Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 8 February 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CAPERN 2013-02-08
Quebec — Committees
Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles - Assemblée nationale du Québec
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Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
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40 e législature, 1 re session
(30 octobre 2012 au 5 mars 2014)
Le vendredi 8 février 2013 - Vol. 43 N° 11
Ministère des Ressources naturelles, volet Plan nord
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Table des matières
Plan Nord
Remarques préliminaires
Mme Martine
Ouellet
M. Jean
D'Amour
M. François
Bonnardel
Discussion générale
Document
déposé
Adoption des crédits
Autres intervenants
M. Pierre Paradis, vice-président
M. Geoffrey Kelley, président suppléant
M. Luc Ferland
M. Denis Trottier
M. Scott McKay
M. Gilles Chapadeau
M. Amir Khadir
* M. Christian Dubois, Secrétariat au
développement nordique
* Témoin
interrogé par les membres de la commission
Journal des débats
(Neuf heures vingt-neuf minutes)
Président (M. Paradis) : À l'ordre, s'il
vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de
l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
ouverte. Je demande à toutes les personnes munies de bidules électroniques de
soit s'en départir, si possible, ou de les mettre en mode silencieux.
Plan Nord
La commission est réunie afin de procéder à l'étude
du volet Plan Nord des crédits budgétaires du
portefeuille Conseil exécutif pour l'exercice financier 2013-2014.
la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
• (9
h 30) •
Secrétaire : Oui, M. le Président.
Mme Bouillé (Iberville) est remplacée par M. Chapadeau (Rouyn-Noranda—Témiscamingue); M. Trudel (Saint-Maurice),
par M. Ferland (Ungava); M. Billette (Huntingdon), par M. Kelley (Jacques-Cartier);
M. Morin (Côte-du-Sud), par M. Bolduc (Mégantic); et M. Martel
(Nicolet-Bécancour), par M. Bonnardel (Granby).
Président (M. Paradis) : Forts de
cette nouvelle composition de la commission, nous allons débuter les remarques préliminaires et par la suite procéder à
une discussion d'ordre général par blocs d'environ 20 minutes.Maintenant, si vous préférez ne pas prendre tout le
bloc, moi, je vais mesurer le temps de façon à ce que ça soitéquitablement réparti, là. Ce n'est pas nécessaire
de faire votre 20 minutes quand vous n'en avez pas pour
20 minutes. Et, si vous débordez, je vais vous l'indiquer.
Nous avons débuté nos travaux à temps, donc
il n'y a pas besoin de consentement pour terminer à l'heure prévue. Je vous invite,
aux fins de l'exercice de l'étude des crédits, à poser de courtes questions et
à fournir des réponses aussi courtes. Je
vais tenter d'équilibrer la longueur de la question avec la longueur de la
réponse. Donc, si vous recevez une question courte, allez-y brièvement.
Si vous recevez une question qui est plus longue, avec un plus long préambule,
bien, vous pouvez retourner la balle dans la même longueur de temps.
Remarques préliminaires
Nous débuterons donc avec les remarques préliminaires.
Et, à ce moment-ci, j'inviterais Mme la ministre
pour un maximum de 10 minutes. Mme la ministre.
Mme Martine Ouellet
Mme Ouellet : Merci, M. le Président. En premier
lieu, j'aimerais saluer les gens de la commission parlementaire, en commençant par
vous, M. le Président, saluer aussi les députés représentant l'aile
parlementaire du gouvernement, donc
le député d'Ungava, qui est aussi adjoint parlementaire au ministère des
Ressources naturelles pour le développement nordique, le député de Rouyn-Noranda et le député de Repentigny qui sera
avec nous aujourd'hui. J'aimerais également saluer les députés de l'opposition
officielle, le député de Mégantic et le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata,
et finalement le député de la deuxième opposition officielle, le député de
Granby.
J'aimerais aussi vous présenter les
collaborateurs qui m'accompagneront durant les travaux du volet dudéveloppement nordique :
donc, M. Christian Dubois, secrétaire général associé pour le Secrétariat
au développement nordique, ainsi que
son équipe, et Micheline Cliche, qui est conseillère politique au cabinet. Je
voudrais aussi souligner la présence et remercier toute l'équipe qui
sont avec moi pour leur soutien pour l'ensemble des crédits.
Donc, vous savez, le développement nordique,
dès 2001, le gouvernement du Parti québécois avait jeté les bases visant à assurer un développement nordique en tenant
compte tant de la complexité du dossier de l'immensité du territoire — et je pense que mon collègue d'Ungava peut en témoigner — et de la réalité nordique qui est
unique au Québec. Et le gouvernement, le nouveau gouvernement, est déterminé à poursuivre
les efforts visant le développement et la mise en valeur du territoire nordique, mais de façon responsable et sur la
base notamment des principes suivants : en concertation et dans le respect des populations locales et
régionales, en maximisant les retombées économiques pour tous les
Québécois, en appliquant les meilleures normes environnementales et en agissant
de manière responsable dans le financement des infrastructures.
Vous savez, nous sommes tout à fait d'accord
avec le développement du Nord, avec le développement... on parle beaucoup de mines
dans le Nord. Toutefois, nous voulons que ça se fasse de façon responsable,
responsable tant au niveau du respect
de l'environnement qu'au niveau de la concertation, mais aussi au niveau des
retombées économiques. Parce qu'il n'est
pas vrai que nous allons continuer à faire du développement nordique avec des
retombées économiques qui sont essentiellement privées. Nous voulons
faire en sorte que le développement du Nord, le développement des mines
puissent bénéficier à l'ensemble de la collectivité, que ce soient des succès
collectifs.
Il y aura donc concertation et respect des populations
locales. Nous voulons travailler en accompagnement, en accompagnement tant
des communautés que des entreprises. Et ça, c'est vraiment le rôle du
gouvernement. On ne peut plus penser
aujourd'hui faire du développement économique comme nous l'avons fait dans le
passé. Il y a tellement d'informationqui
est disponible sur Internet, les citoyens sont bien renseignés. Plusieurs
citoyens suivent l'actualité sur Internet, vont se renseigner sur ce qui
se passe à l'international. Il faut prendre cette nouvelle réalité là en
considération et il faut faire en sorte de travailler en accompagnement. Il
faut avoir plus de transparence, il faut avoir plus de concertation.
Donc, c'est pour ça
que nous disons que, pour chacun des projets miniers, il devra y avoir des
consultations publiques encadrées par le
Bureau d'audiences publiques en environnement ou les organismes, là, qui sont
responsables lorsque nous parlons du
territoire nordique. Il y a déjà des organismes identifiés pour les consultations
publiques. Donc, ça va être dans cette perspective-là que nous allons
aller de l'avant dans le développement des territoires nordiques.
le développement des territoires nordiques ne veut pas seulement dire le
développement économique de grands projets
miniers. Le développement des territoires nordiques, c'est aussi les
communautés qui y habitent, c'est aussi les
besoins de ces communautés-là, tant en termes de logement, en termes d'éducation,
en termes de milieu de vie, de qualité
de vie. Donc, il ne faut jamais oublier que les territoires nordiques, même s'ils
sont immenses et peu habités, ils sont
habités. Et ces populations-là ont besoin aussi d'un développement, que ce soit
touristique, que ce soit social. Et ça va être dans cette perspective-là,
avec mon collègue d'Ungava, que nous allons aborder le développement du Nord.
l'ai dit et je pense que ça vaut la peine de le rementionner : La
maximisation des retombées économiques pour tous les Québécois... Parce que, lorsqu'on a parlé
dans les dernières années de développement du Nord, en fait, c'était beaucoup de développement des mines dans le Nord.
Effectivement, les prix des métaux ont tellement augmenté depuis les
10 dernières années, l'or est passé de 300 $ l'once à à peu près
1 670 $ l'once aujourd'hui, le fer, de 30 $ la tonne à 150 $ la tonne, ce qui fait en sorte que plusieurs projets sont en étude
actuellement, en étude de faisabilité, d'autres,
déjà en construction; et c'est vraiment
relié aux prix des métaux. Et, pour pouvoir que ces projets-là se réalisent, ça
va prendre des infrastructures, ça va
prendre de l'énergie, mais tout ça… et, pas mal, le déclencheur est le prix des
métaux. Mais nous, nous voulons faire
en sorte que ces développements-là bénéficient à l'ensemble de la collectivité.
Et la bonne nouvelle, c'est qu'avec
les prix qu'on a actuellement il y a de la marge pour que l'entreprise fasse
son taux de rendement, mais il y a de la marge pour qu'il y ait un
meilleur partage de la richesse créée avec l'ensemble des Québécois et des
Québécoises.
Nous
voulons aussi nous assurer que, pour chacun des projets, de maximiser les
retombées économiques locales et régionales en termes d'emplois, en termes de
contrats, de fournisseurs, de consultants. Donc, il est important... Et
c'est pour ça que nous proposerons, dans la
nouvelle
Loi sur les mines, un comité de suivi, suivi pour tous les aspects
environnementaux, mais de
maximisation des retombées économiques locales, pour que chacune des
communautés puisse faire connaître ses avantages,
souvent... surtout quand c'est des multinationales étrangères qui ne
connaissent pas nécessairement le tissu social et économique de la
région. Nous y...
Pour
maximiser les retombées économiques, nous voulons aussi augmenter la
transformation au Québec. C'est possible de le
faire dans les métaux plus émergents comme le lithium, il y a déjà un projet
qui a été annoncé, là, par Nemaska Lithium à
Valleyfield, mais c'est également possible de le faire... Et nous sommes tout à
fait réalistes, ce n'est pas 100 % du fer extrait, ou du nickel, au
Québec, qui sera transformé au Québec, mais, entre ce qui est transformé au Québec actuellement et 100 %, il y a une
grande place pour l'amélioration, et déjà les entreprises minières sont
prêtes à collaborer avec nous pour qu'on
puisse identifier des créneaux porteurs qui pourraient faire le pont entre la
mine, donc l'extraction, et l'industrie manufacturière au Québec, pour
pouvoir donner des avantages concurrentiels à l'industrie manufacturière. Et on en a, quelques industries
manufacturières, au Québec, pour qui avoir accès à des produits
transformés, ça va être un avantage compétitif.
Ensuite,
très certainement l'application des meilleures normes environnementales
possible, et c'est pour ça qu'hier j'ai annoncé
que les garanties financières devaient être versées dès le début de l'exploitation
de la mine pour 100 % de la garantie financière et pour l'ensemble du site
minier orphelin. Nous voulons avoir les meilleures pratiques environnementales
au Québec.
Finalement, on veut
une action responsable dans le financement des infrastructures. Donc, nous
aurons à développer un nouveau modèle sur le
financement des infrastructures. Et vous avez pu voir les décisions que nous
avons prises, avec la route des monts Otish, pour faire en sorte que, la
responsabilité du gouvernement et la responsabilité des mines, il y ait un
meilleur partage.
Finalement,
en terminant, et on aura l'occasion d'en parler plus longtemps, j'aimerais
revenir sur la mise en place du Secrétariat au
développement nordique qui aura toute une mission d'accompagnement et de
coordination des actions sur le territoire nordique du Québec. Et je pourrai
revenir dans les détails, là, durant la commission, sur l'organisation du
secrétariat ainsi que les mandats du Secrétariat au développement nordique.
Le Président (M.
Paradis) : Merci, Mme la ministre. À
ce moment-ci, je reconnais M. le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
M. Jean D'Amour
M. D'Amour : Alors, merci beaucoup, M. le Président. À mon tour, je
veux saluer les députés présents, les parlementaires qui sont avec nous, des
différents côtés de la Chambre, ce matin. Salutations particulières à l'égard
de la ministre et des gens qui l'accompagnent
ce matin pour cette étude sur les crédits. Il y a mes collègues, également,
de l'Assemblée que je tiens à saluer et remercier pour leur présence et leur
implication.
• (9 h 40) •
Alors, sur la question du
Plan Nord, je pense qu'il n'y a pas meilleure façon de décrire l'attitude gouvernementale à l'égard
du Plan Nord ce matin que la première page du journal Le Devoir
aujourd'hui. Sans doute que vous l'avez parcourue avec beaucoup d'attention. Nous, ça nous a
clairement interpellés, et vous permettez, M. le Président, une brève
lecture : «Le projet de
train du Plan Nord a déraillé.» Ce matin, ce que
je dois dire, c'est qu'il n'y a pas que le projet de train qui a déraillé, le
gouvernement est en train de faire dérailler le Plan Nord : «La Compagnie des chemins de fer
nationaux du Canada
met en veilleuse le projet de construction d'un chemin de fer de plusieurs
centaines de kilomètres entre les projets miniers de la fosse du Labrador et le port de Sept-Îles…» Et selon ce qu'il est écrit : «"Il semble que certains projets miniers soient
retardés", a-t-il poursuivi.» Et, comme par hasard, dans l'article du Devoir , on parle de
Cliffs, on parle d'un certain nombre de
minières.
La ministre disait hier : Il y a un
contexte qui explique ça. Ce n'est pas vrai. Le problème, c'est l'incertitude. Et la première page du Devoir ce matin, elle est
révélatrice, M. le Président.
Le Plan Nord, ce n'est pas que le
développement minier pour l'ancien gouvernement, pour les libéraux. Ce que le premier ministre
M. Charest a annoncé, c'est un projet sur 25 ans, qui devait entraîner
80 milliards de dollarsd'investissement
sur les 25 prochaines années. Ça, c'est 20 000 emplois en moyenne par
année. Ça engendrait des revenus potentiels,
que les Québécois auraient pu engranger, sous forme d'argent et de services, de
14 milliards de dollars. Le Plan
Nord favorise l'atteinte de grands objectifs, c'est ce qu'on proposait à l'époque :
assurer le mieux-être et ledéveloppement
des communautés, parce que, dans ce qui a été envisagé, dans ce qui a été
planifié et mis sur la table, c'était le bien-être des communautés, mais
leur implication aussi. On aura l'occasion d'y revenir plus tard ce matin.
Nous souhaitions, comme gouvernement, mettre
en valeur l'immense potentiel économique du Nord
québécois, bien sûr, mais rendre le Nord accessible aussi et veiller à la
protection de l'environnement. On se rappelle de cet engagement pris par le gouvernement sur la protection de 50 % du
territoire. Ça, pour nous, c'était important. Et c'était tellement bien perçu dans la communauté d'affaires
non seulement ici, au Québec, mais à l'étranger, les investissements annoncés, hein, c'est important de se le rappeler
ce matin : projet Éléonore, Goldcorp, l'annonce, 25 février,
1,4 milliard d'investissement privé,
800 emplois créés pendant une période de 15 à 20 ans, annonce faite;
ArcelorMittal Mines Canada, date de l'annonce,
le 20 mai 2011, 2,1 millions d'investissement privé. Le projet
était d'augmenter de 50 % la production de la mine Mont-Wright, construire une seconde usine de bouletage à
Port-Cartier. Ça, c'était du développement à l'état pur.
pourrais ajouter à ça Rio Tinto, Fer et Titane, autre annonce du
26 mai 2011, un projet de 800 millions sur cinq ans, de l'argent
privé de la compagnie. On maintenait 285 emplois, on en créait
75 autres à Havre-Saint-Pierre, consolidation
de 1 700 à Sorel-Tracy, hein? Ce n'est pas dans le Nord, ça profitait à l'ensemble
du Québec, et ce, pour les 40 prochaines
années. Xstrata, une annonce faite le 2 août 2011, alors,
investissement de 530 millions, investis, donc, par la compagnie, 770 emplois. Une dimension sociale
importante dans le Plan Nord, le logement pour le personnel du réseau de
la santé et des services sociaux au Nunavik,
et j'en passe. Aluminerie Alouette, annonce faite le 31 octobre à
1,5 milliard investi par l'entreprise, création de 300 nouveaux
emplois.
c'était la vision de l'ancien gouvernement, une vision d'ensemble qui nous
apportait de la richesse, du développement
économique, du développement social. Et, pour orchestrer l'ensemble de l'oeuvre,
M. le Président, nous suggérions à l'époque la Société du Plan Nord, qui
est devenue, soit dit en passant, lors du discours inaugural de la première
ministre, un secrétariat au développement nordique.
Vous me permettrez, à ce moment-ci, M. le
Président, de mettre en évidence certaines contradictions de la part du Parti québécois, parce que la Société du Plan Nord
a été l'objet d'un projet de loi, malheureusement qui est mort au feuilleton,
il y a eu de l'obstruction systématique de la part du Parti québécois, et on se
retrouve aujourd'hui avec un secrétariat. Tout ce qu'on sait du secrétariat, M.
le Président, c'est qu'il va être installé à Québec. On ne connaît pas vraiment
la structure.
Et c'est important de rappeler ce que
disaient les députés du Parti québécois au moment de l'étude de la société... du projet de loi qui devait nous conduire à la
création de la Société du Plan Nord : «Qu'au moins quatre membres
proviennent des communautés autochtones et inuites situées sur le territoire du
Plan Nord afin que ces communautés participent
pleinement au développement du territoire qu'elles habitent — ça, c'était le député d'Ungava qui s'exprimait. [...]Que le président-directeur général réside
sur le territoire du Plan Nord afin que celui-ci connaisse les enjeux du
territoire et de ses habitants.»
Alors, ça, c'est... Il disait même : «Il est inconcevable...» M. le Président, le député d'Ungava,
présent devant nous ce matin, il disait : «Il est inconcevable que le dirigeant d'une société d'État dédiée au
développement du Nord réside à Québec ou à Montréal.» Nous demandons… Hein, un autre
engagement du Parti québécois… enfin un autre
communiqué qui est émis : «Comment le gouvernement va-t-il coordonner
le développement du Nord et ordonnancer les projets s'il refuse de se
donner les moyens d'intervenir sur le territoire?» Et c'est l'attitude du PQ à
différents moments. L'opposition a proposé que
le président-directeur général de la société ait l'obligation d'habiter sur le
territoire du Plan Nord. Et ces propositions…
ou ces positions contradictoires vont jusqu'à faire dire à la députée Lorraine
Richard : «Il
va y avoir de grands changements. Le Plan Nord
n'est pas vraiment mort.» Hein, c'est ce qu'elle disait à l'époque, souhaitant, elle
aussi, que la société s'installe en territoire nordique pour et au nom des
citoyens.
La première ministre nous a parlé, dans son
discours inaugural, de décentralisation. Alors, M. le Président, c'est de la décentralisation centralisée, parce que le
secrétariat verra le jour à Québec. On n'en connaît pas vraiment la structure, on ne sait pas de qui il sera composé,
puis actuellement, dans le climat d'incertitude, ce n'est rien pour
rassurer. Ça, c'est la question du Secrétariat au développement nordique.
La protection du territoire, le nouveau
gouvernement du Parti québécois se fait plutôt avare de commentaires sur cet aspect aujourd'hui.
Les entreprises dans le Sud aujourd'hui... Et j'aurai l'occasion, durant cette
rencontre, ce matin, de définir région par région les retombées, dans le
Sud, du Plan Nord. Toutes ces entreprises aujourd'hui — parce qu'on
leur parle — toutes ces entreprises-là sont aussi inquiètes. Ça, c'est
la situation.
Qu'advient-il également du
200 millions de dollars sous forme d'infrastructures qui a été annoncé
pour l'ancien gouvernement... par l'ancien gouvernement pour être en mesure justement
de bien desservir les citoyennes et les citoyens du Nord? La question
demeure entière.
Sur la question des redevances, hier nous
avons travaillé ensemble, de façon très sérieuse, pendant troisheures où il n'a pas
été possible pour nous, de l'opposition, d'apprendre quoi que ce soit, hein,
sur les fameuses redevances. Le taux des redevances, est-ce que ça sera
12 %, 16 %, 18 %, 20 %, 25 %? Sur quelle base? Les
surprofits? Sur le minerai brut? Aucune
réponse hier. Je regrette, mais ça fait
partie du développement nordique aussi.
On n'a pas plus ce matin de loi qu'on en avait hier.
la grande question, et je terminerai là-dessus — hein, s'il reste du temps, on va le récupérer au niveau des
questions — je vous ai fait état ce matin, M. le Président, de la liste
des investissements qui avaient été annoncés par l'ancien gouvernement, avec des emplois, avec des investissements. Moi,
je voudrais savoir, et c'est ce qu'on va tenter de savoir ce matin : Depuis le 4 septembre
dernier, il y en a eu combien, d'ententes avec des entreprises pour le Nord?
Il y en a eu combien, d'annonces, pour
combien d'emplois? Hier, la ministre n'a pas répondu aux questions qui lui ont
été posées là-dessus. On va réessayer ce matin, parce que ça fait
partie
du contexte général du Nord.
Et, je le répète, je pense que ce matin Le Devoir
résume assez bien la situation : Le CN suspend sa participation au Plan Nord . Pourquoi? On fait clairement référence au cadre d'incertitude
qui sévit à l'intérieur du développement du
Plan Nord depuis le mois de septembre dernier. «Le projet de train du Plan Nord a
déraillé», le PQ tente de faire dérailler le Plan Nord, M. le Président.
Alors,
voilà mes mesures d'introduction ce matin.
Le Président (M. Paradis) : Très bien. Merci, M. le député de
Rivière-du-Loup—Témiscouata. Maintenant, je
reconnaîtrai pour ses remarques préliminaires M. le député de Granby.
M. François Bonnardel
Bonnardel : Merci, M. le Président.
Alors, salutations à vous-même, à votre équipe, à mes collègues de l'opposition officielle. Mme la ministre, vous
êtes saluée, avec vos collègues aussi, du parti ministériel, ceux qui
vous accompagnent aussi ce matin.
Eh bien, oui, M. le Président, quand on
regarde les signaux qui ont été envoyés depuis l'arrivée du Parti québécois, le
4 septembre dernier... C'était drôle hier parce qu'encore une fois les députés
du parti ministériel essayaient de faire croire aux gens que c'est les députés de l'opposition qui avaient mis le
mot «incertitude» dans la bouche des minières, qui avaient
envoyé des signaux contradictoires aux minières. Je demandais à la ministre si
elle avait personnellement rencontré des
entreprises minières, si elle-même vivait ou sentait la même chose que nous
quand on... Moi, je rencontre ces entreprises depuis le 4 septembre
dernier.
Puis, quand on parle de signaux
contradictoires, vous savez, M. le Président, quand, le 29 septembre
dernier, on a une manchette dans La Presse
qui dit : Le Plan Nord est enterré , ça ne commence pas bien, ça ne
commence vraiment pas bien. Et, quand on lit : «Le Plan Nord semble bel et bien mort. L'expression est enterrée et le
concept aussi», bien, ça part nécessairement un peu croche, à savoir comment les
entreprises... Puis qu'on soit d'accord ou non avec le plan de marketing que
vous avez mentionné là-dessus, il reste quand même que, dans les mots, il faut
faire attention, il faut faire attention.
Et ce matin vous en avez la plus belle
preuve, mon collègue l'a mentionné. Quand on a un
titre comme ça, bien, dites-vous bien
une chose, les investisseurs que je vous parlais hier, qui sont à Dubaï, à New
York, à Hong Kong, encore une fois ce
matin ils se disent : On avait peut-être raison, au conseil d'administration,
de mettre le frein puis d'attendre. Pourquoi?
Pas de cadre réglementaire, régime de redevances où on ne sait pas trop où on s'en
va, puis on va encore une fois dans
un sommet. Et, quand on regarde : «Le transporteur est embêté par les signaux
contradictoires des minières»,
ce matin, bien,
c'est exactement le message que moi, j'entends puis, j'imagine, que mes
collègues entendent aussi depuis le 4 septembre dernier.
• (9
h 50) •
Et ce n'est certainement pas parce que la
première ministre a embauché un communicateur rattaché au Plan Nord, qui s'appelle
Marc-André Gosselin, le 22 octobre dernier… qui va changer quoi que ce
soit. Ça va prendre plus qu'un petit
gars pour rattraper tout le mal que vous avez fait, malheureusement, tout le
mal que vous avez fait, malheureusement, aux investisseurs.
Alors,
aujourd'hui, on va essayer de faire du rattrapage, on va essayer de trouver des
pistes de solution, on va essayer de
comprendre où vous vous en allez encore une fois là-dessus. Mais il reste que
le mal est fait, l'incertitude est créée,
en majuscules, et, dans ce contexte, les compagnies minières ne demandaient
rien de moins qu'un appui de votre part,
un appui de votre gouvernement, pas des messages contradictoires entre
différents ministres qui disent un jour : Le Plan Nord est enterré.
Le lendemain, on se réveille puis on dit : Mon Dieu! ce n'est peut-être
pas ça que j'aurais dû dire. Mme la première
ministre qui dit : Oui, oui, le développement du pétrole, on le souhaite,
mais, de l'autre côté, on a des ministres qui disent : Non, non,
non, on n'en veut pas chez nous.
Alors, dans ce contexte, M. le Président, on
va, oui, comme mon collègue de l'opposition officielle l'a mentionné, apporter des
questions qui, je crois, sont pertinentes, constructives aussi pour la suite
des choses, à savoir : Est-ce que, oui, le 200 millions pour
les infrastructures sera reconduit? Est-ce que tous les montants qui ont été
mentionnés, de l'ancienne administration, seront encore une fois reconduits
pour le Plan Nord? Et, dans ce contexte, on va travailler pour être capables, encore une fois, de peut-être
ramener un peu plus d'optimisme, donc, dans le dossier du Plan Nord et
on y travaillera dans les prochaines minutes, M. le Président. Merci.
Président (M. Paradis) : Merci, M. le
député de Granby. À ce moment-ci, pour une première question, M. le député de
Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Discussion générale
D'Amour : Merci,
M. le Président. Moi, je voudrais — peut-être
une question — revenir très brièvement sur un sujet qui a été abordé hier : la fameuse étude
de Price Waterhouse sur le modèle australien en regard des redevances. Est-ce
que la ministre peut nous dire si elle l'a vue? Est-ce qu'elle a consulté...
Est-ce qu'elle a pris connaissance de cette étude-là?
Le Président (M.
Paradis) : Mme la ministre.
Ouellet : Oui.
Merci, M. le Président. Oui, effectivement, j'ai vu l'étude et je me suis
engagée, et je crois que mes collègues également se sont engagés, que cette étude-là soit
rendue publique avec le document de consultation qui sera déposé, là, en
préparation de la tenue du forum sur les redevances.
Le Président (M.
Paradis) : M. le député de
Rivière-du-Loup.
M. D'Amour : ...bien parcouru ce document-là, je vous remercie, je vous
remercie beaucoup.
Sur la question du
Secrétariat au développement nordique, et vous me permettrez un bref préambule, M. le Président, je
me souviens très bien de l'intérêt majeur qui existait à ce moment-là.
Baie-Comeau, Sept-Îles, Port-Cartier, les maires se sont tous… Fermont, la mairesse de
Fermont était là, les maires se sont tous déplacés ici, à l'Assemblée
nationale, pour rencontrer le ministre de l'époque
des Ressources naturelles. Les gens souhaitaient cette société-là au nom des
groupes autochtones, au nom des communautés, et les députés du PQ étaient d'accord
avec le fait que la société devait être dans le Nord.
Depuis
le 4 septembre, les orientations ont changé. Je l'ai mis en évidence
tantôt, je n'ai pas l'intention de répéter tout ce que j'ai dit. Ce qui était important pour
les députés du PQ au moment où ils formaient l'opposition officielle ne
l'est plus aujourd'hui. Hein, la Société du Plan Nord, ce n'est plus un projet,
ce n'est pas... le projet de loi est mort au feuilleton,
on ne revient pas avec ça, c'est terminé. Le Secrétariat au développement
nordique, c'est une belle façon de décentraliser,
hein, on centralise à Québec. Il faudra bien que le gouvernement finisse par
nous expliquer exactement, là, de quoi il en tournera concernant ce
Secrétariat au développement nordique basé à Québec.
Moi, je veux savoir,
dans un premier temps, où est-ce qu'on en est rendu en regard de la création de
cette structure-là.
Ouellet : Oui.
Merci, M. le Président. Je suis bien contente que le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata me donne l'occasion
de revenir sur le Secrétariat au développement nordique parce qu'effectivement
nous en avons fait l'annonce à l'automne
passé et nous avons opté pour une structure qui est souple et qui s'adapte et
non pas de labureaucratisation comme
la Société du Plan Nord qui avait été proposée par l'ancien gouvernement
libéral. Il faut aussi se rendre
compte que cette société du Plan Nord était... avait à sa charge toutes les
infrastructures qui devaient être développées dans le Grand Nord, avec ce qu'on voit actuellement de corruption,
collusion dans l'industrie de la construction, et qu'on était en train de créer une société à part, avec
des règles à part, pour la construction. Je pense que le choix que le
nouveau gouvernement a fait d'une société du développement nordique, et la
question des infrastructures va continuer à être encadrée par le ministère des
Transports du Québec, est le choix le plus rigoureux qui pouvait être fait.
toutes les questions concernant la Société du développement nordique, nous
sommes à mettre en place cette nouvelle société qui va travailler en
complémentarité avec ce qui existe déjà dans les différents ministères, que ce
soit au ministère des Ressources naturelles, que ce soit au Secrétariat des
affaires autochtones, que ce soit au ministère des Transports du Québec ou au
ministère des Affaires municipales. Cette société-là va être une société qui va
être dotée d'une vingtaine d'effectifs, qui
effectivement, comme c'est un secrétariat au développement nordique, va être
située à Québec, mais elle va avoir des antennes tant dans le territoire
de la Baie-James que sur la Côte-Nord et continuera à avoir, là, son
financement de ce qui avait déjà été prévu comme argent avec le Fonds du Plan
Nord.
Donc,
il est très clair que nous allons mettre en place un plan d'action très
concret, qui va comporter différents volets, je
peux vous en nommer quelques-uns, très certainement une analyse sur le
financement des infrastructures nordiques.
Le modèle de l'ancien gouvernement où tout était payé par les Québécois et
Québécoises pour une route qui était dédiée aux minières, c'est un
modèle que nous croyons qui n'est pas acceptable, qui est irresponsable de la
part du gouvernement. Et d'ailleurs c'est pour ça que nous avons renégocié la
route des monts Otish. Nous devons donc analyser un nouveau...
Le Président (M.
Paradis) : Est-ce que c'est une
question de règlement?
M. D'Amour : Bien, enfin, en quelque sorte. Je veux simplement rappeler
ma question.
Le Président (M.
Paradis) : Il n'y a pas de quelque
sorte, là, M. le député de Rivière-du-Loup, c'est un...
M. D'Amour : Je veux rappeler ma question, je n'ai pas...
Le Président (M. Paradis) : Ce n'est pas une question de règlement. Mme la ministre,
veuillez poursuivre.
Mme Ouellet : Merci, M. le Président. Il est très
clair qu'effectivement tout le corridor ferroviaire entre Sept-Îles et Schefferville est stratégique pour pouvoir avoir le
développement des mines dans le Nord. Et, lorsqu'on voit la décision du CN
aujourd'hui, ce n'est pas tellement surprenant, parce que, dans son projet, le
CN, elle n'avait pas, là, encore... l'accord
de l'ensemble des minières, parce que les minières… ce n'est pas toutes les
minières qui aimaient ce modèle d'affaires
là. Donc, pour qu'un projet puisse réussir, ça prend un accès équitable au
territoire. Nous devons donc revoir
le modèle d'affaires. Et le projet du CN était un projet privé mais financé par
la Caisse de dépôt du Québec, donc une espèce
d'amalgame bizarre. Donc, je crois que nous devons revoir le modèle d'affaires
du côté du chemin de fer et de faire en sorte que nous puissions mettre
en place des infrastructures qui permettent un accès équitable au territoire.
y a un modèle qui existe, qui est très intéressant. Et j'ai eu l'occasion, lors
de mon déplacement à Sept-Îles, d'avoir plus
d'information sur ce modèle-là et le modèle du port de Sept-Îles où le port de
Sept-Îles — parce qu'il y a le chemin de fer, mais après ça il
y a le port aussi qui est nécessaire, c'est l'accès, là, aux marchés
internationaux — a développé un
nouveau quai, et ce quai-là est un quai public qui appartient au port de
Sept-Îles, mais qui sera financé par l'entreprise
privée en fonction de ses besoins. Et j'ai rencontré plusieurs partenaires de
ce projet-là, et tout le monde est satisfait du modèle d'affaires et de
la façon dont les choses se sont déroulées. Et je pense que ça s'est déroulé
très rondement. Je pense que c'est un modèle
à regarder avec plus de détails. Il y a d'autres modèles à regarder, mais
celui-là en particulier.
vous dirais aussi, on a une attention particulière à une communauté, plusieurs
communautés mais une en particulier, je vous dirais, qui vit vraiment un boom
économique actuellement, qui est la municipalité de Fermont. La municipalité de
Fermont, je pense qu'il est important que, très proactivement, nous puissions
appuyer la municipalité de Fermont pour trouver
des solutions à l'expansion qu'elle vit actuellement avec l'ensemble des
projets miniers, surtout de fer, qui
sont déjà en cours, mais d'autres qui s'en viennent. Donc, il va être important
de travailler en accompagnement de la municipalité de Fermont et des
autres municipalités, mais celle-là en particulier.
Président (M. Paradis) : ...tente d'équilibrer
à ce moment-ci.
Ouellet : Je vais nommer les deux
autres volets, puis, s'ils veulent plus d'information, il y a...
Président (M. Paradis) : Ça va.
Mme Ouellet : ...d'information, ça me fera plaisir.
Il y a le volet Formation où j'ai une préoccupation particulière de la formation délocalisée puis de s'assurer
que les travailleurs puissent avoir de l'emploi, et, à moyen terme, le
développement d'une politique de développement nordique.
Président (M. Paradis) : Merci, Mme la ministre. M.
le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
(10 heures) •
M. D'Amour : M. le Président, il y a des limites à
rire du monde, là. Et je pense qu'il faut dire les vraies affaires, là. Ce que...
Quand j'entends la ministre, là, elle tente de donner l'impression à tout le
monde, là, qu'il y a juste elle qui a raison puis qu'on est tous dans l'erreur.
L'association des minières manifeste bruyamment son inquiétude, l'association
des explorateurs miniers, c'est la même
chose. La Fédération des chambres de commerce, hier j'ai mis en évidence un
certain nombre d'investissements en danger,
compromis, en veilleuse, compte tenu de l'attitude du gouvernement. Pourtant,
j'ai posé rien qu'une question, là, sur le
Secrétariat au développement nordique. On fait des grands détours jusqu'à l'an
prochain.
Ce qui est dans Le Devoir ce matin sur
la première page, j'espère que la ministre l'a lu, ça fait clairement référence à l'incertitude. L'incertitude, hein? Le CN dit :
On parle aux minières. Les projets sont en veilleuse. Les projets sont
compromis. Est-ce qu'on va investir? Le projet est compromis, le train a
déraillé. Le gouvernement, M. le Président, a annoncé un secrétariat au
développement nordique. Le 6 décembre, la ministre a organisé une première
rencontre. Savez-vous, M. le Président, que
la ministre responsable des Affaires autochtones n'était même pas présente, n'était
même pas présente? On a organisé cette rencontre-là à des fins cosmétiques.
J'ai posé une question à la ministre, ma foi,
qui est simple : On en est rendus où dans la création du secrétariat? Hein, les députés du Parti québécois de cette
région-là, comtés de Duplessis, Ungava — je n'ai pas inventé ça, là,
je l'ai lu, hein, les documents sont devant moi, là — à l'époque, ils
disaient… ils exigeaient que le président-directeur général soit là; ils vivent dans
le Nord, ce qui était tout à fait logique. Les
maires le réclamaient. La députée de Duplessis
va même jusqu'à dire : Ce que la
population et les élus veulent, c'est d'avoir une voix à Québec et que les
projets avancent. Une voix à Québec,
est-ce qu'on n'est pas des députés pour ça? Nous sommes, hein, la voix des
régions au Parlement, puis c'est
comme ça que ça se passe à Québec. Aujourd'hui, là, elle dit : On n'avait
pas besoin d'une société qui n'aurait pas donné les effets voulus. «"Les
municipalités — c'est grave, là — seront mieux servies avec
un secrétariat à Québec", assure [la députée de Duplessis]», dans Le
Nord-Est , la date, le 3 novembre 2012.
Mais qu'est-ce qui a bien
pu se passer? Est-ce que c'est dans l'eau? Je ne sais pas. Un jour, les députés réclament à hauts cris,
puis, le lendemain… au lendemain d'une élection, bien là ce n'est plus
important que le président-directeur général
soit installé dans le Nord. On se contente du fait qu'il soit installé à
Québec, puis on va téléguider le développement. Puis on organise une rencontre cosmétique le 6 décembre, on n'invite pas
la ministre responsable des Affaires autochtones. On l'oublie ou on la
met de côté volontairement, je ne le sais pas.
M. le Président, je pense que ma question, là,
elle est ciblée, là. Le secrétariat, là, le secrétariat qui doit coordonner le développement du Plan Nord, on en
est où? Ça va prendre quelle forme, cette structure-là? Est-ce qu'au
moins on a une adresse? On a-tu un numéro de téléphone, ou s'il va falloir
faire un autre forum ou un sommet pour en définir les paramètres quelque part
en automne 2013?
Président (M. Paradis) : Mme la
ministre.
Mme Ouellet : Oui. Merci, M. le Président. Le
député de Rivière-du-Loup—Témiscouata peut bien
s'époumoner, mais le Secrétariat au
développement nordique existe. Je vous présente, ici, Christian Dubois, qui est
le secrétaire associé au Secrétariat au développement nordique, ainsi qu'une
partie de son équipe. Ils sont déjà à pied d'oeuvre. Nous nous sommes déjà
réunis avec les députés directement impliqués avec le développement nordique,
dont mon adjoint parlementaire au
développement nordique, le député d'Ungava, un territoire concerné, s'il en est
un, avec les députés de la Côte-Nord également. Donc, le secrétariat
fait son travail, avance.
nous avons un plan d'action très concret qui vise des problématiques très
concrètes, qui sont des éléments essentiels
pour le développement du Nord tant au niveau des infrastructures qu'au niveau
du support des communautés. Nous,
nous travaillons dans le concret. Nous travaillons sur le terrain, au lieu de
faire du marketing. Et ça, c'est vraiment la différence entre l'ancien
gouvernement et le nouveau gouvernement. Nous serons sur le terrain pour
proposer des solutions concrètes plutôt qu'aller
faire le tour de la planète en faisant du marketing. Donc, ça, c'est la vraie
différence. Je comprends que peut-être ce n'est
pas ce que souhaite entendre le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata, mais
c'est ça, la réalité.
Et, pour revenir un peu… Parce qu'il n'a pas
arrêté de dire que les projets ne se réalisaient pas puis d'essayer de faire l'épouvantail,
encore, de la peur. Bien, moi, je peux vous dire, M. le Président, que les
projets se réalisent : le projet de Tata Steel, avec son projet de
Direct Shipping Ore, qui est à Schefferville, est en construction actuellement;
le projet de Québec Lithium, pour une
nouvelle mine de lithium, un minerai d'avenir, est en construction
actuellement; le projet de Nunavik
Nickel, qui est complètement à la baie d'Ungava, au Nord, est en construction
actuellement; le projet d'Éléonor, une
mine d'or sur le territoire de la Baie-James, de mon collègue ici, une très
belle mine d'or, est en constructionactuellement;
le projet de Goldex est en train de se rétablir, actuellement. Donc, c'est tout
à fait faux d'affirmer que les projets ne vont pas de l'avant; les
projets vont de l'avant en fonction du prix des métaux.
Et plusieurs autres projets sont en étude de
faisabilité : un autre projet de Tata Steel, à Taconite, Schefferville, 4,7 milliards
d'investissement; un projet de WISCO, lac Adriana... Adriana, au lac Otelnuk,
13 milliards d'investissement, en
étude de faisabilité au niveau du fer; un projet de nickel dans le bout d'Amos.
Plusieurs projets au niveau des terres rares sont en étude de faisabilité actuellement. Et c'est certain qu'en
fonction des coûts qui vont être estimés puis en fonction de la prévision
du prix du minerai concerné, bien des décisions vont se prendre, des décisions
d'affaires vont se prendre.
Donc,
tout à fait, les projets, les projets dont les coûts sont rentables, se
poursuivent. Et ce qui décide de la réalisation
ou non d'un projet, c'est le prix des métaux. Et là le prix des métaux est
encore très bon. Le prix du fer s'est vraiment
relevé, parce qu'il avait atteint 150 $, 180 $ la tonne. Il avait eu
une baisse l'année passée, autour de 120 $, mais il s'est raffermi
à 150 $ la tonne. Donc, c'est une bonne nouvelle. Le prix de l'or s'est
maintenu dans les derniers mois. Donc, ce sont des bonnes nouvelles pour les
projets miniers.
Et moi, je crois qu'effectivement, sur le
lien ferroviaire, on a du travail à faire. Mais il y a plusieurs options qui s'offrent. L'option du CN était une option. Il y a d'autres
options qui étaient regardées par des entreprises privées. Il y a des liens ferroviaires déjà existants qui ne
sont pas utilisés à pleine capacité. Est-ce qu'il est possible de regarder
l'option d'utiliser à pleine capacité?
Est-ce qu'on peut travailler avec les partenaires qui sont là? Rien de ça n'a
été fait. Moi, quand je suis arrivée
au ministère des Ressources naturelles, aucune analyse, aucune étude n'existait
sur les différentes options possibles pour le chemin de fer entre
Sept-Îles et Schefferville. Donc, je pense qu'on n'a pas vraiment de leçons à
recevoir des gens d'en face. Merci, M. le Président.
Président (M. Paradis) : M. le député
de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
D'Amour : M. le Président, il serait
intéressant que les réponses soient un peu plus courtes, un peu plus
concentrées, hein, sur les questions que j'ai posées.
Dans
un premier temps, là, la ministre fait la liste des projets en route, hein? C'est
des projets que l'ancien gouvernement avait annoncés, avait mis sur pied. Les
investissements avaient été dévoilés publiquement, avec le nombre d'emplois. C'est les projets de l'ancien
gouvernement dont elle parle. Les nouveaux projets, depuis le
4 septembre dernier, la réalité, c'est qu'il n'y en a aucun, puis, s'il y
en a un, là, bien, elle pourra sans doute le mentionner.
Je voudrais revenir sur le plan d'action.
Elle a parlé d'un plan d'action du Secrétariat au développement nordique. Vous me
permettrez, M. le Président, de demander, de réclamer le dépôt de ce plan d'action
séance tenante, s'il vous plaît.
Président (M. Paradis) : Mme la
ministre, quant à la question posée.
Ouellet : …
Président (M. Paradis) : Vous voulez
répéter?
D'Amour : La question est simple, le
fameux plan d'action... Bien, je vais revenir, parce que la ministre échangeait
avec les membres de son personnel. Ce que je disais, ça va me donner l'occasion
de le répéter, les investissements dont elle vient de
parler, c'est des investissements qui ont été annoncés par l'ancien
gouvernement. La création d'emplois s'est
faite à ce moment-là. Les investissements privés, majeurs et importants, la
réalité, c'est que, depuis le
4 septembre, là, il n'y en a pas eu, de nouveaux projets, qui sont
arrivés. Et ce que je réclamais de la part de la ministre, c'est... Elle a parlé d'un plan d'action tout à l'heure, le
plan d'action du Secrétariat au développement nordique, on aimerait qu'elle
le dépose maintenant, ce plan d'action.
Président (M. Paradis) : Mme la
ministre.
Ouellet : Oui. Merci, M. le
Président. Ça me fera plaisir de le déposer en temps et lieu. Là, ce que je
vous donnais, c'est les grandes lignes du plan d'action. Je n'ai pas de
document, là, en format pour être capable de le déposer, mais ça me fera
plaisir de le déposer en temps et lieu.
Et, concernant les investissements, je
voudrais juste un petit peu rectifier les propos du député de Rivière-du-Loup—Témiscouata : les annonces d'investissement ne
sont jamais des annonces gouvernementales. Ce ne sont pas des investissements
du gouvernement, ce sont les entreprises... ce sont des entreprises qui
annoncent...
Le Président (M. Paradis) : Mme la ministre, Mme la ministre, j'ai
une question de règlement. Est-ce que c'est
une question de règlement?
M. D'Amour : J'ai demandé le dépôt d'un document
où elle a clairement fait référence à son existence, le plan d'action. Je pense que c'est notre droit, notre
privilège de le réclamer, ce dépôt. Nous voulons le plan d'action.
Le Président (M. Paradis) : À ce moment-ci, là, elle n'a pas
cité, en
partie ou en totalité, un document, elle a fait mention d'un document. Elle nous dit qu'elle ne l'a pas avec
elle. Moi, je dois prendre sa parole à ce moment-là. Mme la ministre.
Ouellet : Merci, M. le Président. Je
pense que vous avez très bien répondu à la question du député de
Rivière-du-Loup—Témiscouata.
D'Amour : En réalité...
Président (M. Paradis) : Oui?
M. D'Amour : En réalité, en réalité, c'est que le
mandat n'existe pas. Moi, là, si j'étais ministre puis j'avais un plan d'action entre les...
Président (M. Paradis) : Je m'excuse,
M. le député…
D'Amour : ...
Président (M. Paradis) : M. le député
de Rivière-du-Loup...
D'Amour : ...
Le Président (M. Paradis) : M. le député de Rivière-du-Loup, on
se doit de prendre la parole des députés en
cette Chambre. Quand un député, un ministre
affirme quelque chose, on n'a pas le choix, on peut être en désaccord, mais
on se doit d'accepter sa parole. Mme la ministre.
Mme Ouellet : Oui. Bien, je pense que... Je ne sais
pas si le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata a lu sa revue de presse de l'automne
passé, mais très clairement vous avez eu un communiqué de presse qui annonçait
le Secrétariat du développement nordique et qui annonçait quelle serait
la mission du Secrétariat au développement nordique; donc, je pense que c'est
très clair.
Et le secrétariat est en train de se mettre
en place, et les effectifs aussi sont en train de se mettre en place. Parce que, vous savez,
nous avons hérité et nous avons dû gérer la transition, c'est souvent ça, le
travail d'un nouveau gouvernement. Et
là nous organisons, et les effectifs commencent à être organisés et à pouvoir,
là, répondre à l'ensemble des mandats. Mais,
les mandats que je leur ai donnés, je vous ai fourni l'information sur les
priorités; et ça nous fera plaisir de mettre ça éventuellement dans un
format et de le rendre public en bonne et due forme, avec un communiqué de
presse.
Président (M. Paradis) : M. le député
de Rivière-du-Loup, une dernière intervention dans ce bloc.
(10 h 10) •
D'Amour : Voyez-vous, M. le
Président, c'est qu'on pellette constamment en avant : pas d'encadrement législatif en regard des mines, on reporte ça dans
le cadre d'un éventuel forum quelque part au printemps. On n'a pas de
vision sur les redevances maintenant, on pellette ça en avant, hein? 8 %,
10 %, 15 %, 20 %, on ne le sait pas.
Le secrétariat, moi, j'interroge la ministre
sur un plan d'action, elle me répond par un communiqué de presse émis l'automne dernier. Or, c'est clair dans mon esprit
que le mandat n'est pas clair, on ne sait pas où on s'en va, qu'on improvise.
Dans ce cas-là, là, c'est une improvisation absolue.
constats... Et ce n'est pas le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata qui l'affirme,
le député de Granby a... Le Devoir , lui aussi, en a parlé ce matin :
on suspend une participation au Plan Nord, un projet de millions de dollars. Puis aujourd'hui, bien, on le voit, l'effet
du secrétariat, on le voit, l'effet du secrétariat : quelqu'un qui y
travaille, mais on ne connaît pas encore l'équipe
au complet. On est en train d'organiser ça. On fait une rencontre sur le
secrétariat le 6 décembre, mais on n'a pas
cru bon inviter la ministre des Affaires autochtones. Elle n'était pas là, c'est
écrit noir sur blanc.
C'est
ça, l'ensemble. C'est de constamment pelleter en avant. Puis là, le
secrétariat, on va nous revenir, on va nous revenir avec le plan d'action, on va nous revenir
avec les orientations. C'est un flou artistique absolument démentiel. C'est
une séance d'improvisation de mauvais goût à laquelle on est soumis. C'était
comme ça hier, c'est encore comme ça aujourd'hui.
Malheureusement, malheureusement, on doit faire ce constat. Et, pendant
ce temps-là, bien, tout le monde est inquiet. Tout le monde est inquiet, M. le
Président. C'est ma conclusion. Je vais revenir au prochain bloc avec d'autres
questions sur d'autres aspects du Nord.
Président (M. Paradis) : Le temps du bloc est écoulé, mais, Mme la ministre, si vous avez
quelque chose à ajouter pour rééquilibrer le
débat.
M. D'Amour : Sur son temps. Sur le temps du gouvernement.
Mme Ouellet : Je pense qu'il n'y a rien à rajouter aux propos du député
de Rivière-du-Loup—Témiscouata. Il fait dans le négatif total.
Président (M. Paradis) : À ce moment-ci, pour une première intervention du côté des questions, je reconnaîtrais, du côté gouvernemental, le député d'Ungava.
M. Ferland : Merci. Merci, M. le Président. Toujours... Bien, je suis
épaté d'entendre encore le député de Rivière-du-Loup
un peu se déguiser en Jean de Brébeuf pour pouvoir développer cet immense
territoire là qu'est le Nord. À ce
que je sache, il y a eu un rendez-vous le 4 septembre par... On a connu...
Le député de Rivière-du-Loup se plaît à demeurer dans l'ambiance
de l'ancien gouvernement, je peux le comprendre, et dans l'ambiance du Plan
Nord. J'entends ses questions, j'entends
ses commentaires, j'entends très bien ses revendications et je reviens au
rendez-vous du4 septembre :
si le plan concocté, imaginé par l'ancien gouvernement et l'ancien premier
ministre avait été aussi bon qu'ils le
disent, de un, pour les communautés des régions nordiques, bien, le 4 septembre
au soir, je pense qu'on aurait retrouvé ici, au salon bleu, trois députés... ou trois représentants du Parti
libéral. Mais heureusement ce n'est pas ça qui s'est passé. Je prends ma
collègue de Duplessis, je prends mon collègue de René-Lévesque ainsi que votre
humble serviteur, nous avons été reconduits par nos populations respectives
pour un autre mandat. Alors, moi, je pense qu'il faut là faire un constat pour
l'ancien gouvernement et le parti d'opposition officielle par rapport à l'élaboration
et à ce qu'ils avaient imaginé pour le développement nordique. Alors, les gens
ont fait le constat.
y a eu une élection, il y a eu une campagne électorale. Je l'ai faite, moi, M.
le Président, principalement sur le
développement nordique. J'habite ce territoire-là. Moi, je pense... Et mes deux
collègues que je viens de mentionner, de Duplessis et de René-Lévesque,
habitent également cet immense territoire là. Et je pense connaître un petit
peu la mentalité, que ce soit... Moi, je vais parler de ma région, qui est une
circonscription… la région Nord-du-Québec, la circonscription d'Ungava, qui est
55 % du territoire géographique du Québec, à l'intérieur de laquelle on
retrouve le territoire du Nunavik, où habitent les Inuits, mais aussi des
Québécois qui travaillent sur le territoire, qui habitent là à l'année. Et il y a 14 villages. Il y a le
territoire de la Baie-James, où on retrouve les neuf communautés cries, et il y
a les villes et localités de la Jamésie. Alors, tout ce beau monde
là — moi, ça fait 33 ans que j'habite là — je les
connais un petit peu.
je peux vous dire aussi, M. le Président, que même le maire de
Lebel-sur-Quévillon, qui était mon adversaire libéral... je ne suis pas sûr que c'est un
libéral, mais en tout cas je pense que... Mais il reste que mon adversaire a
été le premier, à l'automne,
publiquement, chez nous, à reconnaître le travail que je faisais ici, à Québec,
pour représenter de façon la plus correcte possible les intérêts de nos
communautés, les intérêts des gens que je représente.
fais cette parenthèse-là, M. le Président, elle est importante, parce que j'entends le député de Rivière-du-Loup, depuis notre retour après l'élection du
4 septembre, à l'automne… J'ai eu l'occasion de l'entendre en
interpellation l'automne passé, je crois, si
je ne me trompe pas, et, bon… Et, oui, j'ai participé, bien entendu, comme
député et membre de la commission
parlementaire, au débat qui avait eu lieu sur le projet de loi n° 79, n° 14 et le projet de loi n° 27. Mais, quand j'entends le
député de Rivière-du-Loup dire : Bien, nous, la Société du Plan Nord, c'était
clair, c'était sur le territoire, c'était...
M. le Président, j'aimerais ça que le député de Rivière-du-Loup me sorte un
écrit, un article, ou quoi que ce soit, de l'ancien gouvernement, qui
dit que la Société du Plan Nord serait installée ou aurait été installée, je ne
le sais pas, moi, à Sept-Îles, à Baie-Comeau, à Rivière-du-Loup. Jamais eu d'écrit
là-dessus, jamais, jamais eu d'écrit là-dessus. On a questionné, jamais on n'en
eu, d'écrit là-dessus.
Bon,
on peut présumer des intentions... Je vois le député de Rivière-du-Loup qui
opine du bonnet un peu, l'autre côté, je peux
le comprendre, ça l'excite, ce que je dis. Mais je dois vous dire, M. le
Président, que j'ai beaucoup de difficultés à concevoir le député de
Rivière-du-Loup dans sa démarche de Jean de Brébeuf pour continuer à faire
la promotion du Plan Nord concocté par le
gouvernement, alors que, nous, de ce côté-ci, même lorsque le Plan Nord
avait été adopté, M. le Président...
Le Président (M.
Paradis) : ...
M. Ferland : J'arrivais à ma question.
Président (M. Paradis) : J'ai tenté d'inviter
les gens, là, à poser des questions brèves. Votre question, là, ça fait cinq
minutes. Je ne veux pas vous arrêter, c'est votre droit de parole, mais est-ce
que vous avez une question pour la ministre?
Ferland : Oui, oui, j'y arrivais.
Président (M. Paradis) : Ça va?
Ferland : C'est important de...
Président (M. Paradis) : Non, non…
Ferland : Quand je vais poser la
question, les gens vont comprendre très bien ma question.
Président (M. Paradis) : Ça va.
Ferland : Vous savez, M. le
Président...
Président (M. Paradis) : Je fais
partie des gens qui tentent de comprendre.
M. Ferland : Oui, oui. Définitivement. Non, mais
il y a des gens qui nous écoutent. D'ailleurs, je sais que vous, vous comprenez exactement ce que je veux dire…
Président (M. Paradis) : Oui.
M. Ferland : … et les gens d'en face comprennent
très bien. Mais il y a des gens qui nous écoutent, il faut que ça soit important.
Parce que le député de Rivière-du-Loup utilise aussi cette tribune-là pour
lancer les messages, et, bon, moi, je veux que les gens comprennent très
bien.
Donc,
dans la reprise… c'est-à-dire la reprise, c'est-à-dire quand on se fait
questionner sur le Secrétariat au développement nordique, qu'est-ce que ça va
faire? La différence, M. le Président, pour répondre un peu à la question — j'ai une question aussi, bien entendu, à la ministre à cet effet-là — bien, nous, au lieu d'aller faire la promotion du
développement des territoires nordiques partout à l'extérieur des territoires
nordiques, partout sur la planète, bien,
il est évident que les premiers, par respect pour les populations concernées…
que ça soit les Innus, que ça soit les Naskapis,
les Inuits, les Cris, les Jamésiens, les Nord-Côtiers, par respect pour les
populations qui habitent le territoire là où on exploite les ressources, et ainsi de suite, bien, je pense que c'est
les premiers à qui on doit s'adresser pour présenter le secrétariat, le
plan d'action, ainsi de suite. Ça se fera de façon correcte, simultanée.
Mais moi, je me faisais questionner, M. le
Président, constamment l'an passé : M. le député, on entend parler du Plan Nord partout, à la TV, dans les journaux; nous, on
veut bien participer — je parle des gens de chez nous, là, de la région, là — on veut s'impliquer, on
ne sait pas comment faire, on n'a aucune information. On avait un petit
problème.
Alors
que, nous, notre approche... Et la ministre l'a très bien mentionné tout à l'heure :
Oui, on va continuer à accompagner… Les
ministères concernés vont accompagner les minières, les grandes entreprises, ce
qui a toujours été fait. Le
Secrétariat au développement nordique va plutôt accompagner les communautés. C'est
souvent eux qui ont besoin d'un accompagnement, qui ont besoin qu'on s'assure
qu'ils aient les ressources humaines et financières pour être capables de se
préparer à ces développements-là, ce qui n'était pas le cas auparavant. Donc,
on va mettre l'accent sur ces choses-là.
Mais
on n'a pas rien fait depuis ce temps-là. Et ma question est la suivante...
Parce que, même si le député de Rivière-du-Loup
dit qu'il n'y a plus aucune annonce... Je veux bien, là, mais une compagnie
minière, là, elle n'annoncera pas un projet en l'espace de deux mois,
hein? Malheureusement, on n'a pas le temps aussi d'expliquer au député de Rivière-du-Loup comment ça se fait... comment se
font les différentes étapes qui en viennent à l'annonce officielle d'une
nouvelle mine, et ainsi de suite. Donc, il y
a beaucoup, beaucoup d'étapes, ça peut prendre 10 ans. Alors, ça veut dire
une chose : les projets qui ont été
annoncés par l'ancien gouvernement, c'étaient tous des projets, M. le
Président, que, chez nous, les gens chez nous, les gens d'affaires, tout
le monde connaissaient depuis 10, 15, 20 ans. Le prix des métaux a monté,
c'était le fun. Et bien sûr les projets ont vu le jour avec l'augmentation du
prix des métaux. C'est ça qui s'est passé, tout simplement.
(10 h 20) •
Chez
nous, allez sur le terrain, allez sur le terrain, j'invite le député de
Rivière-du-Loup à venir un peu dans le Nord, là, parce que parler du Nord à
partir du Sud, des fois c'est plus compliqué, on peut se tromper, ça se peut.
Je sais qu'il le fait de bonne foi, mais on
peut se tromper. Alors, je l'invite à venir dans le Nord pour écouter les gens,
et il va découvrir que les projets
qui avaient été annoncés l'année passée ou voilà deux ans, c'est tous des
projets... moi, je n'ai pas tombé en
bas de ma chaise sur aucun projet. Et, bonne nouvelle, bonne nouvelle, la
ministre... Moi, personnellement aussi, j'ai rencontré, avec la ministre
également à quelques occasions, des dirigeants, des présidents d'entreprises
minières à nombres reprises. À ce que je sache, il n'y en a pas un à date qui
nous a mentionné qu'il mettrait fin à son projet; au contraire, au contraire.
Alors, M. le Président, il y a des choses qu'on a réglées,
mais... La ministre est allée... Parce que, dès qu'on a pris le pouvoir, au début... le 4 septembre au soir,
le 5, à l'automne dernier, on a repris les discussions avec les Premières Nations, on a repris les discussions avec les
communautés locales, et il y a eu un... J'aimerais que la ministre nous
parle un peu de l'importance de ce projet-là
pour les gens de Havre-Saint-Pierre. Il y a eu des dossiers... il y en a eu un
en particulier qu'on a réglé… que la
ministre a réglé avec d'autres de ses collègues, le quartier général de
Havre-Saint-Pierre, on a réglé ça, l'annonce
a été faite. Ça avait été laissé un peu à l'abandon. Vous voyez un bel exemple
là de l'ancien gouvernement, où on annonçait des grands projets à La
Romaine et on laissait les communautés locales complètement à la merci… donc aucun accompagnement, zéro d'accompagnement.
Qu'est-ce que la ministre a fait puis notre gouvernement fait dès notre
prise de pouvoir à l'automne dernier? On est allés sur le terrain et on a
constaté, on a écouté les gens; il y avait un problème.
Alors,
Mme la ministre, moi, j'aimerais peut-être que vous parliez un peu de la façon
dont ça s'est fait, l'écoute qu'on a eue, et l'importance
pour les gens de Havre-Saint-Pierre, je prends juste ce projet-là, il y en aura
d'autres, l'importance pour les gens de Havre-Saint-Pierre et les gens de la
Côte-Nord pour l'annonce du quartier général à Havre-Saint-Pierre.
Président (M. Paradis) : Oui, madame, comme la question a pris un peu plus de 10 minutes,
vous n'aurez pas, là, l'équilibre nécessaire
pour répondre. Ça va?
Mme Ouellet : Tout à fait.
Le Président (M.
Paradis) : Merci.
Ouellet : Merci,
M. le Président. Effectivement, c'est un exemple très précis d'actions
concrètes que nous avons menées sur le terrain. Ça a été un travail qui a été fait sur, là,
toute la question de la localisation du centre de services d'Hydro-Québec à Havre-Saint-Pierre. C'est un
travail qui a été fait en collaboration avec la députée de Duplessis,
avec le ministre responsable de la région à
l'époque. Il y a eu différentes rencontres. Moi, j'ai rencontré à quelques
reprises les intervenants du milieu,
incluant les élus locaux, des représentants économiques du milieu. Les
représentants économiques, ça devrait
sonner des cloches aux gens d'en face qui venaient nous faire de la
représentation que c'était nécessaire pour le développement économique de la région, parce que, des projets
structurants comme la Romaine, bien, si on veut qu'il y ait un impact
dans le milieu, surtout lorsqu'on parle de la Basse-Côte-Nord, comme
Havre-Saint-Pierre, c'est important que les retombées économiques soient dans
la municipalité de cette région-là.
Donc,
nous sommes intervenus très rapidement et nous avons convaincu Hydro-Québec de
localiser son centre de services à Havre-Saint-Pierre pour faire en sorte
que les travailleurs, les familles puissent être dans le milieu de vie
de Havre-Saint-Pierre, pour que tous les
services connexes qui en découlent bénéficient de ces retombées économiques
là et d'essayer de maximiser la rétention
des travailleurs. C'est certain que, si le centre de services est localisé à
l'extérieur, bien, ça risque de favoriser
les travailleurs qui vont migrer, donc qui ne resteront pas sur place. Si on
fait un centre de services qui est
dans la localité, avec des écoles, des CPE qui sont accessibles, avec toute une
vie communautaire…
Parce que, vous savez, dans cette
région-là, et j'ai eu l'occasion de me rendre sur
place, il y a des attraits très intéressants
pour des gens qui aiment le plein air. Les gens me disaient à quel point ils pouvaient
profiter du plein air, profiter des activités en termes de qualité de vie, c'est extraordinaire. Donc, justement, de faire en sorte que les travailleurs
décident de s'installer avec leurs familles dans le milieu de vie… et c'est ça qui
fait toute la différence. C'est ça qu'on dit : Il faut travailler en
accompagnement; oui, en accompagnement des entreprises, mais en
accompagnement des communautés également. Donc, c'est de cette façon-là que
nous voulons travailler le développement du Nord.
Malheureusement, nous
avons dû intervenir en réaction dans ce cas-là, parce que ça n'avait pas été
travaillé, il n'y avait pas eu d'écoute
précédemment. Les gens, lorsqu'ils sont venus nous rencontrer, ils étaient aux
abois. Donc, ce n'est pas de cette façon-là que nous souhaitons
travailler, nous préférons prévenir; ça paraît moins, mais c'est plus efficace
puis c'est beaucoup plus harmonieux sur le terrain.
Donc,
c'est sûr que nous avons dû redresser un certain nombre de dossiers; c'est ça
lorsqu'on prend le pouvoir après neuf ans de règne libéral. Mais nous allons
travailler pour développer une façon d'accompagner les communautés pour
que ce soit clair, tant pour les entreprises et pour les communautés, comment
le développement économique va se faire dans les régions.
Le Président (M. Paradis) : M. le député d'Ungava, en tentant d'être
un peu plus bref dans votre prochaine question.
M. Ferland : Bien, je vais être un petit peu plus... Non, c'est parce
que j'avais fait... Mais là il reste, quoi, quatre minutes, M. le Président?
Le Président (M.
Paradis) : Non, il reste
6 min 30 s.
M. Ferland : Ah! j'ai amplement le temps. J'avais une autre...
Le Président (M.
Paradis) : Mais il est supposé d'en
avoir la moitié pour Mme la ministre là-dessus, là.
M. Ferland : On va s'occuper du partage, M. le Président.
Président (M. Paradis) : Ça va.
M. Ferland : D'ailleurs, j'ai toujours dit que le Nord devrait se
développer de façon équitable, harmonieuse, respectueuse
et transparente, donc les quatre thèmes importants. Et, nous, de ce côté-ci, c'est
à partir de ces éléments-là, de ces choses-là qu'on va développer, avec
les gens de la région, les territoires nordiques.
L'autre
élément que le député avait fait part tout à l'heure, c'est — et il a parlé l'automne passé à
maintes reprises, il a même fait une sortie
dans les journaux — sur la route des monts Otish, chez nous, dans mon comté,
dans ma circonscription. J'ai les deux pieds
dedans, là, avec les responsables, les dirigeants de la région, les élus, les...
Je vous dis bien honnêtement, M. le
Président : Il est évident que ça n'a pas été un dossier facile. Je vous
le dis tout de suite : Ça n'a pas été facile. Par contre, quand j'entendais
le député de Rivière-du-Loup parler que le gouvernement du Parti québécois construirait une trail... je ne me rappelle plus
du terme, là, mais ce n'était pas «caribou», là, il avait
quatre pattes, mais ce n'était pas «caribou», O.K.,
alors c'est tout à fait faux, M. le Président.
La différence, c'est
que nous, on s'est assurés que le projet puisse se terminer, que la route...
que le projet diamantifère, le premier au
Québec, ne soit pas compromis, mis en péril, ce qui n'est pas le cas, il est en
train de se faire, O.K., et que la
route se poursuive. Et la beauté de ça, savez-vous, M. le Président? Parce qu'on
a — et ma question s'adresse à la ministre, là-dessus — revu l'entente,
hein, avec la compagnie, ma question va être là-dessus. Donc, le projet va se
réaliser, les retombées économiques de la suite de la route, 80,
90 kilomètres, 100 % locales, régionales, tous des entrepreneurs. La
compagnie minière a demandé à l'entreprise forestière Chantiers de Chibougamau
d'être le maître d'oeuvre. Ils sont habitués
à construire des routes forestières, des routes qu'on dit, entre guillemets,
accès ressources. Et ça va être une
route sécuritaire, et ainsi de suite. Mais ma question à la ministre, M. le
Président : J'aimerais que la ministre nous explique un peu dans quel cadre ça s'est fait puis dans quelles
circonstances pour qu'on ramène ça puis qu'on sauve aussi des sous aux contribuables; on parlait de
124, 125 millions. Alors, Mme la ministre, j'aimerais vous entendre
là-dessus.
Le Président (M.
Paradis) : Mme la ministre.
Ouellet : Oui.
Merci, M. le Président. C'est un autre bel exemple, très concret, où nous
sommes intervenus très rapidement. Il y avait des dépassements de coûts épouvantables
parce que l'ancien gouvernement libéral ne faisait aucun suivi des projets. Et là nous étions passés
de 260 000 à 330 000, à 430 000... des millions, excusez,
de dépenses, et nous avons dit :
On ne peut pas continuer comme ça, avoir des dépassements. Et tous les
dépassements de coûts étaient à la charge du gouvernement. Ça, c'était
la vision de l'ancien gouvernement libéral.
Nous avons demandé à l'entreprise
Stornoway de renégocier l'entente. Et l'entreprise, en bonne citoyenne corporative, a accepté de renégocier l'entente, et
nous sommes arrivés à un résultat gagnant-gagnant. L'entreprise
construit la route à ses frais, donc le
gouvernement va sauver 125 millions, et l'entreprise va s'assurer de
respecter son échéancier. Parce qu'avec
tous les dépassements de coûts l'échéancier est en péril, et, pour une minière,
l'échéancier, c'est crucial. Donc, c'est vraiment un bel exemple.
dans ce cas-là, effectivement, que ce soit le tronçon A, B, pour lesquels
il y a eu des dépassements de coûts épouvantables, ou les tronçons C, D, ce sont
des tronçons qui sont en gravelle. Le tronçon C, D sera un peu plus
étroit, c'est un chemin minier, mais toujours en respectant les normes du
gouvernement. Et c'est sécuritaire, ça s'est déjà fait dans plusieurs autres cas. Il y a la mine Troilus qui avait également un
chemin minier. Les routes d'accès ressources, qui sont développées soit par les entreprises
forestières ou les entreprises minières, sont ce qui est utilisé pour pouvoir
aller soit pour une forestière soit pour une minière. Et je crois que c'est une
renégociation qui était à l'avantage de toutes les parties, incluant les
citoyens et les citoyennes du Québec, qui ont pu de cette façon économiser
125 millions.
Le Président (M.
Paradis) : Oui. M. le député d'Ungava.
M. Ferland : Combien de temps, M. le Président?
Le Président (M.
Paradis) : C'est un défi pour vous,
là : il reste deux minutes.
• (10 h 30) •
Ferland : Tout
un défi. Alors, je vais dire en terminant, M. le Président, sans que ça ne
soit nécessairement une question, mais vous voyez là, M. le
Président, la façon un peu... pas un peu, mais la façon dont nous entrevoyons,
avec les populations, avec les représentants
des communautés nordiques, mais aussi dans l'intérêt de l'ensemble des
Québécois et des Québécoises, le développement de cet immense territoire là.
Alors,
je pense que mon collègue de Rivière-du-Loup, mes collègues d'en face, des
partis d'opposition peuvent se rassurer, parce que, les populations, chez
nous, je les rencontre régulièrement. J'ai croisé, encore cette semaine,
des représentants, des élus de la Côte-Nord,
que ça soit de la Minganie, ou de la Basse-Côte-Nord, ou de la Haute-Côte-Nord.
Je parle régulièrement avec les
représentants et les leaders des communautés inuites, que ça soit de la Société
Makivik ou de l'Administration régionale
Kativik. Parce que vous savez qu'ils avaient, eux, leur plan du Nunavik, et c'était
ça, leur Plan Nord. Ça fait que nous,
on va respecter les Inuits dans ce sens-là et on va respecter le plan du
Nunavik. D'ailleurs,même eux sont en
train de refaire une tournée de leurs 14 villages pour revoir un peu,
moderniser leur plan du Nunavik.
côté du Grand Conseil des Cris, l'entente qui avait été convenue avec l'ancien
gouvernement sur la nouvelle gouvernance, elle est signée, il n'a jamais été
question… et nous avons toujours été d'accord avec ça. Nous, on va s'assurer
que la mise en oeuvre se fasse de façon harmonieuse, respectueuse, équitable et
transparente auprès de l'ensemble des populations. Parce qu'encore, là, une
fois, M. le Président, je dois le mentionner, il n'y avait pas eu beaucoup, sinon pas du tout d'information sur le territoire,
auprès des populations, concernant cette entente-là qui est majeure, que je souhaitais, que tout le monde
souhaitait. Mais, encore une fois, l'ancien gouvernement, il a de la
difficulté avec les communications sur le
territoire, hein? Entre eux, là, ça, c'est bon, mais, sur le territoire, les
gens n'étaient pas au courant, pas informés; on va s'assurer que ça soit
fait.
Le Président (M.
Paradis) : Très bien, M. le député.
En réponse, 15 secondes, Mme la ministre.
Mme Ouellet : Bien, je pense que le député d'Ungava a très bien présenté
quelle est la vision du nouveau gouvernement
en termes de développement des territoires nordiques. C'est une vision de
transparence, de travail avec les communautés. C'est une vision aussi où
les partenaires économiques... on va avoir un partage des risques et un partage
des bénéfices.
Le Président (M.
Paradis) : Merci, Mme la ministre. M.
le député de Jacques-Cartier.
Kelley : Merci
beaucoup, M. le Président. À mon tour, j'aimerais vous saluer, également Mme la ministre et son
entourage, mes collègues les députés ministériels, mes collègues les députés de
l'opposition officielle et le député de Granby pour votre participation
ce matin dans cette grande question.
Sans
les mettre dans l'embarras, je veux souligner la présence de M. Christian
Dubois et M. René Dufresne, avec qui j'ai eu
le plaisir de travailler au Secrétariat aux affaires autochtones, toute
transparence ici, mais on a eu le plaisir de travailler ensemble sur ces
enjeux.
je pense qu'il y a toujours une transition qu'il faut faire au Parlement quand
on change les côtés de la Chambre, M. le Président. Et, dans l'opposition, on est
obligés parfois d'avoir un discours un petit peu choc, et tout le reste,
mais, quand j'ai entendu les remarques préliminaires de la ministre, et c'est
toujours la cassette sur le plan marketing, et on n'a parlé que des mines quand
le gouvernement libéral était au pouvoir, je pense qu'il faut nuancer ça.
Moi, j'ai eu le privilège, comme ministre
responsable des Affaires autochtones, de travailler avec les partenairesautochtones à l'intérieur de la conception
du Plan Nord. Alors, de dire que ces dizaines, et des dizaines, de
rencontres, les centaines de participants des premières nations ont travaillé
dans le vide, ce n'est pas vrai. Nous avons eu une place privilégiée pour, entre autres, le grand chef des
Cris, Matthew Coon Come à l'époque, Pita Aatami et Maggie Emudluk, les dirigeants d'Inuits, remplacés par Jobie Tukkiapik
après. Nous avons eu la participation de Louis Einish, qui était le chef
des Naskapis de Kawawachikamach, également
les représentants de Mashteuiatsh, notamment Florent Bégin et Clifford
Moar, également François Bellefleur, l'ancien
chef de la communauté de Natashquan. Alors, ils ont participé pleinement
dans la conception du Plan Nord.
Nous avons identifié
les priorités. Ce n'était pas juste parler pour parler. Entre autres, et je
résume, parce qu'il y avait des projets très importants, nous avons travaillé
sur un projet très innovateur de gouvernance régionale Cris-Jamésiens. C'est du jamais-vu, au Canada, d'essayer d'avoir un gouvernement
mixte entre les dirigeants autochtones et
les dirigeants de la région. Avec les Inuits, c'était le logement, et j'endosse
les propos de mon collègue d'Ungava, c'est très important. Mais je rappelle, M. le Président, que son collègue de Lac-Saint-Jean
s'est opposé à la décision d'accélérer la construction des logements chez les Inuits aux crédits de l'an passé.
Alors, on peut regarder ça, mais ils se sont opposés de faire ça unilatéralement, sans l'appui du
gouvernement fédéral. Moi, je vois les besoins et je dis, comme
gouvernement responsable : Il faut
agir. Pour les Innus, c'est, entre autres, un projet de minicentrale pour
Mashteuiatsh. C'était également la question d'accélérer la construction
de la 138 pour donner accès au réseau routier des communautés innues sur la Basse-Côte-Nord. Chez les Naskapis, c'est, entre
autres, la construction du nouveau CLSC, les programmes de formation.
Alors, il y avait du réel, il y avait du concret. Alors, je pense que c'est
important de reconnaître tout ça.
Mais
j'endosse le propos de M. le député d'Ungava, il y avait une décision prise par
l'électorat le 4 septembre passé. Alors, dans la vision, et je note une couple de nos préoccupations dans les
remarques préliminaires de la ministre, elle n'a
pas parlé des enjeux des autochtones qui, pour notre gouvernement, étaient au
coeur même du Plan Nord, pas un mot dans un discours de 10 minutes. Mais
je constate aussi, le 12 décembre, quand elle rencontre les élus au niveau
du Secrétariat du développement nordique, la présence fort louable des gens...
du député de Lac-Saint-Jean, le député de René-Lévesque, le député d'Ungava,
mais je ne vois pas... la députée de Duplessis, pardon, mais je ne vois pas la
ministre responsable des Affaires autochtones, et c'est une lacune très
importante. Je veux savoir, dans cette nouvelle vision du développement
nordique, c'est quoi, la place pour les autochtones.
Le Président (M.
Paradis) : Mme la ministre.
Ouellet : Oui.
Merci, M. le Président. Dans un premier temps, je voudrais rectifier sur l'affirmation
du député de
Jacques-Cartier. Les gens… Lors des crédits de l'année passée, nous appuyions
tout à fait la construction de logements dans le Grand Nord, et c'est
une confirmation de mon collègue qui était présent…
Une voix : ...
Mme Ouellet : …et nous demandions...
Le Président (M.
Paradis) : Excusez, Mme la ministre.
J'ai une question de règlement de M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Regardez aux galées de nos débats de
l'an passé, allez dans les journaux, le député de Lac-Saint-Jean s'est opposé à la décision d'accélérer la construction
de logements.
Président (M. Paradis) : À ce moment-ci, là, il y a une différence de points de vue. Il doit y
en avoir un qui a raison puis l'autre qui n'a
pas raison, mais je ne trancherai pas là-dessus. En vous exprimant, Mme la
ministre.
Mme Ouellet : Merci. Donc, je continue, et vous pourrez également
vérifier sur les galées. Et le député de Lac-Saint-Jean,
et je me rappelle des discussions que nous avions dans les caucus : tout à
fait d'accord avec la construction de
logements dans le Grand Nord. Toutefois, nous demandions à ce que le
fédéral fasse sa part, parce qu'à chaque fois, là, c'était juste de l'argent du gouvernement du
Québec, alors que le fédéral ne faisait pas sa part, et nous demandions
que le fédéral fasse sa part. Donc, je voulais juste un petit peu replacer en
perspective.
je suis tout à fait d'accord avec le député de Jacques-Cartier lorsqu'on parle
de développement nordique : le territoire nordique, il est habité. Il est habité
et il est habité par différentes communautés autochtones, il est habité par
des communautés non autochtones également.
Et, lorsque nous disons que nous allons travailler en accompagnement
puis en collaboration avec les communautés,
bien, c'est vrai pour les communautés autochtones comme pour les
communautés non autochtones, très clairement.
Toutefois,
nous avons dit que le Secrétariat au développement nordique ne remplacerait pas
ce qui est déjà existant au Québec. Il existe
déjà… et vous l'avez salué, parce que, vous savez,
M. Christian Dubois est très sensible à cette question-là, il vient de Secrétariat aux affaires autochtones, mais il
existe déjà un secrétariat aux affaires autochtones, et, le Secrétariat au développement nordique, son
rôle, ce n'est pas de prendre la place du Secrétariat aux affaires
autochtones, c'est d'agir en
complémentarité. Donc, très clairement, les actions seront conjointes tant avec
le Secrétariat aux affaires autochtones
qu'avec le ministère des Ressources naturelles pour les projets reliés aux
ressources naturelles, qu'avec le ministère du Transport pour les
projets de transport, avec le ministère des Affaires municipales pour ce qui
concerne les municipalités, et les autres
ministères concernés, parce que des fois il est question de centres de la
petite enfance, donc c'est le
ministère de la Famille, l'ensemble des ministères concernés; le Secrétariat au
développement nordique va travailler en
complémentarité. Donc, c'est toute la différence, toute l'action qui se fait
actuellement avec l'ensemble des nations autochtones se poursuit.
D'ailleurs,
j'étais présente le 3 décembre dernier au grand forum qui était organisé
par les nations autochtones. Mon collègue, aussi, adjoint parlementaire au
développement nordique et député d'Ungava était également présent. Et
nous avons eu un très bel échange. Et, je peux vous dire, moi, c'était ma
première expérience dans ce genre de forum là et c'était très impressionnant de voir la grande salle — c'était organisé tout en rond — et de voir les représentants de chacune des nations qui
étaient présents, qui nous faisaient part de leurs préoccupations, de leurs
attentes au nouveau gouvernement. Ça a été un forum très, très
fructueux.
Le Président (M.
Paradis) : M. le député de
Jacques-Cartier.
• (10 h 40) •
M. Kelley : …j'insiste toujours, c'est les élus qui ont fait un
comité. Alors, c'est important, au niveau de l'administration,
d'avoir la coordination, mais, sur le comité des élus, c'est très important d'avoir
la personne qui est censée d'être la porte-parole des autochtones au
sein du gouvernement, c'est le ministre délégué, je pense, maintenant, aux
Affaires autochtones, et je constate son absence.
Moi aussi, j'ai
assisté à la rencontre au mois de décembre. J'ai été très impressionné par le
discours de la première ministre où elle a parlé de la paix sociale établie par
dialogue, le respect et la confiance. Elle a parlé de la collaboration, le partenariat et le respect
mutuel. Elle parlait que «le
nouveau gouvernement veut que les nations
autochtones soient consultées avant que les décisions soient prises». Je cite
au texte, le texte de Mme Marois... Mme la première ministre à Montréal le 3 décembre. Alors, j'ai
ça dans un côté. L'autre côté, j'ai la décision prise unilatéralement par
le gouvernement cette semaine dans le dossier des minicentrales, où… sans
aviser nos partenaires attikameks qui ont développé
un projet Manawan Sipi en collaboration avec la municipalité de La Tuque.
Alors, c'est un très bel exemple, M.
le Président, et je pense que c'est quelque chose qu'on veut encourager dans
notre société, que les autochtones travaillent avec leurs voisins, qu'ils
travaillent en partenariat.
deuxième objectif pour notre gouvernement, c'est de toujours trouver des moyens
d'avoir les revenus autonomes pour les
Premières Nations. On peut parler longuement de l'autonomie gouvernementale,
mais, si vous n'avez pas les revenus autonomes, on parle un petit peu dans le
vide. Il faut trouver des moyens pour ces communautés d'avoir leurs propres sources de revenus, de prendre les
décisions communautaires comme : Est-ce que je veux investir
davantage dans l'éducation? Est-ce que je
veux mettre un petit peu plus pour la jeunesse? Est-ce que je veux développer
les services pour les aînés? C'était
notre objectif. La Tuque et la communauté attikamek de Wemotaci ont investi
2 millions de dollars dans les études de faisabilité pour créer une
minicentrale qu'on veut, à temps, probablement générer des revenus de 106 millions de dollars à la fois pour la
ville de La Tuque et également pour la communauté de Wemotaci, une communauté
que j'ai visitée à maintes reprises, qui est
une communauté qui garde un certain espoir malgré le fait qu'elle vit dans
une très grande pauvreté et détresse. Ce n'est pas facile à Wemotaci, c'est une
communauté très isolée, une centaine de kilomètres à l'ouest de La Tuque,
sur un chemin forestier. Ce n'est pas évident de trouver des ressources
autonomes. On sait des problèmes au niveau de la possibilité forestière et les
volumes de bois disponibles, ce n'est pas énorme. Alors, je pense qu'on a tout intérêt d'identifier un projet. Le projet
de Manawan Sipi était ce projet qu'on a trouvé avec le temps, parce que ce n'est pas demain matin, mais,
avec le temps, on peut créer une source de revenus autonome pour cette
communauté qui est en détresse.
Alors,
comment est-ce que la communauté, le chef David Boivin a appris tout ça? Quand
un journaliste du Nouvelliste l'a appelé dans sa communauté. Alors, si c'est
ça, la nouvelle façon de faire, M. le Président, je pense que l'opposition officielle a tout intérêt d'être fort
préoccupée, parce qu'il faut les consulter, il faut les aviser, il faut leur
donner un préavis. Alors, c'est indécent que
le chef ait appris ça d'une journaliste et pas de ce gouvernement. Et, si c'est
ça, l'augure de comment on va développer
le Nord, si c'est ça, l'augure de comment on va travailler avec les Premières
Nations, on risque d'avoir des problèmes, M. le Président.
Alors,
je veux avoir de nouveau une meilleure appréciation de la vision de la
ministre, comment elle va impliquer davantage. Et, je sais, on a un secrétariat des
affaires autochtones. Oui, ça existe. Ça fait un très bon travail, ça n'était
pas à remettre en question. Mais, s'il y a
un comité des élus qui va regarder au développement nordique, c'est aux élus...
La première ministre, dans son discours,
parlait des relations nation à nation. Et, avec tout respect pour la fonction
publique, ce n'est pas au niveau de la fonction publique pour faire les devoirs
de la nation, c'est au niveau des élus. C'est très important d'avoir toujours ce contact élu à élu, nation à nation, et les
belles paroles sont importantes, et de plaider pour le dialogue, et tout le reste, «but — en anglais on dit — actions speak louder than words.» Les gestes concrets qui sont posés sont beaucoup
plus importants. Et, quand je vois l'absence de la ministre sur le comité des
élus pour le développement nordique, quand je vois la décision
unilatérale, sans aviser les Attikameks, dans le dossier de minicentrale, on
risque d'avoir des problèmes. Je suis fortement préoccupé, M. le Président.
Le Président (M.
Paradis) : Mme la ministre.
Ouellet : Oui.
Merci, M. le Président. Je pense que le député de Jacques-Cartier s'est un peu
écarté du sujet. Nous étions sur le développement nordique. Donc, sur le développement
nordique, je lui répète que nous allons travailler en collaboration avec
l'ensemble des communautés, l'ensemble des communautés autochtones sur le
territoire nordique, l'ensemble des
communautés non autochtones du territoire nordique, parce que le territoire
nordique, oui, il y a le territoire de
la Baie-James, mais il y a également les territoires de la Côte-Nord et de la
Basse-Côte-Nord. Donc, très clairement… Et, lorsque vous parlez de députés, parce que, l'appareil gouvernemental,
vous parlez des fonctionnaires, je pense qu'il ne faut pas non plus sous-estimer le rôle des députés. Les
députés, là, sont très bien connectés sur leur terrain, là. Les députés
d'Ungava, le député de Duplessis... la députée de Duplessis et le député de
René-Lévesque sont très bien connectés sur l'ensemble de leurs communautés,
très certainement.
nous avons... lorsque nous avons discuté en réunion si nous... La question des
communautés autochtones et des différents
besoins des communautés autochtones sera effectivement un volet important. Et,
pour ces travaux-là, il va nous faire
plaisir d'inviter la ministre déléguée aux Affaires autochtones. Nous sommes un
comité ouvert et nous allons, au besoin, travailler avec l'ensemble des
ministres concernés et l'ensemble de l'appareil gouvernemental concerné. Et, lorsque c'est plus des questions de places en
garderie, nous allons travailler avec la ministre de la Famille. Lorsque
nous allons travailler sur des dossiers plus de santé qui peuvent également concerner
les communautés autochtones, nous pourrons
travailler tant en collaboration avec la ministre déléguée aux Affaires
autochtones que le ministre de la Santé. Ce que nous voulons, c'est ne pas dédoubler ce qui existe déjà au
gouvernement et de travailler en complémentarité. Parce que le territoire nordique est unique et
spécifique, et on ne peut pas aborder tant le développement des communautés
que le développement économique exactement
de la même façon, il y a des spécificités qu'il faut prendre en considération,
et c'est le rôle du Secrétariat au développement nordique.
Le Président (M.
Paradis) : M. le député de
Jacques-Cartier.
Kelley : Je
constate deux choses : le silence sur la décision prise et les agissements
de son ministère au niveau des minicentrales.
Mais j'ai salué, dès l'entrée de jeu, la présence des députés sur le comité. Ce
n'est pas ça que j'ai dit, ce n'est pas ça
que j'ai contesté. Mais je ne dis pas que l'intérêt de la ministre déléguée aux
Affaires autochtones est ponctuel, de temps en temps, ça doit être au
coeur même de la vision du développement nordique. Son absence je ne peux que
déplorer, parce qu'elle doit être au coeur même de ces préoccupations.
pense que, la preuve est faite, dans le travail préalable au lancement du Plan
Nord, il y avait une centaine de représentants des communautés autochtones qui ont
travaillé sur les comités, qui ont participé à… les ententes de tables
de partenaires, les tables de partenaires
autochtones; ils ont identifié plusieurs enjeux. Le plan Nunavik qui est évoqué
par mon collègue d'Ungava, c'est quelque
chose d'une vision à long terme. Il y a des engagements qui sont dispendieux.
Il faut travailler. Les Cris, sur la
gouvernance nordique, je pense, qui est une preuve de qu'est-ce qu'est le
gouvernement préalable… Mais, dans toutes les réponses de la ministre, je n'ai
aucune addition comment elle veut faire… mieux travailler avec les autochtones
que le gouvernement précédent.
je vois les décisions qui sont prises et le traitement de la communauté
attikamek. Si c'est un augure comment la ministre va fonctionner, on fait fausse route,
M. le Président, et c'est très préoccupant. Et qu'un chef d'une
communauté en détresse au Québec doit apprendre une décision de la ministre via
une journaliste, ce n'est pas acceptable, M. le Président. Je ne peux pas être plus clair que ça. Je connais très bien
le chef David Boivin, je sais les défis qu'il est confrontés à tous les jours, de vivre dans une communauté qui
vit dans la pauvreté, qui vit dans la détresse. Il y avait un très grand
espoir que ce projet de minicentrale va
générer les revenus autonomes pour aider les jeunes personnes de sa
communauté. De mettre la hache dans ça sans même prendre la courtoisie de
prendre un téléphone et les appeler est complètement inacceptable, M. le
Président.
Le Président (M.
Paradis) : Mme la ministre.
Mme Ouellet : Oui. Merci, M. le Président. Je sais que le député de
Jacques-Cartier s'écarte du sujet, là, en mentionnant les petites centrales,
mais il en a tellement dit, il y a des rectifications à faire, là. Les gens ont
été appelés. Ça fait que, là, ça, je pense que...
voix : …
Le Président (M. Paradis) : Ça va. Si on veut intervenir, on doit
soulever une question de règlement, pas une
question de divergence. Mme la ministre.
(10 h 50) •
Ouellet : Donc, les gens ont été
appelés.
je voudrais juste souligner toute l'improvisation de l'ancien gouvernement
libéral pour toute la question énergétique, c'était
tout et n'importe quoi. Et, dans le cas des minicentrales, qui est une décision
essentiellementéconomique, pour
1 million de revenus générés dans les communautés, il en coûtait
4 millions en pertes à Hydro-Québec. Donc, à un moment donné, ce n'est
plus tenable.
Toutefois, ce que nous avons annoncé, c'est
que nous allons indemniser les entrepreneurs. Donc, pour l'ensemble des dépenses
réalisées, il y aura des indemnités qui seront négociées entre... promoteur par
promoteur, en fonction des dépenses
réalisées et de l'état d'avancement des projets. Nous avons également annoncé
que nous mettrions en place un comité de suivi qui serait présidé par
mon collègue ministre des Affaires municipales, de développement du territoire et auquel assistera également la ministre déléguée
aux Affaires autochtones pour pouvoir travailler avec les communautés. Parce que nous sommes tout à fait conscients qu'ils
souhaitaient réaliser des projets à même les revenus générés par les
projets de minicentrales et nous allons travailler avec eux pour trouver des
alternatives de financement aux projets structurants.
Donc, je pense qu'il ne faut pas non plus exagérer. Je crois que le député de
Jacques-Cartier est allé un peu trop d'un côté. Nous avons travaillé en
collaboration avec les communautés.
Je comprends tout à fait, toutefois, les
communautés. Ce n'est pas facile, parce qu'ils espéraient réaliser un projet. Ce ne sont pas
des décisions faciles, ce ne sont pas des décisions faciles à prendre non plus
de la part d'un gouvernement. Mais, à
un moment donné, on ne peut plus aller de l'avant lorsque le développement
régional coûte plus cher en pertes que ce qu'il génère en développement
régional. Les minicentrales, dans le contexte actuel, ce n'est pas le bon outil
de développement régional. Il faut choisir
un meilleur outil que celui-là, et c'est pour ça qu'il y aura le comité de
suivi qui trouvera des alternatives
de financement. Parce que là, comme je vous dis, pour 1 million généré
dans les communautés, il y avait 4 millions de pertes pour
Hydro-Québec, ce qui n'est pas tenable comme projet.
Président (M. Paradis) : M. le député
de Jacques-Cartier, 1 min 30 s.
M. Kelley : Parfait. Deux témoins. J'ai une
citation du Nouvelliste du 7 février : «C'est déplorable qu'on apprenne cette nouvelle
sur la place publique. On aurait dû être consulté personnellement. On est assez
facilement [rejoignable].»C'est préoccupant que
la communauté… Parce qu'«on
pensait [qu'on avait] un bon canal de communication». C'est
Dany Chilton, qui est le négociateur en chef, qui dit qu'ils ont appris ça sur
la place publique.
Mais, si ce n'est pas suffisant d'avoir un
témoin attikamek, j'ai un autre témoin, qui dit : C'est un peu dérangeant que le
conseil de bande ait appris la nouvelle sur la place publique. C'est la députée
de Champlain. Alors, j'ai deux témoins ici qui disent qu'ils ne l'étaient
pas.
Alors, si la ministre peut me donner le nom
de la personne qui l'a appelée, à quelle heure, avant que la décision ait été
annoncée. Mais moi, j'ai les avis contraires de la communauté en question, qui
n'était pas avisée préalablement.
Et, si la ministre dit : Les
minicentrales, dans le contexte, le dossier attikamek, ce n'est pas la façon de
faire pour le développement, est-ce qu'elle peut suggérer une autre? Parce que je
reviens toujours à ma préoccupation, c'est d'avoir les revenus autonomes
pour cette communauté qui vit dans une très grande détresse.
Et est-ce qu'elle a des volumes de bois
additionnel accordés? Moi, j'en doute, parce que je pense que les arbres ne poussent pas plus rapidement sous un
gouvernement du Parti québécois qu'un gouvernement libéral. Alors, elle va
remplacer ça, qui a l'espoir de créer les revenus autonomes pour cette
communauté, avec quoi, M. le Président?
Président (M. Paradis) : Mme la
ministre.
Ouellet : Oui. Merci, M. le
Président. Je vous réaffirme que les promoteurs et les communautés ont été
rejoints avant...
voix : ...
Président (M. Paradis) : Excusez…
Ouellet : ...avant la...
Kelley : Par qui?
Président (M. Paradis) : La parole
appartient à Mme la ministre à ce moment-ci.
Mme Ouellet : ...et, pour les alternatives de
financement, pour le développement des communautés, c'est pour ça que nous avons
mis en place le comité de suivi, dépendant des projets qu'ils souhaitaient
réaliser. Il y a certains projets qui
étaient des projets plus de sentiers pédestres, il y a le ministre des
Ressources naturelles, il y a d'autres types de projet que ça peut
concerner d'autres ministères. Donc, nous allons trouver les alternatives.
là le député de Jacques-Cartier me parle de volumes de bois. Il est dommage qu'il
n'était pas à la commission des crédits hier
matin, nous avons fait le...
Le Président (M.
Paradis) : Mme la ministre, on ne
peut pas...
Mme Ouellet : ...
Le Président (M.
Paradis) : Non, non, mais...
Mme Ouellet : L'opposition officielle...
Le Président (M.
Paradis) : Non, mais on ne peut pas
faire indirectement ce que le règlement ne permet pas de faire directement.
Ouellet : En
tout cas, c'est dommage que la question n'ait pas été posée hier matin, pendant
la période des crédits sur le bois. Je sais qu'il
y a plusieurs ententes avec les communautés autochtones sur des volumes de
bois...
Une voix : ...
Le Président (M.
Paradis) : Excusez, là, j'étais un
peu distrait, le temps est écoulé. À ce moment-ci, je reconnaîtrais M. le
député de Shefford.
M. Bonnardel : Granby.
Le Président (M.
Paradis) : Ah! Granby. Excusez. Ça
M. Bonnardel : Ça va. Je ne suis pas offusqué. Alors, première question,
assez précise, M. le Président, je m'adresse
à Mme la ministre, nécessairement. Le Fonds du Plan Nord a été créé en
2011-2012. Dans le budget 2011-2012, à la page E.33, on mentionne
que, le fonds, les opérations du Fonds du Plan Nord, les revenus, ce sont des
revenus fiscaux, contribution d'Hydro-Québec,
donc, un budget de 29 millions de dollars, et, des dépenses liées aux
investissements, il y en avait zéro, mesures sociales pour les
communautés locales, il y avait 22,7 millions de dollars, prospection d'investissements
et coordination de la mise en oeuvre du Plan Nord, il y avait 5 millions
de dollars.
ma grande surprise, M. le Président, dans les comptes publics de l'automne
dernier, quand je vais voir les états consolidés, Fonds du Plan Nord, revenus,
29 millions de dollars, c'est leurs dépenses, il n'y en a pas, zéro.
Alors, est-ce qu'on peut m'expliquer pourquoi il n'y a pas eu de
dépenses?
Le Président (M.
Kelley) : Mme la ministre.
Mme Ouellet : Merci, M. le Président. À ce stade-ci, si vous autorisez,
je laisserais M. Dubois répondre à la question,
étant donné que c'est une question très précise. Donc, je pense qu'il serait le
mieux placé pour pouvoir, avec votre consentement, répondre à la
question.
Le Président (M.
Kelley) : Consentement? Consentement
des membres? M. Dubois.
Dubois (Christian) : M. le Président, effectivement, les états financiers du Fonds du Plan
Nord démontrent des dépenses à zéro en ce moment. La raison en est fort simple, la loi du
budget à l'intérieur duquel le Fonds du Plan Nord a été créé reconnaissait un destinataire seulement à ces
fonds-là, et c'était la Société du Plan Nord. Alors, ça va demander un
amendement législatif pour diverger les destinataires du Fonds du Plan Nord.
Le Président (M.
Kelley) : M. le député de Granby.
Bonnardel :
Merci, M. le Président. Je veux juste bien comprendre. Donc, s'il faut un
changement législatif, c'est parce qu'il y a
un changement de gouvernement, c'est ça que je peux comprendre? C'est la...
M. Dubois
(Christian) : ...destinataires. En
fait, le Fonds du Plan Nord devait essentiellement alimenter la Société du Plan
Nord.
Une voix : ...
M. Dubois
(Christian) : Exact.
Bonnardel : M. le Président, si vous
permettez.
Le Président (M.
Kelley) : M. le député.
Bonnardel :
Est-ce que je comprends donc que les montants qui devaient être investis pour les communautés locales, et tout ça, l'ont été aussi?
Dubois (Christian) : En fait, les fonds du Plan Nord ne sont que partiellement la réalité
des fonds qui sont destinés aux communautés. Il y a beaucoup de programmes réguliers des
ministères qui ont été mobilisés pour faire face aux besoins des communautés locales au cours des deux
dernières années. Donc, le Fonds du Plan Nord n'était qu'une
partie de
la réponse financière à ces besoins-là.
Bonnardel : M.
le Président, donc, c'est une coquille, ce que je crois comprendre, là. Pour le
moment, ces montants,
qui étaient indiqués dans un budget, n'ont pas été nécessairement dépassés ou
livrés aux communautés comme c'était indiqué dans le budget. Est-ce que
je comprends ça?
Dubois (Christian) : Les montants qui sont montrés dans le Fonds du Plan Nord ne sont pas...
en ce moment, n'ont pas été décaissés par le
gouvernement — clair? — pour… à cause des problèmes que je vous ai expliqués.
M. Bonnardel : Bien…
Le Président (M.
Paradis) : Allez-y.
M. Bonnardel : Il y a quand même des revenus. Il n'y a pas eu de dépense.
Donc, on s'en va vers une deuxième année où... 2012-2013, cette année, Mme la
ministre, là, il y en avait pour 40 millions de dollars, donc, de transferts faits dans ce fonds. Et je crois
comprendre que, si… on termine l'année financière dans deux mois, il n'y
aurait, encore une fois, cette année, même pas eu de dépense de faite, parce
que l'amendement ou le changement législatif n'a pas été fait.
Le Président (M.
Paradis) : M. Dubois.
Dubois (Christian) : ...l'amendement législatif n'aura pas été passé, effectivement ces
fonds-là s'accumulent.
M. Bonnardel : M. le Président, là, il y a, dans le budget 2011-2012, donc, des montants
d'argent pour les deux premières années du Fonds du Plan Nord, qui équivalent à
69 millions de dollars. Dans les comptes publics, il n'y a pas aucune dépense, parce que les
changements législatifs n'ont pas été faits. Donc, ce que je crois
comprendre, c'est une coquille présentement. Les montants de dépenses, Mme la
ministre, n'ont pas été dépensés, donc donnés aux
communautés comme il se doit, mesures sociales pour les communautés locales,
là. Pas besoin de vous faire un dessin, à savoir que certaines communautés, dont les communautés amérindiennes,
autochtones, en avaient grandement besoin, même pour nous, là, dans le
Nord ou sur la Côte-Nord. Alors, c'est quand même assez particulier. Mais j'espère
que vous allez vous attaquer à ça.
amène donc, quand même, M. le Président, à savoir qu'il y aura énormément de
surplus, là, pour le début de l'année 2013-2014, où là on montait le budget à
54 millions de dollars. J'aimerais ça que la ministre puisse peut-être
me dire : Est-ce qu'on va continuer
dans la même veine? Est-ce que le plan quinquennal, là, qui était prévu, là, où
on allait investir... où il y a eu des transferts de 288 millions
de dollars, est-ce qu'on va continuer là-dessus? Est-ce que vous pouvez me
répondre?
Le Président (M.
Paradis) : Mme la ministre.
Ouellet : Très
clairement, nous avons à réviser l'ensemble des actions. Il y en a plusieurs
qui sont en cours. Comme le disait
M. Dubois, il y a plusieurs actions qui sont déjà en cours, qui ne
proviennent pas du Fonds du Plan Nord, qui
proviennent des budgets directement des ministères, que ce soit au niveau du
logement... Il y a déjà des... Les constructions se poursuivent, il y a
des décisions qui ont été prises.
Toutefois, il y aura
une révision. Il y a toute une série de demandes qui ont été faites, on va
devoir regarder en fonction d'où on en est
rendus, la réalité d'aujourd'hui, à réviser l'ensemble de ces demandes-là et à
prioriser. Donc, c'est ce que nous ferons. Et il y aura à corriger...
Parce que là vous me sortez des comptes publics de 2011-2012...
M. Bonnardel : ...
Ouellet : C'est
ça, mais ça couvre beaucoup l'ancien gouvernement, là, on s'entend. Nous avons
géré la transition. Donc, c'est certain que
nous devons justement faire les changements législatifs qui sont nécessaires
pour établir les nouveaux destinataires de financement du Fonds du Plan Nord.
• (11 heures) •
Le Président (M.
Paradis) : M. le député de Granby.
M. Bonnardel : …tout votre respect, Mme la ministre,
vous avez beaucoup de boulot, j'en conviens, là,
mais j'imagine que c'était dans vos cahiers pour rapidement, ce printemps, en
arriver à ce que... C'est ça, bon, O.K.
Deuxième
point, deuxième question, M. le Président, le député d'Ungava, tantôt, disait à
un collègue de l'opposition : Je ne crois
pas avoir vu nulle
part le fait que ce nouveau secrétariat du Plan Nord allait
probablement, peut-être, être bâti ou avoir
son siège social à Sept-Îles. Pourtant, à moins que je ne me trompe, là, mais,
le 8 février dernier, c'est même le
député d'Ungava… Secrétariat au développement nordique : Le député
défend la décision de Québec . Et on dit : «Cet
organisme gouvernemental remplace la Société du Plan Nord, structure promise
par les libéraux [...] qui devait avoir son siège social en région, probablement
à Sept-Îles.» Alors, c'est lui-même qui était cité là-dessus. Il ne l'avait
peut-être pas lu.
Mais
une question fort simple : Qu'on ait décidé, pour des raisons x, de ne pas
prendre le mot «Société du Plan Nord», d'appeler ça aujourd'hui Secrétariat
du développement nordique, qu'on décide de ne pas aller à Sept-Îles, qu'on ramène ça à
Québec, est-ce que... Premièrement, vous avez parlé d'à peu près 20 ETC,
20 employés au secrétariat. Le budget...
Première question : Quel sera le budget global pour une année? Est-ce que
vous avez fait une évaluation des coûts, à savoir pourquoi on amène ça à Québec, quand, de l'autre côté, ça n'aurait
peut-être pas été bête d'aller à Sept-Îles? Alors, est-ce qu'il y a eu une évaluation ou c'est juste
idéologique de dire : Ah! on ne fera pas comme les libéraux, on
ramène ça à Québec? Question, je crois, non
partisane, mais, en quelque part, je pense, pour l'intérêt des finances du
Québec, à savoir : Pourquoi vous avez décidé de laisser ça à
Québec? Et, deuxièmement, le budget global pour l'année?
Le Président (M.
Paradis) : Mme la ministre.
Ouellet : Oui.
Merci, M. le Président. En fait, le Secrétariat au développement nordique est à
Québec pour pouvoir faire le lien avec l'ensemble
des ministères, parce que c'est de la coordination de l'action de l'ensemble
des ministères. Toutefois, il va être en lien direct. Et là nous sommes à
regarder à avoir des antennes tant du côté de la Côte-Nord que du territoire de
la Baie-James. Il faut juste se dire que la création du Secrétariat au
développement nordique date de...
Une voix : 14 novembre.
Ouellet :
14 novembre, donc c'est quand même assez récent, là. Et ce que nous
souhaitons, c'est... Oui, à Québec pour pouvoir avoir le lien avec l'ensemble
des ministères, parce que beaucoup de décisions vont se prendre au ministère de la Famille, au ministère de la Santé,
au ministère du Transport, au ministre des Affaires municipales,
beaucoup de concertation avec le Secrétariat
aux affaires autochtones, toutefois branché sur les régions, d'un côté via des
antennes régionales, mais aussi beaucoup avec le support du ministère des
Ressources naturelles, qui a des bureaux régionaux sur tout le territoire, là,
du Québec.
Et, concernant les
budgets… le budget, là, les besoins sont évalués, là, pour 2013-2014, à
5 millions.
Bonnardel :
Rapidement. Quand vous parlez d'antennes que vous souhaiteriez avoir dans les
régions, ce sont donc, peut-être, des employés qui seraient dans les bureaux du ministère
des Ressources naturelles? J'imagine que oui, là. Si on veut sauver des
coûts, là, on ne va pas ouvrir un...
Ouellet : C'est
ça, ce seraient des employés qui seraient localisés en région. On n'a pas
encore déterminé dans quels bureaux ils seraient localisés, là, ça, ça reste à être
déterminé. Mais, comme je vous dis, ça va se faire aussi en
concertation, parce que nous avons des directions régionales sur tout le
territoire et des bureaux régionaux sur tout le territoire, donc il y aura
aussi du travail de concertation. La personne qui sera l'antenne pourra être en
coordination avec ce qui se fait déjà sur le territoire.
M. Bonnardel : Donc, ça va quand même augmenter le nombre d'ETC, là, si
on s'en va là, là, possiblement.
Mme Ouellet : Possiblement, mais ça reste léger.
Bonnardel : O.K.
Vous savez, quand on parle de développement du Nord, M. le Président, c'est
certain que, pour certaines entreprises...
Puis là je ne ferai pas un grand débat sur ce que j'ai fait hier, ce que j'ai
fait tantôt, sur un cadre législatif, des
redevances qui sont concurrentielles face aux autres provinces, mais les
investisseurs et les spécialistes le disent, l'accès aux
infrastructures... Je cite un monsieur d'Ernst & Young qui dit :
«…l'accès aux infrastructures représente souvent un défi encore plus important à surmonter,
particulièrement dans le Nord-du-Québec, où il reste encore à établir l'accès
à l'électricité, au transport ferroviaire, au service Internet à haute vitesse
et à la téléphonie cellulaire.»
Question
fort simple, vous me voyez venir, j'imagine, mais,
le 200 millions de dollars qui avait été annoncé par l'ancien gouvernement pour le développement d'infrastructures
municipales au nord du 49e parallèle, vous avez dit — je vous cite — le 19 décembre 2012 :
«Nous sommes en validation à savoir si
cette [enveloppe] a été préservée.» Est-ce
que vous pouvez nous en dire plus?
Le Président (M.
Paradis) : Mme la ministre.
Mme Ouellet : Les validations ont été faites, et je peux vous confirmer
que l'enveloppe a été préservée.
Président (M. Paradis) : M. le
député.
Bonnardel :
Alors, on peut donc concevoir que le 200 millions de dollars sera conduit,
donc, pour permettre à ces municipalités, dès maintenant, j'imagine... Les collègues doivent le
savoir qu'il y en a certaines, municipalités, qui vont faire des
demandes et... Est-ce que c'est un 200 millions, si je me souviens bien,
qui n'était pas juste pour une année?
Le Président (M.
Paradis) : Mme la ministre.
Mme Ouellet : C'est un 200 millions pour des investissements. Donc,
les investissements puis les projets... Lorsqu'on parle d'infrastructures
municipales, là, c'étaient beaucoup des demandes reliées à de l'eau potable, à
des infrastructures comme ça. Donc, c'est
des dépenses qui se font sur plusieurs années, là. Et c'est un budget qui est
géré par le ministère des Affaires municipales.
Le Président (M.
Paradis) : M. le député de Granby.
Ouellet : Mais
il est préservé. Nous avons fait les validations deux fois plutôt qu'une, juste
pour être bien certains, et le budget est
réservé; je pense que c'est une très bonne nouvelle, là, pour les communautés
nordiques.
Le Président (M.
Paradis) : Oui…
M. Bonnardel : Rapidement. Je vous parlais tantôt,
donc, du Fonds du Plan Nord, Mme la ministre.
Hydro-Québec, là, contribue à hauteur de 10 millions. J'imagine que, pour
vous, vous n'avez
peut-être pas eu de discussion là-dessus, là, c'est peut-être petit dans le
budget, là, mais est-ce que ce 10 millions va toujours être reconduit par
Hydro-Québec dans le Fonds du Plan Nord?
Le Président (M.
Paradis) : Mme la ministre.
Mme Ouellet : Oui. Merci, M. le Président. Là, nous sommes en transition.
Sur le Fonds du Plan Nord, nous n'avons fait
aucune modification sur le financement du fonds, là. Donc, c'est du statu quo
sur le financement du fonds.
Le Président (M.
Paradis) : M. le député de Granby.
M. Bonnardel : Oui. Vous dites, Mme