Labour and the Economy — 23 April 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
CET 2024-04-23
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31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
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31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
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25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
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18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
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16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
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(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 23 avril 2024
Vol. 47 N° 55
Étude des crédits budgétaires du ministère de l'Emploi et et de la Solidarité sociale, volet Emploi
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
Journal des débats
15 h (version non révisée)
(Quinze heures vingt-neuf minutes)
La Présidente (Mme D'Amours) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
Commission de l'économie et du travail ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet emploi des crédits budgétaires du portefeuille Emploi et
solidarité sociale pour l'exercice financier 2024-2025. Une enveloppe de 3 h a
été allouée... allouée, pardon, pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Non, Mme la
Présidente. Aucun remplacement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'échange
incluant les questions et réponses. La mise aux voix de ces crédits sera
effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit vers 18 h 30.
Je suis maintenant prête à reconnaître une
première intervention de l'opposition officielle pour un premier bloc d'échange.
Mme la députée de Bourassa-Sauvé, la parole est à vous.
Mme Cadet : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Salutations à l'ensemble des collègues ici présents. Bonjour, Mme
la ministre. Merci beaucoup d'être avec nous en commission pour cet exercice.
Merci également, donc, à toute l'équipe du ministère de l'Emploi, sous-ministre
et cabinet, donc, qui êtes là donc avec nous, pour parler donc d'un sujet
crucial pour le développement économique, mais également pour le développement
des compétences professionnelles des différents individus.
• (15 h 30) •
Et c'est justement sur ce dernier point
que j'ai envie de commencer à vous interpeler, au niveau, donc, du développement
des compétences, donc, des personnes, et donc de commencer avec la notion des
services publics d'emploi. Donc, l'une des missions du ministère de l'Emploi,
comme vous le savez, est d'offrir donc des services publics d'emploi. L'an
dernier, lors de l'étude des crédits, je vous ai questionnée à ce sujet, Mme la
ministre, et à l'automne, lors de notre interpellation, donc, aussi, donc, nous
avons abordé ces sujets.
Au Québec, donc, une bonne
partie des
services publics d'emploi sont assurés par les organismes spécialisés en
employabilité. Donc, ceux-ci, donc, signent des ententes de services avec
Services Québec, des ententes annuelles, donc du 1er juillet au 30 juin, des
ententes dont ils peuvent négocier le contenu à l'intérieur, donc, d'un certain
cadre défini. Les mesures actives d'emploi sont financées par le Fonds de
développement du marché du travail. Elles doivent atteindre des cibles... donc,
ces organismes-là, plutôt, doivent atteindre des cibles, donc, qui concernent à
la fois le type de clientèle desservie selon leur admissibilité et les types de
services offerts.
Je commence donc avec l'enjeu de l'admissibilité
aux services spécialisés en employabilité. Donc, lorsqu'on regarde, donc, le
Guide des mesures et des services d'emploi, donc on comprend, donc, les
clientèles qui sont généralement admissibles, donc, à ces services, donc, sont
souvent, donc, les prestataires d'aide de dernier recours et les participants
au programme de l'assurance-emploi. Et donc, et on... Et par la suite, on a donc
une série d'exclusions.
La première question ici, parce qu'on n'a
pas eu l'occasion, donc, d'y revenir souvent, Mme la ministre, est-ce que vous
pouvez nous nommer, donc, le contexte économique du Québec qui prévalait en
matière d'employabilité et de taux de chômage quand ces critères d'admissibilité
là donc ont été définis?
Mme Champagne Jourdain : Merci
beaucoup. «Kuei, kuei», Mme la Présidente. Vous allez me permettre à mon tour
de saluer la députée de Bourassa-Sauvé, de la remercier pour son implication.
Je sais qu'elle en fait beaucoup cette année. Alors, je vous remercie.
Salutations aussi au député d'Hochelaga-Maisonneuve, avec qui c'est aussi
agréable d'échanger. Je veux saluer mes collègues qui sont ici présents qui,
eux aussi, en font beaucoup actuellement. Alors, je salue particulièrement la
députée d'Anjou-Louis-Riel, qui est également mon adjointe gouvernementale, qui
est une femme très impliquée dans son comté, mais aussi dans notre ministère.
Et je veux saluer tous les autres collègues qui sont présents. Et je vais, bien
sûr, saluer les équipes du ministère qui sont avec nous, qui travaillent aussi
depuis des semaines, voire des mois, à l'élaboration, là, des réponses que vous
avez demandées, bien évidemment. Et voilà, je les remercie pour rendre possible
ces crédits-là...
Haut de la page
15 h 30 (version non révisé
e) Mme Champagne Jourdain : ...
Alors, à votre première question, vous savez, je vais me permettre une petite
introduction. On a reçu, nous, la confirmation, et bien sûr le gouvernement
fédéral n'en a pas fait l'annonce en grande pompe, mais nous avons reçu la
confirmation que le 145 millions que nous attendions relativement aux
ententes, là, du FDMT ne sera pas reconduit par le Parti libéral du Canada.
Alors, il y a un choix qui a été fait. Je comprends bien que les services d'emploi...
la pénurie de main-d'oeuvre n'est pas une priorité pour le gouvernement
fédéral. Alors, je tenais à le dire d'entrée de jeu, parce que ça va sûrement
tenter... teinter la nature des échanges qu'on va avoir aujourd'hui
relativement aux différentes questions d'emploi, services d'emploi.
Alors, vous me posiez la question sur les
services d'emploi et le contexte, dans le fond, de... Vous me disiez le... Vous
voulez savoir le contexte?
Mme Cadet : Le contexte,
donc, de création, donc, des critères d'admissibilité aux services spécialisés
d'employabilité.
Mme Champagne Jourdain : Tout
à fait. Je m'excuse, je veux juste revenir à... Pas bien long. Parfait.
Alors je veux certainement vous parler des
services d'emploi qu'on offre. Toutes les clientèles sont bien sûr desservies.
C'est important pour moi de bien camper ça, parce qu'il peut y avoir... il peut
y avoir eu des interventions qui ont mis en doute ça. Alors, toutes les
clientèles sont desservies par nos différents services d'emploi, et ce, dans l'ensemble
des régions du Québec, dans l'ensemble des MRC. Mon objectif à
titre de
ministre, c'est bien sûr de m'assurer que la bonne mesure soit disponible pour
la personne qui en a besoin et au bon moment, nécessairement, et je vais vous
parler un petit peu plus du contexte. En 2024, on constate qu'il y a des
variations à la hausse des services externalisés qui sont offerts par les
organismes spécialisés en employabilité et des baisses pour les autres services
aux individus en entreprise, nécessairement.
Je veux aussi vous parler de la hausse des
nouveaux participants pour la mesure SAE, qui est de 14,13 %. Alors, ça, c'est
important. Il y a une variation, là, on est à 89 000, puis là on est rendu à
78 000, et cette variation fait en sorte que le nombre de nouveaux participants
total aux interventions des services publics d'emploi est en hausse par rapport
à la même période l'an dernier. Alors, quand on a établi les critères, c'est
dans ce contexte-là qu'on se situait. On a 148 387 nouveaux
participants comparativement à l'année... l'année d'avant, qui était... où le
nombre de participants, dans le fond, était de 136 760, ce qui représente
en fait une hausse de 8,5 %.
Mme Cadet : D'accord. Merci,
Mme la ministre. Donc, vous avez dit beaucoup d'éléments. D'abord, donc, en
effet, donc, au niveau de la participation du fédéral, nous y reviendrons, et
vous-même, donc, vous constatez donc une hausse de nouveaux participants. Donc,
ça m'incite donc à poursuivre, donc, sur la question que je vous posais donc
initialement, donc à savoir... Donc, évidemment, donc, ça fait un moment donc
que les critères d'admissibilité aux services spécialisés en employabilité,
donc, ont été définis, à un moment où les taux de chômage au Québec étaient
beaucoup plus élevés. Aujourd'hui, quand vous regardez, donc, la situation
actuelle, et on a beaucoup parlé de pénurie de main-d'oeuvre, donc, dans les
trois, quatre dernières années, est-ce que vous trouvez que le contexte qui
prévalait lorsque, collectivement, comme société, et à juste
titre à l'époque,
donc, nous avons donc établi, donc, qui devraient être les personnes
admissibles à des services spécialisés en employabilité... Parce qu'effectivement,
donc, vous l'avez dit, donc, tout le monde a accès aux services universels,
mais les services, donc, spécialisés viennent desservir, donc, des clientèles
qui sont vulnérables. Est-ce que vous trouvez que le contexte de l'époque est
toujours d'actualité aujourd'hui?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
le contexte a définitivement changé. Vous savez, on est en pénurie de main-d'oeuvre,
on l'a dit, dans... Ça touche plusieurs secteurs, plusieurs régions. C'est plus
facile pour des chercheurs d'emploi d'être capables d'intégrer le marché du
travail, les chercheurs d'emploi qui sont proches du marché du travail. Ceci
étant dit, il faut en faire davantage pour les clientèles qui sont dites plus
éloignées du marché du travail, et c'est pour ça que j'en ai fait une de mes
priorités, parce que dans le contexte actuel il faut donner davantage de
moyens, s'assurer qu'on accompagne convenablement dans les services d'emploi,
que ce soit au niveau de l'intégration, du maintien, mais de la formation
aussi...
Mme Champagne Jourdain : ...de
l'accompagnement, il faut être en mesure d'accompagner ces clientèles éloignées
du marché du travail. Alors, vous comprendrez que, dans le contexte économique
actuel, celui où on fait face à des coupures de 145 millions de dollars de
la part du gouvernement fédéral, mais on va se concentrer aussi davantage vers
ces clientèles-là qui ont besoin de notre soutien plus que celles qui sont
proches du marché du travail.
Mme Cadet : Je vous entends
là-dessus, Mme la ministre. Selon vous, quel est le rôle des services
spécialisés en employabilité?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
c'est certainement de faire en sorte que les Québécois et les Québécoises qui
le désirent intègrent le marché du travail et qui ont besoin de soutien, parce
que ce n'est pas le cas nécessairement de tout, de l'ensemble des gens qui sont
en recherche d'emploi, d'avoir besoin d'un soutien, d'un suivi,
d'accompagnement. Alors, c'est certainement de faire en sorte qu'on offre le
bon service à la bonne personne au bon moment dans la bonne région.
Mme Cadet : Est-ce que vous
trouvez, dans ce cas-ci, puis je pense que cette définition-ci, donc, elle est
assez limpide, est-ce que vous trouvez que le cadre actuel permet à nos
organismes spécialisés en employabilité de bien jouer ce rôle?
Mme Champagne Jourdain : Mais,
vous savez, le marché de l'emploi évolue. Donc, il est clair que nos services
doivent évoluer aussi en même temps, c'est bien évident, c'est bien évident.
Vous l'avez me, vous l'avez dit tout à l'heure. Quand ces services... quand les
services d'employabilité, là... services publics d'emploi ont été développés,
ça... on était totalement dans une autre époque où le taux de chômage était
très élevé. Il y avait environ 1 million de chômeurs au Québec. Alors, les
finalités des services qu'on offrait étaient différentes. Maintenant, on est
actuellement dans un chantier de modernisation à travers... pour tous les
services d'emploi. Et quand je dis pour tous les services d'emploi, je veux
bien sûr parler des travaux qui sont en cours avec les organismes spécialisés
en employabilité, mais je veux aussi parler des services qu'on offre à travers
les outils les bureaux de Services Québec. Vous savez, on offre des services
aux individus, mais aussi aux entreprises. Alors, on est dans ce grand chantier
de modernisation là qui va nous permettre, à terme, de mieux répondre aux
nouveaux besoins du marché du travail.
• (15 h 40) •
Mme Cadet : Bien, d'ailleurs,
Mme la ministre, donc, vous me permettez de bifurquer vers la question, donc,
du chantier, parce que, justement, l'an dernier, au lendemain de l'étude des
crédits budgétaires, vous aviez promis, donc, ce chantier de modernisation des
services publics d'emploi. Ce qu'on entend, c'est que les organismes, ils
attendent toujours, donc, un retour, donc une avancée. Donc, pouvez-vous, donc,
leur dire, donc, comment, donc, le chantier a évolué depuis l'an dernier?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous dirais que le chantier évolue bien. Le plus rapide est toujours le
mieux, hein, c'est bien évident, là, on ne s'obstinera pas là-dessus, vous et
moi. Ceci étant dit, je dois dire que les représentants des organismes
spécialisés en employabilité m'ont demandé, au courant de la dernière année, un
délai de six mois que j'ai respecté. Alors, on a quand même des visées, hein,
parce que même s'il y a un délai, il faut savoir où est-ce qu'on s'en va avec
tout ça. Je veux peut-être un peu vous faire la distinction entre le chantier
de modernisation, puis les travaux qu'on a actuellement en cours avec les
organismes spécialisés en employabilité. J'échange souvent avec eux, je tiens à
vous le dire, je fais beaucoup de terrain. Alors, je suis souvent en visite à
travers ces différents organismes là. C'est plus de 400, au niveau du Québec,
là, qui donnent des services d'employabilité.
Et ce qu'on travaille actuellement avec...
principalement, avec les organismes spécialisés en employabilité, c'est la
grille tarifaire. On est soucieux au ministère de rémunérer le juste prix pour
les services rendus. C'est quelque chose que j'ai entendu souvent au cours des
premiers mois de mon arrivée en poste, que le coût client n'était peut-être pas
au bon niveau. Alors, on s'est dit : On va travailler là-dessus. Et la
grille tarifaire révisée, elle est attendue pour l'année 2025-2026. Vous
comprendrez qu'avec le délai de six mois, moi, j'avais bien l'ambition de
pouvoir, à ce moment-ci, utiliser la nouvelle grille tarifaire, c'est-à-dire
pour les ententes qui vont se signer et qui vont débuter le 1er juillet. Mais,
avec le délai, là, on a dû reporter ça à l'an prochain. Alors, notre... on vise
vraiment le but, là, d'application pour cette nouvelle grille tarifaire là, en
2025-2026.
Je veux aussi vous parler du chantier de
modernisation qu'on fait... Pardon. Je vous parler de la grille tarifaire, je
ne veux pas finir sans vous parler de l'allègement des processus
administratifs, parce que, ça aussi...
Mme Cadet : ...Mme la
ministre, c'était ma prochaine question.
Mme Champagne Jourdain : ...c'est
extrêmement important, c'est extrêmement... On est là pour les bonnes affaires,
hein, ensemble, je vous comprends. Alors, l'allègement des processus
administratifs, il y a des travaux qui sont en cours actuellement...
Mme Champagne Jourdain : ...actuellement
pour identifier les lourdeurs administratives et voir à des allègements, là,
avec eux, on va de... on va s'entendre là-dessus, au besoin, et ce qu'on vise,
c'est d'être capable d'apporter ces allègements-là d'ici
l'automne 2020-2024. Alors, on a quand même, là, comme visée d'avoir, là,
des avancements dès cette année pour ce chantier... pour les travaux qui sont
en cours avec les hausses. Je veux vous parler du chantier de modernisation
parce qu'on...
Mme Cadet : Et peut-être
juste là-dessus...
Mme Champagne Jourdain : Oui.
Mme Cadet : ...sur
l'allègement parce que... bon, évidemment, la consultation sur la lourdeur
administrative a été réalisée à l'hiver. Donc, quelle... Là, vous venez de nous
donner un échéancier, merci beaucoup, pour l'automne 2024. Quelles mesures
concrètes qui... découlant de cette consultation comptez-vous mettre en place?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
on est actuellement en échange, hein, avec les organismes spécialisés en
emploi... en employabilité, et c'est naturellement avec eux qu'on va définir
quelles vont être ces mesures concrètes là. Je le sais, entre autres, pour ce
qui est de la lourdeur administrative, qu'on nous identifiait le fait que ces
organismes-là doivent doit faire des redditions de comptes pour trois, quatre
ministères. Alors, comment on peut faire, nous, comme gouvernement, pour faire
en sorte que ce soit plus simple, que les intervenants ne passent pas 30 %
à 40 % de leur temps à faire de la reddition de comptes? Ce qu'on veut, ce
que je veux en tant que ministre, c'est que ces gens-là soient sur le terrain à
faire de l'intervention avec les citoyens qui ont besoin de recevoir
l'accompagnement nécessaire pour intégrer le marché du travail.
Mme Cadet : C'est une bonne
nouvelle, ça, Mme la ministre. Votre collègue ministre délégué à l'économie,
député de Sainte-Rose, donc, a promis le dépôt d'un prochain projet de loi, un
projet annuel, le projet de
loi sur l'allègement réglementaire. Donc, est-ce
qu'on peut s'attendre à ce que des mesures d'allègement qui couvrent les
services publics d'emplois, là, donc, les ententes, donc, avec les organismes
spécialisés en employabilité se retrouvent dans ce prochain projet de loi là?
Mme Champagne Jourdain : Vous
parlez du projet de loi n° 17, bien évidemment?
Mme Cadet : Mais ça, c'était
le dernier. Donc, il s'est engagé à en faire un chaque année.
Mme Champagne Jourdain : ...
Mme Cadet : Donc, évidemment,
l'année dernière, donc, il y en avait un sur l'allègement réglementaire, il y
en aura un autre.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
écoutez, je pense que c'est un peu trop tôt à l'heure actuelle, aujourd'hui,
là, le 23 avril, pour vous dire qu'il y aura, dans ce projet de loi là,
des mesures. On est en discussion avec les organismes spécialisés en
employabilité. Mais on vise certainement l'automne 2024 pour définir
quelles seront ces mesures-là qui vont permettre d'alléger la reddition de
comptes pour les organismes spécialisés en employabilité.
Mme Cadet : Merci. Je reviens
aux exclusions. Donc, vous nous dites : Le bon service au bon moment. Je
pense que c'est un principe qui est valable. Je vous donne des exemples, donc,
de personnes qui se sont vu refuser l'accès à des services spécialisés en
employabilités. Par exemple, les personnes détenant une formation datant de
plus de 25 ans, sans expérience de travail dans ce domaine, ayant
travaillé plus de 15 ans dans un autre secteur d'activité qui se font dire
de retourner dans le secteur où elles ont été formées malgré leur formation
désuète et sans valider leurs capacités. Est-ce que vous trouvez que ce motif
de refus d'accès à des services spécialisés en employabilité est raisonnable?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
écoutez... Là, vous me donnez quelques éléments sur un cas qu'on a certainement
besoin d'explorer un peu plus pour porter un jugement. Moi, je ne veux pas non
plus ici, à l'étude de crédits, commenter des cas particuliers sans avoir
l'ensemble de la grande image, je vais le dire comme ça, en bon français.
Voilà. Alors, je ne commenterai pas des cas particuliers, mais je peux vous
dire que ma responsabilité, c'est de m'assurer que la bonne personne reçoive le
bon service au bon moment. Et, oui, on a des critères, certainement, dans les
services qu'on donne en emploi et c'est... et on va devoir aussi s'enligner
vers nos priorités. Je le répète encore, le 145 millions qu'on a de
coupures du gouvernement libéral au Canada, ça va faire en sorte qu'on va
devoir s'enligner davantage vers les priorités qu'on a identifiées et aider les
gens qui sont plus éloignés du marché du travail, qui ont besoin d'un
accompagnement plus complet pour intégrer le marché du travail.
Mme Cadet : Avec... et on
reviendra, donc, à cet élément-ci, mais, avec également, Mme la ministre, dans
le cadre budgétaire du gouvernement du Québec, donc, il y a aussi, donc,
certaines baisses, donc pas seulement, donc, au niveau, donc, des budgets
découlant, donc, du gouvernement fédéral, mais également les vôtres. Mais je
sais que j'ai très peu de temps, mais je vais continuer sur la question, donc,
des exclusions parce que le... l'enjeu, donc, d'offrir des bons services au bon
moment. Un autre exemple ici, donc des exemples qui sont quand même assez
concrets, donc, une jeune qui a entamé des démarches avec un organisme et qui
reçoit un appel de Services Québec pour lui dire qu'elle est refusée, et
donc... donc, par chance, on est passé d'un dossier qui s'est bien terminé,
mais le motif de refus était qu'elle travaillait à temps partiel dans une
station-service. Vous avez mentionné le contexte qui est évolutif au Québec du
marché de l'emploi qui est différent. Est-ce que vous... vous pensez qu'une
personne dans cette situation-là recevrait un service au bon moment...
Mme Cadet : ...et au bon
endroit... de bénéficier des services spécialisés en employabilité.
Mme Champagne Jourdain : Mais
je vous dirais...
La Présidente (Mme D'Amours) : C'est
tout le temps que nous avions pour ce premier échange. Gardez votre réponse
pour le prochain... le prochain échange. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
la parole est à vous.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, Mme la ministre. Bonjour à toute l'équipe qui
l'accompagne. J'aurai aussi des questions tantôt sur le financement des
groupes, mais ma collègue a bien parti le bal. J'y reviendrai dans mes autres
échanges. Je voudrais me concentrer d'abord sur la question, notamment des
demandeurs d'asile. Ça a fait couler beaucoup d'encre. Y en a-t-il trop? Si
oui, combien? Le ministre... nos chefs respectifs se lancent des questions à ce
niveau au salon bleu.
Moi, je veux vous entendre, Mme la
ministre, sur une suggestion, parce que le premier ministre nous reproche
souvent à Québec solidaire de ne pas faire de suggestion. Que propose Québec
solidaire?, dit souvent le premier ministre à la fin de ses réponses à mon
collègue. Et on en a fait une, proposition justement sur le dossier des
demandeurs d'asile. Vous savez que la plupart des demandeurs d'asile ont de la
misère à obtenir leur permis de travail. Ils doivent donc soit être sur l'aide
sociale, soit travailler au noir, et donc être dans l'illégalité. Et il y a des
délais très, très longs au gouvernement du fédéral... au gouvernement fédéral,
pardon, pour la délivrance de ces permis de travail. Nous avons suggéré que le
gouvernement du Québec, et, en plus, vous, vous faites
partie d'un gouvernement
qui se réclame de l'autonomie, qui se réclame de l'élargissement des pouvoirs
du Québec, on en est, notamment sur l'immigration, mais on vous a dit :
Pourquoi vous n'autorisez pas vous-mêmes, à travers une certification
québécoise, à inventer, à rédiger sur nos propres bases ici, au Québec, des
permis de travail valides au Québec, ici, pour accélérer l'arrivée sur le
marché du travail des demandeurs d'asile, qui ne demandent que ça?
• (15 h 50) •
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous dirais que... je vais quand même me permettre de sortir un peu du point
précis de votre question. Je veux vous dire qu'on a certainement à cœur le sort
aussi des demandeurs d'asile à l'emploi. On a... on a mis de l'avant deux
projets pilotes qui permettent aux demandeurs d'asile qui possèdent un permis
de travail de pouvoir intégrer, à travers un processus, soit le secteur
touristique ou le secteur de la santé. Alors, c'est quelque chose qui est en
train de se mettre en place. C'est la première fois qu'on fait ça, alors on
avance là-dedans. Mais c'est... ce sont des projets pilotes qui sont très bien
reçus de la part de ces secteurs-là, mais aussi de la part des demandeurs
d'asile.
Et, vous savez, on a demandé souvent
d'avoir le... d'avoir au gouvernement du Québec une plus grande part des
responsabilités, justement pour pouvoir être en mesure de... pouvoir être en
mesure de... de placer, oui... de prendre les décisions en fonction de nos
besoins, de notre... de notre marché du travail, hein? On a demandé d'avoir une
plus grande... de plus grandes responsabilités. Je laisse nécessairement tout
le travail, là, et le crédit, bien sûr, à ma collègue, là, de l'Immigration,
mais je sais... je sais qu'elle est affairée à cette question-là, à faire en
sorte qu'on puisse avancer à ce niveau-là. Ce serait bénéfique pour le Québec.
Ça serait bénéfique aussi pour les demandeurs d'asile qui sont ici.
M. Leduc : Bien, vous
m'ouvrez la porte sur les deux projets pilotes. C'est quoi, le délai
d'obtention du permis de travail fédéral dans vos deux projets pilotes?
Mme Champagne Jourdain : Je
vous dirais que les projets pilotes s'adressent aux demandeurs d'asile qui ont
déjà un permis.
M. Leduc : Qui ont déjà un
permis de travail.
Mme Champagne Jourdain : Oui,
tout à fait.
M. Leduc : Et est-ce que vous
avez comblé toutes les places rapidement?
Mme Champagne Jourdain : Je
vous dirais que non. Actuellement, il y a beaucoup de gens qui sont avancés. Je
vais vous sortir les chiffres. Si vous voulez avoir des chiffres, ça pourrait
être intéressant pour vous...
Des voix : ...
Mme Champagne Jourdain : Ce
ne sera pas bien long. On avait tout préparé ça pour vous.
M. Leduc : Bien oui, vous me
voyez venir. Je suis prévisible à ce point-là, Mme la ministre? Je suis
quasiment déçu.
Des voix : ...
M. Leduc : Bien, peut-être
pendant qu'on cherche les chiffres, Mme la ministre, je peux continuer, c'est
parce que vous...
Mme Champagne Jourdain : Voilà.
M. Leduc : Vous les avez. Je
vous écoute.
Mme Champagne Jourdain : Voilà,
voilà, voilà. Alors, pour vous donner un petit peu, là, les chiffres, là, au
niveau des demandeurs d'asile, de manière générale... projets pilotes. On a
280 demandeurs d'asile en participation, là, avec... actuellement avec les
organismes spécialisés en emploi. On a...
Mme Champagne Jourdain : ...192
demandeurs d'asile qui sont inscrits sur la plateforme du réseau de la santé et
des services sociaux, pour pouvoir être invités éventuellement à passer des
entrevues avec les employeurs, donc via le projet pilote. De ça, on a... bien,
pas de ça, mais on a... oui, de ça... pas de ça, non, on a 32 demandeurs
d'asile qui sont en processus d'entrevue, on a 14 demandeurs d'asile qui sont
retenus à la suite d'une entrevue, dont deux ont été embauchés et trois en attente
de confirmation. Alors, ces projets-là se déploient.
Et comme je le disais tout à l'heure,
c'est la première fois qu'on tente quelque chose comme ça. Il faut comprendre
aussi que, pour un demandeur d'asile, là, on est dans le secteur de la santé. Et
pour un... Je vous reviens avec les chiffres, là, de la santé, pour un
demandeur d'asile, ce n'est pas simple, nécessairement, non plus, de faire
toute cette démarche-là. Des fois, ils... ça arrive qu'ils font cette
démarche-là, qu'ils n'ont pas de logement, qu'ils doivent...
M. Leduc : Je comprends.
Mme Champagne Jourdain : ...qu'ils
doivent être affairés à gérer beaucoup de choses dans leur vie. Et on est en
train de faire en sorte que ces demandeurs d'asile là puissent intégrer le secteur
de la santé. Au niveau...
M. Leduc : Si vous permettez,
Mme la ministre....
Mme Champagne Jourdain : Oui.
Voulez-vous que je poursuive avec tourisme?
M. Leduc : Le temps file.
Peut-être si vous pouvez, rapidement, me donner des chiffres pour le tourisme
aussi.
Mme Champagne Jourdain : Oui,
ça ne sera pas bien long. Je n'ai pas eu les bons chiffres, je vous reviens
avec les...
M. Leduc : Bon. Pendant qu'on
les cherche, Mme la ministre, merci pour les chiffres, mais je constate, donc,
32 entrevues, 280 personnes, là, au début de l'entonnoir, si on veut, sur le
nombre beaucoup plus impressionnant de demandeurs d'asile qui sont sur le
territoire en ce moment. Je comprends que c'est un projet pilote...
Mme Champagne Jourdain : On a
un but de 1500 sur trois ans. Je veux vous mettre ça en perspective, c'est 1500
de demandeurs d'asile qu'on veut intégrer dans le secteur de la santé, sur
trois ans. On est en rodage, là, de notre système.
M. Leduc : Puis on a fait 30
entrevues?
Mme Champagne Jourdain : Oui,
on a 32 qui sont en... qui se sont qualifiés.
M. Leduc : Il va falloir
accélérer.
Mme Champagne Jourdain : Parce
que, vous savez, là, c'est comme n'importe quoi, il faut valider, là, il faut
valider leur compétence, tout ça, leur expérience. Alors, on a 32 demandeurs
d'asile qui sont en processus d'entrevue, actuellement.
M. Leduc : Sur la masse de
personnes qui sont en ce moment sur le territoire du Québec, demandeurs
d'asile, plusieurs ne peuvent pas travailler, voudraient travailler, en ce
moment, dans toutes sortes de secteurs. Vos projets pilotes, je veux dire, on
verra si ça fonctionne suffisamment, mais ils voudraient travailler. Ils sont
freinés dans leur élan par la non-capacité, la capacité insuffisante du
gouvernement fédéral de délivrer les permis de travail. Pourquoi on ne peut...
pas capable de faire ça nous-mêmes, sur nos propres bases? Est-ce qu'on a les
compétences, au ministère de l'Emploi, notamment, de créer et administrer un
permis de travail valide pour le Québec?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
vous savez, la délivrance de permis de travail, ce n'est pas chez nous qu'on
fait...
M. Leduc : Je sais, mais je
vous pose la question : Est-ce qu'on pourrait le faire? Est-ce qu'on
aurait les compétences de le faire, au ministère du Travail... de l'Emploi,
pardon?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous dirais qu'a priori, non, ça ne relève pas de nous. Est-ce qu'on peut
creuser la question? Mais mon premier réflexe, ce serait de vous dire que nous,
ce qu'on fait, c'est de s'assurer, là, de faire en sorte que les besoins du
marché du travail, on y réponde avec les bonnes mesures, et c'est là qu'on est.
On n'est pas dans la délivrance de permis de travail, mais on peut se poser la
question, qui le ferait, là, au gouvernement, à travers les différents
ministères.
M. Leduc : Parce
qu'historiquement on ne pouvait pas percevoir d'impôt non plus, ce n'était pas
dans nos compétences, puis, un moment donné, on l'a fait, puis, depuis ce
temps-là, on continue de le faire. Alors, ça serait tout à fait possible, puis
il y a des gens qui se sont positionnés là-dessus, des professeurs
d'université, pour dire que ça serait possible de le faire. Moi, je vous
invite, en effet, à creuser cette réflexion-là.
Mme Champagne Jourdain : Ça
mérite d'être creusé.
M. Leduc : Parce que ça
libérerait une force de travail importante au Québec en ce moment, qui pourrait
aider dans plusieurs domaines.
Mme Champagne Jourdain : Vous
avez raison.
M. Leduc : Dans le temps
qu'il me reste pour ce bloc-là, Mme la ministre, un peu dans un sujet connexe,
vous connaissez la pénurie de main-d'oeuvre dans le dossier de la construction.
Il y a un projet de loi en cours, en ce moment, avec votre collègue le ministre
du Travail. On a fait une autre suggestion. Je vous disais qu'on voulait faire
des suggestions constructives pour permettre la délivrance, cette fois-ci, de
notre certificat de sélection du Québec. Celui-ci est complètement dans notre
champ de compétence, on le possède déjà, plus rapidement à des personnes
immigrantes temporaires qui décideraient de s'engager dans le domaine de la
construction. Il y a déjà des projets pilotes qui existent pour les préposés
aux bénéficiaires, pour les technologies de l'information, pour la
transformation alimentaire, et là on vous dit : Créez-en un aussi pour la
construction. Ça pourrait permettre d'accélérer les mises en chantier. On sait
qu'on traîne la patte beaucoup, dans le domaine, c'est à peine 3 % des
forces de travail en construction qui est de la main-d'oeuvre immigrante.
Mon collègue de Saint-Henri-Sainte-Anne a
posé la question à votre collègue la semaine passée en crédits. Elle semblait
ouverte. Je vous pose la même question : Est-ce que cette idée-là, de
rajouter un projet pilote en construction pour accélérer l'arrivée des
personnes immigrantes temporaires dans le domaine de la construction via une
délivrance plus rapide du certificat de sélection du Québec, vous semble une
bonne idée?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous dirais que la voie rapide que vous me proposez, elle existe déjà grâce
à notre réforme du Programme de sélection des travailleurs qualifiés qui va
rentrer en vigueur...
Mme Champagne Jourdain : ...à
l'automne. Alors, bonne nouvelle. La construction, ça fait nécessairement
partie des secteurs qui sont ciblés dans notre mission de recrutement, là, à
l'étranger, ça fait
partie aussi, là, d'une mesure, là, de l'Opération
main-d'œuvre, ce recrutement-là à l'étranger. Et c'est un secteur qui est
priorisé aussi pour les personnes immigrantes qui sont déjà sur le territoire.
Moi, si je peux vous lancer une invitation, c'est de joindre votre voix à la
nôtre pour exiger que le fédéral prenne ses responsabilités en immigration pour
nous aider à régler les problèmes qu'il a lui-même causés, notamment au niveau
de la crise du logement. Plus on est capables de bâtir. Nous, on y travaille
aussi à l'Emploi par les formations qu'on fait. Mieux on va être capable
d'accueillir et plus ces gens-là vont participer à la force d'emploi du Québec.
M. Leduc : On ne fera pas un
débat sur le logement ici, Mme la ministre, on a des opinions probablement pas
tout à fait concordantes à ce niveau-là. Cela dit, oui, on veut rapatrier tous
les pouvoirs en immigration. Vous le savez, à Québec solidaire nous voulons
tous les pouvoirs, nous voulons l'indépendance du Québec.
Cela étant dit, sur la construction, je
sens une ouverture, mais je n'ai pas senti nécessairement une affirmation
concrète de dire : Oui, nous sommes en train d'étudier un projet pilote
pour délivrance de ces certificats de sélection du Québec plus rapidement pour
des personnes qui décideraient d'aller en construction, des personnes issues de
l'immigration.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous dirais que mon collègue traite de la question à travers son projet de
loi qui va moderniser, là, le secteur de la construction. Et comme je vous
disais tout à l'heure, nous, cette solution-là, la solution de la voie rapide,
elle existe déjà, là, à travers justement ce programme-là de sélection des
travailleurs qualifiés, qui va rentrer en vigueur à l'automne, mais ce qu'on
veut, c'est que, oui, nécessairement, on puisse avoir accès à ces travailleurs
là, puis les intégrer le plus rapidement possible sur le marché du travail, par
tous les moyens, là, qui seraient possibles de le faire.
M. Leduc : Combien de temps,
Mme la Présidente?
La Présidente (Mme D'Amours) : 27 secondes.
M. Leduc : Donc, je reviens
rapidement sur les demandeurs d'asile, les permis de travail. J'ai bien compris
tantôt que vous m'avez dit : Vous étiez ouverts à étudier ça. Est ce que
c'est bien ça que vous allez faire, vous allez étudier ça au ministère?
• (16 heures) •
Mme Champagne Jourdain : Bien,
écoutez, moi, je vais creuser la question avec mes collègues, là. Vous avez
donné un bon exemple avec les impôts. Alors, on est là aussi pour réfléchir à
d'autres, de nouvelles solutions. Alors, certainement qu'on aura des échanges,
là, en ce sens-là.
M. Leduc : Merci beaucoup.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
C'est tout le temps que nous avions. Nous revenons maintenant avec la députée
de Bourassa-Sauvé. La parole est à vous.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Donc, je vous posais une question un peu plus tôt, donc, madame,
Mme la ministre, donc, sur recevoir, donc, les bons services au bon moment.
Donc, je ne répéterai pas l'exemple, étant donné le temps qui nous est imparti.
Donc, est ce que vous trouvez que dans ce cas-ci, donc, une personne, donc, qui
travaille, donc, à temps partiel, donc, par exemple, ici, dans une
station-service, donc devrait être inadmissible à des services spécialisés en
employabilité?
Mme Champagne Jourdain : C'est
une bonne question que vous me poser, parce que c'est un échange que j'ai eu
aussi avec mes équipes, hein, on est toujours en recherche de... de solutions.
Vous savez, dans le... dans le contexte du travail, du marché du travail au
Québec, mais aussi du contexte économique qui est cyclique, changeant de plus
en plus rapidement aussi, on se doit d'être agiles et flexibles. Et on a
certainement entamé cette réflexion-là, de pouvoir élargir ces services-là à
des gens qui sont peut-être dans des emplois du secteur primaire, par exemple,
et qui voudraient donner une... se donner, en fait, une deuxième chance ou
une... peut-être une formation qui leur permette d'occuper un emploi qui... qui
les anime, je vais le dire comme ça. Alors, on est dans... actuellement dans
cette réflexion-là, et ça fait
partie de tout, de tout ce chantier de
modernisation là. Vous savez, quand on veut regarder l'ensemble des services,
là, qu'on donne et voir si justement ça correspond encore aux besoins, bien,
ça, c'est une des questions qui en fait partie.
Mme Cadet : Merci. Là, vous
venez de parler, donc, du chantier de modernisation, ce que... je veux
m'assurer d'avoir bien saisi la première fois. Ce que vous disiez, donc,
2025-2026, donc, la grille tarifaire, donc, elle ne sera pas prête pour les
prochaines ententes, elle sera prête pour la suivante, mais la grille
tarifaire, donc, n'équivaut pas aux chantiers de modernisation en tant que tel,
là, c'est une condition préalable à l'établissement du chantier.
Mme Champagne Jourdain : Le
chantier de modernisation, ça concerne l'ensemble des services publics
d'emplois. Dans les services publics d'emplois, il y en a qui sont dispensés
par le ministère via Services Québec et il y a des services publics d'emplois
qui sont dispensés aussi par nos partenaires, qui sont les 400 organismes
spécialisés en emploi. Alors, ce chantier de modernisation, là, oui, il
concerne les services qu'on offre à, bien sûr, à Services Québec, mais plus
particulièrement au niveau des organismes spécialisés en employabilité, on
vient travailler sur la grille tarifaire, ça nous a été identifié comme un
enjeu qui est primordial et qu'il faut adresser dans les meilleurs délais.
Alors, nous, on ne fait pas de financement à la mission...
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16 h (version non révisé
e) Mme Champagne Jourdain : ...au
ministère de l'Emploi, on achète des services dans ces 400 organismes
spécialisés là en employabilité. Alors, on nous disait qu'il y avait un enjeu,
que le coût client par service devait être revu naturellement à la hausse pour
refléter vraiment le marché actuel. Alors, on travaille là-dessus. Et il y a eu
ce délai de six mois, là, qui a été demandé par les représentants des
organismes spécialisés en employabilité, qu'on respecte, ce qui fait en sorte
qu'on veut travailler avec cette nouvelle grille tarifaire là pour les ententes
de l'année... de l'été prochain. En fait, pas cet... pas cet été, mais l'autre,
2025‑2026.
Mme Cadet : Et là, donc, vous
confirmez aussi que le chantier en tant que tel, donc la modernisation, donc
qui... donc qui porte donc sur différents éléments, donc, le tout sera prêt
pour les nouvelles ententes, pas simplement la grille tarifaire. Donc, pour les
ententes 2025‑2026.
Mme Champagne Jourdain : Pouvez-vous
me répéter ça? Pardon.
Mme Cadet : Oui, bien sûr.
Donc, ce que vous êtes en train de confirmer, c'est qu'outre la grille
tarifaire, donc, qui sera en vigueur pour les ententes 2025‑2026, les
autres éléments, donc, à revoir dans le chantier de modernisation, donc, ils seront
complétés. Donc, votre... votre réflexion sur la modernisation des services
publics d'emploi, elle sera donc prête pour que les conditions donc des
nouvelles ententes reflètent ces éléments-là aussi, pas simplement la grille
tarifaire.
Mme Champagne Jourdain : Pour
la cible de 2025‑2026, ça concerne la grille tarifaire.
Mme Cadet : Uniquement, O.K.
Mme Champagne Jourdain : Maintenant,
on a plus d'une vingtaine d'actions qui sont identifiées pour moderniser nos
services d'emploi. On a déjà des... des actions qui ont été mises en place pour
débuter ou... débuter ce chantier de modernisation là. Je pense entre autres
aux agents d'intégration. On a ajouté un service, puis je vais vous donner
quelques exemples, là. On a ajouté un service pour l'accompagnement des
personnes handicapées dans les entreprises par les organismes spécialisés en
employabilité. Alors ça, ça touche nos organismes spécialisés en employabilité.
Il y a aussi... Je vous parlais, là, des
projets-pilotes, alors, ça, ça fait
partie aussi des nouveaux services qu'on
offre en employabilité, et on veut nécessairement améliorer le service qui est
offert aux entreprises et bien positionner effectivement l'expertise, là, du
personnel des services aux entreprises du ministère de l'Emploi. Parce que
si... il y a aussi la perception que le ministère de l'Emploi aide les
chercheurs d'emploi. Mais actuellement, on est en train de changer pas
totalement de cap, mais d'élargir l'ensemble des services, parce que,
maintenant, ce qu'on comprend sur le terrain aussi, c'est qu'il faut
accompagner davantage les entreprises parce qu'on veut qu'ils accueillent des
clients... des personnes qui sont éloignées du marché du travail, que ce soit
des personnes en situation de handicap, des personnes issues des Premières
Nations ou autochtones, des personnes judiciarisées, des travailleurs
expérimentés. J'espère qu'on va avoir la chance de parler ce beau dossier-là.
Mme Cadet : Tout à fait. Tout
à fait.
Mme Champagne Jourdain : Alors,
il faut accompagner. Les entreprises veulent bien. Elles sont elles-mêmes
prises par la pénurie de main-d'oeuvre. Souvent, les chefs d'entreprises, les
gens des ressources humaines ont plusieurs chapeaux et elles ont besoin d'accompagnement
pour pouvoir accueillir ces... ces gens là qui sont de différentes... là, de
différents horizons, là.
Mme Cadet : Merci. Donc, j'entends
donc l'élargissement des différentes clientèles — c'est parce que je
vous ai donné quelques exemples et j'en aurais eu d'autres — donc des
personnes, donc, avec des profils qui se voient refuser, donc des services d'employabilité.
Donc, dans votre chantier de modernisation, vous êtes en train donc, de
réfléchir à ces éléments-ci. Est-ce qu'un échéancier pour le reste? La grille
tarifaire, c'est très clair. Donc, c'est entendu pour l'an prochain. Est-ce qu'il
a un échéancier de mise en œuvre des modifications aux services publics d'emploi,
modernisation?
Mme Champagne Jourdain : Mais
je vous dirais qu'on va dire qu'on va être dans un continuum, hein? Ce... On a
entamé ce service de... ce chantier de modernisation là, et c'est quelque chose
qui va se déployer au fil du temps. On a des... on a identifié, oui, des buts
précis pour répondre, parce que les OSE, les... les... ce qu'on appelle les
OSE, les organismes spécialisés en employabilité nous demandent de la
prévisibilité, la prévisibilité qu'on n'a pas, nous, malheureusement, du
gouvernement fédéral. Mais on veut s'assurer d'être en mesure, là, de pouvoir caper
ces changements-là, que ce soit au niveau de la grille tarifaire dans le temps,
2025‑2026. Et l'autre... l'autre changement pour 2024, qui est bien évidemment,
là, l'allègement des processus administratifs.
Mme Cadet : Parfait. Merci
pour l'automne 2024. Vous... donc vous mentionnez donc cet
élargissement-là. Donc, si je comprends bien, puisque vous voyez donc... il y a
donc une préoccupation donc qui est très légitime de voir, donc, des citoyens,
donc, qui souhaitent devenir plus productifs, donc, d'être donc des actifs,
donc pour la société, donc qui se prennent en main, qui vont vers les
organismes spécialisés en employabilité, qui essuient des refus pour toutes
sortes de dédales bureaucratiques et qui ne semblent pas correspondre donc à la
réalité terrain d'aujourd'hui. Dans... puis évidemment...
Mme Cadet : ...dans... puis
évidemment, donc, dans votre opération main-d'œuvre, donc, vous parlez beaucoup
de requalification. Donc, je veux juste comprendre ici, parce que vous montrez,
donc, une certaine ouverture, comment est-ce que vous réconciliez le fait que,
d'une part, on... donc, vous avez, donc, un objectif, donc, maintes fois
confirmé, de requalifier, donc, les travailleurs, et comment vous réconciliez
ça avec la politique actuelle d'accessibilité aux services spécialisés en
employabilité. Est-ce que vous voyez là une incohérence?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous dirais qu'on réfléchit... on a beaucoup réfléchi, puis on continue de
réfléchir à la façon dont on pourrait moderniser l'ensemble des services
publics d'emploi. Et ça m'amène à répondre à votre question. Je vous le disais
tout à l'heure, malheureusement, dans le contexte de coupures massives du
gouvernement fédéral, il faut revoir nos plans, hein, en toute honnêteté, il
faut revoir nos plans, et nous, on va concentrer nos efforts à, bien sûr,
évaluer la pertinence des programmes, des mesures et des services actuels. Je
pense que, l'année passée, on avait une discussion sur faire plus de ce qui
fonctionne mieux, faire moins ou pas de ce qui ne fonctionne pas, là, ou
apporter des... apporter des changements. On va aussi nécessairement considérer
les besoins, là, qui ont évolué des différentes personnes qui utilisent les
services publics d'emploi, il faut rester flexible là-dedans, encore une fois,
notamment celles qui sont sous-représentées sur le marché du travail. Et je
veux certainement que nos actions tiennent davantage compte des défis qui
sont... puis ça, c'est important, parce que, oui, on répond... je me suis
coupée, là, mais oui, on répond aux besoins qu'ont les Québécois et Québécoises
qui veulent recevoir des services d'emploi et intégrer le marché du travail,
mais il faut aussi tenir compte dans cette réflexion-là des défis qui sont
associés aux changements climatiques puis à l'émergence de nouvelles
technologies, comme l'intelligence artificielle, et tout ça. Il faut... Il faut
avoir cette réflexion-là aussi dans le continuum de l'augmentation de la
productivité pour les travailleurs et les entreprises. Alors, c'est tout ça
qu'il faut tenir en compte dans cette réflexion-là qu'on est actuellement en
train de faire pour orienter les nouveaux services publics d'emploi.
• (16 h 10) •
Mme Cadet : Merci. Donc, tout
simplement pour dissiper quelques craintes, Mme la ministre, donc, dans le
cadre du renouvellement 2024-2025, donc, une directive régionale circule à
l'effet que les personnes prestataires de l'assurance-emploi ne seraient plus
considérées comme prioritaires pour les services publics d'emploi. Est-ce que
vous pouvez confirmer cette directive?
Mme Champagne Jourdain : Je
vous... Je vais vous revenir avec ça, mais...
Mme Cadet : Mais à l'inverse,
donc, là, ça semble vous surprendre. Donc, est-ce que vous pouvez confirmer que
les personnes prestataires de l'assurance-emploi...
Mme Champagne Jourdain : ...j'allais
vous... j'allais vous donner quelques pistes.
Mme Cadet : Oui, allez-y.
Mme Champagne Jourdain : Je
veux juste m'assurer que la directive, là, ce soit clair. Mais ce que je veux
vous dire, c'est que, dans le contexte actuel, là, on n'a plus le 145 millions,
qui est absolument nécessaire dans un contexte où le marché du travail est très
serré, mais qu'on est en pénurie de main-d'œuvre puis qu'on doit travailler à
l'augmentation de la productivité, c'est-à-dire augmenter les compétences des
travailleurs qui sont en poste dans le contexte où on doit fonctionner avec un
145 millions en moins. Et là vous allez me dire : Bien là, c'est cette
année qu'ils ont annoncé ça, vous l'avez eu pour l'année passée, mais nous, on
a déjà dû faire le travail de restreindre et prioriser dès l'année passée,
parce qu'au ministère de l'Emploi, les services qu'on donne à travers les
services publics d'emploi se... s'étalent des fois sur plusieurs années
financières. Alors, quand on anticipe ou qu'on reçoit des messages qui nous
laissent comprendre que le fédéral ne reconduira pas, malgré nos interventions
répétées, les nôtres, mais celles des provinces et territoires aussi... ne
reconduira pas des sommes, eh bien, nous, il faut déjà commencer à travailler
et à resserrer et... pour s'assurer de donner les services aux clientèles qui
sont prioritaires et qui en ont besoin. Alors, les gens, dans ce contexte-là, qui
sont sur le régime d'assurance-emploi, ont un revenu, étaient en emploi il n'y
a pas si longtemps que ça, donc considérés comme en mesure de se replacer
aussi.
Mme Cadet : Donc, vous êtes
en train de confirmer que les personnes prestataires de l'assurance-emploi ne
seront plus considérées prioritaires par les services publics d'emploi.
Mme Champagne Jourdain : Je
ne suis pas en train de confirmer ça. Je vous reviens...
Mme Cadet : Mais c'est une
réflexion que vous avez en ce moment... Vous confirmez la réflexion.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
dans... Ce que je peux vous dire, c'est que, dans un cadre resserré, dans un
cadre financier resserré par des coupures, on réfléchit à toutes les solutions
qui vont nous permettre de donner les services d'emploi aux clientèles qui
ont... qui en ont le plus besoin. Alors, on va devoir prioriser. Et je ne suis
pas en train de vous confirmer que les gens qui sont...
Mme Champagne Jourdain : ...prestataires
d'assurance-emploi auront... n'auront plus accès à nos services. Ce n'est pas
ça que je vous dis... démontrent actuellement, mais celles qui démontrent des
difficultés importantes à réintégrer le marché du travail vont être soutenues
assurément.
Mme Cadet : Est-ce qu'il
y a une directive nationale qui va être soumise aux directions régionales à cet
effet pour ce qui est des prestataires?
Mme Champagne Jourdain : Non.
Mme Cadet : Non. Donc,
il n'y en aura pas là-dessus.
Mme Champagne Jourdain : On
va prioriser selon les profils.
Mme Cadet : Et l'un des
éléments, je vous dirais, donc, qui est une crainte actuelle, c'est au niveau
du financement des services d'orientation. Je vous attends sur le cadre
budgétaire actuel. Donc, parmi les autres scénarios qui semblent être évalués,
donc, il y a non seulement, donc, le fait de ne plus considérer comme
prioritaires les personnes prestataires de l'assurance-emploi, mais également
en termes donc de services, donc de type, donc de services offerts, des
services d'orientation. Est-ce qu'il y aura toujours ce financement pour ces
services d'orientation?
Mme Champagne Jourdain : Je
vous dirais que, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, les personnes qui
démontrent plus de difficultés que les autres, là, à se retrouver un emploi ou
à réintégrer le marché du travail, vont être... vont être accompagnées. Et
c'est important pour moi de spécifier, là, quand on parle de priorisation, là,
pour moi, ça ne veut pas dire exclusion. On priorise. Et je veux vous... vous
spécifier aussi qu'on achète des services en fonction des besoins des
clientèles. Alors, quand on... quand on évalue, là, quand on fait, on évalue en
début d'année, là, l'achat de service qui va être fait, bien, on le fait selon
les besoins des régions, des secteurs, des clientèles, des MRC qui sont
dévitalisées ou pas. C'est comme ça qu'on établit, là, l'achat, là, de
services.
Mme Cadet : Oui, mais,
Mme la ministre, donc, vous parlez souvent, donc, de... donc, de cette somme,
donc, de 145 millions, donc, du fédéral. Donc, ces montants, donc, sont
venus avec la pandémie, ou juste un peu, donc, avant la pandémie. Donc, par le
passé, il n'y avait pas ces transferts additionnels, donc, aussi importants, et
les prestataires de l'assurance-emploi étaient quand même priorisés. Donc,
j'essaie de comprendre l'amalgame, là, en fait, que vous faites, donc, entre
ces sommes-ci puis c'est une... c'est une baisse qui est bien réelle et le,
donc, le scénario, donc, de ne plus prioriser, donc, des clientèles qu'ils
étaient déjà, donc, bien avant la bonification des sommes... des transferts
fédéraux.
Mme Champagne Jourdain : Vous
avez dit au début 2017, vous faisiez référence à 2017 pour?
Mme Cadet : En fait, je
disais, donc, au niveau de la bonification des transferts fédéraux, donc, la
somme additionnelle venant du fédéral, donc, il y a une bonification, mais
avant la bonification, donc, les clientèles dont je viens de faire mention,
donc, les prestataires d'assurance-emploi étaient tout de même des clientèles
priorisées, je l'ai dit au début de mon intervention précédente. Donc, j'essaie
de comprendre l'adéquation, donc, entre la baisse de cette bonification-là et
le scénario que vous envisagez et auquel vous réfléchissez.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je dois vous dire... Je dois vous dire... Vous avez dit, là, que ces
bonifications-là sont arrivées, là, au début de la COVID. Ces bonifications-là
sont arrivées en 2017.
Mme Cadet : Bien, ce qui
veut dire un peu avant la pandémie, je n'avais pas l'année exacte mais 2017,
mais peu importe.
Mme Champagne Jourdain : Oui,
avant la pandémie, c'est ça. Alors, il faut comprendre qu'en 2024-2025 on va
recevoir moins d'argent qu'en 2016 avec plus de besoins. Les coûts des services
ont augmenté, vous comprenez? Alors, c'est pour ça qu'on doit s'enligner vers
une priorisation, là, des services, des clientèles selon les profils, selon les
besoins des gens qui se présentent dans nos différents organismes ou au bureau
de service Québec pour recevoir des services d'emplois.
Mme Cadet : Au niveau du
145 millions, donc, quelle est... Quelles revendications, donc, avez-vous
faites auprès de votre homologue ministre fédéral de l'Emploi?
Mme Champagne Jourdain : Les
revendications, il y en a eu plusieurs. Vous savez, j'ai fait... J'ai eu
plusieurs échanges, en fait, avec sa prédécesseure, là, son homologue, là, qui
était Mme Cualtro. Je dois vous dire que j'ai eu plusieurs échanges
verbales, rencontres avec le ministre Boissonneault depuis son entrée en poste.
En tout cas, je peux vous faire un historique de ça. Au mois d'août 2023, dès
son entrée en poste, il y a eu une lettre qui a été envoyée, là, de mon chef,
là, pour le presser, et ça, c'est important, là, d'annoncer ses intentions par
rapport au financement des... Au mois d'août, il y a eu une lettre du
coprésident provincial du Forum provincial territorial des ministres du marché
du travail au nouveau ministre Boissonneault à ce moment-là, justement pour
réitérer l'importance d'assurer la prévisibilité, là, des nouveaux financements
des ETMT pour 2024-2025. Au mois de septembre de la même année, en 2023, il y a
une rencontre bilatérale entre...
Mme Champagne Jourdain : ...avec...
entre moi et le ministre, là, fédéral, encore une fois, au cours de laquelle
j'ai réitéré que les priorités du Québec relatives au marché du travail, là...
dans lesquelles je lui ai rappelé dans... nos priorités, là, du marché du
travail. Au mois de décembre, il y a eu une rencontre... Je veux vous le dire
parce que c'est important, là. Vous voulez savoir qu'est-ce qu'on a fait, on en
a fait, des choses. Au mois de décembre, 2023, il y a eu une rencontre
fédérale, provinciale, territoriale des ministres des Finances où...
La Présidente (Mme D'Amours) : C'est
tout le temps que nous avons pour ce bloc d'échange.
Mme Champagne Jourdain : Et
ça continue comme ça.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
me tourne vers la députée d'Anjou-Louis-Riel. La parole est à vous.
Mme Boivin Roy : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, salutations à vous, salutations aux
collègues des deux côtés des banquettes, le gouvernement et les oppositions,
salutations à la ministre et, bien sûr, l'équipe qui travaille très fort avec
vous depuis le début du mandat. Alors, merci à tous d'être présents
aujourd'hui. Évidemment, on parle de pénurie de main-d'oeuvre. Aujourd'hui,
c'est un des sujets qui nous occupe et je suis certaine, Mme la Présidente, que
c'est aussi le sujet qui préoccupe le plus la ministre et qui occupe aussi le
plus de son temps. Alors, c'est certainement le sujet sur lequel elle se fait
interpeller le plus souvent.
Nous le savons tous, c'est un contexte qui
est occasionné par multiples facteurs. C'est une situation aux nombreux défis
qui touche toutes les régions, comme vous l'avez si bien dit, Mme la ministre,
et qui met aussi de la pression sur les finances publiques, sur les services de
santé, sur les services d'hébergement et, bien évidemment, sur le marché du
travail aussi. On parle souvent de vieillissement de la population. Les
personnes qui arrivent en âge de travailler ne sont pas assez nombreuses pour
remplacer les départs à la retraite, d'une part, et, d'autre part, pour remplir
les nouveaux emplois créés par la croissance économique. Alors, je sais que
plusieurs mesures ont été mises en place autant en requalification qu'en
formation ou encore sur le plan fiscal pour encourager les travailleurs
d'expérience à demeurer sur le marché du travail. C'est une participation qui
est bénéfique pour les plus jeunes travailleurs en début de carrière, en
profitant de l'expérience de leurs collègues. L'implication supplémentaire de
ces travailleurs d'expérience aide grandement à tenir le fort le temps que les
nouveaux travailleurs terminent la formation. Alors, c'est une
partie de ce qui
explique la situation de la pénurie de la main-d'œuvre à laquelle fait
présentement face notre économie québécoise.
• (16 h 20) •
Notre collègue le ministre des Finances
appuie constamment les initiatives en emploi pour freiner ce déficit sur le
marché du travail. Mme la Présidente, je dois le souligner et le remercier, par
le biais de nos travaux sur les crédits budgétaires en emploi. Les changements
démographiques s'échelonnent sur plusieurs années. Nous avons mis en place
plusieurs mesures pour y remédier, mais, on comprend tous, l'effet est
évidemment à long terme. Le gouvernement a pris acte de ce manque à gagner
démographique dès 2018, mais encore plus à la suite de la pandémie de COVID-19
qui a mis le marché de l'emploi à rude épreuve. Alors, vous l'avez dit, Mme la
ministre, il n'y a pas de solution magique, il n'y a pas non plus une seule et
unique solution, il faut travailler en même temps sur plusieurs fronts. Évidemment,
ça paraît aujourd'hui de nos nombreux échanges sur le sujet. La première phase
de ces mesures a été mise en place et a été mis de l'avant pour venir en aide
au secteur public, justement, avec des formations en santé, des formations en
éducation, des formations en services de garde éducatifs à l'enfance. Alors,
une enveloppe de 615 millions a été annoncée dans le budget de 2023-2024.
Mme la Présidente, je reviens d'ailleurs
sur une interpellation du vendredi que la ministre a eue en novembre dernier
sur la pénurie de main-d'œuvre. Mes collègues intervenants évoquaient
l'importance de bonifier de nombreux programmes de formation qui ciblent ces
secteurs clés de même que le travail effectué à l'international pour attirer de
la main-d'œuvre, le tout afin de pallier à la pénurie de la main-d'œuvre. Je
pense aussi aux travaux du ministère de l'Immigration, de la Francisation et de
l'Intégration en collaboration avec ces partenaires qui organisent des missions
de recrutement international intitulées Journées Québec qui permettent de
recruter des personnes candidates. On comprend que le but est de pourvoir les
postes n'ayant pas été comblés localement. Ces journées permettent aux
employeurs de tenir des entretiens d'embauche avec des travailleurs étrangers
présélectionnés selon la profession visée. C'est une belle mesure de la part de
notre ministère pour assister, Mme la ministre, dans ses objectifs. Le MIFI...
Mme Boivin Roy : ...sélectionne
les zones de recrutement à l'étranger en se basant sur plusieurs critères, tels
que la maîtrise du français, la disponibilité de main-d'œuvre dans les secteurs
d'emploi recherchés, le niveau de scolarité, etc. Il collabore avec des équipes
internationales pour établir des partenariats visant à faciliter la venue de travailleurs
étrangers au Québec. Alors, depuis 2018, les efforts de recrutement se sont
intensifiés dans les territoires francophones et francotropes afin de permettre
d'attirer des candidats qui pourront être plus facilement intégrés au Québec,
et ce, en français.
Puisque notre ministre et son équipe
travaillent de manière transversale avec certains autres ministères, vous me
permettrez, Mme la Présidente, de prendre aussi quelques instants pour
souligner le travail de la ministre responsable de la Solidarité sociale et de
l'Action communautaire, qui a également mis en place plusieurs mesures de
subvention salariale qui s'adressent spécifiquement aux personnes immigrantes
pour les soutenir durant leur parcours d'intégration au travail. Alors, une des
solutions pour la pénurie de la main-d'oeuvre dans tous ces secteurs, c'est
d'avoir plus de personnes sur le marché du travail, comme vous vous affairez à
nous l'expliquer depuis tout à l'heure, Mme la ministre.
Alors, pour faire cela, une des solutions
est d'aller chercher plus de personnes qui sont traditionnellement plus
éloignées du marché du travail, ces personnes n'étant pas en mesure auparavant
d'intégrer facilement le marché du travail dans une période où la situation de
l'emploi était différente. Je pense aux personnes immigrantes, aux personnes
handicapées, aux jeunes, aux travailleurs expérimentés, aux membres des
Premières Nations et aux personnes judiciarisées.
Alors, je souligne d'ailleurs au passage
le travail exceptionnel des entreprises d'insertion qui oeuvrent partout au
Québec auprès de ces clientèles. Je sais, Mme la ministre, que vous avez visité
plusieurs de ces organismes. Ce sont des personnes de cœur, des personnes
passionnées, des partenaires essentiels dans l'atteinte de nos objectifs pour
combler la pénurie de main-d'oeuvre.
Alors, Mme la ministre, avec cette
prémisse en tête, j'ai trois questions pour vous. Je suis ouverte à ce que vous
combiniez les questions deux et trois dans une même réponse. Alors, je vais
vous défiler mes trois questions d'un premier chef.
Alors, première question, nous aimerions
vous entendre sur ce qui a été mis en place pour faire face à la pénurie de
main-d'œuvre depuis 2018. Et ensuite, questions deux et trois, qu'est-ce que
notre gouvernement fait depuis 2018 pour éviter d'amplifier l'enjeu de la
pénurie de main-d'œuvre? Et vous nous avez aussi parlé de priorisation, en
question trois, notamment dans le contexte des coupures fédérales, mais
également dans le contexte d'amplifier... justement, de ne pas amplifier cet
enjeu de pénurie de main-d'oeuvre, que fait-on et comment fait-on pour
prioriser et s'assurer qu'on agit là où il le faut? Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...minute
30 secondes.
Mme Champagne Jourdain : Si
vous me permettez, je vais simplement rapidement finir. Juste pour vous...
juste pour vous dire, il y a eu une rencontre le 15 décembre, je veux
absolument vous répondre, fédérale-provinciale-territoriale, là, des ministres
des Finances, et ils ont identifié la pérennité des transferts en emploi comme
une des deux priorités. Il y avait ça et les infrastructures.
En janvier, on a eu un forum physique, là,
à Winnipeg, et le Québec a fait en sorte, là de faire insérer à l'ordre du jour
le sujet des transferts, des ETMT, dans le fonds, et ce n'était pas prévu au
départ. On s'est assuré aussi de faire en sorte que les provinces et
territoires soient derrière nous avec ça. Ça a été le cas aussi.
En mars, on a eu un échange de lettres,
qui a été signé par tous les partis, et qui permettent le transfert de faire du
145 millions, 2023-2024. Alors, sans... sans... sans avoir à mettre un genou à
terre pour les conditions qu'on nous imposait, ce que les autres provinces ont
dû faire... nous, on ne l'a pas fait, on a tenu notre bout, c'est notre champ
de compétence. Et, en avril 2024, bien, il y a une lettre qui a été signée sur
l'ensemble... par l'ensemble des partenaires du marché du travail pour rappeler
le gouvernement du fédéral à l'ordre. Maintenant... donc, c'est pour vous dire
qu'on a multiplié les actions pour rappeler l'importance, là, de ces
transferts-là.
Par rapport à la pénurie de main-d'œuvre,
bien évidemment, on devait recoller les morceaux, et notre gouvernement a agi,
évidemment. On s'est attaqué de front à ce grand défi là qu'est la pénurie de
main-d'œuvre en lançant l'Opération main-d'oeuvre. L'Opération main-d'oeuvre,
c'est une initiative sans précédent qui... j'ai eu la chance de dire, et je le
répète, parce que c'est important, vise l'ajout de 170 000 travailleurs en
santé, dans les services sociaux, en éducation, dans les services de garde...
Mme Champagne Jourdain : ...éducatifs
à l'enfance et ainsi que dans trois secteurs économiques stratégiques pour le
Québec, soit les technologies de l'information, la construction et le génie.
L'opération main-d'œuvre, c'est 80 mesures, programmes incitatifs qui
visent à attirer, former et requalifier de la main-d'œuvre, et dans lesquels on
a investi plus de 3,9 milliards de dollars sur cinq ans. On continue
à investir dans l'ADN... dans l'économie parce que c'est l'ADN de notre
gouvernement. Il y a une belle vidéo qui circule à ce niveau-là pour rappeler
aujourd'hui... qui a été lancée aujourd'hui, pour rappeler que c'est l'ADN de
notre gouvernement.
La Présidente (Mme D'Amours) : C'est
tout le temps que nous avons pour ce bloc d'échange. Je me tourne maintenant
vers la députée de Bourassa-Sauvé, la parole est à vous.
Mme Cadet : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Inquiétez-vous pas, Mme la ministre, on aura l'occasion,
donc, de poursuivre sur l'opération main-d'œuvre, mais juste avant, le
18 avril dernier, mes collègues, donc, mon chef intérimaire, député de
Lafontaine, ma collègue responsable de la Métropole, députée de Jeanne-Mance-Viger
et moi-même, nous avons écrit une lettre au niveau, donc, de la coupure du
service d'accompagnement en recherche d'emploi offert par PME Montréal. Vous
avez parlé donc des services offerts aux individus. Donc, je vous ai longuement
questionné là-dessus, mais vous avez... vous l'avez mentionné vous-même, donc,
Services... Québec, donc, accompagne également donc, le service aux
entreprises. Est-ce que vous pouvez, dans le fond, donc nous expliquer, donc,
la décision, donc, de mettre fin aux services de placement assisté de PME à
Montréal, après 10 ans de prestation de services?
Mme Champagne Jourdain : Oui,
merci. Je vous l'expliquais, hein? On a... on devait se préparer, on devait
anticiper puisqu'on n'avait aucun signal clair du gouvernement fédéral, cette
coupure-là des transferts de 145 millions, et une coupure qui représente
16 % de la valeur des... des transferts, c'est phénoménal. On se rend
compte encore une fois que ce n'est pas une priorité pour le gouvernement
fédéral, les mesures d'emploi.
• (16 h 30) •
Alors, devant ça, bien, il y a un travail
qui a dû se faire d'analyse. Et je veux vous... je veux certainement vous dire
que, dans le contexte, on n'a pas le choix de faire des choix responsables,
mais des choix qui sont difficiles, même s'ils sont responsables, pour
opérer... de notre budget. PME Montréal, c'est d'abord et avant tout un
organisme qui offre des services aux entreprises. Et, dans les dernières
années, PME à Montréal a élargi son offre de services pour couvrir l'employabilité
sur le marché du travail. De manière générale, elle offre des services, elles
offrent, elles sont six sur le territoire, des services aux personnes qui sont
plus proches, plus près du marché du travail. Et, dans ce contexte-là, à
travers les choix qu'on avait à faire, bien, cette mission-là n'était plus
nécessairement priorisée puisqu'on doit soutenir davantage les gens qui sont
éloignés du marché du travail.
Ce que je veux vous dire, puisque la
discussion ne s'arrête pas là avec PME Montréal, c'est qu'on a des rencontres
qui sont à venir avec le réseau, justement, des PME Montréal dans les
prochaines semaines. C'est important pour moi de poursuivre cette discussion-là
sur les prochaines étapes du dossier. Je ne ferme aucune porte. Je veux
certainement explorer les possibilités, là, pour faire un meilleur arrimage
entre les individus, oui, qui recherchent de l'emploi et pour lesquels notre
réseau actuel des organismes spécialisés en employabilité sont déjà au nombre
de 108 sur l'île de Montréal... plus 16 bureaux de Services Québec. Alors,
il y a du service pour les gens. Et je veux faire l'arrimage entre les
individus et les services aux entreprises de PME... de PME Montréal, puisque
c'est leur ADN premier, c'est leur... c'est leur ADN. Alors, on adapte nos
services pour mieux répondre aux nouvelles réalités du marché du travail. Et ce
qui est important aussi pour moi dans ce dossier-là, c'est que les gens qui
recevaient ou qui étaient en cours de parcours avec PME Montréal puissent
continuer d'être accompagnés, même si elles étaient plus proches du marché du
travail, celles qui sont actuellement dans une démarche, dans un parcours vont
être prises en charge par un autre... un autre organisme spécialisé en
employabilité.
Mme Cadet : Ces gens-là, donc,
seront... ils ne seront plus... ils ne seront pas nécessairement laissés à
eux-mêmes. Donc, leur dossier, donc, va être suivi et transféré. C'est exact,
merci.
Mme Champagne Jourdain : Effectivement.
Mme Cadet : Donc, opération
main-d'oeuvre, Mme la ministre, vous venez de le mentionner, donc, l'annonce
d'une... 2021, donc, visait à attirer près de 170 000 travailleurs dans
les six secteurs névralgiques que vous avez nommés. Et on... Donc, c'est une
opération, donc, qui a fait couler beaucoup d'encre, notamment sur l'aspect de
sa gouvernance, l'aspect de la reddition de comptes et de voir si ces
programmes fonctionnent. Dans l'article de Francis...
Haut de la page
16 h 30 (version non révisé
e) Mme Cadet : ...Halin, daté du
30 novembre 2023, donc, qui est intitulé Québec incapable de mesurer l'efficacité
de ses programmes de 294 millions de dollars. Votre cabinet a
mentionné ce qui suit : «La ministre a demandé que les collectes de
données permettent maintenant de mesurer non seulement le retour en emploi,
mais aussi d'identifier la proportion de personnes qui travaillent dans le
domaine d'études.
«Cette nouvelle collecte de données est d'ailleurs
en cours depuis juin dernier et les résultats seront disponibles en 2024.» Fin
de la citation.
Nous sommes en 2024. Mme la ministre,
est-ce que nous avons ces données?
Mme Champagne Jourdain : Merci.
Je me rappelle très bien de votre question. Vous savez, on a... le ministère de
l'Emploi s'appuie sur un mécanisme de suivi des résultats du retour en emploi
pour les personnes aidées afin de s'assurer que ce qu'on déploie, bien, on
obtienne les résultats qui sont à désirer. Depuis 2022, depuis l'année 2022,
on... le ministère de l'Emploi a consacré des efforts importants à bonifier ces
mécanismes-là. Il y a toujours place à l'amélioration. Alors, on veut s'assurer
d'être en mesure de connaître les professions occupées, les secteurs d'activité
des personnes qui ont atteint leur objectif, là, de retour en emploi.
Et voilà. Je veux... Je veux vous remettre
dans le contexte où ce qu'on fait aussi, c'est sans précédent avec l'Opération
main-d'oeuvre. C'est nouveau. On déploie 80 mesures. C'est un chantier d'envergure
et les... tous les effectifs, là, du ministère de l'Emploi sont affairés à ça
et on améliore aussi tous les processus de suivi en continu. Alors, des
premiers résultats qui sont disponibles, là, pour le retour en emploi, qui ont
été enregistrés en 2023-2024, au... dans le fond, on a des chiffres au 26 janvier
2024, avant ça, on n'a pas de résultats. Et je vous le confirme, moi, j'ai
demandé aux équipes qu'on soit plus serrés sur le suivi, qu'on développe de
meilleurs mécanismes de suivi et... voilà. Alors, les suivis qu'on a pour l'année 2023-2024,
au 26 janvier... Bien, je veux... je veux revenir certainement pour vous
parler aussi des résultats antérieurs. Ceux qu'on n'a pas, c'est notamment ceux
pour le PARAF qui s'est terminé en 2021. Je vous disais que, depuis 2022, on
améliore nos mécanismes et les... on n'a pas non plus les résultats, là, de
suivi pour les premières années de mise en œuvre du PRATIC qui ont été lancés
en 2021.
Alors, sur les individus qui ont effectué
un retour à l'emploi suite à la formation dans un secteur de l'OPMO pour l'année 2023-2024,
on parle de 4 670 individus. Et là je veux vous dire qu'il y a 4 670 individus
qui ont... qui ont fait une formation et intégré le marché du travail, mais on
en a beaucoup plus qui sont actuellement en formation, on en a d'autres, par
exemple, dans le secteur de la construction qui sont rentrés sans formation par
l'ouverture des bassins. Alors, de ceux, ces 4 670-là, qui ont effectué un
retour en emploi, il y en a 66 % actuellement, qui occupent un emploi dans
le secteur de la formation qu'ils ont suivie. En construction, on a 77 %
des personnes qui ont effectué un retour en emploi à la suite d'une formation
et qui occupent justement un emploi dans le secteur, là, pour lesquels ils ont
été formés. En santé, on a 59 % des personnes qui ont effectué un retour
en emploi à la suite justement d'une formation dans ce secteur-là, on a 72 personnes
qui ont effectué un retour en emploi à la suite de la formation d'assistance à
la personne en établissement et à domicile ou en santé et assistance de soins
infirmiers qui occupent un emploi en santé, et on a 63 % de ces derniers
qui occupent un emploi de préposé aux bénéficiaires et 33 % qui occupent
un emploi d'infirmière auxiliaire. Dans les services de garde, on a 80 %
des personnes qui ont effectué un retour à l'emploi à la suite d'une formation
dans ce secteur-là qui occupe un emploi d'éducatrice ou d'aide-éducatrice à la
petite enfance. Au niveau des technologies de l'information, ce qui vous
intéressait particulièrement aussi, PARAF... pour le PRATIC, pardon, c'est
53 % des personnes qui ont effectué un retour en emploi à la suite d'une
formation PRATIC et qui occupent un emploi dans le secteur des TI et, parmi
ceux-ci, ça va vous intéresser, on a 4 % de gens qui sont dans les postes
de gestionnaires des systèmes informatiques, on a 55 % de postes de niveau
professionnel que les gens occupent et 40 % de postes niveau technique.
Alors...
Mme Champagne Jourdain : ...il
y a encore actuellement, là, des personnes qui sont, à l'heure actuelle, où on
se parle, en formation. Et il faut aussi comprendre que le secteur des
technologies de l'information, vous l'avez vu, vous suivez très bien
l'actualité, est actuellement dans un ralentissement. Il y a eu beaucoup de
mises à pied, je pense à Ubisoft, je pense à GCI, tout ça. Et on anticipe, bien
sûr, une reprise à venir, le secteur des technologies de l'information en est
un qui est très sensible à l'économie et qui est cyclique. Mais les
perspectives demeurent très bonnes dans le futur pour les gens qui ont suivi
ces formations-là.
Mme Cadet : Merci, merci, Mme
la ministre... un dépôt, en commission, des différentes données qui ont été
présentées, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce
que, Mme la ministre, vous vous engagez à déposer...
Mme Champagne Jourdain : On
va vous transmettre ces informations-là.
Mme Cadet : Merci beaucoup.
La Présidente (Mme D'Amours) : Vous
le transmettez à la commission, s'il vous plaît, pour qu'on puisse partager ça
à tous les collègues.
Mme Champagne Jourdain : Parfait.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. Merci pour ces données, Mme la ministre. Donc, je comprends, donc,
ces données, donc, concernent l'année 2023-2024. Donc, si j'ai bien saisi tout
ce que vous m'avez dit et que j'ai noté, donc le programme PARAF, donc ayant
pris fin préalablement, donc, à l'intégration de ces données, elles ne sont pas
comprises, là. Donc, ceux qui ont poursuivi le programme PARAF, donc, ces
données-là ne sont pas comptabilisées dans ce que vous venez de me mentionner?
Mme Champagne Jourdain : Non.
Mme Cadet : Merci.
Pouvez-vous préciser? Allez-y, oui.
Mme Champagne Jourdain : Les
gens qui ont terminé le PARAF, là, on n'a pas comptabilisé puisque ça s'est
terminé en 2021.
Mme Cadet : D'accord. Donc,
ce que vous êtes en train de nous dire, c'est qu'on ne saura jamais si le
programme PARAF a fonctionné?
• (16 h 40) •
Mme Champagne Jourdain : On
a... C'est ça, exactement. Pour ce qui est du PARAF, les données des gens qui
ont suivi la formation, là, on a les données sur le retour en emploi, ce qu'on
n'a pas, c'est si elles travaillent directement dans ce secteur d'emploi là. Et
je l'expliquais l'année passée, on travaille avec des humains, hein, en 2024,
on travaille toujours encore avec des humains. Et il peut y arriver que,
naturellement, ces personnes suivent des formations et, finalement, au bout de
six mois, trois mois, un an, changent de domaine. Alors, on s'est assuré, là,
dans les prochaines récoltes de données, celles à partir de 2023, d'avoir un
meilleur suivi auprès des gens.
Mme Cadet : Merci. Oui,
effectivement, à la suite de ma demande de l'an dernier, vous avez modifié vos
mécanismes de reddition de compte pour prendre en considération ces
éléments-ci. Mais je comprends que nous n'avons pas les données pour le
programme PARAF puisqu'il s'est complété préalablement, donc, aux modifications
à la collecte de données.
Mme Champagne Jourdain : Je
peux peut-être apporter une précision qui va vous intéresser, là. Au 23 janvier
2024, la proportion des participants qui ont occupé un emploi après la fin de
leur dernière participation complétée au PARAF, bien, il y a 85,4 %, soit
16 449 participants, là, qui sont à l'emploi.
Mme Cadet : Qui étaient à
l'emploi. Oui, effectivement, parce que, l'année dernière, j'avais demandé les
données, vous ne les aviez pas encore. Je les ai reçues au mois d'août 2023,
j'en ai pris connaissance, je les ai revues récemment. Ce sont bel et bien des
données pour le retour à l'emploi. Mais vous comprenez bien qu'en pénurie de
main-d'œuvre, particulièrement pour les années, donc, 2022-2023, vous l'avez
mentionné plus tôt, donc l'accès, pas nécessairement le maintien, mais l'accès
à l'emploi était facilité. Mais nous ne saurons jamais si le programme PARAF a
permis aux gens de se placer dans leur domaine d'études. Ça, c'est... Vous avez
parlé, donc, des mécanismes... le mécanisme, donc, de collecte d'information.
Donc, hormis cette donnée-là, cet indicateur-là que vous venez de mentionner,
est-ce qu'il y en a d'autres qui se sont rajoutés pour les autres programmes?
Mme Champagne Jourdain : ...
concernant l'opération main-d'œuvre?
Mme Cadet : Oui, c'est ça,
exactement, concernant l'opération main-d'oeuvre. Vous avez parlé des
mécanismes mis en place par le ministère, vous en aviez parlé également dans
l'article de M. Alain à l'automne 2023.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
on s'assure de faire un suivi, c'est certain, avec tous les participants, là,
qui suivent des mesures de formation pour s'assurer justement d'avoir la bonne
donnée, ce qu'on n'avait pas nécessairement avant, je le répète, tout à
l'heure, tout à l'heure, je l'ai dit. L'opération main-d'œuvre, on l'a
construite et il faut construire... il fallait aussi construire les bons
mécanismes de suivi. Alors, c'est ce qu'on s'affaire de faire. On a, par
exemple, là, des suivis qui sont faits, au lieu de faire seulement un seul
suivi avec les gens qui suivent des formations, bien, on y va un suivi, par
exemple, aux trois mois, pendant la première année. Ce genre de chose là est faite
pour... pour avoir une meilleure connaissance, là, des résultats de cette
opération main-d'œuvre là.
Mme Cadet : ...l'an dernier,
vous aviez le président du Syndicat de la fonction publique et parapublique du
Québec, M. Christian Daigle, qui disait que, donc, qu'à l'interne, le
PARAF et le PRATIC étaient, donc, comparés par les fonctionnaires, donc, du
ministère de l'Emploi même à un véritable bar ouvert. Qu'est-ce que vous leur
répondez?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous dirais que, quand le PARAF a été élaboré et mis en place, on était
aussi en contexte pandémique, alors il fallait s'assurer... il y avait des
pertes d'emploi massives, le taux de chômage était extrêmement élevé, alors il
fallait s'assurer aussi de pouvoir soutenir les gens qui se voyaient remerciés
ou qui perdaient leur emploi vers des nouvelles formations. Et ça peut arriver
qu'on bâtisse des mesures dans des contextes extrêmes, de manière rapide et
qu'il y ait des améliorations qui soient apportées par la suite, notamment ici,
entre autres, dans le suivi qui a été... qui devait être fait sur le PARAF. On
s'assure maintenant d'avoir de meilleurs processus de suivi par rapport, là, à
nos programmes.
Mme Cadet : Merci. Donc,
4 670, donc, dans vos données 2023-2024. Évidemment, donc, il y a
toujours, dans certains secteurs d'activité, notamment dans nos services
publics, ceux qui remplissent nos missions essentielles, donc, des pénuries de
main-d'œuvre. Je pense aux secteurs de la santé et des services sociaux. Quand
on regarde le bilan du marché du travail de 2023, 43 000 postes
vacants, donc un chiffre qui est en augmentation face aux données du bilan du
marché du travail 2022. Donc, avec les chiffres que vous nous avez
transmis, donc quel est... au-delà de l'opération main-d'œuvre des objectifs,
donc, ciblés, donc, en 2021, donc, comment est-ce que vous suivez les besoins
dans les secteurs ciblés?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
vous savez, premièrement, nous on élabore à chaque année, là, l'état... Je
m'excuse, je vais juste revenir au bon... je vais vous donner les bonnes
informations. Je reviens. Merci. Parfait. Merci. Bon, j'y arrive. Bon, au
niveau de la santé, pour vous donner un peu plus de perspective, là, sur les
actions du ministère dans le cadre de la pénurie de main-d'œuvre pour la santé,
dans les actions qu'on a mises en œuvre dans le cadre de l'opération
main-d'œuvre, il y a le versement, là, d'une allocation d'aide à l'emploi de
475 $ par semaine pour la formation dans les domaines de la santé. Le
programme d'apprentissage aussi qu'on a mis en place pour les profs... la
profession de préposés d'aide à domicile. On a une panoplie d'actions comme ça
qui ont été mises en place en collaboration avec d'autres ministères, je pense
aux bourses incitatives, il y a des primes salariales aussi qu'on a mis de
l'avant pour les retraités du réseau de la santé qu'on veut voir revenir. Il y
a aussi tout le renforcement qu'on a fait au niveau des équipes de santé
mentale aussi, la protection de la jeunesse, en embauchant des bacheliers qui
étaient non admissibles à un ordre professionnel dans des disciplines de la
santé mentale en renfort, nécessairement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
C'est tout le temps que nous avions. Je passe maintenant la parole au député de
Jean-Talon. La parole est à vous.
M. Paradis : Merci. Bonjour à
toutes et à tous. En début février, nous avons eu des données commentées par
l'Institut du Québec sur la base de données de Statistique Canada, qui nous
parlent du fait que, sur 49 000 chômeurs qui se sont ajoutés au
Québec dans la dernière année, 27 000 étaient des immigrants permanents,
13 000 des immigrants temporaires et 9 000 des personnes nées au
Canada. Et la première question que j'aurais pour la ministre est de savoir si
elle confirme ces chiffres, si elle a ces chiffres-là avec elle.
Mme Champagne Jourdain : Je
vais vous demander un peu de temps pour ça, je vais demander aux équipes de
confirmer, puis si vous avez une autre question, on peut passer à celle-là en
attendant.
M. Paradis : Très bien. Je
pense que ce qu'on veut, évidemment, en matière d'immigration, c'est que
l'expérience québécoise, l'aventure québécoise des nouveaux arrivants soit
réussie. Ça implique un logement, ça implique un accès aux services...
M. Paradis : ...de base, ça
implique de la francisation, un accueil en français, ça implique, bien sûr, un
emploi qui correspond à l'expérience des personnes, des personnes en question.
Et j'aimerais savoir... j'aimerais
continuer sur cette question-là, j'aimerais savoir, donc, si la ministre
dispose de données particulières sur l'évolution du taux de chômage des
personnes nées au Canada par rapport à l'évolution du taux de chômage des
personnes immigrantes permanentes et des personnes immigrantes temporaires.
Mme Champagne Jourdain : On
va demander aux équipes aussi de vous donner ces chiffres-là, particulièrement.
Sous la main, je ne les ai pas, là, là.
M. Paradis : Très bien.
Est-ce que j'aurais un engagement de la ministre à fournir ces données-là? Je
comprends qu'elle ne les a pas aujourd'hui.
Mme Champagne Jourdain : Oui,
je vais... on va valider ce qu'on a actuellement puis on va vous revenir avec
ces données-là, voir si on les confirme ou pas, pour la première question puis
votre deuxième question.
M. Paradis : Est-ce que la
ministre pourrait aussi s'engager, à moins... j'aimerais qu'elle ait les
données ici, là, mais à nous faire part de ses prévisions sur le nombre de
personnes au chômage par 100 000 habitants dans les prochains mois, dans les
prochaines... dans les prochains trimestres, selon les personnes nées au
Canada, immigrantes permanentes et immigrantes temporaires, y compris par leur
date d'arrivée au Québec?
Mme Champagne Jourdain : Alors,
j'ai quelques données pour vous, là. Entre 2013 et 2023, la population, là,
immigrante de 15 ans et plus a augmenté de 39 % au Québec. Le nombre de
personnes en emploi a augmenté, lui, de 57,3 %, ce qui fait passer de
514600 à 852000 personnes en emploi issues de l'immigration. Le taux d'emploi,
lui, est passé de 57,3 % à 64,9 %, ce qui est une augmentation de
7,16 %. Le taux de chômage, lui, a diminué, de 11,9 % à 6,5 %,
ce qui est une diminution de 5,4 %.
• (16 h 50) •
Et pour vous mettre ça en perspective, en
2023, le taux de chômage des différents groupes, là, s'établissait à 6,5 %
chez les personnes immigrantes, comme je le disais tout à l'heure, de 15 ans et
plus. On avait... on a eu 9,4 % chez les personnes immigrantes
nouvellement arrivées, donc depuis cinq ans ou moins, 7,2 % chez les
immigrants récents, de cinq à 10 ans, et 5,5 % chez les immigrants admis
de longue date, de plus de 10 ans.
M. Paradis : Très bien. Donc,
je comprends que la ministre va nous communiquer tous ces chiffres-là. Est-ce
que vous avez des prévisions?
Mme Champagne Jourdain : On
n'a pas de... on n'a pas des... on n'a pas ces prévisions-là.
M. Paradis : Est-ce que vous
avez des impacts particularisés... des études particularisées sur les impacts,
donc, du taux de chômage sur les populations immigrantes au Québec? Est-ce que
vous avez des études, des analyses particulières là-dessus?
Mme Champagne Jourdain : On
vérifie ça, je vous reviens.
M. Paradis : Très bien.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...vous
avez confirmé que vous déposeriez les chiffres?
Mme Champagne Jourdain : Oui,
ces chiffres-là.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vous demanderais de les déposer à la commission pour qu'on puisse partager ça à
nos collègues. Merci.
M. Paradis : Dans des
articles parus pas plus tard qu'hier, on a des cas, encore, d'immigrants
temporaires qui arrivent liés par un contrat de travail, qui perdent leur
emploi et qui se retrouvent le bec à l'eau, qui ne se retrouvent devant rien.
J'aimerais savoir de la ministre si elle a des données sur ce phénomène, donc,
des travailleurs temporaires qui arrivent par contrat de travail et qui perdent
leur emploi.
Mme Champagne Jourdain : Je
vous dirais qu'au niveau des données on va valider si on a ces données-là. Par
contre, ce qu'il est important pour moi d'apporter en complément d'information
à la question que vous posez, c'est qu'on est en action sur ce dossier-là. Je
pense à ma collègue la ministre de l'Immigration, qui a donné un mandat à la
Commission des partenaires du marché du travail pour réfléchir aux permis
fermés dans le cadre, là, du Programme des travailleurs étrangers temporaires.
C'est un rapport qui est attendu à la fin du mois d'avril, et les livrables,
là, suivants sont souhaités dans le cadre de ce rapport-là. On veut un portrait
des enjeux qui sont liés aux permis de travail fermés. On veut certainement
l'identification des zones d'amélioration de ce régime, là, selon les
paramètres du Programme de travailleurs étrangers temporaires, et on veut
certainement une analyse des modalités possibles pour la délivrance des permis
de travail sectoriels, qui sont, entre autres, limités à une région spécifique.
M. Paradis : Ce qui
m'intéresse particulièrement, donc, ce sont ces travailleurs temporaires qui
arrivent et qui perdent leur emploi. Est-ce que la ministre a un plan
là-dessus? Est-ce que le gouvernement a un plan? Qu'est-ce qui arrive avec ces
gens-là? Est-ce qu'on leur dit : Tournez-vous vers l'aide sociale,
retournez chez vous? Est-ce que le gouvernement agit...
M. Paradis : ...est-ce que le
gouvernement parle notamment avec les représentants de... des entreprises
privées? Est-ce que ça serait aux entreprises privées d'avoir plus
d'obligations par rapport à ces travailleurs-là? Est-ce que c'est au
gouvernement d'agir? Donc, qu'est-ce que la ministre répond, là, par rapport à
ce phénomène-là qui arrive actuellement? Puis tout le monde connaît les
statistiques sur les travailleurs temporaires, sur leur augmentation, mais là
il y en a qui perdent leur emploi. Qu'est-ce qu'on fait avec ces gens-là? C'est
quoi, le plan de la ministre?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
vous savez, nous, à l'Emploi, on travaille avec les gens qui ont des permis de
travail, hein, on offre des services d'emploi à ces gens-là. Pour ce qui est en
amont de ça... et ça ne m'empêche pas de travailler en collégialité avec mes
collègues, mais, pour ce genre de questions là que vous avez aujourd'hui, moi,
je pense que vous devriez les adresser à mon collègue au Travail ou à la
collègue, là, de l'Immigration.
M. Paradis : Bien, c'est
quand même un enjeu d'emploi, là. C'est pour ça que je vous questionne, que je
questionne la ministre à ce sujet-là.
Mme Champagne Jourdain : C'est
des relations de travail, ça relève du Travail, entre un employeur et un
employé.
M. Paradis : Bon...
Mme Champagne Jourdain : Moi,
je peux vous parler des projets pilotes qu'on a faits pour les demandeurs
d'asile. Je peux vous parler des programmes qu'on met de l'avant, des mesures.
Mais les relations de travail, c'est le ministre du Travail qui a la
responsabilité de ça.
M. Paradis : Il y a une
question de relations de travail, mais je demandais à la ministre quel est son
plan globalement sur ce phénomène, donc, des travailleurs temporaires qui
perdent leur emploi. Je pense que c'est une question d'emploi qui nécessite une
stratégie particularisée. Mais là je comprends que la ministre dit...
Mme Champagne Jourdain : Bien,
vous savez, les travailleurs temporaires, là, puis on l'a vu, là, dans le
dossier d'Olymel entre autres, le ministère de l'Emploi est là pour les
soutenir aussi, hein? Vous savez, on a offert des services, dans le cadre du...
des licenciements qui ont eu lieu, pour s'assurer de ne pas les laisser tomber,
ces gens-là, de ne pas... de ne pas les échapper entre deux chaises, puisqu'ils
étaient ici, chez nous. Alors, à travers les services qu'on offre dans les
comités d'aide au reclassement, que ce soit de l'aide pour leur situation
particulière, les replacer dans un autre milieu de travail, de l'aide
psychologique, du soutien, nous, on offre ce genre de services là quand ils
perdent leur emploi ici. En tout cas, on l'a fait dans le dossier d'Olymel.
M. Paradis : Oui. Pour nous,
en tout cas, je pense que c'est une question... c'est holistique, c'est une
question de solidarité sociale aussi. C'est une question de satisfaire à la
promesse qu'on fait aux personnes immigrantes qui vient chez nous... qui
viennent chez nous en matière d'emploi.
Allons-y justement sous l'angle de la
solidarité sociale. Donc, dans un... dans des données parues en janvier de
cette année, on apprend, donc, qu'il y a une hausse importante des demandes
d'aide sociale par les demandeurs d'asile, mais aussi donc par les personnes...
les immigrants temporaires qui arrivent, donc, avec des permis de travail.
Est-ce que vous confirmez ces chiffres-là? Est-ce que vous avez des chiffres là-dessus,
sur les demandes d'aide sociale qui proviennent de ces catégories de personnes?
Est-ce que vous avez une analyse, aussi, d'impact?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
vous le savez, nous, on est... il y a deux... il y a deux ministres, là, je
veux dire, il y a... moi, je suis ministre de l'Emploi, et j'ai ma collègue qui
est ministre déléguée à la Solidarité sociale. Alors, la ministre pourra
répondre à ces questions-là au niveau des données des demandes qu'elle a aux
demandeurs... par rapport aux demandeurs d'asile qui font, entre autres, de
l'aide de dernier recours.
Moi, ce que je peux vous dire, parce qu'on
les accueille dans les bureaux de Services Québec, c'est qu'on a mis en place
une panoplie de mesures pour faire en sorte qu'ils soient mieux accueillis,
notamment au bureau de Services Québec de la rue Notre-Dame, qui a fait les
manchettes. On a installé... On a aménagé pour que ce soit plus accueillant
pour eux.
Et je tiens à spécifier, puisqu'il y a
peut-être des gens qui nous écoutent aujourd'hui qui sont dans cette
situation-là, que les demandeurs d'asile sont... seront bien accueillis et
recevront des services dans tous les bureaux de Services Québec. Alors, ça,
c'est important pour moi de le souligner. Il y a peut-être une croyance, là,
que le bureau, là, de la rue Notre-Dame est spécialisé, mais les gens peuvent
recevoir ces services-là sur l'ensemble du territoire.
M. Paradis : Très bien. Donc,
on voit quand même qu'il y a un contexte où il y a des enjeux d'emploi pour les
personnes immigrantes.
Malgré ça, le ministère, le gouvernement continue de
financer des missions de recrutement à l'étranger. Est-ce qu'il y a une
logique?
Mme Champagne Jourdain : Là,
je pense qu'on est en train de mélanger des dossiers, là. Là, vous me parlez de
demandeurs d'asile. Quand on fait des missions de recrutement, et ma collègue à
l'Immigration pourra vous en parler...
M. Paradis : Non, non, je ne
parle pas de demandeurs...
M. Paradis : ...je parle
de... de travailleurs, on parle d'emploi, il y a des missions de recrutement de
travailleurs à l'étranger, et là, ce qu'on vient de voir, c'est qu'il y a des
données sur le taux de chômage de ces personnes-là, donc sur l'employabilité,
puis là on continue de financer des missions à l'étranger. Je voudrais savoir
quelle est la logique entre les deux.
Mme Champagne Jourdain : Mais
vous savez, ça fait partie, ça, des mesures qu'on a dans l'opération
main-d'oeuvre. Hein, on fait des missions de recrutement à l'étranger, et ces
missions-là, elles sont ciblées pour des secteurs ciblés. Alors, quand les gens
arrivent ici, on s'assure nécessairement, quand ils arrivent ici, c'est parce
qu'ils... ils vont assurément occuper un emploi. On va chercher selon les
besoins qu'on a au Québec. Et dans le contexte de l'opération...
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme Champagne Jourdain : Merci
beaucoup.
La Présidente (Mme D'Amours) :
C'est tout le temps que nous avions. Maintenant, je vais céder la parole à la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Merci, Mme la
Présidente. C'est... Juste revenir, Mme la ministre, donc, sur ce que vous
venez de dire. Je veux m'assurer d'avoir bien saisi. Donc, vous dites donc les
demandeurs d'asile, donc ont accès au service universel, donc de Services... de
Services Québec, pas les spécialisés, là, ça, c'est... c'est compris. Mais
vous...
Mme Champagne Jourdain : Mois,
ce que je voulais exprimer tout à l'heure, c'est qu'ils seront reçus, et on
leur donnera les services auxquels ils ont droit dans l'ensemble des bureaux de
Services Québec, parce qu'actuellement on a vu des files se créer, des fois
avant l'ouverture du bureau aussi, il faut le dire, là, avant l'ouverture du
bureau, là, Notre-Dame des heures avant. Alors, il y a probablement une
croyance que c'est là et seulement là qu'on traite le cas... les questions pour
les demandeurs d'asile, mais ce n'est pas le cas dans l'ensemble des sites des
15 autres bureaux de Services Québec à Montréal, les gens sont en mesure
de pouvoir donner les services auxquels ils ont droit, ces demandeurs d'asile.
Et voilà, je voulais m'assurer que les gens ne sont pas obligés de se rendre...
ne se sentent pas obligés de se rendre seulement à ce bureau-là.
• (17 heures) •
Mme Cadet : Merci. C'est très
clair. Je reviens donc à l'opération main-d'oeuvre dans ce cas-ci. Donc, nous
mentionnions différents programmes. Juste revalider un élément parce que vous
avez nommé donc quelques pourcentages. Pour les services de garde, donc les
éducatrices en service de garde qui ont été formées, quel est le... quel est le
chiffre que nous avions, pour la dernière année, du nombre d'éducatrices
formées?
Mme Champagne Jourdain : Au
niveau du nombre...
Mme Cadet : Je sais que vous
avez dit 80 %.
Mme Champagne Jourdain : Oui.
Mme Cadet : Donc, dans la
dernière année, les éducatrices donc travaillent.
Mme Champagne Jourdain : Oui,
on avait 80 personnes. Ce que je vous ai dit tantôt, c'est qu'on avait
80 personnes.
Mme Cadet : Personnes, O.K.
pas pour 180 personnes.
Mme Champagne Jourdain : Pour
cent... excusez, 80 % de personnes qui ont effectué un retour en emploi à
la suite d'une formation dans ce secteur-là et qui travaillent.
Mme Cadet : Donc, le nombre
de personnes. C'était ça, ma question ici, là.
Mme Champagne Jourdain : Au
niveau, là, des services de garde, là, éducatifs à l'enfance, je vous dirais
qu'en date d'aujourd'hui, on a 4 637 personnes qui ont intégré le
marché du travail suite à des mesures de l'opération main-d'œuvre.
Mme Cadet : O.K. Différentes
mesures évidemment, donc para et autres. Et votre objectif de 2021 était d'en
former 25 000. Est-ce que vous trouvez qu'avec le chiffre de 4 000, vous
êtes sur la bonne route? On est un peu plus... un peu plus qu'à mi-chemin, là,
de l'opération main-d'œuvre. C'était l'objectif 2026.
Mme Champagne Jourdain : Mais
ce qu'il faut comprendre avec l'opération main-d'œuvre, c'est qu'on a
différentes mesures, hein? Je pense entre autres aux couches, je pense aux
bourses Perspective, toutes ces choses-là.
Mme Cadet : Oui.
Mme Champagne Jourdain : Mais
on a des résultats qui rentrent actuellement, et ce ne sera pas en continu,
toujours au même degré de résultat à chaque six mois, à chaque fois qu'on fait
une reddition de compte. Il va y avoir des bourrasques de résultats. Je vais le
dire comme ça. Il y a des formations qui prennent plus de temps à réaliser. Il
y a des... il y a, je pense entre autres aux COUD aussi. Ça dépend, là, du
rythme des... des personnes qui font ces formations-là.
Alors, l'opération main-d'œuvre, ça
s'étale sur une durée de cinq ans. On a eu des résultats dans les deux
premières années. On va avoir des résultats dans les trois dernières années. On
va avoir des résultats aussi à la suite de la fin de l'opération main-d'œuvre,
puisqu'il y a des gens qui vont avoir démarré des... des mesures, des
programmes de formation, qui vont avoir démarré ça dans l'année 3 ou 4 de
l'opération main-d'œuvre. Alors, on va continuer de sentir les effets de cette
opération main-d'œuvre là à la suite. On met et on ne lésine... on ne ménage
aucun effort pour faire en sorte qu'on puisse atteindre les cibles. Est-ce
qu'elles vont être atteignables à 100 % dans tous les secteurs? Non. Ce
sont des cibles. Mais on veut certainement avoir des... des résultats qui sont
satisfaisants et qui vont nous permettre de répondre, là, à nos ambitions...
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17 h (version non révisé
e) Mme Champagne Jourdain : ...ambitions
à travers l'opération main-d'œuvre. Vous savez, c'est 295 millions qu'on
va mettre d'ici 2025-2026 pour seulement le secteur de l'éducation à la petite
enfance pour, je vous l'avais dit tout à l'heure, requalifier ou former 25 000 éducatrices
ou éducateurs, là, de la petite enfance. Alors, on progresse. La bonne
nouvelle, c'est qu'on progresse, et je suis convaincue qu'il va y avoir des
années où on va... on va voir des résultats arriver, là, encore plus... de
manière encore plus significative.
Mme Cadet : Oui, bien sûr que
les résultats, donc, sur le plan trimestriel ne seront pas réguliers. Donc, ça,
ça se comprend, mais le chiffre, donc, d'un peu plus de 4000 que vous avez
nommé, il est cumulatif depuis le début de l'opération main-d'œuvre?
Mme Champagne Jourdain : Oui.
Mme Cadet : Donc, est-ce que…
puisque nous sommes à plus... qu'à mi-chemin, là, donc, de l'opération main-d'œuvre,
vous l'avez dit, donc, ce sont des chiffres sur cinq ans, nous sommes en 2024.
L'opération a été lancée en 2021. L'objectif de 25 000 a été pour 2026. Est-ce
que nous sommes sur la bonne voie pour atteindre l'objectif en matière, donc,
de personnes à former pour les services de garde à la petite enfance?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous dirais qu'on est sur la bonne voie. On a 4600 personnes qui se
sont ajoutées grâce à l'opération main-d'œuvre. Alors, sur une cible de 25 000,
on en a, oui, 4600. On fait connaître aussi nos programmes. On soutient à
travers les services de garde aussi les employeurs qui veulent libérer des gens
pour faire des formations de courte durée qui sont en alternance travail
études. Alors, on continue de travailler à faire connaître toutes ces
mesures-là.
Je pense qu'aussi, si on fait des efforts
au... au ministère de l'Emploi, il y a des efforts qui sont faits dans d'autres
ministères, notamment avec... avec ce qui est fait pour valoriser, là, la
profession. Il y a eu une augmentation substantielle, là, du salaire, là, au
courant de la dernière année ou l'autre pour les techniciennes, et on avance à
ce niveau-là. On... Ce qu'il y a de beau aussi avec l'opération main-d'œuvre, c'est
calé sur cinq ans. Je rencontre mes collègues, je les ai rencontrés, là, l'année
passée. On se rencontre, on fait le point. Ça nous prend... Nous, on fait la
reddition de comptes, c'est-à-dire qu'on collige l'information pour faire le
suivi deux fois par année, avec les périodes, là, de diplomation. Et, au
printemps, on rencontre les collègues pour faire le suivi avec eux des mesures,
parce qu'il y a 10 mesures qui reviennent au ministère de l'Emploi, dans
les 80 mesures qui sont dans l'opération main-d'œuvre, et on s'assure de
faire le suivi avec les autres collègues pour les mesures qui les concernent.
Mme Cadet : Merci. Donc, ici,
votre gouvernement a tout de même, donc, promis la création de nouvelles
places. On sait qu'il y a des ratios d'éducatrices qui doivent être respectés.
Avec le chiffre que vous mettez de l'avant... et vous-même, vous l'avez dit, en
fait, vous l'avez admis il y a quelques minutes, que, dans les différents...
les différents secteurs ciblés par l'opération main-d'œuvre, que vous n'atteindrez
pas toujours, donc, les objectifs. Donc, est-ce que vous pensez pouvoir
services de garde et ainsi pouvoir répondre à votre promesse de créer des
nouvelles places?
Mme Champagne Jourdain : On
travaille dans l'atteinte de ces cibles-là. Comme je vous l'ai dit tout à l'heure,
on travaille avec des humains aussi qui vont s'engager dans des formations, qui
vont changer d'idée, qui vont avoir été diplômés, qui vont peut-être changer d'idée
en cours de route aussi. Alors, nous, on met tous... on met les... Les mesures
qui sont déployées le sont pour qu'on puisse atteindre nos cibles. On travaille
dans ce... dans cette optique-là... dans cette optique-là.
Et le ministère de la Famille constate
aussi les améliorations, que les améliorations qui ont été faites, notamment au
niveau des conditions de travail puis des activités de la valorisation du
métier, ont des effets positifs, encourageants sur le recrutement. Et ça, c'est
extrêmement important. Ça vient nous aider, nous, dans les efforts qu'on
déploie dans l'opération main-d'œuvre. Alors, c'est un travail qu'on doit faire
ensemble. Il y a plusieurs ministères qui sont affairés à faire de cette
opération de main-d'œuvre là une réussite. Les impacts de... mes collègues ont
un impact dans l'opération main-d'œuvre et viennent soutenir, là, notre désir d'atteindre
les cibles qu'on a... qu'on a de former 170 000 travailleurs dans les six
secteurs qui sont priorisés dans l'opération main-d'œuvre.
Mme Cadet : Merci. Vous l'avez
dit, on travaille avec des humains. Et vous avez aussi parlé, donc, des bourses
perspectives. Ça, c'est donc l'un des éléments où on constate, donc, à travers
une série d'articles de Fannie Bussières McNicoll, donc, Radio-Canada...
Mme Cadet : ...que des
recteurs d'université, dont celui de l'Université de Montréal, Daniel Jutras,
dont la Fédération des cégeps, présidée par M. Bernard Tremblay, qui nous
disent : «Les bourses pour contrer la pénurie de main-d'œuvre n'ont pas eu
l'effet wow espéré, les chiffres ne sont pas concluants. Il s'agit d'un
programme coûteux, et on était avide de voir un effet majeur, ça ne semble pas
être le cas». On nous dit aussi : «Si un des objectifs du programme est
d'attirer des étudiants dans ces disciplines, force est de constater qu'à la
lumière des statistiques des demandes d'admission pour les trimestres d'automne
des dernières années, il ne va pas de soi que cet objectif est atteint».
Qu'est-ce que vous leur répondez?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous amènerais un autre exemple, il y a aussi l'Université Laval qui disait,
dans un article, je crois que c'est l'automne passé, qu'il y avait une hausse
de 20 % des inscriptions en enseignement et que ce n'était pas étranger
non plus à la mise en place des Bourses Perspective. Alors, je pense que ça démontre
qu'il y a des variations sur lesquelles on doit se pencher. On peut extraire
une donnée d'une place dans un certain secteur, dans un... dans une région,
dans un cégep, dans une université, puis avoir une donnée qui... qui est
différente dans un autre endroit, dans une autre institution, dans une autre
région. Je pense que ça nous amène au constat qu'il est beaucoup trop tôt pour
pouvoir, là, tirer des conclusions sur la réussite ou non de la mise en place
de ces bourses Perspective là.
Mme Cadet : Avec égards, Mme
la ministre, donc on ne parle pas d'extraire des données, donc, dans un
établissement précis, surtout au niveau des cégeps, c'est le P.D.G. de la
Fédération, donc, des cégeps qui couvre l'ensemble du territoire qui s'est
exprimé à ce sujet pour ces différentes institutions. Donc, on parle, donc,
d'un exemple plutôt... donc, de situations plutôt répandues ici. Et pour
revenir, donc, à l'exemple , donc, de l'Université de Montréal, à celui-ci,
donc, on a observé une baisse, donc, de... de de 19 %, donc, entre 2021,
donc, avant l'arrivée du programme et 2024, de même qu'une diminution de
14 % dans la dernière année. Donc, il y a quand même des éléments assez,
donc, alarmants, donc, dans ces chiffres là. Je comprends bien qu'ils peuvent
varier sur le territoire au niveau des étudiants universitaires, mais lorsque
l'on constate ces chiffres, est-ce que vous n'y voyez pas une... une
opportunité de réévaluer le programme? Il y a quand même des sommes des fonds
publics qui ont été engloutis dans ces programmes-là. L'objectif, c'est qu'il
fonctionne. On veut tous qu'il fonctionne. On parle souvent de pénurie de
main-d'œuvre, et il faut la résorber. Donc, est-ce que vous vous engagez à
réévaluer la manière dont le programme Perspective fonctionne afin qu'il puisse
produire des résultats escomptés?
• (17 h 10) •
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous parlais tout à l'heure, là, des rencontres de suivi qu'on fait, là,
avec les ministres, les différents ministères, là, mais mes collègues les ministres
qui sont impliqués dans l'Opération main-d'œuvre, ça sert à ça, ça sert à voir
si on est vraiment bien enlignés. Alors, dans le contexte actuel, je sais que
ma collègue procède à une analyse de tout ça. Elle a eu la chance de
s'exprimer, la ministre de l'Enseignement supérieur a eu la chance de
s'exprimer, entre autres dans ses crédits sur cette question-là. Elle a aussi,
et je le répète encore une fois, affirmé qu'il était trop tôt pour tirer des
conclusions sur la réussite ou non de ces bourses-là. Ceci étant dit, elle
évalue, elle est en train d'évaluer, là, la pertinence de... de tout ça.
Maintenant, on peut se poser plein de
questions, là, est-ce que la situation aurait été pire sans les bourses? Ça
aussi, il faut réfléchir à ça. Il y a ces bourses-là dans les... dans certains
programmes, on a vu une amélioration, entre autres à l'Université Laval, comme
je le disais tout à l'heure. À ça aussi on... il y a un travail qui doive
être... qui doit être fait pour faire connaître ces bourses-là, elles le sont
de plus en plus, de mieux en mieux, mais on doit continuer à f