Institutions — 21 August 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CI 2020-08-21
Quebec — Committees
Veuillez noter que la séance sera divisée en
deux parties d'une durée de 1 h 15 chacune, avec une suspension maximum de 15 minutes entre les deux. Cette
suspension est pour permettre une rotation en salle entre les fonctionnaires
des divers organismes qui accompagnent la ministre.
Je suis
maintenant prêt à reconnaître une première intervention. M. le député de Vimont,
s'il vous plaît. Bienvenue.
M. Rousselle : Merci, M. le Président. Premièrement, je voudrais
saluer la ministre. C'est une première pour moi dans ce dossier-là, donc on va se croiser souvent, je pense. Je voudrais
remercier ma collègue de Vaudreuil d'être ici en ma compagnie.
Écoutez, je
vais commencer tout de suite dû au fait qu'on a du temps, mais le temps passe
vite. Je veux passer... En mars 2019,
la ministre suspendait le directeur général Martin Prud'homme. Il a été
blanchi par le DPCP. Il n'a pas eu de
communication des enquêtes. Il ne sait pas qu'est-ce qui est reproché, puis,
là-dedans, j'ai deux volets à ce sujet-là. Premièrement, M. le Président, imaginez-vous, les Québécois,
actuellement, ils ont été confinés en raison de la pandémie pendant quatre mois. Ça n'a pas été facile, puis
d'ailleurs on en entend encore parler. On voulait retourner travailler, on
voulait retrouver notre vie. Le ministre,
lui, on lui a imposé un confinement, et ça... et puis pensez-y au côté humain,
à M. Prud'homme, depuis
maintenant 18 mois. Donc, 18 mois, cette personne-là est considérée
comme... il est comme confiné. Il attend
chez lui complètement assommé par une rétrogradation, une humiliation publique.
Au niveau personnel, ce que M. Prud'homme vit, c'est épouvantable.
À quel moment la ministre pense-t-elle finir
avec ce dossier?
Le Président
(M. Bachand) : Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme Guilbault : Oui, merci. Bien, je vais commencer moi aussi en saluant tout le monde
très brièvement. Bonjour. Merci à
tous d'être ici, en particulier mes collègues des oppositions que j'ai le
bonheur de retrouver. On ne se voit pas souvent en personne depuis quelques mois. Donc, bonjour et bienvenue au
collègue de Vimont qui, par son passé, j'en suis certaine, sera un nouveau vis-à-vis très, très
intéressant avec qui travailler. Et merci à la collègue de Vaudreuil
pour tout le travail qu'on aura fait ensemble.
Donc, oui,
dossier important et délicat que celui que soulève le député de Vimont.
Il est probablement au courant de la
séquence des événements depuis le relevé provisoire de M. Prud'homme.
Donc, il y a eu une première annonce comme quoi il n'y aura pas
d'accusations criminelles contre M. Prud'homme. Et, depuis, il y a cette
enquête de nature plus déontologique qui est
menée par le ministère du Conseil
exécutif, plus précisément le
Secrétariat aux emplois supérieurs, et donc le processus est en cours.
Je ne peux commenter davantage, sinon de dire que ce processus suit son cours.
Le Président
(M. Bachand) : M. le député de Vimont, s'il vous plaît.
M. Rousselle :
On aimerait au moins savoir... Parce que, là, en n'ayant plus d'accusation au
niveau criminel, on aimerait savoir
c'est quoi, la faute qui est
reprochée à M. Prud'homme. Parce qu'on le sait tous que M. Prud'homme
a un dossier
jusqu'à maintenant impeccable, on le sait, comme un gestionnaire aguerri, on le
sait que, justement, il a été même à
Montréal, il a aidé énormément le corps de police à Montréal puis il a fait ça
de main de maître. Donc, écoutez, c'est une personne qui est reconnue
vraiment pour sa compétence.
Une fois que,
justement, le DPCP, il n'a pas de dossier, donc, le côté criminel, on le met de
côté. J'aimerais ça savoir si on peut
nous en dire davantage. Parce que je comprends qu'on ne veut pas en dire plus,
mais, à un moment donné, la population,
il faut qu'elle sache. La population, à un moment donné... Et puis c'est la
responsabilité de la ministre, là, de
garder la confiance au niveau de la police auprès du citoyen. Et, on le sait,
actuellement elle est malmenée, actuellement, la confiance police-citoyen. Donc, c'est de sa responsabilité d'en dire
plus ou de tout simplement rassurer les gens, parce que, là, écoutez,
là, c'est un dossier qui perdure.
Puis
d'ailleurs le temps que le DPCP a pris pour dire comme quoi qu'il n'y avait pas
d'accusation, ça a pris du temps. Puis
surtout la position que M. Prud'homme avait, ça peut ébranler une
organisation. Et je n'en ai aucun doute, la capacité de Mme Beausoleil, qui remplace, là. Je ne
vais même pas dans ce sens-là. Je veux dire, je connais les... j'ai regardé les
capacités de Mme Beausoleil, je
ne vais vraiment pas là-dedans. Sauf que moi, je parle de M. Prud'homme
actuellement et je trouve ça malheureux
qu'actuellement on n'en sache pas plus. Donc, on ne peut pas en savoir plus ou
la population ne peut pas en savoir plus là-dessus?
Le Président
(M. Bachand) : Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme Guilbault :
Oui, merci. Bien, il y a deux choses. Il y a, d'une part, la première enquête
qui avait été menée sur les
allégations, là, en lien avec une potentielle infraction criminelle, enquête
qui s'est conclue par le fait qu'il n'y a pas d'accusation au criminel. Et je serais très surprise que le député de
Vimont, compte tenu de son passé, me suggère de me mêler de cette
enquête-là ou de révéler des informations qui doivent être confidentielles. Il
y a aussi une question d'informations
nominatives, d'informations sensibles dans ces enquêtes-là. Et d'ailleurs la
ministre... le ou la ministre, et là
c'est «la» en l'occurrence, n'est pas informée de tous les détails des enquêtes
qui se déroulent au Québec. Ça, je pense que le député de Vimont est au
courant aussi.
Alors donc,
dans la mesure où les conclusions de cette enquête-là sont connues à l'effet
qu'il n'y aura pas de suite, il y a
cette deuxième enquête de nature déontologique qui est en train d'être menée au
moment où on se parle. Et, pour ces
raisons-là, je ne peux donner d'autres informations, d'autant plus justement
que l'enquête n'est pas terminée.
Le Président
(M. Bachand) : M. le député de Vimont, s'il vous plaît.
M. Rousselle :
Écoutez, si on parle d'une enquête administrative depuis le blanchiment, est-ce
que je pourrais savoir c'est qui qui a commandé cette enquête-là?
Le Président
(M. Bachand) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : C'est la séquence normale des choses en vertu des réglementations qui sont
prévues ici — ici étant
au gouvernement — par
le ministère du Conseil
exécutif pour les hauts dirigeants de
l'État. Donc, M. Prud'homme, comme d'autres administrateurs, est
visé par le règlement, je n'ai pas le nom, mais c'est le règlement sur
l'éthique et la déontologie des
administrateurs de l'État ou quelque chose comme ça, là. Je paraphrase le nom
exact. Mais l'objectif est donc de
vérifier si la conduite de M. Prud'homme a été conforme aux attentes
prescrites par ce règlement comme pour tous les autres administrateurs
d'État.
Le Président
(M. Bachand) : M. le député.
M. Rousselle : Je regardais le
verbatim du 27 novembre 2019, c'est M. Alain Laforest,
justement, qui posait une question :
«Est-ce que M. Prud'homme [pourrait] revenir? Est-ce qu'il a toujours
votre confiance?» Vous avez dit, si
je me fie au verbatim : «J'ai [...] dit qu'il faut attendre les résultats
de l'enquête, et, si l'enquête blanchit M. Prud'homme, oui, il pourrait revenir parce que c'est son
poste.» Est-ce que ça, c'est toujours dans les cartons? Parce que j'ai même vu
un
article de journal, à un moment donné,
qui mentionnait comme quoi M. Prud'homme ne pourrait pas revenir ou ne
reviendra pas. Donc, c'est pour ça que je veux avoir un éclaircissement
là-dessus, voir où vous en êtes là-dedans.
Le Président
(M. Bachand) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui, ce que j'ai dit, c'est ça, c'est qu'on attendait les résultats de
l'enquête. Le poste de directeur général
de la Sûreté du Québec est toujours occupé par M. Prud'homme, il en est
relevé provisoirement, et il y a un intérim assuré par Mme Beausoleil dans l'intervalle. Et donc, oui, si
M. Prud'homme était blanchi par les enquêtes qui le visent, d'une part, celle qui était plus de nature
criminelle et qui a conclu au fait qu'il n'y a pas d'accusation et, d'autre
part, celle qui est en train d'être
menée sur des éléments plutôt déontologiques, s'il était ultimement blanchi de
toute problématique, de toute faute,
blâme ou autre, oui, il pourrait théoriquement revenir à son poste. Évidemment,
là, je ne peux pas... il faudrait lui
poser la question à lui sur ses intérêts personnels. Je n'entrerai pas
là-dedans, parce que ce serait à lui de répondre. Mais, en ce qui me
concerne, s'il était blanchi, il pourrait, oui, récupérer son poste.
Le Président
(M. Bachand) : M. le député de Vimont.
M. Rousselle : Au
moment qu'on a appris comme quoi M. Prud'homme n'avait pas d'accusation,
c'est vous qui avez fait l'annonce,
donc, comme quoi il n'y avait pas d'accusation par le DPCP, voulez-vous
m'expliquer pourquoi ce n'est pas
soit le DPCP qui l'a dit ou encore pourquoi ce n'est pas la ministre de la
Justice ou le ministre de la Justice qui aurait fait l'annonce à ce
moment-là? Pourquoi c'est la ministre de la Sécurité publique?
Président (M. Bachand) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui, bien, il faudrait vérifier avec la Justice
ou avec le DPCP leur manière de fonctionner. Moi, le fait est que j'ai été informée au mois de mars,
que cette enquête-là avait été conclue et qu'il n'y aurait pas d'accusation qui
serait portée, et c'est logique compte tenu
du fait que c'est moi qui avais dû annoncer
le relevé provisoire de M. Prud'homme en ma qualité de ministre de
la Sécurité publique. Donc, le
directeur du BEI, qui menait cette enquête, m'a avisée du fait que l'enquête avait été conclue et qu'il n'y aurait
pas d'accusations. Donc, moi, je l'ai glissé parce que je pense que
l'annonce... auquel fait référence,
c'est que je l'ai dit, à un moment donné, durant une entrevue, si ma mémoire
est bonne, sur les ondes d'une radio de Montréal, et c'était venu sur le
sujet. Donc, dans mon réflexe habituel de transparence et de franchise, je l'ai
mentionné.
Président (M. Bachand) : M. le député.
M. Rousselle : Dites-moi... Actuellement, c'est long, là,
comprenez-vous? Je vous parle, là, 18 mois. C'est vraiment long. Là, on parle d'un autre processus d'enquête,
là. Est-ce que vous avez mis un temps? Parce que,
tout de même, là, vous avez... c'est
au bureau du PM, là, qu'il peut y avoir un pouvoir là-dessus. Donc, est-ce qu'ils ont donné un certain temps pour en arriver avec une conclusion? Parce qu'on
sait bien que, que ça soit les affaires internes ou déontologie, ça peut
se régler. L'enquête... Déjà, il y a eu une
enquête au niveau du DPCP. Ça peut se faire assez rapidement, là. Je suis
conscient de ça, j'ai déjà travaillé,
justement, au niveau de la déontologie puis des affaires internes dans la
police. Donc, je sais que ça peut se faire assez rapidement.
Est-ce que vous avez... Est-ce qu'il y a un temps
qu'on l'a demandée? Parce qu'encore une fois, comme je vous dis, c'est quelqu'un qui est chez eux, qui vit ça, et,
jusqu'à date, il n'y a aucune accusation. Et moi, j'aimerais savoir si vous
avez pensé, justement, à avoir des
précisions. Est-ce qu'on peut avoir des précisions au niveau... si l'enquête va
se régler bientôt et quand est-ce que ça... Il y a-tu une projection
dans le temps, là, que vous avez mise sur... aux côtés de ce dossier-là?
Président (M. Bachand) : Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme Guilbault : Évidemment, on veut toujours être les plus
diligents possible... ou que ce soit dans le gouvernement. L'enquête dont il est question actuellement n'est
pas menée par les services de police. Là, on se comprend bien, c'est une
enquête qui est faite par le
Secrétariat des emplois supérieurs. Alors, je me verrais mal leur prescrire un