Senate Committee — RIDR — Evidence — 50ev-56666
RIDR / Evidence / 50ev-56666
Senate Committees
EVIDENCE TÉMOIGNAGES OTTAWA, Monday, April 8, 2024 OTTAWA, le lundi 8 avril 2024. The Standing Senate Committee on Human Rights met with videoconference this day at 4:50 p.m. [ET] to examine such issues as may arise from time to time relating to human rights generally. Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se réunit aujourd’hui, à 16 h 50 (HE), avec vidéoconférence, pour examiner les questions qui pourraient survenir concernant les droits de la personne en général. [English] [Traduction] Sébastien Payet, Clerk of the Committee: Good afternoon, honourable senators.
As the clerk of your committee, it is my duty to inform you of the unavoidable absence of the chair and deputy chair and to preside over the election of an acting chair. I am ready to receive a motion to that effect. Are there any nominations? Sébastien Payet, greffier du comité : Bonjour, honorables sénatrices. En tant que greffier du comité, j’ai le devoir de vous informer de l’absence involontaire de la présidente et de la vice- présidente et de présider à l’élection d’une présidente suppléante. Je suis prêt à recevoir une motion à cette fin. Y a-t-il des propositions?
Senator Clement: I’d like to move Senator Omidvar. La sénatrice Clement : J’aimerais proposer la sénatrice Omidvar. Senator Simons: I second that. La sénatrice Simons : J’appuie la motion. Mr. Payet: It is moved by the Honourable Senator Clement that the Honourable Senator Omidvar do take the chair of this committee. Is it your pleasure, honourable senators, to adopt the motion? M. Payet : L’honorable sénatrice Clement propose que l’honorable sénatrice Omidvar assume la présidence du comité. Vous plaît-il, honorables sénatrices, d’adopter la motion? Hon. Senators: Agreed. Des voix : D’accord. Mr.
Payet: I declare the motion carried. M. Payet : Je déclare la motion adoptée. I invite the Honourable Senator Omidvar to take the chair. J’invite l’honorable Omidvar à prendre le fauteuil. Senator Ratna Omidvar (Acting Chair) in the chair. La sénatrice Ratna Omidvar (présidente suppléante) occupe le fauteuil. The Acting Chair: Thank you, colleagues. My apologies to our witnesses for the delay, but as you see, we had some formal business to attend to. La présidente suppléante : Je vous remercie, chères collègues.
Je prie les témoins d’excuser notre retard, mais, comme vous venez de le voir, nous devions régler quelques affaires officielles. My name is Ratna Omidvar, and I’m an independent senator from Ontario. Today, we are conducting a public hearing of the Standing Senate Committee on Human Rights. Je m’appelle Ratna Omidvar, et je suis une sénatrice indépendante de l’Ontario. Aujourd’hui, nous tenons une séance publique du Comité sénatorial permanent des droits de la personne.
I would like to begin by acknowledging that the land on which we gather is the traditional, ancestral and unceded territory of the Anishinaabe Algonquin Nation. J’aimerais tout d’abord souligner que nous nous réunissons sur le territoire traditionnel, ancestral et non cédé de la nation algonquine anishinaabe. I would now like to invite my colleagues to introduce themselves to the public and to our witnesses. J’aimerais maintenant inviter mes collègues à se présenter au public et à nos témoins. Senator Simons: Senator Paula Simons, Alberta, Treaty 6 territory.
La sénatrice Simons : Sénatrice Paula Simons, de l’Alberta, du territoire du Traité n o 6. 8-4-2024 Droits de la personne 50:1
[Translation] [Français] Senator Clement: Bernadette Clement from Ontario. La sénatrice Clement : Bernadette Clement, de l’Ontario. [English] [Traduction] Senator Petten: Iris Petten, Newfoundland and Labrador. La sénatrice Petten : Iris Petten, de Terre-Neuve-et- Labrador. The Acting Chair: Thank you, colleagues. Before we start our official proceedings, there is a housekeeping motion that I would like to have someone introduce. The motion is as follows: La présidente suppléante : Merci, chères collègues.
Avant de commencer nos délibérations officielles, je demanderais à quelqu’un de bien vouloir proposer la motion d’ordre administratif suivante : That notwithstanding usual practice, pursuant to rule 12-17, the committee be authorized to hold this afternoon’s meeting without quorum if necessary for the purpose of receiving evidence, provided that two committee members are present.
Que, nonobstant la pratique habituelle, et conformément à l’article 12-17 du Règlement, le comité soit autorisé à entendre des témoignages cet après-midi en l’absence de quorum, si nécessaire, pourvu que deux membres du comité soient présents. Would one of you like to move this motion? it is moved by Senator Clement. L’une d’entre vous voudrait-elle proposer la motion? La sénatrice Clement la propose. Are we in favour, colleagues, of this motion? Sommes-nous d’accord, chères collègues, pour adopter cette motion? Hon. Senators: Agreed. Des voix : D’accord. The Acting Chair: Thank you.
Today, we resume our study of forced displacement, an item that has grabbed the headlines in more ways than one in recent months. This afternoon, we will have three panels. In each panel, we shall hear from the witnesses and then the senators around this table will have a question-and-answer session. La présidente suppléante : Merci. Aujourd’hui, nous reprenons notre étude sur les déplacements forcés, un sujet qui a fait les manchettes sous de nombreux angles ces derniers mois. Cet après-midi, nous accueillons trois groupes de témoins.
Pour chaque groupe, nous écouterons ce que les témoins ont à dire, puis nous aurons une période de questions avec les sénatrices ici présentes. I will now introduce our first panel. Our witnesses have each been asked to make a five-minute opening statement, and I wish to welcome our witnesses and apologize once again for the many delays and postponements of your testimony. Laissez-moi maintenant vous présenter notre premier groupe de témoins. Nous avons demandé à chaque témoin de présenter une déclaration préliminaire de cinq minutes.
Je souhaite la bienvenue aux témoins, et à nouveau, je m’excuse des nombreux retards et reports de vos témoignages. We have here today Ms. Efrat Arbel, Associate Professor of Law, University of British Columbia; and Jamie Chai Yun Liew, Professor of Law, University of Ottawa. Nous accueillons aujourd’hui Mme Efrat Arbel, professeure associée de droit, Université de la Colombie-Britannique; et Mme Jamie Chai Yun Liew, professeure de droit, Université d’Ottawa. I will now invite Professor Arbel to make her presentation, followed by Professor Liew. You have five minutes. We’ll try to keep this moving.
J’inviterais maintenant Mme Arbel à nous présenter sa déclaration, puis ce sera à Mme Liew. Vous avez cinq minutes. Nous essaierons d’activer les choses. Efrat Arbel, Associate Professor of Law, University of British Columbia, as an individual: Thank you, senators. Thank you for this invitation and for your work on this important issue. It’s an honour to appear before you today. Efrat Arbel, professeure associée de droit, Université de la Colombie-Britannique, à
titre personnel : Merci, honorables sénatrices. Je vous remercie de l’invitation et aussi du travail que vous faites dans ce dossier important. C’est un honneur de comparaître devant vous aujourd’hui. 50:2 Human Rights 8-4-2024
My focus today is on the Canada-US Safe Third Country Agreement, or STCA, and, in particular, the expansion of the agreement through the Additional Protocol to the Safe Third Country Agreement, which was implemented last year in March 2023. As you well know, the additional protocol operates to expand the Safe Third Country Agreement across the entire Canada-U.S. border and to prohibit refugees who present in between ports of entry from making asylum claims in Canada for 14 days.
Aujourd’hui, je vais parler principalement de l’Entente sur les tiers pays sûrs entre le Canada et les États-Unis et en particulier de l’élargissement de cette entente au moyen du Protocole additionnel de l’Entente sur les tiers pays sûrs, mis en œuvre l’année dernière, en mars 2023. Comme vous le savez, le protocole additionnel a pour effet d’élargir l’Entente sur les tiers pays sûrs à toute la frontière canado-américaine et d’interdire pendant 14 jours aux réfugiés qui se présentent entre les points d’entrée de demander l’asile au Canada.
In my remarks today, I wish to draw your attention to the fact that the protocol operates in unprincipled and dangerous ways, which carry significant negative consequences not just for refugees but also for Canada. I will highlight two of these consequences for the committee’s consideration. Dans ma déclaration d’aujourd’hui, j’aimerais attirer votre attention sur le fait que le protocole est appliqué de manière immorale et dangereuse et qu’il a des conséquences négatives importantes non seulement pour les réfugiés, mais aussi pour le Canada.
Il y a deux de ces conséquences que je veux porter à l’attention du comité. First, the protocol operates to close the Canadian border to some of the world’s most vulnerable refugees, particularly refugees who are racialized and refugees who are already marginalized. Let me explain how this works. Premièrement, le protocole a pour effet de fermer la frontière canadienne à certains des réfugiés les plus vulnérables du monde, tout particulièrement les réfugiés racisés et les réfugiés déjà marginalisés. Je vais vous expliquer son fonctionnement.
While the protocol may appear neutral on its face in that it applies to all refugees across the entirety of the border, it is not neutral in its effect. Prior to the protocol’s implementation, Canada developed, for the most part, relatively effective methods to process refugee claims made in between ports of entry — with the most notable example being the unofficial border crossing point at Roxham Road.
Prior to the protocol’s implementation, the vast majority of the refugee populations who sought entry into Canada in between the ports of entry — including at Roxham Road — were of populations from the Global South, the majority of whom are racialized. Même si le protocole peut sembler neutre à première vue puisqu’il s’applique à tous les réfugiés, sur toute la frontière, ses effets ne sont pas neutres. Avant la mise en œuvre du protocole, le Canada s’était en grande
partie doté de méthodes relativement efficaces pour traiter les demandes d’asile présentées entre deux points d’entrée : le chemin Roxham étant l’exemple le plus connu d’un poste frontalier non officiel. Avant la mise en œuvre du protocole, la grande majorité des populations de réfugiés cherchant à entrer au Canada entre deux points d’entrée — y compris en passant par le chemin Roxham — venaient de l’hémisphère Sud, et la majorité étaient des populations racisées.
With the implementation of the protocol, these routes have been closed, which has and will continue to have a disproportionate impact on these populations. Not only that, but the protocol’s 14-day restriction has a disproportionate impact on the most vulnerable refugees within these populations: women, sexual minorities, people with disabilities, people who are pregnant, people who are elderly or parents of young children. For them, other routes of seeking safety may not be accessible. Speaking of the agreement on its own, the few exceptions to the agreement are insufficient.
As my colleague Professor Liew will explain in more detail, the so-called safety valves are ineffective, and Canada’s resettlement programs, which you will hear about further today, are not a substitute for asylum protection. Depuis la mise en œuvre du protocole, on a fermé ces chemins, ce qui a entraîné et continuera d’entraîner des conséquences disproportionnées pour ces populations.
De plus, l’interdiction de 14 jours prévue dans le protocole a des conséquences disproportionnées pour les réfugiés les plus vulnérables de ces populations : je parle des femmes, des minorités sexuelles, des personnes handicapées, des femmes enceintes, des personnes âgées et des parents de jeunes enfants. Ces gens n’ont peut-être pas accès à d’autres chemins vers la sécurité. En ce qui concerne l’entente elle-même, les quelques exceptions qui sont prévues sont insuffisantes.
Comme ma collègue, Mme Liew, l’expliquera plus en détail, les soi-disant soupapes de sécurité sont inefficaces, et les programmes de réinstallation du Canada, dont on vous parlera plus tard aujourd’hui, ne remplacent pas l’asile. In prior meetings of this committee, you heard from the UN Refugee Agency, or UNHCR, about the staggering and rising rates of global displacement as well as from Human Rights Watch and others about the grim vulnerability of refugees around the world.
With the implementation of the Additional Protocol to the Safe Third Country Agreement, Canada is closing its borders Lors de réunions précédentes du comité, des représentants de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés — le Haut- Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, le HCR — vous ont parlé des taux croissants et alarmants de personnes déplacées dans le monde; d’autres organismes, comme Human Rights Watch, ont brossé un portrait sinistre de la vulnérabilité 8-4-2024 Droits de la personne 50:3
to the world’s most vulnerable at a time of dire need, which calls into question not only Canada’s commitment to refugee protection but also its commitment to equity, diversity and inclusion. des réfugiés partout dans le monde. Avec la mise en œuvre du Protocole additionnel de l’Entente sur les tiers pays sûrs, le Canada ferme ses frontières aux personnes les plus vulnérables du monde alors que leurs besoins sont des plus pressants.
Cela jette le doute non seulement sur l’engagement du Canada envers la protection des réfugiés, mais également sur son engagement à l’égard de l’équité, de la diversité et de l’inclusion. My second point is that the protocol has a direct negative impact on Canada’s ability to regulate its borders in safe, orderly and principled ways. It is well established that when refugee host countries like Canada close their borders, they do not prevent refugees from entering the country. They only prevent refugees from entering through known, lawful and organized ways.
Deuxièmement, le protocole nuit directement à la capacité du Canada de réglementer ses frontières de manière sécuritaire, ordonnée et morale. C’est un fait bien établi que, lorsque les pays qui accueillent des réfugiés, comme le Canada, ferment leurs frontières, ils n’empêchent pas les réfugiés d’entrer au pays; ils ne font qu’empêcher les réfugiés d’y entrer par les passages connus, légaux et organisés. Prior to the protocol’s implementation, the unofficial border crossing point at Roxham Road served as a safe and organized way through which to manage asylum claims made in between ports of entry.
The protocol and the dismantling of the Roxham Road border crossing point will make it harder for refugees to avail themselves of these safe, organized and lawful modes of entry. This will not only push refugees into the hands of smugglers and traffickers and increase the risks posed to their lives and safety, it will also make the Canadian border more dangerous and disorderly and make the task of safeguarding the border more difficult to regulate and costlier to manage, with the effect of weakening — not strengthening — the integrity of the Canadian border.
Avant la mise en œuvre du protocole, le passage frontalier non officiel du chemin Roxham offrait une manière sécuritaire et organisée de gérer les demandes d’asile faites entre deux points d’entrée. Le protocole ainsi que la fermeture du passage frontalier du chemin Roxham feront en sorte qu’il sera plus difficile pour les réfugiés d’accéder à ces modes d’entrée sécuritaires, organisés et légaux.
Non seulement cela forcera les réfugiés à avoir recours aux services de passeurs et de trafiquants, ce qui augmente les risques pour leur vie et leur sécurité, mais cela rendra aussi la frontière canadienne plus dangereuse et plus désorganisée, en plus de rendre la tâche de protéger la frontière plus difficile à réglementer et plus coûteuse à gérer. L’intégrité de la frontière canadienne en sera donc affaiblie, plutôt que renforcée. With that, I will wrap up my comments. Thank you for your time, and I look forward to your questions. Je vais m’arrêter ici.
Je vous remercie de votre temps, et je suis impatiente d’entendre vos questions. The Acting Chair: Thank you. Professor Liew, please. La présidente suppléante : Merci. Madame Liew, allez-y, s’il vous plaît. Jamie Chai Yun Liew, Professor, Faculty of Law, University of Ottawa, as an individual: Thank you for having me here today. My comments today are in response to the recent Supreme Court of Canada’s decision that dealt with the Charter challenge of the Safe Third Country Agreement.
I will be focusing on one aspect of that decision in particular — the fact that migrants may have access to alternative immigration applications and processes if they are ineligible to make a refugee claim. The court called these safety valves. I have submitted more detailed written submissions, but I will give you a brief overview of six mechanisms identified by the court and why they don’t operate as the court envisions. Jamie Chai Yun Liew, professeure, Faculté de droit, Université d’Ottawa, à
titre personnel : Je vous remercie de m’accueillir aujourd’hui. Mes commentaires sont en réponse à l’arrêt récent de la Cour suprême du Canada concernant la contestation fondée sur la Charte de l’Entente sur les tiers pays sûrs. Je vais insister sur un aspect en particulier de cet arrêt : le fait que les migrants pourraient accéder à d’autres formes et processus de demande d’immigration s’ils ne sont pas admissibles à demander l’asile. La cour a qualifié ces autres options de soupapes de sécurité.
J’ai fourni des observations écrites plus détaillées, mais je vais vous donner un bref aperçu des six mécanismes que la cour a mentionnés et vous expliquer pourquoi ils ne fonctionnent pas comme elle le voulait. First, a pre-removal risk assessment is a written application where you explain why you are afraid to return to your country, and you provide documentation to support your fear. Statistics from Immigration, Refugees and Citizenship Canada, or IRCC, between 2007 and 2014 show that the rate of approval was between 1.4% and 3.1%.
Premièrement, l’examen des risques avant renvoi; il s’agit d’une demande écrite où vous expliquez pourquoi vous craignez de retourner dans votre pays, et vous déposez des documents pour étayer votre crainte. Selon les statistiques d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada — IRCC —, entre 2007 et 2014, de 1,4 à 3,1 % de ces demandes ont été accueillies. 50:4 Human Rights 8-4-2024
The second is the permanent residence application on humanitarian and compassionate grounds. This is a written application where you are asking to be exempt from the requirements of the Immigration and Refugee Protection Act, or IRPA, and granted permanent residence based on hardships you may face if you are not given such status. Government figures from 2021 showed the rate of applications refused climbed to 70%. Deuxièmement, il y a la demande de résidence permanente pour motifs d’ordre humanitaire. Il s’agit d’une demande écrite dans laquelle vous demandez d’être exempté des exigences de la
Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés — la LIPR — et d’obtenir la résidence permanente parce que vous vous exposez à des difficultés si vous n’obtenez pas ce statut. Selon les données du gouvernement datant de 2021, le taux de refus de ces demandes était passé à 70 %. Third, a temporary resident permit is a written application and is a special permit from IRCC that lets a person live in Canada for a certain period for compelling reasons. This permit may be valid from one day to three years and can be cancelled at any time.
Troisièmement, le permis de séjour temporaire, une demande écrite ainsi qu’un permis spécial d’IRCC permettant à une personne de séjourner au Canada pendant un certain temps parce qu’il existe des raisons impérieuses. Ce permis peut être valide pour une période de un jour à trois ans et peut être révoqué en tout temps. Fourth, a person who has a date set for their removal from Canada may submit a request to the Canada Border Services Agency, or CBSA, to ask for a deferral of removal.
This person has to demonstrate why they might suffer irreparable harm outside the normal hardship from removal or that the short-term interests of a child are directly impacted. They are only granted where compelling or exigent personal circumstances warrant the granting of a deferral request. Quatrièmement, une personne dont la date de renvoi du Canada a été fixée peut demander à l’Agence des services frontaliers du Canada — l’ASFC — un sursis à son renvoi.
La personne doit expliquer pourquoi elle subira un préjudice irréparable, qui dépasse les difficultés habituelles associées au renvoi, ou alors qu’il y a un enfant dont l’intérêt à court terme est directement touché. Une demande de sursis est accueillie seulement lorsqu’il y a des circonstances personnelles convaincantes ou urgentes qui le justifient. I want to emphasize that these four mechanisms are both granted on exceptional bases and are discretionary. Je veux insister sur le fait que, pour ces quatre mécanismes, les demandes sont seulement accueillies pour des motifs exceptionnels et discrétionnaires.
Fifth, an administrative deferral of removal is a temporary measure when immediate action is needed to defer removals in situations of humanitarian crises. A temporary suspension of removals interrupts removals to a country or place where general conditions pose a risk to the entire civilian population, such as armed conflict or environmental disaster. These mechanisms are only available to individuals that may be removed to countries listed by the Canadian government. Some inadmissible individuals can be removed despite these avenues.
Cinquièmement, le sursis administratif au renvoi, une mesure temporaire prise lorsqu’il faut immédiatement accorder un sursis au renvoi en raison d’une crise humanitaire. Une suspension temporaire du renvoi est l’interruption du renvoi vers un pays ou vers un endroit où les conditions générales constituent un risque pour toute la population civile, par exemple un conflit armé ou une catastrophe environnementale.
Ces mécanismes sont seulement accessibles aux personnes qui pourraient être renvoyées vers des pays figurant sur la liste dressée par le gouvernement du Canada, et certaines personnes interdites de territoire peuvent malgré tout être renvoyées. Finally, sixth, persons may also seek a judicial stay of removal to prevent the execution of their removal from Canada. To do this, a person must have a matter already before the Federal Court of Canada, and the stay of removal prevents removal pending the decision of that matter.
Enfin, sixièmement, une personne peut demander un sursis judiciaire au renvoi pour empêcher l’exécution de la mesure de renvoi prise contre elle. Pour cela, la personne doit déjà avoir porté sa cause devant la Cour fédérale du Canada, et le sursis au renvoi empêche son renvoi avant que l’affaire ne soit réglée. Now, some people may not be eligible for any of these mechanisms, depending on the requirements. It is not within the practice of border officials to offer the menu of these alternative options to those at the port of entry, and laypersons would not be expected to know these legislative options exist.
All of these immigration processes and applications require not only a written request, but many require substantive documentary evidence to show that these requests are merited. They are practically unavailable to migrants, unless they hire a lawyer and Cependant, il y a des personnes qui ne sont admissibles ni à l’un ni à l’autre de ces mécanismes, parce qu’elles ne remplissent pas les exigences.
Les agents frontaliers n’ont pas pour pratique de fournir une liste de ces autres options aux gens qui se présentent aux points d’entrée, et nous ne pouvons pas nous attendre à ce que ceux qui ne s’y connaissent pas en la matière sachent que ces mécanismes législatifs existent. L’ensemble de ces processus et demandes d’immigration exige non seulement de présenter une demande écrite, mais aussi de 8-4-2024 Droits de la personne 50:5
coordinate the submission of the application and requests when they reach a port of entry. For those who do not speak English or write in English or French and for those who are unfamiliar with our legal system and have no legal support, these avenues are unreachable. déposer de nombreux éléments de preuve documentaire de fond pour montrer que la demande est fondée. Il est pratiquement impossible aux migrants d’y accéder, à moins qu’ils n’embauchent un avocat et s’organisent pour que leur demande soit déposée lorsqu’ils arrivent à un point d’entrée.
Pour ces migrants qui ne parlent pas l’anglais ou qui ne savent pas écrire en anglais ou en français, et pour ceux qui ne connaissent pas notre système juridique et qui n’ont pas accès à de l’aide juridique, ces mécanismes sont inaccessibles. Many of the remedies sought are discretionary and rely heavily on the whim of an individual officer. Success rates are dismal for some of these applications. The reality is that these so-called safety valves are illusory and do not provide the checks and balances we think they do.
Un grand nombre des recours demandés sont de nature discrétionnaire et dépendent grandement de la volonté d’un seul agent. Pour certaines de ces demandes, les taux de réussite sont pathétiques. La vérité, c’est que ces soi-disant soupapes de sécurité ne sont qu’un mirage, et qu’elles n’offrent pas le système de freins et contrepoids qu’elles sont censées offrir. I hope I have given you a sober picture of how feasible it is for migrants to not only access but obtain relief with these so-called safety valves.
Given that we know many will not be able to access the processes and remedies in the IRPA, the Canadian government should revisit its decision to maintain and expand the Canada-US Safe Third Country Agreement. Countless people may be put at risk because of the current misunderstandings we have on how the entire immigration regime functions. J’espère avoir brossé un portrait réel de la possibilité pour les migrants non seulement d’accéder à ces soi-disant soupapes de sécurité, mais aussi de voir leur recours accueilli.
Puisque nous savons que nombre d’entre eux ne pourront pas accéder aux processus et aux recours prévus dans la LIPR, le gouvernement du Canada devrait réfléchir à sa décision de maintenir et d’élargir l’Entente sur les tiers pays sûrs entre le Canada et les États-Unis. D’innombrables personnes seront exposées à un risque, à cause des malentendus actuels sur tout le fonctionnement du système d’immigration. We cannot rely on the fact that some mechanisms exist on paper to justify a system that is counter to our international obligations under refugee law, including the right to non‑refoulement.
Nous ne pouvons pas invoquer des mécanismes qui existent sur papier pour justifier un système qui va à l’encontre de nos obligations internationales en vertu du droit des réfugiés, y compris le droit au non-refoulement. Thank you, and I would be happy to take any questions. Merci. Je me ferai un plaisir de répondre à toutes vos questions. The Acting Chair: Thank you very much, Professor Liew, for your presentation. It was crystal clear. La présidente suppléante : Merci beaucoup, madame Liew, de nous avoir présenté votre exposé. Tout était limpide. Thank you to you, as well, Professor Arbel.
Merci aussi, madame Arbel. I just have a question to help us understand the numbers. Before the government closed the loophole in the safe third country agreement, what was the rate of approval of asylum claimants who chose to enter Canada through these gaps in the official borders? Can you give me a figure, any one of you? J’ai une question pour nous aider à comprendre les chiffres. Avant que le gouvernement ne colmate la faille dans l’Entente sur les tiers pays sûrs, quel était le taux d’acceptation des demandeurs d’asile qui arrivaient au Canada par les failles de notre frontière officielle?
Pouvez-vous me donner un chiffre, Mme Arbel ou Mme Liew? Ms. Arbel: I don’t have these rates of approval at my fingertips. What I would say is that it will take some time to evaluate the broader effect of the protocol, in that the protocol had an initial discouraging impact on asylum seekers who were either scared to cross the border or scared of making applications, having already crossed the border. A fulsome understanding of the differences prior and subsequent to the protocol’s implementation will take a little bit of time. Mme Arbel : Je n’ai pas les taux d’acceptation sous les yeux.
Je dirais cependant qu’il faudra un certain temps pour évaluer l’effet général du protocole, parce que le protocole a initialement eu pour conséquence de décourager les demandeurs d’asile, qui avaient soit peur de traverser la frontière, soit peur de présenter une demande s’ils l’avaient déjà traversée. Pour avoir un portrait complet des différences avant et après la mise en œuvre du protocole, il faudra un peu de temps. 50:6 Human Rights 8-4-2024
I can try to pull up the numbers for you. It will just take me a moment to do so. Je peux essayer de trouver les chiffres pour vous. Il me faudra seulement un peu de temps pour le faire. The Acting Chair: It would be very kind, or you can submit them to us later. We’re talking particularly about those who crossed into Canada with the current loophole. Some people have called it a “loophole.” Others have called it a “safety valve,” so we have to try and get our heads around that. La présidente suppléante : Ce serait très gentil de votre part, et vous pourriez aussi nous les envoyer plus tard.
Nous nous intéressons surtout aux personnes qui sont entrées au Canada par la faille actuelle. Certaines personnes appellent cela une « faille », et d’autres appellent cela une « soupape de sécurité », alors nous devons essayer de bien comprendre de quoi il s’agit. Senator Simons: I’m not sure if this is a fair question to ask the two of you. I am the only senator here today from Western Canada. La sénatrice Simons : Je ne sais pas si c’est légitime de poser cette question à vous deux. Je suis la seule sénatrice ici présente aujourd’hui qui vient de l’Ouest du Canada.
There’s so much focus on Roxham Road, but I imagine that there are also significant issues with the border crossings in British Columbia, and I’m wondering if you can give me any sense of what the impact of this has been to irregular border crossings in that B.C.-Washington corridor? On parle énormément du chemin Roxham, mais je pense qu’il y a aussi des problèmes importants avec les passages frontaliers en Colombie-Britannique, et je me demandais si vous pouviez me donner une idée des répercussions que cela a eues sur les passages frontaliers irréguliers dans le corridor Colombie- Britannique-Washington. Ms.
Liew: I don’t have the specifics with regard to the numbers of people crossing, but I know just from news reports and anecdotal evidence that there have been some troubling accounts of people crossing, for example, in the Manitoba corridor. People have lost limbs from frostbite. People have even succumbed to death, so I don’t think it is beyond our imagination to think about the repercussions on a human scale with regard to what this legal barrier poses in terms of the risks posed to the very safety of individuals trying to get across the border undetected.
Mme Liew : Je n’ai pas de données précises en ce qui concerne le nombre de personnes qui traversent, mais je sais, simplement d’après les reportages et des informations anecdotiques, qu’il y a eu des rapports troublants de personnes qui traversent, par exemple, dans le corridor du Manitoba. Des gens ont perdu un bras ou une jambe à cause des engelures.
Il y a même eu des décès, alors je ne pense pas que cela dépasse l’imagination de réfléchir aux répercussions humaines que cet obstacle juridique crée, plus particulièrement les risques réels pour la sécurité des gens qui essaient de traverser la frontière sans être détectés. Senator Simons: That Manitoba incident predated 2023, just to be clear. La sénatrice Simons : L’incident au Manitoba date d’avant 2023, juste pour que ce soit clair. Ms. Liew: It does, but I would argue that these kinds of things will continue to happen, because they want to cross undetected.
We can extrapolate from the kinds of decision making that migrants may make and the repercussions that will flow from that. Mme Liew : C’est le cas, mais je dirais que des cas de ce genre continueront de se produire, parce que les gens veulent traverser sans être détectés. On peut faire des extrapolations à partir du genre de décision que les migrants vont peut-être prendre et des répercussions qui s’ensuivront.
Senator Simons: I’m not a regular member of this committee, so perhaps you already know the answer to this, but I think those British Columbia border crossings are much, much busier than the ones on the Prairies, for the obvious reason that there are more people living there. Very few people cross the border irregularly in Alberta, let’s just say, because coming up through Montana is difficult. La sénatrice Simons : Je ne suis pas membre en
titre du comité, alors peut-être que vous connaissez déjà la réponse à ma question, mais je pense que les passages frontaliers de la Colombie-Britannique sont vraiment beaucoup plus occupés que ceux des Prairies, évidemment parce qu’il y a plus de gens qui vivent là-bas. Il y a très peu de gens qui traversent la frontière de manière irrégulière en Alberta, disons, parce qu’il est difficile de passer par le Montana. I wanted to ask about the kinds of people who qualify for the safety valve. I’m thinking specifically now about LGBTQ+ refugees.
Canada has given a much warmer welcome, I think, to these rainbow refugees than the United States has. Je voulais vous demander quel genre de personnes sont admissibles à ces soupapes de sécurité. Je pense aujourd’hui spécifiquement aux réfugiés LGBTQ+. Le Canada a offert aux réfugiés de l’arc-en-ciel un accueil beaucoup plus chaleureux, je pense, que les États-Unis. 8-4-2024 Droits de la personne 50:7
Do you have a sense of what this change has meant for asylum seekers who are fleeing homophobic regimes and homophobic cultures? Avez-vous une idée de ce que ce changement a signifié pour les demandeurs d’asile qui fuient des régimes et des cultures homophobes? Ms. Arbel: Can I just ask as a point of clarification, what do you mean by a “safety valve”? Are you speaking of the mechanisms that Professor Liew spoke of? Are you speaking of the exceptions to the agreement, just so we can provide you with a pointed answer?
Mme Arbel : Pourrais-je vous demander, pour préciser, ce que vous voulez dire par « soupape de sécurité »? Parlez-vous des mécanismes dont Mme Liew a parlé? Voulez-vous dire les exceptions à l’entente, afin que nous puissions vous donner une réponse plus précise? Senator Simons: Well, both. The real question is: Has this new regime had a disproportionate impact on LGBTQ+ refugees? La sénatrice Simons : Eh bien, les deux. Ce que je veux vraiment savoir c’est : Est-ce que ce nouveau système a eu des répercussions disproportionnées sur les réfugiés LGBTQ+? Ms.
Liew: As Professor Arbel said earlier, it is too early to say. We haven’t collected enough data. It’s not known, exactly, the implications that flow from this, but I can say that if you have a regime that does not allow people’s refugee claims to be assessed on their merits to begin with, and you’re telling them, “Well, there are these alternatives that you can turn to,” but the alternatives do not address the question of whether you’re a refugee, which is what, in your question, you’re identifying persons who may be persecuted on the basis of their sexual orientation or identity.
People like that may not have the benefit of putting forward the fullness of their claim, because they are already barred from submitting a claim. Instead they’re going to have to try to work their stories into these very tight boxes within a temporary resident permit, an application on humanitarian grounds or pre-removal risk assessment. Mme Liew : Comme Mme Arbel l’a dit plus tôt, il est encore trop tôt pour le savoir. Nous n’avons pas recueilli suffisamment de données.
On ne sait pas exactement quelles répercussions cela entraîne, mais ce que je peux dire, c’est que, si vous avez un système qui ne vous permet pas d’évaluer le bien-fondé des demandes d’asile, en partant, et que vous dites à un demandeur d’asile « Eh bien, voici vos autres options », mais que ces options ne permettent pas de savoir si cette personne a qualité de réfugié, ce qui... Dans votre question, vous parlez des gens qui pourraient être persécutés du fait de leur orientation ou de leur identité sexuelle.
Alors, ces personnes ne pourront peut-être pas mettre de l’avant l’intégralité de leur demande d’asile, parce qu’on les empêche déjà de présenter une telle demande. Elles devront alors essayer de présenter leur histoire selon des critères très restreints, dans le cadre d’un permis de séjour temporaire, d’une demande pour motifs d’ordre humanitaire ou d’un examen des risques avant renvoi. All of these applications have not only eligibility requirements, which some of these people may not be eligible for, but also requirements on their own merits.
They have separate requirements that are different from those that are in the refugee determination system. Tous ces mécanismes sont assortis d’exigences d’admissibilité, que certaines personnes ne remplissent peut-être pas, en plus de l’exigence du bien-fondé de la demande. Ils sont assortis d’exigences distinctes de celles applicables aux gens qui sont déjà dans le système de détermination du statut de réfugié. So to say, “We’re not going to review your situation looking at the refugee definition,” and to say there are these other alternatives.
However, these alternatives are not a perfect or an equivalent assessment of what potentially they could be facing if they are returning to their home country. Donc, on dit : « Nous n’allons pas examiner votre situation du point de vue de la définition de réfugié », et on dit qu’il y a d’autres options. Cependant, ces options ne constituent pas une évaluation parfaite ou équivalente du risque auquel ces personnes s’exposent si elles retournent dans leur d’origine. Senator Simons: Let me pursue a different line, then.
I think one of the reasons that provinces such as Quebec have wanted Roxham Road shut down is they said they were being flooded with people and they didn’t have the supports from the federal government to provide the care that those people required. La sénatrice Simons : Passons à un autre sujet, dans ce cas. Je pense que l’une des raisons pour lesquelles certaines provinces comme le Québec ont demandé la fermeture du chemin Roxham, c’est qu’elles étaient submergées de gens, sans avoir de soutiens du gouvernement fédéral pour leur fournir l’aide dont ils avaient besoin.
But it seems to me that if you create a system where more people are going to cross completely illegally and enter the country without the proper paperwork, you’re going to have people living in communities who are living under the radar and Mais il me semble que, si vous créez un système où plus de gens traverseront la frontière dans l’illégalité la plus complète et entreront au pays sans remplir les formulaires appropriés, vous vous retrouvez avec des gens, dans la collectivité, qui y vivent 50:8 Human Rights 8-4-2024
who will not be eligible for any of the supports that we typically provide to refugees. Inadequate as those may be, they are nonetheless substantive for a lot of people. non détectés et qui ne seront admissibles à aucune des mesures de soutien que nous fournissons habituellement aux réfugiés. Ces mesures sont peut-être inadéquates, mais elles restent néanmoins importantes pour beaucoup de gens.
I’m wondering whether you think the unintended consequence of this could be that provinces and municipalities will actually have a heavier burden because there will be no one tracking these incomers and no federal supports available to them whatsoever. Je me demandais si, selon vous, une des conséquences inattendues de tout cela serait que les provinces et les municipalités devront, dans les faits, porter un fardeau plus lourd, parce que plus personne ne va suivre ces nouveaux arrivants et qu’aucun soutien fédéral ne leur sera offert. Ms. Arbel: I would agree with that assessment.
There is a real risk of unintended consequences creating burdens like the ones you’ve noted and creating a larger precarious and vulnerable populations within our borders as well. Mme Arbel : Je dirais que votre évaluation est juste. Le risque de conséquences inattendues est réel, et cela pourrait créer des fardeaux comme celui que vous avez mentionné, en plus d’augmenter le nombre de personnes vulnérables et en situation précaire à l’intérieur de nos frontières également.
In response to your prior question as well, it’s important to step back and understand how the Canada-US Safe Third Country Agreement operates in the broader context of global displacement. Refugees who are fleeing for their lives, who are fearing persecution in their home countries, face enormous barriers to arriving on this continent, let alone in this country. En réponse à votre question précédente, aussi, il est important de prendre du recul et de comprendre comment fonctionne l’Entente sur les tiers pays sûrs entre le Canada et les États-Unis dans le contexte général des déplacements forcés dans le monde.
Les réfugiés qui fuient pour sauver leur vie ou qui craignent d’être persécutés dans leur pays d’origine se heurtent à des obstacles énormes lorsqu’ils arrivent sur notre continent, pour ne pas dire dans notre pays. You heard from Professor Young in prior hearings about the externalization of Canada’s borders and the potentially insurmountable barriers that people face. Lors de réunions antérieures, Mme Young vous a parlé de l’externalisation des frontières canadiennes et des obstacles potentiellement insurmontables auxquels les gens se heurtent.
It may not be feasible for people — even those who wish to enter in British Columbia — to do so depending on the route through which they arrived into Canada, the resources that are available to them or the information that is known to them. Il est parfois impossible pour les gens — même ceux qui veulent entrer par la Colombie-Britannique — de le faire, dépendamment du chemin qu’ils ont pris pour entrer au Canada, des ressources auxquelles ils ont accès et de l’information dont ils disposent.
Per your earlier question about the warmer welcome that Canadian asylum laws provide to LGBTQ individuals, this warmer welcome is only accessible if the individual has already crossed the border in a safe way. The so-called safety valves that Professor Liew had spoken of are inefficient to account for the vulnerabilities that these individuals face, and there are no stated exceptions for the agreement that allow refugees who face persecution on the basis of their gender identity or their sexual orientation to enter Canada at ports of entry.
None of the existing exceptions to the agreement focus on those kinds of vulnerabilities. Pour répondre à la question que vous avez posée plus tôt, concernant l’accueil plus chaleureux offert aux personnes LGBTQ par les lois canadiennes en matière d’asile, cet accueil plus chaleureux est seulement possible si la personne a déjà traversé la frontière d’une manière sécuritaire.
Les soi-disant soupapes de sécurité dont a parlé Mme Liew ne permettent pas de tenir compte efficacement des vulnérabilités de ces personnes, et il n’y a aucune exception prévue à l’entente qui permet aux réfugiés qui risquent d’être persécutés en raison de leur identité de genre ou de leur orientation sexuelle d’entrer au Canada aux points d’entrée. Aucune des exemptions existantes à l’entente ne tient compte de ce genre de vulnérabilité.
There is a real risk here of creating additional burdens, as you had noted, and there is a real risk of dismantling many of those core protections that Canada’s refugee regime is known for around the world. Il y a un véritable risque, ici, que cela crée un fardeau supplémentaire, comme vous l’avez dit, et il y a un véritable risque que cela entraîne l’élimination de bon nombre des protections centrales pour lesquelles le système d’asile canadien est reconnu dans le monde entier. 8-4-2024 Droits de la personne 50:9
Ms. Liew: If I could just add, people are going to come, as you noted, and what is the best way in which Canada can manage the border, as Professor Arbel had stated earlier? We know they will come. We should be organizing around how to best respond to this, and we have the tools in place at ports of entry already to receive people, and we should be using the state‑of-the-art technology that we have in place already.
Mme Liew : Si je peux ajouter quelque chose, les gens vont venir ici, comme vous l’avez dit, alors quelle est la meilleure façon pour le Canada de gérer sa frontière, comme l’a mentionné Mme Arbel plus tôt? Nous savons que ces gens vont venir. Nous devrions nous organiser pour réagir au mieux à leur arrivée, et nous avons déjà aux points d’entrée des outils pour accueillir les gens, et nous devrions utiliser la technologie de pointe que nous avons déjà mise en place. Senator Petten: In your work, you’ve highlighted the significant mental health impacts of indefinite detention on migrants.
Could you elaborate a little bit on the alternate measures that could mitigate these effects while ensuring compliance with immigration proceedings? La sénatrice Petten : Dans votre travail, vous avez mis en relief le fait que la détention à durée indéterminée a des conséquences importantes sur la santé mentale des migrants. Pourriez-vous nous parler un peu plus des autres mesures qui pourraient atténuer ces effets, tout en respectant les procédures en matière d’immigration? Ms. Arbel: This is with respect to immigration detention.
The vast majority of individuals who are held in immigration detention are held under the ground of unlikely to appear, meaning that they are deemed by the Canada Border Services Agency as being unlikely to appear for an immigration proceeding. That’s the largest ground for which detainees are held in this country.
Mme Arbel : En ce qui concerne la détention liée à l’immigration, la très grande majorité des personnes qui sont détenues par les services d’immigration le sont au motif qu’elles sont susceptibles de ne pas se présenter; cela veut dire que l’Agence des services frontaliers du Canada les considère comme étant susceptibles de ne pas se présenter à une procédure de l’immigration. C’est le principal motif pour lequel ces personnes sont détenues dans notre pays. In my opinion, there is no need to hold people under this ground.
The Canada Border Services Agency has developed sophisticated mechanisms through which people can be accounted for without the use of detention, and indeed, there are many experts in this country who could further develop and implement humane mechanisms through which people can be accounted for, whether that’s through various reporting obligations or otherwise, without the need for immigration detention. À mon avis, il est inutile de détenir des gens pour ce motif.
L’Agence des services frontaliers du Canada a mis au point des mécanismes sophistiqués qui permettent de suivre les gens sans avoir à les détenir, et il y a même de nombreux experts ici, au pays, qui pourraient élaborer et mettre en œuvre d’autres mécanismes plus humains pour suivre les gens, par exemple des obligations de rendre des comptes ou autre chose, sans qu’il soit nécessaire de détenir ces gens pour des raisons d’immigration. Immigration detention, as you noted, has a profound negative impact, not just on mental health.
It is also a deprivation of liberty, and it is unconscionable for Canada to be depriving people of liberty without due process safeguards knowing the profound negative impact that detention has, given that there are a whole host of viable alternatives that are available. La détention liée à l’immigration, comme vous l’avez dit, a des conséquences profondément négatives, et pas seulement sur la santé mentale.
On prive les gens de leur liberté, et il est inadmissible au Canada qu’on prive les gens de leur liberté, sans les garanties d’application régulières de la loi, quand on connaît les conséquences négatives profondes de la détention, surtout quand tout un éventail d’autres options viables peuvent être utilisées. Senator Petten: Thank you. La sénatrice Petten : Merci. Maybe I could ask Professor Liew a question as well, and that’s regarding your book, Dandelion, that explores themes of identity and belonging.
Je pourrais peut-être aussi poser une question à Mme Liew; c’est au sujet de votre livre, Dandelion, qui explore les thèmes de l’identité et de l’appartenance. I understand that you’ve done some work on some creative storytelling. Is that complementing your legal scholarship and advocacy? Je crois comprendre que vous vous êtes adonnée à l’écriture créative. Était-ce complémentaire à votre formation en droit et à vos activités de défense des intérêts? Ms. Liew: Thank you for that question. Mme Liew : Je vous remercie de la question. 50:10 Human Rights 8-4-2024
It’s important for Canadians and for policy-makers, like yourselves, to understand the emotional and psychological impacts of borders, immigration applications and the processing of creating a home or being treated differently and disproportionately. C’est important pour les Canadiennes et les Canadiens ainsi que pour les décideurs comme vous-mêmes de comprendre les répercussions émotionnelles et psychologiques des frontières, des demandes d’immigration et du processus de recherche d’un chez-soi ou du fait d’être traité différemment et disproportionnellement.
Professor Arbel explained how racialized persons are disproportionately treated differently at the border and in our immigration system, and it’s important for the public and for policy-makers to understand that aspect. If any of my creative writing brings light to how that feels and what that experience is like, I think it is noteworthy and important to consider in terms of what kinds of ways we could diminish the impact of the harsh applications of our system to persons who have met the requirements otherwise of our system.
Mme Arbel a expliqué à quels égards les personnes racisées sont de manière disproportionnée traitées différemment à la frontière et dans notre système d’immigration, et il est important que le public et les décideurs comprennent cet aspect. Si l’une de mes créations littéraires permet de faire comprendre comment se sentent ces personnes et de donner un aperçu de cette expérience... Je pense qu’il est important que l’on se demande par quels moyens nous pourrions atténuer les conséquences de l’application rigide de notre système aux gens qui, par ailleurs, en ont respecté les exigences.
As Canada is trying to live up to its international obligations, we should be mindful of how we do that in a compassionate and humanitarian way, and be mindful about how we should make it easy for people who have already experienced so much trauma in their home countries and in the process of migrating. Thank you.
Comme le Canada essaie de respecter ses obligations internationales, nous devrions porter attention à la façon dont nous devons le faire, c’est-à-dire avec compassion et humanité, et nous efforcer de faciliter le processus pour des gens qui ont déjà vécu tellement de traumatismes dans leur pays d’origine et qui maintenant doivent migrer. Merci. Senator Bernard: Thank you both for your testimony today. You have both talked about Canada’s closing its borders to the world’s most vulnerable, and you have mentioned racialized folks, and you also mentioned the LGBTQ community of people as well.
When you bring an intersectional lens to that, you really are talking about, as you say, some of the most vulnerable. La sénatrice Bernard : Merci à vous deux pour votre témoignage aujourd’hui. Vous avez toutes deux parlé de la fermeture des frontières du Canada aux personnes les plus vulnérables, et vous avez mentionné la communauté de personnes racisées et aussi la communauté LGBTQ. Lorsque l’on applique une approche intersectionnelle à cela, on parle vraiment, comme vous le dites, de certaines personnes des plus vulnérables. What’s the politic behind this?
Why are these folks experiencing such harsh treatment in countries that profess to be more human rights focused? What’s the politic behind this, and what do we do about it? What are your recommendations for change? Quelle est la politique qui sous-tend tout cela? Pourquoi ces gens subissent-ils un traitement si sévère dans des pays qui disent accorder plus d’importance aux droits de la personne? Quelle est la politique qui sous-tend cela, et qu’en faisons-nous? Quelles modifications recommandez-vous? Ms. Liew: If I can be so harsh, Canada is built on a settler- colonial approach. We were a former British colony.
Our immigration and citizenship laws flow from the history of how British colonization categorized and identified people by race. It’s no secret that our history of immigration law has discriminated and created exemptions based on race. Mme Liew : Je vais le dire sans ménagement : le Canada est fondé sur une approche coloniale. Nous étions une ancienne colonie anglaise. Nos lois en matière d’immigration et de citoyenneté découlent historiquement du fait que les colonies anglaises catégorisaient et identifiaient les gens en fonction de leur race.
Ce n’est pas un secret; nos lois en immigration ont toujours été discriminatoires et ont toujours prévu des exceptions en fonction de la race. The most obvious one that’s close to home for me is the Chinese Immigration Act, 1923, also known as the Chinese Exclusion Act. We do have a history of creating preference for certain kinds of migrants, for prioritizing certain groups of people. It’s just become more subtle in the approach that our laws are written. La loi la plus évidente et celle qui me touche le plus est la Loi de l’immigration chinoise de 1923, aussi connue sous le nom de
Loi sur l’exclusion des Chinois. Nous avons effectivement préféré certains groupes d’immigrants par le passé et priorisé certains groupes de migrants. C’est seulement devenu plus subtil dans l’approche que nous utilisons lorsque nous rédigeons nos lois. 8-4-2024 Droits de la personne 50:11
While they may appear to be neutral on first reading, I would invite those of you re-examining our entire immigration regime as a whole to think about the legacy of how the laws have been tweaked that still imagine a White settler nation, I would say. Things like inadmissibility, things that occurred during the COVID-19 pandemic. You can see the same kinds of narratives and policy rationales that were used in historical times when it was more openly and brazenly discussed about why we’re closing the border to certain groups of people.
Même si, à la première lecture, elles peuvent sembler neutres, j’encourage ceux et celles qui examinent de nouveau notre régime d’immigration au grand complet à réfléchir à la façon dont les lois ont été modifiées au fil du temps et au fait qu’elles reflètent encore une nation de colons blancs, disons-le ainsi. Des choses comme l’interdiction de territoire, les choses qui se sont passées durant la pandémie de COVID-19.
C’est le même genre de discours et de justifications stratégiques qui ont été utilisés autrefois lorsque les raisons pour lesquelles on fermait la frontière à certains groupes de gens étaient discutées plus ouvertement et sans aucune gêne. I would say that this is just a continuation of the same kinds of ideas about who belongs, who deserves to be in Canada, and what kind of community is prioritized through our immigration and citizenship laws.
Je dirais que cela n’est que le prolongement du même genre d’idées sur la question de savoir qui est à sa place, qui mérite d’être au Canada et quelle communauté est priorisée dans nos lois en matière d’immigration et de citoyenneté. Ms.
Arbel: I would agree with all those comments, and I would add to it that in addition to the history and the present manifestations of these inequalities that Professor Liew noted, Canada’s migration regime not only reflects but also reinforces these broader global inequalities as they exist along the many subject positions that you had noted as they intersect, not just with race but gender and LGBTQ status, class and socioeconomic vulnerability, et cetera, et cetera, the list goes on.
Mme Arbel : J’appuierais tous ces commentaires, et j’ajouterais que, en plus de l’histoire et des manifestations actuelles des inégalités, dont Mme Liew a parlé, le régime canadien en matière de migration non seulement reflète ces inégalités globales plus larges, mais les renforce aussi puisqu’elles s’insèrent dans les nombreuses positions stratégiques que vous avez exposées en parlant d’intersectionnalité, non seulement au
chapitre de la race, mais aussi du genre, du statut LGBTQ, des vulnérabilités socioéconomiques, etc., etc., la liste continue. We have the ability not to reinforce but to dismantle those inequalities. Canada is far removed from the world’s conflict zones. Even when we face a so-called flood of migrants, the numbers themselves are relatively small, and we have resources that allow us to respond to these arrivals in, as Professor Liew notes, a humanitarian and compassionate way. Nous pouvons cesser de renforcer ces inégalités et les éliminer. Le Canada se situe très loin des zones de conflit mondiales.
Même en face de ce que nous appelons afflux massif d’immigrants, le nombre lui-même est assez faible, et nous avons les ressources nécessaires pour accueillir les arrivants de façon humanitaire et avec compassion, comme l’a dit Mme Liew. We are not at risk of being quote, unquote “overwhelmed” by migrants, not by refugees and not by other migrants who arrive here seeking a better life, and this is in part because of our geographic location but in part because of those externalization policies that Canada itself has implemented.
Nous ne risquons pas d’être « noyés » entre guillemets par les migrants, les réfugiés ou les autres immigrants qui arrivent ici en quête d’une meilleure vie, et c’est en
partie en raison de notre situation géographique et en
partie en raison des stratégies d’externalisation mises en œuvre par le Canada lui-même. We have the resources, capacity and built-in safeguards in our laws, in our constitutional laws, in our human rights commitments, in our refugee protection commitments, that will allow us to respond to these inequalities and ideally dismantle them as opposed to perpetuating them in the way that we are. Nous avons les ressources, la capacité et les mesures de protection nécessaires dans nos lois, nos lois constitutionnelles et nos engagements au
chapitre des droits de la personne et de la protection des réfugiés, et cela nous permettra de régler ces inégalités et idéalement de les éliminer plutôt que de les perpétuer comme nous le faisons. Senator Bernard: Thank you, both. La sénatrice Bernard : Merci à vous deux. Chair, I think they both missed the second part of my question which was, do you have specific recommendations for us? I appreciate your analysis, the link to the history, the history that still plagues us today, but what do we do? What are your suggestions for us? Madame la présidente, je pense que les deux témoins n’ont pas répondu à la deuxième
partie de ma question, qui était : avez- vous des recommandations précises à nous faire? Je comprends votre analyse, le lien avec l’histoire, l’histoire qui nous fait toujours du tort aujourd’hui, mais que devons-nous faire? Avez- vous des suggestions à nous faire? 50:12 Human Rights 8-4-2024
Ms. Liew: I would say two things to focus the discussion a little bit is the Safe Third Country Agreement, which Professor Arbel and I have been talking about, I would say revisit that. That should not be in existence at all. Mme Liew : Je vous dirais deux choses : axer la discussion un peu plus sur l’Entente sur les tiers pays sûrs, dont Mme Arbel et moi avons parlé, et je vous dirais de la réexaminer. Elle ne devrait même pas exister. Second, I would say look at our reliance on temporary residents and the Temporary Resident Program.
There is a plethora of research out there that talks about how harmful this is and how we should be using more permanent resident programs from the economic to the humanitarian spectrum in terms of how we do migration. Ensuite, je vous dirais de revoir notre dépendance aux résidents temporaires et au Programme des résidents temporaires. Il existe une multitude de recherches qui disent à quel point ce genre d’approche est néfaste et nous encouragent à nous servir davantage de programmes des résidents permanents des volets économique et humanitaire, lorsqu’il est question de migration.
If there’s anything I can nudge the committee to look at, it is that the Safe Third Country Agreement doesn’t work. We have had many years of experience with this agreement already. Even despite the recent closure of that and tightening of that, it really hasn’t changed anything that we have witnessed over the last 10 years. There is a lot of evidence and advocates who are in agreement about this, and that there is more harm than good. It doesn’t allow our border to be run in an efficient way.
S’il y a une chose que j’aimerais demander au comité d’examiner, c’est l’Entente sur les tiers pays sûrs, parce qu’elle ne fonctionne pas. Nous avons déjà de nombreuses années d’expérience avec cette entente. Même si l’on a récemment fermé ceci et resserré cela, nous n’avons observé aucun changement au cours des 10 dernières années. Il y a beaucoup de données probantes à cet égard, et beaucoup de défenseurs des droits s’entendent pour dire que cela fait plus de mal que de bien. L’entente ne permet pas une gestion efficace de notre frontière.
Second, I would ask for policy-makers to look at the temporary program, the problems with it, and move away from this temporary program because it really disproportionately affects certain groups of workers, certain groups of persons, and in some ways causes people to talk about racialized groups in different ways.
Ensuite, je demanderais aux décideurs d’examiner le programme des résidents temporaires et d’évaluer les problèmes et ensuite de l’abandonner, parce qu’il touche davantage certains groupes de travailleurs et certains groupes de gens et, d’une certaine façon, il fait en sorte que les gens parlent différemment de certains groupes racisés. I know Parliament has done studies, parliamentary standing committees have done studies on temporary foreign workers and temporary programs, and I would say this is an area that could be easily resolved.
Je sais que le Parlement a effectué des études, que des comités parlementaires permanents ont effectué des études sur les programmes des travailleurs étrangers temporaires et les programmes temporaires, et je dirais que c’est une question qui pourrait être réglée facilement. Ms. Arbel: I would agree with my colleague’s comments on the Safe Third Country Agreement. I think the evidence shows the agreement does not work.
The agreement is premised on the finding that the United States is a safe country for refugees, and the evidence bears out that the United States is not a safe country for refugees and has not been for decades. Mme Arbel : J’appuie les commentaires de ma collègue au sujet de l’Entente sur les tiers pays sûrs. Je pense que les données probantes montrent qu’elle ne fonctionne pas. Elle est fondée sur la conclusion selon laquelle les États-Unis sont un pays sûr pour les réfugiés, et les données probantes montrent que ce pays n’est pas un pays sûr pour les réfugiés et qu’il ne l’est pas depuis des dizaines d’années.
My first recommendation is to revisit the legality of the Safe Third Country Agreement. Within the Safe Third Country Agreement, Canada has the ability under the terms of the agreement to create public policy exemptions according to our laws and our priorities. Presently, the exemptions are limited and do not account for these broader structures of inequality that we have spoken of. Canada can create additional exceptions that accord with the specific protections that are already established in our laws. Ma première recommandation est d’examiner le caractère légal de l’Entente sur les tiers pays sûrs.
Celle-ci permet au Canada de créer des exemptions pour des motifs d’intérêt public, conformément à nos lois et à nos priorités. Actuellement, les exemptions sont limitées et ne tiennent pas compte de ces grandes structures d’inégalité dont nous avons parlé. Le Canada peut créer d’autres exemptions respectant les protections spécifiques déjà établies dans nos lois. 8-4-2024 Droits de la personne 50:13
The additional protocol is profoundly harmful, and that 14-day requirement that I mentioned in my comments has the effect of creating enhanced vulnerability to immigration detention for any individual who’s intercepted in those initial 14 days subsequent to crossing the border. Le protocole supplémentaire est très néfaste, et l’exigence de 14 jours que j’ai mentionnée dans mes commentaires fait en sorte que les gens interceptés dans les 14 jours après avoir traversé la frontière risquent davantage d’être détenus pour des motifs d’immigration. The immigration detention regime is riddled with problems.
The Canada Border Services Agency currently operates as the only major law enforcement agency in Canada without independent civilian oversight. Immigration detention is not subject to time limits, and immigration detention is allowed to proceed with horrific violations of human rights happening in immigration detention centres as well as provincial jails across the country. Le régime de détention pour des motifs d’immigration est affligé de nombreux problèmes.
L’Agence des services frontaliers du Canada est actuellement le seul grand organisme d’application de la loi au Canada qui ne fait pas l’objet d’une surveillance civile indépendante. La détention pour des motifs d’immigration n’est pas limitée dans le temps, et le régime de détention permet d’horribles violations des droits de la personne dans les centres de détention de l’immigration et dans les prisons provinciales dans tout le pays. Those are a number of proposals as to how to address these inequalities, which are similarly manifested in the detention regime.
Voilà certaines de nos propositions sur la façon de régler ces inégalités, que l’on peut aussi observer dans le régime de détention. The Acting Chair: Thank you very much for those specific recommendations. We really need to hear about them. La présidente suppléante : Merci beaucoup pour ces recommandations précises. Nous sommes heureuses de les entendre. Professor Liew, since you talked about temporary workers, people with temporary status, you must have heard about Minister Miller’s announcement to cut back on temporary foreign workers and encourage industries to deploy the talent of asylum seekers.
What is your response to that? Is that a good idea? Bad idea? Not going to work? Madame Liew, comme vous avez parlé des travailleurs temporaires, des gens qui ont un statut temporaire, vous devez avoir entendu l’annonce du ministre Miller, qui veut diminuer le nombre de travailleurs étrangers temporaires et encourager les entreprises à embaucher des demandeurs d’asile. Qu’en pensez- vous? Est-ce une bonne idée? Une mauvaise idée? Est-ce que cela va fonctionner? Ms. Liew: I welcome that announcement. I think it is a good idea to think about less reliance on the Temporary Foreign Worker Program.
However, I think it falls short of systemic and needed change in the sense that there is a very real demand for workers in various industries that are not being met by Canadian permanent residents and citizens. Mme Liew : Je suis ravie de cette annonce. Je pense que c’est une bonne idée de se servir moins du Programme des travailleurs étrangers temporaires. Cependant, je pense que cela ne correspond pas au changement systémique nécessaire, dans la mesure où il y a une réelle demande de travailleurs dans différents secteurs qui n’est pas comblée par les résidents permanents et les citoyens canadiens.
Recruiting people from overseas to come and fill these labour shortages is an important role that the immigration system has. However, recruiting them on a temporary basis really is problematic, not only to the industries that invest and train in this human capital, but also with regard to the fact that many of these people are living in limbo, where they come to Canada, set up lives here and get integrated into — Embaucher des gens de l’étranger pour qu’ils viennent combler ce manque de main-d’œuvre est un rôle important du système d’immigration. Toutefois, les embaucher à
titre temporaire est un réel problème, non seulement pour les entreprises qui investissent dans ce capital humain et le forment, mais aussi parce que bon nombre de ces personnes vivent dans l’incertitude puisqu’elles viennent au Canada, font leur vie ici et s’intègrent à... The Acting Chair: Stay in the lane of asylum seekers. We actually have a Senate study that is almost ready on temporary foreign workers. La présidente suppléante : Veuillez parler des demandeurs d’asile. En fait, une étude sénatoriale sur les travailleurs étrangers temporaires est presque prête. Ms. Liew: Okay. Mme Liew : D’accord. 50:14 Human Rights 8-4-2024
The Acting Chair: Canada does not exist in a vacuum in the space of displacement. We have regional arrangements, safe third country being one of them with the U.S. We’ve recently imposed visas on Mexicans because of the high volume of Mexicans claiming asylum status after arrival. La présidente suppléante : Le Canada n’agit pas en vase clos quand il est question de déplacements. Nous avons des accords régionaux, dont l’Entente sur les tiers pays sûrs que nous avons avec les États-Unis.
Nous avons récemment imposé des visas aux Mexicains en raison de l’important volume de Mexicains qui demandent l’asile après leur arrivée. But we are a player. What recommendations would you make for the study that would position Canada as a regional leader with our partners in North America and, in fact, South America? How can we step up to the plate and be that beacon of light and hope that I think you would like us to be? Mais nous sommes un joueur.
Quelles recommandations feriez-vous, dans le cadre de l’étude, qui ferait du Canada un chef de file régional pour nos partenaires en Amérique du Nord et, en fait, en Amérique du Sud? Comment pouvons-nous en faire plus et être le phare et le symbole d’espoir que, selon moi, vous aimeriez que nous soyons? Ms. Liew: I guess I would say with regard to the Mexican example that you speak about is that why is it that we default to putting visas and barriers forward when we have a very good refugee determination system?
Why is it that we don’t let the system work and assess and — Mme Liew : En ce qui concerne l’exemple des Mexicains dont vous avez parlé, je vous poserais une question : pourquoi avons-nous décidé d’imposer des visas et de créer des obstacles alors que nous avons un très bon système de détermination du statut de réfugié? Pourquoi ne laissons-nous pas le système faire son travail et évaluer et... The Acting Chair: Can I probe you on that? The system is overloaded. Backlogs stretch on for years, so I’m not quite sure I agree with you that we have a well-resourced system.
We are going to hear from the chairman of the Immigration and Refugee Board of Canada, or IRB, on that point. How do you conclude that the system is well resourced when we have backlog upon backlog in the asylum system? La présidente suppléante : Puis-je vous poser d’autres questions? Le système est surchargé. Un retard de plusieurs années a été accumulé, donc je ne suis pas certaine d’être d’accord avec vous lorsque vous dites que notre système a suffisamment de ressources. La présidente de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada, la CISR, va nous en parler.
Comment pouvez-vous conclure que le système a accès à suffisamment de ressources lorsque nous accumulons retard sur retard dans le système d’asile? Ms. Liew: I wouldn’t say it’s well resourced. What I do say is we have a system in place that does work and can do the work of assessment. Maybe the problem is that we should be devoting more appropriate resources and reevaluating how to properly assess these people rather than dealing with the problem by turning the so-called taps off, because people are going to come, and we can’t deny that. Mme Liew : Je ne dirais pas qu’il y a suffisamment de ressources.
En fait, ce que je dis, c’est que nous avons un système qui fait le travail et qui peut faire les évaluations. Peut‑être que le problème, c’est que nous devrions y consacrer des ressources plus appropriées et réexaminer la façon d’évaluer convenablement ces personnes plutôt que de fermer les valves, disons, parce que les gens viendront, et nous ne pouvons pas le nier. If we’re going to be treating Mexico as an equal partner in our agreements, then we can’t be treating them differently than our American partners in that respect.
If it is a resource problem, it should be assessed and looked at, but the fact of the matter is that the refugee determination process has all the tools in place to do a proper assessment and we should be bolstering that system to be able to take on the cases that come before them. Si nous voulons considérer le Mexique comme un partenaire égal, dans nos ententes, nous ne pouvons pas le traiter différemment de nos partenaires américains à cet égard.
Si c’est un problème de ressources, il faut se pencher sur la question, mais, dans les faits, le processus de détermination du statut de réfugié a tous les outils nécessaires pour faire une évaluation convenable, et nous devrions améliorer ce système pour qu’il puisse traiter les affaires qui y arrivent. Senator Simons: The premise of the Safe Third Country Agreement is that you are entering into an agreement with a country whose systems may not be the same as yours but you have faith and confidence that they will also provide protection.
We are about to enter a moment — an inflection point — in American history where our partner to the south could go in one of two directions. If President Trump is re-elected, as the polls indicate he will be at this moment, given his track record in his La sénatrice Simons : La prémisse de l’Entente sur les tiers pays sûrs, c’est que vous concluez une entente avec un pays dont les systèmes ne sont peut-être pas semblables aux vôtres, mais vous croyez et êtes persuadés qu’il offrira aussi une protection.
Nous arrivons à un moment — un moment charnière — de l’histoire des États-Unis, où notre partenaire du Sud pourrait aller dans une direction ou une autre. Si le président Trump est réélu, comme l’indiquent les sondages actuellement, compte tenu 8-4-2024 Droits de la personne 50:15
first presidency and given the rhetoric of his second presidential campaign, it seems to me increasingly likely that the divergence between Canadian tactics and American may have a larger gulf. de ce qu’il a fait durant sa première présidence et de la rhétorique de sa deuxième campagne présidentielle, selon moi, il est de plus en plus probable que le gouffre se creusera davantage entre les tactiques canadiennes et les tactiques américaines.
As more women in the United States are facing prosecution for seeking reproductive health choices, I worry about what could happen if the Safe Third Country becomes significantly less safe than it was in 2023 when this policy came into effect. De plus en plus de femmes aux États-Unis risquent d’être poursuivies parce qu’elles veulent pouvoir faire leurs propres choix en matière de santé reproductive. Je m’inquiète de ce qui pourrait arriver si le tiers pays sûr devenait beaucoup moins sûr qu’il ne l’était en 2023, lorsque cette politique est entrée en vigueur. Ms.
Arbel: In response to that, I would say that the United States has not been a safe country for refugees for decades. It certainly was not a safe country for refugees in 2004 when the agreement first came into effect, and it has not been a safe country for refugees since. The agreement itself specifies what is meant by a “safe country” and references the United States’ international record under the refugee convention, the convention against torture, its practices and non-refoulement, as well as its domestic policies, laws and practices in regard to the assessment of asylum.
In all of those respects, the United States falls far below established international standards and also far below established Canadian standards. Mme Arbel : En réponse, je dirais que les États-Unis ne sont plus un pays sûr pour les réfugiés depuis des dizaines d’années. Ce n’était certainement pas un pays sûr pour les réfugiés en 2004, lorsque l’entente est entrée en vigueur la première fois, et il ne l’a pas été depuis.
L’entente elle-même précise ce qu’est un « pays sûr » et renvoie au bilan des États-Unis à l’international au regard de la convention sur les réfugiés, de la convention contre la torture, de ses pratiques et du non-refoulement, ainsi qu’à ses politiques, lois et pratiques internes touchant l’évaluation de l’asile. À tous ces égards, les États-Unis sont bien en deçà des normes internationales établies et des normes canadiennes établies. I agree with you that I expect that the divergence will only intensify, and I am not alone in this.
The Supreme Court of Canada, despite the fact that it upheld the constitutionality of the Safe Third Country Agreement, made two important findings that are relevant to your question. The first is that the court did recognize that there is a risk of harm as a result of refoulement and detention practises in the United States. The court found that it is those so-called safety valves that Professor Liew spoke about that prevents that harm from materializing.
I agree with Professor Liew’s comments at the beginning of this meeting as to why that is a finding that is disconnected from the material realities of how those so-called safety valves work. Je suis d’accord avec vous pour dire que la différence ne fera que s’agrandir, et je ne suis pas la seule de cet avis. Même si elle a maintenu la constitutionnalité de l’Entente sur les tiers pays sûrs, la Cour suprême du Canada a tiré deux conclusions importantes qui sont pertinentes pour votre question.
La première, c’est que la Cour a reconnu qu’il y a un risque de préjudice en raison des pratiques de refoulement et de détention aux États-Unis. La Cour a conclu que ce sont ces supposées soupapes de sécurité — dont a parlé Mme Liew — qui préviennent les préjudices. Je me range à l’opinion qu’elle a exprimée au début de la séance sur la raison pour laquelle cette conclusion ne correspond pas dans les faits à la façon dont ces supposées soupapes de sécurité fonctionnent. With respect to the court’s other finding, the court sent back the matter for redetermination on the question of whether there’s a violation of
section 15 as a result of the disparate treatments that women and other gender-based claimants face in the United States, and that matter is presently before the Canadian courts. There is a wide divergence between Canada and the United States, not only with respect to the reproductive rights point that you had mentioned, but also fundamental discrepancies in how Canada approaches gender-related claims as compared with the United States. There are so many valuable statements of principle in our laws that state Canada’s commitment to gender equality.
The Safe Third Country Agreement and the continued recognition of the United States as a “safe country,” works contrary to these statements and commitments. Pour ce qui est de l’autre conclusion, la Cour a renvoyé l’affaire sur la question de savoir s’il y a violation de l’article 15, étant donné que les femmes et les autres personnes qui déposent des demandes d’asile fondées sur le genre sont traitées différemment, aux États-Unis, et cette affaire est présentement devant les tribunaux canadiens.
Il y a une grande différence entre le Canada et les États-Unis, non seulement en ce qui concerne les droits génésiques dont vous avez parlé, mais aussi des divergences fondamentales dans la façon dont le Canada et les États-Unis traitent les demandes d’asile fondées sur le genre. Il y a tellement de déclarations de principe importantes, dans nos lois, qui soulignent l’engagement du Canada à traiter équitablement tous les genres.
L’Entente sur les tiers pays sûrs et le maintien de la reconnaissance des États-Unis en tant que « pays sûr » sont contraires à ces déclarations et ces engagements. 50:16 Human Rights 8-4-2024
The Acting Chair: If I may ask possibly the last question for both of you because we are running out of time. You both spoke about public policy exemptions that are possible. None have been articulated so far. What recommendations would you like to see in the report regarding public policy exemptions? Should we have a public policy exemption for minors? Should we have a public policy exemption based on gender and gender identity? La présidente suppléante : J’aimerais vous poser à toutes les deux une dernière question parce que le temps file.
Vous avez toutes deux parlé des exemptions pour motifs d’intérêt public possibles. Aucune n’a été exposée jusqu’à présent. Quelles recommandations aimeriez-vous voir dans le rapport au sujet des dispenses de la politique d’intérêt public? Devrions-nous avoir une exemption pour les mineurs? Devrions-nous en avoir une fondée sur le genre et l’identité de genre? Ms. Arbel: I would say that the public policy exceptions should be crafted by reference to an analysis of the ways in which Canadian law differs from U.S. law with respect to matters of asylum.
The list that I’ll provide you won’t be comprehensive — and I know Professor Liew will have much to say on this — but the exemptions have to begin with a principled evaluation of how U.S. law differs from Canadian law in matters of asylum. Gender is front-of-mind. Gender identity is front-of- mind. Sexual orientation is front-of-mind. The vulnerability at these various intersections of race, socio-economics, mental health and disability also come to mind, as well as reproductive rights, family unification and a variety of other ways in which the systems diverge.
I don’t want to take up too much time, so I’ll shift over to Professor Liew. Mme Arbel : Je dirais que les exemptions pour motifs d’intérêt public devraient être fondées sur une analyse des différences entre le droit canadien et le droit américain au
chapitre de l’asile. La liste que je vais vous présenter ne sera pas exhaustive — et je sais que Mme Liew en aura beaucoup à dire sur le sujet —, mais les exemptions doivent commencer par une évaluation raisonnée des différences entre le droit américain et le droit canadien au
chapitre de l’asile. La question du genre est à l’avant-plan, tout comme l’identité de genre et l’orientation sexuelle. La vulnérabilité à de l’intersectionnalité — la race, l’aspect socioéconomique, la santé mentale et les handicaps — est aussi prioritaire, tout comme les droits génésiques, la réunification des familles et diverses autres façons dont les systèmes diffèrent. Je ne veux pas prendre trop de temps, donc je vais donner la parole à Mme Liew. Ms. Liew: Other groups would be unaccompanied minors.
I know the United States does not have a system for litigation guardians, for example, in their refugee system. The other thing is to be very responsive to political decisions on the ground in the United States. When President Trump issued the Muslim ban, for example, those kinds of communities should be attended to. Mme Liew : D’autres groupes seraient les mineurs non accompagnés. Je sais que les États-Unis n’ont pas de dispositions sur les tuteurs légaux, par exemple, dans leur système d’asile. Il faut aussi savoir réagir aux décisions politiques sur le terrain aux États-Unis.
Je pense par exemple au moment où le président Trump a interdit l’accès au territoire aux musulmans; il faut penser à ce genre de communautés. In the United States, there is a ban on submitting a refugee application after one year. People who were, for a host of innocent reasons, unable to submit a refugee claim should be allowed to be exempted as well — being cognizant of the fact that people may not know how law works in a foreign country, the deadlines and whatnot. Aux États-Unis, il est impossible de déposer une demande d’asile après un an.
Les gens qui, pour une foule de raisons, ont été incapables de demander l’asile devraient eux aussi avoir droit à une exemption — car on sait que les gens pourraient ne pas connaître le fonctionnement des lois dans un pays étranger, les dates limites et ainsi de suite. Along with what Professor Arbel said, I would add those categories. I would hope that policy-makers on the committee would rethink the entire agreement in and of itself rather than doing a piecemeal exemption approach to this. J’ajouterais ces catégories à ce qu’a dit Mme Arbel.
J’espère que les décideurs qui siègent au comité réexamineront l’intégralité de l’entente et qu’ils n’appliqueront pas des exemptions au coup par coup. Ms. Arbel: I agree with that wholeheartedly. Mme Arbel : Je suis tout à fait d’accord. The Acting Chair: Thank you both. This is a difficult subject, and you have succeeded in adding a lot of substance, important knowledge and information for our committee as we make our decisions. On behalf of the committee, thank you again. I apologize for making you wait. La présidente suppléante : Merci à vous deux.
C’est un sujet très difficile et vous avez réussi à y ajouter beaucoup de matière, de connaissances et d’informations importantes dont nous tiendrons compte dans nos décisions. Au nom de notre comité, merci, encore une fois, et excusez-nous de vous avoir fait attendre. 8-4-2024 Droits de la personne 50:17
Colleagues, we now have our second panel. Each of the witnesses will have five minutes for their opening statements, and then we will turn to the senators for questions. Chers collègues, nous accueillons maintenant le deuxième groupe de témoins. Chaque témoin aura cinq minutes pour faire ses déclarations liminaires, puis les sénatrices pourront poser leurs questions. Let me start by thanking both our witnesses. This meeting has been scheduled and rescheduled many times. I apologize. Life in the Canadian Senate is likely as unpredictable as life in the American Senate, Mr. Slocum.
Forgive us for this, but we are finally getting to this. Laissez-moi commencer par remercier nos deux témoins. La présente réunion a été reportée plusieurs fois. Toutes nos excuses. La vie au sein du Sénat canadien est sans doute aussi imprévisible que la vie au sein du Sénat américain, monsieur Slocum. Veuillez nous pardonner; nous pouvons enfin nous y mettre. With us at the table, we welcome Gauri Sreenivasan, Co‑Executive Director of the Canadian Council for Refugees, and via video conference, we welcome John Slocum, Executive Director of the Refugee Council USA.
Nous accueillons Mme Gauri Sreenivasan, codirectrice générale, Politiques et plaidoyer, Conseil canadien pour les réfugiés; et, par vidéoconférence, M. John Slocum, directeur général, Conseil des réfugiés des États-Unis. I invite Ms. Sreenivasan for her five minutes, followed by Mr. Slocum. Madame Sreenivasan, c’est à vous; vous avez cinq minutes, puis ce sera au tour de M. Slocum. Gauri Sreenivasan, Co-Executive Director, Policy and Advocacy, Canadian Council for Refugees: Good afternoon, and thank you very much for having me.
You’ve added to the fact that the hearing has had to be rescheduled several times, and we’ve just come from having the eclipse. I’ve just arrived from seeing it. It did, in fact, happen. It was incredible, and I appreciate the support of the clerk for all the arrangements. Gauri Sreenivasan, codirectrice, Politiques et plaidoyer, Conseil canadien pour les réfugiés : Bon après-midi, et merci beaucoup de m’avoir invitée. Vous avez mentionné que la séance a dû être reportée plusieurs fois, et l’éclipse vient tout juste d’avoir lieu. Je viens de la voir. Elle a effectivement eu lieu.
C’est incroyable, et je remercie le greffier d’avoir pris toutes les dispositions nécessaires. Good afternoon. My name is Gauri Sreenivasan, and I am the Co-Executive Director at the Canadian Council for Refugees, or CCR. The CCR is Canada’s leading national umbrella, representing 200 front-line organizations across the country working with refugees and migrants. Bon après-midi. Je m’appelle Gauri Sreenivasan, et je suis codirectrice du Conseil canadien pour les réfugiés, le CCR.
Le CCR est une entité nationale qui représente 200 organisations de première ligne de partout au pays qui travaillent auprès de réfugiés et de migrants. [Translation] [Français] I would like to thank the Standing Senate Committee on Human Rights for its interest in this important subject: forced displacement around the world. It is important to understand this phenomenon because the global crisis is defining the context of forced displacements in Canada and North America. Merci de l’engagement du Comité sénatorial permanent des droits de la personne sur ce thème important des déplacements forcés dans le monde.
Il est essentiel de le comprendre, car c’est la crise mondiale qui définit le contexte des déplacements forcés au Canada et en Amérique du Nord. [English] [Traduction] Today, the greatest dysfunction of our refugee system in Canada facing this context of forced displacement relates to refugee claimants. I will focus my remarks on what we can do to change that. I am not going to address the US-Canada Safe Third Country Agreement with the U.S. in my opening remarks, since you’ve just discussed it.
However, the CCR is the leading public interest party challenging this agreement in the courts, and I’m happy to speak to our perspectives on it in the question period. Aujourd’hui, le plus gros problème du système d’asile canadien, compte tenu du contexte des déplacements forcés, concerne les demandeurs d’asile. Mes commentaires porteront sur ce que nous pouvons faire pour changer cela. Je ne parlerai pas de l’Entente sur les tiers pays sûrs entre le Canada et les États-Unis dans mes déclarations liminaires puisque vous venez d’en parler.
Toutefois, le CCR est le principal organisme d’intérêt public qui a contesté cette entente devant les tribunaux, et je me ferai un plaisir de vous faire part de nos opinions à ce sujet au cours de la période de questions. Refugee claimants are those seeking asylum after arriving on Canadian soil as opposed to those who receive refugee status overseas. The vast majority of claimants we see — almost three Les demandeurs d’asile sont ceux qui demandent l’asile après leur arrivée sur le sol canadien; ils n’ont pas reçu le statut de réfugié à l’étranger. On juge que la grande majorité des 50:18 Human Rights 8-4-2024
out of four last year — are found to be refugees needing protection. In a country that prides itself on its leadership and know-how in welcoming and settling refugees from abroad, there is — shockingly — effectively no system in place in Canada to deal with claimants who arrive on our shores.
Instead, we are seeing a false narrative from political leaders that unfairly labels refugee claimants as a crisis, and we see a policy approach that is focused either on futile attempts to stop refugees from seeking safety here — such as the Safe Third Country Agreement — or costly and ineffective short-term emergency responses that serve neither the public nor refugees. demandeurs d’asile — presque trois personnes sur quatre l’année dernière — sont des gens qui doivent être protégés.
Dans un pays qui se targue d’être un chef de file et de savoir comment accueillir des réfugiés de l’étranger et les aider à s’établir ici, étonnamment, dans les faits il n’y a aucun système au Canada pour prendre en charge les demandeurs d’asile qui arrivent chez nous.
Nous entendons plutôt les déclarations mensongères de nos dirigeants politiques, qui disent, à tort, que la présence des demandeurs d’asile cause une crise, et nous voyons une approche stratégique qui consiste soit en de vaines tentatives pour empêcher les gens de demander l’asile ici — comme l’Entente sur les tiers pays sûrs — ou soit en interventions d’urgence à court terme coûteuses et inefficaces qui ne servent ni le public, ni les réfugiés. Far too many claimants in Canada are ending up homeless, in city shelters or bussed to isolated hotels across the country.
They are lost in a confusing system without supports or legal counsel. In the past six months alone, two unhoused refugee claimants have died in the Greater Toronto Area for lack of adequate supports. Canadians are rightly appalled. Beaucoup trop de demandeurs d’asile au Canada finissent dans la rue ou dans des refuges en milieu urbain, ou sont amenés par autobus dans des hôtels isolés un peu partout au pays. Ils sont perdus, dans un système confus et n’ont aucune aide ni conseil juridique.
Ces six derniers mois seulement, deux demandeurs d’asile itinérants sont morts dans la région du Grand Toronto parce qu’ils n’ont pas eu accès aux soutiens adéquats. Les Canadiens et les Canadiennes ont raison d’être outrés. It is time to change both the conversation and the approach to refugee claimants in Canada. The expansion of the Safe Third Country Agreement last year has done nothing to address forced displacement in the Americas or the actual demand of refugee claimants for protection. C’est le temps de changer et le discours et l’approche concernant les demandeurs d’asile au Canada.
L’élargissement de l’Entente sur les tiers pays sûrs, l’année dernière, n’a pas aidé à diminuer les déplacements forcés dans les Amériques ou le nombre réel de demandes d’asile. While crossings between ports of entry at the U.S.-Canada border are down, given the growing global crisis of displacement — and as to be expected — the overall number of refugee claimants is also on the rise in Canada. Last year, there were 144,000 claims filed for refugee protection compared to 91,000 the previous year — with a particular rise in claims made at airports.
But the number of claimants in Canada will always be minuscule when compared to flows to front-line states in the Global South and Europe. Même si les passages entre les points d’entrée de la frontière canado-américaine ont diminué, compte tenu de la crise mondiale croissante des personnes déplacées, comme on pouvait s’y attendre, le nombre total de demandeurs d’asile est aussi en hausse au Canada. L’année dernière, 144 000 demandes d’asile ont été déposées, comparativement à 91 000 l’année d’avant, et il y a eu une hausse non négligeable des demandes aux aéroports.
Mais le nombre de demandeurs d’asile au Canada sera toujours infime comparativement à la quantité que reçoivent les États de première ligne de l’hémisphère Sud et de l’Europe. However, the number of claimants, even at its peak last year, is not the issue. These are people who Canada can absolutely receive and process if we plan. The CCR is calling for a comprehensive and coordinated national approach to ensure the right to asylum with dignity that builds on the infrastructure, skills and capacity that are already in place in this country but poorly deployed.
With some key adjustment and a proactive mindset, we can redirect wasteful expenses and replicate what we know works so that those fleeing persecution are treated fairly and are set up for success as future Canadians. Cependant, le nombre de demandeurs d’asile, même à son plus haut l’année passée, n’est pas le problème. Ce sont des personnes que le Canada peut tout à fait accueillir et traiter si nous le planifions.
Le CCR demande que l’on utilise une approche nationale exhaustive et coordonnée pour garantir le droit à l’asile avec dignité en tenant compte de l’infrastructure, des compétences et des capacités qui sont déjà en place au pays, mais qui sont mal utilisées. Grâce à quelques modifications clés et à une attitude proactive, nous pouvons rediriger des dépenses inutiles et reproduire ce qui, on le sait, fonctionne de façon que ceux qui fuient la persécution soient traités équitablement et qu’ils aient toutes les chances de réussir, dans l’avenir, en tant que Canadiens. 8-4-2024 Droits de la personne 50:19
We urge you, senators, to join us in calling for the federal government to work in collaboration with provincial and municipal governments as well as civil society to take action in five key areas. I appreciate that the clerk has already submitted our brief to you. Nous vous encourageons, mesdames les sénatrices, à demander avec nous au gouvernement fédéral de travailler en collaboration avec les gouvernements provinciaux et les administrations municipales, ainsi qu’avec la société civile, et de prendre des mesures dans cinq secteurs clés. Je sais que le greffier vous a déjà distribué notre mémoire.
The first recommendation is to establish reception centres to provide orientation, triage and referral services for newly arrived claimants as well as options for emergency shelter. There is work under way to establish a reception centre for the Peel Region with federal funding, for example. This is a very positive first sign, and it should be replicated. La première recommandation est d’établir des centres d’accueil pour fournir des services d’orientation de triage et d’aiguillage aux demandeurs d’asile qui viennent d’arriver et leur fournir des options de refuge d’urgence.
Un centre d’accueil verra bientôt le jour dans la municipalité de Peel, grâce à un financement fédéral, par exemple. C’est un premier signe très positif, et cela devrait être refait. Second, we must fund and replicate successful transitional housing models to complement the reception centres. Civil society has already developed a network of at least 35 organizations across the country that offer short-term and transitional housing for refugee claimants.
These programs operate at a fraction of the cost of hotels or homeless shelters while supporting claimants to find a lawyer and a job and help them move into longer-term housing, critically, therefore, easing pressure on the cities’ emergency shelters. With predictable, long-term government funding, these successful models can be scaled up and replicated with immediate benefits. La deuxième, c’est de financer et reproduire les meilleurs modèles de logement de transition pour compléter les centres d’accueil.
La société civile a déjà créé un réseau d’au moins 35 organisations partout au pays qui offrent un hébergement de transition et à court terme aux demandeurs d’asile. Ces programmes coûtent une fraction de ce que coûtent les hôtels ou les refuges pour sans-abri et aident en outre les demandeurs d’asile à trouver un avocat, un emploi et un logement à long terme, atténuant ainsi grandement la pression sur les refuges d’urgence des villes. Avec un financement gouvernemental prévisible et à long terme, ces modèles réussis peuvent être élargis et reproduits, entraînant ainsi immédiatement des bénéfices.
Third, we need to make claimants eligible for the support services that are already offered to all other newcomers. The federal government funds a highly developed network of organizations across the country offering specialized services to new arrivals, but their hands are tied as they are not allowed to serve refugee claimants. It makes no sense, and the restriction must be lifted. As a precedent, in 2022, the government saw the obvious logic of extending settlement services to Ukrainians fleeing the war, and refugee claimants deserve no less.
La troisième, c’est de faire en sorte que les demandeurs d’asile soient admissibles aux services de soutien déjà offerts à tous les autres nouveaux arrivants. Le gouvernement fédéral finance un réseau très complexe d’organisations situées partout au pays qui offrent des services spécialisés aux nouveaux arrivants, mais ces organisations ne sont pas autorisées à servir les demandeurs d’asile. Cela n’a pas de sens, et cette restriction doit être levée.
Par exemple, en 2022, le gouvernement a vu qu’il était logique d’étendre les services d’établissement aux Ukrainiens qui fuyaient la guerre, et les demandeurs d’asile ne méritent pas moins que cela. Fourth, we must ensure that legal aid coverage is available across the country. Multi-year federal funding of legal aid will be essential to remove the serious barriers to legal representation that claimants face. This leads to poorly represented claims, delays and backlogs.
The federal government also needs to work creatively through proven solutions to address the gaps that exist in many provinces where claimants are not even eligible for legal aid. Notably, this includes New Brunswick, Saskatchewan, Nova Scotia and Prince Edward Island. La quatrième, c’est de nous assurer que la couverture d’aide juridique est accessible partout au pays. Le financement fédéral pluriannuel de l’aide juridique sera essentiel pour lever les importants obstacles liés à la représentation juridique des demandeurs d’asile.
Cela fait en sorte que les demandes d’asile sont mal représentées et qu’il y a des retards et de l’arriéré. Le gouvernement fédéral doit aussi travailler de façon créative et utiliser des solutions reconnues afin de combler les lacunes dans les nombreuses provinces où les demandeurs d’asile ne sont même pas admissibles à l’aide juridique. Cela inclut notamment le Nouveau-Brunswick, la Saskatchewan, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard. 50:20 Human Rights 8-4-2024
Our fifth recommendation is that Canada must streamline the application and determination process. In the short-term, this would take small adjustments to simplify the initial stage of determining claimants’ eligibility, which would also shorten the time period during which claimants need social assistance and emergency housing. For the subsequent formal hearing process, Canada’s model is already respected the world over, but adequate funding tied to the actual volume of claims is required to eliminate backlogs and shorten the waiting period.
Notre cinquième recommandation, c’est que le Canada facilite le processus de demande d’asile et de détermination du statut de réfugié. À court terme, de petites modifications seraient nécessaires pour simplifier l’étape initiale, celle où on détermine si le demandeur d’asile est admissible, ce qui raccourcirait aussi la période pendant laquelle celui-ci aurait besoin d’aide sociale et d’un hébergement d’urgence.
En ce qui concerne le processus d’audience officiel subséquent, le modèle du Canada est déjà respecté dans le monde entier, mais un financement adéquat qui tient compte du volume réel de demandes d’asile est nécessaire pour éliminer l’arriéré accumulé et réduire le temps d’attente. To conclude — and I think you spoke about this at the previous panel — we know that in today’s global context, Canada will continue to receive people who are seeking protection from persecution. We know that refugees have a right to asylum.
We know what to do so well in this country to ensure due process to provide supports and set them up for success, and we have all the elements of a plan — yet our heads are in the sand. Canadians expect a plan. They don’t expect the chaos of stopgap measures, and it is long past time to put in place a comprehensive, coordinated and cost-effective system that treats refugee claimants with dignity and fairness, where all levels of government and community groups are playing a role. This is what we are proposing, and we are keen to answer your questions. Thank you very much.
Pour conclure — et je crois que vous en avez parlé avec les témoins précédents — nous savons que, dans le contexte mondial actuel, le Canada continuera d’accueillir des personnes qui demandent une protection contre la persécution. Nous savons que les réfugiés ont droit à l’asile. Nous savons très bien quoi faire dans notre pays pour agir de manière équitable afin de leur offrir du soutien et de leur donner toutes les chances de réussite, et nous avons en main tous les éléments essentiels d’un plan; pourtant, nous faisons l’autruche. Les Canadiens s’attendent à un plan.
Ils ne s’attendent pas au chaos de mesures bouche-trous, et il est grand temps de mettre en place un système global, coordonné et rentable qui traite les demandeurs d’asile avec dignité et équité et où tous les ordres du gouvernement et tous les groupes communautaires jouent un rôle. C’est ce que nous proposons, et nous avons bien hâte de répondre à vos questions. Merci beaucoup. The Acting Chair: Thank you to both of you for providing comments in advance. Mr. Slocum, over to you. La présidente suppléante : Je vous remercie tous les deux d’avoir fourni des commentaires à l’avance.
Monsieur Slocum, la parole est à vous. John Slocum, Executive Director, Refugee Council USA: Thank you very much, and good afternoon. I appreciate the invitation to speak at today’s panel. I am the Executive Director of the Refugee Council USA, or RCUSA, which, like the Canadian Council for Refugees, is an umbrella association. In our case, our members include 41 national non-profits in the U.S. that serve and advocate for refugees and other forcibly displaced persons. John Slocum, directeur général, Conseil des réfugiés des États-Unis : Merci beaucoup, et bon après-midi.
Je vous remercie de m’avoir invité à venir témoigner aujourd’hui. Je suis le directeur général du Conseil des réfugiés des États-Unis, ou RCUSA, qui, tout comme le Conseil canadien pour les réfugiés, est une association-cadre. Dans notre cas, nos membres comprennent 41 organisations nationales sans but lucratif des États-Unis qui défendent les droits des réfugiés et des autres personnes déplacées de force. Essentially, we are the U.S. counterpart to the Canadian Council for Refugees, and it’s an honour to participate on this panel alongside my colleague from Canada.
Nous sommes essentiellement l’homologue américain du Conseil canadien pour les réfugiés, et c’est un honneur de témoigner ici aux côtés de ma collègue du Canada. I’m going to use my time to provide a general overview of recent developments in U.S. refugee policy, and I would be happy to go into further depth and further levels of detail on any of the points raised, but I want to keep it to this general overview at the beginning.
Je vais profiter de mon temps de parole pour donner un aperçu général des derniers développements concernant la politique des États-Unis sur les réfugiés, et je serai ravi de parler de manière plus approfondie et détaillée de toute question qui sera soulevée, mais je veux tout d’abord m’en tenir à un aperçu général. Refugee admissions in the U.S., as I’m sure you’re aware, were drastically cut under the Trump administration.
Each year, the annual admission ceiling was set lower than the year before Le nombre d’admissions de réfugiés aux États-Unis, comme vous le savez sûrement, a radicalement diminué sous l’administration Trump. Chaque année, le plafond d’admission 8-4-2024 Droits de la personne 50:21
ending with an all-time low of 15,000 in fiscal year 2021. For several years Canada admitted more refugees for resettlement than did the United States. de réfugiés était abaissé par rapport à l’année d’avant, et il a atteint son niveau le plus bas, soit 15 000, à l’exercice 2021. Durant plusieurs années, le Canada a admis plus de réfugiés aux fins de réinstallation que les États-Unis.
The Biden administration has reversed this decline, significantly rebuilt the U.S. refugee resettlement system and introduced significant innovations, including a new private sponsorship program heavily inspired by the Canadian model. L’administration Biden a renversé la tendance, en rétablissant avec vigueur le système américain de réinstallation des réfugiés et en introduisant d’importantes innovations, y compris un nouveau programme de parrainage par le secteur privé, grandement inspiré du modèle canadien.
For fiscal year 2024, which began on October 1, President Biden set the refugee admissions ceiling at 125,000. This is the same cap as the two previous years, but for many reasons the actual number of arrivals in those years fell far short. This year we may actually come close to resettling 125,000 refugees. Durant l’exercice 2024, qui a commencé le 1er octobre, le président Biden a fixé le plafond d’admission de réfugiés à 125 000. C’est le même plafond que les deux années précédentes, mais, pour de nombreuses raisons, le nombre réel d’arrivées durant ces années a été bien en deçà.
Cette année, nous pourrions réinstaller près de 125 000 réfugiés. In the meantime, two successive international crises — the fall of Kabul in August 2021 and Russia’s February 2022 invasion of Ukraine — prompted the mass entry into the United States of displaced Afghans and Ukrainians. These populations did not enter through the United States Refugee Admissions Program; rather, the majority of them came through humanitarian parole, which provides two years of legal status and work permission but does not offer a path to permanent residence.
Entretemps, deux crises internationales consécutives — la chute de Kaboul en août 2021 et l’invasion de la Russie en Ukraine en février 2022 — ont entraîné l’arrivée massive aux États-Unis d’Afghans et d’Ukrainiens déplacés. Ils ne sont pas entrés au pays par le truchement du programme américain d’admission des réfugiés. La plupart ont été admis au pays pour des motifs humanitaires, ce qui leur accorde un statut juridique et un permis de travail de deux ans, sans leur offrir une voie d’accès à la résidence permanente.
Nearly 90,000 Afghans entered the United States through what was called Operation Allies Welcome. Most received essentially the same benefits as resettled refugees. This helped spur the rebuilding of resettlement infrastructure, but also came close to overwhelming its capacity. Près de 90 000 Afghans sont entrés aux États-Unis par le truchement de ce que l’on appelait l’opération Allies Welcome. La plupart ont reçu essentiellement les mêmes prestations que les réfugiés réétablis. Cela a favorisé la reconstruction des infrastructures de réinstallation, mais celles-ci ont également failli dépasser leur capacité.
For Ukrainian arrivals, a different approach was used: a sponsorship program called Uniting for Ukraine, which places the initial financial responsibility for Ukrainian newcomers in the hands of a private individual or group sponsor rather than a resettlement agency. In early 2023, a similar sponsorship scheme was put in place for individuals from Haiti, Nicaragua, Cuba and Venezuela. Up to 30,000 individuals total from those four countries can enter the United States each month, for a stay of up to two years.
I should emphasize that those who enter through these parole programs are not considered refugees and do not have to pass a refugee status determination. Pour ce qui est des arrivants de l’Ukraine, on a adopté une approche différente : un programme de parrainage appelé Uniting for Ukraine, qui confie la responsabilité financière initiale des arrivants ukrainiens à un particulier ou à un groupe de parrainage plutôt qu’à un organisme de réinstallation. Au début de 2023, un système de parrainage semblable a été mis en place pour les personnes en provenance d’Haïti, du Nicaragua, de Cuba et du Venezuela.
Jusqu’à 30 000 personnes au total de ces quatre pays peuvent entrer chaque mois aux États-Unis et y séjourner pour une période allant jusqu’à deux ans. Je devrais souligner que les personnes qui entrent au pays à l’aide de ces programmes d’admission sous condition ne sont pas considérées comme des réfugiés et n’ont pas à passer par le processus de détermination du statut de réfugié. In 2023, private sponsorship was finally introduced within the Refugee Admissions Program itself through the Welcome Corps initiative.
En 2023, un mécanisme de parrainage par le secteur privé a finalement été intégré au programme d’admission des réfugiés proprement dit grâce à l’initiative Welcome Corps. One of the U.S. government’s most significant refugee policy innovations is the Safe Mobility Initiative, through which Safe Mobility Offices, or SMOs, were established last year in L’une des plus importantes innovations du gouvernement des États-Unis en matière de politique sur les réfugiés est la Safe Mobility Initiative, ou initiative de sécurité des déplacements, 50:22 Human Rights 8-4-2024
Colombia, Costa Rica, Ecuador and Guatemala. When individuals apply through SMOs, UNHCR performs an initial screen for protection needs. Then, for those who don’t qualify for refugee resettlement or another protection pathway, the International Organization for Migration, or IOM, conducts eligibility screens for other legal migration pathways, including non-immigrant work visas to the United States, Canada and Spain. dans le cadre de laquelle des bureaux, les Safe Mobility Offices, ou SMO, ont été établis l’an dernier en Colombie, au Costa Rica, en Équateur et au Guatemala.
Lorsque des personnes font une demande par l’intermédiaire des SMO, le HCR effectue une évaluation initiale des besoins en matière de protection. Ensuite, pour les personnes qui ne sont pas admissibles à un programme de réinstallation des réfugiés ou à une autre mesure de protection, l’Organisation internationale pour les migrations, ou l’OIM, effectue des vérifications de l’admissibilité à d’autres formes de migration légale, y compris les visas de travail pour les non-immigrants aux États-Unis, au Canada et en Espagne.
This initiative is part of the Biden administration’s larger Western Hemisphere migration management policy, which has the overall aim of providing additional safe legal pathways and discouraging irregular migration across the southern U.S. border. Cette initiative s’inscrit dans la politique générale de l’administration Biden sur la gestion de la migration dans l’hémisphère occidental, dont l’objectif principal est de fournir davantage de voies sûres et légales et de décourager la migration irrégulière à la frontière sud des États-Unis.
This approach includes the circumvention of legal pathways final rule, finalized in May 2023, which requires the vast majority of asylum applicants to register through a new mobile app, called Customs and Border Protection One, or CBP One. The rule makes it much harder to claim asylum for people crossing between ports of entry or without having first requested asylum in a country of transit. Advocates understand that these measures place illegal restrictions on the right to territorial asylum.
We point to the need for more comprehensive solutions beyond simplistic and unworkable calls to “close the border.” Cette approche comprend la règle finale sur le contournement des voies juridiques, adoptée en mai 2023, selon laquelle la vaste majorité des demandeurs d’asile doit s’enregistrer au moyen d’une nouvelle application mobile appelée Customs and Border Protection One ou CBP One.
En raison de cette règle, il est beaucoup plus difficile pour les personnes qui traversent la frontière entre les points d’entrée ou celles qui n’ont pas d’abord demandé l’asile dans un pays de transit de demander l’asile aux États-Unis. Les défenseurs des droits des réfugiés savent que ces mesures restreignent de manière illégale le droit d’asile territorial. Nous soulignons la nécessité d’élaborer des solutions plus exhaustives allant au-delà des appels simplistes et inapplicables à « fermer la frontière ».
During the current fiscal year, funding for U.S. refugee assistance and border programs has been at risk due to partisan budgetary battles. In March, Congress finally passed two appropriations bills that keep the U.S. federal government funded through the end of the current fiscal year. In general, federal funding remains in place for key refugee programs, although at far lower levels than needed and without continued authorization of resettlement benefits for newly arrived Afghans and Ukrainians.
Au cours de l’exercice actuel, le financement destiné aux programmes d’aide aux réfugiés et aux programmes frontaliers des États-Unis a été menacé par des batailles budgétaires partisanes. En mars, le Congrès a finalement adopté deux projets de loi de crédits qui assureront le financement du gouvernement fédéral des États-Unis jusqu’à la fin de l’exercice en cours.
En gros, le financement fédéral est maintenu pour les programmes clés destinés aux réfugiés, mais il est beaucoup moins élevé que les besoins, et il n’y a aucune autorisation permanente pour les prestations d’établissement destinées aux nouveaux arrivants afghans et ukrainiens. This concludes my formal remarks, and I welcome your questions. Cela met fin à ma déclaration officielle, et je répondrai volontiers à vos questions. The Acting Chair: Thank you very much, Mr. Slocum, Ms. Sreenivasan. We will turn to senators for questions. La présidente suppléante : Merci beaucoup, monsieur Slocum et madame Sreenivasan.
Nous allons passer aux questions des sénatrices. Senator Simons: Ms. Sreenivasan, I wanted to start with you. I’m curious, because in my previous life as a journalist I often wrote about immigration and refugee issues, and I was always La sénatrice Simons : Madame Sreenivasan, je voulais commencer par vous. Je suis curieuse, parce que, lorsque j’étais journaliste, j’ai souvent écrit sur les questions de l’immigration 8-4-2024 Droits de la personne 50:23
really intrigued to see how the pattern of whom was making the refugee claims changed over time in response to international crises of various sorts. et des réfugiés, et j’aimerais beaucoup savoir comment la tendance a évolué au fil du temps en ce qui concerne les personnes qui présentent des demandes d’asile en raison de crises internationales de tous genres. Could you give the committee a sense now of where the primary sources of people making refugee claims who are — I don’t mean people being settled through UNHCR, but people who are making claims at the border or airports.
Where are they coming from, primarily? Pouvez-vous donner au comité une idée des principales provenances des gens qui présentent des demandes d’asile; je ne parle pas des gens qui sont réinstallés par l’intermédiaire du HCR, mais de ceux qui présentent une demande d’asile à la frontière ou à l’aéroport. D’où viennent-ils, principalement? Ms. Sreenivasan: Claimants are coming from a variety of countries. Notably Mexico is the highest country this year. Also from Turkey, India, Iran, Colombia, Haiti and sub-Saharan Africa. There are a number.
When you look through — the Immigration and Refugee Board, or IRB, actually lists by country, and you can see from the numbers. I actually did that check just before I came. Mme Sreenivasan : Les demandeurs d’asile viennent d’une foule de pays. Surtout du Mexique, cette année. Ils