Senate Committee — RIDR — Evidence — 21ev-55663

RIDR / Evidence / 21ev-55663

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Senate Committee — RIDR — Evidence — 21ev-55663

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EVIDENCE TÉMOIGNAGES TORONTO, Thursday, September 22, 2022 TORONTO, le jeudi 22 septembre 2022 The Standing Senate Committee on Human Rights met this day at 1:20 p.m. [ET] to examine such issues as may arise from time to time relating to human rights generally. Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se réunit aujourd’hui à 13 h 20 (HE) pour examiner les questions qui peuvent survenir concernant les droits de la personne en général. Senator Salma Ataullahjan (Chair) in the chair.

La sénatrice Salma Ataullahjan (présidente) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Chair: Honourable senators, I am Salma Ataullahjan, senator from Toronto and chair of this committee. Today, we are conducting a meeting of the Standing Senate Committee on Human Rights, and I would like to take the opportunity to introduce my colleagues, the members of the committee who are participating in this meeting. We have Senator Gerba from Quebec and Senator Oh from Ontario. Unfortunately, Senator Arnot had to leave because he has a flight, the only flight to Saskatchewan. He had to leave, but we’re here.

I’m excited to have you here too. La présidente : Honorables sénateurs, je me présente : Salma Ataullahjan, sénatrice de Toronto et présidente du comité. Aujourd’hui, nous tenons une séance du Comité sénatorial permanent des droits de la personne. Je vais présenter mes collègues, les membres du comité qui participent à la séance. Nous accueillons la sénatrice Gerba, du Québec, et le sénateur Oh, de l’Ontario. Malheureusement, le sénateur Arnot a dû partir parce qu’il avait un vol à prendre, le seul vol à destination de la Saskatchewan. Il a dû partir, mais nous restons. Je suis ravie que vous soyez là.

So, having held two meetings in June, in Ottawa, today we continue our study on Islamophobia in Canada under our general order of reference. Our study will cover, amongst other matters, the role of Islamophobia with respect to online and off-line violence against Muslims, gender discrimination and discrimination in employment, including Islamophobia in the federal public service. Our study will also examine the source of Islamophobia, its impact on individuals, including mental health and physical safety, and possible solutions and government responses.

Après avoir consacré deux séances à la question en juin, à Ottawa, nous poursuivons aujourd’hui notre étude de l’islamophobie au Canada en vertu de notre ordre de renvoi général. L’étude porte notamment sur le rôle de l’islamophobie dans la violence en ligne et hors ligne contre les musulmans, la discrimination fondée sur le sexe et la discrimination en matière d’emploi, y compris dans la fonction publique fédérale.

Elle s’intéresse également à la source de l’islamophobie, à ses répercussions sur les personnes, notamment aux plans de la santé mentale et de la sécurité physique, ainsi qu’aux solutions et aux interventions gouvernementales possibles. We are pleased to be here in Toronto and to hear from witnesses about Islamophobia in this part of the country. This is the fourth of our public hearings outside of Ottawa. Two weeks ago, we were in Vancouver and Edmonton, and earlier this week, we were in Quebec. Nous sommes heureux de siéger à Toronto et d’entendre des témoins au sujet de l’islamophobie dans cette région.

Il s’agit de la quatrième de nos audiences publiques à l’extérieur d’Ottawa. Il y a deux semaines, nous étions à Vancouver et à Edmonton, et plus tôt cette semaine, nous étions au Québec. Let me provide you with some details about our meeting today. This afternoon, we shall have two one-hour panels with a number of witnesses who have been invited. In each panel, we shall hear from witnesses, and then the senators will have a question-and-answer session. Voici quelques détails au sujet de la séance d’aujourd’hui. Cet après-midi, nous entendrons pendant une heure chacun deux groupes composés de plusieurs témoins.

Avec chaque groupe, nous entendrons d’abord les exposés des témoins, après quoi les sénateurs poseront des questions. Now, I will introduce our first panel of witnesses. Each witness has been asked to make an opening statement of five minutes, and I ask you to respect that. We shall hear from all witnesses, and then turn to questions from senators. From the Canadian Arab Institute, we have Jad El Tal, Director of Research and Policy. From Islamic Relief Canada, we have Reyhana Patel, Director of Communications and Government Voici maintenant le premier groupe.

Les témoins ont été invités à faire un exposé liminaire de cinq minutes, et chacun est prié de respecter cette limite. Après avoir entendu tous les témoins, nous passerons aux questions des sénateurs. De l’Institut canado-arabe, voici Jad El Tal, directeur de la recherche et de la politique. De Islamic Relief Canada, nous accueillons Reyhana Patel, directrice des communications et des 22-9-2022 Droits de la personne 21:1

Relations, and from the Somali Canadian Association of Etobicoke, we have Adem Ali, Director of Programs. relations gouvernementales, et de la Somali Canadian Association of Etobicoke, nous recevons Adem Ali, directeur des programmes. I will now invite Jad El Tal to make his presentation. J’invite maintenant Jad El Tal à faire son exposé. Jad El Tal, Director of Research and Policy, Canadian Arab Institute: Thank you, Madam Chair. Good afternoon, bonjour. Madame Chair and senators, thank you for inviting me to speak about a topic that is near and dear to the heart of the Canadian-Arab community.

My name is Jad El Tal. I am the Director of Research and Policy at the Canadian Arab Institute. We are a non-partisan think-and-do-tank that focuses on the issues and interests of the Arab community in Canada through research, community programming and advocacy. Jad El Tal, directeur de la recherche et de la politique, Institut canado-arabe : Merci, madame la présidente. Bonjour. Madame la présidente, mesdames et messieurs les sénateurs, je vous remercie de m’avoir invité à parler d’un sujet qui tient à cœur à la communauté canado-arabe. Je m’appelle Jad El Tal.

Je suis directeur de la recherche et de la politique à l’Institut canado-arabe. Il s’agit d’un groupe de réflexion et d’action non partisan qui met l’accent sur les enjeux et les intérêts de la communauté arabe au Canada.

Il fait de la recherche, applique des programmes communautaires et fait la promotion des intérêts de la communauté. [Translation] [Français] Today, I’m going to talk about Islamophobia and anti-Arab racism in English, but before I do, I have to acknowledge that our community in Quebec is facing an increasingly institutionalized form of discrimination, which I’m sure you heard a lot about on Tuesday in Quebec City.

Aujourd’hui, je vais parler d’islamophobie et de racisme anti‑arabe en anglais, mais avant cela, je dois reconnaître que notre communauté, au Québec, fait face à une forme de discrimination de plus en plus institutionnalisée, dont vous avez sûrement beaucoup entendu parler mardi, à Québec. [English] [Traduction] The Canadian-Arab community is the largest newcomer population, and it also includes Muslim, Queer, Indigenous and Black community members, which is not usually highlighted in research and discussions about the Arab community.

Arabs are often lumped only under “Middle Eastern” or “Muslim” categories, taking away from the various intersectional experiences and demographics of this diverse community in Canada. La communauté canado-arabe est la plus importante population de nouveaux arrivants. Elle comprend des musulmans, des queers, des Autochtones et des Noirs, ce qui n’est pas mis en évidence, d’habitude, dans les recherches et les discussions sur la communauté arabe. Les Arabes ne sont souvent englobés que dans les catégories des moyen-orientaux ou des musulmans.

Il est donc fait abstraction des diverses réalités intersectionnelles et des caractéristiques démographiques de cette communauté diversifiée au Canada. According to the 2016 census, around half of the 1 million Arabs in Canada identify themselves as Muslim. This also means that half of the 1 million Muslims in Canada are Arab. This is an important statistic to highlight because not all Muslims are Arab and, of course, not all Arabs are Muslims.

Yet, most Arab‑Canadians, Muslim or not, would agree that they are subject to discrimination in our country because Islamophobia and anti‑Arab racism are rooted within each other. Indeed, historically and currently, anti-Arab racism and Islamophobia have needed each other like a fire needs wind to spread across a forest. Selon le recensement de 2016, environ la moitié du million d’Arabes présents au Canada s’identifient comme musulmans. Cela veut dire aussi que la moitié du million de musulmans présents au Canada sont arabes.

Il importe de souligner cette donnée statistique importante, car les musulmans ne sont pas tous arabes et, bien sûr, ce ne sont pas tous les Arabes qui sont musulmans. Pourtant, la plupart des Canadiens d’origine arabe, qu’ils soient musulmans ou non, conviendront qu’ils sont victimes de discrimination dans notre pays parce que l’islamophobie et le racisme anti-arabe se nourrissent l’un l’autre. En effet, par le passé et aujourd’hui encore, le racisme contre les Arabes et l’islamophobie ont eu besoin l’un de l’autre comme un feu a besoin de vent pour se répandre dans une forêt.

Let me give the panel a few examples of how this wildfire of anti-Arab racism and Islamophobia manifests itself in the everyday lives of Arab-Canadians. In April of 2022, we published an investigative report on why Arabs — and specifically Arab women — have the highest unemployment and Voici quelques exemples de la façon dont ce feu de brousse que sont le racisme anti-arabe et l’islamophobie se manifeste dans le quotidien des Canadiens d’origine arabe.

En avril 2022, nous avons publié un rapport d’enquête sur les raisons pour lesquelles les Arabes, et plus particulièrement les femmes arabes, 21:2 Human Rights 22-9-2022

underemployment rates of any demographic group in Canada. This was around 18% during the pandemic, more than twice the unemployment rate of White Canadians. Among the employment barriers we examined, we found that identity was a significant one for employment and inclusion in the workplace. affichent les taux de chômage et de sous-emploi les plus élevés de tous les groupes démographiques au Canada. Le taux a atteint environ 18 % pendant la pandémie, soit plus du double du taux de chômage des Canadiens blancs.

En examinant les obstacles à l’emploi, nous avons constaté que l’identité était importante pour l’emploi et l’acceptation en milieu de travail.

Arab women that we interviewed across the country had a tough time feeling included in the workplace because of the stereotypes they faced about their background, including condescending questions about their education level, their marital status, their religion and their upbringing “in the desert.” Non-Muslim women in our community also faced Islamophobic micro-aggressions and questioning like, “Does your husband allow you to not wear the hijab?” Les femmes arabes que nous avons interviewées dans tout le pays ont eu du mal à se sentir acceptées dans leur milieu de travail à cause des stéréotypes concernant leurs antécédents.

Elles se font notamment poser des questions condescendantes au sujet de leur niveau d’éducation, de leur état matrimonial, de leur religion et de leur éducation « dans le désert ». Les femmes non musulmanes de notre communauté ont également été victimes de microagressions islamophobes et se sont fait demander par exemple si leur mari leur permettait de ne pas porter le hidjab. Visibly Muslim women in our community undoubtedly faced double the brunt because of their intersecting Arab and Muslim identities.

For example, several of the veiled Arab women we interviewed have seriously contemplated, and have been advised by their peers, to take off their hijab in order to secure employment because they were told that that’s the only way to seek job security in this country, and for some of them, they actually had to do that. Les femmes visiblement musulmanes de notre communauté ont sans aucun doute été doublement touchées à cause de leur double identité arabe et musulmane.

Par exemple, plusieurs des femmes arabes voilées que nous avons interrogées ont sérieusement envisagé, et se sont fait conseiller par leurs pairs, de retirer leur hidjab pour obtenir un emploi parce que c’était la seule façon d’obtenir la sécurité d’emploi dans notre pays. Certaines ont dû s’y résoudre. But by far, the main reason Arab women cited for not receiving any callbacks for jobs is actually their names. It starts at the résumé.

A majority of last names in the community include the prefix “Abu” or “El,” just like mine, “El Tal.” Many first names of Arab-Canadians are, unsurprisingly, in Arabic, such as Yasmeen, Bassma, Yara, Rima or Hoda. So, someone, for example, named “Bassma Abu Yasser” will anecdotally and statistically face increased discrimination in this country, and not just in employment. We’re also talking about housing; we’re talking about healthcare, the justice system, access to services, education, in the media, et cetera, all because of their name.

Mais la plus grande raison, et de loin, alléguée par les femmes arabes pour ne pas être rappelées pour un emploi est en fait leur nom. Cela commence par le curriculum vitæ. La majorité des noms de famille dans la communauté comprennent le préfixe « Abu » ou « El », tout comme le mien, « El Tal ». De nombreux prénoms de Canadiens d’origine arabe sont bien naturellement arabes, comme Yasmeen, Bassma, Yara, Rima ou Hoda.

Donc, quelqu’un qui s’appellerait « Bassma Abu Yasser » fera face de façon anecdotique et statistique à une discrimination accrue au Canada, et pas seulement dans l’emploi, car il y a aussi le logement, les soins de santé, le système de justice, l’accès aux services, l’éducation, les médias et tout le reste. Tout cela à cause de leur nom. Finally, in the historical context, which is very important to highlight, it would be very convenient and easy for us to say that Islamophobia started 20 years ago after 9/11, but that’s simply not the case.

The harsh truth is that anti-Arab racism and Islamophobia go back hundreds of years, as depicted in Edward Said’s Orientalism. We can’t talk about today’s fight against Islamophobia without acknowledging that Western powers have used anti-Arab and anti-Muslim sentiments to colonize our people — to “civilize the barbarians.” This notion has been institutionalized in the West’s foreign policies for centuries, and it has trickled down into the modern day-to-day domestic experiences of Arabs and Muslims in Canada today.

Enfin, dans le contexte historique, qu’il est très important de souligner, il nous serait très commode et facile de dire que l’islamophobie a commencé il y a 20 ans, après les attentats du 11 septembre, mais ce n’est tout simplement pas le cas. La dure vérité, c’est que le racisme contre les Arabes et l’islamophobie remonte à des centaines d’années, comme l’illustre Orientalism, d’Edward Said.

Nous ne pouvons pas parler de la lutte d’aujourd’hui contre l’islamophobie sans reconnaître que les puissances occidentales ont eu recours à des sentiments hostiles aux Arabes et aux musulmans pour coloniser notre peuple, c’est‑à‑dire pour « civiliser les barbares ». Cette notion a été institutionnalisée dans les politiques étrangères de l’Occident pendant des siècles, et elle se répercute sur ce que vivent au quotidien les Arabes et les musulmans au Canada aujourd’hui. 22-9-2022 Droits de la personne 21:3

Ultimately, our testimony today highlights the diverse experiences of Arab-Canadians when it comes to the discrimination they face in Canada, whether or not they themselves are Muslim, and that is because anti-Arab racism and Islamophobia are the fire and wind needed to cause a wildfire. En fin de compte, notre témoignage d’aujourd’hui met en lumière les diverses expériences de discrimination auxquelles les Arabos-Canadiens sont soumis au Canada, qu’ils soient musulmans ou non. C’est que le racisme contre les Arabes et l’islamophobie sont le feu et le vent nécessaire à ce feu de brousse.

So, I kindly ask the committee today to consider and closely study anti-Arab racism within their discussions and research of Islamophobia, because trust me — and if not me, trust the data — you will not be able to successfully eradicate Islamophobia in this country without addressing anti-Arab racism as well.

Je demande donc aujourd’hui au comité de prendre en considération et d’étudier de près le racisme contre les Arabes dans ses délibérations et ses recherches sur l’islamophobie, car, croyez-moi — ou alors croyez les données — vous ne pourrez pas éradiquer l’islamophobie au Canada sans vous attaquer aussi au racisme dont les Arabes sont victimes. Thank you for listening, I yield the rest of my time back to the chair. Merci de m’avoir écouté. Je rends le reste de mon temps de parole à la présidence. The Chair: Reyhana Patel, I’ll ask you to make your presentation. Thank you.

La présidente : Reyhana Patel, je vous invite à présenter votre exposé. Merci. Reyhana Patel, Director of Communications and Government Relations, Islamic Relief Canada: Thank you, Madam Chair. Good afternoon, senators. Good afternoon, Madam Chair. My name is Reyhana Patel, and I’m here representing Islamic Relief Canada. We are one of Canada’s largest Muslim NGOs, and as one of the country’s largest Muslim NGOs, we have been at the frontlines of Islamophobia for many years. Our community has been at the receiving end of hate, especially online hate, for far too long.

Over the years, it has increased in all forms and volume. We receive hateful and threatening comments, both online and off-line. Our office has been the target of hateful letters and mail, and our staff and volunteer teams have been physically harassed and attacked while carrying out their jobs. Reyhana Patel, directrice des communications et des relations gouvernementales, Islamic Relief Canada : Merci, madame la présidente. Je souhaite un bon après-midi aux sénateurs et à madame la présidente. Je m’appelle Reyhana Patel et je représente Islamic Relief Canada.

Nous sommes l’une des plus grandes ONG musulmanes au Canada et, à ce titre, nous sommes depuis de nombreuses années en première ligne dans la lutte contre l’islamophobie. Notre communauté est depuis beaucoup trop longtemps victime de la haine, surtout en ligne. Au fil des ans, cette haine, sous toutes ses formes, a gagné en importance. Nous recevons des commentaires haineux et menaçants, en ligne et hors ligne. Notre bureau a reçu des lettres, du courrier haineux, et notre personnel et nos équipes de bénévoles ont été physiquement harcelés et attaqués dans l’exercice de leurs fonctions.

We have seen other Muslim organizations face similar challenges and have noticed systematic Islamophobia even within government institutions like the CRA, Canada Revenue Agency, which have unfairly targeted Muslim organizations for over a decade now. And these attacks are carried out with relative impunity, because Islamophobia is seen as an acceptable form of racism and hate.

Whereas direct expressions of racism and homophobia may often no longer be expressed freely in public, Islamophobia still passes “the dinner-table test” and can be readily mentioned in polite — and impolite — society. It is the go-to place for those who would otherwise be more discreet about their hate. This is because, somehow, Islamophobia can be seen as patriotic, non-racist and even grounded in reason.

It is for this reason such apparent self-justification and self-deception of Islamophobes has to be called out and countered at every turn, in the same way many other forms of racism and sexism have been combatted in the post-war era. Nous avons vu d’autres organisations musulmanes faire face à des défis semblables et nous avons remarqué une islamophobie systémique, même au sein d’institutions gouvernementales comme l’ARC, l’Agence du revenu du Canada, qui cible injustement les organisations musulmanes depuis plus d’une décennie maintenant.

Et les attaques sont menées dans une relative impunité, parce que l’islamophobie est considérée comme une forme acceptable de racisme et de haine. Alors que la libre expression directe du racisme et de l’homophobie en public est souvent réprimée, l’islamophobie est encore acceptée dans les conversations à table. Elle peut facilement s’exprimer dans la société, que celle-ci soit policée ou non. C’est un exutoire pour ceux qui, par ailleurs, seraient plus discrets dans l’expression de leur haine. C’est que l’islamophobie peut être perçue comme patriotique, non raciste et même rationnelle.

Voilà pourquoi il faut dénoncer et contrer à la moindre occasion l’autojustification apparente et l’aveuglement des islamophobes, de la même façon que l’on combat de nombreuses autres formes de racisme et de sexisme depuis l’après-guerre. 21:4 Human Rights 22-9-2022

In February 2021, Islamic Relief Canada published a report entitled, In Their Own Words: Untold Stories of Islamophobia in Canada, which featured several compelling stories of people across the country who experienced Islamophobia, and I just want to share some of the stories with you that stood out. One of these stories was about a young man in B.C. who switched schools entirely because of the barrage of Islamophobic attacks that he was facing. We spoke to a teacher in Quebec who was forced to leave their job because they had to remove their head scarf because of Bill 21.

And then we spoke to Aymen Derbali, a survivor of the Quebec City mosque shooting. He was shot and was left paralyzed, and he is now suffering the consequences of that many years on. En février 2021, Islamic Relief Canada a publié un rapport, In Their Own Words : Untold Stories of Islamophobia in Canada, qui présentait plusieurs histoires saisissantes de victimes d’islamophobie aux quatre coins du Canada. En voici quelques‑unes qui ressortent du lot. Prenons le cas d’un jeune Britanno-Colombien qui a changé d’école uniquement à cause du barrage d’attaques islamophobes qui le visaient.

Nous avons parlé à une enseignante du Québec qui a été contrainte de quitter son emploi parce que la loi 21 la forçait à retirer son foulard. Ensuite, nous avons parlé à Aymen Derbali, un survivant de la fusillade survenue à la mosquée de Québec. Il a reçu une balle et s’est retrouvé paralysé. Il subit toujours les conséquences de ses blessures au bout de tant d’années.

Some of the major findings of this report that we found are that Islamophobia is gendered, with women bearing the brunt of attacks, and that it is being increasingly normalized across Canadian society, with many victims accepting insults as something routine and ordinary. We could see this gendered element even in the research participants themselves. As we made this call for participants for this research, a significantly higher percentage of women came forward than men, and many of these women’s encounters with Islamophobia revolved around their choice to wear the head scarf or the hijab.

Nous avons remarqué, entre autres grands constats du rapport, que l’islamophobie ne touche pas les deux sexes de façon égale. En effet, les femmes sont les plus ciblées par les attaques, ce qui semble de plus en plus normalisé dans la société canadienne, au point que de nombreuses victimes acceptent les insultes comme quelque chose de courant et allant de soi.

Cette différence entre les deux sexes s’observe même parmi ceux qui ont participé à nos recherches : lorsque nous avons lancé un appel aux participants, un pourcentage nettement plus élevé de femmes que d’hommes se sont manifestées, et bon nombre d’entre elles ont été victimes d’islamophobie parce qu’elles avaient choisi de porter le foulard ou le hidjab.

In terms of normalization, nearly every single person we interviewed for this report prefaced the discussion with statements like, “I’m not that much of a victim,” or, “I haven’t experienced that much discrimination compared to others.” While much of this could demonstrate a disdain for the sensational, a trait that is highly valued in Islam, it became clear from the interviews that hatred and discrimination have become so routine in Canada that many victims felt these experiences are simply to be expected when living as a religious minority in Canadian society.

À propos de normalisation, presque tous ceux que nous avons interrogés pour produire le rapport ont amorcé l’échange en disant qu’ils n’étaient pas de grandes victimes, qu’ils n’avaient pas subi autant d’islamophobie que d’autres. Bien que cela puisse tenir en grande

partie à un mépris pour le sensationnel, ce qui est très apprécié dans l’islam, les entrevues ont montré à l’évidence que la haine et la discrimination sont devenues tellement courantes au Canada que de nombreuses victimes estiment que ces incidents vont de soi lorsqu’on appartient à une minorité religieuse dans la société canadienne. Throughout the development of this report, we spoke to a number of individuals who identified their workplace as the location in which they experienced the greatest degree of Islamophobia. Notably, some of these workplaces included government offices.

Alarmed by this trend, we are now embarking on a study entitled Muslims at the Margins: Islamophobia & (Un)Employment , which we hope to have ready for publication in early 2023. Tout au long de l’élaboration du rapport, un certain nombre de personnes ont précisé que c’est surtout dans leur milieu de travail qu’elles ont été en butte à l’islamophobie. Il convient de souligner que certains de ces lieux de travail ne sont autres que des bureaux de l’État.

Alarmés par cette tendance, nous entreprenons maintenant une étude intitulée Muslims at the Margins : Islamophobia & (Un)Employment , que nous espérons pouvoir publier au début de 2023. We also presented our recommendations to the federal government at the National Summit on Islamophobia last year, which we have included in our written submissions, but I’d also like to suggest the following guidelines also be followed. Firstly, we believe the government must be more proactive, as opposed to simply reactive, when a crisis occurs in its response to Islamophobia in Canada.

Secondly, it is essential that any and all measures be actioned in an appropriate manner that does not allow for any new initiative or commitment to be perceived as Nous avons également présenté nos recommandations au gouvernement fédéral lors du Sommet national sur l’islamophobie, l’an dernier. Nous les avons reprises dans nos mémoires, mais je proposerais aussi qu’on se conforme aux lignes directrices que voici. Premièrement, nous croyons que le gouvernement doit prendre les devants au lieu de se contenter de réagir lorsque survient une crise liée à l’islamophobie au Canada.

Deuxièmement, il est essentiel que toutes les mesures soient mises en œuvre de telle manière qu’elles ne puissent être perçues 22-9-2022 Droits de la personne 21:5

“special treatment” for the Muslim community which, as we know, is a favoured trope of white supremacist groups. Lastly, in order to eradicate the ideological source of Islamophobia, the government must take a whole-of-government approach to uprooting White supremacy from every level of society. comme un traitement de faveur accordé à la communauté musulmane qui, comme nous le savons, est une cible de choix pour les suprémacistes blancs.

Enfin, pour éradiquer la source idéologique de l’islamophobie, le gouvernement doit adopter une approche pangouvernementale pour bannir le suprémacisme blanc à tous les niveaux de la société. Thank you kindly for your time and for listening to me. Merci beaucoup de m’avoir écoutée. The Chair: Thank you, and Adem Ali, now I turn to you. La présidente : Merci. Adem Ali, c’est votre tour. Adem Ali, Director of Programs, Somali Canadian Association of Etobicoke: I am Adem Ali. I’m the Director of Programs at the Somali Canadian Association of Etobicoke. Etobicoke is just right by where we are right now.

In particular, our organization obviously serves the Somali community, which has been in this area since the 1980s. Our organization is over 30 years old. We started off basically just doing things like immigration, helping people get their permanent residence, things like that. As the needs of the community changed, then our services also changed. So, today, we’re trying to serve more youth who have been born here. They are not newcomers; their parents were newcomers and then they were born here. Another thing that we really try to serve is food insecurity, which is a big issue.

Adem Ali, directeur des programmes, Somali Canadian Association of Etobicoke : Je m’appelle Adem Ali. Je suis le directeur des programmes de la Somali Canadian Association of Etobicoke. C’est précisément dans cette ville que nous nous trouvons actuellement. Bien entendu, notre organisation est d’abord au service de la communauté somalienne, qui s’est implantée dans cette région dans les années 1980. Notre organisation a plus de 30 ans. Nous avons commencé par nous occuper de choses comme l’immigration, par aider les immigrants à obtenir leur résidence permanente, par exemple.

À mesure que les besoins de la collectivité changeaient, nos services ont évolué. Donc, aujourd’hui, nous nous occupons davantage de jeunes qui sont nés ici. Ce ne sont pas de nouveaux arrivants; leurs parents l’étaient, mais les enfants sont nés ici. Nous essayons vraiment de nous occuper aussi de l’insécurité alimentaire, qui est un gros problème. So, over the past year, what we were doing was a research program on cyber hate crime, in particular toward Muslims, and, of course, mainly Somali and East Africans. We surveyed over 400 members of our community, and we split them into three different groups.

It was seniors, adults and youth. We asked them just general questions: Have they ever experienced hate? Do they even know what a hate crime is? For a lot of those seniors, they did not know what a hate crime was, especially online. They’re obviously somewhat familiar with hate crimes in person, physically, but things online, after we had explained to them what it was, then they would say, “Oh, yes, we have actually experienced that.” Adults were somewhat of a mixed bag because some were newcomers, some were not.

Some were very hesitant to speak of their experiences, and after a few sessions, then they were more open. Au cours de la dernière année, nous avons réalisé un programme de recherche sur la cybercriminalité haineuse dont sont victimes les musulmans et, bien sûr, principalement les Somaliens et les Africains de l’Est. Nous avons fait un sondage auprès de plus de 400 membres de notre communauté, qui ont été divisés en trois groupes : les aînés, les adultes et les jeunes. Nous leur avons simplement posé des questions d’ordre général : ont‑ils déjà été victimes de haine? Savent-ils même ce qu’est un crime haineux?

Bien des aînés ne savaient pas ce que c’est, surtout si le crime est commis en ligne. De toute évidence, ils connaissent assez bien les crimes haineux commis en personne, physiquement, mais en ligne? Après que nous leur avons expliqué de quoi il s’agissait, ils ont ajouté : « Oh, oui, nous avons effectivement vécu cela. » Parmi les adultes, nous avons trouvé un peu de tout, car certains étaient de nouveaux arrivants, d’autres pas. Certains hésitaient beaucoup à parler de leurs expériences, et après quelques séances, ils se sont montrés plus ouverts.

The youth in particular, though, I’d like to speak about, because they were very open about what was happening to them. They were saying that they were online mainly for — what was it? — six-plus hours. Our survey allowed them to put different amounts of time, you know, 0 to 1, 1 to 2 hours, but six-plus was the maximum that we had, and they were all ticking that. Un mot des jeunes, qui ont été très ouverts au sujet de ce qui leur arrive. Ils ont dit qu’ils étaient en ligne pour la plupart pendant plus de six heures, sauf erreur. Notre sondage leur a permis d’inscrire des durées différentes.

De 0 à 1 heure, de 1 à 2 heures, par exemple. Mais le maximum de réponses s’est situé dans la catégorie de six heures et plus. Ils ont tous coché cette catégorie. 21:6 Human Rights 22-9-2022

So, these youth, for them, it is almost like another world. Even for us, maybe, you know, we can put away our devices, but for them, it’s always with them; they can always see it, and they said that really was the problem for them. So, when they were getting these messages about hate — just because they were who they were, they’re Muslim, maybe they’re even just Black — it was always there; it was always popping up, and the main culprit usually was social media. Donc, pour ces jeunes, c’est presque un autre monde. Même pour nous, peut-être.

Nous pouvons ranger nos appareils, mais eux, ils ne s’en éloignent jamais. C’est une présence constante et, selon eux, c’est là que réside le problème. Ils reçoivent ces messages de haine — simplement parce qu’ils sont ce qu’ils sont, parce qu’ils sont musulmans, parce qu’ils sont noirs. Ces messages sont toujours là. Ils leur sautent au visage constamment. Et le grand coupable, ce sont généralement les médias sociaux. When we were speaking to them, we were actually surprised, because we asked what solutions they’d want, and they would actually like more regulation on these social media websites.

Most of the adults said that they would not want that. They’re very suspicious of the government. They did not want any type of interference, but the youth were more trusting, and they wanted these things to end because it was something that they did not obviously enjoy being a part of. They did not want to be targets of hate, and they thought that there should be more regulation so that people that do this would face consequences. They wanted, just in general, more safe spaces, and more things to be done so that they could feel that they were being protected when they were online.

Nos échanges avec eux nous ont étonnés. Invités à décrire les solutions qu’ils souhaitent, ils ont répondu qu’ils voulaient une réglementation plus rigoureuse des sites des médias sociaux. La plupart des adultes ne veulent pas de cette réglementation. Ils se méfient beaucoup du gouvernement. Ils ne veulent aucune forme d’ingérence, mais les jeunes ont davantage confiance, et ils veulent que ces comportements cessent parce que cela ne leur plaît manifestement pas.

Ils refusent d’être la cible de la haine, et ils pensent qu’il devrait y avoir une réglementation plus rigoureuse pour que les coupables subissent les conséquences de leurs actes. Ils réclament en général des espaces plus sûrs. Ils souhaitent qu’on en fasse plus pour les protéger lorsqu’ils sont en ligne. So, that’s the main issue that we saw that was affecting youth. When they were experiencing these situations, these hate crimes, it was clearly affecting their mental health, in particular, their self-esteem.

You know, I don’t want to really repeat the examples that were given, but it usually had to do with, say, their name or their appearance. A simple message would linger with them. We would ask them when this happened. Maybe it was months ago, weeks ago, years ago, but they still remembered it; they still felt bad about it, and it’s just not something, I think, our youth should be experiencing when they’re just trying to interact online. Thank you for your time. C’est donc le principal problème touchant les jeunes que nous avons constaté.

Lorsqu’ils se retrouvent dans cette situation, devant ces crimes haineux, il est clair que leur santé mentale et plus particulièrement leur estime de soi en souffrent. Je ne tiens pas à reprendre les exemples déjà donnés, mais cette attitude désobligeante tient habituellement à leur nom ou à leur apparence. Un simple message peut les hanter. Nous leur avons demandé quand les incidents se sont produits. C’est il y a des semaines, des mois, des années. Mais ils s’en souviennent toujours et ils en souffrent.

Nos jeunes ne devraient pas avoir à vivre pareilles expériences simplement parce qu’ils interagissent en ligne. Merci d’avoir pris le temps de m’écouter. The Chair: Thank you very much. So, now we’ll turn to the senators for questions. Senator Oh, I turn to you first. La présidente : Merci beaucoup. Passons aux questions des sénateurs. Monsieur le sénateur Oh, à vous l’honneur. Senator Oh: Thank you, Madam Chair. Thank you, witnesses, for being here. For Jad, I have a question for you. Can you tell us your biggest concern in regard to the Egyptian community with which you are involved?

What are the most critical and most concerning things that you want the committee to look at? Le sénateur Oh : Merci, madame la présidente. Je remercie les témoins de leur présence. Monsieur El Tal, j’ai une question à vous poser. Quelle est votre plus grande préoccupation en ce qui concerne la communauté égyptienne avec laquelle vous travaillez? Selon vous, quels sont les éléments les plus critiques et les plus préoccupants auxquels le comité devrait s’intéresser? Mr. El Tal: Thank you, senator, for that question.

I think the biggest concern of the Arab community in general, especially in the last year and two years is housing, and the discrimination that our community faces when trying to just rent a place anywhere in Canada. We did a survey last year in February, so it’s seven months ago, and we asked what the biggest concerns are. We asked participants to rank their top five biggest concerns. Number one was housing; two was healthcare; three was discrimination in general. And then when we asked more about M. El Tal : Monsieur le sénateur, merci de cette question.

La plus grande préoccupation de la communauté arabe en général, surtout depuis un an ou deux, c’est le logement, c’est la discrimination à laquelle ses membres font face lorsqu’ils essaient de louer un logement n’importe où au Canada. Nous avons fait un sondage en février dernier, il y a donc sept mois, et nous avons demandé quels étaient les plus importants sujets d’inquiétude. Nous avons demandé aux participants de classer dans l’ordre leurs cinq principales préoccupations. La première 22-9-2022 Droits de la personne 21:7

discrimination, we got the results that I mentioned today, which is, you know, the names. For those who are visibly Muslim, obviously, it was their physical appearance that they worried about. They worried about their safety, so public safety is also a huge issue. And all of that is with regards to their Arab identity. So, those are the biggest issues. était le logement; la deuxième, les soins de santé; la troisième, la discrimination en général. Et quand nous avons posé des questions plus poussées sur la discrimination, nous avons obtenu les résultats que j’ai évoqués tout à l’heure : les noms.

Pour ceux qui sont visiblement musulmans, évidemment, c’est leur apparence physique qui les préoccupait. Ils craignent pour leur sécurité. La sécurité publique est donc aussi un enjeu énorme. Et tout cela se rattache à leur identité arabe. Ce sont donc les plus gros problèmes. Senator Oh: So, because of their identity, they have problems renting? Le sénateur Oh : À cause de leur identité, ils ont du mal à louer un appartement? Mr. El Tal: Yes.

Yes, and we did further interviews with specific people, and one of them specifically applied for three different condos in Toronto, and each time, there was a rejection, and there was no justification other than, “We just went with another candidate.” There was no justification. Their credit score was good. The job contract was there. They were employed and everything. It was just that they just weren’t chosen, and their feeling was that it was because they were discriminated against based on their name. M. El Tal : Tout à fait. Nous avons mené d’autres entrevues auprès de personnes précises.

L’une d’entre elles a demandé à louer trois copropriétés différentes à Toronto, et a essuyé autant de refus. Sans aucune justification sinon que le propriétaire avait préféré quelqu’un d’autre. Bonne cote de crédit. Contrat de travail. Emploi. Rien ne manquait. Sa demande n’a pas été retenue, simplement. Elle a eu l’impression d’être victime de discrimination à cause de son nom. Senator Oh: Thank you. Le sénateur Oh : Merci. Mr. El Tal: Thank you, senator. M. El Tal : Merci, monsieur le sénateur. Senator Oh: For Ms. Patel, you are from an NGO, you mentioned, right? So, can you tell me who funded your NGO?

How do you get your funding? Le sénateur Oh : Madame Patel, vous représentez une ONG, n’est-ce pas? Qui la finance? Comment obtenez-vous des fonds? Ms. Patel: Yes, so the majority of our funding comes from our community, Canadian Muslims across the country. We do get a few government grants as well, but that’s between 1 and 5% of our total revenue. Mme Patel : Oui, je représente une ONG. La majorité de nos fonds provient de notre communauté, des musulmans canadiens de partout au Canada. Nous recevons aussi quelques subventions du gouvernement, mais cela représente entre 1 et 5 % de toutes nos rentrées.

Senator Oh: Do you receive any funding from foreign countries? Le sénateur Oh : Recevez-vous des fonds de pays étrangers? Ms. Patel: No, we don’t. No. Mme Patel : Non, aucunement. Senator Oh: Absolutely none? Le sénateur Oh : Absolument rien? Ms. Patel: Islamic Relief Canada doesn’t. No. No. So, we have, obviously, partner offices around the world. So, our U.S.A. office will get funding from U.S.A.; our U.K. office will get funding from the U.K. Mme Patel : Islamic Relief Canada n’en reçoit pas. Rien. Nous avons évidemment des bureaux partout dans le monde.

Notre bureau aux États-Unis obtient ses fonds dans ce pays-là et notre bureau britannique les trouve au Royaume-Uni. Senator Oh: But Canadian side, only strictly from Canada? Le sénateur Oh : Chez nous, tous les fonds proviennent uniquement du Canada? Ms. Patel: From the Canadian government or UN agencies as well. Mme Patel : Du gouvernement du Canada ou d’organismes de l’ONU également. Senator Oh: And what is your biggest concern that you want the committee to look into for your community in terms of Islamophobia or discrimination?

Le sénateur Oh : Et quel grand problème lié à l'islamophobie et à la discrimination à l’encontre de votre communauté souhaitez-vous que le comité étudie? 21:8 Human Rights 22-9-2022

Ms. Patel: So, I think there’s two things. I think one of the things that facing the Muslim NGOs right now is the CRA and the targeting of Muslim charities by the CRA in terms of audits. We haven’t been audited by the CRA ever, but other Muslim charities have and some of the stuff that we’re hearing and the stuff that’s coming out is very concerning. So, we would like that addressed. I know there’s some work that’s been going on already. Mme Patel : Deux choses. Le grand problème des ONG musulmanes en ce moment, c’est l’ARC, dont les audits ciblent des organismes de bienfaisance musulmans.

Nous n’avons jamais fait l’objet d’un audit de la part de l’ARC, mais d’autres organismes de bienfaisance musulmans ont été ciblés. Nous entendons des choses très préoccupantes. Nous voudrions que le comité s’attaque au problème. Il s’intéresse déjà à la question. And we do a lot of work under the gender-based violence portfolio at Islamic Relief Canada, and we do a lot of work with Muslim women. When we talk to the community about Islamophobia, people are really, really scared and concerned and they’re facing attacks every day.

For me, for us, the one thing that stood out in the research that we do is that a lot of people feel that it’s normal to experience verbal abuse, and even some physical abuse, and it’s not being reported, or people aren’t coming forward. Islamic Relief Canada s’occupe beaucoup du problème de la violence fondée sur le sexe et travaille auprès des musulmanes. Lorsque nous discutons d’islamophobie avec la communauté, nous remarquons une vraie crainte, une profonde inquiétude. Les agressions sont quotidiennes.

À mes yeux, à nos yeux, ce qui ressort le plus de nos recherches, c’est que bien des gens trouvent qu’il est normal de subir de la violence verbale, et même de la violence physique. Les agressions ne sont pas signalées. Les victimes restent discrètes. Senator Oh: Thank you. For you, I know there are a lot of Somali communities in Etobicoke, Jane and Finch area mostly. So, can you tell us a little bit about what affects your community in regard to Islamophobia? Le sénateur Oh : Merci. Il y a beaucoup de communautés somaliennes à Etobicoke, surtout dans la région de Jane et Finch.

Dites-moi un mot des manifestations d’islamophobie qui touchent votre communauté? Mr. Ali: So, again, our project was about cyber hate crime, so it was looking at how people are affected when they’re online, what type of interactions they’re having. Again, you can look at it from a long period of time, but what has been happening lately is that there are groups targeting anybody that they see as not White or following a different religion that they see as different — in this case, of course, you know, Muslim. We’ve had some discussions with a Jewish organization, and they’re facing the same thing.

You’ll find people that will target groups that are non-Christian — insulting their appearance, their religion, their way of life, asking, “Why do you this? Why do you do that?” M. Ali : Notre projet a porté sur la cybercriminalité motivée par la haine. Il s’agissait de voir comment les internautes sont touchés, quelle est la nature de leurs interactions. On peut examiner le problème sur une longue période, mais ce qui se passe ces derniers temps, c’est que des groupes ciblent ceux qui leur semblent ne pas être blancs ou pratiquer une religion qui leur semble différente — dans ce cas, bien sûr, l’Islam.

Nous avons discuté avec une organisation juive, et elle est aux prises avec le même problème. Certains ciblent les groupes non chrétiens, leur lancent des insultes à cause de leur apparence, de leur religion, de leur mode de vie, et ils leur demandent : « Pourquoi faites-vous ceci ou cela? » Just speaking from experience from our organization as well, as some of the other panellists have said, you will find discrimination in things like trying to rent a place, trying to find a job. A lot of times you know, someone will be interviewed for a job, and everything is in order, but then they will have no callback.

Or they’ll try to apply to rent, and as I said, they’ll have a good credit score but they won’t get it. They’ll try to go for, you know, some type of food pickup. Like I said, we do a lot of things. Food insecurity is a very big issue in the Somali community right now because of high rents, and they’ll try to go to places to try to get food and they’ll be, like, “Oh, there’s nothing this week. Come back next week.” Then they’ll come back next week and be told, “Oh, there’s also nothing,” but they’ll see other people having access to those services.

L’expérience de notre organisation confirme ce que les autres témoins ont dit. La discrimination se manifeste lorsqu’on essaie de louer un logement ou cherche un emploi. Il arrive souvent qu’on se présente à une entrevue, que tout soit en règle et qu’on ne soit pas rappelé. Ou bien, on demande à louer un logement sans pouvoir l’obtenir, même si on a une bonne cote de crédit. On se fait aussi refuser l’aide alimentaire. Nous faisons une foule de choses. L’insécurité alimentaire est un très gros problème dans la communauté somalienne en ce moment parce que les logements coûtent cher.

Ceux qui s’adressent aux banques alimentaires se font répondre : « Oh, il n’y a rien cette semaine. Revenez la semaine prochaine. » S’ils y retournent la semaine suivante, ils se font dire qu’il n’y a toujours rien. Pourtant, ils en voient d’autres qui ont accès à ces services. So, luckily, we have gotten some funding from different levels of government, municipal and federal, and we have been able to provide food hampers and grocery gift cards to the community. But the demand just far exceeds anything that we can do.

So, for Heureusement, nous avons obtenu des fonds de différents ordres de gouvernement, municipal et fédéral, et nous avons pu fournir des paniers alimentaires et des cartes-cadeaux d’épicerie à la communauté. Mais la demande dépasse de loin nos 22-9-2022 Droits de la personne 21:9

online discrimination, it is being targeted by certain groups, and in terms of physical, in person, discrimination, it is things like rent and food insecurity. moyens. La discrimination en ligne cible certains groupes. La discrimination concrète, en personne, se manifeste dans la recherche de logement et l’aide alimentaire. Senator Oh: Do you ever get in touch with Minister Hussen? He is in your area, and he is from Somalia. Le sénateur Oh : Vous arrive-t-il de communiquer avec le ministre Hussen? Il est dans votre région et il vient de la Somalie. Mr. Ali: Yes.

Our executive director could not be here because he is currently rehabilitating from an injury — he injured his leg — but he has been in contact with the minister. He has told us how to pursue things. He’s been very helpful to our organization over the years. M. Ali : Oui. Notre directeur exécutif n’a pas pu comparaître, parce qu’il soigne une blessure à la jambe, mais il a été en contact avec le ministre. Celui-ci nous a dit comment nous y prendre. Il a été très utile à notre organisation au fil des ans. Another person who has helped us is Kirsty Duncan.

She is actually located just down the street from us, and she really helps us with a lot of the issues that we face, as well as community members. Kirsty Duncan nous a aussi aidés. Elle a ses bureaux tout près de chez nous, et elle nous aide vraiment, nous et les membres de la communauté, à régler bon nombre de problèmes. Senator Oh: Okay, good. Thank you. Thank you, chair. Le sénateur Oh : D’accord. Merci. Merci, madame la présidente. The Chair: Thank you, senator. So, just a clarification. You were talking about food insecurity. Where do you go where you’re told there’s no food?

Do you go to the local food banks? La présidente : Merci, monsieur le sénateur. Juste une précision. Vous avez parlé d’insécurité alimentaire. Où vous faites-vous refuser l’aide alimentaire? Ce sont des banques alimentaires locales? Mr. Ali: So, in certain cases that we’ve seen, it’s organizations. So, like I said, for us, we do receive funding, and we do say on our application that we’ll give it to specific groups. Then we give it out, of course, to those groups.

Other organizations that we’ve heard of are just ones in the Toronto area that have gotten the funding for that, and then when people try to go to access that, they’ve been unable to. M. Ali : Il s’agit parfois d’organisations. Quant à nous, nous recevons des fonds, et nous disons dans notre demande que nous ferons des dons à des groupes particuliers. Ensuite, nos dons vont à ces groupes, évidemment. D’autres organisations dont nous avons entendu parler sont de la région de Toronto et elles ont obtenu des fonds pour offrir cette aide, mais certains demandeurs se font refuser l’accès.

The Chair: And you feel that they will not give it to the Somali community while they are giving to others. Is that what I am to understand? La présidente : Et vous avez l’impression que ces gens-là ne donnent rien à la communauté somalienne tout en accordant de l’aide à d’autres, si je comprends bien? Mr. Ali: Yes. So, what we’ve seen is maybe it’s been more so against Muslims or even more so against Black people, because the majority of Somalis are Black. So, it’s more of that. Yeah. M. Ali : Oui.

D’après ce que nous avons observé, ce sont peut-être plutôt les musulmans ou encore plus les Noirs, puisque la majorité des Somaliens le sont, qui essuient des refus. C’est donc plutôt cela, effectivement. The Chair: Thank you. And I will turn to Senator Gerba. La présidente : Merci. Je cède maintenant la parole à la sénatrice Gerba. Senator Gerba: Thank you, Madam Chair. Thank you for coming here today. I’ll start with Jad. You are from Montreal? La sénatrice Gerba : Merci, madame la présidente. Merci aux témoins de comparaître. Je vais m’adresser d’abord à Jad El Tal. Vous venez de Montréal? Mr.

El Tal: I lived in Montreal before, but I’m not from Montreal. M. El Tal : J’ai déjà vécu à Montréal, mais je ne suis pas de là-bas. Senator Gerba: Oh, okay. I don’t want to talk about Bill 21, but do you think that there is any link between the increase of Islamophobia in Quebec and this bill? La sénatrice Gerba : D’accord. Je ne veux pas parler du projet de loi 21, mais voyez-vous un lien entre la progression de l’islamophobie au Québec et ce projet de loi? 21:10 Human Rights 22-9-2022

Mr. El Tal: I think that’s an excellent question, and I think that the answer is yes. In the interviews that we did, on the employment study that we did, our community members in Quebec actually named Bill 21 in their interview, saying that this is impacting their day-to-day lives, and I’m mentioning that because usually, as we know, the average Canadian doesn’t really know bills or numbers of specific bills, but our community knows Bill 21 because it impacts them so much. M. El Tal : Excellente question. Je pense que oui.

Au cours de nos entrevues, pendant notre étude sur l’emploi, les membres de notre communauté au Québec ont parlé du projet de loi 21, disant que cette mesure a une incidence sur leur vie quotidienne. D’habitude, les simples citoyens ne connaissent pas le numéro des projets de loi. Ils connaissent celui de ce projet de loi, tellement il a de lourdes conséquences pour eux. Senator Gerba: Okay. So, what can the federal government do? What do you think the federal government could do to end this Islamophobic behaviour in our communities? La sénatrice Gerba : D’accord. Que peut faire le gouvernement fédéral?

Selon vous, que pourrait-il faire pour mettre fin au comportement islamophobe dans nos collectivités? Mr. El Tal: I understand, obviously, there’s only so much the federal government could do without encroaching too much on the sovereignty of different provinces, but I think that a very positive approach would first be looking into their own backyard, how their Muslim employees in the federal government are being treated and how they feel about Islamophobia within their network.

I always tell different organizations, “You have to look within first before you start looking outside and saying this person is not doing that action.” M. El Tal : Je comprends, évidemment, que le gouvernement fédéral ne peut pas en faire tellement sans trop empiéter sur la souveraineté des provinces, mais une démarche très constructive consisterait d’abord à examiner ce qui se passe dans sa propre cour, à voir comment ses employés musulmans sont traités, à réfléchir à l’islamophobie dans son propre réseau.

Je dis toujours à différentes organisations : « Regardez d’abord ce qui se passe chez vous avant de dénoncer l’inaction des autres. » And so, I think one of the first things that the federal government should do is make a very clear statement, obviously, against Islamophobia, which they have done, and also, start asking their own members who do live in Quebec what their thoughts and feelings are, because they have many.

Le gouvernement fédéral devrait avant tout déclarer très clairement qu’il réprouve l’islamophobie, ce qu’il a fait, mais aussi commencer à demander à ses propres députés du Québec, qui sont nombreux, ce qu’ils pensent, ce qu’ils ressentent. Senator Gerba: Thank you. This question is for any of you. I don’t know if you have any study linking the increase of Islamophobia with the increase of the radicalization of Muslims. Are there any studies that link these issues? La sénatrice Gerba : Merci. Ma question s’adresse à n’importe lequel des témoins.

Avez-vous étudié le lien qui existe peut-être entre l’aggravation de l’islamophobie et la radicalisation de certains musulmans? Y a-t-il des études qui établissent ce lien? [Translation] [Français] I will say it in French. I am interested in knowing more. We observe that there is an increase in radicalization within the Muslim community. Are there any studies that have analyzed the effect of this radicalization on the rise of Islamophobia in Canada or elsewhere in the world? Je vais le dire en français. Cela m’intéresse d’en savoir davantage.

On observe qu’il y a une augmentation de la radicalisation au sein de la communauté musulmane. Est-ce qu’il y a des études qui ont analysé l’effet de cette radicalisation sur la montée de l’islamophobie au Canada ou ailleurs dans le monde? [English] [Traduction] Ms. Patel: This is not an area that I study, but I can give an overview. I don’t know of any study, I’m sure there has been, but I did do some work on radicalization and preventing extremism while I lived in the U.K.

While there wasn’t a link, what we do is when communities feel excluded from communities and they’re being pushed aside or they have really bad experiences, they can kind of go down that path of radicalization. Mme Patel : Ce n’est pas un domaine que j’étudie, mais je peux vous donner un aperçu. Je ne connais aucune étude, mais je suis sûre qu’il y en a. Lorsque j’habitais au Royaume-Uni, je me suis intéressée à la radicalisation et à la prévention de l’extrémisme.

Bien qu’il n’y ait pas de lien, il peut arriver que les communautés qui se sentent exclues, repoussées dans les marges, qui ont des expériences très regrettables, soient tentées par la radicalisation. But again, when we’re talking about Canada, I’m not entirely sure. Maybe my colleagues will be able to speak more about whether there’s a concrete study, but I do know, generally, when Quant au Canada, je ne suis pas tout à fait sûre de ce qu’il en est. Mes collègues pourront peut-être vous dire s’il existe une étude concrète à ce sujet, mais je sais que, de façon générale, à 22-9-2022 Droits de la personne 21:11

you’re looking at the topic of radicalization within any community, when people are sidelined, they’re pushed towards what makes them feel comfortable, into different ideologies, and that can lead them down that path. propos de la radicalisation au sein de certaines communautés, lorsque les gens sont mis de côté, ils sont poussés vers ce qui les rend à l’aise, vers différentes idéologies, et ils peuvent s’engager dans cette voie. Mr. Ali: I’m not sure on the exact dates, but I think there was a study done at our organization years before I started working there, and they did find that there was a correlation.

As she just said, when people are excluded or maybe feel like they’re not part of the community, of the society, it is more likely that they will turn to radicalization. Not so much maybe domestically, like, doing things here, but they were going abroad to do things. M. Ali : Je ne sais pas quand au juste, mais je crois qu’une étude a été réalisée dans notre organisation des années avant que je ne commence à y travailler. Il a été constaté qu’il y avait une corrélation. Comme Mme Patel vient de le dire, lorsque les gens sont exclus ou qu’ils ont l’impression de ne pas faire

partie de la collectivité, de la société, ils risquent davantage de céder à la radicalisation. Ils ne vont peut-être pas passer à l’action au Canada, mais ils pourraient aller à l’étranger pour y mener leur lutte. So, that’s why I said in my statement that it’s important, especially for the youth, that they feel safe here, that they feel that the government is taking care of them, is making sure that they’re not being attacked online or physically in person, you know, discriminated against.

C’est pourquoi j’ai dit dans ma déclaration qu’il est important que les jeunes, surtout, se sentent en sécurité ici, qu’ils aient l’impression que le gouvernement s’occupe d’eux et veille à ce qu’ils ne soient pas agressés en ligne ou physiquement en personne, qu’ils ne soient pas victimes de discrimination. [Translation] [Français] Senator Gerba: I would also like to ask another general question. I would like to know if there is anything that can be done, also with regard to the radicalization of Muslims, that would counteract or help to address the problem of Islamophobia.

La sénatrice Gerba : J’aimerais aussi poser une autre question d’ordre général. J’aimerais savoir s’il y a quelque chose à faire, également en ce qui concerne la radicalisation des musulmans, et qui irait à l’encontre ou qui aiderait à régler le problème de l’islamophobie. Mr. El Tal: Thank you, Senator. M.

El Tal : Merci, sénatrice. [English] [Traduction] Just to answer the previous question and then lump into this question here as well, I’m not sure about the link between the radicalization of Muslims and increased Islamophobia, but what I know for sure is that Islamophobia existed way before the concept of radicalization of Muslims. And so, I’m not sure if they work together and they increase with each other.

Maybe anecdotally they do, but I think something that has been successful in the past with de-radicalization, especially within religious communities, is to partner up with religious clergy people, partner up with mosques and other religious institutions, in order to spread the word of the actual religion, which is a religion of peace, because, like my friends here said before, the radicalization of our community members happens because of the exclusion they face from Canadian society.

Pour répondre à la question précédente et aborder ensuite celle-ci, je dirai que je ne suis pas sûr qu’il y ait un lien entre la radicalisation des musulmans et l’intensification de l’islamophobie, mais il est certain que l’islamophobie est bien antérieure à l’émergence de la notion de radicalisation des musulmans. Je ne suis pas sûr que les deux tendances soient liées ou se renforcent mutuellement.

Il arrive peut-être parfois que ce soit le cas, mais ce qui a bien marché par le passé dans les efforts de déradicalisation, surtout au sein des groupes confessionnels, ce sont les partenariats avec des membres du clergé, des mosquées et d’autres institutions religieuses pour faire connaître la religion, qui est une religion de paix. Comme les autres témoins l’ont dit, des membres de notre communauté se radicalisent parce qu’ils sont exclus de la société canadienne.

When we have these types of conversations and the report comes out and we show that as a community, as a country, together, we are combatting Islamophobia, those who feel that they’re excluded might feel that, oh, actually, our country is working to the benefit of us. So, they might not feel the need to radicalize. Lorsque nous avons des échanges comme ceux-ci, publions des rapports et montrons que notre société, notre pays lutte contre l’islamophobie, ceux qui se sentent exclus pourraient avoir l’impression que, en fait, notre pays travaille dans notre intérêt.

Ils ne ressentiront peut-être pas le besoin de se radicaliser. 21:12 Human Rights 22-9-2022

So, I think what you’re doing now is actually a perfect example of how we can make community members feel even more welcomed and included into Canada, so that the potential for radicalization in the future decreases. Ce que vous faites maintenant est un exemple parfait de la façon dont nous pouvons faire en sorte que les membres de la communauté se sentent encore mieux accueillis au Canada, mieux intégrés, si bien que les risques de radicalisation diminueront à l’avenir. Senator Gerba: Thank you. La sénatrice Gerba : Merci. The Chair: Thank you.

Just to explain a bit, I started this study because I was horrified when I looked at some of the statistics, and the one that particularly shocked me was when I found out that the most Muslims killed in a G7 country were in Canada. And as we have started the study and we’re continuing, we’re finding out that incidents of Islamophobia are higher in Canada than they are in the U.S. There was the U.K. study which, you know, also pinpointed Canada as being not a very safe place for Muslims, and, of course, we’re seeing a rise.

I think three days ago there’s been an incident with a young boy in Bradford who suffered hemorrhaging. We’re also hearing maybe there’s been an incident in Ottawa with a young Syrian refugee. So, it’s continuing, and we’ve heard all these. La présidente : Merci. Un mot d’explication. J’ai lancé cette étude parce que certaines statistiques m’ont horrifiée. L’une d’elles m’a particulièrement choquée : le Canada est le pays du G7 où il y a le plus de musulmans tués. L’étude que nous avons amorcée et poursuivons nous apprend que les incidents d’islamophobie sont plus fréquents au Canada qu’aux États- Unis.

Une étude britannique révèle que le Canada n’est pas un lieu très sûr pour les musulmans. Et nous observons une augmentation de l’islamophobie. Il y a trois jours, un jeune garçon de Bradford a subi une hémorragie. Nous apprenons qu’à Ottawa, un jeune réfugié syrien a peut-être été victime d’un incident. La tendance se maintient donc. Nous avons entendu parler de tous ces incidents. And so, I want to turn to you about an issue that’s been raised by others, Jad, about the portrayal of the Middle Eastern man in media. I think back to the attack that happened on Yonge Street, the van attack.

And before anybody knew who the attacker was, a certain reporter on a certain local channel said it was a wild‑looking Middle Eastern man, but it wasn’t a wild-looking Middle Eastern man who carried out that attack. I asked a reporter at another forum we were in what the consequences were, and they said, “Well, she was suspended for 10 days.” You know, maybe we should be grateful for that suspension of 10 days. And she supposedly is of the faith also, you know. Je voudrais aborder une question que d’autres ont soulevée, monsieur El Tal. Il s’agit de la représentation de l’homme moyen-oriental dans les médias.

Je songe à l’attentat perpétré rue Yonge, l’attentat à la fourgonnette bélier. Avant que quiconque ne sache qui était l’auteur de l’attentat, une journaliste d’une chaîne locale a dit que c’était un homme du Moyen-Orient à l’air furieux. Il n’en était rien. À une autre occasion, j’ai demandé à un journaliste quelles avaient été les conséquences. Il m’a répondu : « Elle a écopé d’une suspension de 10 jours. » Nous devrions peut-être être reconnaissants de cette sanction de 10 jours, mais cette journaliste est censément de notre religion.

As a family — I have two young daughters — we’ve developed a sense of humour at the portrayal of Muslims in Hollywood movies. I mean, a lot of it is really ridiculous. But in print media, on TV, we are beginning to see some positive images; there’s been a couple of them. What’s the sense in your community? Is it a sense of humour? Is it a sense of anger? Like, I mean, I see you, and I know we’ve had others sitting before us here. You’re not an angry wild-looking man, which is the perception everyone has. J’ai deux jeunes filles.

Dans ma famille, nous avons appris à rire de la représentation des musulmans dans les films hollywoodiens. C’est tellement caricatural. Mais dans la presse écrite et à la télévision, nous commençons à voir des représentations positives. Il y en a eu quelques-unes. Quel est le sentiment de votre communauté? Réagit-on avec humour? Avec colère? Vous n’en êtes pas à votre première comparution devant le comité. Vous n’êtes pas un homme en colère et hagard, comme le voudrait cette perception généralisée. Mr. El Tal: Yes, for sure.

Thank you, senator, for the opportunity to speak on this issue, which impacts me personally, like you just said. So, in a survey that we did last year, we asked our community members, “Do you feel the representation of Arabs in the media is accurate in Canada?” Ninety-five per cent said no. And we know that, obviously, like you said, we maybe try to cope with the trauma through humour, but it does impact us in a large way. Netflix right now just released a show called “Mo,” I think a few weeks ago, and it talks about this Palestinian American and his experience of integrating into the U.S. as a refugee.

And for the first time, I felt so much pride, because I saw someone who looked like me, who jokes like the way I do M. El Tal : Oui, bien sûr. Je vous remercie, madame la sénatrice, de me donner l’occasion de parler de cette question, qui me touche personnellement, comme vous venez de le dire. Dans un sondage que nous avons réalisé l’an dernier, nous avons demandé aux membres de notre communauté : « Pensez-vous que, au Canada, la représentation des Arabes dans les médias soit fidèle? » Quatre-vingt-quinze pour cent ont dit non.

Il nous arrive de réagir au traumatisme par l’humour, comme vous l’avez dit, mais l’impact reste dévastateur. Netflix vient de rendre disponible une émission intitulée Mo, il y a quelques semaines, je crois. Elle porte sur un Américain d’origine palestinienne et son intégration aux États-Unis comme 22-9-2022 Droits de la personne 21:13

with my mom and my parents and my family. And so, I didn’t really understand personally the importance of representation until I saw someone that actually represents me and who I am. réfugié. Et pour la première fois, j’ai ressenti une grande de fierté, parce que j’ai vu quelqu’un qui me ressemblait, qui plaisante comme je le fais avec ma mère, mes parents et ma famille. Je n’ai pas vraiment compris personnellement l’importance de la représentation avant de voir quelqu’un qui me ressemble vraiment, qui est le reflet fidèle de qui je suis.

The first time I ever saw someone that was Muslim on TV or that was, you know, from the Orient or was Arab, was Aladdin, which is a fictional character, and obviously, there’s a lot of stereotypes that go with that. And so, I think it’s a really important concept. La première fois que j’ai vu à la télévision un musulman, un homme du Moyen-Orient, un Arabe, c’était Aladin, un personnage de fiction. Évidemment, il y a beaucoup de stéréotypes dans ce genre de représentation. Il y a là un concept très important.

When we specifically talk about the issue of Palestine, if I may just go into that a little bit through this question, I think — not I think — I know our community members, especially in Canada, don’t feel comfortable or even, frankly, safe vocalizing support for Palestinian human rights, especially in the media, because they see what’s happening in the media, and they see how people lose their jobs, lose their housing, lose their dignity in Canada simply because they say that, you know, they support Palestinian human rights.

À propos, précisément, de la situation de la Palestine, si je peux me permettre de l’effleurer en répondant à la question, je pense, ou plutôt je sais que les membres de notre communauté, surtout au Canada, ne se sentent pas à l’aise ni même en sécurité, à dire vrai, pour exprimer leur appui aux droits fondamentaux des Palestiniens, surtout dans les médias, parce qu’ils voient ce qui arrive. Des gens perdent leur emploi, leur logement, leur dignité au Canada simplement parce qu’ils appuient ouvertement les droits fondamentaux des Palestiniens.

And so, I would just like to say that also, beyond just our own representation in the media, it’s also about how we’re being talked about in the media, specifically with foreign policy. So, yeah, I just wanted to say that. Je voudrais ajouter autre chose, outre la question de notre propre représentation dans les médias. Il y a aussi la façon dont on parle de nous dans les médias, notamment en matière de politique étrangère. Je tenais à le faire remarquer. The Chair: Thank you. Ms. Patel, you know, a lot of respect for your organization and the work you do. You raised an issue about the CRA audits.

I don’t know if you’re aware, but some of us are working on this. We started some time ago.

We had private meetings, and of eight charities, six of them were Muslim, and I asked, “Can you tell me why these?” They said, “Oh, we never know which charities are Muslim or non‑Muslim.” My response was, “If you see there’s a certain charity that’s working in majority Muslim countries, doesn’t that give you any idea?” They said, “No, it’s name blind.” So, you know, and I’ve said this in the committee because this issue is being raised, is that we don’t get the answers when we ask the questions, but we continue to ask the questions. La présidente : Merci.

Madame Patel, votre organisation et son travail inspirent un grand respect. Vous avez soulevé une question au sujet des audits de l’ARC. J’ignore si vous êtes au courant, mais certains d’entre nous étudient cette question. Nous avons commencé il y a quelque temps. Nous avons eu des réunions privées. Sur huit associations caritatives, six étaient musulmanes. J’ai demandé à l’agence pourquoi ces associations avaient été choisies. Je me suis fait répondre : « Nous ne savons jamais quels organismes de bienfaisance sont musulmans ou non musulmans. »

À quoi j’ai rétorqué : « Si vous constatez qu’un certain organisme de bienfaisance travaille dans des pays à majorité musulmane, cela ne vous donne-t-il pas une idée? » La réponse? « Non, le choix se fait sans que nous connaissions les noms. » Vous voyez donc, et je l’ai dit au comité, car le sujet y est soulevé, nous n’obtenons pas de réponses à nos questions, mais nous continuons de les poser. What would you like to tell us? I know we are already thinking about the CRA issue.

This is the second time this has come up today, and we heard about it yesterday also when we went on a visit to ISNA, Islamic Society of North America; we went to the mosque. I’m thinking that we have to probably do a special segment about CRA when we’re talking about Islamophobia. I’ve been telling witnesses when they sort of ask me privately that it’s like an onion. We’ve peeled one layer, and there’s another layer, there’s another layer; there are so many issues there, and some of the witnesses this morning brought up other issues that we are looking at. Que voudriez-vous nous dire?

Nous réfléchissons déjà à la question de l’ARC. C’est la deuxième fois que cette question est soulevée aujourd’hui, et nous en avons entendu parler hier également, lorsque nous avons rendu visite à l’ISNA, l’Islamic Society of North America; nous sommes allés à la mosquée. Nous devrons probablement consacrer un segment spécial à l’ARC dans l’étude sur l’islamophobie. J’ai dit aux témoins, en privé, que cela fait penser à un oignon. Quand on enlève une couche, il y en a toujours une autre derrière.

Il y a tellement de questions en jeu, et certains des témoins de ce matin ont soulevé d’autres questions que nous examinons. 21:14 Human Rights 22-9-2022

So, how do we get some of these agencies to at least admit what they’re doing and the burden it’s placing on these charities? Because some of those charities were doing really good work, and they can no longer do that. Alors, comment pouvons-nous amener certains de ces organismes à au moins admettre ce qu’ils font et leur faire comprendre quel fardeau cela impose à ces organismes de bienfaisance? Certains organismes de bienfaisance faisaient vraiment du bon travail, et ils en sont désormais incapables. Ms. Patel: Thank you for that, and I do know that you’ve been doing a lot of work on this.

You’ve spoken out, so thank you. Thank you so much for that. Mme Patel : Je vous remercie de ce que vous venez de dire. Je sais que vous avez beaucoup travaillé à ce problème. Vous vous êtes exprimée ouvertement, et je vous en remercie. Merci beaucoup. Again, we ask the questions. We’re still not getting the answers, but it is clear in what we’re seeing, you know, six of the eight charities. You know, a couple of things like calling for an investigation, a special committee to look into it a little bit more, but also, I think just generally more transparency. Like, how were these charities selected?

What is the process that the CRA does to select them? How is it that six out of those eight are Muslim? You know, I’m sure there are other NGOs who work in majority Muslim countries as well. We know we’re part of something called the Humanitarian Coalition, and we know we work in a lot of similar countries. So, we would like to see more transparency. How were these selected? And I think if that information is provided in the most detail possible, then you’d be able to kind of see where that discrimination is coming from and why Muslim charities are being selected for these audits. Nous posons des questions.

Nous n’obtenons toujours pas de réponses, mais les faits sont évidents : six des huit organismes de bienfaisance visés sont musulmans. On peut faire deux ou trois choses comme demander la tenue d’une enquête ou la création d’un comité spécial pour creuser la question, mais aussi, de façon générale, il faut une plus grande transparence. Comment ces organismes de bienfaisance ont-ils été sélectionnés? Comment l’ARC les choisit-elle? Comment se fait-il que six de ces huit organismes soient musulmans? Je suis sûre qu’il y a d’autres ONG qui travaillent dans des pays à majorité musulmane également. Nous faisons

partie de ce qu’on appelle la Coalition humanitaire, et nous travaillons dans beaucoup de pays semblables. Nous souhaitons une plus grande transparence. Comment les organismes sont-ils choisis? Si on donnait le plus de détails possible, nous pourrions voir d’où vient cette discrimination et pourquoi les organismes de bienfaisance musulmans sont soumis à des audits. I guess what happens during the audit as well; we’re not entirely sure. We know the process, but how is that being done? Is it being done fairly across the board?

The same way that Muslim charities are being audited, is it also being done with other non-Muslim charities? There’s not a lot of transparency in that so, you know, we do want to see that. And again, more speaking up and asking the right questions, I think that goes a long way, and again, thank you for your work on this file. Comment l’audit se passe-t-il? Nous ne le savons pas tout à fait. Nous connaissons le processus, mais comment est-il appliqué? Est-il équitable de bout en bout? L’audit est-il exécuté de la même façon pour les organismes de bienfaisance musulmans et pour les autres?

Il n’y a pas beaucoup de transparence. Nous voulons donc voir. Il faut intervenir davantage, poser les bonnes questions. Cela permettra de beaucoup progresser. Merci de vous intéresser à ce dossier. The Chair: Thank you. Thank you for being aware of the work we do, because sometimes we senators, we’re sitting in back rooms, and we’re working, working, and nobody knows, which brings me to this study. I mean, if you can get the word out that we’re doing this, because anyone can make a written submission to us. You know, they send it to the Human Rights Committee clerk. We have Sébastien Payet sitting here.

So, you know, we will be looking at it. La présidente : Merci. Heureuse que vous soyez au courant du travail que nous accomplissons, car il arrive parfois que nous, sénateurs, siégions à l’abri des regards et travaillions d’arrache‑pied sans que personne le sache. Ce qui m’amène à cette étude. Il serait bien que vous puissiez faire savoir que nous avons entrepris ce travail, puisque tous peuvent nous présenter des mémoires. Il suffit de les faire parvenir au greffier du Comité des droits de la personne. Sébastien Payet est là. Nous allons prendre connaissance des mémoires. Mr.

Ali, when we’re looking outside, we have to also look inward sometimes, and it pains me when we sometimes talk about the Somali community, we talk about the violence that’s happening within that community. So, what are you doing to tackle that violence that is happening? Monsieur Ali, il faut regarder autour de soi, mais savoir aussi voir ce qui se passe chez soi. Je suis peinée lorsqu’il est question de la communauté somalienne et que, parfois, on parle de la violence qui peut y sévir. Que faites-vous pour lutter contre cette violence? Mr.

Ali: So, we have done a lot in the past few years, especially during COVID; we were actually able to speak with more youth because it was easier to get them through Zoom than M. Ali : Nous avons fait bien des choses ces dernières années, surtout pendant la pandémie de COVID-19. Nous avons été en mesure de parler à un plus grand nombre de jeunes, car il était 22-9-2022 Droits de la personne 21:15

it was in person. So, one of the things that we did was we gathered up youth that maybe were at risk of joining a gang or maybe already in a gang, and we had some seniors from the community meet with them, just maybe to talk about what issues they’re going through and how they could peacefully resolve them instead of using violence. plus facile de communiquer par Zoom qu’en personne. Nous avons rassemblé des jeunes qui risquaient peut-être de se joindre à un gang ou qui faisaient peut-être déjà

partie d’un gang, et nous leur avons fait rencontrer des aînés, simplement pour discuter de leurs problèmes et de la manière de les régler pacifiquement au lieu de recourir à la violence. Another thing that we’re doing is our youth entrepreneurship program, which has been running now for six or seven years. Again, that is about getting adults, mentors and community members teaching youth how to do entrepreneurship, how to have their own businesses.

Because some people don’t have the same opportunities that others have, teaching them entrepreneurship, teaching them that if they have their own idea that they can make it work, has been very good for them. With that, they’re able to know that they can have a business, have a career, and have income for their family without resorting to other methods of obtaining funds. Nous avons aussi un programme d’entrepreneuriat pour les jeunes, qui existe depuis six ou sept ans.

Il s’agit de mobiliser des adultes, des mentors et des membres de la communauté pour initier les jeunes à l’entrepreneuriat et leur montrer comment monter leur entreprise. Comme tous n’ont pas les mêmes débouchés, il a été très utile d’initier ces jeunes à l’entrepreneuriat, de leur montrer que, s’ils ont une idée, ils peuvent la concrétiser. Ils apprennent ainsi qu’ils peuvent avoir une entreprise, une carrière et un revenu pour la famille sans recourir à d’autres moyens de se procurer de l’argent. So, it’s going slowly, but it is going. We hope to continue to do this to help youth.

That’s why now, as I said, we’re trying to focus more on them because they are the future, and all those clichés. But even for myself, because I have been involved in the community most of my life, a lot of the people that I grew up with, they got into trouble; they went to jail; maybe some of them even died. But the youth now, they’re doing a lot better. They go to school, they graduate, and they’re trying to make lives for themselves here in Canada. But again, as I said, if they feel that they’re forgotten, maybe they will turn more to crime or radicalization.

So, that’s why we really stress that it should be that they feel included in society, that they are provided for, and they’re not an outsider. Nous progressons lentement, mais nous progressons. Nous poursuivrons nos efforts pour aider les jeunes. Voilà pourquoi, je le répète, nous essayons de nous concentrer davantage sur eux parce qu’ils sont l’avenir. Je peux reprendre tous les clichés qui ont cours.

Je peux dire pour ma part, puisque j’ai été engagé pendant presque toute ma vie dans la communauté, que beaucoup de gens avec qui j’ai grandi ont eu des problèmes; ils sont allés en prison; certains sont même morts. Mais les jeunes d’aujourd’hui s’en tirent beaucoup mieux. Ils vont à l’école, obtiennent leur diplôme et essaient de se faire une vie au Canada. Mais j’y reviens : s’ils ont l’impression d’être oubliés, ils se tourneront peut-être davantage vers la criminalité ou la radicalisation.

C’est pourquoi nous insistons sur le fait qu’ils devraient se sentir intégrés à la société, avoir le sentiment qu’on s’occupe d’eux, qu’ils ne sont pas des étrangers. The Chair: Thank you. So, as we travelled across the country, and I was very keen that we go to Edmonton, because we’ve all heard stories of what the young Black Muslims, those who wear the hijab, have faced in Edmonton.

I think Senator Gerba and Senator Oh will agree with me that it was some of the most painful testimony we heard when we had these two representatives from the community sitting in front of us, and the young woman started crying, and we had to say, “It’s okay to show emotion. It’s okay,” because what was happening to her was impacting her life. La présidente : Merci. Dans nos déplacements au Canada, je tenais à ce que nous nous rendions à Edmonton, car nous avons tous entendu parler des problèmes qu’y éprouvent les jeunes musulmans noirs et les femmes qui portent le hidjab.

La sénatrice Gerba et le sénateur Oh seront d’accord avec moi pour dire que les témoignages les plus douloureux que nous avons entendus sont ceux de deux témoins de cette communauté. À un moment donné, la jeune femme s’est mise à pleurer, et nous avons dû lui dire qu’il était normal de manifester sa peine. Ce qui lui arrivait avait un impact sur sa vie. Is it similar over here? Because the young women regularly have their hijabs pulled. They face physical violence, you know, verbal abuse, coffee thrown at them. That was the picture that they painted and the fact that they don’t get any help from the police.

Is it similar over here? Est-ce la même chose ici? Il arrive régulièrement que des jeunes femmes se fassent arracher leur hidjab. Elles sont victimes de violence physique, de violence verbale, on leur lance du café. C’est le tableau qu’elles ont brossé. Et la police ne les secourt pas. Est-ce la même chose ici? Mr. Ali: When we were asking them about their experiences, physically, yes, maybe it was things like trying to take off their hijab or things like that. A lot of it, though, is more verbal, you know, just demeaning them, just speaking down. Like I said, we M.

Ali : Nous leur avons demandé ce qui leur arrivait. Il peut effectivement y avoir de la violence physique. Elles se font arracher leur hidjab, par exemple. En bonne partie, cependant, il s’agit de violences verbales, de propos méprisants et 21:16 Human Rights 22-9-2022

were focusing on cyber hate crime, so it was just constant messages on social media, people they didn’t know. They just see that they had — maybe they thought their name was a Muslim name or what have you, and then they started messaging them. condescendants. Nous nous sommes intéressés surtout au cybercrime haineux. Il y a constamment dans les médias sociaux des messages haineux provenant d’inconnus. Ces inconnus ont pu remarquer un nom à consonance musulmane, par exemple, et ils commencent à envoyer des messages.

So, a lot of them said that they had to, you know, have a display picture or a profile picture that was something else, was not they themselves, and they had to use a different name. If they had any name that people could identify, then all the hate messages would flood in. Beaucoup ont dit qu’il leur fallait opter pour une image ou un profil différents qui ne correspondent pas à leur réalité, utiliser un nom d’emprunt. Dès que leur vrai nom, permettant de les identifier, est utilisé, les messages de haine commencent à déferler. The Chair: So, you bring up another interesting aspect.

My young daughter who as a lawyer had trouble finding employment. She graduated from U of T, which is supposedly one of the best schools. Someone told me, he said, “Ask her to change her name.” So, that’s the thing we face. La présidente : Vous soulevez un autre aspect intéressant. Ma jeune fille, qui était avocate, avait du mal à trouver un emploi. Elle est diplômée de l’Université de Toronto, qui est censée être l’un des meilleurs établissements. Quelqu’un m’a conseillé de lui dire de changer de nom. Voilà où nous en sommes.

And I remember this instance once where I was with another senator, and we were getting ready to board a plane. They said “Zone 1,” and I went, and the woman looked at me and said, “We’re boarding Zone 1 only.” I said, “Yes, ma’am. In one instance, you presumed I don’t understand English. I can’t afford to be in Zone 1.” I actually took it to the next level when Air Canada were appearing before the transport committee, because as a senator, I can go to any committee and ask a question. And I said, “Well, I have a question,” and the chair said, “Sure,” because he thought we were talking about the issue at hand.

And I came out with this culture sensitivity training. Do you give your employees that? You know, do they recognize Canada has changed? Do they walk the streets of the major cities and realize who is there? And the CEO was there, and the person just came running to me afterwards, “Here, senator. Here, senator. If you ever have an issue, tell us.” But it’s at every level. It’s at every level, you know, that presumption that you can’t speak English, you don’t understand, just because you have a different name, just because you look different, you know. So, it’s there. Je me souviens d’un incident.

J’étais en compagnie d’un autre sénateur et nous nous préparions à monter à bord d’un avion. L’embarquement des passagers de la zone 1 a été annoncé. Je me suis présentée. La dame m’a regardée et m’a dit : « Zone 1 seulement. » J’ai répondu : « Oui, madame. Dans un cas, vous avez présumé que je ne comprenais pas l’anglais. Vous pensez que ne peux pas me permettre de voyager en zone 1. » En fait, j’ai porté la question au niveau supérieur lorsque des représentants d’Air Canada ont comparu devant le Comité des transports. Tout sénateur peut se présenter à n’importe quel comité et poser des questions.

J’ai dit que j’en avais une à poser. Le président a accepté, pensant qu’elle portait sur le sujet à l’étude. J’ai parlé de la sensibilisation aux différences culturelles : « Offrez-vous cette formation aux employés? Sont‑ils conscients du fait que le Canada a changé? Vont-ils dans les rues des grandes villes et voient-ils qui ils y côtoient? » Le PDG était présent et il s’est précipité vers moi après la séance : « Madame la sénatrice, si jamais vous avez un problème, dites‑le-nous. » Mais le problème se manifeste à tous les niveaux.

Cette présomption que telle personne ne connaît pas l’anglais, qu’elle ne comprend pas, simplement parce qu’elle a un nom différent, parce que son apparence est différente. Nous en sommes là. Through this study and as we are raising all these issues, the issue of names has come up again and again, so I thank you. Is there anything else you would like to add? Au cours de notre étude, parmi tant d’autres problèmes, la question des noms a été soulevée à maintes reprises. Je vous en remercie. Autre chose à ajouter? Ms. Patel: I can just add one point to what Adem is saying.

A lot of this verbal abuse that we’re seeing is kind of in and around this area, but also, a lot of systematic Islamophobia within workplaces and institutions is not always verbal abuse; it’s more comments that are made, several comments. At the end of the day, it’s towards women wearing the head scarf or about the way that they lead their lifestyles. That also has a traumatic effect on them, and it stays with them for years and years. Many people don’t realize the effects of some of those comments. Even the Mme Patel : Je reviens sur ce qu’Adem Ali vient de dire.

Dans cette région-ci et aux alentours, il y a beaucoup de violence verbale, mais une grande

partie de l’islamophobie systémique dans les milieux de travail et les institutions ne peut être qualifiée de violence verbale. Ce sont plutôt des réflexions blessantes. Au bout du compte, on vise les femmes qui portent le foulard, on met en cause leur mode de vie. Cela a aussi un effet traumatisant sur elles, et elles en restent marquées pendant des années. Bien des gens ne sont pas conscients des effets de 22-9-2022 Droits de la personne 21:17

women themselves don’t realize it’s Islamophobia. They think it’s okay: because I’m dressed like this, it’s normal for people to say that, but that’s not acceptable either. That is Islamophobia. certaines réflexions. Même les femmes touchées ne se rendent pas compte que c’est de l’islamophobie. Elles pensent que c’est acceptable : étant donné que je suis habillée de telle façon, il est normal qu’il y ait des réflexions semblables. Mais ce n’est pas acceptable non plus. C’est de l’islamophobie. Mr.

El Tal: Similar to that, we do a lot of research in the Institute — obviously, we’re a think tank — and it’s really difficult to extract a lot of information from the Arab community because of the lack of trust of just general institutions, but also because Arabs don’t want to complain about being here, because being here is much better for them than being back home, right? So, whatever they face — the anti-Arab racism, the Islamophobia — they’ll take, and they won’t even call it “Islamophobia,” because they’re just, like, it’s part of the package. I moved to Canada; I have to experience this. M.

El Tal : Dans le même ordre d’idées, nous faisons beaucoup de recherche à l’institut — nous sommes un groupe de réflexion, après tout — et il est vraiment difficile d’arracher beaucoup d’information à la communauté arabe parce qu’elle se méfie des institutions, mais aussi parce que les Arabes ne veulent pas se plaindre d’être au Canada, puisque c’est beaucoup mieux que d’être dans leur pays d’origine, n’est-ce pas? Peu importe les difficultés, comme le racisme contre les Arabes et l’islamophobie, ils s’y font. Ils se disent que c’est inévitable : « Je suis venu au Canada. Il faut faire avec. »

And so, when we’re doing these studies, it’s like we’re pulling teeth, and we’re trying to extract it from them. Every time I hear about an experience — and sometimes it’s traumatic, you know, hair being pulled, not being treated well at work, et cetera — it always ends with, “But it’s okay. I’m fine. I’m fine.” I’m, like, “Yeah, I know you’re fine. I know that what you’re saying is that it’s okay, but in general, it’s not, and you shouldn’t be experiencing this.” Pour réaliser nos études, il faut leur arracher l’information. C’est aussi douloureux que d’extraire une dent.

Chaque fois que j’entends parler d’un incident — et c’est parfois traumatisant, comme se faire tirer les cheveux, se faire maltraiter au travail, et ainsi de suite — la victime finit toujours par conclure : « Mais cela peut aller. Je vais bien. » Ma réaction? « Oui, je sais que vous allez bien. C’est ce que vous dites, mais de façon générale, ces comportements ne sont pas acceptables. Vous ne devriez pas avoir à les subir. »

And so, thank you so much for doing this committee, because I think it’s shedding a light on something that might be behind closed doors still a little bit, even though, of course, there are great partners that are speaking out about this and in the media. However, the general Arab and Muslim community, I find they’re still talking about it behind closed doors, because they don’t see it as something that’s important, but it very much is. So, thank you for the opportunity. Je suis profondément reconnaissant au comité de son travail.

Il braque les projecteurs sur des comportements qui restent encore un peu dans l’ombre, même si nous avons de grands alliés qui les dénoncent et en parlent dans les médias. Il n’en reste pas moins que, en général, les communautés arabe et musulmane n’en parlent toujours que derrière des portes closes. Elles n’y attachent pas beaucoup d’importance alors que, au contraire, c’est très important. Merci de m’avoir donné l’occasion de témoigner.

The Chair: So, just before we end, I want to share with you, when I was talking about doing this study, I was at a friend’s, and there were a few other Muslims there, really well-to-do, really well-settled Muslims, and I said, “Oh, I’m doing this study,” and they said, “Oh, don’t rock the boat. You know, we’re lucky to be here,” and I thought, that’s a different attitude than young people take, because I am fortunate enough to have young people in my home.

However, for the adults, the feeling is “don’t rock the boat, we’re lucky to be here, they’ve accepted us for what we are and we don’t want anything more,” which I find is not the right attitude. La présidente : Donc, juste avant de terminer, je veux vous raconter quelque chose. J’ai parlé de faire cette étude quand j’étais chez un ami avec quelques autres musulmans à l’aise, très bien établis. Quand je leur ai dit que j’allais réaliser cette étude, ils m’ont répondu : « Ne faites pas de vagues. Vous savez, nous avons de la chance d’être ici. »

Je me suis dit que cette attitude était bien différente de celle des jeunes, car j’ai aussi la chance d’accueillir des jeunes chez moi. Les adultes se disent plutôt : « Il ne faut pas faire de vagues, nous avons de la chance d’être ici. Les Canadiens nous ont acceptés pour ce que nous sommes et nous ne réclamons rien de plus. » À mon avis, ce n’est pas la bonne attitude. So, I want to thank all of you for being here. Your testimony makes us think of other aspects of Islamophobia.

I tell all the witnesses that we’re even struggling with the word “Islamophobia” — we are doing a study of “Islamophobia” — but “phobia” means when you’re afraid of somebody; it does not speak to the repercussions to the community that they are afraid Je tiens donc à vous remercier tous d’être là. Vos témoignages nous font penser à d’autres aspects de l’islamophobie. Je dis à tous les témoins que nous avons du mal avec le mot « islamophobie ». Notre étude porte sur l’islamophobie. Or, phobie signifie peur.

Ce qui ne dit rien des répercussions sur la communauté dont on a peur et qui est victime de violence 21:18 Human Rights 22-9-2022

of, which has led to physical and verbal violence. So, we’re rethinking the name. We’re toying with “anti-Muslim hate,” “anti-Muslim racism.” So, let’s see. By the time we’re done with the study, and we release it, it might have a different name. physique et verbale. Nous sommes donc en train d’y repenser. Nous remettons en question l’utilisation de ce terme. Nous songeons à « haine contre les musulmans », à « racisme contre les musulmans ». Nous verrons. D’ici la fin de l’étude et la publication du rapport, le terme pourrait changer.

You know, everything we heard will be recorded, and it will go into the final report. When the report is done, at the end of the report, we have recommendations to the government, and it will be available to the general public, and we’ll release it with a press conference in Ottawa, but I thank you. Tout ce que nous avons entendu sera enregistré et servira à l’élaboration du rapport final. À la fin du rapport, nous formulerons des recommandations à l’intention du gouvernement. Le rapport sera à la disposition du grand public. Nous le rendrons public au cours d’une conférence de presse à Ottawa. Je vous remercie.

I shall now introduce our second panel of the afternoon. So, witnesses, you have been asked to make an opening statement of five minutes. We shall hear from all witnesses and then turn to the questions from senators. And here, I have to apologize. Two of our senators had to leave, because we wear many hats and we commit to many things, but you have Amina and myself here and, just so you know, it will be shared with all the senators. Je vais maintenant présenter le deuxième groupe de témoins de cet après-midi. Les témoins ont été priés de faire un exposé liminaire de cinq minutes.

Nous entendrons tous les témoins, puis nous passerons aux questions des sénateurs. Je dois présenter des excuses. Deux sénateurs ont dû nous quitter. Nous devons nous partager entre de nombreux rôles et de multiples engagements. Mais il vous reste la sénatrice Gerba et moi. Vos témoignages seront néanmoins communiqués à tous les sénateurs. So, I want to introduce our panel of witnesses. We have Anver Saloojee, who is the Interim Vice-President of Equity and Community Inclusion, Toronto Metropolitan University.

We have Nouman Ashraf, who is an assistant professor at University of Toronto, and from the Islamic Foundation of Toronto, Shaykh Yusuf Badat, who is the Imam and Director of Religious Affairs. The Islamic Foundation is where I go most often. Imam, I’m in there and out the door. Sometimes nobody even knows I’m there, but I come there quite often, and I want to thank you for having such a safe space for Muslims. Voici donc les témoins. Nous accueillons Anver Saloojee, vice-président intérimaire, Équité et inclusion communautaire, Université métropolitaine de Toronto.

Nous recevons également Nouman Ashraf, professeur adjoint à l’Université de Toronto, et Shaykh Yusuf Badat, de l’Islamic Foundation of Toronto, qui est imam et directeur des affaires religieuses. C’est à la fondation que je vais le plus souvent. Je dirai à l’imam que je suis présente et près de la porte. Parfois, personne ne sait que je suis là, mais je m’y rends plutôt souvent. Je tiens à vous remercier d’offrir un asile sûr aux musulmans. So, I will now invite Mr. Saloojee to make his presentation. J’invite maintenant M. Saloojee à présenter son exposé.

Anver Saloojee, Interim Vice-President, Equity and Community Inclusion, Toronto Metropolitan University, as an individual: Thank you so much, senator, and thank you for allowing me to be a part of this really fabulous panel. With my colleague next to me from U of T, we’ve had a nice chat. He actually stole one of my executive directors, so I’m not sure if I should be happy with him or angry with him, but my executive director is well placed. Thank you much for this. Anver Saloojee, vice-président intérimaire, Équité et inclusion communautaire, Université métropolitaine de Toronto, à

titre personnel : Merci beaucoup, madame la sénatrice, et merci de me permettre de faire

partie de ce groupe de témoins vraiment fabuleux. Avec mon collègue de l’Université de Toronto, nous avons eu une belle conversation. En fait, il a volé l’un de mes directeurs généraux. Je ne sais pas trop si je dois être content ou en colère, mais mon directeur général a trouvé une bonne place. Merci beaucoup. I’m going to take a slightly different track, and I heard some of the comments and questions that were in the last panel, and to me, I think your work is going to be immensely important to cohesion and to inclusion in Canada in the future. So, I’d like to start with that.

While I made a submission that is significantly longer than my presentation, I want to focus on two things out of my submission: first, the very notion of Islamophobia itself, and second, a series of recommendations for your consideration. Je vais aborder la question sous un angle légèrement différent. J’ai entendu certaines des observations des témoins de tout à l’heure et certaines des questions qui leur ont été posées. À mon sens, votre travail sera extrêmement important pour assurer la cohésion et l’inclusion au Canada à l’avenir. Voilà mon point de départ.

J’ai présenté un mémoire qui est beaucoup plus long que mon exposé, mais je voudrais me concentrer sur deux éléments de mon mémoire. Premièrement, la notion même d’islamophobie. Ensuite, une série de recommandations à votre intention. 22-9-2022 Droits de la personne 21:19

I know, and I heard earlier, that you have heard a lot about the term “Islamophobia,” which is now widely used, but it is a contentious and very problematic term. I think it has outlived its usefulness, and it obscures more than it actually reveals. While it’s popular, it’s a term that ought to be jettisoned, and I hope you do jettison it, and I hope that members of this committee can come up with a better term to replace it. Words do matter. As someone said earlier in the previous panel, representation matters, but so do words.

What is at issue here is the greater definition of clarity, definition of position, and I think this panel, this committee as a whole and your work will allow us to get there. Je sais, et je l’ai entendu tout à l’heure, que le terme « islamophobie » revient extrêmement souvent. Il est devenu très courant. Cependant, c’est un terme litigieux et problématique. À mon avis, il a perdu son utilité et il dissimule plus d’émotions qu’il n’en révèle. Il est populaire, mais il ne devrait plus faire

partie du vocabulaire, et j’espère que les membres du comité trouveront un meilleur terme pour le remplacer. Les mots sont très importants. Comme un témoin du groupe précédent l’a souligné, la représentation est importante, mais les mots le sont aussi. Il est crucial à ce point-ci de définir clairement notre position, et je pense que grâce à ce groupe de témoins, à ce comité et à son travail, nous y parviendrons.

So, what we are talking about is not “Islamophobia.” It’s actually anti-Muslim hate, anti-Muslim discrimination, and it’s not a “phobia” like an irrational fear of flying or of open spaces, of spiders, or anything else. It’s anti-Muslim hate, it’s anti‑Muslim discrimination. It has deep roots in western notions of the Orient, and this Orientalist narrative is now reproduced in new and complex ways in contemporary society. Nous ne parlons donc pas ici d’« islamophobie ». Nous parlons en réalité de la haine contre les musulmans, de la discrimination contre les musulmans.

Ce n’est pas une « phobie », comme la peur irrationnelle de voler en avion ou celle des grands espaces, des araignées ou autres. C’est une haine des musulmans, c’est de la discrimination contre les musulmans. Ces sentiments sont profondément enracinés dans la pensée occidentale face à l’Orient, et ce récit se reproduit maintenant sous une forme nouvelle et complexe dans notre société. In the post-Cold War era, it is a western debate about Islam, the so-called backwardness, or in the Canadian context in 2014/15, it was a debate about so-called barbaric cultural practices.

It’s about an Islam that people view as immutable, unchanging. It’s a debate about migration to the west by Muslims, and it’s about the so-called integration of Muslims into western societies. Après la guerre froide, ces sentiments ont déclenché un débat occidental sur l’islam, sur son soi-disant retard de développement ou, dans le contexte canadien de 2014-2015, un débat sur des pratiques culturelles dites barbares. Il s’agit d’un islam que les gens considèrent comme immuable et inchangeable.

C’est un débat sur la migration des musulmans vers l’Ouest, sur une soi-disant intégration des musulmans dans les sociétés occidentales. In the contemporary manifestation of Orientalism, complex intersecting identities of Muslims become and elide into one gigantic monolith of Muslims who have no differentiated identity. At its core, this trope finds expression in Huntington’s The Clash of Civilizations where Islam is seen as a threat to western civilization, and the young Muslim male is stereotyped as a terrorist, and the religious garb-wearing Muslim female is robbed of her agency as a woman.

Dans cette manifestation contemporaine de l’orientalisme, on a recoupé les identités complexes des musulmans pour les fusionner en un gigantesque monolithe d’identité musulmane. Essentiellement, ce trope trouve son expression dans l’ouvrage de Huntington, intitulé The Clash of Civilizations , où l’islam est perçu comme une menace pour la civilisation occidentale, où le jeune musulman est stéréotypé comme terroriste, et où la femme musulmane vêtue de vêtements religieux est dépouillée de son rôle de femme. Islamophobia highlights fears.

It focuses on the individual, and it plays on the emotional and the visceral, and in a strict textual reading, it obscures the historical, the structural and the systemic. The term allows policy makers, judges, et cetera, to focus on the emotional state of the perpetrator, as the perpetrator has an irrational fear of the Muslim. The work of this committee comes, I think, at a very unique time, when a policy window has opened to reshape our thinking. First, abandon the term “Islamophobia,” and second, bring definitional clarity to a new term.

I recommend that Islamophobia be replaced with “anti‑Muslim racial discrimination,” comprehensively defined, so as to encompass and direct attention and remedial preventative action towards individual and systemic practices, as well as state, state agency and state personnel practices that are Le terme « islamophobie » évoque la peur. Il se concentre sur la personne et joue sur des émotions viscérales. Dans son sens littéral, il obscurcit l’histoire, la structure et le système.

Il permet aux décideurs, aux juges et autres, de se concentrer sur l’état émotionnel de l’agresseur en lui attribuant une peur irrationnelle des musulmans. Votre comité entame ce travail, il me semble, à un moment très propice, car une fenêtre politique s’est ouverte pour remodeler la réflexion. Abandonnez avant tout le terme « islamophobie », puis précisez la définition du nouveau terme que vous choisirez.

Je vous recommande de le remplacer par « discrimination raciale antimusulmane » et de définir cette expression de façon exhaustive afin d’englober et de souligner les mesures préventives à instaurer à l’égard des pratiques individuelles et systémiques ainsi que des pratiques de l’État, de 21:20 Human Rights 22-9-2022

motivated by discrimination, by hate, by hate crimes, by racist ideology and by racist speech. And these are actually, as I said before, perpetrated by state, state agencies. I heard you talk about the CRA earlier, but it’s not just the CRA; it’s CSIS, it’s the RCMP, and it’s personnel in the RCMP. As you know, there is a case against the RCMP, a $35 million case, on the basis of individual acts of discrimination against a person who is Muslim. ses organismes et de son personnel qui sont motivées par la discrimination, la haine, les crimes haineux, l’idéologie raciste et le discours raciste.

Ce sont en fait, comme je l’ai déjà dit, des actes perpétrés par des agences étatiques. Je vous ai entendu parler de Revenu Canada tout à l’heure. Cependant, il ne s’agit pas seulement de l’ARC, mais aussi du SCRS ainsi que de la GRC et de son personnel. Comme vous le savez, la GRC fait l’objet d’une poursuite de 35 millions de dollars pour des actes de discrimination contre une personne musulmane. This replacement will signal the significant, uniquely Canadian, contribution to a global discourse.

It speaks directly to a number of really important currents that I’m sure people have already addressed with you: individual, fear-based, irrational prejudice, discrimination and violence, the historical roots and the contemporary manifestations; the perpetuation of stereotypes about Islam as a backward religion, deeply antithetical to the west; the social construction and continued reproduction of stereotypes about Muslim men and women; and the complex interplay between what the state does, what the mass media does and the way in which ordinary, everyday Canadians view Muslims, that is, as a threat to cohesion, threats to stability, threats to the “Canadian way of life,” et cetera.

Le remplacement de ce terme témoignera de la contribution importante et très particulière du Canada au discours mondial. Ce terme englobera directement un certain nombre de courants puissants dont vous avez déjà discuté, j’en suis sûr, comme les préjugés, la discrimination et la violence, les racines historiques et les manifestations contemporaines fondées sur une peur irrationnelle. Il comprendra aussi la perpétuation des stéréotypes sur l’islam comme une religion rétrograde et profondément contraire aux valeurs de l’Occident.

Il englobera également la création et la reproduction continuelle des stéréotypes sur les hommes et sur les femmes de l’islam ainsi que l’interaction complexe entre ce que fait l’État, ce que font les médias de masse et la façon dont les Canadiens ordinaires perçoivent les musulmans, soit comme une menace à la cohésion, à la stabilité, au « mode de vie canadien », et cetera.

This approach is perfectly consistent with an intersectional approach that fractures the notion of a homogenous identity that shows that anti-Muslim racial discrimination is gendered, and I’m suggesting as well that it resonates loudly with both the Canadian Charter of Rights and Freedoms , and in the case of the Province of Ontario, the Ontario Human Rights Code and the anti-racism legislation. Naming anti-Muslim racial discrimination for what it is is the first crucial step in dealing with it and in dealing with and building trust in the Muslim community.

Cette approche est tout à fait conforme à une approche intersectionnelle qui divise la notion de l’identité homogène afin de montrer que la discrimination raciale antimusulmane est sexospécifique. Je suggère également qu’elle trouve écho dans la Charte canadienne des droits et libertés, dans le Code des droits de la personne de l’Ontario et dans les lois contre le racisme. Pour s’attaquer à la discrimination raciale antimusulmane et pour établir la confiance envers la communauté musulmane, il faut avant tout la nommer pour ce qu’elle est réellement.

The onslaught of predominantly negative images of Muslims and Islam in the media; the absence of positive portrayals; the representation of Muslims in the wars in Afghanistan and Iraq; the reportage of so-called lone-wolf attacks; the veiled language in proposed legislation on the barbaric cultural practices act; the repeated coded legislation targeting Muslims, in the name of secularism, in Quebec; and security agencies reporting that Canada is under threat from Muslim terrorists, while the reality is that it’s actually the right-wing that threatens our democracy — all have the cumulative effect of heightening completely out of proportion the threat or the so-called threat and the fear of Muslims amongst Canadians.

And this is both in the online and the off-line media. L’affichage continuel d’images principalement négatives des musulmans et de l’islam dans les médias, l’absence de représentations positives, la représentation des musulmans dans les guerres en Afghanistan et en Irak, les reportages sur ce qu’on appelle « les attaques de loups solitaires », le langage voilé utilisé dans le projet de

loi sur les pratiques culturelles barbares, les lois codifiées du Québec ciblant les musulmans à répétition au nom de la laïcité, les organismes de sécurité avertissant que le Canada est menacé par les terroristes musulmans alors qu’en réalité, c’est la droite qui menace notre démocratie, tous ces actes ont l’effet cumulatif d’exacerber la peur des musulmans chez les Canadiens en soulignant cette soi-disant menace. Les Canadiens en sont bombardés dans tous les médias, en ligne et hors ligne.

So, it behooves us also to look at how the Canadian state-level discourses on anti-Muslim racial discrimination finds expression in form and content. I, and I am sure others who have appeared before you, have detailed a number of examples of how the state Il nous incombe donc aussi d’examiner comment les gouvernements canadiens expriment la discrimination raciale antimusulmane dans la forme et le contenu de leurs discours. Comme d’autres personnes qui ont comparu devant vous, j’ai 22-9-2022 Droits de la personne 21:21

and its agencies and individuals have been complicit in anti- Muslim racial discrimination and the perpetuation of Muslim stereotypes. Often, it is subtle, and on occasion, it’s open and blatant, but in all instances, it has hugely deleterious effects on the Muslim community, their sense of belonging and the relationship of trust between the state and the community.

So, I recommend the committee also needs to lift the veil of secrecy so we can better understand the degree to which the state, its agencies, and its employees are complicit in the reproduction of these images. donné un certain nombre d’exemples de la façon dont l’État, ses organismes et ses fonctionnaires ont contribué à aggraver la discrimination raciale antimusulmane et à perpétuer les stéréotypes musulmans. Ces expressions sont souvent subtiles, mais elles sont parfois ouvertes et flagrantes.

Quoi qu’il en soit, elles ont des effets extrêmement néfastes sur la communauté musulmane, sur son sentiment d’appartenance et sur la relation de confiance entre l’État et la communauté. Je recommande donc au comité de dévoiler dans quelle mesure l’État, ses organismes et ses fonctionnaires contribuent à la reproduction de ces images. My policy recommendations are as follows. Mes recommandations stratégiques sont les suivantes.

First, replace “Islamophobia” with “anti-Muslim racial discrimination and hate.” Premièrement, remplacer le terme « islamophobie » par l’expression « discrimination raciale et haine des musulmans ». Second, provide a comprehensive definition of anti-Muslim racial discrimination, along the lines suggested. Deuxièmement, élaborer une définition exhaustive de la discrimination raciale antimusulmane selon ce que j’ai proposé.

Third, establish an enhanced monitoring analysis and reporting of systemic state practices of anti-Muslim racism and racial profiling by state security agents and the sectors of policing, national intelligence and border service agencies. Troisièmement, améliorer l’analyse de la surveillance et de la dénonciation des pratiques systémiques en matière de racisme et de profilage racial antimusulmans par les agents de sécurité de l’État et par les secteurs des services de police, du renseignement national et des services frontaliers.

Fourth, uphold international and domestic human rights law and retract arbitrary and discretionary statutes and policies curtailing and suspending the rule of law in the name of anti‑terrorism and state security. Quatrièmement, respecter les droits de la personne que défendent les lois internationales et nationales et retirer les lois et les politiques arbitraires et discrétionnaires qui restreignent et suspendent la primauté du droit au nom de la lutte contre le terrorisme et de la sécurité de l’État.

Fifth, review anti-terrorism and anti-hate efforts by the state with an equity lens to determine if there is racial bias and profiling. Cinquièmement, examiner les activités de l’État dans sa lutte contre le terrorisme et contre la haine sous l’angle de l’équité pour en éliminer les préjugés et le profilage racial. Sixth, standardize hate crime and hate incident reporting standards and

definitions across all jurisdictions. Sixièmement, normaliser les normes et les définitions de dénonciation des crimes et des incidents haineux dans tous les secteurs de compétence. Seventh, increase funding for securing sites of Islamic worship and assembly. Septièmement, augmenter le financement pour la protection des lieux de culte et d’assemblée islamiques. Last, integrate anti-racist, specifically anti-Muslim, racism and decolonial education into K-12 and post-secondary curriculum and teacher training core requirements.

Enfin, intégrer une éducation contre le racisme, particulièrement antimusulman, et contre le colonialisme dans les programmes d’études de la maternelle à la 12e année et au postsecondaire ainsi que dans les exigences de base de la formation des enseignants. So, let us be guided by our commitment to creating a better, more inclusive Canada for all who live in it, including Muslim Canadians. Thank you. Laissons-nous donc guider par notre responsabilité de créer un Canada meilleur et plus inclusif pour tous ceux qui y vivent, y compris les Canadiens musulmans. Merci.

The Chair: Thank you very much for that, and the recommendations you made, maybe if you could share the list with u

Document details

CollectionSenate Committees
CitationRIDR / Evidence / 21ev-55663
Typecommittee
Volume / chapter441 / Evidence / 21ev-55663
Languageen
Formatpdf
SourceCOMM_SEN
Identifier847efce48c9bb8be546aeaf6a0a60a332665a70e

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