CAT — 16 April 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CAT 2019-04-16
Quebec — Committees
(Quinze heures quarante-neuf
minutes)
Présidente (Mme Dansereau) : Donc, ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'aménagement du territoire
ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre les
sonneries et leurs appareils électroniques.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude du volet Habitation, Régie du logement, Régie du bâtiment des crédits budgétaires du portefeuille Affaires
municipales et Habitation pour l'exercice financier 2019-2020. Une
enveloppe de trois heures a été allouée pour l'étude de ce volet.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Girard
(Lac-Saint-Jean) est remplacé par Mme Picard (Soulanges);
M. Provençal (Beauce-Nord) est remplacé par Mme Grondin (Argenteuil);
Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue) est remplacée par M. Fontecilla
(Laurier-Dorion); Mme Perry Mélançon (Gaspé) est remplacée par
M. LeBel (Rimouski).
Présidente (Mme Dansereau) : Nous allons débuter par les
remarques préliminaires, puis nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs
d'environ 20 minutes, incluant les questions et réponses. La mise aux voix des crédits de ce volet-là
sera effectuée à la fin du temps qu'il leur est alloué cet après-midi, vers
18 heures.
Nous débutons donc avec les remarques préliminaires de Mme la ministre. Vous disposez maintenant de 12 minutes.
Mme Laforest : Alors, bonjour à vous tous. Mme Lise Thériault,
députée d'Anjou—Louis-Riel,
Mme Suzanne Dansereau, présidente de la
Commission de l'aménagement du territoire, chers collègues de la Commission et
de l'aménagement du territoire. Mes collègues députés, bonjour à vous
tous. Le sous-ministre, Frédéric Guay; les sous-ministres adjoints, M. Michel Beaudoin, président-directeur
général de la Régie du bâtiment du Québec, M. Patrick Simard, président de la Régie du bâtiment, Mme Guylaine Marcoux,
présidente-directrice générale de la Société d'habitation du Québec,
M. Francis Mathieu, vice-président de
l'administration et de la planification de la Société d'habitation du Québec,
M. Jean-Pascal Bernier, vice-président
à l'amélioration et au développement de l'habitation de la Société d'habitation du Québec,
ainsi que tous les gens du ministère des Affaires municipales et de
l'Habitation qui m'accompagnent, bonjour à vous tous. Je souhaite également
la bienvenue à tous ceux et celles qui sont ici aujourd'hui pour l'étude des
crédits budgétaires 2019-2020 en ce qui concerne le
volet Habitation du ministère.
Pour commencer, j'aimerais d'abord remercier toutes les
équipes, autant celles du ministère que des trois organismes dont je suis responsable, qui ont colligé
l'information nécessaire pour mener à bien cet exercice. Votre entière
collaboration et votre dévouement à la tâche ont permis de faciliter ce
travail colossal.
Avant de vous faire
part de nos réalisations, de nos projets et nos orientations en habitation, il
est important de souligner que c'est une
première dans l'histoire du ministère que l'habitation soit officiellement
jumelée à sa dénomination. Le mandat
que notre gouvernement m'a confié repose sur une vision renouvelée qui consiste
à optimiser le rôle de l'État et à affirmer notre leadership en
habitation.
Afin de concrétiser cette vision, j'ai demandé à ce que le
ministère, en collaboration avec la Société d'habitation du Québec, la
Régie du bâtiment du Québec et la Régie du logement, me propose une démarche
visant à terme le dépôt d'un plan d'action en habitation. Ce plan permettrait,
entre autres, de faciliter la coordination des actions et des interventions du
gouvernement, de mettre en oeuvre des mesures mieux adaptées aux besoins des
citoyennes et des citoyens, d'améliorer la
qualité de l'habitation, l'accès à la propriété et la disponibilité des
logements. Des consultations sont déjà
en cours avec les divers organismes concernés par le domaine de l'habitation,
sans compter que la tournée des régions que j'ai entamée en février est également l'occasion de recueillir les
préoccupations des acteurs municipaux et régionaux à propos de
l'habitation.
Hormis
cette démarche, j'aimerais mettre l'accent sur un dossier prioritaire pour
notre gouvernement. Le 3 avril dernier,
j'ai déposé à l'Assemblée nationale le projet de loi n° 16,
loi visant principalement
l'encadrement des inspections en bâtiment et de la copropriété divise, le remplacement de la dénomination
de la Régie du logement et l'amélioration de ses règles de
fonctionnement et modifiant la
Loi sur la Régie du logement, la
Loi sur la
Société d'habitation du Québec et diverses dispositions législatives concernant le domaine municipal.
D'ailleurs, des échanges sur
ce projet de loi auront lieu prochainement en commission parlementaire
avec les divers acteurs du milieu concernés.
projet touche en bonne
partie le domaine de l'habitation. Il comprend notamment
des mesures qui permettraient de préserver
les copropriétés de façon durable. Il obligerait, entre autres, les
administrateurs de copropriétés à faire
effectuer une étude afin d'évaluer la somme nécessaire à investir dans leur
fonds de prévoyance. L'étude de ce fonds serait constituée à l'aide d'un carnet d'entretien qui dresserait un
portrait à jour des besoins des immeubles. Des dispositions visent
également à améliorer le fonctionnement de l'administration des copropriétés et
à mieux protéger les acheteurs d'unités de copropriété neuves ou existantes.
Un autre volet prévoit des mesures pour permettre à la Régie du bâtiment d'encadrer la profession d'inspecteur en bâtiment. Au Québec, rappelons que la formation n'est pas obligatoire, qu'aucun permis n'est requis et qu'il n'est pas rare
qu'un inspecteur ne soit pas assuré.
De plus, des dispositions
du projet de loi ont pour but d'assurer un meilleur accès aux services de la Régie
du logement, tant pour les locataires que pour les locateurs. Elles visent aussi à
diminuer le délai de traitement des demandes.
Puis
il est prévu que le nom de la Régie
du logement soit remplacé par celui
de Tribunal administratif du
logement. Cette nouvelle désignation serait
plus conforme à la fonction qu'elle exerce réellement en tant que tribunal spécialisé,
dont le mandat principal est de trancher les litiges entre les locataires et
les locateurs.
Maintenant,
en ce qui concerne plus spécifiquement la Société d'habitation du Québec, les
mesures annoncées lors du
budget 2019-2020 nous aideront à mieux anticiper l'avenir dans le domaine
de l'habitation pour l'ensemble des régions du Québec. Ainsi, nous prévoyons des investissements de 454 millions
pour les prochaines années. Plus précisément, 294 millions seront réservés pour l'aide au logement social et
communautaire et 151 millions pour l'adaptation et la rénovation du
domicile.
veux également mentionner que le budget annoncé pour la SHQ a été augmenté de
plus de 23 millions par rapport à l'année dernière. Cela nous
permettra de pallier le manque de financement du passé. Concrètement, nous
pourrons donc mieux soutenir les familles et les personnes qui ont besoin d'un
logement abordable. Ainsi, les sommes annoncées permettront d'accélérer la livraison des unités du programme AccèsLogis
du Québec. Une fois que toutes les unités annoncées par le passé seront enfin livrées, le nombre de
logements communautaires et abordables sera porté de 40 703 à
56 174 unités.
plus, nous pourrons mieux soutenir à long terme nos partenaires et mandataires
en assurant la récurrence des budgets
de nos programmes de rénovation et d'adaptation de domiciles sur une période de
trois ans, et ce, en plus d'assurer un financement stable à la
clientèle, sans compter que nous reconnaissons l'important travail réalisé par
les organismes communautaires qui veillent à
l'amélioration des conditions d'habitation des ménages en augmentant de
6 millions par année l'enveloppe destinée au volet Mission globale
du Programme d'aide aux organismes communautaires.
Aussi,
ce sont 150 personnes en situation d'itinérance de plus qu'auparavant qui
pourront bénéficier du Programme de
supplément au loyer. Nous les aiderons donc à reprendre leur vie en main en
soutenant leur intégration, en leur facilitant l'accès au logement. Les personnes victimes de violence
familiale pourront également avoir un accès à de l'hébergement sécuritaire.
Autre
point, une exemption pouvant atteindre 4 200 $ par année, par enfant
des revenus liés aux pensions alimentaires sera accordée pour le calcul de l'aide financière accordée pour le
logement. Ce sont ainsi 6,8 millions qui seront retournés aux
familles monoparentales pour les aider à mieux se loger.
Enfin, nous continuons également à aider les
victimes de la pyrrhotite grâce à un investissement de 2 millions de plus.
Par ailleurs, nous
négocions actuellement avec le gouvernement du Canada afin d'en arriver à une
entente nous permettant d'investir les sommes fédérales qui seront mises à la
disposition de notre gouvernement. Nous croyons que nous sommes les mieux placés
pour connaître les besoins et les priorités de la population, et nous possédons
une grande expertise en habitation. En ce
sens, le ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement
social, Jean-Yves Duclos, a déjà
confirmé que nous aurions notre propre entente pour le Québec. Nous souhaitons
qu'un accord puisse être conclu dans les meilleurs délais.
Poursuivons
avec la Régie du logement. Au cours de la dernière année, l'organisme a
continué son exercice de restructuration
administrative et la mise en oeuvre des actions découlant des recommandations
du Vérificateur général du Québec. En
ce sens, il est important de souligner que la régie continue de mettre en place
plusieurs politiques et orientations afin
d'améliorer l'accessibilité à la justice, le délai de traitement des demandes
et l'efficacité des activités du tribunal. Par exemple, la régie peut maintenant tenir des audiences par
visioconférences dans 16 de ses 28 bureaux et points de service.
D'ailleurs, le projet de loi n° 16 contribuerait à favoriser cette
démarche.
faut assurer un meilleur accès aux services de la régie, tant pour les
locataires que pour les locateurs, d'autant plus qu'environ 40 %
des ménages résident dans une habitation en location. Ce n'est pas rien. Ce que
nous proposons aujourd'hui, c'est la plus grande réforme de la Régie du
logement depuis sa création en 1980.
Dans le même ordre
d'idées, lors du budget, notre gouvernement a annoncé un rehaussement
budgétaire de 23,8 millions sur cinq
ans pour la Régie du logement. J'aimerais souligner que cette initiative vient
en appui aux mesures proposées
concernant la régie dans le projet de loi n° 16. En effet, ce soutien lui
permettra de se doter de nouveaux effectifs et de diminuer ainsi le délai
de traitement des demandes.
Un nouveau bureau verra aussi le jour sur l'île de
Montréal. Concrètement, 30 nouveaux préposés aux renseignements et du
personnel de soutien et d'encadrement seront embauchés. D'ailleurs, cette
mesure permettra de consolider et d'améliorer l'offre de services dans les régions. De plus, neuf nouveaux régisseurs
seront nommés afin que plus de causes soient entendues. Je rappelle que,
depuis plusieurs années, le nombre de décideurs est demeuré le même en dépit de
la complexification des dossiers.
Enfin, nous proposons
d'élargir la compétence des greffiers spéciaux afin de réduire les délais qui
s'allongent bien souvent pour différentes
raisons. La régie reçoit annuellement environ 70 000 demandes. Avec
l'ajout de ressources, le délai moyen d'une première audience devant la
régie sera d'un peu plus de deux mois en 2021-2022.
La Présidente
(Mme Dansereau) : En terminant, Mme la ministre.
Mme Laforest :
Nous avons également les mesures avec la Régie du bâtiment, qui comprend le