Senate Committee — RIDR — Evidence — 51ev-56695
RIDR / Evidence / 51ev-56695
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EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Monday, April 15, 2024 OTTAWA, le lundi 15 avril 2024 The Standing Senate Committee on Human Rights met with videoconference this day at 5:02 p.m. [ET] to examine such issues as may arise from time to time relating to human rights generally; and, in camera, the Government Response to the Fourth Report of the Standing Senate Committee on Human Rights entitled “Human Rights of Federally-Sentenced Persons”, tabled in the Senate on June 16, 2021, during the Second Session of the Forty-third Parliament.
Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se réunit aujourd’hui, à 17 h 2 (HE), avec vidéoconférence, pour examiner les questions qui pourraient survenir concernant les droits de la personne en général; et à huis clos, la réponse du gouvernement au quatrième rapport du Comité sénatorial permanent des droits de la personne, intitulé « Droits de la personne des personnes purgeant une peine de ressort fédéral », déposé au Sénat le 16 juin 2021 durant la deuxième session de la quarante-troisième législature.
Sébastien Payet, Clerk of the Committee: Honourable senators, as clerk of your committee, it is my duty to inform you of the unavoidable absence of the chair and deputy chair and to preside over the election of an acting chair. I am ready to receive a motion to that effect. Sébastien Payet, greffier du comité : Honorables sénateurs et sénatrices, en tant que greffier du comité, j’ai le devoir de vous informer de l’absence inévitable de la présidente et de la vice-présidente et de présider l’élection d’un président suppléant. Je suis prêt à recevoir une motion à cet égard.
Senator Omidvar: I nominate Senator Pate to chair this meeting. La sénatrice Omidvar : Je propose que la sénatrice Pate préside la réunion. Mr. Payet: It is moved by the Honourable Senator Omidvar that the Honourable Senator Pate take the chair of this committee. Is it your pleasure, honourable senators, to adopt the motion? M. Payet : Il est proposé par l’honorable sénatrice Omidvar que l’honorable sénatrice Pate assume la présidence du comité. Vous plaît-il, honorables sénateurs et sénatrices, d’adopter la motion? Hon. Senators: Agreed. Des voix : Oui. Mr. Payet: Agreed. I declare the motion carried.
I invite Senator Pate sorry to take the chair. M. Payet : D’accord. Je déclare la motion adoptée. J’invite la sénatrice Pate à occuper le fauteuil. Senator Kim Pate (Acting Chair) in the chair. La sénatrice Kim Pate (présidente suppléante) occupe le fauteuil The Acting Chair: Thank you very much, and thank you, Senator Omidvar. La présidente suppléante : Merci beaucoup, et merci, sénatrice Omidvar. Good afternoon. I’m Kim Pate, a senator from here in the unceded, unsurrendered territory of the Algonquin Anishinaabe. It’s my privilege to chair this public hearing this afternoon. Bonjour.
Je suis Kim Pate, sénatrice, et je viens d’ici, du territoire non cédé et non abandonné de la nation algonquine anishinaabe. J’ai le privilège de présider les délibérations publiques cet après-midi. Today we are conducting a public hearing of the Standing Senate Committee on Human Rights. I would like to begin by acknowledging the land on which we gather is the traditional ancestral and unceded territory of the Algonquin Anishinaabe Nation. I will now invite my honourable colleagues to introduce themselves. Aujourd’hui, nous tenons une audience publique du Comité sénatorial permanent des droits de la personne.
J’aimerais commencer par reconnaître que nous nous réunissons sur le territoire traditionnel ancestral et non cédé de la nation algonquine anishinaabe. J’invite maintenant mes honorables collègues à se présenter. Senator Omidvar: Ratna Omidvar, senator from Ontario. La sénatrice Omidvar : Ratna Omidvar, sénatrice de l’Ontario. Senator Simons: Paula Simons, senator from Alberta, Treaty 6 territory. La sénatrice Simons : Paula Simons, sénatrice de l’Alberta; je viens du territoire visé par le Traité n o 6. Senator Arnot: David Arnot from Saskatchewan. I live in Treaty 6 territory.
Le sénateur Arnot : David Arnot, de la Saskatchewan. Je vis sur le territoire visé par le Traité n o 6. 15-4-2024 Droits de la personne 51:1
[Translation] [Français] Senator Gerba: Amina Gerba from Quebec. La sénatrice Gerba : Amina Gerba, du Québec. [English] [Traduction] Senator Cordy: I am Jane Cordy, senator from Nova Scotia. La sénatrice Cordy : Jane Cordy, sénatrice de la Nouvelle- Écosse. The Acting Chair: Thank you, and welcome, senators, and welcome to all of those who are following our deliberations. La présidente suppléante : Merci et bienvenue, sénateurs et sénatrices, et bienvenue à tous ceux qui suivent nos délibérations. Today our committee will continue its study on forced global displacement under its general order of reference.
This afternoon, we shall have two panels. In each panel, we shall hear from witnesses, who have been asked to make a five-minute presentation, and then the senators around this table will have a question-and-answer session. Aujourd’hui, notre comité va poursuivre son étude sur les déplacements forcés dans le monde, au
titre du présent ordre de renvoi général. Cet après-midi, nous recevons deux groupes de témoins. Dans chaque groupe, nous entendrons des témoins, qui ont été invités à présenter un exposé de cinq minutes, puis les sénateurs présents autour de la table auront une période de questions et de réponses. I will now introduce our first panel. I wish to welcome our first witness via videoconference, Irena Vojácková-Sollorano, Deputy Director General for Management and Reform ad interim, International Organization for Migration. Please make your presentation. Je vais maintenant présenter notre premier groupe de témoins.
Je tiens à souhaiter la bienvenue à notre première témoin par vidéoconférence, Irena Vojácková-Sollorano, directrice générale adjointe chargée de la gestion et des réformes par intérim, Organisation internationale pour les migrations. Veuillez présenter votre exposé. Irena Vojácková-Sollorano, Deputy Director General for Management and Reform ad interim, International Organization for Migration: Thank you very much for inviting IOM to this honourable panel. It is a pleasure to give you an overview about IOM’s work and also IOM’s experience in the area of displacement and human rights.
Irena Vojácková-Sollorano, directrice générale adjointe chargée de la gestion et des réformes par intérim, Organisation internationale pour les migrations : Merci beaucoup d’avoir invité l’OIM à participer à cet honorable groupe d’intervenants. Je suis ravie de vous présenter un aperçu du travail de l’OIM et de son expérience dans le domaine des déplacements et des droits de la personne. I will begin my intervention by outlining the relationship between forced displacement and human rights violations.
IOM sees the gravest violations of human rights as a feature of displacement but also a driver of displacement and a reason for its prolonged continuation. For example, systemic gender-based violence can be a catalyzing factor for displacement, especially when it is perpetrated with this purpose, which unfortunately happens relatively often. Pour commencer, je vais décrire la relation entre les déplacements forcés et les violations des droits de la personne.
L’OIM considère les violations les plus graves des droits de la personne comme un élément caractéristique des déplacements, mais aussi comme un facteur des déplacements et une raison expliquant sa poursuite prolongée. Par exemple, la violence systémique fondée sur le sexe peut être un catalyseur des déplacements, en particulier lorsqu’elle est commise dans ce but, ce qui, malheureusement, arrive relativement souvent. Human rights violations are also a core driver of recruitment into violent extremism organizations.
Survivors and witnesses of human rights violations suffer from economic and social harm, impacting their resilience, quality of life, livelihood prospects and trust in their communities and institutions. Les violations des droits de la personne sont également un facteur principal du recrutement au sein d’organisations extrémistes violentes. Les survivants et les témoins des violations des droits de la personne souffrent d’un préjudice économique et social, ce qui nuit à leur résilience, à leur qualité de vie, à leurs perspectives de subsistance et à leur confiance dans leurs communautés et leurs institutions.
Human rights violations are also central features of the insecurity that can impede durable solutions for the displaced. They lead to a loss of trust in the state, erode social cohesion and impact efforts to stabilize communities. The lack of secure living Les violations des droits de la personne sont également des caractéristiques centrales de l’insécurité qui peuvent empêcher la découverte de solutions durables pour les personnes déplacées. Elles entraînent une perte de confiance envers l’État et l’érosion 51:2 Human Rights 15-4-2024
conditions and weak or unstable community structures can also elevate the risk of opportunistic gender-based violence. de la cohésion sociale et minent les efforts pour stabiliser les communautés. L’absence de conditions de vie sécuritaires et la faiblesse ou l’instabilité des structures communautaires peuvent également augmenter le risque de violence opportuniste fondée sur le sexe. As part of its efforts to identify solutions to displacement, IOM continues to prioritize work on protection and the reporting of human rights violations.
Integrated into IOM’s specialized work on protection, IOM has developed unique approaches on human rights, due diligence and responses to grave violations that support IOM staff in addressing human rights violations through a continuum approach. We welcome the opportunity to share details of this work. Dans le cadre de ses efforts pour trouver des solutions aux déplacements, l’OIM continue de focaliser son travail sur la protection et le signalement des violations des droits de la personne.
L’OIM a intégré dans son travail spécialisé sur la protection l’élaboration d’approches uniques liées aux droits de la personne, la diligence raisonnable et des réponses aux violations graves qui aident le personnel de l’OIM à réagir aux violations des droits de la personne à l’aide d’une approche de continuité. Nous sommes ravis d’avoir l’occasion de vous exposer les détails de ce travail. We have been asked to give examples from a few countries. I will start with Gaza. Since the attacks on October 7, we have had grave violations in Gaza.
We have had more than 30,000 people killed, including 13,000 children and 220 humanitarian workers. This situation is a grave violation not only of human rights but of many other international legal instruments. IOM’s work is focusing on supporting UNRWA, as IOM does not have a presence in Israel or in the Palestinian territories. We are purely focusing on supporting UNRWA. We have several staff seconded to UNRWA and supporting them. On this, we are ready to support all kinds of sectors, depending on the need that arises and as access is possible. On nous a demandé de fournir des exemples de quelques pays.
Je vais commencer par Gaza. Depuis les attaques survenues le 7 octobre, nous avons constaté de graves violations à Gaza. Plus de 30 000 personnes ont été tuées, y compris 13 000 enfants et 220 travailleurs humanitaires. Cette situation constitue une violation grave non seulement des droits de la personne, mais aussi de nombreux autres instruments juridiques internationaux. Le travail de l’OIM se concentre sur le soutien de l’Office de secours et de travaux pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, l’UNRWA, car l’OIM n’a pas de présence en Israël ou dans les territoires palestiniens.
Nous nous concentrons exclusivement sur le soutien de l’UNRWA. Nous avons détaché plusieurs employés auprès de l’UNRWA, et nous les appuyons. À cet égard, nous sommes prêts à soutenir tout type de secteur, en fonction des besoins qui surviennent et de l’accès. The next example is our work in South Sudan, where we have a very strong presence. The situation in South Sudan, with 2 million IDPs, 2.3 million returnees and 9 million people in need of assistance, is a great challenge for the whole humanitarian community. IOM has reached 2.1 million people with assistance, and we continue to do so.
We also support the neighbouring communities, especially in Sudan. Specifically with Canadian assistance, we were able to provide support to 2,500 returnees from Sudan to South Sudan, and we continue to provide this assistance. Le prochain exemple est notre travail dans le Soudan du Sud, où notre présence est très forte. La situation là-bas, où se trouvent 2 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, 2,3 millions de rapatriés et 9 millions de personnes ayant besoin d’aide, présente un défi de taille pour l’ensemble de la communauté humanitaire.
L’OIM a pu aider 2,1 millions de personnes, et nous continuons de le faire. Nous appuyons également les communautés voisines, surtout au Soudan. En ce qui concerne tout particulièrement l’aide canadienne, nous avons été en mesure de fournir du soutien à 2 500 rapatriés du Soudan au Soudan du Sud, et nous continuons de fournir cette aide. The next example is Bangladesh, specifically Cox’s Bazar, where the Global Aid Network Canada is currently funding a multisector project focusing on improving infrastructures to improve access to services.
We are doing capacity building there to NGOs and skills development, especially to vulnerable Rohingya refugees who might then use these skills to have opportunities to be resettled or to use any other migration pathways. L’exemple suivant est le Bangladesh, en particulier Cox’s Bazar, où Global Aid Network Canada finance actuellement un projet multisectoriel axé sur l’amélioration des infrastructures pour accroître l’accès aux services.
Nous procédons au renforcement des capacités là-bas pour les ONG et au perfectionnement des compétences, en particulier pour les réfugiés rohingyas vulnérables qui pourraient ensuite utiliser ces compétences afin de se réinstaller ou utiliser d’autres voies de migration. 15-4-2024 Droits de la personne 51:3
The last example is Venezuela. That means it is Venezuelan nationals. About 7.7 million Venezuelan migrants and refugees are outside of Venezuela, mostly in Latin America. Cross-border displacement and mixed movements from Venezuela continue, with limited spontaneous returns. Canada is a key player in the regional response to Venezuelans and has provided generous funding for IOM and other humanitarian organizations. The funding of $12.5 million is for projects focused on humanitarian assistance and protection. Le dernier exemple est le Venezuela, c’est-à-dire les ressortissants vénézuéliens.
Environ 7,7 millions de migrants et de réfugiés vénézuéliens se trouvent à l’extérieur du Venezuela, principalement en Amérique latine. Les déplacements transfrontaliers et les déplacements mixtes en provenance du Venezuela se poursuivent, et les retours spontanés sont limités. Le Canada est un acteur clé dans la réponse régionale aux Vénézuéliens et a fourni à l’OIM et à d’autres organisations humanitaires une aide financière généreuse. Le financement de 12,5 millions de dollars est destiné à des projets axés sur l’aide et la protection humanitaires.
With this, I would like to finalize my presentation, which should have been just three minutes. I don’t want to stretch it much over, but I can elaborate on the examples that I have brought forward. Thank you so much. Sur ce, j’aimerais terminer mon exposé, qui ne devait durer qu’un peu moins de trois minutes. Je ne veux pas trop l’étirer, mais je peux expliquer plus en détail les exemples que j’ai présentés. Merci beaucoup. The Acting Chair: Thank you very much, Ms. Vojácková- Sollorano, for your presentation. La présidente suppléante : Merci beaucoup, madame Vojácková-Sollorano, de votre exposé.
Before asking and answering questions, I would like to ask committee members and witnesses and everybody in the room for the duration of this meeting to please refrain from leaning in too close to the microphone or to remove your earpiece when doing so. This will avoid any sound feedback that could negatively impact the committee staff in the room. Avant les questions et réponses, j’aimerais demander aux membres du comité et aux témoins, et à tout le monde présent dans la salle pour la durée de la réunion, de bien vouloir s’abstenir de se pencher trop près du microphone ou d’enlever leur oreillette ce faisant.
Cela permettra d’éviter les incidents de rétroaction acoustique qui pourraient incommoder notre personnel dans la salle. We’ll now proceed to questions from senators. Colleagues, you have five minutes for your question, including the answer. Nous allons maintenant passer aux questions des sénateurs. Chers collègues, vous avez cinq minutes pour votre question, y compris la réponse. Senator Simons: Thank you very much, Madam Vojácková- Sollorano. La sénatrice Simons : Merci beaucoup, madame Vojácková- Sollorano. I want to ask about the situation in Sudan.
It wasn’t that many years ago that South Sudan was the source of many refugees who were coming to my part of Canada. I’m curious to know this: Are things sufficiently stable in South Sudan so that they are able to handle an influx of refugees from Sudan, or are some of these refugees who are coming people who had been from South Sudan who are now returning? Je veux poser une question sur la situation au Soudan. Il n’y a pas si longtemps, de nombreux réfugiés qui venaient dans ma région au Canada arrivaient du Soudan du Sud.
Je suis curieuse de savoir ceci : la situation est-elle suffisamment stable au Soudan du Sud pour que le pays puisse gérer un afflux de réfugiés en provenance du Soudan, ou bien est-ce que certains de ces réfugiés qui arrivent sont des personnes en provenance du Soudan du Sud qui retournent maintenant chez elles? Ms. Vojácková-Sollorano: Unfortunately, the situation in South Sudan has not improved much. As a result of the extremely violent situation in Sudan, we have former South Sudanese who went for work to Sudan and are now returning to South Sudan.
It is challenging because we have people who have lived in Sudan for up to 10 years, and now they are returning to South Sudan where they have no livelihoods, nothing. It is a difficult situation because people are trying to get across the border, and they are all gathering in small towns where there is no capacity for further transportation. They are just fleeing the violence in Sudan. Mme Vojácková-Sollorano : Malheureusement, la situation au Soudan du Sud ne s’est pas beaucoup améliorée.
En raison de l’extrême violence sévissant au Soudan, d’anciens Sud- Soudanais qui sont allés travailler au Soudan rentrent maintenant au Soudan du Sud. C’est difficile, parce que certaines personnes ont vécu au Soudan pendant plus de 10 ans et rentrent maintenant au Soudan du Sud, où elles n’ont aucun gagne-pain, rien. C’est une situation difficile, parce que les gens essaient de traverser la frontière et se réunissent tous dans des petites villes où il n’y a pas de capacité de transport supplémentaire. Ils fuient simplement la violence au Soudan. 51:4 Human Rights 15-4-2024
Senator Simons: What percentage of the refugees leaving Sudan for South Sudan are South Sudanese either by birth or by descent versus people from the north who are also fleeing violence? La sénatrice Simons : Quel pourcentage des réfugiés qui quittent le Soudan pour le Soudan du Sud sont des Sud- Soudanais, que ce soit de naissance ou d’origine, par rapport aux habitants du Nord qui fuient également la violence? Ms. Vojácková-Sollorano: Most of the people returning to South Sudan are South Sudanese. Mme Vojácková-Sollorano : La plupart des gens qui retournent au Soudan du Sud sont des Sud-Soudanais.
Senator Simons: Okay. I would assume in some ways that may make it easier in the sense that they may still have family or connections or even property? La sénatrice Simons : D’accord. J’imagine que, d’une certaine façon, c’est peut-être plus facile, parce qu’ils ont là-bas toujours des membres de la famille ou des liens, ou même des biens? Ms. Vojácková-Sollorano: It’s an evolving situation. The impasse is the transport, the logistics, so that they can get back to the communities where they came from. However, we don’t know how far they will be able to be integrated because the situation is also very dire.
We now have an impasse with them all at the border in Al-Rank town, and we have challenges there to transport them further onwards. Mme Vojácková-Sollorano : C’est une situation qui évolue sans cesse. L’impasse tient au transport, à la logistique, pour qu’ils puissent retourner dans les collectivités d’où ils viennent. Cependant, nous ne savons pas dans quelle mesure on pourra les intégrer, parce que la situation est aussi très difficile. Nous nous retrouvons maintenant devant une impasse avec eux à la frontière dans la ville d’Al-Rank et avons du mal là-bas à les transporter plus loin par la suite.
Senator Simons: Are people also going to places like Chad, Egypt and Tunisia as well? La sénatrice Simons : Est-ce que les gens s’en vont aussi à des endroits comme le Tchad, l’Égypte et la Tunisie? Ms. Vojácková-Sollorano: Yes. Mme Vojácková-Sollorano : Oui. Senator Simons: Thank you very much for the work that you and your organization do. La sénatrice Simons : Merci beaucoup du travail que votre organisation et vous faites. Senator Omidvar: Thank you, Ms. Vojácková-Sollorano. La sénatrice Omidvar : Merci, madame Vojácková- Sollorano.
First, I am proud to comment that Canada was a founding member of the IOM in 1951. I’ve looked at your reports. Congratulations to you for helping us reach our national aspirations on the resettlement of the Syrian refugees and the Afghan refugees. We could not have done it without you. Tout d’abord, je suis fière de dire que le Canada a été un membre fondateur de l’OIM en 1951. J’ai examiné vos rapports. Félicitations à vous de nous avoir aidés à atteindre nos aspirations nationales en matière de réinstallation des réfugiés syriens et des réfugiés afghans. Nous n’y serions pas arrivés sans vous.
The IOM is all about safe and orderly migration, but migration, as you know and as we know, is no longer safe, nor is it orderly. To some extent, it is not just countries that are in conflict, like Sudan or other places. It is the behaviour of receiving countries. For example, Türkiye is being paid by the EU to stop the mobility of refugees from Türkiye into other parts of Europe. Italy is planning to outsource processing to Albania. The U.K. is trying to do the same with Rwanda.
Pakistan is deporting refugees, including those whom we have accepted to come to Canada but, because of paperwork, I imagine, they are actually being deported back to Afghanistan. Pour l’OIM, il s’agit d’assurer la migration sûre et ordonnée, mais la migration, comme vous et nous le savons, n’est plus sûre, pas plus qu’elle n’est ordonnée. Dans une certaine mesure, cela ne tient pas seulement aux pays qui sont en conflit, comme le Soudan ou d’autres endroits. Le problème tient au comportement des pays d’accueil.
Par exemple, la Turquie se fait payer par l’Union européenne pour freiner la mobilité des réfugiés de la Turquie dans d’autres régions de l’Europe. L’Italie prévoit confier à l’Albanie les activités de traitement. Le Royaume-Uni essaie de faire la même chose avec le Rwanda. Le Pakistan expulse des réfugiés, y compris ceux dont nous avons accepté la venue au Canada, mais qui, à cause des formalités administratives, je suppose, sont en fait renvoyés en Afghanistan. 15-4-2024 Droits de la personne 51:5
How should we understand this new context? What role can the IOM play in returning the first principles of migration: safe, orderly, sensitive to children and gender and all those other noble principles that we put out? Comment devrions-nous comprendre ce nouveau contexte? Quel rôle l’OIM peut-elle jouer pour revenir aux premiers principes de la migration : sûre, ordonnée, adaptée aux enfants et au genre, et tous ces autres principes nobles que nous énonçons? Ms.
Vojácková-Sollorano: Thank you very much, first, for acknowledging the strong historical relationship between IOM and Canada and the principles of safe and orderly migration. From the onset, whenever we became engaged, this was the principle for IOM, and it continues to be so, namely, to promote safe and orderly migration. Mme Vojácková-Sollorano : Merci beaucoup, d’abord, de reconnaître la relation historique solide entre l’OIM et le Canada et les principes d’une migration sûre et ordonnée.
Dès le début, toutes les fois où nous nous sommes engagés, le principe de l’OIM était et continue d’être la promotion d’une migration sûre et ordonnée. Canada understands the concept of migration — unfortunately, few countries around the world do — and has a migration policy. We have always promoted the concept of each state having a migration policy, even if the migration is not large, so that if the situation changes, one has instruments to deal with it. European countries were not keen on doing that; unfortunately, we now see the results. It is not only Europe. It is most countries around the world.
They do not have a migration policy. Le Canada comprend le concept de la migration — malheureusement, peu de pays dans le monde le font — et dispose d’une politique migratoire. Nous avons toujours préconisé l’idée selon laquelle chaque État doit disposer d’une politique migratoire, même si la migration n’est pas importante, de sorte que, si la situation change, ces États ont des instruments pour la traiter. Les pays européens n’étaient pas enclins à le faire; malheureusement, nous en voyons maintenant les résultats.
Ce n’est pas seulement le cas de l’Europe, c’est le cas de la plupart des pays du monde : ils n’ont pas de politique migratoire. Now, because of the big challenges everywhere, we see that governments are starting to communicate with us about migration policies. How can we address the impasse that is happening, even people leaving or people arriving? We are discussing with many African countries, with some Asian countries, where people are leaving. We say that they need to address this. This is what I elaborated at the beginning. It’s human rights violations that drive people away.
Maintenant, en raison des défis importants à relever partout, nous voyons que les gouvernements commencent à communiquer avec nous au sujet des politiques migratoires. Comment pouvons-nous dénouer l’impasse devant laquelle nous nous retrouvons, même en ce qui concerne les gens qui partent ou qui arrivent? Nous discutons avec de nombreux pays africains, avec quelques pays asiatiques, où les gens partent. Nous leur disons qu’ils doivent s’attaquer à ce problème. C’est ce que j’ai expliqué au début. Ce sont les violations des droits de la personne qui font fuir les gens. All of this is a complex matter.
It is not just having border management. So far, many countries have reduced their migration management to border management. It is much more complex. Unfortunately, we had to wait until all these disasters happened until the governments started to seriously discuss migration management. C’est une question complexe. Il ne s’agit pas que de gestion frontalière. Jusqu’ici, de nombreux pays ont réduit leurs activités de gestion migratoire à la seule gestion frontalière. C’est beaucoup plus complexe que cela.
Malheureusement, nous avons dû attendre que toutes ces catastrophes se produisent pour que les gouvernements commencent à discuter sérieusement de gestion des migrations. We are very grateful to Canada being one of the examples that we are always quoting as realistically looking at migration and providing several legal migration pathways. It is not only one. It is not only resettlement and not only labour migration. There are many other instruments that Canada continues to elaborate on. This is what we are now encouraging many countries that are interested in migration policy to work on.
Nous sommes très reconnaissants envers le Canada, qui est un des exemples que nous citons toujours, parce qu’il examine la migration de manière réaliste et fournit plusieurs voies de migration légales. Il n’y en a pas qu’une seule. Il n’y a pas que la réinstallation ou la migration à des fins de travail. Le Canada continue d’élaborer de nombreux autres instruments. C’est ce sur quoi nous encourageons maintenant à travailler de nombreux pays qui s’intéressent aux politiques migratoires.
Operationally, we are very much bound by our principles that we are not involved in any forced movements of people, but we are assisting people who are in distress. We assist migrants who might have been deported but then are in dire situations. On site, we might assist them. We are also continuously, in cooperation with the UNHCR, discussing with the governments, before Sur le plan opérationnel, nous sommes très liés par nos principes qui ne concernent pas les déplacements forcés de personnes, mais nous aidons les gens en détresse.
Nous aidons des migrants qui ont été expulsés, mais qui se trouvent dans des situations difficiles. Sur place, il se peut que nous les aidions. Nous discutons aussi continuellement, en collaboration avec le 51:6 Human Rights 15-4-2024
deportations happen or any of these displacements, so that this is being consulted on. Each case has to be looked at, and it cannot be just a group dismissal of migrants. Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, avec les gouvernements, avant que les expulsions n’aient lieu ou avant ces déplacements, pour que cela fasse l’objet de consultations. Chaque cas doit être examiné, et on ne peut pas seulement rejeter en groupe des migrants. I hope that this answers your question, but I would gladly elaborate. J’espère que cela répond à votre question, mais je serais heureuse de fournir plus de détails.
Senator Omidvar: Thank you. I’ll wait for a second round. I have a lot of questions for you, ma’am. La sénatrice Omidvar : Merci. Je vais attendre le deuxième tour. J’ai beaucoup de questions pour vous, madame. Senator Arnot: Thank you for coming today to the committee. Le sénateur Arnot : Je vous remercie d’être venue aujourd’hui au comité. You have played a number of key roles in international organizations focused on migration and humanitarian efforts. Can you tell us how the IOM balances immediate humanitarian needs with long-term migration management strategies in your operations?
More particularly, I would like to know how you balance the need for immediacy with the order that the Global Compact for Safe, Orderly and Regular Migration aspires to achieve. Vous avez joué un certain nombre de rôles clés dans des organisations internationales spécialisées dans les efforts migratoires et humanitaires. Pouvez-vous nous dire comment l’OIM trouve le juste équilibre dans ses activités entre les besoins humanitaires immédiats et les stratégies de gestion des migrations à long terme?
En particulier, j’aimerais savoir comment vous le faites entre la nécessité de l’immédiateté et l’ordre que le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières aspire à atteindre. If you have time, I would like you to give us advice as to what you think this committee should be calling upon the Government of Canada to take some immediate action on. What priorities would you set, if you could? Thank you. Si vous avez le temps, j’aimerais vos conseils concernant ce sur quoi le comité devrait demander au gouvernement du Canada d’agir immédiatement, selon vous.
Quelles priorités établiriez- vous, si le pouviez? Je vous remercie. Ms. Vojácková-Sollorano: Thank you very much. That is a very complex question that will be difficult to respond to in a brief way. We are what is called in the UN the nexus between humanitarian and development. This is what we are also applying in migration. Mme Vojácková-Sollorano : Merci beaucoup. C’est une question très complexe à laquelle il serait difficile de répondre brièvement. Nous sommes ce qu’on appelle aux Nations unies le lien entre l’humanitaire et le développement. C’est également ce que nous appliquons dans les migrations.
I can give you an example of our humanitarian assistance. If we provide humanitarian assistance to stranded migrants in Libya, this is immediate assistance to save their lives. Then we offer them voluntary return to their home. Some of them take this offer. Then we assist them in their home country and home community, while at the same time working with the home countries and governments to address the situation of why people are leaving or why smugglers can so easily lure people into these situations. We are connecting the humanitarian to the cause of how people got into this situation.
Unfortunately, it’s not always possible. Governments are not always ready to discuss with us, but we always aim at going to the source of displacement. Je peux vous donner un exemple de notre aide humanitaire. Si nous fournissons de l’aide humanitaire à des migrants en détresse en Libye, il s’agit d’une aide immédiate pour leur sauver la vie. Nous leur offrons ensuite un retour volontaire à leur domicile. Certains d’entre eux acceptent cette offre.
Puis, nous les aidons dans leur pays d’origine et leur communauté d’origine, tout en travaillant en même temps avec les pays d’origine et les gouvernements pour remédier à la situation, à savoir pourquoi les gens partent ou pourquoi les passeurs peuvent si facilement entraîner les gens dans ces situations. Nous relions l’humanitaire à la cause afin de savoir comment les gens se sont retrouvés là où ils sont. Malheureusement, cela n’est pas toujours possible. Les gouvernements ne sont pas toujours prêts à discuter avec nous, mais nous cherchons toujours à connaître la source des déplacements.
With regard to what the Canadian government could do, I think it should support this nexus, these activities that connect immediately after humanitarian assistance to stabilize communities. This is important. On one hand, there is stabilizing En ce qui a trait à ce que le gouvernement canadien pourrait faire, je pense qu’il devrait soutenir ce lien, ces activités qui créent immédiatement des liens après l’aide humanitaire pour stabiliser les communautés. C’est important. D’une part, on 15-4-2024 Droits de la personne 51:7
communities, but then also providing assistance to governments to actually manage migration. stabilise les communautés, mais, d’autre part, on fournit également de l’aide aux gouvernements pour qu’ils puissent bel et bien gérer les migrations. For example, we are also having discussions with Senegal. Senegal, with the new government, is now in a very positive situation there with a government that wants to do things differently, and that is looking at why so many Senegalese are leaving and how they can deal with it.
This is where we are advising as to how to address the situation, how to identify the communities where people are leaving from and how to address this, but also what kind of legal instruments to have and to create legal pathways to give people opportunities to migrate. They don’t have to migrate forever. They can create these migration relationships. Par exemple, nous avons également des pourparlers avec le Sénégal.
Avec le nouveau gouvernement, la situation du Sénégal est maintenant très positive, car le gouvernement veut faire les choses différemment et examine pourquoi un si grand nombre de Sénégalais partent et comment il peut régler le problème. C’est là que nous intervenons, en fournissant des conseils sur la façon de remédier à la situation, de déterminer les communautés d’où les gens partent et de régler le problème, mais aussi sur le type d’instruments juridiques nécessaires et la création de voies d’accès légales afin de fournir aux gens la possibilité de migrer. Ils n’ont pas à migrer pour toujours.
Ils peuvent créer ces relations migratoires. Senator Arnot: Thank you. Le sénateur Arnot : Merci. Senator Jaffer: Thank you, director general, for attending today. La sénatrice Jaffer : Merci, madame Vojácková-Sollorano, de votre présence aujourd’hui. When I was the envoy to the whole of the Sudan, I had a lot of experience working with the IOM. Of course, your work is exceptional, but I’m disappointed that the IOM is not working in the Sudan now. Can you explain why not? The situation of Sudan is, I think, in many ways worse than South Sudan.
Lorsque j’ai été l’envoyée spéciale pour l’ensemble du Soudan, j’ai eu beaucoup d’expériences de travail avec l’OIM. Assurément, votre travail est exceptionnel, mais je suis déçue que l’OIM ne travaille pas au Soudan à l’heure actuelle. Pouvez-vous m’expliquer pourquoi il en est ainsi? La situation au Soudan est, à bien des égards, je pense, pire qu’au Soudan du Sud. Ms. Vojácková-Sollorano: Yes. Thank you for this question. Mme Vojácková-Sollorano : Oui. Je vous remercie d’avoir posé cette question. It is really unfortunate, but it has a lot to do with funding.
It is not an IOM decision; it is the funding situation. We have many crises around the world which are not being looked at by donors and where we know that assistance is needed. However, our fundraising efforts have not been as successful as they should be, and Sudan is one of these cases, unfortunately. C’est très malheureux, mais cela tient au financement. Ce n’est pas une décision de l’OIM; c’est la situation du financement. Partout dans le monde, de nombreuses crises ne sont pas examinées par les donateurs, et nous savons que l’aide est nécessaire.
Cependant, nos efforts de collecte de fonds n’ont pas été aussi réussis qu’ils auraient dû l’être, et le Soudan est l’un de ces cas, malheureusement. Senator Jaffer: Just to understand this better, what you are saying is that the donor countries are not funding Sudan as they used to before. Is that correct? La sénatrice Jaffer : Simplement pour que je comprenne mieux, ce que vous dites, c’est que les pays donateurs ne financent pas le Soudan comme ils le faisaient autrefois. Est-ce exact? Ms. Vojácková-Sollorano: Yes. Mme Vojácková-Sollorano : Oui.
Senator Jaffer: I want to also speak to you about the expansion of the Safe Third Country Agreement affecting migrants coming to Canada and being returned. Does the IOM get involved in that at all? La sénatrice Jaffer : Je veux également vous parler de l’élargissement de l’Entente sur les tiers pays sûrs, qui touche les migrants qui arrivent au Canada et qui sont renvoyés. L’OIM est- elle le moindrement concernée? Ms. Vojácková-Sollorano: Could you elaborate on this so that I understand what the Third Safe Country Agreement is?
Mme Vojácková-Sollorano : Pourriez-vous fournir plus de précisions pour que je comprenne ce qu’est l’Entente sur les tiers pays sûrs? 51:8 Human Rights 15-4-2024
Senator Jaffer: A short way to explain it is, for example, if somebody comes from the States to Canada, somebody who is an immigrant in the States and then immigrates to Canada, they are sent back to back to the U.S. — much to my disappointment, but that’s a different question — because the U.S. is seen as a safe country. Is the IOM dealing with that situation? Not with the U.S. but just generally.
La sénatrice Jaffer : Brièvement, par exemple, si une personne arrive au Canada en provenance des États-Unis, une immigrante aux États-Unis qui immigre ensuite au Canada, elle est renvoyée aux États-Unis — à ma grande déception, mais c’est une autre question — parce que les États-Unis sont considérés comme un pays sûr. Est-ce que l’OIM s’occupe de cette situation? Pas avec les États-Unis, mais de façon générale. Ms. Vojácková-Sollorano: No. These are bilateral arrangements between countries, and especially the U.S. and Canada have never asked us also to be involved. Mme Vojácková-Sollorano : Non.
Ce sont des accords bilatéraux entre pays, et en particulier, les États-Unis et le Canada ne nous ont jamais demandé de jouer un quelconque rôle. Senator Jaffer: I want to ask you a question about Uganda. I’m from Uganda; I am Ugandan born. Uganda is responding to a massive influx of refugees, one of the fastest growing in the world. The country hosts the most refugees of any African nation — 1.2 million — and is the third-largest refugee hosting nation in the world. There are now one million South Sudan refugees in Uganda. The vast majority of them are women and children.
Given the influx of so many refugees into Uganda, does IOM help Uganda resettle them elsewhere? La sénatrice Jaffer : Je veux poser une question au sujet de l’Ouganda. Je viens de l’Ouganda; je suis née dans ce pays. L’Ouganda doit faire face à un afflux massif de réfugiés, l’un des plus importants au monde. Le pays abrite le plus grand nombre de réfugiés de tous les pays africains — 1,2 million — et il s’agit du troisième pays d’accueil des réfugiés en importance au monde. Il y a maintenant plus de un million de réfugiés sud- soudanais en Ouganda. La grande majorité sont des femmes et des enfants.
Compte tenu de l’afflux d’un si grand nombre de réfugiés en Ouganda, l’OIM aide-t-elle l’Ouganda à les réinstaller ailleurs? Ms. Vojácková-Sollorano: IOM is very active in Uganda. When it comes to resettlement, we are always offering as long as there are resettlement countries. The moment resettlement countries are ready to take refugees, we are there to assist them in Uganda as well, yes. Mme Vojácková-Sollorano : L’OIM est très active en Ouganda. Pour ce qui est de la réinstallation, nous l’offrons toujours, tant et aussi longtemps qu’il y a des pays de réinstallation.
Dès lors que ces pays sont prêts à accepter des réfugiés, nous sommes là pour les aider en Ouganda également, oui. Senator Jaffer: When you say you’re ready to assist — I’m curious — do you have any programs just for women and children to be settled in countries? Just women and children? La sénatrice Jaffer : Lorsque vous dites que vous êtes prêts à aider — je suis curieuse — avez-vous des programmes destinés uniquement aux femmes et aux enfants qui s’installeront dans des pays? Juste pour les femmes et les enfants? Ms. Vojácková-Sollorano: No. Not just for women.
Resettlement depends on the resettlement countries. We can promote it, but it depends on the resettlement countries. So far, we don’t have any countries that are taking just women and children. Mme Vojácková-Sollorano : Non. Pas juste pour les femmes. La réinstallation dépend des pays de réinstallation. Nous pouvons en faire la promotion, mais cela dépend des pays de réinstallation. Jusqu’ici, nous n’avons pas de pays qui n’acceptent que les femmes et les enfants. Senator Jaffer: Thank you.
La sénatrice Jaffer : Merci. [Translation] [Français] Senator Gerba: I’d also like to congratulate IOM for the work it does, Ms. Vojácková-Sollorano. La sénatrice Gerba : Moi aussi, je dois féliciter l’OIM pour le travail qu’elle fait, madame Vojácková-Sollorano. On Wednesday, after nine months of negotiations, the European Parliament passed the Pact on Migration and Asylum. Many people have weighed in on the document, the first of its kind across the European Union. Après neuf mois de négociations, le Parlement européen a adopté mercredi dernier le pacte sur la migration et l’asile.
Ce texte, qui est le premier du genre à l’échelle de l’Union européenne, a fait l’objet de nombreux commentaires. 15-4-2024 Droits de la personne 51:9
How do you view the pact? Does it provide an effective response to the migration issues the European Union is currently experiencing? How should Canada draw inspiration from it or, conversely, distance itself from it? Quel regard portez-vous sur ce pacte? Apporte-t-il une réponse efficace aux enjeux de migration que connaît l’Union européenne aujourd’hui? De quelle manière le Canada devrait-il s’en inspirer ou, au contraire, s’en distancier? [English] [Traduction] Ms. Vojácková-Sollorano: Europe has passed something that, on one hand, was long overdue. I elaborated on it at the beginning.
Europe was, for a long time, resistant to have any European concept of a migration policy. It is unfortunate that it had to come to this humanitarian tragedy at European borders for Europe to come together and creates a compact. The compact has many elements which, on one hand, are very practical and, on the other hand, are very general. We are still analyzing what this will mean because each European country also has a very different situation. This compact will mean something different for each country. Mme Vojácková-Sollorano : L’Europe a adopté quelque chose qui, d’une part, était attendu depuis longtemps.
J’en ai parlé au début. Pendant longtemps, l’Europe a été réticente à adopter l’idée européenne d’une politique migratoire. Il est malheureux qu’on en ait dû venir à cette tragédie humanitaire aux frontières européennes pour que les pays d’Europe se réunissent et créent un pacte. Le pacte comporte de nombreux éléments qui sont, d’une part, très pratiques et, d’autre part, très généraux. Nous sommes toujours en train d’analyser ce que cela signifie, parce que la situation de chaque pays européen est également très différente de celle des autres. Ce pacte signifiera quelque chose de différent pour chaque pays.
I don’t think that Canada has to go in this direction because Canada already has a migration policy and already has principles in place. It just needs to adjust to the situation as the migration situation is evolving. Je ne pense pas que le Canada doive suivre cette voie, parce qu’il dispose déjà d’une politique migratoire et qu’il a déjà des principes en place. Il doit seulement s’adapter à la situation suivant l’évolution des migrations. This is a very Europe-specific situation.
We think the debate should have happened 20 years ago, and then we wouldn’t have needed such radical statements as we have now because many things could have been prevented, and also the population would have been ready to understand what is happening. Now we have the document. We will now analyze and see how each EU member state will apply it, because we consider that each EU member state will have their own way to interpret it. Cette situation est très spécifique à l’Europe.
Nous pensons que le débat aurait dû avoir lieu il y a 20 ans, alors nous n’aurions pas besoin de déclarations aussi radicales que maintenant, parce qu’on aurait pu prévenir de nombreuses choses, et la population aurait été prête à comprendre ce qui se passe. Nous avons maintenant le document. Nous l’analyserons et verrons comment chaque État membre de l’Union européenne l’appliquera, parce que nous estimons que chaque État membre de l’Union européenne aura sa propre façon de l’interpréter. [Translation] [Français] Senator Gerba: Thank you for your answer.
Earlier you mentioned what could be done or what you do to help migrants return to their own countries. You talked about ways to help them return. Could you give us more details about strategies that could help limit or better structure migrations before the migrants have left home? La sénatrice Gerba : Merci pour votre réponse. Vous avez évoqué tout à l’heure ce qui pourrait être fait ou ce que vous faites pour retourner les migrants dans leur pays. Vous avez parlé des façons de les aider à y retourner.
Pouvez-vous parler plus en détail des différentes stratégies qui pourraient aider à limiter ou à mieux structurer ces migrations quand les migrants sont dans leur pays? [English] [Traduction] Ms. Vojácková-Sollorano: You would like me to elaborate on our concept of voluntary return or voluntary-assisted return? Mme Vojácková-Sollorano : Voudriez-vous que je parle plus en détail de notre concept de retour volontaire ou d’aide au retour volontaire? Senator Gerba: Yes, exactly. La sénatrice Gerba : Oui, exactement. Ms.
Vojácková-Sollorano: This is a concept that we have developed since the 1980s when we saw that, all over the world, migrants were stranded in situations with no way out. We would counsel them and tell them, “These are the opportunities that you have. These are the possibilities that you have. One of them is to Mme Vojácková-Sollorano : C’est un concept que nous avons élaboré depuis les années 1980 lorsque nous avons vu que, partout dans le monde, les migrants étaient coincés dans des situations sans aucune issue possible.
Nous les conseillions alors et leur disions : « Voici les possibilités qui s’offrent à vous. 51:10 Human Rights 15-4-2024
return home if it is safe.” Naturally, we will not encourage people to return to a country where we know that they will not be safe. We show them the opportunities that are there because many migrants are stuck in between legal systems, in between countries where they cannot stay. The longer they stay in these situations, the worse their own situation and the situation of their family becomes. Voluntary return is one of the options, but only if it is safe. L’une d’entre elles est de retourner à la maison, si c’est sécuritaire. »
Naturellement, nous n’encouragions pas les gens à retourner dans un pays où nous savions qu’ils ne seraient pas en sécurité. Nous leur montrons les possibilités qui existent, parce que de nombreux migrants sont coincés entre des systèmes juridiques, entre des pays où ils ne peuvent pas rester. Plus longtemps ils restent dans ces situations, pire leur situation et celle leur famille devient. Le retour volontaire est l’une des options, mais seulement si c’est sécuritaire. We also insist that we don’t do just the voluntary return but that we do assisted voluntary return.
That means that, upon return, we assist the returnees and their families and their communities, depending on the situation. This is a service that we offer all over the world. Nous insistons également pour dire que nous nous occupons non seulement de retour volontaire, mais aussi d’aide au retour volontaire. Cela signifie que, à leur retour, nous aidons les rapatriés et leur famille ainsi que leur communauté, selon la situation. C’est un service que nous offrons partout dans le monde. Senator Cordy: Thank you very much for all the work you do and that IOM does around the world.
I’m sure there are times that you feel like you’re putting your hand in the bucket of water and you take it out and look. So, thank you so much. La sénatrice Cordy : Merci beaucoup de tout le travail que vous faites et de ce que l’OIM fait dans le monde entier. Je suis sûre que vous avez parfois l’impression de tester les eaux. Donc, merci beaucoup. I am a substitute today on this committee, but I served on the Human Rights Committee. Sometimes you hear witness testimony that you remember forever. For me, it will be the testimony of Bob Rae, who is now our ambassador to the UN.
At the time, he was the special envoy for Canada for the Rohingya people. He talked about what was happening in Myanmar. He talked about speaking to people one on one. He went over there on several occasions, but one time he spoke to somebody and said, “When I go back to Canada, what do you want me to tell Canadians?” The man said to him, “Please, tell them that we are human.” Je suis remplaçante aujourd’hui au comité, mais j’ai siégé au Comité des droits de la personne. On entend parfois des témoignages qu’on n’oublie jamais.
Pour moi, c’est le témoignage de Bob Rae, qui est maintenant notre ambassadeur aux Nations unies. À l’époque, il était l’envoyé spécial du Canada pour les Rohingyas. Il a parlé de ce qui se passait au Myanmar. Il a dit qu’il avait parlé aux gens individuellement. Il est allé là-bas à plusieurs occasions, mais une fois, il a parlé à quelqu’un et a dit : « Lorsque je retournerai au Canada, qu’aimeriez-vous que je dise aux Canadiens? » L’homme lui a répondu : « S’il vous plaît, dites-leur que nous sommes humains. »
We’re looking at millions and millions of people around the world who are displaced and people who are migrants. Sometimes, when numbers are that huge, it’s hard to put a face on it. How do we put a face on all of these migrants? Voici le tableau : des millions de gens dans le monde sont déplacés, et des millions sont des migrants. Parfois, lorsque les chiffres sont aussi importants, il est difficile de leur donner un visage. Comment pouvons-nous donner un visage à tous ces migrants? Ms. Vojácková-Sollorano: It’s also a question of how we look at these situations.
If we say two million migrants are stranded somewhere, that means two million individuals have a family and community. Each of them set out with a dream, and somebody sold them a solution to their dream, which was wrong. Everybody comes with a very different story. Mme Vojácková-Sollorano : C’est aussi une question de savoir comment nous regardons ces situations. Si nous disons que deux millions de migrants sont coincés quelque part, cela signifie que deux millions de personnes ont une famille et une communauté. Chacune d’entre elles est
partie avec un rêve, et quelqu’un lui a vendu une solution à son rêve, qui était mauvaise. Tout le monde arrive avec une histoire différente. When you are elaborating on Myanmar and the Rohingyas, when the displacement of the Rohingya especially to Bangladesh started in the early 2000s, it was actually the current Secretary General, who was at the time the head of UNHCR, António Guterres, who at that time was asking governments to please help resettle these people because they cannot return home and they cannot stay in Bangladesh.
Nobody listened because it was a community that was not known, there was little knowledge Lorsque l’on parle plus en détail du Myanmar et des Rohingyas, lorsque le déplacement des Rohingyas a commencé au Bangladesh au début des années 2000, c’est le secrétaire général actuel, qui était à l’époque le chef du HCR, António Guterres, qui demandait à l’époque aux gouvernements de bien voulait aider ces gens à se réinstaller, parce qu’ils ne pouvaient pas retourner à la maison ni rester au Bangladesh. Personne n’a écouté, parce que c’était une communauté inconnue, qu’on avait 15-4-2024 Droits de la personne 51:11
about it and no resettlement country was ready to take them. This is just one group that we are talking about. We have these groups — so many of them — all over the world. peu de connaissances à ce sujet et qu’aucun pays de réinstallation n’était prêt à les accepter. Ce n’est qu’un groupe dont nous parlons. Nous avons de ces groupes — un si grand nombre d’entre eux — partout dans le monde.
Helping through resettlement is one thing, but it is putting pressure from the beginning on governments that do this to their own people and not letting it escalate until it is basically impossible to communicate with governments, as we have now in Myanmar. L’aide à la réinstallation est une chose, mais elle exerce des pressions dès le départ sur les gouvernements qui font cela à leur propre population et ne laissent pas la situation s’aggraver jusqu’à ce qu’il soit essentiellement impossible de communiquer avec les gouvernements, comme c’est le cas actuellement au Myanmar.
Senator Cordy: Thank you very much for that. La sénatrice Cordy : Merci beaucoup. You spoke about the new migration — I think that was the terminology you used — and you did say that Canada has principles in place for migration and for migrants. Are the principles that are in place, not just in Canada but in many other countries, actually working for new migration? What changes do we have to make to help these people?
Vous avez parlé de la nouvelle migration — je pense que c’est la terminologie que vous avez utilisée — et vous avez dit que le Canada a mis en place des principes pour la migration et pour les migrants. Les principes établis, non seulement au Canada, mais dans de nombreux autres pays, fonctionnent-ils réellement pour de nouvelles migrations? Quels changements devons-nous apporter pour aider ces personnes? Ms. Vojácková-Sollorano: Maybe I said “new migration,” but I thought maybe “new migration flows” that are there.
Mme Vojácková-Sollorano : J’ai peut-être dit « nouvelle migration », mais je pensais peut-être aux « nouveaux flux migratoires ». Senator Cordy: Okay. La sénatrice Cordy : D’accord. Ms. Vojácková-Sollorano: Migration is still the same. People leave because they go after a dream or they flee because they have to leave their country for different reasons. The majority of migrants actually migrate in a regular way and they know what they are doing.
The ones who are really displaced and are being abused by smugglers and traffickers are the ones that need our assistance, and they need our assistance, ideally, before they leave home. Identifying communities where the smugglers go, where they are recruiting people, where the traffickers are catching the dreams of people and telling them to sell everything and to go — this is where we have to address it. Make sure that the humanitarian assistance is on the way, but we need to have preventive strategies in place. Therefore, the analysis of these flows is very important.
It is not just helping the individuals but understanding where they come from, how they came to be in this situation and to address it at the source. This is important. Mme Vojácková-Sollorano : La migration est toujours la même. Les gens partent parce qu’ils poursuivent un rêve ou ils fuient parce qu’ils doivent quitter leur pays pour différentes raisons. La plupart des migrants migrent effectivement de manière régulière et savent ce qu’ils font.
Ceux qui sont réellement déplacés et qui sont exploités par les passeurs et les trafiquants sont ceux qui ont besoin de notre aide, et ce, idéalement avant de quitter leur foyer. Ce qu’il faut faire, c’est repérer les communautés où vont les passeurs, où ils recrutent des gens, où les trafiquants voient bien quels sont les rêves des gens et leur disent de tout vendre et de partir. Il faut veiller à ce que l’aide humanitaire soit en route, mais nous devons mettre en place des stratégies préventives. L’analyse de ces flux est donc très importante.
Il s’agit, non pas seulement d’aider les personnes, mais de comprendre d’où elles viennent, comment elles se sont retrouvées dans cette situation et d’agir à la source. C’est important. When it comes to Canada, Canada has always been rather innovative in looking at different ways of supporting immigration for different groups. I’m aware that now there are also debates on how to expand the pathways.
We would very much like to contribute to this discussion or assist with the knowledge that we have, because maybe you think there are many other countries, but there are very few countries who have this understanding of migration. One has to continuously analyze De son côté, le Canada a toujours été assez innovateur en examinant différentes façons de soutenir l’immigration de divers groupes. Je suis consciente qu’il y a maintenant des débats aussi sur la manière d’élargir les voies d’entrée.
Nous aimerions beaucoup participer à cette discussion ou apporter notre aide grâce à nos connaissances, car vous pensez peut-être que de nombreux autres pays... En fait, très peu de pays ont cette compréhension de la migration. Il faut continuellement 51:12 Human Rights 15-4-2024
it, look for new ways and adjust it to new situations. Canada is one of if not the most innovative country in this sense. Thank you for doing that, and please continue. l’analyser, chercher de nouvelles façons de faire et adapter ces façons à de nouvelles situations. Le Canada est l’un des pays les plus innovateurs, sinon le plus innovateur, en ce sens. Je vous remercie de le faire, et continuez ainsi. Senator Cordy: Thank you for that. Thank you very much also for your work. La sénatrice Cordy : Merci. Merci beaucoup également du travail que vous accomplissez. The Acting Chair: Ms.
Vojácková-Sollorano, I also have two questions before we go to round two, with the indulgence of the committee. La présidente suppléante : Madame Vojácková-Sollorano, j’ai également deux questions avant de passer au deuxième tour, si le comité le permet. One is picking up on some issues you raised, but also following up on Senator Cordy. First, what is the impact of the IOM’s work in terms of gender-based violence in Cox’s Bazar? Also, to what extent do you think women and girls avoid camps or other sites where they might receive international assistance due to the fear of gender-based violence?
When I was in Syria last summer, I heard this very issue, and you have mentioned it. If you could elaborate on both of those two points, that would be great. Thank you. Pour la première, je reviens sur certaines questions que vous avez soulevées, mais j’aimerais également poursuivre dans la même veine que la sénatrice Cordy. Tout d’abord, quel est l’impact du travail de l’OIM au
chapitre de la violence fondée sur le genre à Cox’s Bazar? De plus, dans quelle mesure, selon vous, les femmes et les filles évitent-elles les camps et autres sites dans lesquels elles pourraient recevoir de l’aide internationale en raison de la crainte de subir des violences fondées sur le sexe? Lorsque j’étais en Syrie l’été dernier, j’ai justement entendu parler de ce problème, et vous l’avez mentionné. Ce serait vraiment bien si vous pouviez en dire davantage sur ces deux points. Merci. Ms. Vojácková-Sollorano: Yes. Unfortunately, this is happening even in not-closed societies.
Of course, as closed a society is, as closed a community is, the more we see gender- based violence. This is, unfortunately, somehow always the case. Mme Vojácková-Sollorano : Oui. Malheureusement, cela se produit même dans des sociétés non fermées. Bien entendu, plus une société est fermée, plus une communauté est fermée, plus nous constatons de la violence fondée sur le genre. C’est malheureusement toujours le cas. Cox’s Bazar is a community where the people have nowhere else to go. They don’t have the option to go somewhere else.
We are there, as are many other agencies, with awareness programs and instruments to minimize the opportunity for gender-based violence, let’s put it that way. We have many instruments there. It is not only training, not only for women, but also for men and for the whole community, to create more community understanding so that the community protects each other. There are many elements to what we do. However, completely eradicating it is still a dream. Cox’s Bazar est une communauté où les gens n’ont nulle part où aller. Ils n’ont pas la possibilité d’aller ailleurs.
Nous sommes là, comme beaucoup d’autres organismes, avec des programmes et des outils de sensibilisation pour réduire au minimum les risques de violence fondée sur le genre, disons-le ainsi. Nous disposons de nombreux outils sur place. Il s’agit non pas seulement de formation, et ces outils s’adressent non pas uniquement aux femmes, mais aussi aux hommes et à l’ensemble de la communauté, afin de favoriser une meilleure compréhension communautaire pour que les membres de la communauté se protègent mutuellement. Notre travail comporte de nombreux éléments.
Cependant, l’éradication complète de cette violence reste un rêve. I don’t know which camps in Syria you were in, but if you are referring to the ones in northeastern Syria, that’s a very different situation. Basically, none of the UN agencies or NGOs have proper access there. We know that horrible things are happening there. We are very much aware, but we have no way to have any influence on the situation there.
I have served as the Deputy Assistant Secretary General in Iraq for two years, and we have received Iraqis who were returning from these camps, and the stories were really horrible, but we have no way to have any influence on these camps, unfortunately. Je ne sais pas dans quels camps vous étiez en Syrie, mais si vous faites référence à ceux du Nord-Est de la Syrie, la situation est très différente. En fait, aucune des agences des Nations unies ni aucune ONG n’y a un accès approprié. Nous savons que des choses horribles s’y produisent.
Nous en sommes très conscients, mais nous n’avons aucun moyen d’influer sur la situation là-bas. J’ai été représentante spéciale adjointe du Secrétaire général en Iraq pendant deux ans, et nous avons reçu des Iraquiens qui revenaient de ces camps. Les histoires étaient vraiment horribles, mais nous n’avons malheureusement aucun moyen d’exercer une quelconque influence sur ces camps. 15-4-2024 Droits de la personne 51:13
The Acting Chair: In other countries, do you have any idea of how many women are not going into the camps because of these fears? La présidente suppléante : Dans d’autres pays, avez-vous une idée du nombre de femmes qui ne vont pas dans les camps en raison de ces craintes? Ms. Vojácková-Sollorano: It always depends on the situation, because most camps are in areas where there is nothing else around so they don’t have an opportunity to go somewhere else. Where they have opportunity, there is no preference to be in a camp. It’s very rare that there is a preference to be in a camp.
For most, if there are opportunities, especially women, they go out of the camp. If it is legally possible and if it’s viable, we definitely support that, because camp situations are the last situations that we want people to be in. Mme Vojácková-Sollorano : Cela dépend toujours de la situation, car la plupart des camps se trouvent dans des zones où il n’y a rien d’autre aux alentours, et elles n’ont donc pas la possibilité d’aller ailleurs. Là où elles en ont la possibilité, aucune ne préfère aller dans un camp. Il est très rare qu’une personne préfère se retrouver dans un camp.
La plupart des réfugiés s’ils le peuvent — surtout les femmes — quittent le camp. Si c’est légalement possible et si c’est une option valable, nous l’appuyons sans réserve, car les camps sont les derniers endroits dans lesquels nous voulons que les gens se retrouvent. The Acting Chair: Thank you. La présidente suppléante : Merci. We will now go to second round, four minutes each. Nous allons maintenant passer au deuxième tour, chacun disposant de quatre minutes. Senator Omidvar: I would like a quick reflection from you, if you can, quickly — you have a reflection; I don’t know if it can be quick.
La sénatrice Omidvar : J’aimerais savoir ce que vous pensez, brièvement si vous le pouvez — je ne sais pas si cela peut se faire rapidement. In comparing the situation of the Rohingya refugees in Bangladesh to the situation of the Venezuelan refugees in different parts of Colombia and Venezuela, in Colombia and Ecuador, we have regional partners that have come together. They have reached an agreement called the Quito agreement, and they are working towards normalizing some of these conditions so that Venezuelans are able to work and send their children to school. Then you have the Rohingya refugees in Bangladesh.
Frankly, the world seems to have abandoned them, and there’s nowhere for them to go but into the sea. I shudder to think about that. Do you believe that regional arrangements of the kind that Colombia and Ecuador have created are a pathway to the future? If so, what role does Canada have in encouraging these regional arrangements? We are looking for recommendations to Canada. Si on compare la situation des réfugiés rohingyas au Bangladesh à celle des réfugiés vénézuéliens dans différentes régions de la Colombie et du Venezuela, en Colombie et en Équateur... Des partenaires régionaux se sont réunis.
Ils ont conclu un accord, dans le cadre du Processus de Quito, et ils s’efforcent de normaliser certaines de ces conditions afin que les Vénézuéliens puissent travailler et envoyer leurs enfants à l’école. Ensuite, il y a les réfugiés rohingyas au Bangladesh. Franchement, le monde semble les avoir abandonnés, et ils n’ont nulle part où aller, sauf prendre la mer. Je frémis rien que d’y penser. Selon vous, les accords régionaux comme ceux créés par la Colombie et l’Équateur constituent-ils une voie vers l’avenir? Si oui, quel rôle le Canada joue-t-il pour encourager ces accords régionaux?
Le Canada attend des recommandations à cet égard. Ms. Vojácková-Sollorano: The Rohingya situation is very different. First, in their own country, the Rohingya were already a minority that was, to put it mildly, not treated equally. The level of literacy in the Rohingya community is very high. The community is very close. I am aware that ASEAN would be the regional solution, but even within the ASEAN states, they cannot even have a discussion about it. It is very different. Mme Vojácková-Sollorano : La situation des Rohingyas est très différente.
Tout d’abord, dans leur propre pays, les Rohingyas constituaient déjà une minorité qui, pour le moins, n’était pas traitée de façon égale. Le niveau d’alphabétisation de la communauté rohingya est très élevé. La communauté est tissée serrée. Je sais que l’Association des nations de l’Asie du Sud- Est, ou ANASE, serait la solution régionale, mais même les États au sein de l’ANASE ne peuvent pas en discuter. C’est très différent. We always look at regional solutions because that’s the best. Bringing people to the other side of the globe is the last resort.
While the regional solution is always the best, under the current circumstances at this point in time, I cannot imagine that this situation will change in the region. Nous recherchons toujours des solutions régionales parce que c’est l’idéal. Amener les gens à l’autre bout du monde est le dernier recours. Même si la solution régionale est toujours la meilleure, dans les circonstances actuelles, je ne peux pas imaginer que cette situation puisse changer dans la région. 51:14 Human Rights 15-4-2024
Naturally, Bangladesh has many of their own challenges not only absorbing the Rohingya but also it is culturally and religiously challenging. It’s very challenging. Many of the Rohingya have been going to both Malaysia and Indonesia. At the beginning, Indonesia was quietly absorbing them, but now there are too many. There are now protests in Indonesia against the Rohingya because there are too many. Naturellement, le Bangladesh fait face à de nombreux défis, non seulement pour absorber l’afflux de Rohingyas, mais aussi sur le plan culturel et religieux. C’est très difficile.
De nombreux Rohingyas se sont rendus en Malaisie et en Indonésie. Au début, l’Indonésie les accueillait discrètement, mais maintenant, il y en a trop. Il y a maintenant des manifestations en Indonésie contre les Rohingyas parce qu’ils sont trop nombreux. The governments cannot come to any solution, or they haven’t had any discussions at this point in time. They are not ready to discuss how to address it. It’s a situation where we just don’t see anybody contributing to a solution. As you were saying, it’s a forgotten community. We did not forget them, but the world is moving on. Unfortunately, that is very tragic.
Les gouvernements ne parviennent pas à trouver une solution ou n’ont eu aucune discussion pour l’instant. Ils ne sont pas prêts à discuter de la manière de résoudre le problème. C’est une situation dans laquelle nous ne voyons personne contribuer à la recherche d’une solution. Comme vous le disiez, c’est une communauté oubliée. Nous ne les avons pas oubliés, mais le monde change. Malheureusement, c’est extrêmement tragique. Senator Omidvar: Thank you very much for that comment. It highlights the isolation of the Rohingya refugees. La sénatrice Omidvar : Merci beaucoup de ce commentaire.
Cela met en évidence l’isolement des réfugiés rohingyas. This work that we are doing will result in a series of recommendations to the Government of Canada. My time is up, but I have heard you say that Canada should be proactive and not reactive and that Canada should continue to innovate with multiple pathways. If you can think of other recommendations that Canada should own, please do send them to us. Thank you. Le travail que nous effectuons débouchera sur une série de recommandations au gouvernement du Canada.
Mon temps est écoulé, mais je vous ai entendu dire que le Canada devrait être proactif et non réactif et qu’il devrait continuer d’innover avec de multiples voies d’accès. Si vous pensez à d’autres recommandations que le Canada devrait adopter, n’hésitez pas à nous les transmettre. Merci. Senator Jaffer: Thank you for your patience in answering our questions. La sénatrice Jaffer : Merci de votre patience en répondant à nos questions. I was very much interested — let me know if I didn’t get it correctly — when you said that there aren’t many pathways for women with children to come out of refugee camps.
Is that correct? Is that what I understood you to say? J’ai été très intéressée — dites-le-moi si j’ai mal compris — lorsque vous avez dit qu’il n’y avait pas beaucoup de voies permettant aux femmes avec enfants de sortir des camps de réfugiés. Est-ce exact? Ai-je bien compris vos propos? Ms. Vojácková-Sollorano: No. I meant that most refugee camps or camps, also for IDPs, are in isolated areas. To go out is even more dangerous than to stay there. However, if they are closer to communities and they have an opportunity to live outside of the camp, this is always much better and preferred.
We also support that as long as legally it is viable. Mme Vojácková-Sollorano : Non. Je voulais dire que la plupart des camps de réfugiés ou des camps, également pour les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, se trouvent dans des zones isolées. En sortir est encore plus dangereux que d’y rester. Cependant, si ces gens sont plus proches des communautés et qu’ils ont la possibilité de vivre en dehors du camp, c’est toujours beaucoup mieux et préférable. Nous soutenons également cette solution à condition que cela soit juridiquement viable.
Senator Jaffer: I didn’t mean that, but my question wasn’t correct. I meant that it’s hard for them to emigrate, say, to come to Canada, from the camps. I ask you that because when I was practising lawyer, we convinced the Chrétien government to have a special program to bring women and children from camps into communities. I should know this, but is that program still operating? From the way you are talking, I don’t think it is. La sénatrice Jaffer : Ce n’est pas ce que je voulais dire, mais ma question était mal formulée.
Je voulais dire qu’il est difficile pour eux d’émigrer, disons, pour venir au Canada, à partir des camps. Je vous pose cette question, car lorsque j’exerçais le droit, nous avons convaincu le gouvernement Chrétien de mettre en place un programme spécial pour faire venir dans les communautés les femmes et les enfants qui se trouvaient dans des camps. Je devrais le savoir, mais ce programme fonctionne-t- il toujours? Selon vos propos, je ne pense pas que ce soit le cas. Ms. Vojácková-Sollorano: You mean into communities in the neighbouring communities?
Mme Vojácková-Sollorano : Vous voulez dire dans les communautés des collectivités voisines? 15-4-2024 Droits de la personne 51:15
Senator Jaffer: No, say from Sudan. Even when I was the envoy, we brought women and children from camps into Canada on their own. La sénatrice Jaffer : Non, disons du Soudan. Même lorsque j’étais envoyée spéciale, nous faisions venir au Canada seulement les femmes et les enfants qui étaient dans les camps. Ms. Vojácková-Sollorano: Oh, to Canada, yes. Mme Vojácková-Sollorano : Oh, au Canada. Oui. Senator Jaffer: Do those programs still exist? La sénatrice Jaffer : Ces programmes existent-ils toujours? Ms.
Vojácková-Sollorano: I am not aware specifically of them, but I know that, for humanitarian reasons, there are always opportunities for individual cases to be brought to Canada and that Canada is much more generous in this than other countries. If we see women who are in a specific situation and Canada is open to receiving them, especially single mothers with children, then yes.
Mme Vojácková-Sollorano : Je n’en connais pas en particulier, mais je sais que, pour des motifs humanitaires, il est toujours possible que des cas individuels soient présentés au Canada, et, à cet égard, le Canada est beaucoup plus généreux que d’autres pays. Si nous voyons des femmes qui sont dans une situation particulière et que le Canada est ouvert à les accueillir, notamment les mères seules avec enfants, alors oui. Senator Jaffer: As you know, we are looking at this situation. If you were helping us with a recommendation, what would the recommendation be on how we can help more women and children?
You may not be able to tell us now, but can you send that to the clerk? That would really help us. You are on the ground, and it would really help us to recommend to our government how we can bring more women and children in need into this country. La sénatrice Jaffer : Comme vous le savez, nous étudions cette situation. Si vous nous aidiez avec une recommandation, quelle serait-elle? Comment pouvons-nous aider davantage de femmes et d’enfants? Vous ne pouvez peut-être pas nous le dire maintenant, mais pouvez-vous la transmettre au greffier? Cela nous aiderait vraiment.
Vous êtes sur le terrain, et cela nous aiderait vraiment à recommander à notre gouvernement la manière dont nous pouvons accueillir au pays davantage de femmes et d’enfants dans le besoin. Ms. Vojácková-Sollorano: It is natural, for humanitarian reasons, to have the possibility to be resettled in Canada. Many women have received help from Canada in this way, and it has saved their lives. Mme Vojácková-Sollorano : Il est naturel, pour des raisons humanitaires, d’avoir la possibilité de se réinstaller au Canada. De nombreuses femmes ont reçu l’aide du Canada de cette façon, et cela leur a sauvé la vie.
There is another way, which is to support projects where we work with the men in the communities. On one hand, we have to protect women, but we have to start at the source of this. We need to work with the men in these communities to make them protect the community, and women represent 50% of their community. That is where assistance is definitely needed, yes. Il existe une autre façon, soit de soutenir des projets dans lesquels nous travaillons avec les hommes des communautés. Par ailleurs, nous devons protéger les femmes, mais nous devons commencer à la source.
Nous devons travailler avec les hommes de ces communautés afin qu’ils protègent la communauté, et les femmes représentent 50 % de leur communauté. Voilà où l’aide est absolument nécessaire, oui. [Translation] [Français] Senator Gerba: I’d like to hear your thoughts on the violence being perpetrated against women in the Democratic Republic of the Congo, where 6.9 million people have been displaced. Given that IOM operates in several provinces there, I’d like to know if you have any recommendations to make or anything to tell us about these women.
They are in vulnerable situations, they face violence and their children are also internally displaced. Why does the international community seem to have forgotten about this place when IOM is very active there? La sénatrice Gerba : J’aimerais vous entendre sur la situation des violences faites aux femmes en République démocratique du Congo, où il y a 6,9 millions de personnes déplacées.
Étant donné que l’OIM est présente dans plusieurs provinces de ce pays, j’aimerais savoir si vous avez des recommandations à faire ou des choses à nous dire par rapport à ces femmes qui sont dans des situations précaires, qui subissent de la violence et dont les enfants sont déplacés eux aussi dans ces pays. Pourquoi la communauté internationale semble-t-elle oublier ce coin de pays où l’OIM est pourtant très active? [English] [Traduction] Ms. Vojácková-Sollorano: Thank you for raising the Congo situation.
This is the country where we have the highest number of reported and statistically proven cases of violence against women. It has been going on for many decades in the Congo. Mme Vojácková-Sollorano : Merci d’avoir évoqué la situation au Congo. C’est le pays où le plus grand nombre de cas de violence contre les femmes sont signalés et statistiquement prouvés. Cela dure depuis plusieurs décennies au Congo. L’OIM 51:16 Human Rights 15-4-2024
IOM is present there. Where we have access to communities, we are doing whatever we can on prevention and also on direct assistance. To be honest, it is very difficult. It is extremely difficult in the Congo because of the overall societal situation there. y est présente. Là où nous avons accès aux communautés, nous faisons tout ce que nous pouvons en matière de prévention et d’assistance directe également. Pour être honnête, c’est très difficile. C’est extrêmement compliqué au Congo en raison de la situation sociale dans son ensemble. Our assistance is also very much limited by the funding that we receive.
The IOM being a project-based organization, we have very limited resources of our own. Everything we do, direct assistance, is always based on project funding. It depends on how much funding we receive as to how much assistance we can provide. Notre aide est également très limitée compte tenu du financement que nous recevons. L’OIM étant une organisation qui fonctionne par projet, nous disposons de ressources propres très limitées. Tout ce que nous faisons, l’aide directe, est toujours fonction du financement de projet. Cela dépend du montant de financement que nous recevons et de l’aide que nous pouvons fournir.
The areas where we are in the Congo, this is where we traditionally were. We are committed to staying there. We hope that we will be able to stay, because the situation is, unfortunately, getting very tense in the Congo. We fear that the situation will get worse. But we are committed to staying where we are with the communities and to continue to assist. Les régions où nous sommes présents au Congo, c’est là où nous étions traditionnellement. Nous nous engageons à y rester. Nous espérons pouvoir rester, car la situation devient malheureusement très tendue au Congo. Nous craignons que la situation ne s’aggrave.
Mais nous sommes déterminés à rester là où nous sommes, auprès des communautés, et à continuer de les aider. [Translation] [Français] Senator Gerba: If you had a recommendation to make to the Canadian government about this part of the world, a country where the situation is among the most dire for women, what would it be? La sénatrice Gerba : Si vous aviez une recommandation à faire au gouvernement du Canada par rapport à cette
partie du monde — ce pays où la situation est l’une des plus désastreuses pour les femmes —, quelle serait cette recommandation? [English] [Traduction] Ms. Vojácková-Sollorano: On one hand, we have to be realistic. What is it that we as an international community can do? One thing is to be able to stay and continue doing what we are doing at this point in time. This is already a success. Because of the tense situation there, it is already a success to be there. The community sees that we are there. As long as we are there, they feel more protected. Mme Vojácková-Sollorano : D’un côté, nous devons être réalistes.
Que pouvons-nous faire en tant que communauté internationale? Une des choses que nous pourrions faire est de pouvoir rester et de continuer à faire ce que nous faisons actuellement. C’est déjà un succès. À cause de la situation tendue, c’est déjà un succès de pouvoir être là. La communauté voit que nous sommes là. Tant que nous y sommes, elle se sent mieux protégée. The political situation is something very different, and there, we don’t have much influence. As you know, the Blue Helmets have been sent home, and this has now opened the playing field for violence from many angles.
I don’t want to elaborate on the neighbouring countries, but we fear that things will get worse. La situation politique est très différente, et nous n’avons pas beaucoup d’influence là-bas. Comme vous le savez, les Casques bleus ont été renvoyés chez eux, ce qui a ouvert la porte à la violence à bien des égards. Je ne veux pas m’étendre au sujet des pays voisins, mais nous craignons que les choses n’empirent. What is important is to support us so that we can stay and deliver where we are. In the Congo, this will be a success if we can do that and if Canada openly supported us in this.
Ce qui est important, c’est de nous soutenir pour que nous puissions rester et acheminer l’aide là où nous nous trouvons. Au Congo, ce sera un succès si nous réussissons à faire cela et si le Canada nous appuie ouvertement. Senator Simons: I wanted to return to Venezuela, if I could. The UNHCR indicates there are about 300,000 officially recognized refugees from Venezuela, but, of course, there are millions more people who are migrants. Yes, we would say La sénatrice Simons : Je voulais revenir au Venezuela, si vous le permettez.
Le HCR indique qu’il y a environ 300 000 personnes qui ont été officiellement reconnues réfugiés du Venezuela, mais bien évidemment, il y a des millions d’autres 15-4-2024 Droits de la personne 51:17
economic migrants, but I don’t want to minimize the economic chaos that they are leaving behind. personnes qui sont des migrants. Oui, nous parlerions de migrants économiques, mais je ne veux pas banaliser le chaos économique qu’ils laissent derrière eux. Ms. Vojácková-Sollorano: Yes. Mme Vojácková-Sollorano : Oui.
Senator Simons: I’m wondering what the challenges are when you have such a large population of displaced people who have self-selected to leave because of the economic crisis in their country, who may at some point wish to return to Venezuela, but, in the meantime, are swamping the countries around them in Latin America and the Caribbean. What are the challenges of dealing with what is a truly migrant community as opposed to convention refugees?
La sénatrice Simons : Je me demande quels sont les défis à relever lorsque vous avez une population aussi importante de personnes déplacées qui ont choisi de partir à cause de la crise économique dans leur pays et qui pourraient souhaiter retourner au Venezuela, mais qui, en attendant, envahissent les pays avoisinants de l’Amérique latine et des Caraïbes. Quels sont les défis que pose la gestion d’une communauté de réels migrants comparativement aux réfugiés au sens de la convention? Ms. Vojácková-Sollorano: Yes. Based on our account, there are 7.7 million Venezuelans displaced in the region outside of Venezuela.
Mme Vojácková-Sollorano : Oui. D’après nos estimations, 7,7 millions de Vénézuéliens sont déplacés dans la région hors du Venezuela. Senator Simons: The UNHCR says only 300,000 or so are refugees. La sénatrice Simons : Selon le HCR, seuls 300 000 d’entre eux seraient des réfugiés. Ms. Vojácková-Sollorano: These are refugees. These are people who have been recognized as refugees, but we have 7.7 million displaced Venezuelans in the Latin American region. This is a lot of people. Mme Vojácková-Sollorano : Il s’agit de réfugiés.
Ce sont des personnes qui sont reconnues comme des réfugiés, mais nous avons 7,7 millions de Vénézuéliens déplacés dans la région de l’Amérique latine. C’est beaucoup de gens. You were saying people might wish to go home. The moment the situation is better at home, all of them will go home. The refugees will be the first ones, because refugees have always the dream to go back home. The moment it is possible, they want to go home. Vous disiez que les personnes pourraient vouloir rentrer chez elles. Dès que la situation s’améliorera chez eux, ils rentreront tous.
Les réfugiés seront les premiers, car ils ont toujours rêvé de retourner chez eux. Ils veulent rentrer chez eux dès que c’est possible. This situation is where we need to help to stabilize the communities where they are. For them, it’s also preferable to stay in the region and not migrate further. They migrate further only if the region does not absorb them sufficiently. The goal should be to help the countries in the region to actually stabilize the communities.
It will be much better for the region and for the migrants than migrating further, unless we have extreme cases of humanitarian assistance where it is needed where people cannot survive because of their specific situation. The majority of people are able young people, young families that are ready to work, that are ready to settle and to stay where they are once they get the opportunity. Supporting the countries in the region to stabilize these communities and to give them opportunities to stay will definitely be the preferred option. Also, I know that Canada is supporting that. This would be the priority.
C’est dans ce genre de situation que nous devons aider à stabiliser les communautés là où elles se trouvent. Pour elles, il est également préférable de rester dans la région et de ne pas migrer plus loin. Elles ne migrent plus loin que si la région ne les intègre pas suffisamment. L’objectif serait d’aider les pays de la région à stabiliser les communautés. Cela serait préférable pour la région et pour les migrants plutôt que de migrer plus loin, à moins que ce ne soit une situation extrême d’aide humanitaire où les gens ne peuvent pas survivre à cause de leur situation spécifique.
La majorité des personnes sont des jeunes en pleine possession de leurs moyens, de jeunes familles qui sont prêtes à travailler, à s’installer et à s’établir lorsqu’elles en auront la possibilité. Soutenir les pays dans la région pour stabiliser ces communautés et leur donner la possibilité de rester sera certainement la meilleure option. De plus, je sais également que le Canada soutient cette option. Ce serait la priorité.
Naturally, we will still have thousands of people who will look for other ways, but when we look at 7.7 million people, if we achieve 80% of them staying within the region and able to find livelihoods there in one way or another, that would definitely be preferred. Returning home, once the situation allows, will be much easier. Naturellement, des milliers de personnes chercheront encore d’autres solutions, mais si 80 % des 7,7 millions de personnes restent dans la région et y trouvent un emploi d’une façon ou d’une autre, ce sera certainement la meilleure option.
Le retour chez eux dès que la situation le permettra sera beaucoup plus facile. 51:18 Human Rights 15-4-2024
Senator Simons: It would be in the selfish interests of the United States and Canada to do a better job of helping those other countries to integrate. La sénatrice Simons : Il serait dans l’intérêt égoïste des États-Unis et du Canada de mieux aider ces autres pays à les intégrer. Ms. Vojácková-Sollorano: Yes, definitely. Mme Vojácková-Sollorano : Oui, tout à fait.
Senator Simons: There is a finite number of people from Burma, Congo or Sudan who are going to come to the United States, but to get from Venezuela to the United States is much simpler, and to avoid that kind of mass migration north, it is in blatant self-interest to keep people safe where they are.
La sénatrice Simons : Un nombre limité de personnes de la Birmanie, du Congo ou du Soudan vont aller aux États-Unis, mais il est beaucoup plus simple de se rendre aux États-Unis à partir du Venezuela et, pour éviter ce type de migration de masse vers le nord, il est manifestement dans l’intérêt de tous de protéger les gens là où ils se trouvent. Ms. Vojácková-Sollorano: Yes. Mme Vojácková-Sollorano : Oui.
The Acting Chair: In February 2024, the United Nations Security Council heard that famine is almost inevitable in Gaza — we’re seeing that play out — unless aid is scaled up and that at least 576,000 people face catastrophic levels of deprivation and starvation. Could you please talk about the extent to which this humanitarian crisis disproportionately affects women and girls and what steps you think the Government of Canada could take to prevent this situation from worsening?
La présidente suppléante : En février 2024, le Conseil de sécurité des Nations unies a appris que la famine était presque inévitable à Gaza — nous en sommes témoins — s’il n’y avait pas une augmentation de l’aide et qu’un minimum de 576 000 personnes étaient exposées à des niveaux catastrophiques de famine. Pourriez-vous nous dire dans quelle mesure cette crise humanitaire touche de manière disproportionnée les femmes et les filles et ce que le gouvernement du Canada pourrait faire afin d’empêcher que la situation ne se détériore? Ms.
Vojácková-Sollorano: It definitely disproportionately affects women, girls and children. We know that more than one third of the people who died in the past months were children. Mme Vojácková-Sollorano : Elle touche de manière disproportionnée les femmes, les jeunes filles et les enfants. Nous savons que plus d’un tiers des personnes qui sont mortes au cours des mois derniers étaient des enfants. There is always fear to call it a famine, but once famine starts, it’s difficult to stop it because it’s a physical process that happens. Even when people get food, they cannot absorb the food anymore.
The WHO has made several reports about that. Il y a toujours cette crainte de parler de famine, mais une fois qu’elle a commencé, il est difficile d’y mettre fin, car c’est un processus physique qui se déroule. Même lorsque les gens reçoivent de la nourriture, ils ne peuvent plus l’absorber. L’OMS a publié plusieurs rapports à ce sujet. With regard to what Canada can do, I know that Canada has a way for family reunification and a type of resettlement. I think this is something that would already help in this situation.
This would be the most feasible thing to do, to unify family and extended family, if this were possible, to negotiate that they can exit Gaza and that they can join their relatives in Canada. Quant à ce que le Canada peut faire, je sais que le Canada dispose du regroupement familial et d’un genre de réinstallation. Je pense que c’est quelque chose qui serait utile dans cette situation. Ce serait la chose la plus réaliste, soit réunir les membres de la famille et négocier pour qu’ils puissent quitter Gaza et rejoindre leurs proches au Canada. The Acting Chair: Thank you very much.
La présidente suppléante : Merci beaucoup. Ms. Vojácková-Sollorano: Basically, we are awaiting what the humanitarian community will be allowed to do. As we stand today, that is the only thing that we can advise. Yes. Mme Vojácková-Sollorano : Essentiellement, nous attendons de voir ce que la communauté humanitaire sera autorisée à faire. Dans l’état actuel des choses, c’est tout ce que nous pouvons proposer. Oui. The Acting Chair: Thank you very much, and thank you, Ms. Vojácková-Sollorano, for your presentation.
I want to especially thank you because it’s a very late hour for you overseas, and we very much appreciate that you stayed and participated into your night. We appreciate your input. La présidente suppléante : Merci beaucoup, et merci, madame Vojácková-Sollorano, de votre exposé. Je tiens à vous remercier tout particulièrement parce qu’il est très tard pour vous à l’étranger, et nous apprécions énormément que vous soyez restée et que vous ayez participé jusqu’à tard dans la nuit. Nous vous remercions de votre participation. 15-4-2024 Droits de la personne 51:19
Ms. Vojácková-Sollorano: Thank you. I am grateful to have the opportunity to speak to you. Mme Vojácková-Sollorano : Merci. Je suis heureuse d’avoir eu la possibilité de m’adresser à vous. The Acting Chair: Thank you. La présidente suppléante : Merci. I will now introduce our second panel. Each of the witnesses have been asked to make an opening statement of five minutes. We shall hear from the witnesses and then turn to questions from senators. Je vais maintenant présenter notre deuxième groupe de témoins. Chaque témoin a été invité à présenter une déclaration préliminaire de cinq minutes.
Nous entendrons les témoins et passerons ensuite aux questions des sénateurs. Via videoconference, please welcome Kelsey Norman, Fellow for the Middle East, Director, Women’s Rights, Human Rights and Refugees Program, Rice University’s Baker Institute for Public Policy. Welcome, Ms. Norman. With us at the table today, please welcome Dr. Jason Nickerson, Humanitarian Representative to Canada, Doctors Without Borders. Welcome, Dr. Nickerson. I now invite Dr. Norman to make her presentation, to be followed by Dr. Nickerson.
Par vidéoconférence, veuillez accueillir Kelsey Norman, chercheuse sur le Moyen-Orient, directrice du Programme des droits des femmes, des droits de la personne et des réfugiés du Baker Institute for Public Policy de la Rice University. Bienvenue, madame Norman. Nous accueillons également Dr Jason Nickerson, représentant humanitaire au Canada pour Médecins sans frontières. Bienvenue, docteur Nickerson. J’invite maintenant Mme Norman à faire sa déclaration préliminaire, qui sera suivie de celle de Dr Nickerson.
Kelsey Norman, Fellow for the Middle East, Director, Women’s Rights, Human Rights and Refugees Program, Rice University’s Baker Institute for Public Policy, as an individual: Thank you so much. I’m very honoured to be given the opportunity to present my testimony today. Kelsey Norman, chercheuse sur le Moyen-Orient, directrice du Programme des droits des femmes, des droits de la personne et des réfugiés, Baker Institute for Public Policy de la Rice University, à
titre personnel : Je vous remercie. Je suis très honorée d’avoir la possibilité de présenter mon témoignage aujourd’hui. My geographic area of focus more than 14 years of research, teaching and public engagement has been the Middle East and North Africa, so that is where I will be focusing my remarks. Depuis plus de 14 ans, je fais de la recherche, de l’enseignement et de la mobilisation du public sur le Moyen- Orient et l’Afrique du Nord, et c’est donc sur ce sujet que ma déclaration portera.
More than a decade after the 2011 Arab uprisings, the Middle East and North Africa continues to face unprecedented levels of displacement. In the minutes I have, I’ll talk briefly about four aspects of this. Plus de 10 ans après le Printemps arabe de 2011, le Moyen- Orient et l’Afrique du Nord sont encore aux prises avec des niveaux de déplacement sans précédent. Dans les minutes dont je dispose, je parlerai brièvement de quatre aspects. First, the war in Syria has been the biggest driver of human- caused displacement in the Middle East over the last decade.
The presence of Syrian refugees is almost a forgotten situation, but there are more than 6 million Syrians who do not feel they can return home, and the situation in host countries remains precarious. Türkiye continues to host more than 3 million Syrians, and the 2023 earthquake and the presidential election re- aggravated tensions between citizens and refugees. Lebanon continues to host one refugee for every four citizens, and refugees and poorer host communities are disproportionately impacted by the worsening economic situation.
There has also been a pronounced rise in xenophobia toward Syrians in Lebanon over the last several weeks, increasing fears of violence. While not facing the same economic crisis as Lebanon, 80 percent of Syrians in Jordan live in poverty. In terms of recommendations, Canada should encourage these host countries Tout d’abord, la guerre en Syrie a été le plus grand facteur de déplacement causé par l’humain au Moyen-Orient au cours de la dernière décennie.
La présence de réfugiés syriens est presque oubliée, mais il y a plus de six millions de Syriens qui ne pensent pas pouvoir rentrer chez eux, et la situation dans les pays d’accueil reste précaire. La Turquie continue d’accueillir plus de trois millions de Syriens, et le tremblement de terre de 2023 ainsi que l’élection présidentielle ont ravivé les tensions entre les citoyens et les réfugiés. Le Liban continue d’accueillir un réfugié pour quatre citoyens, et les réfugiés des collectivités d’accueil les plus pauvres sont touchés de façon disproportionnée par la détérioration de la situation économique.
Il y a également eu une augmentation marquée de la xénophobie à l’égard des Syriens au Liban au cours des dernières semaines, ce qui a fait augmenter la crainte de violence. Même s’ils ne sont pas exposés à la même crise économique que le Liban, 80 % des Syriens en Jordanie 51:20 Human Rights 15-4-2024
not to forcibly return Syrian refugees, as doing so could restart cycles of violence and repression, ultimately making the possibility of future conflict more likely. vivent dans la pauvreté. En ce qui concerne les recommandations, le Canada devrait encourager ces pays d’accueil à ne pas renvoyer de force les réfugiés syriens car cela pourrait relancer le cycle de violence et de répression et, finalement, augmenter la probabilité d’un futur conflit. Second, I’ll talk about Sudan. The ongoing civil war in Sudan has displaced more than 8 million individuals over the last year.
Today is actually the anniversary of the beginning of that civil war. Roughly 1.8 million people have sought protection across international borders, and of those, more than 450,000 have crossed into Egypt. Egypt’s recent currency depreciation, coupled with record inflation, means that these arrivals face a challenging economic environment as well as a securitized political climate. Those who have been lucky enough to cross to Egypt have had to focus on making a temporary life there, with little access to assistance and difficulty securing housing.
Yet, rather than supporting the NGOs and grassroots efforts attempting to help these newcomers, financial aid — especially from Europe — has gone toward securing borders, thereby further entrapping refugees in Egypt. Ensuite, je parlerai du Soudan. La guerre civile actuelle qui se déroule au Soudan a causé le déplacement de plus de huit millions de personnes au cours de la dernière année. Aujourd’hui marque en fait l’anniversaire du début de la guerre civile. Environ 1,8 million de personnes ont demandé la protection aux frontières internationales, et parmi elles, plus de 450 000 sont allées en Égypte.
Vu la dépréciation récente de la devise égyptienne alliée à l’inflation record, ces migrants vivent dans un environnement économique difficile et un climat politique dont la sécurité s’est renforcée. Les personnes qui ont eu la chance de pouvoir se rendre en Égypte ont dû s’efforcer d’y mener une vie temporaire avec peu d’accès à de l’aide et composer avec des difficultés à trouver un logement.
Cependant, plutôt que de soutenir les ONG et les initiatives locales qui tentent d’aider ces nouveaux arrivants, l’aide financière — particulièrement celle qui provient de l’Europe — a servi à sécuriser les frontières, ce qui a eu pour effet de piéger davantage les réfugiés en Égypte. Third, I’ll briefly discuss Gaza. The scale of internal displacement in Gaza is unprecedented, with 80% of the strip’s residents, 1.9 million people, forced to leave their homes. The situation is also unique in that Gaza residents have, quite literally, nowhere to go.
The vast majority of the strip’s two million inhabitants were first forced to flee into its southern half, primarily to Khan Younis, before being forced to flee again to Rafah Governorate, which is now hosting more than half the strip’s population. The city of Rafah, which is on the Egyptian border, was home to only 280,000 residents prior to the war, and its current overcrowding has led to a severe shortage of shelter, food, water, and sanitation facilities.
The UN and aid organizations have described the provision of assistance to internally displaced persons, or IDPs, in Gaza as “impossible.” When even those fleeing to areas deemed safe by Israel are killed and as the death toll has climbed above 30,000 individuals in just six months, one can understand why Palestinians feel they have run out of options. Puis, je parlerai brièvement de Gaza. L’ampleur des déplacements internes à Gaza est sans précédent puisque 80 % des habitants de la bande, soit 1,9 million de personnes, ont été contraints de quitter leur domicile.
La situation est également unique puisque les habitants de Gaza n’ont littéralement nulle part où aller. La grande majorité des deux millions d’habitants de la bande de Gaza ont d’abord été forcés de fuir vers la moitié sud, principalement à Khan Younis, avant d’être forcés de fuir à nouveau vers le gouvernorat de Rafah qui accueille désormais plus de la moitié de la population de la bande. La ville de Rafah, située à la frontière égyptienne, ne comptait que 280 000 habitants avant la guerre, et sa surpopulation actuelle a causé une pénurie marquée d’abris, de nourriture, d’eau et d’installations sanitaires.
Les Nations unies et les organismes humanitaires ont qualifié d’impossible l’assistance aux personnes déplacées à l’intérieur de la bande de Gaza. Lorsque même ceux qui fuient vers des zones réputées sûres par Israël sont tués et que le nombre de morts a dépassé 30 000 personnes en six mois, on comprend pourquoi les Palestiniens croient qu’ils n’ont plus d’autres choix. Finally, I’ll address growing concerns about the impact of climate change, which is compounding pre-existing displacement challenges. For example, Iraq has one million IDPs who will be impacted by rising temperatures and drought.
More than 90% of Iraq’s population is dependent on the Euphrates and Tigris Rivers, which are at historically low levels. In Yemen, there are more than four million IDPs, in addition to one million refugees and asylum seekers from the Horn of Africa. Climate change was a dire issue in Yemen prior to the civil war, but the weaponization of water over eight years of fighting has exacerbated the acute famine in Yemen and prolonged conflict. Enfin, j’aborderai les préoccupations croissantes au sujet des répercussions causées par le changement climatique qui aggravent les problèmes de déplacement qui existent déjà.
Par exemple, l’Irak compte plus d’un million de PDI qui seront touchés par la hausse des températures et la sécheresse. Plus de 90 % de la population de l’Irak dépendent de l’Euphrate et du Tigre, dont les niveaux sont historiquement bas. Le Yémen compte plus de quatre millions de PDI en plus d’un million de réfugiés et de demandeurs d’asile venant de la corne de l’Afrique. Le changement climatique était déjà un problème grave au Yémen avant la guerre civile, mais l’utilisation de l’eau 15-4-2024 Droits de la personne 51:21
Women and girls have been especially affected, as they are usually responsible for gathering water, leading them to undertake unsafe journeys into conflict-impacted areas, with greater exposure to land mines. comme arme au cours des huit dernières années de combat a exacerbé la famine au Yémen et a prolongé le conflit. Les femmes et les filles ont été particulièrement touchées car elles sont généralement chargées d’aller chercher l’eau, ce qui leur fait entreprendre des trajets dangereux dans les zones touchées par le conflit et où elles sont davantage exposées aux mines terrestres.
To address these many issues, wealthy countries like Canada should focus on increasing opportunities for mobility, whether through humanitarian visas, private refugee sponsorships, educational opportunities or work permits for those forced to leave their countries. Canada should also ensure that these individuals have access to permanent residency and an opportunity to rebuild their lives and contribute to their new home.
Pour résoudre ces nombreux problèmes, les pays riches comme le Canada devraient s’efforcer d’accroître les possibilités de déplacement que ce soit grâce à des visas humanitaires, des parrainages privés de réfugiés, des possibilités d’accès à l’enseignement ou des permis de travail pour les personnes forcées de quitter leur pays. Le Canada devrait également s’assurer que ces personnes ont accès à la résidence permanente et à la possibilité de reconstruire leur vie et de contribuer dans leur nouveau pays.
Furthermore, Canada should focus its aid efforts on supporting organizations that assist asylum seekers and refugees with local integration and mitigating the impact of climate change. Canada should take strong steps to ensure that its assistance does not go toward enhancing border security, thereby empowering repressive actors in recipient countries. De plus, le Canada devrait concentrer ses efforts d’aide humanitaire sur le soutien aux organismes qui aident les demandeurs d’asile et les réfugiés à s’intégrer localement et sur la réduction des répercussions du changement climatique.
Le Canada devrait prendre des mesures fortes afin de s’assurer que son aide ne sert pas à renforcer la sécurité aux frontières, ce qui donnerait davantage de pouvoir aux acteurs répressifs dans les pays bénéficiaires. I’ll stop there, and I am happy to answer questions on these topics. Thank you. Je vais m’arrêter ici, et je me ferai un plaisir de répondre à vos questions sur ces enjeux. Merci. The Acting Chair: Thank you, Dr. Norman. La présidente suppléante : Merci, madame Norman.
Jason Nickerson, Humanitarian Representative to Canada, Doctors Without Borders: Good evening, senators, and thank you for having me here. Jason Nickerson, représentant humanitaire au Canada, Médecins sans frontières : Bonsoir, honorables sénateurs, et merci de me recevoir. As a medical humanitarian organization, Doctors Without Borders, or Médecins Sans Frontières, or MSF, regularly responds to forced displacement emergencies, working with communities who are exposed to violence, conflict and, increasingly, climate change, forcing them to flee for safety or out of necessity.
Our role is to provide life-saving medical care. En tant qu’organisation médicale humanitaire, Médecins sans frontières, MSF, ou Doctors Without Borders, répond régulièrement à des situations d’urgence liées aux déplacements forcés. Nos équipes travaillent avec des communautés exposées à la violence, aux conflits et de plus en plus, aux impacts des changements climatiques qui les obligent à fuir pour subsister et se mettre en sécurité. Notre rôle est de fournir des soins médicaux essentiels.
We are increasingly witnessing alarming gaps in response to large crises of forced displacements in places like the Democratic Republic of the Congo, known as D.R.C., and Sudan which, today, marks one year since conflict engulfed the country, displacing millions internally and into neighbouring countries, such as South Sudan and eastern Chad, which has become the largest host country to the Sudanese refugee population and where the humanitarian response remains inadequate.
Nous sommes témoins de lacunes de plus en plus alarmantes dans la réponse à de grandes crises de déplacements forcés dans des endroits comme la République démocratique du Congo, la RDC, et le Soudan. Cela fait d’ailleurs aujourd’hui un an depuis que le conflit a englouti ce pays, déplaçant des millions de personnes à l’intérieur et dans les pays voisins, dont le Soudan du Sud et l’est du Tchad. Le Tchad est d’ailleurs devenu le plus grand pays d’accueil des personnes réfugiées du Soudan, et la réponse humanitaire y reste inadéquate. A multitude of crises could be discussed.
I want to focus my remarks on three emergencies that I think are important to bring to the committee’s attention in order to consider Canada’s Nous pourrions discuter d’une multitude de crises. Je voudrais toutefois concentrer mes remarques sur trois urgences qu’il me semble important de porter à l’attention du comité, afin 51:22 Human Rights 15-4-2024
response. Each of these is a distinct crisis but share striking one similarity: They are all characterized by slow global action despite rising humanitarian needs. d’examiner la réponse du Canada. Chacune de ces crises est distincte, mais présente une similitude frappante : elles sont toutes caractérisées par la lenteur de l’action mondiale, malgré l’augmentation des besoins humanitaires. In North Kivu province of the Democratic Republic of the Congo, a conflict linked to the resurgence of the M23 armed group has lasted more than two years.
This has massively aggravated the decades-long conflict in this province and is today also impacting the northern part of South Kivu province. No fewer than 2.5 million people are now displaced in North Kivu, more than one third of its population. Since the very beginning, the international humanitarian response to this crisis has been completely inadequate. Despite some improvements, many people are still living in undignified and unsafe sites where they lack adequate and safe drinking water, food, sanitation, shelter and health care.
Dans la province du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo, un conflit lié à la résurgence du groupe armé M23 dure depuis plus de deux ans. Cela a massivement aggravé le conflit qui sévit depuis des décennies dans cette province, en plus de toucher aujourd’hui également le nord de la province du Sud-Kivu. Pas moins de 2,5 millions de personnes sont aujourd’hui déplacées dans le Nord-Kivu. C’est plus d’un tiers de la population. Depuis le tout début, la réponse humanitaire internationale à cette crise a été totalement inadéquate.
Malgré quelques améliorations, de nombreuses personnes vivent encore dans des sites indignes et dangereux où elles manquent d’eau potable, de nourriture, d’installations sanitaires, d’abris et de soins de santé adéquats et sûrs. MSF is responding to this crisis through multiple ongoing emergency projects, but the needs are absolutely immense. MSF- supported hospitals and health centres have received influxes of war-wounded patients, including with gunshot wounds and injuries from explosions. We are particularly alarmed by the shocking levels of sexual violence.
In 2023, MSF-supported clinics provided care to 20,556 survivors of sexual violence in North Kivu. In some of our clinics, we are seeing an increase in sexual violence this year above what we saw in 2023. Canada needs to act. MSF répond à cette crise par de multiples projets d’urgence, mais les besoins sont immenses. Les hôpitaux et les centres de santé soutenus par MSF ont reçu un afflux de personnes blessées par la guerre, y compris des blessés par balle et des victimes d’explosions. Nous sommes particulièrement préoccupés par les niveaux choquants de violence sexuelle.
En 2023, les cliniques soutenues par MSF ont fourni des soins à 20 556 personnes ayant survécu à des violences sexuelles dans le Nord-Kivu. Dans certaines de nos cliniques, nous constatons cette année une augmentation de la violence sexuelle supérieure à ce que nous avons vu en 2023. Le Canada doit agir. I want to also draw the committee’s attention to the deplorable situation facing the Rohingya population in Bangladesh, Myanmar and Malaysia.
I was recently in Bangladesh visiting an MSF project in the Rohingya refugee camps in Cox’s Bazar, which is a fenced camp that today is home to approximately one million people. It’s the largest refugee camp in the world. MSF is the main provider of health services inside the fenced camp where people who have fled violence and persecution today find themselves contained and with limited or no rights to employment, education or livelihoods and with no clear solutions being proposed.
I was also in Malaysia where our teams provide medical care to Rohingya people fleeing violence in an uncertain future in the camps in Cox’s Bazar, yet they arrive in Malaysia to face the reality of a lack of legal protections and safety. Thousands find themselves arrested and held in detention centres, largely for immigration violations which they have no legal recourse to correct. Je souhaite également attirer l’attention du comité sur la situation déplorable à laquelle est confrontée la population rohingya, au Bangladesh, au Myanmar et en Malaisie.
Je me suis récemment rendu au Bangladesh, pour visiter les projets de MSF dans le camp de personnes réfugiées rohingyas de Cox’s Bazar. Ce camp clôturé qui abrite aujourd’hui environ un million de personnes est le plus grand camp de personnes réfugiées au monde. MSF est le principal fournisseur de services de santé à l’intérieur du camp clôturé où les personnes qui ont fui la violence et la persécution se retrouvent aujourd’hui confinées. Ces personnes ont un droit limité — quand elles en ont un — à l’emploi, à l’éducation ou aux moyens de subsistance, et aucune solution claire n’est proposée.
Je suis également allé en Malaisie, où nos équipes fournissent des soins médicaux aux Rohingyas qui ont fui la violence et l’avenir incertain des camps de Cox’s Bazar. À leur arrivée en Malaisie, ces personnes font face à une réalité marquée par l’absence de protection juridique et de sécurité. Des milliers d’entre elles se retrouvent arrêtées et détenues dans des centres de détention, en grande
partie pour des violations des lois sur l’immigration, et sont privées de recours juridiques pour remédier à la situation. With the war in Gaza and the forced displacement crisis that it has created, over 1.7 million people in Gaza, representing nearly 75% of the population, are estimated to be forcibly displaced and Parlons ensuite de la guerre à Gaza et de la crise des déplacements forcés qu’elle a engendrée. On estime que plus de 1,7 million de personnes à Gaza, soit près de 75 % de la 15-4-2024 Droits de la personne 51:23
living in unsafe, unhealthy conditions. Our teams are witnessing a reality today that people in Gaza are deprived of essential items such as food, water, shelter, fuel and electricity, as well as health care, due to Israel’s siege of the entire Gaza Strip. Supplies allowed to enter for the displaced population has been negligible compared to the immense needs. Malnutrition is surging. Communicable diseases are spreading. Clean water is scarce. Thousands of patients need access to complex medical, surgical and rehabilitation care that is no longer available in Gaza, and they require urgent medical evacuation.
Minutes matter when lives are on the line. population, ont été déplacées de force et vivent dans des conditions dangereuses et insalubres. Nos équipes sont aujourd’hui témoins d’une dure réalité. En raison du siège qu’Israël mène sur l’ensemble de la bande de Gaza, les habitants sont privés des biens essentiels comme la nourriture, l’eau, les abris, le carburant et l’électricité, ainsi que des soins de santé. Les approvisionnements autorisés à entrer et destinés aux personnes déplacées ont été jusqu’à maintenant négligeables par rapport aux immenses besoins. La malnutrition progresse.
Les maladies transmissibles se propagent. L’eau potable est rare. Des milliers de personnes ont besoin de soins médicaux, chirurgicaux et de réadaptation complexes qui ne sont plus disponibles à Gaza et qui nécessiteraient une évacuation médicale urgente. Les minutes comptent lorsque des vies sont en jeu. MSF continues to call for an immediate and sustained ceasefire now as we witness the suffering of Palestinian people caught and displaced by a conflict that blatantly ignores the rules of war.
Our call for a ceasefire is a humanitarian one, emphasizing that, given the way the war is being conducted, this is the only viable path for being able to reach people in need. MSF continue de réclamer un cessez-le-feu immédiat et durable, alors que nous sommes témoins de la souffrance des personnes palestiniennes prises au piège et déplacées par un conflit qui ignore de manière flagrante les règles de la guerre.
Notre appel au cessez-le-feu est un appel humanitaire, soulignant que, étant donné la manière dont la guerre est menée, c’est la seule voie viable pour pouvoir atteindre et prêter assistance aux personnes qui en ont besoin. I want to close by thanking the committee for looking at this issue and for the role that Canada can play in responding to the urgent needs faced by people who are forcibly displaced. At a time when much of the world stalls or looks away amid risi