House Proceedings — 9 October 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
2019-10-09
Quebec — Debates (Hansard)
est aussi à noter qu'Histoire de chevaux est le seul finaliste québécois
parmi les 10 candidats retenus à s'être démarqués à travers le Canada. C'est grâce à l'implication, au dévouement, à
toute la passion de plus d'une centaine de bénévoles, en plus de
l'équipe permanente, qu'Histoire de chevaux se distingue dans le milieu.
Encore bravo, et
poursuivez votre bon travail! Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Je cède
maintenant la parole à M. le député de Chapleau.
M. Lévesque
(Chapleau) : Merci, Mme la Présidente. Lorsque nous faisons face à la perte d'un être cher, il
est souvent difficile de surmonter une telle épreuve. Cependant, dès
lors que nous disposons de services funéraires de qualité, comme ceux offerts
par la Coopérative funéraire de l'Outaouais, le deuil s'en retrouve atténué et
facilité.
Mme la Présidente,
j'aimerais souligner le 40e anniversaire de la Coopérative funéraire de l'Outaouais,
qui a à coeur le respect et la sérénité des
familles endeuillées, 40 ans à toujours vouloir faire mieux pour ses membres, tout en
conservant sa mission première. L'éthique professionnelle,
le respect, la compréhension et l'empathie sont au coeur de sa mission
et de ses services. Son succès dans Chapleau et en Outaouais a dépassé toutes
les attentes puisqu'elle détient aujourd'hui 80 % du marché des services
funéraires dans la région.
Je tiens à remercier
personnellement Dan Guay, président du conseil d'administration, Guylaine
Beaulieu, directrice générale, Claude
Tremblay, directeur, et tout le personnel de la coopérative pour leur excellent
travail. Vous êtes toujours prêts à répondre aux besoins des familles et
des proches de notre communauté.
Merci pour ce que vous faites, et bon 40e à
vous!
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, je
suis prête à céder la parole à Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille :
Bonjour, Mme la Présidente. Dans l'arrondissement de Montréal-Nord, la
proportion de femmes victimes de
violence conjugale est le double du reste de l'île de Montréal. Le nombre de
sans-emploi y est le plus élevé. Une
importante proportion de nos jeunes vit dans la pauvreté. Alors, vous
comprendrez, Mme la Présidente, l'importance de l'action communautaire
dans Bourassa-Sauvé.
Depuis
10 ans, la Table de quartier de Montréal-Nord coordonne de main de maître
le travail exceptionnel des organismes communautaires de mon comté. Leur
force de frappe est exceptionnelle.
La semaine dernière, la table de quartier
lançait un livre blanc intelligent et terre à terre, Osons ensemble le changement , pour célébrer son 10e anniversaire. Cet ouvrage donne des pistes
de solution pour lutter contre la pauvreté et décrit le sous-financement
des organismes de chez nous comparativement aux autres arrondissements.
Alors, je
félicite Steves Boussiki, le directeur de la table, et tous les membres de la
table de quartier pour cette initiative et pour leur travail sans
relâche dans mon comté. Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Mme la
députée de Châteauguay, la parole est à vous.
Chassé : Mme la Présidente, c'est avec bonheur et fierté que je souligne le 75e anniversaire de la
filiale n° 108 de la Légion royale canadienne.
Fondée le 16
décembre 1944 à Châteauguay, elle a accueilli à bras ouverts les valeureux
soldats qui revenaient du front
européen après les horreurs de la Seconde Guerre mondiale. À ses débuts, la
filiale 108 se réunissait dans une vieille
grange. Éventuellement, elle s'est vue confier par la ville un monument
commémoratif. Le cénotaphe fut déplacé pierre par pierre. Depuis lors,
la filiale de Châteauguay organise des activités communautaires au profit des
vétérans. Il est primordial que nous reconnaissions l'honorable exercice de
leurs fonctions.
Pour
conclure, je vous laisse sur les mots de la légion, qui commémorent chaque
année ce souvenir de bravoure : «To
perpetuate the memory of Canada's loss of thousands of young men and women in
world wars and other military conflicts.» Bon 75e anniversaire à la
légion!
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Maintenant, je reconnais la parole à M. le député de
Rimouski.
LeBel : Merci, Mme la Présidente. La ville de Rimouski est
présentement candidate afin d'obtenir la 57e finale des Jeux du Québec à l'été 2022. Je tenais,
aujourd'hui, à souligner la qualité du travail du comité de candidatures mené
par José Arsenault, qui travaille sans relâche à offrir un dossier de qualité
aux responsables des Jeux du Québec.
Avec des
infrastructures de qualité, des jeunes athlètes motivés à performer, avec des
citoyens mobilisés, la ville de Rimouski a tous les atouts pour offrir des jeux
d'une grande qualité. Je souhaite que les jeunes de chez nous puissent vivre
avec fierté l'esprit sportif et de collaboration qu'inspire la tenue éventuelle
des jeux d'été sur le sol de leur ville.
Connaissant les Rimouskois et Rimouskoises,
j'affirme sans aucun doute que la jeunesse du Québec serait accueillie avec chaleur dans une ville au grand
coeur avec des paysages magnifiques. Les jeunes athlètes y concevront
des souvenirs inoubliables.
Je profite donc de cette tribune devant mes
collègues de l'Assemblée nationale pour réitérer mon soutien inconditionnel à la candidature de Rimouski pour
les Jeux du Québec de l'été 2022. Merci encore à tous les bénévoles et
au comité provisoire Rimouski 2022. Ensemble, nous sommes jeux ! Puis on
ne lâche pas!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Mme la députée de Saint-François.
Hébert : Merci, Mme la Présidente. La Fromagerie La Station,
de Compton, brille jusqu'à l'international. Son fromage Alfred le
fermier recevait, en avril dernier, le
titre de grand champion dans le cadre du
premier Concours international de
fromages de SIAL Canada, un honneur qui s'ajoute à une impressionnante liste de
distinctions obtenues dans les dernières années. Le 10 septembre dernier avait
lieu la 21e présentation de Sélection Caseus, Le Concours des fromages du Québec. Elle obtenait non pas une, mais quatre distinctions. Alfred le fermier,
Meilleur fromage au lait cru; Chemin
Hatley, Meilleur fromage biologique et gagnant dans la catégorie
Fromage à croûte lavée, mixte et naturelle; la Raclette de Compton au poivre, gagnant dans la catégorie
Fromage aromatisé par ajout d'épices, de légumes, de fruits ou de noix.
Bravo pour vos belles réussites!
produits de la fromagerie sont faits à
partir de lait biologique produit sur
la ferme familiale. Quatre générations de
producteurs, une agriculture biologique et durable. Félicitations à votre famille pour vos beaux succès bien mérités!
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Maintenant, nous poursuivons avec M. le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
La parole est à vous.
M. Tardif : Merci, Mme la Présidente. Un des sports les plus appréciés au Québec,
le hockey, se rattache de plus en
plus souvent à des grandes causes. C'est aussi, dans ma circonscription,
Rivière-du-Loup—Témiscouata,
avec l'équipe les 3L, de la Ligue
nord-américaine de hockey, le cas. Pour la sixième année consécutive, cette
équipe jouera un match en rose le 25
octobre prochain. Un montant de 2 $ sera remis à la Fondation du cancer du
sein du Québec pour chaque billet
vendu. Également, un cocktail rose sera aussi offert dans différents
établissements de Rivière-du-Loup. 1 $ sera alors remis à la fondation. Et, depuis le début de cette
initiative, plus de 18 000 $ ont été amassés. La présidence
d'honneur, cette année, a été confiée
à Mme Isabelle Jean, une mère de famille courageuse et déterminée de 39 ans qui
combat actuellement la maladie et dont nos meilleures pensées
l'accompagnent.
terminant, j'adresse également toutes mes félicitations aux 3L pour cette
excellente initiative dans notre milieu, et bon succès! Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Alors, nous allons
conclure avec M. le député de Maskinongé.
Allaire : Merci, Mme la Présidente. Comme vous le savez sans doute, le
Festival de la galette de sarrasin bat son
plein actuellement à Louiseville. J'ai d'ailleurs l'immense honneur d'être le
président d'honneur actuellement. C'est donc le moment idéal aujourd'hui pour mettre en lumière celui qui a été,
durant les 12 dernières années, le Grand Maître de la confrérie des Sarrasins,
sieur Réjean Beaudoin. C'est en 1997 que la confrérie des Sarrasins de
Louiseville a vu le jour. Depuis cette date,
deux Grands Maîtres ont pris la tête de la confrérie, soit le père Sarrasin
lui-même et Réjean Beaudoin.
Homme de coeur, sieur
Beaudoin a su grandir dans la confrérie, qui compte maintenant 68 membres
actifs et 38 membres d'honneur. Il a aussi
su instaurer comme habitude alimentaire le sarrasin et faire connaître ses
produits dérivés. Toutes et tous
reconnaissent la gentillesse et le don de soi qui le caractérisent. Sieur Beaudoin
a donc laissé sa marque, et je tenais
à le remercier pour ses 12 dernières années de dévouement. Bravo et merci,
Réjean! Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Cela met fin à la
rubrique des déclarations de députés.
Je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 51)
Le Président :
Mmes et MM. les députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
vous remercie. Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : M. le Président, je vous demande d'appeler l'article a,
s'il vous plaît.
Président : À
l'article a du feuilleton, Mme
la ministre de la Santé et des Services sociaux présente le
projet de loi n° 43, Loi
modifiant la
Loi sur les infirmières et les infirmiers et d'autres dispositions
afin de favoriser l'accès aux services de santé. Mme la ministre.
McCann : Merci, M. le Président. Alors, je dépose le projet de loi
n° 43, Loi modifiant la
Loi sur les infirmières et les infirmiers
et d'autres dispositions afin de favoriser l'accès aux services de santé.
Ce projet de loi
modifie la
Loi sur les infirmières et les infirmiers afin d'accroître les
activités pouvant être exercées par les
infirmières praticiennes spécialisées, en leur permettant notamment de
diagnostiquer les maladies courantes, de
déterminer des traitements médicaux et d'effectuer le suivi de certaines
grossesses. Il permet à l'Ordre des
infirmières et des infirmiers du
Québec de prévoir, par règlement,
les conditions et les modalités applicables aux activités exercées par ces
infirmières. Avant d'adopter un tel règlement, l'ordre devra consulter l'Office des professions du Québec ainsi
que les ordres professionnels intéressés, notamment le Collège des médecins du
Québec.
plus, le projet de loi modifie certaines lois du domaine de la santé, notamment
pour ajuster les fonctions des directeurs des soins infirmiers des
établissements de santé et de services sociaux.
Le projet de loi
modifie également plusieurs lois et règlements pour, entre autres, étendre aux
infirmières praticiennes spécialisées la
possibilité d'effectuer certains examens ou d'accomplir certains actes réservés
jusque-là aux médecins, notamment en matière de santé et de sécurité du
travail, d'aide aux personnes et aux familles, d'assurance automobile, de santé
et de services sociaux et de services de garde éducatif à l'enfance.
Enfin, le projet de
loi propose diverses dispositions de concordance. Merci, M. le Président.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle.
Tanguay : Oui, merci beaucoup, M. le Président. Alors, nous
souhaitons la tenue de consultations particulières sur ce projet de loi.
Est-ce que le leader du gouvernement peut s'engager en ce sens?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : M. le Président, ce sera avec plaisir. Nous
attendrons la liste de groupes suggérés par l'opposition officielle.
Le Président :
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Le Président :
Adopté.
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le ministre des Finances.
Girard (Groulx) : M. le Président, je dépose le rapport annuel de
gestion 2018-2019 de l'Institut de la statistique du Québec. Merci,
M. le Président.
Président : Ce document est déposé. M. le ministre responsable
de l'Administration gouvernementale et président du Conseil du trésor.
M. Dubé :
Alors, M. le Président, je dépose le rapport concernant l'application de la Loi
sur les contrats des organismes publics pour
la période du 1er avril 2014 au 31 mars 2019 ainsi que le
rapport indépendant sur l'application de la
loi sur les contrats et
organismes publics. Merci.
Président : Ces documents sont déposés. M. le ministre du
Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale.
Boulet : M. le Président, je
dépose les rapports d'activité 2018-2019 du Fonds de développement et de
reconnaissance des compétences de la main-d'oeuvre, du Comité
consultatif de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale ainsi que le rapport annuel 2018-2019 de la Commission des
partenaires du marché du travail. Merci, M. le Président.
Le Président :
Ces documents sont déposés.
Pour
ma part, je dépose le rapport d'activité et de gestion 2018-2019 de la
Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.
À la rubrique Dépôt
de rapports de commissions, M. le président de la Commission des finances
publiques et député de Montmorency.
M. Simard :
M. le Président, je dépose le rapport très attendu de la Commission des
finances publiques qui, le
8 octobre 2019, a procédé à l'étude détaillée du projet de loi n° 36, Loi modifiant la
Loi sur les compagnies concernant la participation et la prise de décision aux
assemblées des personnes morales sans capital-actions. La commission a adopté
le texte du projet de loi sans amendement.
Le Président : Ce rapport est déposé. M. le président de la Commission
de la santé et des services sociaux et député de Beauce-Nord.
Provençal : M. le Président, je dépose le rapport de la Commission de
la santé et des services sociaux qui, les 2, 3 et 8 octobre 2019, a
tenu des auditions publiques dans le cadre de consultations particulières sur
le projet de loi n° 31, Loi modifiant principalement
la
Loi sur la pharmacie afin de favoriser l'accès à certains services. Merci,
M. le Président.
Le Président :
Ce rapport est maintenant déposé.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, M. le député de Blainville.
M. Laframboise : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 122 pétitionnaires. Désignés :
citoyens et citoyennes.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
qu'en 2017 et 2019 la majorité des résidents riverains de la ville d'Oka et de
Saint-Placide ont subi des inondations majeures sur leur propriété ayant
causé des dommages importants;
«Considérant que des
centaines de riverains ont dû évacuer leur résidence;
«Considérant que ces villes n'avaient
jamais connu de crues printanières aussi extrêmes, exigeant un travail acharné
jour et nuit et causant un grand stress à tous ces résidents pendant plusieurs
semaines;
«Considérant
que l'intervention de l'armée, de centaines de pompiers et bénévoles ont
apporté de façon urgente l'aide nécessaire à tous les intéressés;
«Considérant que
plusieurs municipalités critiquent la gestion des barrages d'Hydro-Québec;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
«Qu'il
effectue une enquête sur la gestion des barrages et des réservoirs
d'Hydro-Québec ayant une incidence sur les régions inondées et qu'il
s'assure de régler à la source la gestion des eaux;
«Qu'il élabore un
plan de gestion des eaux protégeant les riverains des crues printanières
abondantes;
«Qu'il élargisse les
critères d'admission pour une aide financière à tous les résidents riverains
inondés, "résidences principales et secondaires";
«Qu'il s'assure d'apporter des solutions
permanentes durables et un suivi avant le printemps 2020 pour protéger
les propriétés de tous les riverains, comme
celles établies à Deux-Montagnes,
Pointe-Calumet et [...] Sainte-Marthe-sur-le-Lac;
«Qu'il demande au
gouvernement fédéral les fonds nécessaires pour effectuer ces travaux avant la
fin de l'année 2019.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Cet extrait de pétition est déposé.
n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une
violation de droit ou de privilège.
Nous en sommes
maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je cède la
parole au chef de l'opposition officielle.
Arcand :
Merci, M. le Président. La pénurie de main-d'oeuvre est réelle et s'aggrave de
jour en jour. De nombreux cas d'entreprises
qui doivent, faute de personnel, refuser des contrats, fermer leurs portes ou
carrément déménager hors du Québec, comme c'est le cas d'Agropur, ça fait
surface à tous les jours. Selon un sondage, 81 % des PME affirment avoir de la difficulté à recruter
des employés. C'est plus de 140 000 travailleurs qui manquent
présentement à l'appel. Et le
gouvernement caquiste est en place depuis maintenant un an. On s'attend à ce
qu'il arrive avec des solutions concrètes. Pourtant, hier, on a assisté
à l'habituelle improvisation de la CAQ. On parlait de ne pas imposer le temps supplémentaire. Un ballon d'essai lancé à la
volée, sans réelle explication. Soyons clairs, M. le Président, nous sommes
favorables à toutes les mesures qui pourraient amoindrir les effets de la
pénurie de main-d'oeuvre. Cependant, si le gouvernement avait un plan, il ne
lancerait pas une telle idée dans l'univers, il l'appliquerait.
Alors,
ma question est simple : J'aimerais savoir... Aujourd'hui, j'aimerais que
le premier ministre me donne les détails de cette mesure que son
ministre a lancée et comment il souhaite la mettre en place.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, la pénurie de main-d'oeuvre qu'on vit actuellement n'est pas
arrivée le 1er octobre 2018. C'est
une pénurie qui existe depuis longtemps. Et malheureusement les gouvernements
ont mal planifié les besoins de main-d'oeuvre dans les différents
secteurs dans les différentes régions du Québec. M. le Président, le ministre des Finances, lors du dépôt et de son budget et de sa mise à jour, jusqu'à présent, a mis en place plusieurs mesures, entre autres pour inciter les travailleurs retraités à revenir au travail. On
continue d'examiner d'autres mesures, comment, entre autres, donner des
incitatifs pour les personnes qui choisiraient de faire du temps supplémentaire. Je demande au chef de l'opposition officielle d'être un peu
patient. Il y aura une mise à jour économique le 7 novembre prochain. Évidemment, il y aura un autre budget le printemps
prochain. On est en train de s'assurer qu'on met tout en place pour
répondre aux besoins du marché du travail.
Le Président :
...allez-y, M. le premier ministre, mon erreur.
Legault : Oui. Donc, que ça soit l'immigration, que ça soit la
formation, que ça soit d'inciter les gens à revenir au travail ou à faire du
temps supplémentaire, on y travaille à temps plein puis on va arriver avec un
plan complet, ce qui n'a pas été fait au cours des 10 dernières
années.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
M. Arcand :
M. le Président, on n'est pas contre, on veut juste comprendre. Encore une
fois, je comprends que le gouvernement
va cibler des secteurs où la pénurie de main-d'oeuvre frappe le plus fort. Mais
qui va décider des perdants? Qui va tracer la ligne?
Est-ce
qu'on pense qu'en... vraiment, en créant deux classes de travailleurs, c'est
comme ça qu'on va contrer la pénurie
de main-d'oeuvre? Est-ce que c'est en demandant, par exemple, aux infirmières
qui n'en peuvent plus de faire du temps supplémentaire... si on leur demande
d'en faire plus, est-ce que ça va véritablement régler le problème?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, mon collègue le ministre du Travail a fait un travail de titan
qui aurait dû être fait depuis
longtemps, qu'il a appelé La Grande Corvée, s'est assuré que, dans chaque
région du Québec, on identifie les besoins de main-d'oeuvre. Il l'a fait
entreprise par entreprise.
Donc, on est
actuellement en train d'avoir le portrait des besoins de main-d'oeuvre partout
au Québec, pas seulement à Montréal, puis on
est en train, avec mon collègue à l'Immigration, de mettre en place un nouveau
système où les nouveaux arrivants vont d'abord être choisis en fonction des
besoins concrets de chacune des entreprises de chaque région du Québec.
C'est comme ça...
Le Président :
En terminant.
M. Legault :
...qu'aurait dû travailler le Parti libéral depuis longtemps.
Le Président :
Deuxième complémentaire. La parole n'appartient qu'au chef de l'opposition
officielle.
M. Arcand :
M. le Président, le ministre, hier, a fait des entrevues. Il a avoué lui-même
que la mesure qu'il propose va créer
deux classes de travailleurs, parfois même dans la même compagnie. Certains
vont payer de l'impôt, pas d'autres.
Quel
est le message qu'il envoie à ceux qui ne remporteront pas la loterie du
ministre? Pense-t-il vraiment que c'est en créant ces deux classes de
travailleurs qu'il va contrer la pénurie de main-d'oeuvre?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, on voit encore une fois une démonstration d'un parti qui est
le parti du statu quo, hein? On a un
chef de l'opposition officielle, un chef du Parti libéral qui nous dit :
C'est compliqué, s'assurer qu'on incite aux bons endroits le temps
supplémentaire. Donc, étant donné que c'est compliqué, on ne fera rien.
le Président, on n'agira pas en ne faisant rien. On n'agira pas comme le Parti
libéral a fait depuis des années, de protéger le statu quo. On va être
créatifs pour s'assurer qu'on réponde mieux aux besoins des entreprises.
Le Président :
Troisième complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
M. Arcand : M. le
Président, on n'est pas contre, on
veut juste comprendre. Le gros bon sens, c'est de donner toute l'information pertinente à la population quand on fait une
annonce de cette ampleur. Le gouvernement, en improvisant de la sorte et en lançant des ballons d'essai, crée de la confusion.
Alors, je dis au premier ministre qu'il ne doit pas créer deux classes de
travailleurs. Il doit proposer une mesure qui est juste, une mesure équitable
pour tous les Québécois.
Va-t-il déposer un
plan complet rapidement?
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, le chef du Parti libéral vient de nous dire : On n'est pas contre
donner des incitatifs pour ceux qui font du temps supplémentaire, mais
on n'a rien fait pendant 15 ans. C'est ça, la vérité, M. le Président.
En réponse à une question
d'un journaliste, cette semaine, qui nous demandait : Êtes-vous ouverts à
regarder des incitatifs pour moins taxer le
temps supplémentaire?, on a répondu : On est ouverts à regarder
ça. On est en train de le regarder. On va agir. On ne s'assoira pas sur
nos mains comme le Parti libéral.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Mme Anglade : Alors, M.
le Président, la vitalité de nos
régions est essentielle, et, dans les dernières semaines, on a vu des signaux inquiétants. À cause de la pénurie de main-d'oeuvre, on ne se rend pas nécessairement compte des
conséquences de la fermeture de nos
entreprises. Et pourquoi on ne s'en rend pas compte? Parce que
les gens qui perdent leur emploi
arrivent à se replacer. Mais à quel prix, M. le Président? Et, pendant
que le ministre de l'Immigration fait le contraire
de ce que réclament les milieux économiques
et les milieux de l'éducation, pendant que le ministre de l'Emploi
envoie des ballons d'essai, il y a des entreprises qui ferment.
La semaine dernière, Agropur a annoncé la
fermeture de son usine dans la MRC d'Argenteuil à cause d'une consolidation en
Nouvelle-Écosse et en Alberta. Pour la région, c'est la deuxième entreprise en
importance. Ce sont 200 emplois. Les employés sont inquiets, M. le
Président. Mais je n'ai jamais entendu la ministre du Développement économique
régional nous dire ce qu'elle allait faire.
Quel est le plan de la ministre du Développement
économique régional?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Fitzgibbon : M. le
Président, j'aimerais juste peut-être
corriger certains faits qui ont été évoqués, puis je vais revenir au dossier Velan, parce qu'on nous avait accusés à l'époque d'une situation qui était un peu
incompréhensible de la part du Parti libéral.
Premièrement, Agropur, il faut comprendre ce qui s'est passé. Agropur a acheté
des actifs de Scotsburn en 2017, a eu plusieurs usines, et une des
usines était celle de Lachute, et cette usine-là n'est pas performante. Agropur
et M. Cordeau, qui est le nouveau
président, à qui j'ai parlé quelques jours avant l'annonce, ont confirmé, d'une
part, qu'ils sont commis à investir
au Québec, ils sont commis à régler une problématique importante au
Québec, où on a un manque de productivité. L'usine de Lachute ne pouvait plus être productive. Donc, ils ont
considéré envoyer les produits à Truro, en Nouvelle-Écosse, et à Edmonton, en
Alberta, mais il leur reste des opérations d'Agropur au Québec. Ils sont commis
à investir de l'argent pour augmenter leur productivité. Alors, moi, je pense
qu'il faut commander Agropur.
Et, deuxièmement, les 177 emplois qui vont être perdus... Premièrement, le préavis est en août 2020, donc, on est quasiment un an... Deuxièmement, les deux tiers
des employés vont probablement se relocaliser, entre autres, à Oka. Et, troisièmement,
mon collègue au ministère du Travail travaille avec les gens qui ne souhaitent
pas être relocalisés.
Alors, je pense que, dans un an...
Le Président : En terminant.
M. Fitzgibbon : ...on va être très
satisfaits de ce qui s'est passé.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Anglade : Alors, pendant que
le ministre justifie, la ministre du Développement économique régional ne se lève pas. Mais, pendant ce temps-là, il y a des entreprises qui
continuent de fermer. Des exemples?
Toast! et SSS à Québec, Groupe Éthier
dans Les Laurentides, LB Maple Treat en Estrie, Casseau Blanc en Montérégie, JM
Textiles en Mauricie, Joubec au
Saguenay, Groupe Lebel en Gaspésie, Osmia, Côte-Nord, Personnel en Estrie,
L'art de l'affichage, Lac-Saint-Jean, et j'en passe, M. le Président, je
n'ai pas assez de temps.
Est-ce que la ministre du Développement
économique régional va se lever pour y répondre?
Le Président : Mme la
ministre déléguée au Développement économique régional.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : Merci, M. le Président, pour cette question. C'est une
question fort pertinente, puis, depuis un an, on s'acharne à réparer les
pots cassés. On a d'abord consulté les entrepreneurs...
Le Président : S'il vous
plaît!
Proulx (Côte-du-Sud) : Les entrepreneurs nous ont dit ne jamais avoir
été aussi bien écoutés puis aussi avoir eu des réponses aussi claires
pour leurs besoins.
C'est ce
qu'on s'apprête à faire avec la réforme d'Investissement Québec, avec du
soutien pour les entrepreneurs au niveau de l'accompagnement au niveau
local. On répare les pots cassés. C'est-à-dire que les CLD ont été fermés, les CRE ont été fermées par les libéraux. Donc,
maintenant, nous, on s'évertue à réparer les pots cassés. Mais moi, comme
ministre du Développement économique régional, je n'accepterai pas de juste
réparer les pots cassés.
Le Président : En terminant.
Mme Proulx (Côte-du-Sud) : Je veux
aller plus loin que cela...
Le Président : S'il vous
plaît!
Mme Proulx (Côte-du-Sud) : ...puis
on va avoir des actions concrètes à proposer.
Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée. Vous êtes la seule à avoir la parole. Nous sommes
tous attentifs, comme à l'habitude.
Mme Anglade : Je ne pense pas que la ministre
a parlé aux entreprises auxquelles on a parlé. Les fermetures, les
grandes, les moyennes, les petites, tout le monde est touché, jusqu'aux
dépanneurs des régions. Le seul dépanneur de la
petite municipalité de Lamarche, au Lac-Saint-Jean, a fermé ses
portes dans les derniers jours. Aujourd'hui, depuis la première fois de son histoire, il
n'y a plus de station-service, il n'y a
plus de dépanneur. Une citoyenne disait : «Ça nous fait quelque
chose parce que le dépanneur, c'est le coeur du village. [...]On n'a plus de
restaurant. On n'a plus rien.»
Qu'est-ce que la ministre a à répondre?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
Le Président : S'il vous
plaît!
Fitzgibbon : M. le Président, je peux confirmer à la députée de
Saint-Henri—Sainte-Anne
que je travaille étroitement avec la ministre déléguée. Et ce qu'on fait
présentement avec la réforme d'Investissement Québec, c'est qu'on va créer 17 régions administratives. Il
y a 250 000 PME au Québec. Il va être impossible pour Investissement
Québec de tous les faire. Il va être
impossible aussi que toutes ces sociétés-là soient performantes. Mais on aura
un travail à faire et on s'est engagé
avec l'UQM... excusez, et la FMQ pour
travailler avec eux autres en région, avec soit les CLD ou soit des fonds
qu'on va mettre en place.
Alors, je peux assurer la ministre, l'ancienne ministre,
que nous sommes à l'oeuvre et qu'on travaille avec les localités, parce que ça va être impossible, au niveau du gouvernement, qu'on prenne 250 000 PME et les rendre performantes. On
va devoir faire des choix.
Le Président : Question
principale, M. le député de La Pinière.
M. Barrette : M. le Président, il y
a quelques minutes, en mêlée de presse, le ministre des Transports s'est rendu à l'évidence et a admis son erreur. En démocratie,
là où la règle de droit a préséance, on ne peut nier aux citoyens ni le droit à la contestation judiciaire ni le
droit à une compensation financière qui vient avec. Je reconnais l'intention du
ministre de retirer cette portion de son amendement. Mais rappelons-nous
que vendredi dernier il y avait une entente entre l'industrie du taxi et le
ministre, que lundi il n'y en avait plus et qu'hier il y a eu l'infâme
amendement 257.
Maintenant,
en cette Chambre, est-ce que le ministre s'engage à ne pas déposer d'ici
l'adoption du projet de loi quelque
amendement que ce soit qui irait dans le sens de la négation au droit à la
contestation judiciaire et à la compensation financière juste et
équitable qui s'ensuivrait?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Bonnardel : Tout à
fait. M. le Président, les sommes qui seront versées aux propriétaires de taxi
sont importantes. Nous sommes assurément les plus généreux dans le monde à
compenser l'industrie du taxi : un premier 500 millions de dollars qui a été versé, donc, par l'ensemble des
contribuables, une redevance qui a été bonifiée de 0,20 $ à 0,90 $, pour en arriver à une somme de
760 millions de dollars, plus 10 millions qui a été affecté directement
aux cas particuliers. Après avoir
discuté avec l'industrie du taxi dans les dernières semaines, on a décidé de
prendre 30 millions du 44 millions
de dollars du fonds de modernisation pour bonifier, donc, cette aide aux cas
particuliers. Alors, au final, c'est 800 millions de dollars que l'on
versera à l'industrie du taxi. Je leur ai dit aussi que nous allions devancer
le paiement de ce 800 millions de dollars dès que la loi sera
adoptée.
Alors, je
reste persuadé encore, de bonne foi, que les oppositions, depuis
48 heures, on a fait avancer le projet de loi de façon importante. Il nous reste à peu près 25 articles à
adopter d'ici 18 heures, ce soir. Je reste persuadé, avec le consentement aussi des oppositions, qu'on pourra
faire la prise en considération et l'adoption finale demain, encore une
fois au nom des multiples travailleurs qui sont dans le...
Le Président : En terminant.
Bonnardel :
...transport rémunéré de personnes et l'industrie du taxi, qui veut recevoir
son montant.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de La Pinière.
Barrette : M. le Président, on prend acte de la réponse du ministre.
Mais hier le ministre s'est piégé lui-même dans sa propre improvisation. C'est quand même quelque chose, déposer un
amendement, être obligé de le retirer moins de 12 heures plus tard
et s'en excuser publiquement.
Est-ce que
c'est brouillon? Est-ce que c'est improvisé? Est-ce que c'est mal conçu? Est-ce
que c'est planifié? C'est au public de juger. Quelle est l'opinion du
ministre sur sa propre performance?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! Réponse. La
parole n'appartient qu'au ministre des Transports.
Bonnardel : Si vous
voulez parler, M. le Président, de ma performance comme ministre des
Transports, et si on regarde les quatre
ministres des Transports du Parti libéral des années 2014 à 2018, je pense
que je vais laisser les gens juger et ne surtout pas vous juger sur
votre performance comme ministre de la Santé pendant quatre ans.
Mais, au-delà de tout ça, M. le Président...
Le Président : S'il vous
plaît! S'il vous plaît! Vous vous adressez à...
Bonnardel :
Au-delà de tout ça, M. le Président, je l'ai mentionné, cet amendement n'aurait
pas dû être déposé. J'ai communiqué
ce matin avec le député de La Pinière pour lui expliquer pourquoi nous
allions, donc, modifier cet article. Encore
une fois, je le répète, ce sont des sommes qui sont importantes. Jamais on n'a
voulu retirer des droits à l'industrie du taxi. Puis, encore une fois,
j'ose croire...
Le Président : En terminant.
Bonnardel : ...avec
le consentement, qu'on sera capables d'adopter cette loi d'ici demain soir.
Président : On se rappelle tous que l'on s'adresse à la
présidence. M. le député, deuxième complémentaire.
Barrette : M. le Président, le jugement, la ministre actuelle de la
Santé l'a déjà posé sur moi en appuyant ma réforme. Hier soir, M. le Président, ce qu'on a démontré de façon
spectaculaire, c'est que le travail des oppositions en commission
parlementaire, quoi qu'en...
Le Président :
S'il vous plaît! On garde... Restons attentifs à la question du député.
M. Barrette : ...quoi qu'en disent
certaines personnes, est fondamental, fondamental jusqu'au dernier article,
fondamental jusqu'à la dernière manoeuvre.
Est-ce que le
ministre peut nous assurer qu'il n'y a plus de lapin dans son chapeau afin que
nous puissions terminer nos travaux de la façon la plus constructive?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Bonnardel :
M. le Président, je vous le confirme, je l'ai répété à la question principale.
Maintenant, on a passé près de
115 heures en commission parlementaire pour étudier ce projet de loi.
Bizarrement, depuis 48 heures, et je leur en remercie, on a adopté près d'une centaine
d'articles, en 48 heures. Il en reste à peu près 25 à adopter. Je reste
persuadé que, d'ici 18 heures,
ce soir, avec la collaboration des oppositions, on pourra le faire. On a
amendé, modifié, accepté certains amendements.
On n'a pas tout accepté. On ne veut, encore une fois, pas dénaturer ce projet
de loi. Mais je reste persuadé, au nom des milliers de travailleurs de taxi, du
transport rémunéré, qu'on sera capables, encore une fois, d'adopter
cette loi demain soir et de verser le paiement initial qui devra être versé à
l'industrie du taxi et à ses propriétaires. Merci.
Le Président : Question
principale...
Président : S'il vous plaît! Pas de commentaire. La parole
appartient maintenant à la cheffe du deuxième groupe d'opposition. Votre
attention, s'il vous plaît!
Massé : Merci, M. le Président. Hier, en commission parlementaire sur
le projet de loi n° 17,
justement, le gouvernement
a déposé, à la dernière minute, un amendement lourd de conséquences. Cet
amendement aurait privé les gens du taxi d'obtenir une compensation juste
devant les tribunaux. M. le Président, le travail des oppositions, c'est de
s'assurer que les projets de loi soient bons
pour la population. Hier soir, ma collègue de Mercier a mis son pied à terre
pour éviter une grave erreur. Une chance, parce que ce matin le ministre des
Transports nous annonce qu'on a raison. Il va retirer cette
section de
l'amendement.
Le gouvernement est tellement pressé d'adopter ce projet de loi pour faire plaisir à Uber qu'il va trop vite, et, quand on va vite, bien, on commet des erreurs. On parle
d'un projet de loi qui va bouleverser la vie de milliers de personnes,
de milliers de familles, particulièrement des familles immigrantes, déjà précaires. Des erreurs de même, on ne peut pas
se permettre d'en faire plusieurs,
M. le Président. Mais la plus grave erreur que le gouvernement pourrait commettre, ce serait de nous imposer un bâillon encore
une fois. On est dû pour un «time-out».
Est-ce que
le premier ministre va demander à son ministre des Transports de
s'asseoir avec les oppositions et le milieu
du taxi pour offrir une discussion de la dernière chance pour éviter le bâillon et
les injustices qui peuvent venir avec?
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : M. le Président, la cheffe de Québec
solidaire est contre l'économie
de partage. Pourtant, à peu près
tous les groupes environnementaux dans le monde sont pour l'économie de partage parce que ça permet de réduire
les émissions de gaz à effet de serre, ça permet de limiter les dommages sur l'environnement en étant plusieurs à utiliser les mêmes actifs.
Évidemment, on souhaiterait que les entreprises d'économie
de partage soient le plus possible des entreprises québécoises, et je suis
content de voir qu'effectivement il y a des projets dans ce sens-là. Mais, M.
le Président, c'est important de se moderniser. On ne peut pas rester dans le
passé avec des vieux systèmes. Il
faut être capable de faire face
à la nouvelle réalité, comme le font à peu près tous les pays dans le monde.
Puis le Québec
n'a pas à être gêné, on est l'endroit au monde qui a été le plus généreux. On
prend 800 millions de l'argent des contribuables pour compenser le coût
total, 100 % du coût qui a été
payé par les chauffeurs de taxi pour leurs permis. Je comprends que Québec solidaire trouve que ce n'est pas assez
puis qu'on devrait ajouter des milliards, mais, M. le Président, on a une responsabilité comme gestionnaires des fonds
qui nous sont confiés par les Québécois puis on va respecter la capacité
de payer des Québécois.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Mercier.
Ghazal : Merci, M. le Président. Tous les amendements qu'on a mis en
place, que j'avais proposés, qui vont
dans le sens de la mobilité durable, ont été refusés par le ministre. Une
chance qu'on est là, M. le Président. Si on n'était pas là, des milliers de personnes dont la vie sera bouleversée à
jamais auraient été privées de leur droit d'exiger une compensation équitable.
Toute cette histoire démontre la précipitation et l'improvisation du
gouvernement.
Est-ce que le
ministre peut le reconnaître et revenir sur ses paroles sur le bâillon?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Bonnardel : M. le Président, ce projet de loi répond
directement à la politique de mobilité durable pour permettre à
70 % de la population d'avoir quatre moyens de transport différents, dont
du transport rémunéré de personnes.
Vous
le savez, depuis les dernières semaines, j'ai eu la chance de discuter avec
l'association des propriétaires de taxi
des régions. On a convenu, avec plusieurs
propositions, d'en adopter quelques-unes, je vous les
mentionne encore une fois : le devancement du paiement de la compensation — ce
qui est demandé — bonification de 30 millions, donc, dans
le fonds de modernisation pour les cas particuliers, création d'une table de
concertation, réserver les contrats publics de transport adapté aux
taxis et, finalement, une mesure antidumping.
Le Président :
En terminant.
M. Bonnardel : Je pense que j'ai fait beaucoup,
beaucoup, encore
une fois, pour que ce projet de loi soit adopté et réponde aux propositions des...
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Nous aussi, on a fait beaucoup,
puisque 197 articles ont été adoptés en deux jours. Donc, notre objectif,
c'est faire notre travail. Et faire des erreurs, ce n'est pas le plus grave; ce
qui est le plus grave, c'est de ne pas prendre
le temps d'apprendre de ses erreurs. Et le projet de loi n° 17, c'est erreur après erreur. Le ministre a oublié le transport adapté, il a fait avorter une entente avec les
chauffeurs de taxi, et hier il était sur le point de verrouiller à jamais
leur droit de recours juridique. Et tout ça pour qui? Pour Uber.
Jusqu'où le ministre
est-il prêt à aller pour écraser les travailleurs du taxi?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
M. Bonnardel : Bon, M.
le Président, c'est encore une
théorie du complot. Mme la députée, en tout respect, là, en tout
respect, vous souhaitez juste une chose, c'est de dénaturer le projet de loi, ce qu'on ne fera pas. Ce modèle, ce modèle...
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Oui. Je pensais qu'un simple signe cordial allait
être suffisant, mais le ministre des Transports a l'air bien parti pour s'adresser à la députée de Mercier,
alors que le règlement est clair, c'est à vous qu'il doit s'adresser.
Président : Vous avez
compris. Le règlement, vous le connaissez. Simplement, pas d'interpellation directe, adressez-vous à la
présidence. Tout le monde connaît ce règlement.
M. Bonnardel :
Ce modèle, M. le Président, doit être modernisé. On va assurer la pérennité de
l'industrie du taxi pour les
50 prochaines années, tout comme le transport rémunéré de personnes, et
permettre, encore une fois, de changer les comportements, de dire aux
usagers d'utiliser le transport rémunéré de personnes. Et, avec ces
propositions que nous avons adoptées, je
reste persuadé, encore une fois, qu'on aura des éléments encore plus forts au
bénéfice des clients, au bénéfice de l'industrie du taxi et du transport
rémunéré de personnes.
Le Président :
Question principale, M. le leader du troisième groupe d'opposition.
M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le Président. Trois ans après
la vente de RONA à des intérêts américains, le Parti québécois est
toujours convaincu que c'était une mauvaise décision pour les intérêts du
Québec. La compagnie Lowe's est en train de briser une à
une les garanties promises, et voici, M. le Président, ce qui est en train
d'arriver : fermeture possible d'une
vingtaine de magasins, des bons emplois au siège social de Boucherville qui
sont menacés, des fournisseurs locaux qui seraient remplacés par des
fournisseurs américains.
président du Conseil du trésor affirmait, lors de la dernière campagne
électorale, que la vente de RONA était justifiée,
et je le cite : «La caisse a réussi, dans ce dossier, à garder l'équilibre
entre le développement économique du Québec et le rendement pour ses
déposants.»
Est-ce
que le président du Conseil du trésor est toujours d'accord que la vente de
RONA était la bonne chose à faire pour le Québec? Et veux-tu bien me
dire en quoi que le Québec est sorti gagnant?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
Écoutez, M. le Président, nous sommes très soucieux de ce qui se passe, effectivement,
chez RONA; en fait, les événements qui se
passent dans tout le commerce de détail au complet. Nous travaillons
étroitement avec le CEFRIO, on
travaille aussi avec le CQCD pour voir comment on pourrait outiller nos
détaillants à pouvoir se... combattre l'espace en ligne.
Deuxièmement, il faut
aussi comprendre que, chez RONA, ce qui se produit, présentement, c'est qu'on
voit beaucoup de quincailliers québécois, je pense à Canam, Canac, je pense à BMR,
qui prennent le peu de marché.
Alors,
il faut voir que, dans l'environnement québécois, je pense qu'il y a un esprit nationaliste,
que je dois commander. Je suis
confortable néanmoins que RONA va pouvoir survivre, mais la rationalisation se
passe au même
titre qu'Agropur ou que
de Velan. On est dans un environnement de plein-emploi, un environnement où il
faut optimiser nos ressources.
Alors, Lowe's fait le
travail qu'ils ont à faire. Moi, je suis confortable qu'au Québec on a quand
même des répercussions positives. Mais, plus
largement défini, je pense qu'il faut prendre en main le commerce de détail en
général, qui souffre présentement, et nous nous sommes engagés, au gouvernement,
à prendre les mesures appropriées.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député.
M. Ouellet : M. le Président, le ministre
de l'Économie affirmait la semaine
dernière, en commission
parlementaire, que c'est correct de
laisser partir des sièges sociaux pour se concentrer sur les plus gros. Et je
cite : «Si on maintient trop de sièges sociaux pour se penser gros,
on va avoir un enjeu.»
C'est
quoi, pour la CAQ, son nationalisme? Pas trop de sièges sociaux? Juste assez? M. le Président, est-ce que le ministre de l'Économie peut nous
déposer la liste des sièges sociaux qu'il veut voir partir?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie. À vous seul la parole.
M. Fitzgibbon :
La réponse à la question, c'est non. Mais par contre je veux confirmer quelque
chose, c'est qu'effectivement, dans un environnement...
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Fitzgibbon : ...dans un environnement où nous sommes sous-productifs,
hein, on l'a dit souvent, puis c'est une
de mes obsessions, il va falloir choisir, effectivement, des sièges
sociaux et les bonifier. Je pense que c'est important d'avoir des fleurons québécois qui vont être capables
de compétitionner sur une base internationale.
Ceci
étant dit, on ne laissera pas partir les autres, mais il va falloir les
choisir. Et je pense que le programme qu'on met en place pour, d'une
part, investir en innovation, automatisation, numérisation va être très
favorable à toutes les industries. Deuxièmement, on a 1 milliard de
dollars qu'on a alloué à Investissement Québec...
Le Président :
En terminant.
M. Fitzgibbon :
...dans ses fonds propres pour pouvoir prendre les sièges sociaux qui peuvent
être...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député.
M. Ouellet : M. le Président, je ne suis pas convaincu. On a perdu RONA, on
perd encore des bonnes jobs, au Québec, et on va continuer à perdre des sièges sociaux.
On va perdre des fleurons, M. le
Président. La responsabilité du gouvernement, ce n'est pas juste de protéger les jobs, c'est
de garder les décideurs ici, au Québec. Le trio économique de la CAQ, là, ce n'est pas «business as usual»,
c'est «business is in Québec». S'il faut le dire en anglais pour que vous le
compreniez... La loi du marché, c'est la loi de la protection du marché du Québec.
Le Président :
On s'adresse toujours à la présidence, je le rappelle.
Le Président :
S'il vous plaît! Attentifs à la réponse du ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon : Je pense qu'on peut cohabiter avec des donneurs
d'ordres internationaux qui vont venir s'occuper de la chaîne d'approvisionnement. Je vais référer à Mitsubishi, je vais
référer à Airbus. C'est bénéfique pour le Québec. Il ne faut pas
être petit.
Deuxièmement,
en même temps qu'on accepte des donneurs d'ordres qui vont bonifier la chaîne
d'approvisionnement des PME du Québec, on peut aussi prendre des
compagnies puis les bonifier.
Alors,
l'engagement du gouvernement, c'est de faire les deux. On est capables
d'attirer des étrangers qui vont venir nous aider puis on est capables
de prendre des compagnies québécoises, avec les capitaux que nous avons de disponibles, puis les rendre encore plus
performantes soit en investissant en innovation, qui est très requis pour les coûts de
production, ou en consolidant les joueurs de l'industrie. Les deux peuvent se
faire de façon concomitante.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
En éducation...
Le Président :
S'il vous plaît!
Mme Rizqy :
...les défis sont grands. Il manque énormément d'enseignants. On parle de
détresse psychologique, on parle de
désertion de la profession. Et la réponse du ministre de l'Éducation, c'est le
mépris. En déposant son projet de loi n° 40...
Mme Rizqy :
Ça n'a pas pris de temps, hein?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Bon, M. le Président, on ne peut pas prêter
d'intentions aux collègues, et ce que fait la députée de Saint-Laurent, c'est exactement ça, en
utilisant un mot qui est disgracieux pour prêter des intentions à mon collègue.
Le Président :
Je vais vous demander encore une fois, et je l'ai dit à maintes reprises,
d'être prudents.
Président : S'il vous plaît, M. le leader! Je vais vous
demander d'être prudents dans vos propos, de ne pas utiliser ces termes. Tous le savent, alors, s'il
vous plaît, soyez attentifs à vos propres connaissances également. C'est vrai
pour tout le monde.
Mme la députée, poursuivez
votre question.
Mme Rizqy :
Sachez une chose, M. le Président, ce ne sont pas mes termes, ce sont les
termes du président de la Fédération
autonome de l'enseignement, qui regroupe 45 000 enseignants, qui ont
dit qu'ils ont été choqués, déçus d'un ancien
frère d'armes. Pourquoi? Parce qu'il vient centraliser des pouvoirs loin des
classes où est-ce que des enseignants se dévouent tous les jours pour la
qualité de l'éducation.
Alors,
ils se demandent est-ce que, oui ou non, ce projet de loi n° 40
fourre-tout, sous prétexte de venir réformer la gouvernance scolaire, va faire en sorte qu'il va être capable
d'écouter son réseau puis de faire une chose : soit l'enlever... ou
de l'enlever.
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
M. Roberge :
Alors, M. le Président, j'ai bien hâte au jour où ma collègue ne nous proposera
pas un statu quo ou un moratoire, un pas de côté, un pas en arrière. On
sortira tambours et trompettes.
Le projet de loi n° 40 est un projet de loi
qui vient diminuer la bureaucratie, éliminer les élections scolaires, économiser de l'argent, ajouter des services
directs aux élèves — vous
savez, les services que sa formation politique a coupés, ces dernières années, là, on va être capables d'en ajouter
encore davantage grâce au projet de loi n° 40 — décentraliser la prise de position,
confier à ceux et celles qui connaissent les élèves par leur nom les rênes des
décisions de nature pédagogique, donc, oui,
les parents, bien sûr, mais aussi les directions d'école, les techniciens,
techniciennes en éducation spécialisée,
les enseignants. Donc, on décentralise la prise de position, on leur redonne le
contrôle sur leur profession et sur
leurs écoles. Je rencontre des professeurs à toutes les semaines, et ils sont
contents de ce qu'on fait. C'est une bouffée d'air frais pour la
profession enseignante...
Le Président : En terminant.
M. Roberge : ...c'est une
bouffée d'air frais dans nos écoles.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée.
Mme Rizqy :
Avec une bouffée d'air frais comme ça, il n'y a personne qui tousse, hein? Moi,
je peux vous dire, quand on s'en va
dans la FAE, non, c'est la colère qui grogne. Pourquoi? Parce qu'au lieu de
s'occuper de notre monde on vient donner des sanctions aux enseignants. Ils
sont déjà en train de déserter la profession, et, le projet de loi n° 40,
on va venir les punir. Je vais citer :
«...on [va] embaucher [...] des gens qui surveillent des gens qui surveillent
des gens qui surveillent les profs.»
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, je pense, vous avez déjà fait un
rappel en cette Chambre aujourd'hui même, on s'adresse à vous, hein? Ce
serait le fun que les députés respectent le règlement.
Président : Oui, écoutez, je pense que vous la connaissez, la
règle. Je vais le répéter : Moi, je demande votre collaboration, je
la demande à tout le monde, et qu'on le fasse ainsi. M. le ministre de
l'Éducation.
M. Roberge :
M. le Président, ce projet de loi va non seulement amener une décentralisation
de la prise de position puis remettre le pouvoir entre ceux et celles
qui connaissent les élèves par leurs noms, mais il va aussi amener une
gouvernance régionale, dans nos centres de services scolaires, qui sera
dépolitisée et qui permettra aux parents, aux membres
du personnel scolaire et aux membres de la communauté d'avoir la mainmise sur
leur gouvernance scolaire.
Ma collègue
semble croire que les enseignants ne sont pas d'accord avec ça. Ce n'est pas
l'écho que j'ai sur le terrain en en rencontrant à toutes les semaines.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée.
Mme Rizqy :
M. le Président, ça n'aura même pas pris un an, un an pour que les centrales
syndicales lui disent que, non, elles sont insultées. Savez-vous quoi?
C'est la 10e Semaine de l'école publique. Le lancement, là, c'était le
29 septembre dernier. Il était où, le ministre? Il était absent.
Savez-vous pourquoi? Parce qu'il est déjà rendu persona non grata dans son
ancien réseau.
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Le Président : S'il vous
plaît! Collaboration de tous.
M. Roberge : M. le Président,
il y a, dans ce projet de loi, oui, une amélioration de la gouvernance, des économies, l'élimination des élections
scolaires — je sais
que ça dérange ma collègue — puis il y a aussi une reconnaissance de l'expertise des
enseignants, des mesures qui vont arrêter le gonflage de note — ça aussi, ça doit déranger ma collègue — et des obligations de formation continue,
parce que, oui, bien sûr, on veut que nos enseignants, les gens qui travaillent dans le milieu de l'éducation, les
gens à qui on confie nos enfants soient formés de manière continue, pour qu'ils
continuent d'offrir un service d'excellente
qualité. On est très fiers de ce projet de loi là, on a bien hâte de l'étudier
avec vous.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Mme Lessard-Therrien : Merci,
M. le Président. Le 6 septembre dernier, le ministre de l'Environnement débarquait à Rouyn-Noranda les mains vides, sans
plan de match pour régler la crise de l'arsenic qui sévit depuis six mois.
Il nous a dit qu'il attendait le dépôt du
rapport final de l'étude de biosurveillance pour agir. Il a été publié le 27 septembre dernier et il recommande des actions immédiates.
Depuis, silence radio du ministre. Avant le rapport, il ne se passait rien;
après le rapport, il ne se passe toujours rien.
Avec la
ville, nous avons demandé au premier
ministre de nommer un porteur de
dossier pour rendre des comptes et
soutenir la population dans cette crise majeure, il a refusé. Le premier ministre dit être revenu en politique pour que tous
les enfants du Québec aient les mêmes chances de réussir. Je lui parle des
enfants que je représente, qui ont jusqu'à
40 fois plus d'arsenic dans leurs corps que les autres.
Est-ce que
le premier ministre va enfin montrer qu'il prend la situation
au sérieux? Est-ce qu'il va prendre ses responsabilités de chef
d'État et protéger les enfants de Rouyn-Noranda?
Le Président : M. le ministre
de l'Environnement.
M. Charette : Merci,
M. le Président. Effectivement, le dépôt de cette étude était attendu pour nous permettre d'anticiper
la suite des choses. Ça me permet de réitérer ce qui a été dit à plusieurs
reprises jusqu'à maintenant :
La sécurité de la population,
la santé de la population est notre principale préoccupation. C'est la raison pour laquelle je travaille en étroite collaboration
avec mon collègue de la Santé publique à cet effet.
Je peux vous confirmer qu'il y a des actions qui
seront posées dans les prochains jours auprès de l'entreprise, auprès des intervenants,
voir comment améliorer la situation. Et ce que je peux aussi réitérer, et également
dans une perspective de santé publique : Tous les acteurs sont unanimes
pour dire qu'on ne souhaite pas la fermeture de cette entreprise. Donc, à
partir du moment où on ne souhaite pas sa fermeture, il faut travailler tous ensemble
à trouver des solutions qui soient acceptables au niveau de la santé, notamment,
mais également qui soient réalisables.
Donc, on travaille sur cet objectif. Et, dans
les prochains jours, il y aura des développements à ce sujet-là.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée.
Mme Lessard-Therrien :
Le ministre de l'Environnement nous dit qu'il n'a pas besoin d'étude pour le
troisième lien. Là, il y a une étude, des
résultats extrêmement inquiétants, et il en fait quoi? Il réclame encore plus
d'études. Le rapport est clair, des
actions concrètes doivent être mises en place immédiatement par les acteurs
clés pour que la population ne soit plus exposée de façon chronique à
l'arsenic. Le ministre est un acteur clé.
S'il n'est pas là pour protéger la santé de la
population, qui va le faire?
Le Président : M. le ministre
de l'Environnement.
M. Charette :
Le rapport de... l'étude de biosurveillance, pardon, a fait des constats qui
sont importants, qui sont clairs. C'est une étude qui va se poursuivre dans le
temps pour pouvoir collecter de nouvelles demandes, et c'est à la demande même
de la Santé publique, donc on ne peut certainement pas nous le reprocher, pour
avoir un portrait exact de la
situation. Ceci dit, j'entends les inquiétudes qui sont signifiées et par les
travailleurs, et par les citoyens et citoyennes du milieu, et par la mairesse notamment, et cette
préoccupation nous est partagée de différentes façons. En même temps, il
faut y répondre de façon concertée...
Le Président : En terminant.
M. Charette : ...non
improvisée, et c'est ce qu'on s'engage à faire dans les prochains jours.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé :
Merci, M. le Président. Le premier ministre répète à chaque fois qu'il en a
l'occasion qu'il est venu en
politique pour les enfants du Québec, mais, pendant ce temps-là, le seul plan
qu'on a pour les enfants de Rouyn-Noranda, c'est de passer de 67 à 33 fois plus d'arsenic que la norme
québécoise. Je ne peux pas croire que le premier ministre trouve ça
acceptable. Les enfants de Rouyn méritent un premier ministre qui les défend,
eux aussi.
Alors, M. le
Président, est-ce que le premier ministre va le faire?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, quand j'ai été mis au courant de ce rapport sur la Fonderie
Horne, j'ai immédiatement posé la
question qui s'impose : Est-ce qu'il y a des risques pour les enfants?
Est-ce qu'il y a des risques pour les personnes? Réponse : Les risques pour la santé sont minimes. On a envoyé le
directeur national de la santé, le Dr Horacio Arruda, vérifier, on suit le dossier, on va tout faire ce
qui est nécessaire pour réduire les émissions, mais on me dit que, pour
l'instant, les risques pour la santé sont minimes. Si jamais la
situation change...
Le Président :
En terminant.
M. Legault :
...puis il y a des risques importants pour les enfants, on va s'assurer de
poser les gestes...
Le Président :
Question principale, M. le député de Rimouski.
M. LeBel :
Merci, M. le Président. Au printemps passé, j'ai posé des questions au
gouvernement concernant les préposés
aux bénéficiaires qu'il manquait pour passer à travers l'été. On m'avait dit
qu'on allait faire ce qu'il fallait, mais les préposés ont redoublé d'ardeur
pour donner des services aux aînés puis aux personnes handicapées.
m'avait dit aussi qu'à l'automne ça allait être corrigé parce qu'on allait
mettre en place des bourses qui allaient faire en sorte que beaucoup de
monde allait s'inscrire dans des formations et qu'on allait corriger la
situation. C'est l'automne, et on s'aperçoit
que le système des bourses, ça n'a pas marché. Les conditions qui sont données
à ces bourses-là font en sorte que
personne ne s'inscrit. Il n'y a pas plus de cohortes, il n'y a pas plus
d'étudiants qui s'inscrivent là-dedans. Et les aînés ont encore besoin de préposés, et on n'a pas l'air à aller
vers quelque chose qui va... un système qui va leur en donner plus.
On tourne autour du
pot depuis longtemps, puis c'est les aînés qui en souffrent. Eux autres n'ont
pas le temps d'attendre. La seule chose à
faire, c'est d'améliorer les conditions de travail des préposés aux
bénéficiaires, c'est d'améliorer leur salaire, leurs conditions de
travail.
question est au président du Conseil du trésor : Est-ce qu'il convient
qu'il faut améliorer les conditions de travail des préposés aux
bénéficiaires?
Le Président :
Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.
Mme McCann :
M. le Président, d'abord, je remercie mon collègue de poser cette question
parce que ça me permet de clarifier
la question du programme de bourses que nous avons mis en place,
7 500 $ par bourse pour un potentiel de 2 000 personnes qui seraient intéressées
à devenir préposées aux bénéficiaires. Et ça fonctionne, on a déjà
620 candidatures de personnes qui sont intéressées à suivre cette
formation, à avoir ces bourses.
faut se rappeler qu'on a mis en place le programme en août dernier, ça fait
deux mois, et on a déjà 620 candidatures.
Premier tour de roue qu'on a fait, c'est fin septembre, on en fera un autre en
décembre. On pense que ce programme-là, c'est important pour attirer des
personnes.
Puis
effectivement, mon collègue a raison, il faut vraiment s'assurer qu'on a le
plus possible des préposés aux bénéficiaires,
justement pour diminuer la charge de travail des préposés qui sont en place,
pour donner les meilleurs services possible, notamment en CHSLD, M. le
Président, mais évidemment on prend d'autres mesures aussi. On donne des
formations en établissement, on ajoute des aides de service, on va jusqu'à
aller dans les écoles, dans les commissions scolaires. Alors, on veut améliorer
l'ensemble des conditions...
Le Président :
En terminant.
Mme McCann :
...pour nos préposés aux bénéficiaires.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député.
M. LeBel : Je veux parler aussi
des personnes handicapées qui ont besoin des préposés aux bénéficiaires. Eux autres, ils vont chercher ces préposés-là par
un chèque emploi-services. «Je ne trouve pas de préposé. Quand on parle du salaire, ils partent en courant!» Citation de
Sylvie Séguin, paralysée par la dystrophie musculaire. Il faut travailler sur
le salaire des préposés aux
bénéficiaires, il faut corriger cette situation-là, on ne réussira pas à en
amener davantage. Chez nous,
j'aimerais ça pouvoir répondre à Mme St-Laurent, chez nous, qui est clouée
à son fauteuil, qui a mis une affiche devant sa maison pour dire :
J'ai besoin d'un préposé, c'est urgent.
Qu'est-ce que je lui réponds?
Le Président : Mme la
ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.
Mme Blais (Prévost) : C'est une
question importante qui est posée ici parce qu'effectivement il manque des préposés aux bénéficiaires, des infirmières,
infirmières auxiliaires, il manque des éducateurs spécialisés. Il faut dire que
je le sais, qu'on a coupé pendant des
années des postes de cette nature-là, et aujourd'hui on est pris avec une
pénurie, mais, depuis le printemps et
l'été, on a rehaussé 600 postes de préposé aux bénéficiaires, dont 397 à
temps plein. À l'automne, on va
embaucher 1 900 postes d'infirmière et infirmier, environ
600 postes titularisés de préposé et d'auxiliaire aux services en santé et aux services sociaux. Et mon collègue
le député sait très bien qu'il y aura des négociations à l'automne avec
le président...
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Rimouski.
M. LeBel :
Écoutez, concernant les bourses, ce qu'on a vu, en fin de semaine, c'est que
les agences de formation, les centres
de formation nous disent que les cohortes n'ont pas augmenté, que les bourses,
ça ne fonctionne pas. Les chèques pour
les personnes handicapées, ça ne fonctionne pas non plus, on paie plus cher
quelqu'un qui fait des hamburgers que quelqu'un
qui va venir aider les personnes handicapées. C'est pour ça que j'ai posé la
question au président du Conseil du trésor
en partant, parce qu'il ne faut pas revirer... se lancer la balle. Il y a une
décision, elle est dans sa cour à lui. Il va falloir qu'il améliore les
conditions de travail des préposés aux bénéficiaires, c'est la seule solution.
Le Président : Mme la
ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.
Mme Blais
(Prévost) : M. le Président,
cette question-là n'est pas seulement dans la cour du président du Conseil du trésor,
elle est dans la cour de tout le gouvernement, parce
que c'est tout le gouvernement et c'est toutes les familles du
Québec qui sont préoccupés par cette situation-là. On le sait, qu'il va y avoir des négociations à l'automne, on le sait. On
parle des bourses, il n'y a pas personne qui va pouvoir nous reprocher d'avoir essayé de
poser des gestes concrets pour être en mesure d'embaucher des proposés aux
bénéficiaires en leur octroyant des bourses, en les formant sur place, en
faisant en sorte qu'ils puissent être formés
dans les établissements et dans les écoles. Qui peut nous reprocher ça ici? Je
pense qu'il n'y a personne. On fait des efforts considérables...
Le Président : En terminant.
Mme Blais (Prévost) : ...pour
être en mesure d'aller chercher des préposés et surtout pour les valoriser.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille :
M. le Président, le ministère des Relations internationales a été, depuis des
décennies, un outil fantastique pour
permettre au Québec de prendre sa place à l'international dans tous ses champs
de compétence. Avec la CAQ, c'est en
train de changer. Un des premiers gestes du gouvernement, ça a été, en octobre
2018, de passer un décret qui enlève
des pouvoirs importants à la ministre des Relations internationales au profit
du ministre de l'Économie. Et puis il y a le projet de loi n° 27 qui
va encore plus loin : le ministre de l'Économie va planifier, coordonner,
organiser. Il dirigera même, dans certains
cas, des responsabilités particulières des délégués généraux à l'étranger.
Durant l'étude de la
loi sur l'immigration, on constatait que le ministre de
l'Immigration allait en prendre pas mal large aussi à l'international.
Alors, M. le Président, est-ce que le ministère
des Relations internationales est en train de faire les frais du «boys' club»
d'en face?
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! Soyez prudents,
encore une fois, sur les termes que l'on utilise. On le sait tous, et ça
s'adresse à tout le monde.
Mme la ministre des
Relations internationales.
Mme Girault :
Merci, M. le Président. M. le Président, je souhaite réitérer, d'une part, que
la vision internationale du Québec,
qui va sortir dans quelques semaines, va répondre beaucoup mieux à la question
de la députée de Bourassa-Sauvé.
Pour
revenir au p.l. n° 27, M. le Président, c'est un projet de loi qui a
été travaillé en collaboration étroite avec le ministère des Relations internationales, et le projet de loi renforce,
en fait, l'action du ministère des Relations internationales à l'étranger en ce sens qu'il concrétise le rôle de
coordination de toute l'action internationale à l'étranger, donc à la fois le rôle de coordination qui va être
intégré du ministère de l'Économie mais aussi de celui du ministère de l'Immigration. Donc, c'est vraiment le ministère
des Relations internationales qui va vraiment coordonner et assurer la coordination à l'étranger de toute l'action
internationale du ministère, des différents ministères. Et, dans ce cadre-là,
le projet de loi renforce ce projet de coordination et renforce ce rôle
de coordination du ministère. Merci.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille :
Oui, je vais poser une deuxième principale, M. le Président. Le ministre de
l'Économie rit; moi, je ne trouve pas ça drôle.
Le premier ministre
parle depuis le début de faire des deals, de ramener des contrats...
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, on prête des intentions aux
collègues de la
partie gouvernementale. Écoutez, des insinuations...
Le Président :
Je vais vous demander, s'il vous plaît, votre collaboration à tous. On poursuit
sur la question. Merci, M. le leader du gouvernement. Madame, complétez votre
question.
Mme Robitaille :
Moi, je ne trouve pas ça drôle. Le ministère de l'Économie s'arroge les
pouvoirs du ministère des Relations
internationales, s'en arroge beaucoup avec le projet de loi n° 27. On a éliminé les émissaires à la mobilité, aux droits de la personne; l'émissaire aux
changements climatiques est muté à l'environnement, écoutez. Et la ministre
parle des conquêtes de marchés. C'est à peu près ça, sa politique de relations
internationales.
Est-ce qu'après
50 ans d'efforts soutenus pour faire rayonner la nation québécoise dans
tous ses champs de compétence à
l'international ce ministère, qui était la personnalité rayonnante du Québec à
l'extérieur de ses frontières, est en
train de s'éteindre et de devenir une succursale du ministère de l'Économie, un
simple bureau de relations publiques?
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! Je vous demande
aucun commentaire. Réponse, maintenant. La parole n'appartient qu'à la
ministre des Relations internationales.
Mme Girault :
Merci, M. le Président. M. le Président, je trouve ça un peu étonnant, la
question qui vient de m'être posée,
surtout que, dans le cadre de ce ministère des Relations internationales, à
l'époque, lorsque l'ancienne collègue était
ministre des Relations internationales, on parlait même d'en faire un secrétariat.
Alors, on est très loin d'un secrétariat international, M. le Président,
on parle d'un...
Président : S'il vous plaît! Vous connaissez la règle. Et je
vous vois tous, c'est vrai pour tout le monde. Pas de commentaire. Poursuite
sur la réponse.
Mme Girault :
Alors, on est loin d'un secrétariat, M. le Président. On parle vraiment d'un
ministère des Relations internationales
qui va se développer encore plus à l'international, qui va faire encore plus de
coordination, qui rajoute des gens
dans ses 33 délégations et dans les 18 pays et qui travaille en
synergie, ça peut peut-être paraître un peu bizarre pour certaines personnes, mais ça travaille en synergie
avec le ministère de l'Économie et avec le ministère... en fait, avec tous
les ministères, Culture, Tourisme et Immigration. Merci, M. le Président.
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! Est-ce que la
règle cesse à un moment donné? Je ne pense pas. Pas de commentaire. Nous sommes encore dans la période
de questions, je vous demande votre collaboration. Vous connaissez les
règles.
Cela met fin à la période de questions et de
réponses orales.
Le Président : S'il vous
plaît! Non.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
S'il vous plaît!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Voulez-vous reprendre...
Le Président : Oui, deux
secondes, deux secondes. Allez-y, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Tanguay :
Là, on s'était donné une règle de
conduite qui était qu'on n'applaudissait pas, on ne réagissait pas.
Puis, même quand ça existait, M. le Président, on se faisait rappeler à l'ordre
quand on frappait, hein, parce qu'on ne donnait pas un bon exemple, sur nos
bureaux.
Là, le
gouvernement, la banquette ministérielle, non seulement ils étirent la règle en
disant... Bien, aussitôt que vous
dites : Fin de la période de questions, ils se mettent à applaudir. Si
c'est ça, M. le Président, le show qu'ils veulent donner, les gens n'apprécieront pas. Et frapper
sur ces bureaux, ça n'a jamais été permis. Pouvez-vous les rappeler à l'ordre,
s'il vous plaît?
Président : S'il vous plaît! Encore une fois... Non, je vais
compléter sur ça. Je pense qu'on l'a déjà dit à maintes reprises, je pense que c'est bien connu, je pense
que je l'ai rappelé aussi à maintes reprises, que vous vous êtes tous entendus.
Le but est de préserver l'image et le décorum, on le sait. Alors, en ce sens,
pas de démonstration.
Et je
comprends qu'au terme de la période de questions on continue dans cette volonté
de sauver le décorum et notre efficacité. Je vais demander à nouveau
votre collaboration et de mettre fin à cette pratique. Merci.
M. Nadeau-Dubois : C'est important pour moi, comme leader de la
deuxième opposition, de prendre la peine de dire qu'on partage
les...
M. Nadeau-Dubois : Je vais le dire au micro, puisque
le premier ministre ne l'a pas dit. Il dit qu'on veut aller
sur le pont. Bien, vous, M. le premier ministre, vous nous menez à la
catastrophe avec votre climatopassivité.
Le Président : S'il vous
plaît! S'il vous plaît! Non. Est-ce que...
Président : Non, non,
je m'excuse. S'il vous plaît! Un instant. Le calme va se rétablir de lui-même,
j'imagine. Alors, je vous demande
encore une fois de compléter de belle façon. Pas d'interpellation. Les messages se passent... peuvent se faire de bonne façon également.
Collaboration pour terminer ce segment.
M. Nadeau-Dubois : Je n'aurais pas changé de sujet, M. le Président, si on ne m'en avait pas fourni l'occasion. Donc, je
reviens sur le sujet de mon intervention, qui était de dire qu'on va dans le
même sens que le leader de l'opposition officielle. Ce
genre de tapochage sur les bureaux, là, ça n'instaure pas un climat de débat
sain ici, à l'Assemblée
nationale.
Le Président :
M. le leader du gouvernement en complétant, mais je pense que tout a été dit.
M. le leader du troisième groupe d'opposition.
M. Ouellet : M. le Président, effectivement, avec la collaboration du Parti
québécois, on veut assainir le climat
actuellement à l'Assemblée nationale. Évidemment,
de taper et de festoyer, la majorité gouvernementale, à chaque fois, ça fait juste nous rappeler... La façon la plus
essentielle d'exercer son droit démocratique, c'est de respecter le droit de
tous, les 125 élus ici.
Donc,
j'amène le gouvernement à un peu plus d'humilité. Souvenons-nous la parole du
premier ministre lors de son assermentation.
Le Président :
Le leader du gouvernement, en terminant.
M. Jolin-Barrette : Bien, M. le Président, je suis heureux d'entendre
mes collègues leaders des oppositions de... faire ce rappel à l'ordre là. Vous
savez pourquoi? Parce que, notre institution, la façon dont on se comporte tous
et chacun, bien, on est tous responsables, M. le Président, tous, de ce côté-ci de la Chambre, mais également du côté de l'opposition officielle, du côté du deuxième
groupe d'opposition et du côté du troisième groupe d'opposition. M. le
Président, le comportement de tous et chacun en cette Chambre doit être
analysé. Alors, j'invite les partis d'opposition à faire une introspection
aussi profonde...
Président : Écoutez,
je pense que le message a été clair. Je pense que le message a été clair, que
vous avez tous entendu, que vous avez tous la même volonté...
Le Président :
S'il vous plaît!
Le Président :
S'il vous plaît, Mme la députée!
Président : S'il vous plaît! Vous avez tous entendu. Je pense que le message ne peut être plus
clair. Maintenant, je vous demande, tout le monde, de le mettre en
pratique. Ça a été dit à maintes reprises, vous avez répété chacun les mêmes
arguments. La présidence est claire dans son
propos et sa volonté. Maintenant, c'est une collaboration de tous les députés,
de tous les partis, de tous les
intervenants. Merci. Ceci met fin à la période
de questions et de réponses orales.
On l'avait déjà dit.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Bon, alors, nous poursuivons. À la rubrique des motions sans préavis, en fonction de nos
règles et de l'ordre de présentation des motions sans préavis, je reconnais maintenant
un membre du deuxième groupe d'opposition. Mme la députée de Taschereau.
Mme Dorion : Merci,
Mme la Présidente. Je demande le
consentement de la Chambre pour débattre de la motion suivante
conjointement avec le député des Îles-de-la-Madeleine et la députée de
Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée
nationale rappelle la motion adoptée
à l'unanimité le 29 mai dernier, demandant l'application dans les plus brefs délais de l'article 1 de
la loi 104, qui exige que les communications écrites entre l'administration québécoise
et les personnes morales établies au Québec se fassent uniquement en français;
«Qu'elle rappelle que
cet
article de loi n'a jamais été appliqué par aucun gouvernement, malgré l'adoption
de la loi 104 à l'unanimité le 12 juin 2002;
«Que l'Assemblée
nationale demande au ministre responsable de la Langue française
d'honorer sa parole et de poser les gestes nécessaires afin que
l'article 1 de la loi 104 soit appliqué au plus tard à partir du
1er janvier 2020.»
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il
y a consentement pour débattre de cette motion? M. le leader du
gouvernement.
M. Schneeberger :
Il n'y a pas de consentement.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Donc, il n'y a pas de consentement pour débattre de
cette motion. Alors, nous allons passer à la prochaine motion. Un membre
du troisième groupe d'opposition. Mme la députée de Joliette.
Hivon : Mme la Présidente, je sollicite le consentement des
membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec la ministre des Affaires municipales et de
l'Habitation, la députée d'Acadie, le député de Laurier-Dorion et la
députée de Marie-Victorin, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale réitère que le Québec a compétence exclusive en matière de logement
et [d'habitation] et qu'il est le mieux
placé pour connaître les besoins en ce qui a trait au logement social sur son
territoire;
«Qu'elle dénonce
l'ingérence du gouvernement fédéral dans son champ de compétence exclusif;
«Que
l'Assemblée nationale réitère sa volonté que le gouvernement fédéral s'engage à
transférer, sans l'ajout de conditions,
les sommes prévues à la Stratégie nationale sur le logement vers les programmes
québécois, afin que le Québec puisse utiliser ces sommes selon ses
propres priorités.»
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il
y a consentement pour débattre de cette motion? M. le leader du
gouvernement.
M. Schneeberger :
Il y a consentement, sans débat.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors, cette motion est-elle
adoptée? Oui, M. le leader du troisième groupe d'opposition.
M. Ouellet : Merci beaucoup, Mme la vice-présidente. J'aimerais que vous appeliez le
vote par appel nominal, s'il vous plaît.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors, on me demande le vote par
appel nominal. Que les députés qui sont en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
La Secrétaire adjointe : M. Bérubé
(Matane-Matapédia), M. Ouellet (René-Lévesque), M. LeBel (Rimouski),
Mme Richard (Duplessis), Mme Hivon (Joliette), M. Gaudreault
(Jonquière), M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine),
Mme Perry Mélançon (Gaspé).
M. Jolin-Barrette (Borduas), Mme Guilbault
(Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville), Mme D'Amours (Mirabel), Mme Chassé (Châteauguay),
M. Girard (Groulx), Mme McCann (Sanguinet), M. Fitzgibbon
(Terrebonne), Mme Roy
(Montarville), M. Lemay (Masson), M. Simard (Montmorency),
M. Martel (Nicolet-Bécancour), M. Roberge (Chambly), Mme LeBel (Champlain),
M. Bonnardel (Granby), M. Lévesque (Chauveau), M. Charette
(Deux-Montagnes), M. Lamontagne
(Johnson), M. Carmant (Taillon), Mme Blais (Prévost), M. Caire
(La Peltrie), M. Lefebvre (Arthabaska), M. Dubé
(La Prairie), Mme Laforest (Chicoutimi), Mme Rouleau
(Pointe-aux-Trembles), Mme Samson (Iberville), Mme Hébert (Saint-François), M. Dufour (Abitibi-Est),
M. Lacombe (Papineau), Mme Proulx (Berthier), Mme Charest
(Brome-Missisquoi), M. Schneeberger
(Drummond—Bois-Francs),
Mme Girault (Bertrand), M. Julien (Charlesbourg),
M. Boulet (Trois-Rivières),
Mme Proulx (Côte-du-Sud), M. Lafrenière (Vachon), M. Poulin
(Beauce-Sud), M. Émond (Richelieu), M. Bachand (Richmond),
Mme IsaBelle (Huntingdon), M. Chassin (Saint-Jérôme), Mme Foster
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. Bélanger
(Orford), Mme Picard (Soulanges), Mme Jeannotte (Labelle),
M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata),
M. Asselin (Vanier-Les Rivières), M. Reid (Beauharnois),
Mme Dansereau (Verchères), M. Lévesque
(Chapleau), M. Thouin (Rousseau), M. Tremblay (Dubuc), Mme Blais
(Abitibi-Ouest), M. Campeau (Bourget),
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice), M. Caron (Portneuf),
Mme Grondin (Argenteuil), Mme Lecours
(Les Plaines), M. Lemieux (Saint-Jean), Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac), M. Lamothe (Ungava), M. Bussière (Gatineau), M. Allaire (Maskinongé),
Mme Guillemette (Roberval), M. Provençal (Beauce-Nord),
M. Jacques (Mégantic).
M. Arcand (Mont-Royal—Outremont), M. Tanguay (LaFontaine), M. Leitão
(Robert-Baldwin), M. Barrette (La Pinière),
Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee),
Mme St-Pierre (Acadie), Mme Weil
(Notre-Dame-de-Grâce), Mme Nichols (Vaudreuil), M. Rousselle
(Vimont), Mme Ménard (Laporte), Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Charbonneau (Mille-Îles), Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé),
Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),
M. Benjamin (Viau), M. Derraji (Nelligan), M. Polo
(Laval-des-Rapides), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Sauvé (Fabre), Mme Rizqy (Saint-Laurent),
M. Ciccone (Marquette).
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M. Nadeau-Dubois (Gouin),
Mme Ghazal (Mercier), M. Marissal (Rosemont), Mme Labrie
(Sherbrooke), M. Fontecilla (Laurier-Dorion), Mme Lessard-Therrien
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve), Mme Dorion (Taschereau),
M. Zanetti (Jean-Lesage).
Mme Fournier
(Marie-Victorin).
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Est-ce
qu'il y a des députés contre cette motion? Y a-t-il des abstentions? M.
le secrétaire général, pour le résultat du vote.
Le Secrétaire : Pour : 109
Contre :
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Alors,
cette motion est adoptée à l'unanimité. M. le
leader du troisième groupe d'opposition.
M. Ouellet : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. J'aimerais que cette motion soit transmise à tous les chefs des
partis fédéraux. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Ce sera
fait. Maintenant, nous poursuivons. Un membre du groupe formant
le gouvernement. M. le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.
M. Roberge :
Mme la Présidente, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin
présenter la motion suivante conjointement avec la députée de Saint-Laurent, la
députée de Sherbrooke,
la députée de Joliette et la
députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée nationale souligne la 10e Semaine pour l'école
publique, organisée par la Fédération autonome de l'enseignement, qui a
pour thème Notre école publique, on l'aime! ;
«Qu'elle se joigne à son porte-parole,
Philippe Laprise, pour célébrer les grandes et les petites réussites du
personnel de l'école publique, mais aussi de tous les élèves, jeunes et
adultes;
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse
le rôle essentiel de l'école publique comme vecteur d'égalité des chances
et de justice sociale au Québec, en offrant une éducation gratuite, accessible
et universelle;
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse
la contribution exceptionnelle de l'école publique au développement de la
société québécoise.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a
consentement pour débattre de cette motion? M. le leader du
gouvernement.
M. Schneeberger :
Alors, il y a consentement, sans débat.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors, est-ce que cette motion...
est-elle adoptée? Motion adoptée.
Maintenant...
ce qui met fin à cette rubrique de la motion sans préavis.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Ah! mais oui, je vous ai oublié. Alors, je
reconnais un membre du groupe de l'opposition officielle. M. le député
de D'Arcy-McGee, la parole est à vous.
M. Birnbaum : Merci,
Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec le député de Bonaventure
et la députée de Marie-Victorin :
«Considérant le dépôt du rapport de la
Commission d'enquête sur les relations entre les autochtones et certains
services publics au Québec le 30 septembre dernier;
«Considérant que ce rapport présente
de graves lacunes en ce qui a trait notamment à l'accès, l'adaptation et la
qualité de plusieurs services offerts aux communautés
des Premières Nations et des Inuits, notamment en matière de justice, santé, éducation et
sécurité publique;
«Considérant que le 17 octobre prochain le premier ministre du Québec a annoncé la tenue d'une table de dialogue
avec les communautés autochtones au Québec afin de définir, conjointement, les
actions à entreprendre;
«Que
l'Assemblée nationale demande formellement au gouvernement caquiste de s'engager à déposer à l'Assemblée, dans les semaines
qui suivront, un rapport faisant état des principaux constats de cette
rencontre;
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement de développer,
avec les Premières Nations et les Inuits un travail de collaboration pour assurer le suivi de la mise
en oeuvre des appels à l'action du
rapport de la commission Viens;
«Qu'enfin,
elle mandate la Protectrice du citoyen afin d'assurer l'évaluation
et le suivi de la mise en oeuvre des appels à l'action proposés dans ce
rapport, et ce, jusqu'à leur pleine réalisation.»
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour
débattre de cette motion? M. le leader du gouvernement.
M. Schneeberger :
Il n'y a pas de consentement.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Il n'y a pas de consentement pour débattre de cette motion. M. le leader du gouvernement, pour la suite
de nos travaux.
M. Jolin-Barrette : Oui. Avec votre permission, Mme la Présidente, conformément à l'article 186 du règlement, je propose :
«Que
soit révoqué l'ordre adopté par l'Assemblée, le 8 octobre 2019, qui mandatait
la Commission des finances publiques
afin qu'elle tienne des consultations
particulières et auditions publiques
dans le cadre de l'étude du projet de
loi n° 38, Loi modifiant certaines lois instituant
des régimes de retraite du secteur public.»
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le leader. Cette motion est-elle adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Adopté.
Maintenant,
nous sommes à la rubrique des Avis touchant les travaux des commissions.
M. le leader du gouvernement.
M. Schneeberger : Oui. Alors, Mme la Présidente, j'avise
cette Assemblée que la Commission de la culture et de l'éducation poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 5,
Loi modifiant la
Loi sur l'instruction publique et d'autres dispositions à l'égard des services
de l'éducation préscolaire destinés aux élèves âgés de 4 ans, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 à
18 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission de l'aménagement du territoire poursuivra
l'étude détaillée du projet de loi n° 16, Loi visant principalement l'encadrement des inspections en
bâtiment et de la copropriété divise, le remplacement de la dénomination
de la Régie du logement et l'amélioration de
ses règles de fonctionnement et modifiant la
Loi sur la Société d'habitation
du Québec et diverses dispositions
législatives concernant le domaine municipal, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures et de 15 à 18 heures, à la
salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission des transports et de l'environnement
poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 17, Loi concernant le transport rémunéré de personnes par
automobile, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 à 18 heures, à la
salle Marie-Claire-Kirkland. Voilà, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le leader
adjoint du gouvernement. Alors, donnez-moi deux petites secondes. Voilà.
Pour
ma part, je vous avise que la Commission de l'administration publique se
réunira aujourd'hui, à la salle Pauline-Marois, en séance de travail, après les
affaires courantes, vers 11 h 30, et jusqu'à 13 heures, afin de
préparer l'audition sur le
chapitre 5,
intitulé Reprise informatique , et le
chapitre 7, intitulé Contrats
en technologies de
l'information —
Suivi d'un audit particulier , du rapport de mai 2018 du Vérificateur
général du Québec;
commission se réunira ensuite en séance publique, de 15 heures à
18 heures, afin de procéder à l'audition;
Et enfin elle se réunira en séance de
travail, de 18 heures à 18 h 30, afin de déterminer les observations, conclusions ou recommandations de la commission à la suite de
l'audition.
Nous
en sommes maintenant à la rubrique des renseignements sur les travaux de
l'Assemblée.
Et, s'il n'y a pas de demande de renseignements, la période des affaires courantes étant terminée, nous allons passer
aux affaires du jour. Et je cède la parole à M. le leader adjoint du
gouvernement.
M. Schneeberger : Oui. Alors, Mme la Présidente, alors, pour
débuter nos affaires du jour, je vous demanderais d'appeler l'article 5
du feuilleton.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je
vous remercie. À l'article 5 du feuilleton, l'Assemblée reprend le débat ajourné le 8
octobre 2019 sur l'adoption du principe du projet de loi n° 34,
Loi visant à simplifier le processus d'établissement
des tarifs de distribution d'électricité. Et, au moment d'ajourner ce débat,
Mme la députée de Fabre, c'est vous qui aviez la parole. Et je vous
recède la parole tout en vous indiquant que vous disposez de
10 min 30 s.
Mme Sauvé : Je vous remercie, Mme la Présidente. Alors, je
vais tenter de reprendre mon propos et faire un petit résumé, un peu,
des premiers éléments que j'ai exprimés hier.
est très clair qu'il y a deux éléments de référence culturelle auxquels j'ai fait
appel pour illustrer tout le débat autour du projet de loi n° 34.
J'ai parlé de La métamorphose de Kafka, avec le personnage principal de
Gregor qui se métamorphose. Et pourquoi je
parlais de ça? Parce que, bien sûr, quand on regarde la CAQ, qui était
l'opposition officielle et maintenant
qu'elle est au gouvernement, il y a eu effectivement une transformation très,
très éloquente de leurs positions.
On se
rappellera, en tout respect, mais, en même temps, il faut bien nommer les
choses, cette transformation, elle part,
bien sûr, des positions très affirmées où la CAQ, à l'époque à l'opposition
officielle, elle s'époumonait à se dire : Il faut absolument rembourser les citoyens, le 1,5 milliard. Et il y
avait cette pétition qui avait été portée par la députée de Saint-Hyacinthe, encore une fois, avec beaucoup,
beaucoup d'affirmations soutenues, et je pèse mes mots, pour dire qu'il faut
absolument régler la question. Ça, c'était avant, la CAQ de l'avant.
Maintenant,
la CAQ, qui se transforme, et qui est au gouvernement, et qui n'a pas tardé à
dire : Bien, finalement, il n'y a pas eu vraiment de promesses qui ont été
faites dès l'élection, dès l'assermentation. Les jours qui ont suivi, le
gouvernement a bien affirmé qu'il n'y avait pas eu de promesse à cet effet.
Alors, c'est pour ça que je rappelais le classique
littéraire de La métamorphose de Kafka, pour dire à quel point la CAQ,
avant et maintenant, on n'est plus du tout dans la même position, on
n'est plus du tout dans la même affirmation.
J'ai parlé aussi
de mes références jeunesse et de l'émission animée Au pays de Candy , où
on était dans un univers magique et
où, finalement, on pouvait croire à bien des choses. Alors, encore une fois, je
rappelais au ministre, qui, dans ses
grandes envolées lyriques, à chaque fois, nous amène la même argumentation,
tente de nous faire croire finalement que c'est la meilleure bonne nouvelle
depuis le pain tranché... Alors, on n'en est pas là du tout. Et, même s'il
porte avec vigueur les trois vertus
qui sont autour du projet de loi n° 34, c'est-à-dire la simplification, la
prévisibilité et, bien sûr, le remboursement,
d'une part, quand on parle de remboursement, ce sont des sommes qui de toute
façon étaient dues aux Québécois, et on ne rembourse pas le
1,5 milliard.
Dans la prévisibilité, en faisant la corrélation
avec le taux d'inflation, j'ai bien dit hier et j'ai bien nommé qu'il n'y a aucun expert, aucun économiste qui va
dans le sens du calcul que fait le ministre. Alors de quoi parle-t-il? Et,
dans la simplification, en allant reporter
la tarification par la Régie de l'énergie aux cinq ans, quand on fait
l'exercice de : D'accord, y a-t-il des ressources de plus?, y
a-t-il vraiment une complexité qui est au rendez-vous pour justifier cette décision?, encore une fois, aucune réponse, aucun
argumentaire, aucun fait prouvé. Alors donc, le ministre sera encore et
toujours dans ses élans lyriques, mais, en même temps, on n'y croit pas, et la
population n'y croit pas non plus.
Je vais
revenir, en fait, sur les mémoires qui ont été déposés parce que c'est très
clair, et on l'a dit amplement en Chambre,
que le projet de loi, il a été écrit, il a un auteur, et c'est Hydro-Québec. La
preuve, c'est que tous les groupes qui sont venus en commission
parlementaire sont défavorables au projet de loi.
Alors, j'y
vais tout d'abord avec Jean-François Blain, analyste sénior en réglementation,
qui a dit que les coûts d'électricité pour les contribuables, après ce
projet de loi, risquent d'augmenter plus rapidement qu'avec la méthode actuelle. On regarde évidemment du côté, Mme la
Présidente, d'Option Consommateurs, qui a dit dans son mémoire : «Le Projet de loi n° 34
vient donc à l'encontre des principes mêmes qui ont guidé la création de la
Régie de l'énergie. S'il est adopté,
non seulement le Québec deviendrait-il un des rares endroits en Amérique du
Nord où les tarifs d'électricité ne sont
pas réglementés par un organisme indépendant, mais ce serait la fin d'un
exercice qui permet de débattre de manière rigoureuse et en toute
transparence des tarifs et de tous les enjeux connexes.» Ça, c'était
Option Consommateurs.
La Fédération canadienne de l'entreprise
indépendante, quant à elle, dit : «Contrairement à ce que semblent suggérer les communications d'Hydro-Québec et du
gouvernement, le projet de loi n° 34 ne rembourse pas aux Québécois
le 1,5 milliard d'excédents de rendement accumulés entre 2005 et 2017.
«[Alors
donc], il est prévu que le versement de 500 millions en 2020 soit fait à
partir de sommes qui appartiennent déjà
aux clients — déjà aux
consommateurs — et qui
[auraient dû leur être] retournées de toute manière...» C'est ce que dit
la fédération canadienne.
Je continue
avec la Fédération des chambres de commerce du Québec qui dit que finalement
«les contribuables et les entreprises
paieraient actuellement une facture [d'électricité beaucoup] plus élevée
qu'actuellement [avec ce projet de
loi]. En analysant l'historique des dernières années, il nous est permis de
croire que les tarifs d'électricité prévus au projet de loi d'ici cinq ans pourraient être potentiellement plus élevés
que ceux [de] la régie aurait décidés normalement, et donc amèneraient
une facturation plus élevée pour les contribuables et les entreprises.»
Alors, il y
en a d'autres, on pourrait continuer, mais ils ont tous... au fil des jours de
la commission parlementaire, ils ont tous nommé... l'IRIS
également, l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques, hier,
j'en ai fait l'énumération. Ils ont tous été à dire qu'ils sont contre le projet
de loi.
Et là je pense à mon comté, je pense à mes
petites entreprises. J'ai beaucoup, Mme la Présidente, des petites entreprises familiales dans mon comté. Pour eux,
là, la fluctuation imprévisible, là, du tarif d'électricité, c'est tout un
enjeu. Je pense aussi... dans mon
comté, j'ai des grands horticulteurs qui font de la grande production en serres
et qui se soucient évidemment, là,
encore une fois, de la prévisibilité du tarif d'électricité. Je pense à mes
citoyens qui appellent souvent au
bureau de comté et qui nous disent à quel point ils ont des problématiques,
évidemment, de vie, de situations économiques, et que la situation avec
Hydro-Québec est déjà problématique. Alors, imaginons.
Vous savez, dans Le Journal de Québec , on
disait ceci : «Le projet de
loi sur les tarifs [...] pourrait coûter des
centaines millions aux consommateurs[...].
«À gauche
comme à droite, [de] grandes entreprises aux environnementalistes, le projet de
loi sur la fixation des tarifs d'électricité du gouvernement Legault est
critiqué...»
Hier, je
parlais de la définition de l'unanimité. Alors, je comprends que le ministre,
dans ses envolées, parle fort, mais
il ne faut pas taire... Ce n'est pas un bruit de fond. Il faut entendre tout ce
que les groupes, tous les citoyens et les entreprises, ce qu'ils ont à dire. Même s'il parle
fort, il faut... il a la responsabilité comme ministre d'entendre ce que tous
ont à dire. Cette unanimité autant auprès
des groupes, l'analyse politique, les économistes, tous le disent : Il
faut mettre de côté le projet de loi.
Alors, il faut entendre cela. La Coalition des associations de consommateurs du
Québec également qui affirme que le
projet de loi est injuste envers les utilisateurs d'électricité et appauvrira
les ménages vulnérables. La lutte à la pauvreté, je vous le dis, les
citoyens nous appellent et nous en parlent.
Qu'est-ce que le gouvernement ne comprend pas
encore? Mon collègue de Laval-des-Rapides nomme bien que le ministre a déposé
le projet de loi n° 34 pour essayer de calmer le jeu,
gagner du temps, donner l'illusion à la population
qu'à travers le projet de loi le 1,5 milliard de trop-perçus allait être
remboursé aux Québécois, et pourtant les Québécois y croyaient, mais ce n'est pas la réalité. Ce ne sera pas la
réalité du projet de loi et ce ne sera pas la réalité de l'intention du ministre. Ce projet de loi, il a
été rédigé par Hydro-Québec pour Hydro-Québec, dit-il. Alors, je reviens
à ma question du début de mon propos d'hier : À qui profite ce projet de
loi? Bien sûr, on le sait maintenant.
En entrevue,
le ministre reconnaît qu'il existe un risque que les consommateurs puissent
payer un peu plus avec le nouveau
système. Ça va être un peu mieux ou un peu pire, mais il n'y aura pas de choc.
Franchement, Mme la Présidente, ce n'est vraiment pas sérieux. La semaine
dernière, il y a eu un front commun, encore une fois, la définition de l'unanimité. Alors, ils ont été, les partis
d'opposition, avec, bien sûr, mon collègue, qui a mené de front, avec toutes
les oppositions, avec les
représentants des consommateurs, ce point de presse, à renommer les choses, à
s'assurer de protéger l'indépendance
de la Régie de l'énergie, d'assurer une
surveillance du monopole d'Hydro-Québec. Alors, c'est un geste qui était
sans précédent, Mme la Présidente, c'était un geste fort. Et, encore une fois,
le ministre fait sourde oreille.
Je reprendrai
ma réaction d'hier et vous dire à quel point je trouve que tout ce flou, toute
cette volonté de ne pas entendre,
c'est inacceptable. Et je répéterai ce que j'ai dit hier. Moi, quand j'étais
jeune, mon père me disait toujours : Quand tu es seul à avoir le bon pas dans la parade, pose-toi des
questions. Je pose la question au ministre : A-t-il entendu? Que
fera-t-il? Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Fabre. Et maintenant je vais céder la parole à M. le leader
du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
Merci, Mme la Présidente. J'aimerais vous parler de ce qui s'est produit ici, à
l'Assemblée nationale, jeudi dernier. Jeudi dernier, ici, dans le lobby
de notre Assemblée, s'est produit un événement qu'on voit rarement. En fait, je
dirais, un événement qu'on voit doublement rarement.
Première chose assez rare, les trois partis
d'opposition étaient au même lutrin pour faire un point de presse conjoint pour dénoncer un même projet de loi. Et
non seulement le dénonçaient-ils ensemble, ce projet de loi, mais ils le
dénonçaient selon, grosso modo, les mêmes arguments. Donc, on avait le Parti
libéral du Québec, Québec solidaire, le
Parti québécois, des partis qui, plus souvent qu'autrement, sont en
désaccord... non seulement s'opposer ensemble à un même projet de loi, mais le faire pour à peu près
les mêmes raisons. C'est quand même inhabituel, vous en conviendrez.
Mais ce n'est pas tout. Il y avait également,
dans ce point de presse là, des acteurs de la société civile qui accompagnaient les trois représentants des partis
politiques. Et, dans ces acteurs de la société civile qui accompagnaient
les partis, il y avait là aussi des gens qui
sont très rarement d'accord et qui s'opposaient ensemble à ce projet de loi,
encore une fois pour des raisons très similaires.
On avait des
gens comme Option Consommateurs, qui est une association de protection des
droits des consommateurs, comme son
nom l'indique. On avait la Fédération canadienne de l'entreprise
indépendante... Je fais une parenthèse, Mme la Présidente. Je mets au
défi quiconque de calculer le nombre de fois que Québec solidaire s'est retrouvé au même lutrin que la fédération
québécoise des entreprises indépendantes. Vous n'en trouverez pas souvent.
Vous n'en trouverez pas beaucoup. Je vais
même prendre le risque de dire que, d'après moi, c'est la première fois. La
dernière, je ne sais pas, mais, s'il y en a une deuxième, elle va être dans
longtemps. Donc, Fédération canadienne de l'entreprise
indépendante, donc un lobby propatronal. Il y avait également l'Association
québécoise des consommateurs industriels d'électricité, donc ça représente les
grands consommateurs industriels d'électricité, je dirais que ça peut
aussi nous arriver, à Québec solidaire,
d'avoir des désaccords avec ces gens-là, et la Coalition des associations de
consommateurs du Québec.
Donc là, on a
une brochette d'acteurs de la société civile qui font front commun avec trois
partis d'opposition qui ont des
positions plus souvent qu'autrement divergentes et qui, en fait, disent à peu
près tous la même affaire, c'est-à-dire : Ce projet de loi n° 34 doit être retiré. Pas : Il doit être
amendé. Pas : Il est imparfait. Pas : On va l'améliorer. Ces gens-là
disent : Il y a péril en la demeure. Ce
projet de loi là constitue une menace grave aux droits des consommateurs
québécois, et des particuliers comme
des industriels, il faut le retirer complètement. Je pourrais vous parler des
gens qui sont venus en commission parlementaire puis qui ont eux aussi
dit à peu près tous cette même chose là.
Puis on a eu,
encore une fois en commission parlementaire, l'occasion de constater à quel
point c'est un projet de loi qui fait
le tour de force, qui réalise le tour de force de mettre d'accord des gens qui
ne le sont jamais. Donc, on a eu l'IRIS, par exemple, qui est une organisation
qui fait de la recherche socioéconomique progressiste... être d'accord
avec des lobbys propatronaux et dire : Il y a péril en la demeure, il faut
retirer ce projet de loi là.
Alors, je
sais qu'il y a toujours une fierté, de la part du gouvernement, un orgueil
normal, quand on dépose un projet de loi, de dire : Ah! c'est notre
projet de loi, il est bon, il est bon, il est bon. On est fiers des pièces
législatives qu'on dépose et qu'on fait
cheminer au salon bleu. C'est normal. Mais, quand une telle unanimité se crée
contre un projet de loi, peut-être qu'on pourrait se dire qu'il y a
anguille sous roche. Peut-être qu'on pourrait dire : Oui, là, si on est en train de mettre à
dos... en fait, si on est en train de coaliser contre nous des gens qui ne sont
jamais d'accord, si on se retrouve isolés dans l'espace public et être à peu
près les seuls à défendre notre projet de loi, peut-être que c'est le signe
qu'on a travaillé trop vite, qu'on a mal travaillé puis qu'il faudrait refaire
le travail.
au-delà de l'orgueil normal, même légitime, qu'un gouvernement a envers ses
pièces législatives, peut-être que, là, on est dans une situation où cet
orgueil-là pourrait, je ne sais pas, être tempéré par l'unanimité des réactions
à l'égard de cette pièce législative. Parce que
tout le monde a dit qu'il faut le retirer, ce projet de loi n° 34, et pourtant le ministre persiste, signe,
réinvente un peu son argumentaire, mais refuse de se rendre à l'évidence que
c'est un projet de loi qui ne passe pas. Et ce n'est pas pour rien, Mme la Présidente, qu'on en parle depuis si longtemps ici, au salon bleu, c'est parce
qu'il y a un consensus politique et social que c'est un projet de loi qui ne
tient pas la route.
Alors,
on a utilisé, dans le cadre du débat sur l'adoption de principe, toute une
série d'arguments pour essayer de
convaincre le gouvernement que c'est un projet de loi qui devait être retiré, puis ça ne fonctionne
pas. Et le Parti libéral du Québec,
l'opposition officielle, en fait, qui y est allée de sa contribution, a
fait l'annonce, le Parti québécois aussi, et il y a un entêtement absolument
phénoménal de la part du gouvernement à maintenir le projet de loi, à foncer, à
vouloir aller de l'avant, même si tout indique que c'est un projet de
loi néfaste pour la société québécoise.
Alors,
il y a déjà notre collègue de Nelligan qui a déposé une
motion de report pour dire : Il faut prendre un temps d'arrêt, il faut se
donner un an pour refaire les devoirs et redéposer un nouveau projet de loi. On a voté pour cette motion
de report là. C'était une mesure de mitigation en disant : Au moins,
achetons un peu de temps pour reparler de ces choses-là parce que, là, on est en train de commettre une grave
erreur comme législateurs en adoptant ce projet de loi là. Cette
motion-là, malheureusement, a été battue par le gouvernement.
Il y a
mon collègue de René Lévesque qui a dit : Bon, on n'a pas été capable de
le reporter, on pourrait peut-être
au moins le scinder, c'est-à-dire diviser ce projet de loi là en deux pour traiter les deux aspects de ce projet de loi là, les traiter, donc, séparément, un après l'autre, puisqu'ils
ont des objets différents. On a voté, du côté de la deuxième opposition, en faveur de cette motion de scission
parce que ça nous apparaissait, encore une fois, dans les circonstances,
un moindre mal. Ça nous apparaissait une
manière d'essayer de travailler ensemble, tous les parlementaires, pour
améliorer le projet de loi, parce que
c'est ce qu'on devrait faire, c'est l'objectif qui devrait tous et toutes nous
guider ici. Bien, ça non
plus, ça n'a pas été accepté par le gouvernement. Le gouvernement a voté contre
cette motion de scission, qui pourtant était bien fondée. Nous, on
l'avait appuyée. Toutes les oppositions, encore une fois, faisaient front
commun.
Alors,
on va faire un dernier geste, Mme la Présidente, du côté de la deuxième
opposition. Une nouvelle fois, nous allons
tenter de convaincre le gouvernement qu'on ne peut pas procéder à l'adoption de
principe de ce projet de loi là, et c'est
en ce sens que je vais déposer aujourd'hui, au nom de ma formation politique,
une motion d'ajournement du débat du
principe du projet de loi n° 34, dont je vous rappelle le titre, Loi
visant à simplifier le processus d'établissement des tarifs de
distribution d'électricité. Je vous en dépose une copie juste ici.
Soyons
clairs, soyons clairs, le front commun auquel on assiste, actuellement, entre
les oppositions et au sein de la société
civile, ce n'est pas un front commun contre Hydro-Québec en soi ou contre le
monopole d'Hydro-Québec. Ce n'est pas
un front commun contre cette société d'État qui est absolument essentielle au
développement de la société québécoise. Hydro-Québec, c'est une société d'État dont on a raison d'être fiers
parce que ça fait
partie de notre identité collective, parce que c'est une institution qui nous a permis
d'accomplir des grandes choses comme peuple québécois, même si — je fais
la parenthèse — ça n'a
pas toujours été aussi avantageux pour nos frères et nos soeurs des peuples
autochtones. Mais globalement,
disons, c'est une institution dont il faut être fiers, et notre front commun
n'est pas un front commun contre Hydro-Québec.
Sauf
qu'un des avantages d'Hydro-Québec, une des vertus de cette décision de
nationaliser l'hydroélectricité au Québec,
c'est précisément, Mme la Présidente, précisément de permettre l'accès à de
l'hydroélectricité à bas tarifs pour les Québécois et les Québécoises. Ça aussi, ça fait
partie de notre fierté,
le fait qu'on a une société d'État qui nous garantit l'accès à de l'énergie. L'énergie, c'est un besoin
essentiel, là, dans une société moderne. Bien, cette société d'État, donc,
nous permet d'avoir accès à de
l'hydroélectricité à prix avantageux puis à des prix uniformes sur l'ensemble
du territoire québécois. C'est un
gain qui a été inestimable pour le peuple québécois, pour son développement
économique et social.
c'est intéressant de remonter dans l'histoire pour comprendre pourquoi on a mis
en place la Régie de l'énergie. C'était
pour que les politiciens, justement, dans le contexte de la constitution d'Hydro-Québec, enlèvent leurs mains du processus de fixation des tarifs d'Hydro-Québec. C'était pour s'assurer que les Québécois paient un tarif
juste et raisonnable, parce qu'on ne
se le cachera pas que, dans une situation de monopole, il faut faire attention
à ces choses-là. Donc, on a mis en
place la Régie de l'énergie, pour... une espèce de tribunal indépendant qui
vient être, au fond, le chien de garde des consommateurs et des
consommatrices d'électricité au Québec.
C'est
un tribunal, la Régie de l'énergie, je le disais, qui est indépendant, qui est
neutre, qui fait affaire avec des experts pour s'assurer qu'on fixe un prix
juste. Bien sûr, ce mécanisme-là, il n'est pas parfait, puis on l'a critiqué
par le passé, à Québec solidaire, il
ne s'agit pas de ça, mais c'est néanmoins un acquis social important, au
Québec, que ce rôle de la Régie de
l'énergie, et ce que le projet de loi nous propose, c'est de régresser en cette
matière-là en mettant la hache dans ces mécanismes de protection des
consommateurs québécois.
Ce projet de
loi là constitue donc, de ce point de vue là, un immense retour en arrière.
C'est un pas vers le passé, c'est un retour progressif vers l'époque où
les politiciens se mettaient eux-mêmes le nez dans la fixation des tarifs d'Hydro-Québec. À une
certaine époque, même — et je suis bien trop jeune pour m'en rappeler, mais les livres
d'histoire sont clairs à cet
égard — à une
certaine époque, Mme la Présidente, c'était une promesse électorale. Les tarifs
d'électricité étaient utilisés comme
promesse électorale, ce qui est absolument regrettable. Je suis sûr que tout le
monde ici va être d'accord avec ça.
On ne peut pas jouer politiquement avec le prix d'un bien essentiel et en faire
une promesse électorale. Ça, c'était
l'ère pré-Régie de l'énergie. Bien, en affaiblissant son pouvoir, le projet de
loi n° 34 ne nous ramène pas jusque-là, mais nous enligne dans cette direction-là, vers une repolitisation de la
fixation des tarifs d'électricité au Québec, et c'est regrettable, c'est
même absurde.
Il ouvre la porte, ce projet de loi, à plus de
mainmise politique sur les tarifs d'électricité, et c'est un de ses problèmes fondamentaux. C'est aussi un projet de
loi qui menace, paradoxalement, l'indépendance d'Hydro-Québec. Et cette situation-là, elle n'est certainement pas à
l'avantage des clients, qui sont déjà dans une relation avec un monopole
d'État. Je n'insisterai jamais assez sur
l'importance, justement, que la Régie de l'énergie ait un droit de regard
rigoureux, neutre, informé par les experts sur cette question-là.
Le ministre
qui défend le projet de loi aime beaucoup, beaucoup répéter que ça va être
simple. Ça va être simple, simple, simple. On va faire ça simple, simple,
simple. Je veux bien que ce soit simple. La simplicité, là, tout le monde est
pour ça, en général. Mais là, dans le cas qui nous occupe, au nom de la
simplification, ce qu'on est en train de faire, c'est de mettre à mal les principes de neutralité et
d'indépendance dans la fixation des tarifs d'électricité au Québec. Et ça, ça
va faire mal pas seulement au portefeuille des consommateurs, ça va également
faire mal à la confiance du public envers leur société d'État, qui, je
le disais tantôt, est une société d'État très importante.
Je veux
ouvrir une parenthèse, Mme la Présidente, que je trouve essentielle, puisque
c'est un argument qu'on a entendu, dans le cadre du débat, de la part du
gouvernement, c'est cet argument selon lequel ça va être bon pour l'environnement, le projet de loi n° 34,
parce que ça va diminuer le gaspillage. Bon, par où commencer? Bien, d'abord,
cette soudaine préoccupation pour
l'environnement de la part du gouvernement est surprenante. Quand on voit sa
position sur le projet de GNL Québec, sur le projet de troisième lien, quand on
constate son absence totale d'orientation, de leadership sur la question de la lutte aux changements climatiques,
c'est très difficile de ne pas sourire quand on entend un ministre de la Coalition avenir Québec nous
dire : On fait ça pour l'environnement. Je veux dire, c'est commode dans
le débat puis dans la joute partisane, j'en
conviens, mais, je veux dire, soyons sérieux, il n'y a personne ici, personne
au Québec qui croit vraiment que ce
projet de loi est animé par des vertus environnementalistes, là. Je veux dire,
on peut pousser, mais idéalement il
faudrait pousser égal, parce que, là, «rebrander» le projet de loi
n° 34 — vous
m'excuserez l'anglicisme — comme un projet de loi écologiste, c'est
un peu fort de café.
D'autant plus que, s'il y a du gaspillage, au
Québec, d'électricité, puis il y en a fort probablement — en
fait, il y en a — c'est souvent malgré la volonté des gens. La
plupart de nos pertes, là, en matière de consommation d'électricité, là, ce n'est pas le monde qui laisse des lumières
ouvertes pour le plaisir puis qui chauffe le dehors en ouvrant les portes
quand il fait moins 30°. La plupart des
pertes d'efficacité énergétique sont faites malgré les gens, malgré eux, par
exemple par des locataires à faibles
revenus qui sont dans des appartements mal isolés, où il y a, en effet, de la
perte d'énergie. Mais, je veux dire,
changer le mécanisme de tarification, là, ça ne réglera absolument rien à ces
pertes-là, là, ça n'a absolument aucun rapport.
Si on veut
cesser le gaspillage, si on veut améliorer l'efficacité énergétique au Québec,
qu'on le fasse, et il y a plein de
manières de le faire, notamment en finançant des rénovations écoénergétiques,
mais qu'on n'essaie pas de nous vendre
l'idée selon laquelle c'est en marginalisant le rôle de la Régie de l'énergie
dans le processus de fixation des tarifs qu'on va magiquement rénover les apparts mal en point
d'Hochelaga-Maisonneuve. Je veux dire, ça, ça ne passe pas le test de la
cohérence comme argument, Mme la Présidente. Je ferme la parenthèse sur cet
argument.
Et, en
terminant, je vous rappelle comment on en est arrivés ici. On en est arrivés
ici parce que la CAQ, lorsqu'elle était
dans l'opposition, à grand renfort de mises en scène, de sites Web et
d'esclandres ici, au salon bleu, avait exigé à maintes reprises le
remboursement des tarifs d'Hydro-Québec... le remboursement des trop-perçus,
pardon, par le gouvernement du Québec. À
l'époque, le premier ministre, qui était député de L'Assomption, se levait
presque tous les jours. Il ne mâchait
pas ses mots. Il a parlé notamment, et je le cite, des trop-perçus comme une
taxe déguisée et sournoise. Il en a
même parlé comme du vol. Ce sont ses propos. Une fois élu, le ton s'est adouci,
c'est le moins qu'on puisse dire, et on
s'est dit que, finalement, on ne pouvait pas vraiment les rembourser, c'est
trop compliqué, donc on va revoir le processus de fixation des tarifs.
Et finalement l'objectif qu'on poursuit avec le projet de loi n° 34,
il est complètement différent de celui qui
était initialement annoncé dans l'opposition, c'est-à-dire celui de rembourser
les trop-perçus. Et ce projet de loi là, donc, il a tous les airs d'un
cheval de Troie, c'est-à-dire qu'on nous le présente comme une manière de
respecter une promesse électorale, alors que
c'est bien autre chose. C'est un projet de loi qui va, je le disais, affaiblir
la Régie de l'énergie, qui est le chien de garde des consommateurs. Et ça, ça
n'a aucun rapport, ça n'a aucun rapport avec la proposition de la CAQ de
rembourser les trop-perçus, ce sont deux choses différentes. Et là on utilise
un moyen législatif pour faire complètement autre chose que ce qu'on avait
promis en campagne électorale.
Pourquoi
demander l'ajournement du débat avec cette motion, Mme la Présidente? Parce que
c'est un projet de loi qui est mauvais pour le Québec, parce que, si on
se retrouve aujourd'hui avec des trop-perçus, ce n'est pas à cause de la Régie de l'énergie et du processus de
tarification, le gouvernement le sait très bien. C'est un projet de loi qui
rate la cible annoncée et qui en
atteint une autre. Et cette cible, c'est une atteinte, Mme la Présidente, aux
droits des consommateurs québécois.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le leader
du deuxième groupe d'opposition. Et, suite
au dépôt de cette motion d'ajournement et de votre intervention, je vous rappelle
que la motion... pardon, je vous rappelle que l'auteur de la motion et un
représentant de chaque groupe parlementaire ont chacun un temps de parole de
10 minutes et que l'auteur de la motion a droit à une réplique de cinq minutes.
Alors, M. le
leader, vous avez utilisé votre droit de parole de 10 minutes. Je suis prête à
reconnaître un prochain intervenant,
et ce sera M. le député de Laval-des-Rapides, et je vous rappelle que vous
disposez d'un temps de parole de 10 minutes.
M. Polo :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. En effet, ça va bientôt faire un mois qu'en
tant que parlementaires nous sommes
ici et nous débattons constamment sur ce projet de loi n° 34,
auquel nous avons interpelé à maintes reprises non seulement le ministre, mais pour lequel le premier ministre a été
interpelé régulièrement ici, en Chambre, lors des différentes périodes
de questions.
Je fais
miennes un peu également les paroles du député de Gouin, qui a rappelé, si on
peut dire, la séquence des événements
et surtout la séquence, si on peut dire, des différentes mesures législatives
ou, en fait, des différentes initiatives législatives que nous avons prises depuis le début. Après les audiences,
la deuxième opposition a présenté, si je ne m'abuse, une motion de scission — en fait, c'était la troisième
opposition