si nous avons le soutien du gouvernement, nous serons en mesure d’offrir la formation à différents secteurs, comme les hôpitaux, les prisons et d’autres secteurs des services communautaires qui travaillent auprès des victimes de violence familiale. Tous ces travailleurs — malheureusement, je déteste le dire — ne reçoivent pas une formation qui respecte les exigences minimales pour travailler auprès des communautés musulmanes et gérer ces situations. C’est ce que nous avons constaté.
Que ce soit dans les écoles ou dans les hôpitaux, nous comprenons le changement rapide qui s’est produit dans la communauté, mais nous devons également fournir rapidement aux équipes de travailleurs et aux premiers intervenants la formation dont ils ont besoin. Si nous avons le soutien du gouvernement pour l’offrir à un plus grand nombre de gens, nous serons certainement en mesure de la fournir à de nombreuses organisations dans toute la province. [Translation] [Français] Senator Gerba: Thank you.
La sénatrice Gerba : Merci. [English] [Traduction] Senator Jaffer: Imam Yousri said it would be helpful to have government help. What type of help were you looking for when you said, “government help”? What specifically can we, as a committee, recommend to the government? La sénatrice Jaffer : L’imam Yousri a dit qu’il serait utile d’avoir l’aide du gouvernement. Quel type d’aide recherchez- vous au juste? Quelles recommandations pouvons-nous, en tant que membres du comité, faire au gouvernement? 22:14 Human Rights 3-10-2022
Mr. Yousri: Thank you, senator. I would say two things. The first is to give recommendations to government institutions to make sure their workers go through this type of training. Diversity and inclusion are a major part of this. However, the training about the Islamophobia piece in particular is essential as we see this rise in Islamophobic issues and a lack of awareness in dealing with the Muslim community. In government, they know this. They would have this as a recommendation and requirement. They would reach out to us and others to facilitate this.
Until now, we have been taking this initiative, but we would need to see this coming from the government as one of their mandates. That’s the first thing. M. Yousri : Merci, sénatrice. Je dirais deux choses. Premièrement, il faut recommander aux institutions gouvernementales de s’assurer que leurs employés suivent ce type de formation. La diversité et l’inclusion en constituent une
partie importante. Cependant, la formation sur l’islamophobie en particulier est essentielle, car nous constatons une hausse des problèmes d’islamophobie et un manque de connaissances en ce qui concerne les relations avec la communauté musulmane. Le gouvernement le sait. Il s’agirait d’une recommandation et d’une exigence. Il s’adresserait à nous et à d’autres pour faciliter cette démarche. Jusqu’à présent, nous avons pris cette initiative, mais il faudrait que le gouvernement en fasse l’un de ses mandats. C’est la première chose à faire.
Second, to support these efforts by funding this training that is very much needed by a lot of government organizations across the province. While we have limited resources and time to handle this, our volunteers and staff are actually stretched in so many directions. We have been talking with Minister Rodriguez about this as well, and we hope to see things coming our way in due course. Thank you. Deuxièmement, il faut soutenir ces efforts en finançant cette formation dont beaucoup d’organismes gouvernementaux de la province ont grandement besoin.
Nous avons des ressources et un temps limités pour gérer le tout, mais nos bénévoles et notre personnel sont sollicités de toutes parts, en fait. Nous avons également discuté de la question avec le ministre Rodriguez et nous espérons que des mesures seront prises en temps voulu. Merci. The Chair: Imam, I want to ask you and the other witnesses the following: How have incidences of hate in other parts of Canada impacted the community? That is, the terrorist attack on the mosque and the terrorist who killed the Afzaal family in London. We have had other incidences, too. What has been the reaction of the community?
Is there a fear? La présidente : J’aimerais vous poser une question à vous, imam Yousri, et aux autres témoins. Quels effets les incidents haineux survenus dans d’autres régions du Canada ont-ils eus sur la communauté? Je parle ici de l’attaque terroriste contre la mosquée et du terroriste qui a tué la famille Afzaal à London. Il y a eu également d’autres cas. Quelle a été la réaction de la communauté? Y a-t-il une crainte? Mr. Khan: I can start if you allow me. Thank you, senator. That’s a good question. M. Khan : Je peux commencer si vous me le permettez. Merci, sénatrice. C’est une bonne question.
Yes, it does. Whenever something happens within Canada, or even outside Canada, it does have an impact on the communities that are living everywhere in Canada. In Moncton, for example, whenever an incident like that happens, sometimes people reach out to the mosque or the association and say, “Is it safe to come for Friday prayers? Is it okay to come to the masjid? Should we keep on coming?” It does strike fear in the community. However, obviously when working with the community, we calm them down and give them hope. We encourage them to keep on doing what they’re doing within the community.
But it does have an emotional effect on people. Oui, c’est le cas. Chaque fois qu’un événement se produit au Canada, ou même à l’étranger, il a des répercussions sur les communautés partout au Canada. À Moncton, par exemple, chaque fois qu’un incident de ce genre se produit, il arrive que les gens s’adressent à la mosquée ou à l’association pour demander s’il est sécuritaire de venir faire la prière du vendredi. « Est-ce que c’est correct d’aller à la mosquée? Devons-nous continuer à y aller? » Cela suscite la peur au sein de la communauté.
Toutefois, évidemment, lorsqu’on travaille avec la communauté, on la calme et on lui donne de l’espoir. Nous encourageons les gens à continuer à faire ce qu’ils font au sein de la communauté. Mais ces événements provoquent une réaction émotionnelle chez les gens. Mr. Yousri: Thank you very much. I don’t have much to say on this. The fear is everywhere and when incidents happen, we always try our best to bring the community together. M. Yousri : Merci beaucoup. Je n’ai pas grand-chose à dire à ce sujet.
La peur est partout et lorsque des incidents se produisent, nous faisons toujours de notre mieux pour rassembler la communauté. We had a big visit after the London attacks. We brought the holy communities together, from Muslim, Christian, Jews and Indigenous — every community — to support the community during these tough times. However, we are blessed to be in Après l’attaque à London, nous avons réuni les communautés musulmane, chrétienne, juive et autochtone — toutes les communautés — pour soutenir la communauté dans ces moments difficiles.
Cependant, nous avons la chance de vivre en 3-10-2022 Droits de la personne 22:15
Nova Scotia where the community is very welcoming and supportive. We are fortunate enough to be in Halifax where we have lots of support during these tough times. Nouvelle-Écosse, où les gens sont très accueillants et solidaires. Nous avons la chance d’être à Halifax où nous avons beaucoup de soutien pendant ces périodes difficiles. The Chair: Mr. Hanout, would you like to answer that question? La présidente : Monsieur Hanout, voulez-vous répondre à la question? Mr. Hanout: I third Mr. Khan and Iman Yousri. Whenever a similar incident occurs, it definitely strikes a lot of fear.
Fortunately, we find the support among ourselves and our neighbours. The whole society is supportive. It’s fortunate and a blessing to be living in Canada. At the end of the day, Canadians are very inclusive, supportive and will stand with one another in similar situations. But definitely some fear strikes from time to time when a big incident like this happens. M. Hanout : Je suis d’accord avec M. Khan et l’imam Yousri. Chaque fois qu’un incident similaire se produit, cela suscite certainement beaucoup de craintes. Heureusement, nous nous soutenons entre nous et nos voisins nous soutiennent.
C’est une chance et une bénédiction de vivre au Canada. En fin de compte, les Canadiens sont très ouverts, solidaires et se soutiennent mutuellement dans de telles situations. Mais il est indéniable qu’une certaine crainte s’installe de temps en temps lorsqu’un incident majeur comme celui-là se produit. Mr. Khan: We had a vigil in Moncton, too. I want to highlight what Mr. Hanout and Iman Yousri said. Whenever something like that happens, we get immense support from the local community. People from all races, cultures and religions come and support us.
That’s the beauty of Canada, namely, that we are a diverse community. When something happens, all the community stands behind us and supports us. M. Khan : Nous avons également organisé une vigile à Moncton. Je veux insister sur ce que M. Hanout et l’imam Yousri ont dit. Chaque fois qu’une telle chose se produit, nous recevons un immense soutien de la part de la collectivité. Des gens de toutes les races, cultures et religions viennent nous soutenir. C’est ce qui fait la beauté du Canada, à savoir que nous sommes une collectivité diversifiée.
Lorsque quelque chose se produit, l’ensemble de la collectivité se tient derrière nous et nous soutient. The Chair: I proposed this study because I was shocked to find out that the most Muslims killed in a G7 country was in Canada. La présidente : J’ai proposé cette étude parce que j’ai été choquée d’apprendre que parmi les pays du G7, c’est le Canada qui compte le plus grand nombre de musulmans tués. Has the attitude towards Muslims changed recently or in the past few years? As someone who is from Toronto, I can certainly sense that in the past few years, the rhetoric has changed.
Do you feel the same about your communities? L’attitude envers les musulmans a-t-elle changé récemment ou au cours des dernières années? J’habite à Toronto et je peux certainement sentir que le discours a changé ces dernières années. Avez-vous le même sentiment pour vos communautés? Mr. Khan: I will agree with that. I don’t want to be political, but what happened a few years ago south of the border when there was an administration for our biggest neighbour — the U.S. — that was vocally polarizing and, to some extent, legalized racism, this had a major effect on Canada as well.
Since then, personally working in Moncton, I have seen an increase in hate crimes, in Islamophobia and in people being called out just because of their religion. I think things have changed in the last five to six years especially. M. Khan : Oui. Je ne veux pas faire de politique, mais ce qui s’est passé il y a quelques années au sud de la frontière, lorsque l’administration de notre plus grand voisin — les États-Unis — dressait ouvertement les gens les uns contre les autres et, dans une certaine mesure, a légalisé le racisme, a eu un effet majeur sur le Canada aussi.
Depuis, personnellement, à Moncton, j’ai vu une augmentation des cas de crimes haineux, d’islamophobie et de gens se faisant interpeller simplement en raison de leur religion. Je pense que les choses ont changé, surtout au cours des cinq ou six dernières années. But it’s not just that. I was listening to a professor from Toronto. He was giving statistics about how the extreme right has risen from a few organizations to about 200 organizations. This is definitely another concern, especially when we talk about Islamophobia — that the right wing is rising. Governments need to do something about it.
That’s a concern from our communities. Mais il n’y a pas que cela. J’écoutais un professeur de Toronto. Il donnait des statistiques sur la façon dont l’extrême droite est passée de quelques organisations à environ 200 organisations. Il s’agit assurément là d’une autre préoccupation, surtout lorsque nous parlons d’islamophobie : la montée de la droite. Les gouvernements doivent faire quelque chose à ce sujet. C’est une préoccupation dans nos communautés. 22:16 Human Rights 3-10-2022
Mr. Yousri: The numbers speak louder than anything that statistics can speak about with regard to the rise of these issues. One more thing here is that these incidents were reported. Yet, there are layers and layers of incidents that go unreported, mainly because many within the Muslim community do not really see actions from governments when they report these incidents. There is a huge mistrust between the community in general and the authorities because they see the reported incidents and issues go in vain. This is something I’ve been trying to work hard on — to bridge between the community and authorities. That’s why we have been talking about clear
definitions of Islamophobia, hate crimes and hate speech. Unless these are going to happen, we will continue to see this big gap in the reality between the real world and what is being recorded and reported. M. Yousri : Les chiffres en disent plus que tout ce que peuvent montrer les statistiques sur l’augmentation de ces incidents. Autre fait à mentionner, il s’agit d’incidents signalés. Or, nombre d’incidents ne le sont pas, principalement parce que de nombreux membres de la communauté musulmane ne voient pas vraiment d’actions de la part des gouvernements lorsqu’ils les signalent.
La communauté en général ne fait pas du tout confiance aux autorités, parce qu’elle voit que les signalements d’incidents ou de problèmes ne mènent à rien. J’ai tenté de travailler sur cet enjeu d’arrache-pied, de créer des ponts entre la communauté et les autorités. Voilà pourquoi nous parlons de l’importance d’avoir des définitions claires de l’islamophobie, des crimes haineux et des discours haineux. Sans cela, il y aura toujours un grand écart entre ce qui est signalé et consigné et la réalité sur le terrain. The Chair: Mr. Hanout, would you like to add to that?
La présidente : Souhaitez-vous ajouter quelque chose, monsieur Hanout? Mr. Hanout: I don’t have much to add at this point. I think Mr. Khan and Iman Yousri covered what I would want to say other than that there are significant aggressions that must be reported and require bigger action. M. Hanout : Je n’ai pas grand-chose à ajouter pour le moment. Je crois que M. Khan et l’imam Yousri ont couvert tout ce que j’aurais voulu dire, si ce n’est qu’il y a des agressions considérables qui doivent être signalées et qui nécessitent des mesures plus importantes.
However, there are also micro-aggressions, especially against Muslim women wearing the hijab, for example. Some individuals who have some Islamophobic inclinations — micro- aggressions that you really cannot grasp. For example, walking into a department store to buy something. Going to the cashier, you see the cashier give a cheerful smile to every single one. However, when it comes to this particular woman wearing a hijab, the cashier becomes abrupt. As soon as she passes, however, the cashier goes back to a cheerful smile.
These kinds of micro-aggressions are hard to report, but represent an issue that something is wrong. Muslim women wearing the hijab are the ones who are most exposed to this kind of thing because they are more visible. Cela dit, il existe aussi des microagressions, notamment envers les femmes musulmanes qui portent le hidjab. Certains individus ont des penchants islamophobes — on parle de microagressions qu’on ne peut pas vraiment saisir. Par exemple, disons qu’une femme portant le hidjab entre dans un magasin pour acheter quelque chose. À la caisse, le caissier sourit joyeusement à chacun.
Cependant, lorsque c’est au tour de la femme portant le hidjab de payer, le caissier devient brusque. Puis, il se remet à sourire chaleureusement au client suivant. Il est difficile de signaler ce type de microagression, mais elles sont un signe de quelque chose qui ne va pas. Les femmes musulmanes qui portent le hidjab sont les plus exposées à de tels incidents, car elles sont plus visibles. The Chair: Thank you, Mr. Hanout. You talked about micro- aggressions and we’re talking about the othering of people, which we’ve heard throughout as we’ve travelled across Canada. La présidente : Merci, monsieur Hanout.
Vous avez parlé de microagressions et nous parlons de l’exclusion des gens, chose dont nous avons entendu parler tout au long de notre voyage au pays. [Translation] [Français] Senator Gerba: I just wanted to understand and know what you think about the role of the media. The witnesses we met before you spoke a lot about the media accentuating Islamophobic behaviour in their statements and positions, which are often linked to or defend freedom of expression. What do you think about this? What is your relationship with the different media in your respective regions?
La sénatrice Gerba : Je voulais juste comprendre et savoir ce que vous pensez du rôle des médias. Les témoins que nous avons rencontrés avant vous ont beaucoup parlé des médias qui accentuent les comportements islamophobes dans leurs déclarations et leurs prises de position, qui sont souvent liées à la liberté d’expression ou qui la défendent. Qu’en pensez-vous? Quelle est votre relation avec les différents médias dans vos régions respectives? 3-10-2022 Droits de la personne 22:17
[English] [Traduction] Mr. Yousri: I would say we also try our best to be positive in dealing with the media. I would highlight just one report that we did with CTV News two days ago after Hurricane Fiona that you have all heard of in Nova Scotia and Atlantic Canada. We have this report featuring 20 of the hijabi girls — our students at the school — along with our boys serving a thousand meals within two days of the hurricane to the general public who were affected and did not have power. CTV News reported what we shared, and it was a powerful report. M.
Yousri : Je dirais que nous faisons aussi de notre mieux pour être positifs lors de nos interactions avec les médias. Je voudrais souligner un reportage que nous avons fait avec CTV News il y a deux jours qui faisait suite au passage de l’ouragan Fiona en Nouvelle-Écosse et au Canada atlantique, tempête dont vous avez tous entendu parler. Ce reportage portait sur 20 filles portant le hidjab — nos étudiantes — ainsi que nos garçons qui ont servi mille repas dans les deux jours qui ont suivi l’ouragan à la population qui a été affectée par la tempête et qui n’avait pas d’électricité.
CTV News a fait un reportage puissant sur cette histoire de partage. With all these incidents and events that happen, we try our best to be positive in dealing with the media. We invite them to our doors to come and see the work we do and report this image of this work of the Muslim community to the community and our neighbours. We really believe it has a positive impact in dismantling these Islamophobic thoughts and issues within the community. When we see this in the news, we see the response instantly.
Avec tous ces incidents et événements qui se produisent, nous faisons de notre mieux pour être positifs lorsque nous parlons aux médias. Nous les invitons chez nous afin qu’ils voient le travail que nous accomplissons et qu’ils fassent état de cette vision du travail de la communauté musulmane auprès de nos voisins et de la communauté en général. Nous croyons vraiment que cela peut aider à démanteler des idéologies et des problèmes d’islamophobie dans la communauté. Nous constatons une réponse immédiate lorsque de telles histoires se retrouvent dans les médias.
During the last three years, we have had over 50 or 60 similar reports at different times — after COVID or within these tough times — sharing the contributions of the Muslim community, immigrants and newcomers to the community and their integration within the broader community. This is highlighted through the media. We really support the work that our fellow workers in the media do to highlight this as well. Thank you.
Au cours des trois dernières années, il y a eu plus de 50 ou 60 reportages du genre à divers moments — pendant les moments difficiles de la COVID ou après —, qui traitaient des contributions de la communauté musulmane, des immigrants et des nouveaux venus dans la communauté générale et de leur intégration au sein de celle-ci. Tout cela est mis en lumière dans les médias. Nous soutenons aussi vraiment le travail que font nos collègues dans les médias pour mettre de telles histoires en exergue. Merci. The Chair: Thank you. Would anybody else like to respond to that? La présidente : Merci.
Quelqu’un désire-t-il ajouter quelque chose à ce sujet? Mr. Khan: Yes, just a few words. When it comes to Canadian media, I think we are fortunate that it’s pretty streamlined with diversity and inclusion. I will not talk about the other world media, especially south of the border and all that stuff. But once in a while we do get some aggressive response from media. M. Khan : Oui, brièvement. En ce qui concerne les médias canadiens, je crois que nous sommes chanceux qu’ils prônent, somme toute, assez la diversité et l’inclusion.
Je ne vais pas m’avancer sur d’autres médias étrangers, surtout sur ceux aux États-Unis, entre autres. Cela dit, certains médias ont une attitude agressive de temps en temps. For example, there was a local newspaper in New Brunswick that published a cartoon of what apparently looked like a Muslim man dragging a woman. It was a big scandal. I think there was a lot of backlash for that. I think they did apologize. Par exemple, un journal local du Nouveau-Brunswick a publié une caricature de ce qui ressemblait à un homme musulman traînant une femme. Cela a créé tout un scandale.
Je pense que cela a suscité beaucoup de réactions négatives. Je crois qu’ils se sont excusés. The media needs to be sensitive when they are conveying a point. They have to be very clear in what they’re trying to say and not generalize things so that it looks like a Muslim doing something wrong because that promotes Islamophobia. What they’re trying to say should be specific. When somebody is going to look at a particular cartoon or article, if it does not Les médias doivent transmettre leurs messages avec sensibilité.
Ils doivent énoncer clairement ce qu’ils tentent d’illustrer et éviter les généralisations qui donnent l’impression qu’un musulman fait quelque chose de mal, parce que cela encourage l’islamophobie. Leur message devrait être clair. Le message d’une caricature ou d’un
article n’est pas 22:18 Human Rights 3-10-2022
clearly say what it’s trying to say, then it will be considered a general statement about Muslims and that will create Islamophobia. I think the media needs to be very sensitive in how they portray things. That’s one thing. nécessairement clair, et s’il ne l’est pas, alors les gens prendront cela comme une déclaration générale sur les musulmans, ce qui engendrera de l’islamophobie. Je pense que les médias doivent faire preuve d’une grande sensibilité dans leur travail. C’est une chose. Other than that, personally, I don’t have any complaints about the media. They have been supportive.
Whenever we need them, we reach out to them and they respond. Outre cela, personnellement, je n’ai rien à dire contre les médias. Ils nous ont soutenus. Lorsque nous avons besoin d’eux, nous les contactons et ils nous répondent. The Chair: Mr. Hanout, would you like to say anything? La présidente : Aimeriez-vous dire quelque chose, monsieur Hanout? Mr. Hanout: I don’t think I have much to add about this part. We had some good interactions with the local media. They always approach us and try to cover our local celebrations as Muslims. I work in Newfoundland as well.
I’ve been approached by the local media in Newfoundland to cover some of our local Muslim celebrations. I don’t have any specific issue about that. M. Hanout : Je ne crois pas avoir grand-chose à ajouter à cet égard. Nous avons eu de bons contacts avec les médias locaux. Ils nous contactent continuellement et cherchent à couvrir nos célébrations locales. Je travaille à Terre-Neuve aussi. Les médias locaux là-bas m’ont contacté pour couvrir certaines de nos célébrations locales. Cela ne me pose pas particulièrement problème.
The media, of course, have to stand at the same distance from all components of society in Canada and be sensitive about what they publish and the possible consequences if they publish something that might paint a certain group in a way that is not favourable. This can lead to consequences and harm to those people. I agree with what was mentioned in this part.
Bien sûr, les médias doivent se tenir à la même distance de toutes les composantes de la société canadienne et faire preuve de sensibilité lorsqu’ils publient quelque chose; ils doivent réfléchir aux conséquences possibles de leurs publications, à ce qui pourrait se produire s’ils dépeignaient un certain groupe de façon défavorable. Cela peut engendrer de réelles conséquences et nuire à ce groupe en question. J’approuve ce qui a été dit à ce sujet. The Chair: Thank you.
When we’re talking about the media, we heard about the portrayal of Muslims in mainstream media — whether it’s on TV or in the movies — and the phrase “Islamic terrorists” being used, but not when someone else’s religion is mentioned when they commit acts of terror. We heard that. We just want to put that on the record when we talk about the role the media plays. La présidente : Merci. En ce qui concerne les médias, on est au fait de la représentation des musulmans dans les médias grand public — que ce soit à la télévision ou dans les films.
On a entendu le terme « terroristes islamistes », mais on n’entend pas ce genre de choses lorsque l’on parle de la foi de ceux qui sont de confession autre et qui commettent des actes de terrorisme. On l’a entendu. Nous voulons simplement le dire aux fins de compte rendu dans le contexte du rôle des médias. I was going through social media today, and we have a reporter in Toronto who is in hijab. Somebody tweeted that seeing her in hijab makes him feel very uncomfortable. I was wondering what she does or says that makes him feel uncomfortable. We live in Canada, and most of us cover our heads in winter.
That should not be the only thing that should be making someone feel uncomfortable. Je parcourais les médias sociaux aujourd’hui, et j’ai vu quelque chose sur une journaliste à Toronto qui porte le hidjab. Quelqu’un a écrit sur Twitter que son hidjab le rendait très mal à l’aise. Je me suis demandé ce qu’elle avait pu dire ou faire pour le rendre mal à l’aise. Nous vivons au Canada, et la majorité d’entre nous se couvrent la tête en hiver. Cela ne devrait pas être un élément générateur de malaise à lui seul. I want to take this opportunity to thank all the witnesses for appearing before us.
Your testimony with our study will help us when we write the report. Senator Jaffer did briefly touch on the recommendations that we will be making to the government. We do that at the end of every study. If you feel there’s anything you missed or that you would like to add, feel free to reach out to the clerk. Je profite de l’occasion pour remercier tous nos témoins d’avoir comparu devant nous. Votre témoignage nous aidera à rédiger notre rapport sur cette étude. La sénatrice Jaffer a brièvement évoqué les recommandations que nous allons faire au gouvernement.
C’est le processus habituel à la fin de chaque étude. Si vous avez l’impression d’avoir oublié quelque chose ou si vous souhaitez ajouter quoi que ce soit, n’hésitez pas à contacter le greffier. 3-10-2022 Droits de la personne 22:19
Honourable senators, I shall now introduce our second panel of witnesses. Each witness has been asked to make an opening statement of five minutes. We shall hear from all witnesses and then turn to questions from senators. Honorables sénateurs, je vais maintenant vous présenter notre deuxième groupe de témoins. Chaque témoin a été invité à s’en tenir à des remarques liminaires de cinq minutes. Nous passerons à la période de questions avec les sénateurs après coup. We have with us, from the Canadian Muslim Chaplain Organization, or CMCO, Mr. Adil Afzal, Senior policy and Islamophobia expert.
We also have with us the Education Advisor of Human Rights and Equity Services at Dalhousie University, Ms. Amina Abawajy. Nous accueillons tout d’abord Adil Afzal du Canadian Muslim Chaplain Organization, ou CMCO, expert principal en politique et islamophobie. Se joint également à nous Amina Abawajy, conseillère en éducation et spécialisée dans les services des droits de la personne et de l’équité à l’Université Dalhousie. I will turn to Mr. Afzal for his presentation. Je cède maintenant la parole à M. Afzal pour ses remarques liminaires.
Adil Afzal, Senior policy and Islamophobia expert, Canadian Muslim Chaplain Organization (CMCO): Thank you, senator. [Another language spoken] In the name of the Creator, God, Allah — the gracious, the most merciful — I begin with the Muslim salutation of peace — Salaam Alaikum — may peace be upon you all. Thank you, senators, for embarking on such an important effort studying Islamophobia in Canada, and, God willing, your collective efforts contribute to dismantling it.
Adil Afzal, expert principal en politique et islamophobie, Canadian Muslim Chaplain Organization : Merci, madame la sénatrice. [mots prononcés dans une autre langue] Au nom du Créateur, Dieu, Allah — le gracieux, le très miséricordieux —, je commence par la salutation de paix musulmane. Salaam Alaikum, que la paix soit avec vous. Merci, mesdames et messieurs les sénateurs, d’avoir entrepris une si grande quête pour étudier l’islamophobie au Canada. Si Dieu le veut, vos efforts collectifs contribueront à son démantèlement.
I want to take a moment while we are teleconferencing from across Canada to recognize and honour our First Peoples and acknowledge the lands of our great nation as being part of the ancestral home of the Indigenous people — Métis, Cree, Blackfoot, Nakota Sioux, Iroquois, Dene, Ojibwa, Saulteaux, Anishinaabe, Inuit and many others to whom we are bound by treaty and who are the traditional stewards of this land. Je tiens à prendre le temps, alors que nous nous réunissons par vidéoconférence de partout au pays, de rendre hommage aux Premières Nations et de reconnaître que les terres de notre grande nation font
partie du foyer ancestral des peuples autochtones — Métis, Cris, Pieds-Noirs, Sioux Nakota, Iroquois, Dénés, Ojibwé, Saulteaux, Anishinabes, Inuits et bien d’autres auxquels nous sommes liés par traité et qui sont les gardiens traditionnels de ce territoire. I’m presenting on behalf of the Canadian Muslim Chaplain Organization as the senior policy and Islamophobia expert. The Canadian Muslim Chaplain Organization, or CMCO, has served as an advocate, policy contributor, community resource, spiritual support and chaplaincy for Muslims across Canada, all the while bridging Muslims and non-Muslims through interfaith, outreach and capacity building programs. Je m’exprime aujourd’hui à
titre d’expert principal en politique et islamophobie du Canadian Muslim Chaplain Organization, ou CMCO. Notre organisation a servi de défenseur, de contributeur aux politiques, de ressource communautaire, de soutien spirituel et d’aumônier pour les musulmans à travers le Canada, tout en créant des ponts entre les musulmans et les non-musulmans par le biais de programmes interconfessionnels, de sensibilisation et de renforcement des capacités. I’m also speaking on behalf of Sheikh Mohamed Yaffa from the Centre for Islamic Development in Halifax.
Sheikh Yaffa is a chaplain for CMCO, and I work with him closely regarding Islamophobia in the Atlantic provinces. Je suis aussi ici au nom du Sheikh Mohamed Yaffa du Centre for Islamic Development de Halifax. Le Sheikh Yaffa est un aumônier du CMCO, et nous travaillons de concert sur l’enjeu de l’islamophobie dans les provinces de l’Atlantique.
I’ve also had the privilege of serving Canadian Muslims for almost two decades in a variety of roles, some of which are holding the position of mosque executive board member, chaplain, Islamic school program and policy adviser and multiple executive positions within the Muslim student association, including president. J’ai également le privilège de servir les Canadiens de confession musulmane depuis près de 20 ans.
J’ai assumé différents rôles, dont celui de membre du conseil d’administration d’une mosquée, d’aumônier, de conseiller en matière de programmes et de politiques pour les écoles islamiques et de nombreux postes de direction au sein de l’Association des étudiants musulmans, dont président. 22:20 Human Rights 3-10-2022
My specialty in Islamophobia comes from my personal lived experience being born and brought up in Canada, and it comes from my Muslim community experience supporting and advocating for children, youth and adults facing Islamophobia.
Whether that be from grade school to university or advocating for Muslim accommodations in hospitals, prisons, universities, government services, police services, supporting victims of Islamophobia — whether they be racialized, genderized or even visible Muslims such as women who wear a niqab or hijab or Muslim men who grow their beard, wear a thawb, shalwar kameez or kufi, which refers to a head covering that Muslim men wear.
Mon expertise en matière d’islamophobie découle de mon expérience personnelle, étant né et ayant grandi au Canada, et de l’expérience de ma communauté musulmane, qui soutient et défend les enfants, les jeunes et les adultes confrontés à l’islamophobie, que ce soit de l’école primaire à l’université ou en défendant les accommodements religieux dans les hôpitaux, les prisons, les universités, les services gouvernementaux, les services de police, ou en soutenant des victimes d’islamophobie — ce peut être des musulmans racisés, catégorisés selon leur genre, ou même visibles tels que les femmes qui portent le niqab ou le hidjab ou encore les hommes qui se laissent pousser la barbe, ou portent la dishdasha, le shalwar kameez ou le kufi, qui est un couvre-chef que portent les hommes musulmans.
My multi-faceted insight into Islamophobia draws from my legal, sociological, public policy and business expertise. I hold a bachelor of arts degree, with honours, in sociology; a master’s degree in public administration; a master’s degree in business administration; a juris doctorate; and a master of arts degree in sociology, where my thesis and research projects were focused on studying Islamophobia and media discourse. The title for my thesis was Islamophobia, Phantasmagoria: A critical discourse analysis of Islamophobia in Canadian newspapers.
Ma vision à multiples facettes de l’islamophobie me vient de mon expertise dans le milieu du droit, de la sociologie, de la politique publique et des affaires. Je suis titulaire d’un baccalauréat ès arts, avec mention, en sociologie, d’une maîtrise en administration publique, d’une maîtrise en administration des affaires, d’un doctorat en droit et d’une maîtrise ès arts en sociologie; ma thèse et mes projets de recherche portaient sur l’étude de l’islamophobie et du discours médiatique. Le
titre de ma thèse était Islamophobia, Phantasmagoria: A critical discourse analysis of Islamophobia in Canadian newspapers. Through my research, I have developed key insights into how Islamophobia is constructed and perpetrated in media, starting from media discourse construction to key methods of setting the dominant narrative. Mes recherches m’ont permis de comprendre comment l’islamophobie est construite et perpétrée dans les médias, en partant de la construction du discours médiatique jusqu’aux méthodes clés pour établir le récit dominant.
Islamophobia is predominantly constructed within media discourse within three aspects of discourse. These are lexical choices, presuppositions and collocation. L’islamophobie est principalement construite dans le discours médiatique selon trois aspects de ce dernier. Il s’agit des choix lexicaux, des présomptions et de la collocation. Lexical choices are usually word choices that are used in headlines that don’t just convey the facts of the story, but actually create imagery in the mind. For example, let’s say there’s an increase of immigrants to Canada by 2%.
Instead, you’ll see a headline say, “Floods of immigrants are entering Canada, choking our resources.” So the schema or the visualization that’s created in the mind is a flood of immigrants coming into Canada and the killing of resources in Canada. It makes a permanent implant in people’s cognitive
interpretation of stories and their reality. Les choix lexicaux sont habituellement des choix de mots utilisés dans les titres qui ne se contentent pas de transmettre les faits de l’histoire, mais créent aussi des images dans notre esprit. Disons, par exemple, que l’immigration a augmenté de 2 % au Canada. Ce ne sera pas ça, le titre. On lira plutôt : « Des flots d’immigrants entrent au Canada, nos ressources submergées ». En lisant cela, les gens ont donc l’impression qu’une vague d’immigrants arrive au Canada et en sape les ressources.
Cela aura une influence permanente sur l’interprétation cognitive des histoires et de la réalité des gens. Presuppositions are what happen subtly. For example, you might have a headline that says, “Muslim women break free and play their first game of soccer.” The presupposition there is that Muslim women are not free and had to break free of something that’s holding them back. Usually, the presupposition is referring to their natural state or their community. Les présomptions, elles, sont subtiles. On pourrait avoir un
titre tel que : « Les femmes musulmanes se libèrent et jouent leur premier match de soccer ». La présomption, c’est qu’elles ne sont pas libres et qu’elles ont dû se libérer de quelque chose qui les retenait. En général, la présomption fait référence à leur état naturel ou à leur communauté. Collocation refers to words being together, for example, in a headline as well. For example, if you have “terrorist” and “Muslim” being collocated so often they create an association in the audience’s mind, where now when they hear one word they La collocation, de son côté, fait référence à des mots groupés. Ils pourraient se trouver dans un
titre d’article de journal, également. Si l’on associe trop souvent les mots « terroristes » et « musulmans » par exemple, cela crée une association dans 3-10-2022 Droits de la personne 22:21
automatically think of the other. Many times when we teach or do workshops, we ask the audience, “What’s the first word that comes to your mind in terms of a religion when you hear the word ‘peace’ or ‘Zen’?” Many times they will say, “Buddhist.” If you say “terrorist,” they will automatically say “Islam” because those two words have been associated so strongly through collocation. l’esprit du public. S’il entend l’un de ces mots, il pensera automatiquement à l’autre.
Lorsque nous enseignons ou lorsque nous organisons des ateliers, nous demandons souvent aux participants : « Quel est le premier mot d’ordre religieux qui vous vient à l’esprit lorsque vous entendez le mot “paix” ou “zen”? » Souvent, les gens répondent « bouddhiste ». Par contre, si vous dites « terroriste », ils répondront « islam » automatiquement, parce que ces deux mots ont été si étroitement associés par collocation. Media also contributes to the dominant narrative after constructing the Islamophobic discourse in three ways. The first way is through news values. This is through selection.
News organizations will choose which stories to show and which not to show. The second way is through framing and that is the way they present that media, whether it’s the image that goes along with that story or the way that the headline is crafted. The third way is agenda setting, which is the prevalence of that news: How often does it come on? How much time is it given? How many platforms is it available on? Les médias contribuent également au récit dominant une fois le discours islamophobe construit, et ce, de trois manières. Le premier moyen, c’est la valeur médiatique. Il s’agit d’une sélection.
Les médias d’information choisissent les histoires à raconter ou non. Le deuxième moyen, c’est le cadrage, c’est-à- dire la façon dont ils présentent ces histoires, que ce soit l’image qui les accompagne ou la manière dont le
titre est rédigé. Le troisième moyen, c’est l’établissement du calendrier, soit la prévalence de ces nouvelles. À quelle fréquence seront-elles diffusées? Combien de temps y consacrera-t-on? Sur combien de plateformes seront-elles publiées? Examples of this are when Muslim perpetrators are likely to be identified as terrorists, representatives having more violent motives, linked in media reports to larger terror networks, broader patterns of ideological violence and labelled by their religious and ethno-racial identities — as was mentioned by many of the senators before.
For example, a study of The Globe and Mail by Yasmin Jiwani, a professor of communications studies at Concordia University, found 66 articles on the Shafia femicide case alone — which was widely represented as an honour killing — but only 59 on the murder of women and domestic violence in the general media from 2005 to 2012. Je peux vous donner un exemple. Les auteurs d’attentats musulmans sont susceptibles d’être identifiés comme des terroristes et des êtres ayant des motifs plus violents.
Les médias feront état de liens avec des réseaux terroristes plus imposants, parleront de schémas d’ensemble de violence idéologique et les étiquetteront par leur identité religieuse et ethnoraciale — comme l’ont mentionné de nombreux sénateurs plus tôt. Par exemple, une étude du Globe and Mail menée par Yasmin Jiwani, une professeure de communication à l’Université Concordia, a trouvé 66 articles sur le seul cas du féminicide de la famille Shafia — qui a été largement représenté comme un crime d’honneur —, mais seulement 59 sur le meurtre de femmes et la violence conjugale dans les grands médias de 2005 à 2012.
The Quebec mosque shooting in January 2017 received approximately five minutes of airtime on CBC’s flagship news program, The National, the night that it occurred, while the London Borough attacks in the U.K. in June 2017 received several hours of live reportage and commentary.
La tuerie à la grande mosquée de Québec en janvier 2017 n’a fait l’objet que d’environ cinq minutes de temps d’antenne dans l’émission d’information phare de la CBC, le National, la nuit où elle s’est produite, alors que les attaques dans un quartier londonien au Royaume-Uni en juin de la même année ont quant à elles fait l’objet de plusieurs heures de reportages et de commentaires en direct.
I would like to share four other points: the definition or conceptualization of Islamophobia; the multi-layered and intersectional reality of Islamophobia; the problematic notion of the “model Muslim”; and strategies and policy solutions. J’aimerais aborder quatre autres points : la définition ou la conceptualisation de l’islamophobie, la réalité multicouche et intersectionnelle de l’islamophobie, la notion problématique du « musulman modèle » et les stratégies et les solutions politiques. First, I want to address
definitions and conceptualizations. This is often the main roadblock, the polemics in just defining Islamophobia. It’s very unfortunate because when you look at other social problems like anti-Semitism or homophobia, you don’t see this type of paralysis by analysis. You don’t see this type of emphasis on the technical term to the point where it becomes a barrier to actually solving the problem. For example, Tout d’abord, je voudrais parler des définitions et des concepts. C’est souvent le principal obstacle, la source des divergences lorsqu’il s’agit de définir l’islamophobie.
C’est très regrettable, car lorsque vous examinez d’autres problèmes sociaux comme l’antisémitisme ou l’homophobie, vous ne voyez pas ce type de paralysie sur le plan de l’analyse. On ne voit pas ce type d’accent mis sur le terme technique, qui devient peu à 22:22 Human Rights 3-10-2022
anti-Semitism has technical issues. Not all Jews are Semites, and not all Semites are Jews, yet we don’t have a problem with using that term when referring to the social reality of discrimination, bias and barriers that Jewish people face in this country. peu un obstacle à la résolution du problème. Par exemple, l’antisémitisme suscite des questions sur le plan technique.
Tous les Juifs ne sont pas des sémites, et tous les sémites ne sont pas des Juifs, mais nous n’avons aucun problème à utiliser ce terme pour désigner la réalité sociale de la discrimination, des préjugés et des obstacles auxquels les Juifs sont confrontés dans ce pays. In looking at the term “Islamophobia” and trying to conceptualize it, many times you’ll find it gets racialized or associated with anti-Muslim hate and so on. But I want to get it to a more fundamental level of understanding, and it might help to understand how it gets to a level of hate and racism.
Lorsque l’on examine le terme « islamophobie » et que l’on essaie d’en faire un concept, on constate souvent qu’il est « racisé » ou associé à la haine des musulmans, etc. Je veux arriver à un niveau de compréhension plus fondamental, et cela pourrait aider à comprendre comment on en arrive à la haine et au racisme que l’on connaît. First, when I conceptualize Islamophobia, I look at it as problematizing Muslim identity and agency. What do I mean by “problematizing”? I mean that you’re debasing Muslims’ ability to belong and be, and, more importantly, you’re making a barrier.
You’re creating an issue out of the very identity of a Muslim, all the markers that go with it and the agency that comes along with a Muslim trying to advocate for themselves or participate in a democracy by accessing power, maybe being a decision-making authority and so on. Premièrement, lorsque je cherche à conceptualiser l’islamophobie, je me la représente comme une problématisation de l’identité et de l’action des musulmans. Qu’est-ce que j’entends par « problématiser »?
C’est le fait de dévaloriser la capacité des musulmans à appartenir et à être et, plus important encore, c’est le fait de créer une barrière. Vous créez un problème à partir de l’identité même d’un musulman, de tous les repères qui l’accompagnent et de la capacité d’action d’un musulman qui essaie de défendre ses intérêts ou de participer à une démocratie en accédant au pouvoir, en étant peut-être une autorité décisionnelle, etc.
Much of the problematization of Muslim identity and agency comes in the form of creating mistrust, anxiety and suspicion about Muslims to the point where if a Muslim tries to go for any type of political office, many times they’re seen as being fifth column or that there is some sort of surreptitious, nefarious agenda at play. Terms such as “creeping Sharia” are used. This is coded language that is used to showcase that there’s some sort of hidden agenda in the Muslim community. Une grande
partie de la problématisation de l’identité et de l’action musulmanes prend la forme d’une méfiance, d’une inquiétude et d’une suspicion à l’égard des musulmans, au point où si un musulman tente de se présenter à un quelconque poste politique, il est souvent considéré comme faisant
partie de la cinquième colonne ou comme ayant un programme subreptice et néfaste. Des termes tels que l’« avance furtive de la charia » sont utilisés. Il s’agit d’un langage codé dont on se sert pour montrer que la communauté musulmane a une sorte de plan secret. I’ll conclude by stating that understanding this concept from a risk society conceptualization really helps to understand this problematization beyond just hate and racism.
Je conclurai en disant que le fait de percevoir ce concept à travers le prisme de la société à risque aide vraiment à comprendre cette problématisation au-delà de la simple haine et du racisme. Sociologist Ulrich Beck looked at how modernization has made societies organize themselves based on risk. A lot of times when you see this disinformation about Muslims in the media, it increases the risk assessment in the public.
Therefore, a lot of the behaviours Canadians have are just to mitigate that risk not necessarily because they hate that Muslim neighbour they have or because they know them to be a terrorist, but because the misinformation they’ve been given has increased that risk assessment of that individual, which now regulates their behaviours and causes them to perform these micro-aggressions: exclusion, discrimination, prejudice and violence. Le sociologue Ulrich Beck a étudié la manière dont la modernisation a amené les sociétés à s’organiser en fonction du risque.
Souvent, la désinformation qui court dans les médias au sujet des musulmans aggrave les résultats de l’évaluation du risque que le public en fait. Par conséquent, bien des comportements que les Canadiens adoptent visent à atténuer ce risque, pas nécessairement parce qu’ils détestent leur voisin musulman ou parce qu’ils savent qu’il est un terroriste, mais parce que la désinformation qu’ils reçoivent noircit leur évaluation du risque à l’égard de cette personne. C’est dès lors ce que guidera leur comportement et les amènera à commettre ces microagressions : exclusion, discrimination, préjugés et violence.
I hope that wraps it up. I can go into more detail during the questions and answers. J’espère que cela résume la situation. Je pourrai entrer dans les détails au moment de répondre aux questions. 3-10-2022 Droits de la personne 22:23
The Chair: Thank you. Ms. Abawajy, I turn to you for your presentation. La présidente : Merci. Madame Abawajy, je me tourne vers vous pour votre présentation. Amina Abawajy, Education Advisor, Human Rights and Equity Services, Dalhousie University, as an Individual: Salaam Alaikum — may peace be upon you all. Good evening, and thank you for the opportunity to address members of the Senate today as we discuss Islamophobia. Amina Abawajy, conseillère en éducation, Services des droits de la personne et de l’équité, Université Dalhousie, à
titre personnel : Salaam Alaikum — que la paix soit sur vous. Bonsoir, et merci de me donner l’occasion de m’adresser aux membres du Sénat aujourd’hui afin de parler de l’islamophobie. I want to acknowledge that I am speaking to you from the traditional, unceded and unsurrendered territory of the Mi’kmaq. My name is Amina Abawajy, and I am the Education Advisor at Human Rights and Equity Services at Dalhousie University and the chair of Global Humanitarian Initiative Association. I’m also a graduate student, doing my masters of education.
Je tiens à préciser que je m’adresse à vous depuis le territoire traditionnel, non cédé et non abandonné des Micmacs. Je m’appelle Amina Abawajy. Je suis conseillère en éducation aux Services des droits de la personne et de l’équité de l’Université Dalhousie et présidente de la Global Humanitarian Initiative Association. Je suis également étudiante à la maîtrise en éducation. Today, I am speaking from the perspective of a community member and advocate who cares deeply about the current realities for Muslims and how we can move from survival to a thriving and hopeful future. I will be drawing from