Senate Committee — RIDR — Evidence — 16ev-55641

RIDR / Evidence / 16ev-55641

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Senate Committee — RIDR — Evidence — 16ev-55641

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EVIDENCE TÉMOIGNAGES EDMONTON, Thursday, September 8, 2022 EDMONTON, le jeudi 8 septembre 2022 The Standing Senate Committee on Human Rights met this day at 9:10 a.m. [MT] to examine such issues as may arise from time to time relating to human rights generally. Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se réunit aujourd’hui, à 9 h 10 (HR), pour étudier les questions qui pourraient survenir concernant les droits de la personne en général. Senator Salma Ataullahjan (Chair) in the chair.

La sénatrice Salma Ataullahjan (présidente) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Chair: Good morning, honourable senators. I am Salma Ataullahjan, senator from Toronto and chair of this committee. Today we are conducting a meeting of the Standing Senate Committee on Human Rights. La présidente : Bonjour, honorables sénateurs. Je suis Salma Ataullahjan, sénatrice de Toronto et présidente du comité. Nous tenons aujourd’hui une séance du Comité sénatorial permanent des droits de la personne. I would like to take a moment to introduce the members of the committee who are participating in this meeting.

We have Senator Arnot from Saskatchewan, Senator Jaffer from British Columbia, Senator Martin from British Columbia and Senator Simons from Alberta. Je vais prendre un instant pour présenter les membres du comité qui participent à la séance. Nous accueillons le sénateur Arnot, de la Saskatchewan, la sénatrice Jaffer, de la Colombie- Britannique, la sénatrice Martin, de la Colombie-Britannique, et la sénatrice Simons, de l’Alberta. Having held two meetings in June in Ottawa, today we continue our study of Islamophobia in Canada under our general order of reference.

Our study will cover, amongst other matters, the role of Islamophobia with respect to online and offline violence against Muslims, gender discrimination, as well as discrimination in employment including Islamophobia in the federal public service. Our study will also examine the source of Islamophobia, its impact on individuals including mental health and physical safety, and possible solutions and government responses. Après avoir tenu deux séances en juin à Ottawa, nous poursuivons aujourd’hui notre étude de l’islamophobie au Canada en vertu d’un ordre de renvoi général.

L’étude portera notamment sur le rôle que l’islamophobie peut jouer dans la violence en ligne et hors ligne contre les musulmans, la discrimination fondée sur le sexe, ainsi que la discrimination en matière d’emploi, ce qui comprend l’islamophobie dans la fonction publique fédérale. Notre étude portera également sur la source de l’islamophobie, ses répercussions sur les personnes, notamment aux plans de la santé mentale et de la sécurité physique, ainsi que sur les solutions et les mesures gouvernementales possibles.

We are pleased to be here in Edmonton and to hear from witnesses about Islamophobia in this part of the country. This is the second of our public hearings outside of Ottawa. Yesterday we were in Vancouver, and in two weeks we shall be in Quebec City and Toronto. Nous sommes heureux de siéger à Edmonton pour entendre des témoins nous parler de l’islamophobie dans cette région du pays. C’est la deuxième de nos séances publiques à l’extérieur d’Ottawa. Hier, nous étions à Vancouver, et dans deux semaines, nous serons à Québec et à Toronto. Let me provide some details about our meeting today.

This morning we shall have two one-hour panels with a number of witnesses who have been invited. In each panel, we shall hear from witnesses, and then the senators will have a question-and- answer session. There will be a short break around 11 a.m. In addition, the committee has set aside time at the end of the morning to hear some short five-minute interventions from members of the public but without a question-and-answer session. And if you would like to participate in this part of the meeting, you need to register beforehand with the committee staff sitting at the back of the room.

Permettez-moi de vous donner quelques détails sur la séance d’aujourd’hui. Ce matin, nous accueillons deux groupes de témoins. Chaque groupe aura une heure. Pour l’un comme pour l’autre, nous entendrons des témoins, puis les sénateurs poseront des questions. Il y aura une pause vers 11 heures. De plus, le comité a réservé du temps en fin de matinée pour entendre de brèves interventions de cinq minutes de la part des membres du public, mais sans période de questions. Ceux qui souhaitent participer à cette

partie de la séance doivent s’inscrire à l’avance auprès du personnel du comité qui est assis à l’arrière de la salle. 8-9-2022 Droits de la personne 16:1

So before we begin the first panel, I will ask Senator Jaffer to come forward. As you know, I’m an adviser with an NCCM, and therefore I will not chair this panel. Deputy chair Senator Bernard is not travelling with us, so Senator Jaffer has graciously agreed to assume the chair for this portion of today’s meeting on our study. Senator Jaffer. Avant de passer au premier groupe de témoins, j’invite la sénatrice Jaffer à me remplacer. Comme vous le savez, je suis conseillère auprès du Conseil national des musulmans canadiens, le CNMC. Je ne présiderai donc pas l’audition de ce groupe.

La vice-présidente, la sénatrice Bernard, n’étant pas en déplacement avec nous, la sénatrice Jaffer a gracieusement accepté d’assumer la présidence pour cette

partie de la séance d’aujourd’hui. Madame la sénatrice Jaffer, à vous. Senator Mobina S. B. Jaffer ( Acting Chair) in the chair. La sénatrice Mobina S. B. Jaffer (présidente suppléante) occupe le fauteuil. The Acting Chair: Thank you for your confidence, Senator Ataullahjan. Now I will introduce the panel of witnesses, and I want to tell you that when I saw you all and I saw the panels, it’s a real honour to have you here, and we all look forward to hearing from you, learning from you, and this is not our only discussion. Hopefully we will continue discussions because we all have to learn.

La présidente suppléante : Je vous remercie de votre confiance, sénatrice Ataullahjan. Je vais maintenant présenter le groupe de témoins. Lorsque je vous ai tous vus et que j’ai pris connaissance de la liste de témoins, je me suis dit que c’est un véritable honneur de vous accueillir, et nous avons tous hâte de vous entendre, de recevoir ce que vous avez à nous apprendre. Les échanges d’aujourd’hui ne seront pas les seuls. J’espère qu’ils se poursuivront, car nous avons tous des choses à apprendre. And so I want to introduce the panel of witnesses.

Each witness is asked to make an opening statement of five minutes. We shall hear from all witnesses and then turn to questions from the senators. Je vais donc présenter les témoins. Chacun est invité à faire une déclaration liminaire de cinq minutes. Nous entendrons tous les témoins avant de passer aux questions des sénateurs.

Our first witness is Rod Loyola, Member of the Legislative Assembly of Alberta for Edmonton-Ellerslie, Poet, and Spoken Word Artist; Said Omar, Alberta Advocacy Officer from the National Council of Canadian Muslims; from the African Canadian Civic Engagement Council, Dunia Nur, President and CEO; and Yasmeen Abu-Laban, Professor and Canada Research Chair in the Politics of Citizenship and Human Rights and Fellow, Canadian Institute for Advanced Research, University of Alberta .

Le premier témoin est Rod Loyola, membre de l’Assemblée législative de l’Alberta représentant Edmonton-Ellerslie, poète et artiste de la parole; Said Omar, agent de liaison pour l’Alberta, Conseil national des musulmans canadiens; Dunia Nur, présidente et cheffe de la direction de l’African Canadian Civic Engagement Council; Yasmeen Abu-Laban, professeure et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les dimensions politiques de la citoyenneté et des droits de la personne et membre de l’Institut canadien de recherches avancées, Université de l’Alberta. I welcome you all.

You have all five minutes, and we look forward to hearing from you, and then we will ask you questions to clarify or if we have other things to ask you. We’ll start with Mr. Loyola. Bienvenue à vous tous. Vous avez cinq minutes, et nous avons hâte de vous entendre, après quoi nous vous poserons des questions pour obtenir des précisions sur vos témoignages ou aborder d’autres sujets. Ce sera d’abord M. Loyola. Rod Loyola, Member of the Legislative Assembly of Alberta for Edmonton-Ellerslie, Poet, and Spoken Word Artist: Thank you very much for having me here this morning. I appreciate greatly.

I think when it comes to the issue of interest of this Senate committee, it’s very important to understand that hate crimes that are happening in Canada are a symptom of a much larger problem and we have to look at the root of where all this is coming from. Rod Loyola, député à l’Assemblée législative de l’Alberta représentant Edmonton-Ellerslie, poète et artiste de la parole : Merci beaucoup de m’accueillir ce matin. Je vous en suis très reconnaissant.

À propos du sujet qui intéresse le comité sénatorial, je dirai qu’il est très important de comprendre que les crimes haineux qui sont commis au Canada sont le symptôme d’un problème beaucoup plus vaste et que nous devons en chercher la source. Now, of course, the attacks specifically on Black Muslim women, hijab-wearing women, here in the city of Edmonton and across Alberta, it’s not very commonly known that the perpetrators of these attacks in some cases were Indigenous people.

Now, I am not saying this in order to point the finger at À propos des agressions qui visent des femmes musulmanes noires, des femmes qui portent le hidjab, à Edmonton et partout en Alberta, on ignore généralement que les auteurs de ces agressions sont parfois des Autochtones. Je ne donne pas cette précision pour les pointer du doigt, loin de là. Tout ce que 16:2 Human Rights 8-9-2022

Indigenous people by any means. All I’m trying to highlight here is that Indigenous people here in Canada have been disadvantaged for such an enormous amount of time, and we recognize the fact that the treaties that were signed with first the Crown and then observed by the Canadian state were never truly followed through on.

When you consult Indigenous people, this is what they say. j’essaie de faire ressortir, c’est que, au Canada, les Autochtones sont défavorisés depuis fort longtemps, et nous reconnaissons que les traités qui ont été signés au départ avec la Couronne puis observés par l’État canadien n’ont jamais vraiment été respectés. Voilà ce que disent les Autochtones.

Now, I could understand being underprivileged — and by that, I mean purposely being subjected to the negative racist and colonial laws of the state of Indigenous people — and then looking at other people from other parts of the world coming here to now call Canada home and then seeing that these so‑called immigrants are better off, than them as Indigenous people is going to create a certain amount of hatred, I would say. Je peux comprendre.

Des défavorisés — et je songe là à ces personnes soumises de propos délibéré aux lois racistes et coloniales préjudiciables de l’État visant les Autochtones — voient des gens venus d’autres pays faire du Canada leur pays adoptif, voient ces immigrants s’en tirer mieux qu’eux, Autochtones. Je dirais que cela peut susciter une certaine haine. I’m not saying it is just that this be the case; however, I think that this is something very important in understanding where the hate is coming from. That is one factor. Je ne justifie pas cette réaction, mais il est très important de comprendre la source de cette haine.

C’est un facteur à prendre en considération. Now, of course, it should be well known that there are over 3,000 hate websites or social media groups in Canada, and these individuals who run these sites and social media groups are actually propagating and pushing hate. Il devrait être de notoriété publique qu’il y a plus de 3 000 sites Web ou groupes de médias sociaux haineux au Canada, et que ceux qui gèrent ces sites et ces groupes de médias sociaux propagent la haine et en encouragent l’expression.

So we have on one side those who have been negatively impacted by the state because of the colonial implications of this state on Indigenous people, and then you also have those individuals who identify themselves as White also being underprivileged by the economic system in which they live, and this comes out as hate in one sense. Il y a ceux qui ont souffert du colonialisme imposé par l’État aux Autochtones et aussi des gens qui s’identifient comme des Blancs et qui sont défavorisés par le système économique dans lequel ils vivent. Leur ressentiment se traduit par de la haine, en un sens.

There are individuals out there, for some reason or other, they want to hate, and I don’t know what their perspectives are, but if Canada truly wants to confront this, it has to look at the root of the problem. And as a legislator myself, looking at our legislation, federally, provincially, even looking at it through a municipal lens, we need to start identifying how we de-colonize our legislation. How do we make sure that all individuals can cooperate fairly on a even playing field so that no individuals are underprivileged.

This is like the first step in getting us towards actual cooperation and working with each other regardless of our nationality, our religion, our ethnicity and whatnot because, at the end of the day, we’re all Canadian, but this is something that we really need to identify. Pour quelque raison, certains s’engagent dans la voie de la haine. J’ignore pourquoi, mais si le Canada veut vraiment s’attaquer à ce problème, il doit s’interroger sur ses causes profondes.

En tant que législateur, j’étudie les lois fédérales et provinciales et je tiens même compte de la dimension municipale, et je dis qu’il nous faut commencer à chercher comment expurger les lois de tout colonialisme. Comment pouvons-nous nous assurer que tous peuvent coopérer de façon équitable, sur un pied d’égalité, afin que personne ne soit défavorisé? C’est en quelque sorte la première étape vers une véritable coopération et une collaboration entre nous, peu importe notre nationalité, notre religion, notre origine ethnique et nos autres caractéristiques, car au bout du compte, nous sommes tous Canadiens.

C’est donc un problème qu’il nous faut cerner. I wish I had more time, to be quite honest, because I’m only touching the surface on this, so I hope that you will ask questions. J’aurais voulu avoir plus de temps, car je ne fais qu’effleurer la question. J’espère donc que vous allez poser des questions. I also would like to highlight the fact that these hate groups also have to be addressed in some fashion.

I know that Jabril of the Somali Edmonton Society is going to be here later today, but he actually came to me once and was talking about a hate registry, a national hate registry, and I hope that he brings that to Je souligne également qu’il faut s’attaquer d’une façon ou d’une autre à ces groupes haineux. Je sais que Jibril, de la Société culturelle canado-somalienne d’Edmonton, comparaîtra aujourd’hui, mais il est venu me voir une fois pour discuter d’un registre national de la haine, et j’espère qu’il en parlera 8-9-2022 Droits de la personne 16:3

the table today because I think it’s an important concept that we should consider. And with that, I will wrap up my five minutes. aujourd’hui, car, selon moi, c’est une idée importante à laquelle nous devrions réfléchir. Voilà qui met fin à mes cinq minutes. The Acting Chair: Mr. Loyola, you certainly have given us a lot to think about, and we’ll have lots of questions of you, but we will now go on to hear from Mr. Said Omar. La présidente suppléante : Monsieur Loyola, vous nous avez certainement donné matière à réflexion, et nous aurons beaucoup de questions à vous poser, mais nous allons maintenant entendre M.

Said Omar. Said Omar, Alberta Advocacy Officer, National Council of Canadian Muslims: Chair and honourable members, thank you for the invitation to appear before this committee to share the perspectives of the National Council of Canadian Muslims on this committee’s study of the issue of Islamophobia.

Said Omar, agent de liaison pour l’Alberta, Conseil national des musulmans canadiens : Madame la présidente, mesdames et messieurs les membres du comité, je vous remercie de m’avoir invité à comparaître pour vous faire part du point de vue du Conseil national des musulmans canadiens dans le cadre de l’étude sur l’islamophobie. The National Council of Canadian Muslims is an independent, non-partisan, non-profit grassroots organization.

Our mission is to protect human rights and civil liberties and to challenge Islamophobia and discrimination and to build a mutual understanding and to advance the public concerns of Canadian Muslims. Le Conseil national des musulmans canadiens est un organisme communautaire indépendant, non partisan et sans but lucratif. Sa mission est de protéger les droits de la personne et les libertés civiles, de lutter contre l’islamophobie et la discrimination, de favoriser une compréhension mutuelle et de faire valoir les préoccupations des musulmans canadiens dans l’espace public.

I am going to begin by reading the names of my brothers and sisters into record: Ibrahima Barry, Mamadou Tanou Barry, Khaled Belkacemi, Aboubaker Thabti, Abdelkrim Hassane, Azzedine Soufiane, Mohamed-Aslim Zafis, Yumna Afzaal, Madiha Salman, Salman Afzaal, Talat Afzaal. These are the names of those taken from this nation in acts of Islamophobia in the past five years during the Quebec City mosque attack, the London terror attack and the IMO attack. Indeed, Canada has become the leading nation in the G7 in terms of targeted killings of Muslims motivated by Islamophobia.

Je vais commencer par lire les noms de mes frères et sœurs : Ibrahima Barry, Mamadou Tanou Barry, Khaled Belkacemi, Aboubaker Thabti, Abdelkrim Hassane, Azzedine Soufiane, Mohamed-Aslim Zafis, Yumna Afzaal, Madiha Salman, Salman Afzaal et Talat Afzaal. Ce sont les victimes d’actes d’islamophobie commis au cours des cinq dernières années : attaque à la mosquée de Québec, attaque terroriste de London et attaque à l’International Muslim Organization, ou l’IMO. Parmi les pays du G7, le Canada est celui où il y a le plus de meurtres de musulmans motivés par l’islamophobie.

This is nothing to say of the attacks that have happened across Canada that could have easily resulted in fatalities. Here in Alberta, we have seen multiple attacks and examples of Islamophobia. In Edmonton, groups like the Wolves of Odin trespass and illegally entered the Al Rashid Mosque, the oldest mosque in Canada. Cela ne tient pas compte des attaques qui ont eu lieu partout au Canada et qui auraient pu facilement faire des morts. Ici même, en Alberta, nous avons vu de multiples attaques et manifestations islamophobes.

À Edmonton, des groupes comme les Wolves of Odin sont entrés illégalement dans la mosquée Al Rashid, la plus ancienne mosquée du Canada. In Alberta, Black Muslim women have been targeted for attacks at knifepoint. On January 1 of this year, a Black Muslim woman of Somali descent was attacked in an Islamophobic and hate-motivated incident all while her four children were in the vehicle. During this horrific attack, the perpetrators hurled Islamophobic abuse at the victim and said he would finish her. En Alberta, des musulmanes noires ont été la cible d’attaques au couteau.

Le 1er janvier dernier, une musulmane noire d’origine somalienne a été attaquée dans un incident islamophobe motivé par la haine pendant que ses quatre enfants étaient dans le véhicule. Au cours de cette horrible attaque, les agresseurs ont lancé des injures islamophobes à la victime et l’ont menacée de l’achever. In June 2021, a Muslim woman and her sister were the victims of a violent attack in St. Albert. The perpetrator of this incident grabbed one of the women by her hijab and threw her to the ground, knocking her unconscious.

The man then produced a knife, knocked the second woman to the ground and pressed a blade to her throat while uttering threats and racial slurs. En juin 2021, une musulmane et sa sœur ont été victimes de voies de fait à Saint Albert. L’auteur de cet incident a attrapé une des femmes par son hidjab et l’a jetée par terre. Elle a perdu conscience. L’homme a ensuite sorti un couteau, a terrassé la deuxième femme et lui a placé la lame sur la gorge en proférant des menaces et des insultes racistes. 16:4 Human Rights 8-9-2022

The problem of violent Islamophobia is here in Alberta. Violent Islamophobia is a prominent threat that looms over our community, and it deserves a whole of government approach. Le problème de l’islamophobie violente se pose en Alberta. C’est une menace importante qui plane sur notre communauté, et une approche pangouvernementale s’impose. I want to thank this honourable committee for engaging in further study of Islamophobia.

There has of course in the past been significant and unfounded fear mongering regarding the usage of the term of “Islamophobia.” Consider for example the M-103 study of Islamophobia in 2017 that resulted in the death threats of parliamentarians and protest on Parliament Hill. I want to note, of course, that the study of this committee should begin with an exhaustive reading of the report of the Standing Committee on Canadian Heritage, Taking Action Against Systemic Racism and Religious Discrimination Including Islamophobia. Je tiens à remercier le comité de pousser plus loin l’étude de l’islamophobie.

Bien entendu, par le passé, on a cherché à semer la peur, de façon marquée et injustifiée, au sujet de l’utilisation du terme « islamophobie ». Prenons par exemple l’étude de la motion M-103 sur l’islamophobie, en 2017. Des parlementaires ont reçu des menaces de mort et des manifestations ont eu lieu sur la colline du Parlement. Je tiens à souligner, bien sûr, que l’étude du comité devrait commencer par une lecture exhaustive du rapport du Comité permanent du patrimoine canadien, Agir contre le racisme systémique et la discrimination religieuse, y compris l’islamophobie .

The Ontario Human Rights Commission defines Islamophobia as follows, which the NCCM subscribes to: La Commission ontarienne des droits de la personne définit l’islamophobie en ces termes, et le CNMC souscrit à cette définition : . . . Islamophobia includes racism, stereotypes, prejudices, fear, or acts of hostility directed towards individuals, individual Muslims or followers of Islam in general. In addition to individual acts of intolerance and racial profiling, Islamophobia can lead to viewing and treating Muslims as a greater security threat on an institutional, systemic and societal level.

L’islamophobie inclut le racisme, les stéréotypes, les préjugés, la peur et les actes d’hostilité dirigés contre des personnes musulmanes précises ou les adhérents à l’islam en général. En plus de motiver des actes individuels d’intolérance et de profilage racial, l’islamophobie peut amener les gens à penser que les musulmans constituent de plus grandes menaces à la sécurité sur le plan institutionnel, systémique et sociétal. By way of concrete recommendations to the committee, the NCCM submits that the following actions and policy steps should be undertaken.

First, while many of the 61 recommendations put forward at the Summit on Islamophobia in 2021 have been committed to, like the creation of the Special Representative on Islamophobia and the National Support Fund for Survivors of Hate-Motivated Crimes, we encourage both chambers to prioritize advance in legislative and regulatory changes to operationalize the recommendations made at the summit. En guise de recommandations concrètes au comité, le CNMC soutient que les mesures et orientations stratégiques suivantes devraient être prises.

Premièrement, bien que bon nombre des 61 recommandations formulées lors du Sommet sur l’islamophobie de 2021 aient été mises en œuvre, comme la création du poste de représentant spécial sur l’islamophobie et du Fonds national de soutien pour les victimes de crimes motivés par la haine, nous encourageons les deux chambres à accorder la priorité à des modifications législatives et réglementaires donnant suite aux recommandations formulées au sommet. Second, that this committee accept that violent and systemic Islamophobia are facts that deserve action from this chamber following this study.

We at the NCCM stand ready to support action that is meaningful in the eyes of Canadian Muslims. Deuxièmement, le comité devrait accepter que l’islamophobie violente et systémique est un fait qui mérite que le Sénat prenne des mesures à la suite de cette étude. Au CNMC, nous sommes prêts à appuyer des mesures qui soient sérieuses aux yeux des musulmans canadiens. Those are my submissions. Thank you for your time. Voilà ce que j’avais à dire. Merci d’avoir pris le temps de m’écouter. The Acting Chair: Thank you very much, Mr. Omar. We will now hear from Dunia Nur from the African Canadian Civic Engagement Council.

La présidente suppléante : Merci beaucoup, monsieur Omar. Nous allons maintenant entendre Dunia Nur, du African Canadian Civic Engagement Council. Dunia Nur, President and CEO, African Canadian Civic Engagement Council: Hello, everyone, your honourable committee. Thank you so much for having me here. Assalamualaikum Warahmatullahi Wabarakatuh. My name is Dunia Nur, présidente et cheffe de la direction, African Canadian Civic Engagement Council : Bonjour à tous, mesdames et messieurs les membres du comité. Merci beaucoup de m’avoir invitée. Assalamualaikum Warahmatullahi 8-9-2022 Droits de la personne 16:5

Dunia Nur, and I’m the president, co-founder and CEO of the African Canadian Civic Engagement Council. First and foremost, I would like to acknowledge that this meeting is taking place today on Treaty 6 territory. As an African woman and as a Muslim woman, I am very privileged. And also as a young woman that has had a lot of her learning opportunities came directly from the Indigenous people of this land, Turtle Island, and as a woman who continuously practises her faith and also an African-Indigenous world view in terms of what healing and reconciliation means, it’s important for us to be here today.

Wabarakatuh. Je m’appelle Dunia Nur et je suis présidente, cofondatrice et cheffe de la direction de l’African Canadian Civic Engagement Council. D’abord et avant tout, je tiens à souligner que cette séance se déroule sur le territoire visé par le Traité no 6. Je suis très privilégiée, moi qui suis africaine et musulmane.

Je suis une jeune femme qui s’est fait offrir beaucoup de possibilités d’apprentissage directement par les Autochtones de ce territoire, de l’Île de la Tortue, une femme qui pratique assidûment sa foi et cultive une conception du monde à la fois africaine et autochtone, cherchant le sens de la guérison et de la réconciliation. Voilà pourquoi il est important pour nous de comparaître. When I say “us,” what I mean is, typically and unfortunately, when it comes to Islamophobia, it’s multilayered and it’s intersectional.

Unfortunately, we have been left out of the table by a lot of public officials, policy legislative makers, including some members of our communities, and we are the ones that are targeted, and we experience the pain of Islamophobia, gender‑based violence and anti-Black racism. I will give you some concrete examples and some of the interventions that the African Canadian Civic Engagement Council end up using as strategy to combat Islamophobia. Lorsque je dis « nous », je songe, normalement et malheureusement, puisqu’il s’agit ici d’islamophobie, à une entité multidimensionnelle et intersectionnelle.

Malheureusement, nous avons été écartés de la table par de nombreux fonctionnaires et décideurs politiques, y compris certains membres de nos collectivités. Nous sommes des cibles, et nous vivons la douleur de l’islamophobie, de la violence fondée sur le sexe et du racisme contre les Noirs. Je vais vous donner des exemples concrets et décrire des interventions auxquelles l’African Canadian Civic Engagement Council a fini par recourir pour combattre l’islamophobie. First and foremost, women that are of African heritage have significantly been impacted and attacked in the city and across Canada.

The issue is it was under-reported. The reason why is because we have no mechanisms of reporting Islamophobia. What I mean by that is, for example, myself, my family and the women I serve in my community, when we report to Edmonton police, typically we are turned away. We had some instance that even members of police have told us that some of the members that inflicted harm on us are people that are patriots and they love their country and we should have a picnic and perhaps have a conversation.

D’abord et avant tout, les femmes d’origine africaine ont été durement touchées et attaquées dans cette ville et partout au Canada. Le problème, c’est qu’on n’a pas assez signalé les problèmes. Pourquoi? Parce que nous n’avons aucun mécanisme de signalement de l’islamophobie. Ce que je veux dire par là, c’est que, par exemple, moi-même, ma famille et les femmes que je sers dans ma collectivité essuyons le plus souvent un refus lorsque nous nous adressons à la police d’Edmonton.

Il est même arrivé que des policiers nous disent que certains de ceux qui nous ont fait du mal sont des patriotes qui aiment leur pays et que nous devrions aller en pique-nique avec eux et discuter. Another issue is that with Muslim communities, there are different intersectionalities as well. If you look at populations in Edmonton that are facing tragedies, it’s actually African immigrant refugee Muslim populations. One of the biggest mosques, Sahaba Masjid, has received little to no attention. It’s a newer community.

And if you look at Statistics Canada, people of African descent are the fastest and the largest growing population across Canada. When you look at the stats in terms of those populations, Black folks, Toronto being one — then I believe Montreal, then Ottawa, then Alberta is the third. So if we are the fastest growing population in Canada, Alberta hosts the fastest growing people of African heritage population — and if you look at the stats within Alberta, it’s people that are practising the Muslim faith. The largest Black community in Alberta are Muslim.

Un autre problème, c’est que les communautés musulmanes ont aussi des caractéristiques différentes qui se recoupent pour former leur identité. Les populations d’Edmonton frappées par des drames sont constituées de musulmans africains qui sont immigrants ou réfugiés. L’une des plus grandes mosquées, celle de Sahaba, a reçu peu d’attention, voire aucune. C’est une nouvelle collectivité. D’après les données de Statistique Canada, les personnes d’ascendance africaine sont la population qui croît le plus et le plus rapidement au Canada.

Les statistiques sur les populations noires montrent que celle de Toronto vient au premier rang. Elle est suivie de celles de Montréal et d’Ottawa, puis de celle de l’Alberta. Donc, si nous sommes la population qui croît le plus rapidement au Canada, l’Alberta accueille la population d’origine africaine qui augmente aussi le plus rapidement. Les statistiques de l’Alberta montrent que cette population pratique la foi musulmane. La plus grande communauté noire de l’Alberta est musulmane. 16:6 Human Rights 8-9-2022

We have been left out of recommendations. We have been left out of consultations. We have been left out within our own communities. We have been left out of legislative recommendations in terms of what a path of moving forward means. Il n’a pas été question de nous dans les recommandations. Nous avons été exclus des consultations. Nous avons été laissés pour compte dans nos propres communautés. Nous avons été exclus des recommandations législatives qui indiquent la voie à suivre. I’ll give you some concrete example of what the African Canadian Civic Engagement has done.

Our mandate is to protect and promote all people of African heritage as human rights and dignity. On a daily basis, we have people of African descent coming to us that have multi-intersectional experiences and identities; for example, deportation issues that result in deporting Black Muslim women disproportionately; hate-motivated attacks that happens in our streets, we are in the heart of 118 Avenue, and we are surrounded by Black Muslim businesses.

Lastly, if you look at a lot of our population that seeks our service, they’re also other Black women that come from equity‑seeking communities such as being members of the 2SLGBTQ+ community and a lot of them also having issues of significantly facing disadvantage. Voici des exemples concrets de ce qu’a fait l’African Canadian Civic Engagement. Son mandat est de protéger et de promouvoir les droits et la dignité de toutes les personnes d’origine africaine.

Tous les jours, des personnes d’ascendance africaine nous arrivent avec des expériences et des identités multidimensionnelles; par exemple, des problèmes d’expulsion qui touchent de façon disproportionnée des femmes musulmanes noires; des attaques motivées par la haine qui se produisent dans nos rues. Nous sommes au cœur de la 118e avenue et nous sommes entourés d’entreprises de musulmans noirs. Enfin, parmi ceux qui font appel à nos services, il y a aussi d’autres femmes noires faisant

partie de groupes en quête d’équité, comme la communauté 2SLGBTQ+, et beaucoup d’entre elles ont aussi des problèmes parce qu’elles sont lourdement défavorisées. With that being said, yes, we have been attacked, and some of the attacks were perpetrated disproportionately, actually, White males. That’s first and foremost. Second, it was other equity‑seeking populations that internalized a lot of lateral violence and oppression. And some of these attacks also include our own men from our community. For example, we have issues around domestic violence; we have issues around sexual violence.

So while we are experiencing a lot of these issues and then there’s an extra multi-layer in terms of hate-motivated crime — Cela dit, oui, nous avons été attaquées, et certaines de ces attaques ont été perpétrées, de façon disproportionnée, en fait, par des hommes blancs. Voilà pour commencer. Deuxièmement, il y a d’autres populations en quête d’équité qui ont intériorisé beaucoup de violence latérale et d’oppression. Et certaines de ces attaques sont le fait des hommes de notre communauté. Par exemple, nous sommes aux prises avec des problèmes de violence familiale; nous avons des problèmes de violence sexuelle.

Alors, même si nous affrontons bon nombre de ces problèmes et s’il y a une autre catégorie de crimes motivés par la haine... The Acting Chair: Ms. Nur, I hate to ask you to wind up now. I’m sorry. La présidente suppléante : Madame Nur, je suis désolée de vous demander de conclure. Je regrette. Ms. Nur: No worries. Mme Nur : Pas de souci. The Acting Chair: Sorry. La présidente suppléante : Désolée. Ms. Nur: So my point is I will not give you answers today in this consultation.

I will ask for the Government of Canada, all three levels, to seek and resource women of African descent following the United Nations declaration for people of African descent, and including Islamophobia, and ensuring that our communities are on the table and they are directly participating. The reason why I say that is because we have a lot of rich knowledge that we can share, and we put a lot of the interventions in terms of healing circles, restorative justice and what it means to empower women. Thank you so much.

Mme Nur : Je ne vous donnerai donc pas de réponse aujourd’hui dans le cadre de cette consultation. Je demande au gouvernement du Canada, aux trois ordres de gouvernement, de s’adresser aux femmes d’ascendance africaine et de leur fournir des ressources pour donner suite à la déclaration des Nations unies pour les personnes d’ascendance africaine, en tenant compte de l’islamophobie et en veillant à ce que nos communautés soient présentes dans les échanges et participent directement.

Si je dis cela, c’est que nous avons un trésor de connaissances que nous pouvons partager, et nous abordons beaucoup d’interventions sous l’angle des cercles de guérison, de la justice réparatrice et de l’autonomisation des femmes. Merci beaucoup. The Acting Chair: Thank you very much. We will now go on to hear from Professor Abu-Laban. La présidente suppléante : Merci beaucoup. Nous allons maintenant entendre la professeure Abu-Laban. 8-9-2022 Droits de la personne 16:7

Yasmeen Abu-Laban, Professor and Canada Research Chair in the Politics of Citizenship and Human Rights and Fellow, Canadian Institute for Advanced Research, University of Alberta, as an individual: Good morning, everyone. Thank you for the invitation. Over the Labour Day long weekend, I had friends from Europe that were visiting Edmonton for the first time, and so I took them to Fort Edmonton Park because there were two things I especially wanted them to see.

The first was the newly opened Indigenous Peoples Experience for what it tells us about truth and reconciliation; and the second was to see Canada’s very first mosque. The original Al Rashid Mosque was moved from north of Edmonton’s downtown core to Fort Edmonton Park in 1991. Yasmeen Abu-Laban, professeure et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les dimensions politiques de la citoyenneté et des droits de la personne et membre de l’Institut canadien de recherches avancées, Université de l’Alberta, à

titre personnel : Bonjour à tous. Merci de m’avoir invitée. Pendant le long week-end de la fête du Travail, j’ai reçu des amis européens qui visitaient Edmonton pour la première fois. Je les ai donc amenés au Fort Edmonton Park parce qu’il y avait là deux choses que je tenais à leur faire voir. La première était la toute nouvelle exposition Indigenous Peoples Experience, à cause de ce qu’elle nous apprend au sujet de la vérité et de la réconciliation, et la deuxième était la toute première mosquée du Canada.

La mosquée Al Rashid originale a été déplacée du nord du centre-ville d’Edmonton au Fort Edmonton Park en 1991. The mosque and its history tell us much about a multicultural Canada before official multiculturalism. The original building was completed in 1938, a reflection of the fact that Muslims have a deep history in Canada. The actual project of building a mosque back in the 1930s was spearheaded by both men and particularly women in the Muslim community. They garnered support from the then-mayor of Edmonton as well as from Jewish and Christian communities, and these communities also contributed funds.

La mosquée et son histoire nous en disent long sur le Canada multiculturel antérieur au multiculturalisme officiel. Le bâtiment original a été achevé en 1938. Les musulmans ont donc une longue histoire derrière eux au Canada. Dans les années 1930, des hommes et surtout des femmes de la communauté musulmane ont été le fer de lance du projet de construction d’une mosquée. Ils ont obtenu l’appui du maire d’Edmonton de l’époque ainsi que des communautés juive et chrétienne, et ces communautés ont également contribué au financement.

Oral history and other reflections of the early decades of the mosque illuminate that the mosque served as a meeting point not only for Muslims but also members of other faith communities. L’histoire orale et d’autres réflexions qui remontent aux premières décennies de la mosquée révèlent que la mosquée a servi de point de rencontre non seulement pour les musulmans, mais aussi pour les membres d’autres groupes confessionnels.

The original Al Rashid Mosque is also architecturally fascinating because the contractor was a Ukrainian-Canadian who built the mosque in the style of an early 20th century Ukrainian Orthodox Church with crescents instead of crosses. La mosquée originale Al Rashid est également fascinante sur le plan architectural, car l’entrepreneur était un Canadien d’origine ukrainienne. Il a construit la mosquée dans le style d’une église orthodoxe ukrainienne du début du XX e siècle, avec des croissants au lieu de croix.

So, to me, both the Indigenous Peoples Experience as well as the mosque stand out for symbolizing an open Canada. Donc, pour moi, l’exposition Indigenous Peoples Experience et la mosquée symbolisent de façon marquante un Canada ouvert. My own research work suggests that, when it comes to various minorities, there’s an ongoing tension between two Canadas that plays out in different ways at different times, and what I call the open Canada offers a vision of openness, embrace and trust of others and can lead to forms of recognition and coexistence.

The closed Canada is about rejection, closure and fear of others, and can lead to assimilative pressures, outright denial and even violence. Mes propres recherches donnent à penser que, à l’égard de diverses minorités, il y a une tension constante entre deux Canada qui se manifeste diversement à différents moments. Ce que j’appelle le Canada ouvert offre une vision d’ouverture, d’accueil et de confiance à l’égard d’autrui et il peut favoriser diverses formes de reconnaissance et de coexistence. Le Canada fermé, c’est le rejet, la fermeture et la peur de l’autre.

Cette attitude peut se traduire par des volontés d’assimilation, un refus brutal, voire la violence. Now, I’m sure you’ll all agree that the open Canada is a much more compelling place to live. The issue of Islamophobia or what some would call anti-Muslim racism or anti-Muslim hate is really a critical one because it feeds a closed Canada vision. So given this, I want to share three main points that emerge from my Vous conviendrez sûrement tous que le Canada ouvert est un lieu où il fait bon vivre.

La question de l’islamophobie ou de ce que certains appelleraient le racisme ou la haine envers les musulmans est vraiment cruciale parce qu’elle nourrit une conception du Canada caractérisée par la fermeture. Dans ce 16:8 Human Rights 8-9-2022

own research that relate to countering Islamophobia from a policy angle. contexte, je voudrais vous faire part de trois grands points qui ressortent de mes propres recherches et qui ont trait à la lutte contre l’islamophobie sur le plan des orientations. First, it’s really critical to address Muslims in Canada in a multi-dimensional way, not simply through a cultural or a religious lens. We know from recent censuses that Muslims are mostly in urban areas, particularly Toronto and Montreal, but there has been growth in the past decades in medium-sized cities like Edmonton.

Premièrement, il est vraiment essentiel d’aborder la question de la présence des musulmans au Canada d’une manière multidimensionnelle au lieu de s’en tenir aux aspects culturel ou religieux. Les recensements récents nous ont appris que les musulmans se trouvent surtout dans les régions urbaines, particulièrement à Toronto et à Montréal, mais au cours des dernières décennies, ils se sont fait plus nombreux dans des villes de taille moyenne comme Edmonton. Many Muslims in Canada are immigrants, refugees and visible or racialized minorities.

And despite many having high levels of education, many suffer from economic disadvantage. De nombreux musulmans au Canada sont des immigrants, des réfugiés et des membres de minorités visibles ou racisées. Et même si bon nombre d’entre eux ont un niveau de scolarité élevé, beaucoup sont économiquement défavorisés. We also know from recent experience here in Edmonton that you also just heard about that Muslim women of colour wearing the hijab can become specific targets of physical and verbal assaults.

Dealing holistically with Islamophobia requires an intersectional approach attuned to race, gender and class, and one that considers improving the life chances and opportunities of those facing discrimination and disadvantage. Nous savons aussi, d’après notre expérience récente à Edmonton, que les musulmanes de couleur portant le hidjab peuvent être expressément ciblées par des agressions physiques et verbales.

Pour lutter de façon holistique contre l’islamophobie, il faut adopter une approche intersectionnelle qui tient compte de la race, du sexe et de la classe sociale, ainsi que de l’amélioration des chances et des débouchés pour les personnes victimes de discrimination et défavorisées. Second, in dealing with Islamophobia, there is, of course, a need to be considering individuals like the Quebec City Mosque shooter or the man who targeted and killed the family in London in 2021.

However, as well, there should be consideration of institutional and systemic dimensions, including the media and the state and governing institutions. For example, there is no doubt that the language that politicians use, the policies they pass, or the practices and world views of state security personnel may feed Islamophobia and a closed Canada vision. Deuxièmement, en ce qui concerne l’islamophobie, il faut évidemment tenir compte de personnes comme le tireur de la mosquée de Québec ou l’homme qui a ciblé et tué une famille à London en 2021.

Il faut néanmoins tenir compte également des dimensions institutionnelles et systémiques : les médias, l’État et les institutions gouvernementales. Par exemple, il ne fait aucun doute que le discours des hommes et femmes politiques, les orientations qu’ils adoptent ou les pratiques et les visions du monde du personnel de sécurité de l’État peuvent alimenter l’islamophobie et une conception fermée du Canada.

Just in August, the Association of Canadian Studies released a survey that shows that, since Bill 21 was passed in 2019 in Quebec, it is Sikhs, Jews and especially Muslims that feel less accepted, less safe and less hopeful. And amongst women, it was particularly Muslim woman who felt marginalized. En août dernier, l’Association d’études canadiennes a publié un sondage qui montre que, depuis l’adoption du projet de loi 21 en 2019 au Québec, ce sont les sikhs, les juifs et surtout les musulmans qui se sentent moins acceptés, moins en sécurité et moins optimistes.

Et parmi les femmes, ce sont particulièrement les musulmanes qui se sentent marginalisées. And then third and last, any form of racism or hate has spillover effects, and solidarity is crucial. We need ongoing interdisciplinary research on how solidarity is fostered in our digitalized and quickly changing world. We know from surveys, for example, in Canada and elsewhere that those that have anti‑Semitic views also have anti-Muslim views. Troisièmement, et c’est le dernier point, toute forme de racisme ou de haine a des répercussions, et la solidarité est essentielle.

Nous avons besoin de recherches interdisciplinaires suivies sur la façon dont la solidarité est encouragée dans notre monde numérique et en rapide mutation. Nous savons, par exemple, d’après des sondages effectués au Canada et ailleurs, que ceux qui ont des opinions antisémites ont aussi des opinions antimusulmanes. In the days following 9/11, in Canada, both Sikhs and Muslims were attacked by violent co-citizens as well as security personnel.

So combatting Islamophobia, therefore, should not be Dans les jours qui ont suivi les attentats du 11 septembre, au Canada, des sikhs et des musulmans ont été la cible de concitoyens violents et d’agents de sécurité. Par conséquent, la 8-9-2022 Droits de la personne 16:9

approached as only a problem for Muslims. It’s a problem for anyone who values having more of an open Canada, and the open Canada really requires solidarity across lines of difference. lutte contre l’islamophobie ne devrait pas être considérée comme un problème réservé aux musulmans. C’est un problème pour quiconque tient à ce que le Canada soit plus ouvert, et le Canada ouvert exige vraiment une solidarité qui transcende les différences.

So knowledge about how to foster solidarity in the fast-paced digitalized post-pandemic world that we’re in really demands research across disciplinary boundaries such as that supported by — Si nous voulons savoir comment favoriser la solidarité dans le monde numérique au rythme rapide de l’après-pandémie, il faut vraiment faire des recherches qui transcendent les cloisonnements entre disciplines, comme celles qui sont appuyées par... The Acting Chair: Professor— La présidente suppléante : Madame... Ms. Abu-Laban: — programs — Mme Abu-Laban : ... des programmes...

The Acting Chair: Sorry, but can you wind up, please? La présidente suppléante : Désolée, mais pouvez-vous conclure, s’il vous plaît? Ms. Abu-Laban: Okay. It’s the last sentence. Mme Abu-Laban : D’accord. C’est la dernière phrase. Such as that supported by programs like the Social Sciences and Humanities Research Council as well as the Canadian Institute for Advanced Research. Thank you. Je songe par exemple à des programmes comme ceux du Conseil de recherches en sciences humaines et de l’Institut canadien de recherches avancées. Merci. The Acting Chair: Thank you very much. Thank you to all of you.

I’m going to start off with a question for you, Mr. Loyola. You are very brave. You addressed an issue we all think about and worry about, which is building bridges between Muslims and Indigenous communities, and I am sure you have given it some thought. Can you give our committee any recommendations, because we’re also looking at solutions, and any recommendations — because there is no doubt that there is a big gap between Indigenous people and our community. La présidente suppléante : Merci beaucoup. Merci à vous tous. Je vais commencer par vous poser une question, monsieur Loyola. Vous êtes très courageux.

Vous avez abordé une question qui nous préoccupe tous, à savoir les ponts qu’il faut jeter entre les musulmans et les communautés autochtones, et je suis certaine que vous y avez réfléchi. Pouvez-vous faire des recommandations au comité, car nous sommes aussi à la recherche de solutions et de recommandations. Il ne fait aucun doute qu’un profond fossé sépare les Autochtones et notre communauté. Mr. Loyola: Well, before being elected to office, on top of being a spoken word artist, I was also an activist in the community.

And, for over 15 years, we identified the fact that the racism against Indigenous people is learned by immigrant populations as they begin adapting and living here in Canada, and I experienced it myself and people telling me about Indigenous people and the stereotypes that exist. M. Loyola : Avant d’être élu, j’étais non seulement un artiste de la parole, mais aussi un militant dans mon milieu. Pendant plus de 15 ans, nous avons constaté que le racisme à l’égard des Autochtones est inculqué aux immigrants qui commencent à s’adapter et à vivre au Canada.

J’en ai moi-même fait l’expérience et j’ai rencontré des gens qui me parlaient des Autochtones et reprenaient les stéréotypes courants. So I think over the past especially five years, I think that the Muslim community in particular, but also other communities, have been doing their very best to respond to the Calls to Action of the Truth and Reconciliation Commission and start building those bridges between these identity groups — whether it be ethnic or religious or national and Indigenous people — so that they’re all invited to the circle.

Plus particulièrement au cours des cinq dernières années, la communauté musulmane en particulier, mais aussi d’autres communautés, ont fait de leur mieux pour répondre aux appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation et commencer à jeter des ponts entre les groupes identitaires — identité fondée sur l’origine ethnique ou nationale, sur la religion, sur le statut d’Autochtone — afin que tous soient invités dans le cercle. I think the Canadian government, number one — and my sister here, Dunia Nur, said it very well — these things have to be resourced appropriately.

If we truly want the bridges to be built, then resources — economic resources, professional resources, whatever the case may be — need to be given to community Le gouvernement du Canada doit d’abord — ma sœur Dunia Nur l’a fort bien dit — apporter les ressources nécessaires. Si nous voulons vraiment jeter des ponts, il faut procurer aux collectivités des ressources économiques, des ressources professionnelles, selon les cas, pour accomplir le travail. Il arrive 16:10 Human Rights 8-9-2022

members to do this work, because a lot of the times, community organizations are expected to do this on a volunteer basis, but there’s an incredible amount of time and effort that go into creating these spaces. The community in general is calling for the Canadian government to truly resource this appropriately. souvent que l’on compte sur les organismes communautaires pour travailler bénévolement, mais il faut beaucoup de temps et d’efforts pour créer ces espaces de communication. Toute la collectivité demande au gouvernement du Canada de fournir les ressources nécessaires. The Acting Chair: Thank you very much.

We will now go on to questions from senators. And, senators, may I remind you that you have five minutes each. La présidente suppléante : Merci beaucoup. Nous allons maintenant passer aux questions des sénateurs. Je vous rappelle, honorables sénateurs, que vous disposez de cinq minutes chacun. Senator Martin: Thank you to all of the witnesses. I have written down so many notes, and I only have five minutes. Maybe I can just come to what I think each of you have said, which is the importance of solidarity, the multi-faceted aspect of Islamophobia and the community that is affected.

La sénatrice Martin : Merci à tous les témoins. J’ai pris beaucoup de notes et je n’ai que cinq minutes. Je pourrais peut‑être revenir sur ce que chacun d’entre vous a dit : l’importance de la solidarité et l’aspect multidimensionnel de l’islamophobie et de la communauté qui est touchée. I know you said we should resource appropriately and I agree, but how will this coordination be best done? There is a new growing community. As you say, it’s very multi-faceted, and yesterday we heard from witnesses as well, needing more than just a single commissioner, needing maybe a council.

There needs to be leaders from each of the communities. I’m really keen on understanding how best this multi-faceted issue and this very complex multi-faceted community as a whole can come together. Vous avez dit que nous devrions affecter toutes les ressources nécessaires, et je suis d’accord, mais quel est le meilleur moyen d’assurer la coordination? Il y a une nouvelle communauté en croissance. Comme vous l’avez dit, la question est très complexe. Hier, des témoins nous ont dit qu’il faudrait plus qu’un seul commissaire, qu’il faudrait peut-être un conseil.

Nous avons besoin de chefs de file issus de chacun des groupes. Je tiens vraiment à comprendre comment il faut aborder cette question aux multiples facettes, comment les éléments de cette communauté très complexe peuvent se rejoindre. So we know we need resources, but what are the specific strategies and/or approaches? My question is really to all of you, but maybe I can begin with Ms. Nur. Nous savons donc que nous avons besoin de ressources, mais quelles sont au juste les stratégies ou les approches à retenir? Ma question s’adresse à vous tous, mais je vais peut-être commencer par Mme Nur. Ms.

Nur: Thank you, senator. I would start with simply identifying the intersectionality aspect of Islamophobia because that has been the most harmful component of the experience of Islamophobia as a woman of African descent who is also Muslim that comes from an immigrant refugee population. And then second, it is go directly to those communities because sometimes the people that you see on the table speaking and giving recommendations on Islamophobia might not necessarily be those that are being impacted on multiple different layers. Mme Nur : Merci, madame la sénatrice.

Je commencerais simplement par la dimension intersectionnelle de l’islamophobie, car c’est l’élément le plus nocif de l’expérience de l’islamophobie pour une femme d’origine africaine qui est également musulmane et est issue d’une population immigrante composée de réfugiés. Je dirai ensuite qu’il faut s’adresser directement aux groupes touchés, car il arrive parfois que ceux qui participent aux discussions et formulent des recommandations au sujet de l’islamophobie ne soient pas forcément ceux qui sont touchés à de multiples niveaux.

We all are experiencing Islamophobia as Muslim community, and unfortunately what happens most times is there’s a level of normalization against violence of Muslim community that is ideologically and politically driven; for example, the impact of Stephen Harper is still there. If you look at Alberta, there have been a lot of people in public offices that have made a lot of comments and hatred towards Muslims. Tous les membres de la communauté musulmane sont en butte à l’islamophobie.

Malheureusement, il arrive la plupart du temps qu’il y ait une certaine normalisation de la violence à leur égard, ce qui découle de facteurs idéologiques et politiques. Par exemple, l’impact de Stephen Harper se fait toujours sentir. En Alberta, bien des titulaires de charges publiques ont multiplié les commentaires, les expressions de haine à l’égard des musulmans. When you look at the reporting and the attacks on Black Muslim women, we have reached out to every single layer in every single layer of government. We’ve received no response from anybody.

And when we go to the masjids, there’s a different level of intersectionality when it comes to Black À propos des signalements et des agressions dont les musulmanes noires sont victimes, nous avons communiqué avec tous les échelons de tous les ordres de gouvernement. Aucune réponse de qui que ce soit. Dans les mosquées, on observe un niveau différent d’intersectionnalité à l’égard des musulmans 8-9-2022 Droits de la personne 16:11

Muslims. We’re left out in every single corner, and sometimes that’s painful to hear. noirs. Partout, nous sommes laissés pour compte, et c’est parfois pénible à entendre. When we’re talking about building solidarity and Islamophobia, the issue is also anti-Black racism, gender-based violence and Islamophobia. Au sujet de la solidarité à renforcer et de l’islamophobie, le problème, c’est qu’il y a aussi du racisme contre les Noirs, de la violence fondée sur le sexe et de l’islamophobie.

The last thing I want to leave you with, please, is my conclusion, which is looking at Islamophobia from race, gender, religion and social economics. Once you put that lens into place, then you’re able to have the effective intervention. Anyone that sits here that says, “Here is my recommendation,” I think would not be true to the community that I’m from. We have not been consulted, we need consultation and we need a space for only Black Muslim women particularly that has not been given to us.

Le dernier message que je veux vous laisser, si vous le voulez bien, c’est ma conclusion : il faut aborder l’islamophobie sous l’angle de la race, du sexe, de la religion et de l’économie sociale. Cette approche vous permettra d’intervenir efficacement. Si qui que ce soit ici présent avance des recommandations, je ne crois pas que celles-ci puissent être fidèles à la communauté qui est la mienne. Nous n’avons pas été consultées, nous avons besoin de l’être, nous avons besoin d’un espace réservé aux femmes musulmanes noires, espace qui ne nous a pas été accordé. Senator Martin: I’ll hear from Mr. Loyola next.

Since you are a legislator, I’m curious as to the consultations that have been done provincially and maybe address what Ms. Nur is talking about. La sénatrice Martin : Je me tourne maintenant vers M. Loyola. Étant donné que vous êtes un législateur, vous pourriez satisfaire ma curiosité en parlant des consultations menées à l’échelle provinciale et peut-être en commentant le point de vue de Mme Nur. Mr. Loyola: Yes, well, there have been a number of consultations done by the Alberta NDP specifically on the issue of racism here in the province of Alberta and one specifically on Islamophobia. M. Loyola : Oui.

Le NPD de l’Alberta a mené un certain nombre de consultations sur la question du racisme en Alberta. L’une d’elles a porté expressément sur l’islamophobie. But to answer your question on resources, I think that a lot of the times, organizations in the community are kind of pitted against each other because, okay, well, one of you is going to end up with getting the funding for a particular project.

So I think what would be best is to create a level of cooperation amongst people in the community to see — to award granting and resources for the community to come together and make sure that all voices are being heard and that there is true cooperation at the community level and find a way to fund what the community is doing as a whole. Because, often, as I say, you know, organizations are asked to submit a proposal and then the funding is given to one organization, and that’s it.

So I think that by creating cooperation and getting people to work together on a collaborative project and then funding that, it would be a greater move forward for the government. Pour répondre à votre question sur les ressources, je pense que bien souvent, les organismes communautaires sont en quelque sorte mis en concurrence les uns contre les autres en ce sens que seul un d’entre eux reçoit des fonds pour un projet donné.

Selon moi, il serait préférable de favoriser la coopération au niveau local, d’accorder des subventions et des ressources pour que la communauté se solidarise et veille à ce que toutes les voix soient entendues et à qu’il y ait une véritable coopération au niveau local, qu’elle trouve un moyen de financer ce que tous souhaitent. Comme je l’ai dit, il arrive souvent qu’on demande aux organismes de soumettre une proposition, mais les fonds ne sont accordés qu’à l’un d’eux, point final.

Ce serait pour le gouvernement un grand progrès s’il suscitait la coopération et amenait les gens à collaborer à un même projet, puis leur accordait des fonds. Senator Martin: May I ask one follow-up question? So when you say community as a whole, it’s my understanding that the community is quite multi-faceted, and so is there a coordinating organization? How would that coordination get done? It’s hard for someone on the outside to understand the community, so how will that coordination be done so that there is representation from the whole? La sénatrice Martin : Puis-je poser une question complémentaire?

Donc, lorsque vous parlez de la communauté dans son ensemble, je crois comprendre qu’elle comporte de nombreuses facettes. Existe-t-il un organisme de coordination? Comment cette coordination se ferait-elle? Il est difficile pour quelqu’un de l’extérieur de comprendre la communauté. Comment cette coordination se fera-t-elle pour que son ensemble soit représenté? Mr. Loyola: Well, that is truly a challenge. I’m not going to lie. But by setting a standard whereby cooperation will be rewarded and money is granted to a cooperative model, at least M. Loyola : C’est une grande difficulté à surmonter.

Je ne vais pas mentir. Mais en établissant une norme selon laquelle la coopération est récompensée et l’argent accordé à un modèle 16:12 Human Rights 8-9-2022

you’re building a standard that is actually bringing the community together. coopératif, au moins on instaurerait une norme qui rassemble la communauté. Now, obviously that has to be analyzed, and both Yasmeen and Dunia Nur have stated that there needs to be looking at it from a cross-intersectional lens. So for those proposals that are rewarded, you need to make sure that that intersectionality is incorporated and that there’s representation from different communities, right? That would be my suggestion if, let’s say, I was on a board that were awarding grants.

Those would be the things that I would be looking for. Évidemment, une analyse s’impose. Yasmeen Abu-Laban et Dunia Nur ont toutes deux déclaré qu’il faut aborder la question dans une optique intersectionnelle. Donc, pour les propositions qui sont acceptées, il faut s’assurer que l’intersectionnalité est prise en compte et qu’il y a une représentation des différents groupes, n’est-ce pas? Voilà ce que je proposerais si je faisais

partie d’un conseil subventionnaire. C’est ce que je rechercherais. The Acting Chair: Thank you. May I put you on second round? La présidente suppléante : Merci. Puis-je vous inscrire pour le deuxième tour? Senator Martin: Yes. Thank you. La sénatrice Martin : Oui. Merci. Senator Arnot: I’m really happy to hear from the panel this morning and hear about the linkage between the Muslim community and Aboriginal people in Canada, the Indigenous people, because I think that the treaty relationship is something that has been ignored.

And, in fact, the treaty relationship is a blueprint for harmony, and it is an avenue in reconciliation which is very important. And to hear the Muslim communities supporting the Indigenous perspective on that issue is really heartening. Le sénateur Arnot : Je suis vraiment heureux d’entendre les témoins de ce matin, et qu’il soit question du lien entre la communauté musulmane et les Autochtones du Canada, car je pense que la relation scellée par traité a été négligée. En fait, cette relation est un modèle d’harmonie et une voie de réconciliation très importante.

Il est vraiment encourageant d’entendre les communautés musulmanes appuyer le point de vue autochtone sur cette question. I commend the panel for raising that issue in that fashion. I also want to say to the National Council of Canadian Muslims, I worked with Ihsaan Gardee when he was executive director on a project I’m going to mention in a second. And I will also mention the Dean of Education of the University of Alberta, Jennifer Tupper, who is an expert in citizenship; I worked with her on this issue as well. Je félicite le groupe de témoins d’avoir soulevé la question de cette façon.

Je tiens également à dire au Conseil national des musulmans canadiens que j’ai travaillé avec Ihsaan Gardee lorsqu’il était directeur général d’un projet dont je vais parler dans un instant. Je vais aussi évoquer la doyenne de l’éducation de l’Université de l’Alberta, Jennifer Tupper, qui est une experte en citoyenneté; j’ai travaillé avec elle sur cette question également. I’m going to put forward this idea, because I see a commonality, and I’d like you to comment on it, and it’s the idea that the power of education hasn’t been tapped and that we need to get into schools. We need to make a paradigm shift.

We need to change the culture in the community by changing ethos in the schools throughout, and there’s an organization that has been building materials to do just that. It’s the Concentus Citizenship Education Foundation. Je vais vous présenter une idée, parce que je vois là une communité, et je vous invite à la commenter : le pouvoir de l’éducation n’a pas été exploité et nous devons agir dans les écoles. Nous devons modifier le paradigme. Nous devons faire évoluer la culture de la collectivité en changeant l’éthos dans les écoles. Une organisation a élaboré des moyens de le faire.

Il s’agit de la Concentus Citizenship Education Foundation. I put it forward because I know some of the panel members would be quite interested in this idea, and that is that we need to teach Canadian students what it means to be a Canadian, what are the rights of citizenship, but, more importantly, what are the responsibilities that come with those rights and how you build and maintain respect for every citizen, no exception, and that’s fundamental principle of these resources.

J’aborde la question parce que je suis persuadé que certains témoins seraient très intéressés par cette idée, à savoir que nous devons apprendre aux élèves canadiens ce que c’est, être Canadien, ce que sont les droits liés à la citoyenneté, mais surtout, ce que sont les responsabilités qui vont de pair avec ces droits, et comment établir et maintenir le respect pour chaque citoyen, sans exception. C’est là le principe fondamental des ressources mises au point par la fondation.

And it also speaks to five competencies in Canadian citizenship, that all Canadians should be ethical, enlightened, empowered, engaged and, most importantly, empathetic. In order Il est également question de cinq compétences liées à la citoyenneté canadienne : tous les Canadiens doivent être éthiques, éclairés, habilités à agir, engagés et, surtout, 8-9-2022 Droits de la personne 16:13

to do that, we have to teach Canadian citizens these ideas sequentially starting in grades K to 12. If we want to change the cultural in the community, you need to change the culture in the school, so I commend these ideas to you. empathiques. Pour en arriver là, nous devons inculquer ces idées aux Canadiens de la maternelle à la 12e année. Si nous voulons faire évoluer la culture dans la collectivité, il faut changer la culture à l’école. Voilà pourquoi je vous soumets ces idées. We need to teach Canadian citizens, I believe, civic literacy.

We need to teach them democratic literacy, principles of compromise, cooperation and collaboration. We have a fundamental failure in Canada that has resulted in, I believe, the core issues that give rise to Islamophobia, give rise to racism, and we need to address that in a very effective way. Nous devons inculquer aux citoyens canadiens des connaissances civiques. Nous devons les initier à la démocratie, aux principes du compromis, de la coopération et de la collaboration.

Il y a eu au Canada un échec fondamental qui, à mon avis, est à l’origine des problèmes fondamentaux à l’origine de l’islamophobie et du racisme, et nous devons nous y attaquer de façon très efficace. We are a pluralistic Canadian society. We need to do it intentionally, purposely, sequentially, and we need to address these fundamental themes, because we need to teach all Canadian students that you have a responsibility that comes with citizenship, and the fundamental responsibility is to respect your fellow citizens.

La société canadienne est pluraliste. Nous devons agir avec des intentions claires, de façon délibérée et en respectant un certain ordre, et nous devons aborder ces thèmes fondamentaux, car nous devons faire comprendre à tous les élèves canadiens que la citoyenneté est assortie d’une responsabilité, et la responsabilité fondamentale, c’est le respect de ses concitoyens.

I’d really like the panel to consider that, and I mention this because I can see that members of the panel might be interested in some of these ideas, and I know that Concentus is coming to speak to this panel in Toronto later this year, but I would like a response and any comments or considerations that the panel would have for our whole committee about these ideas. Je voudrais vraiment que les témoins y réfléchissent. Si je parle de cette question, c’est que je constate qu’ils pourraient fort bien être intéressés par ces idées.

Des représentants de Concentus iront parler de la question à Toronto cette année, mais je souhaite obtenir des témoins, pour l’ensemble du comité, une réaction, des observations ou des réflexions au sujet de ces idées. Ms. Abu-Laban: Maybe I’ll start and just say that, of course, education is really important. As you know, it’s a provincial area of jurisdiction, so we have a lot of variation in the education that’s given across the country and so a proposal on those lines can raise some complexities because of that. Mme Abu-Laban : J’y vais la première. Je dirai simplement que l’éducation est vraiment importante.

Comme vous le savez, il s’agit d’un domaine de compétence provinciale. La situation varie donc beaucoup, d’un bout à l’autre du pays, dans le domaine de l’éducation, si bien que l’application d’une proposition de cette nature risque d’être complexe. The other thing I’d observe is that we’re living in a time period when what is referred to as critical race theory, but perspectives about race and racism are kind of under attack, and that is included even in this province, in Alberta.

So I think that is something that people need to be aware of as they’re talking about the education system, because what kind of education are we talking about? J’ajouterais autre chose. Nous vivons à une époque où a cours qu’on appelle la « théorie raciale critique ». Les perspectives au sujet de la race et du racisme sont en quelque sorte contestées, et c’est le cas même dans cette province-ci. Il faut tenir compte de cette dimension, lorsqu’il s’agit du système d’éducation : de quel genre d’éducation s’agit-il?

The final point I want to make is that just as I think there’s a consensus here that there needs to be an intersectional approach around Islamophobia, there also needs to be recognition of the systemic nature of Islamophobia, and that means looking at multiple institutions. So it’s not simply the education, but it’s also policing and security. It’s also the media, right? So you can do all kinds of wonderful things in schools, but if there’s a lot of racist things coming from the media and from social media, then it undermines those efforts. Le dernier point que je veux soulever est le suivant.

S’il y a consensus au sujet de la nécessité d’une approche intersectionnelle de l’islamophobie, il faut également reconnaître la nature systémique de ce phénomène, ce qui signifie qu’il faut examiner de multiples institutions. Il ne s’agit donc pas seulement d’éducation, mais aussi de maintien de l’ordre et de sécurité. Les médias sont aussi en cause, n’est-ce pas? On peut donc faire toutes sortes de choses merveilleuses dans les écoles, mais s’il y a beaucoup de propos racistes dans les médias et dans les médias sociaux, tous ces efforts sont contrecarrés.

So that’s why I’m really sort of highlighting the need for this ongoing kind of multi-disciplinary research because we are in a very quickly changing environment. I mean, it has changed a lot even over the course of the pandemic. We’ve seen changes in the C’est pourquoi je souligne la nécessité de ce genre de recherche multidisciplinaire, parce que les choses changent très rapidement. En fait, les choses ont beaucoup changé même durant la pandémie. Nous avons vu des changements dans la 16:14 Human Rights 8-9-2022

political culture in Canada, so we have complex issues before us, and it requires nuance and thinking in multi-dimensional ways about how to address something like Islamophobia. culture politique au Canada, alors nous sommes aux prises avec des problèmes complexes qui exigent qu’on fasse dans la nuance et qu’on les aborde sous différents angles quand on s’attaque à quelque chose comme l’islamophobie. The Acting Chair: Senator, may I put you on second round? La présidente suppléante : Sénateur, est-ce que je peux vous inscrire au deuxième tour?

Senator Arnot: Can we extend the panel for a few minutes because we didn’t start on time? Le sénateur Arnot : Pouvons-nous prolonger la séance de quelques minutes parce que nous n’avons pas commencé à l’heure? Mr. Loyola: And we still have comments from the panellists on this particular issue. M. Loyola : Et nous avons encore des commentaires des témoins sur ce point en particulier. The Acting Chair: Let’s finish your comments on this, Mr. Omar, and then we’ll stop. La présidente suppléante : Finissons d’entendre ce que vous avez à dire à ce sujet, monsieur Omar, puis nous nous arrêterons. Mr.

Omar: From NCCM, from all the community consultations that we often do when it comes to issues of Islamophobia, time and time again we hear that an educational approach is one of the best ways to address Islamophobia in Canada. And also from our consultations, we know that many incidents of violent Islamophobia do occur in schools, so I think it’s definitely something to consider. M. Omar : Au CNMC et dans toutes les consultations que nous menons souvent auprès des communautés à ce sujet, on nous répète sans cesse que l’éducation est une des meilleures façons de lutter contre l’islamophobie au Canada.

Nous savons aussi, d’après nos consultations, que de nombreux incidents violents d’islamophobie se produisent dans les écoles, alors je pense que c’est certainement quelque chose à prendre en considération. And, of course, one of our recommendations from our 61 recommendations just before the national summit on Islamophobia is to reform the education system, to teach our students about Islamophobia and just make them aware about Muslims in general in Canada because I think our educational system does lack that approach.

And even when it comes to just the average citizen, that’s from elementary to high school, they often don’t know much about Muslims or Islam in general, so I think having an educational approach is one of the most important ways that we can address Islamophobia and other forms of discrimination. D’ailleurs, une des 61 recommandations au sommet national sur l’islamophobie est justement de réformer le système d’éducation, d’enseigner aux élèves ce qu’est l’islamophobie et de leur donner une connaissance générale des musulmans au Canada, car je pense que c’est une lacune de notre système d’éducation.

Même le citoyen moyen, du primaire au secondaire, n’apprend souvent pas grand-chose au sujet des musulmans ou de l’islam en général. Je pense donc que l’éducation est une des meilleures façons de lutter contre l’islamophobie et les autres formes de discrimination. The Acting Chair: We will go on to Senator Simons, and you all know her well, and she’s a real activist senator, and so it’s a pleasure to have Senator Simons here today. La présidente suppléante : Nous allons passer à la sénatrice Simons, que vous connaissez bien, et qui est très militante. C’est un plaisir de la compter parmi nous aujourd’hui.

Senator Simons: It’s a pleasure for me to welcome all of my Senate colleagues to Amiskwaciy Waskahikan where we are all treaty people. La sénatrice Simons : Je suis heureuse d’accueillir tous mes collègues du Sénat à Amiskwaciy Waskahikan, où tout le monde est visé par un traité. I want to dig right into some public policy questions. There have been a lot of concerns. particularly in the COVID era, about the digitization of hate, the tactic of rage farming by politicians, the concern about radicalization of people via online sources.

The government is struggling with a way to come up with legislation to deal with online harms. I first met Mr. Omar just a couple of weeks ago at a round table where we discussed some of these issues. J’aimerais plonger directement dans certaines questions de politique publique. Il y a beaucoup de préoccupations, notamment en ces temps de pandémie, au sujet de la haine véhiculée en ligne, de la rage alimentée par des politiciens, de la radicalisation par des sources en ligne. Le gouvernement peine à trouver une façon de légiférer pour lutter contre les méfaits en ligne. J’ai rencontré M.

Omar pour la première fois il y a quelques semaines à peine, autour d’une table ronde où nous avons discuté de certaines de ces questions. 8-9-2022 Droits de la personne 16:15

I wanted to ask you, starting with Mr. Omar and then Dr. Abu‑Laban, about what challenges we need to consider when we talk about some kind of methodology to deal with online hate in a way that doesn’t boomerang and become an instrument for Islamophobia in the wrong hands. I know this is something that Mr. Omar talked about when we spoke a couple of weeks ago. Je voulais vous demander, d’abord à M.

Omar, puis à Mme Abu-Laban, quels sont les points à considérer quand on veut établir une méthode de lutte contre la haine en ligne qui ne se retourne pas contre nous et qui ne devienne pas un instrument d’islamophobie entre de mauvaises mains. Je sais que M. Omar en a parlé il y a quelques semaines. Mr. Omar: Thank you for that question, senator.

I would just first like to start off by saying that NCCM does support a legislation to regulate online hate; however, our main concern is always to ensure that any legislation is fair and balanced and does at the same time challenge hate online but still leaves room for free speech. And I think for the current online hate that’s being proposed currently, I think one of the major concerns for us is to ensure that the terrorism factor is not very broad because, as you know, one of the five areas that will be looked at is terrorism.

And so from the definition so far as we see it, it’s very broad, and we just need to narrow that down a little bit more. M. Omar : Je vous remercie de cette question, madame la sénatrice. Je dirai pour commencer que le CNMC est en faveur d’une loi contre la haine en ligne. Mais notre principal souci est toujours de veiller à ce qu’une telle loi soit juste et équilibrée et qu’elle permette de combattre la haine en ligne sans pour autant étouffer la liberté d’expression.

Pour ce qui est de la proposition actuelle sur la propagande haineuse, un de nos plus grands soucis est de veiller à ce qu’on ne généralise pas trop le facteur du terrorisme parce que, comme vous le savez, c’est un des cinq sujets qui seront examinés.

La définition actuelle est encore très large à notre avis, et nous devons la restreindre un peu plus. Ms. Abu-Laban: Yes. That’s a very complicated question, because you are also talking about companies, Facebook, Google and so on, that have interests in what happens, and they may have algorithms that kind of lead people in certain directions, so I think we’re talking about a very complicated issue. Mme Abu-Laban : Oui.

C’est une question très compliquée, parce qu’on parle aussi d’entreprises, Facebook, Google et ainsi de suite, qui ont des intérêts dans ce qui se passe, et des algorithmes qui peuvent orienter les gens dans certaines directions, alors oui, c’est une question très compliquée. And I would say that we need an approach around online media that’s not just linked to Islamophobia but is conceptualized more broadly than just hate, because it’s also about threats; it’s about other kinds of things that may be happening on social media.

And so if you say you don’t want it to boomerang and become Islamophobic, it’s about thinking about it in a broader kind of context about a shifting and changing culture and one where, if social media is actually becoming our public sphere, it goes back to your point about rights and duties as citizens. What are the duties of citizens in an online public sphere and what does respectful interactions look like?

Je dirais que nous avons besoin d’une approche à l’égard des médias en ligne qui ne soit pas seulement liée à l’islamophobie, mais conceptualisée de façon plus large, parce qu’il y a aussi des menaces et d’autres genres de choses qui peuvent se produire sur les médias sociaux.

Donc, si on ne veut pas qu’elle se retourne contre son objet et devienne elle-même un instrument d’islamophobie, il faut la situer dans le contexte plus large d’un changement de culture où, si les médias sociaux deviennent effectivement notre sphère publique, nous en revenons à ce que vous disiez au sujet des droits et des devoirs des citoyens. Quels sont les devoirs des citoyens dans une sphère publique en ligne et comment le respect trouve-t-il sa place dans les interactions?

I’m not giving an easy answer to this because I think it’s complicated, but it’s also complicated by the fact that there are companies with interests in this issue. Je n’ai pas de réponse facile à vous donner, parce que c’est compliqué, notamment par le fait que des compagnies ont des intérêts dans cette affaire. Senator Simons: So for Ms. Nur, we all know that it’s women of colour in public life who have been most targeted, followed probably by politicians of colour in public life, Mr. Loyola.

I’d like to hear from each of you on this really complicated issue about how we balance free speech interests with the concerns about the fact that a lot of these social media platforms have become real agents of spreading hate. La sénatrice Simons : Donc, madame Nur, nous savons tous que ce sont les femmes de couleur dans la vie publique qui sont le plus ciblées, suivies probablement par les politiciens de couleur dans la vie publique, monsieur Loyola.

J’aimerais entendre ce que chacun de vous a à dire sur cette question très épineuse, à savoir comment trouver un équilibre entre la liberté d’expression et le fait que bon nombre de ces plateformes de médias sociaux sont devenues de véritables agents de propagation de la haine. Ms. Nur: Yes, that’s the biggest concern especially for me as a person that is boots on the ground working, supporting, and is also a political commentary in regards to some racist policies that are sometimes enacted at a systemic level. I have been targeted, and it’s a pretty scary time for our community.

Mme Nur : Oui, c’est ma plus grande préoccupation, surtout que je suis sur le terrain à travailler, à offrir du soutien, et c’est aussi un commentaire politique sur certaines pratiques racistes qui s’appliquent parfois à l’échelle systémique. J’ai été ciblée, et c’est une période assez effrayante pour notre communauté. 16:16 Human Rights 8-9-2022

And I think one of the things that can happen is — we once had an opportunity to sit with Bill Blair when he was the Minister of Public Safety, and we had a lot of rich conversations around that. But we definitely need more resources because here’s the part that gets scary for our community: When we think about resources in terms of surveillance, we know that that will not be used rightfully for right-wing extremist groups. And as matter of fact, that will be the rhetoric in terms of targeting and surveilling Muslim communities, and we have a lot of those issues.

So we need to figure out a way that’s well balanced and bring, I would say, race critical scholars and also people that are experts in terms of the internet world in how to protect our communities. Je pense qu’une des choses qui peuvent arriver... Nous avons eu l’occasion de nous asseoir avec Bill Blair lorsqu’il était ministre de la Sécurité publique, et nous avons eu beaucoup de conversations très constructives à ce sujet.

Chose certaine, il faut plus de ressources, mais voici ce qui nous fait peur : nous savons que les ressources de surveillance ne viseront pas comme elles devraient les groupes extrémistes de droite. En fait, il s’agira encore de cibler et de surveiller les communautés musulmanes, comme dans tant d’autres problèmes que nous avons. Il faut donc trouver un juste équilibre et faire appel, je dirais, à des spécialistes des questions raciales et aussi à des experts de l’Internet pour trouver comment protéger nos communautés. I think there are a lot of rich conversations that can happen.

And also what media runs to is also very important, and some of the positive aspects of community solidarity that is not highlighted. I will give you a concrete example. In Edmonton we had a young boy and we had a tragedy, but that built a community solidarity. No one talked about it, and it’s not in the media, but it brought two communities together, and that was the Muslim Black community and the Indigenous community, because we had a kid that drowned, and we had four people in Edmonton who are Indigenous that jumped in that water and risked their life. That’s not spoken about.

But when it’s bad news, everybody amplifies it. So we need to figure out how to build community solidarity and empowerment in a digital world and that needs to be resourced. We need to look at legislative framework when it comes to surveillance as well. Il y a beaucoup de conversations très intéressantes à tenir. Il est très important aussi de considérer ce que les médias véhiculent, parce qu’il y a des aspects positifs de la solidarité communautaire qu’on ne met pas en évidence. Je vais vous donner un exemple concret. À Edmonton, nous avons eu un incident tragique qui a créé un élan de solidarité.

Personne n’en a parlé, ce n’est pas dans les médias, mais cela a rassemblé deux communautés, les Noirs musulmans et les Autochtones. Il y avait un jeune garçon qui se noyait et quatre personnes autochtones se sont jetées à l’eau pour le sauver, au risque de leur vie. On n’en parle pas. Mais quand c’est une mauvaise nouvelle, tout le monde l’amplifie. Nous devons donc trouver comment amener les communautés à se solidariser et à se prendre en main dans un monde numérique, et cela nécessite des ressources. Nous devons aussi examiner le cadre législatif en matière de surveillance.

And the elephant in the room, when we talk about free speech, surveillance and so on and so forth, the truth is, historically, when you look at our government and some of the racist policies that were enacted, they were against the Muslim community and it targeted Muslim people. So when it comes to how do we build this policy, Muslim people are scared because we know that it will impact us and it will not rightfully be used for people that have done tremendous harm. I hope that answers the question.

Et le sujet qu’on évite soigneusement lorsqu’il est question de liberté d’expression, de surveillance et ainsi de suite, c’est que, historiquement, quand on regarde notre gouvernement et certaines des politiques racistes qui ont été adoptées, elles étaient contre la communauté musulmane, elles ciblaient les musulmans. Il n’est donc pas étonnant que les musulmans aient peur, parce que nous savons que cette politique qu’on essaie d’élaborer aura des répercussions sur nous et qu’elle ratera sa juste cible, c’est‑à‑dire des gens qui causent énormément de tort. J’espère que cela répond à la question.

Senator Simons: It does. Mr. Loyola, you and I both know, because you and I both use social media — La sénatrice Simons : Oui. Monsieur Loyola, nous savons vous et moi, parce que nous utilisons tous deux les réseaux sociaux... The Acting Chair: Senator Simons, I’m sorry. I’m going to have to cut you off. I’m really sorry. La présidente suppléante : Madame la sénatrice, je suis désolée. Je vais devoir vous interrompre. Je suis vraiment désolée. Senator Simons: Second round, please. La sénatrice Simons : Au deuxième tour alors, s’il vous plaît. The Acting Chair: I have a question for you.

I have so many questions for all of you, but I also have to be tough with myself. Ms. Nur, I was listening to you very carefully, and I wanted to ask something that has come up in Vancouver. I wasn’t really thinking is that it has come up, and it is that we need to look La présidente suppléante : J’ai une question pour vous. J’ai tellement de questions à poser à chacun et chacune de vous, mais je dois aussi être intraitable envers moi-même. Madame Nur, je vous écoutais très attentivement et je voulais vous poser une question qui a été soulevée à Vancouver.

C’est une question que 8-9-2022 Droits de la personne 16:17

separately, a separate group with gendered Islamophobia, and especially the attacks that are happening on women. And I was wondering if you had given any thought to that. nous devons examiner séparément, celle de l’islamophobie sexospécifique, celle des attaques qui visent en particulier les femmes. Je me demandais si vous aviez réfléchi à cela. Ms. Nur: That’s pretty much our whole lived experience, and I’ll be very honest.

It’s complicated topic to speak of because, when we come to circles and we come to discussions like this, you want to come with a lens of solidarity with your Muslim brothers and sisters, an extension to all human beings to be protected, their rights to be also preserved and our culture to be celebrated. Mme Nur : C’est à peu près ce que nous avons connu toute notre vie, je le dis bien franchement.

C’est un sujet ardu parce que, dans les cercles où se tiennent des discussions comme celle‑ci, nous voulons nous montrer solidaires de nos frères et sœurs musulmans, et par extension de tous les êtres humains à protéger, avec le souci de préserver leurs droits à eux aussi et de célébrer en même temps notre culture. The issue is that Black Muslim women have faced a lot of tragedies and homicide and violence in all levels, and there’s little to no attention, specifically when it comes to African women that are from the refugee community and newcomers.

And that’s why I’m not even too sure in terms of — I would like to know more of what the citizen act would look like, because we come here as compassionate people. We come here as wounded people. We come here from lands that have been colonized and went through significant enslavement, and the European countries had a lot to do with that. So we come from that tragedy of genocide and colonization and enslavement, and we become displaced in this land non-voluntarily. Now we’re now on Indigenous territory that are also going through their own colonial and sad history.

And then you bring these two communities together, and you also bring the fact of anti-Black racism that I’ve experienced in the masjid. You bring the issue of gender-based violence that I’ve experienced from Muslim men. And you want to be in solidarity, you want to protect your brothers and sisters, and we’re told to think cohesively, but it’s not reciprocated. Le problème, c’est que les Noires musulmanes sont victimes de beaucoup de tragédies, d’homicides et de violence à tous les niveaux, et qu’on ne leur prête guère d’attention, surtout aux Africaines qui font

partie des réfugiés et des nouveaux arrivants. C’est pourquoi je ne suis même pas sûre en ce qui concerne... J’aimerais bien qu’on m’explique davantage à quoi ressemblerait la loi du citoyen, parce que nous arrivons ici emplies de compassion. Nous arrivons blessées, en provenance d’endroits qui ont été colonisés et réduits en esclavage, essentiellement par les pays européens. Nous arrivons avec un héritage de génocide, de colonisation et d’esclavage, et ce n’est pas de plein gré que nous sommes déplacées dans ce pays.

Et nous voici maintenant sur un territoire autochtone qui est marqué lui aussi par sa triste histoire coloniale. Mettez ces deux communautés-là ensemble, et ajoutez à cela le racisme anti-Noirs que j’ai subi à la mosquée. Vous amenez la question de la violence sexiste dont j’ai été victime de la part d’hommes musulmans. Nous voulons agir en solidarité, protéger nos frères et nos sœurs, et on nous dit de penser de façon cohérente, mais ce n’est pas réciproque. So what do you see African Muslim women do? They sit in the back, they stay quiet and they let the world take lead, and we just follow.

And we’re afraid to ask critical question because we will be shunned and shamed from our own community and we know that we need those protections because we will be attacked from outside forces. Alors, qu’est-ce qu’elles font, les musulmanes africaines? Elles s’assoient à l’arrière, elles se tiennent tranquilles, elles laissent le monde prendre les devants et se contentent de suivre. Nous avons peur de poser des questions critiques parce que nous serons rabrouées et rabaissées par notre propre communauté, dont nous avons pourtant grand besoin pour nous défendre contre les attaques qui viendront de l’extérieur.

I say that we need to bring Black Muslim women together, and we need to actually have a summit alone just for that, because if you look — especially in terms of the decade of people of African descent — the largest community internationally is actually the African community when it comes to being a Muslim.

And as a Somali woman, there is a lot of rich history in terms of Islamic heritage; for example, the prophet Sallallahu Wasallam, when Muslims were persecuted, the first place that they went to seek refuge in the time of the prophet Sallallahu Wasallam was actually in Abyssinia and they went through Somalia, and the first mosque that was built in the world was in Somalia. When we go to the mosque, we don’t hear that. We hear Bilal the Black slave, and then we leave those spaces because it’s hurtful.

Je dis que nous devons rassembler les musulmanes noires, et organiser un sommet rien que pour cela, parce qu’à bien y penser — surtout en pleine décennie des personnes d’ascendance africaine —, c’est en Afrique qu’on trouve la plus grande communauté musulmane de par le monde. Je viens de la Somalie, un pays qui porte un riche héritage islamique. Par exemple, lorsque les musulmans ont été persécutés au temps du prophète Sallallahu Wasallam, le premier endroit où ils ont cherché refuge était l’Abyssinie, en passant par la Somalie, et c’est en Somalie qu’a été construite la première mosquée dans le monde.

Aujourd’hui, nous n’entendons pas parler de cela à la mosquée. Nous entendons parler de Bilal l’esclave noir, puis nous quittons les lieux parce que c’est blessant. 16:18 Human Rights 8-9-2022

Then we go to other spaces that are academic and critical race thinkers, but then we hear the anti-Black racism; then we leave those spaces. Then we join our brothers and sisters from the Black community; then we hear Islamophobia rhetoric that is internalized among Black people themselves, and then you leave that community. And the mental health, the detriment and how that eats you up that you belong to nowhere, no one is speaking about that.

Puis nous allons dans d’autres endroits qui sont des lieux de savoir et de pensée critique sur la race, mais là on nous parle du racisme anti-Noirs, alors nous quittons les lieux. Puis nous rejoignons nos frères et sœurs de la communauté noire, où on nous parle de l’islamophobie qui s’est introduite chez les Noirs eux-mêmes, alors nous allons voir ailleurs. Imaginez le tort que cela peut causer à la santé mentale, comment cela peut vous ronger de savoir que vous n’êtes chez vous nulle part. Personne ne parle de cela. I can give a lot of consultation answers, recommendations and throw it around.

I don’t want to because that’s a disservice to my sisters because we have not had a disaggregated research investment to just engage our community. And that’s why I’m in a lot of pain, and I think you can tell as I speak because the violence is so multi-layered, and we found a way to keep ourselves safe, and that is rich with African-Indigenous culture that’s pre-colonial, that is rich with Islamic faith that looks at humanity and extending love and service and reconciliation. En consultation, il y a beaucoup de réponses et de recommandations que je peux semer à la ronde.

Je ne le fais pas parce que cela ne rend pas service à mes sœurs, vu qu’il n’y a pas eu d’effort de recherche visant expressément notre commmunauté. C’est pourquoi je ressens beaucoup de douleur, et je pense que vous pouvez le constater en ce moment, parce que la violence présente tellement de couches. Nous avons trouvé une façon de nous protéger, en puisant à fond dans une culture afro-autochtone qui date d’avant le colonialisme, et dans une foi islamique qui embrasse l’humanité et qui répand l’amour, le dévouement et la réconciliation.

When an Indigenous person attacked a Black Muslim woman, we recognize the tragedy of intergenerational trauma and residential schools. What did we do? I reached out to the Native Counselling Services court worker. We brought those families, and they had a conversation, because we know that criminalizing an Indigenous person will not help or heal, and jails are not a place that serves as a place of rehabilitation or restoration, and that strengthened our relationship. Does media cover that? Do politicians hear that? Do public services pay attention to that? No.

So that’s why this conversation has been painful because of our own lived experiences of being left out continuously. Lorsqu’un Autochtone a attaqué une musulmane noire, nous avons reconnu la tragédie des traumatismes intergénérationnels et des pensionnats. Qu’avons-nous fait alors? Je me suis adressée à l’aide juridique des Native Counselling Services. Nous avons réuni les familles et elles ont discuté entre elles, parce que nous savons qu’il n’y a rien à gagner à criminaliser un Autochtone, et que les prisons ne sont pas des lieux de réhabilitation ou de guérison. Notre relation s’en est trouvée renforcée.

Est-ce que les médias parlent de cela? Est-ce que les politiciens en entendent parler? Est-ce que les services publics y prêtent attention? Non. C’est pourquoi cette conversation est si pénible, à cause de l’exclusion continuelle que nous avons vécue. The Acting Chair: Thank you very much. Senators, panellists, I have the very tough duty of saying that we have to end this conversation here because we have a very tight

schedule today, and the clerk tells me I have to end on time today. However, I want to tell you that please see this as the beginning of our conversation, and we may not have this open conversation, but we can certainly continue with our conversations. I have to admit to you that yesterday, after a full, full day of hearing, we were so overwhelmed and we thought what more can we hear? And yet you all have brought very different perspectives today, and you have given us a very rich understanding, and we definitely have a lot to think about.

So we thank you all, and I sincerely apologize to my colleagues and to you for cutting the conversation down. La présidente suppléante : Merci beaucoup. Honorables sénateurs et sénatrices, mesdames et messieurs les témoins, c’est à moi que revient la tâche très difficile de mettre fin à la discussion, parce que nous avons un horaire très serré aujourd’hui, et le greffier me dit que je dois absolument finir à l’heure. Je vous prie cependant de considérer cela comme un début. Cette conversation ne se poursuivra peut-être pas comme telle, mais d’autres prendront certainement le relais.

Je dois vous avouer qu’hier, après une journée complète d’audience, nous pensions bien avoir tout entendu. Et pourtant, vous avez tous apporté des points de vue très différents aujourd’hui, vous nous avez éclairé de riche façon et nous avons certainement beaucoup de matière à réflexion. Nous vous remercions tous et toutes et je m’excuse sincèrement auprès de mes collègues et de vous‑mêmes de mettre un terme à la discussion. Senator Salma Ataullahjan (Chair) in the chair. La sénatrice Salma Ataullahjan (présidente) occupe le fauteuil. 8-9-2022 Droits de la personne 16:19

The Chair: I shall now introduce the second panel of witnesses. Each witness has been asked to make an opening statement of five minutes, and we shall hear from all witnesses and then turn to questions from senators. So we have with us this morning Jibril Ibrahim, Chairperson, Somali Canadian Cultural Society of Edmonton; Farha Shariff, Senior Advisor for Equity, Diversity, Inclusion and Decolonization on behalf of the dean’s office, Faculty of Education, University of Alberta; Houssem Ben Lazreg, Professor of modern languages and cultural studies, University of Alberta; and finally we have Bashir Ahmed Mohamed.

La présidente : Je vais maintenant présenter le deuxième groupe de témoins. On a demandé à chacun de faire une déclaration préliminaire de cinq minutes. Nous les entendrons à tour de rôle, puis nous passerons aux questions des sénateurs et sénatrices. Nous accueillons donc ce matin : M. Jibril Ibrahim, président de la Société culturelle canado-somalienne d’Edmonton; Mme Farha Shariff, conseillère principale pour l’équité, la diversité, l’inclusion et la décolonisation, au nom du bureau du doyen, Faculté de l’éducation, Université de l’Alberta; M.

Houssem Ben Lazreg, professeur de langues modernes et d’études culturelles à l’Université de l’Alberta; enfin, M. Bashir Ahmed Mohamed. I will now invite Mr. Ibrahim to make his presentation. J’invite maintenant M. Ibrahim à faire sa déclaration. Jibril Ibrahim, Chairperson, Somali Canadian Cultural Society of Edmonton: Thank you so much. I just want to take this opportunity to thank the Senate for taking the time to come all the way from Ottawa to hear from Edmontonians. Thank you so much for that. Jibril Ibrahim, président, Société culturelle canado- somalienne d’Edmonton : Merci beaucoup.

Je tiens d’abord à remercier les sénateurs et sénatrices d’avoir fait tout le chemin à partir d’Ottawa pour venir nous entendre à Edmonton. Merci beaucoup. Somali Canadian Cultural Society of Edmonton is a leading non-profit organization established in 1991, incorporated 2001. It’s registered also a charity under the Tax Act. La Société culturelle canado-somalienne d’Edmonton est un organisme à but non lucratif qui a été fondé en 1991 et constitué en personne morale en 2001. Elle est aussi enregistrée comme organisme de bienfaisance aux fins de la Loi de l’impôt sur le revenu.

Islamophobia in Canada refers to a set of discourse and behaviours structure, which expresses a feeling of anxiety, feeling hostility and rejection towards Islam and Muslims in Canada. L’islamophobie désigne un ensemble de propos et de comportements qui dénotent un sentiment d’anxiété, d’hostilité et de rejet à l’égard de l’islam et des musulmans au Canada.

The root cause of this Islamophobia we see is caused by the following: Media and cultural portrayals of Muslims that equate Islamic beliefs with religious fundamentalism and politically inspired violence and terrorism; political parties, especially extreme-right parties, and movements exploiting anxieties and resentment rooted in growing inequalities and economic insecurity and downward pressure on living standard; domestic political currents that scapegoat a vulnerable group as being responsible for a perceived deterioration in physical and economic security, a perception fostered by the news and the media outlets; Quebec provincial government banning hijabi women from working for the government.

This has given license to the people who have hate for Islam and Muslims.

Ses causes profondes sont les suivantes : les médias et les représentations culturelles des musulmans qui assimilent les croyances islamiques au fondamentalisme religieux et à la violence et au terrorisme d’inspiration politique; les partis politiques, en particulier d’extrême droite, et les mouvements qui exploitent les angoisses et le ressentiment enracinés dans les inégalités et l’insécurité économique croissantes et dans les pressions qui font baisser le niveau de vie; les courants politiques nationaux qui font porter à un groupe vulnérable la responsabilité d’une dégradation apparente de la sécurité physique et économique, une apparence que viennent renforcer les bulletins de nouvelles et les médias; le gouvernement de la province de Québec qui interdit aux femmes portant le hidjab de travailler pour l’État.

Tous ces facteurs ont donné une certaine latitude aux gens qui détestent l’islam et les musulmans. If I talk about the community level here in Edmonton, what has been reported in the news media is nothing compared to what people are reporting on the ground to us as community leaders. The physical attacks are on the rise. There has been case where women, you know, coming out of Tim Hortons who had coffee poured over them. And some of them also report that eggs are being thrown at them while strolling in the neighbourhood to get fresh air.

Si je m’en tiens à la communauté musulmane d’Edmonton, ce qu’on rapporte dans les médias n’est rien comparé à ce que les gens nous confient sur le terrain, à nous dirigeants communautaires. Les agressions physiques sont en hausse. On a vu des femmes, vous savez, sortir du Tim Hortons et se faire arroser de café. D’autres ont rapporté s’être fait lancer des œufs pendant qu’elles prenaient l’air dans le quartier. 16:20 Human Rights 8-9-2022

A number of women, you know, were harassed while shopping and the perpetrators asking them to go back to their own country. Several women have reported to us that they have been traumatized by those encounters, that they don’t feel well to leave their own house. A number of the women have reported being followed while driving, being intimated and harassed. Un certain nombre de femmes, vous savez, ont été harcelées pendant qu’elles magasinaient et se sont fait dire de retourner dans leur pays. Plusieurs nous ont dit avoir été traumatisées par ces rencontres, au point de ne plus vouloir sortir de chez elles.

D’autres ont déclaré avoir été suivies au volant, intimidées et harcelées. The news media have reported several hate crime-related incidents in Edmonton. Even the police have reported an increase in hate crime-related incidents. The data from the police shows that in 2018 it was 70; 2019, we see it at 57; 2020, 60; and then in 2021, we have about 97 incidents. And those do not include what we see on the ground as community leaders and so on. Les médias ont rapporté plusieurs incidents assimilables à des crimes haineux à Edmonton. Même la police a signalé une plus grande fréquence de ces incidents.

Elle en a dénombré 70 en 2018, puis 57 en 2019, 60 en 2020 et 97 en 2021. Et ces chiffres ne rendent pas compte de la réalité que nous voyons sur le terrain, nous les dirigeants communautaires. The challenges also we face is that Edmonton police is not the right place to report hate crimes. There are documented incidents where individuals who wanted to report hate crimes, when they get to the police station or called, they were not taken very seriously. Le problème, c’est qu’à Edmonton, il ne faut pas s’adresser à la police pour signaler des crimes haineux.

Il y a des cas documentés de personnes qui ont voulu dénoncer des crimes haineux mais qui n’ont pas été prises au sérieux lorsqu’elles ont appelé ou qu’elles se sont présentées au poste de police.

We have divided the people who experience hate crimes mostly are women, Black and Muslims, into the following categories: Individuals who have been experienced hate crimes but are afraid to report it because they are afraid that the perpetrators may follow them to their house and cause them harm; the second group, they want to report it, but they also have language barriers that prevent them from reporting; and the third and the last group, they want to report it, but they were prevented from reporting by the Edmonton police.

Nous avons réparti en trois catégories les victimes de crimes haineux, qui sont principalement des femmes, des Noirs et des musulmans : il y a d’abord les personnes qui hésitent à dénoncer parce qu’elles ont peur que les auteurs des crimes les suivent chez elles et leur fassent du mal; dans la deuxième catégorie, il y a les personnes qui veulent dénoncer mais qui en sont empêchées par des barrières linguistiques; dans la troisième enfin, les gens veulent dénoncer, mais c’est la police d’Edmonton qui les empêche de le faire. The solution — and the solution is only provincial.

I know that this is a federal discussion we are having now — is that we will need to create a separate entity where hate crimes can be reported. That entity could work with the police to complete the investigations, right? La solution — je sais qu’elle relève seulement de la province, et c’est une discussion au niveau fédéral que nous avons en ce moment — est que nous allons devoir créer une instance distincte où les crimes haineux pourront être signalés. Cette instance pourrait travailler avec la police pour mener les enquêtes, n’est-ce pas?

And we talk about a lot of hate crimes, a lot of actions, a lot of things are happening, but the question now is what do we need to do, what actions need to be taken? Et nous parlons ici d’un grand nombre de crimes haineux, d’un grand nombre de choses qui se passent, mais la question maintenant est de savoir ce que nous devons faire, quelles mesures nous devons prendre. We need to create a database. What cannot be measured cannot be improved, as the saying goes. We will need to create a national database for hate crime incidents and map using a GIS or geographical information system mapping.

This will help give us invaluable information. Nous devons créer une base de données. On ne peut pas améliorer ce qu’on ne peut pas mesurer, comme on dit. Nous allons devoir créer une base de données nationale sur les crimes motivés par la haine et les cartographier grâce à un système d’information géographique. Cela va nous fournir de précieuses informations. Whether it’s related to poverty, mental health or a criminal act, you know, change the definition of hate.

As I mentioned previously, someone coming out of a Tim Hortons and pouring coffee over a hijabi woman, that doesn’t constitute hate crimes as we know the definition of the Criminal Code at the federal level, so that has to be looked at. And also chasing someone on Qu’elle soit liée à la pauvreté, à la santé mentale ou à un acte criminel, il faut changer la définition de la haine. Quelqu’un qui sort d’un Tim Hortons et qui verse du café sur une femme portant le hidjab, cela ne constitue pas un crime haineux au sens où l’entend le Code criminel au niveau fédéral, alors il faut se pencher sur cette question.

Poursuivre quelqu’un dans la rue 8-9-2022 Droits de la personne 16:21

the street while they’re driving or trying to cause them to have an accident, those are not part of what we have at this moment. pendant qu’il conduit et essayer de provoquer un accident, cela non plus n’est pas un crime selon la définition que nous avons en ce moment. The police have reported to us that we don’t have anything on the books to judge these people other than just mischievous.

There has been a case where a woman was just sitting in front of a mosque with their kids waiting for a class in the morning when the mosque was closed, and an individual comes and takes a baseball bat and hits the windshield destroying it, and the kids are traumatized now. They don’t even want to ride in the vehicle anymore and they want to go with their parents, so those are the experience that the community is feeling. La police nous dit qu’il n’y a rien dans la loi qui lui permette d’accuser ces gens-là d’autre chose que de simples méfaits.

Il y a eu un cas où une femme attendait dans sa voiture avec ses enfants que s’ouvre la classe du matin à la mosquée, lorsqu’une personne a fracassé le pare-brise avec un bâton de baseball. Les enfants en sont restés traumatisés. Ils ne veulent même plus monter dans le véhicule et ils ne veulent plus quitter leurs parents. Voilà ce qu’on vit dans la communauté. The change of the definition of hate crimes that reduce the threshold of hate crimes is very important as a deterrent.

There has to be a quarterly report on hate crime incidents visually available on the internet or somewhere on the website that is kind of transparent so at least we know where we are in terms of regional. And then if we have that geographical mapping or GIS, we will know what areas having more incident, and then maybe we can look into that and find out, you know, what can we do. Is it related to mental health? Is it related to something else? We don’t have this information available at this moment.

En changeant la définition pour abaisser le seuil de ce qui constitue un crime haineux, on exercerait un puissant effet de dissuasion. Il faut publier un rapport trimestriel des crimes motivés par la haine qu’on puisse visualiser sur Internet ou quelque part dans le site Web et qui soit assez transparent pour que nous sachions au moins où nous en sommes sur le plan régional. Ensuite, avec cette cartographie ou ce système d’information géographique, nous pourrons savoir dans quels secteurs se concentrent les incidents, puis peut-être déterminer ce que nous pouvons faire. Est-ce que c’est lié à la santé mentale?

Est-ce que c’est lié à autre chose? Nous n’avons pas ce genre d’information à l’heure actuelle. Why are the amendments of the Criminal Code required? Over the last several years, we have seen increase in hate crimes perpetrated against BIPOC communities in Canada. Hate crimes perpetrated against the Canadian Muslim community, in particular, have increased both in frequency and lethality. Pourquoi faut-il modifier le Code criminel? Au cours des dernières années, nous avons constaté une augmentation des crimes haineux perpétrés contre les communautés autochtones, noires et de couleur au Canada.

Les crimes haineux perpétrés contre la communauté musulmane canadienne, en particulier, ont augmenté en fréquence et en létalité. Since 2015, there has been an upward trend in police reported hate crimes. Canada went from 1,362 hate crimes reported in 2015 to 1,946 in 2019. Depuis 2015, on observe une tendance à la hausse des crimes haineux déclarés par la police. Au Canada, on est passé de 1 362 crimes haineux déclarés en 2015 à 1 946 en 2019. Hate-motivated crimes have a particularly devastating effect. They make entire community unsafe.

Research suggests that survivors of hate-motivated crimes suffer psychological injuries, mental health-related issues, and the survivors of non‑hate‑motivated crimes do not. Additionally, hate-motivated crimes are becoming a growing public health crisis with an increase in attacks on Muslims, Blacks, Indigenous and other minority communities. Les crimes motivés par la haine ont un effet dévastateur. Ils plongent toute la communauté dans l’insécurité.

Des études indiquent que les survivants de crimes motivés par la haine souffrent de troubles psychologiques et de problèmes de santé mentale qu’on n’observe pas chez les survivants de crimes non motivés par la haine. De plus, avec l’augmentation des agressions contre les musulmans, les Noirs, les Autochtones et d’autres communautés minoritaires, ces crimes sont en train de devenir une véritable crise de santé publique. Create a database for people who are charged to create a similar database as sex offenders, where their names are added in.

When they move into a new neighbourhood, they will need to be identified as someone who was convicted of hate crimes so the neighbours are aware. Once they finish their sentence, in order for them to come of the database, they will need to be required to complete 200 hours of community work as a restorative justice, and they will need to work with the same Il faut créer une base de données où seront versés les noms des coupables, comme on le fait pour les délinquants sexuels.

S’ils déménagent dans un nouveau quartier, ils doivent être identifiés comme quelqu’un qui a été reconnu coupable d’un crime haineux pour que les voisins sachent à quoi s’en tenir. Quand ils auront purgé leur peine, pour que leur nom soit retiré de la base de données, ils devront faire 200 heures de travail communautaire au nom de la justice réparatrice, auprès de la 16:22 Human Rights 8-9-2022

community that they offended and maybe get a release letter from them. communauté même à qui ils ont fait du tort, et peut-être obtenir une lettre de libération de sa part. Most Canadians do not realize that there are no specific legal provisions that deals with what many call as a hate crime. That means if an individual walks up to another person on the street and assaults them while yelling racist slurs and it is determined that the attack was indeed a hate crime, there’s no specific hate crime

section of the Criminal Code to charge that person. La plupart des Canadiens ne se rendent pas compte qu’il n’y a pas de dispositions juridiques précises concernant ce que beaucoup appellent un crime haineux. Cela signifie que si une personne s’approche d’une autre dans la rue et l’agresse en proférant des insultes racistes et qu’on détermine ensuite que l’agression était bel et bien un crime motivé par la haine, il n’y a pas d’article dans le Code criminel qui permette de porter une accusation contre cette personne. The Chair: Mr. Ibrahim, I’m sorry but we give five minutes.

You’re way beyond five minutes — La présidente : Monsieur Ibrahim, je suis désolée, mais nous accordons cinq minutes. Vous avez largement dépassé cinq minutes... Mr. Ibrahim: Sorry about that. M. Ibrahim : Désolé. The Chair: If you coul

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CollectionSenate Committees
CitationRIDR / Evidence / 16ev-55641
Typecommittee
Volume / chapter441 / Evidence / 16ev-55641
Languageen
Formatpdf
SourceCOMM_SEN
Identifier8e73d744aa7496312eed99f7163aab177cae74ba

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