Senate Committee — RIDR — Evidence — 08ev-55492
RIDR / Evidence / 08ev-55492
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EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Monday, May 2, 2022 OTTAWA, le lundi 2 mai 2022 The Standing Senate Committee on Human Rights met with videoconference this day at 5 p.m. [ET] to examine such issues as may arise from time to time relating to human rights generally. Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se réunit aujourd'hui, à 17 heures (HE), avec vidéoconférence, pour examiner les questions qui pourraient survenir concernant les droits de la personne en général. Senator Salma Ataullahjan (Chair) in the chair.
La sénatrice Salma Ataullahjan (présidente) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Chair: Honourable senators, I welcome you all to this meeting of the Standing Senate Committee on Human Rights. I am Salma Ataullahjan, a senator from Toronto and chair of the committee. La présidente : Chers collègues, je vous souhaite à tous la bienvenue à cette réunion du Comité sénatorial permanent des droits de la personne. Je m’appelle Salma Ataullahjan, sénatrice de Toronto et présidente du comité. I would like to introduce the members of the committee who are participating in this meeting.
We have Senator Arnot from Saskatchewan, Senator Boyer from Ontario, Senator Wells from Newfoundland and Senator Francis from Prince Edward Island. Welcome to all of you and to those viewing these proceedings on senvu.ca. J’aimerais vous présenter les membres du comité qui participent à cette réunion. Ce sont le sénateur Arnot, de la Saskatchewan, la sénatrice Boyer, de l’Ontario, le sénateur Wells, de Terre-Neuve, et le sénateur Francis, de l’Île-du-Prince- Édouard. Bienvenue à vous tous et à ceux qui suivent nos délibérations sur senvu.ca.
Today, we are conducting a study that began in 2019 on the forced and coerced sterilization of persons in Canada. This committee tabled an interim report on this topic in June 2021. This is our second meeting on the topic in this parliamentary session. The June 2021 report underlined the importance of hearing from survivors about their experiences. Today, our committee is clearly responding to this recommendation by hearing from six women who have agreed to share their stories and their views.
I would like to take this opportunity to sincerely thank our witnesses for agreeing to participate in this very important study. Aujourd’hui, nous menons une étude qui a commencé en 2019 sur la stérilisation forcée de personnes au Canada. Le comité a déposé un rapport provisoire en juin 2021 et il s’agit de notre deuxième réunion à ce sujet au cours de cette session parlementaire.
Le rapport ayant souligné l’importance d’entendre les survivants parler de leurs expériences, notre comité répond clairement à cette recommandation en entendant aujourd’hui six femmes qui ont accepté de nous faire part de leurs histoires et de leurs points de vue. J’en profite pour les remercier sincèrement d’avoir accepté de participer à cette très importante étude. I will now introduce our first panel of witnesses. We have Witness A, who wishes to remain anonymous, Sylvia Tuckanow and Elizabeth Esquega. They are accompanied by Alisa Lombard, a lawyer from Lombard Law.
Welcome to all of you, and thank you for being with us. Je vais maintenant présenter notre premier groupe de témoins. Nous accueillons notre témoin A, qui souhaite demeurer anonyme, Sylvia Tuckanow et Elizabeth Esquega. Elles sont accompagnées d’Alisa Lombard, avocate du cabinet Lombard Law. Bienvenue à toutes et merci d’être parmi nous. I would also like to take this opportunity to recognize Senator Kim Pate, who has joined us. J’aimerais également profiter de l’occasion pour saluer la sénatrice Kim Pate, qui vient de se joindre à nous. Witness A, you now have the floor. Madame la témoin A, vous avez la parole.
Witness A, as an individual: Thank you, Madam Chair, and thank you to the members of the committee for providing me the opportunity to give my testimony today. Témoin A, à
titre personnel : Merci, madame la présidente, et merci aux membres du comité de me donner l’occasion de témoigner aujourd’hui. Starting off, I would like to acknowledge the ancestral territory of the Algonquin Anishinaabe Nation, and First Nations, Métis and Inuit people from across Canada. Tout d’abord, j’aimerais saluer le territoire ancestral de la nation algonquine anishinabe ainsi que les Premières Nations, les Métis et les Inuits de partout au Canada. 2-5-2022 Droits de la personne 8:1
Honourable senators, I’m very grateful to be here today. I greet you in the most humble and respectful way. I would also like to acknowledge God above with committing my experience toward serving a higher power while also expressing my gratitude toward the courage and bravery of champion advocates Brenda Pelletier and Tracy Bannab for first breaking this story in 2015. I give very special thanks to all survivors nationwide who, in this cause, hope for justice and stand united in the gap. Honorables sénateurs, je suis très reconnaissante d’être ici aujourd’hui. Je vous salue avec humilité et respect.
Je tiens également à remercier le Très-Haut de me laisser lui faire offrande de mon expérience pour mieux le servir, tout en exprimant ma gratitude pour le courage et la bravoure des avocates Brenda Pelletier et Tracy Bannab, qui ont été les premières à dévoiler les faits en 2015. Je remercie tout particulièrement tous les survivants de partout au pays qui font front commun dans cette cause en espérant que justice se fasse. I am the founding leading plaintiff of a proposed class-action suit that addresses the coercive sterilization of Indigenous women in Saskatchewan.
Nationwide, I believe that includes thousands of Indigenous women across Canada. I am a proud member of Fishing Lake First Nation in Treaty 4 territory, a loving mother of two children and a citizen of the Anishinaabeg nation. Je suis la principale plaignante fondatrice d’un projet de recours collectif portant sur la stérilisation forcée des femmes autochtones en Saskatchewan. À l’échelle nationale, je crois qu’il y a des milliers de femmes autochtones qui sont touchées.
Je suis fière d’être membre de la Première Nation de Fishing Lake, sur le territoire visé par le Traité no 4, mère de deux enfants qui me sont infiniment chers et citoyenne de la nation anishinabe. Today, I stand in solidarity with several survivors and several Indigenous women whose human rights were violated during their labour and delivery.
Our experiences are similar in that when Indigenous women were at their most vulnerable and exposed during labour and delivery, our basic human rights to free, prior and informed consent were compromised, which not only rendered Indigenous women sterile but also forever removed generations of future unborn from ever receiving their inherent treaty rights. Where the violated have Indian status, such as myself, the repercussions reflect in an inability to pass that status on to future generations and decreases the numbers of our people. This practice is, in all manners, nothing short of genocide.
Aujourd’hui, je suis solidaire de plusieurs survivants et de femmes autochtones dont les droits ont été violés pendant l’accouchement ou quand elles étaient sur le point d’accoucher. Nos expériences se rejoignent, dans la mesure où nos droits fondamentaux à un consentement libre, préalable et éclairé ont été compromis à un moment où nous étions le plus vulnérables. En plus de rendre les femmes autochtones stériles, on a privé à tout jamais des générations futures, des enfants qui ne seront pas, de leurs droits inhérents issus de traités.
Lorsque les personnes violées ont le statut d’Indien, comme moi, elles ne peuvent pas léguer ce statut aux générations futures, ce qui diminue le nombre des nôtres. Cette pratique ne peut être qualifiée que de génocide. In September 2008, prior to and up to my delivery, during and following the C-section of my now 13-year-old son, from a variety of health care practitioners and providers, I was interrogated, shamed and subjected to systemic racial profiling and harassment. I was further marginalized and violated when I was forcefully sterilized.
I was told that the procedure was reversible and that I didn’t want to be in that kind of situation again. En septembre 2008, avant et jusqu’à mon accouchement, pendant et après la césarienne de mon fils maintenant âgé de 13 ans, divers professionnels de la santé m’ont systématiquement interrogée, humiliée, harcelée et soumise à un profilage racial. J’ai été marginalisée et violée de nouveau dans mes droits lorsque j’ai été stérilisée de force. On m’a dit que l’intervention était réversible et que j’avais tout intérêt à le faire pour ne plus me retrouver dans ce genre de situation.
Upon my release from the hospital on the following day after I brought my newborn baby home, due to the birth alert, my son’s human rights were violated when, on his first day home, he was apprehended by Child and Family Services. While I had the resources to access justice to have my son returned to my care, many of the survivors who suffered the same fate did not and lost their children to the system of Child and Family Services.
Later, when I reviewed both mine and my son’s Child and Family Services file, to my utter horror, it had read that, prior to the birth of my son, he was earmarked for permanent wardship. À ma sortie de l’hôpital le lendemain, la naissance de mon bébé ayant été signalée aux Services à l’enfance et à la famille, on est venu me l’arracher le jour même où je suis rentrée à la maison avec lui, violant ainsi les droits de mon nouveau-né.
Bien que j’aie eu les ressources nécessaires pour avoir accès à la justice afin que mon fils me soit retourné, de nombreuses survivantes qui ont subi le même sort n’ont pas pu le faire et ont perdu leurs enfants au profit des Services à l’enfance et à la famille. Plus tard, lorsque j’ai examiné le dossier que ces services détenaient sur mon fils et moi, j’ai constaté à ma grande 8:2 Human Rights 2-5-2022
horreur qu’il avait été désigné pour la tutelle permanente avant même sa naissance. As a survivor of coercive sterilization, next to screaming into the void, there are no words to describe the violation and powerlessness of having your cultural identity as a woman essentially sterilized. Such an inhumane, brutal act can only be compared to being gutted wholly alive. Comme survivante de la stérilisation sous contrainte, à
part vouloir pousser le cri primal, il n’y a pas de mots pour décrire le sentiment de violation et d’impuissance qu’une femme ainsi stérilisée ressent face à la perte de son identité culturelle comme telle. Un acte aussi inhumain et brutal ne peut être comparé qu’au fait d’être complètement vidée de ses entrailles, éviscérée sur le vif.
Your report on this study is hopefully followed by legislative and policy reform, concrete action and acknowledging that the rampant and deeply harmful coercive and forced sterilization of Indigenous women must be actioned at the highest levels to ensure respect for free, prior and informed consent of Indigenous women. Without legislation and policy reform, such Canadian laws that have adversely impacted so many Indigenous women will continue to thrive on the foundations of colonialism.
Nous espérons que votre rapport sur cette étude aboutira à une réforme législative et stratégique, à des mesures concrètes et à la reconnaissance du fait que la stérilisation forcée endémique et profondément préjudiciable des femmes autochtones doit être traitée aux plus hauts niveaux afin d’assurer le respect du principe de la liberté et du consentement préalable et éclairé des femmes autochtones. En l’absence de ces réformes, les lois canadiennes qui ont fait tant de tort à tellement de femmes autochtones continueront de prospérer dans l’esprit du colonialisme.
In solidarity with fellow survivors, I implore the Senate Human Rights Committee to right this historical wrong and to end the coercive sterilization of Indigenous women. It is my opinion that criminalizing this gross human rights violation is a critical step toward ending the disturbance of our people’s survival as a distinct nation and toward ensuring justice and healing. It would be a peaceful gesture toward lasting reconciliation for generations to come.
To that end, we look forward to your feedback, and we welcome any decisions on how best to build upon the foundation of the study to achieve justice, peace and healing. En solidarité avec d’autres survivantes, j’implore le Comité sénatorial des droits de la personne de corriger ce tort historique et de mettre fin à la stérilisation sous contrainte des femmes autochtones. À mon avis, la criminalisation de cette violation flagrante des droits de la personne est une étape cruciale pour mettre fin à la perturbation de la survie de notre peuple comme nation distincte et pour faire triompher la justice et la guérison.
Ce serait un geste pacifique vers une réconciliation durable pour les générations à venir. Dans cet esprit, nous avons hâte de recevoir vos commentaires et nous accueillerons volontiers toute décision sur la meilleure façon de donner suite à l’étude pour parvenir à la justice, à la paix et à la guérison. I thank you for your valued time, Madam Chair, Senate committee members and fellow survivors across Canada. Meegwetch. Je vous remercie de votre précieux temps, madame la présidente, ainsi que les membres du comité sénatorial et les survivantes de partout au Canada. Meegwetch.
I’m sorry, I didn’t anticipate being so nervous. Désolée, je ne m’attendais pas à être aussi nerveuse. The Chair: You were fine. If you were nervous, we didn’t see it. La présidente : Ça s’est très bien passé. Si vous étiez nerveuse, nous ne l’avons pas remarqué. Witness A: I’m literally shaking. I can feel it. La témoin A : Je tremble littéralement. Je peux le sentir. The Chair: Thank you for your testimony. You were great. Thank you so much. La présidente : Merci de votre témoignage. Vous avez été formidable. Merci beaucoup. We will now turn to the next witness, Sylvia Tuckanow.
Ce sera donc au tour de notre témoin suivante, Sylvia Tuckanow. Sylvia Tuckanow, as an individual: Hi. Good afternoon. My name is Sylvia Tuckanow, and I am a 49-year-old Cree woman from Peepeekisis First Nation in Saskatchewan. Sylvia Tuckanow, à
titre personnel : Bonjour. Je m’appelle Sylvia Tuckanow et je suis une Crie de 49 ans de la Première Nation de Peepeekisis, en Saskatchewan. 2-5-2022 Droits de la personne 8:3
I have 6 children and 14 grandchildren, and I am also an Indian day school survivor. My parents and late husband are residential school survivors. Having a big family was my dream. I love my family to the fullest. My children tragically lost their father eight years ago. In his culture, they did not believe in birth control, and being forcefully sterilized had a huge impact on our marriage, which ended in divorce. I no longer felt and I no longer feel like a complete woman. J’ai 6 enfants et 14 petits-enfants, et je suis aussi une survivante des externats indiens.
Mes parents sont des survivants des pensionnats, tout comme l’était mon défunt mari. Je rêvais d’avoir une grande famille. J’aime ma famille plus que tout. Mes enfants ont tragiquement perdu leur père il y a huit ans. Dans sa culture, on ne croyait pas au contrôle des naissances, et ma stérilisation forcée a eu un impact énorme sur notre mariage, qui s’est achevé par un divorce. Je ne me sentais plus et je ne me sens plus comme une femme à part entière. I was sterilized against my will when I was 29 years old. On July 9, 2001, I went to Royal University Hospital in Saskatoon in active labour.
I gave birth to a healthy baby boy, with my late husband by my side. Shortly after the birth, I heard my husband in the hall saying loudly to nurses, “I’m not signing that.” No one asked me anything or explained anything to me about what he had been asked, and I’m absolutely sure that I didn’t sign anything. J’ai été stérilisée contre mon gré quand j’avais 29 ans. Le 9 juillet 2001, je me suis rendue à l’Hôpital universitaire Royal de Saskatoon alors que j’étais sur le point d’accoucher. J’ai donné naissance à un petit garçon en bonne santé, avec mon mari à mes côtés.
Peu après la naissance, j’ai entendu mon mari dans le couloir dire haut et fort aux infirmières : « Je ne signe pas cela. » Personne ne m’a posé de questions ou expliqué quoi que ce soit au sujet de ce qu’on lui avait demandé, et je suis absolument certaine que je n’ai rien signé. As soon as my husband left the hospital, I was taken into an elevator in a wheelchair to another room. I can’t recall if I went up or down, as I was still disoriented from giving birth and the effects of pain medications. I was placed outside this room by the door. I managed to see into the room, which was unfamiliar to me.
I automatically felt fear, so I started trying to wheel myself back to the direction of where the elevator was, but I didn’t make it because a man came up behind me and wheeled me back towards that room. I told him I didn’t want to do this, but he didn’t listen. I didn’t know exactly what I was objecting to at the time, but I had a terrible feeling because no one had talked to me about what was going on. I felt terror and fear as I was taken into that room. Dès que mon mari a quitté l’hôpital, on m’a emmenée dans un ascenseur en fauteuil roulant.
Je ne me souviens pas si je suis montée ou descendue, car j’étais encore désorientée par l’accouchement et les effets des analgésiques. J’ai été placée à l’extérieur d’une pièce, près de la porte. J’ai réussi à voir l’intérieur, mais ça ne me disait strictement rien, si ce n’est que j’ai automatiquement ressenti de la peur. J’ai donc commencé à essayer de me ramener à l’endroit où se trouvait l’ascenseur, mais un homme est venu derrière moi et m’a fait rouler vers cette pièce. Je lui ai dit que je ne voulais pas faire cela, mais il n’a pas écouté.
Je ne savais pas exactement à quoi je m’opposais à ce moment-là, mais j’avais un sentiment terrible parce que personne ne m’avait parlé de ce qui se passait. J’ai ressenti de la terreur, une frayeur sans nom lorsque j’ai été introduite dans cette pièce. A few nurses surrounded me — I don’t know exactly how many nurses — to prepare me for an epidural. I already had an epidural sticking out of my back from giving birth, so I wondered why they needed to do another one. I kept asking if the one already there could be used. I was trying to stall them, I believe, because I was coming up with excuses.
During this, I kept saying “No, I don’t want to do this,” and crying uncontrollably, but nobody listened to me. I was completely ignored by everyone in that room. Quelques infirmières m’entouraient — je ne sais pas exactement combien — pour me préparer à une péridurale. J’avais déjà une péridurale dans le dos après avoir accouché, alors je me suis demandé pourquoi ils devaient recommencer. Je n’arrêtais pas de demander si la péridurale que j’avais déjà eue ne pouvait pas servir. Je voulais les retarder, je crois, parce que j’essayais de trouver des excuses.
Pendant tout ce temps, je n’arrêtais pas de dire « Non, je ne veux pas faire ça » et de pleurer de façon incontrôlable, mais personne ne m’écoutait. Personne dans cette salle ne prêtait attention à ce que je disais. I was so vulnerable because my legs weren’t working properly because of giving birth and having the first epidural. I was put in that bed in total fear. I kept crying and I was terrified. I was hyperventilating because of the position I was in on that bed. My head was positioned lower than my body, and they tied me down to the bed.
J’étais tellement vulnérable parce que mes jambes ne fonctionnaient pas bien après l’accouchement et la première péridurale. On m’a placée dans un lit et ma peur était totale. Je pleurais et j’étais terrifiée. Je faisais de l’hyperventilation à cause de la position que j’occupais sur ce lit. Ma tête était plus basse que mon corps, et ils m’ont attachée au lit. I could also smell something burning, which reminds me of the smell of singed chickens to this day. I asked the man doing the surgery if he was done a few times.
He didn’t reply until the Il y avait une odeur de brûlé, qui me rappelle encore aujourd’hui celui des poulets passés à la flamme. À quelques reprises, j’ai demandé à l’homme qui faisait la chirurgie s’il avait 8:4 Human Rights 2-5-2022
procedure was done. When he was finished, he said: “There, tied, cut and burnt. Nothing will get through that.” terminé. Il n’a pas dit mot avant d’achever la besogne. Lorsqu’il a terminé, il a dit : « Là, c’est attaché, coupé et brûlé. Plus rien ne passera par là. » I felt relief that I was getting out of that room. I was taken back to the maternity ward, and it was then that I got to hold my son. I can’t recall if I held my baby before they brought me to the operating room to sterilize me, but I don’t think that I did hold him. J’étais soulagée de sortir de cette salle.
On m’a ramenée à la maternité, et ce n’est qu’à ce moment-là qu’on m’a laissée tenir mon fils dans mes bras. Je ne me souviens pas d’avoir tenu mon bébé avant qu’on m’amène au bloc opératoire pour me stériliser, mais je ne pense pas l’avoir tenu. This terrifying experience left a void inside me. I felt no longer a woman, and I am terrified of hospitals and doctors. Cette expérience terrifiante m’a laissé un vide. Je ne me sentais plus femme et je suis terrifiée par les hôpitaux et les médecins. I didn’t say anything to anybody because I thought no one would believe me.
When Melika Popp, Brenda Pelletier and Roxanne Ledoux came forward, that’s when I decided to come out with my story. I felt relief knowing that I wasn’t the only woman this happened to. I lived with this terrifying experience alone for 14 years. Now I am telling my story to anyone and everyone who will listen. I was also involved with the external review that happened in Saskatoon. Everything I am doing is so important to me because I am advocating for other women to come forward, and I know how scary and hard this is. Je n’ai rien dit à qui que ce soit parce que je pensais que personne ne me croirait.
Lorsque Melika Popp, Brenda Pelletier et Roxanne Ledoux se sont présentées, j’ai décidé de raconter mon histoire. J’ai été soulagée d’apprendre que je n’étais pas la seule à qui cela est arrivé. J’ai vécu avec le souvenir de cette expérience terrifiante seule pendant 14 ans. Maintenant, je raconte mon histoire à tous ceux qui veulent bien m’écouter. J’ai également participé à l’examen externe qui a eu lieu à Saskatoon. Tout ce que je fais est très important pour moi, car je défends la cause d’autres femmes, et je sais à quel point c’est effrayant et difficile.
When my daughter recently gave birth to my fourteenth grandchild, I could not be with her because of COVID restrictions. This caused me much anxiety and fear because I don’t want what happened to me to happen to her. Our co- plaintiff, DDS, is about the age of my daughters, so I know it can happen to my girls, and their girls one day, if something serious isn’t done, and I’m terrified. Lorsque ma fille a récemment donné naissance à mon 14e petit-enfant, je ne pouvais pas être avec elle en raison des restrictions liées à la COVID-19.
Cela m’a causé beaucoup d’anxiété et de peur parce que je ne voulais surtout pas qu’il lui arrive la même chose qu’à moi. Notre coplaignante DDS a plus ou moins le même âge que mes filles, alors je sais que cela peut arriver à mes filles, et à leurs filles à elles un jour, à moins que l’on prenne des mesures vraiment rigoureuses, et je suis terrifiée. But we are not alone anymore. We will stand together. We know women around the world who this has happened to: in Peru, South Africa and so many other places. Mais nous ne sommes plus seules. Nous serons solidaires.
Nous connaissons des femmes partout dans le monde à qui cela est arrivé : au Pérou, en Afrique du Sud et dans bien d’autres pays. I am standing up to protect our future generations and our nations from this genocide. We can’t be scared of that word. Imagine all the little spirits who would be here in our lives to teach us and learn from us and to form the backbone of strong Indigenous nations. What they did to me and my family, and so many others, was wrong, and they need to be held accountable, including criminally, for these horrendous, tortuous and genocidal acts.
Je me prononce pour protéger nos générations futures et nos nations contre ce génocide. Nous ne pouvons pas avoir peur de ce mot. Imaginez tous les esprits de ces petits qui auraient pu venir au monde et être dans notre vie pour nous enseigner et apprendre de nous et pour former l’épine dorsale de nations autochtones fortes. Ce qu’ils nous ont fait, à moi et à ma famille, et à tant d’autres personnes, était répréhensible, et ils doivent être tenus responsables, y compris au criminel, de ces actes horribles, tortueux et génocidaires. Thank you. Merci. The Chair: Thank you for that very powerful testimony.
We will now turn to Elizabeth Esquega. La présidente : Merci pour ce témoignage vraiment impressionnant. Nous passons maintenant à Elizabeth Esquega. 2-5-2022 Droits de la personne 8:5
Elizabeth Esquega, as an individual: Booshoo, my name is Liz Esquega. I’m here to share my story with face and voice no longer hidden. I want to say meegwetch to Honourable Senator Yvonne Boyer and Honourable Senator Audette, as well as lawyer Alisa Lombard, for their commitment and support, and also to the other members of the panel and the women, men and families also impacted by coerced and forced sexual sterilization. Elizabeth Esquega, à
titre personnel : Booshoo , je m’appelle Liz Esquega. Je suis ici pour raconter mon histoire avec un visage et une voix qui ne sont plus cachés. Je tiens à dire meegwetch aux honorables sénatrices Yvonne Boyer et Michèle Audette, ainsi qu’à l’avocate Alisa Lombard, pour leur engagement et leur soutien, ainsi qu’aux autres membres du comité et aux femmes, aux hommes et aux familles également touchés par la stérilisation sexuelle forcée. I attest that I was both coerced and forced to be sexually sterilized and to abort my unborn child simultaneously without full knowledge of the life impacts.
When coercion or force is used for the purpose of compliance, it is both unethical and morally wrong, to say the least. J’atteste que j’ai été contrainte et forcée d’être stérilisée sexuellement et d’avorter mon enfant à naître en même temps sans être pleinement consciente des répercussions que cela allait avoir sur ma vie. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le recours à la contrainte ou à la force à des fins de conformité est à la fois contraire à l’éthique et moralement répréhensible. My story goes back to the late 1970s.
I was a teen mom and did not grasp the gift of being a mother, or, for that matter, pregnancy, and all that it entailed. While it is difficult to pinpoint actual dates, I do recall timelines and surrounding life events, which I will now share. Mon histoire remonte à la fin des années 1970. J’étais une mère adolescente et je ne comprenais pas le don d’être une mère, ni même la grossesse, ni tout ce que cela impliquait. Bien qu’il me soit difficile de préciser les dates exactes, je peux les situer plus ou moins en songeant aux événements dont je vais vous faire part.
My circumstance differs as I was not only sexually sterilized but also forced to have an abortion. The assigned Children’s Aid Society worker demanded that they would, and I quote, “take the baby one way or another.” Those are words that I never forgot. I also never forgot waking up after surgery with an emptiness and knowing that I was now an accomplice in terminating life, as this was something that I could not do willingly, for if abortion was a crime, I was now a partaker, not only against my unborn child, but against myself and the Creator.
I felt empty, with my maternal instinct and God-given ability to bear life cut and ripped from me. Ma situation est différente, car j’ai été non seulement stérilisée sexuellement, mais aussi forcée de me faire avorter. La travailleuse de la Société de l’aide à l’enfance qui y a été affectée a exigé que l’on « prenne le bébé d’une façon ou d’une autre ». Ce sont des mots que je n’ai jamais oubliés.
Je n’oublierai jamais non plus de me réveiller après la chirurgie avec un sentiment de vide, en plus de me sentir coupable d’être complice d’avoir mis fin à une vie, quelque chose que j’aurais été incapable de faire de bon gré, car si l’avortement était un crime, j’étais maintenant
partie prenante, non seulement contre mon enfant à naître, mais contre moi-même et contre le Créateur. Je me sentais vide, sachant que mon instinct maternel et la capacité que Dieu m’avait donnés de supporter la vie avaient été coupés et déchirés. These life-altering experiences preceded the sudden death of my mother in 1978. I had not experienced the death of a loved one before. I am sure that anyone who has lost a loved one will agree that grief is overwhelming, as it takes time to heal. The loss of my mother deepened as it thrust me towards a greater loss.
As I stated earlier, the life events are timelines and put into perspective what transpired. Although what happened is not right, I ask: When can we correct the wrong? Ces expériences bouleversantes ont précédé la mort subite de ma mère en 1978. Je n’avais jamais connu le décès d’un être cher auparavant. Je suis certaine que quiconque a perdu un être cher conviendra que le deuil est accablant, car il faut du temps pour guérir. La perte de ma mère m’a beaucoup marquée et m’a poussée vers une perte encore plus grande.
Comme je l’ai dit plus tôt, les événements de la vie se placent dans le temps comme des échéanciers et mettent en perspective ce qui s’est passé. Ce qui s’est passé n’est pas bien, mais quand allons-nous donc redresser le tort? Je me le demande. I had no one to share the immense pressure put upon me by the social worker or doctor. I did not know what to do or where to turn as another life trauma was intensified and triggered. Je n’avais personne à qui parler de l’immense pression que la travailleuse sociale ou le médecin me faisait subir.
Je ne savais pas quoi faire ni vers qui me tourner face à ce nouveau 8:6 Human Rights 2-5-2022
traumatisme qui s’était déclenché dans ma vie et qui venait intensifier celui que j’avais déjà vécu. As a child, I was sexually abused, and I understand the link between sexual violence and sexual sterilization. Both are just as harmful, degrading, shocking and traumatizing. Even more important, the actions and words by the social worker and doctor are themselves nothing short of a crime. The contrast between sexual sterilization and abuse are aggressive, with motivations of power and control.
The way the CAS worker and the doctor treated me are akin to the traits of an abuser with their unwanted touches and the invasion of sacred parts of my body and being. They are like sexual predators in their use of power and force over a person, where the act leaves one feeling helpless. Dans mon enfance, j’ai été agressée sexuellement, et je vois très bien le lien qui existe entre la violence sexuelle et la stérilisation. Les deux sont tout aussi néfastes, dégradants, choquants et traumatisants. Qui plus est, les gestes et les paroles de la travailleuse sociale et du médecin sont carrément des actes criminels.
La stérilisation sexuelle est comparable au viol. Les deux sont agressifs et sont motivés par le désir d’exercer le pouvoir et le contrôle. La façon dont la travailleuse de la Société d’aide à l’enfance et le médecin m’ont traitée rejoint les actes d’un agresseur, qui m’a touché de façon indésirable et envahi des parties sacrées de mon corps et de mon être. Ils sont comme des prédateurs sexuels dans leur utilisation du pouvoir et de la force sur une personne, où l’acte laisse la personne complètement impuissante. These acts went without complaint or investigation.
Instinctively I knew something was wrong, yet I had no alternative until now. I just lived with it and suffered in silence. I know that fear, shame and guilt are associated with sexual sterilization and sexual abuse. Both are violent acts, and I internalized deep-seated fear, shame and guilt. This led to a greater loss of my own being as shame overtook my sense of self. Ces actes se sont déroulés sans plainte ni enquête. Instinctivement, je savais que quelque chose n’allait pas, mais je n’avais pas d’autre choix jusqu’à maintenant. Je l’ai simplement vécu et souffert en silence.
Je sais que la peur, la honte et la culpabilité sont associées à la stérilisation sexuelle et aux abus sexuels. Les deux sont des actes violents, et j’ai intériorisé la peur, la honte et la culpabilité qui s’étaient profondément enracinées au détriment de mon être, la honte l’emportant sur mon estime de moi. I did not know then, but I know now, that sexual sterilization is part of the eugenics era where labels such as “defective,” “unfit” and “unworthy” were words used to identify people for sterilization.
Those who have never experienced this type of harm will never understand, nor will they see the correlation with the sexual nature of the violence in the act. I see them because I lived them. Je ne savais pas alors, mais je sais maintenant, que la stérilisation sexuelle fait
partie de l’ère de l’eugénisme où l’on choisissait des étiquettes comme « défectueux », « inapte » et « indigne » pour qualifier les personnes à stériliser. Ceux qui n’ont jamais subi ce genre de préjudice ne comprendront jamais et ne verront jamais la corrélation avec la nature sexuelle de ce genre de violence. Je la vois parce que je l’ai vécue. Having internalized over a lifetime, I know that sexual violence takes different forms, one of which is coercion. I suffer psychological effects on my overall physical health to this day.
Sexual sterilization is mutilation, and my body has a degree where the scars I have are constant reminders: physically, mentally, emotionally, and spiritually. Pour avoir intériorisé tout cela au cours de ma vie, je sais que la violence sexuelle prend différentes formes, dont la contrainte. Je souffre encore aujourd’hui de séquelles psychologiques qui affectent ma santé physique globale. La stérilisation sexuelle, c’est une mutilation, et mon corps porte des cicatrices qui me rappellent constamment mes souffrances sur le plan physique, mental, affectif et spirituel.
I did not share the details of what happened with my family for over 40 years. I can finally come forward and say, “This happened to me.” Sadly, it has also happened to countless others and is still happening. There are times I think about the people who will never know the joy of having a child or grandchildren, and there are others who have passed on without us ever knowing or hearing their story — made barren by sexual sterilization, as the target were Indigenous people. Je n’ai pas parlé en détail de ce qui s’est passé avec ma famille pendant plus de 40 ans. Je peux enfin dire : « Voilà ce qui m’est arrivé. »
Malheureusement, c’est arrivé et continue d’arriver à d’innombrables autres personnes. Il y a des moments où je pense aux gens qui ne connaîtront jamais la joie d’avoir un enfant ou des petits-enfants, et à ces autres femmes qui sont décédées sans que nous ayons pu connaître ou entendre leur histoire, rendues stériles par la stérilisation sexuelle, car ce sont les peuples autochtones qui étaient ciblés. 2-5-2022 Droits de la personne 8:7
Despite all of this, I have two beautiful daughters and five grandchildren, as the Creator’s timelines were far greater than theirs or mine. The Creator has blessed me, and I know there is no greater power.
Malgré tout, j’ai deux belles filles et cinq petits-enfants, car l’échéancier du Créateur est infiniment plus long que les leurs ou les miens. Je me sens bénie par le Créateur, et je sais qu’il n’y a pas de plus grand pouvoir que le sien. Honourable senators and listeners, while I have shared a portion of my life experience, I am resilient. I know that being an Anishinaabe woman in this world can be challenging and wonderfully beautiful. I see the beauty despite the ugliness that has happened to the Indigenous people, both in Canada and in the world.
They may have cut my ability to bear more children and slashed life from my womb, but my ties to the Creator are aligned with grace. I hope that sharing my story will empower others to come forward. Honorables sénateurs et auditeurs, bien que je vous aie raconté une
partie de mon vécu, sachez que je suis résiliente. Je sais que le fait d’être une femme anishinabe dans ce monde peut être un défi, mais aussi quelque chose de merveilleux. Je vois la beauté malgré la laideur de ce que l’on a réservé aux peuples autochtones, tant au Canada qu’ailleurs dans le monde. On m’a peut-être empêchée d’avoir plus d’enfants, on a coupé la vie de mes entrailles, mais mes liens avec le Créateur relèvent de la grâce. J’espère que le fait de raconter mon histoire permettra aux autres de se manifester. In closing, there are 30 articles in the Universal Declaration of Human Rights as proclaimed by the United Nations General Assembly on December 10,
Article 1 states: En guise de conclusion, il y a 30 articles dans la Déclaration universelle des droits de l’homme telle que proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1948. L’article premier se lit comme suit : All human beings are born free and equal in dignity and rights. They are endowed with reason and conscience and should act towards one another in a spirit of brotherhood. Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
In this same spirit, I thank you for listening. Meegwetch. Dans le même esprit, je vous remercie de m’avoir écoutée. Meegwetch. The Chair: Thank you to all of you for sharing your powerful stories. La présidente : Merci à toutes de nous avoir fait part de vos histoires tellement puissantes. We will proceed to questions from senators. I would like to remind each senator that you have five minutes for your question, and that includes the answer. Nous allons passer aux questions des sénateurs. J’aimerais rappeler à chaque sénateur qu’il dispose de cinq minutes pour poser sa question, ce qui comprend la réponse.
Witness A, you had indicated that you did not want any questions asked. Are you still feeling like that, or are you feeling comfortable in answering questions? Madame la témoin A, vous avez indiqué que vous ne vouliez pas que des questions vous soient posées. Êtes-vous toujours du même avis, ou vous sentez-vous à l’aise pour répondre? Witness A: Yes, I am comfortable in answering questions if anyone has any questions for me. Thank you. La témoin A : Oui, je veux bien répondre aux questions si quelqu’un en a à me poser. Merci. The Chair: Thank you so much for that.
We will proceed to Senator Boyer for the first question. La présidente : Merci beaucoup. Nous donnons la parole à la sénatrice Boyer pour la première question. Senator Boyer: Thank you to all of you for your powerful testimony. What you have done today is freeing the women who haven’t come forward, because they hear you, they hear your power, and they see your power and your shining. Thank you. La sénatrice Boyer : Je vous remercie toutes de vos témoignages percutants.
Ce que vous avez fait aujourd’hui, c’est libérer les femmes qui ne se sont pas manifestées, parce qu’elles vous entendent, elles entendent votre pouvoir, elles voient votre pouvoir et votre éclat. Merci. I want to know from each of you what you think the federal government should do to stop this heinous practice. J’aimerais que chacune d’entre vous me dise ce que le gouvernement fédéral devrait faire pour mettre fin à cette pratique odieuse. 8:8 Human Rights 2-5-2022
Witness A: I would like to see legislative change and policy reform to ensure that these kinds of human rights violations end; that it leaves no question for any Indigenous woman, or any woman, to be coercively sterilized; and that, as a consequence, it be criminalized. I think that, with consequences, it won’t happen as much, I hope.
La témoin A : J’aimerais qu’il y ait des modifications législatives et une réforme des politiques afin que ces violations des droits de la personne prennent fin; qu’il ne soit pas question que des femmes autochtones ou autres soient stérilisées sous contrainte; et que, par conséquent, que cette pratique soit criminalisée. Je me dis que cela se produira moins souvent s’il y a des conséquences, du moins je l’espère. Ms. Tuckanow: I think the same thing, that they need to be held accountable, so criminalization and changing policies.
Mme Tuckanow : Je suis du même avis, autrement dit que les auteurs soient tenus responsables, que l’on criminalise ces actes et que l’on modifie les politiques. Witness A: I also think that the federal government and the provinces should address this matter with the seriousness that it requires. So far, there have been ongoing delays and a lot of stonewalling, it seems. Maybe they don’t realize or understand that there are lives hanging in the balance and that, for some people, waking up every day is a struggle.
I would appreciate it if our Prime Minister and our premiers were able to address this matter as a leader should. La témoin A : Je pense aussi que le gouvernement fédéral et les provinces devraient aborder cette question avec le sérieux qu’elle exige. Jusqu’à maintenant, il y a eu des retards constants et beaucoup d’obstruction, semble-t-il. Peut-être qu’on ne se rend pas compte qu’il y a des vies qui sont en jeu et que, pour certaines personnes, se réveiller chaque jour est toute une lutte.
J’apprécierais que notre premier ministre et nos premiers ministres provinciaux puissent aborder la question comme de vrais chefs de file. Ms. Esquega: The question was what steps I think the federal government should take to prevent future incidents of forced and coerced sterilization. I think there shouldn’t be future incidents and that it must stop now. Having said that, this is the first step, seeing the gathering of the senators and the survivors, the women and the families of the women. I think that that is a big major step in the right direction. But really, there shouldn’t be any more.
Mme Esquega : La question était de savoir quelles mesures, à mon avis, le gouvernement fédéral devrait prendre pour prévenir d’autres cas de stérilisation forcée. Je pense qu’il ne devrait pas y avoir d’autres incidents à l’avenir et que cette pratique doit cesser d’ores et déjà. Cela dit, il s’agit de la première étape, à savoir la rencontre des sénateurs et des survivantes, des femmes et de leurs familles. Je pense que c’est un grand pas dans la bonne direction. Mais vraiment, il ne devrait plus y avoir un seul cas. The Chair: I want to acknowledge that we have been joined by Senator Lankin and Senator Gerba.
La présidente : Je vous annonce que les sénatrices Lankin et Gerba viennent de se joindre à nous. Senator Wells: I would like to thank the witnesses for appearing before us and helping us, certainly helping me. When we first looked at this, I spoke with Senator Boyer about it a couple of years ago, and I couldn’t believe that it was happening in our country, in our day and age. I was shocked that it was happening. It was like watching a movie where you say this is a fiction. That’s what I thought when I first heard it. I want to thank you for your courage in appearing before us today.
Appearing before a Senate committee, you are now expert witnesses. That’s now your position in educating me, and I want to thank you for your courage. Le sénateur Wells : Je tiens à remercier les témoins de comparaître devant nous et de nous aider, en tout cas de m’aider, moi. Lorsque nous nous sommes penchés sur cette question pour la première fois, j’en ai parlé avec la sénatrice Boyer il y a quelques années, et je n’arrivais pas à croire que cela se produisait dans notre pays, à notre époque. Ça m’a vraiment scandalisé. C’était comme regarder un film où le dénouement est censé être fictif.
C’est ce que je pensais lorsque je l’ai entendu pour la première fois. Je tiens à vous remercier d’avoir eu le courage de vous prononcer devant nous aujourd’hui. Par le fait d’avoir comparu devant un comité sénatorial, vous êtes désormais des témoins experts. C’est la position que vous occupez pour m’éduquer, et je tiens à vous remercier de votre courage. There was a mention of criminalizing the practice. I assume that would be criminalizing the forced and coerced, because the practice may still go on where it’s not forced and coerced but requested and consented.
Aside from making the forced and coerced illegal or a crime, are there things that can be put in place as part of a process that slows down any decision-making process? The decision-making process, I understand in the past, Il a été question de criminaliser cette pratique. Je suppose que cela reviendrait à criminaliser les personnes forcées, car la pratique peut encore se poursuivre, sans qu’il n’y ait contrainte, la personne pouvant consentir sur demande. Hormis cela, ne pourrait-on pas adopter des mesures pour ralentir le processus décisionnel?
Si j’ai bien compris, la décision a été prise par le personnel médical et non par vous. Je vais vous poser la question 2-5-2022 Droits de la personne 8:9
was that the decision was made by the medical staff, not by you. I will ask all of you individually. Is there any sort of a process or steps that can be put in that would slow this down to give it due and fair consideration where you consult your families, any spiritual leaders you might have, and certainly your husbands or your partners? Can you help me with that part of the process that could become law? à tour de rôle.
Y a-t-il une démarche ou des étapes qui pourraient être prévues pour ralentir le processus de manière juste et équitable, pour vous laisser le temps de consulter votre famille, votre chef spirituel, le cas échéant, et certainement votre mari ou votre partenaire? Pouvez-vous m’aider à comprendre cette
partie du processus qui pourrait devenir une loi? Perhaps I would ask Ms. Esquega to address that first and then the other witnesses. Je demanderais peut-être à Mme Esquega de répondre en premier, puis aux autres témoins. Ms. Esquega: I’m still processing your question in my mind and trying to come up with an answer to that, because it is a difficult question for me to answer at this point. Can I have a few more minutes? I am still processing what I just said.
Mme Esquega : Je suis encore en train de réfléchir à votre question et d’essayer d’y trouver une réponse, parce qu’il m’est difficile d’y répondre à ce stade-ci. Puis-je avoir quelques minutes de plus? Je n’ai pas fini de réorganiser mes pensées. Senator Wells: Of course. Le sénateur Wells : Bien sûr. Ms. Esquega: So please excuse me at this moment, thank you. Mme Esquega : Veuillez donc m’excuser pour le moment, merci. Senator Wells: In many ways, I’m still processing that this is still happening.
Le sénateur Wells : À bien des égards, je continue à essayer de digérer que ce genre de chose puisse continuer à se produire. Perhaps, Ms. Tuckanow, you can take an attempt at it? Madame Tuckanow, pourriez-vous essayer de répondre? Ms. Tuckanow: Me too, the same thing. I’m thinking about your question. I know, for one, there needs to be policy changes, and definitely, like with the consultation, not to be making these decisions after birth, or even while pregnant. It shouldn’t even be brought up. It shouldn’t even be talked about until well after you give birth.
But I’m still thinking of your question, so I’m just saying what is coming off the top of my head right now. Mme Tuckanow : C’est pareil pour moi aussi. Je pense à votre question. Je sais, pour ma part, qu’il faut apporter des changements aux politiques et, comme dans le cas de la consultation, qu’il ne faut pas prendre ces décisions après la naissance, ni même pendant la grossesse. On ne devrait même pas en parler. On ne devrait pas en parler avant d’avoir accouché. Mais je réfléchis encore à votre question, alors je ne fais que dire ce qui me vient à l’esprit en ce moment. Senator Wells: Sure.
No, what you say makes good sense. What I’m thinking about, and when I try to think about this, I try to think of a solution or a process solution that would give a pause to the process and put the power to the patient, the client, the mother or the prospective mother, rather than put the power to the medical team.
That’s also a process question because, if you didn’t have the time to give this consideration or the full suite of information and ramifications — and obviously some things that were not true were put to you as fact — given time and a process where the full, informed truth can be presented — I’m having a hard time even asking the question because I want to be clear. Le sénateur Wells : Bien sûr. Non, ce que vous dites est logique.
En y réfléchissant, j’essaie de penser à une solution qui permettrait de faire une pause dans le processus et de donner le pouvoir de décision au patient, au client, à la mère ou à la mère potentielle, plutôt qu’à l’équipe médicale.
C’est aussi une question de processus parce que, si vous n’avez pas eu le temps d’examiner cette question ou toute la gamme des renseignements et des ramifications — et, de toute évidence, on vous a inculqué des idées fausses en les présentant comme un fait accompli —, il faudrait que vous l’ayez, ce temps, et qu’il y ait un processus conçu pour vous mettre au courant de la vérité, de quoi agir en connaissance de cause — je ne sais pas trop comment poser la question parce que je veux qu’elle soit claire. Perhaps our first witness could try? Notre première témoin pourrait peut-être essayer?
Witness A: In relation to free, prior and informed consent, I think that, number one, the health care officials need to be updated and educated on said consequences and/or penalties and/or criminal charges should coercion continue in any way, shape or form. La témoin A : En ce qui concerne le consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause, je pense que, premièrement, les responsables des soins de santé doivent être tenus au courant des conséquences, des sanctions ou des accusations criminelles si la contrainte se poursuit de quelque façon que ce soit. 8:10 Human Rights 2-5-2022
I know that in my experience, it wasn’t informed. My mother had — she died about two years ago — home care for several years. Some of her clients had to take every proper channel to ensure that this is what they wanted done. They had to see specialist after specialist and everything like that. But in my case, and in a lot of the other women’s situation, that time was not given to us; it was offered in a time of severe pain, while in the throes of labour. D’après mon expérience, je sais qu’on n’a pas été informé.
Ma mère — elle est décédée il y a environ deux ans — avait reçu des soins à domicile pendant plusieurs années. Pour cela, il a fallu faire toutes sortes de démarches et consulter un spécialiste après l’autre pour s’assurer que c’est bien ce qu’elle désirait. Mais dans mon cas, et dans celui de beaucoup d’autres femmes, ce temps ne nous a pas été accordé; il nous a été brièvement proposé au beau milieu d’une douleur intense, quand nous étions sur le point d’accoucher.
I think that, going forward, hospital staff need to understand that there would be consequences, and those consequences would be implemented at a provincial and federal level. This is why I’m suggesting that this process has to be criminalized or have some kind of penalty, suspension or consequence. That’s just one aspect of it. That’s not including damages and pain and suffering to the afflicted who suffered and continue to suffer. Je pense qu’à l’avenir, le personnel hospitalier doit comprendre qu’il y aura des conséquences, et que ces conséquences seront appliquées aux niveaux provincial et fédéral.
C’est la raison pour laquelle je dis que ce processus doit être criminalisé ou assorti d’une sanction, d’une suspension ou d’une conséquence quelconque. Ce n’est qu’un aspect de la question, en marge des dommages, de la douleur et de la souffrance des personnes qui ont souffert et qui continuent de souffrir. Senator Wells: Thank you. Le sénateur Wells : Merci. Senator Francis: As a First Nation man, I want to thank you all very much, witnesses. You have all shown tremendous strength and courage while discussing a topic that is so personal and difficult.
Le sénateur Francis : En ma qualité de membre d’une Première Nation, je tiens à remercier tous les témoins. Vous avez toutes fait preuve d’une force et d’un courage extraordinaires en discutant d’un sujet aussi personnel et difficile. My question is to all of you. What role do you think systemic and institutional racism played in your cases? Ma question s’adresse à toutes. Selon vous, quel rôle le racisme systémique et institutionnel a-t-il joué dans vos cas? Witness A: 100%. This would not have happened if I was not a woman of colour. This would not have happened if I went in there with a husband and a family.
I was profiled. I was marginalized. I was racially profiled. I did not want this happening to me. La témoin A : C’est à 100 %. Cela ne se serait pas produit si je n’avais pas été une femme de couleur. Cela ne se serait pas produit si j’y étais allée avec un mari et une famille. J’ai été marginalisée. J’ai fait l’objet d’un profilage racial. Je ne voulais pas que cela m’arrive. Senator Francis: Thank you for that. Would any of the others like to respond? Le sénateur Francis : Merci. Quelqu’un d’autre voudrait-il répondre? Ms. Esquega: Honourable senator, could I ask you to repeat the question?
I was just thinking about it. Mme Esquega : Honorable sénateur, puis-je vous demander de répéter la question? J’y pensais justement. Senator Francis: Yes, absolutely. What role do you think systemic and institutional racism played in your case? Le sénateur Francis : Oui, absolument. Selon vous, quel rôle le racisme systémique et institutionnel a-t-il joué dans votre cas? Ms. Esquega: I think that racism definitely was a factor in it. Having said that, I think that institutions such as hospitals and such should have educational programs, especially about institutional racism and such.
There needs to be a bigger educational aspect involved here as well, not only for the medical professionals but for all professionals involved. In my case, I can’t think of where I had an opportunity to speak with an actual counsellor or a social worker about the long-term effects of what I was going into here. That wasn’t offered. All I recall is being in a small room with a doctor in a white coat and the social Mme Esquega : Je pense que le racisme a certainement été un facteur.
Cela dit, je pense que les établissements comme les hôpitaux devraient avoir des programmes d’éducation, surtout en ce qui concerne le racisme institutionnel et ce genre de choses. Il faut aussi une plus grande sensibilisation, non seulement pour les professionnels de la santé, mais pour tous les professionnels concernés. Dans mon cas, je ne me souviens pas d’avoir eu l’occasion de parler à un conseiller ou à un travailleur social des effets à long terme de ce que j’allais faire. Ce service ne m’a pas été offert. Tout ce dont je me souviens, c’est d’avoir été dans une 2-5-2022 Droits de la personne 8:11
worker standing in the corner, and both of them taking their shot at me, so to speak. So, yes, I think that’s definitely racism. petite pièce avec un médecin en blouse blanche et la travailleuse sociale debout dans le coin, et tous les deux s’en prenaient à moi. Donc, oui, je pense que c’est certainement du racisme. Senator Francis: Thank you. Le sénateur Francis : Merci. The Chair: Thank you. Sylvia, would you like to respond to that question? La présidente : Merci. Madame Tuckanow, voulez-vous répondre à cette question? Ms. Tuckanow: Can I not answer? Mme Tuckanow : Puis-je m’abstenir?
The Chair: Of course, of course. La présidente : Bien sûr, bien sûr. Senator Pate: Thank you to all the witnesses. I used to be on this committee, but I’m currently substituting for Senator Omidvar. I want to thank you all for your testimony. I would agree with all my colleagues that it is very important testimony. La sénatrice Pate : Merci à tous les témoins. J’ai déjà fait
partie de ce comité, mais je remplace actuellement la sénatrice Omidvar. Je tiens à vous remercier de vos témoignages. Je suis d’accord avec tous mes collègues pour dire qu’il s’agit d’un témoignage très important. Oftentimes, when we hear of these kinds of abuses, individual and systemic, the first and only thing offered is the criminal law, which can be a blunt instrument. In this case, from my hearing, what you have described has already violated criminal law. You were assaulted. You were sexually assaulted. It was also contrary to the medical codes of the doctors and nurses, all the medical professionals.
It violated your human rights, and yet there has been no accountability. Souvent, lorsque nous entendons parler de ce genre d’abus, individuels et systémiques, le premier et le seul recours qui nous est proposé, c’est le droit pénal, qui peut être un instrument grossier, peu nuancé. En l’occurrence, d’après ce que j’ai compris, ce que vous avez décrit constitue déjà une infraction pénale. Vous avez été agressées. Vous avez été agressées sexuellement. C’était aussi contraire aux codes de déontologie des médecins et des infirmières, de tous les professionnels de la santé.
Vos droits ont été violés, mais personne n’en a assumé la responsabilité. I was reviewing Justice Mary Ellen Turpel-Lafond’s report In Plain Sight about the abuses in the medical system in B.C. She makes a number of recommendations about accountability within the medical profession for the kinds of oversight that will prevent this from happening. J’ai examiné le rapport de la juge Mary Ellen Turpel-Lafond intitulé In Plain Sight au sujet des abus du système médical en Colombie-Britannique.
Elle formule un certain nombre de recommandations sur la reddition de comptes au sein de la profession médicale afin que l’on exerce le genre de surveillance qui empêchera que ce genre de chose se reproduise. My worry about going to criminal law first, quite frankly, as someone who has worked in that area for a long time, is that a lot of people spend a lot of time avoiding responsibility. It strikes me that, first, there needs to be an acceptance. I don’t know if anyone has apologized to you. On behalf of my small
part in this part of the government, I want to express my sincere apologies that you had to live through what you had to live through. En toute franchise, ce qui m’inquiète comme quelqu’un qui a longtemps travaillé dans ce domaine, c’est que beaucoup de gens s’évertuent à éviter la responsabilité. Il me semble qu’il faut commencer par l’accepter, cette responsabilité. J’ignore si quelqu’un s’est excusé auprès de vous, alors au nom du modeste rôle que je joue dans cette
partie du gouvernement, je tiens à vous présenter mes sincères excuses pour ce que vous avez vécu. Also, there have been many recommendations, including from some of the former witnesses, about the need for the cultural competencies training recommended by the Truth and Reconciliation Commission. De plus, il y a eu de nombreuses recommandations, y compris de la part d’anciens témoins, concernant la nécessité de la formation sur les compétences culturelles recommandée par la Commission de vérité et réconciliation. Nothing can change what has happened to you now, but what would accountability look like for you?
What would some kind of remedy look like for each of you, if you are comfortable sharing? On ne peut rien changer maintenant à ce qui vous est arrivé, mais quelle forme la responsabilisation devrait-elle prendre pour vous? Si vous êtes à l’aise de nous en faire part, à quoi ressemblerait une solution satisfaisante pour chacune d’entre vous? 8:12 Human Rights 2-5-2022
Witness A: I guess exploring the possibility of establishing a partnership between the survivors in addressing the existing oversights toward legislation and policy. That could be a good start forward. But, also, for the defendants, their approach on this could be a little bit more mindful of the fact that we’re human beings, you know? We didn’t deserve to be treated like this.
That’s overlooked in all of this because with a lot of people — at least from a lot of the things I have seen online, and I don’t look anymore because I have been somewhat re-traumatized — there is a lot of ignorance surrounding this, and that ignorance is painful. La témoin A : Je suppose qu’il faudrait explorer la possibilité d’établir un partenariat entre les survivants pour remédier aux lacunes actuelles au
chapitre des lois et des politiques. Ce pourrait être un bon début. Mais aussi, pour ce qui est des défenderesses, l’approche pourrait tenir un peu plus compte du fait que nous sommes des êtres humains, n’est-ce pas? Nous ne méritions pas d’être traitées de cette façon. On laisse cela de côté parce que, pour beaucoup de gens — du moins d’après ce que j’ai vu en ligne, et je n’y vais plus parce que cela me fait revivre le traumatisme — il y a beaucoup d’ignorance à ce sujet, et cette ignorance est difficile à vivre.
Society could benefit from education, cultural education, and understanding of the real harms done to us women and our children. There is intergenerational trauma that we have to consider from this. This was a very traumatizing, life-altering experience. If there were maybe a class that every nurse, every doctor, could take every year to understand that their actions have real consequences in people’s lives?
La société pourrait bénéficier de l’éducation, de la sensibilisation culturelle et de la compréhension des torts réels que nous, les femmes, et nos enfants, avons subis. Il y a un traumatisme intergénérationnel dont il faut tenir compte. Ce fut une expérience très traumatisante et bouleversante. Il faudrait qu’il y ait un cours que toutes les infirmières, tous les médecins, pourraient suivre chaque année pour comprendre que leurs actes ont des conséquences réelles dans la vie des gens. The Chair: Thank you. Would anybody else like to answer that question? La présidente : Merci.
Quelqu’un d’autre aimerait-il répondre à cette question? Ms. Esquega: Sure. I’ll say this.
I had it written down in other areas of the questions here, but I was thinking about a review of the policies; enhanced race relations to include Indigenous history; cultural competency, as you already mentioned; also including a history of racism, especially as it relates to Indigenous people and history; educating the medical professionals more so in that regard; providing counselling; more awareness to the public that this isn’t just a figment of some people’s imagination, but these are actual truths and stories from women who have experienced these horrendous acts; and the need to further acknowledge that this has not only happened nationally but also internationally.
Mme Esquega : Bien sûr. Je dirai ceci.
Je l’avais noté dans d’autres parties des questions ici, mais je pensais à un examen des politiques, à l’amélioration des relations raciales pour inclure l’histoire autochtone, aux compétences culturelles, comme vous l’avez déjà mentionné, à l’inclusion d’une histoire du racisme, particulièrement en ce qui concerne les peuples autochtones dans l’histoire, une meilleure éducation des professionnels de la santé à cet égard, du counselling, une meilleure sensibilisation du public au fait que ce n’est pas seulement le fruit de l’imagination de certaines personnes, mais que ce sont des faits concrets et des histoires de femmes qui ont vécu ces actes horribles et, enfin, la nécessité de reconnaître davantage que cela s’est produit non seulement à l’échelle nationale, mais aussi à l’échelle internationale.
There isn’t enough information out there on it. The first information that I actually came across on this topic was the document written by Dr. Yvonne Boyer and Dr. Judy Bartlett. That was the first time I have actually seen anything in print on sterilization of Indigenous women. I read that report and I was just totally flabbergasted. I couldn’t believe what I was reading because to see it actually in print and to say this happened to me, that just set it all in motion for me, to see that. That needs to happen more. There needs to be more out there. Il n’y a pas suffisamment d’information à ce sujet.
La première information que j’ai trouvée à ce sujet est le document rédigé par Mme Yvonne Boyer et la Dre Judy Bartlett. C’était la première fois que je voyais quelque chose par écrit sur la stérilisation des femmes autochtones. J’ai lu ce rapport et j’en ai été absolument sidérée. Je n’arrivais pas à croire ce que je lisais, parce que le fait de voir cela imprimé et de me dire que cela m’était arrivé a été un déclencheur pour moi. Il faut qu’il y ait davantage de démarches en ce sens. Il faut que cela se sache davantage. We’re hearing right now about the history of Indian residential schools.
Well, within those residential schools as well, our children were sterilized in there as well. That has to come out, too. Nous entendons parler en ce moment de l’histoire des pensionnats indiens. Eh bien, dans ces pensionnats aussi, nos enfants ont été stérilisés. Il faut que cela se sache aussi. 2-5-2022 Droits de la personne 8:13
Senator Lankin: I truly want to thank the witnesses. Their courage is amazing. I’m here today substituting for Senator Michèle Audette from Quebec. I know that Senator Audette would say it’s so important for us to hear from you directly and to honour your truth and your voices. I wish to join her in that, to say that on her behalf and to add my voice to it. Also, I am just amazed at your courage and how deep you have to dig to speak about these things. I want to acknowledge and say to you, please don’t feel pressured to answer our questions in any way. Anything you want to contribute is helpful.
La sénatrice Lankin : Je remercie sincèrement les témoins. Leur courage est incroyable. Je remplace aujourd’hui la sénatrice Michèle Audette, du Québec. Je sais que la sénatrice Audette dirait qu’il est très important pour nous de vous entendre directement et d’honorer votre vérité et vos voix. Je le dis en son nom et je joins ma voix à la sienne. De plus, je suis tout simplement étonnée de votre courage et de ce que vous devez remuer pour parler de ces choses. Je tiens à vous remercier et à vous dire de ne pas vous sentir obligées de répondre à nos questions. Votre contribution, quelle qu’elle soit, est utile.
As I listened to you, Ms. Esquega — you started to highlight this — I was thinking about a lot of things, firstly, bringing it to the public. We need to build an understanding, and I think some of the work that has been done by the Truth and Reconciliation Commission and the National Inquiry into Missing and Murdered Indigenous Women and Girls, giving voice and educating people, as well as what we now learn about the extent of the tragedy in residential schools, all of that highlights and brings Canadians closer together with Indigenous First Peoples to understand that we have to do something about this.
I take that as one of your recommendations, Ms. Esquega, and others who have spoken. En vous écoutant, madame Esquega, vous qui avez commencé à jeter de la lumière là-dessus, j’ai pensé à beaucoup de choses, et tout d’abord, au fait de rendre cela public. Nous devons améliorer la compréhension, et je crois qu’une
partie du travail qui a été fait par la Commission de vérité et réconciliation et l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, pour donner une voix aux gens et les éduquer, en plus de ce que nous apprenons maintenant sur l’ampleur de la tragédie dans les pensionnats, tout cela fait ressortir le problème et rapproche les Canadiens des peuples autochtones dans la compréhension que nous devons faire quelque chose à ce sujet. Je considère que c’est l’une de vos recommandations, madame Esquega, et des autres personnes qui sont intervenues.
I think putting this in the course curriculum for medical students, nursing students, all health professionals and child welfare workers may be important. I remember, as Minister of Health in Ontario, when I had that role, bring forward consent to treatment legislation and all the things you’re talking about at a provincial level should never be able to happen with the legislation that we have. It’s like Senator Pate spoke about the Criminal Code of Canada. These things are illegal and already opposed to policy. I agree with you.
It has only happened and will only continue to happen to Indigenous women, because you’re Indigenous, and it must be rooted out of our system. Je pense qu’il pourrait être important d’inclure cela dans le programme de cours pour les étudiants en médecine, les étudiants en sciences infirmières, tous les professionnels de la santé et les travailleurs de la protection de l’enfance.
Je me souviens que, lorsque j’occupais le poste de ministre de la Santé de l’Ontario, j’avais présenté des dispositions législatives sur le consentement aux soins, toutes les choses dont vous parlez au niveau provincial ne devant jamais pouvoir se produire avec les dispositions législatives que nous avons. C’est comme lorsque la sénatrice Pate a parlé du Code criminel du Canada. Ces choses sont illégales et sont déjà contraires aux politiques. Je suis d’accord avec vous. Cela n’est arrivé et ne continuera d’arriver qu’aux femmes autochtones, en raison de leur identité, et cela doit être extirpé de notre système.
I know one of our sister senators is bringing forward a proposal to add antiracism as a pillar foundation in the delivery of health services, antiracism in policies and education, and I think that’s something else I take from what you have said. Je sais que l’une de nos collègues sénatrices propose d’ajouter la lutte contre le racisme, comme pilier de la prestation des services de santé, dans les politiques et l’éducation, et je crois que c’est une autre chose que je retiens de ce que vous avez dit.
I suggest, lastly, and you want to comment on this one, that there has been a real beginning of a transition to ensure that child welfare is being administered by Indigenous peoples themselves, and we need to understand how far that has gone and how far it hasn’t gone. Bringing Indigenous values, Indigenous voices and Indigenous leadership and authority to the administration of child welfare may also be an important part of this.
Enfin, je suis d’avis, et vous voudrez peut-être faire des commentaires à ce sujet, qu’il y a eu un véritable début de transition pour veiller à ce que les services d’aide à l’enfance soient administrés par les peuples autochtones eux-mêmes, et nous devons comprendre la portée de cela et les aspects qui ont été laissés de côté. L’intégration des valeurs autochtones, des voix autochtones et du leadership et des pouvoirs autochtones 8:14 Human Rights 2-5-2022
dans l’administration de la protection de l’enfance peut également être un élément important de cette démarche. The other things I have said I took from what you have said, but this last point, I would like you to, perhaps, address whether any of you had access to supports and services from Indigenous child welfare workers. Les autres choses que j’ai mentionnées découlent de ce que vous avez dit, mais j’aimerais que vous m’indiquiez, peut-être, si l’une d’entre vous a eu accès à des soutiens et à des services de la part de travailleurs autochtones de la protection de l’enfance.
Witness A: I didn’t have any support from any Indigenous childcare worker or health care official when I went in. After I had my son, there were lots of families in the room that had their family members come in, their husbands, their families, to greet the baby and everything, and I didn’t have that. I remember feeling that shame and that loss, you know, that grief. I did ask the staff for a private room and if I could see a priest, just because I was struggling spiritually and I was embarrassed and ashamed. I did get the private room, but I didn’t have any Indigenous supports. I wish I would have.
La témoin A : Je n’ai reçu aucun soutien de la part de responsables des services à l’enfance ou de fonctionnaires de la santé autochtones. Après la naissance de mon fils, j’étais entourée de beaucoup de femmes qui ont reçu la visite des membres de leur famille, de leur mari, de leur famille, pour accueillir le bébé et tout le reste, mais je n’ai pas eu cela. Je me souviens d’avoir ressenti de la honte et une perte, vous savez, un deuil. J’ai demandé au personnel de me donner une chambre individuelle et de voir un prêtre, simplement parce que j’avais de la difficulté sur le plan spirituel et que j’avais honte.
J’ai obtenu une chambre individuelle, mais je n’ai pas reçu de soutien autochtone, ce que j’aurais aimé. Senator Lankin: Thank you. La sénatrice Lankin : Merci. Senator Arnot: Thank you. I want to say I acknowledge the great courage it took for you to tell your stories today and the emotional stress and the obvious trauma it has caused you. I want you to know that your message has been very compelling and very helpful. Le sénateur Arnot : Merci.
Je tiens à souligner le grand courage qu’il vous a fallu pour raconter vos histoires aujourd’hui, de même que le stress émotionnel et le traumatisme évident que cela vous a causé. Je veux que vous sachiez que votre message a été très convaincant et très utile. As the Senate continues to study this issue, I would like to know what you think should be done to ensure that survivors like yourselves can be reached, can be consulted and can come forward so that the truth is made public in a way that is respectful to you and has the most impact on Canadian society.
Alors que le Sénat poursuit son étude de cette question, j’aimerais savoir ce qui, selon vous, devrait être fait pour que des survivantes comme vous puissent être rejointes, puissent être consultées et puissent se manifester, afin que la vérité soit rendue publique d’une manière respectueuse envers vous et en ayant le plus d’impact possible sur la société canadienne. Ms. Esquega: I think our First Nation leaders and our community leaders need to get involved at some point as well, because we’re going to go back home to our communities. We have shared our stories.
I started with my family, because I didn’t really share it with anyone else before, so this is the first time I’m actually showing my face and my voice to my story. It’s a hard story to share, and I didn’t expect myself to be so emotional, because I don’t know how many times I read through it and thought, “That’s fine,” you know. It just hits you out of some clear, blue sky. I think we need our community leaders’ support as well, and I think one of the other members mentioned that we have to have our traditional people, our knowledge keepers and our elder circles, to help us, because that’s the path I’m on today.
Mme Esquega : Je pense que nos dirigeants des Premières Nations et nos dirigeants communautaires doivent également être appelés à participer, parce que nous allons retourner dans nos collectivités. Nous avons partagé nos histoires. J’ai commencé avec ma famille, parce que je n’en avais parlé à personne auparavant. C’est donc la première fois que je donne un visage et une voix à mon histoire. C’est une histoire difficile à raconter, et je ne m’attendais pas à être aussi émotive, parce que je ne sais pas combien de fois j’ai lu mon texte et je me suis dit : « Ça va aller ».
Cela m’a affectée plus que je m’y attendais. Je pense que nous avons également besoin du soutien de nos dirigeants communautaires, et je crois que quelqu’un d’autre a mentionné que nous avons besoin de notre peuple, de nos gardiens du savoir et de nos cercles d’aînés pour nous aider. C’est d’ailleurs la voie que je suis aujourd’hui. The Chair: Thank you. La présidente : Merci. Sylvia, would you like to respond to that? Are you comfortable not responding? You don’t want to. Thank you. Madame Tuckanow, voulez-vous répondre? Êtes-vous plus à l’aise de ne pas réagir? Vous ne voulez pas.
D’accord, merci. 2-5-2022 Droits de la personne 8:15
Witness A, would you like to respond to that question? You don’t have to. Madame la témoin A, voulez-vous répondre à cette question? Vous n’avez pas à le faire. Witness A: We’re in the process of establishing a survivor’s society for survivors nationwide, and that could be an option to contact us when exploring our involvement. La témoin A : Nous sommes en train de créer une société à l’intention des survivantes à l’échelle nationale, et cela pourrait être une option de communiquer avec nous le moment venu. The Chair: Thank you very much for that. La présidente : Merci beaucoup.
I want to remind the witnesses that in case you feel there is something that you missed or something that you would like to add to your testimony, you can always send us a written submission. I want to take this opportunity to thank you for your testimonies and for sharing your personal stories. You have shown immense courage, for which we are grateful. Your testimonies will contribute to our study, and we greatly appreciate that.
Je tiens à rappeler aux témoins que si vous avez l’impression d’avoir oublié quelque chose ou d’avoir quelque chose à ajouter à votre témoignage, vous pouvez toujours nous envoyer un mémoire écrit. Je profite de l’occasion pour vous remercier de vos témoignages et de nous avoir fait part de vos histoires personnelles. Vous avez fait preuve d’un immense courage, dont nous vous sommes reconnaissants. Vos témoignages contribueront à notre étude, et nous vous en remercions. I would like to now introduce our second panel of witnesses.
We have Morningstar Mercredi, Nicole Rabbit and Witness B who is a registered nurse but who wants to remain anonymous. They are accompanied by Alisa Lombard from Lombard Law. Welcome to all, and thank you for being with us. Madam Mercredi, you have the floor. J’aimerais maintenant présenter notre deuxième groupe de témoins. Nous avons Morningstar Mercredi, Nicole Rabbit et la témoin B, qui est infirmière autorisée, mais qui veut rester anonyme. Elles sont accompagnées de Me Alisa Lombard de Lombard Law. Bienvenue à toutes et merci d’être parmi nous. Madame Mercredi, vous avez la parole. Je vous en prie.
Morningstar Mercredi, as an individual: I’m thankful to the senators, Alisa Lombard and all those present for this opportunity. Morningstar Mercredi, à
titre personnel : Je remercie les sénateurs, Alisa Lombard et toutes les personnes présentes de me donner cette occasion de témoigner. Before I say anything, I need to acknowledge the grandmothers, aunties, mothers, women, unborn children, unborn generations of our children and those grandmothers, aunties and mothers that are no longer with us but certainly have also been impacted within their own families and communities — impacted by forced coerced sterilization. Certainly in my family, I can say that was and is the case with three generations of women.
Avant tout, je tiens à saluer les grands-mères, les tantes, les mères, les femmes, les enfants qui n’ont pas vu le jour, les enfants qu’ils auraient pu avoir et les grands-mères, les tantes et les mères qui ne sont plus avec nous, mais qui ont certainement été touchées par la stérilisation forcée et contrainte au sein de leur propre famille et de leur collectivité. Dans ma famille, je peux dire que cela a touché trois générations de femmes.
It would be inappropriate and disrespectful of me to not acknowledge the women that have gone before us and their advocacy work — which has been ongoing for decades — for the human rights of Indigenous, Métis and Inuit women and women of colour. Il serait inapproprié et irrespectueux de ma part de ne pas reconnaître les femmes qui nous ont précédées et leur travail de défense des droits des femmes autochtones, métisses et inuites et des femmes de couleur, un travail qu’elles poursuivent depuis des décennies.
My late Grannie Annie had nine of her children in the Charles Camsell Indian Hospital in Edmonton, Alberta. Of all of her children, four survived. Of the four that survived, two or three were in the Charles Camsell Indian Hospital, and of those four, only two were able to conceive and have children. That was my late mother and my late Aunt Céline. My late Aunt Eva and my uncle were not able to conceive. Ma regrettée grand-mère Annie a eu neuf de ses enfants à l’hôpital indien Charles Camsell, à Edmonton, en Alberta, mais seulement quatre ont survécu.
Parmi les quatre qui ont survécu, deux ou trois ont été à l’hôpital indien Charles Camsell. Seulement deux de ces quatre survivants ont pu avoir des enfants, soit ma défunte mère et ma regrettée tante Céline. Ma défunte tante Eva et mon oncle n’ont jamais pu concevoir d’enfants. It is my opinion that we will never adequately be able to determine the number of women, men, girls and boys that were sterilized in residential schools and in Indian hospitals.
I say that to acknowledge the fact that this has been ongoing for as long as À mon avis, on ne pourra jamais déterminer avec précision le nombre de femmes, d’hommes, de filles et de garçons qui ont été stérilisés dans les pensionnats et dans les hôpitaux indiens. Je souligne cela pour reconnaître le fait que cette situation remonte 8:16 Human Rights 2-5-2022
those institutes of genocide have been in place in Canada and is currently ongoing now in 2022. We will never be able to adequately determine the number of women that are being tortured and subjected to forced coerced sterilization, not only from the perspective of a survivor coming forward to disclose this atrocity of genocide on her being but also from those women who have experienced forced coerced sterilization in the past ten years. The medical documentation would not be accessible. aussi loin que ces instituts de génocide qui étaient en place au Canada et qui le sont toujours en 2022.
Nous ne serons jamais en mesure de déterminer avec précision le nombre de femmes qui sont torturées et soumises à une stérilisation forcée et contrainte, non seulement du point de vue d’une survivante qui dénonce cet atroce génocide dont elle est victime, mais aussi de celui des femmes qui ont subi une stérilisation forcée et contrainte au cours des 10 dernières années. Les dossiers médicaux sont inaccessibles.
As to myself and what happened to me when I was a 14-year- old girl and pregnant, I’m choosing not to disclose the details because I can confidently say that you can read the book, and the book is Sacred Bundles Unborn. Should anybody require any of the horrific details of the inhumane, brutal torture and incident that I only speak of to myself, you can read the details in the book, Sacred Bundles Unborn, which was published this year. I have to say thank you to all the Fire Keepers and contributors to this book. It was not an easy task.
The purpose for me in writing this book was that, first and foremost, it was definitely a healing process, and I certainly felt the necessity to document, by our perspective, our experiences and with our voices before it becomes commodified and yet another survey or study. Pour ce qui est de moi et de ce qui m’est arrivé lorsque j’avais 14 ans et que je suis tombée enceinte, je préfère de ne pas divulguer les détails ici, parce qu’ils se trouvent dans mon livre Sacred Bundles Unborn.
Si vous voulez prendre connaissance des détails horribles de la torture inhumaine et brutale et des sévices que je ne m’avoue qu’à moi-même, vous pouvez les lire dans le livre Sacred Bundles Unborn, qui a été publié cette année. Je tiens à remercier tous les gardiens du feu et tous ceux qui ont contribué à ce livre. La tâche n’a pas été facile.
La raison pour laquelle j’ai écrit ce livre, c’était d’abord et avant tout comme processus de guérison certainement, et j’ai senti sans nul doute la nécessité de documenter cette expérience, selon le point de vue, le vécu et la voix d’une survivante, avant qu’elle ne devienne banalisée et ne donne lieu à une enquête ou une étude de plus. I’m 58 years old, and it wasn’t until my 50s that I was ever able to articulate or even speak to the trauma.
It was at that point that it was more than obvious to me that I needed to surround myself with supportive, nurturing, compassionate, loving, understanding women and people in my inner circle. I had no idea at that time of the degree that this traumatic event — this genocide on my person — impacted me to the severity that it has, which is ongoing. I struggle with PTSD and suicidal depression. J’ai 58 ans, et ce n’est que dans la cinquantaine que j’ai pu exprimer le traumatisme ou même en parler.
C’est à ce moment- là qu’il est devenu plus qu’évident pour moi que je devais m’entourer de femmes, ainsi que de personnes proches de moi, pour obtenir du soutien, de la compassion, de l’amour et de la compréhension. À ce moment-là, je n’avais aucune idée de la gravité de cet événement traumatisant que j’avais subi — de ce génocide dont j’ai été victime en tant que personne — et qui a eu et continue d’avoir des répercussions sur moi. Je souffre d’un trouble de stress post-traumatique et de dépression qui me donne des idées suicidaires. Let me make it very clear: I am not a victim.
I have done absolutely everything humanly possible to nurture my spirit and to address my mental health crises when I was triggered with the memory of what happened to me. To those survivors out there, you are not alone. I stand with you in solidarity, and I acknowledge and thank all of the advocates and sisters in solidarity that stand beside all of us survivors of this act of genocide. Qu’on me comprenne bien : je ne suis pas une victime.
J’ai fait tout ce qu’il était humainement possible de faire pour nourrir mon esprit et régler mes crises de santé mentale lorsque le souvenir de ce qui m’était arrivé me revenait. Aux survivantes, je dis que vous n’êtes pas seules. Je suis solidaire de vous, et je salue et remercie toutes les militantes et toutes les sœurs qui sont solidaires de nous toutes qui avons survécu à cet acte de génocide. This morning, I was going through my Google News feed, as I often do, with my cup of coffee in the morning.
I came across an article: “Canadian astronauts cannot commit crimes in space anymore thanks to new legislation.” I thought, “But forced coerced sterilization in Canada can occur by a surgeon who might feel by his bias and racial perspective that he has the right to discontinue a woman’s right to conceive, therefore ending her DNA, her genealogical line and her lineage,” and he or she — or those practitioners — can do this with impunity. But thank God Ce matin, je regardais mon fil Google, comme je le fais souvent en buvant ma tasse de café. Je suis tombée sur un
article intitulé : « Grâce à une nouvelle loi, les astronautes canadiens ne peuvent plus commettre de crimes dans l’espace. » Je me suis dit : « Mais la stérilisation forcée au Canada peut encore être pratiquée par un chirurgien qui pourrait avoir l’impression, en raison de sa perspective et de ses préjugés raciaux, qu’il a le droit de priver une femme de son droit de concevoir, mettant ainsi fin à son ADN, à sa descendance et à sa 2-5-2022 Droits de la personne 8:17
that Canadian astronauts are not going to be able to commit crimes in space. lignée généalogique. » Ces praticiens, hommes et femmes, peuvent le faire en toute impunité. Mais Dieu merci, les astronautes canadiens ne pourront pas commettre de crimes dans l’espace. I can never effectively articulate, whether through speaking, writing or otherwise, the impact of the scars that I carry in my soul and my spirit and my body. So yes, I am absolutely concerned that this form of genocide is allowed to be continued in Canada, and as we speak, there are women out there who will be subjected to this.
Je ne suis pas capable d’exprimer efficacement, que ce soit par la parole, par l’écriture ou autrement, l’impact des cicatrices que je porte dans mon âme, mon esprit et mon corps. Donc, oui, je suis absolument préoccupée par le fait que cette forme de génocide puisse se poursuivre au Canada, et en ce moment même, il y a des femmes qui en sont victimes. Hiy hiy. Hiy hiy. The Chair: Thank you very much. La présidente : Merci beaucoup. Nicole Rabbit, as an individual: Good afternoon and thank you, everyone, for allowing me to give my testimony. Nicole Rabbit, à
titre personnel : Bonjour et merci à tous de me permettre de témoigner. It may be a little bit hard for me, as I haven’t shared openly like this, but I know that in using my voice — for the ones who can make a difference, that’s where the power is. We need to tell our stories, so please forgive me if I have a hard time here. I did tell my mom the story of what happened a few years ago when I spoke to Alisa. Before that, my partner knew exactly what happened, but shortly after we had our baby, we separated.
Ce sera peut-être un peu difficile pour moi, car je n’en ai jamais parlé ouvertement de cette façon, mais je sais que le fait de faire entendre ma voix — c’est là que se trouve le pouvoir, pour ceux qui peuvent faire une différence. Nous devons raconter nos histoires, alors pardonnez-moi si j’ai de la difficulté à le faire. Après avoir parlé à Alisa, j’ai raconté à ma mère ce qui s’est passé il y a quelques années. Avant cela, j’avais raconté à mon partenaire exactement ce qui s’était passé, mais peu de temps après la naissance de notre bébé, nous nous sommes séparés.
I’ll just introduce myself. [Indigenous language spoken]. My Blackfoot name is Eagle Woman. My English name is Nicole Rabbit, and I’m from the Blood Tribe in southern Alberta. I have four children — two sons, two daughters — and three grandsons. I met the father of my children back in 1992. We had a 10-year relationship and four children together. Baby Ali was our last baby together. Our relationship changed after the birth of our fourth child, and we separated shortly after. Today, we have been co-parenting for 20 years, and to this day, we still call our baby Baby Ali; the whole family calls her Baby Ali.
Je vais me présenter. [La témoin s’exprime en langue autochtone.] Mon nom chez les Pieds-Noirs est Eagle Woman. En anglais, je m’appelle Nicole Rabbit et je suis de la Tribu des Blood, dans le Sud de l’Alberta. J’ai quatre enfants — deux fils et deux filles — et trois petits-fils. J’ai rencontré le père de mes enfants en 1992. Nous avons été 10 ans ensemble et nous avons eu quatre enfants. Bébé Ali est le dernier enfant que nous avons eu ensemble. Notre relation a changé après la naissance de notre quatrième enfant, et nous nous sommes séparés peu après.
Aujourd’hui, cela fait 20 ans que nous partageons nos responsabilités parentales et, encore aujourd’hui, nous appelons notre cadette Bébé Ali; toute la famille l’appelle ainsi. I will give a brief introduction of where I come from and my family. My paternal grandparents had six children. My maternal grandparents had seven children. My parents are both residential school survivors and had four children, me being the youngest. I come from a family of educators.
My mom was the first educator in our family and has encouraged her siblings, her three daughters, me included, one grandson, who is my son, and even her mother to pursue their Bachelor of Education. Some went further to receive their masters and PhD. Today, I’m currently caring for my elderly mother full time. Prior to becoming a full- time caregiver, I was a principal for an elementary school for six years and have been a teacher since 2004. Je vais vous parler brièvement de mes origines et de celles de ma famille. Mes grands-parents paternels ont eu six enfants, et mes grands-parents maternels, sept.
Mes parents sont tous deux des survivants des pensionnats et ont eu quatre enfants, dont moi-même, qui suis la plus jeune. Je viens d’une famille d’enseignants. Ma mère a été la première enseignante de notre famille et a encouragé ses frères et sœurs, ses trois filles, y compris moi, son petit-fils, qui est mon fils, et même sa mère à obtenir leur baccalauréat en éducation. Certains sont allés jusqu’à la maîtrise et au doctorat. Aujourd’hui, je m’occupe à temps plein de ma mère âgée.
Avant de devenir une aidante à temps plein, j’ai été directrice d’une école primaire pendant six ans et je travaille dans l’enseignement depuis 2004. 8:18 Human Rights 2-5-2022
Now I will talk about the day I was coerced to be sterilized. I was beginning my second year at the University of Saskatchewan. My classes started on September 6, 2001, and I was scheduled to have my baby September 11, 2001. At this time, a fellow student was taking notes for me and sending me my assignments because I didn’t want to fall behind in my studies. Je vais maintenant parler du jour où on m’a forcé à me faire stériliser. J’entamais ma deuxième année à l’Université de la Saskatchewan. Mes cours ont commencé le 6 septembre 2001 et je devais avoir mon bébé le 11 septembre.
Un autre étudiant prenait des notes pour moi et m’envoyait mes devoirs parce que je ne voulais pas prendre de retard dans mes études. I was scheduled for a C-section on September 11, 2001, at the Royal University Hospital in Saskatoon, Saskatchewan. I was very anxious getting ready for the birth of my baby. It was early morning when we arrived at the hospital, and I was taken into a room to check my vitals and given a gown. Then I was told to wait in the waiting room with my family. I sat in the waiting room with my partner, my mom and my uncle.
As I waited to be called into the operating room, it was at this time that my uncle brought my attention to the television. I asked what movie was playing, and he informed me that it was the news and that a plane had just hit the World Trade Center. Minutes later, I was called to go into the operating room. In the operating room, I was given an epidural. Then my hands were strapped down on each side. I was given laughing gas to minimize my anxiety, and a drape was placed in front of me so I wasn’t able to see the doctor perform the C-section.
Le 11 septembre 2001, je devais subir une césarienne au Royal University Hospital de Saskatoon, en Saskatchewan. J’étais très inquiète à l’idée d’accoucher. Il était tôt le matin lorsque nous sommes arrivés à l’hôpital. On m’a emmenée dans une chambre pour vérifier mes signes vitaux et on m’a donné une jaquette. On m’a ensuite dit d’aller dans la salle d’attente avec ma famille. J’étais assise dans la salle d’attente avec mon partenaire, ma mère et mon oncle. En attendant d’être appelé dans la salle d’opération, mon oncle a attiré mon attention sur ce qui se passait à la télévision.
Je lui ai demandé quel film jouait, et il m’a répondu qu’un avion venait de frapper le World Trade Center. Quelques minutes plus tard, on m’a appelée pour me rendre à la salle d’opération. Dans la salle d’opération, on m’a administré une épidurale. Puis, on m’a attaché les mains de chaque côté de moi. On m’a fait inhaler du gaz hilarant, afin de réduire mon anxiété, et on a placé un drap devant moi, de sorte que je n’ai pas pu voir le médecin pratiquer la césarienne. At this time, my partner and I were excited and anxiously waiting for our child.
We never asked about the sex of any of our children, as the reveal of our baby was part of the whole beautiful experience of welcoming a new addition to our family. The delivery was normal and we welcomed our daughter baby Ali. My partner and I were so happy. They took my baby, and then they went and they cleaned her up and did the necessary things like weigh her and stuff. À ce moment-là, mon partenaire et moi attendions notre enfant avec impatience et enthousiasme. Nous n’avons jamais posé de questions sur le sexe de nos enfants pendant la grossesse, car la découverte du sexe de notre bébé faisait
partie de la belle expérience d’accueillir un nouveau membre dans notre famille. L’accouchement s’est déroulé normalement et nous avons accueilli notre fille Ali. Mon partenaire et moi étions très heureux. Ils ont pris mon bébé, puis ils l’ont nettoyé et lui ont prodigué les soins nécessaires, comme la pesée et tout le reste. It was then that I saw the doctors and nurses leave the room. I still couldn’t see anyone on the other side of the drape. I just knew my partner and I were left in the room, and I was still fully exposed and open. Some nurses and doctors returned. I could hear them talking.
My partner, who was sitting on my left side by my head, told me that the delivery team were huddled at my feet. C’est alors que j’ai vu les médecins et les infirmières quitter la pièce. Je ne pouvais toujours pas voir de l’autre côté du drap. Je sais seulement que mon partenaire et moi étions seuls dans la pièce et que j’étais toujours complètement exposée, avec l’abdomen ouvert. Des infirmières et des médecins sont revenus. Je pouvais les entendre parler. Mon partenaire, qui était assis à ma gauche près de ma tête, m’a dit que l’équipe médicale était regroupée à mes pieds.
A nurse then approached me on my right-hand side and said really loud that I couldn’t hold another baby, and it was best that they tie my tubes. I was confused and I looked towards my partner. The nurse then turned to my partner, and she said, “She can’t hold another child. It’s in her best interest to have this procedure done.” My partner reiterated what the nurse had said, so I asked if it was reversible. She said yes. Une infirmière s’est alors approchée de moi à ma droite et m’a dit très fort que je ne pourrais pas avoir d’autre enfant, et qu’il valait mieux que je subisse une ligature des trompes.
J’étais confuse et je regardais mon partenaire. L’infirmière s’est alors tournée vers lui et lui a dit : « Elle ne peut pas avoir d’autre enfant. Il est dans son intérêt qu’elle subisse cette intervention. » Mon partenaire m’a répété ce que l’infirmière avait dit, et j’ai demandé alors si c’était réversible. Elle a répondu que oui. 2-5-2022 Droits de la personne 8:19
I had no time to think, and I couldn’t think clearly. The nurse informed me that I needed to decide. I was coerced into deciding, still being fully exposed, my abdomen still open from the C- section, my arms still tied down and numb. I felt pressured to say yes. Moments later, I could smell something burning and thought, “Did they just burn my tubes?” Then the doctor proceeded to close me up. I trusted the medical team but knew something wasn’t right when I smelled the burning flesh. These were strangers who I had no previous encounters with who insisted I tie my tubes.
The medical team took advantage of me in a vulnerable state. Je n’ai pas eu le temps de réfléchir et je n’avais pas les idées claires. L’infirmière m’a dit que je devais prendre une décision. J’ai été contrainte de décider, toujours exposée, avec mon abdomen encore ouvert après la césarienne, et mes bras toujours attachés et engourdis. Je me suis crue obligée de dire oui. Quelques instants plus tard, j’ai senti une odeur de brûlé et je me suis dit : « Est-ce qu’ils ont brûlé mes trompes? » Ensuite, le médecin a refermé la plaie.
Je faisais confiance à l’équipe médicale, mais j’ai su que quelque chose n’allait pas lorsque j’ai senti l’odeur de chair brûlée. Ce sont des étrangers, avec qui je n’avais jamais eu de contact, qui ont insisté pour que je subisse une ligature des trompes. L’équipe médicale a profité de moi dans un état de vulnérabilité. Hours after the delivery of baby Ali, I was having severe abdominal pains. The best way I can describe the pain is someone putting a torch to one side of my stomach. This pain came on quickly and lasted for five minutes, and then it would move to the other side.
I have never felt this kind of pain before and was given Tylenol 3 to manage it. Quelques heures après avoir accouché de bébé Ali, j’ai eu de graves douleurs abdominales. J’avais l’impression qu’un chalumeau me brûlait le côté du ventre. Cette douleur est apparue rapidement, a duré cinq minutes, puis s’est déplacée de l’autre côté. Je n’avais jamais ressenti ce genre de douleur auparavant et on m’a donné du Tylenol de force 3 pour me soulager.
My longest stay in the hospital was with baby Ali, my last child, so as my stay in the hospital was longer than I expected and I already started classes, I scheduled baby Ali’s feedings at the hospital to make sure that I could make my classes, and I had a friend pick me up. The university was just east of the hospital, two minutes away. Three years later, I received my Bachelor of Education and was valedictorian for my graduating class in 2004. C’est pour la naissance de mon bébé Ali, mon dernier enfant, que j’ai séjourné le plus longtemps à l’hôpital.
Comme mon séjour à l’hôpital était plus long que prévu et que j’avais déjà commencé mes cours, je nourrissais bébé Ali à l’hôpital, et un ami venait me chercher pour que je puisse suivre mes cours. L’université n’était qu’à deux minutes à l’est de l’hôpital. Trois ans plus tard, j’ai obtenu mon baccalauréat en éducation et c’est moi qui ai prononcé le discours lors de la remise des diplômes de ma promotion en 2004. No one asked me what I wanted. No one explained to me why I apparently needed this done, and I didn’t sign any forms.
I still have no real idea what the options were and why they said it was best for them to sterilize me. I know now that the sterilization can’t be reversed. Personne ne m’a demandé ce que je voulais. Personne ne m’a expliqué pourquoi j’avais apparemment besoin qu’on fasse cela, et je n’ai signé aucun formulaire. Je n’ai toujours pas une idée précise des options qui s’offraient à moi et des raisons pour lesquelles on m’a dit qu’il valait mieux me stériliser. Je sais maintenant que la stérilisation est irréversible.
Like I mentioned earlier, the relationship between my partner and I ended shortly after baby Ali was born. I was 28 years old when my womanhood was taken away by the hands of the doctors at the Royal University Hospital in Saskatoon, Saskatchewan. My human rights were violated. My identity as a woman was taken away. I never decided I was done having children, yet in a vulnerable state I was pressured into having my tubes tied, or burned. I’m not even sure how they did it because they never bothered to give me any information about the procedure.
Comme je l’ai mentionné plus tôt, la relation entre mon partenaire et moi a pris fin peu après la naissance d’Ali. J’avais 28 ans lorsque ma vie de femme a été brisée par les médecins du Royal University Hospital de Saskatoon, en Saskatchewan. Mes droits fondamentaux ont été violés. On m’a enlevé mon identité de femme. Je n’ai jamais décidé que je ne voulais plus avoir d’enfants, et pourtant, dans un état de vulnérabilité, on a exercé des pressions pour que je subisse une ligature des trompes.
Je ne sais même pas comment ils s’y sont pris parce qu’ils ne se sont jamais donné la peine de me donner de l’information sur l’intervention. How is this consent — tied down, with an epidural, with my stomach wide open on the operating table? How could the hospital let this happen? How could the government let this happen? And why are none of the people who are responsible for Que dire de ce consentement obtenu les mains attachées, sous l’influence d’une épidurale, le ventre grand ouvert sur la table d’opération? Comment l’hôpital a-t-il pu laisser cela se produire?
Comment le gouvernement a-t-il pu laisser cela arriver? Et 8:20 Human Rights 2-5-2022
what happened to me and what happened to the women you’ve heard from and will hear from not held accountable? pourquoi aucune des personnes à l’origine de ce qui m’est arrivé et de ce qui est arrivé aux femmes que vous avez entendues et que vous entendrez n’a-t-elle été tenue responsable? Moving forward, it wasn’t until I confided in my mother what happened to me that I found out the same thing had happened to her after she delivered me in 1973 at the hospital in Fort Macleod, Alberta. She always said, “I wanted more children,” and today at 76 she says she always wanted a big family, which she will never have.
She mentions how this happened to other women on the Blood Tribe reserve. Some women only had one child and were coerced into tying their tubes. These women she speaks of turned to alcohol and pills to deal with their mental health and depression. My mother also turned to pills, but thankfully she got away from that. She talks to me about how down she felt and how hard it was to be a mom and a wife after her ability to have children was stolen from her. My parents have separated as well.
Par la suite, ce n’est que lorsque j’ai confié à ma mère ce qui m’était arrivé que j’ai découvert qu’elle avait subi la même chose après qu’elle m’ait donné naissance, en 1973, à l’hôpital de Fort Macleod, en Alberta. Elle a toujours répété qu’elle aurait voulu avoir plus d’enfants, et aujourd’hui, à 76 ans, elle dit encore qu’elle a toujours voulu une grande famille, ce qu’elle n’aura jamais. Elle m’a mentionné comment cela est arrivé à d’autres femmes dans la réserve de la Tribu des Blood. Certaines femmes n’avaient qu’un enfant et ont été forcées de subir une ligature des trompes.
Ces femmes se sont tournées vers l’alcool et les médicaments pour régler leurs problèmes de santé mentale et de dépression. Ma mère aussi s’est tournée vers les médicaments, mais heureusement, elle a cessé d’en prendre. Elle m’a dit à quel point elle s’est sentie mal et à quel point il a été difficile d’être une mère et une épouse après qu’on lui ait volé sa capacité d’avoir des enfants. Mes parents se sont séparés eux aussi. And then just going further, this has also happened to my mother-in-law, my partner’s mother. She had two children and was told she would die if she had another child.
This is sad, as my children have only one uncle on their father’s side of the family, and, as First Nations people, we are a communal people. Our family take care of each other. What happened limited the number of family to take care of our family, especially our elderly. There are no words to describe what my family and I have lost because of forced sterilization. J’irai plus loin en disant que cela est également arrivé à ma belle-mère, la mère de mon partenaire. Elle avait deux enfants et on lui a dit qu’elle mourrait si elle en avait un autre.
C’est triste, car mes enfants n’ont qu’un oncle du côté de leur père et, en tant que membres des Premières Nations, nous valorisons la communauté. Les membres des familles prennent soin les uns des autres. Ce qui s’est passé a fait en sorte de réduire le nombre de membres de la famille qui peuvent prendre soin des autres, surtout de nos aînés. Il n’y a pas de mots pour décrire ce que ma famille et moi avons perdu à cause de la stérilisation forcée. I want to thank you for listening to me, and I’m sorry that I got so emotional.
It was just that I haven’t really told my story except to Alisa and my children, my mom, and I just informed my dad a couple weeks ago, so it’s very trying. I appreciate allowing me to give my testimony, and I thank everybody for sharing. It’s very traumatizing. I know some are further along than I am in their healing, but I’m working on my healing now. Thank you. Je tiens à vous remercier de m’avoir écoutée, et je suis désolée d’avoir été si émotive.
C’est simplement que je n’avais jamais vraiment raconté mon histoire, sauf à Alisa et à mes enfants, à ma mère, et à mon père, il y a quelques semaines, alors c’est très difficile. Je vous remercie de m’avoir permis de présenter mon témoignage et je remercie les autres témoins d’avoir fait de même. C’est très traumatisant. Je sais que certaines sont plus avancées que moi dans leur guérison, mais je travaille maintenant dans ce sens. Merci. The Chair: Thank you, Nicole, for sharing your story, and there’s nothing wrong with getting emotional.
I think most of us sitting here are getting emotional listening to the stories. I thank you for your courage. La présidente : Merci, madame Rabbit, de nous avoir raconté votre histoire. Il n’y a rien de mal à être émotive. Je pense que la plupart d’entre nous sont très émus par les histoires que nous entendons. Je vous remercie de votre courage. Witness B, Registered Nurse, as an individual: Good evening. Thank you for allowing me to share my thoughts with you today. La témoin B, infirmière autorisée, à
titre personnel : Bonsoir. Je vous remercie de me permettre de vous faire part de mes réflexions aujourd’hui. As a registered health care professional, I know what informed consent looks like. It is due diligence whereby the physician ensures each patient is made fully aware of the risks, benefits and purpose of the intended procedure. In the case of female sterilization in Canada, the nursing textbooks state that En tant que professionnelle de la santé autorisée, je sais à quoi ressemble le consentement éclairé.
Il s’agit d’une diligence raisonnable par laquelle le médecin s’assure que chaque patient est pleinement informé des risques, des avantages et du but de l’intervention prévue. Dans le cas de la stérilisation des femmes 2-5-2022 Droits de la personne 8:21
appropriate counselling and subsequent signing of the legal document must occur 30 days before the procedure. The College of Physicians and Surgeons also urge their members to document the discussions regarding this process. Most importantly, all literature regarding informed consent clearly outlines that capacity is a required element. Unfortunately, at the time of my sterilization, none of these fundamental aspects were present.
One and a half years ago, I had the opportunity to peruse hospital documentation related to that day, and I am horrified. au Canada, les manuels de soins infirmiers indiquent qu’un counseling approprié et la signature subséquente du document juridique doivent avoir lieu 30 jours avant l’intervention. Le Collège royal des médecins et chirurgiens exhorte également ses membres à documenter les discussions au sujet de ce processus. Qui plus est, toute la documentation sur le consentement éclairé indique clairement que la capacité est un élément requis.
Malheureusement, au moment de ma stérilisation, aucun de ces aspects fondamentaux n’était présent. Il y a un an et demi, j’ai eu l’occasion de consulter les dossiers de l’hôpital concernant ce jour-là, et j’ai été horrifiée. In August 2004, I had a spontaneous vaginal delivery, and I recall being asked if I wanted to have my tubes tied due to a cancellation in the surgeon’s schedule. It is important to note that at that time I was not a health care professional and did not know anything about the informed consent process.
It is even more important to note that the document states I was in labour for two days prior to my presentation to the hospital, as it is well recognized how sleep deprivation creates incapacity and that life-changing decisions should not be made whilst in that state. En août 2004, j’ai eu un accouchement vaginal spontané, et je me souviens qu’on m’a demandé si je voulais subir une ligature des trompes par la même occasion, étant donné que le chirurgien avait une annulation à son horaire.
Il est important de noter qu’à l’époque, je n’étais pas une professionnelle de la santé et je ne connaissais rien au processus de consentement éclairé. Il est encore plus important de mentionner que les dossiers indiquent que j’ai été en travail pendant deux jours avant de me présenter à l’hôpital, car il est bien connu que la privation de sommeil crée une incapacité, et que des décisions susceptibles de changer la vie ne devraient pas être prises dans cet état.
Paired with blood loss, pain, exhaustion and a lack of family presence, I find it unethical that I was even asked to make a choice about a procedure I did not know was permanent. Yet, within two hours of giving birth, I was in the operating theatre getting sterilized. Si l’on tient compte du sang que j’avais perdu, de la douleur, de l’épuisement et de l’absence de ma famille, je trouve contraire à l’éthique qu’on m’ait même demandé de faire un choix au sujet d’une intervention dont je ne savais pas qu’elle était permanente.
Pourtant, dans les deux heures qui ont suivi l’accouchement, je me suis fait stériliser au bloc opératoire. The trajectory of my life changed that day, and I experienced negative outcomes including, one, months of chronic pelvic pain, which I can now reasonably attribute to the specific procedure I underwent called bilateral partial salpingectomy; two, the breakdown of my marriage because of tension surrounding my inability to give him a biological child; and three, regret due to having wanted another child several years later.
La trajectoire de ma vie a changé ce jour-là, et j’ai subi des séquelles, notamment, des mois de douleur pelvienne chronique, que je peux maintenant raisonnablement attribuer à l’intervention particulière que j’ai subie, appelée salpingectomie partielle bilatérale, puis, l’échec de mon mariage à cause des tensions entourant mon incapacité à enfanter, et enfin, le regret de ne pas pouvoir avoir un autre enfant, plusieurs années plus tard. Ultimately, I believe in Dr. James Reason’s Swiss cheese model of system failure.
The harm I experienced requires that major safeguards be implemented to ensure that no other woman experiences this injustice again. Accountability is imperative. There should not be the chance for variability to exist in terms of how each physician interprets the process of informed consent. En fin de compte, je crois au modèle de l’erreur humaine, ou Swiss cheese model, de James Reason. Le préjudice que j’ai subi exige que des mesures préventives importantes soient mises en place pour s’assurer qu’aucune autre femme ne revive cette injustice. L’imputabilité est impérative.
Il ne devrait pas y avoir de variabilité possible quant à la façon dont chaque médecin interprète le processus de consentement éclairé. As a registered health care professional, I firmly believe that every patient deserves autonomy, which includes the ability to be an active participant in choices that pertain to their bodies. Informed consent is more than a legal document; it is a process with an ethical basis. En tant que professionnelle de la santé autorisée, je crois fermement que chaque patient mérite l’autonomie, ce qui comprend la capacité de participer activement aux choix qui concernent son corps.
Le consentement éclairé est plus qu’un document juridique; c’est un processus fondé sur l’éthique. Thank you for your time. Merci de votre temps. 8:22 Human Rights 2-5-2022
The Chair: Thank you very much. We’ll now turn to the senators for questions, starting with Senator Boyer. La présidente : Merci beaucoup. Nous allons maintenant passer aux questions des sénateurs, en commençant par la sénatrice Boyer. Senator Boyer: I want to thank Morningstar, Witness B and Nicole for your testimony today. By your coming forward, it frees other women who are listening. It will allow them to come forward too. One day this will be stopped. La sénatrice Boyer : Je tiens à remercier Mme Mercredi, la témoin B et Mme Rabbit pour leur témoignage d’aujourd’hui.
Ce faisant, vous contribuez à libérer la parole d’autres femmes qui vous écoutent. Cela leur permettra aussi de se manifester, pour qu’un jour, cette situation cesse. I want to pick up on something Nicole had mentioned about the generations that have been affected — not just affected, but sterilized — your mother, your aunties and your in-laws. How widespread has this been in each of your communities? Nicole, are there others in your community who have been sterilized? How far back does this go, and is it still happening?
J’aimerais revenir sur quelque chose que Mme Rabbit a mentionné au sujet des générations qui ont été touchées — pas seulement touchées, mais stérilisées — votre mère, vos tantes et vos belles-mères. Dans quelle mesure cela est-il répandu dans chacune de vos collectivités? Madame Rabbit, y a-t-il d’autres personnes dans votre collectivité qui ont été stérilisées? À quand cela remonte-t-il, et cela se produit-il encore? Ms. Rabbit: My mother speaks of a lot of families on the Blood Tribe reserve and she mentions names. I won’t mention names. She says how they were forced to have their tubes tied.
Basically, after one or two children, there was a family breakdown. I know of a whole family who turned towards pills. Mme Rabbit : Selon ma mère, cela touche beaucoup de familles dans la réserve de la Tribu des Blood, et elle cite des noms. Je ne nommerai personne. Elle raconte comment ces personnes ont été forcées de subir une ligature des trompes. Essentiellement, après un ou deux enfants, des familles craquent. Je connais toute une famille qui s’est tournée vers les médicaments. These women had to deal with intergenerational trauma in terms of their mental health and depression.
Nobody asked if they were okay. For the children they did have, their mother was on pills, and their children and grandchildren were affected. Some turned to alcohol and some developed depression. Ces femmes ont dû composer avec des traumatismes intergénérationnels liés à leur santé mentale et à leur dépression. Personne ne leur a demandé si elles allaient bien. Ces mères ont commencé à prendre des médicaments, et cela a affecté leurs enfants et leurs petits-enfants. Certaines se sont tournées vers l’alcool et d’autres ont développé une dépression. This also happened to my mom when she had me in 1973.
I know it hurts her now when she talks about it. I didn’t know this until I brought her with me to see Alisa. That’s when she told me that this happened to her. Had I not brought her with me to my meeting as a support, I wouldn’t know that this happened to her. C’est également arrivé à ma mère lorsqu’elle m’a eue en 1973. Je sais que cela lui fait mal maintenant lorsqu’elle en parle. Je ne savais pas ce qui s’était passé avant qu’elle m’accompagne pour rencontrer Alisa. C’est à ce moment-là qu’elle m’a dit ce qui lui était arrivé.
Si je ne l’avais pas amenée avec moi pour me soutenir, je n’aurais jamais su qu’elle avait subi cela. With regard to residential school, I never knew anything about residential school until I was in university. That’s when I started asking questions and started hearing the stories. This is something that people don’t talk about. People need to be aware of this, just like the missing and murdered Indigenous women and girls, the residential school survivors and the children that didn’t come home. This is one of those things that needs to be discussed.
People need to know what happened and what continues to happen to us. En ce qui concerne les pensionnats, je ne connaissais rien à leur sujet avant d’aller à l’université. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à poser des questions et à entendre des histoires. C’est une chose dont personne ne parle. Les gens doivent en être conscients, tout comme de la situation des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées, des survivants des pensionnats et des enfants qui ne sont jamais revenus. Cela fait
partie des choses dont il faut discuter. Les gens doivent savoir ce qui s’est passé et ce qui continue de nous arriver. I hope I answered your question. J’espère avoir répondu à votre question. S