Labour and the Economy — 24 September 2019 (42nd Legislature, 1st Session)

CET 2019-09-24

Quebec — Committees

Labour and the Economy — 24 September 2019 (42nd Legislature, 1st Session)

CET 2019-09-24

Quebec — Committees

C'est vrai

qu'investir dans les secteurs de pointe de technologie de rupture, ça

comporte des risques, mais je suis prêt à partager ces risques, et le

nouveau IQ le sera aussi. Nous allons créer IQ régional pour bien servir nos

PME. IQ deviendra la porte d'entrée, un

accompagnateur de première ligne dans toutes les régions du Québec

pour les entrepreneurs ayant des

projets qui demandent une aide financière, des permis et diverses formes

d'autorisation gouvernementale. Le projet

de loi prévoit que les bureaux

régionaux du ministère de l'Économie

et de l'Innovation seront fusionnés à

ceux d'IQ. Il y aura donc un IQ pour chacune des 17 régions.

Le nouvel IQ régional aura la mission

de réduire la complexité des démarches pour présenter un projet et diminuer

les délais de traitement des demandes. Des

comités de développement seront aussi constitués dans chacune des régions

afin de recommander à la société d'État des investissements et des projets économiques. Ces comités auront

une représentation locale des gens

d'affaires et d'entrepreneurs. Ce qu'on veut avec le nouveau IQ régional, c'est

travailler en collaboration avec les gens d'affaires, les municipalités,

les acteurs économiques pour renforcer le développement économique

régional, identifier les gazelles et les futurs fleurons.

Le nouvel IQ agira

également de façon proactive et innovante à l'extérieur du Québec. Nous allons

donc créer IQ International. Son mandat est de stimuler l'attraction

d'investissements étrangers, la diversification des exportations québécoises

avec l'accompagnement des entreprises, les équipes d'Export Québec du ministère

de l'Économie et de l'Innovation, chargées

d'appuyer les entreprises en matière d'exportation et de commerce extérieur, en

collaboration avec le réseau des bureaux du Québec à l'étranger, se

joindront à l'équipe d'IQ International.

maintiendra une collaboration soutenue mais mieux encadrée avec les

représentants de Montréal International et de Québec International. IQ

International, en collaboration avec nos délégations du Québec à l'étranger,

aura la mission d'accompagner les entreprises québécoises sur les

marchés étrangers et promouvoir les forces du Québec auprès des décideurs des grands sièges sociaux. On

travaillera donc tous ensemble et surtout on sera plus agressifs pour vendre le

Québec, surtout dans nos créneaux

d'excellence comme l'aérospatiale, les sciences de la vie, l'agroalimentaire et

la mobilité durable.

terminant, la nouvelle mission d'IQ et le nouveau rôle qui lui est attribué

permettront de susciter davantage de projets

d'investissement dans l'ensemble des régions du Québec, de doubler les

investissements étrangers au Québec et d'augmenter les exportations

québécoises afin qu'elles représentent 50 % de notre PIB. Je compte bien

entendu sur la collaboration de tous les acteurs économiques du Québec pour

suis impatient de vous entendre, et de vous lire, et surtout de voir les

retombées de nos actions communes. Merci.

Présidente (Mme IsaBelle) : Merci, M. le ministre. Nous invitons

maintenant la porte-parole de l'opposition officielle en matière d'économie et

députée de Saint-Henri—Sainte-Anne à

faire ses remarques préliminaires pour un maximum de quatre minutes.

Mme Anglade :

Merci, Mme la Présidente. Alors, permettez-moi tout d'abord de saluer le

ministre de l'Économie, avec lequel

nous allons passer plusieurs heures à échanger sur le projet de loi qui est

déposé. Je salue également les collègues, les collègues de la

partie gouvernementale de même que les collègues de

l'opposition. Alors, je nous souhaite des travaux enrichissants et surtout qui vous nous permettre

d'amener le Québec un peu plus loin dans les propositions qui sont faites.

D'entrée de jeu, je

vous dirais que tout ce qui va faire en sorte qu'on améliore la productivité,

la compétitivité de nos entreprises est

quelque chose qui va définitivement résonner positivement de ce côté-ci de la

Chambre. Nous sommes en faveur. Tout est perfectible, hein? Nous sommes

en faveur d'améliorations.

J'étais

un peu surprise de certains commentaires qui avaient été formulés par le

ministre la semaine dernière par rapport

à l'économie du Québec. Je pense qu'il y a des initiatives qu'il nous faut

poursuivre. J'entendais le ministre dire... parler de robotisation,

d'automatisation, d'intelligence artificielle. Ce sont des initiatives qui ont

commencé déjà sous notre gouvernement, dès

2016 d'ailleurs, avec tout le manufacturier innovant. Je pense que le ministre

va vouloir poursuivre dans cette direction-là, ce qui serait une fort bonne

chose, que l'on saluerait. Et tous ces domaines-là d'innovation sont

clairement des éléments essentiels pour nos entreprises.

Cela

dit, il faut mentionner l'importance pour nous... deux éléments importants. La

question de la main-d'oeuvre va

rester essentielle, parce qu'un des enjeux que nous avons avec les entreprises,

c'est évidemment qu'il n'y a pas suffisamment de main-d'oeuvre pour répondre aux besoins. Alors, les discussions

aussi... on va devoir faire de la place à la question et à l'enjeu de main-d'oeuvre pour qu'on puisse

regarder l'ensemble de la productivité de manière intégrée, pas seulement sous

une seule et même lorgnette. Donc, je pense que cet élément-là devra être

également mis de l'avant.

D'autre

part, évidemment, dans le projet

de loi, qui est quand même

un projet de loi assez significatif, il y a énormément de pouvoir qui va être accordé à Investissement Québec. Conséquemment, la notion de transparence de

notre société d'État, ça va être important, et c'est un sujet sur lequel

nous allons vouloir revenir.

Nous

voulons avoir une société d'État qui soit redevable, une société d'État pour

laquelle on a une transparence pour les effectifs, pour la rémunération, pour

les résultats qui sont à venir et les résultats obtenus, pour la prise de

décision.

Donc,

ce sont des éléments qui nous apparaissent essentiels, et évidemment

nous allons regarder le projet de loi en fonction

de la transparence également qui va de pair avec un changement aussi important

que souhaite faire... que souhaite voir aboutir certainement le ministre.

Alors,

vous allez trouver en nous une opposition officielle constructive, qui veut

faire avancer les choses. J'espère trouver,

dans la

partie gouvernementale, un gouvernement qui va être à l'écoute, qui va être transparent

et qui va pouvoir intégrer l'ensemble des amendements que nous aimerions

amener lors de l'étude de ce projet de loi.

Alors, je vous

remercie, Mme la Présidente, et au plaisir de vous voir présider cette

commission.

Présidente (Mme IsaBelle) :

Merci. Alors, j'invite maintenant le porte-parole du deuxième

groupe d'opposition en matière d'économie, député de Rosemont, à faire

ses remarques préliminaires. Vous possédez une minute.

Marissal : Luxueux, une

minute. Je ne ferai pas de blague, là, je suis en train de brûler mon temps.

Bien, d'abord, bonjour. Bonjour, M. le ministre. C'est

la première fois qu'on a l'occasion d'échanger dans un tel exercice.

Avant

de parler du fond... de toute façon, je n'aurai pas le temps, et on

aura le temps plus tard, puis c'est un projet

de loi quand même assez costaud, qui apporte des changements quand même

assez importants à la structure d'Investissement Québec et du bras financier de l'État... d'un des bras

financiers de l'État. J'aimerais passer deux, trois commentaires sur la

forme.

Je trouve et

je constate, encore une fois, ce n'est pas la première fois dans une commission parlementaire, qu'on est un peu bousculés. On reçoit les mémoires

très tard. Des fois, on ne les reçoit pas. On ne le sait pas qui va

témoigner ni dans quel ordre. On le sait tard. On n'a pas eu de briefing sur ce

projet de loi qui est quand même très technique. Ma vieille mère dit toujours : Il ne faut pas confondre vitesse et

précipitation. Je la cite, elle sera heureuse de m'entendre. Je pense

qu'il n'y a pas le feu nulle part...

La Présidente (Mme IsaBelle) :

Merci, M. le député de Rosemont.

M. Marissal : On va être ici

jusqu'en décembre. Alors, on pourrait faire...

La Présidente

(Mme IsaBelle) : Merci.

Alors, j'invite maintenant le porte-parole du troisième

groupe d'opposition en matière

d'économie, le député de René-Lévesque, à faire ses remarques préliminaires. Vous avez également

une minute.

Ouellet : Merci beaucoup. Donc, bonjour à tout le

monde. Évidemment, il y a plusieurs

choses, dans ce projet de loi,

qui ont été entendues de la part du Parti

québécois lors de leur tournée

Priorité PME, et j'ai eu même l'occasion d'en échanger quelques-uns avec

le ministre.

Donc, il y a certaines mesures dans ce projet de

loi là qui nous plaît, mais évidemment on va avoir plusieurs questionnements où

on sera à l'écoute des différents groupes sur trois volets extrêmement importants

pour nous.

Dans certains

cas, on trouve qu'il y a beaucoup trop de centralisation à l'intérieur même du projet de loi. Donc, on aura des questions

à ce sujet. L'impact aussi que ça aura pour les employés d'Investissement Québec, qui vont intégrer les gens du ministère de l'Économie, donc comment va se vivre ce

changement-là et ce chamboulement-là, mais aussi et surtout la régionalisation des décisions et l'opportunité

d'avoir en région des fonds dédiés au propre développement économique.

Donc, ce sera

dans les trois angles avec lesquels nous allons aborder ces consultations.

Merci, Mme la Présidente.

La Présidente (Mme IsaBelle) :

Merci. Nous allons maintenant commencer les auditions. Nous souhaitons la bienvenue à M. Michel Leblanc, président et

chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

M. Leblanc,

je vous rappelle que vous avez 10 minutes et je vous inviterais à vous

présenter avant de commencer.

Leblanc (Michel) : Alors,

bonjour. Merci de m'accueillir. D'abord, je vous remercie. Je pense que c'est une

consultation importante, et, pour la chambre, c'est important d'être ici.

Je souligne

que les délais ont été courts, ce qui explique que vous avez devant vous un

avis plutôt qu'un mémoire élaboré,

comme à l'habitude, et, deuxièmement, que vous ne l'avez pas reçu d'avance. Je

m'en excuse. Je vous invite à le lire pareil. Je vais sûrement être beaucoup

moins éloquent que ce qui est écrit.

La chambre

est active en développement

économique, et j'attire l'attention

sur le fait que, depuis 1984, nous avons un programme où nous soutenons des PME dans les stratégies à

l'international vers les marchés à l'exportation. Nous avons, à travers toutes ces années, collaboré avec tous

les organismes, les gouvernements provinciaux, municipaux pour amener des entreprises à l'étranger. Nous avons

énormément d'activités autres que celle de l'appui à l'exportation, mais c'est,

pour nous, un domaine assez stratégique.

Je vais

simplement dire, d'entrée de jeu, que nous partageons complètement l'évaluation

qui est faite du rattrapage

historique que nous devons faire sur des éléments très structurels de notre

économie, au premier titre, notre productivité. Nous ajoutons, par ailleurs, que c'est un bon moment pour le faire.

Souvent, on se pose ces questions quand la conjoncture est très mauvaise. Nous

avons, en ce moment-ci, et je vois M. Leitão et Mme Anglade, et je pense

qu'il y a eu un bon travail au niveau

de l'économie du Québec depuis quelques années, nous avons une conjoncture

très favorable. C'est un bon moment

de le faire. Le feu n'est pas pris, mais il y a un momentum qui nous

permettrait d'aller beaucoup plus rapidement.

Le mémoire parle de sept recommandations. En

10 minutes, je ne ferai pas tout le tour de ces recommandations, mais je vais simplement attirer votre attention

sur des éléments qu'on retrouve très clairement. La première chose, c'est

qu'on pense qu'à travers ce projet de loi et

à travers ce qu'on veut accomplir, c'est très important d'amener de la

simplicité et de la facilité d'accès pour les PME. Les grandes

entreprises, en matière d'investissements pour la productivité, sont normalement équipées pour détecter ce qui doit

être fait. Elles sont également actives en innovation, peuvent les détecter à

l'international ou peuvent elles-mêmes faire de l'innovation.

L'enjeu, ce

sont nos PME, nos PME qui ne sont pas toujours bien outillées et qui font face

à des programmes qui, normalement, devraient les aider, mais où souvent elles

les sous-utilisent parce qu'ils sont complexes, soit à comprendre...

Éventuellement, ces programmes exigent des rapports, de la documentation et ça

finit par ne pas atteindre les objectifs. Donc,

un des éléments, c'est qu'à travers ce que le nouveau IQ va livrer, il doit y

avoir cette cohérence, mais cette simplicité, oui, à régionaliser, mais, en même temps, il faut

que des entreprises de partout sur le territoire fassent affaire avec un IQ

facile à lire, facile à comprendre et des programmes faciles à utiliser.

Deuxième élément que

je veux amener, c'est la question à la fois des processus internes et

éventuellement de l'évaluation d'IQ. On l'a

vu dans les médias ces jours-ci, la question de l'évaluation des résultats

d'Investissement Québec à travers le

temps a souvent été sur les investissements attirés, les investissements

réalisés, les emplois créés. Nous pensons qu'on doit changer la façon dont on évalue la performance

d'Investissement Québec. La volonté de doubler les investissements, en soi, est importante, mais c'est l'indicateur de

la productivité, dans bien des cas, qui devrait nous parler au premier titre.

Si notre défi, c'est celui d'améliorer la

productivité, on devrait faire en sorte qu'Investissement Québec, dans ses

rapports annuels et dans ses rapports au Parlement... à l'Assemblée

nationale, puisse démontrer clairement l'impact qu'il a sur l'amélioration de la productivité des entreprises

du Québec. Ça doit être une des premières mesures de succès de ce que ce

nouveau IQ devra livrer.

emplois, peut-être, mais les emplois, il faudra dorénavant, je crois, les

qualifier. On le sait, le premier ministre veut des emplois payants. On pense qu'il doit y avoir des emplois dans

des domaines stratégiques, par opposition à dans n'importe quel domaine.

Depuis longtemps, nous avons préconisé, à Montréal, que les grappes soient

utilisées et par Investissement Québec et par Montréal International, pour que

les signaux sur le type d'investissement à aller chercher à l'international proviennent du milieu

d'affaires. Idéalement, lorsqu'il y a des besoins dans des grappes, les milieux

d'affaires vont le détecter et, à

travers les grappes, pourraient signaler à IQ, pourraient signaler à Montréal

International et, évidemment, à

Québec International ou ailleurs dans la province, quelles cibles seraient les

plus intéressantes, et, dans les résultats mêmes, la pondération des résultats devrait tenir compte

de ce que le milieu juge que c'est stratégique. Ça peut être le milieu, mais ça

peut être aussi, du point de vue d'IQ, des commandes qui viendraient du

gouvernement. Si le gouvernement cible l'intelligence

artificielle, un investissement majeur et stratégique attirant l'investissement

en intelligence artificielle devrait valoir plus dans l'évaluation des

résultats qu'un investissement dans d'autres secteurs jugés moins stratégiques.

troisième point, c'est de s'assurer qu'on a la maturité d'accorder à IQ les

moyens à la hauteur de ce qu'on va attendre

comme résultats. Nous croyons qu'à travers le temps, Investissement Québec n'a pas eu toute la latitude nécessaire pour aller recruter les talents dans les marchés où, normalement, on doit oeuvrer pour trouver ces talents-là. Les mesures de compensation, on va se le dire entre nous, les

bonis, on va se le dire entre nous, la hauteur de la rémunération, ne sont pas à la hauteur du talent qu'on doit aller chercher

pour livrer les résultats.

Pour

nous, la réforme actuelle et le projet

de loi ne prend son sens que si, à la

fin du processus, le nouveau IQ est un champion mondial reconnu,

un peu à l'image de ce qu'est la Caisse

de dépôt dans le marché des caisses de retraite. Le défi sera donc d'avoir la maturité d'accepter que

les dirigeants de IQ et de IQ International soient bien payés, qu'il y ait des

stratégies de bonification, dépendant des résultats, qui soient généreux, qu'il

y ait des conditions d'affaires qui fassent en sorte que ce IQlà pourra

aller recruter, retenir les ressources qui vont être nécessaires pour accomplir

son mandat.

L'autre

élément qui est très présent, c'est la nécessité

d'exercer un leadership collaboratif avec les forces qui sont déjà sur le terrain. À travers toutes ces années,

pour amener des PME à l'international, la première leçon qu'on a prise, c'est

qu'on doit le faire en équipe. On doit le faire en équipe, oui, avec les

délégations du Québec, oui, avec le ministère, oui, avec des institutions fédérales au besoin. Il y a

beaucoup d'organisations de terrain qui sont requises, d'abord pour identifier

les PME. Notre évaluation, c'est que nos PME

tardent à aller à l'étranger, et, que ce soit IQ, que ce soit le MEI,

historiquement, que ce soient

d'autres acteurs, la détection des PME qui devraient aller à l'international

prend du temps, elle est difficile à faire.

Les PME tardent trop. Donc, un des défis va être de faire en sorte que notre

base économique, nos PME, soit rapidement orientée vers l'international. Et, dans ce sens-là, c'est clair que

l'évaluation, à la fois d'IQ International et des collaborations entre

IQ International, Montréal International, Québec International, sont très

importantes. Il doit y avoir un incitatif à collaborer, et IQ a tout le loisir

de jouer le rôle du leader collaboratif coordonnateur de ces efforts.

Je terminerai en

disant que la dynamique économique du Québec actuelle fait en sorte que les

objectifs qu'on s'est fixés sont

accessibles. On peut réussir ce qu'on n'a pas réussi jusqu'ici. La trajectoire

par rapport au reste du Canada, présentement,

elle est très positive. Notre PIB croît, au moment où on se parle, deux fois

plus vite que le reste du Canada. Ça n'est pas arrivé souvent. Tout

indique que, s'il y avait une récession qui s'en venait, le milieu des affaires

demeure relativement confiant qu'il pourra

traverser cette récession en gardant le cap sur cette croissance qu'il voit

présentement. Devant nous, un IQ bien

financé, un IQ qui travaille en collaboration et un IQ qui donne des résultats

selon les bons objectifs pourrait nous amener là où on veut aller. Merci.

La Présidente (Mme

IsaBelle) : Parfait. Je vous remercie beaucoup. Alors, nous cédons

maintenant la parole à la porte-parole de

l'opposition officielle, à la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne. Vous disposez de 11 minutes. Eh

mon Dieu! je me suis trompée. Je me suis trompée, excusez-moi. En fait, c'est

parce que vous avez terminé avant le temps,

là, ça m'a un petit peu déboussolée. Excusez-moi, M. le ministre, à vous la

parole. Merci pour l'exposé. À vous, M. le ministre, à vous la parole.

Vous avez 11 min 30 s. Excusez.

Fitzgibbon : O.K. Alors, bien, premièrement, merci beaucoup de votre

rapport, M. Leblanc. Je pense que... Je m'excuse aussi, je sais que ça a été bousculé un peu, là, je ne suis pas

familier avec les règles, là, mais en tout cas on va essayer de faire du mieux qu'on peut. Je sais que

M. Marissal... On peut-u nommer les noms ou il faut donner les comtés?

Présidente (Mme IsaBelle) : Non, même si on sait... On rappelle un peu

les consignes. Effectivement, vous ne pouvez pas les noms.

Fitzgibbon : Député de Rosemont. Alors, je prends note de votre

commentaire, puis, en tout cas, on essaiera de corriger ça, mais dealons

avec ce qu'on a présentement.

fait, je suis d'accord avec tous les points que vous avez mentionnés. Je pense

que... je ne veux pas vous répéter... J'aurais une question, par contre,

parce qu'une chose que je trouve difficile pour nous autres... la reddition de

comptes, j'y crois beaucoup, je l'ai dit puis je veux qu'on soit très clairs

sur ça, la transparence, puis je veux qu'on mesure nos trois objectifs l'année prochaine... à la fin du mandat, à savoir

l'innovation, comment est-ce qu'on va regagner une productivité qu'on a

perdue. Exportation, c'est facile, puis investissement direct étranger, c'est

facile.

productivité, vous avez mentionné la même chose. Aidez-moi, parce que nous, à

date... je vois deux indicateurs : l'investissement privé non résidentiel, donc les machines, c'est une

partie de la réponse, ce n'est pas la seule réponse, puis l'exportation.

Parce que plus on exporte plus, techniquement, on devrait être plus

performants. Alors, je serais heureux d'entendre

vos opinions, votre opinion, vos idées sur... puis tout le monde d'ailleurs sur

ça. Comment est-ce qu'on peut mesure comme il faut l'augmentation de la

productivité? Parce que ce n'est pas facile.

Leblanc (Michel) : Ce qu'on

envisage, nous, ce serait un IQ qui, dans tous ses processus d'accompagnement

ou d'aide, que ce soit via des crédits d'impôt, via de l'aide directe, via des

prises de participation, demande, dans ses formulaires,

de quelle façon l'aide, la participation ou le geste qui est posé va mener à

une amélioration de la productivité, qui peut être soit parce qu'on

réduit les coûts, soit parce qu'effectivement on va augmenter la production par

unité, par travailleur ou par... Mais qu'il

y ait une attention particulière de la part d'IQ à recueillir cette

information, et qui vous la transmette

annuellement, et que, dans ses résultats, ça soit ça, le critère. Et j'imagine

que, la première année, les résultats ne sont pas immédiats. Donc, ça va plus

être dans l'intention déclarée par ceux qui demandent l'aide à IQ, mais, après

quelques années, on pourra le mesurer concrètement.

Fitzgibbon : Puis je pense que juste, là... vous avez parlé beaucoup,

tantôt, des mesures d'évaluation. Je peux vous réconforter que déjà on a commencé à... le nombre d'emplois créés,

pour moi, n'est plus important. C'est comment est-ce qu'on va avoir... le salaire moyen, puis d'autre part, ça

rentre-tu dans nos grappes. Puis vous avez raison aussi, les grappes, il

faut faire attention, parce que, quand on grappe, bien, ce qui n'est pas grappé

est perçu comme étant moins important, puis

je veux faire attention à ça. C'est très important au Québec,

on est diversifié. Puis ça, je pense que ça prend de l'horizontal, qui est le 4.0 puis

l'intelligence artificielle, qui peut être à travers tous les secteurs. Puis,

par contre, il faut focusser sur des grappes qui sont évidentes. Il y

a-tu des questions de la part de mes collègues?

M. Fitzgibbon : Ah! bien, vas-y,

Gilles.

La Présidente (Mme IsaBelle) :

Alors, nous donnons la parole au député d'Orford.

Bélanger : Merci, Mme la Présidente. Merci, M. Leblanc, pour votre présentation. Moi, j'avais une

question, c'est un peu de curiosité, parce que vous me semblez vraiment

en faveur du projet de loi puis des moyens accrus au niveau d'Investissement

Québec. Mais j'aimerais connaître le rôle que vous comptez jouer en tant que

chambre du Montréal métropolitain au niveau

du plan régional d'Investissement

Québec. Quels sont les moyens que

vous allez prendre puis quelle est un peu votre stratégie à ce niveau-là?

Leblanc (Michel) : Au cours

des dernières années, il s'est installé, dans la région métropolitaine, je vous

dirais, un esprit d'équipe assez

exceptionnel, que ce soit avec Montréal

International qui, jusqu'à hier,

était dirigé par Hubert Bolduc, Tourisme Montréal avec Yves Lalumière,

le port de Montréal, aéroport de Montréal, la ville de Montréal. Il y a une dynamique de collaboration, à la fois dans les

gestes qu'on doit poser, dans la mobilisation des acteurs privés. Et que ce

soit pour organiser des missions à

l'étranger, que ce soit pour faire des séminaires de préparation sur les

marchés à l'étranger, que ce soit pour travailler sur les secteurs dits

stratégiques, il y a une dynamique où on collabore très, très bien ensemble. Jusqu'ici, nous avons, par exemple, nous, organisé

des rencontres qui sont biannuelles avec toutes les grappes ou tous les organismes qui représentent les grappes, pour

identifier les foires stratégiques, les déplacements à l'international

stratégiques, et essayer de coordonner le tout.

À travers la naissance d'un IQ international,

c'est clair qu'on se joindrait à tout effort qui serait entrepris par IQ International sur la région métropolitaine pour

essayer de coordonner. On croit énormément dans les effets de groupe. Des entreprises se rendent à l'étranger toutes

seules, peuvent se rendre dans des foires commerciales toutes seules. Pour

des PME, ça peut être intimidant et ça peut

être une énorme perte de temps. À partir du moment où il y a un groupe qui

se constitue ou des entreprises y allaient

déjà, des entreprises échangent entre elles les meilleures pratiques, se

donnent des informations

privilégiées, ça finit par augmenter considérablement l'efficacité de ces

missions à l'étranger. Avec le ministre, la dernière année, nous sommes allés à Hannover Messe, qui est en

Allemagne, qui est la foire du manufacturier innovant. Et c'est clair qu'à travers ce déplacement en

groupe, il y a non seulement l'occasion pour des entreprises d'ici de se faire

voir, mais il y a énormément d'opportunités de détecter des clients, mais des

innovations aussi.

Et un des

éléments dans ce mémoire qui, pour nous, est très important, c'est d'avoir une

stratégie pour amener ou aider nos

entreprises, nos PME, à aller vers l'innovation. Souvent, l'innovation, on

l'apporte juste du point de vue de : on doit être innovants. Nous,

ce qu'on pense, c'est que, dans bien des cas, des PME doivent être beaucoup

plus rapides à adopter les innovations qui

sont faites par d'autres. Si on les adopte très rapidement, on a des chances

éventuellement d'être parmi les

innovants nous-mêmes. Mais deuxièmement, on a beaucoup de chances d'accroître

notre productivité parmi les premiers en bénéficiant de ces innovations.

Et ça, ça passe par l'internationalisation de nos PME.

Alors,

sur la zone métropolitaine, notre objectif va être d'essayer d'alimenter

l'exercice de groupe d'un plus grand nombre

de PME prêtes à aller à l'international, au besoin, faire de la formation sur

des marchés spécifiques, sur des occasions d'affaires dans des pays donnés et créer ces mouvements de groupe pour

internationaliser nos PME le plus rapidement possible.

M. Bélanger : Merci. Mme la

Présidente, j'ai une continuité dans ma question. Ce n'est pas clair. Donc,

vous suggérez qu'au niveau des régions les

PME travaillent de concert avec Montréal International, de façon à accroître

leurs affaires?

Leblanc (Michel) : ...des

régions. Je vous ai parlé de ma région, étant de Montréal métropolitain. On

s'entend très clairement que, dans ma compréhension de ce qui est

envisagé, c'est qu'il y aurait un Montréal International qui continuerait

d'être très, très actif sur la région métropolitaine, tout comme Québec

International le ferait, qu'à travers IQ

International il y aurait des entités qui vont travailler sur tout le territoire

québécois. Évidemment, nous, on peut aider des entreprises où qu'elles soient

au Québec. Tout ce qu'on fait comme missions à l'international, toutes

formations qu'on donne, toutes les entreprises du Québec qui voudraient

en bénéficier sont invitées à le faire.

Ce qu'on

pense, c'est que, dans chaque région, il devrait y avoir ces espèces de lieux

de rencontre, de planification, de

concertation et, à la limite, peut-être par IQ International, d'essayer de

greffer tous ces exercices vers, je dirais, un organisme central, qui

est IQ International, qui pourrait faire en sorte que ça se fasse à la grandeur

du Québec et en groupe, parfois. Quand on va

à Hannover Messe, toutes les entreprises, où qu'elles soient sur le territoire

québécois, qui sont intéressées par le

manufacturier innovant devraient y être. La chambre de commerce ayant des

moyens, ayant détecté Hannover Messe avant d'autres, donc ayant initié les premières missions sur cette foire-là, on peut aider et IQ International et

tout le territoire québécois.

M. Bélanger : C'est très clair.

Merci.

Présidente (Mme IsaBelle) :

C'est bien. Merci. Nous donnons la parole maintenant à la députée de

Labelle. Il vous reste 3 min 50 s.

Jeannotte : Oui. Bonjour,

monsieur. Donc, moi, j'entends que, dans

le fond, il n'y a

pas trop de joueurs. Au contraire, on

peut travailler en équipe. Mais là où j'aimerais vous entendre, c'est au niveau

des outils, parce que, pour le simple

entrepreneur, c'est complexe, tous ces joueurs-là, ça en fait beaucoup.

Vous le disiez vous-même, au niveau des programmes, parfois, c'est long, c'est complexe. Puis on dit aussi que

nos PME sont souvent en bas de 10 employés, puis elles n'ont pas le temps, les entreprises,

de faire face aux innombrables demandes des programmes. Mais on peut comprendre

aussi les programmes parce qu'il faut faire la reddition de comptes.

Donc,

j'aimerais vous entendre plus... S'il

n'y a pas trop de joueurs sur la

patinoire, comment est-ce qu'on... comment vous voyez les outils en développement

économique, à ce moment-là, pour que l'entrepreneur, lui, s'y retrouve dans tout ça?

Leblanc (Michel) : Alors,

deux choses. Premièrement, je ne pense pas qu'il y a trop de joueurs,

mais il y a beaucoup de petits

joueurs. Et moi, je lance souvent un message qui est de viser parfois des

consolidations pour éviter qu'il y ait une multiplication de très petits joueurs. Beaucoup, beaucoup de municipalités au Québec, par

exemple, ont des fois la

tentation d'aller attirer de l'investissement étranger dans leur municipalité,

et, à un moment donné, ça fait de la cacophonie

à l'international, et, pour ces petites municipalités, c'est souvent

coûteux d'essayer de le faire elles-mêmes. Et donc c'est pour ça que je ne milite pas en faveur qu'il y ait

un grand nombre de joueurs. Je milite en faveur qu'il y ait des joueurs avec des masses critiques assez

importantes, qui ont des mandats clairs et qui ont l'impératif de collaborer

entre eux, entre tous ces joueurs.

Deuxièmement, pour ce qui est des outils, à travers le temps, ce qu'on s'est

aperçu, c'est que parfois le gouvernement, et, à l'époque, c'est le MEI, via Export Québec, a mis en place des outils pour aider

les entreprises à aller sur le marché à l'exportation. Et les

entreprises, comme vous le dites, ne sont pas si conscientes, ne connaissent

pas, ont l'impression que c'est compliqué.

Et là où ça a donné le plus de résultats, c'est quand le gouvernement a fait en

sorte que ces outils-là puissent être

mis de l'avant par des organismes collaborateurs qui sont sur le terrain. Et

dans certains cas, donc, nous, la

chambre, à travers des programmes d'Export Québec, avons mobilisé des

entreprises qui ont participé à des activités à l'international qui étaient financées par le gouvernement, et ça se

faisait soit avec le gouvernement, soit même séparé, mais ça augmentait

l'impact, l'effet de levier sur le programme gouvernemental.

Donc, il y a

ici, tout simplement, à mon avis, une question de bien paramétriser l'accès,

travailler avec des organismes terrain

qui vont être des rabatteurs, des détecteurs d'entreprises PME qui devraient en

bénéficier. Évidemment, après ça, le gouvernement

garde le processus sur l'admissibilité et le contrôle de l'admissibilité, mais

ça augmente considérablement la

facilité pour des PME d'y participer, si des organismes terrain peuvent les

rabattre, peuvent les aider à entrer dans ces programmes.

La Présidente (Mme IsaBelle) :

Merci. Alors, M. le ministre, il vous reste une minute.

M. Fitzgibbon : 20 secondes de

question, tu as le reste pour répondre. Un débat que nous avons, c'est... quand

on parle des outils, il y a beaucoup

d'entrepreneurs qui me disent : On veut qu'IQ soit... Je vous pose la

question. Ce n'est pas ton métier,

mais tu es dans le giron montréalais. On veut qu'Investissement Québec soit

l'actionnaire principal dominant, que

vous soyez le... Et moi, je vois beaucoup le rôle d'Investissement Québec en

complémentarité avec ce qui existe. As-tu des vues sur ça? Puis, si tu n'en as pas, ce n'est pas grave, mais, si

tu en as, donne-moi-les par rapport aux gens que tu côtoies.

M. Leblanc (Michel) : Il y a deux choses, je vais vous dire.

Premièrement, moi, je pense qu'il y a énormément de compétences qui

existent actuellement dans d'autres organisations, et ce serait absurde de

perdre ça en imposant que IQ soit le seul

lieu de compétence. Je vais vous dire que j'ai entendu, moi, des entrepreneurs

me dire : Un jour où le boss d'IQ

ne s'en préoccuperait pas, de Montréal, est-ce qu'on serait dans le trouble? Et

là il y a... C'est pour ça que je trouvais qu'il était très stratégique

de maintenir Montréal International, mais de s'assurer qu'il y ait ce lien de

coordination. Ça rassure le milieu. Montréal n'a pas toujours eu du support à

Québec. C'est important de s'assurer que ça continue.

Présidente (Mme IsaBelle) : Alors, merci pour le bel échange. Nous

cédons maintenant vraiment, là, la parole à la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.

Vous possédez 11 minutes.

Anglade : Merci, Mme la Présidente, et je vous dis d'entrée de jeu

qu'il y aura mes collègues également qui prendront la parole. Alors,

merci de la présentation, merci également de l'ambition que vous donnez à

l'envergure que devrait avoir Investissement Québec puis de faire des

comparables par rapport à l'international. Je pense que c'est très salutaire

d'avoir cette vision-là.

J'aimerais

vous entendre... Vous avez parlé des grappes et de l'importance des grappes

dans toute cette transformation. J'aimerais

vous entendre davantage sur le rôle de nos grappes et l'importance d'y accorder

un accent particulier. Alors, oui, on

a toutes sortes de secteurs, mais on a choisi... En fait, on a fait le choix de

certaines grappes, notamment dans la région métropolitaine. Est-ce que ça va être important de miser sur elles, de

continuer à les renforcer? Comment est-ce que vous avez... Quelle est

votre vision par rapport à ça?

M. Leblanc (Michel) : Alors,

vous vous souviendrez, pour ceux qui le savent, j'ai mis en place la première

grappe, qui s'appelle Montréal In Vivo, au tournant des

années 2000. Je suis un fervent promoteur des dynamiques des grappes lorsqu'elles remplissent certaines conditions. La première condition, c'est qu'il

doit y avoir une mobilisation réelle du privé, qui doit être présent au plus haut niveau et mettre des sous sur la

table. Et une des exigences pour une grappe fonctionnelle, c'est que le privé embarque et finance. Par contre,

il y a un rôle pour l'État, pour les partenaires publics, qui est souvent de

faciliter les premières étapes et de faire de l'accompagnement financier par la

suite.

Maintenant,

une grappe qui fait bien son travail est une grappe qui est capable de détecter

les ingrédients qui manquent, les

ingrédients qu'on devrait renforcer. Présentement, évidemment, toutes les grappes travaillent sur la main-d'oeuvre. C'est le premier enjeu,

mais, dans bien des cas, il peut manquer, dans la chaîne d'approvisionnement, des joueurs clés. Il peut manquer du capital de risque, il peut manquer

certains types d'entreprises. Et, à mon avis, une grappe qui fait bien son

travail sera en mesure, à chaque année, de lancer un signal très clair à

IQ : Voici les deux, trois types d'investissements internationaux qu'il serait stratégique d'attirer, voici les deux, trois

programmes qu'on pourrait ajuster pour que ce soit plus facile pour les entreprises de la grappe. Et ça

permettrait, à ce moment-là, à IQ d'avoir des signaux provenant du marché.

IQ pourrait avoir ses propres accès, évidemment,

aux entreprises et à tous secteurs, mais les grappes pourraient jouer ce

rôle-là.

dernier point, je dirais, c'est que les grappes ne sont pas toutes égales. Il y

a des grappes qui fonctionnent très bien,

il y a des grappes qui ne fonctionnent pas très bien. Et une grappe qui ne

fonctionne pas très bien, bien, elle n'a pas à être éternelle. Quand ça

ne marche pas, ça ne marche pas.

Anglade : Je ne vous demanderai pas de noms. Vous parlez de signaux

qui devraient être envoyés par les grappes. Quelle est la manière

d'envoyer des signaux? Vous verriez donc, dans cette collaboration dont on

parle... concrètement parlant, comment ça se met en place, ça?

M. Leblanc (Michel) : Je pense qu'autant IQ que Montréal International

devraient avoir un moment dans l'année où

ils inviteraient les grappes à leur déposer... mais ça ne doit pas être un gros

document, mais déposer un document qui indiquerait

quels sont les gestes le plus stratégiques qu'IQ peut poser ou que Montréal

International peut poser pour renforcer le secteur, et à chaque année... peut-être que ça ne changerait pas

d'année en année, mais, à chaque année, IQ recevrait un signal du

marché, et on pourrait en tenir compte dans l'évaluation des résultats par la

suite.

Anglade : Très bien. Autre point que vous avez soulevé, mais je vais

revenir à la question de la transparence, vous avez dit que... je veux vous entendre là-dessus, sur l'importance

de la reddition de comptes. Selon vous, l'importance de la reddition de comptes, évidemment... je pense

que c'est un peu où vous logez à ce titre-là, mais concrètement parlant,

comment ça devrait se traduire puis est-ce que vous avez des recommandations

pour nous sur comment... de la manière dont on devrait assurer cette

transparence?

Leblanc (Michel) : Les recommandations qu'on fait sur la

transparence, c'est davantage sur les résultats et l'évaluation des résultats. Les dynamiques de IQ quant à

l'utilisation de ses programmes, quant à l'adéquation entre ses

programmes puis les entreprises du Québec, à mon avis, ça doit être rendu

clairement à chaque année. Est-ce que les programmes marchent? Si les

programmes ne sont pas utilisés, qu'est-ce qu'on doit faire pour les changer?

Pour

ce qui est des efforts pour attirer des investissements stratégiques ou

accroître des investissements stratégiques, il y a une certaine discrétion à avoir durant les processus. Ce ne sont

pas des choses qui devraient être discutées sur la place publique pendant que ça se négocie, tout

simplement parce que souvent on est en concurrence avec d'autres endroits, puis,

si on donnait l'information qu'on a des

discussions avec, je ne sais pas, moi, Elon Musk pour ouvrir une entreprise

ici, bien, il y a d'autres endroits qui voudraient le faire.

Donc, il y a

une discrétion. Peut-être qu'en rétroaction, après le cas, à tous les ans ou à

tous les deux ans, on pourrait parler

des efforts qu'on a faits en cours de route, qui ont marché ou qui n'ont pas

marché, mais ça ne peut pas être en temps réel.

Présidente (Mme IsaBelle) : Le député de Nelligan, à vous la parole.

M. Derraji :

Merci, Mme la Présidente. Merci pour votre rapport et pour votre présence par

rapport au projet de loi n° 27.

J'ai

deux questions. Je vous ai entendu pas mal de fois parler de complémentarité,

leadership collectif et, corrigez-moi

si je me trompe, avez-vous des craintes par rapport à ce qu'une fois le projet

de loi va être loi, une fois sur le terrain,

ça va être un peu de la cacophonie ou un peu une course entre les acteurs pour

que chacun tire son épingle du jeu?

Leblanc (Michel) : Vous soulevez un point très important, puis,

plus jeune, j'aurais répondu une question... une réponse toute simple. La

réponse, elle est plus complexe.

Maintenant,

je pense que ça dépend des individus. Je vais rendre hommage au ministre. Hier,

lorsqu'on a entendu l'annonce de la

nomination d'Hubert Bolduc, ça fait

partie de ces individus qui travaillent

d'une façon à ouvrir la collaboration, travailler

en équipe. À travers le temps, j'ai des souvenirs d'Investissements Québec, on

n'a pas toujours eu des dirigeants qui

avaient cette approche d'ouverture et de travailler en équipe. Je pense que

c'est clé et je pense que ça, c'est la responsabilité du gouvernement à

chaque fois. Ça va être une condition essentielle. Je ne pense pas que ça se

met dans la loi, mais la réalité, c'est que,

si vous nommez, là, des gens qui sont capables de travailler en équipe avec les

forces sur le terrain, ça va donner

des résultats exceptionnels. Si vous ne le faites pas, ça va être décevant.

Mais ça ne se réglemente pas, ça ne se met pas dans la loi.

Derraji : Je vous comprends, mais, loin de parler de personnalité,

mais, vous savez, une loi, elle est là pour qu'on lui donne des mécanismes,

parce que sinon ça sert à quoi tout le processus de consultation, ça sert à

quoi tous les articles, l'énergie

qu'on va mettre. Mais je répète encore une fois ma question par rapport à la

complémentarité : Est-ce que, selon

vous, votre lecture première du projet de loi n° 27, ça vous rassure que,

sur le terrain, il va y avoir de la complémentarité entre les acteurs

pour atteindre les résultats escomptés?

M. Leblanc (Michel) : Oui. La décision première de maintenir le

momentum de Montréal International et Québec International, c'est un excellent indicateur de cette volonté-là. Ce que

j'ai vu dans le projet de loi vise, à

mon avis, à augmenter les moyens, à

créer une réponse à une forme de, je dirais, peut-être, de manque de leadership

puis de manque, peut-être, de

compétence. Donc, accroître les compétences, ça ne me paraît pas présentement

mettre à mal les collaborations, pas ce que j'ai vu.

Présidente (Mme IsaBelle) :

Nous donnons maintenant la parole au député de Robert-Baldwin. Il vous reste 3 min 49 s.

Leitão : Très bien,

merci beaucoup. Si tu as d'autres questions à poser, tu peux y

aller. Bonjour. Merci d'être là. Plaisir de vous revoir.

veux vous amener sur un terrain où on en a discuté, de ça, plusieurs

fois, dans une vie précédente. Comme vous savez très bien, l'innovation dépend en grande

partie de la

concurrence. Moi, je crois fermement que c'est un environnement

concurrentiel qui contribue à accélérer l'adoption de nouvelles technologies,

etc.

Dans

ce contexte-là, quand on donne... quand on met trop, beaucoup

d'accent, beaucoup d'emphase sur des stratégies pour attirer des

investisseurs étrangers chez nous, est-ce qu'il n'y a pas là un risque qu'on

puisse désavantager les joueurs locaux?

M. Leblanc (Michel) : C'est le défi d'équilibre éternel. Quand je

dirigeais la grappe des sciences de la vie, à l'origine, Montréal International cherchait des entreprises

étrangères qui viendraient acquérir des champions locaux pour investir au

Québec puis grandir au Québec. Je trouvais que c'était absurde. Je vous le dis,

c'était une erreur à l'époque.

Moi,

je pense que c'est pour ça que les signaux des grappes sont importants. Il y a

des dynamiques de concurrence qui

sont utiles. Ça fait des effets de groupe, c'est plus facile d'attirer de la

main-d'oeuvre stratégique internationale quand il y a plusieurs joueurs dans un domaine. Les grands talents

internationaux aiment ça aller dans un endroit où, après quelques

années, on pourrait travailler chez une autre firme dans le même endroit.

donc c'est pour ça que je pense qu'il est très positif de créer des effets de

masse dans des secteurs. Ce qui se passe en intelligence artificielle est un

excellent exemple. Plus il y en a, des labos, à Montréal, plus il y a de la

main-d'oeuvre qui vient; plus il y a de la main-d'oeuvre qui vient, plus

il y a des labos qui vont être intéressés à s'installer puis plus il y a des entreprises ici qui peuvent croître.

Donc, il y a des dynamiques très positives à mettre en place, mais ça ne vaut

pas pour tous les secteurs, ça ne vaut pas

pour toutes les situations, et effectivement il y a des entreprises québécoises

qui gagneraient à être les seules sur le terrain pour pouvoir avoir

accès aux meilleurs talents.

Leitão : Très bien. Merci. Votre recommandation n° 7,

donc miser sur l'expertise terrain des organismes de développement

économique déjà présents, vous avez parlé de Montréal International, et ça, ça

a été reconnu, donc, par le gouvernement.

C'est très bien, on en reparlera une autre fois, de tout ça, mais moi, ce qui

me concerne ici, c'est l'aspect régional,

donc en région, en dehors de Montréal, en dehors de Québec. On va créer un IQ

régional qui va s'installer en région.

L'expertise locale ou la connaissance du marché, localement, est très

importante aussi. Donc, comment faire pour s'assurer que IQ régional soit

ouvert aux acteurs locaux?

La Présidente (Mme IsaBelle) : Il

vous reste 45 secondes pour répondre.

M. Leblanc (Michel) : Une chose que j'ai apprise, c'est qu'en tant que

président de Chambre de commerce du Montréal

métropolitain, c'est un terrain miné de dire aux régions comment elles

devraient s'organiser pour leur développement économique. Je vous dirais

en même temps que...

M. Leitão :

Je vous parle de IQ, comment ils...

M. Leblanc (Michel) : Oui, non, mais c'est ça. Je vous dirais en même

temps que IQ, dans ces régions-là, devrait chercher à aller piger dans

les organisations des individus et à créer des moments, dans l'année, où on

s'assoit et on regarde quelles sont les

priorités. Puis j'ai l'impression que

ça doit se faire de toute façon. Mais à Montréal, dans notre région, c'est comme ça qu'on procède. Ça nous permet,

autour d'une table, de bien cibler là où on va maximiser nos efforts en groupe puis là où, individuellement, certains

vont agir de leur côté, mais, au moins, on trouve les troncs communs pour agir

ensemble.

M. Leitão :

Très bien. Merci.

Présidente (Mme IsaBelle) :

Merci. Merci pour l'échange. Alors, nous cédons maintenant la parole au porte-parole du deuxième groupe d'opposition,

au député de Rosemont.

M. Marissal :

J'ai combien de temps, Mme la Présidente?

La Présidente (Mme

IsaBelle) : Vous avez 2 min 45 s.

Marissal : Merci. Merci

d'être là, M. Leblanc. Vous êtes un habitué de ce genre d'exercice, ça se voit

ans la concision de vos réponses. Je

vous incite à continuer dans cette veine-là, parce que je n'ai pas beaucoup

de temps et j'ai plusieurs questions. Alors, comme on dit, «you know the

drill».

Allons-y,

d'abord, en parlant de salaire. Le ministre ne sera pas étonné que je parle de

ça. On a eu quelques échanges à ce sujet, juste l'autre côté, au salon bleu.

Vous avez dit, et j'ai l'impression que c'est ce que vous dites, mais corrigez-moi,

si je me trompe, qu'en ce moment, avec la

structure de salaire, on se retrouve nécessairement avec l'équipe B. C'est ce que vous

dites?

Leblanc (Michel) : Oui. Je vous dis, on se retrouve avec des

passionnés qui le font, n'ayant pas les moyens nécessairement, mais ce n'est

pas juste des salaires, mais c'est les moyens autour de faire ce qu'on doit

faire, voyager, faire des analyses,

aller chercher les bases de données. Il faut que tout soit top niveau. Puis effectivement, quand vient le temps de

recruter, moi, je peux vous dire que, dans mon environnement, j'ai des gens

qui sont très fiers d'aller travailler à la Caisse de dépôt. J'ai rarement entendu le même

engouement à dire : Je me suis trouvé une job à Investissement Québec. Et c'est la culture organisationnelle,

c'est le niveau de rémunération, c'est l'ampleur des attentes et c'est ça qu'il

faut changer. L'entreprise de classe

mondiale, ce n'est pas au niveau des salaires qu'on veut une classe mondiale

seulement, c'est la qualité, la compétence et les résultats.

Marissal : Je trouve ça un

peu déprimant qu'on réduise ça au salaire. Vous êtes en train de dire que le

prédécesseur du nouveau président, du

nouveau P.D.G., c'était l'équipe B, puis il n'avait pas le niveau... il était très, très passionné, mais

qu'il n'avait pas ce qu'il fallait pour bien réussir.

Et ma question,

évidemment, puisqu'il est question de fonds publics ici, là : On arrête

où? Quand est-ce qu'on arrête? Est-ce qu'on

claque purement et simplement ce qui se fait dans la haute finance? Parce que,

là, «sky is the limit», on n'a pas fini, là. Mais où est-ce qu'il est

l'engagement public là-dedans?

Leblanc (Michel) : Bien, il va être là même au niveau des

salaires plus élevés qu'on va offrir...

M. Marissal :

Ah! bien, clairement, oui, je comprends.

M. Leblanc (Michel) : ...c'est-à-dire que, même en offrant des salaires plus élevés, comme je le

mentionnais, on n'atteindra pas les

salaires que, souvent, ces individus-là pourraient gagner dans le secteur privé

pur. Ça s'applique autant à moi, à la chambre de commerce.

La réalité importante

pour moi, c'est de reconnaître qu'il y a des réalités de marché. Puis ça peut

déplaire, le marché, à certains, mais le marché, ça dicte un certain niveau de rémunération

pour un certain niveau de talent parce qu'il

y a énormément de demandes pour ce

talent-là. Et de demander qu'on ait simplement des gens qui sont des passionnés

qui veulent faire un sacrifice financier

pour obtenir cet emploi, je pense que c'est de courte vue. Je pense que ce n'est

pas ça qu'on voit dans les meilleures organisations. Les meilleures organisations sont capables,

dans leur marché, de trouver des niveaux de compensation. Puis vous

dites salaire, mais moi, je vais plus loin, c'est le mot honni pour certains,

qui s'appelle boni, boni de performance.

C'est, oui, des salaires, mais c'est aussi une reconnaissance de la

performance qui fait en sorte que les individus vont aussi avoir

certains incitatifs à performer.

M. Marissal :

En tout respect, M. Leblanc...

La Présidente (Mme IsaBelle) :

Merci. Merci, la période...

M. Marissal :

...je vous dirais qu'il y a pas mal de Québécois qui feraient des sacrifices, à

gagner 500 000 $...

Présidente (Mme IsaBelle) :

Je m'excuse, mais la période est terminée. Alors, nous donnons maintenant

la parole au troisième groupe d'opposition avec le député de René-Lévesque.

M. Ouellet : Oui, merci beaucoup, Mme

la Présidente. Donc, à mon tour d'être très bref

Dans votre

mémoire, vous faites la recommandation 6, la recommandation suivante, donc

on doit s'assurer que les services

offerts par Investissement Québec sont adaptés aux besoins particuliers de chaque

région du Québec et de chaque secteur. Or, dans le projet de

loi en question, le ministre... il y a

deux articles qui nous intéressent.

L'article 4, c'est le ministre qui va élaborer et proposer au gouvernement les objectifs de développement économique. Il détermine de plus les secteurs

de l'économie dans lesquels il entend agir en priorité. Et, dans l'article 5,

ça nous dit que le ministre peut établir des politiques, des stratégies de développement et des programmes propres à assurer l'accomplissement de sa

mission. Sa politique stratégie de développement et programme doit tenir

compte des caractéristiques propres aux régions visées.

Donc, ce que

je suis en train de dire, c'est que le ministre nous a donné la volonté ou le

pouvoir de décider dans quels secteurs de l'économie il va vouloir

intervenir et, dans certaines mesures, il va vouloir tenir compte des réalités régionales. Mais je ne vois pas, dans le projet de loi en question, comment cette volonté-là va se transmettre

concrètement sur le terrain. Vous

avez fait mention tantôt de l'importance d'être bien maillé avec les

acteurs sur le territoire. Donc, de quelle

façon, vous, vous voyez ça? De quelle façon, le ministre devrait s'inspirer?

Est-ce que c'est par des comités locaux, par des tables de concertation, comme on connaît avec la table de la main-d'oeuvre dans le cas du travail? Bref, est-ce que ça devrait s'organiser de

façon très structurée ou ça serait plutôt de façon informelle?

Leblanc (Michel) : Moi, je pense

qu'il doit y avoir des liens organiques informels en continu qui vont aider

Investissement Québec, dans les régions, à s'ajuster à temps réel à

l'évolution, là, de la base économique. Donc, une entreprise qui soudainement

lève un gros financement, obtient une dynamique de croissance puis qui aurait

besoin de fournisseurs locaux peut lancer un

signal à Investissement Québec que, si on était capables d'attirer certains

fournisseurs, ça viendrait nous renforcer régionalement. Alors, il y a

Ce que je pense,

c'est qu'il doit y avoir, et c'est pour ça que je suis à l'aise avec la

façon dont c'est écrit dans le projet de loi, il doit y avoir en

même temps un pouvoir pour le ministre d'à la fois donner des grands axes, des

grandes orientations, des signaux sur les secteurs prioritaires et également

peut-être à faire un appel de réalité. Moi, j'ai vu, dans

le passé, des endroits au Québec

où on voulait devenir des spécialistes dans les sciences de la vie. Il y a

des régions qui ont dit : Bien,

la pharmaceutique, la biotechnologie,

ça devrait être une réalité chez nous. Les ingrédients n'étaient pas là.

On a beau le vouloir, on a beau avoir une

pensée que ça serait stratégique, la réalité, c'est que c'est difficile à

réaliser, puis ça ne se décide pas comme ça.

Et donc c'est pour ça que je pense qu'il y a ce

que vous dites qui est le «bottom-up» ou travailler de façon structurée ou organique localement pour identifier

les stratégies en fonction de nos actifs et il y a aussi une vision «top-down»

qui, à travers toutes les analyses que le

ministère, que le gouvernement peut faire en relation avec le milieu peut

arriver à dire : Voici les secteurs qui sont prioritaires. C'est

évident que, dans 95 % des cas, ça devrait se rencontrer puis ça devrait

converger.

La Présidente (Mme IsaBelle) :

Alors, merci. C'est tout. Alors, nous vous remercions, M. Leblanc, pour

votre contribution à la commission.

Nous allons

suspendre quelques instants, le temps de donner au prochain groupe de

s'installer... de donner du temps au prochain groupe. Merci.

(Suspension de la séance à 16 h 37)

Présidente (Mme IsaBelle) : S'il vous plaît! Nous reprenons. Est-ce que la députée de

Saint-Henri—Sainte-Anne s'en vient? Oui. O.K. Tout le

monde est bien là. Le ministre

est là, oui, O.K. Est-ce

qu'on l'attend ou nous y allons quand même? Nous pouvons y aller pour le

10 minutes? Oui. Parfait, merci. Alors, nous commençons.

Bonjour.

Alors, nous souhaitons la bienvenue à M. Pascal Monette, président-directeur général de l'Association pour le développement de la recherche et de l'innovation du Québec.

M. Monette, vous disposez de 10 minutes pour votre exposé.

Vous pouvez également prendre le temps de vous présenter.

M. Monette (Pascal) : Parfait. Merci,

Mme la Présidente. M. le ministre, Mmes les députées, MM. les députés, je suis très heureux d'être ici, dans le salon rouge, pour venir parler

principalement d'innovation. Je me présente, donc, oui, Pascal Monette. Dans un autre siècle, j'ai

commencé au ministère des Affaires internationales qui n'était pas loin, ici,

en 1990, en politique commerciale. Je

fais un cours résumé. J'ai à peu près travaillé dans tous les secteurs au

gouvernement ou en périphérie du

gouvernement en lien avec le développement économique, que ce soit

l'exportation, l'investissement étranger, l'emploi, et principalement, depuis cinq

ans, à la tête de l'ADRIQ, donc, pour

faire la promotion des activités de recherche et d'innovation dans nos entreprises,

principalement les PME.

Nous existons

depuis 40 ans. Je dirais, en résumé, que depuis 10 ans on a oeuvré

auprès d'à peu près 2 000 entreprises à travers

les programmes fédéraux, québécois et municipaux, pour semer la graine de

l'innovation dans nos entreprises, principalement les PME, ce qui veut dire

qu'on a une certaine connaissance, évidemment, du terrain. Nous intervenons

aussi évidemment en termes de politiques publiques depuis des années. On avait

déjà produit un rapport, il y a quelques années,

il y a trois ans, qui parlait déjà de l'industrie 4.0, la collaboration

entre les acteurs de recherche et les entreprises, la culture

scientifique et la commercialisation des innovations.

Donc, avec

10 minutes, évidemment, je n'ai pas le temps de faire un long constat,

peut-être de rappeler quelques défis

auxquels nous sommes confrontés comme économie, évidemment. Bon, la question du

marché du travail, je pense qu'on n'a

pas besoin d'épiloguer longtemps sur la question des pénuries. Par contre, si

on fait le lien dans le document que nous avons présenté, avec la

transformation numérique des entreprises, il faut comprendre aussi que, si on

veut... oui, il y a un déficit dans la

productivité, mais si on veut augmenter la productivité, c'est pour faire plus

d'heures, c'est faire des meilleures heures, puis une des façons de le

faire, c'est d'engager les entreprises dans la transformation numérique. Et là-dessus, on a un retard. On n'est pas les

seuls à avoir du retard, mais disons que le train est parti. Et si on n'est pas

bien engagé, puis je reviendrai après ça avec le rôle

d'Investissement Québec, on va manquer le train, c'est le cas de le dire.

Un autre

constat, évidemment, c'est qu'à travers nos activités au sein des entreprises,

on se rend compte que de transformer une entreprise, c'est de travailler

beaucoup, évidemment, avec l'humain. Puis aussi on travaille avec une nouvelle génération, qu'il ne faut pas oublier,

qui prend sa place de plus en plus, les milléniaux, et qui change beaucoup la

perspective de gestion dans les entreprises.

Comme je dis, souvent, un peu... pas à la blague, là, avant, on donnait des

ordres; aujourd'hui, aux jeunes, on donne du sens.

Pour

terminer, évidemment, là, le constat, les défis, la transition énergétique,

évidemment, nous, de notre point de vue, nous le voyons... évidemment, il y a tout le débat sociétal, on est dans

une semaine où on en parle beaucoup, évidemment, mais le potentiel existe pour le Québec, les opportunités sont là. Il va

falloir penser à les saisir, et je pense qu'IQ a un rôle à jouer aussi à

l'intérieur de ça.

Bon, le premier thème, c'était de... en fait, on

a axé sur quatre réponses, si on veut, là, la réponse québécoise à cette nouvelle réalité. Bon, quand on

dit revoir l'organisation gouvernementale, c'est le thème du projet de

loi, au-delà du MEI et d'IQ, puis en

optimisant les ressources nombreuses en développement économique, je pense

qu'on a abordé le sujet tantôt, il y a effectivement beaucoup de

ressources sur le terrain.

Je vais commencer par le gouvernement. De

qu'est-ce que... J'ai relu le projet de loi après l'avoir lu la première fois au mois de juin. Il y a beaucoup de pouvoirs au ministre, et je

pense... dans le sens de la coordination, et ça, je pense que c'est une bonne chose. Il y a beaucoup

d'acteurs. Je regarde juste les annonces qui sont faites, par exemple, juste

par Emploi-Québec, c'est bien de le

faire, mais on travaille tous avec les mêmes clientèles qui sont les

entreprises. Donc, je pense qu'il y a un souci de coordination et de

cohérence.

Il y a

évidemment, depuis le départ des CLD, les municipalités plutôt grandes,

moyennes, qui ont reconstitué des directions

de développement économique où on parle d'innovation, on parle de toutes sortes

de thèmes. Donc, il y a un arrimage à

faire là aussi. Et il y a aussi beaucoup d'organisations, comme la nôtre, qui

interviennent auprès des entreprises. Je

vous dirais que, un peu dans le sens que disait Michel Leblanc, il y a des

jeunes collaborations. Moi, ça fait cinq ans que je suis là, ça fait longtemps

que je travaille dans le développement économique, je sens que la

collaboration, elle commence à

s'établir. Ce n'est pas parfait. Au-delà des individus, je pense que les gens

comprennent qu'on a intérêt à le faire pour le besoin de nos

entreprises.

Nous, à l'ADRIQ,

on pense toujours en fonction : est-ce que ça va aider nos entreprises? Et

à cet égard-là, je pense qu'IQ, et ça, c'est une première

recommandation, doit vraiment faire en sorte, au-delà d'une structure de coordination,

d'envoyer un message, un message d'ouverture, un message de collaboration avec

les individus et les organisations qui sont

sur le terrain. Au-delà du fait qu'on va marier les directions générales avec

les agents de développement économique, les directions régionales, par

contre, il y a beaucoup de ressources qu'il faut aller chercher, et ce n'est

pas juste des ressources au plan stratégique, au plan du développement des

affaires. Pour les PME, puis j'arrive à la transformation numérique, il

y a tout l'aspect technologique.

L'idée

d'avoir le CRIQ à l'intérieur comme partenaire technologique, comme

accompagnateur technologique à IQ, c'est

une bonne idée. Par contre, il demeure qu'il y a beaucoup d'autres acteurs

que... Pour ceux qui connaissent les CCTT, les centres collégiaux de

transfert de technologie, ça aide beaucoup auprès des entreprises, beaucoup les

universités. Il y a des centres de

recherche. C'est donc une série d'acteurs qui sont là pour aider les

entreprises, mais il va y avoir un souci

de coordination. Il y a beaucoup d'acteurs sur le terrain mais je ne pense pas

qu'il y en ait de trop. Je pense que le défi est davantage de les faire converger puis de les travailler

ensemble, et, à cet égard-là, le projet de loi, à mon avis, peut répondre

à ce souci de coordination.

On a parlé un

peu du manufacturier innovant tantôt. C'est une initiative qui, à mon avis...

j'y ai participé à la table des partenaires influents, qu'on appelait à

l'époque. Ça a rassemblé beaucoup de gens, des entrepreneurs, des gens qui avaient vraiment à coeur la cause du manufacturier

innovant. Je pense que ça a fait un beau travail de mobilisation, et ce travail-là n'est pas terminé, loin s'en faut. Il y

a des entreprises qui s'engagent en transformation numérique. Nous, on fait

beaucoup de webinaire pour démystifier le

4.0 puis on a encore beaucoup de travail à faire. Donc, je pense que cette

deuxième recommandation-là est importante.

L'accompagnement

multidisciplinaire et durable...

Avant, on donnait des aides financières. Ils étaient plus ou moins accompagnés. Aujourd'hui, puis ça, on l'a

vérifié avec le CNRC, qui offre le programme PARI, Programme d'aide à la recherche industrielle, ils l'ont vérifié à travers leurs

recherches, un financement sans accompagnement, ça n'a pas le même effet qu'avec un accompagnement, et c'est là

qu'on est rendu aujourd'hui. Ça prend plus... surtout si on travaille avec

des PME. Ça prend des gens qui sont...

surtout si on s'engage en transformation numérique, ça prend des gens qui ont

une connaissance du développement des

affaires, de la stratégie mais des questions technologiques aussi. Donc, ça

prend des équipes multidisciplinaires.

à cet égard-là, IQ, qui a été développée... Moi, j'ai eu l'occasion, moi, de

travailler à IQ pendant quelques années. Ça s'est développé beaucoup comme une institution financière. Ce n'est

pas mal ou bien, mais disons que c'est ça qu'on a aujourd'hui, et le défi, c'est de faire en sorte

que cette organisation-là devienne un modèle d'accompagnement, évidemment,

en mode partenarial et en collaboration.

la question... je fais un peu le bond sur des questions qui ont précédé avec M.

Leblanc. Est-ce que c'est une question

de rémunération? Peut-être. Si on transforme une organisation, puis nous, c'est

notre souhait qu'Investissement Québec devienne

une entreprise innovante, agile, qui offre un contexte de travail intéressant,

oui, avec une grille salariale qui respecte les normes du marché, je pense qu'on va réussir à avoir des équipes qui

vont être performantes puis qui vont avoir le goût de travailler pour

Investissement Québec. Je pense que c'est un des défis.

Autant

que nous, on travaille beaucoup en transformation des entreprises... puis une

transformation numérique, c'est une

transformation d'entreprise. Je pense qu'on est devant un modèle de

transformation d'une société d'État qui va demander beaucoup de travail

à l'interne, mais là je pense que le projet de loi...

Puis honnêtement, là,

moi, ça fait 30 ans que je suis là-dedans, c'est probablement un des

projets de loi les plus costauds. La

dernière fois que j'ai vu ça, à mon avis, c'est quand on a créé Investissement

Québec sous Bernard Landry dans un autre siècle, en 1998, de mémoire, au

même moment qu'on créait Montréal International.

autre aspect qui est important, la commercialisation d'innovations. C'est

toujours le parent pauvre. J'ai sorti, pour ceux qui ont le temps de

lire, Le Canada à la traîne pour les brevets , 2015; Les brevets

canadiens de plus en plus cédés à l'étranger , 2019.

est une terre quand même riche au plan technologique, au plan des brevets, mais

le problème, c'est : on a beaucoup de misère à capitaliser et en faire des succès de commercialisation.

Oui, ça tient en plusieurs raisons, mais je pense qu'on a plusieurs

recommandations qu'on avait déjà faites il y a trois ans. On les a reprises

parce que c'est encore actuel.

faut vraiment insister pour aider les entreprises au plan de la

commercialisation des innovations. Ça peut être par l'embauche d'un

spécialiste en commercialisation à travers des programmes, et l'État doit aider

aussi. Il y a plusieurs exemples que je ne

nommerai pas — il me

reste une minute — où

l'État pourrait aider les entreprises à franchir la vallée la mort en étant le premier acheteur. Ça, c'est

important. Je sais qu'il y a des travaux qui ont commencé au Conseil du trésor,

mais il faut aller plus loin.

vais terminer vu qu'il nous reste une minute. Et il y a toute la question de la

pénurie de la main-d'oeuvre. J'ai envie

de vous dire : Oui, c'est bien, il y a tout un débat sur l'immigration,

plus ou moins, puis de la qualité, mais je pense qu'il y a un travail

des entreprises aussi à faire preuve d'innovation managériale en ressources

humaines.

n'est pas juste de mettre : Nous embauchons. Je pense que... Et, là

encore, l'État, je pense, via Emploi-Québec ou IQ, doit aider les entreprises, doit développer les meilleures

pratiques et les transposer dans des entreprises qui souhaitent le faire. Ce n'est pas juste de dire... Ce n'est

pas juste une question de salaire, ça va un peu plus loin et ce n'est pas un

problème qui va se résoudre de sitôt. J'ai respecté mon temps?

Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Il vous restait 13 secondes

quand même, mais merci pour votre exposé. Nous allons maintenant débuter

la période d'échange. M. le ministre, à vous la parole. Vous avez

11 min 30 s.

Fitzgibbon : O.K. Je vais avoir un commentaire puis une question.

Après ça, j'ai mon collègue de Nicolet-Bécancour qui aura une question.

Commentaire.

Je suis d'accord avec vous à 100 % que les outils dans le coffre ne sont

pas juste chez Investissement Québec.

Puis moi, par contre, j'ai découvert avec mon poste ici cet été... et je peux

vous dire que je pense qu'on a un enjeu majeur dans la main-d'oeuvre.

n'est pas l'immigration, le problème. On en parle depuis des mois, le problème,

c'est le manque d'adéquation entre le curriculum de l'école supérieure, et les

besoins en entreprise, et en plus de valoriser les techniques, ce qu'on

n'a pas fait parce qu'il y a des CCTT qui ne

sont pas pleinement utilisés, et je trouve ça un peu pénible, considérant des

emplois assez bien rémunérés. On reviendra sur ça.

question pour vous, c'est... Vous avez beaucoup d'expérience au niveau

régional, au niveau local, et, oui, on parle d'Investissement Québec national, là. Le deal de Mitsubishi, c'est au

niveau national, évidemment. On parle d'IQ régional. On va avoir 17 régions administratives. On va

vouloir mettre des gens locaux, tantôt, quelqu'un posait la question, des

gens locaux d'affaires, qui vont

pouvoir travailler avec IQ pour voir elles sont où, les gazelles qui sont en

devenir ou les fleurons.

Au Québec, il y a

250 000 PME. Ça va être impossible que IQ régional les couvre toutes. On

n'y arrivera pas. Alors, comment la

troisième couche, on les appelait les CLD tantôt, qui, en passant, est une

organisation que moi, j'avais beaucoup appréciée, que j'ai vue, là, il

en reste quelques-unes qui ont été appelées d'autre chose, là...

Donnez-moi une piste de solution,

comment on va bien adresser nos pousses locales, qui ne sont pas encore des

gazelles, qui ne sont pas encore des

fleurons mais qui peuvent le devenir à l'autre génération. Et ça, c'est quelque chose qui me préoccupe beaucoup,

parce que je pense qu'il faut mettre les outils dans le coffre, puis ce n'est

pas nécessairement Investissement Québec régional qui ne

peut pas tout faire. J'aimerais ça vous entendre sur ça.

M. Monette

(Pascal) : Bien, ce que je

comprends de qu'est-ce qui va arriver, ça va être la fusion de gens qui

travaillent ensemble, et Investissement Québec, et MEI. Ce sont souvent des gens qui

travaillent ensemble, donc c'est une

partie de la solution. Nous, on organise beaucoup de cohortes

dans toutes les régions du Québec, à travers des financements de notre

programme fédéral. C'est à géométrie variable et régionale. En Abitibi, c'est

avec la chambre de commerce qu'on a organisé une cohorte pour inciter

les entreprises à aller dans l'industrie 4.0.

Trois-Rivières, c'était IDE, Innovation Développement Économique. C'est

assez... je pense que c'est chaque région qui va avoir sa propre couleur avec IQ. En innovation, à peu près toutes

les régions ont un organisme... un organisme ou une table, des fois c'est un organisme, des fois c'est

une table, où les gens se concertent pour parler d'innovation. Et tu peux te

retrouver aussi dans certaines régions,

comme le Saguenay, le CQRDA est un leader aussi. Je pense qu'il faut faire un

examen qui est propre à chaque région et trouver le leader. En fait, je

reviendrais à des modèles qu'on a regardés, par exemple, pour... un sujet que vous connaissez, le réseau des

centres d'expertise industriels qu'on a annoncé. Ça prend toujours un leader à

travers ça. Est-ce que... Ça peut être une institution, ça peut être une

société, ça peut être une entreprise qui peut aider.

Bon, pour

répondre directement à la question des pousses, des entreprises qu'on doit

viser, qu'on doit identifier, bien, évidemment,

je pense que ça prend un attirail de gens, d'organisations qui sont capables de

travailler ensemble puis de les identifier.

Je vais

donner un exemple, je vais terminer là-dessus. On a travaillé beaucoup, pour

ceux qui connaissent, à Montréal, Parcours

Innovation PME Montréal. C'est la ville de Montréal qui prend

30 entreprises qu'ils accompagnent de façon très costaude, là, formation... C2 Montréal, 30 heures d'accompagnement spécialisé. Il y avait un attirail, je

pense qu'il y avait 30 accompagnateurs, il y avait 30 coachs.

Donc, ça

prend beaucoup de monde pour attirer les entreprises. Je pense qu'il n'y a pas

de recette miracle. Il faut connaître

le terrain, et je pense que les gens d'Investissement Québec en région, au même

titre que je le disais au national, doivent

avoir une attitude de collaboration et d'ouverture puis dire : Bien, on va

travailler ensemble. Parce que c'est sûr qu'ils ne pourront pas la

faire, la job, tout seuls, on s'entend. Je pense que, pour moi, c'est clair.

Fitzgibbon : Pour conclure avant de passer la parole à Donald, ce que

je pense, l'enjeu, c'est ça, c'est qu'il y a, quoi... il y a 110 MRC, 1 000 municipalités, je n'ai pas

le chiffre exact, là. Et, tu sais, prenons la Montérégie, par exemple, bien, ce n'est pas vrai que IQ Montérégie peut

s'occuper de toutes les localités. C'est géographiquement impossible. Et

alors... puis, tu sais, Montréal et Québec

sont bien servies, il y a bien des affaires puis, bon, en avoir trop, ce n'est

pas mauvais. Ça se coordonne

relativement bien. Dans les régions, il va falloir faire attention, parce qu'il

y a des places qu'il n'y a rien. Il va falloir combler le trou qui a été

laissé parce qu'il y a un trou assez majeur.

M. Monette

(Pascal) : ...on parle pour

parler, tu as un C2MI qui est un pôle important à Bromont, qui est un lieu

important. Ça peut être une façon. Tu sais,

je pense qu'il faut regarder les acteurs qui travaillent très facilement, là.

En tout cas, pour ceux qui connaissent C2MI, c'est des gens qui collaborent

beaucoup, là. Puis c'est vrai que la Montérégie, c'est vrai que c'est un

cas d'espèce, c'est quatre sous-régions quant à moi, là, dans une région, là.

La Présidente (Mme IsaBelle) :

Merci. Alors, la parole est au député de Nicolet-Bécancour.

Martel : Merci, Mme

la Présidente. Bonjour, M. Monette, bienvenue à l'Assemblée nationale.

J'étais

content de la perception que vous avez... en tout cas, ce que j'ai compris,

vous avez une perception assez favorable

du projet de loi. Compte tenu de votre profil, ça fait longtemps que vous êtes

sur le terrain... Ce matin, j'avais une discussion avec mes collègues puis je faisais un peu une comparaison

entre le nouveau rôle qu'on veut donner à Investissement Québec et les CLD. Les CLD, on a un mandat

d'accompagnement et aussi on a des petits fonds pour prêter aux entreprises.

Moi, je me rappelle, quand j'ai commencé à la

MRC, on avait un fonds, une SOLIDE, mais il n'y avait pas d'accompagnement et la SOLIDE n'était pratiquement

pas utilisée. Quand on a créé les CLD, compte tenu qu'on avait le

service d'accompagnement, bien là, ça donnait plus d'outils pour intervenir.

Évidemment, dans ce qu'on va avancer, on veut

mettre beaucoup d'efforts au niveau du financement, donner beaucoup plus de moyens de financement à

Investissement Québec, mais aussi, on veut donner des moyens au niveau de

l'accompagnement. À votre avis, où est-ce

qu'on devrait... les deux, c'est important, là, mais, à votre avis, qu'est-ce

qu'on devrait privilégier : plus de financement ou plus

d'accompagnement?

M. Monette

(Pascal) : Les deux sont

aussi importants. C'est les deux doigts de la même main quant à moi. Je disais

d'entrée de jeu, le financement... je me rappelle d'une époque où, les

années 90, on donnait une subvention puis on revoyait

l'entreprise un an après. Je pense qu'on n'est plus là aujourd'hui. Il y a des

enjeux qui sont majeurs pour les entreprises.

Puis

j'aimerais attirer aussi l'attention, ce n'est pas scientifique, mais les... on

a travaillé avec beaucoup d'entreprises, notamment à Montréal, Parcours

Innovation. La jeune génération, on les sent prêts à se faire accompagner, à se

faire challenger. Je ne sais pas si c'est

l'effet de notre système d'éducation, mais on sent qu'ils ont le goût de

travailler ensemble. Tu as même des

entreprises comme Kinova, Charles Deguire à Boisbriand qui veut créer un

écosystème. Il veut redonner à sa

région. On a... les entreprises sont prêtes à se faire accompagner. C'est sûr

qu'ils n'ont pas toujours le temps. Mais je dirais qu'il ne faut pas, à mon avis, opposer financement,

accompagnement. Pour moi, c'est deux doigts de la même main.

Puis

j'ajouterais accompagnement a et b, là, autant au plan stratégique,

développement des affaires que technologique, parce que l'enjeu de la transformation numérique, excusez, je le dis en

anglais, c'est «technology intensive», mais ce n'est pas «technology driven». Il faut que ça se fasse

dans le plan de l'entreprise, et, pour ça, ça prend des gens qui sont habitués

d'accompagner les entreprises.

Et je le

redis, je pense qu'il y a quand même beaucoup de ressources au Québec, autant à

Montréal qu'en région. Il faut juste faire preuve de bonne volonté et de

collaboration.

M. Martel :

Quel type d'accompagnement on devrait focusser? Tu sais, la journée qu'on

s'annonce, là, venez chez Investissement

Québec, vous allez avoir du financement, et on peut vous donner de

l'accompagnement, sur quoi qu'on devrait focusser... pas l'émission,

mais l'obtention des permis, la recherche d'autres financements, des

partenaires, des occasions d'affaires? Quel type de... où est-ce qu'on devrait

s'afficher le plus?

M. Monette

(Pascal) : Je dirais que je

suis un partisan d'une approche plus globale, et on est en train de transformer

nous-mêmes. À l'ADRIQ, on a un programme de

formation avec nos 40 conseillers qui interviennent auprès des

entreprises. Et même le CNRC nous a annoncé récemment qu'il travaille de

façon à accompagner... ils vont accompagner moins d'entreprises, mais ils vont les accompagner plus longtemps. Comme, par

exemple, pour faire un... ils vont accompagner une entreprise en recherche de crédits d'impôt. Ils vont se rendre

compte qu'ils ont un problème de ressources humaines. Il y a d'autres fonds

qui vont être développés pour ça et ainsi de suite.

Donc, ils pourraient avoir jusqu'à trois, quatre

types d'interventions, et je pense que c'est la façon d'intervenir. Quand on parle d'accompagnement multidisciplinaire

et durable, c'est dans ce sens-là. Et pour ça, je pense que ça prend un regard global dès le départ. Ça prend des gens

qui ont une certaine expérience d'une vision stratégique dans l'entreprise

pour être capable d'identifier les lieux où

on peut intervenir de façon la plus efficace. On sait que, naturellement, les

entreprises vont intervenir là où ça

fait mal. Mais, un coup que tu as réglé ça, bien, il y a sûrement d'autres

enjeux aussi qu'il faut régler. Je

dirais que l'enjeu... en tout cas, de notre point de vue, pour un IQ renouvelé,

2.0 ou 4.0, c'est ce défi-là, d'avoir les ressources d'accompagnement

idéalement dès le début, dès le début.

M. Martel :

...là, par rapport à tout ce que nous... évidemment, si on amène ce projet de

loi là, cette nouvelle structure là, c'est

pour améliorer. Qu'est-ce qui est absent actuellement ou qui manque au niveau

de l'accompagnement, tu sais, des entreprises? Parce que moi, j'ai déjà

rencontré des entreprises qui avaient des projets d'investissements, des opportunités d'affaires, puis ils rencontraient

des organismes de développement économique puis ils disaient : Qu'est-ce

que vous pouvez faire pour moi? Puis tout le

monde se parle les uns et les autres, mais des fois c'est difficile d'avoir une

cohésion à travers tout ça. S'il y avait un

manque, là, dire : Ne passez pas à côté de ce type d'accompagnement là, ça

serait quoi?

M. Monette

(Pascal) : Bien, je pense

que vous venez de le dire, je pense que c'est la cohésion puis la cohérence

entre les acteurs. Bon, comme je l'ai dit

tantôt, je pense que la collaboration est de plus en plus présente. Je pense

que les gens sont là pour les bonnes

raisons, ils veulent aider les entreprises, et c'est pour ça qu'on suggérait,

au début, la première recommandation,

d'avoir une structure de coordination. Je pense que ça aiderait, déjà que les

gens se parlent. Nous-mêmes avec MQQ,

Mouvement québécois de la qualité, ainsi que d'autres, on se rencontre pour

échanger sur qu'est-ce qu'on fait. Donc, on est capables de le faire.

Bon.

La Présidente (Mme IsaBelle) :

Nous donnons la parole au député d'Orford. Il vous reste 49 secondes.

M. Bélanger : Merci, Mme la

Présidente. Merci, M. Monette, pour votre présentation. Moi, j'ai une

question. L'expérience des dernières années,

ce que je remarque, on est quand même pas mal bons au niveau développement

stratégique, de définir une stratégie puis de faire un audit, mais, au

niveau de l'exécution, le bât blesse au niveau de l'exécution. Qu'est-ce que

vous planifiez, qu'est-ce que vous suggérez de façon à accompagner nos

entreprises à exécuter cette transformation-là, 4.0? Parce que c'est souvent là

qu'on se casse la margoulette.

M. Monette

(Pascal) : Plusieurs

éléments de réponse. Dans les webinaires qu'on faisait, évidemment,

on essayait évidemment de parler des concepts de façon simple, et non

pas simpliste, mais on leur disait aussi par où commencer et aussi de faire valoir les bénéfices. Je pense

que c'est important, c'est comme du marketing de base, quant à moi. Si l'entreprise, l'entrepreneur ne voit pas le bénéfice de faire la

transformation numérique...

Présidente (Mme IsaBelle) : Merci pour l'échange. Alors, nous donnons maintenant

la parole... Merci. Nous donnons maintenant la parole à la porte-parole

de l'opposition officielle, la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.

Mme Anglade : Merci. Je vous

laisse terminer, si vous voulez terminer votre... sur le temps. Je vous en

prie.

M. Monette

(Pascal) : Oui, oui, les

bénéfices. Excusez, là, c'est parce

que j'étais... Bien, c'est de faire

valoir les bénéfices, effectivement.

Mais quand je

parle de durable aussi, on s'est rendu compte... J'en parle avec les

conseillers qui travaillent avec nous, souvent, ils vont faire une

démarche de développement stratégique, une planification stratégique,

puis le vendredi le directeur des

ventes s'en va, bien là, la PME, l'entrepreneur cherche son directeur des

ventes, puis le... excusez l'expression, mais le plan stratégique fout

le camp.

Il faut

trouver un moyen, et ça, je pense qu'IQ doit travailler là-dessus, d'aider

les entreprises de façon durable. Je pense que ce terme-là est important parce

que, quand on parle d'une transformation numérique, on parle de montants

importants, et il y a beaucoup de risques de se casser la margoulette,

excusez l'expression. Ça fait qu'il faut continuer l'accompagnement.

Tu sais, le

bilan numérique, c'est une chose. Le plan, c'est une autre affaire.

L'exécution, c'en est une autre aussi.

Mme Anglade :

C'est bon. Merci. Ma question, elle est davantage en lien avec les CCTT puis

qui sont relativement méconnus au

Québec, hein? Quand on parle de CCTT, ce n'est pas tout le monde qui sait ce

que ça fait et puis la valeur que l'on a dans nos organisations.

Vous avez fait référence à ça un peu plus tôt,

meilleure adéquation. Avec une transformation d'Investissement Québec, le lien avec les CCTT, comment... Au-delà

de dire qu'il y a une place pour les CCTT, qu'est-ce que vous voyez

comme collaboration qui puisse émerger et ressortir de tout ça?

M. Monette

(Pascal) : Là, ça devient un

défi, à mon avis, de référence. Puis il me semble que je l'ai vu dans le

projet de loi, là, on parle de faire des références.

Bien, il y a

la collaboration... Les CCTT ont un organisme qui les représente, Synchronex.

Déjà, ça aide à établir des

collaborations. Puis probablement qu'il y en a déjà avec IQ, à mon avis. Je

pense que le défi, c'est d'être capable de trouver rapidement...

Puis je vais vous donner un exemple d'une grande

entreprise milliardaire, que je ne peux pas nommer, mais il n'y en a pas un million au Québec. J'étais avec le

directeur de la recherche et de l'innovation qui me disait : Comment que

je peux trouver tel type d'expertise au

Québec dans une université? Là, je me suis dit : Si eux, ils ne sont pas

capables de le voir, comment qu'une PME peut le voir?

Moi, je pense

qu'aujourd'hui... Il y a une carte du manufacturier qui a été faite, là, qui

réfère à toutes sortes de trucs. Moi,

je pense qu'il faut utiliser des outils qui sont très performants. Aujourd'hui,

là, des plateformes, il y en a plein. Il faut être capable de référer rapidement en fonction des besoins de

l'entreprise. L'entreprise identifie un besoin, bien, il faut que les

conseillers, qu'ils soient à IQ ou des gens qui travaillent en collaboration

avec IQ, soient capables d'identifier puis effectivement de s'assurer que les

gens, les CCTT, soient mis en valeur.

Comme aussi dans certaines universités, des

facultés de génie, il y a beaucoup de gens qui travaillent avec des entreprises. Le modèle de Mitacs, c'est

intéressant. C'est des gens qui vont voir des entreprises, leur dit :

C'est quoi, votre problème? Qu'est-ce

qui vous empêche de dormir? Bon, bien, il y a telle machine, machin, il n'y a

pas de solution sur le marché. Ah! bien, moi, je connais, dans une

faculté de génie, quelqu'un qui peut t'aider, puis on peut financer.

Je pense

qu'il faut... À prime abord, il faut toujours écouter les entrepreneurs pour

voir c'est quoi, leurs besoins et puis

faire... s'assurer qu'on ait les bonnes références. Et ça, ce n'est pas

compliqué à faire, les références. On a quoi... On est 50, 60 CCTT, plus le nombre de chercheurs. Ce

n'est pas... À mon avis, c'est des outils... quant à moi, c'est relativement

technique, mais il faut que ça se fasse puis il faut le maintenir à jour,

évidemment, là.

Mme Anglade :

En fait, je réfléchis à voix haute avec vous, mais je pense que plus notre

capacité à mettre ça en place... Ce

n'est souvent pas la mauvaise volonté, c'est juste l'approche puis l'exécution

dans... Mettre cette collaboration-là en

place puis le démontrer, je pense que c'est là qu'on a un enjeu. Puis

effectivement, si on se donnait les moyens de le faire, on serait en

mesure d'aller de l'avant. C'est bon pour les CCTT. Je ne sais pas si tu...

La Présidente (Mme IsaBelle) :

Alors, la parole... C'est terminé? Alors, la parole est au député de Nelligan.

M. Derraji :

Oui, merci, Mme la Présidente. Très heureux de rencontrer mon ancien voisin

d'étage. Bienvenue. Toujours, je

reconnais en vous la personne qui est toujours sur le terrain par rapport à

l'innovation. Donc, ma question touche l'innovation.

J'ai vu la

page 8 par rapport... au niveau des brevets, et la question qui me vient à

l'esprit : Est-ce que la réorganisation du MEI avec Investissement Québec affectera plus ou moins l'innovation?

Est-ce que vous voyez qu'avec cette réorganisation que nous sommes en train de faire, le fait qu'il y

a des employés qu'on va déplacer du MEI vers Investissement Québec, les délégations au niveau régional, est-ce que c'est

une bonne réponse, selon vous, par rapport au suivi ou de la promotion de

l'innovation au Québec et dans toutes les régions du Québec?

M. Monette

(Pascal) : Bien, je pense

que c'est dans l'exécution. Puis j'ai envie de vous dire, on l'a proposé. Il y

a une question de formation aussi. Pour avoir travaillé deux ans à Investissement Québec, moi, j'ai rencontré beaucoup

de gens. C'est des gens qui ont le

coeur à la bonne place, qui travaillent bien, mais c'est principalement des financiers, là. Je pense

qu'il y a une

partie de formation

aussi pour transformer cette organisation-là. Ça ne se fera pas par l'opération du

Saint-Esprit qu'ils vont devenir des gens qui sont à l'aise, mais on ne leur

demande pas de devenir des spécialistes de l'innovation. C'est d'avoir le

réflexe innovation puis d'avoir le réflexe transformation numérique et d'aller

trouver les ressources qui sont à leur disposition.

À savoir, là, je ne suis pas dans le secret des

dieux, il y a des gens effectivement qui ont développé des grandes expertises d'innovation au MEI. Quelles vont être

les lignes? Moi, je pense qu'il ne faut pas, évidemment, perdre ces

liens-là, ces ressources-là.

M. Derraji : ...quelque chose, mais

c'est des financiers.

M. Monette (Pascal) : Pardon?

Derraji : Vous avez

dit : Mais c'est des financiers. Donc, en parlant d'Investissement Québec et ce qu'on est en train de faire et

d'étudier par rapport à l'innovation, selon vous, c'est des financiers. Donc,

ce n'est pas des agents d'innovation. Donc, selon vous et selon l'ADRIQ, aujourd'hui,

le p.l. n° 27 ne répond pas à la question de

l'innovation.

Monette (Pascal) : Bien,

moi, je pense qu'il va y répondre. Qu'est-ce que

je comprends de la lecture, c'est qu'ici on développe ce souci-là de travailler en accompagnement. Évidemment,

en se mariant avec les agents de développement

économique du MEI puis des gens qui sont sur le terrain, à mon avis, ça va y

répondre.

Évidemment,

tout est dans l'exécution, mais moi, de qu'est-ce que je vois en ce

moment, je pense que ça peut et ça doit répondre. J'ai envie de

dire : L'innovation, ce n'est pas un choix, c'est une obligation.

La Présidente (Mme IsaBelle) : La

parole est au député de Robert-Baldwin. Il vous reste quatre minutes.

Leitão : Quatre minutes. Très bien,

Mme la Présidente. On va revenir un peu à ce que mon collègue

mentionnait et vous aussi, vous avez mentionné les brevets, la question

des brevets.

Évidemment,

je pense que, quand on regarde le... on souhaite tous, là, le

développement et la croissance des entreprises québécoises. Bien, il se

fait beaucoup de recherche au Québec, mais, si on n'est pas propriétaire de

notre recherche, le développement va se faire ailleurs.

Donc, pour ce

qui est de faciliter l'enregistrement des brevets, pensez-vous qu'un organisme

public, Investissement Québec

ou un autre, devrait aussi être très actif dans le financement des universités,

dans le financement de la recherche, le

financement de la recherche, ce qu'on appelle la recherche pure qui, des fois,

n'est pas nécessairement... il n'y a pas un but

commercial immédiat, mais que plus tard peut le devenir, oui, si on est capable

de garder ces brevets chez nous. Parce

qu'il y a beaucoup de recherche qui se fait

au Canada. En fin de compte, les brevets finissent par être achetés ou

l'innovation, la découverte finit par être enregistrée ailleurs.

Alors, comment est-ce qu'on fait pour garder

chez nous les fruits de cette recherche-là?

M. Monette

(Pascal) : Je pense qu'il

faut avoir une expertise qui... une

anecdote. Quelqu'un qui a fondé une grande entreprise

biopharmaceutique me disait que, quand il venait au Québec

parler à des gens de capital de risque, il en apprenait sur le secteur à

la personne. Puis quand il allait en Californie, il apprenait sur le secteur.

Je généralise un peu.

On est une

petite société. Je sais qu'à une certaine époque on a tenté de développer des

liens avec des fonds étrangers où il

y avait une expertise sectorielle. Moi, à mon avis, s'il y a

un rôle qui est important à IQ, c'est de développer, dans le capital patient, justement, dans des

entreprises qui développent des innovations technologiques, des expertises

sectorielles.

Et il y a de l'expertise aussi, évidemment, au ministère.

Puis il y a des organismes comme ce qu'on appelle les consortiums de recherche ou les réseaux sectoriels, la recherche

industrielle qui sont en lien avec... qui financent des projets de

recherche dans les entreprises, qui ont une connaissance aussi. Donc, encore

là, ce lien-là des gens d'Investissement Québec avec des organismes qui sont

sur le terrain, qui ont une vision puis une connaissance sectorielle, est

important. Mais moi, je plaiderais aussi

pour développer aussi des expertises

sectorielles dans le financement de patients, là. Je pense que ce serait utile, mais ce n'est

pas... c'est une

partie de la réponse, mais ce n'est pas la seule.

Leitão : Oui, parce que...

donc, moi, la question que je me pose : Est-ce que c'est Investissement Québec le nouveau Investissement Québec, qui est

l'outil idéal pour fournir ce capital patient pour accompagner les chercheurs québécois

à enregistrer leur brevet et à garder leur recherche chez nous?

M. Monette (Pascal) : Bien, moi, je

pense que oui. Honnêtement, oui.

M. Leitão : Vous pensez que oui. O.K.

M. Monette

(Pascal) : Je pense, c'est

le rôle parce que, de toute façon, on sait qu'il y a

un manque. Donc, je pense que si IQ développe cette expertise-là ou va dans ce

champ-là, je pense que ça va nous aider. Mais ce n'est pas la seule réponse,

hein? Il y a toujours la question... nos

entrepreneurs technologiques, souvent, c'est des gens qui sont ici, venus des

filières scientifiques technologiques

puis ils veulent toujours rajouter deux, trois, quatre fonctions, puis on leur

dit : Va au marché le plus vite

possible. Et c'est pour ça que, quand on parle d'experts en commercialisation,

c'est aussi pour les aider à dire : Non, non, attends une minute, là, je pense que c'est le temps d'y aller

sur le marché, va tester. Tu sais, il est question de financement patient mais il y a une question aussi

d'aller au marché rapidement. Ça, c'est aussi important quant à nous.

La Présidente (Mme IsaBelle) : Il

reste 38 secondes.

Derraji : Dernière question. Que pensez-vous de la fusion entre Centre

de recherche industrielle du Québec avec Investissement Québec?

M. Monette

(Pascal) : Bien, je l'ai dit

d'entrée de jeu, je pense que c'est une réponse qui va dans le sens de

qu'est-ce qu'on voit, nous, sur le

terrain de l'accompagnement qui est... de l'accompagnement d'affaires financier

et technologique, mais il ne faudrait

oublier qu'il y a quand même beaucoup d'autres acteurs. On parlait des CCTT et

d'autres qui peuvent aider, puis, de toute façon, dans la réalité, il y a

beaucoup de projets de recherche avec des entreprises où le CRIQ travaillait

avec le CCTT, où le CRIQ travaillait avec d'autres. Ça fait qu'il y a déjà des

mécanismes, à mon avis, qui existent, là.

La Présidente (Mme IsaBelle) :

Merci. Merci pour la réponse. Alors, merci pour l'échange.

Nous donnons maintenant la parole au

porte-parole du deuxième groupe d'opposition, au député de Rosemont. Vous

disposez de 2 min 45 s.

M. Marissal : Merci, Mme

la Présidente. Bonjour. C'est drôle, des fois, hein, la vie qui fait qu'on se

retrouve sur des chemins. Vous étiez

très, très jeune recherchiste, à une époque où j'étais très, très jeune

journaliste, et nous étions voisins à Québec. Alors, je suis content de

vous revoir.

Marissal : Dans un autre siècle, dans une autre vie. J'ai bien

apprécié aussi la concision et la précision de vos recommandations.

y en a une qui m'attire particulièrement, elle est au point 8. J'y vais

rapidement parce que je n'ai pas beaucoup de temps. L'ADRIQ recommande la création d'un régime d'épargne

innovation, formule fiscale et critère d'entreprise à préciser, qui mobilisera

l'épargne publique des Québécois vers des entreprises innovantes. Pouvez-vous

élaborer un peu sur ça, s'il vous plaît?

M. Monette (Pascal) : Quand on a fait les REA, à l'époque, tout le monde s'en rappelle, de M.

Parizeau, c'était, oui, de financer

des entreprises, notre Québec inc. qui est apparu, mais c'était aussi de faire

l'éducation. Il y avait ça derrière les

REA, il faut s'en rappeler. Je pense qu'aujourd'hui le Québec, sa voie de

salut, oui, il faut exporter, mais pour exporter, il faut être innovant. Donc, il faut être capable

de s'assurer de financer des entreprises de toutes sortes de façons, que ça soit par IQ ou que ça peut être par l'épargne

publique, et faire valoir que c'est un moteur de développement important pour

le Québec et qui profite à tous.

Donc,

je pense que de mobiliser l'épargne publique là-dessus, ce n'est pas une

mauvaise chose. Je ne suis pas un spécialiste,

je ne suis pas un fiscaliste, mais l'intention qui est derrière, c'est un peu

l'idée du REA, dans le fond, c'est de pousser

une coche plus loin, c'est dans les entreprises innovantes. Évidemment, il va

falloir établir des critères et aussi de sensibiliser les gens à

l'importance de l'innovation. C'est ça.

Marissal : O.K. Je retiens la comparaison avec le REA de l'époque.

Effectivement, c'est un peu de ça dont vous avez inspiré votre

recommandation sur laquelle vous avez... O.K. d'accord.

Vous

avez parlé aussi d'aider les entreprises, puis ça, on l'entend souvent, surtout

chez les start-up, les jeunes qui partent des entreprises dans toutes

sortes de domaines très, très innovants, là, de traverser la fameuse vallée de

la mort. Ça fait même un peu peur comme

image, là, ça ne donne pas le goût de se lancer en business. Expliquez donc un

peu quelle est votre perception de ça et quel est le rôle à jouer dans

le cadre du projet de loi n° 27.

La Présidente (Mme

IsaBelle) : 35 secondes.

M. Monette (Pascal) : C'est une question à développement. Bien, évidemment, comme je disais

tantôt, je pense que l'État a un rôle

à jouer pour aider des entreprises à acheter, à être le premier acheteur,

«early adopter», comme on dit en anglais. Ça, ça serait déjà un bon signe, mais

je pense qu'il y a la culture aussi de commercialiser. C'est qu'on oublie

qu'il y a un marché. Avant de produire puis

développer un produit, il faut savoir s'il y a un marché. Et souvent, ça, on

l'oublie, et peut-être qu'à travers les programmes on pourrait peut-être

mettre ça en évidence plus rapidement.

Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Alors, merci pour l'échange. Nous

donnons maintenant la parole au député de René-Lévesque.

M. Ouellet : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, à mon tour, M. Monette,

de vous poser quelques questions.

a entendu tout à l'heure l'importance que l'économique puisse être supporté par

la science ou, du moins, par l'innovation.

Je crois comprendre, dans le projet de loi en question, qu'Investissement

Québec va intégrer le CRIQ. Je vous ai entendu tout à l'heure nous dire

que c'était une bonne chose.

question que j'aurais pour vous, que j'aimerais vous entendre : Est-ce

qu'on n'est pas en train de travestir un peu la science au profit, exclusivement, d'un rendement économique? Est-ce

que vous avez peur que, si les priorités économiques dictent les recherches qui devront être faites, on

n'est pas en train un peu d'orienter, je vous dirais, la recherche pour donner

un avantage économique à quelque chose, alors qu'ailleurs on avait de la

recherche qui permettait d'approfondir des connaissances

et que, dans certains cas, ça ne donnait pas de résultats économiquement

viables pour des projets? Je ne sais pas si je me fais bien comprendre.

M. Monette

(Pascal) : Très bien. La question est très bonne. On y a déjà répondu

dans notre mémoire il y a trois ans. Puis on

s'était inspiré de cinq grandes règles de l'OCDE pour des politiques publiques

en recherche et innovation, et une de celles-là, c'était de maintenir la

recherche fondamentale. Et on acquiesce à ce postulat.

pense qu'une société qui se développe bien, qui est saine va autant favoriser

la recherche fondamentale que la recherche

appliquée. Le modèle allemand, les Fraunhofer, sont plus dans la recherche

appliquée. Les Max Planck sont dans la recherche fondamentale. Bon, ici,

tout se fait à l'intérieur de l'université, mais je n'ai pas de crainte à cet

égard-là. Je pense qu'il y a encore une

grande liberté académique pour faire de la recherche fondamentale. Je n'ai

pas... Non, je n'ai pas de crainte, honnêtement. Et c'est souhaitable

qu'on continue à faire de la recherche fondamentale, on s'entend.

M. Ouellet : Oui. L'ancien gouvernement avait appelé le ministère de l'Économie, de

la Science et de l'Innovation. Là, la

science, elle est totalement disparue, et c'est comme si l'innovation était au

service du développement et qu'on avait occulté la science.

Est-ce

que vous craignez qu'on soit exclusivement concentrés sur la recherche qui est

innovante et qui rapporte, plutôt que de faire de la recherche qui, dans

certains cas, ne rapporterait pas très concrètement ou très rapidement, mais

qui, à long terme, pourrait porter son usufruit?

La Présidente (Mme IsaBelle) :

30 secondes.

M. Monette (Pascal) : Bien, de ce

que je comprends, de toute façon, le gouvernement a maintenu la Stratégie québécoise de recherche et d'innovation, ce qui

était, à mon avis, un très bon signe à envoyer dans l'écosystème. Et je pense

que le gouvernement continue à faire valoir que la recherche fondamentale... Il

me semble avoir déjà entendu le ministre parler de recherche fondamentale. Moi, je pense que c'est... Pour moi,

ce n'est pas un enjeu. Je pense que ça continue, hein?

La Présidente (Mme IsaBelle) :

Alors, merci. Merci, M. Monette, pour votre contribution aux travaux de la commission.

Alors, nous suspendons quelques minutes, le

temps de donner au prochain groupe... de s'installer. Merci.

(Suspension de la séance à 17 h 17)

Présidente (Mme IsaBelle) :

Alors, c'est commencé. Alors, nous souhaitons la bienvenue aux membres de la

Communauté métropolitaine de Montréal. Vous

savez que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé. Je vais vous

inviter à vous présenter avant de commencer l'exposé. Merci.

M. Beaudry

(Robert) : Bonjour, Mme la Présidente. Merci beaucoup. Robert Beaudry,

membre du comité exécutif de la Ville

de Montréal, responsable du développement économique, commercial et aussi

membre de la Commission du développement

économique, des équipements métropolitains et des finances de la Communauté

métropolitaine de Montréal.

Ouellette (Christian) : Bonjour, Mme la Présidente. Merci de nous

recevoir. Christian Ouellette, maire de la ville de Delson, sur la Rive-Sud de Montréal, et membre de la Commission

de développement économique, des équipements métropolitains et des finances de la Communauté métropolitaine de

Montréal, et préfet, aussi, adjoint de la MRC de Roussillon.

M. Beaudry (Robert) : Et

m'accompagnent également M. Sylvain Giguère, coordonnateur du

développement économique de la CMM, ainsi

que M. Stéphane Pineault, coordonnateur exécutif aux politiques

Interventions et Développement de la CMM.

Donc, on y

va. M. le ministre de l'Économie et

de l'Innovation, MM., Mmes les députés membres de la Commission de l'économie et du travail, merci d'accueillir

aujourd'hui la Communauté métropolitaine de Montréal dans le cadre des audiences portant sur le projet de loi n° 27.

Fondée en 2001, la CMM est un organisme de planification, de coordination et de financement qui regroupe les

82 municipalités de la région métropolitaine de Montréal, où habitent

4 millions de personnes, selon un échantillon ici de deux

représentants.

La CMM

possède une compétence en matière de développement économique en plus de celle

de l'aménagement du transport, de l'environnement, du logement social et des

équipements métropolitains. En 2018, la région métropolitaine de Montréal produisait un PIB de

222 milliards de dollars, soit 54 % du PIB du Québec, des

investissements de 18 milliards de dollars qui s'y réalisent.

L'économie de

la région métropolitaine de Montréal se porte bien, elle se démarque par un

boum des services de la production, une croissance de 5,1 % par an

depuis 2014, la plus forte parmi les 33 régions métropolitaines

canadiennes. L'expansion qui en a résulté

s'est traduite par une forte hausse du taux d'emploi, qui a atteint 63 %

en 2018, et la hausse la plus élevée

du PIB en 2018, soit plus 3,4 %, parmi les 13 plus grandes régions

métropolitaines canadiennes couvertes par la Conference Board du Canada.

Cela dit, la

région métropolitaine fait aussi face à des défis importants, comme celui

d'augmenter la productivité et la

qualité des emplois. Ce sont des enjeux prioritaires qui sont abordés

directement dans le prochain plan métropolitain de développement

économique de la CMM, qui couvrira les années de 2021 à 2025.

Déjà, il est

clair pour la CMM qu'une action plus décisive en matière de développement

économique est nécessaire, notamment

par une augmentation des investissements dans des activités économiques, créant

de la valeur ajoutée. Aussi, la CMM

salue les efforts que fait le gouvernement du Québec pour améliorer son impact

sur l'économie et l'emploi avec son projet de loi n° 27.

Les objectifs

du projet de loi n° 27 sont ambitieux et ils rejoignent en tout point les

nôtres. Ainsi, concernant la réforme

d'Investissement Québec, le ministre a indiqué que le gouvernement avait comme

objectif de doubler d'ici cinq ans l'attraction

des IDE pour qu'ils atteignent 7 milliards de dollars annuellement pour

l'ensemble du Québec. Cet objectif est évidemment partagé par la CMM qui

entend y contribuer par l'entremise de Montréal International.

Nous estimons

par ailleurs que le renforcement de la coordination avec le MRI pour les

interventions économiques à l'international

permettra une meilleure concertation des acteurs. À cet égard, la CMM s'engage,

comme la ministre des Relations internationales y

a convié, à renforcer la collaboration entre les représentations du Québec à

l'étranger et les grappes industrielles. La

CMM joint donc ses forces à celles du gouvernement du Québec pour mieux attirer

les IDE, qui répondent aux besoins d'accroître la valeur ajoutée et la

qualité des emplois.

La communauté

salue également les mesures qui visent à favoriser l'innovation au Québec.

Ainsi, la communauté s'engage à

développer, en collaboration avec ses partenaires, dont le gouvernement du

Québec, une analyse partagée des principaux

enjeux du soutien à l'innovation sur le territoire métropolitain. Les leviers

d'action en ce domaine doivent tenir compte des caractéristiques de

l'économie métropolitaine et des priorités sectorielles technologiques.

Le projet de

loi propose donc globalement d'excellentes mesures que la CMM entend appuyer.

La CMM souhaite toutefois que ces

mesures soient soutenues une gouvernance qui assurera un meilleur arrimage avec

les territoires de la région métropolitaine et ses organismes de

planification et de développement économique.

Ainsi, comme

le projet de loi ne prévoit pas de modifications aux structures municipales,

régionales et métropolitaines qui

agissent au niveau de l'attraction des investissements directs étrangers et

leur rétention, notre défi commun est d'éviter des dédoublements et de plutôt travailler en complémentarité afin de

créer la synergie nécessaire pour atteindre collectivement cet objectif

ambitieux.

Ainsi, des

recommandations de la CMM dans le cadre de ses compétences en matière de

développement économique et de

promotion internationale portent principalement sur les moyens pour favoriser

la cohérence et la synergie des interventions

des acteurs gouvernementaux, métropolitains et municipaux du territoire de la

CMM dans le cadre de la mise en oeuvre de ce projet de loi.

Nous

recommandons donc, une fois le projet de loi adopté : Premièrement,

convenir d'un plan conjoint entre le gouvernement

du Québec et la CMM pour les interventions en matière d'IDE sur le territoire

du Grand Montréal. Ce plan est dérivé

des orientations du gouvernement du Québec en matière de développement

économique et du plan métropolitain de développement économique de la

Deuxièmement,

prévoir un mécanisme de coordination entre Investissement Québec et Montréal

International afin de favoriser des

synergies porteuses et efficaces dans l'attraction et la rétention des IDE.

Finalement, actualiser le partenariat financier

entre le gouvernement du Québec et la CMM relativement au financement des

activités d'IDE découlant du plan conjoint

et des mécanismes de coordination qui seront identifiés pour le territoire de

la CMM. Ces mesures respectent les limites

de la compétence de la CMM en matière de développement économique et pourront

être intégrées facilement dans les ententes qui lient nos organisations

respectives.

Pour atteindre les objectifs ambitieux de

développement économique que se sont fixés le gouvernement du Québec et la CMM, il est impératif que nous

travaillions de façon synergique sur le territoire métropolitain. Évidemment, la CMM assure le gouvernement de sa disponibilité

et de son entière collaboration pour atteindre cet objectif.

Je vais passer la parole à M. Ouellette.

Ouellette (Christian) :

Alors, je vais vous parler des actions de la CMM. Afin de mieux situer les recommandations de notre mémoire, je vous exposerai maintenant l'environnement dans lequel la CMM exerce sa

compétence en matière de développement économique. Au niveau municipal,

le législateur a accordé à la CMM l'exclusivité de la compétence de faire la promotion du territoire de ses

82 municipalités sur le plan international, tout en prévoyant la

possibilité de confier cette

compétence à un organisme. Concrètement, dès 2001, la CMM a confié la

prospection des investissements directs étrangers à Montréal

International.

La CMM agit

également à d'autres niveaux. Ainsi, elle favorise le développement des

entreprises par le biais de ses

10 grappes industrielles, tels l'aérospatial, l'aluminium, cinéma. Elle

met également en place des outils pour mieux tenir à jour l'inventaire

des espaces industriels en identifiant les contraintes et en accompagnant les

municipalités pour que de nouvelles

entreprises puissent s'implanter rapidement à l'intérieur du périmètre

métropolitain d'urbanisation. Elle travaille aussi avec le Conseil Emploi Métropole pour renforcer l'adéquation entre

l'offre de compétences et les besoins du marché du travail de la grande

région métropolitaine de Montréal.

La CMM verse

annuellement une subvention de 4,6 millions à Montréal International. La

CMM et le gouvernement du Québec sont

les deux plus grands bailleurs de fonds de Montréal International, dont le

financement provient également du secteur privé et du gouvernement du

Canada. Agir à l'échelle métropolitaine permet aux 82 villes du grand

Montréal de mettre en place des outils

communs et intégrés pour un développement économique durable et de mieux faire

face à la concurrence internationale.

Montréal

International collabore étroitement avec les grappes industrielles de manière à

s'assurer que les investissements étrangers bénéficient aux entreprises

locales par le biais des flux de connaissance qu'ils apportent avec eux. Relier

les flux de connaissance aux PME est

fondamental pour améliorer l'innovation et relever la productivité, ce que nous

attendons aussi de la part d'Investissement Québec.

Toutes ces

actions sont contenues dans le plan métropolitain de développement économique,

plan qui permet d'aligner les acteurs

sur les objectifs communs. Le rôle de cette coordination est fondamental pour

une région métropolitaine. Cette approche

que prennent toutes... C'est cette approche, pardon, que prennent toutes et

tous les grandes villes métropolitaines comme celle de la région

métropolitaine de Montréal. M. Robert.

M. Beaudry

(Robert) : Oui. Travailler avec une vision commune au niveau de la

région métropolitaine est en effet d'importance

capitale. L'économie de la région est complètement intégrée. On peut le voir

notamment par les données de navettage.

Par exemple, 30 000 citoyens de Longueuil transitent vers le centre-ville

de Montréal chaque jour. L'agglomération de Longueuil est très intégrée

économiquement à la région métropolitaine de Montréal. On peut le voir aussi

par la concentration des activités économiques. Le tissu économique de la

région est constitué de domaines de spécialisation économique

interreliés. Le marché du travail du grand Montréal est véritablement métropolitain.

Ces spécificités qui confèrent à la région

métropolitaine... est un véritable statut de zone économique fonctionnelle...

font qu'il est faisable et logique d'établir une vision commune des

enjeux.

conclusion, les élus locaux de la CMM oeuvrent depuis 2001, année de la

création de la CMM, pour mettre en place

cette vision commune et les outils qui permettent d'atteindre les objectifs qui

en découlent. Nous le faisons parce que nous sommes convaincus qu'il est plus utile de travailler ensemble, car

notre économie est la même, notre marché du travail est le même et nos

enjeux sont largement les mêmes.

Les travaux de l'OCDE

le disent, la fragmentation territoriale et l'absence de coordination à

l'échelle de la grande région métropolitaine

fonctionnelle génèrent des problèmes et freinent la croissance. C'est

particulièrement le cas lorsqu'il y a une compétition pour les

investissements. C'est donc très important pour nous de pouvoir préserver cette

cohésion et de pouvoir conserver cette

vision métropolitaine quand vient le temps d'aborder des enjeux économiques, et

de décider de l'implantation d'IDE et

d'élaborer des stratégies. La gouvernance métropolitaine actuelle répond bien à

nos préoccupations, la CMM fédère les acteurs et coordonne...

Présidente (Mme IsaBelle) : Merci, c'est tout le temps que nous

avions. Nous donnons... nous commençons maintenant la période d'échange

avec M. le ministre. Vous avez 11 min 30 s.

Fitzgibbon : Merci. La question est pour vous deux, M. Beaudry et

M. Ouellette. J'aimerais juste parler... vous parlez de cohérence, quelque chose que j'adhère

complètement. Évidemment, avec la création de IQ International, on ajoute

une couche

sur le mur, mais je pense qu'entre IQ International et MI, ça va être une cohésion naturelle qui va se faire,

parce que c'est le même genre de personne... bien, en plus, le chef est

le même.

Maintenant,

j'aimerais ça vous entendre sur la cohérence entre Québec, le gouvernement du

Québec et la ville de Montréal. On en a parlé à quelques reprises.

J'aimerais ça comprendre plus profondément... puis vous avez mentionné, M. Ouellette, je pense, un organisme quelconque

externe. Je veux comprendre qu'est-ce que, selon vous, ne fonctionne pas

aujourd'hui ou qu'est-ce qui pourrait mieux

fonctionner puis comment on peut avoir des pistes de solution. Parce que c'est

au coeur, moi, je pense de l'enjeu, parce que vous êtes la moitié du PIB puis,

en même temps, tu sais, le Québec, c'est large. Il y a une adéquation

que je suis sensible, qu'il faut respecter puis, en même temps, il faut

s'occuper des régions aussi.

Alors, j'aimerais ça

vous entendre, comment on peut avoir une meilleure cohérence, si...

M. Beaudry

(Robert) : En fait, la collaboration est excellente. Je veux dire, si

on parle de Montréal, on a une planification conjointe qui fonctionne très bien.

Je vous entendais parler tout à

l'heure, par exemple, au niveau du travail qu'on

fait avec les PME via PME MTL. Je pense qu'il y a comme un alignement

à avoir là. La communauté

métropolitaine, avec Montréal

International, est vraiment satisfaite du travail qui est fait, on le voit au

niveau de l'attraction des IDE, il y a une

augmentation d'année en année. On était à 2 milliards de dollars, on tombe

à 2,7 milliards puis on va vers une augmentation.

Nous,

ce qu'on veut s'assurer, ce que vous nous dites actuellement, que IQ et MI...

puis, bon, on salue la décision d'avoir

recruté Hubert Bolduc qui connaît très, très bien Montréal International puis

les enjeux montréalais et aussi le fait qu'ils vont être à peu près dans les mêmes bureaux, là. Ça, c'est de

très bonnes nouvelles. On salue ces faits-là, mais on voudrait formaliser cette relation-là entre

Montréal International, parce que la CMM, comme le gouvernement du Québec,

investit de l'argent au niveau de Montréal International.

Donc,

notre objectif à nous, en tant que ville, parce qu'on est impliqué dans la

gouvernance de MI, on est impliqué dans

son suivi, on le rentre dans notre planification économique de la CMM, aussi

leur objectif, donc ce sont les objectifs de la communauté

métropolitaine. Eh bien, avec le joueur IQI, comment on coordonne tout ça,

cette attraction-là des investissements

directs étrangers, comment on le formalise, ces ententes-là? Le projet de loi

n'en fait pas mention. Donc, ce qu'on

vous dit aujourd'hui, c'est qu'on souhaiterait pouvoir formaliser cette bonne

relation là qui fonctionne entre les villes, la CMM, Montréal

International, et là, avec IQI, bien, on veut que cette collaboration-là se

poursuive.

Fitzgibbon : O.K. Bien, ma question était peut-être mal posée, parce

que je pense qu'il y a une distinction entre la stratégie puis l'exécution. D'après moi, MI et IQ International, c'est

de l'exécution, mais avant de l'exécuter, il faut avoir une stratégie commune,

puis c'est là, je pense... peut-être pas le temps aujourd'hui, là, c'est ça qui

va être important à faire.

Beaudry (Robert) : Bien, là-dessus, on en fait état puis on a une

fenêtre d'opportunité parce qu'on est en train de revoir notre plan économique de la région métropolitaine, notre

PEMD... en tout cas, Plan métropolitain de développement économique — j'aime bien les acronymes — et donc une fenêtre d'opportunité,

justement, d'arrimer le rôle de planificateur de la CMM avec la planification que le gouvernement du Québec fait et

donc avec l'exécution sur le terrain de nos antennes, Montréal

International et Investissement Québec International.

Fitzgibbon : Donc, on va pouvoir y revenir un peu plus tard dans

l'exécution.

L'autre

élément que j'aimerais avoir vos vues, c'est... puis c'est le cas,

effectivement, à Montréal, on a beaucoup d'incubateurs, accélérateurs. Il y a des VC, il y a un paquet de

patentes, là, puis j'étais de vue, au début, quand il y en a trop, ça

devient mélangeant, mais j'aime autant qu'il y en ait trop qu'il n'en ait pas

assez. Ça fait qu'on n'est pas si pire.

Mais

comment voyez-vous le rôle de la ville sur l'accompagnement — on parle des start-up, là — l'accompagnement humain puis l'accompagnement financier? Comment

voyez-vous le rôle de la ville par rapport au rôle du gouvernement, puis

c'est-u des vases communicants? C'est parce que c'est un peu... ce n'est pas

confus, mais c'est un peu compliqué.

M. Beaudry (Robert) : Bien, je

pense que, bon, Montréal,

on est privilégiés, là. Si je parle de l'exemple de Montréal,

on a une entente économique conjointe. On a aussi un réseau PME Montréal

qui travaille avec la petite entreprise, qui l'accompagne, qui la

soutient financièrement. Au niveau des start-up, on a cette proximité-là. Les

villes ont une proximité, justement, territoriale de voir ce qui émerge et de

travailler avec... d'avoir l'agilité de travailler avec ces petites organisations

là aussi qui les accompagnent pour pouvoir les financer.

Donc, je pense que

cette planification-là de gouvernement à gouvernement doit continuer à se

faire. Elle se fait très bien,

là, dans mon cas, avec Montréal. Je ne veux pas parler pour les autres régions de

la région métropolitaine, mais les

villes ont une valeur ajoutée, à ce

niveau-là, de travailler justement

à proximité avec les start-up en accompagnement plus soutenu.

Chez nous, on utilise

le réseau PME MTL, mais c'est les CLD, par exemple, dans les autres régions...

M. Ouellette

(Christian) : Si je peux me permettre, M. le ministre, sur votre

première question, j'aimerais peut-être y répondre un petit peu. Vous vous posez des questions

sur peut-être le chevauchement d'organismes. Ce qui est important

de savoir, c'est que ce n'est pas juste Montréal, parce que dans votre discours

vous parlez de Montréal, mais je sais que

votre gouvernement a quand

même annoncé la volonté ou, du moins,

a une volonté de développer beaucoup plus le

Québec dans les régions, aussi aller dans les régions, et la CMM en est une de

82 villes, une région, 82 municipalités. Bien

sûr que c'est Montréal qui est notre ville-centre, c'est parfait, mais il y a

les couronnes aussi. MI, Montréal International développait en ce moment des belles affinités avec les couronnes aussi. Compte tenu

que Montréal est quand

même bien desservie, les

couronnes offraient des belles possibilités.

Donc,

je sais que votre gouvernement regarde beaucoup pour développer dans les régions ou s'en aller un petit peu plus régional, pas seulement

à Montréal. C'est bien reçu, mais, d'un autre côté, il ne

faut pas aussi chevaucher ou du moins être complémentaire, pas

compétitif, avec les organismes qui sont déjà en place.

Fitzgibbon : On va aller ailleurs

un peu, on va aller aux grappes. Tantôt, M. Leblanc parlait, bon, la chambre de

commerce a des vues sur les grappes, en a

initié plusieurs. Comment voyez-vous le grappage déterminé par la ville de Montréal ou par la CMM par rapport au gouvernement? Comment

voyez-vous cette... parce que c'est complexe, les grappes, hein?

Beaudry (Robert) : Bien, les

grappes accompagnent nos industries qu'on a privilégiées pour leur croissance,

là, sur le territoire, cette coordination-là

qui se fait dans les

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCET 2019-09-24
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cet-42-1 journal-debats CET-190924
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier04751bde3466ac5db9903c543a73726faa746cc3

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