Senate Committee — RIDR — Evidence — 20ev-55659
RIDR / Evidence / 20ev-55659
Senate Committees
EVIDENCE TÉMOIGNAGES TORONTO, Thursday, September 22, 2022 TORONTO, le jeudi 22 septembre 2022 The Standing Senate Committee on Human Rights met this day at 9:06 a.m. [ET] to examine such issues as may arise from time to time relating to human rights generally. Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se réunit aujourd’hui, à 9 h 6 (HE), pour examiner les questions qui pourraient survenir concernant les droits de la personne en général. Senator Salma Ataullahjan (Chair) in the chair.
La sénatrice Salma Ataullahjan (présidente) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Chair: Honourable senators, I am Salma Ataullahjan, senator from Toronto, and chair of this committee. Today, we’re conducting a meeting of the Standing Senate Committee on Human Rights, and I would like to introduce members of the committee who are participating in this meeting. We have, to my right, Senator Arnot from Saskatchewan, Senator Gerba from Quebec, and Senator Oh from Ontario. La présidente : Honorables sénateurs et sénatrices, je suis Salma Ataullahjan, sénatrice de Toronto, et présidente du comité.
Aujourd’hui, nous tenons une réunion du Comité sénatorial permanent des droits de la personne, et j’aimerais vous présenter les membres du comité qui participent à la réunion. À ma droite, nous avons le sénateur Arnot, de la Saskatchewan, la sénatrice Gerba, du Québec, et le sénateur Oh, de l’Ontario. Having held two meetings in June in Ottawa, today we continue our study on Islamophobia in Canada, under our general order of reference.
Our study will cover, amongst other matters, the role of Islamophobia with respect to online and offline violence against Muslims, general discrimination and discrimination in employment, including Islamophobia in the federal public service. Our study will also examine the sources of Islamophobia; its impact on individuals, including mental health and physical safety; and possible solutions and government responses. Après avoir tenu deux réunions à Ottawa en juin, nous poursuivons aujourd’hui notre étude sur l’islamophobie au Canada, dans le cadre de notre ordre de renvoi général.
Notre étude couvrira entre autres questions le rôle de l’islamophobie dans la violence en ligne et hors ligne contre les musulmans, la discrimination générale et la discrimination dans l’emploi, y compris l’islamophobie au sein de la fonction publique fédérale. Notre étude se penchera également sur les sources de l’islamophobie; sur ses conséquences sur les personnes, y compris la santé mentale et la sécurité physique; et sur les solutions possibles et les réponses du gouvernement. We are pleased to be here in Toronto and to hear from witnesses about Islamophobia in this part of the country.
This is the fourth of our public hearings outside of Ottawa. Two weeks ago, we were in Vancouver and Edmonton, and earlier this week we were in Quebec City. Let me provide some details about our meeting today. This morning, we shall have three one-hour panels with a number of witnesses who have been invited. In each panel, we shall hear from the witnesses and then the senators will have a question-and-answer session. There will be a short break around 11:00 a.m. Nous sommes ravis d’être ici à Toronto et d’entendre des témoins nous parler de l’islamophobie dans cette
partie du pays. Il s’agit de la quatrième de nos audiences publiques à l’extérieur d’Ottawa. Il y a deux semaines, nous étions à Vancouver et à Edmonton, et plus tôt cette semaine, dans la ville de Québec. Permettez-moi de fournir quelques détails au sujet de notre réunion aujourd’hui. Ce matin, nous entendrons pendant une heure trois groupes de témoins composés d’un certain nombre de personnes qui ont été invitées. Dans chaque groupe, nous entendrons les témoins, puis les sénateurs auront une période de questions et de réponses. Il y aura une brève pause vers 11 heures.
And now I would like to introduce our first panel of witnesses. Each witness has been asked to make an opening statement of five minutes. We shall hear from all witnesses and then turn to questions from the senators. From the Muslim Council of Peel, we have Hamid Slimi, who is the President; from Zabiha Halal, we have Sarah Khetty, Director of Marketing; and Katherine Bullock, lecturer, University of Toronto Mississauga. I now invite Imam Slimi to make his presentation. J’aimerais maintenant présenter notre premier groupe de témoins.
Chaque témoin a été invité à présenter une déclaration liminaire de cinq minutes. Nous écouterons tous les témoins, puis passerons aux questions des sénateurs. Nous accueillons Hamid Slimi, président du Muslim Council of Peel; Sarah Khetty, directrice du marketing de Zabiha Halal; et Katherine Bullock, chargée de cours, Université de Toronto Mississauga. J’inviterais maintenant l’imam Slimi à présenter son exposé. 22-9-2022 Droits de la personne 20:1
Hamid Slimi, President, Muslim Council of Peel: Good morning, everyone. Peace be with you. My name is Hamid Slimi. I’m the current chairman of the Muslim Council of Peel. I’ve also been an imam and spiritual leader in Canada since 1997 and I served as chair and president of the Canadian Council of Imams from 2006 to 2013. Hamid Slimi, président, Muslim Council of Peel : Bonjour à tous. Que la paix soit avec vous. Je m’appelle Hamid Slimi, et je suis le président actuel du Muslim Council of Peel.
Je suis également un imam et un chef spirituel au Canada depuis 1997 et j’ai été président du Conseil canadien des imams de 2006 à 2013. Honourable senators, I would like to sincerely thank you for this opportunity to address your committee on this subject of Islamophobia in Canada, which has two facets: a domestic one that is the subject of our discussion today, and of course, a global one, which we will not discuss due to the time limitations, although it does affect and influence the former one directly and indirectly.
In the following, I am discussing three sections, facts, consequences and some recommendations. Honorables sénateurs et sénatrices, j’aimerais vous remercier sincèrement de me fournir l’occasion de m’adresser à votre comité sur le sujet de l’islamophobie au Canada, qui a deux facettes : une facette nationale, qui fait l’objet de notre discussion aujourd’hui, et bien sûr, une facette mondiale, dont nous ne parlerons pas en raison des limites de temps bien qu’elle touche et influence la première directement et indirectement.
Dans ce qui suit, j’aborde trois sections, les faits, les conséquences et quelques recommandations. For the facts, we, Canadian Muslims — regular citizens, imams, community leaders, parents, men, women, youth, and children — are deeply concerned by the continuous and alarming rise in anti-Muslim and anti-religious incidents and sentiments in Canada, which include, but are not limited to, the following six points.
Pour ce qui est des faits, nous, en tant que musulmans canadiens — citoyens ordinaires, imams, chefs communautaires, parents, hommes, femmes, jeunes et enfants — sommes profondément préoccupés par l’augmentation continue et alarmante du nombre d’incidents et de sentiments antimusulmans et antireligieux au Canada, ce qui comprend, sans s’y limiter, les six points suivants. The first is hate speech and literature, including that directed at children in neighbourhood playgrounds and schoolyards.
Le premier est la littérature et le discours haineux, y compris ceux qui s’adressent aux enfants dans les cours de récréation et les cours d’école des quartiers. The second is vandalism. I don’t have to remind you of the Peterborough mosque that was burned down and the continuous graffiti and broken windows at mosques, until today, and at Islamic schools. Le deuxième est le vandalisme. Je n’ai pas besoin de vous rappeler que la mosquée de Peterborough a été incendiée et que les graffitis et les vitres brisées dans les mosquées, jusqu’à aujourd’hui, ainsi que dans les écoles islamiques, sont monnaie courante.
The third fact is terrorist acts; you’re familiar with the Quebec mosque shooting. I don’t have to go over those, which inspired the New Zealand Christchurch terrorist attacks in 2018, the IMO killing — you’re familiar with the killing of Mohamed-Aslim Zafis in 2020; I was the former imam of that centre for eight years — and the Afzaal family in London, and the list continues. Le troisième fait est les actes terroristes; vous êtes au courant de la tuerie à la mosquée de Québec.
Je n’ai pas besoin de passer en revue ceux qui ont inspiré les attaques terroristes de 2018 à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, l’assassinat à OIM — vous êtes au courant de l’assassinat de Mohamed-Aslim Zafis en 2020; j’ai été l’imam de ce centre pendant huit ans — et de la famille Afzaal à London, et la liste continue. The fourth is discrimination at workplaces, airports and border crossing points, as well as at consulates of this country, diplomatic missions abroad for Muslims applying for student visas or tourist visas or families who just want to see their children.
And unfortunately, this year specifically, many students did not get their visas in many Muslim countries, which is clear discrimination. And you could refer to some of the reports by reputable organizations like NCCM and others. Le quatrième est la discrimination dans les lieux de travail, dans les aéroports et aux points de passage frontaliers, ainsi que dans les consulats du pays, les missions diplomatiques à l’étranger pour les musulmans qui demandent des visas d’étudiant ou de touriste ou les familles qui veulent simplement voir leurs enfants.
Et malheureusement, cette année en particulier, de nombreux étudiants n’ont pas obtenu leurs visas dans de nombreux pays musulmans, ce qui constitue une discrimination manifeste. Et on pourrait faire allusion à certains des rapports d’organisations réputées comme le CNMC et d’autres. 20:2 Human Rights 22-9-2022
Fact number five is physical attacks and verbal abuse against Muslim individuals, especially women in the streets and public places, and children at schools. Le cinquième fait, ce sont les attaques physiques et la violence verbale contre les personnes musulmanes, en particulier les femmes dans la rue et les endroits publics, et les enfants à l’école. And the sixth is hateful rallies in front of Islamic centres and mosques. Et le sixième, ce sont les rassemblements haineux devant les centres islamiques et les mosquées.
The attackers, the Islamophobes and those who target Muslims are motivated by four points that I have summed up in my research. Les attaquants, les islamophobes et les personnes qui prennent des musulmans pour cibles sont motivés par quatre points que j’ai résumés dans ma recherche. Number one is far-right extremism. Le premier est l’extrémisme d’extrême droite. Number two is blind hate that results from media and the entertainment industry. There is a trend in the movie industry continuously producing shows and movies in which the bad guy is always a Muslim and always has a Muslim name.
It’s continuous and the CRTC has to do something about it. Of course, there is also the internet and hate speeches and literature. Le deuxième est la haine aveugle qui résulte des médias et de l’industrie du divertissement. Il y a une tendance dans l’industrie du cinéma à produire continuellement des émissions et des films dans lesquels le méchant est toujours un musulman et porte toujours un nom musulman. C’est un phénomène continu, et le CRTC doit faire quelque chose à ce propos. Bien sûr, il y a aussi Internet et la littérature et les discours haineux.
Number three is what I call imported hate, and this is a fact. We need to pay attention to this one from countries who have allowed anti-Muslim campaigns and adopted anti-Muslim policies. I don’t want to specify which countries, but they exist, and everybody knows them. Le troisième est ce que j’appelle la haine importée, et c’est un fait. Nous devons prêter attention à celle-ci de la part de pays qui ont permis des campagnes antimusulmanes et adopté des politiques antimusulmanes. Je ne veux pas préciser de pays, mais ils existent, et tout le monde les connaît. And number four is anti-religion extremist groups.
This is very funny to mention, but there are some who have gone so far to the extreme of anti-religion and, of course, anti-Islam as well. Et quatrièmement, les groupes extrémistes antireligieux. C’est très drôle à dire, mais il y en a qui sont allés jusqu’à l’extrême de l’antireligion et, bien sûr, de l’anti-islamisme aussi. Now, I’ll move to the second part, which is consequences.
As a result of the aforementioned facts, I am sorry to share some of the consequences we are observing and reporting to you today, which are mainly about a sense of injustice and uncertainty, as well a sense of marginalization and not belonging here for many Muslims. To sum up, there are seven points. Je vais maintenant passer à la deuxième partie, soit les conséquences.
En raison des faits déjà mentionnés, je me désole de faire part de certaines des conséquences que nous observons et vous signalons aujourd’hui, qui concernent surtout un sentiment d’injustice et d’incertitude, et un sentiment de marginalisation et de non-appartenance pour de nombreux musulmans. Pour résumer, il y a sept points. The first is a strong sense of being targeted due to having a visible appearance, whether it’s dress, ethnicity or simply for being Muslim with a Muslim name.
Le premier est un fort sentiment d’être pris pour cible parce que l’on a une apparence visible, que ce soit un vêtement, une origine ethnique ou simplement le fait d’être musulman et de porter un nom musulman. The second is a strong feeling of being treated like a second- class citizen in many places and contexts. Le deuxième est un fort sentiment d’être traité comme un citoyen de deuxième classe dans de nombreux lieux et contextes.
Third is an ongoing fear and a sense of insecurity since Canada has had more Muslims who have been killed in targeted hate attacks than any other G7 country in the past six years due to Islamophobia. Le troisième est une crainte et un sentiment d’insécurité continus étant donné que le Canada est le pays où le plus grand nombre de musulmans ont été tués dans des attaques haineuses ciblées que dans tout autre pays du G7 au cours des six dernières années en raison de l’islamophobie.
Number four is an increasing withdrawal of people from public life, which leads to many mental health issues, like an increase in depression and anxiety, especially among the youth. Le quatrième est le retrait croissant de gens de la vie publique, ce qui entraîne de nombreux problèmes de santé mentale, comme une augmentation de la dépression et de l’anxiété, en particulier chez les jeunes. 22-9-2022 Droits de la personne 20:3
Number five is an increasing withdrawal of students from public schools due to bullying and negative remarks, even sometimes by teachers. Le cinquième est un retrait croissant des étudiants des écoles publiques en raison de l’intimidation et des commentaires négatifs, parfois même par les enseignants. The sixth is an ongoing debate among Muslims about whether there is a future for them and their children in this country. Le sixième est un débat continu chez les musulmans sur la question de savoir s’il existe un avenir pour eux et leurs enfants au pays.
And number seven is an unprecedented phenomenon of what we call reverse migration — emigration — by a significant number of Muslim individuals and families. Et le septième est un phénomène sans précédent, ce que nous appelons la migration renversée — l’émigration — par un nombre important de personnes et de familles musulmanes. Now, I would like to offer some recommendations. Since 2001, many of our recommendations at different platforms have still not been implemented. We acknowledge and we are encouraged somehow that the current government has taken some positive steps, but a lot more needs to be done.
As I close, I would like to stress the following recommendations. Maintenant, j’aimerais proposer quelques recommandations. Depuis 2001, nombre de nos recommandations présentées sur des plateformes différentes n’ont toujours pas été mises en œuvre. Nous reconnaissons le fait que le gouvernement actuel a déjà pris quelques mesures favorables, et cela nous encourage d’une certaine façon, mais il reste encore beaucoup à faire. Pour terminer, j’aimerais insister sur les recommandations suivantes. One is to invest indiscriminately in all Canadians of all backgrounds.
The best investment is the one that aims at elevating not only the standards of living but also the standards of thinking and a sense of belonging in all Canadians. La première est d’investir sans discrimination dans tous les Canadiens de toutes origines. Le meilleur investissement est celui qui vise à élever non seulement le niveau de vie, mais aussi le niveau de pensée et le sentiment d’appartenance de tous les Canadiens.
Number two is to educate people about the above-mentioned issues — parents, children, schoolteachers, law enforcement officers, public servants and politicians — through a reviewed curriculum, sensitivity training and human resource departments. La deuxième est d’éduquer les gens au sujet des questions mentionnées précédemment — les parents, les enfants, les enseignants, les agents d’application de la loi, les fonctionnaires et les politiciens — au moyen d’un programme d’études révisé, d’une formation sur la sensibilité et de services de ressources humaines.
Number three is to review education curricula in all schools and better educate future generations not only about tolerance and respect but also the consequences of all forms of hate, including Islamophobia. La troisième est d’examiner le programme d’étude dans toutes les écoles et de mieux éduquer les générations futures, non seulement au sujet de la tolérance et du respect, mais aussi des conséquences de toutes les formes de haine, y compris l’islamophobie. Fourth is to reprimand the language and culture of divisiveness, whether by politicians, special interest groups, social media or media in general.
The language of divisiveness is the precursor for hate, xenophobia, racism, bigotry and prejudice. Therefore, there should be accountability for such things. La quatrième consiste à réprimander le langage et la culture de la division, qu’ils soient le fait des politiciens, des groupes d’intérêts spéciaux, des médias sociaux ou des médias en général. La langue de la division est le précurseur de la haine, de la xénophobie, du racisme, de la bigoterie et des préjugés. C’est pourquoi il faut rendre des comptes sur ce genre de choses.
Recommendation number five is to listen to the people as we are doing today, and solve small problems before they become complex crises. La cinquième recommandation est d’écouter les gens comme nous le faisons aujourd’hui et de régler les petits problèmes avant qu’ils ne deviennent des crises complexes. Finally, number six is to please implement NCCM’s recommendations, which were shared on July 19, 2021. I would just reiterate most of the points that were suggested by NCCM. I am sure you took notes of CCI’s recommendations yesterday. Thank you for listening to me.
Enfin, la sixième est de bien vouloir mettre en œuvre les recommandations du CNMC, qui ont été communiquées le 19 juillet 2021. J’aimerais simplement rappeler la plupart des points proposés par le CNMC. Je suis sûr que vous avec pris note des recommandations du CCI hier. Merci de m’avoir écouté. 20:4 Human Rights 22-9-2022
The Chair: Thank you. Imam, the recommendations you’ve made, please leave the list with the analysts. They do take notes, but I think it would be good for them to have that. La présidente : Merci. Je vous prie, monsieur, de bien vouloir remettre la liste des recommandations aux analystes. Ils prennent des notes, mais je pense que ce serait bon pour eux de l’avoir. Mr. Slimi: I will do that. M. Slimi : Je le ferai. The Chair: Thank you. La présidente : Merci. Sarah Khetty, Director of Marketing, Zabiha Halal: As- salaam alaikum.
Thank you so much for inviting me to appear before this committee to discuss the work that needs to be done to dismantle Islamophobia in Canada. Sarah Khetty, directrice du marketing, Zabiha Halal : As- salaam alaikum. Merci de m’avoir invitée à comparaître devant le comité pour discuter du travail qui doit être fait pour démanteler l’islamophobie au Canada. I appear here as the Director of Marketing of Maple Lodge Farms, which is home to the Zabiha Halal brand. Zabiha Halal serves Canadian Muslims by providing halal foods which are available at grocery stores across the country.
The Zabiha Halal brand is the result of a collaboration between Maple Lodge Farms — a private, family-owned company — and the Muslim community itself, which started over 30 years ago. Je comparais ici en tant que directrice du marketing de Maple Lodge Farms, qui abrite la marque Zabiha Halal. Zabiha Halal sert les musulmans canadiens en leur fournissant des aliments halal qui se trouvent dans les épiceries partout au pays. La marque Zabiha Halal est le fruit d’une collaboration entre Maple Lodge Farms — une entreprise privée familiale — et la communauté musulmane elle-même, qui a vu le jour il y a plus de 30 ans.
I have been at Maple Lodge Farms for over seven years and worked on the Zabiha Halal brand for the last six, an experience that has been personally rewarding as a member of the Canadian Muslim community and a halal consumer myself. I can actually remember standing outside of Maple Lodge Farms as a little girl with my own parents purchasing cases of halal chicken, taking it home and making the most value of it as an immigrant family — and the entire day I dreaded repacking that chicken into small bags and putting them into the freezer.
Je travaille à Maple Lodge Farms depuis plus de sept ans et sur la marque Zabiha Halal depuis les six dernières années; c’est une expérience qui a été personnellement enrichissante en tant que membre de la communauté musulmane canadienne et une consommatrice halal. Je me souviens en fait d’avoir été debout devant Maple Lodge Farms quand j’étais petite et que mes parents achetaient des caisses de poulets halal, les ramenaient à la maison et en tiraient le meilleur parti en tant que famille immigrante, et toute la journée, je redoutais de remballer ce poulet dans de petits sacs et de les mettre au congélateur.
I suspect it is not often that brands are asked to participate in public forums of this nature, but as the home of Canada’s largest halal brand, Maple Lodge Farms is uniquely positioned to inform a discourse on the prevalence of Islamophobia in Canada, and in many ways, we ended up here by chance. As a community brand and because of our grassroots connection with Canadian Muslim consumers, we have had a front-row seat to the struggles Canadian Muslims face. We have even been subjected to these challenges ourselves through online hate and misinformation on our social media pages.
These existing issues, as we all know, were magnified by 9/11, and then reinvigorated by the politicization of the Muslim faith ahead of the 2016 U.S. election. The negative sentiment and rhetoric quickly spilled into the Canadian political and cultural landscape.
Je suppose qu’il n’est pas fréquent que l’on demande à des marques de participer à des tribunes publiques de cette nature, mais en tant que foyer de la plus grande marque halal du Canada, Maple Lodge Farms est particulièrement bien placée pour alimenter un discours sur la prévalence de l’islamophobie au Canada, et, à bien des égards, nous nous sommes retrouvés ici par hasard. En tant que marque communautaire et en raison des liens que nous entretenons avec les consommateurs musulmans canadiens, nous avons été aux premières loges pour observer les difficultés auxquelles les musulmans canadiens sont confrontés.
Nous avons même été soumis à ces difficultés nous-mêmes par la haine en ligne et la désinformation sur nos pages de médias sociaux. Ces problèmes existants, comme nous le savons tous, ont été amplifiés par le 11 septembre, puis revigorés par la politisation de la foi musulmane avant l’élection américaine de 2016. Le sentiment et la rhétorique négatifs ont rapidement gagné le paysage politique et culturel canadien. What has been the most disconcerting regarding the increase in hateful rhetoric regarding Muslim Canadians is the sharp contrast in how this community perceives Canada.
In a survey we conducted in 2016, 98% of Muslims responded that they were very proud or proud to be Canadian. Another 97% said they Ce qui a été le plus déconcertant concernant l’augmentation de la rhétorique haineuse à l’égard des Canadiens musulmans, c’est le contraste marqué dans la façon dont les membres de cette communauté perçoivent le Canada. Dans une enquête que nous avons menée en 2016, 98 % des musulmans ont répondu qu’ils 22-9-2022 Droits de la personne 20:5
felt a strong sense of belonging here. I know that I have experienced this many times. As the lead on Zabiha Halal, I get asked to speak at many community events, like Reviving the Islamic Spirit, which is a huge conference that takes place over Christmas, and I’ve represented Zabiha Halal at MuslimFest. Any time I feel nervous or don’t know what to say, I know a shoutout to Canada is the solution. It gets the crowd really excited and gives me a moment to catch my breath. There is a lot of love for this country within the Canadian Muslim community. étaient très fiers ou fiers d’être des Canadiens.
Par ailleurs, 97 % ont dit ressentir un fort sentiment d’appartenance ici. Je sais que j’en ai fait l’expérience à de nombreuses reprises. En tant que responsable de Zabiha Halal, on me demande de prendre la parole dans de nombreux événements communautaires, comme Reviving the Islamic Spirit, une énorme conférence qui se déroule à Noël, et j’ai représenté Zabiha Halal au MuslimFest. Chaque fois que je me sens nerveuse ou que je ne sais pas quoi dire, je sais que la solution consiste à lancer un grand bravo au Canada. Cela suscite l’enthousiasme de la foule et me donne un moment pour reprendre mon souffle.
Il y a beaucoup d’amour pour le Canada au sein de la communauté musulmane canadienne. Four years ago, Zabiha Halal launched the Sharing Halal campaign to combat misinformation and stereotypes about the Canadian Muslims that we represent and serve so proudly. In it, real Muslim Canadians — and I need to emphasize that these are real people, not actors and not myself as a brand ambassador — from immigrants to entrepreneurs, told their own stories regarding their hopes and aspirations, joys and challenges and the extraordinary pride so many have in being Canadian.
Sharing Halal was our way of creating content that Canadian Muslims could share to counter the narrative they encountered in their everyday lives, especially online, sometimes through the media and often by mistake through peers and colleagues. Il y a quatre ans, Zabiha Halal a lancé la campagne Sharing Halal pour lutter contre la désinformation et les stéréotypes au sujet des musulmans canadiens que nous représentons et servons avec autant de fierté.
Dans celle-ci, de vrais Canadiens musulmans — et je dois insister pour dire que ce sont de vraies personnes, pas des acteurs et pas moi-même en tant qu’ambassadrice de marque —, des immigrants à des entrepreneurs, ont raconté leur propre histoire concernant leurs espoirs et leurs aspirations, leurs joies et leurs défis et l’extraordinaire fierté qu’un grand nombre d’entre eux tirent du fait d’être des Canadiens.
Sharing Halal était notre façon de créer du contenu que les musulmans canadiens pouvaient partager pour contrer le récit qu’ils vivaient dans leur vie quotidienne, surtout en ligne, parfois par l’entremise des médias et souvent par erreur par l’entremise de leurs pairs et de leurs collègues. Like many Canadians, after the unprovoked and targeted attack on a Muslim family in London, Ontario, we knew we needed to do more. We were creating this content that was allowing Canadian Muslims to represent themselves on social media and other platforms as more than what the media depicted.
But we made the decision to leverage the Sharing Halal campaign to confront Islamophobia more directly. We took on conducting a new survey in 2022, which was issued to 1,500 Canadians and it supported that Islamophobia is real and there is much work to be done. À l’instar de nombreux Canadiens, après l’attaque non provoquée et ciblée contre une famille musulmane, à London, en Ontario, nous avons vu que nous devions en faire davantage.
Nous étions en train de créer ce contenu qui permettait à des musulmans canadiens de se représenter sur les médias sociaux et sur d’autres plateformes comme étant plus que ce que les médias décrivaient. Mais nous avons décidé de tirer parti de la campagne Sharing Halal pour lutter plus directement contre l’islamophobie. Nous avons entrepris de mener une nouvelle enquête en 2022 auprès de 1 500 Canadiens, qui a confirmé que l’islamophobie est réelle et qu’il y a beaucoup de travail à faire. Let me share a few of the alarming findings with this group today.
Of the Canadians surveyed, 54% said they trust Muslims, compared to 68% who expressed that they trust those of the Christian faith. One third worried about how many Muslims are immigrating to Canada, and one quarter wished that hijabs were banned outright. Permettez-moi de mentionner au groupe aujourd’hui quelques- unes des conclusions alarmantes. Parmi les Canadiens sondés, 54 % ont dit qu’ils faisaient confiance aux musulmans, par rapport à 68 %, qui ont exprimé qu’ils font confiance aux personnes de confession chrétienne.
Le tiers s’inquiétait du nombre de musulmans qui immigrent au Canada, et un quart souhaitait que les hidjabs soient carrément interdits. This was our way of measuring where the differences were, and the gaps, and this is self-reporting. These are Canadians who checked the box to say that they’re worried about Muslims immigrating to Canada. It doesn’t measure the internalized C’était notre façon de mesurer les différences et les écarts, et il s’agissait d’une déclaration volontaire. Ce sont des Canadiens qui ont coché la case pour dire qu’ils s’inquiètent de l’immigration de musulmans au Canada.
Cela ne mesure pas 20:6 Human Rights 22-9-2022
racism or Islamophobia that people aren’t able to identify or aren’t willing to check the box themselves and say, “A person in a hijab makes me nervous,” or “I’m concerned when I hear the azan coming from a mosque.” le racisme ou l’islamophobie intériorisés que les gens ne sont pas capables de nommer ni le fait qu’ils ne sont pas prêts à cocher la case eux-mêmes et à dire : « Une personne en hidjab me rend nerveux » ou « Je suis inquiet lorsque j’entends l’adhan venir d’une mosquée. » Yet we see this as an opportunity to build understanding and compassion through education, awareness and action.
We again asked Muslim-Canadians to share their own perspectives. One said, “There’s pressure to always be on my best behaviour, that you need to be better than everybody else.” Another said, “I’m not from any other country, but I started to feel like maybe I’m not as accepted as I thought I was.” This young lady spoke particularly of an incident at a bus station when she was wearing a hijab as a young girl, and before she went to university, she made the very difficult decision to stop wearing a hijab in order to avoid the type of hate she had experienced growing up. These stories are not rare.
I too have my own experiences of Islamophobia. In one incident that took place just outside of Toronto, my family reunion was subjected to awful racial slurs. We were left feeling scared and like we did not belong. Pourtant, nous voyons cela comme une possibilité de renforcer la compréhension et la compassion au moyen de l’éducation, de la sensibilisation et de l’action. Nous avons de nouveau demandé aux musulmans canadiens de communiquer leurs propres perspectives. Une personne a dit : « On fait face à une pression pour toujours nous comporter de notre mieux, pour être meilleur que tout le monde. »
Une autre a dit : « Je ne viens pas d’un autre pays, mais j’ai commencé à avoir l’impression de ne pas être aussi acceptée que je le pensais. » Cette jeune femme a parlé en particulier d’un incident survenu à une gare d’autobus alors qu’elle portait un hidjab lorsqu’elle était jeune fille, et avant d’aller à l’université, elle a pris la décision très difficile de cesser de porter un hidjab afin d’éviter le type de haine qu’elle avait vécu en grandissant. Ces histoires ne sont pas rares. J’ai aussi ma propre expérience de l’islamophobie.
Lors d’un incident qui s’est produit juste à l’extérieur de Toronto, ma réunion de famille a fait l’objet d’horribles insultes raciales. Nous nous sommes sentis effrayés et comme si nous n’avions pas notre place. We must pave a new way forward. As an accountant by education and a marketer by trade, I have a deep respect of data and information. I believe the key first step here to solving this issue is measurement. We must regularly measure the makeup of the Canadian Muslim community at national, provincial and regional levels to direct support and resources where they are needed.
We must measure the sentiments of Canadians toward Muslims to identify communities who require education and tools to broaden their understanding of the Canadian Muslim community. And we must also measure occurrences of Islamophobia at all levels of severity. Often those small occurrences of Islamophobia are your early indicators of larger things to come, like the tragedies that occurred in Quebec as well as in London, Ontario in 2021. Nous devons tracer une nouvelle voie. En tant que comptable de formation et spécialiste du marketing de métier, j’ai un profond respect pour les données et l’information.
Je crois que la mesure est la première étape clé pour régler ce problème. Nous devons mesurer régulièrement la composition de la communauté musulmane canadienne aux échelons national, provincial et régional afin d’orienter le soutien et les ressources là où ils sont nécessaires. Nous devons mesurer les sentiments des Canadiens envers les musulmans afin de cerner les communautés qui ont besoin d’éducation et d’outils pour élargir leur compréhension de la communauté musulmane canadienne. Nous devons aussi mesurer les occurrences d’islamophobie à tous les niveaux de gravité.
Souvent, ces petites occurrences d’islamophobie sont les premiers indicateurs d’événements plus importants à venir, comme les tragédies qui se sont produites au Québec et à London, en Ontario, en 2021. If members of the Muslim community are empowered to document their experiences, they will feel greater support, like their voices matter and that legitimate change is possible. Obtaining data, which I believe is achievable, will inform action that empowers families, normalizes Islam and builds awareness among Canadians at large.
This must be a sustained, collective effort between community organizations, private companies, members of the Muslim faith themselves and, of course, governments. Together, we can use our respective strengths and positions to combat a serious, escalating issue. Si des membres de la communauté musulmane sont habilités à documenter leurs expériences, ils se sentiront mieux appuyés, auront le sentiment que leurs voix comptent et qu’un changement légitime est possible.
L’obtention de données, qui, à mon avis, est réalisable, orientera les mesures qui habilitent les familles, normalisera l’islam et sensibilisera l’ensemble des Canadiens. Il doit s’agir d’un effort soutenu et collectif entre les organisations communautaires, les entreprises privées, les membres de la foi musulmane eux-mêmes et, bien sûr, les gouvernements. Ensemble, nous pouvons utiliser nos forces et nos positions respectives pour lutter contre un problème grave et croissant. 22-9-2022 Droits de la personne 20:7
Sometimes, for inspiration we can look to our children for lessons. One story from the Sharing Halal campaign sticks with me. It confirms we are not born with biases. During year one of the Sharing Halal campaign, we brought a Muslim family and a non-Muslim family together to celebrate iftar in Ramadan. When this visiting family, which was non-Muslim, came to the Muslim family’s home, the young son of the visiting family thought nothing of the little girl’s Islamic dress and simply asked if she could show him her toys.
He had clearly been told that there would be toys available at this party, and he wasn’t concerned that the smells in the room and the food were unfamiliar to him, or that her salwar kameez was something that he didn’t understand. He was looking for toys. Those two held hands the entire day as the adults kind of ambled about uncomfortably, learning about each other and getting slowly comfortable. They held hands and played from the get-go. These youngsters remind us that we are more the same than we are different. Parfois, pour nous inspirer, nous pouvons regarder nos enfants et en tirer des leçons.
Une histoire de la campagne Sharing Halal m’est restée en mémoire. Cela confirme que nous ne naissons pas avec des préjugés. Au cours de la première année de la campagne Sharing Halal, nous avons réuni une famille musulmane et une famille non musulmane pour célébrer l’iftar du ramadan. Lorsque cette famille en visite, qui n’était pas musulmane, est venue chez la famille musulmane, le jeune fils de la famille en visite n’a rien pensé de la robe islamique de la petite fille et lui a simplement demandé si elle pouvait lui montrer ses jouets.
On lui avait clairement dit qu’il y aurait des jouets à cette fête, et il ne s’inquiétait pas du fait que les odeurs dans la pièce et la nourriture ne lui étaient pas familières ni du fait qu’il ne comprenait pas son salwar kameez. Il cherchait des jouets. Ces deux-là se sont tenu la main toute la journée tandis que les adultes étaient mal à l’aise, apprenant à se connaître et se mettant lentement à l’aise. Ils se sont tenu la main et ont joué dès le début. Ces jeunes nous rappellent que nous sommes plus semblables que différents.
Thank you again for the opportunity to present to this committee and considering the recommendations that are detailed more extensively in our written report. Je vous remercie à nouveau de m’avoir donné l’occasion de me présenter au comité et de prendre en considération les recommandations qui sont plus détaillées dans notre rapport écrit. The Chair: Thank you, Ms. Khetty. La présidente : Merci, madame Khetty. Katherine Bullock, Lecturer, University of Toronto: Thank you very much. Good morning. As-salaam alaikum; greetings of peace. Madam Chair and members of the committee, my name is Katherine Bullock.
I have been a lecturer at the University of Toronto Mississauga for the last 18 years, and I’m very grateful to be here today. Katherine Bullock, chargée de cours, Université de Toronto : Merci beaucoup. Bonjour. As-salaam alaikum; salutations de paix. Madame la présidente et mesdames et messieurs les membres du comité, je m’appelle Katherine Bullock. Je suis chargée de cours à l’Université de Toronto Mississauga depuis les 18 dernières années, et je suis très reconnaissante d’être ici aujourd’hui.
I grew up with the adage that “sticks and stones can break my bones, but words will never hurt me.” Once I converted to Islam in 1994 and began experiencing racist verbal harassment on the street, at my dentist, at my university and at government services, I learned that this adage is false. Words hurt and words can hurt for a very long time. They demoralize. They lead to self-doubt, self-hatred or low self-esteem. They are a trauma that can be hard to heal. J’ai grandi avec l’adage selon lequel « les coups blessent, mais pas les mots ».
Après que je me suis convertie à l’islam en 1994 et que j’ai commencé à subir du harcèlement verbal raciste dans la rue, chez mon dentiste, à l’université et dans les services gouvernementaux, j’ai appris que cet adage est faux. Les mots blessent effectivement, et les mots peuvent blesser pendant très longtemps. Ils démoralisent. Ils mènent au doute de soi, à la haine de soi ou à une faible estime de soi. Ils constituent un traumatisme qu’il peut être difficile de guérir. When we discuss anti-Muslim racism, we often focus on the haters and how to stop them.
We talk about legislation and institution-based policies that focus on what happens after a racist event. These are important and crucial. By focusing on preventing and dealing with perpetrators, we overlook a crucial part of what happens at that event for someone else — the one on the receiving end, or the affectee, to use a delightful Pakistani- English word. How do they cope at that moment? How do they cope afterwards? Lorsque nous parlons de racisme antimusulman, nous nous concentrons souvent sur les personnes haineuses et sur la manière de les arrêter.
Nous parlons de la législation et des politiques institutionnelles qui s’intéressent à ce qui se passe après un événement raciste. Ces mesures sont importantes et cruciales. En nous concentrant sur la prévention et le traitement des auteurs, nous négligeons une
partie cruciale de ce qui se passe lors de cet événement pour quelqu’un d’autre. La personne qui le reçoit ou la personne affectée, pour utiliser un magnifique mot inspiré du pakistanais. Comment font-ils face à la situation à ce moment-là? Comment y font-ils face par la suite? 20:8 Human Rights 22-9-2022
There is not a lot of research on how Muslims cope with experiencing an anti-Muslim racist event. The little that is known confirms that Muslims have experienced since 9/11 a collective trauma. There are greater levels of stress, PTSD, anxiety, lower self-esteem and depression. Some scholars argue that Islamophobia is a public health emergency. I have a friend in hijab who was out for a walk one day and had eggs thrown at her while being told to “go back to where you came from.” After this, she was afraid to leave her home for a week.
Il n’y a pas beaucoup de recherche sur la façon dont les musulmans composent avec l’expérience d’un événement raciste antimusulman. Les rares recherches connues confirment que les musulmans vivent depuis le 11 septembre un traumatisme collectif. Il y a des niveaux de stress plus élevés, le trouble de stress post-traumatique, l’anxiété, une faible estime de soi et la dépression. Certains universitaires soutiennent que l’islamophobie est une urgence de santé publique. J’ai une amie qui porte le hidjab et qui est sortie marcher un jour et s’est fait lancer des œufs en se faisant dire « retourne d’où tu viens ».
Après cet incident, elle a eu peur de sortir de chez elle pendant une semaine. In 2019, I received hate mail at my university address; excuse me, but there’s going to be rude language in what follows. I’m going to read what it said so you appreciate it. This hate mail was entitled in the subject line “fuck head.” The message was, “Hey you can put your Sharia law up your ass you Muslim piece of shit.” This left me with a panic attack all day: sweaty palms, palpitating heart, shortness of breath, an inability to focus, and later, anxiety about being on campus.
En 2019, j’ai reçu un courriel haineux à mon adresse de l’université; excusez-moi, mais il y aura des mots crus dans ce qui suit. Je vais lire ce qu’il disait pour que vous puissiez en prendre conscience. L’objet de ce courriel haineux était « tête de conne ». Le message était le suivant : « Hé, tu peux te foutre ta charia au cul, espèce de merde musulmane. » J’en ai fait une attaque de panique toute la journée : les paumes en sueur, des palpitations cardiaques, le souffle court, l’incapacité de me concentrer et plus tard, l’anxiété par rapport au fait d’être sur le campus.
A few weeks ago, we saw on the news the story of an eight- year-old in Montreal now afraid to leave her home after a racist verbal assault by a passer-by in her driveway yelling at her parents to go back to India or Pakistan. They were both born and raised in Montreal, and I am sure that you have your own stories and have heard many more like this over the course of the last few weeks.
Il y a quelques semaines, nous avons vu dans les nouvelles l’histoire d’une fille de huit ans à Montréal qui craint maintenant de sortir de chez elle après qu’un passant lui a lancé des insultes verbales racistes dans son allée en criant à ses parents de retourner en Inde ou au Pakistan. Ils sont tous les deux nés et ont grandi à Montréal, et je suis sûre que vous avez votre propre histoire et que vous en avez entendu beaucoup d’autres comme celle-ci au cours des dernières semaines.
Racist encounters might be few and far between and the majority of people might have good interactions, but these negative ones stick. They etch themselves into our sense of being. They last a lifetime. There are positive and negative coping strategies. Staying at home and having a panic attack are obviously negative coping strategies. Some people find their way to positive coping strategies, such as comfort from religiosity, asserting one’s identity or increased civic or political engagement.
Medical scholars have established that experiencing racism has a negative impact on children’s healthy development and on adult well-being. We need to do what we can to help people toward positive coping. Les rencontres racistes peuvent être rares, et la plupart des gens pourraient avoir de bonnes interactions, mais ce sont celles qui sont négatives qui restent. Elles se gravent dans notre sentiment d’être. Elles durent toute la vie. Il existe des stratégies d’adaptation positives et négatives. Rester chez soi et faire une crise de panique sont évidemment des stratégies d’adaptation négatives.
Certaines personnes trouvent le moyen d’adopter des stratégies d’adaptation positives, comme se sentir à l’aise avec la religiosité, affirmer son identité ou accroître sa participation civique ou politique. Les chercheurs en médecine ont établi que le racisme a un effet négatif sur le développement sain des enfants et le bien-être des adultes. Nous devons faire ce que nous pouvons pour aider les gens à adopter des stratégies d’adaptation positives. We need to assist individuals psychologically in the short term while challenging, over the long term, systemic and everyday racism.
Time does not permit me to explain in detail my three recommendations that flow from my concern over how people cope in the long term with an anti-Muslim racist event. In brief, I would like to see funding from the Public Health Agency of Canada and the Department of Canadian Heritage go to mental health providers and community organizations to develop ways Nous devons aider les personnes sur le plan psychologique à court terme tout en remettant en cause, à long terme, le racisme systémique et quotidien.
Le temps ne me permet pas d’expliquer en détail mes trois recommandations qui découlent de ma préoccupation quant à la façon dont les gens composent à long terme avec un événement raciste antimusulman. En bref, j’aimerais que l’Agence de la santé publique du Canada et le ministère du Patrimoine canadien accordent des fonds aux 22-9-2022 Droits de la personne 20:9
to diagnose and treat those affected by anti-Muslim racism and for bystander training for those witnessing anti-Muslim hate crimes, hate incidents and street harassment. fournisseurs de services de santé mentale et aux organismes communautaires pour qu’ils élaborent des moyens de diagnostiquer et de traiter les personnes touchées par le racisme antimusulman et pour qu’ils offrent une formation aux témoins de crimes haineux, d’incidents haineux antimusulmans dans la rue. I am sure over the course of these past few weeks, as you have travelled around Canada, you are hearing a lot of statistics.
Not only do hate crime statistics skim the surface of the rumblings of daily anti-Muslim racism, they overlook the fact that each statistic represents a person who is reacting and who is now coping. That’s why I wanted to focus on the anecdotes of coping, because words hurt more than we think. Thank you. Je suis sûre que, durant les dernières semaines, en voyageant au Canada, vous avez entendu beaucoup de statistiques.
Non seulement les statistiques sur les crimes haineux ne font qu’effleurer la surface des rumeurs concernant le racisme quotidien dirigé contre les musulmans, mais elles ne tiennent pas compte du fait que chaque statistique représente une personne qui réagit et qui fait maintenant face à la situation. C’est pourquoi je voulais me concentrer sur les anecdotes de l’adaptation, parce que les mots blessent plus que nous le pensons. Merci. The Chair: Thank you very much. Before I turn to the senators for questions, Ms. Bullock, can you please share your recommendations with us? La présidente : Merci beaucoup.
Avant de passer aux questions des sénateurs et des sénatrices, madame Bullock, pourriez-vous s’il vous plaît nous faire part de vos recommandations? Ms. Bullock: I submitted them to the clerk. Mme Bullock : Je les ai remises au greffier. The Chair: Okay, thank you very much. La présidente : D’accord, merci beaucoup. Senator Arnot: Thank you to the panel. I have a question for Katherine Bullock. I agree with you that there is evidence that these kinds of interactions of racism and anti-Muslim hate can create depression, anxiety and strong mental health issues.
Are you aware of a program that was started in Australia? It’s a national public education program, an anti-racist education program on television and multimedia. Le sénateur Arnot : Je remercie le groupe de témoins. J’ai une question pour Katherine Bullock. Je suis d’accord avec vous pour dire qu’il y a des preuves que ces types d’interaction marqués par le racisme et la haine antimusulmans peut créer de la dépression, de l’anxiété et de graves problèmes de santé mentale. Êtes-vous au courant d’un programme qui a été lancé en Australie?
C’est un programme d’éducation publique national, un programme d’éducation antiraciste télévisé et multimédia. I mention that because I am aware of that study and that program that came out of Australia because it was studied by the Saskatchewan Human Rights Commission about 10 years ago or so.
I can’t put anything into evidence, but there is a national program on anti-racism education designed for adults in the larger public, and if you could find that and submit it to the clerk, it would perhaps be helpful because the Saskatchewan Human Rights Commission copied it in a small way, but it really outlined anti-racism against Aboriginal people in Australia. But since it was a national program, I thank you for your comments on that. We are aware here, we have heard about mental health issues that are real and they need to be addressed, and I look forward to analyzing all your recommendations.
J’en parle parce que je suis au courant de cette étude et de ce programme qui viennent de l’Australie parce que la Commission des droits de la personne de la Saskatchewan l’a étudié il y a environ 10 ans. Je ne peux rien déposer en preuve, mais il existe un programme national d’éducation antiraciste conçu pour les adultes du grand public, et si vous pouviez le trouver et le soumettre au greffier, ce serait peut-être utile parce que la Commission des droits de la personne de la Saskatchewan l’a copié dans une faible mesure, mais il décrivait vraiment l’antiracisme contre les Autochtones en Australie.
Mais comme il s’agissait d’un programme national, je vous remercie de vos commentaires à ce sujet. Nous sommes conscients ici, nous avons entendu parler des problèmes de santé mentale qui sont réels et qui doivent être abordés, et j’ai hâte d’analyser toutes vos recommandations.
To the whole panel, I would just say that I’ve heard you talk about the power of education, and I wanted to tell you that there is a foundation in Canada that has created a set of resources for kindergarten to Grade 12 that answers the questions, “What does it mean to be a Canadian citizen?” and “What are the rights of Je voudrais juste dire à tous les témoins que je vous ai entendus parler du pouvoir de l’éducation, et je tenais à vous dire qu’il existe une fondation au Canada qui a créé un ensemble de ressources destinées aux élèves de la maternelle jusqu’à la 12e année qui répondent aux questions suivantes : « Qu’est-ce que ça 20:10 Human Rights 22-9-2022
citizenship?” But more importantly, it asks, “What are the responsibilities that come with those rights?” There is a recognition that the fundamental responsibility is to respect every citizen. signifie être un citoyen canadien? » et « Quels droits procure la citoyenneté? » Mais plus important encore, la question : « Quelles sont les responsabilités liées à ces droits? » Il y a une reconnaissance de la responsabilité fondamentale de respecter chaque citoyen.
So, in my view, one of the features of this, basically, is that Islamophobia, as we’re hearing, is very acute in Canada, but an investment in education is something that I think we Canadians should be making. We have a country that is known as the most successful experiment in pluralism the world has ever seen, and I think that’s right, but we fail to invest in our multicultural, multi- theist, multi-ethnic country in the sense of creating the understanding required to embrace this. As Senator Oh has mentioned many times, this is Canada’s strength and I believe that is accurate.
But my thesis is that in order to change the culture and the community, we need to change the culture in the schools first because we’re creating a generation of people that understand. Alors, à mon avis, l’un des aspects de cela, essentiellement, c’est que l’islamophobie, comme nous l’avons entendu dire, est vraiment très présente au Canada, mais je pense que nous, Canadiens, devrions investir dans l’éducation.
Notre pays est connu comme étant la meilleure expérience de pluralisme que le monde ait jamais vue, et selon moi c’est vrai, mais nous ne parvenons pas à investir dans notre pays multiculturel, multithéiste et multiethnique afin de créer la compréhension nécessaire pour embrasser cette réalité. Comme le sénateur Oh l’a mentionné à plusieurs reprises, il s’agit de la force du Canada, et je crois que c’est exact. Toutefois, j’estime que pour changer la culture et la communauté, nous devons d’abord changer la culture au sein des écoles, pour former une génération de personnes qui comprennent.
I would just say that this pedagogy is created by the Consentus Citizenship Education Foundation. We’ve heard testimony from that organization yesterday, but I believe it is one feature of a response to Islamophobia because it provides a vaccine against ignorance and hate and fear, which is a very toxic combination. The pedagogy espouses that there are five essential competencies of Canadian citizenship that all students from kindergarten to Grade 12 should be enlightened, ethical, empowered, engaged and, I think most importantly, empathetic.
So, those are the five essential competencies of Canadian citizenship, and the theory is we need to start very young in schools creating understanding and creating support for the kind of Canada we have in theory, which I’m quite certain is not what’s happening. Je voudrais juste mentionner que cette pédagogie est créée par la Fondation d’éducation à la citoyenneté. Nous avons entendu le témoignage de cette organisation hier, mais je crois qu’il s’agit d’un aspect de la lutte contre l’islamophobie, car elle offre un vaccin contre l’ignorance, la haine et la peur, une combinaison très toxique.
La pédagogie prône les cinq compétences essentielles de la citoyenneté canadienne, selon lesquelles tous les élèves, de la maternelle à la douzième année, devraient être éclairés, éthiques, émancipés, engagés et, selon moi, ce qui est le plus important, empathiques. Donc, il s’agit des cinq compétences essentielles de la citoyenneté canadienne, et la théorie est que nous devons commencer très tôt dans les écoles à créer une compréhension et un soutien pour le genre de Canada que nous avons en théorie, et je suis certain que ce n’est pas ce qui se passe.
You know, many immigrants come to Canada embracing the values of Canada that are in our Constitution, yet your experience on the ground and in the community is opposite to that, it’s antithetical to Canadian values actually. So, we need to emphasize the teaching of Canadian values, the teaching of respect because every human being, every citizen deserves equal moral consideration and respect for every citizen is what we need for a better Canada — for a Canada to sustain this position of being the most successful country of the world as a pluralistic country.
Vous savez, beaucoup d’immigrants viennent au Canada en adoptant les valeurs du Canada qui sont inscrites dans notre Constitution, pourtant votre expérience sur le terrain et au sein de la communauté est opposée à cela; en réalité, elle est contraire aux valeurs canadiennes.
Donc, nous devons mettre l’accent sur l’enseignement des valeurs canadiennes et du respect parce que chaque être humain et chaque citoyen mérite une considération morale égale, et le respect de chaque citoyen est essentiel à un meilleur Canada — afin que le Canada maintienne sa position de pays le plus prospère du monde en tant que pays pluraliste.
So, I just make that general comment and I’d like to have any comments from any of the witnesses about the power of education and what we should be doing and focusing on using education in an effective way to create a vaccine against this hate that we see in the community.
Je voulais simplement faire ce commentaire général et j’aimerais entendre les commentaires des témoins concernant le pouvoir de l’éducation et ce que nous devrions faire afin de nous concentrer sur l’utilisation efficace de l’éducation afin de créer un vaccin contre cette haine que nous observons au sein de la collectivité. 22-9-2022 Droits de la personne 20:11
Mr. Slimi: In my humble contribution, I refer to education review and curriculum and I 100% agree with you and I mentioned that this should start, you know, with the planning for a long-term result. I, with my co-panellists here, we all agree that this can’t be solved in one day, so it must be very well studied, in consultation, of course, with all the stakeholders — in this case, the Muslim community, academics and, of course, community leaders. M.
Slimi : Dans mon humble contribution, je mentionne la réforme de l’éducation et du programme d’étude, et je suis 100 % d’accord avec vous; j’ai mentionné que cela devrait commencer, vous savez, par la planification pour obtenir un résultat à long terme. Mes collègues ici présents et moi-même sommes tous d’accord pour dire que ce problème ne peut être réglé en un jour, et qu’il doit être très bien étudié, en consultation, bien entendu, avec tous les acteurs concernés : dans le cas qui nous occupe, la communauté musulmane, les universitaires et, bien sûr, les dirigeants communautaires.
Regarding the education and the training, I don’t believe in curriculum; we used to do a lot of sensitivity training, in my opinion, in the '90s with the police officers and law enforcement. I served in Ontario in the 1990s and early 2000s before 9/11 in London, Ontario with the OPP. We’ve done a lot of sensitivity training and I saw the results; it changed officer’s attitudes with the police and in corrections centres. I used to work with CIC, with Correctional Service Canada, and we’ve done a lot of training for chaplains, you know, and I see the results. These things are gone.
Even recently, the former federal government, I believe, stopped funding chaplaincy and chaplains. So, we fund them actually for our Muslim communities with our humble means collecting donations and doing fundraisers and selling tickets so we can, because these are very important. Pour ce qui est de l’éducation et de la formation, je ne crois pas au programme d’étude. Nous faisions beaucoup de formation de sensibilisation, à mon avis, dans les années 1990 avec les agents de police et les forces de l’ordre.
J’ai servi en Ontario dans les années 1990 et au début des années 2000, avant le 11 septembre, à London, en Ontario, au sein de la Police provinciale de l’Ontario. Nous avons fait beaucoup de formation de sensibilisation, et j’ai constaté les résultats; cela a changé l’attitude des agents au sein de la police et des centres correctionnels. Je travaillais avec CIC, avec le Service correctionnel du Canada, et nous avons fait beaucoup de formation pour les aumôniers, vous savez, et je vois les résultats. Ces choses ont disparu.
Même récemment, l’ancien gouvernement fédéral, je crois, a cessé de financer les aumôneries et les aumôniers. Alors, nous les finançons en fait pour nos communautés musulmanes avec nos moyens modestes, en collectant des dons, en organisant des collectes de fonds et en vendant des billets en vue de pouvoir le faire, parce qu’il s’agit de choses très importantes. A lot of Islamophobia is happening in correctional centres. There’s a big population, unfortunately, that is suffering. So, they’re already in jail and incarcerated as well as suffering from Islamophobia.
But unfortunately, when they turn to us, we just say, sorry, we can’t do much, but law enforcement and teachers need to be trained on how to deal with minorities and sensitivity. Just teach people about people. This is in simple, plain English; teach people about people and this is really needed. But sensitivity training needs to go back. Il y a beaucoup d’islamophobie dans les centres correctionnels. Une grande
partie de la population en souffre malheureusement. Ils sont donc déjà en prison et incarcérés, mais ils subissent aussi de l’islamophobie. Malheureusement, lorsqu’ils se tournent vers nous, nous leur répondons simplement : « Désolé, nous ne pouvons pas faire grand-chose ». Cependant, les forces de l’ordre et les enseignants doivent être formés à la gestion des minorités et à la sensibilisation. Il faut apprendre aux gens à connaître les gens. C’est simple et clair : il faut apprendre aux gens à connaître les gens, et c’est vraiment nécessaire. Mais la formation de sensibilisation doit revenir.
With diplomats and people who are going to serve in Muslim countries or are dealing with Muslims, it’s very bad. People in CRA, people in government places with authority, you know, unfortunately, we’ve seen and witnessed it and I’m sure you heard in statements that authority is abused and, unfortunately, turned against Muslims. Dans le cas des diplomates et des personnes qui vont servir dans des pays musulmans ou qui traitent avec des musulmans, c’est très mauvais.
Les gens de l’ARC, les gens du gouvernement qui sont en position d’autorité, vous savez... malheureusement, nous l’avons observé et nous en avons été témoins, je suis sûr que vous l’avez entendu dire dans des déclarations que certains abusent de leur pouvoir et, malheureusement, s’en prennent aux musulmans. And I have to emphasize one very important thing, and this is something I have learned over the years looking at this problem and some of it is the imported hate. Sometimes it’s not Canadian, but it’s coming from overseas.
Some countries, they come with Je dois préciser une chose très importante, et c’est quelque chose que j’ai appris au fil des années en étudiant le problème : une
partie de cette haine est importée. Parfois, elle n’est pas canadienne; mais elle vient de l’étranger. Dans certains pays, ils 20:12 Human Rights 22-9-2022
that hate, you know, and they actually make it worse for their compatriots from the same country. And this is very common, so it’s not to blame everything on what is indigenous to Canada. A lot of it is also imported. You want to live in this country, then you have to learn how to respect and live and let live, and this is very important, as is educating the new immigrants about this Canadian environment. arrivent avec cette haine, vous savez et ils empirent la situation de leurs compatriotes du même pays. Et cela est très courant, alors il ne faut pas tout reprocher aux Canadiens de souche. Une grande
partie est aussi importée. Si vous voulez vivre dans ce pays, vous devez apprendre à respecter, à vivre et à laisser vivre, chose qui est très importante, tout comme l’éducation des nouveaux immigrants au sujet du contexte canadien. Ms. Khetty: I’d like to add to that. There’s been a lot of progress in terms of being able to represent diversity. You know, there’s more books in schools. I have a niece who’s five years old, and she told me that the main character in some of her books wears a scarf. That’s incredible.
But I think one of the things that’s been really interesting as we’ve talked to the community over the last three years is that the diversity of the Muslim community is not always respected. Mme Khetty : J’aimerais ajouter quelque chose à cela. Il y a eu beaucoup de progrès au
chapitre de la représentation de la diversité. Vous savez, il y a plus de livres dans les écoles. J’ai une nièce de cinq ans, et elle m’a dit que le personnage principal de certains de ses livres porte un foulard. C’est incroyable. Mais je pense que l’une des choses qui ont été vraiment intéressantes lorsque nous avons parlé à la communauté au cours des trois dernières années, c’est que la diversité de la communauté musulmane n’est pas toujours respectée. So, when we talk about education, and the media, and other areas, how can we make sure that we speak to that fact that?
There were definitely people on this panel and many others that are better able to speak to the specific and very real challenges of being a hijabi woman. Muslims are a very diverse group. They’re racially diverse. There are Black, white, Arab and brown Muslims from different regions of the world that speak many, many different languages. And so Muslims look, act and speak, and have different traditions and I think the impact of being othered out of being a Muslim is also very difficult.
Donc, lorsque nous parlons d’éducation, des médias et d’autres domaines, comment pouvons-nous être certains que nous parlons de ce fait? Il y avait certainement des personnes dans notre groupe de témoins et dans beaucoup d’autres qui sont mieux placées pour parler des défis précis et très réels d’une femme portant le hidjab. Les musulmans forment un groupe très diversifié. Ils sont de races différentes. Il y a des musulmans noirs, blancs, arabes et bruns de différentes régions du monde qui parlent de nombreuses langues différentes.
Les musulmans ont donc une apparence, un comportement, un langage et des traditions différentes, et je pense qu’il est très difficile de se sentir différent en tant que musulman. I’m going to give an example just to make this very real for people. We had one individual who we spoke to during the Sharing Halal campaign, a young, early-20s Arab man who was white passing, for all intents and purposes, and he shared hearing his friends at school talking about Muslims with him and being discriminatory with him because they didn’t realize he was Muslim.
When he shared he was Muslim, their response was, “Oh yeah, but you’re cool.” I’ve experienced this myself as a non-hijabi woman, and I’m sure some of the women in this room have as well, where you’ve been othered by not being included as a Muslim, and that creates a really strange sense of lack of self-understanding, and a sense of othering because you feel like you don’t fit into the Muslim community and you don’t fit in with other people either. And so I think in that education being clear about how diverse Islam and the Muslim community is; that is something that we’ve heard over and over again.
It’s very important to people. Je vais donner un exemple afin que les gens le comprennent bien. Nous avons parlé à une personne au cours de la campagne Sharing Halal, un jeune homme arabe d’une vingtaine d’années qui passait pour un Blanc, à tous égards, et il a raconté avoir entendu ses amis à l’école parler des musulmans avec lui et faire preuve de discrimination à son endroit parce qu’ils ne réalisaient pas qu’il était musulman. Quand il leur a dit qu’il était musulman, leur réponse a été : « Oui, mais toi, tu es sympa. »
Je l’ai moi-même vécu en tant que femme ne portant pas le hidjab, et je suis certaine que c’est le cas de certaines des femmes présentes dans cette salle, qui ont été mises à l’écart en n’étant pas incluses comme musulmanes, et cela crée un sentiment vraiment étrange d’incompréhension de soi, et un sentiment d’altérité parce que vous avez l’impression de ne pas avoir votre place dans la communauté musulmane, de ne pas correspondre aux autres.
Je pense donc que dans l’éducation, il faut être clair au sujet de la diversité de l’islam et de la communauté musulmane; c’est quelque chose que nous avons entendu à plusieurs reprises. C’est très important pour les gens. Hearing in a work setting that people thought you were too well educated to fast is a reflection of the fact that maybe I speak the way I speak and I look the way I look, and is equally insulting and Islamophobic.
So, I just wanted to add that piece which is, you know, often when we think about education and Le fait d’entendre dans un milieu de travail que les gens pensent que vous êtes trop bien éduqué pour jeûner reflète le fait que je parle peut-être comme je parle et que je ressemble à ce à quoi je ressemble... et c’est tout aussi insultant et islamophobe. Donc, je voulais juste ajouter cet élément. Vous savez, souvent, 22-9-2022 Droits de la personne 20:13
representation, we think of these visual items, and those clearly cause very real issues, but we need to think beyond that, especially when we’re thinking about educating children and police officers, like you said, and teachers, et cetera. lorsque nous pensons à l’éducation et la représentation, nous pensons à ces éléments visuels qui causent clairement des problèmes très réels, mais nous devons aller au-delà, surtout lorsque nous pensons à l’éducation des enfants et des agents de police, comme vous l’avez dit, et des enseignants, et cetera. Ms. Bullock: I really appreciate your remarks and I thank you for it.
I’d like to share with you that there are anti-racist trainings going on by groups in Canada too; I wasn’t aware of the Australian one, but I’m aware of a sister, Shahina Siddiqui, who, at the moment, is doing anti-racist training in Winnipeg, and is spearheading a launch of something called the Institute for Muslim Mental Health, and I have, I think, heard of the Canadian Council of Muslim Women also doing anti-racist training, and NCCM have also been doing anti-Islamophobia training. Mme Bullock : J’apprécie vraiment vos remarques et je vous en remercie.
Je voudrais vous faire part du fait que des formations antiracistes sont offertes par des groupes au Canada également; je n’étais pas au courant de la formation australienne, mais je connais une sœur, Shahina Siddiqui, qui, en ce moment, organise une formation antiraciste à Winnipeg, et qui dirige le lancement de quelque chose qui s’appelle l’Institute for Muslim Mental Health, et j’ai, je pense, entendu parler du Conseil canadien des femmes musulmanes, qui organise aussi une formation antiraciste, et du CNMC, qui organise également une formation contre l’islamophobie.
I had a friend and colleague who probably has testified to you, Dr. Jasmin Zine. In the 1990s, she was doing in the schools anti- Muslim racism training. They got a Woodcock Award or something from the NDP. In a way, we’re constantly doing these trainings. And so there’s something else going on as well and I think it’s what Imam Hamid was talking about, the multiple layers and avenues through which anti-Islamophobia is coming. So, you might teach the kid at school but then they’ll go home to their family, or they’ll turn on the TV and they’ll see the movie as the bad guy.
J’avais une amie et collègue qui a probablement témoigné devant vous, Mme Jasmin Zine. Dans les années 1990, elle dispensait dans les écoles une formation sur le racisme antimusulman. Elle a reçu un prix Woodcock ou quelque chose du genre de la part du NPD. D’une certaine manière, nous offrons sans cesse ces formations. Il y a donc quelque chose qui se passe, et je pense que cela correspond à ce dont parlait l’imam Hamid, les nombreuses couches et avenues par lesquelles l’anti- islamophobie se manifeste.
Ainsi, vous pouvez enseigner à l’enfant à l’école, mais il rentrera ensuite chez lui, dans sa famille, ou bien il allumera la télévision et verra les musulmans dans les films dans le rôle des méchants. There was a study that came out that possibly someone’s testified to you a couple of months ago about how different religious groups viewed each other. And amongst Catholics, they had the highest anti-Muslim sentiment. So, I think this is a really complex problem, and of course, that education piece is necessary, but it’s not going to be enough.
I’d like to share with you a study that came out of the University of Toronto. Une étude a été publiée — peut-être que quelqu’un vous en a parlé il y a quelques mois — concernant la façon dont les différents groupes religieux se considèrent les uns les autres. Et parmi les catholiques, il y avait le plus grand sentiment antimusulman. Selon moi, il s’agit d’un problème très complexe et bien entendu, l’éducation est nécessaire, mais elle ne suffira pas. J’aimerais partager avec vous une étude réalisée par l’Université de Toronto.
I’ve just finished an interview series with Muslim-Canadian healthcare workers asking them how they cope with anti-Muslim racism on the job. When I went in, I assumed they were going to be telling me about racism they were experiencing from their patients, but unfortunately, most of the time we talked about racism from their supervisors. These are medical doctors, and we all know that to get into medical school you have to have got, like, 90%, the highest of the high. Je viens de conclure une série d’entrevues avec des travailleurs de la santé canadiens musulmans.
Je leur ai demandé comment ils font face au racisme antimusulman au travail. Quand je suis arrivée, je pensais qu’ils allaient me parler du racisme dont ils étaient victimes de la part de leurs patients, mais malheureusement, la plupart du temps, nous avons parlé du racisme de leurs superviseurs. Il s’agit de médecins, et nous savons tous que pour être admis à l’école de médecine, il faut avoir obtenu, par exemple, 90 %, les notes les plus élevées. So, U of T did a survey amongst its medical residents in 2017, and they found that 47% self-reported experiencing either discrimination or harassment.
Of those who said they’d been discriminated against, 60% were visibly Muslim. I don’t necessarily know how to explain that because something’s really L’Université de Toronto a donc mené une enquête auprès de ses résidents en médecine en 2017, et 47 % d’entre eux ont déclaré avoir été victimes de discrimination ou de harcèlement. Parmi ceux qui ont dit avoir été victimes de discrimination, 60 % étaient visiblement musulmans. Je ne saurais pas nécessairement 20:14 Human Rights 22-9-2022
going on, but all of these institutions have reporting mechanisms. The medical resident can go, theoretically, to human resources and make a complaint against their supervisor, but no one wants to. They’re all terrified. They say, “If I do that, it’ll put a target on my back.” “I’ll get, you know, labelled as a troublemaker.” So, even though we’re putting in place these policies, it’s somehow not working. I share this as a conundrum. I find it sometimes difficult to understand.
Thank you. comment expliquer cela, parce qu’il se passe vraiment quelque chose, mais toutes ces institutions ont des mécanismes de signalement. Le résident en médecine peut aller, théoriquement, aux ressources humaines et déposer une plainte contre son superviseur, mais personne ne veut le faire. Ils sont tous terrifiés. Ils disent : « Si je fais ça, ça va me mettre une cible dans le dos. » « Je vais être, vous savez, désigné comme un fauteur de trouble. » Alors, même si nous mettons en place ces politiques, ça ne fonctionne pas. Je mentionne cela... c’est pour moi une énigme.
Je juge cela parfois difficile à comprendre. Merci. The Chair: Thank you very much. Before I turn to the next senator, Imam, something you said just resonated with me. I don’t know if you’ve been following. I’ve been following and my children have been following what’s happening in Leicester, the city in England where, after the India and Pakistan cricket match, the city has just gone crazy. There are armed men roaming around. You know, there’s actually battles taking place and we’re watching with worry and we’re seeing what’s happening there.
So, like you say, you know, certain hate can be imported and that’s a classic case, and we find that it’s not long before it makes its way here. La présidente : Merci beaucoup. Avant de passer au prochain sénateur, imam Slimi, vous avez dit quelque chose qui m’a interpellée. Je ne sais pas si vous avez suivi. Avec mes enfants, nous suivons ce qui se passe à Leicester, en Angleterre, la ville où, après le match de cricket entre l’Inde et le Pakistan, les gens sont devenus fous. Des hommes armés rôdent. Des affrontements ont actuellement lieu, et nous regardons avec inquiétude ce qui se passe là-bas.
Comme vous l’avez dit, la haine peut être importée, c’est le cas typique, et nous constatons qu’elle ne tardera pas à faire son chemin jusqu’ici. It was just a game which just took on a totally different meaning. You know, people in restaurants were being attacked. It’s actually a street war going on between, you know, the Hindus and the Muslims over there, and I’ve had calls, even my own children call, and they said, “Mother, are you watching what’s happening there?” And I said, “Yes, with great dismay.” So, I thank you. C’était juste un match qui a pris une tout autre tournure.
Vous savez, des gens dans des restaurants ont été attaqués. C’est en fait une guerre dans la rue entre les hindous et les musulmans, et j’ai reçu des appels, même mes propres enfants m’ont appelée et m’ont dit « Maman, tu regardes ce qui se passe là-bas? » Et j’ai dit « Oui, avec une grande consternation. » Je vous remercie. Senator Oh: Thank you, witnesses. You know, it’s so exciting to hear everyone, all immigrants come to this country and have a story to tell.
From day one, when the Canadian immigration officers in your home country shook your hand and said “Congratulations, you’re going to start a new life in a beautiful country,” you know, you come with big hope, just like me. When they say, “Oh, this is Canada, it’s far better than the country you are living in now.” You know, you are going to have a great life, so when you come here, you start to encounter all these problems and, you know, that really hurts to all of us. Le sénateur Oh : Je remercie les témoins.
C’est très intéressant d’entendre tout le monde, tous les immigrants qui viennent dans notre pays et qui ont une histoire à raconter. Depuis le premier jour, quand les agents d’immigration canadiens de votre pays d’origine vous ont serré la main et vous ont dit « Félicitations, vous allez commencer une nouvelle vie dans un beau pays », vous venez avec de grands espoirs, comme moi. Quand ils disent « Oh, c’est le Canada, c’est beaucoup mieux que le pays où vous vivez maintenant. »
Vous savez, vous allez avoir une très belle vie; puis, quand vous arrivez ici, vous commencez à rencontrer tous ces problèmes, et cela nous fait du mal à tous. And another thing, I want to echo what Senator Arnot was saying that, you know, the problem is immigrants and the education is important. It takes one generation to change anybody’s mind. So, education from the kids are important to start off. It takes one generation to change somebody’s idea. Et, autre chose, j’aimerais reprendre ce que le sénateur Arnot disait : le problème est lié aux immigrants, et l’éducation est capitale.
Il suffit d’une génération pour changer la mentalité des gens; l’éducation des enfants est donc essentielle pour commencer. Il suffit d’une génération pour changer les idées des gens. And another thing is, you know, I’m always talking with my former mayor, Hazel McCallion, in Mississauga. We agree that, you know, any immigrant who came to this country, please leave your baggage home, don’t bring it here. You are here to start L’autre chose, c’est que je parle toujours à l’ancienne mairesse, Hazel McCallion, à Mississauga.
Nous sommes d’accord pour dire à tout immigrant qui vient dans notre pays, s’il vous plaît, laissez votre passé derrière vous, ne le ramenez 22-9-2022 Droits de la personne 20:15
a new life, live as the way Canadians live here. Everybody’s equal. As you say, a lot of imported hate came from where they come in. They were not happy when they left their country, and they brought the same idea over here and they started here again. So, all this baggage must be left behind when you are starting a new life here. pas ici. Vous êtes ici pour commencer une nouvelle vie, vivre comme les Canadiens, ici. Tout le monde est égal. Comme vous l’avez dit, beaucoup de haine importée provient de leur pays d’origine.
Ils n’étaient pas heureux quand ils ont quitté leur pays, et ils ont apporté les mêmes idées ici et ils ont recommencé ici. Il faut donc laisser tous ces bagages derrière vous, quand vous commencez une nouvelle vie ici. You know, another important thing is probably everybody agrees that, including myself, freedom of speech is very important, but when freedom of speech is misused, it becomes terrible and is a tool to kill everybody. Freedom of speech must be under some kinds of control because that could tell the society good or bad, and that’s freedom of speech.
Media is so poisoning if they want to make things worse. That is the scary thing; most anti-Muslim racism and hate crimes, a lot of this is actually promoted by media. I would say media did not report the truth, but it’s not the world media that do it, it’s the individuals in the media. Il y a une autre chose importante, avec laquelle tout le monde sera probablement d’accord, moi le premier : la liberté d’expression est très importante, mais quand elle est mal utilisée, elle devient terrible et devient un outil pour tuer tout le monde.
La liberté d’expression doit être soumise à un certain type de contrôle, car elle peut être bénéfique ou néfaste pour la société, et c’est la liberté d’expression. Les médias sont très dangereux, s’ils veulent envenimer les choses. C’est ce qui fait peur; une grande
partie du racisme dirigé contre les musulmans et des crimes haineux, une grande
partie de cela, fait l’objet d’une promotion par les médias. Je dirais que les médias n’ont pas rapporté la vérité, mais ce ne sont pas les médias mondiaux qui le font, ce sont les personnes dans les médias. So, as politicians, I hope someday we could have some kinds of restrictions on media. Yes, freedom of speech, but in the western world, media and speech have two standards, and it depends on which way your mouth wants to sway: left or right. I myself have been targeted left, right and centre. So I would say media plays an important role.
So, in the report we are doing, what are the most important things that you want us to put in the report that you think will help the Islamophobia and anti-racism and hate crimes? What are the most important things we’ve got to do? Thank you. En tant que politiciens, j’espère qu’un jour nous pourrons imposer certains types de restrictions aux médias. Oui à la liberté d’expression, mais dans le monde occidental, les médias et l’expression obéissent à deux normes différentes, et cela dépend de quel côté va votre discours : gauche ou droite. On a dit de moi que j’étais à gauche, à droite et au centre.
Je dirais donc que les médias jouent un rôle important. Donc, quelles sont les choses les plus importantes que vous voudriez que nous mettions dans le rapport que nous élaborons qui, selon vous, permettront de lutter contre l’islamophobie, le racisme et les crimes haineux? Quelles sont les choses les plus importantes que nous devons faire? Merci. Mr. Slimi: We wouldn’t ask you to do something you can’t. You are legislators, so the first thing is legislation. We need to work on that. We have a Charter of Rights and Freedoms. We pride ourselves.
You know, within it, implicitly, we should guarantee the rights, the rights to live as a human being with dignity. We don’t need rocket science to understand what dignity is. Dignity means any racism should not be tolerated, but the word “toleration” is very vague and ambiguous. We need to talk about actions. M. Slimi : Nous ne vous demanderions pas de faire des choses que vous ne pouvez pas faire. Vous êtes des législateurs; la première chose est donc la loi. Il faut travailler là-dessus. Nous avons une Charte des droits et libertés. Nous en sommes fiers.
Il faut implicitement garantir dans la Charte les droits de vivre dans la dignité en tant qu’être humain. Nous n’avons pas besoin d’être des génies pour comprendre ce qu’est la dignité. La dignité signifie qu’aucune forme de racisme ne doit être tolérée, mais le mot « tolérance » est très vague et ambigu. Il faut parler des mesures. We have precedents, and I don’t need to be specific, where we dealt with issues that we saw that could lead to terrible consequences. As an example, use the word vaccine; we believe in prevention, all of us.
I think both co-panellists mentioned that it could lead, and I think, senator, in your words, you did mention that when it came to children, the impact, and I think Ms. Bullock also mentioned the impact on children’s development. So, the word “development” is key here. Je n’ai pas à être précis, mais il y a eu des précédents, où nous avons traité de problèmes qui, selon nous, pouvaient avoir des conséquences terribles. Par exemple, l’utilisation du mot vaccin; nous croyons, nous tous, à la prévention.
Je pense que les deux autres témoins ont mentionné que cela pourrait avoir des conséquences, et je pense, monsieur le sénateur, que vous l’avez dit en ce qui concerne les enfants, et si je ne m’abuse Mme Bullock a également mentionné les conséquences sur le développement des enfants. Le mot « développement » est donc essentiel ici. 20:16 Human Rights 22-9-2022
You mentioned as well that with developing our ideas, we evolve. I have to admit, I’m an immigrant, but I came young. I came to Canada by choice. I was in the United States, and I liked it here, we stayed here and I evolved in many of my ideas. Where I come from, we evolve. That’s development. We change. Vous avez également dit que, en développant nos idées, nous évoluons. Je dois l’admettre, je suis un immigrant, mais je suis arrivé jeune. Je suis venu au Canada par choix. J’étais aux États- Unis, mais je me sens bien ici, nous sommes restés ici, et un grand nombre de mes idées ont évolué.
Là d’où je viens, nous évoluons. C’est le développement. Nous changeons. I always like to give a beautiful example to my community, and this is a very good example, for people who don’t tolerate things. I say listen, Canada is like a mall. Someone sells halal food, another one sells kosher food, and we Muslims don’t consume alcohol and pork, which the next-door neighbour sells. We learn how to respect in a mall or a food court, although we don’t consume. I have to respect, and I cannot go to your customers and impose my halal food. Likewise, you cannot impose your pork products and alcohol on my customers.
I cannot go and try to persuade your customers to come to my shop. I learn how to live in an environment where all of us are protected by the same laws. Those laws have to be very comprehensive. J’aime toujours donner un bel exemple à ma communauté, et c’est un très bon exemple, pour les gens qui ne sont pas tolérants. Je dis, écoutez, le Canada, c’est comme un centre commercial. Une personne vend de la nourriture halal, et une autre de la nourriture cascher, et nous, les musulmans, nous ne consommons pas d’alcool ni de porc, ce que le voisin d’à côté vend.
Nous apprenons à respecter ce qui se trouve dans un centre commercial ou une aire de restauration, même si nous ne consommons pas ce qui s’y vend. Je dois faire preuve de respect, et je ne peux pas aller chez vos clients et imposer ma nourriture halal. De même, vous ne pouvez pas imposer vos produits du porc et votre alcool à mes clients. Je ne peux pas aller essayer de convaincre vos clients de venir dans mon magasin. J’apprends à vivre dans un environnement où nous sommes tous protégés par les mêmes lois. Ces lois doivent être très détaillées.
When it comes to legislation, we need to spend more on prevention, not only laws if someone does a crime. We have a common law; we don’t have the codified law. But we need to understand we have enough precedents to see and somehow use from all of these. Unless we have strict laws, they don’t have to be, you know, a police state, but under the name of dignity and respect, we need to translate those notions and those concepts that you can’t just make fun of a Black person or a Chinese person or a brown person; there is consequence for such words, including in the movie industry and these movies.
En ce qui concerne la loi, il faut investir davantage dans la prévention, et pas seulement dans les lois visant à sanctionner quelqu’un qui commet un crime. Nous avons la common law; nous n’avons pas de droit codifié. Mais il faut comprendre qu’il y a assez de précédents pour voir et en quelque sorte utiliser tous ces éléments.
À moins que nous ayons des lois strictes... il n’est pas nécessaire, vous savez, d’avoir un État policier, mais au nom de la dignité et du respect, il faut traduire ces notions et ces concepts selon lesquels vous ne pouvez pas vous moquer d’un Noir, d’un Chinois ou d’une personne de couleur; les mots ont des conséquences, y compris dans l’industrie du cinéma et les films. The CRTC, in my opinion, needs to do more work, either make it bigger; I go back, and I see children talk in school. I will give you an example, but I don’t want to take too much time.
The children come from school and say they saw a show and then the kids made fun of the other child because there’s a girl with a hijab, there was someone with hijab and they made fun of her. And my own daughter came one day, and this is a while ago, back in 2012, and she said they were telling the kids not to talk to or anybody who says as-salaam alaikum because those are terrorists. Where did this kid learn that? We found out that it was from television: A guy said as-salaam alaikum and then committed a terrorist act somewhere in the United States. These movies and these shows should not have a place in Canada.
We have enough ideas to entertain rather than using someone from a different ethnic group. Selon moi, le CRTC doit travailler davantage; il doit être plus important... je retourne, et j’entends les enfants parler à l’école. Je vais vous donner un exemple, mais je ne veux pas prendre trop de temps. Les enfants reviennent de l’école et disent qu’ils ont regardé une émission, puis que les enfants se sont moqués d’un autre enfant parce qu’une fille portait un hidjab. Elle portait un hidjab, et ils se sont moqués d’elle.
Un jour, c’était il y a longtemps, en 2012, ma fille est rentrée à la maison et a dit qu’on disait aux enfants de ne pas parler à ceux qui disent as- salaam alaikum, parce que ce sont des terroristes. Où cet enfant a-t-il appris cela? Nous avons découvert qu’il l’a appris de la télévision : un homme a dit as-salaam alaikum, et a ensuite commis un acte terroriste quelque part aux États-Unis. Ces films et ces émissions ne doivent pas avoir de place au Canada. Nous avons suffisamment d’idées pour divertir plutôt que d’utiliser quelqu’un d’un autre groupe ethnique. So, regarding legislation, this is what you can do.
There are things, of course; we know that resources are limited, but law has to be reviewed. We need to redraft some of the laws, make En ce qui concerne la loi, voilà ce que vous pouvez faire. Il y a des choses, bien sûr; nous savons que les ressources sont limitées, mais on doit revoir la loi. Il faut remanier certaines lois, 22-9-2022 Droits de la personne 20:17
them more comprehensive, in the name of dignity and these values that we are taking pride in. We love Canada, and ultimately, as Ms. Khetty mentioned, there are more positives than negatives, but the way things are going, it’s not promising the way the youth are thinking and their mental health, and COVID just made things worse. But legislation is very important. Thank you. les rendre plus exhaustives, au nom de la dignité et de ces valeurs dont nous sommes fiers.
Nous aimons le Canada, et au bout du compte, comme l’a dit Mme Khetty, il y a plus de choses positives que négatives, mais la façon dont les choses se passent, la façon dont les jeunes pensent et leur santé mentale ne sont pas prometteuses, et la COVID n’a fait qu’empirer les choses. Mais la loi est très importante. Merci. Senator Oh: I just want to add that you mentioned about Hollywood. Hollywood is one of the worst soft power propaganda. Le sénateur Oh : J’aimerais simplement ajouter que vous avez mentionné Hollywood. Hollywood est l’une des pires formes de propagande du pouvoir de convaincre. Mr. Slimi: Yes.
M. Slimi : Oui. Senator Oh: You have to remember. Do you ever see a movie come out from Hollywood that says anything bad about G. I. Joe? So, I am telling you Hollywood is the worst propaganda. Any of the people of colour they want, they will portray you in Hollywood as a different person. Thank you. Le sénateur Oh : Il faut se rappeler... Avez-vous déjà vu un film d’Hollywood qui dit quoi que ce soit de mauvais sur G.I. Joe? Je dis qu’Hollywood est la pire propagande. Hollywood représentera tous les gens de couleur comme des personnes qu’elles ne sont pas. Merci. Ms.
Khetty: So, as outlined in the more extensive written brief that I provided, first of all, thank you for the question because it gives me an opportunity to talk about measurement more, which is something I love. Not being as familiar as Imam Hamid, here, on what the power of this committee is, I’m going to say measurement is something that we really need as a community, and whether it’s as a legislative body, et cetera.
Mme Khetty : Comme je l’ai expliqué dans le mémoire écrit plus détaillé que j’ai fourni, tout d’abord, merci de poser la question, parce qu’elle me donne l’occasion de parler davantage de l’évaluation, une chose que j’adore. Puisque je n'en connais pas autant que l’imam Hamid, ici, sur le pouvoir du comité, je dirai que l’évaluation est une chose dont nous avons vraiment besoin en tant que communauté... que ce soit en tant que corps législatif, etc. What I mean by that is, first, we need to more consistently understand where Muslims are, who they are, et cetera.
The census measures that I think is called “Religious” measures religion and comes out every 10 years. If you think about 2011 to 2022, and how much the Muslim population has changed, a lot of our immigration is coming through Muslim majority countries. We had Syrian refugees over that period that came to Canada, about 40,000 people that changed the landscape, and then were placed into areas and communities that weren’t necessarily Muslim to start with. Ce que je veux dire par là, c’est que, d’abord, il faut comprendre de manière plus cohérente où sont les musulmans, qui ils sont, etc.
Le recensement sur les « convictions religieuses » évalue la religion et il se tient tous les 10 ans. Si l’on pense à la période de 2011 à 2022 et à l’évolution de la population musulmane, une grande
partie de notre immigration provient de pays à majorité musulmane. Au cours de cette période, les réfugiés syriens sont venus au Canada; près de 40 000 personnes ont changé le paysage, et ont été placées dans des régions et dans des collectivités qui n’étaient pas nécessairement musulmanes au départ. A lot of Syrian refugees end up in Atlantic Canada, for an example, communities that were not prepared from an education and diversity perspective for that, and then as a result, they experienced a lot of challenges.
So, first, measuring where Muslims are and who they are on a more consistent basis will allow us to provide Canadians at large with factual information. De nombreux réfugiés syriens ont fini par s’installer au Canada atlantique, par exemple, dans des collectivités qui n’étaient pas préparées pour cela, du point de vue de l’éducation et de la diversité, et, par conséquent, ils ont rencontré beaucoup de difficultés. D’abord, évaluer de manière plus cohérente où se trouvent les musulmans et qui ils sont nous permettra de fournir des informations factuelles à l’ensemble des Canadiens.
Second, measuring Islamophobia, I can’t tell you how many of these conversations happen behind closed doors. People are speaking to their imam about these experiences, but they’re not speaking to their non-Muslim colleagues.
I will say that for first- generation Canadians — and I’ve experienced this both through my own family, but also as I work in the industry at Zabiha Halal, we speak about traditional thyra or traditional thyher, that’s kind of a segment that we speak about — they feel this Ensuite, en ce qui concerne l’évaluation de l’islamophobie, je ne peux pas vous dire combien de ces conversations ont lieu à huis clos. Les gens parlent à leur imam de ces expériences, et ils n’en parlent pas à leurs collègues non musulmans.
Je dirais que, pour les Canadiens de première génération — et j’en ai fait l’expérience dans ma propre famille, mais aussi dans mon travail dans l’industrie à Zabiha Halal, nous parlons du thyra traditionnel ou du thyher traditionnel, c’est le genre de chose 20:18 Human Rights 22-9-2022
level of privilege of being in Canada, which allows them to tolerate a lot. They’re more likely to have accents, they’re more likely to be visually Muslim in some way and they tolerate a lot because they see it as a privilege to have been allowed to immigrate here and they are not going to talk about Islamophobia. In many cases, they’re not even going to notice it and it falls to that second group to talk about it, but they’re still talking about it in these closed circles. dont nous parlons —, ils se sentent privilégiés d’être au Canada, ce qui leur permet de tolérer beaucoup de choses.
Ils sont susceptibles de ressembler à des musulmans d’une manière ou d’une autre, et ils tolèrent beaucoup de choses parce qu’ils considèrent qu’ils sont privilégiés d’avoir été autorisés à immigrer ici, et ils ne parleront pas d’islamophobie. Dans de nombreux cas, ils ne le remarqueront même pas, c’est à ce deuxième groupe d’en parler, mais on en parle toujours en vase clos. So, how do we give Muslims an opportunity to say, I don’t know, how many times in a week do you experience Islamophobia, or in a month, and how severe is it?
Whether it’s a comment like, “You can’t even drink water, that seems barbaric,” to something where you’ve missed a job opportunity and it’s had an impact on your economic life or your ability to participate in certain groups. I don’t know how you do it. Comment donc donner aux musulmans la possibilité de dire, par exemple, combien de fois par semaine ou par mois ils sont victimes d’islamophobie, et dans quelle mesure?
Que ce soit un commentaire comme « Vous ne pouvez même pas boire d’eau, cela semble barbare », ou une situation où une possibilité d’emploi vous a échappé et que cela a des répercussions sur votre vie économique ou sur votre capacité de participer à certains groupes. Je ne sais pas comment faire. And then I’d say the last thing is about sentiment and I think more studies on how Canadians feel about Muslims and why that is, what’s driving that, both quantitatively and qualitatively.
The reality is that we owe people that have these negative views of Muslims, and I think we owe people education and knowledge and information that they might not be getting at home and in their communities. Enfin, la dernière chose concerne le sentiment et je pense qu’il faut davantage d’études sur ce que les Canadiens ressentent à l’égard des musulmans et pourquoi, ce qui motive cette attitude, sur le plan tant quantitatif que qualitatif.
La réalité, c’est que nous nous devons d’offrir aux gens qui ont ces opinions négatives sur les musulmans, selon moi, l’éducation, les connaissances et les informations qu’elles ne reçoivent peut-être pas chez eux et dans leur collectivité. Ms. Bullock: You asked, Senator Oh — and I appreciate your comments — about some things to put in your report that are the most important, and I think I have six points. Mme Bullock : Sénateur Oh, vous avez demandé — et j’apprécie vos commentaires — quelles sont les choses les plus importantes à mettre dans votre rapport, et je pense en avoir six.
The first one is that you can use your office for leadership. It’s very important that the political leadership charts the vision and then the population can follow. And therefore, to have a committee at this level that would validate Islamophobia happens and it’s real, there’s a lot of discourse, denying; you know, in Canada we’re tolerant, we’re multicultural, there’s no racism here. So, even a simple thing like, “We discovered Islamophobia exists and it’s real,” would be very impactful and very meaningful. La première chose, c’est que vous pouvez utiliser votre fonction pour diriger.
Il est très important que les dirigeants politiques définissent la vision; ensuite, la population peut suivre. Il importe d’avoir un comité à ce niveau qui confirmerait que l’islamophobie existe et qu’elle est réelle; il y a beaucoup de discours où on le nie; des discours comme « au Canada, nous sommes tolérants, nous sommes multiculturels, il n’y a pas de racisme ici ». Une chose simple comme « Nous avons découvert que l’islamophobie existe et qu’elle est réelle » aurait des répercussions très importantes et très significatives.
And then the second part of your office is in terms of leadership and “We don’t agree with it. We think it shouldn’t be here and we want to work toward it not being here,” through all of those avenues that you’ve been talking about education and dignity and respect. That in and of itself, I think, is a very meaningful and important step. Ensuite, la deuxième
partie de votre travail concerne le leadership et la capacité de dire « nous ne sommes pas d’accord avec cela. Nous pensons que l’islamophobie ne devrait pas exister et nous voulons travailler à ce qu’elle disparaisse », grâce à tous ces moyens dont vous avez parlé, c’est-à-dire l’éducation, la dignité et le respect. En soi, je pense que c’est là une étape très significative et importante. The second one is to encourage the discourse.
I remember in the 1990s when there was anti-hijab sentiment, it started in Quebec and then spread, the Toronto Star or The Globe and Mail started a campaign called “My Canada Includes Hijab.” So, those kinds of things, they’ve been done, but we can keep doing them: “My Canada Includes Hijab” or my Canada includes, you know, La deuxième chose, c’est d’encourager le discours. Je me souviens, dans les années 1990, quand il y a eu un mouvement contre le hidjab; cela a commencé au Québec et s’est ensuite répandu. Le Toronto Star ou le Globe and Mail ont lancé une campagne appelée « Mon Canada inclut le hidjab ».
Ce genre de choses ont donc été faites, mais nous pouvons continuer de les 22-9-2022 Droits de la personne 20:19
an imam with a big beard, or something like that. Those are very meaningful, symbolic things that people can look up to and it gives vision. faire : « mon Canada inclut le hidjab » ou « mon Canada inclut un imam avec une longue barbe », ou quelque chose du genre. Ce sont des choses très importantes, symboliques, qui peuvent inspirer les gens et qui donnent une vision. In terms of law, you are senators, but you can encourage that hate crimes be recognized as their own crime rather than right now it doesn’t exist; it’s just an aggravating factor in a crime that’s already listed.
I’m sure NCCM has already approached you about that, but that’s something to consider. And you can use your office to encourage the municipalities. We need some kind of accountability for street-level harassment. If someone spits at me, or throws eggs at me, or gives me a hate mail, I did report it. I went to Peel Regional Police, and we had a conversation about it, but what are they going to do? It just gets noted down as a hate incident statistic. We need something, and this is where the bulk of the experience is happening.
So, if you could encourage the municipalities to look into street-level harassment bylaws, that would help people feel that I can take it to the police, and something will be done about it. En ce qui concerne la loi, vous êtes des sénateurs, mais vous pouvez faire en sorte que les crimes haineux soient reconnus comme des crimes à part entière, au lieu de laisser les gens en faire abstraction comme aujourd’hui; c’est juste une circonstance aggravante dans un crime déjà répertorié. Je suis certaine que le CNMC vous a déjà abordés à ce sujet, mais c’est une chose qu’il faut envisager.
Et vous pouvez utiliser votre fonction pour encourager les municipalités. Il faut une sorte de responsabilisation pour le harcèlement de rue. Si quelqu’un crache sur moi ou me lance des œufs ou m’envoie un courrier haineux, je vais le signaler. Je suis allée au service de police régional de Peel et nous avions eu une discussion à ce sujet, mais que vont-ils faire? Ce sera seulement consigné comme une statistique d’incident de haine. Il faut mettre quelque chose en place, et c’est là que l’essentiel de l’expérience se passe.
Si vous pouviez donc encourager les municipalités à envisager de mettre en place des règlements concernant le harcèlement de rue, cela aiderait les gens à sentir qu’ils peuvent en parler à la police, et qu’une mesure sera prise à cet égard. And finally, funding. So, we talked about funding, and I mentioned it in my proposal funding. Believe it or not, there are very few Muslim psychiatrists, and there are very few psychiatrists who would know how to diagnose and recognize someone who’s suffering the effects of an anti-Muslim racist event.
It’s a very, very new field, and so funding to support that would be very useful, as well as the anti-racism training that you had mentioned. Enfin, le financement. Nous avons parlé du financement, et je l’ai mentionné dans ma proposition de financement. Croyez-le ou non, il y a très peu de psychiatres musulmans, et rares sont ceux qui sauraient diagnostiquer et reconnaître les effets d’un événement raciste antimusulman sur une personne qui en souffre. C’est un domaine très très nouveau, et il serait donc très utile de le financer pour l’appuyer, au même
titre que les formations antiracistes que vous avez mentionnées. There’s something that I wanted just to highlight again. I don’t know what the solution is, but we need to figure out these institutions that have human resources policies where I can go and report my supervisor, but then I know that I will get targeted by my supervisor for having done so, it means that putting in place these kinds of anti-racism, human-resource policies, something’s going wrong. I don’t know what the solution is, but we can’t assume that just because the policy is there, it means things have been fixed.
So, I just finish with something that is a problem that I don’t know what the solution is. Thank you. J’aimerais de nouveau souligner quelque chose. Je n’ai pas la solution, mais il faut comprendre ces institutions qui ont des politiques de ressources humaines où on peut aller dénoncer son superviseur, mais où, ensuite, on sait qu’on sera pris pour cible par son superviseur pour l’avoir fait. Cela signifie que quelque chose ne va pas dans la mise en place de ce genre de politiques de lutte au racisme et de ressources humaines.
Je ne connais pas la solution, mais on ne peut pas supposer que, simplement parce que la politique est mise en place, cela signifie que les choses ont été réglées. Je termine donc par un problème dont je n’ai pas la solution. Merci. Senator Gerba: Thank you. I will give the floor to Sarah Khetty continue because I really, really like what she said about communication, sensitivity and about having the brand ambassador for Islamophobia.
So, maybe I can give you the floor to say more about how to sensitize, inform and document all those crimes and what can we do with the CRTC, let’s see, and with what can we do to teach people about people because we are an immigration country. The only people who belong to this La sénatrice Gerba : Merci. Je céderai la parole à Mme Khetty pour qu’elle poursuive, car j’ai vraiment aimé ce qu’elle a dit au sujet de la communication, de la sensibilité et du fait d’avoir un ambassadeur concernant l’islamophobie.
Je pourrais peut-être vous donner la parole pour que vous puissiez en dire davantage sur la façon de sensibiliser, d’informer et de documenter tous ces crimes et sur ce que nous pouvons faire avec le CRTC, entre autres, et ce que nous pouvons faire pour 20:20 Human Rights 22-9-2022
country are the First Nations people and the Indigenous people. We belong to these people, we are all immigrants, but we have to learn to live together and to accept diversity. éduquer les gens sur les gens, parce que nous sommes un pays d’immigration. Le seul peuple qui appartient à ce pays sont les Premières Nations et les Autochtones. Nous faisons
partie de ces gens, nous sommes tous immigrants, mais nous devons apprendre à vivre ensemble et à accepter la diversité. [Translation] [Français] In French, the saying is that the clothes do not make the man, but we recognize the man from his appearance. En français, on dit que ce n’est pas l’habit qui fait le moine, mais que c’est par l’habit qu’on reconnaît le moine. Wearing one’s garments and maintaining one’s personality are important, because we are in a free country, a country with the rule of law.
I would really like to hear a bit more about how we can spread this message of tolerance, of acceptance of diversity, which is part of Canada’s makeup. C’est important de porter son habit, c’est important de garder sa personnalité et c’est important de choisir, parce qu’on est dans un pays libre, un pays de droit. J’aimerais vraiment vous entendre un peu plus sur la façon de faire pour passer ce message de tolérance, ce message d’acceptation de la diversité qui nous caractérise au Canada. [English] [Traduction] Ms.
Khetty: Not to say that these are simple issues but one, like I said about measurement, we have to give people a forum to talk about this in a more public way. This is a public forum, but there’s not that many people in this room. How do we make sure that these experiences that build empathy in people and help people understand each other are shared more regularly? Mme Khetty : Je ne veux pas dire que ce sont des questions simples, mais il y en a une, comme je l’ai dit au sujet de l’évaluation... il faut donner une tribune aux gens pour qu’ils en parlent de manière plus publique.
Nous avons ici une tribune publique, mais il n’y a pas beaucoup de personnes dans la pièce. Comment peut-on s’assurer que ces expériences qui suscitent l’empathie chez les gens et qui les aident à se comprendre les uns les autres sont diffusées plus régulièrement? The professor spoke to hate amongst certain religious groups that have more hate toward Muslims. How do we create more programs where people are coming into mosques and masjids, and Muslims are going into churches, and we’re having more of this cross-pollination of our communities?
That is often happening today at the imam level, at the pastor level, but it needs to be happening at the community level more regularly. Mme Bullock a parlé de la haine dans certains groupes religieux qui éprouvent plus de haine envers les musulmans. Comment peut-on créer davantage de programmes où les gens vont dans des mosquées, et les musulmans vont dans des églises, ce qui permettra d’avoir plus d’échanges entre nos collectivités? Cela se fait aujourd’hui au niveau de l’imam et du pasteur, mais il faut que cela se passe plus régulièrement au niveau de la collectivité.
I really don’t know if I have all of the list of solutions, but I do think that the idea of being able to measure what those communities look like, then measure it and layer on the sentiments of that community will help us identify the pockets where we need to start by bringing the community together and building that understanding. The data is going to be able to inform us what that map looks like, and where we truly have lots of diversity, but diversity doesn’t equal understanding, right? We have diversity, but a lack of understanding, and we can close that gap. I’ll keep it short, but I’ll leave it at that.
Je ne sais vraiment pas si j’ai toute la liste des solutions, mais je pense que l’idée de pouvoir évaluer à quoi ressemblent ces collectivités, puis de les évaluer et de préciser ce que ressentent leurs membres nous aidera à déterminer où nous devons commencer en rassemblant les gens et en les aidant à mieux comprendre. Les données pourront nous indiquer à quoi ressemble cette carte, et les lieux où il y a vraiment beaucoup de diversité, mais la diversité n’est pas synonyme de compréhension, n’est-ce pas? Il y a de la diversité, mais il y a aussi un manque de compréhension, et on peut combler ce fossé.
Je veux être brève, mais je vais en rester là. [Translation] [Français] Mr. Slimi: Let me say a few things about that. M. Slimi : Je vais vous répondre un petit peu concernant ce sujet-là. In my remarks, I said that everyone has to be educated, but I have to concentrate on politicians. It is not always a case of hatred or ignorance. There are what can be called political Dans mon allocution, j’ai mentionné qu’il faut éduquer les gens à tous les niveaux, mais je dois me concentrer sur les politiciens. Ce n’est pas toujours de haine ou d’ignorance qu’il 22-9-2022 Droits de la personne 20:21
manipulations. There are parties that use words and expressions that increase this danger to a truly intolerable level. s’agit. Il y a ce qu’on appelle les manipulations politiques. Il y a des partis qui, vraiment, ont des expressions, des paroles qui haussent ce danger à un niveau vraiment intolérable. For example, there are people who say things, in private or in public, say something and make comments, for instance. Par exemple, il y a des personnes qui, dans leurs paroles, que ce soit d’une façon privée ou publique, disent quelque chose et font des commentaires, par exemple, des remarques.
In Quebec, for instance, the issue of the veil has been manipulated by politicians. To garner a lot of votes and engage a lot of people — people have to vote to have that power — unfortunately, they use that hatred. Au Québec, par exemple, il y a le sujet du voile qui a été manipulé par les politiciens. Maintenant, pour avoir beaucoup de votes et engager beaucoup pour le vote — enfin, il faut voter pour avoir ce pouvoir— et malheureusement, ils utilisent cette haine. People are truly manipulated.
They are not necessarily against Islam or Muslims, or against a particular ethnic group, but it is political manipulation. Les gens, vraiment, sont manipulés. Ce n’est pas forcément qu’ils sont contre l’islam ou les musulmans, ou contre un groupe ethnique en particulier, mais c’est de la manipulation politique. The key — and this is why I think the Senate has the power to start something for the future — is to engage politicians in this education and even to have laws for this political game. We have to be conscious of this danger which, unfortunately, will result in an intolerant society.
That is political manipulation. La question, là — c’est pour cela que moi je crois que le Sénat a le pouvoir d’entamer quelque chose pour le futur —, c’est d’engager les politiciens dans cette éducation et même d’avoir des lois pour ce jeu politique. Il faut être conscient de ce danger qui va aboutir, malheureusement, à la création d’une société qui est intolérante; cela, c’est la manipulation politique. Moreover, as I already said, everyone has to be educated, especially people who work for the government and have authority.
As noted before, people do not want to be reported because they have that fear, which immigrants also bring here with them. There is always a fear of power. En plus, je l’ai déjà mentionné, il faut éduquer les gens à tous les niveaux, et surtout ceux qui travaillent pour le gouvernement et qui ont l’autorité. Les gens, comme on l’a mentionné auparavant, ne veulent pas être rapportés parce qu’ils ont cette crainte, et c’est importé aussi avec les immigrants. Il y a toujours la crainte du pouvoir. In Canada, for instance, you can file a complaint against a police officer.
That is not possible in many of the countries that immigrants come from. Police officers are like gods in some countries; they have a lot of power. The same thing goes for politicians. They have power. A politician has a lot of power, one cannot — such as a senator or government representative. Par exemple, ici, vous pouvez déposer une plainte contre un policier. Là, on ne peut pas —, dans les pays d’où beaucoup d’immigrants viennent, on ne peut pas faire cela; un policier est presque un dieu dans certains pays; il a beaucoup de pouvoir. C’est la même chose pour un politicien, il a le pouvoir.
Un politicien a beaucoup de pouvoir, on ne peut pas — comme un sénateur ou un représentant du gouvernement. So there is a need for protection, and even education of those exhibiting Islamophobia or racism in general. You have the power, but where does it come from? From the law. The law protects you. It is not just the Canadian Charter of Rights and Freedoms, but the law. The law must be explained, very simply, because a lot of people are not as educated as senators or university professors. Là, on doit protéger, et même éduquer ceux qui souffrent de l’islamophobie ou du racisme en général.
Vous en avez le pouvoir, mais ce pouvoir provient d’où? De la loi. La loi vous protège. Ce n’est pas juste la Charte canadienne des droits et libertés, mais le droit, ce droit doit être expliqué, et d’une façon très simple, parce que beaucoup de gens n’ont pas l’éducation du sénateur ou bien du professeur d’université. People have to be educated about their rights.
Ils doivent être éduqués au sujet de leurs droits. [English] [Traduction] Those who come as immigrants may not be as educated as the politicians or the professors, and they need to know that they have the right to actually stand against a police officer, or a politician. Les gens qui viennent en tant qu’immigrants pourraient ne pas être aussi instruits que les politiciens ou les enseignants, et ils doivent savoir qu’ils ont le droit de s’opposer à un agent de police ou à un politicien. 20:22 Human Rights 22-9-2022
[Translation] [Français] That is really a brief answer. Thank you very much. C’est vraiment une façon brève de vous répondre. Merci bien. Senator Gerba: Thank you very much. I have 30 seconds left, and I would really like to thank you for your testimony and your courage, Ms. Bullock. I would like to hear about your life today. La sénatrice Gerba : Merci beaucoup. Si j’ai encore 30 secondes, j’aimerais, Madame Bullock, vraiment vous remercier pour votre témoignage et pour votre courage. Je voulai