Health and Social Services — 3 February 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CSSS 2022-02-03
Quebec — Committees
(Onze heures quarante-six minutes)
Le Président (M. Provençal)
: Bonjour. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de la santé et des services sociaux ouverte. Je souhaite la
bienvenue...
Le Président (M. Provençal)
: Et je vais demander aussi le silence en même temps. Et je
demande à toutes les personnes de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs
appareils électroniques.
La commission est réunie afin de poursuivre les
consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi
n° 11, Loi visant à augmenter l'offre de services de première ligne par
les médecins omnipraticiens et à améliorer la gestion de cette offre.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Non, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Ce matin, nous entendrons par
visioconférence le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux
de la Capitale-Nationale, représenté par M. Michel Delamarre et la
Dre Isabelle Samson.
Comme la
séance a débuté avec un petit peu de retard, y a-t-il consentement pour
poursuivre au-delà de l'heure prévue, c'est-à-dire jusqu'à
12 h 30?
Des voix : Consentement.
Président (M. Provençal)
: Merci. Je souhaite la bienvenue aux représentants
du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la
Capitale-Nationale. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes
pour votre exposé, après quoi nous procéderons à la période d'échange avec les
membres de la commission. Je vous invite à vous présenter et à débuter votre
exposé. Merci.
M. Delamarre (Michel) : M. le
Président, Mmes, MM. les députés, membres de la commission, merci de nous
recevoir aujourd'hui dans le cadre des auditions publiques sur le projet de loi
n° 11. Je suis Michel Delamarre, P.D.G.
du CIUSSS—Capitale-Nationale.
Je suis accompagné de la Dre Isabelle Samson, directrice des services
professionnels et aussi médecin de famille au GMF-U Quatre-Bourgeois,
dans la région de la Capitale-Nationale. Dre Samson est aussi responsable de
l'équipe de soutien du DRMG.
Le CIUSSS—Capitale-Nationale est certainement
une des plus grandes organisations de soins de santé et de services sociaux de première ligne, et on est très
fiers de nos quatre instituts universitaires, quatre centres de recherche
FRQ, dont l'institut de première ligne en santé et services sociaux et son
centre de recherche VITAM.
D'entrée de jeu, nous tenons à saluer
l'intention du gouvernement d'améliorer l'équité d'accès à un médecin de
famille via un guichet, d'améliorer la connaissance de l'offre par la
population via un système de rendez-vous et de soutenir la cogestion
médico-administrative via les données. On va parler d'une offre de soins et
services publics intégrée, interdisciplinaire, dont font
partie les GMF,
accessible et équitable, pour laquelle nous avons un devoir de témoigner, de rendre compte à la population de sa
performance, que cette offre de soins et services soit explicite, palpable
pour la population et les décideurs, une offre de soins et services
interdisciplinaire qui met à contribution toutes les compétences des différents
professionnels dès le premier contact, au bon moment, l'importance de
l'adhésion et de la mobilisation des
médecins, qui favorisent la cogestion entre les établissements, les DRMG et les
responsables de GMF basée sur des données.
Maintenant,
je vous laisse aux bons soins de la Dre Samson pour la présentation des faits
saillants de notre mémoire.
Mme Samson
(Isabelle) : Merci beaucoup,
M. Delamarre. Bonjour, tout le monde. Aujourd'hui, nous souhaitons vous
présenter notre mémoire sous trois grands volets. Le premier volet, c'est
l'accès aux données. Pour nous, il est crucial que les établissements, en
partenariat avec les médecins de famille, puissent avoir un accès aux données
afin d'améliorer l'accès aux services de première ligne
en pertinence et en interdisciplinarité. On parle ici des données, oui, de la
RAMQ mais aussi des données qui pourraient être générées grâce aux plateformes
de rendez-vous en ligne. Selon nous, ces données-là devraient être rendues
disponibles en tout premier lieu aux médecins de famille, qui sont sur le
terrain, afin d'alimenter la pratique réflexive. Je m'explique.
Aujourd'hui, pendant que je vous parle, j'ai
peut-être deux ou trois patients qui sont en train d'appeler à la clinique où
je travaille et de tenter d'avoir un rendez-vous avec moi. Peut-être que ces
patients-là ne seront pas en mesure d'avoir un rendez-vous comme ils l'auraient
souhaité. Et ce qui est triste là-dedans, c'est que je ne le saurai jamais. Donc, pour le clinicien, d'avoir accès à
cette information-là, d'avoir des indicateurs qui lui permettent d'apprécier
l'accès à ses propres services, ça lui permettra de faire une réelle différence
et d'optimiser sa contribution à l'offre de services, parce que c'est ce que
les médecins de famille souhaitent fondamentalement, c'est donner accès à leurs
patients et offrir des bons soins.
Ces données-là devraient aussi, à notre avis,
être mises à la disposition des GMF et des cogestionnaires, hein, de nos
gestionnaires d'établissement, qui travaillent avec ces GMF-là, afin de pouvoir
mieux répartir l'offre de services et répondre aux besoins de la population. Et
finalement les chefs de DRMG ainsi que les hauts dirigeants des organisations
travaillent quotidiennement, en lien avec les effectifs, en lien avec
l'ajustement de l'offre et de la demande en première ligne, à répondre de mieux
en mieux aux besoins de la population.
Nous avons besoin de données pour accomplir ce
rôle-là, car ça fait
partie de notre mission fondamentale et c'est la porte
d'entrée, la base de notre système de santé. Donc, pour nous, une décentralisation
de ces données-là pour nous donner les outils de travail au quotidien, ce
serait très précieux. Et les données, plus elles seront interdisciplinaires,
plus nous aurons une vision complète de l'offre de services en première ligne.
Le deuxième volet, c'est un accès équitable à un
rendez-vous pertinent pour nos citoyens via une plateforme numérique. J'ai
parlé d'interdisciplinarité dans le cadre du premier volet. Vous comprendrez
que le thème reviendra dans le second volet aussi, parce qu'une de nos
recommandations, c'est d'élargir l'offre de rendez-vous en ligne aux autres
professionnels.
Il y a deux objectifs qui sont poursuivis par
cette recommandation-là, premièrement, pour éviter que le médecin de famille
devienne un goulot dans l'accès au rendez-vous à un autre professionnel. Et là,
encore une fois, je vous donne un exemple concret. Hier, je regardais mon
horaire de bureau de cet après-midi — ça tombe que, cet après-midi,
je suis en clinique — et
je voyais, dans mon horaire, un patient qui avait pris rendez-vous en ligne, et
l'objectif de sa rencontre est un suivi de son hypertension. Il trouvait que sa
pression était trop élevée, donc il a pris rendez-vous avec son médecin. Bien
évidemment, quand j'ai vu ça, bien, je me suis dit : Bien, je ne suis pas
le meilleur professionnel pour répondre à ce besoin-là. C'est probablement le
pharmacien qui est le mieux placé, ou l'infirmière, pour répondre aux besoins
du patient. Donc, on a dû rappeler le patient et aiguiller le patient vers le
bon professionnel. Si le patient avait eu la possibilité, en ligne, de prendre
rendez-vous directement avec le pharmacien ou avec l'infirmière, je crois que
tout le monde aurait gagné au change.
L'objectif, aussi, d'élargir les plateformes de
prise de rendez-vous aux autres professionnels, bien, c'est de pouvoir générer
des données qui sont cohérentes pour l'ensemble des professionnels qui
travaillent dans la même équipe, c'est de
pouvoir évaluer la qualité de l'accès, oui, aux médecins de famille mais aussi
à tous ses collègues qui travaillent avec lui pour offrir une gamme de services
qui est accessible en temps opportun à notre population en GMF.
Finalement, le troisième volet, bien, c'est
l'accès équitable à l'inscription au médecin de famille et à l'équipe
interprofessionnelle. Les guichets d'accès à un médecin de famille sont le
meilleur moyen dont on dispose pour assurer
l'équité d'accès à l'inscription. Comme médecin de famille, ce soir, si je fais
du sans rendez-vous populationnel, que je vois un patient orphelin, je
peux décider de l'inscrire, peu importe le nombre de jours, de mois ou d'années
qu'il est orphelin. En choisissant de l'inscrire, bien, je choisis de le
prioriser sur plusieurs patients qui peuvent être en attente depuis des mois, des
années au guichet et qui sont possiblement plus vulnérables. Donc, pour nous,
le fait d'inciter les médecins de famille à inscrire les patients sur le
guichet, c'est quelque chose qui est très positif. Et on est, par contre,
convaincus qu'il faut travailler sur les exceptions en collaboration avec les
médecins pour que ça demeure cohérent pour notre population puis que... par
exemple, on a parlé des familles, là, vous avez pu l'aborder plus tôt dans la
commission, qu'on puisse faire des exceptions pour ces gens-là.
Je termine et je repasserai la parole à mon
P.D.G., mais je termine avec le volet universitaire de notre établissement, qui
nous tient grandement à coeur. Pour nous, il est important que les grands
changements qui pourraient être engendrés par ce projet de loi soient évalués,
qu'il y ait un processus évaluatif. Et, si on pouvait générer des connaissances
qui pourront servir à l'amélioration de notre système et d'autres systèmes de
santé dans le monde, bien, je pense qu'on aurait une portée très intéressante.
M. Delamarre (Michel) : Donc,
en conclusion, on est très disposés à répondre à vos questions dans les
prochaines minutes. Le CIUSSS—Capitale-Nationale
réitère au gouvernement son appui aux intentions du projet de loi n° 11. La nécessité pour
les médecins d'utiliser le guichet permettra de renforcer l'équité pour l'accès
via l'inscription à un médecin de famille. Nous insistons sur le fait
que ce projet de loi est une opportunité de documenter et de valoriser l'accès à une équipe interdisciplinaire
tout en permettant beaucoup d'agilité dans la gestion des disponibilités
et de l'accès à l'offre de services des médecins et des équipes
interdisciplinaires en cogestion. Cette agilité sera possible si les données
sont partagées avec les médecins et si ceux-ci sont outillés à la pratique
réflexive et partenaires du changement. Il
est important que les solutions mises en place soient à l'échelle locale, avec
le soutien du DRMG et des établissements.
Donc,
merci, pour... Ça mettrait fin à notre présentation. Et nous sommes ouverts,
maintenant, pour les questions.
Le Président (M. Provençal)
: Je vous remercie beaucoup pour votre exposé. Nous allons
débuter cette période d'échange avec M. le ministre. Alors, je vous cède la
parole, M. le ministre.
M. Dubé : Merci beaucoup, M. le Président. Alors,
M. Delamarre et Mme Samson, très content de vous avoir avec
nous ce matin.
J'aimerais peut-être partager avec mes collègues
ici, mes collègues parlementaires, une petite information peut-être privée sur
M. Delamarre. M. Delamarre a commencé sa carrière au ministère, il y
a 41 ans, comme préposé à l'accueil
pour finir sa carrière, dans quelques mois, comme P.D.G. de probablement... je
vais le dire, là, à la jalousie de quelques-uns, d'un des meilleurs
CIUSSS qu'on a au Québec, très bien géré. Alors, je tiens à vous remercier d'avoir pris le temps d'être avec nous aujourd'hui
puis de... en profiter pour vous remercier. Mais vous êtes vraiment... Vous avez une carrière exemplaire qu'il est
possible de conduire dans le réseau public, puis je pense que c'est important
de le noter, M. Delamarre. J'ai
peut-être pris une minute de mon temps, je pense que mes collègues
m'excuseront, mais je tiens à le remercier.
Peut-être, Mme Samson, j'irai tout