Senate Committee — RIDR — Evidence — 61ev-57104
RIDR / Evidence / 61ev-57104
Senate Committees
EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Monday, December 2, 2024 OTTAWA, le lundi 2 décembre 2024 The Standing Senate Committee on Human Rights met with videoconference this day at 5:03 p.m. [ET] to examine such issues as may arise from time to time relating to human rights generally; and, in camera, to examine such issues as may arise from time to time relating to human rights generally.
Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se réunit aujourd’hui, avec vidéoconférence, à 17 h 3 (HE) pour examiner les questions qui pourraient survenir concernant les droits de la personne en général; et, à huis clos, pour examiner les questions qui pourraient survenir concernant les droits de la personne en général. Senator Salma Ataullahjan (Chair) in the chair.
La sénatrice Salma Ataullahjan (présidente) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Chair: I would like to begin by acknowledging that the land on which we gather is on the traditional, ancestral and unceded territory of the Anishinaabe Algonquin Nation and is now home to many other First Nations, Métis and Inuit peoples from across Turtle Island.
La présidente : Pour commencer, j’aimerais reconnaître que nous nous réunissons sur les terres traditionnelles, ancestrales et non cédées de la nation algonquine anishinaabe, qui abrite maintenant de nombreux autres peuples des Premières Nations, des Métis et des Inuits de l’ensemble de l’île de la Tortue. I am Salma Ataullahjan, a senator from Toronto and chair of this committee. Today, we are conducting a public hearing of the Standing Senate Committee on Human Rights. Je suis Salma Ataullahjan, sénatrice de Toronto et présidente du comité.
Aujourd’hui, nous tenons des délibérations publiques du Comité sénatorial permanent sur les droits de la personne. I would like to invite my honourable colleagues to introduce themselves, starting on my left. J’inviterai mes honorables collègues à se présenter, en commençant par ma gauche. Senator Arnot: David Arnot from Saskatchewan. Le sénateur Arnot : David Arnot, de la Saskatchewan. Senator Bernard: I’m Wanda Thomas Bernard from Mi’kmaq territory, Nova Scotia. La sénatrice Bernard : Je suis Wanda Thomas Bernard, du territoire mi’kmaq, en Nouvelle-Écosse.
Senator Senior: Hi, my name is Paulette Senior from Ontario. La sénatrice Senior : Bonjour, je m’appelle Paulette Senior, de l’Ontario. Senator Pate: Welcome. Kim Pate. I live here in the unceded, unsurrendered and unreturned lands of the Algonquin Anishinaabe. La sénatrice Pate : Bienvenue. Je suis Kim Pate. Je vis ici sur les terres non cédées, non abandonnées et non retournées du peuple algonquin anishinaabe. Senator K. Wells: Senator Kris Wells, Treaty 6 territory, Edmonton. Le sénateur K. Wells : Sénateur Kris Wells, territoire visé par le Traité n o 6, Edmonton. The Chair: Thank you, colleagues.
Today, our committee will begin its study on anti-Semitism in Canada. The study will examine anti-Semitism in Canada, including its prevalence and impact, Canada’s efforts to combat it through laws, policies and other federal initiatives and the role of education, digital platforms and law enforcement in addressing it. La présidente : Merci, chers collègues. Aujourd’hui, notre comité commence son étude sur l’antisémitisme au Canada.
L’étude examinera l’antisémitisme au Canada, y compris l’étendue et l’impact de ce problème, ainsi que les efforts déployés par le Canada pour le combattre au moyen de lois, de politiques et d’autres initiatives fédérales, ainsi que le rôle de l’éducation, des plateformes numériques des mesures d’application de la loi pour le combattre. This afternoon, we shall have two panels. In each panel, we shall hear from the witnesses and then the senators around the table will have a question-and-answer session. Cet après-midi, nous aurons deux groupes de témoins.
Dans chaque groupe, nous entendrons les témoins, puis les sénateurs autour de la table auront une période de questions et de réponses. 2-12-2024 Droits de la personne 61:1
I will now introduce our first panel. Our witnesses have been asked to make a five-minute opening statement. With us today at the table, from the Centre for Israel and Jewish Affairs, please welcome Shimon Fogel, Chief Executive Officer. I will now invite Mr. Fogel to make his presentation. Je vais maintenant présenter notre premier groupe. Nos témoins ont été invités à présenter une déclaration liminaire de cinq minutes. Je tiens à accueillir autour de la table aujourd’hui Shimon Fogel, chef de la direction du Centre consultatif des relations juives et israéliennes. J’invite maintenant M.
Fogel à présenter son exposé. Shimon Fogel, Chief Executive Officer, Centre for Israel and Jewish Affairs: Thank you, Madam Chair, and thanks to the committee for taking the time to drill down on this issue. Shimon Fogel, chef de la direction, Centre consultatif des relations juives et israéliennes : Merci, madame la présidente, et je remercie le comité de prendre le temps de s’attaquer à cette question. Bringing testimony before this august committee brings me no joy today, nor can elegant words disguise the ugly reality that confronts not only Jewish Canadians, but in a fundamental way, all Canadians.
Forgive the candour of my remarks. Présenter un témoignage devant cet auguste comité ne m’apporte aucune joie aujourd’hui, et aucun mot élégant ne peut déguiser la triste réalité qui assaille non seulement les Canadiens juifs, mais, de manière fondamentale, tous les Canadiens. Veuillez excuser la franchise de mes commentaires. There is a crisis of Jew hatred in this country. The anti‑Semitism emanating from the extreme right, the radical left and, to be truthful, from segments of the Muslim and Arab communities; a bitter irony, given that they too experience discrimination and hate.
Il y a une crise de la haine des Juifs au Canada. L’antisémitisme découlant de l’extrême droite, de la gauche radicale et, pour être honnête, de segments des communautés musulmanes et arabes; c’est ironique, étant donné qu’elles ont également été victimes de discrimination et de haine. The Prime Minister called the recent rise of anti-Semitism terrifying, and he’s right. The statistics are staggering. Since October 7, there has been a 93% rise in hate crimes in Toronto, the majority of which have been directed at the Jewish community.
In Vancouver, reports of anti-Semitism increased 62% in 2023 over 2022; 70% of those occurred subsequent to October 7. Le premier ministre a qualifié la hausse récente de l’antisémitisme de terrifiante, et il a raison. Les statistiques sont sidérantes. Depuis le 7 octobre, il y a eu une augmentation de 93 % des crimes haineux à Toronto, dont la majorité a été dirigée contre la communauté juive. À Vancouver, les signalements d’antisémitisme ont augmenté de 62 % en 2023 par rapport à 2022; 70 % de ces incidents sont survenus après le 7 octobre.
In Ottawa, the nation’s capital, the overall number of hate‑related incidents rose nearly 20% in 2023. While Jews only comprise about 1.4% of the population, incidents affecting the Jewish community in Ottawa comprise 27% of reported hate‑related incidents in 2023. À Ottawa, la capitale nationale, le nombre global d’incidents haineux a augmenté de près de 20 % en 2023. Alors que les Juifs ne forment qu’environ 1,4 % de la population, les incidents ciblant la communauté juive à Ottawa comprennent 23 % d’incidents haineux déclarés en 2023.
I could mention that we’ve recently learned that the two young people charged with terrorism offences earlier this year were planning to set bombs at a Jewish event here on Parliament Hill, or that our former Minister of Justice and human rights activist, Irwin Cotler, required 24/7 RCMP protection, having been the target of terrorist assassination plots alleged by Iranian agents for his outspoken criticisms of that regime.
Je pourrais mentionner que nous avons récemment appris que les deux jeunes personnes accusées d’infractions de terrorisme plus tôt cette année planifiaient de poser des bombes lors d’un événement juif ici, sur la Colline du Parlement, ou que notre ancien ministre de la Justice et défenseur des droits de la personne, Irwin Cotler, avait besoin d’une protection de la GRC 24 heures par jour, sept jours par semaine, ayant été la cible de stratagèmes d’assassinat terroriste présumé par des agents iraniens pour avoir critiqué ouvertement ce régime.
I could mention Jewish schools in Montreal being shot at or bomb threats targeting Jewish schools in Toronto or synagogues across the country picketed and vandalized; demonstrations taking place in Jewish neighbourhoods for the sole purpose of intimidating its residents; Jewish-owned businesses are defaced, damaged, boycotted and vandalized.
Je pourrais mentionner que des écoles juives à Montréal sont la cible de tirs ou que des menaces à la bombe ciblent des écoles juives à Toronto ou que des synagogues de partout au pays font l’objet d’un piquetage et sont vandalisées; des manifestations se déroulent dans des quartiers juifs dans le seul but d’intimider leurs résidents; les entreprises appartenant à des Juifs sont défigurées, endommagées, boycottées et vandalisées. 61:2 Human Rights 2-12-2024
In our streets, we hear glorification of terrorism and violence. On Parliament Hill, the very heart of Canada’s democracy, on April 18, we heard praise for the October 7 attack by Hamas and its affiliates that murdered 1,200 people in Israel. Both the National Post and The Globe and Mail reported statements including: Dans nos rues, nous entendons glorifier le terrorisme et la violence. Sur la Colline du Parlement, le cœur même de la démocratie du Canada, le 18 avril, nous avons entendu louanger l’attaque perpétrée le 7 octobre par le Hamas et ses sociétés affiliées qui ont assassiné 1 200 personnes en Israël.
Le National Post et le Globe and Mail ont tous deux publié des déclarations, dont celle-ci : Our resistance attacks are proof that we are almost free. . . . Long live October 7, long live the intefadeh, long live every form of resistance. Nos attaques de résistance sont la preuve que nous sommes presque libres… Longue vie au 7 octobre, longue vie à l’intifada, longue vie à toute forme de résistance.
On October 28 in Montreal, a controversial imam was given the microphone and in Arabic he said: Le 28 octobre à Montréal, un imam controversé s’est vu offrir le microphone et s’est exprimé ainsi en arabe : Allah, take care of these Zionist aggressors. . . . Allah, identify them all, then exterminate them. And don’t spare any of them. Allah, occupe-toi de ces agresseurs sionistes… Allah, repère-les tous, puis extermine-les. Et n’épargne aucun d’eux. Shockingly, we subsequently learned that he was not going to be charged. Still in Montreal, yells of “death to the Jews” were heard in front of the Jewish school.
The Jewish community centre was under siege, with people not able to go out for hours and then finally being escorted by police through the backdoor. Fait choquant, nous avons par la suite appris qu’il n’allait pas être accusé. Encore à Montréal, des cris scandant « mort aux Juifs » ont été entendus devant l’école juive. Le centre communautaire juif a été assiégé, des personnes ne pouvant pas sortir pendant des heures, puis ayant fini par être escortées par la police par la porte arrière.
It’s gotten so bad that the authorities were so passive and the only solution the community could turn to for relief was the courts, where they sought injunctions to protect our institutions, an extraordinary recourse. These junctions were granted and extended, twice. These injunctions, that were followed by lawyers on behalf of our community, were necessary because of the failure of civil authorities.
La situation est devenue tellement mauvaise que les autorités étaient très passives, et la seule solution à laquelle la communauté pouvait recourir était de demander l’intervention des tribunaux, où elle a demandé des injonctions pour protéger nos institutions, un recours extraordinaire. Ces injonctions ont été accordées et prolongées à deux reprises. Ces injonctions, qui ont été respectées par des avocats au nom de notre communauté, étaient nécessaires à cause du défaut d’agir des autorités civiles. And the situation on campus for Jewish students is especially disturbing.
We see hate symbols such as swastikas defacing campus property; kippah-wearing students are spat on and called “dirty Jew”; Mezuzoah, the holy Jewish scripture parchment housed in the distinctive cases affixed to door posts, are being torn down in residence; discriminatory remarks in lectures claiming Jews harvest the organs or blood of non-Jews; and even bare-faced threats of violence against Jewish students at the threat of detainment and arrest. Et la situation sur les campus pour les étudiants juifs est tout particulièrement troublante.
Nous voyons des symboles haineux comme des swastikas qui défigurent les campus; des étudiants qui portent la kippa se font cracher dessus et traiter de « sales Juifs »; les mézouzas, le parchemin des écritures juives saintes qui se trouve dans les étuis distinctifs apposés aux montants de porte, sont arrachées dans les résidences; des commentaires discriminatoires ont été entendus dans des conférences où l’on prétend que les Juifs récoltent les organes ou le sang des non- Juifs; et il y a même des menaces de violence à visage découvert faites contre des étudiants juifs dès qu’il y a des menaces de détention et d’arrestation.
Peaceful rabbis, like Rabbi Adam Scheier of Shaar Hashomayim in Montreal, and Jewish journalists being directed to move by police while the haters are free to spew their venom. Students and faculty share with me that they avoid reporting incidents due to fear of retribution by both their professors and peers. Des rabbins pacifiques, comme le rabbin Adam Scheier de Shaar Hashomayim à Montréal, et des journalistes juifs se font dire par la police de continuer leur chemin alors que les auteurs de la haine sont libres de cracher leur venin.
Les étudiants et les membres du personnel enseignant me disent qu’ils évitent de signaler des incidents parce qu’ils craignent des représailles de la part de leurs professeurs et de leurs pairs. 2-12-2024 Droits de la personne 61:3
When reports are made about potential safety concerns, we’ve heard numerous instances where Jewish students and faculty were advised to stay home rather than address the root cause of the matter. Student unions and educators on Ontario campuses have made statements supporting and celebrating violence and discrimination. We’ve witnessed campus protests disguised as legitimate forms of political activism, only to morph into riots while spreading hateful and violent rhetoric directed toward Jews, as they rob students of their educational rights and professors of their teaching commitments.
Lorsqu’il y a des signalements de possibles préoccupations de sécurité, nous avons entendu de nombreux cas où les étudiants et les membres du corps enseignant juifs se sont fait conseiller de rester à la maison plutôt que de s’attaquer à la cause profonde de l’affaire. Les syndicats étudiants et les enseignants des campus de l’Ontario ont fait des déclarations qui soutenaient et célébraient la violence et la discrimination.
Nous avons assisté à des manifestations sur les campus déguisées en formes légitimes de militantisme politique, qui se sont transformées en émeutes alors que l’on répandait une rhétorique haineuse et violente à l’endroit des Juifs, que l’on prive les étudiants de leurs droits à l’éducation et les professeurs de leurs engagements en matière d’enseignement. Let me be clear, academic freedom and freedom of expression are pillars of our values as a country and as a society, both on and off campus.
But when the lines are crossed and policies are not enforced, it shakes the trust of our community, our trust in the system that we support. Je vais être clair : la liberté universitaire et la liberté d’expression sont les piliers de nos valeurs en tant que pays et en tant que société, à la fois sur les campus et hors de ceux-ci. Mais lorsque les lignes sont franchies et que les politiques ne sont pas appliquées, cela ébranle la confiance de notre communauté, notre confiance dans le système que nous soutenons. At this point words are not enough. We’ve had enough of those. We need action from government.
Let me offer, in conclusion, just a few brief recommendations, that I’d be more than happy to expand on in the rest of our time together. À ce stade, les mots ne suffisent plus. Nous en avons assez entendu. Nous avons besoin d’une action de la part du gouvernement. Permettez-moi d’offrir, en conclusion, quelques brefs commentaires, sur lesquels je serai heureux d’en dire plus dans le reste de notre temps ensemble.
Number one, it is urgent that the government convene a national forum on combatting hate crimes, terrorism and anti‑Semitism, bringing together federal, provincial and municipal leaders, together with law enforcement, to coordinate efforts and ensure the consistent application of not just anti‑hate legislation, but of the law in general when it comes to protecting vulnerable and at-risk communities.
Premièrement, il est urgent que le gouvernement convoque un forum national pour lutter contre les crimes haineux, le terrorisme et l’antisémitisme, en réunissant des chefs fédéraux, provinciaux et municipaux, ainsi que les forces d’application de la loi, pour coordonner les efforts et garantir l’application uniforme non seulement des lois de lutte contre la haine, mais de la loi en général pour ce qui est de protéger les communautés vulnérables et à risque. Number two, we have to strengthen enforcement of Canada’s criminal laws.
I believe Mark Sandler, a panellist whom you’ll hear from soon, has some very specific ideas on what that should look like. In general, we have to ensure that charges, including for criminal intimidation, unlawful assembly and hate propaganda, are laid against those promoting violence or inciting hate against Jews.
We have to enhance judicial and law enforcement training modelled on past initiatives, like the anti‑intimidation protections of Bill C-3, to equip officials with the tools to recognize and address anti-Semitism while utilizing the International Holocaust Remembrance Alliance, or IHRA, definition of anti-Semitism adopted by the federal government and many of the provinces. Deuxièmement, nous devons renforcer l’application des lois criminelles du Canada. Je pense que Mark Sandler, un intervenant que vous entendrez bientôt, a des idées très précises sur ce à quoi cela devrait ressembler.
En général, nous devons nous assurer que des accusations, y compris celles d’intimidation criminelle, de rassemblement illégal et de propagande haineuse, sont portées contre les personnes qui font la promotion de la violence ou incitent à la haine contre les Juifs.
Nous devons renforcer la formation judiciaire et la formation sur l’application de la loi inspirée d’initiatives passées, comme les protections de lutte contre l’intimidation qu’offre le projet de loi C-3, pour équiper les représentants des outils nécessaires pour reconnaître l’antisémitisme et y réagir tout en utilisant la définition d’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste, ou AIMH, adoptée par le gouvernement fédéral et de nombreuses autres provinces. 61:4 Human Rights 2-12-2024
Number three, we have to bolster community safety programs by establishing dedicated liaisons within law enforcement, creating specialized hate crime units and improving intelligence sharing to address rising threats. Troisièmement, nous devons renforcer les programmes de sécurité communautaire en établissant des liaisons dédiées au sein des forces de l’ordre, en créant des unités spécialisées sur les crimes haineux et en améliorant l’échange de renseignements pour réagir à la hausse des menaces.
Finally, we have to address radicalization and extremism, including banning terrorist symbols and cracking down on those glorifying terrorism, which emboldens extremists and undermines Canadian security. Enfin, nous devons réagir à la radicalisation et à l’extrémisme, notamment en interdisant les symboles terroristes et en sévissant contre la glorification du terrorisme, qui donne du pouvoir aux extrémistes et compromet la sécurité canadienne. Honourable senators, the time for action is now. I close where I opened: This is not only about Jews. We’re the low-hanging fruit, the proverbial canary in the coal mine.
As the saying goes, what starts with the Jews never ends with the Jews. Honorables sénateurs et sénatrices, il est maintenant temps d’agir. Je termine par là où j’ai commencé : cela ne concerne pas seulement les Juifs. Nous sommes une proie facile, comme le canari dans la mine de charbon. Comme le dit le dicton, ce qui commence par les Juifs ne se termine jamais par les Juifs. I’m grateful and thank you for your time and would be delighted to engage in further conversation, if time permits. Je suis reconnaissant de votre temps et je serais ravi de participer à la conversation, si le temps le permet.
The Chair: Thank you for your presentation. We will now proceed to questions from the senators. Senators, I will remind you that you have five minutes for your questions and answers. If time permits we can also go to second round. Let’s start with the deputy chair, Senator Bernard. La présidente : Merci de votre exposé. Nous allons maintenant passer aux questions des sénateurs. Sénateurs et sénatrices, je vous rappelle que vous avez cinq minutes pour vos questions et vos réponses. Si le temps le permet, nous pourrons également passer au deuxième tour.
Nous allons commencer par la vice-présidente, la sénatrice Bernard. Senator Bernard: Thank you, chair. Mr. Fogel, thank you for your candour. I appreciate all that you’ve shared. La sénatrice Bernard : Merci, madame la présidente. Monsieur Fogel, merci de votre franchise. Je vous remercie de tout ce que vous avez dit. I wonder if you could tell us a bit about your perspectives on the impact. What is the impact of anti-Semitism on the Jewish community? Je me demande si vous pouvez nous parler un peu de vos perspectives sur l’impact. Quel est l’impact de l’antisémitisme sur la communauté juive? Mr.
Fogel: Thank you, senator. Permit me to just stray for a moment into the very personal. M. Fogel : Merci, sénatrice Bernard. Permettez-moi un instant de m’écarter pour m’aventurer dans le domaine très personnel. I’m a child of Holocaust survivors; both my parents. And what perhaps makes them exceptional is that when they were warmed by the embrace of Canada, they had a second opportunity almost to be reborn. They cherished their lives here in Canada. They saw Canada as a beautiful, exceptional place to build lives, to grow families, to contribute to community.
Je suis enfant de survivants de l’Holocauste; mes deux parents. Et ce qui les rend peut-être exceptionnels, c’est que lorsqu’ils ont été accueillis à bras ouverts par le Canada, ils ont eu une deuxième occasion de presque renaître. Ils ont chéri leur vie ici au Canada. Ils voyaient le Canada comme un endroit magnifique et exceptionnel où bâtir leur vie, fonder une famille et contribuer à la communauté.
I’m almost grateful that they are no longer with us, because for so many survivors with whom I come into contact you see this paralyzing fear as signs begin to emerge and behaviour begins to assert itself that reminds them of what they survived. Je suis presque reconnaissant qu’ils ne soient plus avec nous, parce que, pour tant de survivants que je rencontre, je vois cette peur paralysante à mesure que les signaux commencent à apparaître et que commencent à se manifester les comportements qui leur rappellent ce à quoi ils ont survécu.
I can tell you that we are now two, three, even four generations past the Holocaust, and for many Canadian Jews they’ve experienced very little by way of overt or aggressive anti-Semitism. That’s no longer the case. They are riddled with anxiety and fear. They’re frustrated with a system that is not Je peux vous dire que nous sommes maintenant à deux, trois et même quatre générations depuis l’Holocauste, et de nombreux Canadiens juifs n’ont vécu que très peu d’antisémitisme flagrant ou agressif. Ce n’est plus le cas. Ils sont rongés par l’anxiété et la peur.
Ils sont frustrés par un système qui ne remplit pas son 2-12-2024 Droits de la personne 61:5
living up to its social contract. They’re angry. They are worried and they’re looking for solutions. For some, the expectation and the hope is that those who are charged with the responsibility of fostering an inclusive, tolerant, respectful society will come forward and provide the kinds of solutions and remedies that will push back against this hate, hate that I underscore is not exclusively directed against Jews but has become normalized because of the expression of hate against Jews more than any other group. contrat social. Ils sont fâchés. Ils sont inquiets et ils recherchent des solutions.
Certains espèrent que les personnes qui assument la responsabilité de favoriser une société inclusive, tolérante et respectueuse se manifesteront et apporteront les types de solutions et les remèdes qui repousseront cette haine, haine qui, je le souligne, n’est pas exclusivement dirigée contre les Juifs, mais qui est devenue banalisée à cause de l’expression de la haine contre les Juifs plus que tout autre groupe. But I will tell you frankly, senator, that there are those who are looking at other options. They’re looking to move. They’re encouraging their children to seek a more stable and secure environment.
What that tells me is that they’re giving up. Absent signals and actions on the part of authorities and on the part of civil society in general, that will only accelerate and deepen over the coming days, weeks and months. We can ill afford that. Mais je vais vous dire franchement, madame la sénatrice, qu’il y a des personnes qui recherchent d’autres options. Elles cherchent à déménager. Elles encouragent leurs enfants à chercher un environnement plus stable et plus sécuritaire. Ce que cela me dit, c’est qu’elles abandonnent.
En l’absence de signaux et d’actions de la part des autorités et de la part de la société civile en général, cela ne fera que s’accélérer et que s’aggraver au cours des prochains jours, semaines et mois. Nous pouvons difficilement nous le permettre. Senator Bernard: Thank you. You hinted at the connection between anti-Semitism and other forms of racism and bigotry. Can you tell us a bit more about those connections as you see them and experience them? La sénatrice Bernard : Merci. Vous avez évoqué le lien entre l’antisémitisme et d’autres formes de racisme et de bigoterie.
Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ces liens alors que vous les observez et en faites l’expérience? Mr. Fogel: I don’t think it’s a secret, senator, that, especially with the role that social media has played over the last number of years, it’s as if all the filters have been removed. All the constraints on people, what they say and what they think now becomes almost an automatically uninterrupted stream that makes its way through social media. Younger cohorts in particular receive most of their information through various social media channels.
What they learn from the hate that has just exploded on these social media platforms is that it’s okay. M. Fogel : Je ne pense pas, madame la sénatrice, que ce soit un secret que, en particulier compte tenu du rôle des médias sociaux ces dernières années, c’est comme si tous les filtres ont été enlevés. Toutes les contraintes imposées aux gens, ce qu’ils disent et ce qu’ils pensent deviennent maintenant presque un fil automatiquement ininterrompu qui suit son cours jusqu’aux médias sociaux.
Les jeunes cohortes en particulier reçoivent la plupart de leurs renseignements par l’entremise de diverses chaînes de médias sociaux. Ce qu’elles apprennent de la haine qui vient d’exploser sur ces plateformes de médias sociaux, c’est que c’est correct. That’s what I mean by “normalized.” When you feel comfortable expressing hate, disdain and discrimination toward or bias against one group, it’s a very slippery slope to extend that kind of sentiment or animus to others.
It seems that the common factor is this notion of “the other.” Whomever doesn’t share your particular, oftentimes self-defined, attributes become fair game and fodder for whatever other frustrations you want to express or give into. C’est ce que j’entends par le terme « banalisé ». Lorsque vous êtes à l’aise d’exprimer de la haine, du dédain et de la discrimination ou des préjugés à l’endroit d’un groupe donné, vous vous engagez sur une pente très glissante lorsque vous appliquez ce type de type de sentiment ou d’animosité à d’autres. Il semble que le facteur commun soit cette idée de « l’autre ».
Tous ceux qui n’ont pas les mêmes attributs particuliers que vous, souvent définis par vous-même, deviennent une proie et un exutoire à toutes les frustrations que vous voulez exprimer ou auxquelles vous voulez céder. I think that as we increasingly tolerate a climate that allows for that kind of expression, it becomes not just normalized, it becomes the standard. We, especially the political leadership of this country, have to signal in words and deeds that this view is relegated to the darkest corners of our society.
Je pense que, alors que nous tolérons de plus en plus un climat qui favorise ce type d’expression, cela devient non seulement banalisé, cela devient la norme. Nous, en particulier les dirigeants politiques du pays, devons faire savoir par nos paroles et nos actes que ce point de vue est relégué aux coins les plus sombres de notre société. Senator Bernard: Thank you. La sénatrice Bernard : Merci. 61:6 Human Rights 2-12-2024
The Chair: Before we continue, we’ve been joined by my colleague who I’d like to introduce. La présidente : Avant de continuer, je veux présenter ma collègue qui se joint à nous. Senator Osler: Flordeliz (Gigi) Osler, Manitoba. La sénatrice Osler : Flordeliz (Gigi) Osler, du Manitoba. Senator Arnot: Thank you, Mr. Fogel, for your testimony. anti-Semitism in Canada is not a new phenomenon. It’s clearly on the rise, as you said, and getting much worse. The media provides regular reports about this. Le sénateur Arnot : Je vous remercie, monsieur Fogel, de votre témoignage.
L’antisémitisme au Canada n’est pas un phénomène nouveau. C’est manifestement un phénomène montant, comme vous l’avez dit, et il s’aggrave. Les médias en font régulièrement état. I’d like you to comment on whether you see this as perhaps indifference to the issue or a lack of knowledge. We don’t have a lot of public champions, other than Jewish Canadians, speaking out against anti-Semitism, and anti-Semitism does strike at the very core of what it means to be Canadian. J’aimerais savoir si vous pensez qu’il y a peut-être une indifférence face à cette question ou s’il s’agit d’un manque de connaissance.
Nous n’avons pas beaucoup de champions publics, sauf pour les Canadiens juifs, qui s’expriment contre l’antisémitisme, et l’antisémitisme ne touche pas au cœur même de ce que cela signifie d’être Canadien. What’s your understanding of whether, for instance, the general public has a good grasp of anti-Semitism? How well does the government, broadly speaking, understand anti‑Semitism? What is the impediment to the action that you’re calling for? À votre avis, est-ce que le grand public, par exemple, comprend bien ce qu’est l’antisémitisme? Comment le gouvernement, de manière générale, comprend-il l’antisémitisme?
Quel est l’obstacle à l’action que vous réclamez? Mr. Fogel: Thank you very much, senator. I have to split the question into two. There is some good news, some encouraging news. We have undertaken, as have some of our sister organizations, a considerable amount of research since 2021, when we first started to see a measurable and significant increase in hate. I am pleased to say that, consistently, studies reveal that most Canadians do not harbour anti-Semitic views. That’s the good news.
The more challenging aspect is that most people don’t understand anti-Semitism, and without us unpacking it and being able to lay out what it looks like, what it feels like and how it manifests itself, Canadians are opposed to anti-Semitism but are not persuaded that Jews are experiencing anti-Semitism. M. Fogel : Merci beaucoup, sénateur Arnot. Je dois diviser la question en deux. Il y a de bonnes nouvelles, des nouvelles encourageantes.
Nous avons entrepris, comme l’ont fait certaines de nos organisations sœurs, une quantité importante de recherches depuis 2021, lorsque nous avons commencé à constater une augmentation mesurable et importante de la haine. Je suis heureux de dire que, systématiquement, les études révèlent que la plupart des Canadiens ne nourrissent pas de points de vue antisémites. C’est la bonne nouvelle.
Le principal problème, c’est que la plupart des gens ne comprennent pas l’antisémitisme, et si nous ne le décortiquons pas et ne sommes pas en mesure d’exposer ce à quoi il ressemble, comment il s’exprime et comment il se manifeste, les Canadiens s’opposent à l’antisémitisme, mais ne sont pas convaincus que les Juifs en sont victimes.
The second dimension of that, though — and I’m sure, honourable senators, you’ve seen this in so many different contexts — is that we live in an environment where one has to be exceptionally brave, oftentimes, to take a principled stand, because to do so as a politician or as a civil society leader invites the same kind of attack and assault as the ones you’re speaking up in defence of.
La deuxième dimension, toutefois — et je suis sûr, honorables sénateurs et sénatrices, que vous l’avez vu dans un très grand nombre de contextes différents — c’est que nous vivons dans un environnement où il faut être exceptionnellement brave, souvent, pour adopter une position de principe, parce que le politicien ou le chef de la société civile qui le fait s’attire le même type d’attaque et d’agression que ceux que vous défendez. I don’t know if we should call it “cancel culture,” but weighing in on issues such as these are almost a lightning rod for those who are calling attention to it.
If there isn’t some kind of coordinated, consistent and sustained approach that draws in a whole cross-section, not just in terms of a range of actors in the public space but geographically from across the country, then it becomes very difficult for people to feel motivated to stand up, do what’s right and say what’s right. Je ne sais pas si nous devrions la qualifier de « culture de l’annulation » ou « cancel culture », mais intervenir sur des questions comme celle-là, c’est comme attirer la foudre sur soi.
Faute d’une approche coordonnée, cohérente et soutenue qui attire tout un éventail d’acteurs, pas seulement ceux du domaine public, mais aussi sur le plan géographique dans tout le pays, il devient très difficile pour les gens d’être motivés à se lever, à faire ce qu’il faut et à dire ce qu’il faut. 2-12-2024 Droits de la personne 61:7
These are some of the considerations that have to go into the thinking about what remedies are available or what remedies have to be introduced in order to push back against hate in general, that kind of intolerance, and in our particular context, hatred directed toward Jews. D’autres considérations doivent entrer dans la réflexion sur les recours offerts ou les recours que l’on doit introduire pour repousser la haine en général, ce type d’intolérance, et dans notre contexte particulier, la haine contre les Juifs. Senator Arnot: What role do you think education initiatives should have in addressing these issues?
I’m thinking particularly in the K-to-12 system or the university system. Le sénateur Arnot : Quel devrait être le rôle des initiatives d’éducation pour réagir à ces questions? Je pense particulièrement au système de la maternelle à la douzième année ou au système universitaire. Mr. Fogel: The only hope in the long term is education. I thank you for raising it because I do want to make another point. Even if we’re talking about kids on social media platforms, for the most part, we’re talking about unintended or unthoughtful participation in hate.
I have no statistics to support it, but anecdotally, I would suggest that maybe we’re looking at 20% of those who express hate as being hard-core haters. The rest are simply ignorant. They’re not sensitive to what the words mean. They can’t appreciate what the significance is to the target. Through an intentional program of education, whether it’s Holocaust studies or anti-racism strategies that have been adopted in many parts of the country and at the federal level as well, we can move people and raise their level of sensitivity. M. Fogel : Le seul espoir à long terme est l’éducation.
Je vous remercie d’en parler, parce que je veux soulever un autre point. Même si nous parlons d’enfants sur les plateformes de médias sociaux, essentiellement, il s’agit de la participation involontaire ou irréfléchie à la haine. Je n’ai pas de statistiques pour appuyer mes propos, mais je dirais que peut-être 20 % de ceux qui expriment de la haine y croient fermement. Les autres ne sont qu’ignorants. Ils ne sont pas sensibles à ce que les paroles veulent dire. Ils ne peuvent pas savoir ce que cela signifie pour la cible.
Dans le cadre d’un programme d’éducation intentionnel, que ce soit les études sur l’Holocauste ou les stratégies de lutte contre le racisme qui ont été adoptées dans de nombreuses parties du pays et aussi à l’échelle fédérale, nous pouvons toucher les gens et augmenter leur niveau de sensibilité. Madam Chair, if you’ll just allow me one more minute, I will share with you an initiative I raised with the government on a number of occasions. I think there are always so many competing imperatives and interests that we look to put out the fire rather than to correct the wiring in the electrical system.
Madame la présidente, si vous me donnez une minute de plus, je vous ferai part d’initiatives que j’ai présentées au gouvernement à quelques occasions. Je pense que nous utilisons toujours de nombreux impératifs et intérêts concurrents pour éteindre les feux plutôt que pour corriger le filage du système électrique. It’s not by accident that I’ve mentioned several times the issue of social media. I believe that one of the important initiatives that governments, at the federal level especially, but also at the provincial level, should consider is a social media literacy program.
Ce n’est pas par accident que j’ai mentionné plusieurs fois la question des médias sociaux. Je pense que l’une des initiatives importantes que les gouvernements, en particulier à l’échelle fédérale, mais aussi à l’échelle provinciale, devraient envisager est un programme de littératie en matière de médias sociaux. I can explain it very simply by asking you to recall, without offering any normative judgment, the decision on the part of the federal government to legalize marijuana and cannabis products.
It started the process of what it had to do from a legislative and regulatory sense and so forth, and very soon after, they were contacted by multiple health care professionals. Then those health care professionals said, not so fast. You have to appreciate that cannabis products bring with them certain risks in their use. It doesn’t matter if they’re edible products or ones that are inhaled, but mixing cannabis and alcohol amplifies the effects of the drug.
Edible products don’t break down in the body in the same way as those that are inhaled, so the person consuming it won’t feel any impact; they’ll take more, because it’s a much slower process of absorption and assimilation into the body. And then all of a sudden, they actually start to feel the effects in a much exaggerated way. Je peux l’expliquer très simplement en vous demandant de vous rappeler, sans aucun jugement normatif, la décision du gouvernement fédéral de légaliser la marijuana et les produits du cannabis.
Il a commencé son processus en adoptant un point de vue législatif et réglementaire et ainsi de suite, et peu de temps après, il a reçu des appels de nombreux professionnels de soins de santé. Puis, ces professionnels ont dit : pas si vite. Vous devez reconnaître que la consommation de produits du cannabis comporte certains risques. Cela importe peu qu’il s’agisse de produits comestibles ou de ceux qui sont inhalés, mais mélanger le cannabis et l’alcool amplifie les effets de la drogue.
Les produits comestibles ne se décomposent pas dans le corps de la même manière que les produits inhalés, alors le consommateur ne ressentira aucun effet; il en prendra davantage, car le processus d’absorption et d’assimilation dans l’organisme est beaucoup plus lent. Et soudainement, il commencera à ressentir les effets de manière très exagérée. 61:8 Human Rights 2-12-2024
These health care professionals also said, you must undertake some kind of program to educate people about what the implications of cannabis consumption are. Not to say yea or nay, but just so they can appreciate, just as you can’t drive while intoxicated with alcohol, there are measures that you must take in order to ensure that you are consuming the product safely. Ces professionnels des soins de santé ont aussi dit que vous deviez entreprendre un programme pour renseigner les gens sur les conséquences de la consommation de cannabis.
Ce n’est pas pour dire oui ou non, mais juste pour qu’ils puissent savoir, tout comme le fait qu’on ne peut pas conduire en état d’ébriété, qu’il y a des mesures à prendre pour s’assurer de consommer le produit en toute sécurité. The government undertook an 18-month marijuana literacy program that reached every Canadian in an effective way, and brought home the message of responsible cannabis use for those who chose to do it.
Le gouvernement a entrepris un programme de littératie en matière de marijuana de 18 mois, qui a rejoint efficacement tous les Canadiens et transmis le message d’une utilisation responsable du cannabis pour les personnes qui choisissent d’en consommer. I’m suggesting that we have to do the same thing with social media. Young people in particular have to be taught what hate looks like, what abuse and bullying constitutes on social media. They have to know how to report it, how to flag it, who to turn to and what to do.
I’m absolutely convinced that if we were to undertake this kind of a program — circling back, senator, to your notion of the role of education — that we would make a dramatic difference in the amount of hate that is consumed, and then reposted, if I can use that term. Je dis que nous devons faire la même chose avec les médias sociaux. Les jeunes en particulier doivent savoir à quoi ressemble la haine, ce qui constitue des violations et ce qui constitue de l’intimidation sur les médias sociaux. Ils doivent savoir comment les signaler, vers qui se tourner et quoi faire.
Je suis absolument convaincu que si nous entreprenons ce type de programme — pour revenir, monsieur le sénateur, à votre idée du rôle de l’éducation — nous pourrions contribuer à changer la quantité de haine qui est consommée puis republiée, si je peux utiliser ce terme. Senator Senior: Thank you for being here. You talked about convening a national forum on hate crime, and I’d like to hear more about what you imagine coming out of that particular forum. I also want to pick up where you left off, but maybe from a slightly different angle, which is talking more about online hate.
I hear the strategy in terms of using a digital educational approach, in particular for young people, but I’m also curious about the use of platforms that are used to spread anti-Semitic content and which ones you see are the most dangerous in terms of that usage. La sénatrice Senior : Merci d’être ici. Vous avez parlé de convoquer un forum national sur les crimes haineux, et j’aimerais savoir ce qui pourrait ressortir de ce forum particulier, selon vous.
Je veux également reprendre là où vous vous êtes arrêté, mais peut-être à partir d’un angle légèrement différent, c’est-à-dire que l’on doit parler davantage de la haine en ligne. J’entends la stratégie concernant l’utilisation d’une approche d’enseignement numérique, en particulier pour les jeunes, mais je suis aussi curieuse par rapport à l’utilisation de plateformes qui servent à propager du contenu antisémite et j’aimerais savoir lesquelles vous considérez comme les plus dangereuses pour ce qui est de cette utilisation. Mr. Fogel: Thank you.
With respect to your first question, about this national forum, senators, you might recall that a couple of years back — maybe it’s three now — we called on the government, and the government responded by convening an emergency summit on anti-Semitism. Participants in that exercise did include officials at various levels of government, but it also included a significant cross-section of stakeholders, both Jewish and non-Jewish, who were provided an opportunity to share their lived experience, and to help others understand and appreciate what it was that they were confronted with. M. Fogel : Merci.
Par rapport à votre première question, à ce forum national, sénateurs et sénatrices, vous vous rappelez peut- être que, il y a quelques années — cela fait peut-être trois ans maintenant — nous avons fait une demande au gouvernement, et il a répondu en convoquant un sommet d’urgence sur l’antisémitisme.
Les participants à cet exercice comprenaient des représentants de divers échelons du gouvernement, mais aussi un très grand nombre d’intervenants de sections différentes, Juifs et non-Juifs, qui se sont vu offrir la possibilité de raconter leur expérience vécue et d’aider d’autres personnes à comprendre et à reconnaître ce à quoi elles étaient confrontées. This time around, we think that a forum should be much more focused, and the participants should be from various levels of government officials, both elected representatives as well as departmental officials.
Here we’re talking about law enforcement, the intelligence community, attorneys general, the Crown, public safety, which many of the provinces have as a Cette fois-ci, nous pensons qu’un forum devrait être beaucoup plus ciblé, et les participants devraient provenir de paliers de gouvernement différents, à la fois des représentants élus et des représentants ministériels. Nous parlons ici d’application de la loi, de la communauté du renseignement, des procureurs généraux, de la Couronne, de la sécurité publique qui, dans bon 2-12-2024 Droits de la personne 61:9
complement to the federal Ministry of Public Safety. All these experts should be coming together so that they can develop a comprehensive program that is going to address all the different dimensions of hate and the necessary response to it. nombre des provinces, complètent le ministère fédéral de la Sécurité publique. Tous ces experts devraient se réunir afin d’élaborer un programme exhaustif qui va s’attaquer à toutes les différentes dimensions de la haine et à la réponse nécessaire à celle-ci. The kind of thing, senator, that we’re looking at is a consistent reporting mechanism across the country.
We’re looking at standards that should be consistent from province to province in terms of identifying what hate crime looks like, what are the options, what are the provisions in the Criminal Code and what other remedies are available in order to address it? Training of law enforcement and of the Crown, because one of the problems, if I can just expand for a moment, is that you have law enforcement, and I am going to take the position that they are of goodwill, they’re dedicated and committed, and they want to do the right thing.
They identify a hate crime, they investigate, charge and then they turn it over to the Crown, and the Crown, for whatever reasons, decides not to pursue the case. The message that goes back to police is our investment of time, energy and money into pursuing this investigation is repeatedly not being followed to its logical conclusion, which is the Crown laying charges and prosecuting.
So they lose incentive to move ahead with these kinds of things, and they shift, as they have almost everywhere across the country, to de-escalation — let’s just keep them apart; let’s just try to make sure there isn’t that kind of physical contact that could allow things to explode, and we’ll call it a day. Ce que nous envisageons, sénatrice Senior, est un mécanisme de signalement uniforme dans l’ensemble du pays.
Nous recherchons des normes cohérentes d’une province à l’autre pour pouvoir reconnaître ce à quoi ressemblent les crimes haineux, savoir quelles sont les options, les dispositions dans le Code criminel et les autres recours offerts pour y réagir. On doit former les forces de l’ordre et les procureurs de la Couronne, parce que l’un des problèmes, si je peux juste en dire plus un instant, c’est qu’il y a des responsables de l’application de la loi, et partant du principe qu’ils sont de bonne foi, dévoués et engagés, ils veulent faire la bonne chose.
Ils repèrent un crime haineux, font enquête, portent des accusations, puis renvoient l’affaire à la Couronne, et la Couronne, pour quelque raison que ce soit, décide de ne pas poursuivre l’affaire. Le message qui revient à la police est que notre investissement en temps, en énergie et en argent pour poursuivre cette enquête n’aboutit jamais à sa conclusion logique, soit que la Couronne dépose des accusations et intente des poursuites.
Elle perd donc l’incitatif d’aller de l’avant avec ces types d’accusations, et elle change d’approche, comme elle l’a fait presque partout au pays, pour désamorcer les tensions; gardons-les séparés, assurons-nous qu’il n’y a pas de contact physique qui ferait exploser les choses, et c’est assez. These are the kinds of things that I think a national forum on hate and anti-Semitism could address. There’s also a dimension on what I referred to earlier with respect to radicalization and extremism. There are things that the intelligence agencies used to do. They invested in the long game.
They developed relationships with different vulnerable communities, and they worked with those communities to try and shift the most vulnerable individuals within particular communities away from a radical path toward something that was more constructive, both for them and for their community. This is what has to take place: Something deliberate, something focused and something where there’s a shared commitment, not just to meet but to do. That’s on the first issue. Ce sont les types de comportements auxquels un forum national sur la haine et l’antisémitisme pourrait réagir, je pense.
Il y a aussi une dimension que j’ai mentionnée plus tôt concernant la radicalisation et l’extrémisme. Autrefois, c’étaient les agences du renseignement qui s’en occupaient. Elles investissaient dans le long terme. Elles ont créé des relations avec des communautés vulnérables différentes et ont travaillé avec celles-ci pour éloigner les personnes les plus vulnérables dans des communautés particulières du radicalisme et les amener vers quelque chose de plus constructif, à la fois pour elles et pour leur communauté.
C’est ce qu’il faut : un mouvement délibéré, ciblé et où l’engagement est partagé, pas seulement pour se rencontrer, mais pour agir. C’était pour la première question. With respect to online hate, CIJA has been a supporter. In fact, it created the coalition that resulted in the governments moving forward with the online harms legislation that some know as Bill C-63, which has encountered many obstacles from when it was first introduced and it’s not entirely clear where it will end up. It was intended to address multiple different imperatives, everything from the particular risks of children to hate in general.
And the plan was, and I think still is, for us to recognize that all stakeholders — that includes government, it certainly includes the social media giants, the platforms on which hate is Pour ce qui est de la haine en ligne, le CIJA est un défenseur. En fait, il a créé la coalition à la suite de laquelle les gouvernements ont proposé une législation sur les méfaits en ligne connue sous le nom de projet de loi C-63, qui s’est heurté à de nombreux obstacles lorsqu’il a été présenté, et on ne sait pas exactement ce qui en résultera.
Il visait à traiter de nombreux impératifs différents, tout ce qui va des risques particuliers pour les enfants à la haine en général. Et le plan était, et je pense que ce l’est toujours, de reconnaître que tous les intervenants — et cela comprend le gouvernement, les géants des médias sociaux, 61:10 Human Rights 2-12-2024
enabled and Canadian civil society — to contribute toward moving to reduce the threat of online harm. les plateformes sur lesquelles la haine est facilitée et la société civile canadienne — se doivent de contribuer à réduire la menace des méfaits en ligne. One of the big challenges — well, there are two, if we’re going to speak frankly. One of the big challenges, or the elephant in the room, is the old
section 13 of the Canadian Human Rights Act, where you have competing imperatives. On the one hand, you have the need for protection of free speech, and on the other you have protection from hate. There is a tremendous tension between the two, with some being proponents of almost absolute free speech, and others saying there is prohibited speech. It has to be clarified, and it has to be part of the culture of Canadian society. That has not yet been resolved and we have to find creative ways to be able to balance those two competing imperatives if we are to move forward.
L’un des grands défis — eh bien, il y en a deux, si nous voulons être francs. L’un des grands défis, ou le sujet qui me préoccupe, c’est l’ancien
article 13 de la
Loi canadienne sur les droits de la personne, où il y a des impératifs contradictoires. D’un côté, il faut protéger la liberté d’expression et, de l’autre, il faut protéger contre la haine. Il existe une énorme tension entre les deux, certains étant partisans d’une liberté d’expression presque absolue, tandis que d’autres affirment que certains discours sont interdits. Il faut clarifier la question, et cela doit faire
partie de la culture de la société canadienne. Cette question n’a pas encore été réglée, et nous devons trouver des moyens créatifs de parvenir à un équilibre entre ces deux impératifs contradictoires si nous voulons aller de l’avant. Senator Pate: Thank you for your testimony. In fact, where you just left off is where I wanted to pick up. I’ll speak for myself. I’ve worked for many years on how to address hate speech when it comes to Indigenous, Black folks, women, those who are non-conforming, and I agree, the issue is often put at odds with other groups.
I’m curious, at this time anti-Semitism, anti-woman hatred and anti-racism are on the rise. We’re seeing an increase in intolerance in a number of areas and lack of trust in government as well. How do you see working cross these lines in terms of these sorts of issues? Or do you see there are particular ways in which this is fundamentally different than the types of hatred that have long been an issue? I would say anti‑Semitism has long been an issue and we’ve seen the rise in recent years in all of those spheres. La sénatrice Pate : Merci de votre témoignage.
En fait, je voulais reprendre là où vous venez de vous arrêter. Je vais parler en mon nom. Je travaille depuis de nombreuses années sur la façon de lutter contre les discours haineux visant les Autochtones, les Noirs, les femmes et les personnes de genre non conforme. Je suis d’accord, on oppose souvent ce problème à celui d’autres groupes. Je suis curieuse... En ce moment, l’antisémitisme, la misogynie et l’antiracisme sont en hausse. Nous constatons une augmentation de l’intolérance dans un certain nombre de domaines et un manque de confiance envers le gouvernement également.
Comment voyez-vous les efforts déployés pour surmonter ces obstacles? Ou voyez-vous des façons particulières dont cela diffère fondamentalement des types de haine qui sont depuis longtemps un problème? Je dirais que l’antisémitisme est un problème depuis longtemps et que nous avons constaté une augmentation ces dernières années dans toutes ces sphères. Mr. Fogel: Thank you, senator, for your question. I think it’s a deep one. I’m not sure we would have time today to really drill down in a way that’s fair to the question. M. Fogel : Merci, sénatrice, de votre question. Je pense qu’elle est profonde.
Je ne suis pas sûr que nous aurions le temps aujourd’hui d’approfondir vraiment la question d’une façon qui soit juste. I will say two things, one is referring to an earlier comment that I made, where it seems as if in the larger environment — maybe it’s in part due to polarization, maybe it’s part of a result of people just functioning in their own echo chambers, so they are cut off from experiencing others — there’s a tone that is not limited to Canada. These kinds of things have no borders, but it’s certainly being felt here.
When you pull at a knitted sweater, it’s one little thread and you pull it and it unravels in a way that spirals out of control and soon your sweater is in tatters. That is what we’ve experienced over the last few years, in the recent past, that permission, that justification that others in those echo chambers are providing for the ones who are disseminating hate or expressing it has emboldened them, especially in the absence Je dirai deux choses. La première fait référence à un commentaire que j’ai fait plus tôt, selon lequel il semble que dans le contexte plus large — peut-être en
partie à cause de la polarisation, peut-être en
partie du fait que les gens fonctionnent dans leur propre chambre d’écho, ce qui les coupe de l’expérience des autres — il y a une tension qui ne se limite pas au Canada. Ce genre de choses n’a pas de frontières, mais on le ressent certainement ici. Lorsque vous tirez sur un chandail tricoté, vous tirez sur un petit fil, et il se défait d’une manière qui échappe à tout contrôle, et bientôt votre chandail est en lambeaux. Nous l’avons constaté au cours des dernières années, dans un passé récent : cette permission — cette justification que d’autres dans ces chambres d’écho fournissent à ceux qui 2-12-2024 Droits de la personne 61:11
of very strong and sustained pushback that moves beyond rhetoric. diffusent la haine ou l’expriment — les a enhardis, surtout en l’absence d’une réaction très forte et soutenue qui transcende la rhétorique. There is another dimension, and I’ll close with this, mindful of the time. My thesis at the opening was that we are here talking about Jews, and there is, Lord knows, pretty compelling reason to give some focused attention on the Jewish experience here in Canada, but it isn’t just about Jews.
One of the things that we have to do — it’s not just the role of government to do it — is to reach out and build those kinds of collaborative partnerships between different groups. Beyond those at-risk groups or those that are threatened, to draw in those from broader Canadian society, to make common cause and to be able to recognize that the power of the collective action of the unified determination to push back, to demand that we adhere to core Canadian values and that we establish a standard below which Canadians are not permitted to go would be a very powerful force for bringing us to a better place.
Il y a une autre dimension, et je terminerai là-dessus, compte tenu du temps. Mon argument d’ouverture était que nous parlons ici des Juifs et qu’il y a, Dieu sait que c’est le cas, de bonnes raisons de s’intéresser de près à l’expérience juive ici au Canada, mais il ne s’agit pas seulement des Juifs. L’une des choses que nous devons faire — et ce n’est pas seulement le rôle du gouvernement — est de tendre la main et d’établir ce genre de partenariats de collaboration entre différents groupes.
Au-delà des groupes à risque ou menacés, il faut attirer les gens de la société canadienne dans son ensemble, faire cause commune et être capable de reconnaître que le pouvoir de l’action collective et de la détermination unifiée à repousser les limites, à exiger que nous adhérions aux valeurs canadiennes fondamentales et à établir une norme en dessous de laquelle les Canadiens ne sont pas autorisés à aller serait une force très puissante pour nous amener vers un monde meilleur. Senator K.
Wells: Thank you for being here today, and the rich discussion on many issues you have brought forward could well inform that national symposium where we would have more time to dig into them. I’m mindful of two things. First, your last comment about the importance of allyship and minority communities coming together. Personally, I’ll never forget when the Jewish community came to stand beside the LGBTQ community in the Supreme Court of Canada in the Delwin Vriend decision that fought for sexual orientation to be read into Alberta’s human rights code at the time.
And Lyle Kanee, who famously said we need to walk through the gates of equality together and that no one should be left behind. We would be wise to remember those lessons of history and the importance of coming together, particularly in times where all of our minority communities are under attack to different degrees. Le sénateur K. Wells : Merci d’être ici aujourd’hui. La riche discussion sur les nombreux enjeux que vous avez soulevés pourrait bien éclairer ce symposium national où nous aurions plus de temps pour les approfondir. Je garde en tête deux choses.
Tout d’abord, votre dernier commentaire sur l’importance de l’alliance et du rassemblement des communautés minoritaires. Personnellement, je n’oublierai jamais le moment où la communauté juive s’est rangée du côté de la communauté LGBTQ devant la Cour suprême du Canada dans l’arrêt Delwin Vriend, qui s’est battue pour que l’orientation sexuelle soit intégrée au Code des droits de la personne de l’Alberta à l’époque. Et Lyle Kanee, qui a déclaré que nous devons franchir ensemble les portes de l’égalité et que personne ne devrait être laissé pour compte.
Nous serions bien avisés de nous souvenir de ces leçons de l’histoire et de l’importance de nous rassembler, en particulier à une époque où toutes nos communautés minoritaires sont attaquées à divers degrés. I wanted to pick up on a thread that we haven’t talked about that you mentioned in your opening comments about the need for the Jewish community to go to the courts to get a judicial review for their safety. I’m wondering about your thoughts on bubble zone legislation.
That applied to schools, religious places of worship or cultural centres, if you see that as helpful rather than having to go each time for a judicial review, which is often limited in time. We don’t want to think of that as a solution but as helping to provide safety — when people become even afraid to go out in public, reach out to their communities and connect to services available to many others in the community without fear or threat.
Je voulais revenir à un aspect dont nous n’avons pas parlé et que vous avez mentionné dans votre déclaration liminaire sur la nécessité pour la communauté juive de s’adresser aux tribunaux pour obtenir un contrôle judiciaire concernant sa sécurité. Je me demande ce que vous pensez de la législation sur les zones bulles. Cela s’applique aux écoles, aux lieux de culte ou aux centres culturels; pensez-vous que c’est utile plutôt que de devoir chaque fois demander un contrôle judiciaire, qui est souvent limité dans le temps?
Nous ne voulons pas considérer cela comme une solution; c’est plutôt une façon d’assurer la sécurité — lorsque les gens ont même peur de sortir en public, de tendre la main à leur communauté et d’accéder aux services offerts à de nombreux autres membres de la communauté sans crainte ni menace. Mr. Fogel: Thank you. M. Fogel : Merci. 61:12 Human Rights 2-12-2024
I don’t want to pass the buck, senator, but from having chatted with Mark Sandler, who will be on the next panel and who is much more of an expert in these legal questions, I do believe he has some very specific thought about it. Je ne veux pas rejeter la responsabilité, sénateur, mais après avoir discuté avec Mark Sandler, qui fera
partie du prochain groupe de témoins et qui est nettement plus expert dans le domaine des questions juridiques, je crois qu’il a une opinion très précise à ce sujet. However, as a general comment so you don’t think I’m ducking your question, I’m an advocate of bubble legislation. I think we’ve seen it work with abortion clinics, where it was first introduced, and for precisely the reason you suggested: It offers a sense of security that allows people to access places that are important for their identity, and their cultural or religious expression.
It sends a signal to those who would put that under threat that there are limits beyond which they’re not permitted to go. Toutefois, en guise de commentaire général — pour que vous ne pensiez pas que je tente d’éluder votre question —, je suis un partisan de la législation sur les zones bulles.
Je pense que nous avons vu que cela fonctionnait dans les cliniques d’avortement, où cette pratique a été introduite pour la première fois, et précisément pour la raison que vous avez évoquée : elle offre un sentiment de sécurité qui permet aux personnes d’accéder à des lieux importants pour leur identité et leur expression culturelle ou religieuse. Elle envoie un signal à ceux qui voudraient menacer ces lieux, leur indiquant qu’il existe des limites à ne pas franchir.
That, too, sends the kind of signal that is almost like a non‑verbal cue that forces people to reflect upon what it is they’re doing, and what the consequences and implications are for others. If our thesis holds — that most people are of goodwill — it would give them pause to think about whether they want to be in the company of those who are posing that kind of threat. Cela envoie aussi le genre de signal ressemblant presque à une indication non verbale qui oblige les gens à réfléchir à ce qu’ils font et aux conséquences pour les autres.
Si notre thèse est vraie — que la plupart des gens sont de bonne volonté — cela les inciterait à réfléchir à la question de savoir s’ils veulent être en compagnie de ceux qui représentent ce genre de menace. Senator Osler: Thank you very much for being here today. La sénatrice Osler : Merci beaucoup d’être ici aujourd’hui. I’m going to loop back to education. You spoke about it briefly, meaning that education is the way out.
Are you aware of any educational initiatives, regardless of how they’re delivered — online, in person, via social media — at any level — municipal, provincial, federal — that are effective and work to reduce anti-Semitism? If you do know of any, what is it about that initiative that makes this work? Je vais revenir à l’éducation. Vous en avez parlé brièvement, ce qui signifie que l’éducation est la solution.
Connaissez-vous des initiatives éducatives, peu importe la façon dont elles sont présentées — en ligne, en personne, par l’intermédiaire des médias sociaux —, à n’importe quel niveau — municipal, provincial, fédéral —, qui sont efficaces et qui contribuent à réduire l’antisémitisme? Si vous en connaissez, qu’est-ce qui fait qu’une telle initiative fonctionne? Mr. Fogel: The answer is, yes, I do, but I don’t have the empirical data to support it. Again, you have to rely upon my anecdotal impressions that are based upon discussions. M.
Fogel : La réponse est oui, mais je n’ai pas de données empiriques pour l’appuyer. Encore une fois, vous devez vous fier à mes impressions anecdotiques, qui sont fondées sur des discussions. Here in Ontario, the government sponsored a series of anti‑racism, including anti-Semitic, videos that catered to younger people.
The point I want to make is that there’s a saying in Proverbs that I’ll loosely translate: “One has to teach a child, according to her, or his way.” If we were to sit around a table and have dinner and chat, we would have a very sophisticated and high-level discussion about everything related to how society behaves, where hate makes its way in and so forth. Ici, en Ontario, le gouvernement a parrainé une série de vidéos de lutte contre le racisme, y compris l’antisémitisme, destinées aux jeunes.
Ce que je veux dire, c’est qu’il y a une maxime dans les Proverbes que je traduirai ainsi : « Instruis l’enfant selon la voie qu’il doit suivre. » Si nous devions nous asseoir autour d’une table pour dîner et discuter, nous aurions une discussion très complexe et de haut niveau sur tout ce qui touche au comportement de la société, aux endroits où la haine s’infiltre, et cetera. That’s not going to resonate with a child. Cela ne trouverait aucun écho auprès d’un enfant. These videos, which we produced, were then taken to a few other provinces, translated into French for application in Quebec.
They had a very strong response from the students who Ces vidéos, que nous avons produites, ont ensuite été diffusées dans quelques autres provinces, traduites en français pour être utilisées au Québec. Elles ont suscité une réaction très positive 2-12-2024 Droits de la personne 61:13
participated in the program. I claim no personal credit for this — colleagues of mine helped design the features — but it was because they translated it into the language and concepts that kids could relate to. de la part des étudiants qui ont participé au programme. Je ne revendique aucun mérite personnel à ce sujet — des collègues à moi ont aidé à la conception —, mais c’est parce qu’ils ont traduit le tout dans un langage et des concepts auxquels les enfants pouvaient s’identifier. Sometimes, I think we risk achieving less by trying to achieve more.
If we do it in bite-sized pieces in language, in approach and in style — because so much of it is not just a function, but form — then I think we have an opportunity to connect with kids in ways that are going to have impacts, will resonate with them and will make them remember. Parfois, je pense que nous risquons d’obtenir moins en essayant d’obtenir plus.
Si nous procédons par petites étapes dans le langage, l’approche et le style — car il s’agit non pas seulement d’une fonction, mais d’une forme — alors je pense que nous avons la possibilité d’atteindre les enfants d’une manière qui aura un impact, avec laquelle ils seront d’accord et qui leur permettra de se souvenir. I was once told that radio ads have to be played eight times before somebody even begins to remember the product or brand.
I think that we have to approach this kind of challenge in the same way: It has to be sustained, continuous, consistent and it has to be a “melody” that rings true for their ear. On m’a dit un jour qu’il fallait diffuser huit fois les publicités radio avant que quelqu’un commence à se souvenir du produit ou de la marque. Je pense que nous devons considérer ce genre de défi de la même manière : il faut que ce soit soutenu, continu, cohérent et que ce soit une « mélodie » qui résonne juste à leurs oreilles. It may not be the only solution, but there is no one solution.
We have to approach this on the “salami method,” which is my wife’s way of saying that, instead of taking a big chunk, you slice it into little pieces. It’s best consumed and used that way. Ce n’est peut-être pas la seule solution, mais il n’y a pas de solution unique. Nous devons considérer cela selon la « méthode du salami », une façon pour ma femme de dire qu’au lieu de prendre un gros morceau, on le coupe en petits morceaux. Il est préférable de le prendre et de l’utiliser de cette façon. The Chair: Mr. Fogle, a few things you said have — I’ve been writing and scribbling.
The one thing that stood out to me is this: You specifically mentioned 2021, when you saw a rise in anti-Semitism. Could you speak about what the driving force of that was? La présidente : Monsieur Fogel, j’ai écrit et griffonné quelques mots de ce que vous avez dit. Ce qui m’a le plus marquée, c’est que vous avez mentionné précisément l’année 2021, lorsque vous avez constaté une montée de l’antisémitisme. Pourriez-vous nous dire quelle a été l’origine de cette montée? Second, you talked about strong and sustained pushback. Whom should that come from? Is it the government?
Do you feel the government is doing enough to raise public awareness of hate crimes, generally? Par ailleurs, vous avez parlé d’une résistance forte et soutenue. De qui devrait-elle venir? Du gouvernement? Pensez-vous que le gouvernement en fait suffisamment pour sensibiliser le public aux crimes haineux en général? Mr. Fogel: Thank you, Madam Chair. M. Fogel : Merci, madame la présidente. With respect to your first question, 2021 marked the convergence of two things: The first was the previous Israel- Hamas conflict in Gaza, which was very intense if much shorter than what is being experienced now.
It intersected with a point in time when social media became the definitive medium through which information was shared. That’s when TikTok exploded and Instagram became the standard go-to app for young people. For the first time, we saw the power of social media to define what the public conversation was going to be about. En ce qui concerne votre première question, 2021 a marqué la convergence de deux choses : la première était le conflit précédent entre Israël et le Hamas à Gaza, qui était très intense, bien que beaucoup plus court que celui que nous vivons actuellement.
Il a coïncidé avec le moment où les médias sociaux sont devenus le moyen par excellence par lequel l’information était communiquée. C’est à ce moment-là que TikTok a explosé et qu’Instagram est devenu l’application de référence pour les jeunes. Pour la première fois, nous avons vu le pouvoir des médias sociaux de définir le sujet du débat public. With all of the technology, we saw the bots that amplified in a virtual and disingenuous way different ideas. We saw the ubiquitous nature that social media platforms had and the nature of social media itself.
The business model of social media platforms not only thrives on the most extreme, most intense, Avec toute la technologie, nous avons vu des robots amplifier de manière virtuelle et fallacieuse différentes idées. Nous avons vu l’omniprésence des plateformes de médias sociaux et la nature même des médias sociaux. Le modèle économique des plateformes de médias sociaux ne se contente pas de se nourrir 61:14 Human Rights 2-12-2024
most aggressive and most provocative; it requires it if it’s going to be successful because that is what generates hits, likes, shares and so forth. des éléments les plus extrêmes, intenses, agressifs et provocateurs; il en a besoin pour réussir, car c’est ce qui génère des visites, des mentions « j’aime », des partages, et cetera. Therefore, 2021 really was the watermark of when this exploded on the scene. We have been falling further and further behind ever since. Par conséquent, 2021 a vraiment été le point culminant de l’explosion de cette situation. Depuis, nous avons pris de plus en plus de retard.
That was in reply to the one question about 2021. C’était en réponse à la question sur 2021. The Chair: Do you feel that the government is doing enough? La présidente : Pensez-vous que le gouvernement en fait assez? Mr. Fogel: Right. Yes. M. Fogel : Bon… Oui. The Chair: You spoke about strong and sustained pushback, and I was asking from whom that should be coming from. La présidente : Vous avez parlé d’une résistance forte et soutenue, et je demandais de qui elle devrait venir. Mr. Fogel: For my entire career, I’ve lived within the parliamentary precinct.
I have not just huge respect but affection and admiration for those who serve in public office. It’s always dangerous to offer these generalized statements, but I think that in a very real sense, the government has failed. M. Fogel : J’ai vécu pendant toute ma carrière dans l’enceinte parlementaire. Non seulement j’ai un profond respect, mais j’éprouve également de l’affection et de l’admiration pour les personnes qui occupent une charge publique. C’est toujours dangereux de faire ces déclarations généralisées, mais je pense que le gouvernement a véritablement échoué.
I’ll take it out of this parliamentary precinct and pick on some municipalities, without naming them. I have seen mayors fail to rise to the challenge to direct their law enforcement officials to act in appropriate ways. We have seen politicians at every level of government articulate appropriate messages but failing to follow those up with actions that are going to address the issues that they’ve called attention to. Je vais sortir de cette enceinte parlementaire, et je vais m’en prendre à certaines municipalités, sans les nommer.
J’ai vu des maires qui n’ont pas su relever le défi de veiller à ce que leurs agents des forces de l’ordre agissent de manière appropriée. Nous avons vu des politiciens, à tous les niveaux du gouvernement, formuler des messages appropriés, mais ils n’ont pas su concrétiser ces messages pour résoudre les problèmes sur lesquels ils ont attiré l’attention.
When I speak of sustained pushback, I’m talking about an approach that matches deeds with words, that is not episodic, that recognizes that attention has to be directed to the issue not just when there is a death or a casualty or a city on fire like Montreal a couple of weekends ago, but ongoing. They say that every week that McDonald’s doesn’t advertise, it loses 3% of its market share.
If governments, as the leaders, the ones who set the standards and the expectations for everybody else to follow, aren’t going to undertake this in a consistent and sustained way, if they’re not going to meet their words with deeds, then there is no possibility of reversing and pushing back against the hate that’s beginning to entrench itself. Lorsque je parle de résistance soutenue, je parle d’une approche qui fait correspondre les actes aux mots.
Cette approche n’est pas épisodique, mais elle reconnaît que l’attention doit être axée sur le problème, pas juste lorsqu’il y a un décès, une victime ou une ville en feu, comme Montréal il y a quelques semaines. Elle doit être continue. Selon ce qu’on dit, chaque semaine que McDonald ne fait pas de publicité, il perd 3 % de sa part de marché.
Si les gouvernements, en tant que leaders, en tant qu’entités qui fixent les normes et les attentes que tout le monde doit suivre, ne s’engagent pas à le faire de façon régulière et continue, s’ils ne tiennent pas leur parole en prenant des mesures concrètes, il n’y a aucune possibilité de faire reculer et de refouler la haine qui commence à s’enraciner. I say this not as a threat but as an alarm, a warning. What my community is experiencing will visit every part of Canadian society in one fashion or another.
Here’s the thing: It’s not just the at-risk communities that suffer, it’s also those who are either passive or benign participants in fuelling hate. There’s a corrosive, toxic impact that touches everybody, and that’s what we have to direct our energies toward to reverse and ensure that the Canadian values that we all cherish are alive, dynamic and protective of everything that we hold dear. C’est non pas une menace, mais plutôt une alerte, un avertissement. Ce que ma communauté est en train de vivre, chaque
partie de la société canadienne le vivra d’une façon ou d’une autre. Voici ce qui se passe : ce ne sont pas juste les communautés à risque qui souffrent, ce sont également les personnes qui nourrissent la haine de façon passive ou de façon complaisante. Il y a un impact dévastateur et toxique qui touche tout le monde, et c’est sur quoi nous devons concentrer nos efforts afin de le contrer, et de veiller à ce que les valeurs 2-12-2024 Droits de la personne 61:15
canadiennes que nous chérissons soient en vie, dynamiques, et protègent tout ce qui nous tient à cœur. The Chair: Thank you. Senator Arnot, you had asked for a second round. I’m going to indulge you, but if you can do it in three minutes for both question and answer. La présidente : Merci. Sénateur Arnot, vous avez demandé à ce que nous ayons une deuxième tour. Je vais le permettre, mais veuillez le faire en trois minutes, pour les questions et réponses. Senator Arnot: I think Mr. Fogel ended with a really strong statement here. My only thing would be to ask Mr.
Fogel: If there’s one message that you wanted to give to this committee about the work we’re going to do and the target we have to accomplish, what would it be? Le sénateur Arnot : Je pense que M. Fogel a conclu avec une déclaration très forte. La seule question que je poserais à M. Fogel, c’est la suivante : s’il y a un message que vous voudriez donner au comité au sujet du travail que nous allons effectuer et de l’objectif que nous devons atteindre, que serait-il? Mr. Fogel: I would say two things. One is, leaders, lead us. Show us the way.
We’ll offer some solutions, we’ll express support, we’ll participate, but you have to lead. That’s your job. M. Fogel : Je dirais deux choses. La première, c’est que les leaders sont censés nous orienter. Ils sont censés nous montrer le chemin. Certes, nous allons vous offrir certaines solutions, vous exprimer un soutien, et participer, mais c’est à vous de diriger. C’est votre travail. The second thing I’ll say is that governments have another way that they can offer support. That was in our earlier discussion about allyship, partnership and collaboration. Give us the mechanisms and tools.
Most communities really don’t have the wherewithal to undertake sophisticated initiatives and partnerships. It’s a very large country, and different pockets live in disparate places across this magnificent land. Give us the mechanisms and the resources to build those coalitions and partnerships that are going to complement your leadership and show that it benefits from an active and engaged responsiveness on the part of the stakeholders across the country. La deuxième chose que je dirais, c’est que les gouvernements disposent d’un autre moyen par lequel ils peuvent offrir du soutien.
C’est ce dont nous avions discuté tout à l’heure lorsque nous avions parlé d’alliances, de partenariats et de collaboration. Donnez-nous les mécanismes et les outils. La plupart des communautés ne disposent vraiment pas des ressources nécessaires pour mettre sur pied des initiatives et des partenariats perfectionnés. Notre pays est un très grand pays, et il y a des enclaves différentes qui vivent dans des endroits disparates aux quatre coins de ce territoire magnifique.
Donnez-nous les mécanismes et les ressources pour former ces coalitions et ces partenariats qui vont compléter votre leadership et pour montrer que votre leadership tire parti d’une réactivité dynamique et engagée des intervenants dans tout le pays. The Chair: Thank you, Mr. Fogel. We really appreciate you being here and for your presentation. You can see the interest that’s there and your testimony will help us as we move along. La présidente : Merci, monsieur Fogel. Nous sommes très reconnaissants de votre présence et de votre exposé.
Vous pouvez voir l’intérêt qu’il a suscité, et votre témoignage nous guidera au long du processus. Honourable senators, for our second panel, our witnesses have been asked to make an opening statement of five minutes. We shall hear from the witnesses and then turn to questions from the senators. Honorables sénateurs, nous avons demandé à notre deuxième série de témoins de faire une déclaration liminaire de cinq minutes. Et ensuite, nous allons passer aux questions des sénateurs. With us at the table, from the Alliance of Canadians Combatting Antisemitism, please welcome Mark Sandler, Chair.
With us by video conference, please welcome Karen Mock, Human Rights Consultant and Chair, Enhancing Social Justice Education Group; former Executive Director of the Canadian Race Relations Foundation, and of the League for Human Rights of B’nai Brith Canada. Avec nous à la table, veuillez accueillir Mark Sandler, président de l’Alliance des Canadiens contre l’antisémitisme.
Avec nous par vidéoconférence, veuillez accueillir Karen Moch, consultante des droits de la personne et présidente de Enhancing Social Justice Education Group, ancienne directrice générale de la Fondation canadienne des relations raciales et de Ligue des droits de la personne de B’nai Brith Canada. I now invite Mr. Sandler to make his presentation, followed by Ms. Mock. I also want to acknowledge that we’ve been joined by our colleague who will introduce himself. J’invite à présent M. Sandler à faire sa déclaration, et j’inviterai ensuite Mme Mock à faire la sienne.
Je tiens également à souligner que notre collègue nous a rejoints, et il va se présenter. 61:16 Human Rights 2-12-2024
Senator Cardozo: Andrew Cardozo, Ontario. Thank you. Le sénateur Cardozo : Andrew Cardozo, de l’Ontario. Merci. The Chair: Thank you. Mr. Sandler? La présidente : Merci. Monsieur Sandler, allez-y. Mark Sandler, Chair, Alliance of Canadians Combatting Antisemitism: Thank you, Madam Chair and your committee for the important work you’re doing and inviting me to assist you. Mark Sandler, président, Alliance des Canadiens contre l’antisémitisme : Merci, madame la présidente, et merci à votre comité du travail important que vous effectuez, et merci de m’avoir invité à vous fournir mon aide.
I’m really here in two different capacities. I’m speaking to you as someone who has combatted anti-Semitism and other forms of hate, whether it be Islamophobia, hatred against the LGBTQ2S+ community, against the Indigenous community and against the Black community for over 40 years. Je suis ici pour deux raisons différentes. Je m’adresse à vous en tant que personne qui a lutté contre l’antisémitisme et d’autres formes de haine, qu’il s’agisse d’islamophobie, de la haine à l’égard de la communauté LGBTQ2S+, à l’égard de la communauté autochtone et de la communauté noire pendant plus de 40 ans.
I’m also here, as you’ve heard, as the chair of the Alliance of Canadians Combatting Antisemitism. This is an alliance of now 48 community organizations, Jewish and non-Jewish, to fight anti-Semitism and hate through advocacy, education, training and respectful dialogue. Je suis également ici, comme vous l’avez entendu, en tant que président de l’Alliance des Canadiens contre l’antisémitisme.
C’est une alliance qui regroupe aujourd’hui 48 organisations communautaires, des membres juifs et non juifs, qui ont pour mission de lutter contre l’antisémitisme et la haine par l’entremise de la promotion, de l’éducation, de la formation et du dialogue respectueux. I wish to address you in both capacities. I’ve also trained police and prosecutors on hate from back in the 1980s, and the needs have never been greater than today. Je tiens à m’adresser à vous à ces deux chapitres.
J’ai également formé des agents de police et des procureurs sur la façon de contrer la haine depuis les années 1980, et ce besoin est plus que jamais nécessaire aujourd’hui. On October 7 of last year, life irrevocably changed for Canadian Jews. Of course, right-minded Canadians, not just Jews, deplored what Hamas had done, but almost immediately and before a single Israeli soldier set foot in Gaza, protesters in Canada celebrated Hamas’ barbarities.
Those murdered included Israeli-Canadian, Vivian Silver, a peace activist and founder of Women Wage Peace and the Arab-Jewish Center for Equality, Empowerment and Cooperation. She was involved in many other things. Le 7 octobre de l’année dernière, la vie des Juifs canadiens a changé de façon irrévocable. Bien entendu, les Canadiens sensés, pas juste les Juifs, ont déploré ce que le Hamas a fait, mais presque immédiatement et avant même qu’un seul soldat israélien ne mette les pieds à Gaza, des manifestants au Canada ont célébré les barbaries du Hamas.
Parmi les personnes assassinées, on compte l’Israélo-Canadienne Vivian Silver, une militante pour la paix et la fondatrice de l’organisation Women Wage Peace et du Centre juif-arabe pour l’égalité, l’autonomisation et la coopération. Elle a également participé à de nombreux autres projets. Later in the conflict, we saw protesters in Canada cheer on Iran, the world’s leading sponsor of terror, when it launched its unprecedented rocket and drone attacks on Israel. Then we heard demonstrators chant “make us proud, Yemen” when the Houthis attacked Red Sea shipping.
Plus tard dans le conflit, nous avons vu des manifestants au Canada encourager l’Iran, le plus grand commanditaire de la terreur au monde, lorsqu’il a lancé une fusée jamais vue et des attaques de drone contre Israël. Nous avons ensuite entendu les manifestants scander « Rends nous fiers, Yémen » lorsque les Houthis ont attaqué un navire dans la mer Rouge. The Houthis, ostensibly making those demonstrators proud, are guilty of some of the worst human rights abuses against children and women and wage war under a slogan that reads, “God is the greatest. Death to America. Death to Israel. Curse be upon the Jews.
Victory to Islam.” Ce qu’il faut savoir, c’est que les Houthis, qui soi-disant rendent ces manifestants fiers, ont commis certaines des pires violations des droits de la personne en s’en prenant aux enfants et aux femmes, et ont mené la guerre en répétant le slogan « Allah est le plus grand, Mort à l’Amérique, Mort à Israël, Malédiction aux Juifs, Victoire à l’islam. » 2-12-2024 Droits de la personne 61:17
In an
article entitled, Confronting the Celebration of Barbarity, I describe the impact that the celebration of atrocities in Canada has had on me and the vast majority of the Jewish community. The Middle East conflict has been brought to our shores, our cities, our schools and our streets. Dans un
article intitulé, Confronting the Celebration of Barbarity, j’ai décrit l’impact que la célébration des atrocités au Canada a eu sur moi, et sur la grande majorité de la communauté juive. Le conflit au Moyen-Orient a été amené sur nos rives, dans nos villes, dans nos écoles, et dans nos rues. This celebration has been accompanied in Canada by the all‑too-frequent demonizing of Canadian Jews, regardless of our personal politics, and the demonizing of Jews and their allies who are Zionists, of all Israelis and of the State of Israel itself.
Cette célébration a été accompagnée au Canada par la diabolisation trop fréquente des Juifs canadiens, en dépit de nos opinions politiques personnelles, la diabolisation des Juifs et de leurs alliés sionistes, de tous les Israéliens et de l’État d’Israël lui-même. To be clear, I am a Zionist; so are 91% of Canadian Jews. A Zionist supports the existence of a single Jewish state in our ancestral lands. It’s not incompatible with Palestinian self‑determination, including an ultimate two-state solution which the majority of Jews and Zionists support.
Pour que ce soit clair, je suis sioniste, tout comme 91 % des Juifs canadiens. Un sioniste appuie l’existence d’un seul État juif sur nos terres ancestrales. Ce n’est pas incompatible avec l’autodétermination palestinienne, y compris une solution ultime à deux États, chose que la majorité des Juifs et des sionistes appuient. When demonstrators chant “death to all Zionists,” “all Zionists are evil, racist, genocidal,” without distinction, they are speaking about me and the vast majority of Jews.
Lorsque les manifestants chantent « Mort à tous les sionistes », « Tous les sionistes sont odieux, racistes et appuient le génocide, » sans faire de distinction, ils parlent de moi et de la grande majorité des juifs. All Canadians are entitled to criticize Israel’s government, policies, conduct or extremism in the same way as other countries are criticized. Some of Israel’s harshest critics are Israelis, Jews, Zionists, me. But no one is entitled to demonize and delegitimize Israel’s very existence and all those who support its existence. That is anti-Semitism.
Tous les Canadiens ont le droit de critiquer le gouvernement d’Israël, ses politiques, sa conduite ou son extrémisme de la même façon qu’ils critiquent d’autres pays. Les Israéliens, les Juifs, les sionistes, et moi-même faisons
partie des personnes qui formulent certaines des critiques les plus sévères à son endroit. Mais personne n’a le droit de diaboliser, et de délégitimer l’existence même d’Israël et tous ceux qui appuient son existence. C’est de l’antisémitisme. What we are doing in Canada is allowing hate mongers to distort the meaning of freedom of speech and assembly — freedoms that I cherish — to immunize themselves from accountability.
En fait, le Canada permet aux marchands de haine de déformer la signification de la liberté d’expression et de réunion — des libertés auxquelles je tiens particulièrement — ce qui leur évite de rendre des comptes. In this regard, it is a distortion. When people say that the International Holocaust Remembrance Association’s working of definition of anti-Semitism — adopted by 43 countries including Canada after decades of study — suppresses pro-Palestinian speech, it does precisely the opposite: it explicitly recognizes that mere criticism of Israel is protected speech.
De ce point de vue, il s’agit d’une déformation de la réalité. Lorsque les gens affirment que la définition ad hoc de l’antisémitisme de l’Association internationale pour la mémoire de l’Holocauste — qui a été adoptée par 43 pays, dont le Canada, après des décennies d’étude — étouffe le discours propalestinien, elle fait précisément l’inverse. Elle reconnaît de manière explicite que la simple critique d’Israël fait
partie de la liberté d’expression protégée. I ask you senators to contrast that with calling for the death of all Zionists, especially when I say 91% of Canadian Jews are Zionists. That’s not protected speech. Labelling all Zionists without distinction as racist, genocidal and evil chanting is not protected speech. Je vous demande, mesdames et messieurs les sénateurs, de comparer cela avec la demande de mise à mort de tous les sionistes, surtout lorsque je dis que 91 % des Juifs canadiens sont sionistes. Ce n’est pas de la liberté d’expression.
Le fait d’étiqueter tous les sionistes, sans faire de distinction, comme étant racistes, des personnes appuyant le génocide et des partisans du mal, ce n’est pas de la liberté d’expression. 61:18 Human Rights 2-12-2024
Chanting “From water to water, Palestine shall be Arab” or “Palestine shall be Jew free” is not protected speech. Calling for the violent destruction of the State of Israel and its supporters is not protected speech. Intimidating Canadian Jews through the deliberate choices of protest venues in proximity to Jewish community centres, places of worship, businesses, or neighbourhoods or blocking roads or access to publicly accessible spaces to convey hateful messages, I’m sorry, that is not protected speech.
Le fait de chanter « Du fleuve à la mer, la Palestine sera arabe » ou « La Palestine sera débarrassée des Juifs », ce n’est pas de la liberté d’expression. Demander la destruction violente de l’État d’Israël et des personnes qui le soutiennent, ce n’est pas de la liberté d’expression.
Le fait d’intimider les Juifs canadiens en choisissant délibérément de manifester à des endroits situés proches des centres communautaires, des lieux de culte, d’affaires, de quartiers juifs, ou en bloquant les routes ou l’accès aux espaces accessibles au public, afin de faire passer des messages haineux, je suis désolé, mais ce n’est pas de la liberté d’expression. Chanting support for designated terrorist organizations and their terrorist leaders, this cannot be regarded as protected speech.
And calling for global intifada through armed resistance by any means necessary when the context makes it clear that the call is for the destruction of the entire State of Israel, this is not protected speech. Le fait de clamer le soutien d’organisations terroristes désignées et leurs leaders terroristes, cela ne peut pas être perçu comme de la liberté d’expression.
Et le fait d’inciter à déclencher une intifada mondiale par l’entremise d’une résistance armée par tous les moyens nécessaires alors que le contexte fait clairement comprendre qu’on veut détruire l’intégralité de l’État d’Israël, ce n’est pas de la liberté d’expression. This is criminal hate speech. This is criminal intimidation. This is incitement to hatred. This is mischief. This is unlawful assembly, and it’s time for all Canadians of goodwill to say it and act upon it. C’est un discours haineux criminel. C’est de l’intimidation criminelle. C’est de l’incitation à la haine. C’est un acte malveillant.
C’est une réunion illégale, et il est temps que tous les Canadiens bienveillants le disent et prennent des mesures en conséquence. In the presentation that I provided to you in writing, I set out 10 reasons why anti-Semitism is so prevalent in this day and age. I commend those 10 reasons to you. I’m happy to amplify upon each of them. I have written about almost every one of them and I’ve provided you links to what I’ve written in the past. Dans le mémoire que je vous ai fourni, j’ai exposé 10 raisons pour lesquelles l’antisémitisme est si répandu à l’heure actuelle. Je vous les remets.
Je serai heureux de fournir plus d’explications sur ces 10 éléments. J’ai fourni des détails sur pratiquement chacun d’entre eux et je vous ai fourni des liens qui renvoient à ce que j’ai écrit dans le passé. In my written presentation, I’ve also set out 10 recommendations that I believe that this committee could adopt and could make a significant difference in how hate activity is dealt with in Canada.
Dans mon mémoire, j’ai exposé 10 recommandations, qui, selon moi, pourraient faire l’objet d’une adoption par le comité, et qui pourraient véritablement changer la façon dont le Canada lutte contre les activités haineuses. But if I had to develop one theme, and one theme alone, it would be this: We are underutilizing the existing criminal law measures that are available to us as a country in order to address hate crime. I will explain, if asked, why I think the criminal law is being underutilized. But we are seeing its uneven application across the land.
We’re seeing that its misuse and underuse is emboldening those who preach hate, and that affects all of us. Mais, si je devais expliciter un thème, un seul, ce serait le suivant : nous n’exploitons pas assez les mesures existantes prévues par la loi pénale, auxquelles notre pays a accès, pour lutter contre les crimes haineux. Au besoin, j’expliquerai la raison pour laquelle je pense que la loi pénale est sous-exploitée. Mais nous voyons son application inégale dans le pays. Nous voyons que son mauvais usage et sa sous-utilisation encouragent les personnes qui prêchent la haine, et cela nous affecte tous.
I’ll reserve any other comments to any questions directed to me. Thank you. Je garde en réserve tous mes autres commentaires pour toutes les autres questions qui me seront adressées. Merci. The Chair: Thank you. We’ll now turn to Ms. Mock. La présidente : Merci. Nous allons à présent donner la parole à Mme Mock.
Karen Mock, Human Rights Consultant and Chair, Enhancing Social Justice Education Group; former Executive Director of the Canadian Race Relations Foundation, and of the League for Human Rights of B’nai Karen Mock, consultante des droits de la personne et présidente, Enhancing Social Justice Education Group, ancienne directrice générale de la Fondation canadienne des relations raciales et de la Ligue des droits de la personne de 2-12-2024 Droits de la personne 61:19
Brith Canada, as an individual: I wish I were there in person. I’m using Zoom from the Algonquin territory in Muskoka, where we are snowed in now. We had a power failure minutes ago. B’nai Brith Canada, à
titre personnel : J’aurais espéré être avec vous en personne. J’utilise Zoom, depuis le territoire algonquin à Muskoka, où nous sommes ensevelis sous la neige. Il y a quelques minutes, nous avons eu une coupure de courant. Thank you for including me in this important and timely meeting. I am honoured to have been invited as an individual, albeit one who has actually worked with most of the community organizations who will likely be making submissions. Merci de m’inclure dans cette réunion importante, qui tombe à point nommé. Je suis honorée d’avoir été invitée à
titre personnel, bien qu’en réalité je travaille avec la plupart des organisations communautaires qui vont probablement soumettre des mémoires. Some of them — pardon the sloppy language — from the far right in our community might say, “Why would you have her? She’s a progressive Zionist.” They distort the meaning of the word “progressive.” Certaines de ces organisations — désolée pour les mots relâchés — de l’extrême droite dans notre communauté pourraient dire : « Pourquoi est-ce que vous voudriez la faire venir? C’est une sioniste progressiste. » Elles déforment la signification du mot « progressiste ».
Some of the people on the radical left in our community would say, “Why would you have her, because she’s a Zionist.” They would distort the meaning of the term “Zionist” to suit their political agenda. Certaines des personnes de l’extrême gauche dans notre communauté pourraient dire : « Pourquoi est-ce que vous voudriez la faire venir? C’est une sioniste. » Elles déformeraient la signification du terme « sioniste » dans l’intérêt de leur programme politique. I was pleased to listen to Shimon Fogel. In the past, I served on his Centre for Israel and Jewish Affairs, CIJA, local partnership committee in the GTA.
J’ai eu beaucoup de plaisir à écouter Shimon Fogel. Dans le passé, j’ai travaillé au comité de partenariat local de son Centre consultatif des relations juives et israéliennes, dans la région du Grand Toronto. I am thrilled to be on the same panel with Mark Sandler, because I work with members of his alliance, especially in the area of respectful dialogue. I did work with Mr. Sandler for many years in several dialogue programs and extensive anti-hate and training initiatives.
Je suis très heureuse de figurer dans la même série de témoins que Mark Sandler, car je travaille avec des membres de son alliance, surtout en ce qui concerne le dialogue respectueux. J’ai travaillé avec M. Sandler durant de nombreuses années, dans plusieurs programmes de dialogue et initiatives de formation complète de lutte contre la haine. I’m glad to be going last. I wish to say I completely agree with what the last two speakers have said. What I wish to do is build on some of the other aspects of which I may be able to contribute. Je suis contente de passer en dernier.
J’aimerais dire que je suis tout à fait d’accord avec ce qu’ont dit les deux intervenants précédents. Ce que j’aimerais faire, c’est commenter davantage d’autres aspects où je pourrais apporter une contribution.
It’s important that I come to this topic as an educational psychologist and human rights consultant, whose life’s work has been dedicated to bridging the gap between theory, policy and practice, not just education and psychological theory in practice, but also key Canadian policies of multiculturalism, anti-racism, equity and human rights, these days commonly referred to as diversity, equity and inclusion policies and programs.
C’est important que j’aborde le sujet en tant que psychologue scolaire et consultante en droits de la personne qui a passé sa vie à combler les lacunes entre la théorie, la politique et la pratique, non pas seulement la pratique et la théorie en éducation, non pas seulement la pratique et la théorie en psychologie, mais aussi dans le cadre de politiques canadiennes clés sur le multiculturalisme, l’antiracisme, l’équité et les droits de la personne, que l’on appelle aujourd’hui des politiques et des programmes axés sur la diversité, l’équité et l’inclusion.
Initially, a professor in teacher education, I moved to full-time human rights activism in the late 1980s when we began to see that anti-Semitism was increasing in the anti-racism movement. Au départ, j’étais professeure en formation des enseignants. Puis, je me suis engagée à temps plein dans la défense des droits de la personne vers la fin des années 1980, quand nous avons commencé à voir que l’antisémitisme prenait plus de place dans le mouvement de lutte contre le racisme. 61:20 Human Rights 2-12-2024
After 12 years as national director of the League for Human Rights of B’nai Brith Canada, I was appointed by the federal government to head the Canadian Race Relations Foundation, right after the UN World Conference Against Racism and, on its heels, 9/11. J’ai été pendant 12 ans directrice nationale de la Ligue des droits de la personne de B’nai Brith Canada, puis j’ai été nommée par le gouvernement fédéral à la tête de la Fondation canadienne des relations raciales, immédiatement après la Conférence mondiale contre le racisme des Nations unies, dans la foulée des attentats du 11 septembre.
As I told the federal National Summit on Antisemitism in 2021, I could not have stayed in this work as long as I have without being an optimist that, one day, we would recognize and counter all forms of oppression and find ways to work together to realize the vision so many of us have for Canada.
Comme je l’ai dit lors du Sommet national sur l’antisémitisme du gouvernement fédéral, en 2021, je n’aurais pas pu travailler dans ce domaine aussi longtemps que je l’ai fait sans avoir l’espoir qu’un jour, nous saurions reconnaître et contrer toutes les formes d’oppression et trouverions le moyen de travailler ensemble pour réaliser la vision du Canada que nous sommes nombreux à entretenir. That summit was over three years ago. I told them my optimism then had begun to wane, just as Mr. Fogel said. 2021 was quite a year.
I’ve become somewhat cynical and, for an optimist, that’s awful because, as I put it then, here we go again. Ce sommet s’est tenu il y a plus de trois ans. J’ai souligné aux participants, à ce moment-là, que j’étais moins optimiste, tout comme M. Fogel l’a dit. L’année 2021 a été toute une année. Je suis devenue un peu cynique et, pour une optimiste, c’est terrible parce que, comme je l’ai dit à l’époque : et ça recommence! Here’s what I said then. I want you to understand, though, how much worse things are now. In the years leading up to 2021, groups were already being pitted against one another.
C’est ce que j’ai dit à l’époque. Je veux toutefois vous faire comprendre que les choses sont bien pires maintenant. Dans les années qui ont suivi 2021, on montait déjà des groupes les uns contre les autres. We have always said there should be no hierarchy of oppression. But rather than working together as we once did, there seemed to be more polarization, separation, competition for funds and attention, and even vitriol and violence between groups. Nous avons toujours dit qu’il ne faut pas hiérarchiser les oppressions.
Mais, plutôt que de travailler ensemble, comme nous l’avions déjà fait, il semble qu’il y a de plus en plus de polarisation, de séparation et de compétition pour obtenir des fonds et de l’attention, et même de la hargne et de la violence entre les groupes. Increasingly, we appear to be violating the very fundamental principles of human rights and justice for all, and undermining the quest for shared power. I am going to submit further written documentation after this.
On semble piétiner de plus en plus les principes fondamentaux des droits de la personne et de la justice pour tous et renoncer au partage des pouvoirs. Je vais vous faire parvenir davantage de documents écrits après la séance. It was 1996 when I wrote an
article for teachers in a teacher education program. The title of it was From Multiculturalism to Anti-Racism to Equity: Sharing Power or Grabbing Power? J’ai écrit en 1996 un
article pour les professeurs d’un programme de formation des enseignants. Il était intitulé From Multiculturalism to Anti-Racism to Equity: Sharing Power or Grabbing Power? En gros, il était question de la lutte pour le pouvoir et l’équité. Sadly, we are experiencing this kind of polarization and, dare I say, the increase of propaganda and, as you have heard, hate propaganda, hate speech and vitriolic hate.
Malheureusement, nous vivons ce genre de polarisation et, si j’ose le dire, une augmentation de la propagande et, comme vous l’avez entendu, de la propagande haineuse, des discours haineux et de la haine vitriolique. My first and main point, to follow up on the others, is that anti-Semitism must be on the anti-racist agenda. Yes, it is a form of racism. Jews have been racialized since the Spanish Inquisition, and certainly in the 20th and now 21st century. It needs to be fought with all the same arguments and tactics used against other forms of racism or phobias, and all of them.
Mon premier point, qui est aussi mon point principal, pour continuer dans la même veine que les autres, c’est que l’antisémitisme doit faire
partie du programme de lutte contre le racisme. Oui, c’est une forme de racisme. Les Juifs sont racisés depuis l’Inquisition espagnole, et l’ont certainement été au XXe et maintenant au XXIe siècle. Il faut lutter contre cela à 2-12-2024 Droits de la personne 61:21
l’aide des mêmes arguments et des mêmes tactiques dont on se sert pour lutter contre toutes les autres formes de racisme et de phobies. Anti-Semitism is also religious discrimination. It is a unique form of racism and needs to be named as such. Naming anti‑Semitism and defining it, as has already been said, does not silence anyone. It allows it to be discussed and called out and countered. As you have also heard and know, anti-Semitism is cyclical and it morphs. It shape-shifts.
When economic times are tough, when a plague threatens and attacks civilization, or when people are looking for people to blame for their problems, usually to enhance their own power, they target Jews. And as I said, here we go again. L’antisémitisme est aussi une forme de discrimination religieuse. C’est une forme particulière de racisme et on doit l’appeler ainsi. Le fait de nommer l’antisémitisme et le définir, comme on l’a déjà dit, ne bâillonne personne. Cela nous permet d’en discuter et de le dénoncer et de le contrer.
Comme vous l’avez déjà entendu et comme vous le savez déjà, l’antisémitisme est cyclique et il change. Il change de forme. Quand les temps sont difficiles sur le plan économique, quand un fléau menace et attaque la civilisation, ou quand les gens cherchent quelqu’un à blâmer pour leurs problèmes, habituellement, pour se donner plus de pouvoir, ils ciblent les Juifs. Et, comme je l’ai dit, ça recommence! As you know, during COVID-19, there was a huge rise in anti‑Semitic incidents and hate crime and new blood libels, and here we go again.
Comme vous le savez, durant la COVID-19, il y a eu une forte augmentation des incidents antisémites et des crimes haineux et de nouvelles calomnies sanguinaires, et ça recommence! On October 7, 2023, the world witnessed a vicious, brutal attack by Hamas on Israel during a ceasefire, the worst since the Holocaust, and the capture of hostages. As you have heard, even before retaliation by Israel and ongoing loss of innocent lives, Jews in Canada experienced a huge rise in anti-Semitic harassment in schools and workplaces and on the streets.
It saddens me that they even experienced that in their equity, diversity, anti-racist and human rights communities — Le 7 octobre 2023, le monde a été témoin d’une attaque vicieuse et brutale du Hamas contre Israël, durant un cessez‑le‑feu, la pire attaque depuis l’Holocauste, et il y a eu des otages. Comme vous l’avez entendu, même avant la réplique d’Israël et de la perte continue de vies innocentes, les Juifs au Canada ont été victimes d’une hausse du harcèlement antisémite à l’école, en milieu de travail et dans les rues.
Cela m’attriste qu’ils vivent cela, même dans leurs communautés qui prônent l’équité, la diversité, l’antiracisme et les droits de la personne... The Chair: Excuse me, Ms. Mock. We’re running out of time. If there’s anything else you would like to add, you can always make a written submission to us, but there is a list of senators who want to ask some questions. La présidente : Excusez-moi, madame Mock. Il ne nous reste pas beaucoup de temps.
Si vous voulez ajouter quelque chose, vous pouvez toujours nous présenter des observations par écrit, mais j’ai ici une liste de sénateurs qui veulent vous poser des questions. Ms. Mock: Has the time flown so quickly? I’m sorry for that interruption. I wanted to repeat the recommendations, but I will get to that as answers to your questions, particularly in the areas in which you know I have expertise. Mme Mock : Le temps a passé si vite que cela? Désolée de l’interruption.
Je voulais répéter les recommandations, mais je vais le faire en répondant à vos questions, surtout en ce qui concerne mon domaine d’expertise, que vous connaissez. The Chair: Thank you. I apologize for interrupting you. I don’t like doing that. We start with Deputy Chair Bernard. La présidente : Merci. Excusez-moi de vous avoir interrompue. Je n’aime pas faire cela. Nous allons commencer par la vice-présidente, la sénatrice Bernard. Senator Bernard: Ms. Mock, we would have met a number of years ago when you were with the Canadian Race Relations Foundation.
La sénatrice Bernard : Madame Mock, nous nous sommes rencontrées il y a quelques années lorsque vous faisiez
partie de la Fondation canadienne des relations raciales. Ms. Mock: Yes, I remember. Mme Mock : Oui, je m’en souviens. Senator Bernard: I don’t know if the general Canadian public has much awareness and understanding of anti-Semitism or the connection between anti-Semitism and other forms of racism and bigotry and discrimination and hate. Could you expand on this a bit, please?
Particularly, was there was a La sénatrice Bernard : Je ne sais pas si le grand public canadien est très sensibilisé à l’antisémitisme et le comprend, ou s’il comprend le lien entre l’antisémitisme et les autres formes de racisme, de sectarisme, de discrimination et de haine. Pouvez‑vous nous en dire un peu plus, s’il vous plaît? Plus 61:22 Human Rights 2-12-2024
moment where you mentioned anti-Semitism within the anti‑racism movement? Could you say more about that? Do you have any ideas on how we can create more awareness nationally about anti-Semitism? précisément, avez-vous dit qu’il y avait de l’antisémitisme au sein du mouvement de lutte contre le racisme? Pouvez-vous nous en parler un peu plus? Avez-vous des idées sur la façon dont nous pourrions sensibiliser davantage les gens à l’antisémitisme à l’échelle nationale? Ms. Mock: I have many ideas, and I will conclude later, after one of the questions, with some actual concrete recommendations.
Mme Mock : J’ai beaucoup d’idées, et plus tard, après avoir répondu aux questions, je vais conclure en formulant de vraies recommandations concrètes. One of the main reasons that people do not have the level of awareness is that many of the outstanding programs that have been developed and funded by governments in the past 40 years never went to scale. From all of the recommendations made by Shimon Fogel and Mark Sandler, we can provide you with outstanding training and resource materials. Whether it’s for prosecutors or hate crime units, these materials exist.
Une des raisons principales pour lesquelles les gens ne sont pas sensibilisés, c’est que de nombreux excellents programmes qui ont été élaborés et financés par le gouvernement au cours des 40 dernières années n’ont jamais pris d’ampleur. Grâce aux recommandations de Shimon Fogel et de Mark Sandler, nous pouvons vous fournir d’excellents outils de formation et d’excellentes ressources. Qu’ils s’adressent aux procureurs ou aux unités de lutte contre les crimes haineux, ces outils existent. In education, outstanding work was done in the early years of the development of multicultural, anti-racist education.
The training of people in that area, in universities and colleges and teacher education, was inclusive. In the list that people would make of “-isms” and phobias, anti-Semitism would be included. Dans le domaine de l’éducation, de l’excellent travail a été fait au cours des premières années du développement de l’éducation multiculturelle et antiraciste. La formation des gens et des enseignants à cet égard, dans les universités et les collèges, était inclusive. L’antisémitisme devrait être inclus dans la liste que les gens qualifieraient de « -isme » et de phobies.
As I coined the expression years ago, the Durban conference was the turning point, and Gaza 14 and, as Mr. Fogel mentioned, Gaza 21 were the tipping points in the ignorance because of certain programs. These training programs and funding programs are used — and I have to be as frank as I can because it pains me, and I’m almost in tears to see some of this work ignored. People eliminated the programs that were supposed to have been made systemic with ongoing training of teachers and police.
If something was done by the previous government, it either gets shredded or someone wants to put their own name on it so they start over. Comme je l’ai exprimé il y a des années de cela, la conférence de Durban a été le point tournant; la guerre de Gaza de 2014, et comme l’a dit M. Fogel, la guerre de Gaza de 2021 ont été des points de bascule dans l’ignorance, en raison de certains programmes. Ces programmes de formation et ces programmes de financement servent... Et je dois être aussi franche que possible parce que cela me chagrine, et j’ai presque les larmes aux yeux de voir que ce travail est mis de côté.
Les gens ont éliminé les programmes qui étaient censés devenir systémiques et qui devaient servir à former les enseignants et les policiers de façon continue. Si le gouvernement précédent met quelque chose en place, soit on le détruit, soit quelqu’un veut y mettre son nom, et donc, ça recommence. I’ve always said that this is an interdisciplinary field. As Mr. Fogel and others have mentioned, yes, we need national convening of summits or fora, but we also need, as was said, leadership and good professional advisers to that leadership, regardless of politics.
J’ai toujours dit que c’était un champ interdisciplinaire. Comme M. Fogel et d’autres personnes l’ont dit, oui, nous devons tenir des sommets nationaux ou des forums, mais nous avons aussi besoin, comme il a été dit, de leaders et de bons conseillers professionnels pour ces leaders, indépendamment de la politique.
I was privileged enough to chair the federal advisory committee from 1990 to 1994 under the Mulroney government and then to chair the federal advisory committee to the Liberal government in the preparation and the lead-up to the Durban conference, so that we would be inclusive and would ensure that all the voices were heard.
J’ai eu la chance de présider le Comité consultatif fédéral de 1990 à 1994, sous le gouvernement Mulroney, et ensuite de présider le Comité consultatif fédéral du gouvernement libéral en préparation à la Conférence de Durban, l’objectif étant que nous soyons inclusifs et que toutes les voix soient entendues. We spoke about training of prosecutors and others in these kinds of programs. The Attorney General of Ontario convened the Hate Crimes Community Working Group with nine people, a Nous avons parlé de la formation des procureurs et d’autres personnes par ce genre de programmes.
Le procureur général de l’Ontario a formé le Hates Crime Community Working Group, 2-12-2024 Droits de la perso