Senate Committee — TRCM — Evidence — 25ev-55736
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EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Wednesday, October 19, 2022 OTTAWA, le mercredi 19 octobre 2022 The Standing Senate Committee on Transport and Communications met with videoconference this day at 6:46 p.m. [ET] to study the subject matter of Bill C-11,
An Act to amend the Broadcasting Act and to make related and consequential amendments to other Acts. Le Comité sénatorial permanent des transports et des communications se réunit aujourd’hui, à 18 h 46, avec vidéoconférence, pour étudier la teneur du projet de loi C-11, Loi modifiant la
Loi sur la radiodiffusion et apportant des modifications connexes et corrélatives à d’autres lois. Senator Leo Housakos (Chair) in the chair. Le sénateur Leo Housakos (président) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Chair: My name is Senator Leo Housakos, and I am representing the province of Quebec. I’d like senators to introduce themselves. Le président : Je m’appelle Leo Housakos et je représente la province de Québec. J’invite les sénatrices et sénateurs à se présenter. Senator Simons: Senator Paula Simons, Alberta, Treaty 6 territory.
La sénatrice Simons : Sénatrice Paula Simons, Alberta, territoire du Traité n o 6. [Translation] [Français] Senator Miville-Dechêne: Julie Miville-Dechêne, Quebec. La sénatrice Miville-Dechêne : Julie Miville-Dechêne, du Québec. [English] [Traduction] Senator Busson: Bev Busson from British Columbia. La sénatrice Busson : Bev Busson, de la Colombie- Britannique. Senator Klyne: Marty Klyne, senator from Saskatchewan, Treaty 4 territory. Le sénateur Klyne : Marty Klyne, sénateur de la Saskatchewan, territoire du Traité n o 4. [Translation] [Français] Senator Gagné: Raymonde Gagné, Manitoba.
La sénatrice Gagné : Raymonde Gagné, du Manitoba. [English] [Traduction] Senator Tannas: Scott Tannas, Alberta. Le sénateur Tannas : Scott Tannas, de l’Alberta. Senator Quinn: Jim Quinn, New Brunswick. Le sénateur Quinn : Jim Quinn, du Nouveau-Brunswick. Senator Manning: Fabian Manning, Newfoundland and Labrador. Le sénateur Manning : Fabian Manning, de Terre-Neuve-et- Labrador. [Translation] [Français] Senator Clement: Bernadette Clement, Ontario. La sénatrice Clement : Bernadette Clement, de l’Ontario. [English] [Traduction] Senator Dasko: Donna Dasko, senator from Ontario.
La sénatrice Dasko : Donna Dasko, sénatrice de l’Ontario. Senator Wallin: Pamela Wallin from the province of Saskatchewan. La sénatrice Wallin : Pamela Wallin, de la Saskatchewan. 19-10-2022 Transports et communications 25:1
The Chair: Thank you, colleagues. We are meeting to continue our examination of the subject matter of Bill C-11,
An Act to amend the Broadcasting Act and to make related and consequential amendments to other acts. Le président : Merci, chers collègues. Nous poursuivons notre examen du projet de loi C-11, Loi modifiant la
Loi sur la radiodiffusion et apportant des modifications connexes et corrélatives à d’autres lois. Joining us for the first panel this evening, I am pleased to welcome, from the Macdonald-Laurier Institute, Peter Menzies, Senior Fellow, who is with us by video conference, and Communications Médias Inc., Mr. Robert Armstrong, President, who is also with us via video conference. Both of our guests will have five minutes for their presentations, to be followed by questions and answers with senators. Nous recevons ce soir notre premier groupe de témoins. J’ai le plaisir d’accueillir M.
Peter Menzies, chercheur principal à l’Institut Macdonald-Laurier, qui est avec nous par vidéoconférence, et M. Robert Armstrong, président de Communications Médias Inc., qui est également avec nous par vidéoconférence. Nos deux invités disposeront de cinq minutes chacun pour présenter leur exposé, après quoi les sénateurs leur poseront des questions. Mr. Menzies, you have the floor. Monsieur Menzies, vous avez la parole.
Peter Menzies, Senior Fellow, Macdonald-Laurier Institute: The development of the internet has caused a good deal of disruption to a number of enterprises, while at the same time allowing for a great many others to flourish. That is the story of progress. That is the story of change. Peter Menzies, chercheur principal, Institut Macdonald- Laurier : Le développement d’Internet a causé beaucoup de perturbations dans un certain nombre d’entreprises, tout en permettant à beaucoup d’autres de prospérer. C’est l’histoire du progrès. C’est l’histoire de l’évolution.
This isn’t the first time it has happened, and it won’t be the last. In the case of Canada’s film and television production industry, it has created an unprecedented period of prosperity — roughly 80% growth in a decade. Not only that, but tens of thousands of Canadians can now make a living via YouTube and other online platforms that give them unfettered access to global audiences. Ce n’est pas la première fois que cela arrive, et ce ne sera pas la dernière.
Dans le cas du secteur canadien de la production cinématographique et télévisuelle, cela a été une période de prospérité sans précédent, avec une croissance d’environ 80 % en une décennie. De plus, des dizaines de milliers de Canadiens peuvent maintenant gagner leur vie grâce à YouTube et à d’autres plateformes en ligne qui leur donnent un accès sans entrave à des auditoires mondiaux. Bill C-11 puts that prosperity at risk.
At a time when Canada needs forward-looking legislation that will equip it to succeed in the 21st century, Bill C-11 looks backwards to something called the Broadcasting Act managed by something called the Canadian Radio-Television Commission. Le projet de loi C-11 met cette prospérité en péril. À un moment où le Canada a besoin d’une loi tournée vers l’avenir qui lui donnera les outils nécessaires pour réussir au XXIe siècle, le projet de loi C-11 est une régression par rapport à ce qu’on appelle la
Loi sur la radiodiffusion, qui est gérée par ce qu’on appelle le Conseil de la radiodiffusion canadienne. At a time when Canada needs to inspire innovation and adaptation to have its creative and other industries flourish, Bill C-11 seeks to stuff the infinite opportunities of the internet into
an act designed for a world of limited resources and scarce opportunity. Au moment où le Canada doit favoriser l’innovation et l’adaptation pour que ses secteurs créatifs et d’autres puissent prospérer, le projet de loi C-11 cherche à enfermer les possibilités infinies d’Internet dans une réglementation conçue pour un monde aux ressources et aux possibilités limitées. In doing so, it is creating uncertainty, and uncertainty depresses investment, and less investment means fewer jobs and opportunities for Canadians.
Bill C-11 seems to be inspired by a desire to assist those whose business models are having difficulty adjusting to the internet age. That’s an understandable desire, but to the extent this overly broad legislation will assist those groups, it will do so at the expense of those who have adapted and succeeded. Ce faisant, il crée de l’incertitude, et l’incertitude fait baisser les investissements; et moins d’investissements, cela veut dire moins d’emplois et de possibilités pour les Canadiens.
Le projet de loi C-11 semble inspiré par le désir d’aider ceux dont les modèles d’affaires ont de la difficulté à s’adapter à l’ère d’Internet. C’est un désir compréhensible, mais l’aide que cette loi apportera à ces groupes se fera au détriment de ceux qui se sont adaptés et qui ont réussi. As time is brief, I will focus on three points.
The first is that I urge you to amend Bill C-11 to make it absolutely clear that under no circumstances will the CRTC have jurisdiction over user-generated content, neither directly nor through platforms Comme nous n’avons pas beaucoup de temps, je vais me concentrer sur trois points. Premièrement, je vous invite à modifier le projet de loi C-11 pour qu’il soit absolument clair que le CRTC n’aura en aucun cas de compétence sur le contenu 25:2 Transport and Communications 19-10-2022
that depend upon it. I can’t say I have been able to read every submission but, as near as I can tell, only the Quebec music industry strongly favours it. If the government wishes to provide additional support to francophone music producers, it needs to look for less invasive ways to do it. produit par les utilisateurs, ni directement ni par l’entremise des plateformes qui en dépendent. Je n’ai pas lu tous les mémoires, mais, pour autant que je sache, seul le secteur musical du Québec y est fortement favorable.
Si le gouvernement veut offrir un soutien supplémentaire aux producteurs de musique francophones, il doit chercher des moyens moins invasifs de le faire. I think it would do the majority of creators and citizens in Canada a favour by rejecting this bill and asking the government to work on a 21st-century approach to communications. But with respect, I don’t think the Senate is going to do that. What you could do, though — and this is my second point — is further amend this bill to ensure it only applies to streaming companies with annual Canadian revenue of $150 million or more.
Not only will this simplify the original intention of the legislation to get money from web giants, it will minimize the volume of lengthy CRTC processes involved, lessen uncertainty, reduce risk of stalled or stranded investment and allow for a speedier flow of money to those to whom the government wishes money to flow. Je pense qu’on rendrait service à la majorité des créateurs et des citoyens du Canada en rejetant ce projet de loi et en demandant au gouvernement de se doter d’une stratégie de communication adaptée au XXIe siècle. Sauf votre respect, je ne pense pas que le Sénat le fasse.
Vous pourriez cependant — et c’est mon deuxième point — modifier davantage ce projet de loi pour qu’il ne s’applique qu’aux entreprises de diffusion en continu enregistrant des revenus annuels de 150 millions de dollars ou plus au Canada. Non seulement cela simplifiera l’intention initiale de la loi, qui est de tirer de l’argent des géants du Web, mais cela permettra de réduire le nombre de processus fastidieux du CRTC, d’atténuer l’incertitude, de réduire le risque que les investissements soient retardés ou bloqués et d’accélérer l’acheminement de fonds à ceux à qui le gouvernement les destine.
Significantly, it will allow those creators whose goal is to operate freely in a market-based entrepreneurial environment to continue their success and innovation. In other words, if the government wants money from web giants, just go get money from web giants. If it wants to protect certain groups from change, go ahead and try, but not at the expense of those who are thriving through innovation and adaptation. Surtout, il permettra aux créateurs qui souhaitent fonctionner librement dans un environnement entrepreneurial axé sur le marché de continuer à réussir et à innover.
Autrement dit, si le gouvernement veut de l’argent des géants du Web, qu’il se contente de cela. S’il veut protéger certains groupes, qu’il le fasse, mais pas au détriment de ceux qui prospèrent en innovant et en s’adaptant. Narrowing scope will also limit interference with Canadians’ freedom to choose what they watch and listen to through unnecessary discoverability provisions to within the walls of major streaming apps.
En réduisant la portée de la loi, on évitera également d’entraver la liberté des Canadiens de choisir ce qu’ils regardent et écoutent en imposant des dispositions de découvrabilité inutiles aux principales applications de diffusion en continu. Last, pay no heed to those who admit that issues before you exist but are best settled by the CRTC. They are not. Contentious matters will bog down in years of regulatory haggling, court actions and cabinet appeals.
Enfin, n’écoutez pas ceux qui admettent que les questions dont vous êtes saisis existent effectivement, mais que c’est le CRTC qui sera le mieux placé pour les régler. Ce n’est pas le cas. Les questions litigieuses s’enliseront dans des années de marchandage réglementaire, de poursuites judiciaires et d’appels devant le Cabinet. Most recently, as we have seen, cabinet ordered the CRTC to review its licensing decision for CBC. Just to give some context, the last time the CRTC renewed CBC’s licence was 2013. Since 2018, the licence was repeatedly renewed administratively until a hearing was held in January 2021.
It took the CRTC 18 months to post a decision, and 16 groups then appealed that decision to cabinet. So now the CBC is unlikely to get certainty on its conditions of licence until 2023, 10 years after it was last licensed — 10 years — and that is for a CBC licence which, compared with what Bill C-11 puts before the CRTC, is a walk in the park. Tout récemment, le Cabinet a ordonné au CRTC de revoir sa décision concernant l’octroi de licence à la SRC. Rappelez-vous, c’est en 2013 que le CRTC a renouvelé la licence de la SRC la dernière fois.
Depuis 2018, cette licence a été renouvelée à plusieurs reprises par voie administrative, jusqu’à l’audience de janvier 2021. Il a fallu 18 mois au CRTC pour rendre une décision, et 16 groupes ont fait appel de cette décision devant le Cabinet. Il est donc peu probable que la SRC obtienne des garanties sur ses conditions de licence avant 2023, soit 10 ans après l’obtention de sa dernière licence — 10 ans —, et tout cela pour une simple licence qui, comparativement à ce que le projet de loi C-11 prévoit pour le CRTC, est une bagatelle. 19-10-2022 Transports et communications 25:3
There are also issues regarding the inherent advantages enjoyed by those experienced in navigating the regulatory system and who speak the language of the CRTC over those who will be regulatory rookies. Il y a aussi des enjeux concernant les avantages inhérents de ceux qui connaissent bien le système de réglementation et qui parlent le langage du CRTC contrairement aux non-initiés. I urge you to act now and, for the sake of all involved, to narrow the scope of this legislation before it’s too late. Thank you for the opportunity.
Vous devez agir dès maintenant et, pour le bien de tous les intéressés, restreindre la portée de cette loi avant qu’il ne soit trop tard. Je vous remercie de votre invitation. The Chair: Thank you, Mr. Menzies. Now we turn the floor over to Mr. Armstrong. Le président : Merci, monsieur Menzies. C’est au tour de M. Armstrong. [Translation] [Français] Robert Armstrong, President, Communications Médias Inc.: Good evening, Mr. Chair and members of the committee. Thank you for inviting me to appear.
Robert Armstrong, président, président, Communications Médias Inc. : Bonsoir, monsieur le président et mesdames et messieurs les membres du comité. Je vous remercie de l’invitation à comparaître devant vous. I’m a broadcast consultant to francophone audiovisual content creator associations. My presentation today is personal and doesn’t necessarily represent the views of the organizations I advise. Je suis conseiller en radiodiffusion auprès d’associations de créateurs francophones en audiovisuel.
Ma présentation aujourd’hui est d’ordre personnel et ne représente pas nécessairement le point de vue des organismes que je conseille. Bill C-11 is primarily intended to integrate the web giants into the Canadian broadcasting system to ensure that they contribute to Canadian culture, and to meet the needs and interests of the multiethnic and multicultural communities the broadcasting system serves. It provides a major and necessary revision that has the potential to improve the volume and quality of programming available to Canadians. At the same time, it seeks to respect internet users’ freedom of expression.
In principle, it will not apply to social media, although the CRTC may use its discretion in certain exceptional cases. Le projet de loi C-11 vise principalement à intégrer les géants du Web dans le système canadien de radiodiffusion, à assurer qu’ils contribuent à la culture canadienne et à répondre aux besoins et aux intérêts de la population multiethnique et multiculturelle que sert le système de radiodiffusion. Il propose une révision importante et nécessaire qui offre le potentiel d’améliorer le volume et la qualité des émissions offertes aux Canadiens.
En même temps, il vise à respecter la liberté d’expression des internautes. En principe, il ne s’appliquerait pas aux médias sociaux, quoique le CRTC puisse utiliser son pouvoir discrétionnaire dans certains cas exceptionnels. Notwithstanding its importance, Bill C-11 creates a double standard by treating Canadian and foreign businesses differently. I therefore support it with a few minor amendments. Nonobstant son importance, le projet de loi C-11 fait deux poids, deux mesures en traitant différemment les entreprises canadiennes et les entreprises étrangères.
Je l’appuie donc à condition qu’il soit assorti de quelques modifications simples. Unlike the current legislation, which stipulates the following: Contrairement à la présente loi, qui stipule ce qui suit : (
f) Each broadcasting undertaking shall make maximum use, and in no case less than predominant use, of Canadian creative and other resources in the creation and presentation of programming . . .
f) toutes les entreprises de radiodiffusion sont tenues de faire appel au maximum, et dans tous les cas au moins de manière prédominante, aux ressources — créatrices et autres — canadiennes pour la création et la présentation de leur programmation […] — Bill C-11 proposes separate targets for domestic and foreign businesses. — le projet de loi C-11 propose des objectifs distincts pour les entreprises canadiennes et étrangères. However, subsection 3(1)(
f) of the current legislation already provides a loophole for foreign undertakings, where appropriate, by conceding that the use of creative and other resources may turn out to be “impracticable” due to “the nature of the service.” In such cases, broadcasting undertakings will be required to use such resources to the maximum extent practicable. I therefore Pourtant, l’alinéa 3(1)
f) de la loi actuelle offre déjà une échappatoire aux entreprises étrangères, le cas échéant, en concédant que l’usage de ressources créatrices et autres peut s’avérer « difficilement réalisable en raison de la nature du service ». Auquel cas, les entreprises de radiodiffusion devront faire appel aux ressources en question dans toute la mesure du 25:4 Transport and Communications 19-10-2022
recommend either adopting the wording proposed by the Coalition for the Diversity of Cultural Expressions or striking out
section 3(1)(
f) from the bill and retaining the wording in the current legislation. possible. Je propose donc soit d’adopter le libellé proposé par la Coalition pour la diversité des expressions culturelles, soit de biffer l’alinéa 3(1)
f) du projet de loi et de retenir le libellé de la loi actuelle. Bill C-11’s dual approach extends to the regulatory framework seeking to govern traditional and online businesses, especially those based in the United States. Bill C-11 would give new powers to the CRTC to regulate them by order, with the powers being primarily aimed at large online businesses. However, such orders would not require public hearings,
whereas the granting, revocation or suspension of any licence held by an existing Canadian company would be subject to subsection 18(1) of the bill. This unequal treatment between orders and licenses may shield online businesses from public scrutiny, and this should be rectified. La dualité d’approche du projet de loi C-11 se poursuit en ce qui concerne le cadre réglementaire qui vise à régir les entreprises traditionnelles et les entreprises en ligne, surtout américaines.
Le projet de loi C-11 propose d’accorder de nouveaux pouvoirs au CRTC pour les réglementer par ordonnance, des pouvoirs qui visent d’abord les grandes entreprises en ligne. Or, de telles ordonnances ne seraient pas subordonnées à la tenue d’audiences publiques, alors que l’attribution, la révocation ou la suspension de toute licence détenue par une entreprise canadienne existante le serait en conformité avec le paragraphe 18(1) du projet de loi. Cette inégalité de traitement entre ordonnances et licences risque de soustraire les entreprises en ligne à un examen public et elle devrait être corrigée.
This same duality also applies with respect to appealing CRTC decisions with the cabinet. While the current legislation allows members of the public to request that cabinet refer a decision back to the CRTC for review, Bill C-11 does not allow for the referral of an order. Once again, foreign-dominated online companies would gain a privilege that would not be available to licensed Canadian companies. The Senate should correct subsection 28(1) of the bill by making it apply to any CRTC decision. La même dualité se manifeste sur le plan de l’appel des décisions du CRTC au Conseil des ministres.
Même si la loi actuelle permet aux membres du public de demander au Conseil des ministres de renvoyer au CRTC une décision pour réexamen, le projet de loi C-11 n’autorise pas le renvoi d’une ordonnance. Une fois de plus, les entreprises en ligne de prédominance étrangère obtiendraient un privilège qui ne serait pas accordé aux entreprises canadiennes régies par licence. Le Sénat devrait corriger le paragraphe 28(1) du projet de loi en l’appliquant à toute décision du CRTC. Also, as a related amendment, Bill C-11 proposes making an addition to
section 6 of the Status of the Artist Act so that it does not apply to online businesses. Online businesses, especially the Canadian-based tech giants, should not be exempt from negotiating with our creators, while the Canada Labour Code and the federal Status of the Artist Act would continue to apply to license Canadian businesses. The Senate should reject this addition. De plus, en modification connexe, le projet de loi C-11 propose un ajout à l’article 6 de la
Loi sur le statut de l’artiste afin qu’elle ne s’applique pas aux entreprises en ligne. Les entreprises en ligne, surtout les géants du Web établis au Canada, ne devraient pas échapper à toute négociation avec nos créateurs, alors que le Code canadien du travail et la Loi fédérale sur le statut de l’artiste continueraient de s’appliquer aux entreprises canadiennes régies par licence. Le Sénat devrait rejeter cet ajout.
Finally, the current legislation already allows the government to give directions of general application to the CRTC related to the legislation’s objectives and regulating the Canadian broadcasting system. Through Bill C-11, the government appears to want to almost completely take control of system regulation at the expense of the CRTC’s independence. It shows in the amendments to subsections 7(1) and 10(12) and
section 34.995 of the Broadcasting Act regarding directions that cabinet may give to the CRTC. Enfin, la loi actuelle permet déjà au gouvernement de donner au CRTC des instructions d’application générale relatives aux objectifs de la loi et à la réglementation du système canadien de radiodiffusion. Par l’intermédiaire du projet de loi C-11, le gouvernement semble vouloir prendre le contrôle presque complet de la réglementation du système au détriment de l’indépendance du CRTC. C’est ce qu’indiquent les modifications aux paragraphes 7(1), et 10(1.2) et à l’article 34.995 de la
Loi sur la radiodiffusion concernant les instructions que le Conseil des ministres peut donner au CRTC. These subsections reduce the CRTC’s autonomy in favour of directions from the federal cabinet, which is a very political move. The Senate should eliminate these three subsections. Ces paragraphes réduisent l’autonomie du CRTC au profit des directives du Conseil des ministres du Canada, un geste hautement politique. Le Sénat devrait supprimer ces trois paragraphes. 19-10-2022 Transports et communications 25:5
To sum up, I am proposing the following changes, and they are very straightforward: Strike out
section 3(1)(
f) of Bill C-11 and retain the wording of the current legislation; add subsection 9.1(1) to the wording of subsection 18(1) of Bill C-11 to ensure that both orders and licences are subject to public hearings by the CRTC; in subsection 28(1) of Bill C-11, replace “a decision under
section 9 to issue, amend or renew a license” with “any decision”; strike out the addition to
section 6 of the Status of the Artist Act proposed in Bill C-11; strike out subsections 7(1) and 10(1.2) and
section 34.995 of Bill C-11 and retain the wording of the current legislation to maintain the CRTC’s independence from political authority. En résumé, je propose les modifications suivantes, qui sont très simples : biffer l’alinéa 3(1)
f) du projet de loi C-11 et conserver le libellé de la loi actuelle; ajouter le paragraphe 9.1(1) au libellé du paragraphe 18(1) du projet de loi C-11, pour faire en sorte que les ordonnances aussi bien que les licences soient subordonnées à la tenue d’audiences publiques par le conseil; au paragraphe 28(1) du projet de loi C-11, remplacer « la décision de celui-ci d’attribuer, de modifier ou de renouveler une licence en vertu de l’article 9 » par « toute décision »; biffer l’ajout à l’article 6 de la
Loi sur le statut de l’artiste proposé dans le projet de loi C-11; supprimer les paragraphes 7(1) et 10(1.2) et l’article 34.995 du projet de loi C-11 et conserver le libellé de la loi actuelle afin de maintenir l’indépendance du CRTC par rapport au pouvoir politique. I thank you for your attention, and I would be pleased to answer any questions you may have. Je vous remercie de votre attention, et c’est avec plaisir que je répondrai à toute question que vous voudrez me poser. The Chair: Thank you very much, Mr. Armstrong.
Le président : Merci beaucoup, monsieur Armstrong. [English] [Traduction] Senator Wallin: My questions are for Mr. Menzies, and I’ll ask you to put on your hat as a former vice-chair of the CRTC. I know you have many, but it gives you a specific qualification on this. I’ll put two questions forward, and you can divide the time. La sénatrice Wallin : Mes questions s’adressent à M. Menzies à
titre d’ancien vice-président du CRTC. Je sais que vous avez beaucoup d’autres compétences, mais ce rôle vous en donne une plus particulièrement utile ici. Je vais poser deux questions, et vous pourrez partager votre temps à votre gré. First, you have stated that the government is motivated through this bill with the intent of extracting more money from big platforms, but
section 4 in its different forms will also allow them to extract money from smaller content creators. Does that trouble you? Premièrement, vous avez dit que le gouvernement compte, grâce à ce projet de loi, tirer plus d’argent des grandes plateformes, mais l’article 4, sous ses différentes formes, lui permettra également d’en tirer des petits créateurs de contenu. Cela ne vous dérange-t-il pas? Second — and I’ll use the words of a former witness this week — almost all broadcasting regulation in this country needs to be understood as a form of a restriction on the right to free expression; do you agree? Thank you.
Deuxièmement — et je reprends les propos d’un témoin reçu cette semaine —, la quasi-totalité de la réglementation de la radiodiffusion au pays doit être considérée comme une forme de restriction du droit à la liberté d’expression. Est-ce votre avis? Merci. Mr. Menzies: I might ask you to repeat the second question, because I’m not taking notes as I manage this. M. Menzies : Je vous demanderai peut-être de répéter la deuxième question, parce que je ne prends pas de notes. The tricky
part is that, yes, this is what the ministers were saying right from the beginning. The intent was to make sure the system gets money from web giants. There is a threat to the traditional system — and we can debate that, because there has been lots of private investment — as cable companies are less able to contribute to traditional sources of revenue because of the success of streaming companies. Le problème est effectivement ce dont les ministres ont parlé dès le départ. L’objectif était de s’assurer que le système permette de tirer de l’argent des géants du Web.
Le système traditionnel est menacé — et nous pouvons en débattre, car il y a eu beaucoup d’investissements privés —, puisque les câblodistributeurs sont moins en mesure de contribuer aux sources de revenus traditionnelles en raison du succès des entreprises de diffusion en continu. If that’s the problem, my suggestion is to just address the problem. There is no need to get into user-generated content and all these other areas and start dealing with small businesses, advancing businesses or people who are taking advantage of the beauty and wonder of the internet and finding success.
There’s Si c’est là le problème, je suggère de simplement le régler. Il n’est pas nécessaire de se mêler du contenu produit par les utilisateurs et de ces autres activités et de s’occuper des petites entreprises ou de promouvoir les entreprises ou les gens qui profitent de la beauté et des merveilles d’Internet et qui 25:6 Transport and Communications 19-10-2022
no need to shut that down. If you want to get money from the big companies and ensure that, in some fashion, they contribute to these traditional funds, which have always been two thirds anglophone, one third francophone — but the current statement in terms of guidance to Heritage is to make it 40% francophone and 60% anglophone. réussissent. Il n’est pas nécessaire de restreindre tout cela.
Si vous voulez tirer de l’argent des grandes entreprises et vous assurer par un moyen quelconque qu’elles contribuent à ces fonds traditionnels, qui ont toujours été pour deux tiers anglophones et pour un tiers francophone — mais l’orientation de Patrimoine prévoit plutôt 40 % francophone et 60 % anglophone... If it’s the traditional funds that you are after and the big web giants, just focus on that. There’s no need to get into the rest of it. Si ce sont les fonds traditionnels et les géants du Web qui vous intéressent, occupez-vous de cela. Il n’est pas nécessaire de se mêler du reste.
Senator Wallin: My second question was related to a quote from one of our earlier witnesses that almost all broadcasting regulation in this country needs to be understood as a form of restriction on the right to free expression. Do you agree? La sénatrice Wallin : Ma deuxième question renvoyait à une déclaration d’un de nos témoins antérieurs, qui estimait que presque toute la réglementation de la radiodiffusion au pays doit être considérée comme une forme de restriction du droit à la liberté d’expression. Est-ce votre avis? Mr. Menzies: Yes, I do.
With Bill C-11, people see no threat to freedom of speech within that. But the difficulty is that Bill C-11 is an amendment to the Broadcasting Act, and in the Broadcasting Act, the CRTC is told to ensure that the system is of good standard or high standard — sorry if I have got the word wrong — but that gives it lots of leeway. It used that in the “N‑word” decision recently with SRC in managing that. It used it to help justify the decision on RT. M. Menzies : C’est ce que je pense aussi. Les gens ne voient pas le projet de loi C-11 comme une menace à la liberté d’expression.
Mais le problème est que le projet de loi C-11 est une modification de la
Loi sur la radiodiffusion et que, dans la
Loi sur la radiodiffusion, le CRTC est chargé de s’assurer que le système est de bonne qualité ou de qualité supérieure — excusez-moi si je n’ai pas les termes exacts —, et cela lui donne beaucoup de latitude. C’est de cela qu’il s’est prévalu dernièrement en rendant une décision contre la SRC au sujet du mot en « n ». Il s’en est servi pour justifier sa décision concernant RT. You may agree or disagree with those decisions. People can debate those. At the same time, there is no question that the CRTC is instructed, through the Broadcasting Act, to exert itself where it disapproves. So yes, there is.
On peut être d’accord ou non avec ces décisions. Les gens peuvent en débattre. Mais il est clair que le CRTC a pour mission, en vertu de la
Loi sur la radiodiffusion, d’intervenir lorsqu’il n’est pas d’accord. Donc oui, je suis du même avis que votre témoin. In terms of freedom of choice, it’s not just in what we say; it’s in what we choose, what we hear and what we speak. Personally, I have never had any problem with discoverability. There is a search tool on Netflix. I type in “Canadian,” and there it is. We have to be really careful about that. Concernant la liberté de choix, il ne s’agit pas seulement de ce que nous disons; il s’agit aussi de ce que nous choisissons, de ce que nous entendons et de ce dont nous parlons.
Personnellement, je n’ai jamais eu de problème de découvrabilité. Il y a un outil de recherche sur Netflix. Je tape « Canadien », et je trouve ce que je veux. Il est important d’en tenir compte. Senator Wallin: Thank you. La sénatrice Wallin : Merci. [Translation] [Français] Senator Miville-Dechêne: Mr. Menzies, I’m going to take you to a slightly different arena, that of pornography. I want to know whether, in your opinion, the big pornography platforms are affected or covered by Bill C-11 or, more generally, whether they could be regulated by the CRTC.
We know that this industry is currently migrating online and that it exists; that changes the situation a lot in terms of protecting children. I’d like to hear from you on that. La sénatrice Miville-Dechêne : Monsieur Menzies, je vais vous amener sur un terrain légèrement différent, celui de la pornographie. Je veux savoir si, à votre avis, les grandes plateformes pornographiques sont touchées ou visées par le projet de loi C-11 ou, plus généralement, si elles pourraient être réglementées par le CRTC.
On sait que maintenant, il y a une migration de cette industrie en ligne et qu’elle existe; cela change beaucoup la donne pour ce qui est de la protection des enfants. J’aimerais vous entendre à ce sujet. 19-10-2022 Transports et communications 25:7
[English] [Traduction] Mr. Menzies: For about 25 years, the CRTC has been licensing adult content, commonly known as pornography. They have done that through cable companies, and it’s been available there for a very long time. So it’s completely within the CRTC’s jurisdiction. It actually started because satellite companies were providing it to people, and it proved to be immensely popular. Then cable companies got into it. They manage it, so the CRTC licenses it. It oversees it. M. Menzies : Depuis environ 25 ans, le CRTC accorde des licences pour du contenu destiné aux adultes, communément appelé pornographie.
Cela passe par l’entremise des câblodistributeurs, et c’est disponible depuis très longtemps. Cela relève donc entièrement de la compétence du CRTC. En fait, tout a commencé parce que les entreprises de diffusion par satellite fournissaient ce contenu, qui s’est révélé extrêmement populaire. Puis les câblodistributeurs s’y sont mis. Ils en assument la gestion, et le CRTC délivre les licences. C’est lui qui supervise le tout. Through Bill C-11, I can’t imagine that it would not be captured. I think it would be actually exceptional.
I can’t imagine the CRTC saying, “Okay, we’re going to do all this, but we’re going to leave online porn untouched.” They would get a lot of pressure from the cable companies that have lost a lot of money, I’m guessing — a lot of revenue — because of the fact that pornography is available online for free rather than through having a cable subscription. So my answer is “yes.” Je ne peux même pas imaginer que cela échapperait à la portée du projet de loi C-11. Ce serait vraiment exceptionnel. Je ne peux pas imaginer que le CRTC prenne toutes ces mesures, mais laisse la pornographie en ligne hors champ.
Il subirait beaucoup de pression de la part des câblodistributeurs qui, je suppose, ont perdu beaucoup d’argent — beaucoup de revenus — parce que la pornographie est accessible en ligne gratuitement plutôt que par abonnement au câble. Ma réponse est donc « oui ». [Translation] [Français] Senator Miville-Dechêne: Given your past experience as a CRTC commissioner, do you feel that a possible and potential mandate for the CRTC could also include a requirement for age verification on pornography sites, much like what happened with the regulation of pornography through cable companies?
La sénatrice Miville-Dechêne : Étant donné votre expérience passée de commissaire au CRTC, est-ce que vous jugez que l’on pourrait aussi inclure, dans un mandat possible et potentiel du CRTC, l’obligation de faire de la vérification d’âge pour les sites pornographiques, un peu comme ce qui s’est passé dans la réglementation de la pornographie par le biais des câblodistributeurs? [English] [Traduction] Mr. Menzies: I’m not completely up to date with cable, but if I recall, it’s generally up to each cable company to file with the CRTC — their standards, insurance and that sort of stuff.
A lot of that access is done within the home. I’m not sure there is a verification of age that takes place. I’m happy to be corrected if that has taken place since my tenure there. M. Menzies : Du côté des câblodistributeurs, je ne suis pas tout à fait à jour, mais, si je me souviens bien, il incombe généralement à chacun de communiquer ses normes, ses assurances, etc. au CRTC. L’accès se fait le plus souvent depuis le domicile. Je ne suis pas sûr qu’il y ait une vérification de l’âge. Corrigez-moi si je me trompe.
Yes, if that’s what you wish, senator, you would probably have to take that case to the CRTC in a hearing, make an application to have that done and then I would expect that would put the CRTC in the position of trying to say, “Okay, if we’re going to apply this rule to online pornography, should we not have the same rule for cable?” Maybe they already do; I’m not certain. But I can’t see anything online about that. Oui, si c’est ce que vous souhaitez, sénatrice, il vous faudrait probablement vous adresser au CRTC dans le cadre d’une audience et lui présenter une demande.
Je pense que le CRTC serait enclin à répondre : « D’accord, mais, si on applique cette règle à la pornographie en ligne, ne devrait-on pas l’appliquer au câble? » Peut-être est-ce déjà le cas, je n’en suis pas sûr. Mais je ne vois rien en ligne à ce sujet.
Senator Miville-Dechêne: Could it be in the mandate of the CRTC to ask online platforms to do age verification or whatever method to prevent kids — La sénatrice Miville-Dechêne : Est-ce qu’on pourrait inclure dans le mandat du CRTC de demander aux plateformes en ligne d’effectuer une vérification de l’âge ou d’employer une autre méthode pour prévenir la présence d’enfants... Mr. Menzies: Bill C-11 gives the CRTC authority over all audio and visual content on the internet, so that would be an opportunity for the CRTC to take that. And I’m pretty sure, even M.
Menzies : Le projet de loi C- 11 donne au CRTC le pouvoir de réglementer tout le contenu audio et visuel sur Internet. Le Conseil pourrait donc s’en prévaloir. Et je suis à peu 25:8 Transport and Communications 19-10-2022
from my point of view, the $150-million figure would capture online pornography because Canada probably has the globe’s leading online pornography companies. près certain, même de mon point de vue, que le chiffre de 150 millions de dollars englobe la pornographie en ligne, parce que c’est probablement au Canada que se trouvent les plus grandes entreprises de pornographie en ligne. The Chair: My question is for Mr. Menzies. Le président : Ma question s’adresse à M. Menzies.
You have said in the past that Bill C-11, with the powers that it gives the CRTC, would put at risk 100,000 content producers in the country who are presently using YouTube. You mentioned that it would put those content producers at risk. Can you elaborate what exactly you mean by that? Do you mean there’s a risk of them leaving Canada, or are there some other repercussions if this bill passes? Vous avez déjà dit que le projet de loi C-11, en raison des pouvoirs qu’il accorde au CRTC, mettrait en péril 100 000 producteurs de contenu qui utilisent actuellement YouTube au Canada.
Selon vous, cela mettrait les producteurs de contenu en danger. Que voulez-vous dire exactement? Est-ce qu’ils pourraient quitter le Canada ou y aurait-il d’autres répercussions si ce projet de loi est adopté? Mr. Menzies: Chair, I think there’s a risk of them just getting captured in this regulatory maze. Years ago, I remember looking at a YouTube video of a couple of Gwich’in guys up on the Yukon River, just west of Dawson City. One guy had a fiddle and one guy had a guitar, and they were singing their tunes. That YouTube video went to an Indigenous community globally. M.
Menzies : Ils risquent simplement d’être pris dans ce dédale réglementaire. Je me rappelle avoir regardé sur YouTube, il y a des années, une vidéo de deux Gwich’in remontant le fleuve Yukon, juste à l’ouest de Dawson City. L’un des hommes avait un violon traditionnel et l’autre, une guitare, et ils chantaient. Cette vidéo a été diffusée parmi les communautés autochtones du monde entier.
I remember looking at these two guys and saying, “Man, imagine all the work they would have to do to go through a regulatory system to be able to tell their story and sing their songs — from Dawson City, way up there, a couple of Gwich’in guys.” This will intimidate that process. The CRTC still has to make the decision whether that’s commercial or whether it’s in or out, that sort of stuff.
Je me rappelle avoir regardé ces deux gars et m’être dit : « Oh mon Dieu, tout le travail qu’ils devraient faire aujourd’hui pour s’y retrouver dans la réglementation et avoir le droit de raconter leur histoire et de chanter leurs chansons — depuis Dawson City, tout là-haut, ces deux Gwich’in. » Cela va entraver le processus. Le CRTC doit quand même décider si c’est de nature commerciale ou si ça tombe sous le coup de la loi ou non, etc. Those guys don’t have a chance. They don’t have GR people. They don’t have regulatory affairs people, that sort of thing. Those are the people I’m thinking about.
The Indigenous groups and other under-represented groups will have to go through this maze of bureaucracy that involves the CRTC, funding and that sort of stuff. All these guys want to do is tell their story and play their music. Ces gars-là n’ont aucune chance. Ils n’ont pas de spécialistes des relations avec le gouvernement. Ils n’ont pas de spécialistes de la réglementation. C’est à ces gens-là que je pense. Les groupes autochtones et les autres groupes sous-représentés devront se débrouiller dans les dédales bureaucratiques liés au CRTC, au financement, etc.
Tout ce que ces gens veulent, c’est raconter leur histoire et jouer leur musique. That’s probably the best example I can give of that. There are larger companies that are facing more of a threat, but that’s the broader picture I was looking at. C’est probablement le meilleur exemple que je puisse vous donner. Il y a de grandes entreprises qui sont plus menacées, mais c’est ainsi que je vois le tableau d’ensemble. Mr. Armstrong: There are many misconceptions around what Bill C-11 is doing, what it proposes. In this case, I don’t think it will have any effect on small players.
I think the CRTC will have the good sense, as it has done in the past, to simply exempt all of the small players. “Small players” will be defined at a public hearing, hopefully, which the commission would hold. All of the people who are producing less than $30 million a year in revenues — let’s take that as a potential threshold; it could be higher, it could be something else — simply won’t be affected. It will simply pass over their heads, and it will have no effect. M. Armstrong : Il y a beaucoup d’idées fausses sur les effets du projet de loi C- 11 et sur ce qu’il propose.
En l’occurrence, je ne pense pas que cela aura un effet sur les petits joueurs. Je crois que le CRTC aura le bon sens, comme il l’a déjà fait, de simplement exempter tous les petits joueurs. La notion de « petits joueurs » sera définie, espérons-le, à l’occasion d’une audience publique organisée par le conseil. Tous ceux dont les revenus annuels sont inférieurs à 30 millions de dollars — c’est un seuil envisageable, mais il pourrait être plus élevé ou différent — ne seront tout simplement pas touchés.
La réglementation ne les concernera pas et n’aura aucun effet sur eux. 19-10-2022 Transports et communications 25:9
The Chair: Thank you for that answer, Mr. Armstrong. I have a follow-up question. Should this committee and should Parliament leave the legislation up in the air when it comes to protecting small, independent content producers, or should we make amendments to make sure the CRTC is not given an option on this issue? I believe to most Canadians it’s important. Le président : Merci de cette réponse, monsieur Armstrong. J’ai une question complémentaire.
Le comité et le Parlement devraient-ils laisser la loi telle quelle lorsqu’il s’agit de la protection des petits producteurs indépendants de contenu ou devrait-on apporter des amendements pour garantir que le CRTC n’ait pas le choix? Je crois que c’est important pour la plupart des Canadiens. That’s the first question, and this is my attachment to that question: Do both of you think it would be helpful to attach regulatory directives to this piece of legislation before we pass it? That would give more rigid guidelines to the CRTC. I’m curious to hear both of you on that.
C’était ma première question; voici la suite : pensez-vous tous les deux qu’il serait utile d’annexer des directives réglementaires à ce projet de loi avant de l’adopter? Cela donnerait des lignes directrices plus strictes au CRTC. J’aimerais vous entendre tous les deux à ce sujet. Mr. Armstrong: My answer very simply is no and no. I think this kind of issue should be left to the discretion of the CRTC. There is an attempt in Bill C-11, with proposed subsections 4.1 and 4.2, to control to some extent. Unfortunately, the paragraphs are difficult to understand and confusing, but I think they’re adequate.
If they are not adequate, then, as a couple of other people on previous panels have suggested to you, you should simply remove them and leave everything to the discretion of the CRTC. M. Armstrong : Ma réponse est très simple : non et non. Ce genre de question devrait être laissé à la discrétion du CRTC. Dans le projet de loi C- 11, les articles 4.1 et 4.2 permettent d’exercer un certain contrôle. Malheureusement, ces dispositions sont difficiles à comprendre et prêtent à confusion, mais je pense qu’elles sont suffisantes.
Si elles ne le sont pas, il faudrait, comme d’autres témoins antérieurs vous l’ont suggéré, simplement les supprimer et tout laisser à la discrétion du CRTC. I have confidence in the CRTC. It occasionally makes mistakes, as it may have done in the case of the CBC decision on the N-word, but all of our regulatory bodies and institutions make mistakes occasionally. I think the CRTC, by and large, has exercised its discretion appropriately and adequately. Let’s put it that way. Je fais confiance au CRTC.
Il commet des erreurs à l’occasion, comme cela a peut-être été le cas de la décision concernant Radio-Canada et le mot en « n », mais tous nos organismes de réglementation et toutes nos institutions font parfois des erreurs. Je pense que le CRTC, dans l’ensemble, exerce son pouvoir discrétionnaire de façon correcte et appropriée. Disons les choses ainsi. Mr. Menzies: The problem with that is that if you leave the door open, sooner or later, one aggrieved group or another will appear before the CRTC and ask for that to change.
The $30 million sounds reasonable — or $150 million — we’re just arguing over price then. But, sooner or later, that will occur. Somebody will come and ask the CRTC to exercise that jurisdiction because it works for them. M. Menzies : Le problème est que, si on laisse la porte ouverte, tôt ou tard, un groupe lésé va se présenter devant le CRTC et demander un changement. Les 30 millions de dollars semblent raisonnables — ou 150 millions —, et là, on ne discute que du prix. Mais, tôt ou tard, cela se produira. Quelqu’un viendra demander au CRTC d’exercer cette compétence, parce qu’il en a besoin.
The people I’m talking about will have no voice in front of the CRTC. So, the CRTC will deal with the evidence in front of it. Those two Gwich’in guys from Dawson City won’t have a chance in terms of being able to represent and make their case before the CRTC. They probably won’t even know what’s going on. The next thing they know, they will not be able to upload to YouTube. Les gens dont je parle n’auront pas voix au
chapitre devant le CRTC. Le conseil s’occupera de la preuve dont il sera saisi. Les deux Gwich’in de Dawson City n’auront pas la possibilité de se faire entendre devant le CRTC. Ils ne sauront probablement même pas ce qui se passe. Et puis ils s’apercevront qu’ils ne peuvent plus téléverser leurs chansons sur YouTube. Exercise your discretion. Draw a line as quick as you can. Exercez votre pouvoir discrétionnaire. Fixez une limite le plus rapidement possible. Mr. Armstrong: But hundreds of people like them will have the opportunity to — M.
Armstrong : Mais des centaines de personnes comme eux auront la possibilité de... Mr. Menzies: No, they won’t. M. Menzies : Non. Mr. Armstrong: They will. M. Armstrong : Mais si. 25:10 Transport and Communications 19-10-2022
The Chair: I am sure you’ll have opportunities to elaborate on this important question. We’ve heard a lot about the CRTC, but we have to move on. Le président : Je suis certain que vous aurez l’occasion d’approfondir cette importante question. Il a beaucoup été question du CRTC, mais nous devons maintenant passer à autre chose. Senator Klyne: My question is for Mr. Menzies. It’s good to see you, Peter. It’s apparent that you’re very concerned about the amount of power that this bill purports to give to the CRTC. From what I can gather, your position is that regulation of online companies is unnecessary.
Le sénateur Klyne : Ma question s’adresse à M. Menzies. C’est un plaisir de vous voir. Il est évident que vous êtes très préoccupé par le pouvoir que ce projet de loi accorderait au CRTC. D’après ce que je peux comprendre, vous estimez que la réglementation des entreprises en ligne est inutile. Many witnesses have referenced the fact that Canada is in a golden age, in terms of investment and job opportunities in our media sector, due in part to investment by major online companies such as Netflix and Disney Plus.
Do you think that this level of investment will decrease if this legislation passes, or are these companies producing content at such a rate that this legislation won’t have much of an impact at all? Selon de nombreux témoins, le Canada connaît un âge d’or en matière d’investissements et d’emplois dans le secteur des médias, entre autres grâce aux investissements de grandes entreprises en ligne comme Netflix et Disney Plus. Pensez-vous que les investissements diminueront si ce projet de loi est adopté ou ces entreprises produisent-elles du contenu à un rythme tel que cette loi n’aura guère d’impact? Mr.
Menzies: I will answer that question directly. First, it’s not like I don’t think online companies should be regulated at all. There are lots of areas in terms of algorithms, privacy data collection and that sort of stuff that a modern framework should deal with. But, yes, if you’re investing — let’s pick a number — $800 million a year privately in Canada, and then you’re mandated to spend — I guess the request is for 30% of revenues or something like that, through funds, you run out of money, right? You have to take it from somewhere.
You might take it from unofficial, unapproved investment funds and switch it to approved funds. It’s not like there’s going to be more money. You’re just going to move money around. M. Menzies : Je vais répondre directement à cette question. Premièrement, je ne crois pas que les entreprises en ligne ne devraient pas être réglementées du tout. Il faudrait encadrer beaucoup de domaines par une réglementation moderne, qu’il s’agisse des algorithmes, de la collecte de renseignements personnels, etc.
Mais, oui, si vous investissez, disons, 800 millions de dollars par an dans le secteur privé au Canada et que vous avez ensuite la responsabilité de dépenser — la demande serait de 30 % des revenus ou quelque chose de ce genre, j’imagine — par l’entremise de fonds, vous allez manquer d’argent, n’est-ce pas? Il faut bien le trouver quelque part. Vous pourriez le prélever dans des fonds d’investissement non officiels et non approuvés et le reverser dans des fonds approuvés. Il n’y aura pas plus d’argent. Vous allez simplement le déplacer. Senator Klyne: Thank you.
Le sénateur Klyne : Merci. [Translation] [Français] Senator Simons: My question is for Mr. Armstrong, but I’m going to ask it in English. La sénatrice Simons : Ma question s’adresse à M. Armstrong, mais je vais la poser en anglais. [English] [Traduction] I have in front of me
section 7(1) of the existing Broadcasting Act and the proposed subsection 7(7) if amended. Here’s where I run into a problem because the proposed subsection says: J’ai devant moi le paragraphe 7(1) de la
Loi sur la radiodiffusion actuelle et le paragraphe 7(7) du projet de loi qui le modifierait. C’est là que j’ai un problème parce que le paragraphe proposé se lit comme suit : For greater certainty, an order may be made under subsection (1) with respect to orders made under subsection 9.1(1) or 11.1(2) or regulations made under subsection 10(1) or 11.1(1). Il est entendu que les décrets peuvent être pris au
titre du présent
article relativement aux ordonnances prises en vertu des paragraphes 9.1(1) ou 11.1(2) ou aux règlements pris en vertu des paragraphes 10(1) ou 11.1(1) Can you explain to us, in English or French but not in gobbledegook, what does proposed
section 7(7) do to the Broadcasting Act? What does that mean? Pourriez-vous nous expliquer, en anglais ou en français, mais pas en jargon, quelles sont les répercussions du paragraphe 7(7) proposé sur la
Loi sur la radiodiffusion? Que faut-il comprendre? 19-10-2022 Transports et communications 25:11
Mr. Armstrong: Proposed
section 7(7) basically expands considerably the power of the government to give directions, the nature of the directions that the government can give to the CRTC. So it reduces significantly the power that the CRTC has. In this sense, Bill C-11 reduces enormously — potentially — the powers that the CRTC has and hands them over to the Government of Canada. By the way, the directives that the government now can — according to the bill, the directives will no longer have to be presented to an appropriate committee of the House of Commons.
They will be published and read out in the House of Commons, but they will not be presented to a committee of the House of Commons. M. Armstrong : Le paragraphe 7(7) proposé élargit considérablement le pouvoir du gouvernement concernant les directives et la nature des directives qu’il peut donner au CRTC. Il réduit donc considérablement les pouvoirs du CRTC. En ce sens, le projet de loi C-11 réduit beaucoup — potentiellement — les pouvoirs dont dispose le CRTC et les confie au gouvernement du Canada.
Soit dit en passant, au sujet des directives que le gouvernement peut désormais donner selon le projet de loi, celles-ci n’auront plus à passer par un comité compétent de la Chambre des communes. Elles seront publiées et lues à la Chambre des communes, mais elles ne seront pas présentées à un comité de la Chambre. Senator Simons: Does this politicize decision making and deny people a right to appeal? Does it have the potential to do that? La sénatrice Simons : Est-ce que cela politise le processus décisionnel et est-ce que cela prive les gens d’un droit d’appel? Cela pourrait-il arriver? Mr.
Armstrong: The denial of the right of appeal is elsewhere in the bill. But yes, there is a denial of a right to appeal on directions to the CRTC. The problem is that the current wording of the act allows the government to give directives of a general nature. M. Armstrong : Le refus du droit d’appel se trouve ailleurs dans le projet de loi. Mais, en effet, il n’est pas permis de faire appel des instructions données au CRTC. Le problème est que le libellé actuel de la loi permet au gouvernement de donner des directives de nature générale. Senator Simons: Broad policy matters, yes.
La sénatrice Simons : D’orientation générale, effectivement. Mr. Armstrong: Yes, broad policy matters. I’ve actually written an
article that has been published in Policy Options on this issue. If you look in detail at what the government is giving itself through this particular clause, it’s giving itself a whole series of very detailed opportunities to, in my view, interfere with the normal functioning of the CRTC. Virtually all of the decisions that the commission can be made, whether by condition of licence or by regulation, are included in a potential directive from the government. I think that is inappropriate. M. Armstrong : Oui, d’orientation générale. Il se trouve que j’ai écrit un
article qui a été publié dans Options politiques à ce sujet. Si on examine en détail ce que le gouvernement s’accorde en vertu de cette disposition, il se donne, à mon avis, toutes sortes d’occasions très détaillées de s’ingérer dans le fonctionnement normal du CRTC. Presque toutes les décisions que le conseil peut prendre, que ce soit en vertu des conditions de licence ou de la réglementation, pourraient faire l’objet d’une directive du gouvernement. Cela me semble malvenu. Senator Simons: We’ve had one witness before us already, Monica Auer, who suggested simply deleting proposed
section 7(7), and I’m wondering if you would concur. La sénatrice Simons : Nous avons entendu une témoin, Monica Auer, qui proposait de simplement supprimer le paragraphe 7(7) : seriez-vous d’accord? Mr. Armstrong: That’s exactly what I said in my presentation. M. Armstrong : C’est exactement ce que j’ai dit dans mon exposé. Senator Simons: Every time I think I understand all of the issues and pitfalls in this bill, I discover something new and exciting to think about. Thank you very much.
La sénatrice Simons : Chaque fois que je pense avoir compris tous les enjeux et les écueils de ce projet de loi, je découvre quelque chose de nouveau et d’intéressant. Merci beaucoup. Senator Manning: Thank you to our witnesses this evening. My question is for Mr. Menzies as well as Mr. Armstrong, if you would like to answer. Le sénateur Manning : Merci à nos témoins de ce soir. Ma question s’adresse à M. Menzies ainsi qu’à M. Armstrong, si vous voulez bien y répondre. As former vice-chair of the CRTC, you know about the capacity of the organization, as Senator Wallin touched on earlier.
You’ve expressed concerns similar to those raised by some of our earlier witnesses stating that the challenge of implementing this bill by the CRTC will be considerable. Comme ancien vice-président du CRTC, vous connaissez la capacité de l’organisme, comme la sénatrice Wallin l’a dit tout à l’heure. Vous avez exprimé des préoccupations semblables à celles soulevées par certains de nos témoins antérieurs, qui estiment que la mise en œuvre de ce projet de loi par le CRTC serait très difficile. 25:12 Transport and Communications 19-10-2022
What do you see as the commission’s most serious shortcomings in that regard? If Bill C-11 is passed without amendment, how long do you think it would take for the CRTC to build the capacity required to manage what new responsibilities it will have with the passage of Bill C-11? Quelles seraient, d’après vous, les lacunes les plus graves du conseil à cet égard? Si le projet de loi C-11 est adopté sans amendement, combien de temps faudrait-il au CRTC pour se doter de la capacité dont il aurait besoin pour assumer les nouvelles responsabilités qui seraient alors les siennes? Mr.
Menzies: I think the CRTC will handle all the duties that are given to it through Bill C-11. First of all, it needs a new chair, which they’re having difficulty finding. It depends on the experience of that person. My own thought is that person should just be purely a change management person who has to put in new structures and that sort of stuff. M. Menzies : Je pense que le CRTC remplira toutes les tâches qui lui sont confiées en vertu du projet de loi C-11. Il lui faudra tout d’abord un nouveau président, et ce n’est déjà pas facile. Cela dépend de l’expérience du candidat.
À mon avis, il devrait simplement être chargé de gérer le changement et de mettre en place de nouvelles structures et tout cela. There are a lot of things involved, like user-generated content, that are entirely new to the CRTC that they have to educate themselves on and get themselves around. I would think it would take them two and a half years — not counting court appeals and court challenges to Bill C-11 — to come out with a decision that even dealt with scope in terms of what Mr. Armstrong and I have been talking about, whether it’s $30 million or $150 million or something like that.
Il y a beaucoup d’enjeux, comme le contenu produit par les utilisateurs, qui sont tout à fait nouveaux pour le CRTC et avec lesquels il devra se familiariser. À mon avis, il lui faudrait deux ans et demi — sans compter les appels devant les tribunaux et les contestations judiciaires du projet de loi C-11 — pour rendre une décision qui traite ne serait-ce que de la portée de ce dont M. Armstrong et moi avons parlé, que le seuil soit de 30 ou 150 millions de dollars ou quelque chose de cet ordre. For
definitions, they’re looking at deciding what actually is a commercial enterprise, et cetera. Just the basic stuff, two and a half years. Quant aux définitions, on cherche à déterminer ce qui constitue effectivement une entreprise commerciale, etc. Juste pour régler l’essentiel, il faudra compter deux ans et demi. During that period of time, everybody involved in trying to invest in the system doesn’t know what the rules are. That’s a problem. I think that answered your question. I hope it did. Pendant cette période, tous ceux qui essaient d’investir dans le système ne connaîtront pas les règles.
C’est un problème. Je pense que cela répond à votre question. J’espère que oui. Senator Manning: Thank you. I also have a question for Mr. Armstrong. I’d like to talk about the extent of the power that clause 7 of the act gives the cabinet when it comes to both policy matters and specific activities of the CRTC. Mr. Armstrong, I’ll quote you from a recent Policy Options piece in which you stated that: Le sénateur Manning : Merci. J’ai aussi une question pour M. Armstrong.
J’aimerais parler de l’ampleur du pouvoir conféré par l’article 7(7) du Cabinet lorsqu’il est question d’enjeux stratégiques et des activités particulières du CRTC. Monsieur Armstrong, dans un
article récemment publié dans Options politiques, vous dites que : . . . the extension of the powers of the cabinet opens the door to a politicization of the regulation of broadcasting in the country, which the creation of the CRTC was intended to avoid. [...] l’élargissement des pouvoirs du conseil des ministres ouvre la porte à une politisation de la réglementation de la radiodiffusion au pays, ce que la création du CRTC visait à éviter. Under this context, do you believe that it would be helpful, if not imperative, for the government to share its policy directive on Bill C-11 sooner than later?
Cela étant, ne croyez-vous pas qu’il serait utile, voire impératif, que le gouvernement communique sa directive stratégique sur le projet de loi C-11 le plus tôt possible? Mr. Armstrong: I’m not sure that I understand the question. What do you mean by sharing it? I think this clause should be simply deleted. M. Armstrong : Je ne suis pas sûr de comprendre la question. Qu’entendez-vous par « communique »? Je pense que cette disposition devrait être supprimée, purement et simplement. The CRTC was created as an arm’s-length institution.
I think that the problem with this particular paragraph, 7(7), is that it reduces the arm’s-length distance that cabinet or the government should have with an independent agency like the CRTC. Le CRTC est censé être un organisme indépendant. Le problème que soulève le paragraphe 7(7) est qu’il réduit la distance que le Cabinet ou le gouvernement devrait maintenir avec un organisme indépendant comme le CRTC. Senator Manning: So the uncertainty that is caused and that we’ve heard from witnesses here over the past number of weeks you believe would be taken care of with the removal of clause 7?
Le sénateur Manning : Donc, d’après vous, on éliminerait l’incertitude dont des témoins nous parlent depuis quelques semaines en supprimant l’article? 19-10-2022 Transports et communications 25:13
Mr. Armstrong: What uncertainty are you talking about? I’m not sure what uncertainty you’re talking about. M. Armstrong : De quelle incertitude parlez-vous? Je ne sais pas de quoi vous parlez. With this particular paragraph, the government would have the power to give very specific and detailed instructions to the CRTC as to how to conduct its affairs. There would be no public hearing. Normally, this kind of issue is treated through a public hearing at the CRTC where any member of the public can present himself or herself and make their views known. This would not be the case if directives are given to the CRTC.
The directives would reduce the margin of discretion that the CRTC currently has. En vertu de cette disposition, le gouvernement aurait le pouvoir de donner des instructions très précises et très détaillées sur la conduite des affaires du CRTC. Il n’y aurait pas d’audiences publiques. En principe, ces questions sont traitées dans le cadre d’audiences publiques au CRTC, où n’importe quel citoyen peut se présenter et faire connaître son point de vue. Ce ne serait pas le cas si des directives étaient données au CRTC. Les directives réduiraient la marge de pouvoir discrétionnaire dont dispose actuellement le CRTC.
Senator Manning: So the CRTC would have to follow the directives of the government to the T? Le sénateur Manning : Il faudrait donc que le CRTC suive les directives du gouvernement à la lettre? Mr. Armstrong: Absolutely. That would be the law. This would be an extension of the law, always within the framework of the legislation. But the CRTC would have to follow the directions of the cabinet, and I think there’s a potential significant reduction in the authority and independence of the CRTC as a result of that.
That clause, 7(7) but also paragraph 34.997 and the other one that I mentioned in my presentation, 34.995. M. Armstrong : Absolument. Ce serait la loi. Ce serait une extension de la loi, toujours dans le cadre de la loi. Mais le CRTC devrait suivre les directives du Cabinet, et je pense que cela pourrait réduire considérablement son autorité et son indépendance. Le paragraphe 7(7), mais aussi l’article 34.997, et celui dont j’ai parlé dans mon exposé, l’article 34.995. Senator Dasko: Thank you to both witnesses for being here. I have a question for Mr.
Menzies, and it goes something like this: You don’t like Bill C-11. You don’t like the bill. You wouldn’t go ahead with the bill if it were up to you. La sénatrice Dasko : Merci aux deux témoins de leur présence parmi nous. J’ai une question pour M. Menzies. Vous n’aimez pas le projet de loi C-11. Vous n’aimez pas ce projet de loi. S’il n’en tenait qu’à vous, il serait rejeté. At the same time, you said that you think the Senate will pass the bill. In that scenario where the Senate would pass the bill, should I understand that the only thing you would change in the bill would be to put a threshold in?
That’s what I picked up from your introductory comments; you would deal with or perhaps take out
section 4.2 and put in a threshold. Is that the only change you would make to the bill if indeed it’s going to go forward by the Senate in that scenario? I wondered what you might say about that. Mais vous avez également dit que, d’après vous, le Sénat va l’adopter. Si le Sénat adoptait le projet de loi, dois-je comprendre que la seule chose que vous changeriez serait d’y ajouter un seuil? C’est ce que j’ai retenu de vos observations préliminaires; vous voudriez peut-être supprimer l’article 4.2 et ajouter un seuil. Est-ce le seul changement que vous apporteriez au projet de loi s’il était adopté par le Sénat?
J’aimerais connaître votre avis. Mr. Menzies: No, senator. You can assume that I had five minutes to pick two or three things that I could focus on, and those were the ones I focused on. M. Menzies : Non, madame la sénatrice. Vous devez supposer que j’avais cinq minutes pour vous parler de deux ou trois choses et que ce sont celles que j’ai retenues. I think Mr. Armstrong has made some excellent points regarding the independence of the CRTC and the importance of it being distanced from government.
This goes back to the Railway Safety Act over 120 years ago, when government created regulators so that government wasn’t making political decisions over who was using telegraph and who wasn’t and that sort of stuff. So it’s extremely important that the CRTC be at arm’s length, and long arms. The arms are pretty short right now and they’ve been getting shorter all the time. This bill makes the arms non-existent in terms of that. M. Armstrong a fait d’excellentes remarques au sujet de l’indépendance du CRTC et de l’importance de le distancer du gouvernement. Cela remonte à la
Loi sur la sécurité ferroviaire, il y a plus de 120 ans, quand le gouvernement a créé des organismes de réglementation pour éviter de prendre des décisions politiques qui détermineraient qui pourrait utiliser le télégraphe et qui ne le pourrait pas, etc. Il est donc extrêmement important que le CRTC soit autonome, très autonome. Il a peu d’autonomie à l’heure actuelle et il en a progressivement de moins en moins. Le projet de loi la lui enlèverait complètement. 25:14 Transport and Communications 19-10-2022
For the CRTC to have credibility with the public and with the industry, it needs to know that people can’t play political games and run around them and go to cabinet, no matter which party or who is in power, and make their case and get an order-in-council written telling the CRTC what to do. It creates a cloud over the CRTC’s head, where they are second-guessing themselves every time, trying to figure out, “Okay, if we make this decision — like happened with CBC — is someone going to run to cabinet and come back and tell us we’re wrong?” You are going to be wrong sometimes.
Pour que le CRTC ait de la crédibilité auprès de la population et des entreprises, il ne faut pas que des gens puissent jouer à des jeux politiques et se tourner vers le Cabinet, quel que soit le parti ou la personne au pouvoir, pour faire valoir leur point de vue et obtenir un décret imposant des mesures au CRTC. Ce serait une épée de Damoclès au-dessus de la tête du CRTC, qui, à chaque fois qu’il prendrait une décision — comme dans le cas de la SRC —, se demanderait si quelqu’un ne s’adressera pas aussitôt au Cabinet pour revenir lui dire qu’il a tort. Vous ferez parfois des erreurs.
Senator Dasko: Basically, you are saying you would go through the bill and cross out some stuff. La sénatrice Dasko : Il s’agirait donc, pour vous, d’examiner tout le projet de loi et d’en supprimer certaines dispositions. Mr. Menzies: If I could do everything all over again, we would actually have something such as was in the Broadcasting and Telecommunications Legislative Review Panel where we have a Canadian communications commission that was built around the understanding that the internet is now our central communications platform.
But I’m kind of a loser when it comes to those sorts of arguments, so I’m trying to focus on the things you can do that will make this better and less dangerous. M. Menzies : Si on pouvait tout recommencer, je créerais quelque chose comme le groupe d’experts chargé d’examiner la législation en matière de radiodiffusion et de télécommunications, avec un Conseil canadien des communications tenant compte du fait qu’Internet est maintenant notre plateforme de communications centrale.
Mais j’ai perdu d’avance dans ce genre d’argumentation, et c’est pourquoi j’essaie de me concentrer sur ce qu’on peut faire pour améliorer la situation et la rendre moins dangereuse. Senator Dasko: And your main priority would be dealing with 4.2 and putting in a threshold. La sénatrice Dasko : Et votre principal souci serait de corriger l’article 4.2 et de fixer un seuil. Mr. Menzies: And Mr. Armstrong’s point too. It’s really important that the CRTC remain independent. M. Menzies : C’est aussi l’avis de M. Armstrong. Il est vraiment important que le CRTC reste indépendant. Senator Dasko: Thank you.
La sénatrice Dasko : Merci. Mr. Armstrong, I’m afraid I didn’t quite understand a couple of things that you were saying. I wonder if you could just clarify for me your comments with respect to sections 18.1 and 9.1(1), which were related to public consultations, I believe. Could you clarify that? I’m sorry; I missed it in the translation. Monsieur Armstrong, je n’ai pas bien compris deux ou trois choses que vous avez dites. Pourriez-vous m’expliquer ce que vous disiez des articles 18.1 et 9.1(1), qui portent sur les consultations publiques, je crois. Pourriez-vous clarifier vos propos?
Je suis désolée, mais je n’ai pas entendu la traduction. Mr. Armstrong: With respect to consultations, the problem is very simple. At the present time, the commission is required to make decisions after holding a public hearing with respect to issuing licences, revoking licences and amending them significantly. M. Armstrong : En matière de consultations, le problème est très simple. À l’heure actuelle, le Conseil est tenu de prendre des décisions après audience publique sur l’octroi, la révocation et la modification en profondeur de licences.
Bill C-11 introduces a new regime with a parallel track where there would not only be licences but, for online players, there would be ordinances or orders that, without a licence, would give the online players the ability to function. Those orders will not be subject to public hearings, according to the way in which Bill C-11 is presently written. Le projet de loi C-11 instaure un nouveau régime en prévoyant une voie parallèle où, à côté des licences, il y aurait, pour les entreprises en ligne, des ordonnances ou des décrets leur permettant de fonctionner sans licence.
Ces ordonnances ne feraient pas l’objet d’audiences publiques selon le libellé actuel du projet de loi C-11. So all I suggested in my presentation was to make those kinds of orders subject to public hearings, just like decisions on licences are presently required to go to a public hearing. Et je proposais donc, dans mon exposé, d’assujettir ce genre d’ordonnance à des audiences publiques, comme c’est le cas actuellement pour les décisions relatives aux licences. 19-10-2022 Transports et communications 25:15
Now, those public hearings don’t have to be face-to-face public hearings; they can be what are called “paper hearings.” But they are opportunities for the public to intervene and make their point of view known. Il n’est pas nécessaire que ces audiences soient tenues en personne; on peut procéder au moyen de ce qu’on appelle des « audiences sur dossier ». Mais cela donne à la population la possibilité d’intervenir et de faire connaître son point de vue.
Senator Dasko: When you say “public,” do you mean stakeholders mainly, or is there another — La sénatrice Dasko : Quand vous parlez de la « population », parlez-vous surtout des intervenants ou y a-t-il d’autres... Mr. Armstrong: No, they are public hearings. Anybody from the general public can make interventions, and a large number of people do. If you look at the recent public hearings, there are a large number of interventions by email, presentations and so on. If you come to the commission in person, it’s commonly believed that you have more influence on the commission’s decisions. M.
Armstrong : Non, ce sont des audiences publiques. N’importe qui peut intervenir, et beaucoup de gens le font. Voyez les audiences publiques récentes : il y a beaucoup d’interventions par courriel, de présentations, etc. On estime généralement que les gens qui se présentent en personne devant le conseil ont plus d’influence sur ses décisions. But they are public decisions. They are published, and the commission goes to some trouble to make them publicly known. There is an opening and a window in which the public can intervene on issues. Mais ce sont des décisions publiques.
Elles sont publiées, et le conseil se donne du mal pour les rendre publiques. Il y a un espace et un laps de temps qui permettent à la population d’intervenir. Senator Dasko: Okay, thank you. That clarifies it for me. Thanks very much. La sénatrice Dasko : D’accord, merci. Je comprends. Merci beaucoup. Senator Clement: My question is for anyone who cares to answer. La sénatrice Clement : Ma question s’adresse à quiconque veut bien y répondre. I want to react to the comments made about the CRTC, by you and other witnesses, that it’s a cumbersome process, that it’s not necessarily accessible or streamlined.
Maybe that speaks to a lessening of the trust we have in our public institutions. I don’t know. J’aimerais réagir aux commentaires que vous et d’autres témoins avez faits au sujet du CRTC, dont vous considérez que le processus est lourd et pas nécessairement accessible ou simplifié. Cela témoigne peut-être d’une baisse de confiance dans nos institutions publiques. Je ne sais pas.
But should Canadians then trust the platforms and the streamers to properly curate Canadian productions and content, especially since a lot of Canadians don’t have that much access to information as to how those platforms and streamers work? Mr. Menzies, you said, “I just go to the banner that says Canadian content.” Is that enough? Should we trust the streamers? We don’t necessarily trust the CRTC, according to witnesses. Should we trust the platforms?
Mais les Canadiens devraient-ils faire confiance aux plateformes et aux diffuseurs pour gérer correctement les productions et le contenu canadiens, d’autant plus que beaucoup de Canadiens n’ont pas accès à beaucoup d’information sur le fonctionnement de ces plateformes et de ces diffuseurs? Monsieur Menzies, vous avez dit que vous suiviez simplement la bannière de contenu canadien. Est-ce suffisant? Devrait-on faire confiance aux diffuseurs? On ne fait pas nécessairement confiance au CRTC selon les témoins. Devrait-on faire confiance aux plateformes? Mr.
Menzies: I don’t think it’s a matter of whether you trust the CRTC or not. The people there are trying to do the best job they can, but there are processes that involve broad consultation. One of the things you’ll notice about the Broadcasting Act is that the word “consumer” doesn’t exist inside it. It is
an act that’s designed to redistribute income gathered by cable companies to artistic groups in order to create Canadian content. None of it is market based. You can have a big debate about that if you want, but it’s largely an industrial subsidy. I need to be careful, because I don’t want to insult anybody, but it’s not about creating content that’s going to be popular; it’s making sure that Canadians stay in the game, in that sense. M. Menzies : À mon avis, la question n’est pas de savoir si on fait confiance au CRTC ou non. Les gens font de leur mieux, mais il y a des processus exigeant une vaste consultation. L’une des particularités de la
Loi sur la radiodiffusion est qu’on n’y trouve pas le mot « consommateur ». Cette loi vise à redistribuer les revenus recueillis par les câblodistributeurs à des groupes artistiques pour créer du contenu canadien. Rien de tout cela ne dépend du marché. On pourrait avoir un grand débat à ce sujet si vous le voulez, mais il s’agit en grande
partie d’une subvention industrielle. Je dois peser mes mots, parce que je ne veux insulter personne, mais il ne s’agit pas de créer du contenu populaire, mais de veiller à ce que les Canadiens restent dans la course. 25:16 Transport and Communications 19-10-2022
So there is a long process involved, and many stakeholders are involved. As Mr. Armstrong just said, if you show up, you are going to have more influence than if you don’t. So if you are from Montreal, you are a two-hour drive away. If you are in Prince George, British Columbia, you are not going to show up, and your voice is going to be less well heard. Il s’agit donc d’un long processus auquel participent de nombreux intervenants. Comme M. Armstrong vient de le dire, si vous vous présentez, vous aurez plus d’influence. Donc, si vous habitez Montréal, vous êtes à deux heures de route.
Si vous habitez Prince George, en Colombie-Britannique, vous n’allez pas vous présenter, et votre voix sera moins bien entendue. It’s really about being targeted. That’s the point I’m trying to make with you with this bill. It’s about targets. Decide what you want to do. If it’s the big streaming companies you want to have, that’s fine. Why should Canadians trust big streaming companies? There is no reason why they should trust them any more than they trust CTV or CBC, which are all making content decisions on their behalf, but they’re making them based on what they think people want to watch.
Conversely, the CRTC will make decisions based on what they think people should watch. That’s a big difference. Il s’agit vraiment de ciblage. C’est ce que j’essaie de vous expliquer. C’est une affaire de cibles. Il faut décider. Si ce sont les grandes entreprises de diffusion en continu qu’on veut viser, pas de problème. Pourquoi les Canadiens devraient-ils faire confiance aux grandes entreprises de diffusion en continu?
Ils n’ont aucune raison de leur faire davantage confiance qu’à CTV ou à la SRC, qui prennent toutes des décisions en leur nom, mais qui le font en fonction de ce qu’elles pensent que les gens veulent regarder. De son côté, le CRTC prendra des décisions en fonction de ce qu’il pense que les gens devraient regarder. C’est la grande différence. Senator Clement: Should we assume that Canadians want to watch Canadian stuff? La sénatrice Clement : Doit-on supposer que les Canadiens veulent regarder des émissions canadiennes? Mr. Menzies: They always say they do but — M.
Menzies : Les gens disent toujours que oui, mais... Senator Clement: I feel that nobody is making that assumption. La sénatrice Clement : J’ai l’impression que personne ne part de cette hypothèse. Mr. Menzies: They say they do, if you poll them. They want to have good Canadian stuff. But do they watch it? According to the broadcasters, no, they don’t. The broadcasters have worked for years to have Canadian content out of prime time. Canada is one of these weird countries where our broadcasters aren’t even really in charge of their programming.
Whatever the Americans are doing to switch their programming around to their prime‑time shows impacts our programming decisions for prime time. We are not a sovereign nation when it comes to programming our television in terms of that. M. Menzies : Ils disent que oui dans les sondages. Ils veulent avoir de bons produits canadiens. Mais est-ce qu’ils les regardent? Selon les radiodiffuseurs, non. Les radiodiffuseurs travaillent depuis des années pour obtenir du contenu canadien aux heures de grande écoute.
Le Canada est l’un de ces pays bizarres où les radiodiffuseurs ne sont même pas vraiment responsables de leur programmation. Tout ce que les Américains font pour que leurs émissions soient diffusées aux heures de grande écoute a une incidence sur nos décisions en matière de programmation aux heures de grande écoute. Nous ne sommes pas un pays souverain en matière de programmation télévisuelle. That’s the way it has been, and I am not sure that’s going to change anytime soon, unless you let Canadians free to serve Canadian audiences. But that’s tricky.
C’est ainsi, et je ne suis pas certain que cela changera de sitôt, à moins que vous laissiez les Canadiens libres de servir les auditoires canadiens. Mais c’est complexe. Senator Clement: Would Mr. Armstrong care to comment? La sénatrice Clement : M. Armstrong voudrait-il faire un commentaire? Mr. Armstrong: I will, only to say that we can trust the web giants to pursue their own interests; we can certainly trust them to do that, as most companies do.
The difference between the web giants and licensed Canadian broadcasters is that the licensed Canadian broadcasters are obliged to offer certain types of Canadian content by the nature of their licences. The primary intention of Bill C-11, as far as I can see, is to bring the web giants into the ambit of Canadian regulation in a very loose, flexible way — that is the intent — so that they will not only pursue their own self-interest. M.
Armstrong : Je dirai seulement que nous pouvons faire confiance aux géants du Web pour défendre leurs propres intérêts; nous pouvons certainement leur faire confiance à cet égard, et c’est ainsi pour la plupart des entreprises. La différence entre les géants du Web et les radiodiffuseurs canadiens licenciés est que ces derniers sont tenus d’offrir certains types de contenu canadien en raison de la nature de leur licence.
D’après ce que je peux voir, le projet de loi C-11 vise principalement à assujettir les géants du Web à la réglementation canadienne de façon très souple — c’est du moins l’intention — pour qu’ils ne défendent pas seulement leurs propres intérêts. 19-10-2022 Transports et communications 25:17
Senator Quinn: Thank you for being here this evening. Le sénateur Quinn : Merci d’être parmi nous ce soir. I have a few short questions. It has been interesting to hear your different perspectives. You have brought forward information that has underscored some of the earlier things we have heard with respect to concerns with some areas of Bill C-11, user-generated content and the role of the CRTC. J’ai quelques brèves questions. C’était intéressant d’entendre vos différents points de vue.
Vous nous avez fourni des renseignements qui ont fait ressortir certaines des préoccupations que nous avons déjà entendues au sujet de certains aspects du projet de loi C-11, du contenu produit par les utilisateurs et du rôle du CRTC. First, should we not bring clarity to the act? My understanding is that the big guys, the streamers — outside of my field of expertise here — the big guys are in the act and the little guys, user-generated content folks, are out of the act. Shouldn’t that be made clear in the act?
Should there not be amendments to bring that particular aspect forward so that it’s very clear, so that there is no chance that a regulatory body can have a different
interpretation than what the government intends to do? I would like a response from both witnesses, please. Premièrement, ne devrait-on pas clarifier la loi? D’après ce que je comprends, les gros bonnets, les diffuseurs — je suis en dehors de mon domaine d’expertise ici — les gros bonnets, donc, sont assujettis à la loi, tandis que les petits joueurs, ceux qui produisent du contenu d’utilisateur, en sont exclus. Est-ce que cela ne devrait pas être précisé dans la loi?
Est-ce qu’il ne faudrait pas apporter des amendements pour que ce soit très clair, pour qu’un organisme de réglementation ne puisse pas interpréter autrement l’intention du gouvernement? J’aimerais avoir une réponse des deux témoins, s’il vous plaît. Mr. Armstrong: Right. Well, I think the intention of 4.1 and 4.2 of Bill C-11 is to basically eliminate user-generated content, except in exceptional circumstances, where the user-generated content or the entity that’s providing the so-called user-generated content is, in fact, behaving like a web giant. So that was the intention of 4.1 and 4.2.
And I don’t think you are going to get anywhere trying to play more with that language. I think it’s about as good as you can get. It’s very confusing; that, I admit. M. Armstrong : D’accord. Eh bien, je pense que l’intention des articles 4.1 et 4.2 du projet de loi C-11 est essentiellement d’éliminer le contenu produit par les utilisateurs, sauf dans des circonstances exceptionnelles où ce contenu ou l’entité qui fournit du contenu soi-disant produit par les utilisateurs se comporte en fait comme un géant du Web. C’était donc l’intention des articles 4.1 et 4.2.
Et je ne pense pas que vous puissiez faire grand-chose en intervenant davantage dans le libellé de ces dispositions. Je pense qu’on ne peut pas faire mieux. J’avoue que c’est très déroutant. I think there are two options. One is to leave those two paragraphs in and accept that it will take a year or two to figure out exactly how to put them into effect, and the other possibility is to take the two of them out and leave the question to the discretion of the CRTC. Je pense qu’il y a deux solutions.
L’une consisterait à conserver ces deux dispositions et à accepter qu’il faudra un an ou deux pour déterminer exactement comment les mettre en œuvre, et l’autre serait de les supprimer et de laisser la question à la discrétion du CRTC. The CRTC has had the potential since 1991 to regulate online services. Bill C-11 gives them nothing new in terms of the power to regulate except certain tools. But it doesn’t change materially the definition of broadcasting. Depuis 1991, le CRTC a la possibilité de réglementer les services en ligne. Le projet de loi C-11 n’ajoute rien à ce pouvoir, sauf certains outils.
Mais cela ne change pas sensiblement la définition de la radiodiffusion. The CRTC could have entered into the regulation of online broadcasting years ago. It chose not to do so. It exempted online broadcasters. And this bill attempts to prod them in that direction. I think if they were given the opportunity — even if 4.1 and 4.2 were not present in the bill — that they are certainly not going to try and regulate user-generated content in the usual sense of the word. Le CRTC aurait pu réglementer la radiodiffusion en ligne il y a des années.
Il a choisi de ne pas le faire et d’exempter les radiodiffuseurs en ligne. Et ce projet de loi vise à pousser le Conseil dans ce sens. Je pense que, si on lui en donnait la possibilité — même si les paragraphes 4.1 et 4.2 n’étaient pas inscrits dans le projet de loi — il n’essaierait pas de réglementer le contenu généré par les utilisateurs, au sens traditionnel du terme. Senator Quinn: Before you reply, can I have a supplementary for Mr.
Armstrong, You have touched on the nub of the issue, I guess, from the perspective of a lot of people we have heard from that 4.2 in particular is confusing, direct income or whatever. If we don’t clarify that and leave it in, then the fear is that the CRTC will have powers within their authority to bring in Le sénateur Quinn : Avant que vous ne répondiez, puis-je poser une autre question à M. Armstrong? Je crois que vous avez touché le cœur du problème, selon de nombreuses personnes qui nous ont dit que le paragraphe 4.2 porte à confusion en ce qui concerne le revenu direct ou que sais-je encore.
Si nous ne le rendons pas plus clair et le laissons tel quel, il est à craindre que 25:18 Transport and Communications 19-10-2022
rules that may in fact cause the user-generated content providers to be touched by this. le CRTC soit en mesure d’adopter des règles risquant de viser les fournisseurs de contenu générés par les utilisateurs. Mr. Armstrong: But the CRTC has no interest to do that. In fact, subsection 9(4) of the existing Broadcasting Act gives them the power, tells them not to regulate where the regulation does not have a material effect or impact on the realization of the objectives of the act in
section 3. M. Armstrong : Mais le CRTC n’a aucun intérêt à le faire. En fait, le paragraphe 9(4) de l’actuelle
Loi sur la radiodiffusion lui impose de ne pas réglementer si ce n’est pour n’avoir aucun effet important sur l’atteinte des objectifs énoncés à l’article 3 de la loi. Senator Quinn: Thank you. I would like to jump to Mr. Menzies — Le sénateur Quinn : Merci. Passons à M. Menzies... The Chair: Unfortunately, senator, we ran out of time and we even have a couple of senators on second round waiting. But the time is up. And I would like, on behalf of the committee, to thank Mr. Armstrong and Mr. Menzies for being before us and sharing with us your perspectives.
Le président : Malheureusement, sénateur, nous manquons de temps, d’autant que quelques sénateurs attendent le second tour, et votre temps est écoulé. Au nom du comité, je souhaite remercier M. Armstrong et M. Menzies d’être venus nous faire part de leurs points de vue. For our second panel, I’m pleased to welcome Stewart Reynolds, also known as Brittlestar, and Jennifer Valentyne, television host, producer and content creator, and Darcy Michael, content creator who is with us by video conference. Welcome. Thank you for joining us.
Each of you will have a five-minute opening statement and then over to my colleagues for questions and answers. Pour notre second groupe de témoins, j’ai le plaisir d’accueillir Stewart Reynolds, aussi connu sous le nom de Brittlestar, et Jennifer Valentyne, animatrice, productrice et créatrice de contenu à la télévision, ainsi que Darcy Michael, créateur de contenu, qui se joint à nous par vidéoconférence. Soyez les bienvenus. Merci de votre participation. Vous disposerez chacun de cinq minutes pour faire une déclaration liminaire, après quoi mes collègues vous poseront des questions. Mr.
Stewart Reynolds, you have the floor. Monsieur Stewart Reynolds, vous avez la parole. Stewart Reynolds, (Brittlestar), Digital Content Creator, as an individual: Thank you very much. I’m Stewart Reynolds, though I’m better known online as Brittlestar. I’m honoured to be asked to testify here today. I really am. I create and publish comedic videos on social media, which includes YouTube, Twitter, Facebook, Instagram, TikTok and more. Stewart Reynolds, (Brittlestar), créateur de contenu numérique, à
titre personnel : Merci beaucoup. Je m’appelle Stewart Reynolds, mais je suis mieux connu en ligne sous le nom de Brittlestar. Je suis honoré d’avoir été invité à témoigner ici aujourd’hui, oui, vraiment. Je crée et publie des vidéos humoristiques sur les médias sociaux, soit sur YouTube, Twitter, Facebook, Instagram, TikTok et d’autres. I have been creating social media videos as a full-time job for the past nine years. I have been able to support a family of four thanks to social media. I have done all this from my home in Stratford, Ontario. That’s pretty great, and I would like to continue doing so.
Je crée des vidéos à temps plein pour les médias sociaux depuis neuf ans. J’ai pu subvenir aux besoins d’une famille de quatre personnes grâce aux médias sociaux. J’ai fait tout cela depuis mon domicile à Stratford, en Ontario. C’est assez formidable, et j’aimerais pouvoir continuer. I need to make it really clear that I cannot speak to the benefits or drawbacks of Bill C-11 in regards to the Netflixes and Disney+’s of the world. Those streaming platforms are very different from social media platforms. I can’t make a video in my garage and post it on Netflix. They are gated.
They decide what is uploaded to their platforms. YouTube, TikTok and the like are not gated. They do not decide what is uploaded to their platform. Je tiens à préciser que je ne peux pas parler des avantages ou des inconvénients du projet de loi C-11 en ce qui concerne les Netflix et les Disney+ de ce monde. Ces plateformes de diffusion en continu sont très différentes de celles des médias sociaux. Je ne peux pas créer une vidéo dans mon garage et la publier sur Netflix. Il s’agit d’un service à accès réservé aux abonnés qui décide de ce qui est téléchargé sur sa plateforme.
L’accès à YouTube, à TikTok et à des plateformes semblables n’est pas réservé aux abonnés. Ces plateformes ne décident pas de ce qui est téléchargé. However, I can speak to the benefits and drawbacks in regards to digital first creators like myself. Forcing or attempting to force YouTube, TikTok or other platforms to prioritize Canadian Cependant, je peux parler des avantages et des inconvénients pour les créateurs qui, comme moi, privilégient le numérique. Forcer ou tenter de forcer YouTube, TikTok ou d’autres 19-10-2022 Transports et communications 25:19
content may be well intentioned, but it is naive for two main reasons. First, forcing people to view content because it’s Canadian does not encourage people to like that content. It is more likely, I feel, to breed negative perceptions of Canadian content from the user. If they know a video is being shown to them primarily because it’s Canadian and not because it is what the user is searching for, it can make the video seem inferior regardless of whether it is or not. It’s like going to a restaurant with corn content or corncon rules. Even though you order the Alberta sirloin, you receive a bowl of corn.
Good, perhaps, but not what you wanted. plateformes à prioriser le contenu canadien peut obéir à une bonne intention, mais c’est naïf pour deux raisons principales. Premièrement, forcer les gens à regarder du contenu parce qu’il est canadien n’encourage pas les gens à aimer ce contenu. Il est plus probable, à mon avis, de créer des perceptions négatives du contenu canadien chez les utilisateurs.
Si les gens savent qu’une vidéo leur est montrée principalement parce qu’elle est canadienne et non parce que c’est ce qu’ils recherchent, cela peut donner l’impression que la vidéo est de qualité inférieure, que ce soit le cas ou pas. C’est comme aller dans un restaurant qui appliquerait des règles fixées par CornCon sur le contenu en maïs. Même si vous commandez un surlonge de l’Alberta, on vous servira un bol de maïs, qui sera peut-être bon, mais qui ne sera pas ce que vous voulez. Second, the social media platforms are all foreign-owned.
The Canadian offices are little more than satellite offices that operate at the command of the head offices outside of Canada. Deuxièmement, les plateformes de médias sociaux appartiennent toutes à des intérêts étrangers. Les bureaux canadiens ne sont guère plus que des bureaux satellites fonctionnant sous les ordres de sièges sociaux situés hors du Canada. I have been told by an employee at one of the social media platform’s Canadian offices that when the spreadsheet plan comes from head office, Canada is last on the list. We’re tiny.
The notion of CanCon for radio, although colouring a lot of the artists with the same negative perceptions, was easier to implement because you were working with a radio station, for example, in Kingston, Ontario. Voici ce que m’a dit un employé d’un des bureaux canadiens d’une plateforme de médias sociaux : le Canada est relégué en bas de la liste sur les tableurs du siège social. Nous sommes minuscules.
La notion de contenu canadien pour la radio, même si elle confère la même image négative à de nombreux artistes, était plus facile à mettre en œuvre parce qu’on travaillait avec une station de radio, par exemple, à Kingston, en Ontario. Bill C-11, in its current form in regard to digital-first creators like me, is like trying to force that radio station from Syracuse, New York, which you can hear in Kingston, to play more Canadian music. It’s a nice idea, but the chances of it happening are slim.
Dans sa forme actuelle, le projet de loi C-11 — en ce qui concerne les créateurs qui, comme moi, privilégient le numérique —, revient à essayer de contraindre la station radio de Syracuse, dans l’État de New York — que l’on peut capter à Kingston — à diffuser davantage de musique canadienne. C’est une bonne idée, mais les chances qu’elle se concrétise sont minces. Make no mistake, though: Thinking Canada’s digital-first creators can thrive and maintain their Canadianness without any help is foolhardy. We live next door to a massively influential market.
Of course, there are standouts that have succeeded, but there are many Canadian creators who don’t have millions and millions of followers yet who can be adding to and growing this digital-first industry in Canada. Il ne faut pas se leurrer : il est imprudent de penser que les créateurs du Canada qui privilégient le numérique peuvent prospérer et maintenir leur canadianité sans aucune aide. Nous vivons à côté d’un marché très influent.
Bien sûr, certains se démarquent, mais de nombreux créateurs canadiens n’en sont pas encore à des millions et des millions d’abonnés en mesure de contribuer à la croissance de cette industrie axée sur le numérique au Canada. The key is to focus on making incidentally Canadian content — content that appeals to a broad audience but is evidently Canadian in location, detail or any way whatsoever. The goal should be creating content that is incidentally Canadian, exporting it to the world and bringing back that money into Canada.
L’essentiel est de se concentrer sur la création d’un contenu accessoirement canadien, c’est-à-dire sur un contenu qui s’adresse à un large public, mais qui est manifestement canadien par sa localisation, ses détails ou tout le reste. L’objectif devrait être de créer un contenu accessoirement canadien, de l’exporter dans le monde entier et de ramener cet argent au Canada. Bill C-11 runs the very real risk of cutting us off from the world, making us big fish in a little pond when we should be focusing on just making great fish.
Le projet de loi C-11 présente le risque très réel de nous couper du monde, de faire de nous de gros poissons dans un petit étang tandis que nous devrions nous concentrer sur la création de gros poissons. 25:20 Transport and Communications 19-10-2022
I agree that Canada does offer a tremendous amount to the platforms in the form of creators and consumers. That has real value. However, instead of asking them to prioritize Canadian content, which I feel is futile at best and counterproductive at worst, why not have them invest in Canadian digital-first creators? When monetization becomes available on a platform, Canada is often not first in line. In 2016, I watched my peers in the U.S. and the U.K. evolve from one-person operations into full production houses with many employees when Facebook offered monetization for videos.
I had similar view counts on my videos, but as I was in Canada, I was not eligible to be monetized, so I made zero dollars. Further, TikTok just announced today that they are monetizing creator videos but seemingly not in Canada, at least not yet. Je suis d’accord pour dire que le Canada offre énormément aux plateformes en termes de créateurs et de consommateurs. Cela a une valeur réelle.
Cependant, au lieu de leur demander d’accorder la priorité au contenu canadien, ce qui me semble futile au mieux et contre-productif au pire, pourquoi ne pas leur demander d’investir dans les créateurs canadiens qui privilégient le numérique? Quand la monétisation devient disponible sur une plateforme, le Canada n’est souvent pas le premier à en bénéficier. En 2016, quand Facebook a offert la monétisation des vidéos, j’ai vu mes vis-à-vis américains et britanniques passer d’une exploitation à une seule personne à des maisons de production comptant de nombreux employés.
J’avais le même nombre de visionnements pour mes vidéos, mais comme j’étais au Canada, je n’étais pas admissible à la monétisation, alors je n’ai rien gagné. De plus, TikTok vient d’annoncer aujourd’hui qu’il monétise les vidéos des créateurs, mais apparemment pas au Canada, du moins pas encore. Why not have the Canadian government work with the platforms to ensure Canadian digital-first creators have the same opportunities as the U.S., the U.K. and other countries?
Why not have the social media platforms, instead of paying out fees to just traditional broadcasters, fund incentives, programs and support for Canadian digital-first creators, like helping francophone content creators find global audiences and ensuring important Canadian stories in any language can be told? Otherwise, we’re leaving a potentially massive industry needlessly under-developed. It’s like having a booth at a farmer’s market, but it’s hidden.
Pourquoi le gouvernement canadien ne travaillerait-il pas avec les plateformes pour s’assurer que les créateurs canadiens de l’ère numérique bénéficient des mêmes possibilités que ceux des États-Unis, du Royaume-Uni et d’autres pays?
Pourquoi, au lieu de verser des droits aux seuls diffuseurs traditionnels, ne pas demander aux plateformes de médias sociaux de financer des mesures incitatives, des programmes et un soutien aux créateurs canadiens du numérique, par exemple en aidant les créateurs de contenu francophone à trouver un public mondial et en veillant à ce que les histoires canadiennes importantes puissent être racontées dans toutes les langues? Sinon, nous permettons à une industrie potentiellement massive de rester inutilement sous‑développée. C’est comme avoir un kiosque caché dans un marché agricole.
Canada is the best place in the world to create in. We have a quality of life that is far above many other countries. Let’s work to make Canada a content-production powerhouse. Let’s work to make the world want to watch Canadian content, not just because it’s Canadian but because it’s the best. For that reason, I feel it is in Canada’s best interest to modify the existing Bill C-11. Le Canada est le meilleur endroit au monde où créer. Notre qualité de vie est de loin supérieure à celle de nombreux autres pays. Travaillons à faire du Canada un moteur de production de contenu.
Travaillons à faire en sorte que le monde veuille regarder du contenu canadien, non seulement parce que c’est canadien, mais parce que c’est le meilleur. Pour cette raison, j’estime qu’il est dans l’intérêt du Canada de modifier le projet de loi C-11. Thank you. Merci. The Chair: Thank you, sir. Ms. Valentyne, you have the floor. Le président : Merci, monsieur. Madame Valentyne, vous avez la parole. Jennifer Valentyne, Television Host, Producer and Content Creator, as an individual: Good evening. I have worked in radio and television for most of my life.
I began my career at MuchMusic when I was still in school for broadcasting and eventually moved over to a Toronto local morning show. I loved my job. I worked hard. I was there for 23 years, until I was told by a man that another job would be a good transition for a woman my age. It wasn’t the first time that a man in a corner office mentioned my age in this business, and it wasn’t the Jennifer Valentyne, animatrice de télévision, productrice et créatrice de contenu à
titre personnel : Bonsoir. J’ai travaillé à la radio et à la télévision pendant la plus grande
partie de ma vie. J’ai commencé ma carrière à MuchMusic alors que j’étais encore à l’école de radiodiffusion et j’ai fini par passer à une émission matinale locale à Toronto. J’adorais mon travail. J’ai travaillé fort. J’ai été là pendant 23 ans, jusqu’à ce qu’un homme me dise que ce serait une bonne idée pour une femme de mon âge de faire la transition vers un autre emploi. Ce n’était pas la 19-10-2022 Transports et communications 25:21
last. It’s a tale as old as time: A woman gets pushed out because she is almost past her expiry date, with so much more to contribute. première fois qu’un homme dans un bureau du coin mentionnait mon âge dans ce métier, et ça n’allait pas être la dernière. Cette histoire est vieille comme le monde : une femme est mise de côté parce qu’elle a presque dépassé sa date d’expiration, même si elle peut encore beaucoup contribuer. That morning show erased every one of my video segments from their website and social platforms, as though I never existed.
Those videos were about highlighting the community, not me — the community stories that legacy media and this legislation claim to care so much about. L’émission du matin a effacé tous mes segments vidéo de son site Web et de ses plateformes sociales, comme si je n’avais jamais existé. Or, ces vidéos visaient à mettre en valeur la collectivité, pas moi, par le biais de récits communautaires dont les médias traditionnels et le projet de loi prétendent se soucier tant. It’s a cruel business, and if this happened years ago, people would have said, “Remember Jennifer Valentyne?
I wonder what happened to her?” But it’s a new world that is moving forward. The news of my firing was announced on the morning of April Fool’s — no joke — not on the television station I had dedicated half my life to but by a small post on social media that read, “We have cancelled the Live Eye segment to focus more on what the public wants: News and information.” J’ai évolué dans un milieu implacable, et si cela s’était produit il y a des années, les gens auraient dit : « Vous vous souvenez de Jennifer Valentyne? Je me demande ce qui lui est arrivé. » Mais un nouveau monde est en train de naître.
La nouvelle de mon congédiement a été annoncée le matin du 1er avril — sans blague — non pas sur la station de télévision à laquelle j’avais consacré la moitié de ma vie, mais par un court message dans les médias sociaux disant : « Nous avons annulé le segment Live Eye pour nous concentrer davantage sur ce que le public recherche : des nouvelles et de l’information. » It’s no surprise that the public didn’t like being told what they wanted and what they didn’t want. They voiced their opinions. That Facebook post was shared thousands of times, and thousands of comments came in from all over the world.
The post went viral, and they erased it, hoping it would go away. Il n’est pas surprenant que le public n’ait pas aimé qu’on lui dise ce qu’il voulait et ce qu’il ne voulait pas. Il a exprimé son opinion. Cette publication sur Facebook a été partagée des milliers de fois, et des milliers de commentaires sont venus du monde entier. Le message est devenu viral, avant d’être effacé dans l’espoir qu’il tombe dans l’oubli. I then created my own post on my own Facebook, and an amazing thing happened: That post went viral and users followed. I spent countless hours answering people’s comments and words of support.
Women told me about their own stories of ageism, and within a few weeks, my numbers went up by 30,000. J’ai ensuite créé ma propre publication sur mon compte Facebook, et une chose incroyable s’est produite : cette publication est devenue virale et les utilisateurs l’ont suivie. J’ai passé d’innombrables heures à répondre aux commentaires et aux mots de soutien des gens. Les femmes m’ont raconté leurs propres histoires d’âgisme, et en quelques semaines, mes chiffres ont augmenté de 30 000. Facebook saved me, like so many others.
Social platforms are where people relate to one another, and during the pandemic, people across the world related to each other. Throughout my time in broadcasting, I was often approached by journalism students who would say they wanted to do what I was doing on TV and asked for advice. I told them to apply for broadcasting jobs but get on YouTube. Be in control of your own destiny. Don’t let executives tell you that you are not good enough, smart enough or talented enough. If your content is good, people will follow you. Facebook m’a sauvé, comme tant d’autres.
Les plateformes sociales permettent aux gens de nouer des liens, et c’est ce que des gens de partout dans le monde ont fait durant la pandémie. Tout au long de ma carrière en radiodiffusion, j’ai souvent été approchée par des étudiants en journalisme qui disaient vouloir faire ce que je faisais à la télévision et qui me demandaient conseil. Je leur ai dit de poser leur candidature à des emplois en radiodiffusion, mais d’aller sur YouTube. Soyez maître de votre destin. Ne laissez pas des dirigeants vous dire que vous n’êtes pas assez bons, assez intelligents ou assez talentueux.
Si votre contenu est bon, les gens vous suivront. So after I found myself at 48 without a job, I took my own advice. I started producing my own content that I posted myself, and no one could erase it except for me. It felt good, and people followed. People engaged, shared, “liked” and saved. That’s what boosted my content even more: the algorithm. My content was now reaching an audience that was interested in what I was Donc, après m’être retrouvée sans emploi à 48 ans, j’ai suivi mon propre conseil. J’ai commencé à produire mon propre contenu que je publiais moi-même, et personne ne pouvait l’effacer, sauf moi.
Ça m’a fait du bien, et les gens ont suivi mes publications. Ils se sont mobilisés; ils ont partagé, laissé des pouces et enregistré mes publications. C’est ce qui a stimulé 25:22 Transport and Communications 19-10-2022
producing. I would eventually work at another TV station and find myself in one of the worst toxic environments you could imagine. It was a situation that four other women came forward to expose. encore plus mon contenu : les fameux algorithmes. Mon contenu atteignait maintenant un public intéressé par ce que je produisais. J’ai fini par travailler à une autre chaîne de télévision et je me suis retrouvée dans l’un des pires environnements toxiques que l’on puisse imaginer. C’est une situation que quatre autres femmes ont dénoncée.
I have recently been very vocal about gender discrimination in the workplace, especially in broadcasting, and I’m not alone. Many other women are starting to speak out and tell their stories. Recently, Lisa LaFlamme took to Twitter to announce that she was let go at 58 — another woman with so much more to contribute. The hashtags #keepthegrey and #greyisbeautiful went viral across the world. Récemment, j’ai beaucoup parlé de la discrimination fondée sur le sexe en milieu de travail, surtout dans le milieu de la radiodiffusion, et je ne suis pas la seule.
Beaucoup d’autres femmes commencent à parler et à raconter leur histoire. Récemment, Lisa LaFlamme est allée sur Twitter pour annoncer qu’elle avait été congédiée à 58 ans — il s’agit d’une autre femme qui a tellement plus à offrir. Les mots-clics #keepthegrey et #greyisbeautiful sont devenus viraux dans le monde entier. So where will women turn to make a living when they age out of legacy media, according to men? They’ll go to social platforms where there are no such barriers based on age and gender.
Alors, vers qui les femmes se tourneront-elles pour gagner leur vie quand les hommes leur diront qu’elles sont trop âgées pour travailler dans les médias traditionnels? Elles iront sur des plateformes sociales où il n’y a pas de tels obstacles fondés sur l’âge et le sexe. But now creators like me will once again face an uphill battle to survive or thrive to our potential, even if only as an unintended consequence, all in an attempt to once again lift up legacy media, which spend less on local stories and more and more on syndicated foreign content, syndicated news and sports.
Toutefois, les créatrices comme moi devront à nouveau mener une bataille difficile pour survivre ou atteindre leur plein potentiel, même si ce n’est qu’une conséquence involontaire, tout cela pour tenter de relever une fois de plus les médias traditionnels, qui dépensent moins pour les émissions locales et de plus en plus pour du contenu syndiqué étranger, ainsi que des nouvelles et des sports syndiqués. The government is hoping Bill C-11 will save legacy media, saying that they want to make it a level playing field for everyone.
But in doing so, they will hurt thousands of content creators across our country who will lose everything they have worked so hard to build if user-generated content and algorithm manipulation is left out of this bill. Le gouvernement espère que le projet de loi C-11 sauvera les médias traditionnels en disant qu’il veut que tout le monde soit sur un pied d’égalité.
Mais ce faisant, il nuira à des milliers de créateurs de contenu de partout au pays qui perdront tout ce qu’ils ont travaillé si dur à bâtir si le contenu généré par les utilisateurs et la manipulation des algorithmes ne sont pas mentionnés par ce projet de loi. In broadcasting, an executive holds a magic wand and decides who the winners are, how much they get paid and how they are treated. For example, it would have taken me 10 years to make what my male radio co-hosts made in just one year.
Now the baton is being passed to the CRTC to decide who wins and who loses on the internet, instead of the users, the Canadian people, holding their own wands and deciding what content they want to watch. Dans le domaine de la radiodiffusion, les dirigeants brandissent leur baguette magique pour déterminer qui seront les gagnants, combien ils seront payés et comment ils seront traités. Par exemple, il m’aurait fallu 10 ans pour atteindre ce que mes coanimateurs masculins ont atteint en une année seulement.
Et maintenant, on passe le flambeau au CRTC pour décider qui seront les gagnants et qui seront les perdants dans Internet. Cette décision revient aux utilisateurs, les Canadiens, qui possèdent leurs propres baguettes magiques pour décider du contenu qu’ils veulent regarder. Why are we going backward? I’m asking for myself and every other content creator and user to please change
section 4.2 and write it in a way that leaves no doubt that user-generated content is exempt from this legislation. Thank you. Pourquoi retournons-nous en arrière? Je vous demande, en mon nom et au nom de tous les autres créateurs et utilisateurs de contenu, de modifier l’article 4.2 en le rédigeant d’une façon qui ne laisse aucun doute que le contenu produit par les utilisateurs n’est pas régi par cette loi. Merci. The Chair: Thank you, Ms. Valentyne. I will now turn the floor over to Mr. Michael. You have the floor, sir. Le président : Merci, madame Valentyne. Je cède maintenant la parole à M. Michael. À vous la parole, monsieur. 19-10-2022 Transports et communications 25:23
Darcy Michael, Content Creator, as an individual: Thank you for taking the time today to hear me. To be honest, I’m tempted to save all of our time and just say “ditto” to Stewart and Jennifer’s testimony. M. Darcy Michael, créateur de contenu, à
titre personnel : Merci de me consacrer de votre temps aujourd’hui. Je vous dirai honnêtement que je suis tenté de gagner du temps en répondant tout simplement « c’est ce que j’allais dire » aux témoignages de M. Reynolds et de Mme Valentyne. For 16 years, I have been a Canadian comedian and actor. I have had many traditional successes in both film and television in Canada, with 10 televised galas at Just for Laughs, I starred on CTV’s sitcom “Spun Out” for two years, and I have my own one-hour stand-up streaming special on Crave called “Darcy Michael Goes to Church.” It’s highly recommended viewing.
Depuis 16 ans, je suis un humoriste et un acteur canadien. J’ai eu beaucoup de succès auprès des diffuseurs traditionnels du cinéma et de la télévision au Canada. J’ai participé à 10 galas télévisés de l’émission Juste pour rire, j’ai joué pendant deux ans dans la comédie de CTV Spun Out et j’anime ma propre émission spéciale d’une heure de monologues comiques sur Crave, qui s’intitule Darcy Michael Goes to Church et dont le visionnement est fortement recommandé.
After our sitcom “Spun Out” ended production, I spent four years developing and writing my own sitcom with Bell Media, only to be told at the end of four years that they didn’t think there was an appetite for it. And yes, I’m foreshadowing. Lorsque la production de notre comédie Spun Out a pris fin, j’ai passé quatre ans à concevoir et à rédiger ma propre comédie de situation pour Bell Média. Au bout de ces quatre ans, les dirigeants m’ont annoncé qu’ils ne pensaient pas que ce contenu plairait au public. Eh oui, j’étais en avance sur mon temps. In Canada, when one television netw