Institutions — 4 October 2017 (41st Legislature, 1st Session)

CI 2017-10-04

Quebec — Committees

Institutions — 4 October 2017 (41st Legislature, 1st Session)

CI 2017-10-04

Quebec — Committees

J'aborderai

ces composantes du projet de loi tour à tour. Le regroupement des offices

jeunesse, il s'agit du coeur de la

réforme opérée par le projet de loi. Afin de profiter de la notoriété de

l'Office Québec-Monde pour la jeunesse, qui assure déjà un certain nombre des responsabilités pour

l'Office Québec Wallonie Bruxelles pour la jeunesse, l'Office Québec-Amériques pour la jeunesse, ces trois offices

seraient dorénavant regroupés au sein de l'OQMJ. Cette nouvelle entité

aurait alors la responsabilité des

territoires couverts par les offices Québec Wallonie Bruxelles et les

offices... aussi l'Office, également, Québec-Amériques pour la jeunesse.

L'Office Québec Wallonie Bruxelles pour la

jeunesse est un organisme binational, comme je l'ai mentionné, constitué par le

Québec et ses partenaires de la Communauté française de Belgique. Depuis quelques

années, nos partenaires ont confié les responsabilités auparavant dévolues à la

section Wallonie-Bruxelles à leur

bureau international pour la

jeunesse, le BIJ. Le BIJ est chargé de gérer différents programmes

internationaux destinés aux jeunes de

18 à 35 ans qui résident en Wallonie ou à Bruxelles, incluant un

programme de coopération avec le Québec. Dans cet esprit, j'ai signé en février 2016 un énoncé de principe

avec le ministre président de la Communauté française de Belgique,

confirmant notre volonté de transférer la

mission de la

section québécoise de l'office à un organisme québécois à

déterminer. Cet organisme, c'est

l'OQMJ, dont le mandat couvrirait dorénavant la mobilité entre les jeunes du

Québec et ceux de Wallonie et de Bruxelles.

L'Office Québec-Amériques pour la jeunesse est

un organisme constitué en vertu d'une loi québécoise. Son regroupement avec l'Office Québec-Monde pour la

jeunesse n'aurait pas d'impact négatif sur les relations qu'entretient le gouvernement du Québec avec ses partenaires des

Amériques, puisque le mandat de l'OQMJ couvrirait également la mobilité

entre les jeunes du Québec et ceux des Amériques.

Le Président (M. Merlini) : Une

minute, Mme la ministre.

St-Pierre : Oh! il me reste juste une minute. Alors, c'est la

modernisation, évidemment, de la gouvernance, la structure de gouvernance actuelle des offices jeunesse internationaux

n'est pas optimale, chaque organisme comptant un conseil d'administration

distinct. Donc, la table ministérielle sur l'action internationale du Québec avait d'ailleurs

signalé, dans ses travaux, que la réduction

des chevauchements sur le plan de la gouvernance rehausserait l'efficacité de

la jeunesse. Donc, on recherche également plus de parité hommes-femmes,

des personnes âgées de 35 ans ou moins et celles qui sont âgées de plus de

35 ans au moment de leur nomination pour ce qui est du conseil

d'administration, les personnes provenant

d'un ministère ou d'un organisme de gouvernement et celles ne provenant pas

d'un tel ministère ou organisme. Donc,

les nominations devraient aussi tendre vers une représentativité des régions.

Enfin, le mandat des administrateurs, y compris celui du président du

conseil, serait renouvelable une seule fois.

Donc, j'aurais bien d'autres choses à vous dire,

mais je pourrai continuer peut-être lorsqu'on sera dans les échanges avec nos

amis des carrefours jeunesse.

Président (M. Merlini) : Merci beaucoup, Mme la ministre. J'invite maintenant le porte-parole de l'opposition officielle en matière de relations internationales,

de francophonie et de francophonie d'Amérique et le député de Verchères à faire

ses remarques préliminaires pour un maximum de 3 min 30 s. À

vous la parole.

Bergeron :

Merci, M. le Président. Dans un premier temps, je veux saluer tous les

collègues du parti ministériel, de la

deuxième opposition, M. le Président, Mme la ministre, membres de la fonction

publique québécoise, M. Robitaille. Merci d'ailleurs, M. Robitaille, d'avoir présidé à l'organisation de

notre séance d'information pour nous expliquer les tenants et les aboutissants de ce projet de loi,

que je vois essentiellement comme une modification de nature

fonctionnelle et structurelle, quoiqu'il y a quelques petits trucs qui nous,

nous embêtaient.

D'abord, vous

vous souvenez que je vous avais posé une question concernant l'Office Québec

Wallonie Bruxelles, notre

préoccupation étant que nous ne souhaitions pas froisser nos amis de

Wallonie-Bruxelles en fusionnant cet office avec les autres. Vous nous

avez rassurés en disant que c'était presque à leur suggestion que cette

chose... que cette fusion intervenait. On a

même suggéré éventuellement d'entendre le représentant de Wallonie-Bruxelles

dans le cadre de ce projet de loi là, malheureusement ça n'aura pas été

possible, alors on se fie à votre parole là-dessus.

Il y a un

autre aspect, par exemple, qui nous a étonnés positivement et négativement, positivement dans cette idée de permettre aux jeunes Québécois d'aller voir ailleurs au Québec,

de découvrir ce grand territoire très diversifié qu'est le Québec, et également d'aller voir ailleurs au

Canada. Ça, j'ai trouvé ça... Bon, évidemment, on est toujours très

heureux à ce que... Il y a certainement

plein de choses... Pour avoir moi-même traversé le Canada de long en large, il

y a des choses à découvrir, des gens

à découvrir au Canada, mais j'ai comme l'impression qu'on essaie de se

substituer ici à Katimavik, qui est un organisme ou qui était un

organisme fédéral qui permettait ce genre de chose. Or, peut-être est-ce que

c'est davantage du mandat du gouvernement fédéral d'assurer cette mobilité de

la jeunesse à l'intérieur de ses frontières, et j'ai

quelques réserves à l'égard du fait que nous voulions nous substituer à ce que

le gouvernement fédéral a ou bien abandonné ou bien largement banalisé au fil

du temps.

Le Président (M. Merlini) : Une

minute, M. le député.

M. Bergeron : Oui, absolument. Mais,

avant de se préoccuper de nos propres points de vue sur le projet de loi, ce

qui m'importait, M. le Président, c'était d'entendre le point de vue de celles

et ceux qui au premier chef sont concernés : les jeunes. Nous avons donc

proposé une liste d'intervenants potentiels, et, de cette liste d'intervenants

potentiels, vous le savez, M. le Président, plusieurs se sont d'abord montrés

intéressés, et quelques-uns se sont désistés, à telle enseigne que nous n'avons

plus que le Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec, que je salue également

et remercie de leur présence.

Alors, devons-nous comprendre que, pour les

autres, qui ne dit mot consent? C'est peut-être une indication qu'il faut

essayer de déduire de leur absence, mais on va donc écouter avec grande

attention ce que les gens du Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec

auront à nous dire sur ce projet de loi, parce qu'ils seront pour ainsi dire

notre seul éclairage extérieur sur ledit projet de loi. Et je veux assurer la ministre

et M. Robitaille de notre entière collaboration, et je n'en attends pas moins

de leur part. Merci, M. le Président.

Le Président (M. Merlini) : Merci à

vous, M. le député. J'invite maintenant le porte-parole du deuxième groupe d'opposition et député de Deux-Montagnes à faire ses remarques préliminaires pour un

maximum de 2 min 30 s. À vous la parole.

Charette : Merci, M. le

Président. À mon tour de vous saluer,

de saluer la ministre, les gens qui l'accompagnent cet après-midi, les députés gouvernementaux, mon collègue de l'opposition

officielle, naturellement mon collègue et ami de la

recherche. Et nous aurons le plaisir dans quelques instants d'entendre un beau

réseau, un de nos beaux réseaux au Québec, soit celui des carrefours

jeunesse-emploi.

Sinon, très, très

brièvement, je comprends de ce projet

de loi qu'il s'agit d'un projet de loi, d'une loi ultimement, qui

servira à faciliter le regroupement, oui, d'organismes, qui font de belles

choses. Moi, je n'ai pas eu le plaisir comme la ministre de vivre ces

stages-là, mais j'ai eu le plaisir de côtoyer beaucoup de jeunes, par contre,

qui en ont bénéficié et qui, même des

années après avoir vécu leur expérience, la présente, cette expérience-là,

comme une des belles occasions, une des

belles opportunités que la vie leur a offertes. Donc, si à travers ce projet de loi on peut en faciliter l'opérationnalisation, si on peut rendre l'instance encore plus efficace,

naturellement que nous allons l'appuyer. Et, à travers l'étude

article par

article qui va suivre, on peut

le deviner, dans les prochains jours et les prochaines semaines, on aura

l'occasion d'exprimer peut-être certains questionnements, mais, pour le

moment, se limiter à dire, là, que l'on sera tout à fait collaboratifs dans

l'étude du projet de loi en question.

Le Président (M. Merlini) : Merci

beaucoup, M. le député de Deux-Montagnes.

Nous allons maintenant

débuter l'audition en tant que telle. Je souhaite donc la bienvenue aux

représentants du Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec. Je vous rappelle que vous disposez de

10 minutes pour votre exposé. Puis

nous procéderons à la période d'échange avec les membres de la commission.

Je vous invite donc à vous présenter et ainsi commencer votre exposé. À

vous la parole.

M. Soulières (Alexandre) : Alors,

bonjour, M. le Président, Mme la ministre, Mmes et MM. les députés.

Joanie est

issue d'un milieu familial difficile. Elle est devenue itinérante et elle

n'avait rien à perdre. Elle n'avait tout

simplement rien. Elle a participé au

projet Eldorado du Carrefour jeunesse-emploi de Shawinigan. Je reprends

son témoignage : «J'ai commencé

Eldorado sans avoir d'objectif précis en tête. Je me suis bien vite rendu

compte que c'était l'un des plus beaux cadeaux que je m'étais offerts

depuis longtemps. Je constate aujourd'hui que le CJE m'a permis d'effectuer une démarche concrète de transformation sociale et qui est assurément

devenue un succès de ma vie. Ce fut pour moi le point central qui m'a

permis de devenir celle que je suis présentement.» Huit ans après avoir

participé à Eldorado, Joanie est diplômée et

directrice générale adjointe d'un centre pour les personnes itinérantes. Comme

elle nous l'a dit : «Aider mon prochain, c'est la raison d'être

pour laquelle je suis ici.»

Je me fais également

le porte-voix de Meagan, itinérante, toxicomane, sans ressources et

participante au projet de réinsertion socioprofessionnelle Adelante du CJE de

Sherbrooke. Il s'agit d'un projet qui s'articule autour d'un voyage humanitaire

d'une durée de trois semaines au Costa Rica. Voici ses mots : «Après

deux mois d'ateliers, d'activités de financement, de cours d'espagnol, une

désintoxication, des rires, des colères, des confrontations et des moments de complicité, j'ai quitté le Québec pour

aller vivre une immersion complète au Costa Rica. J'ai appris à gérer

des émotions en me rappelant mon enfance en centre jeunesse, des conflits de

groupe, des conflits de valeurs. J'ai fait la cueillette du grain de café et de

la canne à sucre. J'ai appris à me connaître et me reconnaître.» Cinq ans plus

tard, le quotidien de Meagan a bien changé : «La

jeune marginalisée que j'étais est parvenue à faire confiance, à essayer, à croire, à persévérer, à se connaître, à pardonner,

à travailler, à terminer des études, à exercer un métier que j'aime, qui

me permet tous les jours de faire naître des

lueurs d'espoir dans les pupilles des gens qui, comme moi, n'y croyaient

pas.»

Ces deux témoignages

inspirants sont le fruit du travail quotidien des carrefours jeunesse-emploi

partout au Québec. Nous sommes le Réseau des

carrefours jeunesse-emploi du Québec. Nous représentons plus de

80 carrefours jeunesse-emploi, présents dans toutes les régions du Québec,

qui accompagnent près de 60 000 jeunes chaque année.

suis Alexandre Soulières, le directeur général du réseau. Je suis accompagné

de mon collègue Rudy Humbert, et puis je me permettrai de saluer son

excellent travail dans le cadre de l'audition aujourd'hui.

mobilité occupe une place prépondérante dans l'insertion socioéconomique des

jeunes. Le Réseau des carrefours jeunesse-emploi

du Québec est donc fier de participer à la consultation sur le projet de loi

n° 139 et de vous présenter ses recommandations.

Depuis

20 ans auprès des jeunes du Québec, les carrefours jeunesse-emploi sont

des organismes issus de leurs milieux

et constituent un vecteur d'innovation sociale. Ils travaillent de concert avec

leurs nombreux partenaires et leurs communautés. Ensemble, nous

contribuons à construire un filet de sécurité autour des jeunes et permettons à

chacun d'atteindre son plein potentiel.

L'OCDE

affirme que les carrefours jeunesse-emploi sont bien organisés et offrent

divers programmes pour aider les jeunes.

Ils occupent également une place de choix pour aider les employeurs locaux et à

encourager les décrocheurs sans

titre

de compétence à terminer leurs études. La reconnaissance de l'action spécifique

des CJE par l'OCDE témoigne du sérieux

et de la crédibilité des services offerts par les CJE aux jeunes du Québec qui,

par leurs actions et leurs projets, misent sur la diversité, la mixité

et la complémentarité.

Aucun

jeune n'est laissé de côté, et chaque projet s'adapte à la réalité de chacun

d'eux. C'est pourquoi le RCJEQ recommande notamment que l'adoption du

projet de loi n° 139 permette à LOJIQ de s'adosser aux CJE afin de rejoindre

des jeunes traditionnellement éloignés de l'engagement citoyen et de la

mobilité. Nous sommes également convaincus

que l'adoption de la loi n° 139 favoriserait le développement des régions

en ancrant dans une perspective de développement local les projets de

mobilité et bénéficierait ainsi de l'appui des milieux.

Les CJE travaillent

en complémentarité avec leurs partenaires sur le terrain. Les CJE agissent en

véritables acteurs d'innovation sociale. L'ensemble de ces éléments font des

CJE une ressource véritablement ancrée dans leurs communautés. Le Québec

dispose de 110 organisations locales incontournables dédiées 100 %

jeunesse, les CJE. Le RCJEQ et LOJIQ sont

des partenaires de longue date. Conjointement, nos deux organisations ont mené

de nombreux projets structurants pour les jeunes, conjuguant l'expertise

en insertion socioéconomique des CJE et l'expertise en mobilité de LOJIQ.

Nous

avons récemment signé avec l'Office franco-québécois pour la jeunesse et

l'Union nationale des missions locales une importante convention de

partenariat afin de favoriser la mobilité internationale des jeunes Français et

Québécois en insertion sociale et professionnelle. L'ensemble des actions déjà

existantes nous permet d'affirmer que le RCJEQ et les CJE sont des

partenaires de choix en ce qui a trait au développement de projets, de développement

de carrières, d'entrepreneuriat, de projets

étudiants, de volontariat et d'insertion socioprofessionnelle. D'ici 2021, les

jeunes occuperont jusqu'à 56 % des emplois à pourvoir. Il est démontré que

65 % des enfants qui rentrent à l'école primaire aujourd'hui finiront par

exercer des métiers qui n'existent pas encore. Dans ce contexte, nous n'avons

pas le luxe d'en exclure un seul.

L'OCDE précise

également que les jeunes vivant en zone rurale ou isolée sont pénalisés par

rapport à ceux des zones urbaines sur le

plan de l'accès à l'information, des conseils qu'ils peuvent recevoir, des

infrastructures à leur portée et des

débouchés qui s'offrent à eux. Il est donc nécessaire de soutenir de façon

importante la mobilité interrégionale des

jeunes afin de promouvoir la participation sociale comme des leviers

déterminants pour l'autonomie et l'insertion professionnelle des jeunes. Il importe également de veiller à un accès

universel pour tous les jeunes à la mobilité. Il importe également d'assurer une mixité sociale des

participants afin de favoriser la cohésion sociale et la solidarité par les

pairs.

L'avenir

du Québec et des Québécois est entre les mains de notre jeunesse. Il est

pressant d'agir afin de lever les multiples

barrières à la mobilité des jeunes. Depuis plusieurs années, les CJE

concrétisent déjà des projets à l'étranger avec des jeunes vivant des

défis d'insertion socioprofessionnelle. Les transformations que vivent les

jeunes après la participation à ces projets

sont nombreuses au

chapitre des bienfaits qu'ils apportent sur le plan du

développement de la confiance en soi, de la construction de l'identité,

de l'«empowerment» individuel, de la sociabilité, ainsi que sur le désir

d'engagement.

RCJEQ croit que la loi n° 139 sera un levier puissant afin d'accroître la

mobilité des jeunes, afin de permettre à chaque individu d'avoir la chance de choisir quel sera son destin

professionnel, quel que soit son statut. Une société éveillée et

innovante est une société où l'engagement collectif atteint un juste équilibre

avec l'engagement individuel. À l'heure actuelle, il n'existe pas de définition

juridique du statut du volontaire, et nous croyons que la mise en oeuvre de la loi n° 139 entraînerait une

augmentation significative du nombre de participants à des projets de

volontariat partout au Québec. Ainsi, afin d'avoir une définition

claire, commune et d'accompagner le développement du volontariat au Québec, le

RCJEQ recommande que le gouvernement définisse un statut juridique aux

volontaires.

faut oser faire le pari de notre jeunesse en rassemblant les conditions

optimales nécessaires à la réalisation de son plein potentiel. C'est

pourquoi, par l'entremise de la loi n° 139, nous serions fiers de

collaborer avec LOJIQ dans le déploiement de

leurs activités sur les territoires du Québec et ainsi de multiplier les

occasions pour les jeunes d'atteindre leur plein potentiel. Forts de

leur implantation, les 110 CJE sauront appuyer LOJIQ, et leurs

partenaires, dans ses démarches régionales, nationales, canadiennes et

internationales.

Nous remercions les membres de cette commission

pour l'attention accordée et l'opportunité qui nous a été offerte. Merci

beaucoup.

Président (M. Merlini) : Merci beaucoup, M. Soulières, pour votre

exposé. Nous allons tout de suite débuter les périodes d'échange avec

les membres de la commission, en commençant par la

partie gouvernementale. Mme

la ministre, la parole est à vous.

St-Pierre :

Merci beaucoup. Merci pour cette présentation et surtout les cas, les belles

histoires, finalement, de vie. Et elles sont nombreuses. Parce que j'ai

moi-même visité les carrefours jeunesse-emploi, il y en a un dans ma circonscription — en fait, c'est dans la circonscription

voisine, la circonscription de Crémazie — et j'avais visité aussi celui de Charlesbourg, et j'avais rencontré des

jeunes qui partaient faire un stage en Afrique, et effectivement on

voyait qu'il y avait tout un changement qui s'était opéré chez ces jeunes-là.

Parce qu'ils étaient à la veille de leur départ, on voyait qu'il y avait eu un cheminement. Ils sont très, très bien

préparés. On ne les envoie pas là-bas sans savoir dans quoi ils vont s'embarquer. Et après ça j'ai revu des

jeunes qui aussi étaient allés et qui reviennent avec une expérience de

vie exceptionnelle, et ils voient aussi que

ça leur donne un avenir ici. Ils voient plus clair dans ce qu'ils veulent faire

dans la vie.

Et je pense que vous faites un travail

extraordinaire dans bien d'autres domaines également qui entourent le travail... qui entourent l'aide aux jeunes, mais

celui-là en particulier, pour ces jeunes qui sont vraiment au bout de

leur... qui ont l'air au bout de leur

rouleau puis ne le sont pas parce qu'il y a encore plein de ressources puis il

y a des choses à faire.

Je voudrais

vous poser la question sur le... Vous ouvrez une recommandation, la

recommandation n° 9, sur ouvrir la

mobilité aux personnes qui possèdent un statut de résident temporaire et ceux

qui résident au Québec depuis moins d'un an afin de favoriser l'intégration des nouveaux arrivants et

l'enrichissement mutuel. Pourquoi vous tenez à ce qu'on fasse cette distinction-là? J'ouvre une parenthèse avant

que vous commenciez à répondre : Il faudrait évidemment avoir des discussions avec le ministère de l'Immigration.

Quel est le but? Est-ce que vous avez vu des expériences où vous

dites : Bien, ça serait intéressant de l'ouvrir aussi à ces jeunes-là?

M. Soulières (Alexandre) : Avec

votre permission, j'aimerais peut-être passer la parole à mon collègue, qui

pourrait répondre à votre question de façon beaucoup plus précise que moi.

Donc, Rudy?

St-Pierre : Ma

collègue de Richmond va avoir des questions aussi. Alors, ne répondez pas

pendant trop longtemps.

M. Humbert

(Rudy) : Parfait. O.K., je

vais faire efficace. Tout d'abord, merci, Alexandre, bonjour, tout le

monde.

Oui, cette

recommandation est là, car les carrefours travaillent beaucoup avec les

nouveaux arrivants. Comme l'a souligné Alexandre, ils sont très

implantés sur leurs territoires, et certains territoires... Sur le lieu

d'arrivée, pour beaucoup de nouveaux arrivants, ils se présentent aux

carrefours, et, sur ce type de projets sur lesquels on oeuvre, notamment ceux de volontariat, actuellement, dans

les carrefours, ils sont ouverts aux nouveaux arrivants, car le critère n'existe pas. Et actuellement les critères, qui

sont ceux du LOJIQ et qui... donc, c'est ça, on a à être âgé de 18 à

35 ans et notamment être citoyen canadien ou posséder la résidence

permanente, priveraient ces jeunes-là de pouvoir profiter de cette opportunité

soit d'aller vivre en région, de vivre une expérience en région, au Canada

notamment.

Je vais prendre mon exemple personnel, si vous

le permettez. Je travaille actuellement sur les dossiers du volontariat au réseau et je n'ai moi-même pas le

statut de résident permanent. Donc, je suis implanté au Québec depuis presque deux ans maintenant. Enfin, j'y vis, j'y

ai établi ma vie professionnelle, notamment. Et, malgré tout l'intérêt

que je pourrais porter pour ce type de

projet d'engagement citoyen, ma volonté de découvrir ce qui se passe ailleurs

en région, je n'aurais pas cette possibilité-là.

Et, autre point que je voudrais souligner, le

Québec a une politique d'immigration, dont le dernier plan a été dévoilé, qui prévoyait à peu près 50 000 arrivées

par an, et nous estimons que, pour ces nouveaux arrivants, une

expérience d'engagement citoyen est un levier formidable pour découvrir la

culture québécoise, pour découvrir les Québécois eux-mêmes, mais également

développer leur capacité d'agir, et s'implanter, et réussir leur installation

au Québec.

St-Pierre : Donc,

ma collègue...

Le Président (M. Merlini) : Mme la

députée de Richmond.

Vallières : Merci

beaucoup, M. le Président. Salutations à l'équipe de la présidence, la fonction publique, les collègues du gouvernement

ainsi que des oppositions. Merci beaucoup de votre présence. Et salutations aux

gens du carrefour jeunesse-emploi.

Avant, je

voudrais tout simplement répondre quant à Katimavik, la préoccupation du collègue de l'opposition, pour vous dire que Katimavik est un partenaire de la Stratégie d'action jeunesse.

Malgré l'arrêt du

financement, pour le fédéral, dans la

stratégie, ils sont toujours avec nous. Et c'est une offre supplémentaire,

complémentaire à ce qui est présenté ici.

Donc, on les retrouve comme partenaires aussi dans notre Stratégie d'action

jeunesse, qui est un autre dossier que celui dont on discute aujourd'hui

aussi, quant à Katimavik, là.

Dans la

Politique québécoise de la jeunesse, justement, les carrefours sont aussi très

présents comme partenaires de proximité

avec la jeunesse. Merci de le faire, d'ailleurs. Et le projet de loi

n° 139 amène de la simplification en ce qui a trait à la gouvernance, c'est ce qu'on démontre

beaucoup dans ce qu'on vous présente, mais beaucoup plus de mobilité

aussi, de programmes de volontariat, d'utilité collective. Je pense que c'est

important qu'on le nomme. En utilité collective,

ça peut apporter, selon moi, aussi beaucoup plus de facilité en ce qui a trait

aux communications, quand on est sur le terrain, par rapport à cette

offre qu'on a là.

réseau des carrefours, je fais un clin d'oeil, là, parce que vous voudriez

toujours dire : O.K., parfait, il y a quelque chose de nouveau pour la jeunesse, on veut être un

partenaire et on veut que ça soit chez nous que ça se passe. On vous remercie beaucoup, beaucoup de lever la main,

d'ailleurs. Vous avez parlé d'Eldorado. Si les gens n'ont pas vu c'est

quoi, ce projet, je les invite d'ailleurs à

aller le voir sur le Web. La capsule vidéo est tout à fait extraordinaire, et

on y voit à quel point ça change nos

jeunes, et pas seulement les jeunes, mais les gens qui travaillent avec eux

autres aussi, hein, dans l'élaboration

du projet. C'est vraiment extraordinaire. Ça a un effet collatéral. Quand on

parle de projet d'utilité collective, ça prend vraiment tout son sens.

Et donc il y

a des projets comme celui-là à l'international aussi. Il y en a dans différents

milieux. Comment, pour les

carrefours, ça peut vous amener à travailler sur différents plans, ce projet de

volontariat, cet élargissement de l'offre de stage aussi? Donc, au-delà

du projet collectif comme Eldorado, quels sont les autres secteurs où ça vous

permettrait de développer des projets aussi?

Soulières (Alexandre) : Merci beaucoup, Mme la députée. Bien,

essentiellement, ça nous permet vraiment de... ça ouvre le champ des possibles. On l'a mentionné dans le mémoire qu'on

a fait parvenir à la commission. Vraiment, dans le cadre des programmes

qui pourront être élaborés si la loi est adoptée, ça va vraiment faire en sorte

qu'on va pouvoir travailler en persévérance

scolaire. On va pouvoir travailler en autonomie sociale et personnelle. Tout le

volet entrepreneuriat également est très présent avec LOJIQ. Donc, ça,

c'est vraiment des multiplicateurs de succès incroyables.

Vraiment,

nous, dans le cadre du 20e anniversaire de fondation du réseau, on a mis

sur pied des bourses. Donc, on a voulu

retracer le parcours de certains jeunes qui sont passés dans les CJE, et on a

fait la sélection, là, de l'appréciation de ces candidatures-là, et il y en a plus de la moitié qui étaient

originaires de projets qu'ils avaient faits avec LOJIQ, l'OFQJ, l'OQWBJ, etc. Alors, tu sais, quand on parle qu'il

y a des transformations durables qui s'opèrent chez ces jeunes-là, c'est

très vrai, puis on a plusieurs données qui

soutiennent ça, puis ça transforme des vies, littéralement. C'est vraiment...

On peut penser peut-être que c'est des beaux

mots, puis ça fait de la belle vente, là, mais ce n'est pas le cas du tout,

c'est vraiment vrai. Moi, j'ai eu le

bonheur de lire chacune de ces 626 candidatures là, puis, vraiment, les jeunes

partaient de loin, puis ils ont

réussi. Ils ont vécu des succès. Ils ont transformé leur vie grâce à cette

expérience-là qui justement les aide à mieux les préparer. Puis, dans le

contexte également du marché du travail qu'on a, bien, justement, on ne peut

pas se permettre d'en échapper un seul.

Donc, ce qui

est formidable et ce qui sera éventuellement formidable aussi avec l'adoption

du projet de loi n° 139, c'est

qu'on pourra travailler aussi sur l'aspect global des jeunes en mobilité que ce

soit au Québec, ou au Canada, ou à l'international,

parce qu'évidemment on parle beaucoup de l'international, mais il y a plusieurs

choses qui peuvent se faire au niveau

du Québec. On est déjà un petit peu un précurseur, les CJE. On a le CJE de

Lotbinière, avec le carrefour jeunesse-emploi

de Saint-Laurent, qui, à chaque année, font des échanges de jeunes. Des jeunes

s'en vont travailler dans une entreprise à Lotbinière, puis il y a des

jeunes de Lotbinière qui s'en vont à Saint-Laurent. Il y a tout un processus également d'apprentissage culturel qui se fait.

Donc, on est un peu, en quelque sorte, en train, grâce à ces projets-là,

de former un peu l'ouverture puis une

certaine... à la diversité, à la tolérance aussi, qui sont des valeurs qui sont

très chères aux carrefours jeunesse-emploi.

Et puis ça,

bien, c'est un grand privilège, pour nous, de pouvoir être accompagnés par

LOJIQ, parce que nous, bon, on n'est pas un spécialiste de la mobilité,

on est un spécialiste de l'accompagnement socioprofessionnel des jeunes. Donc,

de pouvoir collaborer avec LOJIQ, qui, eux, justement, sont des spécialistes de

la mobilité, bien, ça fait qu'on travaille

ensemble pour justement faire en sorte que les jeunes puissent réussir leur

projet de mobilité, mais également puissent

réussir dans leurs projets de vie. Puis, au final, je pense que tous les gens

qui sont ici, dans la salle, travaillent pour ça, c'est pour faire en sorte que les jeunes puissent réaliser leurs

projets de vie puis qu'ils puissent ultimement contribuer à la société

du Québec, dans laquelle on va évoluer, là, chacun, plus tard.

Le Président (M. Merlini) : Mme la

députée de Richmond.

Vallières :

Merci. Vous parliez, M. Soulières, des régions dans tout ça. Si vous pouviez

revenir davantage sur le fait... oui,

à l'international, mais vraiment vous entendre sur l'importance, donc, aussi,

pour les jeunes que vous côtoyez dans les CJE, de ce programme de

mobilité qui s'ouvrirait davantage... interrégional et interprovincial aussi.

Qu'est-ce que ça amène de plus?

Puis, sous-question à tout ça, puisque, dans le

créneau carrefour, maintenant, on parle de volontariat et de bénévolat, comment on peut jumeler le travail fait

dans le projet de loi actuellement

et... Vous parlez d'ouvrir des champs de possibilités. Comment c'est

aussi des opportunités pour le volontariat à l'intérieur même de nos propres

régions et de bénévolat aussi pour nos organismes, chez nous?

Soulières (Alexandre) : Je vais prendre la première

partie de votre

question puis après ça je pourrai passer le ballon à mon collègue Rudy, qui est vraiment spécialisé, justement, dans

toutes les questions de volontariat, bénévolat.

Premièrement,

bien, tu sais, je pense que c'est tout simplement l'ouverture à l'autre aussi.

Au niveau des régions du Québec,

chacune des régions du Québec est différente. On a la chance d'avoir une

province qui est vraiment grande, qui est étendue et qui a des... On est chanceux d'avoir aussi les ressources

dont on dispose pour être capables aussi d'envisager de pouvoir

découvrir ce qui se fait.

C'est

très québécois aussi comme façon de faire, là, on se dit tout le temps :

On va aller voir ce que les autres font avant de regarder qu'est-ce qui se fait chez nous. Puis souvent, chez

nous, il y a des choses extraordinaires aussi qui se font avec d'autres

partenaires. Nous, on l'a vécu quand on a mis sur pied la table des partenaires

du Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec. Ça a fait en sorte qu'il y a plusieurs

possibilités qui se sont générées à travers, justement, le Québec, et ça nous a fait encore plus prendre

conscience à quel point, au Québec, on avait des gens innovants puis on

a des gens compétents aussi. Donc, pourquoi

ne pas justement profiter de ce qui se fait au Québec puis étendre ça,

justement, aussi au Canada, dans les autres

provinces du Québec? Nous, on est en lien quelquefois aussi avec les gens au

Nouveau-Brunswick. Je pense qu'il y a tout l'espace francophone aussi qu'on

peut facilement habiter.

Ensuite,

là, je vois encore plus loin que juste les provinces puis le Québec, mais c'est

clair qu'il y a des opportunités qui

sont vraiment là pour être saisies. Et, bon, vous l'avez dit tout à l'heure,

nous, les carrefours jeunesse-emploi, le réseau, on essaie le plus possible d'être proactifs dans nos interventions, et

puis je pense que c'est ce qui fait aussi que, dans les régions, les CJE

sont considérés comme un partenaire incontournable au niveau de la jeunesse, de

tout ce qui fait en matière de jeunesse. Donc, voilà.

Puis,

peut-être pour conclure sur le volet volontariat, bénévolat, je vais peut-être

laisser Rudy compléter, qui, lui, pourra vous expliquer comment,

justement, ça pourrait être fait.

Le Président (M.

Merlini) : Vous disposez de 45 secondes.

M. Soulières

(Alexandre) : Oh! je m'excuse.

M. Humbert

(Rudy) : Donc, pour l'effet multiplicateur que peut avoir ce projet de

loi là sur ce qu'on fait en bénévolat, volontariat, nous, depuis le 1er avril,

c'est déjà plus de 200 projets et 3 000 jeunes qui ont participé

à ces projets-là, qui, pour l'instant, sont

très implantés localement. Donc, c'est vraiment transformer le milieu de vie

des jeunes et ça se fait très bien.

y a des retombées, qui sont positives pour la communauté et pour les jeunes,

qu'on note déjà. Et là cette loi-là permettrait

d'ouvrir le champ des possibles, pour citer Alexandre, et permettre à des

jeunes une expérience de mobilité pour multiplier les occasions

d'engagement pour les jeunes, que des jeunes de Montréal aillent rencontrer des

jeunes des régions et inversement, et qu'on

puisse avoir cet échange-là, puisque la mobilité, c'est un facteur de

multiplication des retombées

positives d'un projet d'engagement citoyen, soit sur le développement de

l'autonomie, de la cohésion sociale, du développement du capital social

du jeune. Donc, pour le projet en lui-même, et peut-être qu'on va ouvrir la

question plus tard, mais ce projet de loi là aussi pourrait être l'occasion de

discuter du statut juridique du volontariat. Voilà.

Président (M. Merlini) : Merci beaucoup, M. Humbert, pour la réponse à

cette question de Mme la députée de

Richmond. Maintenant, M. le député de Verchères, la parole est à vous pour

votre bloc d'échange de neuf minutes. À vous la parole.

Bergeron : Merci beaucoup. Je vais commencer par remercier notre

collègue de Richmond de son intervention concernant Katimavik. Je comprends qu'on a tenté de répondre à mes

inquiétudes, mais je dois dire que je ne suis pas complètement rassuré

parce qu'on reconnaît d'emblée qu'il y a une baisse de financement, un arrêt de

financement même. Alors, je vois

difficilement qu'on prenne les moyens des offices jeunesse pour permettre aux

jeunes de découvrir le monde, pour se

substituer à un organisme fédéral ou un organisme financé par le fédéral qui a

réduit ses contributions de telle

sorte de permettre justement cette mobilité de la jeunesse à l'intérieur des

frontières du Canada. Alors, moi, j'aurais tendance à dire : Bien, que le gouvernement fédéral fasse son bout de chemin là-dessus,

puis nous, on fera notre bout de chemin pour permettre aux jeunes de

mieux connaître le Québec. Quoi qu'il en soit, on ne fera pas le débat là-dessus

aujourd'hui. On aura certainement l'occasion de le refaire à un autre moment

donné.

veux vous remercier de votre contribution, de votre participation. Le Réseau des carrefours

jeunesse-emploi est un réseau absolument

formidable. Il s'en est fallu de peu qu'on le perde il y a

de cela quelques mois. Fort heureusement, on s'est ressaisis puis on a permis au réseau de

poursuivre son travail. Puis, vraiment, des petites histoires comme celles que vous nous avez racontées, là, il y en a

des centaines et des centaines, de jeunes qui ont réussi à trouver leur voie

grâce au réseau, grâce aux carrefours jeunesse-emploi. Alors, merci infiniment.

Vous

avez donné quelques exemples, dont un que je connais très bien,

celui de Vocation en art!, par le carrefour jeunesse Marguerite-D'Youville, mais vous avez parlé d'Eldorado, vous

avez parlé également de Segunda Suerte, El Paso, Fabrik à Déclik et le projet dans lequel a été impliquée Meagan.

Corrigez-moi si je me trompe, mais, dans tous ces cas-là, est-ce qu'il y

avait une participation importante ou non de la part des offices?

M. Soulières

(Alexandre) : Oui. Bien, écoutez, de façon précise, là, je ne pourrais

pas vous dire, mais, effectivement, dans

chacun de ces projets-là, les offices étaient impliqués d'une quelconque façon,

que ce soit en amont, au niveau, par exemple, des frais de voyage, les

billets d'avion, au niveau également des assurances. LOJIQ, c'est souvent eux qui fournissent les assurances dans le

cadre de ces programmes d'insertion là. Mais sans aucun doute que l'ensemble de ces projets-là n'aurait pas pu être

fait si les offices n'avaient pas été là pour accompagner les carrefours

dans ces projets-là.

Puis

ce qui est intéressant également, c'est qu'il y a une part, également,

d'autofinancement dans ces projets-là. Donc,

les jeunes, par exemple, si un projet coûte, je ne le sais pas, moi,

10 000 $ au total à faire, disons qu'il peut y avoir une contribution de 7 000 $ de LOJIQ,

par exemple, et, le 3 000 $ qui reste, bien là, à ce moment-là, c'est

les jeunes qui vont aller faire un

souper spaghetti. Ils vont aller chercher des commanditaires dans leur milieu.

Ils vont être capables d'aller chercher, par exemple, des commanditaires

de services. Donc, ça développe également l'autonomie puis ça éveille également l'entrepreneuriat chez les jeunes. Et ça

leur fait prendre conscience également... Il y a toute une préparation

en amont des séjours qui sont faits.

puis ce qui est important également, c'est de gérer le retour, parce que les

jeunes reviennent tellement transformés de

ces expériences-là que c'est important que les intervenants s'occupent bien des

jeunes, parce que souvent ils vont se

réaliser là-bas dans... D'une part, ils vont se réaliser, puis, d'autre part,

ils vont réaliser que les choix de vie qu'ils

ont faits étaient malheureusement malheureux, et puis là, bien là, ils sont

prêts à se prendre en main. Puis c'est ce qui fait en sorte que c'était un des programmes qui avaient le plus haut

taux de succès et de maintien en activité après. On a vu également, dans le mémoire... c'est autour de

85 % à 88 % des jeunes qui, huit ans après, étaient toujours en

activité. Donc, c'est quand même assez incroyable comme effet.

Bergeron : Donc, on comprend que, déjà, LOJIQ était impliqué dans tous

ces programmes, tous ces projets à l'étranger. En quoi est-ce que cette

fusion va rendre les choses plus faciles ou moins faciles pour la réalisation

de ces projets? De la façon dont je vois ça, à première vue, ça devrait ne rien

changer du tout.

Soulières (Alexandre) : Bien, écoutez, je pense que vous m'enlevez pas

mal les mots de la bouche. Je ne veux pas

non plus me faire le porte-parole de LOJIQ, là, mais la façon que la structure

de LOJIQ est établie, en étant par secteur d'activité, fait en sorte que justement c'est facile pour un promoteur

de projet d'être capable de s'y retrouver, là, dans les différents

programmes qui sont échangés. Puis je sais qu'également LOJIQ offre un soutien

très important justement au niveau des

développeurs de projet, qu'ils sont là pour les accompagner dans les

différentes démarches puis proposer également

différents moyens. Et je sais d'ailleurs qu'il y a eu des partenariats qui ont

été développés avec la plateforme Ulule

pour aller chercher du sociofinancement. Donc, ça, c'est sûr que c'est des

éléments qui ne seraient pas possibles si les offices n'étaient pas là.

Bergeron : O.K. Donc, je comprends que la fusion des offices comme

telle, ce n'est pas nécessairement un plus,

ça risque même de vous compliquer un peu la vie, mais que le volet mission à

l'intérieur du Québec, ça, ça vous plaît beaucoup parce que ça vous permet peut-être d'améliorer les interactions

entre les différents carrefours jeunesse-emploi.

M. Soulières

(Alexandre) : Bien, je veux juste revenir... Je n'ai pas dit que

c'était pour nous compliquer la vie, au contraire,

c'est que la façon que LOJIQ est structuré, c'est déjà fait en sorte que c'est

très facile pour un promoteur de projet de s'y retrouver. Donc, c'est

certain qu'en fusionnant les différents offices ça va être encore plus facile

de s'y retrouver. Ça, c'est certain, oui.

Bergeron : C'est bon. O.K. Puis, quant à l'aspect... Je comprends que,

quant au soutien pour aller à l'étranger, ça, ça va? Jusqu'à présent, ça

M. Soulières

(Alexandre) : Oui.

Bergeron : Mais le plus qu'on retrouve dans ce projet de loi là, c'est

cette idée des voyages ou des missions à l'intérieur du Québec qui vous

permettraient peut-être de mieux réseauter entre carrefours jeunesse-emploi.

Soulières (Alexandre) : Tout à fait, tout à fait. Bien, d'une part

entre carrefours jeunesse-emploi, mais surtout avec les autres jeunes.

Par exemple, chaque jeune a des... Qu'un jeune soit, disons, sur l'île de

Montréal ou aux Îles-de-la-Madeleine, bien, chacun a des réalités qui sont

complètement différentes. Eh bien, de se nourrir, justement, chacun, de ces réalités-là, selon nous, peut avoir

un impact intéressant au niveau de l'ouverture puis, justement, aussi du

vivre-ensemble.

Bergeron : Je ne reviendrai pas sur la recommandation 9. Mme la

ministre a posé une question pertinente, puis la réponse l'était tout autant. Je vais revenir par contre sur la

recommandation 8. Il y a quelque chose d'intéressant dans l'idée de définir un statut juridique pour les

volontaires. Vous savez qu'on est encore à discuter, comme société, du

statut de travailleur autonome, et là vous

ouvrez un autre chantier qui est celui de définir le statut juridique pour les

volontaires, notamment en ce qui a trait aux

couvertures : maladie, accident de travail, imposition des allocations,

calcul des prestations sociales, etc.

À partir du moment où justement c'est du volontariat, comment on peut... Et

puis là ce n'est pas un piège, là, c'est

vraiment parce que je cherche à comprendre, là. Comment est-ce qu'on peut

s'organiser... Comment est-ce qu'on peut

organiser le financement de ces prestations qui pourraient éventuellement être

versées aux volontaires advenant une blessure dans le cadre de leur

stage, et ainsi de suite?

Le Président (M.

Merlini) : En 30 secondes, M. Soulières.

M. Soulières

(Alexandre) : Oh! oui, je vais demander à mon collègue d'être plus

concis.

M. Humbert (Rudy) : Effectivement, on est déjà, en fait, confrontés à cette

problématique-là parce qu'avec un an de

projets pilotes plus les projets depuis le mois d'avril on a déjà des

volontaires qui sont sur le terrain. Étant ni bénévoles ni salariés, ils

ne sont pas couverts par les lois sur les normes du travail, les arrêts maladie

ou ce genre de choses et ils perçoivent une allocation. L'allocation n'étant

pas un salaire, il y a encore des difficultés à savoir si celle-ci doit être imposable, si celle-ci doit être calculée dans le

calcul de leurs prestations sociales, etc. Il y a encore énormément de

défis qu'on fait face déjà au quotidien.

C'est pourquoi on préconisait d'ouvrir pleinement cette question-là, que

l'ensemble de ces défis-là soient réglés parce que c'est déjà une

situation à laquelle on fait face, puis les problématiques arrivent...

Le Président (M. Merlini) :

Merci beaucoup, M. Humbert, pour la réponse brève à cette question.

Maintenant, je me tourne vers le député de Deux-Montagnes pour son bloc

d'échange de six minutes. À vous la parole.

Charette : Merci, M. le Président. Je disais d'entrée de jeu, tout à

l'heure, que j'avais énormément de respect pour le réseau que vous représentez. On a tous dans nos

circonscriptions, effectivement, des carrefours jeunesse-emploi. On est tous, à différents niveaux, partenaires de ces

carrefours. Dans mon cas, je suis administrateur du mien depuis

plusieurs années déjà, travaillé au

développement de d'autres, à la création de certains aussi dans la région des

Laurentides. Bref, un partenaire précieux pour tous les députés que nous

sommes, très, très certainement.

connaissais moins, par contre, le volet ou l'implication qu'avaient le réseau

ou les carrefours individuellement par rapport aux séjours à

l'international. J'avais des échos par rapport à mon propre carrefour, mais je

ne pouvais pas imaginer à quel point vous étiez imbriqués dans ces

structures-là.

J'entendais

les questions et les réponses, là, fournies précédemment. C'est un bel

éclairage, mais en même temps quel

est le support que vous offrez à ces jeunes désireux de vivre l'expérience?

Est-ce que c'est vous, dans un premier temps, qui leur soumettez la

possibilité ou il y a des jeunes qui viennent vers vous instinctivement et vous

disent : Est-ce que vous pourriez m'aider à parcourir les différentes

étapes, là, pour bénéficier de telle ou telle initiative?

Soulières (Alexandre) : Je

vous dirais que c'est vraiment un complément de ce que vous dites. Donc, ça

peut être des... À un certain moment donné,

ce sont des jeunes qui sont déjà en

train de faire un parcours au carrefour jeunesse-emploi, puis il va y avoir un

projet qui va démarrer, et l'intervenant du jeune va dire : Ah bien! Peut-être

que, pour toi, ce serait intéressant, cette mission-là, parce que ça va

t'aider justement à développer ta confiance en toi et puis ton «empowerment». Et, dans le fond, souvent, également,

ça dépend aussi du volet qui est choisi pour le projet. Ça peut être un

projet soit de réinsertion socioprofessionnelle après, ça peut être un projet

de retour aux études, ça peut être un projet entrepreneurial. Donc, c'est vraiment

en fonction, également, du projet.

y a beaucoup de bouche-à-oreille aussi qui se fait avec les

jeunes eux-mêmes, un jeune qui va arriver, qui va dire : Ah bien,

moi, j'ai fait tel projet au carrefour, ça a vraiment été emballant, ça a

changé ma vie, ça a changé mes perspectives.

Eh bien, à ce moment-là, on va l'aiguiller vers le bon projet qui va

correspondre à ses besoins. On est vraiment dans une approche de... On s'adapte aux jeunes. Donc, si le jeune a

besoin d'un soutien qui est particulier, on va lui offrir. Si on n'est pas en mesure de lui offrir ce

soutien-là, on va le référer vers un de nos partenaires. Parce qu'on ne prétend

pas être bons dans tout. On travaille en complémentarité avec tout le monde sur

le milieu, et, dans le fond, c'est ce qui fait en sorte aussi que les jeunes

sont vraiment pris en charge du début jusqu'à la fin.

Charette : C'est gentil.

Merci. Et, à l'inverse, est-ce que le réseau, que ce soit LOJIQ ou les

différents offices, vous communique de façon aussi régulière que ce

soient les dates butoirs pour telle ou telle... Est-ce que vous êtes parmi

leurs destinataires?

Soulières (Alexandre) : Ah! oui, oui, vraiment. On a vraiment un bon

soutien de la part de LOJIQ. À chaque fois

qu'il y a des appels de projets, on est mis dans le pool. À chaque fois qu'on

organise des événements, les gens de LOJIQ,

on les invite, ils répondent présents. Il y a également... Dans le cadre de

notre congrès annuel de formation, les gens

de LOJIQ viennent donner une formation aussi au niveau des intervenants. Il y a

beaucoup d'échanges d'information qui se font. Vraiment, en tout cas, je

pense qu'on peut dire qu'on a, les deux, avec les années, bâti un partenariat

qui est solide puis qui surtout est dans

l'intérêt des jeunes, parce que tout le monde, bien, on veut que ça fonctionne

puis on veut que ça donne des

meilleurs résultats possible pour les jeunes. Donc, oui, effectivement, à ce

niveau-là puis autant... Même quand on a eu des difficultés, on a été

capables réciproquement de les adresser ensemble, puis de trouver des solutions ensemble, puis justement d'être capables

de transformer ces obstacles-là en opportunités pour le développement

des jeunes aussi. Donc, ça, vraiment, c'est un... On est privilégiés d'avoir

des partenaires comme...

Le Président (M.

Merlini) : Dernière minute, M. le député de Deux-Montagnes.

M. Charette :

Oui, rapidement. J'ignore si la question vous a déjà été posée. Si oui, malheureusement,

elle m'a échappé. Est-ce que vous avez pu

comptabiliser le nombre de jeunes issus des réseaux du carrefour qui, bon an,

mal an, bénéficient d'une expérience à travers le réseau qui nous concerne aujourd'hui?

M. Soulières

(Alexandre) : Malheureusement, les données sont... Il y a eu, je

dirais, un arrêt momentané des séjours à

l'étranger depuis 2014. Donc là, on n'est pas en mesure en ce moment de donner des chiffres précisément. Il y a certains

projets pilotes qui ont été réalisés dans trois ou quatre carrefours jeunesse-emploi pour être capables, après ça, de voir quelle façon ça peut s'articuler à nouveau.

Chose certaine, c'est important que ce genre de programme de mobilité là continue d'exister. Ça donne vraiment

des résultats incroyables. Et puis, en ce sens-là, bien, c'est pour ça qu'on va travailler en collaboration aussi

avec les offices pour trouver les meilleures solutions possible.

Mais

là, pour le moment, on a les chiffres au

niveau du volontariat, bénévolat.

Rudy mentionnait tout à

l'heure que c'était autour de

3 000 jeunes, seulement

depuis le mois de janvier, qui avaient été rejoints. Donc, c'est en

développement. On est très heureux du

développement et comment ça se passe. On apprend aussi. C'est quelque chose de

très nouveau, le volontariat, au Québec. Nos collègues français, eux,

sont très avancés, mais nous, on développe ces programmes-là, ces projets-là. Donc, c'est pour cette raison

qu'on est encore dans la courbe d'apprentissage, comme on dit, mais on a

un soutien très important aussi de LOJIQ. On travaille

vraiment en collaboration, et puis c'est important de continuer de travailler

dans cette voie-là.

Président (M. Merlini) : M. Alexandre Soulières, M. Rudy Humbert,

représentant le Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec, merci

de votre collaboration à nos travaux. Merci à toutes et à tous de votre

présence.

La Commission des institutions ajourne ses

travaux, donc, au mardi 17 octobre, où elle entreprendra un autre mandat.

Bonne fin d'après-midi.

(Fin de la séance à 16 h 31)

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCI 2017-10-04
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions ci-41-1 journal-debats CI-171004
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier052ff270fe5cca8359e6497f4364d09dd3f719db

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