Senate Committee — RIDR — Evidence — 45ev-56447

RIDR / Evidence / 45ev-56447

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Senate Committee — RIDR — Evidence — 45ev-56447

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EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Monday, November 6, 2023 OTTAWA, le lundi 6 novembre 2023 The Standing Senate Committee on Human Rights met with videoconference this day at 4:37 p.m. [ET] to examine such issues as may arise from time to time relating to human rights generally. Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se réunit aujourd’hui, à 16 h 37 (HE), avec vidéoconférence, pour examiner les questions qui pourraient survenir concernant les droits de la personne en général. Senator Salma Ataullahjan (Chair) in the chair.

La sénatrice Salma Ataullahjan (présidente) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Chair: Honourable senators, I am Salma Ataullahjan, a senator from Toronto and chair of this committee. Today we are conducting a public hearing of the Standing Senate Committee on Human Rights. La présidente : Honorables sénatrices, je suis Salma Ataullahjan, sénatrice de Toronto et présidente du comité. Aujourd’hui, nous tenons une audience publique du Comité sénatorial permanent des droits de la personne. I will now invite my honourable colleagues to introduce themselves.

J’inviterai maintenant mes honorables collègues à se présenter. Senator Omidvar: Ratna Omidvar from Ontario. La sénatrice Omidvar : Ratna Omidvar, de l’Ontario. Senator Hartling: Nancy Hartling from New Brunswick. La sénatrice Hartling : Nancy Hartling, du Nouveau- Brunswick. [Translation] [Français] Senator Gerba: Amina Gerba from Quebec. La sénatrice Gerba : Amina Gerba, du Québec. [English] [Traduction] Senator Jaffer: Mobina Jaffer from British Columbia. La sénatrice Jaffer : Mobina Jaffer, de la Colombie- Britannique. Senator Lankin: Frances Lankin from Ontario.

La sénatrice Lankin : Frances Lankin, de l’Ontario. The Chair: Thank you, colleagues. La présidente : Merci, chères collègues. Welcome to those who are following our deliberations. I must apologize to the witnesses and those watching online. It seems I can’t get into Ottawa even if I am on a 2 p.m. flight. I can’t get in on time. I had also committed to an interview. I apologize for being late. Bienvenue à ceux qui suivent nos délibérations. Je dois m’excuser auprès des témoins et des personnes qui nous regardent en ligne. Il me semble que je ne puisse pas me rendre à Ottawa même si je prends un vol à 14 heures.

Je ne peux pas arriver à temps. Je m’étais également engagée à réaliser une entrevue. Je m’excuse d’être en retard. Before we start our official proceedings, there is a housekeeping motion that I would like to have someone introduce. The motion is the following: Avant que nous ne commencions nos travaux officiels, j’aimerais que quelqu’un présente une motion d’ordre administratif.

La motion est la suivante : That notwithstanding usual practice, pursuant to rule 12-17, the committee be authorized to hold this afternoon’s meeting without quorum if necessary for the purpose of receiving evidence, provided that two committee members are present. Que, nonobstant la pratique habituelle, conformément à l’article 12-17, le comité soit autorisé à tenir la réunion de cet après-midi sans quorum, si cela s’avère nécessaire, pour recevoir des témoignages, à condition que deux membres du comité soient présents. Colleagues, are we all in favour? Thank you. Chères collègues, sommes-nous toutes en faveur?

Merci. I declare the motion carried. Je déclare la motion adoptée. 6-11-2023 Droits de la personne 45:1

Today, our committee will continue its study on forced global displacement under its general order of reference. We intend to hear from experts and stakeholders on a wide range of issues relating to human rights impacts around the world. Aujourd’hui, notre comité poursuivra son étude des déplacements forcés dans le monde dans le cadre de son ordre de renvoi général. Nous avons l’intention d’entendre des experts et des parties prenantes sur un vaste éventail de questions concernant les répercussions sur les droits de la personne dans le monde.

Topics may include the effects of displacement on children, the efficacy of the Global Compact on Refugees, also known as the Global Compact, new and emerging mechanisms for financial support, the role of private sponsorship, the impacts of climate change and Canada’s international role in curbing forced displacement while supporting refugees.

Les sujets pourraient comprendre les effets des déplacements sur les enfants, l’efficacité du Pacte mondial sur les réfugiés, également appelé Pacte mondial, des mécanismes de soutien financier nouveaux et émergents, le rôle du parrainage privé, les répercussions des changements climatiques et le rôle international du Canada dans la réduction des déplacements forcés tout en soutenant les réfugiés. This afternoon we shall have three panels. In each panel we shall hear from the witnesses, then the senators will have a question-and-answer session. Cet après-midi, nous recevrons trois groupes de témoins.

Dans chaque groupe, nous entendrons les témoins, puis les sénatrices auront une période de questions et de réponses. I will now introduce our first panel. Our witnesses have been asked to make a five-minute opening statement. Je vais maintenant présenter notre premier groupe de témoins. Nos témoins ont été invités à présenter une déclaration liminaire de cinq minutes. I wish to welcome our first witnesses, who are both in person with us today. I thank you, gentlemen. We have Craig Damian Smith, Co-Founder, Executive Director and Principal Investigator, Pairity; and James C.

Hathaway, Professor of Law, Founding Director of the Program in Refugee and Asylum Law, University of Michigan. Je tiens à accueillir nos premiers témoins, qui comparaissent tous deux en personne aujourd’hui. Je vous remercie, messieurs. Il s’agit de Craig Damian Smith, cofondateur, directeur exécutif et responsable de la recherche, Pairity; et de James C. Hathaway, professeur de droit, directeur fondateur du Programme de protection des réfugiés et du droit d’asile, Université du Michigan. I now invite Mr. Smith to make his presentation, followed by Professor Hathaway. J’invite maintenant M.

Smith à présenter son exposé, suivi de M. Hathaway. Craig Damian Smith, Co-Founder, Executive Director and Principal Investigator, Pairity: Thank you very much for having me and giving me the opportunity to contribute to this study. By way of background, I left my position at the university about a year ago to work directly on this project called Pairity which I founded with other academics and rights experts and data scientists.

Our mission there is to apply data and technology and academic research interventions to help scale refugee resettlement and community sponsorship, to improve matching and placement and also to measure outcomes around the integration of refugee newcomers and social cohesion with receiving communities. We work with all levels of government, with a focus on facilitating solutions to global displacement problems. Craig Damian Smith, cofondateur, directeur exécutif et responsable de la recherche, Pairity : Merci beaucoup de me recevoir et de m’offrir la possibilité de contribuer à l’étude. À

titre d’information, j’ai quitté mon poste à l’université il y a environ un an pour travailler directement sur le projet Pairity, que j’ai fondé avec d’autres universitaires et avec des experts en droits et des scientifiques des données.

Notre mission est d’appliquer les données et la technologie ainsi que les interventions en matière de recherche universitaire pour aider à élargir la réinstallation des réfugiés et le parrainage communautaire, améliorer les jumelages et les placements et mesurer les résultats concernant l’intégration des nouveaux arrivants réfugiés et la cohésion sociale avec les collectivités d’accueil. Nous travaillons avec tous les ordres de gouvernement, en mettant l’accent sur la recherche de solutions aux problèmes liés aux déplacements dans le monde.

You’ve already heard and will hear from experts who are going to diagnose the big-picture problems, and I’m happy to talk about that afterwards. I want to focus on how innovations in Vous avez déjà entendu et vous entendrez des experts qui vont diagnostiquer les problèmes à grande échelle, et je serai heureux d’en parler par la suite. Je veux me concentrer sur la façon dont 45:2 Human Rights 6-11-2023

tech can help meet big goals of additionality and responsibility sharing that are at core norms of the international refugee regime. les innovations technologiques peuvent permettre d’atteindre les grands objectifs d’additionnalité et de partage des responsabilités qui sont au cœur des normes du régime international des réfugiés.

I want to start with this observation that Global North states, including rich states like Canada, the U.S., a range of EU member states and the U.K., are all piloting various forms of community sponsorship and complementary pathways, including labour pathways, education pathways and family reunification for refugees, many of which draw inspiration or direct support from Canada’s successful models here.

Je veux commencer par l’observation selon laquelle les États des pays du Nord, y compris les États riches comme le Canada, les États-Unis, divers États membres de l’Union européenne et le Royaume-Uni, mettent tous à l’essai diverses formes de parrainage communautaire et des voies complémentaires, y compris des voies d’accès à la main-d’œuvre, des voies d’accès à l’éducation et la réunification familiale pour les réfugiés, dont bon nombre sont inspirées ou appuyées directement par les modèles réussis du Canada.

Over the past few years at Pairity, we’ve been engaging with a range of organizations and governments to understand what the practical barriers are to scaling up those programs and meeting obligations that states have set for themselves under agreements like the Global Compact on Refugees. What we’ve found, in a nutshell, is that the major barriers are regulatory and visa barriers and things like processing timelines, which are not news to people who follow immigration in Canada, but also the absence of coordination among destination states that draw from the same pools or populations of displaced people.

Chez Pairity, au cours des dernières années, nous avons ouvert le dialogue avec un éventail d’organisations et de gouvernements afin de comprendre quels sont les obstacles pratiques à l’agrandissement de ces programmes et au respect des obligations que les États se sont fixées dans le cadre d’ententes comme le Pacte mondial sur les réfugiés.

Nous avons découvert, en gros, que les obstacles majeurs sont d’ordre réglementaire, comme des obstacles à l’obtention de visas et les délais de traitement, par exemple, ce qui n’est rien de nouveau pour les gens qui suivent l’immigration au Canada, mais également l’absence de coordination entre les États de destination, qui puisent dans les mêmes bassins ou populations de personnes déplacées. In particular, there is little to no cooperation between rich states on how to engage with displaced people in third countries, so in countries of asylum, and this is a problem that we call front-end recruitment.

There is little to no consideration of refugees’ preferences or their attributes or their capacities vis‑à‑vis all of these different pathways that are emerging across a variety of destination states. En particulier, il y a peu de coopération, voire aucune, entre les États riches concernant la façon de mobiliser les personnes déplacées dans les pays tiers — les pays d’asile — et c’est un problème que nous appelons le recrutement en amont.

Il y a peu de considération voire aucune pour ce qui est des préférences des réfugiés ou de leurs attributs ou capacités à l’égard de toutes ces voies d’accès différentes qui émergent dans divers États de destination. There is a lack of coordination among destination states to make the best possible placements, and this is something we call back-end vetting and sorting. Neither is there cooperation among receiving states to track and compare how successful resettlement pathways are to understand post-arrival outcomes and to optimize and improve cooperation over time.

Il y a un manque de coordination entre les États de destination pour ce qui est de garantir les meilleurs placements possible, et c’est quelque chose que nous appelons la vérification et le tri en aval. Il n’y a pas non plus de coopération entre les États d’accueil pour suivre et comparer la réussite des voies d’accès à la réinstallation afin de comprendre les résultats après l’arrivée et d’optimiser et d’améliorer la coopération au fil du temps. Many of the problems can be addressed by harnessing available technology and available data interventions and funding new innovations.

Nous pouvons régler bon nombre des problèmes en mettant à profit la technologie disponible et les interventions accessibles en matière de données tout en finançant de nouvelles innovations. We should also recognize that there is a lot of academic and policy literature on the use of data and technology in migration governance, much of which is dominated by a techno-skeptical approach, and this is pretty well-founded approach, particularly because states primarily use technology to control and prevent rather than facilitate migration. Canada is also a leader there.

On Nous devrions également reconnaître qu’il existe beaucoup de documents universitaires et stratégiques sur l’utilisation des données et de la technologie dans la gouvernance des migrations, dont la plupart sont dominés par une approche technosceptique, et il s’agit d’une approche assez bien fondée, en particulier parce que les États utilisent principalement la technologie pour 6-11-2023 Droits de la personne 45:3

the other hand, really techno-optimistic people ignore refugee protection and safeguarding. They ignore some of the pitfalls of applying data and tech to humanitarian situations. Then there are real-world, on-the-ground, nuts-and-bolts problems around refugee digital literacy and ways that you can engage displaced populations. contrôler et prévenir plutôt que pour faciliter la migration. Le Canada est également un chef de file dans ce domaine. Par ailleurs, les personnes vraiment techno-optimistes ne tiennent pas compte de la sauvegarde et de la protection des réfugiés.

Elles ne tiennent pas compte de certains des écueils liés à l’application des données et des technologies aux situations humanitaires. Ensuite, il y a des problèmes concrets et pratiques sur le terrain concernant la littéracie numérique des réfugiés et les façons de mobiliser les populations déplacées. Our work shows that there is a middle path that’s possible that can harness data and tech while overcoming these hurdles.

It is not only possible but achievable to optimize access to and outcomes of existing programs and then provide evidence for the kind of policy-relevant data and evidence that would help politicians scale these programs. Dans le cadre de notre travail, nous avons démontré qu’il est possible d’utiliser une voie intermédiaire qui peut mettre à profit les données et la technologie tout en permettant de surmonter ces obstacles.

Il est non seulement possible, mais réalisable, d’optimiser l’accès aux programmes existants et leurs résultats, puis de fournir le type de données et de preuve pertinentes pour les politiques, ce qui aiderait les politiciens à étendre ces programmes. Canada is already a global policy leader in terms of per capita refugee settlement, community sponsorship, and complementary pathways. Canada piloted the Economic Mobility Pathways Pilot, or EMPP. Canada is the home of the World University Service of Canada. Investing in innovation in this regard is really low-hanging fruit.

It’s not politically difficult to do, and it can have outsized impacts as well that can help fulfill some of the promises of the Global Compact on Refugees, specifically around additionality and responsibility sharing. It can create new venues for international cooperation between destination states and host states and offer tangible opportunities for displaced people that might, in turn, help reduce demand for irregular mobility.

Le Canada est déjà un chef de file mondial en matière de politiques pour ce qui est de l’établissement des réfugiés par habitant, du parrainage communautaire et des voies d’accès complémentaires. Le Canada a mis à l’essai le Projet pilote sur la voie d’accès à la mobilité économique, ou PVAME, et est le siège de l’Entraide universitaire mondiale du Canada. Investir dans l’innovation à cet égard est vraiment à notre portée.

Ce n’est pas difficile à faire sur le plan politique, et cela peut aussi avoir des répercussions énormes qui peuvent aider à remplir certaines des promesses du Pacte mondial sur les réfugiés, en particulier en ce qui concerne l’additionnalité et le partage des responsabilités. Cela peut créer de nouvelles possibilités de coopération internationale entre les États de destination et les États d’accueil et offrir des possibilités concrètes aux personnes déplacées, ce qui pourrait contribuer à réduire la demande de mobilité irrégulière.

I’ll end by saying that irregular mobility is not only primarily dangerous for migrants, but it funds transnational criminal groups, it drives outsized spending for ineffective border controls and containment policies, it undermines public sentiment around immigration and asylum systems, and it can bolster nativist populist parties in liberal democracies. There are very real things that Canada and its partners internationally can do to offer alternatives to that. Thank you.

Pour terminer, je dirai que la mobilité irrégulière est non seulement essentiellement dangereuse pour les migrants, mais en plus, elle finance les groupes criminels transnationaux, entraîne des dépenses démesurées pour des contrôles frontaliers et des politiques de confinement inefficaces, mine le sentiment du public à l’égard des systèmes d’immigration et d’asile, et peut soutenir les partis populistes nativistes dans les démocraties libérales. Il y a des choses très concrètes que le Canada et ses partenaires internationaux peuvent faire pour offrir des solutions de rechange. Je vous remercie.

The Chair: Thank you very much, Mr. Smith. La présidente : Merci beaucoup, monsieur Smith. [Translation] [Français] James C. Hathaway, Professor of Law, Founding Director of the Program in Refugee and Asylum Law, University of Michigan, as an individual: Thank you for giving me the opportunity to appear before the committee. I am pleased to be back in my country. It’s wonderful! James C. Hathaway, professeur de droit, directeur fondateur du Programme de protection des réfugiés et du droit d’asile, Université du Michigan, à

titre personnel : Je vous remercie de me donner l’occasion de comparaître devant le comité. Je suis heureux d’être de retour dans mon pays. C’est formidable! 45:4 Human Rights 6-11-2023

[English] [Traduction] I have been asked to share some comments with you on the UN’s Global Compact on Refugees. In a nutshell, it’s too little, too late. It’s what lawyers would call an agreement to agree. It has lots and lots of meetings, but to this point it has, in my view, no substance. On m’a demandé de vous faire part de quelques commentaires concernant le Pacte mondial sur les réfugiés des Nations unies. En gros, c’est trop peu, trop tard. C’est ce que les avocats appelleraient un accord d’entente future. Il y a beaucoup de réunions, mais jusqu’à maintenant, à mon avis, il n’y a aucune substance.

Sadly, it’s the only game in town on the global front. So I do recommend that Canada engage it, but I want to suggest to you, senators, that I believe we can and should engage the process in a way that gets it out of the talk-shop mode that it has languished in to this point and becomes a real engine for action on the ground, which, of course, is what matters to refugees. Malheureusement, il n’y a pas d’autres options sur la scène mondiale.

Je recommande donc que le Canada y participe, mais je veux vous dire, mesdames les sénatrices, que je pense que nous pouvons et devrions nous engager dans ce processus de manière à ce qu’il sorte de la phase de discussion dans laquelle il traîne jusqu’à maintenant et qu’il devienne un véritable moteur d’action sur le terrain, ce qui, bien sûr, est important pour les réfugiés. Specifically, there is nothing wrong with the current 1951 Refugee Convention’s definition of a refugee. It works well.

There is nothing wrong with the catalogue of rights that it gives refugees, rights of empowerment, by and large, that work quite well when respected. The drafters of the treaty knew, even in 1951, that there was a missing third leg, and that’s what the Global Compact on Refugees was supposed to fix and hasn’t. It is to create a mechanism to actually operationalize the global system in a way that is equitable and predictable for all countries. That should be the Canadian goal. En particulier, il n’y a rien de mal dans la définition actuelle de réfugié dans la Convention relative aux réfugiés de 1951.

Elle fonctionne bien. Il n’y a rien de mal avec le catalogue des droits qu’elle confère aux réfugiés, des droits à l’autonomisation, en général, qui fonctionnent très bien lorsqu’ils sont respectés. Les rédacteurs du traité savaient, même en 1951, qu’il manquait une troisième étape, et c’est ce que le Pacte mondial sur les réfugiés était censé régler, mais ne l’a pas fait. Il s’agit de créer un mécanisme pour opérationnaliser le système mondial de façon équitable et prévisible pour tous les pays. Cela devrait être l’objectif du Canada.

A project that I led at York University some 20 years before the Global Compact on Refugees devised a model that I want briefly to speak to that has two virtues. Number one, it is an insurance model that enables all states to know their interests will be protected even as protection is routinely afforded; and, number two — I want to suggest this particularly in this moment in our history — it is a cost-neutral model. It costs not one dollar more than what we’re already spending.

Un projet que j’ai dirigé à l’Université York quelque 20 ans avant le Pacte mondial sur les réfugiés a conçu un modèle dont je veux parler brièvement et qui a deux vertus. Premièrement, il s’agit d’un modèle d’assurance qui permet à tous les États de savoir que leurs intérêts seront protégés, même s’il s’agit d’une protection habituelle. Deuxièmement — je tiens à le dire en particulier à ce moment-ci de notre histoire —, il s’agit d’un modèle à coût neutre. Il ne coûte pas un dollar de plus que ce que nous dépensons déjà.

We need to shift to a model of common but differentiated responsibility at the global level and away from this atomized, one-by-one, every state does it for itself model. Spending in just rich countries is more $20 billion every year, just to assess refugee claims, which is four times what we have available to meet the needs of the 80% of refugees in the Global South. I think that is a travesty and immoral, and I believe Canada has what it takes to lead us out of that mess.

Nous devons passer à un modèle de responsabilité commune, mais différenciée à l’échelle mondiale et nous éloigner de ce modèle atomisé, individuel, où chaque État fait les choses pour lui-même. Les dépenses dans les seuls pays riches représentent plus de 20 milliards de dollars par année, rien que pour évaluer les demandes d’asile, soit quatre fois ce que nous avons pour répondre aux besoins des 80 % de réfugiés dans les pays du Sud. Je pense que c’est une parodie et que c’est immoral, et je crois que le Canada a ce qu’il faut pour nous sortir de ce pétrin.

The project I led basically thought there were four main problems with the refugee system. Dans le cadre du projet que j’ai mené, on croyait essentiellement qu’il y avait quatre principaux problèmes avec le système de détermination de l’asile. The first is barriers to access to asylum. Believe it or not, the Global Compact, the UN’s much-vaunted achievement, does not even mention the word “access” to protection anywhere. What Le premier concerne les obstacles à l’accès à l’asile. Croyez-le ou non, le Pacte mondial, la réalisation tant vantée des Nations unies, ne mentionne nulle

part le mot « accès » à la protection. À 6-11-2023 Droits de la personne 45:5

good is a system if you can’t get to it, or if you have to mortgage your future to traffickers or smugglers? quoi sert un système si vous ne pouvez pas y accéder ou si vous devez hypothéquer votre avenir auprès de trafiquants ou de passeurs? The second problem we sought to address is warehousing. Today, more than a third of refugees are still stuck in refugee camps. Roughly another third are stuck in urban slums without the ability to work or feed their families. This is as immoral as one can imagine. Le deuxième problème que nous avons cherché à régler est celui de l’entreposage.

Aujourd’hui, plus d’un tiers des réfugiés sont toujours coincés dans des camps de réfugiés. Un autre tiers environ sont coincés dans des bidonvilles, sans possibilité de travailler ou de nourrir leur famille. Cette situation est on ne peut plus immorale. Third, the financial waste that I just described, that we’re throwing away $20 billion a year just in rich countries to assess the claims of less than 20% of the refugees who get to us, which is four times what is available to meet the needs of the 80% in the Global South.

Le troisième problème concerne le gaspillage financier que je viens de décrire, à savoir que nous gaspillons 20 milliards de dollars par année dans les seuls pays riches pour évaluer les demandes de moins de 20 % des réfugiés qui nous parviennent, soit quatre fois plus que ce qui est disponible pour répondre aux besoins des 80 % dans les pays du Sud.

And the final problem, which to my mind is the biggest problem that just never gets talked about, is that, today, two out of every three refugees are in what is called “protracted refugee situations,” meaning that their situation has gone on for at least 20 years with no end in sight. That number — and I just looked it up last night in preparation for meeting with you — has gone up from 16 million to 24 million just in the last four or five years. Of those 24 million people whose lives have been put on hold, only a paltry 120,000, less than one half of one per cent, get resettled in a given year.

In my view, an essential part of what should be the protection regime is treated as nothing more than an optional add-on, and we would be better with a system at which it is at the core. Et le dernier problème, qui, selon moi, est le plus important et celui dont on ne parle jamais, c’est qu’aujourd’hui, deux réfugiés sur trois se trouvent dans ce que l’on appelle des « situations de réfugiés prolongées », ce qui signifie que leur situation dure depuis au moins 20 ans sans qu’on en voie la fin.

Ce chiffre — et je l’ai vérifié hier soir en prévision de ma rencontre avec vous — est passé de 16 à 24 millions au cours des quatre ou cinq dernières années. Sur les 24 millions de personnes dont la vie a été mise en attente, seulement 120 000, soit moins d’un demi pour cent, sont réinstallés au cours d’une année donnée. À mon avis, un élément essentiel de ce qui devrait être le régime de protection n’est rien de plus qu’un ajout facultatif, et nous serions mieux avec un système où il est au cœur.

I will just quickly mention the five points in the system, and then I’ll await your questions about why we might want to go down this road. Je vais mentionner rapidement les cinq points du système, puis j’attendrai vos questions sur les raisons pour lesquelles nous pourrions vouloir nous engager dans cette voie. The first point is that we would treat the point of arrival simply as the entry point into the international system. There would be no assumption that because you arrive in Canada you would stay here. This is a safe point of entry into a global system.

By severing that cord, we get rid of the incentives for smugglers and traffickers because they have no immigration results to sell. It also means that the refugee who crosses the border from Sudan or the one able to afford a trip to Toronto is treated the same. Le premier point, c’est que nous traiterions le point d’arrivée simplement comme le point d’entrée dans le système international. Il n’y aurait pas de présomption selon laquelle parce que vous arrivez au Canada, vous y resteriez. Il s’agit d’un point d’entrée sûr dans un système mondial.

En coupant ce cordon, nous éliminons les incitatifs pour les passeurs et les trafiquants, car ils n’ont pas de résultats en matière d’immigration à vendre. Cela signifie également que le réfugié qui traverse la frontière depuis le Soudan ou celui qui a les moyens de se rendre à Toronto est traité de la même manière. The second is quick normally group-based assessment of status. To put it simply, we do not need a $25,000 hearing to figure out that an Afghan woman is a refugee. Most refugees do not require the bells and whistles system that we have.

Le deuxième est une évaluation rapide du statut, normalement fondé sur le groupe. Autrement dit, nous n’avons pas besoin d’une audience de 25 000 $ pour déterminer qu’une femme afghane est une réfugiée. La plupart des réfugiés n’ont pas besoin d’un système aussi complexe que le nôtre.

The third is that the initial period of protection would normally happen in the region of origin, in a safe country in that region, to which we would move the refugees and in which they would be able to get on with their lives, maximizing cultural, occupational Troisièmement, la période initiale de protection devrait normalement être offerte dans la région d’origine, dans un pays sûr de cette région, vers lequel nous déplacerions les réfugiés et dans lequel ils seraient en mesure de poursuivre leur vie, en 45:6 Human Rights 6-11-2023

and other compatibility for up to five years. They would also be close enough to the place of origin to explore repatriation, which is critical if we are to keep the system alive and which immediately moving people far away destroys. maximisant leur compatibilité culturelle, professionnelle et autre pendant une période pouvant aller jusqu’à cinq ans. Ils seraient aussi suffisamment proches de leur lieu d’origine pour envisager un rapatriement, ce qui est essentiel si nous voulons maintenir le système en vie et ce que l’éloignement immédiat des gens détruit.

The fourth point is quality asylum in the country that provides that initial protection, not just by way of underwriting the costs of the system but by way of joint grants that enable refugees to be seen as benefits by their host communities in the development process.

Le quatrième point est un asile de qualité dans le pays qui fournit cette protection initiale, non seulement en prenant en charge les coûts du système, mais aussi par l’intermédiaire de subventions conjointes qui permettent aux réfugiés d’être considérés comme des avantages par leurs collectivités d’accueil dans le cadre du processus de développement. The last and most critical point is that if we look historically over the last 20 years, about a quarter of refugees are able to go home within five years; about a quarter of refugees are able to locally resettle.

Le dernier point, et le plus important, c’est que si nous regardons l’histoire des 20 dernières années, environ le quart des réfugiés sont en mesure de rentrer chez eux en cinq ans; environ le quart d’entre eux sont en mesure de se réinstaller localement. That leaves the half that has, thus far, become the protracted refugee problem. Under this model all of those persons would be guaranteed resettlement at the five-year point, the major job for countries like Canada.

We would move to about 1.7 million resettlements per annum, which may sound high, but we’re currently processing 1.65 million asylum applications in rich countries, a job that would no longer exist under this model. We simply trade expensive legal systems for a guarantee of resettlement at the five-year point. Il en reste donc la moitié qui, jusqu’à maintenant, est devenue le problème de la situation de réfugiés prolongée. Dans le cadre de ce modèle, toutes ces personnes se verraient garantir une réinstallation au bout de cinq ans, ce qui représente un travail colossal pour des pays comme le Canada.

Nous passerions à environ 1,7 million de réinstallations par année, ce qui peut sembler élevé, mais nous traitons actuellement 1,65 million de demandes d’asile dans les pays riches, une tâche qui n’existerait plus selon ce modèle. Nous échangeons simplement des systèmes juridiques coûteux contre une garantie de réinstallation au bout de cinq ans.

I look forward to your comments and your questions, but if I may pitch this: We need to push hard to make the Global Compact not just this talk shop, but to actually demand real, concrete proposals for a global system of common but differentiated responsibility among states. Thank you.

Je suis impatient d’entendre vos commentaires et vos questions, mais j’aimerais lancer l’idée suivante : nous devons faire pression pour que le Pacte mondial ne soit pas simplement un forum de discussion, mais qu’il exige des propositions réelles et concrètes pour un système mondial de responsabilités communes, mais différenciées entre les États. Merci. The Chair: Thank you very much to both of you for your presentations. La présidente : Merci beaucoup à vous deux de vos exposés. We will now proceed with questions from the senators.

I would like to remind each senator that you have five minutes for your question, and that includes the answer. Nous allons maintenant passer aux questions des sénatrices. J’aimerais rappeler aux sénatrices qu’elles ont cinq minutes pour la question et la réponse. Senator Jaffer: Thank you both for coming. It is an honour to have you here. There are so many questions that I have, but I would like to start with you, Mr. Craig Damian Smith. La sénatrice Jaffer : Merci à vous deux d’être venus. C’est un honneur de vous accueillir ici.

J’ai énormément de questions à poser, mais j’aimerais commencer par vous, monsieur Craig Damian Smith. At what scale is Pairity operating? How wide is it, and what kind of work are you doing in Canada, or are you doing any work? À quelle échelle Pairity exerce-t-il ses activités? Quelle est sa portée et quel genre de travail faites-vous au Canada, ou faites- vous du travail? Mr. Smith: We’re not currently working in Canada. The project is an outgrowth of Canadian government SSHRC-funded projects to look at relationships between access to social capital M. Smith : Nous ne travaillons actuellement pas au Canada.

Le projet est le fruit de projets financés par le gouvernement du Canada et par le Conseil de recherches en sciences humaines 6-11-2023 Droits de la personne 45:7

and refugee integration and social cohesion with receiving communities. That was a pilot in the Netherlands in four cities that ran for a couple of years. pour examiner les relations entre l’accès au capital social et l’intégration des réfugiés et la cohésion sociale avec les collectivités d’accueil. Il s’agissait d’un projet pilote mené aux Pays-Bas dans quatre villes qui a duré quelques années. We now currently work on a major project in Europe helping to relocate and destine Ukrainian refugees from Poland, so from front-line states to six municipalities in Germany. Our largest project is in the U.S.

We work on Welcome Corps, which is the U.S. and the Biden administration’s new private sponsorship program for refugees, and at that scale it is several thousands of matches that we do. The core piece of technology that we built is a series of algorithms that help make the highest-quality matches between refugees and resettlement pipelines or relocation pipelines and destinations or sponsor groups. It’s a mix of them.

Nous travaillons actuellement sur un grand projet en Europe pour aider à relocaliser et à orienter les réfugiés ukrainiens depuis la Pologne, c’est-à-dire depuis les États de la ligne de front jusqu’à six municipalités en Allemagne. Notre plus grand projet se trouve aux États-Unis. Nous travaillons sur Welcome Corps, le nouveau programme de parrainage privé des réfugiés mis en place par les États-Unis et l’administration Biden, et à cette échelle, nous réalisons plusieurs milliers de jumelages.

La technologie de base que nous avons mise au point est une série d’algorithmes qui aident à établir des jumelages de la plus haute qualité entre les réfugiés et les filières de relocalisation et les destinations ou les groupes de parrainage. Il s’agit d’un mélange de tous ces éléments. I will say that we’ve had interesting conversations in Canada with ministers’ offices. Je dirai que nous avons eu des conversations intéressantes avec les cabinets des ministres au Canada. Senator Jaffer: Nice to see you again, Mr. Hathaway. It has been a long time. Welcome.

La sénatrice Jaffer : Je suis heureuse de vous revoir, monsieur Hathaway. Cela fait un bail. Bienvenue. I’m intrigued both by your four points and your five points. There are so many questions that I have, but I’ll start with your warehousing and your four points. In the refugee camps, urban slums, would you put detention centres there too? Je suis intriguée à la fois par vos quatre points et par vos cinq points. J’ai plein de questions à poser, mais je vais commencer par l’entreposage et vos quatre points.

Pour ce qui est des camps de réfugiés, des bidonvilles, mettriez-vous également les centres de détention dans le même panier? Mr. Hathaway: I didn’t in those numbers, but yes, you’re quite right. Beyond the third who are stuck in refugee camps and the third who are stuck in urban slums, particularly in countries like the United States that illegally detain all asylum seekers, there are many more who are having their rights denied even as we speak. M. Hathaway : Je ne l’ai pas fait dans les chiffres que je vous ai fournis, mais oui, vous avez parfaitement raison.

Au-delà du tiers des réfugiés qui sont coincés dans les camps de réfugiés et du tiers de ceux coincés dans les bidonvilles, en particulier dans des pays comme les États-Unis, qui détiennent illégalement tous les demandeurs d’asile, il y en a beaucoup plus qui se voient refuser leurs droits au moment même où l’on se parle. Senator Jaffer: Sadly, even our country has detention centres, and it’s not something we’re proud of. La sénatrice Jaffer : Malheureusement, même notre pays compte des centres de détention, et ce n’est pas quelque chose dont nous sommes fiers. Mr. Hathaway: Yes. M. Hathaway : Oui.

Senator Jaffer: This is the first time I heard of your five points. I’ll study it more, so I apologize. In group-based, I have often talked to our government. I’m Ugandan, and we were group-based. I’m a Canadian now, but what I meant is as Ugandan refugees we were group-based. Since then, I have been trying, but I haven’t succeeded, to convince the government to have Afghan women or groups like that group-based, especially after we left Afghanistan. But it doesn’t seem like there is an interest in group-based. La sénatrice Jaffer : C’est la première fois que j’entends parler de vos cinq points.

Je vais les étudier davantage, donc veuillez m’excuser. Dans des groupes, j’ai souvent parlé à notre gouvernement. Je suis Ougandaise, et nous faisions

partie d’un groupe. Je suis maintenant Canadienne, mais ce que je voulais dire, c’est que, en tant que réfugiés ougandais, nous étions classés par groupes. Depuis, j’essayais en vain de convaincre le gouvernement de regrouper les femmes afghanes ou des groupes de ce genre, surtout après que nous avons quitté l’Afghanistan. Mais il ne semble pas qu’il y ait un intérêt pour ces types de groupe. 45:8 Human Rights 6-11-2023

Have you discussed this with the government? Avez-vous discuté de cette question avec le gouvernement? Mr. Hathaway: Yes. Ironically, many years ago I was involved in training all the original members of Canada’s refugee board, and someone who became the clerk of the Privy Council was then the executive director of the IRB, Peter Harder.

Peter and I came up with the scheme for what we called “manifestly well-founded cases,” that if an individual came from a group that we knew would be predominantly recognized, you could have a 30-minute hearing to vet identity and security, and you didn’t need to waste money on a hearing. M. Hathaway : Oui. Ironiquement, il y a de nombreuses années, j’ai également participé à la formation de tous les membres originaux de la Commission de l’immigration et du statut de réfugiés du Canada, et Peter Harder, qui est devenu le greffier du Conseil privé, était alors le directeur général de la Commission. M.

Harder et moi-même avons imaginé le scénario de ce que nous appelions « les cas manifestement fondés », à savoir que si une personne venait d’un groupe dont nous savions qu’il serait essentiellement reconnu, il était possible de tenir une audience de 30 minutes pour vérifier son identité et sa sécurité sans qu’il soit nécessaire de gaspiller de l’argent dans une audience. I don’t know if that still exists. I suspect that it doesn’t, but it was a brilliant idea. Je ne sais pas si cela existe toujours. Je crois que non, mais c’était une idée brillante.

The UN, of course, does most of the status determinations around the world, more than anyone else, and they use group status determination almost exclusively. People who raise security concerns or identity concerns you siphon out or who have particularized claims. But again, if you look at the major refugee groups in the world today, they are fleeing group-based, and once identity is established, there is not a lot of value in putting people through not only expensive but traumatic hearings.

Les Nations unies, bien sûr, s’occupent de la plupart des déterminations du statut de réfugié dans le monde, plus que qui que ce soit d’autre, et elles utilisent presque exclusivement la détermination du statut de groupe. Les personnes qui soulèvent des préoccupations en matière de sécurité ou d’identité, ou qui ont des revendications particulières, sont détournées.

Mais encore une fois, si vous regardez les principaux groupes de réfugiés dans le monde d’aujourd’hui, ils fuient en groupes, et une fois que l’identité est établie, il n’y a pas beaucoup d’intérêt à faire subir aux gens des audiences non seulement coûteuses, mais aussi traumatisantes. Senator Jaffer: Until very recently — I don’t know about right this minute — I know when I was a practising lawyer, if the person was Bahá’í, it was fairly simple to get them in. We had that system until very recently. I have not heard of any dFAST except for that group.

La sénatrice Jaffer : Jusqu’à tout récemment — je ne sais pas ce qu’il en est maintenant — je sais que lorsque je pratiquais le droit, si la personne était bahá’íe, c’était assez facile de la faire venir. Ce système fonctionnait jusqu’à tout récemment. Je n’ai pas entendu parler de dFAST sauf dans le cas de ce groupe. Senator Omidvar: Let me first congratulate the chair and the clerk for securing the presence of leading minds. I have learned a lot from you in the past, and I am delighted that you are here helping us think outside the box, because that’s what we need to do.

My first question is to Professor Hathaway. La sénatrice Omidvar : Permettez-moi d’abord de féliciter la présidente et le greffier d’avoir réussi à obtenir la présence de grands esprits. J’ai beaucoup appris de vous dans le passé et je suis ravie que vous soyez ici pour nous aider à sortir des sentiers battus, car c’est ce que nous devons faire. Ma première question s’adresse à M. Hathaway. Your proposal to create a system that moves people through the process without having to go through the traumatic and very expensive process of hearings, et cetera, is something I have heard about.

Could you tell us, though, in your own words, whom it would be better for and how? Votre proposition de créer un système qui déplace les gens dans le cadre du processus sans qu’elles doivent se soumettre au processus traumatisant et très coûteux des audiences, et cetera, est quelque chose dont j’ai entendu parler. Or, pourriez-vous nous dire dans vos propres mots à qui cela conviendrait le mieux et de quelle manière? Mr. Hathaway: I think it is better for everyone. As someone raised as a Catholic, I do everything in threes.

One, for refugees they wouldn’t need to risk their lives to get access to solid protection. Two, the protection would really be protection, empowering protection, not being locked up in detention or dumped in a camp for 20 years. Third, and most important, M. Hathaway : Je pense que c’est mieux pour tout le monde. Ayant été élevé dans la foi catholique, j’ai un faible pour le concept de trinité. Premièrement, les réfugiés n’auraient pas besoin de risquer leur vie pour avoir accès à une protection solide.

Deuxièmement, la protection serait vraiment une protection, une protection responsabilisante, et il ne s’agirait pas 6-11-2023 Droits de la personne 45:9

everyone would get a durable solution within five years; no more protracted refugee situations. d’être enfermé en détention ou jeté dans un camp pendant 20 ans. Troisièmement, et c’est le plus important, tout le monde obtiendrait une solution durable dans les cinq ans; il n’y aurait plus de situations de réfugiés prolongées. There is a triptych for rich countries and poor countries as well. Poor countries wouldn’t have to beg for charity as they do now. Second, the funds would go not just to the process but to fund linkages between refugees and host communities.

Third — this is an important thing I learned from time I spent in Africa — they wouldn’t be punished for keeping their doors open by us telling them that they have to keep these people forever, and we have no responsibility ever to do anything about them by our mandatory resettlement. Il existe un triptyque pour les pays riches et les pays pauvres également. Les pays pauvres n’auraient pas besoin de demander la charité comme ils le font maintenant.

Deuxièmement, les fonds seraient destinés non seulement au processus, mais ils serviraient également à financer les liens entre les réfugiés et les collectivités d’accueil. Troisièmement — c’est une chose importante que j’ai apprise pendant la période que j’ai passée en Afrique —, ils ne seraient pas punis pour avoir gardé leurs portes ouvertes, parce que nous leur aurions dit qu’ils devaient garder ces personnes à jamais et que nous n’avons pas la responsabilité de faire quoi que ce soit à leur sujet dans le cadre de notre réinstallation obligatoire. Senator Omidvar: Who would govern this system?

This is an important question. La sénatrice Omidvar : Qui gouvernerait ce système? C’est une question importante. Mr. Hathaway: It is a mega-question. For me, one of two. The other is: How do we get from here to there? M. Hathaway : C’est une immense question. Pour moi, c’est l’une de deux grandes questions. La deuxième est la suivante : comment allons-nous d’ici à là? Ideally, we would have had the UN Refugee Agency, also known as the Office of the United Nations High Commissioner for Refugees , or UNHCR, say that they would take this on.

They have shown very little interest, if I may be blunt, in actually modernizing their approach to protection. They seem to feel that spinning the wheel the way it has been spun for 70 years is what they do best. They have not shown great interest in this. Idéalement, l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, également connue sous le nom de Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, ou HCR, aurait dû dire qu’elle s’occuperait de cette question. Le HCR a montré très peu d’intérêt, si je peux être franc, pour moderniser son approche à l’égard de la protection.

Les responsables semblent penser que faire tourner la roue comme ils le font depuis 70 ans est ce qu’ils font de mieux. Ils n’ont pas manifesté beaucoup d’intérêt à cet égard. The World Refugee Council, among others, has suggested, as you would know, that maybe we need to think more broadly about the international supervisory agency. The International Organization for Migration, also known as IOM, and UNHCR are already clashing. They probably will be consolidated at some point in the next few years. This is a good moment to talk about what we want the international agency to look like.

Le Conseil mondial pour les réfugiés, entre autres, a laissé entendre, comme vous le savez, que nous devrions peut-être réfléchir de manière plus large à l’agence internationale de supervision. L’Organisation internationale pour les migrations, également appelée OIM, et le HCR sont déjà en conflit. Ils seront probablement consolidés à un moment ou un autre au cours des prochaines années. C’est le bon moment pour parler de ce à quoi nous voulons que ressemble l’agence internationale. Senator Omidvar: I have a few more questions. I have a question for Professor Damian Smith.

La sénatrice Omidvar : J’ai quelques questions de plus, dont une pour M. Damian Smith. I appreciate the work you are doing with your partners and with technology. I know your work, and you have reflected on global tensions and global solutions as well. Je suis reconnaissante du travail que vous faites avec vos partenaires et la technologie. Je connais votre travail, et vous avez réfléchi aux tensions mondiales et à des solutions mondiales également. As we see what is happening right now in the world, responsibility sharing is being dismissed everywhere. Turkey is being paid by the EU to host Syrian refugees.

Italy is going to outsource processing to Albania. We should talk about what the U.S. is doing. The U.K. is going to outsource processing to Tandis que nous voyons ce qui se passe dans le monde à l’heure actuelle, le partage des responsabilités est rejeté partout. La Turquie est payée par l’Union européenne pour accueillir des réfugiés syriens. L’Italie va sous-traiter le traitement des demandes d’asile à l’Albanie. Nous devrions parler de ce que 45:10 Human Rights 6-11-2023

Rwanda. Pakistan is deporting refugees, including those who may have visa authority from Canada. font les États-Unis. Le Royaume-Uni va sous-traiter le traitement des dossiers au Rwanda. Le Pakistan expulse des réfugiés, y compris ceux qui pourraient être autorisés à obtenir un visa du Canada. I would like to get your perspectives on what either the global order should do, or what like-minded states should do, or what Canada specifically should do.

J’aimerais obtenir vos points de vue sur ce que l’ordre mondial devrait faire ou ce que des États aux vues similaires devraient faire, ou sur ce que le Canada en particulier devrait faire. Mr. Smith: I am glad you raised the term “common but differentiated responsibilities.” What’s happened with this kind of underlying norm of the refugee regime is that, essentially, rich states pay for host states to keep refugees there. “Refugee warehousing” implies that there is an actual policy at play, and there is coordination between states in order to make that happen.

So “common but differentiated responsibilities” essentially entails cheque book diplomacy to keep refugees where they are, with a smattering of humanitarian resettlement. M. Smith : Je suis heureux que vous ayez mentionné les « responsabilités communes, mais différenciées ». Ce qui s’est passé avec ce type de norme sous-jacente du régime des réfugiés, c’est que, essentiellement, les États riches payent pour que les États d’accueil gardent des réfugiés dans ces pays.

L’ « entreposage de réfugiés » suppose qu’il y a en jeu une véritable politique, et il y a une coordination entre les États pour que cela se concrétise. Donc, les « responsabilités communes, mais différenciées » se traduisent essentiellement par une diplomatie du chéquier visant à maintenir les réfugiés là où ils se trouvent, en procédant à quelques réinstallations humanitaires.

Changing that, changing what we understand as common but differentiated responsibilities, again, if we look back at the Global Compact for Refugees, the process from the first draft — or the zero draft, as they called it — to the final draft, the big idea was benchmarks around responsibility sharing. What would responsibility sharing actually look like, and how could you meet certain benchmarks per year, one of which could be humanitarian resettlement as a durable solution? That was abandoned, because of the politics, from the zero draft to the first and then to the final.

Changer cela, changer ce que nous considérons comme les responsabilités communes, mais différenciées... Encore une fois, si nous revenons au Pacte mondial sur les réfugiés, le processus depuis la dernière ébauche — ou l’ébauche zéro, comme on l’appelle — jusqu’à la version finale, l’idée maîtresse était de fixer des repères concernant le partage des responsabilités. À quoi ressemblerait réellement le partage des responsabilités et comment atteindre certains objectifs par année, dont l’un pourrait être la réinstallation humanitaire en tant que solution durable?

Cette idée a été abandonnée, pour des raisons politiques, entre la version zéro et la première version, puis la version finale. Canada and its partners, like-minded states, could commit, as sovereign states, to reinvigorate that process and think about what benchmarks might actually look like. We were in Berlin together once where we presented papers on what actual metrics or responsibility sharing would look like. Le Canada et ses partenaires, des États aux vues similaires, pourraient s’engager, en tant qu’États souverains, à relancer ce processus et à réfléchir à ce que pourraient être les points de repère.

Nous nous sommes rendus ensemble à Berlin, où nous avons présenté des documents sur ce que pourraient être des mesures réelles ou un véritable partage des responsabilités. There is no dearth of models that we could look at regarding what would be equitable responsibility sharing or for what common but differentiated responsibilities could look like. It’s the political momentum to institutionalize those which I would diagnose as the big problem. There are hundreds of smart people who have already put their minds to solving these problems.

Il ne manque de modèles que nous pourrions examiner concernant ce que serait un partage équitable des responsabilités ou ce à quoi pourraient ressembler des responsabilités communes, mais différenciées. C’est la dynamique politique visant à institutionnaliser ces modèles qui, à mon avis, constitue le gros problème. Des centaines de personnes intelligentes se sont déjà efforcées de résoudre ces problèmes. Senator Lankin: We truly appreciate you travelling to be here with us and help us with this project. I have a lot of questions. I will start with one that is to both of you.

La sénatrice Lankin : Nous apprécions vraiment que vous vous soyez déplacés pour venir ici et nous aider dans ce projet. J’ai beaucoup de questions. Je vais commencer par une question qui s’adresse à vous deux. Mr. Smith, when you say “responsibility sharing,” and, Professor Hathaway, when you say “common and differentiated responsibilities,” I want to know if we are talking about the same Monsieur Smith, lorsque vous parlez de « partage des responsabilités », et, monsieur Hathaway, lorsque vous parlez de « responsabilités communes, mais différenciées », je veux savoir 6-11-2023 Droits de la personne 45:11

thing or if they are two different concepts. If they are the same thing — or not — maybe you could explain? In the U.S. example, you were talking about states versus federal. In Canada, is there an example of lack of responsibility sharing between provinces that do the settlement, work with community agencies, and the federal government, or are you talking more about Canada’s responsibility to talk with other like-minded states and put in place these other benchmarks and other things? Could you both elaborate for me? si nous parlons de la même chose ou s’il s’agit de deux concepts différents.

S’il s’agit de la même chose — ou non — vous pourriez peut-être l’expliquer? Dans l’exemple américain, vous parliez d’une opposition entre les États et le gouvernement fédéral. Au Canada, existe-t-il un exemple de manque de partage des responsabilités entre les provinces qui s’occupent de l’établissement, qui travaillent avec les organismes communautaires et le gouvernement fédéral, ou parlez-vous davantage de la responsabilité du Canada de discuter avec d’autres États aux vues similaires et de mettre en place ces autres repères et d’autres choses? Pourriez-vous tous les deux m’en dire un peu plus? Mr.

Smith: I would defer to the lawyer for the definitional distinction. M. Smith : Je m’en remets à l’avocat pour la distinction dans les définitions. Mr. Hathaway: We are good for something. I will be honest with you, a lot of people use “burden sharing” to mean everything. The European Union, for example, has one big formula that is about both money and people, which I think is appalling. I think it is the wrong way to go. M. Hathaway : Nous sommes bons à quelque chose. Je vais être honnête avec vous, beaucoup de gens utilisent le « partage du fardeau » pour tout désigner.

L’Union européenne, par exemple, a une grande formule qui concerne à la fois l’argent et les personnes, ce que je trouve épouvantable. Je pense que ce n’est pas la bonne voie à suivre. The York University project I described to you was the first to come up with the dichotomy between burden sharing, which is sharing money, which is the fiscal responsibility, and responsibility sharing, which is about people. People are not burdens.

Le projet de l’Université York que je vous ai décrit a été le premier à établir une dichotomie entre le partage du fardeau, c’est-à-dire le partage de l’argent, qui est la responsabilité financière, et le partage des responsabilités, qui concerne les personnes. Les gens ne sont pas des fardeaux. That’s not the same as the common but differentiated responsibility, or CBDR, that says it is okay if it is not a one- size-fits-all model. Ce n’est pas la même chose que les responsabilités communes, mais différenciées, selon lesquelles il est acceptable que ce ne soit pas un modèle universel.

For example, under our model, all states would do first reception. States in the region would do what we call protection for the duration of risk in those early years. Countries like Canada would do resettlement primarily which, by the way, most African states don’t want to do. Par exemple, selon notre modèle, tous les États procéderaient à l’accueil. Les États de la région assureraient ce que nous appelons une protection pendant la durée du risque au cours de ces premières années.

Des pays comme le Canada s’occuperaient principalement de la réinstallation, ce que d’ailleurs la plupart des États africains ne souhaitent pas faire. We let different states do different jobs in the system that come together to form a holistic, complete protection regime. We are pursuing the burden and responsibility sharing by a diversity of roles, which all add up to what is needed. Does that help? Nous laissons différents États effectuer dans le système différentes tâches qui, ensemble, forment un régime de protection holistique et complet.

Nous cherchons à assurer le partage du fardeau et des responsabilités par une diversité de rôles, ce qui équivaut à tout ce qui est nécessaire. Cela vous éclaire-t-il? Senator Lankin: Yes. The example that you gave from the States though was clearly — La sénatrice Lankin : Oui. L’exemple que vous avez donné concernant les États-Unis était clairement... Mr. Hathaway: I’m trying to remember what the example was. M. Hathaway : J’essaie de me rappeler quel était l’exemple. Senator Lankin: When you were talking about common but differentiated responsibilities.

I thought you were talking about the States, where each state does their own assessments. La sénatrice Lankin : Lorsque vous parliez de responsabilités communes, mais différenciées, je pensais que vous parliez des États-Unis, où chaque État fait ses propres évaluations. 45:12 Human Rights 6-11-2023

Mr. Hathaway: I meant states as in countries. M. Hathaway : Je voulais dire les États comme les pays. Now every state party runs its own system, has its own bureaucracy and decision-making body. Wouldn’t it be more efficient to have an international corps of decision makers that you simply deployed to a given situation? Désormais, chaque État-partie gère son propre système, possède sa propre bureaucratie et son propre organe décisionnel. Ne serait-il pas plus efficace d’avoir un corps international de décideurs que l’on déploierait simplement dans une situation donnée? Senator Lankin: Thank you.

It does make sense. La sénatrice Lankin : Merci. Cela est logique. Mr. Smith, I don’t have the words exactly, but you talked about skeptical data or skeptical technological framework. Monsieur Smith, je n’ai pas les mots exacts, mais vous avez parlé de données sceptiques ou de cadre technologique sceptique. Would you elaborate in terms of what parts of the system creates this skepticism and what the process of changing it would look like and the factors involved?

Pourriez-vous nous expliquer quelles parties du système créent ce scepticisme et à quoi ressemblerait le processus de changement ainsi que les facteurs en cause? Mr. Smith: Yes. Thank you for the question. M. Smith : Oui. Je vous remercie de la question. We use algorithms. We use big data. There are some aspects of our work that would benefit from machine learning and AI. Those sound like scary words, especially when applied to migration governance. Nous utilisons des algorithmes. Nous utilisons des mégadonnées.

Certains aspects de notre travail pourraient bénéficier de l’apprentissage automatique et de l’intelligence artificielle. Ces mots semblent effrayants, surtout lorsqu’ils sont appliqués à la gouvernance des migrations. Countries like Canada use stats and some aspects of machine learning to try to make sure that people who get temporary residence visas to visit Canada, who might be trying to seek asylum, have their visas rejected.

Des pays comme le Canada utilisent des statistiques et certains aspects de l’apprentissage automatique pour tenter de garantir que les personnes qui obtiennent un visa de résident temporaire pour visiter le Canada et qui pourraient tenter de demander l’asile voient leur visa rejeté. The European Union uses a lot of technology to close external borders to make sure people can’t arrive or, when they do arrive, that they are easily followed and apprehended, for example.

That’s the way that most states have started to use these emerging technologies in relation to migration governance, there is now — from academics and observers — a techno-skepticism that’s ignoring the ways that tech applications can be used to facilitate and improve mobility. That’s what I meant. L’Union européenne utilise beaucoup de technologies pour fermer les frontières extérieures afin de garantir que les personnes ne puissent pas arriver ou, lorsqu’elles arrivent, qu’elles soient facilement suivies et appréhendées, par exemple.

C’est ainsi que la plupart des États ont commencé à utiliser ces technologies émergentes en ce qui concerne la gouvernance des migrations. Il existe désormais — chez des universitaires et des observateurs — un techno-scepticisme qui fait fi de la manière dont les applications technologiques peuvent être utilisées pour faciliter et améliorer la mobilité. C’est ce que je voulais dire. On the techno-optimistic side, there is the Silicon Valley mentality that you throw all your tech at something and it will be fixed.

That completely misses the point that you are dealing with vulnerable populations, politically sensitive issues and that a large degree of expertise in dealing with those people, versus things like trauma-informed care or protection standards, are necessary aspects of that. Du côté techno-optimiste, il y a la mentalité de la Silicon Valley selon laquelle vous mettez toute votre technologie à l’œuvre, et la question sera réglée.

Cette approche passe complètement à côté du fait qu’il s’agit de populations vulnérables, de questions politiquement sensibles et qu’un grand degré d’expertise dans le traitement de ces personnes, par rapport à des choses comme des soins tenant compte des traumatismes ou des normes de protection, sont des aspects nécessaires à cet égard. In 2016, we saw hundreds of apps emerge. There was an app for everything, for every aspect of refugee mobility.

Not only did the public interest in that wane in a couple of years, as the news cycles moved on, but most of those things collapsed because people didn’t want to use them. People want to get on with their lives. En 2016, nous avons vu émerger des centaines d’applications. Il existait une application pour tout, pour chaque aspect de la mobilité des réfugiés. Non seulement l’intérêt du public à cet égard a diminué en quelques années, à mesure que les cycles des actualités passaient à autre chose, mais la plupart de ces 6-11-2023 Droits de la personne 45:13

applications se sont effondrées parce que les gens ne voulaient pas les utiliser. Les gens veulent continuer à vivre leur vie. What we talk about is using different types of tech to facilitate access, make better placements and optimize things, and also ensure that displaced people are different agencies in the process. That’s how we come at it. Nous parlons d’utiliser différents types de technologies pour faciliter l’accès, effectuer de meilleurs placements et optimiser les choses, et également garantir que les personnes déplacées ont accès à différentes capacités d’agir dans le processus.

C’est ainsi que nous abordons les choses. [Translation] [Français] Senator Gerba: Welcome to the witnesses. It’s truly a privilege to have you with us today. La sénatrice Gerba : Bienvenue à nos témoins. Nous sommes vraiment privilégiés de vous avoir parmi nous aujourd’hui. My question is for Mr. Hathaway. Ma question s’adresse à M. Hathaway. Last week, we heard from witnesses that only 36% of the funding for the United Nations High Commissioner for Refugees, or UNHCR, has been met. However, we’re seeing incredible numbers: 114 million refugees.

La semaine dernière, nous avons reçu des témoins qui nous ont indiqué que seulement 36 % du financement du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés ou HCR a été comblé. Toutefois, on a atteint des sommets incroyables, soit 114 millions de réfugiés. In your remarks, you stated that it’s not actually a funding issue. As I understand it, $20 billion is spent annually. It seems somewhat surprising to see that, on one hand, we’re told that there’s a shortage of funds and, on the other, that we’re spending for nothing, since you say that only 1% of results are achieved.

Dans votre propos, vous nous indiquez qu’en fait, ce n’est pas un problème d’argent. Si j’ai bien noté, 20 milliards de dollars ont été dépensés annuellement. Il semble un peu surprenant de voir que, d’un côté, on nous dit qu’il manque des fonds et de l’autre côté, qu’on dépense pour rien, puisque vous dites que c’est seulement 1 % des résultats qui sont atteints. Could you tell us more about your perspective on the issue of funding for the United Nations High Commission for Refugees and the use of those funds?

Pourriez-vous préciser un peu votre vision sur la question du financement du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et de l’utilisation de ces fonds? Mr. Hathaway: I agree with you that it’s astonishing. From my perspective, it’s really not an ethical situation. M. Hathaway : Je suis d’accord avec vous sur le fait que c’est surprenant. De mon point de vue, ce n’est vraiment pas une situation éthique. I said that we spend vastly more money monitoring and setting up a recognition system for national refugees than we spend on 80% of refugees in the Third World.

In my opinion, that is surely overspending that makes no sense. Lorsque j’ai dit que nous dépensions énormément plus de fonds afin de surveiller et de mettre en place un système de reconnaissance des réfugiés nationaux que ce que l’on dépense pour 80 % des réfugiés dans le tiers-monde, c’est sûrement, selon moi, un dépassement de fonds qui n’a pas de bon sens. I’m not referring so much to the UNHCR as an organization. However, it is worth noting that 98% of the UNHCR budget is not guaranteed.

Only 2% of its budget is guaranteed, which means that the organization is highly susceptible to being influenced by current trends at any given time. It doesn’t have the opportunity to properly plan for the future. Je ne parle pas tellement du HCR en tant qu’organisme. Cependant, cela vaut la peine de noter que 98 % du budget du HCR n’est pas garanti. Seulement 2 % du budget est garanti, ce qui fait en sorte que l’organisme est vraiment très susceptible d’être influencé par ce qui est à la mode à un moment donné. Il n’a pas la possibilité de vraiment planifier pour l’avenir.

Under the system I’ve proposed, there would be a kind of securities exchange commission, whose funds would no longer be wasted on the national system. Those funds could be used to pay the costs of an international adjudication — the costs for transportation and support in the first asylum country — and at the end, if necessary, to help the person come to Canada, Europe, etc. Dans le système que j’ai proposé, il y aurait une espèce de securities exchange commission, dont les fonds ne seraient plus gaspillés sur le système national.

On pourrait utiliser ces fonds pour payer les frais d’une adjudication internationale — les frais pour le transport et le soutien dans le premier pays d’asile — et à la fin, si c’est nécessaire, pour aider la personne à venir au Canada, en Europe, etc. 45:14 Human Rights 6-11-2023

Senator Gerba: My question is for Mr. Damian Smith. La sénatrice Gerba : Je vais adresser ma question à M. Damian Smith. You spoke about computer systems or applications for evaluation or processing,

whereas we can see that many algorithms still contain biases. Vous parlez de systèmes informatiques ou d’applications pour l’évaluation ou le traitement, alors qu’on constate qu’il y a beaucoup d’algorithmes qui ont encore des biais. What system do you propose for evaluating applications? Quel système proposez-vous pour faire l’évaluation des candidatures? [English] [Traduction] Mr. Smith: There are different types of systems that can be used. M. Smith : Il existe différents types de systèmes qui peuvent être utilisés.

If we want to take the biggest global picture, which seems to be the framing or the discussion here, you have hundreds of thousands, millions of refugees who are awaiting resettlement who are potentially in protracted situations, potentially who have only been refugees for a few years and this multiplicity of pathways around the world.

Si nous voulons avoir une vue d’ensemble globale, ce qui semble être le cadre ou le débat ici, vous avez des centaines de milliers, des millions de réfugiés qui attendent d’être réinstallés, qui se trouvent peut-être dans des situations prolongées, qui ne sont peut-être réfugiés que depuis quelques années, puis vous avez cette multiplicité de voies partout dans le monde. You have all of these complimentary pathways. You have resettlement systems, private sponsorship in the U.S., cosponsorship programs for Ukrainians, programs for Afghans, et cetera. There is a dizzying array of these things.

Vous avez toutes ces voies complémentaires. Il existe des systèmes de réinstallation, des parrainages privés aux États-Unis, des programmes de coparrainage pour les Ukrainiens, des programmes pour les Afghans, et cetera. Il existe une gamme étourdissante de ces choses. Essentially, the way we have it set up now is get in line for UNHCR. UNHCR will tell you what’s available, unless you have a named sponsorship under a private refugee sponsorship like we have in Canada, but that is, essentially, now family reunification. There is nothing wrong with that. People have family members who are refugees.

It also is an unequal distribution of resources because those resources are accrued to people who are in countries like Canada who can afford to resettle them. Essentiellement, la façon de faire actuelle consiste à s’aligner sur le HCR. Le HCR vous dira ce qui est disponible, à moins que vous n’ayez un parrainage désigné dans le cadre d’un parrainage privé de réfugiés comme nous en avons au Canada, mais il s’agit essentiellement désormais de la réunification des familles. Il n’y a rien de mal à cela. Les gens ont des membres de leur famille qui sont des réfugiés.

Il s’agit également d’une répartition inégale des ressources, car ces ressources reviennent à des personnes qui se trouvent dans des pays comme le Canada, lesquels ont les moyens de les réinstaller. Technological interventions could do a number of things: one, on the front end of recruitment, allows people to potentially enter a global cue or a global clearinghouse type thing. We could understand where they have family members, what type of work they want to do in the future, if they want to go to school, et cetera.

Then, on the back end, states like Canada and partners could put in X number of spots for resettlement or complementary pathways. Les interventions technologiques pourraient faire un certain nombre de choses : premièrement, dès le début du recrutement, permettre aux gens d’accéder potentiellement à une file d’attente mondiale ou à un bureau central mondial. Nous pourrions comprendre où ils ont des membres de leur famille, quel type de travail ils veulent faire à l’avenir, s’ils veulent aller à l’école, et cetera.

Ensuite, à l’autre bout, des États comme le Canada et ses partenaires pourraient offrir un nombre X de places pour la réinstallation ou des voies complémentaires. The types of algorithms we use are called preference matching algorithms. They are used in medical residency placements in the U.S. and have been for years, and are based on sound economic models.

Instead of taking the best possible match and going down a ladder until you get the worst possible match, it distributes resources and maximize utility — sorry to get a bit technical — to try to meet the preferences of both or the capacities of both sides of a match. In that way, it helps scale, Les types d’algorithmes que nous utilisons sont appelés algorithmes de jumelage selon les préférences. Ils sont utilisés dans le cadre des résidences en médecine aux États-Unis depuis des années et sont fondés sur des modèles économiques solides.

Au lieu de prendre le meilleur jumelage possible et de descendre jusqu’à obtenir le pire jumelage possible, l’algorithme distribue les ressources et maximise l’utilité — désolé d’être un peu technique — pour essayer de répondre aux préférences ou aux 6-11-2023 Droits de la personne 45:15

but it also helps reduce bias in how matching works, and it can scale tremendously. capacités des deux parties au jumelage. De cette façon, cela permet de mettre en place une géométrie variable, mais cela contribue également à réduire les biais quant au fonctionnement du jumelage, et cela peut considérablement favoriser une mise à l’échelle. We’ve seen the backlogs in Canada when it’s up to civil servants to look through excel sheets. That’s not an efficient way to look at data, and it is not a fair way to look at immigration or grand visas.

That’s what I mean about the middle path between techno-skepticism and techno-optimism, it is a path that, yes, helps smooth the path and helps scale access. Nous avons vu les arriérés au Canada lorsqu’il incombe aux fonctionnaires de consulter des feuilles Excel. Ce n’est pas une manière efficace d’examiner les données, et ce n’est pas non plus une manière équitable d’examiner l’immigration ou d’accorder des visas. C’est ce que je veux dire quand je parle de la voie intermédiaire entre le techno-scepticisme et le techno-optimisme, c’est une voie qui, oui, aide à aplanir le chemin et à élargir l’accès.

Senator Jaffer: I have a question of Professor Hathaway and then one for both of you. I don’t understand what you meant by “move to safe countries.” What do you mean by a safe country? La sénatrice Jaffer : J’ai une question pour M. Hathaway, puis une pour vous deux. Je ne comprends pas ce que vous entendez par « déménager vers des pays sûrs ». Qu’entendez- vous par un pays sûr? Mr. Hathaway: For example, someone fleeing Venezuela might be living in Costa Rica rather than in Canada for those initial years. M.

Hathaway : Par exemple, une personne fuyant le Venezuela pourrait vivre au Costa Rica plutôt qu’au Canada pendant les premières années. Senator Jaffer: Would you consider Costa Rica a safe country? La sénatrice Jaffer : Considérez-vous le Costa Rica comme un pays sûr? Mr. Hathaway: Yes, I would. The litmus test is two-fold. One, have they signed the Refugee Convention? And two, do they actually do it? That would be the litmus test, because the funding would only go to host states conditional on their living up to their Refugee Convention obligations. M. Hathaway : Oui, en effet.

Le critère décisif comporte deux volets. Premièrement, les responsables ont-ils signé la Convention sur les réfugiés? Et deuxièmement, l’appliquent-ils réellement? Ce serait le critère décisif, car le financement ne serait versé aux États hôtes qu’à condition qu’ils respectent leurs obligations au

titre de la Convention sur les réfugiés. Senator Jaffer: I have so many questions for both of you. When I hear what you are both saying and are you so enthusiastic, it really makes me very excited. I’ve been in the refugee system here for a long time, besides being a refugee, and I find now that public opinion is against refugees and against immigration. Mr. Smith, you’ve been doing a lot of work with your training. What kinds of training are you doing to prevent anti-refugee and anti-immigration sentiments? La sénatrice Jaffer : J’ai tellement de questions pour vous deux.

Quand j’entends ce que vous dites tous les deux et que vous êtes si enthousiastes, cela me réjouit vraiment. Je suis dans le système des réfugiés ici depuis longtemps, en plus d’être réfugiée, et je constate maintenant que l’opinion publique est contre les réfugiés et contre l’immigration. Monsieur Smith, vous avez fait beaucoup de travail avec votre formation. Quels types de formation faites-vous pour prévenir les sentiments anti- réfugiés et anti-immigration? Professor Hathaway, it looks like — and maybe I’m being very dim today — Canadians don’t want to increase refugees. They don’t want refugees.

If we even talk about refugees, it is, “They are taking away our houses. No. There is a housing shortage. We don’t need them.” Monsieur Hathaway, il semble — et peut-être que je suis très bornée aujourd’hui — que les Canadiens ne veulent pas augmenter le nombre de réfugiés. Ils ne veulent pas de réfugiés. Si nous parlons même des réfugiés, on entend : « Ils nous enlèvent nos maisons. Non, il y a une pénurie de logements. Nous n’en avons pas besoin. » Mr. Smith: I don’t affect public opinion on issues around refugees. M. Smith : Je n’influence pas l’opinion publique sur les questions liées aux réfugiés.

Senator Jaffer: But are you doing training on it? That is what I’m asking. You have a training program. La sénatrice Jaffer : Mais faites-vous de la formation à ce sujet? C’est ce que je demande. Vous avez un programme de formation. 45:16 Human Rights 6-11-2023

Mr. Smith: One of the major things we do is try to measure not only refugee integration, but social cohesion and how the experience of receiving refugees into a community affects the receiving community. M. Smith : L’une de nos principales activités est d’essayer de mesurer non seulement l’intégration des réfugiés, mais aussi la cohésion sociale et la manière dont l’expérience de l’accueil de réfugiés dans une collectivité touche la collectivité d’accueil.

Despite the recent Environics poll, despite opposition parties trying to tie immigration to housing and infrastructure — which ought to have been forever and ought to have been for decades tied to that. It’s probably a good thing that Canada is thinking about understanding infrastructure and housing vis-à-vis immigration. That’s an aside. Canada is remarkably resilient to anti-immigrant populism when it comes to it becoming a ballot box issue. That doesn’t mean those sentiments do not exist.

Malgré le récent sondage Environics, malgré les tentatives des partis d’opposition de lier l’immigration au logement et aux infrastructures... ce qui aurait dû être lié à cela pour toujours et pour des décennies. C’est probablement une bonne chose que le Canada réfléchisse à la compréhension des infrastructures et du logement par rapport à l’immigration. C’est un aparté. Le Canada est remarquablement résilient face au populisme anti‑immigration lorsqu’il s’agit d’une question qui devient une question électorale. Cela ne veut pas dire que ces sentiments n’existent pas. Mr.

Hathaway: We have to change the way we frame this. It is not an “us versus them” game. If I said to you that we could do more good for more people with no more money, that’s a good starting point. M. Hathaway : Nous devons changer la façon dont nous encadrons cela. Il ne s’agit pas d’un jeu « nous contre eux ». Si je vous disais que nous pourrions faire plus de bien à davantage de personnes sans injecter plus d’argent, c’est un bon point de départ.

For the developed world — which is really your question — I would add three things: We would dry up the smuggling market, which Canadians are understandably upset about; we would be able to vet security concerns before people are resettled here, which responds to another huge concern; and, third, perhaps most fundamentally going to your question, by doing predominantly resettlement, we are embracing refugees in a way that is a better and easier social fit for countries like Canada.

Pour le monde industrialisé — et c’est en réalité votre question —, j’ajouterais trois choses : nous assécherions le marché des passeurs, qui dérange à juste

titre les Canadiens; nous serions en mesure d’examiner les problèmes de sécurité avant que les gens ne soient réinstallés ici, ce qui répond à une autre grande préoccupation; et, troisièmement, et c’est peut-être le point le plus fondamental pour répondre à votre question, en nous occupant principalement de la réinstallation, nous accueillons les réfugiés d’une manière qui correspond mieux et plus facilement à des pays comme le Canada. Senator Jaffer: Thank you. La sénatrice Jaffer : Merci. Senator Omidvar: I have a brief question for both of you.

Professor Hathaway, as attracted as I am to your proposal — and I am really attracted to it — La sénatrice Omidvar : J’ai une brève question pour vous deux. Monsieur Hathaway, si attirée que je sois par votre proposition — et elle m’attire vraiment... Mr. Hathaway: I hear an academic question coming in here. M. Hathaway : J’entends venir une question théorique. Senator Omidvar: No, no, I will play the devil’s advocate.

You are suggesting that a nation, say, Canada, give up its national authority and let it be subsumed by an international governance model, and that we give up our money and live by the decisions of the international governance model. Is that politically doable? La sénatrice Omidvar : Non, non, je me ferai l’avocate du diable. Vous suggérez qu’une nation, par exemple le Canada, renonce à son autorité nationale et la laisse être subsumée dans un modèle de gouvernance internationale, et que nous abandonnions notre argent et respections les décisions du modèle de gouvernance internationale.

Est-ce politiquement faisable? Mr. Hathaway: I don’t think that’s quite what I am suggesting. I apologize if I gave that impression. We would have formulas for our share. The best version was done by Oxfam, which worked out that Canada’s share of global responsibility is roughly 2.5% in terms of finances and people. It is interesting, because preference matching is very much a part of the model, Mr. Smith is speaking about. Both Canada and the refugees would be involved in indicating what they find most palatable as M. Hathaway : Je ne pense pas que ce soit exactement ce que je suggère.

Je vous prie de m’excuser si j’ai donné cette impression. Nous aurions des formules pour notre part. La meilleure version a été réalisée par Oxfam, qui a déterminé que la part de responsabilité mondiale du Canada est d’environ 2,5 % sur le plan financier et humain. C’est intéressant, car le jumelage selon les préférences fait

partie intégrante du modèle dont parle M. Smith. Le Canada et les réfugiés contribueraient à signaler ce 6-11-2023 Droits de la personne 45:17

a result. It doesn’t guarantee perfection, but it comes closer than the alternatives. qui leur semble le plus acceptable. Cette méthode ne garantit pas la perfection, mais elle s’en rapproche plus que les solutions de rechange. Senator Omidvar: Professor Smith, I appreciate the fact that you are working outside Canada on a made-in-Canada flag- bearing program, the private sponsorship program. I appreciate the fact that we sometimes strut around the world stage in a way that actually doesn’t match our reality. Let me give you one factoid. It takes 30 months for a private sponsorship application to be processed.

That is twice that of family reunification, which is bad enough. Can your techno-optimism — because I’m an optimist and I like that word — be applied to Canada? La sénatrice Omidvar : Monsieur Smith, je comprends que vous travailliez à l’extérieur du Canada à un programme remarquable conçu au Canada, le Programme de parrainage privé. Je sais que nous nous pavanons parfois sur la scène mondiale d’une manière qui ne correspond pas à notre réalité. Laissez-moi vous mentionner un fait. Il faut compter 30 mois pour qu’une demande de parrainage privé soit traitée.

C’est le double du temps qu’il faut pour traiter une demande au

titre de la réunification des familles, ce qui est déjà assez grave. Votre techno-optimisme — parce que je suis moi-même optimiste et que j’aime ce mot — peut-il s’appliquer au Canada? Mr. Smith: In my opinion, Canada does a lot right, but there is a lot of room for improvement in the way our systems work. Canada ought to put itself out there and be a policy leader and a policy entrepreneur. There are a number of countries around the world that have, for example, digitized citizenship models. In Estonia, for example, where the path to access to all social services, for voting, et cetera, is very smooth.

We have a massively bifurcated system, which is split up between provinces, et cetera. M. Smith : À mon avis, le Canada fait beaucoup de bien, mais il reste encore beaucoup à améliorer dans le fonctionnement de nos systèmes. Le Canada devrait se montrer présent et être un chef de file et un entrepreneur dans le domaine des politiques. Un certain nombre de pays dans le monde disposent, par exemple, de modèles de citoyenneté numérisés. En Estonie, notamment, où la voie d’accès à tous les services sociaux, pour voter, et cetera, est très fluide.

Nous avons un système extrêmement dédoublé, qui est divisé entre les provinces, et cetera. The answer is, yes. There is so much room for efficiency and improvement in Canada in a way that is not just hiring McKinsey to come in and do some consulting, but in a way that actually works with experts in immigration, works with people and communities who are immigrants and refugees, and helps streamline systems and optimize things. That’s less of a sales pitch and more of a diagnosis. La réponse est oui.

Il y a énormément de possibilités de gains d’efficience et d’amélioration au Canada, d’une manière qui consiste, non pas simplement à embaucher McKinsey pour venir faire des consultations, mais à collaborer réellement avec des experts en immigration, avec des personnes et des collectivités qui sont des immigrants et des réfugiés, de façon à aider à rationaliser les systèmes et à optimiser les choses. Il s’agit moins d’un argumentaire de vente que d’un diagnostic. Senator Lankin: I think Mr. Smith said that Canada can lead us out of this mess, I’m not sure. Mr.

Hathaway, you said we have to get the UNHCR out of the talk shop mode. I would ask both of you for three priorities, concrete measures that you would recommend Canada to take. I know there are more than three things. If this committee were to look at building recommendations, what would you like to see in those recommendations for Canada’s role, either getting it out of the talk shop, or in implementing different technologies, measures and systems, and shared responsibility with whom? La sénatrice Lankin : Je pense que M. Smith a dit que le Canada peut nous sortir de ce pétrin, je n’en suis pas sûre.

Monsieur Hathaway, vous avez dit que le HCR doit sortir de la phase de discussion. Je vous demanderais à tous deux de recommander trois priorités, des mesures concrètes que le Canada devrait prendre. Je sais qu’il y a plus que trois choses. Si le comité devait envisager d’élaborer des recommandations, qu’aimeriez-vous voir dans ces recommandations concernant le rôle du Canada : qu’il sorte de la phase de discussion, qu’il mette en œuvre des technologies, des mesures et des systèmes différents et qu’il partage la responsabilité, et ce, avec qui? Mr. Hathaway: So you’re asking me for threes.

Were you raised as a Catholic too? No, just kidding. M. Hathaway : Vous avec donc, vous aussi, un faible pour le concept de la trinité. Avez-vous également été élevée dans la religion catholique? Non, je rigole. Senator Lankin: Close enough. La sénatrice Lankin : C’est assez proche. Mr. Hathaway: The number one for me would be to lay down a red line with UNHCR and say that we signed onto the global compact, but we signed on because we believe in concrete M.

Hathaway : Pour moi, la première solution serait de tracer une ligne rouge avec le HCR et de dire que nous avons signé le pacte mondial, mais nous l’avons signé parce que nous croyons 45:18 Human Rights 6-11-2023

process on the ground. We do not believe in endless meetings. Deliver the goods or end the process. en un processus concret sur le terrain. Nous ne croyons pas aux réunions éternelles. Livrez la marchandise ou mettez fin au processus. Number two, in terms of what that would look like, we want to see a model for common but differentiated responsibility. The idea that one size fits all, that what Sudan does is the same as what Canada does, just does not make sense. Different countries doing different jobs, contributing to one net protection regime.

Deuxièmement, en ce qui concerne la forme que cela pourrait prendre, nous voulons voir un modèle de responsabilités communes, mais différenciées. L’idée d’une solution universelle, selon laquelle ce que fait le Soudan est identique à ce que fait le Canada, n’a tout simplement pas de sens. Différents pays accomplissent des tâches différentes, contribuant à un seul régime de protection. And the third thing — and this is coming from my heart — is that the non-negotiable is that there has to be a plan quickly to make real progress in protracted refugee situations.

Twenty-four million people living for more than 20 years with no plan in sight for them is ethically unacceptable, and you need to deliver now with a plan on how we’re going to address that. Et la troisième chose — et cela me vient du cœur —, qui n’est pas négociable, c’est qu’il doit y avoir rapidement un plan pour réaliser de réels progrès dans les situations de réfugiés prolongées.

Le fait que 24 millions de personnes vivent depuis plus de 20 ans sans aucun plan en vue pour elles est inacceptable du point de vue éthique, et vous devez présenter dès maintenant un plan quant à la manière dont nous allons résoudre le problème. Senator Lankin: Thank you. La sénatrice Lankin : Merci. Mr. Smith: The primary one that we haven’t talked about much is around additionality, so ensuring all these new programs and innovations don’t actually draw down on existing commitments to humanitarian immigration pathways but are over and above them.

That is supposed to be a principle that drives any new programming through the Global Compact on Refugees. M. Smith : La priorité dont nous n’avons pas beaucoup parlé concerne l’additionnalité; il faut s’assurer que l’ensemble des nouveaux programmes et des innovations ne réduisent pas en fait les engagements existants en faveur des voies d’immigration humanitaire, mais qu’ils s’y ajoutent. C’est censé être un principe qui guide tout nouveau programme dans le cadre du Pacte mondial sur les réfugiés.

The second and very simple one would be to set benchmarks for what responsibility sharing actually looks like and write the numbers down. Some of them might be financial, and some of them might be for asylum. For example, Canada right now, working in Central America and Latin America, just keeps sending IRB decision makers to help Mexico’s asylum system instead of helping refugees get here. That, in itself, works as a kind of containment policy. La deuxième, très simple, consisterait à fixer des points de repère définissant ce à quoi ressemble réellement le partage des responsabilités et à noter les chiffres.

Certains d’entre eux pourraient être d’ordre financier, et d’autres pourraient concerner l’asile. Par exemple, le Canada, qui travaille actuellement en Amérique centrale et en Amérique latine, continue d’envoyer des décideurs de la commission pour aider le système d’asile mexicain au lieu d’aider les réfugiés à arriver ici. En soi, cela fonctionne comme une sorte de politique de confinement. The third one is to implement these things and set timelines for implementation.

We’re not going to open up the Refugee Convention for renegotiation, but we miss an opportunity with the Global Compact on Refugees to talk about what implementation means in a way that is not Sustainable Development Goals, amorphous benchmarks, that you just write into policy and programming. Get specific and follow up on commitments. La troisième priorité consiste à mettre en œuvre ces mesures et à fixer des délais de mise en œuvre.

Nous n’allons pas ouvrir la Convention relative aux réfugiés à la renégociation, mais nous ratons une occasion avec le Pacte mondial sur les réfugiés de parler de ce que signifie sa mise en œuvre, qui ne consiste pas en des objectifs de développement durable, des points de repère nébuleux qu’on se contente d’inscrire dans les politiques et les programmes. Soyez précis et donnez suite à vos engagements. Senator Lankin: Thank you. La sénatrice Lankin : Merci. The Chair: Thank you, gentlemen. La présidente : Merci, messieurs. I have a question, listening to both of you.

We hear resistance to new ideas and no future planning, yet I’m listening to you and you have such good ideas. Has anyone come to you and say that J’ai une question en vous écoutant tous les deux. Nous entendons de la résistance aux nouvelles idées et de l’absence de planification future, mais je vous écoute, et vous avez de si 6-11-2023 Droits de la personne 45:19

what you are saying makes so much sense, and let’s work together? Or are they quite happy with the way — like you said, Professor Hathaway, just spinning their wheels and they don’t want to change? bonnes idées. Des gens sont-ils venus vous voir et vous dire que vos propos étaient tellement pleins de bon sens et qu’il fallait travailler ensemble? Ou sont-ils plutôt satisfaits de la façon... Comme vous l’avez dit, monsieur Hathaway, ils ne font que tourner en rond et ne veulent pas changer? Mr. Hathaway: I fear the latter.

The five-year project that I described to you involving six governments including Canada, more than 60 academic experts from around the world, the UN and all the others there, on the very last day of the conference, the UN Director of International Protection walks to the front of the room and says: “We’re not willing to make this work. We’re not interested in implementing this.” You could have seen more than a hundred people ready to cry. M. Hathaway : Je crains que cette dernière hypothèse soit malheureusement juste.

Le projet quinquennal que je vous ai décrit auquel prennent part six gouvernements, dont le Canada, plus de 60 experts universitaires du monde entier, les Nations unies et tous les autres acteurs présents... Le tout dernier jour de la conférence, la directrice de la Division de la protection internationale des Nations unies va à l’avant de la salle et dit : « Nous ne sommes pas disposés à faire en sorte que cela fonctionne. Nous ne sommes pas intéressés à mettre cela en œuvre. » On aurait pu voir plus d’une centaine de personnes au bord des larmes. We have a problem of international leadership.

I thought that we might have a moment — and this is back to what Mr. Smith said about having lost out on the Global Compact — when there was an Angela Merkel, a Justin Trudeau, a Jakaya Kikwete — there were a variety of international leaders who could have pulled us out of this mire, but we don’t have a champion right now. That is our biggest dilemma. People ask to hear about the plans, but nobody is prepared to champion them, and certainly not the UNHCR. Nous avons un problème de leadership international. J’ai pensé que nous pourrions avoir un moment — et cela revient à ce que M.

Smith a dit à propos de notre échec concernant le Pacte mondial — où il y avait une Angela Merkel, un Justin Trudeau, un Jakaya Kikwete... Il y avait différents dirigeants internationaux qui auraient pu nous sortir de ce bourbier, mais nous n’avons pas de champion pour le moment. C’est notre plus grand problème. Les gens demandent à être informés de ces projets, mais personne n’est prêt à les défendre, et certainement pas le HCR. The Chair: You have the senators of Canada who would. La présidente : Les sénateurs du Canada le feraient. Mr.

Hathaway: Which we are extraordinarily grateful that you are asking these questions, if I may say that. It makes me so proud to be Canadian that this Senate is asking these hard questions, so thank you. M. Hathaway : Et nous sommes extrêmement reconnaissants que vous posiez ces questions, si je puis dire. Cela me rend tellement fier d’être Canadien que le Sénat pose ces questions difficiles, alors merci. The Chair: Mr. Smith, would you like to add? La présidente : Monsieur Smith, voudriez-vous ajouter quelque chose? Mr. Smith: Yes. We’re very lucky because we’ve been working for several years on this.

We have most traction with NGOs, civil society organizations, and then get funding from outside parties, et cetera. M. Smith : Oui. Nous avons beaucoup de chance, car nous travaillons là-dessus depuis plusieurs années. C’est auprès des organisations non gouvernementales, des organisations de la société civile que nous avons le plus d’influence, et nous obtenons ensuite des fonds de parties extérieures, et cetera. In the U.S., we work with the Department of State and with the White House. They’re very receptive.

Where we have the most traction with policy-makers globally is by understanding what their domestic political constraints are. It’s very slow going. We can present all the great ideas that we want, but without recognizing the domestic politics, without recognizing what the costs would be for being an international champion for this — essentially what I mean is that the hyper-optimistic or extremely activist-oriented interventions along these lines tend not to end up in concrete programming. There is a bit of realpolitik that is always necessary.

Aux États-Unis, nous travaillons avec le Département d’État et la Maison-Blanche. Ils sont très réceptifs. Là où nous avons le plus d’influence auprès des décideurs politiques du monde entier, c’est en comprenant quelles sont leurs contraintes politiques nationales. Cela avance très lentement. Nous pouvons présenter toutes les grandes idées que nous voulons, mais sans reconnaître la politique intérieure, sans reconnaître quels seraient les coûts pour être un champion international de ces questions...

Ce que je veux dire essentiellement, c’est que les interventions hyperoptimistes ou extrêmement militantes dans ce sens ont tendance à ne pas aboutir à des programmes concrets. Un peu de realpolitik est toujours nécessaire. 45:20 Human Rights 6-11-2023

The Chair: Thank you, gentlemen. We really appreciate your help as we move forward with the study. Don’t be surprised if you hear from us to have you back at a later stage. Thank you. It has been a privilege to listen to you. La présidente : Merci, messieurs. Nous apprécions vraiment votre aide alors que nous avançons dans l’étude. Ne soyez pas surpris si nous vous demandons de revenir ultérieurement. Merci. C’était un privilège de vous écouter. Honourable senators, I shall now introduce our second panel. Each witness has been asked to make an opening statement of five minutes.

We shall hear from the witnesses and then turn to the questions from senators. With us in person at the table today, I wish to welcome Camila Bustos, Assistant Professor of Law, Pace University; and, via video conference, please welcome Monica Iyer, Clinical Fellow, International Human Rights Clinic, Duke Law School. Honorables sénatrices, je vais maintenant présenter notre deuxième groupe de témoins. Chaque témoin a été invité à faire une déclaration liminaire de cinq minutes. Nous entendrons les témoins, puis nous passerons aux questions des sénatrices.

Parmi nous en personne à la table aujourd’hui, je souhaite la bienvenue à Camila Bustos, professeure adjointe de droit à l’Université Pace, et, par vidéoconférence, veuillez accueillir Monica Iyer, boursière en clinique, International Human Rights Clinic, Duke Law School. I will now invite Professor Bustos to make a presentation, followed by Ms. Iyer. J’inviterai maintenant Mme Bustos à faire un exposé, suivie de Mme Iyer. Camila Bustos, Assistant Professor of Law, Pace University, as an individual: Good afternoon and thank you to the Standing Senate Committee on Human Rights for kindly inviting me today.

Camila Bustos, professeure adjointe de droit, Université Pace, à

titre personnel : Bonjour et merci au Comité sénatorial permanent des droits de la personne de m’avoir aimablement invitée aujourd’hui. I would also like to echo the statements of my colleague Professor Iyer that will follow. Je voudrais également me faire l’écho des déclarations de ma collègue, Mme Iyer, qui suivront. Before I begin my remarks, I would like to point the members of the committee to an important report that came out today authored by the University of Toronto Law Union. The report reveals the massive role that Canadian law firms play in enabling fossil fuel companies.

The report finds that fossil fuel transactions completed by five Canadian law firms — Torys LLP; Fasken LLP; McCarthy Tétrault LLP; Miller Thomson LLP; and Osler, Hoskin & and Harcourt LLP from 2008 through early 2023, amount to $500 billion total. Avant de commencer mon exposé, j’aimerais attirer l’attention des membres du comité sur un rapport important publié aujourd’hui et rédigé par le Law Union de l’Université de Toronto. Le rapport révèle le rôle très important que jouent les cabinets d’avocats canadiens pour aider des entreprises de combustibles fossiles.

Le rapport révèle que les transactions liées aux combustibles fossiles réalisées par cinq cabinets d’avocats canadiens — Torys LLP, Fasken LLP, McCarthy Tétrault LLP, Miller Thomson LLP et Osler, Hoskin & Harcourt LLP — de 2008 au début de 2023, totalisent 500 milliards de dollars. Kudos to the law students who’ve built on the work of Law Students for Climate Accountability in the United States and the U.K. and have produced a Canada-specific report to illustrate how law firms often perpetuate the climate emergency.

Félicitations aux étudiants en droit qui se sont appuyés sur le travail de l’organisme Law Students for Climate Accountability aux États-Unis et au Royaume-Uni et qui ont produit un rapport concernant la situation canadienne pour illustrer la façon dont les cabinets d’avocats perpétuent souvent l’urgence climatique. I will now turn to climate-related displacement or migration. This is a complex phenomenon, so I’d like to highlight a few points before I tell you how law and policy can help protect those at risk, and those who are fleeing from climate and environmental disasters.

Je vais maintenant aborder les déplacements ou les migrations liés au climat. Il s’agit d’un phénomène complexe; c’est pourquoi j’aimerais souligner quelques points avant de vous expliquer comment la législation et les politiques peuvent contribuer à protéger les personnes à risque et celles qui fuient les catastrophes climatiques et environnementales. Displacement can be temporary or permanent. It may be caused by what is known as slow-onset events or events of gradual progression, such as coastal erosion or droughts, or by rapid-onset events, such as landslides, floods, and hurricanes.

Le déplacement peut être temporaire ou permanent. Il peut être provoqué par ce que l’on appelle des événements à évolution lente ou progressive, comme l’érosion côtière ou les sécheresses, ou par des événements à évolution rapide, comme des glissements de terrain, des inondations et des ouragans. 6-11-2023 Droits de la personne 45:21

While cross-border displacement captures the imagination of the media, which often portrays racialized images of helpless victims from the Global South to the Global North, most climate- related displacement is and will, in fact, be internal. According to the Internal Displacement Monitoring Centre, there were a total of 32.6 million internal displacements across the world in 2022.

Même si les déplacements transfrontaliers captivent l’imagination des médias, qui présentent souvent des images racisées de victimes impuissantes allant de l’hémisphère sud vers l’hémisphère nord, la plupart des déplacements liés au climat sont et seront, en fait, internes. Selon l’Observatoire des situations de déplacement interne, il y a eu au total 32,6 millions de déplacements internes dans le monde en 2022. In Canada, as Professor Iyer will highlight, communities have already been displaced from their homes due to extreme weather impacts such as flooding, mudslides, droughts and wildfires.

Au Canada, comme Mme Iyer le soulignera, des collectivités ont déjà été déplacées de leurs foyers en raison de conditions météorologiques extrêmes telles que des inondations, des coulées de boue, des sécheresses et des incendies de forêt. Existing law at the international, regional and domestic levels is insufficient to provide adequate protection to climate- displaced people. In the Americas, individuals displaced by environmental disasters are typically not granted refugee status and are instead offered humanitarian visas or complementary protection.

While these measures are important, their use is typically ad hoc and on a discretionary basis in response to rapid-onset events. Les lois existantes aux niveaux international, régional et national sont insuffisantes pour assurer une protection adéquate aux déplacés climatiques. Dans les Amériques, les personnes déplacées par des catastrophes environnementales ne bénéficient généralement pas du statut de réfugié et se voient plutôt proposer des visas humanitaires ou une protection complémentaire.

Bien que ces mesures soient importantes, leur utilisation est généralement ponctuelle et discrétionnaire en réponse à des événements à évolution rapide. Humanitarian visas and complementary protection are generally not designed to provide permanent protection or a pathway to permanent residence and citizenship. This is especially difficult for those without a safe place to return after temporary protection ends, especially if they were displaced by slow-onset disasters.

Les visas humanitaires et la protection complémentaire ne sont généralement pas conçus pour fournir une protection permanente ou une voie vers la résidence permanente et la citoyenneté. Cela est particulièrement difficile pour ceux qui ne disposent pas d’un endroit sûr où rentrer après la fin de la protection temporaire, surtout s’ils ont été déplacés par des catastrophes à évolution lente. Research has shown that many asylum seekers experience devastating climate-related disasters, such as hurricanes, droughts and floods, which exacerbate their conditions of social and economic vulnerability.

Asylum seekers identify the destruction of their homes, agricultural lands and businesses due to climate-related causes as a contributing factor to their decisions to flee their home country. Des recherches ont montré que de nombreux demandeurs d’asile subissent des catastrophes climatiques dévastatrices, telles que des ouragans, des sécheresses et des inondations, qui exacerbent leurs conditions de vulnérabilité sociale et économique.

Les demandeurs d’asile disent que la destruction de leurs maisons, de leurs terres agricoles et de leurs entreprises pour des raisons liées au climat est un facteur ayant contribué à leur décision de fuir leur pays d’origine. Leveraging existing protection and opening up new pathways, while centring the needs of the most vulnerable, are critical to address the challenges arising in the context of a changing climate.

There is no one-size-fits-all solution, but national governments can begin addressing the gap in protection through the following actions: training judges, lawyers, and immigration officials on how climate change may intersect with valid claims under existing refugee law; increasing the use of humanitarian visas in the context of climate change, particularly in countries or regions that are severely affected; developing effective relocation processes for internally displaced communities that centre their needs through a human rights approach; adopting long-term legislative solutions to codify protections in domestic law, providing a more permanent and comprehensive response; thinking creatively about existing immigration pathways.

Il est essentiel de tirer parti de la protection existante et d’ouvrir de nouvelles voies, tout en mettant l’accent sur les besoins des plus vulnérables, afin que l’on puisse relever les défis qui se posent dans le contexte des changements climatiques.

Il n’existe pas de solution universelle, mais les gouvernements nationaux peuvent commencer à combler les lacunes en matière de protection par les actions suivantes : former les juges, les avocats et les agents de l’immigration quant à la manière dont les changements climatiques peuvent recouper les demandes d’asile valides en vertu du droit des réfugiés en vigueur; accroître le recours aux visas humanitaires dans le contexte des changements climatiques, en particulier dans les pays ou régions gravement touchés; élaborer des processus de réinstallation efficaces pour les collectivités déplacées à l’intérieur du pays, qui centrent leurs besoins sur une approche axée sur les droits de la personne; adopter des solutions 45:22 Human Rights 6-11-2023

législatives à long terme pour codifier les protections dans le droit national, apportant ainsi une réponse plus permanente et plus complète; réfléchir de manière créative aux voies d’immigration existantes. As my colleague will emphasize, supporting communities that wish to stay in place, while affirming international migration as an important adaptation strategy, is essential to building an equitable response to the climate crisis.

Comme ma collègue le soulignera, soutenir les collectivités qui souhaitent rester sur place, tout en reconnaissant la migration internationale comme une stratégie d’adaptation importante, est essentiel pour trouver une réponse équitable à la crise climatique. From a human rights perspective, pushback policies that force people back to their country of origin and physically prevent arriving migrants from entering, violate states’ obligations under international law.

Displaced persons, refugees, and migrants alike should be free to exercise their rights to leave any country or territory, not to be detained arbitrarily, to seek and enjoy asylum, and to have individual rights and duties determined in a due process proceeding. Du point de vue des droits de la personne, les politiques de refoulement qui contraignent les gens à retourner dans leur pays d’origine et empêchent physiquement les migrants d’entrer, violent les obligations des États en vertu du droit international.

Les personnes déplacées, les réfugiés et les migrants devraient être libres d’exercer leurs droits de quitter n’importe quel pays ou territoire, de ne pas être détenus arbitrairement, de demander l’asile et d’en bénéficier et de voir leurs droits et devoirs individuels déterminés dans le cadre d’une procédure régulière.

As the Global Compact on Migration states, Canada must “ensure effective respect, protection and fulfilment of the human rights of all migrants, regardless of their migration status, across all stages of the migration cycle,” while reaffirming, “the commitment to eliminate all forms of discrimination, including racism, xenophobia and intolerance against migrants and their families.” Comme l’indique le Pacte mondial sur les migrations, le Canada doit « veiller au respect, à la protection et à la réalisation des droits de l’homme de tous les migrants, quel que soit leur statut migratoire, à tous les stades de la migration », tout en réaffirmant « notre attachement à l’élimination de toutes les formes de discrimination, dont le racisme, la xénophobie et l’intolérance, à l’endroit des migrants et de leur famille ».

Climate displacement is a tremendous challenge, but it is one we can prepare and plan for. Le déplacement climatique constitue un énorme défi, mais nous pouvons nous y préparer et planifier en conséquence. Thank you again for having me. I look forward to your questions. Merci encore de m’avoir reçue. Je serai heureuse de répondre à vos questions. The Chair: Thank you. I will now turn to Ms. Iyer for your statement. La présidente : Merci. Je vais maintenant passer à Mme Iyer pour sa déclaration.

Monica Iyer, Clinical Fellow, International Human Rights Clinic, Duke Law School, as an individual: Thank you, Madam Chair and distinguished members of the Standing Senate Committee on Human Rights, for inviting me here today and for your consideration of this topic of crucial and growing importance. Monica Iyer, boursière en clinique, International Human Rights Clinic, Duke Law School, à

titre personnel : Je vous remercie, madame la présidente et honorables membres du Comité sénatorial permanent des droits de la personne, de m’avoir invitée à être ici aujourd’hui et de votre étude de ce sujet d’une importance cruciale et croissante. I would also like to fully align myself with the statements of my colleague Professor Bustos. J’aimerais également souscrire complètement aux déclarations de ma collègue, madame Bustos.

In the coming decades, millions of people are at risk of being driven from their homes by environmental factors, while others, who are unable or unwilling to move, will face increasing environmental risks to their homes, health and lives. Dans les décennies à venir, des millions de personnes risquent d’être forcées de quitter leur domicile en raison de facteurs environnementaux, alors que d’autres, qui ne peuvent pas déménager ou ne veulent pas le faire, seront exposées à des risques environnementaux accrus menaçant leur domicile, leur santé et leur vie. This is not a far-off threat.

It’s already happening, as fires rage in British Columbia, as waters rise to threaten coastal communities, as rising temperatures impact Indigenous food Il ne s’agit pas d’une menace lointaine. Elle se produit déjà, tandis que les incendies font des ravages en Colombie- Britannique, que la montée des eaux menace les communautés 6-11-2023 Droits de la personne 45:23

ways in the Arctic. That’s just some of what’s happening in Canada alone. côtières, que la hausse des températures a une incidence sur les modes d’alimentation autochtones dans l’Arctique. Voilà seulement une

partie de ce qui se passe uniquement au Canada. Questions around climate change and environmental migration and displacement are talked about as a political, security, infrastructure and resource challenge. But more than any of those, they are a human rights challenge. On discute de questions concernant les migrations et déplacements liés aux changements climatiques et environnementaux, qui constituent un enjeu en matière de politique, de sécurité, d’infrastructure et de ressources. Toutefois, il s’agit de bien plus que cela : elles constituent un enjeu en matière de droits de la personne.

When people are moving in these circumstances, it is because their rights to health and housing, livelihoods, dignity and life are under threat. In many circumstances, those who are most at risk of forced displacement or of forced mobility are those who have historically faced marginalization and discrimination and continue to be impacted by intersecting structural inequalities. Lorsque les gens déménagent dans ces circonstances, c’est parce que leurs droits en matière de santé et de logement, leurs moyens de subsistance, leur dignité et leur vie sont menacés.

Dans de nombreuses situations, les personnes qui sont le plus exposées aux déplacements forcés ou à la circulation forcée sont celles qui ont, par le passé, été victimes de marginalisation et de discrimination et qui continuent d’être affectées par les inégalités structurelles intersectionnelles. These are multi-faceted challenges that require a multi-faceted response.

This means providing accessible, affordable legal pathways for migration in safety and dignity and with full human rights protection, but also taking immediate and forceful climate mitigation action and enabling community-driven in situ adaptation options that will permit people to choose to stay in their homes. Ces difficultés aux multiples facettes exigent une réponse à multiples facettes.

Cela suppose de fournir des voies juridiques accessibles et abordables pour la migration en toute sécurité et en toute dignité avec la protection complète des droits de la personne, mais il faut aussi prendre des mesures immédiates et puissantes visant à atténuer les changements climatiques et permettant des options d’adaptation sur place menées par les communautés qui permettront aux gens d’avoir le choix de rester dans leur domicile.

As Professor Bustos has ably covered discussion of the circumstances and obligations toward, those who do move, with the indulgence of the committee, I will focus my opening remarks on these latter human rights obligations, in full recognition that the ultimate goal should be neither preventing nor requiring relocation but, rather, creating a system that allows all people to choose their place of residence in safety, equality and dignity.

Étant donné que Mme Bustos a très bien couvert le sujet concernant les circonstances et les obligations futures envers les personnes qui se déplacent, avec l’indulgence du comité, je vais concentrer mes déclarations liminaires sur les dernières, les obligations liées aux droits de la personne, en reconnaissant complètement que l’objectif ultime devrait être non pas de prévenir ou d’exiger la réinstallation, mais plutôt de créer un système qui permet à tout le monde de choisir son lieu de résidence en toute sécurité, égalité et dignité.

Estimates vary as to the number of people who are likely to be forcibly displaced as a result of climate change. As an example, the World Bank’s Groundswell report suggests that by 2050, up to 143 m

Document details

CollectionSenate Committees
CitationRIDR / Evidence / 45ev-56447
Typecommittee
Volume / chapter441 / Evidence / 45ev-56447
Languageen
Formatpdf
SourceCOMM_SEN
Identifier9bd7467dbd69ae9709a50b74e6abfec044f243a3

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