CRC — 28 October 2025 (43rd Legislature, 2nd Session)
CRC 2025-10-28
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
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31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
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31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
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27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
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27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
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25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
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Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens
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43 e législature, 2 e session
(30 septembre 2025 au 8 avril 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 28 octobre 2025
Vol. 48 N° 9
Consultation générale et auditions publiques sur le cahier de consultation intitulé « La planification de l’immigration au Québec pour la période 2026-2029 »
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
12 h
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
19 h
19 h 30
20 h
20 h 30
21 h
21 h 30
22 h
Journal des débats
9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures quarante-six minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des relations avec les citoyens ouverte. La
commission est réunie ce matin afin de poursuivre les auditions publiques dans
le cadre de la consultation générale sur le cahier de consultation intitulé La
planification de l'immigration au Québec pour la période 2026‑2029 .
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Prass (D'Arcy-McGee) est remplacée par Mme Caron
(La Pinière); M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve), par M. Fontecilla
(Laurier-Dorion); et M. Bérubé (Matane-Matapédia), par M. Boissonneault
(Arthabaska).
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Parfait. Merci beaucoup. Alors, ce matin, nous allons
entendre les groupes suivants : l'Union des municipalités du Québec, qui
est déjà présente avec nous, par la suite, nous allons entendre la Fédération
québécoise des municipalités ainsi que la Chambre de commerce du Montréal
métropolitain, conjointement avec Montréal International. M. le député, je vous
écoute.
M. Morin : Bonjour. Bonjour, Mme
la Présidente. Bonjour, tout le monde. Alors, nous allons compléter nos travaux
cette semaine, donc, jeudi matin, après trois semaines de consultations. Et les
parlementaires, ma compréhension, par la suite, c'est qu'on doit contribuer au
rapport de la commission, et je vous annonce dès maintenant que l'opposition
officielle demande à ce qu'une séance de travail soit planifiée en vertu de l'article
176 de notre règlement. Et, à ce moment-là, bien, des discussions auront lieu
pour l'organisation de ladite séance. Je vous remercie.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, M. le député. Alors, on en prend bien... bonne
note, on en prend connaissance, on vous revient. Alors, oui, M. le député... M.
le ministre, pardon.
M. Roberge : Je suis député
avant d'être ministre, c'est mon premier travail. Bien, je veux simplement dire
qu'on est au courant de la demande de l'opposition officielle puis on est d'accord
pour tenir cette séance-là. Les leaders vont convenir d'un moment. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, ceci étant dit, nous allons donc entamer le dernier
droit de nos rencontres avec vous, mesdames et messieurs les gens de divers
organismes. Alors, on commence ce matin avec l'Union des municipalités du
Québec, qui est représentée par Mme Évelyne Beaudin, coprésidente de la Table
sur l'accueil des nouveaux arrivants et mairesse de Sherbrooke, M. Marc-Alexandre
Brousseau, président du Caucus des cités régionales et maire de Thetford Mines,
ainsi que M. Philippe Biuzzi, conseiller au politique.
Alors, madame, messieurs, vous avez une
période de 10 minutes pour exposer les grandes lignes de votre mémoire, vos
recommandations, puis, par la suite, on va en discuter avec les parlementaires.
Alors, les 10 prochaines minutes sont à vous.
Mme Beaudin (Évelyne) : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. M. le ministre, mesdames et messieurs les membres
de la commission, merci de nous accueillir ce matin, et de nous donner l'opportunité
de venir participer à la planification de l'immigration au Québec pour la période
2026‑2029.
Les présentations ont été faites. Merci
beaucoup. Effectivement, on se retrouve à coprésider une table de...
Mme Beaudin (Évelyne) : ...une
table de travail, mais je vous annonce que, lors de sa dernière rencontre du
conseil d'administration, l'Union des municipalités du Québec a souhaité
entériner, disons, ce travail-là en créant une commission permanente sur la
question de l'immigration, donc ça devrait être entériné lors de notre
prochaine assemblée générale annuelle, parce que c'est un sujet qui nous
intéresse énormément et qui, on le croit, est extrêmement important.
• (9 h 50) •
Donc, petit rappel, l'Union des
municipalités du Québec, on rassemble les gouvernements de proximité de toutes
les tailles et de toutes les régions du Québec, on représente donc plus de
85 % de la population du Québec, et on a une histoire de plus de
100 ans. Donc, on espère que ça sera pris en considération.
Comme introduction, ce qu'on veut vous
dire, c'est qu'aujourd'hui vous vous penchez beaucoup sur la... vous vous
penchez sur la planification de l'immigration, sur la notion de capacité
d'accueil. Nous, ce qu'on veut vous amener aujourd'hui, c'est... c'est vraiment
la voix des régions par rapport à la vitalité économique de nos régions. Et ce
qu'on veut vous présenter, en fait, c'est notre point de vue afin d'améliorer
l'avenir économique du Québec.
La notion de capacité d'accueil est moins
une notion qui fait l'objet de discussions, là, au sein de l'Union des
municipalités. Nous, on parle davantage, je vous dirais, du système d'accueil
et d'intégration puis de voir comment est-ce qu'on peut améliorer ce
système-là, parce qu'évidemment la qualité de ce système-là va influencer après
ça la capacité d'accueil.
L'autre notion que je veux vous apporter,
c'est la notion justement d'accueil. Nous, quand on accueille quelqu'un dans
notre région, dans notre ville, on n'est pas en train de vérifier : Bon,
est-ce que cette personne-là vient de l'extérieur du Québec, est-ce qu'elle est
née au Québec ou bien est-ce qu'elle arrive de Montréal ou d'une autre région?
Donc, pour nous, le système d'accueil et d'intégration, c'est celui qu'on
élabore sur le terrain avec les acteurs locaux. C'est un système d'accueil et
d'intégration qui est bon pour tous les nouveaux arrivants, qu'ils soient
immigrants ou non.
Alors, l'enjeu dont on veut vous parler
aujourd'hui, oui, c'est un enjeu d'immigration, mais c'est d'abord et avant
tout un enjeu de démographie. On a des enjeux démographiques au Québec, on peut
en parler, le vieillissement de la population, la pénurie de main-d'œuvre, et
tout ça. Et la solution passe, oui, par l'immigration, passe peut-être aussi
par d'autres solutions, mais ce qui est important pour nous, c'est de répondre
à ces enjeux démographiques si on veut s'assurer que chacune des régions du Québec
puisse espérer avoir une vitalité puis une prospérité. Parce qu'on croit que le
Québec est prospère pas seulement à la moyenne, mais aussi dans chacune de ces
régions. La force des gouvernements locaux, à notre sens, c'est probablement la
coordination des actions terrain. Nous, on est sur le terrain tous les jours,
on connaît nos entreprises, on connaît nos institutions d'enseignement, on
connaît les acteurs communautaires, les différentes antennes régionales des
différents ministères, et notre force, c'est de coordonner tout le monde puis
de s'assurer d'agir le plus efficacement possible. C'est pour ça qu'on a
besoin, d'abord et avant tout, de prévisibilité. On veut pouvoir travailler en
partenariat avec le gouvernement du Québec pour s'assurer que, les objectifs
que vous vous donnez, on puisse les atteindre le plus efficacement possible
dans chacune de nos régions. Mais là ce qu'on observe souvent, c'est des
programmes, par exemple, qui peuvent être un peu courts dans le temps, des
changements de direction en cours de route, des choses comme ça. Et ça, ça nuit
pour nous à cette efficacité-là dans l'application des différentes politiques
puis l'atteinte de nos objectifs communs.
Aussi, on pense qu'il faut mettre la
question de la régionalisation à l'avant-plan. On l'avait dit quand on est
venus lors des consultations sur le PL 84. Tout ce qui est mur à mur, pour
nous, ça nous fait toujours très peur. Pourquoi? C'est un peu statistique en
fait. C'est que... Quand on regarde l'état de l'immigration, par exemple au
Québec, qu'on regarde c'est quoi, les statistiques par rapport au Québec, qu'on
regarde les indicateurs économiques à la grandeur du Québec, ce qui va se
passer, c'est que la région métropolitaine de Montréal est surreprésentée, elle
a un poids extrêmement grand. Donc, c'est normal pour le gouvernement
d'élaborer ses politiques publiques en se basant sur des données probantes
comme celles du Québec, mais ce que ça fait, c'est qu'après ça nous, pour les
régions, on a parfois des politiques publiques qui vont être adaptées à la
grandeur du Québec mais qui vont avoir des effets néfastes dans chacune de nos
régions.
Donc, je vais terminer là-dessus en vous
disant qu'on a... on veut mettre de l'avant le plus possible la
régionalisation, travailler en partenariat avec vous pour élaborer des
politiques publiques efficaces, notamment dans la future politique nationale
sur l'accueil et l'intégration, et on a différentes solutions à vous proposer
que vous pouvez...
Mme Beaudin (Évelyne) : ...dans
le mémoire et auquel on pourra donner plus de détails à l'intérieur de la
période de questions, si vous le permettez.
Alors, je passe la parole à mon collègue
Marc-Alexandre Brousseau, maire de Thetford-Mines.
M. Brousseau (Marc-Alexandre) : Parfait.
Merci beaucoup, Mme Beaudin. Alors, Mme la présidente de la commission, M.
le ministre, mesdames et messieurs les membres de la commission, donc ça me
fait plaisir d'être ici avec vous aujourd'hui pour un enjeu qui est extrêmement
important, autant pour l'UMQ en général que pour le caucus des cités régionales
que je représente mais aussi comme maire et préfet et vice-président de la
table régionale Appalaches. Vous savez peut-être qu'il y a quelques centaines
d'entrepreneurs qui sont devant l'Assemblée nationale ce matin dans ce
dossier-là. Et, pour les sortir de chez eux, il faut comprendre que c'est un
enjeu qui est extrêmement important.
Donc, soulignons que l'inclusion de
l'immigration temporaire dans la planification pluriannuelle, c'est un tournant
majeur pour le Québec, ça permet une gestion plus cohérente en reconnaissant le
rôle essentiel que jouent les résidents non permanents dans le développement
économique et social des régions. Les travailleurs étrangers temporaires,
évidemment, joue un rôle primordial, c'est absolument indispensable pour
combler les besoins concernant la pénurie de main-d'œuvre, entre autres, la
région que je représente, Chaudière-Appalaches, pendant des décennies, on a eu
le taux de chômage le plus bas au Canada pratiquement. Donc, c'est un enjeu
structurel pour nous. Et nos entrepreneurs avaient pris des solutions pour les
combler. Donc, les... par contre, les modifications au programme
travailleurs étrangers ont complexifié l'accès à cette main-d'œuvre-là, sans
tenir compte des réalités locales et régionales et ça... ça risque d'être un
axe principal qu'on va vous développer aujourd'hui et dans notre mémoire. Donc,
on a des entreprises maintenant qui sont en problème, qui doivent refuser des
contrats, qui regardent pour réduire leur activité, faute de personnel
disponible. C'est dans ce contexte là que l'UMQ recommande au gouvernement du
Québec de demander au gouvernement du Canada un moratoire immédiat sur les
restrictions au programme des travailleurs étrangers temporaires ainsi que les
ajustements suivants, je me permets de les énumérer : rétablir la durée
maximale d'emploi à deux ans pour les postes à bas salaires, revenir à une
limite de 20 % de travailleurs étrangers temporaires dans ces postes. On a
des entreprises chez nous qui allaient jusqu'à 60 % de travailleurs
étrangers temporaires, pas par plaisir, parce qu'ils ne trouvaient pas la
main-d'œuvre nécessaire. Ils ont posé les actions pour les avoir et maintenant
ils sont à risque d'avoir à retourner ces gens-là et ne plus être en mesure de
produire. On veut réintroduire la liste de traitement simplifiée telle qu'elle
existait avant septembre 2024.
On veut ajuster le seuil des postes à
hauts salaires selon le salaire médian propre à chaque région. Le coût de la
vie chez nous est moins cher qu'à Montréal, c'est normal que les gens gagnent
un peu moins cher. Il faut avoir une approche régionalisée par rapport aux
postes... par rapport aux salaires qu'on reconnaît.
On veut également lever la suspension du
traitement des évaluations de l'impact sur le marché du travail dans les
régions restreintes.
Donc, ce qu'on demande aussi, c'est que
les décisions soient liées... et qui sont liées au programme TET tiennent
systématiquement compte des... des particularités locales et régionales en
s'appuyant sur des indicateurs comme le salaire médian, le taux de chômage et
les pénuries de main-d'œuvre. Présentement, le taux de chômage dans ma région
est autour de 3,6 %. On trouve ça élevé. Il n'y a pas si longtemps, il
était à 1,5 % et ça a été comme ça pendant de nombreuses années.
Donc, ce qu'on appelle, c'est la création
d'une voie d'accès à la résidence permanente pour les personnes peu qualifiées
qui ont maintenu leur statut légal et acquis une expérience professionnelle au
Canada, ça favoriserait leur enracinement durable dans les régions et c'est ce
qu'on souhaite.
Donc, ce qu'on souhaite également, c'est
souligner... souligner le rôle stratégique des étudiants internationaux. Donc,
ça a été un angle mort, beaucoup, dans ce dossier-là, les étudiants
internationaux. Ils sont aussi très importants dans le développement des
régions du Québec. Leur présence dans nos établissements d'enseignement partout
sur le territoire, c'est plus qu'un apport académique, c'est un moteur de
vitalité économique, sociale et culturelle. Ça peut sauver des programmes
d'études. Chez nous, dans notre cégep dans ma ville, on parlait d'environ
25 % d'étudiants internationaux et c'est en chute libre, les demandes
d'adhésion, présentement. Ces personnes-là contribuent à diversité, je n'ai pas
besoin de vous l'apprendre. C'est vraiment des immigrants parfaits parce qu'on
leur... ils apprennent, ils apprennent dans notre culture ici, ils apprennent
selon nos façons de faire. Donc, c'est vraiment des travailleurs importants qui
peuvent migrer ensuite de ça vers nos entreprises. Donc, ce qu'on souhaite,
c'est vraiment la francisation intégrée à leur parcours aussi pour ceux qui ne
parlent pas français en arrivant, leur intégration sociale professionnelle est
ainsi facilitée. Il y a bon nombre de ces gens-là, évidemment, qui veulent
s'installer chez nous et c'est ce qu'on souhaite également.
Donc, on doit agir, il faut soutenir
activement la présence d'étudiants internationals dans toutes les régions du
Québec par des efforts accrus de recrutement. On a encouragé ce recrutement-là.
On est devenu, le Québec, vraiment, une destination choyée tant pour les
travailleurs étrangers que pour les étudiants internationaux. On en train de
mettre un petit peu d'ombre sur la qualité de cette destination-là qu'on était
devenu. Alors, il faut donc reconnaître les parcours comme des voies
structurantes d'immigration permanente. Il est essentiel de faciliter la
transition vers le statut de résident permanent pour les personnes diplômées au
Québec, en particulier dans les secteurs et les régions identifiées comme
prioritaires. Donc, on veut miser sur ces talents-là, les accompagner en les
valorisant. Donc, on investit dans l'avenir du Québec, un avenir inclusif,
dynamique et enraciné dans la réalité du terrain.
Je terminerais aussi en vous disant que
les travailleurs étrangers temporaires qui nous choisissent, on ne leur fait
pas une faveur, ils nous font une faveur en venant répondre à un besoin
extrêmement important pour nos employeurs qui manquent de monde. Ce n'est pas
exactement la même situation partout au Québec, mais dans des régions comme la
mienne, ils sont...
M. Brousseau
(Marc-Alexandre) : ...absolument essentiel à notre développement
économique. Alors voilà, on aurait terminé. On est prêts à répondre à vos
questions.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup pour cette présentation. Alors,
effectivement, on commence la période d'échange avec les parlementaires. On va
commencer avec M. le ministre et la banquette gouvernementale. Vous avez
16 min 30 s.
• (10 heures) •
M. Roberge : Merci, Mme
la Présidente. Merci pour votre présentation. Heureux de vous voir ici en
commission. Heureux de voir les collègues aussi. On passe beaucoup de temps ensemble
ces dernières semaines, les collègues des oppositions et la banquette
gouvernementale. La planification pluriannuelle cette année, elle est
particulière. On est après une période de soubresauts. Ma prédécesseure, la
ministre Christine Fréchette, avait fait une planification sur deux ans parce
qu'on était au sortir de la pandémie, dans un moment un petit peu hors du
temps, avec... dans des conditions jamais vues. Maintenant, on a vu ce qui est
arrivé. On voit le contexte actuel puis on veut se donner une prévisibilité,
exactement ce que vous demandez, mais à peu près tout le monde a demandé ça,
que ce soit les démographes, les universitaires, les économistes, les groupes
patronaux, les groupes syndicaux, les universitaires, les cégeps. Donc, prévisibilité
vous demandez et prévisibilité vous aurez, c'est certain. On s'enligne pour
quatre ans. On révise nos programmes, aussi notre manière de sélectionner des
gens. «Sélectionner» est le mot à retenir. Il ne s'agit pas d'en prendre le
plus possible, mais bien de les sélectionner le mieux possible avec nos
critères.
Certains ont dit avant vous, sont venus
dire : Ah! ce n'est pas bien l'utilitarisme de l'immigration. Moi, je
trouve normal de sélectionner des gens qui parlent français ou l'apprennent
enfin. Pour qu'ils deviennent permanents, qu'ils maîtrisent de la langue, je
trouve normal de sélectionner des immigrants en fonction de la régionalisation
qui est nécessaire. Et la régionalisation amène l'intégration à la nation
québécoise, qui est notre nouveau modèle, avec les partenaires locaux que vous
représentez. Et la sélection amène aussi des gens à sélectionner des gens qui
travaillent, qui occupent un emploi, et pas n'importe quel, idéalement dans des
secteurs porteurs, dans des secteurs en pénurie. Donc, je ne crois pas que
c'est utilitariste, mais je pense que c'est opportun de sélectionner des gens
parce que, et là je vais sortir mon petit graphique, on ne peut pas accepter
tout le monde. Le Québec est extrêmement attractif. Si on ouvrait les vannes, on
pourrait avoir 500 000 nouveaux arrivants intégrés avec le PSTQ puis
le... Tout le monde voudrait venir vivre au Québec, au Canada en ce moment.
Merci aux gens qui nous ont précédés, qui ont fait de notre société une des
plus belles au monde, mais un instant.
Donc, regardez ça, c'est l'évolution. Je
vous le montre à la fois, là, pour vous et pour la caméra, là. Accroissement
démographique du Québec, 1972, deux ans avant ma naissance, 2024. Donc, quand
on regarde, il y avait une certaine stabilité dans l'évolution démographique,
donc, le plus, là, l'ajout à chaque année était assez graduel. On a eu un creux
évidemment le temps de la pandémie, qui a duré à peu près 18 mois. Et là
on est complètement, regardez la tendance, à l'extérieur de la charte. Pourquoi,
essentiellement? À cause des immigrants qu'on qualifie de temporaires, ou des
fois, on dit RNP, des résidents non permanents. Certains sont ici avec un
statut temporaire et voudraient être ici toute leur vie, pas tous, mais je
précise que lorsqu'ils arrivent avec un contrat temporaire qui dure un an, qui
dure deux ans, qui dure trois ans, bien, on remplit notre part du contrat quand
on leur permet de venir ici deux ans sur un permis de deux ans. Ça se peut que
ça soit renouvelé. Ça se peut que ça ne soit pas renouvelé parce que les gens
qui veulent venir ici, il y en a plus que ce qu'on peut accueillir.
Ici, c'est l'effectif de résidents non
permanents, les RNP, selon le type au Québec. Entre juillet 2021 et janvier
2025, les courbes qui montent sont les demandeurs d'asile, puis l'ensemble des
travailleurs étrangers. Ici, il y a nos travailleurs étrangers temporaires, je
pense, vous me corrigerez, ceux à qui vous faites référence, les TET qui relève
normalement du gouvernement du Québec, quoiqu'Ottawa ait débarqué avec ses
grosses pattes, là, pour retirer les TET dans nos entreprises sans notre
consentement, puis il y a le PMI, Programme mobilité internationale sur lequel
nous n'avons aucun contrôle. Et là, bien, ça a la forme d'une vague. Donc,
quand je dis que c'est un tsunami, je pense que c'est graphiquement vrai, que
c'est un tsunami.
Donc, voici le contexte qui nous amène à
vous rencontrer. Puis, bon, maintenant qu'on sait ça, projetons-nous de l'avant
sur quatre ans. Dr Arruda disait pendant la pandémie : Aplatir la courbe.
Je pense qu'il va falloir aplatir la courbe. Donc, on continue d'accueillir des
gens en réunification familiale, en immigration économique...
Haut de la page
10 h (version non révisé
e) M. Roberge : ...des diplômés
du Québec, idéalement, des travailleurs étrangers temporaires. On ne peut pas
tous les accueillir, même les immigrants les plus compatibles. Donc, j'arrive à
un élément que vous soulevez, à la page 7 de votre mémoire, sur la
capacité d'accueil. Vous dites : Il faudrait mettre en place une démarche
collaborative, dans votre mémoire, en permettant aux municipalités de
contribuer activement à la documentation et à la proposition de critères de
capacité d'accueil. Donc, vous qui êtes présents, là, à la grandeur du Québec,
qu'est-ce que vous avez à nous dire, là, dans le cadre d'une démarche
collaborative? Je l'initie avec vous ce matin, là, qu'est-ce qu'on devrait
avoir comme critères de capacité d'accueil, sachant qu'en tout cas, d'un point
de vue gouvernemental, on ne peut pas la dépasser et l'outredépasser année sur
année, sur année, à un moment donné, il y a des conséquences. Alors, quels
critères prenons-nous?
Mme Beaudin (Évelyne) : Je
vais y aller brièvement. Une des choses déjà, c'est, on n'a pas, dans le texte
d'introduction, on n'a peut-être pas insisté là-dessus, mais M. Brousseau n'est
pas seulement maire, il est aussi préfet d'une MRC. Puis, moi, comme mairesse d'une
ville MRC, on a quand même cette ferme conviction que le niveau MRC est probablement
celui avec lequel... qu'on devrait investir le plus, parce que c'est là où on
est capable d'avoir vraiment une différence. Parce que, tu sais, à l'intérieur
d'une région, des fois, c'est trop grand puis les villes, des fois, il y en a
des toutes petites, des toutes petites municipalités. Donc, nous, on pense que le
niveau MRC est probablement le meilleur niveau d'intervention.
Puis les données économiques,
socioéconomiques à l'échelle MRC, on en a très peu. Puis, si on se mettait
ensemble, je pense qu'on serait capable d'étoffer un peu le tout puis de
développer des actions, en toute collaboration, là, qui seraient différenciées.
Quand vous parlez de cette courbe, de cette croissance démographique importante,
nous, la question qu'on se pose automatiquement, c'est : Ils sont allés où
exactement? Dans quelles MRC se sont retrouvées toutes ces personnes-là? Parce
que c'est ça qu'on voulait dire par gérer à la moyenne, c'est qu'à la grandeur
du Québec on peut avoir recueilli beaucoup de monde. Puis si, mettons, on veut
limiter notre accueil ou... bien, ça va être important que ce soit dans
certaines MRC, mais que d'autres soient... puissent continuer à accueillir pour
répondre à leurs besoins. Donc, c'est beaucoup ça qu'on veut dire par le
fait de... Donc, ce n'est st pas juste la prévisibilité du nombre dont on a
besoin en termes de prise de prévisibilité, mais surtout la prévisibilité dans
les paramètres et dans les actions qu'on va pouvoir mettre en place. Donc, je m'arrête
là-dessus pour laisser Marc-Alexandre compléter.
M. Brousseau (Marc-Alexandre) : Oui,
bien, je vais prendre la passe. Donc, en fait, M. le ministre, ce que je
répondrais à votre question concernant la capacité d'accueil puis les critères,
nous, ce qui nous importe, et puis on l'a annoncé un peu dans notre allocution
tout à l'heure, c'est une approche différenciée selon les régions. La capacité
d'accueil n'est pas la même partout. Les enjeux ne sont pas les mêmes partout.
Chez nous, je vous annonce que les gens qui s'en viennent habiter chez nous, ils
vont parler français, ils n'ont pas le choix. C'est très différent du centre-ville
de Montréal où est-ce que beaucoup de gens parlent en anglais. Chez nous, tu ne
peux pas parler en anglais longtemps, nécessairement, tu apprends le français.
Chez nous, les promoteurs privés ont répondu aux besoins de logement. Il y a énormément
de constructions. On a des projets de tours d'habitation, jusqu'à 17 étages,
d'annoncés dans ma petite ville de 27 000 habitants, parce que nos
promoteurs répondent à ce besoin-là.
Et, chez nous, les immigrants qui sont là,
c'est des travailleurs étrangers temporaires, donc, ils arrivent le dimanche
soir, ils travaillent le lundi matin. Ils ont des revenus, ils sont en mesure
de se payer un logement. Alors, c'est ce qui fait en sorte qu'on est capable de
loger les gens. Ils apprennent à parler français. Ce n'est pas les mêmes enjeux
que partout, alors qu'ils répondent réellement, mais alors là réellement à un
besoin. C'est que nos entreprises ont vraiment besoin, je reviens sur la
stabilité, la prévisibilité, tu sais, même là on parle de quatre ans, mais,
dans un cycle d'une entreprise quatre ans, puis j'étais commissaire industriel
avant, j'accompagnais nos entrepreneurs chez nous, à partir de quand tu détectes
ton besoin, tu soumissionnes sur des contrats, tu prévois ta mise en production,
ce n'est pas quatre ans, mais c'est souvent un an, un an et demi. Puis là,
après ça, tu commences à faire tes démarches d'immigration pour aller chercher
les personnes. Quatre ans, c'est très, très court. Il n'y a pas beaucoup de
cycles, à ce moment-là, qui peuvent entrer dans une période de quatre ans. Donc,
c'est sûr que c'est un enjeu. Mais ce qu'on veut, quand on parle de
régionalisation, vous avez abordé le thème tout à l'heure, c'est la
régionalisation primaire. Pendant trop longtemps, au Québec, on faisait arriver
les gens à Montréal, ils ne quittaient pas Montréal. Il faut que les gens
aboutissent chez nous. C'est pour ça que, présentement, on voit la proportion d'immigrants,
en région, qui a augmenté. Ce n'est pas parce qu'il y en a beaucoup moins à
Montréal, c'est juste que, nous, on est allé les chercher directement pour les
amener directement chez nous, parce qu'ils répondent à ce besoin-là qui est
chez nous. Ça fait que c'est... Puis quand on parle d'aplatir la courbe — on
a entendu beaucoup, effectivement, parler d'aplatir la courbe par M. Arruda à l'époque — aplatir
la courbe d'immigration, malheureusement, c'est aussi aplatir la courbe de notre
développement économique, de notre...
M. Brousseau (Marc-Alexandre) : ...le
développement de nos régions. Parce qu'on l'a vu, ça fait des décennies que nos
entreprises ne trouvaient pas la main-d'œuvre nécessaire pour se développer,
ils ont dû aller les chercher. Et c'était très coûteux pour les entreprises
d'aller les chercher. Ils l'ont fait parce que... ils ne l'ont pas fait par
plaisir, mais les gens se sont installés chez nous. Et, quand on parle... nos
différents services qu'on a à offrir, quand on parle, entre autres, dans notre
système de santé, ça prend des gens pour offrir ces services-là. Souvent, on se
fait reprocher en politique de penser à coups de quatre ans. Je pense que, dans
ce cas-ci, il faut jouer à long terme et penser que le Philippin qui vient
travailler chez CF Métal à fabriquer des bornes pour Bixi, bien, peut-être que
sa conjointe, qui va venir, elle va peut-être vouloir être préposée aux
bénéficiaires, puis c'est peut-être ses enfants qui vont étudier pour être
infirmiers ou médecins plus tard. Puis il faut chercher justement à les
orienter dans ces métiers d'avenir là. Mais si on va... si on ne va pas
chercher du nouveau monde, au Québec, on ne sera pas capables d'offrir nos
services de santé non plus parce que c'est des personnes qui offrent ces
services-là. Donc, il faut avoir plus de personnes au Québec pour être en
mesure de les offrir.
• (10 h 10) •
M. Roberge : On se rejoint à
certains égards. Sur la régionalisation, là, écoutez, on est à 100 %
d'accord avec vous. On a fait bouger l'aiguille enfin. Je voudrais faire
beaucoup plus. Mais il y a, je pense... il y a cinq ans, il y avait 19 %
des gens qui s'établissaient hors de Montréal. C'était terrible. Maintenant, on
est à 34 %. 34 %, ce n'est pas encore extraordinaire, mais c'est...
c'est vraiment beaucoup, quand tu pars de 19 %, en quelques années. Donc,
la politique de régionalisation qu'on a mise en place donne des fruits. Mais là
on veut se donner un deuxième élan.
Et il faut accepter de changer les choses.
Plusieurs personnes nous ont demandé essentiellement de garder tous les
programmes qu'on avait puis de hausser les seuils. Mario Dumont a une
expression que j'aime bien, c'est... c'est quand quelque chose ne marche pas,
il faut faire plus de ce qui ne marche pas. J'ai de la misère avec ça. Et puis
je... Il... Il dit à la blague : Plus de ce qui ne marche pas, ça continue
de ne pas marcher, tu sais, à un moment donné. Et... et les économistes sont venus
nous en parler, Pierre Fortin nous l'a dit, Desjardins l'a dit, la Banque CIBC
l'a dit, ce matin, je lisais, la Banque Scotia qui le disait aussi, la fuite en
avant, de toujours faire venir plus de personnes pour contrer la pénurie de
main-d'œuvre nourrit la pénurie de main-d'oeuvre si on n'est pas très précis
pour avoir un... un arrimage parfait entre le besoin et les migrants qui
arrivent directement en région. Immigration primaire, 100 % d'accord avec
vous, mais il faut être précis. Le PEQ Diplômés, par exemple, qui est un
programme qui a été extrêmement apprécié par les institutions, bien, 60 %
s'installent à Montréal. 60 % des gens du PEQ Diplômés s'installent à
Montréal. C'est une belle place, Montréal, j'ai grandi là, mais si on fait
venir 10 000 personnes de plus, 20 000 personnes de plus
dans ce programme-là, bien, on... on ne fera pas plus de régionalisation. On va
avoir des diplômés du Québec, ce qui est extraordinaire, qui est une bonne
migration, mais il n'y a pas que ça. Il y a aussi nos travailleurs étrangers
temporaires que j'ai en tête pour notre développement économique. Et ça ne nous
aidera pas à la régionalisation. Il faut avoir... Il ne faut pas juste le
combien. Il faut le qui, on le va chercher, avec quel profil et où ils
s'installent. Donc, ce n'est pas tellement une question de quantité mais de
sélection. C'est ce virage que je nous invite à prendre ensemble. Évidemment,
si on en prenait juste 1 000, même si on les installe en région, là, on va
avoir des problèmes demain matin, là, 100 % d'accord. Mais, si on peut
s'entendre pour garder nos travailleurs étrangers temporaires, qu'Ottawa vire
enfin de bord, là, qu'il arrête de s'entêter, là... Écoutez, je parle au
ministre Guilbeault, à la ministre Diab, à la ministre Hadju, hein, le lieutenant
du Québec, la ministre de l'Immigration, la ministre de l'Emploi, je pense, ils
sont tannés de m'entendre, c'est le temps qu'ils arrêtent de nous arracher nos
travailleurs étrangers temporaires. Puis nous ensuite, avec le nouveau
programme de... programme de sélection des travailleurs qualifiés, on va être
capables de sélectionner, parmi ces gens qui travaillent au Québec en ce
moment, ceux qui parlent français, ceux qui sont en région, ceux qui
travaillent, des diplômés du Québec, mais aussi des TET en région. Et là, là,
après, on pourra s'entendre est-ce que c'est 25 000, 35 000,
45 000. Parce que 80 000 immigrants qui s'installent tous à
Montréal, ça ne vous aide pas. Ça ne vous aide pas.
Vous nous dites qu'il y a des
entrepreneurs qui contribuent, là, à... à ajouter des logements. Fort bien.
Mais il faut se dire que quand je regarde les taux de chômage, c'est vrai qu'en
Beauce c'est très bas par rapport à ailleurs, mais du taux de chômage en
région, il y en a beaucoup, puis des crises du logement en région, il y en a
beaucoup, là. J'ai un
article de La Presse, ici, d'un chercheur de
l'UQAC : «La crise du logement...
M. Roberge : ...sévit aussi en
région. Puis ce n'est pas quelqu'un de Montréal qui écrit ça sur quelqu'un des
régions, c'est quelqu'un de Chicoutimi. Donc, est-ce que vous êtes d'accord
avec ce paradigme de mieux sélectionner plutôt que de simplement toujours en
faire venir davantage?
Mme Beaudin (Évelyne) : Bien,
je vais... je vais y aller sur... OK. Bien, d'abord, là, au niveau des
programmes, il y a un point vraiment important, là. Quand on parle de
reconnaissance de notre expertise municipale... Puis, tu sais, nous, on est des
gouvernements de proximité, là. Vous, vous êtes le gouvernement du Québec,
nous, on est des gouvernements de proximité, donc on est là pour les mêmes
objectifs. C'est un super bon exemple, le PAC-MIFI, programme d'accueil aux ou programme
de collectivité collectivité accueillante. C'est un programme où tout le monde
peut soumissionner pour proposer un projet, là. On est mis sur un pied
d'égalité, en tant que municipalité ou MRC, avec n'importe quel organisme
communautaire sur notre territoire. Et ça, pour nous, c'est difficile parce que
ça veut dire qu'on est comme mis comme si on... C'est comme si on était
considérés comme des organismes communautaires alors qu'on essaie d'avoir
davantage de reconnaissance comme partenaire dans l'application de politiques
publiques. Ça fait que je voulais quand même souligner cet aspect-là pour moi,
qui est... qui est très symbolique, en fait, de nos demandes de reconnaissance
par rapport au gouvernement.
Par rapport aux diplômés, il faut
comprendre qu'on est vraiment en mode survie en ce moment. Moi, avant de faire
de la politique, j'étais prof dans les cégeps...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
Mme Beaudin (Évelyne) :
...j'ai enseigné au cégep de Matane, j'ai enseigné au cégep de Gaspé. Au cégep
de Gaspé, pendant que j'étais là, il y avait des programmes, Techniques
forestières, là, qui étaient... Ils n'avaient pas réussi à ouvrir leur
programme cette année-là, zéro inscription. Il y avait le Programme d'éducation
à l'enfance. La prof à côté de moi, à la salle de repas, était heureuse de
savoir qu'il y avait deux inscriptions puis qu'ils seraient capables d'ouvrir.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme Beaudoin...
Mme Beaudin (Évelyne) : Il
faut que j'aille plus court?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je dois malheureusement vous arrêter, mais c'est juste une
portion de la discussion qui est terminée, vous allez pouvoir continuer. Vous
allez pouvoir continuer avec le député d'Acadie. 9 min 54 s.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, Mme Beaudin, M. Brousseau, M. Biuzzi, merci d'être là. Mme
Beaudin, M. Brousseau, heureux de vous revoir. J'ai eu la chance de vous
rencontrer à quelques reprises dans vos régions respectives, c'était fort, fort
agréable, fort intéressant, pour parler justement d'immigration et d'entreprise
et de l'impact sur l'économie. Vous avez commencé à expliquer quelque chose qui
était fort pertinent, Mme Beaudoin, alors je vais vous permettre de continuer,
parce que nos règles font en sorte qu'on est... évidemment, on est encadrés par
le temps, mais continuez, parce que vous avez parlé de votre expérience alors
que vous étiez enseignante dans des cégeps de régions. On a écouté la
Fédération des cégeps, puis il y a plusieurs cégeps qui sont venus nous parler
et qui nous ont parlé de l'importance, justement, d'avoir des personnes issues
de l'immigration dans leurs régions. Donc, si vous pouvez continuer,
j'apprécierais grandement.
Mme Beaudin (Évelyne) : Je
vais y aller brièvement parce qu'on est limités. C'est que l'exemple de
dire : 60 % des étudiants étrangers s'établissent à Montréal, les
gens peuvent voir ça comme un enjeu, comme un problème, puis se dire :
Donc, il faut agir là-dessus. Et le gouvernement du Québec, évidemment... C'est
plus facile, tu sais, de mettre en œuvre des politiques qui vont s'établir pour
tout le Québec de façon équitable, sauf qu'en voulant agir sur un problème qui
concerne la région de Montréal, ça peut avoir des conséquences extrêmement
dramatiques dans certaines régions. Imaginez un instant qu'on perde un cégep
comme le cégep de Gaspé. Moi, au cégep de Matane, c'était la même chose,
presque tout... Le programme le plus populaire qui était, genre, multimédia,
c'était presque juste des étudiants étrangers qui étaient dans ce programme-là.
La vitalité de nos régions dépend de la
démographie. Il faut occuper notre territoire, il faut l'utiliser. Si vous
voulez aplatir la courbe, ça vous appartient totalement, ça appartient au gouvernement
du Québec de vouloir aplatir la courbe. C'est juste qu'il va vraiment falloir
s'assurer de comment ça se passe région par région, parce que, si on aplatit la
courbe dans des régions comme Chaudière-Appalaches, la Gaspésie, l'Abitibi,
l'Estrie, ça peut avoir des conséquences extrêmement dramatiques, et on est
déjà, en fait, en train de les vivre, ces conséquences-là, avec des chutes
importantes du nombre d'inscriptions, plus de 50 % de moins
d'inscriptions. L'Université de Sherbrooke, ce n'est pas juste des
universitaires, des chercheurs, des... tu sais, c'est des concierges qui
travaillent là, c'est des... c'est des gens qui enseignent l'éducation
physique, c'est des... Tu sais, il y a de tout autour, c'est notre moteur
économique...
Mme Beaudin (Évelyne) : ...puis
quand on vient prendre des mesures pour répondre à un problème québécois, on ne
réfléchit pas tout le temps à ce que ça peut avoir comme conséquence chez nous,
mais ça peut-être... ça peut venir affecter notre vitalité démocratique. Puis
je ne pense pas que c'est ce que le gouvernement du Québec veut. Je pense que
le gouvernement du Québec veut... puis toute l'Assemblée nationale, on veut des
régions qui sont vivantes, qui sont tournées vers l'avenir. Puis, quand on se
met en mode survie, ça devient beaucoup moins productif puis on n'est plus
capable de se développer au même rythme. Je ne sais pas si...
• (10 h 20) •
M. Brousseau (Marc-Alexandre) :
Bien, en fait, j'aurais fait du pouce sur la question de la sélection des
travailleurs. Là, c'est... évidemment, on est d'accord, on va faire en sorte
qu'on cherche à les sélectionner. Encore faut-il que les processus, lorsque les
gens entrent dans ces démarches-là, que ça ne soit pas trop long. présentement,
c'est quand même extrêmement long. Puis le meilleur travailleur qu'on peut
aller chercher, en fait, c'est celui dont on a besoin. Il y a des gens qui
veulent immigrer chez nous, qui ne sont peut-être pas nécessairement en
adéquation avec nos besoins du marché de l'emploi. La meilleure façon de les
amener à région, on l'a dit tout à l'heure, puis la meilleure façon que ce soit
l'immigrant qu'on a besoin, c'est celui qu'on va chercher qui répond
concrètement à un besoin chez nous, en région, dans une entreprise. Donc, c'est
sûr que.... Mais encore faut-il, je le répète, qu'il y ait de la prévisibilité,
de la stabilité et des délais qui ne sont pas trop longs. Parce que si un
entrepreneur a un besoin spécifique, en fonction d'un contrat qu'il obtient, si
l'employé arrive 12 mois plus tard, puis parfois, c'est le cas, bien, le
besoin est effacé, le besoin n'est plus là. Maintenant, il faut qu'il essaie de
recréer un besoin pour celui qu'il voulait aller chercher au départ. Donc,
c'est ça, en matière de sélection, oui.
C'est sûr que, présentement, la réalité,
c'est que moi, dans ma ville, c'est dans tous, tous, tous les corps d'emploi
qu'on en a besoin, pas juste des travailleurs qualifiés. C'est vraiment dans
tous les domaines. Ça a vraiment causé des gros problèmes économiques
dernièrement. Mais je comprends le besoin de sélectionner. Mais c'est sûr que
le meilleur... la meilleure sélection, c'est celui dont on a réellement besoin
maintenant et qu'on fait en sorte d'avoir un processus qui nous permet de le
ramener à temps pour répondre à notre besoin.
M. Morin : Je vous remercie.
J'aimerais que vous puissiez m'expliquer ou nous décrire, parce qu'on a... Et
je le disais d'entrée de jeu, on termine les consultations cette semaine. Après
ça, bien, on va devoir s'asseoir avec le gouvernement, les membres de la
commission, pour travailler évidemment le résultat final. Il y a... il y a des
scénarios qui nous sont proposés par le gouvernement, notamment le
scénario 2a, où pour l'ensemble de l'immigration et des permanents, on
viserait 25 500, et travailleurs qualifiés, 15 275 en 2026.
Moi, ce que j'aimerais que vous puissiez
m'expliquer, ça va être : Si c'est le scénario qui est retenu, ça va être
quoi, l'impact dans vos régions? Puis présentement, avec les règles qui
changent continuellement, là, quel est l'impact sur vos entreprises? Est-ce
qu'il y en a qui sont en train de perdre des contrats? Est-ce qu'il y en a qui
vont avoir de la difficulté à survivre? J'aimerais que vous puissiez nous
éclairer là-dessus.
M. Brousseau (Marc-Alexandre) :
Bien, en fait, merci, M. le député, de votre question. Tu sais, je vous répète
que, présentement, devant l'Assemblée nationale, il y a des centaines
d'entrepreneurs qui sont là pour crier leur détresse, parce que, clairement, il
y a des gens qui ont des contrats qui vont être à risque, il y a des pénalités
qu'ils risquent de payer pour ne pas être en mesure de livrer... parce qu'ils
ne sont pas en mesure de livrer leurs contrats. Ils réfléchissent à leur
développement d'entreprise, parce que, comme ils n'ont pas la... la
prévisibilité au niveau de la main-d'œuvre, ils se demandent s'ils doivent
développer des nouveaux produits, s'ils doivent développer des nouveaux marchés
puis soumissionner pour des nouveaux contrats. C'est ce qui se passe
présentement.
Puis on a certaines entreprises qui
étaient vraiment dans des problèmes tellement criants, dans des... dans des
emplois très spécifiques, parce que, tu sais, au Québec, ce n'est pas
nécessairement parce que dans... tu as un créneau d'affaires, un métier qui est
en demande que les étudiants vont étudier dans ce domaine-là. Par exemple,
soudage, montage, on en a... il en sort quelques-uns par année, on en a besoin
de centaines par année. Donc, on ne fournit pas. Ça fait que ça fait en sorte
que des... certaines entreprises, puis on a une entreprise chez nous, une
fonderie d'aluminium qui... Je faisais référence tout à l'heure, qui fabrique
des bornes pour les Bixi, là. C'est tout fabriqué chez nous, c'est peinturé
chez nous, mais c'est 60 % de travailleurs étrangers qui sont là. Ça fait
des années qu'il manquait de monde. Donc, qu'ils ont fini par prendre cette
méthode-là d'aller chercher des travailleurs, principalement aux Philippines.
Ça leur coûte très cher d'aller les chercher. Ils ne font pas ça par plaisir.
Bien là, là, on va commencer à vivre des... parce que c'est des... On parle de
concepts, mais c'est des personnes qui sont derrière ça. Puis là, on va
commencer à vivre des drames humains parce que là on va commencer à renvoyer
des gens chez eux. On a des entrepreneurs qui parlent de délocalisation de...
totale ou partielle, qui parlent de fermer des quarts de travail, puis ça, ça
n'affectera pas juste les travailleurs étrangers temporaires. Ça affecte tout
le monde quand on ferme un quart de travail ou quand on délocalise une
partie
de production ailleurs. Il y en a des usines qui ont déjà des usines ailleurs puis
qui peuvent juste soit tout transférer ou transférer davantage.
M. Morin : Je vous remercie.
Là, présentement, le programme de l'expérience québécoise, le PEQ, a été
suspendu, on ne sait pas si ça va reprendre...
M. Morin : ...je comprends
que ça a été suspendu sans planification, sans avertissement, puis ça, c'est
des gens qui sont ici, au Québec. Alors, pouvez-vous nous décrire quel a été
l'impact de la suspension du PEQ? Puis là il y a un autre programme qui
fonctionne, le PSTQ. Est-ce que ça répond à vos besoins?
Mme Beaudin (Évelyne) : En
fait, le principal impact que j'observe de ces différents changements là en
cours de route, c'est que ça amène de l'insécurité chez les personnes qui...
D'habitude, tu sais, quand tu commences... quand tu commences des démarches,
bien, tu connais les... tu sais, tu connais les délais, tu sais ça va prendre
combien de temps, tu sais c'est quoi, les possibilités. Quand ça change en
cours de route... Moi, j'ai entendu des histoires d'étudiants qui, à une
session de terminer leur bac, devaient aller faire des démarches
administratives puis ils risquaient de ne pas avoir de renouvellement de permis
d'études. Imaginez, vous venez de passer deux ans et demi au Québec à étudier
dans un programme puis là vous vivez une certaine insécurité. L'impact
principal, au-delà de la personne qui vit ça puis que c'est extrêmement
stressant, c'est après ça que le mot se passe. En fait, c'est que la réputation
du Québec, actuellement, dans nos universités et dans nos cégeps, par rapport
aux étudiants étrangers, c'est une réputation... pas qu'on n'est pas gentil,
mais que ce n'est pas certain. Il y a de l'insécurité, il y a de l'incertitude.
Ça fait que je dirais que ça, c'est l'impact principal.
Puis, par rapport à ce que vous disiez
avant, moi, je veux réinsister, on l'observe. En ce moment, là, qui ouvre des
places en garderie, qui fait des efforts supplémentaires pour augmenter la
capacité d'accueil? C'est des nouveaux arrivants. C'est beaucoup des nouvelles
arrivantes ou des nouveaux arrivants qui vont ouvrir habituellement des
services de garde, ou des choses comme ça, puis qui vont accueillir, oui, des
nouveaux arrivants, mais aussi des Québécois et Québécoises qui sont nés ici.
Donc, on a... on a un impact économique qui est... qui est multiple, oui, sur
les entreprises...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
Mme Beaudin (Évelyne) : ...mais
aussi sur notre système d'accueil et d'intégration.
M. Morin : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Je suis la gardienne du temps, je suis
désolée. Mais on continue, on continue avec le député de Laurier-Dorion, trois
minutes 18 secondes.
M. Fontecilla : Merci, Mme la
Présidente. Mme Beaudin, M. Brousseau, merci... Bonjour, M., merci beaucoup
d'être ici. Écoutez, très intéressant pour votre contribution. Et je veux aller
tout de suite à une recommandation qui m'a intéressé plus particulièrement
parmi toutes les autres qui sont très intéressantes, mais la numéro 14, la
question de la prévisibilité. Donc, évidemment, c'est un... le domaine de
l'immigration, c'est un domaine complexe, là, il y a les travailleurs étrangers
temporaires. Et, en bout de ligne, là, il y a... bon, il y a tout le domaine
qui appartient à ce secteur très, très, très particulier, mais, en bout de
ligne, beaucoup de ces gens-là voudraient, ou peut-être pas, mais, en tout cas,
un certain nombre, accéder à la fameuse résidence permanente qui est un autre
aspect. Et ça, ça fait
partie de la prévisibilité aussi, là. Moi, j'aimerais
vous... savoir, là, quel est... Pour vous, est-ce qu'il faudrait donner
davantage une... de perspective, là, d'acquérir une résidence permanente au
Canada pour les travailleurs étrangers temporaires?
M. Brousseau (Marc-Alexandre) : Bien,
la réponse, c'est oui, selon notre point de vue. C'est sûr que... Puis Mme
Beaudin en parlait tout à l'heure. C'est une démarche qu'on souhaite qu'elle
soit prévisible pour les gens qui embarquent là-dedans. Parce que c'est quand
même tout un projet de vie, hein? Il y a des gens qui nous choisissent. Il y a
des gens qui ont tout laissé derrière pour s'en venir chez nous. Donc, de
changer le plan de match en cours de route, c'est sûr que ça devient... ça
devient problématique, là. En fait, c'est des gens pour qui on a besoin, c'est
des gens pour qui on a investi des ressources publiques pour favoriser le
Québec comme destination emploi, comme destination études. Comme on disait tout
à l'heure, c'est sûr que la réputation du Québec, présentement, est affectée,
là. Je cherchais un terme pas trop... pas trop grave, là, mais quand même. La
réputation du Québec est affectée parmi les gens qui pourraient vouloir nous
choisir. Ça fait que ça peut prendre un certain temps par la suite à rétablir
ça parce qu'il y a vraiment des gens qui voulaient venir chez nous et puis que,
là, avec l'incertitude qui se pointe, qui pourraient décider de ne pas venir
alors que c'est des talents, c'est des... c'est des compétences qu'on recherche
et qu'on ne retrouve pas présentement sur le territoire.
M. Fontecilla : Est-ce que
vous rencontrez des gens, des travailleurs étrangers temporaires qui... le fait
d'avoir à renouveler constamment leur permis de travail, leur permis de séjour,
là, éventuellement quitter le pays pour revenir, etc., toute une mécanique
compliquée, là, pourrait compromettre le fait qu'ils restent au Québec?
Mme Beaudin (Évelyne) : Bien,
je ne pourrais pas dire pour les étudiants étrangers, mais... pour les travailleurs
étrangers, mais, pour les étudiants étrangers, il faut savoir qu'on est en
concurrence avec le reste du monde. Tu sais, les gens... Moi, je l'ai fait,
j'ai étudié au Mexique pendant une session, mais je me rappelle que je
regardais où est-ce qu'il y a le plus de chances que j'ai une reconnaissance de
mes acquis, où est-ce qu'il y a, genre, l'expérience la plus agréable. Tu sais,
on regarde tout ça...
Mme Beaudin (Évelyne) : ...on
est en concurrence avec le reste du monde. Ça fait que je ne sais pas à quel
point le monde qui sont ici puis qui sont engagés jusque là vont décider de
partir, mais c'est surtout qu'on devient moins compétitif sur la scène
internationale, je pense.
M. Brousseau (Marc-Alexandre) : Puis,
si je peux me permettre, il y en a qui, effectivement, qui vont quitter. Puis,
dans certains cas aussi, c'est que leur permis peut être renouvelé, mais pas
celui de leur famille. Donc, si la famille quitte, nécessairement, ils vont
quitter aussi.
M. Fontecilla : Merci.
• (10 h 30) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, dernière ronde d'échanges avec le
député d'Arthabaska pour 3 min 18 s.
M. Boissonneault : Merci, Mme
la Présidente. Merci pour votre présentation. Vous comprenez qu'à l'heure
actuelle ce sont surtout les interventions du gouvernement fédéral qui fait
qu'on parle des travailleurs étrangers temporaires. Est-ce que vous avez des
contacts avec le gouvernement fédéral, vous?
Mme Beaudin (Évelyne) : ...puis,
bien, c'est sûr que quand on se compare avec l'Ontario, on se dit comme :
Crime, ils sont chanceux, eux, les municipalités peuvent dealer directement
avec le fédéral puis... Mais, tu sais, on comprend qu'on est au Québec. Nous,
ce qu'on... ce qu'on demande surtout, c'est de travailler de façon plus étroite
avec vous pour que vous portiez nos préoccupations auprès du gouvernement
fédéral. Je pense que, tu sais, évidemment, ce serait le fun si on pouvait
dealer directement avec eux, mais on comprend qu'au Québec on a notre...
notre... nos particularités, ça fait que ce qu'on demande, c'est juste que vous
soyez nos porte-voix.
M. Boissonneault : Je pense
que, hélas, le ministre peut en témoigner, le gouvernement fédéral n'est pas
toujours ouvert à nos demandes en matière d'immigration.
Mme Beaudin (Évelyne) : On
peut vous aider.
M. Boissonneault : Autre
secteur où le gouvernement fédéral intervient : demandeur d'asile. Est ce
que vous avez senti un mouvement, vous, vers les régions puis est-ce que ça a
pu profiter aux entreprises?
M. Brousseau (Marc-Alexandre) : Je
vais répondre en premier. Ma réponse va être plus courte. La réponse, c'est non
pour chez nous. Très, très, très peu, c'est vraiment marginal de ce côté-là
chez nous, c'est vraiment... Nous sommes allés chercher les travailleurs dont
nous avions besoin, qui sont des travailleurs étrangers temporaires. On n'avait
pas un gros historique d'immigration chez nous, mais, dans les quelques
dernières années, il en est arrivé à peu près 2 000. Dans une région comme
la mienne qui n'est pas très populeuse, ça a un impact bénéfique pour toute...
tout notre activité économique. Mais au niveau des réfugiés demandeurs d'asile,
non. Je ne sais pas du côté de Sherbrooke.
Mme Beaudin (Évelyne) : Ça ne
nous a pas marqués particulièrement. Je vous dirais que ce qui nous a marqués
davantage, c'est les Montréalais qui descendaient à Sherbrooke, qui ont fait
augmenter le prix des maisons. Nous, c'est comme ça qu'on... tu sais, c'est...
on a vu beaucoup plus un impact des Montréalais qui venaient à Sherbrooke que
des... On ne sent pas du tout envahi actuellement, ça fait que, tu sais, nous,
notre... L'enjeu de la capacité d'accueil dans les régions, on ne le sent pas.
Comme le dit Marc-Alexandre, les gens parlent français, se trouvent des
emplois, s'intègrent bien. Puis c'est sûr que quand on vient à Montréal, on vit
un peu un choc, là, tu sais, on le voit que c'est plus difficile. Puis on
comprend que vous voulez agir dans ce sens-là. Ce qu'on vous demande juste, c'est
de faire attention parce qu'un geste qui peut être bénéfique pour Montréal peut
être dommageable pour d'autres régions.
M. Brousseau (Marc-Alexandre) : Mais
le principal moteur d'intégration, c'est l'emploi. Mais quand ils arrivent chez
nous, ils travaillent.
M. Boissonneault : ...aussi,
c'est que si la majorité des employés sur le plancher sont philippins, je donne
un exemple, puis se parlent en anglais, il n'y a plus d'intégration. Puis ça,
on le voit à Montréal, entre autres. Je suis sûr que ça vous est arrivé aussi,
vous arrivez dans Tim Hortons, puis les employés derrière, ils se parlent en
anglais, là, il n'y a pas d'intégration.
Mme Beaudin (Évelyne) : Peut-être
à Montréal, mais moi, ça, je n'ai jamais vécu ça à Sherbrooke.
M. Boissonneault : Ça, vous
ne sentez pas ça en région?
Mme Beaudin (Évelyne) : Non,
je n'ai pas senti ça.
M. Boissonneault : L'idée
d'un permis de travail ouvert, sectoriel et régional, est-ce que vous avez
pensé à cette possibilité-là? En ce moment, il y a des permis fermés pour les
entreprises avec les travailleurs étrangers temporaires. Est-ce que d'ouvrir
les permis pour certains secteurs puis pour certaines régions, ça pourrait être
une piste de solution?
M. Brousseau (Marc-Alexandre) : La
façon précise comme vous le mentionnez, je ne peux pas dire qu'on est allés
jusque là dans notre réflexion, mais ça rejoint quand même un de nos axes
principaux qui est de dire : I faut le voir de façon régionalisée, de voir
les disparités régionales qu'il peut y avoir au Québec, puis d'agir en fonction
de ça. Donc, à première vue, il semble y avoir une certaine logique pour aller
dans le sens que nous, on souhaite, mais on n'est pas allés en profondeur par
rapport à l'élément que vous mentionnez.
M. Boissonneault : ...quelques
secondes, je pense qu'on n'a pas le temps.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Six secondes.
M. Boissonneault : Merci
beaucoup. Ça ne vaut pas la peine.
M. Brousseau (Marc-Alexandre) :
Ça termine bien.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, Mme la mairesse, M. le Maire, M. le conseiller,
merci beaucoup pour votre contribution à nos travaux.
Et je vais suspendre quelques instants, le
temps de recevoir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 10 h 34)
Haut de la page
10 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 10 h 36)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Donc, comme deuxième rencontre aujourd'hui, nous en sommes à la Fédération
québécoise des municipalités, représentée par M. Jacques Demers, président, maire
de Sainte-Catherine-de-Hatley et préfet de la MRC de Memphrémagog, bienvenue,
ainsi que Mme Ginette Paquet, mairesse de Longue-Pointe-de-Mingan... Mingan, merci...
bienvenue, ainsi que M. Pierre Châteauvert, directeur des politiques. Alors, madame,
messieurs, bienvenue à la commission. Vous êtes des habitués, vous savez que
vous avez 10 minutes pour présenter l'essentiel de votre mémoire, de vos
recommandations, puis, par la suite, on va en discuter avec les parlementaires.
Alors, les 10 prochaines minutes sont les vôtres.
M. Demers (Jacques) : Merci beaucoup. Merci, Mme la Présidente. M. le ministre,
commissaire, mesdames, messieurs, merci de nous accueillir, merci de pouvoir s'exprimer
dans des dossiers aussi importants pour nos régions. Je suis Jacques Demers, on
l'a déjà dit, maire de Sainte-Catherine, préfet de la MRC de Memphrémagog et
président de la Fédération québécoise des municipalités, local et régional. J'ai
la chance d'être accompagné par Mme Ginette Paquet, qu'on a déjà présentée,
mairesse de Longue-Pointe-de-Mingan, dans la MRC, évidemment, de Minganie, Côte-Nord,
pour les gens, une chance de pouvoir l'avoir, personne que j'ai eu la chance de
rencontrer dans une tournée du président. J'ai dit : Ouf! la fois qu'on
passe en commission parlementaire, si vous pouvez faire le... mon bonheur d'être
présente. On l'a avec moi aujourd'hui, c'est extraordinaire. Et Pierre Châteauvert,
évidemment, au niveau de la fédération. Merci, Pierre, d'être là.
La Fédération québécoise des municipalités
regroupe 1 060 municipalités et MRC. Ça fait qu'à ce
titre pour la FQM, on
représente les régions. Ce matin, nous étions, justement, dehors en train de
faire une discussion avec un groupe, très intéressant, parce qu'autant des
entrepreneurs que des travailleurs, que des élus, c'est ce qu'on retrouvait
devant le parlement pour venir exprimer ce qui se passe sur le terrain. Parmi
les choses qui se sont dites que je trouvais qu'il faut vous rapporter, c'est de
dire : Pourquoi qu'on est en train de briser quelque chose qui fonctionne?
C'est rare qu'on vienne en commission parlementaire, puis ne pas être à la
demande, puis vouloir des choses. Là, on est plutôt à vous dire : Il y a
plein de régions, là, que ça fonctionne, des entreprises qui fonctionnent bien
avec ça, puis c'est à ce moment-là qu'on dit qu'on l'enlève parce que d'une
façon globale, il y a des endroits que ça semble aller moins bien. Mais ce qu'on
veut vous exprimer, c'est ce qui se passe dans plusieurs de nos régions, puis c'est
de ce côté là qu'on voudrait avoir une écoute.
Je vais te laisser, Pierre, continuer de
ce côté-là.
M. Châteauvert (Pierre) : Merci, M. Demers. Donc, on demande au gouvernement de
lever l'épée de Damoclès que constituent les restrictions imposées pour ces
travailleurs, parce qu'il s'agit d'une menace directe à l'économie de nos
régions. Donc, nous demandons au ministre de prendre son bâton de pèlerin pour
convaincre Ottawa de revoir sa position.
Vous avez, mesdames et messieurs, notre
mémoire entre vos mains depuis début septembre. Son
titre est clair, L'urgence
de changements majeurs en matière d'immigration et de logement . Pour nous,
accueillir un immigrant est un gain pour l'avenir de nos communautés et pour
occuper notre territoire. Pour nos membres, un immigrant n'est pas qu'un
travailleur, il est surtout un citoyen qui, avec sa famille, contribue à la vie
de sa communauté d'accueil. Aussi, il est primordial de ne pas abaisser les
seuils pour les territoires hors de la communauté métropolitaine et de revoir
les programmes gouvernementaux afin d'améliorer l'accueil, l'intégration et la
francisation des immigrants dans les régions. D'ailleurs, à ce sujet, la FQM
propose l'approche adoptée par la ministre...
M. Châteauvert
(Pierre) : ...le ministère de
l'Économie... de l'Innovation et de l'Énergie avec la création du Réseau accès
PME, appelé Accès entreprise Québec à l'époque, vous vous en souviendrez, Mme
la Présidente, une association avec les MRC, saluée par tous comme un moyen
efficace d'adapter l'accompagnement des entreprises aux réalités de chaque
milieu. Il est donc possible de travailler en collaboration, et c'est ce que
nous demandons.
• (10 h 40) •
Pourquoi parlons-nous d'urgence? C'est que
notre avenir est précaire. Déjà, lorsqu'on était plus jeunes, on parlait de
renversement de la pyramide des âges, de l'importance d'augmenter le taux de
fécondité pour le Québec puis... et... pour que le Québec puisse continuer de
se développer, de payer ses services et d'occuper sa place tant au niveau
culturel que dans l'échiquier politique. Or, force est de constater que les
avertissements sont demeurés lettre morte et que nous sommes à l'aube de
problèmes importants. Dans les régions, c'est pire encore.
L'été dernier, l'Institut de la
statistique du Québec a publié ses dernières perspectives démographiques pour
le Québec. Le constat est clair : si notre population actuelle est de...
qui est actuellement 9 058 000 habitants, le scénario prévisible pour
2051 est maintenant de seulement 9 196 000 habitants, c'est-à-dire
une augmentation insuffisante de 1,4 % par rapport à aujourd'hui. Mais
surtout il est important à souligner que cette prévision s'établissait à
9 931 000 l'an dernier, en baisse de 7 %. L'ISQ attribue la
révision à la baisse de la prévision au fait que 2027 marquera l'année où les
décès seront plus nombreux que les naissances et à la baisse annoncée par les
gouvernements... par le gouvernement des niveaux d'immigration.
En région, la situation s'annonce encore
pire. Si on parlait hier d'une seule région où les perspectives démographiques
étaient négatives, ce sont maintenant cinq régions qui verront leur population
décroître si rien n'est fait. De plus, aucun doute que les parties rurales des
régions en croissance présentent un portrait semblable.
Pour nous, le défi est évident. Si on veut
un Québec prospère, si on veut des régions qui se développent, on doit cesser
de parler surtout des problèmes liés à l'immigration. On doit affirmer que
l'immigration peut se faire... peut faire
partie de la solution. On doit cesser
de dire qu'il n'y a pas assez de logements pour loger tout le monde, on le
sait. En fait, on doit faire comme nos parents lors du baby-boom et construire.
On doit regarder les choses en face, se relever les manches et s'attaquer aux
défis liés à l'intégration et la francisation des immigrants. Notre mémoire
propose le contraire du défaitisme, et c'est ce à quoi nous invitons le
gouvernement et l'ensemble des partis politiques représentés à l'Assemblée
nationale.
Donc, je passe la parole à Mme Paquet, qui
pourra faire un témoignage de sa réalité par rapport à cette problématique. Mme
Paquet.
Mme Paquet (Ginette)
Merci beaucoup, M. Châteauvert. Messieurs dames, bonjour. M. Roberge, bonjour.
Merci beaucoup de m'accueillir.
Je ne peux pas commencer avant de... Je ne
peux pas commencer sans souligner qu'en 1956 ma mère était assise ici pour
rencontrer M. Maurice Duplessis, qui était premier ministre à l'époque, et avec
d'autres femmes de ma petite région de la Minganie, elle était venue rencontrer
M. Duplessis pour lui dire : Vous nous oubliez, là, sur la Côte-Nord.
Alors, elles avaient demandé plus d'infirmières, des routes, un système
téléphonique, et M. Duplessis avait été charmé par leur fougue, et finalement
elles avaient eu tout ce qu'elle avait demandé. Alors, vraiment, une pensée
spéciale pour ma mère aujourd'hui.
Je me présente donc, Ginette Paquet. Je
suis la mairesse d'un tout petit village qui s'appelle Longue-Pointe-de-Mingan.
Et, quand j'étais petite, nous étions au-delà de 700 personnes dans mon
village. Aujourd'hui, maintenant que je suis grande, nous sommes 403 personnes.
Sur ces 403 personnes, plus de 25 % de la population a plus de 70 ans. La
population est vraiment vieillissante, comme dans beaucoup de régions du
Québec. Et puis ça ne s'en va pas en s'améliorant.
Pour vous donner un exemple, les jeunes de
mon village ont quitté, ont quitté beaucoup pour aller travailler à temps plein
dans des plus grands centres, qui ne sont pas en Minganie. Et, à l'école de mon
village, il y a 50 enfants, mais ces 50 enfants viennent de six villages, parce
que, dans les villages à l'ouest de chez moi, les écoles sont fermées, les
quatre villages à l'école... à l'ouest de mon village, les écoles sont fermées,
il n'y a pas de garderie. Donc, dans mon petit village, il y a 50 enfants,
puis, pour un enfant qui naît, il y a plusieurs aînés qui disparaissent. Donc,
c'est très inquiétant. Et moi, je vois ça de façon très réaliste, et on se pose
des questions par rapport à l'avenir.
À travers tout ça, il y a une lueur
d'espoir, c'est que l'employeur principal de mon village, c'est une usine de
transformation des fruits de mer. Elle emploie 100 personnes...
Mme Paquet (Ginette)
...sur les 100 personnes, il y a 10 personnes de mon village. Les
90 autres, ce sont des Mexicains qui arrivent au mois d'avril et qui
repartent en septembre. Vous enlevez les Mexicains, il n'y a plus d'usine de
transformation du poisson et c'est l'effondrement de tout le système financier
dans mon village. Donc c'est hyper important, la présence de ces gens-là.
Permettez-moi, s'il vous plaît, de prendre une petite gorgée d'eau.
Une voix : ...
Mme Paquet (Ginette)
Merci. Dans une vie antérieure, j'étais professeur de français. Donc, on m'a
demandé de donner des cours de francisation à ces gens-là qui veulent tellement
apprendre le français. Ils ne parlent pas anglais, entre eux autres, ils
parlent leur langue maternelle. Donc, j'ai commencé à leur donner des cours de
français, et c'est vite... Ça a vite outrepassé la dimension pédagogique pour
devenir une relation d'écoute et d'entraide. Et c'est là que j'ai appris, c'est
là que j'ai appris à les connaître davantage pour me rendre compte que beaucoup
d'entre eux ont quitté famille et enfants pour venir leur offrir une vie plus
belle pour le futur. Il y avait dans ce groupe-là des érudits, une hygiéniste
dentaire, une pâtissière, un cuisinier, une agronome. Mais ils ont tout quitté
pour venir travailler chez nous. Et j'ai été surprise d'apprendre qu'ils
étaient de retour au village pour une deuxième année, une troisième, une
quatrième année consécutive. Et ils veulent revenir. Ils aiment la tranquillité
et la sécurité qu'ils retrouvent chez nous. Et ce qu'ils m'ont dit au cours des
jours qui ont passé, c'est que plus que tout, beaucoup d'entre eux souhaitent
venir s'installer chez nous parce que, justement, c'est tranquille, c'est
sécuritaire, c'est paisible. Et après qu'ils soient partis en septembre, j'ai
reçu des messages de certains d'entre eux qui me disaient : S'il vous
plaît, Mme la mairesse, travaillez sur un projet pour que je puisse venir
m'établir chez moi un jour avec mes enfants. Et pour nous, c'est très rassurant
parce que c'est la lueur d'espoir. Pour un village qui s'en va toujours en
s'affaiblissant, c'est la lueur d'espoir d'accueillir ces Mexicains-là de façon
plus permanente. Alors, quand on me pose la question...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je dois vous arrêter.
Mme Paquet (Ginette)
Ah! ça va.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mais ce n'est pas grave, on va certainement vous entendre
encore parce qu'on entame la période de discussion. Alors, je me tourne du côté
du ministre. Vous avez 16 min 30 s.
M. Roberge : J'ai des
questions à vous poser, mais j'aimerais ça que vous complétiez votre
intervention avant, là, Je ne veux pas vous couper votre élan.
Mme Paquet (Ginette)
Alors, qu'est-ce que je disais?
M. Roberge : Vous disiez
qu'il y a des gens qui veulent s'installer de manière durable.
Mme Paquet (Ginette)
Exactement.
M. Roberge : Je vous
laisse terminer. Après ça, je...
Mme Paquet (Ginette)
Exactement. Puis c'est vrai que j'ai reçu des messages de façon personnelle en
me disant : S'il vous plaît, faites quelque chose pour que je puisse venir
m'établir chez vous avec mes enfants et avoir cette vie paisible. Et moi, en
tant que mairesse, je veux dire, je voudrais parce que c'est pour la suite des
choses, mais je n'ai pas les moyens parce que, justement, présentement, les
politiques en place ne le permettent pas. Ce sont des permis fermés. Et on
voudrait qu'il y ait des permis ouverts. Plus que tout, on aimerait que ces
gens-là s'installent chez nous parce que, moi, je pense à l'école primaire où
il y a 50 enfants pour six villages puis je me dis, on marche toujours sur
un fil ténu, très fragile. Et c'est pour ça qu'on voudrait tellement accueillir
ces gens-là chez nous. Mais on a besoin de moyens de la part du gouvernement,
on a besoin de l'aide du gouvernement.
M. Roberge : Merci. Je
pense que ça valait la peine de vous laisser compléter votre intervention.
Merci pour votre présentation, tous les trois. Salutations aux pionnières qui
sont passées avant vous, à ces femmes là. Salutations à sa mémoire. Je pense
qu'elle serait extrêmement fière de vous entendre aujourd'hui. Maintenant.
Maintenant, j'aime beaucoup ce que j'entends, parce qu'on parle de chiffres
nationaux. On fait une planification pluriannuelle en capitale nationale, puis
on a l'impression, des fois, que nous n'avons qu'une vue nationale sans
considérer les réels. Il n'y a pas la réalité du Québec, je veux dire, les
réalités du Québec. C'est une perception qu'on doit combattre, puis ça doit se combattre
par des politiques qui démontrent le sérieux d'avoir une vision régionale. Mais
il faut voir qu'autour de la table, puis les députés des différentes formations
politiques ne sont pas tous des députés...
M. Roberge : ...de la Capitale-Nationale
ou du Grand Montréal. Je vous rassure. Seulement dans notre caucus, on a des
gens de partout. Mais autour de la table ici, là, on a des gens d'un peu
partout puis ils font entendre votre voix très clairement, très clairement.
Une voix : ...
• (10 h 50) •
M. Roberge : Oui. Absolument.
Même si je voulais l'ignorer, ce qui n'est pas le cas. J'ai... J'ai quelques
commentaires ou questions... des questions ensuite. On m'a dit, au moment du
baby-boom, on ne s'est pas demandé si on allait avoir assez de maisons ou
assez... d'écoles pour cette jeunesse qui arrivait en très grand nombre. On les
a construites. Fort bien. Une chance. Il fallait... Il fallait loger tout ce
beau monde là, scolariser. On a même créé les cégeps, créé le réseau des
universités UQ pour être sûrs que tout le monde aille ses aspirations. Mais il
faut voir que le... le baby-boom, je veux dire, ça a duré 10, 15 ans.
Puis, entre la naissance du... du jeune puis son arrivée au primaire, il y
avait minimum six ans, son arrivée au secondaire, il y avait minimum
12 ans, son arrivée au cégep, il y avait 17 ans. Là, ce qu'on vit,
c'est une hausse fulgurante de presque 300 000 personnes en trois ans.
C'est... C'est là où c'est difficile pour des questions de logement. Et ce n'est
pas vrai partout, là. Vous allez me dire : oui, mais dans tel village,
j'ai des logements, là, c'est libre, là, on chauffe, l'hiver, vide pour ne pas
que la moisissure embarque, mais on voudrait un locataire. 100 % d'accord.
100 % d'accord. C'est la... C'est la réalité. On ne la niera pas. Mais il
y a quand même une nuance entre un baby-boom qui... qui dure 15 ans, qui
permet de voir une prévisibilité, puis un accroissement soudain de plusieurs
centaines de milliers de personnes géolocalisées beaucoup dans les grands
centres, malheureusement, qui... qui fait que c'est extrêmement difficile.
Donc, il faut recevoir ces centaines de
milliers de personnes là, être capables de... de les scolariser. En ce moment,
on construit des modulaires dans des cours d'école. Pas partout. Dans d'autres
écoles, il y a des écoles de village à moitié vides. Mais il y a des endroits,
beaucoup d'endroits dans les grands centres, on n'a pas les locaux. On met des
modulaires, on empiète sur la cour d'école, puis une fois qu'on a le modulaire,
on n'a pas de prof pour mettre devant cette classe-là. C'est difficile.
Maintenant, ce que je comprends, ce que
vous nous dites, puis vous me corrigerez, l'objectif, ce ne serait pas tant de
réduire fortement l'arrivée, mais ce serait de mieux sélectionner les personnes
qui arrivent puis de s'assurer qu'elles répondent à des besoins de main-d'œuvre
et qu'elles s'installent en région pour avoir... moi, je ne dis pas des
Mexicains, des Haïtiens ou des... des Maghrébins, je dis des nouveaux
Québécois, des nouveaux Québécois, peu importe d'où ils arrivent, qui
s'installent et qui restent chez nous puis qui gardent nos entreprises ouvertes
puis nos villages ouverts puis nos écoles ouvertes. On ne peut pas être plus
d'accord que ça. Mais là, je vois que vous voulez intervenir, allez-y donc.
M. Châteauvert
(Pierre) : ...au logement. Là-dedans,
on... on fait appel à un chantier majeur de... en matière de logement. On le
demande. ..à nous... depuis ces dernières années, ce que les régions ont obtenu,
c'est une coupure de RenoRégion par rapport au logement. Mais je veux vous dire
quelque chose qui... qui faciliterait très rapidement la... la construction de
logements. On a une... une... Il y en a plusieurs, des exemples comme ça. Comme
la MRC des Laurentides veut mettre en place une fiducie pour permettre aux
employeurs, parce que là-bas, dans la MRC des Laurentides, vous savez, c'est
Mont-Tremblant, il n'y a plus personne qui est capable de se loger à un prix
raisonnable, et pour faire fonctionner l'ensemble du système économique de la
MRC des Laurentides, ça prend des travailleurs, qui n'ont pas les revenus pour
justement se payer ces logements-là. Il y a des projets, genre, on va construit
des logements, les entrepreneurs, et tout ça, puis ils vont louer ça pour les
travailleurs. Or, les... les normes des programmes gouvernementaux interdisent
ça, ce genre de projets là. On lève ça. Il se crée, Charlevoix-Est, un peu
partout, plein de projets de ce genre-là et qui... ça se construit assez rapidement.
Mais quand on dit d'avoir le courage de regarder les choses autrement, là,
c'est ça, c'est ça qu'on dit.
Par rapport au système, le ministère de
l'Immigration a fait... après 2015, là, ils se sont retrouvés, il n'y avait
plus personne en région. Puis ils ont fait une job vraiment extraordinaire.
Mais là, on se retrouve à des problèmes bureaucratiques qui... qui...
complexes. Puis on les décrit, on a fait des enquêtes, et tout ça. Il faut
revoir les façons de faire pour accélérer le processus. Parce qu'en région,
puis le message est assez clair, si on n'a pas des... de nouveaux arrivants, en
fait, les... des... ça va être une question d'occupation de territoire. Puis
c'est une question globale pour le Québec. La meilleure façon de les franciser,
c'est de les envoyer en région, puis que là, on ait ces... accès à ces gens-là.
Mais là, actuellement, autant au niveau de la gestion même des programmes, les
problématiques de programmes, on les décrit, qu'au niveau de la question du
logement, bien, ça prend... comme on a l'exemple, on se relève les manches et
on y va...
M. Demers
(Jacques) : C'est pour ça que quand on...
quand on parle de ramener ça au niveau régional, c'est pour travailler
ensemble. Ce n'est pas juste de lancer la balle puis dire «on a un problème»,
on veut le travailler ensemble, on veut le régler ensemble, puis on veut
écouter les régions qui vont arriver avec des solutions. Tu sais, ce n'est pas
un gros village, là, ce que Ginette, elle nous explique, là, c'est...
Mme Paquet (Ginette)
...ce que je disais ce matin à ces messieurs, c'est qu'à mon village,
justement, les 90 Mexicains qui arrivent, il faut les loger. Et le
propriétaire de la poissonnerie a eu la très bonne idée de demander des
roulottes du chantier de la Romaine, le chantier de la Romaine, Hydro-Québec.
Donc, ils ont rapatrié ça aux villages chez nous, ils les ont retapés,
renouvelés. C'est très beau, très propre. Chaque Mexicain a sa chambre. Il y a
une cuisine communautaire, salon communautaire. Tout le monde est heureux.
C'est propre. Tout le monde est logé.
M. Roberge : ...typique de la
créativité des entrepreneurs de chez nous.
Mme Paquet (Ginette) : Oui,
oui, ça marche.
M. Roberge : Absolument.
Écoutez, je voudrais continuer, mais j'ai des collègues qui veulent penser.
Peut-être, je reviendrai avec d'autres questions, mais j'ai des collègues qui
vont poursuivre les échanges. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, M. le ministre. Je pense reconnaître la députée de
Vimont, 8 min 2 s.
Mme Schmaltz : Merci, Mme la
Présidente. Merci, M. le ministre, de votre... du temps que vous m'offrez.
Tellement intéressant, Mme Ginette, de vous écouter. Moi, j'étais sorti de la
commission, j'étais rendu dans votre village, j'imaginais tout ça. C'était les
400, les 80, les roulottes, là, j'étais... je n'étais plus là. Mais, par
contre, il y a quelque chose. Je me questionne sur... au niveau de la
francisation de vos... des Mexicains, 90 personnes, c'est quand même beaucoup.
Et puis l'entreprise, donc le... la poissonnerie, c'est ça, hein, qui les
emploie, est ce qu'elle a mis en marche... Est-ce qu'elle a mis quelque chose
pour justement les franciser?
Mme Paquet (Ginette) : Mais
ce qui est très intéressant, c'est que c'est à la demande, justement, de cette
usine de transformation des fruits de mer que les... que les cours de
francisation sont offerts. Il y a une quarantaine d'heures allouées à ces
employés là quand ils arrivent au Québec, parce qu'il ne faut pas oublier que
c'est hyper important que ces travailleurs soient sensibilisés à toute la
sécurité que l'on retrouve dans l'usine de transformation. Donc, il y a toute
une terminologie qui est préparée par l'École des pêches de Gaspésie. C'est...
c'est à partir de ce module là que l'on offre des cours de francisation. Puis
aussi, on leur apprend à se débrouiller dans le village quand ils ont besoin de
quoi que ce soit. Mais c'est très lié au travail et c'est mis en marche par
l'employeur. Et ça marche. Ils sont très intéressés, les employés, à apprendre
le français.
Mme Schmaltz : Est ce que vous
vous constatez justement cette... cette amélioration, cette facilité à
s'exprimer? J'imagine quand c'est plus petit, quand c'est dans un village
aussi, il y a une espèce de proximité un peu différente, peut-être, des grands
centres urbains.
Mme Paquet (Ginette) : Oui.
Tout à fait, parce que je me rappelle qu'au début, alors que je ne les
connaissais pas, ces employés-là, je les rencontrais à l'épicerie, à la épicerie
du village, puis je disais «hola!» parce que je voulais être accueillante, mais
je me suis rendue compte que ceux qui étaient de retour pour la deuxième,
troisième, bien, ils commencent à défricher la langue française et donc ils
s'efforcent de parler le français. Ils le veulent, ils le savent qu'ils ont
tout avantage.
Et je veux vous dire aussi, madame, qu'il
y avait 90 Mexicains, mais ils n'étaient pas tous dans la même classe. On
sépare les groupes débutants, moyens, plus avancés puis on est deux professeurs
par classe. Alors, moi, j'avais avec un collègue, nous avions 25 étudiants
dans ma classe. Ça se passait très bien.
Mme Schmaltz : OK. Juste avant
de recéder la parole au ministre, si je comprends, c'est vous qui enseignez
donc le français dans ces classes-là, dans ces deux... Vous avez plusieurs
chapeaux, en fait.
Mme Paquet (Ginette) : Oui;.
J'ai été enseignante de français avant, alors je suis très, très heureuse de
vivre l'expérience, et ça me rapproche des gens, et ça m'aide à connaître cette
réalité en tant que mairesse.
Mme Schmaltz : Est-ce que vous
utilisez toutes les fonctions de Francisation Québec dans le sens qu'on peut se
franciser comme vous le faites en présentiel, mais il y a aussi une façon de se
franciser par... sur des réseaux... pas sur des réseaux, pardon, mais de façon
virtuelle aussi, ou est-ce qu'ils ont accès aussi? Donc, finalement, est-ce que
vous constatez une facilité d'apprentissage? Est-ce que, selon vous, ça va
rapidement?
Mme Paquet (Ginette) : Ça va
rapidement parce que, justement, du fait qu'ils soient intéressés, ils prennent
tout ce qu'on leur offre comme plateforme d'apprentissage plus rapide, des
vidéos YouTube, des... beaucoup de plateformes sur lesquelles ils peuvent
aller. Puis ça paraît. Ils ont le petit Bescherelle avec eux...
Mme Paquet (Ginette) : ...puis
le dictionnaire puis ils sont hypermotivés.
Mme Schmaltz : ...prof de
français, là, vous... hein, j'imagine que...
Mme Paquet (Ginette) : J'aurais
voulu que ce soit comme ça quand j'ai enseigné au secondaire.
Mme Schmaltz : C'est ça que
je me dis. Je vais laisser la parole... des collègues...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Le petit Bescherelle.
Mme Paquet (Ginette) : Le
petit Bescherelle.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui. Alors, on va poursuivre avec la députée... voyons,
d'Anjou-Louis-Riel, trois minutes 58.
• (11 heures) •
Mme Boivin Roy : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Habituellement, les députés disent que leur
région, c'est la plus belle région du Québec, hein? Mais je dois dire que
Mingan, c'est dans mon top trois des plus belles régions du Québec. Très, très
beau chez vous.
Une voix : ...
Mme Boivin Roy : Oui, il y a
très, très longtemps. Ma question s'adresse à vous trois. Merci pour votre
présentation. Vous proposez à la page 12 de votre document que des mesures
soient prises afin de faciliter l'établissement permanent dans les régions des
étudiants étrangers. Quelles sont les caractéristiques des personnes qui
décident de rester en région après leurs études? Ce serait une première
question. Puis, une deuxième question, est-ce que vous pouvez préciser quelles
régions nécessitent davantage l'établissement permanent de ces étudiants
étrangers puis quels sont... pour lesquelles raisons, finalement?
M. Châteauvert
(Pierre) : Ça, c'est une problématique.
C'est majeur, le rôle... Un cégep dans une région, c'est un atout majeur. Et
plusieurs des cégeps, actuellement, leur positionnement, on pense dans le
Bas-Saint-Laurent, on pense à Saint-Félicien, on pense à bien des endroits,
leur situation est précaire étant donné la baisse des étudiants étrangers. Et,
lorsqu'il y a des... Notamment, à Rimouski par exemple, il y a plein de gens
qui viennent de l'étranger, et qui s'installent là, et qui viennent suivre des
cours, et développent un intérêt pour demeurer au Québec, demeurer dans la
région et au Québec. Mais ce qu'on a besoin, et on reprend la revendication de
l'ensemble du milieu de ces gens-là qui travaillent de façon étroite avec
nous : de tout faire pour que ces gens-là demeurent. Parce qu'à partir du
moment où ce que tu viens, tu vis dans un endroit, tu tombes en amour avec
un... tu tombes en amour tout court, ou tu veux t'installer, bien, tu deviens
un citoyen encore plus facilement puis encore... encore plus efficace et encore
plus productif pour ta communauté et la contribution. Il n'y a pas... On n'a
pas nécessairement de faire de liste quel endroit, quel endroit, mais on...
mais, en discutant avec l'ensemble de ces gens-là et notre monde qui discute
avec les institutions d'enseignement supérieur de leur coin, en agriculture, La
Pocatière, c'est fondamental. Tu sais, on leur parle. Tous ces gens-là, ils...
eux autres, ils tiennent à ça parce qu'ils voient le potentiel de développement
puis le... Et tantôt j'entendais qu'on était en compétition avec... au niveau
international, effectivement, au niveau des universités, mais les... l'ensemble
des institutions d'enseignement supérieur, c'est le cas aussi. Puis on a de la
qualité à offrir. Puis c'est une piste intéressante pour faciliter
l'établissement en région, c'est ça.
Mme Boivin Roy : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il y a... Vous parlez de l'agriculture, mais est-ce qu'il y
a d'autres études qui... ou des types d'établissements qui vont favoriser
davantage que des gens puissent rester... permanents?
M. Châteauvert
(Pierre) : La forêt, tout ce qui était la
gestion du territoire, l'ensemble des... l'ensemble des formations spécialisées
qui sont offertes dans le réseau des cégeps dans les régions, Saint-Félicien...
Je ne me souviens pas de laquelle, j'essaie de retrouver, mais il y en a... il
y en a de tous les métiers, là, ils sont dans les réseaux des cégeps. Puis, en
région, il y a des problématiques... Dans la gestion municipale, en aménagement
du territoire, technicien en aménagement du territoire, il y a des endroits où
est-ce que, là, actuellement, il n'y a plus personne. Bien, il ne faut pas
perdre cette expertise-là. Alors que les techniques liées à l'aménagement du
territoire, c'est quelque chose de fondamental puis c'est... ils ne sont pas
là. Et, en passant, il y a... dans des MRC qui s'occupent d'un schéma
d'aménagement, on a plus de.... de plus en plus de nouveaux arrivants qui
amènent un éclairage totalement différent. C'est vraiment très intéressant ce
qui se passe. C'est vraiment, vraiment très... Nous autres, en tout cas, on
aime beaucoup ça.
Mme Boivin Roy : ...Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 30 secondes.
Mme Boivin Roy : 30 secondes.
À la page six de votre mémoire, vous parlez d'établir une cible de 70 %
des personnes immigrantes admises au Québec, établies hors les régions
administratives. Comment vous proposez d'atteindre cette cible?
M. Châteauvert
(Pierre) : Bien, notamment, il y a le...
attendez, si vous permettez... c'est la... de changer au niveau du pointage,
là, de... Notre mémoire, il est assez grand, c'est... il y a plein d'éléments.
Puis, si vous me permettez, il y a une grille de pointage quand t'as des gens,
là... Bien, on a fait une proposition très concrète par rapport que, quand on
fait une demande à quelqu'un à l'extérieur, il y a... par rapport à un projet,
qu'il y ait un peu plus de points, qu'il y ait une plus grande différence,
qu'il y ait un avantage supérieur donné à...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup.
M. Châteauvert
(Pierre) : ...à ces projets-là...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. C'est ce qui complète cette première ronde
de discussion. On poursuit avec la députée de La Pinière. Vous avez neuf
minutes 54 secondes.
Mme Caron : Merci, Mme la
Présidente. Alors, bonjour à vous. Merci pour votre mémoire et votre
présentation. Et, Mme la mairesse, j'ai beaucoup aimé, en fait, les
propositions que vous avez dans la mémoire, bien, ça s'adresse à la fédération,
mais, pour Mme la mairesse, j'espère que, justement, vous charmerez notre
ministre de la même manière que...
Haut de la page
11 h (version non révisé
e) Mme Caron : ...votre aïeul a
charmé le premier ministre Duplessis, votre mère, c'est ça, et qui a répondu à
toutes ses demandes, parce que vraiment votre mémoire propose... on voit que c'est
collé sur la réalité du terrain. C'est d'alléger la bureaucratie, de s'assurer
que le travail se fasse, que les intervenants du milieu aient les moyens d'agir
finalement et puis d'agir d'une manière que ça répond aux besoins de la MRC, puis
on s'entend que chaque MRC n'a pas les mêmes besoins, et tout ça. Alors,
vraiment, je trouve que c'est très, très intéressant, tout ce que vous proposez
et tout ce que vous nous apprenez aussi.
Alors, une question que j'ai pour vous, à
la page 10 de votre mémoire, une de vos recommandations, une de vos
demandes au gouvernement, c'est «d'accélérer la transition des travailleurs
étrangers temporaires localisés en région vers la résidence permanente, tel que
le prévoit l'orientation quatre de la planification de l'immigration, soit
accroître la part des personnes immigrantes permanentes déjà présentes au Québec».
Alors, ça, je comprends que les personnes qui sont déjà présentes, on a déjà
investi dans ces personnes-là et les personnes ont déjà investi dans le Québec,
finalement, et dans notre secteur économique. Mais comment pensez-vous que ça
peut être possible, quand on regarde dans la planification, le point quatre
auquel vous faites référence, accroître la part des personnes immigrantes
permanentes déjà présentes au Québec afin qu'elles représentent environ 63, 66 %
des admissions à la fin de la période, puis qu'on regarde les scénarios 2a, 2b,
2c, qui sont à 25 000, 35 000 et 45 000 personnes? Comment cet
objectif-là peut-il être atteint, selon vous, avec les seuils qui sont indiqués
dans la planification?
M. Châteauvert
(Pierre) : Si vous permettez, nous, par
rapport à ça, nous autres, ce qu'on demande, c'est qu'on doit aller au-delà de
ces seuils-là. Il faut aller... D'ailleurs, ce que je cherchais, c'est l'arrêté
ministériel qu'il faut modifier, la
partie de la réponse tout à l'heure, mais,
ça aussi, il faut travailler là-dessus. Mais, effectivement, les seuils, nous, on
les trouve par rapport aux besoins des régions, par rapport... Et c'est beaucoup...
D'ailleurs, quand on dit de changer l'arrêté ministériel pour... à l'extérieur
des territoires de Laval... Montréal et Longueuil, où est-ce qu'elle se concentre,
la concentration est trop grande. Ça, là-dessus, on le voit, parce qu'on voit l'attraction
fait qu'effectivement on a accès à moins de bassins. Mais il faut travailler,
il faut mettre en place... À travers les emplois puis les travailleurs
étrangers, il y en a, de l'ouvrage, puis les gens vont... ils vont en région.
Les gens qui étaient devant l'Assemblée nationale, où est-ce que M. Demers a
pris la parole tout à l'heure, c'est la plus belle preuve que ça peut
fonctionner. Donc, il faut remplir... Puis ces gens-là, c'est plus facile de
les franciser. L'exemple de Mme Paquet, il y en a beaucoup d'exemples comme ça
à travers le Québec, mais c'est ça qu'il faut multiplier. Il faut aller au-delà
de ces seuils-là, pour nous, c'est clair.
Mme Caron : Donc, pour
répondre aux besoins des régions, il faudrait aller au-delà...
M. Châteauvert
(Pierre) : Mais aussi l'arrêté ministériel
pour donner plus de poids aux candidatures puis aux projets en région par
rapport à ceux de Montréal, pour faciliter...
Mme Caron : L'attraction
dans... et la rétention dans les régions.
M. Châteauvert
(Pierre) : ...l'attraction en région, ça, c'est clair, nous
autres...
Mme Caron : D'accord.
M. Demers
(Jacques) : Dès l'approche, quand on va les chercher, quand on
leur parle du Québec, il faut leur parler des régions, il faut... Tu sais, il y
a des gens qui vivent dans les régions puis c'est un choix de s'en retourner
sur la Côte-Nord à tel ou tel endroit, de dire : C'est la tranquillité, c'est
d'autre chose. Il ne faut pas leurrer ces personnes-là. Il ne faut pas leur
vendre ce qu'on n'est pas. Puis on peut leur expliquer, quand qu'ils vont arriver
sur notre territoire, ce qu'ils vont retrouver. Des territoires ruraux, là, il
y en a dans tous les pays du monde, là, mais on a l'impression qu'elle
comprend... Ces gens-là, ils arrivent ici, bien, c'est à Montréal ou dans la
métropole qu'il faut qu'ils se retrouvent. Pas nécessairement. Il y a vraiment
beaucoup de personnes comme moi qui aiment bien vivre dans la ruralité, puis
que je changerais de pays puis je demanderais encore cet élément-là. On peut
leur faire confiance qu'il y a... on aurait de l'attraction aussi de ce côté-là,
puis d'écouter les régions, je pense que c'est la façon.
M. Châteauvert
(Pierre) : Si vous permettez, de notre point de vue, il y a
urgence de faire... d'aller dans ce sens-là, parce que c'est une question d'occupation
du territoire. Et si le Québec... Déjà, notre place dans le Canada est moindre,
et, au Québec, si on ne s'occupe pas des régions ou de la population, le niveau
de... on va être dans le trouble... on va avoir de gros problèmes.
Mme Caron : Et comme principe
général, l'occupation du territoire, c'est un moyen de sécuriser notre
territoire aussi... de sécuriser l'intégrité, oui.
M. Châteauvert
(Pierre) : Et de se développer puis de pouvoir, de pouvoir
remplir, puis tout ça, puis de payer nos factures, c'est fondamental.
M. Demers
(Jacques) : Ça fait longtemps que le
Québec a décidé d'occuper son territoire. Il faut le faire, il faut bien le
faire. Puis je trouve que, particulièrement, depuis la pandémie, on parle, tout
ce qui est alimentaire, tout... Tu sais, notre agriculture, nos ressources
premières, tout ce qu'on va chercher, on va les chercher au niveau...
M. Demers (Jacques) :
...régions. Il faut éviter le fly in, fly out. Il faut avoir ces gens-là le
plus possible, qui font
partie des communautés, qui habitent le territoire.
C'est ce qu'on veut. Il ne faut pas... pour produire, pour nourrir les
Québécois, les Québécois, on soit toujours obligés de dire : Non, non,
nous autres, on... je suis producteur agricole puis... mais ma famille ne
voudra pas venir vivre chez nous. On n'a aucun service, on n'a rien, on n'a pas
de vie communautaire. Il faut que ces territoires-là soient occupés. Là, on le
voit avec que les statistiques, qui nous amènent à dire, on le voit, la
diminution. Des municipalités qui nous explique : Regardez, nous autres,
on le vit déjà depuis un certain temps, mais il faut avoir de l'écoute pour ça,
parce que sinon, comment qu'on peut se projeter plus loin puis penser qu'on tient
un discours alimentaire sur l'ensemble en disant qu'on veut être le plus
autonome possible? L'autre côté, on est en train de fermer ces régions-là, ou
du moins de les diminuer, là.
• (11 h 10) •
Mme Caron : Merci. J'aimerais
vous entendre davantage sur votre recommandation au sujet du réseau Accès PME,
parce que vous dites que... vous demandez, en fait, que le gouvernement du
Québec implante un réseau sous la forme de réseau Accès PME, qui serait dédié à
la régionalisation de l'immigration. Est-ce que vous pouvez nous en parler un
petit peu plus...
M. Châteauvert
(Pierre) : Ça, c'est un grand succès depuis quelques années.
Puis je vois la Présidente qui est associée à ça. On a mis en place... on a
toujours restructuré l'ensemble du développement local au Québec, tout ce qui
est l'accompagnement des PME. Et c'est vraiment fantastique ce qui se passe.
Chaque MRC, le gouvernement contribue et la majeure
partie du financement vient
du monde municipal. On a... un service du développement, soit à l'intérieur ou
un organisme délégataire.
Et ces organismes-là, ces services-là ne
font pas... ne font pas tout, là, des... ils vont en référencement, donc ils ne
sont pas là pour écraser, ils coordonnent, et tout ça. Et avec la fédération
canadienne de l'entreprise indépendante, on a fait un sondage sur
l'appréciation de ces services-là et on pourra vous transmettre le document.
Les entrepreneurs adorent. Durant la pandémie, c'est nous... Ce sont les
services de développement qui ont géré les services... les programmes d'aide
d'urgence aux entreprises. Le taux de radiations chez... On a administré les
mêmes sommes qu'Investissement Québec. Taux de de radiations chez Investissement
Québec : 10,8 %. Au niveau du... de notre réseau : 1,4 % de
radiations, on était meilleur que la meilleure des banques suisses dans le
fond. Et tout le monde, c'est unanime sur la qualité, l'accompagnement, et tout
Bien, nous autres, ce qu'on propose,
actuellement, là, le ministère... ce n'est pas contre le MIFI, parce que le
MIFI, d'où ils sont partis en 2014-2015, c'était difficile. Il n'y avait plus
de réseau avec ce que... les décisions, il n'y avait plus de présence en
région. Ils ont rebâti puis on les a accompagnés. On a aidé, tout ça, mais là,
on s'aperçoit qu'on est... Il y a une difficulté de discussion, il y a...
d'échanges, il y a des problèmes, ils sont décrits dans notre mémoire. Les gens
veulent continuer à travailler ensemble. Tu sais, il y a beaucoup, il n'y a
pas... Il y a beaucoup de changements, de personnel qui change au niveau du
ministère. Difficile d'établir des relations. Mais on a une expérience
extraordinaire ces dernières années en matière de développement local. On peut
très bien prendre ce modèle-là puis l'appliquer à l'immigration et on est
profondément convaincu du succès. D'ailleurs, toutes les MRC actuellement ont
des... ont des gens de le... en immigration. D'ailleurs, à chaque fin d'avril,
à Lévis, on a notre rendez-vous sur le développement local. Les gens en
immigration sont là, ils échangent, et tout ça, on va être capables sans...
pas... ce n'est pas de tasser les organismes, mais de coordonner, de faire des
objectifs, des programmes adaptés, des interventions adaptées sur chacun des
territoires pour faciliter l'accueil, l'intégration, la francisation et pour
que ça se passe bien, puis que tout le monde en profite.
M. Demers
(Jacques) : Peut-être cet élément-là, ce n'est pas qu'on est
meilleur que les autres, c'est juste qu'on est plus proche. Tu sais, un joueur
de basket va te dire, si tu es collé sur le filet, pas mal plus facile de la
mettre dedans que si tu es au fond du terrain. Tu sais, c'est la même chose. On
connaît notre monde, on connaît notre territoire, on connaît nos entreprises.
Ça fait que, quand on prend une décision, on sait de quoi on parle. Tu sais,
celui qui est loin, il a beau le viser, le filet là, bien, bonne chance. Son
taux de réussite ne sera jamais aussi bon que celui qui est collé dessus.
Mme Caron : Merci. Alors, je
pense qu'il reste un peu moins d'une minute.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Non, il reste 18 secondes.
Mme Caron : Bon, bien,
18 secondes, alors je vous remercie beaucoup. Encore une fois, c'est un
mémoire qui est centré sur l'avenir, qui est centré sur les régions et on voit
que les gens peuvent se relever les manches, travailler ensemble s'ils ont le
pouvoir de le faire. Merci, merci beaucoup.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. On poursuit donc avec le député de Laurier-Dorion,
trois minutes, 18 secondes.
M. Fontecilla : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, M. Demers, Mme Paquet et M. Châteauvert. Merci beaucoup
d'être ici. Écoutez, votre présentation, votre mémoire est une sorte de... il
se place en contradiction avec les politiques gouvernementales. Si je peux
me... C'est mon opinion. Et d'emblée...
M. Fontecilla : ...j'aimerais
souhaiter, là, particulièrement pour Mme Paquette, là, que si votre mère et les
autres femmes de Longue-Pointe-de-Mingan ont réussi à influencer l'ancien premier
ministre, M. Duplessis, je suis convaincu que vous allez influencer l'actuel
ministre de l'Immigration, n'est-ce pas, hein? Vous ne pouvez pas y échapper,
M. le ministre.
Donc, ceci dit, vous avez... vous avez dit
devant nous... vous avez eu des mots très clairs, comme quoi cette... les
orientations qui sont devant nous, là, c'est une menace directe à l'économie et
aux régions, là. D'ailleurs, ça s'exprime aussi dans votre texte. Encore une
fois, vous complexifiez le problème, parce que c'est non seulement l'admission,
recruter des travailleurs pour les régions du Québec, là, mais aussi, c'est de
faire vivre des communautés. Vous allez même... Vous soulignez l'importance de
la résidence permanente, d'avoir des familles dans les communautés, là. Et vous
vous placez donc au-delà des scénarios qui sont placés devant nous aujourd'hui,
là, vous voulez plus de familles dans vos régions, plus de familles
immigrantes, c'est ça que je comprends, à long terme.
M. Demers
(Jacques) : On veut de la stabilité, puis,
évidemment, ça passe par là. Tu sais, si tu ne passes pas par la famille... Les
gens de l'extérieur, s'ils viennent pour chercher un montant d'argent puis de
le ramener, bien là, on comprend que, oui... Puis tant mieux, quand on entend
qu'ils viennent deux, trois, quatre, cinq ans de suite, mais on est convaincu
que si la famille est là, les chances que la conjointe ou le conjoint qui n'est
pas ici... bien, il y a des chances que lui, peut-être un jour, resterait, on
pourrait former, on pourrait remplir des villages qui en ont besoin, de ces
familles-là qui se rajoutent à la vie communautaire. Puis on pense qu'on a tout
en région pour que ces gens-là soient heureux puis créent la croissance qu'on a
de besoin et la stabilité de nos territoires.
Mme Paquet (Ginette)
Vous avez raison, M. le maire, parce que le fait d'accueillir des employés,
comme ça, pour quelques mois... une fois qu'ils sont repartis, l'école n'est
pas plus peuplée, là, puis la garderie non plus, alors ça demeure fragile tant
et aussi longtemps que ces employés repartent à la fin de leur saison de
production. Pour la suite de mon village, oui, en termes d'emplois, mais en
termes de population qui vieillit, ça ne règle aucun problème, et il est réel,
le problème.
M. Fontecilla : En d'autres
mots, vous pensez qu'il faut en quelque sorte augmenter l'immigration au
Québec, surtout en région?
M. Demers
(Jacques) : Bien, c'est... La question est
bonne, hein, parce qu'on peut le voir d'une façon, puis, souvent, les gens voudraient
qu'on sorte un chiffre augmenté, mais on voudrait que ce soit pensé avec les
besoins des régions. On dit pourquoi... Il y a peut-être des endroits que ça va
moins bien, on n'est pas capable d'analyser chacun des territoires. Il y a
peut-être des endroits, je vous dirais, où on n'est pas capable d'en prendre
plus. On l'entend cet élément-là, puis il est sûrement vrai à des endroits,
mais on ne veut pas faire un tout de ça puis dire...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, M. Demers.
M. Demers
(Jacques) : Oups! Excusez. Merci. Je
n'avais pas compris...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je suis la gardienne du temps.
M. Demers
(Jacques) : Non, non, non, c'est parfait.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je suis vraiment désolée. Des fois, je laisse un petit peu
terminer, là, mais il reste encore une dernière intervention avec le député
d'Arthabaska, pour 3 min 18 s.
M. Boissonneault : Merci, Mme
la Présidente. Merci à vous trois pour la présentation. Ça va un peu dans le
sens de ce qu'on a discuté. Je pense qu'on est à peu près tous d'accord pour
dire que la régionalisation, c'est important quand on parle d'immigration. Puis
ce qu'on essaie de faire, dans cette commission, c'est prendre un pas de recul
puis voir de quelle façon on doit gérer l'immigration, planifier l'immigration
au Québec, permanente et temporaire, mais globalement, hein? Il faut qu'on
considère aussi les grands centres en plus des régions. Donc là, on doit faire
des choix.
Lorsqu'on parle de régionalisation de
l'immigration, là, vous dites : On veut de la prévisibilité, entre autres,
ça, ça doit passer par, peut-être, la résidence permanente. Est-ce que vous
mesurez la rétention de l'immigration dans les régions, dans les villages, dans
votre village, par exemple, des gens qui reçoivent leur résidence permanente et
qui restent en région? Parce que, malheureusement, on le sait, on a des
données, quand même, qui nous l'indiquent, il y en a plusieurs qu'une fois qu'ils
ont la résidence permanente, ils vont peut-être aller ailleurs aussi. Est-ce
qu'on... est-ce que vous mesurez ça? Est-ce qu'il y a... Puis est-ce qu'il y a
une façon pour vous de garder ces personnes-là dans les villages, dans les
régions?
M. Demers
(Jacques) : ...expérience, parce que je
n'ai pas la statistique, puis sûrement qu'ils l'ont aussi bien... Puis ils ont
raison, on le voit, cet élément-là, puis on a... on travaille beaucoup pour
être meilleurs de ce côté-là. C'est notre but. Est-ce qu'on l'a atteint?
Évidemment, quand on regarde le passé, non, pas nécessairement, pas partout,
mais il y en a que oui. Puis j'aime ça quand j'entends : Ça fait quatre,
cinq ans au moins qu'ils retournent à la même place. Bien, je pense que, là,
ils font quand même des choix, puis ça doit être intéressant pour eux, mais il
faut les accueillir, il faut qu'ils soient capables de s'enraciner chez nous.
Pour moi, c'est primordial. Puis la francisation, qu'on me ramène souvent...
j'ai donc hâte qu'ils aient l'accent de chacune de ces régions...
M. Demers
(Jacques) : ...pour moi, ça, ça serait... en plus de leurs
accents qu'ils ont déjà, ce serait extraordinaire.
• (11 h 20) •
Mme Paquet (Ginette) : Puis,
si je peux ajouter également, peut-être que, dans la quantité qui viendrait
s'installer en région de façon permanente, c'est possible que quelques-uns
choisissent de migrer vers la ville, c'est possible, mais, moi, ce que j'ai vu,
ce que j'ai entendu, c'est que... en tout cas, je parle pour mon petit village,
là, les gens, les employés qui sont là, ce qu'ils aiment, justement, c'est
d'être en région éloignée, parce qu'ils m'ont beaucoup parlé du climat tendu au
Mexique, la sécurité pour leurs enfants, les grands espaces qu'ils ont
retrouvés chez nous. Alors, moi, j'aurais vraiment confiance que, pour beaucoup
d'entre eux, ils choisiraient de s'y établir et d'y rester.
M. Châteauvert
(Pierre) : ...invite les parlementaires,
c'est de regarder ça, le défaitisme de... oui, on en a... on a fait des choses,
on en a connu, des échecs, mais on continue, puis on travaille, puis on se
relève les manches, puis on y va. Ce discours-là, nous, on pense que c'est
possible. Il y a des moyens... C'est certain qu'il y a des moyens pour garder
notre monde, puis... mais on l'a... on ne s'est jamais bien structuré
là-dessus, au Québec, hein, il y a toujours eu plein de débats, puis c'est ce
qu'on propose dans notre document, de restructurer et de réorganiser des
affaires pour atteindre cet objectif-là, les amener puis les garder.
M. Boissonneault : ...que la personne qui choisit de ne pas rester avec sa résidence
permanente puis qui se retrouve à Montréal, là ce n'est pas ce qu'on veut,
là...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
M. Boissonneault : ...parce
qu'on a franchi un point de bascule dans la région métropolitaine.
M. Demers
(Jacques) : ...on comprend qu'il y a des
défis puis peut-être qu'il faut les écouter aussi, ces gens-là, de quelle
façon... qu'est-ce qu'ils ont de besoin. Tu sais, là, on parle un peu pour eux,
on est déjà, nous, enracinés dans nos milieux. Je me dis : Il faut
peut-être les écouter. On essaie de le faire puis de s'améliorer de ce côté-là.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, c'est ce qui met fin à cette
intervention. Je vous remercie pour votre contribution. Je me suis beaucoup
promenée au Québec, M. Châteauvert l'a dit, mais je vais certainement aller
dans votre région.
Alors, je suspends les travaux quelques
instants, le temps de recevoir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 11 h 22)
(Reprise à 11 h 26)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Bienvenue, mesdames et monsieur. Alors, pour cette prochaine ronde
d'interventions, nous recevons la Chambre de commerce du Montréal métropolitain
ainsi que Montréal International. Alors, vous avez 10 minutes pour vous
présenter, et vous êtes beaucoup. Je vais vous laisser vous présenter, et, par
la suite, on va discuter avec les parlementaires sur vos recommandations.
Alors, le temps est à vous.
Mme Veillette (Sandrine) : Bonjour.
Sandrine Veillette, directrice, affaires économiques et communications à la
Chambre de commerce du Montréal métropolitain.
Mme Dessureault (Isabelle) :
Isabelle Dessureault, présidente et cheffe de la direction de la Chambre de
commerce du Montréal métropolitain.
Mme Chatel-DeRepentigny
(Joëlle) : Joëlle Chatel-DeRepentigny, vice-présidente, Stratégie et
communications chez Montréal International.
M. Paquet (Stéphane) : Et
Stéphane Paquet, PDG de Montréal International.
Mme Dessureault (Isabelle) : Bonjour.
Alors, Mme la Présidente, Mmes et MM. les députés, membres de la commission, je
vous remercie d'abord, évidemment, comme chaque participant, de nous accueillir
pour présenter la position... les positions de la Chambre de commerce du
Montréal métropolitain et de Montréal International sur la planification pluriannuelle
de l'immigration. Je vais commencer par présenter le point de vue de la chambre
et je céderai, par la suite, la parole à Stéphane Paquet.
Alors, la Chambre de commerce du Montréal
métropolitain, forte de ses 203 ans d'histoire et de ses 8 000 membres,
est la voix du milieu des affaires de la grande métropole, la grande région. Et
permettez-moi de vous rappeler que la métropole, c'est 56 % du PIB du
Québec, et près de la moitié de la population, donc on peut dire, quand même,
son moteur économique.
La chambre aborde la consultation
d'aujourd'hui, vraiment, dans un esprit de collaboration avec vous. On veut
travailler avec les élus, le gouvernement pour trouver des solutions concrètes,
autant à court, mais aussi, et surtout, à long terme, pour, quant à nous,
dépasser le seuil... ou le débat, strictement, justement, autour des seuils. On
aimerait prôner aujourd'hui une approche qui est constructive et qui est
pragmatique.
L'immigration qualif