Senate Committee — RIDR — Evidence — 19ev-55653

RIDR / Evidence / 19ev-55653

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EVIDENCE TÉMOIGNAGES TORONTO, Wednesday, September 21, 2022 TORONTO, le mercredi 21 septembre 2022 The Standing Senate Committee on Human Rights met this day at 9:10 a.m. [ET] to examine such issues as may arise from time to time relating to human rights generally. Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se réunit aujourd’hui, à 9 h 10 (HE), pour examiner les questions qui peuvent être soulevées relativement aux droits de la personne en général. Senator Salma Ataullahjan (Chair) in the chair.

La sénatrice Salma Ataullahjan (présidente) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Chair: Honourable senators, I am Salma Ataullahjan, senator from Toronto, and the chair of this committee. Today we are conducting a meeting of the Standing Senate Committee on Human Rights, and I would like to take this opportunity to introduce my colleagues and senators who are participating in this meeting. We have Senator Arnot from Saskatchewan, Senator Gerba from Quebec, and Senator Oh from Ontario.

La présidente : Chers collègues, je suis Salma Ataullahjan, sénatrice de Toronto et présidente du Comité sénatorial permanent des droits de la personne. Aujourd’hui, notre comité se réunit, et j’aimerais profiter de l’occasion pour présenter mes collègues et sénateurs qui participent à cette réunion. Nous comptons parmi les nôtres le sénateur Arnot, de la Saskatchewan, la sénatrice Gerba, du Québec, et le sénateur Oh, de l’Ontario. Having held two meetings in June in Ottawa, today we continue our study on Islamophobia in Canada under our general order of reference.

Our study will cover, among other matters, the role of Islamophobia with respect to online and offline hate of violence against Muslims, gender discrimination, as well as discrimination in employment, including Islamophobia in the federal public service. Our study will also examine the sources of Islamophobia, its impact on individuals, including mental health and physical safety, and possible solutions and government responses. Après avoir tenu deux réunions en juin à Ottawa, nous poursuivons aujourd’hui notre étude sur l’islamophobie au Canada dans le cadre de notre ordre de renvoi général.

Notre étude portera, entre autres, sur le rôle de l’islamophobie en ce qui concerne la haine et la violence en ligne et hors ligne contre les musulmans, la discrimination fondée sur le sexe, ainsi que la discrimination en matière d’emploi, y compris l’islamophobie dans la fonction publique fédérale. Notre étude portera également sur les sources de l’islamophobie, ses répercussions sur les personnes, y compris pour la santé mentale et la sécurité physique, ainsi que les solutions et les interventions gouvernementales possibles.

We are pleased to be here in Toronto and to hear from witnesses about Islamophobia in this part of the country. This is the fourth of our public hearings outside of Ottawa. Two weeks ago, we were in Vancouver and Edmonton, and yesterday, we were in Quebec City. Nous sommes heureux d’être ici à Toronto et d’entendre des témoins au sujet de l’islamophobie dans cette région du pays. Il s’agit de la quatrième de nos audiences publiques à l’extérieur d’Ottawa. Il y a deux semaines, nous étions à Vancouver et à Edmonton, et hier, nous étions à Québec. Let me provide some details about our meeting today.

This morning we shall have two one-hour panels with a number of witnesses who have been invited. In each panel, we shall hear from the witnesses, and then the senators will have a question- and-answer session. There will be a short break around 11:00 a.m. Permettez-moi de vous donner quelques détails sur notre réunion d’aujourd’hui. Ce matin, nous accueillerons pendant une heure deux groupes comptant un certain nombre de témoins qui ont été invités. Dans chaque groupe, nous entendrons les témoins, puis les sénateurs poseront des questions. Il y aura ensuite une courte pause vers 11 heures.

Now I shall introduce our first panel of witnesses. Each witness has been asked to make an opening statement of five minutes. We shall hear from all witnesses and then turn to questions from senators. And witnesses, I ask you to respect the five minutes. I don’t like to interrupt people, but sometimes I have to just, you know, because you’ll raise issues that the senators will want to question, so we want enough time for that. Je vais maintenant présenter notre premier groupe de témoins. Chaque témoin a été invité à faire une déclaration préliminaire de cinq minutes.

Nous entendrons tous les témoins, puis nous passerons aux questions des sénateurs. Chers témoins, je vous demande de respecter les cinq minutes. Je n’aime pas interrompre les témoins, mais je dois parfois le faire, vous savez, puisque vous soulevez des questions au sujet desquelles les 21-9-2022 Droits de la personne 19:1

sénateurs voudront vous interroger, et nous devons prévoir assez de temps pour le faire. So, from the Muslim Educators Network of Ontario, we have Omar Zia, who is an educator, and Rizwana Kaderdina who is an educator. Then we have Rabia Khokhar, teacher and equity and education consultant, and from the Ahmadiyya Muslim Jama’at, we are waiting for Safwan Choudhry, who is stuck in traffic, to join us. So, now I invite Omar Zia to make your presentation. Donc, du Muslim Educators Network of Ontario, nous accueillons Omar Zia, éducateur, et Rizwana Kaderdina, éducatrice.

Ensuite, nous accueillerons Rabia Khokhar, enseignante et consultante en équité et en éducation, et de l’Ahmadiyya Muslim Jama’at, nous attendons que Safwan Choudhry, qui est coincé dans la circulation, se joigne à nous. J’invite maintenant Omar Zia à présenter son exposé. Omar Zia, Educator, Muslim Educators Network of Ontario: Thank you and thank you for inviting me to be here. I’ll begin by recognizing that the land that we’re situated on, that I’m a settler on stolen land, to set the context. Thank you for inviting me to speak to this topic of Islamophobia.

Omar Zia, éducateur, Muslim Educators Network of Ontario : Merci de m’avoir invité. Je vais commencer par reconnaître que la terre sur laquelle nous nous réunissons, en déclarant que je suis un colon sur des terres volées, pour établir le contexte. Je vous remercie de m’avoir invité à parler de l’islamophobie. A Muslim student sits in class and is taunted by his peers who ask him if he’s ever eaten pork and how much he is missing out on gelatin marshmallows. “Oh, you must be one of those halal- only guys,” they taunt.

The student approaches a classroom teacher to self-advocate against the bullying and Islamophobia. The teacher sighs and tells him he’ll just have to learn how to live with it. Un étudiant musulman s’assoit en classe et se fait taquiner par ses pairs qui lui demandent s’il a déjà mangé du porc et si cela ne lui manque pas trop de ne pas pouvoir manger de guimauves. « Tu ne manges uniquement halal », se moquent-ils. L’étudiant s’adresse à un enseignant pour qu’il le défende contre l’intimidation et l’islamophobie. L’enseignant soupire et lui dit qu’il n’a qu’à apprendre à vivre avec les moqueries.

A Muslim female student comes to school wearing hijab. Through the first two months, she is teased by boys in her class who ask her questions such as, “Do you have any hair under there?” and “I think she’s bald.” The teacher clearly hears the chatter but does nothing to address it. A few months later, the female student removes her hijab. This student then notices one of the male bullies with his mother, who is actually wearing the hijab. Une étudiante musulmane se présente à l’école avec un hidjab.

Au cours des deux premiers mois, elle est taquinée par des garçons de sa classe qui lui posent des questions comme « As-tu des cheveux en dessous? » et « Je pense qu’elle est chauve. » L’enseignant entend clairement les moqueries, mais ne fait rien pour les régler. Quelques mois plus tard, l’étudiante enlève son hidjab, mais elle reconnaît ensuite l’un des intimidateurs masculins avec sa mère, qui porte le hidjab. A professional learning day occurs on a Friday. There are no students in the building. A Muslim teacher lets the principal know he’ll be needing to leave for 15 minutes to perform the Friday prayer.

The principal refuses, then questions, and then says she’ll first have to check with the superintendent. Une journée d’apprentissage professionnel a lieu un vendredi. Il n’y a pas d’étudiants dans l’immeuble. Un enseignant musulman informe la directrice de l’école qu’il devra partir pendant 15 minutes pour la prière du vendredi. La directrice refuse, puis elle pose des questions, et dit qu’elle devra d’abord vérifier auprès du surintendant. A female Muslim teacher is visiting a school to attend a professional learning opportunity. She asks a colleague for a quiet room to complete her afternoon prayer.

The colleague scoffs at her and retorts, “Why couldn’t you just pray at home? Why do you have to pray here?” Une enseignante musulmane visite une école pour assister à une journée d’apprentissage professionnel. Elle demande à un collègue de lui indiquer une salle tranquille pour sa prière de l’après-midi. Le collègue se moque d’elle et réplique : « Pourquoi ne pourriez-vous pas simplement prier à la maison? Pourquoi devez-vous prier ici? » A Muslim student is in class when a teacher is teaching history and decides to speak about 9/11.

She says the attack was carried out by Islamic terrorists and that Osama bin Laden is an Islamic terrorist. The student writes a private note to the teacher about how she was harmed by the teacher’s comments because she is Une étudiante musulmane est en classe lorsqu’une enseignante d’histoire décide de parler du 11 septembre. Elle dit que l’attaque a été perpétrée par des terroristes islamiques et qu’Oussama ben Laden est un terroriste islamique. L’étudiante écrit une note en privé à l’enseignante sur la façon dont elle a été 19:2 Human Rights 21-9-2022

Muslim, and terrorism has nothing to do with Islam. The teacher writes back and says, “Should I disregard his Muslim background?” blessée par les commentaires de l’enseignante parce qu’elle est musulmane et que le terrorisme n’a rien à voir avec l’islam. L’enseignante répond : « Devrais-je faire abstraction de ses origines musulmanes? » Islamophobia has a foothold in our educational institutes. They exist as bullying, as hate, and is rarely recognized or addressed as racism. We must recognize that the source of Islamophobia in our great nation is a lack of education on Muslims in our school systems.

What can the federal government do to stamp out Islamophobia in schools? And so, I have a few points to share. L’islamophobie est ancrée dans nos établissements d’enseignement. Elle se manifeste sous forme d’intimidation, de haine et elle est rarement reconnue ou traitée comme une forme de racisme. Nous devons reconnaître que la source de l’islamophobie dans notre grand pays est le manque d’éducation au sujet des musulmans dans nos systèmes scolaires. Que peut faire le gouvernement fédéral pour éradiquer l’islamophobie dans les écoles? J’ai ici quelques idées dont j’aimerais vous faire part.

Number one, in order for faith-based identities to be included and supported, we must first de-centre Christianity in our systemic norms. We must make space for a multi-faith point of view in our systems. For example, in the Ontario Education Act,

section 264, it limits the concept of “morality” to Judeo- Christian values. This exclusive clause implies that the concept of morality in other faith groups are either non-existent or does not meet the threshold. Premièrement, pour que les identités fondées sur la foi soient incluses et soutenues, nous devons d’abord faire en sorte que le christianisme ne soit plus au centre de nos normes systémiques. Nous devons faire place à un point de vue multiconfessionnel systémique. Par exemple, l’article 264 de la

Loi sur l’éducation de l’Ontario limite la notion de « morale » aux valeurs judéo- chrétiennes. Cette clause d’exclusion laisse entendre que la notion de morale dans d’autres groupes confessionnels n’existe pas ou ne répond pas au critère établi. Number two, supporting Muslim-identifying students means ensuring all provincial boards of education, as well as private schools, provide the following: a prayer accommodation policy for daily prayers and Friday prayers, and resources for students to create a Muslim Student Association club, much like the Gay- Straight Alliance or the Black Student Association.

Deuxièmement, pour aider les élèves qui s’identifient aux musulmans, il faut veiller à ce que tous les conseils scolaires provinciaux, ainsi que les écoles privées, offrent une politique d’accommodement pour les prières quotidiennes et les prières du vendredi, et des ressources pour permettre aux étudiants de créer une association des étudiants musulmans, comme l’alliance gai- hétéro ou l’association des étudiants noirs. Number three, every province must mandate their board of education to create an anti-Islamophobia strategy.

This includes boards and schools where there may not even be any Muslim students attending because Islamophobia is not a Muslim problem, it is a Canadian problem. Through education across our nation, we can eliminate this form of racism. The strategy must include the following four elements: Troisièmement, chaque province doit obliger son conseil scolaire à créer une stratégie contre l’islamophobie. Cela comprend les conseils et les écoles où il n’y a peut-être même pas d’élèves musulmans parce que l’islamophobie n’est pas un problème musulman, mais bien un problème canadien.

Grâce à l’éducation partout au pays, nous pouvons éliminer cette forme de racisme. La stratégie doit comprendre les quatre éléments suivants : Number one, hiring Muslim teachers because representation makes a difference. For example, some boards in Ontario use

section 14 of the Ontario Human Rights Code to hire Black and Indigenous teachers. Premièrement, embaucher des enseignants musulmans parce que la représentation fait une différence. Par exemple, certains conseils scolaires de l’Ontario invoquent l’article 14 du Code des droits de la personne de l’Ontario pour embaucher des enseignants noirs et autochtones. Two, revision of the curriculum with questions such as “How do Muslim students experience schooling?

How do Muslim students see themselves in curriculum and curricular resources?” For example, do the science and math curriculum explicitly share the contributions of Muslims to humanity on a global scale? How do the history books represent Muslim societies? What Deuxièmement, la révision du programme au moyen de questions telles que « Comment les élèves musulmans vivent-ils l’expérience de l’école? Comment les étudiants musulmans se perçoivent-ils dans les programmes et les ressources pédagogiques? »

Par exemple, le programme de sciences et de mathématiques fait-il part explicitement des contributions des 21-9-2022 Droits de la personne 19:3

conversations are happening in class to support Muslim students and celebrate Muslim brilliance and experience and joy? Or are Muslims only defined through the lens of terrorism, alienation, and othering? musulmans à l’humanité à l’échelle mondiale? Comment les sociétés musulmanes sont-elles représentées dans les livres d’histoire? Quels échanges ont lieu en classe pour soutenir les étudiants musulmans et célébrer le génie, l’expérience et la joie des musulmans? Ou est-ce que les musulmans sont définis uniquement du point de vue du terrorisme, de l’aliénation et de la stigmatisation?

Three, an emphasis on the mental health impact on Islamophobia: direct trauma to Muslim students and indirect trauma to non-Muslim students. For example, a white Christian student who tells her South Asian Muslim friend, “Don’t worry, if Trump is elected, I’ll protect you.” Troisièmement, il faut mettre l’accent sur les répercussions de l’islamophobie sur la santé mentale, c’est-à-dire les traumatismes directs subis par les étudiants musulmans et les traumatismes indirects subis par les étudiants non musulmans.

Par exemple, une étudiante chrétienne blanche qui dit à son amie musulmane d’Asie du Sud : « Ne t’inquiète pas, si Trump est élu, je vais te protéger. » Four, in addition to the English curriculum which teaches students to examine media through a critical eye and to dismantle Islamophobia which is often spread through various forms of media. This is important so that Muslim students are not constantly having to justify to their teachers and peers that they are not terrorists, and that the religion they follow does not promote violence, abuse of women or hate of other groups. Thank you.

Quatrièmement, en plus du programme d’études en anglais, on doit enseigner aux élèves à examiner les médias à travers un regard critique et à démanteler l’islamophobie qui se propage souvent par diverses formes de médias. C’est important pour que les étudiants musulmans n’aient pas constamment à justifier à leurs enseignants et à leurs pairs qu’ils ne sont pas des terroristes et que la religion qu’ils pratiquent ne favorise pas la violence, la maltraitance des femmes ou la haine d’autres groupes. Merci. Rizwana Kaderdina, Educator, Muslim Educators Network of Ontario: Good morning, and may peace be upon you.

My name is Rizwana Kaderdina. I live on the traditional lands of the Anishinaabe and Haudenosaunee peoples, now covered by Treaty 13 and the Williams Treaties. I’m joining you today as a member of the Muslim Educators Network of Ontario. I’m honoured to be here, and I’m grateful this work is taking place. Our communities have experienced Islamophobia and anti-Muslim racism for a long time, but that real lived experiences have too often been dismissed, denied, minimalized, or justified as deserved. Rizwana Kaderdina, éducatrice, Muslim Educators Network of Ontario : Bonjour et que la paix soit avec vous.

Je m’appelle Rizwana Kaderdina. Je vis sur les terres ancestrales des Anishinabes et des Haudenosaunee, maintenant visées par le Traité no 13 et les Traités Williams. Je me joins à vous aujourd’hui en tant que membre du Muslim Educators Network of Ontario. Je suis honorée d’être ici et je suis reconnaissante du travail effectué ici. Nos communautés vivent l’islamophobie et le racisme antimusulman depuis longtemps, mais ces expériences réelles ont trop souvent été réfutées, niées, minimisées ou justifiées comme étant méritées.

In the aftermath of the murders of the London family, many of us heard from our students about their very real fear of the consequences of being perceived as Muslim, and their newly forming understanding of how deeply not wanted it can feel to be Muslim in this country. Unwantedness, of course, is not a new experience for us and for many other communities, but it is hard to see a new generation have to come to this realization.

Par suite des meurtres d’une famille à London, beaucoup d’entre nous ont entendu nos étudiants parler de leur crainte très réelle d’être perçus comme des musulmans et de leur nouvelle façon de comprendre à quel point un musulman peut se sentir indésirable dans ce pays. Le fait de se sentir indésirable, bien sûr, n’est rien de nouveau pour nous et pour beaucoup d’autres communautés, mais il est difficile de voir une nouvelle génération s’en rendre compte à son tour. I want to tell you a story. When I first started teaching, I was the only teacher at my school who wore a hijab.

I often crossed paths with a particular kindergarten class on its way to the library. Imagine the cuteness of about 20 four- and five-year-olds walking down the hallway single file, each with a small “finger on your lips, hand on your hip.” There was one child who would J’aimerais vous raconter une histoire. Lorsque j’ai commencé à enseigner, j’étais la seule enseignante de mon école à porter un hidjab. J’ai souvent croisé une classe de maternelle en route vers la bibliothèque.

Imaginez à quel point peuvent être mignons une vingtaine d’enfants âgés de 4 et 5 ans qui marchent dans le couloir en file simple, en chantant une petite ritournelle, un doigt 19:4 Human Rights 21-9-2022

just watch me, every time. The way her eyes lit up when my smile would land on her was a lovely “teacher moment” and one day, she braved quickly taking her hand off her hip to give me a tiny wave. I was special to her because I was Muslim. sur les lèvres et l’autre main sur la hanche. Il y avait une enfant qui m’observait toujours attentivement. La façon dont ses yeux se sont illuminés lorsqu’elle a vu mon sourire a été pour moi un beau moment dans mon expérience d’enseignante, et un jour, elle a bravé la consigne et a levé rapidement sa main de sa hanche pour me faire un petit signe de la main.

J’étais spéciale pour elle parce que j’étais musulmane. Affirming representation matters, and it is often absent both in terms of Muslim staff and in the curriculum. For Muslims, representation validates. For non-Muslims, representation humanizes. It counters the single story of violence, misogyny, oppression, and poverty that is placed upon Muslims and that feeds Islamophobia. L’affirmation de la représentation musulmane est importante, et elle est souvent absente du personnel et du programme d’études. Pour les musulmans, la représentation valide leur présence.

Pour les non-musulmans, la représentation humanise un groupe. Elle vient contrer les perceptions selon lesquelles les musulmans sont vus comme violents, misogynes, oppresseurs et pauvres, et qui alimentent l’islamophobie. In my 18 years as an educator, I have seen increasing numbers of students try to hide their Muslim identities. Recently, non- Muslim teachers have begun sharing that some of their Muslim students ask them not to let anyone, peers, educators, administrators, know they are Muslim because “it’s not safe.” Sometimes Muslim students choose not to use school prayer spaces because it’s too risky.

They talk about “the Muslim kids” “being watched” by teachers and about peers asking them if “that room” is where they practise making bombs. These are not isolated incidents. Muslim students have shared that it is normal to be called a terrorist and that they consistently encounter Islamophobia, often in the form of “jokes.” And they talk about how there’s no point in reporting Islamophobic interactions because that’s just how it is for us and everyone else thinks it’s funny and their belief that no one will do anything anyway.

Au cours de mes 18 années comme éducatrice, j’ai vu de plus en plus d’étudiants essayer de cacher leur identité musulmane. Récemment, des enseignants non musulmans ont commencé à dire que certains de leurs élèves musulmans leur demandaient de ne laisser personne, leurs pairs, leurs éducateurs, leurs administrateurs savoir qu’ils sont musulmans parce que « ce n’est pas sécuritaire ». Parfois, les élèves musulmans choisissent de ne pas utiliser les espaces de prière de l’école parce que c’est trop risqué.

Ils parlent des « enfants musulmans » que les enseignants « surveillent » et des pairs qui leur demandent si c’est dans « cette salle » qu’ils s’exercent à fabriquer des bombes? Il ne s’agit pas d’incidents isolés. Des étudiants musulmans ont dit qu’il est normal d’être qualifié de terroriste et qu’ils sont constamment confrontés à l’islamophobie, souvent sous forme de « blagues ». Ils disent en outre qu’il ne sert à rien de signaler des interactions islamophobes parce que c’est comme ça pour nous et que tout le monde pense que c’est drôle, et ils jugent que personne n’interviendra de toute façon.

In this country, where a Canadian is a Canadian is a Canadian, for many of us, being fully Canadian equates to having to be less Muslim. The more Muslim you are perceived to be, whether through faith practice or appearance, the less safe, less secure, less wanted, the less Canadian you are. The massacre at the Quebec mosque, the murder of Mohamed-Aslim Zafis, the repeated attacks on Black Muslim women and the murders of the London family have all told us this.

It would be easy to say these are extreme instances of violence carried out by bad apples, but the reality is that they are the most visible aspect of the Islamophobia we encounter on an ongoing basis, both online and in-person. This is the reality that is telling Muslim youth what their place is in this country. The enactment and implementation of Bill 21 in Quebec is simply the living embodiment of the idea that to be visible in your Muslim-ness is to be unacceptable in the public Canadian sphere.

Dans notre pays, où un Canadien est un Canadien, pour beaucoup d’entre nous, le fait d’être entièrement canadien équivaut à être moins musulman. Plus vous êtes perçu comme un musulman, que ce soit en raison de votre foi ou de votre apparence, moins vous êtes en sécurité, moins vous êtes recherché, moins vous êtes Canadien. Le massacre de la mosquée de Québec, le meurtre de Mohamed-Aslim Zafis, les attaques répétées contre les musulmanes noires et les meurtres d’une famille à London sont autant de rappels de la situation.

Il serait facile de dire qu’il s’agit de cas extrêmes de violence perpétrée par des pommes pourries, mais la réalité est qu’il s’agit de l’aspect le plus visible de l’islamophobie à laquelle nous sommes constamment confrontés, en ligne et en personne. C’est la réalité qui dit aux jeunes musulmans quelle est leur place dans ce pays. La promulgation et la mise en œuvre de la Loi 21 au Québec est simplement l’incarnation vivante de l’idée que la visibilité musulmane est inacceptable dans la sphère publique canadienne. 21-9-2022 Droits de la personne 19:5

I want to be clear that this “othering” is not new. There is a strong desire in this country to attach contemporary Islamophobia solely to Trumpism. Those of us who lived through Stephen Harper’s attempt to institute the “barbaric cultural practices legislation” know better. That legislation played upon imperialist, Orientalist, and colonialist ideologies that have shaped this nation. Je tiens à préciser que cette « stigmatisation » n’est pas nouvelle. Au Canada, on souhaite vivement associer l’islamophobie contemporaine uniquement au trumpisme. Ceux d’entre nous qui ont vécu la tentative de Stephen Harper d’adopter une

loi sur les « pratiques culturelles barbares » le savent très bien. Cette loi misait sur les idéologies impérialistes, orientalistes et colonialistes qui ont façonné notre pays. As far-right, white supremacist rhetoric and violence against Muslim individuals and communities intensifies and becomes normalized, we urgently need to see a societal shift away from seeing and constructing Muslims and Islam as foreign, threatening others.

We need to hold accountable those in media, education, social media, and in politics who perpetuate and profit from these narratives, and we need to ensure authentic counter narratives are shared. Alors que la rhétorique des suprémacistes blancs d’extrême droite et la violence contre les personnes et les communautés musulmanes s’intensifient et deviennent normalisées, nous devons de toute urgence instaurer un changement sociétal qui nous éloigne de la perception selon laquelle les musulmans et l’islam sont étrangers et constituent une menace.

Nous devons tenir responsables ceux qui, dans les médias, dans le domaine de l’éducation, dans les médias sociaux et dans l’arène politique, perpétuent ces mythes et en tirent profit, et nous devons veiller à ce que des contre-discours forts soient diffusés. I’m here today with the hope that one day all students on this land, Muslim and not, can fully be themselves. Not by chance or happenstance, but because we have made a collective, intentional choice to ensure that what this 9/11 generation is experiencing is not encountered by the next generation.

And not because they have given up their Muslim-ness, whatever that might look like, in order to experience safety and belonging, but because we have done the difficult work of anti-Islamophobia at systemic, institutional, interpersonal, individual, and ideological levels. It is our responsibility to ensure all our youth can be their whole selves, and that Muslim youth can know that being Muslim in all its complexity, is valued as a normal part of the Canadian landscape. Thank you. Je suis ici aujourd’hui avec l’espoir qu’un jour tous les étudiants de ce pays, musulmans ou non, pourront être eux- mêmes.

Pas par hasard ou par chance, mais parce que nous aurons fait un choix collectif et intentionnel pour nous assurer que la prochaine génération n’ait pas à vivre ce que vit cette génération post-11 septembre, et que ce ne sera pas parce qu’elle aura renoncé à son identité musulmane, peu importe comment on la définit, pour vivre avec un sentiment de sécurité et d’appartenance, mais parce que nous aurons accompli la tâche ingrate de lutter contre l’islamophobie aux niveaux systémique, institutionnel, interpersonnel, individuel et idéologique.

Nous avons la responsabilité de veiller à ce que tous nos jeunes puissent être eux-mêmes et à ce que les jeunes musulmans sachent que le fait d’être musulman dans toute sa complexité fasse

partie intégrante du paysage canadien. Merci. The Chair: Thank you very much. Ms. Khokhar. La présidente : Merci beaucoup. Madame Khokhar. Rabia Khokhar, Teacher and Equity and Education Consultant, as an individual: Good morning, respected members of the Senate and fellow members of the community. My name is Rabia Khokhar and I’m an elementary teacher and an equity and educational consultant in Toronto. It’s an honour to be here with you today to share some of my own lived experiences, ideas, and potential recommendations for this very important study on Islamophobia in Canada. Rabia Khokhar, enseignante et consultante en équité et éducation, à

titre personnel : Bonjour, membres respectés du Sénat et membres de la communauté. Je m’appelle Rabia Khokhar et je suis enseignante au primaire et consultante en équité et en éducation à Toronto. C’est un honneur d’être ici avec vous aujourd’hui pour vous faire part de certaines de mes expériences, de mes idées et de mes recommandations potentielles dans le cadre de cette étude très importante sur l’islamophobie au Canada.

Through my various roles, I have the privilege and opportunity to work with students, individuals, organizations, educators, and school boards on how to make learning equitable for students and communities that they’re striving to serve. Some of my work specifically focuses on considering how, through education, we can counter Islamophobia.

Dans le cadre de mes divers rôles, j’ai le privilège et l’occasion de travailler avec des étudiants, des particuliers, des organisations, des enseignants et des conseils scolaires sur la façon de rendre l’apprentissage équitable pour les étudiants et les collectivités où ils travaillent. Une

partie de mon travail porte précisément sur la façon dont, par l’éducation, nous pouvons lutter contre l’islamophobie. 19:6 Human Rights 21-9-2022

As a racialized and visible Muslim woman, Islamophobia is a part of my daily life personally and professionally. It looks and manifests differently based on my intersectional identities and the roles I carry. I experience Islamophobia on an individual and systemic level. En tant que femme musulmane visible et racisée, l’islamophobie fait

partie de ma vie quotidienne, tant sur le plan personnel que professionnel. Elle se manifeste différemment en fonction de mes identités intersectionnelles et des rôles que j’assume. Je vis l’islamophobie au niveau individuel et systémique. As a teacher and educational consultant, my experiences often include my identities not being seen as that of a “teacher identity.” This shows up in the differential treatment and comments I experience from various stakeholders. Most of the time, my work is belittled, ignored, not acknowledged and silenced.

I’ve also received comments like, “I could never respect a teacher who looks like you,” “Are you the lunchroom assistant,” “Your English is really good for a Muslim woman,” “Of course they hired you, you must have been an equity hire,” “It makes sense that someone like you is into equity, you must have your own agenda,” and “Thanks for applying to our school, but we have offered the job to someone who will fit better in with our students and school environment.” I also experience a greater level of surveillance, scrutiny and continuous microaggressions in relation to my presence, work, choices, and actions.

These experiences impact me because I feel like I constantly have to prove my “competence” as a teacher and overall feel a lack of belonging. En tant qu’enseignante et consultante en éducation, mon expérience inclut souvent le fait que mon identité n’est pas considérée comme celle d’une « enseignante ». Cela se reflète dans le traitement différentiel et les commentaires que je reçois de divers intervenants. La plupart du temps, mon travail est rabaissé, ignoré, non reconnu et réduit au silence.

J’ai aussi reçu des commentaires comme « Je ne pourrais jamais respecter une enseignante qui vous ressemble », « Êtes-vous l’assistante en cafétéria? », « Votre anglais est vraiment bon pour une musulmane », « On vous a sûrement embauché pour respecter les critères de l’équité en matière d’emploi », « Il n’est pas surprenant que quelqu’un comme vous soit en faveur de l’équité, vous devez prêcher pour votre propre paroisse », et « Merci d’avoir posé votre candidature à notre école, mais nous avons offert le poste à quelqu’un qui s’intégrera mieux à nos élèves et au milieu scolaire. »

Je fais également l’objet d’un niveau plus élevé de surveillance et de microagressions continues par rapport à ma présence, à mon travail, à mes choix et à mes actions. Ces expériences me touchent parce que j’ai l’impression que je dois constamment prouver ma « compétence » d’enseignante et parce que, dans l’ensemble, je n’ai pas ce sentiment d’appartenance. The experiences I currently have as a teacher are not that removed or different from the ones I had as a student growing up in Toronto. I know first-hand that, unfortunately, in many ways, Muslim students continue to have similar experiences.

They continue to experience low, and deficit-based expectations from those in positions of power. Muslim students are often streamed into English as a second language classes without knowledge of their abilities. There is also a lack of respect that Muslim families’ experiences and comments such as “Muslims are illiterate and backwards,” “Watch out for the dads,” “Their way of doing things is so different from our ways” are often heard. Muslim students often feel like they are not represented within the curriculum, and if they are, it is in a stereotypical way.

There is also a lack of follow through on Islamophobic incidents which creates an overall negative learning environment. Islamophobia may look different from when I was a student, but it is still present. Les expériences que j’ai vécues en tant qu’enseignante ne sont pas tellement différentes de celles que j’ai vécues lorsque j’étais étudiante à Toronto. Je sais d’expérience que, malheureusement, à bien des égards, les étudiants musulmans continuent de vivre des expériences semblables.

Ils continuent de faire face à des attentes peu élevées et à des perspectives centrées sur les lacunes de la part des personnes en position de pouvoir. Les étudiants musulmans sont souvent dirigés vers des cours d’anglais langue seconde avant même que l’on ait évalué leurs capacités. Il y a aussi un manque de respect à l’égard des familles musulmanes, qui entendent souvent des commentaires comme « Les musulmans sont analphabètes et rétrogrades », « Attention aux pères », « Leur façon de faire est si différente de la nôtre. »

Les étudiants musulmans ont souvent l’impression de ne pas être représentés dans le programme scolaire, et s’ils le sont, c’est de façon stéréotypée. Il y a aussi un manque de suivi des incidents islamophobes, ce qui crée un environnement d’apprentissage négatif. L’islamophobie peut sembler différente de ce qu’elle était lorsque j’étais étudiante, mais elle est toujours présente. As I reflect on these experiences, I recognize that these are just the tip of the lived experiences I carry. I hope that my lived experiences, as well as those of the other panellists, can support the work in this study.

I know that individual and systemic actions are needed to create meaningful and sustainable change. Therefore, I would recommend that all school boards adopt policies and strategies to challenge and address Islamophobia at En réfléchissant à ces expériences, je me rends compte qu’elles ne sont qu’une fraction de mes expériences vécues. J’espère que mes expériences, ainsi que celles des autres témoins, appuieront les travaux de cette étude. Je sais que des mesures individuelles et systémiques sont nécessaires pour créer un changement significatif et durable.

Par conséquent, je recommanderais à tous les conseils scolaires d’adopter des 21-9-2022 Droits de la personne 19:7

a systemic level. There should also be mandatory, intentional, and ongoing professional development for all educational stakeholders, as well as more funding allocated to purchase resources that represent Muslims authentically, more mental health supports and for further research with Muslim students and communities. I would also recommend more equity-based training in teachers’ college programs for future teachers. politiques et des stratégies pour lutter contre l’islamophobie à un niveau systémique.

Il devrait également y avoir un perfectionnement professionnel obligatoire, intentionnel et continu pour tous les intervenants du milieu de l’éducation, ainsi qu’un financement accru pour l’achat de ressources qui représentent les musulmans de façon authentique, plus de soutien en santé mentale et pour d’autres des recherches auprès étudiants et des communautés musulmanes. Je recommanderais également une formation davantage axée sur l’équité dans les programmes collégiaux pour les futurs enseignants. As a teacher, I am deeply hopeful.

I believe that education can help us move toward challenging and eradicating all forms of hate, like Islamophobia. Even though I have experienced and continue to experience Islamophobia, I see schools and classrooms as critical sites of resistance and change. By naming Islamophobia and committing to deep and ongoing work, we can all do our part to create a more fair, just and Islamophobia free society. I thank you all for the time and the opportunity to be part of this panel today. En tant qu’enseignante, j’ai beaucoup d’espoir.

Je crois que l’éducation peut nous aider à lutter contre toutes les formes de haine, comme l’islamophobie, et à les éradiquer. Même si j’ai vécu et que je continue de vivre l’islamophobie, je considère les écoles et les salles de cours comme des lieux cruciaux de résistance et de changement. En nommant l’islamophobie et en nous engageant dans un travail approfondi et continu, nous pouvons tous faire notre part pour créer une société plus juste et plus libérée de l’islamophobie. Je vous remercie tous du temps que vous m’avez accordé et de l’occasion que vous m’avez donnée de faire

partie de ce groupe de témoins aujourd’hui. The Chair: Wow, thank you. You all kept to the time, and you have powerful statements. So, we have senators who want to ask questions and I’ll start with Senator Arnot. La présidente : Magnifique, merci. Vous avez tous respecté le temps alloué, et vous avez présenté des témoignages percutants. Il y a donc des sénateurs qui veulent poser des questions et je vais commencer par le sénateur Arnot. Senator Arnot: Thank you, Senator Ataullahjan. Well, thank you to the panel. That’s a very articulate encapsulation of the issues and I feel it’s very valid.

The points you’re making are very valid and the recommendations that I’ve heard are, I think, critical to the future. Le sénateur Arnot : Merci, sénatrice Ataullahjan. Je remercie les témoins. C’est un résumé très clair des enjeux, et je pense que c’est très valable. Les points que vous soulevez sont très pertinents et les recommandations que j’ai entendues sont, à mon avis, essentielles pour l’avenir. I’m just going to make a comment and I want your reaction to it, if you will. I have profound respect for the professional educators in Saskatchewan — or in Canada, pardon me.

It’s born in my experience in my home province of Saskatchewan for a variety of reasons. I don’t want to get into it now, but I would say this. There’s an organization called the Concentus Citizenship Education Foundation that has created materials that answer the question, what does it mean to be a Canadian citizen and what are the rights of citizenship, but also, what are the responsibilities that come with those rights? In fact, responsibilities need to be focused on and how do you build and maintain respect for every citizen? No exceptions, none.

And those are called the new three “R’s.” Je vais simplement faire un commentaire et j’aimerais savoir ce que vous en pensez. J’ai un profond respect pour les enseignants de la Saskatchewan — ou du Canada, je vous prie de m’excuser. Ce respect est né de mon expérience dans ma province, la Saskatchewan, pour diverses raisons. Je ne veux pas entrer dans les détails maintenant, mais je dirais ceci.

Il y a une organisation appelée la Concentus Citizenship Education Foundation qui a créé des documents qui répondent à la question suivante : qu’est-ce que cela signifie d’être citoyen canadien et quels sont les droits liés à la citoyenneté, mais aussi, quelles sont les responsabilités associées à ces droits? En fait, il faut mettre l’accent sur les responsabilités et sur la façon de bâtir et de maintenir le respect pour chaque citoyen. Aucune exception, aucune. C’est ce que l’on appelle les trois nouveaux « R ».

In addition, they’ve identified five essential citizenship competencies, “The Five E’s,” so that every student should be enlightened, ethical, engaged, empowered, and most importantly, in my opinion, empathetic.

These resources exist in Saskatchewan, but they have been customized to fit the Ontario curriculum, and it’s based on the thesis that in order to change the attitudes and culture in the community, you should first De plus, cette organisation a cerné cinq compétences essentielles en matière de citoyenneté, les « cinq E », afin que chaque étudiant soit éclairé, guidé par l’éthique, engagé, entièrement habilité et, surtout, à mon avis, empathique.

Ces ressources existent en Saskatchewan, mais elles ont été adaptées au programme scolaire de l’Ontario, et elles sont fondées sur la thèse selon laquelle, pour changer les attitudes et la culture dans 19:8 Human Rights 21-9-2022

change the attitudes and culture in schools. If you can do that effectively from Grades K to 12, you’re going to arm students, graduates, with the tools they need to create the kind of society in which they wish to live. That’s the theory of these resources. la collectivité, il faut d’abord changer les attitudes et la culture dans les écoles. Si vous pouvez le faire efficacement de la maternelle à la 12e année, vous donnerez aux étudiants, aux diplômés, les outils dont ils ont besoin pour créer le genre de société dans laquelle ils veulent vivre. C’est la théorie à la base de ces ressources.

My premise is Canada is the most successful experiment in pluralism the world has ever seen. There’s no contest on that. We are a multicultural, multi-theist, multi-ethnic country, but governments have failed to make an investment of the order required to sustain and maintain those ideas. And the way to do that — Je pars du principe que le Canada représente l’expérience de pluralisme la plus réussie au monde. Personne ne le conteste. Nous sommes un pays multiculturel, multithéiste et multiethnique, mais les gouvernements n’ont pas fait les investissements nécessaires pour soutenir et maintenir ces principes.

Et la façon de le faire... The Chair: Senator Arnot, can I ask you to bring the mic closer? The air conditioning is very loud and — La présidente : Sénateur Arnot, puis-je vous demander de vous rapprocher du micro? La climatisation est très bruyante et... Senator Arnot: Okay. Le sénateur Arnot : D’accord. The Chair: Thank you, I appreciate that. La présidente : Je vous en remercie. Senator Arnot: My thesis is that we need to intentionally, and sequentially, and purposefully teach this and model this in schools.

This needs to be modelled because we need attitudes to change, and the way to do that is to give students the kind of information they need to understand and be empathetic. Le sénateur Arnot : J’avance que nous devons intentionnellement, et de manière séquentielle, enseigner et modéliser ces principes dans les écoles. Il faut en faire un modèle parce qu’il faut changer les attitudes, et la façon de le faire, c’est de donner aux étudiants le genre d’information dont ils ont besoin pour comprendre et faire preuve d’empathie.

Having said that, and I will have some second-round questions, I’d like to hear your comments on that. Are those resources something that could be used in your schools? I think it’s also premised on the need to do really strong, professional development because teachers have such power. The teachers are change agents. You shape the society of the future in your classrooms, the seeds you sow in K to 12, and these resources I speak of are aimed at social studies mainly, but also language arts because you can have so much flexibility in language arts. I’d like to hear the reaction to that context.

Cela dit, et j’aurai quelques questions au deuxième tour, j’aimerais entendre vos commentaires à ce sujet. Ces ressources pourraient-elles être utilisées dans vos écoles? Je pense que c’est aussi fondé sur la nécessité de faire du perfectionnement professionnel vraiment fort, parce que les enseignants ont un tel pouvoir. Les enseignants sont des agents de changement.

Vous façonnez la société de l’avenir dans vos salles de cours, les graines que vous semez de la maternelle à la 12e année, et ces ressources dont je parle sont principalement destinées aux études sociales, mais aussi aux cours de langue parce qu’il est possible de faire preuve d’une grande souplesse dans ces cours de langue. J’aimerais savoir ce que vous en pensez. Mr. Zia: Okay, thank you. I’ll give my own reaction then. Ms. Kaderdina and Ms. Khokhar can also mention as well.

So, what my reaction when I hear, senator, what you’re mentioning, I think really of the triangle model of education where the tip of the triangle is the student, because everything we do in the education system is student centred, centring the student when it comes to their identity, when it comes to delivering curriculum to them, understanding what their needs are and meeting those needs, whether it’s how they learn, how they think, and the impact that education will have on these students once they graduate, go on to post-secondary and how they then contribute to our nation as Canadian citizens. M.

Zia : D’accord, merci. Je vais donc vous faire part de ma propre réaction. Mme Kaderdina et Mme Khokhar peuvent aussi sûrement en témoigner. Alors, quelle est ma réaction lorsque j’entends ce que vous dites, sénateur?

Je pense vraiment au modèle du triangle de l’éducation, où la pointe du triangle est l’étudiant, parce que tout ce que nous faisons dans le système d’éducation est centré sur l’étudiant, centre l’étudiant sur son identité, lorsqu’il s’agit de lui offrir un programme, de comprendre ses besoins et d’y répondre, qu’il s’agisse de la façon dont il apprend, de la façon dont il réfléchit et de l’incidence que l’éducation aura sur cet étudiant une fois qu’il aura obtenu son diplôme, qu’il aura fait des études postsecondaires et comment il contribue à notre pays en tant que citoyen canadien. 21-9-2022 Droits de la personne 19:9

The bottom of the triangle and the other two vertices is the school, the teachers, the administration, the office staff, our custodial staff, people working at the board in the director’s offices, the coordinating principals, coordinating teachers, resource teachers that exist to support curriculum development. To the point that Ms. Kaderdina, Ms. Khokhar and I mentioned the need for ongoing professional development, as you mentioned, for those stakeholders.

All of the educators who are providing that direction to the students have to be aware of what racism looks like for all students, whether it’s anti-Black racism, anti-Indigenous racism, Islamophobia, anti-Sikh racism, anti- Asian racism and homophobia, so that as we develop the children from Kindergarten all the way to age 18, 19, whenever they graduate, what they leave with is an ideal model of what it means to live in a pluralistic society and how to be accepting of those differences, not just tolerant, accepting of differences, and how to be a citizen where we include everybody rather than exclude.

Le bas du triangle et les deux autres pointes sont l’école, les enseignants, l’administration, le personnel de bureau, notre personnel de garde, les gens qui travaillent au conseil dans les bureaux des administrateurs, les directeurs coordonnateurs, les enseignants coordonnateurs, les enseignants-ressources qui existent pour appuyer l’élaboration de programmes d’études. Au point où Mme Kaderdina, Mme Khokhar et moi-même avons parlé de la nécessité du perfectionnement professionnel continu, comme vous l’avez dit, pour ces intervenants.

Tous les enseignants qui fournissent cette orientation aux élèves doivent être conscients de ce à quoi ressemble le racisme pour tous les élèves, qu’il s’agisse de racisme contre les Noirs, contre les Autochtones, d’islamophobie, de racisme contre les sikhs, contre les Asiatiques ou d’homophobie, pour que, tout au long du développement des enfants, de la maternelle jusqu’à l’âge de 18 ou 19 ans, lorsqu’ils obtiennent leur diplôme, ils en ressortent avec un modèle idéal de ce que signifie vivre dans une société pluraliste et comment accepter ces différences, et non seulement les tolérer, mais les accepter, et comment être citoyen en incluant, plutôt qu’en excluant tout le monde.

So, to be aware and conscious, critically conscious about what it means to exclude and how we can actually include, to move away from oppressive voices, but how to raise all voices. That’s definitely one large support that we need. While we emphasize students, we have to emphasize the education and training that our teachers need, and as Ms. Kaderdina also mentioned, starting that training in our faculties of education across the nation.

Donc, être sensibilisé, et être extrêmement conscient de ce que signifie l’exclusion, et comment nous pouvons réellement inclure, pour nous éloigner des voix oppressives, mais aussi comment faire entendre toutes les voix. C’est certes un soutien important dont nous avons besoin. Bien que nous mettions l’accent sur les étudiants, nous devons aussi insister sur l’éducation et la formation dont nos enseignants ont besoin et, comme Mme Kaderdina l’a également dit, commencer cette formation dans nos facultés de l’éducation partout au pays. The other part of that, the other corner is our parent community.

And yes, our students are with us for a large portion of their day, but we are their second home. What’s happening in their primary home? Each of us here around this panel has grown up in a different home. I grew up in a South Asian household, right? My kids are growing up in a bit of a mixed household, so culture plays a role, where our parent communities are coming from, so we have to spend some time educating our parents as well. L’autre aspect, c’est notre communauté de parents. Et oui, nos étudiants passent une grande

partie de leur journée avec nous, mais nous sommes leur deuxième foyer. Que se passe-t-il dans leur résidence principale? Chacun d’entre nous a grandi dans une maison différente. J’ai grandi dans une famille sud-asiatique. Mes enfants grandissent dans un ménage un peu mixte, alors la culture a un rôle à jouer, la provenance des parents de nos communautés, donc nous devons aussi consacrer du temps à éclairer les parents.

We have school councils to help to support parent communities, to provide professional development for our parents to help them understand what it means to be inclusive, how they can guide conversations in their own homes so they can be part of the solution and help our country become great in terms of including all people without “othering” them, so that parents can question their own biases that they bring with them, whether they’re immigrants or whether they’re born and raised here.

Nous avons des conseils scolaires qui aident à soutenir les communautés de parents, à offrir du perfectionnement professionnel aux parents pour les aider à comprendre ce que signifie être inclusif, comment ils peuvent orienter les conversations à la maison afin qu’ils puissent faire

partie de la solution et aider notre pays à atteindre l’excellence en incluant tout le monde sans « diluer » leur apport, afin que les parents puissent remettre en question leurs propres préjugés, qu’ils soient immigrants ou qu’ils soient nés et aient grandi ici. And as I shared with the senator earlier, at my particular location, we have created safe spaces for parents called parent affinity groups. We have groups for Black parents, Muslim parents, Jewish parents, and parents of families who support LGBTQ students.

We have an affinity group for special Comme je l’ai dit au sénateur plus tôt, où je travaille, nous avons créé des espaces sûrs pour les parents, que l’on appelle les groupes d’affinité parentale. Nous avons des groupes de parents noirs, de parents musulmans, de parents juifs et de parents de familles qui soutiennent les élèves LGBTQ. Nous avons un 19:10 Human Rights 21-9-2022

education, parents of special education students, because at my school, we have a program for developmentally delayed students. So, this provides a safe space for parents to come out, have a direct connection with the administrator of the building, but also provides me an opportunity in a safe space to teach and share with parents what does it mean to be a Canadian? What does it mean to be inclusive of all cultures?

What does it mean to question our own racism that we may have inside of ourselves, our own biases that prohibit and create barriers for our own kids to be successful in society? groupe d’affinités pour l’éducation spécialisée, les parents d’étudiants en éducation spécialisée, parce que dans mon école, nous offrons un programme pour les élèves ayant un retard de développement.

Donc, cela offre un espace sûr où les parents peuvent aller, établir un lien direct avec l’administrateur de l’immeuble, mais cela me donne aussi l’occasion, dans un espace sûr, d’enseigner et de faire part aux parents ce que cela signifie être Canadien. Que signifie l’inclusion de toutes les cultures? Qu’est-ce que cela signifie de remettre en question notre propre racisme, nos propres préjugés qui créent des barrières et empêchent nos propres enfants de réussir dans la société?

Parents themselves don’t realize that sometimes the conversations that we have in the home may actually impede our child’s success as they integrate within society. So, I would suggest that we look at all stakeholders in the process as well. Les parents eux-mêmes ne se rendent pas compte que, parfois, les conversations que nous avons à la maison peuvent nuire à la réussite de notre enfant au moment de son intégration dans la société. Je suggère donc que nous tenions compte de tous les intervenants dans le processus également. Ms.

Khokhar: I agree with that and think that the model that you put forward is really interesting because I think it will help change the stories that are known about Muslims really at the ground, which is the classroom. Through my work, I really believe in professional, ongoing, intentional professional development with educators because I believe that educators are gatekeepers of what gets reinforced, what gets included in the classroom, and that educators are in some ways the curriculum, and they show who values whom.

Indirectly, they might also emphasize who doesn’t value by, you know, the perspectives they might bring in or the perspectives that might be missing. Mme Khokhar : Je suis d’accord avec vous et je pense que le modèle que vous proposez est vraiment intéressant, car je pense qu’il aidera à changer les histoires que l’on entend au sujet des musulmans sur le terrain, c’est-à-dire dans la salle de cours.

Dans le cadre de mon travail, je crois vraiment au perfectionnement professionnel continu et intentionnel des enseignants, parce que je crois que les enseignants sont les gardiens de ce qui est enseigné, de ce qui est inclus dans la classe, et que les enseignants ne font qu’un, d’une certaine façon, avec le programme d’études, et ils montrent qui valorise qui. Indirectement, ils pourraient aussi mettre l’accent sur ceux qui n’accordent pas de valeur aux points de vue que les autres pourraient apporter ou qui pourraient manquer.

I think that all stakeholders need to be addressed, but educators are a big stakeholder because they really create the environment in the classroom. If we want to centre students and all of the beautiful identities our students bring, we have to start with the educators because educators, through professional development, will hopefully create sustainable change and accountability. I think that movement can start because those voices and those stories can be brought into the classroom, and the classroom is the place that is the site of hope and resistance, and the classroom is the place where things can change.

Je pense qu’il faut tenir compte de tous les intervenants, mais les enseignants constituent un intervenant important parce qu’ils créent vraiment l’environnement dans la salle de cours. Si nous voulons centrer les étudiants et toutes leurs riches identités, nous devons commencer par les enseignants parce que, grâce à leur perfectionnement professionnel, ils créeront, espérons-le, un changement durable et la responsabilisation.

Je pense que ce mouvement peut commencer parce que ces voix et ces histoires peuvent être entendues dans la salle de cours, et la salle de cours est l’endroit où il y a de l’espoir et de la résistance, et la salle de cours est l’endroit où les choses peuvent changer. It’s on the ground that will impact society, and whatever is done in the classroom then manifests itself into society. That’s why I’m hopeful about the role the classroom can play, and if we want to centre the classroom, we have to centre those who are leading the classroom, which is the educators.

C’est sur le terrain que la société sera touchée, et tout ce qui se fait en classe se manifeste dans la société. C’est pourquoi j’entretiens un bon espoir au sujet du rôle que peut jouer la salle de cours, et si nous voulons recentrer la salle de cours, nous devons recentrer ceux qui la dirigent, c’est-à-dire les enseignants. Ms. Kaderdina: Mr. Zia and Ms. Khokhar have made some good and important points. I would just add a couple of notes to what they’ve said. As I listen to you, senator, I hear some really important pieces come forward in this resource. The pieces Mme Kaderdina : M.

Zia et Mme Khokhar ont soulevé des points importants. J’aimerais ajouter quelques remarques à ce qu’ils ont dit. En vous écoutant, sénateur, j’ai entendu des éléments vraiment importants dans cette ressource. Les éléments 21-9-2022 Droits de la personne 19:11

around not just rights and responsibilities, but about respect being so critical, and the pieces around enlightenment, ethics, engagement, empowerment, and empathy being important. concernant non seulement les droits et les responsabilités, mais aussi le respect, qui est si essentiel, et les éléments concernant l’esprit éclairé, l’éthique, l’engagement, l’entière habilitation et l’empathie, qui sont importants. My initial response would be to say that this would be a fantastic part of a strategy going forward, but only one part.

We have seen from other strategies that are similar — when I started teaching, it was “character matters” — was that these models, frameworks and approaches were used to sustain and maintain the dominant narratives and ways of being that existed in schools while appearing to bring into the fold those who are marginalized. Je dirais d’emblée que ce serait une composante fantastique d’une stratégie pour l’avenir, mais seulement une composante.

Nous avons vu d’autres stratégies similaires — lorsque j’ai commencé à enseigner, c’était « character matters » (le caractère est important) — à savoir que ces modèles, cadres et approches ont été utilisés pour soutenir et maintenir les façons d’être et les discours dominants qui existaient dans les écoles, tout en semblant intégrer les personnes marginalisées. I want to approach any implementation of something like this with a great deal of criticality.

Anti-oppressive, anti-racist approaches need to be embedded in the implementation of anything like this and a broader anti-Islamophobia strategy where racial literacy is at play is vital. Ms. Khokhar’s point about the importance of what educators are taught in order to implement this is key. Too often, we have taken the approach of saying well, it’s going to be on the next generation to fix what we have now, so let’s teach them what they need to do. Then what we find happens is that the next generation gets absorbed into the milieu that is existent.

Je veux aborder toute mise en œuvre d’une mesure comme celle-ci avec une grande importance. Les approches anti- oppression et anti-racistes doivent être intégrées à la mise en œuvre de tout ce qui s’y rapporte, et il est essentiel de mettre en œuvre une stratégie anti-islamophobie plus vaste dans le cadre de laquelle la littératie raciale est en jeu. Le point soulevé par Mme Khokhar au sujet de l’importance de ce que l’on apprend aux enseignants pour la mise en œuvre est essentiel.

Trop souvent, nous avons adopté l’approche qui consiste à dire que puisque ce sera à la prochaine génération de réparer ce qui est défectueux maintenant, enseignons-lui ce qu’elle doit faire. Nous constatons ensuite que la prochaine génération est absorbée par le milieu dans lequel elle évolue. Our students, our young people are learning from and are embedded and entrenched in a media narrative that we have all talked about, and a social media narrative that reinforces this constantly. We hear this from our students as well.

So, if we are not taking approaches that recognize that schools are a microcosm of society, right? They will shape society because those that come out of that schooling system will be the rest of society moving forward, but they are simply a reflection of what’s happening now, and we need to approach what’s happening now even as we look to the future. Nos étudiants, nos jeunes apprennent et sont intégrés et embrigadés dans un récit médiatique dont nous avons tous parlé, et dans un récit dans les médias sociaux qui y fait écho. Nos étudiants nous disent la même chose.

Donc, si nous n’adoptons pas des approches qui reconnaissent que les écoles constituent un microcosme de la société, que se passera-t-il? Elles façonneront la société parce que ceux qui sortiront de ce système scolaire constitueront le reste de la société à l’avenir, mais ils sont simplement le reflet de ce qui se passe maintenant, et nous devons nous pencher sur ce qui se passe maintenant, même si nous nous tournons vers l’avenir.

I would look at strategies and resources that amplify the importance of these traits, the three R’s, the five E’s and so on, as well as things like accountability in politics and social media, and the narratives that are being brought forward now in policies and practices. No amount of empathy that’s taught to a kindergarten, Grade 1 or Grade 3 child is going to change the fact that Muslim teachers who want to practise their faith in the fullness of how they understand it — if that means wearing hijab — cannot do so in the Province of Quebec. That’s the reality, right?

Critical examination of curriculum and pedagogical approaches is going to be vital. Critical media literacy is going to be vital, alongside these individualistic personal pieces around ethics, responsibility and so on. J’examinerais les stratégies et les ressources qui amplifient l’importance de ces traits, les trois R, les cinq E et ainsi de suite, ainsi que des aspects comme la reddition de comptes en politique et dans les médias sociaux, et les récits qui sont maintenant présentés dans les politiques et les pratiques.

Aucune empathie enseignée à un enfant de maternelle, de première ou de troisième année ne changera le fait que les enseignants musulmans qui veulent pratiquer leur foi dans la pleine mesure de leur compréhension — si cela signifie porter le hidjab — ne peuvent pas le faire au Québec. C’est la réalité, n’est-ce pas? L’examen critique des programmes d’études et des approches pédagogiques sera essentiel. L’étude critique aux médias sera vitale, en plus des éléments personnels individualistes autour de l’éthique, de la responsabilité et ainsi de suite. 19:12 Human Rights 21-9-2022

The Chair: Thank you. Do you want me to put you on for second round, Senator Arnot, or do you have — La présidente : Merci. Voulez-vous que je vous inscrive au deuxième tour, sénateur Arnot, ou avez-vous... Senator Arnot: Yes, I’d go for second round. Le sénateur Arnot : Oui, j’aimerais participer au deuxième tour. The Chair: Okay. La présidente : D’accord. Senator Arnot: I just want to make a comment. This panel has really given us a lot of evidence that we can use in our recommendations.

I’m really impressed with the recommendations, the insight, and the articulation of these issues in a way that I think is very constructive. So, I’m hoping that the analysts and my fellow colleague senators will remember this testimony because I want some of it to show up in the final report in the best, constructive way we can. Thank you. Le sénateur Arnot : J’aimerais simplement faire un commentaire. Ce groupe nous a fourni beaucoup d’éléments probants que nous pouvons utiliser dans nos recommandations.

Je suis vraiment impressionné par les recommandations, la perspicacité et l’ébauche de ces questions d’une manière qui me semble très constructive. J’espère donc que les analystes et mes collègues sénateurs se souviendront de ce témoignage, car je veux qu’une

partie de celui-ci figure dans le rapport final de la façon la plus constructive possible. Merci. The Chair: Thank you, senator, and I agree. While the analysts do take down notes, if you can share your recommendations with us in writing, that will be really helpful to us. As Senator Arnot said, I’m very impressed also. You just destroyed the myth that those who wear hijab aren’t capable of intelligent thought because that’s what they’re saying in Quebec when they dismiss a teacher because she’s wearing a hijab.

They’re teaching the children that this person can’t think, doesn’t have critical thinking and is not capable of any intelligent thoughts. So, thank you. We have Senator Oh to be followed by Senator Gerba. La présidente : Merci, sénateur, et je suis d’accord. Pendant que les analystes prennent des notes, si vous pouvez nous faire part de vos recommandations par écrit, cela nous sera très utile. Comme le sénateur Arnot l’a dit, je suis également très impressionnée.

Vous venez de détruire le mythe selon lequel ceux qui portent le hidjab ne sont pas capables de penser intelligemment parce que c’est ce qu’ils disent au Québec lorsqu’ils congédient une enseignante parce qu’elle porte le hidjab. Ils enseignent aux enfants que cette personne ne peut pas réfléchir, n’a pas de sens critique et n’est pas capable de penser intelligemment. Merci. Le sénateur Oh sera suivi de la sénatrice Gerba. Senator Oh: Thank you, Madam Chair. Welcome panellists to this morning session. It’s very informative.

I just want to share something that originally I am from Singapore where we grew up in a multi-racial society. I had as my classmates a lot of Malays, Muslims, Indians, Chinese, Euro-Asians — we were very mixed. Le sénateur Oh : Merci, madame la présidente. Je souhaite la bienvenue aux témoins de ce matin. C’est très instructif. Je veux simplement vous dire que je suis originaire de Singapour, où nous avons grandi dans une société multiraciale. J’avais comme camarades de classe beaucoup de Malais, de musulmans, d’Indiens, de Chinois, d’Euro-Asiatiques — un groupe très hétérogène.

But in my time there were no racists. When I was growing up, we played football and other sports together so I think Islamophobia has a lot to do with family education. I never, at any time heard from my parents, “Oh, this kid, don’t move around with him,” or anything like that. So, I think parents and schools play an important role and the whole thing is how do you put schools, sports, families, parents and make them interactive? The most important thing is to get the kids together. Growing up together integrated, and that is the future for them.

And without injecting any fears in their mind about a particular race. Can you comment on it? Mais à mon époque, il n’y avait pas de racisme. Lorsque j’étais jeune, nous jouions au football et à d’autres sports ensemble, alors je pense que l’islamophobie a beaucoup à voir avec l’éducation familiale. Jamais mes parents ne m’ont dit : « Oh, ne joue pas avec cet enfant », ou quoi que ce soit du genre. Donc, je pense que les parents et les écoles jouent un rôle important et la question est de savoir comment assurer l’interaction des écoles, des sports, de la famille et des parents.

Le plus important, c’est de réunir les enfants. Les laisser grandir ensemble en intégration, et leur avenir sera tout tracé. Et sans leur faire peur au sujet d’une race en particulier. Qu’en pensez- vous? Ms. Kaderdina: I can start on this, if that’s okay. I was born in Kenya, and the dream of multiculturalism that Canada holds is realized in so many different countries. Like you, Senator Oh, I grew up in a space where folks of many diverse identities lived together. That doesn’t discount the reality of settlers and it Mme Kaderdina : Je peux commencer, si vous le voulez bien.

Je suis née au Kenya, et le rêve de multiculturalisme que caresse le Canada est une réalité dans de nombreux pays. Comme vous, sénateur Oh, j’ai grandi dans un milieu où des gens de diverses origines cohabitaient. Cela ne fait pas 21-9-2022 Droits de la personne 19:13

doesn’t discount the realities of colonialism that resulted in that mix, but in my case in Kenya and here as well, that multicultural reality and those interpersonal relationships that allow us to see each other as humans are absolutely vital to countering these dominant narratives, the single stories that construct us as monoliths that don’t have feelings that while you look like this and therefore, you must be X, Y, and Z? The stereotypes are destroyed when we are able to interact with each other and see each other as humans.

That’s absolutely vital. abstraction de la réalité des colons et des réalités du colonialisme qui sont à l’origine de ce mélange, mais dans mon cas au Kenya et ici aussi, la réalité multiculturelle et les relations interpersonnelles qui nous permettent de nous voir les uns les autres en tant qu’êtres humains sont absolument essentielles pour faire contrepoids aux récits dominants, les histoires uniques qui nous dépeignent comme des monolithes qui n’ont pas de sentiments et selon lesquelles si vous ressemblez à ceci, vous devez être X, Y et Z.

Les stéréotypes sont détruits lorsque nous sommes capables d’interagir les uns avec les autres et de nous voir comme des êtres humains. C’est absolument essentiel. I think one of the questions that I might ask or one of the things that I might reflect on — as we talk is about the role that parents play in shaping the ideas that students have — is where the parents are getting their ideas. That leads us down a path of interrogating and investigating what it is that’s creating the broader social narratives that parents are absorbing and passing on to their children.

Je pense que l’une des questions que je pourrais poser ou l’une des choses auxquelles je pourrais réfléchir — pendant que nous parlons du rôle que jouent les parents dans l’éducation des enfants — c’est où les parents puisent leurs idées. Cela nous amène à nous interroger et à examiner ce qui crée les récits sociaux plus globaux que les parents absorbent et transmettent à leurs enfants. Senator Oh: Correct. Le sénateur Oh : Exact. Ms. Kaderdina: So, this then takes us again back to, what are the media narratives? What are the social media narratives?

What are the inherited narratives that come forward from hundreds of years ago. The construction of Muslims as violent, barbaric people goes back to the Crusades and before, and it has been present and continues to be present now. Mme Kaderdina : Ce qui nous ramène à la question suivante : quels sont les récits véhiculés dans les médias? Quels sont les récits véhiculés dans les médias sociaux? Quels sont les récits hérités d’il y a des centaines d’années? La façon de décrire les musulmans comme un peuple violent et barbare remonte aux croisades et même avant, et elle a été et demeure présente aujourd’hui.

So, when we talk about this piece of the role of parents, they are absolutely vital in helping with those interpersonal levels of addressing Islamophobia. It also leads us to addressing the systemic, institutional and ideological pieces. So, thank you for surfacing that as one of the many entry points into this work. Donc, lorsque nous parlons du rôle des parents, ces derniers sont absolument essentiels pour aider à lutter contre l’islamophobie. Cela nous amène également à nous attaquer aux éléments systémiques, institutionnels et idéologiques.

Je vous remercie donc d’avoir soulevé cette question comme l’un des nombreux points d’entrée dans le cadre de cette étude. Ms. Khokhar: I think there are different stakeholders that need to be addressed, and families are definitely a big part of this. Ms. Kaderdina was talking about is this idea of colour blindness and neutrality. I think we have to get to a point — whether it’s with educators, parents or families — where we see and recognize our similarities and differences.

I think that’s a key part because the main or the dominant story is very much like, “I don’t see colour,” or “I don’t see difference, I just see you as a human being,” and I think we have to see people to see their experiences. Mme Khokhar : À mon avis, il y a différents groupes dont il faut parler, et les familles en sont un très important. Mme Kaderdina parlait de l’idée de daltonisme et de neutralité. Selon moi, nous devons en arriver à un point — que ce soit avec les éducateurs, les parents ou les familles — où nous verrons et reconnaîtrons nos similitudes et nos différences.

C’est un élément clé, me semble-t-il, parce que l’histoire centrale ou dominante ressemble beaucoup à « Je ne vois pas de couleur » ou « Je ne vois pas de différence, je vous vois seulement comme être humain », et je pense que nous devons voir les personnes pour connaître leurs expériences. If we don’t really see all parts of their intersectional identities, we’ll never understand their stories and we’ll never be able to locate their stories into a wider, global story — the current as well as historic.

I definitely see that anything that addresses Islamophobia has to address the individual as well as Si nous ne voyons pas vraiment tous les aspects de leurs identités intersectionnelles, nous ne comprendrons jamais leurs histoires et nous ne serons jamais en mesure de les situer dans un cadre plus vaste et plus global, aussi bien actuel qu’historique. En tout cas, je vois bien que tout ce qui touche l’islamophobie 19:14 Human Rights 21-9-2022

the systemic, and some of those individuals are thinking about where we get these ideologies of, “we’re just neutral,” or “we don’t see colour.” I think those are definitely parts of solving the big problem with any stakeholder. doit s’articuler sur la personne de même que sur le système. Or certaines personnes réfléchissent à l’origine de ces idéologies selon lesquelles « nous sommes seulement neutres » ou « nous ne voyons pas la couleur ». Ce sont certainement des éléments de solution du grand problème des différents intéressés. Mr.

Zia: I will just reiterate a few of the points and share something really quickly. Thank you, senator. I appreciate how you mentioned bringing students together, having them work together and when they can find inclusion, integration among themselves, it would hopefully create a better society. M. Zia : Permettez-moi de seulement répéter quelques points et de vous faire part très brièvement d’une réflexion. Merci, sénateur.

J’aime bien votre vision de regroupement des étudiants, pour les amener à travailler ensemble; lorsqu’ils arrivent à trouver l’inclusion, l’intégration entre eux, on peut espérer une société meilleure. At my own school, this past school year during Ramadan, two students were teasing each other, and then one student turned to the other and said, “It’s Ramadan, man.

We’re supposed to be nice during this month.” Neither student was Muslim, but because they were surrounded by Muslims and had Muslim friends, they understood the importance of this month, what it represents to their friends, and they feel part of Ramadan though they were not Muslim. It is great to see that our students can build those interpersonal relationships, have a positive impact on each other, be inclusive of one another, learn from each other and continue to create that pluralistic society in a way that benefits all.

Dans ma propre école, au cours de la dernière année scolaire, pendant le ramadan, deux étudiants se taquinaient l’un l’autre. L’un d’eux a apostrophé l’autre en disant : « C’est le ramadan, mon pote. Nous sommes censés être gentils ce mois-ci. » Aucun des deux étudiants n’était musulman, mais parce qu’ils étaient entourés de musulmans et qu’ils avaient des amis musulmans, ils comprenaient l’importance de ce mois et ce qu’il représente pour leurs amis, et ils se sentaient

partie intégrante du ramadan, même s’ils n’étaient pas musulmans. C’est formidable de voir que nos étudiants peuvent créer ces relations interpersonnelles, avoir un impact positif les uns sur les autres, être inclusifs les uns des autres, apprendre les uns des autres et continuer de créer cette société pluraliste pour le bien de tous. At the same time, as has been mentioned, parents do have a place in the lives of their kids. So, we cannot necessarily separate the kids from their families. Their influence will always be there. So, the question again is what or how are our parents being influenced?

Where are they getting their narratives from? Where are they getting their stories from about whom Muslims are, what Muslims are, and what are the conversations happening in those households? En même temps, comme on l’a mentionné, les parents ont leur place dans la vie de leurs enfants. Ainsi, nous ne pouvons pas nécessairement séparer les enfants de leur famille. Leur influence sera toujours là. Donc, encore une fois, il s’agit de savoir en quoi et comment nos parents sont influencés. D’où proviennent leurs récits?

Où prennent-ils leurs histoires sur qui sont les musulmans et ce qu’ils sont, et quelles sont les conversations qui se passent dans ces ménages? The household I grew up in and the households anybody here grew up in are very different. Even people who might be from the same culture, the same faith, might have different conversations happening in their households.

So, there needs to be some education for our families as well to disrupt and dismantle all of their influences through wide forms of media — not just what they see on the news, what they read on social media, but even as it is influenced by movies and books and other stories, and things that we might see and not understand fully — and then take those back to our homes and influence our students, our kids. Le ménage dans lequel j’ai grandi est très différent de ceux dans lesquels vous avez tous grandi.

Même les personnes qui peuvent être de la même culture, de la même religion, peuvent avoir des conversations différentes dans leur ménage. Donc, il faut éduquer nos familles également pour ébranler et neutraliser toutes leurs influences grâce à de nombreuses formes de médias — pas seulement par ce qu’elles voient aux nouvelles et ce qu’elles lisent dans les médias sociaux, mais même par l’influence du cinéma et des livres et d’autres histoires, et des choses que nous pourrions voir sans comprendre parfaitement —, puis ramener tout cela dans nos foyers et influencer nos étudiants, nos enfants.

From the point of view of an educator, it really is important that families and parents themselves are also part of the solution and that they are taught to critically examine their racism, their Islamophobia and to dismantle it so that they can have fruitful conversations in their homes and have a positive impact, just as we see our kids having. It would be amazing if those same students in their homes had a conversation with non-Muslim Du point de vue de l’éducateur, il importe au plus haut point que les familles et les parents eux-mêmes fassent aussi

partie de la solution et qu’ils apprennent à faire un examen critique de leur racisme, de leur islamophobie, et à les neutraliser pour avoir des dialogues fructueux à la maison et avoir un impact positif, comme celui que nous observons chez nos enfants. Il serait formidable que ces mêmes étudiants, chacun dans son foyer, 21-9-2022 Droits de la personne 19:15

homes where they say to their kids, “It’s Ramadan, we all have to be great here. We all have to be good to each other.” It doesn’t matter if we’re Muslim or not. That would truly be a shift forward in our thinking about what Muslims do and how Muslims navigate in society as well. Thank you. aient une conversation avec des foyers non musulmans où l’on dirait aux jeunes : « C’est le ramadan, nous devons tous être formidables ici. Nous devons être bons les uns envers les autres. » Peu importe que nous soyons musulmans ou pas.

Ce serait vraiment un pas en avant dans notre façon de penser à ce que font les musulmans et à la façon dont ils évoluent dans la société. Merci. Senator Oh: You have to remember nobody is born a racist in this world, so family education is very important. We always say that the dining table is probably the most important educational place for young kids. I hope the study will address not only schools, but parents too because parents give more information to the kids than schools. Thank you.

Le sénateur Oh : Rappelons-nous qu’on ne naît pas raciste dans notre monde, et que l’éducation familiale est très importante. Nous disons toujours que la salle à manger est probablement le lieu d’éducation le plus important pour les jeunes. J’espère que l’étude s’intéressera non seulement aux écoles, mais aussi aux parents, car ils donnent plus d’information aux enfants que les écoles. Merci. The Chair: Thank you.

Before I go to Senator Gerba, I want to raise the issue that we did in this committee a study on cyberbullying, and the one thing we found was that the educators needed to be educated, and also the parents. So, we printed booklets for the teachers and for the parents, just to help them understand. So, Senator Gerba, and then maybe if there’s time, I might have a question. La présidente : Merci.

Avant de donner la parole à la sénatrice Gerba, je voudrais rappeler l’étude sur la cyberintimidation que notre comité a faite et qui nous a révélé que ce sont les éducateurs, et aussi les parents, qui doivent être éduqués. Nous avons donc produit des brochures à l’intention des enseignants et des parents, pour les aider à comprendre. Donc, à vous, sénatrice Gerba. Puis s’il reste du temps, j’aurais peut-être une question à poser. [Translation] [Français] Senator Gerba: Thank you so much for being here. Thank you for your very touching testimony. It confirms once again the importance of basic education.

I would like to make a comment in line with what my colleague Senator Arnot said, and also in response to Senator Oh’s question. We have a model in Quebec; it is an organization that I am involved with called ENSEMBLE for the respect of diversity. La sénatrice Gerba : Merci beaucoup pour votre présence ici. Merci de vos témoignages très touchants. Cela confirme encore une fois l’importance de l’éducation de base. J’aimerais faire un commentaire pour aller dans le sens de ce que mon collègue le sénateur Arnot a dit, et aussi répondre à la question du sénateur Oh.

Nous avons un modèle au Québec; il s’agit d’une organisation dans laquelle je me suis engagée et qui s’appelle ENSEMBLE pour le respect de la diversité. I don’t know if you’ve ever heard of this organization. It used to be called The Tolerance Foundation and now it’s ENSEMBLE for the respect of diversity. Je ne sais pas si vous avez déjà entendu parler de cette organisation. Avant, cela s’appelait La Fondation de la tolérance et c’est maintenant ENSEMBLE pour le respect de la diversité. What does this organization do?

It works with youth to promote respect for differences in order to build an environment free of discrimination and bullying. How does it work? It happens in schools. We hold workshops with educators and parents, and we engage the media. Each year, this initiative reaches approximately 25,000 students aged 9 to 18 in schools. Que fait cet organisme? Cet organisme agit auprès des jeunes afin de promouvoir le respect des différences en vue de bâtir un environnement sans discrimination ni intimidation. Comment cela se passe-t-il? Cela se passe dans les écoles.

On organise des ateliers avec les éducateurs et des parents, et on interpelle les médias. Chaque année, cette initiative touche environ 25 000 élèves âgés de 9 à 18 ans dans les écoles. I think it’s a model that we need to look at, even though it hasn’t substantially changed the fact that today we are seeing that Islamophobia is growing in Quebec. However, it helps a lot. I can attest to that because I was on the organization’s board of directors for a few years.

Je pense que c’est un modèle sur lequel il faut se pencher, même si cela n’a pas beaucoup changé le fait qu’aujourd’hui, on se rend compte que l’islamophobie est en croissance au Québec. Toutefois, cela aide beaucoup. Je peux en témoigner, car j’ai fait

partie du conseil d’administration de cet organisme pendant quelques années. 19:16 Human Rights 21-9-2022

That said, we are here to report and our report as parliamentarians will obviously be to the government. Cela dit, nous sommes ici pour faire un rapport et notre rapport en tant que parlementaires s’adressera évidemment au gouvernement. So my question is, what can we do? What can the federal government do to resolve this growing problem of hate in our society a little bit — a tiny bit, if possible? Ma question est donc la suivante : que pouvons-nous faire?

Que peut faire le gouvernement fédéral pour arriver à résoudre un petit peu — un tout petit peu, si possible — ce problème de haine qui est croissant au sein de notre société? At the federal level, especially, what can we do? What do you expect the federal government to do? Thank you. À l’échelle fédérale, surtout, que pouvons-nous faire? Qu’attendez-vous du gouvernement fédéral? Merci. [English] [Traduction] Ms.

Khokhar: What I would expect from the federal government is a strategy, a very focused strategy that covers the different stakeholders and that creates accountability, a process and a procedure so that when these things are done, it is dealt with. This strategy, or policy that we’ve all advocated would include curriculum because whatever comes from the government comes to the classroom, you know? So, I would really advocate for a robust strategy and policy that would then make its way into the classroom and the school and would have various stakeholders.

Mme Khokhar : Ce que j’attendrais du gouvernement fédéral, c’est une stratégie, une stratégie très ciblée couvrant les différents intéressés et obligeant à rendre des comptes et prévoyant un processus et une procédure pour la gestion de tout cela. Cette stratégie ou cette politique que nous avons tous préconisée comprendrait un programme d’études parce que tout ce qui vient du gouvernement arrive dans la salle de classe, vous le savez? Je préconiserais donc une stratégie et une politique robustes que l’on retrouverait dans la salle de classe et dans l’école et qui rejoindraient divers intéressés. Mr.

Zia: Thank you for your question, and thank you for sharing information about the organization, Together Out of Respect for Diversity. If I asked myself, “What do I expect from the federal government?” and “What do I expect as a result of this study?” I see the federal government as a federation, as a confederation for all of our provinces and territories, it sets the tone for how those provinces support decisions of our great nation, and I believe that there should be some oversight from the federal government of educational institutions across the nation. M.

Zia : Je vous remercie de votre question et de l’information que vous nous avez donnée au sujet de l’organisation ENSEMBLE pour le respect de la diversité. Si je me demandais : « Que dois-je attendre du gouvernement fédéral? », « Que dois-je attendre de cette étude? », je verrais le gouvernement fédéral comme une fédération, une confédération de nos provinces et territoires, qui donne le ton quant à la façon dont les provinces appuient les décisions de notre grand pays. Je crois que le gouvernement fédéral devrait y avoir un certain droit de regard sur les établissements d’enseignement à l’échelle du pays.

It would be great if this committee or the federal government had a committee — if they don’t already have one — where the ministers of education for all of our provinces and territories came together regularly, maybe it’s monthly, to speak about what some of the issues are and to speak openly, proactively and in a constructive way about how to dismantle racism and Islamophobia.

Il serait magnifique que notre comité, ou le gouvernement fédéral ait un comité — il en a peut-être déjà un — où les ministres de l’Éducation de nos provinces et territoires se rassembleraient périodiquement — chaque mois peut-être — pour discuter de certains des enjeux et pour discuter ouvertement, proactivement et de façon constructive de la façon de neutraliser le racisme et l’islamophobie.

Senator, you mentioned Quebec, and I don’t want to necessarily get into the politics of that specific province, but it is very important that while these organizations exist and you can vouch for the people who are a part of this organization, but how much voice is provided? How much agency is provided to that institution or to the families, and parents, and students who experience Islamophobia? Where is the venue for them to speak back to the provincial government and to present to the federal government the harm that they’re experiencing because of policies in the Province of Quebec, as was mentioned?

Sénatrice, vous avez mentionné le Québec, et sans vouloir nécessairement me mêler de la politique dans cette province, je pense qu’il importe au plus haut point de savoir si, même si ces organisations existent et que vous pouvez vous porter garante des personnes qui en font partie, elles peuvent toujours bien se faire entendre? Quel pouvoir d’agir donne-t-on à cette institution ou aux familles, aux parents et aux élèves qui connaissent l’islamophobie?

Sur quelle tribune peuvent-ils s’adresser à leur gouvernement provincial et sensibiliser le gouvernement fédéral au préjudice qu’ils subissent à cause des politiques de la province de Québec, comme on l’a mentionné? 21-9-2022 Droits de la personne 19:17

There are Muslims — people who are of any faith for that matter — who are expressing their faith openly and specifically women teachers who wear a hijab who can’t even get a job, they’re being fired. What is the impact that’s having on Islamophobia? We’re talking about Islamophobia growing in the Province of Quebec, well, there’s a reason for it.

And if the federal government could step in and educate the educational institutions and the education minister and perhaps the people in charge in Quebec — if there was some emphasis on the need for them to change, then perhaps they’ll change, but if there’s no push from the federal government to cause that change to happen, then we’re all sitting here wasting our time. It’s very sad to say. There has to be something that happens from this study that tells the provincial government, you will do such and such. There has to be actual accountability.

Il y a des musulmans — des gens de toutes sortes d’autres confessions, d’ailleurs — qui affichent ouvertement leur foi, en particulier les enseignantes qui portent le hidjab et qui ne peuvent même pas trouver d’emploi ou sont congédiées. Quelles sont les répercussions de tout cela sur l’islamophobie? Nous parlons de la croissance de l’islamophobie au Québec. Eh bien, il y a une raison pour cela.

Et si le gouvernement fédéral pouvait intervenir et éduquer les établissements d’enseignement et le ministre de l’Éducation et peut-être les responsables au Québec — si l’on insistait sur la nécessité pour eux de changer, alors peut-être qu’ils changeraient. Mais si le gouvernement fédéral ne fait rien pour faciliter ce changement, alors nous perdons tous notre temps. C’est triste à dire. Cette étude doit envoyer un message au gouvernement provincial : vous devez faire telle ou telle chose. Il faut une véritable obligation de rendre des comptes.

If there’s no accountability by the provinces to change, to effect change, then our kids will continue to suffer, families will continue to suffer, Islamophobia will continue to grow, anti- Black racism will continue to grow, anti-Indigenous racism will continue to grow if nothing happens at the provincial level.

I would look at the federal government to bring the ministers of education together regularly, monthly, biweekly if they have to, and actually tackle this problem head on, not just to talk about a strategy, but to build a framework to implement that framework and to study that framework and to come back on a regular basis to see.

Si les provinces ne sont pas tenues d’effectuer des changements, alors nos enfants continueront de souffrir, et les familles aussi, et l’islamophobie continuera de se répandre, le racisme anti-Noirs également, et le racisme anti-Autochtones poursuivra sa progression si rien n’est fait au niveau provincial.

J’attendrais du gouvernement fédéral qu’il réunisse les ministres de l’Éducation périodiquement, mensuellement, aux deux semaines s’il le faut, pour s’attaquer résolument à ce problème, pas tellement pour parler d’une stratégie que pour créer un cadre pour mettre en œuvre ce cadre, l’étudier et revenir souvent vérifier. This is what we’re taught to do in schools, a professional learning cycle. Every month, every 21 days, you start a strategy, every 21 days we come back together as a staff and evaluate how that strategy is affecting our kids.

Is it improving or regressing their academic achievement or their social behaviour in schools? We need to do that as a province, across provinces and across the nation; otherwise it becomes very frustrating. It becomes an exercise in futility if we’re not going to see if those changes happen. C’est ce qu’on nous apprend à faire dans les écoles, un cycle d’apprentissage professionnel. Chaque mois, tous les 21 jours, on lance une stratégie, tous les 21 jours, le personnel revient pour évaluer l’effet de cette stratégie sur nos enfants.

Améliore-t-elle ou retarde-t-elle leur rendement scolaire ou leur comportement social à l’école? Nous devons le faire en tant que province, dans toutes les provinces et partout au pays; autrement, cela devient très frustrant. L’exercice devient inutile si rien ne change. Senator, forgive me, but being from Quebec, I think that you can understand, the impact of what’s happened provincially in that government to further alienate and “other” Muslim families, and people of other faiths as well, and the massive detrimental impact that is having. What happened in 2017 in the mosque; that was no accident.

That person who did that is a product of a school in Quebec. In London, the person who did that to that family is a product of the schools in Ontario. That’s something for us to consider. It’s something for us to really think about. That’s what our educational institutions are producing right now. So, there needs to be some serious thought about what’s happening provincially.

Madame la sénatrice, pardonnez-moi, mais étant du Québec, vous pouvez comprendre, je pense, l’impact de ce qu’a fait le gouvernement provincial pour aliéner encore plus les « autres » familles musulmanes, et les personnes d’autres confessions aussi, ainsi que l’impact dévastateur que cela peut avoir. Ce qui s’est passé en 2017 à la mosquée, ce n’était pas un accident. L’auteur de ce massacre est le produit d’une école québécoise. À London, la personne qui a tué cette famille est le produit des écoles ontariennes. C’est un facteur à considérer. Cela nous donne vraiment à réfléchir.

C’est ce que nos établissements d’enseignement produisent de nos jours. Ainsi donc, il faut réfléchir sérieusement à ce qui se passe à l’échelle provinciale. We talked about families. A moment ago, you referenced what Senator Oh had mentioned. You can talk about bringing kids together, but if the families and the parents are being influenced by the policies in the province and the politics that the politicians Nous avons parlé des familles. Il y a un instant, vous avez évoqué ce que le sénateur Oh avait mentionné.

On a beau rapprocher les enfants — les familles et les parents qui se laissent influencer par les politiques provinciales et par le 19:18 Human Rights 21-9-2022

are talking about and saying, all sorts of horrible things that are Islamophobic, that’s influencing those parents who are then going home to their families and at the dining table reinforce those negative stereotypes, those falsities about Muslims and this proliferates Islamophobia within the household. discours de politiciens qui racontent toutes sortes d’horreurs islamophobes, vont en discuter pendant les repas, ce qui renforcera ces stéréotypes négatifs et ces faussetés au sujet des musulmans. Et c’est ainsi que l’islamophobie prend racine dans le ménage.

That is what is influencing parents in Quebec and families in Quebec. The rhetoric that’s happening at the political level needs to change in order to support families, rather than driving society apart from one another. Thank you. C’est ce qui influence les parents du Québec et les familles du Québec. La rhétorique que l’on entend au niveau politique doit changer pour appuyer les familles au lieu de diviser la société. Merci. Ms.

Kaderdina: It’s really hard to follow that, especially since you said what I was going to say in terms of highlighting that the extreme violence that we are seeing has come from folks who have gone through our school systems. The microaggressions that Ms. Khokhar talked about experiencing and the overt racism, quite frankly, because a lot of it is not just microaggressions are enacted by folks who have not just gone through our schooling systems but have gone through our educational training systems and have gone through professional development that is provided and funded by our provincial ministries.

They’re not learning what they need to learn in order to create inclusive environments. We are talking about inclusive environments for students. Quite frankly, there aren’t even inclusive environments for staff. Mme Kaderdina : Comment ajouter à ce que vous dites? Surtout que vous avez déjà dit ce que j’allais dire pour souligner que la violence extrême dont nous sommes témoins vient de gens qui sont passés par nos systèmes scolaires.

Les microagressions que Mme Khokhar a connues et le racisme ouvert — qui très souvent va beaucoup plus loin que les microagressions — viennent de gens qui sont passés non seulement par nos systèmes scolaires, mais encore par les systèmes de formation et le perfectionnement professionnel assurés et financés par nos ministères provinciaux. Ils n’apprennent pas ce qu’il faut savoir pour créer des environnements inclusifs. Nous parlons d’environnements inclusifs pour les étudiants. Bien honnêtement, il n’y a même pas d’environnements inclusifs pour le personnel.

The school board that I’m in is talking about focusing on belonging, which is incredibly important, and I wonder, how do you talk about belonging when you can’t even manage inclusion? And that’s a reality in this country. When I think about the federal government’s role in education, I do get a little bit stuck because education falls under the provincial mandates. I appreciate the points that you brought forward, Mr.

Zia, around, you know, the importance of the tone that is set, the oversight, the necessity of direction being given in terms of what the expectations are of what we hold up in this country and what the accountability that provinces is for ensuring that that follows through and happens. And Ms. Khokhar, your notes about policy and strategy were so important. Mon conseil scolaire songe à mettre l’accent sur l’appartenance, ce qui est extrêmement important, et je me demande comment on peut parler d’appartenance alors qu’on n’arrive même pas à gérer l’inclusion. Et c’est une réalité au Canada.

Quand je pense au rôle du gouvernement fédéral dans l’éducation, je suis un peu coincée parce que l’éducation est l’affaire des provinces. J’apprécie les points que vous avez soulevés, monsieur Zia, en ce qui concerne le ton qui est donné, la surveillance, la nécessité de tracer la voie pour les attentes à l’égard de ce que nous défendons dans notre pays et la responsabilité qui revient aux provinces de voir à ce que cela se concrétise. Et, madame Khokhar, vos notes au sujet de la politique et la stratégie étaient très importantes.

The reality is that while education might be a provincial mandate, pieces around radicalization that occurs through the formations and indoctrination via far-right extremists’ groups is a federal responsibility, as well as the responsibility of all of the rest of us. What happens in the media, as I understand it, is a federal responsibility, perhaps I’m wrong in that. Online hate is not something that is addressed, and you spoke earlier to cyberbullying and the need for educators to be aware. What is the accountability when online hate is enacted?

I didn’t tell you some of the many stories that I’ve heard from our young people about the TikToks that they view, and not just view, but that they are channelled into. All of the data tells us that social media platforms, whether they be YouTube or TikTok, channel our young people into misogyny, Islamophobia, anti-Black racism, La réalité est que, bien que l’éducation soit de compétence provinciale, les éléments de radicalisation que l’on voit dans les formations et l’endoctrinement via les groupes d’extrême droite sont de la responsabilité du gouvernement fédéral, comme celle de tous nous autres.

Ce qui se passe dans les médias, si je comprends bien, est une responsabilité fédérale, mais je me trompe peut-être. On ne dit pas un mot de la haine en ligne, et vous avez mentionné plus tôt la cyberintimidation et la nécessité d’y sensibiliser les éducateurs. Quelle est la responsabilité lorsque la haine en ligne apparaît? Je ne vous ai pas parlé des nombreuses histoires que j’ai entendues de nos jeunes au sujet des TikTok auxquels ils sont abonnés et qu’ils visionnent.

Toutes les données nous indiquent que les plateformes des médias sociaux — YouTube ou TikTok — attirent nos jeunes dans 21-9-2022 Droits de la personne 19:19

anti-Indigenous racism, anti-Semitism and so on. What are the overviews and purviews that we have in regards to monitoring these companies and holding them accountable for what they are teaching? la misogynie, l’islamophobie, le racisme contre les Noirs et les Autochtones, l’antisémitisme et ainsi de suite. Quels sont nos droits de regard pour surveiller ces entreprises et leur réclamer des comptes pour ce qu’elles enseignent? I’m going to expand a little bit beyond the purview of this particular session just to give a quick example.

The Rohingya massacres and genocide that occurred in Burma, in Myanmar, was fuelled through Facebook interactions. There has been no accountability on any of that. Mr. Zia spoke about what happened in Quebec. I’ll be quite frank, I wasn’t surprised. It wasn’t, “Oh my gosh, this has really happened in this country?,” it was, “We were waiting, and it was a matter of when.” Je vais aller un peu plus loin que le sujet de notre séance, pour vous donner un exemple rapide. Les massacres et le génocide des Rohingyas en Birmanie, au Myanmar, ont été alimentés par des interactions sur Facebook.

Personne n’a eu à en rendre des comptes. M. Zia a parlé de ce qui s’est passé à Québec. Je serai très franche, cela ne m’a pas surprise. Ce n’était pas : « Mon Dieu, cela s’est vraiment produit chez nous, au Canada? », c’était plutôt « Nous attendions, et ce n’était plus qu’une question de “quand”. » There are many Muslims who will tell you that it is not a matter of “if” our community is attacked on the whole and that those attacks are upheld by government officials, it is a question of when, and are we ready to withstand that and who will stand by us?

Those are the things that keep us awake at night, and those are the moments where I think to myself, you know, I’m 44 and I don’t have children, but maybe it’s a good thing because maybe I won’t have to watch what they have to deal with. De nombreux musulmans vous diront qu’il ne s’agit pas de savoir « si », mais « quand » notre communauté sera attaquée dans son ensemble avec la bénédiction de l’État, et demanderont si nous sommes prêts à résister et qui se portera à notre défense? Ces questions nous empêchent de dormir la nuit.

Dans ces moments-là, je me dis, vous savez, j’ai 44 ans et je n’ai pas d’enfants, mais c’est peut-être une bonne chose parce que je n’aurai pas à regarder ce qui les attend. It is not an accident that talk radio is as vile as it is when it comes to talking about Muslims. We are about 2% of the Canadian population. How much time is spent talking about us by politicians and on airways, in social media? How is that monitored? Where is the accountability? Who responds? To be quite frank, this 2% of the Canadian population has neither the time nor the resources to monitor and address all of the hate that we encounter.

We don’t have time to report all of it because there is so much and when we do, it is dismissed, we know that. We know that. Ce n’est pas un hasard si les tribunes radio sont aussi viles que lorsqu’il y est question des musulmans. Nous sommes environ 2 % de la population canadienne. Combien de temps les politiciens passent-ils à parler de nous en ondes et sur les médias sociaux? Comment est-ce surveillé? Où est la responsabilité? Qui répond? Pour être bien honnête, ces 2 % de la population canadienne n’ont ni le temps ni les ressources nécessaires pour surveiller et dénoncer toute la haine dirigée contre nous.

Nous n’avons pas le temps de signaler tous les cas, car ils sont tellement nombreux. Et quand nous le faisons, on ne fait rien. Nous le savons bien. Oui, nous le savons. In London, following the murders of the family there, there was an intensification of attacks on Muslim families and individuals, and the police system there chose not to address them and dismissed many of those. Our students tell us, there is no point in reporting. I’ve talked to staff who tell me, there is no point in reporting.

Even if the person, individual person above me wants to support me, the system is too big and we are too small, and frankly, we are not seen as worth protecting. That is a reality on a global level and on a level here in Canada. À London, le meurtre de toute une famille entière a inspiré une intensification des attaques sur les familles et les personnes musulmanes, et le service de police a décidé de ne pas s’en occuper et les a souvent dédramatisées. Nos étudiants nous disent qu’il ne sert à rien de dénoncer. J’en ai parlé au personnel, qui m’a dit la même chose.

Même si ma supérieure voulait m’appuyer, le système est trop gros et nous sommes trop petits et, honnêtement, nous ne sommes pas jugés dignes de sa protection. C’est une réalité dans le monde et au Canada. When I think about what can the federal government do and what do I want it to do, I turn back to the federal government and say, what can you do and what will you do?

Is it for me to tell you what to do or is it for you to look at me and say, you know what, you are as important as every other citizen in this country, not just citizen, every other person living on this land, and you have the same right to protection even though your experience may be different, and the way that you experience harm may be different and so, we will differentiate the type of protection that is necessary for you, to you?

We will look at what is causing you Quand je songe à ce que le gouvernement fédéral peut faire et à ce que je voudrais qu’il fasse, je me tourne vers lui pour voir ce qu’il peut faire et ce qu’il va faire.

Est-ce à moi de vous dire quoi faire ou est-ce à la société de me dire que je suis aussi importante que n’importe quel autre citoyen du pays ou n’importe quelle autre personne vivant sur notre territoire, et que j’ai le même droit à la protection, même si mon passé me donne peut-être des raisons d’en douter, et même si mon expérience du préjudice peut être différente, et qu’on adaptera la protection qui m’est nécessaire? On va analyser la cause de mon préjudice.

La société 19:20 Human Rights 21-9-2022

harm. We will use not just our social capital and relational capital that we have, but our positionality and our ability to enact and implement and enforce policy and law to ensure safety for everyone and to ensure that the proliferation of hate that is resulting in the radicalization, particularly of our white boys, teenage boys, into hate is going to be addressed and we are going to ensure that anti-radicalization programming is present, available, accessible and funded, and that teachers know how to access those supports.

Social workers know how to access that support, and that the Muslim families and youth and all other marginalized families and youth who are impacted by that radicalization are supported in their trauma. va utiliser non seulement son capital social et son capital relationnel, mais aussi sa positionnalité et sa capacité d’adopter et d’appliquer la politique et la loi pour assurer la sécurité de tous, et bloquer la prolifération de la haine qui donne lieu à la radicalisation, particulièrement pour les garçons de race blanche, les adolescents, qui sont victimes de haine, en veillant à offrir des programmes de lutte contre la radicalisation, à les rendre accessibles et à les financer, et à ce que les enseignants sachent comment accéder à ces mesures de soutien.

Les travailleurs sociaux savent comment accéder à ce soutien, et savent que les familles et les jeunes musulmans et les autres familles et jeunes marginalisés qui sont victimes de cette radicalisation sont soutenus dans leur traumatisme. I can tell you that when it comes to trauma of Muslim students, that is dismissed. When we see Muslim students acting out in schools and we know that that is trauma, those students are channelled into special education because, “you’re not learning at school because there must be something wrong with you,” right?

Or, “well your family comes from this country, that explains it.” Je peux vous dire que le traumatisme subi par les étudiants musulmans ne compte pour rien. Lorsqu’on voit des élèves musulmans péter les plombs dans les écoles et que nous savons que c’est le fait d’un traumatisme, on les envoie en éducation spécialisée parce qu’« ils n’apprennent rien à l’école, car il doit y avoir quelque chose qui ne fonctionne pas dans leur tête », pas vrai? Ou, « Eh bien, votre famille vient de tel ou tel pays, ce qui explique tout. »

I’ve gotten a little emotional, but I’m not going to apologize for it because we are in a space where we should be emotional, and we should be angry, and I hope that that anger will motivate and prompt us to do good and to address what needs to be addressed. I thank you for surfacing the question because it was such an important one. Je suis un petit peu émotive, il est vrai, mais je ne vais pas présenter d’excuses pour cela, parce que nous sommes dans un espace où nous devrions être émotifs et en colère, et j’espère que cette colère nous motivera et nous amènera à faire le bien et à corriger ce qui doit l’être.

Je vous remercie d’avoir mis la question sur le tapis, car elle est très importante. Senator Gerba: Thank you so much for your remarks. La sénatrice Gerba : Merci beaucoup de vos observations. The Chair: I think — La présidente : Je pense... Senator Gerba: I am emotional too because I have four kids and three grandkids who are experiencing all those, so I can imagine. La sénatrice Gerba : Je suis émotive aussi parce que j’ai quatre enfants et trois petits-enfants qui subissent toutes ces injures. Je peux donc imaginer. The Chair: You have two Muslim senators and what you’re saying is not new to us.

Senator Gerba will tell you, and I will tell you. I have two daughters who had similar experiences in school. We had a teacher who would make fun of Muslims that they wear towels on their head, and this was a Grade 5 teacher who was teaching students. She obviously shouldn’t have been in that classroom. La présidente : Vous avez deux sénateurs musulmans et ce que vous dites n’a rien de nouveau pour nous. La sénatrice Gerba vous le dira, et je vous le dirai moi aussi. J’ai deux filles qui ont vécu des expériences semblables à l’école.

Nous avions une enseignante qui faisait des gorges chaudes des musulmanes s’enroulant la tête d’une serviette. C’était une enseignante de 5e année. De toute évidence, elle n’avait pas sa place dans cette salle de classe. The other thing that I observed through my own lived experience was that a lot of our Muslim parents wouldn’t go into the schools. I know it has changed now. It hasn’t. I would be in the school — if my child were called a Taliban, I was in school asking the teacher what your role was in this. I would take it to the principal and be prepared to take it to the board.

What we heard in Quebec also that when one of the children faced something similar, the mother told the father don’t complain, don’t complain, it will only make it worse for the child. L’autre chose que j’ai observée dans mon expérience vécue, c’est qu’un grand nombre de nos parents musulmans ne se rendent pas dans les écoles. Je sais que cela n’est plus la même chose. Non. Je me rendais à l’école — si mon enfant se faisait appeler taliban, je demandais à l’enseignant quel était son rôle là-dedans. Je portais l’affaire au bureau du directeur et étais prête à monter jusqu’au conseil scolaire.

Nous avons aussi vu au Québec que, lorsque l’un des enfants faisait face à une situation semblable, la mère disait au père de ne pas se plaindre, car cela ne ferait qu’empirer la situation pour l’enfant. 21-9-2022 Droits de la personne 19:21

We have to learn how to empower Muslim parents. You bring up so many issues, the role of media, social media and the role of the police. These are all issues that we have been hearing as we’ve travelled across the country including that the police are not willing to step in. Yesterday, we heard about a woman who was abused in front of her three daughters and the police weren’t willing to file a complaint. In the end, they gave her a ticket too. These are similar stories, so you know, there’s something broken here and we are seeing a lack of willingness to fix what is broken.

Nous devons apprendre comment habiliter les parents musulmans. Vous soulevez tellement de questions, comme le rôle des médias, des médias sociaux et de la police. Ce sont autant d’enjeux auxquels nous avons été sensibilisés de par le pays, y compris le refus d’intervenir de la police. Hier, nous avons entendu parler d’une femme qui a été agressée devant ses trois filles, et du refus de la police de déposer une plainte. La femme a fini par écoper elle aussi d’une contravention.

Ces histoires se ressemblent et, vous savez, il y a quelque chose qui cloche ici et nous constatons une absence de volonté de réparer ce qui est cassé. As I’m listening to you, I’m thinking, how do we create safe spaces for students, of course, but also how do we create safe spaces for the teachers who are judged solely by what they wear? Your experience is similar to what we heard in Vancouver from a woman who had done her PhD, an articulate, brilliant young woman who told us the minute they see me wearing a hijab I am judged differently. We all face this as Muslims.

I don’t wear hijab, but I am a practising Muslim and I stand up in the Senate, I make statements and my colleagues will know that I’m always speaking on Muslim issues. I was the first one on the floor to speak on Bill 21, and I was told by colleagues “Well, don’t do Quebec bashing” and I said no, I’m not doing Quebec bashing, I’m going to talk about the reality. En vous écoutant, je me demande comment créer des espaces sûrs pour les élèves, bien sûr, mais aussi comment créer des espaces sûrs pour les enseignants que l’on juge uniquement à leur tenue vestimentaire.

Votre expérience ressemble à celle qui nous a été rapportée à Vancouver par une femme qui avait fait son doctorat, une jeune femme brillante, s’exprimant très bien. Dès qu’on la voyait porter un hidjab, nous a-t-elle dit, on la jugeait différemment. Nous sommes tous confrontés à cela en tant que musulmans. Je ne porte pas le hidjab, mais je suis une musulmane pratiquante qui fait des déclarations au Sénat, et dont les collègues sauront que je parle toujours des questions musulmanes. J’ai été la première à prendre la parole au sujet du projet de loi 21.

Et des collègues m’ont dit : « Eh bien, ne tapez pas sur le Québec », et j’ai dit que non, je ne tape pas sur le Québec, je parle de la réalité. I was looking at statistics yesterday, and 46% of Canadians view Muslims unfavourably. That’s a huge problem we have, and I have to question the images. You know; here I laugh, but there is a photo of a very angry me asking a question and there’s a certain newspaper that every time they report anything on me, they use that horrible photo of me. Like you said, it’s a small microaggression. We’ve called them and said can you — you know, I’m not always angry.

Sometimes I am because of, you know, what’s happening. En parcourant les statistiques hier, j’ai noté que 46 % des Canadiens voient les musulmans d’un mauvais œil. Nous avons un énorme problème, et je dois mettre en doute les images. Vous savez, ici, je ris, mais il y a toujours cette horrible photo de moi très en colère qui ressort chaque fois qu’un certain journal parle de moi. Comme vous dites, c’est une petite microagression. Nous avons appelé le journal pour dire : « Pourriez-vous... Vous savez, je ne suis pas toujours e

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CollectionSenate Committees
CitationRIDR / Evidence / 19ev-55653
Typecommittee
Volume / chapter441 / Evidence / 19ev-55653
Languageen
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SourceCOMM_SEN
Identifier91a04709cbd16bc136102f0f3eb92746573c5685

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