Senate Committee — RIDR — Evidence — 24ev-55776

RIDR / Evidence / 24ev-55776

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Senate Committee — RIDR — Evidence — 24ev-55776

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EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Monday, October 31, 2022 OTTAWA, le lundi 31 octobre 2022 The Standing Senate Committee on Human Rights met with videoconference this day at 4:01 p.m. [ET] to examine such issues as may arise from time to time relating to human rights generally. Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se réunit aujourd’hui, à 16 h 1 (HE), avec vidéoconférence, pour examiner les questions qui pourraient survenir concernant les droits de la personne en général. Senator Salma Ataullahjan (Chair) in the chair.

La sénatrice Salma Ataullahjan (présidente) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Chair: I am Salma Ataullahjan, senator from Toronto and chair of this committee. Today we are conducting a meeting of the Standing Senate Committee on Human Rights, and now I would like to introduce the members of the committee who are participating in this meeting. I have Senator Arnot from Saskatchewan, Senator Gerba from Quebec, Senator Jaffer from British Columbia and Senator Omidvar from Ontario. La présidente : Je suis Salma Ataullahjan, sénatrice de Toronto et présidente du comité.

Aujourd’hui, nous tenons une réunion du Comité sénatorial permanent des droits de la personne, et j’aimerais maintenant présenter les membres du comité qui participent à la réunion. J’ai le sénateur Arnot de la Saskatchewan, la sénatrice Gerba du Québec, la sénatrice Jaffer de la Colombie-Britannique et la sénatrice Omidvar de l’Ontario. Our committee is studying Islamophobia under its general order of reference.

Our study will cover, amongst other matters, the role of Islamophobia with respect to online and off-line violence against Muslims, gender discrimination, as well as discrimination in employment, including Islamophobia in the federal public service. Notre comité étudie l’islamophobie dans le cadre de son ordre de renvoi général. Notre étude portera notamment sur le rôle de l’islamophobie concernant la violence en ligne et hors ligne contre les musulmans, la discrimination fondée sur le sexe, ainsi que la discrimination dans l’emploi, y compris l’islamophobie dans la fonction publique fédérale.

Our study will also examine the sources of Islamophobia, its impact on individuals, including mental health and physical safety, and possible solutions and government responses. After holding two meetings in June in Ottawa, our committee held public meetings last month in Vancouver, Edmonton, Quebec City and Toronto. In addition, we visited mosques in those cities. Notre étude examinera également les sources de l’islamophobie, ses répercussions sur les personnes, y compris sur la santé mentale et la sécurité physique, et de possibles solutions et réponses du gouvernement.

Après avoir tenu deux réunions en juin à Ottawa, notre comité a tenu des réunions publiques le mois dernier à Vancouver, à Edmonton, à Québec et à Toronto. De plus, nous avons visité des mosquées dans ces villes. Today, we are continuing our meetings in Ottawa to hear from national organizations and from representatives from other parts of the country. Let me provide you some details about our meeting today. This afternoon we shall have two one-and-a- quarter-hour panels with a five-minute break between panels.

In each panel, we shall hear from the witness and then the senators will have a question-and-answer session. Aujourd’hui, nous poursuivons nos réunions à Ottawa afin d’entendre des organisations nationales et des représentants d’autres parties du pays. Permettez-moi de vous fournir quelques détails au sujet de notre réunion aujourd’hui. Cet après-midi, nous recevrons deux groupes de témoins pour une heure et quinze minutes chacun et il y aura une pause de cinq minutes entre les groupes. Dans chaque groupe de témoins, nous entendrons le témoin, puis les sénateurs auront une séance de questions et de réponses.

Now I will introduce our first panel of witnesses. Each witness has been asked to make an opening statement of five minutes. We shall hear from all the witnesses and then turn to the questions from the senators. Je vais maintenant présenter notre premier groupe de témoins. Chaque témoin a été invité à présenter une déclaration liminaire de cinq minutes. Nous entendrons tous les témoins, puis nous passerons aux questions des sénateurs.

In the room with us today from the Ahmadiyya Muslim Jama’at Canada we have Faheem Affan, Assistant National Secretary Public Relations and Director Parliamentary Friends Association. On the screen, we have Professor Yasmin Jiwani, Nous avons avec nous aujourd’hui dans la salle Faheem Affan, assistant secrétaire national, Relations publiques et directeur de l’Association des amis parlementaires, de l’Ahmadiyya Muslim Jama’at Canada. À l’écran, nous avons Yasmin Jiwani, 31-10-2022 Droits de la personne 24:1

Department of Communication Studies, Concordia University. And we have Omar Mouallem, who is an author, journalist and filmmaker. I will now invite Faheem Affan to make his presentation. professeure au département d’études en communication de l’Université Concordia. Et nous accueillons Omar Mouallem, qui est auteur, journaliste et réalisateur. J’invite maintenant Faheem Affan à présenter son exposé. Faheem Affan, Assistant National Secretary Public Relations and Director Parliamentary Friends Association, Ahmadiyya Muslim Jama’at Canada: Assalamu alaikum, peace and blessings be upon you.

Faheem Affan, assistant secrétaire national, Relations publiques et directeur de l’Association des amis parlementaires, Ahmadiyya Muslim Jama’at Canada : Assalamu alaikum, la paix et les bénédictions soient sur vous. In the name of Allah, the gracious, the merciful, thank you for providing this opportunity for the Ahmadiyya Muslim Jama’at to provide remarks in front of this committee. The Ahmadiyya Muslim Jama’at in Canada is the oldest organized Muslim community. We have branches from coast to coast with mosques and community centres in over 50 Canadian cities.

Au nom d’Allah, le bienveillant, le miséricordieux, je vous remercie de donner à l’Ahmadiyya Muslim Jama’at l’occasion de s’exprimer devant votre comité. L’Ahmadiyya Muslim Jama’at au Canada est la plus ancienne communauté musulmane organisée. Nous avons des branches d’un océan à l’autre et des mosquées et des centres communautaires dans plus de 50 villes canadiennes. We are Muslims who believe Mirza Ghulam Ahmad of Qadian, India to be the promised reformer of Islam. Our motto is “Love for All, Hatred for None,” and we try to live by it.

Nous sommes des musulmans qui croyons que Mirza Ghulan Ahmad de Qadian, en Inde, est le réformateur promis de l’islam. Notre devise est « L’amour pour tous, la haine pour personne », et nous essayons de vivre selon cette devise. Islamophobia has been on the rise for many years. Muslims and those who look like us receive hate daily, both in person and online. It is our duty and responsibility as a nation to work together to protect our innocent Muslim fellows and all others from any kind of hate.

Today, the goal of my remarks is to provide direction on the themes that are required to guide policies to prevent Islamophobia. L’islamophobie est en hausse depuis de nombreuses années. Les musulmans et les personnes qui nous ressemblent reçoivent quotidiennement de la haine, que ce soit en personne ou en ligne. Il est de notre devoir et de notre responsabilité en tant que nation de travailler ensemble pour protéger nos camarades musulmans innocents et tous les autres contre toute forme de haine.

Aujourd’hui, l’objectif de mes commentaires est de fournir une orientation sur les thèmes qui doivent guider les politiques afin de prévenir l’islamophobie. I have eight points to present. J’ai huit points à présenter. Number one: At such tense times, it is important that Canada stay united. It is the terrorists and hateful people who desire to divide us. Le premier : dans une période aussi tendue, il est important que le Canada reste uni. Ce sont les terroristes et les personnes haineuses qui souhaitent nous diviser.

Number two: In terms of Islamophobia, given that the far right is gaining influence, it is important that the government and the authorities take this threat seriously. We appreciate that following the killing of an innocent Muslim family in London and, on a much smaller scale, the hateful vandalizing of our mosques, the Canadian government reacted with sympathy and strongly condemned these anti-Muslim attacks. Le deuxième : en ce qui concerne l’islamophobie, étant donné que l’extrême droite gagne en influence, il est important que le gouvernement et les autorités prennent cette menace au sérieux.

Nous sommes reconnaissants du fait que, après le meurtre d’une famille musulmane innocente à London et, à une échelle bien moindre, le vandalisme haineux de nos mosquées, le gouvernement canadien ait réagi avec sympathie et ait fermement condamné ces attaques antimusulmanes. Number three: If fear of Islam is on the rise, we consider it our duty to redouble our efforts to spread Islam’s true teachings and to remove the misconceptions and fears that exist. Our mosques, our centres and events are open to everyone to attend.

As an example, we have opened our mosque in Calgary as a cool-down centre during the extreme heatwaves in summer. Additionally, for many years our mosque Vaughan, Ontario has been a regular for the Out of the Cold program during the winter months. And Le troisième : si la peur de l’islam est en hausse, nous estimons qu’il est de notre devoir de redoubler d’efforts pour diffuser les véritables enseignements de l’islam et éliminer les idées fausses et les craintes qui existent. Nos mosquées, nos centres et nos événements sont ouverts à tous. À

titre d’exemple, nous avons ouvert notre mosquée à Calgary comme centre de rafraîchissement durant les vagues de chaleur extrême de l’été. De plus, depuis de nombreuses années, notre mosquée à 24:2 Human Rights 31-10-2022

as a further example, our mosque in Ottawa is used by the local community during the holiday season for a Christmas market. Vaughan, en Ontario, accueille régulièrement le programme Out of the Cold durant les mois d’hiver. Pour donner un autre exemple, notre mosquée d’Ottawa est utilisée aujourd’hui par la communauté locale pendant la période des Fêtes pour un marché de Noël. Number four: One of the biggest causes of anti-Muslim sentiment is the constant media coverage portraying immigrants and Muslims in a negative light.

Disproportionate negative coverage has spread disinformation and has caused people to become more fearful of Islam and Muslims over time. Le quatrième : l’une des principales causes du sentiment antimusulman est la couverture médiatique constante qui dépeint les immigrants et les musulmans sous un jour négatif. Cette couverture négative disproportionnée a répandu la désinformation et amené les gens à craindre davantage l’islam et les musulmans au fil du temps. Negative comments about Muslims from authority figures encourage the public to further spread that hate, especially online.

Donald Trump’s time as president of the United States is a prime example of this. Online hate and harassment of Muslims increased significantly during his time because he regularly expressed disdain for Muslims and immigrants. Les commentaires négatifs des figures d’autorité au sujet des musulmans encouragent le public à propager davantage cette haine, surtout en ligne. L’époque où Donald Trump était président des États-Unis en est un excellent exemple.

La haine et le harcèlement des musulmans en ligne ont augmenté considérablement durant son mandat, car il a régulièrement exprimé son mépris pour les musulmans et les immigrants. Thus, the media and politicians must act with more care and consideration. Their words carry weight and influence others. They must act with responsibility and not just focus upon the negative stories around immigrants, Muslims and Islam for the sake of sales, clicks and votes. Ainsi, les médias et les politiciens doivent agir avec plus de soin et de considération. Leurs paroles ont un poids et influencent les autres.

Ils doivent agir avec responsabilité et ne pas se focaliser seulement sur les histoires négatives concernant les immigrants, les musulmans et l’islam pour le plaisir de la vente, des clics et des votes. Number five: A growing cause of anti-immigrant sentiment is economic frustration, which is leading people to blame immigrants and Muslims for issues they see in society. Therefore, the government should ensure it balances the rights for all people in Canada, including immigrants and all others. Frustrations should not be allowed to fester.

Le cinquième : une cause croissante du sentiment anti- immigrant est la frustration économique, qui pousse les gens à reprocher aux immigrants et aux musulmans les problèmes qu’ils voient dans la société. Par conséquent, le gouvernement devrait veiller à équilibrer les droits de tous les Canadiens, y compris les immigrants et tous les autres. Il ne faut pas laisser les frustrations s’envenimer. Number six: Often people ask Muslims to integrate within Western society. However, it is important to recognize what true integration is.

I will use a quote from a speech of the Caliph, Hadhrat Mirza Masroor Ahmad, our supreme leader, where he stated: Le sixième : les gens demandent souvent aux musulmans de s’intégrer à la société occidentale. Cependant, il importe de reconnaître ce qu’est la véritable intégration. J’utiliserai une citation tirée d’un discours du calife, Hadhrat Mirza Masroor Ahmad, notre chef suprême, qui a déclaré ceci : Integration requires a person to strive his or her utmost to help their society and nation’s progress.

It is not integration to demand that the minority reject their peacefully held religious views or to adopt customs or traditions that are at odds with their faith. L’intégration exige qu’une personne fasse tout en son pouvoir pour favoriser le progrès de sa société et de sa nation. L’intégration ne consiste pas à exiger de la minorité qu’elle rejette ses convictions religieuses pacifiques ou qu’elle adopte des coutumes ou des traditions contraires à sa foi. This message also needs to go out from leaders and media — that we should respect one another’s differences.

Ce message doit également être transmis par les dirigeants et les médias : nous devons respecter les différences des uns et des autres. Number seven: The Ahmadiyya Muslim community has always encouraged positive discussion about one’s faith instead of attacking other people’s beliefs. This approach will create more awareness of people’s faiths and their positive aspects and Le septième : la communauté musulmane ahmadie a toujours encouragé les discussions positives sur la foi de chacun au lieu d’attaquer les croyances des autres.

Cette approche sensibilisera davantage les gens à leur foi et à ses aspects positifs et 31-10-2022 Droits de la personne 24:3

will discourage the villainization of other religions. To promote this value, our Jama`at hosts hundreds of interfaith symposiums, and we have held the longest-standing World Religions Conference in Canada. découragera la diabolisation des autres religions. Pour promouvoir cette valeur, notre Jama’at organise des centaines de symposiums interconfessionnels, et nous tenons la conférence mondiale des religions la plus ancienne du genre au Canada. Number eight: We should focus on our similarities as a society, rather than our differences.

As the Caliph of the Ahmadiyya Muslim Community has said: Le huitième : nous devrions nous concentrer sur nos ressemblances en tant que société, plutôt que sur nos différences. Comme l’a dit le calife de la communauté musulmane ahmadie : The Holy Quran has instructed Muslims to call People of the Book and others to that which is common amongst them. The Holy Quran does not tell people to scrutinize one another’s differences, rather, it speaks about looking at that which is common between people. Le saint Coran a ordonné aux musulmans d’appeler le peuple du Livre et les autres à ce qui est commun entre eux.

Le saint Coran ne dit pas aux gens de scruter leurs différences, mais il parle de regarder ce qui est commun entre les personnes. To conclude, in our opinion, education is the true solution to ending anti-Muslim sentiments and hate against each other, regardless of which religion you belong to. Community gatherings where we can share our unique experiences and backgrounds help build bridges of understanding in local communities.

We, the Ahmadiyya Muslims in Canada, regularly hold interfaith dialogues on campuses, at community centres and at places of worship, and we hold events to educate communities and our fellow Canadians about the peaceful nature of Islam. Pour conclure, à notre avis, l’éducation est la véritable solution pour mettre fin aux sentiments antimusulmans et à la haine des uns contre les autres, quelle que soit la religion à laquelle vous appartenez. Les rassemblements communautaires où nous pouvons échanger nos expériences et nos antécédents uniques aident à jeter des ponts de compréhension dans les collectivités locales.

Nous, les musulmans ahmadis au Canada, tenons régulièrement des dialogues interconfessionnels sur les campus, dans les centres communautaires et dans les lieux de culte, et nous organisons des événements pour sensibiliser les communautés et nos concitoyens à la nature pacifique de l’islam. The responsibility lies on us to learn about other communities and teach others about the similarities we have rather than discussing the very few differences we have. It is absolutely vital that during such difficult times we all stand together against extremism. Terrorism has no religion and no targets.

We are all susceptible to the vehement implications of terrorism and must not let these actions taint the true picture of what it means to be Canadian. Il nous incombe d’apprendre à connaître les autres communautés et d’enseigner aux autres les ressemblances qui nous unissent plutôt que de discuter des quelques différences qui nous séparent. Il est absolument essentiel que, en ces temps difficiles, nous soyons tous unis contre l’extrémisme. Le terrorisme ne connaît ni religion ni cibles.

Nous sommes tous sensibles aux répercussions véhémentes du terrorisme, et nous ne devons pas laisser ces actions entacher la véritable image de ce que signifie être Canadien. Thank you for your time today, and Ahmadiyya Muslim Jama’at Canada looks forward to further dialogue and continuing our efforts to combat all forms of hate. Thank you very much. Je vous remercie du temps que vous m’avez accordé aujourd’hui, et Ahmadiyya Muslim Jama’at Canada se réjouit de poursuivre le dialogue et ses efforts pour combattre toutes les formes de haine. Merci beaucoup. The Chair: Thank you very much.

La présidente : Merci beaucoup. Yasmin Jiwani, Professor, Department of Communication Studies, Concordia University, as an individual: Thank you so much, and I would like to thank the committee for inviting me to this panel and to commend it for its study of off-line and online Islamophobia. Yasmin Jiwani, professeure, Département d’études en communication, Université Concordia, à

titre personnel : Merci beaucoup, et j’aimerais remercier le comité de m’avoir invitée à prendre part à ce groupe de témoins et je le félicite pour son étude de l’islamophobie hors ligne et en ligne.

As a starting point, I want to use Jasmin Zine’s definition of Islamophobia: “ . . . a fear and hatred of Islam and Muslims (and those perceived as Muslims) that translate into individual actions and ideological and systemic forms of oppression . . . .” Islamophobia is a form of cultural racism given that Muslims Pour débuter, je veux utiliser la définition de l’islamophobie de Jasmin Zine : « ...une peur et une haine de l’islam et des musulmans, et de ceux qui sont perçus comme tels, qui se traduit par des actions individuelles et des formes idéologiques et systémiques d’oppression... »

L’islamophobie est une forme de 24:4 Human Rights 31-10-2022

come from many different cultures and backgrounds, and Canadian statistics confirm the increasing prevalence of Islamophobia. racisme culturel étant donné que les musulmans sont issus de cultures et de milieux très différents, et les statistiques canadiennes confirment la prévalence croissante de l’islamophobie. My comments here today are confined to online Islamophobia, although online and off-line are intricately linked, one validating the other and vice versa.

Mes commentaires aujourd’hui se limitent à l’islamophobie en ligne, même si l’islamophobie en ligne et hors ligne sont étroitement liées, l’une validant l’autre et vice versa. Online Islamophobia gains its potency from the hyper- mediated nature of many social media platforms. These platforms are interconnected so that posts on one platform cross over and spread to others. However, this is accomplished through various other affordances, which I will touch on briefly. L’islamophobie en ligne tire sa puissance de la nature hypermédiatisée de nombreuses plateformes de médias sociaux.

Ces plateformes sont interreliées, de sorte que les messages publiés sur une plateforme se croisent et se propagent sur d’autres. Cependant, cela se fait au moyen de diverses autres capacités de suggestion, que je vais aborder brièvement. First, many social media platforms allow for anonymity. The user is not held accountable for their comments. Premièrement, de nombreuses plateformes de médias sociaux permettent l’anonymat. L’utilisateur n’est pas tenu responsable de ses commentaires. Second, these platforms rely on a commenting system, which works on an attention economy predicated on popularity.

The highest number of clicks or likes results in increased status and popularity for the user, and it also converts to economic gain for the platform. Deuxièmement, ces plateformes s’appuient sur un système de commentaires, qui fonctionne selon une économie de l’attention fondée sur la popularité. Le plus grand nombre de clics ou de mentions « j’aime » se traduit par un statut et une popularité accrus pour l’utilisateur, et se traduit également par un gain économique pour la plateforme.

Third, the very nature of the platform often encourages short, condensed comments or images that don’t require a recent argument to support a point of view. Rather, such comments tend to be opinions predicated on likes and dislikes. These then replicate the original message and facilitate its spread across media platforms and amongst users. Add to this the easy and instantaneous access afforded by many online platforms and the ensuing result is an amplification and intensification of the original message.

Troisièmement, la nature même de la plateforme encourage souvent les images ou les commentaires courts et condensés qui ne nécessitent pas d’argument récent pour soutenir un point de vue. Ces commentaires ont plutôt tendance à être des opinions fondées sur les goûts et les dégoûts. Ceux-ci reproduisent alors le message original et facilitent sa diffusion sur les plateformes médiatiques et parmi les utilisateurs. Si l’on ajoute à cela l’accès facile et instantané qu’offrent de nombreuses plateformes en ligne, il en résulte une amplification et une intensification du message original.

Fourth, the existence of trolls and bots increases the likelihood of the spread of Islamophobic messages. In our research on Twitter, my colleague Professor Ahmed Al-Rawi found the existence of a Russian bot in the tweets that were posted immediately after the Quebec mosque shooting and immediately after the last federal election. These tweets were Islamophobic. Quatrièmement, l’existence de trolls et de robots augmente la probabilité de diffusion de messages islamophobes.

Dans le cadre de nos recherches sur Twitter, mon collègue, le professeur Ahmed Al-Rawi, a découvert l’existence d’un robot russe dans les gazouillis publiés immédiatement après la fusillade de la mosquée de Québec et immédiatement après les dernières élections fédérales. Ces gazouillis étaient islamophobes. Fifth, social media platforms tend to encourage networks and digital enclaves that act like echo chambers, bringing together like-minded users who then reinforce each other’s messages or posts. Many of these networks transcend geographical boundaries.

For instance, the name of the Quebec mosque shooter, Alexandre Bissonnette, was carved on the ammunition of the Christchurch shooter. Though these events happened in Cinquièmement, les plateformes de médias sociaux ont tendance à encourager les réseaux et les enclaves numériques qui agissent comme des chambres d’écho, qui rassemblent des utilisateurs aux vues similaires, lesquels renforcent ensuite les messages ou les publications des autres. Nombre de ces réseaux transcendent les frontières géographiques.

Par exemple, le nom du tireur de la mosquée de Québec, Alexandre Bissonnette, était 31-10-2022 Droits de la personne 24:5

different countries and at different times, the shared information made possible by social media networks demonstrates how viral Islamophobia is. gravé sur les munitions du tireur de Christchurch. Même si ces événements ont eu lieu dans des pays différents et à des moments différents, l’échange d’information rendu possible par les réseaux de médias sociaux démontre à quel point l’islamophobie est virale. Sixth, social media platforms enable the transmission of coded language through memes and other condensed symbolic forms and linguistic devices. These formats allow toxic messages to get past gatekeepers.

Coded language like “free speech” and “Canadian values” work to camouflage the ideologies of the users. Sixièmement, les plateformes de médias sociaux permettent la transmission d’un langage codé au moyen de mèmes et d’autres formes symboliques et de dispositifs linguistiques condensés. Ces formats permettent aux messages toxiques de passer les barrières de sécurité. Le langage codé, comme la « liberté d’expression » et les « valeurs canadiennes », sert à camoufler les idéologies des utilisateurs.

The amplification and intensification of Islamophobia online moves the Overton window so that ideas that were once considered unacceptable are now considered acceptable, thus normalizing the extreme. L’amplification et l’intensification de l’islamophobie en ligne déplacent la fenêtre d’Overton de sorte que des idées qui étaient auparavant considérées comme inacceptables sont maintenant considérées comme acceptables, ce qui normalise l’extrême. The implications of Islamophobia are well documented in the literature.

Islamophobia is a form of violence, and if we draw the parallels between how victims of gendered violence are impacted and made to feel powerless, unworthy of societal attention and disparaged, then we can apprehend how Muslims feel as they are targeted, stereotyped, marginalized and alienated. Les conséquences de l’islamophobie sont bien documentées dans la littérature.

L’islamophobie est une forme de violence, et si nous établissons des parallèles entre la façon dont les victimes de violence sexiste sont touchées et se sentent impuissantes, indignes de l’attention de la société et dénigrées, alors nous pouvons appréhender ce que ressentent les musulmans lorsqu’ils sont ciblés, stéréotypés, marginalisés et aliénés. In conclusion, in addressing this committee’s focus on potential solutions, I would like to mention two recommendations.

First, research has demonstrated that when it comes to topical issues, such as immigration, the trolls, bots and racist commentators take the lead in posting messages that reflect their opinions. These then escalate and aggregate. The sheer number of posts work to legitimize the message. Hence, it is imperative to cut down on the avenues available to post such comments. En conclusion, en ce qui concerne l’accent mis par le comité sur les solutions possibles, j’aimerais mentionner deux recommandations.

Premièrement, les recherches ont démontré que, lorsqu’il s’agit de questions d’actualité, comme l’immigration, les trolls, les robots et les commentateurs racistes prennent l’initiative d’afficher des messages qui reflètent leurs opinions. Ces messages s’intensifient et s’agrègent. Le seul nombre de messages publiés contribue à légitimer le message. Il est donc impératif de réduire le nombre de moyens disponibles pour publier de tels commentaires. Second, media literacy is a necessity.

Without digital literacy, it is easy to get hooked on and drawn into internet rabbit holes that are misogynistic, Islamophobic and racist. Deuxièmement, l’éducation aux médias est une nécessité. Sans éducation numérique, il est facile de devenir accro et de se laisser entraîner, comme Alice, dans des trous de lapin misogynes, islamophobes et racistes sur Internet. In closing, I would like to thank the committee for its invitation and for the important work it is doing in examining Islamophobia in Canada. Thank you.

Pour terminer, j’aimerais remercier le comité de son invitation et du travail important qu’il fait pour examiner l’islamophobie au Canada. Merci. The Chair: Thank you very much. I will now turn to Omar Mouallem for his remarks. La présidente : Merci beaucoup. Je vais maintenant me tourner vers Omar Mouallem pour sa déclaration liminaire. Omar Mouallem, Author, Journalist and Filmmaker, as an individual: Thank you honourable members for inviting me today, the last day of Islamic Heritage Month. Omar Mouallem, auteur, journaliste et réalisateur, à

titre personnel : Je remercie les honorables membres de m’avoir invité aujourd’hui, le dernier jour du Mois du patrimoine musulman. 24:6 Human Rights 31-10-2022

Following the National Action Summit on Islamophobia in 2021, the National Council of Canadian Muslims recommended 61 ways to counter anti-Muslim hate. I will focus on two of them. À la suite du Sommet national sur l’islamophobie en 2021, le Conseil national des musulmans canadiens a recommandé 61 moyens pour lutter contre la haine antimusulmane. Je me concentrerai sur deux d’entre eux.

The first is recommendation 21, which is to allocate funds, through the Anti-Racism Secretariat or the ministry of heritage, to organizations to facilitate grassroots storytelling, visual and oral history projects and creation of community archives. The second is number 59, which is to invest in celebrating the history of local Canadian Muslims.

Le premier est la recommandation numéro 21, qui vise à affecter des fonds, par l’intermédiaire du Secrétariat de lutte contre le racisme ou du ministère du Patrimoine, à des organisations pour faciliter les projets de narration de récits à la base, les projets d’histoire visuelle et orale et la création d’archives communautaires. Le deuxième est le numéro 59, qui vise à investir dans la célébration de l’histoire des musulmans canadiens locaux. I sincerely believe that one of the best antidotes for hate is cultural education, in particular, historical education.

Unfortunately, when it comes to Islamic history, there is a tendency to separate it from our Canadian and Western history, or to focus on the influence of the so-called golden age as if the relevance of Western Islam is in the distant past. In fact, Muslim communities took root in the Americas not just before Protestants, but before Protestantism existed. Islamic culture has been present literally since Christopher Columbus, who had sent an Arabic-speaking interpreter to speak with the first Indigenous Americans they encountered.

Je crois sincèrement que l’un des meilleurs antidotes contre la haine est l’éducation culturelle, en particulier l’éducation historique. Malheureusement, lorsqu’il s’agit d’histoire islamique, on a tendance à la séparer de notre histoire canadienne et occidentale ou à se concentrer sur l’influence de ce qu’on appelle l’âge d’or, comme si la pertinence de l’islam occidental était dans un passé lointain. En fait, les communautés musulmanes ont pris racine dans les Amériques non seulement avant les protestants, mais avant l’existence du protestantisme.

La culture islamique est présente littéralement depuis Christophe Colomb, qui avait envoyé un interprète parlant arabe pour parler avec les premiers Amérindiens qu’ils ont rencontrés. As many as a third of enslaved Africans were Muslim. Across the U.S., Brazil, the Caribbean and almost certainly in pre- abolition Canada, they held communal worship, often practising secretly in ad hoc mosques. Jusqu’à un tiers des Africains réduits en esclavage étaient musulmans.

Aux États-Unis, au Brésil, dans les Caraïbes et presque certainement dans le Canada avant l’abolition, ils pratiquaient un culte communautaire, souvent en secret dans des mosquées spéciales. I spent much of the last decade documenting untold stories of Western Islam for my book Praying to the West: How Muslims Shaped the Americas. As I filled 100 pages of it on Canadian Muslims alone, I wondered why Historica Canada has yet to dedicate a single heritage minute to them, despite the urgency of anti-Islamophobia campaigns. J’ai passé une bonne

partie de la dernière décennie à documenter les histoires inédites de l’islam occidental pour mon livre Praying to the West: How Muslims Shaped the Americas. Comme j’en ai rempli 100 pages rien que sur les musulmans canadiens, je me suis demandé pourquoi Historica Canada ne leur a pas encore consacré une seule Minute du patrimoine, malgré l’urgence des campagnes anti-islamophobie. The fact is, people fear those they don’t understand.

But would they fear them less if they knew that their ancestors on the Prairies likely relied on Muslim peddlers to supply them with household necessities; or that some of the settlers became homesteaders themselves or fur traders who learned the basics of Indigenous languages to compete with the big five companies; or that these immigrants led to constructing the first mosques across the North American Prairies; or that decades later, their progeny helped African and Palestinian refugees in Inuvik, Northwest Territories to construct the hemisphere’s northernmost mosque and, more importantly, a desperately needed food bank on the site of that mosque; or that the practices of these congregants of Le fait est que les gens craignent ceux qu’ils ne comprennent pas.

Mais auraient-ils moins peur s’ils savaient que leurs ancêtres des Prairies comptaient probablement sur des colporteurs musulmans pour leur fournir des produits de première nécessité; ou que certains des colons sont devenus des homesteaders eux- mêmes ou des commerçants de fourrure qui ont appris les rudiments des langues autochtones pour faire concurrence aux cinq grandes compagnies; ou que ces immigrants ont mené à la construction des premières mosquées dans les Prairies nord- américaines; ou que, des décennies plus tard, leur progéniture a aidé des réfugiés africains et palestiniens à Inuvik, dans les Territoires du Nord-Ouest, à construire la mosquée la plus 31-10-2022 Droits de la personne 24:7

the aptly named Midnight Sun Mosque set precedents for Islamic laws that are now recognized by Muslims around the globe? Can we not spare a Heritage Minute to make this common knowledge? septentrionale de l’hémisphère et surtout, une banque alimentaire dont le besoin se faisait cruellement sentir sur le site de cette mosquée; ou encore que les pratiques de ces fidèles de la Midnight Sun Mosque, qui porte bien son nom, ont créé des précédents en matière de lois islamiques qui sont maintenant reconnues par les musulmans du monde entier?

Ne pouvons-nous pas y consacrer une Minute du patrimoine pour que tout le monde sache cela?

Since we can’t separate Canadian history from the history of the greater Americas and European colonialism, it’s worth thinking about Islam’s broader Western influence in motivating the first recorded uprising of enslaved Africans in 1521, leading the Spanish kingdom to declare one of many bans against transporting “slaves suspected of Islamic leanings”; in shaping Caribbean nations like Trinidad and Tobago, and Guyana, both of which have had Muslim head of states; in being instrumental to the African-American civil rights movement; and in shaping not just hip hop but the very origins of blues music.

In my opinion, this should be late elementary education at the very least.

Puisque nous ne pouvons pas séparer l’histoire canadienne de celle des Amériques et du colonialisme européen, il vaut la peine de penser à l’influence occidentale plus vaste de l’islam pour motiver le premier soulèvement enregistré des esclaves africains en 1521, qui a amené le Royaume d’Espagne à prononcer l’une des nombreuses interdictions contre le transport des « esclaves soupçonnés de penchants islamiques »; en façonnant des pays des Caraïbes comme Trinité-et-Tobago et le Guyana, qui ont tous deux eu un chef d’État musulman; en jouant un rôle déterminant dans le mouvement afro-américain pour les droits civiques; et en façonnant non seulement le hip-hop, mais aussi les origines mêmes du blues.

À mon avis, cela devrait être enseigné vers la fin du primaire, à tout le moins. The fact is, online hate starts off-line, with ignorance in our homes, workplaces and in schools that overemphasize Eurocentric history and Christian ideals, thereby erasing the importance of minorities. Anti-Muslim racism is a complex phenomenon, but a miseducation is at least partly to blame for leading too many to believe that the prevalence of Western Islam is like a new viral outbreak instead of an essential gene in modern America’s DNA.

Le fait est que la haine en ligne commence hors ligne, par l’ignorance dans nos foyers, nos lieux de travail et nos écoles qui mettent trop l’accent sur l’histoire eurocentrique et les idéaux chrétiens, effaçant ainsi l’importance des minorités. Le racisme antimusulman est un phénomène complexe, mais la mauvaise éducation est au moins en

partie responsable du fait que trop de gens croient que la prévalence de l’islam occidental est comme une nouvelle épidémie virale au lieu d’un gène essentiel dans l’ADN de l’Amérique moderne. It’s human nature to fear what we don’t understand, but if Canadians — Muslim and non-Muslim — knew their Islamic history, would there be less reason to fear it? I believe so. Il est dans la nature humaine de craindre ce que nous ne comprenons pas, mais si les Canadiens — les musulmans et les non-musulmans — connaissaient leur histoire islamique, y aurait-il moins de raisons de craindre l’islam? Je crois que oui.

We should not wait until October each year to remember this heritage. We should incentivize provincial and local curricula to teach this history and fund storytellers, museums, libraries and, yes, Historica Canada to promote this history. We should embrace the unique diversity of Canada’s Muslim population to demonstrate that Islam is not a monolith. Nous ne devrions pas attendre le mois d’octobre de chaque année pour nous souvenir de cet héritage.

Nous devrions encourager les responsables des programmes provinciaux et locaux à enseigner cette histoire et financer les conteurs, les musées, les librairies et, oui, Historica Canada pour promouvoir cette histoire. Nous devrions embrasser la diversité unique de la population musulmane canadienne pour montrer que l’islam n’est pas un monolithe. Thank you for listening and for your time, honourable members. Je vous remercie de votre attention et de votre temps, mesdames et messieurs. The Chair: Thank you all for your presentations.

Before asking and answering questions, I would like to ask members and witnesses in the room to please refrain from leaning too close to the microphone or remove your earpiece when doing so. This will avoid any sound feedback that could negatively impact the committee’s staff in the room. La présidente : Merci à tous pour vos exposés. Avant que l’on commence à poser des questions et à y répondre, j’aimerais demander aux membres et aux témoins dans la salle de bien vouloir s’abstenir de se pencher trop près du microphone ou encore de retirer leur oreillette lorsqu’ils le font.

Cela évitera toute boucle sonore qui pourrait nuire au personnel du comité présent dans la salle. 24:8 Human Rights 31-10-2022

We will now proceed to questions from the senators. As was our previous practice, I would like to remind each senator that you have five minutes for your question, and that includes the answer. Nous allons maintenant passer aux questions des sénateurs. Comme nous l’avons déjà fait, je rappelle à chaque sénateur qu’il dispose de cinq minutes pour ses questions, et cela comprend la réponse. Senator Jaffer: Salaam alaikum to all three witnesses. You all have very long experience on these issues, and, certainly, listening to you all, we have learned a lot.

La sénatrice Jaffer : Salaam alaikum à tous les trois témoins. Vous avez une très longue expérience de ces questions et, certes, après vous avoir tous écoutés, nous avons appris beaucoup de choses. I want to start with you, Ms. Jiwani. I know you are in communications now, but from the time you were a student, you were very much also involved with issues of women and Islam, just generally women’s rights. One of the things that the committee has been hearing a lot about is the attacks on women. When we were in Edmonton, it really hit me, the different attacks on women. J’aimerais commencer par vous, madame Jiwani.

Je sais que vous travaillez maintenant dans les communications, mais depuis que vous êtes étudiante, vous vous intéressez beaucoup aux questions relatives aux femmes et à l’islam, et plus généralement aux droits des femmes. L’une des choses dont le comité a beaucoup entendu parler, ce sont les attaques contre les femmes. Lorsque nous étions à Edmonton, j’ai vraiment été frappée par les différentes attaques commises contre les femmes. What role do you and Mr. Mouallem think that the media can play in portraying Muslim women in a better light than they are doing? If you could both answer, starting with you, Ms.

Jiwani. Quel rôle pensez-vous, vous et monsieur Mouallem, que les médias peuvent jouer pour présenter les femmes musulmanes sous un meilleur jour qu’ils ne le font actuellement? J’aimerais que vous répondiez tous les deux, en commençant par vous, madame Jiwani. Ms. Jiwani: Senator Jaffer, thank you for that question. Yes, it has been one of the issues that has happened a lot in Quebec, particularly with the passing of Bill 21. Mme Jiwani : Sénatrice Jaffer, merci de cette question. Oui, c’est un des problèmes qui se sont beaucoup posés au Québec, notamment avec l’adoption du projet de loi 21.

Muslim women have been targeted and have been targeted for a long time, partly because of the visibility of the hijab. That’s one explanation, but the other thing that I noticed with the online commentary that I have examined — and this relates directly to what Mr. Mouallem was talking about — the stereotypes that have been there all along in the media, that are part of the wellspring of Orientalism, continually feed into a notion of what Muslim women are like. Les femmes musulmanes sont ciblées depuis longtemps, en

partie à cause de la visibilité du hidjab. C’est une explication, mais l’autre chose que j’ai remarquée avec les commentaires en ligne que j’ai examinés — et cela se rapporte directement à ce dont parlait M. Mouallem — c’est que les stéréotypes qui existent depuis le début dans les médias, qui font

partie de la source de l’orientalisme, alimentent continuellement une notion de ce que sont les femmes musulmanes. In Quebec, it’s become a matter of basically ripping off the veil and removing the hijab forcefully,

whereas in other parts of the world we see Muslim women trying to keep that intact and alive. Au Québec, on parle maintenant essentiellement d’arracher le voile et de retirer le hidjab de force, alors que dans d’autres parties du monde, nous voyons des femmes musulmanes qui essaient de le garder intact et vivant. I think part of the reason why the media continually trades on these old stereotypes is because they are easy. They feed in. They are part of what one author has so nicely called the “quick- fix Arab scenario.” You have the stereotypes, and you just use them.

But I think the element where mass media can really work is to begin to break down, as Mr. Mouallem has said so articulately, the notion that Islam is monolithic. There are so many instances of women not wearing the hijab and so many of them wearing the hijab. That’s one thing that has to be structured. Je pense que si les médias ne cessent de se rabattre sur ces vieux stéréotypes, c’est en

partie parce qu’ils sont faciles. Ils alimentent le débat. Ils font

partie de ce qu’un auteur a si joliment appelé le « scénario arabe à solution rapide ». Vous avez les stéréotypes, et vous les utilisez simplement. Mais je pense que l’élément sur lequel les médias de masse peuvent vraiment agir, c’est de commencer à réfuter, comme M. Mouallem l’a si bien dit, la notion que l’islam est monolithique. Il y a tellement de femmes qui ne portent pas le hidjab et il y en a tellement qui le portent. C’est une chose qui doit être structurée. 31-10-2022 Droits de la personne 24:9

The second thing is: What is the hijab? And what is the significance of the fact that it’s

interpretation has varied? How often has it become a symbol that has been harnessed in the interests of women making a claim? When you see young French women in France, for instance, they have taken on the hijab purposely to acclaim and assert a Muslim identity. La deuxième chose est la suivante : qu’est-ce que le hidjab? Et quelle est la signification du fait que son interprétation a changé? Combien de fois est-il devenu un symbole qui a été exploité dans l’intérêt des femmes qui font une revendication?

Lorsque vous voyez des jeunes femmes françaises en France, par exemple, elles ont revêtu le hidjab à dessein pour se faire remarquer et affirmer une identité musulmane. It’s how the symbol is being used that needs to be interrogated. This is where media literacy comes in. C’est le symbole utilisé qui doit être interrogé. C’est là où la littératie médiatique entre en jeu. One of the big things is when we think about shows like “Little Mosque on the Prairie,” which made a sufficient impact in terms of rupturing the stereotypes, but how many more such shows have we seen? That’s one thing.

L’une des choses les plus importantes est de penser à des émissions comme Little Mosque on the Prairie, qui ont eu un effet suffisant pour briser les stéréotypes, mais combien d’autres émissions de ce genre avons-nous vues? Voilà une chose. The second thing is that once the writer for that original show was let go, the show itself changed texture. So do we have our own creative productions within our own power? That’s the other thing. We can tell the stories, but who is controlling the stories?

La deuxième chose, c’est que, une fois que l’auteur de l’émission originale a été congédié, l’émission elle-même a changé de texture. Avons-nous donc un pouvoir sur nos propres productions créatives? Voilà l’autre question. Nous pouvons raconter les histoires, mais qui les contrôle? Of course, the kind of representation we receive in the mass media becomes absolutely important for Muslims. And it should not be Muslims that are just assimilated Muslims or informers, basically, but Muslims who have diverse perspectives and who can bring those perspectives to the media. Of course, the media has to be open to that.

Bien sûr, le type de représentation que nous recevons dans les médias de masse devient absolument important pour les musulmans. Et il devrait s’agir non pas de musulmans assimilés ou d’informateurs, essentiellement, mais de musulmans qui ont des perspectives différentes et qui peuvent les présenter aux médias. Bien sûr, les médias doivent être ouverts à cela. Mr. Mouallem: Thank you, professor, for saying that eloquently. What can I add to that? M. Mouallem : Merci, madame, de vos propos aussi éloquents. Que puis-je ajouter à cela?

First, the answer to that is, ironically, to cede more space to Muslim women to speak for themselves about why they choose to wear or not wear a hijab. It is a deeply personal decision, and fixating on it, as the media often does, creates this otherism, this exoticism, that can lead to ignorance, and that ignorance can fuel or instigate more hate. Tout d’abord, la réponse à cette question est, ironiquement, de céder plus d’espace aux femmes musulmanes pour qu’elles puissent parler elles-mêmes des raisons pour lesquelles elles choisissent de porter ou de ne pas porter un hidjab.

C’est une décision profondément personnelle, et faire une fixation sur cette question, comme les médias le font souvent, crée cette altérité, cet exotisme, qui peut conduire à l’ignorance, et cette ignorance peut alimenter ou susciter davantage de haine. In the end, what I would love to see from popular culture and media in the representation of Muslim people — female, male or non-binary — is a humanization of them in the truer sense of what it means to be human, which is to be imperfect.

So often representation is either there to paint them in a negative way or in an overly positive way when, in fact, Muslim people are just like everyone else. They are no better or no worse. They are just regular people. So that normalizing of Muslim families, of Muslim experiences, of going to mosque or not going to mosque, or wearing a hijab or not wearing a hijab, I would love to see it normalized and neutralized in how it is portrayed in media.

Au final, ce que j’aimerais voir de la part de la culture populaire et des médias dans la représentation des musulmans — femmes, hommes ou non-binaires —, c’est une humanisation de ceux-ci dans le sens le plus vrai de ce que signifie être humain, c’est-à-dire être imparfait. Très souvent, la représentation vise à les dépeindre de façon négative ou de façon trop positive, alors que, en fait, les musulmans sont comme tout le monde. Ils ne sont ni mieux ni pires. Ce sont juste des gens ordinaires.

Donc, cette normalisation des familles musulmanes, des expériences musulmanes, du fait d’aller à la mosquée ou de ne pas y aller, ou de porter un hidjab ou de ne pas en porter un... j’aimerais voir cela banalisé et neutralisé dans la façon dont c’est présenté dans les médias. 24:10 Human Rights 31-10-2022

[Translation] [Français] Senator Gerba: Professor Jiwani, you’ve partly answered my questions, but I’d like to return to what you said. La sénatrice Gerba : Professeure Jiwani, vous avez déjà répondu à une

partie de mes questions, mais j’aimerais revenir sur ce que vous avez dit. You spoke about social media that operate anonymously or disguised as something else. At the same time, you are recommending that it should be possible to do something to prevent them from continuing to promote an anti-Islam message. What action can we take when we know that people are hiding behind a false front? What do you recommend could be done to restrict the action of influencers like that on social media? Vous avez parlé des médias sociaux qui agissent de façon masquée ou anonyme.

En même temps, vous recommandez que l’on puisse agir pour les empêcher de continuer à prôner un message anti-islam. Comment pouvons-nous agir en sachant que ces gens agissent à visage couvert, de façon masquée? Que recommandez-vous pour limiter l’action des influenceurs qui sont sur les médias sociaux?

Also, with respect to conventional media, we have the evidence today, because one of the witnesses who appeared spoke to us about certain factors that show the media use a glossary — for example when the word “Zen” is used, we think of a certain community, and when the word “terrorist” is used, we immediately think of Muslims. How can we deconstruct this existing glossary currently being used by conventional media?

Également, en ce qui concerne les médias conventionnels, on a la preuve aujourd’hui, car un des témoins qui a comparu nous a parlé des éléments qui montrent que les médias utilisent un lexique — par exemple, lorsque le mot « zen » est utilisé, on pense à une certaine communauté et lorsque l’on mentionne le mot « terroriste », on pense immédiatement aux musulmans. Comment pouvons-nous déconstruire ce lexique déjà établi aujourd’hui dans les médias conventionnels? My question is for all the witnesses, and Ms. Jiwani in particular. Thank you. Ma question s’adresse à tous les témoins et en particulier à Mme Jiwani.

Merci. [English] [Traduction] Ms. Jiwani: Thank you. The issue is that there are so many different platforms. Each platform seems to have some kind of an in-built requirement or in-built guard with the monitors who check in. The problem is that this is done differentially. It is not across the board. It is not uniform. Plus, we are not taking into account that those people who act as monitors are doubly victimized when they listen to this hate and have to follow it. Mme Jiwani : Merci. Ce qui se passe, c’est qu’il y a tant de plateformes différentes.

Chaque plateforme semble avoir un certain type d’exigence intégrée ou de dispositifs de protection intégrés avec des contrôleurs qui surveillent. Le problème, c’est que cela est fait de manière différenciée. Ce n’est pas généralisé. Ce n’est pas uniforme. De plus, nous ne tenons pas compte du fait que les personnes qui agissent en tant que contrôleurs sont doublement victimisées lorsqu’elles écoutent cette haine et doivent la suivre.

There are many instances where we see on Twitter, for example, before the Elon Musk purchase, this would happen when it came to certain kinds of hate, such as around misogynistic issues, but not so much around Islam. Il y a de nombreux cas où nous voyons sur Twitter, par exemple, avant qu’il ne soit acheté par Elon Musk, que cela se produisait quand il s’agissait de certains types de haine, comme les questions misogynes, mais pas tellement en ce qui concerne l’islam.

As you say, the connection to the stereotype of the Muslim as terrorist is so tight and embedded that to break it becomes very difficult in those instances because “terrorism” is a coded word. When you put it in a comment, it does not necessarily get picked up as Islamophobia. Comme vous l’avez dit, le lien avec le stéréotype selon lequel les musulmans sont des terroristes est tellement étroit et ancré qu’il devient très difficile de le briser dans ces cas-là, parce que le mot « terrorisme » est un mot codé.

Lorsque vous le mentionnez dans un commentaire, il n’est pas nécessairement considéré comme de l’islamophobie. The second thing that I want to draw attention to is one of the issues that you pointed out, which is the whole notion of how can we regulate this when anonymity has been promised? Well, La deuxième chose sur laquelle je veux attirer l’attention est l’un des problèmes que vous avez soulevés, c’est-à-dire la question de savoir comment nous pouvons réglementer cela alors 31-10-2022 Droits de la personne 24:11

there are a number of news platforms that actually do not require anonymity; they want you to sign in and be registered, but nothing happens because there is only a passive gatekeeping function. que l’anonymat a été promis. Eh bien, il y a un certain nombre de plateformes de nouvelles qui, en fait, n’exigent pas l’anonymat; elles veulent que vous ouvriez une session et que vous vous inscriviez, mais rien ne se passe parce qu’il n’y a qu’une fonction passive de contrôle.

For instance, Global News, which I examined in terms of their coverage of the women who are married to ISIS fighters and returning to Canada, in that coverage, although it was explicitly stated in the guidelines for posting that one could not post anything Islamophobic, who was actually looking after that? Many of the comments just went through. Nobody was actually keeping track, even though many of these people had already registered.

Par exemple, Global News, dont j’ai examiné la couverture des femmes qui sont mariées à des combattants de l’État islamique et qui reviennent au Canada, dans cette couverture, même s’il était explicitement énoncé dans les directives de publication que l’on ne pouvait rien publier d’islamophobe, qui s’en occupait réellement? De nombreux commentaires sont simplement passés. Personne ne faisait de suivi, même si bon nombre de ces personnes s’étaient déjà inscrites. So anonymity works in some instances, but in other instances, the very fact that you have this medium open and that people can write — Every

article that I have ever published that has anything to do with Islam immediately generates backlash. Immediately. You do not have to say anything else, just the word “Muslim,” and right away you have a whole organized alt-right wing that comes in. That is what happens. Donc, l’anonymat fonctionne dans certains cas, mais dans d’autres, le fait même que ce média soit ouvert et que les gens puissent écrire... Chaque

article que j’ai publié qui a quelque chose à voir avec l’islam génère immédiatement des réactions négatives. Immédiatement. Vous n’avez rien d’autre à dire, juste le mot « musulman », et tout de suite, vous avez toute une aile d’extrême droite organisée qui arrive. C’est ce qui se passe. Anonymity becomes only one element. It has to work in concert with everything else. That is, you cannot have these avenues open. I just want to end by saying that — sorry, my time is over. L’anonymat ne devient qu’un élément. Il doit fonctionner de concert avec tout le reste.

C’est-à-dire que vous ne pouvez pas avoir ces avenues ouvertes. Je voudrais juste terminer en disant que... Désolée, mon temps est écoulé. The Chair: It’s okay, you can finish your thought. La présidente : C’est bon, vous pouvez terminer votre pensée. Ms. Jiwani: Thank you. At the time of the truth and reconciliation hearings, one of the things that the CBC did was actually close down the comments on anything to do with Indigenous issues. Why can’t that happen across the board? Mme Jiwani : Merci.

Au moment des audiences sur la vérité et la réconciliation, l’une des choses que CBC a faites a été de fermer les commentaires sur tout ce qui concernait les questions autochtones. Pourquoi ne peut-on pas le faire de façon générale? The Chair: Do you have another question, or would you like someone else to answer? Omar, then maybe Faheem, would you like to answer? La présidente : Avez-vous une autre question ou aimeriez- vous que quelqu’un d’autre réponde? Monsieur Mouallem, ou alors monsieur Affan, voulez-vous répondre? Mr. Mouallem: Thank you. This is a very complex thing.

How do you regulate online speech while also respecting free speech and also acknowledging and respecting the fact that these are operated by private companies, most of which are not Canadian in the very least? M. Mouallem : Merci. C’est une chose très complexe. Comment réglementer le discours en ligne tout en respectant la liberté d’expression et en reconnaissant et en respectant le fait que ces plateformes sont exploitées par des sociétés privées, dont la plupart ne sont pas du tout canadiennes? Beyond engaging with these platforms in a serious way, I’m not sure what can be done.

At the very least, I suppose these platforms should be expected to respect our free speech laws if they want to operate in Canada. Je ne sais pas ce qu’il est possible de faire, si ce n’est de collaborer sérieusement avec ces plateformes. À tout le moins, je suppose que ces plateformes devraient respecter nos lois sur la liberté d’expression si elles veulent exercer leurs activités au Canada. That very difficulty is the reason why I emphasize early education.

When encountering hate speech and anti-Muslim hate, I think that it becomes very difficult to radicalize people when they know better and when, from an early age, they have learned to respect and understand Muslims, when they understand the Cette difficulté même est la raison pour laquelle je mets l’accent sur l’éducation précoce. Quand on fait face à des discours haineux et à de la haine contre les musulmans, je pense qu’il devient très difficile de radicaliser les gens quand ils sont informés et quand, dès leur plus jeune âge, ils ont appris à 24:12 Human Rights 31-10-2022

role that they have played in the society around them, when there is really less reason, or no reason, to fear them because they already feel like they know Muslim people, if not personally, then they know them culturally through their education, through pop culture and through the everyday conversations they might have in schools, workplaces and homes. respecter et à comprendre les musulmans, lorsqu’ils comprennent le rôle qu’ils ont joué dans la société qui les entoure, lorsqu’il y a vraiment moins de raisons, ou aucune raison, de les craindre parce qu’ils ont déjà l’impression qu’ils connaissent les musulmans, sinon personnellement, à tout le moins culturellement par leur éducation, leur culture populaire et les conversations quotidiennes qu’ils peuvent avoir à l’école, au travail et à la maison.

The Chair: Thank you. Faheem? La présidente : Merci. Monsieur Affan? Mr. Affan: Thank you very much. I agree with what Omar was saying in that it is very hard to control social media, but again, the emphasis is on education. Whenever you see these groups, they can be identified, then dialogue can be opened with them to see why they are commenting like this against Muslims. Maybe an education and an open dialogue with them will change their mindset, and they will learn about Islam and the beautiful qualities of the religion. Thank you. M. Affan : Merci beaucoup. Je suis d’accord avec M.

Mouallem pour dire qu’il est très difficile de contrôler les médias sociaux, mais encore une fois, on doit mettre l’accent sur l’éducation. Dès que vous voyez ces groupes, on peut les cerner, puis amorcer un dialogue avec eux pour voir pourquoi ils font ce genre de commentaires contre les musulmans. Peut-être qu’une éducation et un dialogue ouvert avec eux changeront leur vision, et ils en apprendront sur l’islam et sur les magnifiques qualités de la religion. Je vous remercie. [Translation] [Français] Senator Gerba: Education is indeed an important factor.

To educate the media, whose reporters have all undergone training that has taught them a number of rules, where they learn that freedom of expression comes with certain responsibilities, I don’t know where to begin in terms of educating the conventional media. La sénatrice Gerba : Effectivement, l’éducation est un élément important.

Pour éduquer les médias qui sont passés par des écoles de formation qui leur apprennent un certain nombre de règles, où on apprend que la liberté d’expression vient avec des responsabilités, je me demande par où commencer pour éduquer les médias conventionnels. [English] [Traduction] The Chair: Thank you, Senator Gerba. Omar, I will let you have the first response, since you are a media person. La présidente : Merci, madame la sénatrice Gerba. Monsieur Mouallem, je vous laisserai répondre en premier, puisque vous êtes une personne des médias. Mr.

Mouallem: The answer probably lies in the employment decisions within those media companies. The more diverse they are and the more their newsrooms are comprised of racialized people, the less likely there is going to be this continuation of very racist ideas or veiled White supremacy. M. Mouallem : La réponse se trouve probablement dans les décisions d’emploi au sein de ces entreprises médiatiques. Plus elles sont diversifiées et plus leurs salles de nouvelles sont composées de personnes racisées, moins il est probable qu’il y ait cette perpétuation d’idées très racistes ou de suprématie blanche voilée.

I look at the tenor of media in Quebec. In particular, the trash radio or radios-poubelles , which is so popular there and might have played an important role in the tragic shootings on January 29, 2017, how much of that has to do with the lack of diversity in those newsrooms or the lack of Muslim or Middle Eastern representation in those newsrooms?

I would hazard to guess a lot, that having someone from a marginalized community near you in your newsroom, in your radio station, will make it a lot harder for you to say or print some of the vile things that you might otherwise say or print and, maybe with time, even change your mind. Je regarde la teneur des médias au Québec.

En particulier, la radio-poubelle, qui est si populaire là-bas et qui pourrait avoir joué un rôle important dans les fusillades tragiques du 29 janvier 2017, dans quelle mesure cela a-t-il à voir avec le manque de diversité dans ces salles de presse ou le manque de représentation musulmane ou moyen-orientale?

Je me hasarderais à dire que cela a beaucoup à voir, que le fait d’avoir une personne issue d’une communauté marginalisée près de vous dans votre salle de presse, dans votre station de radio, fera en sorte qu’il sera beaucoup plus difficile pour vous de dire ou d’imprimer certaines des choses ignobles que vous pourriez autrement dire ou imprimer et, peut-être même, avec le temps, que cela vous fera changer d’avis. 31-10-2022 Droits de la personne 24:13

The Chair: Thank you. I see Professor Jiwani is shaking her head. La présidente : Merci. Je vois que Mme Jiwani secoue la tête. Ms. Jiwani: The reason I am shaking my head is because oftentimes education is seen as a panacea for everything. All of the studies that I have read, including from people in the school of journalism who have done theses on this, who are minorities in the newsroom, have actually been made to feel really targeted and really silenced in those places so that they assimilate into the dominant ways of seeing.

I cannot see how that would change because the way trash radio works, and the way it works over there, is because it somehow resonates so well with that public’s notion of what Islam is like, what Muslims are like. Mme Jiwani : La raison pour laquelle je secoue la tête, c’est parce que souvent, l’éducation est considérée comme une panacée pour tout.

Toutes les études que j’ai lues, y compris celles de personnes de l’école de journalisme qui ont rédigé des thèses sur le sujet, qui sont des minorités dans les salles de presse... elles se sont senties, en fait, vraiment ciblées et vraiment réduites au silence dans ces endroits afin qu’elles s’assimilent aux façons dominantes de voir. Je ne vois pas comment cela pourrait changer, parce que la façon dont la radio- poubelle fonctionne et dont les choses fonctionnent là-bas correspond en quelque sorte à la notion qu’a ce public de ce qu’est l’islam, de ce que sont les musulmans.

Even hearing the imam of the mosque, the grand mosque in Quebec City, talk about the way in which even the police were not there to help out. So saturated is Islamophobia in that society, in that texture, that I cannot see how having that kind of representation would work unless you have regulation that follows. Education cannot be the panacea. It has to work hand- in-hand with the state. It has to work with legal regulation. Representation is only one part of it.

Because if you only have one or two people, they are going to be completely overwhelmed and contained and controlled by the journalistic schools that are there within those newsrooms. Même entendre l’imam de la mosquée, la grande mosquée de Québec, parler de la façon dont même la police n’était pas là pour aider... Cette société est tellement saturée d’islamophobie que je ne vois pas comment le fait d’avoir ce type de représentation pourrait fonctionner à moins d’avoir une réglementation qui suit. L’éducation ne peut pas être la panacée. Elle doit travailler main dans la main avec l’État.

Elle doit fonctionner avec la réglementation, la loi. La représentation n’est qu’une

partie de l’équation. Parce que si vous n’avez qu’une ou deux personnes, elles seront complètement débordées, confinées et contrôlées par les écoles journalistiques qui existent dans ces salles de presse. The Chair: Thank you. La présidente : Merci. Senator Arnot: Thank you, witnesses, for coming here today and enlightening us. Le sénateur Arnot : Merci, madame et messieurs, d’être venus ici aujourd’hui et de nous éclairer. I come from the position that hate speech is virtually unregulated in this country and it needs to be regulated in a much more robust and effective manner.

I am just wondering if the witnesses have any comment on that issue. Je suis d’avis que les discours haineux ne sont pratiquement pas réglementés dans notre pays et qu’ils doivent l’être de façon beaucoup plus solide et efficace. Je me demande simplement si les témoins ont des commentaires à faire sur cette question. One of the things I would like to state is that the definition of “hate speech” was very succinctly and with great clarity analyzed in the Whatcott case in the Supreme Court of Canada in 2013.

I do not think that it is that difficult for anyone to understand what hate speech is if you look at the indicia of hate that was outlined in that case. L’une des choses que j’aimerais dire, c’est que la définition de « discours haineux » a été analysée très succinctement et avec une grande clarté dans l’affaire Whatcott de la Cour suprême du Canada en 2013. Je ne pense pas qu’il soit difficile pour quiconque de comprendre ce que sont les discours haineux si l’on examine les indices de haine qui ont été exposés dans cette affaire.

In particular, in this country, I am wondering what the witnesses think about the CRTC’s effectiveness in regulating hate speech. I know that Bill C-11 is coming to the Senate. We are analyzing that. I wonder if you have any comments on what kind of teeth need to be put into Bill C-11 to effectively regulate hate speech. En particulier, au pays, je me demande ce que les témoins pensent de l’efficacité du CRTC pour réglementer les discours haineux. Je sais que le projet de loi C-11 sera présenté au Sénat. Nous sommes en train de l’analyser.

Je me demande si vous avez des commentaires sur le genre de mordant qu’il faudrait donner au projet de loi C-11 pour qu’il puisse réglementer efficacement les discours haineux. 24:14 Human Rights 31-10-2022

I am wondering, in addition, are there any examples in other places, for instance Germany or Britain, where there has been a more effective way of holding these social media platforms to account. Je me demande également s’il y a des exemples ailleurs, par exemple en Allemagne ou en Grande-Bretagne, qui ont mis en place une façon plus efficace de demander des comptes à ces plateformes de médias sociaux. A third idea that you may want to comment on is the Anti- Racism Secretariat.

In your opinion, has that secretariat been effective, robust and strategic in actually making any real difference in Canada with respect to the mandate that they have? Une troisième idée sur laquelle vous voudrez peut-être vous prononcer est le Secrétariat de lutte contre le racisme. À votre avis, ce secrétariat a-t-il été efficace, robuste et stratégique pour vraiment changer les choses au Canada en ce qui concerne le mandat qui lui a été confié? Ms. Jiwani: Senator, thank you so much for all of these questions. They certainly leave a lot of room for thought.

Mme Jiwani : Monsieur le sénateur, merci beaucoup de toutes ces questions. Elles laissent certainement beaucoup place à la réflexion. I am afraid that I am not going to be able to comment on the policy aspect of it. Je crains de ne pas pouvoir me prononcer sur l’aspect stratégique. I can certainly tell you about my encounters with the CRTC many years ago when there was a television broadcast where the reporter actually described the Asian beetle in ways that were very similar to how one was stereotypically describing Asian immigrants in B.C.

I wrote to the CRTC and provided a recording of this and nothing happened. Je peux certainement vous parler de mes rencontres avec le CRTC il y a de nombreuses années, lorsqu’il y a eu une émission de télévision où le journaliste a décrit le longicorne asiatique d’une manière très semblable à la description stéréotypée des immigrants asiatiques en Colombie-Britannique. J’ai écrit au CRTC et fourni un enregistrement, et rien n’a été fait. The thing is that so much of the language is coded. When we think of memes like Pepe the Frog, it just gets by these censors. It is not going to do anything.

That is where you really need a kind of analysis of how this kind of racism is exported, how it is articulated, the kinds of words that are used in support, which are constantly changing. That is one aspect of it that I wanted to point out. Le problème, c’est qu’une grande

partie du langage est codé. Lorsque nous pensons aux mèmes comme Pepe la grenouille, ils échappent purement et simplement aux censeurs. Cela ne fera rien. C’est là qu’il faut vraiment analyser la façon dont ce type de racisme est exporté, comment il est articulé, les types de mots utilisés pour le soutenir, qui changent constamment. C’est un aspect de ce que je voulais souligner.

The second thing is that freedom of speech itself has become a banner of sorts, where there is no real understanding of what freedom of speech is about, particularly in the Canadian context where such freedoms are measured against societal good. There isn’t an understanding of that. In fact, everybody seems to be more drawn to and use the American notion. Maybe part of it has to do with the fact that so much of the media we consume is American.

La deuxième chose, c’est que la liberté d’expression elle- même est devenue une sorte d’étendard, où l’on ne comprend pas vraiment ce qu’est la liberté d’expression, en particulier dans le contexte canadien où ces libertés sont mesurées par rapport au bien de la société. Il n’y a pas de compréhension de cela. En fait, tout le monde semble être plus attiré par la notion américaine et l’utiliser. Cela tient peut-être en

partie au fait qu’une grande

partie des médias que nous consommons sont américains. Yes, in Europe there are very strong measures around hate speech. I am thinking particularly about the European Union and how its communication division has come out with so many things including, in fact, one of my mentors who came out with a whole guide on how the media can refrain from reporting using Islamophobic language and that has yet to be adopted here. Oui, en Europe, il existe des mesures très strictes concernant les discours haineux.

Je pense, en particulier, à l’Union européenne et à la façon dont sa division de la communication a publié de nombreux documents, y compris, en fait, un de mes mentors, qui a publié un guide complet sur la façon dont les médias peuvent s’abstenir d’utiliser un langage islamophobe dans leurs reportages, mais cela n’a pas encore été adopté ici. Senator Arnot: Could you provide a copy of that study that you just referred to, to our clerk, please? Anything especially on the European model. Le sénateur Arnot : Pourriez-vous fournir une copie de l’étude que vous venez de mentionner à notre greffier, s’il vous plaît?

Tout ce qui porte en particulier sur le modèle européen. Ms. Jiwani: Yes, will do. Mme Jiwani : Oui, je le ferai. Senator Arnot: Thank you. Le sénateur Arnot : Merci. 31-10-2022 Droits de la personne 24:15

Ms. Jiwani: Thank you. Mme Jiwani : Merci. The Chair: Would anyone else like to answer Senator Arnot’s question, Omar or Faheem? La présidente : Y a-t-il quelqu’un d’autre qui aimerait répondre à la question du sénateur Arnot, monsieur Mouallem ou monsieur Affan? Mr. Mouallem: I would just echo what the professor has said that there is a lack of understanding about what free speech means in Canada. The giant influence of American culture has unfortunately misled people to think that our free speech laws are the same as they are in the United States. M.

Mouallem : Je veux juste me faire l’écho de ce que Mme Jiwani a dit, c’est-à-dire qu’il y a un manque de compréhension au sujet de ce que signifie la liberté d’expression au Canada. L’influence gigantesque de la culture américaine a malheureusement incité les gens à penser à tort que nos lois sur les discours haineux sont les mêmes que celles des États-Unis. Others maybe think that our hate speech laws are a lot stronger than they actually are, that the threshold is much lower than it actually is.

Anyone who has tried to prosecute someone on hate speech laws knows that the threshold is very high and it is very difficult. It is not very often that you see people like the notorious YouTuber Kevin Johnson who I believe was jailed or maybe charged or convicted last year for his notoriously anti- Muslim screeds on his YouTube channel. This does not happen very often. I cannot speak to whether it is a good thing or a bad thing to have the threshold where it is right now.

D’autres personnes pourraient penser que nos lois sur les discours haineux sont beaucoup plus strictes qu’elles ne le sont en réalité, que le seuil est beaucoup plus bas qu’il ne l’est réellement. Tous ceux qui ont tenté de poursuivre des personnes en vertu des lois sur les discours haineux savent que ce seuil est très élevé et qu’il est très difficile. Ce n’est pas très souvent que vous voyez des gens comme le célèbre youtubeur Kevin Johnson être, je crois, emprisonné ou peut-être accusé ou reconnu coupable l’an dernier pour ses propos notoirement antimusulmans sur sa chaîne YouTube.

Cela n’arrive pas très souvent. Je ne peux pas dire si c’est une bonne ou une mauvaise chose que le seuil soit tel qu’il est en ce moment. It can only do good for Canadians to understand the full limits of free speech in this country and not be confused by other countries’ laws and

interpretations. Il ne peut être que bénéfique pour les Canadiens de comprendre toutes les limites dont s’assortit la liberté d’expression dans notre pays et de ne pas être dérouté par les lois et les interprétations d’autres pays. Mr. Affan: Thank you very much, Omar. I agree. There is a very blurred line between freedom of speech and the word “hate.” Again, it comes to the education that we emphasize. It should be taught at all levels, starting in school and continuing into professional life. What is the difference between free speech and hate? What can hurt other people and what cannot? M.

Affan : Merci beaucoup, monsieur Mouallem. Je suis d’accord avec vous. Il y a une ligne très floue entre la liberté d’expression et le mot « haine ». Encore une fois, cela revient à l’éducation que nous mettons de l’avant. Elle doit être enseignée à tous les niveaux, de l’école et jusqu’à la vie professionnelle. Quelle est la différence entre la liberté d’expression et la haine? Qu’est-ce qui peut blesser d’autres personnes et qu’est-ce qui ne le peut pas? Again, it comes down to education. That is what I was going to emphasize. Thank you. Là encore, c’est une question d’éducation.

C’est ce que je voulais souligner. Merci. Senator Arnot: I agree with what the witnesses are saying. In particular, speech has always been fettered, whether it is through fraud, hate or defamation. In Canada, we are uniquely placed because the Supreme Court of Canada has clearly defined what it is, as I pointed out earlier. Le sénateur Arnot : Je suis d’accord avec ce que les témoins disent. En particulier, la parole a toujours été entravée, qu’il s’agisse de fraude, de haine ou de diffamation.

Au Canada, nous sommes dans une situation unique, parce que la Cour suprême du Canada a défini clairement ce qu’est la diffamation, comme je l’ai souligné plus tôt. I just want to follow up on another issue, and perhaps this is for Mr. Mouallem. In relation to recommendation 21 in the NCCM’s 61 ways to deal with anti-Muslim hate, do you have any comment about the Anti-Racism Secretariat’s effectiveness, how robust it is and how strategic it has been in actually making a difference in Canada? Je veux juste poursuivre sur une autre question, et peut-être qu’elle s’adresse à M. Mouallem.

Par rapport à la recommandation 21 des 61 moyens du CNMC de lutter contre la haine antimusulmane, avez-vous des commentaires quant à l’efficacité du Secrétariat de lutte contre le racisme, à sa robustesse et à la stratégie qu’il a adoptée pour changer les choses au Canada? 24:16 Human Rights 31-10-2022

Mr. Mouallem: I don’t; I’m sorry. I do not know enough about it. M. Mouallem : Je n’ai rien à dire à ce sujet; je suis désolé. Je ne le connais pas assez. Senator Arnot: Thank you. Le sénateur Arnot : Merci. Senator Omidvar: Thank you to our witnesses for being here. I will focus on the role of the media as an enabler of Islamophobia. I am going to quote a study that was cited by Haroon Siddiqui in an

article in the Literary Review of Canada where he notes that 75% of people in the West rely on the media for their information about Muslims. What many of us know about Islam, or what we think we know, is filtered primarily through the media. Without a doubt, the media functions as the most powerful and influential conveyor of Islam. La sénatrice Omidvar : Merci à nos témoins d’être ici. Je vais me concentrer sur le rôle que jouent les médias au moment d’inciter à l’islamophobie. Je vais citer une étude qui a été mentionnée par Haroon Siddiqui dans un

article du Literary Review of Canada où il souligne que 75 % des Occidentaux se fient à l’information donnée par les médias au sujet des musulmans. Ce qu’un grand nombre d’entre nous connaît au sujet de l’islam, ou ce que nous pensons connaître, est principalement filtré par les médias. Il ne fait aucun doute que les médias constituent le véhicule le plus puissant et le plus influent de l’islam. Do you agree or disagree with those observations? Perhaps Professor Jiwani and then the others? Souscrivez-vous, oui ou non, à ces observations? Tout d’abord Mme Jiwani, puis les autres pourront répondre. Ms. Jiwani: I totally agree with those observations. Having read that same

article and having followed how, in fact, the coverage in the Toronto Star changed when Haroon Siddiqui was there as editor versus what happened after, I would say is clearly telling. Definitely, the media totally influences. Mme Jiwani : Je souscris entièrement à ces observations. Après avoir lu le même

article et après avoir suivi la façon dont le Toronto Star a modifié la façon d’aborder le sujet lorsque Haroon Siddiqui était au poste de rédacteur en chef comparativement à après, je crois que c’est très évocateur. Il est évident que les médias ont de l’influence. One of the things that I would add to that is that within the younger generation, it is not the mainstream print media that is the influence. It is social media. How in fact social media then borrows from that, condenses it and puts it out into these little bite-sized pieces that are very consumable makes it go further and further.

This is where classic works like Edward Said’s Orientalism show that many of the stereotypes and tropes are still there. They have not changed. Une des choses que j’aimerais ajouter c’est que, au sein de la génération plus jeune, ce ne sont pas les médias imprimés qui ont de l’influence : ce sont les réseaux sociaux. Le fait que les réseaux sociaux prennent cette information, puis la condensent et publient ces petits articles qui sont faciles à lire fait en sorte qu’ils ont encore plus d’influence.

C’est là que les ouvrages classiques comme celui d’Edward Saïd L’Orientalisme montrent que bon nombre de stéréotypes et de tendances existent toujours. Ils n’ont pas changé. Senator Omidvar: Professor Mouallem, you are a journalist. We all know that talk radio is uniquely — La sénatrice Omidvar : Monsieur Mouallem, vous êtes un journaliste. Nous savons tous que la radio à prépondérance verbale est particulièrement... Mr. Mouallem: Toxic? M. Mouallem : Toxique? Senator Omidvar: It feeds and proliferates Islamophobia and other forms of hate in a particularly prolific manner.

La sénatrice Omidvar : Elle fait la promotion de l’islamophobie et la favorise, et il en est de même pour d’autres formes de haine, et ce, de façon inégalée par d’autres formes de médias. I host a podcast. I interviewed a journalist, Supriya Dwivedi, who actually left a talk show platform because her own organization did not do enough to protect her from the onslaught of hate that she received, and I am sure that the story is common. J’anime un balado.

Je me suis entretenue avec une journaliste, Supriya Dwivedi, qui a en fait quitté une plateforme d’émission- débat parce que sa propre organisation n’avait pas pris suffisamment de mesures pour la protéger contre toute la haine qu’elle a reçue, et je suis sûre que c’est une situation courante. Do you think media organizations, whether they are traditional media or new media, do enough to protect journalists and columnists? Pensez-vous que les organismes médiatiques, qu’ils soient traditionnels ou non, en font assez pour protéger les journalistes et les chroniqueurs? 31-10-2022 Droits de la personne 24:17

Mr. Mouallem: I can only speak to mainstream traditional media. No, I do not think that they do. There is a common adage that it comes with the job, that hate mail and threatening letters come with the job. M. Mouallem : Je peux seulement parler des médias traditionnels habituels. Non, je ne pense pas que ce soit suffisant. On sait que ce travail vient avec son lot de correspondance haineuse et de lettres de menaces. Cela fait

partie du travail. But what is lost on a lot of the employers and the management in traditional media is that the nature of these threats has changed. They have become more targeted, more personal, more detailed and more threatening. They have also become more targeted at people’s identity, whether it be because they are women and/or Brown and/or Muslim or Black. The nature of this has become a lot more frightening. Yet, there is still this assumption and attitude, which is quite prevalent, that it should just be a part of the job. It is not just at the upper management of newsrooms.

I think it is also within the RCMP and police services who are quick to dismiss these threats as if, again, they are not to be taken seriously. Well, they should be, and eventually I think we are going to learn through the tragic outcome of an event how seriously these threats should be taken. Mais ce que les employeurs et les cadres travaillant au sein de médias traditionnels ne comprennent pas, c’est que la nature de ces menaces a changé. Les menaces sont plus ciblées, plus personnelles, plus détaillées et plus menaçantes.

De plus, elles visent davantage l’identité d’une personne, que ce soit parce qu’elle est une femme et/ou mulâtre et/ou musulmane ou noire. La nature de ces menaces est beaucoup plus effrayante. Or, la plupart des gens présument toujours que cela fait simplement

partie du travail, et ils agissent en tant que tel. C’est très répandu. Ce n’est pas seulement les cadres des salles de presse. Je pense que c’est aussi ce que croit la GRC et les services de police, qui tassent rapidement ces menaces du revers de la main, comme si, encore une fois, il ne faut pas les prendre au sérieux. Bien, elles devraient l’être, et je pense que nous finirons par apprendre à quel point il faut les prendre au sérieux après avoir été témoin d’un événement tragique. Senator Omidvar: I have a brief question to all three of you about the Islamophobia summit that was held in 2020.

What has changed since then? Has the needle shifted at all from your point of view? La sénatrice Omidvar : J’ai une question brève qui vous concerne tous les trois au sujet du Sommet sur l’islamophobie qui s’est tenu en 2020. Y a-t-il eu des changements depuis? Selon vous, la situation a-t-elle changé d’une façon ou d’une autre? Mr. Mouallem: I believe it was in 2021, at least since the recommendations. Not much has changed but not much time has passed. This is going to be a generational effort. M. Mouallem : Je pense que c’était en 2021, du moins depuis que les recommandations ont été formulées.

Peu de choses ont changé, mais peu de temps s’est écoulé. La situation nécessitera des efforts sur plusieurs générations. One thing I will say is that over the past few years the awareness of Islamic Heritage Month has grown. Each year I see it becoming more prominent. I see more public and other schools celebrating it. It is being made known. I do think that there is something positive in the air that is happening at a local level, at the very least, that gives me reason for optimism. Ce que je dirais, c’est que, au cours des dernières années, la sensibilisation au Mois du patrimoine musulman a augmenté.

Chaque année, je vois l’événement prendre de l’ampleur. De plus en plus d’écoles publiques et autres le célèbrent. On est en train de faire connaître l’événement. Je pense effectivement que quelque chose de positif est en train de se produire, du moins localement, et c’est pourquoi je suis optimiste. Senator Omidvar: Thank you. Mr. Affan, I was taken by your testimony that your local mosque in Ottawa engages with other religions, hosts a Christmas fair, et cetera. La sénatrice Omidvar : Merci.

Monsieur Affan, j’ai été surprise par votre témoignage selon lequel votre mosquée locale, à Ottawa, collabore avec d’autres religions, organise une foire de Noël, et cetera. Are you aware of interfaith efforts that provide a structure to these kinds of exchanges and to what extent those interfaith conversations are important in dealing with Islamophobia? Savez-vous si des efforts sont déployés entre diverses religions afin de fournir une structure à ce genre d’échanges, et à quel point ces conversations entre les religions sont importantes lorsqu’il est question de régler l’islamophobie? Mr.

Affan: I will not comment on everybody else, but I know what our community is doing is very helpful. It is the local media who play an important role, even though social media has more effect. But you will be surprised when you go to these small towns. Our mosque is in Ottawa, but it is in Cumberland, a small town. When we were buying the place and going to open M. Affan : Je ne parlerai pour personne d’autre, mais je sais que ce que fait notre collectivité aide beaucoup. Ce sont les médias locaux qui jouent un rôle important, même si les réseaux sociaux sont plus efficaces.

Mais vous serez surprise lorsque vous vous rendrez dans ces petits villages. Notre mosquée est à Ottawa, mais c’est à Cumberland, un petit village. Lorsque nous 24:18 Human Rights 31-10-2022

the mosque, there was huge negativity there. People were afraid. They did not want it. We worked with the local media there, and we opened everything up for the people. They are now holding their community meetings, Christmas market and even their summer markets there in the gym, which we provided to them. étions en train d’acheter le bâtiment, et que nous allions ouvrir la mosquée, l’environnement était très négatif là-bas. Les gens avaient peur. Ils ne voulaient pas de mosquée. Nous avons travaillé en collaboration avec les médias locaux là-bas, et nous avons tout ouvert au public.

Les gens y tiennent maintenant des réunions communautaires, un marché de Noël et même des marchés d’été dans le gymnase que nous leur fournissons. We do hold a lot of interfaith dialogue. As I mentioned in my statement, we are one of the organizations that has a very long- held interfaith conference in Canada. It has been held now for many years, and people from other religions have been invited to talk about their similarities. It does help, especially when you go to the small towns where you will be surprised that many people do not even know about Islam.

They have no idea who the Muslims are, even at this point. I met an MP from a small town a few years ago, and I told him about the Ahmadiyya Muslim Jama’at Canada and they did not have any idea. So it is very important that the media and the interfaith dialogues happen in those small towns so that we can teach the people from those towns what Islam is. All that they know about Islam is from the media, and it is related to terrorism. Nous discutons beaucoup des différentes religions.

Comme je l’ai mentionné dans ma déclaration liminaire, nous sommes un des organismes qui tient depuis longtemps une conférence interreligieuse au Canada. On la tient depuis maintenant de nombreuses années, et des gens d’une autre confession ont été invités à parler des similitudes. Cela aide, particulièrement lorsque vous vous rendez dans les petits villages où il est surprenant d’apprendre que de nombreuses personnes ne connaissent même pas l’islam. Les habitants ne savent pas ce que sont les musulmans encore aujourd’hui.

J’ai rencontré un député d’un petit village il y a quelques années, et je lui ai parlé d’Ahmadiyya Muslim Jama’at Canada, et il n’avait aucune idée de quoi je parlais. Donc, il est très important que les médias fassent la promotion de l’islam dans ces petits villages et que des conversations interreligieuses aient lieu afin que nous puissions apprendre aux habitants de ces petits villages ce qu’est l’islam. Tout ce qu’ils connaissent de l’islam provient des médias et concerne le terrorisme. The Chair: Thank you. Professor Jiwani, did you have anything to add? La présidente : Merci.

Madame Jiwani, avez-vous quelque chose à ajouter? Ms. Jiwani: I want to say one thing, which is that oftentimes it is the people who are victimized who have to do this type of work. That often surprises me. Mme Jiwani : J’aimerais dire une chose : souvent, ce sont les victimes qui doivent faire ce genre de travail. Cela me surprend souvent. I remember with the Ahmadiyya community, they had a wonderful initiative in Montreal where they invited people to their homes for dinner.

Part of it was to basically shake up or remove that whole tenor or that appearance and mystique around being different and the terror narrative. Je me rappelle que la communauté ahmadie avait mis en place une superbe initiative à Montréal, dans le cadre de laquelle des personnes appartenant à cette communauté invitaient des personnes chez eux pour un repas. L’un des objectifs étant de modifier la pensée ou l’impression qui sous-tend le fait d’être différent et de cesser d’avoir peur.

Because I have worked so much on violence against women and those areas, seeing racism and Islamophobia as forms of violence, I am left wondering how much of this initiative and impetus is left on the victims of that kind of violence to do that work of educating rather than states or institutions doing that work or being mandated to do that work.

Comme j’ai travaillé beaucoup pour lutter contre la violence faite aux femmes et ce qui s’y rapporte, et comme selon moi, le racisme et l’islamophobie sont des formes de violence, je me demande quelle est la part de responsabilité des victimes de ce genre de violence de mettre en œuvre cette initiative et d’éduquer la population. N’est-ce pas plutôt le travail des États et des institutions de faire ce travail? I wanted to leave the committee with that because I think this is an issue that is part of the whole structural element underpinning Islamophobia.

We need to account for the ways in which relations of power are being perpetuated in this way. Je voulais terminer en posant cette question au comité parce que, selon moi, il s’agit d’une question qui concerne l’origine de l’islamophobie. Nous devons tenir compte de la façon dont les relations de pouvoir favorisent cette situation. 31-10-2022 Droits de la personne 24:19

The Chair: Thank you. It’s interesting, Professor Jiwani, because that was going to be my question in response to something that you said, Mr. Affan. You said that the responsibility lies on us. La présidente : Merci. C’est intéressant, madame Jiwani, parce que c’était la question que j’allais poser en réponse à quelque chose que vous avez dit, monsieur Affan. Vous avez dit que nous sommes tous responsables. Are we placing too much responsibility on Muslims? We are left doing all the work as a community that is sort of, I could say, under siege. We have to do all the work to explain ourselves.

Donnons-nous trop de responsabilités aux musulmans? Nous devons tous faire le travail en tant que communauté qui est, en quelque sorte, si je puis le dire, attaquée. Nous devons tout faire pour nous expliquer. I would also like to know, with respect to the open houses you had, how successful were they? En ce qui concerne les journées portes ouvertes que vous avez tenues, j’aimerais savoir si elles ont été réussies. Mr. Affan: I said that because it works. We have done a lot of open houses. The media is not portraying a positive image of Muslims, so somebody has to do the work.

If the government is not taking this initiative, then it is our responsibility to educate people about the peaceful nature of Islam and how peaceful Muslims are; you can’t relate them to terrorism. M. Affan : J’ai dit ça parce que cela fonctionne. Nous avons tenu beaucoup de journées portes ouvertes. Les médias ne montrent pas les musulmans sous leur meilleur jour, donc quelqu’un doit le faire.

Si le gouvernement ne met pas cette initiative en place, c’est à nous d’éduquer les gens au sujet de la nature pacifique de l’islam et de la façon dont se comportent les musulmans pacifistes : vous ne pouvez pas les lier au terrorisme. We do these open houses where we invite neighbours into the mosque. They can just walk in, chat with people and learn about Islam. Surprisingly, their image of Islam is what they have learned from the media, which is all negative. Nous tenons ces journées portes ouvertes lors desquelles nous invitons des voisins à la mosquée.

Ils peuvent tout simplement y entrer, parler à des personnes et apprendre des choses sur l’islam. Il est surprenant de voir que la perception que quelqu’un a de l’islam provient des médias, ce qui est en tout point une vision négative. I know the responsibility should not be put too much on Muslims, but we have to start from somewhere. If nobody is taking action, somebody has to. Somebody has to educate these people on what Islam is. That’s what we are doing. That’s what we are trying to take a lead in.

Je sais que les musulmans ne doivent pas assumer seuls la responsabilité, mais nous devons commencer quelque part. Si personne ne prend de mesures, quelqu’un doit le faire. Quelqu’un doit éduquer ces personnes quant à ce qu’est l’islam. C’est ce que nous faisons. C’est ce que nous tentons d’atteindre. As the professor mentioned, a couple of years ago, we ran this campaign. During Ramadan, across Canada, a lot of families invited their neighbours to come and break a fast with them. It was a very positive thing because most of them didn’t know about iftar and Ramadan.

Actually, some of them fasted with us in the following years, fasted with Muslim family friends for a whole day, just to experience it. It was a very positive experience. Comme l’a mentionné Mme Jiwani, il y a quelques années, nous avons mené cette campagne. Durant le ramadan, à l’échelle du Canada, de nombreuses familles ont invité leurs voisins à venir mettre fin à un jeûne avec eux. Cela a eu des conséquences positives parce que la plupart d’entre eux ne connaissaient pas ce qu’étaient l’iftar et le ramadan.

En fait, certains d’entre eux ont jeûné avec nous au cours des années suivantes, ils ont jeûné avec des amis qui étaient musulmans durant toute une journée, juste pour vivre l’expérience. L’expérience a été très réussie. Yes, to answer your question, we need to start somewhere. We can’t wait and then just see that things are going to happen. We need to start educating, especially if the government is not taking responsibility or if media is always portraying a negative image of Islam. Oui, pour répondre à votre question, nous devons commencer quelque part. Nous ne pouvons pas attendre que des choses se passent.

Nous devons commencer à éduquer les gens, particulièrement si le gouvernement ne prend pas ses responsabilités ou si les médias continuent de faire mauvaise presse à l’islam. The Chair: Thank you. Professor Jiwani? La présidente : Merci. Madame Jiwani, avez-vous quelque chose à ajouter? Ms. Jiwani: I agree that we should start somewhere, but I’m also thinking of the fact that this has been going on for a long time. When I see younger people, particularly people who I have Mme Jiwani : Je suis d’accord. Nous devons commencer quelque part, mais je pense aussi que la situation dure depuis longtemps.

Lorsque je vois des personnes plus jeunes, 24:20 Human Rights 31-10-2022

the privilege to teach, they are not going to be so patient, and they are not going to stay in a position where they feel like they have to go out there to educate. particulièrement celles qui ont le privilège d’enseigner, selon moi, elles ne seront pas aussi patientes, et elles ne resteront pas dans une position où elles ont l’impression qu’elles doivent éduquer les gens. I think part of the issue, for me, is seeing that rift and also seeing what the impact is when you have marginalized and alienated youth who are always being othered.

How do you create those networks of support in order for them not to be re- victimized over and over again or to become ambassadors of the faith? That’s not their role. Selon moi, une

partie du problème tient à cette fissure et aux conséquences qu’entraîne le fait de marginaliser et d’aliéner des jeunes qui sont toujours qualifiés de différents. Comment pouvons-nous créer ces réseaux de soutien afin qu’ils ne soient pas victimisés encore et toujours ou afin qu’ils puissent devenir des ambassadeurs de la religion? Ce n’est pas leur rôle. So I think there are other elements that have to be worked at structurally. I don’t think we can just place it on the individuals or the families. Donc, sur un plan structural, je pense que nous devrions nous pencher sur d’autres éléments.

Je ne pense pas que nous pouvons tout simplement nous en remettre aux personnes ou aux familles. I also think the other thing that has to be taken into account is intersectionality. We can’t assume that all Muslims are the same and come from the same place. If you’re racialized and a Muslim — for instance, a Somali — how are you going to be dealt with? It’s going to be totally different than if you’re an upper-middle-class Brown body. Je pense aussi que l’autre chose dont il faut tenir compte est l’intersectionnalité.

Nous ne pouvons présumer que tous les musulmans sont les mêmes, et voient les choses du même œil. Si vous êtes racisé et musulman, comme un Somalien, comment allez-vous être traité? Allez-vous être traité différemment que si vous étiez une personne mulâtre appartenant à la classe moyenne supérieure? I think we need to really factor that in with respect to who is being criminalized, isolated and distanced in that way. How do we incorporate them in a way where there is a level of safety and support, even though, going back to the previous example that Mr.

Mouallem also mentioned, that even within the academy, the government and the media, there is no safe place? In each one of these instances, wherever we are being attacked, we are being attacked, and there is nobody standing in. So I think those elements have to be separated out. Je pense que nous devons vraiment tenir compte de ce facteur lorsqu’il est question des personnes qui sont criminalisées, isolées et tenues à l’écart de cette façon. Comment pouvons-nous les insérer de sorte que ces personnes soient en sécurité et soient appuyées même si, si je retourne à l’exemple qu’a aussi mentionné M.

Mouallem plus tôt, au sein du secteur de l’enseignement, du gouvernement et des médias, il n’y a aucune place sécuritaire? Dans chacune de ces circonstances, peu importe où nous sommes attaqués, nous le sommes, et personne n’intervient. Donc, je pense que ces éléments doivent être séparés de façon distincte. Mr. Mouallem: Thank you for asking this question. I’m of two minds. On one hand, I personally understand what a burden it can be to feel this expectation that you need to defend your people and speak on behalf of other Muslims or Arabs or Middle Eastern people.

This is true for every racialized or marginalized group. M. Mouallem : Merci d’avoir posé cette question. Je ne suis pas sûr. D’un côté, je comprends personnellement le fardeau que peut représenter le fait qu’on ait toujours l’impression de devoir défendre nos semblables et de parler au nom d’autres musulmans ou d’autres Arabes ou personnes habitant le Moyen-Orient. C’est vrai pour tous les groupes racisés ou marginalisés. That burden is unfair, but at the same time, what is the alternative to that?

I think the alternative is people who are not representative of that group, who are imposing their ideas of people within that group, speaking on their behalf. Le fardeau est injuste, mais du reste, que pouvons-nous faire? Je pense que l’autre option, c’est que des personnes qui n’appartiennent pas à ce groupe, qui imposent leurs idées qu’elles se font de ce groupe, parlent en leur nom. I think it is important that we cede space to other Muslim people or Black people or Black Muslim people to defend their rights and to speak to their personal experiences.

However, I think that should come from the people who want to take on that role. They will be motivated for a variety of reasons, one of which I think is because they are hopefully being raised and encouraged at an early age to understand what their civil rights Je pense qu’il est important que nous cédions notre place à d’autres musulmans, d’autres Noirs ou d’autres musulmans noirs afin qu’ils défendent leurs droits et parlent de leurs expériences personnelles. Cependant, je pense que cela devrait venir de personnes qui veulent jouer ce rôle.

Elles seront motivées pour diverses raisons, l’une d’elles étant, à mon avis, parce qu’elles sont, je l’espère, encouragées dès leur plus jeune âge 31-10-2022 Droits de la personne 24:21

and human rights are. So with age, one would just naturally want to speak to that and possibly take on leadership roles, where they are in a position like I am today in speaking to this panel. à comprendre en quoi consistent leurs droits civils et leurs droits de la personne. Donc, en vieillissant, il serait tout naturel qu’une personne veuille aborder le sujet et peut-être jouer un rôle de leadership où elle sera en mesure de parler dans le cadre d’une table ronde, comme c’est mon cas aujourd’hui. The Chair: Thank you. Mr. Mouallem, you spoke of cultural education.

We had Nouman Ashraf from the University of Toronto appear at our committee, and he spoke of cultural fluency instead of cultural sensitivity. We were trying to understand what the difference was between cultural sensitivity, cultural fluency and cultural education. What does that mean? How do we enact that in classrooms? When do we start? La présidente : Merci. Monsieur Mouallem, vous avez abordé la question de l’éducation culturelle. M.

Nouman Ashraf de l’Université de Toronto s’est présenté devant notre comité, et il a parlé non pas de sensibilisation aux réalités culturelles, mais plutôt de familiarisation culturelle. Nous tentions de comprendre la différence entre la sensibilisation aux réalités culturelles, la familiarisation culturelle et l’éducation culturelle. Qu’est-ce que cela veut dire? Comment l’appliquer dans les salles de classe? Par où commencer? Mr. Mouallem: I can only guess what it means, just learning this for the first time.

Cultural fluency, though, sounds to me like you’re speaking from a more naturalized education, or you’re speaking as someone who already has the tools to understand, at least somewhat, another person’s cultural background or someone’s culture in general. M. Mouallem : Je peux seulement présumer de la définition, vu que c’est nouveau pour moi aussi.

Mais, selon moi, la familiarisation culturelle, c’est le fait d’aborder la question dans le cadre d’une éducation plus naturelle, où vous parlez comme quelqu’un qui possède déjà les outils pour comprendre, du moins un peu, le contexte culturel d’une autre personne ou la culture de quelqu’un, en général. Presumably, if you do have those tools and feel empowered to do that, it is because you have been well educated, either at the school level or just through your social encounters with people in your communities. That’s what it sounds like to me.

Je présume que si vous possédez ces outils, et que vous vous sentez capable de le faire, c’est parce que vous avez été bien éduqué, soit à l’école, soit durant vos rencontres sociales avec des gens de votre communauté. C’est cela, selon moi. Now, you can maybe tell me whether I’m right or wrong, or maybe one of my co-witnesses knows better. Maintenant, vous pouvez peut-être me dire si j’ai raison ou si j’ai tort, ou peut-être qu’un autre témoin en connaît davantage. The Chair: I think I will turn to Professor Jiwani to step in.

I have always spoken of being culturally sensitive, and then we get cultural education, cultural fluency. I’m trying to remember what he said. La présidente : Je pense que je vais demander à Mme Jiwani d’intervenir. J’ai toujours dit qu’il fallait être sensible sur le plan culturel, et, maintenant, nous parlons d’éducation culturelle et de familiarisation culturelle. J’essaie de me souvenir de ce qu’il a dit. Ms.

Jiwani: The way that I understand cultural fluency is, to use a term which is a little different, is that it is “cultural capital.” So do you have enough cultural capital to be able to understand what the other system is about? Mme Jiwani : Selon moi, la familiarisation culturelle c’est, en d’autres termes, le « capital culturel ». Donc, avez-vous suffisamment de capital culturel pour être en mesure de comprendre en quoi consiste l’autre système? The example that I always use in my classroom is: You go out for a fancy dinner somewhere, and there is all this cutlery lined up.

Would you know which fork to start with and which knife to use? L’exemple que j’utilise toujours en classe est le suivant : vous allez dans un restaurant haut de gamme quelque part, et il y a tous ses couverts alignés. Sauriez-vous quelle fourchette utiliser en premier et quel couteau? Each place has its cultural capital. The cuisine and the culinary area have it. Academia has it. How do you write a letter of support? How do you fill out an application? Chaque domaine possède son capital culturel. Le domaine de la cuisine et le domaine culinaire en possèdent un. Le domaine universitaire en a un.

Comment écrire une lettre d’appui? Comment remplir une demande? If you have those tools, it makes you fluent in that cultural system. When you don’t have the tools, you can’t read the signs. You can’t read what each thing is meant for. Si vous possédez ces outils, vous pouvez composer aisément avec ce système culturel. Lorsque vous ne possédez pas les outils, vous ne pouvez pas lire les signes. Vous ne pouvez pas interpréter ce que chaque chose veut dire. 24:22 Human Rights 31-10-2022

When you’re on the highway going to Quebec, if you don’t know French, you’re not going to understand what those signs are that are telling you to slow down, because they are in French. Lorsque vous êtes sur l’autoroute en direction de Québec, si vous ne comprenez pas le français, vous ne comprendrez pas ce que les panneaux veulent dire, et qu’ils vous incitent à ralentir parce qu’ils sont en français. It’s knowing the system. It’s having the capital to understand the system. Il faut connaître le système. C’est le fait de posséder le capital pour comprendre le système. The Chair: Thank you very much.

La présidente : Merci beaucoup. Senator Jaffer: From all the answers you have given, there are so many questions, but as a practising Muslim, I don’t want to do the good work that the Ahmadiyya community does. I feel that I’m a full member of Canadian society. Muslims don’t need to educate because, as Professor Jiwani said, it always falls on us. But we don’t have a choice. La sénatrice Jaffer : J’ai énormément de questions à la suite des réponses que vous avez données, mais en tant que musulmane pratiquante, je ne veux pas faire le bon travail que la communauté ahmadie fait.

J’ai l’impression d’être un membre à part entière de la société canadienne. Les musulmans n’ont pas besoin d’éduquer qui que ce soit, comme l’a dit Mme Jiwani, c’est toujours à nous de le faire. Mais nous n’avons pas le choix. Mr. Affan, your community does a very effective job, or used to during all the years I have been here, of reaching out to parliamentarians and doing a lot of active work with parliamentarians. Do you think that was effective? Do you see any change on the ground with the tremendous work you have done?

Monsieur Affan, votre communauté fait un travail très efficace, ou du moins elle le faisait au cours de toutes les années que j’ai passées là-bas, afin de communiquer avec les parlementaires et de travailler activement avec eux. Pensez-vous que le travail a été utile? Pensez-vous que tout le travail que vous avez fait a entraîné un quelconque changement concret? Mr. Affan: Yes. As I was just mentioning before, working with parliamentarians helps them to understand what the true teachings of Islam are and what Islam is.

Also, they can take it back to their ridings, and when they are talking to people, they can explain it. We have seen many parliamentarians who didn’t know anything about Islam, but after coming to our events and interacting with us, they happen to know about Islam. M. Affan : Oui. Comme je l’ai mentionné précédemment, le fait de travailler avec les parlementaires les aide à comprendre la vraie doctrine de l’islam et en quoi elle consiste. Ils peuvent aussi ramener leurs nouvelles connaissances dans leur circonscription, et lorsqu’ils parlent à des personnes, ils peuvent expliquer en quoi consiste l’islam.

Nous avons rencontré de nombreux parlementaires qui ne connaissaient rien à l’islam, mais après avoir participé à nos événements et interagi avec nous, ils ont pu apprendre ce que c’était. I will give you an example. Two years ago, I met an MP. He had no idea what iftar is, what Ramadan is, and what Muslim culture is, and what the difference between Islam and other religions is. His knowledge was only based on the media. I’m talking about an MP from a small town. After that, he learned a lot.

Now he is taking those things back into his community and trying to help the people there understand what Islam is and taking that negativity out from those people who have no idea about Islam. Je vais vous donner un exemple. Il y a deux ans, j’ai rencontré un député. Il ne savait pas ce qu’était l’iftar, ce qu’était le ramadan et en quoi consistait la culture musulmane; il ne savait pas non plus quelles étaient les différences entre l’islam et les autres religions. Ses connaissances tenaient seulement à ce qui avait été dit dans les médias. Je parle d’un député provenant d’un petit village.

Après nous avoir rencontrés, il en a appris beaucoup. Maintenant, il ramène ce nouveau bagage dans sa collectivité, et tente d’aider les personnes là-bas à comprendre ce qu’est l’islam et s’efforce de modifier l’idée défavorable de l’islam que se font les personnes qui ne connaissent rien à cette religion. So, yes, it has helped over the years to educate, and it felt very good — I hope I answered your question. Donc, oui, le fait d’éduquer a été utile au cours des dernières années, et nous nous sommes sentis heureux de le faire. J’espère que j’ai répondu à votre question.

Senator Jaffer: My question is quite big, but maybe I can cut it down. It is to all three of you, starting with you, Professor Jiwani. The hearings we had, especially in Edmonton, are really haunting me. I heard from the women in Edmonton that they were assaulted — maybe Mr. Mouallem can speak on this — and La sénatrice Jaffer : Ma question est assez vaste, mais je peux peut-être la segmenter. Elle s’adresse à vous trois, et je commencerais avec vous, madame Jiwani. Ce que nous avons entendu, particulièrement à Edmonton, me hante. Des femmes, à Edmonton, m’ont dit qu’elles ont été agressées — M.

Mouallem 31-10-2022 Droits de la personne 24:23

when they laid the complaint, it was they who were charged. I was really shocked by that. You know, when — talked about police education, I thought we had done a lot of police education on Islam. What more do we have to do as Muslims? peut peut-être aborder ce sujet —, et lorsqu’elles ont déposé une plainte, ce sont elles qui ont été accusées. J’ai été très surprise. Vous savez, lorsque nous avons parlé de la formation policière... je pensais que nous avions dispensé beaucoup de formation policière sur l’islam. Que pouvons-nous faire de plus à

titre de musulmans? Ms. Jiwani: I’m going to go back to the previous question and tie it into this one, because this is where I think they are really linked. Mme Jiwani : Je vais revenir à la question précédente et la lier à celle-ci, parce que je pense que ce sujet les lie vraiment ensemble. The Chair: May I just say something? We heard a similar story of a mother who was abused, and the police came and charged her too. There seems to be a pattern with our police, where they will quite often charge the victim. La présidente : Pourrais-je seulement dire quelque chose?

Nous avons entendu une histoire semblable d’une mère qui a été maltraitée, et la police est venue et l’a accusée elle aussi. Il semble y avoir un modèle au sein de notre police, dans le cadre duquel elle accusera assez souvent la victime. Ms. Jiwani: It reminds me of the zero-tolerance-on-violence issue that, as women’s groups, we had really fought against, because when you have zero tolerance, you’re assuming that both parties are the same. The women who would call the police were often the ones who would end up in jail, because they were seen to be equally culpable.

Mme Jiwani : Cela me rappelle la question de tolérance zéro à l’égard de la violence. De nombreux groupes de femmes ont vraiment milité en faveur de cela, parce que lorsque la tolérance est zéro, vous présumez que les deux parties sont égales. Les femmes qui appelaient la police étaient souvent celles qui finissaient en prison parce qu’elles étaient perçues comme aussi coupables que l’autre personne. So there is that one area, but I want to go back to the notion of context, because that initial contact that the Ahmadiyya community makes, that’s a crucial contact point.

But the thing is, does it translate to other areas? Donc, il y a cet aspect, mais j’aimerais revenir à la question du contexte, parce que ce premier contact que la communauté ahmadie initie constitue un point de contact primordial. Mais, pouvons-nous l’appliquer ailleurs? The most recent report that came out about the Canadian border guards, for instance, stigmatizing and profiling Muslims, shows you that encounters with institutions is where we have a problem.

Whether it’s the police, whether it’s the education institution, each one of these institutional bodies is where the encounter happens, and the profiling and securitization of Muslims is something that is being passed down. Le rapport le plus récent qui a été publié au sujet des gardes- frontières canadiens qui stigmatisent les musulmans et font du profilage racial à leur endroit, par exemple, montre que le problème tient aux interactions avec les institutions.

Que ce soit dans la police, ou dans le système d’éducation, ce genre d’interaction se produit dans chacun de ces organismes institutionnels, et le fait d’inspecter à des fins de sécurité les musulmans et de faire du profilage à leur endroit est quelque chose qui se transmet. When a group is considered to be a problem group, it doesn’t matter if the women are also the victim, because they are still seen as a problem, and the problem also gets incarcerated. Lorsqu’un groupe est perçu comme un groupe posant problème, le fait que des femmes sont aussi les victimes n’est pas impo

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CollectionSenate Committees
CitationRIDR / Evidence / 24ev-55776
Typecommittee
Volume / chapter441 / Evidence / 24ev-55776
Languageen
Formatpdf
SourceCOMM_SEN
Identifierd34ae5397e57d5c61b1b05112a10f0c738368d0f

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