Senate Committee — SECD — Evidence — 08ev-55508

SECD / Evidence / 08ev-55508

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Senate Committee — SECD — Evidence — 08ev-55508

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EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Monday, May 9, 2022 OTTAWA, le lundi 9 mai 2022 The Standing Senate Committee on National Security and Defence met with videoconference this day at 2 p.m. [ET] to examine and report on issues relating to security and defence in the Arctic. Le Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale et de la défense se réunit aujourd’hui, à 14 heures (HE), avec vidéoconférence, afin d’examiner, pour en faire rapport, les questions relatives à la sécurité et à la défense dans l’Arctique. Senator Tony Dean (Chair) in the chair.

Le sénateur Tony Dean (président) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Chair: Honourable senators, welcome to this meeting of the Standing Senate Committee on National Security and Defence. I’m Tony Dean, senator from Ontario and the chair of the committee.

I’m joined today by my fellow committee members, Senator Jean-Guy Dagenais, Quebec, Deputy Chair; Senator Dawn Anderson, Northwest Territories; Senator Pierre- Hugues Boisvenu, Quebec; Senator Jane Cordy, Nova Scotia; Senator Donna Dasko, Ontario; Senator Marty Deacon, Ontario; Senator Mobina Jaffer, British Columbia; Senator David Richards, New Brunswick; Senator Larry Smith, Quebec; and Senator Hassan Yussuff, Ontario. Le président : Honorables sénateurs et sénatrices, bienvenue à la réunion d’aujourd’hui du Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale et de la défense.

Je suis Tony Dean, sénateur de l’Ontario et président du comité.

Les autres membres du comité sont présents aujourd’hui avec moi : le sénateur Jean-Guy Dagenais, sénateur du Québec et vice-président; la sénatrice Dawn Anderson, des Territoires du Nord-Ouest; le sénateur Pierre-Hughes Boisvenu, du Québec; la sénatrice Jane Cordy, de la Nouvelle-Écosse; la sénatrice Donna Dasko, de l’Ontario; la sénatrice Marty Deacon, de l’Ontario; la sénatrice Mobina Jaffer, de la Colombie-Britannique; le sénateur David Richards, du Nouveau-Brunswick; le sénateur Larry Smith, du Québec; et le sénateur Hassan Yussuff, de l’Ontario.

For those watching today’s session, we’re continuing our study on security and defence in the Arctic, including military infrastructure and security capabilities. This is our fifth meeting of the study, and our topic today is Canada’s defence capabilities and security infrastructure in the Arctic, including in the context of climate change. Pour ceux et celles qui regardent la séance d’aujourd’hui, nous poursuivons notre étude sur la sécurité et la défense dans l’Arctique, y compris les infrastructures militaires et les capacités de la sécurité.

Il s’agit de notre cinquième réunion dans le cadre de cette étude, et notre sujet aujourd’hui est les capacités de défense et d’infrastructure de la sécurité du Canada dans l’Arctique, y compris dans le contexte des changements climatiques. In the first panel we welcome Dr. Michael Byers, Professor at the University of British Columbia; Colonel (Ret’

d) Pierre Leblanc, President of Arctic Security Consultants; and Dr. Peter Kikkert, Irving Shipbuilding Chair in Arctic Policy at the Brian Mulroney Institute of Government, St. Francis Xavier University. Thank you all for joining us today by videoconference. We will now begin by inviting you to provide your opening remarks, to be followed by questions from our members. Nous accueillons notre premier groupe de témoins : M. Michael Byers, professeur à l’Université de la Colombie- Britannique; le colonel (à la retraite) Pierre Leblanc, président d’Arctic Security Consultants; et M.

Peter Kikkert, titulaire de la chaire Irving Shipbuilding en politique de l’Arctique, au Brian Mulroney Institute of Government, Université St. Francis Xavier. Merci à vous tous d’être avec nous aujourd’hui par vidéoconférence. Je vous inviterai d’abord à nous présenter vos déclarations préliminaires, puis nous passerons aux questions des membres du comité. Michael Byers, Professor, University of British Columbia, as an individual: Thank you. It’s very good to be here. Michael Byers, professeur, Université de la Colombie- Britannique, à

titre personnel : Merci. Je suis très heureux d’être ici. [Translation] [Français] I speak French, but I’ll deliver my remarks in English today. Je parle français, mais je donne mes commentaires en anglais aujourd’hui. 9-5-2022 Sécurité nationale, défense et anciens combattants 8:1

[English] [Traduction] I’m particularly pleased to be presenting to your committee on this in that Arctic security issues are often politicized, and it’s nice to have a body responsible for sober second thought to try to develop an accurate perspective on both the risks and the absence thereof in some instances. Je suis particulièrement heureux de témoigner devant votre comité à ce sujet.

Les questions liées à la sécurité dans l’Arctique sont souvent politisées, et c’est donc une bonne chose que nous ayons une entité dont la mission est de réaliser un second examen objectif afin de formuler une opinion éclairée sur les risques ou, dans certains cas, l’absence de risques. I’m going to be speaking mostly to Russia today. If someone wants to ask me about China, I’d be happy to take questions on that.

I also want to emphasize from the beginning that in my view, in the Canadian Arctic, there are issues that are far more pressing than security, namely, climate change and the situation of our Indigenous peoples. But I will be focusing on security today. Je vais surtout parler de la Russie, aujourd’hui, mais si vous voulez me poser des questions sur la Chine, je serai heureux d’y répondre.

D’emblée, je veux aussi insister sur le fait que, à mon avis, certains dossiers concernant l’Arctique canadien qui sont beaucoup plus urgents que la sécurité, nommément ceux des changements climatiques et de la situation des peuples autochtones, mais je vais m’en tenir à la sécurité, pour aujourd’hui. One of my core points here is that there are in fact two Arctics from a security perspective. There’s the European Arctic, which is becoming a very dangerous place, and there is the North American Arctic, and specifically the Canadian Arctic, which remains a relatively safe place.

Un de mes points principaux est le fait qu’il existe deux Arctiques, dans le contexte de la sécurité. Il y a l’Arctique européen, qui est en train de devenir un endroit très dangereux, et l’Arctique nord-américain, plus précisément l’Arctique canadien, qui est toujours relativement sécuritaire. To speak to the European Arctic very briefly, most of Russia’s second strike nuclear capability is based on the Kola Peninsula, and particularly through the submarine ports located there.

That makes the northwestern part of Russia a core strategic interest for them, and therefore the proximity of NATO countries, the situation of Norway, which has a land border and a maritime boundary with Russia, and, of course, the Baltic states and Poland, the entire east/west front is very close to the Russian Arctic. We had this situation during the Cold War. Canada played a major role with our North Atlantic fleet in the anti- submarine operations. We were on stand by throughout much of the Cold War to provide soldiers and equipment in defence of Norway.

The increased danger in the European Arctic is something that I encourage this committee to focus on as to how Canada could increase its contribution to NATO in that part of the Arctic. Au sujet de l’Arctique européen, très rapidement, la majeure

partie de la capacité russe de deuxième frappe nucléaire se trouve sur la presqu’île de Kola, plus précisément dans les ports d’attache des sous-marins qui s’y trouvent. La région nord-ouest de la Russie représente donc un intérêt stratégique majeur pour ce pays, compte tenu aussi de la proximité des pays de l’OTAN, de la Norvège, qui partage une frontière terrestre et maritime avec la Russie, et, bien sûr, des États baltes et de la Pologne, et tout le front est-ouest est très près de l’Arctique russe. C’est le même scénario que durant la Guerre froide.

Le Canada, grâce à son escadre de l’Atlantique Nord, a joué un rôle majeur dans les opérations anti-sous-marines. Nous étions en état d’alerte pendant la plus grande

partie de la Guerre froide, pour fournir des soldats et du matériel pour défendre la Norvège. J’encourage votre comité à porter une attention particulière au danger croissant dans l’Arctique européen et à la façon dont le Canada pourrait contribuer davantage à l’OTAN dans cette région de l’Arctique. The North American Arctic is different. First of all, Canada is a long way from Russia. The closest portions of Russia to the Canadian Arctic are 1,500 kilometres away from the northernmost parts of Canadian territory.

We’re talking here about Franz Josef Land, and if you start in Tuktoyaktuk, the far east Russian coast is 1,500 kilometres. Most of the Russian coastline is 2,500 kilometres away from the northernmost Canadian Arctic coastline. I shouldn’t need to remind anyone on this committee that Ottawa is 4,000 kilometres away from Alert, Canada on Ellesmere Island. So Russia is a long way away from the Canadian Arctic and even further from any large population centres in this country. L’Arctique nord-américain est différent. D’abord et avant tout, le Canada est très loin de la Russie.

Les régions de la Russie les plus proches de l’Arctique canadien sont séparées par 1 500 kilomètres des régions les plus nordiques du territoire canadien. Il s’agit de l’archipel François-Josef; si vous partez de Tuktoyaktuk, la côte Est de la Russie se trouve à 1 500 kilomètres. La majeure

partie du littoral russe se trouve à 2 500 kilomètres du littoral le plus au nord de l’Arctique canadien. Je ne crois pas avoir à rappeler à qui que ce soit ici qu’Ottawa se trouve à 4 000 kilomètres de la base canadienne d’Alert, sur l’Île d’Ellesmere. Donc, une très grande distance sépare la Russie de l’Arctique canadien, et une distance encore plus grande sépare la Russie de n’importe quel grand centre de population du pays. 8:2 National Security, Defence and Veterans Affairs 9-5-2022

The other thing I need to point out is that Russia is the largest country in the world. It is an Arctic country like Canada. Russia already owns roughly half of the Arctic, incontestably, under international law. It has vast expanses of land and maritime zones, vast resources that are as yet unexploited. It has no need for any more Arctic. It’s also grossly overextended militarily and economically because of the war on Ukraine, because of its adventure in Syria; the list goes on. It’s a country that’s in economic and demographic decline.

It’s hard to see a rational case for Russia wanting to provoke any kind of tensions in the North American Arctic. Un autre point que je dois souligner est le fait que la Russie est le plus grand pays du monde. C’est un pays de l’Arctique, comme le Canada. La Russie possède déjà environ la moitié de l’Arctique, incontestablement et conformément au droit international. Elle possède de grandes étendues de terre et de zones maritimes, de vastes ressources qui demeurent pour l’instant inexploitées. La Russie n’a pas besoin de s’étendre davantage dans l’Arctique.

Elle a aussi largement épuisé ses ressources militaires et économiques, en raison de la guerre en Ukraine, de ses aventures en Syrie, et ainsi de suite. C’est un pays qui est en période de déclin économique et démographique. Je vois difficilement comment la Russie pourrait logiquement vouloir provoquer des tensions dans l’Arctique nord-américain. The Arctic is — and Colonel Leblanc will speak to this, I am sure — a cold, dark, dangerous region. The climate and geography of the Arctic are Canada’s strongest protection. I can’t help but quote General (Ret’

d) Walter Natynczyk from the Halifax International Security Forum a decade ago when he was Chief of the Defence Staff when he said that if someone were to invade the Canadian Arctic, his first task would be to rescue them. I’m not worried about the Canadian Arctic from a Russian military threat. L’Arctique — et je suis sûr que le colonel Leblanc vous le dira — est une région froide, sombre et dangereuse. Le climat et la géographie de l’Arctique représentent la meilleure protection pour le Canada.

Je ne peux m’empêcher de citer le général (à la retraite) Walter Natynczyk, qui a déclaré il y a 10 ans, lors du Forum d’Halifax sur la sécurité internationale, alors qu’il était chef d’état-major de la défense, que, si quelqu’un voulait envahir l’Arctique canadien, sa première tâche consisterait à organiser un sauvetage. Je ne suis pas préoccupé par une menace militaire russe dans l’Arctique canadien. As I said, I’ll speak about the land, maritime and air issues in question. I want to speak briefly to the space dimension. We have a phenomenal trio of assets in polar orbit launched in 2019.

I’m speaking about RADARSAT Constellation, which is operated by the Canadian Armed Forces, which gives us incredible surveillance in the Arctic and up to 20 passes a day; very rapid imaging and access to imaging so that we know what happens in the Canadian Arctic. We can see any ship that enters the Canadian Arctic, track that ship and see activity on the ground. It’s an incredible asset. When we talk about our military capabilities, it’s often overlooked. Comme je l’ai dit, je vais parler des enjeux terrestres, maritimes et aériens pertinents. Rapidement, je veux aborder la dimension spatiale.

Nous avons un trio phénoménal d’actifs en orbite polaire, qui ont été lancés en 2019 : la constellation RADARSAT, qui relève des Forces armées canadiennes et qui nous donne une capacité de surveillance incroyable dans l’Arctique, avec jusqu’à 20 passages par jour. L’imagerie par satellite est très rapide, et nous avons accès à ces images pour savoir ce qui se passe dans l’Arctique canadien. Nous pouvons voir n’importe quel navire qui entre dans l’Arctique canadien, le suivre et voir ce qui se passe sur le terrain.

C’est un atout incroyablement utile, mais on le néglige souvent quand on parle de nos capacités militaires. We’re also seeing a dramatic increase in communications abilities in the Arctic. You all know about SpaceX, which has launched more than 2,000 of its Starlink broadband satellites, an increasing number of them on polar orbits; incredible broadband in the Arctic that was not there a couple of years ago. Il y a aussi présentement un accroissement spectaculaire des capacités de communication dans l’Arctique.

Vous connaissez tous SpaceX, qui a lancé plus de 2 000 de ses satellites Starlink pour les services Internet à large bande, dont un nombre croissant sont en orbite polaire. Il y a des services à large bande incroyables dans l’Arctique, qui n’existaient pas il y a seulement deux ou trois ans. The final thing to say is that we have pretty good radar coverage over the Arctic, thanks to American phased array radar stations at Thule Air Base in Greenland and at Clear Air Force Base in Alaska. These are rendering the northern warning system redundant, if not obsolete.

The Canadian government is committed to developing over-the-horizon radar; they gave a developmental contract to Raytheon a few years ago. These systems already exist, they work. The U.S. uses them for the Caribbean and Pacific. The only challenge in the Arctic is Un dernier point à souligner est que nous avons une couverture radar assez efficace dans l’Arctique, grâce aux stations américaines de radar à éléments en phase, à la base des forces aériennes de Thule, au Groenland et à la base des forces aériennes de Clear, en Alaska.

Avec ces stations, le Système d’alerte du Nord est redondant, pour ne pas dire obsolète. Le gouvernement du Canada s’est engagé à développer le radar transhorizon; il a d’ailleurs accordé un contrat pour son élaboration à Raytheon, il y a quelques années. Ces systèmes 9-5-2022 Sécurité nationale, défense et anciens combattants 8:3

dealing with the unstable nature of the ionosphere in the Arctic; the solar weather or the Aurora Borealis. But I’m sure the space scientists involved will sort this out. Again, I don’t see much of a problem in the North American Arctic in terms of threats to the Canadian Arctic or our capability to detect threats that are coming through space or closer to the surface towards southern Canada or the United States. Thank you. existent déjà, et ils fonctionnent. Les États-Unis les utilisent dans les Caraïbes et le Pacifique. La seule difficulté, dans l’Arctique, est l’instabilité de l’ionosphère; la météo solaire ou les aurores boréales.

Malgré tout, je suis convaincu que les spécialistes de l’espace concernés vont régler tout cela. Je le redis, il n’y a pas vraiment de problèmes dans l’Arctique nord-américain en ce qui concerne une menace contre l’Arctique canadien ou notre capacité de détecter les menaces qui viendraient de l’espace ou de plus près de la surface, et qui se dirigeraient vers le Sud du Canada ou les États-Unis. Merci. The Chair: Thank you very much, Dr. Byers. I’m sure you’ll be getting some questions from my colleagues. Le président : Merci beaucoup, monsieur Byers. Je suis sûr que mes collègues auront des questions pour vous.

Next we will hear from Colonel Leblanc. Please proceed when you’re ready. Nous allons maintenant entendre le colonel Leblanc. Dès que vous êtes prêt, allez-y. [Translation] [Français] Colonel (Ret’

d) Pierre Leblanc, President, Arctic Security Consultants, as an individual: Members of the Standing Senate Committee on National Security and Defence, thank you for this opportunity to express my fears regarding the security and defence of this magnificent part of our country. Colonel (à la retraite) Pierre Leblanc, président, Arctic Security Consultants, à

titre personnel : Chers membres du Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale et de la défense, je vous remercie de me donner l’occasion d’exprimer mes craintes en ce qui concerne la sécurité et la défense de cette magnifique

partie de notre pays. [English] [Traduction] We live in very dangerous times. Despite international condemnation and sanctions, Russia is pursuing the invasion of Ukraine. Nous vivons à une époque très dangereuse.

Malgré les condamnations et les sanctions internationales, la Russie poursuit son invasion de l’Ukraine. North Korea is threatening the use of intercontinental ballistic missiles and has increased its stockpile of nuclear weapons. La Corée du Nord menace d’utiliser des missiles balistiques intercontinentaux et a renforcé son arsenal nucléaire. China has lifted its smiling mask, has bullied Canada repeatedly, as well as other countries, and is poised to annex Taiwan by force.

La Chine a laissé tomber son sourire factice, a souvent tenté d’intimider le Canada, ainsi que d’autres pays, et semble prête à utiliser la force pour annexer Taïwan. Democracies are losing ground around the world. The rules- based order is under attack. Canada needs to improve its defence posture. Les démocraties s’affaiblissent aux quatre coins du monde. L’ordre fondé sur les règles est attaqué. Le Canada doit améliorer sa posture de défense. The Arctic is warming at three times the rest of the planet. The ice is disappearing. Access is increasing and so is human activity.

I have been recommending the increase of defence assets in the Arctic for the past 22 years. Since then, there has been progress but more needs to be done. L’Arctique se réchauffe trois fois plus rapidement que le reste de la planète. Puisque la glace fond, il est plus facile d’y avoir accès, et l’activité humaine s’y accroît. Je recommande depuis 22 ans d’augmenter les ressources de la défense dans l’Arctique. Nous avons fait des progrès, depuis, mais il faut en faire plus. As a sovereign country, we must have complete domain awareness.

We must also have the ability to act when we identify illegal activity or come under attack. En tant que pays souverain, nous devons avoir une connaissance absolue du domaine. Nous devons aussi pouvoir intervenir si nous remarquons des activités illégales ou en cas d’attaque. Successive NORAD commanders have stated that the Canadian Arctic will play a pivotal role in any future conflict.

Russia, China and North Korea, the main adversaries of the U.S.A., would possibly attack through the Arctic, whether it is L’un après l’autre, les commandants du NORAD ont déclaré que l’Arctique canadien allait jouer un rôle déterminant dans un futur conflit. La Russie, la Chine et la Corée du Nord — les principaux ennemis des États-Unis — voudront peut-être 8:4 National Security, Defence and Veterans Affairs 9-5-2022

with bombers, hypersonic cruise missiles, hypersonic glide vehicles or intercontinental ballistic missiles. attaquer en passant par l’Arctique, que ce soit au moyen de bombardiers, de missiles de croisière hypersoniques, de planeurs hypersoniques ou de missiles balistiques intercontinentaux. The present North Warning System is obsolete and needs to be replaced with some urgency as part of the NORAD modernization. Given the threat through the Arctic, Canada should consider joining the ballistic missile defence program to increase our contribution to the defence of North America.

Le Système d’alerte du Nord actuel est obsolète, et nous devons le remplacer assez rapidement dans le cadre de la modernisation du NORAD. Compte tenu de la menace qui pourrait venir de l’Arctique, le Canada devrait songer à se joindre au programme de défense antimissile balistique et ainsi contribuer davantage à la défense de l’Amérique du Nord.

In the Arctic, the main awareness is achieved through the collation of information from multiple sources, the input from RADARSAT Constellation, the newly deployed Arctic and Offshore Patrol Ships, the Canadian Coast Guard icebreakers, one Canadian Ranger Patrol Group, the Royal Canadian Mounted Police as well as intelligence sources such as ship automatic identification systems.

Dans l’Arctique, la connaissance du domaine s’acquiert principalement par la collecte d’informations auprès de multiples sources, des données de la constellation RADARSAT, des navires de patrouille extracôtier et de l’Arctique nouvellement déployés, des brise-glaces de la Garde côtière canadienne, d’un groupe de patrouille des Rangers canadiens, de la Gendarmerie royale du Canada et d’autres sources de renseignement, comme les systèmes d’identification automatique des navires. The government must make sure that we invest sufficient funds to secure and maintain those various sources of information in the future.

Le gouvernement doit s’assurer que nous investissons suffisamment de fonds pour être en mesure de continuer à recueillir de l’information de ces diverses sources et pour les entretenir. One of the solid investments Canada could make would be to develop Resolute Bay as a central Arctic security hub. The key elements would be the establishment of a forward operation location for the F-35 and a deep-sea port. At the moment, there is a 2,800-kilometre gap between our forward operation locations in Inuvik and Iqaluit.

Un investissement solide que le Canada pourrait faire serait d’aménager Resolute Bay pour en faire le carrefour des opérations de sécurité dans l’Arctique. Les éléments clés en seraient l’établissement d’une base opérationnelle avancée pour les F-35 et d’un port en haute mer. Présentement, 2 800 kilomètres séparent nos bases opérationnelles avancées d’Inuvik et d’Iqaluit. The expanded Canadian Air Defence Identification Zone requires the air force to be able to operate further north.

Those two facilities could support the operations of the Canadian Forces, including fighters, reconnaissance drones, the CP-140 long-range maritime patrol aircraft. They would also support the operation of the navy, the Coast Guard and other federal departments with Arctic responsibilities. Dans son ensemble, la zone d’identification élargie de la défense aérienne du Canada exige que la force aérienne puisse mener ses opérations plus loin dans le Nord.

Ces deux installations pourraient soutenir les opérations des Forces armées canadiennes, y compris les avions-chasseurs, les drones de reconnaissance et le avions de patrouille maritime à longue portée CP-140. Cela permettrait aussi de soutenir les opérations de la marine, de la Garde côtière et des autres ministères fédéraux ayant des responsabilités liées à l’Arctique. Another would be to deploy capability to monitor underwater activity. This could also be done from Resolute Bay using a combination of underwater sensors and long-range autonomous underwater drones.

Il faudrait aussi développer la capacité de surveillance des activités sous-marines. Cela pourrait aussi être fait à Resolute Bay, avec une combinaison de capteurs sous-marins et de drones sous-marins autonomes à long rayon d’action. Canada must have the capability to act when a situation similar to the New Zealand sailboat challenging the Northwest Passage occurs. Canada must be capable of taking over a vessel that does not respond to commands. Le Canada doit pouvoir intervenir quand un problème survient, comme celui de ce voilier néo-zélandais qui avait tenté de s’engager dans le passage du Nord-Ouest.

Le Canada doit pouvoir prendre les commandes d’un navire qui ne répond pas aux ordres. 9-5-2022 Sécurité nationale, défense et anciens combattants 8:5

To support domain awareness and government operations in the Arctic, it is essential to invest in robust national communication infrastructure with full control of the data over those systems. Il est essentiel, pour soutenir la connaissance du domaine et les opérations gouvernementales dans l’Arctique, d’investir dans une infrastructure de communication nationale et robuste exerçant le plein contrôle des données de ces systèmes.

I am disappointed that the Enhanced Satellite Communication Program — Polar, started in 2009, is contemplating a full in- service date of 2036, some 27 years after recognizing a high- priority program. J’ai été déçu d’apprendre que le Projet de communications par satellite améliorées — le projet Polar, lancé en 2009 —, ne sera probablement pas complètement opérationnel avant 2036, donc environ 27 ans après que nous avons reconnu qu’il s’agit d’un programme de haute priorité.

The Telesat Lightspeed Constellation, similar to the system mentioned previously, will be able to provide resilient, secure broadband communication as early as 2026 to support all government Arctic communication needs, including that of the Canadian Forces. La constellation de satellites Lightspeed de Télésat, qui est similaire au système que j’ai mentionné plus tôt, pourra fournir des communications à large bande résilientes et sécuritaires dès 2026 et permettra de répondre à tous les besoins du gouvernement dans l’Arctique en matière de communications, y compris ceux des Forces canadiennes.

Most of my recommendations will create employment and business opportunities in the Arctic and contribute to the defence of Canada, NORAD and NATO. La plupart de mes recommandations permettront aussi de créer des emplois et des possibilités d’affaires dans l’Arctique, en plus de contribuer à la défense du Canada, au NORAD et à l’OTAN. Thank you. Merci. The Chair: Thank you very much, Colonel Leblanc. Le président : Merci beaucoup, colonel Leblanc. We now go to Dr. Kikkert. Over to you when you’re ready. C’est maintenant au tour de M. Kikkert. Allez-y, dès que vous êtes prêt.

Peter Kikkert, Irving Shipbuilding Chair in Arctic Policy, Brian Mulroney Institute of Government, St. Francis Xavier University, as an individual: Good afternoon, senators. Peter Kikkert, titulaire de la chaire Irving Shipbuilding en politique de l’Arctique, Brian Mulroney Institute of Government, Université St. Francis Xavier, à

titre personnel : Bonjour, honorables sénateurs et sénatrices. I’d like to begin by acknowledging that I am joining you from the ancestral and unceded territory of the Mi’kmaq people. I’m honoured to be here and thank you for the opportunity. J’aimerais commencer en soulignant que je m’adresse à vous aujourd’hui depuis le territoire ancestral et non cédé du peuple micmac. C’est un honneur pour moi d’être parmi vous, et je vous remercie de m’avoir invité. If you think back to the threats through, to and in the Canadian Arctic framework that Dr.

Lackenbauer shared with you a few weeks ago, my focus is on threats in the region, particularly on the challenges to community safety and security posed by the broad spectrum of natural and human-made hazards created or exacerbated by climate change, from tundra and wildfires, to flooding and melting permafrost, to the issues raised by increased outside human activity from environmental pollution to marine transportation accidents. Rappelez-vous le Cadre stratégique pour l’Arctique dont vous a parlé il y a quelques semaines M.

Lackenbauer, au sujet des menaces générales, des menaces extérieures et des menaces intérieures; pour ma part, je m’en tiendrai aux menaces dans la région, en particulier les défis pour la sécurité des communautés qui découlent d’un large éventail de dangers d’origine naturelle et humaine, créés ou exacerbés par les changements climatiques, de la toundra aux incendies de forêt aux inondations et au dégel du pergélisol en passant par les problèmes liés à l’accroissement des activités humaines extérieures, la pollution de l’environnement et les accidents de transport maritime.

The risks posed by these hazards are amplified by the presence of remote and isolated communities in austere environments with limited infrastructure, few emergency response resources and little access — Les risques associés à ces dangers sont amplifiés par la présence de collectivités éloignées et isolées, qui se trouvent dans des milieux austères où il y a peu d’infrastructures, peu de ressources pour les interventions d’urgence et peu d’accès... The Chair: Dr. Kikkert, would you slow down a little bit so we can assist you with translation?

Le président : Monsieur Kikkert, pourriez-vous ralentir un peu, afin que les interprètes puissent vous suivre? 8:6 National Security, Defence and Veterans Affairs 9-5-2022

Mr. Kikkert: Absolutely. The risks posed by the hazards I just mentioned are amplified by the presence of remote and isolated communities in austere environments with limited infrastructure, few emergency response resources and little access to rapid external assistance. M. Kikkert : Bien sûr. Les risques associés aux dangers que je viens de mentionner sont amplifiés par la présence de collectivités éloignées et isolées, qui se trouvent dans des milieux austères où il y a peu d’infrastructures, peu de ressources pour les interventions d’urgence et peu d’accès à une aide rapide de l’extérieur.

Mitigating and responding to these risks requires whole-of- government and whole-of-society approaches in which the defence team has important roles to play, particularly in disaster response, search and rescue and developing infrastructure resilience. Pour atténuer ces risques et y réagir, nous avons besoin d’adopter des approches pangouvernementales et pansociétales, dans le cadre desquelles l’équipe de la défense remplit des rôles importants, en particulier en ce qui a trait aux interventions en cas de catastrophe, aux opérations de recherche et sauvetage et au renforcement de la résilience infrastructurelle.

In 2021, the CAF responded to floods in the Yukon, Northwest Territories and the water crisis in Iqaluit. Due to limited territorial assets, this disaster-response role will only grow in frequency, scope and complexity. En 2021, les FAC sont intervenues lors des inondations au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest ainsi que lors de la crise de l’eau à Iqaluit. Vu les actifs limités sur ces territoires, les interventions en cas de catastrophe seront plus fréquentes, plus importantes et plus complexes.

To best prepare the CAF to continue to expand its annual Operation NANOOK TATIGIIT — a whole-of-government exercise that has simulated a wide array of disaster scenarios, ensuring it engages territorial, Indigenous and local levels of government — it must also ensure that its southern-based immediate response units and Arctic response company groups can rapidly deploy to the North if their services are required.

Afin que les FAC soient le mieux préparées possible et puissent continuer d’élargir leur opération annuelle Nanook Tatigiit — un exercice pangouvernemental de simulation d’un large éventail de scénarios de catastrophe, où on s’assure de mobiliser les gouvernements territoriaux, autochtones et locaux —, il faut aussi qu’elles s’assurent que leurs unités d’intervention immédiate dans le Sud et leurs groupes- compagnies d’intervention dans l’Arctique peuvent être rapidement déployés dans le Nord, si on a besoin de leurs services.

Further, the diverse network of actors responsible for disaster management in the North must maintain relationships year-round to facilitate rapid cooperative responses. De plus, le réseau diversifié des acteurs responsables de la gestion des catastrophes dans le Nord doit maintenir le contact toute l’année afin d’assurer la rapidité des interventions coopératives. The CAF also bolsters local response and relief capabilities through the Canadian Rangers who, given their presence, capabilities and community relationships, regularly support other government agencies during emergencies and disasters.

Les FAC ont aussi renforcé leurs interventions et leurs capacités de secours local par l’entremise des Rangers canadiens qui, de par leur présence, leurs capacités et leurs liens avec les collectivités, soutiennent régulièrement d’autres organismes gouvernementaux durant les urgences et les catastrophes. By increasing the capacity of Ranger Patrol Group headquarters to support these operations, and through additional Ranger training and exercises focused on emergency response capability, the CAF could build upon their proven effectiveness and bolster community disaster resilience across the North.

En renforçant la capacité du quartier général du Groupe de patrouilles des Rangers canadiens de soutenir ces opérations et en augmentant l’entraînement et les exercices des Rangers axés sur les capacités d’intervention d’urgence, les FAC pourront miser sur leur efficacité, qui a été démontrée, et renforcer la résilience des collectivités face aux catastrophes dans tout le Nord.

The tyranny of distance, time and environment — and the position of primary CAF SAR assets in the South — impose special challenges on northern SAR operations while the rapidly changing environment is increasing the caseload and the risk of low-probability, high-consequence events like major marine disasters.

La tyrannie de la distance, du temps et de l’environnement — ainsi que l’emplacement des principales ressources de recherche et sauvetage des FAC, c’est-à-dire dans le Sud — crée des difficultés spéciales lors des opérations de recherche et sauvetage dans le Nord, tandis que les changements rapides de l’environnement font augmenter la charge de travail et le risque 9-5-2022 Sécurité nationale, défense et anciens combattants 8:7

d’événements à faible probabilité, mais aux conséquences graves, comme des catastrophes maritimes majeures. To better mitigate these challenges, the National Search and Rescue Secretariat should re-establish the Northern Search and Rescue Roundtable, which operated between 2010 and 2016, to bring together first responders and policy-makers from the North and the South to co-develop a comprehensive northern SAR strategy.

Pour mieux atténuer ces difficultés, le Secrétariat national Recherche et Sauvetage devrait rétablir la table ronde sur la recherche et le sauvetage dans le Nord, qui a existé de 2010 à 2016, pour réunir les premiers intervenants et les décideurs du Nord et du Sud afin qu’ils élaborent conjointement une stratégie exhaustive de recherche et de sauvetage dans le Nord. The impacts of climate change, including melting permafrost, coastal erosion and severe weather, pose challenges to infrastructure across the North, including runways, harbours, bridges and houses.

Les conséquences des changements climatiques, comme le dégel du pergélisol, l’érosion des côtes et les phénomènes météorologiques extrêmes créent des problèmes pour l’infrastructure dans le Nord, y compris les pistes d’atterrissage, les ports, les ponts et les maisons. While the committee has already heard that any investments in defence infrastructure should consider military and civil requirements, our close allies offer models for other contributions that the defence team might make.

The U.S. military’s Innovative Readiness Training programs in Alaska and Australian’s Army Aboriginal Community Assistance Programme show how military personnel can support local communities and private industry in constructing resilient critical infrastructure. As of 2021, the Australian Army has delivered 45 projects in 43 Indigenous communities, building everything from airfields to barge landings, to water- and waste-treatment plants, and to housing and recreational facilities, all while building the employable skills of local Indigenous participants.

The program is embraced by Indigenous communities for its positive socio- economic and infrastructure contributions, while the Australian military highlights the training and skills development it provides its personnel. On a déjà dit au comité que tous les investissements dans l’infrastructure de la défense devraient tenir compte des exigences militaires et civiles, mais nos alliés proches proposent d’autres modèles pour les contributions éventuelles de l’équipe de la défense.

Les forces américaines ont, en Alaska, des programmes d’Innovative Readiness Training — des programmes d’instruction novatrice pour la disponibilité opérationnelle —, et les forces armées australiennes ont un programme d’aide aux collectivités aborigènes; des programmes de ce genre montrent comment les militaires peuvent soutenir les collectivités locales et l’industrie privée en construisant des infrastructures essentielles qui sont résilientes.

Depuis 2021, les forces armées australiennes ont achevé 45 projets dans 43 collectivités aborigènes et ont construit tout un éventail d’infrastructures : des aérodromes jusqu’aux débarcadères de barges en passant par des usines de traitement des déchets et des eaux usées, des logements et des centres récréatifs, le tout en permettant aux participants aborigènes locaux de renforcer leurs compétences professionnelles.

Les collectivités aborigènes ont beaucoup apprécié ce programme, parce qu’il a eu des retombées socioéconomiques et infrastructurelles positives, et les forces armées australiennes soulignent que cela aide l’entraînement et le perfectionnement des compétences de son personnel. Fundamentally, the evolving threats to community safety require local solutions. One such solution, developed through research with community responders in Nunavut’s Kitikmeot Region, is an Inuit Nunangat community public-safety officer program.

Based in their own communities, Inuit officers can focus on emergency preparedness, search-and-rescue coordination, marine safety and fire prevention. With such a broad focus, this program would break down the silos of responsibility that exist across the agencies responsible for community safety and security in the North, facilitate the kind of whole-of-society emergency management envisioned by the Arctic and Northern Policy Framework and offer a novel way to operationalize the new Inuit Nunangat policy.

Fondamentalement, pour lutter contre les menaces changeantes contre la sécurité des collectivités, nous avons besoin de solutions locales. Une solution mise au point grâce à des recherches menées avec les intervenants communautaires de la région de Kitikmeot, au Nunavut, par exemple, consiste en un programme d’agents de sécurité publique communautaire de l’Inuit Nunangat. Les agents inuits, dans leurs propres collectivités, peuvent s’occuper de la préparation aux situations d’urgence, de la coordination des interventions de recherche et sauvetage, de la sécurité maritime et de la prévention des incendies.

Avec une si grande portée, ce programme favoriserait le décloisonnement des responsabilités actuellement réparties entre les organisations responsables de la sécurité 8:8 National Security, Defence and Veterans Affairs 9-5-2022

communautaire dans le Nord et soutiendrait le genre de gestion pansociétale des urgences proposée dans le Cadre stratégique pour l’Arctique et le Nord du Canada, en plus d’offrir une façon novatrice d’opérationnaliser la nouvelle politique sur l’Inuit Nunangat. Inuit have long said that sovereignty begins at home in strong communities. So, too, does national security and disaster security, and investment must reflect that. Les Inuits disent depuis longtemps que la souveraineté commence chez soi, dans des communautés fortes.

Il en va de même pour la sécurité nationale et la sécurité face aux catastrophes, et les investissements doivent le refléter. I look forward to discussing these issues and ideas further during the question period. Thank you, senators, very much for your time. Je suis prêt à discuter de toutes ces questions et de ces idées plus en détail au cours de la période de questions. Merci beaucoup, honorables sénateurs et sénatrices, de votre temps. The Chair: Thank you very much to all three of you. Thank you for three very different perspectives this afternoon. Le président : Merci beaucoup à vous trois.

Merci de nous avoir présenté, cet après-midi, trois perspectives très différentes. We’re now going to proceed to questions. Please note that the panel must finish at 3 p.m. In order to allow as many questions as possible, we’re going to allot four minutes for each question, including the answer. Therefore, colleagues, I ask you to keep your questions succinct and identify which witness your question is directed to. Nous allons passer aux questions. Sachez cependant que nous avons jusqu’à 15 heures maximum avec ces témoins.

Afin que nous puissions poser autant de questions que possible, chaque intervenant aura quatre minutes pour poser sa question et écouter la réponse. Je vous demande donc, chers collègues, d’être concis dans vos questions et de préciser à quel témoin vous la posez. I’d like to offer the first question to our deputy chair. J’aimerais offrir la première intervention à notre vice- président. [Translation] [Français] Senator Dagenais: My first question is for Colonel Leblanc.

I don’t mean to condemn Prime Minister Trudeau’s recent positions on the invasion of Ukraine, but we’ve heard him say that Vladimir Putin is nothing but a war criminal. Le sénateur Dagenais : Ma première question s’adresse au colonel Leblanc. Sans vouloir condamner les récentes positions du premier ministre Trudeau au sujet de l’invasion en l’Ukraine, on l’a entendu dire que Vladimir Poutine n’était rien d’autre qu’un criminel de guerre.

Does that kind of attack leave us even more vulnerable when it comes to defending Canada’s rights in the Arctic, or do you think that the Russians’ military capabilities have been weakened by the war in Ukraine and that Mr. Putin will thus consider the Arctic less important? Est-ce qu’une telle attaque nous place dans une position encore plus vulnérable pour défendre les droits du Canada en Arctique ou est-ce que vous croyez aux capacités militaires des Russes qui sont amoindries par la guerre en Ukraine et que l’Arctique deviendra moins importantes à ce moment-là pour M. Poutine? Col.

Leblanc: That’s a tough question to answer. Yes, Russia will be diminished by its current efforts in Ukraine, but we shouldn’t conclude that its forces are completely useless. One of my fears is that our Canadian Forces station in Alert is vulnerable. One of the Russian air bases is only 1,500 kilometers from Station Alert,

whereas we support Station Alert from Trenton, 4,000 kilometers distant. If Mr. Putin senses that we’re a wounded animal, it would be easy for him to attempt a random strike to punish Canada for supporting the situation in Ukraine. An attack on CFS Alert would be relatively easy to do. In a way, we might be more vulnerable because we’ve become one of Mr. Putin’s targets now

whereas we previously weren’t. Col Leblanc : Cette question est difficile à répondre. La Russie, oui, sera diminuée par les efforts qu’elle déploie actuellement en Ukraine, mais il ne faudrait pas considérer que ses forces sont complètement inutiles. Une de mes craintes est que notre station des Forces armées canadiennes à Alert est vulnérable. Effectivement, une des bases d’aviation russe est à seulement 1 500 kilomètres de la station Alert, alors que nous soutenons la station Alert à partir de Trenton qui est à 4 000 kilomètres. Il serait facile pour M.

Poutine, s’il devient une bête blessée, d’essayer de frapper un peu à l’aveuglette de façon à punir le Canada pour son appui de la situation en Ukraine. Une attaque sur la station des forces armées d’Alert serait 9-5-2022 Sécurité nationale, défense et anciens combattants 8:9

relativement facile à faire. D’un certain point de vue, on est peut- être plus vulnérable parce qu’on est peut-être une des cibles, maintenant, de M. Poutine alors qu’auparavant on ne l’était pas. Senator Dagenais: I have a second question concerning Canadian military equipment. The Russians have 55 submarines, and Norway is buying fighter jets and submarines; every country has submarines except Finland and Denmark. Canada has four, but they aren’t operational in the Arctic. Is Canada wrong not to have acquired more military equipment and to be advocating diplomacy instead?

Le sénateur Dagenais : J’ai une seconde question concernant les équipements militaires canadiens. Les Russes possèdent 55 sous-marins, la Norvège achète des avions de chasse et des sous- marins; à

part la Finlande et le Danemark, tous les pays ont des sous-marins. Le Canada en possède quatre qui ne sont pas fonctionnels en Arctique. Est-ce que le Canada fait fausse route en ne s’équipant pas davantage sur le plan militaire et en prônant plutôt la diplomatie? Col. Leblanc: My preference would be more equipment and less diplomacy. Intense diplomatic efforts were made just before the invasion of Ukraine, but to no avail, and weapons are now becoming important for Ukraine’s survival. Canada probably doesn’t have the financial resources to equip our submarines to operate under the polar ice.

What’s required are excessively costly nuclear submarines. They were suggested for the first time in 1988, but Canada ultimately cancelled its plans due to budget restrictions. However, we can increase surveillance in the Arctic archipelago by using underwater sensors and long-range drones to conduct patrols there so we can see what’s happening in our waters and take action accordingly. Col Leblanc : Ma préférence serait d’avoir davantage d’équipements plutôt que d’utiliser la diplomatie. Juste avant l’invasion de l’Ukraine, il y a eu des efforts intenses de diplomatie qui n’ont mené à rien.

Actuellement, ce sont les armes qui commencent à compter pour la survie de l’Ukraine. Le Canada n’a probablement pas les ressources financières pour équiper les sous-marins pour aller sous la glace polaire. Il faut des sous-marins nucléaires excessivement dispendieux. Ils avaient été suggérés pour la première fois en 1988, mais finalement, le Canada avait annulé ses plans à cause de restrictions budgétaires.

Par contre, on peut augmenter la surveillance des eaux de l’archipel en utilisant des sondes qui sont sous la mer et en utilisant des drones qui peuvent faire de longues distances pour faire des patrouilles de l’Arctique, pour pouvoir connaître ce qui se passe dans nos eaux et prendre des mesures en conséquence. Our CP-140 long-range patrol aircraft have anti-submarine capability, but they’re deployed thousands of kilometers away from the Arctic, and their ability to identify submarines under ice is virtually nil. They have to be under water, not ice.

Les avions de patrouille à longue portée CP-140 ont une capacité contre les sous-marins, mais ils sont déployés à des milliers de kilomètres de l’Arctique et leur capacité d’identification d’un sous-marin sous la glace est essentiellement nulle. Il faut que le sous-marin soit sous l’eau et non pas sous la glace. [English] [Traduction] The Chair: Sorry, our time is up. Senator Dagenais, before we go to the next question, we’re going to have to ask you to use a headset for your next intervention because the sound quality is not as good as it should be. Le président : Désolé, mais votre temps est écoulé.

Sénateur Dagenais, avant de passer au prochain intervenant, j’aimerais vous demander d’utiliser votre casque pour votre prochaine intervention, parce que la qualité du son n’est pas aussi bonne qu’elle devrait l’être. [Translation] [Français] Senator Boisvenu: Welcome to our guests. Mr. Chair, I believe you got it right in the introduction: We have before us two presentations that I think are quite opposed. Consequently, I have more questions than answers, but I nevertheless want to thank our witnesses. I have two questions. Mr.

Byers, you discussed Russian military thinking, and you said that, in that thinking, the North isn’t where they could intervene militarily. I’d like you to explain your reasoning because I don’t see any Le sénateur Boisvenu : Bienvenue à nos invités. Monsieur le président, je crois que vous avez eu le bon mot en introduction : nous avons devant nous deux témoignages qui m’apparaissent assez opposés. Cela m’amène plus de questions que de réponses, mais je tiens tout de même à remercier nos témoins. J’ai deux questions.

Monsieur Byers, vous parliez de la logique russe en matière militaire et vous dites que dans cette logique, le Nord ne représente pas un lieu où on pourrait intervenir militairement. 8:10 National Security, Defence and Veterans Affairs 9-5-2022

logic in Russian military intervention. What we’re seeing in Ukraine proves that. J’aimerais que vous m’expliquiez votre raisonnement, parce que je ne vois pas de logique aux interventions militaires de la Russie; ce qu’on voit en Ukraine nous le démontre. Colonel Leblanc, you brought up a very interesting topic, the development of a northern hub in Resolute Bay. That aligns with my own concerns. I’d like you to tell us more about it. Colonel Leblanc, vous avez parlé d’un sujet très intéressant qui est le développement à Resolute Bay d’un carrefour pour le Nord. Cela rejoint mes préoccupations.

J’aimerais que vous nous en parliez davantage. [English] [Traduction] Mr. Byers: Thank you for the question. To clarify my analysis, I am extremely concerned about Russia in the European Arctic, which is between 2,500 and 3,000 kilometres away from the closest part of Canada. I’m worried about the increased activity in the Barents Sea and the Norwegian Sea. I will point out that the United States reconstituted its 2nd Fleet in 2018. These problems have been building. I’m very concerned about Russian threats to the Baltic states and, potentially, to Finland and Sweden as they seek NATO membership. M.

Byers : Merci de la question. Pour clarifier mon analyse, je suis extrêmement préoccupé par la présence de la Russie dans l’Arctique européen, à une distance de 2 500 à 3 000 kilomètres de la région du Canada la plus proche. Je me préoccupe de l’activité accrue dans la mer de Barents et la mer de Norvège. Je souligne que les États-Unis ont réactivé leur deuxième flotte en 2018. Ces problèmes prennent de l’ampleur, et je suis très préoccupé de la menace russe pour les États baltes et éventuellement pour la Finlande et la Suède, puisqu’ils veulent rejoindre l’OTAN.

My point is that for an overextended Russia, which already owns half of the Arctic, there is nothing that it seeks in the Canadian Arctic. Indeed, it would be overextended. Engaging with the United States and Canada together, because we are partners in both NATO and NORAD, there is no rational way that Russia would seek to invade or attack Canadian infrastructure or even to set foot on Canadian soil in the Canadian Arctic. Ce que je dis, c’est que la Russie, qui a trop étiré ses forces, possède déjà la moitié de l’Arctique, mais qu’il n’y a rien d’intéressant pour elle dans l’Arctique canadien.

Concrètement, elle ne ferait qu’étirer davantage ses forces. Cela supposerait de s’attaquer aux États-Unis et au Canada réunis — étant donné que nous sommes tous les deux partenaires de l’OTAN et du NORAD —, alors ce ne serait absolument pas rationnel que la Russie cherche à nous envahir ou à attaquer des infrastructures canadiennes ou même qu’elle s’aventure en territoire canadien du côté de l’Arctique canadien.

I did speak to the threat of missiles coming over the Arctic: ICBMs, cruise missiles and now very fast cruise missiles — hypersonic missiles — that are launched into space and then come down and travel quickly close to the surface for long distances.

J’ai tout de même mentionné la menace que représentent les missiles pouvant survoler l’Arctique : les missiles balistiques intercontinentaux, les missiles de croisière et, maintenant, les missiles hypersoniques — des missiles de croisière extrêmement rapides —, qui sont lancés dans les airs retombent, puis voyagent très rapidement à la surface sur de longues distances. [Translation] [Français] Senator Boisvenu: Pardon me for interrupting, Mr. Byers. Le sénateur Boisvenu : Je m’excuse de vous interrompre, monsieur Byers.

I’d like Colonel Leblanc to tell us in 20 or 30 seconds what the benefits are of developing a “northern hub” base in Resolute Bay. J’aimerais que le colonel Leblanc nous dise en 20 ou 30 secondes quels sont les avantages de développer une base « carrefour pour le Nord » à Resolute Bay. Col. Leblanc: The benefits are that we could combine all the resources of the various departments that have responsibilities in the Arctic. The Canadian Armed Forces and Coast Guard are responsible for much of that, as are the Canada Border Services Agency, Environment Canada and so on.

Col Leblanc : Les avantages sont de combiner toutes les ressources des différents ministères qui ont des responsabilités dans l’Arctique. Les Forces armées canadiennes et la Garde côtière en ont une bonne partie. Il en est de même pour l’Agence des services frontaliers du Canada, Environnement Canada, etc. Canada is criticized for not having enough marine infrastructure in the Canadian Arctic. As traffic increases and human activities expand, there will eventually be a disaster in the Le Canada est critiqué pour ne pas avoir d’infrastructure maritime dans l’Arctique canadien.

À mesure que la circulation augmente et que les activités humaines augmentent, il y aura 9-5-2022 Sécurité nationale, défense et anciens combattants 8:11

Arctic. Three cruise ships have foundered in the Canadian Arctic. That’s no theoretical exercise; it’s something that actually happened. Fortunately, no lives were lost. In Resolute Bay, we could bring together all the necessary resources for search and rescue, environmental incident interventions and Canadian Forces operations support, by which I mean refueling Arctic patrol ships and changing crews. The same would be true of the Coast Guard. Air traffic control would be easier. éventuellement un désastre dans l’Arctique. Il y a trois navires de croisière qui se sont échoués dans l’Arctique canadien.

Ce n’est pas un exercice théorique. C’est un incident qui est déjà arrivé. Heureusement, il n’y a pas eu de pertes de vie. À Resolute Bay, nous pourrions avoir toutes les ressources en matière de recherche et sauvetage, d’interventions pour des incidents liés à l’environnement, de soutien des opérations des Forces armées canadiennes — c’est-à-dire que les navires de patrouille arctique pourraient faire le ravitaillement en pétrole, le changement d’équipage. Ce serait la même chose du côté de la Garde côtière. Le contrôle aérien serait plus facile. You’ll soon receive a French copy of an

article published in the Hill Times that provides a lot more detail on the idea. This will also create commercial opportunities in the Canadian High North such as supplying liquefied natural gas to support marine and other activities. Incidentally, the Resolute Bay community itself could be fully served with natural gas rather than diesel. There would be a lot of upside in doing that in this central area. Resolute Bay is located in the busiest part of the Northwest Passage. At some point all ships travelling west to east pass off Resolute Bay. Vous allez bientôt recevoir une copie en français d’un

article qui a été publié dans le Hill Times, qui donne beaucoup plus de détails sur cette création. Cela va aussi créer des occasions commerciales dans le Grand Nord canadien, comme le ravitaillement en gaz naturel liquéfié pour soutenir les activités maritimes et autres. Incidemment, la communauté même de Resolute Bay pourrait être complètement desservie en gaz naturel plutôt qu’avec du diésel. Il y a beaucoup d’avantages à le faire dans cette

partie centrale. Resolute Bay se trouve sur le passage le plus fréquenté du Nord-Ouest. Tous les navires qui passent essentiellement de l’Ouest à l’Est passent devant Resolute Bay à un moment donné. [English] [Traduction] The Chair: Thank you, Colonel Leblanc. Le président : Merci, colonel Leblanc. Senator Anderson: My question is a follow-up to Senator Boisvenu. I am also interested in the comment from the colonel on the idea of a Forward Operating Location in Resolute Bay. La sénatrice Anderson : J’ai une question qui nous ramène à celle du sénateur Boisvenu.

Je m’intéresse moi aussi à ce qu’a dit le colonel sur la possibilité d’installer une base opérationnelle avancée à Resolute Bay. There are already three in the two territories, one in Inuvik, one in Yellowknife, and one in Iqaluit. I’m from Tuktoyaktuk. I live in the Arctic; I’m from the Arctic. Il y en a déjà trois, sur deux des territoires : une à Inuvik, une à Yellowknife, et une à Iqaluit. Je viens de Tuktoyaktuk. Je vis dans l’Arctique. Je viens de l’Arctique.

Recognizing that right now, they are working on extending the runway in Inuvik, can you tell me, would your idea of a Forward Operating Location in Resolute Bay be tracked from the current existing ones, and how would that impact in terms of manpower, infrastructure and equipment? Is there enough? What is the cost if you were looking at another Forward Operating Location?

Compte tenu du fait que, présentement, on travaille à prolonger la piste d’atterrissage à Inuvik, pourriez-vous me dire comment votre idée d’une base opérationnelle avancée à Resolute Bay serait perçue par les autres bases existantes, et quelles seraient les conséquences relativement aux effectifs, à l’infrastructure, à l’équipement? En avons-nous suffisamment? Quel serait le coût, si on voulait ajouter une autre base opérationnelle avancée? Col. Leblanc: I would say there are two arguments here. The one in Inuvik should continue.

Most of the Russian bomber activity we have experienced in the past have been on the west side of the Arctic. Let’s say west of Prince Patrick Island, north of Alaska. That’s where a lot of the Russian bombers have been coming close to our Air Defence Identification Zone. Col Leblanc : Je dirais qu’il y a deux arguments : celle d’Inuvik doit rester. Les bombardiers russes que nous avons vus dans le passé étaient surtout actifs du côté ouest de l’Arctique. Disons à l’ouest de l’île du Prince-Patrick, au nord de l’Alaska.

C’est dans cette région que beaucoup de bombardiers russes se sont approchés de notre zone d’identification de défense aérienne. 8:12 National Security, Defence and Veterans Affairs 9-5-2022

Recently, we had one case where a bomber came close to CFS Alert. To be able to reach CFS Alert from Inuvik, you’re looking at about 2,000 kilometres. It’s impossible right now to do that with fighters in any short period of time. It would also require a fuelling tanker to be airborne at the same time to be able to support the fighters, because the amount of fuel they carry is not sufficient for them to do the interception and come back. You need to send a tanker as well. Récemment, un bombardier est passé à proximité de la Station des Forces canadiennes Alert.

Pour atteindre la SFC Alert depuis Inuvik, il faut faire 2 000 kilomètres. C’est présentement impossible pour des avions de chasse de parcourir cette distance en peu de temps. Il faudrait aussi qu’un avion-citerne les accompagne, pour soutenir les avions de chasse, parce qu’ils n’ont pas suffisamment d’essence pour se rendre au lieu d’interception et en revenir. Vous devez donc envoyer un avion- citerne également. If you start doing that from Resolute Bay, the distance is much smaller.

It’s more practical, and we would be able to challenge anyone that comes into the northern part of the Canadian Air Defence Identification Zone. En partant de Resolute Bay, la distance est beaucoup plus petite. C’est plus pratique, et nous serions en mesure d’intervenir si qui que ce soit s’approche de la

partie nord de la zone d’identification de défense aérienne du Canada. In terms of manpower, I would guess that Canada would have the capability to do both simultaneously. Whether the financial resources are there to do that, that’s another matter. En ce qui concerne les effectifs, je dirais que le Canada aurait la capacité de faire les deux en même temps. Quant à savoir si nous avons les ressources financières pour cela, ça, c’est une autre question. If I can come back to my point about living dangerously, what we are seeing right now was not predicted.

We never thought that Russia would actually go forward with the invasion of Ukraine. Russia is acting irrationally and may continue to do so in the future. Si je peux revenir à ce que je disais à propos de vivre à une époque dangereuse, la situation que nous vivons présentement n’avait pas été prévue. Nous n’aurions jamais cru que la Russie allait véritablement envahir l’Ukraine. La Russie agit de façon irrationnelle et peut-être qu’elle va continuer d’agir ainsi dans l’avenir.

On the other hand, China is watching the situation to see, as they have stated publicly themselves that they are willing to take Taiwan by force if need be, when the timing of that would be. What if China does that now? How would that change the geostrategic situation in the world today? D’un autre côté, il y a la Chine qui observe la situation pour savoir — parce qu’elle a déjà déclaré publiquement qu’elle était prête à prendre Taïwan par la force, si nécessaire — quel serait le meilleur moment pour agir. Qu’arriverait-il si la Chine décidait d’agir maintenant?

Comment cela changerait-il la situation géostratégique du monde d’aujourd’hui? I think it behooves us to increase our defence posture given that times are getting increasingly dangerous. Je crois qu’il nous incombe de renforcer notre posture de défense, puisque nous vivons à une époque de plus en plus dangereuse. The Chair: Thank you, Mr. Leblanc. Le président : Merci, monsieur Leblanc. Senator Jaffer: My question is to Mr. Kikkert and Professor Byers. La sénatrice Jaffer : Ma question s’adresse à M. Kikkert et à M. Byers.

My concern is that there is so much activity and attention being given to the Arctic that there is a concern about Indigenous rights and protecting Indigenous ways of living. From the lessons we have learned in the South, all the mistakes we have made, are we implementing them or still making the same mistakes when it comes to the rights of Indigenous people and their way of life? Ce qui me préoccupe, c’est qu’il y a tellement d’activité et que nous accordons tellement d’attention à l’Arctique que cela nous amène à nous préoccuper des droits des Autochtones et de la protection de leur mode de vie.

D’après les leçons que nous avons retenues de ce qui s’est passé dans le Sud — toutes les erreurs que nous avons commises —, est-ce que nous mettons les leçons à profit ou est-ce que nous répétons les mêmes erreurs, pour ce qui est des droits des peuples autochtones et de leur mode de vie? If you could start, Mr. Kikkert. Si vous pouviez commencer, monsieur Kikkert. Mr. Kikkert: Thank you for the question, senator. In recent years, with the construction of the Arctic and Northern Policy Framework, there has been a focus on co-development and close M. Kikkert : Merci de la question, madame la sénatrice.

Ces dernières années, avec l’élaboration du Cadre stratégique pour l’Arctique et le Nord du Canada, l’accent a été mis sur la co- 9-5-2022 Sécurité nationale, défense et anciens combattants 8:13

collaboration, moving on from consultation to true co- development, at least in terms of the construction of the framework. However, there have still been a lot of questions raised by Natan Obed and other Inuit and northern Indigenous leaders about how much that co-development is going to extend to the actual implementation of that policy.

At one point, President Obed did make a comment about how bureaucracies are very slow to change. élaboration et le travail en étroite collaboration; nous sommes passés de la consultation à la véritable co-élaboration, du moins en ce qui concerne l’élaboration du cadre stratégique. Tout de même, beaucoup de questions ont été soulevées par Natan Obed et d’autres leaders inuits et autochtones du Nord quant à la mesure dans laquelle cette co-élaboration va vraiment s’appliquer concrètement à la mise en œuvre de la politique.

À un moment donné, le président Obed a fait un commentaire sur le fait que les bureaucraties ne changent que très lentement. I think that while there has been progress in what you’re talking about, there is still a lot of room for improvement. There is a lot of potential within the new construction of the Inuit Nunangat Policy and the idea that policies and programs should be framed with Inuit Nunangat in mind. Je crois que, même si nous avons réalisé des progrès par rapport à ce que vous avez dit, il y a encore beaucoup de place pour l’amélioration.

Il y a beaucoup de potentiel, relativement à l’élaboration de la nouvelle politique sur l’Inuit Nunangat et l’idée que les politiques et les programmes devraient être élaborés en tenant compte de l’Inuit Nunangat. I am excited to see where that goes. That policy has been closely co-developed by Inuit leaders and southern policy- makers, and I believe there is a lot of room for growth within that space that has been created. There has been improvement in recent years, but, of course, it always needs to get better. Je suis impatient de voir comment cela va se dérouler.

La politique a été co-élaborée en étroite collaboration avec les leaders inuits et les décideurs du Sud, et je crois qu’il y a beaucoup de place pour l’amélioration, dans cet espace qui a été créé. Les choses se sont améliorées au cours des dernières années, mais, évidemment, on peut toujours faire mieux. Senator Jaffer: Thank you. Professor Byers. La sénatrice Jaffer : Merci. Allez-y, monsieur Byers. Mr. Byers: I agree with my colleague. It’s all about implementation. If we’re talking about security, well we have human security. What about the fact that tuberculosis is endemic in the Canadian Arctic?

What about the fact that intimate partner violence is at levels that greatly exceed anywhere else in Canada? M. Byers : Je suis d’accord avec mon collègue. Tout est une question de mise en œuvre. On parle de sécurité, mais il y a aussi la sécurité humaine. Parlons du fait que la tuberculose est endémique dans l’Arctique canadien. Parlons du fait que la violence conjugale y est beaucoup plus présente que n’importe où ailleurs au Canada. We have a social, economic and health crisis in the Canadian Arctic, and we need to have the implementation of all of the promises of all of the plants.

I fully support a strong Canadian military, but I believe our spending on the military should be focused on those areas where it’s needed the most in the foreseeable future. In terms of the Arctic — the European Arctic, not the North American Arctic — that is the detection of incoming missiles, especially cruise missiles. We need to be careful about how we spend our money. Il y a une crise sociale, économique et sanitaire qui sévit dans l’Arctique canadien, et nous avons besoin que toutes les promesses de tous les projets soient mises en œuvre.

Je suis de tout cœur en faveur d’une force armée canadienne forte, quoique nos dépenses d’ordre militaire devraient cibler les besoins les plus urgents pour l’avenir prévisible. En ce qui concerne l’Arctique — l’Arctique européen, pas l’Arctique nord- américain —, ce serait la détection des missiles en approche, en particulier les missiles de croisière. Nous devons dépenser notre argent avec prudence. The military would want money for everything, as would every other agency and department. We need to be smart. We need people like you to make directions to ensure that real needs are addressed first. Thank you.

Les forces armées aimeraient avoir de l’argent pour tout, et c’est le cas de tous les autres organisations et ministères. Nous devons être intelligents. Nous avons besoin de gens comme vous pour formuler les directives et ainsi veiller à ce qu’on réponde aux vrais besoins en premier. Merci. Senator Jaffer: Thank you. La sénatrice Jaffer : Merci. The Chair: Thank you very much for the question and answer. Le président : Merci beaucoup de la question, et de la réponse. Senator Richards: Thank you to the three witnesses. I have a question about the military. Le sénateur Richards : Merci aux trois témoins.

J’ai une question à propos des forces armées. 8:14 National Security, Defence and Veterans Affairs 9-5-2022

Russia and China have little concern for the Inuit. Their idea of climate change would turn most Canadian environmentalists pale. I think we have a triple threat with their determined exploitation and their disdain for Canada and Russia’s increasing military capability in the North. La Russie et la Chine se préoccupent très peu des Inuits. Leur position sur les changements climatiques horrifierait plus d’un environnementaliste canadien. Je crois que nous sommes face à une triple menace : leur désir d’exploitation, leur mépris pour le Canada et l’accroissement des capacités militaires russes dans le Nord.

I’m addressing Mr. Leblanc. For 39 years, we have been preaching more military hardware in the North and in Canada. It would be good to realize our sovereignty depends on it. Would it take a change of mindset among a great many Canadians to be able to do that, sir, or is the government up to speed on this? I’m afraid they haven’t been up to speed on this in 40 years. Je vais m’adresser à M. Leblanc. Cela fait 39 ans que nous demandons plus d’équipement militaire dans le Nord et au Canada. Ce serait une bonne chose de réaliser que notre souveraineté en dépend.

Faudrait-il un changement de mentalité chez énormément de Canadiens, monsieur, ou est-ce que le gouvernement l’a déjà compris? J’ai bien peur qu’on ne l’ait pas tenu au courant de la situation au cours des 40 dernières années. Col. Leblanc: Thank you, senator. I think the main responsibility of the government is to assure the security of its people. Without security, everything else may not happen. Col Leblanc : Merci, monsieur le sénateur. Je crois que la principale responsabilité du gouvernement est de veiller à la sécurité de son peuple. Sans sécurité, il n’y a pas grand-chose de possible.

I would agree with you that over the years, insufficient resources, in my opinion, have been placed on security of Canada. We must be able, as I said in my remarks, to have complete domain awareness of what’s going on in the Arctic. Although we have made some progress, there is still some room to grow, especially in terms of if we do observe something that’s illegal, we need to be able to take action. Je serais d’accord avec vous pour dire que, au fil des ans, nous n’avons pas consacré suffisamment de ressources, à mon avis, à la sécurité du Canada.

Nous devons être en mesure — comme je l’ai dit dans mon exposé — d’avoir une connaissance absolue du domaine dans l’Arctique. Même si nous avons fait quelques progrès, il y a encore un peu de progrès à faire, en particulier dans les cas où on remarque effectivement quelque chose d’illégal : nous devons pouvoir intervenir. You may remember the so-called rust buckets from China who came close to the western coasts of Canada before they were turned back.

If one was to try to run the Northwest Passage on the claim that it’s an international strait and therefore they have the right of transit, how would we be able to stop that vehicle or ship at the moment? We have to have these capabilities, and I’m not sure they are fully in place at the moment. Vous vous souvenez peut-être des soi-disant vieux tas de rouille venus de Chine qui se sont approchés des côtes ouest du Canada avant d’être sommés de faire demi-tour.

Disons que l’un d’entre eux essaie d’emprunter le passage du Nord-Ouest en disant qu’il s’agit d’un détroit international et qu’il a donc le droit de transit, comment pourrions-nous arrêter ce véhicule ou ce navire, à ce moment-là? Nous avons besoin de ce genre de capacités, et je ne suis pas certain qu’elles soient toutes accessibles présentement. Senator Richards: Colonel, just a quick comment. Do you think this would need a change in our Canadian mindset about what the military is and what its function is in order to realize these capabilities?

Le sénateur Richards : Colonel, juste un petit commentaire : croyez-vous que nous devons changer notre mentalité au Canada en ce qui concerne la nature des forces armées ainsi que leur fonction, pour avoir ces capacités? Col. Leblanc: I’m of the opinion that every time that Canadian sovereignty is challenged, the citizens of Canada really get upset quickly and want their government to be able to do something about it. Col Leblanc : À mon avis, chaque fois que la souveraineté du Canada est menacée, les citoyens du Canada se mettent en colère rapidement, et ils veulent que leur gouvernement puisse réagir.

Unfortunately, during the lull between incidents where sovereignty is threatened, the citizens of Canada seem to be somewhat indifferent to what the government is doing, provided that the balance between butter and guns is the right one. It will probably take an incident in the Arctic, especially where our sovereignty is challenged and the government doesn’t have the means to fully act on it.

Malheureusement, durant les périodes calmes entre les incidents qui menacent la souveraineté, les citoyens du Canada semblent plus ou moins indifférents aux actions du gouvernement, du moins tant que l’équilibre entre le beurre et les armes à feu leur convient. Il faudra probablement un incident dans l’Arctique, en particulier un incident qui menace notre souveraineté, mais auquel le gouvernement n’a pas vraiment les moyens de réagir. 9-5-2022 Sécurité nationale, défense et anciens combattants 8:15

Senator Richards: Thank you very much. Le sénateur Richards : Merci beaucoup. Senator M. Deacon: Thank you to our witnesses and guests for being here. My first question I’m going to direct to Mr. Byers and anyone else can jump in and also answer. La sénatrice M. Deacon : Merci à nos témoins et à nos invités d’être avec nous. Ma première question va s’adresser directement à M. Byers, mais vous êtes tous libres de répondre. Last year, it was revealed that Canada was purchasing AEGIS Combat System for our future warships. According to an

article you wrote at the time, it allowed Canada to participate in a continental ballistic missile defence program with the U.S. Some suggest we would be doing this. L’année dernière, on a appris que le Canada allait acheter le système de combat AEGIS pour ses prochains navires de guerre. Selon un

article que vous avez écrit à l’époque, le Canada pouvait ainsi participer au programme de défense antimissiles continental aux côtés des États-Unis. Certaines personnes ont laissé entendre que c’est ce que nous allons faire. Recently, when Russia indicated it was willing to use nukes, my mind went to what that meant for Canada and our Arctic air space as a path for intercontinental ballistic missiles.

Récemment, la Russie a fait savoir qu’elle était prête à utiliser l’arme nucléaire, et j’ai tout de suite pensé à ce que cela voulait dire pour le Canada et notre espace aérien dans l’Arctique, par où passeraient les missiles balistiques intercontinentaux. Are you still of the opinion that the AEGIS purchase suggests Canada plans to participate with the U.S. in continental ballistic missile defence? If so, given the recent Russian aggression, might this be a wise decision at this time?

Croyez-vous toujours que l’achat du système AEGIS veut dire que le Canada projette de participer au programme de défense antimissiles continental avec les États-Unis? Le cas échéant, et compte tenu de l’attitude récemment agressive de la Russie, est- ce une sage décision, actuellement? Mr. Byers: Thank you for that question. I wrote that article, not because I was opposed to the AEGIS Combat System for Canada. I was opposed to that decision being made without a fulsome public and parliamentary debate. M. Byers : Merci de la question.

Si j’ai écrit cet article, ce n’est pas parce que je m’opposais au système de combat AEGIS pour le Canada. Je m’opposais à ce que cette décision soit prise sans qu’il y ait eu un débat public et parlementaire complet. You will remember how 15 or 17 years ago we had a very big debate in Canada as to whether Canada should join U.S. missile defence. Ultimately, Prime Minister Paul Martin decided not to. It is now happening without a public debate because of the purchase of AEGIS class systems for Canada’s new surface combatant. That was the point, let’s have a debate about it.

Souvenez-vous, il y a 15 ou 17 ans, il y a eu tout un débat au Canada sur la participation du Canada au programme de défense antimissiles des États-Unis. Finalement, le premier ministre Paul Martin a décidé de ne pas y participer. Maintenant, cela se fait sans débat public, et des systèmes de type AEGIS ont été achetés pour le nouveau navire de combat de surface du Canada. Voilà ce que je voulais dire : il faut en débattre. Secondly, the AEGIS class system and the U.S. missile defence system is not directed against Russia. Russia has far too many missiles, multiple war heads, the ability to deploy decoys.

The system is designed to protect against North Korea and possibly Iran. The whole reason why Russia and China are developing hypersonic missiles is to provide an additional way of evading U.S. missile defence. Deuxièmement, le système de type AEGIS et le système de défense antimissiles des États-Unis ne sont pas dirigés contre la Russie. La Russie a beaucoup trop de missiles, avec des têtes explosives multiples, et elle a aussi la capacité d’utiliser des leurres. Le système est conçu pour nous protéger contre la Corée du Nord et possiblement contre l’Iran.

C’est la raison pour laquelle la Russie et la Chine conçoivent des missiles hypersoniques : pour avoir un nouveau moyen de contourner le système de défense antimissiles des États-Unis. Do we want to go down that arms race? That again should be part of a public debate. But again, let’s be clear. We have the ability to detect ICBMs coming over the Arctic. We need the ability to detect cruise missiles and hypersonic missiles coming over the Arctic. I support the development of over-the-horizon radar. The question of whether we participate in trying to shoot them down is a second question that needs to be debated.

Est-ce qu’on veut vraiment une course à l’armement? Encore une fois, il y a matière à débat public.

Malgré tout, pour que ce soit clair, nous pouvons détecter les missiles balistiques intercontinentaux qui passent par-dessus l’Arctique. Nous devons avoir la capacité de détecter les missiles de croisière et les missiles hypersoniques qui passent par-dessus l’Arctique. Je suis en faveur du développement du radar transhorizon. La 8:16 National Security, Defence and Veterans Affairs 9-5-2022

question de savoir si nous allons participer au programme et abattre ces missiles, c’est la question suivante dont nous devons débattre. Senator M. Deacon: I have another question. I wonder if anyone else wants to respond to that. I’ll honour that first. La sénatrice M. Deacon : J’ai une autre question. Je me demandais si quelqu’un d’autre voulait répondre. Commençons par cela. Col. Leblanc: If I may add a comment, there is no point in identification of incoming missiles if you can’t do anything about it.

Col Leblanc : Si je peux faire un commentaire, je dirais que cela ne sert à rien de détecter un missile qui approche si on ne peut rien faire pour l’arrêter. Senator M. Deacon: Thank you. La sénatrice M. Deacon : Merci. The Chair: Any other quick thoughts? Le président : Quelqu’un a-t-il d’autres commentaires, rapidement? Senator M. Deacon: My other question was regarding Canada’s military presence in the North. As a result of an interview that David Cohen, the U.S. ambassador to Canada, made a few weeks ago, he had some candid conversations with cabinet members about Canada boosting its defences.

Others have used the term embarrassing when it comes to the military presence in the North. Is this a fair assessment? Are we ill prepared? What are your thoughts? It might come out in some other answers also given our time constraints. Thank you. La sénatrice M. Deacon : Mon autre question portait sur la présence militaire du Canada dans le Nord. À la suite de l’entrevue avec David Cohen, l’ambassadeur des États-Unis au Canada, il y a quelques semaines, il a eu des conversations très franches avec des membres du Cabinet sur le renforcement des capacités de défense du Canada.

Certains ont utilisé le terme « embarrassant » pour décrire la présence militaire du Canada dans le Nord. Est-ce une évaluation juste de la situation? Sommes-nous mal préparés? Qu’en pensez-vous? Peut-être que vous pouvez répondre après une autre question, vu les contraintes de temps. Merci. Mr. Byers: I think that question was directed at me. There are things we should do to strengthen our defence capabilities in the Arctic.

The most obvious one is to initiate the procurement of replacement search and rescue helicopters for the Cormorants, which not only provide a search and rescue capability, but also the ability to deploy armed personnel on to a ship that is trying to evade Canada’s sovereignty into the Northwest Passage, the kind of thing that Colonel Leblanc mentioned as a possibility. M. Byers : Je crois que cette question m’était adressée. Il y a des choses que nous devrions faire pour renforcer nos capacités de défense dans l’Arctique.

La chose la plus évidente serait d’enclencher le processus d’approvisionnement pour remplacer les hélicoptères de recherche et de sauvetage par les Cormorants, qui non seulement offrent une capacité de recherche et de sauvetage, mais ont aussi la capacité de déployer du personnel armé sur un navire qui fait fi de la souveraineté canadienne et utilise le passage du Nord-Ouest; c’est le genre de possibilités que le colonel Leblanc a mentionnées. So there are some things that we need to do in the Arctic, but the idea that Russia is going to invade the Arctic is, in my view, exaggerated.

The real threats involve search and rescue, constabulary issues, criminal activity and the environmental, social and health crises that are playing out in Canada’s Arctic communities today. Donc, il y a certaines choses que nous devons faire dans l’Arctique, mais à mon avis, l’idée que la Russie va envahir l’Arctique est exagérée. Les véritables menaces touchent la recherche et le sauvetage, les problèmes des forces de l’ordre, les activités criminelles et les crises environnementales, sociales et sanitaires qui se déroulent dans les collectivités arctiques aujourd’hui. The Chair: Thank you very much.

Le président : Merci beaucoup. Senator Dasko: Thank you to our witnesses. Listening to the presentations, I noticed that Professor Byers and Colonel Leblanc have, I guess, different views about some of Canada’s capabilities in the North. I was hoping that I could ask whether either of you would agree with anything that the other person has said about these capabilities in the hope that, when we explore it this way, there might be a truth somewhere in the middle where La sénatrice Dasko : Merci aux témoins. En écoutant vos exposés, j’ai remarqué que M.

Byers et le colonel Leblanc semblent avoir, disons, des points de vue différents en ce qui concerne les capacités du Canada dans le Nord. J’aimerais demander à l’un ou l’autre d’entre vous ou peut-être aux deux témoins s’ils étaient d’accord avec quoi que ce soit dans ce que l’autre a dit à propos des capacités; en procédant de cette façon, 9-5-2022 Sécurité nationale, défense et anciens combattants 8:17

we might be able to say that is really what it is. For example, Professor Byers has said that he feels that Canada has great surveillance, communications abilities and radar coverage,

whereas Colonel Leblanc suggested that, for example, our northern warning system is obsolete. I don’t know if that sounds like a convoluted question, but I’m wondering if either of you might agree with the other one on some of the capabilities that Canada has. j’espérais arriver à une vérité qui se situe quelque part à mi- chemin, pour que nous puissions peut-être dire : voilà comment sont vraiment les choses. Par exemple, M.

Byers a dit qu’il croit que le Canada a d’excellentes capacités de surveillance, de communications et de couverture radar, tandis que le colonel Leblanc a dit, par exemple, que le Système d’alerte du Nord est obsolète. Je ne sais pas si la question vous semble compliquée, mais je me demandais si l’un de vous était d’accord avec l’autre en ce qui concerne certaines des capacités du Canada. Col. Leblanc: Let me jump in first. I will agree with Dr. Byers that I don’t think Russia would want to invade Canada per se with the aim of staying on the ground.

But an economy of effort operation, if Putin wanted to lash out at Canada, would be to attack our station Alert with a group of Spetsnaz or special forces. What assets do we have to counter that? What air defence do we have in CFS Alert, for example? What is our capability of knowing that this event will take place and follow it in real time? When you look at all the assets that are required to do that and you look at what Canada has in place, you will find it’s very limited. Col Leblanc : Je peux répondre en premier. Je serais d’accord avec M.

Byers pour dire que la Russie ne tentera probablement pas d’envahir le Canada dans le but de l’occuper. Mais si Poutine voulait s’en prendre au Canada, une opération qui lui demanderait peu d’effort serait d’attaquer la station Alert avec un groupe de Spetsnaz, ou unités spéciales. Quels genres de ressources avons-nous pour réagir? Quelle capacité de défense aérienne avons-nous à la SFC Alert, par exemple? Quelles capacités avons-nous pour savoir que cela va se produire et pour suivre l’opération en temps réel?

Si vous pensez à toutes les ressources qui sont nécessaires pour cela et que vous regardez ce que le Canada a en place, vous constatez que c’est très limité. Mr. Byers: I’ll add to that. I would imagine that Vladimir Putin would see the Canadian embassy in Kyiv as a far more attractive target than Alert if he wanted to strike at Canada today. We do have some assets in the Arctic. Colonel Leblanc has been talking about Resolute. We actually have a cold-weather training centre there for the Canadian Armed Forces. We have the Polar Continental Shelf Program with a warehouse.

We have a runway that can host C-17 heavy transport aircraft. So we actually have more capability in the Arctic than even experts like Colonel Leblanc will sometimes indicate. The other thing to say is that he hasn’t mentioned the refuelling base at Nanisivik, which should be in operation within the next year or two. It has been a long time coming. It will provide the refuelling capacity he wants at Resolute. M. Byers : J’ajouterais quelque chose. Je me dis que Vladimir Poutine verrait l’ambassade du Canada à Kiev comme une cible beaucoup plus attirante qu’Alert, s’il voulait frapper le Canada aujourd’hui.

Nous avons bien quelques ressources dans l’Arctique. Le colonel Leblanc a parlé de Resolute. Nous avons d’ailleurs un centre d’entraînement par temps froid là-bas pour les Forces armées canadiennes. Nous avons le Programme du plateau continental polaire, ou PPCP, et son entrepôt. Nous avons une piste d’atterrissage qui peut accueillir un avion de transport lourd C-17. Donc, nous avons effectivement plus de capacités dans l’Arctique que même des experts comme le colonel Leblanc me le disent, parfois.

Une autre chose qu’il n’a pas mentionnée, c’est la base de ravitaillement de Nanisivik, laquelle devrait être en service d’ici l’année prochaine ou l’année d’après. Nous l’attendons depuis longtemps. Grâce à cette base, il y aura la capacité de ravitaillement qu’il veut à Resolute. What I’m saying is let’s be clear, let’s be objective and let’s be up to date in terms of our understanding of available technologies. Yes, the North Warning System is obsolete. That’s why we need over-the-horizon radar.

In the meantime, we have great capacity to provide that missile detection function of ICBMs from Thule and Clear Air Force Station Base in Alaska. The situation is not dire, we just need to be smart as we move forward. And let’s not forget about the European Arctic, where Canada could make huge contributions to NATO in the northeast Atlantic and in support of Norway, and probably Sweden and Finland in the next couple of years. Ce que je dis, pour que ce soit clair, c’est soyons objectifs et soyons à jour dans notre compréhension des technologies existantes.

Oui, le Système d’alerte du Nord est obsolète, et c’est pourquoi nous avons besoin du radar transhorizon. Entretemps, nous avons d’excellentes capacités pour la fonction de détection des missiles balistiques intercontinentaux à la base de Thulé et à la base des forces aériennes de Clear, en Alaska. La situation n’est pas désespérée, nous avons simplement besoin d’agir intelligemment pour la suite des choses.

N’oublions pas non plus l’Arctique européen, où le Canada pourrait faire d’énormes contributions à l’OTAN dans l’Atlantique Nord-Est, et aussi soutenir la Norvège et probablement la Suède et la Finlande au cours des deux ou trois prochaines années. The Chair: Thank you both for rising to the challenge of Senator Dasko’s challenging question. Le président : Merci d’avoir répondu adroitement à cette question difficile de la sénatrice Dasko. 8:18 National Security, Defence and Veterans Affairs 9-5-2022

Senator Yussuff: Thank you, witnesses. My question will be for all three panellists. Canada has announced that we will be reviewing our defence policy shortly. What would be the two or three things you would like to see as part of the defence review policy, recognizing that you have some very different perspectives that you would like to offer and given that this is an opportunity for us to look at those issues long-range? If each of you could offer two or three things you would like to see as part of the defence review policy. Le sénateur Yussuff : Merci aux témoins. Ma question s’adresse à vous trois.

Le Canada a annoncé que nous examinerons sous peu notre politique de défense. Quelles seraient deux ou trois choses que vous aimeriez voir dans la politique sur l’examen de la défense? Je sais que vous avez des points de vue très différents à faire valoir, mais il s’agit ici pour nous d’une occasion d’examiner ce genre de questions à long terme. J’aimerais que chacun d’entre vous nomme deux ou trois choses qu’il aimerait voir dans le cadre de la politique sur l’examen de la défense. Col. Leblanc: I think I have mentioned the ones I would see going forward.

Communication is going to be a very important element of it. For Canada to actually have control of that information, control of the satellite and control of the ground stations so that whatever information is being produced is completely under the control of the Canadian government. The replacement of the North Warning System — let’s call it the NORAD modernization, whatever that includes.

I think there is still going to be an element that is going to be on the ground in Canada over and above the over-the-horizon radar, which has some limitations in terms of what it does cover, as well as the development of Resolute Bay, as I’m suggesting. Col Leblanc : Je crois avoir déjà mentionné ce que j’aimerais voir dans l’avenir. La communication va jouer un rôle très important. Le Canada doit exercer un contrôle effectif sur l’information, il doit contrôler le satellite et les stations terrestres afin que l’information qui est produite appartienne entièrement au gouvernement canadien.

Le remplacement du Système d’alerte du Nord — appelons cela la modernisation du NORAD, et tout ce que cela suppose. Je crois qu’il va toujours y avoir un élément sur le terrain au Canada, même avec un radar transhorizon, parce que sa couverture a certaines limites. Il y a aussi le développement de Resolute Bay, comme je l’ai dit. You will also shortly receive a copy of the

article that I have written that expands in more detail on what the development of Resolute Bay would entail and that it is, in fact, anchored on the facilities that we have there already. Thank you. Vous recevrez aussi sous peu une copie de l’article que j’ai écrit et qui contient plus de détails sur ce qu’il faudrait pour le développement de Resolute Bay, qui est d’ailleurs fondé sur les installations qui y sont déjà. Merci. Mr. Kikkert: Thank you, senator. I would highlight what Dr.

Byers has already highlighted and what I highlighted in my initial statement — improving the search and rescue infrastructure that the Canadian Armed Forces have access to. We just saw this week that the British Columbia coastline was underserved. Our SAR resources had to shift Hercules from Winnipeg to the West Coast. We need additional Cormorants. The Griffon helicopters we have in Trenton could be replaced by Cormorants, for instance.

Search and rescue is one of the most public-facing jobs the Canadian Armed Forces have, so any investment in that pays dividends in terms of lives saved and providing an economic safety net for those Canadians who are endeavouring to do jobs in the wilderness or maritime sphere. M. Kikkert : Merci, sénateur. Je voudrais mettre en relief ce que M. Byers a dit et ce que j’ai moi-même dit dans ma déclaration préliminaire : améliorer l’infrastructure de recherche et de sauvetage auquel ont accès les Forces armées canadiennes.

Nous avons vu pas plus tard que cette semaine que le littoral de la Colombie-Britannique était mal desservi. Nos ressources de recherche et sauvetage ont dû envoyer un Hercules de Winnipeg jusqu’à la côte Ouest. Nous avons besoin de plus de Cormorants. Les hélicoptères Griffon que nous avons à Trenton pourraient être remplacés par des Cormorants, par exemple.

Les activités de recherche et sauvetage des Forces armées canadiennes sont celles qui aident le plus le public, ce qui veut dire que tout investissement aura des retombées, par exemple en nombre de vies sauvées, et fournira un filet de sûreté économique pour les Canadiens qui ont l’intention de travailler dans la nature ou dans le domaine maritime. Search and rescue resources can be improved, and I think a broader national conversation about the role the Canadian Armed Forces is to play in disaster response and relief activities is very much necessary.

It would be very timely given that this role is likely to increase going forward, particularly in the North where there are no other assets or resources that can respond in the way the CAF can. Those two areas, search and rescue and disaster response, are going to be primary roles for the CAF moving forward, and we should be having conversations right now about what those look like in future years.

Les ressources de recherche et sauvetage peuvent être améliorées, et je crois qu’il faudrait avoir une grande discussion à l’échelle nationale au sujet du rôle que jouent les Forces armées canadiennes dans les interventions en cas de catastrophe et dans les opérations de secours; ce serait absolument nécessaire. Le moment est opportun, étant donné que les FAC seront appelées de plus en plus souvent à remplir ces rôles dans l’avenir, en particulier dans le Nord où il n’y a aucun autre actif ni aucune autre ressource comparables aux interventions des FAC.

Les FAC vont jouer un rôle de premier plan dans ces deux 9-5-2022 Sécurité nationale, défense et anciens combattants 8:19

domaines, la recherche et sauvetage et les interventions en cas de catastrophe, alors il faudrait discuter maintenant de la forme que cela va prendre dans les années à venir. Mr. Byers: I don’t need to speak to search and rescue, because my colleague has underlined the importance of that. I have already mentioned the need to have modern radar in the Canadian Arctic, and I think the Canadian government is moving in the right direction on that. M. Byers : Je n’ai pas besoin de parler de recherche et sauvetage, puisque mon collègue en a déjà souligné l’importance.

J’ai aussi déjà mentionné qu’il faut un radar moderne dans l’Arctique canadien, et je crois que le gouvernement du Canada va dans le bon sens dans ce dossier. The only thing I would add in terms of the Canadian Arctic is in terms of the training of our personnel. I have mentioned the cold weather training centre at Resolute. We should be ensuring that every single infantry soldier in Canada goes through cold weather training so that we can deploy them to the Arctic if necessary. We have C-17s that can get them to dozens of gravel runways on relatively short notice with Griffin helicopters to provide air support.

We have that. We just need to make sure all of our personnel are trained. The additional bonus is that much of Canada has Arctic weather for large parts of the year, so that cold weather training serves in terms of things like disaster relief for all of Canada. We need an Arctic-trained military, but whether it will be responding to the Russians in the Arctic — I don’t think so — or whether it is doing disaster relief — absolutely — and maybe it will be responding to Russians in Norway, Sweden or Finland, which have Arctic conditions.

Wouldn’t it be great to have a fully trained Arctic army available to provide support for our NATO allies there? Thank you very much. La seule chose que j’ajouterais à propos de l’Arctique canadien concerne l’entraînement de notre personnel. J’ai mentionné le centre d’entraînement par temps froid à Resolute. Nous devrions nous assurer qu’absolument tous les soldats d’infanterie au Canada ont fait leur entraînement par temps froid, afin que nous puissions les envoyer dans l’Arctique, si nécessaire.

Nous avons des C-17 pour les déposer sur des dizaines de pistes d’atterrissage en gravier, relativement rapidement, et des hélicoptères Griffin pour leur fournir un soutien aérien. Nous avons cela. Nous devons simplement nous assurer que notre personnel est entraîné. Un autre avantage est que la majeure

partie du Canada connaît des températures arctiques pendant une bonne

partie de l’année, alors l’entraînement par temps froid sera utile pendant les interventions en cas de catastrophe dans tout le Canada. Nous avons besoin de militaires qui ont suivi un entraînement adapté à l’Arctique, que ce soit pour intervenir contre les Russes dans l’Arctique — ce qui m’étonnerait — ou pour intervenir en cas de catastrophe — ce qui est inévitable — ou peut-être même pour intervenir contre les Russes en Norvège, en Suède ou en Finlande, des pays qui ont des conditions arctiques.

Je me dis que ce serait génial de pouvoir envoyer des militaires qui ont suivi un entraînement complet pour les conditions arctiques et qui peuvent fournir du soutien à nos alliés de l’OTAN là-bas. Merci beaucoup. Senator Smith: To the three panellists, the thing I’m trying to understand is — and could you make some contribution — how do we change the cultural sea shift with our government in moving forward with whatever policies we choose in the North?

Le sénateur Smith : Aux trois témoins, une chose que je voudrais savoir — et peut-être que vous pourriez m’aider —, c’est comment nous pourrions changer en profondeur la culture gouvernementale en ce qui concerne la mise en œuvre des politiques que nous choisissons pour le Nord? The Chair: I will give witnesses thirty seconds each. Let’s start with Colonel Leblanc. Le président : Je vais donner 30 secondes à chaque témoin. Commençons par le colonel Leblanc. Col. Leblanc: I’m sorry. I’m not sure I understand the question. Col Leblanc : Excusez-moi, je ne suis pas sûr de comprendre la question.

Senator Smith: How do we implement a cultural change that propels our government, leadership and military to work together to come up with a cohesive policy in the North? Le sénateur Smith : Comment pouvons-nous amener un changement culturel qui va pousser notre gouvernement, nos chefs et les militaires à travailler ensemble pour élaborer une politique cohérente dans le Nord? Col. Leblanc: I would imagine that some form of a campaign of education would be the way to go. Inform the public and have more debate, as Dr. Byers has suggested, so that some of the decisions made are informed ones.

Col Leblanc : J’imaginerais qu’il faudrait une campagne de sensibilisation. Il faudrait informer le public et avoir davantage de débats, comme M. Byers l’a suggéré, afin que les décisions qui sont prises soient des décisions éclairées. 8:20 National Security, Defence and Veterans Affairs 9-5-2022

Senator Smith: Thank you. Le sénateur Smith : Merci. Mr. Byers: I think it’s happening to some degree. The relationship between the Prime Minister and Natan Obed, President of Inuit Tapiriit Kanatami, is a strong and positive one. Things are starting to happen. M. Byers : Je crois que cela se fait déjà, jusqu’à un certain point. La relation entre le premier ministre et Natan Obed, le président de l’Inuit Tapiriit Kanatami, est solide et positive. Les choses commencent à bouger. The issue now is not planning but implementation. We have phenomenal leadership from Indigenous peoples across the North.

Our Governor General is herself an Inuk from the North. I think it’s starting to happen. Le problème, ce n’est pas la planification, mais bien la mise en œuvre. Le leadership des peuples autochtones dans tout le Nord est incroyable. Notre gouverneure générale elle-même est une Inuite qui vient du Nord. Je crois que cela commence. Obviously, having Senate committees, holding hearings on these issues, and encouraging debate with academics and with government civil servants are all part of this. You’re doing your part. I’m doing my part. My colleagues are doing their part. The Governor General is doing her part.

Let’s keep doing it, perhaps with greater urgency, as those environmental and social and health crises continue to unfold. Bien sûr, il faut des comités sénatoriaux, qui tiennent des séances pour examiner ces questions, et aussi en encourageant les débats avec les universitaires et les fonctionnaires, parce que cela les concerne tous. Vous faites votre part, je fais la mienne, et mes collègues font la leur. La gouverneure générale fait sa part. Continuons ainsi, mais allons peut-être un peu plus vite, parce que les crises environnementales et sociales et sanitaires continuent d’éclater. Mr.

Kikkert: I would say that ensuring that ongoing safety and security committees have a permanent and sustained Northern and Indigenous presentation will be essential to accomplish what you’ve suggested. Again, if you are to re- establish the Northern Search and Rescue Roundtable, ensure Northern leadership and first responders are represented on that roundtable. It’s the same with any other safety or security committee formed to discuss such things: Ensure those Northern and Indigenous voices are given sustained presence. M.

Kikkert : Je dirais qu’il serait essentiel que les comités permanents sur la sécurité aient une représentation nordique et autochtone permanente et continuelle, pour accomplir ce que vous avez dit. Encore une fois, si vous voulez rétablir la table ronde sur la recherche et le sauvetage dans le Nord, vous devez vous assurer que les chefs et les premiers répondants du Nord sont conviés à la table. Il en va de même pour tout comité sur la sécurité qui est mis sur pied pour discuter de ce genre de choses : il faut veiller à ce que les voix autochtones et du Nord aient une présence continue.

The Chair: Thank you all for a terrific set of presentations. Colonel Leblanc, Dr. Byers, Dr. Kikkert, you gave some very thought-provoking presentations, which I think drew good questions. We’re grateful for your time and expertise. You’ve been very helpful to us today. Thank you very much. Le président : Merci à vous tous pour ces excellents témoignages. Colonel Leblanc, monsieur Byers et monsieur Kikkert, vous nous avez vraiment donné matière à réflexion avec vos exposés, et je crois que cela a donné lieu à de bonnes questions. Nous vous sommes reconnaissants de votre temps et de votre expertise.

Vous nous avez été très utiles aujourd’hui. Merci beaucoup. We move now to our second panel as the committees continues exploring security and defence in the Arctic, including military infrastructure and security capabilities. We welcome Mr. Adam Lajeunesse, Associate Professor, Public Policy and Governance, St. Francis Xavier University; and Ms. Magali Vullierme, Researcher, CHUM Research Center, Université de Montréal, and Observatoire de la politique et la sécurité de l’Arctique, École nationale d’administration publique. Thank you both for joining us today by videoconference.

I invite you to provide your opening remarks, which will be followed by questions from our members. Nous accueillons maintenant notre deuxième groupe de témoins. Le comité continue d’examiner les questions relatives à la sécurité et à la défense dans l’Arctique, y compris les infrastructures militaires et les capacités de sécurité. Nous accueillons M. Adam Lajeunesse, professeur adjoint, Politiques publiques et gouvernance, Université St.

Francis Xavier; et Mme Magali Vullierme, chercheuse, Centre de recherche CHUM, Université de Montréal et Observatoire de la politique et la sécurité de l’Arctique, École nationale d’administration publique. Merci à vous deux d’être avec nous par vidéoconférence. Je vous invite à présenter vos déclarations d’ouverture, puis les membres du comité auront des questions à vous poser. We will start with Mr. Adam Lajeunesse. Mr. Lajeunesse, the floor is yours. Nous allons commencer par M. Adam Lajeunesse. Monsieur Lajeunesse, vous avez la parole. 9-5-2022 Sécurité nationale, défense et anciens combattants 8:21

Adam Lajeunesse, Associate Professor, Public Policy and Governance, St. Francis Xavier University, as an individual: Good afternoon. Thank you for this invitation to address the committee. I’m pleased to be able to participate in these important discussions. Adam Lajeunesse, professeur adjoint, Politiques publiques et gouvernance, Université St. Francis Xavier, à

titre personnel : Bonjour. Merci de m’avoir invité à témoigner devant le comité. Je suis heureux de pouvoir participer à cette discussion importante. My remarks today will focus narrowly on security infrastructure in the North, although my areas of expertise cover Arctic defence more generally, and I have written books on sovereignty, the CAF, the Arctic and China’s Arctic interests. I’m happy to answer questions on that broader swath of related topics.

Mes commentaires d’aujourd’hui seront axés très précisément sur l’infrastructure de sécurité dans le Nord, même si mon domaine d’expertise est la défense de l’Arctique en général. J’ai aussi écrit des livres sur la souveraineté, les FAC, l’Arctique et les intérêts chinois dans l’Arctique. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions sur ces autres sujets connexes plus généraux. To begin, as I’m sure the committee is aware, the Arctic is changing rapidly. Ice levels are declining, and the Northwest Passage is opening to more activity over longer shipping seasons.

While the passage is not on the cusp of becoming a new global sea route, we are seeing more community resupply activity, resource shipping, cruise tourism, fishing and other local or destinational activities. Pour commencer — et je suis certain que le comité le sait déjà —, l’Arctique change rapidement. Le niveau des glaces diminue, et le passage du Nord-Ouest s’ouvre à plus d’activités, pendant des saisons de navigation plus longues.

Même si le passage n’est pas sur le point de devenir une nouvelle voie maritime mondiale, nous constatons un accroissement des activités de réapprovisionnement communautaire, de transport des ressources, de tourisme de croisière, de pêche ainsi que d’autres activités locales ou de destination. Over the medium term, a number of new threats will come onto the horizon because of that.

We are obviously seeing great power conflict with Russia that is going to demand greater situational awareness in the North, while, as has been mentioned, an assertive China that calls itself a new Arctic state is expanding its capacity to operate in the Arctic. À moyen terme, à cause de cela, de nouvelles menaces vont se profiler à l’horizon.

Il y a évidemment une grande lutte de pouvoir avec la Russie, qui va vouloir une meilleure connaissance de la situation dans le Nord, tandis que la Chine, comme cela a été mentionné, qui se qualifie avec assurance de nouvel État arctique, accroît ses capacités d’intervention dans l’Arctique. As other witnesses have mentioned, while military conflict in the Canadian Arctic is highly unlikely, we now need to consider a much wider range of threats stemming from destinational activities that are below the threshold.

Trespassing is a real possibility, as are environmental degradation, illegal fishing and even challenges to Canadian sovereignty in certain exceptional circumstances. Comme les autres témoins l’ont déjà mentionné, même s’il est très peu probable qu’un conflit militaire éclate dans l’Arctique, nous devons aujourd’hui tenir compte d’un ensemble beaucoup plus varié de menaces, puisque les activités de destination sont en deçà du seuil habituel. Les intrusions deviennent très possibles, au même

titre que la dégradation de l’environnement, la pêche illégale et même, dans certaines circonstances exceptionnelles, les menaces à la souveraineté canadienne. Simply put, a more permanent presence is required in the Arctic to respond to a wide variety of safety, security and potentially even defence threats. Pour dire les choses simplement, nous avons besoin d’une présence plus permanente en Arctique pour réagir au large éventail de menaces à la sécurité et peut-être même aussi aux menaces à la défense.

Canada requires improved situational awareness, as you’ve already heard, as well as the capability to act on threats when they have been identified. The good news is that we are moving in that direction. We have two Arctic and offshore patrol ships, AOPS, with the Royal Canadian Navy, with another six being built for the navy and Coast Guard. In theory, we will have two new icebreakers, as well. Le Canada doit améliorer sa connaissance situationnelle, comme vous l’avez déjà entendu, ainsi que sa capacité de réagir aux menaces qui sont détectées.

La bonne nouvelle, c’est que nous avançons déjà dans cette direction. Nous avons les deux navires de patrouille extracôtiers et de l’Arctique — en abrégé NPEA — de la Marine royale canadienne, et six autres qui sont en construction pour la Marine et la Garde côtière. En théorie, nous devrions aussi avoir deux nouveaux brise-glaces. 8:22 National Security, Defence and Veterans Affairs 9-5-2022

What is missing is the local infrastructure to maintain and support those ships in the North. It’s one thing to send a frigate or two up for a couple of weeks during Operation NANOOK every year, but it’s quite another to support several ships on operations over the course of an entire shipping season. The recent transit of the Northwest Passage by the HMCS Harry DeWolf demonstrated the precarious nature of refuelling, in particular.

There are no refuelling facilities in the Canadian Arctic, and so the Harry DeWolf was refuelled by a contracted tanker — or at least it was supposed to be, but it did not arrive at the appointed time at Arctic Bay. The AOPS then scheduled fuel off of Tuktoyaktuk and then Cambridge Bay. On both occasions, it didn’t show up. Ce qui manque, c’est l’infrastructure locale pour entretenir et soutenir ces navires dans le Nord.

C’est une chose d’envoyer une frégate ou deux pendant quelques semaines chaque année dans le cadre de l’opération Nanook, mais c’est une toute autre chose de soutenir plusieurs bâtiments qui font des opérations pendant toute une saison de navigation. Nous avons vu en particulier à quel point le ravitaillement en carburant peut être difficile, lorsque le NCSM Harry DeWolf a emprunté le passage du Nord- Ouest.

Il n’y a pas d’installations de ravitaillement dans l’Arctique canadien, et il a donc fallu que le Harry DeWolf soit ravitaillé par un pétrolier contractuel — du moins, c’était ce qui était prévu, mais il ne s’est pas présenté à l’heure dite à Arctic Bay. Le NPEA a donc programmé un ravitaillement au large de Tuktoyaktuk, puis à Cambridge Bay. Les deux fois, il ne s’est pas présenté. The Harry DeWolf was able to proceed west with sufficient fuel to make the trip to the Pacific. However, the Coast Guard’s fleet was, I’m told, briefly immobilized due to a lack of fuel.

We saw a bit of a competition for fuel between the navy and the Coast Guard. Le Harry DeWolf a pu continuer vers l’ouest et avait suffisamment de carburant pour atteindre le Pacifique. J’ai cependant entendu dire que la flotte de la Garde côtière a été brièvement immobilisée, par manque de carburant. C’est qu’il y a eu un peu de compétition entre la Marine et la Garde côtière pour le carburant. The need for refuelling and resupply facilities has been recognized for years and is becoming even more important. Now, the Nanisivik Naval Facility was intended to fill that role but is well behind schedule.

It will also be seasonal, with limited resupply capabilities beyond fuel. Cela fait des années que nous reconnaissons qu’il faut des installations de ravitaillement et de réapprovisionnement, et c’est encore important maintenant. L’installation navale de Nanisivik était censée remplir ce rôle, mais elle a beaucoup de retard; ses activités ne seront que saisonnières, et ses capacités de ravitaillement seront limitées, sauf pour le carburant.

In the Arctic, resupply and supporting infrastructure is sparse, and the Government of Canada needs to do a better job of leveraging what is there and building for dual-use purposes. Across the Arctic, communities are clamouring for marine infrastructure to support resupply operations, fishing and tourism. Mine sites are either running port facilities or planning new ones. Dans l’Arctique, il y a peu d’infrastructures de ravitaillement et de soutien, et le gouvernement du Canada doit faire mieux pour tirer parti de ce qu’il y a là-bas et il doit construire des infrastructures à usage mixte.

Les collectivités dans tout l’Arctique réclament des infrastructures maritimes pour soutenir les activités de ravitaillement, la pêche et le tourisme. Les sites miniers soit exploitent des installations portuaires, soit prévoient d’en construire de nouvelles. There is no need for the navy or Coast Guard to establish or staff their own standalone facilities going forward. Now, a standalone facility it is ideal for many reasons, and there was solid rationale for building Nanisivik. But in the Arctic, perfect is often the enemy of the good.

La Marine ou la Garde côtière n’ont pas besoin de construire leurs propres installations indépendantes ou d’y affecter leur personnel. Je sais qu’il y a de nombreuses raisons pour lesquelles une installation indépendante serait idéale, et que la justification de la construction d’une installation indépendante à Nanisivik était solide. Mais dans l’Arctique, le mieux est souvent l’ennemi du bien. The Government of Canada should look instead for opportunities to partner with communities and businesses to support dual-use infrastructure.

The construction of berths and refuelling facilities would support communities, lower costs of living and support economic development. Infrastructure in communities would also provide local support and individuals to maintain those facilities. Le gouvernement du Canada devrait plutôt explorer des possibilités d’association avec les collectivités et les entreprises pour soutenir les infrastructures à usage mixte. La construction de postes à quai et d’installations de ravitaillement permettrait de soutenir les collectivités, abaisserait le coût de la vie et contribuerait à la croissance économique.

Quand les infrastructures sont dans les collectivités, cela nous permet 9-5-2022 Sécurité nationale, défense et anciens combattants 8:23

d’obtenir du soutien local ainsi que des bras pour entretenir ces installations. Improving access and lowering costs of living are at the heart of Canada’s Arctic and Northern Policy Framework, and if that can be done while supporting infrastructure to the CAF, then that is a win-win. L’amélioration de l’accès et la baisse du coût de la vie sont des éléments essentiels du Cadre stratégique pour l’Arctique et le Nord du Canada et, si cela peut être fait tout en soutenant l’infrastructure des FAC, alors nous en sortons tous gagnants. Likewise, Canada should look at partnering with businesses operating in the area.

Baffinland, for instance, operates a large iron-ore mine in northern Baffin and has a far more developed port infrastructure than the navy. Of course, the company built it far faster than the government could. Subsidizing the construction or running of that kind of private infrastructure supports Northern development and offers a potentially better resupply option at a reduced price. Dans le même ordre d’idées, le Canada devrait songer à s’associer avec les entreprises qui ont des activités dans la région.

Baffinland, par exemple, exploite une grande mine de minerai de fer dans le nord de Baffin, et ses installations portuaires sont beaucoup plus importantes que celles de la Marine, et bien sûr, l’entreprise l’a construite beaucoup plus rapidement que le gouvernement ne l’aurait pu. En subventionnant la construction ou en exploitant ce genre d’infrastructure privée, on soutient le développement du Nord, en plus peut-être d’obtenir à prix réduit de meilleures options de ravitaillement.

I’m not recommending partnering with any particular company, but as Canada expands its AOPS operations into the western Arctic, the navy will need new facilities there. Partnering with communities and communities in the Bathurst Inlet region, where new infrastructure and mines are being explored now, should be a priority. Je ne recommande pas de s’associer à une entreprise en particulier, mais, à mesure que le Canada va accroître les opérations des NPEA dans l’Arctique de l’Ouest, la Marine aura besoin de nouvelles installations là-bas.

Cela devrait être une priorité de s’associer avec les collectivités, y compris les collectivités de la région de Bathurst Inlet, où on explore présentement des po

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CollectionSenate Committees
CitationSECD / Evidence / 08ev-55508
Typecommittee
Volume / chapter441 / Evidence / 08ev-55508
Languageen
Formatpdf
SourceCOMM_SEN
Identifierdffc7dc78dbdded39e96e6a1e616bde140369320

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