Culture and Education — 29 March 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CCE 2022-03-29
Quebec — Committees
(Neuf heures cinquante et une
minutes)
La Présidente (Mme Guillemette) : Donc,
votre attention, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la
séance de la Commission de la culture et de l'éducation ouverte.
La commission
est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 9, Loi
sur le protecteur national de l'élève.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Chassin (Saint-Jérôme)
sera remplacé par Mme Jeannotte (Labelle); Mme David (Marguerite-Bourgeoys),
par Mme Maccarone Westmount—Saint-Louis;
Mme St-Pierre (Acadie), par Mme Charbonneau (Mille-Îles); et
Mme Dorion (Taschereau), par Mme Labrie (Sherbrooke).
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci,
Mme la secrétaire.
Donc, aujourd'hui, nous poursuivons l'étude avec
l'amendement proposé par la députée de Saint-Laurent à l'article 5 du projet de loi. Donc, est-ce qu'il y a des
interventions sur l'amendement de Mme la députée?
Oui, Mme la députée de Saint-Laurent.
Rizqy : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bon retour à
tout le monde. Et c'est reparti! Très contente de pouvoir siéger à nouveau. Je
me demandais : Est-ce que le ministre et son équipe ont eu l'occasion de
parler directement avec le conseil de
l'enseignement des Premières Nations pour, justement... d'avoir leur avis suite
au dépôt de cet amendement?
La Présidente (Mme Guillemette) : M.
le ministre.
M. Roberge : Oui, Mme la Présidente.
Bien, il y a des discussions qui sont continues avec l'ensemble des
partenaires, dont les représentants des communautés autochtones.
Mme Rizqy : Puis, dans le cadre de
cet échange, vous êtes arrivé avec une entente ou pas du tout?
M. Roberge : Mme la Présidente, je
vais... on va faire nos travaux en commission, ici, là, on ne fera pas de
procès-verbal ou de... je dirais, de compte rendu des discussions qu'on a avec
chacun des groupes, là, qui sont en continu.
Même, je sais, il y a des groupes qui nous textent, qui nous écrivent.
Lorsqu'on travaille en commission, il y a des appels qui se font tard le
soir, la fin de semaine. Donc, on est toujours en train de discuter avec chacun
des groupes. Et puis... Bien, je pense, ma collègue veut revenir sur
l'amendement qu'elle a déposé, en réalité. Comme... Si on revient un peu sur sa proposition, c'est d'avoir,
d'une certaine façon, deux protecteurs nationaux, puis ma collègue me
corrigera. Or, il me semble qu'il est plus opportun d'avoir un protecteur
national de l'élève.
Mme Rizqy : Non, ce n'est pas ça que
l'amendement dit. Le protecteur national reste au niveau national, mais le ministre nomme des protecteurs régionaux
de l'élève et un protecteur de l'élève autochtone. Donc, ça rentre... Le
protecteur national demeure toujours au niveau national, ça, je tiens à vous
rassurer, M. le ministre.
La Présidente (Mme Guillemette) : M.
le ministre.
M. Roberge : Bien, on a une
incompréhension ici, parce que, quand je lis l'amendement, on dit «un protecteur de l'élève autochtone pour l'ensemble
du territoire du Québec». Donc, s'il couvre l'ensemble du territoire du
Québec, il n'est donc pas régional. S'il n'est pas régional, c'est qu'il est
national.
M. Roberge : Donc, je comprends
l'intention de bien traiter les plaintes qui peuvent émaner des nations inuites
et autochtones, mais je pense que, dans le projet de loi, de la manière qu'il
est conçu, on veut traiter toutes les plaintes.
On veut, dans le fond, accueillir toutes les plaintes, toutes les doléances, peu
importe qu'elles arrivent d'un élève qui appartienne au réseau... qui
fréquente le réseau francophone, qui... le réseau anglophone ou qui appartient
aux Premières Nations.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
Mme la députée.
Rizqy : Évidemment, mon tableau, vous comprendrez que, là, c'est... On
fait les discussions pour être sûr de bien
comprendre. On a le protecteur national qui siège en appel ou en révision, et
on a les protecteurs régionaux qui siègent selon le territoire établi qui va
leur être désigné, et le protecteur désigné pour les Premières Nations, qui,
lui aussi, est en première instance. Il n'est pas en appel ni en révision. Il
va quand même être assujetti aux mêmes règles que
la loi attribue, c'est-à-dire que l'élève et le parent pourront toujours, par
la suite, s'adresser au protecteur national.
M. Roberge : Bien,
je comprends l'organigramme, là, de ma collègue, mais ça vient créer comme une
autre catégorie de... L'institution que l'on crée est constituée... D'abord,
c'est important de mentionner, là, d'abord, les plaintes se font à l'école,
s'il le faut, à la commission scolaire, au centre de services scolaire. Donc,
ça se règle localement, là, c'est ce qu'on souhaite. Mais l'institution du
protecteur national est divisée en protecteurs régionaux, protecteur national.
Ma collègue créerait comme une autre catégorie, protecteur couvrant tout le
territoire du Québec, destiné seulement aux élèves autochtones. S'il couvre
tout le territoire, il se trouve à être national autochtone. Bref, je trouve,
ça s'insère mal, là, dans le projet de loi.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci. Mme la députée.
Mme Rizqy : Tout
le monde, tous les élus, on a tous reçu le rapport de la commission Viens, tout
le monde. C'est toute une catégorie en soi,
les Premières Nations. C'est un peuple complet, c'est une nation, et, dans le
rapport Viens, il en est mention. Puis c'est sûr que notre approche doit
changer. Et c'est aussi l'engagement du premier ministre du Québec, que notre
approche change. Et, par conséquent, on ne peut pas les traiter de la même
façon qu'on va traiter les élèves de Montréal, les élèves de Sherbrooke, les
élèves de Trois-Rivières puis les élèves de Québec. Leur réalité, elle est différente, elle est tellement différente
que leur taux de diplomation n'est même pas proche, mais tellement pas
proche des élèves du Québec. Et c'est ça, moi, que je trouve alarmant et c'est
ça qui doit changer.
Et de ce que je
comprends de vos discussions, autant au ministère de l'Éducation, que le
ministère des Affaires autochtones, de votre collègue en fin de semaine, vos
discussions se sont... ont terminé en disant que c'est un problème de
logistique. On ne peut pas être sérieux dans une démarche de nation à nation si
on se limite à des impairs... à des
impératifs logistiques. Il y aura toujours une excuse pour ne pas traiter de
nation à nation. Mais, si on veut être sérieux puis donner suite au rapport
Viens et à toutes les discussions que nous avons eues avec les Premières
Nations, ça va nous prendre, aujourd'hui, là, un engagement du gouvernement
pour s'assurer qu'il y a un protecteur de l'élève pour les Premières
Nations et que, oui, ça va demander un effort logistique, mais que, oui, le
gouvernement du Québec a entendu cet appel.
La Présidente (Mme
Guillemette) : M. le ministre.
M. Roberge : Mme
la Présidente, je pense qu'on peut, de manière exemplaire, traiter toutes les
plaintes sur le territoire du Québec, peu
importe, là, où habite l'élève ou l'appartenance de l'élève à une nation
autochtone ou pas. Je rappelle qu'il y a... à l'article 16, ce qui
est prévu, c'est que toutes les formations nécessaires soient données. Et, vous
savez, les institutions nationales, bien, elles sont nationales. Il n'y a pas,
par exemple, de Protecteur du citoyen dédié aux citoyens qui appartiennent aux
nations autochtones, et c'est tout à fait correct, je pense. Je ne pense pas qu'il y a un bris de confiance entre la
Protectrice du citoyen et les gens qui appartiennent ou qui habitent sur les
territoires des nations autochtones.
Donc, je ne pense pas
qu'il faut y voir, je ne sais pas trop, là, un problème théorique, là, qu'il y
aurait entre le gouvernement et les nations, absolument pas. D'ailleurs, le projet
de loi couvre enfin les nations autochtones. En ce moment, au moment où on se
parle, les articles de loi de la
Loi sur l'instruction publique qui traitent
des protecteurs de l'élève ne traitent pas des nations autochtones. Donc, on
vient les protéger, on vient les considérer avec ce projet de loi là.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : M.
le ministre, c'est quoi, le taux de diplomation général au Québec?
M. Roberge : Écoutez,
Mme la Présidente, je vais répondre à ça, mais je ne veux pas partir dans un
jeu de Génies en herbe pour sortir des chiffres, pour voir si, là, on
connaît les taux de diplomation des différentes communautés. Mais, après
sept ans, on est autour de 81,2 %, après sept ans, pour diplomation et
qualification. Et je sais très bien que,
dans les commissions scolaires à statut particulier, malheureusement, le taux
de diplomation est plus bas. Mais ça ne change pas le fait qu'on est
capable de se donner une institution nationale pour traiter les plaintes qui
viennent de partout au Québec.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Donc, on peut dire que, plus ou moins, le taux de
diplomation de la population générale au Québec est autour de 80 %.
Quel est le taux de diplomation des Premières Nations?
M. Roberge : Il faudrait que je
fouille dans mes chiffres, je sais qu'il est bien inférieur, malheureusement.
C'est pour ça qu'on travaille fort à mieux les financer puis à mieux les
accompagner. Mais, avec respect, Mme la Présidente, il y aura des protecteurs régionaux
qui seront destinés à des régions et à des territoires où il y a des
commissions scolaires à statut particulier, je pense à la commission
scolaire crie Kativik en particulier, mais je sais qu'à du Littoral il y a une grande... je ne dirais pas
communauté autochtone, une grande présence d'autochtones. Donc, ils auront,
sur ces territoires-là, un protecteur
régional qui est dédié, qui connaît bien la réalité puis qui connaît bien le
processus de plainte de l'établissement qui est sur le territoire.
Mais il faut rassembler, Mme la Présidente, là,
il ne s'agit pas de penser ou d'alléguer, là, qu'on ne voudrait pas bien traiter les plaintes qui viendraient
d'une communauté ou d'une nation autochtone. Ce n'est vraiment pas, vraiment
pas l'intention.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
Mme la députée.
Mme Rizqy : Donc, vous connaissez le
taux de diplomation pour la population générale, vous ne connaissez pas le taux
de diplomation pour la population plus spécifique des Premières Nations. Selon
les données du ministère, qui sont en date de 2017, 80 % de la population
du Québec, en général, obtiennent leur diplôme. C'est exactement l'inverse pour
les Premières Nations : 80 % d'entre eux n'obtiennent pas de diplôme.
C'est plus qu'un peu inférieur, c'est dramatique. Et c'est de là notre
obligation, à nous, comme législateurs, de traiter différemment, parce qu'ils
sont malheureusement différents, lorsqu'on regarde le taux de diplomation, puis
ça prend une attention particulière.
Je vais vous donner un exemple. Il y a deux ans,
nous étions tous ensemble, mes élus... les élus qui sont ici avec nous, dans
l'autre salle, Pauline-Marois, il y avait les crédits. J'ai posé la question
spécifique au sous-ministre pour les Affaires autochtones, donc, on a un
sous-ministre pour les Affaires autochtones. À chaque fois que je posais des questions, là, bizarrement, il n'y avait jamais
de réponse, on allait me revenir. On n'est jamais revenu. On a même posé la question spécifique sur les élèves des
Premières Nations qui étaient confiés à la DPJ et qui étaient à Montréal,
dans des salles de gym, à faire du yoga puis que... au lieu d'être scolarisés.
Il n'y a personne, à
part le journal, qui a sorti cette nouvelle. Alors, c'est
pour ça que ça prend une attention particulière.
Puis, si vous prenez l'organigramme, puis,
évidemment, je n'ai pas imprimé l'organigramme au complet du ministère de l'Éducation, là, j'aurais manqué
d'encre, là,