Culture and Education — 5 April 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CCE 2016-04-05
Quebec — Committees
(Neuf heures cinquante et une
minutes)
Le Président (M. Auger) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la culture et de l'éducation ouverte. Je demande à toutes les personnes dans
la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils
électroniques.
La commission
est réunie afin de poursuivre les consultations
particulières et auditions publiques
sur le projet de loi n° 86, Loi
modifiant l'organisation et la gouvernance des commissions scolaires en vue de
rapprocher l'école des lieux de décision et d'assurer la présence des
parents au sein de l'instance décisionnelle de la commission scolaire.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Hivon (Joliette) est remplacée par Mme Léger (Pointe-aux-Trembles)
et M. Turcotte (Saint-Jean) est remplacé par M. Lelièvre (Gaspé).
Président (M. Auger) : Merci beaucoup. Nous entendrons cet avant-midi les organismes suivants : premièrement,
la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys et l'Association des comités de
parents anglophones.
Je souhaite maintenant
la bienvenue à la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé. Par la suite, nous allons procéder à une période d'échange avec les trois groupes
parlementaires.
Dans un premier temps, bien vouloir vous présenter, donc, ainsi que
toutes les personnes qui sont présentes, et, par la suite, vous pourrez
commencer. À vous la parole.
Mme Lamarche-Venne (Diane) :
Alors, M. le Président, bonjour. M. le ministre, mesdames et messieurs, membres de la commission. Alors, tout d'abord, je
tiens à vous remercier de nous recevoir ce matin pour entendre notre point de vue sur le projet de loi n° 86.
Alors, je vous présente les gens qui m'accompagnent. Alors, à ma gauche
extrême, Mme Louise Leroux, commissaire scolaire Pierrefonds‑Roxboro‑Sainte-Geneviève;
ensuite, M. Dominic Bertrand, directeur
général de la commission scolaire; M. Carl Vézina, directeur de l'école
primaire Victor-Thérien, représentant les directions d'école; et
Me Marie-Josée Villeneuve, secrétaire générale représentant les cadres de
service. Et je suis Diane Lamarche-Venne, présidente de la commission scolaire,
commissaire depuis 21 ans et présidente depuis 10 ans.
Alors,
derrière moi, j'aimerais aussi vous présenter... Je vais prendre une petite
minute de plus pour vous présenter les personnes qui nous
accompagnent et qui ont pris part à l'élaboration du mémoire. Alors, tout
d'abord, M. Sylvain Hétu, technicien en
éducation spécialisée, répondant, Mme Geneviève
Lemieux, orthophoniste, répondante. Alors, les élèves : Pénélope Duluth
Debruyn, élève, école secondaire
Paul-Gérin-Lajoie-d'Outremont;
Mohammed Amin Laoufir, élève, école
secondaire Saint-Laurent ; Alan Luo, élève, collège Saint-Louis; et Chaza Akoum, élève, école secondaire Pierre-Laporte.
Le Président (M. Auger) :
Bienvenue à tous.
Mme Lamarche-Venne (Diane) :
Alors, brève présentation de la commission scolaire. Alors, établie dans
l'Ouest-de-l'Île de Montréal, la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys est
deuxième en importance au Québec. Elle compte 9 300 employés, dont
5 500 enseignants, plus de 53 000 élèves, dont 43 000
au primaire, secondaire, 95 établissements,
établissements situés dans sept arrondissements montréalais et
13 municipalités de l'Ouest-de-l'Île. 62 % de nos élèves n'ont
pas le français comme langue maternelle. Notre budget est de 515 millions,
et notre taux de diplomation, 81,4 %. À
titre d'information, notre conseil a adopté une résolution de désaffiliation de
la Fédération des commissions scolaires du Québec le
3 avril 2014.
Le présent
mémoire a été préparé en se donnant comme angle la réussite des élèves. À la
CSMB, nous croyons que le projet de loi n° 86 contient de bons
éléments. Nous avons toutefois certaines réserves et nous soulevons quelques contradictions. Nous croyons que l'éducation
devrait toujours se situer et être perçue au-dessus de la mêlée. Cela
demande assurément une réflexion sérieuse afin de préserver ce qui va bien et
ne pas être influencé par les intérêts de certains ou par la tendance du jour. Il faut se rappeler que la responsabilité de
la commission scolaire envers les élèves jeunes ou adultes doit demeurer, soit s'assurer de la
réussite de chacun. De plus, l'importance du maintien d'un climat de
collaboration entre
tous les acteurs doit être possible, de même que l'établissement d'une culture
organisationnelle et le maintien d'une certaine pérennité.
Le projet de loi amène le concept de
subsidiarité, mais on comprend qu'il s'agit là de décentralisation. Notre
commission scolaire est déjà un centre de services de par son modèle de gestion
et elle pratique la décentralisation depuis plusieurs années. C'est un modèle
éprouvé, mais qui se doit d'être bien préparé.
En ce qui a trait à la gouvernance de la commission
scolaire, je tiens à préciser que le
rôle du conseil n'est pas celui d'être
des experts. La communauté éducative en compte déjà plusieurs.
Il s'agit plutôt d'un rôle de second regard sur les propositions
ou situations portées à son attention. Il est important de se rappeler que la
gouvernance se doit d'être exercée le plus
éthiquement possible. Pour y arriver, une réflexion doit s'exercer afin
d'établir des valeurs et des principes qui guideront la prise de
décision et deviendront ainsi des outils de travail concrets ancrés dans le
quotidien.
Par ailleurs,
nous convenons que le ministre puisse intervenir dans certaines situations
particulières de manière à s'assurer
de la qualité des services et une recherche de meilleures pratiques. Je passe
maintenant la parole au directeur général.
M. Bertrand
(Dominic) : Alors, bonjour. Comme le mentionnait Mme Lamarche-Venne,
Marguerite-Bourgeoys a un taux de diplomation de 81,4 %, c'est une
augmentation de 10 % dans les dernières années. Et on va probablement
commissions scolaires francophones les plus performantes
au Québec malgré le fait que Marguerite-Bourgeoys est confrontée à plusieurs
défis d'importance. On le mentionnait
tout à l'heure, 62 % des élèves ont une langue maternelle autre que le
français, et nous accueillons annuellement plus de
1 000 jeunes immigrants. À
titre d'exemple, nous venons de recevoir
400 jeunes Syriens, là, dans les
dernières semaines. Nous sommes également confrontés à de la défavorisation.
Plusieurs de nos écoles sont en milieu
très défavorisé, et nous avons une concentration très grande d'écoles privées
sur notre territoire, ce qui fait que, lors du passage primaire-secondaire, c'est plus de 30 % de notre
clientèle performante qui quitte vers le secteur privé, tout ça combiné
aux compressions budgétaires des dernières années.
Nous avons revu notre modèle de gestion de façon
à ce que toutes nos décisions soient prises en fonction des données probantes
de la recherche. En éducation, tout le monde se prétend expert, et il est grand
temps qu'on cesse d'entendre les «Moi, je
pense que» et «Moi, je trouve que». Et, à cet effet, nous recommandons, à
l'instar de plusieurs chercheurs, la
mise sur pied d'un institut national pour se baser sur des données probantes.
Nous avons mis sur pied, à Marguerite-Bourgeoys
en 2012, un centre d'intervention pédagogique évidemment plus modeste qu'un
institut national, mais ça nous a
permis de s'associer à de nombreux chercheurs de renom pour mettre en place
plusieurs mesures porteuses pour la réussite de nos jeunes.
Une grande
part de la réussite de notre organisation, c'est le dévouement et la compétence
du personnel enseignant. Toutes les
recherches le démontrent, le facteur numéro un qui influence la réussite
des élèves, c'est l'effet enseignant. Et Marguerite-Bourgeoys en a fait
son orientation numéro un dans sa planification stratégique :
reconnaître et renforcer l'effet enseignant.
Et, à cet égard, si on veut maintenir un haut niveau d'expertise chez notre
personnel, il faut s'assurer de les soutenir par de la formation
continue et intensive sur les stratégies d'enseignement efficaces.
Notre
organisation n'est pas parfaite. Cependant, le succès des dernières années nous
a permis de mettre en place des initiatives dans le contexte de balises
et d'encadrement existants. Alors, dans ce contexte, nous vous invitons à la prudence dans les changements de structure
proposés afin de ne pas nuire aux initiatives qui sont porteuses de
réussite. Alors, je cède la parole maintenant au directeur d'école, là,
M. Carl Vézina.
M. Vézina
(Carl) : Merci. Bonjour.
Donc, tout d'abord, je veux saluer la volonté qui est mise dans ce projet
de loi de rapprocher la prise de décision
des directions d'établissement. C'est reconnaître notre réelle expertise, et
l'impact que nous avons sur la réussite des élèves, et l'importance du
leadership de la direction dans sa communauté éducative. Cependant, je porte votre attention sur des
éléments du projet de loi n° 86 qui, à notre avis, ne favoriseraient pas
l'exercice de ce leadership. Par exemple, les changements au conseil
d'établissement, particulièrement la contradiction entre la reconnaissance de l'expertise pédagogique et le
pouvoir d'adoption plutôt que d'approbation, et ce, sur des sujets
d'ordre pédagogique. Ce n'est pas anodin. Le conseil d'établissement pourrait
modifier sur-le-champ un projet élaboré par la direction et son équipe-école.
Autre chose,
la décentralisation recherchée ne devrait pas avoir pour effet d'alourdir la
tâche administrative des directions
d'établissement. En ce sens, les services administratifs d'une commission
scolaire existent pour soutenir les établissements.
Un exemple, la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys a mis en place un
système de guichet unique pour chacun de ses services, ce qui nous
facilite le travail dans la recherche de questions et de solutions.
Finalement, je souligne aussi la mise en place d'un comité
de répartition des ressources. Notre expérience, à la commission scolaire, avec un comité semblable, qui a pour objectif d'établir des objectifs
et principes de répartition des ressources financières ainsi qu'un
partage par des réseaux territoriaux de ressources professionnelles, nous a
montré l'impact positif dans les milieux. Vous trouverez certains commentaires
sur ce comité dans notre mémoire.
Je cède la parole à Mme Villeneuve.
Mme Villeneuve (Marie-Josée) :
Je vais aller rapidement. En fait, oui, nous, on croit à la décentralisation à Marguerite-Bourgeoys, donc, le principe de subsidiarité, on est d'accord
avec ça. Ce qu'on pense, par contre, c'est que ça doit se faire selon des principes qui sont cohérents avec la vision de
la commission scolaire. Donc, on ne voudrait pas avoir un modèle
unique qui soit donné par les lignes directrices qui seront élaborées par le ministre
et dont on n'a pas pris connaissance encore. On pense qu'il faut que les gens
qui seront des décideurs aient la formation suffisante pour être capables de prendre des
décisions qui soient non seulement respectueuses des encadrements légaux, mais
aussi des gens qui vivront les conséquences de ces décisions-là. Donc,
on parle de gestion éthique. Donc, on souhaite vraiment pouvoir poursuivre avec
ce modèle-là.
Seulement
rapidement sur le processus électoral, on vous a fait une suggestion
dans le mémoire, on n'embarquera pas là-dessus, mais simplement vous dire que, si le modèle qui
est proposé dans le projet de loi demeure, des précisions devront être apportées pour ce qui... les possibilités d'être candidat ou de voter parce
qu'actuellement le secrétaire général risque de se retrouver à arbitrer,
ce qu'on ne souhaite pas pour une personne qui doit être neutre.
Donc, je redonne la
parole à Mme Venne pour la conclusion rapide.
Mme Lamarche-Venne (Diane) : Alors, en résumé, toutes les initiatives de la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys
ont pu être mises en place dans le cadre de la loi actuelle. Nous émettons donc
des réserves face aux bouleversements
qu'occasionnerait l'adoption du projet
de loi n° 86. L'essentiel est la
réussite éducative de nos jeunes.
Alors, est-ce que
j'ai le temps de vous présenter nos recommandations?
Le Président
(M. Auger) : Bien, vous avez du temps supplémentaire, gracieuseté
du ministre.
Mme Lamarche-Venne
(Diane) : Merci. Alors, je me permettrai de vous présenter huit recommandations.
Alors, la première, favoriser la démocratie en permettant la participation du plus grand
nombre, principalement celle des parents, à l'aide du vote électronique.
deuxième, conserver les leviers d'intervention de la commission scolaire lui permettant d'assurer une vigie sur les résultats des établissements,
par exemple, la convention de gestion et de réussite éducative.
Troisièmement,
laisser une marge de manoeuvre à la commission
scolaire afin qu'elle puisse adapter
son modèle de décentralisation à sa réalité.
Quatrièmement,
s'assurer de ne pas alourdir la tâche administrative
des directions d'établissement de manière à permettre l'exercice d'un leadership
pédagogique fort.
Cinquièmement,
maintenir les pouvoirs du conseil d'établissement tels qu'ils existent
présentement de manière à reconnaître l'expertise des enseignants et des
directions.
Sixièmement,
maintenir le comité consultatif de gestion tel quel et évaluer la possibilité
de lui ajouter des objets de consultation.
Septièmement,
projet éducatif, mettre en place un processus de révision annuelle des moyens
retenus pour atteindre les objectifs visés par l'établissement.
en terminant, mettre sur pied un institut national de recherche en éducation,
compte tenu de l'importance des données probantes pour le déploiement
des stratégies efficaces en enseignement et en gestion.
en terminant, en vous remerciant, je vous dirais que les élèves qui sont
derrière nous auront un document à vous remettre après la présentation.
Merci.
Président (M. Auger) : Merci beaucoup pour votre présentation.
Nous allons commencer la période d'échange. M. le ministre, vous avez
encore 13 minutes à votre disposition.
M. Proulx : Merci, M. le Président. D'abord, bien, merci de votre présence ce
matin, merci aux gens qui vous accompagnent
également. Je comprends qu'il y a du personnel de soutien et des élèves qui
sont avec vous, je comprends que tout
le monde a participé également à la réflexion, et à l'élaboration, et, par leur
présence aussi, à la présentation. Alors, j'apprécie beaucoup de voir
des gens avec vous. Je salue également les collègues, les membres de la
commission, les gens qui m'accompagnent en ce retour de semaine en
circonscription.
Votre
mémoire est très intéressant parce qu'effectivement vous parlez de deux choses,
vous abordez le projet de loi, mais
vous faites également état de comment les choses fonctionnent chez vous.
D'ailleurs, je le voyais en
annexe même, là, vous avez des exemples concrets de ce que vous dites être des succès. Et
je l'ai entendu également du directeur général au niveau de la diplomation. On n'aura peut-être pas
tout le temps nécessaire de faire le tour de l'ensemble du mémoire, mais
il y avait certaines choses sur lesquelles j'aurais aimé vous entendre.
Vous
avez parlé des enseignants. Je voyais également dans votre mémoire, j'ai pris
une note, là, vous avez parlé de la
reconnaissance. Ça a fait
partie de votre plan stratégique, je pense. Vous avez
dit un peu comment vous étiez à valoriser ceux-ci. J'aurais aimé ça,
vous entendre là-dessus. Vous avez parlé du projet de loi, vous avez dit :
Bien, à la limite, il y a peut-être même une
contradiction dans la façon dont est construit le projet et la réalité ou la
nécessité de faire une valorisation
du rôle de l'enseignant. J'aurais aimé ça, vous entendre. Qu'est-ce qui, pour
vous, devrait se retrouver dans un projet
de loi, si ça doit passer par la législation, pour assurer l'espace nécessaire
aux enseignants, celui qu'ils réclament, oui, mais celui que vous, comme observateurs et comme acteurs liés au milieu
de l'éducation, vous considérez nécessaire?
Le Président
(M. Auger) : Mme Lamarche-Venne.
Mme Lamarche-Venne (Diane) : Oui, je commencerai, mais je laisserai la parole
ensuite au directeur général et peut-être à M. Vézina pour
compléter.
M. Proulx :
Pas de problème.
Mme Lamarche-Venne
(Diane) : La première manifestation de ça, je pense que c'est le
premier objectif de notre plan stratégique, c'est reconnaître l'effet
enseignant. Alors, on pense qu'effectivement ils sont les personnes les plus
importantes auprès des jeunes, mais il y a un rôle aussi au niveau de la
commission scolaire. Alors, c'est de les soutenir et de mettre en place toutes
les conditions favorables. Alors, M. Bertrand.
Le Président
(M. Auger) : M. Bertrand.
M. Bertrand
(Dominic) : Oui. En fait, comme l'effet enseignant, c'est le facteur
numéro un qui influence la réussite des
élèves, il faut vraiment s'attarder aux données probantes de réussite, hein? Il y a des chercheurs, entre autres, John Hattie qui est venu
catégoriser tous les facteurs de 1 à 146... Alors, il est grand temps qu'on
puisse s'attarder au premier facteur qui
influence la réussite. Et, pour ça, plusieurs de nos enseignants
ont déjà un niveau d'expertise élevé, mais, en formation continue, il faut s'assurer de mettre en place en salle de
classe des stratégies d'enseignement efficaces parce qu'au cours des
années on a beaucoup entendu parler de faire plus avec moins, faire plus avec
moins. Il est temps maintenant de faire
autrement. Donc, c'est par des stratégies d'enseignement efficaces qui ont été
éprouvées par la loi qu'on peut mettre en place une structure dans une
salle de classe.
Alors, la façon de le
faire, c'est par du perfectionnement mais pas du perfectionnement ponctuel, une
ou deux fois annuellement; perfectionnement continu, intensif, parce qu'encore
une fois les études le démontrent : si on veut qu'il y ait un transfert en salle de classe, ça prend un
investissement important de l'ordre de 30 à une centaine d'heures, là,
sur un court laps de temps de six à 18 mois environ. Alors, beaucoup
d'emphase sur le perfectionnement, oui, du personnel enseignant mais également
les autres membres du personnel.
M. Proulx :
Je vous remercie. Vous avez également fait état, dans votre mémoire, du Centre
d'intervention pédagogique. J'aurais aimé
que vous nous expliquiez un peu en quoi ça consiste et comment c'est devenu
pour vous un outil nécessaire dans le cadre de votre gestion et la
réussite?
Le Président
(M. Auger) : Mme Lamarche-Venne.
Mme Lamarche-Venne (Diane) : Alors, le Centre d'intervention pédagogique,
c'est un de nos bébés. Je vous dirais
que c'est né d'une réflexion qui a eu lieu il y a cinq ou six ans où on voyait
la classe changer et où on voyait que l'enseignant était souvent le seul
Québécois de souche, si on peut se permettre, dans la classe. Alors, de
nouveaux arrivants, de grands défis. Comment
pouvait-on revoir le modèle de classe d'accueil, peut-être, ou s'assurer que
l'enseignant est bien outillé pour faire
face à tous ces défis? Alors, on s'est assis avec l'Université de Montréal,
avec Marie McAndrew, entre autres, et
on a pensé à plusieurs modèles. On a pensé de créer une chaire de recherche,
mais finalement Mme McAndrew nous a détournés de ça en nous disant
qu'on aurait plus de contrôle si le centre de recherche était chez nous.
Alors, on s'est associés à Marie McAndrew
pour mettre en place six grands axes de recherche, faciliter les protocoles
de recherche et laisser entrer les
chercheurs dans nos classes pour aller directement aux problématiques que les
enseignants rencontrent avec le genre de clientèle que nous avons chez nous.
Peut-être que M. Bertrand pourrait compléter.
Le Président
(M. Auger) : M. Bertrand.
M. Bertrand
(Dominic) : J'ajouterais un deuxième volet. Donc, toute cette
démarche-là ne nous a pas empêchés quand
même de s'associer à plusieurs autres chercheurs d'autres universités pour
mettre en place vraiment des structures qui viennent supporter la réussite des élèves, donc des chercheurs de
renom au Québec qui nous supportent au quotidien, là, dans la recherche
de solutions à la réussite scolaire.
M. Proulx :
Vous parlez également, dans votre mémoire, du comité conjoint de gestion. Bien,
vous faites le tour, là, dans le fond, des
différents comités. Et c'est intéressant, encore une fois, parce que vous
mettez des mots et vous rendez ça...
vous le vulgarisez pour des gens qui pourraient avoir de la difficulté à
comprendre les différents comités qui sont
dans notre réseau et également vous adressez la question du comité de
répartition des ressources. Vous avez peut-être entendu d'autres
commissions scolaires, et il y en aura d'autres, peut-être, qui viendront,
c'est un peu à géométrie variable, la... je
vais dire la décentralisation, là, pour faire simple dans ma question. Mais il
y a une réalité, c'est que ce n'est pas
tout le monde qui a des outils de répartition ou qui a des comités autres que
ce qui existe ou est nécessaire dans la loi pour faire les compromis
nécessaires à ce niveau-là. J'aurais aimé vous entendre par rapport à ce que
vous faites.
Est-ce
que, par exemple, quand vous nous dites : Nous, on est une commission
scolaire qui vit une décentralisation ou
qui est un modèle décentralisé, il y a des éléments que vous avez, dans le
cadre de vos activités de tous les jours, qui sont un peu similaires à ce qu'on propose dans le
projet de loi? En d'autres mots, est-ce qu'il y a des choses que, si
demain on devait... ou dans les prochaines semaines, ou dans les prochains
mois, adopter un projet de
loi sur les gouvernances scolaires, il y a déjà des
choses que vous faites, c'est juste qu'on change les noms puis, dans le fond,
on change un peu la composition, mais l'esprit est là?
Le Président
(M. Auger) : Mme Lamarche-Venne.
Mme Lamarche-Venne
(Diane) : Vous ratissez
large dans ce que vous nous demandez, mais je vais vous faire une
introduction philosophique, puis ensuite mes collègues continueront. Je vous
dirais qu'il y a quelques années, quand même, on a entendu les critiques, les critiques de la population,
des utilisateurs qui questionnaient les façons de faire dans nos commissions scolaires, mais on s'y est
attaqués. Alors, je vous dirais qu'en gros on a inversé notre pyramide. J'aime faire cette image. Alors, au lieu d'avoir
un conseil des commissaires puis des élèves en bas, nous, on a mis nos
élèves en haut, puis le conseil des commissaires est en bas.
Mais ça nous
a amenés à réfléchir à toute une autre façon de procéder. M. Vézina en parlait
un peu, on parle de guichet unique
pour les directions d'école, on parle d'impliquer tous les acteurs. Vous les
voyez en arrière de nous, c'est à tous
les niveaux, même les élèves. Et on pense que c'est plus porteur quand on
consulte la base et que les solutions émergent.
Alors, peut-être M. Bertrand ou
M. Vézina?
Le Président (M. Auger) :
M. Vézina.
M. Vézina
(Carl) : Oui, en fait,
travaillant sur le terrain, ce que je pourrais vous dire, par exemple, par
rapport à la répartition des ressources...
Tout à l'heure, je mentionnais dans ma présentation qu'il y a un comité qui est
mis sur place qui détermine, à chaque année pour une période donnée, là,
les objectifs et les principes selon lesquels on va répartir les critères... pas les critères mais les ressources
financières dans chacune des écoles, donc, que ce soit école secondaire,
école primaire, centre de formation
professionnelle, FGA. Et les directions d'école, les directions
d'établissement, les directions de
services participent à ces travaux-là. Donc, ce n'est pas... c'est quelque
chose... donc, une décentralisation de la prise de décision.
Au niveau,
même, plus près des écoles, on est organisés en réseaux territoriaux, je l'ai
mentionné tout à l'heure. On a aussi des ressources qu'on peut se
partager dans ces réseaux-là. Par exemple, une école secondaire avec ses écoles
primaires qui la nourrissent, on se répartit
des ressources professionnelles. Donc, on a une banque d'heures, par
exemple, en termes d'orthopédagogie, et tout
ça. Donc, on s'entend entre nous pour aller répondre aux besoins de chacune des
écoles. Donc, c'est une façon de faire qui est décentralisée et qui est
porteuse.
Le Président (M. Auger) :
M. Bertrand, en complément.
M. Bertrand
(Dominic) : En complément, je dirais qu'on a placé dans le mémoire les
principes de délégation de pouvoirs,
principes qui sont vraiment importants pour éviter que chacun tire de son côté.
Lorsqu'on établit des principes ensemble,
bien, ensuite, ça se fait beaucoup plus facilement en fonction des principes
qu'on a établis, principes qui sont vraiment importants si on veut
éviter un peu le tiraillage entre nous, là.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre, à peu près 3 min 30 s.
M. Proulx : Parfait! Puis j'avais une dernière question avant
de passer la parole aussi, en même temps, à mon collègue de
D'Arcy-McGee. Vous avez parlé de la possibilité de... Vous avez adressé la
question de la simultanéité des élections.
Dans le mémoire, vous dites : Ce n'est pas une option. Je pense que c'est
à la page 15, là, que vous en parlez avant de parler de la composition même du conseil. C'est ça. Alors, pour
vous, il y a un enjeu, là, de complexité. Peut-être, en quelques mots,
nous exprimer votre position à cet égard-là, s'il vous plaît.
Le Président (M. Auger) :
Mme Lamarche-Venne.
Mme Lamarche-Venne
(Diane) : Alors, encore une
fois, je vais vous dire qu'on entend très bien les critiques, puis, pour moi-même avoir fait cinq élections dans
les 21 dernières années, je peux vous dire que ce n'est pas de la
tarte, et on peut imaginer qu'il y a d'autres façons de faire. En ce qui
concerne Marguerite-Bourgeoys, de jumeler avec le municipal, on n'est pas contre, mais on voit une complexité là de par la
division de notre territoire. Bon, s'il y a quelqu'un qui veut s'y attaquer, ça peut nous faire plaisir.
À quelque part, on pense que de garder un niveau de démocratie, c'est
important, hein?
proposition qu'on vous fait plutôt, c'est de créer une espèce de forum éducatif
avec, à la base, les parents, alors,
que les parents inscrits avec les enfants qui sont dans nos écoles, un peu sur
le modèle des anglophones... mais d'ajouter les membres du personnel qui
sont sur notre territoire, d'ajouter les élèves adultes qui fréquentent chez
nous et d'ajouter des personnes qui seraient
intéressées, dans la communauté, à venir s'inscrire et avoir un numéro
d'identification sécurisé, il me semble, permettrait un vote
électronique relativement bien encadré avec un forum éducatif avec lequel on peut
échanger électroniquement, on pourrait
appeler ça les élections du 2.0, et qui favoriserait la participation des parents en beaucoup plus grand nombre,
qui irait chercher certainement plus du 15 % dont on parle souvent de façon
cachée à certains moments, mais qui,
en même temps, serait un forum d'intéressés qui pourraient faire un choix
éclairé sur une gouvernance.
Le Président (M. Auger) : Une
minute, M. le ministre.
M. Proulx : Juste pour compléter sur ce que vous venez de
dire, donc, ce que vous dites dans votre cas à vous, c'est sur la
composition...
M. Proulx : C'est-u Pepper?
M. Proulx : Non, c'est le collègue. Mais alors ce que
vous dites, c'est qu'il y a peut-être, à ce moment-là... les membres de la communauté
devraient à ce moment-là être cooptés.
M. Proulx : Alors, déterminés par le conseil et, à ce
moment-là, amenés à la table avec... Et, à ce moment-là, est-ce que vous
les considérez de la même façon que vous considérez les autres membres du
conseil scolaire une fois qu'ils y sont, c'est-à-dire avec les mêmes droits et
privilèges?
Le Président (M. Auger) :
Mme Lamarche-Venne, 40 secondes.
Mme Lamarche-Venne (Diane) :
Alors, Marguerite-Bourgeoys ne s'est pas vraiment prononcée sur... On veut rester un peu en retrait, on vous dit juste
qu'il y a des meilleures façons de faire, peut-être,
ou il y a des choses qui faciliteraient ou qui rejoindraient plus le rôle que nous, on voit sur
un conseil scolaire ou un conseil des commissaires. Les gens cooptés, on
peut en avoir en ce moment, ce n'est rien de nouveau. Et je pense que ça dépend
beaucoup de la composition du conseil, les gens qui sont autour de la table.
Alors donc, on vous dit : Si vous maintenez
la forme actuelle, on pense que tous les membres du personnel pourraient être représentés, mais on pense que, de
leur donner le droit de vote, ce n'est peut-être pas la meilleure chose. Il faut garder une
certaine distance.
Le Président (M. Auger) :
Merci, merci.
M. Proulx : Je vous remercie.
Président (M. Auger) :
Nous allons poursuivre avec le porte-parole de l'opposition
officielle, M. le député de Lac-Saint-Jean, pour neuf
minutes.
M. Cloutier : Je vous remercie, M. le Président. Alors, vous
allez excuser ma voix, j'ai une grippe d'homme.
Alors,
d'abord, je veux vous féliciter pour le succès, quand même, que vous
connaissez à votre commission
scolaire malgré les difficultés
évidentes auxquelles vous devez faire face. Ceci étant dit, vous avez dit
d'emblée que... vous avez fait, je
dirais, une analyse nuancée du projet
de loi, vous avez dit, grosso
modo : Il y a des bons éléments dans le projet de loi. Mais, en réalité, quand on lit votre mémoire, on réalise que, bon...
j'ai l'impression, du moins, que tout ce qui est proposé d'importance
dans le projet de loi, soit vous êtes contre ou vous dites : Il y a des
éléments qui doivent être modifiés.
J'ai envie de
vous demander d'emblée : Dans le projet de loi tel qu'il existe
actuellement, quelle disposition vous apparaît absolument nécessaire
pour la réussite de nos jeunes puis en quoi ça va réellement changer les
choses?
Mme Lamarche-Venne
(Diane) : Je vous répondrais
en vous disant que ce qu'on voit dans le projet de loi, c'est un
fonctionnement qui s'apparente beaucoup à ce que Marguerite-Bourgeoys fait en
ce moment, c'est-à-dire qu'on essaie
d'inclure le plus de personnes possible dans la réflexion et dans la consultation.
On le fait malgré que ce ne soit pas toujours nécessaire, mais, encore
une fois, on pense que d'avoir le plus de personnes possible impliquées dans
une décision est certainement plus porteur.
Dans le
projet de loi actuel, entre autres, le comité de répartition des ressources, je
trouve que c'est intéressant. Là où on fait une nuance, c'est qu'on dit
qu'il manque peut-être un lien à faire avec la direction générale, qui demeure toujours porteuse de la mission et des résultats,
un peu aussi dans le sens où on dit que l'école n'a pas d'entité légale.
Alors, oui, on décentralise, mais,
attention, il faut quand même voir que la responsabilité revient toujours à la
commission scolaire. Alors, les
responsabilités, oui, mais dans les limites de la possibilité d'être
responsables des décisions qu'ils prennent.
Alors,
peut-être que je pourrais demander au directeur général d'appuyer avec d'autres
exemples, si vous voulez bien, Mme la Présidente.
M. Bertrand
(Dominic) : Bien, en fait, il y a
des éléments très positifs, dans le projet
de loi, qu'on a déjà mis en place à Marguerite-Bourgeoys. Mais, si vous me demandez : Est-ce
qu'il y a des éléments essentiels pour améliorer la réussite des élèves, on en trouve peu à
l'intérieur parce qu'il faut vraiment rapprocher tous les éléments de la salle de
classe. Donc, il faut rapprocher les mesures de la salle de classe de l'effet
enseignant.
Alors, pour
nous, on n'a pas eu de... bien, oui, évidemment, on a travaillé très fort, mais il n'y a pas
d'embûche présentement dans les encadrements
actuels qui nous empêche de réaliser plein de structures ou de mettre en place
une structure pour favoriser la réussite des jeunes.
M. Cloutier : Qu'est-ce qui
manque à ce moment-là pour accroître encore davantage la réussite de nos jeunes, à votre point de vue? Parce que vous nous
avez fait quand même quelques suggestions à la fin qu'on ne retrouve pas
nécessairement dans le projet de loi.
J'essaie de comprendre vos propositions. Dans le fond, ce que vous nous dites,
c'est même le comité de gestion... Je
comprends que, chez vous, il existe déjà cette espèce de partage des
responsabilités. Je ne me trompe pas, c'est bien ce que vous nous dites
dans le mémoire?
M. Bertrand
(Dominic) : Oui, exactement, exactement. C'est sûr que donner une
place plus importante, un droit de vote aux parents sur le conseil
scolaire, ça, on est vraiment en accord avec cette proposition-là.
M. Cloutier :
Très bien. Et, pour le processus, le choix des représentants du conseil, vous
avez dit tout à l'heure : On
pourrait s'inspirer du modèle des commissions scolaires anglophones et inscrire
les parents. Est-ce que vous en faites une
proposition formelle? Est-ce que vous pensez que ça améliorerait le taux de
participation et que vous suggérez au législateur québécois d'en faire
une proposition?
Mme Lamarche-Venne (Diane) :
Bien, écoutez, je peux vous parler des dernières élections à Marguerite-Bourgeoys. Alors, le territoire de
Marguerite-Bourgeoys, c'étaient environ 350 000 électeurs. Alors,
avec moi, puis mon petit
1 000 $, et puis mes deux jambes, ce n'est pas évident de faire le
tour du territoire, et puis d'être pertinente, et puis de rejoindre des
gens. Alors, c'est dans ce sens où on vous dit qu'on peut comprendre qu'une
élection 2.0 pourrait être intéressante.
Ça a quand même rejoint 10 000 personnes. Ce n'est quand même pas
rien, mais on comprend que ce n'est pas suffisant aussi.
Alors, juste
avec nos parents, un forum électif — nos parents ont tous un code et sont tous
rejoignables — alors, déjà,
on parle de 90 000 personnes. Alors, on parle de donner du pouvoir
aux parents, moi, je pense que ça donne beaucoup de pouvoir aux parents
à comparer à la proposition qui nous est faite où, environ, à
Marguerite-Bourgeoys, ce serait 85,
100 parents qui auraient à décider : Oui, on va en élection, non, on
ne va pas en élection, avec un processus qui me semble extrêmement
laborieux.
Si on ajoute
à ça nos élèves adultes, si on ajoute les membres du personnel qui sont sur
notre territoire, si on ajoute des
gens de la communauté qui sont intéressés, les candidats eux-mêmes, je pense
qu'on dépasse les 100 000 électeurs possibles. Et là on comprend que c'est des gens qui sont du milieu, qui
sont intéressés, où, en fait, on donne toutes les possibilités d'exercer un droit de vote. Alors, il
nous semble que ça nous amène un forum éducatif, un forum qui peut même
continuer à être en communication après une élection.
M. Cloutier : Bien. Je ne sais
pas si vous avez pris connaissance des propos du DGE sur...
Mme Lamarche-Venne (Diane) :
M. Cloutier :
Oui? Il semblait dire que c'était quand même techniquement possible d'organiser
des élections de façon simultanée
avec le milieu municipal. Je comprends que, pour vous, ce n'est pas
nécessairement la solution à retenir. C'est bien ça?
Mme Lamarche-Venne
(Diane) : Moi, je vous dis
qu'on serait quand même contents de savoir qu'on maintient une démocratie. Ça nous semble complexe sur notre
territoire, vu le grand nombre de municipalités, entre autres, très
petites. Alors, un territoire scolaire, en ce moment, si j'ai 14 personnes
élues, vous comprenez que j'ai à peu près 100 élus municipaux, j'ai plus
d'élus provinciaux. Alors, j'essaie de voir, mais on n'est pas rentrés
là-dedans pour l'analyser précisément.
M. Cloutier :
Très bien. Je vous remercie. Est-ce que vous voulez nous parler des exemples
que vous nous avez mis en
annexe 1 quant aux stratégies déployées qui ont une incidence sur
l'augmentation? Je pense qu'on a tout avantage à vous entendre
davantage, considérant les succès et la croissance du taux de diplomation chez
vous.
Mme Lamarche-Venne (Diane) : Si
vous me permettez, je vais demander à M. Bertrand, M. Vézina...
M. Cloutier : Absolument.
M. Bertrand
(Dominic) : Alors, dans un premier temps, je pourrais vous parler du
cadre de référence que nous avons mis
en place pour l'ensemble de notre personnel non enseignant. Tous nos cadres de
référence sont en lien avec la Réponse
à l'intervention, ou RAI, des données probantes. Donc, on est venus vraiment
définir les rôles, tâches et fonctions de
l'ensemble de notre personnel enseignant de façon à ce que chacun puisse jouer
son rôle, où s'arrête le rôle de l'enseignant, où commence le rôle de
l'orthopédagogue. Donc, on est venus, à l'intérieur des cadres, vraiment
définir les rôles, les tâches et les fonctions au niveau de trois niveaux
d'intervention, là, avec l'approche Réponse à l'intervention.
Un autre
élément, le dépistage précoce. Ça, c'est vraiment très important. Donc, avec
Cap sur la prévention — c'est une initiative
avec des chercheurs qu'on a mise en place — alors, on a maintenant 24 de nos
45 écoles primaires dans cette démarche-là,
de Cap sur la prévention, pour venir soutenir nos jeunes en difficulté de
lecture et d'écriture parce que vous savez qu'un élève qui a des
difficultés en lecture en première année, bien, neuf élèves sur 10 en auront
également à son entrée au secondaire. Donc, on a mis une emphase importante au
niveau du dépistage dans nos écoles primaires.
M. Cloutier :
Je vais peut-être vous arrêter sur ce dernier exemple. Vous avez dit 24 sur 45,
ça consiste en quoi, exactement? Est-ce que c'est un groupe de
professionnels qui se promène d'école en école?
M. Bertrand
(Dominic) : En fait, on est accompagnés de chercheurs de l'Université
d'Ottawa. On a débuté avec quatre écoles sur une base volontaire au
cours des quatre dernières années, et puis on est maintenant à 24 écoles. C'était sur une base volontaire. Et, comme la formation
répondait aux besoins des enseignants, on a dû l'étaler sur quatre années parce qu'on ne suffisait pas à la
demande pour venir l'implanter. Donc, c'est la mise en place d'un modèle
d'intervention dans les écoles, et puis qui
permet à l'enseignant d'amener des mesures de remédiation au niveau de
la lecture, par exemple, dès la première
année, ce qui fait que ça retarde les interventions de l'orthopédagogue plutôt
vers le printemps plutôt que de prendre en
charge des jeunes dès le mois de septembre. Donc, il y a des mesures qui sont
mises en place par une structure dans chacune de nos écoles, de nos
24 écoles primaires.
M. Cloutier : Bien, bravo! Vous
vous êtes inspirés... Woups! C'est terminé?
Présidente (Mme Rotiroti) : Il ne reste plus de temps, M.
le député. Désolée. Alors, on va passer du côté du deuxième groupe de
l'opposition. Je cède la parole à M. le député de Chambly pour une période de
six minutes.
M. Roberge :
Merci, Mme la Présidente. Salutations au ministre, aux collègues, à tous ceux
qui présentent et tous ceux qui les accompagnent. Je vous remercie
d'être ici.
D'abord, je
veux juste saluer votre initiative parce que de nombreux groupes sont venus
présenter des mémoires s'opposant au projet de loi, et je les comprends,
il y a beaucoup de travail à refaire, mais vous avez été une espèce d'opposition constructive. C'est une vision que
j'aime bien, une opposition constructive, une opposition qui propose.
Vous avez proposé une espèce de forum
électoral différent, c'est une nouvelle proposition qui est sur la table, puis
je peux vous dire qu'en tout cas de notre côté on va l'étudier très
sérieusement. Je trouve ça très intéressant, ce que vous apportez.
J'ai une petite question, un éclaircissement
concernant votre très bonne performance, là, votre taux de diplomation, vous dites, à 81,4 %, en hausse
dernièrement. J'aimerais savoir : Est-ce que c'est dû, entre autres, à une
espèce de valorisation de la filière professionnelle? On nous dit souvent ça,
au Québec, qu'on ne valorise pas assez la filière professionnelle. Est-ce que vous avez le détail pour savoir dans quelle
mesure votre taux de 81,4 %, c'est des élèves du D.E.S. et D.E.P. et dans quelle mesure ce sont des
élèves qui ont aussi des attestations et des qualifications? Est-ce que
vous avez la réponse sur ces chiffres?
Mme Lamarche-Venne (Diane) :
M. Bertrand?
M. Bertrand (Dominic) : En
fait, au niveau des ordres d'enseignement, que ce soient secondaire, formation professionnelle et puis formation des adultes,
donc c'est dans ces trois champs-là qu'on a eu une augmentation
significative des taux. Évidemment, on a des
jeunes au parcours de formation axé à l'emploi qui ont aussi une certification,
mais c'est vraiment au niveau du secteur jeune secondaire qu'on a la
plus forte augmentation de diplomation. Toujours chez les moins de 20 ans.
M. Roberge : Mais vous n'avez pas le taux? Dans votre 81,4 %, supposons, c'est 75 % D.E.S.,
D.E.P., puis 5 %, 6 % pour les attestations. Est-ce que vous
savez c'est quoi?
M. Bertrand (Dominic) : Je n'ai
pas le taux exact...
M. Roberge : Non? La
ventilation?
M. Bertrand (Dominic) : ...mais
la plus forte augmentation se situe au niveau de nos élèves du secondaire, du
diplôme d'études secondaires.
M. Roberge :
O.K. Bien, je vous remercie. Vous prenez position clairement en faveur de la
création d'un institut national de
recherche en éducation. Comment s'assurer que ce nouvel institut là ne serait
pas une tour d'ivoire? Comment s'assurer
que les recherches qu'on y ferait, les découvertes qu'on y ferait, les bonnes
pratiques se rendraient jusque dans les écoles puis que ce serait
perméable? Parce qu'en fait on le voit d'une commission scolaire à l'autre, là,
c'est très, très différent. Peut-être
dire : Bien, nous, on est très, très ouverts, mais, moi, comme
législateur, il faudrait que je sache que ça se passe, là, de Gaspé à Gatineau, là. Donc, si on créait cet institut
national, comment on ferait pour s'assurer que les fruits de ces
recherches-là ne restent pas à l'institut national?
Mme Lamarche-Venne
(Diane) : Je vais commencer
puis je vais laisser M. Bertrand continuer, si vous voulez bien, Mme
la Présidente.
Alors, je
vous dirais que le modèle qu'on a mis en place chez nous fait foi de ce qu'on
vous avance en vous disant aussi que
force est de constater qu'il y a beaucoup,
beaucoup de métarecherches qui ont
été faites, mais qui sont très peu prises
en compte. Alors, c'est un peu ça. Mais, chose certaine, effectivement, il faut que ça soit ancré dans les réalités.
Alors, peut-être M. Bertrand pourrait continuer.
M. Bertrand (Dominic) : Je
dirais qu'on doit se donner les moyens de faire descendre ça dans les milieux. On vous parlait tout à l'heure de formation. Lorsqu'on
a moins de 200 $ de budget de
formation par enseignant dans une année scolaire et puis que, dans la
démarche que je vous présentais tout à l'heure, Cap sur la prévention, on
libère huit jours par année notre personnel
enseignant des équipes complètes, vous comprendrez qu'on dépense beaucoup
plus que l'argent qui nous est alloué.
Alors,
si on prenait des mesures... Parce qu'il y a plusieurs mesures du ministère qui
sont ciblées, je prends, par exemple,
l'aide aux devoirs ou d'autres mesures comme celle-là qui, au niveau de la
recherche, sont... On peut questionner, mais je pense que ça passe inévitablement par un investissement massif
en formation du personnel pour que la formation soit intensive et non
pas ponctuelle pour s'assurer qu'il y ait un transfert en salle de classe parce
que, si ce n'est pas suffisamment significatif, il n'y en a pas, de transfert
en salle de classe.
Et je vous
dirais qu'il faut soutenir notre personnel enseignant. La clientèle s'alourdit,
et, lorsque la formation répond aux
besoins de notre personnel, je vous le disais un peu tantôt, lorsque je peux,
avec la même énergie, avoir des résultats, je pense que c'est
encourageant et ça incite à la formation. Mais, je répète, ça prend une
formation qui est intensive dans un court laps de temps.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Il vous reste une minute, M. le député.
M. Roberge :
Donc, en clair, là, ce qu'on a vu dans le dernier budget, là, 15,
16 enveloppes dédiées, tac, tac, tac, là, qui partent du ministère,
ce n'est pas la bonne approche. Vous auriez préféré qu'on laisse la marge de
manoeuvre davantage aux écoles puis à la commission
scolaire, une espèce de responsabilité partagée. Puis vous dites : S'il
n'y avait pas toutes ces enveloppes
dédiées là, là, on prendrait une
partie de cet argent-là puis on en mettrait
davantage en formation continue de nos enseignants. Est-ce que c'est
bien ce que vous nous dites?
M. Bertrand
(Dominic) : Ce que je dirais, c'est que ça prend un investissement au
niveau de la formation. Et, si je ferais
l'analogie avec nos conventions de gestion, lorsqu'on a établi les cibles de
réussite avec les directions d'école qui ont convenu à leur tour avec
leur personnel enseignant, les moyens appartiennent aux directions d'école et
puis à leur équipe pour déterminer les
moyens pour atteindre la cible. Alors, dans ce contexte-là, ça nous prend une
certaine autonomie dans les moyens pour être capables d'assurer la
réussite des élèves.
M. Roberge : Bien, je vous
remercie beaucoup. Très intéressant.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Alors, merci beaucoup, Mme Lamarche-Venne, M. Bertrand,
Mme Leroux, M. Vézina et Mme Villeneuve, pour votre présence.
Je suspends quelques instants pour permettre au
prochain groupe de prendre place. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 33)
Présidente (Mme Rotiroti) : Alors, bonjour. Je souhaite la bienvenue aux représentants de l'Association des comités de parents anglophones. Merci
d'être parmi nous.
Je vous
rappelle que vous disposez de 30 minutes pour faire votre exposé, et par
la suite on passera à une période d'échange entre les élus.
Alors, je
vous demanderais de juste vous identifier ainsi que les gens qui vous
accompagnent. Et vous pouvez tout de suite commencer votre présentation.
Alors, la parole est à vous.
Mme Boucher
(Rhonda) : Merci. Bonjour, Mme la Présidente, M. le ministre, membres de l'Assemblée nationale et membres
du comité. Mesdames et messieurs, je me présente, Rhonda Boucher, présidente de
l'Association des comités de parents anglophones, reconnue comme l'acronyme
ACPA et notre acronyme anglophone EPCA pour English Parents' Committee Association. Présentes avec moi à la table, deux
directrices : Mme Shirley Picknell, Central Québec, Mme Shannon Davis, Western Québec,
M. Pierre Chouinard, notre ancien président, et notre directeur général, M. Angelo Grasso.
Oui, je suis
la présidente de l'ACPA, mais je suis un parent d'abord et avant tout. Je suis commissaire-parent qui est membre de plusieurs comités au
niveau du conseil d'administration. Je préside le comité des
parents et le comité consultatif sur l'éducation spéciale pour le
Western Québec. Je suis membre du conseil d'administration pour l'association
des foyers-écoles, j'étais sur le conseil d'administration pour la maison de la
famille, la directrice générale de la banque alimentaire
pour la MRC des Collines et je suis membre du conseil d'administration pour la
Maison des jeunes Val-Jeunesse à
Val-des-Monts. Je suis impliquée dans mon comité, et mon école, et le conseil
scolaire parce que je crois qu'il faut investir dans nos communautés et les enfants, qui sont l'avenir de la communauté.
J'ai 10 ans d'expérience avec la commission scolaire Western
Québec.
Quand mon
fils a commencé l'école primaire rurale à Poltimore, dans Val-des-Monts, j'ai
été élue présidente du conseil
d'administration. À notre école rurale, nous avons 44 étudiants qui
composent 37 familles. Nous avons trois classes divisées, deux jours par semaine de classe
prématernelle, et on n'a pas une salle de gymnase. Nos parents élèvent
l'équivalent d'un tiers de notre
budget scolaire pour les écoles parascolaires chaque année. Si nos parents et
les communautés ne prennent pas en
charge nos activités de collecte de fonds, nous ne serons pas en mesure de
donner à nos étudiants la possibilité de découvrir la culture
québécoise. Mon école n'est pas différente de plusieurs autres écoles rurales
de la province.
The English Parents' Committee Association, EPCA,
is a provincial organization
representing the parents and central parents' committee
of seven of the nine English school boards. EPCA is a non-profit provincial
corporation funded by the Government of Québec. We are the main voice of the English parents in Québec. EPCA's role, as a provincial advocate for the Québec English public school parent committees, is to
guide and is centered on the students and student's success. EPCA's board of directors, made
up of parent volunteers, is committed to better the education of our children, lobbies for fair and equitable funding
be made available for public education and defends our linguistic
minority schools so they may continue to help graduate bilingual students into
our distinct society.
feel that the proposed legislation, that is centered on structural, changes has
missed the mark on helping improve student
success due to the constant parametric cuts across our boards. Along with
Bill 101, that restricts enrollment, the cuts have hit us where our boards are either in deficit or have
impacted the classrooms. As we do so... Sorry. Why isn't the focus of Bill 86 on what really
matters : student success? With all due respect, the fact that student
success isn't mentioned once throughout the bill sends alarms throughout
the education system.
The Ministry wants to give schools a
greater say in the decision-making and ensure parents' presence within each board's decision-making body? EPCA can't speak for the French
board, but our success rates speak for themselves regarding the decisions in our schools. Our lines of communication
between our communities, parents, schools and school boards are our success. The Ministry wants to
insure parents' presence within each board's decision-making body. Well,
that was not transparent in Bill 86. Yes, there's an increase of parent
commissioners, from four to six, with voting rights, but the parents are still
the minority.
only is our minority linguistic system a jewel of public education in Québec,
but in Canada as well. All nine English school boards have worked to be among
the top 13 spots of graduation rates among all school boards in Québec,
this according to you, the Ministry's own reports. This represents an 85%
graduation rate that is based on an inclusive
teaching model with an 88% integration rate of special need students within our
schools. As we do celebrate our graduation rates, we, as parents, are
concerned about the 15% of our youth that does not graduate. Québec's official minority public education system is distinct and
should be on the world stage. We're striving to make sure every child leaves the English school system bilingual and has
the opportunity to be exposed to the French language in all its depth,
along with the cultural and social aspects that make Québec such a great place
to live.
presented, the proposed legislation of Bill 86 does not address the needs
of improving student success. Decentralization
in our school boards already exists. If Bill 86 passes as is, where it
removes the focus from a student-centered
structure to a bureaucratic one, which leads further away from student success,
the confidence in the education system will diminish. The results of
these changes will severely jeopardize our English boards.
Mme Picknell
(Shirley) : Merci beaucoup, Mme Boucher. Mon nom est Shirley
Picknell, je suis présidente du comité de
parents avec Central Québec School Board. Je suis aussi la vice-présidente du
comité pour les enfants en besoins
spéciaux, encore avec la commission scolaire Central Québec. Je suis aussi sur
le Conseil supérieur de l'éducation avec
les écoles secondaires. Ensuite, je suis aussi enseignante en même temps.
J'enseigne dans une école anglaise avec Central Québec School Board.
So, I wear many hats, but, as I tell
people, next week I can lose my job as a teacher, but I can never lose my job as a parent. And so, I'm
here as a parent, but I also use my teaching experience as well to help get
across that student success is very
important and starts at home with parents. It's also in the classroom as well,
but parent involvement is key, in my opinion as a teacher, very key in helping student's success. The more
parents are involved, the better the ability that
student has to succeed in the classroom.
But, as a teacher, I have a hard time
communicating always with parents because of the time that I have. I barely have enough time, sometimes, to communicate with my
students. For example, in my class, I teach 70 minutes. During that 70 minutes, if I have
30 students, that gives me 2 min 30 s to speak with
students. And, if that student doesn't understand, I have to go on to
the next student. So, I tell the student to either come back and see me when
there are 20 other students trying to
see me at the same time or I tell him : Let go talk to your parents. Get
your parents to give you help. But,
sometimes, the parents can't give them that help. They don't understand. They
don't understand the content. They don't understand the system.
how can parents help the students? The parents come to me as a teacher, but,
again, I don't have time to communicate to
parents the needs for their child to be successful. I worry about the 15%. I'm in constant contact
with those 15% and I try desperately to help those 15%, but they also have to remember I still have 85% to 90% to focus on. As a parent whose children
also go to Central Québec School Board, I think about :
What are the teachers doing for my child? Now, my
children are very fortunate cause I can help my children. But parents who
cannot help their children, I want to see
what Bill 86 can do for those parents. I need to see something in
Bill 86 that can help those parents succeed with their children.
What
happens also is, in my classroom, I've seen budget restrictions, budget cuts.
School boards have been fantastic and very innovative
in the way that they have been able to make budgets meet and also to be able to
not affect the classroom. But, in recent years, that has. I've seen how,
for special needs, the budget has been decreased, putting extra pressure on
teachers as well to be able to help the special needs students while, at the
same time, helping other students in the classroom.
And, with that, again, I go back to
parents because parents come to me and say : We need you to spend more time with my child. And I
say : I would love to, but I also have to worry about all the other
students in the classroom as well. If
the budgets were to be increased again for special needs, that would alleviate
some of the time that I could resource to other students from special
needs as more resources are allocated to special needs students.
So, again, in my opinion, for student success, it starts at
home with parents and also with teachers in the
classroom itself. Thank you.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Thank you very much. Mme Boucher.
Mme Boucher (Rhonda) : Our English school boards have a well-established and functioning
structure of governance. The recommendations the minister is proposing will
weaken our governance structure.
M. Chouinard (Pierre) : In 2014, towards the end of that year, as president, I was
previewed to an information that the Government was looking at a new system. They asked our community to sit down,
look at what could be possible, and we did. We consulted, we looked at
everything that was possible. The one major fact that kept coming back was that we wanted to keep our boards
as they were. They work. We don't need the Government to legislate that the
teacher needs to be with council, we work with our teachers in many committees.
Our principals are on that committee along
with parent commissioners, commissioners and along with the directors of
services. So, I've been there for 15 years, and it's been in place
for 15 years and before I was there. We don't need a law for that, it's there.
think that council is represented by... we, the parents, we, the English
parents, delegate the power of education and we see the education of our children to that
council of commissioners. How do we do it? By a right that we do not
wish to lose, and that is through an
election of people that come, present themselves and get elected to be
commissioners. Is the system perfect?
No, it's not, but, on the majority of all of my 15 years, I can tell you
that I've seen some really great people step up to the
plate, and there's been not the so great, but they don't usually last. The
great people do, the people that are involved. And we've also seen lately that... You
talked about parents' involvement, there is parent involvement. We are seeing more and more younger people becoming
commissioners that still have children in the system. So, they still
care, they're involved, they're in the loop.
Talking
about a loop, Bill 86 takes the parents out of the loop. What makes parent
commissioners so important in that council is that we're looped in. We sit at governing board... On est assis sur le
comité de parents, on est assis sur le conseil
administratif de notre commission scolaire, on vote, on a le droit absolu
d'aller dans toutes les réunions possibles et impossibles. On est les seuls commissaires qui peuvent faire tout à la
commission scolaire. Et je peux vous dire, moi, au niveau de la commission scolaire anglophone, que
j'ai été autant le président de quasiment tous les comités qu'on a eus ou qu'on a et j'ai aussi représenté ma commission
scolaire à l'Association des commissions scolaires anglophones sur
l'exécutif. J'ai été le premier parent-commissaire à le faire. Et il n'y a pas
de restriction pour les parents sur le côté anglophone, on peut être impliqués
à 100 %. C'est toi-même qui dois décider de ton implication.
On a aussi demandé au ministre, le 23 juin,
à l'époque, M. Blais... on lui a proposé un système d'élection, un vrai système où est-ce que les parents étaient
majoritaires, 50 plus un. On lui a suggéré les élections électroniques.
Dans nos commissions scolaires anglophones
et pour plusieurs commissions scolaires francophones, les parents doivent — et surtout
avec les budgets qu'on avait l'année passée — conduire des heures pour aller mettre un x
dans un petit carré un dimanche. Il y
a des places qu'on sait que ça prenait deux heures se rendre, deux heures
revenir. Pensez-vous vraiment qu'ils
se sont levés pour aller voter? On vient de vivre, avec l'Association des
commissions scolaires anglophones, un vote électronique qui a coûté, sur
sept jours, 200 $, qui a eu un vote de participation de 98 %, si ma
mémoire est fidèle. 98 %. Nos plus
jeunes parents veulent se lever le matin, prendre un café, prendre son iPhone
ou son smartphone puis il veut :
Toc, toc, toc, c'est fait, chérie, ton tour. Et c'est ça qu'ils veulent faire.
La différence des votes, et ceci depuis 15 ans, je l'entends à toutes les fois qu'on a eu des élections...
le vote est le 10, le 18, le 17, le 15, le 16. Je me revire de bord, je regarde les courses dans les
municipalités. Montréal, dernièrement, une des plus belles courses qu'on n'a
pas vues depuis M. Drapeau — parce que je suis plus vieux — il y a eu quoi? 35 % de participation?
Le dernier député élu ici, avec une
responsabilité pas mal plus importante que les commissions scolaires, je pense
qu'il n'y a pas eu 20 % de participation. Mais ça, c'est correct,
puis ça nous laisse le droit de poser la question.
L'article 83 a et b de la charte
des libertés canadienne et confirmé par la Cour suprême du Canada dit que la
minorité a le droit de voir à l'éducation de leurs enfants. Ce droit est
absolu. Nous, présentement, et on a fait cette représentation, on est très confortables dans nos commissions scolaires.
Même, je dois féliciter Marguerite-Bourgeoys, qui ont fait leur présentation devant nous, d'avoir adopté un tel
système parce que ça confirme une affaire : You can not legislate parent involvement, you cannot legislate
how to do things. Puis je vous pose la question pour la loi n° 86 et
je vais terminer là pour ne pas prendre trop
de temps : Où est le pouvoir de ce nouveau conseil? Parce que, mesdames
messieurs, quand j'ai posé cette question,
lorsque je suis venu ici avec Mme Boucher, à mes dernières instances de
président, j'ai demandé à quelqu'un
du cabinet de M. Blais, à l'époque — excusez, M. le ministre : Où est le
pouvoir de ce conseil? Et cette personne s'est levée et a quitté. Où est
le pouvoir? Parce que moi, je l'ai lu en français, je l'ai lu en anglais, j'ai essayé de discuter avec tout le monde, et où est le pouvoir? Le pouvoir est avec l'argent,
avec nos directeurs d'école qui vont diriger
les budgets, qui vont se séparer les argents pour les «special needs». Vraiment?
C'est là qu'est le pouvoir? Et on dit
que les parents sont majoritaires. Où? Moi, je vois une ville qui veut venir
voir pour avoir des gymnases, des terrains de jeux, je vois les autres communautés venir pour les intérêts
particuliers. Présentement alentour de la table où je m'assois depuis 15 ans, où c'est que madame est assise
depuis 15 ans... que madame est assise depuis plusieurs
années, on est là pour l'éducation de
nos enfants, pas pour voir si je peux avoir le gymnase, pas pour voir ci, pas
pour voir ça, on est là pour les étudiants. À la fin de la journée, les
conseils des commissions scolaires vivent pour... que ça.
Mme Boucher (Rhonda) :
: It is vital to our success
that the link between governing boards, parent
committees, commissioners and associations such as EPCA stay status quo. How
are our English school boards going to continue to strive when there are no open lines of
communication in our school boards? Parent commissioners go trough three, sometimes four elections. At the school
assembly at the beginning of the year, parents are elected to the
governing board. Before September 30th,
a representative from the governing board is elected to the parent committee at
the school board or regions and then to central parent committee.
At the parent committee, parent
commissioners are elected to represent them at council of commissioners without
a vote. Parent committees elected members to sit on English Parents' Committee
Association. This Bill 86 maintain the
accountability that is presently in place. When the bill requests members to
resign from all committees, how do the lines of communication and
transparency continue?
majority of our English school boards cover vast territories. In terms of our
role communities, our schools are the hub of the
community. Without our English schools, there would be no outlet for our
English community to grow within Québec.
Like
I said before, my kids attend Poltimore Elementary small rural school. Our
school... when we put on a Christmas concert, standing room only, they can't even hear or see the
kids, but they are down the hallway, sometimes out the door. This is
their English culture; this is where they get it.
Lastly,
we wish that the elected representatives to the National Assembly be fully cognizant
that the proposed legislation
can have a negative impact on the delivery of the education services to the
French speaking minority outside of Québec. It is imperative that our
elected officials take their responsibilities in hand and defend the collective
rights of the official linguistic speaking minority in Québec so that the
French education in the rest of Canada will not suffer.
At the PLQ forum des idées sur
l'éducation in September, there was no need to ask Ontario to present how their
education system is successful. Look in your own backyard, at the Québec
English success rates. We would like our provincial successes to be celebrated.
We thank you for the
opportunity to present and provide our perspective on strengthening public
education in Québec, so that we can attain 100% graduation across the province.
Thank you.
Présidente (Mme Rotiroti) : Thank you very much, Mme Boucher. On va passer à la période
d'échange entre les élus, et je cède la parole à M. le ministre
pour 25 minutes.
M. Proulx : Merci, Mme la
Présidente. On va partager, si vous me le permettez, la période de questions.
J'ai également des collègues qui voulaient vous poser des questions plus
spécifiques.
Mais deux
choses. La première, c'est que votre mémoire est bien fait, je vous en
remercie. D'abord, vous avez fait une excellente
présentation, vous avez parlé de comment vous ressentez les...
M. Proulx : ... — oui,
de votre coeur, effectivement — comment
vous ressentez les choses, et ça, il
faut le dire, on apprécie être capables de l'entendre. Et j'ai lu,
je comprends bien. Alors, il y a des choses dont... ce n'est pas parce qu'on n'y pose pas des questions que ce n'est pas intéressant, c'est parce que ça s'y retrouve et c'est bien documenté ou
discuté.
J'avais une première question sur l'approche de
la minorité linguistique. Vous l'avez traitée avec l'article 23 de la Constitution. Vous avez parlé de la
nécessité pour la minorité d'avoir un contrôle sur son éducation. Vous êtes, je pense, à moins que je ne me trompe, un ou le
premier groupe associé à la minorité qui nous dit : Nous, on veut voir
des parents en majorité sur le conseil
scolaire. D'autres sont venus dire, et je veux être sûr de bien saisir :
Bien, nous, pour respecter cette
obligation-là, prenons-le comme ça, pour s'assurer qu'on ait l'espace qu'on
représente être le nôtre... Et ça, je l'entends,
les gens disent : Bien, je veux dire, laissez-nous la possibilité que
toute la communauté soit présente dans une élection. C'est comme si, pour certains... (Interruption) Pardon, c'est
parce que je suis... On n'a pas voyagé ensemble la semaine dernière, mais je suis un peu affligé,
comme le collègue de Chicoutimi, d'un mal qui ne veut pas me quitter.
Mais j'ai l'impression que vous faites une restriction supplémentaire en
disant : Des parents en majorité sur le conseil. Je comprends pourquoi,
j'essaie juste de voir si, pour vous, il y a une différence par rapport à ce
que les autres ont dit. Vous dites :
Bien, nous, en plus, comme on est des parents, on pense que ça devrait être
notre groupe, et, dans les faits, il
y a... J'essaie juste de m'assurer de voir s'il y a uniformité dans ce que j'ai
entendu jusqu'à maintenant. Puis ensuite, une fois ça réglé, parler de
la présence des parents en majorité sur le conseil.
Mme Boucher (Rhonda) : Merci.
Je vais passer à M. Chouinard, premièrement.
M. Chouinard
(Pierre) : Dans notre
réflexion, un des commentaires les plus entendus parmi tous nos parents
et les comités de parents était que ça serait une intéressante proposition
d'avoir une majorité de parents. Puis, majorité, pas 11 sur 12 mais 51-49. Le but de ça, c'est d'assurer d'avoir toujours une
bonne
partie des parents qui sont de connaissance de qu'est-ce qui se passe dans les écoles,
qu'est-ce que leurs enfants leur disent, qu'est-ce que les enfants des autres
disent aux parents. On est impliqués dans
nos conseils d'établissement, on est impliqués avec le PP, on est impliqués
dans différentes façons dans nos écoles. Et on entend de nos élèves
parler, on entend qu'est-ce qui se passe alentour de nous.
Dans le
présent système, et ceci, je vais être un petit peu ambigu, et peut-être que ça
va faire l'affaire de certains, mais le présent système, dans le moment,
fonctionne très bien. Si on pourrait ajouter le droit de vote et aussi d'autres
parents commissaires... Le système est très,
très bon dans le système anglophone, dans le moment, tel qu'il
fonctionne parce qu'on a un droit absolu
parmi le conseil. Mais cette proposition est venue d'une réflexion qui nous a
été demandée, et cette réflexion a dit : Ça serait intéressant
d'assurer la présence majoritaire de parents dont leurs enfants sont dans le système. Et on qualifie
bien que leurs enfants sont dans le système. Mais le même commentaire, M. le
ministre, était aussi : On veut
garder des membres de notre communauté. Ça, c'était très important aussi, qu'on
garde un système d'élection pour élire des membres de la communauté pour
avoir une bonne variation.
M. Proulx
: Est-ce que, pour continuer...
Puis je vous remercie de la précision. Je comprends ce que vous nous dites, puis vous dites : C'est ma réponse
ambiguë. Je comprends. Mais vous dites : Dans le fond — je veux juste vous interpréter comme il faut — si les commissaires parents qui sont
actuellement à la commission scolaire ou au conseil des commissaires avaient le droit de vote, c'est même
un plus parce que, déjà, le système fonctionne. C'est un peu ce que vous
m'avez dit. Dans l'éventualité où on
réfléchit à une proposition comme la vôtre, où on réfléchit à la proposition
qui est sur la table, est-ce que vous
voyez une distinction dans la façon dont on doit choisir les parents? Que les
gens de la communauté... Est-ce que,
pour vous, c'est un vote... Parce que, dans la proposition actuelle, les
parents n'émanent pas, je vais dire, du même collège électoral que la communauté, ce n'est pas la même façon de
les élire, ce n'est pas le même bassin de gens pour trouver... pour
s'identifier comme un candidat ou une candidate puis ensuite se retrouver élus
au conseil.
Alors, est-ce que, pour vous, toujours dans le
respect et l'esprit que vous avez indiqué dès le début — il
faut respecter nos institutions puis il faut
nous respecter comme minorité à l'intérieur du système pour avoir un contrôle
sur nos institutions — il peut y avoir une distinction dans la
façon dont sont choisis les parents et la façon dont sont choisis ou élus, là, alors je devrais dire, sont élus les
parents et sont élus les membres de la communauté ou, pour vous, ça
devrait être la même façon qui devrait
s'appliquer pour tout le monde, indépendamment de la caractéristique, que tu es
un parent ou un membre de la communauté qui, par définition, ne serait
pas un parent mais un intéressé à la communauté anglophone ou francophone dans
la société?
M. Chouinard
(Pierre) : Qu'est-ce qui est
intéressant sur la façon que les parents sont élus au niveau des comités
de parents, c'est que, nous, nos mandats
sont révisés à toutes les années. Donc, on va se dire la vérité telle qu'elle
est : Si un parent ne fait pas
l'affaire, on n'est pas obligés de l'endurer quatre ans, je vais répondre de
cette façon, tandis que le restant du
conseil, élu par la population globale de notre territoire, bien, si on en a un
qui fait moins l'affaire, on est obligés de l'endurer quatre ans. Et c'est aussi un système, pour les parents,
d'assurer qu'ils ont les meilleurs ou possiblement les meilleurs
représentants, avec plus d'expérience, qui sont élus sur le conseil des
commissaires pour les représenter.
Et le but
ultime, dans le fond, c'est de bien représenter nos parents. Et en étant du
comité de parents, ça nous donne la
chance d'avoir des parents qui sont, comme on dit en anglais, «in the loop». On
est plus au courant, on se tient plus
au courant, et ceci permet d'avoir aussi une très bonne représentation parmi
nos «special needs», parmi les «at large». Nous autres, c'est le primaire et le secondaire. On se connaît très bien
et, souvent, on a des très bons... Puis, je vous le dis, les parents qui ne font pas l'affaire ne durent
pas longtemps. Et c'est l'avantage d'avoir une distinction entre les
deux.
Mme Boucher (Rhonda) : Moi, je
ne suis pas impliquée comme je suis parce que je n'ai pas de vie, je suis impliquée parce que c'est quelque chose que je
suis assez... I'm
passionate. I'm in my school. I made the decision to be
a stay-at-home mom to make sure that I put
my kids on the bus, and I got them off the bus, and I can help them. And
I'm in the school. I'm helping with math and helping with this. And we have
grandmas who come in, and read, and do whatever... It takes a community to
raise a child. And that is what is so unique about our English school boards.
When we meet together... I've
been on ACPA for... This is my fifth year. I mean, I'm from Western Québec. When I came to Montréal and started hearing about
all this other stuff, I'm like: Oh! thank God, I'm going back to my board because that's... We're all alike, but we're
smaller. But to hear these stories when our director of complimentary
services, when our directors go... of education come and reunite with these
English school boards to talk about the curriculum,
etc., we all work as a family. That's where one of our huge success is, it's
we're a family. We're small, yes, we cover
a really large territory, but we're there, we're helping each other, and, if we
don't... You want the parents to be more involved, but, if you don't
give us the majority, how are we able to make, to really make a stance at the
table?
The teachers and the principals
that you're suggesting to set the table, we find that that puts... I mean,
they're overworked as it is, but it also
puts so much more pressure on them because they're DGs and they already put in
their input immensely. Like Mr. Chouinard
said, as parent commissioners, we can sit on whatever committee we want and we
do. I didn't mention the
other four or five committees that I sit on top of, sitting on council. We're
very, very implicated, and it is very true. We have dedicated parents and we have a one year... When
you get elected to a parent committee, you're there for one year. Governing boards is two years or one
year. But if you don't... I mean, we're not shy of saying: OK, well,
maybe, you know, you don't have enough experience.
When
I became governing board chair, I was kind of thrown into it, and the reason I
was thrown into it is that they knew I was involved in the community. And I just climbed the ladder. And
that's the way I believe people should do it. And the community represented there is municipal. We have such a vast
territory, where are we going to... I mean, who are we gonna pick to
represent our territories? So, there is concerns about that.
M. Proulx : Vous avez parlé du grand
territoire qui est le vôtre, et je le conçois très bien. Lorsqu'on le regarde sur la carte, on peut le voir, ça saute
aux yeux. Et ma préoccupation est notamment pour les petits milieux, les petites
écoles où on pourrait penser qu'il y a moins de ressources. Comment on fait
pour s'assurer actuellement, là, qu'il y a suffisamment de ressources pour les petites
écoles par rapport à des plus grandes ou dans des milieux plus
étendus par rapport à des milieux plus urbains? Est-ce qu'il n'y a
pas, notamment dans la proposition ou dans les propositions, justement,
de mettre en place un comité de répartition des ressources, de voir des
parents et des gens du milieu ou des milieux
autour de la table... Actuellement,
est-ce que vous pensez que, dans le projet de loi ou dans ce qu'on
propose, il n'y a pas
la possibilité pour des petits milieux de se faire entendre davantage — et peut-être même par l'implication
de parents — qu'on en retrouve actuellement avec le
conseil des commissaires qui, c'est vrai, fonctionne avec des districts,
avec des gens qui sont élus pour représenter
un secteur, mais il n'en demeure pas moins que les besoins sont infinis,
les ressources sont limitées? À un moment
donné, il faut faire des choix puis il faut être capable... puis je l'ai dit
puis je sais que je ne suis pas le
seul à le penser, il faut préserver nos petits milieux également, il faut
préserver nos écoles dans les petits milieux parce que, si ça prend un
village pour éduquer un enfant, ça prend parfois une école pour être capable de
maintenir un village
Mme Boucher (Rhonda) : We are very resourceful and very
creative. Like I said, our school doesn't have a gym, we bring in people to come in from the community.
We are a small community, we know everybody's strengths and their... la matière, là, leur matière. And, if that can
help with teaching the kids the curriculum without trying to find other
resources, that's what we do.
M. Chouinard (Pierre) : Nos commissions scolaires... Et une des affaires
qui nous inquiétait beaucoup, quand on a entendu parler de 50 % moins... on fermerait les écoles. Je peux
vous parler d'Eastern Shores, où est-ce qu'il y a une petite école anglophone sur l'île, les
Îles-de-la-Madeleine, qui a à peu près six ou sept étudiants, trois profs. Ils
font tout. Ils font tout de A à Z. On
trouve les moyens de faire fonctionner nos petites bâtisses. À Riverside, on a
notre petite école à Sorel. Franklin, dans le New Frontiers, a une
petite... On a toutes nos petites écoles qu'on garde ouvertes pour empêcher les
longues distances d'autobus et aussi pour permettre à la communauté d'être
ensemble.
Et les
ressources, on les prend tout partout, M. le ministre. Et où est-ce qu'on peut
mettre la main sur quelqu'un pour
nous aider, on le fait. Soit qu'il faut payer, on payera. Et, si on peut en
avoir gratuit ou par le gouvernement, on le fait, mais on prend les moyens pour le faire. On s'aide
aussi. Les commissions scolaires s'aident beaucoup entre eux autres. On n'est pas en compétition, on s'aide
continuellement. On n'a pas peur de demander à la commission scolaire
francophone s'ils peuvent nous donner un
coup de main sur une telle situation. Je sais qu'à Riverside on travaille avec
Marguerite-Bourgeoys... pas
Marguerite-Bourgeoys mais les Seigneuries, avec des Patriotes. Nos D.G. se
parlent, et nos présidents se parlent.
On n'est pas là pour compétitionner, on est là pour l'éducation de nos enfants
et de leur donner le plus de services possible avec qu'est-ce qu'on a
présentement.
Mme Picknell (Shirley) : I benefited from visiting a school in
Valcartier. I'm with Central Québec School Board, that's a huge territory as well. And the parent
governing the board asked me to come out and give them a description of what... on Bill 86. I was surprised to meet a
young lady who... she drove the school bus, she worked at daycare, she
worked in the office and she also had
activities that she would do with their children. And I thought it was a
fabulous way in which to get community members involved in the school
itself, but also the fact that the kids knew this young lady. And that's key. I think, when people come in to help
in these small schools, the students need to feel comfortable with these
people coming in. And, when they come in
from the community, they know who they are and they trust them. And that
adds to success as well.
You sit on the parent
committee, there are... So, we have, as I said, a vast territory. We have
representation from schools from that vast
territory. And we, on the agenda, know that we do not come to that table with
our own personal agenda. So, we want
our school board to be successful, and the way our school boards are successful is if all the schools are successful, small to
large. And so, we give as much resource and help to smaller schools, as much as
we can, to the larger schools as well. Thank you.
Mme Boucher (Rhonda) : Juste une
autre précision. Quand vous avez augmenté les commissions scolaires parents, on est allés demander à une représentante
qui est assise sur le comité des parents depuis... mon Dieu, depuis que
je suis là, de Noranda parce qu'il y a une école de prématernelle jusqu'à
la 11e année, O.K.? Puis, depuis qu'elle est sur le conseil, ça apporte quelque chose qu'on manquait
parce qu'on ne sait pas c'est quoi, les difficultés là-bas, tu sais?
Puis ça nous vient tous à... It's... full circle.
M. Proulx
: Merci beaucoup pour moi. J'ai
mon collègue de D'Arcy-McGee et mon collègue de Sherbrooke qui avaient
des questions pour vous également. Merci pour votre témoignage...
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Alors, M. le député de D'Arcy-McGee, il vous reste sept minutes.
M. Birnbaum :
Merci beaucoup. Et je vais m'assurer de laisser un petit peu temps pour mon
collègue. Merci, ça me fait plaisir
de retrouver plusieurs collaborateurs de longue date. Et merci pour votre
portrait à la fois éloquent, passionné et
évocateur de tout ce que c'est, notre système scolaire public anglais au
Québec. Comme vous, je crois que j'ai vu, au fil de mes années en éducation, que notre succès collectif en termes de
réussite éducative est dû à plusieurs facteurs, dont un qui est sûrement
central, c'est l'implication des parents depuis longue, longue date. Bien avant
les projets de loi qui proposaient des
comités d'orientation, des conseils d'établissement, il y avait des parents
d'impliqués partout dans nos écoles,
dans nos communautés en région, comme Montréal métropolitain. Alors, voilà un
des facteurs, et c'est votre travail continuel qui contribue à ça.
Je veux
reprendre un petit peu un des thèmes qu'a abordé M. le ministre parce que ça
m'intrigue. On one hand, you talked about how the
current system, to great extent, has allowed the parents to play their full
role and how central it is to the future
of English school in Québec. And, on the other hand, you talked about a
majority of parents in decision-making roles. De mon expérience et pour plusieurs années, les instances comme vous ont même résisté
à l'idée d'un droit de vote aux
parents parce qu'ils voulaient garder
leur autonomie, leur intégrité et leur capacité d'agir au nom des parents. Là,
vous proposez une majorité de parents avec
le droit de vote qui aurait à se trancher sur la fermeture des écoles, des fois
des programmes pédagogiques dans une école ou une autre — c'est
toute une commande — en
même temps que vous parlez, en quelque part,
du bien-fondé du système actuel. Alors, je vous invite d'expliquer qu'est-ce
qui a fait en sorte que vous êtes
arrivés à la conclusion qu'il faut, avec droit de vote, une majorité
décisionnelle de parents au sein d'une nouvelle conception du conseil
scolaire.
Boucher (Rhonda) :
In 1998, I believe, the parents were asked if they wanted to vote. ACPA was created in 2007. We have been
lobbying since then to have a voice at the table. Yes, it works, now. We have
an 85% success rate, we want a... A
thousand? We want a 100% success rate. And we find that times are changing,
there's more pressure in our classrooms
with the lack of resources, the budget cutbacks, all that stuff. So we need the
parents to be more implicated. And they want to. They're stepping up to
the plate, they're saying : Yes, we want to be implicated. So, for us, to
have a strong voice, we need to be the majority there.
I'm trying to think of the other question. We came to... I mean, this is
something that our... We consult our English parents. That's what we do. The English
parents committees, they're our voice, they're the voice of the parents from their boards and may come to us. And this has
been something that we have been lobbying for a long time. And, when we were asked, when we met... I mean, we've met with M. Bolduc last
January where, you know, we talked about, you know, the future of the school system, and he said: You know, we want more parents involved. And we were like:
Great! We need this. This is where we're at right now. We
need to be able to have more of an impact on the schools' success and help,
more of an aid in the classrooms for the teachers, for whatever, I mean,
scholastic, like the simplest thing. Having
a parent just go in and do the scholastic order forms for the teacher. I mean,
they thank us like 20 times because just that little bit, it's
like: Oh! I get to, you know, go on Pinterest and find more resources. I
get to go do this.
you know, years ago, when the parents were asked and didn't want to do it, it's
just because maybe they didn't see how important it was to be invested. Sorry.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Thank you. M. le député de Chapleau, il vous reste trois minutes.
M. Carrière : Trois minutes? Merci, Mme la Présidente. I want to say hi to all of you. Mrs.
Boucher, I'm pleased to see you again as a neighbor...
Mme Boucher (Rhonda) : ...neighbor. Yes.
Carrière :
As a former mayor of Val-des-Monts, I always tried to be a partner with
Poltimore Elementary School and attend to Christmas
parties and so on, chorals and everything. So, pleased to see you in Québec.
In your
«mémoire», on page 6, you say: «La solution [est] simple :
modifier l'organisation et la gouvernance des commissions scolaires afin de donner aux écoles un plus grand rôle dans
le processus décisionnel...» Could you explain what you mean by that? And, when I read that, so, you agree with more
autonomy to each school. Is that what I read?
Boucher (Rhonda) :
Our schools already have a lot of autonomy. Like, right now, our schools,
that's how they
function. I mean, it's difficult right now... I mean, they can call up the
board and say : Well, this is what's happening, what do I do? So
they really work well with that.
M. Chouinard
(Pierre) : Présentement, aussi, comme Mme Boucher vient de dire, nos écoles sont
éloignées. Elles ont appris à faire les réparations d'urgence. Qu'est-ce qui
est urgent, ils ont l'autonomie de faire qu'est-ce qu'ils ont besoin de faire. Si un prof ne se présente pas,
ils ont du monde, ils ont déjà établi une liste d'appel, ils ont déjà la
liste téléphonique, les e-mails. Ils sont
prêts à toute éventualité et ils sont très indépendants dans leur rôle à cause
de la distance. Ça ne veut pas dire
que la commission scolaire n'est pas importante pour eux. Ça veut tout
simplement dire qu'il y a de quoi qui se passe dans le moment, le
directeur de l'école est capable de tout de suite réagir, informer son D.G.
plus tard, et personne ne va lui dire : Tu aurais dû m'appeler le premier.
Personne ne va lui dire ça.
M. Carrière :
Mais la
partie programme éducatif, etc., donc plus de pouvoirs dans les écoles
à ce niveau-là, pas dans la
réparation et ces choses-là mais plus la direction d'école, plus de pouvoirs au
niveau éducatif, etc., vous y croyez ou c'est déjà comme ça?
M. Chouinard
(Pierre) : C'est
sensiblement déjà de même parce que nos «governing boards» ont un regard
des programmes qu'ils veulent avoir dans
leur secteur et choisissent s'ils veulent être langue maternelle. Tu sais, ils
ont toutes sortes de choix qu'ils peuvent prendre.
C'est certain
qu'on a un chapeau qui est la commission scolaire, mais, en dedans du chapeau,
chacun peut ajuster son école puis la
communauté dans laquelle il est. Deux secondes. O.K., c'est ça. En gros, c'est
qu'est-ce que je viens de dire :
on respecte notre communauté, nos choix. Si on veut être 100 % anglophones
avec un cours de français très ordinaire, ils ont le droit de le faire. S'ils veulent être
complètement bilingues... Et une des affaires que des commissions
scolaires regardent dans le moment, c'est de
devenir complètement bilingues. Pas bilingues, on va faire le gymnase en
anglais, on va faire la séance en
français. Non, complètement bilingues : tous les sujets une journée
peut-être en français, une journée en anglais,
mais on veut... Le but ultime des parents, qui l'ont déjà manifesté à leurs
commissions scolaires et à leurs écoles individuelles, c'est que nous,
on veut que nos enfants, quand qu'ils sortent de nos institutions, peuvent vous
parler, monsieur... parlent si bien en français, turn around and tell
you : Sir, you're doing a fine job, but, you know, I need to do this sans
que...
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Thank you very much, M. Boucher. Merci. Il ne
reste plus de temps, alors on va passer du côté de l'opposition
officielle. Et je cède la parole à M. le député de Lac-Saint-Jean pour
15 minutes.
M. Cloutier :
Je vous remercie, Mme la Présidente. Alors, à mon tour de vous souhaiter la
bienvenue. À votre avis, est-ce que la proposition que vous faites sur
l'importance d'avoir la majorité au conseil scolaire, vous en faites une revendication qui... Si vous aviez à choisir dans
la liste de vos revendications et les modifications qu'on a apportées à la
Loi sur l'instruction publique ou sur l'éducation de façon plus générale, est-ce que vous auriez choisi
de réformer le conseil scolaire pour en assurer la majorité aux parents?
M. Chouinard
(Pierre) : Nous, on peut
vivre présentement, et nos parents nous l'ont dit, avec le système qui est en place. S'il y a absolument
une réforme... Puis la raison qu'on a fait notre proposition, c'est que c'était
clair qu'on voulait des changements et on
voulait... Les ministres à l'époque ont demandé que les parents soient
majoritaires. Et, sur ça, on s'est
assis. Est-ce qu'on est pour plus un que l'autre? C'est très dur de
répondre à votre question. On vit très
bien dans le système présent et on pourrait très bien vivre aussi dans
le système qu'on a présenté le 23 juin à M. Blais.
On pourrait
avoir... On pourrait vivre... Je sais que ça a l'air ambigu, mais notre système
fonctionne très bien dans le
moment. Et on pourrait finir en disant que ça serait un atout d'être
majoritaires, mais ce n'est pas un absolu.
M. Cloutier : J'ai envie de vous dire : Au contraire,
votre ambiguïté nous éclaircit sur votre réponse parce que, justement, ça montre bien que vous n'en faites pas nécessairement l'enjeu qui est fondamental pour le succès des jeunes.
Vous avez
conclu en nous disant : C'est un projet
de loi qui concerne davantage
la gouvernance. Et vous auriez davantage souhaité une réflexion sur la
réussite scolaire. On ne vous a pas entendus sur la réussite scolaire. Et je comprends que vous auriez souhaité davantage
pouvoir apporter des idées, des propositions pour améliorer les façons de faire
actuelles. C'est bien ça?
Mme Boucher (Rhonda) : Oui,
c'est bien ça. J'avais de la misère à entendre, là. Je ne sais pas pourquoi.
M. Cloutier : Oui, je m'excuse.
C'est ma voix.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Problème de voix.
Mme Boucher
(Rhonda) : Non, non. Bien,
comme j'ai dit, on a... Bien, comme Mme Picknell a dit, il manque
des ressources pour être... there's missing resources for us to get to the next
level, OK? Parent involvement and the right to vote when we're making decisions... Mr. Carrière,
when he said we wanted to be on the majority of a council and we might be faced with : Do we have to close schools,
and stuff, we are, the parents... yes, it's going to be difficult to do
certain things, but we look at the broad
picture. And our goal is to get 100 % graduation rate. And the way that we view
how we, the parents, can help that is to have more
implication, let the parents... I'm sorry, I lost the...
Mme Boucher (Rhonda) : Oui.
Oui, oui.
Mme Picknell (Shirley) : Donc,
si on manque des ressources... Si on a plus de ressources, ça va nous donner la chance d'avoir... pouvoirs? «Pouvoirs», c'est
un mot très... Je dirais même pouvoirs, mais ce n'est pas nécessairement
ça. Nous autres, on veut avoir plus des ressources
pour prendre des décisions ensemble. Comme parents, on n'est pas là pour
prendre des décisions. Puis ce n'est pas pour moi et mes enfants. Nous sommes
là pour prendre des décisions pour la communauté
et pour la commission scolaire. Donc, nous autres, comme des patrons, on
travaille ensemble pour avoir un bénéfice
pour tout le monde, pour tous les étudiants et pour avoir 100 % de succès
pour les étudiants. Je ne suis pas certaine si ça répond à votre
question.
M. Cloutier : En tout cas, ça...
Mme Boucher (Rhonda) : On
manque de l'argent.
Mme Picknell (Shirley) : Oui,
c'est ça. Tout le monde manque l'argent. Oui, on sait.
Mme Boucher (Rhonda) : We're missing money to help us get that 15 %.
M. Cloutier :
Est-ce que vous avez l'impression que les propositions du dernier budget vont
accroître votre capacité à répondre aux besoins de votre communauté?
Mme Boucher (Rhonda) : C'est un
commencement.
Mme Boucher (Rhonda) : C'est un
commencement.
M. Cloutier : C'est un
commencement.
Mme Boucher (Rhonda) : Oui.
Mme Picknell (Shirley) : C'est
un bon début
M. Cloutier : Très bien.
Mme Boucher (Rhonda) : Un bon
début.
M. Cloutier : Est-ce
que vous avez travaillé en collaboration avec la fédération des comités de parents francophones? Est-ce
que vous avez eu à...
Mme Boucher (Rhonda) : Non.
M. Chouinard (Pierre) : Pas sur ce
projet. Mme Boucher.
Mme Boucher (Rhonda) : Non, pas sur
cette table.
Mme Picknell (Shirley) : Non. Ce
projet-ci.
Mme Boucher (Rhonda) : Non, pas sur
le... non.
M. Cloutier : Est-ce que vous faites
des suggestions autres que la gouvernance? Est-ce que vous avez des réflexions que vous souhaiteriez nous partager
pour la réussite de nos jeunes qui ne se retrouvent pas nécessairement
dans la gouvernance, mais qui concerneraient davantage des mesures à mettre en
place? Parce que vous nous avez dit : On veut
que ça soit 100 %, on veut que
tout le monde réussisse, mais, en même temps, il y en a déjà 85 % qui le
font, tant mieux. Mais comment améliorer, comment bonifier? Est-ce que
vous avez eu à réfléchir à cet important enjeu?
Picknell (Shirley) : Bon.
Oui, effectivement. Dans ma classe, il y a plusieurs des étudiants qui arrivent
avec un plan d'intervention individuel, et
on trouve, maintenant dans les systèmes... il y a des étudiants qui arrivent
avec des problèmes différents. Chaque
étudiant a un problème différent. Donc, on ne peut pas trouver une solution
pour tous les étudiants, mais on peut
former plus des enseignantes, de ressources pour cibler cette enseignante ou...
oui, cette enseignante vers un groupe
des étudiants pour aider ces étudiants. Par exemple, «autism». «Autism», c'est
un cas spécial qui monte. On trouve
que, chaque année, il y a plusieurs des étudiants qui arrivent avec la
problématique «autism» niveau «spectrum». Il y a un «spectrum», là. Et, nous autres, comme enseignants... Moi, je
ne suis pas capable. Moi, je n'ai pas la formation pour donner de l'aide
à ces étudiants-là, mais on a des autres enseignants qui peuvent être ciblés,
qui peuvent avoir la formation vers «autism», par exemple, pour aider ces
enfants spécifiques. Et on peut donner la formation à des autres enseignants
aussi par rapport des autres problèmes spécifiques. Ça peut être des problèmes
en langage, par exemple, des problèmes en
mathématiques, sauf qu'on n'a pas ça dans le système maintenant. Les étudiants
sont tous dans la classe, puis c'est
un enseignant qui devrait donner des solutions à des problèmes très différents
d'un... des problèmes différents que les
enseignants n'ont pas eu la formation pour aider ces étudiants. Et ça, c'est...
pour avoir plus la formation ciblée vers des problèmes spécifiques pour
des enfants, ça va nous aider, ça va aider le système, ça va aider aussi les
étudiants.
Cloutier : Très bien. Je vous remercie. La proposition que vous nous
faites, c'est d'avoir une majorité qui soit composée de parents au
conseil scolaire. Je comprends donc que vous suggérez qu'il y ait un nombre
majoritaire qui soit réservé à des
commissaires qui sont des parents. C'est bien ça? Donc, pour que l'élection ait
lieu, il y aurait une liste électorale
qui serait composée uniquement de commissaires parents et une autre liste de
candidats qui, eux, ne seraient pas nécessairement des parents. C'est
bien ça?
M. Chouinard (Pierre) : Non. Non.
M. Cloutier : Non, ce n'est pas ça.
M. Chouinard
(Pierre) : Qu'est-ce qui a
été présenté, c'est qu'on a dit : On élirait... On va prendre un
chiffre, pour bien se comprendre. On a 15
représentants sur le conseil. Huit viendraient des comités de parents, sept
seraient élus au large de notre communauté
par vote électronique. Donc, on aurait toujours le représentant de la
communauté qui pourrait se présenter
pour être commissaire parmi sept régions. Cet aspect-là, nous ne voulons
vraiment pas le perdre, mais les comités
de parents garderaient le droit de prendre les parents d'expérience, prendre
ceux qu'ils veulent avoir pour aller au conseil, et puis, de cette
façon-là, on rencontre les deux besoins de tout le monde en gardant tous les
droits.
M. Cloutier : Je vous remercie
beaucoup.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci beaucoup. On va passer du
côté de... le deuxième groupe de l'opposition, et je cède la parole à
Mme la députée d'Iberville pour environ 10 minutes.
Mme Samson : Merci, Mme la
Présidente. If you'll allow me, I'll ask my question in
English...
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Go ahead.
Samson : ...for me to remind my colleague from D'Arcy-McGee that my
English is at least as good as his French, but he's not
there.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Your English is very good. Go ahead.
Samson : Thank you. Welcome. I think your «mémoire» is pretty clear.
First, I have a technical question. Did I get that right that, right at the beginning
of your presentation, you represent the parents of seven out of the nine
school boards? What about the other two? Just so I understand, where are the
other two school boards?
Mme Boucher (Rhonda) : Where are the other two? We don't represent English-Montréal...
Mme Samson : English-Montréal, OK.
Mme Boucher
(Rhonda) : ...and Eastern Townships.
Mme Samson : Eastern Townships. OK, thank you very much.
M. Chouinard (Pierre) :
By their choice.
Mme Boucher (Rhonda) : By their choice.
Mme Samson : By their choice.
Mme Boucher (Rhonda) : Yes. They were with us, yes.
Samson : OK. You refer, in you «mémoire», to a study that
you've prepared, directed by the Honorable Marlene
Jennings.
Mme Boucher (Rhonda) : Yes.
Samson : And that
report, in September, included 13 recommendations that you felt were appropriate. Can you give me a couple of examples of those recommendations?
Mme Boucher (Rhonda) : I sat on the committee, I represented EPCA, the parents, and we
believe that the parental... the
recommendation was to augment the parent commissioners from 46, which is in
here, give them the right to vote. We
were very strong... One of our strongest recommendations was the fact that we
didn't believe that a teacher, or principal,
or someone from municipal should sit on the council and that we should retain
our rights, as English minority, to have our elections to choose to run
our schoolboards. That was the strongest one. I spent 12 weeks... I spent
my summer holiday on the panel, and we
interviewed over 50 people. We had so many briefs that came in, and this was
the English community's recommendations.
Mme Samson : If I
do some research on Google or somewhere, I could find that report, couldn't I?
Mme Boucher (Rhonda) : Oh, for sure, you can go on our Web site.
Samson : On your Web site, I will find it?
Mme Boucher
(Rhonda) : Yes.
Mme Samson : OK. Thank
you.
Mme Boucher (Rhonda) : It was submitted, actually, with our brief. It should be in the
package.
Mme Samson : Ah!
It's somewhere in there?
Mme Boucher
(Rhonda) : Yes.
Mme Samson : OK. Thank
you. You also stress, in your «mémoire», that you feel more resources should be
allocated to training of teachers.
Mme Boucher (Rhonda) : Yes, that's correct.
Samson : That's correct. So, you feel there is a lack there, probably
due to some specific new clientele that's growing in
the classes, and you related to autism before, that type of training.
Mme Picknell
(Shirley) : We are seeing more and more
situations arising where students are coming in with specific needs, and the teachers are not trained. Parents are very
well-trained, very versed in it and will come and help the teacher out,
but the teacher has a lack of experience in that area.
Samson : OK. I have one more question and it's... but mister... Let me
not make a mistake here. You made a comment that really raised an eyebrow. Mr.
Chouinard, you said something about a parent that you would have on your
board, that you wouldn't feel was suited for the job, right now, you don't have
to put up with him for four years.
M. Chouinard (Pierre) : That's exact.
Mme Samson : And,
in the new legislation, you would have to put up with him for four years.
M. Chouinard (Pierre) : Yes, we would have to.
Samson : What would make a parent not suited for the job and how would
you get rid of him if he's not suited for the job?
Des voix :
Ha, ha, ha!
M. Chouinard (Pierre) : It's a bit...
Une voix : That's a good
question.
Une voix : A fabulous
question.
M. Chouinard
(Pierre) : You are very, very direct, and I
will answer very direct.
Mme Samson : I'm
worst in French.
Des voix :
Ha, ha, ha!
Mme Boucher
(Rhonda) : Already shaking their heads over
there.
Chouinard (Pierre) : The lack of experience or coming into the situation of my child :
Me, my... me, «moi», makes it that you are not there
for us, for the global.
M. Chouinard (Pierre) :
Community. And it happens at governing boards. It happens... we see it also
with parents... where these parents get
elected on the sole principle of fixing what's wrong with their child, not our
children.
And, at one point, parents get
together and they say : You know what? It's «we». And, if you can't use
the «we» word, then
you've got to go.
And they're told : We. And, at one point, they're told another way :
Leave. Because it's «we». You're not there for your
individual case. The system in place takes care of you
individually and that really... in the English
system. I can't speak in the French system, but I would gladly presume that
it's the same thing, and I really want to presume it's the same thing. Our parents, when
they have a problem, have a way to follow : first, the teacher, and
they have steps : on Governing Board,
on Parent Committee. And parent commissioners, we also have steps. We
recognize, yes, no, and take care of the problem.
Mme Samson : Well, I have
to say it's a huge privilege that you have there. Nobody here can eject a colleague... he doesn't fit... feels he's fit for the job. But it's
a huge privilege, and I can understand you want to hold on to that.
Chouinard (Pierre) : It would be interesting
television to watch ejection seats in...
voix : Ha, ha, ha!
Samson : The bottom line from what I get from
your presentation is : If it ain't broken, don't fix it.
voix : Don't fix it, yes.
Samson : You may need some more resources. The
wheel may need a bit of oil, but bottom line is : Everything is working
the way you, parents, feel it should be going. Am I correct?
Chouinard (Pierre) : Just take...
Boucher (Rhonda) : It can get better.
Chouinard (Pierre) : Yes.
Samson : Thank you very much, Madam Chair.
Présidente (Mme Rotiroti) : Thank you very much, Mme la députée
d'Iberville. I have to say
your English is very good and thank you for that. Animated
question period; much appreciated.
Merci beaucoup pour
votre contribution à la commission. La commission suspend ses travaux
jusqu'après les affaires courantes, vers 15 h 30. Merci.
(Suspension de la séance à
11 h 42)
Présidente (Mme Rotiroti) : Alors, bon après-midi. À
l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de la culture et de l'éducation reprend ses travaux. Je demande à toutes les personnes dans la salle de
bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
Nous
poursuivons les consultations
particulières et auditions publiques
sur le projet de loi n° 86, Loi
modifiant l'organisation et la gouvernance
des commissions scolaires en vue de rapprocher l'école des lieux de décision et
d'assurer la présence des parents au sein de
l'instance décisionnelle de la commission scolaire. Nous entendrons cet après-midi les organismes suivants : la concertation des commissions scolaires de la région de l'Outaouais, merci d'être là, l'Association des commissions scolaires
de l'Abitibi-Témiscamingue et la commission scolaire de l'Estuaire.
Alors,
je souhaite la bienvenue aux représentants de la concertation des commissions scolaires de la région de l'Outaouais. Je vous
rappelle que vous disposez de 10 minutes pour faire votre présentation, et
par la suite on passera à une période d'échange entre les élus.
Alors,
je vous demanderais juste de vous identifier ainsi que les gens qui vous
accompagnent, et vous pouvez tout de suite commencer votre présentation
par la suite. Alors, la parole est à vous.
M. Beaulieu (Claude) : Merci,
Mme la Présidente, de nous recevoir à
cette commission. Je me présente : Claude Beaulieu,
qui est président de la commission scolaire des Draveurs et ex-directeur d'une
polyvalente de 3 000 élèves à Gatineau.
Je suis accompagné, à ma droite, de Mme Johanne Légaré, présidente de la
commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais,
et, à ma gauche, de Mme Diane Nault, présidente de la commission scolaire
des Hauts-Bois-de-l'Outaouais, et de
M. Éric Antoine, récemment élu président de la commission scolaire au
Coeur-des-Vallées, et de M. Yvon Landry, coordonnateur régional de
la Concertation des commissions scolaires de l'Outaouais.
D'entrée de jeu, je
porte à votre attention que la région de l'Outaouais, de par sa position
géographique, se caractérise par la grande
fréquence des échanges et des déplacements de sa population d'une province à
l'autre en plus d'une mouvance
constante de cette population en lien avec l'emploi. On retrouve deux paradoxes
en Outaouais. Le premier est au niveau
du revenu. Le secteur urbain bénéficie d'un rang supérieur à la moyenne du
Québec, alors que les régions périurbaines occupent les derniers rangs.
Le second paradoxe est au niveau académique. L'Outaouais a à la fois un taux de décrochage scolaire des plus élevés au
Québec et un taux de détention d'un diplôme universel également des plus
élevés au Québec.
Nous
désirons, par le présent mémoire, inviter le gouvernement à cesser de
s'insurger dans les structures actuelles du système d'éducation public
du Québec. Dans l'optique d'un éclairage plus précis sur la démocratie, sur les
élus scolaires et sur la place des parents
dans l'organisation, nous rappelons qu'il est temps que le gouvernement
travaille avec nous pour l'ultime raison qui nous rassemble et qui nous
préoccupe tous : la réussite des élèves.
La commission scolaire étant administrée par un
conseil des commissaires composé majoritairement d'élus scolaires, d'un
président élu au suffrage universel et de représentants du comité de parents,
ces derniers ont donc collectivement pour
mandat d'assurer la qualité et la gestion efficace des ressources éducatives,
financières, humaines et matérielles investies dans l'éducation. Les
élus sont aussi des leaders locaux et régionaux.
On peut avoir
des réserves quant au niveau de légitimité des parents qui seront nommés au
futur conseil scolaire. Sachant que
le taux de participation des parents dans les conseils d'établissement se situe
autour de 1 %, ne serait-il pas plus simple d'accorder le droit de
vote aux parents membres du conseil des commissaires?
Nous sommes également d'avis qu'il y a eu beaucoup
d'interprétations quant au coût des élections générales du 2 novembre 2014. L'évaluation effectuée par la Fédération des commissions scolaires du Québec a permis de ramener le coût des élections
de 20 millions de dollars, tel qu'avancé par le gouvernement, à 12 millions
de dollars. Il faudra reconnaître qu'une
contribution de 0,50 $ par année par contribuable, c'est une petite contribution
pour s'assurer de la place de
l'éducation au sommet des priorités et pour placer la démocratie à la base de
la gestion de l'organisation scolaire.
Nous nous
questionnons sur le fait que le projet de loi donne nettement l'impression de
la mise en place d'une opération de
centralisation vers le ministre beaucoup plus que vers l'école. On cite à cet
égard l'absence dans le projet de loi du
rôle actuel et des fonctions actuelles du président, comme ceux d'être le
porte-parole officiel de la commission scolaire et de faire part publiquement de la position de la
commission scolaire sur tout sujet qui la concerne, notamment lorsqu'il participe, au nom de la commission scolaire, aux
divers organismes voués au développement local et régional. Qui sera là à l'avenir pour continuer de défendre les besoins
locaux et régionaux de l'Outaouais et ses particularités, comme celle d'être une région frontalière avec Ottawa et
d'avoir une étendue de territoire considérable et particulière? Il faudra
aussi, s'il est vraiment souhaitable, que le
ministre puisse s'arroger les pouvoirs d'émettre éventuellement des directives
aux commissions scolaires sur leur
administration, leur fonctionnement et leurs actions en termes de réussite pour
les élèves.
Concernant
les nouveaux pouvoirs qui seront donnés aux conseils d'établissement, nous nous
demandons si l'apport des parents et
l'expertise professionnelle des membres des équipes-écoles, qui sont très bien
reconnus dans l'actuelle
Loi sur l'instruction publique, n'ont pas
volontairement été mis de côté. Toutefois, il faut admettre que la réduction
des redditions de comptes proposée dans le
projet de loi est louable pour les établissements. Il faudra aussi s'assurer
que les projets éducatifs des
établissements seront élaborés conjointement avec les parents et le personnel
de l'établissement afin de bien
refléter les besoins du milieu. Il est en outre approprié que le projet de loi
ait prévu un pouvoir d'adoption plutôt que d'approbation au conseil
d'établissement.
En ce qui a
trait aux rôles et fonctions du directeur d'école, nous souhaiterions
l'établissement d'une plus grande marge de manoeuvre au directeur dans
l'application du régime pédagogique dans le contexte où la réussite éducative y
est directement liée.
Quel impact
auront les délais qu'entraînera l'implantation de la nouvelle
Loi sur
l'instruction publique sur les projets locaux et régionaux en cours,
notamment sur la réussite éducative et la persévérance scolaire? La nouvelle
loi ne risque-t-elle pas de priver le milieu
socioéconomique de l'Outaouais et les organismes régionaux de la
participation de qualité présentement
assurée par le palier politique scolaire? L'absence d'élus scolaires dans les
organismes régionaux ne risque-t-elle
pas également d'avoir des impacts sur les commissions scolaires? Vous trouverez
d'ailleurs en
annexe une liste des nombreuses implications actuelles
d'élus scolaires dans les conseils d'administration d'organismes et
institutions en Outaouais.
Présentement,
les fondements de la gouvernance démocratiquement élue dans les commissions
scolaires reposent sur la prise de
décision, la consultation et l'information. Il serait illusoire d'en espérer
autant d'une gouvernance composée de
personnes nommées, puisque l'élection fixe un lien obligatoire avec les
personnes élues. Nous jugeons primordial de nous assurer que les
contribuables puissent continuer d'être représentés au sein de l'instance à qui
ils paient leurs taxes scolaires. Il est
tout autant primordial pour nous que toutes les électrices et tous les
électeurs sur le territoire de la commission
scolaire de l'Outaouais puissent continuer d'élire démocratiquement les
citoyens qui, en tant que membres du conseil
des commissaires, administrent ces établissements scolaires publics sans
attendre le consentement d'un nombre aléatoire de parents qui auraient
donné leur accord pour qu'il y ait élection.
Mme Légaré (Johanne) : Mon nom
est Johanne Légaré. Je suis présidente élue au suffrage universel de la commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais. À
l'instar des autres membres élus de mon conseil des commissaires, je suis toujours positionnée dans les dossiers en
tenant compte des intérêts de tous les citoyens résidant sur le
territoire de la commission scolaire. Cette
indépendance m'autorise à jouer un rôle que le directeur général ne peut pas
assumer. Ce mandat m'accorde une
liberté de parole nécessaire à la défense des intérêts de la commission
scolaire et de ses établissements auprès de nos partenaires dans des
dossiers importants pour les établissements et les élèves.
L'administration
de la commission scolaire et des établissements assure les services. Elle n'a
ni la légitimité ni le temps de faire
avancer les dossiers politiques ayant une incidence pour les établissements. La
légitimité démocratique des élus
scolaires dans la défense des dossiers et la prise de décision en toute
indépendance, doublées de la représentativité des parents ayant droit de vote, permettraient un agir
dans l'intérêt de l'ensemble de la commission scolaire et de la
population qu'elle dessert, de maintenir l'équité et de faire l'arbitrage entre
les établissements en fonction des besoins de chacun des milieux.
terminant, je soumets respectueusement à la commission que l'Assemblée nationale
devrait réfléchir longuement avant de mettre
fin aux élections scolaires. Il en va du meilleur intérêt de l'ensemble de la
population desservie par les commissions scolaires de maintenir une
gouvernance élue au suffrage universel. Merci.
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Merci, Mme Légaré. M. Antoine.
M. Antoine
(Éric) : Bonjour. Mon nom est Éric Antoine, nouvellement élu à la
commission scolaire au Coeur-des-Vallées. Mme la Présidente, chers
parlementaires, bonjour et merci de nous accueillir.
Depuis 1998, on a pu
voir l'implantation des conseils d'établissement, qui sont devenus une porte
d'entrée accessible pour tous les parents...
de faire valoir leurs idées, opinions et valeurs quant à la vie scolaire. À
partir de 2008, on augmente le nombre
de commissaires-parents de deux à quatre et ensuite on changera le mode
d'élection du président, préférant
une nomination par suffrage universel. Toutes les modifications faites au cours
des 20 dernières années furent bénéfiques,
certes, mais maintenant
on semble pagayer à contre-courant en voulant détruire ce qui a été bâti pour
centraliser la gérance au profit du ministre.
Nous avons l'impression d'avoir recueilli tous les ingrédients afin de
compléter la recette et, maintenant que nous sommes en pleine exécution,
nous prenons le bol qui est en cuisson et le jetons à la poubelle.
Pourquoi le gouvernement
prend-il un bien public comme l'éducation et tente de centraliser ses décisions
administratives? Le projet de loi prétend donner plus de responsabilités aux parents et les inclure davantage,
alors que la majorité des membres de
notre conseil sont déjà parents d'élèves fréquentant nos établissements. L'implantation d'un conseil
scolaire pourrait mettre en péril la survie de certaines écoles rurales, ce qui
est inacceptable puisque ce sont souvent les derniers remparts ou les
châteaux forts sur lesquels les résidents de petites municipalités peuvent
s'appuyer.
plus, faisant foi d'une saine gestion des finances et de redditions de compte
continues, nous avons la fierté de mentionner
que les budgets de nos commissions
scolaires sont bien ficelés et
profitent d'une étroite et rigoureuse attention, ce qui est plutôt vague
dans le futur opérationnel des conseils scolaires.
Mme Nault (Diane) : Bonjour. Diane Nault, présidente de la commission scolaire des Hauts-Bois-de-l'Outaouais.
Notre
commission scolaire couvre un immense territoire, 83 % de tout l'Outaouais, et compte
34 municipalités dans deux MRC. Dans la
majorité des cas, la seule école d'une municipalité est celle du village, et,
encore là, la clientèle, dans
certaines bâtisses, se situe en bas de 40 élèves. Nous avons cependant la
fierté d'offrir un service de proximité, car chaque commissaire se fait un devoir d'être à l'écoute d'une ou
plusieurs municipalités pour recueillir les informations des parents, de la population et ainsi répondre
adéquatement à notre mission pour assurer la qualité des services éducatifs
et une répartition équitable des ressources
disponibles. De plus, la présence des élus a permis, au fil des années, la mise
en place de nombreux partenariats avec des municipalités et différents
organismes.
Le rôle de l'élu
scolaire comme représentant de la population et des parents conduit à un bel
équilibre avec l'administration de notre
commission scolaire. Avec le projet de loi n° 86, la représentation de la
population et des diverses municipalités
est compromise. Comment des parents non élus pourront-ils adéquatement
représenter et couvrir l'ensemble des
intérêts d'une population? Quelle sera la légitimité des parents non élus pour
défendre publiquement des décisions prises
par la commission scolaire? Dans une très grande région rurale comme la nôtre,
28 000 kilomètres carrés, quels seraient les véritables disponibilités et intérêts de parents
non élus pour composer le conseil scolaire et se rendre disponibles pour
un grand nombre de rencontres mensuelles? Décidément, il faut maintenir la
place des élus scolaires.
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Merci.
M. Beaulieu (Claude) :
En conclusion, le projet de loi semble vouloir régler un problème de
centralisation chez certaines commissions
scolaires en obligeant les autres à adopter un modèle qui s'avère moins
performant et moins approprié à leurs
réalités. Serait-il plus important de créer un lieu d'échange où toutes les
commissions scolaires pourraient profiter de ces pratiques de
décentralisation qui répondent mieux aux besoins des établissements scolaires?
Sous
des apparences de décentralisation, on assiste à une centralisation des
pouvoirs du ministre. Le ministre ne doit-il pas fixer les objectifs et
laisser aux commissions scolaires ou aux établissements scolaires la latitude
pour les atteindre ainsi que la reddition de
comptes aux citoyens de leur territoire? Le modèle de gouvernance proposé dans
le projet de loi va causer de
nombreuses situations de confusion des rôles et va augmenter de façon
significative les problèmes d'arbitrage au détriment de la gouvernance
démocratique scolaire.
Donnez l'opportunité
aux élus scolaires de continuer, malgré la complexité de la région, à mobiliser
tous les acteurs éducatifs de l'Outaouais. Permettez aux élus scolaires de
débattre auprès de toute la population des enjeux en éducation en jumelant les
élections scolaires et municipales, et dès l'automne 2017.
terminant, nous considérons que l'iniquité du financement entre les commissions
scolaires et la réforme de la taxe scolaire devraient préoccuper
davantage le gouvernement que le modèle de gouvernance actuel. Merci.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci beaucoup,
M. Beaulieu. Alors, on va passer à la période d'échange, et je cède
la parole à M. le ministre pour environ 12 minutes.
M. Proulx : Merci, Mme la Présidente. D'abord, merci d'être ici cet après-midi.
Désolé des quelques minutes de retard
qui étaient les miennes. Je m'en excuse d'entrée de jeu. Je vous remercie pour
votre mémoire. Je vous remercie de votre présentation. Je comprends qu'en
vous regroupant ça vous permet d'exprimer un point de vue régional. Même au-delà des territoires des commissions scolaires,
vous avez des préoccupations à l'égard de l'Outaouais, que j'entends. Et
mon collègue de Papineau est là et aura aussi des questions pour vous.
Vous
semblez dire... Je mets la démocratie scolaire d