CRC — 30 May 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CRC 2023-05-30
Quebec — Committees
(Dix heures trois minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, à l'ordre, à l'ordre, s'il vous plaît! Bon matin. Oh
non! C'est un anglicisme. Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien. Alors,
ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des relations
avec les citoyens ouverte.
La commission, je vous le rappelle, est donc
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 11, Loi
modifiant la Loi concernant les soins de fin de vie et d'autres dispositions
législatives.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Gendron (Châteauguay) est remplacée par Mme Guillemette
(Roberval); Mme Garceau
(Robert-Baldwin), par Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis); et Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques),
par Mme Labrie (Sherbrooke).
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Donc, à tous et à toutes, bienvenue.
Lors de
l'ajournement des travaux, jeudi dernier, nous étions à l'étude de l'amendement
introduisant le nouvel
article 4.1
proposé par la ministre. Alors, est-ce qu'il y a d'autres interventions sur cet
amendement? Mme la ministre.
Bélanger : Oui, bonjour. Mme la Présidente, je demanderais une
suspension immédiate afin de pouvoir discuter.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Vous voulez discuter? Parfait. Alors nous allons suspendre.
(Suspension de la séance à 10 h 05)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! Donc, nous reprenons nos
travaux. Je vous rappelle que nous en étions sur l'amendement introduisant
l'article 4.1 après l'article 4 du projet de loi. Alors, est-ce que
j'ai des interventions? Mme la ministre.
Bélanger : Oui, Mme la Présidente. Donc, à la dernière
séance, nous avons réouvert l'article 4, que j'ai...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On ne l'a pas réouvert.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : On ne l'a pas ouvert. On a pris les vérifications, là, on a
fait les vérifications. On n'a pas ouvert, on a permis d'ajouter 4.1, donc l'amendement 4.1.
Mme Bélanger : O.K. Donc, on a
permis d'ajouter un amendement à notre projet de loi, qui est
l'article 4.1. Alors, essentiellement, dans cet article, on parle des
lieux, notamment, où l'aide médicale à mourir peut être donnée, donc établissements, maisons de soins palliatifs
et à domicile. J'ai déposé un amendement pour faire en sorte que l'aide
médicale à mourir soit effectuée selon les désirs de la personne dans le lieu
où elle le souhaite, donc selon la volonté de la personne.
Depuis le
début des travaux, l'autodétermination de la personne a été au coeur de nos
décisions. À tout moment, nous avons parlé de l'autodétermination de la
personne. Lors de la Commission spéciale sur les soins de fin de vie,
l'autodétermination de la personne a été au coeur des discussions. Alors,
aujourd'hui, je souhaite qu'on puisse aller de l'avant en adoptant cet
amendement.
Et je me questionne, à savoir : Est-ce que,
comme société, nous voulons obliger les gens à mourir dans un lieu précis?
Est-ce que c'est ça qu'on veut comme société, plutôt que d'une société qui
respecte le libre choix et qui permet aux gens de choisir le dernier souvenir
qu'ils veulent conserver?
Avec l'aide médicale à mourir, les patients qui
y recourent veulent choisir une date, une heure et un endroit. Et, comme ministre,
je souhaite que la volonté de la personne prime par-dessus tout, toujours avec
la perspective de la prudence que nous devons avoir.
Et, pour cela, nous avons
adopté des articles précédemment nous permettant de mettre les balises
nécessaires pour nous assurer que l'aide
médicale à mourir soit dans le respect des personnes, dans le respect de la
dignité, mais tout en respectant les différentes balises en vigueur.
Alors, voilà.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci, Mme la ministre.
Est-ce que j'ai d'autres interventions? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, Mme la
Présidente. Merci, Mme la ministre, pour le partage de... le point de vue du gouvernement et de nous ramener à notre débat
que nous avons conclu la semaine passée. Je constate que c'est un sujet très sensible, très délicat. Et, comme nous avons
déjà dit, on n'a jamais fait le débat en ce qui concerne le lieu. Que ce
soit comme membres de la commission spéciale, ça ne faisait pas
partie de nos
discussions, des demandes que nous avons faites lors des consultations, ni dans
cette commission non plus, ça... ça ne faisait pas
partie des questions que nous avons posées aux gens qui sont venus
témoigner. Ça ne se retrouve pas nécessairement dans nos mémoires, à
moins que moi, j'aie manqué quelque chose, mais ce n'était pas quelque chose
qui a été soulevé. Puis, je pense, c'est parce que les gens pensaient que
c'était quand même clair, la façon que c'est écrit dans la
loi sur les soins de
fin de vie.
Nous avons nos trois endroits où les gens
qui le souhaitent, parce qu'ils sont rendus là dans leur vie, ils peuvent
poursuivre dans le continuum de soins, d'avoir accès à l'aide médicale à mourir
dans les établissements, dans les maisons de
soins palliatifs ainsi qu'à domicile. Puis là ce que nous apprenons, c'est que
la notion de domicile est quand même interprétée largement, chose que...
évidemment nous a surpris puis nous a surpris parce qu'on a vu, tout le monde
ensemble, ce qu'on a vu dans la revue de presse avec le continuum de services
qui est offert dans les salons funéraires ou
dans le... un, quand même, qui a été médiatisé, qui a quand même soulevé un
débat, je pense, essentiel puis important que nous aurons ici. Je pense
que les gens qui nous suivent, la population, que ce soit médiatisé ou non... Mais ça va être important que les gens sachent que
nous avons quand même vidé la question et qu'on a quand même fait le débat. Puis il y a eu des échanges constructifs
en ce qui concerne une décision d'élargir, dans le fond, comme la
ministre a dit, parce que nous avons des cas, puis je constate que... Je pense
qu'il faut agir avec de la prudence. Est-ce que nous souhaitons empêcher du
monde de prendre une décision à la fin de leur vie, rendu là? Il faut avoir le
respect, il faut avoir de la dignité, il faut assurer la sécurité.
Mais je dois partager que j'ai quand même un
questionnement en ce qui concerne cette évolution. Ce n'est pas nécessairement de dire que je suis pour ou
contre ou que ma formation politique est pour ou contre, mais je pense qu'on a une responsabilité d'avoir des échanges
là-dessus pour s'assurer que, vraiment, on a une clarté de la direction
que nous allons poursuivre. Parce qu'ici ce
qu'on comprend avec l'article qui est inséré après l'article 4.1, c'est
qu'on rouvre la porte. On rouvre la porte. Pourquoi? Parce qu'on a
compris qu'apparemment ça se pratique quand même. C'est un argument, oui, mais
on pourra dire que... Chaque fois, il y a quelqu'un qui va à l'extérieur de la
loi, est-ce que nous devons changer les choses à l'intérieur de nos lois? Puis
ça, ce n'est pas toujours pour le bénéfice de la population. Alors, c'est un
argument, pour moi, qui... qui est difficile à dire que ça va me convaincre.
Moi, ce que je souhaiterais plutôt, c'est de
parler de la mise en pratique, le pratico-pratique, comment est-ce que ce serait mis en place si cet
article est
adopté de la façon que c'est écrit. Évidemment, ça soulève des
préoccupations, ça soulève des préoccupations parce que... on a évoqué quand
même quelques exemples la semaine passée. Exemple, s'il y a quelqu'un qui
souhaite le faire en paix à côté d'un lac, un lac dans un parc national, par
exemple, comment pouvons... comment allons-nous éviter qu'il n'y ait pas des
témoins qui passent aux alentours, ou si c'est un autre parc? Parce que c'est
ça qu'on veut éviter. Puis on a entendu... C'était Dr Ménard qui était...
Mme Maccarone : Morneau... Moreau
qui nous a accompagnés la semaine passée, et je le remercie pour ses
contributions. Il nous a aidés à mieux comprendre le processus puis
l'application, dans le fond, avec ses explications de comment ça fonctionne du
début jusqu'à la fin.
Mais ça reste que, selon moi, je trouve que le
médecin... Avec tout le respect que j'ai pour le Collège des médecins puis ce
que vous faites, Dr Evoy, aussi, ce n'est pas un reproche, c'est juste que
j'ai l'impression que le médecin devient
législateur. Puis nous, nous avons quand même une responsabilité ici, autour de
la table. Parce que ce qu'on a
compris, ce serait quand même le médecin qui... ou maintenant l'IPS qui suit la
personne concernée, qui fait la demande, qui va tout détailler. C'est le
souhait que moi, je souhaite, que ça fonctionne, que ça soit dans une chambre d'hôtel, ou au bord du lac, ou dans un zoo, ou
dans un musée, par exemple. Mais ça va être le médecin ou l'IPS qui vont
quand même faire les vérifications, qui vont
quand même dire : Oui, je trouve que vous respectez quand même des
règles, c'est sécuritaire, c'est faisable.
Et, nous, comme législateurs, bien, c'est comme si on se délègue de toute
responsabilité, ce qui soulève un malaise pour moi.
Moi, je trouve que
nous avons quand même une responsabilité de sous-amender, peut-être, cet
article... d'amender l'article, parce que ce
n'est pas un amendement d'un
article qu'on introduit, mais de peut-être amender
l'article pour penser un peu à des balises. Est-ce que c'est parce qu'on souhaite
que ça soit ouvert? Parce que... je ne veux pas utiliser la terminologie «bar
ouvert», parce que ce n'est pas ça que je pense qu'on souhaite non plus, on a
beaucoup entendu qu'on ne veut pas que le Québec devienne
le paradis de l'aide médicale à mourir. Parce qu'on est en train de
«romantatiser» cet acte... «to romanticize»... Non, ce n'est pas ça?
Maccarone : Romantiser, je vais l'écrire, de romantiser...
Maccarone : Romancer. Bon, vous autres, vous me conseillez mal. Ça ne
va pas bien, là.
Une voix : Oui,
mais ce n'est pas toujours évident, même pour nous, là.
Maccarone : Voilà. O.K., qu'on ne veut pas le romancer non plus, c'est
ça. On veut quand même que les gens comprennent que c'est une exception. Mais,
tout à fait comme Mme la ministre, elle a dit, on veut aussi respecter la
volonté de la personne en toute dignité.
Ça fait que je
soumets ça, c'est ça, mes préoccupations. Est-ce que ça va être partout, dans
n'importe quel lieu public? Devons-nous peut-être réserver ça pour des lieux
privés? Si c'est des lieux publics, c'est quoi, le recours pour s'assurer que les gens qui vont participer
sans, peut-être, leur volonté, vont être au courant de comment ça se
passe ou que cet acte va se passer sur le
terrain, chez eux? Si c'est un parc national, par exemple, c'est quoi, les
paramètres à suivre? Est-ce que nous avons quelque chose que nous devons
peut-être mettre ici pour avoir quand même une règle à suivre, une loi à
suivre, une référence à une loi?
Tu sais, je peux
penser aussi aux municipalités, par exemple. C'est... Est-ce que les
municipalités auront un mot à dire là-dedans? On parle beaucoup du principe de
subsidiarité, malgré qu'on parle beaucoup du principe de centralisation de pouvoirs. Mais, si on pouvait
penser au principe de subsidiarité, est-ce que les municipalités auront
un mot à dire, comme par exemple, je ne sais
pas, n'importe quelle municipalité de votre choix, à Sainte-Agathe-des-Monts,
puis eux, ils diront : Bien, chez nous,
là, on ne peut pas utiliser nos parcs pour l'administration de l'aide médicale
à mourir? Ça fait qu'est-ce que ça, c'est quelque chose qu'on pourra
prévoir? Parce que, là, tout le monde qui nous regarde vont dire : Mon
Dieu! C'est large, puis, chez nous, je ne sais pas si je souhaite donner ça.
l'autre exemple d'un propriétaire d'hôtel, on n'a pas la nécessité de leur
avertir que je réserve une chambre pour cette fin, ou quelqu'un qui est
propriétaire d'une deuxième résidence qu'ils vont louer. Bien, s'il n'y a pas
une exigence de partager : C'est ça que... C'est pour cette raison que je
souhaite louer cette résidence, j'ai un malaise.
fait que, pour moi, je... Ce que je souhaite, ce que j'aimerais voir dans un
débat, un échange : Est-ce qu'on a un moyen de trouver un équilibre là-dedans pour reconnaître... Pour moi,
c'est des enjeux pour respecter tout le monde, les gens qui, oui, souhaitent avoir accès à l'aide médicale à mourir,
mais tous les gens qui sont aux alentours de ce processus
involontairement, de s'assurer qu'il y a quand même une compréhension commune.
Merci.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci beaucoup, Mme la députée. Est-ce que
j'ai d'autres interventions? M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Oui. Bon, je pense qu'effectivement il y a quelque chose de très
intéressant et très important à approfondir dans ce sous-amendement-là... de
cet amendement-là, plutôt, à l'article 4, parce qu'on... plusieurs
pourraient interpréter l'article 4 comme restrictif.
Le législateur, à
l'époque, a donné trois endroits, et, visiblement, avec la pratique, on a
débordé, là, on parle de 1 %. Ce qui est assez particulier, moi, dans le
rapport, le dernier rapport de la Commission sur les soins de fin de vie, lorsque
l'on regarde les pourcentages de ce qui est fait en établissements, dans les
maisons de soins palliatifs et à domicile, on arrive à 100 %. Donc, le
«autres», le 1 % ne semble pas avoir été documenté, du moins pas rendu
public dans le rapport, moi, que j'ai eu
l'occasion de consulter. Mais cette pratique-là, elle a été révélée par les
journaux, on en a fait grand état, d'abord avec les salons funéraires,
puis on a appris dans le débat de la semaine dernière qu'il y avait d'autres endroits, les chambres d'hôtel, on a même
évoqué les parcs. Alors, moi, ça m'a surpris. Moi, je l'ai appris comme
ça. Et, en approfondissant à la fois le rapport de la commission, mais
également le texte de loi original, on voit que la structure de la loi était pour s'assurer qu'on puisse avoir des
dispositions, des politiques publiques où le CISSS encadre la procédure d'administration de l'aide médicale à
mourir. Il y a notamment l'article 8, qui est un corollaire de
l'article 4, qui dit : On va
compiler les... toutes les données sur ce qui est fait en... notamment à
domicile, les demandes, les refus, et ainsi de suite. Donc, ça me
semblait faire
partie d'un tout qui était cohérent.
on vient ériger comme un nouveau principe celui du droit inaliénable de la
personne de choisir le lieu, le... et le
moment, et... surtout le lieu, et c'est pour moi un élément qui n'a jamais été,
à ma connaissance, soumis à la consultation, là, ni il y a une dizaine
d'années ni il y a deux ans, lors de la consultation spéciale, et je ne
pense pas que les groupes, non plus, là, avaient demandé cette modification-là
ou n'ont été consultés là-dessus. Alors, je me demande jusqu'où, lorsqu'il est
question d'un soin, est-ce qu'on a justement ce même droit reconnu à la
personne de choisir, de choisir le lieu, de choisir le temps, et ainsi de
suite. Ça me semble être un élément tout à fait particulier à l'aide médicale à
mourir qu'on est en train de proposer. Et je
me demande quels effets ça peut avoir, parce qu'on pourrait très bien dire
que la personne est, selon les normes
sociales qu'on s'est données il y a une dizaine d'années... On est déjà en
avance sur bien d'autres endroits à travers le monde; certains n'ont pas
voulu ouvrir le débat, nous, on l'a ouvert. On a voulu y aller de façon graduelle, en s'assurant qu'évidemment
les droits des personnes, concurrents, là, soient le plus équilibrés
possible.
Et là ce qu'on voit
poindre avec cet amendement-là, c'est que la décision, la volonté du patient
fait foi de tout. Et, même si on sort du cadre qui est régi par le réseau de la
santé, ou par le CISSS, en l'occurrence, qui a la responsabilité d'adopter les politiques,
adopter un cadre éthique également... Mais, une fois que le soin est donné non
seulement à l'extérieur de ces établissements, mais à l'extérieur du domicile,
parce qu'on sait qu'il y a... il y a des soins à domicile qui sont donnés par
les CLSC, là, mais, dans tous les endroits, selon le bon vouloir du patient et avec l'acceptation du médecin... mais là quel
genre de supervision, quel genre de politique, quel genre de cadre
éthique avons-nous et quel... et vers où
voulons-nous aller d'ici... Les cinq ou les 10 dernières années, est-ce
qu'on a véritablement mesuré l'effet
que cela pourra avoir dans l'avenir? Est-ce qu'on peut, par exemple, présumer
que, dans tous les endroits publics accessibles au commun des mortels...
qu'on puisse décider d'obtenir des soins d'aide médicale à mourir à toute heure
du jour ou de la nuit?
Ma collègue a mentionné, tout à l'heure, que des
municipalités ont des règles, notamment sur les espaces publics. Est-ce qu'on
peut y aller à certaines heures dans la nuit? Dans certains cas, c'est
restreint. Est-ce qu'on peut, par exemple, y promener son chien? Dans certains
cas, c'est restreint. Est-ce qu'on peut consommer de l'alcool? Dans bien des
cas, c'est restreint. Est-ce qu'on peut être accompagné d'un médecin et...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : ...s'il vous plaît, les
appareils doivent être en mode... Merci. Merci.
M. Arseneau : Donc, si des règles
municipales sont appliquées pour, par exemple, la consommation d'alcool dans les parcs, est-ce que les municipalités
pourront, ou devront, ou feront le choix de déterminer que
l'administration d'un traitement médical comme l'aide médicale à mourir est
permis ou est interdite? Et, dans le cas où on voudrait interdire, dans le cas où certains hôtels indiqueraient qu'à partir
de... désormais, sachant maintenant que c'est dans l'espace public puis que les gens peuvent choisir où aller
obtenir ces soins, qu'ils décident de... d'interdire, essentiellement,
cette pratique-là, jusqu'à quel point est-ce
qu'ils n'entrent pas dans une pratique discriminatoire? Et c'est ce genre
d'éléments là qu'il me semble qu'on n'a pas eu l'occasion de clarifier ou sur
lequel on n'a pas eu l'occasion de réfléchir.
Et ça me fait penser au fait qu'on dit :
Bien, maintenant, ça se passera entre le médecin et le patient. Pour ce qui est de... je dirais, du consentement aux
soins, pour ce qui est du choix éclairé, pour ce qui est des règles
déontologiques, évidemment, ça se passe entre le médecin et le patient. Mais,
pour ce qui est du cadre et de la politique et du rôle que doit exercer le CISSS, je pense qu'à ce moment-là
ce choix-là, lorsqu'il est extrait du cadre qui est imparti par la loi,
bien, il fait en sorte que le CISSS ne puisse plus exercer son rôle et
s'assurer de l'application des règles éthiques. Et c'est là où je me pose la
question, parce que le Collège des médecins, lui-même, en réaction à la
nouvelle concernant les salons funéraires, a mentionné que le médecin allait,
dans tous les cas, respecter son code de déontologie, mais que, pour le reste, il appartenait aux Québécois, à la
société d'en débattre et d'en décider. C'est... Et moi, je suis d'accord
avec ça. C'est donc au législateur, au nom
des citoyens, de déterminer le cadre dans lequel le libre arbitre du patient
peut être exercé. Mais on sait très
bien qu'il y a un certain nombre de règles auxquelles on doit obéir en société
pour toutes sortes de matières. Et cette matière-là, me semble-t-il,
devrait aussi être regardée avec une extrême prudence pour éviter les
dérives... les dérives ou les dérapages.
Et c'est là
où je pense que nous ne pouvons pas simplement dire : Il appartiendra aux
médecins et aux patients, dans leur
intimité, dans l'intimité de leur discussion, de déterminer dans quel cadre
physique ce soin-là pourra être donné, sans penser que ça aura un impact
sur... en fait, sur l'espace public, sur le reste de la société et même sur
l'espace privé également. Parce que, si on a pu argumenter le fait que
certaines personnes choisiront de sortir de leur domicile pour ne pas avoir à obtenir ces soins de fin de
vie à la maison en raison de... je dirais, de l'impression que ça peut
donner au reste de la famille qui
continueront de vivre là-bas... Mais qu'en est-il des lieux publics qui
serviront à ces fins? Qu'en est-il
des chambres d'hôtel qui serviront à ces fins? Est-ce que le minimum ne serait
pas d'identifier un certain nombre d'endroits ou de catégories d'endroit
ou, si on fonctionne au cas par cas, de s'assurer qu'au moment de remplir les formulaires, pour s'assurer que les soins auprès
du CISSS, à la pharmacie, par exemple, lorsqu'on doit administrer, pour fins de compilation, qui est déjà prévue dans la
loi... D'ailleurs, on compile les données sur tout ça, les demandes qui
sont acceptées, sont refusées, les motifs,
ainsi de suite. Bon, est-ce qu'on ne devrait pas, justement, se garder
certaines balises, certains
garde-fous et dire : Bon, voici la demande, elle sera examinée, elle sera
sujette à entente, le CISSS l'approuvera, si on doit sortir des murs?
Et ce qui m'amène à un autre élément. Est-ce que
le système public s'est donné toutes les garanties pour pouvoir offrir des
lieux, des chambres adéquatement disposées pour que les gens qui souhaitent et
qui sont rendus en fin de vie ou qui sont
rendus à choisir l'aide médicale à mourir puissent le faire, justement, avec
dignité dans le cadre du service public? Est-ce que les cas qui ont été
rapportés dans les médias en disant que ce soin-là avait été administré, dans
certains cas, de façon indigne à même les installations du réseau de la
santé... Est-ce que le ministère ne doit pas se donner l'obligation de fournir,
d'offrir des chambres qui sont adéquatement disposées par territoire de CISSS,
par exemple, pour que ce soit la première option qui soit considérée si on veut
justement revenir à l'idée d'avoir un endroit qui soit aussi disponible de
façon équitable aussi pour l'ensemble de la population? Je pense qu'il y a
cette notion-là, le choix des uns et des autres dans l'obtention d'un soin.
C'est un nouveau
concept, alors que, pour la plupart des soins... En fait, moi, je connais peu
de soins où on va pouvoir convenir, avec le CLSC, avec son médecin, de
l'endroit à l'extérieur de son domicile, si on a des soins à domicile,
ou des installations du système de santé. On ne donne pas un rendez-vous à son
médecin pour aller sur la place publique, pour avoir des injections ou un
changement de pansement, à ce que je sache, ou quoi que ce soit. Donc, cette nouvelle catégorie là qu'on crée pour
les soins de fin de vie, sans considérer que ces endroits-là ne
disposent pas d'un cadre éthique d'aucune
façon, et, à la limite, c'est ce qu'on vient dire, ne
seront même pas informés de ce qui... de ce qui se passe, bien là,
évidemment, ça pose... Pour moi, en fait, c'est matière à réflexion, la
réflexion qui sera, évidemment, difficile. Puis je ne demande pas, là, qu'on
retourne en consultations nécessairement, mais je fais un appel, quand même, à la prudence sur les
conséquences d'un libellé comme celui qu'on vient... qu'on vient d'adopter
ou qu'on est en train de discuter et qui pourrait être adopté.
Alors,
moi, j'aimerais, en terminant mon propos là-dessus, là... j'avais une vingtaine
de minutes pour... je crois que mon
temps s'abrège. En 40 secondes, j'aimerais déposer un sous-amendement à la
proposition gouvernementale. Si vous me permettez, Mme la Présidente, je
pourrais le lire ou le transférer.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Par contre, vous allez devoir le transmettre.
Alors, on va
suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
10 h 57)
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! Nous reprenons la
séance. Nous en étions au dépôt...
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : S'il vous plaît, à l'ordre! Merci. Nous en
étions au dépôt d'un sous-amendement par le député des Îles-de-la-Madeleine. Je
vais vous inviter à le lire, et vous avez 30 secondes pour le faire. M. le
député, la parole est à vous.
M. Arseneau :
L'amendement introduisant
l'article 4.1 est modifié par l'ajout, après le paragraphe 1°, du
suivant :
1.1° par l'insertion,
après le deuxième alinéa, du suivant :
«Chaque CISSS et
CIUSSS a la responsabilité de fournir, dans chacun de ses territoires de réseau
local de santé, une chambre adaptée, aménagée et dédiée à l'administration de
l'aide médicale à mourir en toute dignité.»
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci.
Est-ce que j'ai des interventions sur le sous-amendement?
Bélanger : Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Oui, allez-y.
Bélanger : Je comprends l'intention de ce sous-amendement, mais je ne
serai pas en faveur d'adopter ce sous-amendement, parce qu'il y a déjà des
programmes de soins palliatifs et des politiques de soins palliatifs dans
chaque établissement de santé, au Québec, qui organisent les soins en fonction
des lieux, des ressources dont ils disposent. Donc, je pense que c'est déjà
prévu.
Cependant, je
voudrais quand même mentionner que la discussion que nous avons eue tantôt en
lien avec la possibilité de... avec le respect du choix de la personne quant au
lieu et la discussion qui a été amenée, je pense que c'est par mon collègue
député des Îles-de-la-Madeleine, concernant la place du public est
intéressante, et je vais amener un amendement à ce niveau-là, un sous-amendement
à l'amendement, éventuellement.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : On va toutefois traiter du sous-amendement et
après ça on peut revenir sur un...
Bélanger : Je fais juste l'annoncer.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : On va revenir à l'amendement et après ça on
reviendra sur les étapes ultérieures. Est-ce que j'ai d'autres interventions
sur le sous-amendement? M. le député des Îles.
M. Arseneau :
...voulez bien, Mme la Présidente, j'aimerais présenter le sens du
sous-amendement. C'est qu'on a fait, tout à l'heure, une
partie de la
discussion sur le choix qui est laissé en toute discrétion au patient. Et moi,
je pense que, si le patient veut faire un choix éclairé, il faut que le réseau
de la santé puisse lui offrir un choix qui soit adéquat dans les installations
qui sont déjà prévues à cette fin et que ce soit accessible sur l'ensemble du
territoire. Et, à l'heure actuelle, selon les échos qu'on a entendus, si
certains patients souhaitent sortir du cadre des installations du réseau de la
santé, c'est parce que ces installations-là ne seraient pas adéquates, ou ne
seraient pas disponibles, ou seraient même, parfois, disponibles en
cohabitation avec d'autres patients. C'est des indications qui ont été données
dans l'espace public, auquelles vous avez eu accès comme moi, j'imagine.
Alors, il me semble
qu'avant de dire que ce choix-là appartient uniquement à la personne, encore
faut-il que le réseau de la santé puisse
offrir des lieux qui soient propices, qui soient solennels, qui soient adaptés
pour que le patient qui, justement, a
choisi les soins de fin de vie puisse le faire en toute dignité à l'intérieur
du réseau, donc qu'on puisse avoir
l'accès, d'une part, sur l'ensemble du territoire, d'où l'idée que les CISSS
puissent offrir ce type de chambres adaptées dans l'ensemble des réseaux
locaux de santé, que ce soit, sur le plan géographique, accessible, mais que ce
soit aussi, disons, disposé de sorte que ce
choix-là devienne attrayant, devienne intéressant et que le système public soit
allé au bout, justement, de la logique où on veut que ces soins-là
soient accessibles, avec la plus grande dignité, dans un décorum qui est
adéquat et que ça puisse se faire à l'intérieur, donc, des installations du
réseau.
Parce que, si le réseau de la santé ne fait pas
son effort, c'est comme si on disait que, maintenant, les soins de fin de vie, bien, ça appartient au domaine du
privé, donc on va faire le service minimal, on va être dans les corridors
ou sur des civières parce qu'on manque d'espace, puis on va avoir des murs
blancs puis des éclairages au néon, puis ça ne
sera pas du tout ce qu'on imagine pour vivre nos derniers instants dans
l'intimité de notre famille ou avec nos proches. Et là, à ce moment-là, bien, on crée justement cet
espace pour que des entreprises décident d'occuper ce créneau-là qui
aura été libéré par, à mon point de vue, un certain manque de responsabilité,
de la part du réseau, de le faire adéquatement à l'intérieur de ses murs.
Alors, si on
est allés au bout de la logique du soin qui est prodigué dans un environnement
adéquat, favorable, ensuite qu'on considère d'autres espaces, bon, on
pourra en discuter. Mais il me semble que ce sous-amendement-là fait en sorte que l'État du Québec se donne les
moyens d'éviter, justement, toute dérive ou déresponsabilisation de la
part du réseau. Et c'est vraiment le coeur
de l'amendement que je veux faire. Si on voit qu'en bout de ligne on donne le
choix, mais un choix réel, entre des
installations adéquates dans le réseau et d'autres endroits, bien, il me semble
qu'on peut endiguer cette espèce d'attraction qui sera éventuellement,
disons, générée par une offre à l'extérieur du réseau de la santé.
À moins que l'objectif soit véritablement que le
système de santé, que les CISSS ne soient plus responsables, auquel cas il
faudrait réfléchir à une autre voie, celle d'instituer des lieux, comme on le
voit dans certains pays, des... véritablement, des centres d'administration de
l'aide médicale à mourir. Mais ce qu'on avait choisi jusque-là, c'était que, j'y reviens, il y avait essentiellement trois
endroits : les installations du système de santé, le domicile ou les
maisons de soins palliatifs. Et Dieu sait que les maisons de soins palliatifs,
je pense que les gestionnaires de ces maisons-là font tout en leur possible
pour créer un environnement qui soit paisible, qui soit solennel, qui soit
propice, donc, aux soins qu'on y prodigue.
On sait que, dans le milieu hospitalier, compte
tenu de la pression, actuellement, sur le réseau, bien, il y a peut-être un effort supplémentaire à faire, et
c'est ce que cet amendement-là cherche à faire, que, si on veut
véritablement mettre l'emphase, l'accent sur
un service qui soit offert et... un soin de santé, en fait — je
devrais corriger, c'est un soin de santé — dans
des conditions optimales, dans des conditions, justement, de bienveillance, et
tout, il me semble que c'est une obligation
morale qu'on doit se donner. Et, comme législateur, moi, je pense qu'ensuite
les moyens peuvent être déployés par l'organisation. Si nous souhaitons
véritablement que les gens en fin de vie aient le meilleur, bien, il faut
offrir le meilleur d'abord dans le réseau. C'était le sens de mon intervention.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci, M. le député. La
députée de Sherbrooke a demandé la parole.
Mme Labrie : Merci, Mme la
Présidente. Moi, j'accueille très positivement la proposition de mon collègue
des Îles-de-la-Madeleine, je trouve que c'est un ajout intéressant.
Effectivement, on peut se demander pourquoi des gens préfèrent opter pour un
autre lieu pour obtenir l'aide médicale à mourir. Est-ce que les lieux qu'on
met à leur disposition au sein du réseau
sont satisfaisants? Moi, je veux profiter de l'occasion de cet amendement-là
pour demander à la ministre de nous expliquer peut-être comment ça se
passe. Est-ce qu'actuellement dans chacun des RLS c'est possible d'obtenir
l'aide médicale à mourir dans le réseau ou bien est-ce que ça implique parfois,
par exemple, des déplacements sur des grandes distances pour les gens qui
souhaitent obtenir l'aide médicale à mourir?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Bélanger : Oui. Mme la Présidente, en fait, nous avons un
plan d'action national sur les soins palliatifs. Si je ne me trompe pas,
c'est un plan d'action national 2019-2025. Je pourrais demander à notre directrice
nationale des soins infirmiers de valider la période et les années que je viens
de mentionner, mais ce qu'il est important de mentionner, c'est qu'il y a des
mesures importantes, il y a tout un plan d'action important, avec plusieurs
mesures, pour continuer d'améliorer nos programmes de soins palliatifs, et
chaque établissement doit se doter d'une politique de soins palliatifs. Alors, dans les établissements actuellement, les
endroits où on a des soins palliatifs, c'est à l'hôpital, en CHSLD et en
soutien à domicile. Ça, ça fait
partie des services en établissement.
Maintenant, les services ne sont pas uniformes d'un établissement à l'autre.
Et pour revenir avec les soins palliatifs à
l'hôpital, certains hôpitaux ont des unités qu'on appelle fermées. Ça,
c'est-à-dire que c'est un lieu précis, avec un espace, donc, avec tout ce que
ça signifie en termes de soins palliatifs,
ça veut dire avec des chambres, avec un salon pour accueillir les proches, avec
une équipe interdisciplinaire. Ça, plusieurs hôpitaux ont ça. Plusieurs
CHSLD, aussi, ont aménagé des secteurs, à l'intérieur de leur CHSLD, pour les
soins de fin de vie, et je parle ici des soins de fin de vie, soins palliatifs
de façon générale.
Maintenant, il y a
d'autres modèles, dans certains hôpitaux, où il n'y a pas de lieu, je dirais,
désigné. Il y a des lits de soins palliatifs, à travers des unités de médecine,
donc, et le personnel est formé, mais ce n'est pas un lieu spécifique, là, d'unité de soins palliatifs comme
on peut l'entendre. Chaque établissement doit développer des services en
fonction de leur mission, mais en fonction, aussi, de leur réalité et des
ressources dont elles disposent, mais tout le monde doit avoir un plan de soins
palliatifs au sein de son établissement, donc avec des équipes dédiées, des
équipes interdisciplinaires qui peuvent être
des équipes volantes ou des équipes en place dans un lieu physique,
dépendamment comment chaque établissement est organisé.
Alors, la réalité des
grands hôpitaux, des plus petits hôpitaux et des hôpitaux en région est
complètement différente, complètement
différente. Et moi, c'est la raison pour laquelle je ne suis pas en faveur de
cet amendement, parce que, dans... ce
sous-amendement, je devrais dire, je ne suis pas en faveur de ce
sous-amendement, parce qu'il est prévu que
nous ayons notre plan d'action en soins palliatifs et que nous devons le
réaliser. Puis les CISSS et les CIUSSS ont des responsabilités par
rapport à ça. Alors, c'est déjà prévu dans une autre modalité. Et de l'écrire
comme là, d'avoir une chambre, je ne me
souviens plus, là, tel quel, comment... je n'ai pas l'amendement sous les yeux,
d'avoir une chambre adaptée, peut-être
que ce ne serait même pas suffisant non plus. Alors, je pense qu'on rentre dans
de la gestion de programmes-services ici, puis, pour moi, je comprends
l'intention, mais ce n'est pas requis du tout de mettre ça dans le projet de
loi.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci, Mme la ministre. J'ai d'autres
interventions? Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Est-ce
que, dans... J'ai bien compris que ça relevait, donc, de chaque établissement.
Est-ce que, dans le plan de chacun des
établissements, c'est requis qu'il y ait cette offre-là dans chacun des RLS ou
bien ils ont la liberté de
centraliser ces services-là là où ils le veulent? Est-ce que... par exemple, si
je prends le CIUSSS de l'Estrie, est-ce qu'ils ont l'obligation, dans leur plan, d'offrir le même niveau de
services dans les RLS les plus éloignés, par exemple, dans la région du
Granit, de Brome-Missisquoi? Est-ce que c'est ce qui est prévu puis obligé dans
le plan?
Mme Bélanger :
Bien, en fait, ce qui est obligé,
c'est d'avoir un programme de soins palliatifs qui est organisé par chaque CISSS et CIUSSS, et chacun devrait
tenir compte de ses réalités locales. Alors, ça, c'est vraiment
important. Maintenant, d'une région à
l'autre, il y a, vous l'avez mentionné, l'étendue des territoires, la
disponibilité des différentes catégories
d'établissements, les ressources. Il y a des belles choses qui se réalisent
partout au Québec puis... Mais, je le répète,
les CISSS et les CIUSSS doivent prévoir au sein de leur établissement, à
l'hôpital, en CHSLD et dans leur équipe de soutien à domicile.
Maintenant, quand on
compare un établissement à l'autre, ils ne sont pas... ils n'ont pas tous
développé leur expertise de façon très importante dans un... ou l'autre des
rubriques. Je vais vous donner l'exemple du CIUSSS du Centre-Sud et de l'équipe
de soutien à domicile de l'hôpital de... — voyons! — du
CIUSSS du Centre-Sud, équipe de soins palliatifs à domicile, qui est un
exemple, qui est un exemple, pour le Québec, de développement de soins
palliatifs à domicile de façon structurée, organisée, 24/7. Alors, ils offrent
un service, vraiment, puis ils font de la formation, etc. Donc, eux, ils ont
développé ce créneau-là très important. L'Hôpital de Verdun a développé des
lits, et il y a des CHSLD qui ont développé
une approche. Mais il y a toute une équipe interdisciplinaire, il y a des
comités qui se mettent en place, il y a des rencontres avec le ministère,
aussi, par rapport aux gens qui sont responsables des programmes de soins
palliatifs dans chacun des établissements. Mais il faut laisser la latitude et
la liberté à chaque établissement
d'organiser... Chacun doit avancer et développer dans les trois domaines, mais
il faut quand même tenir compte des
ressources disponibles puis des besoins de la population, aussi, qui peuvent
différer d'un établissement à l'autre.
Puis,
pour en ajouter, puis j'arrête avec ça, dans un réseau local de services, il
pourrait ne pas y avoir de maison de
soins palliatifs sur le territoire. Prenons l'exemple du CIUSSS du Centre-Sud,
que je connais bien, ils ont beaucoup développé leur soutien à domicile,
leurs soins palliatifs à l'hôpital et en CHSLD, mais il n'y a aucune maison de soins palliatifs sur leur territoire. Donc, vous
voyez, donc, l'obligation, là, dans ce cas-là, qu'ils aient... qu'ils
adaptent leur plan d'action. Dans un autre établissement, il pourrait y avoir
une maison de soins palliatifs avec plusieurs lits. Bien, ils vont s'ajuster en
fonction du réseau local de services.
Alors, c'est pour ça,
pour moi, c'est vraiment important de ne pas mettre une obligation d'une
chambre. Pour moi, c'est plus que ça, c'est un programme de soins palliatifs.
Puis on le voit ailleurs, puis il y a des modalités prévues dans ce sens-là.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci, Mme la ministre. Vous me...
Mme Labrie : Bien,
juste pour terminer...
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Je vais... On va épuiser la... Parfait. Alors,
continuez.
Mme Labrie : Bien,
moi, j'entends la réponse de la ministre, que c'est quand même passablement
aléatoire, là, le niveau de service qui est offert selon l'établissement puis
même entre RLS au sein d'un même établissement. J'avoue que c'est quelque chose qui me préoccupe, là. Moi, je suis la
première à vouloir qu'il y ait la liberté de s'adapter selon le contexte
de chacun des milieux, puis évidemment c'est ce qu'on souhaite. Mais, au niveau
de la liberté de choix des citoyens, il me semble qu'on devrait être en mesure
de leur proposer au moins quelque chose qui est équivalent, là, en termes
d'offre de soins, de services, de type de lieux qu'on leur propose.
Ça m'apparaît un enjeu qu'il y ait des endroits
où il n'y a pas accès, par exemple, à une maison de soins palliatifs, puis pas
seulement en lien avec l'aide médicale à mourir, d'ailleurs, là, je veux dire,
ce sont des lieux qui sont
importants pour les communautés. Ça m'apparaît un enjeu aussi, quand la
ministre nous explique que, dans certains gros hôpitaux, les lieux sont aménagés de manière quand même pas mal
plus intéressante pour recevoir des soins palliatifs, avec un espace
aménagé pour les familles, tout ça, puis que, dans d'autres endroits qui sont
plus petits, on n'est pas en mesure d'offrir des lieux aussi bien adaptés à la
situation.
Là, je comprends que la ministre ne veut pas
inclure ça ici en acceptant l'amendement de mon collègue, mais j'aimerais quand
même savoir, puis ce sera ma dernière question là-dessus : Dans le plan
d'action dont elle nous a parlé, qui s'étire
jusqu'en 2026, est-ce qu'il y a quand même des objectifs d'atteindre un certain
seuil de qualité, de diversité d'offre de services dans chacune des
régions du Québec puis même, je dirais, dans chacun des RLS à la fin de la mise
en oeuvre de ce plan d'action là en 2026?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre.
Bélanger : Oui, Mme la Présidente. Le plan d'action dont je
parlais tantôt, c'est pour la période 2020‑2025.
Mme Labrie : 2025, pardon.
Mme Bélanger : Il y a eu la
pandémie, donc, plusieurs actions prévues dans ce plan d'action n'ont pas connu le même... la même progression d'atteinte
vers l'objectif. C'est une priorité ministérielle, les soins palliatifs.
Alors, les travaux sont en cours avec,
notamment, la directrice nationale des soins infirmiers, donc, pour que chaque
établissement soit représenté avec un porteur de dossier, l'objectif étant
d'atteindre les objectifs et les mesures qui sont identifiés dans le plan d'action. Chaque établissement doit
aller de l'avant, soumettre leurs projets, les moyens pour arriver à
on a jusqu'en 2025, et donc... Et là il y a vraiment une reprise, je dirais,
des activités, là, pour s'assurer de garder le focus sur l'atteinte des
objectifs.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, Mme la ministre. Je vais me tourner du côté de la
députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci. Moi, je trouve le
sous-amendement intéressant parce que vous avez... vous venez de le dire vous-même : Il n'y a pas d'uniformité,
certains établissements ont... aménagent des salles, certains ne le font
pas. Donc, il y a un désavantage pour certaines personnes qui se retrouvent
dans des établissements soit plus éloignés, qui ne sont pas aussi grands, etc.,
donc il y a une inéquité dans ce sens-là.
Et ce que je trouve particulièrement intéressant
avec la proposition de mon collègue, c'est qu'il y a des gens, par exemple des
gens qui sont itinérants, des gens qui ont des petits appartements qui ne
peuvent pas accueillir leur famille, etc.,
ça leur donne l'opportunité, justement, d'avoir accès à un endroit, et on parle
beaucoup de dignité, justement, dans ce projet de loi, où ils peuvent
aller en toute dignité avec leur famille, leurs proches, etc., tandis que
peut-être ce n'est pas... ce n'est pas... si c'était... s'il n'y avait pas une
salle qui leur était disponible, ce ne serait pas le cas, parce que soit ils
n'ont pas de domicile, soit leur domicile ne serait pas assez grand pour
accueillir ces gens-là.
Donc, je pense que c'est question d'avoir équité
pour que tout le monde, parce que, là, on va permettre aux gens qui sont
nantis, ont les moyens, d'aller louer une salle dans un centre funéraire, où
que ce soit. Mais, si on n'a pas les moyens, bien, nous, on doit mourir dans
notre lit d'hôpital. Donc, je trouve ça d'autant plus intéressant, parce que,
comme j'ai dit, ça amène la possibilité que chacun ait la possibilité de
pouvoir s'administrer l'aide médicale à mourir dans une salle qui n'est pas un
lit d'hôpital, disons.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci. Est-ce que j'ai
d'autres interventions? Mme la ministre.
Mme Bélanger : Mme la Présidente, en
tout respect, là, pour la députée de D'Arcy-McGee, l'aide médicale à mourir,
c'est un service qui est financé par le système public, là. Les gens n'ont pas
à payer. Je voudrais juste rectifier là-dessus. Les gens n'ont pas à payer pour
recevoir l'aide médicale à mourir. J'aimerais quand même le mentionner pour ne
pas créer, là, de sentiment ou d'effet, là, que certains vont payer puis
d'autres ne paieront pas, là. Il y a quand
même des services publics qui sont mobilisés. Il y a des équipes
interdisciplinaires qui sont sur le terrain, qui innovent pour trouver
des solutions, notamment avec des personnes qui sont en défavorisation sociale.
On a eu beaucoup d'expériences à ce sujet-là. Le volet de l'humanisation des
soins est quand même très important.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. J'ai d'autres interventions?
Prass : Je ne parlais pas de payer pour l'aide médicale à
mourir mais plutôt pour les emplacements, comme l'article qu'on a vu dans le journal. Donc, je ne fais pas allusion du
tout qu'il y aurait question que les gens aient à payer.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. J'ai d'autres interventions? La députée de La Pinière.
Mme Caron : Oui. Merci. Bien, c'est
ce que j'allais... j'allais dire aussi parce que, la semaine dernière, le médecin nous a dit... qui était présent,
Dr Moreau, nous a dit que ça pouvait arriver, que c'était
arrivé qu'une personne, par exemple, itinérante demande l'aide médicale à mourir à l'hôtel.
Alors, c'est dans ce sens-là, il ne va pas payer pour l'aide... pour le
soin, mais il va payer... il y a quelqu'un quelque part, en tout cas, qui paie
pour la chambre d'hôtel.
La question que j'ai, en fait, c'est qu'on... à la
réponse de ma collègue de Sherbrooke, on a parlé beaucoup de soins palliatifs,
du plan d'action 2025, mais il me semble que les médecins en soins
palliatifs qui sont venus nous rencontrer
durant les consultations nous ont dit que soins palliatifs n'égale pas aide
médicale à mourir. Alors, est-ce qu'on peut m'éclairer un petit peu
là-dessus? Parce que je ne vois pas comment le plan d'action pour les soins
palliatifs est en lien avec... avec l'amendement ou le sous-amendement que le
collègue des Îles-de-la-Madeleine a proposé.
Mme Bélanger : Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y, Mme la ministre.
Mme Bélanger : Vous pouvez...
peut-être Dr Evoy peut répondre brièvement.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Consentement pour que le
docteur... je m'excuse, rappelez-moi votre nom...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...que le Dr Evoy prenne la parole? Consentement?
Allez-y, Dr Evoy.
M. Evoy (François) : François Evoy,
neurologue au CIUSSS de l'Estrie, le CHUS. Donc, c'est assez simple, dans le
fond, l'aide médicale à mourir est un des soins couverts par la loi des soins
de fin de vie, mais évidemment ça ne se limite pas à ça, la loi des soins de
fin de vie, et les soins palliatifs, les soins palliatifs, c'est toute une
gamme de soins, et l'aide médicale à mourir est juste une goutte dans l'océan,
qui est très importante.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Merci. Allez-y.
Mme Caron : Merci. C'est ce que
j'avais compris. Alors, c'est pour ça que je ne comprenais pas pourquoi on parlait du plan d'action 2025 sur les
soins palliatifs dans le cadre de cet amendement-là, parce que moi, comme je
le vois... bien, je devrais dire ce
sous-amendement, je pense que ça permettrait d'offrir à une personne qui ne
veut pas être nécessairement à
l'hôpital ou qui n'est pas... Parce que c'est possible que quelqu'un demande
l'aide médicale à mourir, avec
l'élargissement que fait ce projet de loi là, c'est possible qu'une personne
demande l'aide médicale à mourir sans être hospitalisée. Elle peut tout
à fait vivre chez elle et demander l'aide médicale à mourir. On peut comprendre
que peut-être qu'il y a des situations où
elle préfère ne pas le faire à domicile, ne pas le faire à l'hôpital parce
qu'on pense que c'est trop froid.
Mais, pour peut-être baliser davantage les pratiques sur lesquelles il y a...
qui étaient hors de notre radar mais qui
ont été mises en lumière récemment dans les médias, peut-être que cet
amendement-là permettrait de baliser un petit peu, si on peut... s'il y a un lieu qui est offert quelque part, un lieu
qui relève d'un établissement, qui est offert dans chaque région, pour
que les personnes qui ne veulent pas le faire à l'hôpital ou à domicile
puissent se tourner vers ce lieu-là. Ça,
moi, je pense que ça pourrait être intéressant comme... comme ressource,
disons, pour les personnes qui demandent l'aide médicale à mourir et qu'ils ne veulent pas faire dans les autres
lieux prévus sans qu'on ouvre la porte trop grand à toutes les idées qui
pourraient surgir pour... comme lieux et comme scènes d'aide médicale à mourir.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, Mme la députée. Est-ce que j'ai d'autres
interventions sur le sous-amendement? Alors, si je n'ai pas d'autre...
M. Arseneau : ...je vais revenir sur
le sous-amendement, parce qu'en fait on a parlé des maisons de soins
palliatifs, mais il me semble que la loi, là, dès l'article... l'article 3
clarifie la différence entre les soins palliatifs et les soins de fin de vie.
Et, si, en fait, les CISSS ont des obligations relativement aux soins
palliatifs, je ne suis pas certain qu'ils aient des obligations du même ordre
face à l'administration des soins de l'aide médicale à mourir, d'où la
proposition que j'ai déposée.
Et d'ailleurs l'idée n'est pas d'avoir, là, une
chambre ou un lieu par établissement, mais par territoire. Donc, c'est quand même une obligation qui est... qui est
importante mais qui n'est pas inatteignable et qui permettrait,
justement, de s'assurer qu'il y ait un endroit
disponible et adéquat, comme je l'ai mentionné tout à l'heure, mais pas
nécessairement uniquement pour les gens qui sont à l'hôpital, qui sont,
justement, en fin de vie depuis quelques jours, quelques semaines ou quelques mois, mais des gens qui,
justement, au regard du contexte actuel, puissent être à la maison et se
déplacent vers une... un lieu qui
permette... qui permette justement d'obtenir les soins de fin de vie dans le
cadre du réseau de façon, évidemment,
bien encadrée plutôt que d'aller au salon funéraire ou ailleurs dans un endroit
qu'on aurait loué.
Alors, il s'agit, pour moi, là, d'une nuance qui
me semble importante, là, d'amener, que, dans certains cas, on peut avoir des
unités de soins palliatifs et, j'imagine, qu'on puisse adapter les lieux pour
l'administration des soins de fin de vie,
mais il pourrait y avoir aussi, dans l'esprit de cette proposition-là... j'ai
parlé de chambre, mais on pourrait parler de lieu adapté qui puisse être utilisé par
des gens qui rentreraient uniquement à cette fin-là, avec leur
entourage, une journée donnée.
D'ailleurs,
la raison, encore une fois, pour laquelle je souhaite arriver avec une espèce
d'obligation de moyens qui est donnée
aux CISSS et aux CIUSSS de l'ensemble du réseau, c'est que moi, je n'ai pas
cette information-là à savoir pourquoi,
là, le 1 % des gens qu'on recense... mais je ne sais pas, d'ailleurs, qui
l'a fait et où c'est... tout ça, c'est documenté, parce que moi, je ne
l'ai pas vu dans le rapport de la Commission sur les soins de fin de vie, mais
ce fameux 1 %, pourquoi choisit-il d'aller ailleurs que dans le réseau? Et
se peut-il qu'une portion de ce pourcentage-là, de ces gens-là le fassent justement parce qu'ils jugent qu'une
chambre d'hôpital ou de soins palliatifs, c'est impersonnel, c'est
froid, c'est mal éclairé, ce n'est pas adéquat, et qu'ils cherchent autre chose
et, si on leur offrait l'environnement adéquat, favorable, qu'ils auraient
choisi autre chose? Alors, c'est dans ce sens-là, encore une fois, que, ne
sachant pas la raison pour laquelle il y a une partie, certes marginale, des
gens qui choisissent de ne pas recevoir les soins de fin de vie en
établissement, ou dans les maisons de soins palliatifs, ou à domicile, mais
c'est difficile de dire si c'est parce qu'ils recherchent justement quelque
chose qui touche plus particulièrement à leur personnalité ou quoi que ce soit,
à leur expérience de vie, ou simplement parce qu'ils ont jugé que l'hôpital
était trop loin, les chambres qui étaient disponibles ne l'étaient pas vraiment
ou pas de façon adéquate, et ainsi de suite.
Alors, c'est
la raison pour laquelle, encore une fois, si l'objectif est de s'assurer qu'on
puisse avoir des soins de fin de vie
qui sont accessibles à l'ensemble des Québécois de façon la plus équitable possible,
avec un certain cadre, je dirais, de règles éthiques qui sont
applicables par le CISSS, bien, aussi bien l'offrir à l'intérieur de nos
installations. Parce que la raison pour laquelle je pense que la discussion est
importante aujourd'hui, c'est, il faut quand même le mentionner, si, avec l'article, l'amendement de départ, sans le
sous-amendement, était adopté, ce qu'on semble dire, c'est qu'il appartiendra au patient et à son médecin de
choisir l'endroit qui pourra être à l'extérieur du cadre institutionnel,
du cadre du réseau, et évidemment qu'il ne sera pas soumis à aucune règle de la
part du CISSS, puisque ça se déroulera hors des murs et hors du domicile. Et
ça, c'est cette zone d'ombre là qui, moi, me semble être une faille importante
à l'amendement qui est proposé, parce qu'on
n'est plus en mesure, dans le cadre de la loi, d'aller jusqu'au bout,
disons, de l'exercice de surveillance, de contrôle, et de reddition de comptes,
et de cumul de données sur cette pratique tel qu'on souhaitait le faire dans
plusieurs des articles et à travers la commission également.
On a dit tout à l'heure qu'il pourrait y avoir
inspection, mais, encore une fois, s'il n'y a pas de déclaration ou de divulgation obligatoire, ne serait-ce qu'auprès
du CISSS, bien, à ce moment-là, comment savoir où procéder pour faire
enquête si, essentiellement, l'ensemble du territoire est ouvert à cette
pratique-là selon le bon vouloir du patient? Mais évidemment on ne pourra pas
faire une inspection de tous les hôtels ou tous les lieux qui seraient
peut-être susceptibles de donner lieu à ce traitement. Donc, aussi bien,
justement, se donner les moyens de pouvoir offrir un lieu adéquat, un lieu,
encore une fois, paisible et solennel et avec, justement, la garantie que le
service public, il est supérieur, il est non
seulement adéquat, mais il est supérieur. Et à ce moment-là, je pense qu'on
aura... en fait, on pourrait avoir un service qui soit de meilleure
qualité, accessible à tous pour l'ensemble des Québécois et pour l'ensemble du
territoire également.
Ici, ma
crainte, en fait, c'est que, si on ne se donne pas d'obligation, il y aura
toujours d'autres priorités, et surtout s'il se développe, en parallèle,
des filières d'offre de ces services-là, bien, évidemment que ce sera une
occasion pour le réseau public de se retirer et de laisser toute la place au
privé, par exemple. Et, si c'est ce qu'on souhaite faire, bien, qu'on se le
dise que, maintenant, on fournit essentiellement, comme service public, le
médecin et le traitement, et puis le reste, bien, on s'en désengage, on s'en
décharge. Est-ce que c'est ce qu'on veut faire? Moi, je ne suis pas certain que
c'était l'objectif au départ. Je ne suis pas certain non plus que ça a été
débattu dans les commissions, dans les consultations. Je ne suis pas certain
que les Québécois soient tous rendus là non plus, là, ou que le consensus
social soit autour de cette... de cette option-là, là, du virage vers des soins
de fin de vie administrés au privé, avec ou sans encadrement strict. Voilà.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, M. le député. Est-ce que j'ai d'autres
interventions? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Je trouve
l'amendement intéressant puis... pas pour tout répéter ce que le collègue a
dit, puis j'entends aussi les arguments de
la ministre, puis je la remercie pour nous guider vers le plan d'action. Puis
voilà la raison que je trouve que c'est intéressant de l'aborder, c'est parce
que, quand on regarde dans le plan d'action, puis, oui, c'est la priorité 6, pour ceux qui nous suivent puis ils
souhaitent faire référence, dans le fond, dans le plan d'action, c'est la page 10 où on retrouve une
section
où on parle de faciliter l'accès à l'aide médicale à mourir en ce qui
concerne le plan pour les soins palliatifs.
Alors, c'est bien, parce, tout à fait avec
justesse, la ministre a dit : Ça fait
partie quand même de notre plan. Je
vois que, cette année, on a quand même des orientations en ce qui concerne
l'évaluation des conditions facilitant l'accès à l'aide médicale à mourir, et,
pour l'année 2024, dans le plan d'action, la prochaine étape, c'est la
création d'un service-conseil national centralisé sur l'aide médicale à mourir
et l'instauration du mentorat dans les différents territoires. Ça fait que
c'est bien, parce qu'évidemment, c'est important, il y a un rôle à jouer en ce
qui concerne les soins palliatifs qui sont offerts.
Mais la
raison que je trouve intéressant l'amendement du collègue, c'est parce qu'à
l'intérieur de tout ça, même dans le plan d'action puis dans les orientations qui
sont indiquées, on ne parle pas nécessairement d'un endroit, on ne parle pas
d'une place, puis c'est pour ça que je comprends le désir de vouloir avoir
quelque chose qui est plus concret. Mais j'entends les arguments de la ministre en ce qui concerne les
spécificités de chaque région puis de chaque établissement.
Ça fait que je souhaite
savoir est-ce qu'il y a un mi-chemin dans ça. Est-ce qu'il y a moyen peut-être,
je suis persuadée, je n'ai pas demandé au
collègue, mais est-ce qu'il y a un moyen de peut-être modifier cet amendement
pour rejoindre ce qu'il souhaite accomplir, de s'assurer qu'il y a quand même
un emplacement, dans notre réseau, pour les gens qui le souhaitent? Parce que,
oui, on a ouvert le débat des lieux, puis, en ce qui concerne des lieux, bien,
ce n'est pas traité dans le plan d'action.
Ça fait qu'est-ce qu'il y a un autre moyen peut-être de le formuler qui
va donner aussi un peu de flexibilité dans les régions, dans les
17 régions administratives aussi, puis dans chaque établissement, mais
aussi de rejoindre le désir et le... le désir d'adapter ou de s'assurer que
notre réseau est... a ce qu'il faut pour venir en aide puis répondre aux
besoins puis la demande pour éviter que ça dérape?
Puis comme
autres collègues ont dit que, là, l'espace public est maintenant rendu un
endroit qui est disponible pour tout
le monde parce que, dans l'article en question que nous sommes en train de
peut-être potentiellement sous-amender, de s'assurer qu'on souhaite
quand même qu'il y ait un encadrement dans notre réseau, dans les établissements... Ça fait qu'est-ce qu'il y a un
autre moyen de peut-être le reformuler avec l'aide des légistes pour que
ça rejoint ce que la ministre souhaite ainsi
que ce que le collègue aussi souhaite accomplir? Est-ce que ça, c'est une
possibilité?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Est-ce que j'ai d'autres interventions?
Mme Bélanger : Ça va pour moi.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Est-ce que j'ai d'autres
interventions sur le sous-amendement? Mme la députée de...
Mme Maccarone : Oui, bien,
évidemment, je suis désolée, je souhaite un consensus. Je trouve que c'est bien. Je comprends que c'est... évidemment, c'est
une conversation, puis qui est difficile. La raison que j'ai fait la
demande, c'est parce que, quand on regarde dans le plan d'action, on parle de
faciliter l'accès, on parle de documentation, on parle de service-conseil
national centralisé, le rôle régional de groupes, mais on ne parle pas de
lieux. Ça fait qu'on ne parle pas de lieux, puis c'est pour ça que je trouve pertinent
ce que le collègue a partagé avec nous. Je souhaite évidemment avoir une
discussion puis une conversation ensemble, parce que, même si c'est pour voter
non, mais je pense que c'est important de vider la question puis d'avoir cet
échange, surtout que nous sommes en train, quand on parle des lieux puis on
parle des modifications qu'on souhaite accomplir avec, que ce soit cet...
sous-amendement ou l'amendement en question, je pense qu'on ne devrait pas
perdre de vue que, dans l'amendement, on souhaite avoir des modifications dans
la loi pour les... le 1 % des gens qui font des demandes, et maintenant
nous sommes en train de parler des 90 % des gens.
Alors, pour la majorité, je pense qu'aussi c'est
bien, tout à fait, avec justesse, nous avons une responsabilité de parler des
lieux en général, parce que, là, on souhaite avoir peut-être des balises,
des... un encadrement pour s'assurer que c'est fait en toute sécurité, avec le
respect de la dignité. Mais là, ici, on parle vraiment de la majorité des personnes
qui vont faire des demandes. Ça fait qu'est-ce qu'on n'a pas un moyen de
trouver un juste milieu pour s'assurer que ce 99 % ont quand même ce qu'il
leur faut en ce qui concerne les demandes?
Ça fait que, pour moi, je trouve que c'est juste
puis c'est important. Je vais peut-être essayer moi-même de trouver une autre
formulation de l'amendement en question, mais je pense qu'il nous faut quelque
chose, parce que ce qu'on a su dernièrement, la raison, apparemment, qu'on a
besoin d'avoir l'amendement, c'est parce qu'on a des demandes qui vont à
l'extérieur des trois endroits.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mais là on est sur le sous-amendement.
Mme Maccarone : Tout à fait, mais
c'est parce que je ne peux pas ne pas parler de l'amendement en... parce que le
sous-amendement parle de l'amendement. Ça fait que, voilà, pour moi, c'est...
on est sur le sous-amendement, mais c'est parce que le sous-amendement, la
raison qu'on... que... si je comprends bien les orientations puis le désir du collègue, je ne veux pas parler pour lui, mais
le désir de vouloir aborder cet amendement, c'est parce qu'on comprend
que ce qu'on souhaite, c'est d'avoir quelque chose dans notre réseau pour le
99 %. C'est bien de parler pour le 1 %, puis on va le faire, on va
vider la question, on va avoir des débats. Je pense qu'on est plusieurs à avoir
peut-être des idées d'amendements potentiels. On souhaite avoir des échanges,
mais ici on parle vraiment des gens qui souhaitent rester puis on souhaite s'assurer
qu'il y a quand même une place pour eux aussi.
Ce n'est pas tout le monde qui souhaite, on a
entendu, il y a 1 % juste... Je pense que les statistiques sont de l'année
dernière, ma collègue de La Pinière, elle a fait quand même une très bonne
recherche, puis on a vu que c'est trois
personnes. Dans le fond, on parle de trois personnes. Quand on parle des lieux
à l'extérieur des trois endroits, que ça soit établissement, maison de
soins palliatifs ou domicile, on parle quand même de trois personnes l'année
passée. Ce n'est pas nombreux. C'est pour ça, ici, on parle de toutes les
autres personnes qui ont fait le choix de rester.
fait que pourquoi ne pas s'assurer qu'on a quelque chose à leur image, qui
respecte leur dignité, leur choix et l'accompagnement qui est
nécessaire, pour éviter peut-être qu'on a des gens qui disent : Bien, dans
les hôpitaux, dans nos établissements,
peut-être, ça ne rejoint pas ce que moi, je souhaite avoir? Tu sais, je ne
peux... non plus parler pour les médecins. Puis, encore une fois, avec
tout le respect que j'ai pour eux d'être même en mesure de faire ce type d'accompagnement, c'est gros, c'est lourd,
j'imagine, à quelque part, c'est plus facile pour eux aussi si c'est
dans l'établissement, parce qu'ils ont quand même le désir d'accompagner. C'est
ce qu'on a entendu la semaine passée. Puis,
je présume, c'est la même chose pour vous, Dr Evoy, de... on veut
respecter le patient, on veut respecter la personne qui fait la demande d'aller à l'extérieur. Mais ici
on parle vraiment de : Et si on pouvait concevoir quelque chose
pour qu'ils restent?
C'est plus facile
côté d'utilisation de nos ressources, que ce soient les médecins ou que ce
soient nos infirmières praticiennes spécialisées. On a accès à la pharmacie,
qui va quand même fournir les injections qui sont nécessaires. On est entouré
par toute une équipe médicale. Il y a du stationnement. C'est des gens qui sont
familiers. On n'est pas surpris à la fin, il n'y a pas toute une autre
organisation à faire, c'est les experts.
Ça fait que c'est
pour ça que je souhaite... si ce n'est pas par le biais de cet amendement,
est-ce qu'il y a un autre moyen de s'assurer
qu'on fait quelque chose pour ce 99 % qu'on souhaite ils ont un
accompagnement? Je pense, c'est
essentiel. Ça fait que je tends la main. Je suis prête à suspendre. Je suis
prête à écrire quelque chose moi-même. Je suis prête à parler avec tous les collègues. Mais je pense qu'on a une
responsabilité de parler de pourquoi les gens souhaitent peut-être quitter, parce qu'on souhaite les garder
avec nous, parce que c'est quand même un accompagnement précieux, particulier, avec une expertise très spécialisée.
Ça fait que, si nous pouvons le faire correctement, avec ce qu'il nous
faut autour de cette personne, bien, je
voterais oui pour ça sans mettre des freins dans le processus puis ce que les
établissements sont en mesure de faire, certes.
Ça fait que, comme je
dis, ce que la ministre a dit avec justesse : Est-ce qu'on a un moyen de
trouver une manière de rejoindre ces critères? Ça fait que, voilà, je me sens
un peu prise parce que je pense qu'on a quelque chose à faire, mais je ne sais pas c'est quoi, le chemin à faire, mais
on peut écrire un amendement, on pourrait essayer encore, mais, voilà,
je trouve que c'est intéressant.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci,
Mme la députée. Donc, sur le sous-amendement, est-ce que j'ai encore des
interventions? M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Oui, bien, je voulais mentionner qu'il n'y a rien... ce n'est pas une
hérésie, là, pour les parlementaires d'adopter un amendement ou un
article de
loi qui soumet le réseau à un certain nombre d'obligations. Et d'ailleurs, dans cette même loi là, la loi
initiale concernant les soins de fin de vie, si on regarde l'article 11
précisément, il donne une obligation de moyens au réseau de la façon suivante,
mais pour les soins palliatifs, puis je vous le lis parce que je pense que
c'est important de le dire : «Lorsqu'une personne en fin de vie requiert
d'un établissement des soins palliatifs à domicile — on pourrait transposer
à "pour des soins de fin de vie à domicile" — mais
que sa condition ou son environnement ne permet pas de les lui [offrir]
adéquatement...», parce que là, c'est ce qu'on suppose, c'est que ce n'est pas
adéquat, le domicile pour les soins de vie, mais, dans ce cas-là, on dit :
Ce n'est pas adéquat, le domicile, pour des
soins palliatifs, alors voici l'obligation : «...l'établissement doit lui
offrir de l'accueillir dans ses installations ou de la diriger vers un autre établissement ou vers une
maison de soins palliatifs qui est en mesure de répondre à ses besoins.»
Alors, si on conçoit
que les soins palliatifs sont de la plus haute importance, puis on a vu des cas
récemment où les soins palliatifs n'ont pas été donnés de façon exemplaire,
mais l'objectif du législateur, c'est de s'assurer que personne ne tombe dans
les failles, et qu'on puisse offrir le service, et que ce soit l'établissement
ou le réseau qui offre ce service-là.
Alors, moi, ce que
j'essaie d'amener ici, à la commission, et j'aimerais obtenir la réponse ou une
réaction de la ministre là-dessus, c'est cette espèce d'engagement qui dépasse
le plan d'action administratif, mais une obligation légale, à savoir si le
domicile de celui ou celle qui doit obtenir les soins de fin de vie... bien,
que ce soit considéré sur le même pied que les soins palliatifs, la même
obligation au réseau, à l'établissement. Si les soins palliatifs, ce n'est pas
adéquat de les donner au domicile, l'établissement dit : Je vais le faire
pour vous. Et, si je ne peux pas le faire dans mon établissement, je vais vous
trouver un endroit. Moi, je préférerais de loin que l'établissement ou que le
réseau prenne la responsabilité des soins de fin de vie de la même façon plutôt
que d'engager quelque chose qui ressemble à un virage vers le privé. Moi, je
crains ce virage-là, je ne sais pas si la ministre, elle, a la même opinion.
Est-ce que le virage au privé là-dedans, est-ce que c'est, pour la ministre,
une bonne chose?
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci, M. le député. Est-ce que j'ai d'autres
interventions?
Bélanger : Mme la ministre, en tout respect... Mme la Présidente, en
tout respect — j'en
perds mon
titre — en
tout respect, je pense que, là, on glisse sur le privé, on glisse sur toutes
sortes de choses, j'ai dit ce que j'avais à dire par rapport à ça. Alors,
voilà.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci. Alors, est-ce que j'ai d'autres
interventions?
En fait, je vais,
compte tenu de l'heure, il reste à peine quelques secondes, donc, compte tenu
de l'heure, je vais suspendre jusqu'à nouvel ordre. Merci.
(Suspension de la séance à
12 heures)
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission des relations
avec les citoyens reprend ses travaux.
Je vous
rappelle que nous poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 11, Loi modifiant la Loi concernant les soins
de fin de vie et d'autres dispositions législatives.
Donc,
lors de la suspension de nos travaux cet avant-midi, nous en étions à l'étude
d'un sous-amendement.
Comme il y a des
discussions, alors je vais suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à
15 h 41)
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission,
donc, reprend ses travaux. Nous en étions à... le sous-amendement du député des
Îles-de-la-Madeleine de la... pour l'article 4.1. Alors, est-ce qu'il y a
d'autres interventions?
Alors,
nous allons placer le sous-amendement aux voix. Est-ce que le sous-amendement
est accepté? Adopté, plutôt.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Rejeté. Donc, nous allons revenir à
l'amendement. Est-ce qu'il y a des... d'autres interventions sur l'amendement?
Mme la ministre.
Bélanger : Sur l'amendement que j'ai déposé?
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Sur votre amendement. Là, à partir du moment
où on a rejeté le sous-amendement, nous revenons à l'amendement.
Bélanger : C'est ça, c'est l'amendement que j'ai déposé.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Oui.
Bélanger : D'accord.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : La parole est à vous.
Mme Bélanger :
Mme la Présidente, je demanderais de retirer, suite aux discussions que
nous avons eues, cet amendement.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Parfait. Donc, on a une demande pour retirer
l'amendement. Est-ce que c'est adopté?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Consentement.
Merci. Est-ce que vous consentez, donc, à retirer l'amendement de la
ministre?
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Donc, c'est retiré. Nous revenons donc à
l'article 4.1.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Oui, c'est vrai, parce que le 4.1 était un
nouvel article. Donc, j'imagine que j'ai des propositions. M. le député
des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Oui. Bien, on aurait une proposition, effectivement, en remplacement de
l'amendement qui a été retiré, si vous nous donnez quelques minutes pour
pouvoir la présenter.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : D'accord. Donc, nous allons suspendre quelques
minutes pour préparer un nouvel amendement. Merci.
(Suspension de la séance à
15 h 59)
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Alors, à l'ordre, tous et toutes! La
commission reprend ses travaux. Donc, au moment de suspendre, nous en étions à
la préparation d'un amendement. Je vais vous laisser la parole, Mme la
ministre.
Bélanger : Oui. En fait, Mme la Présidente, simplement mentionner que
nous avons eu différentes discussions qu'on
pourra reprendre, mais c'est mon collègue député des Îles-de-la-Madeleine qui va soumettre un amendement.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci
beaucoup. Donc, M. le député des Îles-de-la-Madeleine,
je vous laisse la parole.
M. Arseneau :
Oui, bien, en fait, je vais vous faire la lecture de la proposition
d'amendement :
«4. Toute
personne, dont l'état le requiert, a le droit de recevoir des soins de fin de
vie, sous réserve des exigences particulières prévues à la présente loi.
«Ces soins lui sont
offerts dans une installation maintenue par un établissement, dans les locaux
d'une maison de soins palliatifs ou à
domicile. L'aide médicale à mourir peut être administrée dans un autre lieu de
manière à assurer le respect de la dignité et de l'autonomie de la personne
ainsi que le caractère important de ce soin, pourvu que ce lieu soit autorisé
par le directeur des services professionnels ou le directeur des soins
infirmiers de l'instance locale visée à l'article 99.4 de la
Loi sur les
services de santé et les services sociaux (chapitre S-4.2) qui dessert le
territoire où est situé ce lieu. Et
«Les
dispositions du présent
article s'appliquent en tenant compte des dispositions
législatives et réglementaires relatives à l'organisation et au
fonctionnement des établissements, des orientations, des politiques et des
approches des maisons de soins palliatifs ainsi que des ressources humaines,
matérielles et financières dont ils disposent. Elles complètent celles de la
Loi sur les services de santé et les services sociaux (chapitre S-4.2) et
celles de la
Loi sur les services de santé et les services sociaux pour les
autochtones cris (chapitre S-5) portant sur les droits des usagers et des
bénéficiaires, notamment celui de recevoir les services requis par son état.»
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a des interventions? Mme la députée de
Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci,
Mme la Présidente. Je trouve que c'est un excellent amendement qui vient
réconcilier des préoccupations qu'on avait. Il m'en reste quand même une, puis
la ministre, hors micro, y répondait tout à l'heure, mais je souhaite qu'elle
puisse le faire au micro. On vient ici s'assurer que le directeur des services
professionnels ou le directeur des soins infirmiers va vérifier si le lieu est
adéquat pour accorder l'aide médicale à mourir.
Ça m'apparaît important que la personne responsable du lieu qui est demandé par
un citoyen soit aussi consultée dans le processus, par exemple, que, si
un citoyen demande que ça ait lieu dans un parc municipal, bien, que la
municipalité soit consultée dans ce processus-là. Tout à l'heure dans les
échanges avec la ministre, elle nous laissait entendre
que ce serait la responsabilité, donc, du directeur des services professionnels
ou du directeur des soins infirmiers de valider dans le processus avant de statuer du consentement de la
personne responsable du lieu qui est demandé. Donc, je voulais juste
m'assurer qu'elle nous réitère ici que c'est bien ce qui est attendu, là, de la
part des personnes qui devront statuer sur la pertinence d'un lieu ou d'un
autre.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci, Mme la députée. Mme la ministre.
Mme Bélanger :
Oui, Mme la Présidente. Bien,
d'abord, je veux mentionner que je souscris à cet amendement qui vient d'être déposé par notre collègue des
Îles-de-la-Madeleine. Depuis le début, nous avons fait nos travaux dans une
perspective de considérer
l'autodétermination de la personne. Ça a été au coeur de toutes nos
discussions. Maintenant, on a aussi parlé du devoir de prudence que nous
avons. Et cet amendement, en fait, vient déterminer qu'il est possible que
l'aide médicale à mourir soit faite en dehors des trois lieux que l'on connaît,
c'est-à-dire en établissement, en maison de soins palliatifs ou à domicile,
mais nous avions un souci, dans les discussions que nous avons eues hors micro
avec l'ensemble des collègues, de s'assurer de mettre les balises nécessaires.
Alors, pour moi, je
trouve extrêmement important le fait que nous avons un amendement qui identifie
la possibilité qu'un autre lieu soit choisi selon... et en tout respect de la
dignité de la personne, de son autonomie, du caractère important de ce soin,
donc, que le choix puisse être fait. Cependant, nous avons eu quelques
discussions, à savoir que nous craignions
que le système public ne soit pas suffisamment impliqué dans ce soin. Et donc
l'amendement vient donc amener une responsabilité importante au niveau des
établissements de santé, mais, plus que ça, on vient ici préciser que la
responsabilité du directeur des services professionnels, donc, DSP, le
directeur des médecins, si on veut, dans un établissement ou le directeur des
soins infirmiers, si c'est le cas d'une IPS, devront aussi accompagner le
processus et plus autoriser le lieu en question.
Donc, ça veut dire
qu'il y aura donc une analyse qui sera faite par le DSP si la situation est
portée par le professionnel compétent qui est un médecin ou par l'IPS si c'est
l'IPS, là, qui est au coeur de l'intervention. Donc, il y a vraiment une autorisation
pas seulement des établissements, mais une autorisation en bonne et due forme
de la directrice des soins infirmiers et/ou le DSP. Alors, pour moi, c'est
vraiment important. Ça veut dire qu'ils vont faire un processus d'analyse pour s'assurer, là, que l'ensemble des critères
soient bien respectés. Donc, ça veut dire qu'il y a vraiment une analyse
qui est faite pas seulement entre le médecin et son patient ou entre l'IPS et
le patient, mais aussi, donc, c'est un regard externe en plus qui est fait pour
ce volet d'un autre lieu.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée de
Sherbrooke.
Labrie : Donc, j'imagine qu'il y aura des directives qui vont être
émises, là, de la part du ministère à l'égard de ces personnes, des DSP, de la
direction des soins infirmiers, pour ce qui doit être fait dans le cadre de leurs
vérifications.
Bélanger : Oui. Oui, Mme la Présidente. Il devra y avoir des
directives, mais plus que ça... Je voudrais quand
même aussi rassurer les personnes qui peuvent nous écouter aujourd'hui, c'est
qu'au niveau de l'aide médicale à mourir
aussi il y a aussi des rapports réguliers qui sont présentés au sein des
établissements, donc des rapports périodiques sur l'aide médicale à
mourir, donc le nombre de personnes qui ont fait des demandes, le nombre de
personnes qui ont reçu l'aide médicale à mourir, le nombre de personnes qui
auraient changé d'idée, le nombre de personnes pour lesquelles on aurait refusé...
On a même ajouté dans
un amendement que, pour les personnes qui se verraient avoir un refus, il
faudra aussi que le professionnel compétent
identifie quelles sont les mesures qui lui sont offertes pour continuer de
donner des soins et services. Donc, on a mis en place plusieurs balises,
et ça, c'est important, donc, c'est public en plus, donc, c'est lors des
rapports qui sont faits au conseil d'administration.
L'autre chose, le
professionnel compétent doit aussi compléter un ensemble de formulaires. On a
fait des amendements là-dessus aussi. On a
vu le descriptif des formulaires. C'est envoyé à la commission des soins de fin
de vie, qui analyse toutes les situations. On a aussi un amendement sur
la composition de l'équipe de la commission des soins de fin de vie. On a
ajouté des membres.
Donc, tout ça, c'est
quand même des balises importantes. Nous avons ajouté aussi des amendements
importants pour la non-commercialisation, la non-publicité. Nous avons aussi
prévu des amendes très importantes et nous
avons aussi renforcé le rôle des inspections. Donc, je pense que les balises
sont très très présentes. Puis, pour moi, cet article-là, il est important aujourd'hui parce qu'on vient remettre,
d'une certaine façon, l'importance de considérer la volonté de la
personne. Ça fait que je trouve qu'on ferme une boucle ici qui est extrêmement
importante, qui n'était pas vraiment prévue dans la loi actuelle.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci,
Mme la Ministre. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : Oui, bien, d'emblée, je veux remercier la ministre et son
équipe pour l'écoute puis le cheminement que nous avons eus, dans le fond,
ensemble en ce qui concerne ce débat parce que je comprends que la tenue de...
la teneur de nos échanges sont très importants. C'est un comité qu'on essaie le
plus possible de tenir en transpartisanerie,
mais les débats sont essentiels, pas toujours faciles. Alors, je veux remercier
non seulement le collègue pour aider
dans la réflexion, mais aussi l'équipe qui nous accompagne en ce qui concerne
l'avancement puis l'amendement en question, que je trouve fort
intéressant, puis je pense que ça reflète beaucoup les échanges que nous avons
eus.
Puis,
pour poursuivre avec la conversation que la ministre vient d'avoir, je pense
que, c'est vrai, c'est essentiel que les personnes, que ça soit un
propriétaire ou que ça soit un lieu public, il y a quand même... ces personnes
soient informées en ce qui concerne ce qui est attendu comme l'acte en
question. L'information est importante pour la population. On ne parle pas de faire une fête dans un parc. On ne parle
pas de faire une fête au bord du lac, malgré que ça se peut que c'est le
sens de l'événement qui sera planifié par la personne en question, mais ça
reste que ce n'est pas quelque chose qu'on souhaite... soit ouvert au public.
Alors, je pense que la personne concernée qui fait la demande d'avoir accès à
de l'aide médicale à mourir a aussi un cheminement à avoir en ce qui concerne
le respect des autres personnes. Ça fait que, si tu veux avoir accès à un tel
privilège... dois accepter que l'endroit serait divulgué. Alors, je pense que
ça, c'est essentiel et très important.
Ça fait que, moi, ce
que je veux comprendre, c'est le comment, le pratico-pratique de ceci. Comment
est-ce que ceci serait mis à l'oeuvre? Est-ce qu'il y aura une consultation
avec les municipalités pour savoir d'avance? Parce que c'est aussi une
responsabilité pour le DSP. Par exemple, est-ce que... Puis on a eu cet
échange-là aussi hors micro, tu sais : Comment ça va fonctionner? Il y a
quand même une équipe qui entoure cette personne, mais la personne a toute la
responsabilité. Mais est-ce qu'il va... est-ce que ce serait planifié,
peut-être, d'avoir des choses qui sont mises à l'oeuvre, comme de savoir, dans
telle municipalité, nous savons que c'est un oui, dans telle municipalité, on
sait que c'est un non, pour sauver du temps, pour revenir?
fait que j'ai quelques questions, mais ce serait peut-être ma première
question, juste pour mieux comprendre c'est quoi, l'esprit, puis comment
ce serait mis à l'oeuvre.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Mme la ministre.
Mme Bélanger : Oui. Bien, en fait, Mme la Présidente, simplement
mentionner que, dans le fond, chaque établissement va se doter, là, de
son mode de fonctionnement. Prenons l'exemple des DSP, des DSI, ils ont des équipes, là, à leur disposition dans leurs
directions, des équipes de conseillers en qualité des soins, en éthique,
conseillères en soins infirmiers, ils ont
les conseillers médicaux. Je ne crois pas qu'on va demander aux établissements
de faire un répertoire de l'ensemble
de leurs municipalités et de se mettre à identifier tous les lieux possibles,
parce que ça ne serait pas réaliste
de le faire. Mais je pense que ce qui va être important, c'est qu'à chaque
demande il y ait un processus rigoureux qui soit fait. Ce processus-là, de toute façon, va être consigné aussi
dans... Oui, il va y avoir un formulaire comme quoi on autorise. Quand on autorise dans le réseau de
santé, habituellement, il y a une signature quand on explique pourquoi
on autorise puis pourquoi on refuserait aussi.
Puis ce que je trouve bien important aussi
là-dedans, c'est vraiment, bien, de faire en sorte qu'on respecte la volonté de
la personne, c'est important, qu'on respecte les règles éthiques qui sont en
vigueur, qu'on respecte les droits de la personne aussi,
les droits généraux des personnes qui pourraient être exposées à une situation
comme ça. Ça fait que ça, je pense que c'est
vraiment important. Puis ce sont les équipes de direction de soins infirmiers,
direction des services professionnels qui,
en collaboration avec le ministère, vont se donner des procédures à ce
niveau-là. Et donc les gens du
ministère sont ici, là, aujourd'hui. Je pense qu'ils entendent. Ils ont vu, là,
notre évolution, notre discussion, notre volonté, là, comme
parlementaires, de faire en sorte que les DSP et les DSI soient bien outillés
pour faire en sorte de bien évaluer cette situation.
Mais il ne faut pas oublier qu'il y a toujours
le jugement clinique, là, des professionnels, quand même, qui est extrêmement
important. Les gens ont leur code de déontologie. Ils sont aussi encadrés, dans
le cas des médecins, par le Collège des médecins, dans le cas des infirmières,
par l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. Ça fait qu'il y a quand même... dans l'exercice de la
profession, il y a quand même plusieurs modalités, et donc il faut
vraiment que chaque... en fonction de chaque situation, il y aura une
évaluation, là, qui sera faite.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci.
Mme Maccarone : Juste pour
continuer, on a eu notre rencontre, la ligue du vieux poêle.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : C'est bien dit.
Mme Maccarone : Poêle. La ligue du
vieux poêle.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Pression de la députée.
Mme Maccarone : Vous savez, quand je
vais prendre ma retraite, Mme la Présidente, je vais faire un livre de
tout ce que vous m'avez appris parce que c'est apprécié. J'aime beaucoup ça.
Ça fait qu'on a eu la ligue du vieux poêle.
Maccarone : Poêle. Ce n'est pas un mot facile. Poêle. Puis ce
qui n'est pas sorti de ces échanges... parce que je trouve que c'est
bien, mais il y a... je veux savoir s'il y a de la place pour s'assurer que ce
soit... le directeur de services
professionnels ou le directeur de soins infirmiers soit avisé, ça doit être
préalable, que cette autorisation doit être préalable. Ça, c'est un mot qui est manquant pour moi ici, parce que je
comprends que c'est le sens, probablement, de ce qu'on souhaite, mais ce
n'est pas écrit. Ça fait que je pense qu'on ne fait pas fausse route. On peut
écrire un petit sous-amendement pour sauver du temps pendant qu'on jase, si
c'est acceptable, mais je dirais que c'est quelque chose que je pense que ce
serait important.
Puis l'autre
question que j'ai, que je veux s'assurer que, si... on a tous une compréhension
commune, on parle aussi qu'on ne veut pas nécessairement... on veut...
on ne veut pas que ça soit des endroits ouverts au public. Ça, je pense que c'est ça qu'on veut. Puis ça aussi,
c'est quelque chose qui n'est pas écrit dans cet amendement qui est
proposé. Ça aussi, je pense que c'est une compréhension commune puis... Parce
que je ne peux pas imaginer que le directeur de services professionnels ou des
soins infirmiers va dire oui, d'accord. J'ai déjà entendu, écoute, parce que
tout le monde parle de ça, on entend toutes sortes d'histoires, des gens qui
font une imagination vraiment importante qu'on peut faire ça sur le mont Royal,
on peut faire ça en haut de la Place Ville Marie. Tout ça se retrouve dans le
comté de Westmount—Saint-Louis.
Ou bien j'ai aussi entendu... Puis, si quelqu'un décide de faire ça au coin de
Peel puis Sainte-Catherine, bien, de toute évidence, la réponse à ça, c'est
non. Il n'y a aucun médecin qui acceptera de faire ça. Mais ce n'est pas écrit
en noir et blanc que, tu sais, dans le fond, ce n'est pas une place qui est
ouverte au public, parce que ce qu'on ne souhaite surtout pas...
La raison, dans le fond, je pense, qu'on fait ce
débat, c'est pour protéger toutes les autres personnes qui ne sont pas concernées par l'acte en question, c'est
le public qui sont à l'extérieur de tout ce dialogue. Alors, c'est un
autre... un cheminement que je vous propose peut-être, s'il y a de la place à
penser à une manière d'inclure ceci. Je trouve, le chemin que nous avons fait à
date est vraiment, vraiment bien, il y a une belle réflexion des débats que
nous avons eus, mais c'est deux éléments que je trouve sont manquants, puis on
ne fait pas fausse route si on trouve une place pour les inclure ici, qu'on
retire, on redépose ou... à la guise... ou sous-amende à la guise de Mme la
ministre. Nous sommes flexibles. On peut
retourner pour faire à une autre ligue du vieux poêle, mais je pense que ce
serait important, ces deux notions. le «préalable», je pense, c'est
essentiel, mais aussi de s'assurer que c'est écrit noir sur blanc. Ça aussi,
c'est quelque chose que j'ai appris, ce n'est pas noir et blanc, c'est noir sur
blanc, que c'est vraiment... On ne parle pas des lieux publics, là. Il faut que
ça soit plus clair.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, Mme la députée. Mme la ministre.
Mme Bélanger :
Mme la Présidente, bien, il y a
deux façons de voir et de comprendre le terme «autorisé». Et, quand on parle d'autorisation, ça nous renvoie aux
termes d'«approbation», de «consentement», de «voir», de «procéder». La langue française, certains parlent de pléonasme
quand on parle d'autorisation préalable, mais il y a d'autres
littéraires qui disent que ce n'est pas un pléonasme.
Dans ce cas-là, je pense qu'on peut préciser de mettre... Je vais vous laisser
lire la phrase, mais on pourrait l'ajouter.
Maccarone : Oui. Bien, dans le fond, je ne sais pas comment vous
souhaitez procéder. Mais là ce serait un sous-amendement?
Bélanger : Ce serait un sous-amendement.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Ce serait un sous-amendement, mais vous avez
deux éléments à votre intervention, le premier étant celui-là...
Mme Maccarone :
Oui, le «préalable», puis le
deuxième, c'est de savoir les orientations en ce qui concerne... de
mettre au clair qu'on ne parle pas des lieux ouverts au public. Tu sais,
c'est...
Puis, moi, la façon
que je vois ça... Parce que je sais que ça peut susciter une compréhension
peut-être pas commune, parce qu'apparemment
«domicile» ça peut dire plein de choses, mais, moi, ma façon de lire ça, c'est,
exemple, si quelqu'un souhaite un lieu qui est considéré public, comme un parc,
mais il y aurait quand même un endroit qui ne serait pas ouvert au public.
fait que je pense que c'est ça, le sens que je souhaite aborder. Parce que ce
qu'on veut éviter, c'est, comme j'ai dit, un achalandage, que les gens
autour, les gens qui ne font pas
partie de l'acte... des témoins, des personnes
qui sont vraiment à l'extérieur de tout ça, tout le public qui ne sont pas
considérés pour l'événement.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Merci.
Mme Bélanger :
Mme la Présidente, sur ce
point-là, c'est plus compliqué parce que, revenons avec l'exemple de quelqu'un qui voudrait aller dans un parc, on a eu
des exemples qui nous ont été amenés. Entre autres, avec Parcs Canada, dans certaines provinces, c'est un lieu public.
Alors là, je trouve qu'on commence à identifier les lieux quand on le
fait.
Je pense que, dans le
libellé de l'amendement, c'est suffisamment clair. On dit «dans un autre lieu».
On était parti... on parlait de «dans tout
autre lieu». On a dit : «...dans un autre — déjà, on précise — de manière à assurer le respect de la
dignité [...] de l'autonomie de la personne [...] le caractère important de ce
soin...» En plus, ça doit être autorisé. Alors,
je pense que les balises sont suffisantes. Et vous ajoutez «que [...] soit
autorisé» au préalable. Alors, je pense que, là, ça vient vraiment
enrichir, puis il y a toute une évaluation qui doit être faite.
Mais de mettre... de
restreindre puis de dire qu'on ne veut absolument pas que ce soit dans un lieu
public, bien là, à ce moment-là, les
personnes n'auront pas une grande évaluation à faire dès que ce sera une
demande dans un parc ou dans une autre chose. Là, on vient restreindre
en faisant ça. Mais je comprends que ce n'est pas votre intention, mais c'est
ça que ça pourrait faire, là. Ça fait que...
Mme Maccarone :
Ce n'est pas le «lieu public»,
c'est «ouvert au public». C'est ça, le libellé que je recherchais. Parce que, dans le fond, ce qu'on souhaite éviter,
c'est que le DSP, il n'est pas confronté avec toutes sortes de demandes,
puis là eux, ils vont être... ils feront face à une décision à prendre. Ça fait
que s'il y a au moins ça qui sera clair, un endroit qui n'est pas ouvert au
public.... Pas un lieu public, parce que je comprends que ça se peut, ça peut
varier, ça peut être un parc national dans un endroit qui sera réservé pour ça.
Qui n'est pas ouvert au public, c'est ça, le sens de ce que je souhaite. C'est pour éviter des problèmes pour cette personne,
que je trouve, comme j'ai dit, une belle avancée, ça amène des balises.
Ça enlève aussi un
peu de responsabilités des épaules de nos professionnels de la santé,
qu'auparavant, dans le premier amendement,
c'étaient eux qui prenaient toutes les décisions. Ça fait que c'est un... une
précision que je pense qui serait bien. Parce que, sinon, c'est beaucoup
de responsabilités, on se comprend. Même si ce n'est pas le... les médecins ou les IPS qui vont maintenant prendre la
décision seuls en termes de vérification, ça reste que c'est quand même
une énorme responsabilité pour le DSP ou les... je ne l'ai pas devant moi, là,
mais le directeur des soins infirmiers aussi. C'est juste une précision que, je
pense, mérite peut-être une considération.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Mme la ministre.
Bélanger : Mais en fait, Mme la Présidente, je respecte, là, tout à
fait, là, votre point, je comprends ce que
vous voulez amener, mais je suis convaincue que, si on commence à amener des
qualifications sur le lieu, on risque de se créer des barrières
inutiles. Puis, à partir du moment où c'est un lieu extérieur, de dire que
c'est défendu au public, ça devient très
difficile à évaluer. Et je pense qu'on a les balises nécessaires, là, dans ce
libellé pour aller de l'avant en ajoutant, là, l'élément que vous avez
mentionné sur le fait de la... de l'autorisation préalable. Je pense que ça,
c'est un élément important. Mais je ne me prononcerais pas, là, sur le lieu,
qu'il soit privé, public. Et on voulait... on n'avait pas l'intention aussi de
faire une liste des lieux, alors... Donc, je laisserais ça comme ça.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Je vais... Merci beaucoup, Mme la ministre. Je
vais laisser la parole au député des Îles.
M. Arseneau :
Oui. Bien, si vous le permettez,
étant donné que j'ai présenté cette proposition d'amendement, je ne sais
pas si c'est possible dans le fonctionnement qu'on s'est donné, mais, si la
ministre est d'accord et que tous les membres de la commission sont d'accord, s'il est
possible d'intégrer tout simplement le mot «préalable» à la proposition,
ça simplifierait les processus. Et, si tout le monde est d'accord, on
continuerait d'en discuter en incluant le mot «préalable» avec «autorisation».
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : C'est
ça. Il faut vraiment que ce soit écrit. Ce n'est quand même pas un mot
qui est peu important.
Donc,
on va tout simplement suspendre quelques secondes. Ça va prendre quelques
secondes, on va l'intégrer, puis ça va être un sous-amendement.
(Panne de son) ...sur
l'amendement? Parce que, si je n'en ai pas d'autre, on va juste suspendre
quelques instants, le temps de faire la petite... le petit ajout. Je n'ai pas
d'autres interventions?
On va se suspendre
quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à
16 h 45)
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Alors,
la séance reprend ses travaux. Juste avant de suspendre, nous en étions
à la rédaction d'un sous-amendement par Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Je vais vous demander, Mme la députée, de lire votre sous-amendement.
Maccarone : Oui.
Article 4.1. L'amendement proposé à l'article 4.1 du
projet de loi qui modifie l'article 4 de la
Loi sur les soins de fin de vie est
modifié par l'ajout dans le paragraphe 1°, après les mots «pourvu que ce lieu
soit» du mot «préalablement».
Alors, l'article se
lirait ainsi :
«4. Toute
personne, dont l'état le requiert, a le droit de recevoir des soins de fin de
vie, sous réserve des exigences particulières prévues par la présente loi.
«Ces soins lui sont
offerts dans une installation maintenue par un établissement, dans les locaux
d'une maison de soins palliatifs ou à
domicile. L'aide médicale à mourir peut être administrée dans un autre lieu de
manière à assurer le respect de la dignité et de l'autonomie de la personne
ainsi que le caractère important de ce soin, pourvu que ce lieu soit
préalablement autorisé par le directeur des services professionnels ou le
directeur des soins infirmiers de l'instance locale visée à l'article 99.4 de
la
Loi sur les services de santé et les services sociaux (chapitre S-4.2) qui
[desservent] le territoire où est situé ce lieu.
«Les
dispositions du présent
article s'appliquent en tenant compte des dispositions
législatives et réglementaires relatives
à l'organisation et au fonctionnement des établissements, des orientations, des
politiques et des approches des maisons
de soins palliatifs ainsi que [de] ressources humaines, matérielles et
financières dont ils disposent. Elles complètent celles de la
Loi sur
les services de santé et les services sociaux (chapitre S-4.2) et celles
de la
Loi sur les services de santé et [...] services sociaux pour les
autochtones cris (chapitre S-5) portant sur les droits des usagers et des
bénéficiaires, notamment celui de recevoir les services requis par son état.»
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci
beaucoup, madame, pour cette lecture, Mme la députée. Est-ce que j'ai
des interventions?
Mme Maccarone :
Bien, dans le fond, j'ai une question, parce que, dans... pas nécessairement sur
l'amendement, mais l'amendement de... le
sous-amendement, parce que, dans une version antérieure, on parlait de
«notamment celui de recevoir les services requis par son état». Je
pense, c'est ça. Il y a quand même un... Non, pas celui-là. Excusez-moi. Il y a une autre version. Puis on a jasé de ça
puis on ne comprenait pas tout à fait pourquoi il nous manquait une
phrase qui a quand même évolué. Ça fait que
je vais peut-être laisser le collègue des Îles-de-la-Madeleine poser la
question parce qu'on voulait savoir pourquoi qu'on avait ce changement.
Ça se peut que j'aie l'article en question devant moi, mais il y avait un changement dans la disposition à la
fin, ça fait qu'on voulait mieux comprendre pourquoi que c'était enlevé.
Ça fait que...
Donne-moi juste un instant, Mme la Présidente, puis...
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : On est toujours dans le sous-amendement, là,
dans le texte qui a été sous-amendé?
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : O.K.
Maccarone : Tout à fait. Tout à fait.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Je peux peut-être laisser la parole...
M. Arseneau : Oui. En fait, c'est
qu'on a discuté, tout à l'heure, du fait que, dans une première version d'amendement à l'article 4, on parlait du
respect des règles applicables, et là, dans la réécriture, ça a été éliminé.
Est-ce que
c'est une décision qui a été prise en toute connaissance de cause ou ces
éléments-là ont été oubliés? Parce qu'il y a des règles à appliquer, et ça répondait peut-être... puis c'est ce dont
on discutait tout à l'heure, lorsqu'il était question, par exemple, des
endroits publics ou des parcs, et ainsi de suite, qu'il fallait évidemment que
les règles appliquées par la municipalité,
si c'était un parc géré par une municipalité, donc que les règles soient
appliquées. Ou encore est-ce qu'il s'agissait des règles applicables,
les règles du CISSS concernant les soins de fin de vie?
Alors, c'est juste pour revenir, pour voir, ceux
qui avaient rédigé ça, qu'est-ce qu'ils voulaient dire dans la première
mouture, pour être sûrs qu'on n'ait pas fait d'oubli.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Merci. Mme la ministre.
Mme Bélanger : Oui. Mme la
Présidente, je souhaiterais que Me Lavoie puisse expliquer, là, le
contexte de l'amendement initial.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement pour que Me Lavoie puisse prendre la
parole?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. Me Lavoie.
Mme Lavoie (Térésa) : Oui. En fait,
vous avez bien vu. Il y avait effectivement une référence aux règles applicables, notamment celles en matière
d'éthique. C'est qu'on a changé un peu la manière de réfléchir l'alinéa
deux, hein? Au début, on referait à l'importance que les règles applicables
soient respectées, notamment celle d'éthique. Mais là, comme on confie la
responsabilité, en quelque sorte, à un individu, à une personne d'autoriser les
lieux, c'est à cette personne-là, dans ces autorisations, à vérifier si les
autres règles qui doivent s'appliquer le sont pour le lieu pour lequel est
demandée l'administration de l'aide médicale à mourir.
Puis, pour les règles d'éthique, au départ, on
lui avait fait une occurrence parce que ça venait compléter la disposition, là, sur un élément qui avait été
discuté notamment avec le Dr Evoy sur l'éthique professionnelle des
médecins qui s'applique. Mais ça, ça
s'applique déjà de soi, là. C'est complémentaire à ce qu'on vient de
mentionner. Mais, avec tous les
éléments qu'on avait à l'alinéa deux, là, pour simplifier le texte, là, comme
c'étaient des choses qui s'appliquaient déjà de toute façon, on a
préféré miser sur l'importance de la dignité, de l'autonomie et du caractère
important du soin, du mot «préalablement» que l'on vient d'ajouter. Donc, c'est
pour ça.
Donc, oui, on a fait un certain choix dans la
rédaction pour alléger le texte. Puis je pense que, de toute façon, les autres
règles dont il était question dans l'autre
article s'appliquent.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, Me Lavoie. Mme la ministre, vous voulez
compléter?
Bélanger : Oui. Bien, Mme la Présidente, très brièvement,
là... En fait, c'est que l'amendement a comme évolué. Puis, au début, souvenons-nous, là, que l'amendement que j'avais
déposé était quand même un amendement général où on ne donnait pas de...
on ne clarifiait pas la responsabilité des individus. Donc, c'est pour ça qu'il
avait été inscrit en fonction des règles en vigueur et de l'éthique. Mais, en
fait, en fonction des discussions qu'on a eues, on voyait bien que c'était très
général.
Donc, on est
venus préciser dans le règlement, là, dans le sous-amendement qui est
actuellement sur la table, là, vraiment une responsabilité beaucoup plus
précise puis... Et je pense que, dans ce cas-là, c'est clair que le directeur des services professionnels ou le directeur des
soins infirmiers, quand ils prennent des décisions, dans ce cas-là ou
comme dans d'autres, ils doivent s'assurer de respecter les règles en vigueur.
Ils ne pourraient pas prendre une décision et approuver un lieu en ne
respectant pas les règles en vigueur. Alors, c'est clair, c'est implicite.
Et les DSP,
les DSI, ce sont des rôles importants qui sont prévus dans la loi. Et puis ils
ont leurs responsabilités professionnelles dans la façon dont ils
prennent des décisions, que ce soit au niveau de l'aide médicale à mourir ou de
toute autre responsabilité, là, qu'ils ont.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci. Est-ce que j'ai
d'autres interventions dans le sous-amendement?
M. Arseneau : Bon, le
sous-amendement, je pense que ça vient clarifier les choses. Non, je réserverai
mes commentaires pour l'amendement en tant que tel.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Alors, si je n'ai pas
d'autre intervention sur le sous-amendement, est-il adopté?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Adopté. On revient donc à l'amendement. Est-ce que j'ai
d'autres interventions sur l'amendement?
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Oui, bien, en fait, moi, ce que je voulais mentionner, c'est qu'en
remettant une responsabilité d'autorisation
à deux personnes qui sont membres d'une organisation, donc d'une institution,
ce qu'on a comme gain, si on veut, en matière de gouvernance, si on
veut, c'est que les soins de fin de vie demeurent sous la responsabilité du
CISSS, et donc des gens habilités à prendre des décisions dans le cadre des
politiques qui sont celles auxquelles elles doivent se soumettre. Et elles
peuvent aussi référer à une équipe, et donc se développer même un cadre qui
pourrait être celui de l'organisation ou de différentes organisations. En
d'autres mots, la personne devient imputable de la décision d'autoriser au nom
de l'organisation, et c'est complètement différent de ce qu'on avait
préalablement discuté, où cette décision-là se prenait dans le circuit fermé de
la relation patient et médecin. Et personne n'était imputable sur le plan, non
pas déontologique, ça, on le comprend, non pas de la dignité, ça, on le
comprend aussi, c'est l'individu, mais sur le plan des règles éthiques ou de la
politique adoptée par... ou applicable dans les CISSS.
à ce moment-là, moi, c'est la raison pour laquelle je pense qu'on peut trouver
que cette évolution-là, parce qu'il y
a une évolution réelle à partir des trois premiers lieux qu'on avait, il y en
aura d'autres, mais qui seront soumis à une analyse en fonction de politiques et en fonction de règles éthiques,
et on devra consigner ces décisions-là. Et elles pourront, à la limite,
en aval, être revalidées, ou revues, ou étudiées, ou analysées, notamment par
la Commission sur les soins de fin de vie. Alors, ça pourra faire l'objet, je
dirais, d'une évaluation, jusqu'à un certain point, subjective, mais pas
complètement. C'est-à-dire que l'évaluation devra quand même être soumise à une
politique et à des règles qui sont applicables dans une institution.
Et, moi, le danger
que je voyais au départ en laissant simplement le citoyen, l'usager, le patient
décider avec son médecin, c'était de le
faire sans égard aux règles qui sont adoptées par les institutions, alors qu'il
est question d'un soin. Alors, on
ramène les soins dans les CISSS et dans les CIUSSS et on ramène l'autorisation
du lieu où ce soin-là est prodigué à l'autorisation qui doit être donnée
par une personne responsable et imputable au sein de l'organisation et aux yeux du public. Alors là, il y a quand même
une évolution, pour moi, qui est importante et une balise qui est nouvelle,
mais qui est quand même identifiable et claire.
Et j'imagine... puis
ça, c'est peut-être la question qu'on peut se poser à l'égard de la
préoccupation de la députée de Westmount—Saint-Louis, à savoir : Est-ce
que les soins de fin de vie pourraient être donnés dans des endroits publics et des endroits publics qui sont
fréquentés? Mais là il y a certainement le cadre institutionnel, la
politique, les règles éthiques qui doivent
être prises en compte par la personne qui aura à donner l'autorisation. Et
effectivement ce sera une décision qui sera rendue et qui, à la limite,
pourrait être différente d'un CISSS à l'autre ou d'un individu à l'autre, mais, dans tous les cas, la personne,
j'imagine, la personne responsable, devra avoir fait la réflexion,
l'analyse et rendu une décision, et rendu une décision sur la base d'un certain
argumentaire ou, du moins, d'avoir une idée des raisons pour lesquelles la
décision a été prise. Et, si jamais, aux yeux du public ou de la commission des
soins de fin de vie, et ainsi de suite, une
décision s'avérait malheureuse ou fautive... Mais moi, je comprends qu'elle
sera identifiée, c'est-à-dire qu'on
pourra voir l'évolution, en fait, de l'application de cette nouvelle règle là,
de cette nouvelle balise là, parce
que toutes ces données-là seront compilées. Je pense que la ministre l'a
exprimé de façon très claire tout à l'heure, cette information-là sera
consignée. Donc, on pourra valider de façon précise, de façon régionale, ou
globale, ou les deux, voir quelle est l'évolution, justement, de la situation à
travers le Québec et baliser davantage, si jamais la... on en arrivait là ou,
du moins, voir comment ça évolue.
j'avais une dernière préoccupation, là-dessus, c'était pour qu'on nous explique
clairement : si des médecins pratiquent
l'aide médicale à mourir, mais ne sont pas nécessairement attachés à un
établissement, ils le font en pratique autonome, en clinique, et ainsi
de suite, est-ce qu'ils sont soumis... Bien, je pense que je connais la
réponse, mais j'aimerais qu'on nous
explique, qu'on nous rassure sur l'idée que tous les médecins, en fait, seront
soumis non seulement à leur code de déontologie, mais aussi à cette
autorisation-là qu'on veut inscrire dans l'amendement. Est-ce qu'on peut nous
répondre là-dessus de façon claire?
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Mme la ministre.
Bélanger : Oui, je pense que docteur...
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Dr Evoy.
Bélanger : ...Evoy, oui.
La Présidente (Mme
Lecours, Les Plaines) : Je vous laisse la parole.
M. Evoy
(François) : Oui. Bon, c'est certain que c'est un souci légitime. Mais
vous voyez que, de toute façon, tout le processus de l'aide médicale à mourir,
pour ce qui est des critères, est extrêmement balisé, il n'y a pas un médecin
qui peut prendre la décision seul, il doit y avoir un médecin... deuxième
médecin qui doit valider la décision. Donc,
pour ce qui est de la décision qui est la plus importante, qui est la question
de respecter les critères pour avoir
accès aux soins, tout cela, c'est extrêmement bien balisé. Donc, il y a... Et
puis évidemment il y a tout un processus de validation. S'il y a des
incertitudes, même si le médecin ne travaille pas à l'intérieur d'un CIUSSS, il
peut se référer au groupe interdisciplinaire
qui va pouvoir agir en tant que conseiller dans des situations où il va y avoir
des questions. Donc, le médecin a accès à ce comité-là, même s'il est à
l'extérieur d'un CMDP. Et donc je pense que la question... ça fait en sorte que
c'est assez bien balisé.
Pour
ce qui est du site, là c'est autre chose. Bon, là, on est... une fois que la
décision est prise, que la personne est un candidat pour le soin à
l'aide médicale à mourir, là on est dans un terrain qu'on est en train de baliser,
bien, j'ai l'impression que ça... Grâce,
justement, à la balise qui fait en sorte... que vous avez très, très bien
expliquée, avec le DSP, le DSI qui va
être au courant, qui va probablement utiliser l'expertise du groupe
interdisciplinaire pour l'aider dans ses décisions, bien, il va être à même, évidemment, de baliser ce qui
pourrait être... ce qui est la crainte de tous, c'est-à-dire... Évidemment, il y a l'acceptabilité, il y a
l'autodétermination du patient qui veut avoir accès aux soins, il y a le
médecin qui est là pour réaliser ce que le patient veut avoir comme soin et
puis, évidemment, il y a l'acceptabilité sociale qui doit être respectée. Et
ça, bien, je pense, ça va être le rôle de ce comité ou du DSI et du DSP.
Donc, moi, je pense que la balise est là. Comme
médecin, je pense qu'on peut se sentir à l'aise qu'on va pouvoir éviter les
débordements de cette façon-là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, docteur.
M. Arseneau : Juste de façon encore
plus précise, si la décision a été prise, et le patient répond à tous les critères, le médecin qui ne serait pas membre de
l'organisation, qui opérerait de façon autonome en clinique, par
exemple, il ne peut pas aller se procurer les médicaments à la pharmacie
communautaire, il doit passer par un établissement. Et je suppose que c'est à
cet endroit-là qu'il devrait obtenir l'autorisation, en quelque sorte, du
DSI...
M. Evoy (François) : Tout à fait.
M. Arseneau : ...dans le cas...
bien, pas du DSI, mais du DSP dans ce cas-là?
M. Evoy (François) : Tout à fait.
M. Arseneau : C'est à ce moment-là
que... qu'on pourrait...
M. Evoy (François) : Parce qu'il y a
le pharmacien hospitalier qui doit préparer la trousse, en effet, puis qui
doit... donc, le médecin qui travaille en communauté doit... sait à quel centre
se référer, puisqu'il doit se procurer les médicaments pour procéder... donc,
la trousse pour procéder aux soins, finalement.
Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) : Merci. J'ai d'autres
interventions? La députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Oui. Bien, dans le
fond, je dirais, ma seule préoccupation, dans le fond, qui reste... Je
comprends qu'on va faire notre possible en ce qui concerne les balises pour les
lieux qui ne seront pas ouverts au public.
Puis je remercie encore les collègues pour les échanges, ils sont très
importants, puis ça m'aide aussi à évoluer puis à comprendre où nous sommes rendus en ce qui
concerne les lieux. Mais je vais revenir quand même à la charge, si
c'est seulement pour moi, parce qu'il n'y aura pas d'amendement, mais parce que
je reste quand même préoccupée en ce qui concerne les lieux qui seront choisis,
parce que... Puis je vous donne la mise en scène.
Exemple, on
ne souhaite pas procéder à recevoir l'aide médicale à mourir chez nous, à notre
domicile, parce qu'on veut éviter
avoir un traumatisme pour les membres de la famille, par exemple, qui doivent
rester. Mais un établissement, ça aussi,
ça ne fonctionne pas pour moi, ni une maison de soins palliatifs. Ça fait que
je comprends, ça fait que, là, on est
en train d'élargir puis de répondre aux besoins des citoyens en question, puis
j'ai beaucoup de respect pour ça. Mais nous sommes en train de dire qu'on ne veut pas faire ça chez nous parce qu'on
a peur des traumatismes puis de l'effet secondaire que ça peut causer.
Mais, pour quelqu'un... mais je loue mon condo, le propriétaire de ce condo,
dans le fond, ce ne sera pas nécessairement divulgué, tu sais, un hôtel non
plus, ce ne sera pas nécessairement divulgué.
Puis c'est
pour ça... Puis, encore une fois, je reviens sur les échanges qu'on a eus
tantôt, on parle du 1 % et non le 99 %. Ça fait que c'est pour
ça que je pense qu'encore une fois on ne fait pas fausse route si on met en
place, quand même, des balises pour s'assurer qu'il y a quand même une
obligation de divulguer. Je pense que c'est important. Si ce serait mon chalet,
ou mon domicile, ou quoi qu'il soit, je souhaiterais en être informée puis
aussi avoir un droit de refus.
Puis je comprends qu'il y aura quand même un
processus, que ce soit le directeur des services professionnels ou le directeur
des soins infirmiers qui va quand même faire un appel, mais je pense que cette
personne a le droit d'en être informée puis le droit de refuser, comme un
médecin a le droit de dire : Non, je ne souhaite pas être la personne qui
va vous offrir l'aide médical à mourir, ça ne rentre pas dans mes valeurs. Ça
fait qu'ils ont le droit de refus. Mais je pense qu'eux aussi devront avoir un
droit de refus et non seulement juste une vérification, est-ce que...
Parce que j'ai de la misère, peut-être, à
imaginer rendu là, parce que c'est tellement nouveau. Puis je pense que tout le
monde est de bonne foi, vous avez ma confiance jusqu'à tant que vous n'avez pas
ma confiance. Ça fait que ce n'est pas une
question de dire que je pense que vous allez mal faire, puis il y aura de la
maltraitance dans tout ça, mais je
pense qu'on a une responsabilité de penser aussi à ces personnes, que ça se
peut qu'ils vont recevoir un appel d'un employé du DSP qui va dire : Mais est-ce que ce lieu est
disponible? Est-ce que c'est à l'extérieur de l'aide publique? Est-ce
que c'est sécuritaire? Est-ce qu'on a accès à une salle de bain? Est-ce que ça
peut... Combien de... tant de personnes? Mais on n'a pas nécessairement une
confirmation ici, dans la loi, que cette information sera divulguée, puis c'est
ça qui, pour moi, est manquant. Puis encore, je dis ça de toute bonne foi.
Je comprends que ça peut
peut-être faire
partie des directives qui seront mises en place, mais c'est
tellement un changement puis une avancée de
ce que nous avons actuellement, je ne pense pas, encore une fois, qu'on fait
fausse route si on met en place quelque chose, des mesures de protection, de
divulgation de l'information, en même temps de protéger les informations
personnelles de la personne. Parce que ce que je ne demande pas, c'est de
divulguer le nom de la personne, parce que, je comprends, il y a un aspect de
confidentialité, puis on veut respecter ça à tout prix.
Pas besoin de dire que c'est Jennifer Maccarone
qui souhaite faire ça, ce n'est pas ça, mais que j'aie une responsabilité de
faire des vérifications. Votre endroit a été choisi, j'ai une responsabilité de
vous avertir, c'est pour procéder à un acte
de l'aide médicale à mourir, est-ce que ça serait acceptable? Voici comment ça
va fonctionner. Parce que, je peux imaginer, il y a plein de gens qui
vont dire oui, mais peut-être ils vont trouver que c'est un honneur que mon endroit est choisi pour ça, mais ça se peut qu'il
y ait autres personnes qui vont dire : Non, je souhaite avoir un droit
de refus, mais ça se peut qu'ils n'auront
pas de l'information. Ça fait que, voilà, c'est peut être ma dernière
préoccupation, ici lors du débat, pour ces... je comprends qu'on est toujours
sur le sous-amendement, Mme la Présidente. Merci pour votre flexibilité.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...le sous-amendement, on est dans l'amendement.
Mme Maccarone : Ah! on l'a
adopté, on est sur... excusez-moi, on est sur l'amendement. Ça fait que, voilà,
c'est ma préoccupation. Ça fait que je ne sais pas comment le traiter. J'aurais
souhaité avoir quelque chose écrit dans l'amendement
en question pour venir baliser ça. C'est ce qui est marquant, pour moi, ici,
c'est le niveau de protection pour ces personnes qui ne sont pas
concernées puis vont faire
partie du plan, peut-être contre leur gré parce
qu'ils n'auront pas toutes les informations.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Mme la ministre.
Mme Bélanger : ...je vais être
brève, là, mais dans aucun contexte, en santé, on n'oblige la divulgation. Là, je comprends que la députée souhaite, là, qu'on
aille de l'avant puis qu'on force la divulgation. Moi, je pense qu'il y
a vraiment une... le maximum qu'on a fait
actuellement pour préciser les lieux, les responsabilités. Je fais confiance
que la directrice des soins infirmiers ou le
directeur des services professionnels, avec le groupe d'intervention
interdisciplinaire, en fonction des codes de déontologie, en fonction du
Collège des médecins, de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, on a
tout ce qu'il faut pour s'assurer que le processus soit bien validé.
Vous l'avez dit vous-même, on parle de
0,1 %. Alors, moi, je ne veux pas forcer la divulgation. Je pense que c'est important, c'est le droit des personnes.
Puis on va laisser les DSC et DSP accompagner les gens. Puis je pense
que l'avancée qu'on a faite, c'est que, quand on ajoute la possibilité que les
gens choisissent le lieu de leur choix, c'est que
le secteur public demeure