Senate Committee — RIDR — Evidence — 38ev-56215

RIDR / Evidence / 38ev-56215

Senate Committees

Loading PDF viewer…

Senate Committee — RIDR — Evidence — 38ev-56215

RIDR / Evidence / 38ev-56215

Senate Committees

EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Monday, May 15, 2023 OTTAWA, le lundi 15 mai 2023 The Standing Senate Committee on Human Rights met with videoconference this day at 4:02 p.m. [ET] to examine such issues as may arise from time to time relating to human rights generally; and, in camera, to examine such issues as may arise from time to time relating to human rights generally.

Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se réunit aujourd’hui, à 16 h 2 (HE), avec vidéoconférence, pour examiner les questions qui pourraient survenir concernant les droits de la personne en général; et, à huis clos, pour examiner les questions qui pourraient survenir concernant les droits de la personne en général. [Editor’s note: Please note that this transcript may contain strong language and addresses sensitive matters that may be difficult to read. ] [Note de la rédaction : Veuillez noter que cette transcription peut contenir des termes forts et traiter de questions sensibles qui peuvent être difficiles à lire. ] Senator Salma Ataullahjan (Chair) in the chair.

La sénatrice Salma Ataullahjan (présidente) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Chair: Honourable senators, I am Salma Ataullahjan, chair of the committee. Today we are conducting a public hearing of the Standing Senate Committee on Human Rights. I will let the members of the committee who are participating in this meeting introduce themselves starting with the deputy chair. La présidente : Honorables sénateurs, je suis Salma Ataullahjan, la présidente du comité. Aujourd’hui, nous tenons une audience publique du Comité sénatorial permanent des droits de la personne.

Je vais laisser les membres du comité qui participent à cette réunion se présenter en commençant par la vice-présidente. Senator Bernard: Wanda Thomas Bernard, Nova Scotia. La sénatrice Bernard : Wanda Thomas Bernard, Nouvelle- Écosse. Senator Hartling: Nancy Hartling, New Brunswick. La sénatrice Hartling : Nancy Hartling, Nouveau- Brunswick. Senator Arnot: David M. Arnot, Saskatchewan. Le sénateur Arnot : David M. Arnot, Saskatchewan. [Translation] [Français] Senator Gerba: I am Amina Gerba from Quebec.

La sénatrice Gerba : Amina Gerba, du Québec. [English] [Traduction] Senator Jaffer: Mobina Jaffer, British Columbia. La sénatrice Jaffer : Mobina Jaffer, Colombie-Britannique. The Chair: Today our committee will continue its study of anti-Black racism, sexism and systemic discrimination in the Canadian Human Rights Commission, or the CHRC, under its general order of reference. In recent years, allegations of anti‑Black racism have raised concerns about the CHRC’s treatment of its own employees as well as its decision-making processes when dealing with complaints.

La présidente : Aujourd’hui, notre comité poursuivra son étude du racisme anti-Noirs, du sexisme et de la discrimination systémique à la Commission canadienne des droits de la personne, la CCDP, conformément à son ordre de renvoi général. Au cours des dernières années, des allégations de racisme anti‑Noirs ont soulevé des préoccupations vis-à-vis du traitement que la CCDP réserve à ses propres employés, et au sujet de ses processus décisionnels lorsqu’elle traite des plaintes. Let me provide some details about our meeting today. This afternoon, we shall have four panels.

In each panel, we shall hear from the witnesses, and then the senators will have a question and answer session. Permettez-moi de vous donner quelques détails sur notre réunion d’aujourd’hui. Cet après-midi, nous accueillons quatre groupes de témoins. Pour chaque groupe, nous entendrons les témoins, puis les sénateurs poseront des questions. 15-5-2023 Droits de la personne 38:1

Now I shall introduce our first panel of witnesses. Our witnesses have been asked to make an opening statement of five minutes. We shall hear from the witnesses and then turn to the questions from the senators. I wish to welcome our first witnesses who are with us via video conference today. We have Kasari Govender, Human Rights Commissioner, British Columbia’s Office of the Human Rights Commissioner; and Dominique Clément, Professor of Sociology, Faculty of Arts, University of Alberta. Je vais maintenant présenter notre premier groupe de témoins.

Nos témoins ont été invités à faire une déclaration préliminaire de cinq minutes. Nous entendrons les témoins, puis nous passerons aux questions des sénateurs. Je souhaite la bienvenue à nos premiers témoins qui comparaissent à distance aujourd’hui. Nous accueillons Kasari Govender, commissaire aux droits de la personne, Bureau du commissaire aux droits de la personne de la Colombie-Britannique, et Dominique Clément, professeur de sociologie, Faculté des arts, Université de l’Alberta. I now invite Ms. Govender to make her presentation followed by Professor Clément.

J’invite maintenant Mme Govender à faire sa présentation, puis ce sera le tour de M. Clément. Kasari Govender, Human Rights Commissioner, British Columbia’s Office of the Human Rights Commissioner: Thank you to the chair, deputy chair, and members of the committee for inviting me to be here with you today. I am joining you virtually from the unceded and traditional homelands of the Musqueam, Squamish and Tsleil-Waututh nations here in what is now known as Vancouver.

I join you in the spirit of our continual work to decolonize Canada and our gratitude for those who have cared for these lands and these waters for so many generations. Kasari Govender, commissaire aux droits de la personne, Bureau du commissaire aux droits de la personne de la Colombie-Britannique : Je remercie la présidente, la vice‑présidente et les membres du comité de m’avoir invitée à comparaître aujourd’hui. Je me joins à vous virtuellement à partir des terres ancestrales non cédées des nations Musqueam, Squamish et Tsleil-Waututh, ici, dans ce lieu qu’on appelle maintenant Vancouver.

Je me joins à vous dans l’esprit de notre travail continu pour décoloniser le Canada et en exprimant notre gratitude envers ceux qui ont pris soin de ces terres et de ces eaux pendant tant de générations. I appreciate being asked to speak with you today about the benefits and drawbacks of a direct access model to human rights commissions as compared to the model of commission screening where the commission plays a role in screening. I thought it might be useful to start with the description of our model here in B.C., which is unique in Canada.

I will then turn to a few lessons that I have learned since being in this role. I have learned about the benefits and drawbacks of this model and conclude my opening remarks with my overall perspective on direct access models like ours. Je suis heureuse d’avoir été invitée à vous parler aujourd’hui des avantages et des inconvénients d’un modèle d’accès direct aux commissions des droits de la personne par rapport au modèle d’évaluation par la commission, où la commission joue un rôle dans l’examen préalable.

J’ai pensé qu’il serait peut-être utile de commencer par la description de notre modèle ici en Colombie- Britannique, qui est unique au Canada. Je passerai ensuite à quelques leçons que j’ai apprises depuis mon entrée en fonction. J’ai pris connaissance des avantages et des inconvénients de ce modèle et je conclurai ma déclaration préliminaire en présentant mon point de vue général sur les modèles d’accès direct comme le nôtre. In B.C., we were without a Human Rights Commission between 2002 and 2019. There are a few key points to make about the development of our office.

In 2017 and 2018, the government engaged in a consultation process, which resulted in a report entitled A Human Rights Commission for the 21st century: British Columbians talk about Human Rights. That was a report and recommendations to the attorney general, but it was made public. They spoke to many community organizations and leaders in British Columbia and came up with the model that was developed based on those recommendations. They adopted all the recommendations for the structure from that report. En Colombie-Britannique, nous n’avions pas de commission des droits de la personne entre 2002 et 2019.

Il y a quelques points clés à souligner au sujet du développement de notre bureau. En 2017 et 2018, le gouvernement a lancé un processus de consultation qui a abouti à un rapport intitulé A Human Rights Commission for the 21st century : British Columbians talk about Human Rights. C’étaient un rapport et des recommandations destinés au procureur général, mais qui ont été rendus publics. De nombreux organismes communautaires et dirigeants de la Colombie-Britannique ont été consultés et le gouvernement a élaboré le modèle d’après ces recommandations.

Toutes les recommandations de ce rapport ont été intégrées à la structure. One of the recommendations was the office be established with the human rights commissioner as an independent officer of the legislature, much like the ombudsperson or the Auditor General. This makes my role the ninth officer of the legislature here in British Columbia. I was appointed in September 2019, so L’une des recommandations était que le bureau soit créé avec un commissaire aux droits de la personne qui soit un fonctionnaire indépendant de l’Assemblée législative, un peu comme l’ombudsman ou le vérificateur général.

Cela fait de moi la neuvième haute fonctionnaire de l’Assemblée législative de la 38:2 Human Rights 15-5-2023

we’re still very fresh and my perspective belongs in that context of only having been in this role for three and a half years, but also having been responsible for building the model that was on paper in the human rights code into something meaningful that could take action on human rights. Colombie-Britannique. J’ai été nommée en septembre 2019, alors c’est encore très récent, et mon point de vue est celui d’une personne qui n’occupe ce poste que depuis trois ans et demi.

J’ai aussi été chargée de transcrire dans la réalité le modèle qui existait sur le papier dans le code des droits de la personne pour en faire quelque chose d’utile qui permette de prendre des mesures en matière de droits de la personne. There are three features of the B.C. model, and the combination of these features makes us unique. One is the independence from government set up as an independent officer of the legislature. The Northwest Territories has this officer of the legislature model too, but because their political system is different, it’s an apples-and-oranges type of comparison.

Le modèle de la Colombie-Britannique comporte trois caractéristiques, et la combinaison de ces caractéristiques le rend unique. Le premier est l’indépendance par rapport au gouvernement avec un fonctionnaire indépendant de l’Assemblée législative. Les Territoires du Nord-Ouest ont aussi ce modèle de fonctionnaire indépendant de l’Assemblée législative, mais comme leur système politique est différent, c’est comme comparer des pommes et des oranges. We also have an entirely systemic model.

We do not have any interaction with the complaints process of the tribunal beyond potentially intervening in complaints at the tribunal. We have some communication mechanisms with the tribunal, but we play no role in triaging complaints and no role in the settlement or anything like that. We don’t represent people at the tribunal. There is only one other model in Canada that is similar to that piece, which is the Ontario model, that doesn’t have any interaction with the complaint process. Nous avons aussi un modèle entièrement systémique.

Nous n’avons pas d’interaction avec le processus de traitement des plaintes du tribunal, si ce n’est que nous pouvons intervenir lors du traitement des plaintes au tribunal. Nous avons des mécanismes de communication avec le tribunal, mais nous ne jouons aucun rôle dans le tri des plaintes ni dans le règlement ou quoi que ce soit de ce genre. Nous ne représentons pas les gens au tribunal. Il n’y a qu’un seul autre modèle semblable au nôtre au Canada et c’est celui de l’Ontario, qui n’a aucune interaction avec le processus de traitement des plaintes.

The third piece that makes us unique is that we have the mandate under the legislation to promote compliance with international human rights law, and that really is unique in Canada. The Canadian Human Rights Commission has some specific interactions with international human rights law, but not the kind of broad mandate that we have. Le troisième élément qui nous rend singuliers est que nous avons le mandat, en vertu de la loi, de promouvoir le respect du droit international en matière de droits de la personne, ce qui est vraiment unique au Canada.

La Commission canadienne des droits de la personne a des interactions ciblées avec le droit international en matière de droits de la personne, mais pas le genre de mandat général que nous avons. In my view, B.C.’s model is most in alignment with the international document, the Principles relating to the Status of National Institutions, also referred to as the Paris Principles, which really focus on the independence of the commissions from government.

À mon avis, le modèle de la Colombie-Britannique est le plus conforme au document international intitulé Principes concernant le statut des institutions nationales, aussi appelés Principes de Paris, qui mettent vraiment l’accent sur l’indépendance des commissions par rapport au gouvernement. As you heard from Professor Bhabha in a previous hearing, removing the gatekeeper role for the commission does not solve delay at the tribunal, in my view, but it does address the efficacy of the commission itself.

As a second-generation commission — that is, one that doesn’t have a role to play in the acceptance or resolution of complaints beyond that of an intervener on occasion — we are able to focus solely on systemic issues, as I mentioned. There is no competition for our resources between immediate conflict resolution and long-term systemic change. There are no conflicts of interest that can arise between the work on an individual file and work to reform systems because all of our efforts are directed at the latter. Comme M.

Bhabha vous l’a dit lors d’une audience précédente, supprimer le rôle de filtre de la commission ne règle pas le problème des retards au tribunal, à mon avis, mais cela améliore l’efficacité de la commission elle-même. Étant une commission de deuxième génération — c’est-à-dire une commission qui n’a pas de rôle à jouer dans l’acceptation ou le règlement des plaintes au-delà de celui d’un intervenant occasionnel —, nous sommes en mesure de nous concentrer uniquement sur les problèmes systémiques, comme je l’ai dit.

Il n’y a pas de concurrence pour nos ressources entre la résolution immédiate des conflits et le changement systémique à long terme. Il n’y a pas de conflits d’intérêts qui peuvent survenir 15-5-2023 Droits de la personne 38:3

entre le travail sur un dossier individuel et le travail de réforme des systèmes parce que tous nos efforts sont tournés vers ce dernier. The primary complaints about first-generation commissions that I hear are twofold. First is that commissions can cause delay in the complaint process, and the second is that commissions either don’t have the mandate or the resources to effectively address systemic human rights issues. They have a limited ability to tackle human rights issues upstream because a lot of the resources go to the complaint process if they are involved there.

Les principales plaintes que j’entends au sujet des commissions de première génération sont de deux ordres. Premièrement, les commissions peuvent retarder le processus de traitement des plaintes, et deuxièmement, elles n’ont pas le mandat ou les ressources nécessaires pour régler efficacement les problèmes systémiques liés aux droits de la personne. Elles ont une capacité limitée de s’attaquer aux problèmes de droits de la personne en amont, car si elles participent au processus de traitement des plaintes, une grande

partie des ressources y est consacrée. Where those two issues are intertwined is where funding is concerned. Adequate funding will solve delay issues and, to some extent, the systemic concerns by building capacity within the commission. That piece has very little to do with structural change. However, obstacles to systemic advocacy also lie in these structural questions. When the process is as intertwined in the Canadian Human Rights Commission context, conflicts of interest can arise.

If a commission is working on addressing an issue with a federal body in the context of a complaint against that body — that is, a complaint around a federal body — they may not be able to address that issue from any other angle such as advocacy, community engagement or public communications. In my view, these are serious limitations on any human rights commission but especially at the federal one as it acts as Canada’s national human rights institution as accredited by the Global Alliance of National Human Rights Institutions. Ces deux questions sont interreliées sur le plan du financement.

Un financement adéquat réglera les problèmes de retard et, dans une certaine mesure, les problèmes systémiques en renforçant les capacités au sein de la commission. Cet élément a très peu à voir avec le changement structurel. Toutefois, les obstacles à la défense des droits systémique résident également dans ces questions structurelles. Lorsque le processus est aussi étroitement lié au contexte de la Commission canadienne des droits de la personne, des conflits d’intérêts peuvent survenir.

Si une commission se penche sur une question avec un organisme fédéral dans le cadre d’une plainte contre cet organisme — c’est‑à‑dire une plainte contre un organisme fédéral —, elle pourrait ne pas être en mesure d’aborder cette question sous un autre angle, comme la défense des droits, la mobilisation communautaire ou les communications publiques. À mon avis, ce sont là des limites importantes pour toute commission des droits de la personne, mais en particulier pour la commission fédérale, car elle agit à

titre d’institution nationale des droits de la personne au Canada, accréditée par l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de la personne. I don’t think that a structural shift alone will solve any systemic racism that has been identified in the commission nor does it guarantee better outcomes in the complaint process. What it could do is be a fresh start, one in which the mandate is renewed and the culture is rebuilt.

It can also, very importantly, make much-needed room for the commission to take more leadership on changing the federal laws, policies and practices where systemic inequality is embedded. Je ne crois pas qu’un changement structurel à lui seul réglera le racisme systémique qui a été identifié à la commission ni ne garantira de meilleurs résultats dans le processus de traitement des plaintes. Un tel changement pourrait par contre permettre de prendre un nouveau départ, de renouveler le mandat et de rebâtir la culture.

Il peut aussi, ce qui est très important, faire en sorte que la commission puisse jouer davantage un rôle de chef de file pour ce qui est de modifier les lois, les politiques et les pratiques fédérales là où l’inégalité systémique est enracinée. Those are my opening comments. I very much look forward to your questions and the discussion to follow. Thank you. Voilà mes observations préliminaires. J’attends avec impatience vos questions et la discussion qui suivra. Merci. The Chair: Thank you. I will now turn to Professor Clément to make his remarks. La présidente : Merci. Je vais maintenant céder la parole à M.

Clément. Dominique Clément, Professor of Sociology, Faculty of Arts, University of Alberta, as an individual: Thank you. It’s an honour to be speaking with you today. Dominique Clément, professeur de sociologie, Faculté des arts, Université de l’Alberta, à

titre personnel : Merci. C’est un honneur de m’adresser à vous aujourd’hui. 38:4 Human Rights 15-5-2023

I’m here in my capacity as an academic in the social sciences who has spent almost 20 years studying human rights laws in Canada. In addition to having consulted and collaborated with several human rights commissions across the country, including the CHRC, I have studied several human rights institutions around the world. My area of expertise is mainly around how people experience the law, how the law and institutions are perceived by the public and the broader social significance of human rights institutions.

I would like to focus my comments today on three particular issues, the first of which will complement the preceding comments. Je suis ici en qualité d’universitaire en sciences sociales ayant passé près de 20 ans à étudier les lois sur les droits de la personne au Canada. En plus d’avoir fait un travail de consultation avec plusieurs commissions des droits de la personne partout au pays, y compris la CCDP, et d’avoir collaboré avec elles, j’ai étudié plusieurs institutions des droits de la personne dans le monde.

Mon domaine d’expertise porte principalement sur la façon dont les gens vivent le droit, la façon dont le public perçoit le droit et les institutions et la signification sociale plus générale des institutions des droits de la personne. J’aimerais axer mes observations d’aujourd’hui sur trois questions particulières, dont la première complétera les observations précédentes. First, this proposal, which has been mentioned several times in these hearings as a possible solution, namely, that the federal government should shift to a direct access model.

While I am deeply sympathetic to frustrations expressed about the commission’s gatekeeper role, I would urge the committee to be cautious in considering such a proposal. Our research shows that the direct access model is rife with delays, that there is likely to be only a modest increase in the number of cases to reach a hearing, that there can be an increase in backlogged cases and that complainants are less likely to succeed in their cases under a direct access system. There is a reason why the commission model remains the norm across Canada.

Premièrement, prenons cette proposition, qui a été mentionnée à plusieurs reprises au cours de ces audiences comme étant une solution possible, à savoir que le gouvernement fédéral devrait passer à un modèle d’accès direct. Bien que je sois profondément sensible aux frustrations exprimées au sujet du rôle de filtre de la commission, j’exhorte le comité à faire preuve de prudence dans l’examen d’une telle proposition.

Nos recherches montrent que le modèle d’accès direct est truffé de retards, que l’augmentation du nombre de cas entendus sera probablement modeste, mais qu’il peut y avoir une augmentation du nombre de cas en attente et que les plaignants sont moins susceptibles d’obtenir satisfaction dans le cadre d’un tel système. Ce n’est pas par hasard que le modèle de commission demeure la norme partout au Canada. Now, to be sure, in this particular situation, where there is evidence of systemic discrimination within the CHRC, it profoundly undermines its role as a gatekeeper.

Yet people using the direct access system face extensive delays are much more likely to appear at a hearing without legal representation and lack the resources and support to investigate a complaint among other issues. If a tribunal model were to be recommended by the committee, as the La Forest report recommended in 2000, it would be essential to have publicly funded legal assistance. Il est certain que cette situation particulière au sein de la CCDP, dans laquelle il y a des preuves de discrimination systémique, mine profondément son rôle de filtre.

Pourtant, les personnes qui utilisent le système d’accès direct sont confrontées à d’importants retards et sont beaucoup plus susceptibles de se présenter à une audience sans être représentées par un avocat et de ne pas avoir les ressources et le soutien nécessaires pour enquêter sur une plainte, entre autres choses. Si le comité devait recommander un modèle de tribunal, il serait essentiel d’avoir une aide juridique financée par l’État comme le préconisait le rapport La Forest en 2000. Second, the committee might consider how the current crisis facing the CHRC impacts its reputation in Canada and abroad.

In 20 years, I have yet to encounter an anti-discrimination legal regime that is superior to Canada’s. We really are a global leader in human rights law. Most countries’ human rights institutions date to the 1990s,

whereas Canada’s system dates to the 1960s if not the 1940s. My colleagues in Europe, for example, often express envy at the way the Canadian system functions. I say this in no way to dismiss the need to address the systemic discrimination within the CHRC. Far from it. I want to stress the symbolic significance of human rights institutions. Their power lies in public perception. People take comfort from the existence of this legal regime even if they don’t engage with it themselves. The current crisis is a crisis of confidence in public perception and addressing this issue must be part of the solution.

Deuxièmement, le comité pourrait se pencher sur l’incidence de la crise actuelle sur la réputation de la CCDP au Canada et à l’étranger. En 20 ans, je n’ai pas encore vu de régime juridique anti-discrimination supérieur à celui du Canada. Nous sommes vraiment un chef de file mondial en matière de droits de la personne. La plupart des institutions des droits de la personne datent des années 1990, alors que le système canadien date des années 1960, voire des années 1940. Mes collègues en Europe, par exemple, sont souvent envieux du fonctionnement du système canadien.

Je ne dis pas cela pour nier la nécessité de s’attaquer à la discrimination systémique au sein de la CCDP. Loin de là. Je tiens à souligner l’importance symbolique des institutions des droits de la personne. Leur pouvoir réside dans la perception du public. Les gens sont rassurés par l’existence de ce régime juridique, même s’ils n’y ont pas recours eux-mêmes. La 15-5-2023 Droits de la personne 38:5

crise actuelle est une crise de confiance dans la perception du public, et la résolution de ce problème doit faire

partie de la solution. Finally, in addition to the solutions suggested by previous speakers, the committee should consider recommendation to strengthen the CHRC’s education mandate. One of the most unfortunate trends among human rights institutions across the country since the 1990s has been a shift of resources away from education toward processing complaints. Yet these institutions were never designed to be primarily complaints-driven. A fundamental feature of the remit of every human rights institution in Canada is to create a culture of rights as a preventative strategy.

Of the dozen or so government-sponsored investigations into provincial and federal human rights laws since 1983 — the most recent being in 2017 — each one has emphasized the essential feature of education. Education means funding and staff to produce training tools for employers and unions; providing public speakers to community or educational gatherings; engaging youth on social media and much, much more. Yet resources have been so badly reduced that, for all intents and purposes, human rights institutions have largely abandoned their education mandate in Canada.

Enfin, en plus des solutions suggérées par les intervenants précédents, le comité devrait envisager de recommander un renforcement du mandat de la CCDP en matière d’éducation. L’une des tendances les plus malheureuses au sein des institutions des droits de la personne au Canada depuis les années 1990 a été le déplacement des ressources de l’éducation vers le traitement des plaintes. Pourtant, ces institutions n’ont jamais été conçues pour être axées principalement sur les plaintes.

Un aspect fondamental du mandat de chaque institution des droits de la personne au Canada est de créer une culture des droits comme stratégie de prévention. Une douzaine d’enquêtes ont été parrainées par le gouvernement sur les lois provinciales et fédérales sur les droits de la personne depuis 1983 — la plus récente remontant à 2017 — et toutes ont mis l’accent sur l’éducation comme composante essentielle.

L’éducation signifie du financement et du personnel pour produire des outils de formation pour les employeurs et les syndicats; fournir des conférenciers publics aux réunions communautaires ou éducatives; faire participer les jeunes dans le cadre des médias sociaux et bien plus encore. Pourtant, les ressources ont été tellement réduites que, à toutes fins pratiques, les institutions de défense des droits de la personne ont en grande

partie abandonné leur mandat en matière d’éducation au Canada. In considering solutions and strategies for moving forward, the Senate might even consider recommending a formal review of the statute. It has, after all, been almost a quarter-century since the last one. Still, I focus my recommendations on education because education has the potential to change culture within institutions, including within the CHRC.

In revitalizing the commission’s education mandate, it would, among other solutions proposed during the hearings, foster a culture of rights within the CHRC that could function as a preventative strategy rather than a current process of focusing on reaction and dealing with discrimination after it occurs. Thank you very much. En envisageant des solutions et des stratégies pour aller de l’avant, le Sénat pourrait même envisager de recommander un examen officiel de la loi. Après tout, près d’un quart de siècle s’est écoulé depuis le précédent examen.

Néanmoins, mes recommandations se concentrent sur l’éducation parce qu’elle a la capacité de changer la culture au sein des établissements, y compris au sein de la CCDP. Une revitalisation du mandat de la commission en matière d’éducation, entre autres solutions proposées, au cours des audiences, aurait pour effet de favoriser une culture des droits au sein de la CCDP qui pourrait fonctionner comme une stratégie préventive plutôt que comme un processus axé sur la réaction et le traitement de la discrimination a posteriori comme c’est le cas aujourd’hui. Merci beaucoup. The Chair: Thank you very much.

Before asking and answering questions, I would like to ask committee members and witnesses in the room for the duration of this meeting to please refrain from leaning in too close to the microphone or remove your earpiece when doing so. This will avoid any sound feedback that could negatively impact committee staff in the room. La présidente : Merci beaucoup. Avant de poser des questions et d’y répondre, j’aimerais demander aux membres du comité et aux témoins présents dans la salle pendant la présente réunion de bien vouloir éviter de se pencher trop près du microphone ou de retirer leur oreillette.

Cela permettra d’éviter tout effet Larsen qui pourrait avoir une incidence négative sur le personnel du comité dans la salle. We will now proceed to questions from the senators. I would like to remind each senator that you have five minutes including question and answer. We will start with Deputy Chair Bernard. Nous allons maintenant passer aux questions des sénateurs. J’aimerais rappeler à chaque sénateur qu’il dispose de cinq minutes, questions et réponses comprises. Nous allons commencer par la vice-présidente Bernard. 38:6 Human Rights 15-5-2023

Senator Bernard: Thank you, chair. Let me put myself on the second round now because I know I’ll need more than five minutes with these two witnesses. La sénatrice Bernard : Merci, madame la présidente. Permettez-moi de m’inscrire dès maintenant pour le deuxième tour, car je sais que j’aurai besoin de plus de cinq minutes avec ces deux témoins. Thank you both for your testimony today. We appreciate you taking the time to be here. I think I’ll start with Professor Clément.

You talked about Canada’s place on the world stage with regard to how human rights are seen around the world, and you have been studying human rights law for 20 years. I would like your opinion on this: How did we get here? How did we get to a place in Canada where there is a whole question of confidence in our federal Human Rights Commission because of the finding of systemic discrimination and racism? How did we get here? What is your research showing us? Je vous remercie tous les deux de votre témoignage d’aujourd’hui. Nous vous sommes reconnaissants d’avoir pris le temps de venir. Je vais commencer par M.

Clément. Vous avez parlé de la place du Canada sur la scène mondiale s’agissant de la perception des droits de la personne dans le monde, et vous étudiez les lois sur ces droits depuis 20 ans. J’aimerais avoir votre opinion à ce sujet. Comment en sommes-nous arrivés là? Comment, au Canada, en sommes-nous arrivés à un point où se pose une question de confiance à l’égard de la Commission canadienne des droits de la personne en raison de la constatation de discrimination et de racisme systémiques? Comment en sommes-nous arrivés là? Que nous montrent vos recherches? Mr. Clément: Thank you for that question.

What is happening at the CHRC, unfortunately, is simply, in some ways, a reflection of Canadian society. Unconscious bias, systemic inequality and systemic discrimination remains pervasive in this country. M. Clément : Je vous remercie de cette question. Ce qui se passe à la CCDP, malheureusement, est tout simplement, à certains égards, un reflet de la société canadienne. Les préjugés inconscients, l’inégalité systémique et la discrimination systémique demeurent omniprésents dans notre pays. I teach an introduction to sociology course on social problems.

When we look at, in this case the situation facing Black Canadians, statistically, they face immense challenges and structural barriers to equality in our society. Part of my answer is that it is a reflection of the broader society. Je donne un cours d’introduction à la sociologie sur les problèmes sociaux. Lorsque nous examinons, dans ce cas-ci, la situation des Canadiens noirs, statistiquement, nous constatons qu’ils font face à d’immenses défis et à des obstacles structurels à l’égalité dans notre société. La première

partie de ma réponse est que c’est un reflet de la société en général. The second part of my answer is that one of the strengths of the Canadian system has always been, as I mentioned, education, but we have shifted away from that. These institutions — and it’s not only federally, it’s across the board in the provinces as well — have essentially become complaint systems. In some ways, our complaint system is one of the best in the world. Compared to Europe and the United States, ours is one of the best.

However, because the focus has been on complaints, we have lost that focus on developing a culture of rights, which is really the only way that we can address systemic inequality. We got here, despite having a world-class system, because of the focus on resources on complaints rather than education. It has allowed these types of developments to occur within these institutions. Thank you. La deuxième

partie de ma réponse est que l’une des forces du système canadien a toujours été, comme je l’ai mentionné, l’éducation, mais nous nous en sommes éloignés. Ces institutions — et ce n’est pas seulement au niveau fédéral, c’est aussi le cas dans toutes les provinces — sont essentiellement devenues des systèmes de traitement des plaintes. À certains égards, notre système de traitement des plaintes est l’un des meilleurs au monde. Comparé à l’Europe et aux États-Unis, le nôtre est l’un des meilleurs.

Cependant, parce que l’accent a été mis sur les plaintes, nous avons perdu de vue le développement d’une culture des droits, ce qui est vraiment la seule façon de s’attaquer à l’inégalité systémique. Nous en sommes arrivés là, même si nous avons un système de calibre mondial, parce que l’accent est mis sur les ressources consacrées aux plaintes plutôt que sur l’éducation. C’est ce qui a permis à ce type de situations de se développer au sein de ces institutions. Merci.

Senator Bernard: What evidence is there that a focus on education would really make a difference with regards to a culture of rights in this broader context of anti-Black racism which we know to be quite rampant in Canada? La sénatrice Bernard : Quelle preuves a-t-on que le fait de mettre l’accent sur l’éducation ferait vraiment une différence en matière de culture des droits dans ce contexte plus large de racisme contre les Noirs qui, nous le savons, est très répandu au Canada? Mr. Clément: In terms of evidence, it’s theoretical in the sense that education is the only way we can ever hope. We need M.

Clément : Pour ce qui est des données probantes, elles sont théoriques en ce sens que l’éducation est la seule façon 15-5-2023 Droits de la personne 38:7

a preventive strategy. We need a strategy that is not reactive; it has to be preventive. In that sense, an education is our best option, and making a preventive strategy rather than simply a reactive one. d’espérer. Nous avons besoin d’une stratégie de prévention. Nous avons besoin d’une stratégie qui ne soit pas réactive, mais préventive. Ainsi, l’éducation est notre meilleur atout, avec la mise en place d’une stratégie de prévention plutôt que d’une stratégie réactive.

In terms of evidence, I would also point out that we do, for example, interviews with people who have been involved in these processes in Alberta and other places in Canada. It is remarkable, the lack of awareness that people have about how the system operates. Because of that lack of awareness, they are vulnerable to pressure, bias and abuse by staff in human rights commissions. Pour ce qui est de la preuve, je signale également que nous faisons, par exemple, des entrevues avec des gens qui ont participé à ces processus en Alberta et ailleurs au Canada.

Le manque de sensibilisation des gens au fonctionnement du système est remarquable. En raison de ce manque de sensibilisation, ils sont vulnérables aux pressions, aux préjugés et aux abus du personnel des commissions des droits de la personne. The hope would be, in terms of evidence — seeing the evidence, given that people are unaware of how the system operates — education would hopefully make Canadians more empowered to use these institutions. Thank you.

On pourrait espérer, en ce qui concerne les données probantes — vu que les gens ne savent pas comment le système fonctionne —, que l’éducation donnerait aux Canadiens davantage d’outils pour utiliser ces institutions. Merci. Senator Bernard: Ms. Govender, you talked about the fact that a structural shift alone is not likely to make changes and a focus solely on systemic issues limits one’s ability to deal with more of the upstream issues, the kind of prevention work that our other witness is talking about.

La sénatrice Bernard : Madame Govender, vous avez dit qu’une modification structurelle n’est pas susceptible à elle seule d’apporter des changements et que le fait de mettre l’accent uniquement sur les problèmes systémiques limite la capacité de s’occuper d’un plus grand nombre de problèmes en amont, en l’occurrence le genre de travail de prévention dont a parlé notre autre invité. Can you say more about how your office is addressing those specific issues? What recommendations would you have around addressing the systemic nature of anti-Black racism itself?

Pouvez-vous nous en dire plus sur la façon dont votre bureau s’attaque à ces problèmes particuliers? Quelles recommandations feriez-vous au sujet de la nature systémique du racisme envers les Noirs? Ms. Govender: If I could clarify, my comments were that a focus on taking away the complaint function — moving it to this second-generation model, or a direct-access model, whichever one you call it — in my view, would increase the ability of a commission; in fact, it necessarily will change the ability of the commission to do the systemic work, including but not limited to education.

Mme Govender : Si vous me permettez d’apporter une précision, j’ai dit qu’à mon avis, le fait de mettre l’accent sur l’élimination de la fonction de traitement des plaintes — en passant à ce modèle de deuxième génération, ou à un modèle d’accès direct, peu importe comment vous l’appelez — augmenterait la capacité d’une commission; en fait, cela va nécessairement changer la capacité de la commission de faire le travail systémique, et notamment le travail d’éducation.

In our office, our mandate is entirely to protect and promote human rights, again, divorced from the complaint structure for the most part, except intervening in cases that have a systemic component. Le mandat de notre bureau est entièrement consacré à la protection et à la promotion des droits de la personne, j’insiste, indépendamment de la structure de traitement des plaintes pour l’essentiel, sauf pour intervenir dans des cas qui comportent un élément systémique.

We do work that is intervening in cases — I’ll start there, since I already mentioned it — getting involved as a third party in ongoing litigation, either before the courts or the tribunal. Notre travail consiste à intervenir dans des affaires — je vais commencer par là, puisque je l’ai déjà mentionné — à

titre de tierce

partie dans des litiges en cours, que ce soit devant les cours de justice ou au tribunal. We have the ability to launch public inquiries. We wrapped up a large public inquiry into the rise of hate during COVID and made recommendations to government for change. Nous avons la capacité de lancer des enquêtes publiques. Nous avons conclu une vaste enquête publique sur la montée de la haine pendant la COVID-19 et avons recommandé des changements au gouvernement. 38:8 Human Rights 15-5-2023

We have a mandate around education. We run big public awareness campaigns as well as more targeted workshops, for example, to help people have that kind of understanding that you heard about from my fellow panel member here around the role of one-to-one education, helping people to understand what is human rights law? What are my obligations and rights? Nous avons un mandat en matière d’éducation. Nous menons de grandes campagnes de sensibilisation auprès du public et organisons des ateliers plus ciblés, par exemple, pour aider les gens à comprendre le rôle de l’éducation individuelle dont vous a parlé mon collègue ici présent, pour aider les gens à comprendre ce qu’est la

loi sur les droits de la personne. Quelles sont mes obligations et mes droits? We do large research projects and work on law and policy reform. We do a lot of communications and engagement to engage people in our work. That’s the range of systemic work that we do. It could be set up differently. It could be a different range. That’s the way that we have breathed life into the human rights code construction of the commission. Nous menons de grands projets de recherche et travaillons à la réforme du droit et des politiques.

Nous faisons beaucoup de communications et de mobilisation pour faire participer les gens à notre travail. C’est l’éventail du travail systémique que nous faisons. Il pourrait être établi différemment. La fourchette pourrait être différente. C’est ainsi que nous avons construit le code des droits de la personne de la commission. Senator Arnot: Thank you, witnesses. Le sénateur Arnot : Merci aux témoins. Professor Clément, I endorse what you are saying. I believe in the power of education. I believe that we need to build a culture in Canada that respects human rights.

The way to change the culture of the community is to change the culture of the education system. Monsieur Clément, j’appuie vos propos. Je crois au pouvoir de l’éducation. Je crois que nous devons bâtir au Canada une culture qui respecte les droits de la personne. Pour changer la culture de la communauté il faut changer la culture du système d’éducation.

Do you think it would be a good idea for educators in Canada, from grades K to 12, to focus on the rights and the responsibilities of citizenship in Canada; to focus on respect for every citizen without exception; to use the five essential competencies of Canadian citizenship — the five E’s — that students should be ethical, enlightened, engaged, empowered and empathetic; that we should be studying six big social context issues that are apparent today: Racism, discrimination on the basis of gender, discrimination on the basis of mental health and addictions and the discrimination on disabilities?

Pensez-vous que ce serait une bonne idée que les éducateurs du Canada, de la maternelle à la 12 e année, se concentrent sur les droits et les responsabilités de la citoyenneté au Canada; qu’ils se concentrent sur le respect de chaque citoyen, sans exception; sur l’utilisation des cinq compétences essentielles de la citoyenneté canadienne — les cinq E — selon lesquelles les étudiants doivent être éthiques, éclairés, engagés, en contrôle et empathiques; que nous devrions étudier les six grands enjeux sociaux que l’on constate aujourd’hui, soit le racisme, la discrimination fondée sur le sexe; la discrimination fondée sur la santé mentale et la toxicomanie et la discrimination fondée sur les handicaps?

I ask that in this sense: There is a set of resources that was built by the Saskatchewan Human Rights Commission that does exactly this. It is now owned by the Concentus Citizenship Education Foundation. It intentionally and explicitly teaches Canadians the values of Canadian citizenship, particularly democracy. That emphasis would be a way that we could build a culture of rights in this country. Ma question s’appuie sur l’exemple de la Commission des droits de la personne de la Saskatchewan qui a créé un ensemble de ressources dont c’est précisément l’objet.

Ces ressources appartiennent maintenant à la Concentus Citizenship Education Foundation qui enseigne aux Canadiens de façon délibérée et explicite les valeurs de la citoyenneté canadienne, en particulier la démocratie. Ce serait une façon de bâtir une culture des droits dans ce pays. Do you have any comments on that, sir? Are you aware of those resources? If you are not, I commend them to you. If you wrote anything in a follow-up to this committee about this, it would be quite helpful. Avez-vous des commentaires à ce sujet, monsieur? Avez-vous connaissance de ces ressources?

Si ce n’est pas le cas, je vous les recommande. Si vous écriviez quelque chose à ce sujet dans le cadre d’un suivi au comité, ce serait très utile. Mr. Clément: Absolutely. I am aware of those resources. Saskatchewan, in many ways, has been a leader in producing educational materials. M. Clément : Absolument. Je connais l’existence de ces ressources. À bien des égards, la Saskatchewan a été un chef de file dans la production de matériel didactique. 15-5-2023 Droits de la personne 38:9

We are currently doing a survey of human rights commissions’ educational content across Canada. What we’re finding is many commissions’ resources date back to 2012–2017. That becomes problematic, especially around gender identity, which is now commonly a ground of discrimination across Canada. The language around this has changed dramatically in the last five to ten years. You have to update those resources. Many commissions haven’t done that. Nous menons actuellement une enquête sur le contenu éducatif des commissions des droits de la personne partout au Canada.

Nous constatons que les ressources de nombreuses commissions remontent à 2012-2017. Cela devient problématique, surtout en ce qui concerne l’identité de genre, qui est maintenant un motif de discrimination courant au Canada. La terminologie à cet égard a changé radicalement au cours des cinq à dix dernières années. Il faut mettre à jour ces ressources. De nombreuses commissions ne l’ont pas fait. The La Forest report in 2000 strongly recommended that the commissions work together to avoid overlap and to take advantage of what Saskatchewan was doing and use that. It hasn’t really happened.

That’s a leadership role that the Canadian Human Rights Commission could play in terms of mobilizing resources across Canada and avoiding overlap. Le rapport La Forest de 2000 recommandait vivement que les commissions travaillent ensemble pour éviter les dédoublements, mais aussi de tirer parti de ce que fait la Saskatchewan. Cela ne s’est pas vraiment produit. La Commission canadienne des droits de la personne pourrait jouer un rôle de leadership pour mobiliser des ressources partout au Canada et éviter les dédoublements. Your point about K-to-12 education is essential.

This is where the commission should play a role. There is great work being done by NGOs in Canada. I work at the John Humphrey Centre for Peace and Human Rights. They are in the schools with the kids and the teachers. They are doing fantastic work while working on shoestring budgets. They try to work with the commissions. The commissions have very few resources for education. I completely agree with what you have just said. I do think more can be done in a leadership role for the CHRC. Ce que vous dites au sujet de l’éducation de la maternelle à la 12e année est essentiel.

C’est là que la commission devrait jouer un rôle. Les ONG canadiennes font de l’excellent travail. Je travaille au John Humphrey Centre for Peace and Human Rights qui envoie des intervenants dans les écoles. Cet organisme fait un travail fantastique avec les enfants et les enseignants malgré des budgets dérisoires. Il essaie de travailler avec les commissions. Les commissions ont très peu de ressources pour l’éducation. Je suis tout à fait d’accord sur ce que vous venez de dire. Je pense qu’on peut faire davantage pour placer la CCDP dans un rôle de leadership.

Remember that human rights law in Canada is non-partisan. Every political party has supported and advocated for human rights. This should be an education issue, and it’s a non-partisan one we can all embrace. Thank you. N’oubliez pas que la loi en matière de droits de la personne au Canada fait abstraction de tout intérêt partisan. Tous les partis politiques ont appuyé et défendu les droits de la personne. Ce devrait être une question d’éducation, et c’est une question qui dépasse les intérêts partisans à laquelle nous pouvons tous souscrire. Merci. Senator Arnot: This question is directed to Ms.

Govender, the Human Rights Commissioner of British Columbia. Le sénateur Arnot : Ma question s’adresse à Mme Govender, la commissaire aux droits de la personne de la Colombie- Britannique. I agree that it’s a mistake to fully embrace an open system, in my opinion, because we are making a number of assumptions. From the evidence that I can see, Ontario currently has a backlog of 9,000 cases. In 2022, British Columbia had a significant backlog; they were unable to meet the service standards expected of them. This is the tribunal, not your commission.

The tribunal had, on average, a wait time of between four and a half and seven years before there is a hearing. Je conviens que c’est une erreur d’adopter un système entièrement ouvert, parce que cela repose sur un certain nombre d’hypothèses. D’après ce que je peux voir, l’Ontario a actuellement un arriéré de 9 000 cas. En 2022, la Colombie- Britannique avait un arriéré important; elle n’a pas été en mesure de respecter les normes de service attendues. Je parle du tribunal, pas de votre commission. En moyenne, il y avait entre quatre ans et demi et sept ans d’attente avant la tenue d’une audience au tribunal.

In Alberta, about three years ago, there was a wait time of six years before you could get a mediation hearing. En Alberta, voici environ trois ans, il fallait attendre six ans avant d’obtenir une audience de médiation. In Manitoba, there is a backlog of 400 cases. It takes two years before an investigator is assigned. Au Manitoba, il y a un arriéré de 400 cas. Il faut deux ans avant qu’un enquêteur soit affecté. 38:10 Human Rights 15-5-2023

Before people embrace a tribunal model, you are getting, in my opinion, access to delay, not access to justice. The evidence is overwhelming about this. Do you agree? Avant que les gens adoptent un modèle de tribunal, on obtient, à mon avis, l’accès aux retards et non l’accès à la justice. Les preuves sont accablantes. Êtes-vous d’accord? Here’s a broad question for both witnesses: Do you think that this committee should look at creating a study on the human rights regime in Canada, its strengths and weaknesses? For instance, we don’t have a universal human rights code in Canada.

In the provinces and territories, what is protected is not the same. We need to have a robust examination. J’aimerais poser une question générale aux deux témoins. Pensez-vous que le comité devrait envisager la création d’une étude sur le régime des droits de la personne au Canada, ses forces et ses faiblesses? Par exemple, nous n’avons pas de code universel des droits de la personne au Canada. Dans les provinces et les territoires, les protections ne sont pas les mêmes. Nous avons besoin d’un examen rigoureux.

The common denominator in issues facing all the human rights commissions in Canada, including this federal Canadian one, is chronic underfunding. They are completely underfunded. They can’t do their work. The evidence is overwhelming. Le dénominateur commun des problèmes auxquels sont confrontées toutes les commissions des droits de la personne au Canada, y compris celle du Canada, c’est le sous-financement chronique. Nos commissions sont complètement sous-financées. Elles ne peuvent pas faire leur travail. Les preuves sont accablantes.

Do you agree that this committee should consider studying an in-depth review of the human rights regime in this country? Êtes-vous d’accord pour dire que le comité devrait envisager d’étudier en profondeur le régime des droits de la personne au Canada? Ms. Govender: Well, if I can just start with the beginning, I would like to clarify that I am not against creating a direct access model. In fact, I think our model here in B.C. is working well from a commission perspective.

Mme Govender : Eh bien, si je peux commencer par le début, j’aimerais préciser que je ne suis pas contre la création d’un modèle d’accès direct. En fait, je pense que notre modèle en Colombie-Britannique fonctionne bien du point de vue de la commission. The delay has remained. Again, I think that is due to a lack of funding, which is separate from the issue of whether it is set up as a direct access model. It is: Are commissions and human rights institutions in this country properly supported? I think the answer to that is. No. That’s the root of massive delays, in my view.

I totally agree with those massive delays. I agree it’s a huge problem of access to justice. But it is distinct from the question of whether it should be direct access. It has often been confused, and I think the experience for us is that it makes no difference whether there is a commission involved or not. It’s about properly funding the system to be able to meet those complaints. Les retards sont toujours là. Encore une fois, je pense que c’est dû à un manque de financement, ce qui est distinct de la question de savoir si c’est un modèle d’accès direct.

La question est la suivante : les commissions et les institutions des droits de la personne dans ce pays sont-elles suffisamment appuyées? Je pense que la réponse est non. À mon avis, c’est la cause des retards massifs. Je suis entièrement d’accord au sujet de ces retards énormes. Je conviens que c’est un énorme problème d’accès à la justice, mais c’est une autre question de savoir si nous devrions instaurer un modèle d’accès direct. On a souvent confondu les deux questions, et je pense que l’expérience nous a appris que le fait qu’une commission soit en cause ou non n’a aucune importance.

Il s’agit de financer adéquatement le système pour pouvoir répondre à ces plaintes. B.C. has announced a major influx of funding for the tribunal. We’ll see what happens there in terms of being able to address the delay. That was very recent; I believe that was in March. La Colombie-Britannique a annoncé un apport important de fonds pour le tribunal. Nous verrons ce qui se passera pour ce qui est de régler le problème des retards. Cet apport est encore très récent; je crois qu’il ne remonte qu’au mois de mars dernier. Senator Arnot: Ms.

Govender, is there any evidence that Black Canadians’ complaints about racism and discrimination have been treated in a more fair and equitable manner for a fair and equitable outcome in British Columbia using the direct access model of the tribunal? Le sénateur Arnot : Madame Govender, y a-t-il des preuves que les plaintes des Canadiens noirs au sujet du racisme et de la discrimination ont été traitées de façon plus juste et équitable pour mener à un résultat juste et équitable en Colombie- Britannique au moyen du modèle d’accès direct du tribunal? 15-5-2023 Droits de la personne 38:11

Ms. Govender: I don’t have that at my fingertips. Also, I don’t think it would be helpful. For 17 years, we had only a tribunal. We were the only jurisdiction in the country without a commission. We had nobody doing that triage, access to justice model, except a non-profit doing support for folks. But no public body was charged with doing that support that a commission plays in this more traditional first-generation model, nor did we have a public body looking at systemic change. We have had only the last three and a half years to go by, so not enough time yet to see how that change plays out.

Mme Govender : Je n’ai pas ces informations sous la main, et de toute façon, je ne pense pas qu’elles seraient utiles. Pendant 17 ans, nous n’avons eu qu’un tribunal. Nous étions la seule administration au pays à ne pas avoir de commission. Nous n’avions personne pour faire ce triage, pour s’occuper du modèle d’accès à la justice, sauf un organisme sans but lucratif qui aidait les gens.

Mais aucun organisme public n’a été chargé de fournir le soutien qu’une commission apporte à ce modèle plus traditionnel de première génération, et nous n’avons pas non plus d’organisme public chargé de se pencher sur le changement systémique. Comme nous n’avons eu que les trois dernières années et demie pour constater les changements, nous n’avons pas encore eu assez de temps pour voir comment ils se concrétiseront.

In my view, again, the experience of starting this organization and running it is that there are a huge number of issues on our plate, and a lot of efficacy in having that separated from the complaint process because we’re able to have the resources to address it and also to ensure that we’re not conflicted out of working on systemic issues, which is the message I often get from my colleagues across the country.

À mon avis, encore une fois, l’expérience de la création et de la gestion de cette organisation nous a appris qu’il y a un très grand nombre de problèmes sur lesquels nous devons nous pencher, et que de grands gains d’efficience peuvent être réalisés en séparant ces problèmes du processus de traitement des plaintes, parce que nous sommes en mesure d’avoir les ressources nécessaires pour régler les problèmes et aussi pour nous assurer que nous ne sommes pas en conflit avec les problèmes systémiques, ce qui est le message que je reçois souvent de mes collègues partout au pays.

Senator Arnot: I didn’t get an answer to my second question from either of the two witnesses. Le sénateur Arnot : Aucun des deux témoins n’a répondu à ma deuxième question. The Chair: Can we put it on second round? La présidente : Cela peut-il attendre au deuxième tour? Senator Arnot: I want it done before the end of this panel. Thank you. Le sénateur Arnot : J’aimerais obtenir une réponse avant la fin de la séance. Merci. The Chair: Before I turn to Senator Jaffer, I want to acknowledge that Senator Kim Pate has joined us. Welcome, Senator Pate.

La présidente : Avant de céder la parole à la sénatrice Jaffer, je tiens à souligner que la sénatrice Kim Pate s’est jointe à nous. Bienvenue, madame Pate. Senator Pate: Thank you very much. La sénatrice Pate : Merci beaucoup. The Chair: You represent the Province of Ontario, for anyone watching and wondering. La présidente : Vous représentez la province de l’Ontario, pour ceux qui nous regardent et qui se posent la question. Senator Jaffer: Thank you very much to both of you for being here. To have Ms. Govender, the commissioner, from B.C., is a real pleasure. Her mom and I worked together for many years.

I know of your work in B.C., so it’s an absolute pleasure to have you here. La sénatrice Jaffer : Merci beaucoup à vous deux d’être ici. Nous sommes très heureux d’accueillir Mme Govender, la commissaire de la Colombie-Britannique. Sa mère et moi avons travaillé ensemble pendant de nombreuses années. J’ai beaucoup entendu parler de votre travail en Colombie-Britannique, et c’est donc un grand plaisir de vous accueillir ici. I’m glad that you are here, because I’m struggling. Up to now, I believe we have been skirting this.

The real reason that this study is being done is because of racism, mainly in the Canadian Human Rights Commission, and we have had employees speak about this. People who work in the commission are speaking Je suis heureuse que vous soyez ici, parce que je me pose de sérieuses questions. Jusqu’à maintenant, je crois que nous avons contourné la véritable question. La véritable raison pour laquelle cette étude est effectuée, c’est à cause du racisme, surtout à la Commission canadienne des droits de la personne, et des 38:12 Human Rights 15-5-2023

about how they are being treated, let alone what happens to people who come in front of the commission. employés en ont parlé. Des gens qui travaillent à la commission parlent de la façon dont ils sont traités, sans parler de ce qui arrive aux gens qui comparaissent devant la commission. Ms. Govender, does the Canadian Human Rights Commission have to start again? Does it need to completely change? If someone who is working in the commission is saying, “I’m being treated unfairly,” how can a Black person with a complaint go to the commission?

Madame Govender, est-ce que la Commission canadienne des droits de la personne doit repartir sur de nouvelles bases? Doit‑elle être revue en profondeur? Si quelqu’un qui travaille à la commission dit qu’il est traité injustement, comment une personne noire qui a une plainte à déposer peut-elle s’adresser avec confiance à la commission? Ms. Govender: Two questions are embedded there. One is: Do we need a complete change in order to create change in the commission? The other is: Do we need a complete change so Canadians will see there is a new commission that they can trust?

It goes to Professor Clément’s comment around credibility of the commission. Mme Govender : Cette question comporte deux volets distincts. Premièrement, avons-nous besoin d’une refonte en profondeur pour créer un changement au sein de la commission? Deuxièmement, avons-nous besoin d’un changement complet pour que les Canadiens puissent voir qu’il y a une nouvelle commission à laquelle ils peuvent faire confiance? Cela rejoint le commentaire de M. Clément au sujet de la crédibilité de la commission. I don’t think I can answer the first question to any satisfaction; none of us can, in a crystal ball sense.

A new structure could be set up for all kinds of other good reasons as well. There are other good motivations for working toward an independent model that is more systemic in focus, can be bold on actions and has the mandate to address a systemic issue — not just tinkering around the edges but getting at the heart of issues. That kind of commission, from our experience, is held to a very high standard by our staff, communities and the public for very good reason. They see us as the ones who need to be leading the way, and they are holding us to that high standard.

We get a lot of feedback, both good and bad, to help move us to a better place. Je ne pense pas pouvoir répondre à la première question de façon satisfaisante; aucun d’entre nous ne le peut, à moins d’avoir une boule de cristal. Une nouvelle structure pourrait être mise en place pour toutes sortes d’autres bonnes raisons également.

Il y a d’autres bonnes raisons de travailler à l’élaboration d’un modèle indépendant avec un accent plus systémique, qui permet d’être audacieux dans nos actions et qui donne le mandat de s’attaquer à un problème systémique — pas seulement de faire du rafistolage, mais d’aller au cœur des problèmes. Une commission de ce genre, d’après notre expérience, est assujettie à des normes très élevées de la part de notre personnel, des collectivités et du public, et ce, pour de très bonnes raisons. Les gens nous considèrent comme ceux qui doivent montrer la voie, et ils nous obligent à respecter cette norme élevée.

Nous recevons beaucoup de commentaires, bons et mauvais, pour nous aider à nous améliorer. That would be my experience on that question. The credibility piece is key. It is important to show Canadians that real action is being taken, and that Black and other racialized people in Canada can see this as a real avenue for change. C’est ce que je sais de cette question. La crédibilité est essentielle. Il est important de montrer aux Canadiens que des mesures concrètes sont prises et que les Noirs et les autres personnes racisées au Canada puissent voir cela comme une véritable avenue de changement.

That kind of change would be useful in that way as well. Ce genre de changement serait également utile. Senator Jaffer: My colleague Senator Arnot and Professor Clément talked about delays, but delays are in everything, including the court system. It’s not just the Human Rights Commission or the direct access. Delays exist everywhere because of resource issues. This is not to do with the commission in particular but to answer what my colleague was saying. Not that I’m supposed to answer here, but I think the delays are inbred in all our processes. La sénatrice Jaffer : Mon collègue, le sénateur Arnot, et M.

Clément, ont parlé de retards, mais il y en a dans tout, y compris dans le système judiciaire. Il n’y en a pas seulement à la Commission des droits de la personne ni dans les modèles d’accès direct. Il y a des retards partout à cause du manque de ressources. Je ne veux pas parler de la commission en particulier, mais plutôt répondre à ce que mon collègue disait. Loin de moi l’idée de répondre à cette question, mais je crois que les retards sont propres à tous nos processus. 15-5-2023 Droits de la personne 38:13

You started with decolonization. For the last few weeks, we have been hearing, “Well, that exists in society.” I think Professor Clement also spoke about this. That exists in society. But I thought you go to the Human Rights Commission to get redress. I’m confused. I can’t accept that by saying it exists in society that it then exists in the commission. Can you comment on that? Vous avez commencé par la décolonisation. Depuis quelques semaines, on entend dire que cela existe dans la société. Je crois que M. Clément en a également parlé. Cela existe dans la société, mais ne doit pas servir d’excuse.

Je pensais que l’on s’adressait à la Commission des droits de la personne pour obtenir réparation. Je suis confuse. Je ne peux pas accepter que la commission se réfugie derrière cette excuse. Pouvez-vous répondre à cela? Ms. Govender: The independence that we have as a commission has helped us to name clearly that one of the five strategic priorities during my term is decolonization work, and that it has allowed us to be bold in what we see as that. I’m not holding us out to be a perfect standard because I think that would be wrong. We are formed by colonial statutes and led by a non‑Indigenous person.

I am non-indigenous. I think we need to be humble about our place in decolonization for that reason. I also think that the independence allows us to be entirely separate from how government may define “decolonization” and to walk that path necessarily with government, to be bolder, and how we do that. Mme Govender : L’indépendance que nous avons en tant que commission nous a aidés à nommer clairement que l’une des cinq priorités stratégiques pendant mon mandat est le travail de décolonisation, et cela nous a permis d’être audacieux dans ce que nous considérons comme faisant

partie de cette mission. Je ne prétends pas que nous ayons atteint une norme parfaite, car je pense que ce serait une erreur. Notre pays est fondé sur des lois coloniales et il est dirigé par une personne non autochtone. Je suis non autochtone. Je pense que nous devons être humbles quant à la place que nous devons occuper dans la décolonisation pour cette raison.

Je pense aussi que l’indépendance nous permet de nous détacher entièrement de la façon dont le gouvernement peut définir la « décolonisation » et de ne pas être obligés de suivre nécessairement cette voie avec le gouvernement, d’être plus audacieux et de choisir la voie que nous empruntons. Also, I can speak as a newly set-up commission. We needed to imagine what we could be in the world. Part of setting up a new organization is to create that vision. We were able to think through how we do the things we do — not just what we do, but how do we do the things we do a bit differently?

How do we put relationships at the centre of that? Reconciliation, relationships, respect, reciprocity — with these goals of decolonization, how do we build our organization from the ground up, not how do we reform the organization, which is a different question to ask? De plus, je peux parler au nom d’une nouvelle commission. Nous avons dû imaginer ce que nous pouvions représenter dans le monde. Pour mettre sur pied une nouvelle organisation, il faut créer cette vision.

Nous avons pu réfléchir à la façon dont nous faisons les choses — pas seulement à ce que nous faisons, mais à comment nous faisons les choses un peu différemment. Comment mettre les relations au centre de tout cela? La réconciliation, les relations, le respect, la réciprocité — en gardant ces objectifs de décolonisation à l’esprit, comment bâtir notre organisation à partir de la base, et non pas comment réformer l’organisation, ce qui est une question différente à poser. Senator Jaffer: Thank you. La sénatrice Jaffer : Merci. [Translation] [Français] Senator Gerba: Welcome to the witnesses.

La sénatrice Gerba : Bienvenue aux témoins. According to our two witnesses, it’s a difficult issue and a direct access model requires careful consideration. Les deux témoins nous disent que c’est difficile, qu’il faut faire attention avec le système direct. I realize that many of the witnesses who have appeared before the committee are divided on whether to adopt a direct access model. I do have questions about the system in place. For instance, Ms. Govender, can you describe how you handle complaints in British Columbia so that the burden of proof isn’t on the complainant?

One of the causes of the delays seems to be that, not only are the complaints being dismissed, but also, when they do have to be addressed, they aren’t being dealt with fairly. Je comprends que beaucoup de témoins qui ont comparu devant ce comité sont partagés sur cette question de passage direct ou non. Je me demande quand même si le système qui est mis en place — par exemple, madame Govender, en Colombie- Britannique, pouvez-vous nous expliquer comment vous traitez les plaintes pour éviter que le fardeau de la preuve revienne aux plaignants?

L’un des problèmes qui semble être à l’origine des retards, c’est que non seulement les plaintes sont rejetées, mais quand elles doivent être traitées, elles ne sont pas traitées de façon équitable. 38:14 Human Rights 15-5-2023

Given the way you work in British Columbia, do you always address the complaint taking into account that the complainant — so in this case, a member of the Black community — bears the burden of proof? Discrimination is a very pernicious thing. It’s hard to prove that the person responsible for the discriminatory behaviour is really racist. If the complainant has to prove that, it can result in delays. Selon votre expérience en Colombie-Britannique, le traitement se fait-il toujours en tenant compte du fait que c’est la personne plaignante, donc dans ce cas-ci, les Noirs, qui doivent faire la preuve?

Parce que la discrimination est très pernicieuse. C’est difficile de prouver que la personne qui pose l’acte de discrimination est vraiment raciste. S’il faut le prouver, cela peut justifier les délais. How does it work in British Columbia? Should we look to your model to reduce or remove the burden of proof? Comment procédez-vous en Colombie-Britannique? Serait-ce une voie à suivre pour alléger ou enlever le poids de la preuve? [English] [Traduction] Ms. Govender: Thank you for the question.

I wanted to also start with a clarification, which is that I am urging caution with the new model only insofar as it is seen as a complete answer to the problem. I am supportive of the model we have here in B.C., which is that we are entirely separate from the complaint process. We don’t triage complaints. We don’t deal with whether complaints make it through their various hurdles to resolution. We are totally separate from that. And our mandate is entirely on the systemic side, on law, policy reforms and education and so on. Mme Govender : Je vous remercie de la question.

Je voulais aussi commencer par une précision, à savoir que je vous exhorte à faire preuve de prudence à l’égard du nouveau modèle et de ne pas le considérer comme une solution complète au problème. J’appuie le modèle que nous avons adopté ici en Colombie- Britannique, c’est-à-dire que notre action est complètement distincte du processus de traitement des plaintes. Nous ne faisons pas le tri des plaintes. Nous ne nous occupons pas de savoir si les plaintes franchissent les divers obstacles à leur résolution.

Notre action est totalement distincte de cela, et notre mandat porte entièrement sur l’aspect systémique, le droit, les réformes des politiques, l’éducation et ainsi de suite. I think that model actually works very well, but I would be cautious that if the Senate committee here is approaching it as a full answer to the problems of systemic racism. I don’t think those two things necessarily go hand in hand, and changing the structure won’t necessarily address the problems of racism that have been identified.

Je pense que ce modèle fonctionne très bien, mais à la place du comité, je ferais attention de ne pas le considérer comme une réponse complète aux problèmes de racisme systémique. Je ne pense pas que ces deux choses aillent nécessairement de pair, et le fait de changer la structure ne réglera pas nécessairement les problèmes de racisme qui ont été cernés. On the question of onus, the legal standard of proof is embedded in the law, so it isn’t up to the tribunals or commissions to be able to change that onus of proof on a complainant to be able to show that they have experienced prima facie discrimination.

On the surface, have they experienced disadvantage on the basis of one of the grounds of discrimination as described in the various human rights codes, which are largely similar with some key differences. Then upon hearing the onus will switch to the employer in that context, or the duty bearer to say, was that discrimination justified.

En ce qui concerne la question du fardeau de la preuve, la norme juridique de la preuve est enchâssée dans la loi, de sorte qu’il n’appartient pas aux tribunaux ou aux commissions de modifier ce fardeau de la preuve pour qu’un plaignant puisse démontrer qu’il a été victime de discrimination prima facie. À première vue, a-t-il été désavantagé en raison de l’un des motifs de discrimination décrits dans les divers codes des droits de la personne, qui sont en grande

partie semblables, avec certaines différences importantes? Ensuite, à l’audience, le fardeau de la preuve reviendra à l’employeur dans ce contexte, ou au porteur de la responsabilité de dire si cette discrimination était justifiée. So the Supreme Court of Canada would have to weigh in or the legislature would have to weigh in to change the way that the structure of the test works. Il faudrait donc que la Cour suprême du Canada ou que l’assemblée législative intervienne pour modifier la structure du critère.

But I will say that the obstacles to dealing with complaints are somewhat alleviated by having this very separate model, the commission, that is separated from the complaint process, and that’s because we don’t have to deal with the structure of the law in the way it’s written in the human rights code. Our purview is much broader than that.

We can work on issues of Je dirais toutefois que les obstacles au traitement des plaintes sont quelque peu atténués par ce modèle très distinct, à savoir une commission qui est séparée du processus de plainte, et c’est parce que nous n’avons pas à composer avec la structure de la loi telle qu’elle est écrite dans le code des droits de la personne. Notre mandat est beaucoup plus vaste que cela. Nous pouvons 15-5-2023 Droits de la personne 38:15

discrimination, which is the bread and butter of what we do, separate from the formal legal test as I have just described it. nous attaquer aux problèmes de discrimination, qui sont nos préoccupations de tous les jours, indépendamment du critère juridique officiel que je viens de décrire. That legal test is what all tribunals and courts must do upon a judicial review of those decisions. We are not bound within the same constraints, because we don’t deal with individual complaints.

We can identify, for example, that racism is a problem in our communities, and we ran a public campaign province-wide on bus shelters, internet spots and libraries across the province to talk about racism, to get people to start asking themselves questions. It was the “Am I racist?” campaign. Big billboards asking, “Am I racist?” Then we asked some additional questions to help people start to be self-reflective. That’s just one example of the anti-racism work we have done. We have also done a large study into systemic racism in policing, for example.

Ce critère juridique décrit ce que tous les tribunaux doivent faire dans le cadre d’un contrôle judiciaire de ces décisions. Nous ne sommes pas liés par les mêmes contraintes, parce que nous ne traitons pas les plaintes individuelles. Nous pouvons déterminer, par exemple, que le racisme est un problème dans nos collectivités, et nous avons mené une campagne publique à l’échelle de la province sur les abribus, les sites Internet et les bibliothèques partout dans la province pour parler de racisme, pour amener les gens à commencer à se poser des questions. Notre campagne posait la question : « Suis-je raciste? »

De gros panneaux d’affichage posant la question : « Suis-je raciste? » Nous avons ensuite posé des questions supplémentaires pour aider les gens à commencer à réfléchir. Ce n’est qu’un exemple du travail de lutte contre le racisme que nous avons accompli. Nous avons également mené une vaste étude sur le racisme systémique dans les services de police, par exemple. We have been able to do that entirely separate from an onus on an individual that need to prove something. That’s why I’m suggesting the model we have here is so useful to address human rights in the province because we are empowered to do that work.

Nous avons été en mesure de le faire tout à fait indépendamment du fardeau qui incombe à une personne qui doit prouver quelque chose. C’est pourquoi je dis que le modèle que nous avons ici est si utile pour traiter des droits de la personne dans la province parce que nous avons le pouvoir de faire ce travail. The Chair: I will ask a brief question of Professor Clément. You talk about education through the culture at the institution; you shifted away from education.

These are the people who are in a certain position one hopes because they have an ability to understand why it’s wrong to be racist and why people would come to them to lodge a complaint. So what kind of education are you suggesting for them, because one would presume they already had that education? I mean, anyone I think, even an elementary schoolchild would know that racism is wrong. So here are people who are supposed to be protecting marginalized communities. La présidente : Je vais poser une brève question à M. Clément.

Vous parlez de sensibilisation par l’entremise de la culture de l’établissement; vous vous éloignez du volet éducatif. On espère que l’initiative proviendra des gens qui se trouvent dans une certaine situation, parce qu’ils sont en mesure de comprendre pourquoi il est mal d’être raciste et pourquoi les gens s’adressent à eux pour porter plainte. Quel genre de programme de sensibilisation entrevoyez-vous pour eux, parce qu’on pourrait supposer qu’ils l’ont déjà suivi? Je veux dire, n’importe qui, même un élève de niveau primaire, saurait que le racisme est condamnable.

Nous parlons ici de gens qui sont censés protéger les communautés marginalisées. Mr. Clément: Thank you, senator. The challenge here is that often we’re talking about perhaps unconscious bias, the attitudes or beliefs that people have lived with their entire lives. M. Clément : Merci, madame. Le problème, c’est que nous parlons souvent de préjugés inconscients, des attitudes ou des croyances qui suivent les gens toute leur vie. You talk about young children knowing about these issues; how can people professionally trained not?

In part, let’s remember human rights laws barely go back two generations, and it has still not been that long of a time that we have actually been endeavouring to educate and talk about these particular issues. That’s part of the challenge there as well too. Vous dites que les jeunes enfants sont au courant de ces problèmes; comment des gens ayant suivi une formation professionnelle peuvent-ils ne pas l’être?

Rappelons-nous que les lois sur les droits de la personne remontent à peine à deux générations, et qu’il n’y a pas si longtemps que nous nous sommes efforcés de sensibiliser les gens et de parler de ces problèmes en particulier. Cela fait aussi

partie du défi. At risk of repeating myself, I go back to the point of I think the reason why it’s able to develop and evolve in these institutions is because they have become so focused on the complaints process, I think sometimes we lose sight of the Au risque de me répéter, j’en reviens à la raison pour laquelle je pense que ce problème se développe et évolue au sein de ces institutions parce qu’elles se concentrent tellement sur le processus de traitement des plaintes qu’elles perdent parfois de 38:16 Human Rights 15-5-2023

broader issues. I recall, for example, speaking with staff at the CHRC years ago when I consulted with the institution. I was shocked at the level of demoralization within the institution because they were so exhausted by the process of dealing with individual complaints. They want to focus on more systemic issues. vue les problèmes de nature plus générale. Je me souviens, par exemple, de m’être entretenu avec le personnel de la CCDP il y a des années lorsque j’ai consulté des représentants de l’institution.

J’ai été choqué par le niveau de démoralisation qui existait chez eux parce qu’ils étaient tellement épuisés par le processus de traitement des plaintes individuelles. Ils aimeraient se concentrer sur des problèmes plus systémiques. So your point is very well taken. It is surprising that in all institutions that we should see anti-Black systemic racism, partly reflects, I think, the way the institution is functioning. I also think it reflects the fact that we simply have very far to go to continue addressing these issues. Vous avez donc entièrement raison.

Il est surprenant que, dans toutes les institutions où le racisme systémique contre les Noirs devrait être combattu, la situation observée reflète en partie, à mon avis, la façon dont l’institution fonctionne. Je pense aussi que cela montre que nous avons tout simplement beaucoup de chemin à faire pour continuer de nous attaquer à ces problèmes. The Chair: Thank you, professor. La présidente : Merci, monsieur. Senator Bernard: I have a few questions I want to ask.

I think first I would like to ask Professor Clément, you just mentioned in your response to our chair that you consulted with the Canadian Human Rights Commission some years ago. Have you consulted with them more recently? Have you consulted with them around this particular issue? La sénatrice Bernard : J’ai quelques questions à poser. J’aimerais d’abord poser une question à M. Clément. Vous venez de répondre à notre présidente que vous avez consulté la Commission canadienne des droits de la personne il y a quelques années. Les avez-vous consultés plus récemment? Les avez-vous consultés à ce sujet? Mr.

Clément: Thank you, senator. No, the last time I consulted was when the previous commissioner was appointed and she had a group of experts together to do a consultation on advice for leading the commission forward during her term. But not in recent issues. M. Clément : Merci, madame. Non, la dernière fois que j’ai consulté des représentants de la commission, c’est lorsque l’ancienne commissaire a été nommée et qu’elle a réuni un groupe d’experts pour mener une consultation sur les conseils à donner à la commission pendant son mandat. Mais ce n’est pas arrivé récemment.

In fact, I can say that during that conversation, where there were multiple experts speaking to the commissioner about moving forward, I do not recall this issue coming up at all. This was five or six years ago. En fait, je peux dire qu’au cours de cette discussion, où de nombreux experts ont parlé à la commissaire de la possibilité d’aller de l’avant, je ne me souviens pas du tout que cette question ait été soulevée. C’était il y a cinq ou six ans.

Senator Bernard: You anticipated my question, because I was going to ask if the issue of anti-Black racism came up during that consultation, and if some of those experts around that table were people who had expertise in addressing anti-Black racism. La sénatrice Bernard : Vous avez anticipé ma question, parce que j’allais vous demander si la question du racisme envers les Noirs avait été soulevée au cours de cette consultation, et si certains des experts autour de cette table étaient des gens qui avaient une expertise dans la lutte contre le racisme envers les Noirs. Mr. Clément: Thank you, senator.

In truth, I don’t recall every single person who was on that discussion. If there was somebody who had expertise, it would have been only one. But I don’t recall. What I do recall from my notes, from having reviewed them in preparation for today, was being surprised that the issue was not raised. It wasn’t raised by the experts in the group, and it wasn’t raised by the people leading the conversation. M. Clément : Merci, madame. En vérité, je ne me souviens pas de toutes les personnes qui ont participé à cette discussion. S’il y en avait une qui avait une expertise, elle était la seule.

Mais je ne m’en souviens pas. Ce que je retiens de mes notes, après les avoir examinées en prévision de la réunion d’aujourd’hui, c’est que j’ai été surpris que la question ne soit pas soulevée. Elle n’a pas été soulevée par les experts du groupe ni par les personnes qui animaient la discussion. Senator Bernard: Interesting. Very interesting. La sénatrice Bernard : Intéressant. Très intéressant.

I want to unpack a bit this issue of delays and backlogs, and certainly one of the things that we have heard from some of our witnesses who actually tried to go through processes with human J’aimerais parler un peu des retards et des arriérés, et certains des témoins qui ont essayé de suivre les processus relatifs aux droits de la personne ont dit que les plaignants font face à un 15-5-2023 Droits de la personne 38:17

rights is that complainants face delays twice if they have to go through two systems. If you’re going through the commission and then you’re going through a tribunal, you’re actually going through the processes twice. Is that a duplication of services in a sense? double retard s’ils doivent passer par deux systèmes. Si vous passez par la commission et ensuite par un tribunal, vous doublez en fait les processus. S’agit-il en quelque sorte d’un dédoublement des services? Also, if a complainant is going through those processes twice, how much of a burden is that for the person?

Especially those who are not in a position to afford legal counsel and are going through these systems on their own. De plus, si un plaignant doit suivre un double processus, dans quelle mesure cela représente-t-il un fardeau pour la personne? Je parle surtout ici de ceux qui ne sont pas en mesure de se payer un avocat-conseil et qui doivent se débrouiller seuls dans ce dédale. Mr. Clément: Thank you, senator. One of the things that is so disturbing about the statistics that Senator Arnot mentioned is Canada uses administrative tribunals rather than the United States, for example, where courts are more common.

The point was to make them more accessible. The point was to reduce delays. It’s a disturbing irony that with a system designed to be more accessible and faster that we have delays that we associate with the criminal justice system, which should not be the case with administrative tribunals. M. Clément : Merci, madame. L’une des choses qui est si troublante au sujet des statistiques mentionnées par le sénateur Arnot, c’est que le Canada a recours aux tribunaux administratifs, à la différence des États-Unis, par exemple, où les tribunaux sont plus courants.

L’objectif consistait à rendre le processus plus accessible et à réduire les retards. Il est paradoxal de constater qu’un système conçu pour être plus accessible et plus rapide occasionne des retards que nous associons au système de justice pénale, ce qui ne devrait pas être le cas avec des tribunaux administratifs. Quickly, they are facing a burden twice. When talking about the tribunal system, I think it’s worth remembering that the vast majority of cases are settled through mediation and settlement, not through hearings. In most jurisdictions less than 10% of cases go to a hearing.

We have interviewed and talked to many people who feel bullied, intimidated and forced at the mediation stage. Rapidement, les plaignants font face à un double fardeau. Lorsqu’on parle du système des tribunaux, je pense qu’il vaut la peine de se rappeler que la grande majorité des cas sont réglés par la médiation et le règlement, et non par des audiences. Dans la plupart des administrations, moins de 10 % des cas font l’objet d’une audience. Nous avons interrogé de nombreuses personnes qui se sentent intimidées et forcées à l’étape de la médiation. In some jurisdictions like B.C., they do it twice.

They do mediation with a commission and potentially with a tribunal as well. So it is duplication. At that informal stage, we see concerning trends that can discourage people from either continuing a complaint or from settling in something — with a settlement they do not want. Dans certaines provinces comme la Colombie-Britannique, on passe par un double processus. On fait de la médiation avec une commission et peut-être aussi avec un tribunal. C’est donc un dédoublement de processus.

À cette étape informelle, nous observons des tendances inquiétantes qui peuvent dissuader les gens de poursuivre une plainte ou d’accepter un règlement — un règlement dont ils ne veulent pas. The Chair: Senator Arnot, I think you already asked your question. Do you want to quickly say it again? La présidente : Sénateur Arnot, je crois que vous avez déjà posé votre question. Voulez-vous la répéter rapidement?

Senator Arnot: Do you think that this study that we have embarked on has exposed a large issue here and that we need to do a robust review of the human rights mechanisms in this country based on chronic under funding, non-universal protected rights in this country and the delays that were unbelievably exceptional and outrageous actually? Should we be looking at that as a separate study based on what we heard here and not take away from what our work is? That’s my question. We need to have a review of this whole system.

Le sénateur Arnot : Pensez-vous que l’étude que nous menons a mis au jour un problème important et que nous devons procéder à un examen rigoureux des mécanismes de protection des droits de la personne au Canada en fonction d’un sous‑financement chronique, de droits protégés non universels au Canada et de retards incroyablement exceptionnels et scandaleux, en fait? Devrions-nous envisager cela comme une étude distincte fondée sur ce que nous avons entendu ici et ne pas alléger notre travail? C’est ma question. Il faut revoir tout le système.

The Chair: The question is directed at both witnesses but if you can be brief in your answers, we would appreciate that. La présidente : La question s’adresse aux deux témoins, mais si vous pouviez répondre brièvement, nous vous en serions reconnaissants. 38:18 Human Rights 15-5-2023

Ms. Govender: I can start out. First, I wanted to clarify something. I think Professor Clement said, “In jurisdictions like B.C. people have to go through twice.” I wanted to clarify that B.C. does not have a system where you have to go through twice. This is a direct access model here in B.C. Mme Govender : Je peux commencer. Tout d’abord, je tiens à préciser quelque chose. Je crois que M. Clément a dit que dans certaines provinces comme la Colombie-Britannique, les gens passent par un double processus. Je tenais à préciser que la Colombie-Britannique n’a pas de système imposant un double processus.

Nous appliquons un modèle d’accès direct ici en Colombie-Britannique. In terms of the senator’s question, I think your big concern there would be jurisdictional issues. There are definitely very different processes across the country. However, given that the provinces have jurisdiction to legislate around human rights violations committed by people within provincial jurisdiction, they have the ability to create the human rights system that they want. I think you would run into obstacles in doing a federally instigated study on this when it’s a federalist kind of issue.

It’s different jurisdictions taking responsibility for this. Pour ce qui est de la question du sénateur, je pense que vous vous inquiétez surtout des problèmes de compétence. Il y a certes des processus très différents d’un bout à l’autre du pays. Cependant, étant donné que les provinces ont la compétence de légiférer sur les violations des droits de la personne commises par des citoyens qui relèvent de leur compétence, elles ont la capacité de créer le système des droits de la personne qu’elles veulent.

Je pense que vous vous heurteriez à des obstacles si vous faisiez une étude à l’initiative du gouvernement fédéral, alors qu’il s’agit d’une compétence provinciale. Ce sont des administrations différentes qui en assument la responsabilité. That would be my comment on the issue. However, if that were to happen, I would bring the commissions and the tribunals together to have this conversation which could be very useful. Voilà ce que j’avais à dire à ce sujet. Toutefois, si cela devait se produire, je réunirais les commissions et les tribunaux pour en discuter, et cela pourrait être très utile. Mr.

Clément: Thank you. I didn’t mean to say B.C. It’s not B.C., it’s the other jurisdictions. There is a desperate need for research in the field, certainly from the academic point of view. There are about four or six people in the country who have actually spent the better part of their careers studying human rights laws. There are surprisingly few experts. There are quite a few in the legal realm, but not many outside of that. M. Clément : Merci. Je ne voulais pas dire la Colombie- Britannique. Je ne voulais pas parler de la Colombie- Britannique, mais des autres provinces.

Il y a un besoin criant de recherche dans ce domaine, certainement du point de vue universitaire. Il n’y a qu’environ quatre ou six personnes au pays qui ont passé la plus grande

partie de leur carrière à étudier les lois sur les droits de la personne. On compte étonnamment peu d’experts en la matière. Il y en a pas mal dans le domaine juridique, mais il n’y en a pas beaucoup en dehors de ce secteur. I was asked earlier about providing specific evidence. In earlier hearings, I’ve heard senators asking people for evidence, but the problem is that it’s not there. There is a desperate lack of research in this area. We definitely need more work on it. On m’a demandé plus tôt de fournir des preuves précises.

Lors d’audiences précédentes, j’ai entendu des sénateurs demander des témoignages, mais le problème, c’est qu’il n’y en a tout simplement pas. Il y a un manque criant de recherche dans ce domaine. Il y a certes plus de travail à faire. The Chair: Thank you. La présidente : Merci. Senator Arnot: I didn’t get an answer to my question. Le sénateur Arnot : Je n’ai pas eu de réponse à ma question. The Chair: Maybe you could submit a written brief with an answer to Senator Arnot’s question? He feels he didn’t get an answer and we have a time crunch. Let’s see if we have a couple of minutes afterwards.

We have Senator Bernard and Senator Arnot who want to be, possibly, on the third round. La présidente : Vous pourriez peut-être présenter une réponse écrite à la question du sénateur Arnot? Il a l’impression qu’il n’a pas obtenu de réponse, mais nous sommes malheureusement pressés par le temps. Voyons s’il nous reste quelques minutes vers la fin. La sénatrice Bernard et le sénateur Arnot souhaitent peut-être participer au troisième tour. Senator Arnot: Correct. Le sénateur Arnot : Exact. Senator Jaffer: I want to thank both of you for being here.

Professor Clément, the way you spoke about our Canadian Human Rights Commission, how excellent it is around the world, and so on, I have to admit that’s how I felt too until this La sénatrice Jaffer : Je tiens à vous remercier tous les deux d’être venus. Monsieur Clément, de la façon dont vous avez parlé de la Commission canadienne des droits de la personne, de son excellence dans le monde, et ainsi de suite, je dois admettre 15-5-2023 Droits de la personne 38:19

study. I felt that you have not addressed the issue that you came to tell us about, namely, racism in the Canadian Human Rights Commission. Please forgive me for saying that — I don’t mean to be rude. You have talked about other issues, but you’ve not dealt with what is happening in the Canadian Human Rights Commission. Can you please explain that? que c’est ce que je ressentais moi aussi jusqu’à cette étude. J’ai toutefois l’impression que vous avez contourné le problème dont vous êtes venus nous parler, soit le racisme à la Commission canadienne des droits de la personne.

Pardonnez-moi de le dire aussi franchement — je ne veux pas être impolie. Vous avez parlé d’autres problèmes, mais vous n’avez pas parlé de ce qui se passe à la Commission canadienne des droits de la personne. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi, s’il vous plaît? Mr. Clément: Thank you, senator. In focusing on education, I had hoped to offer recommendations for how to move forward to deal with the specific issues of anti-Black systemic racism currently occurring within the commission.

In part, that was because I have heard recommendations that a complete transformation of the commission is the way to move forward. M. Clément : Merci, madame. En mettant l’accent sur la sensibilisation, j’avais espéré formuler des recommandations sur la façon d’avancer pour régler les problèmes précis du racisme systémique contre les Noirs qui sévit actuellement au sein de la commission. C’est en

partie parce que j’ai entendu des recommandations selon lesquelles une transformation complète de la commission est la voie à suivre. I think we would lose the multiple generations of development evolution — that is one of the great strengths of the Canadian system — if we were to reset so to speak. My recommendation to dealing with this specific issue of anti-Black systemic racism is to try to focus on changing the culture within the commission rather than necessarily the structure of the commission.

Je pense que nous perdrions les bienfaits de l’évolution du système — c’est l’une des grandes forces du système canadien — si nous devions remettre le compteur à zéro, pour ainsi dire. En ce qui concerne le racisme systémique contre les Noirs, je recommande que nous essayions de nous concentrer sur un changement de culture au sein de la commission, plutôt que sur sa structure. While I would not recommend a complete redrawing of the commission, I would agree with your earlier point that a reboot is necessary. Something transformational is required at this stage.

Je ne recommanderais pas un remaniement complet de la commission, mais je suis d’accord avec vous pour dire qu’une réinitialisation est nécessaire. Une transformation s’impose à ce stade. Senator Jaffer: Thank you for that clarification. I heard you carefully and was frustrated because you didn’t deal with what was in front of us. Thank you both for being here. La sénatrice Jaffer : Merci de cette précision. Je vous ai bien entendu et j’étais frustrée parce que vous ne parliez pas de ce dont nous étions saisis.

Merci à vous deux d’être ici. [Translation] [Français] Senator Gerba: I’d actually like to follow up on Professor Clément’s recommendations, specifically the idea that an ounce of prevention is worth a pound of cure. La sénatrice Gerba : En fait, je voulais revenir aux recommandations du professeur Clément, selon lesquelles il vaut mieux prévenir que guérir. On the whole, that’s what I took from your recommendation on education, because you talked about how the commission deals with discrimination after it occurs.

How do we go about ensuring that the federal regime returns to its role when it comes to prevention and education? Does it have to be through statutory reform? En gros, c’est ce que j’ai compris dans votre recommandation sur l’éducation, parce que vous dites qu’on traite la discrimination après les faits. Comment faire pour que le système fédéral retrouve son rôle de prévention et d’éducation? Cela doit-il passer par une réforme de la loi? [English] [Traduction] Mr. Clément: Thank you, senator.

Potentially an overhaul of the statute, but approaching this less as a legal expert and more as a sociologist who studies how the law operates in practice, where the real change has to be in the way in which the resources are allocated and the priorities are determined by the commission. I’ll offer one example. M. Clément : Merci, madame.

Il pourrait s’agir d’une refonte de la loi, mais je vous dis cela en abordant la question non pas du point de vue d’un juriste, mais plutôt en tant que sociologue qui étudie le fonctionnement de la loi dans la pratique, où le véritable changement doit être dans la façon dont les ressources sont allouées et dont les priorités sont déterminées par la commission. Je vais vous donner un exemple. 38:20 Human Rights 15-5-2023

About 30 or 40 years ago, if you looked at budgets for human rights commissions, they would have had an explicit line for education. This is the amount of money we spend on education. This is our focus. Now, none of them do. There is not a single commission in Canada, including the federal one, that has a specific line item directed for education. For most of them, the funding is almost entirely toward staff. Il y a 30 ou 40 ans, si vous aviez examiné les budgets des commissions des droits de la personne, vous y auriez vu une ligne consacrée aux programmes de sensibilisation.

C’est le montant que nous consacrons à la sensibilisation. C’est le point sur lequel l’accent doit être mis. Aujourd’hui, aucune des commissions n’inscrit cette dépense dans son budget. Il n’y a pas une seule commission au Canada, pas même la commission fédérale, qui consacre un poste budgétaire à la sensibilisation. Pour la plupart d’entre elles, le financement est presque entièrement consacré au personnel. My colleague who was speaking about the B.C. system provided an excellent example. One of the things B.C. does exceedingly well is having a budget and an organization committed to education.

That is how we develop strategy, namely, by dedicating resources whose sole purpose is on education. Thank you. Ma collègue qui parlait du système de la Colombie- Britannique a donné un excellent exemple. L’une des choses que la Colombie-Britannique fait extrêmement bien, c’est de prévoir un budget et une organisation vouée à la sensibilisation. C’est de cette façon qu’on développe la stratégie de sensibilisation, c’est‑à-dire en y consacrant des ressources exclusives. Merci. Senator Gerba: Thank you. La sénatrice Gerba : Merci. The Chair: Senator Bernard, you can ask your question.

Senator Arnot already asked his. We have three minutes, I think? La présidente : Sénatrice Bernard, vous pouvez poser votre question. Le sénateur Arnot a déjà posé la sienne. Nous avons trois minutes, je crois? Senator Bernard: In the three minutes, Professor Clément, could I pick up on a comment you made in response to another question of one of my colleagues? You talked about some of your research and your participants’ stories of their experiences going through human rights commissions. Have you done any specific study with participants who have gone through the Canadian Human Rights Commission or tribunal?

If you have, could you share highlights of what some of those participants have shared with you? La sénatrice Bernard : Monsieur Clément, en trois minutes, puis-je revenir sur un commentaire que vous avez fait en réponse à une autre question d’une de mes collègues? Vous avez parlé de certaines de vos recherches et des récits de vos participants au sujet de leurs expériences devant les commissions des droits de la personne. Avez-vous mené une étude précise auprès de participants qui ont comparu devant la Commission canadienne des droits de la personne ou le tribunal?

Dans l’affirmative, pourriez-vous nous faire part des points saillants de ce que certains de ces participants vous ont dit? Mr. Clément: Thank you, senator. There is very little research across Canada, but some of the best work being done is in Alberta right now, with the John Humphrey Centre for Peace and Human Rights. Along with us, and others, they have done interviews with staff at human rights commissions, with experts and with people who have gone through the process. M. Clément : Merci, sénatrice. Il y a très peu de recherches au Canada, mais une

partie du meilleur travail se fait actuellement en Alberta, au John Humphrey Centre for Peace and Human Rights qui, avec nous et d’autres, a mené des entrevues auprès du personnel des commissions des droits de la personne, d’experts et de gens qui ont passé à travers le processus. We’re hearing that the mediation process is deeply flawed. People feel bullied and pressured. We’re hearing second-hand comments from staff who are saying things to people pursuing complaints that are not consistent with either the law or the statute. That seems to dismiss the investigatory function.

For example, several people who were interviewed told us that during the informal process, human rights investigators were telling them, “You don’t have a case. You don’t have a chance for moving forward. You should just give it up now.” That is entirely inconsistent with their case. On nous dit que le processus de médiation comporte de graves lacunes. Les gens se sentent intimidés et sous pression. Nous entendons des rumeurs selon lesquelles des membres du personnel disent à des gens qui déposent des plaintes des choses qui ne sont pas conformes au droit ou à la loi. Cela semble écarter la fonction d’enquête.

Par exemple, plusieurs personnes qui ont été interrogées nous ont dit que pendant le processus informel, les enquêteurs sur les droits de la personne leur disaient : « Votre cause est perdue. Vous n’avez pas la possibilité d’aller de l’avant. Vous devriez tout simplement y renoncer maintenant. » C’est tout à fait incompatible avec leur cause. 15-5-2023 Droits de la personne 38:21

We are hearing things like that. We are hearing about people who, after four or five years, simply give up on the system and don’t want to use it again. Part of it is what they are hearing from the people who work in the commissions; part of it is with the system itself and a lack of awareness on it. On entend des choses de ce genre. On entend parler de gens qui, après quatre ou cinq ans, ne croient tout simplement plus au système et ne veulent plus l’utiliser. C’est en

partie ce que disent les gens qui travaillent dans les commissions; c’est en

partie à cause du système lui-même et du manque de sensibilisation à son égard. I’ll wrap up by saying that generally, the theme we’re hearing from people is that the human rights system should be inspiring. It should encourage Canadians to feel like their concerns have been redressed. That is not what we are hearing from people who use the system. Thank you. Je terminerai en disant que, de façon générale, les gens nous disent que le système des droits de la personne devrait être une source d’inspiration. Il devrait encourager les Canadiens à sentir que leurs préoccupations ont été prises en charge.

Ce n’est pas ce que nous disent les gens qui utilisent le système. Merci. Senator Bernard: Are these qualitative studies or quantitative? La sénatrice Bernard : S’agit-il d’études qualitatives ou quantitatives? Mr. Clément: They are qualitative studies. The quantitative studies we have done looked at resolution rates, times to completion, budgets and things like that. There is a lot to be said deriving from those quantitative studies, but these are qualitative interviews with groups and individuals. M. Clément : Ce sont des études qualitatives.

Les études quantitatives que nous avons faites portaient sur les taux de résolution, les délais d’achèvement, les budgets et ce genre de choses. Il y a beaucoup de choses à dire à partir de ces études quantitatives, mais il s’agit d’entrevues qualitatives avec des groupes et des personnes individuellement. Senator Bernard: In those qualitative studies, have people of African descent talked about anti-Black racism in their experiences with the commissions?

La sénatrice Bernard : Dans ces études qualitatives, est-ce que des personnes d’ascendance africaine ont parlé de racisme anti-Noirs dans leurs expériences avec les commissions? Mr. Clément: Yes, senator. One of the curious things about their recent work — and I wouldn’t infer too much from it, it was just the way it statistically turned out — was that the vast majority of our interviewees who agreed to speak with us were involved in race-based complaints.

Even though the majority of complaints involved mental or physical disability, there is a disproportionately high level of people who want to speak about race-based complaints. I don’t want to infer too much from that, but it may say something about the way that people are feeling passionate in terms of concerns about the way the cases are being handled. M. Clément : Oui, sénatrice.

L’une des choses curieuses au sujet de leurs travaux récents — et je n’en déduirais pas grand‑chose, c’est simplement la façon dont les choses se sont déroulées statistiquement —, c’est que la grande majorité des personnes que nous avons interrogées et qui ont accepté de nous parler avaient déposé des plaintes de racisme. Même si la majorité des plaintes concernaient des déficiences mentales ou physiques, il y a un nombre disproportionnellement élevé de personnes qui veulent parler de plaintes fondées sur la race.

Je ne veux pas en déduire grand-chose, mais cela peut en dire long sur la façon dont les gens parlent avec passion de la façon dont les cas sont traités. Senator Bernard: Feeling passionate or not feeling — La sénatrice Bernard : Parler avec passion ou ne pas... The Chair: Thank you, Senator Bernard. We’re out of time. La présidente : Merci, sénatrice Bernard. Le temps est écoulé. Senator Bernard: I wonder if Professor Clément to send us some information on that. La sénatrice Bernard : Je me demande si M. Clément pourrait nous envoyer de l’information à ce sujet.

The Chair: Could you send us some information on that? I think Senator Arnot is still waiting for an answer to his question, if you could maybe give us a written submission. La présidente : Pourriez-vous nous faire parvenir de l’information à ce sujet? Je crois que le sénateur Arnot attend toujours une réponse à sa question, si vous pouviez nous faire parvenir un mémoire écrit. I want to take this opportunity to thank both witnesses for your presentations. Your help with our study is greatly appreciated. Je profite de l’occasion pour remercier les deux témoins de leurs exposés.

Nous vous sommes très reconnaissants de votre aide dans le cadre de notre étude. 38:22 Human Rights 15-5-2023

Honourable senators, I shall now introduce our second panel. The witnesses have been asked to make an opening statement of seven minutes. We shall hear from the witnesses and then questions from the senators. Honorables sénateurs, je vais maintenant présenter notre deuxième groupe de témoins. Les témoins ont été invités à faire une déclaration préliminaire de sept minutes. Nous entendrons les témoins, puis les sénateurs poseront des questions.

With us in person at the table, I wish to welcome from the Public Service Alliance of Canada, Chris Aylward, National President; Tasia Brown, Political Assistant to the National President; and Seema Lamba, Human Rights Officer. From the Association of Justice Counsel, we have David McNairn, President. Nous accueillons en personne, de l’Alliance de la fonction publique du Canada, Chris Aylward, président national, Tasia Brown, adjointe politique du président national, et Seema Lamba, agente des programmes, droits de la personne. De l’Association des juristes de justice, nous accueillons David McNairn, président.

I now invite Mr. Aylward to make his presentation followed by Mr. McNairn. J’invite maintenant M. Aylward à faire son exposé. Il sera suivi de Me McNairn. Chris Aylward, National President, Public Service Alliance of Canada: Thank you for the invitation to be here today. I’m Chris Aylward and I’m the national president of the Public Service Alliance of Canada, also known as PSAC. PSAC is the largest public sector union in the country and we represent over 230,000 workers, including those employed at the Canadian Human Rights Commission.

Chris Aylward, président national, Alliance de la fonction publique du Canada : Je vous remercie de m’avoir invité à comparaître aujourd’hui. Je m’appelle Chris Aylward et je suis le président national de l’Alliance de la fonction publique du Canada, l’AFPC. L’AFPC est le plus important syndicat du secteur public au pays et représente plus de 230 000 travailleurs, y compris ceux et celles qui travaillent à la Commission canadienne des droits de la personne. It is no secret that Black and other equity-deserving federal public sector workers are facing racism and discrimination in their workplaces and communities.

Our members have told us firsthand that systemic discrimination has existed in Canada’s public service for decades and they have been pushing back. Ce n’est un secret pour personne que les Noirs et les autres groupes en quête d’équité du secteur public fédéral font face au racisme et à la discrimination dans leurs milieux de travail et leurs collectivités. Nos membres nous ont dit directement que la discrimination systémique existe dans la fonction publique du Canada depuis des décennies et qu’ils résistent.

Our Black members have launched a class-action lawsuit against the federal public service, filed several grievances and have courageously spoken out publicly, telling their stories of microaggression, employee exclusion and discrimination in their workplaces. This has led to Black public sector workers suffering financial loss, racial trauma and being disproportionately absent from leadership roles.

Nos membres noirs ont intenté un recours collectif contre la fonction publique fédérale, ont déposé plusieurs griefs et ont courageusement dénoncé publiquement leurs histoires de microagressions, d’exclusion des employés et de discrimination dans leurs milieux de travail. Cela a fait en sorte que les travailleurs noirs du secteur public ont subi des pertes financières, ont subi des traumatismes raciaux et ont été absents de façon disproportionnée des postes de direction.

Despite knowing this, it was alarming to hear that our members at the Canadian Human Rights Commission were also facing anti-Black racism, considering the commission’s mandate is to promote and protect human rights through a fair and effective complaint process. This is very telling.

Malgré cela, il était alarmant d’entendre que nos membres qui travaillent à la Commission canadienne des droits de la personne faisaient également face à un racisme anti-Noirs, d’autant plus que le mandat de la commission est de promouvoir et de protéger les droits de la personne par un processus de plainte juste et efficace. C’est très révélateur. Systemic discrimination runs so deep in Canada’s public service that it can be found in the very branch of the government responsible for fighting it.

La discrimination systémique est tellement profonde dans la fonction publique du Canada qu’on la retrouve dans le service même du gouvernement qui est chargé de la combattre. In 2020, we filed a policy grievance on behalf of these members, along with two other bargaining agents: the Association of Justice Counsel, who are here today as well; and the Canadian Association of Professional Employees, or CAPE. I understand they are making a written submission to the commission as well.

En 2020, nous avons déposé un grief de principe au nom de ces membres, avec deux autres agents négociateurs : l’Association des juristes de justice, qui est également ici aujourd’hui, et l’Association canadienne des employés professionnels, ou ACEP. Je crois savoir qu’elle présente également un mémoire écrit à la commission. 15-5-2023 Droits de la personne 38:23

In 2021, the three unions sent a letter to the Auditor General of Canada, highlighting our concerns that the commission was not adequately addressing the race-based complaints, was tokenizing equity-deserving workers and was not consulting with racialized staff on how to concretely address the systemic issues in their organization.

En 2021, les trois syndicats ont envoyé une lettre à la vérificatrice générale du Canada, dans laquelle nous avons souligné nos préoccupations voulant que la commission ne traitait pas adéquatement les plaintes fondées sur la race, procédait à la segmentation en unités des travailleurs en quête d’équité et ne consultait pas le personnel racisé sur la façon d’aborder concrètement les problèmes systémiques au sein de leur organisation.

Although the Treasury Board of Canada Secretariat declared that the commission breached the no discrimination clause in our collective agreements, it failed to provide any proactive steps to meaningfully resolve the issue. Bien que le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada ait déclaré que la commission avait enfreint la clause de non‑discrimination de nos conventions collectives, il n’a pas prévu de mesures proactives pour résoudre véritablement le problème. It is not enough to simply acknowledge racism. We must actively work to prevent it from happening again.

There needs to be a transparent and accountable process in how the commission addresses i

Document details

CollectionSenate Committees
CitationRIDR / Evidence / 38ev-56215
Typecommittee
Volume / chapter441 / Evidence / 38ev-56215
Languageen
Formatpdf
SourceCOMM_SEN
Identifier5208c62d0ab3013221bbd9cf48cc6b8c8afba911

Source file is stored in the law ingest library (pdf).