Senate Committee — RIDR — Evidence — 25ev-55807

RIDR / Evidence / 25ev-55807

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Senate Committee — RIDR — Evidence — 25ev-55807

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EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Monday, November 14, 2022 OTTAWA, le lundi 14 novembre 2022 The Standing Senate Committee on Human Rights met with videoconference this day at 5:04 p.m. [ET] to examine such issues as may arise from time to time relating to human rights generally; and, in camera, in consideration of a draft agenda (future business).

Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se réunit aujourd’hui, à 17 h 4 (HE), avec vidéoconférence, pour examiner les questions qui pourraient survenir concernant les droits de la personne en général; et à huis clos, pour étudier un projet d’ordre du jour (travaux futurs). Senator Salma Ataullahjan (Chair) in the chair. La sénatrice Salma Ataullahjan (présidente) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Chair: Honourable senators, I am Salma Ataullahjan, senator from Toronto and chair of this committee. Today, we are conducting a meeting of the Standing Senate Committee on Human Rights.

I would like to take this opportunity to introduce the members of the committee who are participating in this meeting: Senator Arnot from Saskatchewan, Senator Omidvar from Ontario, Senator Gerba from Quebec, Senator Housakos from Quebec. La présidente : Je m’appelle Salma Ataullahjan, sénatrice de Toronto et présidente du comité.

Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se réunit aujourd’hui, et j’aimerais en profiter pour présenter les membres du comité qui sont présents : le sénateur Arnot, de la Saskatchewan, la sénatrice Omidvar, de l’Ontario; la sénatrice Gerba, du Québec; et le sénateur Housakos, du Québec. Our committee is studying Islamophobia under its general order of reference.

Our study will cover, among other matters, the role of Islamophobia with respect to online and off-line violence against Muslims, gender discrimination, as well as discrimination in employment, including Islamophobia in the federal public service. Le comité examine aujourd’hui la question de l’islamophobie dans le cadre de son ordre de renvoi général.

Notre étude portera, entre autres, sur le rôle de l’islamophobie dans la violence en ligne et hors ligne contre les musulmans, la discrimination fondée sur le sexe, ainsi que la discrimination dans l’emploi, y compris l’islamophobie dans la fonction publique fédérale. Our study will also examine the sources of Islamophobia, its impact on individuals including mental health and physical safety, and possible solutions and government responses.

Notre étude portera également sur les sources de l’islamophobie, ses répercussions sur les personnes, notamment sur leur santé mentale et leur sécurité physique, ainsi que de possibles solutions et interventions du gouvernement. After holding two meetings in June in Ottawa, our committee held public meetings in September in Vancouver, Edmonton, Quebec City and Toronto. In addition, we visited mosques in each of these cities. We are now continuing our public meetings in Ottawa.

Après avoir tenu deux réunions en juin à Ottawa, le comité a tenu des réunions publiques en septembre à Vancouver, Edmonton, Québec et Toronto. De plus, nous avons visité des mosquées dans chacune de ces villes. Nous poursuivons maintenant nos réunions publiques à Ottawa. Let me provide some details about our meeting. This afternoon we will have two one-hour panels with a number of witnesses. In each panel, we shall hear from the witnesses then the senators will have a question-and-answer session.

At the conclusion of the public portion of our meeting, the committee will hold a short in camera meeting to discuss future business. Voici quelques renseignements au sujet de la réunion. Nous aurons deux rencontres d’une heure avec des témoins. Dans chaque cas, nous entendrons les témoins, et ensuite les sénateurs leur poseront des questions. Après la

partie publique de la réunion, le comité tiendra une courte réunion à huis clos pour discuter de ses travaux futurs. Now, I would like to introduce our first panel of witnesses. Each witness has been asked to make an opening statement of five minutes. J’aimerais maintenant vous présenter nos premières témoins, à qui nous avons demandé de nous présenter une déclaration liminaire de cinq minutes.

We have the pleasure to welcome Monia Mazigh, Author, Human Rights Activist and Adjunct Research Professor, Department of English Language and Literature, Carleton Nous avons le plaisir d’accueillir Monia Mazigh, auteure, activiste en droits humains et professeure agrégée de recherche, Département de langue et littérature anglaises, Université 14-11-2022 Droits de la personne 25:1

University; and Samira Laouni, Director, C.O.R. and President and Co-Founder, Muslim Awareness Week. Carleton; et Samira Laouni, présidente-directrice du C.O.R. et présidente et cofondatrice de la Semaine de la sensibilisation musulmane. I now invite Professor Mazigh to make her presentation. J’invite maintenant Mme Mazigh à nous présenter sa déclaration liminaire.

Monia Mazigh, Author, Human Rights Activist and Adjunct Research Professor, Department of English Language and Literature, Carleton University, as an individual: Dear honourable members of the Senate, thank you for inviting me to testify at your committee. I would like to thank Senator Salma Ataullahjan and Senator Mobina Jaffer for their hard work and efforts to bring the issue of Islamophobia to all Canadians in order to find ways to combat it. Monia Mazigh, auteure, activiste en droits humains et professeure agrégée de recherche, Département de langue et littérature anglaises, Université Carleton, à

titre personnel : Honorables sénateurs, je vous remercie de votre invitation à venir témoigner. Je tiens à remercier la sénatrice Salma Ataullahjan et la sénatrice Mobina Jaffer de leurs efforts inlassables pour sensibiliser les Canadiens à l’islamophobie et trouver des façons de s’attaquer au problème. My name is Monia Mazigh. The last time I testified in front of a parliamentary committee was in September 2003, about 20 years ago when my husband, Maher Arar, was still in prison in a Syrian dungeon.

That was during the height of the so-called “war on terror.” That war shifted the world’s politics but also shifted our own Canadian politics and shifted the lives of many Canadian Muslims, including my own. Je m’appelle Monia Mazigh. J’ai témoigné pour la dernière fois devant un comité parlementaire en septembre 2003, soit il y a environ 20 ans, lorsque mon mari, Maher Arar, se trouvait encore dans une prison syrienne. La soi-disant « guerre contre la terreur » était alors à son paroxysme.

Cette guerre a infléchi non seulement la politique mondiale, mais aussi la politique canadienne, et elle a fait basculer la vie de nombreux Canadiens musulmans, y compris la mienne. Canadian Muslims became like a “fifth column” that needed to continuously prove their loyalty to Canada every time there was a violent attack carried out by other Muslims whether in Canada or anywhere around the world.

Les musulmans canadiens sont alors devenus une « cinquième colonne » et ils devaient continuellement prouver leur loyauté au Canada chaque fois que des musulmans menaient une attaque violente au Canada ou ailleurs dans le monde. When I immigrated to Canada in the early 1990s, I was looking for better academic opportunities, but most importantly, I was looking for the freedom to practise my religion without being judged. In Tunisia, the country where I was born and raised, my opportunities diminished the minute I wore the hijab, my headscarf.

What marked the beginning of a personal spiritual journey where I wanted to be true to my Muslim identity while pursuing my dreams to be a university professor gradually turned into a big hurdle in my journey. Lorsque j’ai immigré au Canada au début des années 1990, je voulais élargir le champ des possibles dans mes études, mais surtout, avoir la liberté de pratiquer ma religion sans être jugée. En Tunisie, où je suis née et j’ai grandi, les possibilités qui s’offraient à moi s’amenuisaient dès que je portais mon voile, le hidjab.

Ce qui marquait donc le début d’un parcours spirituel personnel, dans lequel je voulais être fidèle à mon identité musulmane tout en poursuivant mon rêve d’enseigner à l’université, s’est donc graduellement transformé en un énorme obstacle. My hijab brought me suspicion from the authorities, mockery of my friends, and discrimination from my school. Canada at that time represented the perfect place to live freely practising my faith, as I understood it, while continuing my graduate studies. Unfortunately, I quickly realized that Canada was not the “El Dorado” I dreamed of.

When I first applied to McGill University for my PhD program in finance, my application was first put on a long waiting list, then on a short waiting list until it was finally accepted. Later, upon completing my doctoral studies, I applied for a few positions in finance, and I was told several times that there were too many other qualified candidates or that there were budget cuts resulting in the position being eliminated. Mon hidjab était une source de soupçons pour les autorités, de moqueries pour mes amis et de discrimination dans mon école.

Le Canada à ce moment-là me semblait l’endroit idéal pour pratiquer librement ma foi, comme je la comprenais, tout en poursuivant mes études supérieures. Je me suis vite rendu compte, malheureusement, que le Canada n’était pas « l’eldorado » dont je rêvais. Lorsque je me suis inscrite au programme de doctorat en finance à l’Université McGill, ma demande a d’abord été placée sur une longue liste d’attente, puis sur une courte liste d’attente, avant d’être finalement acceptée. Après avoir obtenu mon doctorat, j’ai postulé quelques postes en finance.

On m’a dit à plusieurs reprises qu’il y avait trop d’autres candidats qualifiés ou que le poste était supprimé en raison de coupes budgétaires. 25:2 Human Rights 14-11-2022

I will never have the perfect evidence for you that those refusals were motivated by me wearing a hijab; however, I can tell you that when I finally became a finance professor at Thompson Rivers University in Kamloops, B.C., I received anonymous hate mail to my faculty address calling my hijab a “rag over my head.” Once on a panel about Islamophobia, I was called “oppressed.” The journalist who said it bluntly told me, “No matter how many degrees you hold, for me, you will always be an oppressed woman.” Je n’aurai jamais la preuve parfaite pour vous que la source de ces refus était mon hidjab; cependant, je peux vous dire que lorsque je suis enfin devenue professeure de finance à l’Université Thompson Rivers à Kamloops, en Colombie- Britannique, j’ai reçu des lettres haineuses anonymes qui étaient envoyées à mon adresse à la faculté et dans lesquelles on qualifiait mon hidjab de « chiffon sur ma tête ».

Un jour, lorsque je faisais

partie d’une tribune sur l’islamophobie, on m’a dit que j’étais « opprimée ». La personne en question, qui était journaliste, m’a dit carrément que peu importe le nombre de mes diplômes, je serais toujours à ses yeux une femme opprimée. A few days ago, I was watching an interview with Baroness Sayeeda Warsi, the first British Muslim politician. She rightly pointed out that before 9/11, British immigrants were labelled according to their origins — Asians, South Asian, Africans — or according to their skin colours — black or brown.

Post 9/11, religion, in particular Islam, came to define us entirely, but unfortunately, in a context filled with stereotypes, misinformation and hate. I totally agree with her brief and very accurate

summary of the challenges we are experiencing today as Muslims living in the West. Il y a quelques jours, je regardais une entrevue avec la baronne Sayeeda Warsi, la première femme politique musulmane britannique. Elle a souligné à juste

titre qu’avant le 11 septembre, les immigrants britanniques étaient étiquetés en fonction de leurs origines — Asiatiques, Asiatiques du Sud, Africains — ou en fonction de la couleur de leur peau, noire ou marron. Après le 11 septembre, la religion, en particulier l’islam, a fini par nous définir entièrement, mais malheureusement, dans un contexte rempli de stéréotypes, de désinformation et de haine. Je suis totalement d’accord avec son compte rendu bref et très précis des difficultés que nous rencontrons aujourd’hui en tant que musulmans vivant en Occident.

In this context of Islamophobia, I heard about cases of Muslim women who decided to remove their hijab just because they don’t want to be solely judged in relation to it. After all, they have degrees and skills, and their headscarf is one of many of their identities. Meanwhile, in the media, some politicians and some commentators are constantly bringing us back to this only identity: Muslim. It is usually looked at through a narrow and distorted prism.

Dans ce contexte d’islamophobie, j’ai eu connaissance de cas de femmes musulmanes qui ont décidé d’enlever leur hidjab simplement parce qu’elles ne voulaient pas être jugées uniquement en fonction de celui-ci. Après tout, elles ont des diplômes et des compétences, et leur voile n’est qu’une de leurs nombreuses identités. Parallèlement, dans les médias, certains politiciens et certains commentateurs nous ramènent sans cesse à cette seule identité : musulman. Elle est généralement examinée à travers un prisme étroit et déformé.

In the last two decades, I worked and collaborated with many human rights organizations to bring forward the plight of several Muslim Canadians detained abroad, and even here in Canada, to the attention of the Canadian government. Obviously, it all started with my husband’s case. In each of these cases, Islamophobia played a large

part in their unjust treatment. Ces vingt dernières années, j’ai travaillé et collaboré avec de nombreuses organisations de défense des droits de la personne pour attirer l’attention du gouvernement canadien sur la situation critique de plusieurs Canadiens musulmans détenus à l’étranger, et même ici au Canada. Évidemment, tout a commencé avec le cas de mon mari. Dans chacun de ces cas, l’islamophobie a joué un rôle important dans la manière injuste dont ces personnes ont été traitées.

If Muslim women were always judged according to the particular symbolism of their hijab, Muslim men are confined to violence and terrorism. Since the introduction of the Anti‑terrorism Act by the Canadian Parliament in 2001, only Muslim Canadians have been charged and convicted under this act, as if a whole body of Canadian laws has been designed to target exclusively Canadian Muslims. If this is not Islamophobia, then what other name can we call it?

Alors que les femmes musulmanes sont toujours jugées en fonction du symbolisme particulier associé à leur hidjab, les hommes musulmans sont eux confinés à la violence et au terrorisme. Depuis l’introduction de la Loi antiterroriste par le Parlement canadien en 2001, seuls des Canadiens musulmans ont été accusés et condamnés en vertu de cette loi, comme si tout un ensemble de lois canadiennes avait été conçu pour cibler exclusivement les musulmans canadiens. S’il ne s’agit pas d’islamophobie, alors quel autre nom pouvons-nous donner à ce phénomène? 14-11-2022 Droits de la personne 25:3

Years ago, I resigned from my finance professor position and decided to write. I started with my own story and then moved on to write fiction about Muslim women. I come from a line of strong women who find power in their faith and spirituality, and I am very proud to continue their legacy. I will never be defined as a victim but rather as a storyteller, or preferably, as a truth- teller. This is precisely why I continue to write and denounce injustice, including Islamophobia. Thank you. Il y a des années, j’ai démissionné de mon poste de professeure de finances et j’ai décidé d’écrire.

J’ai commencé par écrire ma propre histoire, puis je me suis mise à écrire des romans sur des femmes musulmanes. Je suis issue d’une lignée de femmes fortes qui trouvent leur énergie dans leur foi et leur spiritualité, et je suis très fière de perpétuer leur héritage. Je ne me définirai jamais comme une victime, mais plutôt comme une conteuse, ou mieux, comme une diseuse de vérité. C’est précisément la raison pour laquelle je continue d’écrire et de dénoncer les injustices, y compris l’islamophobie. Je vous remercie. The Chair: Thank you very much.

La présidente : Merci beaucoup. [Translation] [Français] Samira Laouni, Director, C.O.R., and President and Co- Founder, Muslim Awareness Week, as an individual: Good evening, Madam Chair, senators. Samira Laouni, directrice du C.O.R. et présidente et cofondatrice de la Semaine de la sensibilisation musulmane, à

titre personnel : Bonsoir, madame la présidente, mesdames les sénatrices et messieurs les sénateurs. Thank you very much for this invitation to share my concerns and observations about Islamophobia, specifically in Quebec. Merci infiniment de cette invitation qui me donne l’occasion d’exprimer mes craintes et mes observations sur l’islamophobie, notamment au Québec plus spécifiquement. My name is Samira Laouni, and I will speak at length about the effects of Islamophobia on employment in Quebec. Je m’appelle Samira Laouni, et je vais vous parler longuement des effets de l’islamophobie sur l’emploi au Québec.

For me, living in Canada and Quebec means flourishing in a pluralistic society that prides itself on its values: inclusion, respect and caring for others. We must aspire not only to live together, but also to work hand in hand and build together a society free of rejection and hate. Pour moi, vivre au Canada et au Québec, c’est s’épanouir dans une société pluraliste qui se targue de ses valeurs d’inclusion, de respect et de bienveillance envers l’autre.

Nous ne devons pas seulement aspirer à vivre ensemble, mais nous devons travailler main dans la main pour construire ensemble une société exempte de rejet et de haine. That is why, in April 2010, in the wake of reasonable accommodations, we created the C.O.R. It’s a non-profit organization for communication, openness and intercultural rapprochement. Ainsi, en avril 2010, nous avons créé le C.O.R. dans la foulée des accommodements raisonnables. Le C.O.R., qui est un organisme de communication, d’ouverture et de rapprochement interculturel, est aussi un organisme sans but lucratif.

We also co-founded Muslim Awareness Week. Its vision is for every Quebecer to feel like a full citizen and be treated as one, regardless of his or her beliefs, origin, skin colour, mother tongue or any other marker of identity. Nous avons également cofondé la Semaine de la sensibilisation musulmane, la Muslim Awareness Week en anglais, qui prône la vision selon laquelle chaque Québécois et Québécoise doit se sentir et être traité comme un citoyen à part entière, quelles que soient ses croyances, son origine, la couleur de sa peau, sa langue maternelle ou tout autre marqueur identitaire.

These aspirations require coherent and consistent solutions centred on productive dialogue. However, polarized positions and a lack of a sense of shared responsibility often get in the way. De telles aspirations exigent des solutions cohérentes et cohésives centrées sur un dialogue productif, mais celles-ci sont souvent bloquées par des positions polarisées et l’absence d’un sens de la responsabilité partagée. 25:4 Human Rights 14-11-2022

While we are still debating what terminology to use: “Islamophobia” or “anti-Muslim racism,” hate crimes continue to rise. I quote: Alors que nous sommes encore en train de discuter de la terminologie à utiliser, que ce soit les termes « islamophobie » ou « racisme antimusulman », les crimes haineux continuent d’augmenter. Je cite : According to Statistics Canada, the number of police- reported hate crimes targeting Muslim religions in 2021 increased by 71% over the previous year.

Selon Statistique Canada, le nombre de crimes haineux signalés par la police ciblant les religions musulmanes en 2021 a augmenté de 71 % par rapport à l’année précédente. This is definitely connected to Quebec’s context of political- identity issues, as we saw during the last election campaign. Specifically, the PQ candidate in Sainte-Rose made Islamophobic remarks, and Mr.

Boulet, the outgoing Minister of Immigration made false claims about immigrants: Ceci est certainement lié au contexte marqué par les enjeux politico-identitaires au Québec, comme on a pu le constater pendant la dernière campagne électorale, notamment avec les propos islamophobes de la candidate péquiste dans Sainte-Rose et les affirmations mensongères sur les immigrants de Jean Boulet, ministre sortant de l’Immigration : Eighty percent of immigrants leave for Montréal, do not work, do not speak French or do not adhere to the values of Quebec society. 80 % des immigrants s’en vont à Montréal, ne travaillent pas, ne parlent pas français ou n’adhèrent pas aux valeurs de la société québécoise.

I sometimes wonder what Quebec’s societal values are. Je me demande parfois quelles sont les valeurs de la société québécoise. Has this minister, Mr. Boulet, asked himself why immigrants aren’t working, if that’s the case? Has he considered the non‑recognition of diplomas, qualifications and experience, particularly by professional orders that impose nearly insurmountable barriers? Est-ce que ce ministre, M. Boulet, s’est demandé pourquoi, si c’est le cas, les immigrants ne travaillent pas?

A-t-il considéré la non-reconnaissance des diplômes, des qualifications, de l’expérience, en particulier par les ordres professionnels qui imposent des barrières quasi insurmontables? Does he understand the harmful effects of Bill 21? By directly discriminating against women who wear the hijab, it legitimizes prejudice against all Muslims, or those presumed to be Muslim. A-t-il compris les effets néfastes du projet de loi no 21 qui, en discriminant directement les femmes qui portent le hidjab, rend légitimes les préjugés contre toutes les personnes musulmanes — ou qu’on suppose musulmanes?

For us, it is equally unacceptable to force women to wear the hijab, as is happening in Iran, or to ban it at work. Pour nous, obliger des femmes à porter le hidjab, comme ce que l’on voit en Iran, ou l’interdire au travail est également inacceptable. Has he measured the thickness of the glass ceiling that prevents upward mobility, not only for newcomers, but also for the second generation? A-t-il mesuré l’épaisseur du plafond de verre qui empêche l’ascension dans l’échelle professionnelle, non seulement pour les nouveaux arrivants, mais aussi pour la deuxième génération?

Two Quebec university studies revealed discrimination in access to employment based on last name. Deux recherches universitaires menées au Québec ont démontré qu’il y avait de la discrimination dans l’accès à l’emploi en fonction du nom de famille. At a time of extreme labour shortages in Quebec, everyone can find a job. But many immigrants, especially those labelled “Muslim,” are working in jobs that are completely unrelated to their qualifications, jobs that most Quebecers disdain.

En cette période de pénurie de main-d’œuvre extrême au Québec, chacun peut trouver une « job », mais un grand nombre d’immigrants, en particulier ceux qui sont étiquetés comme « musulmans », occupent des emplois sans aucun lien avec leurs qualifications, des emplois dédaignés par la majorité des Québécois. Therefore, our first proposal to fight Islamophobia is to improve the hate speech bill. Let’s be clear: Yes, we are in favour of freedom of expression, but we also recognize that it ends when it affects a person’s dignity.

Donc, notre première proposition pour lutter contre l’islamophobie est d’améliorer le projet de loi contre le discours haineux. Comprenons-nous bien : oui, nous sommes pour la liberté d’expression, mais en reconnaissant que celle-ci s’arrête là où elle touche la dignité d’une personne. 14-11-2022 Droits de la personne 25:5

We need a hotline, like SOS Racism, that could collect and record calls from victimized citizens, but mostly for directing them to appropriate resources. Il faut mettre en place une ligne téléphonique, comme SOS Racisme, qui pourrait recueillir et répertorier les appels des citoyens victimes, mais surtout diriger ceux-ci vers les ressources adéquates. All police officers, or all police forces, need mandatory training on the law’s provisions that includes real examples. That way, they can properly collect and draw up complaints from citizens. It would also serve as a way of monitoring Islamophobia.

Il faut une formation obligatoire, comportant des exemples réels, de tous les policiers ou de tous les corps policiers au sujet des dispositions de la loi, afin que ceux-ci soient en mesure de recueillir et de bien formuler les plaintes des citoyens. Ainsi, on pourra constituer un observatoire de l’islamophobie. We also ask that all politicians make a pact to never — even in jest — verbally attack any minority whatsoever, or tolerate such attacks.

Nous demandons également que tous les politiciens concluent un pacte afin de s’engager à ne jamais — même pour plaisanter — exprimer ni tolérer une quelconque atteinte envers quelque minorité que ce soit. We need publicity campaigns to raise public awareness. The first thing that comes to mind is advertisements during news bulletins in the mainstream media. They could feature workers of various backgrounds, including those of European origin, in different areas of employment. They could also feature people who stand out for their particular contribution to our society.

A good example, which I strongly recommend that you watch, is the documentary Pluri’Elles by Institut F. Nous avons besoin de campagnes publicitaires pour sensibiliser le grand public. On pense d’abord à des messages publicitaires durant les bulletins de nouvelles dans les médias conventionnels. On y présenterait des travailleurs et travailleuses d’origines variées — d’origine européenne également — dans différents domaines d’emploi. On présenterait aussi des personnes qui se font remarquer pour leur apport particulier à notre société.

Un bon exemple — et je vous conseille fortement de le visionner — est le documentaire intitulé Pluri’Elles, de l’Institut F. Awareness-raising projects that have proven their effectiveness should be granted recurring funding. Indeed, donors insist an innovation in proposed projects; this is often a determining criterion. Why would a new project be preferable to one that has already proven its utility? Il faudrait assurer un financement récurrent aux projets de sensibilisation dont on a pu prouver l’efficacité.

En effet, les bailleurs de fonds insistent pour que les projets soumis soient innovants; c’est souvent un critère déterminant. Pourquoi un nouveau projet serait-il forcément préférable à celui dont l’utilité a déjà été démontrée? We suggest developing mechanisms to ensure proportional representation of diversity in the public service, on various boards of directors, etc. Nous suggérons de développer des dispositifs assurant une représentation proportionnelle de la diversité dans la fonction publique, dans les divers conseils d’administration, etc.

The Employment Equity Act includes mechanisms to establish gender parity and pay equity in the federal public service. The act must be amended to ensure representation of various minorities based on their proportion of the population. Of course, they must be equally qualified. In the public service, at least, we need internal procedures to help break through glass ceilings. That way, immigrants could move up the career ladder. Il existe des mécanismes pour établir la parité des genres et l’équité salariale dans la fonction publique fédérale grâce à la

Loi sur l’équité en matière d’emploi. Des amendements doivent y être apportés afin de rendre obligatoire la représentation des diverses minorités selon leur proportion dans la population. Évidemment, il faut que cela soit fait à compétences égales. Il faudrait des procédures internes, au moins dans la fonction publique, qui permettront de faire éclater les plafonds de verre, de façon à favoriser l’ascension professionnelle des personnes issues de l’immigration.

In conclusion, if we work together to reduce prejudice and stereotypes against diversity in general, especially against Arab Muslim citizens, we better align skills and employment opportunities. En conclusion, si nous travaillons de concert pour diminuer les préjugés et les stéréotypes à l’encontre de la diversité en général, mais plus particulièrement des citoyens arabo-musulmans, nous parviendrons ensemble à améliorer l’accès à des emplois conformes aux compétences. Thank you. Je vous remercie. 25:6 Human Rights 14-11-2022

[English] [Traduction] The Chair: Thank you for your presentations. Before asking and answering questions, I would like to ask members and witnesses in the room to please refrain from leaning in too close to the microphone or remove your earpiece when doing so. This will avoid any sound feedback that could negatively impact the committee staff in the room. La présidente : Je vous remercie pour vos observations.

Avant de commencer la période de questions et réponses, j’aimerais demander aux sénateurs et aux témoins présents dans la salle de ne pas se pencher trop près du microphone et de ne pas retirer leurs écouteurs. Nous éviterons ainsi tout retour de son qui pourrait avoir un effet négatif sur le personnel du comité présent dans la salle. We will now proceed to questions from senators. As was our previous practice, I would like to remind each senator that you have five minutes for your question, and that includes the answer. Nous allons maintenant passer aux questions des sénateurs.

Je rappelle aux sénateurs que, comme par le passé, ils disposent de cinq minutes pour poser leur question et obtenir une réponse. Senator Omidvar: Thank you to both our panellists. They were excellent presentations, and I really appreciate them. I have a question first for Ms. Mazigh and if possible on the second round for Ms. Laouni. La sénatrice Omidvar : Merci à nos deux témoins. Vous avez fait d’excellentes présentations, et je vous en remercie vivement. J’ai d’abord une question pour Mme Mazigh et, si possible, au second tour, pour Mme Laouni. Ms.

Mazigh, your advocacy and fight for justice for your husband was truly admirable. My question to you, though, is since that time 20 years ago, how have national security laws been adjusted or amended to take into account the lessons learned from the rendition of your husband in Syria? Madame Mazigh, votre plaidoyer et votre combat pour la justice en faveur de votre mari ont été réellement admirables.

Ma question est la suivante : depuis cette époque, il y a 20 ans, comment les lois sur la sécurité nationale ont-elles été ajustées ou modifiées de manière à intégrer les leçons tirées de l’extradition de votre mari en Syrie? Ms. Mazigh: Thank you. There is a short answer to this, and there is a longer one. I will start with the shorter one. In 2007, Justice O’Connor, who was commissioned by the federal government at that time, released two reports. One of them was about what happened to my husband. The other was a recommendation for the federal government.

I can tell you with 99% certitude that, unfortunately, none of those recommendations have been adopted by the government to change those situations. Mme Mazigh : Merci. Il y a une réponse courte à cette question, et une réponse plus longue. Je vais commencer par la plus courte. En 2007, le juge O’Connor, qui avait à l’époque été mandaté par le gouvernement fédéral, a publié deux rapports. L’un portait sur ce qui est arrivé à mon mari. L’autre était une recommandation à l’intention du gouvernement fédéral.

Je suis malheureusement sûre à 99 % qu’aucune de ces recommandations n’a été adoptée par le gouvernement pour remédier à ces situations. So the same thing — the rendition — can happen again, and we will still have the same unfortunate result. We will have to rely on individuals, social activists and human rights organizations to raise the profile of these cases but not count on the government to help. Le même scénario — une extradition — pourrait donc se reproduire, et nous obtiendrons alors le même résultat malheureux.

Nous devrons compter sur les particuliers, les militants sociaux et les organisations de défense des droits de la personne pour faire connaître ces cas, sans compter sur l’aide du gouvernement. The longer version is that without sounding partisan or being with one party or the other, I think in the last years, even though those recommendations have not been adopted, the whole climate in unjustly arresting and persecuting Muslims came down a little bit. There was not as much application of the laws I was mentioning in my statement — the Anti-terrorism Act.

Nevertheless, the laws still exist, so while the narrative changed a little bit, unfortunately we still have a series of laws in our Criminal Code that target exclusively — without saying it, of course — Muslims. They have been charged and convicted under it. La version longue est que, sans vouloir paraître partisane ou m’associer à un parti ou à un autre, je pense que ces dernières années, bien que ces recommandations n’aient pas été mises en œuvre, le climat général d’arrestations et de persécutions injustes des musulmans s’est un peu apaisé.

Les lois que j’ai mentionnées dans mes observations — la Loi antiterroriste — n’ont pas été appliquées aussi souvent. Néanmoins, ces lois existent toujours, et même si le contexte a un peu changé, notre Code pénal contient malheureusement toujours une série de lois qui visent exclusivement — même si ce fait n’est pas explicite, évidemment — les musulmans. Ils sont accusés et condamnés en vertu de ces lois. 14-11-2022 Droits de la personne 25:7

I want to say something. In Canada, most of the terrorist attacks that have happened and the victims they have made are under Islamophobia. They did not occur under other — I would say — criminal acts. So it is very concerning for me that we still have these specific laws, all of them making Muslims look violent. Many of them will contribute to this Islamophobia that we are talking about — the irrational fear of Muslims. Je voudrais dire quelque chose. Au Canada, la plupart des attaques terroristes qui ont eu lieu et les victimes qu’elles ont faites relèvent de l’islamophobie.

Elles n’ont pas eu lieu dans le cadre d’autres actes — disons — criminels. Je trouve donc très inquiétant que ces lois particulières, qui font toutes passer les musulmans pour des êtres violents, soient toujours en vigueur. Beaucoup d’entre elles contribueront à l’islamophobie dont nous parlons, la peur irrationnelle des musulmans. Senator Omidvar: Ms. Mazigh, do you believe, given the state of Islamophobia in this country — and we have heard witnesses before providing very disturbing testimony and evidence — that Justice O’Connor’s report should be opened up again as part of the recommendations of this study?

La sénatrice Omidvar : Madame Mazigh, pensez-vous, compte tenu de l’état de l’islamophobie dans ce pays — et des personnes ont déjà présenté ici des preuves et des témoignages très troublants — que le rapport du juge O’Connor devrait être rouvert dans le cadre des recommandations de cette étude? Ms. Mazigh: Absolutely. I think this is very important. We spent three years and public funds to produce a very important report. Some of his recommendations were somehow introduced — the creation of an integrated agency where people can present their complaints as part of not only the RCMP but also other agencies.

However, this is very little. We still have agencies in Canada — I’ll give you a very simple example. We still have the no-fly list. My husband cannot travel even though 20 years has gone by since what happened — even 15 years. Many other Muslims cannot travel. The worst is that they don’t know why they cannot travel. So this no-fly list is another flagrant and obvious example of Islamophobia. I’m not telling you that everyone on that no-fly list is necessarily Muslim, but there are many Muslims who find themselves on it. Mme Mazigh : Tout à fait. Je pense que c’est essentiel.

Nous avons consacré trois années et des fonds publics pour produire un rapport d’une grande importance. Certaines de ses recommandations ont été mises en œuvre — la création d’une agence intégrée auprès de laquelle les personnes peuvent présenter leurs plaintes au sein non seulement de la GRC, mais aussi d’autres organismes. Cependant, ces mesures ne suffisent pas. Le Canada compte encore des organismes... Je vais vous donner un exemple très simple. La liste d’interdiction de vol existe encore. Mon époux ne peut pas prendre l’avion, bien que 20 années se soient écoulées depuis ce qui s’est passé, ou même 15.

De nombreux autres musulmans ne peuvent pas voyager. Le pire, c’est qu’ils ne savent pas pourquoi. Cette liste d’interdiction de vol est donc un autre exemple flagrant et évident d’islamophobie. Je ne vous dis pas que toutes les personnes qui figurent sur cette liste d’interdiction de vol sont nécessairement des musulmans, mais on y trouve de nombreux musulmans. At the time that I was working for the International Civil Liberties Monitoring Group, Transport Canada did not even want to give us the number of Canadians who are on this list.

Some people talk about 1,500, but they could not even tell us because they said this is a national security threat. That is the kind of information that probably the majority of Canadians do not know and do not hear about. But if you go to the airport and try to travel, and you are humiliated in front of your family, and they tell you that you cannot take the plane and don’t tell you why, this is a problem.

À l’époque où je travaillais pour la Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles, Transports Canada ne voulait même pas nous communiquer le nombre de Canadiens qui figuraient sur cette liste. On parle de 1 500 personnes, mais ils ne pouvaient même pas nous le dire parce qu’ils estimaient que le fait de communiquer ces renseignements constituait une menace pour la sécurité nationale. La majorité des Canadiens n’ont probablement pas connaissance de ce type d’information et n’en entendent pas parler.

Mais si, lorsque vous vous rendez à l’aéroport pour prendre l’avion, vous êtes humilié devant votre famille et qu’ils vous disent que vous ne pouvez pas voyager sans vous expliquer pourquoi, cela pose problème. Senator Omidvar: Thank you. La sénatrice Omidvar : Merci. Senator Arnot: Thank you, witnesses, for coming today. I really appreciate your advice. Le sénateur Arnot : Je remercie les témoins de leur présence aujourd’hui. Je vous suis très reconnaissant de vos conseils.

I would like you to address an issue as follows: Canada has been described as the most successful experiment in pluralism the world has ever seen. There is a lot of truth to that, but there is some fragility attached as well. Ms. Mazigh, you were indicating J’aimerais que vous nous parliez de la question suivante : le Canada a été décrit comme l’expérience de pluralisme la plus réussie que le monde ait jamais connue. Il y a beaucoup de vérité dans cette affirmation, mais il y a aussi une certaine 25:8 Human Rights 14-11-2022

that Canada was not the “El Dorado” you thought it would or could be. My position is that Canada has failed to invest to the extent that we would have success in embracing diversity and making it the Canada that it should be. fragilité. Madame Mazigh, vous avez dit que le Canada n’était pas « l’eldorado » que vous pensiez qu’il serait ou pourrait être. Mon point de vue est que le Canada n’a pas investi suffisamment pour réussir à intégrer la diversité et faire du Canada le pays qu’il devrait être. What advice do you have, particularly with respect to the power of education?

I’m thinking of the K-to-12 system or the university system. I’ve heard some comments as well about adult education. I’m just wondering what you might say with respect to that issue. This could be answered by both witnesses. Quels conseils pouvez-vous nous donner, notamment en ce qui concerne le pouvoir de l’éducation? Je pense au système allant de la maternelle à la douzième année et au système universitaire. J’ai également entendu des commentaires sur l’éducation des adultes. J’aimerais savoir ce que vous avez à dire à ce sujet. Les deux témoins pourraient répondre à cette question. Ms.

Mazigh: By education, are you talking about kindergarten to grade 12 or university? Mme Mazigh : Lorsque vous parlez d’éducation, parlez-vous du système allant de la maternelle à la 12e année ou du système universitaire? Senator Arnot: Both. Le sénateur Arnot : Les deux. Ms. Mazigh: It is very important to recognize that, even though I have to also insist that I’m not an expert. Probably there are people who have better ideas.

However, as a parent of two children who went to school in the public system and went to university as well, I can tell you that we have a lot to achieve in terms of changing our curriculum, for example. I’ll give you a very simple anecdote. Mme Mazigh : Il est très important de reconnaître ce fait, même si je dois également insister sur le fait que je ne suis pas une experte. Certaines personnes ont probablement de meilleures idées.

Cependant, en tant que mère de deux enfants qui ont fait leur scolarité dans le système public et qui sont également allés à l’université, je peux vous dire que nous avons beaucoup à faire en ce qui concerne la modification de nos programmes d’études, par exemple. Je vais vous raconter une anecdote très simple. In Ontario, the Grade 11 students have an optional course on world religions. I think it’s a very good idea, but because of the chronological succession, they will start with some ancient religions and they will end up with Islam, which happens to occur as the third and the last monotheist religion.

Usually, the professor doesn’t have enough time to teach it. As simple and anecdotal as that may appear, I think we have to change that. I’m not saying put it in the first place or the second but never the last. En Ontario, les élèves de 11e année peuvent suivre un cours facultatif sur les religions du monde. Je pense que c’est une très bonne idée, mais pour des raisons de chronologie, ils commencent par certaines religions anciennes et finissent par l’islam, qui se trouve être la troisième et dernière religion monothéiste. En général, le professeur n’a pas assez de temps pour l’enseigner.

Aussi simple et anecdotique que ce fait puisse paraître, je pense que nous devons changer cela. Je ne dis pas qu’il faut étudier l’islam en premier ou en deuxième, mais jamais en dernier. We should come up with innovative ideas. Recently, Statistics Canada released the proportion of Muslims in Canada. We should be represented somehow, whether in terms of professors or in terms of the curriculum. There are many obstacles that my friend, Samira Laouni, talked about in employment.

There are probably some professors who can be quickly hired, trained in a very short time and brought into the public system so they can teach and represent that diversity. Nous devons trouver des idées novatrices. Récemment, Statistique Canada a publié la proportion de musulmans au Canada. Nous devrions être représentés d’une manière ou d’une autre, que ce soit parmi les professeurs ou dans les programmes d’études. Il existe de nombreux obstacles dont mon amie Samira Laouni a parlé en matière d’emploi.

Des professeurs pourraient probablement être embauchés rapidement, formés en très peu de temps et intégrés au système public, afin qu’ils puissent enseigner et représenter cette diversité. Yes, as a Canadian society, compared to other societies, we are very open and we are multicultural. I have to admit that. Nevertheless, unfortunately, Canada is I think the only G7 country with such a high number of Islamophobic attacks. We have to do something about that. Oui, la société canadienne est très ouverte et multiculturelle par rapport à d’autres sociétés. Je l’admets.

Néanmoins, je pense que le Canada est malheureusement le seul pays du G7 qui connaît un nombre aussi élevé d’attaques islamophobes. Nous devons faire quelque chose pour remédier à cette situation. Senator Arnot: Does the other witness have time to answer? Le sénateur Arnot : L’autre témoin a-t-elle le temps de répondre? 14-11-2022 Droits de la personne 25:9

The Chair: Yes, of course. La présidente : Oui, bien sûr. Senator Arnot: Ms. Laouni, do you have any comments on my question? Le sénateur Arnot : Madame Laouni, avez-vous des commentaires à faire concernant ma question? [Translation] [Français] Ms. Laouni: Thank you for your question. The problem is that education is a provincial issue. I don’t think Mr. Legault really wants to hear anything from the federal government. Mme Laouni : Merci de votre question. Le problème est que la question de l’éducation en est une de compétence provinciale. Je ne pense pas que M.

Legault veuille vraiment écouter quelque chose qui viendrait du fédéral. There used to be a course on ethics and religious culture, which has now been abolished. It certainly helped a lot in terms of knowledge about others and openness to them in all their diversity, be it based on sexuality, gender, religion or colour. It was really extraordinary. I personally participated in developing the curriculum with the Quebec Ministry of Education.

Lorsqu’il y avait le cours d’éthique et culture religieuse, qui est maintenant aboli, il est certain que cela a beaucoup aidé pour la connaissance de l’autre et l’ouverture à l’autre dans toute sa diversité, que ce soit la diversité sexuelle, de genre, de religion ou de couleur. C’était vraiment extraordinaire. J’avais personnellement participé à l’élaboration du curriculum avec le ministère de l’Éducation du Québec. Unfortunately, this course no longer exists.

Nonetheless, as my colleague Monia Mazigh said, we could still train teachers, especially at the university level, because that’s where it’s all happening. We could play a role in quickly training university- level teachers; they, in turn, could train students in pedagogy, for instance, or social intervention for social workers. That would be a good thing to do. Ce cours n’existe malheureusement plus, mais il n’en demeure pas moins que, comme l’a dit ma collègue Monia Mazigh, on pourrait former des enseignants, surtout au niveau universitaire, parce que c’est là que cela se joue.

Peut-être que l’on pourrait jouer un rôle dans la formation rapide des enseignants de niveau universitaire pour qu’ils agissent à leur tour dans la formation des élèves en pédagogie, par exemple, ou en intervention sociale pour les intervenants sociaux. Ce serait une bonne chose à faire. [English] [Traduction] Senator Arnot: Thank you. This question is for both witnesses. I’ve heard from Ms. Laouni that she was proposing that we improve the law on hate speech. I’m just wondering what your thoughts are.

I would just point out that we seem to have a lot of examples from the United States where there’s actually very little regulation of hate speech or of any kind of speech, really,

whereas in Canada, we’ve always had regulation of speech — libel, slander, fraud, hate. What are your thoughts on how hate speech could be reinforced in a better way, in a much more expeditious way? Le sénateur Arnot : Merci. Cette question s’adresse aux deux témoins. Mme Laouni m’a dit qu’elle proposait d’améliorer la

loi sur le discours haineux. Je me demande ce que vous en pensez. Je voudrais simplement souligner que nous semblons avoir beaucoup d’exemples des États-Unis où il y a en fait très peu de réglementation du discours haineux ou de tout autre type de discours, alors qu’au Canada, nous avons toujours eu une réglementation du discours pour ce qui est du libelle, de la diffamation, de la fraude ou de la haine. Comment pensez-vous que les mesures relatives au discours haineux pourraient être renforcées d’une meilleure façon, d’une façon beaucoup plus expéditive? [Translation] [Français] Ms.

Laouni: Certainly, hate crimes are already well regulated in Canada, but hate speech is still kind of like.... I would say that hate speech is a bit of a grey area and we don’t know how to define it in relation to defamation or anything else. If you put in a rule that freedom of speech — no one is against virtue and freedom of speech — stops once it affects the dignity of the other person, I repeat the dignity of the person, it becomes hateful.... If this barrier was established, I think hate speech could be more reined in.

Hate speech is becoming more and more frequent, especially with social media and algorithms on Facebook, Twitter, Instagram and others. Mme Laouni : Il est certain que les crimes haineux sont déjà bien réglementés au Canada, mais les propos haineux demeurent un peu comme... Je dirais qu’il y a un flou autour des propos haineux et qu’on ne sait pas comment les définir par rapport à la diffamation ou à autre chose.

Si on établit une règle selon laquelle la liberté d’expression — personne n’est contre la vertu et la liberté d’expression — s’arrête une fois qu’elle touche la dignité de l’autre, je dis bien la dignité de la personne, qu’elle devient haineuse... Si on met cette barrière, je pense que l’on pourrait parvenir à contenir davantage les propos haineux. Ils deviennent de plus en plus nombreux, surtout avec les médias 25:10 Human Rights 14-11-2022

sociaux et les algorithmes sur Facebook, Twitter, Instagram et d’autres. If you saw the severity, meanness and number of hateful comments.... You can feel a hatred — excuse the language, but a crass hatred — in social media. Sometimes you wonder if it’s really a human being treating another human being in that way. Freedom of speech is one thing, but to stop harming the dignity of another is another. That distinction is necessary, I think. Si vous voyiez la gravité, la méchanceté et le nombre de propos haineux... On sent une haine, excusez le mot, mais une haine crasse dans les médias sociaux.

Parfois, on se demande si c’est vraiment un être humain qui traite un autre être humain de cette manière. La liberté d’expression est une chose, mais arrêter de toucher à la dignité de l’autre, c’en est une autre. Cette distinction est nécessaire, je crois. [English] [Traduction] Senator Arnot: Thank you. Ms. Mazigh, do you have any comments on that issue? Le sénateur Arnot : Merci. Madame Mazigh, avez-vous des commentaires à faire sur cette question? Ms. Mazigh: We have seen many examples. It’s all about setting the bar, how to set it and where to set it.

If I take the case of the Anti-terrorism Act, for example, or the case of terrorism, the bar was set super high. I think there was a desire from some legislators to sort of instill fear into a lot of Muslims. I think they succeeded somehow because a lot of Muslims live in fear these days. Mme Mazigh : Nous avons vu de nombreux exemples. Tout est question de fixer la barre, de la manière dont on la fixe et du niveau auquel on la fixe. Si je prends le cas de la Loi antiterroriste, par exemple, ou le cas du terrorisme, la barre a été fixée à un niveau très élevé.

Je pense que certains législateurs souhaitaient en quelque sorte inspirer la peur à de nombreux musulmans. Je pense qu’ils ont réussi d’une certaine manière, car beaucoup de musulmans vivent dans la peur de nos jours. I’m not saying to try to necessarily implement the same thing that I denounced, but if we install the bar of hate speech at a level where people understand that there are consequences to what they are saying, of course, we will have some results. But, right now, there is a fuzzy line between hate and freedom. When it comes to Muslims and Islamophobia, it’s always about freedom of expression.

It’s never about having consequences to what people are saying. As a civilized society, we have to be honest to our values, to what we are really preaching. Je ne dis pas qu’il faut nécessairement essayer de mettre en œuvre la même chose que ce que j’ai dénoncé, mais si nous établissons le critère du discours haineux à un niveau qui fait comprendre aux gens que ce qu’ils disent a des conséquences, il est évident que nous obtiendrons certains résultats. Mais, à l’heure actuelle, la limite entre la haine et la liberté est floue.

Lorsqu’il s’agit de musulmans et d’islamophobie, il est toujours question de liberté d’expression. Il ne s’agit jamais de prévoir des conséquences à ce que les gens disent. En tant que société civilisée, nous devons faire preuve d’honnêteté vis-à-vis de nos valeurs, de ce que nous prêchons réellement. People today are very smart, not because they have smartphones only, but they can see the hypocrisy of the system. If we allow some people to say things, and we defend other people to say other things, then the system is not working well.

Les gens sont aujourd’hui très intelligents, pas seulement parce qu’ils ont des téléphones intelligents, mais aussi parce qu’ils perçoivent l’hypocrisie du système. Si nous permettons à certaines personnes de dire certaines choses, et que nous défendons à d’autres personnes de dire d’autres choses, alors le système ne fonctionne pas bien. We have to come up with online regulations that will make us look as we pretend or claim we are — civilized, just and fair. Right now, I’m not seeing this. Our hate laws are very poor and poorly enforced.

Nous devons proposer des réglementations en ligne qui correspondent à ce que nous disons ou prétendons être — civilisés, justes et équitables. Pour l’instant, ce n’est pas ce que je vois. Nos lois sur la haine sont très médiocres et mal appliquées. [Translation] [Français] Senator Gerba: I thank our witnesses for their compelling testimony. My first question is for Ms. Laouni. La sénatrice Gerba : Merci à nos témoins pour leurs témoignages touchants. Ma première question s’adresse à Mme Laouni. 14-11-2022 Droits de la personne 25:11

Thank you for your recommendations, which are very relevant and will be very helpful to us. I would like to come back to the point of credential recognition. Do you think there is a link between Islamophobia and credential recognition in Canada? If so, what can we do as legislators to make a difference? What are your expectations? Je vous remercie de vos recommandations, qui sont très pertinentes et nous seront très utiles. Je voudrais revenir sur le point de la reconnaissance des diplômes. Est-ce que vous pensez qu’il y a un lien entre l’islamophobie et la reconnaissance des diplômes au Canada?

Si c’est le cas, que pouvons-nous faire, en tant que législateurs, pour faire bouger les choses? Quelles sont vos attentes? Ms. Laouni: It has to be said that, when you are a landed immigrant, as you know, you go through a whole process of assessment of your credentials, your age and your health, so that you would be allowed to settle in Quebec. Mme Laouni : Il faut dire que, quand on est un immigrant reçu, comme vous le savez, on subit tout un processus d’évaluation de nos diplômes, de notre âge et de notre santé, afin que l’on nous permette de nous établir au Québec.

As far as credential recognition is concerned, I would suggest that it be done in the countries of origin, even before the immigrant settles in Canada, regardless of the province, because, in any case, the person is in the process of recruitment to come to Canada. It takes two to three years to get a degree recognized, but during that time the person needs to feed their family. They don’t have time to wait for that recognition.

En ce qui concerne la reconnaissance des diplômes, je suggérerais que cela se fasse à même les pays d’origine, avant même que l’immigrant s’établisse au Canada, que ce soit dans n’importe quelle province, parce que, de toute manière, la personne est en processus de recrutement pour venir au Canada. Il faut de deux à trois ans pour obtenir la reconnaissance d’un diplôme, mais pendant ce temps, la personne a besoin de nourrir sa famille. Elle n’a pas le temps d’attendre que la reconnaissance se fasse. Now, is there a direct relationship? I cannot make such a claim. I haven’t considered this point specifically.

On the other hand, degrees, whether they come from the Maghreb or from Africa, for instance, are always undervalued. A Moroccan doctorate has the equivalent of a bachelor’s degree or, at most, if it is in science, a Canadian master’s degree. These are not at all the same equivalencies. Maintenant, est-ce qu’il y a une relation directe? Je ne peux pas affirmer une telle chose. Je n’ai pas étudié ce point spécifiquement. Par contre, les diplômes, qu’ils viennent du Maghreb ou de l’Afrique, par exemple, ne sont jamais reconnus à leur juste valeur.

Un doctorat marocain a l’équivalence d’un baccalauréat ou, à la limite, s’il est scientifique, d’une maîtrise canadienne. Ce ne sont pas du tout les mêmes équivalences. In Quebec, European degrees, especially French ones, are recognized at the same level. Once again, there are problems with the curriculum. For example, I have a PhD from the Sorbonne that was recognized as a master’s degree.

What was explained to me was that, since France does not have a semester system, but rather an annual system, the doctorate was called a “university doctorate,” not a “state doctorate.” This is a really strange explanation to say that my PhD is not equivalent to a Quebec PhD. Is it because of my name or because of the established curriculum? I don’t know. I can’t prove that. What is certain is that, as soon as you don’t have a Quebec-sounding name, hiring is problematic in Quebec. That is certain, and many studies have proved it time and time again.

Au Québec, les diplômes européens, surtout français, sont reconnus au même niveau. Encore là, il y a quand même des problèmes de curriculum. Par exemple, j’ai un doctorat de la Sorbonne qui a été reconnu comme une maîtrise. Ce qu’on m’a expliqué, c’est que puisque la France n’a pas un système semestriel, mais plutôt un système annuel, le doctorat a été appelé un « doctorat universitaire », et non un « doctorat d’État ». C’est une explication vraiment bizarre pour dire que mon doctorat n’a pas l’équivalence d’un doctorat québécois. Est‑ce à cause de mon nom ou du curriculum établi? Je n’en sais rien.

Je ne peux pas faire la preuve de cela. Ce qui est certain, c’est que dès qu’on n’a pas un nom à consonance québécoise, l’embauche est problématique au Québec. C’est certain, et plusieurs études l’ont prouvé à maintes reprises. Senator Gerba: In an interview you gave, you stated that Quebec took a positive step in derogating from Bill 21 during the pandemic, by allowing people wearing religious symbols to work in health care. Did this move the needle on Bill 21, and what is your assessment of that today?

La sénatrice Gerba : Lors d’une entrevue que vous avez donnée, vous avez affirmé que le Québec a eu un geste positif en dérogeant au projet de loi no 21 pendant la pandémie, en permettant à des personnes portant des signes religieux de travailler dans le milieu de la santé. Est-ce que cela a fait bouger les choses par rapport au projet de loi no 21, et quelle évaluation faites-vous de cela aujourd’hui? Ms.

Laouni: Unfortunately, I don’t believe that the provisions made by the Quebec government in relation to Bill 21 concerning workers — and especially women workers in health Mme Laouni : Malheureusement, je ne crois pas que les dispositions prises par le gouvernement québécois par rapport au projet de loi no 21 concernant les travailleurs, et surtout les 25:12 Human Rights 14-11-2022

care — have made a difference. Everyone suffered from the pandemic, which was a very difficult period in many ways. We saw that the vast majority of workers — and I mean women — came from a wide variety of backgrounds other than Canadian, whether they were Haitian, Moroccan, Tunisian, Algerian, and so on. travailleuses dans le domaine de la santé, ont fait bouger les choses. Tout le monde a souffert de la pandémie, qui a été une période très difficile à plusieurs égards.

On a vu que la grande majorité des travailleuses — et je parle bien des femmes — sont issues d’une grande diversité d’origines autres que canadiennes, qu’elles soient des Haïtiennes, des Marocaines, des Tunisiennes, des Algériennes, etc. Unfortunately, even Mr. Legault was photographed while receiving a vaccine from a woman wearing the hijab. A number of hateful comments followed this tweet. This is where the seriousness of Islamophobia is felt.

To this must be added a grandfather clause, which ensures that women wearing headscarves who were already working in a school service centre in Quebec before the bill was passed and who continue to work there have the right to remain there, but under certain conditions. Malheureusement, même M. Legault s’est fait photographier alors qu’il recevait un vaccin d’une femme portant le hidjab. Il y a eu plusieurs commentaires haineux qui ont suivi ce gazouillis. C’est là où l’on sent la gravité de l’islamophobie.

On doit ajouter à cela une clause de droits acquis, qui fait en sorte que les femmes portant le foulard, qui travaillaient déjà dans un centre de services scolaire au Québec avant l’adoption de la loi et qui continuent d’y travailler, ont le droit d’y rester, mais sous certaines conditions. If these women move from the service centre or change geographical areas, they lose their right to teach. If they want to change jobs or seek professional advancement, they are not eligible. Yet, Bill 21 was passed to safeguard equality between women and men.

But if a male Muslim teacher wants to change geographical areas, he has the right to do so, just as he has the right to seek professional advancement. Things have only gotten worse in Quebec with Bill 21. It has not helped Quebec or Muslims in Quebec. Si ces femmes déménagent du centre de services ou si elles changent de zone géographique, elles perdent leur droit d’enseigner. Si elles veulent changer de poste ou si elles souhaitent obtenir une promotion professionnelle, elles n’y ont pas droit. Pourtant, le projet de loi no 21 a été adopté pour sauvegarder l’égalité entre les femmes et les hommes.

Pourtant, si un homme enseignant musulman veut changer de zone géographique, il en a le droit, tout comme il a le droit de prétendre à une promotion professionnelle. Les choses n’ont fait qu’empirer au Québec avec le projet de loi no 21. Celui-ci n’a aidé ni le Québec ni les musulmans au Québec. [English] [Traduction] Senator Housakos: Thank you for being with us today. Thank you for sharing your views. Le sénateur Housakos : Merci d’être avec nous aujourd’hui. Merci de nous faire part de votre point de vue.

For starters, I want to be clear that there’s nothing worse than xenophobia, Islamophobia, any kind of phobia. Any time human beings are afraid of something they don’t know or something they haven’t really comprehended, it always seems to manifest itself into ugliness. Pour commencer, je tiens à préciser qu’il n’y a rien de pire que la xénophobie, l’islamophobie ou toute autre forme de phobie. Chaque fois que les êtres humains ont peur de quelque chose qu’ils ne connaissent pas ou qu’ils n’ont pas vraiment compris, cela semble toujours se manifester par la laideur.

The truth of the matter is, racism is not reserved to Canada. It’s not a Canadian problem. It’s a global problem. Unfortunately, it’s part of human nature. I’ve seen it myself as a son of immigrants. The truth of the matter is Canada is a country where you’re either an immigrant or children of immigrants. If we don’t find a way to get everybody on the boat rowing in the same direction, Canada will never achieve its ultimate potential. La réalité est que le racisme ne se limite pas au Canada. Ce n’est pas un problème canadien. C’est un problème mondial. Malheureusement, il fait

partie de la nature humaine. Je l’ai moi‑même constaté en tant que fils d’immigrants. La vérité est que le Canada est un pays où vous êtes soit un immigrant, soit un enfant d’immigrant. Si nous ne trouvons pas le moyen de faire avancer tout le monde dans la même direction, le Canada ne réalisera jamais son plein potentiel. I don’t agree that legislation is going to stomp out Islamophobia any more than it will stomp out racism. It’s important to have hate laws in the books, as we do. It’s important to have various laws in the Criminal Code that are applied when people cross the line.

It’s important that the government Je ne suis pas d’accord pour dire qu’une législation pourrait éradiquer l’islamophobie, pas plus qu’elle ne pourrait éradiquer le racisme. Il est important de créer des lois sur la haine, comme nous l’avons fait. Il est important de prévoir dans le Code criminel diverses lois qui sont appliquées lorsque les gens 14-11-2022 Droits de la personne 25:13

continues to educate people in our institutions to achieve what we’ve achieved. dépassent les bornes. Il est important que le gouvernement continue d’éduquer les gens au sein de nos institutions afin d’accomplir ce que nous avons accompli. Again, if you look at the history of Canada, how we treated our Indigenous people, there’s some ugliness there. If we see the relationship between the two founding peoples of Canada, French and English, there was some ugliness there. If you see the way Catholic Irish were treated when they first came in the history of Canada, there was ugliness there.

When Jews came here during a period of time, more ugliness. We can go on and on. Encore une fois, si vous regardez l’histoire du Canada, la façon dont nous avons traité nos peuples autochtones, il y a une certaine laideur. Si l’on examine la relation entre les deux peuples fondateurs du Canada, les Français et les Anglais, il y a eu de la laideur. La façon dont les Irlandais catholiques ont été traités lorsqu’ils sont arrivés dans l’histoire du Canada est tout aussi laide. Lorsque les Juifs sont arrivés ici pendant une certaine période, il y a eu encore plus de laideur. Nous pourrions continuer ainsi longtemps.

I grew up in a place called Park Extension. That’s where I was born. It’s an immigrant place. That’s where immigrants in Quebec land. In my time, 80%. Ms. Laouni, I’m sure you know the place. J’ai grandi dans un endroit appelé Parc-Extension. C’est là que je suis né. C’est un endroit où vivent des immigrants. C’est là qu’ils s’installent quand ils arrivent au Québec. À mon époque, 80 % d’entre eux. Madame Laouni, je suis sûr que vous connaissez cet endroit. When I was growing up there, we were separated by a fence: The poor kids, the immigrant kids and the rich kids. The fence is still there.

When I was growing up, the fences were padlocked. You couldn’t even go over to trick or treat on that side. Quand j’étais enfant, nous étions séparés par une clôture : les enfants pauvres, les enfants d’immigrés et les enfants riches. La clôture est toujours là. Quand j’étais enfant, elle était cadenassée. Vous ne pouviez même pas aller de l’autre côté pour demander des bonbons le soir de l’Halloween. I know how that feels. When I advocate for racialized groups, I do it because I’ve been there.

Obviously, the groups being discriminated against now, it is much more complicated because they’re visible minorities, religious minorities and so on and so forth. Je sais ce que ça fait. Quand je défends les groupes racisés, je le fais parce que je suis passé par là. De toute évidence, la situation des groupes victimes de discrimination aujourd’hui est beaucoup plus compliquée parce qu’il s’agit de minorités visibles, de minorités religieuses et autres. I have three questions. My first question is: Is multiculturalism in Canada helpful in combatting a lot of this Islamophobia? I’m not sure.

There are times I think multiculturalism has served us well. I think at other times it creates hyphenated Canadians, and it divides us more and doesn’t allow for integration. J’ai trois questions, la première étant la suivante : le multiculturalisme canadien contribue-t-il à lutter contre l’islamophobie? Je n’en suis pas certain. Je pense parfois que le multiculturalisme nous sert bien, alors qu’à d’autres moments, il me semble qu’il crée des Canadiens avec un trait d’union, ce qui nous divise et nuit à l’intégration.

One thing I have seen is if you’re a child of immigrants, you can face all the racism in the world. We have laws in Canada. Most Canadians are fundamentally good. Over time, we persevere. My parents always told me, “Keep your head down, work hard, follow the law, and you’ll get to where you need to go.” J’ai également constaté que les enfants d’immigrants peuvent être confrontés au racisme dans le monde. Il existe des lois au Canada. La plupart des Canadiens sont fondamentalement bons. Avec le temps, nous persévérons.

Mes parents m’ont toujours dit de baisser la tête, de travailler fort, de respecter la loi, et que j’arriverais là où je dois aller. I look at the Senate today. It is very representative of our country. The House of Commons less so, but it’s starting to be more representative. I’m looking at our policing institutions and our university professors. We have a lot of work to do, particularly vis-à-vis the Muslim community, but we’re slowly getting there. J’observe le Sénat aujourd’hui et je trouve qu’il est très représentatif de notre pays.

La Chambre des communes l’est moins, mais elle commence à être un peu plus représentative. Je regarde nos institutions de maintien de l’ordre et nos professeurs d’université. Nous avons beaucoup de travail à accomplir, particulièrement à l’égard de la communauté musulmane, mais nous nous rapprochons lentement du but. So is multiculturalism helping or should the government focus more on creating more integration, and what would that be? Le multiculturalisme nous aide-t-il ou est-ce que le gouvernement devrait chercher davantage à favoriser l’intégration? Que faudrait-il faire? 25:14 Human Rights 14-11-2022

My second question is: In the last seven years, if we look at the Trudeau government, they talk a big game on Islamophobia. They show up at every single parade to take a knee, and they go to every single protest. But if I listen to your testimony, the rates of Islamophobia are going up; the crisis is getting worse. If I understand correctly, the current government is getting an “F.” Ma deuxième question est la suivante : au cours des sept dernières années, le gouvernement Trudeau a énormément parlé d’islamophobie.

Il se présente à toutes les parades pour mettre le genou à terre et il est de toutes les manifestations. Mais selon votre témoignage, les taux d’islamophobie augmentent et la crise s’aggrave. Si je comprends bien, le gouvernement mérite un « F ». I’d like your comments on it. It is a partisan question, but we’re in a house of Parliament. Je voudrais que vous me disiez ce qu’il en est. C’est une question partisane, mais nous sommes dans une Chambre du Parlement.

My third question is equally partisan: Our policing institutions in this country, SPVM or SQ, if there is an increasing rate of hate toward a particular community, which I sense to believe that’s the case because I’ve been hearing it from many of my constituents in Montréal, why have they been so incapable of applying more charges and applying the Criminal Code more effectively? Do these forces get an “F” as well? What can we do to correct that?

Ma troisième question est également partisane : si le degré de haine envers une communauté donnée augmente, comme j’ai l’impression que c’est le cas pour avoir entendu de nombreux électeurs de Montréal, pourquoi les institutions de maintien de l’ordre comme le SPVM et la SQ sont-ils incapables de porter plus d’accusations et d’appliquer le Code criminel plus efficacement? Ces forces obtiennent-elles un « F » également? Que pouvons-nous faire pour rectifier la situation? There’s a comment there and three questions.

C’était une observation et trois questions. [Translation] [Français] I totally agree with you; as a Quebecer, I find Bill 21 completely disgusting — I’ll use that word. More needs to be done, but I also see with time that people have common sense. We’re quietly winning the war. I remember that, before the last provincial election, according to a poll conducted in Quebec, 80% of people were in favour of this bill. Now, if we look at the polls, the more we talk about it, the more Quebecers realize that it is discrimination. I think the best thing is to make our neighbours and friends aware.

We will eventually come to common sense. Thank you. Je suis tout à fait d’accord avec vous; en tant que Québécois, je trouve que le projet de loi no 21 est complètement dégueulasse — je vais utiliser ce mot. Il faut faire plus, mais je vois aussi avec le temps que les gens ont du bon sens. On gagne tranquillement la guerre. Je me souviens qu’avant la dernière élection provinciale, selon un sondage mené au Québec, 80 % des gens étaient en faveur de cette loi. Maintenant, si on regarde les sondages, plus on en parle, plus les Québécois se rendent compte que c’est de la discrimination.

Je pense que la meilleure chose est de sensibiliser nos voisins et amis. On va finir par arriver au bon sens. Merci. Ms. Laouni: Thank you very much for your comments and questions, senator. When it comes to multiculturalism — and you know this as well as I do, you are a Quebecer too — differentiation and sensitivities exist. Mme Laouni : Merci beaucoup pour vos commentaires et vos questions, sénateur. En ce qui concerne le multiculturalisme — et vous le savez comme moi, vous êtes Québécois vous aussi —, il y a la différenciation et les susceptibilités qui existent.

In Quebec, we don’t talk about multiculturalism; we talk about interculturalism. As soon as you say the word “multiculturalism,” a red flag goes up. Whether we talk about multiculturalism or interculturalism, it certainly helps to decrease Islamophobia. Au Québec, on ne parle pas de multiculturalisme, on parle d’interculturalisme. Dès que l’on prononce le mot « multiculturalisme », il y a un drapeau rouge qui se lève. Que l’on parle de multiculturalisme ou d’interculturalisme, cela aide certainement à diminuer l’islamophobie.

Now we have to see how all of this is handled, worked on and put together to bring people together. This is why, in my proposals, I talked about continuing to fund projects that are not always innovative because the prerequisite for submitting a project is that it be innovative. Yet there are projects that have already been carried out. Il faut voir maintenant comment tout cela est traité, travaillé et mis ensemble pour rapprocher les gens.

C’est pour cela que, dans mes propositions, j’ai parlé de continuer de financer des projets qui ne sont pas toujours innovants, parce que la condition sine qua non pour déposer un projet, c’est qu’il soit innovant. Pourtant, il y a des projets qui ont déjà été réalisés. 14-11-2022 Droits de la personne 25:15

For example, C.O.R. conducted a project we titled empowerment of Muslim girls through art and the encounter with the other. It was both an intergenerational and an intercultural project, as we brought together Muslim mothers and daughters from three major cities in Quebec: Quebec City, Sherbrooke and Rimouski. Most of the work was done in Montreal, and we met with groups of so-called “native” feminist women, native Quebecers, so French Canadians. Together, we formed small groups. You can visit our website, www.corapprochement.com, to see their creations, their paintings and their slams.

You will see how they expressed themselves together to talk about women’s freedom, women’s rights, women’s emancipation, and so on. Par exemple, le C.O.R a mené un projet intitulé « Empowerment des filles musulmanes par l’art et la rencontre de l’autre ». C’était un projet aussi intergénérationnel qu’interculturel, parce qu’on a rassemblé des mères et des filles musulmanes de trois grandes villes du Québec : Québec, Sherbrooke et Rimouski.

Le plus gros du travail se faisait à Montréal, et on a rencontré des groupes de femmes féministes dites « de souche », des Québécoises de souche, donc des Canadiennes françaises. Ensemble, on a formé de petits groupes. Vous pouvez visiter notre site Web, au www.corapprochement.com, afin de voir leurs créations, leurs peintures et leurs slams. Vous verrez comment elles se sont exprimées ensemble pour parler de la liberté des femmes, des droits des femmes, de l’émancipation des femmes, etc.

At that point, we forgot who was a native Quebecer, who wore the veil or not, what age the participants were; we forgot everything. The common denominator was women’s rights and women’s emancipation. Unfortunately, the funding for this project has ended and we cannot work on it again, although it creates opportunities where we could repeat the experience with other women. À ce moment-là, on a oublié qui était Québécoise de souche, qui portait le voile ou non, quel était l’âge des participantes; on a tout oublié. Le dénominateur commun, c’était les droits des femmes et l’émancipation des femmes.

Malheureusement, le financement de ce projet est terminé et on ne peut plus y travailler de nouveau, bien qu’il crée des occasions où l’on pourrait refaire l’expérience avec d’autres femmes. With respect to your second question, this federal government has done a tremendous amount of work — I know they are in the process of recruiting to find someone to help fight Islamophobia, and that is a very important job. Despite that, the increase in the rate of hate crimes and hate speech is staggering, and that is very serious.

The question is, are people filing complaints because they are more aware than they used to be? Some experts believe so. Are there really more hateful acts as such being committed? Again, this is a reality, but it is certain that, as leaders in Quebec, we have done a lot of awareness-raising among women to show them how to film these acts, how to file a complaint, and so on. This is something that has been widely done in Quebec.

En ce qui concerne votre deuxième question, le gouvernement fédéral actuel a fait énormément de travail — je sais qu’on est en recrutement afin de trouver une personne qui serait chargée d’aider à contrer l’islamophobie, et c’est un poste très important.

Malgré cela, l’augmentation du taux de crimes haineux et de propos haineux est faramineuse, et c’est très grave. La question qui se pose est la suivante : est-ce parce que les gens sont plus sensibilisés qu’avant qu’ils portent plainte? Il y a des spécialistes qui croient que oui. Y a-t-il vraiment plus d’actes haineux en tant que tels qui sont posés? Là aussi, c’est une réalité, mais il est certain que, en tant que leaders au Québec. nous avons fait beaucoup de sensibilisation auprès des femmes pour montrer comment filmer ces actes, comment porter plainte, etc.

C’est quelque chose qui a été largement fait au Québec. As for the question about the SPVM and the SQ, as I proposed, there needs to be more training for police forces, so that they can fully understand the complaints made by victims, so that they can transcribe them and file them as official complaints with the courts. This is very rarely done.

Pour ce qui est de la question concernant le SPVM et la SQ, comme je l’ai proposé, il faut plus de formation pour les corps policiers afin qu’ils comprennent exactement les plaintes formulées par les victimes, pour qu’ils puissent les transcrire et les déposer sous forme de plaintes officielles auprès des tribunaux. Cela se fait très rarement. In 2008, when I was a candidate in the federal election, I received an anonymous letter at home containing death threats. The executive office of the party I ran for accompanied me to my local police station.

When I introduced myself to the policewoman, I showed her the letter and explained what was going on. She gave me a large form, which looked like an Excel file, and told me to come back to her when I finished filling in all the boxes with all the incidents. So police training is very important. Thank you. En 2008, quand j’ai été candidate aux élections fédérales, j’ai reçu chez moi une lettre anonyme contenant des menaces de mort. Le bureau directeur du parti pour lequel je me suis présentée est venu pour m’accompagner au poste de police de mon quartier.

En me présentant à la policière, je lui ai montré la lettre et lui ai expliqué ce qu’il en était. Elle m’a remis un formulaire de grand format, qui ressemblait à un fichier Excel, en me disant de revenir la voir lorsque j’aurais fini de remplir toutes les cases avec tous les incidents. Donc, la formation des corps policiers est très importante. Je vous remercie. 25:16 Human Rights 14-11-2022

[English] [Traduction] The Chair: Thank you. La présidente : Je vous remercie. Senator Omidvar: Thank you, chair. I will try to stay within my time. In fewer words than Senator Housakos used, I will agree with him that one can legislate behaviours, but one cannot legislate attitudes. We have to get to the heart and minds of people with this irrational fear they have. La sénatrice Omidvar : Je vous remercie, madame la présidente. Je tenterai de m’en tenir au temps qui m’est accordé.

Plus succinctement que le sénateur Housakos, je conviendrai avec lui qu’on peut réglementer les comportements, mais pas les attitudes. Nous devons toucher le cœur et l’esprit des gens ayant cette peur irrationnelle. The Government of Canada in June announced a call for applications to fill the post of a special representative on combatting Islamophobia. I believe they might be in the process of announcing the results of that competition. Le gouvernement du Canada a annoncé en juin un appel de candidatures afin de doter le poste de représentant spécial chargé de la lutte contre l’islamophobie.

Je pense qu’il s’apprête à annoncer les résultats de ce concours. My question is to both of you. Do you agree with this move? It came out of the National Summit on Islamophobia in 2021. And what specifically do you hope this position can help us achieve in combatting attitudes? Ma question s’adresse à vous deux. Approuvez-vous cette démarche, qui s’inscrit dans la foulée du Sommet national sur l’islamophobie de 2021? Qu’espérez-vous que ce représentant pourra accomplir exactement en luttant contre des attitudes?

The Chair: I also wonder why it has taken them a year and a half to fill this position, considering there are 1.5 million Muslims and they couldn’t find a candidate? I understand it’s going to be a representative, and I think it’s going to be two people. I recently had a conversation with the minister and asked about that. I would like you to answer Senator Omidvar’s question. La présidente : Je me demande également pourquoi le gouvernement a mis un an et demi à doter ce poste. Il ne pouvait pas trouver de candidats alors que le Canada compte 1,5 million de musulmans?

Je crois comprendre que ce sera un poste de représentant qui sera occupé par deux titulaires. J’ai discuté avec le ministre dernièrement et je l’ai interrogé à ce sujet. Je voudrais que vous répondiez à la question de la sénatrice Omidvar. Ms. Mazigh: I think the symbolism of a special envoy about Islamophobia is very important. And I say very clearly there is symbolism here. I spoke about the bar, I think yes, there is a whole symbolism behind that. Mme Mazigh : Je pense que le symbolisme d’un représentant spécial chargé de la lutte contre l’islamophobie est très important.

Et je dis très nettement qu’il y a là un symbolisme. J’ai parlé de fixer la barre plus tôt, et je pense que oui, il y a tout un symbolisme derrière ce rôle. Whether this person or these two persons will have enough independence, leverage, tools, funding and a mandate — I think that is something I will be very curious about and will be following very closely. If this is only a way to say, “Yes, we are working on it,” but then meanwhile it is tremendous, huge pressure on that person without having the tools and the mandate, then it will be futile, I guess.

Je suis très curieuse de voir si cette personne ou ces deux personnes disposeront d’assez d’indépendance, de pouvoir, d’outils et de financement et d’un mandat suffisamment fort, et je suivrai l’affaire très étroitement. Si ce n’est qu’une manière de dire « Oui, on s’en occupe », mais que pendant ce temps-là, le représentant est soumis à une énorme pression sans disposer des outils et du mandat nécessaires, ce sera un coup d’épée dans l’eau, je suppose. It is a good first step, but again, it is a very small step. And we have to be very careful and very vigilant. C’est un premier pas méritoire, mais très modeste.

Nous devons faire très attention et être très vigilants. I would also like to add something about Islamophobia in general. I think we spoke about Islamophobia when it comes to employment and when it comes to the law. As one of the senators mentioned, it is also an international phenomenon. Even if Canada were to become Islamophobia-free one day, it takes an event to happen like in any other part of the world like it happened in the United States. We were not affected here and then all of a sudden we legislated, we had our anti-terrorism laws, and then the hatred it creates.

Je voudrais également ajouter quelque chose à propos de l’islamophobie en général. Je pense que nous avons parlé de l’islamophobie sur les plans de l’emploi et de la loi. Comme un sénateur l’a souligné, le phénomène est également international. Même si l’islamophobie venait un jour à disparaître au Canada, il suffit qu’il se produise dans le monde un événement comme celui qui a frappé les États-Unis. Nous n’avons pas été directement touchés ici, mais tout à coup, le Canada a légiféré et a adopté des lois antiterroristes, ce qui a engendré la haine. 14-11-2022 Droits de la personne 25:17

I think we have to not only act on a legal level, it is very important, we have to act on an institutional level. We have all these institutions like the RCMP, like Public Safety, like the local police, they have people who are there just to scrutinize Muslim communities and go to the mosque to spy. And this is horrible, because we are paying them to target the community. Je pense que nous ne devons pas agir seulement sur le plan juridique, tout important soit-il; nous devons également agir sur le plan institutionnel.

La GRC, Sécurité publique et les corps de police locaux envoient du personnel pour surveiller les communautés musulmanes et espionner dans les mosquées. C’est affreux, car nous les payons pour qu’ils ciblent la communauté. Yes, we want to be safe. Yes, we want to be secure. But at the same time, an example like what happened here in Ottawa’s downtown, we have an occupation. Guess what? It was not by Muslims. It was by other groups, many of whom belong to White supremacist groups. We have to keep an eye on all the groups who represent threats to Canada and not to pick and choose.

It happens that the easy groups to scrutinize and surveil and spy on happen to be Muslim. Oui, nous voulons vivre en sécurité. Par contre, le centre-ville d’Ottawa a été occupé, et devinez quoi? Ce n’était pas les musulmans. C’était par d’autres groupes, dont plusieurs appartiennent à des groupes suprémacistes blancs. Il faut garder un œil sur tous les groupes qui constituent une menace au Canada et pas en cibler quelques-uns. Or, il se trouve que les groupes faciles à cibler, à surveiller et à espionner sont musulmans. I think we have to be very careful.

Those institutions should come clean about how they participated in the installation and the acceptance of Islamophobia in Canada. Je pense qu’il faut faire très attention. Ces institutions devraient admettre qu’elles ont contribué à l’établissement et à l’acceptation de l’islamophobie au Canada. Maybe their education and awareness are helpful, but I think most of all it is certain recognition of what happened, recognition of the mistakes and of the wrongdoing like it was done for some people who were called communists, like it was done for some people who are Black who are still being surveilled.

I think we have to make sure that our own institutions are not participating in feeding Islamophobia and racism in general. L’éducation et la formation qu’elles offrent sont peut-être utiles, mais je pense qu’il faut surtout qu’elles admettent ce qui s’est passé, et reconnaissent qu’elles ont commis des erreurs et ont mal agi envers certaines personnes qui étaient qualifiées de communistes ou envers certaines personnes noires qui sont encore surveillées. Je pense qu’il faut s’assurer que nos propres institutions n’alimentent pas l’islamophobie et le racisme en général. The Chair: Thank you.

La présidente : Je vous remercie. Senator Omidvar: I request the meeting to be extended for five minutes. La sénatrice Omidvar : Je demande que la séance soit prolongée de cinq minutes. The Chair: Okay, we’ll go over five minutes. Can you be really brief with your answers? La présidente : D’accord, nous la prolongerons de cinq minutes. Pouvez-vous fournir des réponses très brèves? Senator Omidvar: I’ll ask Ms. Laouni the other question. Right after you, we are going to hear from the RCMP and Public Safety Canada. What questions would you have us ask them?

La sénatrice Omidvar : Je poserai l’autre question à Mme Laouni. Immédiatement après vous, nous entendrons la GRC et Sécurité publique Canada. Quelles questions voudriez‑vous que nous leur posions? Let me word it differently then. The RCMP and the CBSA are both big players in security. There is evidence — both anecdotal and from research — that, in fact, Muslims are apprehended at the border, prevented from travelling safely, whether it is the no- fly zone or questions that they are asked. Permettez-moi de formuler ma question autrement.

La GRC et l’Agence des services frontaliers du Canada sont deux acteurs importants du domaine de la sécurité. Des preuves — issues de témoignages et de la recherche — indiquent que des musulmans sont appréhendés à la frontière et empêchés de voyager en sécurité, que ce soit en raison des zones d’exclusion aérienne ou des questions qu’on leur pose. The government is planning to introduce the public, independent oversight of both these forces. What is your comment on the role of the security forces in the Islamophobia context?

Le gouvernement a l’intention de soumettre ces deux forces à une surveillance indépendante publique. Que pensez-vous du rôle des forces de sécurité dans le contexte de l’islamophobie? 25:18 Human Rights 14-11-2022

[Translation] [Français] Ms. Laouni: Thank you for the question. I believe that national security is a necessity on any territory. However, having such lists, not knowing how many people are on those lists, and not knowing the reason why is problematic and remains problematic. An explanation should be sought. Mme Laouni : Merci de la question. Je crois que la sécurité nationale est une nécessité sur n’importe quel territoire. Cependant, avoir de telles listes, ne pas savoir combien de personnes figurent sur ces listes et ne pas en connaître la raison est problématique et demeure problématique.

Il faudrait demander une explication. Ms. Mazigh mentioned her husband, and I could tell you about mine, who is constantly being stopped for more specific screening of his papers when he travels. Yet he has never had a security problem in Canada or anywhere else in the world. He gets stopped because he has a Muslim name and because someone else with the same name as him is in trouble in the U.S., apparently. He is being confused with this person from the U.S.

Mme Mazigh a parlé de son mari et je pourrais vous parler du mien, qui se fait constamment arrêter pour un contrôle plus spécifique de ses papiers lorsqu’il voyage. Pourtant, il n’a jamais eu de problème de sécurité au Canada ou ailleurs dans le monde entier. Il se fait arrêter parce qu’il a un nom musulman et parce qu’une autre personne portant le même nom que lui a des problèmes aux États-Unis, apparemment. On le confond avec cette personne des États-Unis. A distinction really needs to be made between preserving safety and the way to do so.

It should definitely not be done to the detriment of people and of their dignity. Maybe we should ask the RCMP and Public Safety Canada what they are doing to really dig, to find out what cases are posted or to ascertain that a person is problematic or not. What are they doing to do that? I don’t know. I volunteered for seven years on the diversity committee with the RCMP commissioner. I raised this issue many times and each time the response I received was that the matter was outside the purview of national security and the RCMP. Accountabilities need to be established.

Il faut vraiment faire la distinction entre le fait de préserver la sécurité et la manière de la préserver. Il est certain que cela ne doit pas se faire au détriment des personnes et de la dignité des personnes. Peut-être faudrait-il demander à la GRC et à Sécurité publique Canada ce qu’ils font pour réellement creuser, connaître les cas affichés ou s’assurer qu’une personne est problématique ou non. Que font-ils pour cela? Je ne sais pas. J’ai travaillé bénévolement pendant sept ans au comité de la diversité auprès de la commissaire de la GRC.

J’ai soulevé cette question à maintes reprises et chaque fois, la réponse que je recevais était que la question ne relevait pas de la sécurité nationale ni de la GRC. Il faut fixer des responsabilités. It is no longer possible for one institution to pass the buck every time to another institution to offload responsibility. I think that’s necessary. Ce n’est plus possible qu’une institution renvoie chaque fois la balle à une autre institution pour se décharger de ses responsabilités. Je pense que c’est nécessaire.

Senator Gerba: In terms of your personal situation, you have indicated that you have left your job and are now focusing on writing. Did you quit because of the Islamophobia that exists in academia? La sénatrice Gerba : En ce qui concerne votre situation personnelle, vous avez indiqué que vous avez quitté vos fonctions et que vous vous concentrez maintenant sur l’écriture. Avez-vous abandonné à cause de l’islamophobie qui existe dans le milieu universitaire? Ms. Mazigh: No. When I resigned from my faculty position at the university, it was for personal reasons.

But I remember my friends and colleagues saying to me at the time, “You’re going to go to Ottawa and they’re going to be lining up to recruit you.” I went back to Ottawa and there was no line-up. I applied to both universities and no one recruited me. Mme Mazigh : Non. Lorsque j’ai démissionné de mon poste de professeure à l’université, c’était pour des raisons personnelles. Je me rappelle toutefois que mes amis et mes collègues m’ont dit à l’époque : « Tu vas aller à Ottawa et on va faire la file pour te recruter. » Je suis retournée à Ottawa et il n’y avait pas de file.

J’ai présenté ma demande aux deux universités et personne ne m’a recrutée. This is a very important issue because you can never, or very rarely, prove that there was discrimination. These are academic institutions and, in general, companies are very good at not disclosing the reasons why you are not accepted. Unfortunately, there will always be a good candidate of similar stature applying at the same time as us, so we’ll never know. However, as my mother says, my heart tells me. My heart is telling me and I think that, yes, there is discrimination.

C’est une question très importante, parce qu’on ne peut jamais prouver, ou alors très rarement, qu’il y a eu de la discrimination. Ce sont des institutions universitaires et, en général, les compagnies sont très bien rodées pour ne pas divulguer les raisons pour lesquelles on n’est pas accepté. Malheureusement, il y aura toujours un bon candidat de pareille stature qui présentera sa candidature en même temps que nous, donc on ne le saura jamais. Par contre, comme le dit ma mère, c’est mon cœur qui 14-11-2022 Droits de la personne 25:19

me le dit. C’est mon cœur qui me le dit et je pense que, effectivement, il y a de la discrimination. Just go see if there are enough women wearing the hijab. What you will be told is that, no, we’re recruiting Muslims, we have people... If they’re invisible Muslims, if they’re men who don’t look like Muslims, or if they’re women who choose not to disclose their faith — and that’s absolutely their right — I say there’s another side to the coin that we’re not being shown. Personally, I know very few women who wear the hijab and teach at the university.

We are very far from this ideal of multiculturalism or diversity. It is being done more and more, and sometimes even for profit and marketing purposes. The new generations want role models, so it is done sometimes, and that’s good, but we’re very far from the target. Allez juste voir s’il y a assez de femmes qui portent le hidjab. Ce que l’on va vous dire, c’est que non, on recrute des musulmans, on a des personnes...

Si ce sont des musulmans invisibles, si ce sont des hommes qui n’ont pas l’air de musulmans ou si ce sont des femmes qui choisissent de ne pas divulguer leur foi — et c’est tout à fait leur droit —, je dis qu’il y a un autre côté de la médaille que l’on ne nous montre pas. Personnellement, je connais très peu de femmes qui portent le hidjab et qui enseignent à l’université. On est très loin de cet idéal de multiculturalisme ou de diversité. On le fait, oui, de plus en plus, et parfois même dans un but de profit et de marketing.

Les nouvelles générations veulent des modèles, donc on le fait parfois, et c’est tant mieux, mais on est très loin du compte. Senator Gerba: Thank you. La sénatrice Gerba : Merci. Ms. Laouni: My personal experience was that I sent out resumés and, for every job I applied for, I would automatically get a call for a phone interview. With each phone interview, I was invited to an in-person interview.

Every time I arrived at the interview site — it still makes me laugh, because now it doesn’t affect me, it makes me laugh — the person who received me to announce my arrival would look at me strangely, run over, and I would hear her say, “The lady is wearing something on her head.” Mme Laouni : Mon expérience personnelle, c’est que j’ai envoyé des curriculum vitæ et, pour chaque emploi auquel je posais ma candidature, je recevais automatiquement un appel pour une entrevue téléphonique. À chaque entrevue téléphonique, j’étais invitée à une entrevue en personne.

Chaque fois que j’arrivais sur les lieux pour l’entrevue — cela me fait encore rire, parce que maintenant, cela ne me vient plus me toucher, cela me fait rire —, la personne qui me recevait pour annoncer mon arrivée me regardait bizarrement, courait et je l’entendais dire : « La dame porte quelque chose sur la tête. » My case was already set beforehand, even before I spoke, even before I behaved as a candidate who, sitting in an interview in front of the employer, tried to verbally and even bodily express, with gestures, my intention to work there and what I could bring to the job.

After more than 50 such experiences, I can tell you that, psychologically, I was no longer able to apply or go for an interview. Mon cas était déjà réglé d’avance, avant même que je parle, avant même que j’adopte un comportement de candidate qui, assise en entrevue devant l’employeur, tentait d’exprimer verbalement et même corporellement, avec des gestes, mon intention de travailler à cet endroit et ce que je pourrais apporter à ce travail. Au bout de plus de 50 expériences de ce genre, je peux vous dire que, psychologiquement, je n’étais plus capable de poser ma candidature ni d’aller passer une entrevue.

That’s why I set up the C.O.R. I thought, “I’m an intellectual, I’ve learned, I’ve still been taught a lot. I’m not going to stay and cry about it at home in the kitchen with my pots and pans. I’ll have to get out.” C’est pour cela que j’ai mis en place le C.O.R. Je me suis dit : « Je suis une intellectuelle, j’ai appris, j’ai quand même reçu un grand enseignement. Je ne vais pas rester et pleurer sur mon sort à la maison dans la cuisine auprès de mes casseroles.

Il faudra bien que je sorte. » [English] [Traduction] The Chair: I have a very brief question, and you can answer with “yes” or “no.” I’m sure you are aware that in Ontario, in Grade 6, they are going to be teaching about anti-Semitism. Do you think they should do the same for Islamophobia? La présidente : J’ai une très brève question, à laquelle vous pouvez répondre par « oui » ou « non ». Je suis sûre que vous savez qu’en Ontario, les professeurs vont donner des cours sur l’antisémitisme aux enfants de sixième année. Pensez-vous qu’il faudrait faire de même pour l’islamophobie? Ms. Mazigh: Absolutely.

I think it is very important. The figures speak for themselves about the level of hate and the seriousness. People have been killed in this country because they are Muslim. I don’t think there is another reason. Mme Mazigh : Certainement. Je pense que c’est très important. Les chiffres sur le degré et la gravité de la haine sont éloquents. Des gens ont été tués au pays parce qu’ils sont musulmans. Je ne pense pas qu’il existe d’autre raison. 25:20 Human Rights 14-11-2022

The Chair: Thank you. That is one of the reasons that prompted me to suggest this study. The most Muslims killed in a G7 country is in Canada. La présidente : Je vous remercie. C’est une des raisons qui m’ont incitée à proposer cette étude. Le Canada est le pays du G7 où le plus de musulmans sont tués. I want to take this opportunity to thank you. Your presentations will help us when we draft our final report. Je veux profiter de l’occasion pour vous remercier. Vos exposés nous aideront quand nous rédigerons notre rapport final. Honourable senators, I shall now introduce our second panel of witnesses.

Each witness has been asked to make an opening statement of five minutes. We shall hear from all the witnesses and then turn to questions from the senators. Honorables sénateurs, je vous présenterai maintenant le deuxième groupe de témoins. Chaque témoin fera une allocution d’ouverture de cinq minutes, après quoi les sénateurs leur poseront des questions. I wish to welcome those joining us by video conference today. From the Royal Canadian Mounted Police we have Mark Flynn, Assistant Commissioner, Federal Policing, National Security and Federal Policing, and Nadine Huggins, Chief Human Resources Officer.

From Public Safety Canada, we want to welcome back Chad Westmacott, Director General, Community Safety, Corrections and Criminal Justice. Je souhaite la bienvenue aux témoins qui comparaissent par vidéoconférence. Nous recevons Mark Flynn, commissaire adjoint, Police fédérale, Sécurité nationale et Police de la protection, et Nadine Huggins, dirigeante principale des ressources humaines, de la Gendarmerie royale du Canada.

De plus, nous recevons de nouveau Chad Westmacott, directeur général de la Direction de la sécurité communautaire, des services correctionnels et de la justice pénale, de Sécurité publique Canada. I now invite Mr. Flynn to make his presentation to be followed by Ms. Huggins and Mr. Westmacott. J’invite maintenant M. Flynn à présenter son exposé, suivi de Mme Huggins et M. Westmacott. Mark Flynn, Assistant Commissioner, Federal Policing, National Security and Protective Policing, Royal Canadian Mounted Police: Good evening, Madam Chair and members of the committee.

Thank you for the invitation to be with you this evening. I would like to begin by acknowledging that we’re on the traditional, unceded territory of the Algonquin Nation. Mark Flynn, commissaire adjoint, Police fédérale, Sécurité nationale et Police de la protection, Gendarmerie royale du Canada : Bonsoir, madame la présidente et honorables membres du comité. Je vous remercie de nous avoir invités à témoigner ce soir. Je voudrais commencer en reconnaissant que nous nous trouvons sur le territoire traditionnel non cédé de la nation algonquine.

I would say that Canada, as you know, prides itself on its diversity, as we should. But sadly, we are not immune to crimes fuelled by hatred. Since 2014, Canadians motivated in whole or in part by their extremist views have killed 26 and injured 40 in Canada. Two of the most notorious or prominent examples that affected the Muslim community include the 2017 attack on a Quebec City mosque, in which six people were killed and 19 injured, and the 2021 vehicle attack in London, Ontario, that took the lives of four innocent family members and left one child seriously injured.

These demonstrate the nature of the crimes that we are seeing in Canada. Comme vous le savez, le Canada est fier de sa diversité, et à juste titre. Mais, malheureusement, nous ne sommes pas à l’abri des crimes à caractère haineux. Depuis 2014, des Canadiens motivés en tout ou en

partie par leurs opinions extrémistes ont tué 26 personnes et en ont blessé 40 autres au Canada. L’attentat commis contre une mosquée de Québec en 2017, qui a fait 6 morts et 19 blessés, et l’attaque perpétrée au moyen d’un véhicule à London, en Ontario, qui a coûté la vie à 4 membres innocents d’une même famille et a blessé gravement un enfant, sont deux des exemples les plus connus de crimes commis contre la communauté musulmane. Ces attaques témoignent de la nature des crimes commis au Canada.

In reflecting on these attacks, it is imperative that we consider how hate crimes affect not only the individual victims but whole communities across the country. En réfléchissant à ces attaques, nous devons impérativement considérer l’incidence que les crimes haineux ont non seulement sur les victimes, mais aussi sur toutes les communautés du pays. When looking at policing — and as a member of the RCMP and as part of the broader policing community — I can tell you that police agencies are uniquely well positioned to counter hate crimes by virtue of their presence in communities across the country.

But I have to say that a police response alone is not enough. Hatred begins at levels that are before the criminal threshold, and if we wait until they meet the criminal threshold, Dans le domaine du maintien de l’ordre, je peux vous dire, à

titre de membre de la GRC et du milieu des forces policières, que les corps de police sont particulièrement bien placés pour contrer les crimes haineux grâce à leur présence dans les communautés du pays. Force m’est toutefois d’admettre que l’intervention de la police ne suffit pas. La haine naît avant d’atteindre le seuil criminel, et si nous attendons qu’elle l’atteigne, nous laissons 14-11-2022 Droits de la personne 25:21

we are missing opportunities to prevent those offences from occurring. Also, as I’m sitting here today as the assistant commissioner in charge of national security and federal policing, I’m going to be speaking to you from my own responsibility with respect to national security but also from the broader policing community’s responsibilities in responding to hate-motivated crimes. passer des occasions de prévenir des infractions. De plus, alors que je témoigne ici à

titre de commissaire adjoint responsable de la sécurité nationale et de la police fédérale, je vous parlerai de mes responsabilités en matière de sécurité nationale, mais aussi des responsabilités du secteur du maintien de l’ordre quand vient le temps de réagir aux crimes haineux. For hate-motivated crimes, the primary responsibility is the local police of jurisdiction whether that be the RCMP, Toronto police, OPP or other police services in Canada.

That being said, there is often significant overlap between hate-motivated criminal activity and certain types of national security-related criminality, especially in the ideologically motivated violent extremism space, which is the responsibility of both the RCMP’s national security

section and the police of jurisdiction. I can say that when we are dealing with crimes that span these two areas of responsibility, we work very closely with our policing partners across Canada in both the investigation of those offences but also in the engagement of the communities we are serving and the communities that are representative of the victims of those crimes. This coordination, as I said, extends beyond the investigation, and that engagement with the local community is a key cornerstone of effective policing at all levels across the country.

Pour les crimes haineux, la responsabilité repose principalement sur la police locale compétente, qu’il s’agisse de la GRC, de la police de Toronto, de la Police provinciale de l’Ontario ou d’autres services de police du Canada. Cela étant dit, il existe un important chevauchement entre l’activité criminelle haineuse et certains genres de crimes qui concernent la sécurité nationale, particulièrement sur le plan de l’extrémisme violent à caractère idéologique, qui relève de la

section de la sécurité nationale de la GRC et du corps de police compétent. Je peux dire que quand nous avons affaire à des crimes qui relèvent de ces deux sphères de compétences, nous collaborons très étroitement avec nos partenaires du maintien de l’ordre au Canada dans le cadre des enquêtes menées sur ces infractions, mais aussi lorsque nous agissons en interaction avec les communautés que nous servons et les communautés représentatives des victimes de ces actes criminels.

Comme je l’ai indiqué, cette coordination va au-delà de l’enquête, et l’interaction avec la communauté constitue une pierre angulaire essentielle de l’efficacité de la police à tous les égards au pays. In what I expect will be some of your questions and in the responses today, you will see that there are different approaches across the country to that community engagement and the response to some of the crimes, but I can give you some examples as we get to that point in our discussion today.

However, a key element is that we work with the affected communities to ensure they are supported and not victimized by the perpetrators, the Canadian and international response and the stereotypes that often go along with some of those crimes. The odds of successfully preventing or investigating any hate‑motivated crime greatly increases with that local community engagement when the police and community come together.

That’s why I would like to take a moment to encourage all victims and witnesses of any hate‑motivated crime and hate- motivated activities, even if they are not meeting the threshold of a crime yet, to report these incidents to the local police of jurisdiction or to the Royal Canadian Mounted Police’s National Security Information Network. All the reports of this suspicious activity are used in our responses to this type of crime and help provide evidence moving forward.

Dans certaines questions que je m’attends que vous poserez et dans les réponses qui seront fournies aujourd’hui, vous verrez qu’on adopte diverses approches au pays en ce qui concerne l’interaction avec la communauté et la réaction aux actes criminels, mais je pourrai vous donner quelques exemples quand nous aborderons la question aujourd’hui.

Sachez toutefois que dans le cadre du travail que nous effectuons auprès des communautés touchées, nous veillons à ce qu’elles soient soutenues et qu’elles ne soient pas victimes des auteurs d’actes criminels, de la réaction canadienne et internationale, et des stéréotypes associés à ces crimes. Les probabilités de réussir à prévenir les crimes haineux et à mener des enquêtes à ce sujet augmentent substantiellement quand la communauté locale collabore avec la police.

Voilà pourquoi je voudrais prendre un instant pour encourager toutes les victimes et tous les témoins de crimes haineux et d’activités haineuses, même si elles ne constituent pas encore des crimes, à signaler ces incidents à la police locale ou au Réseau info-sécurité nationale de la Gendarmerie royale du Canada. Tous les signalements d’activité suspecte sont utilisés lorsque nous réagissons à ces genres de crimes et ils contribuent à fournir des preuves à mesure que l’enquête progresse.

In conclusion, I want to reaffirm the RCMP’s commitment to addressing the serious and growing problem of hate crimes, and I thank you for your time and the opportunity to be here today. I’m interested to hear your thoughts and to take any questions. At En conclusion, je veux réaffirmer l’engagement de la GRC à s’attaquer au problème grave et croissant des crimes haineux. Je vous remercie également de m’accorder du temps et de m’offrir l’occasion de témoigner aujourd’hui. J’aimerais entendre vos 25:22 Human Rights 14-11-2022

this point, I will turn it over to my colleague Nadine Huggins to speak to some of the organizational elements of this discussion. réflexions et je répondrai à vos questions avec plaisir. Pour l’heure, je céderai la parole à ma collègue Nadine Huggins, qui parlera de certains éléments organisationnels de cette étude. The Chair: Thank you. La présidente : Je vous remercie. Nadine Huggins, Chief Human Resources Officer, Royal Canadian Mounted Police: Good evening and thank you, Madame Chair and distinguished members of the committee, for inviting us here today.

I respectfully acknowledge that I am greeting you from the traditional, unceded territory of the Algonquin Anishinaabe Nation. Nadine Huggins, dirigeante principale des ressources humaines, Gendarmerie royale du Canada : Bonsoir, madame la présidente et distingués membres du comité. Merci de nous avoir invités aujourd’hui.

Je reconnais respectueusement que je vous salue depuis le territoire traditionnel non cédé de la nation algonquine anishinabe. [Translation] [Français] I welcome this opportunity to speak with you about the RCMP’s ongoing commitment to addressing systemic racism and discrimination, as well as key initiatives, underway and planned, to advance equity, diversity and inclusion in our organization.

Je suis heureuse d’avoir l’occasion de vous parler de l’engagement constant de la GRC envers la lutte contre le racisme et la discrimination systémiques, ainsi que des initiatives clés, en cours et prévues, pour faire progresser l’équité, la diversité et l’inclusion au sein de notre organisation. [English] [Traduction] The RCMP is taking strong action in support of anti-racism as part of its Vision 150 plan to advance equity, accountability and trust. This modernization agenda is focused on transforming aspects of our culture by shifting mindsets and behaviours.

Since developing the plan, the RCMP has implemented a number of initiatives. I’ll talk to you about three of them: the Equity, Diversity and Inclusion, or EDI, strategy — the first of its kind in the RCMP — the deployment of mandatory training and meaningful steps taken toward the collection of race-based data. La GRC prend des mesures dynamiques à l’appui de la lutte contre le racisme dans le cadre de son plan Vision 150 afin de favoriser l’équité, la reddition de comptes et la confiance.

Ce programme de modernisation vise à transformer des aspects de notre culture en modifiant des mentalités et les comportements. Depuis que ce plan a été élaboré, la GRC a mis en œuvre un certain nombre d’initiatives. Je vous parlerai de trois d’entre elles : la stratégie en matière d’équité, de diversité et d’inclusion, ou EDI — la première en son genre à la GRC —, le déploiement d’une formation obligatoire et les mesures importantes prises afin de recueillir des données relatives à la race. The EDI strategy is really the product of broad consultation and engagement both internal and external to the organization.

It integrates perspectives shared by employees and networks comprised of members from racialized and ethnocultural communities, persons with disabilities, religious minority groups, members of the 2SLGBTQI+ communities and other equity-seeking groups that have been traditionally or historically marginalized or under-represented. La stratégie en matière d’EDI est le fruit d’une consultation et d’une mobilisation d’envergure au sein et à l’extérieur de l’organisation.

Elle intègre les points de vue d’employés et de réseaux constitués de membres de communautés ethnoculturelles et racisées, de personnes handicapées, de groupes religieux en situation minoritaire, de membres de la communauté 2SLGBTQI+ et d’autres groupes en quête d’équité qui sont traditionnellement ou historiquement marginalisés ou sous‑représentés. The RCMP’s modernization agenda is aligned with the clerk’s Call to Action on Anti-Racism, Equity, and Inclusion in the Federal Public Service. It’s aligned with Canada’s Anti-Racism Strategy and is aligning with the first ever National Action Plan on Combatting Hate.

Le programme de modernisation de la GRC cadre avec l’Appel à l’action en faveur de la lutte contre le racisme, de l’équité et de l’inclusion dans la fonction publique fédérale, la Stratégie canadienne de lutte contre le racisme et le tout premier Plan d’action national de lutte contre la haine. Our strategy is fundamentally underpinned by an intercultural learning series which supports the RCMP’s commitment to systemic and culture change through the delivery of mandatory training focused on addressing systemic racism, discrimination and unconscious bias.

Notre stratégie repose fondamentalement sur une série d’apprentissages interculturels qui appuie l’engagement de la GRC à procéder à un changement systémique et culturel par l’entremise d’une formation obligatoire portant sur le racisme systémique, la discrimination et les préjugés inconscients. 14-11-2022 Droits de la personne 25:23

Finally, the collection and analysis of disaggregated race‑based data on police interactions with members of the public is also a collaborative project that will see the RCMP use and disclose data to address systemic racism and barriers by identifying where there are differences in policing outcomes for diverse communities across Canada. This work and information will foster improvements to our policies and training. We anticipate it will strengthen trust.

Enfin, la collecte et l’analyse de données relatives à la race non regroupées sur l’interaction avec les membres du public sont un autre projet de collaboration dans le cadre duquel la GRC utilisera et divulguera des données pour éliminer le racisme systémique et les obstacles en déterminant où les interventions des forces de l’ordre ont des résultats différents dans les diverses communautés du pays. Ce travail et ces informations favoriseront l’amélioration de nos politiques et de la formation. Nous nous attendons à ce que la confiance s’en trouve renforcée.

RCMP recruitment, renewal and modernization is another priority as we seek to ensure that we represent the communities we serve, and that we position ourselves as a preferred career option for Canadian citizens and permanent residents. It is incredibly important to us that we diversify our talent pool by attracting applicants from equity-seeking groups. We’ve made inroads in this regard by renewing our candidate assessment elements and carefully designing them to ensure that no applicant will have an advantage or disadvantage based on their cultural background.

We ensure that we’re taking into consideration all varieties of diversity as we proceed with our recruitment renewal. Le recrutement, le renouvellement et la modernisation figurent également parmi les priorités de la GRC, qui veut s’assurer de représenter les communautés qu’elle sert et d’être un choix de carrière préféré des citoyens canadiens et des résidents permanents. Nous considérons qu’il est extrêmement important de diversifier notre bassin de talent en attirant des candidats d

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CollectionSenate Committees
CitationRIDR / Evidence / 25ev-55807
Typecommittee
Volume / chapter441 / Evidence / 25ev-55807
Languageen
Formatpdf
SourceCOMM_SEN
Identifier3af11f361182abf8f8d63a6dc946978630aa1401

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