Senate Committee — RIDR — Evidence — 59ev-57048

RIDR / Evidence / 59ev-57048

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EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Monday, November 18, 2024 OTTAWA, le lundi 18 novembre 2024 The Standing Senate Committee on Human Rights met with videoconference this day at 5:06 p.m. [ET] to examine such issues as may arise from time to time relating to human rights generally. Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se réunit aujourd’hui, avec vidéoconférence, à 17 h 6 (HE), pour examiner les questions qui pourraient survenir concernant les droits de la personne en général. Senator Salma Ataullahjan (Chair) in the chair.

La sénatrice Salma Ataullahjan (présidente) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Chair: Good afternoon, honourable senators. I am Salma Ataullahjan, a senator from Toronto and chair of this committee. Today, we are conducting a public hearing of the Standing Senate Committee on Human Rights. I would invite my honourable colleagues to introduce themselves. La présidente : Bonjour, honorables sénateurs et sénatrices. Je suis Salma Ataullahjan, sénatrice de Toronto et présidente du comité. Aujourd’hui, nous tenons une audience publique du Comité sénatorial permanent des droits de la personne.

J’invite mes honorables collègues à se présenter. Senator Bernard: I’m Wanda Thomas Bernard, a senator from Nova Scotia, Mi’kmaq territory. I am the deputy chair of the committee. La sénatrice Bernard : Je suis Wanda Thomas Bernard, sénatrice de la Nouvelle-Écosse, territoire mi’kmaq. Je suis la vice-présidente du comité. Senator Arnot: Good evening. I’m David Arnot, a senator from Saskatchewan. I live in Saskatoon, which is in the heart of Treaty 6 territory, the homeland of the Métis. Le sénateur Arnot : Bonsoir. Je suis David Arnot, sénateur de la Saskatchewan.

Je vis à Saskatoon, qui est au cœur du territoire visé par le Traité n o 6, la patrie des Métis. Senator Osler: I’m Flordeliz (Gigi) Osler, a senator from Treaty 1 territory, the original lands of the Anishinaabeg, Oji‑Cree, Dakota and Dene peoples and the homeland of the Red River Métis. La sénatrice Osler : Je suis Flordeliz (Gigi) Osler, sénatrice du territoire visé par le Traité no 1, les terres d’origine des Anishinaabek, des Oji-Cris, des Dakotas et des Dénés et la patrie de la nation métisse de la Rivière Rouge. Senator Muggli: I’m Tracy Muggli, a senator from Saskatchewan.

Like Senator Arnot, I am from the heart of Treaty 6 territory, homeland of the Métis. La sénatrice Muggli : Je suis Tracy Muggli, sénatrice de la Saskatchewan. Comme le sénateur Arnot, je viens du cœur du territoire visé par le Traité n o 6, patrie des Métis. The Chair: Welcome, senators, and all those who are following our deliberations. Today, we will be continuing our study of aging out of foster care under its general order of reference. La présidente : Je vous souhaite la bienvenue, sénateurs et sénatrices, ainsi qu’à tous ceux qui suivent nos délibérations.

Aujourd’hui, nous poursuivons notre étude sur la vie après la famille d’accueil au

titre de son ordre de renvoi général. Before we welcome our witnesses, I want to provide a content warning for this meeting. The sensitive topics covered today may be triggering for some people in the room with us as well as those watching and listening to the broadcast. Mental health support for all Canadians is available by phone and text at 988. Senators and parliamentary employees are also reminded that the Senate’s Employee and Family Assistance Program is available to them and offers short-term counselling for both personal and work-related concerns, as well as crisis counselling.

Avant d’accueillir nos témoins, j’ai une mise en garde à faire pour la réunion. Les sujets sensibles abordés aujourd’hui peuvent raviver des souvenirs éprouvants pour certaines personnes dans la salle, ainsi que les observateurs et les téléspectateurs. Un service de soutien en santé mentale est offert à tous les Canadiens par téléphone et par message texte; il suffit de composer le 988.

Je rappelle également aux sénateurs et aux employés parlementaires qu’ils disposent du Programme d’aide aux employés et à la famille du Sénat, qui leur offre un service de counselling à court terme pour les problèmes personnels et professionnels, ainsi qu’un service de counseling en cas de crise. This afternoon, we shall have three panels. In each panel, we shall hear from the witnesses, and then senators around the table will have a question-and-answer session. Cet après-midi, nous recevrons trois groupes de témoins.

Dans chaque groupe, nous entendrons les témoins, puis les sénateurs autour de la table auront une période de questions et de réponses. 18-11-2024 Droits de la personne 59:1

I will now introduce our first panel. Our witnesses have been asked to make a five-minute opening statement. With us, via video conference, from the Manitoba Advocate for Children and Youth’s Office, please welcome Sherry Gott, Advocate for Children and Youth; and, via video conference, from the Office of the New Brunswick Child and Youth Advocate, please welcome Kelly Lamrock, Child and Youth Advocate. Je vais maintenant présenter notre premier groupe de témoins. Nous avons demandé à nos témoins de présenter une déclaration liminaire de cinq minutes.

Par vidéoconférence, veuillez accueillir Sherry Gott, protectrice des enfants et des jeunes, du Bureau du protecteur des enfants et des jeunes du Manitoba; et, par vidéoconférence, souhaitons la bienvenue à Kelly Lamrock, défenseur des enfants et de la jeunesse, du Bureau du défenseur des enfants et de la jeunesse du Nouveau-Brunswick. I will now invite Ms. Gott to make her presentation, to be followed by Mr. Lamrock. J’invite maintenant Mme Gott à présenter son exposé, qui sera suivi de celui de M. Lamrock.

Sherry Gott, Advocate for Children and Youth, Manitoba Advocate for Children and Youth’s Office: Good afternoon. I am in Treaty 1 territory in Winnipeg. Honourable members, thank you for inviting me to contribute to your study on aging out of foster care. Sherry Gott, protectrice des enfants et des jeunes, Bureau du protecteur des enfants et des jeunes du Manitoba : Bonjour. Je me trouve dans le territoire visé par le Traité no 1 à Winnipeg. Honorables sénateurs et sénatrices, merci de m’avoir invitée à contribuer à votre étude sur la vie après la famille d’accueil.

As the Advocate for Children and Youth in Manitoba, the province with the highest rates of child removal and out-of-home placements in Canada, I am very grateful for the opportunity to share some insights based upon the Manitoban context and to amplify the voices of Manitoban youth with lived experiences.

En tant que protectrice des enfants et des jeunes au Manitoba, la province ayant le taux le plus élevé de retrait d’enfants et de placements extérieurs au Canada, je suis très reconnaissante d’avoir l’occasion de vous présenter des observations fondées sur le contexte manitobain et d’amplifier la voix des jeunes Manitobains qui ont une expérience vécue. I want to begin by providing some context for my remarks today.

In Manitoba, as with the rest of Canada, many of the issues that children in care face stem directly from the persistent colonial structures and policies in which the child welfare system is firmly rooted and which ensure the continuation of structural inequities and systemic racism. This includes Canada’s ongoing failure to provide basic resources to Indigenous peoples in the areas of adequate housing, water, income, education, health and healing services. Pour commencer, je veux situer mes commentaires d’aujourd’hui en contexte.

Au Manitoba, comme dans le reste du Canada, bon nombre des enjeux auxquels les enfants en foyer d’accueil font face découlent directement des structures et des politiques coloniales persistantes dans lesquelles le système de protection de l’enfance est solidement ancré et assure le maintien des iniquités structurelles et du racisme systémique. Cela comprend l’échec permanent du Canada de fournir des ressources de base aux populations autochtones dans les domaines du logement adéquat, de l’eau, du revenu, de l’éducation, de la santé et des services de guérison.

It is not a coincidence that Indigenous children and youth are vastly over-represented in the child welfare system across the country. In Manitoba, 91% of children in government care are First Nations, Metis or Inuit. Close to one third of all First Nations children in Manitoba spend time in care during their childhood. The widespread removal of Indigenous children from their families is a grave injustice that in many ways mirrors both the practices and the outcomes of the residential school system and the Sixties Scoop.

Ce n’est pas une coïncidence si les enfants et les jeunes Autochtones sont largement surreprésentés dans le système de protection de l’enfance dans l’ensemble du pays. Au Manitoba, 91 % des enfants pris en charge par le gouvernement sont des membres des Premières Nations, des Métis ou des Inuits. Près du tiers de tous les enfants issus des Premières Nations au Manitoba passeront du temps en foyer d’accueil à un moment de leur enfance.

Le retrait généralisé des enfants autochtones de leur famille constitue une injustice grave qui, à bien des égards, imite les pratiques et les résultats du système de pensionnats et de la rafle des années 1960. My office has had the privilege of speaking to many young people who have spent time in government care, most recently in a project led by youth themselves. Their collective testimony reveals deeply concerning patterns. Many of the young people we have heard from have described the anguish of being separated from their siblings, their cultures and their identities.

Many have been subjected to neglect, abuse, exploitation and Mon bureau a eu le privilège de discuter avec de nombreux jeunes que le gouvernement a pris en charge pendant un certain temps, dont récemment dans un projet dirigé par des jeunes eux‑mêmes. Leur témoignage collectif reflète des modèles très préoccupants. Bon nombre des jeunes que nous avons entendus ont décrit l’angoisse d’être séparés des membres de leur fratrie, de leur culture et de leur identité. Un grand nombre d’entre eux 59:2 Human Rights 18-11-2024

trafficking at the hands of their foster parents. For many who raised concerns about their placements to their social workers, follow-up was either slow, inadequate or non-existent. As one youth explained, “Child welfare is just another form of generational trauma.” ont été victimes de négligence, de mauvais traitements, d’exploitation et de trafic de la part de leurs parents d’accueil. Pour les nombreuses personnes qui ont fait part de leurs préoccupations concernant leur placement à leur travailleur social, le suivi a été soit lent, soit inadéquat, soit inexistant.

Comme un jeune l’a expliqué, « la protection de l’enfance n’est qu’une autre forme de traumatisme générationnel ». Most youth we have spoken to expressed not having the supports and resources they needed while in care, and many felt that their social workers were unreliable and did not care about them. The large majority also expressed that their time in the child welfare system did not adequately prepare them for adulthood.

La plupart des jeunes à qui nous avons parlé ont dit qu’ils n’avaient pas les mesures de soutien et les ressources dont ils avaient besoin lorsqu’ils étaient en famille d’accueil, et un grand nombre d’entre eux estimaient que leurs travailleurs sociaux étaient peu fiables et ne se souciaient pas d’eux. La grande majorité d’entre eux ont également exprimé que le temps qu’ils ont passé dans le système de protection de l’enfance ne les avait pas adéquatement préparés à la vie adulte. In Manitoba, except in special circumstances, youth age out of care when they turn 18.

This legal designation of adulthood often fails to align with a young person’s readiness and ability to navigate adult responsibilities, particularly for youth with cognitive disabilities. One youth, who sadly died this past July, explained their experience like this: “They didn’t teach us anything — no life skills. They basically threw all the kids out and said, ‘There you go; there’s your life.’ You know nothing. You have no education, and you have no money, nothing for you to live your life.

It’s horrible.” Au Manitoba, sauf dans des circonstances spéciales, les jeunes cessent d’être pris en charge à leurs 18 ans. Cette désignation légale de l’âge adulte ne s’aligne souvent pas avec l’état de préparation des jeunes et leur capacité de se retrouver avec des responsabilités adultes, surtout pour les jeunes aux prises avec des déficiences cognitives. Un jeune, malheureusement décédé en juillet dernier, a expliqué son expérience comme suit : « Ils ne nous enseignaient rien. Aucune compétence de vie.

Ils jetaient essentiellement tous les enfants à la rue et disaient : “Allez-y, voici votre vie.” Vous ne savez rien. Vous n’avez aucune éducation et vous n’avez pas d’argent, rien qui puisse vous sauver la vie. C’est horrible. » Hundreds of youth age out of care in Manitoba every year. Some have their files immediately closed, whether they are prepared for it or not. About 75% of youth who age out of care in Manitoba are eligible to receive support from the child welfare system until their twenty-first birthday in the form of AYAs, or Agreements with Young Adults.

However, many are not even made aware of this option, while others decide to actively terminate their involvement with the child welfare system because of their negative experiences with it. For those youth who are on AYAs, some are unable to adequately follow through with what is expected of them for their funding to continue, while others have characterized the financial support they receive as insufficient to meet their basic needs. Des centaines de jeunes cessent d’être pris en charge au Manitoba chaque année. Pour certains d’entre eux, leur dossier est fermé immédiatement, qu’ils y soient ou non préparés.

Environ 75 % des jeunes qui cessent d’être pris en charge au Manitoba sont admissibles à du soutien du système de protection de l’enfance jusqu’à leur vingt et unième anniversaire, sous forme d’accords avec de jeunes adultes, ou AYA. Cependant, nombre d’entre eux ne sont même pas au courant de cette option, alors que d’autres décident de mettre activement fin à leur participation au système de protection de l’enfance à cause des expériences négatives qu’ils ont connues avec celui-ci.

Pour ces jeunes qui ont un accord avec de jeunes adultes, certains ne sont pas à même de donner adéquatement suite à ce qui est attendu d’eux pour que leur financement se poursuive, alors que d’autres ont dit que le soutien financier qu’ils reçoivent ne suffit pas à répondre à leurs besoins élémentaires. We also know that Manitoba’s independent living program for youth aging out of care is rife with problems. Not only are there more kids aging out of care than there are independent living places, but many of the programs are also for profit and do not include accountability or outcome measures.

One youth had this to say about it: “Independent living was probably the worst experience of my life because the set budget didn’t cover rent, didn’t cover food, and it didn’t cover bills. There was Nous savons également que le programme manitobain d’aide à l’autonomie pour les jeunes qui cessent d’être pris en charge regorge de problèmes. Non seulement il y a plus d’enfants qui sortent de la prise en charge qu’il y a de lieux de vie autonome, mais bon nombre des programmes sont aussi à but lucratif et ne comprennent aucune forme de responsabilisation ni mesure des résultats.

Un jeune s’est exprimé ainsi à propos du programme : « La vie autonome était probablement la pire expérience de ma 18-11-2024 Droits de la personne 59:3

zero responsibility from my agency on any of those fronts. I had to find and fend for that stuff myself.” vie, parce que le budget établi ne couvrait pas le loyer, le prix des aliments et les factures. Mon agence n’assumait aucune responsabilité dans ces domaines. J’ai dû trouver ces choses et me débrouiller moi-même. » As I’m sure honourable senators are aware, youth who have aged out of care have notably compromised life outcomes compared to their peers who had never been in care.

In Winnipeg, at least 50% of houseless people have been involved with the child welfare system, with two thirds becoming houseless within the first year of aging out of care. The majority of young people who age out of care in Manitoba also live below the poverty line, with approximately 66% ending up on social assistance one year after aging out of care. Comme les honorables sénateurs le savent sûrement, les jeunes qui ont cessé d’être pris en charge ont des résultats nettement moins bons que leurs pairs qui n’ont jamais été placés en famille d’accueil.

À Winnipeg, au moins 50 % des personnes sans abri ont été placées dans le système de protection de l’enfance, et les deux tiers se retrouvent sans-abri dans la première année suivant la fin de la prise en charge. La majorité des jeunes qui cessent d’être pris en charge au Manitoba vivent également en deçà des seuils de pauvreté, et environ 66 % finissent par bénéficier de l’aide sociale un an après la fin de la prise en charge. But there is hope.

I would invite honourable senators to take a look at the Memengwaa Program from Shawenim Abinoojii Inc. in Manitoba, which has been highly successful in supporting Indigenous youth in and aging out of care because it provides services and supports that are culturally appropriate and holistic. Mais il y a de l’espoir.

J’invite les honorables sénateurs à examiner le programme Memengwaa, de Shawenim Abinoojii Inc., au Manitoba, qui a réussi à aider des jeunes Autochtones en foyer d’accueil et d’autres qui sortaient des foyers d’accueil, car il offre des services et des mesures de soutien adaptés à la culture et holistiques. I dream of a world in which we all work toward developing systems and services that help keep families together wherever possible. I dream of a Canada that is guided by equitable national standards for the provision of supports and services for children and youth who do end up in care.

And I dream of a society in which youth in care do not age out, but are instead provided with the same level of comprehensive care and unconditional support that their peers who are not in care receive. Je rêve d’un monde où nous travaillons tous à l’élaboration de systèmes et de services qui aident à garder les familles ensemble, dans la mesure du possible. Je rêve d’un Canada guidé par des normes nationales équitables pour la fourniture de mesures de soutien et de services destinés aux enfants et aux jeunes qui se retrouvent dans des foyers d’accueil.

Et je rêve d’une société où les jeunes pris en charge ne cessent pas de l’être, mais se voient plutôt offrir le même niveau de soins complets et de soutien inconditionnel que celui que leurs pairs qui ne sont pas pris en charge reçoivent. [Indigenous language spoken] . Thank you for letting me share with you today. [La sénatrice s’exprime en langue autochtone.] Merci de m’avoir permis de m’exprimer aujourd’hui. The Chair: Thank you. Mr. Lamrock? La présidente : Merci. Monsieur Lamrock, vous êtes prêt? Kelly A.

Lamrock, Child and Youth Advocate, Office of the New Brunswick Child and Youth Advocate: Thank you, senator, and good evening, honourable senators. Kelly A. Lamrock, défenseur des enfants et de la jeunesse, Bureau du défenseur des enfants et de la jeunesse du Nouveau-Brunswick : Merci, madame la sénatrice, et bonsoir, honorables sénateurs et sénatrices. I want to first congratulate this committee for taking this issue on. These are often neglected and forgotten voices. At any given time in New Brunswick, we have approximately 800 to 1,000 children in care.

In terms of the Minister of Social Development, as a former minister myself, I know what an awesome responsibility that is. Je tiens d’abord à féliciter le comité d’avoir pris cette question en main. Ces voix sont souvent laissées pour compte et oubliées. À toute période donnée au Nouveau-Brunswick, nous comptons environ 800 à 1 000 enfants en foyer d’accueil. En ce qui concerne le ministre du Développement social, étant moi-même ancien ministre, je sais à quel point il s’agit d’une énorme responsabilité.

One of the things that our office has recently made clear — and this is not atypical in Canada — in New Brunswick, until recent amendments, the government had no obligation to know what was going on with kids in its care. If you asked the Department of Social Development here how many children in L’une des choses que notre bureau a exprimées clairement ces derniers temps — et ce n’est pas atypique au Canada — au Nouveau-Brunswick, jusqu’à de récents amendements, le gouvernement n’avait aucune obligation de savoir ce qui se passait avec les enfants sous sa garde. Si vous demandiez au 59:4 Human Rights 18-11-2024

their care are homeless, how many are in difficulty with the court system, how many go on to post-secondary education and how many are on partial-day plans in high school, they did not know. Amazingly, a reasonably competent parent would know that about their child or someone would call the Department of Social Development.

I think that speaks to how often the government does not take this charge as seriously as they need to. ministère du Développement social combien d’enfants sous ses soins étaient sans-abri, combien avaient des démêlés avec le système judiciaire, combien suivaient des études postsecondaires et combien avaient des plans de demi-journées à l’école secondaire, il ne le savait pas. Étonnamment, un parent raisonnablement compétent saurait ces choses à propos de son enfant, sinon quelqu’un appellerait le ministère du Développement social.

Je pense que cela montre à quel point le gouvernement ne prend pas cette charge aussi au sérieux qu’il le devrait. Our office recently completed a report called Through Their Eyes: The Lives of Children and Youth Living in the Care of the Province in which we interviewed about 200 children who had experienced the care system. I think one thing I would try and transmit to you is how much a child’s world tends to shrink, especially when they’re going through traumatic situations.

What we heard was not lofty demands on government but simple things to be heard and remembered the way children should be when they have loving and caring parents.

The things that we heard most often are things like being told in the middle of the night you had been bureaucratically shuffled to a new home and you had to gather everything in a garbage bag and move for the third time, children who had to change schools and didn’t have their education plan carry over and didn’t even have time to say goodbye to their favourite teacher, or children who were bureaucratically moved to a different group home and suddenly couldn’t keep their spot on the school basketball team or lost their role in the school play.

It was that frustration of not being heard that was the greatest thing. Government bureaucracy is not always built to respond to the needs of children in real time. That is an ongoing challenge that we’ve detailed in a number of reports. Notre bureau a récemment terminé un rapport intitulé À travers leurs yeux : La vie des enfants et des jeunes pris en charge par la province, dans le cadre duquel nous avons interrogé environ 200 enfants qui avaient fait l’expérience du système d’accueil.

Je pense qu’une chose que j’essayerais de vous transmettre, c’est la mesure dans laquelle le monde d’un enfant a tendance à rétrécir, surtout lorsqu’il vit des situations traumatisantes. Ce que nous avons entendu, ce sont non pas des exigences élevées à l’égard du gouvernement, mais des choses simples à entendre et nous nous sommes souvenus de ce que les enfants devraient être lorsqu’ils ont des parents aimants et attentionnés.

Nous avons entendu le plus souvent des histoires, comme se faire dire au milieu de la nuit que vous avez été transféré par la bureaucratie dans une nouvelle maison et que vous devez tout mettre dans un sac de poubelle et déménager pour la troisième fois; des enfants qui ont dû changer d’école, dont le plan d’éducation n’a pas suivi, et qui n’ont même pas eu le temps de dire au revoir à leur enseignant préféré; ou des enfants qui, à cause de la bureaucratie, ont été déménagés dans un foyer de groupe différent, et qui, soudainement, n’ont pas pu garder leur place dans l’équipe de basketball de l’école ou ont perdu leur rôle dans la pièce de théâtre de l’école.

Ce qui ressortait surtout, c’était cette frustration de n’avoir pas été entendu. La bureaucratie du gouvernement n’est pas toujours faite pour répondre aux besoins des enfants en temps réel. C’est un autre défi continu que nous avons décrit dans un certain nombre de rapports. One thing we heard loud and clear when we interviewed those hundreds of kids from the care system, though, was that one of the scariest times, as my colleague from Manitoba just told you, is that period leaving care and launching into adulthood.

I would invite senators to think of when we were all that age, when you’re somewhere between a kid and a grown-up. I went off to university. I wasn’t done being parented. I relied on my parents for advice, for counsel, for budgeting, for emergency assistance and for temporary housing, all those things that we often rely on and take for granted what it is to have a family who helps us with that transition.

Toutefois, une chose que ces centaines d’enfants dans le système d’accueil nous ont exprimée très clairement lorsque nous les avons interrogés, c’était que l’une des périodes les plus effrayantes, comme ma collègue du Manitoba vient de vous le dire, est le moment de la sortie de la prise en charge et de l’entrée dans l’âge adulte. J’invite les sénateurs à se rappeler lorsqu’ils avaient tous cet âge, ce moment entre l’enfance et l’âge adulte. Je suis parti à l’université. Je n’avais pas fini d’être élevé.

Je comptais sur mes parents pour des avis, des conseils, le budget, de l’aide d’urgence et un logement temporaire, toutes ces choses sur lesquelles nous comptons souvent, et nous tenons pour acquis ce que représente le fait d’avoir une famille qui nous aide à faire cette transition.

Kids coming out of care are vastly over-represented in terms of the number of kids who don’t complete high school and wind up in the criminal justice system and tragically with Les enfants qui cessent d’être pris en charge sont grandement surreprésentés pour ce qui est du nombre d’enfants qui ne terminent pas l’école secondaire et se retrouvent dans le système 18-11-2024 Droits de la personne 59:5

homelessness. I think that very vulnerable period of leaving presents one of the great opportunities for the federal government to make a real difference. I know this is a provincial responsibility, but one thing the federal government does have is the power to make transfers to individuals. There could be no better investment than making sure that children in care have a predictable set of benefits, ones that aren’t bureaucratically means-tested to the point of discouraging them from going on but actually responds in a timely way to their real needs. de justice pénale et, tragiquement, dans l’itinérance.

Je pense que cette période très vulnérable du départ présente l’une des plus grandes occasions pour le gouvernement fédéral de vraiment changer la donne. Je sais qu’il s’agit d’une responsabilité provinciale, mais le gouvernement fédéral a le pouvoir de faire des transferts aux particuliers.

Il n’y a pas de meilleur investissement que celui qui vise à s’assurer que les enfants en foyer d’accueil bénéficient d’un ensemble prévisible d’avantages, qui ne sont pas soumis à des critères bureaucratiques axés sur les ressources au point de les décourager de continuer leur chemin, mais qui répondent en temps opportun à leurs besoins réels. The suggestions I would make are to focus on that power to make transfers to individuals. Mes suggestions sont de se concentrer sur ce pouvoir de faire des transferts aux particuliers.

One suggestion is just attacking that time somewhere around age 15 or 16 when children age out of care and making sure there are transitional funding supports that can be counted on. Registered savings plans that are specifically designed for the needs of kids in care in which the government makes contributions early and matches throughout their young adulthood to age 25 is a model that has worked in some U.S. states. Pennsylvania had great success with a program, even one raised through private funding.

Une suggestion consiste à s’attaquer à cette période, vers l’âge de 15 ou 16 ans, lorsque les enfants sortent de la prise en charge, et de s’assurer qu’ils peuvent compter sur des mesures de soutien de financement transitoires. Les régimes d’épargne enregistrés conçus spécialement pour les besoins des enfants en foyer d’accueil, dans lesquels le gouvernement verse des cotisations dès le début et tout au long de leur vie de jeune adulte, jusqu’à l’âge de 25 ans, est un modèle qui a fonctionné dans certains États américains.

La Pennsylvanie a connu un grand succès avec un programme, même s’il était constitué de fonds privés. Legislation that makes sure the children can keep their benefits and savings from some of their benefits like the Child Tax Credit and others would be an excellent amendment. Right now, those are often used by provincial governments to subsidize their expenditures and obligations to their kids rather than preserving them for the children. Making sure the children can keep their own benefits is a model that many federal governments have looked at. I would encourage you to look at the same.

Une loi veillant à faire en sorte que les enfants puissent conserver leurs prestations et leurs économies découlant de certaines de leurs prestations, comme le crédit d’impôt pour enfants et d’autres seraient un excellent amendement. En ce moment, celles-ci sont souvent utilisées par les gouvernements provinciaux pour subventionner leurs dépenses et leurs obligations à l’endroit de leurs enfants plutôt que d’être réservées pour les enfants. S’assurer que les enfants peuvent conserver leurs propres prestations est un modèle que de nombreux gouvernements fédéraux ont envisagé.

Je vous encourage à faire la même chose. Transitional supports to prevent poverty and homelessness are also good. We know that housing first is essential. You cannot plan for a future if you’re struggling to meet your day-to-day needs. Housing supports that allow children exiting care to establish a first residence through rental supports would be a tremendous way to assist children during that vital transition time. Les mesures de soutien transitoire pour prévenir la pauvreté et l’itinérance fonctionnent également. Nous savons que l’approche Logement d’abord est essentielle.

Vous ne pouvez planifier l’avenir si vous avez du mal à répondre à vos besoins quotidiens. Des mesures de soutien qui permettent aux enfants qui cessent d’être pris en charge d’établir une première résidence à l’aide d’une aide au logement seraient un moyen formidable de les aider pendant cette période de transition essentielle. Programs specifically designed, whether through the Canada Student Loan Program or others, for education and training — something we have cited the government for. I think they are getting better in New Brunswick, but it is a common problem.

The kind of bureaucratic means-testing the kids in care go through when they are asked when trying to plan for post‑secondary education is sometimes excessive. We are very focused on the cost of helping a child in care pay for Des programmes conçus spécialement, que ce soit par l’intermédiaire du Programme canadien de prêts aux étudiants ou d’autres, pour l’éducation et la formation... c’est ce que nous avons demandé au gouvernement. Je pense qu’ils s’améliorent au Nouveau-Brunswick, mais c’est un problème courant.

Le type d’évaluation bureaucratique des ressources que subissent les enfants pris en charge lorsqu’on leur demande de planifier leurs études postsecondaires est parfois excessif. Nous nous 59:6 Human Rights 18-11-2024

post‑secondary education without looking at the costs of making that difficult or erecting one more bureaucratic barrier. In fact, if you look at the costs of homelessness and other things that many kids in care enter into, we should be rolling out the red carpet, frankly, for children exiting the care system and going to that kind of system.

Having an easy, predictable way, whether through a non-repayable bursary or other means, that kids in care can count upon to know that post-secondary education is covered and there is a light at the end of the tunnel if they work and apply themselves would be excellent programs. concentrons beaucoup sur ce qu’il en coûte d’aider un enfant pris en charge dans ses études postsecondaires sans nous préoccuper du coût associé à la difficulté ou à l’érection d’un obstacle bureaucratique supplémentaire.

En fait, si vous regardez les coûts de l’itinérance et d’autres choses qui attendent de nombreux enfants en foyer d’accueil, nous devrions déployer le tapis rouge, bien franchement, pour les enfants qui sortent du système de prise en charge et qui se tournent vers ce type de système. Si les enfants pris en charge pouvaient compter sur un moyen facile et prévisible, que ce soit à l’aide d’une bourse non remboursable ou autrement, pour savoir que les études postsecondaires sont couvertes et qu’il y a une lumière au bout du tunnel s’ils travaillent et s’appliquent, on aurait là d’excellents programmes.

I would encourage this committee to look at the groups who are over-represented in care. As my colleague said, those are First Nations and Aboriginal Canadians. Also, children with disabilities are vastly over-represented. Because of the lack of supports, we actually sometimes see parents signing their rights over to the provincial government simply so those kids can get the help they need.

Support for community-based programs and mental health, as well as supports for First Nations — ones that actually provide funds without strings to First Nations’ government, not ones that generate endless reports that nobody reads for a few dollars — would be some of the best ways to help the groups that are over-represented in care. J’encourage le comité à se pencher sur les groupes qui sont surreprésentés dans les foyers d’accueil. Comme ma collègue l’a dit, ce sont les membres des Premières Nations et les Canadiens autochtones. De plus, les enfants handicapés sont largement surreprésentés.

À cause du manque de soutien, nous voyons parfois des parents céder leurs droits au gouvernement provincial simplement pour que ces enfants puissent obtenir l’aide dont ils ont besoin. Le soutien des programmes communautaires et de la santé mentale, ainsi que le soutien offert aux Premières Nations — les initiatives qui fournissent des fonds sans attache au gouvernement des Premières Nations, pas celles qui génèrent des rapports infinis que personne ne lit en échange de quelques dollars — seraient parmi les meilleurs moyens d’aider les groupes surreprésentés dans les foyers d’accueil.

I think that power to make transfers to individuals is the best lever the federal government has. The time I would recommend to you is that vulnerable time when children are leaving care and making sure the entire weight of adulthood doesn’t fall on their shoulders before they are ready and that there are supports that are predictable, they can count on and that are not subject to excessive bureaucratic means-testing. Je pense que le pouvoir de faire des transferts aux particuliers est le meilleur levier à la disposition du gouvernement fédéral.

Je vous recommanderais d’étudier cette période de vulnérabilité lorsque les enfants quittent les soins et de vous assurer que tout le poids de la vie adulte ne repose pas sur leurs épaules avant qu’ils soient prêts, et qu’il existe des mesures de soutien prévisibles sur lesquelles ils peuvent compter, qui ne font pas l’objet d’une évaluation bureaucratique excessive des ressources. With that, I thank the committee for its time. Sur ce, je remercie le comité de son temps. The Chair: Thank you for your presentation. La présidente : Merci de votre exposé. We will now proceed to questions from senators.

Colleagues, you have five minutes for your questions, which includes the answers. We will try to keep to the time. Nous allons maintenant passer aux questions des sénateurs. Chers collègues, vous aurez cinq minutes pour vos questions, et cela comprend la réponse. Nous essaierons de nous en tenir au temps imparti. Senator Arnot: Thank you to the witnesses for coming today. I have a question for both witnesses, and I would like them to address a few issues. Le sénateur Arnot : Je remercie les témoins d’être venus aujourd’hui. J’ai une question pour les deux témoins, et j’aimerais qu’ils abordent quelques aspects.

This has been a longstanding problem that has been identified by you and others. We’re hearing that we need to see transitional housing programs and wraparound supports for students in provinces. I think this is an area that our committee might look into in more detail or perhaps make recommendations about. Do C’est un problème de longue date que vous et d’autres avez reconnu. Nous entendons dire qu’il doit y avoir des programmes de logement transitoire et des services de soutien globaux pour les étudiants des provinces.

Je pense que c’est un domaine sur lequel notre comité pourrait se pencher plus en détail ou 18-11-2024 Droits de la personne 59:7

you know any best models? I know, Mr. Lamrock, you mentioned one of the states in the United States, but where are the best models to do this? It’s fundamentally wrong to push young people out onto the street. We know that; the case has been made. What are the barriers to implementing those kinds of programs? You’ve seen them all, I’m sure, both in Manitoba and New Brunswick. What suggestions would you have for us? I know Mr. Lamrock has been quite strong on the power to make transfers to individuals.

Maybe you can amplify how that works and why you think it is one of the best recommendations we can make. peut‑être formuler des recommandations. Connaissez-vous des modèles exemplaires? Je sais, monsieur Lamrock, que vous avez mentionné un des États américains, mais quels sont les meilleurs modèles pour le faire? Il est fondamentalement inacceptable de pousser les jeunes à la rue. Nous le savons; les arguments ont été présentés. Quels sont les obstacles à la mise en œuvre de ces types de programmes? Vous les avez tous vus, j’en suis sûr, au Manitoba et au Nouveau-Brunswick.

Quelles suggestions avez‑vous pour nous? Je sais que M. Lamrock a beaucoup insisté sur le pouvoir de faire des transferts aux particuliers. Vous pouvez peut-être en dire plus sur ce fonctionnement et expliquer pourquoi vous pensez qu’il s’agit d’une des meilleures recommandations que nous pouvons faire. Mr. Lamrock: Senator, I’ve seen this experience not only as a minister before I was an advocate but also as a parent. My oldest daughter, Sarah, joined our family when she was 14 from the care system. Watching her go through some of those transition programs, even with the support she had, was interesting to me.

M. Lamrock : Sénateur Arnot, j’ai vu cette expérience non seulement comme ministre, avant d’être défenseur des droits, mais aussi en tant que parent. Ma fille aînée, Sarah, s’est jointe à notre famille lorsqu’elle avait 14 ans; elle venait du système de foyers d’accueil. J’ai trouvé intéressant de la regarder naviguer dans certains de ces programmes de transition, même avec le soutien qu’elle a reçu. Anything that is easily accessible is extremely important.

For instance, if there can be established savings accounts that are set up beforehand that a child is able to access that matches funds — that was the Pennsylvania program. They actually did it through private donations, as sometimes these things are in the states with their approach to social safety nets. They found a tremendous decrease in homelessness and dropout rates simply by making sure children could develop savings in their own time. Tout ce qui est facilement accessible est extrêmement important.

Par exemple, si l’on peut établir à l’avance des comptes d’épargne auxquels un enfant peut accéder, qui fournissent des fonds de contrepartie… C’était le programme de la Pennsylvanie. Elle l’a fait à l’aide de dons privés, comme le font parfois les États, avec leur approche à l’égard des filets de sécurité sociale. Ils ont constaté une diminution énorme de l’itinérance et des taux de décrochage simplement en s’assurant que les enfants pouvaient épargner à leur propre rythme. I do think some kind of a direct transfer for education is important. There is a myriad of programs now, some of which are complex.

The part that stays with me was when Sarah came upstairs and said, “Kelly, I don’t know how to answer this question. They’re asking me if I am in the care of the Minister of Social Development.” It was funny, because I was the Minister of Social Development at the time, but the question didn’t mean that. There were so many forms and so many different programs. Je pense qu’un certain type de transfert direct pour l’éducation est important. Il existe maintenant une myriade de programmes, dont certains sont complexes.

Je n’oublierai jamais le moment où Sarah est arrivée à l’étage et a dit : « Kelly, je ne sais pas comment répondre à cette question. Ils me demandent si je suis prise en charge par le ministre du Développement social. » C’était drôle, car j’étais ministre du Développement social à l’époque, mais ce n’est pas ce que la question voulait dire. Il y avait tellement de formulaires et tellement de programmes différents. When I taught at St. Thomas, we were one of the universities with the highest number of first-generation students in the country.

We created a program that had a guaranteed minimum scholarship if your marks were at a certain threshold. For kids coming from backgrounds where post-secondary education isn’t usually traditional, guaranteed funding and a clear goal to work toward made a tremendous difference. Lorsque j’enseignais à St. Thomas, nous étions l’une des universités comptant le plus grand nombre d’étudiants de première génération au pays. Nous avons créé un programme qui offrait une bourse minimum garantie aux étudiants dont les notes atteignaient un certain seuil.

Pour les enfants venant de milieux où il n’était pas habituel de faire des études postsecondaires, le financement garanti et un objectif clair à atteindre contribuaient vraiment à changer les choses. I think those two are absolutely essential. I know there are about 20 U.S. states that also have legislation allowing children to bank their benefits in a savings account; it’s supported that Je pense que ces deux éléments sont absolument essentiels. Je sais qu’environ 20 États américains ont une loi qui permet aux enfants de verser leurs prestations dans un compte d’épargne; 59:8 Human Rights 18-11-2024

way. I can provide the committee with some of the written examples afterward. c’est ainsi qu’on les aide. Je pourrai par la suite fournir au comité quelques exemples par écrit. Senator Arnot: Thank you. Le sénateur Arnot : Merci. Ms. Gott, do you have any comments on that? It’s the same question. Madame Gott, avez-vous des commentaires à ce sujet? C’est la même question. Ms. Gott: I talked about the Memengwaa Program here in Winnipeg, which is currently run by an agency. It provides holistic supports to all the children in care. It allows flexibility.

There is proper resourcing, staffing and financial programming. It has some of the best outcomes for the children who are attached to that program. There needs to be more of that throughout the systems because that is lacking in the system right now. Children are aging out into homelessness, which is not a good thing. Mme Gott : J’ai parlé du programme Memengwaa ici à Winnipeg, qui est actuellement dirigé par une agence. Il fournit un soutien holistique à tous les enfants pris en charge. Il permet une flexibilité. Il y a des ressources, du personnel et des programmes financiers adéquats.

Il produit parmi les meilleurs résultats qui soient pour les enfants associés à ce programme. Il faut plus de ce type de programmes dans l’ensemble des systèmes, car c’est ce qui manque actuellement au système. Les enfants qui cessent d’être pris en charge tombent dans l’itinérance, ce qui n’est pas une bonne chose. The Chair: I see we have been joined by another colleague. I would like her to introduce herself. La présidente : Je vois qu’un autre collègue se joint à nous. J’aimerais l’inviter à se présenter. [Translation] [Français] Senator Gerba: Amina Gerba, Rigaud division, Quebec.

La sénatrice Gerba : Amina Gerba, de la division de Rigaud, au Québec. [English] [Traduction] Senator Bernard: Thank you to both witnesses. La sénatrice Bernard : Merci aux deux témoins. My first question will be for Ms. Gott. In your very compelling testimony, you reminded us of the residential schools and the Sixties Scoop. We’ve certainly heard from others that what’s been happening with Indigenous children in the child welfare system is a continuation of those; I think that is clearly what you were saying. You were highlighting the multigenerational trauma. Ma première question s’adresse à Mme Gott.

Dans votre témoignage très convaincant, vous nous avez rappelé les pensionnats et la rafle des années 1960. Nous avons certes entendu d’autres personnes nous dire que ce qui s’est passé avec les enfants autochtones dans le système de protection de l’enfance est la continuation de ces événements; je pense que c’est clairement ce que vous disiez. Vous mettiez en lumière le traumatisme multigénérationnel. I’d like you to tell us a bit more. You ended on a message of hope because of the program you were identifying in Manitoba — I’m sorry, but I couldn’t catch the name of it.

Could you tell us a bit more about that program? How does it work? What is so significant about it, and what kinds of differences is it making? J’aimerais vous entendre davantage à ce sujet. Vous avez terminé sur un message d’espoir créé par le programme que vous nommiez au Manitoba. Je suis désolée, mais je n’ai pas saisi le nom. Pourriez-vous nous en dire un peu plus à propos de ce programme? Comment fonctionne-t-il? Qu’est-ce qui est si important dans ce programme, et quelle différence apporte-t-il? Ms. Gott: It’s called Memengwaa. I can send you the outline for it. It is a highly successful program.

It actually received a Making the Shift Youth Homelessness Prevention Award here in Manitoba. It’s based in Winnipeg. It provides a range of services that are designed to support young people in their path to adulthood and independence. It’s been developed to support young people who have been in the child welfare system and are at risk of being homeless. It responds to those needs with relationship-based approaches to service delivery. The team’s approach is from a place of humility. They are nonjudgmental.

They work with the kids with an open heart, and they work with Mme Gott : Le programme s’appelle Memengwaa. Je peux vous en faire parvenir les grandes lignes. C’est un programme qui connaît un grand succès, et qui a même reçu le prix pour la prévention de l’itinérance chez les jeunes de l’initiative Changer de direction au Manitoba. Il est établi à Winnipeg. Il fournit un éventail de services conçus pour soutenir les jeunes dans leur cheminement vers la vie adulte et l’indépendance.

Il a été élaboré pour aider les jeunes qui ont été dans le système de protection de l’enfance et qui risquent de se retrouver sans abri. Pour répondre à ces besoins, il se fonde sur des approches à l’égard de la prestation de services axées sur les relations. Les 18-11-2024 Droits de la personne 59:9

other organizations in the system. It’s a First-Nations-led approach that meets the needs of the youth who are aging out of care during their transition. membres de l’équipe font preuve d’humilité et ne posent aucun jugement. Ils travaillent avec les enfants en leur ouvrant leur cœur et collaborent avec d’autres organisations dans le système. C’est une approche dirigée par les Premières Nations qui répond aux besoins des jeunes qui sortent de la prise en charge pendant leur transition. Senator Bernard: How long has it been in existence? La sénatrice Bernard : Depuis combien de temps existe-t-il? Ms.

Gott: I think it has been about four years now. I know kids come in there and are provided a home base. They are also provided their own privacy, with supports attached. Mme Gott : Je pense que cela fait maintenant quatre ans. Je sais que les enfants y sont accueillis et qu’ils y trouvent un foyer. On leur donne également leur propre vie privée, avec des mesures de soutien. Senator Bernard: Thank you. La sénatrice Bernard : Merci. My next question is for Mr. Lamrock, and it follows my colleague Senator Arnot’s question around promising practices.

In Nova Scotia — I’m sure you’re aware of this — a number of universities and community colleges have a tuition-waiver program. Are you familiar with such programs, and do you feel they could have an impact on youth aging out of care? Ma prochaine question s’adresse à M. Lamrock, et elle fait suite à la question de mon collègue, le sénateur Arnot, concernant des pratiques prometteuses. En Nouvelle-Écosse — je suis sûre que vous le savez —, un certain nombre d’universités et de collèges communautaires offrent un programme de subvention des frais de scolarité.

Êtes-vous au courant de programmes de ce type, et pensez-vous qu’ils pourraient avoir une incidence sur les jeunes qui cessent d’être pris en charge? Mr. Lamrock: Thank you, senator. I am aware of Nova Scotia’s program. I think it is an extremely promising practice. M. Lamrock : Merci, sénatrice. Je connais le programme de la Nouvelle-Écosse. Je pense que c’est une pratique extrêmement prometteuse. If there is one thing we’ve learned about students who are coming from non-traditional backgrounds, for participating in post-secondary education, certainty is a tremendous tool in increasing participation.

The more you can make the path clear and predictable that if you work hard and you’ve earned the kind of marks where you belong, that you’ll be there. The more uncertainty you introduce — these are children who have good reason not to be terribly trusting of structures, so everything from very micro programs — if we look at things like in the United States, there are examples of schools started with a charter of actually being open to students from non-traditional backgrounds who themselves promise tuition waivers. Nova Scotia is a good example, as is St. Thomas.

We saw a huge increase in students from non-traditional backgrounds by having a guaranteed scholarship program. Si nous avons appris une chose au sujet des étudiants issus de milieux non traditionnels, c’est que la certitude est un outil formidable pour accroître leur participation aux études postsecondaires. Plus on peut rendre le parcours clair et prévisible, plus on peut dire que, si vous travaillez dur et que vous obtenez les notes qui vous reviennent, vous y parviendrez.

Plus on introduit d’incertitude — ce sont des enfants qui ont de bonnes raisons de ne pas faire confiance aux structures, donc tout ce qui vient de microprogrammes... Regardons ce qui se fait aux États-Unis. Il existe des exemples d’écoles qui ont commencé avec une charte; elles sont ouvertes aux étudiants issus de milieux non traditionnels et elles promettent des exonérations des frais de scolarité. La Nouvelle-Écosse est un bon exemple, tout comme l’Université St. Thomas.

Nous avons constaté une augmentation considérable du nombre d’étudiants issus de milieux non traditionnels grâce à un programme de bourses garanties. I recently did cite the provincial government for — in fact, when we recently did our child protection legislation and amendment, I asked the legislature for it and was successful in getting it — establishing the right to pursue post-secondary education consistent with your abilities as a right. One of the reasons that is so important is before, there was a sense of, “Well, tell me what you want to take. Let’s see.

We’ll have to see what the jobs are in that area.” It’s the kind of discouragement that parents probably wouldn’t do with their own children, and it came from this idea of means-testing being J’ai récemment fait référence au gouvernement provincial pour avoir établi le droit de poursuivre des études postsecondaires en fonction de ses capacités — en fait, lorsque nous avons récemment adopté notre

loi sur la protection de l’enfance et que nous avons modifié cette loi, j’en ai fait la demande à l’Assemblée législative et j’ai réussi à obtenir ce droit. Une des raisons pour lesquelles c’est si important, c’est qu’avant, on demandait : « Eh bien, dis-moi ce que tu veux faire. Regardons… On verra quels sont les emplois dans ce domaine ». C’est le genre de dissuasion que les parents ne feraient 59:10 Human Rights 18-11-2024

somehow important because, oh heaven forbid, we might fund somebody for doing the wrong kind of program, instead of asking what is the cost of driving out kids who are already vulnerable. probablement pas avec leurs propres enfants, et cela vient de l’idée selon laquelle l’évaluation des ressources est en quelque sorte importante parce que — Dieu nous en garde — nous pourrions financer quelqu’un qui propose le mauvais type de programme, au lieu de nous demander quel est le coût lié à l’expulsion d’enfants qui sont déjà vulnérables.

So I think you are exactly right to turn your mind to those kinds of predictable programs with clearly defined benefits and supports and ones that make that path evident to children who are wondering whether or not it is worth the effort. Je pense donc que vous avez tout à fait raison de vous tourner vers ce genre de programmes prévisibles avec des avantages et des soutiens très bien définis et qui montrent clairement ce chemin aux enfants qui se demandent si cela en vaut la peine. Senator Osler: Thank you to both witnesses for being here today. I have is a question for you, but I will start with Ms. Gott.

La sénatrice Osler : Je remercie les deux témoins d’être avec nous aujourd’hui. J’ai une question pour vous, mais je vais commencer par Mme Gott. Ms. Gott, you spoke about the agreements with young adults. That’s the program, as you said, whereby the Director of Child and Family Services may continue to provide care to support youth up to the age of 21 as they transition to independence. Could you please talk to us about that program? Can you highlight any aspects of the program which you think we really should be aware of?

And the flip side to that: Are there any aspects of the program that you think could be strengthened or changed? Madame Gott, vous avez parlé des ententes avec les jeunes adultes. C’est le programme, comme vous l’avez dit, en vertu duquel le directeur des Services à l’enfant et à la famille peut poursuivre la prise en charge afin de soutenir les jeunes jusqu’à l’âge de 21 ans pendant leur transition vers l’indépendance. Pourriez-vous nous parler de ce programme? Pouvez-vous souligner des aspects du programme que nous devrions tous connaître, à votre avis?

Et, par ailleurs, y a-t-il des aspects du programme qui, selon vous, pourraient être renforcés ou modifiés? For Mr. Lamrock, you recommended transfers to individuals so that youth aging out of care would have predictable financial support, but this committee has heard concerns that youth aren’t provided with financial literacy skills. I was wondering if you could talk to that as well. Ensuite, monsieur Lamrock, vous avez recommandé des transferts à des particuliers afin que les jeunes qui ne sont plus pris en charge bénéficient d’un soutien financier prévisible.

Toutefois, le comité a entendu des préoccupations concernant le fait que les jeunes n’acquièrent pas de compétences en littératie financière. Je me demandais si vous pouviez également nous en parler. Ms. Gott, perhaps we will start with you. Madame Gott, nous pouvons peut-être commencer par vous. Ms. Gott: Well, for youth who are aging out of care, planning starts at 16, according to regulation and standards here in Manitoba.

If children are to remain in care, the social worker is expected to start planning at the age of 16, and then they apply to government for permission to keep that child in care or to provide funding. We’ve had some successes where children remain in care because of the lack of support and services that are needed for them to be successful. Mme Gott : Eh bien, pour les jeunes qui ne sont plus pris en charge, la planification commence à 16 ans, selon la réglementation et les normes en vigueur au Manitoba.

Si les enfants doivent rester pris en charge, le travailleur social doit commencer à planifier à l’âge de 16 ans, puis il demande au gouvernement la permission de poursuivre la prise en charge de l’enfant ou de lui fournir un financement. Nous avons connu un certain succès dans des cas où des enfants restent pris en charge en raison du manque de soutien et de services dont ils ont besoin pour réussir. We also have a program in Manitoba called the Keith Cooper Scholarship where children who are in care can access funding so they can go to university or college. We’ve had some successes.

I recently attended an awards ceremony called Voices where children were honoured for going to university or college. We actually had a former youth in care graduate with a doctorate. That was really impressive. There were also other youth who graduated with other diplomas and degrees. When they remain in care, there is support. There is access to services, Nous avons également un programme de bourses d’études au Manitoba, appelé Keith Cooper Scholarship, qui permet aux enfants pris en charge d’accéder à un financement pour aller à l’université ou au collège. Nous avons connu quelques réussites.

J’ai récemment assisté à une cérémonie de remise de prix intitulée Voices, où des enfants ont été honorés pour avoir fréquenté l’université ou le collège. Nous avons même eu un ancien jeune pris en charge qui a obtenu un doctorat. C’était vraiment impressionnant. Il y avait aussi d’autres jeunes qui ont 18-11-2024 Droits de la personne 59:11

wraparound supports, housing and funding, that is very minimal but it still supports them. obtenu d’autres diplômes et grades. Lorsqu’ils restent pris en charge, ils bénéficient d’un soutien. Ils ont accès à des services, à des soutiens complets, à un logement et à un financement, qui est très minime, mais qui les aide quand même. I think increasing the age to 26 — possibly 29 — would also support children who want to remain in care. Je pense que l’augmentation de l’âge à 26 ans — peut-être même à 29 ans — aiderait également les enfants qui souhaitent rester pris en charge. Mr.

Lamrock: We also have a program called the Youth Engagement Services. Thanks to changes in our legislation, that now goes to age 25. Some of the same things my colleague spoke about are there — access to financial counselling, access to housing supports. We have a big challenge getting government departments to work together with integrated services, but we are getting there. M. Lamrock : Nous avons aussi le programme des Services d’engagement jeunesse. Grâce aux changements apportés à notre législation, ce programme s’applique désormais jusqu’à l’âge de 25 ans.

Certains des éléments dont ma collègue a parlé sont présents, comme l’accès à des conseils financiers et à des aides au logement. Nous avons beaucoup de mal à faire en sorte que les ministères collaborent pour offrir des services intégrés, mais nous allons y parvenir. You specifically asked me about the balance between wanting to provide financial supports but also understanding that, for some of the same factors I spoke about, children at 16 who haven’t necessarily had a lot of support in their lives don’t always have the kind of budgeting supports.

Vous m’avez demandé précisément quel était le juste milieu entre la volonté d’offrir un soutien financier et le fait de comprendre que, pour certains des mêmes facteurs dont j’ai parlé, les enfants de 16 ans qui n’ont pas nécessairement reçu beaucoup de soutien dans leur vie n’ont pas toujours les ressources dont ils ont besoin pour établir un budget. I have mentioned a couple of ideas about earmarking funds for housing and post-secondary, and I think that’s important. I also think, though, it is important that we don’t overregulate it to the point where nothing good can happen.

Sometimes governments are guilty of that. We are so afraid somebody will make a bad decision that we keep people from making any good decisions. I know with First Nations governments, I’m always struck by how much, despite centuries of failing First Nations people, we come and say, “Look, you have to fill out all these forms and do all of this to get a little bit of help because you might misspend it,” even though absolutely nothing suggests that we are better at it.

For a lot of kids in care, there is going to be a natural distrust: “Wait a minute, you have not been there for me a whole lot throughout my life, and now you are going to tell me . . .” I have often said any post-secondary education beats none, and making it easy is often a better way of doing it. J’ai mentionné quelques idées concernant l’affectation de fonds au logement et à l’éducation postsecondaire, et je pense que c’est important. Je pense également qu’il est important de ne pas surréglementer ces services au point où rien de bon ne puisse se produire. Les gouvernements sont parfois coupables à cet égard.

Nous avons tellement peur que quelqu’un prenne une mauvaise décision que nous empêchons les gens de prendre de bonnes décisions. Je sais que, en ce qui concerne les gouvernements des Premières Nations… Je suis toujours frappé par le fait que, malgré des siècles où nous avons laissé tomber les Autochtones, nous leur disons : « Écoutez, vous devez remplir tous ces formulaires et faire tout cela pour obtenir un peu d’aide, car vous risquez de gaspiller cet argent », même si absolument rien ne permet de croire que nous sommes meilleurs dans ce domaine.

Chez beaucoup d’enfants pris en charge, la méfiance est naturelle : « Attendez une minute, vous n’avez pas été là pour moi tout au long de ma vie, et maintenant vous allez me dire… » J’ai souvent dit que n’importe quelle éducation postsecondaire vaut mieux que rien, et que la meilleure façon de procéder est souvent de faciliter les choses. I think you can earmark certain supports for housing and post- secondary education that come early, maybe before access to savings accounts that could kick in later. That’s one way to make sure that the basics are taken care of.

But in some ways, too, the risk of bad decisions by the individual is not an excuse for government not to front-end those supports at that vulnerable time because right now, frankly, government decisions are not serving these kids well. Je pense que vous pouvez affecter plus tôt certaines aides au logement et à l’éducation postsecondaire, peut-être avant l’accès aux comptes d’épargne, qui pourraient être ouverts plus tard. C’est une façon de garantir la prise en charge des besoins de base.

Mais d’une certaine manière, le risque que la personne prenne de mauvaises décisions ne constitue pas une excuse pour que le gouvernement ne fournisse pas ces mesures de soutien en amont à ces moments de vulnérabilité, car à l’heure actuelle, les décisions gouvernementales ne servent pas bien ces enfants. Senator Osler: Thank you very much to both of you. La sénatrice Osler : Merci beaucoup à vous deux. 59:12 Human Rights 18-11-2024

Senator Muggli: Thank you both for being here today. I really appreciate it. La sénatrice Muggli : Merci à vous deux d’être ici aujourd’hui. Je vous en suis vraiment reconnaissante. I think Senator Bernard and I are on the same wavelength. It might be because we’re both social workers. I was going to ask pretty much the same question. I was curious about the Memengwaa Program. I will be curious to learn a little more about the program. I didn’t hear you say until what age the program carries youth through.

My question was around what you think are the top two or three features or interventions of that program that make it so successful. Je pense que la sénatrice Bernard et moi sommes sur la même longueur d’onde. C’est peut-être parce que nous sommes toutes les deux des travailleuses sociales. J’allais poser à peu près la même question. J’étais curieuse au sujet du programme Memengwaa. J’aimerais en savoir un peu plus sur le programme. Je ne vous ai pas entendu dire jusqu’à quel âge le programme accompagne les jeunes.

Ma question porte sur les deux ou trois principales caractéristiques ou interventions de ce programme qui, selon vous, en font un programme si efficace. Ms. Gott: I think right now they offer it up to 26. I think what makes it successful is that youth are engaged. Wraparound supports are provided. It is First Nation-led. That’s the other thing. There is a team approach to it. The results are that the young people feel involved, and they have a sense of belonging, ownership and responsibility. I visited the facility when I first came into my role, and it was amazing. There is culture there. There are elders.

The workers are there 24 hours. They provide support as much as the kids need it. It is called Memengwaa. Mme Gott : Je pense qu’à l’heure actuelle, il est offert aux jeunes jusqu’à l’âge de 26 ans. Je pense que sa réussite est attribuable au fait que les jeunes sont mobilisés. Des soutiens complets sont fournis. Le programme est dirigé par les Premières Nations. C’est l’autre chose. Il y a une approche d’équipe. Les résultats montrent que les jeunes se sentent concernés et qu’ils ont un sentiment d’appartenance, de prise en main et de responsabilité.

J’ai visité l’établissement lorsque je suis entrée en fonction, et c’était incroyable. Il y a une culture là-bas. Il y a des aînés. Les travailleurs sont là 24 heures sur 24. Ils offrent du soutien autant que les enfants en ont besoin. Il s’agit de Memengwaa. Senator Muggli: I’m sure the 24-hour presence is a big part of it. I provided leadership for youth mental health for a long time. One of the key pieces I recognize is points of transition in kids’ lives.

Our staff used to always be the busiest with the Grade 8 kids who were transitioning to Grade 9, that transition out of high school into what is next, never mind being in this situation. La sénatrice Muggli : Je suis sûre que la présence 24 heures sur 24 y contribue grandement. J’ai longtemps assuré le leadership en matière de santé mentale des jeunes. Je reconnais l’un des éléments clés, soit celui des moments de transition dans la vie des enfants.

Notre personnel était toujours le plus occupé avec les enfants de 8e année qui faisaient la transition vers la 9e année, cette transition entre l’école secondaire et la prochaine étape, surtout dans cette situation. Mr. Lamrock, you were talking about a Housing First approach. I am familiar with Housing First, and there has been great success in some of the programs, albeit it seems many of them have had to rely on fundraising and to fight for funding. I am curious what you think might be the specific supports in that type of model that would help youth be successful in that transition.

Monsieur Lamrock, vous parliez de l’approche Logement d’abord. Je connais bien Logement d’abord, et certains programmes ont connu un grand succès, même s’il semble que bon nombre d’entre eux aient dû compter sur la collecte de fonds et se démener pour obtenir du financement. Je suis curieuse de savoir quels pourraient être, selon vous, les soutiens particuliers dans ce type de modèle qui aideraient les jeunes à réussir cette transition. Mr.

Lamrock: I think probably from a federal government perspective — and I say that because, operationally, you have a far more limited set of levers than the provincial Minister of Social Services is going to have. That kind of direct, predictable support to individuals that then might be — particularly if you protect it from being clawed back by provincial governments, that is often one of the best ways. If there are dollars in the individual’s hand, then they confront the rental market and the housing market where they are. M.

Lamrock : Je pense que du point de vue du gouvernement fédéral — et je dis cela parce que, sur le plan opérationnel, vous disposez d’un ensemble de leviers beaucoup plus limité par rapport aux ministres des Services sociaux des provinces… Ce type de soutien direct et prévisible aux particuliers pourrait alors être souvent l’une des meilleures façons de les aider, surtout si vous protégez ce soutien contre la récupération par les gouvernements provinciaux.

Si les particuliers ont de l’argent entre les mains, ils peuvent alors faire face au marché locatif et au marché du logement, là où ils se trouvent. 18-11-2024 Droits de la personne 59:13

If we were asking this in a New Brunswick legislative committee, you might hear far more thoughts from the former social services minister. But from the federal government, senator, I think probably in many ways, when the federal government does well, it’s because it writes cheques in the right targeted way. I think that support to an individual rather than trusting it to trickle through provinces — our experience here has not been exceptional in terms of departments not just throwing that into general revenue.

Si on posait cette question au sein d’un comité législatif du Nouveau-Brunswick, on entendrait peut-être beaucoup plus de réflexions de la part de l’ex-ministre des Services sociaux. Mais du point de vue du gouvernement fédéral, sénatrice, je pense que, à bien des égards, lorsque le gouvernement fédéral réussit, c’est probablement parce qu’il signe des chèques ciblés de la bonne manière.

Je pense que le soutien aux particuliers plutôt que l’argent versé au compte-gouttes par les provinces… Notre expérience ici n’a pas été exceptionnelle — les ministères ne versent pas simplement cet argent dans les recettes générales. Senator Muggli: I do recall a time when the Mental Health Commission of Canada piloted at least three Housing First programs in three different provinces and provided seed money for that pilot, but for the carry-out, even if they were successful, the provinces would need to step in and support that going forward. I understand what you’re saying. Thank you.

La sénatrice Muggli : Je me souviens d’une époque où la Commission de la santé mentale du Canada avait mis à l’essai au moins trois programmes Logement d’abord dans trois provinces différentes et avait fourni des fonds de démarrage pour ce projet pilote, mais pour la mise en œuvre — même si le projet était couronné de succès —, les provinces devaient intervenir et soutenir le projet à l’avenir. Je comprends ce que vous dites. Merci. [Translation] [Français] Senator Gerba: Again, I apologize for being late today. Thank you to our witnesses. I hope I can ask my question in French.

La sénatrice Gerba : Encore une fois, désolée pour mon retard aujourd’hui. Merci à nos témoins. J’espère que je peux poser ma question en français. In its concluding observations, the UN Committee on the Rights of the Child made specific recommendations for Canada. One of the committee’s recommendations was to establish an independent office at the federal level for monitoring children’s rights, with a mandate to produce public reports. What are your thoughts on that recommendation?

Dans ses observations finales, le Comité des droits de l’enfant des Nations unies a fait des recommandations spécifiques pour le Canada. Parmi ces recommandations, par exemple, on peut voir que le comité recommande la création d’un bureau indépendant à l’échelon fédéral pour surveiller le respect des droits de l’enfant, avec le mandat de produire des rapports publics. Que pensez‑vous de cette recommandation? Mr. Lamrock: I can start. This is something we support, and I’m sure most of my colleagues in Canada would agree.

Essentially, the purpose of federal government accountability with respect to children under the UN Charter is to give a voice to under-represented groups of children in society in general, and that’s a good thing. If the federal government wanted to go ahead and establish such an office, we would definitely support that. M. Lamrock : Je peux y aller en premier. Certainement — et je crois que la majorité de mes collègues au Canada sont probablement de la même opinion —, c’est une chose que l’on appuie.

La responsabilité du gouvernement fédéral pour les actions envers les enfants en vertu de la Charte des Nations unies sert simplement à donner une voix aux groupes d’enfants sous‑représentés dans la société en général, et c’est une bonne chose. Si le gouvernement fédéral avait le goût de poursuivre avec la création d’un tel bureau, on appuierait certainement cela. Senator Gerba: Is that a recommendation, or, actually, would that recommendation lead to specific benefits? What benefits do you think such an office would provide? Is this a standard we see internationally?

La sénatrice Gerba : Est-ce une recommandation, ou plutôt, cette recommandation viendrait-elle avec des avantages bien précis? Selon vous, quels avantages apporterait un tel bureau? Est-ce une norme qu’on retrouve à l’international? Mr. Lamrock: Many countries have such an office at the federal level. There’s probably a reason why, in Canada, each province has a children’s rights organization. First, generally, we have the right to conduct mandatory investigations at the ministry, to supply information and answer questions in order to be accountable for decisions made. Public reporting is another important thing.

Those are probably things you would see in many international offices. M. Lamrock : C’est un bureau qui existe au fédéral dans bien des pays. Au Canada, il y a probablement une raison expliquant qu’il y a un organisme qui défend les droits des enfants dans toutes les provinces. Premièrement, généralement, nous avons le droit de mener les enquêtes obligatoires au ministère, de fournir l’information et de répondre aux questions afin d’être responsables des décisions qui ont été prises. L’habileté d’avoir des rapports publics est une deuxième chose importante. Ce sont 59:14 Human Rights 18-11-2024

probablement des choses que vous verriez dans beaucoup de bureaux internationaux. For example, there’s a children’s advocacy organization that focuses on the Francophonie, including France, Tunisia, Burkina Faso and Morocco. Many of my colleagues in the international space have that authority. If Canada decided to pursue something like this, it would certainly join international groups. The fact that there’s someone who can force people to answer questions, even uncomfortable ones, can also change bureaucratic behaviour. Based on our experience in New Brunswick, that’s a good thing.

Par exemple, il y a une organisation de défenseurs des enfants de la Francophonie qui comprend la France, la Tunisie, le Burkina Faso et le Maroc. Bon nombre de mes collègues sur la scène internationale ont ce pouvoir. Certainement, si le Canada prend la décision de poursuivre quelque chose comme cela, on se joindra aux groupes internationaux. Le fait qu’il y ait quelqu’un qui puisse forcer les réponses aux questions, bien que les questions mettent parfois mal à l’aise, peut aussi faire changer le comportement bureaucratique. Selon notre expérience au Nouveau-Brunswick, c’est une bonne chose.

Senator Gerba: Thank you. La sénatrice Gerba : Merci. [English] [Traduction] The Chair: Ms. Gott, you spoke about the anguish of children being separated from their siblings, their cultures and their identities. How difficult is it for these children, then, once they age out of care, to get back in touch with their identities and their cultures? What is the transition like? La présidente : Madame Gott, vous avez parlé de l’angoisse des enfants séparés de leurs frères et sœurs, de leur culture et de leur identité.

Dans quelle mesure est-il difficile pour ces enfants, une fois qu’ils ont atteint l’âge où ils ne sont plus pris en charge, de renouer avec leur identité et leur culture? Comment se déroule la transition? Ms. Gott: One of the things we find is that children have a hard time connecting with their own communities, their own families and their own nations because they’ve been kept away from their families. I think one of the things that they need is support to transition back to their communities or to their families. It’s very important to have that in place.

As a survivor of the residential school system, I can speak on that because I really had a hard time transitioning to my own community when I was taken away for 10 years. If a child has been in care for 18 years, how do they connect back to their own community without the supports? Mme Gott : Nous constatons que les enfants ont du mal à se rapprocher de leur propre communauté, de leur propre famille et de leur propre nation parce qu’ils ont été tenus à l’écart de leur famille. Je pense qu’ils ont besoin d’un soutien pour réintégrer leur communauté ou leur famille. Il est très important que cela soit en place.

En tant que survivante du système des pensionnats autochtones, je peux en parler, car j’ai vraiment eu du mal à faire la transition vers ma propre communauté quand on m’a retirée de celle-ci pendant 10 ans. Si un enfant a été pris en charge pendant 18 ans, comment peut-il renouer avec sa propre communauté sans soutien? The Chair: Mr. Lamrock, is there anything you would like to add to that? La présidente : Monsieur Lamrock, avez-vous quelque chose à ajouter à ce sujet? Mr.

Lamrock: My colleague is far more articulate than I, but that’s something we hear a lot from children in care, particularly those with First Nations backgrounds. When you lose touch with your family, you often feel caught between two worlds afterwards; you’re not of the world you’ve been in or the one you were born into. Again, that targeted support for First Nations government for mental health organizations is certainly something I would strongly recommend to you. I think we would see the same thing here in New Brunswick. When it comes to First Nations families, that’s absolutely important. M.

Lamrock : Ma collègue s’exprime beaucoup mieux que moi, mais c’est un point que nous entendons souvent de la part des enfants pris en charge, en particulier ceux qui sont issus des Premières Nations. Lorsqu’on perd contact avec sa famille, on se sent souvent pris entre deux mondes; on n’appartient plus au monde dans lequel on a vécu ou dans lequel on est né. Encore une fois, ce soutien ciblé au gouvernement des Premières Nations pour les organismes de santé mentale est certainement quelque chose que je vous recommande fortement. Je pense que nous verrions la même chose ici au Nouveau-Brunswick.

Pour les familles des Premières Nations, c’est absolument important. The Chair: Mr. Lamrock, I wanted to ask you about this, since you’ve been a minister. Canada is a country that welcomes refugees, and quite often we find that youth will arrive by themselves without any parents. What happens to them when La présidente : Monsieur Lamrock, je voulais vous poser la question, étant donné que vous étiez un ministre. Le Canada est un pays qui accueille les réfugiés, et souvent, les jeunes arrivent seuls, sans leurs parents. Que leur arrive-t-il lorsqu’ils sortent de 18-11-2024 Droits de la personne 59:15

they age out of care? Is it easy for them to get their citizenship? Is it easy for them to get supports? I would like to know what their experience is like. la prise en charge? Est-ce qu’il leur est facile d’obtenir la citoyenneté? Est-ce qu’il leur est facile d’avoir du soutien? J’aimerais savoir l’expérience qu’ils vivent. Mr. Lamrock: In the little bit that we had through our interviews, it’s incredibly difficult. I doubt I have to tell you, senator, that the immigration system is difficult to navigate on a good day for an adult.

For someone without those parental supports or somebody by their side, it is well near impossible. In fact, all of the things we’ve spoken about — navigating housing markets, developing some sense of what you want to do — are doubly hard for children in that situation. M. Lamrock : Selon les quelques informations que nous avons obtenues par l’entremise de nos entrevues, c’est incroyablement difficile. Je ne pense pas vous apprendre quoi que ce soit, sénatrice, lorsque je vous dis que le système d’immigration est difficile à comprendre en temps normal pour un adulte.

Alors, pour quelqu’un qui est dépourvu d’appui parental ou d’accompagnement, c’est quasiment impossible. En réalité, tout ce dont nous avons parlé, c’est-à-dire le fait de comprendre le marché du logement, et de savoir ce que l’on souhaite faire à l’avenir, tout cela est deux fois plus difficile pour les enfants qui sont dans cette situation. Indeed, I think that’s a profoundly important question and one that provincial governments have not begun to grapple with in a lot of ways. We’ve been so busy trying to open the door — correctly so — for new Canadians that we haven’t always thought 10 years ahead.

I think that’s a profoundly important question. En effet, je pense que la question est très importante, et c’est un enjeu auquel les gouvernements provinciaux n’ont pas encore commencé à faire face, et ce, de bien des façons. Nous avons été tellement occupés à tenter d’ouvrir la porte — à juste

titre — aux nouveaux Canadiens, que nous ne nous sommes pas projetés dans 10 ans. Selon moi, c’est une question très importante. Senator Bernard: Mr. Lamrock, we’ve heard this evening about the over-representation of Indigenous children and youth in care. We’ve heard previously there is also an over‑representation of Black youth and children in care. This evening, you mentioned the over-representation of children with disabilities in care.

That’s not an area we’ve heard much about, and I’m wondering if you could give us a bit more information in terms of your knowledge of the over-representation of children with disabilities. Do you have a specific recommendation with regard to this that you would make to our committee? La sénatrice Bernard : Monsieur Lamrock, cet après-midi, nous avons entendu parler de la surreprésentation des enfants et des jeunes issus des communautés autochtones qui sont pris en charge.

Selon ce qui a également été dit précédemment, il y aurait une surreprésentation des jeunes et des enfants issus des communautés noires qui sont pris en charge. Ce soir, nous avons appris que c’est aussi le cas des enfants handicapés. Nous n’avons pas beaucoup entendu parler de ce sujet. Je me demandais si vous pouviez nous donner un peu plus d’informations sur ce que vous savez de la surreprésentation des enfants handicapés. Quelle recommandation spécifique donneriez-vous au comité à leur sujet? Mr. Lamrock: There are a number of recommendations I would make, senator. M.

Lamrock : Effectivement, il y a un certain nombre de recommandations que je ferais, sénatrice. There are two reasons you see that over-representation. One reason we are actually seeing it in New Brunswick is partly because — I recently did a report on children put on partial-day programs. This is a growing problem in the country because of the underfunding of the education system.

Sometimes children are told, “Maybe you can only handle an hour or two a day.” Sometimes we found those cases going on for years, and we have cited the government here that the law is not that you can send children home endlessly; you have to provide supports. In a lot of cases, we are seeing parents actually sign over parental rights in the hope that the province can provide better access to services, and that should not happen. Deux raisons expliquent cette surreprésentation. L’une des raisons, que nous observons au Nouveau-Brunswick, est en

partie due au placement des enfants dans des programmes de demi-journées à l’école... Et j’ai d’ailleurs rédigé un rapport sur le sujet. C’est un problème grandissant dans le pays, en raison du sous-financement du système d’éducation. Parfois, on dit aux enfants : « peut-être que tu ne peux supporter qu’une heure ou deux par jour. » Parfois, nous découvrons que cela fait des années que ces situations se produisent. Dans ces cas, nous interpellons le gouvernement en lui disant que la loi ne prévoit pas qu’on peut renvoyer des enfants chez eux à l’infini. Il faut leur fournir du soutien.

Dans bien des cas, les parents renoncent à leurs droits parentaux en espérant que la province leur fournira un meilleur accès aux services, chose qui ne devrait pas arriver. We also know that there are a number of core conditions. One thing that is over-represented a great deal that our offices discovered is fetal alcohol syndrome among kids in care and a Nous savons également qu’il y a un certain nombre de conditions de base. Parmi les enfants pris en charge, nos organismes ont découvert qu’il y avait une surreprésentation des 59:16 Human Rights 18-11-2024

number of disabilities that are there. The response time is often very late. We wait until there is a crisis rather than respond to the predictor of problems. I think that’s another area for more support for provincial governments in identifying the root causes of future problems. Beginning that right from the time of early childhood, rather than waiting until 12-year-olds are in crisis, is a tremendously effective way of dealing with it. enfants touchés par le syndrome d’alcoolisation fœtale et d’enfants handicapés. Le délai de réponse est souvent très long.

Au lieu de réagir au prédicteur des problèmes, nous attendons jusqu’à ce qu’il y ait une crise. C’est, selon moi, un autre aspect où les gouvernements provinciaux pourraient contribuer à cerner les causes des futurs problèmes. Un moyen très efficace de lutter contre le problème est de commencer à cerner ces causes dès la petite enfance, au lieu d’attendre jusqu’à ce que les enfants soient en crise à 12 ans. Specifically for children with disabilities, there are a couple of things. One is that expanding current disability tax credits would probably help with a number of complex cases.

We are seeing families simply overwhelmed. In our report, we discovered that children in care were 20 times more likely to be put on a partial day program, which means that in some cases, the social worker or government official who is supposed to be acting a parent may be seeing themselves more as part of the government team rather than advocating for the child. The more we can keep families intact, the more we can provide support to families with children with disabilities. Respite care and other community-based programs is also extremely important.

The sheer exhaustion in some cases that we are hearing from parents is becoming a factor. Dans le cas des enfants handicapés, en particulier, il y a certaines choses à prendre en considération. Premièrement, le fait d’augmenter les crédits d’impôt pour personnes handicapées aiderait probablement dans un certain nombre de cas complexes. Nous voyons que les familles sont simplement dépassées.

Dans le cadre de notre rapport, nous avons découvert que les enfants pris en charge risquaient 20 fois plus d’être placés dans un programme de demi-journées, ce qui signifie, dans certains cas, que le travailleur social ou le fonctionnaire du gouvernement, qui est censé agir comme un parent, se voit comme quelqu’un qui fait

partie de l’équipe gouvernementale plutôt que quelqu’un qui défend les intérêts de l’enfant. Plus nous arrivons à faire en sorte que les familles restent intactes, plus nous pouvons soutenir les familles qui ont des enfants handicapés. Les soins de relève et autres programmes axés sur la communauté sont également extrêmement importants. Dans certains cas, l’épuisement des parents devient un facteur. I recently advocated for one family here, and it is typical. They were good parents, but they had two children with complex needs. Both had autism spectrum disorder, as well as a number of behavioural issues.

The children got put on a partial day program. The parents don’t have the kind of jobs where they can simply leave work if somebody calls. They were hourly employees, and they lost their jobs because the school kept telling them to come pick up their kids. Then the family became housing insecure, so they moved 20 minutes out of town, and then the children had to change schools. Then the social services office couldn’t keep track of them because they couldn’t afford a cellphone anymore, and things just spiralled again and again. J’ai récemment défendu les intérêts d’une famille ici, et c’est un exemple typique.

Les parents étaient de bons parents, mais ils avaient deux enfants qui avaient des besoins complexes. Les deux enfants avaient un trouble du spectre de l’autisme ainsi qu’un certain nombre de problèmes comportementaux. Ces enfants ont été placés dans un programme de demi-journées. Les parents n’avaient pas le genre d’emploi qui leur permettait de simplement s’absenter du travail si quelqu’un leur demandait de le faire. Ils étaient des employés à salaire horaire, et ils ont perdu leur emploi, car l’école leur demandait sans cesse d’aller récupérer leurs enfants.

Par la suite, ils se sont retrouvés dans une situation de logement précaire, et ont donc déménagé à 20 minutes de la ville et ont dû changer leurs enfants d’école. Le bureau des services sociaux n’a pas pu suivre leur dossier, car ils n’avaient plus les moyens de payer les frais liés à un cellulaire, et les choses ont continué à empirer encore et encore. Community-based programs that support families of children with disabilities early on — there is a great model in Toronto that people are experimenting with. I can send something to your office to get you in touch with the organization.

It is almost a group home without walls in that we take the supports that you would think of in a group home but we provide them to the family. Social workers and others who can help actually show up to the house the child is in. The administration is central, but the housing is decentralized for children so they don’t wind up in care and so we support the family. Les programmes communautaires qui soutiennent les familles des enfants handicapés dès l’enfance... d’ailleurs, ici à Toronto, les gens expérimentent avec un excellent modèle qui a été mis en place.

Je peux envoyer les coordonnées de l’organisation à votre bureau. C’est comme un foyer de groupe sans murs, dans la mesure où nous prenons les soutiens offerts dans un foyer de groupe, et nous les fournissons à la famille. Les travailleurs sociaux et d’autres personnes qui peuvent aider se rendent au domicile de l’enfant. L’administration est centralisée, mais le logement est décentralisé pour éviter que les enfants ne se 18-11-2024 Droits de la personne 59:17

retrouvent dans des familles d’accueil et pour que nous puissions soutenir les familles. Community organizations can provide respite care and support for children, and the more we can work in that key area that is the predictor of the child winding up in care, I think that would help reduce that over-representation. We aren’t talking about it enough, but the numbers we are seeing, it is both an over‑representation, and, in some cases, it is because the family could have managed if there had been more support earlier, before the moment of crisis.

Les organisations communautaires peuvent fournir les soins de relève et soutenir les enfants, et si nous parvenons à travailler davantage sur cet aspect essentiel qu’est l’élément permettant de prédire si l’enfant sera pris en charge, nous arriverons à réduire cette surreprésentation. Nous n’en parlons pas assez, mais nous voyons les chiffres. Ces chiffres traduisent une surreprésentation, et dans certains cas, ils s’expliquent par le fait que la famille aurait pu gérer la situation si elle avait eu accès à plus de soutien à l’avance, avant la crise. Senator Bernard: Thank you. La sénatrice Bernard : Merci.

Senator Muggli: I have a quick question for either of you around your experiences and what you have heard. We know the data regarding suicidality among 2SLGBTQ+ is high. What do you know or what have you heard from those youths around what would be helpful in their transition from foster care or aging out? I assume there might be some unique challenges that would be needed. La sénatrice Muggli : Assez rapidement, j’ai une question pour vous deux au sujet de vos expériences et de ce que vous avez entendu. Les données concernant le taux de suicide au sein de la communauté 2ELGBTQ+ sont élevées.

Qu’est-ce qui pourrait aider les jeunes lorsqu’ils quittent les familles d’accueil ou lorsqu’ils cessent d’être pris en charge, d’après vos connaissances ou d’après ce que vous avez entendu de ces jeunes? Je suppose qu’il y a des défis uniques qui nécessiteraient un appui. Ms. Gott: Definitely, yes. LGBTQ youth experience a lot of discrimination. There are barriers which are exacerbated due to stigma. They also need additional support due to mental health challenges. I think that services should be tailored to their needs.

There is lack of data and information in general in our system here in Manitoba, but I think one of the things is that we need to connect those youths to appropriate services, because it might be difficult for them to connect on their own. We need to gain a better understanding of their unique needs and have better data collection to understand their perspectives. Also, the planning needs to be tailored to their needs. That’s what we’re hearing. Mme Gott : Tout à fait, oui. Les jeunes membres de la communauté LGBTQ composent avec énormément de discrimination.

Il y a des barrières qui sont accrues par la stigmatisation. Ces jeunes ont également besoin d’un soutien supplémentaire en raison des défis liés à leur santé mentale. Je pense que les services devraient être adaptés à leurs besoins. De manière générale, notre système ici au Manitoba manque de données et d’informations, mais je pense que l’une des choses que nous devons faire, c’est faciliter l’accès de ces jeunes aux services appropriés, car il leur est sans doute difficile de le faire par eux-mêmes.

Nous devons mieux comprendre leurs besoins uniques et procéder à la collecte de meilleures données afin de comprendre leur perspective. De plus, la planification doit être adaptée à leurs besoins. C’est ce que nous entendons dire. Senator Muggli: Yes. I am curious about specialized health care support. La sénatrice Muggli : Oui. Je suis curieuse d’en savoir plus sur les soins de santé spécialisés. Go ahead, Mr. Lamrock. Allez-y, monsieur Lamrock. Mr. Lamrock: I was nodding in agreement. There are a couple of things. M. Lamrock : Je hochais la tête pour signifier mon accord.

Il y a plusieurs choses à prendre en considération. That’s exactly one thing I wanted to add, that specialized health care is not often added into the package of services 2SLGBTQ+ young people need. That’s absolutely essential. Une chose que je voulais ajouter, c’est que les soins de santé spécialisés ne sont souvent pas inclus dans la gamme de services dont les jeunes de la communauté de 2ELGBTQ+ ont besoin. Or, ces soins sont absolument essentiels. The other thing is mental health care.

If a child who is part of that community has found themselves in care, more often than not, there may be some recent family trauma. Sometimes the waitlists are extremely long. For instance, in New Brunswick, by La deuxième chose, ce sont les soins de santé mentale. Si un enfant faisant

partie de cette communauté est pris en charge, cela signifie très souvent que cet enfant a sans doute vécu un traumatisme familial récent. Il arrive que les listes d’attente 59:18 Human Rights 18-11-2024

the way, of 27 school psychologist positions in the anglophone school system, only 7 are currently filled. We really need a national summit on training of scarce professions. Every province has a recruitment strategy. I don’t know if recruitment is the issue anymore. If it was, somewhere there would be a province where someone was saying, “How do I get rid of all of these psychologists?” and I have not found that. We probably have a training and supply problem. soient extrêmement longues.

Par exemple, au Nouveau- Brunswick, d’ailleurs, parmi les 27 postes de psychologues scolaires dans le réseau scolaire anglophone, seulement 7 sont actuellement occupés. Il y a un besoin urgent d’organiser un sommet national visant la formation dans les métiers où les candidats sont rares. Chaque province a une stratégie de recrutement. Je ne sais même plus si le recrutement est le problème. Parce que si ça l’était, dans l’une des provinces, quelqu’un aurait dit : « Comment est-ce qu’on se débarrasse de tous ces psychologues? », mais ce n’est pas le cas.

Le problème vient sûrement de la formation et de la pénurie de candidats. I think I heard you say you are from Saskatchewan, senator. As you know, I am from New Brunswick. Our provinces have both had this issue, but I think it is important. School policies should never cut children off from the trusted adults that they feel comfortable talking to. As you know, in New Brunswick, we have a commitment from the new government to use the version of the policy for support for trans and gender-identity students that was authored by our office. We hear a lot about parental rights. I am a father and a grandfather.

That’s absolutely important. I also know that that path is sometimes not direct and that the ability of children to seek the counsel and support of any adult they trust is often how they prepare for the ability to speak to their parents. Things that say, “We believe government can somehow regulate the process of coming out,” don’t work. What they tend to do is simply have the children say, “Well, then I won’t talk to any adult at all.” That’s when those risks of suicidality and other things become incredibly risky.

An important element of this is that children need access to as many trusted adults as they feel they need. Anything that puts a wall between them and trusting a grown-up is a risk factor. Je pense que je vous ai entendu dire que vous veniez de la Saskatchewan, sénatrice. Comme vous le savez, je viens du Nouveau-Brunswick. Nos provinces ont toutes les deux composé avec ce problème, mais je pense que c’est important. Les politiques scolaires ne devraient jamais empêcher les enfants de voir les adultes de confiance avec lesquels ils sont à l’aise de parler.

Comme vous le savez, le nouveau gouvernement du Nouveau-Brunswick s’est engagé à utiliser la version de la politique que notre bureau a mise au point pour soutenir les étudiants transgenres et ayant diverses identités de genre. Nous avons beaucoup entendu parler des droits parentaux. Je suis un père et un grand-père. C’est absolument capital. Je sais également que ce chemin est parfois tortueux, et c’est en cherchant les conseils et le soutien d’un adulte de confiance que les enfants se préparent à parler à leurs parents.

Le fait de dire : « Nous pensons que le gouvernement peut d’une certaine façon encadrer le processus de sortie du placard » ne fonctionne pas. Ce qui arrive souvent, c’est que les enfants refusent de parler à un adulte, quel qu’il soit. C’est à ce moment-là que les risques de suicide et autres deviennent incroyablement élevés. Un élément essentiel à retenir, c’est que les enfants doivent avoir accès à autant d’adultes de confiance que nécessaire. Tout ce qui met un mur entre ces enfants et un adulte de confiance est un facteur de risque.

The Chair: I want to take this opportunity to sincerely thank both our witnesses for agreeing to participate in this study. Your assistance with our study is greatly appreciated. La présidente : Je saisis cette occasion pour remercier sincèrement nos deux témoins d’avoir accepté de participer à cette étude. Votre aide dans notre étude est très appréciée. I will now introduce the second panel. Our witnesses have been asked to make a statement of five minutes, after which we will turn to questions from senators.

With us at the table, please welcome Irwin Elman, Former Provincial Advocate, Office of the Provincial Advocate for Children and Youth (Ontario); and with us via video conference, from the Office of the Representative for Children and Youth of British Columbia, we have Jennifer Charlesworth, Representative for Children and Youth. We also have Jennifer Dreyer, Executive Director, Systemic Advocacy, First Nations, Metis and Inuit Research. Je vais à présent présenter la deuxième série de témoins. Nous avons demandé à nos témoins de faire une déclaration de cinq minutes.

Après cette déclaration, nous allons passer aux questions des sénateurs. Avec nous à la table, veuillez accueillir Irwin Elman, ancien intervenant provincial du Bureau de l’intervenant provincial en faveur des enfants et des jeunes, en Ontario. Et avec nous par vidéoconférence, nous avons Jennifer Charlesworth, représentante des enfants et des jeunes du Bureau du représentant des enfants et des jeunes de la Colombie- Britannique. Nous recevons également Jennifer Dreyer, directrice exécutive, intervention systémique, recherche sur les Premières Nations, les Métis et les Inuits. I will now invite Mr.

Elman to make his presentation, which will be followed by Ms. Charlesworth. J’invite à présent M. Elman à faire son exposé, et ensuite ce sera au tour de Mme Charlesworth. 18-11-2024 Droits de la personne 59:19

Irwin Elman, Former Provincial Advocate, Office of the Provincial Advocate for Children and Youth (Ontario), as an individual: Thank you. I’m grateful for the opportunity and the invitation. I am more than grateful to sit on a panel with my friend and mentor, Jennifer Charlesworth, and our colleague, Jennifer Dreyer. Irwin Elman, ancien intervenant provincial, Bureau de l’intervenant provincial en faveur des enfants et des jeunes (Ontario), à

titre personnel : Merci. Je suis reconnaissant de l’occasion et de l’invitation. Je suis très reconnaissant de comparaître au sein d’un groupe, aux côtés de mon amie et mentor, Jennifer Charlesworth, et de notre collègue, Jennifer Dreyer. I don’t want to spend time on the outcomes for youth in care. You know the outcomes. Je ne veux pas m’éterniser sur les conséquences que vivent les jeunes pris en charge. Vous les connaissez. I began my journey alongside youth in care in 1985. In 1986, the National Youth in Care Network, or Youth in Care Canada, published On My Own With No Direction From Home.

It is not online, but here is the book. I will leave the book here for you to read. In 2014, young people held their own hearings at the Ontario Legislature and wrote a book called My Real Life Book. Here it is, and you can find that online. It has been downloaded over 1 million times now. I know you’ve heard from people in and from care who more recently released a report about ethical guidelines for youth transitioning from care. I know you’ve heard them. Mon aventure aux côtés des jeunes pris en charge a débuté en 1985.

En 1986, le Réseau national des jeunes pris en charge, ou Youth in Care Canada, a publié On My Own With No Direction From Home. Le document n’est pas en ligne, mais voici le livre. Je vais le laisser à votre disposition ici. En 2014, les jeunes ont tenu leurs propres audiences à l’Assemblée législative de l’Ontario et ont écrit un livre intitulé Le livre de ma véritable histoire. Le voici, et vous pouvez le trouver en ligne. Il a été téléchargé plus d’un million de fois.

Je sais que vous avez entendu l’avis de personnes qui ont été prises en charge et de celles qui en sont sorties, et qui ont récemment publié un rapport sur les balises éthiques concernant les jeunes qui sortent de la prise en charge. Je sais que vous avez entendu leurs avis. There have been so many reports and studies in between, and here is the truth: Over the 45 years I’ve journeyed with young people in and from care, nothing has changed. There has been a lot of tinkering and lots of programs. Pilot programs, they say, are where change goes to die. Nothing has changed for these children.

Il y a eu énormément de rapports et d’études qui ont été réalisés, et voici la vérité : au cours des 45 ans que j’ai côtoyé ces jeunes pris en charge et qui en sont sortis, rien n’a changé. Beaucoup de modifications mineures et de programmes ont été mis au point. Les programmes-pilotes, comme on dit, sont le cercueil du changement. Rien n’a changé pour ces enfants. I remember being asked by a deputy minister, and in exasperation — I am a carrier of exasperation, I’ve been told; it’s like a virus I carry and transfer, and I get it.

He asked me, “Irwin, is there somewhere with a better system?” I said, “No.” “Aha,” he said. “Aha,” I said back. There is no better system for young people leaving care because all the systems are generally the same in any liberal democracy, any province, any territory and any state. To this day, the outcomes are the same. They’re all the same system. There has been tinkering around the edges, but if they’re all the same system, why would you expect anything to be different?

Je me souviens qu’un sous-ministre m’a demandé, exaspéré — on m’a dit que j’étais un vecteur d’exaspération; c’est comme un virus que je porte et que je transmets, et je comprends. Le sous‑ministre m’a demandé : « Irwin, y a-t-il un endroit où le système est meilleur? ». J’ai répondu : « Non. » Il m’a dit : « Aha! » Je lui ai répondu : « Aha! »

Il n’existe pas de meilleur système pour les jeunes qui quittent les placements en famille d’accueil parce que tous les systèmes sont généralement les mêmes dans n’importe quelle démocratie libérale, n’importe quelle province, n’importe quel territoire et n’importe quel État. Aujourd’hui encore, les résultats sont les mêmes. Il s’agit toujours du même système. Un peu de rafistolage a été fait ici et là, mais il s’agit du même système, alors pourquoi s’attendre à ce qu’il soit différent? I say to this committee that you’re maybe asking the question as if you’re starting a book on page 253 instead of page 1.

That is a wholly unsatisfying process and experience. Je déclare à ce comité que vous posez peut-être la question comme si vous commenciez un livre à la page 253 au lieu de la page 1. Il s’agit d’un processus et d’une expérience insatisfaisants en tous points. Our child protection system across Canada — I say “child protection system” because there is no child welfare system — is a legally mandated service at the core of all services touching the lives of children and families in every province.

It is 130 years Notre système de protection de l’enfance au Canada — je dis « système de protection de l’enfance », car il n’existe pas de système de protection de la jeunesse — est un service prévu par la loi au centre de tous les services liés à la vie des enfants et de 59:20 Human Rights 18-11-2024

old. It comes out of the Society for the Prevention of Cruelty to Animals. It was originally a system of surveillance built to track immigrant children and families in New York, then to Toronto and then across Canada. It is a system built in risk and liability. I don’t say that in a pejorative way. I am just saying the facts. It’s the truth. leur famille au sein de chaque province. Ce système a 130 ans. Il provient de la Société pour la prévention de la cruauté aux animaux.

Il s’agissait initialement d’un système de surveillance établi pour garder un œil sur les enfants immigrants et leur famille à New York, puis à Toronto et ensuite partout au Canada. Il s’agit d’un système qui se caractérise par le risque et la responsabilité. Je ne dis pas cela d’une manière péjorative. Je ne fais qu’énoncer des faits. Il s’agit de la vérité. Despite the fact, or perhaps due to the fact, that the social work framework was used to implement the child protection system, nothing has fundamentally changed in 150 years. We have the same system in its bones. Work with me here.

A system built in risk and liability, with its primary tool being surveillance, cannot possibly raise a child. It cannot.

Malgré le fait, ou peut-être à cause du fait, que le cadre du travail social a été utilisé pour mettre en œuvre le système de protection de l’enfance, rien n’a fondamentalement changé en 150 ans. Nous avons le même système dans ses fondements. Suivez-moi sur ce point. Un système qui se caractérise par le risque et la responsabilité, dont le principal outil est la surveillance, ne peut pas élever un enfant. Il ne peut absolument pas. So what will you hear from the system itself these days? They’ll say that living in care is no place for a child. That’s new in the last 10 years.

They wouldn’t come here and say that, but they’ll say it now. Qu’entendez-vous donc de la part du système lui-même ces jours-ci? Il dira qu’un foyer d’accueil n’est pas un endroit pour un enfant. Il s’agit d’une nouveauté des 10 dernières années. On n’est pas venu ici pour le dire, mais on le dit maintenant. First of all, who asked the children and youth who come into care if that is the truth? It is not that the system is unforgiving, but if leaving their home was not the solution, who asked children and young people that?

Because young people would say it’s not a Hobson’s choice, and it shouldn’t be. “Stop giving us a Hobson’s choice that we either leave the home and leave our family or we stay there and suffer.” Those are the two choices we are offering them. What choices are you giving children in youth? Really? Tout d’abord, qui a demandé aux enfants et aux jeunes qui sont placés en famille d’accueil si cela était la vérité? Ce n’est pas que le système est impitoyable, mais si quitter leur foyer n’est pas la solution, qui l’a demandé aux enfants et aux jeunes? Car ce n’est un choix qu’en apparence, et ça ne devrait pas l’être.

« Arrêtez de nous donner l’illusion que nous avons le choix de quitter notre foyer et notre famille ou de rester là et de souffrir. » Voilà les deux choix que nous leur offrons. Quels choix offrez‑vous aux enfants et aux jeunes? Véritablement? That’s the truth. I hope I’m not the first person to come here and tell you the truth. How dare the system say that living in care is no place for a child. At any one time in my province of Ontario, 10,000 children live in care.

They cannot abandon them by saying, “We know 10,000 of you are living right now in our care, and it’s no place for you to be.” They’re the ones who are responsible? It’s not acceptable. C’est la vérité. J’espère que je ne suis pas la première personne à venir ici et à vous dire la vérité. Comment le système ose-t-il affirmer qu’une famille d’accueil n’est pas un endroit pour un enfant? Dans ma province, l’Ontario, 10 000 enfants vivent en famille d’accueil à tout moment.

Le système ne peut pas les abandonner en disant : « Nous savons que 10 000 d’entre vous vivent actuellement sous notre responsabilité, et ce n’est pas un endroit pour vous ». Ce sont eux qui sont responsables? C’est inacceptable. In Ontario, 20% of those are over-represented children are Indigenous. Certainly there is over-representation of Black and racialized children, 80% of children of those 10,000 on any given night. En Ontario, 20 % des enfants surreprésentés sont autochtones.

Il existe certainement une surreprésentation des enfants noirs et racisés, soit 80 % des enfants sur les 10 000 enfants concernés, à tout moment donné. I ask you to read this crucial report from my colleagues in B.C. called Don’t Look Away . It’s the first report that I have seen from a legitimate body, a legitimate institution, that posits something different — a new system. They term it a north star. They ask us to imagine a system not built in risk and liability but a system built in what they call another mental model, another framework or another world view.

Je vous demande de lire ce rapport crucial rédigé par mes collègues de la Colombie-Britannique intitulé Don’t Look Away. Il s’agit du premier rapport que j’ai vu émanant d’un organisme légitime, une institution légitime, qui propose quelque chose de différent — un nouveau système. On y parle d’une étoile polaire. On nous demande d’imaginer un système qui soit fondé non pas sur le risque et la responsabilité, mais sur ce qu’on appellerait un autre modèle mental, un autre cadre ou une autre vision du monde. 18-11-2024 Droits de la personne 59:21

Imagine, senators, what a system would look like if it was built in child development, a system built in the social determinants of health. What would a system built in empowerment look like? What would a system built in anti‑oppression or DEI — diversity, equity and inclusion — look like? What would a system built on human rights look like? I’m at the Human Rights Committee. What would a system built in family development look like? What would a system built in Indigenous ways of knowing or other cultural ways of knowing look like? What would a system look like if it was trauma- informed care?

What would a system look like if it was built in love? It would not look like the system we have today. Imaginez, mesdames et messieurs les sénateurs, de quoi aurait l’air un système fondé sur le développement de l’enfant, ou sur les déterminants sociaux de la santé? De quoi aurait l’air un système fondé sur l’autonomisation? De quoi aurait l’air un système fondé sur l’anti-oppression ou la DEI — la diversité, l’équité et l’inclusion? De quoi aurait l’air un système fondé sur les droits de la personne? Je siège au sein du Comité des droits de la personne.

De quoi aurait l’air un système fondé sur le développement de la famille? De quoi aurait l’air un système fondé sur les savoir-faire autochtones ou sur d’autres savoir-faire culturels? De quoi aurait l’air un système fondé sur des soins qui tiennent compte des traumatismes? De quoi aurait l’air un système fondé sur l’amour? Ce système ne ressemblerait en rien au système qui est en place aujourd’hui. Imagine a system where every child and every family, everyone, however constituted in that family, had what they need when they need it in order to thrive.

Within this system, if we created it, children who found themselves in out-of-home care would stand a chance. What would this north star look like? How would it work? What would need to change to make it happen? Imaginez un système où chaque enfant et sa famille, quelle qu’en soit la composition, disposeraient de ce dont ils ont besoin au moment où ils en ont besoin pour s’épanouir. Dans ce système, si nous le créons, les enfants qui se retrouvent dans des familles d’accueil auraient une chance. À quoi ressemblerait cette étoile polaire? Comment fonctionnerait-elle?

Que faudrait‑il changer pour qu’elle devienne réalité? Here is my ask to you. I ask this committee — no, I beg this committee to be bold. Establish as part of your report a subcommittee of the Human Rights Committee. Hold hearings across Canada with the central question: What would a north star for Canada look like? What would that system look like? And centre those hearings that you hold across Canada. Go to young people, families and parents, centre their voices and ask them what that would look like. Then boldly hold up that north star. Voici ce que je vous demande.

Je demande au comité — non, je supplie votre comité de faire preuve de courage. Créez, dans le cadre de votre rapport, un sous-comité du Comité des droits de la personne. Organisez des audiences partout au Canada qui se concentrent sur la question suivante : en quoi ressemblerait cette étoile polaire pour le Canada? À quoi ressemblerait ce système? Tenez ces audiences à l’échelle du Canada. Allez à la rencontre des jeunes, des familles et des parents, donnez-leur la parole et demandez-leur à quoi cela ressemblerait. Ensuite, laissez briller cette étoile polaire. I believe it’s possible.

You will have the broad support. I’m not saying things that people don’t know. You will have the broad support of young people, parents, associations, lawyers, advocates and professionals. You’ll have the voices of the mental health sector that you mentioned. They’re not going to dispute anything I’m saying here. They are going to say, “Yes, we need something different.” You will have their support. It is a moment, senators. I would ask you to seize the moment and lead. Je crois que c’est possible. Vous bénéficieriez d’un large soutien. Je n’affirme pas des choses que les gens ne savent pas déjà.

Vous bénéficieriez d’un large appui des jeunes, des parents, des associations, des avocats, des défenseurs des droits et des professionnels. Le secteur de la santé mentale, que vous avez mentionné, sera de votre côté. Les gens œuvrant au sein de ce secteur ne contesteront rien de ce que j’ai déclaré ici. Ils diront : « Oui, nous avons besoin de quelque chose de différent. » Vous bénéficieriez de leur soutien. C’est le moment, mesdames et messieurs les sénateurs. Je vous demande de saisir cette occasion et de prendre les devants. Thank you. Merci. The Chair: Thank you for your passion.

La présidente : Merci de votre passion. Jennifer Charlesworth, Representative for Children and Youth, Office of the Representative for Children and Youth of British Columbia: Thank you for addressing this important topic as a Senate committee and for providing me the opportunity to share a few thoughts with you today.

Jennifer Charlesworth, représentante des enfants et des jeunes, Bureau du représentant des enfants et des jeunes de la Colombie-Britannique : Je vous remercie d’aborder ce sujet important en tant que comité sénatorial et de me donner l’occasion de partager quelques réflexions avec vous aujourd’hui. 59:22 Human Rights 18-11-2024

I am gratefully joining you today from the traditional lands of the Musqueam people in the area colonially known as Richmond, B.C. I am also grateful to be joining my wise and passionate friend Irwin Elman on this panel, as well as my dear colleague Jennifer Dreyer. We look forward to the discussions. Je suis heureuse de me joindre à vous aujourd’hui depuis les terres traditionnelles du peuple Musqueam, dans la région connue sous le nom colonial de Richmond, en Colombie- Britannique.

Je suis également heureuse de me joindre à mon ami sage et passionné, Irwin Elman, ainsi que ma chère collègue, Jennifer Dreyer, au sein du groupe de témoins. Nous attendons avec impatience les discussions. To begin, I want to echo Irwin’s comment that you already know about the risks, vulnerabilities and poorer life outcomes that many young people who have grown up in or spent time in the “protective care systems” experience both during and following their time in care. These poorer life outcomes may arise from the circumstances that led to protective intervention and/or their experiences within care.

I will not speak further to this evidence in my opening remarks other than to say that we must not accept or be complacent with systems of care that result in too many young people struggling to survive their childhoods and too many adults struggling to recover from their childhoods in care. Pour commencer, je voudrais me faire l’écho du commentaire de M. Elman selon lequel vous connaissez déjà les risques, les vulnérabi

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CollectionSenate Committees
CitationRIDR / Evidence / 59ev-57048
Typecommittee
Volume / chapter441 / Evidence / 59ev-57048
Languageen
Formatpdf
SourceCOMM_SEN
Identifier571d798e2861ab42e0431e62d28e0932690f9704

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