Senate Committee — RIDR — Evidence — 15ev-55640

RIDR / Evidence / 15ev-55640

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Senate Committee — RIDR — Evidence — 15ev-55640

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EVIDENCE TÉMOIGNAGES VANCOUVER, Wednesday, September 7, 2022 VANCOUVER, le mercredi 7 septembre 2022 The Standing Senate Committee on Human Rights met this day at 1:14 p.m. [PT] to examine such issues as may arise from time to time relating to human rights generally. Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se réunit aujourd’hui à 13 h 14 (HP) pour examiner les questions qui peuvent surgir de temps à autre concernant les droits de la personne en général. Senator Salma Ataullahjan (Chair) in the chair.

La sénatrice Salma Ataullahjan (présidente) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Chair: Honourable Senators. I see that we have quorum, and I call to order this meeting. La présidente : Mesdames les sénatrices, messieurs les sénateurs, je vois que nous avons le quorum, et je déclare la séance ouverte. I am Salma Ataullahjan, senator from Toronto, and chair of this committee. Je suis Salma Ataullahjan, sénatrice de Toronto, et présidente de ce comité. Today we’re conducting a meeting of the Standing Senate Committee on Human Rights.

I would like to take this opportunity to introduce members of the committee who are participating in this meeting. We have Senator Arnot from Saskatchewan, Senator Busson from British Columbia, Senator Jaffer from British Columbia, and Senator Martin from British Columbia. I’m the only one from Ontario, I guess. Nous tenons aujourd’hui une réunion du Comité sénatorial permanent des droits de la personne. J’aimerais profiter de cette occasion pour vous présenter les membres du comité qui participent à cette réunion.

Nous avons le sénateur Arnot de la Saskatchewan, la sénatrice Busson de la Colombie-Britannique, la sénatrice Jaffer de la Colombie-Britannique et le sénateur Martin de la Colombie-Britannique. Je présume que je suis la seule à venir de l’Ontario. Having held two meetings in June in Ottawa, today we continue our study on Islamophobia in Canada.

Under our general order of reference our study will cover, among other matters, the role of Islamophobia with respect to online and offline violence against Muslims, gender discrimination, as well as discrimination in employment including Islamophobia in the public service. Après avoir tenu deux réunions en juin à Ottawa, nous poursuivons aujourd’hui notre étude sur l’islamophobie au Canada.

Selon notre ordre de renvoi général, notre étude portera, entre autres, sur le rôle que peut jouer l’islamophobie quant à la violence exercée en ligne et hors ligne à l’égard des musulmans, la discrimination fondée sur le sexe, ainsi que la discrimination en matière d’emploi, dont l’islamophobie dans la fonction publique. Our study will also examine the sources of Islamophobia, its impact on individuals including mental and physical safety, and possible solutions and government responses. We are pleased to be here in Vancouver and to hear from witnesses about Islamophobia in this part of the country.

This is the first of our public hearings outside of Ottawa. Tomorrow we shall be in Edmonton, and in two weeks, we shall be in Quebec City and Toronto. Notre étude examinera également les sources de l’islamophobie, son incidence sur les personnes — y compris en ce qui a trait à la sécurité mentale et physique —, ainsi que les solutions possibles et les réponses des gouvernements. Nous sommes heureux d’être ici à Vancouver afin d’entendre des personnes qui nous parleront de l’islamophobie dans ce coin du pays. Il s’agit de la première de nos audiences publiques à l’extérieur d’Ottawa.

Demain, nous serons à Edmonton et, dans deux semaines, nous serons à Québec et à Toronto. Let me provide some details about our meeting today. This afternoon we shall have two one-hour panels with a number of witnesses who have been invited. In each panel, we shall hear from the witnesses. Then the senators will have a question-and- answer session. There will be a short break around 3:00 p.m.

In addition, the committee has set aside time at the end of the afternoon to hear some short five-minute interventions from members of the public but without a question-and-answer Permettez-moi de vous donner quelques détails sur notre rencontre d’aujourd’hui. Cet après-midi, nous aurons deux groupes de discussion d’une heure chacun avec un certain nombre de témoins. Nous entendrons les témoins de chaque groupe, puis les sénateurs leur poseront des questions. Il y aura une courte pause vers 15 heures.

Le comité a aussi prévu du temps en fin d’après-midi pour entendre de brèves interventions de cinq minutes de la part des membres du public, mais sans 7-9-2022 Droits de la personne 15:1

session. If you would like to participate in this part of the meeting, you need to register beforehand with committee staff sitting at the back of the room. période de questions. Si vous souhaitez participer à cette

partie de la réunion, vous devez vous inscrire à l’avance auprès du personnel du comité, qui est assis au fond de la salle. Now, I will introduce our first panel of witnesses. Each witness has been asked to make their opening statement of five minutes. We shall hear from all witnesses and then turn to questions from senators. From British Columbia Office of Human Rights Commissioner, we have Kasari Govender, Human Rights Commissioner, and we have Madam Rachna Singh, member of the legislative assembly of British Columbia for Surrey-Green Timbers and Parliamentary Secretary for the anti- racism initiatives.

Je vais maintenant présenter notre premier groupe de témoins. Chaque témoin a été invité à faire une déclaration liminaire de cinq minutes. Nous entendrons tous les témoins, puis nous passerons aux questions des sénateurs et sénatrices. Du Bureau du commissaire aux droits de la personne de la Colombie- Britannique, nous accueillons Mme Kasari Govender, commissaire aux droits de la personne. Nous accueillons aussi Mme Rachna Singh, qui est députée de Surrey-Green Timbers à l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique et secrétaire parlementaire pour les initiatives de lutte contre le racisme.

I will now invite Commissioner Govender to make her presentation. Je vais maintenant inviter la commissaire Govender à faire sa présentation. Kasari Govender, Human Rights Commissioner, British Columbia’s Office of the Human Rights Commissioner: Thank you chair and members of the committee. I really appreciate the opportunity to be here to present before all of you today. I think the work you’re doing here is incredibly important, and I hope it will lead to concrete changes to keep Muslim Canadians as safe or safer from discrimination and hate they are facing.

Kasari Govender, commissaire aux droits de la personne, Bureau du commissaire aux droits de la personne de la Colombie-Britannique : Merci à la présidente et aux membres du comité. J’apprécie vraiment l’occasion qui m’est donnée de me présenter devant vous tous aujourd’hui. Je pense que le travail que vous faites ici est incroyablement important, et j’espère qu’il mènera à des changements concrets pour que les Canadiens musulmans soient aussi bien protégés que possible, sinon mieux, contre la discrimination et la haine dont ils font l’objet. I am grateful to be joining you not on Zoom for once.

I’m grateful for joining on the unceded and traditional homelands of the Coast Salish peoples including the Musqueam, Squamish, and Tsleil-Waututh Nations. I’m grateful to the people who have cared for these lands and these waters such that we may all be sitting here today doing this important work together. Je suis contente de ne pas avoir à utiliser Zoom pour vous parler pour une fois. Je suis reconnaissante de me joindre à vous sur les terres non cédées et traditionnelles peuple salish de la côte, notamment les nations Musqueam, Squamish et Tsleil- Waututh.

Je suis reconnaissante envers les personnes qui ont pris soin de ces terres et de ces eaux afin que nous puissions tous être assis ici aujourd’hui pour faire ensemble cet important travail. I just want to spend my few minutes with you talking a bit about some of what I think are the key statistics on Islamophobia. I’m sure at this point you are very familiar, but I thought there were a few pieces that I’d like to point out in particular. I’ll then turn to what my office’s response has been, which has been the launch of a public inquiry and what we’re doing and what we’ve learned through that inquiry.

J’aimerais consacrer les quelques minutes qui me sont allouées pour vous parler de ce que je considère comme des statistiques clés en matière d’islamophobie. Je suis sûre qu’à ce stade, vous les connaissez bien, mais j’ai pensé qu’il y avait quelques éléments particuliers qu’il convenait de souligner. Je passerai ensuite à la réponse offerte par mon bureau, qui a lancé une enquête publique, à ce que nous faisons et à ce que cette enquête nous a appris. I wanted to start, then, with some key statistics on Islamophobia. Islamophobia gained traction in Canada post September 11 growing 253% between 2012 and 2015.

It continued in the form of opposition to Canada’s acceptance of Syrian refugees in 2015 and 2016. And it was starkly exposed in the January 2017 Quebec mosque murder of six people and the June 2021 truck attack that left four members of a family dead and a young boy in hospital. Je voulais donc commencer par quelques statistiques clés sur l’islamophobie. L’islamophobie a gagné du terrain au Canada après le 11 septembre, avec une croissance de 253 % entre 2012 et 2015.

Elle s’est poursuivie sous la forme d’une opposition à l’acceptation des réfugiés syriens par le Canada en 2015 et 2016, et elle a été exposée de manière brutale lors du meurtre de six personnes dans une mosquée de Québec en janvier 2017 et de l’attentat au camion de juin 2021 qui a fait quatre morts dans une famille et un blessé — un jeune garçon qui a dû être hospitalisé. 15:2 Human Rights 7-9-2022

An Ipsos poll in 2019 reported that nearly half of Canadians admit to having racist thoughts and nearly a quarter of those to believe that it’s more acceptable to be prejudiced against Muslim people. As the National Council of Canadian Muslims noted in 2021, more Muslims have been killed in hate-targeted attacks in Canada than in any other G-7 country in the past five years. When looked at through an intersectional lens, we can see that this violence is often aimed at Muslim women, Black Muslims, and other marginalized people in particular.

It is in this context and the broader context of the rise of hate that my office, B.C. Office of the Human Rights Commissioner, is undertaking the public inquiry into hate during the pandemic. Un sondage Ipsos en 2019 a rapporté que près de la moitié des Canadiens admettent avoir des pensées racistes et que près d’un quart d’entre eux croient qu’il est plus acceptable d’avoir des préjugés contre les personnes musulmanes qu’à l’égard d’autres groupes.

Comme l’a noté le Conseil national des musulmans canadiens en 2021, au cours des cinq dernières années, plus de musulmans ont été tués lors d’attaques motivées par la haine au Canada que dans tout autre pays du G7. Dans une optique intersectionnelle, on constate que cette violence vise souvent plus particulièrement les femmes musulmanes, les musulmans noirs et d’autres personnes marginalisées.

C’est dans ce contexte et dans le contexte plus large de la montée de la haine que mon bureau, le Bureau du commissaire aux droits de la personne de la Colombie-Britannique, a entrepris cette enquête publique sur la haine pendant la pandémie. We launched this in August of 2021. Since the launch of hearings, we’ve received more than 100 oral submissions from over 60 organizations.

We’ve partnered with five prominent scholars who developed research on the roots of hate, where it comes from, the experiences of online hate and responses to it, the impacts of the pandemic on domestic violence and gender- based hate and Indigenous legal responses to hate. We have heard from more than 2,500 people through a province-wide survey and learned a lot about people’s experiences through province-wide polling as well. Nous avons lancé cette enquête en août 2021. Depuis, nous avons reçu plus de 100 soumissions orales de plus de 60 organismes.

Nous avons établi un partenariat avec cinq éminents universitaires, qui ont effectué des recherches sur les racines de la haine, ses origines, la haine en ligne et les réponses qui sont proposées, les répercussions de la pandémie sur la violence familiale et la haine fondée sur le sexe, ainsi que les réponses juridiques mises de l’avant par les Autochtones pour contrer la haine.

Dans le cadre d’un sondage à l’échelle de la province, nous avons entendu plus de 2 500 personnes, et d’autres sondages à l’échelle de la province nous ont également appris beaucoup de choses sur les expériences que les gens ont vécues à cet égard. We’re currently drafting the report and the recommendations which are looking to how we can eliminate or address hate during times of crisis, like the pandemic and beyond, and we expect to have that report and recommendations delivered in March of next year.

Nous rédigeons actuellement le rapport et les recommandations qui portent sur la façon dont nous pouvons éliminer ou aborder la haine en temps de crise — comme durant la pandémie, mais dans d’autres cas aussi —, et nous prévoyons présenter ce rapport et ces recommandations en mars de l’année prochaine. What we’ve learned from about Islamophobia in the course of the inquiry has been eye-opening. Islamophobia is at the core of much far-right, extremist mobilization but it is also legitimized and perpetuated by mainstream political actors.

There are multiple examples of Canadian-based online and alternate news platforms that spread Islamophobic disinformation. For example, between 2016 and 2019, a Facebook page called the National Conservative News Network Canada shared many Islamophobic fake news stories to its over 200 followers including many extremist conspiracy theories. Ce que nous avons appris sur l’islamophobie au cours de l’enquête nous a ouvert les yeux. L’islamophobie est au cœur d’une grande

partie de la mobilisation de l’extrême droite, mais elle est également légitimée et perpétuée par les acteurs politiques traditionnels. Il existe de multiples exemples de plateformes de nouvelles en ligne et de nouvelles alternatives basées au Canada qui diffusent de la désinformation islamophobe. Par exemple, entre 2016 et 2019, une page Facebook appelée National Conservative News Network Canada a communiqué de nombreuses fausses nouvelles islamophobes à ses adeptes — plus de 200 —, y compris de nombreuses théories du complot extrémistes. We heard from Dr.

Tanner Mirrlees who is an expert in Islamophobia in digital media, and he said that Rebel News also regularly frames Muslim immigration as driving the demographic decline of white people. He reported that hashtags which explicitly call for death or even genocide were still visible on Twitter at the time of his submission to the inquiry in Nous avons entendu M. Tanner Mirrlees, un expert au sujet de l’islamophobie dans les médias numériques, déclarer que Rebel News présente aussi régulièrement l’immigration musulmane comme étant le moteur du déclin démographique des Blancs.

Il a indiqué que les mots-clics appelant explicitement à la mort, voire au génocide, étaient encore visibles sur Twitter au moment où 7-9-2022 Droits de la personne 15:3

April 2022, and he described Islamophobia as the key means through which the far-right recruits and mobilizes people to its cause. il a présenté son rapport au comité chargé de l’enquête en avril 2022, et il a décrit l’islamophobie comme le principal moyen par lequel l’extrême droite recrute des adeptes et rallie des gens à sa cause. We have dug into why hate is on the rise, and I’ll just address it really briefly, which is that we believe there are some factors that are directly related to the pandemic.

Hate stems from a fear of losing power during this time of great uncertainty and is rooted in racism, misogyny, and other discriminatory belief systems, and that isolation increases hate and violence within private spaces. What we’ve also learned through the inquiry is that it’s difficult to disentangle the factors related to the pandemic and the factors related to the rise of populist white nationalist movements across the globe, particularly during the Trump era. Both of these factors are key influencing pieces and are also set against the rapid growth and ongoing growth of the internet in our daily lives.

Nous nous sommes demandé pourquoi la haine était en hausse — et je n’aborderai que très brièvement cet aspect de la question —; nous avons cherché à savoir si certains facteurs étaient directement liés à la pandémie. La haine découle de la peur de perdre le pouvoir en cette période de grande incertitude et prend racine dans le racisme, la misogynie et d’autres systèmes de croyances discriminatoires. De plus, l’isolement accroît la haine et la violence dans les espaces privés.

Ce que nous avons également appris au cours de l’enquête, c’est qu’il est difficile de distinguer les facteurs liés à la pandémie des facteurs liés à la montée des mouvements populistes nationalistes blancs à travers le monde, en particulier pendant l’ère Trump. Ces deux facteurs ont eu une incidence clé et ils sont également mis en parallèle avec la croissance rapide et continue d’Internet dans notre vie quotidienne.

In the interests of time, I was going to speak a bit about where we’re going with some of the recommendations, particularly about regulating online hate, but in the interest of time, I’ll leave it there and leave it for questions. Thank you. J’allais parler un peu de la direction que nous prenons quant à certaines des recommandations, en particulier en ce qui a trait à la réglementation de la haine en ligne, mais comme je ne veux pas prendre plus de temps que prévu, je vais m’arrêter là et laisser place aux questions. Merci. The Chair: Thank you very much. Ms. Singh, you have the floor.

La présidente : Merci beaucoup. Madame Singh, vous avez la parole. Rachna Singh, Member of the Legislative Assembly of Surrey-Green Timbers and Parliamentary Secretary for Anti-Racism Initiatives, as an individual: Thank you so much. I am really thankful for the standing committee for inviting me to be a witness in this. Rachna Singh, députée, Surrey-Green Timbers, secrétaire parlementaire pour les initiatives de lutte contre le racisme, à

titre personnel : Merci beaucoup. Je remercie sincèrement le comité de m’avoir invitée à témoigner à ce propos. The Chair: Oh, can you put your microphone on? La présidente : Oh, pouvez-vous mettre votre microphone? Ms. Singh: I didn’t know that. Okay. I’ll start again. Mme Singh : Je ne le savais pas. D’accord, je vais recommencer. Thank you so much, chair, and thank you to the committee. It is such an honour to be here as a witness in this very important public hearing to tackle Islamophobia, and I will really want to thank Commissioner Govender also on her testimony.

Merci beaucoup, madame la présidente, et merci au comité. C’est un grand honneur pour moi d’être ici en tant que témoin dans le cadre de cette audience publique très importante pour lutter contre l’islamophobie, et je tiens à remercier également la commissaire Govender de son témoignage. I also want to humbly acknowledge that I am joining you all on the unceded, ancestral territories of the Musqueam, Squamish, and Tsleil-Waututh Nations. Je tiens à mon tour à reconnaître humblement que je me joins à vous sur les territoires non cédés et ancestraux des nations Musqueam, Squamish et Tsleil-Waututh.

The past decade has been especially difficult for Muslims in Canada with repeated acts of violent Islamophobia including the deadly attack on the family of five in London, Ontario, in 2021, and then also, before that, we had a similar incident in Quebec City. La dernière décennie a été particulièrement difficile pour les musulmans du Canada, décennie qui a été ponctuée d’actes répétés de violence islamophobe.

On pense notamment à l’attaque mortelle perpétrée contre une famille de cinq personnes à London, en Ontario, en 2021, et avant cela, à un drame similaire qui s’est produit dans la ville de Québec. 15:4 Human Rights 7-9-2022

This year Statistics Canada reported dramatic spike of anti- Muslim hate with a 71% surge in hate crimes against Muslim in 2021 compared with 2020. These are not just mere numbers; it is a wake-up call for all of us to do more to tackle white supremacy. Members of the Muslim community experience hate and violence on a daily basis as evident from reports of women being attacked for wearing a hijab to anti-Muslim graphically being displayed in several locations including in my home city of Surrey. I know that my Muslim friends and neighbours question their safety before even going for a walk.

Cette année, Statistique Canada a signalé une hausse spectaculaire de la haine antimusulmane, avec une augmentation de 71 % des crimes haineux contre les musulmans en 2021 par rapport à 2020. Il ne s’agit pas de simples chiffres; c’est un signal d’alarme qui nous invite tous à faire davantage pour lutter contre la suprématie blanche.

Les membres de la communauté musulmane font l’expérience de la haine et de la violence au quotidien, comme en témoignent les informations selon lesquelles des femmes ont été attaquées parce qu’elles portaient un hijab et les graphiques antimusulmans qu’ont a vu affichés à plusieurs endroits, y compris dans ma ville natale de Surrey. Je sais que mes amis et voisins musulmans se posent des questions sur leur sécurité, même lorsqu’il ne s’agit que de faire une marche.

Addressing anti-Muslim hate and systemic racism requires a relentless commitment from all levels of government, and it is a challenge we are all committed to. Today I have the privilege to listen to so many of you, and I’m forever grateful for the emotional label the Muslim community is providing today to educate us better. La lutte contre la haine antimusulmane et le racisme systémique exige un engagement sans relâche de tous les ordres de gouvernement, et c’est un défi que nous sommes tous résolus à relever.

Aujourd’hui, j’ai le privilège d’écouter un si grand nombre d’entre vous, et je suis à jamais reconnaissante de ce que fait la communauté musulmane aujourd’hui pour cerner et identifier les émotions qui sont en jeu afin de mieux nous éduquer. As the B.C. government, we support the Government of Canada in creating the position of special representative on combatting Islamophobia to serve as an advisor and expert to strengthen efforts to combat Islamophobia and address barriers that Muslim communities face.

In B.C. this June, the Anti- Racism Data Act was passed into law, a significant measure that allows us to gather critical intersectional data to help expose the gaps and inequalities that exist in how government delivers programs and services. This helps us build an equitable, inclusive province where we can deliver better outcomes for those who rely on these programs and services. For example, once this act gets implemented, we will be able to tell how Muslim women with hijabs experience our health care system and whether our Muslim children feel safe in our schools.

I really want to thank the commissioner for her guidance, and support for our Anti-Racism Data Act. Le gouvernement de la Colombie-Britannique soutient le gouvernement du Canada dans la création du poste de représentant spécial pour la lutte contre l’islamophobie, poste dont le titulaire agira à

titre de conseiller et d’expert pour renforcer les efforts de lutte contre l’islamophobie et éliminer les obstacles auxquels les communautés musulmanes doivent faire face. En juin dernier, la Colombie-Britannique a adopté la Loi portant sur les données contre le racisme, un outil important qui nous permettra de recueillir des données intersectionnelles essentielles pour aider à exposer les lacunes et les inégalités qui existent dans la façon dont le gouvernement offre ses programmes et ses services.

Cela nous aidera à bâtir une province équitable et inclusive où nous pourrons offrir de meilleurs résultats aux personnes qui dépendent de ces programmes et services. Par exemple, une fois que cette loi sera mise en œuvre, nous serons en mesure de cerner la façon dont les femmes musulmanes portant un hijab « vivent » notre système de santé, et d’établir si nos enfants musulmans se sentent en sécurité dans nos écoles. Je tiens vraiment à remercier la commissaire de ses conseils en la matière et du soutien qu’elle a témoigné à l’égard de notre Loi portant sur les données contre le racisme.

The province will continue to engage with Indigenous peoples, racialized communities, and faith-based groups to inform this key piece of legislation that seeks to breakdown pervasive structural barriers. While we work on addressing longstanding systemic issues, we know that communities experiencing hate and racial violence cannot wait. Currently, we are exploring options to deter hate groups from registering as societies in British Columbia.

La province continuera de s’engager auprès des peuples autochtones, des communautés racisées et des groupes confessionnels afin d’étayer ces mesures législatives clés qui visent à éliminer les barrières structurelles rémanentes. Bien que nous nous efforcions de résoudre des problèmes systémiques de longue date, nous savons que les communautés victimes de haine et de violence raciale ne peuvent pas attendre. Actuellement, nous sondons certaines options qui pourraient nous permettre de dissuader les groupes haineux de s’enregistrer en tant que sociétés en Colombie-Britannique. 7-9-2022 Droits de la personne 15:5

We have funded the Foundation for a Path Forward, a Muslim- led organization, to be the faith community convener for the province of British Columbia. They have worked to raise awareness on Islamophobia through education and engagement by launching road shows, broadcast, and interfaith exchanges at several places of worship across B.C. to facilitate understanding. They also engage members of faith-based and racialized communities to fight against exclusion and discrimination.

Nous avons financé la Foundation for a Path Forward, un organisme dirigé par des musulmans dont la fonction est d’interpeller les communautés religieuses de la province de la Colombie-Britannique. La Foundation for a Path Forward s’est efforcée de sensibiliser le public à l’islamophobie par l’éducation et la mobilisation, entre autres en procédant à des tournées- spectacles, des émissions et des échanges interconfessionnels dans plusieurs lieux de culte de la Colombie-Britannique afin de faciliter la compréhension.

L’organisme invite également les membres des communautés confessionnelles et racisées à lutter contre l’exclusion et la discrimination. We know that education plays a key role in teaching our children the colonial history of history of B.C. highlighting local Muslim stories and the roots of Islamophobia. Nous savons que l’éducation joue un rôle clé lorsqu’il s’agit d’enseigner à nos enfants l’histoire coloniale de la Colombie- Britannique et de braquer les projecteurs sur les histoires des musulmans locaux et les racines de l’islamophobie.

While the current school curriculum includes topics relevant to Islamophobia, we recognize the need for deeper review and reform of the curriculum that relates to Islam and Muslims and develop resources that inform Muslim identities. Bien que le programme scolaire actuel comprenne des sujets liés à l’islamophobie, nous reconnaissons la nécessité de mener un examen plus approfondi et une réforme du programme portant sur l’islam et les musulmans, et de développer des ressources qui fournissent des renseignements sur les identités musulmanes.

The ministry of education is also creating a K to 12 anti- racism action plan to give students and staff guidance on how to respond to incidents of hate and racism. Le ministère de l’Éducation est également en train de créer un plan d’action contre le racisme qui ira de la maternelle à la 12e année afin de donner aux élèves et au personnel des conseils sur la façon de réagir aux manifestations de haine et de racisme. It is important that we use our collective voices to stand in solidarity against Islamophobia and anti-Muslim hate in any of its forms.

More, it is clearly needed to address the challenges in front of us. We will continue our work to create a province where everyone is safe and treated with kindness, dignity and respect. Il est important que nous unissions nos voix pour être solidaires face à l’islamophobie et la haine antimusulmane sous toutes ses formes. Plus encore, il est de toute évidence nécessaire de relever les défis qui se présentent à nous. Nous poursuivrons notre travail pour créer une province où chacun est en sécurité et traité avec gentillesse, dignité et respect. Thank you once again, and I look forward to your questions.

Je vous remercie encore une fois et j’ai hâte de répondre à vos questions. The Chair: Thank you very much. La présidente : Merci beaucoup. And now we will turn to the senators for their questions, and I have Senator Jaffer. Nous allons maintenant nous tourner vers les sénateurs pour leurs questions, en commençant par la sénatrice Jaffer. Senator Jaffer: Thank you, chair. And thank both of you for your presentation, but more importantly there are not two busier women than the two of you, and for you to take the time to come here, thank you so much. I really appreciate it.

La sénatrice Jaffer : Merci, madame la présidente. Et merci à vous deux de votre présentation, mais avant tout, il convient de souligner qu’il n’y a pas deux femmes plus occupées que vous deux. Merci beaucoup d’avoir pris le temps de venir ici. Je vous en suis très reconnaissante. I’ll ask the first question of you, Commissioner. In your recommendations, the second recommendation, I actually was taken aback when I read that when you were saying that while some may fear that regulating online spaces undermines freedom of speech, but for marginalized people, they’re silenced.

For a commissioner to say that — a human rights commissioner — that’s very powerful. So how, then, do we — I don’t mean the technical part, but what do you think should be in the legislation Madame la commissaire, ma première question s’adresse à vous. Lorsque j’ai lu vos recommandations, j’ai été interloquée par la deuxième, où on disait que certains peuvent craindre que la réglementation des espaces en ligne porte atteinte à la liberté d’expression, alors que les personnes marginalisées, elles, sont réduites au silence. Qu’une commissaire dise cela — une commissaire aux droits de la personne —, c’est très fort.

Je ne parle pas de la

partie technique, mais de ce qui, selon vous, 15:6 Human Rights 7-9-2022

because anytime there is any online legislation that’s been talked about there is a lot of “don’t take our rights away.” So that’s why when I read this from you — for me, it’s the right thing to say. I was pleased that you said it. So, can you elaborate on that? devrait figurer dans la loi, car chaque fois qu’il est question de mesures législatives sur l’activité en ligne, on entend beaucoup de gens réclamer de ne pas leur enlever leurs droits. C’est pour cette raison que lorsque je vous ai lue, je me suis dit que c’était la bonne chose à dire. J’ai été contente que vous le disiez.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus à ce sujet? Ms. Govender: Thank you for the question. Mme Govender : Je vous remercie de votre question. Yes. So the piece I didn’t get to is what I think is the starting point for our conversation around online hate. As our — as I’m sure is obvious, our public inquiry, I have a provincial mandate under provincial legislation, so the public inquiry will be mostly aimed at provincial recommendations. But I’m sure we have a shared interest in how we regulate online space well across all levels of government as appropriate. Oui.

Donc, l’élément que je n’ai pas abordé est ce que je pense être le point de départ de notre conversation sur la haine en ligne. Comme — je suis sûr que c’est évident —, notre enquête est publique, j’ai un mandat provincial à remplir en vertu de la loi provinciale. L’enquête publique sera donc principalement axée sur la formulation de recommandations provinciales. Mais je suis sûre que nous avons un intérêt commun en ce qui concerne la façon de bien réglementer l’espace cybernétique à tous les ordres de gouvernement, le cas échéant.

I think the starting point for that is to understand that this isn’t one human right at stake, which is freedom of speech and how justified are we to limit it, of which there are limits in our constitutional structure, but also that there are other important human rights issues at stake that are related to speech.

Je pense que le point de départ à cet égard consiste à comprendre que la liberté d’expression — et la mesure dans laquelle nous sommes justifiés de la circonscrire, compte tenu des limites prévues dans notre structure constitutionnelle — n’est pas le seul droit de la personne en jeu; il y a aussi d’autres questions importantes concernant les droits de la personne et, plus particulièrement, le droit d’expression qui sont en jeu.

So that if we have spaces that are hateful, and we do, social media platforms are notorious for certainly creating venues for hate to be shared and sometimes to be amplified and some more than others. That silences many people. And that means, in fact, our justification of around freedom of speech around — you know, sunlight being the best disinfectant that if we just air speech it will make it go away.

It’s not — it doesn’t quite play out in a context where there’s actually not healthy debate because the other half of the debate, the people whose rights are being trampled on, are not safe enough to speak up and to represent counterpoints of view. I think that’s an important starting point for then thinking through what’s in the legislation. Donc, s’il y a des espaces cybernétiques haineux, et c’est le cas, les plateformes de médias sociaux en général, mais certaines d’entre elles plus que d’autres ont la réputation de créer des milieux où la haine peut être partagée et parfois amplifiée.

Cela réduit au silence de nombreuses personnes. Et cela signifie, en fait, que notre justification concernant la liberté d’expression — vous savez, selon laquelle si nous diffusons les discours, ils disparaîtront, le soleil étant le meilleur désinfectant — n’est pas tout à fait valide dans un contexte où il n’y a pas de débat sain, parce que l’autre moitié des intervenants, c’est-à-dire les personnes dont les droits sont bafoués, ne sont pas assez en sécurité pour s’exprimer librement et représenter la contrepartie.

Je pense que c’est là un point de départ important pour réfléchir au contenu de la mesure législative. I would hope that our approach to online hate in whatever form from whichever level of government explicitly acknowledges that human rights that are at stake when we allow hateful speech to flourish, when we don’t require transparency from social media companies to say how are they dealing with hateful comments, what do they really do in these circumstances, and how are they promoting hateful views?

Because the other thing that we have learned from this inquiry, in particular a paper that we commissioned on online hate, is that these spaces aren’t neutral spaces for anybody to contribute to. In fact, hate gets promoted through the use of algorithms on online spaces, and that means that more people are reached and therefore more people are silenced in that process.

J’espère que notre approche relative à la haine en ligne, quelle que soit la forme qu’elle prend et quel que soit l’ordre de gouvernement concerné, reconnaît explicitement les droits de la personne qui sont en jeu lorsque nous permettons aux discours haineux de se multiplier, lorsque nous n’exigeons pas de transparence de la part des entreprises de médias sociaux afin qu’elles indiquent la façon dont elles gèrent les commentaires haineux, les mesures qu’elles prennent réellement dans ces circonstances et la façon dont elles encouragent les opinions haineuses.

L’autre fait que nous avons appris au cours de notre enquête et, en particulier, grâce au document sur la haine en ligne que nous avons commandé, c’est que ces espaces cybernétiques ne sont pas des espaces neutres où tous peuvent 7-9-2022 Droits de la personne 15:7

apporter une contribution. En fait, la haine est encouragée par l’utilisation d’algorithmes dans les espaces cybernétiques, ce qui signifie qu’un plus grand nombre de personnes sont exposées à cette haine et, par conséquent, un plus grand nombre de personnes sont réduites au silence dans le cadre de ce processus. Senator Jaffer: Thank you, Commissioner. La sénatrice Jaffer : Merci, commissaire. I wanted to ask a question of you, Ms. Singh.

My colleagues might have another point of view on this, but I’m trying to decipher what we’ve heard yesterday and today and it sort of brings it down to me as the issue of racism and discrimination. You know, we can call it anything. You know, against women, against this, against that. For me, it boils down to racism, and so I was wondering — it’s a big ask I have, but I was wondering if you have a program that includes all kinds of racism and then a specific program for Islamophobia. Je voulais vous poser une question, madame Singh.

Mes collègues ont peut-être un autre point de vue à ce sujet, mais j’essaie de déchiffrer ce que nous avons entendu hier et aujourd’hui, et cela me ramène en quelque sorte à la question du racisme et de la discrimination. Vous savez, on peut appeler cela comme on veut. On peut qualifier cela de discours contre les femmes, contre ceci ou contre cela. En ce qui me concerne, cela se résume au racisme, et donc je me demandais — et il s’agit d’une grosse demande — si vous offrez un programme qui vise tous les types de racisme, puis un programme particulier qui cible l’islamophobie. Ms.

Singh: What we are seeing especially largely against the Muslim community we are [Technical difficulties]. Mme Singh : Ce que nous observons, surtout à l’encontre de la communauté musulmane, ce sont [Difficultés techniques]. When we are talking about racism, it is what every community is facing. Right? Islamophobia is just one form of racism that we are seeing not just in Canada but globally. But what we have seen in the wake of COVID happening with our Asian communities, that was — whatever name you want to give it — it was racism. Quand nous parlons de racisme, c’est ce qu’affronte chaque communauté.

N’est-ce pas? L’islamophobie n’est qu’une des formes de racisme que nous observons non seulement au Canada, mais aussi dans le monde entier. Mais ce que nous avons vu nos communautés asiatiques subir à la suite de la pandémie de COVID, c’était du racisme — quel que soit le nom que vous voulez donner à ce comportement. We as a government are committed to tackle racism, and I think with the creation of my position as the parliamentary secretary for anti-racism, we are tackling it hands-on. We are not trying to disguise it under the name of multiculturalism because for far too long we have done that.

We have always said about Canada being such a multicultural, such a diverse country. We are different from the United States. En tant que membres du gouvernement, nous nous sommes engagés à lutter contre le racisme, et je pense qu’avec la création de mon poste de secrétaire parlementaire responsable de la lutte contre le racisme, nous nous attaquons de front à ce problème. Nous ne cherchons pas à le dissimuler en le qualifiant de multiculturalisme, car nous avons fait cela pendant trop longtemps. Nous avons toujours soutenu que le Canada était un pays tellement multiculturel et tellement diversifié.

Notre pays est différent des États-Unis. But what we are experiencing here — and especially in my role as the parliamentary secretary, I’ve had the opportunity to talk to so many community members, hear their stories — we have tried to not address the deep-rooted issue of racism. Mais ce que nous vivons ici — et j’ai eu l’occasion de parler à un si grand nombre de membres des communautés et d’entendre leurs histoires, en particulier dans le cadre de mon rôle de secrétaire parlementaire —, est lié au fait que nous avons tenté d’éviter d’aborder le problème profondément enraciné du racisme.

Talking about eating — I always say eating butter chicken and eating samosas, participating in all the gatherings, like, Eid, Diwali, anything. It is really important. It is really good. I think we have done as Canada — not just in Canada but as a province also — we have done really well on that. But when it comes to the deep-rooted issue of racism, we try to shy away from that. En ce qui concerne l’alimentation, je dis toujours qu’il faut manger du poulet au beurre et des samosas, participer à tous les rassemblements, comme l’Eid, Diwali, et cetera. C’est vraiment important, et les plats sont très bons.

Je pense que le Canada — non seulement le Canada, mais aussi ma province — a très bien réussi dans ce domaine. Mais lorsqu’il s’agit de nous attaquer à la question profondément enracinée du racisme, nous tentons d’éviter de le faire. 15:8 Human Rights 7-9-2022

So, it’s very important to say the word racism, talk about it, and then make some concrete action plans. That’s what we as a government are committed to. My position and then also the legislation that we are bringing. We are specifically putting the word anti-racism in there. And when we talk about anti-racism, we are considering the intersectional. We are looking at it from the intersectional lens.

When we’re talking about racism, like, how the most marginalized, most vulnerable communities — whether those are women, people with disabilities, our senior people, people from the LBGTQ+ communities — what their experiences are. We are considering that, but it is in the bigger umbrella of racism. Il est donc très important de prononcer le mot « racisme », d’en parler, puis d’élaborer des plans d’action concrets. C’est ce que le gouvernement s’est engagé à faire, par l’intermédiaire de mon poste et de la mesure législative que nous présentons.

Nous inscrivons plus précisément dans ce texte le mot « antiracisme ». Et quand nous parlons d’antiracisme, nous considérons l’intersectionnalité. Nous examinons la question sous l’angle de l’intersectionnalité. Lorsque nous parlons de racisme, comme la façon dont les communautés les plus marginalisées, les plus vulnérables — qu’il s’agisse de femmes, de personnes handicapées, de personnes âgées, de personnes appartenant aux communautés LBGTQ+ —, vivent leurs expériences, nous prenons cela en considération, mais nous le faisons dans le contexte plus large du racisme. Senator Jaffer: Thank you so much.

Thank you, chair. Second round. La sénatrice Jaffer : Merci beaucoup. Merci, madame la présidente. Passons à la deuxième série de questions. The Chair: Thank you. La présidente : Merci. Senator Martin to be followed by Senator Busson. La sénatrice Martin sera suivie de la sénatrice Busson. Senator Martin: Thank you, Madam Chair, and thank you to our witnesses for your insights and your expertise that you are bringing today. La sénatrice Martin : Merci, madame la présidente. Je remercie également nos témoins des idées et des compétences dont ils nous font part aujourd’hui. My question is for Ms.

Singh, and I took note of what you were talking about in terms of education. As a former educator, I know that we have a really important role as teachers to educate our children now for generational changes. So, when you talked about curriculum reform, which I know takes a lot of political will and it takes time, and you mentioned the K to 12 action plan. I wanted you to expand a little bit more about this. I’m quite interested in how concrete your initiatives are in terms of curriculum reform, at what stage is it in terms of adding this to the curriculum?

I’d love to hear more about what you said in your statement. J’adresse ma question à Mme Singh, et j’ai pris note de vos propos en matière d’éducation. En tant qu’ancienne éducatrice, je sais que nous, les enseignants, avons un rôle vraiment important à jouer dans l’éducation actuelle de nos enfants en vue d’apporter des changements générationnels. Ainsi, lorsque vous avez parlé de la réforme des programmes d’études, qui, je le sais, exige beaucoup de volonté politique et de temps, vous avez mentionné le plan d’action visant les élèves allant de la maternelle à la 12e année.

Je souhaitais que vous vous étendiez un peu plus sur ce sujet. J’aimerais savoir dans quelle mesure vos initiatives sont concrètes en ce qui concerne la réforme des programmes d’études, à quelle étape en est l’ajout de ces éléments aux programmes? J’aimerais en savoir davantage sur les sujets que vous avez abordés au cours de votre déclaration. Ms. Singh: Thank you so much. Mme Singh : Merci beaucoup. As you said, it’s a very challenging task, and it’s a long process to change the curriculum, but I’m really glad of our government’s commitment to that.

I wish my colleague, the minister of education, was here as well. She’s a strong ally in our work. Comme vous l’avez indiqué, cette tâche est très difficile, et la modification des programmes d’études est un long processus, mais je suis vraiment heureuse de la détermination de notre gouvernement à cet égard. J’aimerais que ma collègue, la ministre de l’Éducation, participe également à votre réunion. Elle est une alliée de poids dans notre travail.

As the minister of education, before she took on her position, even the minister before, they have been having regular anti- racism roundtables with educators in British Columbia. We already had two roundtables with educators, teachers, staff and students, just to find out what their experiences are and what recommendations and changes they would like us, as a government, to bring.

Avant qu’elle n’entre en fonction, la ministre de l’Éducation et même le ministre précédent ont organisé régulièrement des tables rondes portant sur la lutte contre le racisme en collaboration avec les éducateurs de la Colombie-Britannique. Nous avons déjà eu deux tables rondes avec des éducateurs, des enseignants, des membres du personnel et des élèves, juste pour déterminer les expériences qu’ils ont vécues, ainsi que les 7-9-2022 Droits de la personne 15:9

recommandations qu’ils aimeraient que le gouvernement fasse et les changements qu’ils aimeraient que le gouvernement apporte. Our Anti-Racism Data Act is also one way to tackle racism in our education system. Right now, we are not able to collect the data about their experiences, what students and staff are going through, what kinds of experiences racialized communities — whether those are Indigenous, Black, or other racialized communities — are having with the education system? One of the key areas that we would focus on with our Anti-Racism Data Act is education.

By next year, hopefully, we will have the numbers to see what kind of racism, what kinds of barriers and gaps there are, and then to work on the policy — like, how to fill in those gaps and barriers. Notre

loi sur les données relatives à la lutte contre le racisme est également un moyen de lutter contre le racisme dans notre système d’éducation. À l’heure actuelle, nous ne sommes pas en mesure de recueillir des données sur les expériences que vivent les élèves, le personnel et les communautés racisées — qu’il s’agisse d’Autochtones, de Noirs ou d’autres communautés racisées — au sein du système d’éducation. L’éducation est l’un des secteurs clés sur lesquels nous concentrerons nos efforts dans le cadre de la mise en œuvre de notre

loi sur les données relatives à la lutte contre le racisme. Avec un peu de chance, d’ici l’année prochaine, nous disposerons des chiffres nécessaires pour déterminer les types de racisme d’obstacles et de lacunes qui existent, et pour élaborer par la suite la politique requise — qui décrirait, par exemple, la façon de combler ces lacunes et d’éliminer ces obstacles.

This is the work that is coming out of my portfolio, but the ministry of education — I don’t have the details about the kinds of curriculum changes that are coming, but they are working very closely with the educational partners to bring in those changes. Voilà le travail qui relève de mon portefeuille, mais le ministère de l’Éducation... Je ne connais pas les particularités des types de changements qui seront apportés aux programmes, mais les responsables travaillent très étroitement avec les partenaires du milieu de l’éducation en vue d’apporter ces changements.

Senator Martin: One sort of question that came out of what you just stated. La sénatrice Martin : Une sorte de question a découlé de ce que vous venez de dire. The data collection is kind of a challenge, isn’t it? My question may be to the commissioner. I am wondering about the accuracy of the data that we have at this time, and what can we do to ensure that we have accurate data? La collecte de données est un peu un défi, n’est-ce pas? J’adresse peut-être ma question à la commissaire.

Je m’interroge sur l’exactitude des données dont nous disposons à l’heure actuelle, et sur ce que nous pouvons faire pour nous assurer que nous disposons de données exactes? Ms. Govender: Thank you for that question. As you heard a bit about — Mme Govender : Je vous remercie de votre question. Comme vous l’avez entendu dire un peu au sujet... The Chair: Put on your microphone. La présidente : Veuillez porter votre microphone. Ms. Govender: Sorry. Mme Govender : Désolée. It’s something that the provincial government has been working hard on.

But before that, my office was working more generally about demographic data that can be used to create policy that furthers the goals of substantive equality rather than undermines them. C’est un dossier sur lequel le gouvernement provincial a beaucoup travaillé. Mais avant cela, mon bureau s’employait de façon plus générale à recueillir des données démographiques qui peuvent être utilisées pour créer des politiques qui favorisent l’atteinte d’objectifs en matière d’égalité réelle au lieu de la compromettre.

In response to the requests from the premier for some advice on this, my office produced a report called Disaggregated demographic data collection in British Columbia: The grandmother perspective. Based on the research and the consultations that we did it lays out the ways in which to do that, how to collect — not the questions to ask on the forms, not that kind of level of detail — demographic data that doesn’t perpetuate harm.

En réponse aux demandes de conseils à ce sujet présentées par le premier ministre, mon bureau a produit un rapport intitulé Disaggregated demographic data collection in British Columbia: The grandmother perspective. Le rapport, qui est fondé sur les recherches et les consultations que nous avons menées, expose les moyens de le faire, c’est-à-dire les façons de collecter des données démographiques qui ne perpétuent pas les préjudices, mais pas les questions à poser sur les formulaires ou des détails de ce genre. 15:10 Human Rights 7-9-2022

The accuracy question is such an important one, and even before we get to the accuracy piece, when we are collecting this data we need to think about are we doing harm. I think ultimately we need really good data to make good policy and law, but we’re sometimes collecting data from more of a big brother perspective, and this concept of the “grandmother perspective” that was gifted to us by an advocate by the name of Gwen Phillips from the Ktunaxa Nation.

She talked about the role of government collecting data not as a big brother, not for the sake of just collecting information from citizens, but for the purposes of caring for them, of creating good public policy that would actually improve the lives of people much in the way that a grandmother would collect data about her family, collect information about the family to better care for them. La question de l’exactitude est très importante, et même avant d’atteindre cette exactitude, nous devons nous demander si nous causons du tort aux gens lorsque nous recueillons ces données.

Je pense qu’en fin de compte, nous avons besoin de très bonnes données pour élaborer de bonnes politiques et de bonnes lois, mais nous recueillons parfois des données surtout du point de vue d’un grand frère. La notion de « perspective d’une grand- mère » nous a été proposée par une avocate de la nation Ktunaxa appelée Gwen Phillips.

Elle a parlé du rôle que le gouvernement joue dans la collecte de données, non pas en tant que grand frère ou dans le but de recueillir des renseignements sur les citoyens, mais plutôt dans celui de prendre soin d’eux et de créer de bonnes politiques publiques qui amélioreraient réellement la vie des gens, de la même manière qu’une grand-mère collecterait des données ou des renseignements sur sa famille pour mieux en prendre soin. We used that frame to develop the outline of a legislative structure that eventually the government turned into legislation.

A key component of that was having a strong community advisory committee and partnerships with First Nations, so the data specifically concerns First Nations. Which is not the conversation we’re having here — it’s a bit different — but in the context of Islamophobia, we would be relying, in a meaningful way, on people who are impacted by Islamophobia — by Muslim leaders and community members to say how they want this data used collected and stored. And if you disclosed, we don’t disclose it in ways that perpetuate harms.

For example, we don’t disclose it in ways that could perpetuate stereotypes about Muslim people as security threats. Nous avons utilisé ce cadre pour élaborer les grandes lignes d’une structure législative que le gouvernement a finalement transformée en loi. Un élément clé de cette structure était la mise en place d’un comité consultatif communautaire solide et de partenariats avec les Premières Nations, afin que les données concernent précisément les Premières Nations.

Ce n’est pas la conversation que nous avons en ce moment — c’est un peu différent —, mais dans le contexte de l’islamophobie, nous compterions, de manière significative, sur les personnes qui sont touchées par l’islamophobie — sur les dires des chefs de file musulmans et des membres des communautés en ce qui concerne la façon dont ils veulent que ces données soient collectées, stockées et utilisées. Et si nous divulguons ces données, nous ne le faisons pas d’une manière qui perpétue les préjudices.

Par exemple, nous ne les divulguons pas d’une manière qui pourrait perpétuer les stéréotypes sur les musulmans, en tant que menaces pour la sécurité. How do we use it to support people as opposed to undermine them? It’s surprisingly easy, I think, for data to be released in a well-intentioned way that is then used to perpetuate harms. So, I think that’s the starting point. Comment pouvons-nous utiliser ces renseignements pour soutenir les gens et non pour leur nuire?

Il est étonnamment facile, je pense, de publier des données de manière bien intentionnée, mais que ces données soient utilisées par la suite pour perpétuer des préjudices. Je pense donc que c’est le point de départ que nous devrions employer. We do have some good data from StatsCan now about how Islamophobia has grown, and we’ve just talked a little bit about that.

There was one statistic that I’ve included in my speaking notes, although I didn’t have a chance to speak to it directly, but I do think it is this is an important example of this, perhaps not unique, but a specific piece around Islamophobia as Muslim people being viewed as a security threat, and the 2017 poll by Radio-Canada that 51% of respondents in Canada felt that the presence of Muslims in the country made them somewhat or very worried about security. I think there’s a lot we can do with understanding that this is part of the racism here.

It’s not true for every form of racism, and it’s, I think, important to understand that context. That’s one of the ways, I think, that accurate statistics can help us. Nous disposons maintenant de bonnes données sur la croissance de l’islamophobie provenant de Statistique Canada, et nous venons d’en parler brièvement. Il y a une statistique que j’ai incluse dans mes notes d’allocution, bien que je n’aie pas eu l’occasion d’en parler directement, mais je pense qu’il s’agit d’un exemple important.

Il n’est peut-être pas unique, mais c’est un élément particulier lié à l’islamophobie, aux personnes musulmanes qui sont perçues comme une menace pour la sécurité et au sondage de Radio-Canada de 2017 selon lequel 51 % des répondants canadiens estimaient que la présence de musulmans dans leur pays les rendait quelque peu ou très inquiets au sujet de la sécurité. Je pense que nous pouvons prendre de nombreuses mesures pour comprendre que cela fait

partie du racisme qui existe au Canada. Ce n’est pas le cas pour 7-9-2022 Droits de la personne 15:11

toutes les formes de racisme, et je pense qu’il est important de comprendre ce contexte. Je crois que c’est l’une des façons dont des statistiques précises pourraient nous aider. Senator Martin: Thank you. La sénatrice Martin : Merci. Ms. Govender: Thank you. Mme Govender : Merci. The Chair: Thank you. Senator Busson. La présidente : Merci. Sénatrice Busson, la parole est à vous. Senator Busson: Thank you very much, Madam Chair. La sénatrice Busson : Merci beaucoup, madame la présidente. I’d like to direct my comments and questions to both Commissioner Govender and MLA Singh.

I want to thank you both for all the efforts that you both do, working for the kinds of goals and equality that you work for here in British Columbia. Being a British Columbian myself, I’m doubly grateful for the hard work and efforts and the challenges that you face every day. J’aimerais adresser mes commentaires et mes questions à la commissaire Govender et la députée Singh. Je tiens à vous remercier toutes les deux de tous les efforts que vous déployez, en vous employant à atteindre le genre d’objectifs et d’égalité que vous défendez ici, en Colombie-Britannique.

Étant moi- même une Britanno-Colombienne, je vous suis doublement reconnaissante de votre travail acharné, de vos efforts et des défis que vous devez relever chaque jour. Certainly, both Islamophobia and racism, in general, are a scar in this province as it is a plague in this country that needs to be addressed at every level.

Interestingly enough you’re both here talking about your efforts within the jurisdiction of a provincial jurisdiction, specifically British Columbia and I’m interested if each of you have a comment or an observation or a recommendation to make about the level of integration between the efforts made provincially and the efforts made federally to address this terrible problem. Because whether it’s the jurisdiction of the provincial government or the jurisdiction of the federal government, we’re talking about the same people.

They’re the same people that are being persecuted, made subjects of prejudice, the fear that they experience. Whether it’s from a provincial lens or a federal lens, we have the same victims at the same time. Il est certain que l’islamophobie et le racisme, en général, sont un fléau dans ma province, tout comme ils sont un fléau au Canada qui doit être cerné à tous les niveaux.

Il est intéressant de noter que vous vous êtes toutes deux jointes à nous pour parler des efforts que vous déployez dans les limites de la compétence provinciale, à savoir celle de la Colombie-Britannique, et j’aimerais savoir si chacune d’entre vous a une observation ou une recommandation à formuler au sujet du niveau d’intégration des efforts déployés à l’échelle provinciale et des efforts déployés l’échelle fédérale pour s’attaquer à ce terrible problème. Car qu’il s’agisse de la compétence du gouvernement provincial ou de celle du gouvernement fédéral, nous parlons des mêmes personnes.

Ce sont les mêmes personnes qui sont persécutées, qui font l’objet de préjugés et qui vivent dans la peur. Que ce soit du point de vue provincial ou fédéral, les victimes sont les mêmes à un même moment donné. I’m wondering if there is a coordinated effort to integrate the kinds of responses that we have? I believe that multiculturalism has evolved over the years to a different concept and we move more into pluralism and hopefully total inclusivity would be the ultimate goal in my mind. I’m wondering if you’d each comment on my observations, if you wouldn’t mind.

Je me demande s’il existe un effort coordonné visant à intégrer les types d’interventions que nous avons prévus. Je crois que le multiculturalisme a évolué au fil des ans vers un concept différent et que nous nous dirigeons davantage vers le pluralisme et, espérons-le, vers une inclusion totale, ce qui, à mon sens, serait le but ultime. Je me demande si chacune de vous pourrait me dire ce que vous pensez de mes observations, si vous n’y voyez pas d’inconvénient. Ms. Govender: I’ll speak quickly to that.

If I understand your question, it’s about the ways in which the federal and provincial government can or should collaborate or work together in terms of jurisdiction. Mme Govender : Je vais répondre rapidement à cette question. Si je comprends bien votre question, elle porte sur les façons dont les gouvernements fédéral et provinciaux peuvent ou devraient collaborer ou travailler ensemble en matière de compétence. I think that’s really important and one area where we’ve done some work is around human rights in the online spaces.

With the changes that were made some years ago to the Canadian Human Je pense que c’est vraiment important, et le domaine des droits de la personne dans les espaces cybernétiques est l’un de ceux dans lequel nous avons déployé quelques efforts. En raison des 15:12 Human Rights 7-9-2022

Rights Act and the taking away of the

section that spoke directly to online hate and the online space in particular. There’s now a bit of a vacuum in the law around who is responsible. Is it the federal human rights system or the provincial human rights system that can speak to human rights violations that happen online? I think our law needs to catch up to where we are as a society. There is quite a fluid interplay between our online lives and our real-time lives at this point. changements apportés il y a quelques années à la

Loi canadienne sur les droits de la personne et de la suppression de l’article qui traitait directement de la haine en ligne et de l’espace cybernétique en particulier, il y a maintenant un certain vide juridique quant à savoir qui est responsable de ces problèmes. Est-ce le système fédéral des droits de la personne ou le système provincial des droits de la personne qui peut traiter des violations des droits de la personne qui se produisent en ligne? Je pense que nos lois doivent rattraper le niveau que nous avons atteint en tant que société.

À l’heure actuelle, l’interaction entre nos vies en ligne et nos vies en temps réel est assez fluide. It’s both antiquated and unrealistic to encapsulate all online regulation in all circumstances within the federal telecommunications jurisdiction, and it actually makes sense to think more about what the substance of what’s happening here is. Is this a federal actor? Then cover it under the federal law, and if it’s provincial actors, cover it in the provincial space.

But those two should be seamless, so that if someone brings a human rights complaint — we’re making this argument likely before the human rights tribunal in the fall here — likely the hate they’ve experienced is not isolated, it won’t just be online, it won’t just be in person. Again, it’s quite a fluid barrier. We publish something, and then we might print it out; or we say something in real life, and we reiterate what we’ve seen posted on social media. So that if you bring a complaint, you should be able to have it resolved in the appropriate forum regardless.

L’idée d’inscrire la réglementation de toutes les activités en ligne, peu importe les circonstances, dans le champ de compétence fédérale en matière de télécommunications est à la fois dépassée et irréaliste. En fait, il est logique de se pencher davantage sur la substance de ce qui est en cause. S’agit-il d’un acteur fédéral? Si oui, alors il faut recourir à la loi fédérale, et s’il s’agit d’acteurs provinciaux, c’est du ressort provincial. Cependant, le tout devrait se faire sans heurts dans les deux cas.

De cette façon, si quelqu’un dépose une plainte relative aux droits de la personne — et nous présenterons probablement cet argument devant le tribunal des droits de la personne à l’automne —, il se peut que la haine subie par cette personne ne soit pas un incident isolé, qu’elle ne se manifeste pas seulement en ligne ou en personne. Encore une fois, la frontière entre les deux est assez poreuse. On publie quelque chose, et on pourrait ensuite l’imprimer; ou encore, on dit quelque chose dans la vraie vie, et on réitère ce qu’on a vu sur les médias sociaux.

Ainsi, si vous déposez une plainte, vous devriez être en mesure de régler le problème devant les instances compétentes, de toute façon. At this point, there’s a real vacuum in the law. There’s no law that explicitly covers online hate. And I’m talking about outside the criminal context. I’m talking in the human rights context. I think that’s a key piece that the federal government needs to both occupy the space but also occupy it in a way that means that the provinces can step into it as well, so that there are no obstacles for complainants trying to bring a human rights complaint on that basis. Thank you.

À l’heure actuelle, il existe un véritable vide juridique. Il n’y a pas de loi qui couvre explicitement la haine en ligne. Et je ne parle pas du contexte pénal, mais bien du contexte des droits de la personne. Je pense qu’il s’agit d’un domaine clé que le gouvernement fédéral doit régir, tout en permettant aux provinces d’intervenir également, afin qu’il n’y ait pas d’obstacles pour les plaignants qui tentent de déposer une plainte pour atteinte aux droits de la personne. Je vous remercie. Ms. Singh: Thank you so much for that question. Mme Singh : Merci beaucoup d’avoir posé cette question.

It is an issue that is not just restricted to the provinces or just federally. It is, like, collaborative efforts, and it is a non-partisan issue. It doesn’t matter which government comes to power. It is an issue that we need to talk about. Canada is a beautiful country or British Columbia is a beautiful province, it should be for everybody. There’s no place for discrimination. But we know what the reality is. We know what people are facing on an everyday basis. Il s’agit d’un problème qui ne se limite pas seulement aux provinces ou au gouvernement fédéral.

Il faut des efforts menés en collaboration, au-delà des intérêts partisans, peu importe le gouvernement qui arrive au pouvoir. C’est un sujet dont nous devons discuter. Le Canada est un pays magnifique, et la Colombie-Britannique est une province magnifique; ce devrait être le cas pour tout le monde. Il n’y a pas de place pour la discrimination. Or, nous savons que la réalité est bien différente. Nous savons ce que vivent les gens au quotidien. I think the federal government has brought some important initiatives. Collaborating with the provinces.

I would really like to collaborate with my federal partners, and what we can do Je pense que le gouvernement fédéral a pris d’importantes initiatives, en collaboration avec les provinces. J’aimerais vraiment collaborer avec mes partenaires fédéraux et déterminer 7-9-2022 Droits de la personne 15:13

better here in British Columbia. But as a federal government, I think it is important to have legislation. Very few provinces have legislation related to anti-racism. I know Ontario has one. Nova Scotia just brought in their anti-racism act. We are in the process of bringing our anti-racism act next year. But for the provinces that don’t have it, there should be some legislation that should work for those provinces or give them assistance and work collaboratively, I think, is extremely important. As you said, it affects all of us. ce que nous pouvons améliorer en Colombie-Britannique.

Cependant, à mon avis, il est important que le gouvernement fédéral se dote d’une loi. Très peu de provinces ont des lois relatives à la lutte contre le racisme. Je sais que l’Ontario en a une. La Nouvelle-Écosse vient d’en adopter une aussi. Pour notre part, nous nous apprêtons à présenter une telle loi l’année prochaine. Toutefois, dans le cas des provinces qui en sont dépourvues, il devrait y avoir une loi qui les sert bien ou qui les appuie et leur permet de travailler en collaboration. Je crois que c’est extrêmement important. Comme vous l’avez dit, cela nous concerne tous. Senator Busson: Thank you.

La sénatrice Busson : Je vous remercie. The Chair: Senator Arnot, did you have any questions? La présidente : Sénateur Arnot, aviez-vous des questions à poser? Senator Arnot: Yes. Thank you. Le sénateur Arnot : Oui. Je vous remercie. Well, this has been very informative. I really appreciate this. I’m going to ask Commissioner Govender a question about hate speech, and I agree with you 100% that speech has always been regulated, whether it’s fraud, slander, or liable. Cette discussion est fort instructive. J’en suis vraiment content.

Je vais poser une question à la commissaire Govender sur les discours haineux, et je suis tout à fait d’accord avec vous pour dire que les discours ont toujours été réglementés, qu’il s’agisse de fraude, de calomnie ou de propos diffamatoires. We have to ask a question. Why do people use hate speech? What’s the purpose? What’s the motivation? And, generally speaking, I think it’s very clear that the motivation is to stifle any debate, to marginalize people, to make sure they do not participate in the debate.

I’m very interested to know what the recommendations will be when they come out concerning that because words have the power to maim, shame, and blame. They are powerful. When people use words, they must be accountable for their words. This is a way to, I think, gather support for balance and, of course, people want to be able to speak as freely as possible, but you really have to examine the purpose of the words and why they’re being used. It’s antithetical to our free and democratic society, for the most part, when hate speech is used as a weapon to stifle debate. Nous devons nous poser une question.

Pourquoi les gens ont- ils recours aux discours haineux? Quel en est le but? Quelle en est la motivation? De façon générale, je pense qu’il est très clair que la motivation est d’étouffer tout débat, de marginaliser des gens, de les empêcher de participer au débat. Je suis très curieux de savoir quelles seront les recommandations à ce sujet une fois qu’elles seront formulées, car les mots ont le pouvoir de blesser, de faire honte et de blâmer. Les mots sont puissants. Lorsque les gens utilisent des mots, ils doivent en assumer la responsabilité.

C’est, selon moi, une façon d’établir un équilibre et, bien sûr, les gens veulent pouvoir s’exprimer aussi librement que possible, mais il faut vraiment examiner l’intention et le motif qui se cachent derrière les mots. Utiliser des propos haineux comme arme pour étouffer le débat est, en grande partie, contraire aux valeurs de notre société libre et démocratique. Generally speaking, to both witnesses, I would want to bring to your attention a set of resources that was developed by the Concentus Citizenship Education Foundation. These resources were developed in Saskatchewan.

They were customized for the Saskatchewan curriculum. They have now been customized for the Ontario curriculum. You don’t necessarily, in my opinion, have to change the curriculum. The curriculum is really broad- based throughout Canada. Most provinces and territories are very similar, actually. But it’s the resources inside that curriculum that’s really important. De façon générale, j’aimerais attirer l’attention des deux témoins sur un ensemble de ressources élaborées par la Fondation d’éducation à la citoyenneté Concentus. Ces ressources ont été mises au point en Saskatchewan.

Elles ont été adaptées au programme scolaire de la Saskatchewan et, maintenant, à celui de l’Ontario. À mon sens, il n’est pas nécessaire de modifier les programmes scolaires, en raison de leur vaste portée dans l’ensemble du Canada. À vrai dire, la plupart des provinces et des territoires offrent des programmes très similaires, mais ce sont les ressources contenues dans ces programmes qui sont vraiment importantes. These resources were developed in Saskatchewan to answer this question: What does it mean to be a Canadian citizen? What are the rights of citizenship?

But more importantly what are the responsibilities that come with those rights, and how do you On a créé ces ressources en Saskatchewan pour répondre à la question suivante : que signifie être un citoyen canadien? Quels sont les droits inhérents à la citoyenneté? Mais plus important encore, quelles sont les responsabilités qui accompagnent ces 15:14 Human Rights 7-9-2022

build and maintain respect for every citizen without exception? Why? Because every Canadian citizen deserves equal moral consideration. We’re all equal, and we need to be treated that way on a practical basis. And that is not happening. Those resources are all about rights, responsibility, and respect. droits, et comment instaurer et maintenir le respect pour tous les citoyens, sans exception? Pourquoi? Parce que chaque citoyen canadien mérite une considération morale égale. Nous sommes tous égaux, et nous devons être traités comme tels dans la pratique. Pourtant, ce n’est pas ce qui se passe.

Ces ressources portent justement sur les droits, la responsabilité et le respect. That’s the foundation that needs to be intact, and I think we need to recognize the power of education and the fact that teachers are change agents. They have the ability to shape the future society, to give students the tools they need to create the society in which they wish to live. These resources are not about what to think, they’re more about how to think. Critical thinking skills. That’s what’s being encouraged. So these are available.

Voilà les piliers qu’il faut laisser intacts, et je pense que nous devons reconnaître le pouvoir de l’éducation et le fait que les enseignants sont des agents du changement. Ils ont la capacité de façonner la société de demain, de donner aux élèves les outils dont ils ont besoin pour créer la société dans laquelle ils souhaitent vivre. Ces ressources ne visent pas à leur apprendre quoi penser, mais plutôt comment penser. Il s’agit de compétences liées à la pensée critique. C’est ce qui est encouragé. Bref, sachez que ces ressources sont disponibles.

They also speak to five essential competencies of Canadian citizenship, and I call those the five Es. They’re about all students graduating from Grades 12 should be able to be enlightened, ethical, engaged, empowered, and most importantly empathetic to be able to understand the position of others and to be able to see how that can play out as they develop the kind of society in which they wish to live. On y aborde également les cinq compétences essentielles de la citoyenneté canadienne, ce que j’appelle les « cinq E ».

L’objectif est de faire en sorte que tous les élèves qui terminent leur 12e année puissent être éclairés, éthiques, engagés, efficaces et, surtout, empathiques afin de pouvoir comprendre le point de vue des autres et de voir comment cela peut aider à bâtir le genre de société à laquelle ils aspirent. With that background, I’d say that we really need to change the paradigm in the classroom, the ethos in the classroom, the ethos in the schools if you want to see a change in the ethos in the community. That’s where a lot of our energy should be placed.

I commend those resources to you as Commissioner Govender at the human rights commission. I wanted to bring these to your attention and specifically to you, Ms. Singh, as an MLA and a good friend of the minister of education. I used to be quite involved in Concentus. I’m not anymore, but that organization would be quite willing to come to British Columbia and to show you what’s been done there and to see if they could be incorporated in the British Columbia situation.

Dans ce contexte, je dirais que nous devons vraiment changer le paradigme en matière d’enseignement, c’est-à-dire la mentalité dans les salles de classe et dans les écoles, si nous tenons à voir un changement de mentalité au sein de la collectivité. C’est à cela qu’il faut consacrer une bonne

partie de notre énergie. Je vous invite à consulter ces ressources, commissaire Govender, dans le cadre de vos fonctions à la commission des droits de la personne. Je voulais les porter à votre attention, surtout en ce qui vous concerne, madame Singh, puisque vous êtes une députée provinciale et une bonne amie de la ministre de l’Éducation. J’ai déjà participé de très près aux activités de Concentus.

Je n’y participe plus, mais les représentants de cet organisme seraient tout à fait disposés à venir en Colombie-Britannique pour vous présenter le travail qui a été accompli dans leur région et pour voir s’il serait possible de l’adapter à la situation de la Colombie-Britannique. They’re designed to be transferrable to other jurisdictions because it’s all about what it means to be a Canadian. And it’s this idea that we live in a multicultural, multitheist Canada. It’s very pluralistic.

We are the most successful experiment in pluralism the world has ever seen, but there’s a fragility attached to it directly related to the knowledge, understanding, and commitment all Canadians have for our pluralistic society. Ces ressources sont conçues pour être transférables à d’autres provinces et territoires parce qu’elles portent sur ce que cela signifie que d’être canadien. C’est l’idée que nous vivons dans un Canada multiculturel et multiconfessionnel. Il s’agit d’un pays très pluraliste.

Nous représentons le modèle de pluralisme le plus réussi que le monde ait jamais connu, mais il y a une fragilité inhérente qui est directement liée aux connaissances, à la compréhension et à l’engagement de tous les Canadiens à l’égard de notre société pluraliste. And, unfortunately, there are Ipsos polls that show that that commitment isn’t as strong as it should be.

I think some of the things that we see are a demonstration of a failure by educators, education systems in Canada, to reinforce the pluralism that we Malheureusement, selon certains sondages menés par Ipsos, cet engagement n’est pas aussi fort qu’il devrait l’être. À mon avis, certaines des situations que nous observons témoignent de l’incapacité des éducateurs et des systèmes d’éducation au 7-9-2022 Droits de la personne 15:15

embrace. I mean, it makes Canada different than any other country in the world, but we fail to invest in it the way we should. Canada à renforcer le pluralisme auquel nous adhérons. C’est certes un élément qui différencie le Canada de tous les autres pays du monde, mais nous ne parvenons pas à y investir comme nous le devrions.

I commend these resources to you, and I invite any comment you have because I believe that education ultimately is the place where you’re going to get the most bang for your buck, you’re going to see the best chance to effect real change in the community because young people understand fairness very, very well. It’s really about respect for every citizen without exception. That needs to be taught explicitly, intentionally, purposively, and sequentially, and that’s why a K to 12 curriculum can do that.

Je vous recommande ces ressources et je vous invite à nous faire part de vos observations, car je crois que l’éducation est, tout compte fait, le domaine où vous en obtiendrez le plus pour votre argent et où vous aurez les meilleures chances d’apporter de véritables changements dans la collectivité, car les jeunes comprennent très bien l’équité. Il s’agit vraiment de cultiver le respect envers tous les citoyens, sans exception.

Ce principe doit être enseigné de manière explicite, intentionnelle, ciblée et séquentielle, et c’est pourquoi un programme scolaire de la maternelle à la 12 e année peut s’avérer efficace à cet égard. So, I’d invite you to answer my question. Je vous invite donc à répondre à ma question. Ms. Singh: I hope this is working. Okay. Thank you so much, senator. I completely agree with you that education is the key whenever we are talking about any kind of anti-racism resources. Education comes as a forefront pillar where we should be addressing it. Mme Singh : J’espère que cela fonctionne. D’accord.

Merci beaucoup, sénateur. Je suis tout à fait d’accord avec vous pour dire que l’éducation est la clé lorsque nous parlons de toute forme de ressources contre le racisme. L’éducation est le premier pilier que nous devrions envisager. The Chair: Microphone. La présidente : Votre microphone. Ms. Singh: It went off. It’s a little different in the legislature. It just goes on. Mme Singh : Il s’est éteint. C’est un peu différent à l’Assemblée législative. Le problème persiste. So sorry about that. J’en suis désolée. When I talked about the anti-racism roundtables, that’s what we were trying to find out.

There are some jurisdictions. There are some educators who are on top of these issues, who are using these skills, these kinds of resources trying to guide their students, but we really want to enhance that, and that’s what came up in the roundtables, especially with the professional development courses that are being developed by the school districts. We are encouraging and that’s what the ministry of education is encouraging teachers to take up these courses so that they are able to provide these resources to the students.

C’est justement ce que nous cherchions à établir dans le cadre des tables rondes sur la lutte contre le racisme, dont j’ai parlé. De tels efforts sont déjà déployés dans certaines administrations. Il y a des éducateurs qui se tiennent au fait de ces questions, qui utilisent ces compétences, ces types de ressources pour essayer de guider leurs élèves, mais nous voulons vraiment améliorer le tout, et c’est le message qui est ressorti des tables rondes, en particulier grâce aux cours de perfectionnement professionnel qui sont élaborés par les districts scolaires.

À l’instar du ministère de l’Éducation, nous encourageons les enseignants à suivre ces cours afin d’être en mesure de fournir ces ressources aux élèves. We recently announced — which we are very happy about, and I’m sure Commissioner Govender as well — is having the grad requirement. We just had the Indigenous studies as part of our grad requirement. So starting the school sessions the school students passing out next year, they need to have the grad requirement. They need to take the course about our Indigenous people and on whose land we are settled.

It’s very important for our kids to learn about their history and to see, like, the trauma, all that they have gone through. It is very important for those kids to know. Nous avons récemment annoncé — et nous en sommes très heureux, tout comme la commissaire Govender, j’en suis sûre — une nouvelle exigence pour l’obtention du diplôme. En effet, nous venons d’ajouter les études autochtones à nos exigences pour l’obtention du diplôme. Ainsi, à partir de l’année scolaire prochaine, les élèves devront satisfaire à cette exigence.

Ils doivent suivre un cours sur les peuples autochtones et les terres sur lesquelles nous nous trouvons. Il est très important que nos enfants apprennent l’histoire des Autochtones et soient au courant des traumatismes que ceux-ci ont vécus et de tout ce qu’ils ont subi. Il faut absolument leur inculquer ces connaissances. 15:16 Human Rights 7-9-2022

At the same time, it’s very important for them to know what the other communities are going through, what the history is, whether it is the Komagata Maru or the Chinese head tax or the Japanese internment, all of those colonial, historical episodes, I think our kids should be very aware of, and that empathy that you have brought in — it is the key to being a good citizen, a good Canadian citizen, good British Columbian, and just to be a good human being.

Par ailleurs, il est très important de leur faire connaître le vécu et l’histoire des autres communautés, qu’il s’agisse du Komagata Maru, de la taxe d’entrée imposée aux Chinois ou de l’internement des Japonais — bref, tous ces épisodes de l’histoire coloniale. Je pense que nos enfants devraient en être très conscients, et cette empathie que vous avez évoquée est essentielle pour devenir un bon citoyen du Canada et de la Colombie-Britannique et, en somme, un bon être humain.

Senator Arnot: I just want to say that in Saskatchewan I know the Saskatchewan Human Rights Commission did an outreach to high school students in Saskatchewan on the issue of racism, and there was a very clear and concise theme in the answers, and that was no more apologies. We don’t want apologies. We want action. So I want action. I am sure you do as well. But action has to be formulated around good solid resources to get the result that you want in the end.

Le sénateur Arnot : Je tiens seulement à dire que la Commission des droits de la personne de la Saskatchewan a fait un travail de sensibilisation auprès des élèves du secondaire de la province sur la question du racisme, et les réponses ont mis en évidence un thème très clair et concis : finies les excuses. Nous voulons des gestes concrets. Je veux donc qu’on agisse. Je suis sûr que c’est ce que vous voulez, vous aussi. Or, toute mesure doit s’appuyer sur des ressources efficaces et fiables afin qu’on puisse obtenir, au bout du compte, le résultat souhaité. Thank you very much for that advice. Thank you.

En tout cas, je vous remercie beaucoup de vos conseils. Merci. Ms. Govender: Thank you for your comments and questions. I just had a few additional pieces. Our legislative mandate includes an education component, but it puts it separate from the K to 12 components that you’ve just been hearing about. We have been developing a number of resources more generally on human rights, more specifically on racism and then some particularly in relation to hate.

We’ve put out a question-and- answer document around the different legal remedies for hate, because we’ve noticed that there are often misunderstandings about the criminal law

definitions of hate and versus the human rights

definitions. That can have quite significant impacts on the way people talk and understand, even the media how they talk about hate and hate crime becomes this very high-level conversation. So we’ve produced some of those materials, but I appreciate you’re sharing the other ones. Mme Govender : Je vous remercie de vos observations et de vos questions. Je voudrais simplement ajouter quelques points supplémentaires. Notre mandat législatif comprend un volet éducatif, mais c’est distinct des volets de la maternelle à la 12e année, dont on vient de parler.

Nous avons élaboré un certain nombre de ressources sur les droits de la personne en général, ainsi que sur le racisme et les discours haineux en particulier. Nous avons publié un document de questions et réponses sur les différents recours juridiques contre les discours haineux, car nous avons remarqué qu’il y a souvent des malentendus entre les définitions de discours haineux en droit pénal et celles en matière de droits de la personne.

Voilà qui peut influer grandement sur la façon dont les gens comprennent ces notions et en parlent, et même sur la couverture médiatique des discours et des crimes haineux, ce qui donne lieu à des discussions très générales. Nous avons donc produit certains de ces documents, mais je vous remercie de nous avoir fait part des autres ressources. I did want to mention, if I could, it reminded me of an earlier question around the jurisdictional issues. That there’s the data legislation that we’ve talked about that is more talk than action at this point. But as we’ve said, it’s necessary, I think, to build the action.

One of the pieces that I think is really important to coordinate that I’d love to see the federal government working with provinces to develop is that kind of data legislation. That we now have multiple provinces that have developed it. I would go so far as to say that B.C. probably goes the furthest in what it mandates and what it requires, particularly that community embedded approach so that the data is guided in a way that works for the community. That’s an area that I would really love to see the federal government step into and cover off, as well.

Je voulais mentionner un point, si vous le permettez, car cela rejoint une question posée tout à l’heure sur les champs de compétence. Il y a la

loi sur les données, dont nous avons parlé, mais à l’heure actuelle, cette mesure législative génère plus de paroles que de gestes concrets. Toutefois, comme nous l’avons dit, il est nécessaire de poser des gestes concrets. À mon avis, il est vraiment important de coordonner ce genre de

loi sur les données, et j’aimerais beaucoup que le gouvernement fédéral l’élabore en collaboration avec les provinces. De nombreuses provinces l’ont déjà fait. J’irais même jusqu’à dire que la Colombie-Britannique est probablement la province qui va le plus loin dans ce qu’elle prescrit et ce qu’elle exige, en particulier compte tenu de son approche axée sur la communauté, de sorte que les données soient encadrées d’une manière qui fonctionne à l’échelle communautaire. J’aimerais vraiment que le gouvernement fédéral intervienne également dans ce domaine. 7-9-2022 Droits de la personne 15:17

I’ll circle back, then, to your first comment, about which I couldn’t agree more. That hate speech is often aimed at stifling the speech of marginalized people. That reminds me of a question, as well, from Senator Jaffer around the same issue, which I think is that substantive equality understanding. If we understand how these issues affect everybody and we have a constitutional obligation to protect substantive equality, which in my view as a former constitutional lawyer, is a proactive requirement. It’s not simply to prevent inequality from arising but to actively promote substantive equality.

I think that’s where we can sort of frame the conversation. Freedom of speech is a constitutionally protected right with limits, and substantive equality is a constitutionally protected right. Je reviens donc à votre première observation, à laquelle je souscris entièrement. Les discours haineux visent souvent à étouffer la parole des personnes marginalisées. Cela me rappelle également une question posée par la sénatrice Jaffer sur le même sujet, à savoir la nécessité de comprendre le principe d’égalité réelle.

Si nous comprenons comment ces enjeux touchent tout le monde et que nous avons l’obligation constitutionnelle de protéger l’égalité réelle, j’estime, en ma qualité d’ancienne avocate de droit constitutionnel, que c’est là une exigence proactive. Il ne s’agit pas simplement d’empêcher l’inégalité de se produire, mais de promouvoir activement l’égalité réelle. Je pense que c’est là que nous pouvons en quelque sorte encadrer la discussion. La liberté d’expression est un droit protégé par la Constitution, avec des limites, et l’égalité réelle l’est aussi.

In my view as human rights commissioner, I see all of our rights through that lens. I see substantive equality really at the heart of what we mean by human dignity and human right, and we work out from there. Thank you. En tant que commissaire aux droits de la personne, j’examine tous nos droits sous cet angle. J’estime que le principe d’égalité réelle est au cœur même de ce que nous entendons par « dignité humaine » et « droit de la personne », et nous nous en servons comme point de départ. Merci. Senator Arnot: I have a follow-up question.

In your mandate to do public education — and we’ve heard a little bit about this previously — how do you approach educating the existing adult cohort, and what do you feel are the best mechanisms, the best media, the best tools, to be able to reach that group? I’m just wondering what your thoughts are, best advice as to an approach, a recommendation that this committee could make to addressing a solid robust education to the existing adult cohort. Le sénateur Arnot : J’ai une question complémentaire.

Dans le cadre de votre mandat de sensibilisation auprès de la population — et nous en avons déjà entendu parler un peu —, comment vous y prenez-vous pour sensibiliser la cohorte des adultes, et quels sont, selon vous, les meilleurs mécanismes, les meilleurs médias, les meilleurs outils, pour pouvoir atteindre ce groupe? Je me demande simplement ce que vous en pensez. Quels sont vos meilleurs conseils quant à une approche ou une recommandation que notre comité pourrait élaborer pour assurer une solide campagne de sensibilisation auprès des adultes? Ms.

Govender: Let me just hold on to the thought around recommendations that the committee might make. Mme Govender : Permettez-moi de vous revenir au sujet des recommandations que pourrait faire le comité. In terms of our approach to adult education. We have a team of educators that work in our office, but it stretches far beyond that. We have developed some specific education materials, but that requires a level of buy-in already. You’re coming to a website, or you’re coming online, or signing up for a workshop. So you already have some level of interest.

We’re trying to run a yearly campaign — a public interest or public awareness campaign. We’ve done one, and we’re just about to launch the second one. The first one was on anti-racism. En ce qui a trait à notre approche en matière d’éducation des adultes, nous avons une équipe d’enseignants qui travaillent à notre bureau, mais nous allons encore plus loin. Nous avons préparé du matériel pédagogique spécifique, mais pour cela, il faut déjà avoir un certain niveau d’adhésion. Il faut visiter un site Web ou s’inscrire à un atelier. Il y a déjà un certain intérêt.

Nous tentons de tenir une campagne annuelle... une campagne d’intérêt public ou de sensibilisation de la population. Nous en avons fait une et nous lancerons la deuxième sous peu. La première visait la lutte contre le racisme. We posed a two-part question. It was a public awareness campaign that was on billboards, bus shelters and the sides of buses. The first piece was “am I racist?” It was a large question in bold letters.

There was a follow-up piece that came a couple of weeks later which was — I can’t remember the exact wording — “if I don’t recognize the value of learning about our Nous avons posé une question en deux parties. Notre campagne était affichée sur les panneaux, les abribus et les autobus. La première question était : « Est-ce que je suis raciste? » C’était écrit en grands caractères gras. Quelques semaines plus tard, on posait une deuxième question — je ne me souviens pas des mots exacts utilisés — du genre : « Si je ne 15:18 Human Rights 7-9-2022

history of racism, am I racist? If I say I don’t see colour, am I racist?” It was questioning some of our basic assumptions that are often out there in the public. That’s one way we’ve tried to engage people that aren’t already engaged by putting it right in people’s faces. reconnais pas l’importance d’en apprendre plus au sujet de l’histoire du racisme, est-ce que je suis raciste? Si je dis que je ne vois pas les couleurs, est-ce que je suis raciste? » On remettait en question quelques présomptions présentes au sein de la population.

C’était une façon de sensibiliser les gens qui ne le sont pas déjà, en présentant un message très direct. We have a robust communications team. We do quite a bit of media and public work which was a strategic decision for the education mandate that we do. We’ve had good success on that. We’ve had thousands of media hits over the last three years, which has been great to see and the level of engagement. And then yearly polls to start to measure if any of that’s making progress over time.

Which, honestly, we’ve only been around for three years, so we’re not quite in the measurement — we’re not quite able to see the level of change, but really trying to keep an eye on that to see what is effective, are these the right strategies. Nous avons une imposante équipe de communications. Nous faisons un travail dans les médias et auprès de la population; il s’agit d’une décision stratégique en vue de réaliser notre mandat en matière d’éducation. Nous avons obtenu de bons résultats. Nous avons eu des milliers de mentions dans les médias au cours des trois dernières années.

Nous sommes heureux de voir le niveau d’engagement de la population. Nous réalisons aussi des sondages annuels pour mesurer les progrès au fil du temps. Nous sommes en activité depuis seulement trois ans; nous n’en sommes donc pas encore à l’étape de suivre les progrès. Nous n’avons pas encore pu constater l’ampleur des changements, mais nous tentons d’effectuer un suivi pour voir ce qui est efficace et évaluer les stratégies. Senator Arnot: That was a question I was going to ask. It’s the measurement of these kinds of approaches.

We would be informed if we knew that that was a successful program, and the mechanisms in the media were viable to change attitudes. Le sénateur Arnot : J’allais vous poser une question au sujet de la mesure de ces approches. Il serait bien de savoir si le programme est une réussite et si le recours aux médias est efficace pour changer les mentalités. The Chair: If I can ask the witnesses to be really quick with the answers, I have another senator who wants to ask questions. La présidente : Je demanderais à la témoin de répondre très rapidement; un autre sénateur souhaite poser des questions. Ms.

Govender: The evaluation is ongoing, and we are really trying to measure it over time. We’re doing a project called the baseline project. Mme Govender : L’évaluation est en cours et nous allons tenter de mesurer les effets au fil du temps. Nous réalisons un projet à cet égard. We’re doing a project looking at the baseline of human rights across the province so that we can do that kind of measurement over time, and we have annual polls and various other evaluation mechanisms built in.

Le projet examine le fondement des normes en matière des droits de la personne dans l’ensemble de la province afin de les mesurer au fil du temps. Nous réalisons des sondages annuels et avons aussi d’autres mécanismes d’évaluation. Senator Arnot: Thank you. Le sénateur Arnot : Merci. The Chair: Thank you. I just have one quick question. La présidente : Merci. J’aimerais vous poser une question, rapidement. Yesterday we visited a mosque, and I was surprised to hear that in B.C. the rates of Islamophobic incidents are the highest in the country. Can you speak to me a bit about that?

We were so impressed with the testimony we heard from the women. We are aware that when we talk about Islamophobia that our women are in the forefront because those who wear a hijab are more visible. We have seen incidents in Edmonton and Quebec, everywhere. Gendered Islamophobia, is that something that you have looked at? I’d also like for you to respond to the incidents of Islamophobia having risen so much in B.C. What’s behind that?

Hier, nous avons visité une mosquée et nous avons appris que le taux d’incidents à caractère islamophobe de la Colombie- Britannique était le plus élevé au pays, ce qui m’a surprise. Pouvez-vous nous en parler? Nous avons été très impressionnés par les témoignages des femmes que nous avons entendues. Nous savons que lorsqu’il est question d’islamophobie, les femmes sont au premier plan parce qu’elles portent le hijab et sont plus visibles. Il y a eu des incidents à Edmonton et à Québec, partout. Avez-vous étudié la question de l’islamophobie fondée sur le sexe?

J’aimerais aussi vous entendre au sujet de l’augmentation du nombre d’incidents à caractère islamophobe en Colombie- Britannique. Qu’est-ce qui explique une telle augmentation? 7-9-2022 Droits de la personne 15:19

Ms. Singh: It’s very difficult to say, senator, what has caused that. It’s very difficult and it is very saddening when we see those kinds of reports coming out from British Columbia. The rise in hate, in any kind of hate. During COVID we had a really high number of anti-Asian hate, as well. We know that whenever there is any kind of disaster or any kind of situation going on the targets are always the most vulnerable, most marginalized communities. Mme Singh : Il est très difficile de déterminer la cause de cela, madame la sénatrice.

C’est très difficile et c’est très triste de voir ces statistiques sur la Colombie-Britannique, de voir la montée de la violence, sous toutes ses formes. Pendant la pandémie de COVID, la haine envers les personnes asiatiques était très importante également. Nous savons que lorsqu’il y a une catastrophe ou une situation particulière, les communautés les plus vulnérables et les plus marginalisées deviennent toujours la cible. That’s why we put so much focus on the intersectionality when we developed our anti-racism data legislation.

C’est pourquoi nous nous sommes centrés sur l’intersectionnalité lorsque nous avons élaboré notre

loi sur les données relatives à la lutte contre le racisme. I really want to thank Commissioner Govender’s input and guidance for that legislation. That we focused on gendered Islamophobia and the reason we talk about the hijab woman facing discrimination, facing the hate more than the Muslim community as a whole, it is very important to look at the intersectional factors. Je tiens à remercier la commissaire Govender pour ses commentaires et ses conseils.

Dans le cadre de notre étude sur l’islamophobie axée sur le sexe et sur la discrimination des femmes qui portent le hijab — qui sont les plus ciblées par la haine, plus que la communauté musulmane de façon générale —, il est très important de tenir compte des facteurs intersectoriels. Like, I think because it’s out in the open, those women are out in the open. Looking at me, people cannot find out whether I’m a Muslim or what faith I come from. But, with those, it is, like, visible markers. Je crois que c’est parce que ces femmes se montrent au grand jour.

En me regardant, vous ne pouvez pas savoir si je suis musulmane, quelle est ma religion. Mais les femmes qui portent le hijab ont un signe visible. And one thing that we are very proud of. When we were doing our consultations for anti-racism data legislation, it was out in the communities. We involved a lot of communities, a lot of Muslim communities, and especially women’s groups. They were our partners during those consultations and the survey that we developed for our anti-racism data legislation.

For the first time in the history of British Columbia, we had a survey that talked about the faith markers — like wearing a hijab or a turban — as the form of discrimination. We have never used those kinds of markers before to collect the data. This is the first time we have done that. J’aimerais vous parler de l’une de nos fiertés. Lorsque nous avons tenu nos consultations au sujet de la

Loi sur les données relatives à la lutte contre le racisme, nous avons pris en compte de nombreuses communautés, plusieurs communautés musulmanes, et surtout des groupes de femmes. Elles étaient nos partenaires dans le cadre de ces consultations et de l’élaboration de notre enquête au sujet de la loi. Pour la première fois de l’histoire de la Colombie-Britannique, nous avons réalisé une enquête sur les signes visibles de la religion — comme le hijab ou le turban — à

titre de forme de discrimination. Nous n’avions jamais utilisé ces signes pour la collecte de données auparavant. C’est la première fois que nous l’avons fait. But to find out the root cause of why it is happening, it is really difficult for me to say. Maybe the commissioner has better insight into that? Il est toutefois difficile de déterminer la cause profonde de cette forme de discrimination. La commissaire a peut-être une meilleure idée que moi à ce sujet? Ms. Govender: I wish I had a better answer on that.

I think one piece of context that may be helpful is that many human rights issues in B.C. are among the worst in the country. We also have some very good numbers on our side; but, you know we also have the poorest postal code in the country. We have the highest numbers of missing and murdered Indigenous women in the country here in B.C. So there are a number of human rights that are the most significant. We also have some of the strongest advocacy around human rights alongside Ontario.

In the sense — and I don’t mean the human rights commission in that sense — I Mme Govender : J’aimerais avoir une meilleure réponse à vous offrir. Je crois qu’il est utile de savoir que les problèmes en matière de droits de la personne que l’on connaît en Colombie- Britannique sont parmi les pires aux pays. Nous avons aussi des chiffres plus réjouissants, mais vous savez que nous avons le code postal le plus pauvre du pays. Nous affichons les plus hauts taux de femmes disparues et assassinées au pays également. Les problèmes en matière de droits de la personne sont imposants.

Nous avons aussi les plus ardents défenseurs des droits de la personne au pays, avec l’Ontario. Je ne parle pas ici des cas 15:20 Human Rights 7-9-2022

mean the cases that are litigated in the justice system around human rights. Disproportionally, many human rights cases come from B.C. So it’s both sides of the coin in case that’s helpful context. portés devant la Commission des droits de la personne, mais bien de ceux qui font l’objet d’un litige dans le système judiciaire. Un nombre disproportionné de cas proviennent de la Colombie- Britannique. Nous avons donc les deux côtés de la médaille. J’espère que cela vous est utile. I did want to speak to the intersectional point you raised, which I think is so important.

I didn’t include the actual statistics; so I can’t pull them out directly for you. But in preparing for speaking today, I was looking at an

article around the emerging numbers of the rise in violence and hate against Black Muslim women in particular in Canada. So intersectionality doesn’t end with faith and gender; it goes beyond, as well. We know that marginalization and violence are not completely additive with every identity factor you have, but there is a cumulative aspect of intersectional violence. So it’s not surprising both for the reasons that we said, the faith markers are more obvious but also women get harassed and experience more discrimination based on gender.

Je voulais aussi vous parler de l’intersectionnalité que vous avez évoquée, et qui est très importante à mon avis. Je n’ai pas de statistiques à vous montrer, mais lorsque je me préparais à témoigner devant vous aujourd’hui, j’ai lu un

article au sujet de la montée de la violence contre les femmes musulmanes noires en particulier au Canada. Ainsi, l’intersectionnalité ne se limite pas à la foi et au sexe; elle va au-delà de cela. Nous savons que la marginalisation et la violence ne sont pas seulement une addition de chaque facteur d’identité, mais la violence intersectionnelle est associée à un certain élément cumulatif. Il n’est donc pas surprenant que les signes de religions soient les plus évidents, mais les femmes sont victimes de harcèlement et de discrimination en fonction de leur genre.

I would strongly encourage you in your recommendations, and I hear from your questions that this is very much in your mind, but when you collect data do it in a way that doesn’t prioritize anti-racism initiatives over other forms of discrimination and that allows for intersectional data to be produced and that you collect, store and use it in a way that allows it to be cross tabulated. So you can ask those questions, but if you don’t create a system that does not allow you to see the intersections, then you can’t use it.

You can say that you’ve collected information on disability, and we collected information on gender and race. But if you don’t think proactively from the outset of developing desegregated demographic data processes from an intersectional lens, I think we risk reinforcing a male or a white norm of able-bodied form of discrimination, which can be really problematic.

Je vous encouragerais fortement, dans le cadre de vos recommandations — et je comprends d’après vos questions que vous y songez — à recueillir les données de manière à ne pas accorder la priorité aux initiatives de lutte contre le racisme plutôt qu’à celles qui luttent contre d’autres formes de discrimination, à pouvoir produire des données intersectionnelles et à pouvoir les utiliser de façon croisée. On peut poser ces questions, mais si l’on ne crée pas un système qui permet de voir ces intersections, alors on ne peut pas l’utiliser.

On peut dire que l’on recueille des renseignements sur les incapacités, sur le sexe et sur la race, mais si l’on ne pense pas de manière proactive dès le début du processus à recueillir des données démographiques désagrégées d’un point de vue intersectionnel, alors on risque de renforcer une forme de discrimination associée aux hommes ou aux personnes blanches en bonne santé physique, ce qui peut être très problématique. The Chair: Thank you. La présidente : Merci. Senator Jaffer, I turn to you. Just to be mindful of time. We have four minutes left. So your question and your answer. Thank you.

Sénatrice Jaffer, je vous cède la parole. Il nous reste quatre minutes. Je vous prie d’en tenir compte. Vous pouvez poser une question, et nous entendrons la réponse. Merci. Senator Jaffer: My question will be short, but you may have to think about it. So you can do that and later on send something to the committee clerk. La sénatrice Jaffer : Ma question sera brève, mais il vous faudra peut-être y réfléchir. Vous pouvez le faire et transmettre votre réponse au greffier du comité.

Yesterday we were told about gendered Islamophobia, and so I’m wondering if either of you deal with gendered Islamophobia or just Islamophobia with your work. The reason I ask that — well, I don’t need to tell you that. You know that it’s different. So have you given any thought to that? Please start with the commissioner. Hier, nous avons entendu parler de l’islamophobie axée sur le sexe et je me demande si vous en êtes la cible — ou si vous êtes victimes d’islamophobie de manière générale — dans le cadre de votre travail. La raison pour laquelle je vous pose la question... Je n’ai pas besoin de vous le dire.

Vous savez que ce n’est pas la même chose. Avez-vous des commentaires à faire à ce sujet? Madame la commissaire, pour commencer? 7-9-2022 Droits de la personne 15:21

Ms. Govender: Absolutely, both. In terms of the data legislation, we pushed hard for an intersectional approach; and, in fact, while I think it’s incredibly important to have this focus on anti-racism, if it had been up to me and if you take a look at the grandmother perspective report, in fact, what we recommended was an anti-discrimination data act for the purpose of being truly intersectional. That’s one place where we’ve really focused on this issue. Mme Govender : Oui, tout à fait, les deux.

En ce qui a trait aux mesures législatives sur les données, nous avons défendu l’approche intersectionnelle avec ardeur. Bien que je croie qu’il est très important de se centrer sur la lutte contre le racisme, nous avons recommandé que la

loi sur les données relatives à la lutte contre la discrimination soit pleinement intersectionnelle. C’est là-dessus que nous nous sommes attardés. Where Islamophobia has come into the sharpest focus in our work has been the hate inquiry and we have collected information that allows us to understand the intersectional way people experience discrimination, so as Muslim women in particular, and we received a number of survey responses in our surveys talking about how wearing more obvious markers of religion, for example, resulted in incidents of hate.

L’enquête sur la haine est celle qui se centrait le plus sur l’islamophobie. Nous avons recueilli des renseignements qui nous permettent de comprendre les façons intersectionnelles dont les personnes vivent de la discrimination, surtout les femmes musulmanes. Plusieurs réponses à nos enquêtes établissaient un lien entre les signes évidents de religion et les incidents à caractère haineux. Senator Jaffer: Thank you. La sénatrice Jaffer : Merci. Ms. Singh: I will just echo what the commissioner says. Especially with our anti-racism data legislation.

When we were doing the consultations, even before we started the consultations, the survey was talking about the experiences. It was not “yes or no” questions. We gave them the opportunity to talk about your experiences. And we had a number of responses, especially from the Muslim women talking about their experiences and how they felt the hate. I think it was the first time they had this opportunity, a safe venue to bring their narrative and talk about their experience. Mme Singh : J’abonde dans le même sens que la commissaire. C’est particulièrement le cas pour notre

loi sur les données relatives à la lutte contre le racisme. Même avant le début des consultations, l’enquête visait à en apprendre plus sur les expériences de personnes. Il ne s’agissait pas de questions auxquelles on devait répondre par oui ou non. Nous avons donné aux gens la possibilité de parler de leurs expériences. De nombreuses personnes, surtout les femmes musulmanes, disaient ressentir de la haine à leur égard. Je crois que c’était la première fois qu’elles avaient l’occasion de le verbaliser de façon sûre, de parler de leur expérience.

Also, during the consultation, I’m so glad to have had such strong allies within the Muslim community, especially the women’s organizations. I know Senator Salma Ataullahjan knows quite a few organizations. Pakistani Women’s Society, they and many more, participated in our consultations, and it was great to see so many women, Muslim women, come out and talk about these experiences and also leading these consultations. I think that is very, very important. Je suis très heureuse de savoir que nous avons de grands alliés au sein de la communauté musulmane, surtout les organisations de femmes.

Je sais que la sénatrice Salma Ataullahjan connaît plusieurs de ces organisations.

La société des femmes pakistanaises et de nombreuses autres ont participé à nos consultations et c’était un grand plaisir de voir tant de femmes musulmanes parler de leurs expériences et aussi mener les consultations. Je crois que c’est très important. Governments, we have the moral and ethical responsibility to tackle racism, but we cannot do it without our strong allies. So having such strong allies in the community who are ready to take on this work, who are going to lead this work for us, is extremely important.

Les gouvernements et nous avons la responsabilité morale et éthique de lutter contre le racisme, mais nous ne pouvons pas le faire sans nos grands alliés. Il est donc très important que ces gens dans la communauté réalisent le travail avec nous. Senator Jaffer: Chair, if you allow me just for a second. I want to say something about the commissioner. I’m looking at the commissioner, and the commissioner comes by her work honestly because her mother was a women’s rights person. I worked with her for many years. So I can see that the work goes on even though your mother has retired.

Thank you very much to both of you. La sénatrice Jaffer : Madame la présidente, si vous me le permettez, j’aimerais dire une chose au sujet de la commissaire. Sa mère travaillait pour la défense des droits des femmes. J’ai travaillé avec elle pendant de nombreuses années. Je vois que le travail de sa mère se poursuit, même si elle a pris sa retraite. Je tiens à les remercier toutes les deux. 15:22 Human Rights 7-9-2022

The Chair: Thank you very much. While we’re acknowledging the work Ms. Singh does, and I thank you for the support you have shown the Muslims in B.C. The organization you mentioned, the Pakistani Canadian Women, I had a meeting with them, and they spoke very highly, and they were very grateful for your support and how outspoken you have been; so I thank you for that. We need allies. Muslims need allies. I hear that you have spoken up and received quite a bit of hate because of that; but, you know, I thank you. I thank you both for your strength. And I’m hoping that at some point we will have Dr.

Babra Rana as a witness because that society I’ve been in touch with them for many years and they do incredible work. La présidente : Merci beaucoup. Tandis que nous reconnaissons le travail de Mme Singh, je tiens à vous remercier pour votre soutien envers les musulmans de la Colombie- Britannique. J’ai rencontré les représentantes de l’organisation que vous avez mentionnée, la société des femmes pakistanaises, et elles ont fait votre éloge. Elles vous remerciaient pour votre soutien et votre franc-parler; je vous remercie également. Nous avons besoin d’alliés. Les musulmans ont besoin d’alliés.

J’ai entendu dire que vous aviez été la cible de propos haineux en raison de votre prise de parole. Je vous remercie pour votre force et j’espère que nous pourrons entendre la Dre Babra Rana parce que la société fait un travail incroyable. I want to take this opportunity to thank both of you for your presentations. It will really help with our study as we move forward. If you feel there’s something you missed or would have liked to have said, please feel free to send us a written submission. That can also be part of your testimony. I thank you, and enjoy the rest of your day.

Je profite donc de l’occasion pour vous remercier toutes deux pour vos témoignages. Ils nous aideront à réaliser notre étude. N’hésitez pas à nous transmettre par écrit tout renseignement que vous avez pu oublier ou dont vous souhaiteriez nous faire part. Ces renseignements feront également

partie de votre témoignage. Je vous remercie et je vous dis à la prochaine. Senators, we’ll suspend briefly so we can get ready for the next panel. Mesdames et messieurs les sénateurs, nous allons suspendre la séance brièvement pour préparer le prochain groupe de témoins. Honourable senators, I will take this opportunity to introduce our second panel of witnesses. Each witness has been asked to make an opening statement of five minutes. We shall hear from all witness and then turn to questions from senators.

We will hear first from the Muslim Students’ Association at the University of British Columbia, and then we’ll hear from Professor Karim, Chancellor’s Professor, School of Journalism and Communication, Carleton University. Then we will hear from the Co-founder of the Foundation for a Path Forward, Tariq Tyab. Honorables sénateurs, j’aimerais vous présenter notre prochain groupe de témoins. Nous avons demandé à chacun d’eux de faire une déclaration préliminaire de cinq minutes. Nous allons entendre tous les témoins, puis nous passerons aux questions des sénateurs.

Nous allons d’abord entendre la représentante de l’Association des étudiants musulmans de l’Université de la Colombie-Britannique. Nous entendrons ensuite M. Karim, professeur de la Chancellerie à l’École de journalisme et de commun

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CollectionSenate Committees
CitationRIDR / Evidence / 15ev-55640
Typecommittee
Volume / chapter441 / Evidence / 15ev-55640
Languageen
Formatpdf
SourceCOMM_SEN
Identifier7e225a796f818b5ba282ca00d215e7d67bb173b0

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