Senate Committee — SECD — Evidence — 06ev-55471

SECD / Evidence / 06ev-55471

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Senate Committee — SECD — Evidence — 06ev-55471

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EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Monday, April 25, 2022 OTTAWA, le lundi 25 avril 2022 The Standing Senate Committee on National Security and Defence met with videoconference this day at 2:03 p.m. [ET] to examine and report on issues relating to security and defence in the Arctic. Le Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale et de la défense se réunit aujourd’hui, à 14 h 2 (HE), avec vidéoconférence, pour examiner, en vue d’en faire rapport, les questions relatives à la sécurité et à la défense dans l’Arctique. Senator Tony Dean (Chair) in the chair.

Le sénateur Tony Dean (président) occupe le fauteuil. [English] [Traduction] The Chair: Honourable senators, welcome to this meeting of the Standing Senate Committee on National Security and Defence. I’m Tony Dean from Ontario and chair of the committee. Le président : Honorables sénateurs, bienvenue à la réunion du Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale et de la défense. Je suis Tony Dean, de l’Ontario, et président du comité.

I am joined by my fellow committee members, Senator Jean- Guy Dagenais, Quebec, Deputy Chair; Senator Margaret Dawn Anderson, Northwest Territories; Senator Peter Boehm, Ontario; Senator Pierre-Hugues Boisvenu, Quebec; Senator Donna Dasko, Ontario; Senator Marty Deacon, Ontario; Senator Mobina Jaffer, British Columbia; Senator Terry Mercer, Nova Scotia; Senator David Richards, New Brunswick; Senator Larry Smith, Quebec; and Senator Hassan Yussuff, Ontario.

Je suis accompagné de mes collègues du comité, le sénateur Jean-Guy Dagenais, du Québec, vice-président; la sénatrice Margaret Dawn Anderson, des Territoires du Nord-Ouest; le sénateur Peter Boehm, de l’Ontario; le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, du Québec; la sénatrice Donna Dasko, de l’Ontario; la sénatrice Marty Deacon, de l’Ontario; la sénatrice Mobina Jaffer, de la Colombie-Britannique; le sénateur Terry Mercer, de la Nouvelle-Écosse; le sénateur David Richards, du Nouveau- Brunswick; le sénateur Larry Smith, du Québec; et le sénateur Hassan Yussuff, de l’Ontario.

Those participating virtually are asked to have their microphones muted at all times unless recognized by name by the chair and be responsible for turning their microphones on and off during the meeting. Before speaking, please wait until you are recognized by name. Should any technical difficulties arise, particularly in relation to

interpretation, please signal this to the chair or the clerk, and we will work to resolve the issue. Finally, I would like to remind all participates that Zoom screens should not be copied, recorded or photographed. You may use and share official proceedings posted on the SenVu website for that purpose. Pour ceux qui participent virtuellement, nous vous demandons de mettre votre microphone en sourdine en tout temps, à moins que la présidence vous reconnaisse par votre nom, et d’allumer et d’éteindre votre microphone durant la réunion. Avant de parler, attendez que je vous donne nommément la parole.

Pour toute difficulté technique, en particulier liée à l’interprétation, veuillez le signaler à la présidence ou à la greffière, et nous tenterons de régler le problème. Enfin, j’aimerais rappeler à tous les participants qu’il n’est pas possible de copier, d’enregistrer ou de photographier les écrans Zoom. Vous pouvez utiliser et transmettre les délibérations officielles publiées sur le site Web ParlVu du Sénat à cette fin. Today we continue our study on security and defence in the Arctic, including military infrastructure and security capabilities.

We have two panels of witnesses with us; both will focus on geopolitical competition in the Arctic and its impact on security and international cooperation, and today specifically, Russia’s strategy in the Arctic. In the first panel we’re welcoming Dr. Aurel Braun, Professor, International Relations and Political Science, University of Toronto; and Dr. Paul Stronski, Senior Fellow, Russia and Eurasia Program, Carnegie Endowment for International Peace. I thank both panellists for joining us today by video conference.

We will now begin by inviting you to provide your opening remarks, to be followed by questions from our members. We’re going to open today with Dr. Stronski as we await the arrival of Dr. Braun. Dr. Stronski, welcome to the committee. Aujourd’hui, nous poursuivons notre étude sur la sécurité et la défense dans l’Arctique, y compris l’infrastructure militaire et les capacités de sécurité.

Nous recevons deux groupes de témoins; les deux se concentreront sur la concurrence géopolitique dans l’Arctique et ses répercussions sur la sécurité et la coopération internationale, et aujourd’hui précisément, sur la stratégie de la Russie dans l’Arctique. Pour le premier groupe de témoins, nous accueillons Aurel Braun, professeur, Relations internationales et sciences politiques, de l’Université de Toronto; et Paul Stronski, chercheur associé, Programme Russie et Eurasie, de la Dotation Carnegie pour la paix internationale. Je remercie les deux intervenants de se joindre à nous aujourd’hui par vidéoconférence.

Nous allons maintenant commencer en vous invitant à présenter vos déclarations liminaires, qui seront suivies par les questions de nos membres. Nous allons partir le 25-4-2022 Sécurité nationale et défense 6:1

bal aujourd’hui avec M. Stronski pendant que nous attendons M. Braun. Monsieur Stronski, bienvenue au comité. Paul Stronski, Senior Fellow, Russia and Eurasia Program, Carnegie Endowment for International Peace, an individual: Thank you very much, esteemed members. I’m very happy to be able to speak with you today on this important issue, and I thank you very much for the invitation to share these views. Paul Stronski, chercheur associé, Programme Russie et Eurasie, Dotation Carnegie pour la paix internationale, à

titre personnel : Merci beaucoup, membres distingués du comité. Je suis très heureux de vous parler aujourd’hui de cette question importante, et je vous remercie de m’avoir invité à vous faire part de ces points de vue. I’m going to focus my remarks into roughly four areas. It is important to understand how Russia looks at the Arctic, both historically and contemporarily.

I’m going to focus a bit on its military and diplomatic interests in the Arctic, its economic interests in the Arctic — many of which are tied to both the military and its energy, which is a key source for funding Russia’s military might — and the prospects for Russian success and conflict with the West, particularly in light of the current Ukraine war. Je vais concentrer ma déclaration liminaire sur quatre domaines à peu près. Il est important de comprendre comment la Russie considère l’Arctique, sur le plan tant historique que contemporain.

Je vais me concentrer un peu sur ses intérêts militaires et diplomatiques dans l’Arctique, ses intérêts économiques dans l’Arctique — dont un grand nombre sont liés à la fois à l’armée et à l’énergie, qui est une source essentielle de financement de la puissance militaire de la Russie — et sur les perspectives de succès et de conflit de la Russie avec l’Occident, notamment à la lumière de la guerre actuelle en Ukraine.

Before the latest iteration of the Ukraine war, I would argue that for the first two decades after the Cold War, Russia approached the Arctic largely as an area of low tension where cooperation between Arctic powers in addressing common challenges was both desirable feasible. However, as relations deteriorated between Russia, Europe and North America over Russia’s annexation of Ukraine — and now the latest war in Ukraine — the Kremlin has adopted a much more competitive and confrontational perspective in the region.

Increasingly, Russia sees this as a sphere of economic and military expansion, and a place to showcase its great power ambitions. It has removed its reticence from involving China in the Arctic, although it still prefers to deal with Arctic states on their own. Russia prioritizes military security right now to counter what it claims are growing challenges from NATO to its interests there. Also challenging Russia’s interests there are climate change, although I do not see Russia taking on that threat and acting on that threat seriously.

Avant la dernière itération de la guerre en Ukraine, je dirais que, pendant les deux premières décennies qui ont suivi la guerre froide, la Russie a abordé l’Arctique surtout comme une zone de faible tension où la coopération entre les puissances arctiques pour relever les défis communs était à la fois souhaitable et réalisable.

Cependant, à mesure que les relations se sont détériorées entre la Russie, l’Europe et l’Amérique du Nord en raison de l’annexion de l’Ukraine par la Russie — et maintenant, de la dernière guerre en Ukraine —, le Kremlin a adopté une approche beaucoup plus compétitive et conflictuelle dans la région. De plus en plus, la Russie considère cette région comme une sphère d’expansion économique et militaire, et comme un lieu où afficher ses ambitions de grande puissance.

Elle a levé ses réticences à l’égard de l’intervention de la Chine dans l’Arctique, bien qu’elle préfère toujours traiter avec les États arctiques de manière individuelle. La Russie privilégie actuellement la sécurité militaire pour contrer ce qu’elle considère comme des défis croissants de l’OTAN par rapport à ses intérêts dans la région. Le changement climatique constitue également un défi par rapport aux intérêts de la Russie dans cette région, même si je ne vois pas la Russie prendre cette menace au sérieux. Russia’s involvement in the Arctic is historical.

It dates back hundreds of years and is supported by successive governments, from the czarist to the Putin era, who were eager to extract resources and use them to help fuel trade and the economy. This was particularly important during the Soviet era, when gas and oil were developed first in Siberia both above and below the Arctic Circle. In the 20th century, that offered the Soviet Union wealth and access to hard currency regimes that enabled its domestic consumption and funded its military machine.

That really provided the foundation for Soviet foreign policy, and I think much of that continues today in the post-Soviet era. L’intervention de la Russie dans l’Arctique est historique. Elle remonte à des centaines d’années et est soutenue par les gouvernements successifs, de l’ère tsariste à l’ère Poutine, qui étaient désireux d’extraire des ressources et de les utiliser pour favoriser les échanges commerciaux et l’économie. Cela a été particulièrement important durant l’ère soviétique, lorsque le gaz et le pétrole ont été exploités en premier lieu en Sibérie, tant au‑dessus qu’au-dessous du cercle polaire.

Au XXe siècle, cela a offert à l’Union soviétique des richesses et un accès à des régimes de devises fortes qui ont favorisé sa consommation intérieure et financé sa machine militaire. Cela a vraiment 6:2 National Security and Defence 25-4-2022

constitué la base de la politique étrangère soviétique, et je pense que cela se poursuit aujourd’hui dans l’ère post-soviétique. The exploitation of the Arctic accelerated in the 2000s. Oil and gas became key to Putin’s regime as a source of revenue. The oil and gas from the Arctic and Siberia helped Putin consolidate his hold on power as the leader who took Russia from the crazy, awful days of the 1990s back to an energy superpower. It accumulated funds from the Arctic to hedge against future economic and political problems and it used that money to help rebuild the Russian military and project power.

L’exploitation de l’Arctique a accéléré dans les années 2000. Le pétrole et le gaz sont devenus des sources de revenus essentielles pour le régime de Poutine. Le pétrole et le gaz de l’Arctique et de la Sibérie ont aidé Poutine à consolider son emprise sur le pouvoir en tant que dirigeant qui a ramené la Russie de l’époque folle et terrible des années 1990 à une superpuissance énergétique. Elle a accumulé des fonds provenant de l’Arctique pour parer aux futurs problèmes économiques et politiques et a utilisé cet argent pour aider à reconstruire l’armée russe et à faire l’étalage de sa puissance.

The rising temperature in the Arctic, however, is also causing problems for Russia. It is making the region more accessible, it is diminishing the natural ice barriers that Russia had along its coast which it now feels it must defend, and increasingly Russia sees the area as a place of geopolitical concern where it needs to showcase and enhance its geopolitical presence. Cependant, la hausse de la température dans l’Arctique pose également des problèmes à la Russie.

Elle rend la région plus accessible, elle diminue les barrières de glace naturelle que la Russie avait le long de ses côtes et qu’elle estime maintenant devoir défendre, et de plus en plus, la Russie voit la région comme un lieu de préoccupation géopolitique où elle doit mettre en valeur et renforcer sa présence géopolitique. We’ve seen a sea change over the last several weeks.

Russia and the West, I would generally argue, had hoped that helping Russia develop offshore oil and gas projects through technological means and investment would help provide ballast to help keep the relationship between Russia and the West, Russia/Europe, Russia/United States, Russia/Canada, fairly stable, which would make western investment and western stakeholders key to keeping relations stabilized with Russia. But in the last eight weeks we’ve seen numerous companies begin to pull out as sanctions, particularly targeting the tech sector, have been increased.

Finally, while there is this growing threat perception of Russia, they still want to engage with the West through the Arctic Council and through the Arctic 5, another venue which they are increasingly interested in. Nous avons assisté à un changement radical au cours des dernières semaines.

La Russie et l’Occident, je dirais généralement, avaient espéré que, en aidant la Russie à développer des projets pétroliers et gaziers en mer par des moyens technologiques et des investissements, ils contribueraient à stabiliser les relations entre la Russie et l’Occident, la Russie et l’Europe, la Russie et les États-Unis, la Russie et le Canada, ce qui rendrait les investissements occidentaux et les acteurs occidentaux essentiels à la stabilisation des relations avec la Russie.

Mais au cours des huit dernières semaines, nous avons vu de nombreuses entreprises commencer à se retirer en raison du renforcement des sanctions, qui visent en particulier le secteur technologique. Enfin, bien que la Russie soit de plus en plus perçue comme une menace, elle veut toujours collaborer avec l’Occident par l’entremise du Conseil de l’Arctique et du groupe des cinq États, une autre tribune qui l’intéresse de plus en plus. On the military concerns, the Arctic is closely tied to Russia/West relations and Russia views the Arctic increasingly through a prism of NATO and NATO expansion.

NATO started to expand in the 1990s. NATO used to be just in central Europe; then it came on Russia’s doorstep, namely in the Baltic, the Black Sea and increasingly in the Arctic. As the region becomes more accessible, we are seeing more human activity from all countries. With the prospect of Finland joining NATO, Russia will increasingly see this as a contested space with NATO. With the ice melt increasing, I see a need to patrol this region. Often its patrols are escalatory, which is something we need to be watching and to be very mindful of.

En ce qui concerne les préoccupations militaires, l’Arctique est étroitement lié aux relations entre la Russie et l’Occident, et la Russie voit l’Arctique de plus en plus à travers le prisme de l’OTAN et de son expansion. L’OTAN a commencé son expansion dans les années 1990. Auparavant, elle n’était présente qu’en Europe centrale, puis elle est arrivée aux portes de la Russie, notamment dans la mer Baltique, la mer Noire et, de plus en plus, dans l’Arctique. À mesure que la région devient plus accessible, nous constatons une augmentation de l’activité humaine de tous les pays.

Avec la perspective de l’adhésion de la Finlande à l’OTAN, la Russie verra de plus en plus cet espace comme un espace contesté par l’OTAN. Vu l’augmentation de la fonte des glaces, je vois un besoin de patrouiller cette région. Souvent, ses patrouilles s’intensifient, ce que nous devons surveiller de très près. 25-4-2022 Sécurité nationale et défense 6:3

Regarding military interests beyond NATO’s growing presence, or what it perceives as NATO’s growing presence — not only its physical presence but also the expansion of NATO into Scandinavia and to Finland, in particular — we are seeing the security of Russia’s second-strike capability of its SSBN missiles. The forces on the Kola Peninsula are key from the Arctic.

Russia sees having a robust posture in the Arctic as being important to operating in the North Atlantic and European Arctic in the event of a conflict with NATO in that it can move its fleets into the Atlantic Norwegian seas, where it feels like it needs to operate. Most of Russia’s capabilities there are designed more for close perimeter defence and border protection and much of the infrastructure that Russia is putting in — that is, roads, rails, telecommunications, search-and-rescue — is there to support non-military missions but a lot of it is also dual use and it can be used offensively, if needed.

Over the last several years, including recently, we have seen patrols into Danish and Norwegian territory, incursions into Canadian airspace and incursions into American airspace. We are seeing much more robust efforts to escalate and at least show their presence.

En ce qui concerne les intérêts militaires, au-delà de la présence croissante de l’OTAN, ou de ce qu’elle perçoit comme une présence croissance de l’OTAN — non seulement sa présence physique, mais aussi l’expansion de l’OTAN en Scandinavie et en Finlande, en particulier —, nous prenons conscience de la sécurité de la capacité de deuxième frappe de la Russie avec ses missiles SNLE. Les forces de la presqu’île de Kola sont essentielles dans l’Arctique.

La Russie estime qu’une position robuste dans l’Arctique est importante pour exercer ses activités dans l’Atlantique Nord et l’Arctique européen en cas de conflit avec l’OTAN, car elle peut déplacer ses flottes dans les mers norvégiennes de l’Atlantique, où elle estime devoir assurer une présence. La plupart des capacités de la Russie dans cette région sont conçues pour assurer une défense et une protection frontalière rapprochées, et une grande

partie des infrastructures que la Russie met en place — c’est-à-dire les routes, les chemins de fer, les télécommunications, la recherche et le sauvetage — est là pour soutenir des missions non militaires, mais une grande

partie est également à double usage et peut être utilisée de manière offensive, au besoin. Au cours des dernières années, y compris récemment, nous avons assisté à des patrouilles en territoire danois et norvégien, à des incursions dans l’espace aérien canadien et à des incursions dans l’espace aérien américain. Nous constatons des efforts beaucoup plus importants pour intensifier et au moins montrer leur présence.

Regarding economic interests of the Arctic — and I know that I’m getting close to time, so I will start wrapping this up — Pour ce qui est des intérêts économiques de l’Arctique — et je sais que mon temps de parole est presque écoulé, donc je vais commencer à conclure... The Chair: If you could hurry it up, that would be helpful. Thank you. Le président : Si vous pouviez vous dépêcher, ce serait utile. Merci. Mr. Stronski: The Arctic accounts for about 10% of Russia’s GDP and 20% of its exports. It is strategic for the Russian economy and for the Russian economy moving forward.

Tapping the resources is a key priority. However, those resources are hard and costly to tap and the western sanctions that have been imposed, particularly the latest, will make that a lot harder. These reserves that Russia has there are easier and cheaper to access elsewhere in the world. M. Stronski : L’Arctique compte pour environ 10 % du PIB de la Russie et 20 % de ses exportations. La région est stratégique pour l’économie russe et pour l’avenir économique de la Russie. L’exploitation de ses ressources est une priorité essentielle.

Cependant, ces ressources sont difficiles et coûteuses à exploiter, et les sanctions occidentales qui ont été imposées, en particulier les dernières, rendront cela beaucoup plus difficile. Les réserves dont dispose la Russie sont plus faciles et moins chères à exploiter ailleurs dans le monde. Russia also has a history of high-profile plans but underfunding those plans. We’ll see whether this is another example of that. This is an area that is very poorly populated. There are no real population centres up here; no real infrastructure.

Russia has grand plans and grand ambitions, but whether or not it will be able to succeed, particularly given the economic contraction caused by Ukraine and the sanctions, remains to be seen. Thank you very much. La Russie a également tendance à élaborer des plans très médiatisés, mais à les sous-financer. Nous verrons si c’en est un autre exemple. C’est une région très peu peuplée. Il n’y a pas de véritables centres de population ni de véritables infrastructures.

La Russie a de grands projets et de grandes ambitions, mais il reste à voir si elle sera en mesure de réussir, notamment en raison du repli économique causé par l’Ukraine et des sanctions. Merci beaucoup. The Chair: Thank you, Dr. Stronski. I’m sure that those remarks are going to provoke a number of questions for you. Le président : Merci, monsieur Stronski. Je suis sûr que cette déclaration liminaire suscitera un certain nombre de questions pour vous. 6:4 National Security and Defence 25-4-2022

We now welcome Dr. Aurel Braun from the University of Toronto. Over to you, Dr. Braun. Nous accueillions maintenant M. Aurel Braun, de l’Université de Toronto. La parole est à vous, monsieur Braun. Aurel Braun, Professor, International Relations and Political Science, University of Toronto, as an individual: As much as the world watches Russia’s unbridled aggression and unrestrained atrocities in Ukraine in horror, there is still an inclination in some quarters to try to compartmentalize and to segregate regionally and functionally.

What happens away from the Arctic is not meant to interfere with what is happening in the Arctic. Aurel Braun, professeur titulaire, Relations internationales et sciences politiques, Université de Toronto, à

titre personnel : Bien que le monde observe avec horreur l’agression débridée et les atrocités sans retenue commises par la Russie en Ukraine, il existe toujours une tendance dans certains milieux à essayer de compartimenter et de séparer les régions et les fonctions. Ce qui se passe en dehors de l’Arctique n’est pas censé interférer avec ce qui se passe dans l’Arctique. I think this never worked. It is not working and it is not going to work. It is what I call magical thinking, where one loses sight of some crucial developments.

Key among these is the return of geopolitics and the return of geopolitics in a particularly virulent form, where force is viewed by Russia as very important. This is not something that has occurred only this year. We may not have noticed it sufficiently before — and that is our fault — but it has been there for a while.

After all, the invasions of Georgia took place in 2008; of Ukraine in 2014, the illegal annexation of Crimea; and Vladimir Putin’s forces went in and saved the murderous regime of Bashar al-Assad in Syria — all while Russia has been prodding and probing NATO defences around the world and where, at least since 2019, NATO has been designated as the primary enemy of Russia. Je pense que cela n’a jamais fonctionné. Cela ne fonctionne pas et cela ne fonctionnera pas. C’est ce que j’appelle la pensée magique, où l’on perd de vue certains faits nouveaux cruciaux.

Parmi ceux-là, le retour de la géopolitique et le retour de la géopolitique sous une forme particulièrement virulente, où la force est considérée comme très importante par la Russie. Ce n’est pas un phénomène qui ne s’est produit que cette année. Nous ne l’avons peut-être pas suffisamment remarqué auparavant — et c’est notre faute — mais il est là depuis un certain temps.

Après tout, les invasions de la Géorgie ont eu lieu en 2008; de l’Ukraine, en 2014, avec l’annexion illégale de la Crimée; et les forces de Vladimir Poutine sont entrées et ont sauvé le régime meurtrier de Bashar al-Assad en Syrie, tout cela alors que la Russie a poussé et sondé les défenses de l’OTAN dans le monde entier et où, au moins depuis 2019, l’OTAN a été désignée comme l’ennemi principal de la Russie. It is important to have the conceptual clarification that any attempt to try to separate soft and hard power does not work in practice. Soft power and hard power are a composite and they work together.

It is only what I call magical thinking that tries to separate it and leads to a kind of confusion where negotiations and diplomacy are viewed not as a means to an end but as ends in themselves. Il est important d’avoir une clarification conceptuelle que toute tentative de séparer la puissance douce de la puissance dure ne fonctionnera pas dans la pratique. La puissance douce et la puissance dure sont un composite et elles fonctionnent ensemble.

Ce n’est que ce que j’appelle la pensée magique qui tente de les séparer et conduit à une sorte de confusion où les négociations et la diplomatie sont considérées non pas comme un moyen d’arriver à une fin, mais comme une fin en soi. I can appreciate the instinct to try to look at the Arctic as a zone of peace, but that is not how Russia looked at it except in tactical terms. Russia has designated the Arctic as a crucial region and it has to do so because Russia is in many ways a failed state. I use the 30-year rule to look at countries after a traumatic experience.

If you look at what Nazi Germany or militaristic Japan was 30 years after the end of the Second World War, by 1975 they were both prosperous, stable democracies with vibrant, competitive economies. If you look at Russia, it is largely a unidimensional economy, dependent to a remarkable extent on energy, and a lot of the energy is in the Arctic. Je peux comprendre l’instinct qui consiste à essayer de considérer l’Arctique comme une zone de paix, mais ce n’est pas ainsi que la Russie l’envisage, sauf sur le plan tactique.

La Russie a désigné l’Arctique comme une région cruciale, et elle doit le faire parce que la Russie est, à bien des égards, un État en déroute. J’utilise la règle des 30 ans pour examiner les pays après une expérience traumatisante. Si vous regardez ce qu’était l’Allemagne nazie ou le Japon militariste 30 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1975, c’était deux démocraties prospères et stables, avec des économies dynamiques et compétitives. Si vous regardez la Russie, c’est une économie largement unidimensionnelle, qui dépend dans une très grande mesure de l’énergie, et une bonne

partie de l’énergie se trouve dans l’Arctique. 25-4-2022 Sécurité nationale et défense 6:5

I hope to come back in terms of being able to answer some questions and entertain dialogue. In the case of the Arctic, three areas are crucial: military threat, economic environmental imperatives, and legal challenges and territorial disputes. J’espère revenir pour pouvoir répondre à certaines questions et entretenir le dialogue. Dans le cas de l’Arctique, trois domaines sont cruciaux : la menace économique, les impératifs économiques et environnementaux et les défis juridiques et les différends territoriaux.

Let me start by saying that Russia’s military doctrine lists NATO at the top of the external dangers and proclaims complete readiness to protect its Arctic security interests. This is not something new. Russia has poured vast resources into the Arctic in terms of ground, air and maritime forces. It has put the S‑400 anti-aircraft missile system in Novaya Zemlya, the archipelago. We have seen the largest Russian military power build-up in the Arctic in decades.

Permettez-moi de dire en premier lieu que la doctrine militaire de la Russie place l’OTAN en tête des dangers extérieurs et proclame qu’elle est totalement prête à protéger ses intérêts en matière de sécurité dans l’Arctique. Ce n’est pas quelque chose de nouveau. La Russie a investi de vastes ressources dans l’Arctique pour ce qui est des forces terrestres, aériennes et maritimes. Elle a installé le système de missiles anti-aériens S-400 à Novaya Zemlya, l’archipel. Nous avons assisté à la plus grande accumulation de puissance militaire russe dans l’Arctique depuis des dizaines d’années.

In many ways, the Arctic is governed by what I call the “Rugozin Doctrine.” People spoke about the Gerasimov Doctrine, which was sort of a hybrid approach to warfare. But Dmitry Rugozin is a provocative individual who served as Russian ambassador to NATO and as deputy prime minister. He was at one point put in charge of all things Arctic and is currently in charge of the space program. He made one very memorable statement. He summed up in many ways a Russian policy that we prefer not to believe exists but has been proven, sadly, all too real in the case of Ukraine.

À bien des égards, l’Arctique est régi par ce que j’appelle la « doctrine Rogozine ». Les gens ont parlé de la doctrine Guerassimov, qui était un genre d’approche hybride de la guerre. Mais Dmitri Rogozine est un individu provocateur qui a servi comme ambassadeur de la Russie auprès de l’OTAN et comme vice-premier ministre. Il a été chargé à un moment donné de tout ce qui concerne l’Arctique et est actuellement responsable du programme spatial. Il a fait une déclaration très mémorable.

Il a résumé à bien des égards une politique russe dont nous préférons ignorer l’existence, mais qui s’est avérée, malheureusement, bien réelle dans le cas de l’Ukraine. After the 2014 invasion of Crimea and the illegal annexation, there were sanctions. Dmitry Rugozin was asked about sanctions and about the denial of visas. He said, “Tanks do not need visas.” In other words, brute force can achieve certain political goals. Ultimately — and hopefully — Russia will be proven to be wrong, but this is the approach. Diplomatic niceties fall aside when geopolitical imperatives come into place.

Après l’invasion de la Crimée en 2014 et l’annexion illégale, il y a eu des sanctions. Dmitri Rogozine a été interrogé sur les sanctions et sur le refus d’accorder des visas. Il a répondu : « Les chars n’ont pas besoin de visas. » Autrement dit, la force brute peut permettre d’atteindre certains objectifs politiques. Au final — et espérons-le —, il sera prouvé que la Russie a tort, mais telle est l’approche. Les subtilités démocratiques sont abandonnées lorsque les impératifs géopolitiques entrent en jeu.

Because of shortness of time, I will move on to my second point, which is Russia’s economic interests and the environmental factors in the case of the Arctic. I just heard one assessment that Russia gets about 10% of its GDP from the Arctic. I have seen other estimates that are considerably higher, that something like 20% of the GDP comes from the Arctic. This is where there is enormous potential in resources. Maybe 20, 25% of hydrocarbons are in the Arctic, but, of course, these are extraordinarily difficult and dangerous to extract.

Faute de temps, je vais passer à mon deuxième point, qui concerne les intérêts économiques de la Russie et les facteurs environnementaux dans le cas de l’Arctique. Je viens d’entendre une évaluation selon laquelle la Russie tire environ 10 % de son PIB de l’Arctique. J’ai vu d’autres estimations qui sont beaucoup plus élevées, soit que quelque chose comme 20 % du PIB vient de l’Arctique. C’est là qu’il y a un énorme potentiel en matière de ressources. Peut-être que 20, 25 % des hydrocarbures se trouvent dans l’Arctique, mais, bien sûr, ils sont extraordinairement difficiles et dangereux à extraire.

Russia has proven itself to be a poor custodian of the environment. The ecology of the Arctic is fragile and it is dangerous to do extraction in that region. Russia seems unrestrained, unlike Canada or the United States. Especially under the Biden administration and the current administration in Canada, we have been extraordinarily careful in terms of exploration in the Arctic. This has not been the case with La Russie a prouvé qu’elle était un mauvais gardien de l’environnement. L’écologie de l’Arctique est fragile, et il est dangereux d’extraire des ressources dans cette région.

La Russie ne semble pas avoir de limites, contrairement au Canada ou aux États-Unis. Surtout sous l’administration Biden et l’administration actuelle au Canada, nous avons été extraordinairement prudents pour ce qui est de l’exploration dans 6:6 National Security and Defence 25-4-2022

Russia. Part of the reason is that they desperately need those resources because Vladimir Putin has not modernized Russia’s economy. He was hoping he could have modernization without democratization, but modernization has not really worked. l’Arctique. Cela n’a pas été le cas de la Russie. Une

partie de la raison, c’est que le pays a désespérément besoin de ces ressources, parce que Vladimir Poutine n’a pas modernisé l’économie de la Russie. Il espérait pouvoir moderniser sans démocratiser, mais la modernisation n’a pas vraiment fonctionné. There are pockets of excellence in Russians; there is no question about it. They have some remarkably talented scientists. But overall, their economy is not that of a modern state, so reliance on the Arctic is heavy compared to the United States. The United States generates 1% of its GDP in the Arctic.

We need to take that into account to understand why Russia is so focused on the Arctic. Il existe des exemples d’excellence chez les Russes, cela ne fait aucun doute. Elle dispose de scientifiques remarquablement talentueux. Mais dans l’ensemble, l’économie du pays n’est pas celle d’un État moderne, de sorte que sa dépendance envers l’Arctique est forte par rapport à celle des États-Unis. Les États‑Unis génèrent 1 % de leur PIB dans l’Arctique. Nous devons prendre cela en considération pour comprendre pourquoi la Russie s’intéresse autant à l’Arctique.

The other element is that with climate change, the Northern Sea Route has become more navigable. There is quite a bit of traffic already and Russia hopes to dramatically increase that traffic. The Christophe de Margerie went through in 2021 as a test case. If you can use the Northern Sea Route as a reliable connection, this would save up to 30% of the energy involved in shipping from Asia to Europe. It would also cut down the time and distance that it takes. This creates another kind of imperative for Russia.

L’autre élément, c’est qu’avec le changement climatique, la route maritime du Nord est devenue plus navigable. La circulation est déjà assez importante, et la Russie espère pouvoir l’augmenter considérablement. Le Christophe de Margerie l’a traversée en 2021 à

titre d’essai. Si vous pouvez utiliser la route maritime du Nord comme connexion fiable, cela permettrait d’économiser jusqu’à 30 % de l’énergie nécessaire au transport maritime de l’Asie vers l’Europe. Cela réduirait également le temps et la distance nécessaires. Cela crée un autre type d’impératif pour la Russie. The Chair: Dr. Braun, I’m sorry to interrupt. Could you bring your comments to a close fairly shortly? We need to get on with the questions, and I’m sure there will be many for you. Le président : Monsieur Braun, je suis désolé de vous interrompre.

Pourriez-vous conclure vos commentaires assez rapidement? Nous devons passer aux questions, et je suis sûr qu’il y en aura un grand nombre pour vous. Mr. Braun: Let me just mention the third one quickly, namely that there are legal disputes. Russia claims a large portion of the Arctic, over the objection of other states. Even a flag was planted at one point. There is the Lomonosov Ridge, which Moscow claims would involve Russian control over something like an additional 1.2 square kilometres of the Arctic Ocean. You are looking at this from the perspective of the claim over the seabed. M.

Braun : Permettez-moi de mentionner rapidement le troisième point, à savoir qu’il existe des différends juridiques. La Russie revendique une grande

partie de l’Arctique, malgré l’objection d’autres États. Un drapeau a même été planté à un moment donné. Il y a la dorsale Lomonosov, qui, selon Moscou, ferait intervenir le contrôle russe sur quelque chose comme 1,2 kilomètre carré supplémentaire de l’océan Arctique. Vous regardez cela du point de vue de la revendication de fonds marins. Let me conclude. The danger is that there are delusions. There is a tendency for Western deference to Russia and inadequate attention paid to deterrence. The West is now trying to restore deterrence. This has been provoked not by the West trying to be expansionist.

Russia is not a victim. Russia has agency. Russia is a country that has created fear, that is leading Finland and Sweden to possibly apply for membership in NATO. Permettez-moi de conclure. Le danger, c’est qu’il y ait des délires. L’Occident a tendance à faire preuve de déférence envers la Russie et à accorder une attention inadéquate à la dissuasion. L’Occident tente maintenant de rétablir la situation. Cette situation a été provoquée non pas par le fait que l’Occident tente d’être expansionniste. La Russie n’est pas une victime, elle a un pouvoir d’agir.

C’est un pays qui a suscité la peur, qui a conduit la Finlande et la Suède à demander éventuellement leur adhésion à l’OTAN. In Canada we also need to address geostrategic economic and environmental concerns in the Arctic. We absolutely should use soft power, but we also need to have the military capabilities. Today there was an announcement from Ottawa that more will be done in the Arctic in terms of enhancing NORAD. This is long overdue. We need to have a combination of hard and soft Au Canada, nous devons également réagir aux préoccupations géostratégiques, économiques et environnementales dans l’Arctique.

Nous devons absolument utiliser la puissance douce, mais nous devons aussi avoir les capacités militaires. Aujourd’hui, Ottawa a annoncé que davantage de mesures seront prises dans l’Arctique pour renforcer le NORAD. Cela aurait dû 25-4-2022 Sécurité nationale et défense 6:7

power to remove temptation, in the case of Russia, to send the right kinds of signals, to rebuild deterrence and to understand that the Arctic is an integral part of overall global security. Thank you. être fait depuis longtemps. Nous devons combiner la puissance dure et la puissance douce pour éliminer les tentations, dans le cas de la Russie, envoyer les bons types de signaux, reconstruire la dissuasion et comprendre que l’Arctique fait

partie intégrante de la sécurité mondiale globale. Je vous remercie. The Chair: Thank you, Dr. Braun. Le président : Merci, monsieur Braun. Thank you both for your opening statements. You’ve drawn some important interconnections between things that Russia is doing in various geographic regions, and that is important for us. Je vous remercie tous les deux de vos déclarations liminaires. Vous avez établi d’importantes interconnexions entre les actions de la Russie dans diverses régions géographiques, et c’est important pour nous. We’ll now proceed to questions. We will need to finish at 3 p.m.

In order to allow as many questions as possible, we have four minutes allotted for each question, including the answer. I ask my colleagues to keep your questions succinct and that you identify which witness your question is directed to. Nous allons maintenant passer aux questions. Vous devrez terminer à 15 heures. Afin de permettre le plus grand nombre de questions possible, nous disposons de quatre minutes pour chaque question, y compris la réponse. Je demande à mes collègues de poser des questions succinctes et de dire à quel témoin elles s’adressent.

I would like to offer the first question, as usual, to the deputy chair, Senator Dagenais. J’aimerais proposer la première question, comme d’habitude, au vice-président, le sénateur Dagenais. [Translation] [Français] Senator Dagenais: My first question is for Mr. Braun. A number of countries have announced economic sanctions against Russia, and we have seen results in some cases, while there is still mystery in Canada over what has really been done.

First, I would like to know whether the sanctions will really affect Vladimir Putin and his accomplices or whether the entire Russian population will be burdened by those sanctions. Second, do you think Mr. Putin could be removed from power over the short or the medium term? Le sénateur Dagenais : Ma première question est pour M. Braun. Plusieurs pays ont annoncé des sanctions économiques contre la Russie et dans certains cas, nous avons vu des résultats, alors qu’au Canada le mystère plane toujours sur ce qui a été réellement fait.

Dans un premier temps, j’aimerais savoir si les sanctions toucheront vraiment Vladimir Poutine et ses complices ou si la population russe entière sera celle qui subira le poids de ces sanctions. Puis, croyez-vous qu’à court ou moyen terme, M. Poutine pourrait être écarté du pouvoir? [English] [Traduction] Mr. Braun: Sanctions do not have a sterling history in terms of being effective. Even when President Biden was asked about the sanctions, he said they are not meant to be a substitute for deterrence, and they take quite some time. I think sanctions can have a long-term corrosive effect.

However, they don’t work the same way in a dictatorial system — in a personalist regime — as they would work in the case of Canada. M. Braun : Les sanctions n’ont pas une histoire impeccable d’efficacité. Même lorsque le président Biden a été interrogé sur les sanctions, il a déclaré qu’elles ne sont pas censées se substituer à la dissuasion et qu’elles prennent un certain temps. Je pense que les sanctions peuvent avoir un effet corrosif à long terme. Cependant, elles ne fonctionnent pas de la même façon dans un système dictatorial — dans un régime personnaliste — qu’elles le feraient au Canada.

Sanctions work well if they are combined with what is happening on the ground. If Russia is losing on the ground, sanctions will add to that. It will be essential for changing the perception of the Russian people. At the moment, Putin has a huge amount of popular support because of the tendency to rally around the leader in any kind of conflict in all states, but also because he controls much of the media in Russia. Les sanctions fonctionnent bien si elles sont combinées à ce qui se passe sur le terrain. Si la Russie perd sur le terrain, les sanctions seront une mesure supplémentaire.

Elles seront essentielles pour changer la perception du peuple russe. Pour l’instant, Poutine bénéficie d’un énorme soutien populaire en raison de la tendance à se rallier autour du leader dans tout type de conflit dans tous les États, mais aussi parce qu’il contrôle une grande

partie des médias en Russie. I think if we are going to talk about sanctions, we have to look at the kind of statement just issued by the Secretary of Defense of the United States, General Austin. He said in a very blunt, Je pense que, si nous devons parler de sanctions, nous devons examiner le type de déclaration que vient de faire le secrétaire à la Défense des États-Unis, le général Austin. Il a déclaré de 6:8 National Security and Defence 25-4-2022

undiplomatic fashion that Russia has to become weaker and must not be able to rebuild its military capacity to threaten other countries again. This is a rebuilding of deterrence. This goes back to what Boris Johnson put in a better way when he said that Vladimir Putin’s invasion of Russia must fail, and it must be seen to fail. So sanctions need to operate within that context whether in the short term or the long term. manière très directe et peu diplomatique que la Russie doit être affaiblie et ne doit pas être en mesure de reconstruire sa capacité militaire pour menacer à nouveau d’autres pays.

Il s’agit de reconstruire la dissuasion. Cela nous ramène à ce que Boris Johnson a dit de manière plus précise, à savoir que l’invasion de la Russie par Vladimir Poutine doit échouer et qu’elle doit être perçue comme telle. Les sanctions doivent donc s’inscrire dans ce contexte, que ce soit à court ou à long terme. [Translation] [Français] Senator Dagenais: My next next question is for Mr. Stronski.

After the destructive invasion of Ukraine and the sanctions Canada has imposed, are there still opportunities to cooperate with Russia on a strategy for developing the exploitation of the navigable oil passage, or should Canada forget what has happened and try to come to agreements through diplomatic discussions with Putin? Le sénateur Dagenais : Ma prochaine question est pour M. Stronski.

Après l’invasion destructive de l’Ukraine et les sanctions imposées par le Canada, y a-t-il encore des possibilités de coopération avec la Russie en vue d’une stratégie de développement de l’exploitation du passage navigable du pétrole, ou le Canada devrait-il oublier ce qui vient de se passer et chercher des ententes par des discussions diplomatiques avec Poutine? [English] [Traduction] Mr. Stronski: Thank you for the question. Right now, it’s very difficult to work with Mr. Putin on pretty much anything.

In his mind, the war moved from not just being a war in Ukraine about Ukraine but very much a war against NATO. So I think it’s going to be challenging to work with him in any sort of constructive format. M. Stronski : Merci de poser cette question. À l’heure actuelle, il est très difficile de travailler avec M. Poutine sur à peu près tout. Dans son esprit, la guerre n’est plus seulement une guerre en Ukraine à propos de l’Ukraine, mais bien une guerre contre l’OTAN. Donc, je pense qu’il sera difficile de travailler avec lui de manière constructive.

I would say the other issue is that in December during the COP26, there was a delegation that Russia led. It was led by former prime minister Anatoly Chubais. These were the people who wanted to engage with the West on these issues, particularly in the Arctic. Mr. Chubais and many of the people in that delegation have been critical of Ukraine, and Mr. Chubais has fled the country. I think many of the people who would want to engage with Canada on these issues have been sidelined and don’t have the clout to do that.

Perhaps if at some point, if Putin is no longer there, that opportunity might re-emerge, but right now it’s very challenging to do anything with Putin. Je dirais que l’autre problème, c’est qu’en décembre, lors de la COP26, la Russie a conduit une délégation. Elle était dirigée par l’ancien premier ministre Anatoly Chubais. Ce sont les personnes qui voulaient collaborer avec l’Occident sur ces questions, en particulier dans l’Arctique. M. Chubais et de nombreuses personnes de cette délégation ont critiqué l’Ukraine, et M. Chubais a fui le pays.

Je pense qu’un grand nombre des personnes qui voudraient collaborer avec le Canada sur ces questions ont été mises de côté et n’ont pas l’influence nécessaire pour le faire. Peut-être que, à un moment donné, si Poutine n’est plus là, cette possibilité pourrait réapparaître, mais pour l’instant, il est très difficile de faire quoi que ce soit avec lui. [Translation] [Français] Senator Dagenais: I will have a question in the second round. Le sénateur Dagenais : J’aurai une question au deuxième tour. Senator Boisvenu: My first question is for Professor Braun.

You talked a lot about three elements — the military threat, as well as differential and territorial economies. Le sénateur Boisvenu : Ma première question est pour le professeur Braun. Vous avez beaucoup parlé des trois éléments, soit la menace militaire et l’économie différentielle et territoriale. I would like to hear your thoughts on China. We know that China is renewing its military forces. China has a great deal of interest in the Arctic. The third point is that we know that, for a number of years, China and Russia have been getting closer in J’aimerais vous entendre parler de la Chine.

On sait que la Chine est en mode de renouvellement de ses forces militaires. La Chine a beaucoup d’intérêt dans l’Arctique et troisième point, on sait qu’il y a un rapprochement, depuis plusieurs années, sur le 25-4-2022 Sécurité nationale et défense 6:9

terms of cooperation, among other things, in their naval exercises, especially in the Pacific. I would like to know to what extent this cooperation may affect the balance — if there is a balance — when it comes to the Arctic, especially in terms of military activities. plan de la coopération, entre autres, entre la Chine et la Russie dans ses exercices navals, surtout dans le Pacifique. J’aimerais savoir dans quelle mesure cette coopération risque d’influencer l’équilibre — si équilibre il y a — en ce qui a trait à l’Arctique, particulièrement quant aux activités militaires. [English] [Traduction] Mr.

Braun: I think China is a crucial factor because China has financial resources that Russia does not have. China has investment capacity and views itself as a near-Arctic state. They have a tremendous interest in navigation across the Arctic — the Northern Sea Route — because if that could be made workable, that would benefit China’s trade enormously. M. Braun : Je pense que la Chine est un facteur crucial, car elle dispose des ressources nécessaires que la Russie n’a pas. La Chine a une capacité d’investissement et se considère comme un État proche de l’Arctique.

Elle a un intérêt énorme dans la navigation à travers l’Arctique — la route maritime du Nord — parce que, si elle pouvait être rendue praticable, cela profiterait énormément au commerce de la Chine. China has also said that they have a friendship with Russia that is unlimited. That is being tested at the moment. I think what China has to realize — and if it hasn’t yet, it may realize eventually — is that Russia is a poor partner and it is unwise historically to allow a weak or a reckless partner to make decisions for you. Even though this is not a formal alliance, there are those close relations.

Though they may have been beneficial to China in terms of getting inexpensive energy and military technology from Russia, I think the cost is likely to increase if the sanctions are maintained. If the sanctions against Russia are maintained and strengthened, at the very least China may suffer collateral damage. That may send a message that the relationship is not one that is benefits only, but rather that there are those significant costs. La Chine a également déclaré que son amitié avec la Russie était illimitée. Cette déclaration est mise à l’épreuve en ce moment.

Je pense que la Chine doit se rendre compte — et si elle ne l’a pas encore fait, elle finira par le faire — que la Russie est un mauvais partenaire et qu’il est historiquement peu avisé de laisser un partenaire faible ou imprudent prendre des décisions à votre place. Même s’il ne s’agit pas d’une alliance en bonne et due forme, il y a des relations étroites. Bien qu’elles aient pu être bénéfiques à la Chine pour ce qui est d’obtenir de l’énergie et une technologie militaire bon marché de la part de la Russie, je pense que le coût pourrait augmenter si les sanctions sont maintenues.

Si les sanctions contre la Russie sont maintenues et renforcées, à tout le moins, la Chine pourrait subir des dommages collatéraux. Cela pourrait lui faire comprendre que la relation ne comporte pas que des avantages, mais aussi des coûts importants. I think the sooner China begins to differentiate itself from Russia, the better it will be for China as well as for international security. At the moment, I don’t think this will end well for Russia. Even if Russia somehow manages to turn the situation around in Ukraine militarily, the damage to Russia of this operation is absolutely horrific.

One of the things Russia has done is reawaken the dormant NATO. Look at Germany. Look at what Europe is doing to try to diminish its dependence on Russian energy. Look at the possibility that Finland and Sweden are going to join NATO. That will create a tectonic shift in terms of the strategic balance, and China has to recognize that. This is the miscalculation that Vladimir Putin has brought about. Je pense que plus tôt la Chine commencera à se distancier de la Russie, mieux ce sera pour elle et pour la sécurité internationale. À l’heure actuelle, je ne pense pas que les choses finiront bien pour la Russie.

Même si la Russie parvient d’une manière ou d’une autre à renverser la situation en Ukraine sur le plan militaire, les dommages que cette opération lui causera sont absolument terribles. L’une des choses que la Russie a faites est de réveiller l’OTAN inactive. Regardez l’Allemagne. Regardez ce que l’Europe fait pour essayer de diminuer sa dépendance envers l’énergie russe. Regardez la possibilité que la Finlande et la Suède se joignent à l’OTAN. Cela va créer un changement tectonique pour ce qui est de l’équilibre stratégique, et la Chine doit le reconnaître.

C’est l’erreur de calcul que Vladimir Poutine a provoquée. [Translation] [Français] Senator Boisvenu: Your answer is very insightful. Thank you for that. Professor Braun, when you talk about a military threat, it is still a matter of balance between opposing forces; the larger the imbalance, the larger the threat. I would like to hear your thoughts on Canada’s naval presence in the Arctic. How do you view it compared with Russia’s very heavy-handed presence on that territory and do you think the consequences may be serious Le sénateur Boisvenu : Votre réponse est très intéressante, je vous en remercie.

Professeur Braun, lorsque vous parlez de menace militaire, c’est toujours une question d’équilibre entre les forces qui s’opposent; plus le déséquilibre est grand, plus la menace est grande. J’aimerais vous entendre sur la présence navale du Canada dans l’Arctique. Comment la considérez-vous par rapport à une présence très musclée de la Russie dans ce 6:10 National Security and Defence 25-4-2022

for Canada if we don’t prepare for a massive intervention of our naval forces? territoire et croyez-vous que les conséquences peuvent être graves pour le Canada si nous ne préparons pas une intervention massive de nos forces navales, surtout? [English] [Traduction] Mr. Braun: China is trying to build a vast naval force and global naval capacity, and so has Russia. Canada, by any standard, has not exactly been doing what I would view as adequate in the Arctic. We need heavy icebreakers. We are supposed to be building two heavy icebreakers but they will not be ready until 2030. We have one old icebreaker.

Russia has vast capacity; they have nuclear-powered icebreakers. They have something like 40 major icebreakers, overall. We need to enhance our naval capabilities, and we need to enhance them in the Arctic, globally and in collaboration with the other states in NATO. M. Braun : La Chine tente de se doter d’une vaste force navale et d’une capacité navale mondiale, tout comme la Russie. Le Canada, incontestablement, n’a pas exactement fait ce que je considérerais comme adéquat dans l’Arctique. Nous avons besoin de brise-glace lourds.

Nous sommes censés construire deux brise-glace lourds, mais ils ne seront pas prêts avant 2030. Nous avons un vieux brise-glace. La Russie dispose d’une grande capacité; elle a des brise-glace à propulsion nucléaire. Elle possède quelque chose comme 40 grands brise-glace au total. Nous devons améliorer nos capacités navales, et nous devons le faire dans l’Arctique, à l’échelle mondiale et en collaboration avec les autres États de l’OTAN. Senator Anderson: My question is for Dr. Braun. I live in Canada’s Arctic. I’m currently in Tuktoyaktuk in the Northwest Territories.

The Arctic has been a strategic military location in the 1950s, 1960s and 1970s and had quite a presence during those decades. I would say it has either been feast or famine, and right now it appears to be a bit of a famine. In your professional opinion, how can Canada best optimize military defence and security in the Arctic and continually maintain that presence? La sénatrice Anderson : Ma question s’adresse à M. Braun. Je vis dans l’Arctique canadien. Je suis actuellement à Tuktoyaktuk, dans les Territoires du Nord-Ouest.

L’Arctique a été un endroit stratégique sur le plan militaire dans les années 1950, 1960 et 1970 et a eu une présence assez importante durant ces décennies. Je dirais qu’on a connu l’abondance ou la famine, et il semble qu’actuellement, ce soit un peu la famine. Selon votre opinion professionnelle, comment le Canada peut-il optimiser au mieux la défense et la sécurité militaires dans l’Arctique et maintenir continuellement cette présence? Mr. Braun: Thank you very much for that question. I think “famine” would be a fair statement as to what we have at the moment and have had for quite a number of years. M.

Braun : Merci beaucoup de poser cette question. Je pense que le terme « famine » serait une expression juste de ce que nous constatons en ce moment et depuis un certain nombre d’années. I think we can appreciate that we cannot match what Russia deployed quantitatively. We need to do something that gives us a qualitative advantage, both in terms of what we do ourselves and in cooperation with others. In terms of what we do ourselves, it is absolutely essential that we get fifth-generation fighters. This is something that Russia cannot match for a while.

It appears we will be getting the F-35s; I have advocated for that before. It’s not a done deal because we are still negotiating, but it has been the one selected as the most suitable fighter. We’re supposed to get 88 or thereabouts. The sooner we get them, the better it is; I wish we would have gotten them earlier. Je pense que nous pouvons comprendre que nous ne pouvons pas égaler ce que la Russie a déployé sur le plan quantitatif. Nous devons faire quelque chose qui nous donne un avantage qualitatif, en ce qui concerne tant ce que nous faisons nous‑mêmes qu’en collaboration avec d’autres.

Pour ce qui est de ce que nous faisons nous-mêmes, il est absolument essentiel que nous obtenions des chasseurs de cinquième génération. C’est quelque chose que la Russie ne pourra pas égaler avant un certain temps. Il semble que nous allons obtenir les F-35; j’ai déjà plaidé en ce sens auparavant. Ce n’est pas une affaire réglée, car nous sommes toujours en train de négocier, mais c’est le chasseur qui a été retenu comme étant le plus approprié. Nous sommes censés en recevoir 88 ou à peu près. Plus tôt nous les aurons, mieux ce sera; j’aurais aimé que nous les ayons plus tôt.

We need to enhance our radar capabilities. We need to enhance NORAD. We work in the Arctic through alliances both in NORAD and NATO. Of course, if Finland and Sweden should join NATO, that would offer new areas of cooperation. There are more changes that I think are taking place. We must recognize that NATO enlargement has traditionally happened not as an Nous devons améliorer nos capacités radar. Nous devons améliorer le NORAD. Nous travaillons dans l’Arctique par le truchement d’alliances à la fois au sein du NORAD et de l’OTAN.

Bien sûr, si la Finlande et la Suède devaient rejoindre l’OTAN, cela offrirait de nouveaux domaines de coopération. Il y a d’autres changements qui, à mon avis, sont en train de se 25-4-2022 Sécurité nationale et défense 6:11

offensive action but as defensive. This is what Russia forced on us. produire. Nous devons reconnaître que l’élargissement de l’OTAN s’est traditionnellement fait non pas comme une action offensive, mais comme une action défensive. C’est ce que la Russie nous a imposé. To give us an idea of the nature of the Russian threat and the kinds of miscalculation, there are two countries that have tried so hard to be cooperative and find areas of cooperation with Russia. Finland and Sweden are at the very least seriously considering NATO membership. One other element should be added.

There is a temptation to look for functional areas of cooperation, search and rescue, for instance, and all of that is fine. But if you institutionalize it, you give Russia additional legitimacy, and I think this is where we made some mistakes. We have the Arctic Council, which is chaired by Russia, and all of a sudden all the other members don’t want to cooperate with Russia. Well, what is the purpose of the Arctic Council in that case?

If it is not feasible, what do they do outside of certain areas where we could have had Indigenous contacts through other means rather than having this institutional type of footprint, which the Russian regime under Vladimir Putin used effectively to try to project an aura of stability and legitimacy? What we have come to learn is that the Putin regime is a current and present danger. It is not going to go away. I think as long as this regime is in power, we have to deal with that danger. It’s not going to go away.

Pour nous donner une idée de la nature de la menace russe et des types d’erreurs de calcul, il y a deux pays qui ont essayé très fort de coopérer et de trouver des domaines de coopération avec la Russie. La Finlande et la Suède envisagent à tout le moins sérieusement d’adhérer à l’OTAN. Un autre élément doit être ajouté. Il est tentant de rechercher des domaines de coopération fonctionnels, la recherche et le sauvetage, par exemple, et tout cela est parfait.

Mais si vous institutionnalisez la chose, vous donnez à la Russie une légitimité supplémentaire, et je pense que c’est là que nous avons commis quelques erreurs. Nous avons le conseil de l’Arctique, qui est présidé par la Russie, et tout à coup, tous les autres membres ne veulent plus coopérer avec la Russie. Eh bien, à quoi sert le Conseil de l’Arctique dans ce cas?

Si ce n’est pas réalisable, que fait-il en dehors de certaines zones où nous aurions pu avoir des contacts autochtones par d’autres moyens plutôt que d’avoir cette empreinte de type institutionnel, que le régime russe sous Vladimir Poutine a utilisée efficacement pour essayer de projeter une image de stabilité et de légitimité? Ce que nous avons appris, c’est que le régime de Poutine est un danger actuel et présent. Il n’est pas près de disparaître. Je pense que, tant que ce régime sera au pouvoir, nous devrons faire face à ce danger. Il ne va pas disparaître.

Senator Richards: Senator Boisvenu actually asked my question, but I’ll ask it in a slightly different way. I’ll ask Dr. Stronski my first question. How much do you think a much more sophisticated China is using Russian desires in the North to further its own geopolitical ambitions? Le sénateur Richards : Le sénateur Boisvenu a en fait posé ma question, mais je vais la poser d’une manière légèrement différente. Je vais poser à M. Stronski ma première question.

Dans quelle mesure pensez-vous qu’une Chine beaucoup plus avertie utilise les désirs des Russes dans le Nord pour servir ses propres ambitions géopolitiques? Mr. Stronski: I think China is effectively using Russia to pursue its geopolitical ambitions. I remember about 10 years ago Russia was reticent to allow China to be part of the Arctic Council as an observer, very much pushing back on that. What we also saw during the height of the Western engagement in the oil and gas fields was a reticence to allow China into those.

But at least since Ukraine and probably even before then, we’ve seen this relationship grow stronger and stronger, and Russia seems to be on the losing end of this. China is a major investor now and pretty much the only investor. Russia has pivoted to Asia, but it has really pivoted to China, so China is getting the upper hand on this, getting greater access to the Far North, to the Arctic and the Northern Sea Route. I think this is not something that is in Russia’s long-term interests or possibly even in the West’s long term. M.

Stronski : Je pense que la Chine utilise effectivement la Russie pour poursuivre ses ambitions géopolitiques. Je me souviens qu’il y a une dizaine d’années, la Russie était réticente à l’idée de permettre à la Chine de faire

partie du Conseil de l’Arctique en tant qu’observateur, s’y opposant jusqu’à la fin. Ce que nous avons aussi vu au plus fort de l’engagement occidental dans les champs pétroliers et gaziers, c’était la réticence à autoriser la Chine à y accéder. Mais au moins depuis la guerre en Ukraine, et probablement même avant, nous avons vu cette relation se renforcer de plus en plus, et la Russie semble être du côté des perdants. La Chine est désormais un investisseur majeur et pratiquement le seul.

La Russie s’est tournée vers l’Asie, mais elle s’est vraiment tournée vers la Chine, donc la Chine prend le dessus sur la Russie et obtient un meilleur accès au Grand Nord, à l’Arctique et à la route maritime du Nord. Je pense que ce n’est pas quelque chose qui est dans l’intérêt à long terme de la Russie ou peut-être même dans l’intérêt à long terme de l’Occident. Senator Richards: A quick question to Mr. Braun: Putin as a KGB operative in East Germany, a kind of Stalinist throwback, was, I think, naive about what the West was, but I think Canada Le sénateur Richards : J’ai une question rapide pour M.

Braun : Poutine, en tant qu’agent du KGB en Allemagne de l’Est, ce qui nous ramène en quelque sorte à l’époque 6:12 National Security and Defence 25-4-2022

was also extremely naive about whom Putin was. I think with our sunny ways we put ourselves and this country behind the eight ball, and you mentioned the F-35 and other neglected military things we could have gotten. stalinienne, était, je pense, naïf quant à ce qu’était l’Occident, mais je pense que le Canada était aussi extrêmement naïf par rapport à qui était Poutine. Je pense que, avec notre optimisme, nous nous sommes mis nous-mêmes dans une mauvaise posture, tout comme notre pays, et vous avez parlé du F-35 et d’autres choses militaires négligées que nous aurions pu avoir.

How long do you think it will take for Canada to catch up in the North, or will it ever be able to catch up? À votre avis, combien de temps faudra-t-il au Canada pour rattraper son retard dans le Nord, ou pourra-t-il jamais le faire? Mr. Braun: It will take quite a while because we have fallen far behind what we needed, but the sooner we get going on it, the better the chances are, and I think some important steps have been taken now, and I find that encouraging. M.

Braun : Il faudra un certain temps, parce que nous avons pris beaucoup de retard par rapport à ce dont nous avions besoin, mais plus tôt nous nous y mettrons, meilleures seront les chances, et je pense que des mesures importantes ont été prises, et je trouve cela encourageant. Senator M. Deacon: Thank you to our witnesses for being here today. I hope I can squeeze in questions. My first question is for Professor Braun. You mentioned today the Northern Sea Route and the unrecognized Russian claim over it.

I certainly don’t like to look at melting ice caps from a strategic point of view, but it is the world we live in. The last I read, the ice melt in the Northern Sea Route was opening up the traffic quicker than the Northwest Passage on the Transpolar Sea Route. What kind of strategic advantage does this bring to Russia? Is it sort of a head start in terms of imposing their presence in the Arctic, and how has the unrecognized Russian claim played out in terms of sea traffic in the Northern Sea Route? La sénatrice M. Deacon : Merci à nos témoins d’être ici aujourd’hui. J’espère pouvoir poser des questions.

Ma première question s’adresse à M. Braun. Vous avez mentionné aujourd’hui la route maritime du Nord et sa revendication non reconnue de la Russie. Je n’aime certainement pas envisager la fonte des calottes glaciaires d’un point de vue stratégique, mais c’est le monde dans lequel nous vivons. Aux dernières nouvelles, la fonte des glaces sur la route maritime du Nord ouvrait la voie à la circulation plus rapidement que le passage du Nord-Ouest sur la route maritime transpolaire. Quel genre d’avantage stratégique cela apporte-t-il à la Russie?

S’agit-il d’une sorte d’avance pour imposer sa présence dans l’Arctique, et comment la revendication russe non reconnue a-t-elle joué sur le plan du trafic maritime sur la route maritime du Nord? Doctor, the Arctic Council was established in the mid-1990s. This was intended to be an intergovernmental body that represented our globalized and peaceful future. Putin’s invasion of Ukraine has disabused us from that notion of the past, and the council now faces an uncertain future. Monsieur, le Conseil de l’Arctique a été établi au milieu des années 1990.

Il s’agissait d’un organe intergouvernemental qui représentait notre avenir mondialisé et pacifique. L’invasion de Poutine en Ukraine nous a détrompés, nous détournant de cette notion du passé, et le conseil est maintenant confronté à un avenir incertain. Is there a future, as we know it, for the Arctic Council with Russia in it? If not, what kind of organization might it look like, if any, in the future? Y a-t-il un avenir, tel que nous le connaissons, pour le Conseil de l’Arctique avec la Russie en son sein? Dans la négative, à quel type d’organisation pourrait-il ressembler, le cas échéant, dans l’avenir? Mr.

Stronski: I’m also happy to take on your first question if you would like. I’ll answer your second question first in case Professor Braun gets back. M. Stronski : Je suis également heureux de répondre à votre première question si vous le souhaitez. Je vais d’abord répondre à votre deuxième question au cas où M. Braun reviendrait. It will still be key to have some sort of conversations with Russia, and the Arctic Council is the only one out there right now. The Arctic Five is another one, but the Arctic Council is really the only place where we can talk to Russia on both security as well as climate change issues.

Il sera toujours essentiel d’avoir une sorte de conversation avec la Russie, et le Conseil de l’Arctique est le seul qui existe actuellement. Le groupe des cinq États de l’Arctique en est un autre, mais le Conseil de l’Arctique est vraiment le seul endroit où nous pouvons parler à la Russie des questions de sécurité et de changement climatique. I don’t have a lot of hope. Russia is a government and a regime that has come very late to the game in recognizing climate change and hasn’t shown any real interest in engaging Je n’ai pas beaucoup d’espoir.

La Russie est un gouvernement et un régime qui a reconnu très tard le changement climatique et n’a pas montré un réel intérêt à y réagir. En fait, elle estime que 25-4-2022 Sécurité nationale et défense 6:13

with it. In fact, it feels like climate change could improve its economy by opening up agriculture in the Far North. So they have a very different view of it. I do think it will be important that the rest of the Arctic engages multilaterally between ourselves, but I do still think that this is an area where we do need to at least keep a door open to somehow talk with the Russians. le changement climatique pourrait améliorer son économie en ouvrant l’agriculture dans le Grand Nord. Les Russes ont donc une vision très différente de la question.

Je pense qu’il sera important que le reste de l’Arctique collabore de manière multilatérale avec nous, mais je continue de penser que c’est un domaine où nous devons garder une porte ouverte pour discuter d’une manière ou d’une autre avec les Russes. As for the Northern Sea Route, yes, Russia is getting a head start, but this is also an environment where the Ukraine war is going to slow it down. The environment is already extremely costly to operate in.

It has been very costly for the Russians to get any global insurer to insure ships going in there, and because of the war in Ukraine and the atrocities, most insurers are fleeing from insuring Russian cargo ships. Pour ce qui est de la route maritime du Nord, oui, la Russie a une longueur d’avance, mais c’est aussi un environnement où la guerre en Ukraine va la ralentir. Il est déjà extrêmement coûteux de fonctionner dans cet environnement.

Il a été très coûteux pour les Russes d’obtenir d’un assureur mondial qu’il assure les navires qui s’y rendent, et en raison de la guerre en Ukraine et des atrocités commises, la plupart des assureurs renoncent à assurer les cargos russes. While Russia certainly has ambitions to increase that, it is a difficult operating environment. It’s hard to insure. It’s only navigable for two to three months a year. Most of the shipping is basically to take energy out. It doesn’t really go across the entire route yet.

Bien que la Russie ait certainement l’ambition d’augmenter cela, l’environnement opérationnel est difficile. Il est difficile à assurer. La route n’est navigable que deux à trois mois par an. La plupart des transports maritimes servent essentiellement à transporter de l’énergie. Ils ne traversent pas encore la totalité de la route. I do think the issue of insuring cargo shippers and the reputational risks will hurt, because fewer and fewer are willing to insure that route.

Je crois que la question de l’assurance des expéditeurs de marchandises et les risques pour la réputation vont nuire, car de moins en moins de gens sont prêts à assurer cette route. The Chair: Thank you Dr. Stronski, for covering both of those questions for us. Le président : Merci, monsieur Stronski, d’avoir répondu à ces deux questions pour nous. Senator Dasko: Thank you to the witnesses for being here. I would like to drill down on Senator Deacon’s question with you, Dr. Stronski. La sénatrice Dasko : Je remercie les témoins d’être ici.

J’aimerais approfondir la question de la sénatrice Deacon avec vous, monsieur Stronski. We heard a suggestion earlier that we should pursue more of a military build-up in terms of NATO, the West, Canada, the U.S. and so on, but you also suggested just now that we should take the route of the Arctic Council and work through those institutions. Should we be doing both? Is this feasible? Should we be pursuing a military build-up and pursuing the other soft processes and institutions?

Nous avons entendu plus tôt une suggestion selon laquelle nous devrions poursuivre un renforcement militaire en ce qui concerne l’OTAN, l’Occident, le Canada, les États-Unis et ainsi de suite, mais vous venez aussi tout juste de proposer que nous suivions la voie du Conseil de l’Arctique et travaillions par l’entremise de ces institutions. Devrions-nous faire les deux? Est-ce réalisable? Devrions-nous poursuivre un renforcement militaire en plus des autres processus et institutions souples? Mr. Stronski: Military build-up is the reality.

We also have to recognize that Russia’s military modernization, as we see in Ukraine, has not been as effective as many people had hoped. A lot of the facilities that Russia has opened up in the last 20 years, they are reopening Soviet-era facilities. They’re paving Soviet airfields. So while we are seeing an increased military presence and activity, I think the problem goes back to one of your colleagues who noted that the West has not been investing in some of this. M. Stronski : Le renforcement militaire est la réalité.

Nous devons également reconnaître que la modernisation militaire de la Russie, telle que nous le voyons en Ukraine, n’a pas été aussi efficace que ce que de nombreuses personnes espéraient. Une grande

partie des installations que la Russie a ouvertes au cours des 20 dernières années... Ils rouvrent des installations de l’ère soviétique. Ils asphaltent les terrains d’aviation soviétiques. Ainsi, alors que nous constatons une présence et une activité militaire accrues, je pense que le problème revient à ce que l’un de vos collègues a fait remarquer, soit que l’Occident n’a pas investi dans certaines de ces activités. 6:14 National Security and Defence 25-4-2022

I think we’re still ahead, but we’re seeing an unpredictable and aggressive Russia. If Finland joins NATO, we’re going to see a lot more Russian provocation in that region. Je pense que nous sommes toujours en avance, mais nous voyons une Russie imprévisible et agressive. Si la Finlande rejoint l’OTAN, nous verrons beaucoup plus de provocations russes dans cette région. At the same time, I think responding to military needs, but also recognizing that Russia might not be as formidable as we think in the Far North. I do think that at some point there will be some sort of change.

We need to have some communications open. I don’t have high hopes. I don’t have high hopes for Indigenous peoples’ connections. I know the United States has tried to do that, and the Russians felt that we were trying to cultivate pro-Western populations. So a lot of these soft-power efforts are not there, but perhaps the world is changing. China is now also recognizing climate change. I think that the Arctic Council, open as a potential venue for future discussions, is important.

En même temps, je pense qu’il faut répondre aux besoins militaires, mais aussi reconnaître que la Russie n’est peut-être pas aussi redoutable que nous le croyons dans le Grand Nord. Je pense que, à un moment donné, il y aura une sorte de changement. Nous devons maintenir des communications ouvertes. Je n’ai pas de grands espoirs. Je n’ai pas de grands espoirs pour les liens avec les peuples autochtones. Je sais que les États-Unis ont essayé de le faire, et les Russes ont eu l’impression que nous essayions de cultiver des populations pro‑occidentales.

Donc beaucoup de ces efforts de puissance douce ne sont pas là, mais peut-être que le monde est en train de changer. La Chine reconnaît aussi maintenant le changement climatique. Je pense que le Conseil de l’Arctique, ouvert en tant que lieu potentiel de discussions futures, est important. Senator Dasko: I want to probe on resource extraction. It was said that resource extraction is very important for Russia, but it’s also very expensive for anyone to do. La sénatrice Dasko : Je veux parler de l’extraction des ressources.

Il a été dit que l’extraction des ressources est très importante pour la Russie, mais qu’elle est également très coûteuse pour quiconque. Does Russia use other means to carry out resource extraction? Do they have forced labour, for example? Does Russia have ways of defying the economic forces that rule the way we deal with resource extraction? Do they sell for lower prices or have other means to price their product in the marketplace, given that it costs more to extract? La Russie utilise-t-elle d’autres moyens pour effectuer l’extraction des ressources? A-t-elle recours au travail forcé, par exemple?

La Russie a-t-elle des moyens de défier les forces économiques qui régissent la façon dont nous traitons l’extraction des ressources? Vend-elle à des prix inférieurs ou a‑t-elle d’autres moyens de fixer le prix de son produit sur le marché, étant donné que l’extraction coûte plus cher? Mr. Stronski: It is much more costly to extract, and it will get even more costly because we’re denying them the technology they need. That is a positive, but it is also a negative because they will be operating with subpar technology in the coming years. We know about the impact on the aviation sector.

If they are unable to keep up all the technology, if they still try to operate some of these offshore drilling plants, it could be very environmentally concerning. M. Stronski : L’extraction est beaucoup plus coûteuse, et elle le sera encore plus, parce que nous leur refusons la technologie dont ils ont besoin. C’est un point positif, mais c’est aussi un point négatif, parce qu’ils fonctionneront avec une technologie de qualité inférieure dans les années à venir. Nous connaissons les répercussions sur le secteur de l’aviation.

S’ils ne sont pas en mesure de suivre l’évolution de la technologie, s’ils essaient encore de faire fonctionner certaines de ces installations de forage en mer, cela pourrait être très préoccupant sur le plan environnemental. I don’t know specifically about forced labour in oil and gas, but there are some pretty horrific prisons in Russia. I don’t hear about them being used for mineral extraction, but there is timber, fishing, precious metals up there. Those are other areas we need to think about as well.

Je ne suis pas précisément au courant de travail forcé dans le secteur du pétrole et du gaz, mais il existe des prisons assez horribles en Russie. Je n’entends pas parler de leur utilisation pour l’extraction de minerais, mais il y a du bois, de la pêche, des métaux précieux là-bas. Ce sont d’autres domaines auxquels nous devons aussi penser. The Chair: Thank you, Dr. Stronski. Le président : Merci, monsieur Stronski. Senator Boehm: I would like to thank our two panellists for the candid views they are offering today. I have a question for both witnesses if Dr. Braun is still with us.

He referenced a recent NORAD announcement at the end of his remarks. It Le sénateur Boehm : J’aimerais remercier nos deux intervenants des opinions franches qu’ils nous offrent aujourd’hui. J’ai une question pour les deux témoins, si M. Braun est toujours avec nous. Il a fait référence à une 25-4-2022 Sécurité nationale et défense 6:15

concerns the Arctic Over-the-Horizon Radar, which is to replace the North Warning System. The North Warning System has been there for over 30 years. annonce récente du NORAD à la fin de sa déclaration. Cela concerne le radar transhorizon de l’Arctique, qui doit remplacer le Système d’alerte du Nord. Ce système existe depuis plus de 30 ans. Procurement takes a long time. We know that from the F-35 issue and everything else. It is expected that this new system would be in place in 2028. L’approvisionnement prend beaucoup de temps. Nous le savons depuis le dossier des F-35 et tout le reste.

Ce nouveau système devrait être en place en 2028. In the meantime, we have a NATO summit coming up in June. If you believe everything you read, it’s very possible that Finland and Sweden will be joining. This may provoke the Russian Federation to strike out and test us in the Arctic, and we will not be ready. Entretemps, nous avons un sommet de l’OTAN qui se tiendra en juin. Si l’on croit tout ce qu’on lit, il est très possible que la Finlande et la Suède s’y joignent. Cela pourrait inciter la Fédération russe à frapper et à nous tester dans l’Arctique, et nous ne serons pas prêts.

I would like your comments on what can happen in the interregnum and whether there is greater scope now — I believe there is — for more NORAD and NATO interface. J’aimerais avoir vos commentaires sur ce qui peut se passer pendant l’interrègne et savoir s’il est maintenant possible — je crois que oui — d’accroître l’interface entre le NORAD et l’OTAN. Mr. Braun: There is greater scope as well as greater risk. What is important is not only what we have right now — we don’t have enough — but what we are projected to have, the direction we are moving in. M.

Braun : Il y a une plus grande portée ainsi qu’un plus grand risque. Ce qui est important, c’est non seulement ce que nous avons actuellement — nous n’en avons pas assez — mais ce que nous prévoyons avoir, la direction que nous empruntons. One thing that I would like to see is for us to meet the 2% of GDP spending on defence that an increasing number of NATO states are moving toward. We made that commitment. True, it wasn’t legally binding, but nonetheless, we made it collectively at the NATO summit in Wales in 2014. That would send a message as well.

Une chose que j’aimerais voir, c’est que nous atteignions les 2 % du PIB consacrés à la défense, ce vers quoi tendent un nombre croissant d’États de l’OTAN. Nous avons pris cet engagement. Certes, il n’était pas juridiquement contraignant, mais néanmoins, nous l’avons pris collectivement lors du sommet de l’OTAN au pays de Galles en 2014. Cela enverrait également un message. I would add one small comment, and that is that we should be very careful about not blaming ourselves for environmental damage that Russia does. It’s not a matter of Russia having the right kind of equipment.

It is a kind of carelessness, the corrosive corruption that pervades under this kind of regime. What Russia has at the moment, sadly, is a kleptocracy that is in search of an ideology. J’ajouterais un petit commentaire, à savoir que nous devrions faire très attention de ne pas nous rendre responsables des dommages environnementaux causés par la Russie. Il ne s’agit pas de savoir si la Russie dispose du bon type d’équipement. C’est un genre de négligence, la corruption corrosive qui règne sous ce type de régime.

Ce que la Russie a en ce moment, malheureusement, c’est une cleptocratie qui est à la recherche d’une idéologie. The Chair: Dr. Stronski, we have about a minute if you would like to jump in now. Le président : Monsieur Stronski, vous avez environ une minute si vous voulez intervenir maintenant. Mr. Stronski: Yes. I do not disagree.

It is not that we should not be sanctioning dividing these technologies but it is that Russia has no qualms about continuing trying to use outdated technology or broken technology to keep these fears and these activities up because it is so vital toward both their economic viability in the future and their ability to fuel their war. M. Stronski : Oui. Je ne suis pas en désaccord.

Ce n’est pas que nous ne devrions pas sanctionner la division de ces technologies, mais c’est que la Russie n’a aucun scrupule à continuer d’essayer d’utiliser des technologies dépassées ou cassées pour entretenir ces craintes et ces activités, car c’est vital pour sa viabilité économique à l’avenir et sa capacité d’alimenter sa guerre. The Chair: Thank you. Senator Mercer is the last speaker on this round. We will come back to Senator Smith with our next panel. Le président : Merci. Le sénateur Mercer est le dernier intervenant pour ce tour.

Nous reviendrons au sénateur Smith avec notre prochain groupe de témoins. 6:16 National Security and Defence 25-4-2022

Senator Mercer: Thank you, chair, and to you two gentlemen for your presentations. Le sénateur Mercer : Je vous remercie, monsieur le président, et merci à vous deux, messieurs, pour vos exposés. We have introduced new terminology here of “magical thinking” which I found curious. How does magical thinking work when you engage it for Canada and the United States and with respect to defence capabilities and preparedness in the Arctic? Vous avez présenté une nouvelle terminologie, la « pensée magique », que j’ai trouvée curieuse.

Comment la pensée magique intervient-elle lorsque vous l’utilisez pour le Canada et les États-Unis et relativement aux capacités de défense et à l’état de préparation dans l’Arctique? The Chair: Who wants to take that? Le président : Qui veut répondre à cette question? Mr. Braun: Pointedly, it involves a kind of pretense that we can substitute diplomacy, which is very important, or that we can substitute a dialogue that these are more than a means to an end; and that we don’t have to have a combination of the soft and hard part that makes up the effective use of power. M.

Braun : En fait, il s’agit de prétendre que nous pouvons remplacer la diplomatie, qui est très importante, ou que nous pouvons remplacer le dialogue par d’autres moyens, mais que ceux-ci sont plus que des moyens d’arriver à une fin, et que nous n’avons pas besoin d’une combinaison de la

partie douce et de la

partie dure qui constitue l’utilisation efficace de la puissance. Ultimately, it think that is deleterious to our interests. Au bout du compte, je pense que ça nuit à nos intérêts. The Chair: Thank you. I’m afraid we have to end our panel there. Le président : Merci. Je crains que nous ne devions mettre fin à notre rencontre ici. Thank you so much, Dr. Braun and Dr. Stronski, for your direct, thoughtful, helpful and, in some cases I think, provocative advice in terms of the muscularity and breadth of your understanding of Russia’s intentions and ambitions. It has been very helpful.

Merci énormément, monsieur Braun et monsieur Stronski, pour vos conseils directs, réfléchis, utiles et, dans certains cas, je crois, provocateurs en ce qui concerne la robustesse et l’ampleur de votre compréhension des intentions et des ambitions de la Russie. Cela a été très utile. We will now ask our next witnesses to turn on their cameras for the second panel with our apologies for starting a couple of minutes late. Nous allons maintenant demander à nos prochains témoins d’allumer leur caméra pour le deuxième groupe et nous nous excusons de commencer avec quelques minutes de retard.

Senator Mercer: Chair, I wanted to announce that I will not be able to be here for the full part of this panel. I have to catch a plane to join you in Ottawa for meetings tomorrow. I apologize in advance. Le sénateur Mercer : Monsieur le président, je voulais annoncer que je ne pourrai être ici pour toute la durée de la rencontre. Je dois prendre l’avion pour vous rejoindre à Ottawa en vue d’assister à des réunions qui auront lieu demain. Je m’excuse à l’avance. The Chair: Senators, we now move to our second panel.

For those of you joining us live, this meeting is exploring security and defence in the Arctic, including security capabilities. Our focus today is on geopolitical competition in the Arctic and its impacts on security and international cooperation. We’re looking specifically at Russia’s strategy in relation to the Arctic. Le président : Mesdames et messieurs les sénateurs, nous passons maintenant à notre deuxième groupe de témoins. Pour ceux qui se joignent à nous en direct, la réunion explore la sécurité et la défense dans l’Arctique, dont les capacités de sécurité.

Nous nous concentrons aujourd’hui sur la concurrence géopolitique dans l’Arctique et ses répercussions sur la sécurité et la coopération internationale. Nous examinons précisément la stratégie de la Russie relativement à l’Arctique. We now welcome Mathieu Boulègue, Senior Research Fellow, Russia and Eurasia Programme, Chatham House, the Royal Institute of International Affairs; and Dr. David Auerswald, Professor, National Security Strategy, U.S. National War College. Thank you both for joining us by video conference.

I invite you to provide your opening remarks which will be followed by questions from our members. We will start with Mr. Mathieu Boulègue. Please begin when you are ready. Nous accueillons maintenant Mathieu Boulègue, chercheur associé, Programme Russie et Eurasie, Chatham House, Institut royal des affaires internationales; et David Auerswald, professeur, Stratégie de sécurité nationale, U.S. National War College. Merci à vous deux de vous joindre à nous par vidéoconférence. Je vous invite à présenter vos déclarations liminaires, qui seront suivies par les questions de nos membres. Nous allons commencer par M.

Mathieu Boulègue. Veuillez commencer quand vous êtes prêts. 25-4-2022 Sécurité nationale et défense 6:17

Mathieu Boulègue, Senior Research Fellow, Russia and Eurasia Programme, Chatham House, the Royal Institute of International Affairs, an individual: Thank you very much, it is Boulègue, like baguette, as I often say. Mathieu Boulègue, chercheur associé, Programme Russie et Eurasie, Chatham House, Institut royal des affaires internationales, à

titre personnel : Merci beaucoup, c’est Boulègue, comme baguette, comme je le dis souvent. [Translation] [Français] Ladies and gentlemen senators and members of the committee, it is an honour for me to speak to you today. Mesdames et messieurs les sénateurs et membres du comité, c’est un honneur pour moi de pouvoir m’adresser à vous aujourd’hui. [English] [Traduction] I think my colleagues already mentioned the importance of the Arctic and Russian strategic thinking from the economic side; the impact of climate change.

I will also recall the symbolic importance of the Arctic in terms of Russia projecting itself, as they call it, as an Arctic civilization or a hyper-boreal country, with a sense of reappropriation of a new national border because of the impact of climate change. Je pense que mes collègues ont déjà parlé de l’importance de l’Arctique et de la pensée stratégique russe du point de vue économique... les répercussions du changement climatique.

Je rappellerai également l’importance symbolique de l’Arctique pour ce qui est de la projection de la Russie, comme on le dit, en tant que civilisation arctique ou pays hyperboréen, avec un sentiment de réappropriation d’une nouvelle frontière nationale en raison des répercussions du changement climatique. I will now make a few broad points on Russia’s posture and threat perception in the Arctic. The first point concerning Russia’s threat perception relates to this fear of encirclement by NATO and by its allies. This is not Arctic-specific nor is it the by-product of tension originating from the Arctic itself.

I think that point should be clear. Je vais maintenant faire quelques remarques générales sur la posture et la perception de la menace de la Russie dans l’Arctique. Le premier point concernant la perception de la menace par la Russie a trait à cette peur de l’encerclement par l’OTAN et par ses alliés. Ce n’est pas propre à l’Arctique et ce n’est pas non plus le sous-produit d’une tension provenant de l’Arctique lui-même. Je pense que ce point doit être clair.

Just like other theatres of operation, Moscow is not excluding the possibility of military conflict in the Arctic and is therefore preparing for all contingencies, including war in the region, which is not, once again, Arctic-specific. Tout comme d’autres théâtres d’opérations, Moscou n’exclut pas la possibilité d’un conflit militaire dans l’Arctique et se prépare donc à toutes les éventualités, y compris une guerre dans la région, ce qui, encore une fois, n’est pas propre à l’Arctique.

It is very Arctic-specific that Moscow views the Arctic as a strategic continuum stretching from the North Atlantic, on the one hand, to the North Pacific on the other, with the North Pole approaches in the middle. That is, three sectors defining one single Arctic, which is not the way that we are seeing it at NATO level or in the West in general. C’est très propre à l’Arctique que Moscou considère l’Arctique comme un continuum stratégique s’étendant de l’Atlantique Nord, d’une part, au Pacifique Nord, d’autre part, avec les approches du pôle Nord au milieu.

En d’autres termes, trois secteurs définissant un seul et même Arctique, ce qui n’est pas la façon dont nous voyons les choses à l’OTAN ou dans l’Occident en général. From the Kremlin’s point of view, it is pretty simple: The non‑Russian Arctic is basically NATO territory. The expansion of NATO to Sweden and Finland will, in a way, vindicate Russia’s force posture which is, once again, not Arctic specific. What is Arctic specific is that, unlike other theatres of operation, the Kremlin feels in a relative position of strength in the Arctic.

Because of geography and because of their recapitalization of military force, they have an assertive force posture and they are signalling aggressively in terms of official documents and of their remilitarization and of their action. Du point de vue du Kremlin, c’est assez simple : l’Arctique non russe est fondamentalement un territoire de l’OTAN. L’expansion de l’OTAN à la Suède et à la Finlande justifiera, d’une certaine manière, la posture de force de la Russie qui, une fois encore, n’est pas propre à l’Arctique.

Ce qui est propre à l’Arctique, c’est que, contrairement à d’autres théâtres d’opérations, le Kremlin se sent en position de force relative dans l’Arctique. En raison de la géographie et de la recapitalisation de sa force militaire, il adopte une posture de force affirmée et envoie des signaux agressifs par le truchement de documents officiels, de sa remilitarisation et de son action. 6:18 National Security and Defence 25-4-2022

Let’s now look at how this threat perception transcribes to military thinking and the protection of the national interests with a lot of caveats to it. My colleague, Paul Stronski, already alluded to it in the sense that the sea ice around the Arctic and the Arctic zone of the Russian Federation no longer acts as a natural border. For the Kremlin, the equation is simple. The impact of climate change means that there will be, and there is already, more human presence, whether it is civilian or military presence. It means that a new border requires assertive sovereignty enforcement and perimeter control around it.

Voyons maintenant comment cette perception de la menace se traduit par une pensée militaire et la protection des intérêts nationaux avec de nombreuses réserves. Mon collègue, Paul Stronski, y a déjà fait allusion, dans le sens où la glace de mer autour de l’Arctique et de la zone arctique de la Fédération de Russie ne fait plus office de frontière naturelle. Pour le Kremlin, l’équation est simple. Les répercussions du changement climatique signifient qu’il y aura, et qu’il y a déjà, une plus grande présence humaine, qu’il s’agisse d’une présence civile ou militaire.

Cela signifie qu’une nouvelle frontière nécessite une application affirmée de la souveraineté et un contrôle du périmètre qui l’entoure. So, a simple equation. This equation, in Moscow’s terms, is solved through a clear, remilitarization of the Arctic zone of the Russian Federation, through their revamp and the construction of new bases along the Arctic zone of the Russian Federation; through the positioning of dual-use infrastructure for search-and- rescue, for radar positioning and domain awareness; and also through investment in capabilities, including specifically an Arctic-hardened enabled capabilities.

Donc, c’est une équation simple. Cette équation, pour reprendre les termes de Moscou, est résolue par une remilitarisation claire de la zone arctique de la Fédération de Russie, par la rénovation des bases existantes et la construction de nouvelles bases le long de la zone arctique de la Fédération de Russie, par le positionnement d’une infrastructure à double usage pour la recherche et le sauvetage, par le positionnement radar et la connaissance du domaine, et aussi par l’investissement dans les capacités, y compris particulièrement dans des capacités renforcées pour l’Arctique.

We’ve been discussing quite a lot about these sort of multilayered protective domes across the eastern and western sectors of the Arctic zone of the Russian Federation, I call it the bastionization of the Arctic with the presence, as was recalled by my colleagues, earlier of the sea-based nuclear deterrent and the need to protect said infrastructure on the Kola Peninsula in the European Arctic and also in Kamchatka in the Pacific Arctic. It is very much about these multilayered protective domes.

Nous avons beaucoup discuté de ces sortes de calottes de protection multicouches dans les secteurs est et ouest de la zone arctique de la Fédération de Russie; j’appelle cela la bastionisation de l’Arctique avec la présence, comme l’ont rappelé mes collègues, de la dissuasion nucléaire en mer et la nécessité de protéger les infrastructures sur la presqu’île de Kola dans l’Arctique européen et également au Kamchatka dans l’Arctique pacifique. Il s’agit essentiellement de ces calottes de protection multicouches. What Russia is doing in terms of remilitarization is what I call a double-dual approach.

On the one hand, you have dual use systems, Arctic infrastructure being equally employed for civilian and military purposes with a happy mix in the middle. But also dual purpose, in the sense that Russian military capabilities are increasingly blurring the line of what is offensive and defensive. By the flick of a button, a “defensive” system can be employed for offensive and standoff purposes. Therefore, there is a sort of double-dual purpose. Ce que la Russie fait en matière de remilitarisation est ce que j’appelle une approche doublement double.

D’une part, vous avez des systèmes à double usage, les infrastructures arctiques étant utilisées à parts égales à des fins civiles et militaires, avec un heureux mélange au milieu. Mais aussi un double usage, dans le sens où les capacités militaires russes brouillent de plus en plus la ligne de démarcation entre ce qui est offensif et défensif. Il suffit d’appuyer sur un bouton pour qu’un système « défensif » puisse être utilisé à des fins d’offensive et de confrontation. Par conséquent, il y a une sorte de double objectif.

If we move on to Russia’s military strategy proper, then the Arctic is defined for me as four broad objectives. Si nous passons à la stratégie militaire russe proprement dite, l’Arctique se définit pour moi par quatre grands objectifs. First, impose cost on foreign access. They are fears once again of more NATO presence, of more surface deployments and increased submarine activity with an ambition to control access and operation of foreign assets. Premièrement, imposer un coût à l’accès étranger.

Il s’agit à nouveau de la crainte d’une présence accrue de l’OTAN, d’un plus grand nombre de déploiements de surface et d’une activité sous-marine accrue, avec l’ambition de contrôler l’accès et d’exploitation des actifs étrangers. Second, protect the Northern Sea Route, as was mentioned already. Russia’s

interpretation of the Law of the Sea, specifically the ice clause, is contrary to freedom of navigation Deuxièmement, protéger la route maritime du Nord, comme cela a déjà été mentionné. L’interprétation par la Russie du droit de la mer, en particulier de la disposition sur les glaces, est 25-4-2022 Sécurité nationale et défense 6:19

and innocent passage and is causing problems for countries like Canada in terms of the future regulation of the Arctic. contraire à la liberté de navigation et au passage inoffensif et pose des problèmes pour des pays comme le Canada en ce qui concerne la future réglementation de l’Arctique. Third, defending North Pole approaches. This is very much linked to Soviet thinking in terms of U.S. strategic bombers, for instance, or the presence of NORAD, as it was mentioned. It is very much about strengthening Russia’s position across Arctic North Pole approaches. Troisièmement, la défense des approches du pôle Nord.

Cela est très lié à la pensée soviétique en ce qui concerne les bombardiers stratégiques américains, par exemple, ou la présence du NORAD, comme cela a été mentionné. Il s’agit essentiellement de renforcer la position de la Russie dans les approches du pôle Nord de l’Arctique. Fourth, removing tension from the region itself and extending military capabilities beyond the Arctic zone of the Russian Federation, with ambitions of denial and more defence in depth. Nobody wants to fight in the Arctic. Nobody wants to fight both an enemy and the environment. Therefore, the need to push tension away.

Quatrièmement, supprimer les tensions dans la région elle‑même et étendre les capacités militaires au-delà de la zone arctique de la Fédération de Russie, avec des ambitions de déni et de défense accrue. Personne ne veut se battre dans l’Arctique. Personne ne veut se battre à la fois contre un ennemi et contre l’environnement. D’où la nécessité de repousser les tensions. Finally, what does it mean for Canada and for NATO and its allies? Enfin, qu’est-ce que cela signifie pour le Canada, pour l’OTAN et pour ses alliés?

First, it puts more pressure on the seams and cracks of governance and security, on specific choke points like the GIUK and GIN gaps, for instance, on North Atlantic sea lines of communications, and on the Bering Strait. Russia wants to deny, to hamper access and evolution of NATO and allied forces in the region, which puts direct costs on freedom of navigation and uncontested access for NATO.

Premièrement, cela accentue la pression sur les points faibles de notre gouvernance et de notre sécurité et sur des passages stratégiques précis comme les détroits GIUK et GIN, par exemple, sur les lignes de communications maritimes de l’Atlantique Nord et sur le détroit de Béring. La Russie veut empêcher ou ralentir l’accès et l’avancée de l’OTAN et des forces alliées dans la région, et cela a des répercussions directes sur la liberté de navigation et à l’accès incontesté de l’OTAN. Two, the risks of spillover and horizontal escalation.

Russia’s brinkmanship-prone activities and unprofessional behaviour, as well as increased human presence — all these things are feeding a sense of impending doom on managing accidents and incidents that could lead to a vicious circle of escalation and to spillover in other theatres such as the North Atlantic, North Pacific or Baltic Sea. There will probably not be a conflict in the Arctic proper, but there could be conflicts degenerating into the Arctic because of spillover. Deuxièmement, il y a des risques de débordement et d’escalade horizontale.

La Russie aime la surenchère et manque de professionnalisme; elle accroît en plus sa présence. Tout cela alimente cette sensation de désastre imminent alors qu’on tente de gérer les accidents et les incidents qui pourraient déclencher un cercle vicieux d’escalade et de débordement dans d’autres théâtres, comme dans l’Atlantique Nord, le Pacifique Nord ou la mer Baltique. Il n’y aura probablement pas de conflit dans l’Arctique proprement dit, mais il pourrait y avoir des conflits qui vont entraîner des débordements dans l’Arctique. Finally, the consequences of Russia’s war against Ukraine.

I would argue that Russia’s second invasion of Ukraine has shattered all the hopes we potentially had to uphold low tension and to uphold an exceptional Arctic in terms of cooperation now that Russia’s chairmanship of The Arctic Council and The Arctic Coast Guard Forum has been put into a form of pause or stasis for the time being, and rightly so. Putin should not be allowed any form of off-ramps or trade-offs for good behaviour on Arctic cooperation. Enfin, il y a les conséquences de la guerre que la Russie mène contre l’Ukraine.

Je dirais que la deuxième invasion de l’Ukraine par la Russie a brisé tout espoir que nous avions peut-être de maintenir les tensions à un faible niveau et de poursuivre la coopération exceptionnelle qu’il y avait dans l’Arctique, puisque la présidence de la Russie au Conseil de l’Arctique et au Forum des gardes côtières de l’Arctique est pour ainsi dire, et à juste titre, suspendue pour l’instant. Poutine ne mérite pas qu’on lui offre une voie de sortie ou une autre forme de compensation parce qu’il s’est bien comporté en coopérant dans l’Arctique.

Therefore, this must lead to a concerted approach between the remaining Arctic nations, which will all soon be NATO members, as they are, in order to deal with Moscow’s aggressive posture, rhetoric and actions in the Arctic. I would therefore call for the need to define the rules of the road militarily in terms of Donc, les nations arctiques restantes — qui seront bientôt toutes membres de l’OTAN — devront prendre des mesures concertées pour réagir à la position, à la rhétorique et aux actions agressives de Moscou dans l’Arctique.

Je recommanderais donc fortement de définir, d’un point de vue militaire, les règles du 6:20 National Security and Defence 25-4-2022

what is acceptable or unacceptable military activity, to explore the continuum between hard security — or military security — and “soft security” issues like life at sea and search and rescue, in order to create an Arctic-specific, military-to-military code of conduct or rules of the road in terms of communication, as well as properly defining the role of NATO moving forward in this environment. jeu, c’est-à-dire quelles activités militaires sont acceptables et lesquelles sont inacceptables, d’examiner le continuum des enjeux entre la sécurité dure — c’est-à-dire la sécurité militaire — et la « sécurité douce », comme la vie en mer et les activités de recherche et sauvetage, afin de créer un code ou des règles de conduite intermilitaires pour les communications, applicables spécifiquement à l’Arctique, et aussi de définir adéquatement le rôle de l’OTAN à l’avenir dans cet environnement.

This will not be easy. This will have to be done without Russia for the time being. But this is the price to pay to make sure that we do not just repeat low tension as a mantra but that we enact it and make sure it stays alive. Thank you very much. Cela ne sera pas facile. Cela va devoir se faire sans la Russie, pour l’instant. Cependant, c’est le prix que nous devons payer pour nous assurer que le maintien des tensions à un faible niveau n’est pas un mantra simple qu’on répète, mais que nous mettons des mesures en œuvre pour nous assurer que les choses restent ainsi. Merci beaucoup. The Chair: Thank you, Mr.

Boulègue. Terrific stuff, and I’m sure there will be lots of interesting questions that follow. Le président : Merci, monsieur Boulègue. C’était un excellent exposé, et je suis sûr que nous aurons énormément de questions intéressantes à vous poser. We will next hear from Dr. David Auerswald. La parole va maintenant à M. David Auerswald. David Auerswald, Professor, National Security Strategy, U.S. National War College, as an individual: Thank you for the honour of contributing to your deliberations. Before I begin, I have to note that my remarks represent my views and not those of the U.S.

National War College or any other government entity. I would like to associate myself with Mr. Boulègue’s great remarks. I echo everything he just said. David Auerswald, professeur, Stratégie de sécurité nationale, U.S. National War College, à

titre personnel : Merci, c’est un honneur de contribuer à votre débat. Avant de commencer, je dois souligner que mes commentaires reflètent mes propres opinions, et non pas celles du U.S. National War College ou de toute autre entité gouvernementale. J’aimerais dire que je souscris à ce que M. Boulègue a dit dans son excellent exposé. Je suis d’accord avec tout ce qu’il vient de dire. I want to focus my remarks on the reaction of Western Arctic nations to Russia’s foreign policy behaviour.

My focus is on how Russia is perceived and the actions that result from those perceptions, because those perceptions and the resulting behaviour can have a great influence on whether the Arctic stays peaceful. Je vais axer mes commentaires sur la façon dont les nations arctiques occidentales ont réagi au comportement de la Russie en politique étrangère. Je m’intéresse à la façon dont la Russie est perçue et aux actions qui découlent de ces perceptions, puisque ces perceptions et le comportement subséquent peuvent influer énormément sur le maintien de la paix dans l’Arctique.

To put the current situation in context, it is useful to go back eight years to Russia’s annexation of Crimea in 2014. Before Crimea, Canada and the northern Arctic states saw the Arctic as a zone of peace, largely insulated from broader geopolitical competition. Conversations among Arctic states were mostly reserved for Arctic Council meetings, focused on non-security issues like scientific research, pollution monitoring and control, and shipping standards for Arctic waters. Agreements seemed possible.

For example, Norway and Russia signed a maritime boundary demarcation in 2010, an Arctic search-and-rescue agreement was signed in 2011 and an Arctic oil spill agreement was reached in 2013. The Arctic Security Forces Roundtable and the Northern Chiefs of Defence meetings was started in 2010 and 2012, respectively, to foster dialogue between the West and Russia on Arctic security. Pour situer la situation actuelle dans son contexte, il est utile de revenir huit ans en arrière, en 2014, à l’époque où la Russie a annexé la Crimée.

Avant cela, le Canada et les États nordiques de l’Arctique voyaient l’Arctique comme une zone pacifique, largement épargnée par la compétition géopolitique globale. Les discussions entre les États arctiques étaient surtout réservées aux réunions du Conseil de l’Arctique et ne portaient pas sur des questions de sécurité, mais plutôt sur la recherche scientifique, la surveillance et le contrôle de la pollution et les normes régissant le transport de marchandises dans les eaux arctiques. Des ententes semblaient possibles.

Par exemple, la Norvège et la Russie se sont entendues sur un tracé de démarcation maritime; une entente sur la recherche et le sauvetage en Arctique en 2011 et une entente sur les déversements de pétrole ont aussi été conclus en 2013. Les réunions de la Table ronde sur les forces de 25-4-2022 Sécurité nationale et défense 6:21

sécurité de l’Arctique et des chefs de la Défense des pays nordiques ont commencé en 2010 et 2012, respectivement, dans le but de favoriser le dialogue sur la sécurité dans l’Arctique entre l’Occident et la Russie. Then, of course, came Crimea in 2014, which changed things for some countries. Politicians began to publicly say that the Arctic can no longer be viewed in isolation from broader geopolitical events. That was a significant rhetorical change. In practice, however, the real worry was that Russia would turn to the Baltic states as its next target after Crimea.

The security threat was not to western Arctic territory but perhaps from the Russian Arctic into the Baltic Sea region. Some worried that a conflict outside the Arctic, such as in the Baltics or Ukraine, could spill into the Arctic. Puis, évidemment, il est arrivé ce qui est arrivé en Crimée en 2014, et cela a changé la donne pour certains pays. Les politiciens ont commencé à dire ouvertement que l’Arctique ne pouvait plus être considéré à part des autres événements géopolitiques dans le monde. La rhétorique a profondément changé.

Cependant, en pratique, la véritable préoccupation était que la Russie s’en prenne après la Crimée aux pays baltes. La menace à la sécurité n’était pas dirigée sur le territoire arctique occidental; elle émanait de l’Arctique russe et visait la région de la mer Baltique. Certains redoutaient qu’un conflit à l’extérieur de l’Arctique, par exemple dans les pays baltes ou en Ukraine, s’étende jusque dans l’Arctique. Policies changed as a result. For example, starting in 2018, Denmark focused significant attention, and eventually resources, on improving its ability to support its Baltic state allies.

That was manifest in the creation of their army’s deployable 1st Brigade. Norway lobbied for NATO to pay more attention to the high north and hosted the 2018 Trident Juncture exercise as a part of that effort. Norway also began a defence spending increase starting in 2017 for a larger military, new equipment and more intense training. Cela a entraîné des changements stratégiques. Par exemple, depuis 2018, le Danemark a déployé beaucoup d’efforts, puis des ressources, afin d’accroître sa capacité de soutien aux pays baltes alliés.

Un exemple éloquent est la création de la première brigade déployable de ses forces armées. La Norvège a fait pression sur l’OTAN pour que celle-ci surveille davantage le Grand Nord et, dans le cadre de cet effort, a accueilli l’exercice Trident Juncture de 2018. La Norvège a en outre commencé à augmenter son budget de la défense en 2017, afin d’accroître ses forces armées, de se procurer du nouveau matériel et d’offrir un entraînement plus rigoureux. Sweden became very concerned about a Russian attack on Gotland Island.

They began voicing their concerns publicly and eventually increased their defence spending in 2020. But note that Sweden’s focus has been on the Baltic region rather than on the Arctic per se. Nordic countries and the U.S. expanded their information-sharing programs and announced a series of voluntary defence coordination agreements. La Suède est devenue très préoccupée après que la Russie a attaqué l’île Gotland. Elle a commencé à exprimer ses préoccupations ouvertement, et a fini par augmenter son budget de la défense en 2020.

Je souligne cependant que la Suède se concentre surtout sur la région balte plutôt que sur l’Arctique proprement dit. Les pays nordiques et les États-Unis ont élargi leurs propres programmes d’échange d’information et ont annoncé un éventail d’ententes volontaires de coordination de la défense. Russia’s re-invasion of Ukraine this year has led to some dramatic changes in Arctic geopolitics, which some of the previous speakers have mentioned.

Lorsque la Russie a envahi à nouveau l’Ukraine, cette année, cela a eu des répercussions dramatiques sur la géopolitique de l’Arctique, comme d’autres témoins l’ont précédemment mentionné. All western Arctic states believe that Russia is a threat to the international order. But there is no panic that Russia will attack the Nordic region militarily in the immediate future, given Russia’s commitment of troops to Ukraine. However, no one can rule out that eventuality at this point, particularly if Russia wanted to engage in horizontal escalation to divide the West or to somehow signal NATO of its intent.

No one believes that they can deter or long survive a military confrontation with Russia by acting alone. Even Finland believes in military coordination. Nordic states have pledged to increase their defence spending to at least 2% of GDP.

Tous les États arctiques occidentaux croient que la Russie menace l’ordre international et, même si personne ne s’attend à ce que la Russie lance son armée contre la région nordique dans un avenir proche, puisque ses troupes sont présentement déployées en Ukraine, personne ne peut affirmer actuellement que cela n’arrivera jamais, en particulier si la Russie souhaitait une escalade horizontale afin de diviser l’Occident ou pour signaler d’une façon ou d’une autre ses intentions à l’OTAN.

Aucun pays ne croit qu’il est possible, à lui seul, de repousser la Russie ou de survivre longtemps à une confrontation militaire avec elle. Même la Finlande a foi dans la coordination 6:22 National Security and Defence 25-4-2022

militaire. Les États nordiques se sont engagés à augmenter leur budget de la défense jusqu’à au moins 2 % de leur PIB. The Arctic Council has cancelled all future meetings. That is very significant. The Arctic Council, as you know, is a forum to discuss non-security issues. That the Western members are cancelling further meetings over a security crisis is an important statement. The Nordic countries have suspended Russia from the Barents Council, the Nordic Council of Ministers and the Council of Baltic Sea States. As we know, Finland and Sweden have reopened debate over NATO membership.

All of that has occurred just in the last two months. Le Conseil de l’Arctique a annulé toutes ses réunions futures. Cela est particulièrement important, puisque le Conseil de l’Arctique, comme vous le savez, est un forum où l’on discute d’enjeux non liés à la sécurité. En annulant les réunions futures en réaction à une crise de sécurité, les États membres occidentaux envoient un message important. Les pays nordiques ont suspendu la Russie du Conseil de Barents, du Conseil nordique des ministres et du Conseil des États de la mer Baltique.

Nous savons aussi que la Finlande et la Suède ont relancé le débat sur leur adhésion à l’OTAN; tout cela s’est passé en seulement deux mois. Despite a new sense of urgency when it comes to Arctic security, there remain areas of divergence within the West. These include the prioritization of the Arctic versus the Baltic Sea region. Norway prioritizes the Arctic. Denmark, Finland and Sweden prioritize the Baltic Sea region. These countries have different acquisition policies than priorities, what to buy and from where. Part of that is due to domestic po

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CollectionSenate Committees
CitationSECD / Evidence / 06ev-55471
Typecommittee
Volume / chapter441 / Evidence / 06ev-55471
Languageen
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SourceCOMM_SEN
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