Senate Committee — RIDR — Evidence — 23ev-55748

RIDR / Evidence / 23ev-55748

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Senate Committee — RIDR — Evidence — 23ev-55748

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EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Monday, October 24, 2022 OTTAWA, le lundi 24 octobre 2022 The Standing Senate Committee on Human Rights met with videoconference this day at 4:03 p.m. [ET] to examine such issues as may arise from time to time relating to human rights generally. Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se réunit aujourd’hui, avec vidéoconférence, à 16 h 3 (HE) pour examiner les questions qui peuvent survenir concernant les droits de la personne en général. Senator Salma Ataullahjan (Chair) in the chair.

La sénatrice Salma Ataullahjan (présidente) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Chair: Good afternoon, and welcome to this meeting. I am Salma Ataullahjan, senator from Toronto and chair of this committee. La présidente : Bonjour et bienvenue à la séance. Je me présente : Salma Ataullahjan, sénatrice de Toronto et présidente du comité. I will now introduce the members of the committee who are participating in this meeting: Senator Arnot from Saskatchewan, Senator Omidvar from Ontario, Senator Jaffer from British Columbia, Senator Gerba from Quebec and Senator Manning from Newfoundland and Labrador.

Je vais présenter les membres du comité qui participent à la séance : le sénateur Arnot de la Saskatchewan, la sénatrice Omidvar de l’Ontario, la sénatrice Jaffer de la Colombie- Britannique, la sénatrice Gerba du Québec et le sénateur Manning de Terre-Neuve-et-Labrador. Our committee is studying Islamophobia under its general order of reference. Our study will cover, among other matters, the role of Islamophobia with respect to online and offline violence against Muslims, gender discrimination and discrimination in employment, including Islamophobia in the federal public service.

Our study will also examine the sources of Islamophobia; its impact on individuals, including mental health and physical safety; and possible solutions and government responses. Le comité étudie l’islamophobie en vertu de son ordre de renvoi général. L’étude porte notamment sur le rôle de l’islamophobie dans la violence en ligne et hors ligne contre les musulmans, la discrimination fondée sur le sexe et la discrimination en matière d’emploi, y compris l’islamophobie dans la fonction publique fédérale.

L’étude s’intéresse également aux sources de l’islamophobie, à ses répercussions sur les personnes, notamment aux plans de la santé mentale et la sécurité physique, ainsi qu’aux solutions et aux interventions gouvernementales possibles. After holding two meetings in Ottawa in June, our committee held public meetings last month in Vancouver, Quebec City and Toronto. In addition, we visited mosques in each of those cities. Today, we are continuing our public meetings in Ottawa to hear from national organizations and from representatives from other parts of our country.

Après deux séances qui ont eu lieu à Ottawa en juin, le comité a tenu des séances publiques le mois dernier à Vancouver, à Québec et à Toronto. De plus, il s’est rendu dans des mosquées de chacune de ces villes. Aujourd’hui, il poursuit ses séances publiques à Ottawa pour entendre les représentants d’organismes nationaux et d’autres régions de notre pays. Let me provide some details about our meeting today. This afternoon, we shall have two one and one-and-a-half-hour panels, with a 15-minute break between panels.

In each panel, we will hear from the witnesses, and then the senators will have a question-and-answer session. Voici quelques détails sur le déroulement de la séance. Cet après-midi, nous entendrons, pendant une heure et demie chacun, deux groupes de témoins. Entre l’audition du premier groupe et les témoignages du deuxième, il y aura une pause de 15 minutes. Pour chacun des groupes, nous entendrons d’abord les témoins, puis les sénateurs poseront des questions. Now I will introduce our first panel of witnesses. Each witness has been asked to make an opening statement of five minutes.

We will hear from all witnesses and then turn to questions from senators. Voici maintenant le premier groupe de témoins. Chacun a été invité à faire une déclaration liminaire de cinq minutes. Nous entendrons tous les témoins avant de passer aux questions des sénateurs. We have with us Nuzhat Jafri, Executive Director, Canadian Council of Muslim Women; Maryam Khan, Assistant Professor, Faculty of Social Work, Wilfrid Laurier University; and Ali Lakhani, Editor, Sacred Web.

Nous accueillons donc Nuzhat Jafri, directrice générale du Conseil canadien des femmes musulmanes, Maryam Khan, professeure adjointe à la faculté de travail social de l’Université Wilfrid Laurier, et Ali Lakhani, éditeur de Sacred Web. 24-10-2022 Droits de la personne 23:1

I will now invite Ms. Jafri to make her presentation. J’invite maintenant Mme Jafri à présenter son exposé. Nuzhat Jafri, Executive Director, Canadian Council of Muslim Women: Thank you, Senator Ataullahjan. I would like to thank the Standing Senate Committee on Human Rights for its study on Islamophobia. Nuzhat Jafri, directrice générale, Conseil canadien des femmes musulmanes : Merci, sénatrice Ataullahjan. Je tiens à remercier le Comité sénatorial permanent des droits de la personne d’avoir entrepris une étude sur l’islamophobie.

I’m speaking to you from the traditional territory of the Anishinabek and Haudenosaunee peoples. It is also the land of the Petun and Huron/Wendat peoples, and it is recognized officially as the land of the Mississaugas of the Credit. This land is now home to many diverse First Nations, Inuit and Métis peoples. As Canadian Muslim women, we stand in solidarity with Indigenous women and girls. Je m’adresse à vous depuis le territoire traditionnel des Anishinabes et des Haudenosaunees.

C’est aussi le territoire des Pétuns et des Hurons/Wendat, et il est reconnu officiellement comme le territoire des Mississaugas de Credit. Ce territoire abrite maintenant de nombreux peuples des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Les musulmanes canadiennes sont solidaires des femmes et des filles autochtones. CCMW is an organization dedicated to the equality, equity and empowerment of Canadian Muslim women and girls that was founded in Winnipeg, Manitoba, in 1982 by the late Dr.

Lila Fahlman and a group of determined Muslim women who sought to channel their passion for faith-centred social justice work and create a more inclusive Canada for all. CCMW is a registered charity, with 17 chapters across Canada.

Le conseil est un organisme voué à l’égalité, à l’équité et à l’autonomisation des femmes et des filles musulmanes canadiennes qui a été fondé à Winnipeg, au Manitoba, en 1982, par la regrettée Lila Fahlman et un groupe de femmes musulmanes déterminées qui cherchaient à canaliser leur passion pour un travail de justice sociale inspiré par leur foi et à bâtir un Canada plus accueillant pour tous. Il s’agit d’un organisme de bienfaisance enregistré qui compte 17 sections réparties un peu partout au Canada.

Respecting the diversity of our communities, we approach our work through an intersectional lens and recognize our diverse identities and expressions. We are but one voice among many. Dans le respect de la diversité de nos communautés, nous abordons notre travail sous un angle intersectionnel et reconnaissons la diversité de nos identités et modes d’expression. Nous ne sommes qu’une voix parmi tant d’autres. My remarks will focus on Islamophobia as it affects Muslim women and girls. Mes observations porteront sur l’islamophobie qui touche les femmes et les filles musulmanes.

During the last five years, there have been 11 hate-motivated murders of Muslims in Canada, the highest among the G7. With these murders and a spate of hate-motivated attacks on Black Muslim women in hijabs in Calgary, Edmonton, the GTA and elsewhere in Canada, murder as the ultimate result of this hatred and violence is not a surprise. Perpetrators of the murders and assaults are often radicalized online and then act out in violent ways in person. Ces cinq dernières années, il y a eu au Canada 11 meurtres de musulmans, soit le nombre le plus élevé parmi les pays du G7. Ces crimes étaient motivés par la haine.

Compte tenu de ces meurtres et d’une vague d’attaques également motivées par la haine contre des musulmanes noires à Calgary, à Edmonton, dans la région du Grand Toronto et ailleurs au Canada, il n’y a pas lieu de s’étonner que le meurtre soit l’aboutissement ultime de cette haine et de cette violence. Les auteurs des meurtres et des agressions se sont souvent radicalisés en ligne et sont ensuite passés à l’acte.

Since these murders and ongoing assaults, Muslim women and girls, particularly those who are visible by their attire, are afraid to leave their homes to go to work, school and for other routine activities. They experience this violence because of the intersections of misogyny, racism and religion, particularly anti- Black racism. Eighty-seven per cent of Muslim women in Canada are racialized. Gendered Islamophobia is real. Incidents of being harassed, spat on, subjected to racial slurs, and physical and verbal abuse are the lived realities of Muslim women and girls in Canada.

À cause de ces meurtres et de ces agressions constantes, les femmes et les filles musulmanes, en particulier celles qui se font remarquer par leur tenue vestimentaire, ont peur de quitter leur domicile pour aller au travail et à l’école ou de participer à d’autres activités courantes. Elles sont visées par cette violence à cause de la conjugaison de la misogynie, de la religion et du racisme, en particulier du racisme contre les Noirs. Quatre-vingt- sept pour cent des femmes musulmanes au Canada sont racialisées. L’islamophobie sexospécifique est réelle.

Voici ce que vivent les femmes et les filles musulmanes au Canada : harcèlement, crachats, insultes à caractère racial et violence physique et verbale. 23:2 Human Rights 24-10-2022

In Quebec, the situation is even worse because of an unjust law where systemic Islamophobia is sanctioned by the provincial government and Quebecois Muslim women are denied employment in the public sector because of what they wear. The law gives permission to discriminate against Muslim women in the province with little chance of recourse. According to successive studies CCMW has undertaken, Muslim women throughout Canada experience high levels of underemployment and unemployment compared with women of other faiths.

They also have higher levels of education but barriers such as lack of Canadian experience, non-recognition of international credentials, and pervasive racism and Islamophobia have worsened their employment outcomes. Au Québec, la situation est encore pire à cause d’une loi injuste par laquelle le gouvernement provincial sanctionne l’islamophobie systémique et qui ôte aux musulmanes québécoises, à cause de leur tenue vestimentaire, toute possibilité de travailler dans le secteur public. La loi autorise la discrimination contre les musulmanes dans la province, et les recours sont rares.

Selon des études successives du CCFM, les musulmanes de partout au Canada connaissent des niveaux élevés de sous-emploi et de chômage comparativement aux femmes d’autres confessions. Elles ont également des niveaux de scolarité plus élevés, mais des obstacles comme le manque d’expérience canadienne, la non-reconnaissance des titres de compétence étrangers et le racisme et l’islamophobie généralisés ont aggravé leur situation en matière d’emploi. Muslim women experience discrimination and prejudice in all facets of life, be it education, transportation, housing, health care, while shopping and so on.

Their experiences are well documented in the stories they have shared with us over the years. Les musulmanes sont victimes de discrimination et de préjugés dans tous les aspects de la vie, que ce soit l’éducation, le transport, le logement, les soins de santé, les emplettes et ainsi de suite. Leurs expériences sont bien documentées dans les anecdotes qu’elles nous ont racontées au fil des ans. Policy and legislative responses must consider the effects of gendered Islamophobia on the daily lives of Muslim women and their ability to function safely in all walks of life from an intersectional lens.

Canada needs to pass meaningful legislation to address online hate through effective regulation, better reporting of hate crimes and complaint mechanisms, and disaggregated data collection that considers diverse intersectional identities. The trauma caused by Islamophobia and living in constant fear, exacerbated further by the pandemic, are taking a toll on our mental health and well-being. We implore the government of Canada to take swift action. Thank you.

Les politiques et les mesures législatives doivent tenir compte des effets de l’islamophobie sexospécifique sur la vie quotidienne des musulmanes et leur capacité de fonctionner en toute sécurité dans tous les milieux, compte tenu de la dimension de l’intersectionnalité. Le Canada doit légiférer énergiquement pour lutter contre la haine en ligne au moyen d’une réglementation efficace, d’une meilleure déclaration des crimes haineux, de mécanismes de plainte et d’une collecte de données ventilées qui tient compte des diverses identités intersectionnelles.

Le traumatisme causé par l’islamophobie et le fait de vivre dans la peur constante, exacerbée par la pandémie, ont des répercussions sur notre santé mentale et notre bien-être. Nous implorons le gouvernement du Canada d’agir rapidement. Merci. The Chair: Thank you very much. I’ll turn now to Maryam Khan. La présidente : Merci beaucoup. Maryam Khan a maintenant la parole. Maryam Khan, Assistant Professor, Faculty of Social Work, Wilfrid Laurier University: Thank you to the standing committee for having me.

Maryam Khan, professeure adjointe, Faculté du travail social, Université Wilfrid Laurier : Je remercie le comité permanent de m’avoir invitée. For me, this a very important topic, and my research is very much involved in my own identity as a queer Muslim woman. I’m an assistant professor at Laurier, and my research and scholarship examine an intersectional queer Muslim identity, or a queer Muslim intersectionality.

By “intersectional,” I am referring to the theoretical approach, which was developed by Black feminist scholars, which seeks to examine how positionality markers such as ethnicity, ability, race, sexuality, religiosity, spirituality, et cetera, coalesce and come together and impact a person’s experiences within Canadian society. J’attache une grande importance à la question à l’étude, et mes recherches sont étroitement liées à ma propre identité de musulmane queer. Je suis professeure adjointe à l’Université Wilfrid Laurier.

Mes recherches et mes études portent sur une identité intersectionnelle musulmane queer, ou l’intersectionnalité musulmane queer. Le terme « intersectionnel » renvoie à une approche théorique élaborée par des universitaires féministes noires. Par cette approche, on cherche à voir comment les marqueurs de positionnalité comme l’ethnicité, la capacité, la race, la sexualité, la religion, la spiritualité et d’autres facteurs se conjuguent et influencent les expériences de la personne dans la société canadienne. 24-10-2022 Droits de la personne 23:3

So my work particularly aims to increase the resource, social and the cultural capital of queer, non-binary and trans Muslims. My work seeks to look at the identities in a robust way that doesn’t separate religiosity from sexuality. Oftentimes, there are many different accounts of you can only be queer or Muslim, so there are a lot of normative discourses that my work seeks to challenge. Mon travail vise donc plus particulièrement à accroître les ressources, le capital social et le capital culturel des musulmans queers, non binaires et trans.

Il aborde les identités d’une manière robuste qui ne dissocie pas la dimension religieuse de la sexualité. Il est souvent dit qu’on ne peut être que queer ou que musulman. Il y a donc bien des discours normatifs que mon travail cherche à remettre en question. In all my own work with queer Muslims and in my own lived experiences and being involved in the queer Muslim community as an organizer as well as a social worker, it’s important that the normative LGBTQ+ community really examines its own Islamophobia, because queer Muslims face intense Islamophobia in the larger queer community. This can look very different.

This can look like the constant denying of a Muslim identity or the constant denying of a sexual and gender-diverse identity. Dans tout mon travail auprès des musulmans queers, ma propre expérience vécue et mon engagement dans la communauté musulmane queer en tant qu’organisatrice et travailleuse sociale, je constate qu’il est important que la communauté LGBTQ+ normative réfléchisse vraiment à sa propre islamophobie, car les musulmans queers font face à une islamophobie intense dans la communauté queer plus générale. Cette réalité peut sembler très différente.

Elle peut s’assimiler à la négation constante d’une identité musulmane ou à la négation constante d’une identité sexuelle et d’identités de genre diverses. Also, normative LGBTQ+ service providers, for example, in health care and social services, don’t have adequate training to support queer Muslims. Oftentimes, when queer Muslims are engaging with the LGBTQ+ community in terms of services related to mental health, counselling or any kind of settlement services, there is a lot of education that queer Muslims end up doing, and that is troubling for me to hear from people in the community and through research.

De plus, les fournisseurs de services dans la communauté LGBTQ+ normative, par exemple, dans les soins de santé et les services sociaux, n’ont pas la formation voulue pour soutenir les musulmans queers. Souvent, lorsqu’ils interagissent avec la communauté LGBTQ+ pour recevoir des services liés à la santé mentale, au counseling ou à tout autre type de service d’établissement, les musulmans queers finissent par faire beaucoup de sensibilisation. Mes recherches et ce que disent les membres de la communauté ont quelque chose de troublant.

There is also a pervasive discourse within the larger Canadian society that constructs Islam and Muslims as inherently transphobic, biphobic and homophobic, and my work seeks to challenge that. Il y a aussi un discours omniprésent dans l’ensemble de la société canadienne : l’islam et les musulmans seraient fondamentalement transphobes, biphobes et homophobes. Mon travail vise à remettre en question ce point de vue. Of course, there is the evidence of Muslim, bi, trans and homophobia that is a real thing, and queer Muslims do experience that.

At the same time, painting all Muslims and different types of Islam as inherently homophobic and transphobic is problematic. Bien sûr, la réalité de l’islamophobie, de la biphobie, de la transphobie et de l’homophobie est indéniable, et les musulmans queers vivent cette réalité. En même temps, il y a un problème si on qualifie d’homophobes et de transphobes tous les musulmans et les différents types d’islam. I would like to highlight that there has been an increase in religious conservatism that has played into the oppression LGBTQ+ folks, particularly religious LGBTQ+ folks in Canada.

I am from the Waterloo region, and today is election day. I don’t know if you’ve seen it in the news, but there’s been so much media attention about some of the anti-trans and homophobic candidates who want a platform in the elections. Je tiens à souligner que l’accentuation du conservatisme religieux a joué un rôle dans l’oppression des personnes LGBTQ +, en particulier les personnes LGBTQ+ religieuses au Canada. Je viens de la région de Waterloo, et c’est aujourd’hui jour d’élection.

J’ignore si vous l’avez constaté, mais les médias ont accordé beaucoup d’attention à certains candidats anti-trans et homophobes qui veulent se faire entendre à l’occasion des élections. Some of the impacts on queer Muslims are poor mental health outcomes, suicidality and substance use within queer Muslim communities. Due to the Islamophobic othering, queer Muslims don’t come out as Muslim because there is a fear of being exoticized and tokenized because you have to tell your story about, “Oh, did your parents try to hurt you?” Or, “What happened to you?” It is seen as entertainment.

Certaines des répercussions sur les musulmans queers sont un état de santé mentale médiocre, des tendances suicidaires et la consommation de drogues dans les communautés musulmanes queers. En raison de l’exclusion islamophobe, les musulmans queers ne s’affirment pas comme musulmans, car ils ont peur d’être considérés comme des personnes étranges et d’être tokenisés puisqu’ils sont mis en demeure de raconter leur 23:4 Human Rights 24-10-2022

histoire : « Vos parents ont-ils essayé de vous faire du mal? » Ou : « Que vous est-il arrivé? » La présence de musulmans queers est considérée comme un divertissement. Another impact is the prevalence of violence experienced by queer Muslims who are targeted based on religious identity; it could be your name or ethnicity. That is rampant within the LGBTQ+ dating scene. Un autre effet est la prévalence de la violence subie par les musulmans queers qui sont ciblés en raison de leur identité religieuse; ce peut être à cause de leur nom ou de leur origine ethnique.

C’est courant dans les milieux de rencontres entre personnes LGBTQ+. The other impact that I wanted to share with you is the targeted violence orchestrated by family members and ethno- racial communities that queer Muslims experience. L’autre impact que je souhaite signaler est la violence dont les musulmans queers sont la cible, violence orchestrée par des membres de leur famille et de leur milieu ethno-racial. Another impact is that when queer Muslims seek services within the health care and social services arena, there is a lack of culturally relevant programs and services.

That needs to be championed, because people are experiencing Islamophobic and racist comments, particularly within the queer Muslim women demographic. They’re constructed as not having agency and are seen as helpless. Often, Muslim women and queer Muslim women are not seen as agentic. Autre conséquence, lorsque les musulmans queers demandent des soins de santé et des services sociaux, les programmes et services adaptés à leur culture font défaut. Il faut préconiser une adaptation de ces services, car ces musulmans, et plus particulièrement les musulmanes queers, sont la cible de propos islamophobes et racistes.

On considère qu’elles sont dépourvues de toute capacité d’agir, qu’elles sont démunies. Il arrive souvent que les musulmanes et notamment les musulmanes queers soient perçues comme privées de toute capacité d’agir. Of course, there is a lack of affirmative resources on how to support queer Muslims, so affirmative resources need to happen. Bien sûr, il y a un manque de ressources pour aider les musulmans queers à s’affirmer. Ces ressources sont une nécessité.

One of my recommendations, based on my research, work and grounding in the community is to have a federal Islamophobic strategy and to work with municipalities and regions across Canada to develop competency and resources for queer Muslims across health care, education, social services and some of the other sectors.

Je recommande notamment, en m’appuyant sur mes recherches, mon travail et mon enracinement dans la communauté, d’adopter une stratégie fédérale de lutte contre l’islamophobie et de travailler avec les municipalités et les régions de tout le Canada à se doter de compétences et de ressources pour accompagner les musulmans queers dans les domaines des soins de santé, de l’éducation, des services sociaux et dans certains autres secteurs. My next recommendation is to have protected funding for queer Muslim organizations that actually do the work with queer Muslim communities.

Right now, no funding is offered by the government. Salaam Canada, which has been a very strong voice for queer Muslims, recently closed after 30 years in the community because there is no funding from any particular body, particularly the government. It is very much based on volunteerism, and the funds are not there. Je recommande aussi de prévoir des fonds spécialement réservés aux organisations des musulmans queers qui travaillent concrètement avec les communautés musulmanes queers. À l’heure actuelle, le gouvernement ne leur offre aucun financement.

Salaam Canada, qui est une voix très forte pour les musulmans queers, a récemment fermé ses portes après 30 ans, faute de recevoir des fonds d’un organisme ou du gouvernement. Il faut s’appuyer sur le bénévolat, et les fonds ne sont pas là.

Finally, I wanted to mention having a mandate for all social service and health care organizations to take professional development courses to understand queer Muslim intersectionality and to get that equity training so people can unpack and learn their own personal and professional biases and to have more meaningful community forums, meetings with queer Muslims to learn about some of the issues happening in the community.

Enfin, il devrait être obligatoire dans tous les services sociaux et les services de santé de suivre des cours de perfectionnement professionnel pour comprendre l’intersectionnalité musulmane queer et de prendre une formation sur l’équité afin que ceux qui y travaillent puissent analyser et comprendre leurs propres préjugés personnels et professionnels. Il faudrait avoir des forums communautaires plus significatifs, des rencontres avec des musulmans queers pour se renseigner sur certains des problèmes qui surviennent dans la communauté. Thank you. Merci. 24-10-2022 Droits de la personne 23:5

The Chair: Thank you very much. La présidente : Merci beaucoup. I will now turn to Ali Lakhani. Je cède maintenant la parole à Ali Lakhani. M. Ali Lakhani, Editor, Sacred Web: Honourable senators, members of the Standing Senate Committee on Human Rights, thank you for inviting me to make a presentation. M. Ali Lakhani, éditeur, Sacred Web : Honorables sénateurs et membres du Comité sénatorial permanent des droits de la personne, merci de m’avoir invité à vous présenter un exposé. I will use my five minutes first by briefly introducing myself and then speaking about my perspective.

About myself, I’m a lawyer who has been practising in Vancouver for over 40 years, including at the Supreme Court of Canada. Je vais utiliser mes cinq minutes d’abord pour me présenter et ensuite expliquer mon point de vue. Je suis avocat et je pratique à Vancouver depuis plus de 40 ans, y compris à la Cour suprême du Canada. Some 25 years ago, I founded a journal called Sacred Web whose focus is to apply traditional “first principles” to issues of the modern world.

The journal has been endorsed by, among others, Prince Charles, as he then was, now King Charles III, who introduced both the Sacred Web conferences; and by other scholars and religious leaders such as His Holiness the Dalai Lama, Karen Armstrong, and others. Sacred Web is now the leading journal in its field and has published a lot of articles on both Islam and Islamophobia. Il y a environ 25 ans, j’ai fondé une revue Sacred Web, dont l’objectif est d’appliquer les « premiers principes » traditionnels aux enjeux du monde moderne.

Le journal a été appuyé, entre autres, par le prince Charles, désormais le roi Charles III, qui a présenté les deux conférences du Sacred Web, et par d’autres universitaires et chefs religieux comme Sa Sainteté le dalaï-lama, Karen Armstrong et d’autres. Sacred Web est maintenant la publication de premier plan dans son domaine. De nombreux articles sur l’islam et l’islamophobie y ont paru. I’m not formally trained as a scholar. However, in 2001, I was awarded the first prize at the Imam Ali International Conference in Tehran for my paper on the roots of Muslim jurisprudence.

I have written four books, including an intellectual biography, if I can put it that way, on the thought of His Highness the Aga Khan, the leader of my Ismaili community, some of whose thinking I will be referencing today. Je n’ai pas de formation officielle spécialisée dans le domaine, mais, en 2001, j’ai reçu le premier prix à la conférence internationale sur l’imam Ali à Téhéran pour mon

article sur les racines de la jurisprudence musulmane. J’ai écrit quatre livres, dont une biographie intellectuelle, si je puis dire, sur la pensée de Son Altesse l’Aga Khan, le dirigeant de ma communauté ismaélienne, dont je vais vous parler aujourd’hui. Turning to the substance now, your briefing note indicated that you would like the opening statement to focus on gendered intersectional and intergenerational impacts of anti-Muslim hate and how different groups are affected. This is not precisely my area of expertise. In fact, my approach is very different to the one that your briefing note adopts.

I would suggest that we adopt a different lens. Instead of focusing on identity interests and intersectional interests, I would propose a wider framing of the issue. Passons au sujet proprement dit. Votre note d’information précise que vous souhaitez que les exposés liminaires portent sur les répercussions intersectionnelles et intergénérationnelles sexospécifiques de la haine envers les musulmans et sur la façon dont différents groupes sont touchés. Ce n’est pas exactement mon domaine de compétence. En fait, mon approche est très différente de celle que traduit votre note d’information.

Je propose que nous adoptions un point de vue différent. Au lieu de mettre l’accent sur les intérêts identitaires et les intérêts intersectionnels, je proposerais d’aborder la question dans une optique plus large. Islamophobia definitely exists, but we need to understand why it exists and to find some solutions for it. The academic categories which are influenced by postmodern exposés of power frames, and intersectional discrimination is one way to approach it. Identity politics is another. My own preference is a wider framing of looking at these issues in terms of a loss of dignity, an attack on human dignity.

L’islamophobie existe bel et bien, mais il faut comprendre pourquoi elle existe et trouver des solutions. Les catégories universitaires qui sont influencées par les exposés postmodernes des cadres de pouvoir et la discrimination intersectionnelle sont une façon d’aborder la question. La politique identitaire en est une autre. Pour ma part, je préfère aborder ces questions sous l’angle d’une perte de dignité, d’une atteinte à la dignité humaine. I’ll quote G.K.

Chesterton, who said, “When people begin to ignore human dignity, it will not be long before they begin to ignore human rights.” Since this is the Standing Senate Committee on Human Rights, I thought that quotation was Je vais citer G.K. Chesterton, qui a dit : « Quand on commence à mépriser la dignité humaine, on n’est pas loin de bafouer les droits fondamentaux. » Puisqu’il s’agit ici du Comité sénatorial permanent des droits de la personne, il m’a semblé 23:6 Human Rights 24-10-2022

pertinent to framing the issues as I would like to see them framed. opportun d’évoquer cette réflexion pour mieux situer les enjeux dans leur contexte. What happens when dignity is ignored in the context of Muslim hate? Well, first, you get intellectual opposition. One example would be Samuel P. Huntington’s The Clash of Civilizations thesis, which has been much challenged by Edward Said, who sees Islamophobia as an Orientalist projection; or by His Highness the Aga Khan, who says it is better to speak of a clash of mutual ignorances than a clash of civilizations.

Qu’arrive-t-il lorsqu’on agit au mépris de la dignité dans le contexte de la haine des musulmans? Tout d’abord, on en arrive à une opposition intellectuelle. Un exemple serait la thèse que Samuel P. Huntington soutient dans Le Choc des civilisations , vigoureusement contestée par Edward Said, qui voit l’islamophobie comme une projection orientaliste, ou par Son Altesse l’Aga Khan, selon qui il vaut mieux parler d’un choc entre ignorances mutuelles que d’un choc de civilisations. Similarly, in academic and journalistic settings, there is plenty of evidence of studies on bias.

Studies have been done on this, and I can reference some of them later. Hate speech, profiling, harassment, discrimination, vandalism and violence are all ways in which Islamophobia is expressed. De même, dans les milieux universitaires et journalistiques, il ne manque pas d’études sur les préjugés. Des études ont été faites à ce sujet, et je pourrai vous en citer quelques-unes plus tard. Le discours haineux, le profilage, le harcèlement, la discrimination, le vandalisme et la violence sont autant de manifestations de l’islamophobie. What are the sources of Muslim hate? I’d like to point to four.

The first is a distortion of Islam, a mischaracterization of concepts like sharia, jihad, hijab. I can speak to each of these later. The distortion of Islam, by the way, is not only by non- Muslims but also by Muslims themselves. The second sort of Muslim hate and cause of Islamophobia is the stereotyping of Muslims, viewing the umma as though it were a monolith instead of a diversity. The third is the conflation of religion with politics and culture. There are many things that are truly political and cultural in origin that are given the name or label of religion, and this causes Islamophobia.

Finally, the projection of exceptionally bad behaviour by some Muslims as characterizing the views of most Muslims. There is exceptional bad behaviour, but not all Muslims should get tarred by it. Quelles sont les sources de la haine des musulmans? J’en signalerais quatre. La première est une représentation faussée de l’islam, une déformation de notions comme la charia, le djihad, le hidjab. Je pourrai parler de chacune plus tard. La déformation de l’idée même d’islam, soit dit en passant, n’est pas le fait des seuls non-musulmans. Même des musulmans s’en font une idée fausse.

Le deuxième type de haine des musulmans, la deuxième source de haine, tient aux stéréotypes dans lesquels on enferme les musulmans. La umma est perçue comme une entité monolithique alors qu’elle se caractérise par la diversité. La troisième source, c’est l’amalgame qui confond religion, politique et culture. Bien des choses qui sont en fait de nature politique et culturelle sont considérées comme religieuses, ce qui donne lieu à l’islamophobie. Enfin, le comportement exceptionnellement mauvais de certains musulmans est considéré comme la manifestation de l’attitude de la majorité des musulmans.

Il existe des comportements exceptionnellement répréhensibles, mais il ne faut pas les attribuer à la totalité des musulmans. I’ll speak about and elaborate on each of those if called on later in my presentation, but I would like to end with proposing some solutions. Je vais parler de chacune de ces questions plus en détail si on m’y invite plus tard, mais je voudrais terminer en proposant quelques solutions.

The leader of my Ismaili community, the Aga Khan, in an address at the University of Évora, in Portugal, in 2006, pointed to three attitudes that he said ranked high among the great public enemies of our time. He identified them as ignorance, arrogance and insensitivity. The best antidote to all of these is the antidotes they all suggest. In the case of ignorance, knowledge; in the case of arrogance, humility; in the case of insensitivity, empathy.

This explains why my focus is on a harmonizing lens and harmonizing principles as opposed to looking at things from the point of view of polarizing and divisive principles or lenses. Dans un discours prononcé à l’Université d’Évora, au Portugal, en 2006, le dirigeant de ma communauté ismaélienne, l’Aga Khan, a énuméré trois attitudes qui, selon lui, se classent parmi les grands ennemis publics de notre époque : l’ignorance, l’arrogance et l’insensibilité. Les meilleurs antidotes sont ceux que tous proposent. À l’ignorance, il faut opposer la connaissance; à l’arrogance, l’humilité; à l’insensibilité, l’empathie.

Voilà pourquoi je recherche avant tout l’harmonie, les principes de l’harmonisation plutôt que la polarisation, plutôt que les principes et les conceptions qui divisent. 24-10-2022 Droits de la personne 23:7

At the end of the day, what we need to achieve is what Rabbi Jonathan Sacks termed The Dignity of Difference, the title of his book which responded to the tragic events of 9/11. En fin de compte, ce qu’il nous faut atteindre, c’est ce que le rabbin Jonathan Sacks a appelé la dignité de la différence dans son ouvrage publié en réaction aux événements tragiques du 11 septembre, The Dignity of Difference .

I’ll leave you with one quote from His Highness the Aga Khan who, in The Peterson lecture in Atlanta in April of 2008, said, “It is our differences that both define us and connect us.” Now, everyone will, of course, understand why our differences define us, but it is worth pondering how our differences, in fact, connect us. And how do our differences connect us? I would answer that it is by the dignity that is the matrix of our individuality which transcends the tribalism of identity politics and expresses itself as the ethic of compassion and caring which underpins what it means to be human.

Je vous laisserai sur une citation de Son Altesse l’Aga Khan qui, à la conférence Peterson à Atlanta, en avril 2008, a dit : « Ce sont nos différences qui nous définissent et nous relient. » Bien sûr, tout le monde comprendra pourquoi nos différences nous définissent, mais il vaut la peine de réfléchir à la façon dont nos différences, en fait, nous unissent. Comment le font-elles? Je répondrais que c’est par la dignité qui constitue la matrice de notre individualité.

Elle transcende le tribalisme de la politique identitaire et s’exprime comme l’éthique de la compassion et du souci d’autrui qui sous-tend la nature humaine. Thank you very much. Merci beaucoup. The Chair: Thank you very much, Mr. Lakhani. La présidente : Merci beaucoup, monsieur Lakhani. I want to thank all of you for your presentations, but before asking and answering questions, I would like to ask members and witnesses in the room to refrain from leaning in too close into the microphone or remove your earpiece while doing so.

This will avoid any sound feedback that could negatively impact the committee staff in the room. Je tiens à vous remercier tous de vos exposés, mais avant de passer aux questions, je demande aux membres du comité et aux témoins dans la salle de ne pas se pencher trop près du microphone et de ne pas retirer leur oreillette. Cela permettra d’éviter toute rétroaction acoustique qui pourrait nuire au personnel du comité dans la salle. Senator Jaffer: Thank you to all three witnesses. You had different points of view. I found them interesting. I’ll start with Mr. Lakhani. La sénatrice Jaffer : Merci aux trois témoins.

Vos points de vue sont différents et je les ai trouvés intéressants. Je m’adresse d’abord à M. Lakhani. Mr. Lakhani, you are a well-known litigator in B.C., King’s Counsel, in fact, and also editor of many articles beside those in Sacred Web. You referred to the concepts of sharia, jihad and hijab as being misunderstood. Can you explain what you mean about them being misunderstood in ways that lead to Islamophobia?

Monsieur Lakhani, vous êtes un avocat plaidant bien connu en Colombie-Britannique, conseiller du roi, en fait, et vous avez également fait paraître de nombreux articles en plus de ceux qui ont été publiés dans Sacred Web. Selon vous, les notions de charia, de djihad et de hidjab sont mal comprises. Comment cette compréhension erronée peut-elle mener à l’islamophobie? Mr. Lakhani: Thank you, Senator Jaffer. There are reactionary views along the lines that sharia is incompatible with liberal democratic values or Western values.

We saw some of that, for example, in 2005, when there was a proposal by the Ontario government to allow arbitration in family matters based on consent by different communities. Sharia is Muslim law like the Halakhah is for Jewish law. The term “sharia” comes from entomology, “shari,” which refers to a path to water. For desert nomads, that was very important. The point is that this is a path to salvation. M. Lakhani : Merci, madame la sénatrice Jaffer. Certains pensent que la charia est incompatible avec les valeurs démocratiques libérales ou les valeurs occidentales.

Cette réaction s’est manifestée par exemple en 2005, lorsque le gouvernement de l’Ontario a proposé d’autoriser dans les affaires familiales l’arbitrage avec le consentement de différentes communautés. La charia est une loi musulmane analogue à la halakha dans la loi juive. Le terme « charia » dérive étymologiquement de « shari », qui veut dire chemin vers l’eau. Pour les nomades du désert, c’était très important. Il s’agit d’un chemin vers le salut.

His Highness the Aga Khan has said about sharia that our interest is not in the codes but in the principles behind the codes, so it’s important to understand what those principles are. There are many different

interpretations of sharia, but they all come down to what they call maqasid, doctrinal goals, and maslaha, the interests of the common good. The maslaha is generally Son Altesse l’Aga Khan a dit de la charia que ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les codes, mais les principes qui les sous-tendent. Il est donc important de comprendre ce que sont ces principes. Il existe de nombreuses interprétations différentes de la charia, mais elles se résument toutes à ce qu’on appelle le maqasid, c’est-à-dire les objectifs doctrinaux, et la maslaha, soit 23:8 Human Rights 24-10-2022

considered to preserve the five essentials of human well-being: faith, life, intellect, dignity and property. les intérêts du bien commun. La maslaha est généralement considérée comme préservant les cinq éléments essentiels du bien-être humain : la foi, la vie, l’intellect, la dignité et la propriété.

The question I would ask about sharia and its misunderstandings is this: Is it fair to understand sharia as a set of oppressive laws that are incompatible of civil values when some of the greatest civilizational values, such as caring for the underprivileged, women’s rights, ethical pluralism and mediation in the face of aggression, are historically rooted in sharia? I’ll remind the audience here that the inheritance verses of the Quran gave women the right to inherit 12 centuries before that happened in Britain with the Married Women’s Property Acts of 1870 and 1882.

La question que je poserais au sujet de la charia et des conceptions erronées qu’on en a est la suivante : est-il juste de considérer la charia comme un ensemble de lois oppressives qui sont incompatibles avec les valeurs civiles alors que certaines des plus grandes valeurs de la civilisation, comme la sollicitude pour les défavorisées, les droits des femmes, le pluralisme éthique et la médiation face à l’agression sont historiquement enracinés dans la charia?

Je rappelle aux auditeurs que les versets du Coran ont donné aux femmes le droit d’hériter 12 siècles avant que cela ne se produise en Grande-Bretagne avec l’adoption de lois sur les biens de la femme mariée en 1870 et 1882. Second, jihad is a bit of a dog whistle for Muslims being terrorists. In fact, the term “jihad” means “to fight in God’s cause” as the surah an-Nisa, the fourth surah of the Quran states in verse 74. It is well known that the prophet of Islam referred to the jihad an-nafs — that is the struggle against oneself — as the greatest jihad.

Deuxièmement, le djihad est considéré comme un appel au terrorisme lancé aux musulmans. En effet, le terme « djihad » signifie « se battre pour la cause de Dieu », comme le dit la sourate An-Nisa, la quatrième du Coran, au verset 74. Il est bien connu que le prophète de l’islam a dit du djihad an-nafs — c’est- à-dire la lutte contre soi-même — que c’était le djihad le plus noble. There are very strong Quranic principles of self-defence and non-aggression.

Warfare is to be conducted under very strict limits, primarily in the interests of self-defence — self-defence not only for Muslims but for places of worship of others, such as monasteries, churches, synagogues, et cetera. Fighting must happen in an equitable manner; one cannot strike someone indiscriminately or in anger. The Quran says that if others break their treaty, be equitable and give them an opportunity to reform. If they incline to peace, then incline to it as well. Il existe des principes coraniques très forts d’autodéfense et de non-agression.

La guerre doit être menée dans des limites très strictes, principalement dans l’intérêt de la légitime défense — la légitime défense non seulement pour les musulmans, mais aussi pour les lieux de culte des autres, comme les monastères, les églises, les synagogues et tout le reste. Les combats doivent se dérouler de façon équitable; on ne peut frapper quelqu’un aveuglément ou sous le coup de la colère. Le Coran dit que si d’autres ne respectent pas leur traité, il faut être équitable et leur donner l’occasion de se réformer. S’ils penchent vers la paix, alors il faut le faire aussi.

One of the great Muslim exemplars in this is Emir Abdelkader. There is a city in the United States called Elkader, Iowa, that is named after him. He was renowned for his chivalry and honourable warfare. He was an Algerian who was attacked by the French colonizers, and he won them over; he won their admiration. He later won the admiration of the whole world when he sheltered Christians from attacks by the Druze Muslims in Damascus in 1860. He was awarded the Grand Cross of the Légion d’honneur by the French. He received an award from the Pope.

He was a hero of Abraham Lincoln, who sent him two Colt pistols as a mark of his esteem. L’un des grands modèles musulmans est l’émir Abdelkader. Il y a aux États-Unis, dans l’Iowa, une ville qui a été nommée Elkader en son honneur. Il était reconnu pour sa bravoure et sa conduite honorable de la guerre. C’était un Algérien qui a été attaqué par les colonisateurs français, et il les a conquis; il a gagné leur admiration. Il a ensuite suscité l’admiration du monde entier lorsqu’il a protégé les chrétiens contre les attaques des musulmans druzes à Damas, en 1860.

Il a reçu la grand-croix de la Légion d’honneur des Français. Il a reçu une distinction du pape. C’était un héros d’Abraham Lincoln, qui lui a envoyé deux pistolets Colt en gage de son estime.

So my question with respect to jihad is this: Is it fair to borrow the terminology of extremist expressions of Islam to portray a narrow view of jihad that ignores the prophet of Islam’s distinction between jihad as used in a form of struggle or defence Ma question au sujet du djihad est donc la suivante : est-il juste d’emprunter la terminologie des manifestations extrémistes de l’islam pour décrire une vision étroite du djihad qui ne tient pas compte de la distinction du prophète de l’islam entre le 24-10-2022 Droits de la personne 23:9

for the nascent and oppressed Muslim community and the greater jihad against the “self”? djihad utilisé dans une forme de lutte ou de défense pour la communauté musulmane naissante et opprimée et le djihad plus noble mené contre le « soi »? Finally, with respect to hijab, we are seeing in Iran, for example, and in Afghanistan certain kinds of oppression in the name of religion that is conducted primarily against women. The roots of many of these are cultural; they’re not Quranic. The holy Quran speaks about the virtue of modesty and chastity with respect to both genders.

Here, it is important to distinguish between the concepts of unity and uniformity instead of seeking an enforced homogeneity imposed upon others. Enfin, en ce qui concerne le hidjab, nous voyons en Iran, par exemple, et en Afghanistan, certaines formes d’oppression au nom de la religion qui sont principalement dirigées contre les femmes. Dans bien des cas, ces formes d’oppression sont d’origine culturelle; elles ne sont pas coraniques. Le saint Coran parle de la vertu de la modestie et de la chasteté pour les deux sexes.

Il importe ici de distinguer les notions d’unité et d’uniformité, au lieu de rechercher une homogénéité imposée aux autres. That points to the importance of the ethic of pluralism and pluralistic dialogue; that people will have differences, and those differences need to be addressed in ways that are peaceable. A pluralistic ethic can achieve that. Voilà qui fait ressortir l’importa/nce de l’éthique du pluralisme et du dialogue pluraliste; il existe des divergences de vues et il faut les aborder de façon pacifique. Une éthique pluraliste peut y arriver.

I will sum up by saying that the Global Centre for Pluralism, which is an initiative of the Aga Khan Development Network and the Government of Canada, is a leader in this area. Je résume en disant que le Centre mondial du pluralisme, une initiative du Réseau Aga Khan de développement et du gouvernement du Canada, est un chef de file dans ce domaine. Senator Jaffer: Thank you. Chair, I’ll go on the second round. La sénatrice Jaffer : Merci. Monsieur le président, je vais intervenir de nouveau au deuxième tour. Senator Omidvar: Thank you to all our witnesses for your most enlightening presentations.

La sénatrice Omidvar : Je remercie tous les témoins de leurs exposés très éclairants. My question is to Ms. Jafri of the Canadian Council of Muslim Women. As we have seen in Canada, Muslim and non-Muslim women have been marching in the streets in support of what has been happening in Iran, where, as we all know, there is an uprising against the bureaucracy and also the hijab. Ma question s’adresse à Mme Jafri, du Conseil canadien des femmes musulmanes.

Comme nous l’avons vu au Canada, des femmes musulmanes et non musulmanes ont manifesté dans les rues pour appuyer les manifestations qui se déroulent en Iran, où, comme nous le savons tous, il y a un soulèvement contre la bureaucratie et aussi contre le hidjab. How is this support for removing the hijab impacting Islamophobia and, in particular, Muslim women who choose to wear the hijab? En quoi ce soutien à l’élimination du hidjab a-t-il une incidence sur l’islamophobie et, en particulier, sur les musulmanes qui choisissent de porter le hidjab? Ms. Jafri: Thank you for that question, Senator Omidvar.

That’s a very good question. Mme Jafri : Je vous remercie de cette question, madame la sénatrice Omidvar. Elle est excellente. There have been Islamophobic attacks on mosques in the GTA that we’ve heard about and against individual Muslim women who do wear a head scarf or some kind of attire that identifies them as Muslim and some others who are mistaken for Muslims.

Nous avons entendu parler d’attaques islamophobes dirigées contre des mosquées dans la région du Grand Toronto et il y a eu des agressions contre des musulmanes qui portent un foulard ou une tenue qui les identifie comme musulmanes et contre d’autres femmes qui sont prises pour des musulmanes. But that is not what we are experiencing, generally. We are experiencing solidarity with women, both those in Canada who are being prohibited from wearing it and those who are being forced to wear it in other parts of the world. We’ve always believed that the woman has the right to choose.

Ce n’est pas ce que nous vivons, en général. Nous sommes solidaires des femmes, tant celles du Canada à qui on interdit de porter le hidjab que celles qui sont forcées de le porter ailleurs dans le monde. Nous avons toujours cru que la femme avait le droit de choisir. Again, in Islam, the hijab is a very distinct concept. As Mr. Lakhani pointed out, it’s about modesty of both men and women. The word “hijab” actually means like “a curtain” or “a Dans l’islam, le hidjab est un concept très distinct. Comme M. Lakhani l’a souligné, c’est une question de modestie des hommes et des femmes.

Le terme « hidjab » désigne en fait 23:10 Human Rights 24-10-2022

separation.” It does not connote a piece of clothing worn on your head. In fact, at least from our research, there is no such explicit requirement. It is always about modesty. « rideau » ou « séparation ». Il ne désigne pas un vêtement porté sur la tête. En fait, du moins d’après nos recherches, il n’y a pas d’exigence explicite à ce sujet. C’est toujours une question de modestie. We believe that women have the right to choose what they wear, whether it’s wearing a head scarf here in Canada or somewhere else.

Nous croyons que les femmes ont le droit de choisir ce qu’elles portent, qu’il s’agisse de porter un foulard au Canada ou ailleurs. But I really do agree with what Mr. Lakhani has said when he talked about uniformity versus universality. There is no uniform for Muslim women. It’s not prescribed anywhere. We can wear what we want. If you look around the Muslim world, the diversities in the ways Muslim women dress — even in Iran, there is a diversity of how Muslim women dress. Mais je suis tout à fait d’accord avec M. Lakhani lorsqu’il parle d’uniformité par opposition à universalité.

Il n’y a pas d’uniforme pour les musulmanes. Ce n’est prescrit nulle part. Nous pouvons porter ce que nous voulons. Dans le monde musulman, la façon dont les musulmanes s’habillent varie — même en Iran, il y a de la diversité dans la tenue des musulmanes. So there is no prescription for a Muslim dress. That’s because we can exercise our autonomy. We can educate ourselves from within the Quran, from the Hadith and from within our faith traditions to educate ourselves and then decide what we want to do. Il n’y a donc pas de tenue musulmane prescrite. Nous pouvons exercer notre autonomie.

Nous pouvons nous éduquer à partir du Coran, des hadith et de nos traditions religieuses et ensuite décider ce que nous voulons faire. Senator Omidvar: Ms. Jafri, I’m wondering if you believe that the support for women in Iran will also equate to a reduction in Islamophobia. Will the universality and the solidarity that we are expressing with women of the world correlate to a reduction in Islamophobia, especially against women who wear the hijab in Canada? La sénatrice Omidvar : Madame Jafri, croyez-vous que le soutien accordé aux Iraniennes se traduira par un recul de l’islamophobie?

Y aura-t-il corrélation entre l’universalité et la solidarité que nous exprimons à l’égard des femmes du monde et une atténuation de l’islamophobie, en particulier à l’égard des femmes qui portent le hidjab au Canada? Ms. Jafri: That’s really hard to predict, because our premise has always been that Muslim women have the right to choose what they wear. But we’re tired of the hijab debate. Mme Jafri : C’est vraiment difficile à prédire. Notre prémisse a toujours été que les musulmanes ont le droit de choisir ce qu’elles portent. Mais nous en avons assez du débat sur le hidjab.

Let me put it to you this way: Why are Muslim women constantly reduced to a piece of clothing as their only identity? We are very complex human beings, like any other woman. A Muslim woman is a complex human being, seeking dignity to be who she is, being a human being. We have a lot more to offer than debates about what we wear. Posons ainsi la question : pourquoi les musulmanes sont-elles constamment réduites à un vêtement comme unique manifestation de leur identité? Nous sommes des êtres humains très complexes, comme n’importe quelle femme.

Une musulmane est un être humain complexe qui cherche la dignité d’être qui elle est, d’exister comme être humain. Nous avons beaucoup plus à offrir que des débats sur notre tenue. So we’re tired of this debate, and we’d like to get on with our lives. Nous en avons donc assez de ce débat, et nous voudrions continuer à mener notre vie normalement. When we educate people across our country, we do a lot of anti-Islamophobia education, particularly from a gendered lens, and we talk about that. We talk about the diversity of Muslim women and their agency to choose. A lot of our audiences happen to be non-Muslims.

When we engage in that dialogue where we do education, they get to understand us better and not just as being reduced to a piece of clothing. Lorsque nous faisons de la sensibilisation un peu partout au Canada, nous faisons beaucoup de sensibilisation à l’islamophobie, notamment celle qui vise les femmes. Nous abordons la question. Nous parlons de la diversité des musulmanes et de leur liberté de choisir. Bon nombre de nos auditoires se composent de non-musulmans.

Lorsque nous nous engageons dans ce dialogue où nous faisons de la sensibilisation, nous nous faisons mieux comprendre au lieu d’être réduites au port d’un accessoire vestimentaire. I hope that helps. J’espère que cela vous éclaire. 24-10-2022 Droits de la personne 23:11

We have to tell you that we do a lot of education on this topic. One of the important things to mention about what’s happening in Iran is that the revolution, or the current protests, are not just about being able to wear something or not. They’re about freedom; they’re about the lives of those women. They’re struggling for their lives, their well-being and their right to be. Il faut donc vous dire que nous faisons beaucoup de sensibilisation à ce sujet.

À propos de ce qui se passe en Iran, il importe de signaler que la révolution ou les manifestations qui ont cours ne concernent pas que le droit de porter ou non un accessoire vestimentaire. L’enjeu, ce sont la liberté et la vie de ces femmes. Elles luttent pour leur vie, leur bien-être et leur droit d’exister. So you have to put it in context. I won’t go into the questions in Afghanistan, but it’s always about the women being able to do what they were born to do: be themselves and contribute to society. Il faut donc mettre les choses en contexte.

Je n’entrerai pas dans les détails de la situation afghane, mais il s’agit toujours de permettre aux femmes de faire ce pour quoi elles sont nées, c’est-à-dire être elles-mêmes et apporter leur contribution à la société. Thank you. Merci. Senator Omidvar: I will go on a second round. La sénatrice Omidvar : Je vais intervenir au deuxième tour. Senator Arnot: Thank you. I have a question that I’m directing to all three witnesses. I appreciate the witnesses coming here today. Le sénateur Arnot : Merci. Ma question s’adresse aux trois témoins, que je remercie d’avoir accepté de comparaître.

I will just preface my comments by saying that I was in Toronto in October 2010 when the Aga Khan came to Canada and described Canada as the most successful experiment in pluralism the world has ever seen. That really struck me. I believe he’s very accurate in that. En guise de préambule, je dirai que j’étais à Toronto en octobre 2010, lorsque l’Aga Khan est venu au Canada et a décrit le Canada comme l’expérience la plus réussie au monde en matière de pluralisme. Cela m’a vraiment frappé. Selon moi, il a tout à fait raison.

But at least to that observation, I believe we have failed in Canada to fundamentally protect and promote our multicultural and multitheistic country by inculcating Canadian citizens with the knowledge that they need to understand the rights of Canadian citizenship and the responsibilities that come with those rights.

J’ajouterai néanmoins à cette observation que, à mon avis, le Canada n’a pas réussi à protéger fondamentalement et à promouvoir une société multiculturelle et multithéiste en inculquant aux citoyens canadiens les connaissances dont ils ont besoin pour comprendre les droits de la citoyenneté canadienne et les responsabilités qui en découlent. I’ve made these remarks to many of the panellists that we’ve heard in this committee. I am particularly trying to focus on the solutions that the committee should be considering. The solutions have been amplified by these witnesses here today.

J’ai adressé ces propos à de nombreux témoins que le comité a entendus. J’essaie surtout de chercher les solutions que le comité devrait envisager. Les témoins d’aujourd’hui ont davantage expliqué les solutions. I appreciate Mr. Lakhani’s comments about identifying the sources of anti-Muslim hate and addressing those sources directly. My theory is that there is a significant power in education, and we need to harness that power to change attitudes in the community. We need to do so in two ways.

One way is that Heritage Canada and others need to be much more strategic in programming and communication around the responsibilities of Canadian citizenship. Ce que M. Lakhani a dit de la recherche des sources de la haine contre les musulmans et de la nécessité de s’attaquer à ces causes m’a beaucoup plu. Ma théorie, c’est que l’éducation a un grand pouvoir et qu’il faut l’utiliser pour faire évoluer les attitudes dans la collectivité. Nous devons nous y prendre de deux façons.

D’abord, Patrimoine canadien et d’autres entités doivent avoir une stratégie beaucoup plus nette dans leurs programmes et l’information diffusée sur les responsabilités liées à la citoyenneté canadienne. Similarly, with respect to the K-to-12 system, I believe we need resources that answer these questions: What does it mean to be a Canadian citizen? What are the rights of Canadian citizenship? Fundamentally, what are the responsibilities that come with those rights, and how do you build and maintain respect for every citizen without exception?

De même, dans le système scolaire, de la maternelle à la 12e année, il nous faut des ressources pour répondre à ces questions : qu’est-ce que cela signifie, être citoyen canadien? Quels sont les droits que la citoyenneté canadienne confère? Fondamentalement, quelles sont les responsabilités qui accompagnent ces droits, et comment peut-on assurer et préserver le respect pour tous les citoyens sans exception? 23:12 Human Rights 24-10-2022

Canadian parliamentarians and legislators repatriated the Constitution in 1982. We are a multicultural, multitheist, multiethnic country, and we need to make an investment in that. In my opinion, we need to make sure all students in the K-to-12 system fundamentally understand the essential competencies of Canadian citizenship, which, in my opinion, are embodied in five Es: That all citizens should be ethical, enlightened, engaged, empowered and empathetic. Les parlementaires et les législateurs canadiens ont rapatrié la Constitution en 1982.

Nous sommes un pays multiculturel, multithéiste et multiethnique, et nous devons investir à cet égard. À mon avis, nous devons nous assurer que tous les élèves de la maternelle à la 12e année comprennent fondamentalement les compétences essentielles de la citoyenneté canadienne qui, à mon avis, se résument en cinq qualificatifs : tous les citoyens doivent être éthiques, éclairés, engagés, capables d’agir et empathiques. This fits in with what Mr. Lakhani said, and I believe that we need to teach that in every school in Canada, through every grade, from K to 12. Cela correspond à ce que M. Lakhani a dit.

Nous devons inculquer ces valeurs à tous les élèves au Canada, de la maternelle à la 12 e année. I appreciate that the witnesses, in terms of the solutions to this issue of anti-Muslim hate, which is obviously very acute in Canada — what they believe would be appropriate as a solution, especially on education. Je comprends que les témoins, pour ce qui est des solutions au problème de la haine des musulmans, qui est évidemment très grave au Canada... Que considèrent-ils comme une solution appropriée, surtout en matière d’éducation?

I can tell you that the resources I’ve spoken about exist in Canada today in the Concentus and Citizenship Education program. Je peux vous dire que les ressources dont j’ai parlé existent déjà au Canada dans le programme de la Fondation d’éducation à la citoyenneté Concentus. I’d really like to hear the comments of the witnesses. I believe this committee needs to focus on solutions as much as identifying issues. Je souhaite vivement entendre le point de vue des témoins. Selon moi, le comité doit se concentrer sur des solutions tout autant que sur la définition des problèmes. The Chair: Thank you, senator.

Before the witnesses answer, can I ask you to please be a bit brief in your answers? We have some senators on the second round and one senator who hasn’t asked a question, as of yet. La présidente : Merci, sénateur. Avant qu’ils ne répondent, je demanderais aux témoins d’être assez brefs. Nous avons des sénateurs au deuxième tour et un sénateur qui n’a pas encore posé de questions. Mr. Lakhani, I’ll turn to you. Monsieur Lakhani, la parole est à vous. Mr. Lakhani: Yes. Thank you for those comments and the focus on solutions, which I fully endorse. M. Lakhani : Oui.

Je vous remercie de ces commentaires et de l’accent mis sur les solutions, que j’appuie entièrement. It’s useful to make a distinction between systemic and attitudinal barriers that lead to Islamophobia. I’ll give you examples. In terms of systemic barriers, when one goes through school, how much does one learn about Muslim civilizations? I would venture to say that prior to the Islamic Revolution in Iran in 1979, most non-Muslim Canadians were largely unaware of the distinction between the Shia and the Sunni.

That’s like saying we’re not aware of the difference between Catholics, Protestants or Orthodox Christians. It’s a very basic distinction, but where are they going to learn about that? Il est utile de faire la distinction entre les obstacles systémiques et les obstacles comportementaux qui mènent à l’islamophobie. Je vais vous donner des exemples. En ce qui concerne les obstacles systémiques, quand on va à l’école, qu’est-ce qu’on apprend au sujet des civilisations musulmanes?

J’irais même jusqu’à dire qu’avant la révolution islamique en Iran en 1979, la plupart des Canadiens non musulmans ne connaissaient pas la distinction entre les chiites et les sunnites. C’est comme ne pas connaître la différence entre les catholiques, les protestants ou les chrétiens orthodoxes. C’est une distinction très fondamentale, mais où peut-on apprendre cela? Then you get attitudinal problems and barriers. We’ve talked about some of them today. One of them is the stereotyping of Muslims. Let’s consider who Muslims are.

With more than 2 billion Muslims worldwide, Islam is the second-largest religion in the world. It’s projected that, by 2050, there will be more Muslims than Christians. If one were to ask ordinary non- Muslim Canadians what their impressions are of where Muslims reside, you are going to get the standard countries that come to Il y a ensuite les problèmes et les obstacles comportementaux. Nous en avons parlé aujourd’hui. L’un d’eux concerne les stéréotypes rattachés aux musulmans. Voyons qui sont les musulmans.

Avec plus de 2 milliards de musulmans dans le monde, l’islam est la deuxième religion en importance à l’échelle mondiale. On prévoit que d’ici 2050, il y aura plus de musulmans que de chrétiens. Si l’on demandait aux Canadiens ordinaires non musulmans où ils pensent que résident les 24-10-2022 Droits de la personne 23:13

light, mostly in the Middle East, for example. However, the five most populous Muslim countries in the world are Indonesia, Pakistan, India, Bangladesh and Nigeria. None of them are in the Middle East and none of them Arab, for example. musulmans, leurs réponses comprendraient les pays que l’on associe habituellement à l’islam, c’est-à-dire principalement ceux du Moyen-Orient. Cependant, les cinq pays où l’on compte le plus de musulmans dans le monde sont l’Indonésie, le Pakistan, l’Inde, le Bangladesh et le Nigeria. Aucun d’entre eux n’est au Moyen-Orient et aucun d’entre eux n’est arabe.

There’s a tremendous diversity in Islam. L’islam est extrêmement diversifié. His Highness Aga Khan said in one of his speeches — I don’t remember exactly when — that there’s something “intellectually uncouth” to choose to perceive a mass of over a billion people of any faith as a standardized mass. Son Altesse l’Aga Khan a dit dans l’un de ses discours — je ne me souviens pas exactement quand — qu’il y a quelque chose d’« incongru intellectuellement » à choisir de considérer une masse de plus d’un milliard de personnes, toutes confessions confondues, comme une masse uniforme.

You said to keep this brief, so I’ll wrap up with this. He has also spoken about the distinction between knowledge gaps and empathy gaps. He has said that we need to bridge those knowledge gaps, because by doing that, we will bridge empathy gaps, and that will deal with the problem of othering and struggling to remain empathetically open to the other. Vous avez dit d’être bref, alors je vais conclure là-dessus. Il a également parlé de la distinction qu’il faut faire entre les lacunes en matière de connaissances et les lacunes en matière d’empathie.

Selon lui, nous devons combler les lacunes en matière de connaissances, car cela nous permettra de combler les lacunes en matière d’empathie et de régler ainsi le problème de l’indifférence et de la difficulté à rester ouverts à l’autre. Ms. Jafri: Thank you, senator. We would highly recommend that the focus be on education, particularly K to 12, because children absorb information at that stage. When they are learning, they hunger to learn. Mme Jafri : Merci, sénateur.

Nous recommandons fortement que l’accent soit mis sur l’éducation, en particulier de la maternelle à la 12e année, parce que les enfants assimilent bien l’information à ce stade. Ils ont soif d’apprendre. We are working on producing materials that could be used in the schools. For instance, for Islamic History Month, we have been carrying features called Islamic Herstory, where we are profiling a historical Muslim woman and a contemporary Muslim woman here in Canada who has made a difference.

We’ve been running this campaign through social media and a teacher approached us and said, “I’d like to use this in my classroom. Do you have more materials for us?” Nous travaillons à produire du matériel qui pourrait être utilisé dans les écoles. Par exemple, pour le Mois de l’histoire islamique, nous produisons le profil d’une femme musulmane qui a marqué l’histoire et d’une musulmane contemporaine ici au Canada qui fait une différence de nos jours. Nous avons mené cette campagne dans les médias sociaux, et un enseignant nous a approchés en nous disant : « J’aimerais utiliser cela dans ma classe.

Avez-vous plus de matériel à nous fournir à ce sujet? » In fact, we do have materials. We have provided our sessions to students, primarily in the secondary sector, but we have done some in the elementary sector as well. That’s where we need to start. En fait, nous avons ce matériel. Nous avons offert des séances à des élèves, principalement au niveau secondaire, mais également au niveau primaire. C’est par là qu’il faut commencer.

Another really important cohort that needs to have focus is high school students in grades 11 and 12 and then post- secondary students in colleges and universities because we’re noticing that they start becoming radicalized late in their high school years. They continue to be radicalized online and then they act out their violence. It is critical for us to reach those young people.

Une autre cohorte vraiment importante qui doit être ciblée, ce sont les élèves de la 11e et de 12e année du secondaire, puis les étudiants du postsecondaire dans les collèges et les universités, parce que nous remarquons qu’ils commencent à se radicaliser tard dans leurs études secondaires. Leur radicalisation se poursuit en ligne, puis ils commettent des actes de violence. Il est essentiel que nous rejoignions ces jeunes. Mr. Lakhani talked about this idea that Muslims are monolithic.

When we offer our program, we start with the premise of the diversity of Muslims around the world and the fact that those who migrated here to some degree also represent that diversity. The majority of Muslims in Canada happen to be of South Asian descent, because those were the migration patterns, and then there were refugees who arrived from other M. Lakhani a parlé de l’idée selon laquelle les musulmans constituent un monolithe.

Notre programme repose sur le principe de la diversité des musulmans dans le monde et sur le fait que ceux qui ont immigré ici représentent également cette diversité jusqu’à un certain point. Il se trouve que la majorité des musulmans au Canada sont d’origine sud-asiatique, parce que cela faisait

partie des tendances migratoires, mais il y a aussi des 23:14 Human Rights 24-10-2022

parts of the Muslim world as well. Also, there is the conflation of ethnicity and religion. That is, being Arabs and Muslims, although there are many Arabs who arrived here who are not much. réfugiés qui sont arrivés d’autres parties du monde musulman. Il y a aussi l’amalgame de l’ethnicité et de la religion, c’est-à-dire la confusion entre arabes et musulmans, même si de nombreux arabes qui sont arrivés ici ne sont pas musulmans. We need to educate to make those distinctions, but we also need to say that this is a peaceful faith. Muslims adhere to their faith only to be answerable to God, not to anyone else.

They’re not practising their faith to show anyone. It’s not a performative religion. We don’t want to show our faith to everyone, necessarily. We practise it quietly. Il faut éduquer pour faire ces distinctions, mais il faut aussi rappeler qu’il s’agit d’une foi pacifique. Les musulmans adhèrent à leur foi pour rendre des comptes à Dieu seulement, et pas à qui que ce soit d’autre. Ils ne pratiquent pas leur foi de façon ostentatoire. Ce n’est pas une religion démonstrative. Nous ne voulons pas nécessairement montrer notre foi à tout le monde. Nous la pratiquons discrètement.

We have many resources that we can offer. We can share with the committee as well. Thank you. Nous avons de nombreuses ressources à offrir, dont nous pouvons également faire part au comité. Merci. The Chair: Thank you. Maryam, would you like to respond? La présidente : Merci. Madame Khan, voulez-vous répondre? Ms. Khan: To build on what the other witnesses have mentioned, when we’re talking about the term Islam it’s important to say whose Islam. That plurality really needs to be emphasized as does that separation of culture and religion. Even today, we’re using Arab terms like hijab, jihad and things like that.

These terms are not part of my Islamic parlance, if you will. A lot of times religion and culture get subsumed into one category. That needs to be teased out. Mme Khan : Pour faire suite à ce que les autres témoins ont dit, lorsque nous parlons de l’islam, il est important de dire de quel islam il s’agit. Cette pluralité doit vraiment être soulignée, tout comme la distinction entre la culture et la religion. Ici même aujourd’hui, nous utilisons des termes arabes comme hidjab et djihad, notamment. Ces termes ne font pas

partie du vocabulaire que j’utilise pour l’islam, voyez-vous. Bien souvent, la religion et la culture sont mises dans la même catégorie. Il faut les séparer. In terms of education, I really like the idea of having some kind of Islamic introduction to Islams in plural, many different types of Muslimness, or what Muslims look like. That has to include sexual and gender diversity. Oftentimes, even within normative Muslim communities, no one really talks about the transphobia, the biphobia and the homophobia that exists within these communities. That needs to be front and centre as well.

Pour ce qui est de l’éducation, j’aime vraiment l’idée d’avoir une sorte d’introduction aux différentes formes de l’islam, aux nombreux types différents d’appartenance à l’islam, ou aux divers profils des musulmans. Cela doit inclure la diversité sexuelle et de genre. Souvent, même au sein des communautés musulmanes normatives, personne ne parle vraiment de la transphobie, de la biphobie et de l’homophobie qui y existent. Cela doit être à l’avant-plan également.

Through education, there could be research funding streams through the Social Sciences and Humanities Research Council, and the Canadian Institutes of Health Research, or CIHR, and other funding bodies could have streamlined grants that focus on Islamophobia and eradication of Islamophobia. Some things could be done in that realm as well. Thank you.

Dans le domaine de l’éducation, il pourrait y avoir des volets de financement de la recherche par l’entremise du Conseil de recherches en sciences humaines, des Instituts de recherche en santé du Canada, ou IRSC, et d’autres organismes subventionnaires, avec un accent sur les subventions axées sur l’islamophobie et son éradication. Certaines choses pourraient être faites dans ce domaine également. Merci. [Translation] [Français] Senator Gerba: Thank you to our witnesses for their testimony, the lessons they share and the solutions they propose.

La sénatrice Gerba : Merci à nos témoins de leur témoignage, de leurs enseignements et des solutions qu’ils proposent. Ms. Jaffri talked about the government’s role in finding appropriate measures to eliminate this scourge. She referred to laws that could be enacted to address violence arising from Islamophobia. Other than legislation, what can we really do to increase acceptance? I know education is important, along with Madame Jafri a parlé du rôle du gouvernement pour trouver des mesures appropriées afin de régler ce fléau.

Elle a parlé, notamment, des lois que l’on pourrait adopter pour faire face à la violence issue de l’islamophobie. En dehors des lois, que pouvons-nous faire réellement pour augmenter l’acceptation? 24-10-2022 Droits de la personne 23:15

awareness to help people understand the many different variants of Islam. What can we do to help Muslim women be accepted? When I say Muslim, I am talking about women with veils and men wearing religious symbols. J’ai compris que l’éducation est importante, ainsi que la sensibilisation pour comprendre le caractère multiforme de l’Islam. Que peut-on faire pour permettre l’acceptation des femmes musulmanes? Quand on parle des musulmans, il s’agit des femmes voilées et des hommes qui portent des signes religieux. I am referring to Quebec, because that is where I am from.

We are talking about societies that now consider themselves secular. What can we do to help these women be included in society while also preserving their identity? Je parle du Québec, car c’est la province d’où je viens. Nous parlons de sociétés qui se veulent aujourd’hui laïques. Comment faire pour permettre l’insertion sociale tout en préservant l’identité de ces femmes? [English] [Traduction] The Chair: Is your question directed to anybody? La présidente : Votre question s’adresse-t-elle à quelqu’un en particulier? Senator Gerba: To anybody. Mr. Lakhani, who is a lawyer, or Ms. Jafri.

La sénatrice Gerba : À quiconque souhaite répondre. M. Lakhani, qui est avocat, ou Mme Jafri. Ms. Jafri: Maybe we’ll hear from Mr. Lakhani first and then I’ll go next. Mme Jafri : Nous devrions peut-être donner d’abord la parole à M. Lakhani, puis j’enchaînerai. Mr. Lakhani: That’s an excellent question. I think what can be done is to focus on a building of acceptance of diversity rather than trying to straightjacket society into certain ideals. M. Lakhani : C’est une excellente question.

Je pense que ce qu’on peut faire, c’est de se concentrer sur l’acceptation de la diversité, plutôt que d’essayer d’imposer certains idéaux à la société. There are projects that are dealing with this. I’ll give you a few examples from the Muslim world and a few examples from outside the Muslim world. Il y a des projets qui traitent de cette question. Je vais vous donner quelques exemples dans le monde musulman et à l’extérieur de celui-ci.

Within the Muslim world, there was the Amman Conference in 2005, which was an initiative in Jordan that was reported widely in The Economist, for example, as an attempt to block those elements within the Muslim world that wanted to view Islam in homogeneous ways. Dans le monde musulman, il y a eu la Conférence d’Amman en 2005, une initiative qui s’est tenue en Jordanie et dont on a beaucoup parlé dans l’Economist, par exemple, comme une tentative de bloquer les éléments du monde musulman qui voulaient représenter l’islam de façon homogène.

There was the Common Word Initiative, also out of Jordan, that was a reach-out after the former pope’s address in 2006 and Imam Feisal Abdul Rauf’s Cordoba initiative on Muslim-west relations. These are all examples of how we, in the Muslim world, are trying to focus on respect for diversity. I’ve mentioned the Global Centre for Pluralism here in Canada. Outside the Muslim world, I would single out projects like Harvard’s Pluralism Project, Brown University’s digital humanities project, even something like you have in Toronto, like the Aga Khan Museum, where people can learn about the diversity of civilizations.

Il y a eu l’initiative Common Word, également en Jordanie, qui était une initiative de sensibilisation après le discours de l’ancien pape en 2006, et l’initiative Cordoba de l’imam Feisal Abdul Rauf sur les relations entre le monde musulman et l’Occident. Ce sont tous des exemples de la façon dont nous, dans le monde musulman, essayons de mettre l’accent sur le respect de la diversité. J’ai mentionné le Centre mondial du pluralisme ici au Canada.

À l’extérieur du monde musulman, je mentionnerais des projets comme le Pluralism Project de Harvard, le projet de sciences humaines numériques de l’Université Brown, et même quelque chose comme ce que vous avez à Toronto, le Musée Aga Khan, où les gens peuvent apprendre à connaître la diversité des civilisations. Your question really goes to what do you do when there is an attempt to homogenize society? How do you counter that? One way you counter that is by showing the richness of diversity by explaining the history.

In the case of the West, there is a gap of some 600 years of history from Ferdinand and Isabella’s conquest off Andalusia onwards. There is a 600-year gap or Votre question porte en fait sur ce qu’il faut faire lorsqu’on essaie d’homogénéiser la société, sur la façon dont nous pouvons contrer cela. Une façon de contrer cela est de montrer la richesse de la diversité en expliquant l’histoire. Dans le cas de l’Occident, il manque quelque 600 ans d’histoire par suite de la conquête de l’Andalousie par Ferdinand et Isabelle. Il y a une « amnésie 23:16 Human Rights 24-10-2022

“historical amnesia” which needs to be bridged. How are we doing that? That should be done by education. You’re in a position to influence the educating of society in ways that respect diversity. I’ll just stop there. historique » de 600 ans qu’il faut combler. Comment pouvons- nous y arriver? Cela devrait se faire par l’éducation. Vous êtes en mesure d’influencer l’éducation qui est faite dans la société en respectant la diversité. Je vais m’arrêter ici. The Chair: Thank you, Mr. Lakhani. La présidente : Merci, monsieur Lakhani. Ms. Jafri: Thank you, senator, for that question.

Mme Jafri : Je vous remercie, sénatrice, de cette question. I think it’s a very difficult challenge in Quebec because of its own history with the church, and it does tend to follow somewhat what’s happening in France. But Quebec in itself not absent of religion; it does have a legacy of its own religion. The fact that Muslim women or people of other faiths cannot visibly wear their religious symbols is kind of rich. We have to really look at Quebec’s own history.

Je pense que c’est un défi très difficile à relever au Québec, en raison de sa propre histoire avec l’Église, et aussi parce qu’on y a tendance à suivre ce qui se passe en France. Mais la religion n’est pas absente au Québec; on y retrouve un héritage religieux. Le fait que les femmes musulmanes ou les gens d’autres confessions ne puissent pas porter de symboles religieux visibles est riche d’enseignement. Il faut vraiment regarder l’histoire du Québec. The other fundamental question is that Quebec needs immigrants.

When it was seeking to populate the province, they sought out French-speaking people from other parts of the world, for example, Morocco, Tunisia, Algeria, Lebanon and Egypt, where some people’s second language happened to be French. They were attracted to the province of Quebec so they could come and qualify to work here. They met their requirements, got their licences to practise whatever the profession was whether teaching, jurists or law enforcement officers.

But now we’re saying to them: “You can only do that if you take off the head scarf or if you take off that turban.” It’s disingenuous to ask people to come to the province for their skills and knowledge, and then the only way they get to use their knowledge and skills is if they adhere to a homogeneous view of how Quebecers should look and behave. L’autre question fondamentale, c’est que le Québec a besoin d’immigrants.

Lorsqu’on cherchait à peupler la province, on souhaitait accueillir des francophones d’autres parties du monde, par exemple, du Maroc, de la Tunisie, de l’Algérie, du Liban et de l’Égypte, où le français était la deuxième langue de certaines personnes. On les a attirés au Québec pour qu’ils viennent travailler. Ils ont répondu aux exigences, ont obtenu leur permis pour exercer une profession, que ce soit l’enseignement, le droit ou l’application de la loi. Mais nous leur disons maintenant : « Vous pouvez exercer votre profession uniquement si vous enlevez le foulard ou le turban que vous portez. »

C’est malhonnête d’attirer des gens dans la province pour leurs compétences et leurs connaissances, puis de leur imposer d’adhérer à une vision homogène de la façon dont les Québécois devraient se comporter pour pouvoir utiliser leurs connaissances et leurs compétences. It’s important to go back to the campaigns that the Province of Quebec ran to attract immigrants to the province in the first place and remind everyone that these folks came because you said they could offer something to your province.

Now, what you can offer them is a welcoming and accommodating culture within Quebec that respects their dignity, diversity and expressions of their faith, regardless of what it is, because the faith has nothing to do with that person’s ability to do a great job as a teacher, a jurist or a law enforcement officer. What they wear has nothing to do with it. Il est important de revenir aux campagnes que la province de Québec a menées pour attirer des immigrants dans la province et de rappeler à tout le monde que ces gens sont venus parce qu’on leur a dit qu’ils pouvaient apporter quelque chose à la province.

Maintenant, ce qu’il faut leur offrir, c’est une culture accueillante et conciliante au sein du Québec, qui respecte leur dignité, leur diversité et l’expression de leur foi, peu importe la forme qu’elle prend, parce que la foi n’a rien à voir avec la capacité d’une personne de faire un excellent travail d’enseignant, de juriste ou de policier. Les vêtements que ces personnes portent n’ont rien à voir avec cela. It’s important to go back and think about why we are here. Why are all the Muslims talking to you here?

Yes, our parents brought us here, or some of us came as refugees, but we’re not here to exist separately from everyone else. We are interdependent. We like to work with everyone else. We’re not islands. We have to be respected, as everyone else, for our contributions to the society. Just imagine if a million Muslims and over 500,000 Muslim women — not all Muslim women wear the hijab — decided to boycott places where they work because they’re saying, “Well, you don’t value us as Muslims, Il est important de revenir en arrière et de réfléchir à la raison pour laquelle nous sommes ici.

Pourquoi sommes-nous tous là pour vous parler des musulmans? Nos parents nous ont amenés ici, ou certains d’entre nous sont venus en tant que réfugiés, mais nous ne sommes pas ici pour avoir une existence séparée des autres. Nous sommes interdépendants. Nous aimons travailler avec tout le monde. Nous ne sommes pas des îles. Nous devons être respectés, comme tout le monde, pour notre contribution à la société. Imaginez qu’un million de musulmans et plus de 500 000 musulmanes — ce ne sont pas toutes les musulmanes 24-10-2022 Droits de la personne 23:17

how can we contribute to your society?” Of course, we’re not going to do that because we need each other. We need all of us to make this country the great country that it is and keep making it a wonderful place for all of us. qui portent le hidjab — décident de boycotter les endroits où elles travaillaient en disant : « Comme vous ne nous appréciez pas en tant que musulmans, comment pouvons-nous contribuer à votre société? » Évidemment, cela ne se produira pas, parce que nous avons besoin les uns des autres.

Nous avons tous besoin de contribuer à faire de notre pays le grand pays qu’il est et de continuer à en faire un endroit merveilleux où vivre pour nous tous. The Chair: Thank you. Maryam Khan, would you like to respond to that question? La présidente : Merci. Maryam Khan, voulez-vous répondre à cette question? Ms. Khan: I agree with Mr. Lakhani and Ms. Jafri, so I don’t have anything else to add. Mme Khan : Je suis d’accord avec M. Lakhani et Mme Jafri, alors je n’ai rien à ajouter. The Chair: Thank you. Mr. Lakhani and Ms. Jafri, you spoke about this.

I myself, as a practising Muslim, when I look through the Quran, all I see is, “Women, you dress modestly,” and there are also rules for men: “Lower your gaze.” As someone who grew up in Pakistan, I didn’t see the hijab until I came to Canada. That might surprise people, and I see those nodding in agreement. Some women, if they felt like covering their heads, put it loosely on their head, but mostly we didn’t see that. La présidente : Merci. Monsieur Lakhani et madame Jafri, vous avez parlé de cela.

Moi-même, en tant que musulmane pratiquante, lorsque je lis le Coran, tout ce que je vois, c’est qu’on dit aux femmes de s’habiller modestement. On demande aussi aux hommes de baisser le regard. Ayant grandi au Pakistan, je n’avais jamais vu de hidjab avant de venir au Canada. Cela pourrait surprendre les gens, et j’en vois qui hochent la tête. Certaines femmes qui avaient envie de se couvrir la tête portaient un simple foulard, mais cela n’était pas courant. Also, when women did start wearing the hijab, there wasn’t this reaction that we’re seeing nowadays. What is driving this reaction? What has changed?

I’ve noticed the conversations have changed. Even for me, just a simple thing of condemning the attacks that the Imam Mahdi mosque in Richmond Hill has faced, and I’m getting a backlash from people. What has changed? De plus, lorsque les femmes ont commencé à porter le hidjab, il n’y a pas eu cette réaction que nous voyons aujourd’hui. Qu’est-ce qui motive cette réaction? Qu’est-ce qui a changé? J’ai remarqué que les conversations ont changé.

Même pour moi, le simple fait de condamner les attaques dont a été victime la mosquée de l’imam Mahdi à Richmond Hill a suscité des réactions à mon endroit dans la population. Qu’est-ce qui a changé? There is an obsession with the hijab. You mentioned that there is an obsession with the hijab and condemning it. I defend the right of a woman to wear a hijab or not to wear a hijab. That’s for a woman to decide. Can you explain to me what changed? What conversations are we having now that we weren’t having a few years ago? Il y a une obsession du hidjab.

Vous avez mentionné qu’il y a une obsession du hidjab et vous la condamnez. Je défends le droit d’une femme de porter un hidjab si elle le souhaite. C’est à la femme de décider. Pouvez-vous m’expliquer ce qui a changé? Quelles conversations avons-nous aujourd’hui que nous n’avions pas il y a quelques années? Ms. Jafri: CCMW has been studying this issue and publishing books, studies and reports on the hijab and the niqab. In fact, right after the Iranian Revolution, there was almost like a reaction. I know Mr. Lakhani mentioned that before the revolution nobody knew the difference between Shias and Sunnis.

But as a reaction to the revolution, there was a sort of orthodoxy in parts of the Middle East that needed to prescribe what a real Muslim should look like, and it started with women. Women had to dress a certain way, and that’s why you have this universal hijab that many Muslim women wear. That was not part of my culture. I came here. My mother didn’t wear it. I remember my grandmother would take a long scarf, put it on her head and then she would go out. The only time she would wear it was on public transit in her home city of Karachi when she was going to school or college because she needed to wear something.

It was not this prescribed hijab. It was like a coat that Mme Jafri : Le Conseil canadien des femmes musulmanes étudie la question et publie des livres, des études et des rapports sur le hidjab et le niqab. En fait, tout de suite après la révolution iranienne, on a assisté à une réaction. Je sais que M. Lakhani a mentionné qu’avant la révolution, personne ne connaissait la différence entre les chiites et les sunnites.

Mais par suite de la révolution, on a assisté à une sorte d’orthodoxie dans certaines parties du Moyen-Orient, qui a servi à prescrire ce à quoi devrait ressembler un vrai musulman, à commencer par les femmes. On a dit que les femmes devaient s’habiller d’une certaine façon, et c’est pourquoi vous avez ce hidjab que tant de musulmanes portent. Cela ne faisait pas

partie de ma culture. Lorsque je suis arrivée ici, ma mère ne le portait pas. Je me souviens que ma grand-mère prenait un long foulard et le mettait sur sa tête pour sortir. Les seules fois où elle le portait, c’était dans les transports en commun de sa ville natale, Karachi, lorsqu’elle allait à l’école 23:18 Human Rights 24-10-2022

had two veils, and she would choose either the thinner or the thicker one to put on because she was going on public transit sitting with men on the bus. She wanted to protect herself. That was back in the early 1960s. That’s what I saw. ou au collège, parce qu’elle devait porter quelque chose. Ce n’était pas un hidjab à proprement parler. C’était comme un manteau comportant deux voiles, et elle avait le choix entre le plus mince, ou le plus épais lorsqu’elle prenait le transport en commun, parce qu’elle y côtoyait des hommes. Elle voulait se protéger. C’était au début des années 1960.

C’est l’expérience que j’ai eue. But here it all changed after the revolution, and this uniform expression of the hijab only grew with the rise of conservative

interpretations of Islam. A lot of other orthodoxies came into play among Muslims, and I don’t relate to them as a Muslim woman. I didn’t grow up with all those of restrictions, what you can do, what you can’t do, how you should dress, how you should not dress. These are political reactions and we get caught in the geopolitical conflicts between Muslims around the world, and then those are translated to our cities and towns here. Hence you see the attack on the Imam Mahdi mosque.

Mais ici, tout a changé après la révolution, et cette version uniforme du hidjab a pris de plus en plus de place avec la montée des interprétations conservatrices de l’islam. Beaucoup d’autres orthodoxies ont vu le jour chez les musulmans, mais je ne m’identifie pas à elles en tant que musulmane. Je n’ai pas grandi avec toutes ces restrictions, ce que vous pouvez faire, ce que vous ne pouvez pas faire, comment vous devez vous habiller, comment vous ne devez pas vous habiller.

Ce sont des réactions politiques, et nous sommes pris dans les conflits géopolitiques entre les musulmans du monde entier, et cela a des répercussions dans nos villes et nos villages ici, comme en fait foi l’attaque contre la mosquée de l’imam Mahdi. These are things we can’t solve ourselves, but we can continue to educate people about our diversity, about the fact that we’re not all the same. Just as not all Christians are the same, not all Muslims are the same. Yes, there are sectarian differences, but the commonalities far outweigh those differences.

Ce sont des choses que nous ne pouvons pas résoudre nous- mêmes, mais nous pouvons continuer à sensibiliser les gens à notre diversité, au fait que nous ne sommes pas tous pareils. Les chrétiens, tout comme les musulmans, ne sont pas tous pareils. Oui, il y a des différences sectaires, mais les points communs l’emportent de loin sur ces différences. The other fundamental thing is a piece of clothing, as I said, does not define a woman. They used to say clothes make the man. I would say clothes do not make the woman. Please, we’re way more than that.

L’autre élément fondamental, c’est qu’un vêtement, comme je l’ai dit, ne définit pas une femme. On avait coutume de dire que l’habit ne fait pas le moine. Je dirais que le vêtement ne définit pas la femme. Nous sommes beaucoup plus que cela. By the way, I appreciate what my sister Maryam has been saying about more focus on sexual diversity and gender diversity in our communities because we know that there is a real struggle within our own communities. When we see prejudices against people within our own faith, whether it’s by sect or by sexual orientation, we’re doing ourselves a disservice.

We’re all in this together, and we want to improve the lives of all of us. Thanks. Soit dit en passant, je comprends ce que ma sœur Maryam a dit au sujet de la nécessité de mettre davantage l’accent sur la diversité sexuelle et la diversité de genre dans nos communautés, car nous savons qu’il y a une véritable lutte à ce sujet. Les préjugés à l’égard de personnes qui partagent notre foi, qu’ils soient de nature sectaire ou axés sur l’orientation sexuelle, ne nous rendent pas service. Nous logeons tous à la même enseigne, et nous voulons améliorer notre vie à tous. Merci. The Chair: Thank you.

La présidente : Merci. Mr. Lakhani: I would make the distinction between the hijab as an expression of dignity and the hijab as an expression of indignity. The hijab as an expression of dignity is when a woman chooses to wear it for a dignified purpose. However, it becomes an expression of indignity when it is imposed on her — when she is told that she must wear it and if she doesn’t, she will be punished. On that latter point, this is an example of custom sometimes being conflated with religion.

Some societies are very conservative and have customs that are not accepted by the majority of Muslims around the world. But when those customs are imposed on people, as with Bill 21 in Quebec, for example, or when a uniform is imposed on a society, if it has not been M. Lakhani : Je ferais la distinction entre le hidjab comme expression de la dignité et le hidjab comme expression de l’indignité. Le hidjab est une expression de la dignité lorsqu’une femme choisit de le porter à des fins dignes.

Cependant, cela devient une expression d’indignité quand il lui est imposé — quand on lui dit qu’elle doit le porter et que si elle ne le porte pas, elle sera punie. Dans ce dernier cas, il s’agit plutôt d’une coutume, que l’on confond parfois avec la religion. Certaines sociétés sont très conservatrices et ont des coutumes qui ne sont pas acceptées par la majorité des musulmans dans le monde. Mais lorsque des coutumes sont imposées aux gens, comme dans le cadre de la loi 21 au Québec, par exemple, ou lorsqu’un 24-10-2022 Droits de la personne 23:19

internalized and accepted for dignified ends, there will be a reaction against it. uniforme est imposé à une société, s’il n’a pas été intériorisé et accepté à des fins dignes, il y aura une réaction. The other thing that comes out of this is when, say, women in Iran or in Afghanistan are contesting some kind of imposed clothing, it plays into Islamophobia in the sense that it becomes a dog whistle. Hijab then becomes a way of equating all Muslims as being uncivilized because the expressions of some Muslim societies, which are oppressive, are taken to be representative of Muslims as a whole.

L’autre chose qui ressort de tout cela, c’est que lorsque, par exemple, des femmes en Iran ou en Afghanistan contestent les vêtements qui leur sont imposés, cela joue un rôle dans l’islamophobie, en ce sens que cela devient un langage codé. Le hidjab devient alors une façon de considérer tous les musulmans comme étant non civilisés, les expressions de certaines sociétés musulmanes qui sont oppressives étant considérées comme représentatives de l’ensemble des musulmans. This is where education comes in. That’s a very important aspect of it. Thank you.

C’est là que l’éducation entre en jeu, et c’est un aspect très important. Merci. The Chair: Maryam Khan, would you like to respond? La présidente : Maryam Khan, voulez-vous répondre? Ms. Khan: Just to add to what has already been said by Mr. Lakhani and Ms. Jafri. One of the key elements we haven’t really talked about is patriarchy and how that is part and parcel of Canadian society and many regions of the globe. That is something that needs to be critiqued and challenged on an ongoing basis. There is also heteronormativity.

The presumption that everyone is heterosexual and cisgendered also needs to be talked about. Most of my conversations with people within Canadian society, particularly within LGBTQ+ circles, have been around — one of the reasons for people being Islamophobic is that there is this belief that Islam and Muslimness have nothing to do with gender and sexual diversity. That is one myth that I debunk all the time because there is documented evidence that Islam and Muslims have — whatever term you want to use — queerness, sexual and gender diversity and what have you.

Mme Khan : J’aimerais ajouter quelque chose à ce que M. Lakhani et Mme Jafri ont déjà dit. L’un des éléments clés dont nous n’avons pas vraiment parlé est le patriarcat et la façon dont il fait

partie intégrante de la société canadienne et de nombreuses régions du monde. C’est quelque chose qu’il faut constamment critiquer et contester. Il y a aussi l’hétéronormativité. Il faut aussi parler de la présomption selon laquelle tout le monde est hétérosexuel et cisgenre. La plupart des conversations que j’ai eues avec des membres de la société canadienne, en particulier au sein des cercles LGBTQ+, concernaient le fait que l’une des raisons pour lesquelles les gens sont islamophobes, c’est qu’on croit que l’islam et l’appartenance à l’islam n’ont rien à voir avec la diversité de genre et de sexe.

C’est un mythe que je réfute tout le temps, parce qu’il y a des preuves documentées que la fluidité de genre, la diversité sexuelle et de genre, et ainsi de suite — quel que soit le terme que vous voulez utiliser — existent au sein de l’islam et des musulmans. There is also, in my opinion, a misunderstanding of the religious texts: the sacred Quran as well as the sayings of the prophet and the imams and stuff like that. In my own reading and research, there is really nothing inherently transphobic and queerphobic about what the Quran says about being queer. That is the work I do.

I try to debunk the assumption people make that Islam says this about homosexuality, which is inaccurate. Thank you. Il y a aussi, à mon avis, une mauvaise compréhension des textes religieux, du Coran sacré, ainsi que des paroles du prophète et des imams et des choses de ce genre. Selon mes propres lectures et recherches, il n’y a vraiment rien de transphobe et d’allophobe dans ce que dit le Coran sur le fait d’être non binaire. C’est le travail que je fais. J’essaie de réfuter l’hypothèse selon laquelle c’est ce qui se dit dans l’islam au sujet de l’homosexualité, ce qui est inexact. Merci.

The Chair: I want to take this opportunity to welcome Senator Ravalia, who has joined us. Thank you for being here. La présidente : Je profite de l’occasion pour souhaiter la bienvenue au sénateur Ravalia, qui s’est joint à nous. Merci d’être présent. Senator Jaffer: We’ve had excellent witnesses today, and we could probably do with another hour. However, that’s not going to be possible. La sénatrice Jaffer : Nous avons entendu d’excellents témoins aujourd’hui, et nous pourrions probablement poursuivre pendant une autre heure. Cependant, ce ne sera pas possible. Mr.

Lakhani, in our discussion, Senator Arnot is always talking about education — rightly so. I wanted to ask you about that because you have pointed out in your presentation the need for an ethical education to counter unethical responses to Islam. Monsieur Lakhani, dans notre discussion, le sénateur Arnot revient sans cesse sur la question de l’éducation — à juste titre. Je voulais vous poser une question à ce sujet, parce que vous avez souligné dans votre exposé la nécessité d’une éducation 23:20 Human Rights 24-10-2022

What kinds of initiatives do you envision and what kinds of initiatives should we be recommending to the government? éthique pour contrer les réactions non éthiques face à l’islam. Quels types d’initiatives envisagez-vous et devrions-nous recommander au gouvernement? Mr. Lakhani: Thank you for that very good question. I mentioned earlier the distinction between knowledge gaps and empathy gaps in order to make the point that His Highness the Aga Khan makes that it is only by learning about each other in a way that makes us appreciate the otherness of each other that we can find our deeper connectedness. M.

Lakhani : Je vous remercie de cette excellente question. J’ai mentionné plus tôt la distinction entre les lacunes en matière de connaissances et les lacunes en matière d’empathie, afin de faire valoir que, selon Son Altesse l’Aga Khan, ce n’est qu’en apprenant à se connaître les uns les autres d’une manière qui nous fait apprécier l’autre que nous pouvons établir des liens plus profonds. There is a famous verse, known as the Bani Adam verse, that graces the edifice of the United Nations building in Geneva. It’s by the poet Sa’adi from one of his famous books The Gulistan.

In paraphrase, it goes something like this. It says that the children of Adam are as limbs to each other. If a calamity affects one, it affects all. And whoever cannot feel the pain of another is not worthy of being called a human being. Il existe un poème célèbre, connu sous le nom de Bani Adam, dont quelques vers sont inscrits à l’entrée du siège des Nations unies à Genève. Il a été écrit par le poète Saadi et est tiré de l’un de ses célèbres livres Le Golestan. Pour paraphraser, il se lit à peu près comme suit. On dit que les enfants d’Adam font

partie d’un même corps. Si le destin faisait souffrir l’un des membres, les autres n’en auraient pas de repos. Et quiconque est indifférent aux malheurs des autres ne mérite pas d’être nommé un Homme. The reason I cite that, and I suspect the reason it graces the portico at the United Nations building, is because it points to our deep connectedness — our common humanity. So the education that is needed is an appreciation of a cosmopolitan ethic — that we really are a common humanity, and we should focus on coming together because if we don’t focus on coming together, we will pull apart.

La raison pour laquelle je le mentionne et, selon moi, la raison pour laquelle il orne l’entrée de l’édifice des Nations unies, c’est parce qu’il souligne notre lien profond — notre humanité commune. L’éducation qui doit être donnée représente donc une appréciation d’une éthique cosmopolite, à savoir que nous formons vraiment une humanité commune et que nous devrions nous concentrer sur ce qui nous unit, parce qu’autrement, nous allons être séparés. Then the question becomes: How do we do that? Because obviously not everyone thinks alike. We all have our differences.

This is where the ethic of pluralism becomes really important — to view pluralism as a process, not a product — as a work in process and as a way of understanding that ethics are ultimately about the expression of caring that flows from our deep connectedness. That is why at the beginning of my presentation today, in my opening statement, I proposed the idea of a different lens: not intersectionality or gender issues or any identity lens, but a frame of our common humanity — of dignity as a focus.

If we keep that in mind, particularly if the standing committee keeps that in mind, I think it will be a “north star” for solutions. La question est alors de savoir comment procéder, parce que, de toute évidence, tout le monde ne pense pas de la même façon. Nous avons tous nos différences. C’est là que l’éthique du pluralisme devient vraiment importante — voir le pluralisme comme un processus, et non comme un produit — comme un travail en cours et comme une façon de comprendre que l’éthique est en fin de compte l’expression de la compassion qui découle de notre connexion profonde.

C’est pourquoi, au début de mon exposé d’aujourd’hui, dans ma déclaration préliminaire, j’ai proposé l’idée d’un point de vue différent, non pas de l’intersectionnalité, des questions liées au genre ou de toute autre perspective identitaire, mais de celui de notre humanité commune, avec au centre la dignité. Si nous gardons cela à l’esprit, surtout si le comité permanent garde cela à l’esprit, je pense que ce sera l’« étoile » qui nous guidera vers des solutions. Other things can be done more in the sense of countering negative influences. I’ll give one example.

There is the Fear, Inc. report put out in 2011 by the Center for American Progress Action Fund, which examined the roots of Islamophobia in North America and sourced the misinformation to a number of networks of funding organizations and five so-called experts — people like, as I recall, Frank Gaffney, Daniel Pipes and some familiar names. It is also important to understand who is putting out the fake news, the dog whistles, et cetera. I think that, too, is D’autres mesures peuvent être prises pour contrer les influences négatives. Je vais vous donner un exemple.

Dans le rapport Fear, Inc., publié en 2011 par le Center for American Progress Action Fund, on examinait les causes de l’islamophobie en Amérique du Nord et on faisait remonter la désinformation à un certain nombre de réseaux d’organismes subventionnaires et à cinq soi-disant experts — des gens comme Frank Gaffney, Daniel Pipes et quelques autres noms familiers, si je me souviens bien. Il est également important de comprendre qui diffuse les 24-10-2022 Droits de la personne 23:21

part of the educational work we can do to relieve us of the systemic blockages that exist in the way of ethical education. Thank you. fausses nouvelles, le langage codé, et ainsi de suite. Je pense que cela fait aussi

partie du travail d’éducation que nous pouvons faire pour nous libérer des obstacles systémiques qui existent en matière d’éducation éthique. Merci. Senator Jaffer: Mr. Lakhani, please be very short, but the stereotyping has been going on and the expression has been used throughout our hearings. Also, you used it today. La sénatrice Jaffer : Monsieur Lakhani, veuillez me répondre brièvement. Il y a eu des stéréotypes qui demeurent, et l’expression a d’ailleurs a été utilisée tout au long de nos délibérations, y compris par vous aujourd’hui.

Can you suggest what the causes — you and other witnesses have touched on that — of stereotyping of Muslims? Could you give some examples? Very quickly, please. Pouvez-vous nous dire quelles sont les causes — vous et d’autres témoins en avez parlé — des stéréotypes à l’endroit des musulmans? Pourriez-vous donner des exemples? Très rapidement, s’il vous plaît. Mr. Lakhani: Fear is the biggest one. There is also a lack of knowledge. I say “fear” because if we see something that is different from us, we feel it is going to threaten us. M. Lakhani : La peur est la cause la plus importante.

Il y a aussi le manque de connaissances. Je dis « peur », parce que lorsque nous sommes en présence de quelque chose de différent, nous avons l’impression d’être menacés. Then there are the dog whistle concepts like sharia, which really should not be a dog whistle at all. There are also ones around hijab and jihad. I’ve given those three examples. Il y a aussi les notions de langage codé, comme la charia, qui ne devrait pas du tout être considérée ainsi. Il y a aussi les peurs autour du hidjab et du djihad. Ce sont trois exemples que j’ai donnés.

So fear is one, but there is also a kind of protectionism — a circling of the wagons that we need to band together, group together and form camps. By forming camps, we tribalize, we get ghettoize and create the other. Those are attitudinal. Attitudinal then seeps into systemic ways of stereotyping, which are very dangerous and contribute to Islamophobia. Donc, la peur est une des causes, mais il y a aussi une espèce de protectionnisme — des charrettes qu’il faut regrouper en cercle pour former des camps. En formant des camps, on tribalise, on ghettoïse et on crée l’autre. Ce sont des attitudes.

Les attitudes s’infiltrent ensuite dans les stéréotypes systémiques, qui sont très dangereux et qui contribuent à l’islamophobie. Senator Omidvar: Thank you once again, witnesses, for your wisdom. I have particular questions for each of you, and I would appreciate it if you could keep your answers short so that I can hopefully get through them. La sénatrice Omidvar : Je remercie encore une fois les témoins de leur sagesse. J’ai des questions particulières à poser à chacun d’entre vous, et j’aimerais bien que vos réponses soient brèves, afin que je puisse, je l’espère, les poser toutes. My first question is to Ms.

Khan. Thank you so much, Ms. Khan, for your testimony today. In another committee that I chair, we are studying mental health and suicide. We have been informed that certain communities — ethnic communities, religious communities — face particular mental health challenges. You spoke about them and suicidation as well. You also proposed a solution that is targeted, protected funding for queer youth. Ma première question s’adresse à Mme Khan. Merci beaucoup, madame Khan, pour votre témoignage d’aujourd’hui. Dans un autre comité que je préside, nous étudions la santé mentale et le suicide.

Nous avons été informés que certaines communautés — les communautés ethniques, les communautés religieuses — font face à des défis particuliers en matière de santé mentale. Vous avez parlé d’elles et du suicide aussi. Vous avez également proposé une solution de financement ciblé et protégé pour les jeunes non binaires. Could you go beyond that and talk about what supports are needed to protect and support young people, in particular LGBT + young people who are Muslims from the mental health stresses of Islamophobia?

Pourriez-vous aller plus loin et parler des mesures de soutien nécessaires pour protéger et soutenir les jeunes, en particulier les jeunes LGBT+ musulmans, contre le stress causé par l’islamophobie au

chapitre de la santé mentale? Ms. Khan: Thank you. That’s a great question. Mme Khan : Merci. C’est une excellente question. One particular thing that could happen is the psychoeducation that could happen within the school systems. There could be an awareness that could be created by talking about people who are Une mesure qui pourrait être utile, c’est la psychoéducation dans les systèmes scolaires. On pourrait sensibiliser les gens en parlant des personnes non binaires et des musulmans, ainsi que 23:22 Human Rights 24-10-2022

queer and Muslim, and the challenges. What are some of the strengths of having that particular social location? des défis qu’ils doivent relever. Quels sont les aspects positifs de cette situation sociale? Have people come in as guest speakers. Have readings, in particular, that speak to that topic will be very helpful. Il faut faire venir des gens comme conférenciers. Il serait très utile d’avoir des lectures, en particulier, qui traitent de ce sujet.

A normalization of some issues around mental health, coming out and all of those things are very important because, in my many conversations as a peer support worker with young people as well as adults who identify as queer Muslims, constantly having to explain that there are different kinds of Muslims and different kinds of queerness. There’s not just one way of being queer or one way of being Muslim. So there is that awareness that can be created by inviting guest speakers in, by having material and by having articles. I’ll stop there for now.

Il est très important de normaliser certains problèmes liés à la santé mentale et à l’affirmation parce que, dans mes nombreuses conversations en tant que travailleuse de soutien par les pairs auprès des jeunes et des adultes qui s’identifient comme des musulmans non binaires, j’ai dû constamment expliquer qu’il y a différents types de musulmans et différents types de fluidité de genre. Il n’y a pas qu’une façon d’être non binaire ou d’être musulman. Il est donc possible de sensibiliser les gens en invitant des conférenciers et en leur fournissant du matériel et des articles. Je vais m’arrêter ici pour l’instant.

Senator Omidvar: Thank you. La sénatrice Omidvar : Merci. Ms. Jafri, I want to query you about [Technical difficulties]. We all know the facts, but let me briefly repeat what I find stunning. A 2015 study found that, despite being more likely to hold a university degree than the general population, Canadian Muslims, especially Canadian Muslim women who are wearing hijabs, experience higher rates of unemployment and underemployment. Madame Jafri, j’aimerais vous poser une question au sujet des [Difficultés techniques].

Nous connaissons tous les faits, mais permettez-moi de répéter brièvement ce que je trouve stupéfiant. Une étude de 2015 a révélé que, même s’ils sont plus susceptibles d’être titulaires d’un diplôme universitaire que la population en général, les musulmans canadiens, en particulier les musulmanes canadiennes qui portent le hidjab, connaissent des taux de chômage et de sous-emploi plus élevés. What solutions should we be looking at to deal with that expression of racism, and what solutions can we think of that are focused on employers as well as the federal government?

Quelles solutions devrions-nous envisager pour lutter contre cette expression de racisme, et quelles solutions pourrions-nous proposer aux employeurs et au gouvernement fédéral? Ms. Jafri: Again, we’ve done those studies. For each wave of study that we’ve done, we’ve found the employment situation of Canadian Muslim women worsening rather than improving. Those wearing the hijab are subject to more discrimination than others. Mme Jafri : Encore une fois, nous avons fait ces études.

Dans chaque vague d’études que nous avons effectuées, nous avons constaté que la situation de l’emploi des musulmanes canadiennes s’aggrave plutôt que de s’améliorer. Celles qui portent le hidjab sont davantage victimes de discrimination que d’autres. One of the solutions we have proposed is education for employers. I know we don’t have provincial employment equity legislation, but we do have federal employment equity legislation, and within the designated groups, I would say this: Expand the number of designated groups to include religious minorities.

Do an intersectional analysis to see where Muslim women are currently situated in the federal public service or federally regulated employers, and when employers are conducting their employment systems reviews, they need to look at what the barriers are that are being identified specifically for Canadian Muslim women. L’une des solutions que nous proposons, c’est l’éducation des employeurs. Je sais que nous n’avons pas de loi provinciale sur l’équité en matière d’emploi, mais nous avons une loi fédérale, et je dirais qu’il faut augmenter le nombre de groupes désignés pour inclure les minorités religieuses.

Il faut effectuer une analyse intersectionnelle pour déterminer où les femmes musulmanes se situent actuellement dans la fonction publique fé

Document details

CollectionSenate Committees
CitationRIDR / Evidence / 23ev-55748
Typecommittee
Volume / chapter441 / Evidence / 23ev-55748
Languageen
Formatpdf
SourceCOMM_SEN
Identifierd78cb99a8e872b38653c8b4452014dd90ce1a8fa

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