Senate Committee — OLLO — Evidence — 41ev-56499

OLLO / Evidence / 41ev-56499

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Senate Committee — OLLO — Evidence — 41ev-56499

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EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Monday, November 27, 2023 OTTAWA, le lundi 27 novembre 2023 The Standing Senate Committee on Official Languages met with videoconference this day at 5:01 p.m. [ET] to study matters relating to minority-language health services. Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit aujourd’hui, à 17 h 1 (HE), avec vidéoconférence, pour étudier les services de santé dans la langue de la minorité. [Translation] [Français] Karine Déquier, Clerk of the Committee: As clerk of the committee, I have a duty to inform you of the unavoidable absences of the chair and deputy chair.

Therefore, I shall preside over the election of an acting chair. I am ready to receive a motion to this effect. Karine Déquier, greffière du comité : En tant que greffière du comité, j’ai le devoir de vous informer de l’absence forcée du président et de la vice-présidente. Je vais donc présider à l’élection d’une présidente ou d’un président suppléant. Je suis prête à recevoir une motion à cet effet. Senator Dagenais: I’d like to nominate Senator Moncion. Le sénateur Dagenais : Je voudrais proposer la sénatrice Moncion.

Senator Mégie: [Technical difficulties] La sénatrice Mégie : [Difficultés techniques] Senator Dagenais: I don’t think she has a choice. Le sénateur Dagenais : Je pense qu’elle n’a pas le choix. [English] [Traduction] Ms. Déquier: It is moved by the Honourable Senator Dagenais that the Honourable Senator Moncion do take the chair of this committee. Mme Déquier : L’honorable sénateur Dagenais propose que l’honorable sénatrice Moncion assure la présidence du comité. Is it your pleasure, honourable senators, to adopt the motion? Plaît-il aux honorables sénateurs d’adopter la motion? Hon. Senators: Agreed.

Des voix : Oui. Ms. Déquier: I declare the motion carried. I invite the Honourable Senator Moncion to take the chair. Mme Déquier : Je déclare la motion adoptée et j’invite l’honorable sénatrice Moncion à occuper le fauteuil. Senator Lucie Moncion (Acting Chair) in the chair. La sénatrice Lucie Moncion (présidente suppléante) occupe le fauteuil. [Translation] [Français] The Acting Chair: Good evening. My name is Lucie Moncion, and I’m a senator from Ontario. I have the privilege of chairing this evening’s meeting.

Before I begin, I would like to invite the members of the committee here today to introduce themselves, starting on my left. La présidente suppléante : Bonsoir. Je m’appelle Lucie Moncion et je suis une sénatrice de l’Ontario. J’ai le privilège de présider la réunion de ce soir. Avant de commencer, j’inviterais les membres du comité présents aujourd’hui à se présenter, en commençant par ma gauche. Senator Dagenais: Jean-Guy Dagenais from Quebec. Le sénateur Dagenais : Jean-Guy Dagenais, du Québec. Senator Mockler: Percy Mockler from New Brunswick. Le sénateur Mockler : Percy Mockler, du Nouveau- Brunswick.

Senator Clement: Bernadette Clement from Ontario. La sénatrice Clement : Bernadette Clement, de l’Ontario. Senator Mégie: Marie-Françoise Mégie from Quebec. La sénatrice Mégie : Marie-Françoise Mégie, du Québec. 27-11-2023 Langues officielles 41:1

The Acting Chair: I welcome you, colleagues, and the viewers across the country who are watching. I’d like to point out that the lands I’m speaking from are part of the unceded traditional territory of the Algonquin Anishinabe people. La présidente suppléante : Je vous souhaite la bienvenue, chers collègues, ainsi qu’aux téléspectateurs de tout le pays qui nous regardent. Je tiens à souligner que les terres à partir desquelles je vous parle font

partie du territoire traditionnel non cédé du peuple algonquin anishinabe. Senator Mégie, I believe that you had a proposal to make if there was no quorum at today’s meeting. Je crois, sénatrice Mégie, que vous aviez une proposition à faire s’il y avait absence de quorum lors de la réunion d’aujourd’hui. Senator Mégie: I move that, notwithstanding usual practice, pursuant to rule 12-17, the committee be authorized to hold this afternoon’s meeting without a quorum if necessary for the purpose of receiving evidence, provided that two committee members are present.

La sénatrice Mégie : Je propose que, nonobstant la pratique habituelle et conformément à l’article 12-17 du Règlement, le comité soit autorisé à entendre des témoignages aujourd’hui en l’absence de quorum, pourvu que deux membres du comité soient présents. The Acting Chair: Thank you, Senator Mégie. Are there any questions or comments on the motion? Would it please you, honourable senators, to adopt the motion? La présidente suppléante : Merci, sénatrice Mégie. Y a-t-il des questions ou des commentaires sur la motion? Vous plaît-il, honorables sénateurs, d’adopter la motion? Hon. Senators: Yes. Des voix : Oui.

The Acting Chair: This evening, we are continuing our study on minority-language health services. La présidente suppléante : Ce soir, nous poursuivons notre étude sur les services de santé dans la langue de la minorité. [English] [Traduction] For our first panel, we are pleased to welcome Frantz Siméon, Professor, School of Social Work, Faculty of Education and Health, Laurentian University. He is accompanied by Sylvie Larocque, Professor, School of Nursing, Faculty of Education and Health at Laurentian University and Bernouse Davilus, Student, School of Social Work. They are joining us by video conference.

Pour notre premier groupe de témoins, nous avons le plaisir de recevoir Frantz Siméon, professeur à l’École de service social de la Faculté d’éducation et de santé de l’Université Laurentienne. Il est accompagné de Sylvie Larocque, professeure à l’École des sciences infirmières de la Faculté d’éducation et de santé de l’Université Laurentienne, et de Bernouse Davilus, étudiante à l’École de service social de l’Université Laurentienne. Ils témoignent par vidéoconférence. [Translation] [Français] Good evening and welcome. Mr. Siméon, we’re ready to hear your opening statement.

A question and answer period will follow. Bonsoir et bienvenue parmi nous. Monsieur Siméon, nous sommes prêts à entendre votre déclaration préliminaire. Une période de questions des sénateurs et sénatrices suivra. Frantz Siméon, Professor, School of Social Work, Faculty of Education and Health, Laurentian University, as an individual: Good evening. I would like to thank the Standing Senate Committee on Official Languages for this opportunity to speak to the situation of aging in French in northern Ontario. I’m a professor at Laurentian University and UQAC.

Frantz Siméon, professeur, École de service social, Faculté d’éducation et de santé, Université Laurentienne, à

titre personnel : Bonjour. Je voudrais remercier le Comité sénatorial permanent des langues officielles de cette occasion de m’exprimer sur la situation du vieillissement en français sur le territoire du Nord de l’Ontario. Je suis professeur à l’Université Laurentienne et à l’UQAC. I want to begin by emphasizing that I have the collaboration of an entire team, two members of which are here today. Permettez-moi avant tout de souligner que j’ai la collaboration de toute une équipe, dont deux membres sont ici présentes. Our comments stem from research funded by the Canadian Institutes of Health Research.

They focus on preliminary results relating to the project’s first objective, to describe and understand the experience of family caregivers in minority and northern linguistic contexts. Nos propos sont issus d’une recherche financée par les Instituts de recherche en santé du Canada. Ils s’attardent à des résultats préliminaires relatifs au premier objectif du projet, qui vise à décrire et à comprendre l’expérience de la proche aidance en contexte linguistique minoritaire et nordique. 41:2 Official Languages 27-11-2023

So far, our sample consists of 19 people living in the Sudbury, North Bay, Timmins, New Liskeard, Ottawa and Toronto areas. They range in age from 46 to 85, with an average age of about 71. This piece of data is important, as the scientific literature tends to suggest that the risk of loss of autonomy increases from the age of 70. Jusqu’à maintenant, notre échantillon est composé de 19 personnes habitant les régions de Sudbury, North Bay, Timmins, New Liskeard, Ottawa et Toronto. Ces personnes sont âgées de 46 à 85 ans, avec une concentration autour de 71 ans.

Cette donnée est importante, parce que les écrits scientifiques tendent à suggérer que le risque de perte d’autonomie s’accroît à partir de 70 ans. Of this number, seven people are caregivers who support or have supported loved ones with Alzheimer’s-type neurocognitive disorders. De ce nombre, sept personnes sont des aidants qui soutiennent ou ont soutenu des proches atteints de troubles neurocognitifs de type alzheimer. Analysis of the data collected from these people reveals a number of phenomena that require urgent attention; we will highlight three for the purposes of this presentation.

L’analyse des données recueillies auprès de ces personnes permet de constater plusieurs phénomènes auxquels il est urgent de s’attarder; nous en retiendrons trois pour les besoins de cette présentation. The first phenomenon is that of the heavy subjective burden, which we define as follows: The feeling of an inordinate weight that makes a person feel powerless, overwhelmed and ill‑equipped. A number of people have told us that they were part of the research process in their quest for tools, saying that they came to acquire tools.

The first characteristic of this burden is the fact that the person feels saddled with a heavy, unplanned and, therefore, often imposed responsibility. It’s a responsibility for which they had not prepared mentally and psychologically, and for which don’t have adequate and appropriate support. They say things like: Le premier phénomène est celui du lourd fardeau subjectif que nous définissons de la manière suivante : le ressenti d’un poids démesuré pour lequel on se sent démuni, dépassé et peu outillé. Plusieurs personnes nous ont confié être

partie prenante de la démarche de recherche dans leur quête d’outils en disant ceci, et je cite : « Je suis ici pour avoir des outils. » Ce fardeau est caractérisé premièrement par le fait que la personne se sent investie d’une lourde responsabilité non planifiée et, donc, souvent imposée. C’est une responsabilité pour laquelle elle n’a pas été préparée mentalement et psychologiquement et n’a pas de soutien adéquat et adapté. Je cite : We had lots of plans for the future, for retirement, and then oops, just like that, everything fell through. And then I feel a kind of anger inside me.

I’m not angry at him, but I am angry at the situation. And it’s stressing me out. On avait beaucoup de plans d’avenir, de plans de retraite et puis oups, comme du jour au lendemain, tout est tombé à l’eau. Et puis j’ai comme une colère en dedans de moi. Je (ne) suis pas fâché contre lui, mais je suis fâché des constances. Et puis ça me stresse. The second characteristic is a feeling of exhaustion. Some participant exclaim that they find it heavy, nearly sobbing. It’s almost like a pressing cry for help, they’re saying they can’t take it anymore, or just about.

Despite the magnitude of the load, the person assumes that the responsibility belongs to them. Deuxièmement, par un sentiment d’épuisement : « Je trouve ça lourd », s’exclament presque en sanglots certaines participantes. On sent presque un appel à l’aide pressant du genre : « Je n’en peux plus ou presque. »

Malgré l’ampleur de la charge, la personne présume que la responsabilité est la sienne. This goes back to our second phenomenon, which is that of the moral obligation to care for the person, a kind of sense of loyalty to the other. People say: Cela renvoie à notre deuxième phénomène, qui est celui de l’obligation morale de prendre soin de la personne, une sorte de sentiment de loyauté envers l’autre. Les gens nous disent, et je cite : The importance of taking care of my mother is paramount, because first of all, she’s always . . . taken good care of us, so it comes back to me. Well, now I’m her spokesperson.

L’importance de prendre soin de ma mère, c’est primordial parce que premièrement, elle a toujours […] bien pris soin de nous, donc cela revient. Ben moi, maintenant, je suis son porte-parole. Others tell us that it is quite natural for them, culturally speaking. D’autres nous disent, et je cite : « Culturellement, on trouve cela tout naturel. »

So loved ones feel like they’ve been given a mandate from which they cannot deviate, hence this pressing cry for help in handling a responsibility they are given for which they must Les proches se sentent donc investis d’un mandat auquel ils ne peuvent pas déroger, d’où cet appel à l’aide pressant par rapport à une responsabilité dont ils sont investis pour laquelle ils 27-11-2023 Langues officielles 41:3

perform, considering the weight of societal perception that expects these people to be up to the task. doivent être performants, considérant le poids du regard social qui attend de ces personnes qu’elles soient à la hauteur de la tâche. When this directive is incorporated, they become fearful, afraid of failing and appearing incompetent, afraid of being unable to care for their loved one. That’s why they seek help. Lorsqu’on intègre cette injonction, elles deviennent peureuses, elles ont peur d’échouer et de paraître incompétentes, elles craignent d’être incapables de prendre soin de leur proche.

C’est pour cela qu’elles vont chercher de l’aide. The third phenomenon we’ve identified is this role in tension exacerbated by a quadruple disadvantage. The first disadvantage stems from being a woman because of society’s normative expectation of women to care for others, even if this premise is challenged by feminists. Le troisième phénomène que l’on a identifié, c’est ce rôle en tension exacerbée par un quadruple désavantage.

Tout d’abord, du fait d’être une femme en raison de l’attente normative de la société par rapport à la femme de prendre soin des autres, même si ce postulat est remis en question par les féministes. The second disadvantage comes from being a francophone and having to play the role of navigator of the health care system in a language other than their own, which means that they also become a translator. When someone comes from an immigrant background, they have to navigate an unfamiliar system.

Deuxièmement, du fait d’être francophone et de devoir jouer le rôle de navigatrice du système de santé dans une langue autre que la sienne, ce qui fait qu’on devient aussi traductrice. Quand on est issu de l’immigration, on doit naviguer dans un système inconnu. The third disadvantage comes from living in a remote region and having to deal with service deserts — you can imagine the difficulties in winter, for example. Troisièmement, du fait d’habiter en région éloignée et d’être confrontée à des déserts de service — on s’imagine les difficultés en hiver, par exemple.

The fourth disadvantage is due to being virtually alone in bearing the burden of caregiving amid almost complete indifference: It’s up to the caregiver to find help. Quatrièmement, du fait d’être pratiquement seule à porter le poids de l’aidance dans l’indifférence quasi générale : c’est à la personne aidante de se débrouiller pour trouver de l’aide. In relation to these phenomena, we recommend setting up psychosocial support services within local organizations.

I’m thinking in particular of the Club amical du nouveau Sudbury, with which we’re running the SSHRC-funded project, which has set up a system navigation service upstream of the person being cared for. In our opinion, this kind of initiative should be supported. Par rapport à ces phénomènes, nous recommandons la mise en place de services d’appui psychosocial au sein des organismes de proximité. Je pense notamment au Club amical du nouveau Sudbury, avec lequel nous menons le projet financé par le CRSH, qui a mis en place un service de navigation dans le système en amont de la prise en charge de la personne aidée.

À notre avis, ce genre d’initiative doit être soutenu. We also recommend: supporting community organizations in their role to increase the supply of French-language and culturally safe services and care; increasing the number of care providers; funding research into this particular phenomenon; and encouraging research partnerships throughout francophone minority communities.

Nous recommandons également d’accompagner les organismes de proximité dans leur rôle afin d’augmenter l’offre de services et de soins en français et les services culturellement sécuritaires; augmenter le nombre de pourvoyeurs de soins; financer la recherche sur ce phénomène particulier; encourager des partenariats de recherche dans l’ensemble de la francophonie minoritaire. In conclusion, we know that, in a difficult situation, everything takes on gigantic proportions.

Feeling alone in a caregiving context, where the burden of navigating an already complex system is increased tenfold, adds to the difficulties faced by caregivers. For people with immigrant backgrounds, having to learn both how an unfamiliar system works and how to navigate it means that we maintain that taking care of our caregivers of French-speaking seniors is an urgent necessity. Thank you for your attention. En conclusion, on sait que, dans une situation difficile, tout prend des proportions gigantesques.

Se sentir seule dans un contexte d’aidance où la charge est décuplée pour naviguer dans un système déjà complexe ajoute aux difficultés des personnes aidantes. Pour les personnes issues de l’immigration, le fait d’avoir à apprendre à la fois comment fonctionne un système inconnu et comment y naviguer fait en sorte que nous soutenons que prendre soin de nos proches aidantes de personnes aînées francophones est une nécessité urgente. Merci de votre attention. The Acting Chair: Thank you very much. Colleagues, we now open the floor to questions. La présidente suppléante : Merci beaucoup.

Chers collègues, nous entamons la période des questions. 41:4 Official Languages 27-11-2023

Senator Mégie: I’m going to ask a question that may be upsetting, but I’m going to ask it anyway. I’m vice-chair of the Special Joint Committee on Medical Assistance in Dying, and I was wondering if francophones in your province have equal access to end-of-life medical care in their mother tongue, compared to regular care. La sénatrice Mégie : Je vais poser une question qui peut déranger, mais je vais la poser quand même.

Je suis vice- présidente du Comité mixte spécial sur l’aide médicale à mourir et je me demandais si les francophones de votre province ont un accès égal aux soins médicaux de fin de vie dans leur langue maternelle, comparativement aux soins réguliers. Mr. Siméon: That’s a very interesting question, but unfortunately it doesn’t fall within the scope of what we’re studying in our research on aging. Obviously, it’s an area that deserves to be studied in depth. I don’t know if Ms. Larocque has a comment to add on this subject. M.

Siméon : C’est une question très intéressante, mais elle n’entre malheureusement pas dans le champ de ce que nous étudions dans le cadre de notre recherche sur le vieillissement. Évidemment, c’est un champ qui mérite d’être étudié en profondeur. Je ne sais pas si Mme Larocque a un commentaire à ajouter à ce sujet. In the research I’m doing, this isn’t really an issue I’m looking into. So it would be difficult for me to answer your question. Personnellement, dans le cadre des recherches que je fais, ce n’est pas nécessairement un problème sur lequel je me penche.

Ce serait donc difficile pour moi de répondre à votre question. Sylvie Larocque, Professor, School of Nursing, Faculty of Education and Health, Laurentian University, as an individual: When it comes to care, whether it’s end-of-life care or hospital care in our regions — and Ms. Davilus can attest to this because of her research — it’s often the case that family caregivers of people who end up in long-term care facilities perceive this as a respite. Often, these caregivers are called upon to translate because hospital staff don’t understand French.

There’s a kind of remoteness that can sometimes be perceived as a respite, but that’s not the case for francophones, as they’re often called upon to stay by the person’s side to make sure that the person has fully understood the questions that have been asked and the care that has been administered. Sylvie Larocque, professeure, École des sciences infirmières, Faculté d’éducation et de santé, Université Laurentienne, à

titre personnel : En ce qui concerne les soins, que ce soit des soins de fin de vie ou des soins en milieu hospitalier dans nos régions — et Mme Davilus peut en témoigner en raison de sa recherche —, il arrive souvent que les proches aidants de personnes qui se retrouvent dans des centres de soins de longue durée perçoivent cela comme un répit. Souvent, ces proches aidants sont appelés à traduire, parce que le personnel qui travaille en milieu hospitalier ne comprend pas le français.

Il y a un genre d’éloignement qui peut être perçu parfois comme un répit, mais ce n’est pas le cas pour les francophones, parce qu’ils sont souvent appelés à rester aux côtés de la personne pour s’assurer que celle-ci a bien compris les questions qui ont été posées et les soins qui ont été administrés. Ms. Davilus, I don’t know if you had a comment to add. Je ne sais pas, madame Davilus, si vous aviez un commentaire à ajouter. Bernouse Davilus, Student, School of Social Work, Laurentian University, as an individual: To support Ms. Larocque’s comments, of course, as Mr.

Siméon mentioned, our research doesn’t necessarily focus on medical assistance in dying, but we do know that francophones who obtain services, whether at home or in long-term care settings, are faced with the problem of service provision in French. As Ms. Larocque said, it’s often because the caregiver has to be available throughout the day to answer questions or give additional explanations to the loved ones being cared for, as most of the time, medical staff are anglophones. Bernouse Davilus, étudiante, École de service social, Université Laurentienne, à

titre personnel : Pour appuyer les propos de Mme Larocque, bien entendu, comme M. Siméon l’a mentionné, notre recherche ne porte pas nécessairement sur l’aide médicale à mourir, mais on sait que les francophones qui obtiennent des services, que ce soit à domicile où dans les milieux de soins de longue durée, sont confronté au problème lié à la prestation de services en français.

Comme Mme Larocque l’a dit, c’est souvent parce que le proche aidant doit être toujours disponible au cours de la journée pour répondre à des questions ou pour donner des explications supplémentaires aux proches aidés, parce que, la plupart du temps, le personnel médical est anglophone. Senator Mégie: In this context, if there is a need to have an interpreter and caregiver accompany the patient, could a request be made that language be one of the determinants of health care?

La sénatrice Mégie : Dans ce contexte, si on a besoin d’avoir un interprète et proche aidant qui accompagne le patient, est-ce qu’on pourrait demander que la langue fasse

partie des déterminants des soins de santé? 27-11-2023 Langues officielles 41:5

Mr. Siméon: Absolutely. There are two reasons for this. There’s the issue of service quality. We know that a person suffering from Alzheimer’s disease will revert to his or her first language, and comprehension will pose a major challenge if there is no interpreter or person playing this role. It’s for this reason that we insist that this role is really exacerbated by the fact that the person has to play the role of support person, caregiver and provider, but also has to translate and interface constantly between the health care system and their loved one, which becomes very burdensome.

This can indeed be seen as a stress and anxiety factor that can affect the person’s health. M. Siméon : Absolument. Il y a deux raisons à cela. Il y a un enjeu lié à la qualité du service. On sait qu’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer va revenir à sa langue première, et la compréhension va poser un enjeu majeur s’il n’y a pas d’interprète ou de personne qui joue ce rôle.

C’est pour cette raison qu’on insiste sur le fait que c’est un rôle vraiment exacerbé par le fait que la personne doit à la fois jouer le rôle d’appui, d’aidant, de soutien, mais elle doit aussi traduire et être toujours en interface entre le système de santé et son proche, ce qui devient très lourd. Cela peut effectivement être considéré comme un facteur de stress et d’anxiété qui peut agir sur la santé de la personne. Senator Mégie: Could I have another point of view? Do you all agree with what has been said? Then I’ll ask another question.

La sénatrice Mégie : Est-ce que je pourrais avoir un autre point de vue? Êtes-vous tous d’accord sur ce qui a été dit? Je poserai ensuite une autre question. The Acting Chair: You can ask another question in the second round. La présidente suppléante : Vous pourrez poser une autre question au deuxième tour. Senator Mégie: Very well. La sénatrice Mégie : D’accord. Senator Clement: Good evening, and thank you for your testimony and also for your work in general.

La sénatrice Clement : Bonjour et merci à vous pour votre témoignage et aussi pour votre travail en général I’d like you to talk a little more about the navigation service project. I can’t remember who funded this project. Could you give us more details about it? J’aimerais que vous parliez un peu plus du projet de service de navigation. Je ne me souviens plus de qui a financé ce projet. Pourriez-vous nous donner plus de détails à ce sujet? In terms of cultural competency and intersectionality, is this an additional burden or challenge?

If so, are there things that have been done that you would recommend to specifically address this issue? En matière de compétences culturelles et d’intersectionnalité, est-ce que cela représente un fardeau ou un défi additionnel? Si oui, y a-t-il des choses qui ont été faites et que vous recommandez pour justement aborder cette question? Mr. Siméon: Thank you for both questions. M. Siméon : Merci pour ces deux questions. With regard to the first question, this is a project that has just started. We’re in the recruitment phase. I’ve just recruited a student to take charge of the project.

The project is funded by the Social Sciences and Humanities Research Council, or SSHRC, and carried out in collaboration with the Club amical du nouveau Sudbury, as I mentioned in my introductory remarks. This is a Sudbury-based active living centre that accompanies, supports and helps people; it organizes both social and cultural activities, as well as networking activities between its members. En ce qui concerne la première question, il s’agit d’un projet qui vient de démarrer. Nous sommes en phase de recrutement. Je viens tout juste de recruter une étudiante pour qu’elle s’occupe du projet.

Ce projet est financé par le Conseil de recherches en sciences humaines, ou CRSH, et mené en collaboration avec le Club amical du nouveau Sudbury, comme je l’ai mentionné dans mes propos d’introduction. Il s’agit d’un centre de vie active situé à Sudbury qui accompagne, soutient et aide les personnes; il organise des activités à la fois sociales et culturelles ainsi que des activités de réseautage entre ses membres. Unfortunately, at this stage, we’re really at the very beginning. So it’s a bit difficult for me to tell you about it.

Perhaps on another occasion, if you invite me back, I’ll be able to tell you what we’ve achieved through this project. However, I can tell you that it’s already a huge relief for the people who can already turn to the Club amical. I think it reduces their stress level. They know that someone is listening to them and can accompany and support them in their various dealings with the health care system. Malheureusement, à ce stade-ci, on en est vraiment au tout début. C’est donc un peu difficile pour moi de vous en parler.

À une prochaine occasion peut-être, si vous m’invitez de nouveau, je pourrai vous dire ce que nous avons trouvé comme résultats au moyen de ce projet. Par contre, je peux vous dire que c’est déjà un soulagement immense pour les gens qui peuvent déjà se référer au club amical. Je pense que cela réduit leur niveau de stress. Ils savent que quelqu’un les écoute et peut les accompagner et les soutenir dans les diverses démarches auprès du système de santé. 41:6 Official Languages 27-11-2023

With regard to the second question, I lost the thread, and I apologize. You mentioned cultural competency, I believe. En ce qui a trait à la deuxième question, j’ai perdu le fil, et je m’en excuse. Vous avez parlé de compétences culturelles, je crois. Senator Clement: Yes, and I also talked about intersectionality. La sénatrice Clement : Oui, et j’ai parlé aussi de l’intersectionnalité. Mr. Siméon: I wouldn’t want to comment on intersectionality, as I’m not well versed in feminist theories.

However, I can tell you, as we said earlier, that in the role of caregiver, it’s quite a heavy additional weight, in my opinion, on the shoulders of the caregiver, especially the one who comes from immigration, who doesn’t know the system, who may speak French, but not English very well. Often, the caregiver is also a little elderly. I mentioned earlier that many of these people are in their 60s and 70s. These people also have their health concerns. This certainly adds to the caregiver’s burden, the subjective burden of the role. M.

Siméon : Je ne voudrais pas me prononcer sur l’intersectionnalité, car je ne suis pas très versé dans les théories féministes. Toutefois, je peux vous dire, comme on l’a dit plus tôt, que dans ce rôle d’aidant, c’est un poids additionnel assez lourd, à mon avis, sur les épaules de l’aidant, en particulier celui qui vient de l’immigration, qui ne connaît pas le système, qui parle peut-être le français, mais pas très bien l’anglais. Souvent, il arrive que l’aidant soit aussi un peu âgé. Je vous ai dit plus tôt qu’une grande

partie de ces personnes a environ 60 ou 70 ans. Ces personnes ont aussi leurs soucis de santé. Cela vient certainement alourdir le fardeau de l’aidant, le fardeau subjectif du rôle. On the other hand, it can also have positive effects, like this lady who tells us that she takes care of her mother as she took care of her. We’re happy to give back to the next person. Nevertheless, the burden is quite heavy for the people who have to play this role, but also that of translator, navigator, companion, service seeker, without necessarily knowing where to turn.

In this sense, I think the Club amical is breaking new ground by setting up this system navigation service. Par contre, cela peut aussi avoir des effets positifs comme cette dame qui nous dit qu’elle prend soin de sa mère comme elle a pris soin d’elle. On est heureux de redonner au suivant. N’empêche que le fardeau, le poids est assez lourd pour les personnes qui doivent jouer ce rôle, mais aussi celui de traducteur, de navigateur, d’accompagnateur, de chercheur de services, et ce, sans nécessairement savoir vers qui se tourner.

En ce sens, je pense que le Club amical innove en mettant en place ce service de navigation dans le système. Senator Clement: My question has more to do with the intersectionality of racialized people. I don’t know who was included in the cohort you studied, but the question was more along the lines of: Do aging people who are also members of minority communities need something else in the way of a navigation service, something to help lessen the burden they have to carry as they try to find their way through the health care system?

La sénatrice Clement : Ma question a plutôt trait à l’intersectionnalité des gens racialisés. Je ne sais pas qui fait

partie de la cohorte que vous avez étudiée, mais la question était plutôt la suivante : est-ce que les gens vieillissants qui sont aussi membres de communautés minoritaires ont besoin d’autre chose en lien avec un service de navigation ou par rapport au fardeau qu’ils doivent porter lorsqu’ils se retrouvent dans le système de soins de santé? Ms. Larocque: I’m going to invite Ms. Davilus to tell us about her results. These recommendations are preliminary and come precisely from the participants; perhaps Ms. Davilus could tell us about a few recommendations.

Mme Larocque : Je vais inviter Mme Davilus à nous parler de ses résultats. Ces recommandations sont préliminaires et proviennent justement des participants; Mme Davilus pourrait peut-être nous parler de quelques recommandations. Ms. Davilus: Of course. Thank you for the question. Mme Davilus : Bien sûr. Merci pour la question. In collecting data from caregivers from immigrant backgrounds, what we hear from them is that being an immigrant and a newcomer adds to the burden of being a caregiver. Why is this? Because some people are new to the system in Canada, and they don’t know how to navigate it.

They don’t know where to go for help. There are others who are looking for services that are culturally appropriate for them, and the services don’t always take the cultural component into account. Others talk about referrals; they would like to have a community centre that would offer referrals. For example, if someone comes from Haiti, it would be interesting if we could help them find the appropriate En collectant les données auprès des personnes aidantes issues de l’immigration, ce que l’on entend d’elles, c’est que le fait d’être immigrant et nouveau vient ajouter à la lourdeur de la charge de l’aidant.

Pourquoi? Parce qu’il y en a qui sont nouveaux dans le système au Canada et ils ne savent pas comment naviguer dans ce système. Ils ne savent pas où aller chercher de l’aide. Il y en a d’autres qui cherchent des services culturellement appropriés pour eux, et les services ne prennent pas toujours en compte le volet culturel. D’autres parlent de l’aiguillage; ils souhaiteraient avoir un centre communautaire qui offrirait de l’aiguillage. Par exemple, si quelqu’un vient d’Haïti, 27-11-2023 Langues officielles 41:7

service. If someone comes from another culture, we could do the same thing. The fact of being an immigrant and a francophone, that’s where the intersectionality you’re talking about comes from, senator; it’s the fact of being a new francophone immigrant to the country, of being new to the system. All this plays a role that adds considerably to the burden and responsibility of a caregiver, as compared to a caregiver of Canadian origin. ce serait intéressant qu’on puisse l’aider à cheminer vers le service approprié. Si quelqu’un vient d’une autre culture, on pourrait faire la même chose.

Le fait d’être immigrant et francophone, c’est là d’où vient l’intersectionnalité dont vous parlez, sénatrice; c’est le fait d’être un nouvel immigrant francophone dans le pays, d’être nouveau dans le système. Tout cela joue un rôle qui alourdit considérablement la charge et la responsabilité d’un aidant ou d’une aidante, comparativement à un aidant ou une aidante de souche canadienne. Senator Clement: Have any solutions been proposed? La sénatrice Clement : Est-ce que des solutions ont été proposées? Ms. Davilus: Yes. They’ve proposed putting services in place at reception, reception centres for immigrants.

From there, we can welcome them and tell them about the services available to immigrants, because according to them, they’re lost in the system and don’t know where to go for help. For the majority of immigrants who come here, their first contact is an immigrant reception centre. If we can make this connection between an immigrant reception centre and health care services, it could lighten their load. For example, the person could call a centre they already know; they could mention that they are taking care of their mother and ask for help.

From there, someone at the centre makes the referral to the appropriate health services. Mme Davilus : Oui. Ils ont proposé de mettre des services en place à l’accueil, des centres d’accueil pour les immigrants. De là, on peut les accueillir et leur parler des services offerts aux immigrants, parce que selon eux, ils sont perdus dans le système et ne savent pas où aller chercher de l’aide. Pour la majorité des immigrants qui viennent ici, leur premier contact est un centre d’accueil d’immigrants.

Si on peut faire cette connexion entre un centre d’accueil d’immigrants vers les services de soins de santé, cela pourrait alléger leur tâche. Par exemple, la personne pourrait appeler un centre qu’elle connaît déjà; elle pourrait signaler qu’elle prend soin de sa mère et demander de l’aide. De là, une personne du centre fait l’aiguillage vers les services de santé appropriés. Senator Clement: Very well. Thank you very much. La sénatrice Clement : D’accord. Merci beaucoup. The Acting Chair: I’m going to ask a question.

You’re at Laurentian University, in northern Ontario, and you work in a huge territory; there are about 250,000 francophones in an area of about 800,000 square kilometres. You also know that in the North, not all towns are organized in the same way. Sudbury, for example, is probably better organized than other northern cities. The city of North Bay, for example, is much more English- speaking — that’s where I’m from — and services are perhaps a little less adapted or accessible to francophones.

The more you go into smaller communities, the more you find that there are more and more precarious services, depending on the community and depending on the percentage of francophones who are in those different areas. La présidente suppléante : Je vais poser une question. Vous êtes à l’Université Laurentienne, dans le Nord de l’Ontario et vous travaillez dans un territoire énorme; il y a environ 250 000 francophones pour un territoire d’environ 800 000 kilomètres carrés. Vous savez aussi que dans le Nord, toutes les villes ne sont pas organisées de la même façon.

La ville de Sudbury, par exemple, est probablement mieux organisée que d’autres villes du Nord. La ville de North Bay, par exemple, est beaucoup plus anglophone — c’est là d’où je viens — et les services sont peut‑être un peu moins adaptés ou accessibles aux francophones. Plus on va dans de petites communautés, plus on constate qu’il y a des services de plus en plus précaires, selon les communautés et selon le pourcentage de francophones qui se trouvent dans ces différents secteurs. Let me come back to what you were saying when you were talking about the burden on caregivers.

There’s an urgency in this area precisely because the services aren’t always organized. What kind of concrete proposal could you make when we think of northern Ontario and access, especially when we know that the majority of funding comes from the provincial government? Je reviens à ce que vous disiez lorsque vous parliez du fardeau pour les aidants naturels. Il y a une urgence de ce côté justement parce que l’organisation des services n’est pas toujours là.

Quel genre de proposition concrète pourriez-vous faire lorsqu’on pense au Nord de l’Ontario et à l’accès, surtout lorsqu’on sait que la majorité du financement vient du gouvernement provincial? Big question and big territory; what are the solutions? Grande question et grand territoire; quelles sont les solutions? Mr. Siméon: I’ll jump in and ask others to complete my answer. M. Siméon : Je vais me lancer et je demanderai aux autres de compléter ma réponse. 41:8 Official Languages 27-11-2023

You were right to mention that coverage of the territory is unevenly distributed. This was one of the first observations we made when I began my young career as an independent researcher at Laurentian University, when I realized, with CNFS funding to map aging in Sudbury, that the majority of services were concentrated in the downtown core. Outside the downtown core, there were gaping holes — what people who work in health services generally call service deserts. There are indeed quite worrying service deserts all over the area, which raises the whole question of how difficult it is to access service.

As I said earlier, it’s easy to imagine the difficulties of getting around in winter, for example, given the conditions you know about when you live in the North. Vous avez bien fait de mentionner que la couverture du territoire est inégalement répartie. C’est un des premiers constats que nous avons faits lorsque j’ai commencé ma jeune carrière à

titre de chercheur indépendant à l’Université Laurentienne quand j’ai réalisé, en bénéficiant d’un financement du CNFS pour faire une cartographie du vieillissement sur le territoire de Sudbury, que la majorité des services étaient concentrés dans le centre‑ville. En dehors du centre-ville, il y avait des trous béants — ce que les gens qui travaillent dans les services de santé appellent généralement des déserts de services. Il y a effectivement des déserts de services assez préoccupants dans l’ensemble du territoire, ce qui pose toute la question des difficultés pour y avoir accès.

Je le disais plus tôt; on s’imagine les difficultés en hiver, par exemple, pour se déplacer, compte tenu des conditions que vous connaissez quand on vit dans le Nord. One of the mechanisms we’re suggesting is support for local organizations; it’s about making sure we have wider coverage of local organizations that work upstream of problems. I’m thinking in particular of what the Club amical du nouveau Sudbury does, which has a bit of funding and makes sure it meets the specific needs of its members, which reduces both the emotional and subjective burden, knowing that there’s someone there to listen.

That alone — having someone who can listen, make referrals and let you know about a service — can make a big difference to a person’s life. L’un des mécanismes que nous suggérons est l’accompagnement aux organismes de proximité; il s’agit de faire en sorte d’avoir une couverture plus large d’organismes de proximité qui travaillent en amont des problèmes.

Je pense notamment à ce que fait le Club amical du nouveau Sudbury, qui a un peu de financement et qui s’assure de répondre aux besoins particuliers de ses membres, ce qui permet à la fois de réduire la charge émotionnelle et subjective, sachant qu’il y a quelqu’un à l’écoute. Rien que cela — avoir quelqu’un qui peut écouter, nous aiguiller et nous informer de l’existence d’un service — peut faire une grosse différence dans la vie d’une personne.

I would suggest a network of community organizations and support for these organizations, so that they can have the resources they need to offer culturally safe services and care in French, and so that they can also increase the number of care providers throughout the territory. Obviously, we haven’t yet been able to determine how much this would cost. It seems to me that working upstream, by supporting the organizations that already exist in the territory, would require lower costs than if we had to build a hospital centre, for example.

Je suggérerais un maillage d’organismes de proximité et un soutien à ces organismes, de manière à ce qu’ils puissent avoir les ressources nécessaires pour offrir des services et des soins en français, culturellement sécuritaires, et pour qu’ils puissent aussi augmenter le nombre de pourvoyeurs de soins dans l’ensemble du territoire. Évidemment, on n’a pas encore été en mesure de déterminer quels coûts cela entraînerait. Il me semble que travailler en amont, en soutenant les organismes déjà existants sur le territoire, nécessiterait des coûts moindres que si on devait construire un centre hospitalier, par exemple.

It’s really important to be able to support and accompany local organizations and work to increase the number of these organizations, which are closer to aging people who don’t want to move or leave their territory. When we ask people where they want to grow old, their first choice is always their own home. It’s also good practice for people to be able to stay in their own community, surrounded by family, friends, networks and so on. If we could strengthen these networks by supporting local organizations, in my opinion, it would make a very big difference to the aging population.

Il est vraiment important de pouvoir soutenir et accompagner les organismes de proximité et de travailler à augmenter le nombre de ces organismes, qui sont plus proches des personnes vieillissantes qui ne veulent pas se déplacer ou quitter leur territoire. D’ailleurs, c’est un résultat qui ressort généralement; lorsqu’on demande aux gens où ils veulent vieillir, leur premier choix, c’est toujours chez eux. Cela fait également

partie des bonnes pratiques que la personne puisse rester dans sa communauté, entourée de ses proches, de ses amis, de son réseau et ainsi de suite. Si on pouvait renforcer ces réseaux en appuyant les organismes de proximité, à mon avis, cela ferait une très grosse différence pour le vieillissement de la population. The Acting Chair: Thank you very much. I don’t know if Ms. Larocque wants to add anything. La présidente suppléante : Merci beaucoup. Je ne sais pas si Mme Larocque veut ajouter quelque chose. 27-11-2023 Langues officielles 41:9

Ms. Larocque: Yes. I’d just like to add to what my colleague mentioned about health care providers. We need to continue to recruit and retain French-speaking health care providers in northern Ontario regions and support them on their journey. Mme Larocque : Oui. J’aimerais juste ajouter quelque chose à la suite de ce que mon collègue a mentionné sur les fournisseurs de soins de santé. Il faut continuer de recruter et retenir les fournisseurs de soins de santé francophones dans les régions du Nord de l’Ontario et les appuyer dans leur cheminement.

I’m also doing research in telemedicine; we need to use these means. As my colleague mentioned, winter isn’t always easy in northern Ontario, so we need to find ways of not making people wait to get the care they need. Je fais aussi de la recherche dans le domaine de la télémédecine; il faut utiliser ces moyens. Mon collègue l’a mentionné : comme l’hiver n’est pas toujours facile dans le Nord de l’Ontario, il faut trouver des façons de ne pas faire attendre les gens pour leur donner les soins dont ils ont besoin. Telemedicine is one example.

In addition, what was mentioned in some of our research was that there are very few French- speaking specialists. So we need to increase the number of specialists who can offer health care in French. La télémédecine est un exemple. De plus, ce qui a été mentionné dans certaines de nos recherches, c’est qu’il y a très peu de spécialistes francophones. Donc, il faudrait augmenter le nombre de spécialistes qui peuvent offrir des soins de santé en français. The Acting Chair: Ms. Davilus, would you like to add anything? La présidente suppléante : Madame Davilus, voudriez-vous ajouter quelque chose? Ms.

Davilus: I’d just like to support the point my colleagues have made. We need to fortify and expand the offer of services in French. Mme Davilus : J’aimerais seulement appuyer le point que mes collègues ont soulevé. Il faut fortifier et élargir l’offre de services en français. Senator Mockler: First of all, I’d like to congratulate you on your interventions in the area of health care. I’d also like to hear from you on a few points, and I’ll end with the Nursing Home Without Walls for Aging in Place program.

Le sénateur Mockler : Premièrement, j’aimerais vous féliciter pour vos interventions dans le domaine des soins de santé. J’aimerais aussi vous entendre sur quelques points, et je vais terminer avec le programme Foyers de soins sans murs pour le maintien à domicile. I have several quick questions that I’ll read. J’ai plusieurs petites questions que je vais lire. In your opinion, are the laws, regulations and policies sufficient to protect the rights of official language minority communities to access health services in their language? I also have a follow-up question.

How would including health among the sectors essential to community vitality in the Official Languages Act advance rights? Selon vous, les lois, règlements et politiques sont-ils suffisants pour protéger les droits des communautés de langue officielle en situation minoritaire en matière d’accès aux services de santé dans leur langue? J’aurais aussi une question complémentaire. En quoi le fait d’inclure la santé parmi les secteurs essentiels à l’épanouissement des communautés dans la

Loi sur les langues officielles ferait-il avancer les droits? I’d like to hear from our three witnesses, please. J’aimerais entendre nos trois témoins, s’il vous plaît. The Acting Chair: Do any of you three want to answer the question first? La présidente suppléante : Est-ce que l’un de vous trois veut répondre à la question en premier? Mr. Siméon: I’ll jump right in, and thank you for the question. In my opinion, drafting a law is a step in the right direction.

However, in the words of an author I like, Amartya Sen, a law is an enabling device, but without conversion factors, i.e., without means made available to professionals and communities, a law risks remaining a dead letter. M. Siméon : Je me lance et je vous remercie de cette question. Selon moi, rédiger une loi est un pas dans la bonne direction.

Cependant, et pour reprendre les mots d’un auteur que j’aime bien, Amartya Sen, une loi est un dispositif capacitant, mais sans facteurs de conversion, c’est-à-dire sans moyens mis à la disposition des professionnels et des communautés, une loi risque de demeurer lettre morte. So yes, the law is important and indispensable, but in the absence of conversion factors, without financial, human, temporal means, et cetera, it’s not enough.

In the words of the Donc oui, la loi est importante et indispensable, mais en l’absence de facteurs de conversion, sans moyens financiers, humains, temporels, et cetera, cela ne suffit pas. Si l’on reprend 41:10 Official Languages 27-11-2023

International Bill of Human Rights, the right to health is one of the fundamental rights to which we subscribe as a society. So, in my opinion, enshrining it in law should be automatic, insofar as it’s the Canada Health Act that ensures that every citizen has this fundamental right. les mots de la Charte internationale des droits de l’homme, le droit à la santé est l’un des droits fondamentaux auxquels on souscrit comme société. Donc, à mon avis, l’inscrire dans la loi devrait être un automatisme, dans la mesure où c’est la

Loi sur la santé au Canada qui fait en sorte que chaque citoyen a ce droit fondamental. Already, not being served in French or waiting longer to be served in French in a minority context is a hitch in the law and, in my opinion, has no place in a society like ours. Including health in the law should be an automatic response to our obligations as a society that has opted for the Universal Declaration of Human Rights, since health is a fundamental right. That’s how I would answer the question.

Déjà, le fait de ne pas être servi en français ou d’attendre plus longtemps pour être servi en français dans un contexte minoritaire, c’est un accroc à la loi et, à mon avis, cela n’a pas lieu d’être dans une société comme la nôtre. Inscrire la santé dans la loi devrait être un automatisme répondant à nos obligations en tant que société qui a opté pour la Déclaration universelle des droits de l’homme, puisque la santé est un droit fondamental. C’est comme cela que je répondrais à la question. I don’t know if my colleagues want to respond. Sylvie, I invite you to complete or qualify my answer.

Je ne sais pas si mes collègues veulent répondre. Sylvie, je vous invite à compléter ou à nuancer ma réponse. Ms. Larocque: I’m just going to second what you just said. I think it’s essential to have laws, but we must have the means to enforce them so that people can say they have the right to obtain services within a reasonable time. In our research, we shouldn’t hear our participants say, “I’ll speak in English, because I’ll get services faster.” Yet this is something we often hear and don’t want to hear again.

We may also hear, “My mother refused care because the attendant wasn’t French-speaking.” The perception is that she no longer needed the care. Mme Larocque : Je vais simplement appuyer ce que vous venez de dire. Je crois que c’est essentiel d’avoir des lois, mais il faut avoir les moyens de les mettre en vigueur afin que les gens puissent dire qu’ils ont le droit d’obtenir des services dans un délai raisonnable. Lors de nos recherches, on ne doit pas entendre nos participants dire : « Je vais parler en anglais, parce que je vais obtenir les services plus rapidement. »

C’est pourtant quelque chose qu’on entend souvent et qu’on ne veut plus entendre. On peut aussi entendre ceci : « Ma mère a refusé les soins parce que la préposée n’était pas francophone. » C’est perçu comme si elle n’avait plus besoin de ces soins. It’s not that she no longer needs the care, it’s that she would like to receive it in French, which is a right, in my opinion. Ce n’est pas qu’elle n’a plus besoin des soins, c’est qu’elle voudrait les recevoir en français, ce qui constitue un droit, à mon avis. Ms. Davilus: Thank you for the question. Indeed, I support what my colleagues have just said.

I agree that laws must apply to protect the right of francophones and linguistic minorities to receive health services in the language of their choice. Mme Davilus : Je vous remercie de la question. En effet, j’appuie ce que mes collègues viennent de dire. Je suis d’accord pour dire que les lois doivent s’appliquer pour protéger le droit des francophones et des minorités linguistiques à recevoir des services de santé dans la langue de leur choix. I think having laws is one thing, but putting them into practice is another.

As Sylvie mentioned, the laws may exist, but in reality, people tell us that they don’t always receive services in French. Yet the laws stipulate that they do indeed have the right to receive services in French. Je crois que le fait d’avoir des lois, c’est une chose, mais les mettre en pratique en est une autre. Comme Sylvie l’a mentionné, les lois peuvent exister, mais en réalité, les gens nous disent qu’ils ne reçoivent pas toujours des services en français. Pourtant, les lois stipulent qu’ils ont effectivement le droit de recevoir des services en français.

In short, I think we need to make sure that these laws are enforced and respected at all levels of service. Bref, je pense qu’on doit s’assurer que ces lois sont mises en vigueur et respectées à tous les niveaux de service. The Acting Chair: Senator Mockler, you may ask your second question. La présidente suppléante : Sénateur Mockler, vous pouvez poser votre deuxième question. Senator Mockler: I want to talk about the responsibilities of different levels of government.

In your experience, is there real cooperation among the federal, provincial and municipal Le sénateur Mockler : J’aimerais parler de la responsabilité des différents ordres de gouvernement. Selon votre expérience, y a-t-il une réelle concertation entre le gouvernement fédéral, les 27-11-2023 Langues officielles 41:11

governments, French-language health networks and francophone post-secondary institutions? What role should the federal government play in improving the delivery of minority-language health services? gouvernements provinciaux, les gouvernements municipaux, les réseaux de santé en français et les établissements postsecondaires francophones? Quel rôle devrait jouer le gouvernement fédéral pour améliorer la prestation des services de santé dans la langue de la minorité? Mr. Siméon: That’s a good question. Thank you for asking it.

Obviously, I won’t wade too deeply into the relationship between the federal and provincial governments. That’s not my area of expertise and research. M. Siméon : Il s’agit d’une importante question, et je vous en remercie. Évidemment, je ne m’avancerai pas trop sur la question de la relation entre les gouvernements fédéral et provinciaux, parce que ce n’est pas mon champ d’expertise et de recherche. However, I often hear that there aren’t enough tools and local resources available to help implement the Official Languages Act.

Par contre, ce que j’entends souvent dire, c’est qu’il n’y a pas suffisamment de moyens mis à la disposition et pas suffisamment de ressources de proximité pour faciliter la mise en œuvre de la

Loi sur les langues officielles. It isn’t right that a French-speaking person in Ontario must wait twice as long to receive services in their language and face the risk of their situation becoming worse, or that they fail to receive services because they don’t understand English well enough. In my opinion, there should be enough human and financial resources to apply this legislation, so that every Canadian citizen, whether they speak French or English, can have their health needs met across the country.

Il n’est pas normal qu’une personne qui parle français en Ontario doive attendre deux fois plus longtemps pour recevoir des services dans sa langue, avec le risque que sa situation se détériore, ou ne pas recevoir de services, parce que cette personne ne comprend pas suffisamment l’anglais. À mon avis, il faudrait suffisamment de ressources humaines et financières pour appliquer cette loi, pour que chaque citoyen canadien, qu’il soit francophone ou anglophone, puisse voir ses besoins en matière de santé comblés sur l’ensemble du territoire.

Why is a person who chooses to live in the North penalized because they can’t truly live in their mother tongue? It’s a fair question. Pourquoi quelqu’un qui fait le choix de vivre dans le Nord se trouve-t-il pénalisé parce qu’il ne peut pas véritablement vivre dans sa langue maternelle? La question se pose. I think that the federal government plays a key role here. It must provide financial resources that meet the needs of people who, as stated earlier — Sylvie said it well — have a right to this service in French.

Not only are they entitled to this service, but they are entitled to receive it in their mother tongue. Sur ce plan, je pense que le gouvernement fédéral a un rôle important à jouer. Il doit fournir les ressources financières à la hauteur des besoins de ces personnes qui, comme on l’a dit plus tôt — Sylvie l’a bien mentionné — ont droit à ce service en français. Non seulement ils ont droit à ce service, mais ils y ont droit dans leur langue maternelle. We know that both languages are equal in Canada.

I’m calling for enough financial means, financial resources and factors to ensure that legislation makes a real difference in the lives of every Canadian. On sait que les deux langues sont égales au Canada. Donc, je plaide pour que l’on ait suffisamment de moyens financiers, de ressources financières et de facteurs permettant justement aux lois d’avoir un effet concret dans la vie de chaque citoyen. Senator Mégie: I heard you speak earlier about newcomers. I also know that keeping seniors in their homes is still the focus. That option is their first choice in the various surveys conducted.

However, when navigators want to direct people, do they point them to private or public services? Do they choose home care or private or public services? How much choice do they have, given the language? La sénatrice Mégie : Je vous ai entendu parler plus tôt des nouveaux arrivants; je sais aussi que le maintien des aînés à domicile est toujours mis de l’avant, parce que c’est leur premier choix dans les différents sondages qui ont été faits. Cependant, quand les navigateurs veulent aiguillonner quelqu’un, est-ce qu’ils les orientent vers des services privés ou des services publics?

Font-ils le choix du maintien à domicile ou des services privés ou publics? Dans quelle proportion ont-ils le choix, compte tenu de la langue? Mr. Siméon: I think that this constitutes the crux of the issue. At this stage, social innovation is needed. When the person is already in the system, it’s somewhat easier. In some settings, translators may be found, even if it takes time. However, when M. Siméon : Je crois que c’est tout le nœud du problème. À ce stade-ci, une innovation sociale est nécessaire.

Lorsque la personne est déjà dans le système, c’est relativement plus facile, parce que, dans certains milieux, on trouvera peut-être des 41:12 Official Languages 27-11-2023

the person is outside the system, the situation is extremely complicated. We don’t necessarily have navigators in the system. This may be a key need. It would prevent our emergency services from becoming clogged up. Responses would already have been given before health problems arise. This is a real issue. traducteurs, même si cela prend du temps. Par contre, quand la personne est en dehors du système, la situation est extrêmement compliquée, car on n’a pas nécessairement d’agents de navigation dans le système.

Je pense que c’est l’un des besoins qui pourraient justement être d’une importance capitale, parce que cela permettrait d’éviter que nos urgences soient engorgées. Des réponses auraient déjà été données en amont des problèmes de santé, car il s’agit d’un véritable problème. I’m currently co-supervising a doctoral student whose thesis focuses on the need to develop a tool to help people navigate the system, before they even enter the health care system. I want to emphasize the need to give local organizations the tools and resources to find caregivers that fit in with this reality.

Je suis en train de codiriger un étudiant au doctorat dont la thèse porte sur l’importance de développer un mécanisme d’accompagnement de navigation dans le système, justement en amont du système de santé, et ce, avant même la prise en charge par le système. Pour ce faire, je reviens encore une fois à la nécessité d’outiller et de donner des moyens aux organismes de proximité, afin qu’ils puissent trouver des pourvoyeurs de soins adaptés et adéquats par rapport à cette réalité. I don’t know whether this answers the question, Madam Chair. I think that there’s a real need for help with navigating the system.

Je ne sais pas si cela répond à la question, madame la présidente, mais je pense qu’il y a là un réel besoin d’aide sur le plan de la navigation dans le système. Senator Mégie: How would you approach this? Have you thought about it? I’m sure you have. What could be done to meet this need? La sénatrice Mégie : Comment verriez-vous cela? Avez-vous réfléchi à ce sujet? Sûrement. Comment pourrait-on faire pour combler ce besoin? Mr. Siméon: As I said, I’m currently working with the social club that launched this initiative.

We’re not at this stage yet, but we’ll be documenting the experiment and determining whether the initiative benefits people and leads to better health conditions. I think that initiatives of this nature should be studied, nurtured, reviewed and supported. The goal is to find tools and resources from both the community and the people who receive these services. They can then tell us how the service has been useful, important and beneficial. These are truly grassroots initiatives. M. Siméon : Comme je vous le disais, je travaille actuellement avec le club amical qui a lancé cette initiative.

On n’en est pas encore là, mais nous allons documenter l’expérience et déterminer si cette initiative est bénéfique — ou non — et si elle est porteuse — ou non — de meilleures conditions de santé. Je pense que des initiatives comme celles du club amical mériteraient qu’on s’y attarde, qu’on les accompagne, qu’on les examine et qu’on les soutienne, justement pour trouver des mécanismes et des moyens issus à la fois du milieu, mais aussi des gens qui bénéficient de ces services, pour qu’ils nous disent en quoi ce service a été utile, important et bénéfique.

Il s’agit d’initiatives qui partent vraiment du terrain, à la base. Ms. Larocque: I agree with some of what the participants have said. However, private services always come at a cost. A number of people can’t afford to pay for private services to keep their loved ones at home. This becomes an even greater challenge for immigrants.

Mme Larocque : Je peux appuyer certains propos des participants, mais pour les services privés, il y a toujours des coûts, et plusieurs personnes n’ont pas les moyens de payer des services privés pour permettre à leurs proches aidés de rester à domicile — et cela devient encore plus difficile pour la population immigrante. Bernouse, you may have something to add. Je ne sais pas si tu voulais ajouter quelque chose, Bernouse. Ms. Davilus: On top of that, people tell us that they want to contact public services first, because public services most often receive funding from the provincial government.

That said, the services provided aren’t always adequate and sufficient. When they ask for more services to properly meet the needs of their loved ones, they’re told to turn to the private sector. However, they don’t have the money to pay for private services. This is where the problem lies.

The issue comes on top of the other challenges faced by caregivers, whether they come from an Mme Davilus : Pour ajouter à ce que vous venez de dire, ce que les gens nous disent, c’est qu’ils veulent d’abord contacter les services publics, parce que ce sont les services publics qui sont le plus souvent subventionnés par le gouvernement provincial. Par contre, ce n’est pas toujours adéquat quand ils reçoivent ces services, ce n’est pas toujours suffisant. Quand ils en demandent plus pour être en mesure de répondre efficacement aux besoins de leurs proches, on leur répond d’aller voir au privé.

Cependant, ils n’ont pas d’argent pour payer les services 27-11-2023 Langues officielles 41:13

immigrant background or they come from here. It’s always the same thing. “We can’t give you any more services. You’ll have to turn to the private sector.” We often hear this when we compile our data. privés. C’est de là que vient le problème, que l’on ajoute aux autres problèmes des proches aidants, que ce soit pour ceux qui sont issus de l’immigration ou ceux qui viennent d’ici, c’est toujours : « On ne peut pas vous donner plus de services que cela; il faudra vous tourner vers le privé. » On entend souvent cela quand on compile nos données.

The Acting Chair: I’ll ask two quick questions, because we’re running out of time. I know that Senator Mockler still has a question. I don’t know whether you have a question, Senator Clement. La présidente suppléante : Je vais y aller avec deux courtes questions, parce que nous allons manquer de temps. Je sais que le sénateur Mockler a encore une question et je ne sais pas si vous avez une question, sénatrice Clement. Let’s take another look at northern Ontario. Ms.

Davilus, I want to know whether your study explores the differences, for example, between a city such as Sudbury, which has a population of 170,000, and a town such as Hearst, which has a population of 6,500 and well-organized community services. In terms of support services for seniors and language in a town such as Hearst, language isn’t an issue, since 95% of the population is French-speaking. It may be more of an issue for anglophones who want to be served in English. Je reviens au Nord de l’Ontario.

Je voudrais savoir, madame Davilus, si vous examinez dans votre étude les différences qui existent, par exemple, entre une ville comme Sudbury, qui compte 170 000 habitants, par opposition à une ville comme Hearst, qui compte 6 500 habitants et qui est très bien organisée dans les services qu’elle peut offrir à sa communauté. D’ailleurs, en ce qui concerne les services d’accompagnement des personnes âgées et la question de la langue dans une ville comme Hearst, ce n’est pas un problème, puisque 95 % de la population est francophone.

C’est peut-être plutôt un problème pour les anglophones qui veulent se faire servir en anglais. Did your study compare well-organized communities with large cities, where the demand for services is much higher; where the population is far more spread out; and where services may be limited given the number of people who need help?

Dans votre étude, est-ce que vous avez fait une comparaison par rapport à des communautés qui sont très bien organisées par opposition aux grandes villes, où la demande de services est beaucoup plus grande, où la population est beaucoup plus dispersée et les services sont peut-être limités à cause du nombre de personnes qui ont besoin d’aide? Ms. Davilus: Good question. Thank you for asking it. Mme Davilus : Je vous remercie de cette question; c’est très intéressant. I’ll make a comparison with Ottawa. At one point, we received ethics approval to expand our area to Ottawa and Toronto.

I was personally surprised to see that Sudbury and Ottawa aren’t much different when it comes to French-language services or the adequacy of services for caregivers. People in Ottawa say that it’s hard to find French-language services and that the services are insufficient. Sudbury participants say the same thing. It’s difficult. There are only two French-speaking doctors. You have to wait or speak in English to obtain faster service.

In this case — and I don’t see any difference — the research data still doesn’t show any difference when it comes to a big city such as Ottawa or Toronto, even though we know that Toronto is practically an anglophone city. Je vais faire une comparaison avec la ville d’Ottawa, parce qu’à un moment donné, on avait reçu l’approbation éthique pour élargir notre territoire vers Ottawa et Toronto. J’ai été personnellement surprise de voir que lorsqu’il s’agit de services en français ou de l’adéquation des services offerts aux proches aidants, il n’y a pas de grande différence entre Sudbury et la ville d’Ottawa.

Les citoyens d’Ottawa nous disent que c’est difficile de trouver des services en français et qu’ils ne sont pas suffisants, et les participants de Sudbury me disent la même chose. C’est difficile, il n’y a que deux médecins francophones, on doit attendre ou on doit parler en anglais pour pouvoir accélérer le service. Alors, dans ce cas — et je ne vois pas de différence —, les données de la recherche ne dévoilent encore aucune différence avec une grande ville comme Ottawa ou Toronto, même si l’on sait que Toronto est pratiquement une ville anglophone.

Ottawa and Sudbury aren’t much different when it comes to French-language services. We’re still collecting data. We’ll see what the next data says. However, our current data doesn’t show much of a difference. Si on revient à Ottawa, il n’y a pas une grande différence entre Ottawa et Sudbury lorsqu’il s’agit de l’offre de services en français. On collecte encore des données; on verra ce que disent les prochaines données, mais ce que nous avons actuellement ne montre pas une trop grande différence dans ce sens. 41:14 Official Languages 27-11-2023

The Acting Chair: Your response is intriguing. I have a quick question, but I’m also interested in your answers. Could you share your perspective on a possible obligation to include language clauses in health transfers and the associated intergovernmental agreements? Mr. Siméon, what do you think about this obligation? La présidente suppléante : Votre réponse est intéressante. J’aurais une question rapide, mais je trouve aussi intéressantes les réponses que vous allez fournir.

Pourriez-vous nous indiquer votre perspective quant à la possibilité de forcer l’ajout de clauses linguistiques dans les transferts en santé et les accords intergouvernementaux qui en découleraient? Donc, monsieur Siméon, quelle est votre perspective sur cette obligation? Mr. Siméon: I spoke earlier about the right of francophones to receive the same service as anglophones across the country. We’re talking about people across the country. Yes, I think that this should be an obligation, as it becomes a determinant of health.

Moreover, as we’ve also seen, when we have to wait twice as long for service in our own language, we have time to see our situation decline. Quality of service is at stake here. I think that this should happen. M. Siméon : Si je me réfère à ma précédente intervention en ce qui a trait au droit du francophone d’avoir le même service que l’anglophone sur l’ensemble du territoire — enfin, bien que l’on parle du citoyen sur l’ensemble du territoire —, oui, je serais d’avis que ce devrait être une obligation, dans la mesure où cela devient un déterminant de la santé.

De plus, comme on l’a vu aussi, quand il faut attendre deux fois plus longtemps pour avoir un service dans sa langue, on a le temps de voir notre situation se détériorer. Donc, il y a un enjeu sur le plan de la qualité du service; à mon avis, il serait important que cela se fasse. The Acting Chair: Thank you. Senator Mockler, you have the last question. La présidente suppléante : Merci beaucoup. Sénateur Mockler, vous avez la dernière question. Senator Mockler: I think that I’ll change the subject rather than talk about the Nursing Home Without Walls program. I want to ask about funding.

Le sénateur Mockler : Je crois que je vais changer de sujet plutôt que de parler du programme Foyers de soins sans murs. J’aimerais poser une question sur le financement. In your view, how does the Canadian Institutes of Health Research, or CIHR, take into account the health needs of official language minority communities? In your experience, are francophone post-secondary institutions or francophone minority researchers at a disadvantage when they apply for funding from these granting agencies in Canada?

À votre avis, comment les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) prennent-ils en compte les besoins des communautés de langue officielle en situation minoritaire en matière de santé? Les établissements postsecondaires francophones où les chercheurs francophones œuvrent en milieu minoritaire sont-ils, selon votre expérience, désavantagés dans leurs demandes de financement auprès de ces organismes en matière de subventions au Canada? Mr. Siméon: I’ll let Sylvie weigh in, since she has much more research experience than I do. I started in 2018. M.

Siméon : Je laisserai Sylvie se prononcer, puisqu’elle est beaucoup plus expérimentée que moi dans la recherche — j’ai commencé en 2018. However, I do sense a willingness on the part of the CIHR to fund and support research on francophone minority communities. With this in mind, I received my current funding. I’m not familiar with past practices. However, in my meetings with CIHR representatives, I sense a willingness to support, nurture and fund research.

Ce que je voudrais dire, par contre, c’est que je sens une volonté de la part des IRSC de financer et de soutenir la recherche sur la francophonie minoritaire; c’est dans cette perspective que j’ai bénéficié du financement que j’ai aujourd’hui. Je ne connais pas les pratiques d’avant, mais il me semble, dans les rencontres auxquelles j’ai participé avec les représentants des IRSC, que dans le discours, il y a une volonté de soutenir, accompagner et financer la recherche. Initiatives in this area seem to be creating relatively good conditions for francophone minority researchers to carry out their work.

Things seem to be moving in the right direction. D’ailleurs, il y a des initiatives qui sont prises en ce sens et qui semblent créer des conditions relativement favorables pour les chercheurs dans la francophonie minoritaire pour qu’ils fassent de la recherche. Il me semble qu’on va dans la bonne direction. 27-11-2023 Langues officielles 41:15

Ms. Larocque: I agree with my colleague. I’ve been a researcher for a number of years. We’re seeing improvements. I hope that, as a result of our final recommendations, we’ll really see some benefits. Mme Larocque : J’appuie ce que mon collègue dit. Je suis chercheuse depuis plusieurs années et on voit une amélioration. Ce que j’espère, c’est que, grâce à nos recommandations finales, on pourra vraiment voir des bénéfices. The Acting Chair: Ms. Davilus, did you have anything to add? You’ll be our last speaker for this panel. La présidente suppléante : Madame Davilus, aviez-vous quelque chose à ajouter?

Vous serez notre dernière intervenante pour ce groupe de témoins. Ms. Davilus: I have nothing to add. I’m a student researcher, so I work with researchers who are there and who support me. I hope that, in the coming years, I’ll have much more to say about funding. I’ll be working with organizations that support health research involving minority-language ethnocultural minority communities across the country. Mme Davilus : Je n’ai rien à ajouter. En fait, je suis une chercheuse étudiante, alors je travaille avec des chercheurs qui sont là et qui m’appuient.

J’espère donc que dans les prochaines années, j’aurai beaucoup plus à dire pour ce qui est du mode de financement, puisque j’aurai à côtoyer ces organismes qui appuient la recherche en matière de santé auprès des minorités ethnoculturelles de langue minoritaire partout au pays. The Acting Chair: Good luck with your study and research, and all the best for the future. La présidente suppléante : Bonne chance dans votre travail d’étude et de recherche, et bonne continuation. Senator Mockler, do you have another question? Sénateur Mockler, aviez-vous une autre question?

Senator Mockler: I think that the question has already been fully covered, thank you. Le sénateur Mockler : Je pense qu’on y a déjà très bien répondu, merci beaucoup. The Acting Chair: Thank you for participating in our meeting this evening. We greatly appreciated your responses and the information provided for the committee’s study. Thank you. La présidente suppléante : Merci beaucoup d’avoir participé à notre réunion ce soir. Nous avons grandement apprécié vos réponses et les informations que vous avez ajoutées à l’étude que réalise ce comité. Merci beaucoup.

Colleagues, we’re continuing our work as part of our study on minority-language health services. Chers collègues, nous poursuivons nos travaux dans le cadre de notre étude sur les services de santé dans la langue de la minorité. [English] [Traduction] For our second panel this evening, we are pleased to welcome, in person, Dr. Suzanne Dupuis-Blanchard, Professor and Director of the Centre on Aging at the Université de Moncton; and Mario Paris, Associate Professor, School of Social Work at the Université de Moncton by video conference.

Pour notre deuxième groupe de témoins, nous avons le plaisir de recevoir, en personne, la Dre Suzanne Dupuis-Blanchard, professeure et directrice du Centre d’études du vieillissement de l’Université de Moncton; ainsi que Mario Paris, professeur agrégé de l’École de travail social de l’Université de Moncton, qui témoigne par vidéoconférence. [Translation] [Français] Good evening and welcome. We’ll now hear your opening remarks. Bonsoir et bienvenue parmi nous. Nous sommes prêts à entendre votre déclaration préliminaire. Ms. Dupuis-Blanchard, the floor is yours. Madame Dupuis-Blanchard, la parole est à vous.

Suzanne Dupuis-Blanchard, Professor and Director of the Centre on Aging, Université de Moncton, as an individual: Thank you, Madam Chair, and honourable senators. Suzanne Dupuis-Blanchard, professeure et directrice du Centre d’études du vieillissement, Université de Moncton, à

titre personnel : Merci, madame la présidente et honorables sénateurs et sénatrices. First, thank you for inviting me to speak about the important matter of minority-language health services. This topic is closely tied to the aging population. We know that, as people age, and Premièrement, je tiens à vous remercier de m’avoir invitée à prendre la parole sur le sujet important des services de santé dans la langue de la minorité, qui est particulièrement lié au 41:16 Official Languages 27-11-2023

especially in times of crisis or illness, such as dementia, they fall back on their first language learned. The subject studied by your committee must be addressed. vieillissement de la population. Nous savons qu’avec le vieillissement, et surtout en situation de crise ou de maladie, comme la démence, les personnes reviennent à la première langue apprise. Il devient donc essentiel d’aborder le sujet étudié par votre comité. In 2023, seniors in official language minority communities are still facing challenges when it comes to accessing health care and services in their own language.

There are many reasons for these challenges. Not everyone is comfortable asking for health care or services in French. According to an ongoing research project, people who are more daring or assertive will demand care in French, and will sometimes face negative consequences. Others are afraid of bothering the staff. Above all, they’re afraid of receiving lower quality care and having to wait longer. Encore en 2023, les personnes âgées des communautés de langue officielle en situation minoritaire doivent surmonter des défis pour avoir accès aux soins et aux services de santé dans leur langue.

Les raisons liées à ces défis d’accès sont multiples. Ce ne sont pas toutes les personnes qui sont à l’aise de demander des soins ou des services de santé en français. Selon un projet de recherche en cours, ce sont les personnes qui osent le plus ou qui s’affirment plus fortement qui vont exiger d’obtenir des soins en français, et ce, avec des répercussions qui sont parfois négatives. Les autres craignent déranger le personnel, mais surtout de recevoir de moins bons soins et d’attendre plus longtemps.

However, the challenges involved in accessing French- language health care and services are often outside the control of seniors and their families. My research team’s 2022 report on home care in francophone minority communities confirms the challenges involved in accessing care in French. We observed a lack of consideration for the French language and francophone culture in home care, and a shortage of francophone human resources. Very few promising studies or practices were identified in the paper to paint a current picture of the situation in francophone minority communities.

Often, reports from governments and stakeholders failed to include language barriers, or simply made no mention of them at all. Cependant, les défis d’accès aux soins et aux services de santé en français sont souvent hors du contrôle de la personne âgée et de sa famille. Un rapport préparé par mon équipe de recherche en 2022, qui porte sur les soins à domicile dans les communautés francophones en situation minoritaire, confirme les défis liés à l’accès aux soins en français.

On a remarqué un manque de considération pour la langue française et la culture francophone dans l’offre de soins à domicile ainsi qu’un manque de ressources humaines francophones. En effet, très peu d’études ou de pratiques prometteuses étaient recensées dans les écrits pour brosser un portrait de la situation actuelle dans les communautés francophones en situation minoritaire. Souvent, les rapports issus de gouvernements et de parties prenantes négligeaient d’inclure les barrières linguistiques ou n’en faisaient tout simplement aucune mention.

The impact of language on care reportedly affects the risk of hospital readmission, leads to poorer health assessments, prolongs the use of home care and increases the number of home visits as a result of communication challenges and lack of compliance with treatment. Language barriers reportedly also mean less planning for end-of-life care. In addition, language barriers often require the support of family members, putting caregivers at greater risk of fatigue, stress and burnout.

Pourtant, l’incidence de la langue sur les soins influencerait les risques de réadmission à l’hôpital, occasionnerait de moins bonnes évaluations de l’état de santé, susciterait une utilisation prolongée des soins à domicile et entraînerait une fréquence plus élevée des visites à domicile, en raison des difficultés de communication et de la non-conformité aux traitements. Les barrières linguistiques engendreraient aussi moins de planification pour ce qui est des soins de fin de vie.

De plus, les barrières linguistiques nécessitent souvent le soutien des membres de la famille, ce qui augmente, pour les proches aidants, les risques de souffrir de fatigue, de stress et d’épuisement. It’s also important to understand the reality of nursing home residents, one of the most vulnerable groups of French-speaking seniors. Nursing homes with French or even bilingual designations are unable to hire French-speaking caregivers. Il faut aussi comprendre la réalité d’un groupe de personnes âgées francophones parmi les plus vulnérables, celles qui habitent dans des foyers de soins.

Les foyers de soins à désignation francophone ou même bilingue n’arrivent pas à embaucher du personnel soignant francophone. Family members and loved ones have shared unimaginable situations. Their relatives use signs with one side in French and the other in English to communicate with unilingual anglophone Des membres de la famille et des proches ont partagé des situations inimaginables, où leurs parents utilisent des pancartes dont un côté est en français et l’autre en anglais, pour 27-11-2023 Langues officielles 41:17

health care staff when they’re thirsty, in pain or need help getting to the bathroom. Shocking. As a nurse, it’s hard to even hear these types of statements. The shortage of staff in our nursing homes is worrying. It’s becoming a quality-of-life and safety issue for French-speaking seniors in these communities. communiquer avec le personnel soignant unilingue anglophone quand ils ont soif, quand ils ont de la douleur ou quand ils ont besoin d’aide pour se rendre aux toilettes. C’est choquant! En tant qu’infirmière, c’est même difficile d’entendre de tels propos.

La pénurie de personnel dans nos foyers de soins est inquiétante, mais elle devient une question de qualité de vie et de sécurité pour les personnes âgées francophones vivant dans ces milieux. In New Brunswick, I’m in charge of two projects to promote healthy aging in French. Au Nouveau-Brunswick, deux projets, dont je suis responsable, encouragent le vieillissement en santé en français.

The first project, called Pivot santé pour aînés, or health hub for seniors, provides health-promoting services to francophone seniors, while giving university students training and internships to teach them about healthy aging, all within a research environment. Le premier projet, Pivot santé pour aînés, offre aux personnes âgées francophones des services de promotion de la santé tout en y accueillant des étudiants de l’université pour des apprentissages et des stages qui les sensibilisent au vieillissement en santé, et ce, dans un contexte de recherche.

The second project, Nursing Home Without Walls, helps people stay in their own homes by pointing them towards services and activities that combat isolation, while reducing the number of avoidable emergency room visits. After the success of the pilot project, the program is currently being rolled out across New Brunswick. Le deuxième projet, appelé Foyer de soins sans murs, ou Nursing Home Without Walls en anglais, fournit du soutien pour le maintien à domicile, en passant par la navigation vers les services et les activités pour briser l’isolement, tout en réduisant les visites évitables aux urgences.

À la suite du succès du projet pilote, ce dernier est actuellement en expansion partout au Nouveau-Brunswick.

In terms of recommendations and findings, the federal government could help in the following ways: create an analytical tool similar to gender-based analysis plus, but to recognize the influence of official language minority communities in the development of federal initiatives; develop and implement a common policy for gathering information on francophone identity in a care context; develop research funding initiatives that focus on key issues for official language minority communities, or OLMCs; and fund training for future health care professionals to meet the needs of francophone minority communities, but also increase training on aging, since health education programs spend very little time on preparing future professional caregivers for the aging population.

Pour ce qui est des recommandations et des conclusions, voici quelques suggestions quant au rôle que devrait jouer le gouvernement fédéral : développer un outil analytique semblable à l’analyse comparative entre les sexes plus, mais pour reconnaître l’influence que peuvent avoir les langues officielles en situation minoritaire dans le développement d’initiatives fédérales; élaborer et mettre en œuvre une politique commune pour la collecte d’informations sur l’identité des francophones dans le contexte des soins; développer des initiatives de financement de la recherche spécifiques aux questions importantes pour les CLOSM; enfin, poursuivre le financement pour la formation de futurs professionnels de la santé pour combler les besoins des communautés francophones en situation minoritaire, mais aussi accélère la formation liée au vieillissement, puisque les programmes de formation en santé passent très peu de temps à préparer les futurs soignants professionnels au vieillissement de la population.

Thank you for your listening. I look forward to answering your questions. Je vous remercie de votre attention; au plaisir de répondre à vos questions. The Acting Chair: Thank you, Ms. Dupuis-Blanchard. La présidente suppléante : Merci beaucoup, madame Dupuis-Blanchard. Mr. Paris now has the floor. You can give your opening remarks. Maintenant, c’est le tour de M. Paris. Vous pouvez nous présenter votre déclaration préliminaire. 41:18 Official Languages 27-11-2023

Mario Paris, Associate Professor, School of Social Work, Université de Moncton, as an individual: Good evening. Thank you for inviting me to speak today about the delivery of health and social services in the face of an aging francophone minority population, in particular in New Brunswick. Mario Paris, professeur agrégé, École de travail social, Université de Moncton, à

titre personnel : Bonjour. Je tiens à vous remercier de l’invitation à témoigner aujourd’hui sur la prestation de services sociaux et de santé dans le contexte du vieillissement de la population francophone minoritaire, en particulier au Nouveau-Brunswick. As an associate professor at the Université de Moncton’s School of Social Work, I’m happy to share my experience in participatory research with a number of the province’s francophone communities. Specifically, I’ll discuss the results of a recent study that I conducted with a colleague on the francophone minority community in Saint John.

En tant que professeur agrégé à l’École de travail social de l’Université de Moncton, je suis heureux de partager avec vous mon expérience en recherche participative avec plusieurs communautés francophones de la province. J’aborderai plus particulièrement les résultats d’une recherche très récente que j’ai menée en collaboration avec une de mes collègues sur la communauté francophone minoritaire de Saint-Jean. For over 15 years, I’ve been studying and working with municipal, community and public officials to improve the quality of life of seniors, right in the heart of their communities.

In particular, I’ve been studying the age-friendly city and community program in Quebec and New Brunswick, and at the national and international levels. Depuis plus de 15 ans, j’étudie et je collabore avec les acteurs municipaux, communautaires et publics afin d’améliorer la qualité de vie des personnes âgées, et ce, au cœur de leur milieu de vie. Plus particulièrement, j’étudie le programme des villes et des collectivités-amies des aînés au Québec et au Nouveau- Brunswick, ainsi que sur la scène nationale et internationale.

This World Health Organization program seeks to create communities where seniors can continue to live active and healthy lives and to fully participate in social life. Over the years, I’ve shown how the results of this program are measured not only by “outputs,” meaning quantifiable ways, but also in an approach based on a transparent decision-making process, open communication and consensus-building among stakeholders. I’ve also worked with different communities, sometimes at a local level, and sometimes at the level of a neighbourhood or even a seniors’ residence, to find solutions to their problems.

Ce programme de l’Organisation mondiale de la santé vise à créer des communautés où les personnes âgées peuvent continuer à vivre de manière active, en bonne santé, et participer pleinement à la vie sociale. Au fil des années, j’ai montré comment les résultats de ce programme ne se mesurent pas seulement en « extrants », c’est-à-dire en mesures quantifiables, mais aussi dans le déploiement d’une démarche misant sur une transparence du processus décisionnel, une communication ouverte et une recherche de consensus entre les parties prenantes.

J’ai aussi collaboré avec différentes communautés, parfois à l’échelle locale, parfois à l’échelle d’un quartier, voire d’une résidence pour personnes âgées, afin de trouver des solutions à des problèmes qui les préoccupent. The project that I’m presenting today took place in 2022 with the Association régionale de la communauté francophone de Saint-Jean, or Saint John regional francophone community association. The association invited me and my colleague, Elda Savoie, a professor at the Université de Moncton’s School of Social Work, to conduct a qualitative survey of francophone seniors.

The goal was to identify their needs and possible solutions for French-language health and social services in their community. Le projet que je veux vous présenter aujourd’hui s’est déroulé en 2022 avec l’Association régionale de la communauté francophone de Saint-Jean. Cette association a invité ma collègue Elda Savoie, professeure à l’École de travail social de l’Université de Moncton, et moi à mener une enquête qualitative auprès des personnes âgées francophones, afin d’identifier leurs besoins et des pistes de solution quant aux services sociaux et de santé en français dans leur communauté.

We conducted 32 individual interviews and set up three focus groups. In total, we met with 47 seniors living in different Saint John neighbourhoods. The data analysis helped identify a number of key issues. Two of these issues concerned health and social services. Nous avons réalisé 32 entrevues individuelles et trois groupes de discussion. En tout, nous avons rencontré 47 personnes âgées vivant dans différents quartiers de Saint-Jean. L’analyse des données recueillies a permis de dégager plusieurs thèmes principaux, dont deux portaient sur les services de santé et les services sociaux.

In terms of health services, we found that all the people encountered wanted to grow old in Saint John in their own community, with their family and friends. Sur le plan des services de santé, ce qui a été constaté, c’est que, pour la totalité des personnes que nous avons rencontrées, celles-ci souhaitaient vieillir à Saint-Jean au sein de leur communauté, de leur famille et de leurs amis. 27-11-2023 Langues officielles 41:19

A handful of people were planning to move from Saint John to another part of the province. They wanted to move because of access to care and services in French. À de rares occasions, certaines personnes prévoyaient de déménager de Saint-Jean pour une autre région dans la province. Ils souhaitaient déménager en raison de l’accessibilité des soins et des services en français. Throughout their lives, and particularly in their later years, participants said that they had dealt with inconsistent health care services in their area, right across the continuum of services. A number of challenges were identified.

These challenges include an inadequate service intake process in French; the poor French skills of bilingual professionals; the limited active offer in the Horizon Health Network; and the limited active offer in Saint John hospitals. Against a backdrop of widespread mistrust in the medical system, a couple in their seventies shared their concerns. They noted the importance of mutual understanding in medical communication.

As one member of the couple pointed out, the language barrier can be a source of anxiety, which becomes apparent when they prefer to explain their condition in English to ensure that their medical needs are understood. This experience shows the challenges that seniors can face in health care in Saint John. Durant leur vie, et particulièrement à un grand âge, les participants disaient avoir eu une expérience inégale des services de santé dans leur région, et ce, tout au long du continuum des services.

Plusieurs défis étaient identifiés : l’accueil insuffisant en français dans les services; la mauvaise qualité de la langue française chez les professionnels bilingues; la rareté de l’offre active dans le Réseau de santé Horizon; la rareté de l’offre active dans les hôpitaux de Saint-Jean. Dans ce contexte où règne la méfiance envers le système médical, un couple de septuagénaires a partagé ses inquiétudes, soulignant l’importance de la compréhension mutuelle dans la communication médicale.

Comme l’a mentionné un des membres du couple, la barrière linguistique peut être une source d’anxiété, illustrée par le fait qu’on préfère expliquer sa condition en anglais pour assurer une compréhension de ses besoins médicaux. Cette expérience souligne les défis auxquels les personnes aînées peuvent être confrontées dans le domaine de la santé à Saint-Jean. In terms of social services, for the participants, most of these services were provided in English in Saint John. Sometimes, social services were available in French, but it took a long time to receive them.

In extreme cases, people had to pay for the services, when they could have been free in the public system. This is also the case for home support services, for both activities of daily living and domestic living. Sur le plan des services sociaux, pour les personnes participantes, la plupart de ces services étaient offerts en anglais à Saint-Jean. Parfois, il y avait des services sociaux en français, mais il fallait attendre un temps considérable avant de les recevoir, et même à l’extrême, payer pour les obtenir, alors qu’ils auraient pu être gratuits dans le système public.

C’est d’ailleurs le cas des services de maintien à domicile, tant pour les activités de la vie quotidienne que pour les activités de la vie domestique. The challenges identified by the participants include the limited availability of social services in French; the lack of access to information in French for home support; and, above all, the lack of a residence for French-speaking seniors in the area. The last issue was a major concern for the participants. As they age, it seems increasingly difficult to remain at home. This shows the overlapping concerns about growing old in French in Saint John.

For a number of participants, aging means health problems. However, care and services are difficult to access in their mother tongue. If a person had to move to a residence, there was no prospect of a French-speaking residence. Staying at home for as long as possible is, in a way, a safe haven for participants, who want to grow old in French in their own community.

Parmi les défis identifiés par les personnes participantes, nous avons répertorié notamment la rareté de l’offre de services sociaux en français, le manque d’accessibilité à des informations en français pour le soutien à domicile, mais surtout l’absence d’une résidence pour personnes aînées francophones dans la région. Ce dernier point était l’une des craintes les plus importantes aux yeux des personnes participantes, puisqu’avec l’âge qui augmente, il semble de plus en plus difficile de rester à domicile. Il se dessine alors une superposition d’inquiétudes face au vieillissement en français à Saint-Jean.

Vieillir signifie, pour plusieurs personnes participantes, des problèmes de santé, mais les soins et les services sont difficilement accessibles dans leur langue maternelle. Si une personne devait déménager dans une résidence, elle n’avait aucune chance d’avoir une résidence francophone. Rester à domicile le plus longtemps possible est, en quelque sorte, un refuge pour les personnes participantes, qui veulent vieillir en français dans leur communauté.

In closing, we feel that the results of this research show the importance of a more holistic and integrated approach to meet the needs of francophone seniors, particularly with regard to health care, community services and social support. Clearly, for francophone seniors to live healthy and independent lives in En guise de conclusion, à notre sens, les résultats de cette recherche soulignent la nécessité d’une approche plus holistique et intégrée pour répondre aux besoins des personnes aînées francophones, en particulier sur le plan des soins de santé, des services communautaires et du soutien social.

Il est clair que, 41:20 Official Languages 27-11-2023

Saint John, their unique cultural and language needs must be considered. Seniors must also be involved in planning and implementing the programs and services that affect them. Lastly, it’s important to acknowledge the significant contribution of francophone seniors to the Saint John community, and to give them the support and services that they need to live independently and with dignity. Thank you. pour que les personnes aînées francophones puissent vivre de manière autonome et saine à Saint-Jean, il faut prendre en compte leurs besoins culturels et linguistiques uniques.

En outre, il est important d’impliquer les personnes aînées dans la planification et la mise en œuvre des programmes et des services qui les concernent. Enfin, il est essentiel de reconnaître la contribution importante que font les personnes aînées francophones à la communauté saint-jeannoise et de leur offrir le soutien et les services nécessaires pour qu’elles vivent de manière autonome et dans la dignité. Merci. The Acting Chair: Thank you, Mr. Paris. La présidente suppléante : Merci beaucoup, monsieur Paris. Colleagues, we’ll start the question period with Senator Mégie.

Chers collègues, nous allons commencer la période des questions avec la sénatrice Mégie. Senator Mégie: I want to thank our witnesses. La sénatrice Mégie : Merci à nos témoins. Mr. Paris, you spoke about your work at the national and international levels. Have you found any good practices that could be applied to seniors’ care, either abroad or in another province? Monsieur Paris, vous avez parlé de votre travail à l’échelle nationale et internationale. Avez-vous trouvé de bonnes pratiques que l’on pourrait appliquer pour les soins aux aînés, à l’international ou dans une autre province? Mr.

Paris: My research abroad and in other provinces is conducted within the framework of the World Health Organization’s age-friendly communities program. This program has always demonstrated the need to mobilize all stakeholders, including individuals, seniors’ organizations, elected officials, municipalities and various levels of government. The idea is to rally around a common cause. That cause is the aging population in a given area. M.

Paris : Pour ce qui est de mes recherches internationales et même nationales auprès des autres provinces, elles sont menées dans le cadre du programme des collectivités-amies des aînés, un programme de l’Organisation mondiale de la santé. Ce qui a toujours été prouvé avec le programme des collectivités- amies des aînés, c’est la mobilisation que cela requiert auprès des parties prenantes, que l’on parle des citoyens, des organismes formés d’aînés, des élus, des municipalités et différents ordres de gouvernement. L’idée est de se retrouver autour d’une même cause.

La cause, c’est le vieillissement d’une population sur un territoire. In terms of social innovations, I can’t think of any specific examples. On a practical level, we often see stakeholders work together. There’s rarely any talk of pumping money into new services to meet needs. The idea is to say the following: “Let’s redesign our services while working together and placing people’s participation and needs at the forefront.” There’s often talk about the availability of services and the basket of services. However, there isn’t any prior consideration of whether these services meet people’s needs.

Sur le plan des innovations sociales, je n’ai pas d’exemples spécifiques en tête, mais dans les éléments concrets, ce que l’on retrouve souvent, c’est une concertation des acteurs; il est rarement question d’injecter une tonne d’argent dans de nouveaux services pour répondre à des besoins. L’idée est de dire : « Refaisons nos services différemment tout en nous concertant, en mettant la participation et les besoins des gens au premier plan. » Souvent, on va parler d’offre de services, de panier de services, mais on ne se demande pas en amont si ces services répondent aux besoins des gens.

In Saint John, a major concern was the need for a seniors’ residence. They don’t have a francophone nursing home. One day, they’ll inevitably need to move to an anglophone nursing home, which really causes problems. How is a residence or a nursing home established? Different levels of government must get involved and work together. It’s many things of this nature. In research, we often see that this collaborative governance is necessary. Dans le cas de Saint-Jean, une de leurs plus grandes préoccupations, c’était d’avoir une résidence pour personnes âgées.

Ils n’ont pas de foyer de soins francophone, ce qui fait en sorte qu’inévitablement, un jour, ils doivent déménager dans un foyer de soins qui sera inévitablement anglophone, ce qui cause vraiment des problèmes. Après cela, comment implanter une habitation ou fonder un foyer de soins? Il faut impliquer les différents ordres de gouvernement et travailler ensemble. C’est beaucoup de cet ordre. Dans les recherches, ce que l’on voit souvent, c’est que cette gouvernance collaborative est nécessaire. 27-11-2023 Langues officielles 41:21

Senator Mégie: Okay, thank you. What happens to seniors in Saint John? Do they all go to an anglophone long-term care facility? La sénatrice Mégie : D’accord, merci. Comment font les aînés de Saint-Jean? Vont-ils tous dans un CHSLD anglophone? Mr. Paris: Different provinces have different care systems. In Saint John, francophone seniors go to a nursing home. My colleague Suzanne will explain it better than I can. There are four levels of care. Quebec’s long-term care facilities are equivalent to level 3 and 4 nursing homes in New Brunswick. In Saint John, there are no francophone nursing homes for seniors.

Often, to receive care in French, they’ll move to other predominantly French-speaking areas. In New Brunswick, 30% of the population is francophone, but the francophones are heavily concentrated in certain areas. However, in cities such as Fredericton and Saint John, the communities have a very small margin. The proportion is maybe 4% in Saint John, if I remember correctly. This means that services are very limited. M. Paris : Il y a différentes provinces et différents systèmes de soins. Effectivement, à Saint-Jean, les aînés francophones vont dans un foyer de soins.

Ma collègue Suzanne vous l’expliquera mieux que moi, mais il y a quatre niveaux de soins. Les CHSLD au Québec représentent des foyers de soins de niveaux 3 et 4 au Nouveau-Brunswick. À Saint-Jean, il n’y a aucun foyer de soins francophone pour eux. Souvent, pour avoir des soins en français, ils vont déménager dans d’autres régions à prédominance francophone. Au Nouveau-Brunswick, il y a 30 % de francophones, mais il y a des régions où les francophones sont très concentrés.

Par contre, dans les villes comme Fredericton et Saint-Jean, les communautés ont une très petite marge — peut‑être 4 % à Saint-Jean, de mémoire —, ce qui fait que les services sont très limités. Senator Mégie: Okay, thank you. La sénatrice Mégie : D’accord, merci. The Acting Chair: I’ll ask my questions. They may be shorter at first, to see where the responses take us. La présidente suppléante : Je vais y aller avec mes questions — peut-être plus courtes au début, pour voir où les réponses vont nous mener.

At one point, in Ontario, long-term care residences were public, meaning that they belonged to groups such as nuns. A number of hospitals in Canada were established because religious people funded the operations and were on hand to provide care. En Ontario, à un moment donné, les résidences de soins de longue durée étaient publiques, c’est-à-dire qu’en fait, elles appartenaient à des groupes, à des religieuses, par exemple. D’ailleurs, il y a plusieurs hôpitaux au Canada qui ont été mis en place justement parce que les religieux finançaient les opérations et étaient sur place pour donner les soins.

Over the past twenty years or so, we’ve seen seniors’ residences become privatized. Publicly funded long-term care facilities have been transformed. They aren’t as private as they used to be. Has this happened in New Brunswick? Can anyone answer my question? Ce qu’on voit depuis une vingtaine d’années, c’est une privatisation des résidences pour personnes âgées; on a transformé les CHSLD ou les résidences de soins de longue durée financés par les deniers publics, et ils ne sont plus aussi privés qu’ils étaient. Est-ce que ce phénomène s’est produit au Nouveau-Brunswick?

Est-ce que quelqu’un peut répondre à ma question? Ms. Dupuis-Blanchard: I’ll start, and Mario can continue if he wants. Mme Dupuis-Blanchard : Je vais commencer et Mario pourra continuer, s’il le souhaite. In New Brunswick, it’s more or less the opposite. However, there’s a move towards privatization in partnership with the provincial government. Nursing homes are managed by boards of directors. They’ve been privatized, so to speak, but by the government, not by companies. They used to be not-for-profit, and so on.

Now we’re seeing private companies changing some things, because these partnerships have been created with the province. C’est un peu le contraire au Nouveau-Brunswick. On va vers la privatisation en partenariat avec le gouvernement provincial, par contre. Les foyers de soins sont gérés par les conseils d’administration; ils ont été privatisés, si l’on peut dire, mais par l’État, pas par des compagnies; ils ont été à but non lucratif, etc. Ce qu’on voit actuellement, ce sont des compagnies privées qui changent un peu dans la donne, parce qu’on a créé ces partenariats avec la province.

We’re told that these homes are still not-for-profit. However, we have to wonder how the companies can manage while remaining not-for-profit. On dit que ces foyers sont toujours sans but lucratif, mais on peut se demander comment les compagnies peuvent s’en sortir tout en étant sans but lucratif. 41:22 Official Languages 27-11-2023

Mr. Paris: I agree with my colleague Suzanne. I come from Quebec, so we’re used to CHSLDs, or long-term care facilities. We’ve had some large public institutions. The largest CHSLD was in Saint-Hyacinthe, and it had 700 residents in the 1980s. The system was then deinstitutionalized, giving way to private residences for seniors. When I left Quebec in 2017 to take a job here and start a family, while becoming part of the New Brunswick and Acadian communities, I noticed quite a change of direction. M. Paris : J’abonde dans le même sens que ma collègue Suzanne.

Pour moi qui suis originaire du Québec, on est habitué avec les CHSLD et on a eu de grandes institutions publiques. Le plus grand CHSLD était situé à Saint-Hyacinthe et comptait 700 résidants dans les années 1980. Après, ce système s’est désinstitutionnalisé pour laisser la place aux résidences privées pour personnes aînées. Quand je suis parti du Québec en 2017 pour occuper un emploi ici et fonder une famille, en m’intégrant dans la communauté du Nouveau-Brunswick et la communauté acadienne, j’ai constaté tout un renversement ici.

In New Brunswick, in the 1980s, the federal government provided public funding for the development of nursing homes for seniors. These homes are not-for-profit organizations. There are very few cooperatives in New Brunswick. However, it’s surprising to see so many not-for-profit organizations that are very small nursing homes. We’re talking 12 to 20 residents. These are very small homes in small communities. It was a totally different model. Au Nouveau-Brunswick, dans les années 1980, le gouvernement fédéral avait financé le développement de foyers de soins pour aînés au moyen d’un fonds public.

Ces foyers sont des organismes à but non lucratif. Il y a très peu de coopératives au Nouveau-Brunswick, mais il est étonnant d’y voir autant d’organismes à but non lucratif qui sont des foyers de soins de très petite taille. On parle de 12 à 20 résidants. Ils sont tout petits dans de petites communautés. C’était un modèle totalement différent. What we’ve been seeing over the past 10 to 15 years is openness to the private sector. There are RFPs, or requests for proposals, for care homes now. The private sector is part of the equation.

Housing in Canada is a private market, which means that it often wins those RFPs. Nowadays, a lot of new construction is private, with variations and partnerships. Like many people, I am in favour of diverse housing options. There is a lot of diversity, but 10 or 15 years from now, when our homes need renovation and upgrading, what support will there be for that? Ce que l’on voit depuis 10 à 15 ans, c’est une ouverture au privé. Pour les foyers de soins, il y a maintenant des appels d’offres. Le secteur privé fait

partie de l’équation. L’habitation au Canada, c’est un marché privé, ce qui fait en sorte qu’il gagne souvent les appels d’offres. Maintenant, les nouvelles constructions sont souvent privées, avec des nuances et des partenariats. Je suis l’un de ceux qui plaident en faveur d’une diversité d’habitation. Il y a une belle diversité, mais dans 10 ou 15 ans, quand nos foyers de soins auront besoin de rénovations ou d’optimisation, où sera le soutien? The Acting Chair: Here’s a typical example. My mother was in a long-term care home run by nuns. That was before privatization.

My father, who died 20 years later, lived in a private long-term care home. There was a noticeable difference. La présidente suppléante : J’ai un exemple typique : ma mère était dans une résidence de soins de longue durée tenue par des religieuses; c’était avant la privatisation. Mon père, qui est décédé 20 ans plus tard, habitait dans un foyer de longue durée, mais qui était privatisé. La différence était quand même intéressante. To be clear, the long-term care wasn’t privatized; it was attached to the Montfort Hospital in Ottawa, but the seniors’ residence he lived in was private.

That meant it was very expensive, but when my father transferred to long-term care, the costs came down. Je vais faire une nuance : les soins de longue durée n’étaient pas privatisés, ils étaient rattachés à l’Hôpital Montfort à Ottawa, mais la résidence pour personnes âgées où il vivait était privatisée. Cela faisait que les coûts étaient très élevés, mais quand mon père est arrivé en soins de longue durée, ils sont revenus à un niveau plus normal. We’re seeing service quality deteriorate in terms of both language and services available in homes. I want a better understanding of the challenges.

You mentioned some of them, but there’s also the labour shortage. On voit maintenant une détérioration des services, que ce soit sur le plan de la langue ou des services offerts en résidence. Je veux mieux comprendre les défis. Vous en avez mentionné quelques-uns, mais il y a aussi la pénurie de main-d’œuvre. I want to talk about funding. What are the challenges related to the funding needed to keep seniors at home as long as possible? What are the challenges associated with access to assisted living facilities? Lastly, what are the challenges associated with long- term care?

What challenges are you seeing in your province? Je veux parler du financement. Quels sont les défis associés au financement nécessaire, d’abord pour garder les personnes âgées chez elles le plus longtemps possible? Ensuite, quels sont les défis associés à l’accès à des résidences entre-deux? Enfin, quels sont les défis associés aux soins de longue durée? Quels défis avez-vous dans votre province? 27-11-2023 Langues officielles 41:23

Ms. Dupuis-Blanchard: The biggest challenge when it comes to funding is paying for non-professionals. Housekeepers and home care workers are often underpaid, barely minimum wage. They get very few benefits and very little recognition, and there aren’t many prospects for advancement. Mme Dupuis-Blanchard : Le plus grand défi, si on veut parler de financement, c’est, en premier lieu, le financement des non-professionnels.

Les aides ménagères et les gens qui offrent du soutien à domicile sont souvent sous-payés, presque au salaire minimum; ils ont très peu de bénéfices et très peu de reconnaissance, d’avancement, etc. That’s not all. Look at the whole system when it comes to nurses. I’m a nurse myself. We’re seeing a wave of what we call travel nurses, who help address the shortage but get paid two or three times more than our permanent nurses. That raises questions about human resources, if you will. On peut certainement aller plus loin. Regardez tout le système pour ce qui est des infirmières... Je suis moi-même infirmière.

On voit actuellement une vague de celles qu’on appelle des « infirmières voyage », qui viennent un peu remédier à la pénurie, mais qui sont payées le double ou le triple de nos infirmières permanentes. Cela soulève des questions sur le plan des ressources humaines, si l’on peut dire. That said, with respect to funding, we need to identify best practices in our communities. I’m talking about small businesses, small associations, local services that typically get piecemeal funding from one year to the next, often through the federal New Horizons for Seniors Program.

Many of our community organizations do a lot of good when it comes to aging in French or in both languages. They benefit from the program, but there aren’t a lot of others that support the work being done. When there are projects or programs in the community, the funding is always for a limited time. When it runs out, people never really know where the next chunk of money is coming from or what will happen to the project even if it does have a positive impact and so on. Cela dit, sur le plan du financement, il faut reconnaître les bonnes pratiques dans nos communautés.

Je parle ici de petites entreprises, de petites associations, de services de proximité qui sont souvent financés à la pièce, d’année en année, souvent grâce au programme fédéral Nouveaux Horizons pour les aînés. Plusieurs de nos organismes communautaires font beaucoup de bien pour ce qui est du vieillissement en français ou dans les deux langues. Ils bénéficient de ce programme, mais il n’y en a pas beaucoup d’autres qui appuient le travail qui se fait. Lorsqu’il y a des projets ou des programmes dans la communauté, justement, c’est toujours avec une période de financement fixe.

On arrive à la fin et on ne sait jamais vraiment ce qui va se passer pour le financement ou pour la suite du projet, même s’il y a un impact positif ou quoi que ce soit d’autre. Those are my thoughts in response to your question. Ce sont mes réflexions par rapport à votre question. Speaking of care homes, in New Brunswick, we also have what we call special care homes, level 1 and level 2. These are for people who can’t necessarily stay at home, but need something transitional because they mostly need help with things like meals. They don

Document details

CollectionSenate Committees
CitationOLLO / Evidence / 41ev-56499
Typecommittee
Volume / chapter441 / Evidence / 41ev-56499
Languageen
Formatpdf
SourceCOMM_SEN
Identifier4bb6692cff7bb1e071f2514e01c6630dfb344b0a

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