House Proceedings — 27 March 2018 (41st Legislature, 1st Session)
2018-03-27
Quebec — Debates (Hansard)
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, on vous remercie pour votre
déclaration. Je cède maintenant la parole à M. le député de
René-Lévesque pour sa déclaration d'aujourd'hui. À vous, M. le député.
M. Ouellet : Merci beaucoup, M.
le Président. La troupe Fan-As de Baie-Comeau, de la circonscription de René-Lévesque, a remporté trois médailles en
février dernier, lors du championnat Cheer Evolution à Québec. Récoltant
une médaille de bronze, une médaille
d'argent et une médaille d'or, la délégation de Baie-Comeau a compilé une
réussite mémorable et un bilan hors
de l'ordinaire. La formation s'est démarquée des autres, qui provenaient d'un
peu partout au Québec.
À chacune de
ces compétitions, Fan-As évolue, se dépasse et démontre qu'elle est une équipe
qui atteint à chaque fois de nouveaux
sommets. Composée d'athlètes d'expérience et de nouvelles recrues, l'équipe a
de quoi être fière, elle inspire par
son succès, son talent et son travail rigoureux. Le futur consolidera
l'admiration et l'inspiration que nous avons pour elle.
En mon nom et
en celui des citoyens et citoyennes de la circonscription de René-Lévesque, je
tiens à féliciter la troupe Fan-As de
Baie-Comeau et leur souhaite la meilleure des chances pour le championnat
national en avril prochain.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, on vous remercie, M. le
député, de votre déclaration. Je cède maintenant la parole à Mme la
députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré
pour sa déclaration d'aujourd'hui. À vous, madame.
Mme Simard :
Merci, M. le Président. La Coopérative des techniciens ambulanciers de
Charlevoix s'est démarquée au Gala des services préhospitaliers
d'urgence, le 16 mars dernier, à Boucherville.
D'abord, elle
a reçu une distinction pour son initiative Héros en trente, de Charlevoix,
ayant permis, en deux ans, de former quelque 500 personnes aptes à
réagir en cas de situation de réanimation cardiorespiratoire, sans ventilation.
Puis, M. Philippe Savard, un paramédic,
présent dans nos tribunes en compagnie de son fils Gabriel et de M. Gaétan Bourque, directeur général de la
CTAQ, a été récompensé, donc, pour sa contribution au rayonnement de la paramédecine auprès de nos concitoyennes et
concitoyens de Charlevoix dans le Volet communautaire en SPU. Avec humilité, il a partagé l'honneur de cette
récompense avec les autres membres du comité et les partenaires de Héros en
trente. Pour avoir eu
le privilège de partager un quart de travail avec ce dernier comme députée mais
fière paramédic d'un jour, je reconnais dans ce geste sa générosité et
son esprit de communauté.
Merci,
M. Savard, pour votre profond dévouement, votre disponibilité et votre
précieux engagement auprès des nôtres. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la
parole à M. le député de Nicolet-Bécancour pour sa déclaration d'aujourd'hui. À
vous.
M. Martel :
M. le Président, en novembre dernier,
Mme Céline Plourde, ici présente, pharmacienne de
Saint-Léonard-d'Aston, a été reçue membre honoraire du Collège des médecins de
famille du Canada, un des plus prestigieux
honneurs décernés par cet organisme. Cette distinction souligne les réalisations de personnes qui, sans être des médecins, ont contribué de
façon exceptionnelle à la discipline de médecine familiale.
Accordé
pour la première fois au Canada à une pharmacienne, cet honneur vient couronner
une carrière de 40 ans en
pharmacie communautaire. Déjà
lauréate du prix Louis-Hébert en 1987, Mme Plourde a reçu le
titre de
Fellow de l'Ordre des pharmaciens du Québec en juin 2017.
Mme Céline
Plourde s'illustre dans son métier de pharmacienne par son dévouement envers la
communauté et par ses efforts
exceptionnels pour favoriser l'éducation des patients, et c'est la raison pour
laquelle je tiens à lui rendre hommage aujourd'hui à l'Assemblée
nationale. Bravo, Mme Plourde!
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci, M. le député. Je cède
maintenant la parole à M. le député de Portneuf pour sa déclaration
d'aujourd'hui. À vous, M. le député.
Matte : Merci, M. le Président. J'aimerais offrir toutes mes
félicitations à Mmes Christiane Huot, Chantale Savard, Jane
Mitchell et Céline Girard, qui sont dans les tribunes aujourd'hui.
quatre femmes de ma région se dévouent avec coeur depuis 17 années à la
lutte contre le cancer du sein. Leur projet, intitulé Partenariat avec
les organismes communautaires de Portneuf, a permis d'établir la collaboration
avec 23 organismes du milieu oeuvrant
auprès des femmes plus vulnérables afin d'augmenter la participation des femmes
au programme de dépistage. Lors du dernier congrès Ensemble, en réseau,
pour vaincre le cancer, elles se sont mérité le prestigieux Prix de
cancérologie 2017 dans la région, Promotion, santé et prévention.
Mesdames,
vous pouvez être fières du travail accompli dans l'avancement de cette noble
cause. Merci. Bravo et félicitations!
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Et la présidence souhaite la bienvenue au quatuor.
Alors,
je cède maintenant la parole à M. le député de Mercier pour sa déclaration
d'aujourd'hui. À vous, M. le député.
M. Khadir :
Merci, M. le Président. Récemment, 17 directrices et directeurs régionaux
de santé publique du Québec ont demandé au
gouvernement fédéral d'inclure les résidus miniers dans le règlement qui
interdit l'utilisation et le commerce
de l'amiante au Canada. La dangerosité de l'amiante n'est plus à démontrer. Les
entreprises qui ont exploité l'amiante sur le dos et au détriment de la santé
des travailleuses et travailleurs ont laissé à la population de Thetford,
d'Asbestos, de Broughton et d'autres municipalités un fardeau qui doit être
partagé par l'ensemble de la population.
y a des solutions comme produire du magnésium à partir des résidus miniers, qui
serait une bonne solution à la fois pour assainir l'environnement mais
aussi pour créer des emplois.
Alors, je tenais, par
cette déclaration, d'affirmer la solidarité de Québec solidaire, qui joint sa
voix à celle d'Yv Bonnier Viger, directeur
de la santé publique régional de Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, et des 15 autres directeurs régionaux de santé publique du Québec
pour appuyer la position courageuse de M. Lessard, directeur de santé
publique de la région Chaudière.
Vice-Président (M. Gendron) : En vous remerciant, M. le député de
Mercier. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Soulanges pour
sa déclaration d'aujourd'hui. À vous, Mme la députée.
Charlebois : Merci, M. le Président. Je désire prendre
quelques instants pour vous dire que du 25 au 31 mars se tient la Semaine des travailleuses sociales et
des travailleurs sociaux du Québec sous le thème Le social, ça se travaille! .
Le but est de reconnaître le rôle indispensable que jouent ces quelque
13 000 professionnels partout au Québec. Cet événement vise également à sensibiliser la population au travail que ces
femmes et ces hommes accomplissent au quotidien en valorisant davantage leur champ de pratique et les services qu'ils
offrent. Leur travail est complexe et comporte souvent des situations
déchirantes qui font à la fois appel à leur sens critique, à leur grande
sensibilité envers les personnes, qui sont parfois brimées dans leurs
droits les plus fondamentaux.
Nous
le savons tous, ces professionnels passionnés sont animés par des valeurs de
justice, de respect des droits de la
personne et d'équité sociale. Alors, je tiens à saluer leur contribution à
notre société ainsi qu'à les remercier pour leur engagement humain, leur apport concret à la vie des gens
vulnérables de notre société. Merci pour la qualité de vos interventions
consacrées à la protection du public et au mieux-être des Québécois.
Vice-Président (M. Gendron) : Je vous remercie, Mme la députée. Je
cède maintenant la parole à M. le député de Masson pour la déclaration
d'aujourd'hui. M. le député, à vous la parole.
Lemay : M. le Président, je prends aujourd'hui un instant pour
souligner le travail et la détermination d'un étudiant mais aussi d'un
athlète de la circonscription de Masson.
Yoans
Lefebvre termine cette année son secondaire V à l'école Le Prélude, à
Mascouche. Il a toujours redoublé d'efforts,
ce qui lui a permis non seulement d'exceller dans ses études, mais aussi d'être
en nomination pour l'étudiant démontrant le plus de persévérance
scolaire.
plus de ses performances académiques, Yoans a récemment pu se démarquer en tant
que champion canadien de taekwondo de sa catégorie. Ce
titre lui
permettra de représenter le Canada aux Championnats du monde juniors de
taekwondo, en Tunisie, du 5 au 13 avril prochain.
Yoans,
tu es un véritable modèle de détermination et de persévérance, et sache qu'on
est tous fiers de ton travail. On te souhaite le plus grand succès aux
championnats du monde de taekwondo, Yoans, on est tous en arrière de toi.
«Let's go», Yoans! Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci, M. le député. Je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Bourassa-Sauvé pour sa
déclaration de ce matin. À vous, Mme la députée.
Mme de Santis : M. le Président, valoriser la science et la
technologie auprès des jeunes, voilà l'objectif de l'organisme FIRST, qui met sur pied annuellement une
compétition internationale de robotique pour stimuler encore davantage les
élèves.
L'école Calixa-Lavallée, située dans
Montréal-Nord, y participe depuis huit ans par l'entremise de son équipe,
les Spartiates 3544, qui regroupe plus
d'une trentaine de jeunes de 12 nationalités différentes, tous unis par
leur passion de l'ingénierie et de la technologie.
Cette
année, l'école s'est particulièrement illustrée grâce à la participation de Meryeme Roudane, une jeune fille
qui en est à sa cinquième participation.
Meryeme a remporté le prix FIRST Dean's List Finalists Award qui reconnaît
les élèves passionnés, au leadership
remarquable, qui démontrent une passion et une efficacité exemplaires dans
l'atteinte des idéaux de l'organisme. Meryeme a su percer un monde
traditionnellement masculin avec brio et aplomb.
Félicitations,
Meryeme! On est fiers de vous.
Vice-Président (M. Gendron) : Je vous remercie, Mme la députée. Je
cède maintenant la parole à M. le député de Jonquière pour sa
déclaration de ce matin. À vous, M. le député.
Gaudreault : Oui, merci, M. le Président. Je tiens à féliciter le
Centre de femmes Mieux-être de Jonquière, qui célèbre ses 25 ans
d'existence cette année.
organisme accueille des femmes qui ont le goût de partager avec d'autres
différentes facettes de leur réalité quotidienne.
Que ce soit parfois de l'isolement, un problème d'emploi, une rupture ou,
malheureusement, de la violence, mais
aussi parce qu'elles peuvent avoir le goût de partager leurs réussites entre
elles, le Centre de femmes Mieux-être offre un lieu pour accompagner les
femmes dans leurs différentes réalités.
Le centre favorise l'implication de toutes les
participantes dans ses volets d'action, et ce, dans un souci de prise en charge individuelle et collective. De
plus, le Centre de femmes Mieux-être est un milieu de vie qui permet aux
femmes d'être
partie prenante de l'action de
l'organisme, et elles peuvent s'y intégrer pleinement. Cette symbiose entre
les différentes participantes fait du centre
un endroit où les gens participent, s'initient et contribuent au bon
fonctionnement et à l'expansion de l'organisme.
Félicitations pour les 25 années de
services rendus pour toutes ces femmes! Merci pour l'implication des employés
et bénévoles qui sont au coeur de ce bel organisme de Jonquière. Merci.
Vice-Président (M. Gendron) : On vous remercie, M. le député de
Jonquière, de votre déclaration. Et cette dernière déclaration met fin à
la rubrique Déclarations de députés.
Les travaux sont suspendus pour quelques
instants.
(Suspension de la séance à 13 h 53)
Président : Chers collègues, mesdames messieurs, nous allons nous
recueillir quelques instants. Mais avant j'aimerais quand même que nous ayons une pensée pour la famille de M.
André Bourbeau, qui est décédé il y a quelques jours. M. Bourbeau a siégé avec nous pendant plus de 20 ans, et
plusieurs d'entre vous l'avez connu. Alors, je pense qu'avoir une pensée pour les membres de sa famille et ses
amis serait tout à fait à propos pendant cette période de recueillement.
Merci, veuillez vous asseoir.
Nous avons
ici la présence, dans nos tribunes, de M. Luc Ferland, ancien député d'Ungava.
Je le salue. Vous pouvez vous asseoir.
Plusieurs
personnes qui ont regardé les périodes des questions la semaine dernière se
sont adressées à moi pour me dire que
le climat n'avait pas été tout à fait ce qu'il devrait être. Alors, j'ai
visionné les trois périodes de questions et je dois vous dire que, pour notre institution, ce n'était pas très
édifiant. Avec l'expérience que vous avez tous, vous savez que l'humour, et particulièrement l'humour fin,
est un meilleur combattant que toutes les sorties que nous pouvons avoir
concernant les inventaires de sacristie ou
encore des qualificatifs qui, en toutes matières confondues, ne nous avancent pas beaucoup. Calmes, sereins et efficaces. Je m'attends de
vous que vous soyez plus calmes, plus sereins, et vous serez davantage
efficaces.
Alors, nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le
président du Conseil du trésor.
M. Arcand : M. le
Président, permettez-moi de vous transmettre un message de Son Honneur le lieutenant-gouverneur
du Québec, signé de sa main.
Le Président : Mmes, MM. les
députés, veuillez vous lever.
Alors : «Message à l'Assemblée nationale.
«Conformément
aux dispositions de l'article 54
de la Loi constitutionnelle de 1867, je transmets et recommande à la
considération de l'Assemblée nationale les crédits pour l'année financière se
terminant le 31 mars 2019.»
L'honorable Jean-Michel Doyon.
Je vous remercie. Veuillez vous asseoir. M. le
président du Conseil du trésor.
M. Arcand : M. le Président,
pour donner suite au message du lieutenant-gouverneur, qu'il me soit permis de déposer les crédits budgétaires pour l'année
financière se terminant le 31 mars 2019 et les documents qui les
accompagnent : les crédits et
plans annuels de gestion de dépenses de l'Assemblée nationale et des personnes
désignées, les crédits des ministères et organismes, budget des fonds
spéciaux, budget des organismes autres que budgétaires, plans annuels de gestion des dépenses des ministères et organismes,
les renseignements supplémentaires, la stratégie de gestion des dépenses
Une gestion
responsable au bénéfice de la population , Les infrastructures
publiques du Québec , le plan québécois des infrastructures 2018-2028, et les
plans annuels de gestion des investissements publics en infrastructures 2018-2019.
Le Président : Alors, ces
documents sont déposés. M. le leader du gouvernement.
M. Fournier : Oui, merci, M. le
Président. Bonjour. J'ai deux motions à vous présenter. La première : Conformément aux dispositions de
l'article 280 du règlement, je fais motion pour déférer les crédits
budgétaires 2018-2019 en commission plénière afin que l'Assemblée
étudie et adopte le quart des crédits. C'est la première motion.
Président : Alors, je demande s'il y a consentement pour
déroger à l'article 53 du règlement afin de permettre la
présentation d'une motion sans préavis. Est-ce qu'il y a... M. le leader.
M. Fournier :
Et donc la deuxième motion, M. le Président. Suite à une entente avec les
groupes parlementaires et les députés
indépendants, de consentement, je souhaite présenter dès ce moment-ci la motion
concernant les modalités convenues
pour l'étude des crédits provisoires en commission plénière, qui se tiendra
demain, le mercredi 28 mars. Alors, avec le consentement, je
pourrais procéder à ladite lecture de la motion, si vous le permettez, M. le
Président.
Le Président : Je pense qu'il
y a un consentement. Allez-y.
M. Fournier : Merci, M. le Président.
«Que l'Assemblée procède à l'étude
et à l'adoption des crédits provisoires 2018-2019, conformément aux dispositions de
l'article 87, alinéa 1, paragraphe 4.1° ainsi que des
articles 280 et 281 de notre règlement et ce, selon les modalités
subséquentes;
«Que,
dès l'appel des affaires du jour de la séance du 28 mars 2018,
l'Assemblée se constitue en commission plénière et procède
à l'étude des crédits provisoires de la manière suivante :
«Que,
pour une durée maximum de 2 heures, le ministre de la Santé et des
Services sociaux puisse échanger avec les députés de
l'opposition;
«Qu'à
13 heures, la commission plénière suspende ses travaux et que les travaux
de l'Assemblée soient suspendus jusqu'à 15 heures;
«Que
dès 15 heures, la commission plénière poursuive ses travaux et puisse
compléter, si nécessaire, les échanges entre les députés
de l'opposition et le ministre de la Santé et des Services sociaux et que, dès
après et pour une durée maximum de 1 heure, le ministre responsable de l'Administration
gouvernementale et de la Révision permanente des programmes et président du
Conseil du trésor puisse échanger avec les députés de l'opposition;
«Que
dès après et pour une durée [maximale] de 1 heure, le ministre des
Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification
des transports puisse échanger avec les députés de l'opposition;
«Qu'immédiatement
après et pour une durée de 1 heure, la ministre du Développement durable, de l'Environnement
et de la Lutte contre les changements climatiques puisse échanger
avec les députés de l'opposition;
«Qu'immédiatement
au terme de cet échange, le président de la commission plénière mette aux voix
le quart des crédits pour l'année financière 2018-2019;
«Qu'ensuite,
le président de la commission plénière fasse rapport à l'Assemblée et que
celle-ci se prononce sans débat sur ledit rapport puis sur le projet de loi de crédits qui y fait
suite, le tout conformément au premier alinéa de l'article 281 du
règlement;
«Qu'enfin,
et ce suivant le deuxième alinéa de l'article 281 du règlement, il soit
permis au leader du gouvernement de présenter une motion sans préavis et non débattue afin que l'étude de
l'ensemble des crédits budgétaires, sauf ceux de l'Assemblée, soit
renvoyée en commissions permanentes;
«Que
les remarques préliminaires pour chacun des échanges avec les ministres
susmentionnés soient fixées à un maximum de 6 minutes
pour le groupe parlementaire formant le gouvernement,
3 minutes 30 secondes pour le groupe parlementaire formant
l'opposition officielle et 2 minutes 30 secondes pour le
deuxième groupe d'opposition et 1 minute 30 secondes pour
l'ensemble des députés indépendants;
«Que
pour chacun des échanges avec les ministres susmentionnés, l'équivalent d'un
bloc de 5 minutes par heure d'échange soit réservé à
l'ensemble des députés indépendants;
«Que
le temps non utilisé, le cas échéant, par les députés indépendants soit
redistribué proportionnellement entre le groupe
parlementaire formant l'opposition officielle et le deuxième groupe d'opposition;
«Que,
à tout moment, le président de l'Assemblée ou de la commission plénière puisse
suspendre les travaux;
«Que,
malgré l'article 20 du règlement, la commission plénière et l'Assemblée
puissent poursuivre leurs travaux jusqu'à ce que cette dernière se soit prononcée sur le projet de loi des
crédits et sur la motion de renvoi de l'ensemble des crédits budgétaires
sauf ceux de l'Assemblée en commissions permanentes;
«Que
cette motion devienne un ordre de l'Assemblée et qu'elle ait préséance sur toutes
dispositions incompatibles du règlement.»
Le Président : Je vous ai laissé conclure votre lecture parce que je ne voulais pas vous interrompre, mais
en même temps on m'indiquait qu'il
n'y avait pas de consentement. Alors, c'est donc un peu particulier, mais au
moins on va savoir de quoi on parle. M. le leader.
Fournier : Je suis juste un peu étonné qu'il n'y ait pas de
consentement, puisqu'il y avait un consentement. Et, à ma foi, s'il n'y avait pas de consentement, l'opposition sera à
même de débattre avec le ministre de notre choix. C'est plutôt pour renseigner les oppositions, c'est pour
ça qu'on cherche les consentements qu'on a obtenus. Si les oppositions ne souhaitent pas qu'il y ait une organisation des
travaux, il va y avoir le temps, mais ils vont avoir le ministre qu'on va
choisir.
Le Président :
Je vais écouter Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
Alors, M. le Président, on ne donnait pas notre consentement à ce moment-ci, on
voulait tout simplement que le gouvernement
le fasse à la rubrique où ça doit se faire et ne pas le faire hors rubrique,
tout simplement.
Le Président :
Alors, je comprends qu'il y aura une motion à la période des motions, mais...
Le Président :
Oui, je pense qu'on peut le dispenser de la lecture.
Président : Non? Bon, bon, ça semble... Tout le monde veut...
Tout le monde apprécie votre voix, je pense.
Alors, cette
motion... Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, il me fait plaisir de déposer le plan
stratégique 2018-2022 du Tribunal administratif du Québec.
Le Président :
Alors, ce document est déposé. M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Ah oui! Excusez, j'étais encore dans ma motion et mes émotions.
Je dépose les
réponses du gouvernement aux questions inscrites au feuilleton présentées par
les députés de Berthier et de Saint-Jérôme le 22 février 2018.
Le Président :
Alors, ce document est déposé.
J'ai
reçu préavis d'une motion qui sera inscrite dans le feuilleton de demain aux
affaires inscrites par les députés de l'opposition conformément à
l'article 97.1 du règlement. Je dépose copie du texte de ce préavis.
À la rubrique Dépôt
de rapports de commissions, Mme la présidente de la Commission de la culture et
de l'éducation et députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de
Santis : M. le Président, je dépose le rapport de la Commission de la
culture et de l'éducation qui, les 6, 7 et
8 décembre 2017, les 8 et 13 février ainsi que le
22 mars 2018, a procédé à l'étude détaillée du projet de loi d'intérêt privé n° 234, Loi modifiant la
Charte de l'Université de Montréal. La commission a adopté le texte du projet
de loi avec des amendements. Merci, M. le Président.
Le Président :
Alors, comme il s'agit d'un projet de loi à caractère privé, est-ce qu'il y a
un consentement... est-ce qu'il y a un... Est-ce que le rapport est adopté?
Président : Le rapport est adopté. M. le président de la
Commission des institutions et député de Champlain.
M. Auger :
Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de la Commission des institutions
qui, les 20, 21 et 22 mars 2018, a
tenu des auditions publiques dans le cadre de consultations particulières
sur le projet de loi n° 128, Loi
visant à favoriser la protection des personnes par la mise en place d'un
encadrement concernant les chiens.
Le Président :
Alors, ce rapport est déposé.
Il n'y a pas de dépôt
de pétitions.
Il n'y a
pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une
question de droit ou de privilège.
vous avise qu'après la période des questions
et de réponses orales sera tenu le vote reporté sur l'adoption du projet de loi n° 166.
Nous en sommes maintenant
à la période de questions et de réponses orales, et j'invite le chef de
l'opposition officielle à ouvrir cette période.
M. Lisée : Le premier
ministre sait faire preuve d'humour.
Dans une déclaration qu'il a faite hier et qui a donné le
titre REM : fin des discussions , il a déclaré, et je le cite : «Tous les
dialogues possibles et nécessaires ont été faits», pour le REM. Bien, on se souviendra que le gouvernement avait décidé qu'il y aurait un BAPE accéléré, qu'il y aurait moins de
temps que normalement pour que les groupes se préparent. On se souvient
que, pour ce BAPE, le ministère des
Transports du gouvernement actuel a dit qu'il lui manquait de l'information, le ministère de l'Environnement a dit qu'il manquait de l'information, le ministère des Municipalités a dit qu'il manquait de l'information. Le gouvernement libéral
a voté contre une motion de notre parti pour
avoir une commission parlementaire des transports sur ce sujet. «Le projet d'une
génération», a dit le premier ministre. «La Baie James du Sud», a dit le premier
ministre. Mais pas de commission parlementaire. Et là, il
y a 10 jours, les sociétés
de transport ont reçu des dizaines de pages d'ententes secrètes leur disant
qu'ils travaillent maintenant pour le REM.
Alors,
aujourd'hui, dans le but d'avoir un dialogue constant ou
complet, est-ce que le premier
ministre va voter pour notre
motion pour rendre publiques les ententes secrètes du REM?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard :
Bien, l'allusion à la Baie James me semble particulièrement bien choisie. Ceci
dit, je veux, M. le Président, saluer la contribution de mon collègue
et de son parti, qui ont déposé une proposition de mobilité dont on pourra, je suppose,
tirer quelques fragments pour améliorer la qualité de vie des gens de l'île de Montréal.
Maintenant,
pourquoi le parallèle avec la Baie James
est si utile? Parce qu'à l'époque où
la décision a été prise de développer
l'hydroélectricité ce parti choisissait le nucléaire. Encore une fois, aujourd'hui,
ils sont à l'envers de l'histoire. On
a devant nous le plus grand projet de mobilité régionale que Montréal et sa
région aient connu, comparable au métro de Montréal, et ils trouvent le moyen de prendre toutes les façons
possibles, disons-le franchement, pour le bloquer. Alors, j'ai, malheureusement pour eux, de bonnes
nouvelles pour la population : la construction va commencer dans quelques
jours. Je comprends donc qu'ils ne souhaitent pas être invités, M. le
Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Alors, cette réponse était moins humoristique que sa déclaration d'hier et elle
est vide. Il n'y a aucune réponse à la
question posée. La démonstration est faite qu'il n'y a pas eu de dialogue, il
n'y a pas eu de consultation.
lui demande simplement : Les ententes secrètes du REM qui ont été déposées
il y a 10 jours, est-ce qu'on peut les lire? Si c'est un projet
aussi emballant et extraordinaire, pourquoi on n'a pas le droit de lire les
ententes secrètes du REM?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, tout ce qu'il
est possible de publier, compte tenu des obligations commerciales des intervenants,
sera fait en temps et lieu, en temps et lieu, et ce n'est pas aujourd'hui le
temps ni le lieu. Non, mais, éventuellement, ces informations-là... du moins ce qu'il sera possible de publier
le sera, bien sûr. Mais, au-delà
de ça, c'est qu'on est vraiment... Et c'est remarquable qu'en l'espace seulement
de moins de deux ans on soit partis de l'idée d'aller de l'avant avec ce projet jusqu'à être à quelques
jours seulement du début des travaux. Je pense
qu'on va se souvenir que, dans
d'autres grands projets — tiens,
prenez le métro de Laval, un projet que le collègue connaît très bien — ça
a été beaucoup plus difficile d'avancer à cette vitesse-là. Mais
la bonne nouvelle, c'est qu'on va se retrouver avec, à Montréal, un réseau moderne, électrique,
qui va desservir les citoyens de la Rive-Sud de Montréal...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...de la Rive-Nord et
notre aéroport international. Quel progrès pour le Québec!
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée : Donc, ces ententes
secrètes vont rester secrètes tant que le premier ministre décide qu'elles
restent secrètes. Il n'y a pas de secret
commercial de fabrication, là, c'est une entente entre la caisse puis
l'Autorité régionale de transport
métropolitain. Mais ce qu'on sait, c'est que la ville de Laval et la ville de
Longueuil ont voté contre les ententes secrètes. Elles considèrent
qu'elles nuisent à la mobilité plutôt qu'aider.
Alors,
pourquoi le premier ministre refuse-t-il de rendre publiques des ententes qui
ont été rejetées par deux des plus grandes villes au Québec?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Comme je dis, ce
qui est possible d'être rendu public le sera. Il n'y a aucun problème avec ça.
En fait, sur le plan économique, sur le plan
de la mobilité, sur le plan de l'environnement, il n'y a jamais eu un aussi
grand projet et un aussi grand
progrès depuis plus d'une génération à Montréal. C'est quand même incroyable.
Je pense que l'histoire retiendra
que, jusqu'à la dernière minute, le Parti québécois aura tenté de bloquer ce
projet historique, comme ils ont tenté dans le passé de bloquer d'autres
grands projets, qui, heureusement, sont allés de l'avant. Alors, la bonne nouvelle, et c'était le sens de mes remarques,
c'est que c'est terminé. On va de l'avant, on construit le REM, et, en 2021,
les citoyens de la grande région de Montréal
et les visiteurs de Montréal pourront l'utiliser et seront remplis d'admiration
pour cette belle technologie qui est présente dans notre métropole.
Le Président : Troisième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Donc, aucun engagement de rendre publiques ces ententes secrètes. Et j'admets,
oui, le Parti québécois était contre le projet de construire une usine
de gaz au Suroît, on était contre l'investissement libéral dans une mine d'amiante à Asbestos puis on était contre leur
proposition de reconvertir Gentilly-2, ce qu'il ne fallait pas faire. Alors,
oui, des mauvais projets, on est
contre. Quant à l'hydroélectricité, c'est quand même René Lévesque qui a créé
Hydro-Québec, alors on va prendre le crédit pour l'hydroélectricité.
Merci, M. le Président.
Le Président : Ça vous
intéresserait d'écouter la réponse du premier ministre? M. le premier ministre.
Couillard : M. le Président,
j'apprécie le trait d'humour de mon collègue, mais c'est vrai que René Lévesque
a joué un grand rôle, un grand rôle
dans la nationalisation de l'électricité, dans le gouvernement libéral de Jean Lesage, il faut le
rappeler. Mais là il vient de dire quelque chose d'inexact, et je vais me
permettre d'éclairer sa lanterne : le fondateur d'Hydro-Québec, c'est
Adélard Godbout, en 1944.
Président : Et le
premier président, T.-D. Bouchard. Principale, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier : Merci, M.
le Président. On apprenait vendredi
dernier que des directions d'école
font passer des élèves au quatrième secondaire en sciences même s'ils
ont échoué le cours de secondaire III. On ne parle pas d'un scandale de notes gonflées, là. Cette fois, on parle
d'élèves qui ont obtenu des notes aussi faibles que 20 % et 30 %. Onze élèves de l'école Louis-Riel ont échoué leur
cours de troisième secondaire et sont passés au niveau suivant. Le ministère a répondu que cette pratique est
conforme, car des exceptions sont prévues à la loi. On a vérifié, et en effet,
pour des raisons humanitaires ou pour éviter un préjudice grave à l'élève, une
direction d'école peut faire passer un élève au niveau suivant même s'il
n'a pas la note.
Est-ce que le
ministre peut nous confirmer que les 11 élèves de l'école Louis-Riel, dans
la classe de Mme Murphy, ont pu passer à l'autre niveau pour des
raisons humanitaires ou pour leur éviter un préjudice grave?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
M. Proulx : Oui, M. le Président. Je n'ai pas le niveau
d'information que souhaite la collègue. Je ne connais pas ni d'Ève ni
d'Adam les 11 élèves de Mme Murphy. Ce que je sais, M. le Président,
c'est que l'évaluation est sous la responsabilité de l'école. En
secondaire III, il n'y a pas d'évaluation ministérielle. On n'est pas dans
le cadre de la responsabilité du ministère,
on est dans le cadre de projets qui ont été initiés localement, ce qu'on a
appelé localement des projets
pilotes. Parce que j'ai fait des vérifications, M. le Président, et il faut
s'assurer, bien entendu, que tous les élèves aient les acquis pour poursuivre, et, lorsqu'ils seront en
secondaire IV et qu'ils auront à passer ces examens du ministère,
ils devront les réussir, M. le Président. Mais je ne connais pas la réponse à
la question de la collègue, est-ce que les 11 élèves
en question, dont je ne connais pas les noms, remplissent les critères qu'elle
m'a demandés, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
Donc, je comprends que le ministre n'a pas fait les vérifications depuis
vendredi dernier. Pourtant, la loi
est limpide sur le sujet : pour exempter un élève, le parent doit en faire
la demande, et ça doit être pour des raisons humanitaires ou un préjudice
grave.
Alors, est-ce que le ministre va nous confirmer
que les élèves ont fait la démonstration? Alors, il pourra nous répondre. Et,
sinon, qu'allez-vous faire? Si ce n'est pas lui qui applique la loi, qui va
l'appliquer, M. le Président?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
M. Proulx : Oui. M. le Président, on applique la loi. C'est
sous la responsabilité des milieux d'établir leurs évaluations et leur cadre d'évaluation. On a déjà
eu ces discussions, M. le Président, ici, dans d'autres dossiers. Il faut
respecter aussi l'autonomie des milieux. Je
comprends que des gens ne sont pas d'accord avec les projets qui ont été mis de l'avant dans cette école, notamment. Je
comprends que des gens souhaitent que ça se passe autrement. Il en est de la
responsabilité de la direction d'école de
s'asseoir avec ses enseignants, et de la commission scolaire de faire respecter
les standards et les règles à l'égard de l'évaluation.
Mais les gens
doivent savoir, M. le Président, que, pour les évaluations ministérielles,
celles qui sont des évaluations à
sanction, pour obtenir un diplôme d'études secondaires, M. le Président, elles
seront respectées. Les notes de passage devront...
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Dans un communiqué, le ministère de l'Éducation, le
24 mars dernier, nous disait que le seuil de réussite est fixé, en
sciences comme dans les autres matières, à 60 %.
Il y a combien
d'autres élèves que les 11 élèves de Louis-Riel qui ont passé en
secondaire IV? Est-ce que le ministre peut nous répondre à cette
question?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Proulx : Oui, M. le
Président. Je pense que la collègue essaie de faire une histoire avec quelque
chose qui n'en est pas. C'est sous la
responsabilité des écoles, je l'ai dit. Il y a 1,3 million d'élèves, M. le
Président, je n'ai pas, moi, dans mon
bureau, chacun de leurs dossiers académiques. Peut-être que la collègue
collectionne ça les soirs ou les fins de semaine, moi, je n'ai pas ça,
M. le Président.
Une chose est
certaine, les écoles votent localement un cadre dans lequel se fait
l'évaluation, se doit d'être... se doit, pardon, de respecter les politiques d'évaluation. Et, pour obtenir un
diplôme d'études secondaires au Québec, M. le Président, il faut atteindre les
objectifs, obtenir les notes de passage pour les matières à sanction, qui sont
ces matières pour obtenir le diplôme. Et, M. le Président, quelqu'un qui
ne réussit pas ses examens n'obtient pas son diplôme.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Marie-Victorin.
Fournier : M. le Président, il y a quelques semaines, j'ai demandé au
ministre de l'Immigration d'envoyer la
facture à Ottawa pour compenser son inaction dans le dossier des demandeurs
d'asile. Le ministre a finalement pris la bonne décision en nous écoutant et en demandant au gouvernement canadien
de rembourser 146 millions de dollars. Je l'en félicite. Le
problème, M. le Président, c'est que ça n'a même pas pris 24 heures pour
que le ministre fédéral de l'Immigration réponde qu'il en avait déjà fait assez
et qu'il ne rembourserait rien.
Alors,
on va récapituler : pas une cent de remboursement, des délais qui
s'allongent sans arrêt pour les permis de travail et un système
complètement paralysé. Ça, c'est ce que le gouvernement fédéral appelle en
faire beaucoup. C'est complètement risible.
Non seulement c'est le Québec qui doit payer la facture, mais c'est les
demandeurs d'asile qui subissent au quotidien les conséquences de
l'inaction du fédéral.
question est donc très simple : Maintenant qu'on vous a dit non, qu'est-ce
que vous allez faire pour qu'on nous rembourse?
Le Président :
M. le ministre de l'Immigration.
Heurtel : Poursuivre le combat, M. le Président. Mais, dans les
derniers 12 mois, on en est à 146 millions de dollars de
dépenses, qui se ventilent principalement du côté de la Solidarité sociale, de
la Santé, de l'Éducation, de la Famille et
de l'Immigration, M. le Président, pour ne pas oublier également l'accès à la
justice. C'était une première année
qui reflète un constat clair, que la
question de l'immigration, particulièrement
provenant des États-Unis, est une question qui nous pousse à revoir en profondeur tout le système de demande
d'asile, qui est en place depuis des décennies au Canada. Sachant
maintenant que plus de 50 % des demandeurs d'asile passent par le Québec,
au Canada, sachant également que ça oblige maintenant un système qui déjà avait
des délais parfois de deux, trois, quatre et cinq ans avant de voir un
traitement de demande d'asile... on va poursuivre le travail avec le
gouvernement fédéral pour s'assurer qu'ils répondent...
Le Président :
En terminant.
M. Heurtel :
...à nos demandes très justifiées.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Marie-Victorin.
Fournier : Le ministre dit qu'il va poursuivre le travail, mais c'est
très clair, la réponse du fédéral, c'est non. Moi, je serais bien curieuse d'entendre le ministre des Affaires
intergouvernementales canadiennes, qui est en grande tournée au Canada,
«coast-to-coast», pour justement vouloir diminuer ce mépris du Canada envers le
Québec.
Alors, à quand des
résultats concrets pour les Québécois?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Merci de suivre
mes missions au Canada. Ils ne sont pas nombreux, ceux qui les suivent,
alors je vous remercie beaucoup.
voudrais quand même vous dire que l'essence de ces missions-là, c'est qu'on se
comprenne bien, et une bonne façon de
bien se comprendre, c'est de bien
répéter ce qui est dit. Alors, le ministre fédéral n'a pas dit : On a payé assez
et c'est non, il a dit : On a payé beaucoup,
et nous, on dit : Vous avez peut-être payé beaucoup, mais ce n'est pas assez. Et c'est pourquoi nous allons continuer de faire ces
démarches, pour bien expliquer que, lorsqu'il y a des responsabilités,
il faut les assumer, et on a bonne confiance qu'ils vont les assumer, mais évidemment
il faut travailler. On va travailler, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Marie-Victorin.
Fournier : M. le Président, on voit bien que la compétitivité libérale face au gouvernement canadien est complètement
nulle. Ce n'est pas nouveau. Les libéraux préfèrent que le Québec
se fasse avoir plutôt que de revendiquer haut et fort ce qui nous revient
pourtant de droit. Laissez-moi vous citer la réaction de notre premier ministre à ce refus, qui est pourtant clair,
du Canada, il a dit : Je ne m'attendais pas à recevoir
un chèque aujourd'hui, je vous avoue, mais on va continuer les discussions.
Au fond, ce qu'il nous dit, c'est que, quand ça implique le fédéral, bien,
c'est une cause qui est perdue d'avance.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
M. le Président, je pense qu'on a amplement démontré, à la gouverne, depuis
certainement les quatre dernières années,
non seulement qu'à l'égard du fédéral, dans les batailles que nous avons à
faire, nous gagnons, mais, dans bien
d'autres dossiers, combien nous avons amené le Québec à un endroit particulièrement apprécié par les Québécois. Aujourd'hui, M. le
Président, on va assister au budget
de la confiance et de la croissance. On a des moyens qui sont donnés. Enfin, le gouvernement peut faire des choix pour l'ensemble des Québécois. Alors, moi, je n'ai
pas du tout de difficulté à assumer
que l'opposition a un travail à faire de s'opposer, mais je sais
qu'en ce moment ce n'est pas facile. Bonne chance pour la suite!
Le Président :
Principale, Mme la députée de Montarville.
Roy : Merci beaucoup, M. le Président. Un petit peu
d'histoire. En avril 2017, je
questionnais l'ex-ministre de l'Immigration pour lui demander si elle avait toutes les ressources
nécessaires, tout l'argent pour faire face à une vague
massive de migrants qui allaient passer par
les bois pour éviter les douanes et entrer au Québec. Il y a
un an, elle m'a répondu que, oui,
tout était en place, de ne pas m'inquiéter. Je l'avais cru. On constate aujourd'hui que le mémo ne s'est pas rendu à
son successeur. Durant la dernière année, ce sont près de 25 000 personnes qui sont entrées au
Québec par les bois. La facture pour
cet accueil s'est élevée à 146 millions de dollars, que nous avons tous
payée collectivement. Le gouvernement libéral
a tenté de se faire rembourser auprès du fédéral, il nous l'avait dit, il nous
l'avait promis, mais Ottawa a refusé de nous verser cet argent pour
l'accueil de tous ces migrants.
Alors, nous avons la
responsabilité, M. le Président, de les accueillir, tout à fait, mais, face à
ce refus de remboursement, quel est le plan du ministre pour combler ce manque
à gagner de 146 millions de dollars?
Le Président :
M. le ministre de l'Immigration.
M. Heurtel :
Poursuivre le combat, M. le Président. Alors, je répète...
M. Heurtel :
Non, je suis votre conseil de passer par l'humour pour passer les messages, M.
le Président.
Alors, M. le
Président, je répète, on a eu une vague de demandeurs d'asile sans précédent.
Nous traitons cette vague avec tout le
sérieux, la rigueur et la compassion qu'elle commande. Et ce qu'on voit, en
plus, M. le Président, c'est que nous
mettons la plupart de ces personnes qui désirent débuter une nouvelle vie ici,
au Québec... nous les mettons au travail,
et ces personnes-là contribuent à l'économie québécoise, particulièrement dans
un contexte de pénurie de main-d'oeuvre.
Et donc on va faire notre travail et on va continuer à accompagner ces
personnes-là dans le processus de demande d'asile, qui prend beaucoup
trop de temps et qui n'est pas adapté à cette nouvelle réalité, qui est une
réalité mondiale, de mouvements migratoires
importants. Alors, nous allons continuer le travail. Nous demandons au
gouvernement fédéral de, oui, payer la facture...
Le Président :
En terminant.
M. Heurtel :
...mais aussi de réformer son système.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Montarville.
Mme Roy :
Le problème, c'est que la crise des migrants qui passent par les bois est loin
d'être finie, elle continue, M. le
Président. Immigration Canada nous apprend que, pour le mois de février de
cette année, ce sont 2 115 personnes qui
ont traversé par les bois pour éviter les douanes. En janvier, elles étaient
plus de 2 000. À ce rythme-là, on risque d'atteindre
encore, cette année, les 25 000 passages par les bois, ça veut dire
probablement un autre 146 millions de dollars que nous allons
payer, si ce n'est pas plus.
Alors, M. le ministre, où allez-vous trouver
l'argent pour cette année?
Le Président : M. le ministre
de l'Immigration.
Heurtel : Alors, M. le Président, il y a un comité qui est en place,
un comité ad hoc qui a été mis en place par le gouvernement fédéral, bon, qui est présidé par le ministre fédéral
des Transports, Marc Garneau, et qui comprend le ministre de l'Immigration, le ministre de la Sécurité publique, et nous
siégerons à ce comité-là avec nos collègues l'Ontario. Nous, ce qu'on choisit de faire, c'est de
travailler — ce n'est
pas juste de dénoncer — c'est de travailler à trouver des solutions. La lettre que
mon collègue des Affaires intergouvernementales canadiennes et moi avons
envoyée au gouvernement fédéral la semaine
dernière est une lettre qui décrit justement le départ de ces discussions-là.
Le gouvernement fédéral a eu une
première réaction. Nous disons clairement : Ce n'est pas suffisant, ce que
le gouvernement fédéral fait...
Le Président : En terminant.
M. Heurtel : ...tant au niveau
financier qu'au niveau de l'organisation du système.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Montarville.
Mme Roy :
Depuis le début de 2018, cette année, M. le Président,
4 200 demandeurs d'asile sont entrés au Québec en deux mois
seulement. Et là on n'a pas encore les chiffres de mars, et ça continue.
Je vais
répéter la même question que je pose depuis avril 2017 : Quel est
votre plan pour faire face à ces arrivées massives, massives, de
migrants par les bois?
Le Président : M. le ministre
de l'Immigration.
M. Heurtel :
M. le Président, la gestion des frontières est de compétence fédérale, c'est le
gouvernement fédéral qui doit gérer les frontières et qui doit également
s'assurer qu'on a un système de demandeurs d'asile qui soit adapté à cette nouvelle réalité là. C'est ce que nous
demandons au gouvernement fédéral, et on va continuer à le demander et continuer à se battre pour qu'on ait un meilleur
système. Si la CAQ a une meilleure proposition, qu'elle la fasse. Parce que, moi, tout ce que j'ai entendu, moi, de la
CAQ, c'était de fermer les frontières. Alors, fermer les frontières, ce n'est
pas ça, le Québec, puis ce n'est pas
ça, le Canada. Nous, on va s'occuper des gens. On a les ressources, on s'occupe
des gens avec dignité et compassion, on va continuer à le faire. Cela
dit...
Le Président : En terminant.
M. Heurtel :
...il faut une réforme en profondeur du système, et on va continuer de
travailler avec le fédéral pour l'obtenir.
Le Président : Principale, M.
le député de Deux-Montagnes.
M. Charette :
Merci, M. le Président. Dès la fin du mois d'avril, les travaux préparatoires
du REM sur la ligne de Deux-Montagnes
provoqueront des arrêts de services importants. Nous sommes tous conscients que
la construction d'un tel réseau de
transport va nécessiter des aménagements importants dans les prochaines années.
Ce qui nous inquiète, c'est
l'attitude même du gouvernement. Soit il manque totalement de transparence,
soit il n'ose pas évoquer les mesures d'atténuation
qui seront mises en place durant les travaux. On apprend ce matin que les
travaux nécessiteront, donc, dans un premier temps, la fermeture de la ligne
les fins de semaine. Les opérateurs de services de train et d'autobus de la banlieue ne sont même pas au courant, et aucune
solution n'a été mise de l'avant. Inutile de faire l'historique des déceptions
vécues par les citoyens ces derniers mois à l'égard du transport en commun,
mais les usagers sont déjà exaspérés.
Ma question
est toute simple : C'est quoi, le plan du ministre? Quelles seront les
mesures d'atténuation en place durant toute la durée des travaux?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
M. Fortin
(Pontiac) : Merci, M. le Président. Je comprends que le député de Viau
et ministre de l'Immigration n'est
pas le seul à prendre votre point de vue à propos de l'humour, mais je veux le
dire, M. le Président, très clairement, effectivement, les travaux sur le Réseau express métropolitain vont
commencer dès avril. De mémoire d'homme, M. le Président, je ne pense pas qu'il y ait personne ici, en cette Chambre,
qui se souvient d'un projet qui aura pu commencer en une aussi courte période de temps. Et ça, on
peut le faire à cause de la nouvelle façon de faire, de la nouvelle innovation
avec la Caisse de dépôt.
Maintenant,
M. le Président, si vous parlez aux usagers du transport en commun, comme je
l'ai fait aux abords du quai de Deux-Montagnes, il n'y a pas très longtemps,
comme on l'a fait avec le député de Chapleau hier sur le quai du Rapibus, les usagers vont tous vous dire que
les projets de transport en commun ne commencent pas assez rapidement, qu'ils veulent voir de la progression plus rapide,
et c'est exactement ce qu'ils vont avoir dans ce cas-ci, M. le Président.
Maintenant,
effectivement, dès que les plans et les échéanciers vont être terminés au point
de vue des méthodes d'atténuation et des plans de déplacement, que la
caisse travaille présentement en très bonne collaboration avec ses partenaires, c'est-à-dire avec l'ARTM et avec les
sociétés de transport, ils seront dévoilés très rapidement pour que les usagers
sachent exactement...
Le Président : En terminant.
M. Fortin (Pontiac) : ...à quoi s'en
tenir, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Deux-Montagnes.
Charette : Merci, M. le Président. Le ministre n'a pas à me convaincre
de la pertinence du projet, nous l'avons appuyé, nous continuons à l'appuyer. Cependant, nous sommes à quelques
jours d'interruption de services importants et nous n'avons toujours pas d'éclairage sur les mesures d'atténuation
qui seront mises en place. Un projet majeur, oui, mais un manque de leadership flagrant de la part
du gouvernement, absence d'exigences au niveau du contenu local et absence d'exigences également au niveau des
mesures d'atténuation. On parle de délais de quelques jours, et les citoyens
ne sont toujours pas...
Le Président : M. le ministre
des Transports.
M. Fortin
(Pontiac) : Oui, M. le Président. Le député de Deux-Montagnes nous dit
qu'il est en faveur du régime, mais
il n'y trouve que des erreurs et des fautes, M. le Président. En même temps,
vous pourrez nous comprendre, vous pourrez comprendre les citoyens de
s'inquiéter de la position actuelle de la Coalition avenir Québec, connaissant
son historique de changer d'idée aux deux minutes, M. le Président.
En même
temps, ce qu'on vous dit, c'est : Au niveau des mesures d'atténuation, au
niveau des lignes additionnelles qui
pourront être ajoutées pour les passagers, c'est que la Caisse de dépôt
travaille très activement avec ses partenaires, avec les sociétés de transport, avec l'ARTM, qui est en charge de la
planification régionale, M. le Président, pour s'assurer que les citoyens qui auront accès à un nouveau
service au cours des fins de semaine pendant les travaux y auront accès
rapidement.
Le Président : En terminant.
M. Fortin (Pontiac) : Ils y auront
accès dès le début des travaux, ils sauront exactement à quoi s'en tenir.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Deux-Montagnes.
M. Charette : J'aurais franchement
apprécié des réponses plus précises. La ligne de Deux-Montagnes, c'est de loin la ligne la plus achalandée du réseau, on
parle de 7,6 millions de déplacements annuellement. Et là on évoque des fins de semaine sans service dans un premier temps
et possiblement, par la suite, une interruption complète. Ce que les citoyens exigent à ce moment-ci, c'est des mesures
d'atténuation précises, et clairement le ministre ne semble pas être en
mesure de les dévoiler.
À quand un plan précis d'action?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
M. Fortin (Pontiac) : Merci, M. le
Président. En fait, ce que les citoyens demandent — et il a raison de le dire — ils
veulent des plans d'atténuation, ils veulent savoir à quoi s'en tenir au cours
des prochaines semaines et ils le sauront
très rapidement avec la caisse. Mais ce que surtout les citoyens
veulent, c'est le début des travaux. Les citoyens veulent un meilleur
service pour la ligne de Deux-Montagnes. Qu'ils soient à Laval, qu'ils soient à
Deux-Montagnes, qu'ils soient dans le nord
de Montréal, M. le Président,
l'ensemble des utilisateurs veut un meilleur service. Est-ce que ça veut dire qu'il y aura des périodes
d'interruption? Oui. Est-ce que, pendant ces périodes d'interruption là, la
caisse et les partenaires vont avoir
des plans d'atténuation? Oui. Est-ce qu'ils vont être partagés avec les
utilisateurs en temps et lieu? Oui, M. le Président, et ça va être fait
très rapidement.
Le Président : Principale, M.
le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Les centres jeunesse de partout au Québec ont été durement éprouvés par
l'austérité libérale alors que les
besoins sont croissants. De nouvelles statistiques nous indiquent qu'en deux
ans seulement le nombre de signalements de jeunes en difficulté dans les
centres jeunesse a augmenté de plus de 5 %. En octroyant moins d'argent
pour aider davantage de jeunes, les
conséquences étaient inévitables. Il y a des listes d'attente pour les jeunes
les plus vulnérables. Signalement retenu, et le premier contact,
17 jours, M. le Président, ça prend 17 jours avant qu'un jeune en
difficulté, maintenant, soit rencontré par un intervenant, M. le Président.
C'est inacceptable.
Combien de
jeunes devront être sur une liste d'attente? Combien d'intervenants dans les
centres jeunesse devront être en dépression pour que la ministre réalise
les conséquences de ses coupes?
Le Président : Mme la
ministre responsable de la Réadaptation.
Charlebois :
Alors, M. le Président, on a eu des périodes de questions la semaine dernière à ce
sujet-là, on aura eu un débat de fin de séance, puis
on revient avec la même question. Je vais essayer d'être plus pédagogique cette
fois-ci, M. le Président.
Quand le député de
Saint-Jean fait les affirmations qu'il fait, il doit avoir
passé outre le dernier 11 millions
dans le plan d'action sur les fugues
que nous avons investi comme gouvernement, qui va se déployer dans les jours
qui viennent. Ce n'est pas plus tard
qu'il y a une semaine, M. le Président, ou une semaine et demie qu'on a annoncé
ça, 11 millions de soutien aux nouveaux intervenants, les jeunes
qui sortent des universités, du soutien pour les gens qui interviennent auprès de notre jeunesse. Ça, c'est 11 millions. 12 millions avaient été investis au préalable pour la
première ligne, les CLSC et les
services spécialisés, qui sont les services de deuxième ligne. Tout ça pour quoi?
Pour éliminer les listes d'attente, justement, dans les signalements et
pour, justement, mieux accompagner tous ces jeunes qui sont en centre jeunesse.
Mais on ne s'est pas arrêtés là. Parce que,
là, je vous fais la nomenclature à partir de la dernière annonce, je monte jusqu'à la
première, mais, l'an passé, en décembre
2017, mon collègue ministre de la Santé et Services sociaux et moi-même...
Le Président : Je vais être
obligé... En terminant.
Charlebois :
...avions annoncé 15 millions. Pour quoi? Pour créer des postes de
soutien...
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Chicoutimi.
Jean : Merci. M. le Président, les coupures, les compressions,
l'austérité qui étaient infligées par le gouvernement libéral font mal.
Elles ne font pas mal à n'importe qui, elles font mal aux enfants. Au Saguenay—Lac-Saint-Jean, on a une centaine d'enfants qui sont
sur une liste d'attente pour avoir des services. Ils pourront attendre peut-être trois mois avant d'avoir, justement, les
services dont ils ont besoin. Un réinvestissement est nécessaire, puis ça presse.
Pas un réinvestissement à l'automne ou plus tard, c'est un réinvestissement
immédiat.
Quand est-ce que le premier ministre, qui plus
est...
Le Président : Mme la
ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois : Voilà
un petit tableau pédagogique, M. le Président, pour montrer l'évolution — pour
les citoyens qui nous regardent — des dépenses en santé et services sociaux.
Je ne sais pas comment vous voyez, vous autres, un rétrécissement des augmentations. Non,
là-dedans, là, il y a beaucoup de travailleurs sociaux puis il y a beaucoup de
travailleurs du réseau de la santé. Cessez de les dénigrer constamment, parce
que ces gens-là travaillent à tous les jours pour donner le meilleur
service. Maintenant, M. le Président...
Charlebois : Bien,
s'ils s'adressent à moi, je suis obligée de leur répondre une fois de temps en
temps. M. le Président, ici, là, on a ajouté
63 postes dédiés à la supervision clinique pour, justement, ces
personnes-là qui travaillent au
quotidien auprès des gens. Si vous voulez parler de négociations sur la place
publique, il y aura un budget cet après-midi...
Le Président : En terminant.
Charlebois : ...et
vous verrez la suite des choses.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
M. le Président, la valse des annonces ne change rien pour la ministre. Il y a
plus de jeunes vulnérables qui
attendent des services à la protection de la jeunesse, et, en même temps, la
ministre et son gouvernement libéral
coupent les services, il y a moins d'argent de disponible. Ça ne change rien,
M. le Président, les annonces de la ministre.
Quand la
ministre va s'apercevoir que le personnel, là, crie à l'aide, les jeunes crient
à l'aide, ils ont besoin d'aide?
Le Président : S'il vous
plaît! Mme la ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois : M. le
Président, outre le 11 millions, le 12 millions et le
15 millions — additionnez
ces montants-là, c'est certainement une
augmentation — c'est
1,2 milliard que nous investissons dans le réseau de nos centres jeunesse, tant la jeunesse qu'on s'occupe en
première ligne qu'en deuxième ligne, CLSC, centres de réadaptation. Juste
au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Saguenay—Lac-Saint-Jean,
nous avons passé de 24 à 36 équivalents temps complet, 12 de plus, M.
le Président. Pour quoi? Pour l'évaluation et l'orientation.
Moi, je
comprends très bien, là, qu'ils n'ont pas compris comment ça fonctionnait, des
crédits. On va leur donner un petit cours. On va avoir une étude des
crédits, on aura l'occasion de s'expliquer...
Le Président : En terminant.
Charlebois :
...sur les montants et les ressources affectées.
Le Président : Principale, M.
le député de Rimouski.
LeBel : Dans le dossier de la Davie et des 800 jobs à sauver,
Ottawa se moque de nous encore. Après deux mois de négos, on ne s'entend ni
sur un prix ni sur un calendrier. Le Aiviq, un des quatre brise-glaces qui
pourrait être construit par la Davie
est même complètement écarté des négociations par Ottawa. Le Aiviq, à lui seul,
pourrait créer 400 jobs.
Le Parti québécois réclame notre juste part pour
la Davie. J'ai marché avec le premier ministre aux côtés des travailleurs de la Davie, nous réclamions ensemble
un navire ravitailleur et le retour des 800 jobs. Face au refus d'Ottawa
pour ce navire, les travailleurs de la Davie sont prêts à construire les
brise-glaces, qui pourraient, au total, sauver les 800 emplois, mais Ottawa se moque de vous, se moque de nos travailleurs.
Il faut monter le ton. Nous nous attendons du gouvernement qu'il se lève, qu'il démontre son impatience, exige
justice et équité pour les travailleurs de la Davie. L'heure n'est plus
aux téléphones de courtoisie.
Qu'allez-vous faire pour qu'Ottawa arrête de se
moquer de nous, du Québec et des travailleurs de la Davie?
Le Président : M. le ministre
délégué aux Transports maritimes.
D'Amour : Alors, M. le Président, je me réjouis à la fois de la
question du député de Rimouski... mais je me permets de lui dire, M. le Président, qu'on est quand même rendus pas
mal plus loin que ça. Rappelez-vous, l'automne dernier, au moment où nous, on réclamait le fait
que le Québec soit reconnu dans la stratégie de remplacement des navires
du gouvernement fédéral, le PQ réclamait un
dossier en particulier, nous, on était déjà beaucoup plus loin et, aujourd'hui,
on maintient nos échanges avec le gouvernement fédéral.
J'ai
même eu l'occasion de cosigner une lettre avec mon collègue représentant des
Affaires intergouvernementales canadiennes au cours des derniers jours
pour dénoncer le fait qu'apparemment la Marine royale canadienne envisage d'introduire une règle de proximité dans le cadre
de la modernisation des frégates. Or, si cette règle devait être appliquée,
ça viendrait favoriser à la fois Halifax et Seaspan, en Colombie-Britannique.
Alors, nous, on a écrit une lettre au gouvernement fédéral. Nous réclamons,
pour ne pas dire nous exigeons l'intégration du Québec à l'intérieur de la stratégie nationale de remplacement des navires.
Pourquoi on le fait? Pour deux raisons : d'abord, les travailleurs et les
travailleuses de la Rive-Sud et de Québec,
puis on le fait parce que le Québec est un leader en matière de développement
de l'industrie maritime au Québec. Alors,
c'est important pour nous, la Davie, les travailleurs. Et le fait que nous
possédons une stratégie maritime, c'est fait pour additionner les projets,
pas pour les soustraire, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Rimouski.
M. LeBel :
Le Québec a reçu moins de 1 % des dizaines de milliards donnés par Ottawa,
par sa stratégie de construction navale. Le
Québec s'est fait dire non pour le navire ravitailleur, là on est en train de
se faire dire non pour les brise-glaces puis les jobs. Les centaines de
travailleurs, qui sont des fiers travailleurs, à la Davie sont inquiets.
Est-ce qu'on va finir
par arrêter de faire rire de nous autres? Comment vous allez faire en sorte
pour se faire respecter par le gouvernement canadien?
Le Président :
M. le ministre délégué aux Affaires maritimes.
D'Amour : Bien, M. le Président, on n'entend pas la même chose.
Premièrement, j'aimerais rappeler que, lorsque
le premier ministre du Canada s'est présenté ici, à Québec, au cours des
dernières semaines, il a pris des engagements fermes. L'information que
j'ai aujourd'hui, c'est que les parties se parlent, négocient.
Et nous, ce qu'on
ajoute comme gouvernement, parce qu'on prend nos responsabilités, parce que le
sort des travailleurs, c'est important pour
nous, parce que l'expertise des travailleurs, c'est important pour nous, nous
réclamons, pour ne pas dire... Je
répète ce que je disais tout à l'heure, nous exigeons le fait que le Québec
fasse
partie de la stratégie nationale
de remplacement des navires. Qu'Halifax ait des chantiers, ça va pour eux. Que
Seaspan ait des chantiers, ce n'est
pas de problème. Mais, pour nous, là, la grande priorité, c'est le maintien des
emplois, le respect de l'expertise et le fait que les travailleurs
puissent exercer leur métier...
Le Président :
En terminant.
M. D'Amour :
...et leur profession à Lévis, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Rimouski.
LeBel : Le problème, ce n'est pas qu'à Vancouver ou dans les Maritimes
ils ont des bateaux. Le problème, c'est
qu'il y a un lobby fort de je ne sais pas trop où qui fait en sorte qu'ils
favorisent ces deux chantiers-là au détriment de notre chantier. Nous,
ici, on parle pour l'ensemble du Québec. On a travaillé, j'ai marché avec le
premier ministre à Lévis parce qu'on veut travailler ensemble, toute
l'Assemblée nationale. Et on ne veut pas faire rire de nous autres.
un moment donné, il faut se lever, puis comment on peut faire ensemble pour se
lever puis dire à Ottawa : Donnez nos
jobs aux gens de Lévis? Ils ont besoin de travailler, puis ils ont l'expertise
qu'il faut, puis on est fiers d'eux autres.
Le Président :
S'il vous plaît! M. le ministre délégué aux Affaires maritimes.
M. D'Amour : M. le Président, je tiens à dire au député de
Rimouski que le Québec a une stratégie maritime, que le Québec est un leader au Canada et que le Québec, actuellement,
fait entendre sa voix sur toutes les tribunes. Moi, je demande, en tant que ministre du gouvernement, à
M. Trudeau de respecter sa parole. J'ai travaillé conjointement avec la CSN, j'ai travaillé avec l'ensemble des
partenaires, plusieurs députés de notre formation politique, et je reconnais
que, le 8 novembre, nous avons également, ensemble, adopté une motion
unanime de façon à ce que le Québec ait sa part.
Nous l'exigeons aujourd'hui et nous
demandons au gouvernement fédéral... On l'a fait verbalement, on l'a fait
par écrit. J'ai eu l'occasion d'avoir des
conversations avec mes collègues fédéraux au cours des dernières semaines, je
suis convaincu qu'on va y arriver parce que le Québec est déterminé. Le député
de l'opposition...
Le Président :
En terminant.
M. D'Amour :
...a pris pas mal de temps à poser la question. Pendant que lui...
Le Président :
Principale, Mme la députée de Mirabel.
D'Amours : M. le Président, je ne compte plus le nombre de fois que je
me suis levée depuis le printemps 2017 pour défendre les sinistrés des
inondations. Le mois dernier, je me levais pour rappeler au ministre que sa
machine n'avançait pas et que seulement 7 % des dossiers étaient bouclés.
fin de semaine, nous apprenions qu'il y a encore 11 familles à Rigaud qui
dorment à l'hôtel 11 mois plus tard. À
cela, il faut ajouter au moins une centaine de dossiers qui ne sont toujours
pas réglés. On ne sait pas combien de familles vivent encore chez des
proches plutôt que dans leur maison.
Est-ce
que le ministre trouve acceptable que des familles ne soient toujours pas
rentrées chez elles 11 mois après les inondations?
Le Président :
M. le ministre de la Sécurité publique.
Coiteux : M. le Président, effectivement, la collègue députée de
Mirabel s'était levée suite à une sortie sur des chiffres qui ne s'avéraient
pas exacts, sur des chiffres qui laissaient entendre que des dossiers pas
réglés à 100 %, c'étaient des
chèques qui n'avaient pas été envoyés. Or, la réalité — et c'est pour ça que ça m'étonne que la
députée de Mirabel se lève encore une
fois là-dessus — c'est
que tous ceux qui avaient droit à un remboursement parce que c'était une
résidence principale avaient déjà reçu entre 70 % et 90 % de
la somme finale. Il reste encore une somme finale à verser dans plusieurs cas, c'est certain, il y a des travaux à
finaliser, il y a des factures à montrer, il y a des vérifications à faire,
mais, entre 70 % et 90 % de
la somme à laquelle ils ont droit, ça n'a rien à voir avec la sortie qu'a faite
la députée de Mirabel, ça n'a rien à voir avec les chiffres qui ont
induit la population du Québec en erreur. On s'occupe des sinistrés.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Mirabel.
D'Amours : M. le Président, les chiffres que j'avais avancés sont
véridiques et proviennent du ministère, preuves à l'appui. Mais, à écouter le gouvernement libéral, tout va bien,
si bien que, dans la dernière année, il y a eu de nombreux départs de
fonctionnaires qui travaillaient dans le dossier des inondations. Comment ça se
fait? Comment certains députés et le ministre peuvent affirmer
sérieusement que tout va bien?
ministre peut-il s'inspirer des mots du ministre de l'Immigration et s'occuper
de ses fonctionnaires et de ces sinistrés avec dignité et compassion?
Le Président :
M. le ministre responsable de la Sécurité publique.
Coiteux : M. le Président, lorsque la députée de Mirabel a dévoilé des
chiffres incomplets, des chiffres qui, évidemment, tel qu'ils étaient
présentés, induisaient la population en erreur, elle omettait de dire quelque
chose de...
Le Président :
M. le député de La Peltrie.
Caire : M. le Président, la première fois, j'ai espéré,
selon les recommandations que vous nous avez faites, que vous
interviendriez. Il semble que ce ne soit pas le cas. Là, je vous demande de
retirer ces propos.
Le Président :
Veuillez continuer, M. le ministre, s'il vous plaît.
Coiteux : Alors, à ce moment-là, M. le Président, la collègue de
Mirabel omettait de dire que le gouvernement avait versé en indemnités
aux sinistrés des inondations printanières plus de 140 millions de
dollars, on est rendus à 148 millions de dollars. Et donc de prétendre qu'on ne s'occupe pas
des sinistrés... Bien, je ne vais pas répéter ce que j'ai dit, je pense
que tout le monde a compris.
Mais
je n'ai jamais dit qu'on ne pouvait pas améliorer les choses. Il y a quelques
semaines à peine, il y a quelques semaines
à peine, j'ai annoncé un plan d'action, j'ai dit : Ce n'est pas normal que
des municipalités du Québec n'aient pas leur plan de mesures
d'urgence...
Le Président :
En terminant.
M. Coiteux :
...on va les financer pour qu'elles en aient un. Et ce n'est pas normal que les...
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Mirabel.
D'Amours : M. le Président, voici les faits. Un an après les
inondations, il y a toujours du monde à l'hôtel. Il y a une vaste majorité de dossiers qui ne sont pas réglés. Il y a un
rapport accablant de l'ENAP sur la gestion de ce dossier. Il y a en plus de multiples démissions dans le
service qui gère les inondations. Pour illustrer les chiffres, le gouvernement
est très créatif. Mais, pour trouver une solution, il est très contemplatif.
Quel message est-ce
que le ministre envoie aux gens de Québec qui ont été inondés cet hiver?
Le Président :
M. le ministre de la Sécurité publique.
Coiteux : M. le Président, contemplatifs, alors qu'on vient d'annoncer 20 millions de dollars pour appuyer les municipalités dans la
préparation de leurs plans d'urgence, alors qu'on vient d'annoncer 15 millions
de dollars pour refaire la cartographie,
alors que j'ai annoncé qu'il y aurait très bientôt un nouveau programme
d'assistance financière aussi généreux que le précédent, mais qu'on
serait capables de le gérer en partenariat avec les municipalités pour accélérer les choses? Et la collègue
de Mirabel, face à 6 100 dossiers, plutôt
que quelques centaines de dossiers par année, elle n'aurait embauché personne pour redoubler à
la tâche? On a embauché plus d'une centaine de personnes pour redoubler d'ardeur à la tâche, justement,
et c'est pour ça qu'il y a 148 millions
de versés, et c'est pour ça que presque tous les sinistrés ont reçu au
moins...
Le Président :
En terminant.
M. Coiteux :
...entre 70 % et 90 % de la somme à laquelle ils ont droit.
Le Président :
Principale, M. le député de Bonaventure.
M. Roy :
M. le Président, dans le dernier budget fédéral, le gouvernement Trudeau a
annoncé 75 millions pour combattre
la tordeuse des bourgeons de l'épinette, une mesure financière qui ne s'adresse
qu'aux provinces de l'Atlantique, et
pas au Québec. Stupéfaits, nous avons consulté le Registre des lobbyistes du
Canada, et c'est là que nous avons trouvé la réponse à cet oubli inacceptable
du gouvernement fédéral : pas moins de 16 lobbyistes directement liés
à la compagnie Irving ont des mandats
qui concernent la tordeuse des bourgeons de l'épinette. Au minimum,
75 rencontres avec différents parlementaires,
membres du gouvernement et ministres fédéraux ont eu lieu entre Irving et le
fédéral. Pendant ce temps, on ne trouve à l'agenda du ministre qu'une seule
rencontre avec son homologue fédéral concernant la foresterie. Ah oui!
il a aussi envoyé deux lettres. Le bilan du ministre, c'est donc une rencontre,
deux lettres, 0 $ pour le Québec.
l'absence de résultats du ministre des Forêts, est-ce que les forestiers
québécois vont devoir embaucher les lobbyistes d'Irving pour obtenir
leur part de l'investissement fédéral pour contrer la tordeuse?
Le Président :
M. le ministre des Forêts.
M. Blanchette :
Bien, écoutez, M. le Président, il est tout à fait faux de dire qu'il n'y a pas
eu de réaction en matière de tordeuse des bourgeons d'épinette, on a vraiment
fait énormément d'efforts. J'ai tenu des rencontres avec le ministre Jim Carr
à ce sujet-là, il y a eu des conférences
téléphoniques autant du côté administratif que du côté politique, il y a eu des
envois de lettres officielles qui ont
été faits sur des demandes très précises. Maintenant, on garde espoir que le fédéral
va pouvoir intervenir.
Cela étant dit, nous, comme ministère, on est
intervenus en forêt publique et en forêt privée parce qu'on veut préserver nos forêts à long terme, du côté autant
privé... Ce serait ridicule ou irresponsable d'avoir investi en production
de semis pour pouvoir
les mettre en forêt... Et cette forêt-là, on va pouvoir en bénéficier. De
quelle façon on va en bénéficier? En
la protégeant de la tordeuse des bourgeons d'épinette. Et croyez-moi, autant
les associations d'entreprises sylvicoles nous ont souligné le bon travail qu'on a fait, autant les coopératives
forestières ont également souligné le bon travail qu'on a fait, autant
les syndicats, donc les employés qui travaillent en forêt, ont bien souligné le
travail qu'on a fait...
Le Président : En terminant.
M. Blanchette : ...et,
là-dessus, on va poursuivre notre travail. Merci...
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Bonaventure.
M. Roy : M. le
Président, 75 rencontres de lobbyistes
et 75 millions. C'est ça, le résultat, 75 millions aux provinces de l'Atlantique
et zéro pour le Québec alors que la tordeuse ne s'arrête pas aux
frontières. Encore une fois, le Québec devra lui-même assurer la protection de sa forêt. M. le Président, les producteurs forestiers québécois attendent de l'aide à long terme, pas des
mesurettes.
Puisque
vous n'avez pas été capables de vous faire entendre à Ottawa,
allez-vous au moins compenser en offrant une aide sur plusieurs
années aux producteurs du Québec?
Le Président : M. le ministre
des Forêts.
M. Blanchette : M. le
Président, c'est tout à fait injuste d'intervenir de cette façon-là. Le fédéral, par l'entremise... avec ma collègue de l'Environnement, on vient de recevoir 50 millions en reboisement. Les échanges qu'on a avec le fédéral sont vraiment
très probants en ce qui concerne la tordeuse des bourgeons de l'épinette, en ce
qui concerne également plusieurs mesures de protection de nos forêts. Je
ne comprends pas le type d'intervention que mon collègue fait. On a nos
échanges avec le fédéral, le fédéral verse des sommes d'argent au Québec.
On peut moderniser notre industrie forestière, on est en bon contact également
avec ma collègue du ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation
en matière de libre-échange. On a eu des
bonnes nouvelles sur le surcalandré tout récemment. On va poursuivre nos
échanges...
Le Président : En terminant.
M. Blanchette : ...et nos collaborations
avec le fédéral.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Bonaventure.
M. Roy : M. le Président,
actuellement, ce qu'on a besoin, c'est de la protection de nos forêts, ce n'est
pas de reboisement. Ceci étant dit, aujourd'hui, toutes ces régions sont touchées par la tordeuse
du bourgeon de l'épinette. Quand le fédéral a annoncé que le Québec était exclu du
programme, la réaction du ministre a été la suivante, il était surpris et un
peu déçu.
M. le
Président, le ministre va-t-il, oui ou non, annoncer aujourd'hui de l'aide à
long terme pour lutter contre la tordeuse du bourgeon de l'épinette?
Le Président : M. le ministre
des Forêts.
M. Blanchette :
Écoutez, je vais laisser à mon collègue le ministre des Finances dévoiler les
bonnes mesures qu'on pourrait avoir
et j'espère que mon collègue pourra se lever pour les applaudir. On verra ce
qu'il y aura, mais ma petite intuition, c'est que j'espère qu'on pourra
bien combattre la tordeuse des bourgeons de l'épinette... et bien la protéger. Croyez-moi, on est déterminés, dans le fond, à
protéger nos forêts, la création de la richesse, la création d'emplois dans
toutes les régions du Québec. Et c'est ce à quoi on s'attelle, et on le fait
vraiment avec détermination.
Le Président : Principale, M.
le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : Merci, M. le
Président. Je reviens sur les travailleurs de la Davie parce qu'en janvier
dernier, lors de sa visite à Québec,
le premier ministre du Canada a affirmé vouloir inclure le chantier maritime
dans la stratégie maritime fédérale. Il a explicitement parlé de fournir la Garde côtière
en brise-glaces. La réalité aujourd'hui, là, c'est que, deux mois plus tard, les négociations sont dans
l'impasse. La réalité, au moment où on se parle, c'est que des travailleurs
ont passé les fêtes au chômage, sont encore
au chômage et souhaitent des résultats. Bien là, le ministre nous dit qu'il a
cosigné une lettre, je veux bien, mais ça
prend davantage que ça. Pour l'instant, les fournisseurs, les travailleurs font des pressions à chaque semaine parce
que ça ne saurait plus durer, et il n'y en a pas, des résultats concrets.
demande quelque chose de bien simple au nom des travailleurs : Est-ce qu'on a une stratégie claire? Est-ce
qu'on peut nous la dire? Est-ce
qu'on a un échéancier au-delà de
cosigner des lettres? Les travailleurs veulent des réponses, la situation est
pressante.
Le Président :
M. le ministre délégué au Transport maritime.
D'Amour : Bien, M. le Président, je tiens d'abord à dire à la
population de Lévis que je pense que c'est la première fois, sinon la deuxième seulement, que le député de Lévis se
lève en cette Chambre pour représenter ces travailleurs, ces électeurs
de son comté. Alors, ce soir, là, je les invite à le questionner, les faits parlent.
Ceci dit, M. le Président, je rappelle ce que je
disais tout à l'heure, notre gouvernement a été particulièrement actif, on
a été présents aux côtés des travailleurs de la Davie avec la CSN,
particulièrement dans le cadre de rencontres, d'échanges,
et, aujourd'hui, on maintient la pression et on va aussi loin, même plus loin
qu'aucun gouvernement, à un moment donné, dans l'histoire de la Davie, n'est
allé. On les a toujours supportés et on fait en sorte aujourd'hui, là, de
réclamer le fait que le Québec fasse
partie
intégrante de la stratégie nationale de remplacement des navires, ce qui
assurerait du travail, M. le
Président, pour les travailleurs non seulement pour les prochains mois, mais
les prochaines années au pluriel. Il y a du travail à réaliser au Canada, on a
un chantier performant, on a des travailleurs qui font un excellent travail et on est vraiment en première ligne en
termes de discussions présentement. Les gens de la Davie échangent avec
le gouvernement fédéral, Justin Trudeau a pris des engagements. Ça tombe bien,
on a une stratégie maritime...
Le Président :
En terminant.
M. D'Amour :
...on est actifs, puis on veut des résultats, M. le Président.
Le Président :
Cela met fin à la période des questions et de réponses orales.
Vice-Président (M. Gendron) : Et, comme annoncé précédemment, on va
maintenant procéder au vote reporté sur
la motion de M. le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport proposant que
le projet de loi n° 166, Loi portant réforme du système de taxation scolaire, soit adopté.
les députés en faveur de cette motion veuillent bien se lever.
La Secrétaire adjointe :
M. Couillard (Roberval), M. Fournier (Saint-Laurent),
Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne), M. Billette (Huntingdon), Mme Thériault
(Anjou—Louis-Riel),
Mme St-Pierre (Acadie), M. Arcand (Mont-Royal),
M. Coiteux (Nelligan), Mme David (Outremont), M. Proulx
(Jean-Talon), M. D'Amour (Rivière-du-Loup—Témiscouata),
M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Vallée (Gatineau),
Mme Charlebois (Soulanges), M. Barrette (La Pinière),
Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), M. Blanchette (Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
M. Lessard (Lotbinière-Frontenac), M. Moreau (Châteauguay),
M. Heurtel (Viau), Mme Vien (Bellechasse), Mme Ménard (Laporte),
M. Fortin (Pontiac), Mme Tremblay (Chauveau), M. Fortin (Sherbrooke),
M. Reid (Orford), M. Morin (Côte-du-Sud), M. Bernier
(Montmorency), M. Ouellette (Chomedey), Mme Montpetit (Crémazie),
Mme Boulet (Laviolette), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger),
M. Tanguay (LaFontaine), Mme Melançon (Verdun), M. Blais
(Charlesbourg), Mme Charbonneau (Mille-Îles), M. Carrière (Chapleau),
M. Drolet (Jean-Lesage), Mme de Santis (Bourassa-Sauvé), M. Iracà (Papineau), M. Bolduc (Mégantic),
M. Simard (Dubuc), M. Matte (Portneuf), M. Chevarie (Îles-de-la-Madeleine), M. Girard
(Trois-Rivières), M. Huot (Vanier-Les Rivières), M. Rousselle (Vimont),
M. Auger (Champlain), M. Birnbaum
(D'Arcy-McGee), M. Boucher (Ungava), M. Bourgeois (Abitibi-Est),
M. Giguère (Saint-Maurice), M. Habel (Sainte-Rose),
M. Hardy (Saint-François), M. Merlini (La Prairie), M. Plante
(Maskinongé), M. Polo (Laval-des-Rapides),
M. St-Denis (Argenteuil), Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. Busque (Beauce-Sud),
Mme Sauvé (Fabre).
Vice-Président (M. Gendron) : Que les députés contre cette motion
veuillent bien se lever.
Secrétaire adjointe : M. Lisée (Rosemont), Mme Hivon
(Joliette), Mme Léger (Pointe-aux-Trembles), M. LeBel (Rimouski),
Mme Maltais (Taschereau), Mme Lamarre (Taillon), M. Leclair
(Beauharnois), Mme Richard (Duplessis), Mme Poirier
(Hochelaga-Maisonneuve), M. Gaudreault (Jonquière), M. Rochon
(Richelieu), M. Pagé (Labelle),
M. Bourcier (Saint-Jérôme), Mme Jean (Chicoutimi), M. Ouellet
(René-Lévesque), M. Villeneuve (Berthier), Mme Fournier (Marie-Victorin), M. Traversy (Terrebonne),
M. Kotto (Bourget), M. Turcotte (Saint-Jean), M. Roy
(Bonaventure).
M. Caire (La Peltrie),
M. Jolin-Barrette (Borduas), M. Picard (Chutes-de-la-Chaudière),
M. Charette (Deux-Montagnes),
M. Martel (Nicolet-Bécancour), Mme Roy (Montarville), M. Roberge
(Chambly), M. Laframboise (Blainville),
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), M. Lemay (Masson), Mme Lavallée (Repentigny),
M. Lamontagne (Johnson),
Mme D'Amours (Mirabel), Mme Guilbault (Louis-Hébert), M. Paradis
(Lévis), M. Spénard (Beauce-Nord).
M. Khadir
(Mercier), M. Surprenant (Groulx), Mme Ouellet (Vachon).
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Y a-t-il des absentions? M. le secrétaire général,
pour le résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 61
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, la motion est adoptée. En conséquence, le projet de loi n° 166 est adopté.
Alors, M. le leader du gouvernement.
M. Fournier : Oui. Bien,
pour la première motion...
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Oui.
M. Fournier : ...M. le
Président, si nous sommes rendus à cette étape.
Vice-Président (M. Gendron) : Oui. Nous sommes rendus aux motions sans préavis, mais moi, je ne sais
pas ce que vous allez présenter comme première ou...
M. Fournier : Bien, je vais vous la présenter, parce que je
l'ai déjà présentée et j'ai cru comprendre qu'on souhaitait
même m'entendre à nouveau, ce qui m'étonne
un peu. Mais, si vous me permettez, je voudrais représenter la motion qui
vise, en fait, à expliciter la façon dont la
journée de demain va se dérouler, suite à une entente avec les oppositions. Après tout, c'est eux qui posent les questions au gouvernement.
Alors, voici la proposition qui a été entérinée, et je la lis, M. le
Président :
«Que l'Assemblée procède à l'étude
et à l'adoption des crédits provisoires 2018-2019, conformément aux dispositions de l'article 87, alinéa 1,
paragraphe 4.1 ° ainsi que des articles 280 et 281 de notre
règlement et ce, selon les modalités subséquentes;
«Que, dès l'appel des affaires du
jour de la séance du 28 mars 2018, l'Assemblée se constitue en commission
plénière et procède à l'étude des crédits provisoires de la manière
suivante :
«Que,
pour une durée maximum de 2 heures, le ministre de la Santé et des
Services sociaux puisse échanger avec les députés de
l'opposition;
«Qu'à
13 heures, la commission plénière suspende ses travaux et que les travaux
de l'Assemblée soient suspendus jusqu'à 15 heures;
«Que
dès 15 heures, la commission plénière poursuive ses travaux et puisse
compléter, si nécessaire, les échanges entre les députés
de l'opposition et le ministre de la Santé et des services sociaux et que, dès
après et pour une durée maximum de 1 heure, le ministre responsable de
l'Administration gouvernementale et de la Révision permanente des programmes et
président du Conseil du trésor puisse échanger avec les députés de
l'opposition;
«Que
dès après et pour une durée maximum de 1 heure, le ministre des
Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification
des transports puisse échanger avec les députés de l'opposition;
«Qu'immédiatement après et pour
une durée maximum de 1 heure, la ministre du Développement durable,
de l'Environnement et de la Lutte
contre les changements climatiques puisse échanger avec les députés de l'opposition;
«Qu'immédiatement
au terme de cet échange, le président de la commission plénière mette aux voix
le quart des crédits pour l'année
financière 2018-2019;
«Qu'ensuite,
le président de la commission plénière fasse rapport à l'Assemblée et que celle-ci
se prononce sans débat
sur ledit rapport puis sur le projet de loi de crédits qui y fait suite, le
tout conformément au premier alinéa de l'article 281 du règlement;
«Qu'enfin, et
ce suivant le deuxième aliéna de l'article 281 du règlement, il soit permis au leader du gouvernement de présenter une motion sans préavis et non
débattue afin que l'étude de l'ensemble des crédits budgétaires, sauf ceux
de l'Assemblée, soit renvoyée en commissions permanentes;
«Que les remarques préliminaires pour
chacun des échanges avec les ministres susmentionnés soient fixées à un maximum de 6 minutes pour le
groupe parlementaire formant le gouvernement, 3 minutes 30 secondes
pour le groupe parlementaire formant
l'opposition officielle et 2 minutes 30 secondes pour le
deuxième groupe d'opposition et 1 minute 30 secondes pour
l'ensemble des députés indépendants;
«Que
pour chacun des échanges avec les ministres susmentionnés, l'équivalent d'un
bloc de 5 minutes par heure d'échange soit réservé à
l'ensemble des députés indépendants;
«Que le temps non utilisé, le cas échéant, par les députés
indépendants soit redistribué proportionnellement entre le groupe parlementaire
formant l'opposition officielle et le deuxième groupe d'opposition;
«Que, à tout moment, le président de l'Assemblée ou de la
commission plénière puisse suspendre les travaux;
«Que, malgré l'article 20 du règlement, la commission
plénière et l'Assemblée puissent poursuivre leurs travaux jusqu'à ce que cette dernière se soit prononcée
sur le projet de loi de crédits et sur la motion de renvoi de l'ensemble des
crédits budgétaires sauf ceux de l'Assemblée en commissions permanentes;
«Que cette motion devienne un ordre de l'Assemblée et
qu'elle ait préséance sur toutes dispositions incompatibles du règlement.» Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Merci,
M. le leader du gouvernement. Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion? On
m'indique qu'il y a consentement.
Alors, est-ce que la
motion est adoptée?
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, la motion étant adoptée, nous
poursuivons dans les motions sans préavis. Et je cède la parole à un membre du groupe formant l'opposition
officielle, il s'agit de M. le député de René-Lévesque pour la
présentation de sa motion. À vous.
M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le Président. M. le Président, je sollicite le
consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec le député de Mercier, le député de Gaspé
et la députée de Vachon, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale exige de CDPQ Infra qu'elle rende publiques immédiatement
toutes les projections des coûts
d'exploitation sur le court, moyen et long terme du Réseau express
métropolitain pour les municipalités desservies découlant de l'entente entre CDPQ Infra et l'Agence régionale de
transport métropolitain ainsi que ladite entente;
«Que
cette motion devienne un ordre de l'Assemblée.»
Vice-Président (M. Gendron) : Merci. Y a-t-il consentement, M. le
leader, pour débattre de cette motion? Il n'y a pas consentement.
reconnais maintenant un membre du deuxième groupe parlementaire, il s'agit du
député de Lévis. M. le député de Lévis, à vous la parole pour la
présentation de votre motion.
M. Paradis
(Lévis) : Merci. M. le Président, je demande le consentement pour
déposer la motion suivante conjointement
avec la députée de Taillon, le député de Mercier, le député de Gaspé, le député
de Groulx, la députée de Vachon :
«Que
l'Assemblée nationale dénonce le caractère secret du nouveau rapport de
l'Institut canadien d'information en
santé sur la rémunération des médecins spécialistes, notamment la clause qui
stipule que les parties s'engagent à garder confidentiel le rapport de
l'ICIS;
«Qu'elle demande au
gouvernement du Québec et à la Fédération des médecins spécialistes de
s'engager formellement à publier l'étude dès qu'elle sera terminée.»
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, on vous remercie, M. le député. Y
a-t-il consentement pour débattre de cette... Il n'y a pas de
consentement.
cède maintenant la parole à M. le député Mercier pour la présentation de sa motion.
À vous, M. le député de Mercier.
M. Khadir :
Merci, M. le Président. Je demande le consentement de mes collègues pour
débattre de la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale souligne la 19e édition de la Semaine d'actions
contre le racisme qui a pour thème La conciliation et la
réconciliation entre tous les Québécois.e.s ;
«Qu'elle
rappelle que la Semaine d'actions contre le racisme a pour objectifs de
prévenir et combattre le racisme, l'antisémitisme,
l'islamophobie, les préjugés, la discrimination, l'intolérance et l'exclusion
basée sur la couleur, l'origine ethnique ou nationale, l'appartenance
culturelle ou [l'appartenance] religieuse des personnes;
«Que
l'Assemblée nationale invite la population à prendre part aux activités de la Semaine
d'actions contre le racisme en refusant la haine et à faire la promotion
des droits et des libertés de la personne.»
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Il n'y a pas de consentement. Je n'ai pas d'autres
demandeurs pour la présentation de motions sans préavis?
Je vous cède à nouveau la parole, M. le leader
du gouvernement.
M. Tanguay :
Merci, M. le Président. J'avise cette Assemblée que la Commission de l'économie
et du travail entreprendra l'étude
détaillée à l'égard du projet de loi n° 162, Loi modifiant la
Loi sur le
bâtiment et d'autres dispositions législatives
afin principalement de donner suite à certaines recommandations de la
Commission Charbonneau, aujourd'hui, de 19 h 30 à
21 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau.
Et, M. le Président, la Commission de la santé et
des services sociaux poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi
n° 157, Loi constituant la Société québécoise du cannabis, édictant la Loi
encadrant le cannabis et modifiant diverses dispositions en matière de sécurité routière, aujourd'hui, de 19 h 30 à 21 h 30, à la
salle Louis-Hippolyte-La Fontaine. Merci.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, il n'y a pas d'avis de la présidence.
Nous en sommes maintenant à la rubrique Renseignements
sur les travaux. Et est-ce qu'il y a des questions concernant les renseignements
sur les travaux de cette Assemblée? Il n'y en a pas.
Alors, la
période des affaires courantes étant terminée, nous devrions... mais M. le président avait pris l'engagement
de vous entendre sur quelque chose. Je lui cède la parole. M. le Président.
Président : Je vous
remercie, M. le Président. Nous avions convenu... nous sommes convenus,
dis-je, d'avoir une entente... ou,
enfin, une plaidoirie sur la question du droit de privilège qui a été soulevée
par l'opposition. Je serais prêt à vous entendre,
M. le...
Fournier : ...pour
nous assurer du cadre temporel de cette entente-là. On a convenu de pouvoir
prendre les travaux là-dessus pour
une trentaine de minutes, peut-être 35, et, si jamais ça doit déborder, ça
pourrait continuer ce soir. Mais je crois comprendre que nous assumons
que nous avons, en 30 minutes, suffisamment de temps pour le faire.
Le Président : ...ce que
j'avais compris. Mais vous faites bien de soulever la question.
Je vous écoute, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve,
puis j'entendrai après MM. les députés.
Poirier : Merci, M. le Président. À la lumière de la preuve que nous vous soumettons, vous constaterez
que divers ministres
ont fait abstraction de l'Assemblée en dépensant des sommes non autorisées par
l'Assemblée nationale pour l'année 2016‑2017. Cela constitue un
outrage au Parlement, à première vue. Cette violation constitue, selon nous, un
outrage au Parlement commis par l'ex-président du Conseil du trésor et député de Châteauguay, par l'ex-ministre responsable de la
Condition féminine et députée d'Anjou—Louis-Riel, par la ministre des Aînés et de la
Lutte contre l'intimidation et députée
de Mille-Îles, par la ministre de l'Enseignement
supérieur et députée d'Outremont, par le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport et
ex-ministre de la Famille et député de Jean-Talon, par la ministre de
l'Économie, de la Science et de
l'Innovation et députée de Saint-Henri—Sainte-Anne, par le ministre des Forêts, de la
Faune et des Parcs et député de Rouyn-Noranda—Témiscamingue, par le
ministre délégué aux Affaires maritimes et député de Rivière-du-Loup—Témiscouata,
par la ministre du Tourisme et députée de Laviolette, par l'ex-ministre du
Développement durable, de
l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques et député de
Viau, l'ex-ministre de l'Énergie et
des Ressources naturelles et député de Mont-Royal et l'ex-ministre de la
Culture et des Communications et député de Sherbrooke.
Selon une
règle fondamentale, aucune somme ne peut être prise à même le fonds consolidé
du revenu sans une autorisation
législative préalable. La période de l'étude des crédits budgétaires par
l'Assemblée est un important exercice de
contrôle parlementaire qui permet notamment à ses membres de scruter et
d'approuver les divers éléments de l'ensemble des programmes budgétaires
du gouvernement et de questionner les ministres responsables quant à leur
application.
Le 7 avril
2004, le président Michel Bissonnet indiquait : «Dans un système
parlementaire du type britannique comme le nôtre, le gouvernement et le
Parlement ont chacun un rôle à jouer dans le processus budgétaire. Comme l'a d'ailleurs rappelé le président Saintonge dans une
décision du 16 septembre 1991, l'Exécutif et l'Assemblée nationale détiennent, à l'intérieur du processus budgétaire,
des fonctions spécifiques. Les deux participent d'une manière décisive à
l'élaboration du budget annuel de l'État.
Tout d'abord, l'Exécutif jouit d'une entière initiative en matière financière,
et sa prépondérance est absolue dans
la phase préliminaire du processus budgétaire. Par contre, si l'Assemblée n'a
aucun rôle à jouer dans la
préparation des prévisions budgétaires, son intervention est fondamentale dès
le dépôt des crédits budgétaires par le gouvernement. C'est à l'Assemblée qu'il
revient de les étudier et ultérieurement de les accorder ou non par une loi des
crédits, d'où la règle fondamentale, dans notre régime parlementaire, qu'aucune
somme ne peut être prise à même le fonds consolidé du revenu sans une
autorisation législative préalable.»
Le Président
Jean-Pierre Saintonge indiquait le 14 mai 1992 : «Le ministre se devait,
selon moi, de présenter des crédits
budgétaires conformes à l'ordre juridique prévalant au moment du dépôt des
crédits budgétaires. Si les décisions gouvernementales
doivent se traduire par des modifications à des lois existantes, ces
changements ne sont pas encore en force,
et on ne peut présumer que l'Assemblée y donnera son aval. On ne peut donc pas
encore affirmer que les crédits adoptés ne sont pas nécessaires. Il est
prématuré, pour l'instant, de tirer une telle conclusion.»
Le dépôt des
crédits annuels ou du budget annuel de dépenses a normalement lieu à l'une des séances précédant le 1er avril, date du début
de la prochaine année financière, à l'étape des affaires courantes prévue pour
les dépôts de documents. La procédure
habituelle d'adoption des crédits budgétaires donne lieu d'abord à l'étude et à
l'adoption des crédits provisoires en commission plénière et à un examen
approfondi de l'ensemble des crédits en commission permanente, en lien avec le règlement à l'article 283. Ensuite,
l'Assemblée adopte un projet de loi de crédits qui autorise le gouvernement à puiser à même le trésor public
jusqu'à concurrence des montants indiqués dans le projet de loi, en lien
avec les articles 263 et 288. Au cours d'une
année financière, le gouvernement peut également déposer à l'Assemblée
des crédits budgétaires supplémentaires. Si, au cours d'une année financière,
le gouvernement nécessite des sommes supplémentaires,
les articles 289 et 290 de notre règlement prévoient une procédure pour
permettre l'étude et l'adoption des
crédits supplémentaires. Ceux-ci peuvent servir à couvrir une dépense imprévue
ou à satisfaire des besoins supérieurs aux prévisions initiales.
À tout moment
au cours de l'année financière, le gouvernement peut soumettre à la
considération de l'Assemblée un budget supplémentaire de dépenses. Il
est alors question de crédits supplémentaires. Beauchesne rappelle que la présentation des crédits supplémentaires peut
avoir divers objets, soit, un, l'augmentation des subsides déjà votés au
titre
d'un service existant, une affectation
nouvelle exigée par le vote d'une nouvelle loi, la couverture d'une dépense
imprévue en cas d'urgence, le report
de crédits d'un poste à un autre ou l'extension de l'objet même de la dépense
envisagée dans le poste.
La
section
Impacts financiers des mesures du budget de chaque budget permet de voir
aisément si des dépenses additionnelles
sont effectuées pour l'année en cours et pour quels montants. Ci-joint cette
section pour chacun des budgets depuis
1999‑2000. Ainsi, le 9 mars 1999, le gouvernement a déposé le budget 1999‑2000,
qui ajoutait des crédits pour l'année
1998‑1999, soit l'année en cours. Des crédits supplémentaires avaient été
déposés le 23 mars 1999, et la commission plénière avait eu lieu le lendemain, le 24 mars 1999, conformément au
règlement de l'Assemblée nationale et ses règles de procédure parlementaire. Le scénario s'est répété en 2000 et 2001. À
chaque fois, alors que des nouvelles dépenses impliquant des crédits étaient annoncées pour l'année en cours, des
crédits supplémentaires étaient présentés et adoptés par l'Assemblée nationale dans les jours suivant
le dépôt du budget. Le budget du 14 mars 2000 a entraîné la présentation
de crédits supplémentaires le 22 mars 2000,
et le budget du 29 mars 2001 a nécessité la tenue d'une séance extraordinaire
de l'Assemblée nationale le 30 mars 2001
pour adopter des crédits supplémentaires. Depuis 2002, aucun budget n'a
présenté de dépenses supplémentaires
pour l'année en cours, si bien qu'aucune procédure de crédits supplémentaires
ne fut utilisée.
Pour la première
fois depuis 2002, le plan économique du Québec de mars 2017 prévoyait des
mesures de dépenses pour l'année en
cours, soit l'année 2016‑2017. Le tableau B.118 du plan économique en présente
pour 853,3 millions de dollars, dont 359,5 millions représentent, à
première vue, des dépenses nécessitant des crédits additionnels. La différence
de 493,8 millions est constituée de
mesures fiscales. On y retrouve, par exemple, 115 millions pour encourager
la relève scientifique ou encore
50 millions pour la création d'une supergrappe en intelligence
artificielle. Une note de bas de page à
la page B.104 indique clairement qu'il s'agit de nouvelles initiatives. Il ne
s'agit donc pas d'initiatives ayant déjà fait l'objet de crédits adoptés
par l'Assemblée nationale.
Plusieurs
exemples de financement additionnel contenus dans le plan économique 2017 sont
explicités dans la lettre que nous
vous avons fait parvenir. À notre avis, ces sommes n'auraient jamais dû être dépensées sans l'autorisation de l'Assemblée nationale. La députée
de Pointe-aux-Trembles a
interrogé le président du Conseil du
trésor lors des crédits
provisoires du 29 mars 2017 afin d'identifier la provenance des sommes en
question. Ce dernier a répondu, et je le cite :
«Lui, il peut venir, par exemple, du fonds de suppléance ou d'une
partie du Fonds
de suppléance qui n'était pas utilisée. Le Fonds de suppléance, il fait
partie de la dépense globale du gouvernement, O.K.? Bien, vous étiez membre, d'ailleurs, du Conseil du trésor. Alors, le Fonds de suppléance fait
partie de la
dépense globale. Une somme est disponible. On nous suggère ces nouvelles initiatives là à l'intérieur du ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, on dit oui puis on leur
donne, on le transfère. On ne nous donne rien, on transfère.»
Or, aux questions particulières de l'opposition
officielle pour les crédits budgétaires 2017‑2018, nous avons demandé au Conseil du trésor de détailler
l'utilisation des crédits octroyés en 2016‑2017. Pour le Fonds de suppléance,
le total s'élevait à plus de 206 875 900 $, dont seulement
18,4 millions dévoués au portefeuille Économie, Science et Innovation. Nous sommes donc loin des
115 millions prévus pour encourager l'innovation et la relève
scientifique. Toutes nos autres demandes visant à approfondir
l'utilisation du Fonds de suppléance en 2016‑2017 ont été refusées par le gouvernement. Les ministres cités ci-haut ont donc
fait abstraction de l'Assemblée nationale en déposant des sommes non
autorisées par l'Assemblée nationale en 2016‑2017.
Comme
l'indique La procédure parlementaire du Québec , les ministres sont
individuellement responsables de la gestion
de leurs ministères, ils sont responsables de présenter les politiques et de
défendre les actions qui relèvent de leurs ministères. Nous estimons que
la présidence doit aujourd'hui intervenir sans équivoque et envoyer un signal
clair au gouvernement afin qu'une telle
situation ne se reproduise pas et que les parlementaires puissent remplir
pleinement leur rôle,
surtout qu'à la lumière de différents articles dans les médias il semble que le
gouvernement s'apprête à refaire la même manoeuvre cette année.
Le président Michel
Bissonnet a d'ailleurs indiqué dans sa décision du 21 mars 2005 que «faire
abstraction du rôle de l'Assemblée pour
l'étude et l'adoption [de] crédits budgétaires de l'État reviendrait ni plus ni
moins à nier son rôle fondamental en matière de contrôle des finances
publiques et du gouvernement». En d'autres mots, cela pourrait avoir pour effet
de porter atteinte à l'autorité de l'Assemblée en matière financière et
pourrait vraisemblablement constituer à
première vue un outrage au Parlement. Comme l'indique La procédure
parlementaire du Québec , «l'Assemblée dispose également du droit de punir des actes ou des omissions qui, sans
être une violation d'un privilège parlementaire reconnu, ont pour effet
d'entraver ses travaux ou encore de porter atteinte à son autorité ou [...] sa
dignité».
Devant
les faits dévoilés par la preuve soumise, nous considérons que les agissements
des différents ministres sont des atteintes à l'autorité et à la dignité
de cette Assemblée et donc, prima facie, un outrage au Parlement.
Le Président :
Je vous remercie, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve. Je vais maintenant
écouter et entendre M. le député de La Peltrie.
Caire : Merci, M. le Président. D'abord, M. le Président, il
faut bien comprendre que nous sommes en plein exercice de contrôle budgétaire. C'est un exercice fondamental. C'est
probablement une... sinon la plus grande responsabilité de l'Assemblée nationale que de s'assurer de la
façon dont l'argent que les contribuables versent au gouvernement... la façon dont cet argent-là est dépensé. Et, dans
notre système parlementaire britannique, la procédure d'adoption des budgets
et des crédits, elle est bien paramétrée,
elle est réglementée, elle est bien connue et surtout, surtout, M. le
Président, elle ne doit souffrir
d'aucun défaut. Il vous revient, M. le Président, comme président de
l'Assemblée nationale, de vous assurer que
les droits, les privilèges mais surtout les responsabilités qui relèvent de
l'Assemblée nationale sont rigoureusement respectés.
Dans
le cas qui nous préoccupe, M. le Président, on parle de quoi? On parle d'un
budget pour lequel des crédits
ont été votés en lien avec des programmes
qui étaient au budget, qui étaient aux crédits et où, dans le processus
d'exécution de ces programmes,
on s'est rendu compte qu'on dégageait des surplus. Ces surplus ont été
réassignés par le gouvernement
à de nouvelles initiatives,
et donc, de ce fait, ces sommes-là ne faisaient plus
partie de l'exercice du
contrôle parlementaire. De ce fait, ces sommes-là qui avaient été votées par l'Assemblée nationale pour des programmes et des raisons spécifiques ne l'étaient
plus. Ça, ce sont les faits, M. le Président.
Maintenant,
la perception. J'ai écouté les commentaires du président
du Conseil du trésor qui ont été
rapportés par ma collègue... lors d'un échange avec ma collègue de l'opposition
officielle. Est-ce que
le gouvernement a la perception que, du fait que des crédits ont été votés de façon générale, le gouvernement a d'emblée l'autorité pour les dépenser selon son bon vouloir? Est-ce que c'est ça, la
perception? Si c'est ça, bien, le gouvernement est dans l'erreur, parce que, quand l'Assemblée donne son accord à un budget et aux crédits qui y sont rattachés, c'est
dans l'expectative que ces sommes-là seront
dépensées dans le respect du budget et dans le respect des crédits qui ont été
votés par l'Assemblée et ce n'est pas, de ce fait, pour utiliser
une expression courante, ce n'est pas un chèque en blanc au gouvernement pour
dépenser ces sommes-là comme bon lui semble.
Ça, c'est la prérogative de l'Assemblée
nationale, qui n'interfère d'aucune façon
avec la prérogative du gouvernement d'établir le budget et d'établir les crédits. C'est la responsabilité de l'Exécutif. Et, ensuite, de les mettre en oeuvre, c'est la responsabilité de l'Exécutif. Personne ne conteste ça. Maintenant, c'est la responsabilité de l'Assemblée
nationale de s'assurer que ça est
fait dans le respect de notre prérogative qui est ou non d'accorder les
crédits au gouvernement selon ce qui est demandé. C'est tellement vrai, M. le
Président, qu'il y a au règlement une procédure
qui existe, au cas où une situation comme celle-là se présente, où le gouvernement, à retardement, voudrait dépenser
des montants pour d'autres raisons que celles qui avaient été prévues et pour
d'autres raisons que celles pour lesquelles l'Assemblée nationale avait
donné son accord.
Il y a
une procédure qui existe, qui est claire, qui sont des crédits supplémentaires pour lesquels le gouvernement peut faire la demande à l'Assemblée nationale — ma
collègue a fait état de plusieurs exemples qui se sont
produits dans l'histoire — procédure
par laquelle, dans les cas qui sont mentionnés, le gouvernement n'a pas passé, ce faisant, retirant à l'Assemblée nationale son
droit, son privilège mais surtout sa responsabilité de contrôler les dépenses du gouvernement, de contrôler l'action du gouvernement, et donc d'assumer une de ses plus grandes... sinon sa plus grande responsabilité, celle qui lui échoit, M. le Président, de contrôler les
dépenses et les sommes qui sont dépensées par le gouvernement.
Je l'ai dit, M. le
Président, vous avez dans votre décision, évidemment, à soupeser les faits qui
vous sont présentés, mais toujours dans la perspective de protéger les droits,
les privilèges et les responsabilités de l'Assemblée nationale. Dans le passé, M. le Président, vous avez été, je pense, extrêmement préoccupé par cette responsabilité-là, vous l'avez pleinement
assumée. Et j'ai bon espoir et j'ai tout
à fait confiance que vous le ferez
encore. Mais il y a une chose, M. le Président, qui doit
guider votre réflexion. Nous n'avons pas à démontrer ici hors de tout doute
raisonnable que le gouvernement a volontairement évacué cette responsabilité de l'Assemblée nationale. Vous avez à évaluer si, à première vue — si, à première
vue — la
façon dont le gouvernement s'est comporté privait l'Assemblée nationale d'un de
ses droits, privilèges et responsabilités les plus fondamentaux.
Est-ce qu'à première
vue il y a violation de droit ou de privilège? À cette question-là, nous
soutenons les prétentions de nos collègues
de l'opposition officielle et nous pensons qu'effectivement, prima facie, il y
a violation de droit ou de privilège.
Président : Je vous remercie, M. le député de La Peltrie. J'inviterais maintenant M. le leader du gouvernement à prendre la
parole.
M. Fournier : Merci,
M. le Président. Évidemment,
je vais faire un tour d'horizon sur les procédures qui vont mettre en
relief notamment qu'il n'est pas toujours nécessaire d'avoir des crédits supplémentaires,
c'est pour ça qu'il n'y en a pas toujours, ce qui n'empêche pas qu'il y ait des transferts de fonds entre éléments, entre programmes
et aussi le recours à un fonds de suppléance qui, lui-même, est contenu
à la loi n° 2 et donc qui a déjà été voté.
Donc,
la question de jamais été voté ne tiendra pas la route ici. Je vous en
ferai une démonstration, mais je veux profiter
quand même du moment, parce que je pense qu'il y a
une confusion sur les processus gouvernementaux qui sont prévus par la loi. Je pense que ça vaut la peine de le faire, surtout
que l'exercice des crédits va arriver. Ceci étant, je vous amènerai, dans votre décision que vous prendrez, quand même
à rappeler peut-être aux oppositions que les questions de privilège
qui sont soulevées sont des questions importantes et qu'elles doivent généralement être appuyées fortement sur
la loi. Ensuite, on pourra regarder les faits, mais commençons par regarder la
loi.
Alors,
l'article 45 de la
Loi sur l'administration publique prévoit, M. le
Président, que le président du Conseil du trésor dépose à l'Assemblée nationale
le budget de dépenses des ministères et organismes budgétaires aux fins
d'établir des crédits requis au cours
d'une année financière dans le cadre de la dispensation des services publics.
Quelle belle journée pour discuter de
cette chose, M. le Président. Cela est conforme et cohérent avec ce qui est
prévu à la loi constitutionnelle canadienne, qui accorde à l'Assemblée
nationale, au Parlement, le pouvoir de percevoir les taxes, les impôts et celui
d'autoriser des crédits pour les dépenses des services publics et donc aussi
l'adoption de la
loi sur les crédits.
début d'une année financière, le président du Conseil du trésor dépose le
budget de dépenses des ministères et
organismes de l'Assemblée nationale. Ce budget présente des prévisions de
dépenses divisées par portefeuilles ministériels, ensuite par programmes, puis par éléments. Il
présente également des supercatégories de dépenses. Le budget de dépenses
contient aussi une description de chacun des
programmes, avec les objectifs qu'ils visent. Le portefeuille Conseil du trésor
et Administration gouvernementale comprend un programme nommé Fonds de
suppléance. Ce programme permet d'augmenter les crédits de programmes du
portefeuille d'un ministère sans devoir obtenir une nouvelle autorisation de
l'Assemblée nationale puisqu'il y en a déjà une dès l'adoption de la loi
n° 2.
Après le dépôt du
budget de dépenses à l'Assemblée nationale, habituellement avant le
31 mars de l'année financière
précédente, par le président du Conseil du trésor, le processus d'adoption de
la
loi sur les crédits est enclenché. Avant
le 1er avril, une première tranche de crédits doit être adoptée par
l'Assemblée nationale — c'est ce qu'on va faire demain — représentant généralement le quart des
crédits à voter pour chacun des programmes présentés dans le budget de
dépenses. La Loi n° 1 sur les crédits est adoptée au terme d'un débat
restreint par la commission plénière.
L'adoption
des trois quarts des crédits à voter survient après l'étude des crédits en
commission parlementaire. Chaque
commission fait rapport à l'Assemblée nationale, qui se prononce sur les
recommandations des commissions et adopte la Loi n° 2 sur les
crédits, ce qui inclut un vote sur le Fonds de suppléance.
cours d'une année financière, le ministère ou l'organisme budgétaire peut
financer des dépenses imprévues ou de
nouvelles initiatives via des disponibilités budgétaires au sein de son
portefeuille. Dans ce cas, le ministère peut utiliser les mécanismes de
gestion suivants : réallocation de crédits entre éléments de programme au
sein d'un même programme, à l'exception des
dépenses de transfert et d'affectation à un fonds spécial qui nécessite une
approbation du Conseil du trésor;
réallocation de crédits entre programmes, alors, éléments d'un même programme,
ensuite réallocation de crédits entre programmes, tel que prévu à la
loi sur les
crédits, et ce, sous réserve de l'approbation du Conseil du trésor, pour
une somme maximale de 10 % au sein d'un même ministère.
Dans
l'éventualité où le ministre ou le ministère est dans l'impossibilité de faire
face à ces dépenses imprévues ou nouvelles
initiatives, celui-ci peut avoir recours aux disponibilités budgétaires prévues
au Fonds de suppléance du Conseil du trésor
inclus au budget de dépenses de l'année en cours, tel qu'autorisé à la Loi
n° 2 sur les crédits. À
titre d'exemple, en 2016‑2017, les sommes disponibles au Fonds de suppléance afin de
pourvoir aux dépenses imprévues ou à de nouvelles initiatives pouvant survenir à l'un ou à l'autre
des programmes des ministères s'établissaient à 654,7 millions, soit près
de 1 % du budget de dépenses.
Dans
le contexte soulevé, les nouvelles initiatives... par la question de privilège
de l'opposition officielle, dans le contexte soulevé, donc, de cette
question de privilège, les nouvelles initiatives annoncées au plan économique
de mars 2017 de 359,5 millions
auraient pu être entièrement financées à même le Fonds de suppléance sans avoir
recours à des crédits
supplémentaires. Le gouvernement a choisi, par les divers mécanismes de gestion
budgétaire, de financer les nouvelles initiatives annoncées au plan
économique de mars 2017.
je vais vous déposer un document établissant la façon dont le financement a eu
lieu. En l'absence de crédits disponibles, le gouvernement aurait
déposé, tel que le prévoit l'article 289 du règlement de l'Assemblée
nationale, des crédits supplémentaires afin
de faire autoriser les crédits nécessaires à ces dépenses additionnelles.
Toutefois, comme le confirme le
rapport de l'excédent des dépenses et des autres coûts sur les crédits pour
l'année financière terminée le 31 mars
2017, que je vais aussi déposer, M.
le Président, je cite ledit rapport,
«aucun excédent des dépenses et des autres coûts sur les crédits votés de cette année financière n'a été constaté.
Les crédits votés étaient suffisants pour l'imputation de toutes les
dépenses et [...] autres coûts réalisés.» Le Vérificateur général du Québec est
consulté avant le dépôt des comptes publics à l'Assemblée nationale par le ministre
des Finances à chaque automne.
Ainsi,
le gouvernement a respecté intégralement... Et l'avis que je vous donnerai, M.
le Président, qui vient des Comptes
publics, est évidemment signé par le sous-ministre des Finances, le Contrôleur
des Finances et sur consultation du Vérificateur général.
Ainsi, le gouvernement a respecté intégralement
l'ensemble des procédures et règles parlementaires. Aucune somme n'a été prise sur le fonds consolidé du
gouvernement sans une autorisation préalable de l'Assemblée nationale.
Il n'y a donc eu aucun outrage au Parlement ainsi qu'atteinte à la dignité de
l'Assemblée nationale.
Lorsque nous regardons la provenance
des crédits pour le financement des mesures annoncées qui sont soulevées
dans le tableau que je vais vous soumettre, M. le Président, un certain nombre,
pour ne pas dire une grande majorité, viennent du Fonds de suppléance,
certaines viennent de virements des éléments de programmes.
Tantôt, j'ai
dit : Il y avait virements d'éléments de programmes, virements entre
programmes au Fonds de suppléance. On peut
voir ici que la très vaste majorité vient du Fonds de suppléance, mais il y a
aussi des montants qui viennent, donc,
de la disponibilité interne du ministère, si vous me permettez l'expression, à
l'égard d'éléments de programmes.
Donc, je vais déposer
autant l'argumentaire que je viens de partager avec vous que ce tableau
explicatif. Je vais aussi déposer, M. le Président, ce à quoi je faisais
référence, tiré du volume 2 des Comptes publics pour l'année financière terminée le 31 mars 2017, et c'est
sous la signature du sous-ministre des Finances et du Contrôleur des finances
en date du 29 septembre 2017.
Je cite le passage
que je citais tantôt mais qui a son importance : «L'état de l'emploi des
crédits de l'année financière terminée le
31 mars 2017 démontre qu'aucun excédent des dépenses et des autres coûts
sur les crédits votés de cette année
financière n'a été constaté. Les crédits votés étaient suffisants pour
l'imputation de toutes les dépenses et les autres coûts réalisés.»
Essentiellement,
ce que je suis en train de vous dire, M. le Président, c'est que les crédits
qui avaient été votés étaient
suffisants, il n'y avait donc pas nécessité d'avoir des crédits
supplémentaires. Les crédits suffisants ont été votés. Ils ont été votés suite à des débats que nous
avons eus notamment lors de commissions parlementaires sur l'étude de chacun
des crédits, incluant l'étude de crédits du
Conseil du trésor, duquel étaient tirés ces fonds de suppléance. Autrement dit,
toutes les pratiques de l'administration
publique ont été suivies de façon très stricte, confirmées par les contrôleurs des
finances.
Puis
je terminerai en vous disant : Il n'y a rien dans cette question, hormis
deux semaines pour lesquelles, encore une
fois, sur la tête de différents ministres, telle une épée de Damoclès, on
laisse planer un outrage. Ce n'est pas la première fois, M. le Président, mais, cette fois-ci, je
vous demanderais de pouvoir apporter un éclairage à cette Assemblée sur le
degré d'utilisation de ces motions parce
qu'à sa face même, puisque nous parlons du concept de prima facie, à sa face
même, rien ne tient dans ce qui a été déposé comme question de privilège.
Merci, M. le
Président, et je voudrais demander le consentement pour déposer les documents.
Président : Est-ce qu'il y a consentement pour le dépôt des
documents du leader de gouvernement? Est-ce que vous avez d'autres documents à déposer, peut-être? Mme la députée
d'Hochelaga-Maisonneuve voudrait déposer le document. J'ai un
consentement? Consentement.
Poirier : ...sont des communiqués de presse du gouvernement qui
sont parus en mars 2017 et qui démontrent les propos que nous avons
tenus précédemment, M. le Président.
Président : Alors, il y a consentement pour le dépôt? Merci. Est-ce
qu'il y a un dépôt de votre côté, M. le député de La Peltrie? Pas de
dépôt. Merci.
Moi,
en tout cas, je voudrais vous remercier tous les trois de votre participation à
ce débat. Et, de toute façon, ce sera
une question intéressante à conclure. Évidemment, je ne conclurai pas sur le
banc, vous me permettrez de prendre quelque temps pour faire le tour de
cette question.
Et, en attendant,
bien, je vous informe qu'il y a un débat de fin de séance qui se tiendra
aujourd'hui sur une question adressée par M.
le député de Saint-Jean à la ministre déléguée à la R