Senate Committee — RIDR — Evidence — 44ev-56421

RIDR / Evidence / 44ev-56421

Senate Committees

Loading PDF viewer…

Senate Committee — RIDR — Evidence — 44ev-56421

RIDR / Evidence / 44ev-56421

Senate Committees

EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Monday, October 30, 2023 OTTAWA, le lundi 30 octobre 2023 The Standing Senate Committee on Human Rights met with videoconference this day at 4:31 p.m. [ET] to examine such issues as may arise from time to time relating to human rights generally.

Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se réunit aujourd’hui, à 16 h 31 (HE), avec vidéoconférence, afin d’examiner les questions qui pourraient survenir concernant les droits de la personne en général. [English] [Traduction] Sébastien Payet, Clerk of the Committee: Honourable senators, as your clerk of your committee, it is my duty to inform you of the unavoidable absence of the chair and deputy chair this afternoon and to preside over the election of an acting chair. I am ready to receive a motion to that effect.

Sébastien Payet, greffier du comité : Honorables sénateurs et sénatrices, en tant que greffier du comité, j’ai le devoir de vous informer que la présidente et la vice-présidente ne pourront absolument pas être présentes à la réunion de cet après-midi. Je vais donc présider à l’élection d’une présidente ou d’un président suppléant. Je suis prêt à recevoir une motion à cette fin. It is moved by the Honourable Senator Jaffer and Senator Gerba that Honourable Senator Omidvar do take the chair of this committee. Is it your pleasure, honourable senators, to adopt the motion?

L’honorable sénatrice Jaffer et la sénatrice Gerba proposent que l’honorable sénatrice Omidvar préside le comité. Vous plaît- il, honorables sénateurs et sénatrices, que la motion soit adoptée? Hon. Senators: Agreed. Des voix : D’accord. Mr. Payet: I declare the motion carried, and I invite the Honourable Senator Omidvar to take the chair. M. Payet : La motion est adoptée, et j’invite l’honorable sénatrice Omidvar à occuper le fauteuil. Senator Ratna Omidvar (Acting Chair) in the chair. La sénatrice Omidvar (présidente suppléante) occupe le fauteuil. The Acting Chair: Good evening.

My name is Ratna Omidvar, and I am a senator from Ontario. It is my privilege to chair this meeting this afternoon. La présidente suppléante : Bonsoir. Je m’appelle Ratna Omidvar, et je suis sénatrice de l’Ontario. J’ai le privilège de présider la réunion de cet après-midi. Today we’re conducting a public hearing of the Standing Senate Committee on Human Rights. Aujourd’hui, nous tenons une audience publique du Comité sénatorial permanent des droits de la personne.

I would like to begin by acknowledging that the land on which we gather is on the traditional, ancestral and unceded territory of the Anishinaabeg Algonquin region. J’aimerais commencer par souligner que nous nous réunissons sur le territoire traditionnel, ancestral et non cédé de la région algonquine anishinaabeg. I would now invite my colleagues to introduce themselves to the witnesses and to the public. J’inviterais maintenant mes collègues à se présenter aux témoins et au public. Senator Arnot: Good evening. I am Senator David Arnot, and I am from Saskatchewan. Le sénateur Arnot : Bonsoir.

Je suis le sénateur David Arnot, de la Saskatchewan. [Translation] [Français] Senator Gerba: Senator Amina Gerba from Ontario. La sénatrice Gerba : Sénatrice Amina Gerba, du Québec. [English] [Traduction] Senator White: Judy White, province of Newfoundland and Labrador. La sénatrice White : Judy White, de la province de Terre- Neuve-et-Labrador. 30-10-2023 Droits de la personne 44:1

Senator Pate: I am Kim Pate. I live here in the unceded and unsurrendered territory of the Algonquin Anishinaabeg. Welcome. La sénatrice Pate : Je m’appelle Kim Pate. Je vis ici, sur le territoire non cédé et non abandonné du peuple algonquin Anishinaabeg. Bienvenue. Senator Jaffer: Welcome. My name is Mobina Jaffer, and I am from British Columbia. La sénatrice Jaffer : Bienvenue. Je m’appelle Mobina Jaffer, et je viens de la Colombie-Britannique. The Acting Chair: Thank you, colleagues. La présidente suppléante : Merci, chers collèges.

Before we start our official proceedings, there is a housekeeping motion that I would like to have someone introduce. The motion is the following: Avant de commencer officiellement les délibérations, je demanderais à quelqu’un de bien vouloir proposer la motion d’intérêt courant suivante : THAT, notwithstanding usual practice, pursuant to rule 12-17, the committee be authorized to hold this afternoon’s meeting without quorum if necessary for the purpose of receiving evidence, provided that two committee members are present. QUE, sans égard à la pratique habituelle, le comité soit autorisé, au

titre de l’article 12-17, à tenir la réunion de cet après-midi sans quorum, si nécessaire, afin qu’il puisse recevoir des témoignages, pourvu que deux membres du comité soient présents. Senator Arnot: I move that motion. Le sénateur Arnot : Je propose la motion. The Acting Chair: Thank you. Colleagues, are we in favour? La présidente suppléante : Merci. Chers collègues, sommes- nous d’accord? Hon. Senators: Agreed. Des voix : D’accord. The Acting Chair: Thank you very much. La présidente suppléante : Merci beaucoup.

Today we begin our study on forced global displacement under the committee’s general order of reference. We intend to hear from experts and stakeholders on a wide range of issues relating to the human rights impacts of forced displacement around the world. Topics may include the effects of displacement on children, the efficacy of the global compact on refugees, new and emerging mechanisms for financial support, the role of private sponsorship, the impacts of climate change and Canada’s international role in curbing forced displacement while supporting refugees. It’s going to be big questions to ask and answer.

Aujourd’hui, nous commençons notre étude en nous penchant sur les déplacements forcés dans le monde, suivant l’ordre de renvoi général du comité. Nous comptons recevoir le témoignage d’experts et d’intervenants sur un vaste éventail d’enjeux liés aux conséquences des déplacements forcés dans le monde sur les droits de la personne.

Les thèmes pourraient comprendre les effets des déplacements sur les enfants, l’efficacité du Pacte mondial sur les réfugiés, les mécanismes nouveaux et émergents de soutien financier, le rôle du parrainage privé, l’impact des changements climatiques et le rôle international du Canada pour ce qui est de limiter les déplacements forcés tout en soutenant les réfugiés. Nous allons chercher des réponses à de grosses questions. We start this afternoon with three panels. In each panel, we will hear from witnesses, and then there will be a question-and- answer session.

Each panel has been asked to make a presentation for five minutes each. Nous commençons cet après-midi en accueillant trois groupes de témoins. Pour chaque groupe, nous allons écouter les témoignages, puis nous passerons à la période de questions. Nous avons demandé aux témoins de présenter un exposé de cinq minutes. I’m incredibly delighted to welcome Rema Jamous Imseis, Representative to Canada for the United Nations High Commissioner for Refugees; and the Honourable Allan Rock, Council Member, World Refugee and Migration Council and formerly Canada’s Ambassador to the United Nations. I now invite Ms.

Imseis to make her comments in five minutes, to be followed by Allan Rock. C’est un immense plaisir pour moi d’accueillir Mme Rema Jamous Imseis, représentante au Canada du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés; ainsi que l’honorable Allan Rock, membre du Conseil, Conseil mondial pour les réfugiés et la migration et ancien ambassadeur du Canada auprès des Nations unies. J’invite maintenant Mme Imseis à nous présenter sa déclaration, en cinq minutes, puis ce sera au tour de M. Allan Rock. 44:2 Human Rights 30-10-2023

Rema Jamous Imseis, Representative to Canada, United Nations High Commissioner for Refugees: Thank you, Madam Chair and members of this committee for studying this critical issue and inviting me to be with you here today. Rema Jamous Imseis, représentante au Canada, Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés : Merci, madame la présidente, et merci aux membres du comité d’avoir entrepris d’étudier un enjeu si crucial et de m’avoir invitée à en discuter avec vous aujourd’hui. I would like to start by setting the scene with respect to the state of the world’s forcibly displaced.

The committee is meeting at an opportune moment as, just last week, we released our most current data and analysis on forced displacement. Regrettably, the upward trajectory shows no signs of slowing in 2023. J’aimerais commencer par mettre en contexte la situation des gens déplacés de force dans le monde. La réunion de votre comité tombe à point puisque, pas plus tard que la semaine dernière, nous avons publié nos plus récentes données et analyses sur les déplacements forcés. Malheureusement, la tendance à la hausse ne semble pas s’essouffler en 2023.

As of the end of September, war and violence have driven global displacement to a staggering 114 million people worldwide — nearly three times the population of Canada. As this only includes data up to the end of September, these figures do not capture the forced displacement taking place in real time in the Gaza Strip. Of this 114 million, more than half have not left their countries of origin and instead have searched for safety within their borders. These are the people we refer to as the internally displaced. Children continue to be disproportionately impacted, making up more than 40% of all displaced people.

Over half of all refugees originate from just three countries: Afghanistan, Syria and Ukraine. This is an important fact to emphasize because if only one of these situations were resolved, millions of people would be able to return home. À la fin du mois de septembre, la guerre et la violence avaient forcé le déplacement d’un nombre ahurissant de personnes dans le monde : 114 millions de personnes, soit presque trois fois la population du Canada.

Comme ces données arrêtent à la fin du mois de septembre, ces chiffres ne tiennent pas compte des déplacements forcés qui surviennent au moment même dans la bande de Gaza. De ces 114 millions de personnes, plus de la moitié n’ont pas quitté leur pays d’origine et ont plutôt choisi de chercher refuge à l’intérieur de leurs frontières; nous les appelons les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays. Les enfants continuent d’être disproportionnellement touchés. Ils représentent plus de 40 % des personnes déplacées.

Plus de la moitié des réfugiés viennent de trois pays seulement : l’Afghanistan, la Syrie et l’Ukraine. C’est important de le souligner, parce que, si seulement un de ces conflits était réglé, des millions de personnes pourraient rentrer chez elles. The world does not share the responsibility for responding to forced displacement equally or fairly. The overwhelming majority of refugees choose to stay in neighbouring countries, never leaving their regions, clinging to the hope of returning home when conditions allow.

Many of these countries are classified as low and middle income, already grappling with their own challenges, yet they have remained on the front lines of solidarity for years. Le monde ne se partage pas également ou équitablement la responsabilité d’aider les personnes déplacées de force. La très grande majorité des réfugiés choisissent de vivre dans un pays voisin du leur; ils ne quittent jamais leur région et s’accrochent à l’espoir de retourner un jour chez eux, quand les conditions le permettront.

Beaucoup de ces pays sont considérés comme pays à faible ou à moyen revenu et sont déjà aux prises avec leurs propres problèmes, et pourtant, ils sont demeurés solidaires, aux premières lignes, pendant des années. As displacement increases, resources to respond, unfortunately, have not kept pace. Our organization, like many others, is forced to make difficult decisions in addressing the needs of those we serve. This year, our operations are only 36% funded, a critical gap that is having detrimental results as we respond to more emergencies than ever.

Cutting critical services has become the reality, and those who rely on us for our life- saving support are bearing the brunt. Yet, despite this sombre picture, the right policies, attitudes and support can bring positive change. Les déplacements augmentent, mais les ressources pour y répondre n’ont malheureusement pas augmenté au même rythme. Notre organisation, comme beaucoup d’autres, est obligée de prendre des décisions difficiles pour répondre aux besoins des gens que nous servons.

Cette année, nos activités ne seront financées qu’à 36 %, et cet écart déterminant nuit à nos résultats, alors que nous répondons à un plus grand nombre d’urgences que jamais. Les coupes dans les services essentiels sont devenues la réalité, et ceux qui ont besoin de notre soutien vital en subissent les contrecoups. Pourtant, malgré cette sombre réalité, de bonnes politiques, de bonnes attitudes et un bon soutien peuvent apporter des changements positifs. 30-10-2023 Droits de la personne 44:3

In 2022, Canada resettled nearly 50,000 refugees, more than any country in the world for the fourth consecutive year. Though a much-needed protection tool, resettlement remains a limited solution, benefitting less than 1% of the world’s displaced. En 2022, le Canada a réinstallé près de 50 000 réfugiés, plus que n’importe quel autre pays dans le monde pour une quatrième année consécutive. Même s’il s’agit d’un mécanisme de protection très utile, la réinstallation demeure une solution limitée, parce qu’elle ne permet d’aider que moins de 1 % des personnes déplacées dans le monde.

Safeguarding the fundamental right to asylum is another area where the international community can signal its commitment to protecting those forced to flee. Globally, and right here in Canada, we continue to observe increases in the number of people seeking asylum. For example, in July of last year, Canada received roughly 5,000 asylum claims. In July of this year, Canada saw over 12,000 claims.

If current trends continue, we estimate that Canada will receive 140,000 asylum seekers this year, but when set against the total global of 5.4 million claims last year, Canada still receives a relatively low proportion of asylum seekers. Une autre façon dont la communauté internationale peut montrer son engagement envers la protection des personnes forcées de fuir est de défendre le droit fondamental à l’asile. Mondialement, et ici au Canada, nous continuons d’observer l’augmentation du nombre de demandeurs d’asile.

Par exemple, en juillet de l’année dernière, le Canada a reçu environ 5 000 demandes d’asile; en juillet de cette année, il a reçu plus de 12 000 demandes d’asile. Si la tendance se maintient, nous estimons que le Canada recevra 140 000 demandeurs d’asile cette année. Cependant, par rapport au total mondial de 5,4 millions de demandes d’asile déposées l’année dernière, le Canada reçoit tout de même un pourcentage relativement faible de demandeurs d’asile. This country has distinguished itself as a global leader in asylum, maintaining a fair, efficient and robust system for many years.

Continuing to provide a strong asylum system not only ensures the country maintains the confidence of the broader public and meets its legal obligations under the UN Refugee Convention, it also provides the international community with a solid example to demonstrate that it is possible to do the right thing when so many states are failing to honour these commitments. Le Canada s’est démarqué en tant que chef de file mondial pour les demandeurs d’asile, grâce à son régime équitable, efficace et robuste, pendant de nombreuses années.

En maintenant son régime d’asile robuste, le Canada peut non seulement conserver la confiance du public en général et respecter ses obligations juridiques envers la Convention des Nations unies sur les réfugiés, mais aussi montrer à la communauté internationale, en donnant un exemple solide, qu’il est possible de faire la bonne chose, quand tant d’États faillissent à honorer leurs engagements. Remaining in Canada for a moment, recent polling data suggests that affordability and housing concerns are challenging a long-held consensus in this country around supporting immigration and, by extension, refugees.

As a representative of the UN Refugee Agency, this shift in public opinion is concerning. The economic case for refugees has been made with the help of Statistics Canada census data. We now have empirical evidence to support the claim that refugees are good for Canada. They pay more in taxes than they ever receive in social assistance; they work in skilled professions; they own homes; they create jobs for themselves and for other Canadians; and their children even outperform native-born Canadians in the levels graduating from post-secondary institutions.

This fundamentally proves that, over time, refugees contribute to their new countries. Toujours en ce qui concerne le Canada, pour l’instant, des données d’enquête récentes semblent indiquer que des préoccupations liées à l’abordabilité et au logement menacent le consensus établi depuis longtemps au Canada en ce qui a trait au soutien à l’immigration et, par extension, aux réfugiés. En tant que représentante de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, je trouve ce changement de l’opinion publique préoccupant.

Les données de recensement de Statistique Canada ont déjà établi la valeur du point de vue économique des réfugiés. Nous avons maintenant des données empiriques qui soutiennent l’argument que les réfugiés sont un avantage pour le Canada. Ils paient plus en impôts que ce qu’ils ont reçu au total en aide sociale; ils exercent des métiers spécialisés; ils possèdent des maisons; ils créent des emplois pour eux-mêmes et pour d’autres Canadiens; et leurs enfants obtiennent même de meilleurs résultats que les Canadiens de naissance dans leurs études postsecondaires.

Cela prouve fondamentalement que, au fil du temps, les réfugiés contribuent à leur pays d’accueil. Above and beyond the economics, the international community has committed to addressing forced displacement as a collective responsibility, and solutions rooted in global solidarity are possible. All the tools needed to address forced displacement are at our disposal, whether in addressing the root Au-delà des enjeux économiques, la communauté internationale s’est engagée à intervenir face aux déplacements forcés, considérant qu’il s’agit d’une responsabilité collective.

Il est possible de mettre en place des solutions tirant parti de la solidarité mondiale. Tous les outils nécessaires pour intervenir 44:4 Human Rights 30-10-2023

causes of conflict, creating conditions for refugees to go home, helping them find inclusion in exile or expanding access to third- country pathways. We just have to secure the political will and financial support to put them into action. en cas de déplacements forcés sont à notre disposition, qu’il s’agisse d’aborder les causes profondes d’un conflit, de créer des conditions propices au retour des réfugiés chez eux, de favoriser leur inclusion dans leur pays d’exil ou d’élargir les voies d’accès aux tiers pays. Il suffit de réunir volonté politique et soutien financier pour mettre ces solutions en œuvre.

Thank you. Merci. The Acting Chair: Thank you very much. La présidente suppléante : Merci beaucoup. Allan Rock, Council Member, World Refugee and Migration Council and Former Canada’s Ambassador to the United Nations, as an individual: Madam Chair, it’s an honour to appear before the committee. I’m grateful for the invitation and delighted that you’re undertaking this important work on this crucial subject. Allan Rock, membre du Conseil, Conseil mondial pour les réfugiés et la migration et ancien ambassadeur du Canada auprès des Nations unies, à

titre personnel : Madame la présidente, c’est un honneur pour moi de témoigner devant le comité. Je vous suis reconnaissant de votre invitation, et je suis très heureux que vous ayez entrepris cette étude importante sur un sujet crucial. May I build, for a moment, upon the statistics given by my colleague and make the observation that when those who are crossing borders go beyond the neighbouring countries and try to go farther, their request for asylum, even it’s if well founded under international law, is too often met with indifference or, worse, callous rejection.

The World Refugee & Migration Council focuses on addressing both the international and the domestic issues related to forced displacement. Let me touch briefly on each. Si vous le permettez, je vais poursuivre sur les statistiques dont ma collègue a parlé, pour souligner que, quand les gens qui traversent les frontières vont au-delà des pays voisins du leur, leurs demandes d’asile — même lorsqu’elles sont fondées en vertu du droit international — se heurtent trop souvent à l’indifférence ou, pire, à un cruel rejet.

Le Conseil mondial pour les réfugiés et la migration a pour priorité d’aborder les enjeux internationaux et nationaux liés aux déplacements forcés. Je vais survoler chaque enjeu brièvement. Globally, vast numbers of forcibly displaced undertake what is called “irregular migration,” which frequently involves dangerous journeys across open seas or narrow gaps. In reaction, many governments have closed their borders to those seeking asylum; others download or shirk their responsibilities. Europe is paying Turkey and the racist regime in Tunisia to thwart the flow of migrants and refugees to Europe.

Denmark is sending refugees back to Syria because the Danish government is pretending that Syria is now safe. Britain initially refused to accept refugees and asylum seekers from Ukraine and has turned to Rwanda to relocate and process people claiming asylum in the U.K. The Biden Administration has reinstated the inhumane Trump-era “remain in Mexico” policy for migrants and asylum seekers while holding thousands of others in private detention and deporting more than 20,000 Haitians back to Haiti.

À l’échelle mondiale, un très grand nombre de personnes déplacées de force entreprennent ce que l’on appelle une « migration irrégulière », ce qui veut souvent dire un voyage dangereux en pleine mer ou par des passages étroits. Bon nombre de gouvernements, en réaction, ont choisi de fermer leurs frontières aux demandeurs d’asile, alors que d’autres délèguent ou ignorent leurs responsabilités. L’Europe paye la Turquie et le régime raciste de la Tunisie pour qu’ils bloquent le flux de migrants et de réfugiés vers l’Europe.

Le Danemark renvoie les réfugiés en Syrie, parce que le gouvernement danois prétend maintenant que la Syrie est sûre. L’Angleterre a d’abord refusé d’admettre les réfugiés et les demandeurs d’asile venant d’Ukraine, et s’est tournée vers le Rwanda pour relocaliser et traiter les gens qui demandaient l’asile au Royaume-Uni.

L’administration Biden a rétabli la politique inhumaine de l’administration Trump, surnommée « remain in Mexico » ou « restez au Mexique », pour les migrants et les demandeurs d’asile, tout en enfermant des milliers d’autres personnes dans des centres de détention privés et en expulsant plus de 20 000 Haïtiens vers Haïti. Here in Canada, we have, of course, downloaded to America our responsibility for asylum seekers who land first in the United States. Some provincial governments are now saying they cannot or will not take more refugees, and they also want to cap the number of immigrants.

They complain that they don’t have the resources or housing in a tight market to accommodate Ici, au Canada, nous avons bien sûr délégué aux États-Unis notre responsabilité envers les demandeurs d’asile qui sont arrivés d’abord aux États-Unis. Certains gouvernements provinciaux disent maintenant qu’ils ne peuvent pas ou ne veulent pas prendre plus de réfugiés et veulent aussi plafonner le nombre d’immigrants. Ils se plaignent qu’ils n’ont pas les 30-10-2023 Droits de la personne 44:5

newcomers. In some of our biggest cities, refugees are ending up in homeless shelters, further taxing already stretched social services. ressources ou les logements nécessaires, vu le marché difficile, pour les nouveaux arrivants. Dans certaines de nos grandes villes, les réfugiés finissent dans des refuges pour sans-abri, ce qui crée un fardeau supplémentaire pour les services sociaux, qui manquent déjà de ressources.

Every aspect of the issue this committee is examining, both globally and here in Canada, is simply bound to become more challenging with the growing effects of global warming and the increasing incidence of climate-induced displacements. Chacun des aspects de cet enjeu que votre comité examine, qu’il concerne le monde entier ou le Canada seulement, ne peut que devenir plus complexe à mesure que les effets des changements climatiques s’aggravent et forcent de plus en plus de gens à se déplacer.

It is relatively easy to describe these problems, but the great challenge the committee will face is identifying solutions. The World Refugee & Migration Council produced dozens of recommendations in its 2019 report addressed not specifically to Canada but, rather, addressing the global response to displacement. Those recommendations reflect four broad themes, which I invite the committee to bear in mind as it does its work. Il est relativement facile de décrire ces problèmes, mais le grand défi, pour votre comité, est de cerner les solutions.

Dans son rapport de 2019, le Conseil mondial pour les réfugiés et la migration a formulé des dizaines de recommandations, pas spécifiquement pour le Canada, mais plutôt pour aborder la réaction mondiale aux déplacements. Ces recommandations reflètent quatre thèmes principaux, et je vais inviter le comité à les prendre en considération dans ses travaux. First, responsibility sharing must be the cornerstone of the global response to displacement based on common but differentiated responsibility where each state must contribute in its own way to the solution.

Premièrement, le partage des responsabilités doit être la pierre angulaire de la réaction mondiale aux déplacements. Cette responsabilité commune, mais différenciée, signifie que chaque État doit contribuer de sa propre façon à la solution. Second, there must be accountability for those who cause displacement and for those who neglect or refuse to meet their legal obligations to grant asylum. Deuxièmement, les responsables des déplacements doivent être tenus de rendre des comptes, tout comme les États qui négligent ou refusent de s’acquitter de leurs obligations juridiques en matière d’asile.

Third, there must be appropriate levels of funding for chronically underfunded refugee services, including, as we recommend, through compulsory assessments for every UN member state. Troisièmement, les services pour les réfugiés, aux prises avec un manque de fonds chronique, doivent être financés correctement, y compris en fonction d’évaluations obligatoires, comme nous le recommandons, de chaque État membre des Nations unies. Finally, improved governance in the refugee space reflecting sensible regional arrangements, including throughout the voice of the displaced themselves.

Enfin, il faut améliorer la gouvernance pour tout ce qui concerne les réfugiés, en concluant des arrangements régionaux raisonnables, y compris en donnant voix au

chapitre aux personnes déplacées elles-mêmes. With that, I close, and I look forward to questions the committee may ask. Thank you, Madam Chair. Sur ce, je vais conclure, et je suis prêt à répondre aux questions que votre comité pourrait avoir. Merci, madame la présidente. The Acting Chair: Thank you very much. La présidente suppléante : Merci beaucoup. We will now open to members of the committee for their questions. We are a smaller number of committee members, so I can be more generous with the time that you have to ask questions. Je vais maintenant laisser les membres du comité poser leurs questions.

Comme nous sommes peu nombreux, je vais pouvoir accorder plus de temps aux membres pour leurs questions. Perhaps I could start off with my first question to Mr. Rock. I note with interest that I am familiar with your report. You talk Peut-être que je pourrais commencer et poser ma première question à M. Rock. Je note avec intérêt que je connais bien 44:6 Human Rights 30-10-2023

about responsibility sharing on common but differentiated obligations for states to accommodate the displaced. What does that mean? votre rapport. Vous parlez du partage des responsabilités et des obligations communes, mais différentes selon les États, visant à répondre aux besoins des personnes déplacées. Que voulez-vous dire par cela? Mr.

Rock: It’s a term we borrowed from the environmental field where, in responding to climate change and global warming, every state is called upon to contribute to the collective effort, but each in its own way depending on the state of its development, the state of its economy and its capacity. M. Rock : C’est une expression que nous avons empruntée au domaine environnemental, où chaque État, pour réagir au réchauffement et aux changements climatiques, est appelé à contribuer à l’effort collectif, mais chacun à sa façon, dépendamment de son niveau de développement, de sa situation économique et de ses capacités.

In the context of forced displacement, what we see as differentiated responsibility is that not every member state of the United Nations is in a position to receive and accommodate those who are forcibly displaced, either because of matters of geography, economy or otherwise, but there are other ways to contribute. There may be regional ways they can contribute. There may be some countries that contribute money instead of actually receiving refugees on their territory.

Dans le contexte des déplacements forcés, la différenciation des responsabilités signifie que les États membres des Nations unies ne sont pas tous en mesure d’accueillir des personnes déplacées et de répondre à leurs besoins, soit pour des considérations géographiques, soit pour des considérations économiques, soit pour d’autres raisons, mais qu’il y a tout de même d’autres façons pour eux de contribuer. Ces États pourraient contribuer dans une optique régionale. Certains pays pourraient contribuer financièrement au lieu d’accueillir concrètement des réfugiés sur leur territoire.

The point is that we all share in this. It’s not just Uganda that must address the displaced from South Sudan. It’s not just Bangladesh that must accommodate the refugees from Myanmar. It’s not just Colombia that must take those from Venezuela. We are all in this together. Ce que je veux dire, c’est que nous sommes tous concernés. Il n’y a pas seulement l’Ouganda qui doit s’occuper des personnes déplacées du Soudan du Sud. Ce n’est pas seulement le Bangladesh qui doit accueillir les réfugiés du Myanmar. Ce n’est pas seulement la Colombie qui doit accueillir les gens venant du Venezuela.

Nous sommes tous concernés. Given the numbers that exist at present and are coming in the future, the need will only be met if each of us does our part, common but differentiated responsibility depending on the ability of each country to contribute. Compte tenu des chiffres que nous recevons aujourd’hui et de ceux que nous recevrons demain, nous parviendrons seulement à répondre aux besoins si chacun d’entre nous fait sa part, de manière commune, mais en assumant des responsabilités différenciées, selon la capacité de chaque pays de contribuer. The Acting Chair: Perhaps I can get Ms. Imseis’ response to that.

I think of it as — forgive the language — a cap-and-trade model in a way, because there are certain countries, such as Japan and Saudi Arabia, for instance, that will not accept refugees. Are they willing to increase their contributions to the UNHCR? La présidente suppléante : Peut-être que Mme Imseis pourrait aussi répondre à la question. J’ai l’impression qu’il s’agit — pardonnez-moi l’expression — d’un modèle de plafonnement et d’échange, d’une certaine façon, puisque certains pays, comme le Japon et l’Arabie saoudite, par exemple, refusent les réfugiés. Sont-ils prêts à augmenter leurs contributions au HCR?

Ms. Jamous Imseis: Perhaps to answer that, I will go back to the Global Compact on Refugees, which, as the committee knows, is a compact that was agreed to by member states almost four years ago now. It sets out what we call a whole-of-society approach to dealing with international displacement, recognizing that there are some countries which have borne this responsibility on their own for far too long and that, looking forward into the future, there are many different actors within society that can play a role in helping to alleviate some of the pressures that come from forced displacement.

Mme Jamous Imseis : Pour vous répondre, je vais revenir au Pacte mondial sur les réfugiés. Comme les membres du comité le savent, il s’agit d’un pacte qui a été conclu par les États membres il y a presque quatre ans, maintenant.

Il établit ce que nous appelons une approche pansociétale d’intervention à l’égard des déplacements forcés dans le monde en tenant compte du fait que certains pays ont porté ce fardeau à eux seuls pendant bien trop longtemps et postule que, pour l’avenir, de nombreux acteurs de la société pourront jouer un rôle et atténuer certaines des pressions dues aux déplacements forcés. 30-10-2023 Droits de la personne 44:7

Whether we’re looking at governments at all levels — from municipal on up — or whether we’re looking at private-sector responders, inclusion sits at the core of the Global Compact, which means, essentially from the beginning, recognizing that refugee flows, while in times past, may have been time-bound, emergency humanitarian situations and people were then able to return to their homes, they’ve now become protracted, and that is, effectively, the new normal.

With that in mind, using inclusion as the framework, when refugees do come into your country, you immediately offer the opportunity to integrate them into the school systems and the health system with the support of other international actors. I say that because, as has been pointed out, some countries disproportionately bear that burden just simply on the basis of geography. Qu’il s’agisse des gouvernements — de l’échelon municipal jusqu’en haut — ou des intervenants du secteur privé, l’inclusion est au cœur du Pacte mondial pour les réfugiés.

Cela veut dire essentiellement que, depuis le début, l’on reconnaît que les mouvements de réfugiés, qui, dans le passé, étaient peut-être circonscrits dans le temps et liés à des catastrophes humanitaires, ce qui permettait aux gens de rentrer ensuite chez eux, s’étirent maintenant dans le temps et que cela est effectivement devenu la nouvelle normalité.

Sachant cela, si l’inclusion sert de cadre de travail, ça veut dire que, quand des réfugiés arrivent dans votre pays, vous leur offrez immédiatement la possibilité de s’intégrer dans le système scolaire et le système de santé, avec l’appui d’autres intervenants internationaux. Si j’en parle, c’est parce que, comme on l’a souligné, certains pays doivent s’acquitter d’un fardeau disproportionné, simplement à cause de leur situation géographique. The Acting Chair: Thank you. La présidente suppléante : Merci. Senator Arnot: Thank you for coming today, witnesses, and for helping us deal with this very acute situation.

We have high expectations for our report. Le sénateur Arnot : Je remercie les témoins de leur présence aujourd’hui et de nous aider à comprendre cette situation très délicate. Nous avons des attentes élevées pour notre rapport. This question is for Ms. Imseis. It speaks to the comment on the causes of displacement — the usual causes like conflict, persecution, climate change, poverty and governance, which are always well highlighted. Are you seeing any new trends, causes or factors that are contributing and are not well known to the Canadian public?

La question suivante s’adresse à Mme Imseis et concerne ce qui a été dit sur les causes des déplacements, les causes habituelles, comme les conflits, la persécution, les changements climatiques, la pauvreté et la gouvernance, lesquelles sont bien mises en relief. Avez-vous observé de nouvelles tendances, de nouvelles causes ou de nouveaux facteurs qui contribuent aux problèmes et qui ne sont pas bien connus du public canadien? Secondly, what factors would significantly curtail global displacement?

I’m looking at this and thinking beyond international cooperation, honouring human rights and honouring international convention, because I don’t think that asking people — countries — to follow the norms is going to be successful, given the current state of things. Really, I’m interested to know what specifics you think Canada could do and what we could do in this report to advance the cause. Deuxièmement, quels facteurs permettraient de réduire considérablement les déplacements forcés dans le monde?

Je regarde tout cela, et je me dis qu’il devrait y avoir quelque chose au-delà de la coopération internationale, du respect des droits de la personne et du respect de la convention internationale, parce que je ne pense pas qu’il suffit de demander aux gens — aux pays — de suivre les normes pour obtenir des résultats, compte tenu de la situation actuelle des choses. J’aimerais vraiment savoir ce que le Canada pourrait faire, spécifiquement, et ce que nous pourrions proposer dans notre rapport, pour faire avancer la cause. Ms.

Jamous Imseis: Very simple questions posed by the senator, and I will do my best to answer those. Mme Jamous Imseis : Vous posez des questions très simples, monsieur le sénateur, et je vais faire de mon mieux pour y répondre. As to trends, as I said earlier, refugee situations — displacement in general — have become protracted. These emergencies are not 12 or 18 months. From the outset, people are understanding that it may be several years before they’re able to return home. In and of itself, that has become one of the obstacles to finding durable solutions.

When temporary has a way of becoming permanent, people start to root themselves in the countries of asylum. They have children, and they may find ways to cope. The average length of displacement now ranges Pour ce qui est des tendances, comme je l’ai dit plus tôt, les problèmes des réfugiés — et des personnes déplacées en général — s’étirent en longueur. Il ne s’agit plus de situations d’urgence qui durent 12 ou 18 mois. Dès le départ, les gens savent qu’il pourrait s’écouler plusieurs années avant qu’ils ne puissent rentrer chez eux. C’est donc l’un des obstacles qui empêchent de trouver des solutions durables.

Quand le temporaire penche vers le permanent, les gens s’enracinent peu à peu dans leurs pays d’asile. Ils ont des enfants et réussissent 44:8 Human Rights 30-10-2023

between 17 and 21 years. I think the protracted nature in and of itself is one of those important factors that continues to prevent us from finding solutions. peut-être à s’adapter. La durée moyenne d’un déplacement forcé est maintenant de 17 à 21 ans. Je crois que cette longue durée est, en soi, l’un des facteurs importants qui continuent de nous empêcher de trouver des solutions. You’ve pointed to some of the drivers, which are conflict, insecurity and persecution.

I would add impunity to that, where human rights are being violated in plain view, flagrantly, and actors who are the agents of this persecution continue to do so with impunity and without any form of justice or accountability. Vous avez mentionné certains facteurs : les conflits, l’insécurité et la persécution. J’ajouterais l’impunité, c’est-à-dire les cas où les droits de la personne sont violés ouvertement, de manière flagrante, par des acteurs qui sont les agents de persécution et qui peuvent continuer d’agir en toute impunité, sans affronter une forme ou une autre de justice ou devoir rendre des comptes.

Sadly, the international community seems as polarized as ever. The lack of unity, purpose and concerted action at the level of the Security Council, for instance, in finding durable solutions and meaningful political action to end some of these situations is also, I think, one of the reasons this trend of displacement continues. Countries can watch what’s happening internationally and take action, fairly confident that the consequences may be quite limited, and the impact on them for not honouring their international legal obligations is going to be quite limited.

Of course, we know this is a very simplistic overview. There are instances when, in fact, the reverse is true based on geopolitical strategic interests and so forth. Malheureusement, la communauté internationale semble plus polarisée que jamais. Le manque d’unité, de cible et d’action concertée, qui empêche le Conseil de sécurité, par exemple, de trouver des solutions durables et des mesures politiques utiles pour mettre fin à certaines de ces situations est aussi, je crois, l’une des raisons pour lesquelles les déplacements forcés se poursuivent.

Les pays regardent ce qui se passe dans le monde et peuvent intervenir, sachant que ces interventions auront une incidence très limitée et que les conséquences pour eux, s’ils n’honorent pas leurs obligations juridiques internationales, seront toutes aussi limitées. Bien sûr, nous savons que c’est une représentation très simpliste de la situation. Il y a des cas où c’est plutôt l’inverse qui est vrai, dépendamment des intérêts stratégiques géopolitiques et de tout le reste. How do you curtail displacement? This is an area where I think Mr. Rock is very well placed to discuss some of those issues.

I know they focused in the past in their reporting on governance issues and corruption and issues related to the assets of those who are agents of persecution and so on and so forth. Again, I do believe that lack of effective, meaningful action on the part of the international community sends the message that it’s okay and that there will be no price paid for that kind of action. Comment pouvons-nous réduire les déplacements forcés? Sur ce sujet, je pense que M. Rock est très bien placé pour vous parler des enjeux.

Je sais que, son équipe et lui ont insisté, dans leurs rapports précédents, sur la gouvernance et la corruption et sur d’autres questions concernant les biens de ceux qui sont considérés comme les agents de persécution, et cetera. Encore une fois, je crois sincèrement que l’absence de mesures utiles et efficaces de la part de la communauté internationale envoie le message que tout va bien et qu’il n’y aura pas de prix à payer pour ceux qui agissent ainsi.

If I were to point at a few things that I would suggest are necessary in order to move and advance the cause of human rights — though you mentioned that wasn’t one issue you were looking at in particular — it goes back to basic things like equity and the way we share wealth and resources in the world, as well as the way we manage borders. As has already been mentioned by Mr. Rock, climate is now increasingly a driver of displacement. These are just a few issues that are top of mind for us at the moment.

Si je devais mettre en relief les deux ou trois choses qui, selon moi, seraient nécessaires pour faire avancer et promouvoir la cause des droits de la personne — même si vous avez dit que ce n’est pas un dossier que vous étudiez en particulier —, je reviendrais à des enjeux fondamentaux, comme l’équité et la façon dont nous partageons les richesses et les ressources du monde, et aussi la façon dont nous gérons les frontières. Comme M. Rock l’a mentionné, le climat est de plus en plus souvent la cause des déplacements forcés. Voilà, c’était quelques-uns des enjeux prioritaires pour nous, présentement.

Senator Arnot: Mr. Rock, this is going to be quite succinct. You can amplify your answer as much as you want, sir. I would really be interested to know about your proposals for Canada to take action. I believe you described in the past challenging the legality of vetoes by the permanent members of the UN Security Council, advocating for accountability for Russia’s invasion of Le sénateur Arnot : Monsieur Rock, ma question sera très brève. Vous pouvez développer votre réponse autant que vous le voulez, monsieur. J’aimerais beaucoup savoir quelles mesures vous suggérez au Canada.

Je crois que vous avez déjà proposé dans le passé de contester la légalité du veto des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, de réclamer que la 30-10-2023 Droits de la personne 44:9

Ukraine, addressing gender-based violence, proposing the adoption of the Every Woman Treaty, establishing the international anti-corruption court and revitalizing the right to seek asylum. If there are any more that you can enumerate, I would be really happy to hear that, and hopefully you can amplify some of those indicia in your answer. Russie rende des comptes pour l’invasion de l’Ukraine, de lutter contre la violence fondée sur le genre, de proposer l’adoption de la campagne Every Woman Treaty, d’établir une cour internationale anticorruption et de revitaliser le droit de demander l’asile.

S’il y a quoi que ce soit d’autre, je serais très heureux de l’entendre, et j’espère que vous pourrez développer certaines de ces propositions dans votre réponse. Mr. Rock: Thank you, senator. M. Rock : Merci, monsieur le sénateur. You asked earlier about the causes of displacement. You gave a list, which was very thorough. The one point I would add is corruption. As the council did its work, we visited about 14 or 15 places around the world where there were significant numbers of refugees or forcibly displaced internally. We were struck by the close correlation between displacement and corruption.

Corrupt regimes are giving bad governance, which often gives rise to civil unrest, violence, instability and fragility, leading eventually to displacement. We identified corruption as one of the root causes of forced displacement. Plus tôt, vous avez posé une question sur les causes des déplacements forcés, et vous les avez énumérées de façon très exhaustive, mais s’il y a une cause que je pourrais ajouter, c’est la corruption.

Dans le cadre de ses travaux, le conseil a visité 14 ou 15 endroits dans le monde où il y avait un très grand nombre de réfugiés ou de personnes déplacées de force à l’intérieur de leur pays. Nous avons été frappés par l’étroite corrélation entre les déplacements forcés et la corruption. Les régimes corrompus gouvernent mal, ce qui entraîne souvent des troubles civils, de la violence, de l’instabilité et de la fragilité en finissant par des déplacements forcés. Pour nous, la corruption est l’une des causes profondes des déplacements forcés.

We were introduced to a movement that began in America some 12 years ago to create a new international institution called the international anti-corruption court. This would be a court with complementary jurisdiction, like the International Criminal Court, but designed to prosecute those involved in grand corruption. This is the accountability I spoke of for the people who are causing displacement.

The list of proposals I made was found in a speech I made at Concordia University in April this year, and I developed at some length why the international anti- corruption court instills hope that it could be a useful instrument in the battle against corruption, which, in many ways, is at the root of displacement. Canada has agreed to support the idea. The Minister of Global Affairs has it in her mandate letter from the Prime Minister. We would like to see that put forward.

On nous a parlé d’un mouvement qui a vu le jour aux États- Unis il y a environ 12 ans et qui visait à créer une nouvelle institution internationale, appelée la cour internationale anticorruption. Cette cour aurait un pouvoir complémentaire, comme la Cour pénale internationale, mais aurait pour but de poursuivre les entités trempant dans la grande corruption. C’est le genre de reddition de comptes dont j’ai parlé à propos des responsables des déplacements forcés.

Les propositions que j’ai énumérées sont tirées d’un discours que j’ai prononcé à l’Université Concordia en avril dernier, et j’ai longuement expliqué pourquoi nous avons espoir qu’une cour internationale anticorruption serait un instrument utile dans la lutte contre la corruption, qui est à bien des égards une cause profonde des déplacements. Le Canada a accepté de soutenir l’idée. Cela fait

partie de la lettre de mandat que la ministre d’Affaires mondiales a reçue du premier ministre. Nous aimerions que ce soit mis de l’avant. Beyond that, causes of displacement and ways to diminish the number of people displaced would be good governance. The fact is that if you look at the countries producing refugees or the internally displaced, the governance is very weak. The rule of law is barely present. If there were more focus put on strengthening governance and accelerating economic development, we could make those countries more stable and less likely to produce displacement.

It’s really a part of a larger problem of Canada in the world. How can we best use our energies, whether through international development assistance, advocacy, capacity building or otherwise, to strengthen governance so that we don’t end up with this large number of displaced? Au-delà de cela, pour ce qui est des causes des déplacements forcés et des façons de réduire le nombre de personnes déplacées, il y aurait la bonne gouvernance. Le fait est que, si on regarde les pays d’où viennent les réfugiés et ceux où les gens sont déplacés de force à l’intérieur, la gouvernance est très faible.

La règle de droit est à peine présente. Si on déployait davantage d’efforts pour renforcer la gouvernance et accélérer le développement économique, ces pays seraient plus stables et le risque de déplacements serait réduit. Ça fait vraiment

partie d’un plus large problème auquel le Canada est confronté. Sur quoi devrions-nous faire porter nos efforts — l’aide au développement international, la défense des droits, le renforcement des capacités, ou autre chose — pour renforcer la gouvernance afin qu’il n’y ait plus autant de personnes déplacées? 44:10 Human Rights 30-10-2023

Of course, that’s to say nothing of climate. With the coastal areas disappearing under water, small, island developing states being submerged and droughts undermining the arability of land, we’re going to see people moving to survive. Finding ways to slow global warming and deal with climate change is also of crucial importance. Bien sûr, cela ne règle pas la question du climat. Les régions côtières sont inondées, les petits États insulaires en développement sont submergés et les sécheresses réduisent la productivité des terres arables, et nous savons que les gens vont devoir se déplacer pour survivre.

Donc, trouver des façons de ralentir le réchauffement climatique et de composer avec les changements climatiques est d’une importance cruciale. I’ll leave it there for now, senator. Je vais m’arrêter ici, monsieur le sénateur. Senator Arnot: Thank you. Le sénateur Arnot : Merci. I just want to make a point here. The witness has referred to a speaking event — the Henri P. Habib Distinguished Speakers Series at Concordia University in April. I want the analysts to note that, because I think we can draw from the enumerated factors that the witness talked about now. J’aimerais souligner une chose.

Notre témoin a mentionné une conférence; il s’agit de la série des conférenciers éminents de Henri P. Habib, tenue à l’Université Concordia en avril. Je voulais que les analystes le notent, car je pense que nous pourrions nous inspirer des facteurs que notre témoin vient tout juste d’énumérer. [Translation] [Français] Senator Gerba: Welcome to our guests, the Honourable Allan Rock and Ms. Imseis. La sénatrice Gerba : Bienvenue à nos invités, l’honorable Allan Rock et Mme Imseis. You mentioned the serious lack of resources, including resources to address the refugee situation.

This is even more worrisome since the number of refugees is increasing every day; you said 114 million — and that figure could increase in light of what has been happening recently. What financial instruments could be used to help you in your work in the long term? Vous avez mentionné qu’il manque beaucoup de ressources et qu’il en manque également pour s’occuper de la question des réfugiés. Ce constat est d’autant plus préoccupant quand on voit le nombre de réfugiés qui augmente chaque jour; vous avez parlé de 114 millions — ce chiffre pourrait augmenter compte tenu de ce qui se passe dernièrement.

Quels sont les instruments financiers qui pourraient être mis en place pour vous aider, à long terme, dans votre travail? [English] [Traduction] Ms. Jamous Imseis: Thank you for that question. Mme Jamous Imseis : Merci de la question. I’d like to go back to the point of protracted refugee situations and displacement now going beyond months or even a few years. I think there’s a recognition now in our humanitarian sector that emergencies are events that no longer last for contained, short periods of time but rather will drag on for several years.

Knowing that from the outset, undertaking from the beginning medium-term planning, recognizing that this is going to carry on for some years into the future, means that the way we address the needs are different. It is much easier and much more cost- effective, efficient and, frankly, humane to plan for five years of services than twelve months of services. J’aimerais revenir sur le fait que l’histoire des réfugiés et des personnes déplacées ne se calcule plus en mois ni même en quelques années.

Je pense que notre secteur humanitaire reconnaît désormais que les urgences ne sont plus des événements à durée limitée, mais plutôt des situations qui s’étirent sur plusieurs années. Si on sait cela dès le départ, que l’on planifie dès le début pour le moyen terme, et que l’on reconnaît que la situation va durer un certain nombre d’années, on va nécessairement répondre différemment aux besoins. C’est beaucoup plus facile et beaucoup plus efficace, efficient et, franchement, humain, de planifier des services pour cinq ans plutôt que pour 12 mois.

Unfortunately, our funding as humanitarian actors doesn’t allow us to do that. We are mandated to provide emergency assistance and life-saving relief to respond to the crisis, but there are other actors, like development banks, who are mandated to do institutional support and reform and provide additional allocations of resources and different sources of funding that can then be used to do things to promote the inclusion I talked about. Malheureusement, le financement que nous recevons, en tant qu’intervenants humanitaires, ne nous le permet pas.

Nous avons le mandat de fournir de l’aide d’urgence et de l’aide vitale en réaction aux crises, mais il y a d’autres intervenants, comme les banques de développement, qui ont le mandat de fournir un soutien institutionnel, de réformer et d’attribuer des ressources supplémentaires et de trouver de nouvelles sources de 30-10-2023 Droits de la personne 44:11

financement qui pourront être utilisées pour faire ce qui permet de promouvoir l’inclusion dont j’ai parlé. It’s recognized that Syrian refugees are now in Jordan for 12 or 13 years. Had we made that determination in the initial emergency phase, and if we knew we would have children who needed schools and people needed to access health care right from day one and planned for the medium and longer term with the support of development actors, we would have done things in a far more long-term way. This is a lesson we’ve learned as humanitarians.

We have now developed paradigms and language for addressing these situations, something that we like to call the humanitarian development nexus, which recognizes that these two things must meet. We need to strengthen the way we plan and our forecasting for the long term, recognizing that solutions are likely not going to be immediate. On sait que les réfugiés syriens sont en Jordanie depuis 12 ou 13 ans.

Si nous l’avions réalisé au cours de la première phase d’urgence, si nous avions su, dès le départ, que des enfants allaient avoir besoin d’écoles et que des gens allaient avoir besoin de soins de santé et si nous avions planifié les choses pour le moyen et le long terme avec l’appui des acteurs du développement, nous aurions fait les choses à beaucoup plus long terme. C’est une leçon que nous avons apprise en tant que travailleurs humanitaires.

Nous avons donc élaboré des paramètres et des formulations pour être prêts à faire face à ces situations; nous appelons cela le continuum du développement et de l’aide humanitaire, qui reconnaît que ces deux choses doivent aller de pair. Nous devons consolider notre façon de planifier et de prévoir à long terme et reconnaître que les solutions ne seront sans doute pas immédiates. Looking to development actors is one particular source.

The other is the private sector, which has increasingly stepped forward and provided humanitarian actors with another source of resources and support, recognizing there are things that they can do far better than we can do. Those are two things that we have to draw on and, increasingly as humanitarians, we are knocking on those doors.

Nous pouvons par exemple nous tourner vers les acteurs de développement ou encore vers le secteur privé, qui engage de plus en plus et a fourni des acteurs humanitaires utilisant d’autres ressources et appuis; nous reconnaissons qu’ils peuvent faire certaines choses beaucoup mieux que nous. Ce sont deux choses sur lesquelles nous pouvons nous appuyer et, en tant que travailleurs humanitaires, nous les sollicitons de plus en plus. [Translation] [Français] Senator Gerba: Thank you for your answer.

You also stated in your remarks that Canada has a good reputation for welcoming refugees and that refugees are an asset to our country. Are you taking any specific measures to address the perception that some Canadians have of refugees? La sénatrice Gerba : Je vous remercie pour votre réponse. Vous avez également indiqué dans votre propos que le Canada avait une bonne image en ce qui a trait à son système d’accueil des réfugiés et que les réfugiés étaient un atout pour notre pays. Est-ce que vous mettez en œuvre des efforts en particulier pour agir sur l’image qu’ont certains Canadiens concernant les réfugiés?

For instance, some Canadians are opposed to opening our borders to refugees, even though you said yourself that refugees are an asset to Canada and that we should do even more for those people who have the qualities, skills and knowledge that can be useful to our country. How can you get the message across?

Par exemple, il y a des Canadiens qui ne pensent pas que ce soit une bonne chose d’ouvrir nos frontières aux réfugiés, alors que vous le dites vous-même dans votre propos : les réfugiés sont un atout pour le Canada et on devrait faire encore plus pour ces gens qui ont des qualités, des expertises et des connaissances qui peuvent être utiles pour notre pays. Comment faites-vous pour communiquer ces éléments? [English] [Traduction] Ms. Jamous Imseis: In fact, this is quite an important preoccupation for our team here in Canada.

We don’t sit on the front lines of an emergency humanitarian response; we sit in a donor capital, one, as I said, that has a strong, robust asylum system in the country, one that is being tested, to be sure, but one we are confident can continue to be strong and stand the tests that it’s now facing. Mme Jamous Imseis : En fait, il s’agit d’une préoccupation assez importante pour notre équipe, ici, au Canada.

Nous ne sommes pas en première ligne d’une intervention humanitaire d’urgence; nous comptons sur une armée de donateurs, qui, comme je l’ai dit, a un système d’asile robuste, au pays, un système qui est éprouvé, c’est certain, mais qui, nous en sommes convaincus, continuera d’être solide et pourra relever le défi présent. 44:12 Human Rights 30-10-2023

One of the things we do hear — which is different than we do in other places in the world — is trying to ensure we maintain public confidence in those systems in order to continue Canada’s long tradition of welcoming resettled refugees and asylum seekers. How we do that is by engaging with the public in a number of different ways and with some messages we feel are quite compelling and important parts of defining the narrative in this country and keeping it positive.

Une des choses que nous entendons — qui est différent de ce que nous entendons ailleurs dans le monde —, c’est que nous tentons de nous assurer que le public continue de faire confiance à ces systèmes afin que le Canada puisse poursuivre sa longue tradition d’accueillir des réfugiés réinstallés et des demandeurs d’asile. Nous le faisons en communiquant avec le public de différentes façons et au moyen de messages qui, selon nous, sont assez convaincants et sont une

partie importante de la perception que nous voulons donner du pays, que nous voulons garder positive. One of those things, as I mentioned, is looking at Statistics Canada data to make the case that refugees contribute. We know that refugees require supports and assistance on arrival but, over time, pay back much more than they ever receive in integration supports. We are also doing the best to showcase positive examples, people who have turned Canada into their home and have come to be contributing citizens who employ dozens, if not hundreds, of other Canadians.

Il faut entre autres, comme je l’ai dit, examiner les données de Statistique Canada pour montrer que les réfugiés contribuent à la société. Nous savons que ceux-ci ont besoin de soutien et d’aide à leur arrivée, mais, au fil du temps, ils nous en redonnent beaucoup plus que ce qu’ils ont reçu pour s’intégrer. Nous faisons aussi tout ce qui est en notre pouvoir pour donner des exemples positifs, montrer des gens qui ont fait du Canada leur demeure et qui sont devenus des citoyens qui contribuent à la société et qui emploient des dizaines, voire des centaines d’autres Canadiens.

These are not easy things to do at the moment. What we’ve seen, not just in Canada but globally, is a shift in the narrative. People have traditionally pointed to refugees as being a source of taking people’s jobs. One narrative we’ve heard in many different places is, “People have come, and they’re taking our jobs.” This is no longer the case because, post-COVID, we recognize there are persistent labour shortages in industries around the world. What we’ve seen is this troubling narrative take hold now that people are coming to take our homes. That’s something we are watching with concern here in Canada.

It’s also something we feel Canada is well equipped to manage and take on, especially because asylum seekers are not actually the source of these issues. But it is challenging at the moment to have these conversations. Ce ne sont pas des choses faciles à faire en ce moment. Ce que nous avons constaté, pas juste au Canada, mais partout dans le monde, c’est qu’il y a un changement de perception. Habituellement, les gens croient que les réfugiés prennent les emplois d’autres personnes. Ce que nous avons entendu dire à de nombreux endroits, c’est que « les gens sont arrivés et ont pris nos emplois. »

Ce n’est plus le cas parce que, après la COVID, nous reconnaissons qu’il y a une pénurie persistante d’employés dans tous les secteurs, partout dans le monde. Nous avons constaté que cette perception troublante persiste et qu’on dit maintenant que les gens volent nos maisons. C’est quelque chose dont nous sommes témoins au Canada et qui nous préoccupe. Nous croyons aussi que le Canada est bien outillé pour gérer la situation, surtout que les demandeurs d’asile ne sont pas réellement à l’origine de ces problèmes. Toutefois, c’est difficile d’avoir ces discussions présentement.

A pollster recently described to me and my colleagues in a conversation that, increasingly, Canadians — and this is not just Canada; we see this in many parts of the world — are looking at issues like immigration and refugees through the lens of scarcity and seeing it’s much more difficult to maintain the quality of life they’ve been accustomed to. They’re reckoning with affordability and economic inflation concerns. People who once said, “I’m pro-immigration,” are now adding a “but” to the end of that sentence.

Un spécialiste des sondages nous a dit récemment, à mes collègues et à moi, que de plus en plus de Canadiens — et ce n’est pas juste au Canada; nous le voyons dans de nombreuses régions du monde — envisagent les enjeux de l’immigration et des réfugiés dans l’optique des pénuries et constatent qu’il est beaucoup plus difficile de maintenir la qualité de vie à laquelle ils sont habitués. Ils ont des préoccupations liées à l’abordabilité et à l’inflation économique. Les gens qui disaient jadis « Je suis en faveur de l’immigration », ajoutent maintenant un « mais » à la fin de la phrase.

As I said, it’s a preoccupation for us here, but we’re one voice, and we work with allies and advocates in this country and elsewhere to try to promote a positive understanding. Comme je l’ai dit, c’est une préoccupation pour nous tous, ici, mais nous ne sommes qu’une voix, et nous travaillons avec des alliés et des défenseurs, ici et ailleurs, pour tenter de promouvoir une compréhension positive. 30-10-2023 Droits de la personne 44:13

Senator Pate: Thank you to our witnesses for appearing. La sénatrice Pate : Merci à nos témoins d’être ici. I travelled to Syria this past summer, and one of the things that really struck me was the selectivity with which the international community is looking at some of these issues. Mr. Rock, you spoke about that a bit. I think of the racism, the poverty and the visibility of certain groups more than others. Je me suis rendue en Syrie l’été dernier, et l’une des choses qui m’a vraiment frappée, c’est l’approche sélective qu’applique la communauté internationale à certains de ces enjeux.

Monsieur Rock, vous en avez parlé un peu. Je pense au racisme, à la pauvreté et au fait que certains groupes sont plus visibles que d’autres. When you mentioned corruption, it struck me that there is a level of corruption in some parts of the world even in the voluntary sector. Even the allegations in UNHCR struck me as part of what is countering the additional narrative you spoke about as well in terms of the rise of populism and the ways in which racist, anti-immigrant tropes are being trotted out.

Lorsque vous avez parlé de corruption, j’ai été frappée de voir qu’il y a un certain niveau de corruption dans certaines régions du monde, même dans le secteur humanitaire. Selon moi, les allégations qui visent le HCR font aussi

partie des obstacles aux autres situations dont vous avez parlé quant à la montée du populisme et à la façon dont les représentations racistes et anti- immigration se propagent. In addition to all of the wonderful work you’re doing and the examples you’ve already raised, I wonder if there are other areas you see some potential for us to move. I’m thinking of some of the anti-violence and the incredible work you did in the 1990s as Minister of Justice leading to look at how we do we deal with violence against women and children, for instance, and the use of the UN Convention on the Rights of the Child.

I’m wondering if there are other mechanisms that we could be looking at to try and ensure that people are regrounded in the importance of this as not just a charitable model, if you will, but as something that is really linked to our own equality and our own continuation. Again, with Syria, Gaza, Ukraine, and even within our own borders, some issues are arising in terms of how we counter this. I recognize the question is broad-based, but do you have any additional suggestions beyond the excellent ones you’ve already provided?

En plus de l’excellent travail que vous faites et des exemples que vous avez déjà donnés, je me demandais quelles mesures nous pourrions prendre à d’autres égards. Je pense à l’excellent travail que vous avez fait dans la lutte contre la violence, dans les années 1990, en tant que ministre de la Justice, ce qui nous a amenés à examiner le problème de la violence contre les femmes et les enfants, par exemple, et l’utilisation de la Convention relative aux droits de l’enfant des Nations unies.

Pourrions-nous examiner d’autres mécanismes qui feraient en sorte que les gens redonnent toute leur importance à ces mesures en n’y voyant pas un simple modèle caritatif, disons, mais plutôt quelque chose qui est vraiment lié à notre propre égalité et nos propres progrès. Encore une fois, lorsqu’il est question de la Syrie, de Gaza, de l’Ukraine et même de notre propre pays, nous avons de la difficulté à régler le problème. Je reconnais que la question est vaste, mais avez-vous d’autres suggestions à faire, outre celles que vous avez déjà faites et qui sont excellentes? Mr. Rock: Thank you, senator. M.

Rock : Merci, sénatrice. We see plainly every day the difference in the response to Ukraine as opposed to refugees from the Democratic Republic of Congo or other African nations. It is simply a question of Black and White, isn’t it? I think there is no more compelling illustration of the difference in attitudes, depending on the country of origin, than if you look at our experience with the Ukrainian refugees.

We should also say, in fairness, that we have a large diaspora in Canada of Canadians of Ukrainian heritage, which made receiving the Ukrainian refugees a matter of course for us, but we have to watch ourselves, and we have to watch our attitudes and our reactions and responses. Do we respond differently to the needs of those who are coming from some countries than we do to those who are coming from others? Nous voyons clairement tous les jours que l’intervention en Ukraine diffère de ce qui a été fait pour les réfugiés de la République démocratique du Congo ou d’autres pays africains.

Ce n’est qu’une question de race, Noir ou Blanc, n’est-ce pas? Je pense qu’il n’y a pas d’exemple plus convaincant des différences d’attitude selon le pays d’origine que ce que l’on a vu avec les réfugiés ukrainiens. Pour être juste, il faut aussi dire que la diaspora ukrainienne est très importante, au Canada; il y a beaucoup de Canadiens d’origine ukrainienne. Il était donc normal pour nous d’accueillir des Ukrainiens, mais nous devons faire attention et prendre garde à notre attitude, nos réactions et nos réponses.

Est-ce que nous répondons différemment aux besoins des gens provenant de certains pays qu’aux besoins des gens provenant d’autres pays? When the council was in Germany, we were in Berlin, and we met with a wide variety of stakeholders as well as government, business and civil society. We tried to get to the bottom of the toxic narrative that was contaminating public attitudes towards newcomers in Germany.

Our observation was that it was Lorsque le conseil était en Allemagne, à Berlin, nous avons rencontré toutes sortes d’intervenants ainsi que des représentants de gouvernements, d’entreprises et de sociétés civiles. Nous avons tenté de trouver l’origine des perceptions négatives qui contaminaient l’attitude du public envers les nouveaux arrivants 44:14 Human Rights 30-10-2023

threefold: first, the arrival of these newcomers is going to undermine our culture; second, these newcomers are a threat to our security; and, third, they are going to take our jobs and damage us economically. There was a concerted effort on the part of the German government and many of the NGOs to tackle each of those myths, each of those silly and non-factual feelings. There was some success at the community level as NGOs tried to introduce local people in villages and towns throughout Germany to Syrian refugees: “Here they are in the flesh. They’re not monsters. They’re people like you.

They have kids, and they have needs.” They tried to humanize the refugees. Those efforts to put a human face on people are very important in that regard in relation to everything you’ve raised, senator. en Allemagne. Nous avons relevé trois choses : premièrement, que l’arrivée de ces personnes aura une incidence défavorable sur la culture; deuxièmement, que ces personnes représentent une menace pour la sécurité et, troisièmement, qu’elles voleront les emplois et nuiront à l’économie.

Le gouvernement allemand et de nombreuses organisations non gouvernementales ont uni leurs efforts pour déboulonner chacun de ces mythes et chasser chacun de ces sentiments ridicules et non fondés. Ils y sont parvenus, jusqu’à un certain point, lorsque les ONG ont présenté des réfugiés syriens aux habitants des villages et des villes de partout en Allemagne en leur disant : « Les voici en chair et en os. Ce ne sont pas des monstres. Ce sont des gens comme vous. Ils ont des enfants, et ils ont des besoins. » Les organisations ont tenté d’humaniser les réfugiés.

Il est important de faire des efforts pour mettre un visage sur ces gens, en lien avec les questions que vous avez soulevées, sénatrice. My understanding is that there have been 350,000 refugees received in Canada since 1976 when the program began under the private sponsorship program. The great thing about that is that members of the community agreed to receive and assist the newcomers. They made sure they had snowsuits for their kids when days like today came along, they helped them get into English as a second language courses, and they drove them to the dentist.

They have direct experience with the fact that we’re dealing with a family just like our families. It breaks through the barrier of the myth that they’re here to undermine our security, to take our jobs and to destroy our culture. When you see the person as a human being, it makes a world of difference. Si j’ai bien compris, le Canada a accueilli 350 000 réfugiés depuis 1976, moment où le programme de parrainage privé a commencé. Ce qui est beau, dans ce programme, c’est que les membres de la communauté ont accepté d’accueillir et d’aider les nouveaux arrivants.

Ils se sont assurés qu’ils avaient des vêtements d’hiver pour leurs enfants, pour les jours comme aujourd’hui, ils les ont aidés à s’inscrire à des cours d’anglais langue seconde et ils les ont emmenés chez le dentiste. Ils ont bien vu qu’il s’agissait de familles comme la leur. Cela aide à déboulonner le mythe selon lequel ces personnes sont ici pour mettre notre sécurité en péril, pour voler nos emplois et pour détruire notre culture. Lorsque vous voyez la personne comme un être humain, cela fait toute la différence. To make a long story short, I think we need to do more of that.

I know, from my experience going door to door during election campaigns, that when people spoke against refugees or immigrants, it didn’t take much to remind them that many people on their street were immigrants or refugees and became functioning and productive members of our society. It’s not us and them; we’re in this together. I think stressing that and finding ways to illustrate it in people’s everyday lives is terribly important. Bref, je pense que nous devons en faire plus de ce côté-là.

J’ai fait du porte-à-porte durant les campagnes électorales et je sais que, lorsque les gens parlent contre les réfugiés ou les immigrants, il est facile de leur rappeler que de nombreuses personnes sur leur rue étaient des immigrants ou des réfugiés et sont devenues des membres actifs et productifs de la société. Ce n’est pas une question de nous et eux; nous sommes un tout. Je pense qu’il est très important de le souligner et de trouver des moyens de montrer cela aux gens dans leur vie de tous les jours.

I will smuggle in a couple of words on the question of finances raised by Senator Gerba, because it’s an important one. Je vais glisser deux ou trois mots sur la question financière soulevée par la sénatrice Gerba, parce que c’est une question importante. [Translation] [Français] You are absolutely right: funding for refugee services is clearly insufficient. As Ms. Imseis noted, the funding provided covers 36% of the budgets requested by the United Nations High Commissioner for Refugees. We have suggested at least two solutions in this regard.

Vous avez complètement raison : le financement des services pour les réfugiés est insuffisant, de toute évidence. Comme l’a constaté Mme Imseis, 36 % des budgets demandés par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés sont financés. Nous avons proposé au moins deux solutions potentielles à cet effet. 30-10-2023 Droits de la personne 44:15

[English] [Traduction] In the 2019 report, the council proposed, firstly, that in the United Nations, we should have compulsory assessments for each member state. It should no longer be voluntary payments. It’s extraordinary that the financing of the UNHCR is entirely voluntary. As my friend Lloyd Axworthy likes to say, it’s like a charity ball, and you can decide whether or not to give money. That’s ridiculous when we’re talking about the desperate needs of 114 million people, 36 million of whom are refugees. We have compulsory assessments in the UN for peacekeeping.

The amounts are determined in relation to the size of the member state’s economy. We should do the same for refugee services. That’s the first point. Dans le rapport de 2019, le conseil a proposé, tout d’abord, que les Nations unies devraient effectuer une évaluation obligatoire de chaque État membre. Ce ne devrait plus être des paiements volontaires. C’est incroyable que le financement du HCR soit entièrement volontaire. Comme aime le dire mon ami Lloyd Axworthy, c’est comme un bal de charité où vous pouvez donner ou non de l’argent.

C’est ridicule, lorsque nous parlons des besoins pressants de 114 millions de personnes, dont 36 millions sont des réfugiés. Nous avons des évaluations obligatoires aux Nations unies lorsqu’il est question du maintien de la paix. La somme est déterminée en fonction de la taille de l’économie de l’État membre. Nous devrions faire la même chose pour les services aux réfugiés. C’est mon premier point. Secondly, we also talked about frozen assets, a concept that the chair picked up with her private member’s bill, which was adopted by the Senate.

Our observation was that, again, the regimes that produce refugees are often corrupt. The kleptocrats don’t keep the money at home; they put it offshore. Countries like Canada freeze those assets. We suggest that they should not only be frozen, but they should be confiscated and repurposed for the benefit of the refugees they created. Ensuite, nous avons aussi parlé des avoirs gelés, un concept que la présidente a ciblé avec son projet de loi d’initiative parlementaire, lequel a été adopté par le Sénat. Nous avons souligné, encore une fois, que les régimes qui produisent des réfugiés sont souvent corrompus.

Les kleptocrates ne conservent pas leur argent chez eux; ils le déposent à l’étranger. Les pays comme le Canada gèlent ces avoirs. Selon nous, ces avoirs ne devraient pas seulement être gelés. Ils devaient être confisqués et réutilisés au profit des réfugiés qui en sont les victimes. Think of Nicolás Maduro in Venezuela, for example. The people we visited in Colombia are having difficulty paying for housing and social services for the refugees from Venezuela. If Maduro had money in Canada, we should take that money and give it to the government of Colombia or to the UNHCR to pay for those services.

That would be symmetrical. It would be just. It would involve accountability, and it would make sense. Je pense à Nicolás Maduro au Venezuela, par exemple. Les gens auxquels nous avons rendu visite en Colombie ont de la difficulté à payer le logement et les services sociaux pour les réfugiés du Venezuela. Si Maduro avait de l’argent au Canada, nous devrions le prendre et le remettre au gouvernement colombien ou au HCR afin de payer ces services. Ce serait équitable. Ce serait juste. Ce serait une forme de responsabilisation et cela aurait du sens.

The chair tabled in the Senate the Frozen Assets Repurposing Act, which brought that concept to life. Before it went to the House for adoption there, the Government of Canada amended the Special Economic Measures Act to provide for exactly that kind of thing. That’s another way we could add to the financing for refugee services. La présidente a présenté au Sénat la

Loi sur la réaffectation des biens bloqués, ce qui a donné vie à ce concept. Avant que cette loi ne soit adoptée par la Chambre des communes, le gouvernement du Canada a amendé la

Loi sur les mesures économiques spéciales pour permettre exactement ce genre de choses. C’est une autre façon d’augmenter le financement des services aux réfugiés. [Translation] [Français] Both are important and the need is obviously urgent. Les deux sont importants et le besoin est manifestement urgent. [English] [Traduction] Senator Jaffer: Thank you to both of you for being here. The UNHCR representative has always been a friend of the parliamentary committees, especially the Human Rights Committee. It’s a pleasure to have you here. Mr. Rock, it’s an absolute pleasure to have you here as well.

I’m sitting here and thinking you did so much work in Parliament as Justice Minister, La sénatrice Jaffer : Merci à vous deux d’être présents. La représentante du HCR a toujours été une amie des comités parlementaires, surtout le Comité des droits de la personne. C’est un plaisir de vous voir. Monsieur Rock, c’est aussi un immense plaisir de vous recevoir. Je me disais justement que vous avez fait tellement de travail au Parlement en tant que ministre de la 44:16 Human Rights 30-10-2023

and you haven’t given up now. As a Canadian citizen, you’re working on some very important issues. Justice et vous n’avez pas encore abandonné. En tant que citoyen canadien, vous travaillez sur des enjeux importants. I had so many questions to ask you, but now I cannot restrain myself from asking you the question on Ukraine. Mr. Rock, you spoke about how Ukraine has this big diaspora, or whatever word you used — and I’m putting words in your mouth now — but it’s not just the diaspora that did it; right? It was also the government that made it easy by having all kinds of special programs to bring Ukrainians here.

In the community where I live, people talk and say, “Look at the treatment that our government is giving to Ukrainians compared to Afghanis.” They don’t make it easy for Afghanis to come here. There are all kinds of challenges for Afghanistan people to come, and Afghani people have still not forgotten how they were left behind when Canada left suddenly. Can you make a comment on that? A short comment, because I have other questions. J’avais une foule de questions à vous poser, mais je ne peux m’empêcher de vous questionner sur l’Ukraine.

Monsieur Rock, vous avez dit que la diaspora ukrainienne est très importante, ou quelque chose comme cela — et je vous fais dire des choses maintenant —, mais la diaspora n’a pas tout fait, n’est-ce pas? Le gouvernement a lui aussi facilité les choses en mettant en œuvre plein de programmes spéciaux pour faire venir les Ukrainiens ici. Dans la communauté où j’habite, les gens parlent et disent : « Regardez comment le gouvernement traite les Ukrainiens comparativement aux Afghans. » Il ne facilite pas la venue des Afghans au Canada.

Les Afghans doivent surmonter de nombreux obstacles pour venir au Canada et ils n’ont pas oublié qu’ils ont été laissés pour compte lorsque le Canada a quitté subitement leur pays. Pouvez-vous nous donner votre opinion là-dessus? Soyez bref, parce que j’ai d’autres questions. Mr. Rock: Senator, thank you. M. Rock : Merci, sénatrice. Yes, there has been a difference. Of course, in the case of the Ukrainians, we didn’t use the refugee program at all. We issued special visas, which I think was regrettable. We have a sturdy refugee system. We have private sponsorship available. I don’t know why we took that route.

I suppose it was quick, but it did differentiate the Ukrainian newcomers from all others. Oui, il y a eu une différence. Bien entendu, pour ce qui est des Ukrainiens, nous n’avons pas du tout utilisé le programme destiné aux réfugiés. Nous avons délivré des visas spéciaux, ce qui est regrettable selon moi. Notre système pour les réfugiés est solide. Nous pouvons accéder au parrainage privé. Je ne sais pas pourquoi nous avons pris cette décision. Je présume que c’était rapide, mais cela a fait en sorte que les nouveaux arrivants ukrainiens ont en effet été traités différemment de tous les autres.

In terms of the Afghans, I know from personal experience of trying to persuade the Government of Canada to facilitate the extraction of certain Afghans — especially Afghan women judges who are very vulnerable because they’ve made themselves targets for the Taliban — getting them out of Afghanistan and then getting them out of intermediary countries to Canada has also been very difficult.

En ce qui concerne les Afghans, je sais, pour avoir moi-même tenté de convaincre le gouvernement du Canada de faciliter l’extraction de certains Afghans — surtout les juges afghanes, très vulnérables parce qu’elles ont attiré sur elles l’attention des talibans —, qu’il est aussi très difficile de les faire sortir de l’Afghanistan et de les faire venir au Canada depuis un pays intermédiaire. I understand that we have met our 40,000-person target, and we’re still receiving more Afghans. The 40,000 is not a ceiling. We continue to take people into Canada. I have great respect for the officials in IRCC.

I know they do their very best, but there are impediments standing in the way of an effective and quick response for the urgent needs of certain Afghans, and I do wish we could expedite the processing of their applications. I do wish we could get them here faster. Si j’ai bien compris, nous avons atteint notre cible de 40 000 personnes, et nous recevons encore des Afghans. Ce chiffre de 40 000 personnes n’est pas un plafond. Nous continuons d’accueillir des gens au Canada. J’ai beaucoup de respect pour les responsables d’IRCC.

Je sais qu’ils font de leur mieux, mais des obstacles les empêchent d’intervenir rapidement et efficacement pour répondre aux besoins urgents de certains Afghans. J’aimerais vraiment que l’on puisse accélérer le traitement de leurs demandes. J’aimerais vraiment qu’ils puissent arriver ici plus rapidement. Senator Jaffer: I know you are working hard to bring the judges here. Thank you for your and Mr. Lloyd Axworthy’s work on this. The fact is that, for most Afghans, the

definitions of the convention are applied. For Ukrainians, they aren’t. I don’t want you to comment. I just want to leave it there. La sénatrice Jaffer : Je sais que vous travaillez dur pour pouvoir faire venir les femmes juges ici. Je vous remercie, ainsi que M. Lloyd Axworthy, pour le travail que vous faites dans ce dossier. En réalité, les définitions utilisées dans la convention s’appliquent à la plupart des Afghans, mais pas aux Ukrainiens. Je ne veux pas que vous commentiez. Je voulais simplement le dire. 30-10-2023 Droits de la personne 44:17

Ms. Imseis, the UNHCR has done tremendous work in Africa. As you know, we are in the midst of a global crisis of illegal immigration in Europe through the Mediterranean Sea. Would you be able to discuss what the UNHCR is doing in that regard and share some thoughts on what can be done from a Canadian perspective? Madame Imseis, le HCR a fait un travail remarquable en Afrique. Comme vous le savez, nous sommes en pleine crise mondiale d’immigration illégale vers l’Europe à partir de la mer Méditerranéenne.

Pourriez-vous nous dire ce que fait le HCR à cet égard et nous donner votre opinion sur ce que le Canada pourrait faire? Ms. Jamous Imseis: In my previous posting, I covered the central Mediterranean movements and North Africa and the flows of sub-Saharan Africans up through the continent and onwards to Europe and other locations. There are a number of things we’re doing. I’m thinking of Libya and Tunisia. We have a very robust presence on the ground here. Libya, as you can imagine, is a very complex operating environment.

There are moments where we are allowed to operate, and t here are moments where we don’t have visas and residency permits issued, so we are constantly having to negotiate our presence in the country. One of the things we do there is work in the detention centres. You may have heard these detention centres are places where conditions are unspeakable and people have been subjected to horrors. They’ve been trafficked, they have been enslaved, and the nightmare continues in detention.

We are present to try to address some of the immediate needs and to also identify people who we can hopefully submit for resettlement consideration to countries like Canada. That’s one of the things we’re doing. Mme Jamous Imseis : Au cours de mon affectation précédente, j’ai couvert les déplacements au centre de la Méditerranée, et l’Afrique du Nord, le déplacement des Africains des régions subsahariennes sur le continent jusqu’en Europe et ailleurs. Nous faisons un certain nombre de choses. Je pense à la Libye et à la Tunisie. Nous avons une forte présence sur le terrain là-bas.

Comme vous pouvez l’imaginer, l’environnement opérationnel en Libye est très complexe. À certains moments, on peut fonctionner, alors qu’à d’autres, nous n’arrivons pas à obtenir de visas et de permis de résidence, donc nous devons constamment gérer notre présence dans le pays. Nous travaillons notamment dans les centres de détention. Vous avez peut-être entendu dire que les conditions dans ces centres de détention sont effroyables et que les gens sont victimes de choses horribles. Ils ont été victimes de la traite et d’esclavage, et le cauchemar continue lorsqu’ils sont en détention.

Nous sommes là pour tenter de répondre à certains besoins immédiats et aussi pour déterminer qui sera, nous l’espérons, admissible à la réinstallation dans un autre pays, par exemple le Canada. C’est l’une des choses que nous faisons. Another thing that we’re doing in countries across the continent is to describe for people what they should expect to find on their journey, should they try and embark on that journey, and not to be misled by unscrupulous traffickers and smugglers about what they will find, and the conditions in Europe on arrival, as well.

We know that Europe is also trying to grapple with this situation as a bloc and to find ways to distribute asylum seekers across the continent to different countries, but also to find ways to ensure effective removals when people are not found to be legitimate refugees.

Une autre chose que nous faisons dans les pays de tout le continent, c’est expliquer aux gens à quoi ils doivent s’attendre au cours du voyage, s’ils décident d’entreprendre ce voyage, et les aviser de ne pas se laisser berner par les trafiquants et les passeurs sans scrupules au sujet de ce qu’ils trouveront à leur arrivée et des conditions en Europe. Nous savons que l’Europe tente aussi, en bloc, de gérer le problème et de trouver des façons de répartir les demandeurs d’asile sur tout le continent, mais aussi de trouver le moyen de renvoyer les gens qui ne sont pas reconnus comme étant de vrais réfugiés.

I could go on, but that is some of the work we do in a country like Libya, which is an important transit point for some of these crossings. Je pourrais continuer, mais c’est une

partie du travail que nous faisons dans un pays comme la Libye, qui est un lien de transit important dans certains de ces déplacements. Senator Jaffer: Mr. Rock, you talked about corruption, so I will skip that a bit, but in the 1951 refugee convention and its protocol, do you think at this time corruption or climate change will be covered? La sénatrice Jaffer : Monsieur Rock, vous avez parlé de corruption, donc je n’en reparlerai pas, mais pensez-vous que, présentement, la corruption ou les changements climatiques sont visés dans la Convention des réfugiés de 1951 et son protocole? Mr. Rock: No.

The 1951 convention is very specific in defining a convention refugee. Those who are displaced by climate are not included, but I have a couple of observations about that. We recently had a retreat at which we had as a guest speaker Professor James Hathaway, who I think will appear before this committee. He’s a Canadian who now teaches in America. He’s a fabulous expert in immigration refugee law internationally. He pointed out that most of those displaced by M. Rock : Non. La Convention de 1951 est très précise dans sa définition des réfugiés.

Les déplacés climatiques ne sont pas inclus, mais j’ai deux ou trois observations à ce sujet. Nous avons récemment fait une retraite et reçu comme conférencier invité, M. James Hathaway; je crois qu’il comparaîtra devant votre comité. C’est un Canadien qui enseigne maintenant aux États-Unis. C’est un fabuleux expert en droit international de l’immigration et des réfugiés. Il a souligné que la plupart des 44:18 Human Rights 30-10-2023

climate change in the future will not actually become refugees; they’ll be internally displaced. We had thought about whether we should be advocating a special protocol to the 1951 convention to deal with climate change. He counselled against that. He said the refugee convention is fragile enough given the pressures put on it by despots, autocrats and crooks around the world and not to put further pressure on it by talking about it being renegotiated but to leave it as it is. futurs déplacés climatiques ne deviendront pas, dans les faits, des réfugiés; ils seront déplacés dans leur propre pays.

Nous nous étions demandé s’il convenait de lier un protocole spécial à la Convention de 1951 pour traiter des changements climatiques. M. Hathaway nous a conseillé de ne pas le faire. Il a dit que la convention était déjà assez fragile, compte tenu de la pression que lui imposent les despotes, les autocrates et les bandits du monde entier, et il nous a conseillé de ne pas lui en ajouter davantage en parlant de la renégocier; il conseillait plutôt de ne pas y toucher. Remember, too, that other instruments can help those displaced by climate change who do become refugees.

For example, the United Nations Human Rights Council has, in the last couple of years, recognized the provisions of the covenant on civil and political rights, and social, economic and cultural rights — those two covenants that form part of the International Bill of Rights — as applying to someone who leaves their country because of drought or flooding and it’s no longer possible making their living running a farm or to feed themselves and their family. The provisions of those covenants may provide protection.

Rappelez-vous aussi que d’autres instruments peuvent aider les déplacés climatiques et qui deviennent effectivement des réfugiés. Par exemple, le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a, au cours des dernières années, reconnu que les dispositions du pacte relatif aux droits civils et politiques et du pacte relatif aux droits sociaux, économiques et culturels — deux pactes faisant

partie de la Déclaration internationale des droits de l’homme — s’appliquaient aux gens qui quittent leur pays en raison de la sécheresse ou des inondations et qui ne peuvent plus gagner leur vie grâce à l’agriculture ou se nourrir et nourrir leur famille. Les dispositions de ces pactes peuvent fournir une protection. Furthermore, people who have to leave their country because of climate-induced displacement probably fall within the provisions of the statelessness convention.

The convention on statelessness of 1954 has been ratified by over 100 countries and has every bit as much protection as the refugee convention did in 1951. It might need a slight amendment to specifically provide for those displaced by climate. Professor Hathaway saw that as a much more promising avenue for dealing with those displaced by climate. De plus, les gens qui doivent quitter leur pays en raison du climat sont sans doute visés par les dispositions de la Convention relative au statut des apatrides.

Cette convention de 1954 a été ratifiée par plus de 100 pays et protège tout autant que la Convention des réfugiés le faisait en 1951. Il pourrait être nécessaire de l’amender légèrement afin qu’elle s’applique aussi aux déplacés climatiques. M. Hathaway jugeait ce mécanisme beaucoup plus prometteur pour les déplacés climatiques. Senator Jaffer: It’s a real honour to have both of you here, as a former refugee myself. Thank you for being here. La sénatrice Jaffer : Je suis moi-même une ancienne réfugiée et c’est un véritable honneur que vous soyez présents tous les deux. Merci de votre présence.

The Acting Chair: Let me ask a question of both of you, since we’re talking now about the convention. It was constructed and approved in 1951, in the post-Second World War environment. There was a protocol attached to it in 1967. From your point of view, sitting today in 2023, when the world is falling apart in many regions, creating a level of forced displacement that we have not seen before, is the convention still fit for purpose? La présidente suppléante : Laissez-moi vous poser une question, à vous deux, puisque nous parlons maintenant de la convention.

Elle a été élaborée et approuvée en 1951, dans le contexte de l’après-Deuxième Guerre mondiale. Un protocole y a été joint en 1967. Selon vous, aujourd’hui, en 2023, alors que plusieurs régions dans le monde s’effondrent, entraînant un nombre de déplacements forcés jamais vu auparavant, est-ce que l’objectif de la convention est toujours adéquat? Ms. Jamous Imseis: I firmly believe that the convention is fit for purpose and, moreover, that we have all of the instruments needed at our disposal in order to deal with global displacement, as well as an array of other issues that are subsets of that.

Mme Jamous Imseis : Je crois réellement que l’objectif de la convention est adéquat et aussi que nous avons à notre disposition tous les instruments nécessaires pour composer avec les déplacements mondiaux, ainsi qu’avec l’éventail des problèmes qui en découlent. For me, what is absent in many cases are asylum systems that have the capacity to deal with these flows and international solidarity and support for refugee-hosting countries. As I said at the outset, the vast majority of refugees never leave their region.

Selon moi, ce qui fait défaut, dans de nombreux cas, ce sont des systèmes d’asile qui ont la capacité de traiter ces volumes, de même que la solidarité internationale et le soutien aux pays qui accueillent des réfugiés. Comme je l’ai dit plus tôt, la grande 30-10-2023 Droits de la personne 44:19

They want to return home, so they stay close by. We need to support those countries that have been hosting refugees for decades. That’s a form of international solidarity and contributes to the realization of the convention’s goals. There are other ways in which you can strengthen asylum systems so that people can receive the protection they need. You can have forms of solidarity, like resettlement to third countries. I believe that what is lacking in most instances is either capacity, resources or, frankly, political will and accountability, but the convention itself is still quite fit for purpose.

That would be my view. majorité des réfugiés ne quittent jamais leur région. Ils veulent rentrer chez eux, donc ils restent à proximité. Nous devons soutenir les pays qui hébergent des réfugiés depuis des décennies. C’est une forme de solidarité internationale et cela contribue à l’atteinte des objectifs de la convention. Nous pouvons renforcer les systèmes d’asile d’autres façons afin que les gens puissent recevoir la protection dont ils ont besoin. La solidarité peut prendre plusieurs formes, comme l’établissement dans un pays tiers.

Je crois que ce qui manque, dans de nombreux cas, c’est la capacité, les ressources ou, franchement, la volonté et la responsabilisation politiques, mais l’objectif de la convention en soi, est toujours adéquat. C’est mon opinion. Mr. Rock: What a terrific answer. I agree with everything that my colleague has said. M. Rock : Quelle formidable réponse. Je suis d’accord avec tout ce que ma collègue a dit. I would add a couple of things, because the council has made recommendations on the very subject of helping host countries. We think now about the country that is the neighbour and is receiving the refugees.

Of those countries, 75% of them are in the low-income category, so those least able to accommodate the refugees are those that have the most of them. There are ways we can help. J’ajouterais deux ou trois choses, parce que le conseil a formulé des recommandations expressément sur l’aide à fournir aux pays d’accueil. Nous pensons maintenant aux pays voisins, qui accueillent des réfugiés. Quelque 75 % de ces pays se retrouvent dans la catégorie des pays à faible revenu, donc les pays qui sont le moins en mesure d’aider les réfugiés sont ceux qui en accueillent le plus. Nous pouvons aider.

When we were in Jordan, we discovered that the huge number of refugees in that country — from Syria, Palestine and beyond — were not allowed to work. That was a real impediment. It isolated them socially and deprived them economically. It was a real problem. The European Union made a proposal that Jordan accepted. They said, “We will give you a break on the tariffs of goods manufactured in Jordan coming to Europe if they’re manufactured by refugees.

If you allow them to work, it’ll be good economically for Jordan because it will open new pathways for your exports.” Jordan, as a result, issued 100,000 work permits. The refugees got to work. The products made through their labour were exported on preferential tariffs to Europe. It was a win-win situation. That’s an example of responsibility sharing. It’s an example of common but differentiated responsibility, and it’s an example of reaching out to help host countries who are actually doing the hard work of receiving refugees.

Lorsque nous sommes allés en Jordanie, nous avons découvert que le nombre effarant de réfugiés dans ce pays — des réfugiés de la Syrie, de la Palestine et d’ailleurs — n’avaient pas le droit de travailler. C’était un véritable obstacle. Cela les isolait socialement et les privait de tout pouvoir économique. C’était un réel problème. L’Union européenne a fait une proposition que la Jordanie a acceptée. L’Union européenne a dit : « Nous supprimerons les droits de douane sur les biens fabriqués en Jordanie et exportés en Europe si ces biens sont fabriqués par des réfugiés.

Si vous leur permettez de travailler, ce sera bon pour l’économie de la Jordanie parce que cela ouvrira d’autres voies d’exportation. » La Jordanie a donc décidé de délivrer 100 000 permis de travail. Les réfugiés ont pu travailler. Le fruit de leur labeur a été exporté en Europe à des tarifs préférentiels. Tous sont sortis gagnants de cette situation. Voilà un exemple où l’on partage la responsabilité. C’est un exemple de responsabilité commune, mais différenciée, et c’est un exemple des façons d’aider les pays d’accueil qui, dans les faits, ont la rude tâche d’accueillir des réfugiés.

We also recommended that the international financial institutions should look at preferential treatment for host countries. When Uganda has 1.6 million South Sudanese in Uganda, Uganda’s national debt arrangements with the World Bank and the International Monetary Fund should be adjusted to reduce the economic burden on Uganda to reflect the contribution it’s making by accommodating those refugees in its territory. Nous avons aussi recommandé que les institutions financières internationales envisagent d’offrir un traitement préférentiel aux pays d’accueil.

Il y a en Ouganda 1,6 million de Sud-Soudanais; par conséquent, les modalités de remboursement de la dette nationale imposées par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international à l’Ouganda devraient être revues dans le but de réduire le fardeau économique qui accable l’Ouganda et refléter sa contribution en tant que pays qui accueille des réfugiés sur son territoire. 44:20 Human Rights 30-10-2023

There are ways in which we can assist host countries, recognizing the reality that refugees are going to neighbouring countries because they want to go home, as my colleague say, and I fully agree with what she said about the refugee convention. It is indeed fit for purpose, and we should continue to protect it. Nous pouvons aider ces pays d’accueil tout en reconnaissant que, en réalité, les réfugiés se rendent dans des pays voisins parce qu’ils veulent rentrer chez eux, comme l’a dit ma collègue, et je souscris tout à fait à ce qu’elle a dit au sujet de la Convention sur les réfugiés.

L’objectif est effectivement adéquat et nous devrions continuer de la protéger. The Acting Chair: Thank you to both of you. That is a terrific opening to our study. It is really important to understand the scope of the problems but also to see some points of light. In the end, our report will not just be about understanding the problems, but it will be about tabling some solutions for Canada. La présidente suppléante : Merci à vous deux. C’est une superbe introduction à notre étude. C’est très important de comprendre l’étendue des problèmes, mais aussi de voir les quelques bons côtés.

En fin de compte, notre rapport ne visera pas seulement à comprendre les problèmes, mais aussi à proposer certaines solutions au Canada. Colleagues, we will now begin our second panel. With us in person, I wish to welcome the Honourable Lloyd Axworthy, Chair of the World Refugee and Migration Council, and former minister of Foreign Affairs and former minister of Employment and Immigration; and, via video conference, please welcome, from New York, Mr. Bill Frelick, Director, Refugee and Migrant Rights Division, Human Rights Watch. Chers collègues, nous allons maintenant passer à notre deuxième groupe de témoins.

J’aimerais souhaiter la bienvenue à l’honorable Lloyd Axworthy, président du Conseil mondial pour les réfugiés et les migrations et ancien ministre des Affaires étrangères et d’Emploi et Immigration, qui est ici en personne, et à M. Bill Frelick, directeur, Division des droits des réfugiés et des migrants, Human Rights Watch, qui comparaît par vidéoconférence de New York. Each of the witnesses have been asked to provide an opening statement of five minutes. We shall hear from the witnesses and then turn to questions from the senators. Chaque témoin aura cinq minutes pour faire sa déclaration liminaire.

Nous écouterons les témoins, puis les sénateurs et les sénatrices pourront poser leurs questions. Lloyd Axworthy, P.C., Chair, World Refugee and Migration Council: Thank you very much, Madame Chair and members of the Senate. I welcome the opportunity to be with you. Lloyd Axworthy, c.p., président, Conseil mondial pour les réfugiés et les migrations : Merci beaucoup, madame la présidente, et merci aux membres du Sénat. Je suis très heureux d’avoir l’occasion d’être ici avec vous aujourd’hui.

I was just listening in to the last part of your exchange and thought it certainly makes my life easier now that all the answers are there and I can just provide echoing support. J’écoutais la fin de votre échange, et je trouve que cela rend ma vie beaucoup plus facile, puisque toutes les réponses ont été données et que je peux tout simplement dire que je suis d’accord. I did want to open by drawing your attention to the World Refugee and Migration Council because in some ways it’s a little bit of a unique institution. It is an international institution.

Our council members are really spread out in different parts of the world, which means we’re able to tap into some pretty interesting, contrasting discussions and debates. We just issued a statement last week on what was happening in Israel and Gaza, and we were able to draw on members from the Middle East themselves who were directly involved. It does bring a broader perspective, not one just focused on Western nations or the particular bubble that we live in. It’s a way to provide a broader example.

J’aimerais commencer par attirer votre attention sur le Conseil mondial pour les réfugiés et les migrations parce que, d’une certaine façon, c’est une institution quelque peu unique. C’est une institution internationale. Les membres de notre conseil sont vraiment dispersés un peu partout dans le monde, ce qui veut dire que nous pouvons avoir des discussions et des débats assez intéressants selon des points de vue différents.

Nous avons publié une déclaration, la semaine dernière, sur ce qui se passe en Israël et à Gaza, et nous avons pu obtenir de l’information de membres qui sont actuellement eux-mêmes au Moyen-Orient et qui sont directement impliqués. Cela donne effectivement une bonne vue d’ensemble, plutôt qu’une perspective axée uniquement sur les nations occidentales ou la bulle dans laquelle nous vivons. C’est une façon de donner un exemple plus large. We are also set up with a very clear commitment about the importance of participation of refugees themselves in making decisions.

Many felt that, so often, decisions that impact people don’t include the people who are impacted. I think that’s certainly the case in the world of refugees. There isn’t much opportunity. One of the first initiatives we took is the Girl Nous avons également pris un engagement très clair quant à l’importance de la participation des réfugiés eux-mêmes à la prise de décisions. De nombreuses personnes estimaient que, très souvent, les décisions qui ont une incidence sur les gens ne tiennent pas compte des personnes touchées. Je pense que c’est assurément le cas pour ce qui est des réfugiés.

Il n’y a pas 30-10-2023 Droits de la personne 44:21

Project where we had a large number of women in different refugee situations around the world who could plug in through the magic of digital communication to express themselves. It was particularly helpful during the time of COVID because we were able to get a perspective of women who were in the camps or in the communities in Oman and other areas. I remember one statement that was made that has lived with me and haunted me ever since. The woman said, “It used to be that we were at the back of the queue. We’re not even in the queue anymore.” It described how much they were being ignored and the indifference.

Many of the large NGO and civil society groups had to pull out because of the nature of the protocols they worked under. It put a major onus on participants themselves to pick up health, enforcement and administration services. One of the things that we tried to organize was a series of trainings in law and administration measures. They didn’t work well because we couldn’t get the nature of the funding we wanted. The government felt that was a step too far, but it really was a demonstration that there is a lot of capacity that goes unexplored and untouched.

One of the considerations you may want to make is how there can be a much higher level of direct deliberation and discussion amongst those who are directly affected. beaucoup de possibilités. L’une des premières initiatives que nous avons entreprises est le projet Girl, qui a permis à un grand nombre de femmes réfugiées se trouvant dans différentes situations dans le monde de s’exprimer grâce à la magie de la communication numérique.

Cela a été particulièrement utile durant la COVID, parce que nous avons été en mesure d’obtenir la perspective des femmes qui étaient dans les camps ou les collectivités à Oman et dans d’autres régions. Je me souviens d’une déclaration qui m’a habité et qui me hante depuis. La femme a dit : « Autrefois, nous étions à l’arrière de la file d’attente. Nous ne sommes même plus dans la file d’attente. » Elle décrivait à quel point elles étaient laissées pour compte et se heurtaient à l’indifférence des gens.

Bon nombre des grandes ONG et des groupes de la société civile ont dû se retirer en raison de la nature des protocoles en vertu desquels ils travaillaient. Les participants ont donc dû prendre eux-mêmes en charge les services de santé, d’exécution et d’administration. L’une des choses que nous avons essayé d’organiser a été une série de formations en droit et en mesures administratives. Elles n’ont pas bien fonctionné, parce que nous n’avons pas pu recevoir les fonds de la nature souhaitée.

Le gouvernement a estimé qu’il s’agissait d’un pas de trop, mais cela a vraiment démontré qu’il y a beaucoup de capacité qui n’est pas explorée et qui est intacte. Ce que vous voudrez peut-être explorer, c’est savoir comment il est possible d’augmenter le nombre de délibérations et de discussions directes entre les personnes directement concernées. I think I heard Allan and the woman from UNHCR say that displacement is no longer just being isolated to four or five or six hot spots. The level of displacement that went on in Canada this last year because of the fires was a couple hundred thousand people, Canadians.

What do you go back to, a burnt house and a community totally razed to the ground? Our preparation and understanding of the displacement and the replacement is something that really does require a much stronger set of connections. The idea is that somehow it’s international and then domestic, and I think the two are really completely connected and interrelated. Je pense que j’ai entendu M. Rock et la dame du HCR dire que les déplacements ne se limitent plus à quatre, cinq ou six points chauds. L’année dernière, les incendies ont provoqué le déplacement de quelques centaines de milliers de personnes au Canada.

Vers quoi retournez-vous, une maison incendiée et une collectivité totalement rasée? Notre préparation et notre compréhension des déplacements et des remplacements exigent vraiment un ensemble de liens beaucoup plus solides. L’idée est qu’il s’agit d’une question internationale et d’une question nationale, alors que je pense que ces deux questions sont totalement liées et interdépendantes. I know I only have maybe three minutes left, so I’m going to give you three points to consider. Je sais qu’il ne me reste que peut-être trois minutes, alors je vais vous donner trois points à prendre en considération.

First, I go back to my days as Immigration Minister in the 1980s and the first Mr. Trudeau’s government. I really believe that what I have seen evolve is a clear entropy in the system, a breaking down. There is a clear sort of financial issue that Allan addressed. Think of the scope by which the United Nations and other agencies are required to meet the demands of displacement, and it’s dependent totally on donor contributions. I wanted to bring to your attention Olivier de Schutter, UN Special Rapporteur on the right to food.

He pointed out that in the latest effort for fundraising for the Rohingya, they got 17% of the required amount. We’re living at a time when there are lots of dollars for things that we on the privileged side of the equation want to have, but not when it comes to this issue. When I was a Premièrement, je repense à l’époque où j’étais ministre de l’Immigration, dans les années 1980, et au gouvernement de M. Trudeau, père. Je pense vraiment que ce que j’ai vu évoluer est une entropie claire du système, un effondrement. Il y a un genre d’enjeu financier clair dont M. Rock a parlé.

Pensez à l’ampleur des mesures que les Nations unies et d’autres organismes doivent prendre pour répondre aux demandes de déplacement, et cela dépend entièrement des contributions des donateurs. Je voulais attirer votre attention sur Olivier de Schutter, rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation. Il a souligné que, dans le cadre de la dernière campagne de financement pour les Rohingyas, ils ont obtenu 17 % du montant requis. Nous vivons à une époque où il y a 44:22 Human Rights 30-10-2023

minister in that area, I had to go through these so-called declarations of intent. It was very reminiscent of trying to raise money for your daughter’s spring prom where you try to match everybody. The level of financing that we have to support is for the most significant, major forces for change and displacement and tragedy in the world, and what do we do? We treat it as if it is a charitable contribution. That’s point number one. beaucoup d’argent pour des choses que nous, les privilégiés, voulons avoir, mais pas lorsqu’il s’agit de cet enjeu.

Lorsque j’étais ministre dans ce domaine, j’ai dû passer en revue ces soi- disant déclarations d’intention. Cela s’apparentait vraiment à une tentative de collecte de fonds pour le bal de fin d’année de votre fille, où vous essayez d’égaler tout le monde. Le niveau de financement que nous devons soutenir concerne les forces les plus importantes de changement, de déplacement et de tragédie dans le monde, et que faisons-nous? Nous le traitons comme s’il s’agissait d’un don de charité. C’est le premier point.

Point two is that there has to be a serious look — you’re a human rights committee — at the real failure of people to exercise fundamental human rights. As I’ve also pointed out, the right of asylum goes back to ancient Athenian days when cities were required to provide sanctuary under law. Now, we’re finding that there is weaving and dodging and ducking by all kinds of governments to find ways that they don’t have to do it.

Even for a country like our own, which is one of the few that still has a level of caring, the fact that we have a third-party agreement is a way of basically brushing off those who seek asylum. We also know that when asylum seekers come here, they can often be put into provincial jails. As well, we know there are a number of circumstances where the effort of people to provide proper legal aid coming to the airport because of the third-party agreement is now totally overwhelming the system.

So whether it’s — Le deuxième, c’est que l’on doit examiner sérieusement — vous êtes un comité des droits de la personne — l’incapacité réelle des personnes d’exercer leurs droits de la personne fondamentaux. Comme je l’ai également souligné, le droit d’asile remonte à l’époque de l’Athènes antique, lorsque les villes étaient tenues de fournir un sanctuaire en vertu de la loi. Maintenant, nous constatons que toutes sortes de gouvernements louvoient, esquivent et se dérobent pour trouver des moyens de ne pas devoir le faire.

Même pour un pays comme le nôtre, qui est l’un des rares à avoir encore un certain niveau de compassion, le fait que nous ayons une entente avec un tiers est une façon d’écarter les demandeurs d’asile. Nous savons aussi que lorsque les demandeurs d’asile arrivent ici, ils peuvent souvent être placés dans des prisons provinciales. De plus, nous savons que, dans un certain nombre de circonstances, les efforts déployés par les gens pour fournir une aide juridique adéquate à l’aéroport en raison de l’entente sur les tiers pays surchargent totalement le système. Ainsi, qu’il s’agisse de...

The Acting Chair: I’ll give you a minute more for your third point. La présidente suppléante : Je vais vous donner une minute de plus pour votre troisième point. Mr. Axworthy: My third point is basically that fundamental issue that we need to find a way of responding in more than just a transactional “today” way. With the surge of change, migration and numbers, the integration of efforts is really a pallid shadow of what it has to be. A couple of years back, I was meeting with David Suzuki, a well-known environmentalist. We talked about how those dealing with migration and sustainability live in their own silos.

I said that if the two could come together, we migh

Document details

CollectionSenate Committees
CitationRIDR / Evidence / 44ev-56421
Typecommittee
Volume / chapter441 / Evidence / 44ev-56421
Languageen
Formatpdf
SourceCOMM_SEN
Identifierd0f8cc5175baafa49bcd6c08e65539c1fa6ded55

Source file is stored in the law ingest library (pdf).