Senate Committee — SOCI — Evidence — 25ev-55742

SOCI / Evidence / 25ev-55742

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EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Thursday, October 20, 2022 OTTAWA, le jeudi 20 octobre 2022 The Standing Senate Committee on Social Affairs, Science and Technology met with videoconference this day at 11:11 a.m. [ET] to study the Federal Framework for Suicide Prevention; and, in camera, in consideration of a draft agenda (future business).

Le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie se réunit aujourd’hui, à 11 h 31 (HE), avec vidéoconférence, pour son étude sur le Cadre fédéral de prévention du suicide; puis, à huis clos, il étudiera un projet d’ordre du jour (travaux futurs). Senator Ratna Omidvar (Chair) in the chair. La sénatrice Ratna Omidvar (présidente) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Chair: Good morning. My name is Ratna Omidvar, I am a senator from Ontario and chair of this committee. La présidente : Bonjour. Je suis Ratna Omidvar, sénatrice de l’Ontario et présidente du comité.

Before we welcome our witnesses, I would like to provide a context warning for our meeting today. Our committee continues its study of the Federal Framework for Suicide Prevention. We will be discussing topics related to suicide and mental health. This could be a trigger to both people in the room with us as well as those watching and listening at home. Phone numbers for crisis lines will be broadcast during this meeting.

Senators and parliamentary employees are also reminded that the Senate’s Employee and Family Assistance Program is available to them and offers short-term counselling for both professional and work-related concerns as well as crisis counselling. Avant de souhaiter la bienvenue aux témoins, je tiens à faire un avertissement quant au contexte de la réunion d’aujourd’hui. Notre comité poursuit son étude sur le Cadre fédéral de prévention du suicide.

Nous allons donc discuter de sujets qui sont liés au suicide et à la santé mentale, ce qui pourrait déclencher des traumatismes chez les gens ici présents dans la salle ainsi que chez ceux qui nous regardent et qui nous écoutent à la maison. Les numéros de lignes d’écoute seront diffusés durant la réunion.

Je rappelle aussi aux sénateurs et sénatrices ainsi qu’au personnel parlementaire qu’ils ont accès au programme d’aide aux employés et à leur famille, destiné aux sénateurs, et que ce programme offre des séances de counseling à court terme touchant les préoccupations professionnelles et liées au travail et aussi du counseling en cas de crise. For our first panel, we are joined today by the Honourable Senator Patrick Brazeau from Quebec. Senator Brazeau, thank you so much for joining us today. Notre premier témoin d’aujourd’hui est l’honorable sénateur Patrick Brazeau, du Québec.

Sénateur Brazeau, merci beaucoup d’être avec nous aujourd’hui. Colleagues and Senator Brazeau, the steering committee agreed to not follow our usual practice and timing for opening remarks of five minutes for this panel. However, we hope there still will be time for questions after Senator Brazeau gives his remarks. Senator Brazeau, the floor is yours. Chers collègues, sénateur Brazeau, le comité directeur a accepté de déroger à sa pratique habituelle de donner cinq minutes pour la déclaration préliminaire.

Nous espérons tout de même que nous aurons du temps pour des questions, une fois que le sénateur Brazeau aura terminé sa déclaration. Sénateur Brazeau, vous avez la parole. Hon. Patrick Brazeau: Thank you very much and good morning to everyone. My name is Patrick Brazeau. I’m an Algonquin registered band member of the Kitigan Zibi Anishinabeg reserve near Maniwaki, Quebec. I’m also the son of a French-Canadian mother and the father of six beautiful children. I’m speaking today as a survivor of two suicide attempts. I’ve spoken to you about this many times and will not be going into details again today.

Suffice it to say that, to break down barriers and reduce the stigma, we must be able to speak openly and give hope to others who may be struggling. L’honorable Patrick Brazeau : Merci beaucoup, et bonjour à tous et à toutes. Je m’appelle Patrick Brazeau. Je suis Algonquin, membre inscrit d’une bande de la réserve Kitigan Zibi-Anishinabeg près de Maniwaki, au Québec. Je suis aussi le fils d’une mère canadienne-française et le père de six beaux enfants. Si je m’adresse à vous aujourd’hui, c’est parce que j’ai survécu à deux tentatives de suicide.

Je vous en ai souvent parlé, et je ne replongerai pas dans les détails aujourd’hui. Je dirai simplement que, si nous voulons abattre les barrières et réduire la stigmatisation, nous devons pouvoir en parler ouvertement et donner de l’espoir à ceux et celles qui sont en difficulté. Today, I’m here as your colleague to address the question sponsored by Senator Kutcher. Senator, I thank you for bringing this study to this committee. Aujourd’hui, je suis ici en tant que collègue pour répondre à la question parrainée par le sénateur Kutcher.

Sénateur, je vous remercie d’avoir proposé que le comité entreprenne cette étude. 20-10-2022 Affaires sociales, sciences et technologie 25:1

[Translation] [Français] I would like to thank Senator Omidvar for her work as chair. She takes her role very seriously. I would like to thank her and the steering committee for making it easy for me to have enough time here today. I really appreciate their welcoming spirit and flexibility. J’aimerais remercier la sénatrice Omidvar de son travail en tant que présidente. Elle prend son rôle très au sérieux. J’aimerais la remercier, ainsi que le comité directeur, d’avoir facilité les choses pour que je puisse disposer de suffisamment de temps ici aujourd’hui.

Je leur suis grandement reconnaissant de leur esprit d’accueil et de leur flexibilité. To the committee members, thank you for your interest and dedication. I want to thank all of you for bravely taking on this topic. It is not easy to confront and critique the work of experts, but you have stepped up. Aux membres du comité, merci de votre intérêt et de votre dévouement. Je tiens à vous remercier tous d’avoir courageusement abordé le sujet. Il n’est pas facile d’affronter et de critiquer le travail des experts, mais vous avez pris les devants.

To the parliamentary researchers, committee clerks and staff, I also thank you for your efforts. Moreover, I want to thank all the staff members, who had no choice but to follow our lead in doing this study. It can be very difficult, especially if you have lost someone in this way. I don’t know all the staff personally, but we are all in this together. Aux chercheurs parlementaires, aux greffiers du comité et au personnel, je vous remercie aussi pour vos efforts. De même, je tiens à remercier tous les membres du personnel, qui n’ont eu d’autre choix que de suivre notre volonté de faire cette étude.

Cela peut être très difficile, surtout si on a perdu quelqu’un de cette façon. Je ne connais pas personnellement tous les membres du personnel, mais nous sommes tous dans le même bateau. Some have contacted me privately to tell me how much this work means to them. I’ll just say that your moral support and kindness have given me strength and I thank you for that. Certains m’ont contacté en privé pour me dire à quel point ce travail compte pour eux. Je dirai simplement que votre soutien moral et votre gentillesse m’ont donné de la force et que je vous en remercie.

To the experts and expert witnesses who took the time to testify and answer our questions, I was especially interested in hearing from the Indigenous witnesses yesterday. Thank you for dedicating your professional life to helping others. I can imagine that it is not an easy journey, day in and day out, to try to understand and do something. Aux experts et aux témoins spécialisés qui ont pris le temps de témoigner et de répondre à nos questions, j’ai été particulièrement intéressé d’entendre les témoins autochtones, hier. Merci de consacrer votre vie professionnelle à aider les autres.

Je peux imaginer que ce n’est pas un parcours facile, jour après jour, d’essayer de comprendre et de faire quelque chose. While those of us who sit at this table are given the title “honourable,” dedicating one’s professional life to suicide reduction and prevention is truly an honourable path. Bien que ceux d’entre nous qui siègent à cette table reçoivent le

titre « honorable », consacrer sa vie professionnelle à la réduction et à la prévention du suicide est vraiment une voie honorable. Finally, I want to give some very special thanks. In particular, I want to thank Senator Frances Lankin for offering me her seat on this committee for the duration of this study. While any senator is free to attend any meeting of the committee, being a full member has been essential, and I am grateful to Senator Lankin for living her values in such a personal way. Senator Lankin walks the talk, and I admire her for that. Enfin, je veux faire quelques remerciements très spéciaux.

Je remercie tout particulièrement la sénatrice Frances Lankin de m’avoir offert son siège au sein de ce comité pour la durée de cette étude. Bien que tout sénateur soit libre d’assister à n’importe quelle réunion du comité, le fait d’être un membre à part entière a été essentiel, et je suis reconnaissant à la sénatrice Lankin de vivre selon ses valeurs de manière aussi personnelle. La sénatrice Lankin joint le geste à la parole et je l’admire pour cette raison. [English] [Traduction] Senators, I will now make a few general observations and then take your questions.

Chers collègues, je vais maintenant faire quelques observations générales, puis je répondrai à vos questions. It is impossible to speak about the Suicide Prevention Framework without speaking about suicide and suicide prevention. Respectfully, the committee is aware of this. That’s Il est impossible de parler du Cadre de prévention du suicide sans parler du suicide et de la prévention du suicide. Avec respect, le comité le sait déjà. C’est pourquoi il a sagement 25:2 Social Affairs, Science and Technology 20-10-2022

why they wisely have included helpline information in case anyone feels distressed. It is not discussions of government frameworks or anonymous data points that cause distress. It is the topic of suicide itself that causes distress. In fact, the topic causes so much distress that we will often go to great lengths to avoid discussing it openly, even in a Senate committee that studies the topic. I hope everyone understands that I offer that insight for your consideration with the greatest of humility and respect.

Having said that, let’s talk about the framework. décidé d’afficher des numéros de ligne d’écoute au cas où quelqu’un ressentirait de la détresse, mais ce n’est pas nos discussions sur les cadres gouvernementaux ou sur des points de données anonymes qui causent de la détresse, c’est le sujet du suicide lui-même qui crée de la détresse. À dire vrai, c’est un sujet qui crée tellement de détresse que nous faisons souvent tout ce que nous pouvons pour éviter d’en parler ouvertement, même durant l’étude d’un comité sénatorial sur la question.

J’espère que vous comprenez tous que je fais ce commentaire avec énormément d’humilité et de respect, pour que vous puissiez y réfléchir. Cela dit, parlons maintenant du cadre fédéral. As many witnesses have stated, the framework is due for a rethink. It has no built-in evaluation section, and that’s a glaring weakness. Its strengths are that it offers guiding principles, which we can all support, such as building hope and resilience, leveraging complementary initiatives and partnerships, being evidence-based and using a public health approach.

Comme de nombreux témoins l’ont déclaré, une refonte du cadre fédéral s’impose. Une faiblesse évidente est qu’il n’intègre aucune composante d’évaluation. Ses forces sont ses principes directeurs, que nous pouvons tous appuyer, par exemple le principe de renforcer l’espoir et la résilience, de tirer parti des initiatives complémentaires et des partenariats, de s’appuyer sur les données probantes et d’appliquer une approche de santé publique. The framework suffers from the same malady that this committee study suffers from, namely, the problem of focus and proportionality.

If we want to reduce the greatest number of suicides in Canada, we need to focus research, programs and evaluations on those populations that commit suicide most. Ladies and gentlemen, all researchers agree that those people are Indigenous people and men. If suicides in those two groups alone were halved, the entire picture in Canada would change. Senators, this is not about comparing the suffering of one group to another. It’s not a competition. Let’s never get stuck on comparing pain. It’s about focusing on those areas first.

Yes, the problems in those propositions are complex and long-standing, but they are the populations in need of the most help. Le cadre fédéral souffre du même mal que votre étude : il s’agit d’un problème de ciblage et de proportionnalité. Si nous voulons réduire le plus possible les taux de suicide au Canada, nous devons axer la recherche, les programmes et les évaluations sur les populations où il y a le plus de suicides. Mesdames et messieurs, les chercheurs s’entendent sur le fait que ces populations sont les Autochtones et les hommes.

Si on pouvait réduire de moitié les suicides dans ces deux groupes seulement, cela changerait toute la situation au Canada. Honorables sénateurs et sénatrices, je n’essaie pas ici de comparer la souffrance des divers groupes. Ce n’est pas un concours. Nous ne devons jamais nous arrêter à comparer la douleur. Il s’agit plutôt de cibler les priorités. Il est vrai que leurs problèmes sont complexes et profondément ancrés, mais ces populations sont celles qui ont le plus besoin d’aide. I was glad to see an Indigenous panel. That’s good.

But respectfully, given the proportion of suicides among Indigenous peoples in Canada, it should have been first. That is not just a matter of being first in line, first to speak; it’s about starting with and centring the greatest challenges first. Anyone who claims to have any sort of expertise about suicide in Canada must absolutely be, first and foremost, highly informed on Indigenous mental health and men’s mental health. J’ai été heureux de voir des experts autochtones.

C’est une bonne chose, mais avec respect, vu la proportion de suicides chez les peuples autochtones du Canada, cela aurait dû être la priorité. Mais ce n’est pas seulement une question d’être en tête de file, de pouvoir s’exprimer en premier; c’est qu’il faut commencer par les problèmes les plus importants d’abord et se focaliser sur ces problèmes. Quiconque prétend avoir quelconque expertise sur le suicide au Canada doit absolument, d’abord et avant tout, avoir énormément de connaissances sur la santé mentale des Autochtones et la santé mentale des hommes.

I’m a little bit disheartened not to see a men’s mental health panel in this study, again, for the same reason: Men account for 75% of suicides. Three out of four suicides are committed by men. This committee is very aware of applying a gender-based lens to policy issues, but today I’m asking you to recognize men and boys as a gender and to mobilize resources aimed at steering them away from making that final fatal choice. Gender-based analysis is about assessing systemic inequalities.

History has J’ai été un peu découragé de constater qu’aucun groupe d’experts en santé mentale des hommes ne participe à votre étude, et ce, pour la même raison : les hommes comptent pour 75 % des suicidés. Trois suicidés sur quatre sont des hommes. Votre comité prend bien soin d’appliquer une démarche comparative entre les sexes lorsqu’il étudie des questions stratégiques, mais ce que je vous demande aujourd’hui, c’est de reconnaître le genre des hommes et des garçons et de mobiliser 20-10-2022 Affaires sociales, sciences et technologie 25:3

shown us that pointing out systemic inequalities can cause resistance and sometimes hostility. It takes a certain humility when looking at the data to acknowledge that we have not proportioned resources well when it comes to male suicide. des ressources pour les dissuader de poser ce dernier geste fatal. L’analyse comparative entre les sexes sert à évaluer des inégalités systémiques, et l’histoire nous a montré que le fait de mettre en relief les inégalités systémiques peut entraîner de la résistance et parfois de l’hostilité.

Il faut une certaine humilité, au moment d’examiner les données, pour reconnaître que nous n’avons pas distribué proportionnellement les ressources pour lutter contre le suicide des hommes et des garçons. If you are looking for data, I invite you to read the report produced by my office that specifically focuses on suicide prevention and the mental health needs of Indigenous peoples and of men and boys in Canada. I believe the chair has shared it with all members. The public can find the report on the committee’s webpage under the headings “Briefs and Other Documents.” It’s available in both official languages.

Getting parliamentary attention to this report has been challenging, to say the least, but here it is again. I have submitted it in this committee for the present study. I am asking all senators, witnesses, researchers and Canadians to read it and to turn their minds to solutions impacting their key populations. Lorsque vous examinerez les données, je vous invite à consulter le rapport produit par mon bureau, qui porte spécifiquement sur la prévention du suicide et les besoins en santé mentale des peuples autochtones et des hommes et des garçons au Canada.

Je crois que la présidente l’a transmis à tous les membres. Le public peut trouver le rapport sur la page Web du comité, à l’onglet « Mémoires et autres documents »; il existe dans les deux langues officielles. Pour le moins que je puisse dire, cela n’a pas été facile d’attirer l’attention du Parlement sur ce rapport, mais j’essaie à nouveau. Je l’ai déposé au comité aux fins de votre présente étude. Je demande à tous les sénateurs, aux témoins, aux chercheurs et aux Canadiens de le lire et de réfléchir aux solutions qui auront un impact sur les populations clés.

When I noted the lack of a panel on men’s mental health for this study, I wondered if perhaps Canada lacks expertise. I quickly found out that is not the case. As a matter of fact, Dr. Rob Whitley, Associate Professor in the Department of Psychiatry at McGill and Research Scientist at the Douglas Research Centre, for example, has written extensively on men’s mental health and suicide prevention. He has published Men’s Issues and Men’s Mental Health: An Introductory Primer , which is both rigorously researched and easy enough to read for a non- expert.

This book right here, colleagues, has several decades of experience of men’s mental health. Quand j’ai souligné qu’aucun expert en santé mentale des hommes n’avait été invité dans le cadre de votre étude, je me suis demandé si le Canada n’avait tout simplement pas cette expertise. Rapidement, j’ai découvert que ce n’est pas le cas. De fait, M. Rob Whitley, professeur agrégé au département de psychiatrie de l’Université McGill et chercheur scientifique au Centre de recherche Douglas, par exemple, a écrit énormément d’articles sur la santé mentale des hommes et la prévention du suicide.

Il a publié un livre intitulé Men’s Issues and Men’s Mental Health: An Introductory Primer, un ouvrage rigoureusement documenté, mais assez facile à lire pour un profane. Ce livre, chers collègues, représente des dizaines d’années d’expérience en santé mentale des hommes. In his

chapter on the social determinants of male suicide, he notes that there are six groups of men at the highest risk. They are, in no particular order, middle-aged men, Indigenous men, military veterans, men in rural and remote regions, White men and men involved in the criminal justice system. Dr. Whitley describes a combination of interacting factors that seem to contribute to the problem. They are employment issues, marital status, divorce and family issues, mental health disorders and substance abuse issues. Dans son

chapitre sur les déterminants sociaux du suicide masculin, M. Whitley souligne qu’il y a six groupes d’hommes qui présentent les plus hauts risques : sans les mettre dans un ordre particulier, il s’agit des hommes d’âge moyen, des hommes autochtones, des anciens combattants, des hommes vivant dans les régions rurales et éloignées, des hommes blancs et des hommes ciblés par le système de justice pénale. M.

Whitley a décrit une combinaison de facteurs interreliés qui semblent exacerber le problème : il s’agit de facteurs liés à l’emploi, à l’état matrimonial, au divorce et aux problèmes familiaux, aux problèmes de santé mentale et à la toxicomanie. Ideally, he would have been here present today to share his research and answer the questions that must surely be on your mind, having heard what I just said, but with such a short time Idéalement, M.

Whitley aurait été présent aujourd’hui pour vous parler de ses études et pour répondre aux questions que vous devez sûrement vous poser, après avoir entendu ce que 25:4 Social Affairs, Science and Technology 20-10-2022

frame for this study, it was not possible to have him here today. He has submitted an informative brief to this committee, which I invite everyone to study very carefully. je viens de dire, mais vu les délais très serrés de cette étude, il était impossible qu’il témoigne aujourd’hui. Il a cependant présenté au comité un mémoire très instructif, et je vous invite tous à le consulter très attentivement. There are some basic facts about male suicide and prevention principles that all of us need to know.

As I alluded to earlier, not only are we not experts if we do not understand fundamental information in this area, but we should not even consider ourselves informed. If we are not informed about who is committing suicide, in what numbers and why, we are in no position to address suicide prevention, and if we are in no position to address suicide prevention, we are certainly not qualified to evaluate a national framework. Il y a certains faits de base à propos du suicide masculin et des principes de prévention que nous devons tous et toutes connaître.

Comme je l’ai dit plus tôt, nous ne sommes pas des experts si nous ne comprenons pas l’information fondamentale dans ce domaine, et nous ne pouvons même pas nous considérer comme des gens informés. Si nous ne savons pas qui sont les gens qui se suicident, dans quelle proportion et pourquoi, nous ne pouvons pas étudier la question de la prévention du suicide, et, si nous ne pouvons pas étudier la prévention du suicide, nous ne sommes certainement pas qualifiés pour évaluer un cadre national. Senators, what you are undertaking is admirable.

I appreciate it professionally and, obviously, you know I appreciate it very personally. I ask you, before you table your report, to think deeply and critically about the place of Indigenous people and men in this study. Are they given their due, considering their numbers? Honorables sénateurs et sénatrices, ce que vous avez entrepris est admirable. Je vous en suis reconnaissant, professionnellement et, évidemment, très personnellement.

Je vous demande, avant que vous ne déposiez votre rapport, de réfléchir profondément et de façon critique à la place accordée aux peuples autochtones et aux hommes dans votre étude. Leur donnez-vous l’attention qu’ils méritent, compte tenu de la proportion qu’ils représentent? Before I take your questions, I would like to speak directly to those, Indigenous or not, men or not, who are struggling right at this very moment if they are watching this program. You are not alone. You are valuable. We need you because you belong. We love you. Please reach out now and accept the helping hand being offered to you.

Please call the number on the screen, and if you don’t see the number on the screen for any reason, the number is 833-456-4566 or text to 45645. Those Indigenous brothers and sisters who may feel more comfortable with a culturally appropriate hotline, please call Hope For Wellness at 855-242-3310. Avant de répondre à vos questions, j’aimerais m’adresser directement aux personnes qui, autochtones ou non, hommes ou non, éprouvent de la difficulté présentement en regardant la diffusion. Vous n’êtes pas seuls. Vous avez de la valeur. Nous avons besoin de vous, parce que vous avez votre place ici. Nous vous aimons.

S’il vous plaît, demandez de l’aide maintenant et acceptez la main qu’on vous tend. S’il vous plaît, téléphonez au numéro affiché à l’écran, et si vous ne le voyez pas à l’écran, peu importe la raison, le numéro est le 833-456-4566; par message texte, c’est le 45645. Pour mes frères et sœurs autochtones, qui se sentiraient peut-être plus à l’aise avec une ligne d’écoute adaptée à leur culture, s’il vous plaît téléphonez à la ligne d’écoute Espoir pour le mieux-être, au 855-242-3310. Thank you for your time and listening to me, and I’m happy to take your questions. Meegwetch.

Je vous remercie de votre temps et de m’avoir écouté. Je répondrai avec plaisir à vos questions. Meegwetch. The Chair: Senator Brazeau, thank you very much for those comments. Thank you also for submitting your study to us. I’m sure we have looked at it. I believe your statements here will have far-reaching impacts, and they are very timely because we are considering draft considerations at this point. La présidente : Sénateur Brazeau, merci beaucoup de vos commentaires. Merci également d’avoir déposé votre étude au comité. Je suis certaine que nous l’avons consultée.

Je pense que votre déclaration ici aura de profondes répercussions, et le temps est justement opportun, puisque nous sommes en train d’examiner l’ébauche du rapport. Senator Brazeau, perhaps I can kick off a first question. You have mentioned earlier in this committee and now again that we need to look at Indigenous suicide prevention through the lens of gender, and more specifically through the lens of the male gender because they are over-represented in the suicide data of this country.

I think I know the answer to this, but I’d like to hear you say it: Did the framework address the male Indigenous population, and if so, how? If it did not, what would you have inserted? Sénateur Brazeau, peut-être que je pourrais poser la première question. Vous avez dit au comité, et vous l’avez dit à nouveau aujourd’hui, que nous devons adopter une démarche comparative entre les sexes pour examiner la prévention du suicide chez les Autochtones, en mettant particulièrement l’accent sur les hommes, parce que les données montrent que le taux de suicide chez les hommes est disproportionné, au Canada.

Je crois connaître la réponse, mais j’aimerais vous l’entendre dire : le cadre tenait-il compte de la population des hommes autochtones, 20-10-2022 Affaires sociales, sciences et technologie 25:5

et si oui, comment? Dans le cas contraire, que devrait-on y ajouter, selon vous? Senator Brazeau: First of all, thank you for the question. Le sénateur Brazeau : Avant tout, merci de votre question. If you look at the framework, it is more of an aspirational document than anything else. Having said that, there’s very little in there presently. If we look at the last 10 years, if there had been anything in there specifically for Indigenous peoples, boys and men, we probably wouldn’t be here having these discussions this morning.

Si vous consultez le cadre, vous constatez qu’il s’agit surtout d’un document idéaliste. Cela dit, son contenu est très pauvre, présentement. Si quoi que ce soit avait été prévu au cours des 10 dernières années spécifiquement pour les peuples autochtones, pour les garçons et pour les hommes, nous ne serions probablement pas ici à en discuter ce matin. I’m not an expert. I am not a psychiatrist, psychologist or researcher. However, I have lived experience, and I know how to count.

When we see that three out of four suicides are committed by men, maybe we’re just doing what historically we’ve always done in thinking that men are strong, men are supposed to be tough and men don’t have to get help, and they’ll sort it out on their own. I’m living proof that that’s not the case. That’s simply not the case. Je ne suis pas un expert. Je ne suis ni psychiatre, ni psychologue, ni chercheur. Mais j’ai vécu des choses, et je sais compter.

Quand on sait que trois suicides sur quatre sont commis par des hommes, peut-être que cela veut dire que nous avons tout simplement fait ce que nous avons toujours fait dans le passé, c’est-à-dire penser que les hommes sont forts, que les hommes sont censés être des durs et que les hommes n’ont pas besoin d’aide, qu’ils vont se débrouiller seuls. Je suis la preuve vivante que cela n’est pas vrai. Cela n’est tout simplement pas vrai. As I said, I’m not an expert, but there has to be some strong language with teeth.

For the next decade that the Federal Government deals with and comes up with programs, especially for Indigenous peoples, there has to be strong language that we target those two populations. If not, I’m sad to say it, but I’ll make a bold prediction that if we don’t deal with these two target populations, we’ll be back here in 10 years. Hopefully, if my health is good, I’ll be back here in 10 years and I’ll be saying, “I told you so.” I hope that’s not the case. Comme je l’ai dit, je ne suis pas un expert, mais il faut que le cadre utilise des termes forts, qui ont du mordant.

Au cours de la prochaine décennie, quand le gouvernement fédéral va s’attaquer à ce problème et mettre en œuvre des programmes, surtout pour les peuples autochtones, il faut qu’il soit indiqué en termes forts qu’on cible ces deux populations. Dans le cas contraire, et je suis triste de le dire, mais je peux prédire sans hésiter que, si nous n’aidons pas ces deux populations spécifiques, nous sommes de retour ici dans 10 ans. Dans 10 ans, si ma santé est bonne — espérons-le —, je serai de retour ici pour vous dire : « Je vous l’avais dit. » J’espère que cela n’arrivera pas.

I’m aware that many studies such as these often happen in the Senate and in the House of Commons when they get backing from the current government. We have to go deeper. We have to target where the numbers are. If we don’t, we’ll be here again. It’s up to us, collectively, to decide exactly what we want to do and what we want to recommend. I would just say that we have to have the moral courage to say what needs to be said sometimes. This is the chamber of sober second thought. I don’t know.

I feel a lot of frustration and a little bit of anger in terms of it doesn’t seem as if anybody is moving on these things, so let’s collectively do it, colleagues. Thank you. Je sais que de nombreuses études comme celles-ci sont souvent entreprises par le Sénat et par la Chambre des communes quand elles reçoivent l’appui du gouvernement au pouvoir. Mais nous devons aller plus loin. Nous devons suivre les données. Si nous ne le faisons pas, nous allons revenir à la case départ. Il nous revient, collectivement, de décider exactement ce que nous voulons faire et ce que nous voulons recommander.

Je dirais simplement que nous devons avoir le courage moral, parfois, de dire ce qui doit être dit. Le Sénat est la Chambre de second examen objectif. Je ne sais pas, mais je ressens énormément de frustration et peut-être même un peu de colère, parce qu’il me semble que personne ne fait quoi que ce soit pour cela, alors je dis, chers collègues, faisons-le ensemble. Merci. The Chair: Your observation or your recommendation is that we specifically name the populations that you have just described as opposed to keeping it general?

La présidente : Ce que vous dites ou ce que vous recommandez, c’est que nous devrions désigner spécifiquement les populations que vous venez de décrire plutôt que d’utiliser des termes généraux? Senator Brazeau: Absolutely. I do not see how we cannot. I do not see how we can go through this exercise and just turn a blind eye to the over-representation of Indigenous peoples, and Le sénateur Brazeau : Absolument. Je ne vois pas d’autres façons de le faire.

Je ne vois pas comment nous pourrions mener à bien cette étude en fermant tout simplement les yeux sur le fait 25:6 Social Affairs, Science and Technology 20-10-2022

we all know why. We’re not going to discuss the reasons why. We’re all intelligent enough to know why. There are also boys and men. Healthy men may make the violence end. We don’t want iron men. We don’t want super men. We want healthy men. que les populations autochtones sont surreprésentées, et nous savons tous pourquoi. Nous n’allons pas discuter des raisons qui expliquent cela. Nous sommes tous assez intelligents pour le comprendre. Il y a aussi les garçons et les hommes. Des hommes sains peuvent mettre fin à la violence. Nous n’avons pas besoin d’hommes forts ni de surhommes.

Nous avons besoin d’hommes sains. The Chair: Thank you, Senator Brazeau. La présidente : Merci, sénateur Brazeau. The next question will go to Senator Pat Bovey, deputy chair of the committee. La prochaine question sera posée par la sénatrice Pat Bovey, la vice-présidente du comité. Senator Bovey: Senator Brazeau, I applaud you. I applaud the dedication, honesty, openness and the sincerity with which you’ve not only continuously shone light on this issue nationally with our Indigenous peoples, but your own story, and that takes courage. So bon courage, mon ami .

La sénatrice Bovey : Sénateur Brazeau, je tiens à vous féliciter. Je vous félicite de votre dévouement, de votre honnêteté, de votre ouverture et de votre sincérité, et je vous félicite d’avoir continué à braquer un projecteur non seulement sur ce problème national, qui concerne nos peuples autochtones, mais aussi sur votre propre histoire. Cela prend du courage. Alors, bon courage, mon ami. In the report you did — I applaud you for that report — your recommendations sing loud to me. One of your recommendations is adapting health care to Indigenous cultural practices.

You know how I value the role of culture in every aspect of our society. You also recommend that social workers involved with Indigenous communities be better trained and educated on Indigenous realities and cultures. Dans votre rapport — et je tiens à vous féliciter aussi pour ce rapport —, je trouve vos recommandations éloquentes. L’une de vos recommandations était d’adapter les soins de santé aux pratiques culturelles autochtones. Vous savez à quel point je valorise le rôle de la culture dans tous les aspects de la société.

Vous recommandez aussi que les travailleurs sociaux qui travaillent auprès des collectivités autochtones soient mieux formés et davantage sensibilisés à la réalité et aux cultures autochtones. How can we bring this to the fore in this framework but also in wider society? I agree with you with those recommendations. I know the families of some of these, I’m going to say boys, in the North who have committed suicide in the last few years. When I hear from communities, it’s been four people in the last two weeks, or four people in the last month. It’s horrific.

Comment pouvons-nous mettre cela à l’avant-plan dans le cadre fédéral, mais aussi dans la société en général? J’appuie vos recommandations, et je connais certaines des familles dans le Nord dont les — je vais dire les garçons — se sont suicidés au cours des dernières années. Quand je discute avec les gens de ces communautés, on me dit qu’il y en a eu quatre dans les deux dernières semaines, quatre dans le dernier mois. C’est horrible. Senator Brazeau: Thank you, Senator Bovey, for your question. Thank you for your kind words. I certainly appreciate it.

Le sénateur Brazeau : Merci, sénatrice Bovey, de votre question. Merci de votre amabilité. Je vous en suis très reconnaissant. When we’re dealing with Indigenous peoples in this country, it always comes to a boiling point or a lack of political will. It’s always a lack of political will. If the 75% suicide rates were women, or any other group, I think we’d act pretty quickly. But perhaps because it’s men and we have these traditional notions of how men should look, we’re doing a disservice to a lot of people and to a lot of families by not targeting this.

Chaque fois qu’il est question des peuples autochtones au Canada, il faut toujours attendre le point critique, parce qu’il y a un manque de volonté politique. Il y a toujours un manque de volonté politique. Si 75 % des suicidés étaient des femmes, ou des gens de n’importe quel autre groupe, je pense que nous agirions très rapidement. Mais peut-être que, puisque ce sont des hommes et que nous avons ces idées traditionnelles de ce qu’un homme doit être, nous rendons un mauvais service à beaucoup de gens et à beaucoup de familles en ne ciblant pas cette population. It takes political will. It takes resources.

It takes money. It’s funny, and it’s ironic, but when it comes to Indigenous issues, there’s never enough money. There’s only money when Il faut une volonté politique. Il faut des ressources. Il faut de l’argent. C’est drôle, et c’est ironique, mais, quand il est question des problèmes autochtones, il n’y a jamais assez d’argent. Il y a 20-10-2022 Affaires sociales, sciences et technologie 25:7

something is really significant and some kind of an emergency, then there’s funding. But when we’re dealing with suicide in particular, and the over-representation of Indigenous peoples in suicide, where are the programs that will work for them? We have very little. There are some that exist, but there are very few. Instead, we have non-Indigenous peoples and health care workers who are not necessarily sensitized to Aboriginal realities and cultures. That poses problems. To answer your question specifically, it’s political will and resources.

That’s what it is. seulement de l’argent quand il y a un problème vraiment grave ou alors une urgence. Quand cela arrive, on trouve des fonds. Mais pour la question du suicide en particulier et la sous- représentation des suicidés autochtones, où sont les programmes pour aider ces personnes? Il y en a très peu. Il y en a quelques- uns, mais vraiment pas beaucoup. À la place, nous avons des non-Autochtones et des travailleurs de la santé qui ne sont pas nécessairement sensibilisés à la réalité et aux cultures autochtones. Cela pose problème.

Pour répondre directement à votre question, cela dépend de la volonté politique et des ressources, voilà tout. Senator Bovey: Coming back to resources, if I may, at last night’s Finance Committee meeting, we were hearing from people in Indigenous Services, among other departments. I asked the same question about health, mental health and where’s the funding of Indigenous Services. I will keep asking that question because I don’t think we got an answer.

La sénatrice Bovey : Pour revenir aux ressources, si vous me le permettez, des représentants de Services aux Autochtones, entre autres ministères, ont témoigné hier soir devant le comité des finances. J’ai posé la même question à propos de la santé et de la santé mentale, et j’ai demandé où étaient les fonds pour Services aux Autochtones. Je vais devoir continuer de poser la question, parce que je n’ai pas vraiment obtenu de réponse. The Chair: Senator Bovey, was that a question or an observation? La présidente : Sénatrice Bovey, est-ce que c’était une question ou une observation?

Senator Bovey: Senator Brazeau is going to know far more about this topic. La sénatrice Bovey : Le sénateur en sait beaucoup plus sur le sujet. The Chair: Senator Brazeau, you have a minute left to answer this question. La présidente : Sénateur Brazeau, vous avez une minute pour répondre à la question. Senator Brazeau: I will just say that, as a former national chief of a national organization, I certainly know the pitfalls and the struggles with trying to access resources, because all the departments work in silos. There are different pockets of funding everywhere.

The Government of Canada knows very well that they allow and have created a system for First Nations people and organizations to fight over the breadcrumbs that are left for them. Le sénateur Brazeau : Je dirais simplement que, en tant qu’ancien chef national d’une organisation nationale, je connais très bien les pièges et les difficultés qui se présentent quand on essaie d’accéder aux ressources, parce que tous les ministères travaillent en vase clos. Il y a différentes enveloppes de financement un peu partout.

Le gouvernement du Canada le sait très bien, et il permet cela; il a créé un système où les peuples et les organisations des Premières Nations doivent se battre pour les miettes qu’on leur laisse. The Chair: Thank you, senator. La présidente : Merci, sénateur. Senator Patterson: Thank you very much for all you’ve said today, Senator Brazeau, and otherwise. I’m really glad that you’re participating in this study and will be helping us draft the report and recommendations to the government, which we’re going to do next week.

Le sénateur Patterson : Merci beaucoup de vos commentaires aujourd’hui, sénateur Brazeau, et tout le reste. Je suis très content que vous participiez à notre étude et de savoir que vous allez nous aider à rédiger notre rapport et nos recommandations pour le gouvernement, la semaine prochaine. I think you’ve made a clear recommendation that the framework, which seems to have not produced results, has missed the real targets. You’ve mentioned men. The Indigenous population is three times higher than non-Indigenous.

When you add the three quarters of suicide victims who are men and the three times higher Indigenous rate compared to the non- Indigenous suicides, we have a really compelling case to argue for focused attention on those two areas. I thank you for your study and canvassing the provinces and territories. Je pense qu’il ressort clairement de votre recommandation que le cadre, qui ne semble pas avoir donné de résultats, a raté ses véritables cibles. Vous avez parlé des hommes. En proportion, la population des Autochtones est trois fois celle des non- Autochtones.

Ajoutez à cela le fait que les trois quarts des victimes de suicide sont des hommes et que le taux de suicide est trois fois plus élevé chez les Autochtones que chez les non- Autochtones, nous avons des arguments convaincants pour demander de cibler les efforts sur ces deux populations. Je vous 25:8 Social Affairs, Science and Technology 20-10-2022

remercie d’avoir entrepris cette étude et d’avoir consulté les provinces et les territoires. In your report, you recommend that this terrible problem that, sadly, I’m familiar with personally in my own family, is a crisis that is not being acknowledged as a crisis. Would you say that this should be another aspect of our recommendation so that the country and the government can finally wake up to the fact that this burning issue has been too long ignored and that there should be a declaration of a crisis in our recommendation?

Dans votre rapport, une de vos recommandations tient au fait que ce problème terrible — et qui me touche personnellement, malheureusement, parce que c’est arrivé dans ma propre famille —, est une crise que nous ne reconnaissons pas en tant que crise. Diriez-vous que ça devait faire aussi

partie de nos recommandations, afin que le pays et le gouvernement puissent enfin prendre conscience du fait qu’il s’agit d’un problème urgent, sur lequel nous fermons depuis longtemps les yeux? Devrions-nous recommander qu’il y ait une déclaration de crise? Senator Brazeau: Thank you, Senator Patterson, for all of that. Le sénateur Brazeau : Merci, sénateur Patterson, pour tout. Absolutely, we need to have strong language there. As I said, this was significant, and it was a national disgrace 10 years ago. Now, 10 years later, we are still suggesting that it is a national disgrace.

But is it really a national disgrace? We are dealing with Indigenous people, and very little is being done. If it were White people, I can guarantee you that something would be done very quickly. You know this as well. We need to be honest about this and we need to say it. If we hide behind it, nothing will get done. Absolument, nous avons besoin de termes forts. Comme je l’ai dit, c’était un problème grave, et cela fait 10 ans que nous endurons cette honte nationale. Maintenant, 10 ans plus tard, nous continuons de dire qu’il s’agit d’une honte nationale. Mais est-ce vraiment une honte nationale?

Il s’agit du peuple autochtone, alors on déploie très peu d’efforts. Si cela concernait des personnes blanches, je peux vous garantir que des mesures auraient été prises très rapidement. Vous le savez, vous aussi. Il faut que nous soyons honnêtes, et nous devons le reconnaître. Si nous le cachons, nous n’arriverons à rien. This is a tough subject. I have been through it. I have been through different stints in rehab where I was with a lot of men. In those rehab sessions, you had a collection of people coming out of jail, for example, people with substance abuse and other issues like gambling and sex addiction.

Everybody was all lumped into one. I took the time to listen to a lot of those people. Once you get into those rehab facilities, it’s a business. The owners tell you the success rate is 2%. I repeat: 2%. Why in the heck would the justice system send people to these places when it is really just a number in, a number out. People go back in and they go back out, but nothing is being done. I say 2%, but I’m one of the lucky ones that made it. I count my blessings every day. C’est un sujet difficile. Je l’ai vécu. J’ai été en désintox, plus d’une fois, et il y avait beaucoup d’hommes.

En désintox, il y avait des gens qui sortaient tout droit de prison, par exemple, des gens avec des problèmes de toxicomanie et d’autres avec des problèmes comme la dépendance au jeu ou au sexe. Mais on les mettait tous dans le même panier. J’ai pris le temps d’en écouter beaucoup. Quand vous entrez dans un centre de désintox, vous comprenez que c’est une entreprise. Les propriétaires vous disent que le taux de réussite est de 2 %. Je répète : 2 %. Pourquoi diable le système de justice envoie-t-il des gens dans ces endroits, où on les traite comme un numéro : un numéro entre, un numéro sort.

Les gens en sortent, puis ils y reviennent, et on n’accomplit rien. J’ai dit 2 %, et je suis l’un des rares chanceux qui s’en sont sortis. Je remercie le ciel chaque jour. You are darned right that we need some strong language for the federal government to act. This is a complicated issue, as I said, but with the numbers, the data and the research that exists, we can significantly make the recommendations necessary for the government to act. If they don’t act, then they will have to answer.

We should be as strong as possible so that, over the next 10 years, hopefully we will see those numbers drop significantly drop. Vous avez parfaitement raison de dire que nous avons besoin de termes forts pour pousser le gouvernement à agir. C’est un problème complexe, comme je l’ai dit, mais avec les chiffres, les données et les études qui existent, nous pouvons formuler des recommandations importantes, qui sont nécessaires pour pousser le gouvernement à agir. Si le gouvernement ne fait rien, il devra rendre des comptes.

Nous devrions pousser aussi fort que possible, pour veiller à ce que, au cours des 10 prochaines années, nous verrons, espérons-le, les chiffres chuter. Senator Kutcher: Senator Brazeau, thank you from the bottom of my heart for being here and for continuing your incredible and important work on this topic and on other topics. Le sénateur Kutcher : Sénateur Brazeau, je vous remercie du fond du cœur d’être ici et d’avoir continué votre travail incroyable et important sur ce dossier, parmi d’autres. 20-10-2022 Affaires sociales, sciences et technologie 25:9

I have three questions. Hopefully, I’ll have time to ask them and you can answer them. The first one is on race-based intervention, the second one on knowledge and the third one on alcohol. J’ai trois questions. Avec de la chance, j’aurai le temps de les poser, et vous, de répondre. La première concerne les interventions fondées sur la race, la deuxième, les connaissances, et la troisième, l’alcool.

You made the point that a number of previous witnesses made, namely, that we should focus our prevention activities not into the general population, where rates are very low, but into populations where rates are the highest. The framework doesn’t do that. Do you think that one of our recommendations should be that the framework should focus on where rates are highest?

Vous avez soulevé un point que des témoins précédents ont aussi soulevé, à savoir que nous devrions axer les activités de prévention non pas sur la population générale, où les taux sont très faibles, mais plutôt sur les populations où les taux sont les plus élevés. Ce n’est pas ce que fait le cadre. Croyez-vous que l’une de nos recommandations devrait être que le cadre cible les populations où les taux sont les plus élevés? Senator Brazeau: We have to, because the Government of Canada has had a decade to do that and they chose not to do so.

We still have similar numbers and there’s still an over- representation of Indigenous people. I firmly believe we have to place our focus there. Le sénateur Brazeau : Il le faut, parce que le gouvernement du Canada a eu 10 ans pour le faire, mais il a choisi l’inaction. Les statistiques sont restées les mêmes, et les peuples autochtones sont toujours surreprésentés. Je crois fermement que nous devons orienter nos efforts sur cela. Senator Kutcher: Right. That goes along with what all the experts say. They would echo what you said. When you look at population numbers, that already includes the highest populations.

If we want to make an impact on the general numbers, we have to deal with the higher numbers first. Le sénateur Kutcher : D’accord. C’est ce que disent tous les experts. Ils se feraient l’écho de vos paroles. Les statistiques pour la population comprennent déjà les populations où le taux est le plus élevé. Donc, si nous voulons diminuer les statistiques générales, nous devons d’abord nous attaquer aux taux les plus élevés. Senator Brazeau: In response to that, we had an expert last week who basically gave us a graph that indicated suicide rates have not changed much in the last 10 years.

I was frustrated in hearing that. I thought, “Hold on, madam expert. There’s an over-representation of Indigenous peoples.” I didn’t hear alarm bells or red flags from those experts, so I’m trying to raise those red flags. If we only look at the Indigenous suicide rates, there is nothing we should be proud about. So, absolutely. Le sénateur Brazeau : Pour répondre, je vous rappelle que nous avons accueilli une experte, la semaine dernière, qui nous a essentiellement montré un graphique indiquant que les taux de suicide n’avaient pas changé beaucoup au cours des 10 dernières années.

J’ai été frustré d’entendre cela. J’ai pensé : « Attendez, madame l’experte. Les peuples autochtones sont surreprésentés. » Je n’ai entendu aucun de ces experts sonner l’alarme ou attirer l’attention là-dessus, alors voilà ce que j’essaie de faire, lancer ces signaux d’alarme. Si vous examinez les taux de suicide chez les Autochtones, il n’y a pas de quoi être fier. Donc, je dirais oui, absolument. Senator Kutcher: My second question is about best practices. The framework talks about best practices.

In much of my pre- Senate work, we defined best practices as, “We like the idea and we hope it works.” Global health has gone beyond that and has created structures where people submit interventions they have tried and researched. There is a group of experts that does a critical analytical review of that and evaluates the quality of it, whether it is culturally appropriate and whether it is ready for scale up. However, we don’t have anything like that in Canada. If we had that kind of service, do you think that might be helpful so communities can learn what works instead of what we think might work?

Le sénateur Kutcher : Ma deuxième question concerne les pratiques exemplaires. Le cadre parle des pratiques exemplaires. Avant que je devienne sénateur, on définissait les pratiques exemplaires dans mon travail comme ceci : « On aime cette idée, et on espère que cela va fonctionner. » Des acteurs de la santé mondiale sont allés plus loin et ont créé des structures où les gens peuvent présenter des interventions qui ont été mises à l’épreuve et étudiées.

Il y a un groupe d’experts qui effectue des examens et des analyses critiques et qui en évalue la qualité, pour voir si les interventions sont adaptées à la culture ou si elles sont prêtes pour une mise à l’échelle. Mais nous n’avons rien de tel au Canada. Si nous avions accès à ce genre de service, croyez-vous que cela serait utile et que les collectivités pourraient se renseigner sur ce qui fonctionne, au lieu de ce qui fonctionne peut-être selon nous? Senator Brazeau: When we talk about interventions that work, obviously it is important to use interventions that we know work and that people are satisfied with.

Having said that, again, Le sénateur Brazeau : Si on veut parler des interventions qui fonctionnent, évidemment, il est important d’utiliser des interventions dont l’efficacité a été démontrée et dont les gens 25:10 Social Affairs, Science and Technology 20-10-2022

it is a question of resources. I can safely say that many Indigenous interventions are happening across the country, but knowledge about it is not widely known by experts specifically in this field. If there were resources for those Indigenous peoples and communities who have intervention processes, that would help the health practitioners collectively to deal with this issue. sont satisfaits. Cela dit, encore une fois, tout dépend des ressources.

Je peux dire sans avoir peur de me tromper qu’il se fait de nombreuses interventions autochtones d’un bout à l’autre du pays, mais que les connaissances à ce sujet ne sont pas très répandues parmi les experts de ce domaine précis. S’il y avait des ressources pour les gens et les collectivités autochtones qui mettent en œuvre ces processus d’intervention, cela aiderait les professionnels de la santé à lutter contre ce fléau, collectivement. Senator Kutcher: Thank you for that.

I also thank you for nuancing what I had asked you by stating that such an independent and properly funded service should ensure it has all the Indigenous components in it. Le sénateur Kutcher : Merci. Merci aussi d’avoir nuancé ce que j’ai dit en déclarant qu’un tel service indépendant et correctement financé devrait s’assurer d’intégrer tous les éléments autochtones. Senator Brazeau: Yes, for others to follow. Le sénateur Brazeau : Oui, pour que les autres suivent l’exemple. Senator Kutcher: Absolutely. Le sénateur Kutcher : Absolument. You and Dr.

Niaz made some impressive comments yesterday drawing our attention to the relationship between suicide and alcoholism or intoxication. I can share my professional experience. My work in youth cluster suicides has pretty well always been associated with intoxication, mostly gasoline and glue. However, none of this is explicitly addressed in the framework. Do you think it should be? Should we make recommendations about that? La Dre Niaz et vous avez fait des commentaires très impressionnants, hier, pour attirer notre attention sur le lien entre le suicide et l’alcoolisme ou la toxicomanie.

J’aimerais vous faire part de mon expérience professionnelle. Dans mon travail sur les épidémies de suicide chez les jeunes, il y a toujours eu un lien assez clair avec la toxicomanie, l’essence et la colle surtout. Mais rien de tout cela n’est explicitement mentionné dans le cadre fédéral. Croyez-vous que cela devrait l’être? Devrions- nous formuler des recommandations à cet égard? Senator Brazeau: Thank you for that. That is probably a question that we could answer for a couple of days. Le sénateur Brazeau : Merci. Il me faudrait probablement deux ou trois jours pour répondre à cette question.

As I said from the start, we have to be honest and frank. We know that 90% of suicides are committed while using a substance. That’s fairly high as well. You talked about cluster situations. There was one in the Algonquin community of Rapid Lake last year. There were 12 attempted suicides within a couple of weeks. Unfortunately, two kids took their lives. But we don’t see that in the paper. We don’t read about it. But Indigenous people do. It’s hurtful. Comme je l’ai dit dès le début, nous devons être francs et honnêtes. Nous savons que 90 % des suicides se produisent sous l’effet d’une substance.

C’est assez élevé. Vous avez parlé des épidémies de suicide. Il y en a eu l’année dernière dans la communauté algonquine de Rapid Lake. Il y a eu 12 tentatives de suicide en seulement quelques semaines. Malheureusement, deux jeunes se sont enlevé la vie, mais il n’y a rien eu dans les journaux. Aucun

article n’en a parlé. Mais les peuples autochtones en parlent, et c’est douloureux. I don’t need to pain a picture here. We all know there are many people, Indigenous or not, who turn to alcohol and other substances when they are having problems, myself included. Having said that, I’m proud to say I’m just over two and a half years sober. Those are changes I needed to make personally to be here today with you. It is not always easy. It is an everyday struggle, but I like that fight. Je ne l’ai pas besoin de vous faire un dessin.

Nous savons tous qu’il y a beaucoup de gens, Autochtones ou non, qui se tournent vers l’alcool ou d’autres substances pour affronter leurs problèmes. J’en fais partie. Cela dit, je suis fier de pouvoir dire que je suis sobre depuis deux ans et demi. Je devais changer des choses en moi pour être ici avec vous aujourd’hui. Ce n’est pas toujours facile. C’est une lutte de tous les jours, mais le combat me plaît. Again, the bottom line is we just have to have strong language, with nothing left for

interpretation. It has to be direct. It has to be strong. Encore une fois, pour résumer, il faut utiliser des termes forts qui ne laissent aucune place à l’interprétation. Il faut que ce soit direct. Il faut que ce soit fort. 20-10-2022 Affaires sociales, sciences et technologie 25:11

Coming back to alcohol, alcohol needs to be dealt with in Indigenous communities. We know the effects of residential schools and intergenerational trauma. We know what that is, and that is not going to be fixed overnight either. We need to have some programs to sensitize Indigenous peoples. I’m trying to do my part. Very soon, I will be introducing legislation in the Senate around the idea that every industry that provides alcohol will have to have warning labels that follow the science, and the science says that alcohol causes at least seven types of cancer.

I’ll be introducing that piece of legislation, not to tell people what they should or should not do but at least for them to make informed decisions and to be in a position to make informed decisions. If that would occur down the road, that would be a significant help to future generations with respect to their relationship with alcohol. We are not there yet. I know that the alcohol industry is very powerful. Again, I don’t mind these fights. I have fought all my life. I have won a few and lost others. I have lost others that were televised.

This is a fight I’m very comfortable with, probably because everything I have gone through in my life has perhaps set the stage for me to be here today and to do what I’m about to do. It’s all about trying to give back. That’s all I want to do with the experience and knowledge I have. Pour revenir à la question de l’alcool, c’est un problème qu’il faut régler, dans les collectivités autochtones. Nous connaissons les répercussions des pensionnats et les traumatismes intergénérationnels. Nous savons ce que c’est, et nous savons que ça ne se réglera pas du jour au lendemain.

Nous avons besoin de programmes pour sensibiliser les peuples autochtones. J’essaie de faire ma part, et je vais présenter très bientôt au Sénat un projet de loi selon lequel toutes les industries qui vendent de l’alcool devront avoir des étiquettes de mise en garde fondées sur des données scientifiques, et la science dit que l’alcool cause au moins sept types de cancer.

Si je veux présenter ce projet de loi, ce n’est pas pour dire aux gens ce qu’ils devraient ou ne devraient pas faire, mais c’est pour qu’ils puissent au moins prendre des décisions éclairées et qu’ils aient ce qu’il faut pour prendre des décisions éclairées. Si cela était fait, à un moment donné, cela serait d’une aide précieuse pour les générations futures en ce qui concerne leur relation avec l’alcool. Nous ne sommes pas encore rendus là, et je sais que l’industrie de l’alcool est très puissante. Mais, encore une fois, le combat ne me fait pas peur. J’ai combattu toute ma vie.

J’ai remporté quelques combats, j’en ai perdu d’autres. Certaines de mes défaites ont passé à la télévision. Mais ce combat-là, je suis très à l’aise de le mener, probablement parce que tout ce que j’ai vécu dans ma vie m’a peut-être préparé à être où je suis aujourd’hui et à ce que je m’apprête à faire. Mon but, dans tout cela, c’est de donner au suivant. Voilà tout ce que je veux faire avec l’expérience et les connaissances que j’ai. Senator McPhedran: Thank you, Senator Brazeau. It is an honour to sit close to you in the Senate and to work with you and your team.

La sénatrice McPhedran : Merci, sénateur Brazeau. C’est un honneur de siéger près de vous au Sénat et de travailler avec vous et votre équipe. I think your willingness to be here today is a tremendous learning opportunity for us to really understand much better what we actually mean when we talk about gender-based analysis, because so often that translates, certainly in my mind, as being “women and girls.” It has been a really important wake-up call that you have brought to us, certainly to me.

Votre présence ici aujourd’hui est une excellente occasion d’apprentissage, pour nous, et nous permet vraiment de comprendre beaucoup mieux en quoi consiste réellement l’analyse comparative entre les sexes, parce que, trop souvent — du moins, dans mon esprit —, cela concerne « les femmes et les filles ». Vous avez bien fait de souligner cet aspect très important pour nous, du moins certainement pour moi. You have addressed a number of ways in which the framework is lacking. We heard yesterday, and we are hearing again from you today, that one-size-fits-all is completely ineffective and inappropriate.

We all deeply appreciate the extent to which you have been prepared to be personally sharing with us. Given your personal experiences and your own deep cultural identity, could you share with us more about particular interventions and the way in which the framework could respond better, based on your experiences as an Indigenous male? Vous avez souligné diverses lacunes du cadre. Comme nous l’avons entendu dire, hier, et comme vous le dites encore aujourd’hui, une approche qui se veut universelle est complètement inefficace et inappropriée.

Nous vous sommes tous reconnaissants de nous avoir ouvert si grand la porte sur votre vécu personnel. Compte tenu de vos circonstances personnelles et de votre identité culturelle profonde, pourriez- vous nous en dire davantage sur des interventions particulières et sur les façons dont les interventions du cadre pourraient être plus efficaces, compte tenu de ce que vous avez vécu en tant qu’homme autochtone? Senator Brazeau: Thank you for the question, Senator McPhedran. Le sénateur Brazeau : Merci de la question, sénatrice McPhedran. 25:12 Social Affairs, Science and Technology 20-10-2022

Like you said, there is no one-size-fits-all in terms of intervention. I’m speaking from my own experience, but when I was having issues or problems, first of all, I was ashamed to ask for help. I was raised to be tough and suck it up or walk it off, but at one point, it was no longer possible. I took the time then, between 2014 and 2016, to look for appropriate programs or places I could go. I spoke with several elders to see what could be done. Comme vous l’avez dit, aucune intervention ne peut être universelle.

Je parle en fonction de ma propre expérience, mais, quand j’avais des difficultés ou des problèmes, d’abord et avant tout, j’avais honte de demander de l’aide. On m’a élevé pour que je sois fort, pour que j’encaisse et pour que je fasse comme si rien ne me dérangeait, mais j’étais arrivé à un point où ce n’était plus possible. J’ai pris le temps, alors, entre 2014 et 2016, de chercher des programmes appropriés et des endroits où je pouvais aller. J’ai parlé avec plusieurs aînés pour savoir ce que je pouvais faire. There are some programs out there. I hate to do this.

Provincial governments and territorial governments, those who responded, showed us what they have in terms of programs. We also Googled every single program that was forwarded to us. It is safe to say that there is a huge gap or disparity between what is available for women and what’s available for men. Like I said, it is not a competition, but in this particular case, given the data, I firmly believe we have to put a lens on this in terms of suicide prevention. I don’t want to talk about that in any other lens or context, but as I said before, there is Professor Whitley’s book.

Ironically enough, he was working on women’s mental health until, one day, a woman asked him about the needs of men’s mental health. He sat on that for a while and, lo and behold, we have the expertise. Il y a des programmes. Je déteste faire cela. Les gouvernements provinciaux et territoriaux, ceux qui ont répondu, nous ont montré les programmes qu’ils offraient. Nous avons aussi fait des recherches sur Google pour voir chacun des programmes, jusqu’au dernier, auxquels on avait accès.

Je peux dire sans avoir peur de me tromper qu’il y a un écart ou une disparité gigantesque entre ce qui est offert aux femmes et ce qui est offert aux hommes. Comme je l’ai dit, ce n’est pas un concours, mais, dans ce cas précis, d’après ce que les données montrent, je crois fermement que c’est la perspective qu’il faut adopter pour la prévention du suicide. Je ne veux pas en parler d’un autre point de vue ou dans un autre contexte, parce que j’ai parlé plus tôt du livre de M. Whitley.

Ironiquement, il travaillait en santé mentale des femmes jusqu’à ce que, un jour, une femme lui demande ce qu’il en était des besoins des hommes en matière de santé mentale. Il y a réfléchi un bon moment, puis, voilà, nous avons son expertise. Specifically on suicide prevention, we have no choice but to put a gender-based analysis lens on this if we want to reduce those numbers. If we just want to maintain the status quo, then maintain the status quo.

But if we want to reduce those numbers, let’s do what you have been doing all your life for women, Senator McPhedran, for the sake of young men and boys dealing in terms of dealing with problems with suicide. En ce qui concerne la prévention du suicide en particulier, nous n’avons d’autre choix que d’adopter une démarche comparative entre les sexes si nous voulons réduire les taux.

Si ce que nous voulons c’est simplement de maintenir le statu quo, alors maintenons le statu quo, mais si nous voulons réduire ces taux, alors faisons ce que vous avez fait toute votre vie pour les femmes, sénatrice McPhedran, mais cette fois, faisons-le pour les jeunes hommes et les garçons qui vivent des difficultés et qui ont des problèmes liés au suicide. [Translation] [Français] Senator Petitclerc: Thank you very much, Senator Brazeau, for the content you are bringing, and for the manner and thoroughness with which you are bringing it. This is very, very important testimony.

La sénatrice Petitclerc : Merci énormément, sénateur Brazeau, pour le contenu que vous apportez, et pour la façon et la rigueur avec lesquelles vous l’apportez. C’est un témoignage très, très important. In this context, there are these numbers that we know about, but that we haven’t really taken into account. It’s true, you mentioned during this study the 75% male rate. Dans ce contexte, il y a ces chiffres que l’on connaît, mais dont on n’a pas vraiment tenu compte. C’est vrai, vous avez mentionné durant cette étude ce taux de 75 % d’hommes.

This federal framework exists, but what strikes me today is that there are men like you, who are survivors, who have this courage and strength to be here, to break the silence and articulate the existence of social and cultural stigma and barriers. We are talking about men, about suicide, and also about mental health. Il y a ce cadre fédéral, mais ce qui me frappe aujourd’hui, c’est qu’il y a des hommes comme vous, qui sont des survivants, qui ont ce courage et cette force d’être ici, de briser le silence et d’articuler l’existence des stigmates et des barrières sociales et culturelles.

On parle des hommes, du suicide et aussi de la santé mentale. 20-10-2022 Affaires sociales, sciences et technologie 25:13

It amazes me, and I think it’s a great responsibility that you’ve given yourself — a burden too, I guess, in a way. I thank you for that. Cela me frappe, et je trouve que c’est une grande responsabilité que vous vous êtes donnée — un poids aussi, j’imagine, en quelque sorte. Je vous en remercie. However, is it really up to you and other survivors who are in the same situation as you to carry that responsibility and that burden? Is this Federal Framework for Suicide Prevention part of the solution to break down these barriers, taboos and stigmas? Should it do more? How should it be structured?

Toutefois, est-ce vraiment à vous et aux autres survivants qui sont dans la même situation que vous de porter cette responsabilité et ce poids? Est-ce que ce Cadre fédéral de prévention du suicide fait

partie de la solution pour briser ces barrières, ces tabous et ces stigmates? Est-ce qu’il devrait en faire plus? Comment cela devrait-il s’articuler? Senator Brazeau: Thank you very much for your questions. Le sénateur Brazeau : Merci beaucoup de vos questions. First of all, I don’t speak for all suicide attempt survivors, obviously. I am only speaking for myself. However, personally, even if it is difficult, and even if, at times, tears start to flow, it helps me in my personal journey. However, I have been hearing for a very long time that we need to break down barriers and reduce stigma.

Unfortunately, I often see this as just talk. On world mental health days, we hear lofty rhetoric for one day, but after that it’s over. Premièrement, je ne parle pas au nom de tous les survivants de tentative de suicide, évidemment. Je parle seulement pour moi. Cependant, personnellement, même si c’est difficile, et même si, parfois, les larmes commencent à couler, cela m’aide dans mon cheminement personnel. Par contre, cela fait très longtemps que j’entends dire qu’il faut briser les barrières et réduire les stigmates. Malheureusement, je vois souvent cela comme des paroles.

Lorsqu’on tient des journées internationales de la santé mentale, on entend de belles paroles pour une journée, mais après, c’est terminé. So this is my personal position, but I believe that, by being open and transparent, and even graphic at times about what happened to me, I will help people who listen or read. They will see that anything is possible. I hit rock bottom and I was lucky to get out. I am using the opportunity to talk about it, whenever I can, because I think it can help people.

C’est donc ma position personnelle, mais je crois qu’en étant ouvert et transparent, et même parfois graphique sur ce qui m’est arrivé, cela aidera des gens qui écoutent ou qui lisent. Ils vont voir que tout est possible. Moi, j’ai atteint le fond du baril et j’ai été chanceux de pouvoir m’en sortir. Je profite de l’occasion pour en parler, chaque fois que je peux le faire, parce que je crois que cela peut aider les gens. I am not an expert like our colleague Senator Kutcher, but I do what I can. It gives me strength, and I know it gives strength to people who have problems.

Je ne suis pas un expert comme notre collègue le sénateur Kutcher, mais je fais ce que je peux. Cela me donne de la force et je sais que cela donne de la force aux gens qui ont des problèmes. I would like to add something. Yesterday, I asked a witness if the federal government cared or was concerned about this — and maybe I shouldn’t have asked the witness because these witnesses deal with the federal government to obtain funding. Maybe it wasn’t the best question to ask, but if I had to ask myself, I would say the answer is no, not yet.

Until the over- representation of Indigenous people in suicide rates is better addressed, I will stand by my position that the government is not concerned about Indigenous suicide prevention. J’aimerais ajouter quelque chose. Hier, j’ai demandé à un témoin si le gouvernement fédéral se souciait ou se préoccupait de cela — et peut-être que je n’aurais pas dû poser la question au témoin, parce que ces témoins font affaire avec le gouvernement fédéral pour obtenir des fonds.

Peut-être que ce n’était pas la meilleure question à poser, mais si je devais me la poser à moi- même, je dirais que la réponse est non, pas encore. Tant que la surreprésentation des Autochtones pour ce qui est du taux de suicide chez les Autochtones n’est pas mieux traitée, je vais maintenir ma position et affirmer que le gouvernement n’est pas préoccupé par la prévention du suicide chez les Autochtones. [English] [Traduction] Senator Cordy: Thank you, Senator Brazeau, for being here today. La sénatrice Cordy : Merci, sénateur Brazeau, d’être ici aujourd’hui.

I was stuck by your opening comments when you said that we have to talk openly about suicide. First, you also said we can’t talk about a framework without actually talking about suicide, so J’ai été surprise de vous entendre dire, dans votre déclaration préliminaire, que nous devrions parler ouvertement du suicide. D’abord, vous avez aussi dit que nous ne pouvons pas discuter 25:14 Social Affairs, Science and Technology 20-10-2022

it gives us an opportunity to speak here today. You practise what you preach, because I heard you speaking to the witnesses yesterday, saying that you would speak to “any group, to anybody and any person, just let me know.” So you certainly are walking the talk. Many people have been told that you shouldn’t talk about suicide and that it is a family issue or whatever. We are getting better, but for my generation, it was, “No, you can’t talk about it because it will just increase the numbers.” Are we getting better about talking openly?

Because I agree, we have to talk about it. d’un cadre sans réellement parler de suicide, et que cela donne donc l’occasion d’en parler aujourd’hui. Vous donnez l’exemple, parce que je vous ai entendu parler aux témoins, hier, et leur dire que vous étiez prêt à parler « à n’importe quel groupe, à n’importe qui, il suffit de me le demander ». Donc, vous joignez certainement le geste à la parole. Bien des gens se sont fait dire qu’il ne faut pas parler du suicide, que c’est un problème familial ou peu importe.

Nous nous améliorons, mais, pour les gens de notre génération, c’était « Non, il ne faut pas en parler, sinon il y en aura encore plus. » Est-ce que nous réussissons à en parler plus ouvertement? Parce que je suis d’accord avec vous, nous devons en parler. Senator Brazeau: Thank you, Senator Cordy, for that question. That is a very important question, because 10 years ago, I wasn’t as interested in this issue as I am today. Le sénateur Brazeau : Merci, sénatrice Cordy, de votre question. C’est une question très importante, parce qu’il y a 10 ans, je ne m’intéressais pas autant qu’aujourd’hui à ce problème.

We are slowly getting better in terms of destigmatizing it. We are not where we should be yet, because, let’s face it, it is an uncomfortable discussion. I’ll admit: It has even been an uncomfortable discussion within my own family, with my father, brothers and the rest of the family, because it has severely impacted not just my life but the lives of others. I have had to do a great deal of work to try to rebuild a lot of relationships. Nous réussissons lentement à le déstigmatiser, mais nous ne sommes pas encore rendus là où nous le devrions, parce que, avouons-le, c’est une discussion qui rend mal à l’aise.

Je vais l’admettre : cela a même été une discussion malaisante dans ma propre famille, avec mon père, mes frères et le reste de ma famille, parce que cela a eu de graves répercussions non seulement sur ma vie à moi, mais aussi sur la vie des autres. J’ai dû faire énormément d’efforts pour rebâtir beaucoup de relations. Having said that we are getting better, there are some people who will never be comfortable talking about it. Some people have lost cherished ones to this and just can’t handle it, but for those who can handle it, it is very important that they share their voices and stories.

We need them; we simply need them to tell others who are having problems. There are many people having problems in Canada today. There is hope, but it takes work. There is hope and there is help. Help is everywhere. I have said it many times. Anybody who is having problems can ask for help, not only from a friend or family member but from a complete stranger on the street. Sooner or later, they are going to get help. Cela dit, nous nous améliorons, mais il y a des gens qui ne seront jamais à l’aise d’en parler.

Des gens qui ont perdu un être cher et ne peuvent tout simplement pas le tolérer, mais pour ceux qui le peuvent, il est très important de faire entendre leurs voix et de raconter leurs histoires. Nous avons besoin d’eux; nous avons tout simplement besoin qu’ils parlent aux autres, à ceux qui ont des problèmes. Il y a énormément de gens qui ont des problèmes au Canada, aujourd’hui. Il y a de l’espoir, mais il faut faire l’effort. Il y a de l’espoir, et il y a de l’aide. On peut trouver de l’aide partout. Je l’ai souvent dit.

Une personne qui a des problèmes peut demander de l’aide, pas seulement à un ami ou à sa famille, mais aussi à un parfait étranger rencontré dans la rue. Tôt ou tard, elle va obtenir de l’aide. Senator Cordy: Thank you for that. La sénatrice Cordy : Merci. One of your recommendations was to consult the communities that have successful solutions. Sometimes we tend to look at the numbers of men and Indigenous peoples but — and you touched on this earlier — not all Indigenous peoples are the same, and not all men are the same. I’ll speak specifically about Indigenous peoples. It depends where you live.

We have the high North. We have the East Coast and smaller communities. We have the West Coast. We have very isolated areas. We have Indigenous people who have moved to urban areas and may not have support. You know all of that. I’m just trying to say there is a lot of diversity within the communities, but are there communities that have successful solutions that are working within the communities? Because in communities, each individual is different. L’une de vos recommandations était de consulter les collectivités qui ont des solutions efficaces.

Parfois, nous avons tendance à regarder les statistiques sur les hommes et les peuples autochtones, mais — et vous en avez parlé un peu plus tôt — les peuples autochtones et les hommes ne sont pas tous identiques. En particulier, en ce qui concerne les peuples autochtones, l’endroit où vous vivez a une incidence. Il y a le Grand Nord, il y a la côte Est et il y a les petites communautés. Il y a aussi la côte Ouest, et les régions éloignées. Il y a aussi des Autochtones qui se sont installés en région urbaine et qui n’ont peut-être pas accès à du soutien. Vous savez déjà tout ça.

Ce que j’essaie de dire, c’est qu’il y a une grande diversité, même dans les communautés, mais est-ce qu’il y a des communautés qui ont 20-10-2022 Affaires sociales, sciences et technologie 25:15

réussi à mettre en place des solutions efficaces qui fonctionnent chez elles? Parce que même dans une communauté, chaque personne est différente. Senator Brazeau: That is another very relevant and important question. Le sénateur Brazeau : Encore une fois, vous posez une question très pertinente et très importante. To be quite honest, I wasn’t very much aware of some of the practices that were being conducted by Indigenous peoples for Indigenous peoples.

Like I have said repeatedly, I’m not an expert in the modes of interventions, but having said that, ever since I started speaking more openly about my own personal story and promoting issues of suicide prevention and mental health, Indigenous peoples have come to me and said that maybe I should see what they are doing because it is kind of new but there is a success rate. Like I said, I’m not an expert but I know how to count. One plus one equals two.

There are some — not many — but I’m going to be taking the time over the next few weeks and months to visit those facilities to get a first-hand look at how the clientele are viewing what the processes are in terms of intervention. We’ll have more information in the future in terms of sharing best practices regarding Indigenous interventions. I’m sure there are more than what I am currently aware of. Pour être honnête, je ne savais pas grand-chose des pratiques mises en œuvre par les peuples autochtones, pour les peuples autochtones.

Comme je l’ai souvent dit, je ne suis pas un expert des modes d’intervention, mais cela dit, depuis que j’ai commencé à parler plus ouvertement de ce que j’ai personnellement vécu et que je fais la promotion de la prévention du suicide et la promotion de la santé mentale, des Autochtones viennent me voir et me disent que je devrais aller voir ce qu’ils font. Ils proposent des interventions nouvelles, mais qui donnent des résultats. Comme je l’ai dit, je ne suis pas un expert, mais je sais compter. Un plus un égale deux.

Il y en a quelques-unes — il n’y en a pas beaucoup —, mais je vais prendre du temps au cours des prochaines semaines et des prochains mois pour visiter leurs installations pour voir de mes propres yeux comment la clientèle juge les processus d’intervention. Nous aurons plus d’information dans l’avenir pour ce qui est de communiquer les pratiques exemplaires pour les interventions autochtones. J’en connais quelques-unes, mais je suis certain qu’il y en a davantage. Senator Cordy: Thank you. La sénatrice Cordy : Merci. The Chair: If I may, I have a final question, Senator Brazeau. I am looking at your report.

Thank you very much for providing it to us. It goes into the testimony of the Senate so we can draw upon it for any conclusions. I noted with some interest that, since 2020, the suicide rate in Quebec seems to be dropping. It dropped and then remained stable after the drop, especially among teenage boys. Do you have any reflection as to what accomplished that drop in suicide rates in Quebec? La présidente : Si vous me le permettez, j’ai une dernière question, sénateur Brazeau. Je suis en train de consulter votre rapport. Merci beaucoup de nous l’avoir fourni.

Il est versé au compte rendu du Sénat, alors nous pourrons l’utiliser pour formuler nos conclusions. J’ai remarqué quelque chose d’intéressant : depuis 2020, le taux de suicide au Québec semble avoir diminué. Il a diminué et depuis, il semble être demeuré stable, surtout chez les garçons adolescents. Avez-vous une idée de ce qui a entraîné cette diminution du taux de suicide au Québec? Senator Brazeau: If I recall, I think the government of Quebec had introduced several programs aimed at youth in the 1990s or 2000s. Don’t quote me on the year, but it was several years ago.

They are reporting that there has been a steady decline, but they are just looking at the big picture and not necessarily focusing on the Indigenous populations of Quebec, so we can never forget that, colleagues. Le sénateur Brazeau : Si je me souviens bien, je pense que le gouvernement québécois avait lancé divers programmes ciblant les jeunes, dans les années 1990 ou 2000. Ne me prenez pas au mot, pour l’année, mais c’était il y a plusieurs années.

On rapporte que le taux diminue progressivement depuis, mais le gouvernement regarde la situation globalement et ne met pas nécessairement l’accent sur les populations autochtones du Québec. Nous ne devons jamais l’oublier, chers collègues. The Chair: But your report does say that Quebec is a model to follow. With all its failings, it is doing things better than the rest of the country. Would you agree with that? La présidente : Mais dans votre rapport, vous dites bien que le Québec est un modèle à suivre.

Malgré toutes ses lacunes, la province fait mieux que le reste du pays. Êtes-vous d’accord? Senator Brazeau: It is a model to follow, perhaps, for other provinces and territories, given what they have noted as success and reductions with respect to that. But again, they are talking about the population as a whole. If the Quebec government is Le sénateur Brazeau : C’est peut-être un modèle à suivre pour les autres provinces et territoires, puisque le gouvernement affirme avoir réussi à faire diminuer les taux. Mais, encore une fois, cela concerne la population dans son ensemble. Si le 25:16 Social Affairs, Science and Technology 20-10-2022

saying that they have a reduction in suicides there but fail to mention that there is still an over-representation of Indigenous suicides and they are doing nothing or very little about it, we are still going to have the same numbers two, three or ten years from now. We could perhaps look more in depth into the Quebec model and try to apply it.

Let’s not make the mistake of looking at the countrywide statistics, regardless of which province or territory, and always keep in the back of our mind what the rate of Indigenous suicide is. gouvernement du Québec affirme qu’il enregistre une réduction des taux de suicide, sans mentionner que les suicides chez les Autochtones sont toujours disproportionnés, et qu’il ne fait rien ou très peu pour lutter contre cela, les chiffres seront toujours les mêmes dans deux, trois ou dix ans.

Nous pourrions peut-être examiner de plus près le modèle québécois et essayer de l’appliquer, mais ne faisons pas l’erreur de regarder les statistiques pour le pays en entier, sans distinction par province ou territoire, et gardons toujours à l’esprit le taux de suicide chez les Autochtones. The Chair: Thank you, Senator Brazeau. That brings us to the end of our time with you. I want to thank you very much, as an individual senator — and I know my colleagues subscribe to that — for sharing your personal story. It takes a lot of courage and fearlessness. I think you have both of those qualities in spades.

Rest assured that your testimony will inform us as we start reflecting on our deliberations and discuss the recommendations in the report. La présidente : Merci, sénateur Brazeau. Nous arrivons à la fin de notre temps avec vous. Je tiens à vous remercier chaleureusement, personnellement, en tant que sénatrice — et je suis sûre que chacun et chacune de mes collègues sont du même avis — de nous avoir raconté votre histoire personnelle. Cela prend énormément de courage et d’audace. Je pense que vous avez de ces deux qualités à revendre.

Soyez assuré que votre témoignage éclairera nos réflexions, quand nous allons commencer nos délibérations et que nous discuterons des recommandations à formuler dans le rapport. For our second panel, we welcome, by video conference, Nitika (Rewari) Chunilall, Director, Prevention and Promotion Initiatives at the Mental Health Commission of Canada; and Kimberly Fairman, Executive Director with the Institute for Circumpolar Health Research. Thank you very much for being with us today. I now invite each of you to provide opening remarks.

I remind you that you have five minutes allocated to your statements, followed by five minutes from senators to you. Ms. Chunilall, the floor is yours. Pour la deuxième

partie de la réunion, nous accueillons par vidéoconférence Mme Nitika (Rewari) Chunilall, directrice, Programmes de prévention et de promotion, Commission de la santé mentale du Canada; et Mme Kimberly Fairman, directrice générale, Institut de recherche en santé circumpolaire. Merci beaucoup d’être des nôtres aujourd’hui. Je vous invite toutes les deux à présenter votre déclaration préliminaire, et je vous rappelle que vous disposez de cinq minutes pour cela; nous passerons ensuite aux questions de cinq minutes des sénateurs. Madame Chunilall, vous avez la parole.

Nitika (Rewari) Chunilall, Director, Prevention and Promotion Initiatives, Mental Health Commission of Canada: Thank you so much. It is an honour for me to appear in front of you to discuss this important topic. Nitika (Rewari) Chunilall, directrice, Programmes de prévention et de promotion, Commission de la santé mentale du Canada : Merci beaucoup. C’est un honneur pour moi de me présenter devant vous pour discuter de ce sujet important. Today, I would argue that the Framework for Suicide Prevention has not shown its true effectiveness to date.

Since its release, deaths by suicide have been consistent or increasing, disproportionately so, for certain populations, like men, First Nation, Inuit and Métis people, young people and the 2SLGBTQIA+ community. Aujourd’hui, je dirais que le Cadre fédéral de prévention du suicide n’a pas montré sa véritable efficacité à ce jour. Depuis sa publication, les décès par suicide sont restés stables ou ont augmenté, de manière disproportionnée pour certaines populations, comme les hommes, les membres des Premières Nations, les Inuits et les Métis, les jeunes et la communauté 2SLGBTQIA+.

While communal trauma related to the COVID-19 pandemic may have caused a decrease in suicide rates in 2020, possibly reflecting the effects of social cohesion and shared suffering, suicidal ideation has been on the rise since the pandemic. This is deeply concerning. Approximately 8% of those recently surveyed reported seriously contemplating suicide, and about one in three people with a history of substance use disorders reported suicidal ideation during the pandemic. Despite this, access to services remained low.

There is a lack of understanding of the distinct experiences of suicidal behaviour among ethno- Alors que le traumatisme collectif lié à la pandémie de la COVID-19 a pu entraîner une baisse des taux de suicide en 2020, reflétant peut-être les effets de la cohésion sociale et de la souffrance partagée, l’idéation suicidaire est à la hausse depuis la pandémie. Cette situation est très préoccupante.

Environ 8 % des personnes interrogées récemment ont déclaré avoir songé sérieusement au suicide, et environ une personne sur trois ayant des antécédents de troubles liés à la consommation de substances a déclaré avoir eu des idées suicidaires pendant la pandémie.

Malgré cela, l’accès aux services est resté faible. Il y a un 20-10-2022 Affaires sociales, sciences et technologie 25:17

racialized groups and other equity-seeking groups. As is often the case, programs and services are not tailored enough to meet their needs. manque de compréhension des comportements suicidaires distincts des groupes ethno-racisés et des autres groupes en quête d’équité. Comme c’est souvent le cas, les programmes et les services ne sont pas suffisamment adaptés aux besoins.

However, some strides have been made in the right direction: the significant appointment of Canada’s first-ever mental health and addictions minister; launch of the wellness portal that not only shares information but also access to counsellors; the recent announcement to launch the 998 mental health crisis and suicide prevention hotline; ongoing development of national standards for mental health and substance use services in Canada; and convening meaningful dialogue among coroners and medical examiners to explore standardization of practices and collection of data.

But Canada needs more, and I would like to highlight four areas to improve the ongoing work related to the framework.

Cependant, il y a eu des avancées dans la bonne direction : l’importante nomination de la toute première ministre canadienne de la Santé mentale et des Dépendances; le lancement du portail sur le mieux-être qui permet non seulement d’échanger de l’information, mais aussi d’avoir accès à des conseillers; l’annonce récente du lancement de la ligne d’urgence 998 pour la santé mentale et la prévention du suicide; l’élaboration continue de normes nationales pour les services de santé mentale et de traitement des dépendances au Canada; et la tenue d’un dialogue important entre coroners et médecins légistes pour explorer la normalisation des pratiques et la collecte de données.

Cependant, le Canada a besoin de plus, et j’aimerais souligner quatre domaines pour améliorer le travail en cours lié au cadre. My first point is to ensure that the action plan has sufficient flexibility and investment allotted for communities to adapt implementation within their own unique contexts. A true framework must be implemented in partnership with those who are impacted by suicide or those who demonstrate a greater risk of suicidal ideation.

Since 2018, the commission has been working with several communities across Canada to implement a made-in-Canada, community-led approach to suicide prevention and life promotion, a model called Roots of Hope. Based on 13 guiding principles and 5 pillars of action, Roots of Hope is reducing stigma and raising public awareness, connecting communities to information and resources and accelerating the use of research and innovation in suicide prevention.

Today, Roots of Hope is being implemented in the entire provinces of Saskatchewan, New Brunswick, Newfoundland and Labrador and Yukon Territory, as well as in several other communities in Canada. Mon premier point est qu’il faut que le plan d’action soit suffisamment flexible et qu’il faut investir dans les communautés afin qu’elles puissent adapter la mise en œuvre à leur propre situation. Un véritable cadre doit être mis en œuvre en partenariat avec ceux qui sont touchés par le suicide ou ceux dont le risque d’idée suicidaire est le plus élevé.

Depuis 2018, la commission travaille avec plusieurs communautés de partout au Canada pour mettre en œuvre une approche de prévention du suicide et de promotion de la vie, élaboré au Canada par des communautés canadiennes un modèle nommé Enraciner l’espoir. Basé sur 13 principes directeurs et 5 piliers d’intervention, Enraciner l’espoir réduit la stigmatisation et sensibilise le public, connecte les communautés aux informations et aux ressources et accélère l’application de la recherche et de l’innovation à la prévention du suicide.

Aujourd’hui, Enraciner l’espoir est mis en œuvre à l’échelle de la province en Saskatchewan, au Nouveau- Brunswick, à Terre-Neuve-et-Labrador et au Yukon, ainsi que dans plusieurs autres communautés au Canada. My second point is about building a bigger kitchen table. As someone who belongs to the South Asian community, most of the supportive conversations in my culture take place at the kitchen table. Suicide prevention happens at homes, family doctors’ offices, workplaces, grocery stores, theatres, liquor stores and hockey rinks.

This is where training programs, workplace interventions and benefits, public campaigns and forming unique private-public partnerships can be effective. Mon deuxième point, c’est qu’il faut agrandir la table de cuisine. Je suis membre de la communauté sud-asiatique, et la plupart des conversations utiles, dans ma culture, ont lieu autour de la table de la cuisine. La prévention du suicide, ça se fait à la maison, dans le cabinet du médecin de famille, sur le lieu de travail, à l’épicerie, au théâtre ou au cinéma, au magasin d’alcool et à l’aréna.

C’est là que les programmes de formation, les interventions en milieu de travail et leurs avantages, les campagnes publiques et les partenariats secteur privé-secteur public peuvent être efficaces. My third point is about means safety. One of the most effective ways to prevent suicide is through means safety and means restriction. Through Roots of Hope, communities are paying special attention to the means being used and ensuring safe access to those. Examples include medication lock boxes and barriers to bridges, to name a few. Canada does not have Mon troisième point concerne la sécurité des moyens.

L’une des façons les plus efficaces de prévenir le suicide est d’assurer la sécurité et la restriction des moyens. Grâce à Enraciner l’espoir, les communautés accordent une importance particulière aux moyens utilisés et en assurent la sécurité. Cela comprend par exemple les boîtes de médicaments verrouillées et les barrières 25:18 Social Affairs, Science and Technology 20-10-2022

national guidelines related to means safety. Better coordination across all government departments, provinces and territories is needed to have a collective dialogue on this topic. sur les ponts, et ce ne sont que quelques exemples. Le Canada ne dispose pas de directives nationales relatives à la sécurité des moyens. Une meilleure coordination entre les ministères, les provinces et les territoires est nécessaire pour avoir un dialogue collectif sur ce sujet. My final point is around data.

Investing in timely access to informative data on suicide and suicidal behaviour will be a game changer for communities across Canada. Data plays a crucial role in identifying who is at risk, why, under what circumstances, how often, means used and where the opportunities for interventions and preventions lie. This must be a top priority, as lack of timely data connected across systems often means missed opportunities and lives lost. Mon dernier point porte sur les données.

Investir pour avoir un accès rapide à des données informatives sur le suicide et les comportements suicidaires changera la donne pour les collectivités de tout le Canada. Les données jouent un rôle crucial quand il s’agit de savoir qui est à risque, pourquoi, dans quelles circonstances, à quelle fréquence, quels moyens sont utilisés et où se trouvent les possibilités d’intervention et de prévention. Il doit s’agir d’une priorité absolue, car l’absence d’un accès rapide à des données tirées de plusieurs systèmes signifie souvent des occasions manquées et des vies perdues. Thank you for your time today.

Merci de m’avoir accordé du temps aujourd’hui. Kimberly Fairman, Executive Director, Institute for Circumpolar Health Research: Good morning, senators. Thank you for the opportunity to speak with you this morning. Kimberly Fairman, directrice générale, Institut de recherche en santé circumpolaire : Bonjour, sénatrices et sénateurs. Merci de me donner l’occasion de m’entretenir avec vous ce matin. I’m Nunavummiut. I live and work in Yellowknife in the Northwest Territories, the traditional territory of the Yellowknife Dene First Nation, the North Slave Métis and the Tlicho people.

I was trained as a nurse many years ago and nursed in the community as well as in the regional hospital here. I did many years of work with the federal and territorial governments, mostly in the area of community development. More recently, my work has been with the Institute for Circumpolar Health Research here in Yellowknife, focused on issues of community capacity building and community-based and community-led research in the area of health policy. I also do some work with the Canadian Society for Circumpolar Health. I’m a member of the CCA panel on the future of Arctic and northern research in Canada.

There will be a report coming out next year. Je suis une Nunavummiut. Je vis et travaille à Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest, le territoire traditionnel de la Première Nation dénée de Yellowknife, des Métis de North Slave et du peuple Tlicho. J’ai reçu une formation d’infirmière, il y a de nombreuses années, et j’ai travaillé dans la communauté ainsi qu’à l’hôpital régional. J’ai travaillé pendant de nombreuses années pour les gouvernements fédéral et territorial, principalement dans le domaine du développement communautaire.

Depuis peu, je travaille avec l’Institut de recherche en santé circumpolaire, ici à Yellowknife, et je m’occupe surtout des questions de renforcement des capacités communautaires, et de recherche communautaire dans le domaine des politiques sur la santé. Je travaille également avec la Société canadienne pour la santé circumpolaire. Je suis membre du comité d’experts Conseil des académies canadiennes sur l’avenir de la recherche dans l’Arctique et le Nord canadien. Un rapport sera publié l’année prochaine. I’m happy to be here this morning talking to you about the Federal Framework for Suicide Prevention.

As we know, suicide is a multifaceted public health issue. There’s a lot of recognition that we need a comprehensive approach to prevention. I’m not going to touch too much on or repeat a number of things you’ve heard already in terms of the issue, but I want to highlight the fact that Indigenous communities continue to be disproportionately impacted by suicide. Je suis heureuse d’être ici ce matin pour vous parler du Cadre fédéral de prévention du suicide. Comme nous le savons, le suicide est un problème de santé publique à multiples facettes.

Il est largement reconnu que nous avons besoin d’une approche globale en matière de prévention. Je ne vais pas trop aborder ou répéter un certain nombre de choses que vous avez déjà entendues sur le sujet, mais je veux souligner le fait que les communautés autochtones continuent d’être touchées de façon disproportionnée par le suicide. Briefly, I will talk about maybe four of the areas where I think the framework has some gaps or areas to think about moving forward.

En bref, je vais parler de quatre domaines dans lesquels je pense que le cadre présente des lacunes ou de domaines à prendre en compte avant d’aller plus loin. 20-10-2022 Affaires sociales, sciences et technologie 25:19

Potential problem areas are around the fact that decision makers lack guidance. You know that policy-makers, managers and clinicians really need strategic and practical guidance that’s applicable to their needs. Thinking about increasing Indigenous health and human resources, providing funding and grant opportunities to support leadership development in Indigenous communities and really educating about the issue will lead to clearer policies and a clearer sense of direction they need to take at that level in order to address the problem.

Les problèmes potentiels sont liés au fait que les décideurs manquent d’orientation. Vous savez que les décideurs, les gestionnaires et les cliniciens ont vraiment besoin de conseils stratégiques et pratiques applicables à leurs besoins.

Si l’on envisage d’augmenter les ressources humaines et sanitaires autochtones, d’offrir du financement et des subventions pour soutenir le développement du leadership dans les communautés autochtones et d’éduquer réellement les gens sur la question, on obtiendra des politiques plus claires et une orientation plus précise quant à la direction à prendre à ce niveau pour affronter le problème. Another thing I’ve heard from other witnesses but which is also something that I feel is very important to consider is that the priority-setting on this issue is a problem of justice.

There’s little or no consensus on how to appropriately distribute resources in a just fashion. Thinking about how to provide ongoing and equitable funding for community-designed and local interventions is key. In the North, in particular, which is where I have most of my lived and working experience, it is a focus on land-based practices for a number of reasons. One of the most important is the idea of cultural continuity and the link between individual identity and culture.

Une autre chose que d’autres témoins ont dite, mais qui me semble aussi très importante à considérer, c’est que l’établissement des priorités dans ce dossier est un problème de justice. Il n’y a pour ainsi dire aucun consensus sur la façon de distribuer les ressources équitablement. Il est essentiel de réfléchir à la manière de fournir un financement continu et équitable pour des interventions locales et conçues par les communautés. Dans le Nord, en particulier, où j’ai passé la plus grande

partie de ma vie professionnelle et personnelle, l’accent est mis sur les pratiques axées sur le territoire, pour un certain nombre de raisons. L’une des plus importantes est l’idée de continuité culturelle et le lien entre l’identité individuelle et la culture. Another problem or issue is one around the state of knowledge. It’s really hard to do complete analysis of the issue when there’s insufficient data and information about the actual incidence and some of the preventive measures that may have been employed.

Thinking about a pan-Northern suicide surveillance and monitoring system and really trying to get a clear understanding of the issue and the current state of what policy approaches are currently being used is important, through dialogue and trying to understand where there are clashes in values and how to really open up that conversation a little bit in terms of how it influences our priority setting. Another piece on that is the amount of funding available for research on the issue. Un autre problème ou enjeu concerne l’état des connaissances.

Il est vraiment difficile de faire une analyse complète de la question lorsqu’il n’y a pas suffisamment de données et d’informations sur l’incidence réelle et certaine des mesures préventives qui ont pu être utilisées. Il serait important de penser à un système de surveillance et de contrôle du suicide pannordique et d’essayer de bien comprendre le problème et l’état actuel des approches stratégiques utilisées, et on peut le faire grâce au dialogue.

Il faut aussi essayer de comprendre où sont les conflits de valeur et comment ouvrir un peu la conversation sur la façon dont cela influence l’établissement de nos priorités. Un autre élément est le montant du financement disponible pour la recherche sur la question.

The last point I would make in terms of potential problems that exist is that there are no explicit policies for consistency, transparency and accountability and being able to have those policies, as other witnesses have said, address cultural, linguistic and geographic context, and improved communication between care providers in the North, because people are often medevaced and the information for care is not available, so specific policies around privacy legislation and those sorts of things need to be a component of the possible solutions.

Le dernier point que je voudrais soulever en ce qui concerne les problèmes potentiels est le fait qu’il n’y a pas de politiques explicites en matière de cohérence, de transparence et de reddition de comptes, et que les politiques éventuelles, comme d’autres témoins l’ont dit, devraient tenir compte du contexte culturel, linguistique et géographique; il faut aussi améliorer les communications entre les fournisseurs de soins dans le Nord, parce que, quand les gens sont évacués l’information sur les soins n’est pas toujours disponible.

Il faut donc intégrer aux solutions possibles des politiques spécifiques sur la protection des renseignements personnels, et ainsi de suite. I’ll stop there. I really appreciate having the opportunity to address the committee this morning. Je vais m’arrêter ici. J’apprécie vraiment d’avoir l’occasion de m’adresser au comité ce matin. 25:20 Social Affairs, Science and Technology 20-10-2022

The Chair: Thank you very much to both our witnesses. We will start our questions with Senator Bovey, the deputy chair of our committee. La présidente : Merci beaucoup à nos deux témoins. Nous allons commencer nos questions avec la sénatrice Bovey, la vice- présidente de notre comité. Senator Bovey: I’d like to thank both our witnesses. I very much appreciate your perspectives. La sénatrice Bovey : Je tiens à remercier nos deux témoins. J’apprécie beaucoup vos perspectives. Ms. Fairman, you talked about the link between identity and culture and the importance of culture and roots, which links me to Ms.

Chunilall’s comments about Roots of Hope. She also mentioned a community-led approach, and there’s not enough of that in the framework. My one question to both of you is this: When we talk about research, which you both have, and when we talk about hope, which you both have, and that link of community and culture, how would you put that into the framework so that it’s succinct, meaningful and has the force you believe it should have?

Madame Fairman, vous avez parlé du lien entre l’identité et la culture et de l’importance de la culture et des racines, ce qui me ramène aux commentaires de Mme Chunilall sur Enraciner l’espoir, qui a également parlé d’une approche communautaire, qui n’est pas assez présente dans le cadre.

La question que je vous pose à toutes les deux est la suivante : lorsque nous parlons de recherches, ce que vous avez fait toutes les deux, et lorsque nous parlons d’espoir, que vous avez toutes les deux, et de ce lien entre la communauté et la culture, comment pourriez-vous intégrer cela dans le cadre afin qu’il soit bref, significatif et aussi solide que vous pensez qu’il devrait être? Ms. Chunilall: Thank you so much for your question. Mme Chunilall : Merci beaucoup de votre question.

In order to put that language strongly within the framework, we have to acknowledge that communities have a lot of strengths that they bring to the table already. One of the experiences we’ve had with Roots of Hope is that the process to implement that model into a community first begins by the community stakeholders and community partners coming to the table, the ones who we have long-standing relationships with but also new partners. It is really to identify where the strengths lie within that community and then to assess where the community is currently perhaps not doing well.

From there, those strengths-based approaches and gaps can be filled. The emphasis needs to be on learning from what’s working well and building partnerships that are unique and new to create a community-led approach as part of the prevention. Pour que ce vocabulaire soit solidement ancré dans le cadre, nous devons reconnaître que les communautés ont déjà beaucoup de forces et qu’elles les mettent à contribution.

L’une des expériences que nous avons vécues avec Enraciner l’espoir, c’est que le processus de mise en œuvre du modèle, dans une communauté, commence d’abord par l’arrivée à la table des intervenants et des partenaires de la communauté, des gens avec qui nous avons des relations de longue date, mais aussi des nouveaux partenaires. Il s’agit vraiment de cerner les points forts de la communauté, puis d’évaluer ses points un peu plus faibles. À partir de là, on peut utiliser les approches fondées sur les forces et combler les faiblesses.

L’accent doit être mis sur l’apprentissage de ce qui fonctionne bien et sur la création de partenariats uniques et nouveaux afin d’élaborer une approche communautaire dans le cadre de la prévention. Ms. Fairman: Just to build on that, to put it succinctly into a framework, it’s really around, in the first case, social equity, which is having the ability to address these social and health disparities that exist and create social inequity. It is linking interventions to the social determinants of health.

In the North in particular, those are issues that will not be unfamiliar to people, such as housing, employment, education and mental wellness. Mme Fairman : Pour aller plus loin, et pour le présenter succinctement dans le cadre, il s’agit en fait, dans le premier cas, d’équité sociale, c’est-à-dire la capacité de nous attaquer aux disparités sociales et aux inégalités en santé qui existent et qui créent des inégalités sociales. Il s’agit de lier les interventions aux déterminants sociaux de la santé.

Dans le Nord, en particulier, il s’agit d’enjeux qui ne sont pas inconnus des gens, comme le logement, l’emploi, l’éducation et le bien-être mental. I think a key component — maybe just building on previous witnesses’ comments — is to provide sustainable funding for established community-designed interventions. It could be something like healthy child and family development, youth resilience programs, mental wellness programs — anything that has the potential to be scaled up at the community and then even regional levels.

It’s important that those types of programs have sustainable funding in order for us to see the benefit over the long term. Je pense que l’élément clé — peut-être pour donner suite aux commentaires des témoins précédents — est de fournir un financement durable pour les interventions existantes conçues par la communauté. Cela pourrait être quelque chose comme le développement sain de l’enfant et de la famille, les programmes de résilience des jeunes, les programmes de bien-être mental — tout ce qui a le potentiel d’être mis en œuvre à l’échelle de la communauté et même à l’échelle régionale.

Il est important que ces types de programmes disposent d’un financement durable afin que nous puissions en voir les avantages à long terme. 20-10-2022 Affaires sociales, sciences et technologie 25:21

I also want to emphasize the importance of culture, language and way of life for Indigenous people as something that has been disrupted by colonial systems and need to be reestablished as elements of identity that need to be supported. J’aimerais également souligner l’importance de la culture, de la langue et du mode de vie pour les peuples autochtones qui ont été perturbés par les systèmes coloniaux et qui doivent être rétablis, car ce sont des éléments d’identité qu’il faut soutenir. Senator Bovey: Thank you. La sénatrice Bovey : Merci. Senator Patterson: Thank you to both witnesses. It’s great to see you, Ms.

Fairman. Le sénateur Patterson : Merci aux deux témoins. C’est un plaisir de vous voir, madame Fairman. I’d like to direct my question to the Mental Health Commission of Canada, which was actually created as a result of work of a Senate committee and its recommendations. We’ve heard in our study of the suicide framework that many of our rehabilitation programs are not effective. They have very poor success rates.

We’ve heard from witnesses working in Indigenous communities that what is needed is Indigenous-led, trauma-informed, culturally appropriate services for Indigenous people to have more effective treatment and rehabilitation programs. I note that Budget 2022 has assigned, if I understand correctly, $228 million through the Mental Health Commission of Canada towards doing exactly that, creating trauma-informed, culturally appropriate, Indigenous-led services. Ms. Chunilall, could you please tell us what the plans are for this money and how it’s going to be deployed towards that worthwhile goal? Thank you.

J’aimerais adresser ma question à la Commission de la santé mentale du Canada, qui a en fait été créée à la suite des travaux d’un comité sénatorial et de ses recommandations. On a entendu dire, pendant notre étude sur le cadre de prévention du suicide, que bon nombre de nos programmes de réadaptation ne sont pas efficaces. Ils ont des taux de réussite très faibles.

Des témoins travaillant dans les communautés autochtones nous ont dit que ce qu’il faut, ce sont des services dirigés par des Autochtones, tenant compte des traumatismes et adaptés à leur culture, pour que les Autochtones aient des programmes de traitement et de réadaptation plus efficaces. Je note que le budget de 2022 a affecté, si j’ai bien compris, 228 millions de dollars par l’entremise de la Commission de la santé mentale du Canada pour faire exactement cela, créer des services tenant compte des traumatismes et de la culture et dirigés par des Autochtones.

Madame Chunilall, pourriez-vous nous dire quels sont les plans, pour cet argent, et comment il sera distribué pour atteindre cet important objectif? Merci. Ms. Chunilall: Thank you, senator, for your question. Mme Chunilall : Merci, monsieur le sénateur, de votre question. Roots of Hope is embedded in communities, and many of the communities that we have been working with represent Indigenous populations.

We have been working with Edmonton, which houses the largest urban Indigenous population in Canada, the Yukon Territory, as I mentioned, many communities out in Saskatchewan and in Nunavut and Iqaluit, where we have been working with communities as well. Really, where suicide prevention is working in those communities with respect to Roots of Hope is that it gives them adaptability and flexibility to put culturally appropriate interventions in place in those communities, as well as make sure that they are monitoring the programming that’s working in that context and what that looks like.

We have done a lot of work where we’ve co-created products that are awareness pieces and training approaches within those communities and in those specific languages. For example, we have created products in Cree and Inuktitut, and they have been very well received to address the needs of the communities in that moment. Enraciner l’espoir est ancré dans les communautés, et bon nombre des communautés avec lesquelles nous avons travaillé représentent des populations autochtones.

Nous avons travaillé avec Edmonton, qui abrite la plus grande population autochtone urbaine du Canada, avec le territoire du Yukon, comme je l’ai mentionné, avec de nombreuses communautés de la Saskatchewan, au Nunavut et à Iqaluit, où nous avons également travaillé avec des communautés.

En réalité, si le programme de prévention du suicide proposé par Enraciner l’espoir fonctionne dans ces communautés, c’est parce qu’il leur donne la possibilité de l’adapter et d’élaborer des interventions culturellement appropriées et que les communautés peuvent surveiller les programmes qui fonctionnent dans ce contexte et voir à quoi cela ressemble. Nous avons réalisé de nombreux travaux dans lesquels nous avons cocréé des produits de sensibilisation et des approches de formation pour ces communautés dans les langues concernées.

Par exemple, nous avons créé des produits en cri et en inuktitut, et ils ont été très bien reçus parce qu’ils répondaient aux besoins des communautés à ce moment-là. When it comes to the Mental Health Commission of Canada, as you know, we are funded primarily by Health Canada, where we have programming across all aspects of mental health for Canadians.

Our programming touches upon Indigenous people and collaborates with Indigenous people in a very meaningful En ce qui concerne la Commission de la santé mentale du Canada, comme vous le savez, nous sommes financés principalement par Santé Canada, et nous avons des programmes qui couvrent tous les aspects de la santé mentale des Canadiens. Nos programmes touchent les peuples autochtones et nous 25:22 Social Affairs, Science and Technology 20-10-2022

way with regard to the Suicide Prevention Framework, but at the same time, around e-mental health, around workplace mental health and around cannabis and mental health. There’s a lot of work currently being done in many aspects of the Mental Health Commission of Canada to meet the needs of Indigenous populations and to really work with them to learn from them and to help us understand what they need and where the interventions work best in their communities and contexts. collaborons avec eux de manière très importante en ce qui concerne le Cadre de prévention du suicide, mais aussi la santé mental

Document details

CollectionSenate Committees
CitationSOCI / Evidence / 25ev-55742
Typecommittee
Volume / chapter441 / Evidence / 25ev-55742
Languageen
Formatpdf
SourceCOMM_SEN
Identifier99b471d062f38d05f6e751719dde76c11e63a43f

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