Culture and Education — 1 May 2018 (41st Legislature, 1st Session)

CCE 2018-05-01

Quebec — Committees

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Culture and Education — 1 May 2018 (41st Legislature, 1st Session)

CCE 2018-05-01

Quebec — Committees

Alors,

oui, j'espère que Québec International se préoccupe des régions. Et on a toutes

sortes d'autres façons de partager les bonnes pratiques avec les

régions, et je pense que, dans l'éventuelle politique sur le financement des

universités, on a un souci particulier pour les étudiants internationaux, y

compris les étudiants en région.

je répondrais aussi que, par exemple, le pôle régional — c'est vrai, merci de me le rappeler — que j'ai annoncé dans le Bas-Saint-Laurent, le pôle régional... et

sur la promotion, tous ensemble, le recrutement et la rétention, évidemment,

parce qu'on sait très bien que la rétention

est en corrélation directe avec la qualité des soins qu'on apporte pendant

qu'ils sont étudiants :

expérience de travail, expérience de stage, expérience rémunérée, etc. Alors,

je pense que les universités le savent,

et c'est pour ça qu'on finance, entre autres, les pôles régionaux, et entre

autres le Saguenay—Lac-Saint-Jean,

qui s'en vient très bientôt.

Cloutier : Bien, ce sont tous des bons éléments, Mme la ministre, mais

évidemment je pense que, surtout au niveau

collégial, on pourrait faire nettement plus. La Fédération des cégeps demande

qu'une ressource soit attitrée par institution pour le développement à

l'international, là. De mémoire, c'est une mesure d'environ 5 millions

dans leurs revendications prébudgétaires.

Est-ce que c'est le genre de mesures que votre gouvernement... pourriez donner

suite pour nous assurer justement que, dans chaque institution, il y a

au moins une personne qui soit attitrée pour l'accueil, la préparation? Mais j'imagine aussi qu'il y a un

partage de connaissances puis un regroupement qui puisse y avoir entre

les cégeps des mêmes régions.

David : Oui. Je pourrais partir de plusieurs angles différents, mais

on a quand même mis, justement... En 2017-2018,

c'était l'an dernier, on avait annoncé 13,5 millions sur cinq ans, donc,

pour vraiment une stratégie de promotion des étudiants internationaux. Ça comprend les collèges. Moi, j'ai

toujours, toujours répété que, dans tous les aspects, nous devons considérer les collèges en enseignement

supérieur, tout comme les universités. Alors, on a, effectivement, dans

cette stratégie... on veut renforcer le rayonnement des établissements

d'enseignement, l'offre éducative, assurer la concertation entre les acteurs de

l'internationalisation de l'éducation, assurer une expérience de qualité aux

étudiants.

Pour

avoir été moi-même deux fois à l'accueil des étudiants internationaux à

l'aéroport de Dorval, c'était très, très... Montréal-Trudeau, qu'il faut

dire, c'était très intéressant de voir où s'en allaient ces étudiants. Et je me

souviendrai toujours de cohortes qui partaient dans un autobus jaune pour s'en

aller au cégep de Baie-Comeau, au programme TACH. Alors, le programme TACH,

très intéressant, c'est technique d'halieutique et de... halieutique et quelque chose lié, en tout cas, à la nature. Et

des cohortes de Français et Françaises qui venaient en très grand nombre,

très majoritaires, d'ailleurs, dans ce programme-là. Alors, oui, Baie-Comeau a

développé une expertise particulière, Sept-Îles aussi. Les cégeps de votre

région sont vraiment très bons aussi. Et au cégep de l'Abitibi, par exemple,

c'est intéressant, parce qu'on a regardé les

offres d'emploi dans tous les cégeps récemment, en avril, et

Abitibi-Témiscamingue : coordonnatrice

ou coordonnateur des communications et de l'international. Donc, on voit que ça

se développe à partir du réinvestissement, mais ça, je vous en reparlerai, je

sais que ça vous intéresse beaucoup, les réinvestissements dans les

collèges. Et donc on a toutes les offres d'emploi du mois d'avril, c'est

passionnant, puis, entre autres, à travers le réinvestissement,

les cégeps, oui, de plus en plus, je dirais, font de l'international, et, s'il

y a quelque chose pour lequel je les encourage, c'est bien ça.

Cloutier : Est-ce qu'on est capable de chiffrer la différence entre le

Québec puis l'Ontario par rapport à la rétention des étudiants étrangers

sur le territoire québécois? Est-ce que c'est une donnée qui existe, que vous

avez, la rétention des étudiants étrangers au Québec par rapport à l'Ontario?

Mme David : Écoutez, on

l'a sûrement, je ne pourrais pas vous la dire par coeur, mais vous l'avez... On

va vérifier. Vous l'avez bien dit

tout à l'heure, vous semblez dire qu'effectivement la rétention est plus forte

du côté de l'Ontario que du Québec. Je ferais attention sur les clientèles aussi et

sur le côté francophone, je vais vous dire pourquoi, parce

que, du côté de la francophonie, dans votre région, entre autres, et dans plusieurs régions du Québec, nous avons

d'excellents, d'extraordinaires, j'en

ai rencontré, dans les collèges et dans les universités, étudiants en

région qui viennent de pays beaucoup

moins riches, dont le PIB est beaucoup

plus faible. Et ce n'est peut-être pas le cas de l'Ontario, il y a peut-être

des pôles de recrutement qui sont très différents.

je le répète, je ne voudrais pas qu'on devienne populaire dans ce qu'on appelle

la rétention de cerveaux, qui devrait,

dans les pays francophones, faire, bon, un progrès et une différence

significative que ces étudiants-là retournent. Alors, évidemment, différence de bassin de recrutement, différence

de langues, différence de pays, différence de richesse dans le PIB de ces différents pays de recrutement,

alors il y a un côté politique, il y a un côté altruiste, je dirais, et puis il y a un côté

de recruter et retenir pour retenir absolument.

Cloutier : Vous m'ouvrez justement

la porte à la question de toute la déréglementation des frais de

scolarité pour les étudiants

étrangers. Vous venez de faire la différence entre le marché, entre guillemets, des étudiants francophones par

rapport au marché, entre guillemets, des étudiants anglophones. Il

y a eu rumeur pendant plusieurs

années, dans les deux, trois

dernières années, à l'effet que le gouvernement pourrait déréglementer les frais de scolarité, et

puis là s'en étaient suivies

différentes affirmations, là, de différents ministres de votre gouvernement. Vous en êtes où par rapport

à la déréglementation des frais de

scolarité? Est-ce que vous avez l'intention de modifier le statu quo

actuel avant la prochaine élection?

David : Alors, la question

est importante, la question fait

partie de la réflexion entière de la politique

de financement des universités.

La déréglementation existe depuis de nombreuses années, elle a vécu sous le Parti québécois, elle a vécu sous le Parti

libéral, la déréglementation de six

disciplines que sont les sciences informatiques, génie... pas génie, droit, administration. Et donc elle a cours depuis de nombreuses années, cette

déréglementation, dans six disciplines.

Maintenant,

la question, c'est : Si on fait la déréglementation, on

la fait à quel niveau, on la fait comment et on la fait avec qui et dans quelles

circonstances? Et c'est la grande, grande question de

l'internationalisation de nos institutions d'enseignement supérieur au Québec. Donc, nous sommes à la

touche assez finale de cette politique de financement, qui inclura la

partie des étudiants internationaux.

Donc, je vous demande une certaine patience, pas trop longue, vous serez

encore là, donc ça donne un peu une date. Et

nous réfléchissons de façon la plus complète possible, parce qu'il y a

beaucoup d'éléments là-dedans,

à cette question-là.

Cloutier : Votre collègue la

ministre des Relations

internationales, à l'époque, disait

que c'était une solution de dernier recours, qu'on devait trouver d'autres

façons que la déréglementation. L'Université

Laval disait qu'on ne peut réclamer aux Éthiopiens ce que McGill

réclame à ceux venant de l'Arabie saoudite ou du Qatar. J'imagine que vous êtes

déjà très au fait de la différence des marchés, la capacité de payer, la

capacité d'attirer, puis éventuellement, bien, inévitablement, c'est toute la question du juste équilibre entre la représentation des étudiants anglophones par rapport aux étudiants anglophones dans les universités qui sont payées

par les Québécois.

Alors,

vous nous laissez clairement entendre qu'il pourrait y avoir... il va y avoir

une réouverture de la réglementation actuelle. Est-ce que ma

compréhension est la bonne?

David : Alors, vous touchez très, très

bien, vous mettez le doigt sur les enjeux complexes de la situation au

Québec, enjeux régionaux versus grands centres, enjeux fracture linguistique,

fracture territoriale, fracture dans les bassins de recrutement, fracture dans les PIB des pays d'où viennent ces

étudiants-là. Donc, nous regardons la situation sous tous

les angles, tous les angles. Et la situation est complexe, alors, à situation

complexe, solution complexe. Et on a déjà, effectivement, mais je l'ai dit déjà, les six disciplines

déréglementées. Il y a quand même

5 000 équivalents à temps plein dans les disciplines déréglementées. Donc, nous regardons attentivement...

Et vous le verrez, mais je vous demande de me croire pour l'instant... puis

vous n'êtes pas obligé, mais à ma très grande sensibilité par rapport à toutes

les fractures que j'ai mentionnées.

M. Cloutier :

Donc, le statu quo va être modifié?

David : La réflexion est en cours sur l'ensemble, et je dis bien

«l'ensemble», de la politique de financement des universités, les étudiants internationaux étant un morceau de cette

très grande équation de ce qu'on appelle une politique de financement, avec énormément d'intrants. Et il

faut regarder, pour la question des étudiants internationaux, l'ensemble

des étudiants déréglementés, exemptés.

Nous

avons annoncé, et j'en suis très fière, l'exemption des étudiants wallons, et

ça, ça a passé pas mal inaperçu. Et j'en suis vraiment très fière.

J'étais à la signature avec le président quand... lors de la visite du

ministre-président Rudy Demotte. Donc, les

étudiants universitaires wallons... Pour les nombreux échanges que j'ai eus

avec la Belgique depuis de nombreuses

années, il était évident qu'il y avait une certaine jalousie entre les Français

et les Wallons. Et je pense que

l'apport des universités francophones de Belgique à toutes les universités au

Québec est un apport extraordinaire. Alors,

voilà, il y a 16 000 étudiants équivalents à temps plein qui sont

déjà exemptés. On met tous les Français, évidemment, mais on pourra

mettre bientôt les francophones de Belgique.

Alors, vous

voyez, ce sont des pas que nous avons déjà faits, et nous n'avons pas terminé,

puisque la réflexion est multi, multi, multifactorielle.

Cloutier : Je comprends bien la complexité de l'enjeu, je ne doute pas

de vos bonnes intentions, mais je suis obligé

quand même de vous rappeler qu'aux mêmes études de crédits, pas l'année

dernière, mais l'année d'avant, je vais vous citer, vous disiez : «Je confirme que la situation n'est pas

si simple que ça — ça,

c'est encore vrai — et je

confirme que je vais continuer à y

penser encore pendant certainement quelques semaines.» Je comprends que ces

quelques semaines vont se poursuivre.

Et je

comprends aussi... Vous aurez compris que, si vous décidez d'intervenir sur

l'enjeu, bien, nous allons avoir un regard très, très, très pointu de ce

que vous nous proposerez, parce que les inquiétudes sont immenses, immenses,

immenses de créer un déséquilibre, immenses de modifier l'équilibre

linguistique au Québec.

Présidente (Mme de Santis) : Merci beaucoup. Mme la ministre, vous

pouvez faire un commentaire sur le temps du gouvernement, si vous

voulez.

David : Les inquiétudes immenses sont proportionnelles à la complexité

de l'enjeu. Et je vous demande encore

une fois de me croire, vous serez encore député quand on pourra parler avec des

annonces beaucoup plus claires. Et je

veux préciser que la politique de financement qui est revue n'est pas faite en

vase clos au ministère de l'Enseignement supéri

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CollectionQuebec — Committees
CitationCCE 2018-05-01
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux parlementaires commissions cce 41 1 journal debats CCE 180501.html
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier03409a124676019d0887379b1a765fc5bca9ee6e

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