Senate Committee — TRCM — Evidence — 108ev-57092

TRCM / Evidence / 108ev-57092

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Senate Committee — TRCM — Evidence — 108ev-57092

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EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Wednesday, November 27, 2024 OTTAWA, le mercredi 27 novembre 2024 The Standing Senate Committee on Transport and Communications met with videoconference this day at 6:46 p.m. [ET] to study matters relating to transport and communications generally. Le Comité sénatorial permanent des transports et des communications se réunit aujourd’hui, à 18 h 46 (HE), avec vidéoconférence, pour étudier toute question concernant les transports et les communications en général. Senator Leo Housakos (Chair) in the chair.

Le sénateur Leo Housakos (président) occupe le fauteuil. [Translation] [Français] The Chair: Good evening, honourable senators. Le président : Bonsoir, honorables sénatrices et sénateurs. We are continuing the study by the Standing Senate Committee on Transport and Communications of the local and regional services provided by CBC/Radio-Canada. Nous reprenons l’étude du Comité sénatorial permanent des transports et des communications sur les services locaux et régionaux de CBC/Radio-Canada. I will introduce myself. I am Leo Housakos, senator from Quebec and chair of this committee.

I would now invite my colleagues to introduce themselves, starting on my left. Je me présente : je m’appelle Leo Housakos, je suis un sénateur du Québec et je suis président de ce comité. Je voudrais inviter mes collègues à se présenter, en commençant par ma gauche. [English] [Traduction] Senator Simons: Good evening. My name is Paula Simons. I come from Alberta, Treaty 6 territory. La sénatrice Simons : Bonsoir. Je m’appelle Paula Simons. Je viens de l’Alberta, plus précisément du territoire visé par le Traité no 6. Senator Cuzner: Rodger Cuzner. I’m a senator from Nova Scotia.

Le sénateur Cuzner : Rodger Cuzner. Je suis sénateur de la Nouvelle-Écosse. [Translation] [Français] Senator Cormier: René Cormier from New Brunswick. Le sénateur Cormier : René Cormier, du Nouveau- Brunswick. Senator Miville-Dechêne: Julie Miville-Dechêne from Quebec. Good evening. La sénatrice Miville-Dechêne : Julie Miville-Dechêne, du Québec. Bienvenue. [English] [Traduction] Senator Dasko: Donna Dasko, senator from Ontario.

La sénatrice Dasko : Donna Dasko, sénatrice de l’Ontario. [Translation] [Français] The Chair: This evening, we continue our study of the local and regional services provided by CBC/Radio-Canada.

Le président : Ce soir, nous poursuivons notre étude sur les services locaux et régionaux de CBC/Radio-Canada. [English] [Traduction] I’m pleased to welcome on behalf of our committee, Eva Ludvig, President, and Sylvia Martin-Laforge, Director General of the Quebec Community Groups Network; Arnie Gelbart, Co‑chair of the Board of Directors and Kirwan Cox of the Quebec English-language Production Council; and joining us by video conference, we welcome Miranda Castravelli, Executive Director, English Language Arts Network.

Au nom de notre comité, je suis heureux de souhaiter la bienvenue aux représentantes du Quebec Community Groups Network, notamment à Eva Ludvig, présidente, et à Sylvia Martin-Laforge, directrice générale. Nous recevons également les représentants du Conseil québécois de la production de langue anglaise, notamment Arnie Gelbart, coprésident du conseil d’administration, et Kirwan Cox. De plus, nous 27-11-2024 Transports et communications 108:1

accueillons Miranda Castravelli, directrice générale du English Language Arts Network, qui se joint à nous par vidéoconférence. Welcome and thank you for being here this evening. We’ll have five-minute presentations from Ms. Ludvig, Ms. Castravelli and Mr. Gelbart. I think Mr. Cox will also be participating in the presentation, and then turn it over for questions and answers, starting with my colleagues. Soyez les bienvenus. En outre, je vous remercie d’être présents ce soir. Nous allons entendre les exposés de Mmes Ludvig et Castravelli et de M. Gelbart, qui seront d’une durée de cinq minutes. Je pense que M.

Cox participera aussi à l’un de ces exposés. Ensuite, nous passerons aux séries de questions, en commençant par donner la parole à mes collègues. I give the floor to Ms. Ludvig. Je cède maintenant la parole à Mme Ludvig. Eva Ludvig, President, Quebec Community Groups Network: Good evening, Senator Housakos, Senator Miville- Dechêne, honourable members of the committee and a special good evening to our friend Senator Cormier. Thank you for joining us. Eva Ludvig, présidente, Quebec Community Groups Network : Bonsoir, sénateur Housakos. Bonsoir, sénatrice Miville-Dechêne. Bonsoir, honorables membres du comité.

Je souhaite également un bonsoir particulier à notre collègue, le sénateur Cormier. Je vous remercie de vous être joints à nous. My name is Eva Ludvig, the President of the Quebec Community Groups Network, or QCGN, and with me is QCGN Director General Sylvia Martin-Laforge. Je m’appelle Eva Ludvig, et je suis présidente du Quebec Community Groups Network, ou QCGN. Je suis accompagnée de Sylvia Martin-Laforge, directrice générale du QCGN. The QCGN represents the English-speaking community of Quebec, Canada’s largest official language minority with over 1.3 million members.

Our mission is to advocate for the rights and vitality of this unique community. Today, I will highlight the critical role of the Canadian Broadcasting Corporation, or CBC, in supporting our community, the challenges we face and the actions required to address them. Le QCGN représente la communauté anglophone du Québec, la plus grande minorité de langue officielle du Canada qui compte plus de 1,3 million de membres. Notre mission consiste à défendre les droits et la vitalité de cette communauté unique en son genre.

Aujourd’hui, je soulignerai le rôle essentiel que la Canadian Broadcasting Corporation, ou CBC, joue dans le soutien de notre communauté, les difficultés que nous affrontons et les mesures qu’il faut prendre pour y remédier. We are delighted to be appearing this evening with our long- time community partners, the Quebec English-language Production Council and the English Language Arts Network. Nous sommes ravis de comparaître devant vous ce soir avec nos partenaires communautaires de longue date, le Conseil québécois de la production de langue anglaise et le English Language Arts Network.

First, it’s essential to understand that the English-speaking community of Quebec is not simply an extension of Canada’s English majority. We are a distinct and diverse cultural and linguistic community with unique needs. Despite our numbers, our representation in CBC’s non-news programming remains limited, leaving many English-speaking Quebecers feeling excluded from broader narratives. Premièrement, il est essentiel de comprendre que la communauté anglophone du Québec n’est pas une simple extension de la majorité anglophone du Canada.

Nous sommes une communauté culturelle et linguistique distincte et diversifiée qui a des besoins uniques.

Malgré notre nombre, notre représentation dans les émissions de CBC qui ne sont pas consacrées aux actualités demeure limitée, ce qui fait que de nombreux Québécois d’expression anglaise se sentent exclus des récits plus généraux. Our community faces significant challenges, particularly when it comes to media access. There is a stark urban-rural divide. Urban areas like Montreal traditionally benefited from diverse English-language media, but rural communities struggle with limited infrastructure, poor connectivity and a lack of locally relevant content.

This disparity has created “news deserts” in certain areas, where residents are left without access to reliable information about their communities. Notre communauté fait face à des défis importants, notamment en ce qui concerne l’accès aux médias. Le fossé entre les zones urbaines et les zones rurales est très marqué. Les zones urbaines comme Montréal ont traditionnellement bénéficié de médias anglophones diversifiés, alors que les communautés rurales sont aux prises avec des infrastructures limitées, une mauvaise connectivité et un manque de contenu pertinent à l’échelle locale.

Cette disparité a créé des « déserts d’information » dans certaines régions, où les habitants n’ont pas accès à des renseignements fiables sur leur communauté. 108:2 Transport and Communications 27-11-2024

The rise of social media, while offering some opportunities, has introduced its own set of problems. Algorithms on these platforms prioritize content designed to engage, not to inform. That fosters echo chambers and reduces exposure to diverse perspectives, further isolating minority voices. Public broadcasters like the CBC are uniquely positioned to counteract these trends by prioritizing inclusivity, diversity and nuanced reporting at the regional and local levels. Tout en offrant certaines possibilités, l’essor des médias sociaux a introduit son propre lot de problèmes.

Les algorithmes de ces plateformes donnent la priorité aux contenus conçus pour susciter la participation, et non pour informer. Cela favorise les chambres d’écho et réduit l’exposition à des perspectives diverses, ce qui isole encore davantage les voix minoritaires. Les radiodiffuseurs publics comme la CBC sont particulièrement bien placés pour contrecarrer ces tendances en donnant la priorité à l’inclusion, à la diversité et aux reportages nuancés à l’échelle régionale et locale. [Translation] [Français] Public broadcasting plays an essential role in our democracy.

The CBC isn’t just a broadcaster; it’s an essential platform for informed citizenship and inclusive discourse. Public broadcasters strengthen democracy by providing independent information, promoting pluralism and holding leaders accountable for their actions. To paraphrase French political scientist Loïc Blondiaux, democracy isn’t the vote, it’s the debate that precedes it. The CBC has always served as a forum in Canada and is a public space for informed debate and shared values. La radiodiffusion publique joue un rôle essentiel dans notre démocratie.

Le réseau CBC n’est pas seulement un diffuseur; il s’agit d’une plateforme essentielle pour favoriser une citoyenneté informée et un discours inclusif. Les radiodiffuseurs publics renforcent la démocratie en fournissant des informations indépendantes, en promouvant le pluralisme et en tenant les dirigeants responsables de leurs actions. Pour paraphraser le politologue français Loïc Blondiaux, la démocratie, ce n’est pas le vote, c’est le débat qui le précède.

CBC a toujours servi de forum au Canada et il représente un espace public visant la tenue de débats éclairés et le partage des valeurs. [English] [Traduction] However, challenges arise when the CBC operates like a commercial broadcaster, focusing on ratings rather than its public mandate. Centralized programming decisions made in Toronto have often overlooked the needs and aspirations of English-speaking Quebecers. This disconnect undermines CBC’s potential to be a bridge between communities.

Cependant, des problèmes se posent lorsque la CBC fonctionne comme un radiodiffuseur commercial, en se concentrant sur les cotes d’écoute plutôt que sur son mandat public. Les décisions en matière de programmation qui sont prises de façon centralisée à Toronto négligent souvent les besoins et les aspirations des Québécois anglophones. Ce décalage mine le potentiel de la CBC en tant que pont entre les communautés. At this critical juncture, we must take decisive action to strengthen CBC’s role as a public broadcaster.

This includes refocusing the CBC to ensure the CBC is prioritizing resources to serve minority communities effectively; prioritizing local and regional content to see to it that the CBC is producing and amplifying stories that reflect the diversity of English-speaking Quebec; fostering collaboration to build stronger partnerships between the CBC and community organizations, such as Y4Y Québec — a group of young Quebecers — the Quebec Anglophone Heritage Network and the QCGN; investing in rural and remote community infrastructure to bridge the urban-rural divide by improving connectivity and access to localized content; and throughout this process, maintain over-the-air on-air capacity for those unable to access digital content.

À ce stade critique, nous devons prendre des mesures décisives pour renforcer le rôle que la CBC joue en tant que radiodiffuseur public.

Il faut notamment recentrer la CBC pour faire en sorte qu’elle accorde la priorité aux ressources nécessaires pour servir efficacement les communautés en situation minoritaire; donner la priorité au contenu local et régional pour veiller à ce que la CBC produise et diffuse des histoires qui reflètent la diversité du Québec d’expression anglaise; favoriser la collaboration afin d’établir des partenariats plus solides entre la CBC et les organismes communautaires, comme Y4Y Québec — un groupe de jeunes Québécois —, le Réseau du patrimoine anglophone du Québec et le QCGN; investir dans l’infrastructure des communautés rurales et éloignées afin de combler le fossé entre les villes et les régions rurales en améliorant la connectivité et l’accès au contenu localisé; et, tout au long de ce processus, maintenir la capacité de diffusion en direct par ondes hertziennes pour les personnes qui ne peuvent pas avoir accès au contenu numérique. 27-11-2024 Transports et communications 108:3

In conclusion, the CBC is more than just a broadcaster; it is a cornerstone of our cultural and democratic fabric. For the English-speaking community of Quebec, the CBC is a lifeline, connecting isolated communities, amplifying minority voices and fostering informed citizenship. Strengthening the CBC’s mandate to serve minority communities is not just a matter of policy; it is a commitment to Canada’s identity, democracy and diversity. En conclusion, la CBC est plus qu’un simple radiodiffuseur; c’est une pierre angulaire de notre tissu culturel et démocratique.

Pour la communauté anglophone du Québec, la CBC est une bouée de sauvetage qui relie les communautés isolées, amplifie les voix des minorités et favorise une citoyenneté éclairée. Le fait de renforcer le mandat de la CBC, pour qu’elle puisse servir les communautés en situation minoritaire, n’est pas seulement une question de politique; c’est un engagement en faveur de l’identité, de la démocratie et de la diversité du Canada. Let us ensure that CBC continues to serve as an agora for all Canadians — a place where voices are heard, stories are shared and debates shape our future. Thank you.

Faisons en sorte que la CBC continue de servir d’agora à tous les Canadiens — un lieu où les voix sont entendues, où les histoires sont racontées et où les débats façonnent notre avenir. Je vous remercie de votre attention. The Chair: Thank you, Ms. Ludvig. I now turn the floor over to Miranda Castravelli. Le président : Je vous remercie, madame Ludvig. Je vais maintenant céder la parole à Miranda Castravelli. Miranda Castravelli, Executive Director, English Language Arts Network: Good evening, honourable members of the committee. I thank you all for allowing me the chance to speak tonight.

Miranda Castravelli, directrice générale, English Language Arts Network : Bonsoir, distingués membres du comité. Je vous remercie tous de me donner l’occasion de m’exprimer ce soir. The English Language Arts Network, or ELAN, is a not-for- profit organization that connects over 5,000 English-speaking artists, cultural workers and arts organizations that, in turn, of course, serve the English-language minority in Quebec, calculated today at over a million people.

Le English Language Arts Network, ou ELAN, est un organisme à but non lucratif qui réunit plus de 5 000 artistes, travailleurs culturels et organisations artistiques anglophones qui, à leur tour, s’adressent à la minorité anglophone du Québec, laquelle est estimée aujourd’hui à plus d’un million de personnes. We advocate for the members’ interests, and to that end, we’re here today to speak about the role of the CBC in that ecosystem. Some of what I’m going to say will echo what my colleague has said, of course, but let me begin by speaking about the economy.

Nous défendons les intérêts de nos membres et c’est la raison pour laquelle nous sommes ici aujourd’hui. Nous souhaitons discuter du rôle que joue la CBC dans cet écosystème. Une

partie de ce que je vais dire fera écho à ce que mon collègue a dit, bien sûr, mais permettez-moi d’abord de vous parler d’économie. Canada employs over 850,000 full-time artists and art professionals. For a vast majority of those, the CBC represents a method of publicity, a channel of distribution and a source of serving communities, big and small, where no other broadcaster would or could go. Our territory is vast, and the private sector, driven by profit, would not have the interests to serve pockets of a few thousand people.

Of course, the government could mandate that a portion of private broadcasting would be obliged to serve those communities, but then, over time, that would lead to what is effectively the CBC, except with partisan interests this time. Le Canada emploie plus de 850 000 artistes et professionnels de l’art à temps plein. Pour une grande majorité d’entre eux, CBC représente une méthode de publicité, un canal de distribution et un organe permettant d’offrir certains services aux collectivités, grandes et petites, y compris là où d’autres diffuseurs ne voudraient pas ou ne pourraient pas aller.

Notre territoire est vaste et le secteur privé qui carbure aux profits n’a aucun intérêt à essayer de desservir des collectivités isolées de quelques milliers d’habitants. Bien sûr, le gouvernement pourrait exiger qu’une

partie de la radiodiffusion privée soit obligée de desservir ces collectivités, mais avec le temps, cela reviendrait à faire la même chose que ce que fait la CBC, mais avec des intérêts partisans. I urge this committee to consider that there is no area of life that remains unaffected by art. Other sectors such as tourism and hospitality are the obvious first to consider, but what area of life is unaffected and untouched by creativity and design? J’invite le comité à réfléchir au fait qu’aucun domaine de la vie n’échappe à l’art.

D’autres secteurs, tels que le tourisme et l’hôtellerie, sont les premiers à être pris en considération, mais quel domaine de la vie n’est pas touché par la créativité et le design? 108:4 Transport and Communications 27-11-2024

Already we’re seeing that our sector is suffering under the current economic reality. With many people leaving the arts altogether, I submit that a country where artists cannot thrive is an impoverished and diminished one — one where mindshare and the spread of culture are limited to the personal tastes of the highest bidder and the limited few. Taylor Swift doesn’t need the CBC. Our local Canadian grassroots arts and artisans do. Nous constatons déjà que notre secteur souffre de la réalité économique actuelle. De nombreuses personnes abandonnent complètement les arts.

Or, j’estime qu’un pays où les artistes ne peuvent pas s’épanouir est un pays appauvri et diminué, un endroit où la circulation des idées et la diffusion de la culture sont limitées aux goûts personnels du plus offrant et d’un nombre restreint de personnes. Taylor Swift n’a pas besoin de la CBC. C’est l’art et les artisans locaux qui en ont besoin. Silencing the CBC means much less publicity and therefore much less contact for the small local artists and the people they serve, making it even more impossible to spread the word and, therefore, to thrive, as my colleague also mentioned.

Le fait de réduire la CBC au silence se traduira par une réduction radicale de la publicité et donc par une diminution considérable des possibilités qu’ont les petits artistes locaux de joindre leur public. Il leur serait dès lors encore plus difficile, voire impossible, de diffuser leur art et, par conséquent, de s’épanouir, ce que mon collègue a également mentionné. The need for a public broadcaster goes even beyond this. We must also consider the social impact.

At a time when news is reduced to bits of entertainment and analytics are used to silo Canadians into echo chambers, the CBC continues to unite us as one country where truth still matters. I could go into a litany of sociopolitical issues that challenge any modern, inclusive and collective society, but that’s for another day and another hearing.

What’s important is having the tools at our disposal as Canadians and to ensure that we stay connected from sea to sea to sea, have the opportunity to hear dissenting voices and to share our stories in ways that help us collectively to build a common vision of our country and ourselves. La nécessité d’un diffuseur public va encore plus loin, car nous devons aussi tenir compte de l’impact social.

À une époque où les informations sont réduites à des épisodes de divertissement et où les analyses sont utilisées pour enfermer les Canadiens dans des chambres d’écho, CBC continue à nous unir en tant que pays, un pays où la vérité compte encore. Je pourrais énumérer une pléthore de questions sociopolitiques qui posent un défi à toute société moderne, inclusive et collective, mais ce sera pour une autre fois, pour une autre audience. Ce qui est important, c’est de veiller à ce que les Canadiens disposent des outils qu’il leur faut et de veiller à ce que nous restions connectés d’un océan à l’autre.

Nous devons avoir la possibilité d’entendre des voix dissidentes et de communiquer nos histoires d’une manière qui nous aide collectivement à édifier une vision commune du pays et de qui nous sommes. We have spoken of the need for reconciliation. In particular, in many places in the great North, the CBC is the only method people have to give voice to the community. There is no replacement for this, and removing the few channels they have would be a huge step backward. It’s extremely unlikely that a private broadcaster would have the reach that is needed to share this content to the wide Canadian audience.

Nous avons parlé du besoin de réconciliation. Dans de nombreux endroits du Grand Nord, la CBC est le seul moyen dont disposent les gens pour faire entendre leur collectivité. Il n’existe pas de solution de remplacement, et la suppression des quelques chaînes dont ces collectivités disposent se traduirait par un énorme recul. Il est on ne peut plus improbable qu’un diffuseur privé ait la portée nécessaire pour communiquer ce contenu au vaste public canadien. I know one might say, “Well, if it’s relevant and interesting, a market will come,” but that idea is a fallacy.

One cannot go looking for what one doesn’t know exists. It is likely that any private replacement would small independent organizations that would be limited to speaking only to their own people over a limited territory. Not just First Nations but communities in small pockets all around Canada need the support of powerful institutions to make things fair and equitable for all. Je sais que l’on pourrait dire « si c’est pertinent et intéressant, il y aura un marché », mais cette idée ne tient pas la route. On ne peut pas chercher ce dont on ignore l’existence.

Il est probable que tout remplaçant privé serait une petite organisation indépendante qui ne s’adresserait qu’à son propre peuple sur un territoire limité. Si nous voulons que les choses soient justes et équitables pour tous, les Premières Nations, mais aussi les collectivités vivant dans de petits endroits reculés partout au Canada, ont besoin du soutien d’institutions puissantes comme la CBC. That the CBC has become such a target for political intervention speaks to its very importance.

More and more news and cultural properties have fallen under the control of mostly foreign oligarchs, and we have witnessed the resulting Le fait que la CBC soit devenue une cible de choix pour les interventions politiques en dit long sur son importance. La diffusion des nouvelles et des biens culturels est de plus en plus contrôlée par des oligarques — principalement étrangers —, et 27-11-2024 Transports et communications 108:5

polarization. This speaks really loudly to why we as Canadians need a media outlet that embodies a truly free press and is a reflection of Canadian culture, not a driver of profit. nous avons pu voir le phénomène de polarisation qui en résulte. Cela montre clairement pourquoi les Canadiens ont besoin d’un média qui incarne une presse véritablement libre et qui soit le reflet de la culture canadienne, et non une machine à faire des profits. Obviously, as a representative of the English-language artists in Quebec, I have to underline the importance of the CBC to the arts ecology and, thus, the economy of Canada.

According to the 2021 census, the English-language arts directly contributed $4.31 billion to the Quebec economy directly and then $3.5 billion indirectly and in investments. To continue to do this, artists need to have their voices amplified. Évidemment, en tant que représentante des artistes anglophones du Québec, je me dois de souligner l’importance du rôle joué par la CBC pour l’écosystème des arts et, par conséquent, pour l’économie du Canada.

Selon le recensement de 2021, les arts de langue anglaise ont contribué directement à l’économie québécoise à hauteur de 4,31 milliards de dollars, puis à hauteur de 3,5 milliards de dollars de façon indirecte et sous forme d’investissements. Pour que cela continue, les artistes ont besoin d’un organe qui amplifie leurs voix. We might want to say and consider what exactly a Canadian value is. If we look back on historic programming, the CBC is the voice that unites us.

Beyond the news, and through its long history, there have been many programs that have touched us, spoken to our various realities and been a normal part of the greater whole. Let me give you just a few examples that are currently running today, although there are hundreds that I know many of us remember from our childhoods: “Canadian Reflections”, “Just for Laughs”, “This Hour Has 22 Minutes”.

There is also “Heartland”, which is an exposure of the western way of life; “Murdoch Mysteries”, which paints a flattering portrait of what a Canadian is and what our contributions have been; and last, CBC Sports, which presents hockey but also curling. Nous pourrions nous pencher sur ce qu’est une valeur canadienne exactement. En regardant la programmation à laquelle on nous a habitués, on constate que la CBC est la voix qui nous unit.

Les nouvelles mises à part, la CBC a diffusé tout au long de sa longue histoire de nombreux programmes qui nous ont touchés, qui ont abordé nos différentes réalités et qui ont fait

partie intégrante de l’ensemble. Permettez-moi de vous donner quelques exemples de programmes qui sont diffusés aujourd’hui, bien qu’il y en ait des centaines dont je sais que beaucoup d’entre nous se souviennent depuis leur enfance : « Canadian Reflections », « Just for Laughs », « This Hour Has 22 Minutes ». Il y a aussi « Heartland », qui présente le mode de vie occidental, et « Murdoch Mysteries », qui dresse un portrait flatteur de ce qu’est un Canadien et des contributions du Canada à différents égards. Enfin, il y a CBC Sports, qui présente le hockey, mais aussi le curling. Is the CBC perfect?

What institution is? But governments come and go and the seesaw will continue to shift from left to right and back again, which is vital in a healthy democracy. Also vital are strong institutions that stand outside of politics, hold up a mirror to see ourselves and hold our feet to the fire when need be. La CBC est-elle parfaite? Quelle institution l’est? Bien sûr, les gouvernements vont et viennent, et la balançoire continuera de passer de la gauche à la droite et vice-versa, ce qui est essentiel dans une saine démocratie.

Il est également de toute première importance que des institutions fortes se tiennent à l’écart de la politique, qu’elles nous tendent un miroir qui nous renvoie notre image et qu’elles nous mettent face à nos contradictions lorsque cela est nécessaire. I urge this body to consider the CBC is not only worthwhile but indispensable. I ask you to affirm for our artists and all Canadians that the CBC remains a significant part of supporting our Canadian identity and amplifying the complex and complicated mosaic that is Canada.

Je demande instamment au comité de tenir compte du fait que la CBC n’est pas seulement utile, mais qu’elle est indispensable. Je vous demande d’affirmer, pour nos artistes et pour tous les Canadiens, que la CBC reste un soutien important de notre identité canadienne et de la mise en valeur de la mosaïque complexe et compliquée qu’est le Canada. Thank you for listening. Je vous remercie de m’avoir écoutée. The Chair: Thank you. I turn the floor over to Mr. Gelbart and Mr. Cox. Le président : Je vous remercie. Je donne la parole à M. Gelbart, puis à M. Cox. 108:6 Transport and Communications 27-11-2024

Arnie Gelbart, Co-chair of the Board of Directors (Quebec English-Language Production Council): My name is Arnie Gelbart. I am a producer of film and television in Montreal, and I run Gala Film. Arnie Gelbart, co-président du conseil d’administration, Conseil québécois de la production de langue anglaise : Je m’appelle Arnie Gelbart. Je suis réalisateur pour le cinéma et la télévision à Montréal et je dirige Gala Film. Kirwan Cox, Executive Director, Quebec English- Language Production Council: My name is Kirwan Cox. I am the Executive Director of the Quebec English-language Production Council.

We represent the official language minority film and TV production industry in Quebec. Kirwan Cox, directeur général, Conseil québécois de la production de langue anglaise : Je m’appelle Kirwan Cox. Je suis le directeur général du Conseil québécois de la production de langue anglaise. Nous représentons l’industrie de la production cinématographique et télévisuelle de langue officielle minoritaire au Québec.

Thank you for the opportunity to speak before this Senate committee today about the Canadian Broadcasting Corporation and its value to the Official Language Minority, or OLMC, in Quebec, which is a minority representing 15% of the Quebec population across the province. Je vous remercie de me donner l’occasion de m’adresser à vous aujourd’hui afin de parler de la Canadian Broadcasting Corporation et de la valeur qu’elle représente pour la minorité de langue officielle au Québec, une minorité qui, à l’échelle de la province, représente 15 % de l’ensemble de la population québécoise.

As it is for the French minority outside of Quebec, the CBC is key to our identity and sense of place as Canadians online, on radio and on television. À l’instar de Radio-Canada pour la minorité francophone à l’extérieur du Québec, la CBC est un élément essentiel de notre identité et de notre sentiment d’appartenance en tant que Canadiens, que ce soit en ligne, à la radio ou à la télévision. CBC’s public service media is critical to the vitality and cultural survival of our community as guaranteed by

section 41 of the Official Languages Act. Les services médiatiques publics de la CBC sont essentiels à la vitalité et à la survie culturelle de notre communauté, comme le garantit l’article 41 de la

Loi sur les langues officielles. Mr. Gelbart: Not since 1812 has our national sovereignty been under greater threat than it is now. Our cultural defences have never been weaker. M. Gelbart : Depuis 1812, notre souveraineté nationale n’a jamais été aussi menacée qu’aujourd’hui. Nos défenses culturelles n’ont jamais été aussi faibles. Foreign platforms are fighting Canadian regulatory control over media in Canada. We are threatened by a 25% tariff on all goods by the new U.S. President. Canadian private conventional TV broadcasters lost $417 million in 2023.

Cumulatively, the industry has lost $2.8 billion over the last 18 years. Les plateformes étrangères essaient d’empêcher le contrôle réglementaire canadien de s’exercer sur les médias au Canada. Le nouveau président américain menace d’imposer des tarifs douaniers de 25 % sur tous les produits. Les radiodiffuseurs privés canadiens de télévision conventionnelle ont perdu 417 millions de dollars en 2023. Au total, l’industrie a perdu 2,8 milliards de dollars au cours des 18 dernières années. The future of Canadian commercial media is in doubt.

Linear TV viewing has fallen by 41% over the last decade and radio listening by 34%; TV viewing has shifted online, mostly to American companies; and 94% of Canadian internet advertising goes to foreign platforms. L’avenir des médias commerciaux canadiens est incertain. L’écoute de la programmation télévisuelle linéaire a chuté de 41 % au cours de la dernière décennie et celle de la radio, de 34 %. L’écoute de la télévision s’est déplacée en ligne, principalement au profit d’entreprises américaines, et 94 % de la publicité canadienne sur Internet va à des plateformes étrangères.

In the face of this global media storm, local news has been decimated. Hundreds of newspapers have closed. Those that remain are a pale shadow of their former selves. Avec ces bouleversements médiatiques à l’échelle mondiale, les informations locales ont été réduites à peau de chagrin. Des centaines de journaux ont fermé leurs portes. Ceux qui restent ne sont plus que l’ombre de ce qu’ils étaient. Local news deserts are spreading. Social media, rife with misinformation, is not a reliable alternative. L’absence d’informations locales se creuse.

Les médias sociaux, qui regorgent de fausses nouvelles, ne constituent pas une alternative fiable. 27-11-2024 Transports et communications 108:7

Mr. Cox: We have never needed trusted Canadian media more than now. Where is our national champion? Where is the CBC? It is slowly starving to death in a plethora of mandates and shrinking resources. M. Cox : Nous n’avons jamais eu autant besoin de médias canadiens fiables qu’aujourd’hui. Où est notre champion national? Où est la CBC? Elle meurt lentement de faim face à une pléthore de mandats et en raison de ressources qui s’amenuisent. Some senators complain that with $1.2 billion in public funding the CBC should be doing more. Let’s put that in perspective.

Since 1991, when the current Broadcasting Act was passed, CBC has lost 37% of its public funding in constant dollars. Certains sénateurs se plaignent qu’avec 1,2 milliard de dollars de financement public, la CBC/Radio-Canada devrait en faire plus. Mettons les choses en perspective. Depuis 1991, date de l’adoption de l’actuelle

Loi sur la radiodiffusion, la CBC/Radio- Canada a perdu 37 % de son financement public en dollars constants. In public service media spending, we rank seventeenth per capita among 20 countries. We have two official languages and CBC also broadcasts in eight Indigenous languages. We spend only $32 per capita versus an average of $78 per capita by those 20 countries. En ce qui concerne les dépenses des médias de service public par habitant, nous nous classons au dix-septième rang parmi 20 pays. Nous avons deux langues officielles et CBC/Radio- Canada diffuse également des émissions dans huit langues autochtones.

Nous ne dépensons que 32 $ par habitant, alors que la moyenne pour les 20 pays visés par ces statistiques est de 78 $ par habitant. In 2022, BBC received $6.6 billion in public funding; Germany, nearly $11.9 billion; Japan, $6.8 billion; and France, $4.7 billion. Why so much? Because public service media is key to cultural sovereignty and national identity. That year, CBC got $1.2 billion. We are the ones sitting next to Hollywood, mostly without a language barrier.

En 2022, la BBC a reçu 6,6 milliards de dollars de financement public, l’Allemagne, près de 11,9 milliards, le Japon, 6,8 milliards et la France, 4,7 milliards. Pourquoi tant d’argent? Parce que les médias de service public sont essentiels à la souveraineté culturelle et à l’identité nationale. L’année où ces chiffres ont été compilés, la CBC/Radio-Canada recevait 1,2 milliard de dollars. C’est nous qui sommes assis à côté d’Hollywood, la plupart du temps sans barrière linguistique. Mr. Gelbart: At the regional level, how does the CBC’s underfunding affect independent OLMC programming? M.

Gelbart : Quelle incidence le sous-financement de la CBC/Radio-Canada a-t-il sur la programmation des minorités de langue officielle en région? One award-winning doc producer, a member of our council, received a $141,000 licence in 2015 for a program she was producing. In 2024, she only received $61,000 for an equivalent program. That is a loss of 57% in constant dollars over nine years. How does a producer make up for this loss? With more funding from foreign sources that may not be interested in local, regional or even national Canadian subjects.

En 2015, une réalisatrice de document primée, membre de notre conseil, a reçu une licence de 141 000 $ pour la réalisation d’un programme. En 2024, elle ne recevra que 61 000 $ pour un programme équivalent. Cela représente une perte sur 9 ans de 57 % en dollars constants. Comment un réalisateur peut-il compenser cette perte? En tentant d’obtenir davantage de fonds de sources étrangères qui ne s’intéressent pas forcément aux sujets canadiens locaux, régionaux ou même nationaux. The CBC has many problems, especially in English television. Most are caused by chronic underfunding.

We must ask ourselves, without the CBC, where will we be? La CBC/Radio-Canada doit faire face à de nombreux problèmes, en particulier dans le domaine de la télévision anglaise. La plupart sont attribuables à un sous-financement chronique. Nous devons nous poser la question suivante : « Sans la CBC, où serions-nous? » Even more than now, our news, stories and even our prejudices would be filtered through the American lens. If CBC’s English TV service was eliminated as some recommend, we would ask: “What would replace it?” Bankrupt private Canadian broadcasters? American streamers? Nothing?

Plus encore qu’aujourd’hui, nos nouvelles, nos histoires et même nos préjugés seraient filtrés à travers le prisme américain. Si le service de télévision de la CBC était supprimé, comme certains le recommandent, nous nous demanderions : « Qu’est-ce qui viendra le remplacer? » Des radiodiffuseurs privés canadiens en faillite? Des diffuseurs américains? Rien? 108:8 Transport and Communications 27-11-2024

We should consider the elimination of the CBC to be a breach not only of the Broadcasting Act but also of the Official Languages Act. We would take any action available to us to defend our rights under the Official Languages Act, in fact, to defend our right to survive as an official language minority and, more importantly, as Canadians. Thank you. Nous devrions considérer la suppression de la CBC comme une violation de la

Loi sur la radiodiffusion, certes, mais aussi de la

Loi sur les langues officielles. Nous prendrions toutes les mesures à notre disposition pour défendre nos droits en vertu de la

Loi sur les langues officielles. En fait, nous le ferions pour défendre notre droit de survivre en tant que minorité de langue officielle et, plus important encore, en tant que Canadiens. Je vous remercie de votre attention. The Chair: Thank you. Le président : Je vous remercie. Senator Miville-Dechêne: Thank you for being here and for your testimony. This is an important part of the story.

However, I feel I’m very ill-equipped to offer a judgment on the level of service you are receiving from the CBC, because the only thing we received from CBC is a compiled list of French and English services delivered in Quebec. From that sheet, it’s impossible to see what services at this point . La sénatrice Miville-Dechêne : Je vous remercie de votre présence et de vos témoignages. C’est une

partie importante de l’histoire. Cependant, je me sens très mal placée pour porter un jugement sur le niveau de service que vous recevez de la CBC, parce que la seule chose que nous avons reçue de CBC/Radio- Canada est une liste des services offerts au Québec en français et en anglais, et qu’il est impossible à partir de cela de faire la part des choses. You probably have fewer services than you had a few years ago. Can you give me examples of that? There’s a newscast I know — a local newscast in Quebec, with an arm in Quebec City, but based out of Montreal. But what about radio programming?

You’re right about those pockets of English- speaking people all over Quebec. How to serve them? Obviously, radio could be an easier way. Vous avez probablement moins de services qu’il y a quelques années. Pouvez-vous me donner des exemples? Il y a un téléjournal que je connais — un téléjournal local pour le Québec, avec une antenne à Québec, mais basé à Montréal. Cela dit, qu’en est-il des programmes à la radio? Vous avez raison de parler de ces agglomérations d’anglophones qui sont un peu partout au Québec. Comment les desservir? Évidemment, la radio pourrait être un moyen plus facile de les joindre.

Tell me more concretely what the services are that have either gone down or are not in existence, so we can have a concrete idea of what we’re talking about. Dites-moi plus concrètement quels sont les services qui ont été supprimés ou qui n’existent plus, afin que nous puissions avoir une idée concrète de ce dont nous parlons. You gave us an example about the level of grants. What about radio, television and platforms generally? Vous nous avez donné un exemple concernant l’ampleur des subventions. Qu’en est-il de la radio, de la télévision et des plateformes en général? Ms.

Ludvig: In the regions, as we call them, outside the urban centres, the lifeline is radio. Television does not speak to them. We’re talking about production mostly in Toronto. It doesn’t even speak to Montrealers. Outside, that is the connection for them. Not only is it a connection in terms of bringing them information, and reflecting them back but, because of cutbacks, it has been more difficult for CBC reporters to get out there. Mme Ludvig : Dans les régions, comme nous les appelons, en dehors des centres urbains, la ligne de vie est la radio. La télévision ne leur parle pas. La majeure

partie de la production est centrée sur Toronto. Elle ne s’adresse même pas aux Montréalais. À l’extérieur des centres, c’est de ce lien qu’ils dépendent. C’est un lien pour ce qui est des nouvelles et pour leur renvoyer une image d’eux-mêmes, mais en raison des coupes budgétaires, il est plus difficile pour les journalistes de la CBC de se rendre là où sont ces populations. Senator Miville-Dechêne: Is there one based in Montreal? La sénatrice Miville-Dechêne : Y en a-t-il un qui est basé à Montréal? Ms. Ludvig: Let’s say “Quebec AM” as an example in Quebec City. They’re based in Quebec City.

There are so few resources. We have English speakers in the Gaspé, the Lower North Shore and in Baie-Comeau. We have them everywhere in Quebec; 20% of the English-speaking population is outside in the regions. Mme Ludvig : À Québec, il y a « Quebec AM », par exemple. Ils sont basés à Québec. Il y a si peu de ressources. Nous avons des anglophones en Gaspésie, sur la Basse-Côte- Nord et à Baie-Comeau. Il y en a partout au Québec. En fait, 20 % de la population anglophone habite en région. 27-11-2024 Transports et communications 108:9

Another example is in the Eastern Townships. CBC had always been present at their annual events, were important and contributed to it. They have fewer and fewer resources to send people out there. It’s really the slow shrinkage; inadequate as it was before, it is even less now. Un autre exemple est celui des Cantons de l’Est. La CBC a toujours été présente aux événements annuels qui se déroulent dans cette région. Elle y a tenu une place importante et y a contribué. Elle a de moins en moins de ressources pour envoyer des gens là-bas. Il s’agit vraiment d’une lente érosion. La couverture était déjà inadéquate.

Aujourd’hui, elle l’est encore moins. It is important to have local information. To get that local information, you have to be able to send your reporter to Carleton-sur-Mer, to New Richmond or to wherever. Wherever it might be, you have to be able to send your reporters there. You have to have people to go there and reflect back, and to be able to contact them and to develop relationships because that is what is out there when you are in small communities. That is becoming more and more difficult. Il est important d’avoir des nouvelles locales.

Pour aller chercher ces nouvelles, vous devez être en mesure de dépêcher votre journaliste à Carleton-sur-Mer, à New Richmond ou ailleurs. Où que ce soit, vous devez être en mesure d’envoyer vos journalistes sur place. Vous devez avoir des gens qui peuvent aller sur le terrain et rapporter la nouvelle. Vous devez être en mesure de contacter les gens de l’endroit et de nouer des relations, parce que c’est ce qui fonctionne dans les petites collectivités. Cela devient de plus en plus difficile.

You have a shrinkage in that, in the services, in the news that is available to you, but also in the information that you can share that is important to your community. Les services, les informations auxquelles les gens ont accès, mais aussi les informations qu’ils peuvent communiquer et qui sont importantes pour leur collectivité sont de moins en moins nombreux. Senator Miville-Dechêne: Because on the contrary, on the French side, they tried to do a shrinkage on the East Coast, and finally, they had to reinstall some local services. But has that happened on the English side?

La sénatrice Miville-Dechêne : Du côté français, ils ont essayé de réduire les services sur la côte Est, mais en fin de compte, ils ont dû reprendre certains services locaux. Est-ce que c’est arrivé du côté anglais? Ms. Ludvig: No. Mme Ludvig : Non, cela n’est pas arrivé. Senator Miville-Dechêne: It’s downward all the time? La sénatrice Miville-Dechêne : C’est toujours à la baisse? Ms. Ludvig: It has been down all the way. Mme Ludvig : C’est en baisse depuis le début.

Sylvia Martin-Laforge, Director General, Quebec Community Groups Network: I would like to say that decisions are made in Toronto about what is happening in Quebec. Not only do we not know exactly what monies are spent in Quebec on English programming, but we also don’t know a lot since 2016 about our appetite and where CBC is. Sylvia Martin-Laforge, directrice générale, Quebec Community Groups Network : J’aimerais dire que les décisions sur ce qui se passe au Québec sont prises à Toronto.

Non seulement nous ne savons pas exactement quelles sommes sont dépensées au Québec pour la programmation anglaise, mais depuis 2016, nous ne savons pas non plus grand-chose sur notre appétit et sur la situation de la CBC. With the post-census survey that we talked a little bit about before we started, which is coming out apparently before the holidays, we’ll know more information about the situation of English and for francophones outside Quebec and what is needed in Quebec for our community.

We don’t understand the pool very well, anymore, because we don’t have the numbers to ask the questions, and we don’t understand the investment either, because when it’s combined, both French and English, you have no idea if the access and the demand fit. Grâce à l’enquête post-censitaire dont nous avons parlé un peu avant de commencer et dont les résultats seront publiés vraisemblablement avant les vacances, nous en saurons plus sur la situation de l’anglais et des francophones à l’extérieur du Québec et sur ce dont notre communauté a besoin au Québec.

Nous ne comprenons plus très bien en quoi consiste le bassin de population, parce que nous n’avons pas les chiffres pour poser les questions qu’il faudrait poser. Nous ne comprenons pas non plus en quoi consiste l’investissement parce qu’il englobe les volets français et anglais. Il est donc impossible de jauger l’adéquation entre l’accès et la demande. Ms. Ludvig: We could just provide you with anecdotal. Mme Ludvig : Nous pourrions simplement vous fournir des données anecdotiques. 108:10 Transport and Communications 27-11-2024

Ms. Martin-Laforge: That’s right. We’re stuck with the anecdotal. Mme Martin-Laforge : C’est exact. Nous n’avons que des données anecdotiques. [Translation] [Français] Senator Miville-Dechêne: I have other questions, but I’ll stop there. I’ll let my colleagues ask some questions. La sénatrice Miville-Dechêne : J’ai d’autres questions, mais je vais m’arrêter ici. Je vais laisser mes collègues poser des questions. [English] [Traduction] Ms. Castravelli: As my colleagues have said, there’s a lot of anecdotal evidence.

However, having said that, what we are seeing is that a lot of the smaller communities are relying on community radio. And nothing against community radio — we have some very good initiatives in community radio — but the problem is that these are often amateurs, and therefore, the quality and the amount of coverage is not always fair. It ends up being whoever is convenient. It’s not the same standard as what we would like to see. It certainly isn’t as widespread and it doesn’t have the fairness that we would have been used to in the past.

Mme Castravelli : Comme mes collègues l’ont dit, il y a une foule de preuves anecdotiques. Cela dit, nous constatons que beaucoup de petites collectivités dépendent de la radio communautaire. Je n’ai rien contre la radio communautaire — il y a de très bonnes initiatives en la matière —, mais le hic, c’est qu’il s’agit souvent d’amateurs et que, par conséquent, la qualité et la couverture ne sont pas toujours équitables. Ce sont les opinions conformistes qui finissent par l’emporter. Voilà qui n’est pas à la hauteur de la norme que nous préconisons.

Ces émissions ne sont certainement pas aussi répandues, ce qui réduit l’équité à laquelle nous étions habitués dans le passé. That’s just a small note to say that having a particular professional approach to things is beneficial for many reasons, and it’s not just the appearance of the thing. It’s the effectiveness of the thing as well — not to diminish but in conjunction with the community radios that are operating in those sectors.

Ce n’est là qu’une petite remarque pour dire que l’adoption d’une approche professionnelle s’avère bénéfique pour de nombreuses raisons, et ce n’est pas seulement une question d’apparence. Il y a aussi la question de l’efficacité — il faut collaborer avec les radios communautaires qui existent dans ces secteurs, au lieu d’en réduire le nombre. Senator Cormier: Thank you for being here. Before asking my question, Mr. Chair, I want to declare that two years ago I had a contract with CBC/Radio-Canada. I wanted to make sure it was official here. Le sénateur Cormier : Je vous remercie de votre présence.

Avant de poser ma question, monsieur le président, je tiens à déclarer que j’avais obtenu, il y a deux ans, un contrat avec CBC/Radio-Canada. Je tenais à le signaler officiellement. The Chair: I’m sure you did an excellent job. Le président : Je suis sûr que vous avez fait un excellent travail. Senator Cormier: Thank you, sir. Le sénateur Cormier : Je vous remercie. I want to bring you back on the Official Languages Act because as you know, as a federal institution, CBC/Radio- Canada is also subject to the duties in

section 41 of the Official Languages Act. It is therefore required to take positive measures to develop and enhance the vitality of official language minority communities, promote both official languages, and protect and promote French — and English, of course. J’aimerais revenir à la

Loi sur les langues officielles parce que, comme vous le savez, à

titre d’institution fédérale, CBC/Radio-Canada doit également se soumettre aux obligations prévues à l’article 41 de la

Loi sur les langues officielles. Elle est donc tenue de prendre des mesures positives envers le développement et l’épanouissement des communautés de langue officielle en situation minoritaire, la promotion des deux langues officielles ainsi que la protection et la promotion du français — et de l’anglais, bien évidemment.

Section 41 states that CBC/Radio-Canada must “. . . consider the possibilities for avoiding, or at least mitigating, the direct negative impacts that its structuring decisions may have on . . .” language-related matters. L’article 41 précise que CBC/Radio-Canada doit considérer « [...] les possibilités d’éviter ou, à tout le moins, d’atténuer les impacts négatifs directs que [ses] décisions structurantes pourraient avoir [...] » sur le plan linguistique.

So, since the Official Languages Act is a quasi-constitutional act and within the responsibilities they have at CBC/Radio- Canada, could you identify either positive measures that were Donc, compte tenu de la nature quasi constitutionnelle de la

Loi sur les langues officielles et des responsabilités de CBC/Radio-Canada, pourriez-vous nommer des mesures 27-11-2024 Transports et communications 108:11

taken to ensure that your communities were able to develop, or is there any decision that has a negative impact on the development of your communities? positives qui ont été prises pour assurer le développement de vos communautés, ou y a-t-il une décision qui nuit à leur épanouissement? And in that direction, does the Government of Canada give enough money to CBC to ensure that the decisions that they make don’t have negative impacts on the development of your communities?

Dans le même ordre d’idées, est-ce que le gouvernement du Canada donne suffisamment d’argent à CBC pour s’assurer que les décisions qu’elle prend n’ont pas de répercussions négatives sur le développement de vos communautés? Mr. Cox: I’d like to make a comment about that. The English- language CBC in Montreal has a regular documentary program called “Absolutely Canadian.” To my memory, that’s the only local program of that type. That’s positive. On the other hand, the licence fee is $25,000 or less, maybe $10,000. That is so low that many producers can’t produce for it.

It’s so low that it doesn’t trigger the Canada Media Fund funding because it’s not enough. M. Cox : J’aimerais faire une observation à ce sujet. Le réseau anglais, CBC, à Montréal produit régulièrement une émission documentaire intitulée Absolutely Canadian. De mémoire, c’est la seule émission locale de ce genre. Voilà une mesure positive. Par contre, les droits de licence sont de 25 000 $ ou moins, voire peut-être de 10 000 $. C’est tellement bas que beaucoup de producteurs ne peuvent pas y participer.

C’est tellement bas que cela ne déclenche pas le financement du Fonds des médias du Canada parce que le montant n’est pas suffisant. If you talk to the people who are running that program, they’re bereft because they want to do more, but they don’t have the resources and they don’t have the money. Where is the money? I don’t know. I mean, it’s somewhere else, but the point is that the question you’re asking can be answered simultaneously in two ways. The CBC is essential, it’s positive, and under

section 41, if it were to disappear, the vitality of our community would be substantially hurt. On the other hand, the resources are not sufficient for it to do the job that

section 41 asks it to do, so we have a push and a pull, a back and a forth, and nobody is satisfied. We hope you understand that. Si vous parlez aux responsables de cette émission, ils vous diront qu’ils sont laissés pour compte parce qu’ils veulent en faire plus, mais ils n’ont pas les ressources et les fonds nécessaires. Où est l’argent? Je ne sais pas. Les fonds sont ailleurs, mais le fait est qu’on peut répondre de deux façons simultanées à votre question.

D’une part, l’existence de CBC est essentielle et positive et, aux termes de l’article 41, si elle disparaissait, la vitalité de notre communauté serait considérablement touchée. D’autre part, les ressources ne sont pas suffisantes pour qu’elle puisse faire le travail que lui demande l’article 41, de sorte que nous subissons de fortes pressions, et personne n’est satisfait. Nous espérons que vous comprenez cela. Senator Cormier: Yes, it’s clear. Where do you consider the production that is happening in Quebec in the English community compared to the English majority of Canada?

What I want to know, really, is that as a minority, are you well served compared to the English majority of Canada, or is that an issue? And is CBC part of either the problem or the solution to your production challenges? Le sénateur Cormier : Oui, c’est clair. D’après vous, comment se compare la production qui se fait au Québec dans la communauté anglophone par rapport à la majorité anglophone du Canada? Ce que je veux savoir, vraiment, c’est si, en tant que minorité, vous êtes bien servis par rapport à la majorité anglophone du Canada, ou s’il existe un problème. De plus, est‑ce que CBC fait

partie du problème ou de la solution en ce qui concerne les défis en matière de production? Mr. Gelbart: If we’re given enough resources, we’re able to tell the Quebec story, or Quebec stories, to the rest of the country, which given the political winds, is something quite important to do. We need enough of the resources that the CBC has and, hopefully, more resources that it can have for us to be able to tell those stories, because Montreal and Quebec generally is a basin of amazing talents. M.

Gelbart : Si on nous donne suffisamment de ressources, nous sommes en mesure de raconter l’histoire du Québec, ou ses récits, au reste du pays, ce qui, compte tenu des vents politiques, est quelque chose d’assez important à faire. Nous avons besoin d’une part suffisante des ressources dont dispose CBC et qui, espérons-le, seront bonifiées pour que nous puissions raconter ces histoires, car Montréal et le Québec en général constituent un bassin de talents extraordinaires. Montreal, for a long time, was the centre of production in Canada at the beginning of the 1970s and the 1980s.

We have a story to tell, and it’s important for the unity of this country for us to tell Quebec stories to the rest of Canada, but the CBC needs to have the resources to give producers in Quebec the ability to tell this story. Montréal a longtemps été le centre de production au Canada au début des années 1970 et 1980.

Nous avons une histoire à raconter, et il est important pour l’unité du pays que nous racontions des histoires québécoises au reste du Canada, mais CBC doit avoir les ressources nécessaires pour donner aux producteurs du Québec la possibilité de raconter cette histoire. 108:12 Transport and Communications 27-11-2024

People have alluded to the centralization in Toronto. I think part of the centralization comes from lack of funding. They do quite a lot in all kinds of programming. We usually talk about CBC News, but aside from CBC News, they do children’s programming, they do afternoon programming, and they do public service programming of all kinds. They do documentaries, and they try to do drama, which takes a lot of money. The CBC, first of all, it needs to survive. It needs to have the funding that at the very least corresponds to what the average that other G20 countries give to their public television.

Nobody is getting rid of public television in England, France or Germany. They have financial pressures the way everybody does, but nobody is talking about not having public broadcasting in television. On a fait allusion à la centralisation à Toronto. Je pense que la centralisation est en

partie attribuable à un manque de financement. C’est souvent le cas pour toutes sortes d’émissions. Nous parlons habituellement de CBC News, mais à

part cela, CBC produit des émissions pour enfants, des émissions de l’après-midi et des émissions d’intérêt public de tous genres. CBC produit également des documentaires et s’aventure dans la production d’émissions dramatiques, ce qui coûte très cher. CBC doit, avant tout, survivre. Elle doit disposer d’un financement qui correspond, à tout le moins, à ce que les autres pays du G20 donnent en moyenne à leur télévision publique. En Angleterre, en France ou en Allemagne, personne ne cherche à se débarrasser du diffuseur public.

Nos homologues subissent des pressions financières comme tout le monde, mais personne ne parle de renoncer à la télédiffusion publique. Senator Simons: Thank you very much. I was curious about what happens to the parts of Quebec that are closest to the Ontario border. Are those communities covered and receive services from the CBC in Ontario, or is there kind of a wall that divides? La sénatrice Simons : Je vous remercie beaucoup. J’aimerais savoir ce qui se passe dans les régions du Québec qui sont situées le plus près de la frontière ontarienne.

Ces communautés sont-elles couvertes et reçoivent-elles des services de CBC en Ontario, ou y a-t-il une espèce de mur qui se crée? Ms. Martin-Laforge: They get Ontario. Mme Martin-Laforge : Elles captent les émissions de l’Ontario. Senator Simons: If you live in Chelsea, for example, you’re being covered by the CBC in Ottawa, are you not? La sénatrice Simons : Si vous vivez à Chelsea, par exemple, vous avez accès à la chaîne CBC d’Ottawa, n’est-ce pas? Ms. Ludvig: And their reality is Quebec. That’s their everyday life, and yet what is reflected to them is Ontario.

Mme Ludvig : La réalité de ces gens, c’est le Québec. C’est leur vie de tous les jours, et pourtant, ce qui se reflète chez eux, c’est l’Ontario. Senator Simons: That’s a problem, too. La sénatrice Simons : C’est un problème, là aussi. Ms. Martin-Laforge: I will give you an example of a story out of Chelsea. It was a Quebec story that wouldn’t have been known. We have the Quebec Community Newspapers Association as well. Our fabric is made up of CBC reporters and journalists in the low-down. The story three years ago was about a woman who was wearing a hijab. she was a teacher in the schools.

The CBC carried that across Canada. The story was in Quebec. It was uncovered in Quebec. If the CBC hadn’t been there, that story doesn’t go much of anywhere. Mme Martin-Laforge : Je vais vous donner l’exemple d’un incident survenu à Chelsea. C’est une nouvelle en provenance du Québec qui, autrement, n’aurait pas été connue. Il y a aussi l’Association des journaux régionaux du Québec. Les journalistes de CBC et d’ailleurs font

partie intégrante de notre tissu social. Il y a trois ans, on avait rapporté l’histoire d’une enseignante qui portait le hidjab. CBC a diffusé cette nouvelle partout au Canada. L’histoire s’est passée au Québec. C’est là que l’affaire a été mise en lumière. Si CBC n’avait pas été présente, cette histoire n’aurait été diffusée nulle part ailleurs. The same thing could be the Lower North Shore. We need the CBC to tell those stories in the way that an English-speaking community would tell the story. Il pourrait en être de même en Basse-Côte-Nord.

Nous avons besoin que CBC raconte ces histoires de la même façon qu’une communauté anglophone le ferait. Senator Simons: That segues nicely to my next question, which I was going to ask anyway. La sénatrice Simons : Cela m’amène à ma prochaine question, que j’allais poser de toute façon. My daughter had the chance to go to McGill for four years. I visited her, and I could see how incredibly multicultural Montreal was with allophone populations, who are encouraged to integrate into the French community but are often also very fluent in English. Ma fille a eu la chance d’aller à McGill pendant quatre ans.

Je lui ai rendu visite et j’ai pu constater à quel point Montréal était une ville multiculturelle, remplie d’allophones qui sont encouragés à s’intégrer à la communauté francophone, mais qui parlent souvent très bien l’anglais. 27-11-2024 Transports et communications 108:13

How good a job does the CBC in Quebec do in their English- language services of reflecting the multicultural reality of a young, modern Quebec? That is a challenge for the CBC in every community, but I can imagine it’s particularly acute in a place like Montreal, which is so multicultural and so polyglot. Are those stories being told, or do they tend to be the stories of the older, more established White communities? Dans quelle mesure CBC au Québec réussit-elle à refléter la réalité multiculturelle d’un jeune Québec moderne dans ses services en anglais?

C’est un défi que CBC doit relever dans toutes les communautés, mais je peux imaginer que le besoin est particulièrement criant dans un endroit comme Montréal, qui est une ville si multiculturelle et si polyglotte. Ces histoires sont- elles racontées, ou l’accent est-il généralement mis sur les histoires des communautés blanches qui sont là depuis plus longtemps et qui sont mieux établies? Ms. Ludvig: In my experience and from what I’ve seen — it’s anecdotal — is that it reflects the diversity, but it needs the means to do that. It is so limited; it is production time and capacity, as well as air time.

Things come from Toronto or from elsewhere such that it is limited in that. Mme Ludvig : D’après mon expérience et mes observations — c’est anecdotique —, le diffuseur public reflète la diversité, mais il doit avoir les moyens de le faire. C’est très limité; c’est une question de temps et de capacité de production ainsi que de temps d’antenne. Les choses viennent de Toronto ou d’ailleurs, de sorte que ce volet est limité. But what they can do with what they have is important and does reflect things much better than any private broadcaster.

It does reflect the Canadian and Quebec reality, but it has to have the means to do it not only properly but also do it well. Its resources are so tight. Toutefois, ce que CBC peut faire avec les moyens du bord est important, et sa programmation reflète la réalité beaucoup mieux que n’importe quel diffuseur privé. Elle reflète la réalité canadienne et québécoise, mais il faut avoir les moyens de le faire non seulement correctement, mais aussi avec soin. Les ressources de CBC sont très limitées. I think we’re all saying the same thing. With what they have, they do a lot.

Je pense que nous disons tous la même chose. Avec ce qu’ils ont, les responsables de CBC font beaucoup. Senator Simons: The best they can. La sénatrice Simons : Ils font de leur mieux. I come from Edmonton, and I spent about six years working for the CBC. In Edmonton, over recent years, there has been more of an effort to get reporters who are bilingual to do voicers for both networks. To what extent does Radio-Canada support English-language broadcasts, or is there a hard line and the francophone reporters would never be doing work that would end up on the English-language service?

Je viens d’Edmonton et j’ai passé environ six ans à travailler pour CBC. À Edmonton, au cours des dernières années, on a déployé plus d’efforts pour embaucher des journalistes bilingues pour faire entendre ces voix sur les deux réseaux. Dans quelle mesure Radio-Canada soutient-elle les émissions en anglais, ou y a-t-il une ligne dure qui empêche les journalistes francophones de faire diffuser leur travail sur le réseau anglais? Ms. Ludvig: No, more and more, I find there is a mix. It is a good thing. It reflects the very high level of bilingualism that is in Montreal, also in the English-speaking community.

I find the same reporter reporting on Radio-Canada as they would on the CBC, and that’s great; that’s terrific. As long as it’s the stories that we need to hear. That is the important thing — the issues that are important to us. Mme Ludvig : Non, de plus en plus, je trouve qu’il y a un mélange. C’est une bonne chose. Cela reflète le niveau très élevé de bilinguisme à Montréal ainsi que dans la communauté anglophone. Je vois le même journaliste sur les ondes de Radio- Canada et de CBC, et c’est très bien; c’est formidable. Tant qu’il s’agit d’histoires que nous devons entendre.

C’est ce qui compte, l’objectif étant de faire connaître les enjeux qui revêtent une importance pour nous. I have to tell you as the resident of QCGN, I am on a consistent basis asked to come on a program like “Radio Noon Quebec”, which comes from Montreal. It’s a segment that runs noon until 1:00. I’m invited to talk about the issues that are important to English speakers, and the response from the community is great. Those things are important.

They have to remain, and they have to be funded well enough so that we can have more of that and be able to reach beyond Montreal, to be able to have that outside of Montreal. Je dois vous dire qu’en tant que représentante du QCGN, on me demande régulièrement de participer à une émission comme Radio Noon Québec , qui vient de Montréal. C’est un segment qui est diffusé de midi à 13 heures. On m’invite à parler des questions qui sont importantes pour les anglophones, et la réaction de la communauté est excellente. Ces choses sont importantes.

Le diffuseur public doit continuer d’exister, et il doit être suffisamment bien financé pour que nous puissions avoir plus de services et assurer un rayonnement au-delà de Montréal, dans d’autres régions du pays. 108:14 Transport and Communications 27-11-2024

Mr. Gelbart: As you all in this room know, many new immigrants have come to this country in the last few years. They come to a country from societies that have a deep history. If you take somebody from India, they know Indian history; it comes with their mother’s milk. They come from other places, et cetera. They come to Canada, and they look where they can find the history of Canada. What is it? What are we telling them? What can the CBC tell them about what the history of this country has been? We have a rich 350-year history. M.

Gelbart : Comme vous le savez tous, beaucoup de nouveaux immigrants sont arrivés au pays au cours des dernières années. Ils viennent de sociétés qui ont une longue histoire. Si vous prenez quelqu’un de l’Inde, il connaît l’histoire de son pays; cela fait

partie de son ADN. Ces gens viennent d’ailleurs, et cetera. Ils s’installent au Canada et cherchent des sources d’information sur l’histoire du Canada. En quoi consiste cette histoire? Que pouvons-nous leur dire? Que peut leur apprendre CBC sur l’histoire de notre pays? Nous avons une riche histoire de 350 ans. The CBC should have the resources, the means and the willingness to tell the stories and history of Canada in a new and exciting way, told by young people, but we have to tell the new Canadians what the history of this country is.

The only vehicle that can do that on a consistent and serious basis is a public broadcaster. CBC devrait avoir les ressources, les moyens et la volonté de raconter les récits et l’histoire du Canada d’une manière nouvelle et passionnante, par l’entremise des jeunes, mais nous devons faire découvrir aux Néo-Canadiens l’histoire de notre pays. Seul un diffuseur public peut s’acquitter de cette tâche de façon sérieuse et constante. Ms. Castravelli: I would like to add some nuance there. It is because the CBC exists that Radio-Canada provides services.

If the CBC ceased to exist in Quebec, English-language artists would lose services. Mme Castravelli : J’aimerais apporter une nuance. C’est parce que CBC existe que Radio-Canada offre des services. Si CBC cessait d’exister au Québec, les artistes anglophones perdraient des services. Let me explain how it works.

If you are a bilingual artist and you are outside of the country, you almost always get a spot on a francophone CBC station or a Radio-Canada station outside of Quebec because of the bilingualism factor, but it is usually coordinated through somebody at the CBC in the Quebec office where you are natively from. So it is that conjunction of services that allows for our artists to be able to get the coverage they have. Je vous explique comment cela fonctionne.

Si vous êtes un artiste bilingue et que vous vous trouvez à l’extérieur du pays, vous ferez presque toujours l’objet d’une couverture médiatique par une station francophone de CBC ou une station de Radio- Canada à l’extérieur du Québec en raison du facteur de bilinguisme, mais le tout est habituellement coordonné par quelqu’un à CBC dans le bureau du Québec d’où vous êtes originaire. C’est donc cette combinaison de services qui permet à nos artistes d’obtenir la couverture dont ils jouissent.

If we were to leave it up to Radio-Canada by itself, they would only give voice to those things that they think are important, because even Radio-Canada does not have infinite money and time. They will pick the things they think will attract the major audience, which risks ignoring things like Sylvia’s hijab story, for example — things that are particularly inconvenient — or any voice really that is dissenting from what the francophone majority might be interested in looking at.

Si nous nous en remettions uniquement à Radio-Canada, elle ne diffuserait que les choses qu’elle juge importantes parce que même Radio-Canada n’a pas un budget et un temps infinis. Elle choisira les histoires qui, selon elle, attireront le plus grand public, ce qui risque de passer sous silence des enjeux comme l’affaire de Sylvia concernant le port du hidjab — des questions qui sont particulièrement incommodantes — ou toute voix vraiment dissidente par rapport à ce que la majorité francophone pourrait vouloir visionner. I would advise that we take into consideration the working together of these two systems.

Je recommande donc que nous prenions en considération la collaboration entre ces deux systèmes. Senator Dasko: Thanks to our witnesses for being here. La sénatrice Dasko : Je remercie nos témoins de leur présence. I want to understand the Toronto factor a little better in terms of what it is that you are getting for the anglophone services — what are you getting from Toronto? What is it? Is it programming that we’re talking about? Are we talking about national news or public affairs?

Je voudrais comprendre un peu mieux le facteur que représente Toronto dans ce que vous obtenez pour les services anglophones — que recevez-vous en provenance de Toronto? De quoi s’agit-il? Parlons-nous d’une certaine programmation? Parlons-nous de nouvelles nationales ou d’affaires publiques? 27-11-2024 Transports et communications 108:15

You’re certainly not getting local Toronto news, so what kind of production are you getting? I’m talking about anglophone services anywhere in Quebec — Montreal, outside, in the North. What are you getting? Vous ne recevez certainement pas de nouvelles locales en provenance de Toronto, alors à quel genre d’émissions avez-vous accès? Je parle des services anglophones partout au Québec — à Montréal, à l’extérieur, dans le Nord. Qu’obtenez-vous? Mr. Gelbart: There is a two-part answer to your question. M. Gelbart : Il y a deux éléments de réponse à votre question.

Partly because of being starved for resources, a lot of things are concentrated. It’s easier to concentrate decision making in Toronto. There is the famous story of the $1,000 teacup. That is what it cost a Vancouver producer to come to Toronto to meet somebody for 15 minutes to try to pitch an idea. We have the same problem. It’s a question of resources. C’est en

partie parce que nous manquons de ressources que beaucoup de choses sont centralisées. Il est plus facile de concentrer la prise de décisions à Toronto. Il y a la fameuse histoire de la tasse de thé à 1 000 $. C’est ce qu’il en a coûté à un producteur de Vancouver pour venir rencontrer quelqu’un à Toronto en vue d’essayer de présenter une idée. Nous avons le même problème. C’est une question de ressources. To be frank, it also is the choice of direction of the kind of programming that the CBC has been doing in the last few years.

It has not responded to the needs of telling the story of Canada on an ongoing basis, telling the story of the various regions of Canada and being able to sponsor a big drama series to be made in Montreal that is about Quebec, and how it can be perceived in the rest of Canada. It’s both a practical and financial issue. It’s also a programming issue, to be frank. Pour être franc, c’est aussi dû au choix de l’orientation quant au type de programmation que CBC a produite au cours des dernières années.

Elle n’a pas répondu aux besoins en ce qui a trait à la nécessité de raconter l’histoire du Canada de façon continue, de raconter l’histoire des différentes régions du pays et de pouvoir commanditer la production, à Montréal, d’une grande série dramatique qui porte sur le Québec et sur la façon dont la province peut être perçue dans le reste du Canada. C’est un problème d’ordre à la fois pratique et financier. C’est aussi un problème de programmation, pour être honnête. Senator Dasko: What is it that you’re getting from Toronto? La sénatrice Dasko : Quels services obtenez-vous en provenance de Toronto? Mr.

Gelbart: People from all over the country submit ideas. The ideas that get made are made by Toronto production companies in Toronto who have direct access to the decision makers. They don’t need to spend $1,000 to have a cup of coffee with an executive of the CBC. They see them every day. It is a subway ride away. Those are the programs that are made. M. Gelbart : Des gens de partout au pays soumettent des idées. Celles qui sont retenues sont portées à l’écran par des maisons de production de Toronto qui ont un accès direct aux décideurs.

Ils n’ont pas besoin de dépenser 1 000 $ pour prendre un café avec un cadre de CBC. Ils se croisent tous les jours. Il suffit de prendre le métro. C’est ainsi que sont produites les émissions. There is a filter where everything takes on a hue of what people in Ontario, or in Toronto specifically working for the CBC, think they should be doing. Il y a un filtre qui fait en sorte que tout dépend de ce que les gens qui travaillent pour CBC en Ontario, ou plus précisément à Toronto, jugent bon de faire. Mr. Cox: Part of the problem might be the advertising. I know this is a subject that has come up.

Believe me, getting rid of the advertising revenue and not replacing it is a non-starter as far as we’re concerned. M. Cox : Je dirais tout d’abord que la publicité fait

partie du problème. Je sais que c’est un sujet qui a déjà été abordé, mais permettez-moi de développer ma pensée. Croyez-moi, se débarrasser des recettes publicitaires et ne pas les remplacer est un non-sens en ce qui nous concerne. The point is “Family Feud.” Why is “Family Feud” on CBC? Why is a program that is an example of an American program running on the public broadcaster? The answer is desperation over advertising revenue. I don’t know what “Family Feud’s” ratings are but, relatively speaking, I am sure it is one of the best things the CBC does.

Le cas de l’émission « Family Feud » est symptomatique du problème dans son ensemble. Pourquoi cette émission américaine est-elle présente sur notre radiodiffuseur public? La réponse est que l’on cherche désespérément à augmenter les recettes publicitaires. Je ne sais pas quelles sont les cotes d’écoute de l’émission « Family Feud » mais, toutes proportions gardées, je suis certain qu’il s’agit d’un des programmes les plus populaires offerts par la CBC. 108:16 Transport and Communications 27-11-2024

In terms of the mandate of the CBC for Canada as a public broadcaster, “Family Feud” is not their best moment. Again, you have that conflict between their mandate, on the one hand, and their desperation for money on the other. The answer is to get rid of advertising, but you can’t do that if you don’t replace it. Au regard du mandat dont s’est dotée la CBC en tant que radiodiffuseur public, l’idée de miser sur l’émission américaine « Family Feud » demeure problématique.

Une fois de plus, on observe une incohérence majeure entre le mandat de la CBC, et les tentatives de plus en plus désespérées de ses dirigeants d’aller chercher de nouveaux revenus. À mon avis, une piste de solution est de se débarrasser des annonces publicitaires, mais il faudra dans ce cas trouver un moyen alternatif pour engranger des recettes. Rumour has it a new government might not replace that money. Therefore, what is the solution? I don’t know. Le bruit court que les conservateurs n’ont pas l’intention de trouver des stratégies alternatives pour financer la CBC/SRC une fois arrivée au pouvoir.

Quelle est donc la solution? Pour être honnête, je n’en sais rien. Senator Dasko: Rumour has it, it might not be replaced but it might be cut altogether. La sénatrice Dasko : En fait, selon la rumeur, les conservateurs n’ont tout simplement pas l’intention de renouveler le financement de la CBC/SRC s’ils parviennent à former le prochain gouvernement. Ms. Castravelli, back to my question about Toronto programming. What is your perspective on that? What are you getting and what is the contribution from the regions, let’s say Quebec itself, in terms of the anglophone community and artists?

Madame Castravelli, revenons à ma question sur la programmation de Toronto. Quel est votre point de vue à ce sujet? Quelle est la contribution financière du gouvernement du Québec en matière de contenu anglophone? Ms. Castravelli: What we’re getting is, honestly, a bleed or a stealing of talent. That’s what we’re getting. We’re getting employed artists, but they’re leaving Quebec to go work there. In return, we are getting programming. Mme Castravelli : Pour parler franchement, on assiste en ce moment à un exode considérable des cerveaux.

En effet, beaucoup d’artistes et de créateurs de contenu quittent le Québec pour aller travailler en Ontario, ce qui nous force à modifier notre programmation. Actually, we do get news from Toronto because of the online streaming services and because, through CBC Gem, you can stream whichever region you choose to stream. You get the programing. As one of my colleagues had said, it is put through the lens of whatever is perceived as important by the people who work in Toronto. It has a “Toronto-ized” perspective.

En fait, nous recevons des nouvelles de Toronto grâce aux services de diffusion en ligne, et CBC Gem permet de diffuser des contenus partout au pays. Vous obtenez le programme. Comme l’a dit l’un de mes collègues, les bulletins de nouvelles et les émissions sont présentés selon une perspective distinctement torontoise. Yes, our artists are getting employed technically. We’re getting employment. They’re no longer our artists now, they’re Ontario artists. Does that answer your question? Oui, nos artistes sont techniquement rémunérés.

Par contre, on ne peut plus vraiment dire qu’il s’agit de nos propres artistes locaux; il s’agit désormais d’artistes ontariens. Cela répond-il à votre question? Senator Dasko: Yes, I think so. When it comes to national news and public affairs, that’s coming from Toronto? La sénatrice Dasko : Oui, je pense bien. En résumé, les bulletins d’actualités nationales et les émissions d’affaires publiques sont diffusés principalement à partir de Toronto. Ms. Castravelli: We can get local Montreal news. It is big- city news. We are getting some stories from the regions. We do get some of that.

I would say it’s better than nothing. At least we do get some stories from some of the First Nations. At least we get some of the stories of some of the various communities around Montreal. Mme Castravelli : Nous pouvons obtenir des informations locales sur Montréal. Ce sont les nouvelles des grandes villes. Nous recevons des nouvelles des régions. Nous en recevons un peu. Je dirais que c’est mieux que rien. Au moins, nous recevons des histoires de certaines Premières Nations. Au moins, nous recevons des histoires des différentes communautés autour de Montréal. 27-11-2024 Transports et communications 108:17

There was something about the mosques in Montreal that was done a few years ago. There is some programming. It isn’t as much as we would like. Obviously, after the shooting at the mosque in Quebec, there was coverage and different community stories that were brought out, things like that. Il y a eu un reportage sur les mosquées de Montréal il y a quelques années. Il y a une certaine programmation. Ce n’est pas autant que nous le souhaiterions.

Évidemment, dans le sillage de la fusillade à la mosquée de Québec, il y a eu une couverture médiatique importante, et différents contenus d’intérêt communautaire ont été diffusés. It tends to be based around when something happens to make it noteworthy, and/or we are seeing more First Nations programming, thank goodness, with the help of the APTN. In general, it’s not as much or as widespread as we would like.

Les émissions ont tendance à être diffusées lorsqu’un événement se produit et qu’il mérite d’être souligné, et nous observons une plus grande diffusion d’émissions axées sur les Premières Nations, Dieu merci, avec l’aide du Réseau de télévision des peuples autochtones, l’APTN. En général, ce n’est pas aussi important ou aussi répandu que nous le souhaiterions. Senator Cuzner: First, I should make a disclosure like Senator Cormier. Le sénateur Cuzner : À l’instar du sénateur Cormier, je souhaite tout d’abord rapporter certains propos en lien avec notre sujet. Mr.

Cox, Gerry Dee is a good friend of mine, a StFX alumni. “Family Feud,” the Canada version, I am okay with it. I know it is not “This Hour has Seven Days.” But it is Canadian actors and people that come from coast to coast to coast. It’s a little bit of fun and they generate some revenue. As an off-hand, I think he is better than Steve Harvey. Monsieur Cox, Gerry Dee est un bon ami, et un ancien élève de StFX. La version canadienne de « Family Feud » me convient. Je sais que ce n’est pas « This Hour has Seven Days ». Mais ce sont des acteurs canadiens et des gens qui viennent d’un bout à l’autre du pays.

C’est un peu amusant et cela génère des revenus. En passant, je pense qu’il est meilleur que Steve Harvey. You mentioned shrinkage. We’ve heard that theme time and again. It’s similar to the restaurateur who sees a decrease in his customers, clientele and revenues and decides, “I have to save money, so I will cut back on the size of the portions and the quality of the ingredients.” We know where that ends up. That has been a consistent narrative here through the testimony we’ve received. Vous avez évoqué les pertes de revenus et la diminution de la qualité du contenu.

Nous avons entendu ce thème à maintes reprises. C’est un peu comme le restaurateur qui constate une baisse de sa clientèle et de ses revenus, et qui décide par conséquent de réduire la taille des portions et la qualité des ingrédients. Nous savons tous que ce genre de décisions désespérées mènent à la catastrophe à long terme. C’est ce qui ressort des témoignages que nous avons reçus. A couple of witnesses have said don’t worry about the technology. The technology is going to evolve. It’s all about content development. There was a strong statement earlier. I forget who said it.

They said, “One could not go looking for what they don’t know exists.” Quelques témoins ont dit qu’il ne fallait pas s’inquiéter de la technologie, qui par nature évolue au fil du temps. Ce qui compte avant tout, c’est la création de contenu. J’ai entendu une citation percutante de la part d’un témoin tout à l’heure : « On ne peut pas chercher ce dont on ignore l’existence. ». I believe it is the content developers that identify the talent and opportunities that exist out there. How has that evolved over the last number of years?

How has it been supported financially to allow you the opportunity to go out and develop the content? How has that changed? How has CBC stepped back? Can you elaborate on that? Je crois que ce sont les créateurs de contenu qui sont les mieux placés pour cerner les nouvelles opportunités, et découvrir de nouveaux talents. Comment la situation générale de la CBC a‑t‑elle évolué au cours des dernières années? À quoi ressemblent vos moyens de financement vous permettant d’innover et de créer du contenu de qualité? De quelle manière les dirigeants de la CBC ont-ils pris du recul?

Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet? Mr. Gelbart: You put your finger on the most vital part of it. Where are the new ideas coming from? Where are the new creators coming from? M. Gelbart : Vous avez mis le doigt sur un élément fondamental. D’où viennent les nouvelles idées? Qui sont les nouveaux créateurs de contenu? 108:18 Transport and Communications 27-11-2024

We’ve given that a lot of thought. One thing we are proposing to the Quebec government is to use its financing for English- language production to identify these young talents and new ideas. Nous y avons beaucoup réfléchi. Nous proposons notamment au gouvernement du Québec d’utiliser ses fonds consacrés aux productions anglophones pour mieux cibler les nouveaux créateurs de contenu, qui sont souvent des jeunes bourrés de talent. Again, one of the big concerns in Quebec in the French milieu is that the young people are watching YouTube. They’re watching YouTube in English.

They’re very concerned that they’re losing that audience. They’re not creating or building an audience for the future because they’re going to the American platforms, et cetera. Comme je l’ai déjà évoqué, l’une des grandes préoccupations du Québec francophone, c’est que les jeunes sont de plus en plus attirés vers du contenu en anglais sur YouTube et d’autres plateformes semblables. Par conséquent, les créateurs de contenu francophones sont très inquiets de perdre ce public qui leur était auparavant acquis.

It is vital that public television and new media — not just television, but YouTube channels, et cetera — be created and financed so this new audience is not going to become totally Americanized where they will be looking at American content. Ainsi, il est essentiel de continuer à financer notre diffuseur public et les nouvelles plateformes afin d’éviter l’américanisation culturelle complète de la population canadienne, et notamment des jeunes. The biggest challenge we have — Le plus grand défi que nous avons à relever... Senator Cuzner: But the funding support has been peeled back?

Le sénateur Cuzner : Mais le soutien financier a-t-il été réduit? Mr. Gelbart: We have a graph of it. In real terms, the $1.4 million, the amount of funding, has gone down. The real value of that money has been eroded by inflation. That amount hasn’t changed by 37%. In other words, the money the CBC gets now is only worth 37% of what it used to buy. M. Gelbart : Nous disposons d’un graphique à ce sujet. En termes réels, le montant de 1,4 million de dollars a diminué. La valeur réelle de cet argent a été érodée par l’inflation.

Autrement dit, le financement que reçoit aujourd’hui la CBC a perdu 37 % en dollars indexés, ou en dollars réels si vous préférez. Of course, I do feel for people who make decisions in Toronto. They’re under a squeeze. I might be asking for something. I can tell them I can make fantastic stories based in Quebec for the rest of the country to also know what is happening in Quebec, dramatically or with documentaries. But there is only so much that can be done, given the fact that they’re struggling doing what they need to do with the money that’s diminishing every year.

Bien entendu, je compatis avec les personnes qui prennent des décisions à Toronto. Ils sont sous pression. Je pourrais leur demander quelque chose. Je peux leur dire que je peux faire des histoires fantastiques basées au Québec pour que le reste du pays sache aussi ce qui se passe au Québec, de manière dramatique ou avec des documentaires. Mais il y a des limites à ce que l’on peut faire, étant donné qu’ils ont du mal à faire ce qu’ils doivent faire avec l’argent qui diminue chaque année. Mr. Cox: The money is diminishing on the private side too. It’s not only the CBC.

I talk to filmmakers and producers in Quebec. They say they’re frustrated because if they go to Bell or Rogers or, God forbid, Corus, they say those people are not authorized to give me a green light because the company as a whole doesn’t have the money to authorize a production, period. There is a market failure right now in production. That market failure is severe, and it goes across everybody. The only people who are left are the American platforms. M. Cox : L’argent diminue également dans le secteur privé. Il n’y a pas que la CBC. Je parle à des cinéastes et à des producteurs au Québec.

Ils se disent frustrés parce que s’ils s’adressent à Bell ou à Rogers ou, Dieu nous en garde, à Corus, ils disent que ces personnes ne sont pas autorisées à me donner le feu vert parce que la société dans son ensemble n’a pas l’argent nécessaire pour autoriser une production, un point c’est tout. Il y a actuellement une défaillance du marché en matière de production. Cette défaillance du marché est grave, et elle touche tout le monde. Les seules personnes qui restent sont les plateformes américaines. In 1932, public broadcasting was established.

A man called Graham Spry came to a committee like this and he explained, in terms of the Aird Report, how important it was to have public broadcast. He said, “You have a choice: the state or the United States.” That’s the choice you’re faced with now. It may even be too late. I don’t know. If you take the public sector out of the equation, you’re taking our strongest player out of the game. En 1932, la radiodiffusion publique a été créée.

Un homme d’affaires appelé Graham Spry s’était présenté devant un comité parlementaire comme le nôtre afin d’expliquer l’importance du diffuseur public, se basant sur le rapport Aird. M. Spry avait alors fait la déclaration-choc suivante: « Vous avez le choix: l’État ou les États-Unis ». C’est le choix auquel nous sommes tous confrontés aujourd’hui. Il est peut-être même trop tard. Je 27-11-2024 Transports et communications 108:19

n’en sais rien. Retirer le secteur public de l’équation, s’est se priver du joueur le plus fort. I heard Jen Gerson say earlier that a thousand flowers will bloom. I don’t know if she knew she was quoting Mao Zedong. She said the Conservatives want a thousand flowers to bloom. If you took out the CBC, those thousand flowers would be in the United States. We would have, from a media standpoint, a very small country, not a major country. If we want to go down that road, we can, but we are going to hit market failure. You’re hitting it already, and you have to recognize that.

J’ai entendu Mme Gerson dire tout à l’heure que les conservateurs souhaitent laisser mille fleurs s’épanouir. J’ignore si elle avait conscience de citer Mao Zedong. L’abolition complète de la CBC mènerait en effet à l’éclosion de mille fleurs, mais aux États-Unis. Le Canada, bien que doté d’un immense territoire, risque à terme de devenir un nain sur le plan des médias. Il est possible d’emprunter une telle voie, mais nous risquons alors de faire face à la dure réalité de la concurrence sur les marchés. Vous êtes d’ailleurs déjà confrontés à ce genre de difficultés, comme nous le serons bientôt tous.

Simply talking about the fact that the CBC makes decisions and the management makes mistakes, that’s absolutely correct. We might disagree about which mistakes, but we all agree they’re making mistakes. They lost 37% of their money since 1991 in real dollars. To simply say you have enough money isn’t true. If you compare to other public broadcasters, it’s really not true. À mon avis, il est légitime de critiquer plusieurs décisions prises par la haute direction de la CBC.

Malgré nos divergences, je pense que nous sommes tous d’accord pour dire que des erreurs considérables ont été commises. Je tiens à rappeler en effet que depuis 1991, la CBC a perdu environ 37 % de la valeur de son financement en dollars réels. Ainsi, il est erroné de prétendre que la CBC reçoit assez de financement. Si l’on compare la situation financière de notre société d’État avec les radiodiffuseurs publics de pays similaires, on voit tout de suite où le bât blesse. Frankly, those other countries value what’s on their media more than we do, at least in English.

In English everybody says, “Oh, I turned on the TV, or turned on the computer, and I’m getting all kinds of stuff.” They don’t have a problem because they don’t recognize that they do have a problem. They don’t realize they’re missing the Canadian element. Whether it’s local or national, they’re missing it and they don’t even recognize it. It’s up to you and Parliament to say we have a problem. We have to do something about it, and maybe we don’t know what to do, but to simply get rid of the CBC is absolutely the wrong direction to go.

En réalité, ces autres pays accordent beaucoup plus d’importance à leurs médias nationaux que le Canada. Les Canadiens anglais nous rapportent souvent à quel point il est facile d’accéder en un clic à du contenu anglophone de manière quasi illimitée. En tout respect, ils ne se rendent donc pas compte qu’il leur manque du contenu proprement canadien, et ce, tant à l’échelle locale, provinciale, territoriale, et nationale. C’est à vous et au Parlement d’affirmer haut et fort que la situation de la CBC est devenue très problématique.

Par conséquent, nous devons agir vite, mais se débarrasser purement et simplement de la CBC n’est absolument pas la bonne décision. The Chair: Thank you very much. Senator Cardozo, we’re down to three minutes, and they’re yours. Le président : Merci beaucoup. Monsieur Cardozo, il ne nous reste plus que trois minutes, et je vous les accorde. Senator Cardozo: I want to apologize for being late for this, but I want to tell you I was at an event to launch Inuit Nunangat University, which will be an Inuit University based in Nunavut.

A fabulous idea, and since you’re interested in Canadian history, I thought I would mention it. Le sénateur Cardozo : Je tiens d’abord à m’excuser d’être en retard; je devais me rendre à un événement dans le cadre de l’inauguration de la Inuit Nunangat University, un établissement d’enseignement supérieur établi au Nunavut. Il s’agit d’une brillante idée, et comme vous vous intéressez à l’histoire du Canada, j’ai pensé à vous en parler. Let me come to my question quickly. It’s around bias.

Perhaps the strongest argument or allegation against the CBC that is coming from conservatives, not big C Conservatives, but widely across small c conservatives, moderates and further to the right, is that the CBC is biased against conservatives and is too left. I won’t go into the various terminology. Essentially, it is too biased and not fair to conservatives. Permettez-moi d’en venir rapidement à ma question, qui porte sur les allégations de partialité chez la CBC.

Les principales allégations à l’encontre de la CBC qui émanent des conservateurs — non pas chez les idéologues radicaux, mais chez les conservateurs modérés —, est que la CBC est biaisée à l’égard du conservatisme, qu’elle penche trop à gauche. Sans rentrer dans les détails, la CBC est donc accusée d’être biaisée, notamment à l’encontre des gens de droite au sens large. 108:20 Transport and Communications 27-11-2024

What should the CBC do about bias, if you agree there is bias? Selon vous, que devrait faire la CBC pour lutter contre ce type de biais idéologiques? The proposal from the Conservative Party is to cut out English CBC because there is enough other English-language content,

whereas Radio-Canada plays a special role, and it certainly does in Quebec and in French-speaking Canada across the country. Le Parti conservateur propose de supprimer le financement réservé au réseau anglophone de la CBC, faisant remarquer qu’il existe déjà suffisamment de contenu en anglais dans l’écosystème médiatique canadien. Par contre, les conservateurs souhaitent préserver le financement accordé à Radio-Canada, qui joue selon eux un rôle particulier au Québec et au sein des communautés francophones partout au pays. Ms. Ludvig: May I just say something?

Radio-Canada plays a special role, but CBC plays a special role for the English- speaking community in Quebec. We are 1.3 million, and we count. It’s important to us. If we don’t have it, we lose. And especially outside Montreal, we lose connectivity with 20% of our community. In Montreal and elsewhere, we lose a reflection of who we are and what’s important to us. Radio-Canada is not going to invite me to speak to the issues about the English- speaking community in Quebec the way “Radio Noon Quebec” and CBC does. That’s important to our everyday lives. It’s important to our identity.

It’s important to our own vitality. Mme Ludvig : Puis-je ajouter quelque chose? Radio-Canada joue un rôle particulier, mais CBC joue un rôle particulier pour la communauté anglophone du Québec. Nous sommes 1,3 million et nous comptons. La CBC est importante pour nous. Si nous ne l’avons pas, nous sommes perdants. Et surtout en dehors de Montréal, nous perdons le contact avec 20 % des membres de notre communauté. À Montréal et ailleurs, nous perdons un reflet de ce que nous sommes et de ce qui est important pour nous.

Radio-Canada ne m’invitera pas à parler des problèmes de la communauté anglophone du Québec comme le font Radio Noon Quebec et la CBC. C’est important pour notre vie quotidienne. C’est important pour notre identité. C’est important pour notre propre vitalité. Ms. Martin-Laforge: One of the most important units you have in Quebec is the community engagement unit where they partner with organizations across Quebec to hear stories and to bring community engagement and understand.

Whether they be in the Lower North Shore or in Montreal, that community group that does consultation regularly and systematically with the English-speaking community is bringing stories and ideas to content people. I believe that unit, for example, helps to decrease the bias and brings real stories to English CBC in Quebec. Mme Martin-Laforge : L’une des unités les plus importantes au Québec est celle qui s’occupe de l’engagement de la communauté et qui s’associe à des organisations dans tout le Québec pour entendre des histoires, susciter l’engagement de la communauté et la comprendre.

Que ce soit dans la Basse-Côte- Nord ou à Montréal, ce groupe communautaire qui consulte régulièrement et systématiquement la communauté anglophone apporte des idées aux personnes concernées. Je crois que cette unité, par exemple, aide à réduire les préjugés et apporte de vraies histoires à la CBC anglaise au Québec. Mr. Gelbart: I think what you bring up is very important. One of the first things I would like to say is that the CBC is much more than news, because what we’re talking about is a certain bias in the news part of the CBC.

Let’s not forget that it has a lot of other things, like Indigenous languages and all kinds of programming, a variety of children’s programming, et cetera. The issue is an editorial one with one part of the CBC, and that can be dealt with in an open debate. It doesn’t mean that it becomes the voice of one side or the other. I think that’s where the public argument has to be, but not by eliminating the forum where this can be discussed, but rather confronting the forum and articulating what you’ve said you’ve heard across the country, and letting the CBC be the stage where that is debated. M.

Gelbart : Je pense que ce que vous soulevez est très important. L’une des premières choses que je voudrais dire, c’est que la CBC ne se limite pas à l’information, parce que ce dont nous parlons, c’est d’un certain parti pris dans la

partie de la CBC consacrée à l’information. N’oublions pas qu’il y a beaucoup d’autres choses, comme les langues autochtones et toutes sortes de programmes, une variété de programmes pour enfants, et ainsi de suite. Il s’agit d’un enjeu éditorial concernant un secteur de la CBC, que nous pourrons traiter dans le cadre d’un débat libre et éclairé. Cela ne signifie pas que le diffuseur public ait vocation à se transformer en haut-parleur pour telle ou telle communauté linguistique.

Je pense qu’au lieu d’abolir le financement du diffuseur public, nous devons continuer de mener ce genre de débats sur toutes les plateformes qui s’offrent à nous. If the whole of television is just gotten rid of, then there isn’t even that forum to have that discussion, which I think is important to Canadians. Se débarrasser du diffuseur public dans son ensemble, c’est se priver d’une plateforme pour mener des discussions qui, je pense, sont importantes aux yeux de la population canadienne. 27-11-2024 Transports et communications 108:21

Senator Cardozo: On the matter of the English-speaking community of Quebec, that viewpoint is not being heard in the national debate. Le sénateur Cardozo : En ce qui concerne la communauté anglophone du Québec, ce point de vue n’est malheureusement pas assez représenté au sein du débat national. The Chair: I hate to interrupt, but the three minutes are way over. Le président : Monsieur Cardozo, je suis désolé de devoir vous interrompre, mais vos trois minutes sont écoulées. On behalf of the committee, I would like to thank you all for coming before us and sharing your views.

Au nom du Comité, je tiens à remercier tous les invités pour leur présence. [Translation] [Français] Honourable senators, for our second panel this evening, the committee welcomes Martin Théberge, President of the Société nationale de l’Acadie.

He is accompanied by representatives of provincial francophone groups from Atlantic Canada: Nicole Arseneau-Sluyter, President of the Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick; Denise Comeau-Desautels, President of the Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse; Charles Duguay, President of the Société acadienne et francophone de l’Île-du- Prince-Edouard; and Tony Cornect, President of the Fédération des francophones de Terre-Neuve et du Labrador. Honorables sénateurs, pour notre deuxième groupe de témoins ce soir, le comité accueille, en présentiel Martin Théberge, président de la Société nationale de l’Acadie.

Il est accompagné des représentants des groupes provinciaux francophones du Canada atlantique : Nicole Arseneau-Sluyter, présidente de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick; Denise Comeau- Desautels, présidente de la Fédération acadienne de la Nouvelle- Écosse; Charles Duguay, président de la Société acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard; Tony Cornect, président de la Fédération des francophones de Terre-Neuve et du Labrador. Welcome to our committee. We will first hear Mr. Théberge’s opening remarks of 10 minutes on behalf of all witnesses present.

We will then proceed to questions from senators. Bienvenue à notre comité. Nous commencerons par l’allocution d’ouverture de 10 minutes de M. Théberge, au nom de tous les témoins. On procédera par la suite à la période des questions. Martin Théberge, President, Société nationale de l’Acadie: Honourable senators, my name is Martin Théberge, and I’m President of the Société nationale de l’Acadie. With me are the presidents of the four provincial francophone organizations, representing Prince Edward Island, New Brunswick, Nova Scotia and Newfoundland and Labrador.

Martin Théberge, président, Société nationale de l’Acadie : Honorables sénateurs, mon nom est Martin Théberge et je suis président de la Société nationale de l’Acadie. Je suis accompagné des présidences des quatre organismes francophones provinciaux, porte-parole de l’Île-du-Prince- Édouard, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve-et-Labrador. We’re here today to talk to you about a subject that’s close to our hearts, but which, we must admit, feels like sad déjà vu.

Nous vous entretenons aujourd’hui d’un sujet qui nous tient à cœur, mais qui, il faut l’avouer, nous semble être un triste déjà- vu. First, I would like to say a few words about our part of the country, Acadia. Today’s Acadia is made up of the French- speaking regions of the four Atlantic provinces. The vast majority of its few hundred thousand French-speaking inhabitants are, for the most part, descendants of settlers from France — and some from other countries — in the 17th and 18th centuries, and even in the 16th century in the case of Newfoundland. D’abord, quelques mots sur notre coin de pays, l’Acadie.

L’Acadie d’aujourd’hui est constituée des régions francophones des quatre provinces de l’Atlantique. La grande majorité des quelques centaines de milliers d’individus francophones qui l’habitent sont, pour la plupart, les descendants de colons venus de la France — certains d’autres pays — au XVIIe et au XVIIIe siècle, voire au XVI e siècle dans le cas de Terre-Neuve. Some of you may know that this colonial experience ended in the Great Upheaval, with multiple deportations, unwanted displacements and decades of wandering. It was an odyssey fraught with hardship, and many perished.

That’s why there are so many Acadians in France, Quebec and Louisiana today. Certains d’entre vous savent sans doute que cette expérience coloniale s’est terminée par le Grand Dérangement, soit des déportations multiples, des déplacements non voulus et des errances qui se sont prolongées pendant des dizaines d’années. Ce fut une odyssée parsemée d’épreuves lors de laquelle un 108:22 Transport and Communications 27-11-2024

grand nombre ont péri. C’est ce qui explique la présence aujourd’hui d’un si grand nombre d’Acadiens et d’Acadiennes en France, au Québec et en Louisiane. Some of the deportees returned to what is now Acadia and found an even larger group that had managed to hold on to the land, surviving by dint of pain and hardship. These were the ancestors of the Acadians of the Atlantic. Despite these troubled years, Acadia has managed to build a vibrant, diverse community that is proud of its identity and its French language, which it has managed to preserve.

Certains déportés sont revenus dans la région de l’Acadie actuelle et y ont retrouvé un groupe encore plus nombreux qui avait réussi à s’accrocher au territoire et qui avait survécu de peine et de misère. Ce sont les ancêtres des Acadiens et Acadiennes de l’Atlantique. L’Acadie a réussi, malgré ces années troubles, à se doter d’une communauté vivante, diversifiée, fière de son identité et de sa langue française qu’elle a su préserver. However, Acadia still needs tools to continue its development and not to lose its gains.

One of these tools is Radio-Canada, which has been present in the region since the creation of the Moncton station 60 years ago this year, the first outside Quebec. Cependant, l’Acadie a toujours besoin d’outils pour continuer son développement et ne pas perdre ses acquis. L’un de ces outils est Radio-Canada, présente dans la région depuis la création, il y a 60 ans cette année, de la station de Moncton, la première à voir le jour à l’extérieur du Québec.

For decades, the Acadian community — indeed, the entire Canadian francophonie — has been saying how much it values Radio-Canada and how crucial its role is for the vitality and development of the French language and culture. This is all the more true in rural areas, where media coverage is often very poor. Depuis des dizaines d’années, la communauté acadienne — en fait toute la francophonie canadienne — répète combien elle tient à Radio-Canada et à quel point son rôle est crucial pour la vitalité et l’épanouissement de la langue française et de sa culture.

C’est d’ailleurs encore plus vrai pour les régions rurales où l’offre médiatique est souvent très pauvre. However, Acadian communities have also been hoping for decades to have a greater place in our public broadcaster’s radio and TV programming. Unfortunately, this mission hasn’t yet been accomplished. Par contre, cela fait également des décennies que les communautés acadiennes espèrent obtenir une plus grande place au sein de la programmation radio et télé de notre diffuseur public. C’est une mission, hélas, qui n’est pas encore accomplie.

We recognize that in recent years, Radio-Canada has invested in its regional stations; it has increased its staff. Radio-Canada Acadie has moved closer to the community in some places. The problem remains in national programming. The Canadian francophonie still doesn’t really feel at home at Radio-Canada. Nous reconnaissons qu’au cours des dernières années, Radio- Canada a investi dans ses stations régionales; elle a augmenté ses effectifs. Radio-Canada Acadie s’est rapprochée de la communauté dans certains endroits. Là où le bât blesse toujours, c’est dans la programmation nationale.

La francophonie canadienne ne se sent toujours pas vraiment chez elle à Radio- Canada. Having a place isn’t just about being seen and heard; it’s also about adding our regional perspective and expertise to the debates and issues presented on national airwaves. Avoir sa place, ce n’est pas simplement être vu et entendu; c’est aussi ajouter notre perspective et notre expertise régionales dans les débats et les enjeux qui sont présentés à l’antenne nationale. Our opinions and our way of thinking and seeing the world are also worth knowing and sharing.

Nos opinions et notre façon de penser et de voir le monde valent aussi la peine d’être connues et partagées. During the hearings for the renewal of CBC/Radio-Canada’s licences in 2020, the Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada raised the idea of establishing a second national French-language production centre for Radio-Canada, outside Quebec. We echo this proposal. However, to suggest such a structural change is a sad reality. It shows just how little hope Acadia has that Radio-Canada, on its own, will be able to achieve the goal we want. We shouldn’t be surprised.

How many times have we been told, in response to our complaints, that our Lors des audiences pour le renouvellement des licences de CBC/Radio-Canada en 2020, la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada avait soulevé l’idée d’établir un deuxième centre de production national francophone de Radio-Canada, à l’extérieur du Québec. Nous reprenons à notre compte cette proposition. Cependant, évoquer un tel changement de structure témoigne d’une triste réalité. C’est dire à quel point l’Acadie n’a plus grand espoir que Radio-Canada, d’elle-même, puisse atteindre l’objectif que nous souhaitons.

Il 27-11-2024 Transports et communications 108:23

message has been understood, that changes will be made? We have been disappointed every time. ne faut pas s’en surprendre : combien de fois s’est-on fait dire, face à nos doléances, que notre message avait été compris, que des changements seraient apportés? Nous avons été déçus chaque fois. Real culture change requires more than words; it requires a structure, an accountable operational framework, and decentralization of programming Pour effectuer un véritable changement de culture, il faut plus que des mots : il faut une structure, un cadre opérationnel redevable et il faut aussi décentraliser la programmation.

It’s incomprehensible that after so many years, Radio-Canada has so few national programs, on both TV and radio, broadcast outside Quebec. How can we justify the fact that a public broadcaster mandated to serve a population from coast to coast can concentrate its national production in a single province or even a single city? How can we adequately reflect Canada’s francophone reality if almost all national news production — its current events shows, its radio and television programs — is designed, produced and hosted from Montreal?

Il est incompréhensible qu’après tant d’années, Radio-Canada compte si peu d’émissions nationales, tant à la télévision qu’à la radio, diffusées de l’extérieur du Québec. Comment peut-on justifier qu’un diffuseur public mandaté pour servir une population d’un océan à l’autre puisse concentrer ainsi sa production nationale dans une seule province, voire une seule ville? Comment peut-on refléter adéquatement la réalité francophone pancanadienne si presque toute la production nationale en information — ses magazines de société, ses émissions de radio et de télé — est conçue, réalisée et animée depuis Montréal?

We often hear that the country’s francophone communities don’t know each other very well. How can we hope to discover, appreciate and understand the reality of the country’s other communities with such a concentration of national programming in Quebec? On entend souvent dire que les communautés francophones du pays se connaissent mal. Or, comment peut-on espérer se découvrir, s’apprécier et comprendre la réalité des autres communautés du pays avec une telle concentration de la programmation nationale au Québec?

Canada’s new Official Languages Act sets out Radio-Canada’s obligations towards the development and promotion of linguistic minorities, particularly the French-speaking minority. Furthermore, under its current mandate, set out in the Broadcasting Act, the CBC must “contribute to shared national consciousness and identity.” La nouvelle

Loi sur les langues officielles du Canada précise les obligations de Radio-Canada envers le développement et la promotion des minorités linguistiques, particulièrement de la minorité francophone. De plus, par son mandat actuel, établi dans la

Loi sur la radiodiffusion, Radio-Canada doit « contribuer au partage d’une conscience et d’une identité nationales ». Can we really say that Radio-Canada, with such centralization, can promote and develop the francophone minority, or that it contributes to the sharing of a “national consciousness and identity”? We think not. Peut-on vraiment affirmer que Radio-Canada, avec une telle centralisation, peut promouvoir et développer la minorité francophone ou qu’elle contribue au partage d’une « conscience et d’une identité nationales »? Nous pensons que non.

To do that, we not only need to relocate programs, we must also decentralize teams. National programs need to be able to rely on producers, researchers or other members of the team stationed permanently here and there throughout the country who could then contribute daily or weekly to the development of programming. Pour y arriver, il ne faut pas uniquement délocaliser des émissions, il faut décentraliser les équipes.

Il faut que les émissions nationales puissent compter sur des réalisateurs, des recherchistes ou d’autres membres de l’équipe postés en permanence ici et là au pays qui pourraient ainsi contribuer chaque jour ou chaque semaine à l’élaboration de la programmation. In addition to those already outlined, here are three other recommendations that would strengthen Radio-Canada’s services in the Atlantic region and for all francophone minority communities across Canada.

En plus de celles déjà énoncées, voici trois autres recommandations qui renforceraient les services de Radio- Canada dans la région de l’Atlantique ainsi que pour tous les francophones en situation minoritaire au pays. First, Radio-Canada’s national broadcasts of shows that are emblematic of Canada’s French-speaking communities, such as the Fête nationale de l’Acadie air on August 15, during prime time.

D’abord, la diffusion, à l’antenne nationale de Radio-Canada, des spectacles emblématiques pour les communautés de la francophonie canadienne, à l’instar du spectacle de la Fête nationale de l’Acadie, le 15 août, à une heure de grande écoute. 108:24 Transport and Communications 27-11-2024

Second, the production of a second newscast in the Atlantic region that would be broadcast in Nova Scotia, Prince Edward Island and Newfoundland and Labrador. “Le téléjournal” currently produced in Moncton would then be broadcast only in New Brunswick. Acadian and francophone communities in the four provinces would then be better served with news on television. Ensuite, la production d’un second téléjournal dans la région atlantique qui serait diffusé en Nouvelle-Écosse, à l’Île-du- Prince-Édouard et à Terre-Neuve-et-Labrador.

Le téléjournal produit actuellement à Moncton serait alors diffusé uniquement au Nouveau-Brunswick. Les communautés acadiennes et francophones des quatre provinces seraient alors mieux servies en nouvelles à la télévision. Lastly, in Newfoundland and Labrador, a correction should be made to the fact th

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CollectionSenate Committees
CitationTRCM / Evidence / 108ev-57092
Typecommittee
Volume / chapter441 / Evidence / 108ev-57092
Languageen
Formatpdf
SourceCOMM_SEN
Identifierab043b3fd24df48cc15fc8cd0f95725ea44cabdc

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