Health and Social Services — 28 April 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CSSS 2021-04-28
Quebec — Committees
(Onze
heures trente minutes)
Le Président (M.
Provençal)
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de la santé et des services sociaux ouverte.
La commission est
réunie afin de procéder à l'étude du volet Santé, Accessibilité aux soins et
Santé publique des crédits budgétaires du portefeuille Santé et Services
sociaux pour l'exercice financier 2021‑2022. Une enveloppe de
cinq heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la
secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, M. le Président. Mme Blais (Abitibi-Ouest) est remplacée par M. Lévesque
(Chapleau); Mme Lavallée (Repentigny), par M. Lévesque (Chauveau); M. Ciccone
(Marquette), par M. Benjamin (Viau); Mme Sauvé (Fabre), par Mme Nichols
(Vaudreuil).
Le Président (M.
Provençal)
: Merci beaucoup. L'étude de ce
portefeuille sera divisée en trois parties pour permettre la présence en salle des représentants des organismes
visés par ces crédits. De 11 h 30 à 13 heures, le ministre sera accompagné des représentants
de la Régie de l'assurance maladie, de 14 h 30 à 16 h 15,
il sera accompagné des représentants de l'Institut national d'excellence en
santé et services sociaux, et, de 16 h 30 à 18 h 15, il
sera accompagné des représentants de l'Institut national de santé publique et
du Commissaire à la santé et au bien-être. Pour chaque partie, nous allons
procéder aux échanges entre les groupes d'opposition et le ministre par blocs
d'une durée variant entre 14 et 20 minutes pour permettre à chaque groupe
d'écouler graduellement son temps de parole. Le temps d'échange inclut les
questions et les réponses.
Je suis maintenant
prêt à reconnaître une première intervention de l'opposition officielle pour un
premier bloc d'échange. Mme la députée de Maurice-Richard,
je vous cède la parole.
Montpetit : Je vous remercie, M. le Président. Là, vous me
permettrez, comme on passe outre les remarques
préliminaires aujourd'hui, quand même de prendre le temps de saluer le
ministre, de saluer aussi ses vaillantes équipes, je pense que le mot
est faible, qui l'accompagnent au quotidien mais qui l'accompagnent
aujourd'hui, ainsi que le député de la...
bien, premièrement, mon collègue de Viau, qui m'accompagne aujourd'hui, ainsi
que le député de la deuxième... et porte-parole de la deuxième et de la
troisième opposition, également, qui seront ici pour nos échanges.
D'entrée de jeu,
j'aimerais qu'on aborde la question de la vaccination, je pense que c'est
vraiment le sujet qui nous occupe tous depuis plusieurs mois, je dirais. La
campagne de vaccination va bien, semble aller bien jusqu'à maintenant, ce sont des très bonnes nouvelles,
c'est encourageant, ça donne de l'espoir à la population d'éventuellement
sortir de cette pandémie, de retourner à une certaine normalité. J'en
profiterais, je saisirais l'occasion pour remercier les centaines, les milliers
de vaccinateurs aussi, qui sont sur le terrain de nombreuses heures par jour
pour permettre le succès de cette campagne, des gens aussi qui sont... dont ce
n'était pas le métier premier, la vocation première, et qui reviennent, qui
viennent mettre l'épaule à la roue, qui viennent donner un coup de main et qui,
certainement, nous aideront, comme société, à sortir de cette crise. Puis j'en
profite pour les remercier, vraiment, du fond du coeur.
Ce que je voudrais
demander au ministre... parce que les Québécois rêvent au 24 juin, là,
c'est vraiment une des dates qui a été encerclée sur les calendriers de
l'ensemble des Québécois, je voudrais que le ministre puisse réitérer
l'objectif qu'il s'est fixé en termes de vaccination de la population pour
cette date.
Le Président (M.
Provençal)
: M. le ministre.
M. Dubé :
Très bien. M. le Président, écoutez, vous rappellerez d'enlever mon masque
de temps en temps parce qu'on finit par oublier qu'on a ça.
J'aimerais avant tout
remercier aussi la députée de Maurice-Richard, je dirais,
de son introduction. Puis je pense que c'est important non seulement de saluer
les collègues qui sont ici aujourd'hui pour l'exercice des crédits, mais aussi
de remercier les collègues qui sont ici, du ministère. Parce que, cette
bataille-là, on la fait tous ensemble, M. le Président, puis je ne
voudrais pas les nommer chacun, là, mais c'est rendu presque une petite famille
que l'on a ensemble depuis quelques mois. Puis j'apprécie beaucoup aussi les
commentaires que la députée de Maurice-Richard vient de
faire par rapport à l'équipe, puis je pense que c'est très apprécié des deux
côtés de la Chambre, ça fait que c'est très apprécié.
Sur la question de la vaccination, peut-être
revenir sur l'objectif qu'on a depuis le début, c'est de maximiser le nombre
optimal de personnes le plus rapidement possible, M. le Président. Et,
lorsque le premier ministre a pris l'engagement, le 13 mars
dernier, c'était un engagement, à ce moment-là... lorsqu'on regardait le
24 juin, c'était un engagement assez, assez exigeant, je vais le dire
comme ça, parce qu'on savait que, l'objectif, c'était d'avoir vacciné 75 %
de notre... ce qu'on appelle de notre clientèle cible.
Puis, pour
bien l'expliquer, parce que je pense que c'est important de revenir à quel est
notre objectif du 24 juin, lorsqu'on prend la population totale du
Québec, on va dire environ 8,5 millions de personnes, la première chose qu'il
faut enlever de cette population-là, c'est
les personnes de 18 ans et moins. Alors donc, on enlève déjà presque
1,2 million de personnes, donc, de notre cible potentielle, et,
notre cible potentielle, on la prend à 75 % de la population, et c'est comme ça qu'on est arrivés aux 5,3 millions
de personnes qu'on vise pour le 24 juin. C'est sûr que c'est toujours lié
au nombre de vaccins que nous recevrons entre aujourd'hui et le
24 juin, mais, jusqu'à maintenant, il n'y a rien qui nous porte à croire,
au contraire, qu'on ne sera pas capables de répondre à cet objectif-là en
fonction des vaccins que nous avons de disponibles, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée.
Mme Montpetit :
Bien, justement, juste une question de précision. Parce que, la conférence de
presse à laquelle vous faites référence, quand le premier ministre s'est
engagé, ce qu'il disait, puis c'est juste pour le clarifier, là, il
disait : Bien que tous les Québécois qui... ce qu'il a dit, là,
c'est : On prévoit que tous les Québécois qui vont vouloir être vaccinés vont avoir reçu une première dose le 24 juin.
Hier, ce qu'il a dit, c'est : 75 %, pas des Québécois, mais 75 % des personnes éligibles, donc
75 % des gens qui peuvent être vaccinés, qui seront vaccinés pour le
24 juin. Donc là, je veux juste être sûre de bien comprendre :
Est-ce que l'engagement initial du premier ministre, qui était : tous les Québécois qui souhaitent être vaccinés
pourront être vaccinés le 24 juin... est-ce que c'est toujours ça,
l'objectif, ou là ça a changé hier avec 75 % des gens éligibles?
M. Dubé : Alors, M. le
Président, là, pour être très clair, là, l'objectif n'a pas du tout changé. Ce
que le premier ministre a dit, et ça n'a pas changé : On ne peut pas
vacciner en ce moment les personnes qui ont moins que 18 ans, c'est... en
ce moment, là, ce n'est pas possible. Et ce n'est pas possible parce qu'il n'y
a pas encore, en ce moment, soit de
recommandation de la Santé publique pour le faire... Il y a des études qui sont
en cours en ce moment, en collaboration avec les fabricants, pour être
capables, on l'espère, le plus rapidement possible, lorsque ça va être... on va
avoir la capacité de le faire, et notamment avec une opinion de la Santé
publique, d'être capables de vacciner les
plus jeunes. Puis ça, je pense qu'on aimerait ça le faire aussi. Mais, en ce
moment, l'engagement du premier ministre n'a pas changé, on est toujours
à vacciner le nombre maximum de personnes, et j'ai fait référence à la
clientèle qui est visée.
Mme Montpetit : Donc, peut-être
juste par un oui ou non, pour qu'on sorte de cette discussion-là de façon
claire, parce qu'hier... on comprend que les jeunes ne sont pas éligibles à
l'heure actuelle, mais hier il n'a pas dit : 75 % de la population du
Québec, il a bien dit : 75 % des gens éligibles, donc il a bien
dit : 75 % des gens qui sont éligibles à la vaccination seront
vaccinés, ce n'est pas du tout la même chose. Donc, peut-être qu'il y a eu un
lapsus dans la formulation.
Donc, je la repose, répondez-moi par un oui ou
un non : Est-ce que, 100 % des gens qui sont éligibles et qui
souhaitent être vaccinés, l'objectif, c'est qu'ils le soient d'ici le
24 juin?
M. Dubé : Alors, je pense avoir
répondu, M. le Président. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée.
Mme Montpetit :
Bon, bien, il y a une ambiguïté qui demeure, je pense, vous avez une
opportunité d'y répondre, je laisserai le ministre répondre à cette
question-là. Mais je pense que c'est important de savoir si l'engagement
qui a été pris, du 24 juin pour 100 % des Québécois éligibles qui
souhaitent être vaccinés, est toujours là, donc je lui laisserai l'opportunité
si, plus tard, il souhaite répondre par oui ou par non. Je pense que, comme ça,
ça nous... ça rassurerait l'ensemble des Québécois que, le 24 juin, nous
serons vaccinés tel qu'il avait été promis par le premier ministre.
Ça m'amène aussi à parler de la question de
l'échéancier de la deuxième dose. On a entendu Dre Tam, là, dans les derniers jours, qui disait qu'on pouvait
s'attendre à un retour à la normale. Il y avait un certain enthousiasme,
modéré, mais un certain enthousiasme par rapport à un retour à la normale cet
été dès lors que 75 % des Canadiens auraient reçu une première dose
puis 20 % auraient reçu une deuxième dose. Donc, est-ce que, un... premièrement,
je voudrais savoir si le ministre partage le
même type d'analyse, là, que fait la Dre Tam. Et est-ce qu'on pourrait
s'attendre... est-ce qu'il y a un échéancier qui est déjà convenu au
niveau de la deuxième dose pour ce 20 % là, entre autres, là?
M. Dubé : Alors, écoutez, M. le
Président, on fait, encore une fois, toutes nos évaluations en collaboration avec la Santé publique. Où est le Dr Arruda?
Le Dr Arruda est là, mais j'aimerais répondre que, concernant la
deuxième dose... puis ça, je pense qu'on a été très, très clairs, puis je veux
rassurer la population, puis Dr Arruda pourra compléter, si la députée de Maurice-Richard veut le faire, mais l'engagement que nous avons
pris lorsqu'on a eu les recommandations de la Santé publique sur la deuxième
dose... je pense que la Santé publique a fait preuve d'un leadership assez
incroyable au niveau canadien. On se rappelle comment c'était délicat, là, dans
nos premiers mois, lorsqu'on n'avait pas de vaccin, puis il fallait prendre des
décisions importantes, notamment avec les CHSLD. Alors
donc, moi, j'aimerais dire qu'on va respecter nos engagements, nos engagements
de vacciner toutes les personnes qui en ont besoin au niveau de la deuxième
dose, dans les engagements de 112 jours, ou mieux, que nous avons pris.
Et c'est d'ailleurs pour ça que je terminerais
là-dessus, puis je l'offre à la députée de Maurice-Richard,
de pouvoir consulter M. Arruda... Dr Arruda, si elle veut. Mais vous
n'êtes pas sans savoir, M. le Président, qu'à tous les jours on publie un
tableau de bord, qui est sur les réseaux sociaux, qui est fait par Santé Québec
et qui montre que notre objectif minimum pour la deuxième dose, c'est
500 000 doses pour le 24 juin. Alors, on a un objectif, tout à
l'heure que je parlais, de 5,3 millions de doses pour l'objectif du
75 % de la population, encore une fois, c'est un objectif à battre, et,
deuxièmement, pour toute la question de la deuxième dose, le calcul du
112 jours nous établit à un minimum de 500 000 personnes, ce que
nous allons aussi réaliser d'ici le 24 juin.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la ministre... Mme la députée, excusez, de Maurice-Richard.
Montpetit : Je vous remercie. Est-ce que ce serait réaliste? Parce que
moi, je veux juste bien comprendre l'échéancier. On a tous hâte de
sortir de cette pandémie-là. On le sait, que, tant que les deux doses... tant
qu'on ne sera pas complètement vaccinés — hein, on s'entend qu'on est partiellement
vaccinés avec une première dose, complètement vaccinés, en tout cas, on
le souhaite, avec une deuxième dose — est-ce qu'il serait réaliste,
parce que, là, je n'ai pas entendu de réponse par rapport à la question de
l'échéancier, est-ce qu'il serait réaliste de penser, par exemple, que tous les
Québécois recevront leur deuxième dose, par exemple, pour la fête du Travail?
Est-ce que, sur le calendrier, c'est une autre date sur laquelle on pourrait...
est-ce qu'il y a un objectif que le ministre s'est fixé, là, pour la
distribution de cette deuxième dose? Je sais qu'il y a beaucoup de... il y a
une certaine proportion de gens qui l'ont reçue, dont les travailleurs de la
santé, entre autres, c'est en cours dans les CHSLD, il y a des gens qui ont
leur rendez-vous pour cet été, donc j'imagine qu'il y a un calendrier,
justement, il doit y avoir une date butoir, là, qui est fixée. Est-ce que, la fête du Travail, pour une deuxième dose pour tous
les Québécois, c'est un échéancier qui est réaliste?
M. Dubé : Bien, je pense que,
M. le Président, sur la deuxième dose, l'engagement qu'on a pris, là, je
le dis, c'est de respecter nos 112 jours, qu'on a fait. On a mis une date
pour le 24 juin en fonction des arrivages de vaccins qu'on a pour cette
période-là. On le sait, qu'il y a eu une augmentation, mais en deçà ou plus
loin que ça, pour le moment, on aime mieux être prudents puis on reviendra en
temps et lieu, quand ça sera le temps, confirmer d'autres dates. Mais, pour le
moment, M. le Président, on va se limiter à ça.
Mme Montpetit : Est-ce que c'est
réaliste de penser qu'avant Noël on aura une deuxième dose au Québec? Je pense que, si on attend tous de savoir à quel
moment on va sortir de cette crise... Les approvisionnements en vaccins
sont quand même assez stables, là, il y a des... on a des indications assez
claires aussi sur les approvisionnements qui vont arriver au cours des
prochaines semaines, des prochains mois. Est-ce que l'automne... je veux dire,
est-ce qu'il y a une date, une approximation? Je comprends que le ministre ne
veut pas s'avancer, là, sur ce niveau-là... ou il peut nous en dire un peu
davantage sur à quel moment on pourra penser qu'on sera tous vaccinés avec deux
doses.
M. Dubé : Bien, écoutez, la
meilleure réponse que je pourrais donner aujourd'hui, M. le Président,
c'est : le plus tôt possible. Je pense que tout le monde a intérêt à être
capable d'être vacciné le plus rapidement possible, incluant la deuxième dose. Et je pense que les Québécois vont comprendre
aujourd'hui que, la seule raison pour laquelle je me permets d'attendre, il y a plusieurs facteurs, il y a le facteur
du nombre de vaccins, de quelle façon vont agir les variants au cours
des prochaines semaines. Je pense qu'il y a tellement de facteurs, on n'a pas besoin
de rentrer dans le détail de ça.
Par contre,
ce que j'aimerais dire à la population... ce que j'ai expliqué, hier en point
de presse, M. le Président, à des journalistes qui posaient
exactement la même question, j'ai dit : Commençons par s'assurer qu'on
finit la vaccination de la première dose avec les vaccins disponibles. Il nous
reste quand même une population... une portion de la population qui est importante à vacciner d'ici le 24 juin, on
va faire les annonces appropriées, je l'ai dit, au cours des prochains
jours. En ce moment, la priorité porte sur nos maladies chroniques dans la
catégorie 8, on a ajouté les personnes handicapées dans cette même
catégorie là, on a eu une très bonne réaction de la population. On est en train
de finaliser la prise de rendez-vous pour la catégorie 9 avec les services
essentiels. Alors, lorsqu'on aura terminé cette prise de rendez-vous là, on
pourra refaire le point. C'est ce que j'ai expliqué, M. le Président,
hier.
Et, lorsqu'on aura plus d'information, bien, à ce
moment-là, on pourra revenir à la population en général avec des engagements.
Mais ma réponse, elle est simple, c'est : le plus tôt possible.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Mme la députée.
Montpetit : Oui. Toujours
sur le même sujet aussi, j'aimerais ça... Puis je ne sais pas si c'est le ministre ou si c'est Dr Arruda qui
pourrait nous éclairer sur la question du niveau de vaccination, en fait, qu'il
faudrait atteindre pour avoir une certaine immunité collective, là. Il y a
plusieurs éléments qui sont sortis dans les derniers... il y a beaucoup de
chiffres, là, qui circulent. On entendait Dre Quach, entre autres, la
présidente du Comité consultatif national de
l'immunisation, qui parlait de 87,5 %
de la population, incluant notamment les jeunes, on a l'Institut Pasteur,
qui parle plutôt de 90 %. Est-ce qu'on a des indications, en fait, de
l'objectif qui est visé en termes de vaccination, en fait, de la population
québécoise, là, pour avoir cette... pour atteindre cette immunité collective?
Dubé : Bien, peut-être, M. le Président, c'est une très bonne
question, puis je pense que, si la députée n'a pas d'objection, c'est quelque
chose qu'on pourrait demander à...
Le Président (M. Provençal)
: ...consentement pour pouvoir donner la parole? Oui, consentement,
M. le ministre? Oui. Alors, M. Arruda.
M. Arruda
(Horacio) : Bonjour. Horacio Arruda, directeur national de
santé publique — est-ce
que... je ne sais pas si vous m'entendez, le
micro est ouvert? O.K. — et sous-ministre adjoint au ministère de la Santé et Services
sociaux.
La question est
bonne, la réponse précise est difficile à donner. On sait que pour... c'est
variable selon les types de virus ou de
bactéries. Mais c'est sûr que, le minimum, puis ça dépend de quelle immunité
collective on parle, en termes, vraiment, là, d'une immunité très forte
ou pas... je vous dirais, là, que, le 85 % et plus, c'est
probablement plus à ce niveau-là qu'on peut faire. On aurait déjà des effets à
75 % et plus, mais il faut comprendre aussi que, tant que la population
des jeunes ne serait pas vaccinée, il y aurait là des populations, je vous
dirais, et qui naissent à chaque année, qui pourraient éventuellement continuer
à faire de la transmission. Ça dépend aussi de quels effets on veut mesurer en
termes d'immunité collective. Mais moi, je vous dirais, là, que ça doit être,
minimum, 75 %, et probablement autour, de... entre 85 % puis
90 %.
Le Président (M.
Provençal)
: Mme la députée.
Mme Montpetit :
Si vous me permettez de sous-questionner : Le 75 % ou le 85 %
auquel vous faites référence, juste pour qu'on se comprenne bien, c'est... vous
le basez sur 100 % de la population ou vous le basez, à l'heure actuelle,
justement, sur les 16 ans et plus, ça?
M. Arruda
(Horacio) : On le base sur le 100 % de la population, mais
des 16 ans ou... sur le 100 % de la population, parce que les gens en
dessous de ça... Mais ça va dépendre de ce que vous voulez atteindre comme
immunité collective. Je veux dire, si on veut faire disparaître le virus ou
qu'il n'y ait vraiment plus aucune éclosion, à ce moment-là, ça prend des taux
beaucoup plus élevés. Si on est capables de vivre, entre guillemets, avec des
éclosions, par exemple en milieu scolaire, mais qu'il n'y a pas d'impact sur la
population en général parce que la majorité des gens sont vaccinés, à ce
moment-là, le niveau peut être plus bas.
Montpetit : Il me reste du temps, hein, si je ne me trompe pas, M. le
Président?
Le Président (M.
Provençal)
: Oui, oui, oui.
Montpetit : Oui. Pardon, ça file vite des fois. Non, je vous pose la
question, Dr Arruda, parce que Dre Quach, justement, quand elle fait
référence à 87,5 %, elle souligne clairement, justement, qu'il y a quand
même 20 % de la population, qui sont les enfants, qui, à l'heure actuelle,
ne sont pas éligibles. Là, on verra si ça changera ou pas. Mais, justement, si,
d'aventure, les enfants ne pouvaient pas être vaccinés, je comprends que ce
chiffre d'immunité devrait être beaucoup plus élevé?
M. Arruda
(Horacio) : Pour le reste de la population, oui, en effet.
Montpetit : Et ça pourrait représenter... Excusez-moi, moi, je ne suis
pas une experte en immunité collective, donc, comme directeur de la santé
publique, si vous pouvez nous éclairer sur ces questions-là, ça serait très
apprécié.
M. Arruda
(Horacio) : Oui, mais il faut comprendre, là, qu'actuellement
ce sont des estimés basés sur différents
modèles qui sont faits, puis on n'a pas vraiment la donnée, là, comme telle.
Comme par exemple, on le sait, que, pour la rougeole, pour avoir une immunité
collective, ça prend des couvertures vaccinales atteintes à 95 %, pour
d'autres maladies, c'est moindre que ça, mais, dans les faits, notre objectif
va être de vacciner le maximum de personnes.
L'autre élément qu'il
faut prendre en considération, j'ai rarement vu une couverture vaccinale à
100 % dans les populations, il y a toujours une proportion des gens qui
refusent la vaccination ou pour lesquels il y a des contre-indications, ça fait
que le 100 % n'est pas atteignable. Mais je vous dirais que, le Québec,
historiquement, par rapport à plusieurs pays, notamment, dans le monde, a des
taux de couverture vaccinale qui sont parmi les premiers rangs, à part dans certaines sous-populations,
mais, globalement, le Québec atteint
des couvertures vaccinales assez élevées.
à date, si on regarde les couvertures vaccinales récemment atteintes au Québec,
ça allait avec la proportion d'âges, les gens qui ont 80 ans avaient
80 % de couverture vaccinale. Donc, on a quand même des taux très élevés
au Québec comparativement à d'autres territoires, notamment la France, par
exemple, ou ailleurs.
Le Président (M.
Provençal)
: Mme la députée.
Montpetit : Non, mais vous faites bien de le souligner, effectivement,
historiquement, non seulement on a des bons taux de vaccination, mais on a eu
des bonnes campagnes de vaccination aussi, donc on est contents de voir que
cela suit encore la donne.
Bien, je continuerai dans mon
prochain... parce que j'avais d'autres questions sur la question de la
vaccination, là, je ne voudrais pas
le commencer pour 30 secondes puis ne pas avoir de réponses, donc je
poursuivrai dans le prochain bloc. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci.
Le Président (M.
Provençal)
: Oui.
Dubé : C'est une très bonne question
de la députée, puis j'aimerais ça lui donner une réponse additionnelle,
que je n'ai peut-être pas pensé de lui donner, rapidement.
Le Président (M.
Provençal)
: 15 secondes.
Montpetit : Je vais revenir sur le sujet, de toute façon, si vous le
souhaitez.
M. Dubé :
Vous allez revenir? Je vous donnerai la réponse tout à l'heure. Très bien.
Merci.
Le Président (M.
Provençal)
: Je vais maintenant céder la
parole au député de Gouin pour les 14 min 40 s suivantes. M. le
député.
Nadeau-Dubois : Merci beaucoup, M. le Président. Je vais profiter
du fait, avec le consentement du ministre, bien sûr, que M. Arruda, le Dr Arruda
était déjà en
train de nous parler pour lui poser quelques
questions, en saluant, bien sûr, l'ensemble des collègues
présents.
Dr Arruda,
il y a eu tout un imbroglio, certains diraient même une saga, dans les dernières
semaines au Québec, au sujet
des tests de qualité de l'air dans les écoles. Au mois de janvier dernier, le ministre
de l'Éducation a affirmé, je cite, que «les protocoles de tests de CO 2
effectués dans nos écoles ont été établis conjointement avec la Santé publique
et ils sont validés par celle-ci». Fin de la citation. Depuis cette
déclaration-là, il y a des articles qui sont parus dans les médias, à Radio-Canada
notamment, il y a eu les rectificatifs d'émis par le ministère de la Santé et
des Services sociaux, des rectificatifs,
également, émis par l'INSPQ, et même, tout récemment, le ministère de
l'Éducation, lui-même, s'est amendé et a reconnu, en entrevue, que les
protocoles de tests de CO 2 n'avaient pas été, à proprement parler,
établis conjointement avec la Santé publique ni validés par la Santé publique
mais qu'il y avait eu certains commentaires d'envoyés et d'intégrés. Ça, c'est
déjà ce qu'on sait, puis le ministre de l'Éducation, lui-même, a reconnu ces
faits-là, que je viens d'énoncer.
Moi,
j'aimerais savoir : Quand vous avez eu connaissance des déclarations du
ministre de l'Éducation à l'effet que
la Santé publique avait établi conjointement et validé les protocoles de tests
de CO 2 , quand vous avez pris connaissance de ces
déclarations-là, alors que c'est inexact, comment vous avez réagi?
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre, toujours consentement pour... (panne de son)
...Allez-y, M. Arruda.
M. Dubé :
Dr Arruda, si vous voulez répondre.
M. Arruda
(Horacio) : Est-ce que je dois me renommer? Non?
Le Président (M.
Provençal)
: Non.
M. Arruda
(Horacio) : Bon. Bonjour. Écoutez, il faut comprendre que ce
n'est pas personnellement moi qui a
travaillé le dossier avec le ministère de l'Éducation. Ça s'est fait notamment
avec le Dr Richard Massé, qui
travaillait le dossier en lien avec d'autres ministères dans le cadre
aussi du groupe de travail qu'ils avaient fait. Ils avaient des experts, à l'Institut
national de santé publique, qui ont effectivement commenté le document, là.
Moi, quand j'ai
entendu ça, là, je n'ai pas fait d'interprétation, là, de nature... sur le
coup, je n'ai pas fait d'interprétation de nature à vérifier le niveau de collaboration
qu'il y avait eu lieu. Mais les équipes m'ont effectivement dit qu'ils avaient
reçu une documentation, qu'ils avaient commenté la chose. Et moi, j'ai
interprété que probablement que les gens ont... le ministre a dû dire :
Bien, comme il y a eu des discussions entre eux, ça a été comme validé, là. Mais je suis resté à ce niveau-là. Mes équipes, ce qu'elles m'ont dit, c'est qu'ils avaient effectivement fait des commentaires, qu'ils n'étaient pas sûrs que tous avaient été
intégrés, mais certains avaient été intégrés, et, bon, j'en suis resté
là, là, pour le moment.
Nadeau-Dubois : Avez-vous eu des échanges avec le Dr Massé sur
cette question-là, puisque c'est lui qui s'occupait du dossier?
M. Arruda (Horacio) :
Dr Massé m'a effectivement signifié ce que vous avez déjà mentionné
tantôt, qu'effectivement les gens avaient reçu le document, et qu'ils
avaient fait des commentaires, et qu'ensuite le ministère de l'Éducation est parti avec les commentaires et a
établi son protocole dans ses milieux.
M. Nadeau-Dubois : Mais là il y a
une version qui circule publiquement, qui dit : La Santé publique a donné
son imprimatur, a donné sa bénédiction à un protocole. Le Dr Massé et
vous, je présume, savez que ce n'est pas exactement
ce qui s'est passé, vous me dites que vous en avez discuté avec le
Dr Massé, donc, à ce moment-là, est-ce
qu'il y a des communications entre vous et/ou le Dr Massé et votre équipe
vers le ministère de l'Éducation pour dire : Un instant, ce n'est pas exactement
ce qui s'est passé? Est-ce que vous communiquez avec le ministère ou avec un
membre du gouvernement pour les informer que vous n'avez pas approuvé le
protocole, puisque c'est ce qui est affirmé publiquement puis que ce n'est pas
le cas?
M. Arruda (Horacio) : Le Dr Massé
est rentré en contact avec le sous-ministre à l'Éducation pour lui dire qu'il avait effectivement fait des commentaires
mais qu'il n'était pas nécessairement convaincu que tous les commentaires
avaient été pris en considération. Mais il faut aussi que vous sachiez que les
gens de Santé publique ne sont pas des experts
en ventilation. Juste, si vous me permettez, là, je ne veux pas dire qu'ils
n'ont aucune expertise, là, mais d'ailleurs, dans le comité
interministériel sur la ventilation qui a été présidé par Dr Massé, on
s'est adjoint des ingénieurs et d'autres
types d'éléments, ça fait que, c'est là où je peux vous dire... Et là je pense
que le sous-ministre a effectivement informé le Dr Massé qu'une
proportion des commentaires avaient été introduits, mais pas tous.
M. Nadeau-Dubois : Puis, à partir du
moment où, donc, le sous-ministre à l'Éducation est informé du fait que vous
n'avez pas approuvé et validé mais plutôt seulement soumis certains commentaires,
comment est-ce que vous ou le Dr Massé avez réagi au fait que, par la
suite, dans l'espace public, le ministère de l'Éducation a continué à marteler
que les protocoles avaient été établis conjointement et validés avec la Santé
publique?
M. Arruda (Horacio) : Je
pense qu'après que le Dr Massé a parlé avec le sous-ministre le message a
été ajusté, là, c'est ma compréhension. Mais là, si vous me demandez exactement
quel jour, combien d'heures, je ne m'en souviens plus, là.
M. Nadeau-Dubois : C'est que j'essaie...
La Santé publique dispose, en pleine crise sanitaire, d'une énorme crédibilité
et d'un énorme poids moral, et c'est une bonne chose, parce que c'est vers la
Santé publique que les Québécois, Québécoises se tournent quand vient le temps
de modifier leurs comportements pour se protéger contre le virus. Puis je pense
que vous êtes conscient à quel point la voix de la Santé publique, elle a une
énorme valeur et que son indépendance à l'égard du pouvoir politique est
partie
intégrante de sa crédibilité. Les gens vous écoutent à
titre de docteur, autrement
dit, et vos équipes également.
Là, on a un ministre de l'Éducation qui affirme quelque
chose à propos de la Santé publique, dit que vous avez approuvé un geste qu'il
pose. Or, depuis, on sait que c'est inexact, que c'est beaucoup plus compliqué
que ça. Ça fait que, moi, ma question, c'est : À ce moment-là, vous,
quand, vous, vous réalisez, avec le Dr Massé, que le ministre de
l'Éducation engage votre crédibilité sur un protocole qui a, par ailleurs, été
sévèrement critiqué, ça ne vous dérange pas? Vous n'avez pas un inconfort, un
malaise de voir que votre parole est engagée par un ministre dont, par
ailleurs, vous ne relevez pas, le ministre de l'Éducation, qui dit : Oui,
oui, oui, ils sont tous d'accord avec ce que je fais? C'est ça qu'il dit, au
fond, le ministre, puis vous, vous savez, avec le Dr Massé, que ce n'est
pas exactement ça, puis c'est plus compliqué, puis ce n'est pas comme ça que ça
s'est passé. À ce moment-là, vous ne ressentez pas un malaise, vous n'êtes pas
indisposé par le fait que votre parole, comme ça, est engagée par quelqu'un
d'autre que vous?
M. Arruda (Horacio) :
...comprendre, bon, il y a un certain inconfort, on peut se le dire. Mais il
faut comprendre aussi que, comme je l'ai dit, l'autre élément où qu'il faut que...
la position de la Santé publique par rapport à toute la question de la
ventilation s'est faite dans un comité tripartite, avec des experts du MEQ, de
la CNESST puis du ministère de la Santé, ça fait qu'on n'est pas dans un champ,
si vous comprenez, où on a toute l'expertise.
Donc, notre input a été donné, le choix a été fait, peut-être,
différemment de prendre certains commentaires et d'autres pas. Donc, je
vous dirais que, dans ce contexte-là, puis avec tout ce qui est à gérer dans le
contexte actuel de la pandémie, c'est un élément pour lequel c'était peut-être
une compréhension différente. Et je ne sais pas jusqu'à quel point, très
honnêtement, puis je ne suis pas allé faire cette analyse-là, jusqu'à quel
point le ministre était conscient, a peut-être entendu dire que la Santé
publique l'avait vu puis qu'il a interprété qu'il l'avait approuvé.
M. Nadeau-Dubois : L'INSPQ, elle, a
senti le besoin, comme institution, d'émettre un rectificatif très clair, hein, il y a quelques semaines, je cite leur
rectificatif : «L'INSPQ n'a jamais été sollicité par le ministère de l'Éducation pour valider ou
commenter officiellement son protocole de mesure de CO 2 dans les
écoles.» Fin de la citation. Donc, L'INSPQ a...
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée de Soulanges.
Mme Picard : ...invoquer
l'article 211 sur l'avis de pertinence, M. le Président, si je...
M. Nadeau-Dubois :
Non, non. M. le Président...
Le Président (M. Provençal)
: Non, non, ça va, ça va.
Le Président (M. Provençal)
: Allez-y, monsieur...
M. Nadeau-Dubois : Merci. Donc...
Le Président (M. Provençal)
: Dr Arruda.
M. Nadeau-Dubois : Juste terminer ma
question.
Le Président (M. Provençal)
: Oui.
M. Nadeau-Dubois : L'INSPQ a senti
le besoin d'émettre un rectificatif formel et clair et, c'est le moins qu'on
puisse dire, jamais été sollicité par le ministère de l'Éducation. Pourquoi est-ce
que la Santé publique n'a pas senti bon, par votre voix ou celle du
Dr Massé, d'émettre la même rectification puisque, de toute évidence, l'INSPQ
ne souhaitait pas être associée à un protocole qu'elle n'avait pas validé? Pourquoi
vous et le Dr Massé n'avez pas posé un
geste similaire puisque votre crédibilité aussi était engagée par... appelons
ça les déboires que vivait à ce moment-là le ministre de l'Éducation
dans les médias?
M. Arruda (Horacio) : Parce
que, je vais vous dire, on était... très honnêtement, là, je ne suis pas dans
le champ qui correspond à ma grande expertise, si on aurait parlé de d'autres
types de mesures sur lesquelles j'aurais eu des positions plus nettes, franches
et tranchées, par exemple en la vaccination ou d'autres éléments, l'impact
aurait été plus grand. Et donc, dans ce contexte-là, ni moi ni Dr Massé on
a pensé que c'était nécessaire, l'institut ayant exprimé... parce qu'eux ont
des experts qui travaillent dans le domaine des aérosols plus que nous.
M. Nadeau-Dubois : O.K. Donc, vous
ne l'avez pas fait en public, je le comprends. Est-ce qu'en privé vous ou le Dr Massé avez demandé au ministre de
l'Éducation ou à un autre membre du gouvernement de cesser d'associer la
Santé publique à ce protocole que vous n'aviez pas validé?
M. Arruda
(Horacio) : Je veux dire, moi, vous comprendrez que je travaille
au niveau de l'administratif, O.K.? Ce que je peux vous dire, c'est que
Dr Massé et moi-même, on a parlé au sous-ministre à l'Éducation pour lui
dire qu'on n'avait pas validé, là, le document mais qu'on avait commenté le document, simplement.
Vous comprendrez que je ne fais pas de travail avec les autorités politiques,
ce n'est pas mon mandat.
Nadeau-Dubois : Parfait.
Donc, vous avez communiqué que le protocole n'avait pas été validé. Par la
suite, le ministre a fait les déclarations qu'il a faites. Et ça, je ne
vous en tiens pas rigueur, ce n'est pas vos déclarations à vous, mais je pense
que c'est intéressant parce qu'on vient de clarifier, là, la séquence des faits
dans cette histoire-là. Ce que je retiens de notre conversation, c'est qu'il y
a eu communication entre vous, le Dr Massé et le sous-ministre de
l'Éducation à l'effet que le protocole n'avait pas été validé par la Santé
publique. Je note par ailleurs que, par la suite, le ministre de l'Éducation a
continué à l'affirmer publiquement, y compris sur le plancher du salon bleu.
Merci beaucoup, Dr Arruda. On aura
l'occasion de poursuivre notre conversation plus tard, cet après-midi.
J'aimerais poser quelques questions au... En fait, non, je n'ai pas assez de
temps, il me reste seulement deux minutes, j'aborderai un autre enjeu plus
tard.
Dr Arruda, à votre avis, cette histoire-là,
là, qui a choqué quand même pas mal de monde au Québec, là, les tests de qualité de l'air qui, de toute évidence,
ont été mal faits, là, c'est ce que tout le monde constate, est-ce que, selon
vous, ça a abîmé un peu la crédibilité de la Santé publique?
M. Arruda (Horacio) : Il
faudrait poser la question à la population, ou etc. Mais je pense que, compte
tenu de toutes les interventions qu'on fait dans le domaine de la COVID-19, qui
nécessitent, je vous dirais, des expertises, et
quand je regarde les résultats qu'on atteint actuellement au Québec en termes
de troisième vague, sans minimiser ce qui est arrivé à la première vague, là,
ni à la deuxième, je pense que ça ne... j'espère que ça ne nuira pas à la
crédibilité de la Santé publique puis que les gens vont avoir confiance là-dessus.
M. Nadeau-Dubois : C'est ce que je
souhaite, moi aussi. C'est ce que je souhaite, moi aussi, et c'est ça que je trouve triste dans cette histoire, que votre
parole ou celle de votre organisation, dans le fond, là, ait été utilisée pour
défendre des décisions politiques qui, par ailleurs, avaient été prises sans
vous. Moi, c'est ça, ce qui me dérange. Puis ça ne me dérange pas juste parce
que j'ai l'impression qu'on m'en a passé une petite vite, ça me dérange parce
que je me dis : Ça fait mal, ça, à la crédibilité puis à l'indépendance de
la Santé publique, ce qui est tellement important en pleine pandémie, qu'on
puisse avoir cette conviction qu'il n'y a personne qui utilise politiquement la
crédibilité de la Santé publique pour défendre des affaires qui n'ont rien à
voir avec la Santé publique. Ça fait que je suis content, Dr Arruda,
qu'on ait eu cette conversation-là ensemble, je pense qu'il y avait encore
certaines zones d'ombre à éclairer, nous les avons éclairées ensemble, et je
vais m'arrêter ici, M. le Président, puis, le reste de mon enveloppe de temps,
je l'utiliserai à bon escient un peu plus tard.
Le Président (M. Provençal)
: Merci, M. le député. Alors, nous poursuivons avec
l'opposition officielle. Mme la députée de Maurice-Richard,
s'il vous plaît, pour 19 min 55 s.
Montpetit : Je vous
remercie, M. le Président. Je ne sais pas si le ministre voulait, d'entrée de
jeu, compléter. Moi, je continuerais sur les questions de vaccination
puis j'aurais peut-être continué d'échanger avec le Dr Arruda sur
l'immunité. Donc, est-ce qu'il voulait ajouter quelque chose tout de suite ou
plus tard?
M. Dubé : ...juste vous donner, M.
le Président, donner... pour la députée, là, dans les statistiques que l'on suit, là, je donnerais trois pourcentages qui sont
importants, là. Pour la catégorie d'âge de 80 ans et plus, on a déjà
plus de 91 % de la population de vaccinée en date
d'aujourd'hui, là, en date du 29 avril. Pour la population de 70 à
79 ans, c'est 91 % aussi.
Puis, pour la population de 60 à 69, c'est 74 %. Alors donc, je veux juste
vous dire qu'on... puis on va suivre ces pourcentages-là au fur et à
mesure que les catégories d'âge avancent, mais c'est pour donner un objectif,
c'est pour donner une situation assez intéressante de la population en ce
moment.
Le Président (M. Provençal)
: Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Montpetit : Ah! je vous
remercie. Bien, merci, M. le ministre. C'est des informations, effectivement,
qui sont publiques, on les avait, on les suit attentivement, nous aussi, de
notre côté, on est bien contents que ce soit partagé
à tous les jours. Nous, ce qui nous intéresse aussi, c'est les objectifs,
c'est-à-dire est-ce qu'on va les rencontrer pour le 24 juin puis
est-ce qu'on va les rencontrer pour la deuxième dose. Donc là, la question de
la deuxième dose n'est toujours pas très claire.
Mais je
voudrais revenir à la question de l'immunité, puis je comprends bien, là,
Dr Arruda, qu'il y a plusieurs variables qui entrent en ligne de
compte, mais, tu sais, je vais citer Dre Quach là-dessus, qui a quand même
une opinion assez... c'était quand même assez arrêté, là, sur la... Bon, je
vais la citer, là, je pense, ça va être plus simple pour nos échanges, mais
elle disait que «les enfants représentent quand même 20 % de la
population, et, si on parle d'une couverture à atteindre autour de 87,5 %,
mathématiquement, on ne s'en sort pas. Si on veut que les enfants puissent
retrouver, eux aussi, une vie à peu près normale, la vaccination va jouer son
rôle là aussi [...] parce qu'il y a des risques de complications. Ils
maintiennent quand même la transmission.»
Donc, moi, ce que je voudrais, ce que je
voudrais voir avec vous, si c'est... qu'est-ce qui est prévu si d'aventure,
justement, la vaccination... si on avait de bonnes nouvelles, à savoir que les
vaccins peuvent être utilisés pour les 12 à 16 ans. Est-ce qu'il y a un
plan de contingence qui a été fait à ce niveau-là pour s'assurer que la
vaccination soit faite rapidement? Est-ce qu'on pourrait se lancer le défi, si
la science le permet, entre autres, que tous les élèves du secondaire soient
vaccinés deux ou trois semaines avant la rentrée scolaire, justement, pour
prévenir encore plus des éclosions puis ne pas revivre les scénarios de
fermeture, et de refermeture, et de refermeture des écoles qu'on vit depuis
un an, avec tous les enjeux qu'il y a sur la réussite éducative, entre
autres? Je pense qu'on parle autour de 350 000 élèves au secondaire,
si mes chiffres sont bons. Est-ce que c'est quelque chose qui est prévu? Là, je
comprends qu'on n'a pas l'information, mais encore faut-il être prêt à réagir
assez vite si de bonnes nouvelles devaient arriver, là.
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Dubé : ...passer la parole au
Dr Arruda, là, je pense qu'il est important de mettre en perspective ce
que j'ai répondu tout à l'heure, M. le Président, là. Je pense qu'on a un
premier travail à faire, c'est de vacciner les gens avec la première dose en
fonction des vaccins qui sont disponibles, et ça, pour ça, on a été très clair,
on va respecter et même battre nos objectifs pour le 24 juin. On a été
très clair là-dessus.
De demander, en ce moment, au Dr Arruda,
qui n'a pas plus les chiffres en termes de vaccins, l'opinion de la Santé
publique... Pour nous, c'est de s'assurer qu'on vaccine, dans le bon ordre, les
populations vulnérables, comme on le fait
depuis le début. Alors, je voudrais juste qu'on fasse la répartition des rôles,
et, en ce moment, très clairement... la question, je lui ai répondu tout
à l'heure, à la députée de Maurice-Richard, on a été très
clair : en ce moment, notre focus,
c'est de vacciner pour une première dose les gens d'ici le 24 juin, et,
deuxièmement, de respecter notre engagement sur la deuxième dose par
rapport à ceux qui ont des délais dans les différents groupes d'âge. Plus que
ça, pour le moment, je pense que ça serait de faire des hypothèses qu'on n'est
pas prêt à faire pour le moment.
Le Président (M.
Provençal) : Merci. Est-ce que vous voulez que le
Dr Arruda complète, Mme la députée?
Mme Montpetit : Bien, je n'ai pas
vraiment entendu de réponse à la question que j'ai posée. Donc, peut-être que
si le Dr Arruda peut compléter, oui.
M. Dubé : ...de vaccins qui vont
rentrer, M. le Président. Alors, c'est ça que je dis, de ne pas mettre le
Dr Arruda dans une position de... de demander des questions et des
réponses qu'il ne peut pas... parce que ce n'est pas au
niveau du nombre de vaccins que l'expertise du Dr Arruda est demandée.
L'expertise de la Santé publique, c'est les catégories de population qui
doivent être vaccinées en fonction des vaccins disponibles. On n'a pas cette
information-là pour une visibilité qui dépasse le mois de juin. Donc, je veux
être très clair qu'on peut poser la question au Dr Arruda, mais de ne pas
le mettre dans une situation à répondre à une question qu'il n'a pas les
données nécessaires pour répondre.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va.
Mme Montpetit : Bien, si son
expertise, c'est les catégorisations, on peut y venir, là. Dans le tableau qui
a été déposé, dans l'ordre de priorisation, la catégorie 11, c'est les
jeunes. Donc, j'imagine qu'il a une opinion sur cette question-là. Ça fait
partie des catégories de priorisation qui ont été
émises dès le départ, là, les 11 catégories prioritaires. Les
jeunes en font partie. Je présume qu'il y a une réflexion qui est avancée.
Parce que, si je peux me permettre, le niveau d'anticipation du gouvernement
dans la crise, depuis le début de la pandémie, on ne peut pas dire que c'est nécessairement
la force du gouvernement. On l'a souligné à plusieurs reprises, là, d'être un
peu tout le temps deux pas en retard, deux trains en retard sur la
planification. Donc, je... la rentrée scolaire, c'est en septembre, on est déjà
rendu au mois de mai. Je comprends qu'il y a une variable, à l'heure actuelle,
qui reste à confirmer, mais je veux juste savoir est-ce qu'il est envisageable,
si d'aventure... Est-ce qu'il serait planifié de faire cette vaccination-là
avant la rentrée scolaire pour ne pas se retrouver encore avec une situation
d'éclosion, comme on attend toujours, notamment, les tests rapides dans les
écoles?
Le Président (M. Provençal)
: Et là vous adressez votre question à M. le ministre?
Mme Montpetit : Bien, à
Dr Arruda, si c'est possible.
M. Dubé : ...M. le Président, avec
plaisir, là, je vous le dis, si le Dr Arruda veut répondre, mais j'ai mis
en contexte l'information qui est disponible
en ce moment par rapport à ça. C'est à lui de décider s'il veut répondre ou
pas.
Le Président (M. Provençal)
: Dr Arruda, je vous cède la parole.
M. Arruda (Horacio) : Bien,
je veux juste vous mentionner qu'on suit de très, très près les homologations des vaccins, parce que, pour pouvoir donner un
vaccin à l'ensemble de la population, il faut que le vaccin soit homologué
pour des âges. On sait que le Pfizer est en processus d'homologation pour de 12...
etc. Puis effectivement avec mon équipe et l'Institut national de santé
publique, nous discutons des scénarios où, si le vaccin est disponible, et
c'est là que le point du ministre est
important, là, parce que c'est... tout est dépendant de la quantité de vaccins,
il pourrait y avoir, effectivement,
une campagne de vaccination notamment des élèves de 12 à 16 ans, là,
potentiellement avant la rentrée scolaire. Mais c'est des choses qu'on
regarde et qu'on anticipe.
Mme Montpetit : Merci. Puis est-ce
que, pour atteindre les taux d'immunité dont vous nous parliez tout à l'heure, dans le scénario que... dont vous...
auquel vous faites référence, ça prend en considération... il faudrait que les
jeunes soient vaccinés?
M. Arruda (Horacio) : Oui.
Mais là l'autre élément, si vous me permettez, sur lequel il faut faire
attention, là, il n'y a pas une seule variable qu'il faut regarder, il faut
regarder l'épidémiologie telle qu'elle va se présenter au Québec, parce que,
tout dépendamment des groupes, etc., il va falloir regarder aussi tout l'impact
des nouveaux variants sur la réponse vaccinale. Donc, il y a encore beaucoup,
je vous dirais, d'inconnu pour avoir un scénario précis. Ça, je tiens à vous le
dire, parce que les gens essaient de simplifier les choses à une couverture
vaccinale, une dose, une couverture
vaccinale, deux doses, mais est-ce qu'on va avoir des nouveaux variants? Quelle
va être la réponse épidémiologique?
Où vont être les éclosions? Quels groupes seront les plus touchés? Quels
groupes seront hospitalisés? Tout ça va être pris en considération dans
notre processus de décision.
Montpetit : Je ne me sens
pas personnellement visée par votre commentaire. Je n'essaie pas de simplifier.
Comme vous le savez, j'ai eu le plaisir de travailler...
M. Arruda (Horacio) : Ah non,
mais ce n'était pas à vous, là, ce n'était pas à vous que je m'adressais.
Mme Montpetit : Non, non, non, je
sais, je sais.
M. Arruda (Horacio) : Mais on
entend beaucoup les gens essayer de trouver une réponse unique, là, ça n'a pas
rapport à vous du tout, du tout.
Mme Montpetit : J'entends bien. J'ai
eu le plaisir de travailler en épidémiologie pendant quelques années puis je
sais très bien à quel point il y a des variables très compliquées dans les
évaluations qui sont faites de la suite des
événements. Les questions que je vous pose, c'est... Comme directeur de la
santé publique, vous avez des
informations auxquelles nous n'avons pas accès comme opposition,
auxquelles nous n'avons pas accès comme grand public, et je pense
que votre responsabilité, comme directeur de la santé publique et comme
ministre, c'est d'essayer de nous tracer les contours des hypothèses et des
scénarios sur lesquels vous travaillez.
Vous
savez, on les a demandés à plusieurs reprises, d'ailleurs, ces scénarios et ces
hypothèses. Et, en ce sens-là, je sais que ce n'est pas une vérité
absolue, mais je suis certaine que vous avez certaines indications en ce sens.
Parlant de... Combien
il me reste de temps, M. le Président?
Le Président (M.
Provençal)
: Il vous reste
10 minutes, Mme la députée.
Montpetit : Parlant d'hypothèses aussi, j'aimerais vous entendre, puis
là je ne sais pas si ce sera le ministre, peut-être Dr Arruda, sur la
question de la troisième dose aussi. Puis là je le sais, qu'il y a plusieurs
variables qui entrent en ligne de compte : la durée de l'immunité, les
variants, la modulation de l'épidémie, et je sais que ce n'est pas... On ne
vous demande pas d'avoir une boule de cristal non plus, mais j'aimerais ça que
vous puissiez nous informer un peu de ce que vous avez comme information
sur est-ce qu'une troisième dose, c'est une forte probabilité ou c'est une
hypothèse farfelue. Est-ce que... le fait que ça pourrait devenir un vaccin
saisonnier, est-ce que c'est une hypothèse
forte ou c'est une hypothèse molle, comme on dit en sciences, parfois? Si vous
pouvez nous éclairer là-dessus, ce serait gentil.
M. Dubé :
Je n'ai pas d'enjeu, je voudrais juste dire que je trouve ça intéressant qu'on
soit en train de parler de la troisième dose alors qu'on est encore dans la
première, mais je vais laisser le Dr Arruda commenter.
Montpetit : ...j'ai parlé de la troisième dose, mais...
M. Dubé :
C'est ce que j'ai dit. C'est ce que je viens de dire.
Montpetit : ...je veux dire, je pense que c'est important. Tu sais, je
vous parlais du principe d'anticipation, moi, j'aime bien être un pas en
avant dans ces questionnements-là. Il faut voir venir un peu.
M. Arruda
(Horacio) : Pour ce qui est de la... Je ne vais pas me
renommer, je m'excuse, parce que j'ai des anciens réflexes, avant il fallait se
renommer. Pour ce qui est de la troisième dose, Pfizer a sorti de la
documentation comme quoi ils considéraient
que, potentiellement, ça prendrait une troisième dose. Moi, je vous dirais que
c'est possible, parce que ça se peut que ce virus-là ne disparaisse pas
complètement.
La question : Ça
va-tu être avec le même vaccin ou avec un vaccin adapté à des nouveaux
variants? Ça, c'est un autre élément dont on ne connaît pas. Ça va dépendre
aussi, je vous dirais, de la circulation mondiale, parce qu'on a beau... Je
veux dire, il y a des pays, comme en Afrique, où il y a beaucoup de gens qui ne
sont pas vaccinés. Il pourrait y avoir, à ce moment-là, l'émergence de nouveaux
mutants qui vont nécessiter une autre vaccination, parce qu'on pourrait avoir
des variations.
Est-ce que le
coronavirus va changer autant que l'influenza? C'est probablement... peu
probable, mais tout est possible. Ça fait que je vous dirais, là, pour ne pas
dire que c'est peu probable et farfelu, puis c'est très, très, très probable,
je vais couper la poire en deux. Mais vous savez, moi, j'ai une phobie des
prédictions, là, parce qu'à chaque fois que j'ai dit un chiffre on me l'a
reproché quelques mois plus tard. Mais je vous dirais que c'est encore assez
tôt, puis il va falloir vraiment voir les dynamiques des pays qui ont été
touchés avant nous pour voir comment est-ce que ça peut réémerger. Mais ça
pourrait ralentir puis réapparaître dans trois, quatre ans à cause d'une
nouvelle souche très, très différente, qui
émergerait de l'Afrique, par exemple, puis qui pourrait... je dis l'Afrique ou
de n'importe où ailleurs au monde.
Montpetit : Parfait. Merci.
Dubé : ...c'était une très bonne question de la part de la députée de Maurice-Richard. Moi, ce que j'aimerais rassurer la
population, là, c'est qu'avec les questions... On a toutes les ressources pour
vacciner lorsqu'on aura les vaccins. On l'a
vu, on est rendus à 12 000 vaccinateurs,
12 000 vaccinateurs. On a bien préparé le plan de la deuxième
vague. S'il y avait d'autres choses à préparer, on va s'ajuster, comme on l'a
fait pour les vagues antécédentes.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci. Mme la députée.
Montpetit : Je vous remercie, M. le ministre. Je suis touchée qu'on
soit passé de rires quand je posais une question sur la troisième dose à «c'est
une excellente question». On progresse. On progresse.
Toujours sur la
question de la vaccination, une des questions particulières qu'on a posées
comme opposition officielle, puis je vous
réfère à la question 452, page 120 du volume 3, c'était sur la
vaccination par catégorie d'emploi des professionnels de la santé. Ça
aussi, en termes de rapidité d'action, les résultats sont là aujourd'hui, mais
je n'ai pas de félicitations à faire au gouvernement à ce niveau-là, ça fait
quand même plusieurs mois qu'on demande des actions rapides au niveau de la
vaccination, notamment dans les CHSLD. On a vu à Lionel-Émond, puis on vous a interpelé à plusieurs reprises sur la question du
dépistage et de la vaccination des travailleurs dans le réseau de la santé, on
a eu des éclosions, on a eu des décès dans ce CHSLD là, entre autres, parce que
le taux de vaccination était très bas.
Je suis contente de voir que le décret... qui
finalement a été adopté par le gouvernement, tardivement, je le répète, mais
que ça semble être un incitatif positif, c'est une bonne nouvelle.
Mais
j'aimerais quand même que le ministre puisse nous éclairer sur certaines
données de ce tableau-là, à savoir qu'il y a des régions... Parce qu'il nous
donne souvent une donnée globale, jusqu'à maintenant, sur le taux de
vaccination des travailleurs de la santé. Et, dans le tableau, il y a quand
même des régions, par exemple l'Estrie, Laurentides, Lanaudière, Montréal, on
est à... puis Laval aussi, où on est à 45 % de vaccination pour les
infirmières auxiliaires, on est à 46 % pour les préposés aux
bénéficiaires. C'est des chiffres qui sont très bas. Et on a d'autres régions
où les chiffres sont plus élevés.
Donc là, la donnée
qui est communiquée publiquement jusqu'à maintenant, c'est toujours une moyenne
nationale. Donc, déjà, j'aurais une première
demande à faire, si les tableaux qui ont été donnés peuvent être réactualisés,
peut-être, à la lumière du décret et si, justement, on pouvait se faire
communiquer... si les données régionales par corps
d'emploi, aussi, pouvaient être
déposées. Mais, plus spécifiquement, là, j'aimerais bien que le ministre puisse
nous expliquer comment ça se fait que, par exemple, au CIUSSS de Laval,
on est à 45 % de vaccination pour les préposés aux bénéficiaires puis
46 % pour les infirmières auxiliaires. C'est très, très bas, là. C'est un
exemple, il y a d'autres régions comme ça, mais celle-ci, c'est extrêmement
bas. Est-ce qu'il y a un phénomène particulier sur lequel il veut attirer notre
attention? Est-ce qu'il y a des interventions particulières qui ont été faites
également?
M. Dubé :
Bon, bien, il y a plusieurs éléments à la question de la députée, M. le
Président, puis je vais essayer de les prendre une par une. Premièrement,
allons à la conclusion tout de suite, là, c'est évident que, depuis l'arrêté
qui a été finalisé après avoir discuté avec les syndicats, pour avoir leur
appui pour être capable d'augmenter la vaccination des employés, il faut se
souvenir que bien de nos employés... puis ça, c'est important, je pense, de le
préciser pour que la population comprenne, c'est que, lorsqu'on a commencé à
faire la vaccination des travailleurs de la santé, qui s'est faite en parallèle
avec notre première vaccination, c'est-à-dire celle des CHSLD, c'était la
première fois, quand même, qu'on avait accès à la vaccination, puis il y avait
beaucoup de gens qui, c'est tout à fait normal, se posaient des questions, pas
juste dans la population, mais dans nos travailleurs de la santé. Puis il y a
beaucoup de travailleurs de la santé qui, en période de questionnement, à ce
moment-là, ont décidé de prendre un peu de recul. Et c'est ce qui explique que,
dans certaines régions, et particulièrement sur l'île de Montréal, il y a eu
des personnes qui ont décidé de ne pas se faire vacciner dans la première
phase.
Ce qui est maintenant
important de réaliser, c'est qu'après ces discussions-là, après avoir obtenu
l'appui des grandes centrales syndicales de nous aider et de le faire
correctement, depuis l'arrêté ministériel qui a été émis le 10 avril, on a...
puis on l'a publié récemment, il y a eu une hausse de 20 % au cours des
10 derniers jours. Et ça, pour moi, c'est la meilleure nouvelle, parce
qu'après avoir été capable d'avoir ces discussions-là avec les syndicats, c'est
maintenant, de façon importante... on a
75 % du personnel infirmier qui est vacciné. Et ça, pour moi, c'est la
bonne nouvelle.
Oui, je pense qu'il y
a eu une discussion avec le personnel. Puis je dirais juste que, dans les
derniers jours, dans les derniers jours,
spécifiquement aujourd'hui, il y a plus de 8 000 personnes du
personnel de la santé qui ont pris un
rendez-vous pour la vaccination. Donc, je pense que d'être capable d'avoir eu
cette discussion-là avec notre personnel, qui avait commencé très tôt dans un processus de vaccination qui n'était
pas connu, avec toutes les incertitudes que ça comporte, qu'on soit
rendu aujourd'hui avec 75 % de notre personnel qui est vacciné du côté du
personnel infirmier, puis que, deuxièmement, on a encore autant de rendez-vous
qui se prennent ces jours-ci pour se faire vacciner, ce que nous, on appelle
dans la deuxième phase de la santé, parce qu'on avait dit qu'on faisait le
personnel de la santé en deux phases, donc je pense que c'est une très, très,
très bonne nouvelle. C'est un record, en fait, qu'on a depuis les derniers
jours.
Alors donc, moi, je
répondrais... Puis je pense que la population qui s'était posé des questions
pourquoi on avait ces enjeux-là avec nos employés... Je pense que les
travailleurs de la santé l'ont démontré, qu'avec maintenant l'information qui est disponible, avec les vaccins
qui sont disponibles, on est capable d'augmenter de façon importante, c'est
plus que 20 % au cours des deux dernières semaines. Donc, on est très
contents des résultats, M. le
Président.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci. Mme la députée.
Mme Montpetit :
Je vous remercie. Bon, j'entends le ministre qui parle des infirmières, mais, par
exemple, si on parle des préposés aux
bénéficiaires, qui sont aux premières loges, qui sont même, par exemple, dans les CHSLD, beaucoup plus en contact avec les résidents en
CHSLD que les infirmières, moi, ce que je note du tableau qui nous a été fourni
par le ministère, c'est qu'en Mauricie on est à 52,3 % de vaccination des préposés
aux bénéficiaires, en Estrie, on est à
49,2 %, à Montréal, on est à 47,8 %, en Outaouais, on est à
42,5 %, à Laval, on est 45,6 %. Là, vous noterez qu'il n'y a
pas une donnée, sur les régions que je vous ai partagées, qui est en haut de
50 %.
Moi, c'est des
données qui... Puis entendez-moi bien, là, je suis contente de voir que les
données globales, générales s'améliorent, mais ça, c'est des données qui
demeurent inquiétantes. Là, j'entends encore là un chiffre global qui nous est
donné. D'entrée de jeu, ce que j'ai noté, c'est que c'est sûr que, si on prend
une région comme la Côte-Nord, où il y avait déjà 80 % des infirmières qui
étaient vaccinées, puis qu'on met tout ça dans le même bain, ça ne nous donne
pas un portrait régional très précis ni un portrait par milieu très précis.
Parce que ce qui est
inquiétant aussi, c'est... si ça s'est amélioré, par exemple, dans certains
milieux de soin mais qu'on n'a pas vu une amélioration, par exemple, auprès des
plus vulnérables dans les CHSLD, je pense qu'il faudrait être vigilant sur ces
questions-là, et on avait vu beaucoup, beaucoup de réticence à ce niveau-là.
Donc, je voudrais juste être sûre que, si le ministre a des données qui sont
plus à jour que celles qui nous ont été partagées, il s'engage à les déposer.
Le Président (M.
Provençal)
: Je vais demander au ministre
de répondre un petit peu plus tard parce que, compte tenu du temps, je vais
céder, maintenant...
Le Président (M. Provençal)
: Il pourra vous répondre par la suite. M. le député
des Îles-de-la-Madeleine, s'il vous plaît, 14 min 25 s.
M. Arseneau : Merci, M. le Président.
M. le ministre, chers députés, collègues, tous les membres de l'équipe
ministérielle, je vous remercie d'être là. Heureux d'y être.
Avant d'aborder les questions spécifiques à la
pandémie, j'aimerais revenir sur une annonce que le ministre a faite ce matin
et qui a eu l'heur de plaire à certains en région, il s'agit du dépôt de la
Politique de déplacement des usagers, donc de la révision et donc des
indexations. Je vais en profiter pour dire qu'on est heureux de voir que le
ministre a déposé cette nouvelle politique là. C'est une bonne nouvelle, c'est
une amélioration majeure, et elle était attendue
depuis... nous, on y travaille depuis deux ans, on sait qu'elle n'avait
pas été revue depuis une dizaine d'années.
J'ai quand même un bémol sur les montants qui
seront versés maintenant en indemnité pour le déplacement des patients, des
malades. On voit une augmentation de 75 $ par jour à 108 $ pour les
hôtels, alors que le Conseil du trésor, pour
les fonctionnaires, a une fourchette entre 126 $ et 138 $ selon qu'on
soit en basse ou en haute saison. Pour l'accompagnateur, on a majoré de
façon importante, là, de 20 $ à 46 $ par jour, c'est intéressant.
Pour le kilométrage, on passe de 0,13 $
du kilomètre à 0,20 $ du kilomètre, alors que pour les fonctionnaires,
pour leurs déplacements pour le travail, c'est 0,49 $ du kilomètre.
Alors, j'aimerais savoir d'où vient le rationnel
derrière ce calcul-là qui donne à penser au ministère que les malades des
régions peuvent payer moins cher pour leur essence ou pour leurs hôtels ou
encore qu'ils ont davantage les moyens que les fonctionnaires de se déplacer.
Dubé : M. le Président, je vais répondre. Premièrement, je suis très
heureux de voir que le député apprécie que
la question qu'il nous avait posée il y a quelques mois... Vous vous souvenez,
hein, ce n'est pas la première fois que le député revient avec cette demande-là. C'est un dossier qui n'avait
pas été réglé, en fait, depuis 10 ans, effectivement, ça remonte à
2011, que les précédents gouvernements n'avaient pas adressé. Je m'étais engagé
de l'adresser, ce n'est peut-être pas le bon mot, mais de nous en occuper, puis
je trouvais que l'opportunité, aujourd'hui, là, après tous les délais qu'on a eus de... on a eu l'autorisation
dans les derniers jours, donc j'étais content de pouvoir vous le présenter,
parce que je pense que c'est important pour notre population.
C'est quand même un remboursement, puis je pense
qu'on peut faire toutes les comparaisons que vous voulez, je pense que ce qui
est important, maintenant, pour moi, comme principe, puis mes antécédents au
Trésor me donnent à penser que... je pense que ce qui étaient les principaux
problèmes de bien des dossiers dans les anciens gouvernements, dans les gouvernements précédents, c'est peut-être de ne
pas faire l'indexation. Parce que, si on laisse une loi ou un règlement
qui n'a pas l'indexation, c'est là qu'on se crée des problèmes.
Alors, est-ce que vous me dites qu'on aurait pu
aller plus haut pour certains? Moi, je pense que c'est toujours ce qu'on va
demander, mais ce que j'aimerais, c'est... que ça soit pour les frais d'hôtel
qui ont été, vous l'avez bien dit, augmentés de façon substantielle, lorsque je
regarde l'augmentation pour les frais de kilométrage, etc., je pense qu'on
devrait regarder pour s'assurer qu'il y aura... Par contre, pour le
kilométrage, c'est 50 % d'augmentation qu'on a eu. Ce qu'il faudrait être capables de faire, M. le Président, puis je
vais répondre, c'est être capables, maintenant, d'avoir une indexation
qui nous permette d'être capables de faire ces choses-là.
Donc, est-ce
que c'est parfait? Je dis souvent : Ce n'est pas 100 % parfait, mais
je pense que c'est 100 % meilleur. Puis moi, j'apprécie beaucoup le
questionnement que vous avez eu sur ça, et le suivi. On va continuer à
s'améliorer, mais à respecter nos engagements, que j'avais pris avec le député,
de revenir et de régler le point.
Le Président (M. Provençal)
: ...M. le député.
Arseneau : Merci. Merci, M. le ministre. Dans le communiqué de ce
matin, on parle aussi de téléconsultation qu'on va vouloir encourager.
Moi, je ne voudrais pas de réponse à cette question-là, mais je voudrais quand
même mettre en garde le ministère de ne pas créer un système à deux vitesses,
où les gens, plutôt que se déplacer pour aller voir des spécialistes, soient
contraints à la téléconsultation sans qu'il y ait un protocole extrêmement
rigoureux pour s'assurer que les bons soins soient accordés aux personnes qui
vivent en région. Donc, si vous voulez, 30 secondes, réagir à ça, parce
que moi, je voudrais vraiment qu'on s'assure qu'on ne fasse pas les frais de la
téléconsultation dans les régions.
M. Dubé : C'est un excellent point,
M. le Président. Moi, j'ai eu une rencontre pas plus tard que... on est mercredi, je pense, c'est lundi, avec la direction
la FMOQ. Puis je vois que Mme Savoie hoche de la tête, là. On a dit qu'on
était en train de mettre en place des barèmes très clairs pour la télémédecine.
Alors donc, votre point est excellent. La raison pour laquelle on l'a dit dans
le communiqué : c'est vrai que ça aide beaucoup que certains de vos
concitoyens puissent faire de la télémédecine, mais il faut s'assurer qu'il y a
un équilibre entre le genre de télémédecine qu'on peut faire... Alors, on en a
sensibilisé, et ça va faire partie... notamment, des collègues du Trésor qui
s'occupent de la négociation avec la FMOQ.
M. Arseneau :
Merci. Merci beaucoup. Je voudrais aborder maintenant la vaccination.
Évidemment, on a débattu du fait que les
employeurs, maintenant, certains grands employeurs peuvent déployer des
campagnes de vaccination, et le gouvernement s'en est félicité. Par
contre, comme employeur, le gouvernement ne voit pas comme étant une bonne
solution de permettre un congé, là, de quatre heures, par exemple aux
enseignants, pour aller se faire vacciner. Une solution à ça pourrait être la
mise en place de cliniques mobiles, comme il s'en est déployé dans les
quartiers de Montréal qui étaient le plus
durement touchés, comme ça se fait en Nouvelle-Écosse, comme ça se fait en
Saskatchewan. Est-ce que c'est une mesure que vous avez envisagée ou que
vous pourriez envisager pour les lieux d'éclosion comme les écoles, par
exemple, qu'on veut ouvrir dans la région de Québec, pour accentuer la
vaccination?
M. Dubé : Bien, je vous dirais que
la réponse, de façon générale, c'est oui. Il faut faire attention que ces méthodes-là, que ça soit des cliniques mobiles
ou... d'accommoder le plus de personnes possible. Je pense qu'on partage
la même opinion, d'être capable d'en faire le plus possible.
Concernant la vaccination des employés, je peux
vous dire qu'en tant qu'employeur, là, le gouvernement a même, au cours des derniers jours, assoupli les
règles. Parce que les règles qui avaient été initialement indiquées par le
Trésor pour la fonction publique étaient peut-être un peu sévères, assez
restrictives, puis on a demandé, justement à cause
des questions qui ont été posées... de demander au Trésor pour
que la fonction publique ait des règles beaucoup plus souples, et ce que nous allons faire du côté du
réseau de la santé aussi. Il faut trouver cet équilibre-là.
Mais le principal point, M. le Président, pour
répondre au député, c'est : avec l'arrivée massive des vaccins au mois de
mai, là, à partir de la semaine prochaine, du 3 mai, on va être capables
d'augmenter aussi le nombre de rendez-vous qui vont se faire. Puis je vous
donnerais un exemple. Pas plus tard que ce matin, en discussion avec nos P.D.G., M.
le Président, on leur a demandé de
rebalancer la prise de rendez-vous pour les week-ends, ce qui va permettre, justement, aux
employés, de façon générale, d'être capables d'avoir plus de rendez-vous
disponibles au niveau des week-ends, puis je pense que ça va faire... alors le
soir et les week-ends pour que les gens puissent en tenir compte dans leur
horaire.
Et ça, plus on va vacciner une portion jeune de
la population... parce qu'au début, rappelez-vous, on avait des gens qui
étaient à la retraite, etc., mais là plus on va descendre dans la population
qui, elle, a 18 à 55, 60 ans, qui est la
population qui travaille... il faut ajuster nos horaires de vaccination, et
c'est exactement ce que nous avons demandé à nos P.D.G.
dans les derniers jours.
M. Arseneau : D'accord. Maintenant,
j'aimerais aborder la question des tests de dépistage rapide. On a eu les
informations, là, dans les... suite au questionnement qu'on avait fait au ministère,
là, moins de 1 % des tests de dépistage rapide ont été utilisés.
J'aimerais savoir si le gouvernement envisage l'utilisation de ces tests
rapides là dans les régions critiques. Bon, on voit, là, que, dans le
Bas-Saint-Laurent, là, la situation est devenue de plus en plus alarmante, sur la Côte-Nord, dans certains milieux
de travail, dans les écoles aussi. Est-ce qu'on continue de fermer la
porte, au gouvernement, à l'utilisation des tests rapides?
M. Dubé : Bien, écoutez, je pense
qu'on a... puis le je dis, là, de façon très transparente, là, en collaboration
avec la Santé publique, je pense que la
situation ou la stratégie sur les tests publics a beaucoup évolué,
particulièrement dans les derniers
mois. Puis, je pense... Puis, si je faisais une espèce de résumé de ce qui
s'est passé dans les derniers mois, il
y avait peut-être, au début, une approche qui était excessivement... qui était
centrée sur un processus excessivement rigoureux que la Santé publique exigeait de ceux qui allaient faire les
tests rapides pour nous, que ça soit les entreprises ou que ça
soit les gens qui voulaient.
Alors, je vous
donne l'exemple des entreprises. On a eu plus d'une centaine d'entreprises,
M. le Président — je m'excuse,
c'est à vous que je devrais m'adresser — on a eu plus d'une centaine d'entreprises
qui ont levé la main pour pouvoir utiliser les tests rapides. Et ce
qu'on a senti, après une discussion avec les entrepreneurs, c'était vraiment
qu'ils nous disaient : Oui, on comprend, mais on doit avoir quand même une
certaine agilité de la façon dont on veut l'appliquer, au bon moment, lorsqu'il
y a des éclosions.
Alors, suite à des discussions qu'on a eues avec
la Santé publique, on s'est ajustés. Puis là je vous dirais que, maintenant,
plusieurs de ces tests rapides là sont rendus dans les entreprises. Ça va être
beaucoup plus que ce que l'on soutient depuis le début. Je pense, c'est plus de
130 entreprises qui sont venues. Donc, on va être beaucoup plus
collaborateur de la façon dont ils doivent le faire pour augmenter
l'utilisation des tests rapides.
Arseneau : Merci. Il reste
peu de temps. Je vais aborder le sujet des agences de placement privées. Dans
les informations qu'on a demandées au ministère, on a réussi à obtenir des
données sur les montants mais pas les montants les plus actualisés,
c'est-à-dire que, pour 2019-2020, on parle de 456 millions de dollars qui
ont été dépensés pour avoir recours à des agences de placement privées. Et ça,
c'est 40 % d'augmentation par rapport à l'année précédente. Et tout ça, c'est avant la pandémie. Est-ce qu'on peut avoir le chiffre pour le montant de l'année de pandémie qui s'est
terminée le 31 mars? Parce que, s'il y a une augmentation, encore une
fois, de 40 %, et peut-être davantage, en temps de pandémie, là, on parle d'une somme qui pourrait approcher le milliard de dollars. Est-ce que c'est de l'argent
public bien dépensé? Donc, est-ce qu'on peut avoir le chiffre, d'une
part? Puis est-ce qu'on continue dans cette voie-là?
Dubé : M. le Président, le chiffre de 2020-2021, là, pour l'année qui
se termine le 31 mars, va être disponible en juin. Alors, moi aussi, j'ai bien hâte de l'avoir, pour être honnête,
parce que ce n'est pas pour rien qu'on a fait un arrêté spécifique
là-dessus, parce que moi, je trouvais que la situation avec l'utilisation des
agences n'était pas tenable.
faut revenir un petit peu en arrière, si vous le permettez, rapidement, là,
parce que vous n'avez pas beaucoup de temps.
Mais il y avait vraiment une culture de mobilité qui avait été faite par le
gouvernement précédent. Et la culture de mobilité puis la culture
d'agences, c'est-à-dire de sources extérieures, ne riment pas avec contrôle des
infections. Alors, c'est pour ça qu'on a fait un arrêté très clair.
Maintenant, il faut
comprendre qu'on ne peut pas retourner le bateau, le paquebot en quelques mois.
Alors, c'est pour ça qu'on a mis des éléments très clairs. Il a fallu s'ajuster
aussi, comme vous savez, parce qu'en région c'est
encore plus difficile, vous le savez, là. Je pense à la Côte-Nord, certaines
régions. Mais je vous dirais qu'aussitôt que les chiffres vont être
disponibles... Puis, moi, ce que j'ai demandé à la sous-ministre puis à son
équipe, c'est de nous donner, sur une base
mensuelle, l'évolution de l'utilisation des... Alors, quand on aura les données
pour la dernière année, on les
communiquera, mais je vous dis qu'on va suivre ça de très, très proche pour
voir la baisse de l'utilisation des agences de placement.
Arseneau : Mais ma question
est : Est-ce que le ministre reconnaît qu'on crée, en quelque sorte, un régime
à deux vitesses entre les employés du privé puis les employés du public et que
ces sommes-là seraient bien mieux dépensées pour appuyer les employés du
secteur public qui se dévouent à une carrière et qui sortent du métier à pleine
porte? On l'a vu, qu'il y avait des baisses importantes, là, 43 % des
effectifs de la FIQ qui ont démissionné. Est-ce
qu'on va agir? Au-delà d'avoir les chiffres, est-ce qu'il y a un plan de match
pour ramener ces sommes-là au public?
M. Dubé :
La réponse, c'est oui. Puis on a discuté au cours des derniers mois, avec un
plan de match très clair pour être capable d'avoir cet... un retour qui va
faciliter l'intérêt pour les gens qui ont quitté pour les agences de placement de
revenir dans le réseau. Puis vous allez voir qu'on... Et, c'est ça, quand je
dis qu'il faut faire ce monitoring-là, de voir comment la baisse des agences va
se faire dans chacun des établissements pour être capable de récupérer des
employés qui veulent maintenant revenir dans le réseau de la santé.
Arseneau : Est-ce qu'ultimement on peut envisager, M. le Président,
l'abolition du recours à des agences?
M. Dubé :
Je pense qu'on a une première étape, là, d'avoir mieux encadré, d'avoir, avec
des pénalités... Je pense qu'on a fait une grosse étape, puis il y a un message
très, très clair qui a été passé, mais, en même temps, ce qu'on ne veut pas,
c'est des bris de service. Puis je vous dirais, M. le Président, là-dessus,
c'est pour ça qu'on a dû s'ajuster un peu dans certaines régions. Mais notre
objectif, c'est de diminuer de façon considérable, importante l'utilisation des
agences.
M. Arseneau :
Est-ce qu'en même temps on va rehausser, en même temps, la valorisation... axer
sur la valorisation du service public et, évidemment, les salaires et les
conditions de travail?
M. Dubé :
Bien, c'est ce qu'on fait, M. le Président, je vous dirais, c'est ce qu'on fait
tous les jours. Puis je vais laisser ma collègue au Conseil du trésor
travailler sur la négociation avec notre réseau de la santé.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci. Avant de terminer ce
premier bloc d'échange et de céder la parole à la députée de Maurice-Richard
pour les 18 min 30 s qu'il reste, j'aimerais... Il y a des gens
ici qui ont oublié de fermer leurs cellulaires, puis ça devient dérangeant.
Merci. Mme la députée.
Montpetit : Merci, M. le Président. Bien, j'invitais le ministre un
peu plus tôt... s'il peut déposer, en fait,
les tableaux mis à jour avec les niveaux de vaccination par corps de métier,
par milieu et par région également, parce que les tableaux qu'on avait datent d'avant le décret. Donc, il a mis de
l'avant un chiffre global, là, sur les améliorations, mais on voudrait la mise à jour. Donc, je ne sais
pas s'il peut s'engager à nous déposer ces tableaux-là de façon plus précise, là.
M. Dubé :
M. le Président, la réponse est oui.
Montpetit : Parfait. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Ce que je comprends, c'est qu'on va... (panne de son) ...reçu le document,
on le transmet. Merci.
Montpetit : Merci. Et est-ce que... Merci, c'est très apprécié. Est-ce
qu'aussi, pour aujourd'hui, vous pourriez nous communiquer le niveau de
vaccination le plus récent, en fait, en CHSLD, pour les infirmières et pour les
préposés aux bénéficiaires? Parce que j'entendais tout à l'heure, s'il y avait
un chiffre quand même assez global qui a été communiqué... Donc, en termes de
transparence, je ne sais pas si vous avez les chiffres entre les mains ou si
quelqu'un dans vos équipes peut nous partager ce chiffre.
M. Dubé :
Bien, aussitôt que je vais avoir le chiffre disponible, M. le Président, je
vais le communiquer.
Le Président (M.
Provençal)
: ...de vous le transmettre.
Montpetit : Donc, il ne sait pas, à l'heure actuelle, en CHSLD, quel
est le niveau de vaccination? Parce que, je pense, ça a été une grosse nouvelle
hier qui a été communiquée sur l'amélioration...
M. Dubé :
Ce que j'ai dit, M. le Président, là, pour être très clair, là, on a communiqué
ce matin certains pourcentages — ça, je peux m'assurer qu'ils sont corrects,
on les a même mis sur les réseaux sociaux ce matin — notamment
pour la catégorie 1 des travailleurs de la santé. Alors, lorsque les
autres documents vont être disponibles, je vais les communiquer.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Donc, il y a un engagement. On valide les chiffres et on vous...
le ministre s'est engagé à les transmettre.
Montpetit : Parfait. Puis, pour que ce soit bien clair, ce sont des
chiffres par milieu, par région et par corps de métier. Donc, on veut juste
bien comprendre, être capable de faire une évaluation, parce qu'un des enjeux,
je le répète, c'était le niveau de vaccination dans les CHSLD. Donc, je
m'attends à ce qu'on nous communique clairement les chiffres des pourcentages
de vaccination, notamment pour les infirmières, infirmières auxiliaires,
préposés aux bénéficiaires dans les CHSLD, et non un chiffre global, là. On veut
juste s'assurer que l'amélioration de la
vaccination se reflète bien dans les endroits où ça va être d'autant plus
important qu'on ne revoit pas des éclosions, comme c'est le cas depuis
quelques semaines.
J'aimerais...
J'entendais mon collègue tout à l'heure qui parlait d'imbroglio puis je me
disais : Ah! bien, peut-être qu'il va aborder la question du passeport
vaccinal, parce que ça aussi, il y a eu un certain imbroglio. Puis, je pense,
c'est la moindre des choses qu'on pourrait dire à ce niveau-là, parce que, là,
il y a un débat public qui se fait autour du
passeport vaccinal pour donner l'accès à des lieux. Il y en a qui disent que
c'est un passeport vers la liberté, d'autres qui disent que c'est
discriminatoire.
Là, on se rappellera
que le ministre a un petit peu lancé ça sur un coin de table, de façon un peu
légère, je vais dire. Mais, bon, il s'est fait poser la question, donc il y a
répondu dans un point de presse. Il y a eu un petit peu de rembobinage dans les
jours qui ont suivi, mais la dernière fois qu'on a eu un échange sur cette
question-là, c'était justement ici le 30 mars, lors des crédits
provisoires, où le ministre avait été questionné sur ses intentions par rapport
au passeport vaccinal. Puis, en gros, ce qu'il nous avait dit, c'est... bien,
je vais le citer, ce qu'il nous disait, c'est : «Notre objectif, ça va être d'écouter les recommandations de la Santé
publique. Nous allons suivre les recommandations de la Santé publique.»
Le surlendemain,
janvier, février, mars, 31 jours, donc, le surlendemain, le
1er avril, le comité d'éthique de l'institut de la santé publique émettait
un avis qui, somme toute, bon, avait quand même plusieurs bémols, là, par
rapport à la mise en place du vaccin. Il y avait plusieurs «caveats», là, dans
l'avis, mais, de façon générale, il donnait une recommandation somme toute
positive à la mise en place du passeport. Donc là, bien, j'aimerais profiter de
l'occasion déjà, suite à cet avis, pour voir, si la réflexion du... comme il
attendait l'avis de la Santé publique — à moins que ce n'était pas
cet avis-là, mais là il y en a un de la Santé publique — si la
réflexion du ministre par rapport au passeport immunitaire ou vaccinal a
évolué.
M. Dubé :
M. le Président, j'aimerais peut-être être certain, là, qu'on parle des bonnes
choses. Je pense qu'il faut faire... je l'ai expliqué plusieurs fois, mais ça
va me faire plaisir de prendre un peu de temps pour l'expliquer, il faut faire
la différence entre la preuve vaccinale puis un passeport vaccinal, parce que la
preuve vaccinale, et c'est ça que je me suis engagé à faire avec la
sous-ministre à la Santé au cours des dernières semaines, c'est de s'assurer
que les citoyens, au cours de l'été,
lorsqu'on va avoir avancé durant la... dans la vaccination... Parce que ça
prend deux doses pour avoir la vaccination complète avec la plupart des
vaccins. Donc, je fais la différence entre ce qu'on appelle un certificat ou
une preuve vaccinale versus le passeport lui-même.
L'engagement
que nous avons pris, puis j'avais dit pour la fin avril, j'avais des
rencontres... j'ai des rencontres cette semaine, là, avec la
sous-ministre pour voir où on est rendus dans cette preuve vaccinale qu'on
aimerait soumettre aux Québécois de façon digitale. Parce que, quand on sort de
la vaccination, là, il y a plus de... presque 3 millions de personnes, on
va l'atteindre aujourd'hui, là, 3 millions de personnes qui ont été
vaccinées au Québec, là, depuis le début. Et ça, on va atteindre le chiffre
magique de 3 millions, mais, malheureusement, à chaque fois qu'on sort du
processus, on reçoit une feuille de papier. Alors, nous, ce qu'on veut, c'est
être capables de passer au XXIe siècle puis d'avoir une preuve vaccinale
numérique. Bon, l'équipe de Mme Savoie travaille là-dessus. Je vais avoir
une présentation là-dessus cette semaine. Et je la vois qui hoche la tête, ça
veut dire que c'est oui. Alors, ça, c'est la première étape.
Ce que j'ai dit, M.
le Président, quand j'ai référé à la Santé publique, c'est que, maintenant,
qu'est-ce qui peut être fait comme utilisation de ce passeport vaccinal là,
puis je peux penser... puis les gens le comprennent parce que les gens qui
voyagent, à
titre d'exemple, ont déjà eu besoin d'avoir leurs passeports santé,
leurs carnets santé lorsqu'ils voyagent dans certains pays. Et ça, on a déjà ça
à l'intérieur du carnet de santé de la Santé publique, qui est géré en ce
moment par la RAMQ.
Alors, le débat, il y
aura un débat, puis j'avais pris cet engagement-là lors d'un questionnement
qu'on avait eu ici, M. le Président, à savoir... et c'est pour ça que je pense
qu'il faut s'en remettre à la Santé publique, nous, c'est de voir, quand est-ce
qu'il pourrait être utilisé. Et c'est là que, pour moi, on est un peu trop tôt
dans le débat, parce qu'on n'est pas rendu
là. Je comprends que ça intéresse beaucoup de Québécois, moi, le premier, mais,
M. le Président, pour le moment, il n'y a pas d'imbroglio du tout, là,
c'est très clair. Puis on doit livrer la marchandise sur la preuve vaccinale,
et c'est ça qu'on est en train de faire.
Maintenant,
je veux faire la différence aussi... puis je terminerais, parce que, si le
Dr Arruda peut commenter, ça sera à lui de commenter, mais il faut
toujours faire la différence entre l'opinion ou un avis de l'INSPQ et l'avis de
la Santé publique. Puis ça, ce n'est pas la
première fois qu'il faut le mentionner. L'INSPQ est une source de
référence pour la Santé publique, mais, lorsqu'elle fait des recommandations, c'est toujours au choix de la Santé publique de tenir
compte de ces recommandations dans l'évolution de sa pensée. Alors, si jamais,
pour répondre à la question de la députée, que... Moi, j'ai précisé ce qu'on
s'attend en termes de preuve vaccinale. Je pense que c'est très clair, là, je
pense que j'ai clarifié les choses. On va avoir ça, et, quand j'aurai eu des
détails, je les communiquerai au cours des prochaines semaines. Mais, en même
temps, s'il y avait des questions par rapport opinion de l'INSPQ qui a été émise versus celle de la Santé publique, je pense
que ce serait au Dr Arruda de répondre à la question, s'il veut le faire.
Montpetit : Je pense que le débat, il n'est pas autour de ça
s'appelle-tu un passeport vaccinal, un passeport immunitaire, une preuve
vaccinale, là, le débat, il n'est vraiment pas sur la nomination de l'objet, ou
de l'électronique, ou du bout du papier. Le débat, il est sur est-ce que c'est
dans la volonté du ministre d'utiliser, ou pas, une preuve vaccinale pour
donner accès à des lieux. Le débat, il est tout là, et c'est là-dessus que l'on
souhaite savoir où il loge. Ça fait déjà depuis le 26 février, ça fait quand
même deux mois, qu'il a évoqué son intention de travailler là-dessus. Il m'a
dit qu'il y avait des gens, dans son équipe, qui travaillaient là-dessus. Encore
faut-il, j'imagine, avoir un objectif sur ce qu'il veut en faire. Moi, ce qui
m'intéresse, ce n'est pas tant la forme que ça va prendre que ce qu'il veut
faire avec ça.
Donc, moi, ce que je
veux savoir, c'est est-ce qu'il a l'intention d'utiliser le passeport vaccinal
pour... est-ce qu'il a l'intention de recommander que cette preuve vaccinale,
je vais l'appeler la preuve vaccinale, ça semble plus simple pour le ministre
si on utilise ce terme-là... pour que les Québécois aient accès à des lieux, par
exemple des restaurants ou des lieux de spectacle, durant l'été. C'est ça, le
fond du débat.
Et là le ministre
doit nous éclairer là-dessus parce qu'il y a un débat qui est en train de
prendre forme où tout le monde a une opinion. Effectivement, je suis d'accord
avec lui que pas tout le monde est en train de parler de la même chose, mais ça, je dois lui dire que c'est un
peu sa responsabilité de venir
clarifier de quoi il parle, de quoi on parle puis c'est quoi, ses
intentions. Parce que tout ce qui traîne se salit, hein, vous le savez, M. le
Président, et là on est un peu dans cette situation-là, et on aimerait ça
savoir la suite des choses, là.
M. Dubé :
Alors, M. le Président, je pensais que j'avais été clair, là, mais je vais être
encore plus clair. Sur la preuve vaccinale, c'est ce que je m'étais engagé en
février, lorsque j'ai eu la question, l'équipe de Mme Savoie me revient
cette semaine pour voir où on en est rendus pour être capables d'avoir cette
preuve vaccinale là de façon digitale le plus rapidement possible.
Quant à l'utilisation
qui pourrait être faite un jour, éventuellement, d'un passeport vaccinal, c'est
ce que j'ai demandé à la Santé publique, de nous revenir avec des recommandations
pour être certains qu'on suit... comme j'ai expliqué
au député de Gouin au cours des dernières rencontres qu'on a eues là-dessus,
de s'assurer que la Santé publique nous ferait des recommandations sur
l'utilisation de cette preuve vaccinale là. Alors, on n'est pas rendu là, pour
être très clair. Je pense que c'est important de faire ce débat-là avec une
vision, une analyse de ce qui se fait au niveau mondial, etc. C'est le rôle de la Santé publique. Il y a eu un premier
avis qui a été émis par l'INSPQ, je l'ai mentionné tantôt. C'est à la
Santé publique de nous revenir avec une recommandation pour être capable
d'alimenter le débat mais de façon ordonnée et d'avoir toutes les bonnes
données de ce qu'on devrait faire avec ça.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci. Mme la députée.
Montpetit : Bien, je demanderais au ministre s'il attend... il a
demandé ces recommandations-là pour quelle date.
M. Dubé :
Je pense que, M. le Président, la Santé publique a déjà pas mal de demandes sur...
Je pense que tout le monde réalise tout ce qu'ils ont à faire ces temps-ci. Je
pense que je vais attendre de voir quand est-ce qu'ils peuvent nous répondre,
le plus rapidement possible, mais je pense qu'ils font tellement un bon boulot
sur plusieurs sujets, on leur demande
plusieurs recommandations plusieurs fois par semaine, je vais les laisser nous
revenir lorsqu'ils sont prêts à faire ces recommandations-là.
Mme Montpetit :
Peut-être que Dr Arruda pourrait nous indiquer l'avancement de ses travaux
sur ce dossier. Je pense que c'est un dossier important. Encore ce matin,
c'était dans les médias. Et c'est inquiétant de voir à quel point il se
polarise aussi. Il y a beaucoup d'enjeux à ce niveau-là. Donc, peut-être que,
Dr Arruda, on pourrait lui donner la parole pour voir à quel point les
réflexions avancent de son côté.
M. Dubé :
Aucun problème.
Le Président (M.
Provençal)
: Excellent. M. Arruda,
s'il vous plaît.
Arruda (Horacio) : Les réflexions sont commencées et se
poursuivent, et je tiens à vous dire
qu'actuellement ce qui nous importe le plus, c'est d'augmenter la
couverture vaccinale dans la population québécoise. Ça, c'est
la chose la plus importante, parce qu'on pense, très honnêtement, que ce qui va
nous permettre de nous libérer un peu plus, c'est l'atteinte de hauts taux de
couverture vaccinale dans la majorité des strates.
Ce qui est très clair,
comme quand on voyage puis qu'on nous demande un vaccin pour la fièvre jaune
dans tel pays, il va falloir émettre ce qu'on appelle la preuve vaccinale, là,
qui va être le fait que j'ai reçu deux doses valides, etc. Quant à
l'utilisation de ce qu'on appelle un passeport, entre guillemets, qui nous
permettrait d'avoir accès à certains services ou à d'autres comme tels, on est
en train de regarder les expériences internationales. Il y a énormément
d'enjeux éthiques. Même dans l'avis d'éthique de Santé publique, il y a une
balance où les avantages versus les inconvénients ne sont pas si élevés que ça,
les avantages par rapport aux inconvénients.
Moi, je pense que l'orientation actuelle, à
court terme, je ne dis pas que ça ne va pas évoluer comme tel, ça serait que,
si c'est utilisé, ça va être dans une utilisation assez marginale, et non pas
comme un passeport qui va... pour toutes sortes de raisons, ce n'est pas
confirmé, nécessairement, que les gens sont protégés, nécessairement, ça peut
être utilisé à mauvais escient par certains groupes, puis etc.
Ça serait-tu un incitatif à la vaccination?
C'est une question qu'on peut se poser comme telle. Mais, d'entrée de jeu, là,
quand je fais le tour avec mes équipes des discussions qu'on a récemment, la
tendance à aller vers ça, elle n'est pas là. On pense qu'il y a d'autres
priorités plus importantes, à mon avis, qui est de rendre la vaccination accessible, et éviter aussi d'augmenter les
inégalités de santé. En termes opérationnels, c'est très important, là, il y en
a qui ont eu des vaccins il y a très longtemps, d'autres qui vont les
avoir après. Donc, on va pénaliser des personnes qui vont l'avoir après par
rapport à d'autres, là.
Ça fait que, dans le fond, je pense qu'on
s'enligne actuellement, là... je vous dirais, là, on va suivre la littérature,
on va regarder les données probantes. S'il y a des données probantes qui nous
démontrent que ça atteint des objectifs,
c'est une chose, mais je pense qu'on surestime, à mon avis, ce que ça peut
faire, et je pense qu'on sous-estime les effets pervers, et tous les
enjeux d'opérationnalisation, et la mauvaise utilisation que ça pourrait
apporter au niveau de certains groupes.
Mme Montpetit : Je vous remercie.
C'est très clair pour moi. Merci, M. le Président. Ce serait terminé.
Le Président (M. Provençal)
: Il vous reste trois minutes. Ça va? Alors, on arrête.
Compte tenu
de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à
14 h 30. Merci beaucoup de votre collaboration et de votre
contribution à cette première partie.
(Suspension de la séance à 12 h 57)
Le Président (M. Provençal)
: Au départ, je veux mentionner que, compte tenu que Mme la
députée de Maurice-Richard a désiré reporter un trois
minutes de son dernier bloc d'échange ce midi à cet après-midi, j'aurais besoin
du consentement des membres afin que l'on poursuive les travaux au-delà de
l'heure prévue. Ça me prend un consentement pour ajouter un trois minutes, s'il
vous plaît. Ça va? Merci beaucoup.
Nous allons reprendre nos travaux. Je vous
rappelle que la commission est réunie afin de poursuivre l'étude du volet
Santé, Accessibilité aux soins et Santé publique des crédits budgétaires du
portefeuille Santé et Services sociaux pour l'exercice financier 2021‑2022.
Nous accueillons maintenant les représentants de
l'Institut national d'excellence en santé et services sociaux. Mme la députée
de Maurice-Richard, la parole est à vous.
Mme Montpetit : Merci, M. le
Président. Rebonjour, tout le monde. J'aimerais débuter ces échanges sur la
question du délestage, la question du délestage des chirurgies. Vous m'avez
entendue, au cours des derniers mois, intervenir à plusieurs reprises sur mes
inquiétudes concernant les conséquences du délestage puis surtout porter les
préoccupations des gens qui sont affectés par les reports, les annulations de
ces chirurgies. On sait qu'à l'heure actuelle on est à près de
150 000 Québécois qui sont en attente d'une chirurgie. Une des
données importantes, je trouve, qui illustrent bien les effets, les
conséquences du délestage, entre autres, c'est de voir qu'avant la pandémie il
y avait 3 700 Québécois qui attendaient depuis plus d'un an pour une
chirurgie. Aujourd'hui, on est à près de 19 000 personnes qui
attendent depuis près d'un an. C'est cinq fois plus.
Donc, on comprend... bien, un, on comprend
évidemment les préoccupations importantes de ces gens sur les effets que ça
peut avoir sur leur santé, mais surtout le stress que ça peut entraîner puis
les conséquences au niveau de leur vie professionnelle, de leur vie sociale, de
leur vie économique également.
J'aimerais poser quelques... On avait envoyé des
questions... On est ici pour une étude de crédits, n'est-ce pas, hein, M. le
Président? Le ministre nous a répondu à plusieurs reprises, bon, dans la
dernière année, qu'il y avait un plan, qu'il y avait des ententes qui étaient
mises en place avec notamment des... avec le secteur privé. Il nous a parlé de
ces ententes-là à quelques reprises. J'aimerais qu'il m'explique la raison pour
laquelle à la question... puis là je l'invite peut-être à prendre son cahier,
là, à la question 441. On a posé plusieurs questions sur le délestage. La
question 441, page 98 du troisième cahier de l'opposition, on a
demandé les sommes qui avaient été dépensées dans le secteur privé pour le rattrapage des chirurgies, des services de
radiologie également, et on a refusé de nous communiquer cette
information.
Donc, j'aimerais que le ministre puisse nous
expliquer pourquoi cette information n'a pas été communiquée aux oppositions
dans le cadre des crédits actuels.
Le Président (M.
Provençal)
: M. le ministre.
Dubé : Merci, M. le Président. Donc, tout d'abord, j'apprécie beaucoup
le fait que la députée de Maurice-Richard reconnaisse que c'est un enjeu très important,
toute la question des chirurgies, et aussi qu'elle reconnaisse qu'il y avait déjà beaucoup de personnes en
attente même avant le début de la pandémie. On avait, pour être exact, là,
118 000 chirurgies qui étaient en attente avant la pandémie,
c'est-à-dire avant le mois de mars 2020.
Donc, c'est sûr que la pandémie a affecté le
nombre de chirurgies en attente. C'est tout à fait compréhensif, même si, et je
le partage avec les Québécois, c'est vraiment une préoccupation de notre
gouvernement de trouver des solutions. Mais j'ai bien expliqué aussi, puis je
pense que c'est important que la population comprenne bien, l'enjeu est de...
On est rendus à la troisième vague, puis, à chaque fois qu'on pense qu'on peut
reprendre le dessus sur les chirurgies, bien, on a fait face à une deuxième
vague puis à une troisième vague, dans laquelle on est encore présentement. Donc, moi, j'ai toujours dit, et je
l'ai répété, parce que j'ai eu cette question-là plusieurs fois, M. le
Président, qu'il fallait bien comprendre qu'on devait stabiliser la
situation pour être capables de commencer à gruger dans notre nouvelle liste d'attente, parce qu'on a une
situation où on est encore dans la pandémie puis on fait encore du délestage.
Bon, pour revenir à la question par rapport aux
chirurgies privées, je pense que je dois remercier les gens de l'équipe ici,
particulièrement M. Coubat et le Dr Opatrny, d'avoir été capables
dans le contexte de la pandémie de faire des ententes avec le privé pour nous
aider à minimiser l'impact du délestage, qui est nécessaire. Puis, pour les
Québécois qui nous écoutent, le délestage, on ne le fait pas par plaisir, mais
on a été obligés de prendre du personnel infirmier, du personnel de soins et
des médecins qui ne peuvent pas traiter les patients de façon courante...
doivent se concentrer sur les patients COVID. Alors donc, c'est ça qui nous
arrive avec le délestage. Donc, ce qu'on a fait avec les cliniques privées, je
pense qu'on a réussi... puis on le communique, cette information-là, dans notre
sommaire à toutes les semaines, qu'on a réussi à améliorer nos pourcentages.
Le Président (M. Provençal)
: ...
Le Président (M. Provençal)
: ...veut peut-être clarifier sa
question ou aller...
Mme Montpetit : Je pense que ma
question était très claire, là. J'ai laissé du temps au ministre pour venir au
fait. J'ai posé... On est dans un exercice ici de reddition de comptes des
dépenses du gouvernement. Ma question, elle est très claire. Nous avons posé la
question suivante : Les sommes qui ont été dépensées dans le secteur privé
pour le rattrapage des chirurgies. Le gouvernement a refusé de nous communiquer
cette information-là.
Donc,
j'aimerais savoir, là... Le ministre se targue régulièrement d'être
transparent. J'aimerais qu'il m'explique, un, comment ça se fait qu'il a
refusé de communiquer une information si importante, mais surtout qu'il la
dépose.
M. Dubé : ...je vais répondre.
Peut-être, je n'ai pas été assez vite, là, M. le Président, ça fait que
j'y viens, puis merci de m'aider à répondre correctement.
Alors, ce que j'allais répondre, c'est qu'on
estime... puis je pense que les Québécois vont comprendre qu'on est en
négociation avec des entrepreneurs, avec des cliniques privées, puis de
communiquer les... ce qui a été négocié de façon publique, je pense que les
gens comprennent qu'on ne peut pas aller là. Ce qu'on peut dire, par exemple, aujourd'hui... puis je l'ai déjà mentionné, et je
peux le préciser, que les 25 ententes que l'on a avec différentes
cliniques, là — il
y en a à peu près 25, ententes — le montant, là, l'estimation
de ce que ça coûte sur une base annuelle en ce moment, c'est 40 millions. Et ce 40 millions là n'inclut pas
le salaire des médecins, qui, eux, sont rémunérés par la RAMQ, on
s'entend bien, là.
Donc, je veux juste mentionner que ce n'est pas
une question de manque de transparence, au contraire. Je vous le dis, le
chiffre, là, on le communique, c'est 40 millions, ce que ça coûte. Mais de
donner le détail des contrats, je pense que les gens vont bien le comprendre
qu'on ne peut pas faire ça dans un contexte de négociation.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée.
Mme Montpetit : Je suis
désolée, on ne jouera pas sur les mots ici. On est dans un exercice de reddition
de comptes du gouvernement. Ce qui nous réunit aujourd'hui, là, pendant près de
six heures, c'est justement l'étude des dépenses
qui ont été faites par le gouvernement. C'est une question d'imputabilité. C'est une question de transparence.
Il n'a jamais été question de donner le détail
des ententes. La question, elle est très simple. Je ne veux pas savoir les
montants qui ont été provisionnés pour le futur, je demande les sommes qui,
dans l'exercice 2020‑2021, ont été
dépensées pour faire du rattrapage de chirurgies et de services de radiologie.
Soit que vous avez l'information,
vous la communiquez, soit malheureusement je devrai vous dire, effectivement,
que vous ne respectez pas l'exercice de reddition de comptes qu'on est en train
de faire à l'heure actuelle.
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Dubé : Alors, je vais
continuer ma réponse. Je tiendrais à préciser que ce n'est pas que mes
collègues au ministère ont refusé l'information, ce que j'allais expliquer,
c'est qu'elle n'est pas encore disponible. Les ententes qui
sont faites, M. le Président, sont faites avec les établissements. Et, quand
cette information-là va être disponible, elle va être communiquée.
Le Président (M. Provençal)
: Je tiens à souligner qu'il y a encore une sonnerie puis de
la vibration de cellulaire. Si je peux
mettre la main sur le cellulaire, vous allez... il va disparaître. S'il vous plaît. Merci. Excusez-moi, M. le ministre, mais...
M. Dubé : Non, il n'y a pas de problème.
Mais...
Le Président (M. Provençal)
: ...je pense que c'est pour l'ensemble
des gens dans la salle.
M. Dubé : C'est parce que,
juste pour préciser ma pensée, puis je pense que la... c'est important, là, que
tout le monde comprenne bien, on a un exercice qui se finit le 31 mars. On
est au mois d'avril. Les établissements vont faire leur rapport de tout ce qui
a été négocié durant l'année. Et, lorsque ce rapport-là est publié, bien, on va
avoir le détail de ce qui peut être
communiqué. Puis ce qui est communiqué habituellement... ce n'est pas que cette information-là est refusée, là, ce n'est
pas une question de transparence, elle n'est pas encore
disponible. Puis, lorsqu'elle sera disponible... bien, je peux dire que
l'estimé qui est fait de... c'est 40 millions.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée.
Mme Montpetit : Bien, honnêtement,
je trouve ça inacceptable. Je trouve ça inacceptable qu'on n'ait pas cette
information-là, malgré qu'elle soit partielle.
J'ai été à
votre place. J'ai été ministre. Il y a des informations qui sont présentées
parfois, dans de la reddition de
comptes, qui peuvent être partielles parce que les informations ne sont pas
complétées, parce que les bilans ne sont pas terminés par les sociétés d'État, notamment quand j'étais ministre
de la Culture. Là, c'est le cas avec les établissements.
Mais honnêtement, qu'il n'y ait aucune, aucune
information qui soit communiquée sur les dépenses qui ont été faites, sur les
sommes qui ont été engagées par le gouvernement pour faire du rattrapage au
niveau des chirurgies, de la radiologie, honnêtement, je n'appelle pas ça de la
transparence.
La question qui suit dans cet exercice-là, la
question 445 : Nombre d'interventions qui ont été reportées à cause du délestage. Cette information n'est pas
disponible non plus. J'imagine que le
ministre a également une réponse à nous fournir?
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre, est-ce que... Il ne faudrait pas prêter
d'intentions au ministre, par exemple. M. le ministre.
M. Dubé : Bien, je pense que le
principe, M. le Président, est très, très simple, là. J'ai expliqué qu'on est
passés d'une liste d'attente où il y avait 118 000 personnes au début
de la pandémie, c'est-à-dire en mars 2020, on est rendus en ce moment à
148 000. Il y a donc eu un nombre malheureusement important de personnes
qui sont en attente d'une chirurgie. Ce qui est important pour nous, puis je
pourrai le communiquer, c'est d'être capables de montrer qu'à l'intérieur des
personnes qui attendent depuis plus que six mois on a été capables de garder
cette entente-là à l'intérieur de six mois.
Alors donc, oui, il y a eu une augmentation des
délais de l'ensemble de la liste d'attente, mais je pense que la
collaboration... Puis peut-être... je ne sais pas si... je peux même offrir...
Je ne sais pas si le Dr Opatrny... Oui, excusez-moi si je me retourne. Si
jamais la députée de Maurice-Richard veut avoir plus de
détails sur l'intérieur de ce 148 000
là, moi, je n'aurais aucun problème à le partager, parce qu'encore une fois on
a beaucoup de transparence, puis, je pense, c'est une
question qui... Mais moi, j'aime mieux... mon rôle, c'est de m'assurer que le
grand principe, c'est qu'on minimise ce 148 000 là le plus possible. Mais,
si jamais la députée voulait avoir du détail de comment se compose cette
information-là, moi, ça me ferait plaisir de rendre la docteure, si elle le
veut, là, disponible pour expliquer un peu
qu'est-ce qu'on a réussi malgré tout, malgré les circonstances de la pandémie,
avec l'aide des cliniques privées, comment on a réussi à limiter le...
Alors donc, je l'offre, si la députée de Maurice-Richard veut utiliser le Dr Opatrny pour poser des
questions spécifiques.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée.
Mme Montpetit : Non, je... M. le
Président, je vais vous faire le même commentaire que j'ai fait dans les trois
derniers exercices qu'on a faits avec le ministre. On est ici, il y a des
heures de travail qui sont investies, il y a une préparation qui est faite, on
s'attend à ce que les crédits budgétaires qui nous sont fournis soient
complets, avec des réponses, et qu'on ait des réponses à nos informations, et,
si on ne les a pas en temps réel quand on les demande, que le ministre les ait.
Donc là, on comprend que ça va nous parvenir
éventuellement, un jour, a posteriori, quand on sera dans une autre discussion.
Mais moi, je m'attends à ce que ces informations-là... c'est des informations
qui sont extrêmement, extrêmement importantes. Les enjeux du délestage sont
importants, on se serait attendus à avoir des informations précises, non pas
sur le nombre où on est rendus, sur le nombre qui ont été reportés, sur les
sommes qui ont été investies aussi, de façon précise, pas
dans le détail pour chaque entente, ce n'est pas la question qui est posée.
Mais je pense que la moindre des choses... les Québécois ont le droit de savoir
comment l'argent public est dépensé, et ça, c'en fait partie. Et ça,
honnêtement, ce n'est pas acceptable.
Sur cette question-là
aussi, sur le retard de... Vous me permettrez, M. le Président, sur la question
du retard de dépistage, il y a un des éléments aussi sur lequel peut-être que
le ministre pourra me répondre, à cet élément-là aussi, sur le dépistage des
cancers. Là, je vais... Ils sont... Honnêtement, c'est une situation, moi, qui
me préoccupe beaucoup. Mais une des données qui nous a été communiquée aussi
dans les questions qu'on a posées, on constate qu'au niveau des mammographies
il y a le tiers des mammographies qui n'ont pas été faites en 2020. On se rappelle
quand même que la mammographie, c'est le seul examen de dépistage qui permet de
réduire le nombre de décès qui sont attribuables au cancer du sein. Il y a
320 000 mammographies qui ont été faites l'année d'avant, il y en a
200 000, là. Donc, on est vraiment au tiers de moins l'année qui vient de
passer.
Donc
là, un, clairement, ça prend un plan de rattrapage. Donc, qu'est-ce qu'entend
faire le ministre là-dessus? Parce que ça aussi, les oncologues sont
très clairs, c'est le seul test de dépistage. Et le fait de détecter de façon
précoce les cellules cancéreuses dans le cancer du sein, c'est ce qui fait la
différence sur la qualité du pronostic pour la suite, là.
Donc, est-ce que le
ministre peut nous informer des sommes qui sont investies pour faire ce
rattrapage-là et de quelle façon il entend le faire, également?
Dubé : ...M. le Président,
j'aimerais... Parce qu'effectivement
la question du cancer du sein est un élément excessivement important
pour nous. C'est dans nos priorités avec le cancer du poumon puis avec le
cancer du col de l'utérus. Mais je ferais la
même offre à la députée de Maurice-Richard, qu'elle puisse parler directement, pour
certaines statistiques spécifiques, avec le Dr Opatrny, qui est
probablement la mieux placée pour répondre à ces questions-là de façon
spécifique, M. le Président.
Le Président (M.
Provençal)
: Mme la députée, vous
acceptez? Alors, consentement que madame... Je vais vous demander de vous
nommer, s'il vous plaît, et de donner la réponse à la question.
Mme Opatrny
(Lucie) : Oui. Bonjour. Lucie Opatrny, sous-ministre adjointe à la
Direction générale des affaires universitaires, médicales, infirmières et
pharmaceutiques au ministère.
Alors, comparé aux
chirurgies de cancer qui ont demeuré stables malgré la pandémie, effectivement,
le volet dépistage a été diminué. Pour ce qui concerne le dépistage de cancers
de sein, on a eu, depuis une année, à peu près 250 000 mammographies
qui ont été faites versus, l'année précédente, 333 000 à peu près qui ont
été faites, alors une diminution, comme la députée a mentionné.
Alors, pendant la
première vague, les centres de dépistage ont été fermés. On ne comprenait pas
trop la... comment ça... en tout cas, la pandémie, la transmission, etc. Mais,
pendant la deuxième et troisième vague, il n'y a jamais eu un arrêt de l'offre
de services en dépistages, qui se font majoritairement à l'extérieur des
hôpitaux.
Alors, toutes les femmes
ont reçu leurs lettres et toutes les femmes éligibles sont invitées et
encouragées à venir faire leurs mammographies. Mais une grande
partie de cet
écart-là, ce n'est pas que l'offre de services n'est pas au rendez-vous, mais
c'est que les femmes qui ont reçu les lettres n'ont pas nécessairement répondu
et ne se sont pas présentées pour leur dépistage.
Alors, le volet ici,
pour le dépistage en mammographie, c'est vraiment d'encourager les femmes qui
ont reçu la lettre, qui sont éligibles, de se présenter pour passer leurs
mammographies.
Montpetit : Dans quel délai? Parce que l'information que vous me
communiquez... Je pense qu'effectivement, au départ, il y avait des inquiétudes
au début de l'automne dernier, là, qui avaient été soulevées. Est-ce que je comprends que les personnes qui
voudraient faire une mammographie, faire le rattrapage... On parle quand même de 100 000 mammographies qui n'ont
pas été faites l'année dernière, là. Dans quel délai ces mammographies-là peuvent
être rattrapées cette année?
Mme Opatrny
(Lucie) : Il n'y a pas un enjeu en termes d'imagerie, où les
mammographies sont faites, il n'y a pas un enjeu en termes de places. L'enjeu,
c'est vraiment d'encourager les femmes qui ont reçu la lettre. Alors, toutes les femmes qui sont éligibles l'ont reçue,
c'est de prendre rendez-vous. Alors, les plages sont disponibles, et c'est
plus d'encourager les femmes qui l'ont reçue
à l'avoir. Alors, il n'y a pas d'enjeu de capacité pour la mammographie.
Montpetit : ...quel délai elles peuvent prendre rendez-vous? Est-ce
qu'en dedans d'une semaine quelqu'un qui
souhaiterait prendre rendez-vous pour une mammographie peut y avoir accès dans
le contexte de la troisième vague?
Mme Opatrny
(Lucie) : Alors, il y a toujours eu, même avant la pandémie, des
différentiels d'une région à l'autre en
termes de délai pour les mammographies. On parle maintenant du premier
rendez-vous et non pas, si jamais il y a une anomalie, d'avoir d'autres
visites plus pointues et spécialisées.
Alors, en termes de
délai, c'est pas mal l'équivalent des délais avant la pandémie, mais je n'ai
pas les données pour savoir de façon régionale quelles sont les données si une
femme appelle. La direction de cancérologie nous informe que c'est comme en
temps normal.
Mme Montpetit : Et donc, en temps
normal, c'est un délai qui est de quel ordre?
Opatrny (Lucie) : En termes de semaines.
Mme Montpetit :
Une semaine, trois semaines, six semaines, 12 semaines? C'est juste pour
avoir un ordre de grandeur pour savoir de quoi il en est, là. On verra les
données régionales par la suite, mais on parle de... Là, vous faites un appel aux femmes d'aller se faire dépister.
On parle de quel ordre de grandeur? Puis semaines, ça peut être... c'est
vaste. Je ne sais pas s'il y a quelqu'un d'autre, sinon, qui a l'information,
mais je pense que c'est vous qui êtes responsable de ce dossier-là, à ma
connaissance, là.
Mme Opatrny
(Lucie) : Effectivement. Je ne peux pas vous donner cette réponse
comme ça, mais peut-être, dans les minutes qui suivent, l'équipe peut le
chercher, et je peux le fournir.
Mme Montpetit :
Bien, ce serait apprécié. Pourriez-vous nous donner également votre
appréciation de la situation pour les coloscopies? Je comprends qu'il y a près
de 70 000 coloscopies non plus qui n'ont pas été faites l'année
dernière, ce qui a des implications aussi, en termes de santé, qui sont
importantes. Pourriez-vous nous tracer... Pouvez-vous nous tracer le même
portrait au niveau de la situation puis au niveau des délais également pour
pouvoir faire ce rattrapage-là?
Mme Opatrny
(Lucie) : Alors, effectivement, pour la colonoscopie, il y a également
un retard. Ici, la situation est plus difficile, et le plan de rattrapage, il
faut se faire autrement, parce que c'est une procédure qui est faite largement
dans les établissements, qui ont besoin des équipes formées pour le faire.
Alors, la situation de colonoscopies est malheureusement plus complexe que pour
celui de rattrapage de mammographies.
Alors, en termes de
réalisation, il y a eu 76 % de... un taux de 76 % réalisé, comparé
aux années antérieures. Et l'année antérieure qui... c'est à peu près
208 000 versus à peu près 275 000 tests qui ont été faits. En
termes des rattrapages, il y a eu plusieurs différentes interventions,
incluant, quand il n'y avait pas assez d'infirmières, des médecins qui
s'aidaient entre eux pour faire les colonoscopies. Aussi, il y a quelques
ententes avec les CMS pour faire les colonoscopies. Et en termes... juste avant
la troisième vague, il y a eu quand même un retour vers un taux mensuel des
colonoscopies égal à à temps normal.
Maintenant, en termes
de... votre question pour le plan de rattrapage, alors, le plan suit pas mal le
même parcours que celui de reprise d'activités en chirurgie, qui est que ça
prend vraiment la troisième vague de se calmer pour reprendre... non seulement
reprendre, mais aussi aller plus que 100 % dans le taux de colonoscopie.
Alors, le plan de reprise de cette activité-là va aussi être mesuré plus en
termes de plusieurs mois...
Le Président (M.
Provençal)
: Mme la sous-ministre, il y
aurait peut-être une...
Montpetit : Excusez-moi. Bien, je pense qu'il ne reste pas énormément
de temps. Je veux juste savoir, là, vous nous dites, donc les... c'est
beaucoup... c'est plus compliqué au niveau du rattrapage pour la coloscopie.
Là, j'aimerais ça voir le niveau d'inquiétude qu'on doit avoir avec cette information-là,
à savoir que je pense que le dépistage précoce est aussi un enjeu pour certains
cancers via la coloscopie, par exemple le cancer, entre autres... bien, en
tout cas, certains cancers.
J'aimerais ça vous entendre là-dessus, là, faire du rattrapage sur une chirurgie versus
faire du rattrapage sur du dépistage de cancer. Est-ce qu'il n'y a pas une
priorité qui devrait être mise là-dessus?
Mme Opatrny
(Lucie) : Alors, tel qu'une priorité... Quand on a des délais pour...
ou délestage en chirurgie, c'est des pathologies qui sont connues et qui sont
en attente, mais ça ne veut pas dire que c'est moins important de, comme vous
le mentionnez, avoir le dépistage pour trouver des cancers qui peuvent être
asymptomatiques mais présents. C'est le but d'un dépistage.
Alors, le fait que
nous ne sommes pas rendus à 100 % de nos activités est effectivement un
problème, parce qu'on peut avoir des cancers qui sont présents et non pas
trouvés. Alors, c'est... Et souvent on a déjà entendu, par exemple, le
président des associations d'hématologues, oncologues parler du fait qu'il y a
en lien avec ça des cancers qui peuvent être
manqués. Alors, effectivement, c'est important d'avoir une reprise également
pour le volet dépistage.
Montpetit : Et, bien, vous avez raison, on a entendu à plusieurs
reprises le président des hémato-oncologues... l'Association du cancer a
soulevé des inquiétudes très importantes sur les conséquences de ces délais. Je
comprends que vous nous dites que c'est important de faire un rattrapage, mais,
pendant ce temps-là, j'entends aussi qu'il y a des gens qui pourraient avoir
des cancers sur lesquels il va y avoir du retard sur le dépistage, avec les
conséquences que l'on connaît. Puis les deux... C'est quand même à escient
aussi que j'ai choisi d'avoir un échange avec vous sur ces deux types de
dépistage, la coloscopie, la mammographie, qui sont tous deux des exercices de
dépistage, dans le fond, justement, pour dépister de façon précoce, pour avoir
des chances de... que ce soit de survie mais même de rémission qui sont plus
importantes.
Donc, encore là, mon
but n'est pas d'être alarmiste ou catastrophiste, mais ça ne me rassure pas ce
que j'entends, ça ne me rassure pas du tout, puis je pense que les gens qui...
Est-ce qu'on doit
s'attendre à avoir une hausse de cancers? Parce que le président de
l'association des hémato-oncologues, c'est ce qu'il soulignait, de dire : Il
y a des moments où, si on attend trop, bien, la différence entre quelqu'un que
l'on peut soigner, et avoir une rémission de 98 % dans le cas d'un cancer,
versus quelqu'un qui va être rendu en stade trois ou quatre, parce qu'il y a
des cancers qui progressent très rapidement... bien, ça peut faire toute la
différence, justement, sur la rémission de la personne, là.
Mme Opatrny
(Lucie) : Oui. Je me permets à répondre à la première question de
délai de mammographie. C'est de trois à huit semaines, dépendamment d'où
sommes-nous au Québec. Alors, juste là-dessus.
Pour la colonoscopie,
à vrai dire, je n'essaie pas d'être rassurante, parce que ça nous inquiète également
de comprendre qu'en lien avec les ressources qui doivent être données aux
patients qui ont le COVID, qui sont hospitalisés
pour le COVID... dans ce temps-là, on ne peut pas faire en même temps d'autres traitements. Et ce n'est pas que chez nous. C'est vu vraiment
sur un niveau mondial, les spécialistes en cancer qui sonnent l'alarme, et on
le partage.
On a plusieurs
scénarios pour regarder le rattrapage. Bien sûr, il faut attendre que la
troisième vague se calme, qui inclut de regarder des ouvertures de salle plus
longues en soirée et en fin de semaine pour faire ce rattrapage-là, pour effectivement
aller chercher et dépister et, par la suite, traiter des cancers de côlon.
Mme Montpetit :
Combien il me reste de temps?
Le Président
(M. Provençal)
: ...
Mme Montpetit :
Ah! bien, simplement savoir : Dans vos scénarios, quand est-ce qu'on
retourne à 100 % du dépistage pour ces deux cancers?
Mme Opatrny
(Lucie) : ...plusieurs scénarios, jusqu'à cinq, parce que...
dépendamment de combien d'heures de plus en soirée et/ou en fin de
semaine on peut ouvrir, avec les réalités de la main-d'oeuvre, ça dépend de la