Senate Committee — OLLO — Evidence — 50ev-56822
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EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Monday, June 3, 2024 OTTAWA, le lundi 3 juin 2024 The Standing Senate Committee on Official Languages met with videoconference this day at 5 p.m. [ET] to study matters relating to minority-language health services; and in camera, to consider a draft report on the subject matter of those elements contained in Division 24 of
Part 4 of Bill C-69,
An Act to implement certain provisions of the budget tabled in Parliament on April 16, 2024. Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit aujourd’hui, à 17 heures (HE), avec vidéoconférence, pour étudier les services de santé dans la langue de la minorité; et à huis clos, pour étudier une ébauche de rapport sur la teneur des éléments de la
section 24 de la
partie 4 du projet de loi C-69, Loi portant exécution de certaines dispositions du budget déposé au Parlement le 16 avril 2024. Senator René Cormier (Chair) in the chair. Le sénateur René Cormier (président) occupe le fauteuil. [Translation] [Français] The Chair: I am René Cormier, senator from New Brunswick and chair of the Standing Senate Committee on Official Languages. Before we begin, I would like to ask all senators and other in-person participants to consult the cards on the table for guidelines to prevent audio feedback incidents.
Le président : Je m’appelle René Cormier, sénateur du Nouveau-Brunswick et président du Comité sénatorial permanent des langues officielles. Avant de commencer, je voudrais demander à tous les sénateurs et aux autres participants qui sont en personne de consulter les cartes sur la table pour connaître les lignes directrices visant à prévenir les incidents liés au retour de son. Please take note of the following preventative measures in place to protect the health and safety of all participants, including the interpreters.
Veuillez prendre note des mesures préventives suivantes, qui ont été mises en place pour protéger la santé et la sécurité de tous les participants, y compris les interprètes. If possible, ensure that you are seated in a manner that increases the distance between microphones. Only use a black approved earpiece. The former grey earpieces must no longer be used. Keep your earpiece away from all microphones at all times. When you are not using your earpiece, place it face down, on the sticker placed on the table for this purpose. Thank you all for your cooperation.
Dans la mesure du possible, veillez à vous asseoir de manière à augmenter la distance entre les microphones. N’utilisez qu’une oreillette noire homologuée; les anciennes oreillettes grises ne doivent plus être utilisées. Tenez votre oreillette éloignée de tous les microphones à tout moment. Lorsque vous n’utilisez pas votre oreillette, placez-la, face vers le bas, sur l’autocollant placé sur la table à cet effet. Merci à tous de votre coopération. Now, I wish to invite committee members participating in today’s meeting to introduce themselves, starting on my left.
J’aimerais maintenant inviter les membres du comité présents aujourd’hui à se présenter, en commençant par ma gauche. Senator Poirier: Rose-May Poirier from New Brunswick. La sénatrice Poirier : Rose-May Poirier, du Nouveau- Brunswick. Senator Mégie: Marie-Françoise Mégie from Quebec. La sénatrice Mégie : Marie-Françoise Mégie, du Québec. Senator Moncion: Lucie Moncion from Ontario. La sénatrice Moncion : Lucie Moncion, de l’Ontario. The Chair: Thank you and I wish to welcome all of you and viewers across the country who may be watching.
Le président : Merci et bienvenue, chers collègues, ainsi qu’aux téléspectateurs de tout le pays qui nous regardent. I would like to point out that I am taking
part in this meeting from within the unceded traditional territory of the Algonquin Anishinaabe nation. Je tiens à souligner que les terres à partir desquelles je vous parle font
partie du territoire traditionnel non cédé du peuple algonquin anishinabe. Tonight, we continue our study on minority-language health services by welcoming organizations able to address the theme of vulnerable communities, one of the seven themes of our study. Ce soir, nous poursuivons notre étude sur les services de santé dans la langue de la minorité, en recevant des organismes en mesure de traiter du thème des communautés vulnérables, un des sept thèmes de notre étude. 3-6-2024 Langues officielles 50:1
For our first panel, we welcome in person Catherine St‑Hilaire, assistant coordinator at the Francophone Immigration Support Network of Eastern Ontario. Welcome, Ms. St-Hilaire. Pour notre premier groupe de témoins, nous accueillons en présentiel Mme Catherine St-Hilaire, gestionnaire adjointe au Réseau de soutien à l’immigration francophone pour l’Est de l’Ontario. Bienvenue, madame St-Hilaire. We also welcome our witness joining us by video conference, Salwa Meddri, manager at the Réseau en immigration francophone du Manitoba. Welcome, Ms. Meddri.
Nous accueillons aussi, par vidéoconférence, Mme Salwa Meddri, gestionnaire au Réseau en immigration francophone du Manitoba. Bienvenue, madame Meddri. Good evening to both of you and thank you for accepting our invitation. We will now hear each of your opening remarks. They will be followed by questions from the senators. Bonsoir à vous deux et merci d’avoir accepté notre invitation. Nous sommes prêts à entendre vos remarques liminaires, qui seront suivies d’une période de questions des sénateurs et sénatrices.
Catherine St-Hilaire, Assistant Coordinator, Francophone Immigration Support Network of Eastern Ontario: Thank you. My name is Catherine St-Hilaire and I am assistant coordinator at the Francophone Immigration Support Network of Eastern Ontario. Catherine St-Hilaire, gestionnaire adjointe, Réseau de soutien à l’immigration francophone pour l’Est de l’Ontario : Merci. Je m’appelle Catherine St-Hilaire et je suis gestionnaire adjointe au Réseau de soutien à l’immigration francophone pour l’Est de l’Ontario.
Honourable senators, members of the Standing Senate Committee on Official Languages, thank you for this opportunity to address you as part of this study on minority-language health services. Honorables sénateurs et sénatrices, membres du Comité sénatorial permanent des langues officielles, merci de m’offrir cette occasion de vous adresser la parole dans le cadre de cette étude sur les services de santé dans la langue de la minorité. I would first like to thank you for inviting the Francophone Immigration Support Network of Eastern Ontario to testify as part of your study.
The Francophone Immigration Support Network of Eastern Ontario — hereinafter referred to as the network — is an Immigration, Refugees and Citizenship Canada program that’s been coordinated by the Economic and Social Council of Ottawa-Carleton since 2007.
Through consultation, planning and promotion of immigration partnerships and initiatives with regional stakeholders in various areas of eastern Ontario, the network aims to foster the successful attraction, welcoming, settlement and socio-economic integration of francophone newcomers throughout eastern Ontario, from Kingston to Hawkesbury and Ottawa to Cornwall, up to the Quebec border. J’aimerais d’abord vous remercier d’avoir invité le Réseau de soutien à l’immigration francophone de l’Est de l’Ontario à venir témoigner dans le cadre de votre étude.
Le Réseau de soutien à l’immigration francophone de l’Est de l’Ontario — ci-après nommé le réseau — est un programme d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, coordonné par le Conseil économique et social d’Ottawa-Carleton (CESOC) depuis 2007.
Par la concertation, la planification et la promotion de partenariats et d’initiatives en immigration avec les acteurs régionaux de différents secteurs de l’Est de l’Ontario, le réseau vise à favoriser l’attraction, l’accueil, l’établissement et l’intégration socioéconomique réussis des nouveaux arrivants et nouvelles arrivantes francophones sur tout le territoire de l’Est de l’Ontario, soit de Kingston à Hawkesbury, en passant par Ottawa et Cornwall, jusqu’à la frontière du Québec.
In January 2023, the network created a health component with a “francophone immigration” lens in its secretariat, with a resource person dedicated to its coordination. This person is responsible for reaching out to health stakeholders in eastern Ontario who work closely or remotely with francophone immigrants to bring them on board the health sector working group so that they can highlight challenges, successes, needs and actions to be implemented within the sector.
Depuis janvier 2023, le réseau a créé un volet santé avec une lentille « immigration francophone » à l’intérieur de son secrétariat, avec une personne-ressource consacrée à sa coordination. Cette personne est responsable de rejoindre les parties prenantes en santé de l’Est de l’Ontario qui travaillent de près ou de loin avec l’immigration francophone pour les réunir à une table, le Groupe de travail sectoriel en santé, afin de faire ressortir les défis, les succès, les besoins et les actions à mettre en place au sein du secteur. The working group now has over 40 members, and it keeps growing.
For the first stage, they were asked to respond to a study devoted to drawing up a
summary report on the overall health services — physical, psychosocial and mental — available to francophone immigrants in eastern Ontario. Il y a maintenant plus de 40 membres, et cela continue d’augmenter. Pour la première étape, on leur a demandé de répondre à une étude dont le mandat est de dresser un état des lieux
sommaire sur les services offerts en santé globale — physique, psychosociale et mentale — aux personnes immigrantes francophones dans l’Est de l’Ontario. 50:2 Official Languages 3-6-2024
Thanks to that status report and the comments that emerged from the various discussions with our partners over the past few years, here are some of the findings and suggestions we’d like to share with you. Grâce à cet état des lieux et aux commentaires qui sont ressortis des différentes discussions avec nos partenaires au cours des dernières années, voici quelques constatations et suggestions que nous vous faisons.
The topic that came up repeatedly — and, in our view, the Canadian government should play a leadership role in this area — is the need to identify a person’s language preference on the health card, in our case in Ontario, to ensure that they are served in French or given the choice, where possible.
Le sujet qui a été abordé à maintes reprises — et, selon nous, le gouvernement canadien devrait jouer un rôle de leadership dans ce volet —, c’est la nécessité d’identifier la langue parlée de la personne sur la carte santé, dans notre cas en Ontario, pour s’assurer de servir la personne en français ou lui en donner le choix, lorsque c’est possible. People could make this choice beforehand, and when immigrants arrive in Canada, they would choose their language of immigration, French or English.
It would be very simple to add this to their card or file, so that they can obtain services in French when they are available. It would make things easier, especially since the language question isn’t always asked at the reception desk. Les personnes pourraient faire ce choix au préalable, et pour ce qui est du cas des personnes dans le cadre de l’immigration, lorsque ces dernières arrivent au Canada, elles choisiraient leur langue d’immigration, que ce soit le français ou l’anglais.
Ce serait donc très simple d’ajouter cette mention sur leur carte ou dans leur dossier afin qu’elles obtiennent des services en français lorsqu’ils sont disponibles. Cela faciliterait la situation, surtout parce que la question de la langue n’est pas toujours posée à l’accueil. In addition, it would be an excellent way for Health Canada to obtain data on francophone patients and gather statistics with which to make progress on other work points. It would also help newcomers understand that there are French-language health services in our regions and that they have the right to request them.
De plus, ce serait un excellent moyen pour Santé Canada d’obtenir des données sur les clients francophones et d’avoir des statistiques avec lesquelles on pourrait progresser sur d’autres points de travail. Cela aiderait aussi les nouveaux arrivants à comprendre qu’il y a des services de santé en français dans nos régions et qu’ils ont le droit de les demander. On the issue of the population in general, people are aging and they need health services more and more. This is a reality we need to keep in mind, while also taking into account the shortage of health care workers; the two realities intersect.
Sur la question de la population en général, la population vieillit et elle a de plus en plus besoin de services de santé. C’est une réalité qu’il faut garder en tête, tout en tenant compte de la pénurie de main-d’œuvre dans le domaine de la santé; ce sont deux réalités qui se croisent. Francophones working in health care are also aging.
That’s why it’s important, from an “immigrant lens” perspective, to address the issue of recognition of prior learning and diplomas, to enable foreign-born and trained health care professionals to offer services in French, to serve the people in French and to offer culturally adapted services, therefore with added cultural competence, thanks to the fact that they also come from different cultures. Les ressources humaines francophones dans le domaine de la santé vieillissent aussi.
C’est pourquoi il est important, au point de vue de la « lentille immigrante », d’aborder la problématique de la reconnaissance des acquis et des diplômes, afin de permettre aux professionnels de la santé nés et formés à l’étranger d’offrir des services en français, de servir la population en français et d’offrir des services culturellement adaptés, donc avec une compétence culturelle ajoutée, grâce au fait que ces derniers sont issus également de différentes cultures. We also need to make working in health care in French more attractive so that young people decide to study in the field.
Once again, it’s important to have examples and models from immigrant backgrounds and cultures who are practising health care professionals; this is vital for young people from immigrant backgrounds. It enables them to see themselves in the future as doctors, pharmacists, surgeons, nurses and so on. So having someone who looks like them helps them project themselves into the future and become an integral part of our francophone health services in this country. Il faut aussi rendre attrayant le domaine de la santé en français pour que les jeunes décident de faire leurs études dans ce domaine.
Encore une fois, il est important d’avoir des exemples et des modèles de personnes issues de l’immigration et de différentes cultures qui sont des professionnels qui pratiquent en santé; c’est primordial pour ces jeunes issus de l’immigration. Cela leur permet de se voir dans l’avenir comme un médecin, un pharmacien, un chirurgien, un infirmier, etc. Donc, avoir quelqu’un qui leur ressemble les aide à se projeter dans l’avenir et à faire
partie intégrante de nos services de santé francophones au pays. 3-6-2024 Langues officielles 50:3
We also need to encourage physicians and health care professionals to go outside the major urban centres. The network has a mandate to regionalize immigration to help our small francophone communities maintain their vitality; however, if essential services such as early childhood services, but especially French-language health services, are not available in those regions, it’s very hard for us to fulfill that mandate. Il faut aussi inciter les médecins et les professionnels de la santé à aller hors des grands centres urbains.
Le réseau a le mandat de régionaliser l’immigration pour aider nos petites communautés francophones à garder leur vitalité; toutefois, si les services essentiels comme les services à petite enfance, mais surtout les services de santé en français, ne sont pas disponibles dans ces régions, il est très difficile pour nous de remplir ce mandat. Finally, I’d also like you to focus your thinking on the needs for mental health services in French across Canada, and of course in eastern Ontario.
It’s important to have prevention services, awareness services — to counter taboos — an understanding of well-being and more formal mental health services. It’s essential that the services be offered in French, culturally adapted and respectful of the journey the person has just been through, whether they are an economic immigrant arriving before their family, who will join them in the months or years to come, a refugee from a war or conflict zone who is in a crisis situation due to their family being displaced or a lack of housing, or another of many more situations.
We could go on and on about the mental health situation. If you have any questions, I’d be happy to answer them. Finalement, j’aimerais aussi orienter votre réflexion sur les besoins en santé mentale en français partout au Canada, et bien sûr dans l’Est de l’Ontario. Il est important d’avoir des services de prévention, de sensibilisation — pour contrer les tabous —, de compréhension du bien-être et des services plus formels en santé mentale.
Il est essentiel que ces services soient offerts en français, culturellement adaptés et respectueux du cheminement que la personne vient de vivre, que ce soit une personne immigrante économique, arrivée avant sa famille qui viendra la rejoindre dans les mois ou les années à venir, une personne réfugiée provenant d’une zone de guerre ou de conflit, qui est en situation de crise face au déplacement de sa famille ou en raison du manque de logement, et bien plus. On pourrait parler très longtemps de la situation de la santé mentale. Si vous avez des questions, je serai heureuse d’y répondre.
Thank you for your attention and I hope my talking points resonate with you this evening. Je vous remercie de votre attention et j’espère que mes points de discussion résonnent chez vous ce soir. Salwa Meddri, Manager, Réseau en immigration francophone du Manitoba: Members of the Standing Senate Committee on Official Languages, thank you for inviting me to appear tonight. Salwa Meddri, gestionnaire, Réseau en immigration francophone du Manitoba : Mesdames et messieurs les membres du Comité sénatorial permanent des langues officielles, je vous remercie de m’avoir invitée à comparaître aujourd’hui.
My name is Salwa Meddri, and I’m the manager of the Réseau en immigration francophone du Manitoba. Je m’appelle Salwa Meddri, gestionnaire au Réseau en immigration francophone du Manitoba. One of our network’s mandates is to work with various organizations, institutions and levels of government to improve the francophone pathway for people from immigrant backgrounds. This pathway, which focuses on settlement services, is inexorably linked to health care.
Notre réseau, en collaboration avec divers organismes, institutions et ordres de gouvernement, a notamment pour mandat d’améliorer le parcours francophone des personnes issues de l’immigration. Ce parcours, qui se concentre sur les services d’établissement, est indissociable de l’accès aux soins de santé. As you already know, the issues identified in your study are interrelated.
However, I’m going to focus on a few of them, namely the inclusion of language clauses in federal health transfers; the shortage of health care professionals in institutions that provide services to official language minority communities; and finally, the needs of francophone post-secondary institutions outside Quebec. Vous le savez déjà, les enjeux identifiés dans le cadre de votre étude sont interreliés.
Cependant, je vais me concentrer sur quelques-uns d’entre eux, notamment l’inclusion de clauses linguistiques dans les transferts fédéraux en matière de santé; la pénurie de professionnels de la santé dans les établissements qui offrent des services auprès des communautés de langue officielle en situation minoritaire; finalement, les besoins des établissements postsecondaires francophones à l’extérieur du Québec. As for including language clauses in federal health transfers, designating certain sites as bilingual is a good start. However, this initiative must be reinforced with other measures.
Pour ce qui est de l’inclusion de clauses linguistiques dans les transferts fédéraux en matière de santé, la désignation bilingue de certains sites représente un bon début. Cependant, il est 50:4 Official Languages 3-6-2024
essentiel de renforcer cette initiative en adoptant d’autres mesures. The “by the community, for the community” approach often takes a backseat when budgets are being allocated in the provinces and territories. Souvent, l’approche « par et pour » est reléguée au second plan lors de l’allocation des budgets dans les provinces et les territoires. It’s therefore crucial to encourage active supply and to equip ourselves with what we need to achieve that.
For example, this could include a language proficiency test to assess the language skills of health care staff in health care establishments and get an accurate picture of the situation. Language performance indicators could also be put in place to evaluate and monitor the delivery of health services in both official languages. This would help to ensure that services are indeed offered equitably and efficiently. Il est donc crucial de favoriser l’offre active et de se doter des moyens nécessaires pour y parvenir.
Cela pourrait inclure, par exemple, un examen de compétences linguistiques qui permettrait d’évaluer les compétences linguistiques du personnel soignant dans les établissements de santé pour obtenir un portrait précis de la situation. On pourrait aussi mettre en place des indicateurs de performance linguistique pour évaluer et surveiller la prestation de services de santé dans les deux langues officielles. Cela permettrait de s’assurer que les services sont effectivement offerts de manière équitable et efficace.
With respect to the shortage of health care professionals in establishments providing services to official language minority communities, it’s important to point out a few key elements. I’ll use Manitoba as an example and benchmark. When we look at the workforce forecast in Manitoba up to 2026, among the sectors that will be in short supply, the health sector will have a rate of 69%. Among the 10 professions most affected by the shortages are nurse practitioners and psychiatric nurses, to name but a few. Nurses are number three on the list.
Concernant la pénurie de professionnels de la santé dans les établissements assurant des services auprès des communautés de langue officielle en situation minoritaire, il est important de souligner quelques éléments clés. Je prends le Manitoba comme exemple et comme point de repère. Quand on regarde les prévisions relatives à la main-d’œuvre au Manitoba d’ici 2026, parmi les secteurs qui seront en pénurie, le secteur de la santé aura un taux de 69 %. Parmi les 10 professions les plus touchées par ces pénuries, il y a les infirmières praticiennes et infirmières en psychiatrie, et j’en passe.
Les infirmières se trouvent en troisième position. When it comes to vacant positions designated as bilingual, as part of a pilot project conducted in Manitoba in 2021, 52% of clinical positions within the Winnipeg Regional Health Authority, or WRHA, were found to be vacant or under-filled. It should be noted that clinical positions include nurses, mental health workers and social workers.
Pour les vacances dans les postes désignés bilingues, dans le cadre d’un projet pilote mené au Manitoba en 2021, il est ressorti de cela que les postes cliniques vacants ou sous-occupés représentaient 52 % des postes au sein de l’Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW). Il faut noter que les postes cliniques regroupent les infirmières, les travailleurs en santé mentale et les travailleurs sociaux. That brings us to the needs of francophone post-secondary institutions outside Quebec.
Francophone post-secondary institutions outside Quebec face specific challenges in recruiting, training and supporting future graduates in health disciplines — and by that I mean people from francophone immigrant backgrounds. Those challenges include very demanding language admission criteria. Cela nous amène aux besoins des établissements postsecondaires francophones à l’extérieur du Québec.
Les établissements postsecondaires francophones à l’extérieur du Québec font face à des défis particuliers en matière de recrutement, de formation et d’accompagnement des futurs diplômés des disciplines de la santé — et des personnes issues de l’immigration francophone, j’entends. Ces défis incluent notamment des critères d’admission linguistiques qui sont, en effet, très élevés. Strict language criteria often exclude potential students before they even have a chance to enrol; barriers also exist for access to nursing tests and for those who decide to take the plunge.
I always use the National Nursing Assessment Service, or NNAS, and the requirements of the colleges in the various provinces and territories as an example, so there are major issues and obstacles to overcoming this barrier. Les critères stricts sur le plan linguistique excluent souvent des étudiants potentiels avant même qu’ils aient la possibilité de s’inscrire; il faut y ajouter des barrières d’accès aux tests du personnel infirmier et pour les personnes qui décident de franchir le pas.
Je prends toujours en exemple le Service national d’évaluation infirmière (SNEI) et les exigences des collèges des différentes provinces et des territoires; il y a donc des enjeux et des obstacles majeurs pour dépasser cette barrière. 3-6-2024 Langues officielles 50:5
On the other hand, some potential solutions could be considered; in particular, barriers could be eliminated by simplifying and standardizing procedures for foreign-trained health care professionals to facilitate their integration into the Canadian health care system. Quelques pistes de solutions pourraient en revanche être considérées; on pourrait notamment éliminer les barrières en simplifiant et uniformisant les démarches pour les professionnels de la santé formés à l’étranger afin de faciliter leur intégration dans le système de santé canadien.
We could also develop partnerships with foreign countries to offer training that would be recognized right away in Canada, instead of making people start the process over again once they arrive in the country. On pourrait également développer des partenariats avec des pays étrangers pour offrir des formations qui seraient reconnues d’emblée au Canada, au lieu d’avoir à recommencer éternellement ce processus une fois qu’on arrive au pays. We could also offer incentives for francophone employers.
There are francophone employers outside health care establishments, because some private sector organizations are potential employers and they recruit this skilled workforce. On pourrait offrir des incitatifs pour les employeurs francophones. En effet, les employeurs francophones ne sont pas uniquement dans les établissements de santé, car certains organismes du secteur privé sont des employeurs potentiels et ils recrutent cette main-d’œuvre qualifiée. Providing incentives to recruit qualified francophone staff and supporting employers through these steps could therefore be another avenue to consider. As Ms.
St-Hilaire also mentioned, cultural competency training is certainly another challenge that needs to be tackled in parallel, to support current and future health care providers. Offrir des incitatifs pour le recrutement de personnel francophone qualifié et accompagner les employeurs dans ces démarches pourrait donc être une autre piste à considérer. Comme l’a aussi mentionné Mme St-Hilaire, la formation en compétences culturelles est assurément un autre défi auquel il faut s’attaquer en parallèle, et ce, afin d’accompagner les prestataires de soins de santé actuels et en devenir.
To achieve this, cultural competency training should be made mandatory for health care professionals to help them explore their values and attitudes towards their patients’ cultures. This would promote more effective communication and reduce the uncertainty and misunderstanding that sometimes lead to clichés and stereotypes. Pour cela, il faudrait rendre obligatoire la formation en compétences culturelles pour les professionnels de la santé, afin de les aider à explorer leurs valeurs et attitudes envers la culture de leurs patients.
Cela favoriserait une communication plus efficace et permettrait de réduire l’incertitude et l’incompréhension qui mènent parfois à des clichés et à des stéréotypes. As you can see, the immigrant population plays a dual role: It can contribute as a skilled workforce to the health care provided to the general population, but it’s also a beneficiary as a vulnerable community.
Vous l’aurez compris, la population immigrante joue un double rôle : elle peut contribuer en tant que main-d’œuvre qualifiée aux soins de santé offerts à la population générale, mais elle en est également bénéficiaire en tant que population vulnérable. Thank you for your attention, and I remain available to you for any further questions or discussions. Je vous remercie de votre attention et je suis à votre disposition pour toute question ou discussion supplémentaire. The Chair: We will now go to questions. Le président : Nous allons passer à la période des questions.
Esteemed colleagues, being mindful of the time available to us, I propose that five minutes be given to each person for an initial round, including the question and answer. Chers collègues, conscient du temps qui est à notre disposition, je propose que cinq minutes soient accordées à chacun pour un premier tour de table, y compris la question et la réponse. I’ll start with Senator Mégie; the floor is yours. Je vais commencer par la sénatrice Mégie; la parole est à vous. Senator Mégie: I’d like to thank our witnesses for being with us. La sénatrice Mégie : Merci à nos témoins d’être parmi nous. Ms.
St-Hilaire, you’ve proposed some very good solutions, but I’m not sure how the federal government could get organized to move all those issues forward. Madame St-Hilaire, vous avez proposé de très bonnes solutions, mais je ne vois pas trop comment le gouvernement fédéral pourrait s’organiser pour faire avancer tous ces dossiers. 50:6 Official Languages 3-6-2024
I have another subquestion. Regarding someone’s preferred language being indicated on the health card, it seems to me that other witnesses have told us at other meetings that people were reluctant to identify themselves as francophones so as not to have the mental burden of being responsible for speaking French in their clinic. J’ai une autre sous-question.
Dans la langue parlée de la personne qui serait indiquée sur la carte santé, il me semble que d’autres témoins nous ont dit, lors d’autres réunions, que les gens hésitaient à s’identifier comme francophones pour ne pas avoir la lourdeur mentale d’être responsables de parler en français dans leur clinique. Since it’s not really the role of the government, is there another way or are there other incentives that community organizations or others could work on?
Comme ce n’est pas vraiment le rôle d’un gouvernement, y a- t-il une autre façon ou d’autres mesures incitatives sur lesquelles les organismes communautaires ou d’autres pourraient travailler? Ms. St-Hilaire: You mean there are patients who feel uncomfortable having — Mme St-Hilaire : Vous voulez dire qu’il y a des clients qui se sentent mal à l’aise d’avoir... Senator Mégie: No, not patients, health care professionals they are trying to identify as francophones to ensure distribution in the communities. That would show who is receiving services in French. However, they are reluctant to identify as francophones.
La sénatrice Mégie : Non, pas des clients, des professionnels de la santé qu’on essaie d’identifier comme francophones pour assurer une répartition dans les milieux. Cela permettrait de savoir à qui on offre des services en français. Cependant, ils hésitent à s’identifier comme francophones. Ms. St-Hilaire: First, that proves that being a francophone in an English-speaking environment often leads to loneliness, because you find yourself being asked to meet every need for service in French, which is often very cumbersome; I get that.
Mme St-Hilaire : Premièrement, cela prouve qu’être francophone dans un milieu anglophone crée souvent de la solitude, parce qu’on se retrouve à être sollicité pour répondre à tous les besoins de service en français, ce qui est souvent très lourd; je peux comprendre. It also shows that we need more people working in health care who can speak French and serve patients. Cela montre aussi qu’on a besoin de plus de personnes travaillant dans le domaine de la santé qui peuvent parler français et servir les patients.
In immigration agencies, when people start working they often ask them what languages they can work in, because sometimes they welcome people from abroad who have chosen French as their language of immigration but would be more comfortable in Arabic, Spanish or other languages.
Dans les organismes d’immigration, on demande souvent aux gens, quand ils commencent à travailler, quelles sont les langues dans lesquelles ils peuvent travailler, parce que cela arrive de recevoir des gens qui viennent de l’étranger, qui ont choisi le français comme langue d’immigration, mais qui seraient plus à l’aise en arabe, en espagnol ou dans d’autres langues. That comes naturally to us in the community sector; so I think it would be worthwhile if everyone in health care could be identified based on the languages they can speak.
C’est quelque chose qu’on fait naturellement dans le domaine communautaire; je crois donc qu’il serait intéressant que tout le monde dans le domaine de la santé puisse être identifié selon les langues qu’ils savent parler. If there’s a heavy workload in terms of serving everyone who requires care in French, in my opinion, that’s an opportunity, not a problem situation. They should take advantage of that to get more members who speak French, instead of simply saying that it shouldn’t be indicated — if I understood your question correctly.
S’il y a une lourdeur de travail pour ce qui est de servir toute la population qui demande des soins en français, à mon avis, c’est une notion de possibilité plutôt qu’une situation problématique. On devrait profiter de cette occasion pour avoir plus de membres qui parlent français, au lieu de dire qu’on ne devrait tout simplement pas l’indiquer — si j’ai bien compris votre question. Senator Mégie: Witnesses told us so. La sénatrice Mégie : Ce sont des témoins qui nous l’ont dit. Ms. St-Hilaire: That’s fine; I get that. Mme St-Hilaire : C’est très bien; je peux comprendre. Senator Mégie: I have another question.
La sénatrice Mégie : J’ai une autre question. 3-6-2024 Langues officielles 50:7
Making things attractive once again falls on the community sector; governments don’t do it. However, isn’t the incentive to move to the regions a provincial government responsibility, not a federal one? How is that done in Ontario? Créer l’attrait en tant que modèles, c’est encore une fois communautaire; cela ne vient pas des gouvernements. Cependant, l’incitatif d’aller en région, est-ce que cela ne vient pas du gouvernement provincial plutôt que du gouvernement fédéral? En Ontario, comment cela se passe-t-il? Ms. St-Hilaire: It can be the provincial government, yes.
Technically, health care is a provincial jurisdiction. Mme St-Hilaire : Oui, effectivement, cela peut être le gouvernement provincial. Techniquement, la santé est de compétence provinciale. In my opinion, to a certain extent, making a community attractive is also about promoting Canada as such, promoting French abroad and promoting our communities abroad; it’s a way to attract talent from our regions and abroad.
À mon avis, jusqu’à un certain point, créer une communauté attrayante, c’est aussi promouvoir le Canada en tant que tel, promouvoir le français à l’étranger et promouvoir nos communautés à l’étranger; c’est une manière d’attirer des talents dans nos régions et à l’extérieur. Again, if those individuals are selected for their skills, experience and diplomas, and we don’t necessarily recognize them, they have to start all over again so sometimes they have to choose a location where it is easier.
Encore une fois, si ces personnes sont sélectionnées pour des compétences, des acquis et des diplômes, mais que ceux-ci ne sont pas nécessairement reconnus, tout est à recommencer, alors elles doivent parfois choisir un endroit où c’est plus facile. If we make it easier to have diplomas and prior learning recognized, then we can promote outside the major urban centres.
Obviously, if they come here knowing they are going to have to go back to school or do something else, they’re going to move closer to the places that have post-secondary institutions — usually the larger urban centres — so they are going to move there as a family and stay put. Si on facilite la reconnaissance des diplômes et des acquis, ensuite on peut faire de la promotion à l’extérieur des grands centres.
Évidemment, s’ils arrivent ici en sachant qu’ils devront refaire des études ou faire autre chose, ils vont se rapprocher des endroits qui comptent des institutions postsecondaires — habituellement les plus grands centres urbains — et ils vont donc s’y installer en famille et y rester. Senator Mégie: Actually, we’ve heard from other witnesses that when someone immigrates to Canada, even though they are told they will be part of the francophone community, that they will be welcomed and all of that, apparently the forms they have to fill out and the exams they have to take are all in English.
What do you think of that? La sénatrice Mégie : Justement, d’autres témoins nous ont dit que quand quelqu’un immigre au Canada, même si on dit à cette personne qu’elle fera
partie de la communauté francophone, qu’il y aura un accueil et tout cela, apparemment les formulaires qu’ils doivent remplir et les examens qu’ils doivent passer sont tous en anglais. Quelle est votre opinion là-dessus? The Chair: Ms. Meddri, would you like to respond? Le président : Madame Meddri, voulez-vous répondre? Ms. Meddri: Certainly. This refers back to an example I gave earlier of the outright exclusion of francophone candidates in the health care sector. Again, if I take the example of foreign-trained nurses, they’re required to pass two levels of testing.
The first is at the federal level and it’s administered in both official languages, French and English. Hold on to your hats: That test is administered by an entity in the United States. It’s even paid for in U.S. dollars. The second test is administered by the colleges that govern the provincial or territorial accreditation standards. It’s administered by these colleges under provincial or territorial jurisdiction and it’s subject to their discretion, willingness and ability to offer the test in both languages. Mme Meddri : Certainement.
Cela fait référence à un exemple que j’ai donné plus tôt de l’exclusion d’emblée des candidats d’expression française dans le secteur de la santé. Si je prends encore l’exemple du personnel infirmier formé à l’étranger, il y a deux niveaux de tests qu’il faut passer. Le premier est à l’échelle fédérale et est administré dans les deux langues officielles, le français et l’anglais. Tenez-vous bien : ce test est offert par une entité aux États-Unis. Il est même payé en dollars américains. Le deuxième test se fait du côté des collèges qui régissent la norme d’accréditation provinciale ou territoriale.
Il est administré par ces collèges de compétence provinciale ou territoriale et il est sujet à la discrétion, la volonté et la capacité de ces derniers à offrir le test dans les deux langues. That said, the language issue keeps coming up because the people we spoke to told us they weren’t able to pass that language challenge. Even the technical vocabulary hadn’t been translated for the tests offered in French.
The translation was not adequate enough to allow the individual taking the test to Cela dit, le côté linguistique revient toujours, parce que les personnes avec lesquelles nous avons parlé nous ont dit qu’elles n’ont pas été en mesure de franchir ce cap du défi langagier. Même le vocabulaire technique n’a pas été traduit, même pour les tests offerts en français. La traduction n’a pas été faite de 50:8 Official Languages 3-6-2024
complete it in the official language of their choice. That’s one thing that’s been shared with us. façon adéquate de façon à permettre à la personne qui fait le test de le compléter dans la langue officielle de son choix. Cela fait
partie des éléments qui ont été partagés avec nous. Senator Mégie: Do you think a government entity could do something about that? La sénatrice Mégie : Pensez-vous qu’une instance gouvernementale pourrait agir là-dessus? Ms. Meddri: The point is precisely to standardize the approach in terms of testing. For example, if you were to take things upstream and think outside the box, if I can put it that way, it would be worthwhile to have agreements with international colleges to offer programs that meet Canadian standards. That way, the compliance criteria would already be eliminated.
As a result, the same program administered here in Canada would be administered abroad. This would help people pass the tests, obtain the same qualifications and be assessed based on the same criteria as candidates here in Canada. Mme Meddri : Il s’agit justement d’uniformiser cette démarche sur le plan des tests. Par exemple, si on prenait les choses en amont et si on réfléchissait à l’extérieur des normes, si je peux me permettre l’expression, ce serait intéressant d’avoir des ententes avec des collèges à l’échelle internationale pour offrir des programmes répondant aux normes canadiennes.
Comme cela, les critères de conformité seraient déjà éliminés. De ce fait, le même programme administré ici au Canada serait administré outre-mer. Cela aiderait les personnes à passer les tests, à avoir les mêmes qualifications et à être évaluées conformément aux mêmes critères que les candidats ici au Canada. At the same time, we can all agree that in a minority context, especially for francophones, English is a necessary evil. When I talk about providing support measures, I’m referring to support for employers.
They could provide incentives, such as on-the-job English learning opportunities and mentoring and coaching programs, so that people can practise English on the job, learn on the job and, of course, be functional and operational. En parallèle, on s’entend pour dire que, dans un contexte minoritaire, surtout pour les personnes d’expression française, l’anglais est un mal nécessaire. Quant à l’offre de mesures d’accompagnement, je fais référence à l’accompagnement des employeurs.
Ils pourraient offrir des mesures incitatives, comme des possibilités d’apprentissage de l’anglais sur le lieu de travail et des programmes de mentorat et d’accompagnement, pour que les personnes puissent pratiquer l’anglais sur le terrain, apprendre sur le tas et, bien entendu, être fonctionnelles et opérationnelles. We’re not forgetting that there are also employers with fully French-speaking sites; however, to obtain the certifications and license to practise the trade, you need to have an English‑speaking qualification.
We need to start looking at employers who are 100% French-speaking, and explore that potential so as to build and capitalize on it, in order to offer and extend that pilot project or initiative to other stakeholders and other employers, and by extension to other sectors. On n’oublie pas qu’il y a également des employeurs qui ont des sites complètement francophones, mais pour obtenir les certificats et le brevet pour exercer le métier, il faut avoir une qualification anglophone.
Il faut commencer à considérer les employeurs qui sont 100 % francophones et explorer ce potentiel pour bâtir et capitaliser là-dessus afin d’offrir et élargir ce projet pilote ou cette initiative à d’autres intervenants et d’autres employeurs et par ricochet à d’autres milieux. Senator Mégie: Thank you both very much. La sénatrice Mégie : Merci beaucoup à vous deux. Senator Poirier: Thank you to both witnesses for being with us. You’ve mentioned many of the things we’ve heard from other witnesses, such as workforce challenges and shortages in various health care positions.
You also made suggestions for improving credential recognition for French-speaking foreign professionals in minority or bilingual communities. La sénatrice Poirier : Merci aux deux témoins d’être parmi nous. Vous avez parlé de plusieurs choses que nous avons entendues de la part d’autres témoins, comme les défis entourant la main-d’œuvre et la pénurie dans différents postes du domaine de la santé. Vous avez également fait des suggestions pour améliorer la reconnaissance des titres de compétence des étrangers professionnels francophones dans des situations minoritaires ou bilingues.
I’m going to ask my question from a different angle. There’s been a lot of talk about the labour and skills shortage, and what we can do to change it, but my question is more about immigrants coming into the country. Can you share with us the main challenges immigrants face in francophone minority communities in Manitoba and Ontario? When they arrive in Je vais poser ma question sous un autre angle. On a beaucoup parlé de cette pénurie de main-d’œuvre et des compétences, et de ce qu’on peut faire pour changer cela, mais ma question touche plutôt les immigrants qui arrivent au pays.
Au Manitoba et en Ontario, pouvez-vous partager avec nous les principaux défis auxquels les immigrants font face dans les communautés 3-6-2024 Langues officielles 50:9
these communities, what do they experience? We know there’s a labour shortage, but what are the other challenges? I’d like to hear from both witnesses. francophones en situation minoritaire? Lorsqu’ils arrivent dans ces communautés, que vivent-ils? On sait qu’il y a un manque de main-d’œuvre, mais quels sont les autres défis? J’aimerais entendre les deux témoins là-dessus. Ms. St-Hilaire: You’re talking about the health challenges facing francophone newcomers to our communities. Like everywhere else, we usually bring them in as economic immigrants or as entire families. The goal is to have a generation with us.
They arrive with their families, and they’re often looking for a family doctor. They come with young children or elderly parents. Mme St-Hilaire : Vous parlez des défis sur le plan de la santé pour les nouveaux arrivants francophones dans nos communautés. Comme partout ailleurs, on les fait habituellement venir soit avec un mandat économique ou avec une famille complète. Le but est d’avoir une génération avec nous. Ils arrivent ici en famille et ils sont souvent à la recherche d’un médecin de famille. Ils arrivent avec des enfants en bas âge ou avec des parents âgés.
Understanding the country’s health system starts with the family doctor; then there are professionals or specialists. The family doctor is the direct entry point to health professionals. Then, of course, there’s everything relating to mental health needs. There are new programs we want to put in place — or at least are trying to — such as working with settlement organizations to refer people to mental health services when needed. Afin de comprendre le service de santé du pays, le départ, c’est le médecin de famille; ensuite, il y a les professionnels ou les spécialistes.
L’entrée directe auprès des professionnels de la santé, c’est le médecin de famille. Ensuite, il y a bien sûr tout ce qui touche les demandes en matière de santé mentale. Il y a de nouveaux programmes qu’on veut mettre en place — ou du moins qu’on essaie de mettre en place —, comme des collaborations avec des organismes d’établissement afin de référer les gens à des services de santé mentale au besoin. These people have basic training in mental health first aid, but as soon as the situation becomes more complicated, we need to refer them to professionals. Newcomers arrive with a wide range of experiences.
As we were saying earlier, it could be trauma that happened in their home country or trauma due to moving with their family to a new place where there might not be any affordable housing. Perhaps they don’t know where to find work, whether they can study or whether their education will be recognized. It’s a stressful situation that can affect anyone. Ces personnes ont une formation de base pour les premiers soins de santé mentale, mais dès que la situation est plus compliquée, il faut les orienter vers des professionnels. Ces gens arrivent avec toutes sortes d’histoires.
Comme on le disait plus tôt, cela peut être un traumatisme qui s’est produit dans leur pays d’origine ou un traumatisme attribuable au déplacement avec leur famille dans un nouvel endroit où il peut ne pas y avoir de logement abordable. Peut-être qu’ils ne savent pas où trouver du travail, s’ils peuvent étudier ou si leurs études sont reconnues. C’est une situation de stress qui peut affecter tout le monde. That’s what mental health needs are all about. If we think about other health needs, I know we’ve talked about some physical health needs, but there’s also everything from nutrition to violence against women.
Voilà ce qui touche les besoins en santé mentale. Si nous pensons à d’autres besoins en santé, je sais que nous avons parlé de certains besoins de santé physique, mais il y a aussi tout ce qui touche l’alimentation ou la violence faite aux femmes. All those families arrive with similar needs, if we’re talking about the general immigrant population, but it’s a different kettle of fish when we’re dealing with refugees. This is the only immigration class that can arrive in Canada with major health needs. When they arrive, their files often contain a list of health issues.
They often need to see a specialist for a specific health issue. There’s a whole list. When they come to a settlement assistance program, like the one in French in Cornwall, they come with a list of needs. These are also people who, again, need mental health services. Toutes ces familles arrivent avec des besoins de ce type, si nous parlons de la population immigrante générale, mais c’est une autre paire de manches quand on traite avec des réfugiés. C’est la seule catégorie d’immigration qui peut arriver au Canada avec des besoins de santé majeurs.
Quand ils arrivent ici, c’est souvent avec une liste de problèmes de santé dans leur dossier. Ils ont souvent besoin de voir un spécialiste pour un problème de santé spécifique. Il y a une liste complète. Lorsqu’ils arrivent dans les programmes d’aide au rétablissement, comme le programme en français à Cornwall, ils arrivent avec une liste de besoins. Ce sont aussi des gens qui ont, encore une fois, besoin de services en santé mentale. Consequently, these families need a number of French- language services.
We want French-speaking immigrants, we want to welcome them, we want them to settle here and feel Il y a donc plusieurs services en français qui sont nécessaires pour ces familles. Nous voulons des immigrants francophones, nous voulons les accueillir, nous voulons qu’ils s’établissent au 50:10 Official Languages 3-6-2024
comfortable. They need to be in good health to do that and they need access to those services. pays et qu’ils se sentent bien. Cela passe par une bonne santé et ils doivent avoir accès à ces services. The Chair: Thank you. Ms. Meddri, did you want to say something? Le président : Merci. Madame Meddri, voulez-vous intervenir? Ms. Meddri: Yes, to add to what Ms. St-Hilaire said about French-speaking immigrants. They need access to French‑speaking doctors, period.
Now, the challenge is to bring that nuance and clarification to the health care system, to the way it works and the difference between the countries of origin of the immigrants we serve here in Manitoba and the Canadian health care system. We’re thinking in particular of the role that nurse practitioners can sometimes play to complement or replace family doctors who aren’t available. Mme Meddri : Oui, en complément de ce que Mme St- Hilaire a dit sur les immigrants d’expression française. Ils doivent avoir accès à des médecins francophones, point.
Maintenant, le défi, c’est d’apporter cette nuance et cette précision dans le système de santé, dans le fonctionnement et la différence entre les pays de provenance des immigrants que nous servons ici au Manitoba et le système de santé canadien. On pense notamment au rôle que peuvent jouer par moments les infirmières praticiennes en complément ou en substitut aux médecins de famille qui ne sont pas disponibles. We’re highlighting some of the health services available in French. Clearly, there’s a shortage of places to obtain French‑language social services in Manitoba.
For people who dare to ask for mental health counselling and support services, access to French-speaking social workers and therapists isn’t easy. The waiting list is very long in Manitoba, even at the one place offering services. Nous mettons de l’avant certains services de santé offerts en français. Assurément, il y a une pénurie de points de services sociaux en français au Manitoba. Pour les personnes qui osent demander des services de counseling et de soutien en santé mentale, avoir accès à des travailleurs sociaux et à des thérapeutes francophones n’est pas chose facile.
Même pour l’unique centre de services, la liste d’attente est très longue au Manitoba. Manitoba has a settlement assistance program for refugees. We have an agreement with an organization that looks after the primary health of government-sponsored refugees. Once accepted, they’re referred to this organization, which assesses their health. Au Manitoba, pour ce qui est des réfugiés, il y a le programme d’aide à l’établissement. Nous avons une entente avec un organisme qui s’occupe de la santé primaire des réfugiés parrainés par le gouvernement.
Une fois qu’ils sont reçus, ils sont référés à cet organisme qui fait l’évaluation de leur santé. The parallel challenge is to get all pharmacies to recognize federal medical coverage. This work is done on an ongoing basis with pharmacists, to try and explain to them that this coverage exists and that it takes effect on such and such a date, so that they can provide refugees with access to the medications they need. Le défi qui se pose en parallèle, c’est la reconnaissance de la couverture médicale fédérale par toutes les pharmacies.
Ce travail se fait de manière continue avec les pharmaciens, pour essayer de leur expliquer que cette couverture existe et qu’elle prend effet à telle date, afin qu’ils puissent donner accès aux médicaments aux réfugiés qui en ont besoin. Another challenge is making pharmacists aware of the various documents issued by the federal government. Il y a un autre défi qui concerne la sensibilisation des pharmaciens aux différents documents délivrés par le gouvernement fédéral, en l’occurrence.
Senator Poirier: What role do you think the federal government should play in improving access to French-language health services for immigrants when they arrive in our communities? What else could it do in the immediate future to help immigrants arriving in Canada? La sénatrice Poirier : D’après vous, quel rôle devrait jouer le gouvernement fédéral pour améliorer l’accès aux services de santé en français pour les immigrants lorsqu’ils arrivent dans nos communautés? Que pourrait-il faire d’autre dans l’immédiat pour aider les immigrants qui arrivent au pays? Ms.
Meddri: That’s where the active offer comes in; I mentioned incentives earlier, to which the federal government could attach indicators or conditions when transferring funds to the provinces. The government could make sure that there are required eligibility criteria.
It could allocate a certain portion of the budget for French-language health care to the provinces and territories, so that this care isn’t dependent on the goodwill or Mme Meddri : C’est là où l’offre active entre en jeu; l’élément que je mentionnais plus tôt concernait les incitatifs, dans lesquels il y aurait des indicateurs ou des conditions que le gouvernement fédéral pourrait annexer au moment du transfert des fonds aux provinces. Le gouvernement pourrait s’assurer qu’il y a des critères d’admissibilité qui sont incontournables.
Il pourrait allouer une certaine portion du budget aux soins de santé 3-6-2024 Langues officielles 50:11
colour of the government in power at the time the funds are allocated. en français aux provinces et aux territoires et ainsi éviter que ces soins ne soient tributaires de la bonne volonté ou de la couleur du gouvernement au pouvoir au moment où les fonds sont alloués. This would help guarantee the active offer of French-language services in the provinces and territories. Ce serait quelque chose de complémentaire et qui viendrait garantir l’offre active de services en français dans les provinces et les territoires. Ms. St-Hilaire: I completely agree with Ms. Meddri.
I’d also like to add that it would be interesting for the federal government to fund the community sector from a health perspective. Often, organizations assisting French-speaking immigrants and seeking funding are referred to Immigration, Refugees and Citizenship Canada (IRCC). Mme St-Hilaire : Je suis tout à fait d’accord avec Mme Meddri. De plus, j’aimerais ajouter qu’il serait intéressant que le gouvernement fédéral finance le secteur communautaire avec une perspective de santé.
Souvent, les organismes qui aident les immigrants francophones et qui cherchent du financement sont dirigés vers Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). Immigration also affects employment, education and health. These people who come to this country have needs, and they are recipients. If Health Canada or other government departments could provide funding and enter into collaborative agreements with non-profit organizations to work together, be it in mental health or at medical clinics, this would ensure the provision of direct services, and the process would be a little easier for newcomers.
At the very least, newcomers would have a first contact with the French-language health care sector, which would also ease the workload. It would be a good idea for these people to have access to this gateway with funding to connect to this type of service. L’immigration touche aussi les domaines de l’emploi, de l’éducation et de la santé. Ces gens qui arrivent au pays ont des besoins et ils sont des bénéficiaires.
Si Santé Canada ou d’autres ministères pouvaient offrir du financement et conclure des ententes de collaboration avec les organismes à but non lucratif, que ce soit en santé mentale ou avec des cliniques médicales, dans le but de collaborer, cela permettrait d’offrir un service direct et le parcours serait un peu plus facile pour le nouvel arrivant. Celui-ci aurait au moins un premier contact avec le secteur de la santé en français, ce qui faciliterait aussi la charge de travail.
Il serait tout à fait indiqué que ces gens aient accès à cette porte d’entrée avec du financement dans le but de se connecter à ce type de service. Of course, it would be wonderful if there were a lot of services available. I’ll just say that I know some organizations serving the francophone population would like to have someone in-house to help newcomers and direct them to services. When you arrive with your family or go through a pregnancy, you’re told what the next step is and who you need to see.
If we could have services or programs to bridge the gap between immigration and health, some organizations might be willing to consider that option. Bien évidemment, ce serait merveilleux s’il y avait beaucoup de services disponibles. Je dirai simplement que je sais que certains organismes qui servent la population francophone aimeraient avoir quelqu’un à l’interne pour aider les nouveaux arrivants et les orienter vers les services. Lorsque tu arrives avec ta famille ou que tu vis une grossesse, on te dit quelle est la prochaine étape et qui tu dois voir.
Si on pouvait avoir des services ou des programmes pour faire le pont entre l’immigration et la santé, certains organismes seraient peut-être prêts à s’ouvrir à cette perspective. The Chair: Before giving the floor to Senator Moncion, I’d like to ask a follow-up question on this subject; my question is for both witnesses. Le président : Avant de donner la parole à la sénatrice Moncion, j’aimerais poser une question complémentaire à ce sujet; ma question s’adresse aux deux témoins.
You talk about the challenge, in a way, of having a concrete link between the immigration sector and the health sector, at all levels of government. What’s your assessment of the degree of collaboration, for example, between IRCC and ESDC, or ultimately Health Canada? Can you tell us about the degree of collaboration between the provinces and the federal government on these issues? What can you tell us about that? Vous parlez du défi, en quelque sorte, d’avoir un lien concret entre le secteur de l’immigration et le secteur de la santé et que cela se passe à tous les ordres de gouvernement.
Quelle est votre évaluation du degré de collaboration, par exemple entre IRCC et ESDC, ou, à la limite, avec Santé Canada? Pouvez-vous nous parler du degré de collaboration entre les provinces et le fédéral sur ces questions? Que pouvez-vous nous dire à ce sujet? Ms. Meddri, on the one hand, you spoke to us about language clauses and, on the other, about bilateral agreements. In fact, there’s information to the effect that the immigration and health Madame Meddri, d’une part, vous nous avez parlé de la question des clauses linguistiques et, d’autre part, de la question des ententes bilatérales.
Par ailleurs, il y a une information selon 50:12 Official Languages 3-6-2024
sectors work in silos. Could you tell us about the challenges and possible solutions you see in that respect? I’ll start with Ms. Meddri, followed by Ms. St-Hilaire. laquelle les secteurs de l’immigration et de la santé travaillent en silo. Pourriez-vous nous parler des enjeux et des pistes de solution que vous imaginez sur ce plan? Je vais commencer par Mme Meddri, qui sera suivie de Mme St-Hilaire. Ms. Meddri: Thank you very much.
Clearly, this is something that the federal government, including IRCC, is becoming increasingly aware of, in the sense that the goal is to work more collaboratively with other levels of government and other departments. Mme Meddri : Merci beaucoup. Il est clair que c’est un aspect dont le gouvernement fédéral, notamment IRCC, prend de plus en plus conscience, dans le sens où l’objectif est de travailler davantage en collaboration avec les autres ordres de gouvernement et les autres ministères. Of course, we’re not going to dissect immigrants by portfolio.
We’re talking here about the needs of individuals; the sphere of needs is broad and it certainly touches on the respective mandates of each department. Bien entendu, on ne va pas disséquer l’immigrant en fonction du portefeuille. On parle ici des besoins d’une personne; la sphère des besoins est large et elle touche assurément au mandat respectif de chaque ministère. Over the years, we’ve seen IRCC and ESDC collaborate on initiatives. We want to invite entrepreneurship to create innovative initiatives; similar approaches exist in the housing sector, for example; it’s something the department is working on.
Au fil des années, nous avons constaté la présence d’initiatives de collaboration entre IRCC et ESDC. On veut inviter l’entrepreneuriat à créer des initiatives innovantes, et des approches semblables existent dans le secteur du logement, en l’occurrence; c’est une chose sur laquelle le ministère travaille. However, it’s something we need to encourage other government departments to do more often. As for collaboration between the federal government and the provinces, there are talks.
However, the way in which that translates concretely on the ground is that, to date, there’s no visibility or feedback on those things. Cependant, pour ce qui est des autres ministères, cela reste quelque chose qu’il faut encourager à faire plus souvent. Pour ce qui est de la collaboration entre le fédéral et les provinces, il y a des pourparlers. Toutefois, la façon dont cela se traduit concrètement sur le terrain, c’est qu’il n’y a pas encore de visibilité et de rétroaction par rapport à ces éléments. Ms.
St-Hilaire: Indeed, in the field of employability and economic development, we’re starting to see more and more interest. I think this is due to the situation. It might be a good time to develop this health care agreement. Mme St-Hilaire : Effectivement, dans le domaine de l’employabilité et du développement économique, cela commence de plus en plus à se voir et on note qu’il y a un intérêt. Je pense que cela est attribuable à la situation. Donc, ce serait peut-être un bon moment de développer cette entente dans le domaine de la santé.
I know that the new francophone immigration policy launched last January indicated that one of the priorities is to encourage discussion between the different levels of government and between departments, with a view to ensuring greater coordination. That’s something we’re happy to hear, and we can’t wait to see the results. Je sais que la nouvelle politique en immigration francophone lancée en janvier dernier indiquait que l’une des priorités est de favoriser la discussion entre les différents ordres de gouvernement et entre les ministères, dans le but de travailler de façon plus concertée.
C’est quelque chose que nous sommes heureux d’entendre et nous avons hâte de voir le résultat. I don’t think there have been any projects that combine health and immigration or that benefit organizations on the ground that want to help newcomers. I’d like to point out something that we weren’t prepared for and that we thought was great. It’s IRCC’s new request for proposals for 2025-30, which closed at the end of January. This funding request for subsidized settlement organizations was an opportunity to participate in the settlement of francophone newcomers and to offer short-term counselling services.
Je ne pense pas qu’il y ait eu des projets qui combinent santé et immigration ou qui bénéficient aux organismes sur le terrain qui veulent aider les nouveaux arrivants. J’aimerais souligner une chose à laquelle nous n’étions pas préparés et que nous avons trouvée géniale. C’est le nouvel appel de propositions d’IRCC pour 2025-2030 qui a pris fin à la fin de janvier. Dans cet appel de financement pour des organismes d’établissement subventionnés, il y avait une possibilité de participer à l’établissement des nouveaux arrivants francophones et d’offrir des services de counseling à court terme.
At that time, I know that francophone settlement agencies in our regions raised the fact that they don’t specialize in the field. They can’t necessarily offer that service directly to newcomers. À ce moment-là, je sais que les organismes d’établissement francophones de nos régions ont brandi le fait qu’ils ne sont pas spécialisés dans le domaine. Ils ne peuvent pas nécessairement 3-6-2024 Langues officielles 50:13
They would have preferred for mental health agencies to obtain the funding IRCC was offering to develop a services branch or even to employ other people to serve the French-speaking immigrant population. Since it was a request for proposals managed by IRCC, only organizations that worked directly with francophone immigration could more easily obtain the funding. offrir ce service directement aux nouveaux arrivants.
Ils auraient préféré que les organismes de santé mentale puissent obtenir le financement qu’IRCC offrait pour développer une branche de services ou même pour employer d’autres personnes pour servir la population immigrante francophone. Comme c’était un appel de propositions mené par IRCC, c’étaient seulement les organismes qui travaillaient avec l’immigration francophone directement qui pouvaient plus facilement obtenir le financement.
We worked to set up a collaborative multipartite project in which the three francophone organizations in the eastern Ontario region all applied for a joint project aimed at recovering funding to enable francophone mental health organizations in those various regions to hire staff to serve people according to the targets we identified. The project has been submitted. Will we see the results? We don’t know.
On a travaillé à mettre en place un projet multipartite collaboratif où les trois organismes francophones de la région de l’Est de l’Ontario ont tous posé leur candidature pour un projet commun qui visait à récupérer le financement pour permettre aux organismes de santé mentale francophones de ces différentes régions d’employer des gens pour servir la population selon les cibles qu’on avait en tête. C’est un projet qui a été déposé. Est-ce qu’on va en voir les résultats? On ne le sait pas.
In discussions with francophone settlement agencies and francophone mental health organizations, we realized that the problem was that the term “short-term counselling” didn’t mean the same thing to IRCC as it does to health care. Short-term is not the same length of time, nor does it offer the same diversity of services. We had to make sure to change the vocabulary and our understanding. We wanted to put an “awareness”
section back in because these services can only be offered if people fully understand what mental health is in a wellness system; it’s not just a person who’s not doing very well. En discutant avec les organismes d’établissement francophones et les organismes de santé mentale francophones, on a réalisé que le problème, c’est que le terme « counseling à court terme » ne voulait pas dire la même chose pour IRCC que ce que cela veut dire en santé. Le court terme n’est pas la même durée et n’a pas la même diversité de services. Il a fallu s’assurer d’ajuster le vocabulaire et de comprendre. On voulait réintégrer une
partie « sensibilisation », parce que ce sont des services qui peuvent être offerts seulement si les gens comprennent bien ce qu’est la santé mentale dans un système de bien-être; ce n’est pas seulement une personne qui ne va pas très bien. We had to go back to the drawing board and work on something that might be a situation. We thought those small steps were a very good first step, but it made things tricky for a major call for proposals, where a new box could be added. Still, we had to make the most of the opportunity, so we put as much effort into it as we could. That was from IRCC.
Could it come from another department, such as Health Canada? For sure. Why not let francophone immigration organizations work with francophone health care organizations to submit proposals? I think that would be beneficial, and it would enable us to be more directly and meaningfully connected to the needs on the ground. We’d be able to anticipate some of the more significant needs that might emerge in the future if we served the entire immigrant population when they arrive in the country. We would be able to evaluate needs. Why not evaluate health needs and orient immigrants right away?
Il fallait retravailler ensemble sur ce qui pourrait être une situation possible. Ces petites étapes étaient, selon nous, une très belle initiative pour commencer, mais cela a rendu les choses assez difficiles lors d’un appel de propositions important, où une nouvelle case qui pouvait être ajoutée. Mais il fallait profiter de cette occasion, alors on a mis le plus d’efforts possible là-dessus. Cela venait d’IRCC. Est-ce que cela pourrait venir d’un autre ministère, comme Santé Canada? Tout à fait.
Pourquoi ne pas permettre aux organismes d’immigration francophones, en collaboration avec des organismes de santé francophones, de déposer des projets? Je crois que ce serait bénéfique et cela nous permettrait d’être plus directement et concrètement liés aux besoins du terrain et de prévenir certains besoins plus importants que l’on pourrait avoir à l’avenir si l’on servait toute la population immigrante lors de l’arrivée au pays. On pourrait faire l’évaluation des besoins; pourquoi ne pas évaluer les besoins en santé et orienter tout de suite les immigrants? The Chair: Thank you. That was very clear.
Thank you for your remarks. Le président : Merci, c’est très clair; merci de vos interventions. Senator Moncion: Still on this topic, I’d like to dig a bit deeper. Can you comment on collaborative agreements, given that organizations often work in silos? Every region figures out how many doctors and nurses it needs. You have a pretty good La sénatrice Moncion : Je vais rester sur le même sujet en allant un peu plus loin. J’aimerais vous entendre sur les ententes collaboratives, car les organismes travaillent souvent en silo.
Chaque région identifie ses besoins pour le nombre de médecins 50:14 Official Languages 3-6-2024
idea of the needs in each region, and I imagine someone does the math to determine how many professionals are needed to meet the needs in each region or province. et d’infirmières dont elles ont besoin. Vous avez quand même une bonne idée des besoins par région et j’imagine qu’un calcul se fait pour évaluer le nombre de professionnels nécessaires pour répondre aux besoins par région ou par province. Can you comment on what kind of coordination happens around those numbers and where the educational institutions are at?
We often look at the funding the federal government sends to provincial governments for education. Colleges and universities receive the funds, and then there are programs with limited enrolment that allow only a certain number of people to register. I’d like your thoughts on that coordination. Does someone have a sense of the needs and how to meet those needs everywhere faster? I’m talking about the kind of coordination where everyone works together to solve certain problems. I’m talking about your province and Manitoba, and the work they’re doing on that.
J’aimerais vous entendre sur la coordination de ces chiffres et où se situent les institutions d’enseignement. Souvent, on regarde le financement que le gouvernement fédéral envoie aux gouvernements provinciaux pour l’éducation; les collèges et universités reçoivent les fonds et ensuite, il y a des programmes contingentés qui permettent un certain nombre d’inscriptions. J’aimerais vous entendre sur cette coordination. Est-ce que quelqu’un a idée des besoins et des façons de combler ces besoins un peu partout plus rapidement?
Je parle d’une coordination où tous travaillent de façon concertée pour régler certains problèmes. Je parle de votre province et du Manitoba et des efforts qui sont faits dans cette optique. Ms. St-Hilaire: For Ontario, any assessment of health care needs isn’t necessarily done at our level. There are health care networks that inventory needs in the regions and determine what’s needed and what’s problematic pretty much everywhere. In our case, we don’t necessarily see the exact figure or number. All we see is what’s happening in the community versus the needs.
That makes for a lot of frustration within the francophone community, because people want services in French, but it’s hard to access primary health care. There are family doctors, but accessing specialists who speak French is another problem. Mme St-Hilaire : Pour l’Ontario, ce n’est pas nécessairement à notre niveau qu’est faite l’évaluation des besoins en santé. Il y a les réseaux en santé qui font l’inventaire des besoins dans les régions et qui déterminent ce qui est nécessaire ou problématique un peu partout. Dans notre cas, on ne voit pas nécessairement le nombre ou le chiffre exact.
Tout ce qu’on peut voir, c’est ce qui se passe dans la communauté par opposition aux besoins. Donc, il y a beaucoup de frustration pour la population francophone qui veut des services en français parce que, effectivement, c’est difficile d’avoir accès au premier service d’entrée en santé. Il y a les médecins de famille, mais avoir accès à des spécialistes francophones, c’est un autre problème. As to figuring out needs in the province, I’m not in a position to give you a number. All I can tell you is that services are lacking, especially services in French and in the regions outside of major centres.
That’s how it was explained in the general approach. Our main role is to work with what immigration needs and can provide, so if we talk about the principle of post- secondary educational institutions and quotas, we don’t have all the information. If people want to register for programs from abroad and are denied, we hear about that, because some of the answers people get aren’t necessarily the ones they want for the francophone community and international students and so on.
All we have is a general impression from the community that health care in French is, for all intents and purposes, practically unavailable to newcomers. Pour le calcul des besoins dans la province, je ne pourrais pas vous dire quel est le chiffre. Je veux vous dire qu’il manque des services, encore plus des services en français et dans les régions à l’extérieur des grands centres. C’est la manière dont on se le fait expliquer dans l’approche générale.
Puisque notre rôle est avant tout de travailler avec ce dont l’immigration a besoin et peut apporter, lorsqu’on arrive avec le principe des institutions d’enseignement postsecondaire et des quotas, nous n’avons pas toute l’information. Si des gens veulent s’inscrire à des programmes à partir de l’étranger et sont refusés, on en entend parler, car certaines des réponses obtenues ne sont pas nécessairement celles que l’on souhaite obtenir dans le contexte de la communauté francophone pour les étudiants internationaux et autres.
Tout ce qu’on a, c’est l’impression générale de la communauté selon laquelle la santé en français est presque inaccessible actuellement pour les nouveaux arrivants. Senator Moncion: Perhaps I’m not explaining myself well. You represent a large territory. How many doctors are you short in your territory? Do you have that figure? How many nurses are you short? Of course, it has to be done by territory or region, but then the province still needs to have accurate information on this shortage and these needs. Then, how do we work with universities and colleges to start filling those needs more quickly?
We’re still working in a very compartmentalized way La sénatrice Moncion : Peut-être que je m’explique mal l’intervention. Vous représentez un grand territoire. Combien vous manque-t-il de médecins sur votre territoire? Avez-vous ce chiffre? Combien vous manque-t-il d’infirmières? C’est sûr qu’il faut que ce soit fait par territoire ou par région, mais ensuite, la province doit quand même avoir des informations précises sur cette pénurie et ces besoins. Ensuite, comment travailler avec les universités et les collèges pour commencer à combler plus 3-6-2024 Langues officielles 50:15
across the board. I guess it’s easier to manage small projects than to look at the big picture and adopt more concerted approaches to become more effective. rapidement ces besoins? On travaille toujours de façon très compartimentée un peu partout. J’imagine qu’il est plus facile de gérer de petits projets que d’avoir une vue d’ensemble et d’adopter des approches plus concertées pour devenir plus efficaces. Are you involved? Do you provide figures? There’s a shortage of professionals, but has anyone done any accounting? A doctor appeared and told us that Canada was short 137,000 nurses. Okay, we’ve got a figure.
Now, how do we work with the universities to fill the gaps? Is there any work being done in Ontario or Manitoba to help us solve the problem? Est-ce que vous participez? Donnez-vous des chiffres? Il manque de professionnels, mais est-ce que quelqu’un a fait une comptabilité? Un médecin a comparu et nous a dit qu’il manquait 137 000 infirmières au Canada. D’accord, on a un chiffre. Maintenant, comment travailler avec les universités pour combler les déficits? Y a-t-il du travail qui se fait en Ontario ou au Manitoba pour nous permettre de régler le problème?
We’re talking about a two-tiered system where some doctors are no longer part of the public health system and have opened private practices. How many private practices do you have in your regions? How many people no longer use the public health system and pay for access to a doctor? It’s important that you have these statistics. You talked about health cards that would show certain data if they were identified — I’m sure the provinces don’t want to do that, because they don’t want to know the figures — and that would also show the data needs.
On parle de système à deux vitesses où il y a des médecins qui ne font plus
partie du réseau de santé publique et qui ont ouvert des pratiques privées. Combien avez-vous de pratiques privées dans vos régions? Combien de personnes n’utilisent plus le réseau de santé publique et paient pour avoir accès à un médecin? Il est important que vous ayez ces statistiques. Vous avez parlé des cartes santé qui indiqueraient certaines données si elles étaient identifiées — je suis certaine que les provinces ne veulent pas le faire, parce qu’elles ne veulent pas connaître les chiffres — et qui permettraient aussi de connaître les besoins en ce qui a trait aux données. The Chair: Does Ms.
Meddri want to chime in? Le président : Est-ce que Mme Meddri veut intervenir? Ms. Meddri: I can give the Manitoba perspective. There are certainly workforce projections, both generally and by sector. Depending on the period, the anticipated shortages, in terms of forecasts for sites that are designated bilingual, is work that’s done at the board level. They have these statistics and projections to make forecasts, in particular to fill the workforce by region, the challenges and the opportunities they represent. Mme Meddri : Je peux donner la perspective du Manitoba.
Il y a assurément des projections sur le plan de la main-d’œuvre, de manière générale et par secteur. Selon la période, les pénuries qui sont anticipées, pour ce qui est des prévisions pour les sites qui sont désignés bilingues, c’est un travail qui se fait au niveau des régies. Elles ont ces statistiques et ces projections pour faire des prévisions, notamment pour combler la main-d’œuvre selon les régions, les défis et les possibilités qu’elles représentent. How does that translate into training in universities?
This is something that’s taken into account in our region, to the extent that this is how additional spaces were allocated to the Université de Saint-Boniface, Manitoba’s francophone university, to provide additional spaces for health care students in Manitoba. De quelle façon cela se traduit-il en formation dans les universités?
C’est quelque chose qui est pris en compte chez nous, dans la mesure où c’est de cette façon que des places additionnelles ont été allouées à l’Université de Saint-Boniface, l’université francophone du Manitoba, pour justement offrir des places supplémentaires pour des étudiants et étudiantes en soins de santé au Manitoba. Where and when do community organizations come into play? For the province’s forecasts, it’s a matter of always trying to attract the attention of specialists and keeping in mind that francophone lens, because that’s something that’s very important for us.
The challenge is that, relative to the absolute numbers, our realities and our numbers are granular. As a result, it becomes difficult to provide estimates or even to identify and give accurate evidence for a sector. For example, if we can talk about regionalization, about gaps by region, it becomes a bit difficult and complex at that level. Où et quand les organismes communautaires entrent-ils en jeu? Pour les prévisions de la province, il s’agit d’essayer de toujours attirer l’attention des spécialistes et de garder en tête cette lentille francophone, car c’est quelque chose qui est très important pour nous.
Le défi est que, par rapport aux chiffres absolus, nos réalités et nos chiffres sont granulaires. De ce fait, il devient difficile de donner des estimations ou même d’identifier et de donner des données probantes exactes par rapport à un secteur. Par exemple, si on peut parler de régionalisation, des manques par région, cela devient un peu difficile et complexe à ce niveau. 50:16 Official Languages 3-6-2024
We need to work with other stakeholders, particularly the boards, to take into account the needs of the francophone workforce during training, of course, but we also need to see how the needs and profiles of immigrants can also be taken into account in this range of training and support. We need to see what profiles we have, what the barriers are, how we can get around them and what innovative ways we can use to better support these people so they can come to our country.
This is in response to a societal problem: an aging population and an increasingly glaring workforce shortage at all levels, especially in the health care sector. We are privileged to see initiatives starting to emerge, particularly here in Manitoba, thanks to funding from Health Canada, with employers in the field. There is an impact on the ground because of the fruits of federal- provincial collaboration and with community stakeholders.
Avec les autres intervenants, notamment les régies, il faut tenir en compte des besoins en main-d’œuvre francophone lors de la formation, certes, mais il faut aussi voir de quelle façon les besoins et les profils des personnes immigrantes peuvent aussi être considérés dans cet éventail de formations et d’accompagnements. Il faut voir quels profils nous avons, quelles sont les barrières, de quelle façon on peut les contourner et quelles sont les façons novatrices de mieux soutenir ces personnes pour qu’elles puissent venir au pays.
Cela vient répondre à un problème de société : une population vieillissante et une rareté de la main-d’œuvre qui est de plus en plus criante à tous les niveaux, essentiellement celui de la santé. On a le privilège de voir des initiatives qui commencent à voir le jour, notamment chez nous, au Manitoba, par l’entremise de financement qui provient de Santé Canada avec des employeurs sur le terrain. Il y a des retombées sur le terrain à cause des fruits de la collaboration fédérale-provinciale et avec les intervenants communautaires. The Chair: Okay. Thank you. Le président : D’accord, merci.
Senator Clement: Good evening to both witnesses. Thank you very much for your testimony. La sénatrice Clement : Bonjour aux deux témoins. Merci beaucoup pour votre témoignage. I really appreciated my colleagues’ questions. I had the same questions. I’d like to come back to the community issue. We’re in the process of carrying out a very interesting study, and we’ve heard some remarkable testimony. I’m working on some recommendations for the final report. What interests me is the fact that the community seems to be filling gaps. What you said earlier, Ms.
St-Hilaire, about funding for community organizations and the example you used in response to Senator Cormier’s questions, the short-term counselling, the call for proposals…. Did the federal government consult you before issuing this call for proposals? Would that have been a sensible way to get funding in a community context? J’ai beaucoup apprécié les questions de mes collègues. J’avais les mêmes questions. Je veux revenir sur la question communautaire. On est en train de faire une étude très intéressante et on a entendu des témoignages remarquables.
Je suis en train de rédiger certaines recommandations pour le rapport final. Ce qui m’intéresse, c’est le fait que le communautaire semble combler des lacunes. Ce que vous avez dit plus tôt, madame St-Hilaire, concernant le financement pour les organismes communautaires et l’exemple que vous avez utilisé en réponse aux questions du sénateur Cormier, le counseling à court terme, l’appel de propositions... Est-ce que le fédéral vous a consultés avant de faire cet appel de propositions? Est-ce que cela aurait été une façon sensée d’avoir du financement dans un contexte communautaire? My other question is for Ms.
Meddri. You mentioned mandatory cultural competency training. I’d like to hear a little more about that. Also, I wonder if you could comment on what you’re hearing on the ground about systemic racism in the health care system. Are your clients, stakeholders, and people talking about this? Is this an issue that concerns the communities? Ms. St-Hilaire? Mon autre question s’adresse à Mme Meddri. Vous avez parlé d’une formation obligatoire en compétences culturelles. J’aimerais vous entendre un peu plus là-dessus.
De plus, j’aimerais bien si vous pouviez faire des commentaires sur ce que vous entendez sur le terrain au sujet de l’existence d’un racisme systémique dans le système de santé. Vos clients, vos intervenants, vos gens parlent-ils de cela? Est-ce que c’est une question qui préoccupe les communautés? Madame St-Hilaire? Ms. St-Hilaire: Thank you for the question. Mme St-Hilaire : Merci pour la question. Did the government consult us about the call for proposals? Not necessarily a formal consultation, no. However, I believe the pandemic exacerbated all mental health issues.
It’s a topic that’s been discussed, and several components were added to this year’s call for proposals, which was different. We’re talking about truth and reconciliation, we’re talking about GBA Plus, we’re talking about several components that were added this year Est-ce que le gouvernement nous a consultés par rapport à l’appel de propositions? Une consultation en bonne et due forme ou formelle, pas nécessairement. Cependant, je crois que la pandémie a exacerbé tous les problèmes de santé mentale.
C’est un sujet dont on a discuté et plusieurs volets ont été ajoutés à l’appel de propositions de cette année, qui était différent. On parle de vérité et réconciliation, on parle de l’ACS plus, on parle 3-6-2024 Langues officielles 50:17
to meet the needs of the population and the community sector, needs that have been raised over the past five years, in the last call for proposals, which ends in mid-2024. de plusieurs volets qui ont été ajoutés cette année dans le but de répondre aux besoins de la population et du secteur communautaire, des besoins qui ont été évoqués dans les cinq dernières années, donc dans le dernier appel de propositions qui prend fin au milieu de 2024.
I think it was more a reaction to a test to see how the process could be set in motion in the communities and in the community sector and to see how people would use this type of service if we decided to add it. With the settlement agencies, we decided to work with other community mental health organizations to adopt this approach, but there are many ways to use this tool, which is now available in the call for proposals. Perhaps it was an attempt to assess that possibility.
Selon moi, c’était plus une réaction à un test en vue de vérifier comment le processus pouvait être enclenché dans les communautés et dans le secteur communautaire et de voir comment les gens allaient utiliser ce type de service si on décidait de l’ajouter. Avec les organismes d’établissement, nous avons décidé de faire affaire avec d’autres organismes communautaires en santé mentale pour adopter cette façon de faire, mais il y a plusieurs façons d’utiliser cet outil qui est maintenant offert dans l’appel de propositions. C’était peut-être une tentative d’évaluer cette possibilité.
If we had been consulted, would we have asked for even more? Probably, because that’s a good thing. However, this type of call for proposals is rarely expected to include much that is outside of direct scope of IRCC. For us, it was a really interesting opportunity. We decided that we had to move forward as much as possible. We all want to say that, if it works well, there will be a follow-up, that it will be possible to have more services and several types of services within this project, within this small note, because it wasn’t necessarily an important
section of the call for proposals, but a small possibility that we’ve all noticed. The vocabulary used in the call for proposals talked a lot about mental health, the well-being of newcomers and everything that happens around the integration process. Si nous avions été consultés, est-ce qu’on en aurait demandé encore plus? Probablement, parce que c’est une belle chose. Cependant, on s’attend rarement à ce que ce type d’appel de propositions inclue beaucoup de choses qui sont à l’extérieur du cadre direct d’IRCC. Pour nous, c’était vraiment une occasion intéressante.
On s’est dit qu’il fallait aller de l’avant le plus possible. On a tous envie de dire que si cela fonctionne bien, il y aura une suite, qu’il sera possible d’avoir plus de services et plusieurs types de services à l’intérieur de ce projet, de cette petite note, parce que ce n’était pas nécessairement une
section importante de l’appel de propositions, mais une petite possibilité que l’on a tous remarquée. Le vocabulaire utilisé dans l’appel de propositions parlait beaucoup de santé mentale, du bien-être des nouveaux arrivants et de tout ce qui se passe autour du parcours d’intégration. Senator Clement: Would a consultation have been worthwhile? La sénatrice Clement : Est-ce qu’une consultation aurait été intéressante? Ms. St-Hilaire: Probably. Mme St-Hilaire : Probablement.
Senator Clement: Do you have forums where the federal government comes to the community to say that it’s bringing everyone together and that it’s going to tell you about its intentions? La sénatrice Clement : Est-ce que vous avez des forums où le fédéral arrive dans la communauté pour dire qu’il rassemble tout le monde et qu’il va justement vous parler de ses intentions? Ms. St-Hilaire: There are consultations for certain projects. There have been some recently. When we find that the discussion isn’t sufficiently developed, we also talk about it, and they offer us possibilities.
They also come to our various forums. Last summer, a provincial forum took place in Ontario, and there was a delegation. Eight or ten people from IRCC took
part in the various workshops and presentations during which they presented good practices or needs that they wanted to highlight. There were probably a number of things they noted at the time. We feel relatively listened to. Mme St-Hilaire : Il y a des consultations pour certains projets. Il y en a eu récemment. Quand on trouve que la discussion n’est pas assez développée, on en parle aussi et ils nous offrent des possibilités. Ils viennent aussi à nos différents forums. L’été dernier, on a eu un forum provincial en Ontario, et il y avait une délégation.
Il y avait huit ou dix personnes d’IRCC qui ont participé aux différents ateliers et présentations au cours desquels on présentait de bonnes pratiques ou des besoins que l’on voulait faire ressortir du lot. Il y a probablement plusieurs choses qu’ils ont notées à ce moment-là. On se sent quand même relativement écouté. 50:18 Official Languages 3-6-2024
However, we’ve never really pushed hard for more health services through IRCC. We know very well that we can try to have a little more funding services through IRCC for employability; we can get a little, but to a certain extent, because that’s not just for that department. However, working with a number of departments could open some very interesting doors. If there were a consultation with Immigration, Refugees and Citizenship Canada and Health Canada to approach community organizations to determine whether they’re interested in building something together, you’d have a lot of people around the table.
Cependant, on n’a jamais vraiment milité fortement pour avoir plus de services en santé auprès d’IRCC. On sait très bien qu’on peut essayer d’avoir un peu plus de services de financement par l’intermédiaire d’IRCC pour l’employabilité; on peut en avoir un peu, mais jusqu’à un certain point, car cela ne concerne pas que ce ministère. Par contre, travailler avec plusieurs ministères pourrait ouvrir des portes vraiment très intéressantes.
S’il y avait une consultation avec Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada et Santé Canada pour approcher les organismes communautaires afin de savoir s’ils ont de l’intérêt à bâtir quelque chose ensemble, vous auriez beaucoup de monde autour de la table. Ms. Meddri: I’ll jump in regarding the second part of your question, about mandatory cultural sensitivity training and the racism aspect. Mme Meddri : Je vais rebondir sur le deuxième volet de votre question, à savoir la formation qui serait rendue obligatoire pour les compétences culturelles et l’élément en lien avec le racisme.
It’s definitely something the community sector could support. I suggested it because of what we heard from health care workers in 2021, when we asked them whether they felt ready and equipped to provide the immigrant community with health services, be it primary care or mental health care. The short answer was no. That is why cultural sensitivity support is absolutely necessary and should be mandatory. C’est assurément un élément que le secteur communautaire pourrait appuyer.
La raison pour laquelle j’ai avancé cela, c’est parce qu’on a appris en 2021, lorsqu’on a demandé de la rétroaction de la part des intervenants en soins de santé, s’ils se sentaient prêts et outillés pour servir une clientèle immigrante en matière de santé, que ce soit la santé primaire ou la santé mentale. La réponse courte était non. De ce fait, un accompagnement en ce sens est obligatoire et indispensable. You expressed quite explicitly the point I made in a roundabout way, which is that some health care providers think in terms of clichés and stereotypes.
As a result, the people we work with tell us about situations of discrimination and systemic racism that they’ve experienced in the health care sector, experiences that others share. That emerges quite clearly in what we hear from people. Vous avez nommé très clairement la chose que j’avais soulignée de manière indirecte, soit les clichés et les idées préconçues de la part de certains fournisseurs de soins de santé.
Donc, justement, des rétroactions en matière de discrimination et de racisme systémique dans le secteur de la santé, ce sont des choses qui sont vécues, partagées et dites très clairement par des personnes avec lesquelles on travaille. Certainly, cultural skills training makes it possible to provide that support, giving health care providers the benefit of the doubt because it’s assumed that they want to do their jobs well. The idea is to make them understand that just because someone is different, they aren’t any less capable of dealing with their health, caring for their children — and the list goes on and on.
Justement, la formation sur les compétences culturelles permettrait de les accompagner pour leur donner le bénéfice du doute quant à la volonté de bien faire leur travail, afin qu’ils prennent conscience que ce n’est pas parce qu’une personne est différente qu’elle est moins compétente, que ce soit pour se prendre en charge en matière de santé, s’occuper de ses enfants, etc. La liste est longue par rapport à tout cela. The Chair: Thank you very much. That concludes this panel. Le président : Merci beaucoup. Cela met fin à ce groupe de témoins. Ms. Meddri and Ms.
St-Hilaire, thank you both for your participation, your observations, your suggestions and your recommendations, which will all be very helpful when it comes time to write our report. Above all, thank you for the work you’re doing on the ground in your respective provinces. We appreciate the significant challenges you face, but it’s clear how enthusiastic and passionate you are about serving your communities. Your work is invaluable and very inspiring to us all. Our thanks to the both of you.
Mesdames Meddri et St-Hilaire, merci beaucoup pour votre comparution, vos réflexions, vos suggestions et vos recommandations, qui seront fort utiles pour notre rapport. Merci surtout pour le travail de terrain que vous faites dans vos provinces respectives. On sait que les défis sont grands pour vous, mais on sent votre enthousiasme et votre passion à servir vos communautés. C’est très précieux et très inspirant pour nous. Donc, merci à vous deux. 3-6-2024 Langues officielles 50:19
[English] [Traduction] Colleagues, we are resuming the meeting to continue our study on minority-language health services. We have some witnesses suggested by the Community Health and Social Services Network who are here to recount their personal experiences as users of minority-language health services in Quebec. Chers collègues, nous reprenons notre étude sur les services de santé dans la langue de la minorité. Nous accueillons aujourd’hui des témoins qui ont été suggérés par le Réseau communautaire de santé et de services sociaux et qui sont ici pour raconter leur expérience personnelle à
titre d’utilisateurs des services de santé dans la langue de la minorité au Québec. We now welcome, in person, Mr. James Robson, Patient Navigator, Committee for Anglophone Social Action; Ms. Brittney Chabot, Executive Director, English Community Organization —Saguenay-Lac-Saint-Jean; and Chloe Régis, stay-at-home mother. They are accompanied by Jennifer Johnson, Executive Director, Community Health and Social Services Network. Welcome to you here in the Senate. Nous accueillons maintenant, en personne, M.
James Robson, navigateur patient pour le Comité d’action sociale anglophone, Mme Brittney Chabot, directrice générale de l’Organisme communautaire anglais du Saguenay-Lac-Saint-Jean et Chloe Régis, mère au foyer. Ils sont accompagnés de Jennifer Johnson, directrice générale du Réseau communautaire de santé et de services sociaux. Bienvenue au Sénat. By video conference, we welcome Steve Guimond, Patient Navigator, Community Health and Social Services Network; Kayla Kippen, Director of Health Initiatives, Lower North Shore of Quebec, Coasters Association; and Mr. Hugo Bissonnet, Executive Director, 4Korners.
Welcome, and thank you for being with us. Let’s start with opening remarks. Par vidéoconférence, nous accueillons Steve Guimond, guide accompagnateur pour les patients, du Réseau communautaire de santé et de services sociaux, Kayla Kippen, directrice des initiatives en santé, Basse-Côte-Nord du Québec, pour la Coasters Association et Hugo Bissonnet, directeur général de 4Korners. Bienvenue, et merci d’être parmi nous. Nous entendrons d’abord les déclarations préliminaires. Mr. Robson, the floor is yours. Monsieur Robson, vous avez la parole.
James Robson, Patient Navigator, Committee for Anglophone Social Action, as an individual: Mr. Chair and members of the committee, thank you for having me today. I am happy to have the opportunity to share some of the challenges that our English community has living in Quebec with regard to access to the health care system. James Robson, navigateur patient, Comité d’action sociale anglophone, à
titre personnel : Monsieur le président et membres du comité, je vous remercie de m’accueillir aujourd’hui. Je suis heureux d’avoir l’occasion de vous faire part de certains des défis auxquels fait face notre communauté anglophone vivant au Québec en ce qui a trait à l’accès au système de soins de santé. As said, my name is James Robson. I am a patient navigator for a community organization called the Committee for Anglophone Social Action. I help our English population access health care and go through the whole process when there are language barriers, so there is quite the great need.
Comme on l’a dit, je m’appelle James Robson. Je suis navigateur patient pour un organisme communautaire appelé le Comité d’action sociale anglophone. J’aide notre population anglophone à accéder aux soins de santé et à suivre toutes les étapes du processus lorsqu’il y a des barrières linguistiques, et les besoins sont donc considérables. Today I have three stories to tell you. One of them is personal and two of them are from what I have seen in my job. I will start with a woman who was one of the first people that I helped.
She had to have treatment in Rimouski Hospital, which is about four hours from where she lives. A lot of times, in the Gaspésie, the region I work in, we have to travel quite a bit any time we want to go anywhere, especially for health care services. Aujourd’hui, j’ai trois histoires à raconter. L’une d’entre elles est personnelle et les deux autres proviennent de situations que j’ai vues dans le cadre de mon travail. Je commencerai par l’histoire d’une femme qui est l’une des premières personnes que j’ai aidées.
Elle devait suivre un traitement à l’hôpital de Rimouski, qui se trouve à environ quatre heures de chez elle. Souvent, en Gaspésie — la région dans laquelle je travaille —, nous devons nous déplacer assez loin lorsque nous voulons aller quelque part, surtout pour des services de soins de santé. She contacted me. She was extremely nervous to go to Rimouski Hospital. She had never been there before. She didn’t know where she was going. I asked her if she would like me to Cette femme a donc communiqué avec moi. Elle était très nerveuse à l’idée de se rendre à l’Hôpital de Rimouski.
Elle n’y était jamais allée auparavant et elle ne savait pas où elle allait. Je 50:20 Official Languages 3-6-2024
be there with her and she gladly said yes. Prior to that, she had explained that she hadn’t been sleeping for weeks. lui ai demandé si elle voulait que je l’accompagne et elle a accepté de bon cœur. Auparavant, elle m’avait expliqué qu’elle ne dormait plus depuis des semaines. The day after I told her I could be there, I called her to confirm some details, and she said, “James, last night I slept.” This was very significant to me because the stress of having cancer and going through the treatments was not what was keeping her from sleeping.
Rather, it was the stress of knowing that she’d have to go to a hospital where nobody would be able to speak English to help her get through and that the signage in the hospital wouldn’t help her either. Le lendemain du jour où je lui ai dit que je pouvais l’accompagner, je l’ai appelée pour confirmer certains détails et elle m’a dit qu’elle avait réussi à dormir la nuit précédente. C’était très important pour moi, car ce n’était pas le stress lié au cancer et au traitement qui l’empêchait de dormir.
C’était plutôt le stress de savoir qu’elle allait devoir aller dans un hôpital où personne ne pourrait parler anglais pour l’aider à s’orienter et que les affiches dans l’hôpital ne l’aideraient pas non plus. My second story is about a social worker who I work with in the area. She called me concerning somebody whom she had been trying to help for months, and it was still unclear to her what that person needed. I went to speak to the person. Half an hour later, I left their house, drove back to the social worker’s place of work and plopped a list down on the table of all the things she needed.
After months of work, this person didn’t get access to health care. It was something I did in half an hour because I could speak English. That’s months of not getting the health care they deserve. That doesn’t sound equal to me. That’s a problem. La deuxième histoire que je vais vous raconter est celle d’une travailleuse sociale avec laquelle je travaille dans la région. Elle m’a appelé au sujet d’une personne qu’elle essayait d’aider depuis des mois, mais elle ne savait toujours pas ce dont cette personne avait besoin. Je suis donc allé parler à cette personne.
Une demi-heure plus tard, j’ai quitté son domicile, je suis retourné sur le lieu de travail de la travailleuse sociale et j’ai déposé sur la table une liste de tout ce dont cette personne avait besoin. Après des mois de travail, cette personne n’avait pas encore eu accès à des soins de santé, mais j’ai réussi à accomplir cela en une demi-heure parce que je parlais anglais. Pendant des mois, cette personne n’a pas reçu les soins de santé auxquels elle avait droit. Cela ne me semble pas équitable. C’est un problème. The third one is my own personal experience.
I was a paramedic before I became a patient navigator and chief of operations in our region, so I know the health care system quite well. I was taken off the road in 2019 with PTSD. It was a harrowing experience, to say the least, but luckily I knew the system quite well and I am also bilingual. I was able to get a lot of the help I needed, but when dealing with mental health, it is so intricate and different for everybody, so you really need to be able to explain yourself well. I requested an English psychologist. I was unable to get one.
I had to go to New Brunswick to find myself one, along with the other professionals I was working with. Along with being able to access an English worker, which I could not do in Quebec, along with being bilingual, along with knowing the system, I still hit rock bottom. If I had been a unilingual anglophone in the area, I don’t know that I would be here today talking to you. La troisième histoire concerne mon expérience personnelle. J’étais ambulancier paramédical avant de devenir navigateur patient et chef des opérations dans notre région, et je connais donc assez bien le système de soins de santé.
En 2019, j’ai été retiré du service en raison d’un trouble de stress post‑traumatique. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’expérience a été éprouvante, mais heureusement, je connais très bien le système et je suis également bilingue. J’ai pu obtenir une grande
partie de l’aide dont j’avais besoin, mais les besoins en matière de santé mentale sont tellement complexes et différents pour tout le monde et il faut donc être en mesure de bien s’expliquer. J’ai demandé un psychologue anglophone, mais je n’ai pas pu en obtenir un. J’ai donc dû aller au Nouveau‑Brunswick pour en trouver un, avec les autres professionnels avec lesquels je travaillais. Même après avoir eu accès à un travailleur anglophone, ce que je ne pouvais pas faire au Québec, même si je suis bilingue et que je connais bien le système, j’ai quand même touché le fond.
Si j’avais été un anglophone unilingue dans la région, je ne sais pas si je serais ici aujourd’hui pour vous en parler. It is an honour to serve the anglophone population. I hope I did them justice today. I would like to finish by saying that I was very nervous about today. People often ask me if I am nervous about certain things, and I always like to answer, being a former paramedic, “Is anybody going to die?” And with my PTSD, I try to work on not getting anxious or stressed about things that don’t matter.
But when it comes to life and death, I do get nervous, and C’est un honneur de servir la population anglophone. J’espère lui avoir rendu justice aujourd’hui. J’aimerais terminer en avouant que j’étais très nerveux à l’idée d’être ici aujourd’hui. Les gens me demandent souvent si je suis nerveux à propos de certaines choses, et comme je suis un ancien ambulancier, je demande toujours si quelqu’un va mourir. Et en raison de mon trouble de stress post-traumatique, je m’efforce de ne pas me 3-6-2024 Langues officielles 50:21
I can tell you that today, I am nervous — it is a matter of life and death. Thank you. stresser pour chaque petite chose. Toutefois, lorsqu’il s’agit de vie ou de mort, je suis nerveux, et je peux vous dire qu’aujourd’hui, je suis nerveux, car c’est bel et bien une question de vie ou de mort. Je vous remercie. The Chair: Thank you, Mr. Robson. I will turn now to Ms. Brittney Chabot. The floor is yours. Le président : Je vous remercie, monsieur Robson. La parole est maintenant à Mme Brittney Chabot. Vous avez la parole.
Brittney Chabot, Executive Director, English Community Organization — Saguenay-Lac-Saint-Jean, as an individual: Esteemed members of this committee, my name is Brittney Chabot, and I would like to thank you for the opportunity to share my personal experiences with the Quebec health care system today, as well as share the sentiment of the community that I serve in my role as the Executive Director of the English Community Organisation of Saguenay-Lac-Saint- Jean, known as ECO-02. Brittney Chabot, directrice générale, Organisme communautaire anglais du Saguenay-Lac-Saint-Jean, à
titre personnel : Mesdames et messieurs les membres du comité, je m’appelle Brittney Chabot et je tiens à vous remercier de me donner l’occasion de vous faire part aujourd’hui de mon expérience personnelle dans le système de santé du Québec et de vous communiquer le sentiment de la communauté que je sers à
titre de directrice générale de l’Organisme communautaire anglais du Saguenay-Lac-Saint-Jean, aussi connu sous le nom de ECO-02. I have been fortunate, through my husband’s job in the Canadian Armed Forces, to have lived all across Canada — in Ontario, where I was born and raised; in Alberta from 2014 to 2016; in Saskatchewan from 2016 to 2021; and now in Quebec, where we have lived in Saguenay and have since July 15, 2021.
Having experienced four different provincial health care systems, I can say with absolute confidence that of all the times I have sought and obtained health care across Canada, Quebec has not only been the most difficult to access but also the most limited in access. Grâce au travail de mon mari dans les Forces armées canadiennes, j’ai eu la chance de vivre un peu partout au Canada, soit en Ontario, où je suis née et où j’ai grandi, en Alberta de 2014 à 2016, en Saskatchewan de 2016 à 2021 et maintenant au Québec, où nous vivons à Saguenay depuis le 15 juillet 2021.
Comme j’ai fait l’expérience de quatre systèmes de santé provinciaux différents, je peux affirmer en toute confiance que de tous les systèmes dans lesquels j’ai demandé et obtenu des soins de santé au Canada, celui du Québec a été non seulement le plus difficile d’accès, mais aussi celui qui offre l’accès le plus restreint. Before I arrived there, I was warned by fellow military spouses living in Quebec that if you spoke English, the hospitals would either ignore me or refuse me services and I would be treated as a second-class citizen. I chalked this up originally to stereotypes, as my husband is Québécois.
Not only did I learn that this is the truth, I now guide others through the often difficult terrain of navigating this challenging health care system. Avant mon arrivée, des conjoints de militaires qui vivaient déjà au Québec m’ont avertie que si je parlais anglais, le personnel des hôpitaux ne me prêterait aucune attention ou me refuserait des services et que je serais traitée comme une citoyenne de deuxième classe. J’ai d’abord mis cela sur le compte des stéréotypes, car mon mari est québécois.
J’ai non seulement appris que c’était la vérité, mais j’aide maintenant d’autres personnes à s’y retrouver dans ce système de soins de santé semé d’embûches. My first experience with the CIUSSS was on April 1, 2022, when I ruptured my Achilles tendon. With my husband out of the country for work, I decided to join a local intramural rugby team to make friends. During a practice, my body went in one direction while my foot stayed in the same place. I was transported to hospital in Jonquière by a fellow player, and upon arrival, I asked for an interpreter.
I was informed over and over that, “There are no interpreters.” I reminded the triage nurse that the CIUSSS pays for access to the National Translation Bank and that I have the right to be treated in English, as per the 12 user rights. I was told that that is only for appointments, not for emergencies. Ma première expérience avec le Centre intégré universitaire de santé et de service sociaux, ou CIUSSS, remonte au 1er avril 2022, lorsque j’ai déchiré mon tendon d’Achille. Puisque mon mari était à l’étranger pour son travail, j’avais décidé de faire
partie d’une équipe locale de rugby intra-muros pour me faire des amis. Lors d’un entraînement, mon corps s’est déplacé dans une direction pendant que mon pied est resté au même endroit. J’ai été transportée à l’hôpital de Jonquière par une coéquipière et, à mon arrivée, j’ai demandé un interprète. On m’a informée à maintes reprises qu’il n’y avait pas d’interprète. J’ai rappelé à l’infirmière de triage que le CIUSSS payait un accès à la banque d’interprètes de la Capitale-Nationale et que j’avais le droit d’être traitée en anglais, conformément aux 12 droits des usagers. On m’a répondu que ce n’était que pour les rendez-vous, et non pour les urgences. 50:22 Official Languages 3-6-2024
Because of this refusal, what was a 15-minute triage became 40 minutes because I had to think about how to describe what happened to me and how my body felt before translating it into French and using parallel metaphors and roundabout comparisons. I was forced to play this game of “related words” multiple times over the course of the evening before being discharged alone, without crutches, and told, “Good luck,” with nothing but a referral to a surgeon.
À cause de ce refus, ce qui devait être un triage de 15 minutes s’est transformé en processus de 40 minutes parce que je devais réfléchir à la manière de décrire ce qui m’était arrivé et ce que mon corps ressentait et ensuite traduire tout cela en français et utiliser des métaphores parallèles et des comparaisons détournées.
J’ai été obligée de jouer à ce jeu de « mots connexes » à maintes reprises dans la soirée pour enfin sortir seule, sans béquilles, pendant qu’on me souhaitait bonne chance après un aiguillage vers un chirurgien. [Translation] [Français] At this point, I’d like to show you that, even though I speak French quite well, I will never be fluent enough to discuss my physical or mental health with a medical professional in a nuanced way.
C’est à ce point de mon témoignage que j’aimerais vous montrer que même si je suis très compétente en français, je ne serai jamais assez bilingue pour être capable de m’exprimer avec nuance dans le domaine des affaires médicales, qu’il s’agisse de santé physique ou mentale. In June 2023, I decided that it would be better for my mental health to resume the anti-anxiety medication I used to take. I needed to have my old prescription renewed, so, once a week, I would call Info-Social 811 to try to get a doctor’s appointment.
I always got through to a bilingual nurse, but would then be told that a nurse in my region would call me to discuss the matter further and book an appointment. En juin 2023, j’ai décidé que, pour mon bien-être, je devais renouveler une ancienne ordonnance pour ma médication contre l’anxiété. J’ai appelé Info-Social 811 une fois par semaine pour prendre rendez-vous avec un médecin. Chaque fois, j’étais capable de parler avec une infirmière bilingue jusqu’à ce qu’on me dise : « Une infirmière de votre région vous appellera pour en discuter davantage et pour fixer un rendez-vous. »
When a nurse in my region would call me back, she could never speak English. I would spend 40 minutes on the phone, trying to explain my situation in French, but was never offered an interpreter. This is how the phone call always ended: “Sorry, madam, no appointments are available in your region. If you hurt yourself, go to emergency.” Lorsqu’une infirmière de ma région me rappelait, elle n’était jamais capable de me parler en anglais. Après avoir passé 40 minutes au téléphone en essayant de m’exprimer en français, aucun service d’interprète ne m’était offert et les appe