Senate Committee — SECD — Evidence — 13ev-55583
SECD / Evidence / 13ev-55583
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EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Wednesday, June 8, 2022 OTTAWA, le mercredi 8 juin 2022 The Standing Senate Committee on National Security and Defence met with videoconference this day at 12 p.m. [ET] to study Bill S-7,
An Act to amend the Customs Act and the Preclearance Act, 2016. Le Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale et de la défense se réunit aujourd’hui à midi (HE), avec vidéoconférence, pour étudier le projet de loi S-7, Loi modifiant la
Loi sur les douanes et la
Loi sur le précontrôle, (2016). Senator Tony Dean (Chair) in the chair. Le sénateur Tony Dean (président) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Chair: Good afternoon, honourable senators, and welcome to this meeting of the Standing Senate Committee on National Security and Defence. Le président : Bonjour, honorables sénateurs, et bienvenue à la réunion du Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale et de la défense. I’m Tony Dean, a senator representing Ontario and the chair of the committee.
I’m joined today by my fellow committee members, Senator Jean-Guy Dagenais from Quebec, the deputy chair; Senator Dawn Anderson, representing Northwest Territories; Senator Peter Boehm representing Ontario; Senator Pierre-Hugues Boisvenu, representing Quebec; Senator Pierre Dalphond, representing Quebec; Senator Donna Dasko, representing Ontario; Senator Gwen Boniface, representing Ontario; Senator Mobina Jaffer, representing British Columbia; Senator David Richards, representing New Brunswick; Senator David Wells, representing Newfoundland and Labrador; and Senator Hassan Yussuff, representing Ontario.
Je m’appelle Tony Dean, sénateur de l’Ontario et président du comité.
Je suis accompagné aujourd’hui de mes collègues du comité, le sénateur Jean-Guy Dagenais, du Québec, vice- président du comité; la sénatrice Dawn Anderson, des Territoires du Nord-Ouest; le sénateur Peter Boehm, de l’Ontario; le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, du Québec; le sénateur Pierre Dalphond, du Québec; la sénatrice Donna Dasko, de l’Ontario; la sénatrice Gwen Boniface, de l’Ontario; la sénatrice Mobina Jaffer, de la Colombie-Britannique; le sénateur David Richards, du Nouveau-Brunswick; le sénateur David Wells, de Terre- Neuve-et-Labrador; et le sénateur Hassan Yussuff, de l’Ontario.
Today, we are continuing our examination of Bill S-7,
An Act to amend the Customs Act and the Preclearance Act, 2016. Aujourd’hui, nous poursuivons notre étude du projet de loi S-7, Loi modifiant la
Loi sur les douanes et la
Loi sur le précontrôle (2016). We’re going to hear from two panels of witnesses. In the first panel, we welcome Lex Gill, Research Fellow, Citizen Lab, Munk School of Global Affairs, University of Toronto; Michael Nesbitt, Associate Professor, Faculty of Law at the University of Calgary; and Bryan Short, Lead Campaigner, OpenMedia. Nous allons entendre deux groupes de témoins.
Pour le premier groupe, nous accueillons Me Lex Gill, chercheuse, Citizen Lab, École Munk des affaires internationales, Université de Toronto; Michael Nesbitt, professeur agrégé, Faculté de droit, Université de Calgary; et Bryan Short, chargé de campagne, OpenMedia. Thank you all for joining us today by videoconference. We are now going to begin by inviting you to provide your opening remarks, for which you will each be allotted five minutes. This will be followed by questions from senators. We begin today with Ms. Lex Gill. Please begin whenever you are ready. Welcome to our meeting.
Merci à tous de vous joindre à nous aujourd’hui par vidéoconférence. Nous allons maintenant commencer par vous inviter à faire votre déclaration préliminaire, pour laquelle vous disposerez chacun de cinq minutes. Nous passerons ensuite aux questions des sénateurs. Nous commençons aujourd’hui par Mme Lex Gill. Veuillez commencer dès que vous serez prête. Bienvenue à notre réunion. Lex Gill, Research Fellow, Citizen Lab, Munk School of Global Affairs, University of Toronto, as an individual: Thank you, and good afternoon, honourable senators. I’m a lawyer and fellow at the Citizen Lab.
It’s a pleasure to talk to you about Bill S-7 today. Me Lex Gill, chercheuse, Citizen Lab, École Munk des affaires internationales, Université de Toronto, à
titre personnel : Merci et bonjour, honorables sénateurs. Je suis avocate et chercheuse au Citizen Lab. C’est un plaisir de vous parler aujourd’hui du projet de loi S-7. In law schools, we talk to our students about dialogue theory, the idea that the courts and the legislature are in a constant and self-conscious conversation about the scope of government Dans les facultés de droit, nous parlons à nos étudiants de la théorie du dialogue, c’est-à-dire de l’idée que les tribunaux et l’assemblée législative discutent constamment et délibérément de 8-6-2022 Sécurité nationale, défense et anciens combattants 13:1
power and its limits in a free and democratic society. The idea is that sometimes the courts need to draw a constitutional line, and when they do, Parliament listens, adjusts and reworks the law to better tailor its objectives and better respect Charter-protected rights. l’étendue du pouvoir du gouvernement et de ses limites dans une société libre et démocratique.
L’idée, c’est que les tribunaux doivent parfois rappeler les limites constitutionnelles et que, lorsqu’ils le font, le Parlement écoute, s’adapte et remanie les lois en fonction de ses objectifs et d’un meilleur respect des droits protégés par la Charte. The government now finds itself faced with over a decade of Supreme Court jurisprudence, such as Morelli, Vu, Fearon and others, to the effect that our digital devices contain more information than could have ever been amassed about a person previously in human history. These devices know more about us than our lovers or our best friends.
In Pike, Justice Harris wrote that Le gouvernement a maintenant devant lui plus d’une décennie de jurisprudence de la Cour suprême, notamment les arrêts Morelli, Vu et Fearon, selon laquelle nos appareils numériques contiennent plus de renseignements sur une personne que ce qui aurait pu être recueilli auparavant dans toute l’histoire de l’humanité. Ces appareils en savent plus sur nous que nos amoureux et nos meilleurs amis.
Dans l’arrêt Pike , le juge Harris a écrit que a search of the data in a personal digital device … digs deep into the heart of who we are. une fouille dans les données d’un appareil numérique personnel […] plonge au cœur de notre identité. It’s hard to imagine information more worthy of constitutional protection. Il est difficile d’imaginer des renseignements méritant davantage la protection constitutionnelle.
The government also now finds itself faced with multiple carefully reasoned court decisions, including the decisions in both Pike and Canfield, to the effect that those digital devices and the individuals who carry them deserve protection, privacy and constitutional respect, even at the border, and that the border cannot serve as a choke point for civil liberties on the basis of mere investigative expedience. I would invite this committee to take those decisions seriously, and in so doing and in that spirit of dialogue, I would suggest that it must consider significant amendments to this bill.
Le gouvernement se retrouve aussi maintenant devant de nombreuses décisions réfléchies de la cour, y compris dans les causes Pike et Canfield selon lesquelles ces appareils numériques et les personnes qui les transportent méritent protection, confidentialité et respect de la Constitution, même à la frontière, et celle-ci ne peut être un point d’étranglement sur le plan des libertés civiles seulement pour la commodité des enquêtes.
J’invite le comité à prendre ces décisions au sérieux et, ce faisant et dans l’esprit de dialogue que j’évoquais, je lui suggère d’envisager d’apporter des amendements importants au projet de loi à l’étude. I know that my colleagues in civil society have already spoken at length about why the reasonable general concern standard is constitutionally insufficient, unknown to Canadian law and an invitation to another half decade or more of litigation.
While the courts have chosen to defer to Parliament to determine an appropriate framework here, the entire corpus of decisions on this issue casts serious doubt on the view that anything less than a reasonable suspicion could be enough to justify even a cursory device search in 2022. The fact is that privacy and freedom require a certain degree of friction.
Je sais que mes collègues de la société civile ont déjà longuement parlé des raisons pour lesquelles la norme de la préoccupation générale raisonnable est insuffisante sur le plan constitutionnel, est inconnue en droit canadien et ouvre la porte à encore au moins cinq ans de litiges.
Bien que les tribunaux aient choisi de s’en remettre au Parlement pour déterminer le cadre approprié dans ce domaine, tout le corpus des décisions sur la question jette de sérieux doutes sur l’opinion voulant que quoi que ce soit de moins qu’un motif raisonnable de soupçonner puisse être suffisant pour justifier ne serait-ce que la fouille
sommaire d’un appareil en 2022. Le fait est que la vie privée et la liberté exigent un certain degré de friction. My colleagues’ concerns about racial and religious profiling also bear repeating. The border is a high-stress, low-information, low-visibility environment. It is a perfect storm for the combination of implicit bias and abuse of discretion that gives rise to discriminatory effects. These kinds of abuses are notoriously hard to challenge or review, but more important, there is no form of after-the-fact process that can fully remedy an inadequate law.
People crossing the border have the right to not suffer invasive and unconstitutional treatment in the first place. Les préoccupations de mes collègues au sujet du profilage racial et religieux méritent également d’être répétées. La frontière est un environnement où il y a beaucoup de stress, peu d’information et peu de visibilité. C’est le lieu parfait pour une combinaison de préjugés implicites et d’abus de pouvoir discrétionnaire donnant lieu à des effets discriminatoires.
Les abus de ce genre sont notoirement difficiles à contester ou à examiner, mais surtout, il n’existe aucune forme de processus après coup qui puisse pallier complètement une loi inadéquate. 13:2 National Security, Defence and Veterans Affairs 8-6-2022
De toute façon, les personnes qui traversent la frontière ont le droit de ne pas subir de traitement invasif et inconstitutionnel. Finally, there’s an arbitrariness to all of this that feels impossible for me to ignore, which is that the parameters of this debate seem to still be happening under the fiction that data is a good that we import like any other. It is not. A reasonably capable computer user understands that they can back up the contents of a device to the internet, wipe the device, cross the border with a blank phone or laptop, and download everything on the other side.
The person crosses the border, but their data never does, which means their data is never exposed to this kind of search in the first place. To state the obvious, that means that data is of a fundamentally different nature than other kinds of contraband like drugs or weapons. Enfin, il y a un aspect arbitraire à tout cela dont il me semble impossible de faire abstraction, à savoir le fait que les paramètres du débat semblent toujours s’inscrire dans la fiction voulant que les données soient un bien que nous importons, comme tous les autres. Ce n’est pas le cas.
Toute personne raisonnablement compétente en informatique sait qu’elle peut sauvegarder le contenu d’un appareil sur Internet, l’effacer, traverser la frontière avec un téléphone ou un ordinateur portable vide et tout télécharger de l’autre côté. La personne traverse la frontière, mais pas ses données, ce qui veut dire qu’elles ne font jamais l’objet de ce genre de fouille de toute façon. Pour énoncer une évidence, cela signifie que les données sont d’une nature fondamentalement différente de celle des autres choses dont on fait la contrebande, comme les drogues ou les armes.
There are a few conclusions we can draw from that. First, this kind of search is only going to capture the least sophisticated kind of actor, people who have taken no steps whatsoever to hide evidence of wrongdoing or a customs violation. Second, it’s going to be a massive nuisance to innocent travellers who feel obligated to take technical or legal precautions to limit unjustified government scrutiny into their private lives, their clients’ files, their journalistic sources or anything else.
Third, it forces us to seriously examine the superstition that the border is a place where the public interest rationale for digital device searches is actually that strong or compelling. The fact is that there is no convincing evidence that there is more unlawful content locally stored on a phone that happens to be crossing the border than a phone anywhere else. The Supreme Court of Canada has been pretty clear that just about anywhere else, absent search incident to a lawful arrest, the state is not getting into your phone without a warrant. Nous pouvons en tirer quelques conclusions.
Premièrement, ce genre de fouille ne permettra d’attraper que les malfaiteurs les moins astucieux, ceux qui n’ont pris aucune mesure pour cacher les preuves d’actes répréhensibles ou d’infraction à la réglementation douanière. Deuxièmement, ce sera extrêmement pénible pour les voyageurs innocents qui se sentiront obligés de prendre des précautions techniques ou juridiques en vue de limiter une intrusion injustifiée du gouvernement dans leur vie privée, dans les dossiers de leurs clients, dans leurs sources journalistiques ou dans quoi que ce soit d’autre.
Troisièmement, cela nous oblige à examiner sérieusement la superstition selon laquelle la frontière est un endroit où l’intérêt public justifie la fouille d’appareils numériques. Le fait est qu’il n’y a pas de preuve convaincante d’une plus grande présence de contenu illégal stocké localement sur les téléphones qui traversent la frontière que sur ceux qui se trouvent n’importe où ailleurs. La Cour suprême du Canada a été assez claire : presque partout ailleurs, sauf en cas de fouille accessoire à une arrestation légale, l’État ne peut pas regarder dans votre téléphone sans mandat.
But the standard is just one part of it. Ultimately, the government’s burden here is to adopt a scheme that is minimally impairing and truly proportionate in light of the rights at stake. I invite the committee’s questions on what that might look like in practice, in particular regarding how to create adequate safeguards for ensuring that searches are conducted in a reasonable manner and what to do about the constitutional right against self-incrimination as it relates to password disclosure. Mais la norme n’est qu’un élément du débat.
Au bout du compte, ce qui incombe au gouvernement dans ce domaine, c’est d’adopter le mécanisme dont l’application constituera une atteinte minimale et qui sera vraiment proportionnel aux droits en cause. J’invite les membres du comité à me poser des questions sur la forme concrète que ce mécanisme pourrait prendre, en particulier sur la façon de créer des mesures de protection adéquates pour s’assurer que les fouilles sont menées de façon raisonnable et sur ce qu’il faut faire au sujet du droit constitutionnel contre l’auto-incrimination liée à la divulgation de son mot de passe. Thank you. Merci.
The Chair: Thank you, Ms. Gill. You’ve gotten us off to a great start. Next will be Michael Nesbitt. Le président : Merci, madame Gill. Voilà un excellent départ pour notre séance. Nous entendrons maintenant M. Nesbitt. 8-6-2022 Sécurité nationale, défense et anciens combattants 13:3
Michael Nesbitt, Associate Professor, Faculty of Law, University of Calgary, as an individual: It’s a pleasure to be here. I would like to begin by thanking the chair and members of the committee for inviting me to appear before you today. It is my sincere honour. Being from Alberta, I want to applaud your efforts to engage individuals from across our wonderful country, particularly in this case as the genesis for this bill really comes from the Alberta Court of Appeal, but, of course, border searches happen nationwide. Michael Nesbitt, professeur agrégé, Faculté de droit, Université de Calgary, à
titre personnel : C’est un plaisir d’être ici. J’aimerais d’abord remercier le président et les membres du comité de m’avoir invité à comparaître devant eux aujourd’hui. C’est un grand honneur pour moi. Comme je viens de l’Alberta, je tiens à vous féliciter des efforts que vous déployez pour mobiliser des gens de partout dans notre merveilleux pays, surtout dans ce cas-ci, puisque le projet de loi trouve ses origines à la Cour d’appel de l’Alberta, même si, bien entendu, des fouilles à la frontière sont effectuées partout au pays. I am not here as any kind of advocate.
I am merely a professor who spends probably an undue amount of time thinking about the balancing of security and fundamental rights, and how Canada’s laws and policies can best thread the needle to meet the pluralistic views and sometimes competing needs of Canadian law and society. In this, I have to add that I am extremely sympathetic to the difficult task before you and grateful for your undertaking it. Je ne suis pas ici pour défendre quoi que ce soit.
Je suis simplement un professeur qui passe probablement trop de temps à réfléchir à l’équilibre entre la sécurité et les droits fondamentaux, ainsi qu’à la meilleure façon pour les lois et les politiques du Canada de permettre la prise en compte des points de vue divers et des besoins parfois divergents du droit et de la société canadiens. À cet égard, je dois ajouter que je suis extrêmement sensible à la difficulté de la tâche qui est devant vous et vous suis reconnaissant de l’avoir entreprise. My focus is going to be on the reasonable general concern standard, something I know you’ve heard a lot about.
What I want to do is put that in a practical legal context. I intend to outline what I see as the real-world costs associated with the course of action as proposed in the bill. Je vais me concentrer sur la norme de la préoccupation générale raisonnable, dont je sais que vous avez beaucoup entendu parler. Ce que je veux faire, c’est de la mettre dans un contexte juridique concret. J’ai l’intention de décrire ce que je considère comme étant le coût réel de ce qu’il est proposé de faire dans le projet de loi.
As I believe you know, the Supreme Court has clearly stated that searches of digital devices are amongst the most intrusive in terms of their effect on individual privacy. As Lex Gill just said, your digital devices are not mere suitcases; your photos, private communications, banking applications, geolocation history, work and personal emails, client emails if you’re a lawyer, perhaps medical information if you are a doctor, business records — all of that can be accessed through a phone, let alone a computer or tablet.
Comme vous le savez sans doute, la Cour suprême a clairement affirmé que la fouille d’appareils numériques compte parmi les plus intrusives pour ce qui est de son effet sur la vie privée.
Comme Me Lex Gill vient de le dire, vos appareils numériques ne sont pas de simples valises : vos photos, vos communications privées, vos applications bancaires, votre historique de géolocalisation, vos courriels professionnels et personnels, les courriels de vos clients si vous êtes avocat, peut- être des renseignements médicaux si vous êtes médecin, vos dossiers d’entreprise… tout cela est accessible dans un téléphone, sans parler d’un ordinateur ou d’une tablette. Thus, it isn’t surprising at all that the Alberta Court of Appeal, particularly in R. v.
Canfield, made clear that while there is a diminished expectation of privacy at the border, and rightly so, there must nevertheless be search standards relating to electronic devices. That is the balancing you are asked to confront here. Il n’est donc pas du tout surprenant que la Cour d’appel de l’Alberta, en particulier dans l’affaire R. c. Canfield ait clairement affirmé que, bien qu’il y ait une attente réduite en matière de vie privée à la frontière, et à juste titre, il doit néanmoins y avoir des normes de fouille pour les appareils électroniques.
C’est l’équilibre auquel il vous est demandé de réfléchir ici. Bluntly, many of us have been waiting for just this sort of decision in the absence of legislative reform. In other words, I can tell you that this is not a surprise; academics have been writing about it for nearly a decade. I will say that it’s quite clear that the courts both in Ontario and Alberta very much left the work to the legislature. They didn’t say what the search Franchement, nous étions nombreux à attendre exactement ce genre de décision, en l’absence d’une réforme législative.
Autrement dit, je peux vous dire que ce n’est pas une surprise : les universitaires écrivent là-dessus depuis près de 10 ans. Je dirais qu’il est très clair que les tribunaux tant de l’Ontario que de l’Alberta ont plus ou moins totalement laissé le travail à 13:4 National Security, Defence and Veterans Affairs 8-6-2022
standards should be, only that some reasonable standard was needed. l’assemblée législative. Ils n’ont pas dit quelles devraient être les normes de fouille, mais seulement qu’une norme raisonnable était nécessaire. Bearing this brief history in mind, I want to talk about the proposed reasonable general concern standard and the two problems or legal and policy concerns that arise from my perspective. First, all levels of courts in Canada have been clear that searches of digital devices are, or at least can be, significant intrusions of privacy.
It thus seems inconsistent to create a novel standard for the search of electronic devices at the border that appears lower in the Customs Act than reasonable grounds to suspect, that being a well known and thoroughly litigated standard that applies to various less intrusive types of searches, including, again, in the Customs Act itself. Bill S-7, if passed, will surely be Charter challenged on this basis, as others have mentioned, and that is that you cannot create a lower standard for a search that is more invasive than you have for less invasive searches in the same piece of legislation.
En gardant ce bref historique à l’esprit, je veux parler de la norme proposée de la préoccupation générale raisonnable et des deux problèmes ou préoccupations juridiques et politiques qui en découlent à mon sens. Premièrement, les tribunaux de tous les échelons au Canada ont dit clairement que la fouille d’appareils numériques constitue, ou du moins peut constituer, une atteinte importante à la vie privée. Il semble donc incohérent de créer une nouvelle norme pour la fouille des appareils électroniques à la frontière qui semble moins élevée dans la
Loi sur les douanes que les motifs raisonnables de soupçonner, laquelle est une norme bien connue, qui a été examinée en profondeur devant les tribunaux et qui s’applique à divers types de fouilles moins intrusives, y compris, encore une fois, dans la
Loi sur les douanes elle-même. S’il est adopté, le projet de loi S-7 fera sûrement l’objet d’une contestation fondée sur la Charte, comme d’autres l’ont mentionné, à savoir qu’on ne peut pas créer une norme moins stricte pour une fouille plus invasive que celle prévue pour une fouille moins invasive dans la même loi. As I see it, there are two possible outcomes to such a Charter challenge, which again is inevitable. Both start almost immediately with litigation leading to years of uncertainty and public expense, coupled with a complete lack of clarity for both travellers and border officials alike.
At the end of this period, the courts will either strike down the legislation as being insufficiently protective of privacy rights and we will be back to square one, or the courts will remedy the definitional uncertainty by elevating the search standard to one that is close to, if not meets or exceeds, the reasonable suspicion standard. The first outcome would be an utter failure. The better outcome here, the second one, is still tantamount to deferring the real responsibility of standard setting back to the courts and in so doing creating years of litigation, cost and uncertainty.
À mon avis, une telle contestation en vertu de la Charte peut avoir deux issues, ce qui, encore une fois, est inévitable. Les deux commencent presque immédiatement par des litiges qui entraînent des années d’incertitude et de dépenses publiques, ainsi qu’un manque total de clarté pour les voyageurs et les agents des services frontaliers.
À la fin de cette période, les tribunaux invalideront la loi parce qu’elle ne protège pas suffisamment le droit à la vie privée, et nous retournerons à la case départ, ou bien ils remédieront à l’incertitude de la définition en ramenant la norme de fouille à un niveau qui se rapproche de celle des motifs raisonnables de soupçonner, voire à cette norme même ou à une norme encore plus stricte. La première issue serait un échec total.
La meilleure issue, la deuxième, revient quand même à renvoyer la véritable responsabilité de l’établissement de la norme aux tribunaux et, ce faisant, à créer des années de litiges, de coûts et d’incertitude. The second problem I foresee is that a plain reading of reasonable general concern in the context of border searches sounds an awful lot like no standard for searches at the border at all. Bluntly speaking, border officers will rightly almost always be generally concerned, with good reason, that something, somehow, is being illegally brought into the country.
But the court in Canfield was clear that there must be some standard, which they called a threshold requirement, for the search of a personal electronic device. Le deuxième problème que j’envisage, c’est que l’interprétation simple de la préoccupation générale raisonnable dans le contexte des fouilles à la frontière ressemble énormément à une absence complète de norme. Franchement, les agents des services frontaliers auront presque toujours raison de s’inquiéter de la possibilité que quelque chose soit importé illégalement au pays par un moyen ou un autre.
Mais la cour a clairement dit dans l’affaire Canfield qu’il devait y avoir une norme, qu’elle a appelée un seuil, pour la fouille d’un appareil électronique personnel. As a result, we’re once again likely to see Charter challenges based on the reasonable general concern standard for these reasons, in this case claiming that the standard is too vague or does not amount to much of a standard at all within the context of Customs Act border searches.
Once again, we have a high Par conséquent, nous risquons encore une fois de voir des contestations en vertu de la Charte fondées sur la norme de la préoccupation générale raisonnable pour ces raisons, plus précisément l’idée que la norme est trop vague ou qu’il ne s’agit pas vraiment d’une norme dans le contexte des fouilles à la 8-6-2022 Sécurité nationale, défense et anciens combattants 13:5
likelihood of legal challenge followed by years of legal uncertainty and risk. Moreover, we once again have two possible outcomes. Either the legislated search standard will be overturned and we’ll be back to square one or, perhaps more likely, the courts will interpret reasonable general concern to be something different than what it says on its face, that is, something that requires a specific, objectively identifiable concern that justifies the search of the person implicated. frontière effectuées en application de la
Loi sur les douanes. Encore une fois, il y a une forte probabilité de contestation judiciaire suivie de nombreuses années d’incertitude et de risques juridiques. En outre, il y a encore là deux issues possibles.
Soit que la norme de fouille prévue par la loi sera renversée et que nous reviendrons à la case départ, soit que, ce qui est peut-être plus probable, les tribunaux interpréteront la préoccupation générale raisonnable comme étant quelque chose de différent de ce que l’expression veut dire à première vue, c’est-à-dire une norme exigeant une préoccupation précise et pouvant être établie objectivement qui justifie la fouille de la personne en cause. It is better to limit the uncertainty and legal risk now and not outsource the important details to the courts.
Do not defer this back to the judiciary or set a standard for searches that amounts to such a deferral. This is your responsibility, and though a difficult and perhaps time-consuming one, it is imperative that the challenge of legislating is met by Parliament, not the courts. Better to set a clear standard now. That clear standard could certainly be, and in my mind should probably be, reasonable grounds to suspect. It is a flexible standard and allows for much nuance, including a different sort of nuance at the border.
As Supreme Court said recently in Stairs, it requires but “ … a constellation of objectively discernible facts assessed against the totality of the circumstances …”. Il vaut mieux limiter l’incertitude et le risque juridique maintenant et ne pas confier les détails importants aux tribunaux. Évitez de renvoyer la question aux tribunaux ou d’établir une norme de fouille qui revienne à le faire. C’est votre responsabilité, et, même si c’est difficile et que ce sera peut-être long, il est impératif que le Parlement, et non les tribunaux, relève le défi de légiférer.
Il vaut mieux établir une norme claire dès maintenant. Cette norme claire pourrait certainement être celle des motifs raisonnables de soupçonner et, à mon avis, devrait probablement l’être. C’est une norme souple, qui permet beaucoup de nuances, y compris une nuance différente à la frontière. Comme la Cour suprême l’a dit récemment dans l’arrêt Stairs, elle exige « un ensemble de faits objectivement discernables appréciés à la lumière de toutes les circonstances donnant lieu au risque soupçonné ». Thank you so much for your time. I’m more than happy to take any questions that you might have.
Obviously, I have other thoughts and smaller recommendations, but I wanted to focus on what I thought was the most important part of the bill before you. Merci beaucoup de votre temps. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions. Évidemment, j’ai d’autres idées et des recommandations plus modestes, mais je voulais me concentrer sur ce que je croyais être la
partie la plus importante du projet de loi à l’étude. The Chair: Thank you very much, Mr. Nesbitt. I have no doubt you’ll be receiving some questions. Le président : Merci beaucoup, monsieur Nesbitt. Je suis certain qu’on vous posera des questions. Bryan Short, Lead Campaigner, OpenMedia: Hello. My name is Bryan Short, and I’m a digital rights campaigner at OpenMedia, a Canadian non-profit organization that works together with our community of hundreds of thousands from all across this country to keep the internet open, affordable and surveillance-free.
My work at OpenMedia and my career has been centred around privacy in the digital realm. Based on these experiences, I’d like to share some concerns about how Bill S-7 threatens the privacy rights of people in Canada by failing to recognize the intimate details contained on our personal electronic devices. Bryan Short, chargé de campagne, OpenMedia : Bonjour.
Je m’appelle Bryan Short, et je suis défenseur des droits numériques à OpenMedia, organisme sans but lucratif canadien qui veille avec notre communauté composée de centaines de milliers de personnes de partout au pays à garder Internet ouvert, abordable et exempt de surveillance. Mon travail à OpenMedia et ma carrière sont axés sur la protection de la vie privée dans le domaine numérique.
À la lumière de ces expériences, j’aimerais vous faire part de certaines préoccupations concernant le fait que le projet de loi S-7 menace le droit à la vie privée des Canadiens en ne reconnaissant pas que nos appareils électroniques personnels contiennent des détails intimes. OpenMedia is a non-partisan, civic engagement platform. I like to say that we give people opportunities to participate in democracy more frequently than every four years or whenever we’re able to vote.
One of the ways we do this is by alerting our community to items moving through the parliamentary process OpenMedia est une plateforme d’engagement civique non partisane. J’aime dire que nous donnons aux gens la possibilité de participer à la démocratie plus souvent que tous les quatre ans ou lorsque vient le temps de voter. Nous y parvenons notamment en alertant les membres de notre communauté au sujet de 13:6 National Security, Defence and Veterans Affairs 8-6-2022
and creating opportunities to get involved through things like petitions and letters to representatives. questions abordées dans le cadre du processus parlementaire et en créant des occasions de participation au moyen de pétitions et de lettres aux représentants. In 2019, more than 18,000 members of the OpenMedia community signed a petition calling for a higher threshold to be established around the search of electronic devices at border crossings and a legal recognition that these electronic devices are not equivalent to other commercial goods.
En 2019, plus de 18 000 membres de la communauté OpenMedia ont signé une pétition afin de demander un seuil plus élevé pour la fouille des appareils électroniques aux postes frontaliers et la reconnaissance légale du fait qu’ils sont différents des marchandises commerciales. Since Bill S-7 was introduced, many members of our community have reached out to us with intense concern about this bill and its failings.
While Bill S-7 fulfills the latter part of our community’s ask, recognizing the unique nature of electronic devices, it also presents a big step backwards by failing to create a higher threshold for searches. In previous testimony, you’ve heard about the need for this higher threshold and the risk of allowing a novel standard to be created through the introduction of the phrase “reasonable general concern.” I fully support these comments and would like to expand upon the unique nature of digital devices and their vast privacy implication.
Depuis la présentation du projet de loi S-7, de nombreux membres de notre communauté nous ont fait part de vives préoccupations au sujet de ce projet de loi et de ses lacunes. Le projet de loi S-7 répond à la dernière
partie de ce que demande notre communauté, mais, vu la nature unique des appareils électroniques, il représente également un grand pas en arrière, puisqu’il n’établit pas de seuil plus élevé pour les fouilles. Dans des témoignages antérieurs, vous avez entendu parler de la nécessité d’un seuil plus élevé et du risque de permettre la création d’une nouvelle norme par l’adoption de l’expression « préoccupation générale raisonnable ». Je souscris entièrement ces observations, et j’aimerais parler de la nature unique des appareils numériques et de leurs vastes répercussions sur la vie privée.
In OpenMedia’s view, the Canfield decision does a couple of important things. It directs the government to create a threshold for the searches of digital devices, and it recognizes that digital devices are not the same as other goods. A lot of the discussion so far has focused on the former, and rightly so, but more attention needs to be placed on the unique nature of digital devices. De l’avis d’OpenMedia, l’arrêt Canfield fait deux choses importantes.
Il exige que le gouvernement établisse un seuil pour la fouille des appareils numériques, et il reconnaît que les appareils numériques sont différents des autres biens. Jusqu’à présent, une grande
partie de la discussion a porté sur la première chose, et à juste titre, mais il faut accorder plus d’attention à la nature unique des appareils numériques. Digital devices are not the same as other items in the possession of travellers. They’re in some respects similar to mail, which is protected from searches at border crossings by the higher legal threshold of reasonable grounds to suspect, because they often contain our mail, but digital devices are so much more than that.
Our digital devices contain family photo albums, health records, financial documents, complete records of everyone we know, calendars with detailed schedules, religious affiliations, sexual orientations, a precise record of GPS or other location coordinates, biological and genealogical data, phone records, messaging histories, education, data search histories, social media profiles, our information and entertainment habits including books, movies and music, access to work files, our journals, diaries, shopping lists, art and more.
As time goes on, our digital devices are coming to possess more and more of this sensitive information, not less. Les appareils numériques sont différents des autres articles que les voyageurs peuvent avoir en leur possession. À certains égards, ils sont semblables au courrier, qui est protégé contre les fouilles aux postes frontaliers par le seuil juridique plus élevé des motifs raisonnables de soupçonner, parce que les appareils numériques contiennent souvent notre courrier, mais c’est loin d’être tout.
Nos appareils numériques contiennent nos albums de photos de famille, notre dossier de santé, nos documents financiers, une liste complète de toutes les personnes que nous connaissons, des calendriers avec des horaires détaillés, notre appartenance religieuse, notre orientation sexuelle, un registre précis de coordonnées GPS ou d’autre nature, nos données biologiques et généalogiques, des relevés téléphoniques, notre historique de messages, notre formation, notre historique de recherche de données, nos profils de médias sociaux, nos habitudes en matière d’information et de divertissement, y 8-6-2022 Sécurité nationale, défense et anciens combattants 13:7
compris des livres, des films et de la musique, l’accès à nos fichiers de travail, nos revues, nos journaux, nos listes d’emplettes, nos œuvres d’art et plus encore. Avec le temps, nos appareils numériques contiennent de plus en plus de ces renseignements de nature délicate, et non de moins en moins. We’re not just carrying our own sensitive information. Many of our devices contain this information about individuals beyond the person who possesses the electronic device, including our families and social and professional networks surrounding us.
In that respect, the privacy violation that occurs during an unwarranted search isn’t localized at the individual level. Nous ne transportons pas seulement nos propres renseignements de nature délicate. Bon nombre de nos appareils contiennent les mêmes renseignements sur d’autres personnes que le propriétaire de l’appareil électronique, dont les membres de notre famille et de nos réseaux sociaux et professionnels. À cet égard, l’atteinte à la vie privée qui se produit pendant une fouille injustifiée n’est pas localisée au niveau individuel.
We’ve also heard that devices won’t be connected to the internet while being searched. I’d like to point out this is of limited importance. Even forgetting for the moment the ease with which devices can be connected and disconnected from Wi- Fi and cellular networks, our electronic devices are capable of locally storing vast amounts of information, often without our knowledge. Modern phones contain dozens or hundreds of apps, making app-specific decisions about what data to store where and changing significantly between app versions.
Very few travellers have the time, energy or technical literacy to decipher this activity and determine what files are stored locally and which are remotely stored through services like cloud storage. Undoubtedly, this will lead to circumstances in which travellers provide access to files they didn’t intend. Nous avons également entendu dire que les appareils ne seront pas connectés à Internet pendant une fouille. J’aimerais souligner que cela importe peu.
Même en oubliant pour le moment la facilité avec laquelle les appareils peuvent être connectés et déconnectés des réseaux WiFi et cellulaires, nos appareils électroniques stockent localement de grandes quantités d’information, souvent à notre insu. Les téléphones modernes contiennent des dizaines ou des centaines d’applications et décident pour chacune de l’endroit où stocker les données, ce qui change considérablement d’une version à l’autre de l’application.
Très peu de voyageurs ont le temps, l’énergie ou les connaissances techniques nécessaires pour comprendre cette activité et déterminer quels fichiers sont stockés localement et quels fichiers sont stockés à distance au moyen de services comme le stockage en nuage. Il ne fait aucun doute que cela créera des situations où des voyageurs donneront accès à des fichiers par inadvertance.
You might ask in light of these concerns why would anyone bring the enormous volume of sensitive information contained in our digital devices along with them to a place like a border crossing where they’re risking a considerable invasion to their privacy and the privacy of those around them? The tragically ironic answer is that we don’t have a choice.
Right now, due to COVID-related health measures, we’re entirely dependent on these devices to negotiate the complex relationship we have with our government and institutions, including keeping completed forms on our digital devices in order to enter and exit this country. Even if and when these requirements are removed, it is unrealistic to ask travellers to abandon their digital devices for a basic right to privacy. They’re an essential tool to help us navigate our journey, containing information related to flights, work documents, mandatory platforms and other travel arrangements.
The truth is, we can’t afford to leave our digital devices at home when we travel, and the unfortunate truth about this version of Bill S-7 is that it will make so that we won’t be able to afford to bring them with us either. À la lumière de ces préoccupations, vous vous demandez peut- être : pourquoi une personne apporterait-elle l’énorme volume de renseignements de nature délicate contenus dans nos appareils numériques à un endroit comme un poste frontalier, où elle risque de subir une atteinte grave à sa vie privée et à celle des gens qui l’entourent?
La réponse tragiquement ironique, c’est que nous n’avons pas le choix. À l’heure actuelle, en raison des mesures sanitaires liées à la COVID-19, nous dépendons entièrement de ces appareils pour négocier nos rapports complexes avec notre gouvernement et nos institutions, notamment pour conserver les formulaires remplis dont nous avons besoin pour entrer au pays et en sortir. Même quand ces exigences seront levées, le cas échéant, il serait irréaliste de demander aux voyageurs d’abandonner leurs appareils numériques pour protéger un droit fondamental à la vie privée.
Les appareils numériques sont un outil essentiel pour nous aider à voyager, puisqu’ils contiennent des renseignements sur les vols, des documents de travail, des plateformes obligatoires et d’autres dispositions de voyage. La vérité, c’est que nous ne 13:8 National Security, Defence and Veterans Affairs 8-6-2022
pouvons pas nous permettre de laisser nos appareils numériques à la maison lorsque nous voyageons, et la triste vérité au sujet de la version actuelle du projet de loi S-7, c’est qu’elle fera en sorte que nous ne pourrons pas non plus nous permettre de les apporter. Thank you. I look forward to your questions. Merci. Je serai heureux de répondre à vos questions. The Chair: Thank you very much. Le président : Merci beaucoup. We are now going to proceed to questions.
We have to finish by 1 p.m., and in order to allow as many questions and answers as possible, we’re allocating four minutes for each question and answer. I remind my fellow committee members to be succinct and, where possible, identify the witness your question is directed to. Nous allons maintenant passer aux questions. Nous devons terminer à 13 heures, et pour permettre le plus grand nombre de questions et de réponses possible, nous allouons quatre minutes pour chaque question, réponse comprise.
Je rappelle aux membres du comité d’être brefs et, dans la mesure du possible, de nommer le témoin auquel s’adresse leur question. [Translation] [Français] Senator Dagenais: My first question is for Mr. Nesbitt. It’s already been asked to other witnesses, but I would like to hear from you on the lawmakers’ choice of words in this bill. Regardless of what the courts have said, they have come up with the expression “reasonable general concern” rather than using “reasonable doubt”, which is well known to the police and the courts. Several witnesses have predicted that this issue is likely to end up in court.
What assessment will a court make of this expression? Do we have an expression here that provides for authorities I would qualify as nebulous? Le sénateur Dagenais : Ma première question s’adresse à M. Nesbitt. Elle a déjà été posée à d’autres témoins, mais j’aimerais vous entendre sur le choix de mots du législateur dans ce projet de loi. Sans tenir compte des indications des tribunaux, on arrive ici avec l’expression « préoccupations générales raisonnables », plutôt que de parler de « doute raisonnable », une formule bien connue de la police et des tribunaux.
Plusieurs témoins ont d’ailleurs prédit que cette question risque de se retrouver devant les tribunaux. Quelle évaluation un tribunal fera-t-il de cette expression? Avons-nous là une expression donnant des pouvoirs que je qualifierais de nébuleux? [English] [Traduction] Mr. Nesbitt: I will do my best here. Please let me know if I’ve properly understood the question. Unfortunately, in Alberta, my capacity to speak French has not been what it once was when I lived in Ottawa and Southern Ontario. Your question is essentially what the legal implications of the distinction are. M. Nesbitt : Je vais faire de mon mieux.
Dites-moi si j’ai bien compris la question. Malheureusement, en Alberta, ma capacité de parler français n’est plus ce qu’elle était lorsque j’habitais à Ottawa et dans le Sud de l’Ontario. Votre question porte essentiellement sur les répercussions juridiques de la distinction. [Translation] [Français] Senator Dagenais: We’re talking about “reasonable general concern” as opposed to “reasonable doubt”. I was a police officer for 40 years. I always understood that one had to have reasonable doubt, not reasonable general concern. This is the first time I’ve heard the term.
Le sénateur Dagenais : On parle de « préoccupations générales raisonnables » plutôt que de « doute raisonnable ». J’ai été policier pendant 40 ans. J’ai toujours compris qu’on devait avoir un doute raisonnable, et non une préoccupation générale raisonnable. C’est la première fois que j’entends ces termes. [English] [Traduction] Mr. Nesbitt: It’s the first time I’ve ever heard of it. We have reasonable grounds to believe and reasonable grounds to suspect, which are both, as you know, well known to police, to CSIS and, frankly, under the Customs Act, to border agencies.
What we have never seen before is this reasonable general concern. M. Nesbitt : C’est la première fois que j’en entends parler. Il y a les motifs raisonnables de croire et les motifs raisonnables de soupçonner, qui, comme vous le savez, sont bien connus de la police, du Service canadien du renseignement de sécurité, le SCRS et, en fait, dans le cadre de la
Loi sur les douanes, des 8-6-2022 Sécurité nationale, défense et anciens combattants 13:9
organismes frontaliers aussi. Ce que nous n’avions jamais vu auparavant, c’est cette préoccupation générale raisonnable. The first thing I suspect you’re thinking is, why create a different standard when you have a standard in the Customs Act that is so well understood and so well known and is working fine for searches of individuals, mail and other such things. Why is it that the phone has to be treated like a suitcase and not like a search of an individual or of mail? The court has answered that. It said that it can’t be — that it’s different.
Why, then, set a standard that seems, as you note about this reasonable general concern, to be lower than even reasonable suspicion? To put it bluntly, it’s going to be hard to justify a more invasive search on a lower standard. Someone will have to stand up and explain that this is a more invasive search than your mail but that we have a lower standard for doing the search. Why is that minimally impairing? How is this consistent with what the police and border agency are doing at the border and so on?
La première chose qui vous vient à l’esprit, je suppose, c’est : pourquoi créer une norme différente alors qu’il y déjà une norme dans la
Loi sur les douanes qui est si bien comprise, si bien connue et qui fonctionne bien pour la fouille des personnes, du courrier et d’autres choses du genre? Pourquoi faut-il que le téléphone soit traité comme une valise et non comme une fouille de personne ou de courrier? Le tribunal a répondu à cette question. Il disait qu’il ne peut pas être… qu’il est différent. Pourquoi, alors, établir une norme qui semble, comme vous le soulignez à propos de cette préoccupation générale raisonnable, être inférieure même à la norme des motifs raisonnables de soupçonner?
Pour dire les choses crûment, il sera difficile de justifier une fouille plus invasive sur le fondement d’une norme inférieure. Quelqu’un devra expliquer que la fouille est plus invasive qu’une fouille de courrier, mais que la norme la justifiant est moins stricte. En quoi est-ce une atteinte minimale? En quoi cela est-il conforme à ce que font la police et l’agence des services frontaliers à la frontière et ainsi de suite?
The second concern is that we have 20 years of jurisprudence now that is saying very consistently that reasonable suspicion or reasonable grounds to believe, depending on which standard you’re using, have to be tailored to the individual in some way. That’s not to say you can’t consider factors like being worried about what’s happening coming off a certain flight in particular, but it is to say that specificity of suspicion has to be associated with a specific individual. In this case, the insertion of the general concern makes it sound like it’s not going to be specific to the individual.
It is almost impossible to imagine how that would pass constitutional muster if it were interpreted in that way on the plain reading. La seconde préoccupation, c’est qu’il y a maintenant 20 ans de jurisprudence selon laquelle les motifs raisonnables de soupçonner ou les motifs raisonnables de croire, selon la norme appliquée, doivent être fonction de la personne d’une manière ou d’une autre.
Cela ne veut pas dire qu’on ne puisse tenir compte de facteurs comme le fait de s’inquiéter de ce qui se passe à bord d’un vol en particulier, mais cela veut dire que la spécificité des soupçons doit être associée à une personne en particulier. Dans ce cas-ci, l’ajout de la préoccupation générale donne l’impression que ce ne sera pas propre à la personne. Il est presque impossible d’imaginer comment cette norme survivrait à une contestation constitutionnelle si on l’interprétait de cette façon, simplement.
That’s where I get back to my statement, which is that it’s either going to be shot down for that reason — because you can’t have a reasonable general concern; that concern has to be attached to the individual — or, on the flip side, something will be read in and read down in that legislation such that the real definitional work, the real standard setting, is being done by the courts.
We know that now, so to get back to my commentary, my request for those who are responsible for the bill is that they go back and make sure legislature does its job and doesn’t defer it back to the courts and doesn’t set it without having all these hearings.
C’est là que je reviens à ce que j’ai dit, à savoir que soit la norme sera rejetée pour cette raison — parce qu’il ne peut pas y avoir de préoccupation générale raisonnable; la préoccupation doit être rattachée à la personne —, soit une version atténuée sera intégrée dans le projet de loi, de telle sorte que le véritable travail de définition, le véritable travail d’établissement de la norme, sera fait par les tribunaux.
Nous le savons maintenant, alors pour revenir à ce que je disais, je demande aux responsables du projet de loi de s’assurer que l’assemblée législative fait son travail, qu’elle ne le laisse pas aux tribunaux et qu’elle n’établit pas la norme sans tenir toutes ces audiences. [Translation] [Français] Senator Boisvenu: Thank you very much to our witnesses for continuing to enlighten us. It seems we have a common thread: from a legal standpoint, everyone has their doubts about certain measures in this bill. Le sénateur Boisvenu : Merci beaucoup à nos témoins de continuer à nous éclairer.
Il semble y avoir un dénominateur commun : tout le monde a des doutes, d’un point de vue légal, sur certaines mesures que ce projet de loi contient. 13:10 National Security, Defence and Veterans Affairs 8-6-2022
I see that an officer will now be able to perform three types of searches: a luggage search if there is reasonable suspicion; a traveller search if there is reasonable cause; and a digital device search if there is reasonable general concern. Mr. Nesbitt, I understand that we may be putting our officers in some very complex situations and travellers will be on the losing end of this.
Je constate que désormais, un agent pourra exécuter trois types de fouilles : la fouille des bagages, s’il y a un doute raisonnable; la fouille du voyageur, s’il y a un motif raisonnable; la fouille de l’appareil numérique, s’il y a une préoccupation générale raisonnable. Je comprends, monsieur Nesbitt, que l’on risque de mettre nos agents dans des situations très complexes et que ce sont les citoyens qui seront les perdants. My question is for Mr. Nesbitt or Mr. Short.
Do you agree that this bill should be amended to ensure that, legally speaking, officers only have one definition to rely on, reasonable suspicion, if they are going to search a person, luggage or a digital device. Ma question s’adresse à M. Nesbitt ou à M. Short. Êtes-vous d’accord pour dire que ce projet de loi devrait être modifié pour faire en sorte que, d’un point de vue légal, les agents n’aient qu’une définition sur laquelle se baser, soit celle du doute raisonnable, s’ils doivent procéder à la fouille d’une personne, de bagages ou d’un appareil numérique? [English] [Traduction] Mr.
Short: I do agree at this level that there needs to be more clarity. Certainly, using that lower threshold would create that. I think the conditions at the border are stressful and uncertain, and clarity for travellers is needed in this space. People are already unsure about what information is contained on their digital devices, as I tried to make clear in my opening statement. There’s an unrealistic burden placed on travellers when they’re required to bring this device with them to ask them to then sort through and decipher what information is contained on that device. It doesn’t make sense.
It doesn’t seem reasonable that the standard would be higher for something like mail, and it doesn’t seem reasonable that when mail is then contained on the digital device — and it could be mail dating back years and years in a person’s life — we would have a different, lower standard for the search of that device. So yes, I agree. M. Short : Je conviens effectivement qu’il faut plus de clarté sur ce plan. Ce serait certainement le cas si on appliquait le seuil inférieur. Je pense que les conditions à la frontière sont stressantes et incertaines et que les voyageurs ont besoin de clarté dans cet espace.
Les gens sont déjà incertains de l’information qui se trouve dans leurs appareils numériques, comme j’ai essayé de le communiquer clairement dans ma déclaration préliminaire. On fait porter un fardeau irréaliste aux voyageurs lorsqu’ils doivent apporter leur appareil et qu’on leur demande de savoir exactement quelle information il contient. Cela n’a aucun sens.
Il ne semble pas raisonnable que la norme soit plus élevée pour quelque chose comme le courrier, et il ne semble pas raisonnable que, si le courrier est contenu dans un appareil numérique — et il pourrait s’agir de courrier remontant à des années dans la vie d’une personne —, la norme soit moins élevée pour la fouille de cet appareil. Alors, oui, je suis d’accord. Mr. Nesbitt: I don’t have much to add to that, but I agree as well. M. Nesbitt : Je n’ai pas grand-chose à ajouter, mais je suis d’accord. [Translation] [Français] Senator Boisvenu: As you said, the cell phone is an extension of privacy.
It contains photos of our children and spouses. In many cases, these are personal photos. Would an officer who gains access to these photos while conducting a phone search risk being sued by the traveller for violating the Privacy Act? Le sénateur Boisvenu : Comme vous l’avez dit, le téléphone cellulaire est une extension de la vie privée. Il contient notamment des photos de nos enfants et de nos conjoints. Il s’agit, bien souvent, de photos personnelles.
Un agent qui procéderait à la fouille d’un téléphone cellulaire et qui aurait accès à ces photos risquerait-il de s’exposer à des poursuites de la part du citoyen pour avoir enfreint la
Loi sur la protection des renseignements personnels? [English] [Traduction] Mr. Nesbitt: To clarify, you’re asking if — M. Nesbitt : À
titre de précision, vous demandez si… [Translation] [Français] Senator Boisvenu: I will rephrase it. Let’s say an officer decides to take my cell phone. They ask me for my password and I give it to them. During the search, they come across compromising statements and have access to personal data, such Le sénateur Boisvenu : Je reprends. Disons qu’un agent décide de prendre mon cellulaire. Il me demande mon mot de passe et je le lui donne. En procédant à la fouille, il tombe sur des affirmations compromettantes et il a accès à des informations 8-6-2022 Sécurité nationale, défense et anciens combattants 13:11
as photos of my spouse or my children. Under these circumstances, will I have any legal recourse under the Access to Information Act or the Privacy Act to sue the Canada Border Services Agency for overstepping their authority by gaining access to data unrelated to their right to search? personnelles, comme des photos de ma conjointe ou de mes enfants. Aurai-je, dans ces circonstances, des recours judiciaires, en vertu de la
Loi sur l’accès à l’information ou de la
Loi sur la protection des renseignements personnels, pour poursuivre l’Agence des services frontaliers en affirmant qu’elle a été au- delà des pouvoirs qui lui sont conférés, en ayant accès à de l’information qui n’avait pas de lien avec son droit de recherche? [English] [Traduction] Mr. Nesbitt: Lex Gill might have something to add, but in short, I can’t imagine in practical circumstances where that could happen. M. Nesbitt : Me Lex Gill a peut-être quelque chose à ajouter, mais en bref, je ne peux pas imaginer qu’une telle chose se produise concrètement.
It does bring me to one of my other recommendations here, which is that whenever we’ve seen this sort of legislation — not with respect to the standard but with respect to accessing this sort of data, and I’m thinking here of the Communications Security Establishment Act, or CSE Act, and amendments to the Canadian Security Intelligence Service Act, or CSIS Act, and their data sets regime — you also have a regime for how you access the data, what data you can access, how it can be subsequently used, how it can be stored, what’s done with it and all that sort of detail. That’s now all in our CSIS data sets regime.
The police are dealing with it. It’s mostly in our new CSE Act, and that is completely absent here. Cela m’amène à l’une de mes autres recommandations, à savoir que chaque fois que nous voyons ce genre de projet de loi — je ne parle pas de la norme, mais de l’accès à ce genre de données, et je pense ici à la
Loi sur le Centre de la sécurité des télécommunications, ou la
Loi sur le CST, et les modifications apportées à la
Loi sur le Service canadien du renseignement de sécurité, ou la
Loi sur le SCRS, et à leurs régimes concernant les ensembles de données —, il y a aussi un régime qui définit la façon d’accéder aux données, les données auxquelles vous pouvez accéder, la façon dont ces données peuvent ensuite être utilisées, la façon de les stocker, ce qu’on peut en faire et tout le reste. Tout cela fait maintenant
partie du régime du SCRS sur les ensembles de données. La police s’en occupe. C’est surtout dans notre nouvelle
Loi sur le CST, et c’est quelque chose qui a été complètement évacué ici. On top of having this lower standard, you also have, as I think you’re implying, very little opportunity to respond as a citizen or have amends be made. We have very little indication as to how the information can be accessed, stored, reaccessed down the line, shared, that sort of detail. En plus d’adopter une telle norme inférieure, il y a aussi — comme vous le laissez entendre — très peu d’occasions de réagir en tant que citoyen ou de demander des modifications.
Nous avons très peu d’indications sur la façon, entre autres, dont l’information peut être consultée, stockée, retransmise en aval et partagée. Ms. Gill: I would like to respond to the question that was asked. Me Gill : J’aimerais répondre à la question qui a été posée. There would be some sort of recourse through the Privacy Act. There would also be potentially a remedy that flows from
section 24 of the Charter. What needs to be in every senator’s mind is that the vast majority of people, as in this scenario described by the senator, who will be affected by this power are going to be innocent people whose rights can only be vindicated retroactively. We know that no matter how robust of a complaints process — I will say that our federal privacy law has a long way to go before we can call it that — it is never going to be able to fully remedy that kind of Charter breach. Il y aurait une sorte de recours par l’intermédiaire de la
Loi sur la protection des renseignements personnels. Il pourrait aussi y avoir un recours découlant de l’article 24 de la Charte. Ce que tous les sénateurs doivent savoir, c’est que la grande majorité des gens, comme dans le scénario décrit par le sénateur, qui seront touchés par ce pouvoir seront des innocents qui pourront seulement faire valoir leurs droits rétroactivement.
Nous savons que, peu importe la robustesse du processus de traitement des plaintes — je dirais que notre loi fédérale sur la protection des renseignements personnels a beaucoup de chemin à parcourir avant que nous puissions la considérer ainsi —, il ne permettra jamais de remédier pleinement à ce genre de violation de la Charte. Senator Jaffer: Thank you to all three of you. I found your presentations very interesting. La sénatrice Jaffer : Merci à vous trois. J’ai trouvé vos présentations très intéressantes. 13:12 National Security, Defence and Veterans Affairs 8-6-2022
I’ll start with you, Ms. Gill. You are a researcher. I wanted to know whether in all of your research — and I’m sure for today as well — you have ever seen this term “reasonable general concern” used anywhere in the world. Je vais commencer par vous, maître Gill. Vous êtes chercheuse. Je voulais savoir si, dans le cadre de vos recherches — et je suis sûre que c’est la même chose aujourd’hui —, vous avez déjà vu l’expression « préoccupations générales raisonnables » utilisée ailleurs dans le monde. Ms. Gill: I’m a researcher, and I’m also a litigator.
I can tell you if you go to CanLII and type in “reasonable general concern,” or its French equivalent, you get exactly zero results. The standard doesn’t exist in Canada. I’ve never seen an equivalent standard in a foreign jurisdiction. Me Gill : Je suis chercheuse et avocate plaidante. Sachez que, si vous allez sur CanLII et que vous tapez « préoccupations générales raisonnables », ou son équivalent en anglais, vous n’obtiendrez aucun résultat. La norme n’existe pas au Canada. Je n’ai jamais vu une norme équivalente à l’étranger. I’ll be honest; it’s not really clear what this standard is meant to mean.
It’s hard to find an international comparator if we are using a different phraseology. On the one hand, we’re hearing from the minister, for example, the other week, that CBSA will essentially be able to continue business as usual under this standard. On the other hand, we’re hearing that it’s a robust, constitutionally protective response to people’s privacy rights. With extraordinary respect, it can’t be both at the same time. Je vais être honnête. Le sens de cette norme n’est pas vraiment clair. Il est difficile de trouver un comparatif à l’échelle internationale lorsqu’on utilise une expression différente.
D’une part, le ministre nous dit — comme il l’a fait, par exemple, il n’y a pas longtemps — que l’Agence des services frontaliers du Canada, ou l’ASFC, pourra essentiellement poursuivre ses activités comme d’habitude en vertu de cette norme. D’un autre côté, on nous dit qu’il s’agit d’une réponse solide et constitutionnellement protectrice du droit à la vie privée des gens. Avec tout le respect que je vous dois, ce ne peut pas être les deux en même temps.
As a researcher, but also as a lawyer, when I read a standard like reasonable general concern what comes to mind is a hunch, intuition, gut feeling or fishing expedition. And that I think, frankly, is what you are being asked to approve in approving this bill. En tant que chercheuse, mais aussi en tant qu’avocate, lorsque je lis une norme comme celle des préoccupations générales raisonnables, ce qui me vient à l’esprit, c’est un instinct, une intuition, un pressentiment ou une recherche à l’aveuglette. Et je pense, franchement, que c’est ce qu’on vous demande d’accepter en approuvant ce projet de loi.
Senator Jaffer: To both Ms. Gill and to Professor Nesbitt, I’m also a litigator. The first thing I did was go to CanLII and I saw there were none. I thought, around the world, maybe I’m missing something. La sénatrice Jaffer : Je m’adresse à la fois à Me Gill et au professeur Nesbitt. Je suis également avocate plaidante. La première chose que j’ai faite, c’est d’aller sur CanLII et j’ai vu qu’il n’y avait rien là. Je me suis dit qu’il y avait peut-être quelque chose qui m’échappe.
There has been a stone in my shoe since I heard the officials speak about having indicators, and then some indicators we can’t even share with parliamentarians. If you followed any of these hearings, you can see where I come from and how I look. For me, that means, what are those indicators? So you are saying that behaviour and sweating are some indicators, but there are others that we can’t even share with parliamentarians. That makes me think: What are the indicators? Because both the minister, I think — I don’t want to misquote him — but definitely the officials said that with this goes the indicators.
So to both of you, and to Mr. Short — any of you — do you know more about the indicators? What are the indicators? I’ll start with Ms. Gill, and then anybody else can add something if they wish. Quelque chose me dérange depuis que j’ai entendu les fonctionnaires parler d’indicateurs, puis que certains indicateurs ne peuvent même pas être communiqués aux parlementaires. Si vous avez suivi les audiences en question, vous me comprendrez et vous comprendrez mon point de vue. Je me demande en quoi consistent ces indicateurs?
Vous dites donc que le comportement et le fait de transpirer sont des indicateurs, mais il y a d’autres indicateurs dont les parlementaires ne peuvent même pas être informés. Je me demande donc quels sont ces indicateurs. Parce que le ministre — je crois, je ne veux pas déformer ses propos, mais assurément les fonctionnaires l’ont mentionné — a dit que tout cela allait de pair avec les indicateurs. Ma question s’adresse donc à vous deux, et à M. Short, n’importe lequel d’entre vous : en savez-vous plus au sujet des indicateurs? Quels sont les indicateurs?
Je vais commencer par Me Gill, puis les autres pourront ajouter quelque chose s’ils le souhaitent. Ms. Gill: Unfortunately, I have no more information than you do about what these indicators might be. Me Gill : Malheureusement, je n’ai pas plus d’information que vous sur la nature de ces indicateurs. 8-6-2022 Sécurité nationale, défense et anciens combattants 13:13
What I can say is that I’m actually taking a break from a month-long constitutional trial on racial profiling to join you today. What we know in that context is that when there are highly discretionary search or detention standards, or no standards at all, officers nonetheless come up with reasons to justify what they do. Those reasons, when you scrutinize them carefully, rarely hold up to any sort of meaningful constitutional scrutiny. For example, that might be the case of a Black man driving a luxury car.
That’s an example that’s routinely cited as a pretext for stopping a driver which, in fact, has nothing to do with that person’s safety or compliance with the rules of the road whatsoever. Ce que je peux dire, c’est que je prends une pause d’un procès constitutionnel d’un mois sur une affaire de profilage racial pour me joindre à vous aujourd’hui. Ce que nous savons dans ce contexte, c’est que, lorsqu’il y a des normes très discrétionnaires en matière de fouille ou de détention — ou lorsqu’il n’y a pas de normes du tout —, les agents trouvent quand même des raisons pour justifier leurs actions.
Ces raisons, lorsqu’on les examine attentivement, résistent rarement à un examen constitutionnel sérieux. Par exemple, ce pourrait être le cas d’un Noir qui conduit une voiture de luxe. C’est un exemple que l’on soulève couramment comme prétexte pour arrêter un conducteur, un prétexte qui, en fait, n’a rien à voir avec la sécurité de la personne ou le respect du Code de la route.
When I hear language like indicators that fall short of reasonable suspicion based on a multiplicity of factors that justify, on a reasonable basis, intruding into someone’s constitutional rights, I can’t help but think that we are walking directly into the same universe as we do in racial profiling cases in other contexts.
Lorsque j’entends parler de choses comme des indicateurs qui ne sont pas fondés sur des soupçons raisonnables, mais qui reposent sur une multitude de facteurs qui justifient, pour des motifs raisonnables, l’empiétement sur les droits constitutionnels d’une personne, je ne peux m’empêcher de penser qu’on se retrouve dans le même contexte que celui du profilage racial dans d’autres situations. The Chair: That was a very comprehensive answer. Thank you, Ms. Gill. Le président : C’était une réponse très complète. Merci, maître Gill. Senator Boniface: Thank you to the witnesses for being here.
This is an important discussion. La sénatrice Boniface : Je remercie les témoins de leur présence. C’est une discussion importante. My question is for Mr. Nesbitt. I thank you for your comments. I think one of the challenges we have here is trying to determine how you balance. You spoke to that in the issues that you outlined. In Canfield particularly, they specifically said it may be something short of reasonable to suspect, so the government has come up with something based on that. Ma question s’adresse à M. Nesbitt. Je vous remercie de vos commentaires.
Je pense que l’un de nos défis ici consiste à essayer de trouver un juste équilibre dans tout ça. Vous en avez parlé dans les questions que vous avez soulevées. Dans la décision Canfield, en particulier, il a été dit que les soupçons n’étaient peut-être pas vraiment raisonnables, et le gouvernement a donc proposé quelque chose en fonction de cela. When I look at the current practices and the practices that would fall under this, I look at the search of luggage. In fact, there is no threshold for the search of luggage, correct?
Then this one would fall somewhere short of the suspicion reasonableness which, besides mail, is also used for body searches. Lorsque je regarde les pratiques actuelles et les pratiques qui relèveraient d’un tel cadre, je pense à la fouille des bagages. En fait, il n’existe pas de seuil pour la fouille des bagages, n’est-ce pas? Alors, dans ce cas-là, on est en deçà de la norme des soupçons raisonnables, qui, outre le courrier, est également utilisée dans le cas des fouilles corporelles.
When you look at those three thresholds in its current mandate, what do you consider when you look at the public safety, security balance of it? Because it is the border. As a sovereign state, we have the right, as a country, to figure out how we screen what comes in and out. It’s a safety issue. What types of things do you look at from the public safety perspective when you come up with the conclusion you do? Lorsque vous examinez ces trois seuils dans le mandat actuel, de quels facteurs tenez-vous compte lorsque vous pensez à la sécurité publique et au besoin de trouver un équilibre à cet égard?
Parce que c’est à la frontière. En tant qu’État souverain, nous avons le droit, en tant que pays, de définir la façon dont nous filtrons ce qui entre sur notre territoire et ce qui en sort. C’est une question de sécurité. Quel genre de facteurs examinez- vous du point de vue de la sécurité publique lorsque vous tirez une conclusion? Mr. Nesbitt: I’m looking at the same thing, or at least I’m trying to look at the same things, that I think a court would look at in order to provide what I hope is the most insight for you guys. M.
Nesbitt : Je regarde la même chose, ou du moins j’essaie de regarder les choses, que, selon moi, un tribunal examinerait afin de vous fournir l’information qui, je l’espère, vous sera la plus utile. 13:14 National Security, Defence and Veterans Affairs 8-6-2022
In that respect, you’re looking at all the things on the privacy side that we’ve talked about. We’re also looking at it generally. We have numerous cases, including Supreme Court cases, that say you do have a reduced expectation of privacy at the border, and rightfully so. There’s a reason we want to be protective of what’s coming into the country. There’s a reason we all want to feel safe when we get on an airplane and travel with our loved ones to meet loved ones or for business. So we’re trying to, as you indicate, balance those sometimes competing interests. It’s not easy.
À cet égard, vous examinez tous les aspects de la protection de la vie privée dont nous avons parlé. Nous évaluons également la situation dans son ensemble. Nous avons de nombreux cas, y compris ceux devant la Cour suprême, qui montrent que les attentes en matière de vie privée sont réduites à la frontière, et ce, à juste titre. Il y a une raison pour laquelle nous voulons nous protéger contre les choses qui peuvent entrer au pays.
Ce n’est pas pour rien que nous voulons tous nous sentir en sécurité lorsque nous prenons l’avion et que nous voyageons avec nos proches, pour rencontrer des êtres chers ou pour affaires. Nous essayons donc, comme vous l’avez dit, de trouver un juste équilibre entre ces intérêts parfois contradictoires. Ce n’est pas facile. On the security side, what you’re going to be looking for is, is this minimally impairing? That is going to be one of the big constitutional questions. In other words, why do you need a new standard if another standard that’s better understood would suffice?
Pour ce qui est de la sécurité, ce que vous voudrez savoir, c’est s’il s’agit d’une atteinte minimale. Ce sera l’une des grandes questions constitutionnelles. Autrement dit, pourquoi avez-vous besoin d’une nouvelle norme si une autre norme mieux comprise suffit?
There I think the big concern, which may be implicit in a lot of the commentary you’ve gotten over the last couple of days, including today, is this insertion of the term “general.” It gets back to Senator Jaffer’s really good question, which is you’re going to have indicators on the security side that you might look to and which will be both specific and general. We know X is more likely to come from this country, but also we’re going to be looking at the individual who was travelling alone, younger, sweating, unable to answer questions, whatever the case might be. So you’re going to be combining those two.
Selon moi, la grande préoccupation — qui est peut-être implicite dans bon nombre des commentaires que vous avez entendus au cours des derniers jours, y compris aujourd’hui —, c’est l’ajout du mot « générales ». On en revient à la très bonne question de la sénatrice Jaffer, qui soulevait le fait qu’il y aura à la fois des indicateurs de sécurité spécifiques et généraux. Nous savons que telle ou telle chose est plus susceptible de venir de tel ou tel pays, mais nous allons aussi garder à l’œil ceux qui voyagent seuls, les plus jeunes, les personnes en sueur et incapables de répondre aux questions, par exemple.
Il faudra donc combiner les deux. The courts have been very clear. There has to be that combination of factors. There has to be something specific about the individual that makes you think we should probably take a closer look at this person. When you talk about the general concern at the border, then you get into all these general security concerns. I’m not even a border guard and I have a general concern. I’m a bit of a nervous traveller. Les tribunaux ont été très clairs. Il faut une combinaison de facteurs.
Il doit y avoir quelque chose de précis au sujet de la personne pour justifier un examen plus approfondi. Lorsque vous parlez des préoccupations générales à la frontière, vous abordez toutes ces préoccupations générales en matière de sécurité. Je ne suis même pas un garde-frontière et j’ai une préoccupation générale. Je suis un peu nerveux. Senator Boniface: I only have a few minutes.
Some of the information we’ve received recently — and this is flat data, so the difficulty is I don’t have the analysis that goes with it — since the decision has come down and the change of practice is required in Ontario and Alberta compared to the rest of the country, there’s a significant drop percentage-wise in the number of searches. Some would say that’s the threshold change. We don’t know what other factors, but let’s say it’s a factor.
Does that cause you concern, given these cases particularly coming out of pornography, but there are issues of hate literature or other issues that the minister spoke about? La sénatrice Boniface : Je n’ai que quelques minutes. Selon certains des renseignements que nous avons reçus récemment — et il s’agit de données linéaires, alors le problème, c’est que je n’ai pas les analyses connexes —, étant donné que la décision a été rendue et que l’Ontario et l’Alberta doivent changer leurs pratiques par rapport au reste du pays, on constate une baisse importante du pourcentage de fouilles.
Certains diraient que c’est en raison du changement de seuil. Nous ne connaissons pas les autres facteurs, mais disons que c’en est un. Cela vous préoccupe-t-il, compte tenu du fait que ces cas concernent surtout la pornographie, même s’il y a aussi des cas de littérature haineuse ou d’autres problèmes, comme le ministre en a parlé? I’m trying to figure out how you balance this. I understand the individual right, but on the flip side, I worry that the public safety aspects and the uniqueness of the border are not giving the J’essaie de voir comment nous pouvons trouver un juste équilibre.
Je comprends le droit individuel, mais d’un autre côté, je crains que les aspects liés à la sécurité publique et le caractère 8-6-2022 Sécurité nationale, défense et anciens combattants 13:15
weight, because it’s easier to go to the old threshold because we’re not following Canfield specifically to say that there could be a threshold that is somewhat less. unique de la frontière ne se voient pas accorder le poids qu’ils méritent, car il est plus facile de revenir à l’ancien seuil parce que nous ne suivons pas la décision Canfield précisément pour dire qu’il pourrait y avoir un seuil un peu moins élevé. Mr. Nesbitt: It’s a totally reasonable and good question.
If you went around to the general public and searched everyone, you’d find a lot of stuff that might be criminal, and then if you stopped randomly searching everyone, you’d find less. Is that a concern? To me, that’s not asked in isolation with respect to that security; it’s asked in combination with the individuals: What is it that we’re stopping? How reasonable are we being in the searches? How do you balance those interests? M. Nesbitt : C’est une question tout à fait raisonnable et pertinente.
Si vous examinez le grand public et fouillez tout le monde, vous trouverez beaucoup de choses qui pourraient être criminelles; et si vous arrêtez de fouiller un peu tout le monde au hasard, vous trouverez moins de choses criminelles. Est-ce une préoccupation? À mon avis, ce n’est pas une question qu’on se pose isolément lorsqu’il s’agit de sécurité : on la pose tout en tenant compte des personnes : qu’arrêtons-nous? Dans quelle mesure menons-nous des fouilles raisonnables? Comment concilier ces intérêts? On the security side, unfortunately, we haven’t been provided with the data. As Ms.
Gill mentioned, we don’t know whether there’s more child pornography or hate literature coming across the border than there is in the general public at large. What we do know is that this is not like when I was in law school, which is that something is coming across the border so as to be distributed here because it’s coming across in hard copies and being distributed in hard copies. That distribution network exists on the internet, in the ether, not coming across the border. In a way, I’m a little less concerned about that side of things if we’re talking about hate literature, for example.
That’s getting across the border regardless of whether a phone was searched or not. Pour ce qui est de la sécurité, malheureusement, on ne nous a pas fourni les données. Comme Me Gill l’a mentionné, nous ne savons pas s’il y a plus de pornographie juvénile ou de littérature haineuse qui traverse la frontière qu’il n’y en a au sein du grand public. Ce que nous savons, c’est que ce n’est pas comme lorsque j’étais à la faculté de droit, c’est-à-dire que quelque chose devait traverser physiquement la frontière pour être distribué ici, parce que tout ça était sur support papier et était distribué en format papier.
Un tel réseau de distribution existe maintenant sur Internet, dans l’air : il ne traverse pas la frontière. D’une certaine façon, je suis un peu moins préoccupé par cette composante si nous parlons de littérature haineuse, par exemple. Ce genre de choses traversent la frontière, qu’un téléphone ait été fouillé ou non. Senator Yussuff: Thank you, witnesses, for being here today and for the concerns you’re raising. Le sénateur Yussuff : Je remercie les témoins de leur présence aujourd’hui et des préoccupations qu’ils ont formulées. My fundamental question is on the question of general concern.
Is this too broad for allowing CBSA officers to simply use that as a defence for every person they may stop unwarranted and justify their duties because they have this legal protection now? They don’t have to necessarily worry about whether they stop somebody unwarranted. The fact is, though, that general concern could cover everything. You may look suspicious, or you may not look suspicious, but I have a general concern about this person. I could just stop you without necessarily having any factual reasons.
Anyone coming across the border, including me, could be subjected to a general concern maybe because of my skin colour or maybe my name. Maybe I’m twitching at that particular moment. Maybe I’m a little bit sweaty because I just got a message telling me something I didn’t want to hear, but a CBSA officer now has the opportunity to examine me because I look sweaty. From your analysis, is it reasonable to suggest that you think this might lead to abuses at the border? This is to both Mr. Nesbitt and Ms. Gill. Ma question fondamentale concerne la norme des préoccupations générales.
Est-elle trop large au point où les agents de l’ASFC pourraient simplement l’utiliser comme argument chaque fois qu’ils arrêtent une personne de façon peut- être injustifiée et justifier leurs fonctions du fait qu’ils bénéficient maintenant de cette protection juridique? Ils n’ont pas nécessairement à se demander s’ils arrêtent quelqu’un de façon injustifiée. Le fait est que les préoccupations générales pourraient tout englober. Une personne peut sembler suspecte ou non, mais on a des préoccupations générales à son sujet. On pourrait arrêter quelqu’un sans nécessairement avoir de raisons factuelles de le faire.
Toute personne qui traverse la frontière, moi y compris, pourrait soulever des préoccupations générales, peut-être à cause de la couleur de sa peau ou de son nom. C’est peut-être à ce moment-là que je me rebiffe. Peut-être que je transpire un peu parce que je viens de recevoir un message me disant quelque chose que je ne voulais pas entendre, mais un agent de l’ASFC a maintenant l’occasion de m’examiner parce 13:16 National Security, Defence and Veterans Affairs 8-6-2022
que je semble en sueur. D’après votre analyse, est-il raisonnable de penser que cela pourrait mener à des abus à la frontière? Ma question s’adresse à M. Nesbitt et à Me Gill. Ms. Gill: Senator, I wholeheartedly agree with you. I think your concerns are well founded. Me Gill : Je suis tout à fait d’accord avec vous, monsieur le sénateur. Je pense que vos préoccupations sont fondées.
The only thing I would add is that not only does this kind of broad-based standard open the door to group-based discrimination and the use of group-based characteristics as a pretext to stop and question someone and search their devices, but these are also powers that are very difficult to review after the fact.
I’m raising that issue because I think there’s a reflex to say, “Well, people can file a complaint afterward if they don’t like the way they’ve been treated.” The reality is that where we have a combination of a highly discretionary, ambiguously defined power and the reality of implicit bias and racial prejudice, we will get abuse and we will discriminatory effects. An individual person trying to challenge the result of that process will find themselves in a very difficult situation because they’re essentially being asked to prove what was or wasn’t in the mind of an individual officer at a given point in time.
We know that’s incredibly difficult. We know that innocent citizens are discouraged from filing those kinds of complaints, and quite frankly, the remedial frameworks are not in place to make that process any easier. La seule chose que j’ajouterais, c’est que ce genre de norme de portée générale ouvre la voie à la discrimination fondée sur l’appartenance à un groupe et à l’utilisation des caractéristiques propres à un groupe comme prétexte pour arrêter quelqu’un, l’interroger et examiner ses appareils, mais qu’en plus, il s’agit d’un pouvoir très difficile à examiner après coup.
Je soulève cette question parce que je pense qu’on a le réflexe de dire : « Eh bien, les gens peuvent déposer une plainte par la suite s’ils n’aiment pas la façon dont ils ont été traités. » La réalité, c’est qu’un pouvoir très discrétionnaire et défini de façon ambiguë, conjugué à la réalité des préjugés implicites et raciaux, donne lieu à des abus et à des effets discriminatoires. La personne qui tente de contester l’issue de ce processus se retrouve dans une situation très difficile parce qu’elle doit essentiellement prouver ce que tel ou tel agent avait en tête ou non à un moment donné.
Nous savons que c’est extrêmement difficile. Nous savons que des citoyens innocents sont découragés de déposer ce genre de plaintes et, bien franchement, nous ne disposons pas du cadre de mesures correctives qui pourrait faciliter ce processus. I think your understanding of the bill is exactly right. Je pense que votre interprétation du projet de loi est tout à fait juste. Mr. Nesbitt: I concur. The reason the courts have liked the specificity element with respect to reasonable suspicion — that the general concern is also specific to the individual — is exactly to get at these implicit biases that Ms.
Gill talked about and which you’re indicating as a concern. They’re not going to get a warrant like we would if you were a police officer. They’re just having to articulate if they have a concern.
So it’s asking them to say, “Can you write down your logic and explain yourself?” In that process, hopefully, either the quality of that logic, implicit biases and so on can be reviewed or, at the time, the process of writing out why an officer is concerned about an individual, forcing them to think consciously about the reasons for the search, helps to overcome those sorts of biases with respect to race, skin colour, country of origin or anything else that might not be associated with an individual — in other words, which will be associated with something more random. M. Nesbitt : Je suis d’accord avec cela.
Si les tribunaux ont apprécié l’élément de spécificité relatif aux soupçons raisonnables — à savoir le fait que les préoccupations générales doivent aussi être propres à la personne —, c’est précisément parce qu’il permet de s’attaquer aux préjugés implicites dont Me Gill a parlé et qui représentent pour vous une préoccupation. Ils n’auront pas à obtenir un mandat comme devrait le faire un policier. Ils n’auront qu’à exprimer une préoccupation. Cela revient à leur demander de noter par écrit leur raisonnement et de fournir des explications.
Il est à espérer que ce processus permettra d’examiner la qualité de ce raisonnement, les préjugés implicites et tout le reste, ou que, à ce moment-là, le fait pour un agent de devoir expliquer par écrit pourquoi une personne le préoccupe, d’être obligé de réfléchir consciemment aux motifs de la fouille, contribuera au dépassement de ce genre de préjugés fondés sur la race, la couleur de la peau, le pays d’origine ou tout autre élément qui n’est peut-être pas propre à une personne, c’est-à-dire qui se rapporte à quelque chose de plus aléatoire. Senator Boehm: I’d like to thank our witnesses for being here.
Le sénateur Boehm : J’aimerais remercier les témoins de leur présence. I’ve asked a similar question to other witnesses. Any sort of border cooperation involves giving up a little bit of sovereignty. That’s just the nature of any bilateral agreement, and in this case, it is with the United States. The U.S. has eight points of pre- clearance service in Canada. We have been talking about setting J’ai posé une question semblable à d’autres témoins. Toute forme de coopération frontalière suppose un renoncement à une
partie de notre souveraineté. C’est la nature même de tout accord bilatéral, et en l’occurrence, il s’agit d’un accord avec les États- Unis. Les États-Unis ont huit points de précontrôle au Canada. 8-6-2022 Sécurité nationale, défense et anciens combattants 13:17
up pilots in the U.S., I think, for about a decade, and nothing has happened. Nous avons des discussions concernant la mise sur pied de projets pilotes aux États-Unis depuis une dizaine d’années, je crois, et rien ne s’est passé. My question goes in this direction: Since we agree that reasonable general concern is in the mind of the beholder, and the beholder could be a CBSA officer or a U.S. pre-clearance officer, are you at all concerned about levels of training? Implicit bias was mentioned earlier.
One could argue that your implicit bias, if you’ve grown up in another country and trained in another country, might be a little different than perhaps here in Canada. I’d welcome your comments on this, starting with Ms. Gill, please. Ma question va dans le sens suivant : comme nous sommes d’accord pour dire que la norme des préoccupations générales raisonnables est subjective, et que celui qui exerce sa subjectivité pourrait être un agent de l’ASFC ou un agent de précontrôle des États-Unis, j’aimerais savoir si les niveaux de formation vous préoccupent d’une quelconque façon.
On a mentionné plus tôt les préjugés implicites. On pourrait avancer que les préjugés implicites d’une personne qui a grandi dans un autre pays et qui a été formée dans un autre pays peuvent être un peu différents de ceux d’une personne du Canada. J’aimerais savoir ce que vous en pensez, en commençant par Me Gill. Ms. Gill: Thank you. Me Gill : Merci. One thing we need to be aware of is that when we talk about something like reasonable suspicion, there’s a framework in place and decades of jurisprudence that guide how officers think through whether what they’re doing is reasonable or not.
When we invent a new standard, we have to train around that standard, we have to define it, it will be subject to constitutional scrutiny, and it will be litigated and interpreted over decades, potentially. So when we talk about training, it’s training with what? Training with these three words that we have? That’s my first reflex. Nous ne devons pas perdre de vue, lorsque nous parlons de quelque chose comme les soupçons raisonnables, qu’un cadre et des décennies de jurisprudence orientent la façon dont les agents déterminent si ce qu’ils font est raisonnable ou non.
Lorsque nous créons une nouvelle norme, nous devons offrir de la formation sur cette norme, nous devons la définir, elle fera l’objet d’un examen constitutionnel, et elle pourrait être contestée et interprétée pendant des décennies. Ainsi, nous parlons de formation, mais il s’agit d’une formation sur quoi? Sur ces trois mots dont nous disposons? Voilà ma première réaction. The other thing I would say is that when we talk about implicit bias, the evidence is not very good on the question of whether you can train out implicit bias.
The border is a context where the situation is often rapidly evolving, where people are acting with low information in a high-stress context. That’s exactly the kind of scenario that brings out those kinds of implicit assumptions, stereotypes and prejudices that people may not even know they have. L’autre chose que je dirais, c’est qu’il est question de préjugés implicites, mais les données probantes ne sont pas très bonnes quant à la question de savoir s’il est possible de les éliminer au moyen d’une formation.
La frontière est un endroit où, souvent, la situation évolue rapidement, et où les gens agissent en disposant de peu d’information dans un contexte très stressant. C’est exactement le genre de situation qui fait ressortir chez les gens ce genre de présomptions, de stéréotypes et de préjugés implicites dont ils ne sont peut-être même pas conscients. In terms of training, I’m not incredibly optimistic that training alone will mitigate those kinds of issues. Quant à la formation, je ne suis pas vraiment convaincue qu’elle permettra à elle seule d’atténuer les problèmes de ce genre. Mr.
Nesbitt: One area where training could work is that we know with reasonable suspicion or reasonable grounds to suspect — same thing — some of the things you might look for, specifically and generally. You could train on that, which would help create certainty for the border guards, which creates certainty for legal cases that come out of it and for the individuals. But it also might help address this in that it’s being determined not in the moment on the border under understandable stress, but it’s being determined, as Ms.
Gill said, over years with respect to the types of factors that you really want to be thinking about. So we can train something like reasonable suspicion to say, “Here are some of the things that might make you suspect in this context a specific individual. M. Nesbitt : Si la formation peut fonctionner à un égard, c’est que nous avons des soupçons raisonnables ou des motifs raisonnables d’avoir des soupçons — cela revient au même — à propos de certaines des choses que nous pourrions rechercher, en particulier et de façon générale.
On pourrait donner de la formation à ce sujet, ce qui contribuerait à créer de la certitude pour les agents frontaliers, en plus de créer de la certitude pour les affaires juridiques qui découleront de cela et pour les particuliers. Cela pourrait aussi aider à régler cela, dans la mesure où la décision est prise non pas sur le coup, à la frontière, dans une situation de stress compréhensible, mais bien, comme l’a dit Me Gill, au fil des ans, en ce qui concerne les types de facteurs qu’on veut vraiment prendre en considération. Nous 13:18 National Security, Defence and Veterans Affairs 8-6-2022
Here’s how you would put them with more general factors to make you think” — pouvons donc former les gens sur les soupçons raisonnables en leur disant : « Voici quelques éléments qui font qu’une personne donnée peut éveiller des soupçons dans ce contexte. Voici comment combiner ces éléments avec des facteurs plus généraux pour nourrir votre réflexion. » Senator Boehm: Thank you, but if I have just a few more seconds, I would like Mr. Short to comment on this too, please. Le sénateur Boehm : Merci, mais s’il ne me reste que quelques secondes, j’aimerais que M. Short s’exprime aussi à ce sujet, s’il vous plaît. Mr.
Short: I don’t have anything to add beyond what Lex Gill and Professor Nesbitt have said. I think Professor Nesbitt’s answers to the previous line of questioning from the senator stand here as well around implicit bias. M. Short : Je n’ai rien à ajouter à ce que Me Lex Gill et M. Nesbitt ont dit. Je pense que les réponses de M. Nesbitt aux questions précédentes du sénateur valent également pour les préjugés implicites. Senator Wells: Thank you to the witnesses. Le sénateur Wells : Je remercie les témoins.
In a previous committee meeting, I asked CBSA for a copy of the regulations being proposed, and I received that yesterday or the day before. I have one document here, which is Notice of Intent to Develop Examination of Documents Stored on Personal Digital Devices. It’s the regulations. My first question is for Professor Nesbitt. My next question is for Ms. Gill. Lors d’une réunion précédente du comité, j’ai demandé à l’ASFC un exemplaire du règlement proposé, et je l’ai reçu hier ou avant-hier.
J’ai ici un document intitulé « Avis d’intention d’élaborer un Règlement visant l’examen de documents conservés dans un appareil numérique personnel ». Il s’agit du règlement. Ma première question s’adresse à M. Nesbitt. Ma question suivante s’adressera à Me Gill. Professor Nesbitt, under required notes, it says they would detail the steps taken by the officer, and then it goes on to say these notes would show “the basis for examination (i.e., facts giving rise to officer concerns).” Would you see this as a definition of reasonable grounds to suspect or reasonable suspicion or reason to believe?
If so, why would they go with a lower standard of reasonable general concern, which shows no facts giving rise to concerns, which is what they have detailed in their regulations? Monsieur Nesbitt, d’après le document, les notes requises devraient détailler les mesures prises par l’agent, et elles devraient indiquer le motif de l’examen, c’est-à-dire les faits qui ont suscité les préoccupations de l’agent. Selon vous, s’agit-il là d’une définition des motifs raisonnables de soupçonner ou des soupçons raisonnables ou des motifs de croire?
Si c’est le cas, pourquoi opter pour la norme moins élevée des préoccupations générales raisonnables, qui ne révèle aucun fait à l’origine des préoccupations, comme il est expliqué en détail dans le règlement? Mr. Nesbitt: I don’t have a good answer for you, honestly. I’m not sure about that one. Again, the thing I’d get back to there is it’s asking for reasons, and because it’s a reasonable general concern, the reasons could be that country of origin X has more of X; therefore we stopped people who look like they came from or were on a plane from country X,
whereas if you have the reasonable suspicion standard, you’re going to add into those details something specific about the individual that made you think we should stop this individual. That’s the only distinction I could see being made. Again, it almost reinforces why you would want the other standard. All it says is that we just want something a little more detailed and more specific,
whereas with this it sounds like general concerns might suffice. M. Nesbitt : Honnêtement, je n’ai pas de bonne réponse à vous donner. Je n’ai pas de certitude à ce sujet.
Là encore, ce que je rappellerais à cet égard, c’est que des raisons sont exigées, et comme il s’agit de préoccupations générales raisonnables, les raisons pourraient concerner le fait que tel pays d’origine a plus de ceci ou de cela que tel autre, de sorte qu’on a intercepté des gens qui semblaient venir de ce pays ou qui étaient à bord d’un avion en provenance de ce pays, alors que si l’on applique la norme du soupçon raisonnable, on ajoutera à ces renseignements quelque chose de propre à la personne qui donne à penser qu’elle devrait être arrêtée. C’est la seule distinction qui est établie, à mes yeux.
Encore une fois, cela milite presque en faveur de l’autre norme. Tout ce qu’elle prévoit, c’est qu’il faut quelque chose d’un peu plus détaillé et de plus précis, alors qu’avec celle-ci, il semble que des préoccupations générales pourraient suffire. Senator Wells: Does it seem to you they’re not targeting the person but they’re targeting the country from where that person came in their assessment? Le sénateur Wells : Avez-vous l’impression qu’on cible non pas la personne, mais plutôt le pays d’où elle vient dans le cadre de l’évaluation? 8-6-2022 Sécurité nationale, défense et anciens combattants 13:19
Mr. Nesbitt: There’s nothing there that would indicate that isn’t the case. M. Nesbitt : Rien n’indique que ce ne soit pas le cas. Senator Wells: Thank you for that. Le sénateur Wells : Merci. Ms.
Gill, in the same document, the Notice of Intent to Develop Examination of Documents Stored on Personal Digital Devices, it says: Maître Gill, toujours dans le document intitulé « Avis d’intention d’élaborer un Règlement visant l’examen de documents conservés dans un appareil numérique personnel », on peut lire ceci : Making some of these policy controls legally binding would give them the force of law, reinforce privacy protections, and increase transparency and public confidence in the CBSA’s actions.
Le fait de rendre certaines de ces mesures de contrôle juridiquement contraignantes leur donnerait force de loi, renforcerait la protection de la vie privée et augmenterait la transparence et la confiance du public dans les actions de l’ASFC. What’s your thought on that, in particular to the reinforced privacy protections? Quel est votre avis là-dessus, et plus particulièrement au sujet du renforcement des mesures de protection de la vie privée? Ms. Gill: I don’t have the full document that you do in front of me, so I can’t evaluate it as a whole.
Of course, I would say that not only does enacting these kinds of rules in law or regulation reinforce privacy protections potentially, but it’s also constitutionally required. The courts have been quite clear that leaving these kinds of operational considerations purely to CBSA policy is not good enough and doesn’t have the force of law, so it is essential that these kinds of safeguards and protections are enacted directly into statute and to some degree into regulation.
I echo my colleagues in civil society who spoke to you last week who said that the framework should be set out in law, democratically approved, tested, debated and not subject to the kind of discretionary exercise that regulations-making necessarily is. Me Gill : Comme je n’ai pas le document complet sous les yeux, je ne peux pas l’évaluer dans son ensemble. Bien sûr, je dirais non seulement que le fait d’adopter ce type de règles dans le cadre de lois ou de règlements peut renforcer la protection de la vie privée, mais aussi qu’il s’agit d’une exigence constitutionnelle.
Les tribunaux ont dit très clairement que les considérations opérationnelles de ce genre ne peuvent pas relever uniquement d’une politique de l’ASFC, et qu’une telle politique n’a pas force de loi. Il est donc essentiel que ces garanties et protections soient inscrites directement dans la loi et, dans une certaine mesure, dans un règlement.
Je me fais l’écho de mes collègues de la société civile qui ont témoigné devant vous la semaine dernière et qui ont dit que le cadre devait être énoncé dans la loi, approuvé démocratiquement, mis à l’épreuve et faire l’objet de débats, et qu’il ne devait pas faire l’objet du genre d’exercice discrétionnaire que constitue nécessairement l’élaboration d’un règlement. Senator Wells: Thank you. Le sénateur Wells : Merci. One final question: What’s the big issue with the courts making a decision versus Parliament making a decision?
Une dernière question : quel gros problème pose le fait qu’une décision soit prise par les tribunaux plutôt que par le Parlement? Ms. Gill: I think that both the courts and Parliament are guardians of individuals’ constitutional rights. The distinction I was making in my previous question is the distinction between lawmaking through Parliament, through a democratic vote, and regulations-making, which is a discretionary exercise that normally takes place at the order-in-council level, which is necessarily subject to less scrutiny.
Me Gill : Je pense que les tribunaux et le Parlement sont tous deux les gardiens des droits constitutionnels des individus. La distinction que j’ai faite dans ma question précédente est celle entre l’adoption de lois par le Parlement au moyen d’un vote démocratique et la prise de règlements, exercice discrétionnaire qui se fait normalement par décret et qui fait nécessairement l’objet d’un examen moins minutieux. Senator Dasko: Thank you for being here. La sénatrice Dasko : Merci d’être ici. Mr.
Nesbitt, you’ve talked about the concerns you have with the word “general.” If we were to take that phrase, “reasonable general concern,” and drop the word “general” from it to read “reasonable concerns,” would that make it a better phrase, in your opinion? Monsieur Nesbitt, vous avez fait part de vos préoccupations au sujet du mot « générales ». Supposons que nous retirions le mot « générales » de l’expression « préoccupations générales raisonnables ». Est-ce que l’expression « préoccupations raisonnables » serait meilleure, à votre avis? 13:20 National Security, Defence and Veterans Affairs 8-6-2022
Mr. Nesbitt: I think it would. I think it would do a lot to provide certainty in terms of constitutional challenge. But then you are left with the question of what’s the difference between reasonable concern and reasonable suspicion? Arguably, I’d say “concern” sounds higher in some ways. I’m just not sure. If you’re there, just go with what we know and is working and is working in the context of mail and some searches of individuals at the border and all this sort of stuff. M. Nesbitt : Je pense que oui.
Selon moi, cela contribuerait grandement à offrir une certitude en ce qui a trait aux contestations constitutionnelles. Cependant, il faut ensuite se demander quelle est la différence entre une préoccupation raisonnable et un soupçon raisonnable. Je dirais que le mot « préoccupation » semble plus grave à certains égards. Je n’en suis pas certain. Rendu là, on devrait simplement s’en tenir à ce qu’on connaît, à ce qui marche et à ce qui fonctionne dans le cas du courrier, de certaines fouilles à la frontière et d’autres choses du genre. Senator Dasko: Thank you. La sénatrice Dasko : Merci. Ms.
Gill, do you have any thoughts about that? Would that be a better phrase, in your point of view? Maître Gill, avez-vous quelque chose à dire à ce sujet? Est-ce que ce serait une meilleure expression, à votre avis? Ms. Gill: I agree with Professor Nesbitt that there’s no reason not to adopt the legal standard that already exists rather than open the door to a set of additional constitutional challenges about what the difference between a concern and a suspicion and a belief might be. But that is maybe just because I spend too much time with lawyers. Me Gill : Je conviens avec M.
Nesbitt qu’il n’y a aucune raison de ne pas adopter la norme juridique qui existe déjà plutôt que d’ouvrir la voie à une série de nouvelles contestations constitutionnelles sur la différence entre une préoccupation, un soupçon et une croyance. Toutefois, il est possible que je pense cela simplement parce que je passe trop de temps avec des avocats. Senator Dasko: An issue came up at one of our previous committee meetings, and it’s the issue of random searches. I’d like to probe that a little bit.
In my understanding, there seem to be two types of searches: those that are prompted by suspicions or concerns, or whatever the concept is, and those that are described as random. Do you know anything about the random searches and how they are actually carried out? We hear about them. Are they carried out in a routinized way, or are they carried out in a haphazard way that would make them open to the kinds of issues we’ve heard from Senator Jaffer and others? If you know anything about random searches, that’s the kind of information I’m looking for. This is to any of the panellists.
La sénatrice Dasko : Une question a été soulevée lors d’une réunion antérieure du comité, et c’est celle des fouilles aléatoires. J’aimerais approfondir un peu cette question. D’après ce que je comprends, il semble y avoir deux types de fouilles, à savoir celles qui sont motivées par des soupçons, des préoccupations ou quelque notion du genre, et celles qui sont qualifiées d’aléatoires. Que savez-vous au sujet des fouilles aléatoires et de la façon dont elles sont menées? Nous en entendons parler.
Sont-elles menées de façon méthodique, ou sont-elles plutôt exécutées au petit bonheur, ce qui les exposerait à des problèmes comme ceux dont la sénatrice Jaffer et d’autres personnes nous ont parlé? Si vous savez quoi que ce soit au sujet des fouilles aléatoires, j’aimerais vous entendre à ce sujet. Ma question s’adresse à tous les témoins. Ms.
Gill: I don’t have inside knowledge about CBSA operational practice on this issue, but I think there’s a very important distinction to make between a random search or detention in the sense of every three people or every single person who happens to be at this place and point in time, versus random in the sense that the power is exercised in an arbitrary manner, which is a standardless search or detention. That, I think is, quite clear. There’s just no constitutional justification or rationale for that at this point.
Me Gill : Je ne possède pas d’informations privilégiées sur les pratiques opérationnelles de l’ASFC à cet égard, mais je pense qu’il y a une distinction très importante à faire entre des fouilles ou des détentions qui seraient aléatoires en ce sens qu’elles seraient exécutées selon une fréquence prédéterminée à un endroit et à un moment précis, et d’autres qui seraient aléatoires en ce sens qu’elles relèveraient d’un pouvoir arbitraire ou ne seraient assujetties à aucune norme. Je pense que c’est très clair. Il n’y a tout simplement aucune justification constitutionnelle à cet égard à ce stade-ci.
Senator Dasko: Right. La sénatrice Dasko : Exact. Mr. Nesbitt, do you know anything about random searches? Monsieur Nesbitt, savez-vous quelque chose à propos des fouilles aléatoires? 8-6-2022 Sécurité nationale, défense et anciens combattants 13:21
Mr. Nesbitt: Not in the context of the border, to be honest with you. I think, as Ms. Gill said, you’re talking about either every third person to make it truly random, or you’re talking about our luggage, in which case I have no idea how they choose which luggage. M. Nesbitt : Pas dans le contexte frontalier, pour être honnête avec vous. Je pense, comme l’a dit Me Gill, qu’il doit s’agir d’une fréquence prédéterminée pour que ce soit vraiment aléatoire, ou alors c’est la même chose qui se produit avec nos bagages, et je n’ai aucune idée de la façon dont tel ou tel bagage est choisi. Senator Dasko: Thank you.
La sénatrice Dasko : Merci. The Chair: I’m afraid to say we’ve run out of time. I apologize to Senator Jaffer and Senator Dagenais that we can’t get you on again. We are at the end of the panel. Le président : Je suis désolé de devoir vous dire que nous n’avons plus de temps. Je m’excuse auprès de la sénatrice Jaffer et du sénateur Dagenais de ne pas pouvoir leur donner de nouveau la parole. Nous en sommes à la fin de la séance. I want to thank Ms. Gill, Mr. Nesbitt and Mr. Short for sharing both your knowledge and your experience, which is considerable, as we examine this important piece of legislation.
You’ve been very impressive witnesses. On behalf of my fellow committee colleagues, I thank you for joining us. Je tiens à remercier Me Gill, M. Nesbitt et M. Short de nous avoir fait part de leurs connaissances et de leur expérience, qui sont considérables, dans le cadre de notre examen de cet important projet de loi. Vous avez été des témoins très impressionnants. Au nom de mes collègues du comité, je vous remercie de votre présence. Senators, moving to our next panel, I’d like to welcome, from the Canadian Centre for Child Protection, Monique St.
Germain, general counsel; and Benjamin Goold, Professor at the Peter A. Allard School of Law at the University of British Columbia. Thank you both for joining us today. We now invite you to provide your opening remarks, to be followed by questions from our members. We might need to ask you to adjust your microphones at some point, so please understand if I have to interrupt. Ms. St. Germain, you may begin when you’re ready. Honorables sénateurs et sénatrices, nous allons maintenant passer au prochain groupe de témoins. J’aimerais souhaiter la bienvenue à Me Monique St.
Germain, avocate générale, Centre canadien de protection de l’enfance, et à Benjamin Goold, professeur à la Peter A. Allard School of Law de l’Université de la Colombie-Britannique. Merci à vous deux d’être parmi nous aujourd’hui. Je vous invite maintenant à présenter votre déclaration préliminaire, après quoi les membres du comité vous poseront des questions. Je devrai peut-être vous demander d’ajuster vos microphones à un moment donné, alors soyez compréhensifs si je dois vous interrompre. Maître St. Germain, vous pouvez commencer quand vous serez prête. Monique St.
Germain, General Counsel, Canadian Centre for Child Protection: Mr. Chairperson and distinguished members of the committee, thank you for the opportunity to present on Bill S-7. Me Monique St. Germain, avocate générale, Centre canadien de protection de l’enfance : Monsieur le président, mesdames et messieurs les membres du comité, je vous remercie de me donner l’occasion de présenter un exposé sur le projet de loi S-7. My name is Monique St.
Germain, and I am general counsel for the Canadian Centre for Child Protection, which is a national charity dedicated to the personal safety of all children that has been operating for over 37 years. Our agency supports the objectives of Bill S-7, particularly as it relates to the issue of child sexual abuse material, which is referred to as “child pornography” in the Criminal Code and the customs tariff. Je m’appelle Monique St.
Germain et je suis avocate générale au Centre canadien de protection de l’enfance, organisme de bienfaisance national qui se consacre depuis plus de 37 ans à la sécurité personnelle de tous les enfants. Notre organisme appuie les objectifs du projet de loi S-7, particulièrement en ce qui concerne le matériel d’exploitation sexuelle d’enfants, qui est désigné sous l’appellation de « pornographie juvénile » dans le Code criminel et le Tarif des douanes. Our agency operates Cybertip.ca, Canada’s national tip line, to report the online sexual abuse and exploitation of children.
The tip line is a central part of the Government of Canada’s national strategy for the protection of children from sexual exploitation on the internet. Cybertip acts as the front door for Canadians who have concerns of this nature, and we have never been busier than we are right now. Notre organisme exploite le site Cyberaide.ca, qui fait office de centrale canadienne de signalement des cas d’exploitation et d’abus sexuels d’enfants sur Internet et qui constitue un élément central de la stratégie nationale du gouvernement du Canada pour la protection des enfants contre l’exploitation sexuelle sur Internet.
Cyberaide est la porte d’entrée pour les Canadiens qui ont des préoccupations à ce sujet, et nous n’avons jamais été plus occupés que maintenant. 13:22 National Security, Defence and Veterans Affairs 8-6-2022
Our role is to triage reports to the appropriate police and child welfare agencies where necessary, as well as assist Canadian families and children directly by providing education, awareness and support services. Notre rôle consiste à trier les signalements et à les retransmettre à la police et aux services de protection de l’enfance appropriés, au besoin, de même qu’à aider directement les familles et les enfants canadiens en leur fournissant des services d’éducation, de sensibilisation et de soutien. Since 2002, we have processed over 370,000 reports from the public.
The vast majority pertains to child sexual abuse material, and there is an increasing number of reports in other categories such as online luring, sextortion and sexual exploitation of children in the context of travel and tourism. Depuis 2002, nous avons traité plus de 370 000 signalements du public. La grande majorité d’entre eux concernent du matériel d’exploitation sexuelle d’enfants, et il y a de plus en plus de signalements relevant d’autres catégories, notamment la cyberprédation, la sextorsion et l’exploitation sexuelle d’enfants en ligne dans le domaine du voyage et du tourisme.
In 2016, we conducted an international survey, and 150 survivors from around the world who had their child sexual abuse recorded and in most instances uploaded and traded online told us these crimes have a significant lifelong impact on them and their safety. The lack of control that they have over possession and sharing of the images and their widespread accessibility can be one of the most difficult aspects of this abuse to overcome.
En 2016, nous avons mené une enquête internationale auprès de 150 survivants de sévices pédosexuels qui ont été enregistrés et, dans la plupart des cas, diffusés et échangés sur Internet. Ces personnes nous ont dit que ces crimes ont des répercussions importantes et permanentes sur leur vie et leur sécurité. Elles n’exercent aucune emprise sur la possession et la circulation de ces images, et l’accessibilité à grande échelle de ces images peut constituer l’un des aspects des sévices qu’elles ont subis les plus difficiles à surmonter.
Deeply concerned about the victimization of children and determined to do what we could to reduce the online propagation of child sexual abuse material online, we created Project Arachnid. This innovative platform, launched in 2017, finds where child sexual abuse material is being made publicly available online, and it issues takedown notices to the host. So far, over 6 million images and videos of child sexual exploitation have been removed from the internet following a notice from Project Arachnid. These images and videos were detected across more th