Senate Committee — RIDR — Evidence — 09ev-55510
RIDR / Evidence / 09ev-55510
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EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Monday, May 9, 2022 OTTAWA, le lundi 9 mai 2022 The Standing Senate Committee on Human Rights met with videoconference this day at 5:01 p.m. [ET] to examine such issues as may arise from time to time relating to human rights generally. Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se réunit aujourd’hui, à 17 h 1 (HE), avec vidéoconférence, afin d’examiner les questions qui pourraient survenir concernant les droits de la personne en général. Senator Salma Ataullahjan (Chair) in the chair.
La sénatrice Salma Ataullahjan (présidente) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Chair: I am Salma Ataullahjan, a senator from Toronto and chair of this committee. Today we’re conducting a meeting of the Standing Senate Committee on Human Rights, and I would like to introduce the members of the committee who are participating in this meeting. La présidente : Je m’appelle Salma Ataullahjan et je suis une sénatrice de Toronto et la présidente du comité.
Aujourd’hui, nous tenons une réunion du Comité sénatorial permanent des droits de la personne, et j’aimerais présenter les membres du comité qui participent à la réunion. We have Senator Boyer from Ontario; Senator Francis from Prince Edward Island; Senator Gerba from Quebec; Senator Hartling from New Brunswick; Senator Omidvar from Ontario; and Senator Wells from Newfoundland and Labrador.
Nous accueillons la sénatrice Boyer, de l’Ontario; le sénateur Francis, de l’Île-du-Prince-Édouard; la sénatrice Gerba, du Québec; la sénatrice Hartling, du Nouveau-Brunswick; la sénatrice Omidvar, de l’Ontario; et le sénateur Wells, de Terre- Neuve-et-Labrador. Welcome to all of you and those viewing these proceedings on senparlvu.parl.gc.ca. Today we’re continuing our study, which began in 2019, on the forced and coerced sterilization of persons in Canada. The committee tabled an interim report on this topic in June 2021, and this is our third meeting on this topic in this parliamentary session.
Bienvenue à vous tous et à ceux qui regardent nos délibérations sur senparlvu.parl.gc.ca. Aujourd’hui, nous poursuivons notre étude, commencée en 2019, sur la stérilisation forcée et contrainte de personnes au Canada. Le comité a déposé un rapport provisoire sur ce sujet en juin 2021, et il s’agit de notre troisième réunion sur ce sujet au cours de la présente session parlementaire. Our June 2021 report underlined the importance of hearing from survivors about their experiences.
Today, our committee is responding to these recommendations by hearing from women who have agreed to share their stories and their views. Notre rapport de juin 2021 a fait ressortir l’importance d’entendre les survivantes parler de leurs expériences. Aujourd’hui, notre comité répond à ces recommandations en entendant des femmes qui ont accepté de raconter leur histoire et de faire part de leurs points de vue.
I would like to sincerely thank our witnesses for agreeing to participate in this important study, and I will now introduce our first panel of witnesses: Gerri Sharpe, President, Pauktuutit Inuit Women of Canada, accompanied by Shauna-Marie Young, Director of Programs, and Madeleine Redfern, President, Amautiit Nunavut Inuit Women’s Association.
Je tiens à remercier sincèrement nos témoins d’avoir accepté de participer à cette étude importante, et je vais maintenant présenter notre premier groupe de témoins : Gerri Sharpe, présidente, qui est accompagnée de Shauna-Marie Young, directrice des programmes, de Pauktuutit Inuit Women of Canada; et Madeleine Redfern, présidente, de l’Amautiit Nunavut Inuit Women’s Association. Welcome to all of you and thank you for being with us. Madam Sharpe, you have the floor. Bienvenue à vous toutes et merci d’être avec nous. Madame Sharpe, la parole est à vous.
Gerri Sharpe, President, Pauktuutit Inuit Women of Canada: It’s a pleasure to join you and your colleagues today from here in Yellowknife. Pauktuutit is pleased to present to the committee for a second time on the issue of forced and coerced sterilization of persons in Canada. With me today is Shauna- Marie Young. Gerri Sharpe, présidente, Pauktuutit Inuit Women of Canada : Je suis ravie de me joindre à vous et à vos collègues aujourd’hui d’ici, à Yellowknife. Pauktuutit est heureuse de présenter au comité, pour la deuxième fois, la question de la stérilisation forcée et contrainte de personnes au Canada.
Je suis accompagnée aujourd’hui de Shauna-Marie Young. 9-5-2022 Droits de la personne 9:1
Pauktuutit is the national voice of Inuit women. Our voice has representatives from the four regions of Inuit Nunangat: Inuvialuit, Nunavut, Nunavik and Nunatsiavut, as well as urban centres and youth representatives. Pauktuutit est la voix nationale des femmes inuites. Notre voix est composée de représentantes des quatre régions de l’Inuit Nunangat : Inuvialuit, Nunavut, Nunavik et Nunatsiavut, ainsi que des centres urbains et des représentants des jeunes.
For almost 40 years, Pauktuutit has worked to protect and promote the human rights of Inuit women and girls in areas of health, education, economic and social development and safety and security. We also work to empower the voices of women and girls so our lived experiences, values and ideas are represented at every level of governance. Pauktuutit is also active on the international stage on the rights of Indigenous women. Every year Pauktuutit participates in the sessions of the Commission on the Status of Women and the UN Permanent Forum on Indigenous Issues.
Depuis près de 40 ans, Pauktuutit s’efforce de protéger et de promouvoir les droits fondamentaux des femmes et des filles inuites dans les domaines de la santé, de l’éducation, du développement économique et social et de la sécurité. Nous nous efforçons également de faire entendre la voix des femmes et des filles afin que nos expériences vécues, nos valeurs et nos idées soient représentées à tous les échelons de gouvernance. Pauktuutit est également active sur la scène internationale en ce qui concerne les droits des femmes autochtones.
Chaque année, Pauktuutit participe aux sessions de la Commission de la condition de la femme et à l’Instance permanente sur les questions autochtones des Nations unies. I would like to begin by thanking members of the committee for your ongoing work to stop this horrific practice of forced and coerced sterilization of Indigenous women. Pour commencer, j’aimerais remercier les membres du comité de leur travail continu pour mettre fin à cette pratique horrible de stérilisation forcée et contrainte de femmes autochtones.
As this committee found in its June 2021 report, the full scope of this problem is not well understood, with incidences of forced and coerced sterilization of Indigenous women being under- reported and underestimated. The precise number of Inuit women subjected to forced or coerced sterilization in Canada is unclear because of the glaring lack of data. In
an act of genocide and colonialism, Karen Stote reports between 1966 and 1976 more than 70 sterilizations were performed on women in Nunavut, one of the four Inuit regions. We are wondering what’s happening to Inuit women in the other regions. Comme l’a constaté le comité dans son rapport de juin 2021, on ne connaît pas bien l’ampleur du problème, les cas de stérilisation forcée ou contrainte de femmes autochtones étant sous-déclarés et sous-estimés. Le nombre précis de femmes inuites ayant été soumises à la stérilisation forcée ou contrainte au Canada n’est pas clair en raison du manque flagrant de données.
Karen Stote signale que, dans un acte de génocide et de colonialisme, entre 1966 et 1976, plus de 70 stérilisations ont été pratiquées sur des femmes au Nunavut, l’une des quatre régions inuites. Nous nous demandons ce qui arrive aux femmes inuites dans les autres régions. While the true extent of this horrendous and torturous practice is unknown, two things are clear: one, colonization, racism and patriotism have legitimatized obstetric violence against Inuit women; and, two, irreversible and illegal actions have been imposed against the rights, values and bodies of Inuit women for decades.
Bien que l’ampleur réelle de cette pratique horrible assimilable à de la torture soit inconnue, deux choses sont claires : premièrement, la colonisation, le racisme et le patriotisme ont légitimé la violence obstétrique contre les femmes inuites; et deuxièmement, des actions irréversibles et illégales ont été imposées contre les droits, les valeurs et le corps des femmes inuites pendant des décennies.
For Pauktuutit’s board of directors, advancing the return of Inuit midwifery to the communities is among the highest priorities, in part because access to traditional care of Inuit midwives is an effective solution to ending obstetrical racism, including the horrific practice of forced and coerced sterilization of Inuit women. Pour le conseil d’administration de Pauktuutit, favoriser le retour des sages-femmes inuites dans les collectivités est l’une des plus grandes priorités, en
partie parce que l’accès aux soins traditionnels des sages-femmes inuites est une solution efficace pour mettre fin au racisme obstétrique, y compris à la pratique horrible de stérilisation forcée et contrainte des femmes inuites. As this committee works to form recommendations for substantive solutions, such as the return of Inuit midwifery services, it is important to understand the cultural context around maternal and infant care and childbirth for Inuit.
Alors que le comité travaille à formuler des recommandations concernant des solutions de fond, comme le retour des services de sages-femmes inuites, il importe de comprendre le contexte culturel entourant les soins maternels et infantiles et l’accouchement pour les Inuits. 9:2 Human Rights 9-5-2022
Until the 1960s, Inuit were living on the land, and traditional childbirth practices were the centre of our way of life. The imposition of Western colonial health systems undermines the traditional culture of midwifery, childbirth and infant care. These practices removed our rights and the abilities of Inuit to make our own health care decisions. Jusque dans les années 1960, les Inuits vivaient sur la terre, et les pratiques traditionnelles d’accouchement étaient au cœur de leur mode de vie.
L’imposition des systèmes de santé coloniaux occidentaux a sapé la culture traditionnelle des sages-femmes, de l’accouchement et des soins aux nourrissons. Ces pratiques ont éliminé nos droits et la capacité des Inuits de prendre leurs propres décisions en matière de soins de santé. It is difficult for expectant mothers to build trusting relationships with health care providers because most Inuit community health centres are staffed by non-Indigenous nurses who rotate in and out of the remote communities.
Likewise, as senators know, the majority of expectant mothers living in Inuit Nunangat are forced to travel to distant facilities to give birth in southern or regional hospitals, away from their families, their homes, their culture, their traditions, their language and their support network. This forced medical evacuation takes place many weeks in advance of their delivery date.
Il est difficile pour les futures mères d’établir des relations de confiance avec les fournisseurs de soins de santé, parce que la plupart des centres de santé communautaire inuits sont dotés d’infirmières non autochtones qui font des rotations dans les collectivités éloignées. De même, comme les sénateurs le savent, la plupart des futures mères qui vivent dans l’Inuit Nunangat sont obligées de se rendre dans des établissements éloignés pour accoucher dans des hôpitaux du Sud ou de la région, loin de leur famille, de leur foyer, de leur culture, de leurs traditions, de leur langue et de leur réseau de soutien.
Cette évacuation médicale forcée a lieu de nombreuses semaines avant la date de l’accouchement. When expectant Inuit are in urban or regional hospitals, many do not fully understand their rights and do not know that they can ask for a second opinion when they feel unsure, unsafe or afraid. They are often treated by health providers who demonstrate a lack of cultural understanding, kindness and compassion. This makes us question our ability to make decisions about our own health and our own bodies and jeopardizes our abilities to communicate and provide our free, prior and informed consent.
Lorsque les femmes enceintes inuites se trouvent dans des hôpitaux urbains ou régionaux, nombre d’entre elles ne comprennent pas pleinement leurs droits et ne savent pas qu’elles peuvent demander un deuxième avis lorsqu’elles sont incertaines, qu’elles ne se sentent pas en sécurité ou qu’elles ont peur. Elles sont souvent traitées par des fournisseurs de soins qui font preuve d’un manque de compréhension culturelle, de gentillesse et de compassion.
Cela nous fait douter de notre capacité de prendre des décisions concernant notre propre santé et notre propre corps et compromet nos capacités de communiquer et de donner notre consentement libre, préalable et éclairé. Additionally, unjust pressure has and continues to be imposed on Inuit women to undergo sterilization according to the biases and beliefs of individual health care providers who operate in systems that remain culturally uninformed and unresponsive.
En outre, des pressions injustes ont été exercées et continuent d’être exercées sur les femmes inuites pour qu’elles se soumettent à la stérilisation en fonction des préjugés et des croyances des fournisseurs de soins de santé qui exercent leurs activités dans des systèmes qui demeurent non informés et non réceptifs sur le plan culturel. Pauktuutit heard the concerns repeatedly during the environmental scan that we conducted on Inuit women’s access to sexual and reproductive health care services.
This research included interviews with 22 key contacts in sexual reproductive health services in Inuit Nunangat and in southern referral centres. Additionally, we held meetings and interviews with Inuit women and health care providers in Rankin Inlet, Inuvik, Iqaluit, Kuujjuaq and Nain. The findings of our research are summarized in our report, Access, Respect, Consent, which is available on our website. Pauktuutit a entendu les préoccupations à plusieurs reprises durant l’analyse environnementale que nous avons effectuée sur l’accès des femmes inuites à des services de santé sexuelle et procréative.
Cette recherche a supposé des entrevues auprès de 22 personnes-ressources clés travaillant dans les services de santé sexuelle et procréative dans l’Inuit Nunangat et dans les centres d’aiguillage du Sud. De plus, nous avons tenu des réunions et des entrevues avec des femmes autochtones et des fournisseurs de soin de santé à Rankin Inlet, à Inuvik, à Iqaluit, à Kuujjuaq et à Nain. Les résultats de notre recherche sont résumés 9-5-2022 Droits de la personne 9:3
dans notre rapport intitulé Access, Respect, Consent, qui se trouve sur notre site Web. In addition to championing the return of Inuit midwifery services to all communities across Inuit Nunangat, Pauktuutit’s work in response to forced and coerced sterilization of Inuit women also includes advocacy for the implementation of the following five measures.
En plus de défendre le retour des services de sages-femmes inuites dans toutes les collectivités de l’Inuit Nunangat, le travail de Pauktuutit en réponse à la stérilisation forcée et contrainte de femmes inuites comprend également la défense des droits pour la mise en œuvre des cinq mesures suivantes. One, mandatory Inuit cultural competency and safety training for all health care providers working in the North and in southern service hubs.
Two, that information on medical procedures and consent forms be made available in regional dialects of Inuktitut and is fully and be orally explained by health care providers and professional interpreters or health system navigators. Three, simplification and timely access to medical complaint processes. Four, public education to ensure Inuit women understand and exercise their reproductive rights. Five, an increased number of Inuit health care providers in all roles.
Premièrement, une formation obligatoire sur les compétences culturelles et la sécurité des Inuits pour tous les fournisseurs de soins de santé travaillant dans le Nord et dans les centres de services du Sud. Deuxièmement, que l’information sur les procédures médicales et les formulaires de consentement soit offerte dans les dialectes régionaux de l’inuktitut et qu’elle soit entièrement expliquée, à l’oral, par les fournisseurs de soins de santé et les interprètes professionnels ou les navigateurs du système de santé.
Troisièmement, la simplification des processus de traitement des plaintes médicales et un accès en temps opportun à ces processus. Quatrièmement, la sensibilisation du public pour que l’on s’assure que les femmes inuites comprennent et exercent leurs droits en matière de procréation. Cinquièmement, l’augmentation du nombre de fournisseurs de soins de santé inuits dans tous les rôles.
Pauktuutit has been working in collaboration with Inuulitsivik midwifery services in Nunavik on a Canadian Institutes of Health Research project called “Assessing the Economic Costs of Obstetric Evacuation and Outcomes/Experiences of Indigenous Midwifery in Urban, Rural and Remote Indigenous Communities.” Through our work informing the federal government’s co-development of distinction-based health legislation, we are planning to hold community engagement sessions with the focus on midwifery services, education and reproductive health.
Pauktuutit travaille en collaboration avec les services de sages- femmes d’Inuulitsivik, au Nunavik, sur un projet de recherche des Instituts de recherche en santé du Canada intitulé « Assessing the Economic Costs of Obstetric Evacuation and Outcomes/Experiences of Indigenous Midwifery in Urban, Rural and Remote Indigenous Communities ».
Dans le cadre de notre travail visant à informer le gouvernement fédéral de l’élaboration conjointe d’une loi en matière de santé fondée sur les distinctions, nous prévoyons tenir des séances de participation communautaire axées sur les services de sages-femmes, l’éducation et la santé procréative. Creating systematic change to ensure access to Inuit midwifery services across Inuit Nunangut is a key solution to ensuring Inuit women or girls will never again be subjected to forced or coerced sterilization. We cannot do this alone.
La création d’un changement systématique pour garantir l’accès aux services de sages-femmes inuites dans tout l’Inuit Nunangut est une solution clé pour faire en sorte que les femmes ou les filles inuites ne soient plus jamais soumises à la stérilisation forcée ou contrainte. Or, nous ne pouvons pas y parvenir seuls. The federal, provincial and territorial governments must invest in the training of new Inuit midwives.
Jurisdictions must remove barriers and adequately fund Inuit midwifery services, and other health providers must value and integrate the roles of Inuit midwives in all health facilities and settings where expectant mothers and their newborn babies can receive care. Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux doivent investir dans la formation de nouvelles sages-femmes inuites.
Les administrations doivent éliminer les obstacles et financer adéquatement les services de sages-femmes inuites, et d’autres fournisseurs de santé doivent valoriser et intégrer les rôles des sages-femmes inuites dans tous les établissements et milieux de santé où les futures mères et leurs nouveau-nés peuvent recevoir des soins.
As well, health care providers must fulfill their professional obligations to obtain free, prior, informed consent, without a personal bias, and when they do not, they must be held De plus, les fournisseurs de soins de santé doivent remplir leurs obligations professionnelles visant l’obtention d’un consentement libre, préalable et éclairé, dépourvu de parti pris 9:4 Human Rights 9-5-2022
accountable by their licensing and accrediting colleges, the health care institutions where they practise and the legal system. personnel, et lorsqu’ils ne le font pas, ils doivent être tenus responsables par leurs collèges d’accréditation et de délivrance de permis, les établissements de soins de santé où ils exercent et le système juridique. In closing, Pauktuutit asks members of the committee to support the return of Inuit midwifery services to the communities across the Inuit Nunangut.
Senators can play an important role in this solution by, firstly, making increased access to Inuit midwifery services a prominent recommendation in your next report; secondly, highlighting the importance of access to Inuit midwifery services in media interviews that you give on the subject and your remarks in and outside of the Senate Chambers; and lastly, raising this issue in your formal and informal communications with decision makers at all levels of government, including Indigenous governments and other partners.
Pour terminer, Pauktuutit demande aux membres du comité de soutenir le retour des services de sages-femmes inuites dans les collectivités de tout l’Inuit Nunangut.
Les sénateurs peuvent jouer un rôle important dans cette solution, d’abord en faisant de l’amélioration de l’accès aux services de sages-femmes inuites une recommandation importante de leur prochain rapport; ensuite, en soulignant l’importance de l’accès aux services de sages-femmes inuites dans les entrevues que vous accordez aux médias sur le sujet et dans vos commentaires à l’intérieur et à l’extérieur des chambres du Sénat; enfin, en soulevant cette question dans vos communications officielles et informelles avec les décideurs de tous les ordres de gouvernement, y compris les gouvernements autochtones et d’autres partenaires.
Qujannamiik again for this opportunity to appear before your committee. Shauna-Marie and I look forward to answering any questions that you may have. Qujannamiik, je vous remercie encore une fois de m’avoir donné l’occasion de comparaître devant votre comité. Shauna- Marie et moi sommes impatientes de répondre à vos questions. The Chair: Thank you very much. We will now turn to Madeleine Redfern. You have the floor. La présidente : Merci beaucoup. Nous allons maintenant passer à Madeleine Redfern. Vous avez la parole. Before we do that, could I just acknowledge that we’ve been joined by Senator Audette. Welcome.
Avant de le faire, puis-je simplement signaler que la sénatrice Audette s’est jointe à nous? Bienvenue. You have the floor, Madeleine. Vous avez la parole, madame Refern. Madeleine Redfern, President, Amautiit Nunavut Inuit Women’s Association: Thank you. I join you from Iqaluit, Nunavut, as the President of the Amautiit Nunavut Inuit Women’s Association, which is a not-for-profit organization dedicated to advancing self-determination for Nunavut Arnait, which are Inuit women, in all areas of life. Amautiit focuses on advocacy efforts to improve conditions for Nunavut Inuit women and their families.
Madeleine Redfern, présidente, Amautiit Nunavut Inuit Women’s Association : Merci. Je me joins à vous depuis Iqaluit, au Nunavut, en tant que présidente de l’Amautiit Nunavut Inuit Women’s Association, un organisme sans but lucratif voué à l’avancement de l’autodétermination des Arnait, les femmes inuites du Nunavut dans tous les domaines de la vie. Amautiit se concentre sur les efforts de défense des droits afin d’améliorer les conditions des femmes inuites du Nunavut et de leur famille.
Through our research, analysis and advocacy, the organization builds on alliances and partnerships with like-minded organizations and individuals in and outside of Nunavut. As one of our strategies to support and advocate for the rights and needs of Nunavut Inuit women and their families, Amautiit receives financial support from the Government of Canada through NWAC, the Native Women’s Association of Canada, as a territorial member association.
Dans le cadre de ses activités de recherche, d’analyse et de défense des droits, l’organisation établit des alliances et des partenariats avec des organisations et des personnes aux vues similaires à l’intérieur et à l’extérieur du Nunavut. Dans le cadre de ses stratégies de soutien et de défense des droits et des besoins des femmes inuites du Nunavut et de leur famille, Amautiit reçoit un soutien financier de la part du gouvernement du Canada par l’intermédiaire de l’AFAC, l’Association des femmes autochtones du Canada, en tant qu’association territoriale membre.
I want to speak or acknowledge first Father Robert Lechat, a Roman Catholic priest who in the 1970s advocated stopping the practice of illegal sterilization of Inuit women who went south for medical care. In an inquiry that was done in the 1970s, it was determined that hundreds of Indigenous women from D’abord, je tiens à parler du père Robert Lechat — ou à le reconnaître — un prêtre catholique romain qui, dans les années 1970, a préconisé l’arrêt de la pratique de la stérilisation illégale des femmes inuites qui allaient dans le Sud pour recevoir des soins médicaux.
Dans une enquête réalisée dans les années 1970, 9-5-2022 Droits de la personne 9:5
52 Northern communities were sterilized. Through her research, Dr. Karen Stote, a professor at Wilfrid Laurier University, was able to determine, through looking at the historical records, that at least 70 Inuit women were sterilized. In Igloolik, 26% of women between the ages of 30 and 50 were sterilized. In Naujaat, formerly known as Repulse Bay, almost 50% of women in the 30 to 50 age group were sterilized. In Gjoa Haven, 31% of women had been sterilized. More than 25% of women in Chesterfield Inlet and Kugaaruk had been sterilized.
Those are the only ones that were well documented, but we know that there were a lot more. il a été établi que des centaines de femmes autochtones provenant de 52 collectivités nordiques avaient été stérilisées. Grâce à ses recherches, Mme Karen Stote, professeure à l’Université Wilfrid Laurier, a pu déterminer, en examinant les dossiers historiques, qu’au moins 70 femmes inuites avaient fait l’objet d’une stérilisation. À Igloolik, 26 % des femmes âgées de 30 à 50 ans avaient été stérilisées.
À Naujaat, anciennement connu sous le nom de Repulse Bay, près de 50 % des femmes dans la tranche d’âge des 30 à 50 ans avaient été stérilisées. À Gjoa Haven, 31 % des femmes avaient été soumises à la stérilisation. Plus de 25 % des femmes à Chesterfield Inlet et à Kugaaruk avaient été stérilisées. Ce sont les seuls cas bien documentés, mais nous savons qu’il y en a eu beaucoup d’autres. Other data from the Minister of National Health and Welfare indicates that at least 470 Inuit and Aboriginal women were sterilized in 1972 alone.
In addition, it would be remiss if we didn’t acknowledge that some men were also given vasectomies and sterilized without their knowledge or consent. D’autres données provenant du ministère de la Santé nationale et du Bien-être social révèlent qu’au moins 470 femmes inuites et autochtones ont été stérilisées en 1972 seulement. De plus, je m’en voudrais de ne pas reconnaître que certains hommes ont également subi des vasectomies et ont été stérilisés à leur insu ou sans leur consentement.
I was the executive director of the Qikiqtani Truth Commission, which was set up as an Inuit-funded and Inuit-led inquiry that looked into government policies, decisions and actions or inaction that affected Inuit in the eastern Arctic from 1950 to 1975. This was a period of dramatic transition: Inuit who had previously lived a nomadic life on the land were moved into permanent settlements. It was also a period of transition for Canada as the country introduced universal programs in health, social welfare, old age pension, child tax benefits, disabilities, education and others.
J’ai été directrice générale de la Commission de vérité du Qikiqtani, une enquête financée et dirigée par les Inuits, qui s’est penchée sur les politiques, les décisions et les actions ou inactions du gouvernement qui ont eu une incidence sur les Inuits de l’Arctique de l’Est de 1950 à 1975. Cette période a été marquée par une transition spectaculaire : les Inuits qui menaient auparavant une vie nomade sur la terre ferme ont été déplacés vers des établissements permanents.
Cela a aussi été une période de transition pour le Canada, car le pays a introduit des programmes universels dans les domaines de la santé, de l’aide sociale, de la pension de la vieillesse, des prestations fiscales pour enfants, des handicaps, de l’éducation et autres. The Government of Canada was a primary agent of change that swept throughout the North. One of the goals or the stated purposes was to make life in the North more like the South, in effect make Inuit more like southern Canadians. Le gouvernement du Canada a été l’un des principaux agents du changement qui ont balayé le Nord.
L’un des objectifs ou des buts déclarés était de rendre la vie dans le Nord plus semblable à celle dans le Sud, soit de rendre les Inuits plus semblables aux Canadiens du Sud. While most officials convinced themselves that they were acting in the best interests of Inuit, often their plans were mismanaged or underfunded and were designed and implemented without consulting Inuit or even really caring about the short-term let alone the long-term effects.
Si la plupart des fonctionnaires se sont convaincus qu’ils agissaient dans l’intérêt des Inuits, souvent, leurs plans ont été mal gérés ou sous-financés et ont été conçus et mis en œuvre sans consultation auprès des Inuits ni même sans que l’on se soucie réellement des effets à court terme, et encore moins des effets à long terme. Another major factor or contributor to things not being done properly was the government’s desire to save money, which was accomplished by spending the least amount of money on Indigenous peoples.
Un autre facteur important qui a contribué à ce que les choses ne soient pas faites correctement était le désir du gouvernement d’économiser de l’argent, ce qu’il a fait en dépensant le moins d’argent possible pour les Autochtones.
It is important to understand that the commission was looking at all government policies and decisions, everything from health care, what happened to the dogs, relocations, policing, justice, economic development, education — effectively almost every aspect of Inuit lives — and what we saw were clearly unbalanced Il est important de comprendre que la commission examinait toutes les politiques et les décisions du gouvernement, qu’il s’agisse des soins de santé, du sort réservé aux chiens, des réinstallations, des services de police, de la justice, du développement économique, de l’éducation — en fait, presque 9:6 Human Rights 9-5-2022
and unhealthy power dynamics between government and Inuit. Almost every aspect of our lives was dictated and decided by government officials, including where Inuit lived, who got housing, who got training, who got the jobs and whether or not children were sent to school, and if so, whether they were sent away from their families or their community. The government also controlled whether and how we got health care, including diagnoses and even the forms of treatment.
This included reproductive health and forced sterilization. tous les aspects de la vie des Inuits — et nous avons constaté que la dynamique du pouvoir entre le gouvernement et les Inuits était de toute évidence déséquilibrée et malsaine. Presque tous les aspects de notre vie étaient dictés et décidés par les représentants du gouvernement, y compris l’endroit où les Inuits vivaient, qui recevait un logement, qui recevait une formation, qui obtenait un emploi et si les enfants étaient envoyés ou non à l’école, et si tel était le cas, s’ils étaient envoyés loin de leur famille ou de leur collectivité.
Le gouvernement contrôlait aussi qui recevait des soins de santé et comment, y compris les diagnostics et même les formes de traitement. Cela comprenait la santé procréative et la stérilisation forcée. One of the reasons why it’s so hard to know exactly how many Inuit women were sterilized is that many Inuit women were sent to the South for other medical reasons, such as tuberculosis.
The administrators, health professionals and social workers often simply decided and dictated what would happen to Inuit not only in regard to their health care treatment but also in regard to their bodies — unfortunately, something that many Inuit still experience today. One of the biggest barriers or contributors to this problem is the language and cultural barriers between our non-Inuit health professionals and our Inuit.
L’une des raisons pour lesquelles il est si difficile de savoir exactement combien de femmes inuites ont été stérilisées, c’est que nombre d’entre elles ont été envoyées dans le Sud pour d’autres raisons médicales, comme la tuberculose. Les administrateurs, les professionnels des soins de santé et les travailleurs sociaux allaient souvent simplement décider et dicter ce qui allait arriver aux Inuits, non seulement en ce qui concerne leurs traitements de santé, mais aussi leur corps; malheureusement, c’est une situation que de nombreux Inuits vivent encore aujourd’hui.
L’un des plus grands obstacles ou facteurs contribuant à ce problème est la barrière linguistique et culturelle entre nos professionnels de santé non inuits et nos Inuits. Barry Gunn, a former regional administrator in Iqaluit, claimed that many women “agreed” to sterilization procedures by signing forms to that effect, but due to language barriers, it was almost certain that most women did not realize what they were agreeing to.
Barry Gunn, ancien administrateur régional à Iqaluit, a affirmé que de nombreuses femmes « acceptaient » les procédures de stérilisation en signant des formulaires à cet égard, mais que, en raison des barrières linguistiques, il était presque certain que la plupart des femmes ne savaient pas ce qu’elles acceptaient. Medical personnel often explained or argued that the policy was not rooted in malice. I quoted J.R.
Lotz of Northern Affairs in my written submission, but I want to highlight a segment of what he said, which is that “no amount of propaganda would change women’s minds or behaviour to help keep the population down. There was government preoccupation about how to keep native people from reproducing.” Le personnel médical a souvent expliqué ou soutenu que la politique n’était pas fondée sur la malice. J’ai cité J.R.
Lotz, du ministère des Affaires du Nord, dans mon mémoire écrit, mais je veux souligner un segment de ses propos, à savoir qu’« aucune propagande ne changerait l’esprit ou le comportement des femmes pour aider à maintenir la population à un niveau bas. Le gouvernement se préoccupait de savoir comment empêcher les Autochtones de se reproduire ». From the 1970s, even until today, there often remains a paternalistic attitude. It hasn’t stopped. It hasn’t gone away, and, unfortunately for some, it is part of our health care profession.
It usually stems from the notion that Inuit are still too uneducated, undereducated, living in overcrowded housing or homeless or living in poverty. Therefore, the humane thing to do is to lessen the burden, the hardship and the challenges of adding another child or more children to the same family or household or even to our communities. Depuis les années 1970, et même jusqu’à aujourd’hui, il subsiste souvent une attitude paternaliste. Elle n’a pas cessé. Elle n’a pas disparu, et, malheureusement pour certains, elle est ancrée dans les professions de la santé.
Elle découle généralement de l’idée que les Inuits sont encore trop peu instruits, sous-éduqués, qu’ils vivent dans des logements surpeuplés, qu’ils sont sans-abri ou qu’ils vivent dans la pauvreté. Par conséquent, la chose humaine à faire est d’alléger le fardeau, les difficultés et les défis que représente l’ajout d’un 9-5-2022 Droits de la personne 9:7
autre enfant ou de plusieurs enfants dans la même famille ou le même ménage, voire dans nos collectivités. Some women have also complained about other reproductive services, such as abortion. Some Inuit have complained that the health professionals, from nurses to doctors, repeatedly ask, “Are you sure you want an abortion?” While, understandably, this stems primarily from a Western concept that it is important to ensure that consent is given and that women do not change their mind and from the historical practice of not obtaining consent.
However, this also fails to understand that for many Inuit women, once they have made a decision, they do not necessarily want to revisit it or the associated feelings or the context that has led to this decision. They do not want to feel belittled and disrespected, and they do not want to be made to feel that their decision is uncertain, that they have made the wrong decision or that it’s a decision that is not liked or supported by health professionals. Certaines femmes se sont également plaintes d’autres services de santé liés à la procréation, comme l’avortement.
Certains Inuits se sont plaints que les professionnels de santé, des infirmières aux médecins, leur demandent sans cesse : « Êtes- vous sûre de vouloir un avortement? » On sait toutefois, de manière compréhensible, que cela découle principalement d’un concept occidental selon lequel il est important de s’assurer que le consentement est donné et que les femmes ne changent pas d’avis, et de la pratique historique de ne pas obtenir le consentement.
Cependant, cela ne tient pas compte du fait que, pour de nombreuses femmes inuites, une fois qu’elles ont pris une décision, elles ne veulent pas nécessairement y revenir ou revenir sur les sentiments qui y sont associés ou sur le contexte qui a mené à cette décision. Elles ne veulent pas se sentir dépréciées et méprisées ni avoir l’impression que leur décision est incertaine, qu’elles ont pris la mauvaise décision ou que c’est une décision que les professionnels de la santé n’aiment pas ou n’appuient pas.
Another related issue is that there are some Inuit women who have said that they wish to be sterilized, and they will not allow the woman to have this procedure, even though that is her choice. She may not want any other form of birth control. This too goes against the individual Inuit woman’s choice over her autonomy. Une autre question connexe, c’est le fait que certaines femmes inuites ont dit qu’elles souhaitent être stérilisées et que les professionnels de la santé ne permettront pas à la femme de subir cette procédure, même si c’est son choix.
Il se peut qu’elle ne veuille pas d’autre forme de contrôle des naissances. Cela va aussi à l’encontre du pouvoir individuel de la femme inuite sur son autonomie. One of the solutions for this ongoing issue that we face with the dynamics between our health care professionals, who are predominantly non-Inuit, and Inuit patients is that we need to build Inuit health professionals. This includes nurses and doctors. We simply need to have more.
L’une des solutions à ce problème permanent auquel nous sommes confrontés avec la dynamique entre nos professionnels de la santé, qui sont principalement des non-Inuits, et les patients inuits, c’est que nous devons former des professionnels de la santé inuits. Cela comprend les infirmières et les médecins. Nous devons simplement en avoir davantage. If the patient speaks English, even if they don’t speak proficiently, there’s often an inclination not to use interpreters.
In Nunavut where Inuktitut or Inuktut is an official language, many Inuit still struggle to be served in their language of choice, especially in their own language. Also, there are simply not enough medical interpreters. It is important to understand that simply being able to speak Inuktitut does not make you an interpreter and does not make you a medical interpreter. There’s an overreliance by the health care system on the notion that family members, including medical escorts who travel with the family member who is a patient, will interpret. That is not appropriate.
Si le patient parle anglais, même s’il ne le parle pas couramment, on a souvent tendance à ne pas recourir aux services des interprètes. Au Nunavut, où l’inuktitut ou l’inuktut est une langue officielle, de nombreux Inuits ont toujours du mal à être servis dans la langue de leur choix, en particulier dans leur propre langue. De plus, il n’y a tout simplement pas assez d’interprètes médicaux. Il importe de comprendre que le simple fait de pouvoir parler l’inuktitut ne fait pas de vous un interprète ni un interprète médical.
Le système de santé a tendance à trop se fier à la notion que les membres de la famille, y compris les escortes médicales qui voyagent avec le membre de la famille qui est un patient, serviront d’interprètes. Ce n’est pas approprié. The former Nunavut languages commissioner Sandra Inutiq issued a report in October 2015 called, If you cannot communicate with your patient, your patient is not safe. Being able to speak in one’s mother tongue when it concerns health is not asking a favour of health care professionals or organizations.
On the contrary, it is a basic issue of accessibility, safety, quality L’ancienne commissaire aux langues du Nunavut, Sandra Inutiq, a publié en octobre 2015 un rapport intitulé If you cannot communicate with your patient, your patient is not safe. Le fait de pouvoir s’exprimer dans sa langue maternelle lorsqu’il s’agit de santé, ce n’est pas demander une faveur aux professionnels ou aux organismes de santé. Au contraire, c’est une question 9:8 Human Rights 9-5-2022
and equity of services. Therefore, there’s a desperate need to educate, train and hire many Inuit in the health profession. Unfortunately, there has not been enough of a commitment by our governments to allocate the necessary resources and time to ensure that there is solid cultural orientation happening in the health care profession. fondamentale d’accessibilité, de sécurité, de qualité et d’équité des services. Par conséquent, il y a un besoin désespéré d’éduquer, de former et d’embaucher de nombreux Inuits dans les professions de la santé.
Malheureusement, nos gouvernements ne se sont pas suffisamment engagés à affecter le temps et les ressources nécessaires pour garantir une solide orientation culturelle dans les professions de la santé. There could also be tremendous value in and need for creating Inuit health care client liaison staff members and health care advocates to help bridge the cultural gaps that exist. Il pourrait également s’avérer extrêmement utile et nécessaire de créer des services de liaison entre le patient, les membres du personnel et les défenseurs des soins de santé pour aider à combler les écarts culturels qui existent.
In closing, colonialism is real. It continues today. It’s not part of just the distant past. Paternalism is real. It perpetuates the power imbalance between government officials, including our health professionals, and Inuit. Nunavut Inuit women and families have the right to determine their own medical treatments and to understand the options, the pros, the cons, the different treatments, the risks and effects and the consequences, because, ultimately, it is the patient and the families who will bear the effects. En conclusion, le colonialisme est réel. Il se poursuit aujourd’hui. Il ne fait pas
partie d’un passé lointain. Le paternalisme est réel. Il perpétue le déséquilibre des pouvoirs entre les représentants du gouvernement, y compris nos professionnels de la santé, et les Inuits. Les femmes inuites du Nunavut et leur famille ont le droit de déterminer leurs propres traitements médicaux et de comprendre les options, les avantages, les inconvénients, les différents traitements offerts, les risques et les effets ainsi que les conséquences, parce que, au bout du compte, c’est le patient et la famille qui en subissent les effets.
One of the basic tenets in a democracy is that individuals have freedom of choice irrespective of race, colour, ancestry, creed, place of origin, ethnicity, gender, age, marital status, family status, disability or economic status, especially when government is part of providing a service.
L’un des principes fondamentaux d’une démocratie, c’est que les personnes ont la liberté de choix sans distinction de race, de couleur, d’ascendance, de croyance, de lieu d’origine, d’origine ethnique, de sexe, d’âge, de situation matrimoniale, de situation familiale, de handicap ou de statut économique, surtout lorsque le gouvernement participe à la prestation d’un service. We must ensure that government officials, including health care professionals, never try to undermine, coerce, threaten, manipulate or violate anyone’s right.
It’s not only against the law, it’s also racist and sexist, and decisions that are made or actions that are taken that are racist and sexist are rarely ever in the best interest of the person that the decision is about. Nous devons nous assurer que les représentants du gouvernement, y compris les professionnels de la santé, n’essaient jamais de saper, de contraindre, de menacer, de manipuler ou de violer le droit de quiconque.
Ce n’est pas seulement contraire à la loi, c’est aussi raciste et sexiste, et les décisions qui sont prises ou les actions qui sont entreprises qui sont racistes et sexistes sont rarement dans l’intérêt de la personne concernée par la décision. Unfortunately, we also need to face the reality that racism and sexism continue to exist, not only in Canada’s health care system but also here in Nunavut. We have to face our history. We have to face our reality.
We have to figure out how to deal with these power dynamics and cultural disconnections that happen between those who are supposed to provide safe and equitable service to our people and the people themselves. Malheureusement, nous devons aussi faire face à la réalité : le racisme et le sexisme continuent d’exister, non seulement au sein du système de santé du Canada, mais aussi ici, au Nunavut. Nous devons faire face à notre histoire. Nous devons faire face à notre réalité.
Nous devons trouver comment gérer ces dynamiques de pouvoir et ces déconnexions culturelles qui se produisent entre ceux qui sont censés fournir un service sûr et équitable à notre peuple et le peuple lui-même. I know this is an uncomfortable topic and one that we largely avoid, not only Inuit but also Canadians and health care professionals. We have to figure out how to bring about systemic change. We have to stop presuming that these actions and these attitudes are a thing of the past.
A lot of Indigenous women continue to be marginalized, disrespected, violated and harmed, Je sais que ce sujet n’est pas agréable et que nous l’évitons pour l’essentiel, non seulement les Inuits, mais aussi les Canadiens et les professionnels de la santé. Nous devons trouver une façon d’apporter un changement systémique. Nous devons cesser de présumer que ces actions et ces attitudes sont une chose du passé. Beaucoup de femmes autochtones continuent de 9-5-2022 Droits de la personne 9:9
all in the name and the practice of Canadian health care. That is my submission, and I will be open to questions. Thank you. subir de la marginalisation, du mépris, des blessures et de voir leurs droits violés, tout cela au nom de la pratique des soins de santé du Canada. Voilà ce que j’avais à dire. Je suis prête à répondre à vos questions. Merci. The Chair: Thank you very much. La présidente : Merci beaucoup. Senator Boyer: Thank you President Sharpe and President Redfern for your compelling testimony. It’s sometimes difficult to hear the realities of what is going on with the women who are being sterilized.
La sénatrice Boyer : Merci à la présidente Sharpe et à la présidente Redfern de vos témoignages convaincants. Il est parfois difficile d’entendre parler de la réalité des femmes qui sont stérilisées. My question is for you, President Redfern. I know that other survivors of this practice have talked about criminalizing forced or coerced sterilization. They want to see it in the Criminal Code. I’d like to know what your opinion is on that, please, President Redfern. Ma question s’adresse à vous, madame Redfern.
Je sais que d’autres survivantes de cette pratique ont parlé de criminaliser la stérilisation forcée ou contrainte. Elles veulent que cela soit intégré dans le Code criminel. J’aimerais connaître votre opinion à ce sujet, s’il vous plaît, madame Redfern. Ms. Redfern: Thank you, Senator Boyer, for the question. Effectively, doing any procedure without valid consent is assault. This includes a procedure done by government. However, it becomes extremely difficult to bring about criminal charges under the current Criminal Code for any treatment that an individual is subjected to, either in the past or even today.
I’m not entirely sure how the additional change to the Criminal Code would assist. It would require a little more research, seeing what other countries have done, if they have enacted laws to extend to unwanted or medical treatment where there was clearly no or inadequate consent. Mme Redfern : Merci, madame la sénatrice Boyer, de poser la question. En effet, toute procédure réalisée sans consentement valide constitue une agression. Cela comprend une procédure effectuée par le gouvernement.
Cependant, il devient extrêmement difficile de porter des accusations criminelles en vertu du Code criminel actuel pour tout traitement auquel une personne est soumise, que ce soit dans le passé ou même aujourd’hui. Je ne suis pas tout à fait sûre de l’utilité qu’aurait une telle modification supplémentaire du Code criminel. Il faudrait faire un peu plus de recherche, voir ce que d’autres pays ont fait, savoir s’ils ont mis en vigueur des lois qui s’étendent aux traitements non désirés ou médicaux lorsqu’il est évident qu’il y a eu absence de consentement ou consentement inadéquat.
I can tell you that in Nunavut, leaving it simply to the tort system or civil law, where someone could actually sue the hospital, the government or the health care professionals that were involved in a treatment that someone did not ask for is not only exceptionally difficult, it’s virtually impossible. Most people don’t have access to a lawyer who practises in the medical malpractice area. They don’t have the minimum $5,000 payment just for the lawyer, and most of the lawyers will tell you that won’t even last five days of initial work. It’s a highly specialized field.
As a result, there’s been lots of medical malpractice issues in Nunavut that never see any form of justice because people simply can’t afford access to a lawyer. So I’m not entirely sure what the most appropriate response is, but right now, leaving it to a civil response means no response.
Je peux vous dire que, au Nunavut, s’en remettre simplement au système de responsabilité civile délictuelle ou quasi délictuelle ou au droit civil, où une personne pourrait poursuivre l’hôpital, le gouvernement ou les professionnels de la santé qui ont pris part à un traitement qu’une personne n’a pas demandé est non seulement exceptionnellement difficile, mais c’est pratiquement impossible. La plupart des gens n’ont pas accès à un avocat spécialisé dans le domaine des fautes médicales.
Ils ne possèdent pas le paiement minimum de 5 000 $ juste pour l’avocat, et la plupart des avocats vous diront que cette somme ne couvrira même pas le travail initial pendant cinq jours. C’est un domaine hautement spécialisé. Par conséquent, de nombreux cas de faute professionnelle médicale au Nunavut n’ont jamais fait l’objet d’une forme quelconque de justice, parce que les gens n’ont tout simplement pas les moyens d’avoir accès à un avocat. Je ne suis donc pas tout à fait sûre de la réponse la plus appropriée, mais en ce moment, s’en remettre à une réponse civile signifie qu’il n’y a pas de réponse.
Senator Boyer: Thank you. I would like to hear from President Sharpe if she has any opinion about how effective she thinks criminalization may be. La sénatrice Boyer : Merci. J’aimerais que madame Sharpe nous donne son avis sur l’efficacité de la criminalisation, selon elle. 9:10 Human Rights 9-5-2022
Ms. Sharpe: First off, I would like to say that I think that our legal counsel would also have an opinion on this, and we would like to forward that to you as well. Mme Sharpe : Tout d’abord, je voudrais dire que je pense que notre conseiller juridique aurait également une opinion à ce sujet, et nous aimerions vous la transmettre également.
When it comes to criminalization of this issue, there is currently an Inuvialuit woman who is suing the government for forced sterilization, and that same doctor who did that to her is on record as saying, “Let’s see if I can find a reason to remove her other egg.” So this is not something that happened 40 years ago. This is something that’s happened in the last five to eight years.
En ce qui concerne la criminalisation de cette question, il y a actuellement une femme inuvialuite qui poursuit le gouvernement pour stérilisation forcée, et le médecin même qui lui a fait cela a déclaré : « Voyons si je peux trouver une raison de lui retirer son autre ovule. » Ce n’est pas quelque chose qui est arrivé il y a 40 ans, c’est arrivé dans les cinq à huit dernières années. Ms. Redfern mentioned something about the numbers of sterilizations that took place in Gjoa Haven. Gjoa Haven is my home community.
Growing up, it was common knowledge that if you went out for any type of abortion of any sort, even if it was life threatening or as a result of a rape, you would likely come back sterilized. This is something I grew up knowing was common knowledge. This is something that women feared. They didn’t want to go out, but they were forced to go out. Very few women were able to stay home in their communities to deliver. Mme Redfern a mentionné quelque chose sur le nombre de stérilisations qui ont eu lieu à Gjoa Haven. Gjoa Haven est ma communauté d’origine.
Dans ma jeunesse, il était de notoriété publique que, si vous alliez vous faire avorter, même si votre vie était en danger ou que c’était à la suite d’un viol, vous alliez probablement revenir stérilisée. C’est quelque chose que j’ai appris en grandissant. C’est quelque chose que les femmes craignaient. Elles ne voulaient pas sortir, mais elles étaient obligées de le faire. Très peu de femmes ont pu rester chez elles, dans leur communauté, pour accoucher. It’s not their option. Today it’s still not their option to go out and deliver their babies. Today I have one of my cousins coming in from Gjoa Haven.
She’s four weeks away from her due date. If that child is late, it will be at least two months before she can go home. It’s only been in recent years that they have started covering the costs of an escort to go with them. One spouse can go with them. So for that very important part of their life, they are being removed from that. This is why it’s so critical to have midwifery services back in the communities. So criminalizing this, yes. This should happen. Ce n’était pas leur choix. Aujourd’hui, ce n’est toujours pas leur choix de sortir et d’accoucher.
Aujourd’hui, j’ai une de mes cousines qui arrive de Gjoa Haven. Elle est à quatre semaines de la date prévue de son accouchement. Si cet enfant est en retard, il faudra au moins deux mois avant qu’elle puisse rentrer chez elle. Ce n’est que récemment qu’on a commencé à couvrir les frais d’une escorte pour les accompagner. Un conjoint peut les accompagner. Donc, pour cette
partie très importante de leur vie, elles sont retirées de tout cela. C’est pourquoi il est si important que les services de sages-femmes reviennent dans les collectivités. Donc criminaliser cela, oui. Cela devrait arriver. Senator Boyer: Thank you. La sénatrice Boyer : Merci. Senator Omidvar: I’d like to thank Ms. Redfern and Ms. Sharpe for appearing before us on this very difficult subject. We appreciate your wisdom as we try to seek a path forward. La sénatrice Omidvar : J’aimerais remercier Mme Redfern et Mme Sharpe d’avoir comparu devant nous sur ce sujet très difficile.
Nous vous remercions de votre sagesse alors que nous essayons de chercher une voie à suivre. I want to ask you a question about if you have seen any improvements since 2019 when we embarked on our study and an interim report was published. We’ve also heard from Indigenous Services Canada that the federal government has committed $33.3 million for Indigenous midwifery and doula initiatives. J’aimerais vous demander si vous avez vu des améliorations depuis 2019, lorsque nous avons commencé notre étude et qu’un rapport provisoire a été publié.
Nous avons également entendu Services aux Autochtones Canada dire que le gouvernement fédéral a engagé 33,3 millions de dollars pour des initiatives de sages-femmes et de doulas autochtones. I want to ask you whether any of this money has filtered through to Inuit women and if there has been an impact, even at the early stage. Have you observed any points of light as a result of the federal funding? J’aimerais vous demander si les femmes inuites ont bénéficié de cet argent et s’il y a eu des répercussions, même à un stade précoce. Avez-vous observé des notes d’optimisme à la suite du financement fédéral? Ms.
Redfern: Thank you. I do think that as a result of this work that it is becoming more publicly known that forced sterilization did occur, and not even that long ago. It’s opened up Mme Redfern : Merci. Je pense que, à la suite de ce travail, il est de plus en plus connu publiquement que la stérilisation forcée a bel et bien eu lieu, et ce, il n’y a même pas si longtemps. Cela a 9-5-2022 Droits de la personne 9:11
questions for some women who have wondered if they were sterilized and that is why they stopped having children. poussé certaines femmes à se demander si elles avaient été stérilisées et si c’était la raison pour laquelle elles avaient cessé d’avoir des enfants. As I said earlier, a lot of times these procedures happened without the women even knowing about it.
I haven’t actually seen any of the funding that you speak of make it to most of our women in the communities to allow reaching out even just to ask women if they think they may have been sterilized or to provide access to the medical records to see if sterilization did occur, let alone any sort of form of counselling and/or compensation. Comme je l’ai dit plus tôt, très souvent, ces procédures se sont déroulées sans même que les femmes le sachent.
Je n’ai pas vu les fonds dont vous parlez parvenir à la plupart de nos femmes dans les collectivités, servir à leur tendre la main, ou même à leur demander si elles pensent qu’elles ont été stérilisées, ou à avoir accès aux dossiers médicaux pour savoir si la stérilisation a eu lieu... sans parler de toute forme de counseling ou d’indemnisation.
I don’t know if it’s a question of the fact that the federal government is working through our national or regional Inuit associations, but I can tell you that for the women we have engaged with, it’s opened up more questions about their own potential family or individual status, but nothing beyond that that I’m aware of.
Je ne sais pas si cela est dû au fait que le gouvernement fédéral travaille par l’entremise de nos associations inuites nationales ou régionales, mais je peux vous dire que, pour les femmes avec qui nous avons communiqué, cela a suscité davantage de questions sur leur propre statut familial ou personnel potentiel, mais rien de plus à ma connaissance. Senator Omidvar: So, Ms. Redfern, if and when the money comes to Inuit women, how would you and your association or Ms. Sharpe and her association want to invest it so that it does have an impact?
La sénatrice Omidvar : Donc, madame Redfern, si et quand l’argent parviendra aux femmes inuites, comment vous et votre association ou Mme Sharpe et son association voudrez-vous l’investir pour qu’il donne des résultats? Ms. Redfern: I think it would be important for Pauktuutit, Amautiit and the [Technical difficulties] status women and other regions and women’s organizations to find a way collaboratively to develop some sort of program that helps women come forward. Being able to access their medical records has been a real challenge.
Being able to inspect those records is important, especially if women have a suspicion that maybe they were sterilized because they stopped having children even though they hadn’t reached menopause and that stage of their life. Mme Redfern : Je pense qu’il serait important pour Pauktuutit, Amautiit et les [Difficultés techniques] statut des femmes et d’autres régions et organisations pour femmes de travailler en collaboration afin d’élaborer un type de programme qui aide les femmes à se manifester. L’accès à leurs dossiers médicaux a été un véritable défi.
La possibilité d’inspecter ces dossiers est importante, en particulier si les femmes soupçonnent qu’elles ont peut-être été stérilisées, parce qu’elles ont cessé d’avoir des enfants même si elles n’étaient pas encore ménopausées et n’avaient pas atteint cette étape de leur vie. I do think that there is an opportunity to work collaboratively, to do it well. As I said, there may be some women that voluntarily choose not to know because it might just actually be too painful, so it’s offering that option.
In addition, counselling is incredibly important because learning that the government did this to you, where you may have not known or just simply suspected, is very, very painful. Je pense qu’il est possible de travailler en collaboration et de bien faire les choses. Comme je l’ai dit, certaines femmes choisiront peut-être volontairement de ne pas le savoir, parce que c’est peut-être trop douloureux, et il s’agit donc d’offrir cette option.
De plus, les services de counseling sont incroyablement importants, parce que le fait d’apprendre que le gouvernement vous a fait cela, alors que vous ne le saviez peut-être pas ou que vous le soupçonniez simplement, est très, très douloureux. We need the full services. In Nunavut, up to 50% of our mental health counselling positions have usually been vacant for the last 25 years. It may even be worse since COVID. Nous avons besoin des services complets. Au Nunavut, jusqu’à 50 % de nos postes de conseillers en santé mentale sont généralement vacants depuis les 25 dernières années.
Cela s’est peut-être même aggravé depuis la COVID. Money alone doesn’t necessarily help an individual deal with all the emotional revelations that come with learning that information. We need to be very careful about how we would develop a program and support. L’argent seul n’aide pas nécessairement une personne à composer avec toutes les révélations émotionnelles qui accompagnent le fait de prendre connaissance de cette information. Nous devons être très prudents quant à la manière dont nous élaborerions un programme et des services de soutien. Senator Omidvar: Thank you.
La sénatrice Omidvar : Merci. 9:12 Human Rights 9-5-2022
Senator Hartling: Thank you, Ms. Sharpe and Ms. Redfern, for being with us tonight and for explaining to us some of the serious issues that you know better than any of us do. La sénatrice Hartling : Merci, madame Sharpe et madame Redfern, d’être ici avec nous ce soir et de nous expliquer certains des problèmes graves que vous connaissez mieux que n’importe qui d’entre nous. I like that you brought forward some solutions to us. For example, Ms. Sharpe, you spoke about midwifery and, Ms.
Redfern, you spoke about the need for health care professionals and the need to have language services available to people to be able to understand what’s going on. J’aime que vous nous ayez présenté certaines solutions. Par exemple, madame Sharpe, vous avez parlé des services de sages- femmes, et madame Redfern, de la nécessité d’avoir des professionnels de la santé et d’offrir des services linguistiques aux personnes afin de pouvoir comprendre ce qui se passe.
If each of you could answer — there may be different answers — what needs to happen for more midwives, health professionals and language services to be there? What is the need? What are the barriers? What do you need for that to happen? Are there people ready to go into training? Can you tell us a little bit about what would happen if that could happen, how it would happen, please? Si chacune d’entre vous pouvait répondre — il peut y avoir des réponses différentes — et préciser ce qui doit se passer pour qu’il y ait davantage de sages-femmes, de professionnels de la santé et de services linguistiques.
Quels sont les besoins? Quels sont les obstacles? De quoi avez-vous besoin pour que cela se produise? Y a-t-il des gens prêts à suivre une formation? Pouvez- vous nous parler un peu de ce qui se passerait si cela se produisait, comment cela se produirait, s’il vous plaît? Thank you. Merci. Ms. Sharpe: There are a number of things that Pauktuutit is doing, including doing some research in this area. We brought together women to collaborate on this topic. Mme Sharpe : Pauktuutit fait un certain nombre de choses, notamment des recherches dans ce domaine. Nous avons réuni des femmes pour collaborer sur ce sujet.
We would also like to see the systematic barriers removed through initiatives such as increasing education access, not just in Nunavut but also in all areas of Inuit Nunangat. So that means accessing education, people who are able to provide the training that’s required for Inuit midwifery services, which would include elders and access to those elders. Nous aimerions aussi voir éliminer les barrières systématiques par des initiatives comme l’augmentation de l’accès à l’éducation, pas seulement au Nunavut, mais aussi dans toutes les régions de l’Inuit Nunangat.
Cela signifie donc l’accès à l’éducation, des gens en mesure de fournir la formation requise pour les services de sages-femmes inuites, ce qui comprend les aînés et l’accès à ces derniers. Infrastructure would be the next area that’s needed. There would also need to be a way to break down the colonial barriers in having to have a doctor say, “Okay, you’re allowed to be delivered by a midwife. You don’t have to be sent out.” L’infrastructure serait le prochain domaine nécessaire.
Il faudrait également trouver un moyen de faire tomber les barrières coloniales en demandant à un médecin de dire à une femme : « D’accord, vous pouvez accoucher avec une sage- femme. Vous n’avez pas besoin d’être envoyée à l’extérieur. » I actually also wanted to touch on the last point regarding whether there have been increases for the better. From my point of view, here in Yellowknife, aside from expectant mothers being allowed to have their escorts, their spouse, come with them to deliver, there has been no visible increase to midwifery services from what was existing in 2019.
In fact, from December last year to April of this year, here in Yellowknife, all women had to be sent out to Edmonton because of the shortage of health care staff. Imagine how Inuit midwifery services would reduce that need by allowing women to stay in their home communities and not have to be sent to Edmonton. En fait, je voulais également aborder le dernier point concernant le fait de savoir si les choses se sont améliorées. De mon point de vue, ici à Yellowknife, à
part le fait que les futures mères sont autorisées à se faire accompagner par leur conjoint pour accoucher, il n’y a pas eu d’augmentation visible des services de sages-femmes par rapport à la situation en 2019. En fait, de décembre dernier à avril de cette année, à Yellowknife, toutes les femmes ont dû être envoyées à Edmonton en raison de la pénurie de personnel de soins de santé. Imaginez comment les services de sages-femmes inuites réduiraient ce besoin en permettant aux femmes de rester dans leur communauté d’origine et de ne pas être envoyées à Edmonton.
Now, bear in mind that in Nunavut you have three regions: the Kitikmeot, Kivalliq and the Qikiqtani. N’oubliez pas que, au Nunavut, vous avez trois régions : le Kitikmeot, le Kivalliq et le Qikiqtani. 9-5-2022 Droits de la personne 9:13
Those from the Kitikmeot region — from places like Gjoa Haven, Cambridge Bay, Baker Lake — all come here to Yellowknife. So that’s already outside of the province. They still had to go to another province to deliver. This past January through April, women here in Yellowknife got a taste of that, and they did not like it. Celles de la région de Kitikmeot — d’endroits comme Gjoa Haven, Cambridge Bay, Baker Lake — viennent toutes ici à Yellowknife. C’est donc déjà à l’extérieur de la province. Elles devaient quand même se rendre dans une autre province pour accoucher.
En janvier dernier jusqu’en avril, les femmes de Yellowknife en ont eu un aperçu, et elles n’ont pas aimé ce qu’elles ont vécu. Senator Hartling: Yes, that’s tough. That’s really hard, to go away from your family. Thank you. La sénatrice Hartling : Oui, c’est difficile. C’est vraiment difficile de s’éloigner de sa famille. Je vous remercie. Would Ms. Redfern like to answer that as well? Est-ce que Mme Redfern aimerait aussi répondre à cette question? Ms. Redfern: Yes. I was working at Nunavut Tunngavik Inc. at the time the Government of Nunavut was working on the Nunavut Midwifery Profession Act.
I was actually quite concerned that the new legislation, while grandfathering existing Inuit midwives being allowed to continue to practise, made it much more difficult for new people to become Inuit midwives without having to go through either being sent down south for a nationally recognized midwifery school or program or a much more difficult process — sort of a systemic, non-Inuit process — for an Inuk to apprentice under an existing Inuk or Inuit midwife. That caused me some great concern. Mme Redfern : Oui. Je travaillais à Nunavut Tunngavik Inc. lorsque le gouvernement du Nunavut étudiait la
Loi sur la profession de sage-femme du Nunavut. J’étais en fait très préoccupée par le fait que la nouvelle loi, tout en permettant aux sages-femmes inuites existantes de continuer leur pratique, rendait beaucoup plus difficile pour les nouvelles personnes de devenir des sages-femmes inuites sans devoir passer par une école ou un programme de sages-femmes reconnu à l’échelle nationale dans le Sud ou par un processus beaucoup plus difficile — une sorte de processus systémique, non inuit — pour qu’une Inuite devienne apprentie sous la direction d’une sage- femme inuite. Cela m’a beaucoup préoccupée.
Last year, the Inuit midwives left the Rankin Inlet Birthing Centre on the allegations that they suffered years of mistreatment, racism and a lack of support from their government and, effectively, their employer. L’an dernier, les sages-femmes inuites ont quitté le Rankin Inlet Birthing Centre en raison d’allégations selon lesquelles elles avaient été victimes pendant des années de mauvais traitements, de racisme et d’un manque de soutien de la part de leur gouvernement, et, en fait, de leur employeur.
Even when we manage to train Inuit — and these were Inuit who had been nationally trained, because they had left the territory and come back — we still have to deal with the systemic issues that our own Inuit staff face within the health care system. Même lorsque nous réussissons à former des Inuites — et il s’agissait d’Inuites qui avaient reçu une formation à l’échelle nationale, parce qu’elles avaient quitté le territoire et étaient revenues —, nous devons toujours faire face aux problèmes systémiques auxquels notre propre personnel inuit est confronté au sein du système de santé.
If our goal is to increase Inuit within the health care profession, the last thing that we need and want is to see these initiatives result in women leaving this valuable profession; it then leaves women in our own regions and communities from being able to access something that is, or was, such a successful program.
Si notre objectif est d’accroître le nombre d’Inuits au sein des professions de la santé, la dernière chose que nous voulons et dont nous avons besoin, c’est de voir ces initiatives amener les femmes à quitter cette précieuse profession; les femmes de nos régions et de nos collectivités n’auront alors plus accès à un programme qui est, ou était, très efficace. I would only add one thing to what Pauktuutit President Gerri Sharpe said.
Presuming that all pregnancies, all Inuit pregnancies, are high risk — and, therefore, forcing women to leave, usually a minimum of 30 days prior to their due date, to go to Iqaluit, Ottawa, Rankin, Yellowknife or Edmonton — rather than actually doing the individual assessment is highly problematic. J’ajouterais seulement une chose à ce qu’a dit Gerri Sharpe, présidente de Pauktuutit.
Présumer que toutes les grossesses, toutes les grossesses inuites, présentent un risque élevé — et, par conséquent, obliger les femmes à partir, habituellement au moins 30 jours avant leur date d’accouchement prévue, pour se rendre à Iqaluit, à Ottawa, à Rankin, à Yellowknife ou à Edmonton — plutôt que de procéder à une évaluation individuelle est très problématique. 9:14 Human Rights 9-5-2022
It’s incredibly stressful and traumatic for a woman to leave not only her family support system but also her community support system and her culture simply to do something as natural as having a child. So we need to do much better on creating Inuit midwives in all our communities and all the necessary resources that requires. Il est incroyablement stressant et traumatisant pour une femme de quitter non seulement son système de soutien familial, mais aussi son système de soutien communautaire et sa culture simplement pour faire quelque chose d’aussi naturel que d’avoir un enfant.
Nous devons donc faire beaucoup mieux pour créer des postes de sages-femmes inuites dans toutes nos collectivités et toutes les ressources nécessaires que cela exige. The Chair: Thank you, Ms. Redfern. We have ten minutes left in this session. I have two senators who have questions. If the questions and answers can be brief, it would be appreciated. La présidente : Merci, madame Redfern. Il nous reste 10 minutes dans cette séance. J’ai deux sénateurs qui ont des questions à poser. Si les questions et les réponses peuvent être brèves, je vous en serais reconnaissante.
Senator Wells, to be followed by Senator Francis. Ce sera donc le sénateur Wells, suivi du sénateur Francis. Senator Wells: Thank you, chair. Le sénateur Wells : Merci, madame la présidente. I want to thank President Sharpe and President Redfern, as well as Ms. Young, for the work and important advocacy that you’re doing. I do it every time, and I must do it now, I want to thank Senator Boyer for her important work on this. Je veux remercier Mme Sharpe et Mme Redfern, ainsi que Mme Young, du travail et de l’important travail de défense des droits que vous faites.
Je le fais chaque fois, et je dois le faire maintenant, je veux remercier la sénatrice Boyer de son important travail sur cette question. I want to return to a line of questioning that Senator Omidvar brought up, and that was the question of the $33 million that’s been assigned. To me, when I look at the problem or the issue or the circumstance, I see you don’t just need midwives but you need Indigenous midwives — midwives that have that knowledge, specific training, language, cultural training and social training and who bring the elder knowledge.
Je voudrais revenir sur une question soulevée par la sénatrice Omidvar, à savoir les 33 millions de dollars qui ont été affectés. Pour moi, quand je regarde le problème ou la question ou la circonstance, je constate que vous avez besoin non seulement de sages-femmes, mais aussi de sages-femmes autochtones, des sages-femmes qui possèdent ces connaissances, la formation particulière, la langue, la formation culturelle et la formation sociale et qui apporte le savoir des aînés. This doesn’t just happen. I recognize that.
So it seems to me that a better system has to be established whereby the services the system provides Indigenous women have to be a lot more extensive than they are. Not only that, they have to span northern Canada and also southern Canada, because it’s not just a northern Canada problem. It extends from British Columbia to my province of Newfoundland and Labrador, and I recognize that. Cela ne se fait pas tout seul. Je le reconnais.
Il me semble donc qu’un meilleur système doit être établi, dans le cadre duquel les services que le système offre aux femmes autochtones doivent être beaucoup plus étendus qu’ils ne le sont actuellement. De plus, ils doivent couvrir le Nord et le Sud du Canada, car le problème ne se limite pas au Nord du pays. Il s’étend de la Colombie-Britannique jusqu’à ma province, Terre-Neuve-et- Labrador, et je le reconnais. What are the systems that could be set up — aside from possible prosecutions and things that might also be considered — that aren’t set up now?
Certainly, $33 million wouldn’t cover it, let alone the possibility of compensation, which seems entirely justified. But what are the physical systems that would allow patients to be empowered to make those decisions? And someone mentioned an excellent term; it seems appropriate for more than just this one topic: system navigation. Quels sont les systèmes qui pourraient être mis en place — à
part les poursuites éventuelles et les choses qui pourraient également être envisagées — qui ne sont pas mis en place actuellement? Certes, 33 millions de dollars ne suffiraient pas... sans parler de la possibilité d’une indemnisation, qui semble tout à fait justifiée. Mais quels sont les systèmes physiques qui permettraient aux patientes d’être habilitées à prendre ces décisions? Et quelqu’un a mentionné un terme excellent, qui semble approprié pour plus que ce seul sujet : la navigation du système. How big is this? How big does this need to be? Quelle est la taille de ce système? Quelle taille ce système doit-il avoir? 9-5-2022 Droits de la personne 9:15
Ms. Sharpe: The question is not “how big should this be?” You should be asking what knowledge we should uncover again. Nunavut, the Northwest Territories, Nunavik, Nunatsiavut — we already had this knowledge. This is something that the federal government told us we were not allowed to do. The federal government and the residential schools came in and told Inuit that they have to deliver in the communities, that it has to be by a doctor and that it cannot be by Inuit anymore. Mme Sharpe : La question n’est pas « quelle taille ce système devrait-il avoir? »
Vous devriez plutôt demander quelles connaissances nous devrions redécouvrir. Le Nunavut, les Territoires du Nord-Ouest, le Nunavik, le Nunatsiavut... Nous possédions déjà ces connaissances. C’est quelque chose que le gouvernement fédéral nous a dit que nous n’avions pas le droit de faire. Le gouvernement fédéral et les pensionnats autochtones sont arrivés et ont dit aux Inuits qu’ils devaient accoucher dans les collectivités, que cela devait être fait par un médecin et que cela ne pouvait plus être fait par les Inuits. As we’re living and breathing right now, our elders are dying. My grandfather was a midwife.
I could tell you stories about what my grandfather diagnosed just by looking at me, and he was right on the money. He had so much more knowledge than the other doctors I had to see, and all of that knowledge is dying off because it’s not being shared or the elders feel that it’s not at the level that it needs to be because they have been told by the government that their knowledge is not useful anymore. Alors que nous vivons et respirons en ce moment, nos aînés meurent. Mon grand-père était sage-femme.
Je pourrais vous raconter des histoires sur ce que mon grand-père a diagnostiqué simplement en me regardant, et il avait raison. Il possédait tellement plus de connaissances que les autres médecins que j’ai dû consulter, et toutes ces connaissances sont en train de disparaître parce qu’elles ne sont pas transmises ou que les aînés sentent qu’elles ne sont pas au niveau de ce qu’elles devraient être parce que le gouvernement leur a dit que leurs connaissances n’étaient plus utiles.
Our elders need to be encouraged to share that knowledge so that we can bring it back into the communities, and our people can trust our elders. They trust them. The people that have grown up with the elders will trust the words they say, so that’s what you need to bring back. You need to put it back in the hands of the elders so that traditional knowledge once again has its place in our lives. On doit encourager nos aînés à transmettre ces connaissances afin de les ramener dans les collectivités, et notre population peut faire confiance à nos aînés. Elle leur fait confiance.
Les personnes qui ont grandi avec les aînés feront confiance à ce qu’ils disent, et c’est ce que vous devez ramener. Vous devez remettre cette responsabilité entre les mains des aînés pour que le savoir traditionnel ait de nouveau sa place dans notre vie. Senator Wells: Okay, thank you for that. President Redfern? Le sénateur Wells : D’accord, je vous remercie. Madame Redfern? Ms.
Redfern: The problem with working with an initial amount — $33 million — is that you try to figure out what you can do for $33 million rather than setting that aside and asking how much it would actually cost to build a proper Indigenous midwifery program in all our regions and do it in a way that Indigenous peoples would want to design and deliver those programs.
Mme Redfern : Le problème lorsqu’on travaille avec un montant initial — 33 millions de dollars —, c’est qu’on essaie de trouver ce qu’on peut faire avec 33 millions de dollars au lieu de mettre cette somme de côté et de se demander combien il en coûterait réellement pour mettre en place un programme de sages-femmes autochtones adéquat dans toutes nos régions et de le faire d’une manière qui amènerait les populations autochtones à vouloir concevoir et fournir ces programmes. If we did that, then we would be able to come back to you and tell you what the proper plan is and how much it would actually cost.
At this point in time, we haven’t done that. I would recommend that we do that. Si nous faisions cela, nous serions alors en mesure de revenir vers vous et vous dire quel est le bon plan et combien il coûterait réellement. Pour l’instant, nous ne l’avons pas fait. Je recommande que nous le fassions. Senator Wells: I just want to make one comment, chair, and I’ll be only seconds. Le sénateur Wells : Je veux juste faire un commentaire, madame la présidente, et je n’en ai que pour quelques secondes. I’ve been around government and the Senate for a while, and $33 million sounds like a lot of money.
It’s not a lot of money for a problem of this magnitude, a problem that’s caused by the system that was established by the government. I just want to leave our witnesses with that. I can’t speak for my colleagues, but you would certainly have my support. Je suis au gouvernement et au Sénat depuis un certain temps, et 33 millions de dollars semblent être une grosse somme. Ce n’est pas beaucoup d’argent pour un problème de cette ampleur, un problème causé par le système établi par le gouvernement. Je veux simplement laisser nos témoins sur ce point.
Je ne peux pas parler pour mes collègues, mais vous auriez certainement mon soutien. 9:16 Human Rights 9-5-2022
Senator Francis: Thank you both for sharing your testimony with us here today. I know it takes a lot of strength and courage to speak up on these types of issues. Le sénateur Francis : Merci à vous deux de nous avoir présenté votre témoignage aujourd’hui. Je sais qu’il faut beaucoup de force et de courage pour s’exprimer sur ce genre de questions. I would like both of you to comment for the record on whether the use of coerced or forced sterilization is an example of ongoing genocide of Indigenous people.
I ask you this because the legal definition of genocide includes imposing measures to prevent births within a group. J’aimerais que vous nous disiez toutes les deux, aux fins du compte rendu, si le recours à la stérilisation contrainte ou forcée est un exemple du génocide continu des peuples autochtones. Je vous pose la question parce que la définition juridique du génocide comprend l’imposition de mesures visant à empêcher les naissances au sein d’un groupe. The Chair: Who would like to go first? Madam Sharpe? La présidente : Qui aimerait répondre en premier? Madame Sharpe? Ms.
Sharpe: I’m going to say that, yes, it is a form of genocide. I do recall when I was growing up that it was a measure, a way, to stop all of those women having so many babies from so many different men. I’ll say that again. It was a way to stop those women from having so many babies by so many different men. Mme Sharpe : Je vais dire que, oui, c’est une forme de génocide. Je me souviens que, dans mon enfance, c’était une mesure, une façon d’empêcher toutes ces femmes d’avoir un si grand nombre de bébés de tant d’hommes différents. Je vais le répéter.
C’était une façon d’empêcher ces femmes d’avoir un si grand nombre de bébés de tant d’hommes différents. It takes two to make a child, so when it comes to men, men should play an equal role in this — not just the women. But it was mainly the women who were coerced and sterilized. Il faut être deux pour faire un enfant, alors quand il s’agit des hommes, ils devraient jouer un rôle égal dans ce domaine, pas seulement les femmes. Mais ce sont surtout les femmes qui ont été contraintes et stérilisées. It wasn’t just women, as Ms.
Redfern has mentioned, but it was mainly women that I’m aware of, and it was because they were unmarried and had multiple partners and multiple children. So yes, it was a form of genocide, in my mind. Ce n’était pas juste les femmes, comme Mme Redfern l’a mentionné, mais c’était surtout les femmes, à ma connaissance, et c’était parce qu’elles n’étaient pas mariées et avaient plusieurs partenaires et plusieurs enfants. Donc oui, c’était une forme de génocide, à mon avis. Senator Francis: Thank you. Le sénateur Francis : Merci. The Chair: Ms. Redfern, would you like to respond to that question?
La présidente : Madame Redfern, aimeriez-vous répondre à la question? Ms. Redfern: Well, effectively the government decision, as President Sharpe indicated, was, as I quoted earlier, a government preoccupation with how to keep Native people from reproducing. I know from the Qikiqtani Truth Commission that there was an obsession with how to reduce the cost of government services to Indigenous peoples in almost all areas. Having fewer Indigenous people would save the government money — less housing, less health care and fewer people to educate.
Mme Redfern : Eh bien, effectivement, la décision du gouvernement, comme l’a dit Mme Sharpe, était, comme je l’ai cité plus tôt, une préoccupation du gouvernement sur la façon d’empêcher les Autochtones de se reproduire. Je sais, grâce à la Commission de vérité du Qikiqtani, qu’il y avait une obsession sur la façon de réduire le coût des services gouvernementaux pour les peuples autochtones dans presque tous les domaines. Le fait d’avoir moins d’Autochtones permettait au gouvernement d’économiser de l’argent : moins de logements, moins de soins de santé et moins de gens à éduquer.
If you can reduce a population by forced sterilization, you are effectively reducing the number of people in our society and not through the choice of the individual or of our collective. It was a choice of government officials who simply did not see the value of our lives, our society and our culture as part of Canada. Si vous pouvez réduire une population au moyen de la stérilisation forcée, vous réduisez bel et bien le nombre de personnes dans notre société et non par le choix de la personne ou de notre collectivité.
C’était le choix des représentants du gouvernement, qui n’ont tout simplement pas vu la valeur de nos vies, de notre société et de notre culture au sein du Canada. The Chair: Thank you. The final question goes to Senator Gerba. La présidente : Merci. La dernière question revient à la sénatrice Gerba. 9-5-2022 Droits de la personne 9:17
[Translation] [Français] Senator Gerba: Thank you to the witnesses for talking to us today. La sénatrice Gerba : Merci aux témoins d’être venus nous parler aujourd’hui. My question is for Ms. Sharpe. Like you, we all agree that racism must be stopped, that systemic racism must be stopped. Ma question s’adresse à Mme Sharpe. Tout comme vous, nous sommes tous d’accord pour dire qu’il faut arrêter le racisme, qu’il faut arrêter le racisme systémique. The witnesses who have appeared before our committee have told us why they can’t or won’t come forward.
How do you think we can stop systemic racism if the victims of this inappropriate treatment don’t come forward? Les témoins qui ont comparu devant notre comité nous ont expliqué pourquoi ils ne pouvaient pas ou ne voulaient pas se dévoiler. Comment pensez-vous qu’on peut arrêter le racisme systémique si les victimes de ces traitements inappropriés ne se dévoilent pas? [English] [Traduction] The Chair: Who would like to respond to this? La présidente : Qui aimerait répondre à cette question? Ms. Redfern: This is partly why the Qikiqtani Truth Commission was an Inuit-led and Inuit-funded commission.
Inuit felt much more comfortable being able to share all the things that the government had done that had caused so much harm. This is why people who have been victims of government need a safe place in which to be able to share, and that usually means creating a place that is filled by Inuit for Inuit. Mme Redfern : C’est en
partie pour cela que la Commission de vérité du Qikiqtani était une commission dirigée et financée par les Inuits. Les Inuits se sentaient beaucoup plus à l’aise de pouvoir raconter toutes les choses que le gouvernement avait faites qui leur avaient causé un si grand préjudice. C’est pourquoi les personnes qui ont été victimes du gouvernement ont besoin d’un lieu sûr où elles peuvent échanger, et cela signifie généralement la création d’un endroit qui est rempli par les Inuits et pour les Inuits. The Chair: Thank you. La présidente : Merci. Ms.
Sharpe: From my point of view, having been a human rights commissioner for five years, people will not complain if they don’t know what their rights are. So first and foremost, people need to know what their rights are. Then they realize when they have been wronged. Then they can speak about it in a setting where they feel safe, which is around other Inuit. This is a problem right across Canada, so it would need to be with other Indigenous women. They need to share their stories, before they even realize they have been wronged.
That’s when we can then move forward with identifying that and moving forward with reconciliation. Mme Sharpe : De mon point de vue, étant donné que j’ai été commissaire aux droits de la personne pendant cinq ans, les gens ne se plaindront pas s’ils ne connaissent pas leurs droits. Tout d’abord, les gens doivent connaître leurs droits. Puis, ils se rendent compte qu’ils ont été lésés. Ils peuvent alors en parler dans un cadre où ils se sentent en sécurité, c’est-à-dire en présence d’autres Inuits. C’est un problème qui se pose dans tout le Canada, et il faudrait donc que ce soit avec d’autres femmes autochtones.
Elles doivent raconter leur histoire, avant même de constater qu’elles ont été lésées. C’est alors que nous pourrons aller de l’avant, reconnaître les torts et aller de l’avant avec la réconciliation. In my mind, it seems very wrong to speak of reconciliation before we even identify what the systematic barriers are. Reconciliation and moving forward have to start with recognizing what has happened and acknowledging it so that other people can be aware of what has happened, and maybe they can realize that it has happened to them as well.
À mon avis, il est très mal venu de parler de réconciliation avant même d’avoir reconnu les obstacles systématiques. Pour qu’il y ait réconciliation et pour aller de l’avant, on doit d’abord reconnaître ce qui s’est produit, et ce, de manière à ce que d’autres personnes puissent savoir ce qui s’est passé, et elles pourront peut-être se rendre compte que cela leur est arrivé à elles aussi. The Chair: Thank you very much. I would like to thank the witnesses very much for your testimony. Your contributions to our study are greatly appreciated. La présidente : Merci beaucoup.
Je tiens à remercier les témoins de leur témoignage. Nous vous sommes très reconnaissants de vos contributions à notre étude. 9:18 Human Rights 9-5-2022
We are continuing our review of the forced and coerced sterilization of persons in Canada. As mentioned earlier, our June 2021 report underlined the importance of hearing from survivors about their experiences. Today, our committee is responding to this recommendation by hearing from women who have agreed to share their stories and their views. Nous poursuivons notre examen de la stérilisation forcée et contrainte de personnes au Canada. Comme je l’ai dit plus tôt, notre rapport de juin 2021 soulignait l’importance d’entendre les survivantes parler de leurs expériences.
Aujourd’hui, notre comité répond à cette recommandation en entendant des femmes qui ont accepté de raconter leur histoire et de faire part de leurs points de vue. I would like to introduce our second panel. On our second panel is Witness A, who wants to remain anonymous. I want to take this opportunity to welcome you, Witness A. Thank you for being with us today, and you have the floor. J’aimerais présenter notre deuxième groupe de témoins, qui est composé de la témoin A, qui souhaite garder l’anonymat. Je profite de cette occasion pour vous souhaiter la bienvenue, témoin A.
Merci d’être avec nous aujourd’hui, et vous avez la parole. Witness A, as an individual: Hello. I didn’t really know how to start off my statement, so I wrote a birth story of my youngest son. Témoin A, à
titre personnel : Bonjour. Je ne savais pas vraiment comment commencer ma déclaration, alors j’ai écrit l’histoire de la naissance de mon plus jeune fils. I was born in August 1993 in Regina, Saskatchewan, and I am a proud Saulteaux woman from Zagime Anishinabek First Nation. I’m a mother of two wonderful boys and the oldest of six children. I am currently focusing on going back to school to study, and hopefully begin a career, in the field of medical laboratory studies. Je suis née en août 1993, à Regina, en Saskatchewan, et je suis une fière femme saulteaux de la Première Nation anishinabek Zagime.
Je suis la mère de deux merveilleux garçons et l’aînée de six enfants. Je me concentre actuellement sur un retour à l’école pour étudier et, je l’espère, commencer une carrière dans le domaine des études de laboratoire médical. I’ll start off with my pregnancy. I found out I was pregnant fairly early, about four to five weeks along, in late September 2017. The doctor that I chose was in the same doctor’s office that I went to with my first son. She wasn’t the same doctor as my first, but she worked in the same office, and I liked her a lot. She listened to a lot of my concerns and addressed any of hers.
A tubal ligation was not once brought up. Je vais commencer par parler de ma grossesse. J’ai découvert que j’étais enceinte assez tôt, à environ quatre ou cinq semaines, à la fin septembre 2017. La médecin que j’ai choisie travaillait dans le même cabinet médical que celui où j’étais allée avec mon premier fils. Ce n’était pas la même médecin que mon premier, mais elle travaillait dans le même bureau, et je l’aimais beaucoup. Elle a écouté beaucoup de mes préoccupations et a répondu à toutes les siennes. La ligature des trompes n’a pas été évoquée une seule fois.
Around 30 to 31 weeks, my pregnancy became looked at as high risk, because I started to develop gestational hypertension. Around 35 to 36 weeks, she told me that she wanted to avoid a Caesarean
section because it would be more difficult for me as I’m a large woman. At 37 weeks, she told me she wanted me to be induced at 38 weeks, so my last appointment was set up around then. Vers 30 ou 31 semaines, ma grossesse a été considérée comme à risque élevé, car j’ai commencé à souffrir d’hypertension gestationnelle. Vers 35 ou 36 semaines, elle m’a dit qu’elle voulait éviter une césarienne parce que ce serait plus difficile pour moi, qui suis une femme corpulente. À 37 semaines, elle m’a dit qu’elle voulait que je sois provoquée à 38 semaines, et mon dernier rendez-vous a donc été fixé à ce moment-là.
Moving on to my induction process. It began on June 20, 2018. I got called in on the night of June 19, and I was told that I would be called that night or the next morning to start my induction. I was called the next morning and told to go to triage to come up with an induction plan. I waited a few hours and was seen and spoken to about the induction process. The doctor or nurse told me first that they would have to check my cervix to see what path we would go down.
After they checked my cervix, I was still closed, and I was advised that I would have to be gelled in order to soften my cervix and then moved to the labouring room. Passons maintenant au déclenchement du travail. Il a commencé le 20 juin 2018. On m’a dit de me présenter le soir du 19 juin, et on m’a dit qu’on m’appellerait cette nuit-là ou le lendemain matin pour déclencher le travail. On m’a appelée le lendemain matin et dit d’aller au triage afin que l’on établisse un plan de déclenchement du travail.
J’ai attendu quelques heures, puis quelqu’un est venu me voir et m’a parlé du processus de déclenchement du travail. Le médecin ou l’infirmière m’ont d’abord dit qu’ils devaient vérifier le col de mon utérus pour voir par où nous allions passer. Après qu’ils ont vérifié le col de mon utérus, il était toujours fermé, et on m’a dit qu’on introduirait un 9-5-2022 Droits de la personne 9:19
gel pour le dilater, puis qu’on me transférerait à la salle de travail. After my first attempt, they told me I was one centimetre, and I was able to be moved into the labouring room, and further induction efforts would be told to me. After that, I was told that the induction method I would be having would be described as a “flat insert” that would be used to further dilate me. I remember my contractions started pretty early, and I was started on the oxytocin, or the drip, and it was increased pretty frequently.
Après ma première tentative, on m’a dit que j’étais à un centimètre et que je pouvais être transférée dans la salle de travail, où l’on m’expliquerait les autres efforts de déclenchement. Après cela, on m’a dit qu’on introduirait un instrument à surface plane pour me dilater davantage. Je me souviens que mes contractions ont commencé assez tôt et qu’on a commencé à me donner de l’ocytocine, ou une perfusion, et qu’on l’a augmentée assez souvent.
One of the moments that I remember clearly was when the head nurse and the doctor entered my room and were discussing what type of induction would work best for me, and they wanted to check my dilation before they made their decision. So they did, and I was roughly three centimetres dilated, and without warning, the doctor and the nurse broke my water. They were communicating with each other and leaving me in the dark. I remember joking with the nurse who was assigned to me that if I knew they were going to break my water, I would have taken off my socks, because they were drenched in fluids.
Un des moments dont je me souviens clairement est celui où l’infirmière en chef et le médecin sont entrés dans ma chambre et discutaient du type de déclenchement qui fonctionnerait le mieux pour moi, et ils voulaient vérifier ma dilatation avant de prendre leur décision. C’est ce qu’ils ont fait, et j’étais dilatée à environ trois centimètres et sans avertissement, le médecin et l’infirmière m’ont crevé les eaux. Ils communiquaient entre eux et me laissaient dans l’ignorance.
Je me souviens d’avoir plaisanté avec l’infirmière qui m’avait été assignée en disant que si j’avais su qu’ils allaient me crever les eaux, j’aurais enlevé mes chaussettes, car elles étaient trempées de liquide amniotique. For the next 30 plus hours, I was monitored for high blood pressure and blood sugar and had one failed epidural attempt and one successful epidural attempt. Pendant les plus de 30 heures qui ont suivi, on a surveillé ma tension artérielle et ma glycémie, et j’ai eu une tentative de péridurale ratée et une tentative de péridurale réussie.
On the afternoon or evening of June 23, 2018, after my successful epidural, I started feeling off. I started feeling shaky and fevered. I felt like something wasn’t right. My mom was in the room with me, with my partner, and she realized that my water was broken for over 30 hours. My baby’s heart rate went up to 220 beats per minute. I was checked for dilation, and I was told my cervix was “cone-shaped” and that it felt like it was four to five centimetres. However, not long before, my cervix was only dilated two to three centimetres, which didn’t really make sense.
It was also confirmed that I had meconium in my waters. That means the baby used the bathroom while in the womb. L’après-midi ou le soir du 23 juin 2018, après la péridurale réussie, j’ai commencé à me sentir mal. J’ai commencé à me sentir tremblante et fiévreuse. J’avais l’impression que quelque chose n’allait pas. Ma mère était dans la pièce avec moi, avec mon conjoint, et elle s’est rendu compte qu’il y avait plus de 30 heures que j’avais perdu mes eaux. Le rythme cardiaque de mon bébé est monté à 220 battements par minute.
On a vérifié ma dilatation et on m’a dit que mon col était « conique » et qu’il semblait être dilaté à quatre ou cinq centimètres. Cependant, peu de temps auparavant, mon col n’était dilaté que de deux à trois centimètres, ce qui n’avait vraiment pas de sens. On a aussi confirmé que j’avais du méconium dans mes eaux. Cela signifie que le bébé a fait ses besoins dans l’utérus. Around 6 to 7 p.m., I was approached by the doctor, who told me that I would likely have to have an emergency C-section, because it was clear my baby was in distress, and that my body had a chance of going into septic shock.
I agreed to the procedure, and they told me I would need to sign papers before. Vers 18 ou 19 heures, le médecin s’est approché de moi et m’a dit que je devrais probablement subir une césarienne d’urgence, car il était clair que mon bébé était en détresse et que mon corps risquait de faire un choc septique. J’ai accepté la procédure, et on m’a dit que je devais signer des papiers avant. Before they brought me the papers to sign, they brought up a tubal ligation. Since they would already be operating on me, they said that this would be a quick process.
Prior to hearing this, I never had any thoughts about a tubal ligation and, honestly, I had no clue about what a tubal ligation was. I remember asking what that meant, and the answer I got seemed very vague and cruel. The doctor told me that the person performing the surgery had a very good reputation and that it was a safe surgery. They explained to me that they cut my Fallopian tubes and sear them Avant que l’on m’apporte les papiers à signer, la ligature des trompes a été évoquée. Comme ils allaient déjà m’opérer, ils ont dit que ce serait un processus rapide.
Avant d’entendre cela, je n’avais jamais pensé à une ligature des trompes et, en toute honnêteté, je n’avais aucune idée de ce que c’était. Je me souviens avoir demandé ce que cela signifiait, et la réponse que j’ai reçue m’a semblé très vague et cruelle. Le médecin m’a dit que la personne qui allait réaliser l’intervention avait une très bonne réputation et que c’était une intervention sûre. Ils m’ont 9:20 Human Rights 9-5-2022
closed and made a joke about how nothing would be getting through them. At that point, I didn’t second-guess my decision, because the only thing that was on my mind was surviving and the survival of my unborn child. expliqué qu’ils allaient couper mes trompes de Fallope et les refermer en plaisantant sur le fait que plus rien ne passerait par là. À ce moment-là, je n’ai pas remis en question ma décision, car la seule chose que j’avais à l’esprit était de survivre et d’assurer la survie de mon enfant à naître.
I signed without reading as I felt like the life of my unborn child was in my hands if I didn’t sign the documents fast enough. After I agreed, I remember the doctor and the nurse entering the room and asking my partner, who was also clearly Indigenous, to leave the room and give us a few moments alone. He left without incident. However, my mother stayed in the room with me. They started asking me if this was what I really wanted and how I could change my mind, because I might regret my decision later on. They also said I couldn’t change my mind if I happened to find a new partner and wanted a child with them.
This was kind of said in a worst-case scenario type of way, like “if your partner leaves you, and you decide later on that you want a child with a new partner . . .” That’s the kind of tone that they had. I was completely caught off guard, and I felt like they were trying to safeguard themselves by making me almost fight for my tubal ligation. At that moment, I felt like I had to prove myself to them and prove how serious and committed I was to my partner. J’ai signé sans lire, car j’avais l’impression que la vie de mon enfant à naître était entre mes mains si je ne signais pas les documents assez vite.
Après que j’ai accepté, je me souviens que le médecin et l’infirmière sont entrés dans la pièce et ont demandé à mon conjoint, qui était lui aussi clairement Autochtone, de quitter la pièce pour nous laisser quelques instants seuls. Il est parti sans incident. Cependant, ma mère est restée dans la pièce avec moi. Ils ont commencé par me demander si c’était vraiment ce que je voulais et m’ont dit que je pouvais changer d’avis, car je pourrais regretter ma décision plus tard. Ils ont également dit que je ne pourrais pas changer d’avis si je trouvais un nouveau partenaire et que je voulais un enfant avec lui.
Ils ont dit cela en parlant d’un genre de pire scénario, du genre « si votre partenaire vous quitte et que vous décidez plus tard que vous voulez un enfant avec un nouveau partenaire... » C’est le genre de ton qu’ils ont utilisé. J’ai été complètement prise au dépourvu, et j’ai eu l’impression qu’ils essayaient de se protéger en me faisant presque me battre pour ma ligature des trompes. À ce moment-là, j’ai senti que je devais leur prouver ma valeur et leur prouver à quel point j’étais sérieuse et engagée envers mon partenaire.
I couldn’t stop shaking, and I could barely speak as my teeth were chattering from the epidural and the other drugs, like morphine, that I’d been given. I remember I waited for what felt like hours to finally be wheeled off to the operating room, and I had a few doctors give me looks as I’m a bigger woman. They seemed uncomfortable when having to lift my stomach to perform the Caesarean section. The surgery itself almost felt dreamlike. I remember fading in and out of consciousness, and I remember the tugging and pulling of my baby being removed from my body and the moment of horror when I didn’t hear his cries.
I remember the doctors and nurses talking amongst themselves and saying, “That wasn’t as hard as I thought it would be,” when they were finished the surgery. Right after I gave birth, my baby couldn’t suck a bottle, and he was breathing really rapidly, so almost instantly, they brought him to the newborn intensive care unit, or NICU, and I wasn’t able to see him until the next day because of this. Je ne pouvais pas arrêter de trembler et j’arrivais à peine à parler, car mes dents claquaient à cause de la péridurale et des autres médicaments, comme la morphine, qu’on m’avait administrée.
Je me souviens d’avoir attendu ce qui m’a semblé être des heures avant qu’on me conduise enfin à la salle d’opération, et quelques médecins m’ont regardée de travers, car je suis une femme corpulente. Ils semblaient mal à l’aise lorsqu’ils devaient soulever mon ventre pour pratiquer la césarienne. L’intervention elle-même m’a paru presque comme un rêve. Je me souviens d’avoir perdu conscience, d’avoir senti que mon bébé était retiré de mon corps et d’avoir été horrifiée de ne pas entendre ses cris.
Je me souviens que les médecins et les infirmières parlaient entre eux et disaient : « Ça n’a pas été aussi difficile que je le pensais », lorsqu’ils ont terminé l’opération. Tout de suite après l’accouchement, mon bébé ne pouvait pas téter le biberon et il respirait très vite. Ils l’ont donc amené presque immédiatement à l’unité néonatale de soins intensifs, ou UNSI, et je n’ai pu le voir que le lendemain à cause de cela. I was expected to stay in the hospital for two to three days for antibiotics for a suspected infection.
They didn’t tell me what suspected infection I had, and I was supposed to be given medications to prevent any blood clotting. I’m sure that’s normal in Caesarean sections. However, I was visited by my own doctor, since she didn’t deliver my baby. She came and checked to see how I was doing and asked me if I needed any form of birth control and that she could write me a prescription for one. I told her about my tubal ligation, and she looked horrified. She didn’t Je devais rester à l’hôpital pendant deux ou trois jours pour prendre des antibiotiques contre une infection présumée.
On ne m’a pas dit de quelle infection présumée il s’agissait, et je devais recevoir des médicaments pour empêcher la formation de caillots. Je suis sûre que c’est normal pour les césariennes. Cependant, ma propre médecin m’a rendu visite, puisqu’elle n’avait pas réalisé l’accouchement. Elle est venue voir comment j’allais et m’a demandé si j’avais besoin d’une forme de contraception et si elle pouvait m’en prescrire une. Je lui ai parlé 9-5-2022 Droits de la personne 9:21
want to make eye contact after that. She apologized and left quickly, and I always wondered why her warm atmosphere quickly changed, and now, I realize why. A tubal ligation was never discussed, and I was under the age of 30 with only two children. I believe she knew that this practice was a bad decision from the hospital. de ma ligature des trompes, et elle a eu l’air horrifiée. Elle ne voulait plus me regarder dans les yeux après cela. Elle s’est excusée et est
partie rapidement, et je me suis toujours demandé pourquoi son attitude chaleureuse avait rapidement changé, et maintenant, je sais. Il n’avait jamais été question de ligature des trompes, et j’avais moins de 30 ans et seulement deux enfants. Je crois qu’elle savait que cette pratique était une mauvaise décision de l’hôpital. Since the sterilization, roughly four years ago today, I have been at a loss with my identity as a woman. I don’t believe it gets any easier knowing I can no longer do what women were made to do, and that is to carry life. The realization appears in waves of grief.
Most days, I’m content and grateful with the two healthy boys I have. However, other days I feel like breaking down, because I feel as if I failed my family and myself. Depuis la stérilisation, il y a environ quatre ans aujourd’hui, j’ai perdu mon identité en tant que femme. Je ne crois pas que ce soit plus facile de savoir que je ne peux plus faire ce pour quoi les femmes ont été faites, c’est-à-dire donner la vie. Cette prise de conscience se manifeste par des vagues de chagrin. La plupart du temps, je suis satisfaite et reconnaissante d’avoir deux garçons en bonne santé.
Mais d’autres jours, j’ai envie de m’effondrer, car j’ai l’impression d’avoir failli à ma famille et à moi-même. After my youngest son was born, I didn’t feel a connection with him. I would cry during his first milestones, because I knew those would be the last first milestones I would ever get to experience. I had a hard time bonding with him due to this and would break down any time he would hit a new milestone. It wasn’t until he was roughly two years old that I finally felt that maternal connection with him. I remember holding him, and it felt like he sank a little deeper into my arms.
When I looked at him and he stared back, I saw my baby and felt the same love I felt with my first son. I admired every part of his body and forgot about the sterilization for a while. Après la naissance de mon fils cadet, je n’ai pas ressenti de lien avec lui. Je pleurais lors de ses premières étapes, parce que je savais que c’étaient les dernières que je vivrais. J’avais du mal à créer des liens avec lui pour cette raison et je m’effondrais chaque fois qu’il franchissait une nouvelle étape. Ce n’est que lorsqu’il a eu environ deux ans que j’ai enfin ressenti ce lien maternel avec lui.
Je me souviens que je le tenais, et j’avais l’impression qu’il s’enfonçait un peu plus dans mes bras. Quand je le regardais et qu’il me regardait en retour, je voyais mon bébé et je ressentais le même amour que pour mon premier fils. J’ai admiré chaque
partie de son corps et oublié la stérilisation pendant un moment. Today, thinking about the sterilization, I still feel heartbroken about it and probably will for a long time. However, I feel like I’m ready to speak about it and share my experience with whoever cares to listen. My hope is for my story is to educate at least one person about this ongoing issue we as Indigenous women face when it comes to forced and coerced sterilization. Aujourd’hui, quand je repense à la stérilisation, j’en ai encore le cœur brisé et je le ressentirai probablement encore longtemps.
Cependant, je me sens prête à en parler et à faire part de mon expérience à tous ceux qui veulent bien m’écouter. J’espère que mon histoire permettra de sensibiliser au moins une personne à ce problème continu auquel nous, en tant que femmes autochtones, sommes confrontées lorsqu’il s’agit de stérilisation forcée et contrainte. Thank you. Merci. The Chair: Thank you very much, Witness A. That was powerful testimony, and like you said, we need to hear these stories. When we hear these stories, we can take action, and maybe the story that you’ve told will compel others to come forward and tell their stories.
I thank you. You were really great. La présidente : Merci beaucoup, témoin A. C’était un témoignage puissant, et comme vous l’avez dit, nous devons entendre ces histoires. Lorsque nous les entendons, nous pouvons agir, et peut-être que l’histoire que vous nous avez racontée incitera d’autres personnes à se manifester et à raconter la leur. Je vous remercie. Vous avez été vraiment formidable. We’ll proceed now to questions from the senators. We have a bit of a time crunch, so four minutes for questions and answers. Thank you. Nous allons maintenant passer aux questions des sénateurs.
Nous sommes un peu à court de temps, donc quatre minutes pour les questions et les réponses. Merci. Senator Boyer: Thank you, Witness A, for your testimony. I know how difficult it was, and I want to assure you that your testimony has quite possibly saved the lives of other women by La sénatrice Boyer : Merci, témoin A, pour votre témoignage. Je sais combien il a été difficile et je tiens à vous assurer que votre témoignage a probablement sauvé la vie 9:22 Human Rights 9-5-2022
us having listened to you. Your bravery coming forward has possibly saved those lives. d’autres femmes, parce que nous vous avons écoutée. Le courage dont vous avez fait preuve au moment de vous manifester a peut- être sauvé des vies. I have a question about what kind of resources you could possibly think of that may assist you in any kind of recovery. Has in vitro fertilization, or IVF, ever crossed your mind, a reanastomosis of your Fallopian tubes or anything else that might assist you with your recovery at this time?
J’ai une question sur le type de ressources auxquelles vous pourriez penser et qui pourraient vous aider à vous rétablir. La fécondation in vitro, ou FIV, vous a-t-elle déjà traversé l’esprit, une réanastomose de vos trompes de Fallope ou quoi que ce soit d’autre qui pourrait vous aider à vous rétablir en ce moment? Witness A: Thank you, Senator Boyer. My partner and I have discussed IVF, because I’m still young. I’m only 28, so I’m still in the prime of my baby-carrying stage. We’ve discussed that a lot. People in my family have volunteered to carry my baby if that is something I want.
However, IVF and those kinds of things are expensive, but I would love to be able to experience them eventually. Témoin A : Merci, madame la sénatrice Boyer. Mon conjoint et moi avons discuté de FIV, parce que je suis encore jeune. Je n’ai que 28 ans, donc je suis encore dans la fleur de l’âge pour porter un bébé. Nous en avons beaucoup discuté. Les gens de ma famille se sont portés volontaires pour porter mon bébé si c’est ce que je veux. Cependant, la FIV et ce genre de choses coûtent cher, mais j’aimerais pouvoir en faire l’expérience un jour. That’s currently why I’m trying to go back to school.
My partner is also trying to go back to school so we can eventually have enough money saved up so we can go through with the procedures. Thank you again. C’est pourquoi j’essaie actuellement de retourner à l’école. Mon conjoint essaie également de retourner à l’école pour que nous puissions un jour avoir assez d’argent de côté pour aller de l’avant avec les procédures. Je vous remercie encore une fois. Senator Boyer: Thank you very much for that testimony. It’s my understanding that it’s between $10,000 and $15,000 for that surgery. Is that what you’re saving up for?
La sénatrice Boyer : Merci beaucoup pour ce témoignage. Je crois savoir que cette chirurgie coûte entre 10 000 $ et 15 000 $. Est-ce ce pour quoi vous économisez? Witness A: Yes, that’s exactly what we hope to save up for. Because — thank you. Témoin A : Oui, c’est exactement ce pour quoi nous espérons économiser. Parce que... Merci. Senator Wells: I’ll be one minute, and I’d be happy to give whatever extra time I have back to Senator Boyer. Le sénateur Wells : J’en ai pour une minute, et je serai heureux de rendre le temps supplémentaire dont je dispose à la sénatrice Boyer.
Witness A, thank you so much for the courage you have expressed in your written and spoken words. You were concise, you were clear, you were informative, and I thank you for that. I thank you for moving us all closer to a solution and giving strength to others in your situation. Témoin A, merci beaucoup du courage que vous avez exprimé dans vos propos écrits et oraux. Vous avez été concise, claire, informative, et je vous en remercie. Je vous remercie de nous avoir tous amenés plus près d’une solution et d’avoir donné de la force à d’autres personnes dans votre situation. Witness A: Thank you for your comments.
When I spoke to other women, the one thing I really wanted to do was to help educate other people and make it known that this is still happening. This just happened four years ago, and I hope to continue to educate people about this concern throughout Canada. Thank you. Témoin A : Merci de vos commentaires. Lorsque j’ai parlé à d’autres femmes, la seule chose que je voulais vraiment faire était d’aider à sensibiliser d’autres personnes et de faire savoir que cela arrive encore. Cela s’est produit il y a quatre ans, et j’espère continuer à renseigner les gens sur cette préoccupation dans tout le Canada.
Je vous remercie. Senator Wells: Thank you. Le sénateur Wells : Merci. Senator Omidvar: Thank you so much to our witness for providing this difficult testimony to us, both through the written word and the spoken word. The written word helped us prepare for this. I