Health and Social Services — 13 June 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2017-06-13
Quebec — Committees
(Quinze heures quarante-sept
minutes)
Président (M. Merlini) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare donc la
séance de la Commission de la santé et des services sociaux ouverte. Je demande
donc à toutes les personnes dans la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine
de bien vouloir éteindre tous les
sonneries et avertisseurs de tous leurs appareils électroniques.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude... poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 99, Loi
modifiant la
Loi sur la protection de la jeunesse et d'autres dispositions.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements
cet après-midi?
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Sauvé (Fabre) est
remplacée par M. Birnbaum (D'Arcy-McGee) et M. Paradis (Lévis) est
remplacé par M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs).
Le Président (M. Merlini) : Merci
beaucoup, Mme la secrétaire.
Lors de l'ajournement de nos travaux, le
vendredi 9 juin dernier, nous étions à l'étude de l'article 79 et nous avions eu des discussions hors micro sur l'article 79.
Je vous rappelle que l'article 1 est suspendu. Mme la ministre, la
parole est à vous au sujet de l'article 79.
Charlebois :
Bien, merci, M. le Président, vous êtes exactement là où on avait arrêté nos
discussions. On a fait des vérifications,
parce que le député de Saint-Jean nous avait fait des propositions. Alors, j'ai
un autre amendement à lui suggérer,
qui va peut-être répondre à sa suggestion ou, en tout cas, à sa préoccupation.
Et, je ne sais pas, est-ce que c'est déposé? Ça va être déposé?
Le Président (M. Merlini) : Non.
Vous en faites la lecture, et ensuite on fait la distribution.
Charlebois : J'en
fais la lecture d'abord? Bien, merci de me rappeler à l'ordre, merci beaucoup.
Alors, ce que
je propose à l'article 79 du projet de loi, c'est d'ajouter, à la fin du
deuxième alinéa de l'article 312 de la
Loi sur les services de
santé et les services sociaux, proposé par l'article 79 du projet de loi,
la phrase suivante :
«Dans le cadre de son évaluation, l'établissement
prend notamment en considération le lien significatif qu'a l'enfant avec cette
ou ces personnes.»
Président (M. Merlini) :
Alors, on va faire la distribution, et, pendant qu'on fait la distribution de
la copie, je vous demanderais bien de vouloir expliquer votre proposition
d'amendement, Mme la ministre.
Charlebois : D'accord. Alors, ce que je veux vous dire, M. le Président, c'est que cet amendement-là vise à
préciser l'un des éléments qui doit
être pris en compte lors de l'évaluation par l'établissement, soit le lien significatif de l'enfant ayant
été confié à la ou aux personnes faisant l'objet de l'évaluation. D'autres
éléments sont considérés, par exemple la
capacité d'offrir le soutien requis
par la condition de l'enfant et la capacité de collaborer avec les
intervenants — excusez-moi,
je vais éternuer, je pense — qui assurent le suivi
professionnel de l'enfant — ça
va être correct.
Alors, ce que
je veux dire, M. le Président... Je suis désolée pour la caméra, pour ceux qui
nous regardent. En fait, ce que je
veux dire, c'est que ce n'est pas au juridique, c'est dans la pratique que la
définition va se faire, du lien significatif. Ce n'est pas dans le
juridique qu'on fait ça.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce que j'ai des interventions à l'amendement de Mme la
ministre? M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Merci,
M. le Président. C'est un pas dans la bonne direction, sachant que, suite à ma
lecture de l'article 79, je considérais
que ce n'était pas... il y avait une
partie de définition, mais ce n'était pas
si clair que ça, la différence entre
une famille d'accueil conventionnelle, là, régulière et une famille d'accueil
de proximité. La ministre nous avait
expliqué, à l'époque... bien, à l'époque, la semaine passée, l'ajout, là, d'un
enfant nommément désigné, donc, qui ajoutait
le fait de... famille de proximité touchait un enfant spécifique, et non pas
des enfants qui n'ont pas nécessairement un lien avec une famille en particulier. Bon, ça ajoutait quelque chose,
mais, suite aux échanges, la ministre elle-même disait : Bien, il faudrait ajouter une notion du lien significatif.
Donc, elle l'ajoute dans l'amendement qu'elle propose.
Mais
la discussion que nous avons eue lors de la suspension, et que nous avons
réfléchie durant la fin de semaine sur
cette question-là, c'est... La ministre, au fond, l'ajoute suite à
l'évaluation, donc le lien significatif devient en quelque sorte un critère dans
l'évaluation du choix de la famille. Moi, j'aurais davantage vu que ce lien
significatif aurait dû être qualificatif
du lien entre un enfant nommément désigné et la famille, donc ajouter la notion
du lien significatif davantage à la fin du deuxième alinéa, un peu
comme, d'ailleurs, dans le Cadre de référence des ressources intermédiaires,
là, au
chapitre III, page 49. Je
crois que la ministre l'a devant elle. Elle va pouvoir l'utiliser à bon
escient. Il y a une explication d'une
famille d'accueil de proximité. On y dit : «La famille d'accueil exerce
ses activités auprès d'un enfant qui lui est confié en raison de liens significatifs déjà présents entre cet enfant
et la ou les personnes physiques constituant la ressource, dans l'esprit de l'article 4 de la
Loi sur la
protection de la jeunesse. Plus d'un enfant pourrait être accueilli,
notamment une fratrie.» Moi, je trouve que
ça, c'est clair. Là, on voit tout de suite c'est quoi, une famille d'accueil de
proximité. Je peux comprendre aussi
que ce n'est peut-être pas un langage juridique, mais le lien est quand même
clair entre l'enfant et la famille, plutôt qu'un critère dans le choix
de la famille pour cet enfant.
Donc,
l'amendement proposé par la ministre n'est pas inintéressant, mais, selon moi,
il se mériterait d'être plus clair.
Et, bon, on ne fera pas une bataille de tous les instants sur cette
question-là. Cependant, je crois que lorsqu'il y aura renouvellement de
la
Loi sur la protection de la jeunesse, peut-être, dans un autre 10 ans
ou 15 ans... je crois qu'une instance comme le Barreau du Québec
demandera, à ce moment-là, de clarifier davantage cette notion-là, comme ils l'ont fait sur un certain nombre de notions qu'on
aura l'occasion de revenir lorsqu'on en reviendra à l'article 1. Mais,
bon, je voulais quand même le mentionner, que ce n'est pas à notre
satisfaction. On ne votera pas contre l'amendement, mais je voulais quand même le spécifier, que ce n'est pas notre
proposition initiale. Mais on va quand même se rallier à la décision de la ministre, sachant qu'ils ont quand
même fait une étude et une évaluation, et, bon, les juristes semblent
dire que c'est le bon endroit. Donc, on va se fier à leurs lumières et à leur
éclairage.
Le Président (M.
Merlini) : Merci beaucoup, M. le député de Saint-Jean. Mme la
ministre.
Charlebois :
Moi, je n'ai pas d'autre commentaire, M. le Président.
Le Président (M.
Merlini) : Ça va? M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger : Étant donné qu'on définit justement la
famille de proximité, je veux savoir s'il y a à quelque part dans le projet de loi où est-ce qu'on parle
des conditions, au niveau des conditions de travail des... et surtout au
niveau des dépenses qui sont allouées à
l'enfant. Parce que moi, j'ai déjà entendu, des fois, pour avoir parlé avec des
personnes, dépendamment du statut de
l'enfant, là, il y a des dépenses, des fois, qui vont être allouées par la
protection de la jeunesse, puis il y
en a qui ne le seront pas, puis ça va être à la famille de payer pour. Est-ce
qu'à ce moment-là on vient, justement, plus uniformiser les allocations
qui sont allouées aux enfants?
Mme Charlebois :
Bien, c'est...
Le Président
(M. Merlini) : Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Excusez-moi, M. le Président, je vous ai devancé, hein? Je suis trop rapide
tout le temps.
Le Président
(M. Merlini) : Je vous en prie.
Mme Charlebois :
Il va falloir que vous me ralentissiez. Je suis comme un peu hyperactive
aujourd'hui, je suis électrisante.
Alors, c'est
justement ça, à l'article 1, qu'on va revenir, là, qu'on va faire, c'est
justement de rappeler que les conditions d'exercice, la rétribution des
familles d'accueil sont prévues dans d'autres lois, dans d'autres documents
administratifs, et ça va être plus uniformisé pour tout le monde, justement.
C'est ça qu'on vient faire.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Mais ce n'est pas à 79 qu'on règle ça.
Le Président
(M. Merlini) : Ça va?
M. Schneeberger :
Oui.
Président (M. Merlini) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions
sur l'amendement à l'article 79? M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Oui, M. le Président. Ça m'a un peu... Je voulais dire plusieurs choses en même
temps, mais peut-être que la ministre n'a
pas entendu le libellé. Mais j'aurais aimé ça entendre son opinion sur la
définition qui est proposée dans le
Cadre de référence sur les ressources intermédiaires, ressources de type
familial, au
chapitre III, page 49, sur les familles d'accueil de proximité, qui dit : «La famille
d'accueil exerce ses activités auprès d'un enfant qui lui est confié en raison des liens significatifs déjà
présents entre cet enfant et la ou les personnes physiques constituant la
ressource, dans l'esprit de l'article 4
de la
Loi sur la protection de la jeunesse. Plus d'un enfant pourrait être
accueilli, notamment une fratrie.»
Le Président
(M. Merlini) : Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Bien, ça, c'est dans le cadre de référence, puis j'en ai une copie ici, mais il y a tout un bouquin. Le cadre de référence, c'est toujours ajusté, hein? Ça n'a rien à voir avec la loi.
C'est dans la pratique que les intervenants peuvent peaufiner ça. Et c'est justement des spécialistes qui
s'organisent pour que les enfants aient les bons services aux bons
endroits, mais de façon à ce qu'on ne brime pas... On essaie d'avoir le
meilleur environnement pour l'enfant. C'est ça qu'on cherche.
Le Président (M. Merlini) :
Merci, Mme la ministre. M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Je suis tout à fait d'accord avec la ministre. Le contraire serait problématique. Cependant, moi, je trouve que c'est quand même une
très bonne définition.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Mme Charlebois :
Bien oui, mais c'est dans le cadre de référence.
M. Turcotte :
Donc, pourquoi ne pas s'inspirer de ce texte pour le mettre dans la loi?
Le Président (M. Merlini) : Mme
la ministre.
Mme Charlebois : Parce
que ça, c'est un guide clinique,
c'est dans la pratique. Il y a la loi, puis il y a le guide clinique pratique, mais... Je comprends que votre adjoint n'est pas d'accord, mais c'est ce que je propose. Et là je
propose, M. le Président, que nous passions au vote.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce que j'ai d'autres interventions? M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Bien, premièrement...
Mme Charlebois :
Pardon?
M. Turcotte :
J'ai dit «premièrement».
Mme Charlebois :
Non, c'est votre compagnon, là. J'ai entendu quelque chose.
Une voix : Je n'ai rien dit,
mais...
Le Président (M. Merlini) : S'il
vous plaît! S'il vous plaît! On évite les interpellations, là. M. le député de
Saint-Jean.
M. Turcotte :
Premièrement, M. le Président, j'aimerais rappeler à la ministre que c'est comme parlementaires qu'on s'exprime
ici, donc elle peut me poser des questions, mais c'est quand même moi, le porte-parole...
Président (M. Merlini) :
D'abord, d'abord, vous allez me permettre d'interrompre cette
discussion pour vous rappeler qu'on s'adresse d'abord à la présidence.
M. Turcotte : Ah! bien, justement, encore mieux, M. le Président. Donc, je comprends que, bon, la ministre peut ne pas partager
l'opinion de notre parti politique.
Cependant, j'ai aussi le droit... Et
vous comprendrez que les ressources sont
assez disproportionnées — les
gens qui peuvent regarder dans les caméras — entre une personne de notre côté et quand même toute une équipe du côté de
la ministre. Donc, c'est un peu normal que je puisse être
conseillé et recevoir des conseils de notre recherchiste en cette
matière.
Le Président (M. Merlini) :
Maintenant, Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Je n'ai pas de problème avec ça, M. le Président. C'est que j'ai entendu
quelque chose que son conseiller m'a
adressé. Mais, voyez-vous, on va faire comme s'il ne s'était rien dit, là, on
recommence. Là, moi, je propose que nous adoptions 79.
Président (M. Merlini) : Est-ce que j'ai d'autres interventions
sur l'amendement à l'article 79? Je n'en vois pas... Oui, M. le
député de Saint-Jean, vous levez la main.
M. Turcotte :
Bien, je veux juste, en conclusion, dire que je trouve que cette définition qui
a été écrite par le gouvernement... je crois qu'elle répond davantage à notre
souhait. Je comprends que c'est dans le cadre de référence. Je l'ai dit, je le cite, donc je sais c'est où ça
se retrouve. Donc, moi, j'aurais préféré cette définition. Mais, bon,
comme je vous ai dit, on va passer à un autre sujet.
Président (M. Merlini) :
Merci, M. le député de Saint-Jean. Est-ce
que l'amendement à l'article 79
proposé par la ministre est adopté?
Président (M. Merlini) :
Adopté. Nous revenons donc à l'article 79 tel qu'amendé. Est-ce que j'ai
d'autres interventions? Je n'en vois pas. Est-ce que l'article 79, tel
qu'amendé, est adopté?
Président (M. Merlini) :
Adopté. Maintenant, j'ai besoin de votre consentement pour revenir à l'étude
de l'article 1. Est-ce que j'ai votre consentement pour reprendre l'étude
de l'article 1?
Ne parlez pas
tous en même temps, là. Le consentement, Mme la
ministre, est demandé pour revenir à
l'étude de l'article 1.
Mme Charlebois :
Oui. Oui, il y a un consentement, c'est sûr, M. le Président.
Président (M. Merlini) : Alors,
le consentement est donné. Nous revenons donc à l'article 1,
qui a déjà été amendé, alors nous sommes maintenant
à revenir à l'étude de l'article 1 tel
qu'amendé. Est-ce que
j'ai des interventions? M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
J'aimerais savoir pourquoi la ministre... Là, on est sur l'amendement, hein, de
l'article 1?
Le Président (M. Merlini) : On
est sur l'article amendé, M. le député. L'amendement a été adopté déjà.
M. Turcotte : O.K., parfait. Donc, pourquoi que la ministre... ou la ministre a-t-elle une réflexion qui a lieu suite au commentaire du Barreau? Justement, je faisais référence
précédemment, le Barreau demande
l'éclaircissement d'un certain nombre de termes dans le projet de loi,
notamment la question de «parents» et de «parents déchus». Donc, j'aimerais savoir pourquoi la ministre n'a pas
répondu à l'appel du Barreau et n'a pas profité de l'occasion pour
clarifier les définitions de ces deux termes qui sont utilisés dans le projet
de loi.
Le Président (M. Merlini) : Mme
la ministre.
Mme Charlebois :
Là, on étudie 1 avec l'amendement adopté, c'est ça?
Le Président (M. Merlini) :
Oui. C'est ça.
Mme Charlebois :
Juste une seconde, M. le Président, je vais vous...
Mme Charlebois :
Si vous me le permettez, M. le Président, et si le député de Saint-Jean est
d'accord, je demanderais au personnel qui
m'accompagne, du ministère de la Justice, de répondre à cette question, qui est
fort technique.
Le Président (M. Merlini) :
Est-ce que j'ai le consentement pour permettre à un membre du personnel du
ministère de la Justice de répondre à la question posée? M. le député de
Saint-Jean.
M. Turcotte :
Bien, moi, je donne mon consentement sans problème, mais je me garde aussi le
privilège de... si la réponse est... parce qu'il y a quand même un
aspect, des fois, politique.
Président (M. Merlini) : Tout à fait. J'ai votre consentement
aussi, M. le député de Drummond—Bois-Francs? M. le député, j'ai besoin de votre consentement
aussi pour permettre à la représentante...
Mme Charlebois : ...à
madame de répondre.
M. Schneeberger :
Oui. Oui, oui, il n'y a pas de problème, allez-y.
Président (M. Merlini) : Ça va? Alors, s'il vous plaît, pour les
biens de l'audiovisuel, vous identifier, et vous allez répondre à la
question, s'il vous plaît.
Mme Turmel (Audrey) : Bonjour.
Audrey Turmel, du ministère de la Justice du Québec.
Alors,
dans la notion de parents, un peu comme au niveau des autochtones, c'est
vraiment une notion qui couvre beaucoup
de champs, dont le droit de la famille, puis cette notion-là va être utilisée
plus en avant, dans un grand champ, là, un grand chantier qu'on va
prendre au ministère de la Justice. C'est une mesure qui a été vraiment... On a
pris un engagement, nous, au niveau
gouvernemental, dans le Plan d'action gouvernemental de lutte contre l'homophobie
et la transphobie 2017-2022, où on retrouve la mesure MJQ de
dire : On va revoir la notion de parents dans tout le corpus législatif. C'est pour cette raison que... Mais
effectivement, là, on va l'étudier plus avant parce que c'est une notion
qui est très importante, autant au niveau de
la famille qu'au niveau du droit des personnes, de l'adoption. Alors, c'est une
notion beaucoup plus large que la LPJ, c'est pour cette raison. Mais on a quand
même pris un engagement dans le plan de lutte contre l'homophobie.
Le Président (M. Merlini) :
Merci, Mme Turmel. M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Merci, M. le Président. Ça répond à ma question pour la première partie, donc
pour «parents». Mais, pour «parents déchus», est-ce que c'est la même
notion, étant donné qu'il est question de parents, ou c'est...
Le Président (M. Merlini) : Mme
la ministre.
Mme Charlebois :
Je ne vois pas votre affaire de «parents déchus». Pourriez-vous m'éclairer un
petit peu, s'il vous plaît? Je vois «jour férié», «milieu de garde»,
«"parents" : le père et la mère d'un enfant ou toute autre
personne agissant comme titulaire de l'autorité parentale», «règlement»,
«tribunal»...
M. Turcotte :
Oui. M. le Président, je peux expliquer peut-être?
Le Président (M. Merlini) : M.
le député, oui.
M. Turcotte :
Bon. Le Barreau, puis là je peux citer un extrait, là, le Barreau a soulevé la
question des parents déchus en
disant, bon : «Sont-ils compris dans la définition de "parents"
dans la loi?» Parce que, pour eux, là, la participation des parents
déchus à même la LPJ mériterait d'avoir une définition plus claire de leur
statut dans la loi. Donc, c'est la demande du Barreau qui a été faite, là, dans
leur mémoire.
Le Président (M. Merlini) : Mme
la ministre... Me Turmel.
Mme Turmel (Audrey) : Oui,
effectivement, il y a un enjeu. Puis effectivement on va le regarder, mais c'est
un enjeu aussi en adoption, en droit de la
famille, c'est pour ça que nous, on veut le regarder de façon plus globale.
Puis, dans notre chantier, on va le
regarder, effectivement, là, au niveau du plan de lutte, autant père et mère
que le parent déchu, là, oui, en LPJ,
mais, oui, en droit de la famille également, en adoption, en droit de la
personne. C'est toujours, toujours un enjeu, là, qu'il va falloir
revoir, là.
Mme Charlebois :
Plus globalement, finalement.
Mme Turmel (Audrey) : Oui.
Le Président (M. Merlini) : M.
le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Donc, c'est toujours dans la même perspective de voir la notion même de parents
et tous ses dérivés, si on peut dire
ça ainsi, là, donc de «parents», de «parents déchus», et peut-être, dans
d'autres lois ou dans cette loi-ci, il y
a d'autres concepts liés à la parentalité. Donc, de ce que je comprends, c'est
pour répondre à la réalité plus actuelle, là, parce qu'il y a eu quand même une certaine évolution dans la... ce n'est
pas juste un père et la mère, là, maintenant, là.
Mme Turmel (Audrey) :
Exactement. Parce que, dans le...
Le Président (M. Merlini) :
Me Turmel.
Mme Turmel
(Audrey) : Oh! excusez-moi. Dans le corpus législatif, là, on le voit souvent, là, le «parent
non déchu». C'est spécifié dans certains
articles de loi. Alors, il faut vraiment faire le parallèle
avec la LPJ puis les autres lois pour
être certains que notre corpus soit cohérent, là, des articles les uns par
rapport aux autres, là. C'est vraiment pour ça.
Le Président (M. Merlini) :
Merci. M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte : M.
le Président, est-ce que... Parce qu'en ce moment il y a un projet de loi qui
est à l'étude sur l'adoption. Si je
comprends bien, c'est que, dans le projet de
loi sur l'adoption, la notion de
«parents déchus» n'est pas plus définie, elle va se faire en même temps
que ce chantier-là que vous parlez?
Le Président (M. Merlini) : ...allez-y.
Mme Turmel (Audrey) :
Excusez-moi, j'ai moins de connaissances au niveau de l'adoption, mais, si je
ne me trompe pas, ce n'est pas
vraiment une problématique en adoption. Justement, on s'est rendu compte qu'on
voyait... le parent non déchu ou le
parent déchu, il y a une bonne distinction, alors probablement qu'on va
s'inspirer des disposions en matière d'adoption du Code civil pour
pouvoir améliorer notre corpus, nos dispositions à nous, là.
Le Président
(M. Merlini) : M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
O.K. Sur une autre question, mais qui s'y rapproche, ça fait que peut-être
qu'on va avoir encore besoin de vos
éclairages, sur les concepts de «confié à», d'«hébergement» et de «placement»,
il y a la DPJ qui a demandé de
clarifier... une harmonisation, si on peut dire, de ces appellations-là, parce
qu'à différents endroits dans la loi on parle de différentes notions, mais qui peuvent porter à confusion aussi. Donc,
je ne sais pas si c'est Mme la ministre ou... qui peut répondre.
Mme Turmel
(Audrey) : ...c'est vraiment plus au niveau santé et services sociaux
qu'ils vont pouvoir répondre à cette question-là, Mme la ministre.
Mme Charlebois :
O.K. Bien, en fait, c'est ça qu'on vient faire. On a mis «famille d'accueil de
proximité», si ma mémoire est bonne, et c'est ça qui vient clarifier toutes
les appellations, là. N'est-ce pas?
Le Président
(M. Merlini) : J'ai besoin du consentement pour permettre à
Mme Lemay...
Mme Destrempe
(Johanne) : Non, Destrempe.
Président (M. Merlini) : Ah! Me Destrempe, pardon. Pour permettre
à Me Destrempe de répondre, est-ce que j'ai votre consentement?
Une voix :
Oui, consentement.
Président (M. Merlini) : M. le député de Drummond, j'ai votre
consentement aussi? Merci. Me Destrempe, à vous la parole.
Mme Destrempe
(Johanne) : Oui. Alors, en fait, dans le projet de loi, on a
introduit, comme vous avez pu le voir,
puis il en sera question, la notion plus globale de milieu de vie substitut. Il
a été, en fait, décidé de conserver les notions de «confié à» parce qu'elles ont un sens et elles ont aussi une pratique
qui s'est développée dans le cadre de l'application de la loi. Alors, il y a la notion d'hébergement,
en fait, vous le verrez à travers certaines dispositions, en fait, comme
on prend un chapeau plus large de milieu de
vie substitut pour un enfant qui est retiré de son milieu familial, donc qu'il
soit confié à une personne ou qu'il soit hébergé, je le dis entre guillemets,
dans un centre de réadaptation ou dans une famille
d'accueil. Disons qu'il y a certaines modifications qu'on a faites à ce
niveau-là, mais ce qu'il faut juste garder en tête, c'est vraiment la notion de milieu de vie substitut. Mais il y
a certains termes qui continueront d'être utilisés dans le cadre, là, de
la loi.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, Me Destrempe. M. le député.
M. Turcotte :
Ça, c'est clair. Je comprends. Par rapport à la notion de placement, où ça se
situe dans tout ça? Parce que, là, je comprends «confié à», là, la
nuance, l'hébergement qui peut... bon, mais le placement?
Mme Destrempe (Johanne) : La
notion de placement, je ne sais pas si vous voulez me mettre sur une piste,
mais, dans la
Loi sur la protection de la jeunesse, il n'y a pas de placement.
L'enfant est hébergé, il est confié. La notion de placement n'est pas là, dans
la
Loi sur la protection de la jeunesse.
Le Président
(M. Merlini) : M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
O.K. En même temps, je peux comprendre que ce n'est peut-être pas dans la loi,
mais, si la DPJ, donc, la direction
de la protection de la jeunesse, demande de clarifier ces trois notions-là,
c'est peut-être parce que c'est dans la pratique que ce terme-là est
utilisé?
Le Président
(M. Merlini) : Me Destrempe.
Mme Destrempe
(Johanne) : Écoutez, moi, ce que je pourrais vous dire par rapport à
ça, c'est qu'il n'y a pas nécessairement
de difficultés qui ont été
portées à notre connaissance quant à
l'utilisation des différents termes qui sont dans la loi. C'est sûr qu'idéalement on cherche à harmoniser, là, les
termes qui sont utilisés. Mais, en fait, pour ce qui est de la question de placement, comme je vous disais,
dans la LPJ, dans la
Loi sur la protection de la jeunesse, ce n'est pas
une notion, là, qui existe, on va plus parler de l'hébergement d'un enfant.
Le Président
(M. Merlini) : M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Bien, M. le Président, je ne veux pas m'ostiner, là, mais on vient de trouver,
à l'article 71 de la loi, si je comprends bien, je pense que c'est
le cinquième paragraphe : «Assurer le placement de l'enfant». Donc, la
notion de placement est...
Le Président (M. Merlini) : Me
Destrempe.
Mme Destrempe
(Johanne) : Oui, à ce moment-là, on est dans le cadre du processus
de l'adoption. Alors, ça, c'est
l'article 71, 71.1 aussi, où il y a la notion de placement, 71.9...
attendez un petit peu, excusez-moi. Je continue. 71.9, c'est toujours de l'adoption. Il y a une autre
occurrence à 72.11 où, en fait, là, il est référé à la notion de placement.
Mais vous remarquerez qu'on parle d'un
enfant mineur «qui fait l'objet d'un hébergement ou d'un placement», parce
qu'on réfère, à ce moment-là... je veux
dire, c'est équivalent, mais, à ce moment-là, on a compris qu'on souhaitait
introduire les deux termes parce qu'on
réfère à la
Loi sur les services de santé et services sociaux, et, en vertu de
cette loi-là, lorsqu'un enfant est en
famille d'accueil, il fait l'objet d'un placement. Dans la LSSSS, on parle de
placement, mais, dans la LPJ, on parle
d'hébergement. Et les seules notions de placement dans la LPJ, en fait, c'est
lorsque c'est relié à l'adoption de l'enfant.
Le Président (M. Merlini) :
Merci, Me Destrempe. M. le député.
M. Turcotte :
Peut-être que ma question va plus s'adresser à la ministre dans ce cas-ci.
Voyant cette information-là, sachant
cette information-là, la différence entre la
Loi sur la protection de la
jeunesse et la LSSSS, et que, bon, dans une, on utilise plus, bon, hébergement, dans l'autre, il y a la notion
aussi de placement, est-ce que ça n'aurait pas été bien d'uniformiser
pour se coller davantage à la LSSSS?
Le Président (M. Merlini) : Mme
la ministre.
Mme Charlebois :
Bien, écoutez, moi, je ne suis pas juriste, là, mais ce que je comprends, c'est
que le placement est plus signalé vers l'adoption que vers les services
de protection de la jeunesse, là.
Le Président (M. Merlini) : Me
Destrempe, en complémentaire.
Mme Destrempe
(Johanne) : En fait, vous avez raison de dire que, lorsqu'il est
question de placement dans la
Loi sur
la protection de la jeunesse, c'est parce qu'on réfère aux situations prévues
en matière d'adoption. Mais, pour le reste
des enfants qui font l'objet d'un signalement, dont la situation est prise en
charge par le directeur et que, donc, l'enfant, ultimement, se trouve... fait l'objet d'une mesure de... confié à une
personne ou, encore, hébergé dans une famille d'accueil ou un centre de réadaptation, par exemple, à ce
moment-là, je veux dire, ce n'est pas la notion de placement qu'on
utilise, c'est ce qui est dans la loi et qui est là depuis...
Mme Charlebois :
Il est hébergé ou confié à une famille d'accueil ou un...
Le Président (M. Merlini) : M.
le député de Saint-Jean.
Mme Charlebois :
Mais je comprends votre préoccupation. C'est juste que ça touche deux items
bien différents.
Le Président (M. Merlini) :
Allez-y, M. le député.
M. Turcotte :
Dans ce cas-ci, de ce que je comprends, c'est : «confié à» et
«hébergement» sont présents, bon, dans
le projet de loi, et, bon, avec la notion de milieu de vie substitut, il y aura
une certaine... donc, ça va clarifier un certain nombre d'éléments parce que, bon, il va y avoir quand même un
remplacement des... pas de «remplacements», mais la notion de milieu de
vie substitut va inclure, bon, ces concepts. Dans le cas de «placement», c'est
dans la LSSSS, à l'exception de quelques
endroits dans la
Loi sur la protection de la jeunesse, mais qui réfèrent
davantage à l'adoption.
Il n'y aurait
pas été quand même, peut-être, plus clair de définir ces notions-là dans cet
article-ci, qui, quand même, est un lieu, là, qui est quand même, à sa
face même, l'article dictionnaire du projet de loi, là, ou de la loi, là?
Le Président (M. Merlini) : Me
Destrempe, si vous pouvez répondre.
Mme Destrempe
(Johanne) : Bien, écoutez,
ce que je pourrais vous dire, peut-être, c'est une question d'opportunité.
Comme, en fait, ça ne semble pas causer de
difficulté particulière... Je ne vous dis pas que l'idéal, ce n'est pas que
tout soit harmonisé, mais, je veux dire, ces
concepts-là vivent depuis longtemps, et, en fait, avec les modifications qu'on apporte, on souhaite,
comme je vous disais, vraiment harmoniser les dispositions afin que, peu
importe l'endroit où l'enfant est confié
lorsqu'il est retiré de son milieu
familial, bien, ce soient les mêmes droits qui s'appliquent à lui, les mêmes
règles. Alors donc, c'est tout ce que je peux vous dire, là, à cet égard-là,
là. Je n'ai pas autre chose à rajouter.
Le Président (M. Merlini) : M.
le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Bien, peut-être juste pour peut-être conclure, peut-être que Mme la ministre va
vouloir réagir suite à ça, je vais citer un extrait, M. le Président,
là, de ce que les DPJ ont mentionné, là, dans leur mémoire, là : «...nous estimons qu'il y aurait aussi lieu d'uniformiser
les termes employés dans les dispositions lorsqu'il est question
d'enfant retiré de son milieu familial. Nous avons constaté l'usage des trois
termes suivants : "confié à" [...] "hébergement" [...] "placement" dans des contextes
différents, sans qu'il ne soit possible de déterminer clairement la portée de
chacun. Par exemple, à l'article 62,
"hébergement" est utilisé à l'alinéa deux, mais, au premier
alinéa, il est question uniquement de
centre de réadaptation, de centre hospitalier et de famille d'accueil — ce qui semble exclure, ici, la famille
d'accueil de proximité. Le libellé de cette
disposition ne fait pas non plus usage de la nouvelle notion de milieu de vie
substitut. Aux articles 54 et 91, il
n'est pas question d'"hébergement" ou de "placement", mais
de "confié à" pour toutes
les situations où l'enfant est retiré
de son milieu familial. La LSSSS, quant à elle, utilise la notion de placement lorsqu'elle réfère aux centres de réadaptation et aux familles d'accueil — par
exemple,
article 310, alinéa deux de la LSSSS.»
Donc,
moi non plus, là, je ne suis pas un légiste, là, comme Mme la ministre l'a dit, mais je me dis : Si les gens qui, au quotidien, appliquent la loi mentionnent qu'il y aurait
eu avantage d'uniformiser ces termes-là ou du moins de les clarifier, je me dis, on pourrait quand même
prendre quelques instants et les clarifier, quitte à y revenir plus tard.
Mais je pense que c'est quand même les gens qui sont là, sur le terrain, au
quotidien qui le mentionnent, là, ce n'est pas juste l'opposition officielle,
là. Moi, je rapporte des propos des DPJ, là.
Le Président
(M. Merlini) : Mme la ministre.
Mme Charlebois : Bien, ce qu'on m'indique, moi, ici, c'est que,
dans la pratique... bon, vous me lisez des choses des DPJ, mais les intervenants savent très bien
la différence entre «confié à» puis «placement». Dans le cadre de
référence, il y a des définitions. Puis, oui, il est vrai que, dans
la
loi sur la santé et les services sociaux, quand on réfère à l'adoption,
on parle de placement, mais, dans ce qu'on a
là... Quand ça ne pose pas de problème puis qu'honnêtement il n'y en a pas vraiment, de problème, normalement on ne fait pas de changement à la loi, parce que, quand on commence à faire des changements à un endroit, ça se décline partout. Alors, ce qui est
souhaité, c'est... quand il y a vraiment lieu de changer partout, oui, mais là on n'est pas dans cette
vague-là, si je peux l'exprimer ainsi. Mais je comprends votre
préoccupation, je vais en prendre note.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député de
Saint-Jean. Ça va?
Président (M. Merlini) : Est-ce que j'ai d'autres interventions à
l'article 1 tel qu'amendé? Je le mets donc aux voix. Est-ce que
l'article 1, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président
(M. Merlini) : Adopté. Mme la ministre,
article 2, pour
lecture, s'il vous plaît.
Mme Charlebois :
Oui. À l'article 2, donc, nous mentionnons que l'article 3 de
cette loi est modifié par l'ajout, à la
fin du deuxième alinéa, de la phrase suivante : «Dans le cas d'un enfant
membre d'une communauté autochtone, est également prise en considération
la préservation de son identité culturelle.»
Le Président
(M. Merlini) : Pour votre explication, parce que vous avez un
amendement également.
Mme Charlebois :
Oui, on a un amendement à déposer, effectivement, que mon cher ami ici va me
donner dans la seconde. Voilà. L'amendement, M. le
Président... Excusez-moi. Ce que nous
souhaitons faire, c'est remplacer l'article 2 du projet de loi par
le suivant :
L'article 3
de cette loi est modifié par l'ajout, à la fin du deuxième alinéa, de la phrase
suivante : «Dans le cas d'un enfant autochtone, est également pris
en considération la préservation de son identité culturelle.»
Mais c'est la même
chose que ce que je viens de lire?
Mme Charlebois : Ah! C'est cela. O.K., je viens de voir, M. le Président. La lumière fut. C'est que la modification dont on propose... c'est qu'on enlève «enfant
membre d'une communauté autochtone»... par «enfant autochtone». On enlève
partout la notion de «membre d'une communauté autochtone» parce qu'au sens de
la loi «membre d'une communauté autochtone»,
c'est à partir de quand, où, comment? À moitié autochtone, complètement
autochtone? Alors, quand il est dans la communauté, c'est un enfant
autochtone.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. Est-ce que j'ai des
interventions sur l'amendement à l'article 2? M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Effectivement, un certain nombre de communautés, de nations autochtones avaient
demandé soit de clarifier ou de retirer, là,
cette notion-là d'admissible. Donc, en étant membre... parce que, bon, à quel
moment, puis ce n'est
pas nécessairement... bon, ils ne sont pas automatiquement autochtones. Donc,
je crois que ça va dans le sens, au fond, des demandes des nations
autochtones.
Cependant, il n'y a pas d'autres... dans
l'amendement, ce n'est que la...
Mme Charlebois :
Le retrait.
M. Turcotte : Ce
n'est que le retrait, donc mes autres interventions seront sur l'article même.
Le Président
(M. Merlini) : Très bien. Est-ce que j'ai d'autres interventions
sur l'amendement à l'article 2? Je n'en vois pas. Est-ce que
l'amendement à l'article 2 est adopté?
Mme Charlebois :
Adopté.
Président (M. Merlini) : Adopté. Merci, Mme la ministre. Nous
revenons donc à l'article 2 tel qu'amendé. M. le député de
Saint-Jean, vous avez une intervention, je crois.
M. Turcotte :
Oui, bien, j'aimerais profiter de l'occasion pour voir l'appréciation de la
ministre à l'idée des regroupements des
centres d'amitié autochtones du Québec qui souhaitent que «les centres d'amitié
autochtones soient reconnus comme des acteurs clés contribuant à la
préservation de l'identité culturelle de l'enfant autochtone vivant en milieu
urbain».
Le Président (M. Merlini) : Mme
la ministre.
Mme Charlebois :
...perdu un bout, là, parce que je brassais mes papiers. Je vous laisse
recommencer. Désolée.
M. Turcotte :
Il n'y a pas de problème. J'aimerais connaître l'appréciation de la ministre
sur l'idée proposée par le
Regroupement des centres d'amitié autochtones du Québec qui «souhaite que les
centres d'amitié autochtones soient reconnus
comme des acteurs clés contribuant à la préservation de l'identité culturelle
de l'enfant autochtone vivant en milieu urbain». Ça a été abordé, ça aussi, là, dans leur mémoire. Donc, est-ce
que la ministre a une appréciation de cette idée?
Le Président (M. Merlini) : Mme
la ministre.
Mme Charlebois :
En fait, l'entièreté de l'article, c'est justement ça qu'on veut prévoir
expressément, de prendre en compte la
préservation de l'identité culturelle de l'enfant qui est autochtone. Et ce que
j'ai le goût de dire, c'est qu'ils vont
être pris en considération, la communauté est prise en considération lors de...
de faire en sorte que nous prenions en compte
l'enfant, là, tu sais. On vient ici favoriser la préservation de son identité
culturelle, et les membres de la communauté font
partie de l'identité
culturelle, là. Alors, tout à fait.
Le Président (M. Merlini) : M.
le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
J'entends la réponse de la ministre, elle me parle des communautés, donc, dans
la communauté, mais, pour les enfants
autochtones qui sont, comme j'ai mentionné, en milieu urbain, donc qui ne sont
pas nécessairement dans la communauté
physique, c'est plus difficile de maintenir la culture autochtone. Donc, la
demande du Regroupement des centres d'amitié autochtones du Québec,
c'est de pouvoir avoir un rôle — eux, ils mentionnent, là, «un acteur clé» — pour contribuer... ou maintenir la culture
autochtone auprès de ces jeunes qui ne sont plus sur territoire ou qui
ne sont pas sur le territoire de la
communauté, où il y a quand même un échange culturel et, bon, une vie en
général. Mais donc, en dehors des
communautés, donc, on peut supposer à Montréal, à Québec, Trois-Rivières, dans
les grandes villes, où on le sait,
là, qu'il y a quand même une certaine migration qui se fait, donc, est-ce que
les centres d'amitié autochtones pourraient
avoir un rôle à jouer? Eux, ils sont prêts à le prendre, mais là ils demandent,
au fond, à la ministre : Est-ce que la ministre peut reconnaître ce rôle-là... je comprends que ce n'est pas
nécessairement dans le projet de loi même ou dans la loi, mais dans ce qui peut entourer la loi,
donc, pour améliorer le maintien de leur culture, de leurs communautés,
puis inévitablement pour améliorer, au fond, le sort des enfants autochtones?
Le Président (M. Merlini) : Mme
la ministre.
Mme Charlebois :
Bien oui, M. le Président, peu importe où il est, l'enfant, si c'est un enfant
autochtone, parce qu'on ne dit plus
«communauté autochtone», bien, il va être pris en charge ou confié au milieu
qui préserve son identité culturelle.
Or, si la communauté désigne le centre d'amitié autochtone comme un lieu et des
personnes qui y sont présentes qui
peuvent prendre le placement d'un enfant, bien, tout à fait. Tout à fait, le
centre d'amitié pourrait être considéré, mais ça va être décidé par le
milieu autochtone. Parce que ce qu'on cherche ici, c'est de ne pas déraciner un
enfant de son milieu, de ses origines, pour
l'amener ailleurs, puis qu'il ne se retrouve pas dans la pratique, puis
ensuite, quand on le retourne dans
son milieu, là, ça fait... c'est juste plus mêlant pour l'enfant. Alors, peu
importe où se trouve l'enfant, oui, ça
peut être pris en compte, parce que ce qu'on cherche à préserver, là, c'est
l'identité culturelle. Or, le centre d'amitié autochtone, c'est justement un milieu où... Mme Cloutier, qui y oeuvre,
je ne sais pas si elle, elle est autochtone, je ne pense pas, mais tous les gens qui y sont, à
l'interne, dans le centre d'amitié autochtone, sont là justement pour
préserver l'identité culturelle de l'ensemble des gens, dont les enfants.
Le Président (M. Merlini) :
Merci. M. le député de Saint-Jean, ça va?
M. Turcotte :
Merci beaucoup, M. le Président.
Président (M. Merlini) : Est-ce que j'ai d'autres interventions à
l'article 2 tel qu'amendé? Je n'en vois pas, je le mets donc aux
voix. Est-ce que l'article 2, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Merlini) :
Merci. Adopté. Mme la ministre, lecture de l'article 3, s'il vous plaît.
Mme Charlebois : À l'article 3, M.
le Président :
L'article 4
de cette loi est modifié par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«Une décision prise en application du deuxième
ou du troisième alinéa à l'égard d'un enfant membre d'une communauté autochtone
doit tendre à confier cet enfant à un milieu de vie substitut en mesure de
préserver son identité culturelle.»
Le Président (M. Merlini) : Et
vous avez une proposition d'amendement, Mme la ministre, à l'article 3?
Charlebois :
Alors, à l'article 3, ce qu'on demande :
Remplacer l'article 3 du projet de loi par
le suivant :
L'article 4 de cette loi est modifié par
l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :
«Une décision
prise en application du deuxième [et] troisième alinéa à l'égard
d'un enfant autochtone doit tendre à confier cet enfant à un milieu de vie substitut en mesure de préserver son identité culturelle, en privilégiant un membre de
la famille élargie, de la communauté ou de la nation de l'enfant.»
Le Président (M. Merlini) :
Pour vos explications, Mme la ministre.
Mme Charlebois : Oui. Cet amendement a pour objet de remplacer, en concordance avec la
modification faite à l'article 1, l'expression «enfant membre d'une communauté
autochtone» — on revient régulariser ça — par «enfant autochtone».
Il vise
également, aussi, à préciser les différents milieux de vie substituts à
privilégier lorsqu'un enfant autochtone est retiré de son milieu familial en vue de favoriser le maintien des
liens de l'enfant dont la situation est prise en charge par le directeur
de la protection de la jeunesse avec son identité culturelle.
Président (M. Merlini) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Est-ce
que j'ai des interventions à l'amendement à l'article 3? M. le
député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Merci, M. le Président. J'essaie de comprendre, là. Puis là peut-être que ma
mémoire va faire défaut, mais je ne
crois pas. En même temps, c'est toujours aussi délicat, là, je vais tenter de
faire attention à ce que je vais dire, parce
que, bon, il y a des choses qui ont été dites en dehors de... pendant la
suspension la semaine passée, puis je ne veux pas non plus rapporter des propos qui n'ont pas été dits publiquement
ici, mais j'essaie de voir la différence... Parce que ce qui est abordé ici, au fond, là, quand je lis
l'amendement... Parce que, là, au fond, l'amendement remplace
l'article 3 du projet de loi, là. C'est ce que je comprends, là, il
remplace l'article au complet. Donc, l'article 3 du projet de loi...
Charlebois :
«Remplacer l'article 3 par», oui.
M. Turcotte :
Donc, c'est ça, donc il le remplace au complet. Ça fait que maintenant...
Mme Charlebois :
Il y a l'ajout, à la fin de... Excusez, M. le Président, je coupe tout le monde,
là. Je ne suis pas polie, excusez.
M. Turcotte :
Bien, moi, je pense que ça... Parce que l'article 3 du projet de loi,
c'est un ajout, à la fin, de l'alinéa suivant, donc de l'article 4. Ça
fait qu'au fond l'amendement remplace au complet l'article 3 du projet de
loi. C'est bien ça?
Président (M. Merlini) : Moi, c'est comme ça que je le comprends.
Est-ce que c'est bien comme ça au niveau des juristes?
Mme Charlebois :
Oui.
Le Président
(M. Merlini) : C'est ça? Merci.
M. Turcotte :
O.K. Donc, on va travailler là-dessus : «Une décision prise en application
du deuxième [et] du troisième alinéa à
l'égard d'un enfant autochtone doit tendre à confier cet enfant à un milieu de
vie substitut en mesure de préserver son identité culturelle, en
privilégiant un membre de la famille élargie, de la communauté ou de la nation
de l'enfant.» La...
Charlebois : M. le
Président?
Le Président (M. Merlini) : ...
Turcotte : Oh!
excusez-moi.
Charlebois : Juste
une seconde. Je pense qu'on s'est un petit peu mélangés. Je suis désolée.
Le Président (M. Merlini) : Un
instant...
Charlebois : À
l'article 3, quand on dit : On remplace tout...
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre, allez-y.
Charlebois :
Excusez-moi!
Le Président (M. Merlini) : Non, je
vous en prie.
Charlebois : ...tout
l'article, non. Le début est bon. C'est juste la fin qu'on vient modifier.
Président (M. Merlini) : Donc, le libellé ne serait pas :
Remplacer l'article 3 du projet de loi par le suivant.
Charlebois :
C'est le dernier alinéa qu'on vient modifier. Tu sais, tout le début, là, vous
l'avez au début de votre
cahier : «Toute décision prise en vertu de la présente loi doit tendre à
maintenir l'enfant dans son milieu familial.
«Lorsque [...] un tel maintien dans son milieu
familial n'est pas possible, la décision doit tendre à lui assurer — celui-là,
je le garde — dans
la mesure du possible auprès des personnes qui lui sont plus significatives,
notamment les grands-parents...»
En tout cas, bon, tout ça... c'est à la fin, à
la fin de tout, c'est ce paragraphe-là qu'on change.
Le Président (M. Merlini) : M. le
député de Saint-Jean.
Turcotte : O.K.
Bien, je vais faire attention, en toute amitié...
Le Président (M. Merlini) : Vous
voulez une suspension, M. le...
Turcotte : Non,
non.
Le Président (M. Merlini) : Non, ça
va? O.K. On continue.
Une voix : On est capables.
Le Président (M. Merlini) : On est
capables.
Turcotte :
Il faut quand même faire la... Puis peut-être que c'est mon deuxième projet de
loi, mais j'ai passé quand même pas
mal d'heures avec le premier, c'était le projet de loi n° 70, que j'ai
suivi quand même un petit peu, et, comme
je disais à mon collègue député de Drummond—Bois-Francs, je suis toujours en sa compagnie
pour, peut-être, son malheur, mais je
garantis que je vais parler moins longtemps sur celui-ci. Mais il y a quand
même une différence entre la loi et
le projet de loi. Et ce que la ministre vient de nous lire, c'est ce qui est
dans la loi actuelle. Et ce que le projet de loi vise, donc l'article 4 du...
L'article 3 du projet de loi
modifie l'article 4, mais l'article 4, ça, là, il reste là, ça, j'ai
compris ça.
Mais, moi, ce
que je dis, c'est : L'amendement modifie l'article 3 du projet de loi
au complet. Et l'article 3 du projet de loi au complet,
c'était : «L'article 4 de cette loi est modifié par l'ajout, à la
fin, de l'alinéa suivant», et là il y a le
paragraphe. Et là l'amendement dit, au fond... Bien, c'est un nouveau
paragraphe qui est proposé. Ça fait que je pense que l'amendement modifie dans son entièreté... bien, pas dans son
entièreté, mais, au fond, modifie le paragraphe qui était ajouté, là, à
la fin. O.K.
Mais ce n'est pas ça, le point.
Charlebois :
Non...
Turcotte :
C'est ça.
Charlebois :
...projet de loi que je fais, c'est mon deuxième, puis je ne comprenais pas où
vous vouliez aller. Mais c'est vrai
que ça modifie l'ensemble. Mais ce que j'avais peur, c'est que vous ne
considériez pas la première partie. Mais je comprends que ce n'est pas
ça, votre point.
Turcotte : Non,
c'est ça.
Charlebois : O.K.
Le Président (M. Merlini) : M. le
député.
Turcotte :
Il n'y a pas de problème, M. le Président. On est quand même respectueux dans
tout ça puis on est là pour aider les gens, en bout de ligne, de toute
façon.
Moi, mon
point, c'était sur la notion de... puis je vais revenir encore avec ça, puis je
ne veux pas que la ministre pense que
je vais encore réouvrir ce débat-là, mais sur la différence entre «famille
d'accueil de proximité» et là ce qui nous
est amené ici. Puis là c'est ça que je voulais faire attention, entre ce qui a
été dit... Durant la suspension, la semaine dernière, moi, ce qu'on m'a expliqué, M. le Président, c'est qu'une des
raisons pourquoi qu'il fallait faire attention dans la définition de la famille d'accueil de proximité,
c'est que ce n'était pas juste ou uniquement quelqu'un qui a un lien par
le sang. Bon, moi, j'ai amené l'exemple des marraines et des parrains. Et on
m'a aussi mentionné que, bon, pour les communautés
autochtones... parce que, bon, le gouvernement utilise encore le terme
«communautés autochtones» ou les «nations autochtones», selon ce que les
nations souhaitent, dans certains cas, on me disait : Bien, il n'y a pas
de lien significatif nécessairement automatique entre l'enfant et la
communauté, mais on peut quand même permettre que la communauté prenne en
charge l'enfant, s'il arrive un... on doit héberger l'enfant.
Là, ce que je
veux amener comme réflexion, c'est : Ici, au fond, c'est quoi, la nuance,
là? Parce que, là, au fond, quand on
m'amenait ça comme point pour les familles d'accueil de proximité, là, on
laisse sous-entendre que ce n'est pas nécessairement
une famille d'accueil de proximité, mais plutôt un milieu de vie substitut, et
là ce milieu de vie substitut là, au
fond, va... qui va préserver l'identité culturelle, «en privilégiant un membre
de la famille élargie — donc là, on peut comprendre le lien de sang — de la communauté ou de la nation de l'enfant».
Ça fait que j'essaie juste de comprendre. Quand on m'expliquait pour la
famille d'accueil de proximité, qu'il fallait avoir une attention particulière
pour les communautés autochtones, ça, j'en suis, il n'y a pas de problème. Mais
là on le clarifie ici.
Ça fait que
pourquoi que... Tu sais, je ne veux pas réouvrir ce débat-là, qu'on a ouvert
tantôt, mais je veux juste bien
saisir la nuance entre le «milieu de vie substitut», que, là, on définit ou, du
moins, on lui permet d'être davantage plus clair par rapport aux nations autochtones, et la «famille d'accueil de
proximité», qui peut aussi inclure un enfant autochtone qui peut être
soit dans une famille... membre de la famille élargie ou dans la communauté en
tant que telle.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Turcotte : Ce n'est
peut-être pas clair, mais, en échangeant, on va clarifier ça.
Charlebois :
Non, non. Puis je comprends les questions de précision. C'est important, tant
qu'à travailler dedans, qu'on prenne le temps de...
Ce qu'on
m'indique ici, M. le Président, c'est que, quand on parle de milieu de vie
substitut, notamment pour les communautés autochtones, mais aussi pour
l'ensemble, ça comprend tous les types de ressources, que ce soient des familles d'accueil, des «confiés à» ou un... ça
comprend l'entièreté de tous les types de ressources chez qui un enfant
peut être. Puis ça, c'est à l'article 1. C'est, attendez un brin, à la
page 3 de votre cahier...
Charlebois :
1.1°c.2, vous avez : «"Milieu de vie substitut" : milieu
auquel [est confié un enfant] en vertu de
la présente loi, autre que celui de l'un ou l'autre de ses parents», mais ça
englobe l'ensemble des milieux. Est-ce que ça répond à votre question?
Le Président (M. Merlini) : M. le
député.
Turcotte :
Au fond, si je comprends bien, M. le Président, dans l'article 1 de la
LPJ, on a ici «milieu de vie substitut»,
une définition globale de la notion de milieu de vie substitut, et là, dans
l'article que nous étudions actuellement, on précise qu'est-ce qu'un
milieu de vie substitut pour un enfant autochtone.
Charlebois :
En fait, j'ai le goût de vous amener aussi dans les commentaires, au
paragraphe 1.1°c.2, quand je
vous dis : Les milieux de vie substituts auxquels un enfant peut être
confié en vertu de la loi sont notamment un tiers, souvent une personne significative pour
l'enfant — on
revient avec notre personne significative, là — tel un membre de la famille élargie, une famille d'accueil, un
centre de réadaptation ou un organisme. Quand je vous parle d'englobant,
c'est ça que je veux dire.
Le Président (M.
Merlini) : Merci. M. le député de Saint-Jean. Ça va?
Turcotte : Bien,
pour l'instant, ça va aller, voir s'il y a d'autres questions, là...
Le Président (M. Merlini) : Ça va
aller?
Charlebois : C'est
la page 4. Si vous voulez, vous irez...
Turcotte : Oui,
oui, merci. C'est gentil.
Président (M. Merlini) : Est-ce que j'ai d'autres interventions sur
l'amendement à l'article 3? Je n'en vois pas. Je le mets... Oui, M.
le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger :
Ce n'est pas directement sur l'amendement, mais je voudrais questionner la
ministre. Parce que, là, bon, on
parle beaucoup des communautés autochtones, par contre, moi, il m'a été quand
même rapporté, des fois, certains
éléments où est-ce qu'un enfant a été placé à plus d'une heure,
1 h 15 min, des fois une 1 h 30 min de route
de la famille biologique, et ça, c'est aussi
un peu son milieu. Alors, c'est sûr que l'enfant, il a changé d'école, il a
tout changé. Des fois, c'est sûr
que... Je peux comprendre que l'école, il fallait qu'il change vu la proximité
des parents, puis ça... mais, dans le cas qui m'a été rapporté, là, ce
n'était pas le problème.
Alors, moi,
je voudrais savoir : Est-ce qu'actuellement, au niveau de la loi, il y a
quelque chose qui empêche au niveau
des distances? Parce qu'admettons... Si les parents biologiques ont le droit de
visite, on s'entend que s'il faut qu'ils fassent plusieurs heures, en
tout cas plusieurs kilomètres de voiture — puis, des fois, on connaît
aussi, là, la capacité financière de certaines familles — ça
devient quasiment impossible au niveau des visites.
Alors, moi,
ce que je voudrais savoir, actuellement, étant donné qu'on traite justement de
la proximité des lieux, s'il n'y
aurait pas moyen d'introduire un amendement à l'intérieur de ça pour dire aussi
que ça ne s'adresse pas juste au niveau des communautés autochtones,
mais, dans le fond, à tous les enfants du Québec, là.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois :
M. le Président, dans la Loi de la protection de la jeunesse, à
l'article 2.4, alinéa 5°... Bien, si je commence par le
premier paragraphe : «Les personnes à qui la...» Voyons!
Excusez.
«Les
personnes à qui la présente loi confie des responsabilités envers l'enfant ainsi que celles
appelées à prendre des décisions à son sujet en vertu de
cette loi tiennent compte, lors de leurs interventions, de la nécessité — et là, à l'alinéa 5°, on dit — de favoriser des mesures auprès de l'enfant et de ses parents en prenant
en considération qu'il faut agir avec diligence pour assurer la protection de l'enfant, compte tenu
que la notion de temps chez l'enfant est différente de celle des
adultes, ainsi qu'en prenant en considération les facteurs suivants — et, en a, on dit — la proximité de la
ressource choisie.»
Alors,
on en tient compte déjà dans la loi actuelle, mais parfois, vous avez raison, peut-être que, pour toutes sortes de raisons, l'enfant a dû être placé ailleurs que la communauté. Mais tout
ce qu'on tend à faire maintenant, puis ça, ça fait déjà un bout de temps, mais là, avec la loi, on vient encore le préciser davantage dans tout le corpus, là, qu'on est en train d'amender et de corriger, justement de tenir en
compte toute la considération des communautés autochtones et surtout de l'environnement, de l'identité culturelle de
l'enfant. Alors, quand on va regarder l'identité culturelle de l'enfant,
avant de le placer, bien, on va voir avec la communauté autochtone qu'est-ce
qu'on peut faire pour le garder autour d'eux.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
Votre explication est très bonne, mais je vous relance. Maintenant, on parle
d'identité culturelle. Alors, bon, là, on
parle de communautés, on sait très bien que les communautés au niveau des
Premières Nations sont petites. Je veux dire, c'est des villages qui
sont un peu éparpillés partout au Québec. Par contre, quand on parle d'identité
culturelle, je vous demanderais la différence entre l'identité culturelle d'une
personne de Québec ou de Drummondville, il
n'y a pas grand-chose à
part les lieux, là. Alors, la culture, l'identité
culturelle à ce niveau-là, elle ne s'applique pas vraiment.
Pourtant, il y a des cas chez nous
où, oui, ça a resté dans le même territoire administratif, c'est-à-dire
Centre-du-Québec, mais je peux vous dire que, Drummondville à Lyster, c'est loin, c'est même très loin. Alors, ça n'a pas empêché que l'enfant soit placé à l'autre bout. Il
me semble qu'au moins, quand ça resterait dans la même MRC, ou des
choses comme ça, ça devrait être pas mal mieux, là. Puis actuellement, dans la
loi, il n'y a aucun lien là-dessus.
Puis je peux comprendre que, si on
l'applique à la lettre, ça se pourrait que, dans certains cas, pour le bien de l'enfant, la protection de l'enfant, si des cas
extrêmes, il soit mieux qu'il soit vraiment éloigné de la famille
biologique. Mais, encore là, là, tu sais, c'est... La loi, là, elle est assez
permissive là-dessus, là.
Le Président
(M. Merlini) : Mme la ministre.
Mme Charlebois : En fait, la
loi, non, elle précise des choses, puis on s'en vient encore les préciser davantage. C'est déjà dans la loi,
on le précise davantage. Je comprends la préoccupation du député, M. le
Président. Ceci étant dit, ce qu'on vient faire, c'est justement renforcer ça. Il y a toujours des
processus qui nous permettent de faire en sorte... il peut y avoir des discussions avec les
intervenants, avec le commissaire aux plaintes des CISSS et CIUSSS, et, encore
là, si ça ne va pas assez loin puis que les droits des enfants ne sont pas
respectés, il y a la CDPDJ.
Mais ce que je vous dis, c'est que, dans la loi — moi, je ne suis pas dans la pratique, là, on est en train de faire un texte de loi — dans la loi, c'est déjà stipulé à l'article 2 dont je viens de
faire mention, et, tout au long des amendements que nous faisons, c'est qu'on vient toujours
renforcer le principe de l'identité culturelle et le lien avec les
communautés autochtones pour nous assurer que ceux-ci... parce que c'est ce
qu'ils nous ont demandé, de pouvoir prendre charge de leurs enfants.
Président (M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député de
Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger : Bon, en
finissant, alors si, maintenant, dans un cas en cour... est-ce qu'une personne pourrait plaider l'identité
culturelle, admettons que je veux y aller très précisément, l'identité
culturelle de la région de Drummondville versus la Mauricie?
Mme Charlebois :
Mais là on parle d'enfants de communautés autochtones?
M. Schneeberger :
Non, non, non. Mais là je vous l'ai dit, là, on ne parle pas des communautés
autochtones. Ça, c'est clair.
Charlebois : ...
Schneeberger : Mais je parle
pour les autres enfants aussi, là. Tu sais, je veux dire, on a vu les problématiques au niveau des
communautés où est-ce que justement... où est-ce que des jeunes des Premières
Nations ont été sortis de leurs
communautés et puis... mais, je veux dire, peu importe le citoyen, là, qu'il
soit... peu importe la race ou autre, là, c'est important que... citoyens du Québec, qu'on l'applique aussi à tous
les jeunes, et non seulement juste aux communautés autochtones. C'est une question de... On est un
petit peu aussi dans la géographie, c'est-à-dire l'éloignement des lieux
naturels de l'enfant.
Président (M. Merlini) : Mme la ministre.
Mme Charlebois : Bien, c'est
toujours le même article, peu importe qu'il soit... l'enfant soit autochtone ou pas. À l'article 2.4 de la loi, on parle de l'ensemble des enfants, pas
juste des enfants autochtones, et c'est là où on parle de proximité.
Puis la proximité des... C'est un principe de base dans la loi, M. le
Président. C'est 2.4, alinéa 5°,
article a. Puis il faut tenir compte des facteurs, dont les caractéristiques des
communautés culturelles et la proximité des ressources choisies. C'est un principe de base dans la loi,
là. Je ne peux pas faire plus, là. Comme je lui dis, si, dans
l'application, ce n'est pas respecté, bien là, il y a des façons de faire pour
faire en sorte qu'on fasse respecter les lois.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. Ça va? M. le député.
Schneeberger : À ce moment-là, devant la cour, les personnes
respectives pourront plaider, à ce moment-là, l'identité culturelle des
lieux de la région, même si ce n'est pas autochtone?
Charlebois :
Bien, c'est toujours le juge qui va décider, hein? C'est le juge qui tranche,
en bout de ligne, là.
Président (M. Merlini) : Ça va. Merci. Est-ce que j'ai d'autres
interventions à l'amendement à l'article 3? M. le député de
Saint-Jean.
Turcotte : Merci, M. le Président. Donc, si on reprend l'amendement,
là, à la fin, un enfant autochtone donc de... pour le confier à un milieu de vie substitut, dans le choix, là,
bon, pour... on doit tenir compte de... pour préserver son identité culturelle, bien entendu, là, on doit
privilégier soit un membre de la famille élargie, deuxièmement, la
communauté, ou un membre de la nation de
l'enfant. Ça fait que c'est dans cet ordre-là. Donc, si je comprends bien,
c'est qu'avant de confier l'enfant
autochtone à un milieu de vie substitut on va s'assurer, avant de le... soit
qu'on trouve un membre de la famille
élargie qui répond aux critères, bon, en fonction de l'évaluation, s'il n'y en
a pas, on va élargir à un membre de la communauté ou de la nation que
l'enfant fait partie. C'est ce que je comprends.
Charlebois :
Oui. Vous avez tout à fait raison. Puis ce qu'on vise à protéger toujours,
c'est son identité culturelle. Alors,
commençons par la famille, ensuite la communauté qui le connaît et qui l'a vu
grandir, ensuite la nation de l'enfant, là, parce que ce qu'on veut,
c'est le garder dans le milieu le plus proche et le plus propice de lui
ressembler.
Turcotte : O.K. Et à ça, M. le Président, je comprends
que... peu importe le lieu de résidence de cette nouvelle famille d'accueil de proximité pour l'enfant.
Donc, revenant un peu au commentaire de mon collègue, qui, lui, était
sur l'ensemble des enfants, là, moi, je vais
focusser un peu plus sur le contenu de l'article, là, qu'on étudie
actuellement, là, sur l'enfant autochtone, donc, pour l'enfant
autochtone, si un membre de... Est-ce qu'il y a une distance? Est-ce que c'est dans les critères d'évaluation, ça, pour...
Parce qu'il y a quand même un risque de déracinement, ne serait-ce que pour l'école, pour les
amis, pour la vie de quartier, pour l'enfant. Quoiqu'à un certain âge le
quartier est peut-être moins important,
mais la communauté, le voisinage a quand même un... C'est des référents, là,
pour lui, surtout... tout dépendant de son âge.
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : Bien, il y a toujours l'article 2, dont
j'ai fait mention, à tenir en compte, mais il y a aussi ce que... Ce qu'ils nous ont demandé, c'est de
toujours garder l'enfant... dans son intérêt, de toujours le garder autour de
sa communauté. Et normalement la famille
élargie est proche de lui. Et le juge va prendre en compte et 2.4 que je viens
de lire et l'article de la famille élargie.
sais, c'est sûr que, si la famille élargie... il n'y a plus de famille dans la
communauté immédiate, puis ils sont, je
ne sais pas, moi, dans une autre province, bien, avant d'aller là, ils vont
regarder pour le deuxième... la communauté. Mais ils vont garder l'enfant le plus proche possible de son milieu
naturel pour que l'enfant se sente comme
partie prenante de la
communauté, pour ne pas le déraciner. Le but de l'exercice, c'est ça, c'est de
ne pas déraciner l'enfant.
Président (M. Merlini) : Merci. Ça va, M. le député de Saint-Jean?
Est-ce que j'ai d'autres interventions à l'amendement à l'article 3?
Je n'en vois pas. Est-ce que l'article... l'amendement, pardon, à
l'article 3 est-il adopté?
Le Président (M.
Merlini) : Adopté. Merci.
Nous
revenons donc à l'article 3 tel qu'amendé. Est-ce que j'ai des interventions?
M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger : Moi, monsieur... Bien, à moins que mon
collègue voulait intervenir sur l'article 3 directement? Parce que
moi, je voudrais amener un amendement...
Le Président (M.
Merlini) : Oui, vous pouvez le faire.
Schneeberger :
...sur l'article qui vient. Dans le fond, ça ajouterait à l'article 3 l'article 3.1,
c'est-à-dire :
3.1.
L'article 6 de cette loi est modifié par l'insertion, après
«à ses parents», des termes suivants : «, à la famille d'accueil». Est-ce
que je...
Président (M. Merlini) :
Bien, puisque vous amenez un nouvel article, votre proposition d'amendement
serait au projet de loi, et non à l'article 3, il faudrait disposer de l'article 3
tel qu'amendé, et ensuite vous pourrez faire votre proposition qui introduit l'article 3.1.
Schneeberger :
O.K. Parfait.
Le Président (M.
Merlini) : Ça va? C'est bon.
Schneeberger :
...le dire pour ne pas qu'on passe à l'article suivant puis que, là, on vient
dépasser les articles qu'on...
Président (M. Merlini) : Il
n'y a pas de problème. Alors, est-ce
que l'article 3, tel qu'amendé, est adopté?
Président (M. Merlini) : Adopté.
Alors, M. le député de Drummond—Bois-Francs, pour votre proposition pour créer l'article 3.1, la
lecture, s'il vous plaît, et ensuite on fait la distribution.
Schneeberger :
Alors,
article 3.1. : Ajouter, après l'article 3, l'article 3.1
suivant :
3.1.
L'article 6 de cette loi est modifié par l'insertion,
après «à ses parents», des termes suivants : «, à la famille
d'accueil».
Je ne sais pas si on
suspend quelques instants pour...
Le Président (M.
Merlini) : Oui, on va suspendre quelques instants pour en faire la
distribution.
(Suspension de la séance à
16 h 51)
Président (M. Merlini) :
Alors, nous reprenons donc nos travaux. M. le député de Drummond—Bois-Francs nous a fait une proposition qui
ajoute après l'article 3 l'article 3.1. M. le député, pour vos
explications.
Schneeberger :
Oui. Bien, M. le Président, dans
le fond, c'est très simple, c'est qu'actuellement vous savez très bien que, quand il y a des... devant le juge, actuellement, les familles d'accueil sont appelées un peu, bien souvent, à la
guise du juge. Et puis, si je me fie un petit peu à la loi au niveau de
l'Ontario, c'est-à-dire que, là-bas, les familles d'accueil font
partie
intégrante du processus administratif... juridique, pardon, quand il y a un
placement d'enfant, surtout au niveau du suivi. Parce qu'on sait très bien
qu'actuellement, souvent, les enfants, les professionnels de la DPJ ne voient actuellement, très souvent,
malheureusement, qu'une fois par mois les enfants. Alors, moi, je me dis
que c'est pas mal plus dur de faire un suivi
avec des professionnels en voyant l'enfant une fois par mois que la famille
d'accueil, qui passe du temps à tous les
jours avec l'enfant, et que cette famille-là ne soit pas concertée quand il y a
un jugement, ou peu importe le cas.
Alors, je pense qu'à ce moment-là la famille d'accueil qui serait prise en
considération à chaque fois, à moins
qu'elle refuse... c'est sûr qu'elle pourrait toujours refuser, là, pour x
raisons, mais qu'au moins elle fasse
partie intégrante du processus
juridique. Alors, c'est pas mal mon explication, M. le Président.
Le Président (M. Merlini) : Très
bien. Merci, M. le député. Mme la ministre.
Charlebois : M. le
Président, je comprends les motifs qui animent notre collègue de Drummond—Bois-Francs, mais je demanderais à Me
Savoie-Leblanc de donner des explications, s'il l'autorise, parce qu'on a
introduit deux articles qui, de façon plus
explicite, viennent encadrer exactement ce qu'il souhaite faire dans l'ensemble
de la loi.
Président (M. Merlini) : Alors, est-ce que j'ai le consentement des
membres pour permettre à Me Leblanc de répondre à la question?
Des voix : Consentement.
Président (M. Merlini) : Consentement. Alors, Me Leblanc, pour les
fins de l'audiovisuel, veuillez, s'il vous plaît, vous identifier et
donner votre titre.
Mme Savoie-Leblanc (Emmanuelle) :
Oui, Emmanuelle Savoie-Leblanc, avocate à la Direction des affaires
législatives du ministère de la Justice.
Le Président (M. Merlini) : Merci. À
vous la parole.
Savoie-Leblanc (Emmanuelle) : Oui. Alors, c'est simplement qu'avec la
proposition qui va être faite à un amendement
qui va venir plus tard, qui est l'article 51.2, un amendement qui a été
déposé, qui vient introduire l'article 84.0.1,
on va venir prévoir spécifiquement le droit des personnes à qui les enfants
sont confiés ou aux familles d'accueil
de pouvoir témoigner puis de présenter des observations. Et donc, de façon plus
spécifique, dans le fond, ce qui est
prévu à 6, c'est le pouvoir général, dans le fond, d'être entendu. Puis comment
ça se concrétise? C'est ce qui va être prévu
à l'article 84.0.1, dans l'amendement qui va être proposé à
l'article 51.2 plus tard. Donc, ça va être prévu ailleurs dans la
loi.
Le Président (M. Merlini) : M. le
député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger :
Bien, regardez, moi, c'est sûr que, là, je n'ai pas vu les articles en tant que
tels, là.
635 1017 Mme Charlebois :
On les a déposés.
M. Schneeberger :
Oui, vous les avez déposés, là. Mais moi, par contre, j'en tiens à la bonne
connaissance, moi, si ces articles-là viennent vraiment statuer ce que
je veux changer, c'est O.K.
Alors, moi,
ce que je vous demande, soit par consentement unanime, que, si ça ne fait pas
mon affaire, ce qui est proposé plus
loin, on puisse venir rouvrir l'article pour que je puisse encore reparler de
mon amendement. Sinon, on peut laisser comme ça et si... Et par la
suite, si les amendements qui sont proposés dans les articles qui s'en
viennent... on pourrait à ce moment-là clarifier les choses ou même pouvoir
apporter des amendements nécessaires.
Le Président (M. Merlini) : Mme
la ministre.
Mme Charlebois : M. le
Président, on a déposé nos amendements.
Je suggère de suspendre quelques minutes pour
permettre au député de Drummond—Bois-Francs d'aller prendre connaissance des amendements que j'ai déposés et que Me Leblanc vient
de nous faire part.
Mais, je veux
lui indiquer, d'ailleurs, s'il veut comparer avec l'Ontario
sur le droit de participer, en Ontario, ça dit : «Quiconque, y compris [...] père ou [...] mère [...] d'accueil, a pris
[...] soin de l'enfant pendant les six mois qui précédent l'audience...» Nous, de la façon qu'il est libellé
dans les articles, puis je vous suggère d'aller les voir, il n'y a
même pas ce délai-là de six mois, là. On l'a enlevé. On a fait mieux que
l'Ontario.
Mais prenez
le temps d'aller voir les deux articles avant, parce qu'honnêtement je ne vois pas, là. Si on passe notre temps à retenir les articles, là, on n'avancera
pas à rien, là. Alors, moi, je vous suggère d'aller voir les deux articles
que Me Leblanc vient de vous parler, là. Ça
ne va pas prendre tant de temps que ça, là, puis vous allez pouvoir vous
rassurer.
Le Président
(M. Merlini) : Oui, M. le député de Saint-Jean.
Le Président (M. Merlini) :
Oui, O.K. M. le député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
Oui. Bien, à ce moment-là, est-ce qu'avant d'adopter l'article 3 on irait
adopter cet article-là? Ou peut-être que le député de Saint-Jean a
d'autres suggestions.
Le Président (M. Merlini) : M.
le député de Saint-Jean, sur la proposition de l'article 3.1.
M. Turcotte :
Oui. Merci, M. le Président. Le gros bon sens, moi, me dit que, si les
amendements que la ministre a déposés
font la même chose que ce que notre collègue propose dans son amendement et que
son amendement clarifie les choses, parce
que c'est ce qu'il fait aussi, son amendement, là, il clarifie la situation,
pourquoi qu'on ne l'adopte pas, puis ça règle la question?
Le Président (M. Merlini) : Mme
la ministre.
Mme Charlebois :
Je suis en train de vérifier, M. le Président, si on peut aller étudier les
amendements que j'ai déjà déposés...
Le Président (M. Merlini) :
O.K. On va suspendre...
Mme Charlebois :
...qui régleraient la question. Puis, si on peut les étudier, on les étudiera
tout de suite, puis ça va régler son cas, puis on pourra revenir.
Le Président (M. Merlini) :
O.K. On va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 3)
Président (M. Merlini) :
Alors, nous reprenons donc nos travaux suite aux discussions que nous avons
eues hors micro. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Charlebois : Alors, M.
le Président, on a eu des échanges
hors micro. Et, comme j'expliquais au député de Drummond—Bois-Francs, à l'article 3 qui veut insérer 3.1, en fait,
c'est... Il veut insérer «à ses parents et à la famille d'accueil», ce que je lui dis, c'est qu'à l'article 6
on est dans les principes de loi. Et, dans les principes, quand on parle
de... — l'avez-vous,
l'article 3, près, que je puisse lire?
Une voix :
L'article 6.
Mme Charlebois :
L'article 6. Bon, ça dit : «Les personnes et les
tribunaux appelés à prendre des décisions au sujet d'un enfant en vertu de la présente loi doivent donner à cet
enfant, à ses parents et à toute — puis
là il voudrait qu'on mette "la
famille d'accueil" — personne
qui veut intervenir dans l'intérêt de l'enfant l'occasion d'être entendus.»
Ce que je
dis, étant donné qu'on est dans les principes... Puis, quand on dit : «À
ses parents et à toute personne», ça inclut les familles d'accueil, M.
le Président, et je le dis dans le micro pour si un jour un juge a besoin d'une
clarification — je
regarde dans le micro comme s'il m'entendait puis il me parlait — que,
quand on parle de «toute personne», ça
inclut les familles d'accueil. Et, comme je lui disais, il y a deux amendements
qui s'en viennent, à l'article 50 point
je ne sais plus quoi puis 80 je ne sais pas quoi, dans les règlements, où on
vient préciser des choses pour les familles d'accueil, justement, dans
l'article 50. L'avez-vous, l'article 50?
Le Président (M. Merlini) : Je
crois que c'était l'article 51.
Mme Charlebois :
51.1. L'amendement... Woupelaïe!
Le Président (M. Merlini) :
51.1 puis 51.2
Mme Charlebois :
O.K., à l'article, on dit : Insérez après l'article 51... On parle
justement... Cette loi est modifiée par
l'insertion, après l'article 84 : «Une personne ou une famille
d'accueil est admise à l'audience de toute demande...» C'est un paragraphe qui vient préciser ça. Puis
ça, c'est pour l'article 84. Et il y en a un autre qui nous précise
d'autres choses.
Mme Charlebois :
Oui. À l'article 85, bien, en fait, c'est l'article 52, on vient
remplacer l'article 85 : «Sous réserve
de dispositions particulières [...] des livres I et II du Code de
procédure civile s'appliquent, à moins que le contexte ne s'y oppose, en y faisant les adaptations
nécessaires, à l'exception du deuxième alinéa...» Je ne vois pas la famille
d'accueil.
Mme Charlebois : C'est
ici?
Mme Charlebois :
83.10. Excusez-moi, M. le Président.
Le Président (M. Merlini) : Je
vous en prie, Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Il y a tellement d'articles là-dedans que, voilà, on y perd son latin.
À l'article 83.10 du projet de loi, on
vient insérer, après l'article 83.9 du projet de loi :
L'article 3 de ce règlement est modifié par
l'ajout, à la fin du paragraphe 4°, du sous-paragraphe suivant :
«
f) de la
perception [...] de l'évaluation de la situation par la famille d'accueil ou par la personne à qui
l'enfant a été confié.»
Bref, il y a
la
partie judiciaire que je vous ai nommée, premièrement, puis ça, c'est
la
partie où il y a intervention
avec l'intervenant. Lors de la
révision de la situation, les familles d'accueil vont être sollicitées. Et
je répète, là, dans le micro une
autre fois que, l'article 3.1, je
comprends l'intention du député de
Drummond—Bois-Francs, mais, quand on lit l'article tel qu'il est en ce moment à l'article 6
ou 7...
Mme Charlebois : ...«6. Les personnes et les tribunaux appelés à
prendre des décisions au sujet d'un enfant en vertu de la présente loi
doivent donner à cet enfant, à ses parents et à toute personne qui veut
intervenir dans l'intérêt de l'enfant
l'occasion d'être entendus», le «toute personne» inclut les
familles d'accueil. C'est un principe général, mais il est inclus dedans.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre. M. le député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger : Bon, bien, je veux juste quand même
faire un petit aparté. Quand vous parlez de l'article 51.2, là, la «famille d'accueil est admise à
l'audience», mais «est admise», là, je
veux dire, c'est comme, oui, on
l'admet, mais, tu sais, ce n'est
comme pas... tu sais, «elle peut témoigner et présenter», je veux dire, «elle peut», il me semble que ça devrait être comme naturel qu'elle fait
partie du processus,
pas juste à sa guise, tu sais. Parce
qu'à ce moment-là, tu sais, à moins
d'une incapacité ou pour x raisons que ce soit, je pense que le témoignage de
la famille d'accueil est important dans le processus. Alors, ce n'est pas, «elle peut». Bien oui, mais «elle peut»,
tu sais, c'est... Il y a bien des choses qu'on peut dans la vie, mais ça
ne veut pas dire qu'on le fait tout le temps.
Mme Charlebois :
M. le Président?
Le Président (M. Merlini) : Mme
la ministre.
Mme Charlebois :
J'ai le goût de vous dire qu'on l'inscrit comme ça parce qu'on ne peut pas
obliger une famille d'accueil à
témoigner. Ceci étant dit, si vous me le permettez, je demanderais à Me Leblanc
d'expliquer plus en détail cet article.
Le Président (M. Merlini) :
Oui. Alors, Me Leblanc, si vous voulez expliquer davantage?
Mme Savoie-Leblanc (Emmanuelle) :
Oui, certainement. Emmanuelle Savoie-Leblanc... C'est beau?
Le Président (M. Merlini) : Le consentement
est déjà donné.
Mme Savoie-Leblanc (Emmanuelle) :
C'est bon. Parfait. Je vous remercie.
Le Président (M. Merlini) :
Allez-y.
Mme Savoie-Leblanc
(Emmanuelle) : Oui. Alors, c'est ça,
cet article-là, effectivement, c'est certain, d'entrée de jeu,
là, on vient prévoir le grand principe selon lequel une personne d'une famille
d'accueil est admise à l'audience de toute
demande relative à l'enfant qui lui est confié parce que, vous savez, à l'heure actuelle, les audiences en matière
de protection de la jeunesse, ça se tient à
huis clos. Donc, c'est de façon exceptionnelle que des personnes peuvent être
admises à l'audience, autres que les
parties. Ça fait que c'est un droit qu'on vient, dans le fond, accorder en disant de cette façon à une famille d'accueil comme quoi elle peut être
admise à l'audience. C'est certain que le tribunal pourra, dans certains
cas, refuser sa présence ou l'exclure, toujours dans l'intérêt de l'enfant. Il
y a des critères qu'on est venu prévoir, là, notamment si les circonstances
l'exigent, pour éviter un préjudice à l'enfant ou s'il est préférable, vu la
nature des informations qui seront divulguées, qu'elle ne soit pas présente.
Par ailleurs, on est venu aussi lui donner le droit de pouvoir témoigner puis de
présenter ses observations. C'est certain
que c'est un «peut» qui est utilisé, parce
que c'est un pouvoir qu'on... Elle
peut le faire si elle le veut, mais on ne veut pas non plus forcer les familles d'accueil à venir témoigner et
présenter des observations si elles ne le souhaitent pas. Ce qu'on comprend, par contre, aussi, c'est
qu'elles pourront le faire sans avoir à demander l'autorisation du
tribunal, parce qu'à l'heure actuelle la
situation qui prévaut, c'est l'article 81 de la LPJ qui s'applique
lorsqu'une personne veut intervenir
dans l'intérêt de l'enfant. Puis elle doit s'adresser au tribunal pour lui
demander, dans le fond, la permission de pouvoir témoigner à l'audience, si elle n'a pas été autrement assignée
par le directeur de la protection de la jeunesse ou une
partie au
litige.
Ça fait qu'à
ce moment-là on est venu prévoir son pouvoir de témoigner. Ça fait que,
d'entrée de jeu, elle pourra le faire sans avoir à demander la
permission, puis ce sera dans la situation où le tribunal pourrait à ce
moment-là refuser d'entendre son témoignage
ou la présentation de ses observations si les circonstances le justifiaient,
notamment s'il y a urgence. Mais,
d'entrée de jeu, elle pourra le faire. C'est qu'on est venu inverser, dans le
fond, la règle qui prévaut à l'heure actuelle, qui prévoit qu'il doit
toujours y avoir une demande qui est faite au tribunal pour pouvoir, soit être
admis à l'audience, témoigner, présenter des
observations. Là, on inverse la règle. Elles pourront le faire d'entrée de jeu.
Ça évitera d'avoir à présenter des demandes au tribunal en ce sens-là.
Par ailleurs,
on dit : Elles ne pourront participer autrement... «À moins d'avoir
obtenu l'autorisation du tribunal, elle
ne peut participer autrement à cette audience.» Donc, si, en vertu de l'article 81,
elle souhaite obtenir davantage, soit obtenir le statut de partie, par
exemple, elle pourra faire une demande en vertu de l'article 81, mais elle
devra, à ce moment-là, obtenir l'autorisation du tribunal pour accéder au
statut de partie.
Puis enfin on
est venu prévoir l'obligation pour le directeur d'aviser dans les meilleurs
délais la personne ou la famille
d'accueil de la date, de l'heure et du lieu de toute audience de toute demande
relative à l'enfant qui lui est confié, de l'objet de la demande puis de
ses droits en vertu de cet article-là, ce droit d'être admis de témoigner, de
présenter des observations.
Le Président (M. Merlini) :
Merci, Me Savoie-Leblanc. M. le député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
M. le Président, est-ce que, présentement, dans la loi actuelle, ça ne se fait
pas déjà, ça, que la famille d'accueil peut demander au juge de faire
une demande pour aller plaidoyer?
Le Président (M. Merlini) : Mme
la ministre.
Mme Charlebois :
Oui. Oui, sauf que...
M. Schneeberger :
Ou plaider, pardon.
Mme Charlebois :
Oui, oui, oui, si elle veut faire un plaidoyer au juge. Mais, nous, ce qu'on
vient introduire dans la loi, c'est
qu'elle va être là dès le départ. Elle peut participer. On ne le met pas au
sens du «devoir», parce que, si une famille d'accueil ne veut pas y aller, on ne peut toujours bien pas l'obliger,
là. Mais, oui, elle va pouvoir participer dès le départ. Ça fait qu'elle
va pouvoir le demander, parce qu'elle ne sera plus dans l'ignorance de savoir
ce qui se passe à la cour, là.
M. Schneeberger :
Vous dites que, dans d'autres articles... Quel
article déjà, en tout cas, vous
dites que, dans certains cas, la
famille d'accueil pourrait être exempte d'être déposée au tribunal... de venir
plaider au tribunal, là? C'est qui qui ferait la demande pour exempter
ou pour refuser la famille d'accueil qu'elle soit présente?
Mme Charlebois :
C'est le juge qui peut en décider. Il n'y a pas personne qui va faire la
demande. C'est le juge qui va dire : Pour des
raisons x, y... C'est lui qui va décider ça. Mais ça, c'est dans des
cas extrêmes, là.
M. Schneeberger :
O.K. Ça veut dire, il faudrait que ça soit des cas très, très spécifiques,
graves. Parce que, là, j'essaie d'imaginer quel genre de cas qui
pourrait avoir refus, là.
Le Président (M. Merlini) : Mme
la ministre.
Mme Charlebois :
Bien, c'est vraiment à la discrétion du tribunal, M. le Président. Je n'ai pas
de cas explicite en tête, là. Mais, un juge qui va prendre cette
décision-là, j'imagine qu'il va avoir des bonnes raisons de la prendre, là. Normalement, quelqu'un qui est assis sur le trône
pour faire du jugement, il a certaines compétences pour évaluer s'il y a
nécessité d'évacuer des témoins ou des...
M. Schneeberger :
Bien, M. le Président, on y reviendra...
Mme Charlebois :
Quand ce sera le moment.
M. Schneeberger :
...mais quand ce sera à l'article. Par contre, moi, c'est sûr que je dépose
toujours mon amendement, parce que je... En
tout cas, j'aimerais ça que... Tu sais, ça n'enlève rien, là, à l'aspect
général, là. C'est quand même... Tu
sais, on laisse «toute autre personne», c'est-à-dire que... Mais en même temps
la famille d'accueil, c'est quand même
le plus grand nombre de groupes de personnes qui prennent en charge les enfants
quand il y a des problématiques. Alors,
au niveau des références, c'est ça, tu sais. C'est l'aspect général de la loi.
Ça fait en sorte que la famille d'accueil est quand même un élément très important. Alors, ça ne vient enlever en
rien... l'article 6, dans son ensemble, ça vient juste spécifier un
élément de plus, c'est tout.
Le Président (M. Merlini) :
Très bien. Est-ce que j'ai d'autres interventions à la proposition de
l'article 3.1? M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Merci, M. le Président. C'est dur à suivre, hein, comme débat, parce qu'on fait
référence à un
article qui est amendé
qu'on n'a pas encore présenté ici, en commission. Mais, comme on a quand même
les documents, on ne se fera pas de
cachette, on les a entre nos mains, mais, pour les gens qui nous suivent, c'est
assez dur à suivre, quand même, là,
on va se le dire. Mais, bon, on va quand même commencer cette discussion-là
maintenant, parce qu'elle nous est soumise à ce moment-ci des travaux,
là, du projet de loi, puis la ministre...
Mme Charlebois :
Je peux-tu juste dire quelque chose, M. le député de Saint-Jean?
Le Président (M. Merlini) : Mme
la ministre, oui.
Mme Charlebois :
En fait, ce que M. le député de Drummond—Bois-Francs suggérait, c'est qu'on reporte
52.1, puis lui, il voulait garder son
amendement. Puis là je pensais qu'on discutait sur 3.1. C'est-u ça que vous
aviez compris aussi?
Le Président (M. Merlini) :
C'est ce qu'on fait, Mme la ministre.
Mme Charlebois :
O.K. D'accord, merci.
Le Président (M. Merlini) : On
est sur 3.1.
M. Turcotte :
C'est ce que j'ai compris. Cependant, sans offense, il y a eu beaucoup
d'éléments de l'amendement, là, de l'article 51.2, qui a été
présenté, qui... Lui, il n'a pas été présenté ici, mais...
Mme Charlebois :
Non, non, je comprends.
M. Turcotte :
...on en a parlé puis on a fait des références. Donc, c'est pour ça que je dis que c'est un peu dur à suivre pour les gens à la maison. Mais ils vont quand même... à un moment donné, ils vont nous
rejoindre, là, sur cette discussion-là, en espérant que ce soit réglé
positivement ou à la satisfaction des familles d'accueil.
Donc, pour la
ministre, ce ne sera pas une surprise de m'entendre, à mon tour, parler et
plaider en ce sens, dans le sens de
l'amendement. Je l'ai déjà dit lors de l'étude des crédits, je lui ai aussi dit
la semaine passée. Je tente seulement de... Puisqu'on ne fera pas tout le débat à ce moment-ci, là, on va se
concentrer sur l'article qui nous est présenté, l'amendement qui nous est présenté, qui modifie
l'article 6 de la loi.
L'article 6 de la loi, donc, de la LPJ, la Loi
sur la protection de la jeunesse,
dit : «Les personnes et les tribunaux appelés à prendre des décisions au
sujet d'un enfant en vertu de la présente loi doivent donner à cet enfant, à ses parents et à toute personne qui
veut intervenir dans l'intérêt de l'enfant l'occasion d'être entendus.»
Mme la ministre nous dit que, dans les mots «à toute personne qui veut
intervenir dans l'intérêt de l'enfant», on doit aussi y lire : «Les
ressources...» Pardon?
Une voix : «Les familles
d'accueil».
Turcotte :
«Les familles d'accueil». Donc, moi, j'entends ça. La ministre l'a dit dans le
micro — elle a
regardé, même, le micro, on a des images de ça — pour ce qu'elle
appelle, avec raison, les intentions du législateur, pour, lors d'une étude
dans l'avenir, bon, subséquente, que les juges, etc., puissent tenir compte de
l'intention du législateur lorsqu'il est
question de «à toute personne qui veut intervenir dans l'intérêt de l'enfant»,
d'y inclure aussi les familles d'accueil.
Cependant, M. le Président, en tout respect, encore une fois, moi, je crois
qu'il n'y a pas de façon plus simple et plus facile de s'assurer qu'il n'y ait pas le respect de l'intention du
législateur que de l'ajouter dans la loi et que ce soit clairement
écrit.
Oui,
effectivement, les juges, les avocats auront à lire ce qu'on appelle, dans
notre jargon, les galées, hein, les transcriptions,
là, de tout ce qu'on dit ici, puis c'est pour ça qu'il faut poser des
questions, à certains moments, sur des articles, puis que la ministre
doit expliquer les amendements, les articles, tout ça, oui, mais la meilleure
source, là, de résultats ou de... s'assurer, là, que ce soit respecté, c'est de
l'ajouter dans l'article 6.
Pourquoi je
milite aussi pour l'ajout dans l'article 6? C'est qu'il y a déjà... Puis
la ministre va me le dire, puis je suis
conscient, puis, tu sais, je comprends que ce n'est pas le même statut, mais il
y a mention des parents. Donc, on aurait pu dire : Bien, les parents sont inclus dans «à toute personne qui
veut intervenir dans l'intérêt de l'enfant» parce que les parents, en
général, vont vouloir travailler dans l'intérêt de leur enfant.
Mais
le législateur, à l'époque... en 1977, cet article-là, puis il n'a pas été
modifié depuis... En 1977, cet article-là, le législateur, à l'époque, a
jugé bon d'ajouter les parents parce que c'était clair, puis, bon, les enfants,
ils ont leurs parents, etc. Dans ce cas-ci,
c'est forte, forte, forte probabilité que l'enfant soit dans une famille
d'accueil. Donc, moi, je crois que
d'ajouter la notion de famille d'accueil clarifie la situation. La ministre
nous dit... Et elle reviendra, lors de la présentation de l'amendement
de l'article 51.2, avec une série, là, d'alinéas, hein, dans l'amendement,
et on aura l'occasion de débattre sur le
fond de ça. Mais moi, je crois que, si on l'ajoute, à ce moment-ci, dans
l'article 6... Quand la ministre
dit : «C'est des principes», bien, ça irait dans le principe que la
ministre dit. Dans l'article 51.2, on laisse une plus grande place
aux familles d'accueil dans le processus, bon, judiciaire, etc., là, pour les
enfants.
C'est quand
même un gros article, là, un gros amendement, là, dans la loi, puis il y a
quand même certaines balises. On
pourra y revenir, là, bon, on jasera de ça plus tard. Si la ministre juge
approprié d'ajouter ça et de clarifier la question pour les familles d'accueil pour qu'elles puissent
être devant les tribunaux, moi, je crois que ça va dans le même sens de
l'ajouter à l'article 6 de la loi pour s'assurer que c'est clair, c'est
précis.
Puis il y a
un autre enjeu aussi que je vais dire, M. le Président, puis je vais le dire à
ce moment-ci, puis j'aurai l'occasion
de le répéter. Puis, encore là, là, ce n'est pas pour faire des combats pour
des combats, là, mais c'est quand même
quelque chose d'important, là. Les familles d'accueil au Québec, là, c'est des
femmes, c'est des hommes qui font le
choix d'aider nos enfants les plus vulnérables pour faire en sorte que ces
enfants-là puissent s'en sortir. Puis ce n'est pas toujours facile, puis ce n'est pas toujours valorisé, puis ce n'est
pas toujours bien rémunéré, mais ils le font quand même, puis ils le
font avec leur coeur, puis je suis sûr que la ministre est d'accord avec ce que
je dis.
Moi, je crois
que, pour la valorisation de ces familles d'accueil, qui supportent, qui
accompagnent, qui éduquent, qui font
en sorte que ces enfants les plus vulnérables de notre société puissent s'en
sortir... je crois qu'ils méritent cette valorisation-là et, au-delà de la valorisation, qu'ils méritent que ce
soit plus clair et moins complexe sur le plan juridique, sachant que c'est quand même des familles
d'accueil qui n'ont pas toutes des budgets faramineux à investir dans des
frais d'avocats pour obliger de se battre puis de rendre les choses complexes
devant les tribunaux. Et, si c'est inscrit dans l'article 6, ça va être plus clair pour tout le monde, pour
l'ensemble des parties, pour le tribunal, pour les familles d'accueil, pour les parents, pour les enfants, qui ont quand
même une certaine notion, dans certains cas, de ce qui se passe. Et ce sera, là, plus clair pour l'ensemble des
personnes, de toutes personnes qui veulent intervenir dans l'intérêt de
l'enfant.
Donc, moi, M.
le Président, je plaide fortement pour l'adoption de l'amendement de notre
collègue, que j'appuie sur le fond et
sur la forme aussi. Et je crois que tous, on gagnerait à ajouter ça. Ça
clarifierait la loi, ça ferait en sorte qu'on... Aussi parce que la ministre, elle l'a dit, c'est des principes, bon,
mais c'est des principes... Elle l'ajoute, là, l'article 51.1, l'amendement, là, qui modifie, bon, qui ajoute un
nouvel article, là, à la loi, donc l'intention est là, là. Même s'il y a
des balises, on y reviendra, mais
l'intention est là. Bien, de l'ajouter, moi, je crois que ça clarifierait la
question pour les familles d'accueil,
qui ont en ce moment, selon moi, bien d'autres préoccupations à s'occuper que
des combats juridiques, mais plutôt de s'occuper de nos enfants les plus
vulnérables.
Le Président (M. Merlini) :
Merci, M. le député de Saint-Jean. Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Bon, écoutez, M. le Président, j'ai entendu le plaidoyer des deux députés. Là,
je veux juste rectifier certains propos. Ce n'est pas dans... Je vais le
relire, l'article 6, là : «Les personnes et les
tribunaux appelés à prendre des décisions au
sujet d'un enfant en vertu de la présente loi doivent donner à cet enfant, à
ses parents et à toute personne qui veut intervenir dans l'intérêt de
l'enfant l'occasion d'être entendus.»
Si on
commence, M. le Président, dans les
principes, à mettre des catégories, il va y avoir, à un moment donné, qu'on va avoir à revoir la loi pour ajouter
d'autres catégories. Quand on dit «toute autre personne», je vais le
spécifier, les familles d'accueil sont déjà
là. Ce n'est pas parce que je n'aime pas les familles d'accueil. Ce n'est pas
parce que je veux qu'elles soient moins bien payées. Ce n'est pas parce
que je pense qu'elles sont insensibles. Savez-vous quoi, M. le Président? Avant d'être ministre déléguée, là, à
la Réadaptation, Protection de la jeunesse, là, savez-vous ce que je
fais dans la vie? Députée de Soulanges. Je
peux vous nommer des noms, comme Normand Blanchet, dans mon comté, qui
sont une famille d'accueil. Ils ont même adopté un des enfants. Je peux vous en
nommer plusieurs comme ça. Je suis très sensible à la cause des familles qui
prennent soin de nos enfants.
Ce que je
dis, c'est que, dans les principes, si on commence à spécifier des choses, il
va toujours y en avoir un qu'on va
avoir oublié puis qu'on va échapper. Ceci dit, ça ne veut pas dire que je ne comprends
pas la réalité des familles d'accueil.
Je les ai entendues, je les ai rencontrées. Il y a d'autres articles où on
vient préciser des choses pour eux, qu'on va voir plus tard. Mais, dans les principes, je ne suis pas d'accord à ce qu'on commence à faire des catégories. Non
pas parce qu'ils ne sont pas importants, non pas parce qu'ils n'ont pas à coeur nos enfants, non
pas parce qu'ils ne sont pas fins. Ça
n'a rien à voir, là. Ça a à voir avec... Quand on dit : Toutes autres
personnes qui peuvent être entendues, ça peut même être le voisin qui a des choses à dire, M. le Président. Mais là on
va-tu commencer à écrire «familles d'accueil», et «le voisin», et «la
grand-mère»? Comprenez-vous? «Toute autre personne» englobe tout ça.
Alors, moi, à
ce moment-ci, si tout le monde a fini de dire ce qu'il avait à dire sur
l'article, je serais prête à
passer au vote, M. le Président.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre. M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger :
Alors, dans le principe, vous dites : Ça peut même être le voisin. Tout à
fait juste. À ce moment-là, si le voisin veut aller dire ses commentaires
devant le juge, ça va être quoi, la procédure pour qu'il puisse
aller dire ses commentaires?
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : Bien, il va être convoqué. Mais ici on dit, dans l'article 6 :«Les personnes et les tribunaux appelés à prendre des décisions au sujet d'un enfant en vertu de la présente loi doivent donner à cet enfant, à ses parents et à toute autre personne qui veut intervenir...» Si
le voisin veut intervenir dans l'intérêt de l'enfant, là, il va s'arranger
pour se faire entendre. Mais moi, dans deux
autres articles plus loin, dans les dispositions... premièrement, dans le 50 quelque... je ne me souviens plus l'article,
51.2, si ma mémoire est bonne, et dans 80, dans tout ce qui est l'aspect
réglementaire, je viens introduire les
familles d'accueil spécifiquement. Mais, dans le principe, je ne veux pas
commencer ça. Les juristes m'indiquent...
moi, je ne suis pas juriste, mais ils m'indiquent que, si on commence à mettre
des catégories, on va en oublier en
chemin. Ce n'est pas parce que je ne les aime pas, là, ça n'a rien à voir avec
ça. Ce n'est pas parce que je ne les considère pas. Au contraire, on
a besoin des familles d'accueil. Ça n'a rien à voir avec ça.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre. M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger : Question simple : Est-ce qu'une personne qui veut aller témoigner pour... étant donné que ça se
fait à huis clos, doit faire une demande, et est-ce que ça occasionne des
coûts?
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Charlebois : Ça
n'a rien à voir avec l'article, là, la question. Je ne comprends pas votre
question.
Schneeberger : Bien, c'est-à-dire, moi, si je veux aller témoigner parce que
je connais une voisine, ou peu importe, est-ce que ça m'occasionne des
coûts pour faire ma demande pour aller témoigner, étant donné que c'est à huis
clos?
Charlebois : Bien,
ça va vous occasionner des coûts de déplacement, j'imagine.
Schneeberger : Non, non, mais des coûts administratifs, là, peu
importe la demande. Je vous demande ça parce que je ne le sais pas.
Charlebois : Il n'y
a pas de coût, dans le système,
rattaché à ça. Il demande à être entendu puis... À moins que vous vouliez faire des choses extraordinaires avec le juge, là, mais je ne pense pas, là. Quand on veut être
entendu, on est entendu, là.
Schneeberger : O.K.
C'est bon.
Le Président (M. Merlini) : M. le
député. Ça va?
Schneeberger : Non,
je questionnais. C'est une question.
Charlebois : O.K.
Le Président (M. Merlini) : Est-ce
que j'ai d'autres interventions? M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Mme la
ministre nous dit qu'elle ne veut pas
créer de catégories. Il y a déjà des catégories dans l'article 6. Ça dit : «...la présente loi doivent donner à
cet enfant — un enfant, premier élément — à ses parents — deuxième
élément — et à toute personne qui veut intervenir»,
donc une formule générale pour inclure tout le monde. Donc, il y a déjà l'enfant, les parents et les autres. La
ministre va me dire : Bien oui, mais on ne peut pas passer à côté de
l'enfant, parce que c'est de lui qu'il est
question. Je suis d'accord. La ministre va me dire : On ne peut pas passer
à côté des parents, parce qu'ils sont
concernés. Je suis d'accord. Je ne pense pas que la ministre peut me dire qu'on
peut passer à côté de la famille d'accueil qui s'occupe au quotidien de
l'enfant.
Puis elle
peut me dire : Bien là, si le voisin, puis là l'ami, puis la belle-soeur,
puis ci, puis ça... Là, j'en ajoute qu'elle n'a pas dits, là. Mais je ne
pense pas que le voisin est au même niveau, dans le processus judiciaire, que
la famille d'accueil, et, si tel est
le cas, bien, qu'elle l'ajoute, là. Mais je ne lui demande pas de l'ajouter, le
voisin. Et le voisin, ça, je peux comprendre
«à toute personne qui veut intervenir dans l'intérêt de l'enfant». Mais la
famille d'accueil, ce n'est pas juste «toute
personne qui veut intervenir dans l'intérêt de l'enfant». C'est aussi la
personne ou les personnes qui s'occupent de l'enfant au quotidien, dans
son intérêt, bien entendu.
Puis la ministre, là, nous dit : On va peut-être
en oublier puis on ne veut pas en échapper. Bien, moi, je pense que, depuis 1977 que la loi a été adoptée,
bien, il n'y a pas d'autres personnes que les familles d'accueil
qui demandent d'avoir ce statut-là. Ça fait que je pense qu'on a pas mal fait le tour, là, des oublis potentiels. S'il y avait un groupe à quelque part qui se levait, là, l'association des voisins
du Québec, qui dit : Moi, je veux être entendu, là, comme
partie
prenante, là, bien, il l'aurait dit, puis il aurait déposé un mémoire, puis on
en aurait entendu parler pas mal.
On a entendu pas mal parler des
familles d'accueil, avec raison, parce qu'ils sont au quotidien... Puis, tu
sais, je ne fais pas un plaidoyer
pour juste faire du temps puis jaser, là, parce qu'il y a bien d'autres choses
dans le projet de loi qui sont, selon
moi, importants, puis on va avoir à étudier, puis tout ça. Mais ça, là, c'est
un élément majeur de l'étude du
projet de loi actuel, parce que, selon moi, on ne pourra pas se passer de cet
ajout-là dans l'étude actuelle du projet de loi, sachant que des révisions de la
Loi sur la protection de la
jeunesse, ça ne se fait pas à chaque année. Et la dernière remonte à il
y a 10 ans. Donc, c'est maintenant, là, qu'on doit clarifier.
la ministre l'a dit elle-même lors de l'étude des crédits, elle l'a dit ici
encore aujourd'hui qu'elle croit, là, que les familles d'accueil sont
importantes puis qu'on doit leur donner davantage de pouvoirs puis de place
dans les tribunaux. La preuve, c'est
qu'éventuellement elle va nous déposer un amendement, puis qu'on a déjà
commencé à en parler un petit peu, quand même, là,
l'amendement 51.2. Dans son 51.2, là, il n'est pas question des voisins.
C'est les familles d'accueil. Ça fait que,
si la ministre a jugé bon d'ajouter un article, dans un projet de loi, qui vise
expressément les familles d'accueil, et elle n'ajoute aucun autre
article pour
ajouter une autre
partie devant les tribunaux, je crois qu'il n'y aura pas vraiment d'autres personnes qui
mériteraient d'être ajoutées dans l'article 6 de la loi actuelle, c'est-à-dire
les familles d'accueil.
Donc,
moi, je crois qu'il y a une hiérarchie qui se crée. Je crois qu'en ajoutant les
familles d'accueil dans l'article 6 ça clarifierait toute la
situation. Les familles d'accueil auraient un statut clair. Les parents
auraient un statut clair. Les enfants...
Bien, les parents ont déjà un statut clair, les enfants ont un statut clair.
Et, pour le tribunal, ce serait plus facile de se gouverner en
conséquence. Moi, je ne démords pas de ça, M. le Président. Je crois que c'est
plus que pertinent d'ajouter l'amendement qui nous est présenté actuellement.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le député de Saint-Jean. Mme la ministre.
Charlebois : Bien, je vais tout simplement réitérer qu'on
est justement sur un principe, puis, quand on est sur un principe, il
faut être plus inclusif, plus large. Je considère tellement les familles
d'accueil qu'on a mis dans les dispositions
un
article et dans les règlements un autre article. Mais ce n'est pas dans un
principe de projet de loi qu'on commence à mettre des catégories. Et il
a raison, il n'y a pas l'association des voisins. C'est pour ça qu'il n'y a pas
d'article dans les dispositions puis dans
les règlements. C'est juste pour ça. Parce que, s'il y avait eu l'association
des voisins, il y aurait peut-être un
article. Mais, dans l'article 6, on est dans les principes, puis normalement,
dans les principes, on ne fait pas des catégories, parce qu'on peut
oublier des gens. Moi, je n'ai rien d'autre à ajouter, M. le Président.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger : Des fois, quand l'opposition amène des
amendements, des fois, je peux comprendre que ça amène certaines problématiques sur d'autres articles. Par contre, ici,
ça n'amène aucune autre problématique sur aucun autre article. Ça n'a aucun préjudice. Et surtout, dans le fond, c'est
qu'après les parents le groupe de personnes le plus important, c'est famille d'accueil. Alors, moi, je
trouvais qu'au niveau de la loi ce serait tout à fait pertinent de
l'ajouter et puis, en sorte... étant donné
que ça n'enlève aucunement la teneur de «toute personne». Le «toute personne»,
il reste. Et puis ça amène juste du poids au niveau des familles
d'accueil et préciser.
Alors,
c'est tout. Moi, je souhaite que ça se fasse comme ça, puis je ne reviendrai...
C'est ma dernière intervention, M. le Président, sur l'amendement.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le député de Drummond—Bois-Francs. M. le député de
Saint-Jean.
Turcotte : Je suis d'accord essentiellement avec ce que
notre collègue vient de mentionner, à l'exception d'un élément. Quand il dit que cet amendement-là n'a
pas d'influence ou ne pose de problème sur d'autres articles, il a en
partie raison, mais j'ajouterais à ça, comme
argumentaire à ce qu'il dit : c'est que, pour les familles d'accueil, le
fait de ne pas accepter cet
amendement-là va quand même les contraindre de passer devant le juge pour être
reconnues comme parties, comme ça nous a été expliqué précédemment.
Donc, pour elles, les familles d'accueil, ça ne règle pas leur situation.
la ministre me dit, elle revient à la
charge en disant : Je ne veux pas créer de catégories, on peut en
oublier. Je lui demande : Quelle autre
personne, entité qui mériterait d'être entendue, là, à
part les parents des
enfants, qui sont déjà mentionnés, que les familles d'accueil, qui
s'occupent de l'enfant au quotidien? C'est pratiquement assuré qu'ils
auront quelque chose à dire. S'ils ne veulent pas le dire, ce sera
leur choix. Puis la ministre l'a expliquée, la notion du «peut», puis on y reviendra lorsqu'elle déposera son amendement
à 51.2, qu'elle n'a toujours pas déposé. Mais moi, je crois qu'il n'y a
pas d'autres entités, d'autres personnes que les familles d'accueil, qui ne
sont pas mentionnées dans l'article 6, qui méritent aussi d'être
considérées comme une partie.
Et moi, je le dis
comme je le pense, M. le Président, là, comme je le pense, c'est clair qu'en
refusant cet amendement-là c'est un signal que la ministre
lance, là. Ça, c'est clair. Elle dit, au fond, que les familles d'accueil ne
seront pas une
partie devant les tribunaux,
puis, bon, elles iront, là, encore comme avant, là, devant le tribunal, puis
demander au juge d'être entendues, puis ça va continuer, là, comme avant. Il
n'y aura pas de changement à ce niveau-là. Oui, il va y avoir des changements
cosmétiques, là, dans 51.2, que la ministre va nous déposer éventuellement, là. Mais, sur
le fond, là, ça ne changera rien pour
les familles d'accueil. Puis je peux comprendre qu'ils sont en colère, puis je
peux comprendre qu'ils sont déçus,
puis je peux comprendre qu'ils demandent d'être entendus par la ministre,
puis... que la ministre accepte
de les ajouter, parce qu'ils aident et accompagnent nos enfants au quotidien.
Ça fait que moi, M.
le Président, là, je le dis, je n'en démords pas, je suis là-dessus, je vais
revenir à d'autres occasions sur cette question-là. Parce que c'est une question,
selon moi, fondamentale de la réforme que nous avons à faire en
ce moment, qui est devant nous, le projet de loi n° 99, la
réforme de la
Loi sur la protection de la jeunesse, pour faire en sorte que les familles d'accueil du
Québec, qui aident, accompagnent, éduquent nos enfants les plus
vulnérables, puissent, elles aussi, avoir
leur mot à dire devant les tribunaux, et clarifier et simplifier cette
occasion-là pour eux, là, de pouvoir se faire entendre devant les
tribunaux.
Président (M. Merlini) : Merci, M. le député de Saint-Jean, tout en
vous rappelant d'être prudent dans les propos
en disant que la ministre refuse un amendement. C'est les membres de la
commission qui vont voter pour ou contre l'amendement qui est proposé.
Turcotte :
Vous avez raison.
Président (M. Merlini) : Mais j'ai bien compris l'intention que vous
aviez dit, là. Mais c'est simplement une petite correction, pour ne pas prêter d'intentions à la ministre. Est-ce
que j'ai d'autres interventions à l'amendement qui propose
l'article 3.1?
Charlebois :
J'en ai une dernière, M. le Président.
Le Président (M.
Merlini) : Mme la ministre.
Charlebois : Juste pour spécifier que les catégories qui
pourraient être oubliées... Moi, j'ai huit petits-enfants. S'il fallait, par malheur, que des familles ne
soient pas adéquates dans ma propre famille, j'aimerais ça être
consultée. Est-ce qu'on va faire ajouter les
grands-parents, les oncles, les tantes, les frères, les soeurs, les
enseignants, les services de garde? Alors, quand je dis :«Toute
personne», ça comprend toute personne, y compris les familles d'accueil.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
M. le Président, moi...
Le Président (M.
Merlini) : Il vous reste trois minutes.
Turcotte :
Parfait, je vais les prendre.
Le Président (M.
Merlini) : Excusez, deux minutes, on me dit.
Turcotte :
Je vais les prendre aussi.
Le Président (M.
Merlini) : Oui, allez-y.
Turcotte : M. le Président, je suis prêt à accepter un
amendement de la ministre pour ajouter les familles des enfants. Je n'ai
pas de problème avec ça. C'est une excellente idée. Je crois qu'elle...
Charlebois :
Et les services de garde?
Turcotte :
Bien là, on embarque dans un autre débat.
Charlebois :
Ah! c'est ça.
Turcotte :
Mais, si la ministre veut qu'on y embarque, on va embarquer. Mais moi, je pense
qu'il y a une nuance entre une famille
d'accueil, qui s'occupe de l'enfant au quotidien comme si c'était son enfant...
contrairement à un enseignant. Mais, si la ministre veut aussi les
ajouter, elle peut le faire. Moi, je n'ai pas de problème. Cependant, on s'entend que, si la ministre a jugé bon
d'ajouter... bien, pas la ministre, si le gouvernement de l'époque, de 1977, a jugé bon d'ajouter les parents — avec
raison — parce qu'il y a un lien naturel avec l'enfant, je crois qu'il
est aussi bon d'ajouter ceux qui
s'occupent de l'enfant en attendant que les parents règlent leurs problèmes ou
la situation à laquelle ils font face.
Puis
est-ce que la ministre a déposé ou a l'intention de déposer un amendement
tel que 51.2 pour les enseignants, pour les grands-parents, pour les
voisins? La ministre nous dit, à micro fermé, non. Donc, je suppose que les
familles d'accueil doivent quand même,
dans son coeur, avoir une place plus importante que l'énumération qu'elle a faite
précédemment. Donc, selon moi, elle-même milite pour l'ajout des familles
d'accueil dans l'article 6 de la loi.
Le Président (M.
Merlini) : Merci, M. le député, votre temps étant écoulé. Mme la ministre.
Charlebois :
Dernier commentaire que j'aurai à faire là-dessus : Non, je n'ai
pas l'intention de les inclure. Et
c'est pour ça justement que je dis que j'ai considéré les familles
d'accueil, parce qu'il y a deux
articles, un dans les dispositions,
un dans les règlements, qui traitent des familles d'accueil. Et, quand on parle
de principes, on parle de principes larges.
Moi, j'écoute ce que les gens de la Justice ont à me dire, puis tous les
avocats ici présents m'ont dit que, dans la nomenclature d'un principe
de projet de loi, il fallait rester au sens large et que ça inclut les familles
d'accueil.
Alors, M. le Président, je
vous demande, s'il vous plaît, de procéder au vote sur l'amendement déposé par
le député de Drummond—Bois-Francs,
s'il vous plaît.
Le Président (M. Merlini) : Est-ce
que j'ai d'autres interventions? Non, je ne crois pas. M. le député de Drummond—Bois-Francs avait terminé également ses
interventions. Est-ce que l'amendement qui propose l'article 3...
Turcotte : M. le
Président, est-ce qu'on peut procéder au vote par appel nominal?
Le Président (M. Merlini) : L'appel
par vote nominal est demandé. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs)?
Schneeberger :
Pour.
La Secrétaire : Mme
Charlebois (Soulanges)?
Charlebois :
Contre.
La Secrétaire : Mme Tremblay
(Chauveau)?
La Secrétaire : M. Busque
(Beauce-Sud)?
La Secrétaire : M. Poëti
(Marguerite-Bourgeoys)?
La Secrétaire : M. Turcotte
(Saint-Jean)?
Turcotte : Pour.
La Secrétaire : M. Merlini
(La Prairie)?
Le Président (M. Merlini) :
Abstention. Alors, la motion qui propose l'article 3.1 est donc rejetée.
En vertu de
l'article 44, compte tenu de l'heure, je suspends donc les travaux de la
commission jusqu'à 18 heures, où elle
entreprendra l'étude d'un autre mandat à la salle RC.171, et nous
reviendrons à 19 h 30 pour la poursuite de l'étude du projet
de loi n° 99 ici même, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine.
(Suspension de la séance à 17 h 57)
Le Président (M. Merlini) : À
l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend donc ses travaux.
Je vous
rappelle que notre mandat, de cette commission, est de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 99, Loi modifiant la
Loi sur la protection de la jeunesse et d'autres dispositions.
Je demande encore une fois à toutes les personnes présentes dans la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine de bien vouloir éteindre tous les sonneries et avertisseurs de
leurs appareils électroniques.
Avant la suspension de nos travaux, en ce début
de soirée, nous étions rendus à faire l'étude de l'article n° 4. Mme la
ministre, la parole est à vous pour la lecture de l'article 4.
Mme Charlebois : Merci,
M. le Président. Alors, en ce début de soirée, on va dire bonsoir à tout le
monde.
L'article 4 dit que l'article 7 de cette
loi est modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, de «d'une famille d'accueil ou d'une installation maintenue
par un établissement qui exploite un centre de réadaptation à une autre
famille d'accueil ou à une installation maintenue par un autre établissement
qui exploite un centre de réadaptation» par «d'un milieu de vie substitut à un
autre».
Le Président (M. Merlini) :
Pour vos explications, Mme la ministre.
Mme Charlebois : Alors, pour l'explication, cet
article
modifie l'article 7 de la loi, et ça, c'est afin de
prévoir que le droit de l'enfant et de ses
parents d'être consultés lors du transfert de l'enfant d'un lieu d'hébergement à un autre et de recevoir l'information et la préparation nécessaires à ce transfert
s'applique quel que soit le milieu de vie substitut auquel
l'enfant est confié. Et cette modification s'inscrit parmi les modifications
proposées à la loi qui ont pour objectif d'harmoniser les dispositions visant
les enfants confiés à un milieu de vie substitut. Elle ne modifie pas la portée
des droits qui sont actuellement prévus à cet article. C'est tout simplement,
comme je vous le disais, de l'harmonisation.
Le Président
(M. Merlini) : Merci beaucoup, Mme la ministre. M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Oui, M. le Président. J'aimerais déposer un amendement.
Le Président
(M. Merlini) : Oui. Alors, allez-y pour la lecture de l'amendement.
M. Turcotte :
Remplacer l'article 4 du projet de loi par le suivant :
Article
L'article 7
de la loi est remplacé par le suivant :
«Avant
qu'un enfant ne soit transféré d'un milieu de vie substitut à un autre, les
parents de l'enfant, le milieu de vie substitut duquel l'enfant doit
être transféré et l'enfant, s'il est en mesure de comprendre, doivent être
consultés. L'enfant et la famille d'accueil doivent recevoir toute l'information
et la préparation nécessaires à son transfert.»
Président (M. Merlini) :
Merci. Nous allons faire les copies et la distribution. Nous suspendons donc
pour quelques instants.
(Suspension de la séance à
19 h 47)
Président (M. Merlini) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Nous reprenons donc nos travaux. La distribution
de la proposition d'amendement a été faite. M. le député de Saint-Jean,
pour vos explications sur votre amendement.
M. Turcotte : Merci,
M. le Président. Donc, pour être
certain, là, donc qu'on parle de... Il
y a déjà un amendement...
Bien, le projet de loi modifie, il n'y a
pas d'amendement, là, le projet
de loi modifie l'article 7
de la loi, qui fait en sorte qu'il
retire une bonne
partie de l'article, et, bon, il spécifie davantage
le milieu de vie substitut. Donc, en
ce moment, ce que ça dit, c'est : «Avant qu'un enfant ne
soit transféré d'un milieu de vie substitut à un autre, les parents de l'enfant
et celui-ci, s'il est en mesure de comprendre, doivent être consultés.»
Nous,
au fond, ce qu'on ajoute, c'est que le milieu de vie substitut duquel l'enfant
doit être transféré doit, lui aussi, être
consulté. Et on ajoute aussi que le parent et l'enfant, ça, c'est déjà dans le
projet de loi... bien, c'est déjà dans la loi, à vrai dire, et, nous, ce qu'on dit, c'est d'ajouter la famille d'accueil
pour qu'elle aussi soit informée, dans le but, bon, de la préparation
nécessaire au transfert de l'enfant. C'est assez particulier dans certains cas
où la famille d'accueil n'est pas au fait du
transfert. L'enfant part à l'école. Le transfert
se fait durant la journée. L'enfant ne revient pas à la famille d'accueil, et là la famille d'accueil se demande qu'est-ce qui se passe, mais l'enfant, il n'a jamais pu parler avec la famille ou la famille
n'a jamais pu parler avec l'enfant. Dans certains cas, je peux comprendre,
mais, dans beaucoup de cas, malheureusement,
des fois, l'information ne se rend pas. Donc, au fond, ce qui est demandé,
c'est d'ajouter que le milieu de vie substitut duquel l'enfant doit être
transféré doit être consulté avant le transfert et que la famille d'accueil
soit informée, dans le but de mieux préparer ce transfert-là.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, M. le député de Saint-Jean. Mme la
ministre.
Mme Charlebois :
En fait, est-ce que je comprends que le député de Saint-Jean présume que tous
les enfants sont en famille d'accueil
et qu'ils vont être transférés dans une autre famille d'accueil? Est-ce que,
si, dans le cas où un enfant est en centre de réadaptation, bref, dans
un centre jeunesse, on consulte le centre jeunesse?
Le Président
(M. Merlini) : M. le député de... Woups! Pardon.
Mme Charlebois :
Et, pour l'amener voir une famille d'accueil, est-ce qu'on a prévu cet
angle-là? Parce que ce n'est pas toujours d'une famille d'accueil à une
autre, là.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, Mme la ministre. M. le député de
Saint-Jean.
M. Turcotte :
M. le Président, la ministre a effectivement un bon point. C'est pour ça qu'au
début on parlait de milieu de vie
substitut. Donc, ça inclut centre de réadap, centre hospitalier, famille
d'accueil, etc. On pourrait effectivement modifier dans la deuxième
partie «famille d'accueil» pour «milieu de vie
substitut». Si c'est juste ça qui pose problème pour la ministre, ça
nous va, on peut faire un sous-amendement sans problème.
Le Président
(M. Merlini) : Mme la ministre.
Mme Charlebois :
On a tellement une belle collaboration, M. le Président.
Le Président
(M. Merlini) : Bien oui.
Mme Charlebois :
J'entends les propos du député de Saint-Jean. Je comprends le sens qu'il veut
donner à son amendement. Mais je veux
nous faire un rappel, M. le Président : On est dans la
section des
principes. Et là, à l'article 7, c'est
dans la
section où le DPJ est en train... C'est lui qui décide. Puis il est en
train de préparer un transfert. Peu importe d'où à où,