CAT — 22 February 2018 (41st Legislature, 1st Session)

CAT 2018-02-22

Quebec — Committees

CAT — 22 February 2018 (41st Legislature, 1st Session)

CAT 2018-02-22

Quebec — Committees

vais reprendre, M. le ministre, juste le rapport, là, pour que ceux qui vont

nous écouter comprennent. Je parle du

rapport de l'Ordre des CPA du Québec. Puis ils ont des questionnements, puis je

voulais juste que vous répondiez aux questionnements qu'ils ont pour que

les gens comprennent bien, là.

Donc,

je reprends : «La vérification de l'optimisation des ressources exige une

expertise particulière.» Et ça, c'est l'Ordre

des CPA qui le dit à la page 12 de son mémoire, là. «Elle comprend

l'examen de l'économie, de l'efficience, du rapport coût-efficacité des activités d'une municipalité et des procédés

pour mesurer l'efficacité. Elle peut viser une entité, un secteur d'activité ou une fonction. Il importe

que les rapports liés à la vérification de l'optimisation des ressources soient

de grande qualité puisqu'ils ont pour

objectif d'améliorer l'efficacité et l'efficience des municipalités au bénéfice

des citoyens.

«Non

seulement la vérification de l'optimisation des ressources requiert une

expertise pointue — c'est ce

que dit leur mémoire — mais c'est une lourde responsabilité

puisqu'elle peut conduire à la remise en question de la gestion de la municipalité et ainsi viser la qualité du travail

de certaines personnes. Le vérificateur doit donc avoir toute l'autonomie

et l'indépendance nécessaire pour ce faire.»

Donc

là, évidemment, compte tenu que, dans votre... dans 19.18, vous utilisez le

vérificateur externe de la municipalité,

donc celui qui est déjà à l'emploi de la municipalité, donc, qu'est-ce que vous

pensez, là, quand ils disent, là :

Le vérificateur doit avoir l'autonomie et l'indépendance nécessaire pour faire

leur travail d'optimisation des ressources?

Le Président

(M. Ouellette) : M. le ministre.

M. Coiteux :

Un premier élément qui est absolument fondamental, et les CPA qui posent la

question vont bien le comprendre,

c'est qu'ils ont un code de déontologie qu'ils doivent observer, donc, qui les

oblige à agir et donner un jugement en toute indépendance. Donc, ça,

c'est la première des choses.

Le vérificateur

externe, dans l'optique où il est... où il s'agit d'une firme, s'il y avait des

enjeux d'expertise et qu'il y avait au sein

de la même firme quelqu'un qui avait une expertise plus pointue qu'un autre...

Ça peut être deux personnes, un

chargé de la vérification purement financière et un autre, d'un exercice de

vérification de l'optimisation des ressources. Et je pense qu'un petit peu plus loin dans les amendements on a même la

possibilité de faire affaire avec deux firmes qui s'occuperaient de la vérification, distincte, dans

ce cas-ci, de celle qui s'occupe de la vérification des comptes, c'est-à-dire

la vérification purement financière. Et,

d'autre part, il y a d'autres endroits où on va introduire les immunités

nécessaires. Donc, on offre, de cette façon-là, l'armature nécessaire pour que

le travail se fasse en toute indépendance, en toute autonomie et en

fonction de la compétence qui est requise pour le faire.

Le Président

(M. Ouellette) : M. le député de Blainville.

M. Laframboise : Je sais que, par rapport à la possibilité

d'utiliser un autre vérificateur, c'était une des... on va continuer tantôt, là, mais là, si je comprends

bien, on va le voir dans les prochains articles, mais c'est au choix de la

ville. Ce que vous avez dit, ce que j'ai cru comprendre, vous... dire

hier, c'est au choix de la ville, là.

M. Coiteux :

Oui, bien sûr. La ville qui ne choisit pas d'utiliser la formule de l'«opting

in», comme on dit, bien, elle fait...

elle confie ce travail à son ou à l'un ou l'autre de ses vérificateurs

externes, dans l'hypothèse où elle en aurait deux, ou au même, dans

l'hypothèse... ou celui qu'elle a, qui observe de façon stricte son code de

déontologie, qui bénéficierait de l'immunité, des immunités nécessaires,

d'ailleurs, pour ce faire et qui est en outre un CPA, qui est lié par un code de déontologie de sa profession, cette

personne-là serait la personne qui serait utilisée pour l'optimisation

des ressources.

M. Laframboise : Évidemment, je vais juste soumettre un petit peu

mon orientation, là, mais il n'y a pas aucun endroit où le vérificateur de la ville pourrait, lui, recommander qu'il

y ait... à la ville, là, d'utiliser un autre vérificateur, vous n'avez pas... — en tout cas, on va voir là — vous n'avez pas prévu cette possibilité-là

où le vérificateur externe de la ville actuel pourrait dire : Moi,

là, je vous recommande d'utiliser un autre vérificateur.

M. Coiteux :

Oui. Ça pourrait arriver, mais ce n'est pas nécessaire de le prévoir dans un

article de loi dès lors qu'on prévoit

dans un des amendements qu'on puisse avoir un deuxième. Et c'est un cas de

figure où le vérificateur actuel pourrait

dire : Écoute, moi, je ne suis pas le plus qualifié pour le faire, je te

conseillerais de prendre une autre firme ou une autre personne. C'est

pour ça, d'ailleurs, qu'il y a une disposition qui permet d'en avoir deux et

non pas un seul vérificateur externe pour la ville.

M. Laframboise : Parfait. Je vais poursuivre. «Les auditeurs

indépendants qui seront chargés...» Puis toujours je poursuis dans le

mémoire, là, page 12 de l'Ordre des CPA : «Les auditeurs indépendants

qui seront chargés de la vérification des

états financiers n'ont pas tous la même expertise et certains d'entre eux

devront procéder à des investissements importants

en ressources humaines spécialisées pour réaliser des mandats de vérification

de l'optimisation des ressources. De

ce fait, la concurrence sera plus limitée alors que l'expertise sera dispersée

dans des entités indépendantes les unes des autres et qui ne travailleront pas nécessairement ensemble, sans

pour autant atténuer les risques qu'elles encourront puisqu'elles ne

peuvent bénéficier d'une quelconque immunité. Si le législateur persévère dans

son intention de confier la vérification de

l'optimisation des ressources à un auditeur indépendant, l'ordre recommande que

le projet de loi prévoie la possibilité

de la confier à un auditeur distinct de celui qui a exécuté la vérification des

états financiers.»

M. Coiteux : Ce que nous allons

permettre.

M. Laframboise : Ce que vous allez permettre. Et évidemment, quand

ils nous disent, un petit peu plus avant... Par rapport à la concurrence plus limitée, là, parce que ça peut être

difficile, est-ce que vous avez analysé ça? Parce qu'eux ce qu'ils semblent

dire, c'est qu'il n'y a pas beaucoup de firmes qui peuvent avoir des

spécialistes plus pointus par rapport à l'optimisation des ressources,

M. Coiteux :

Mais ça, c'est vrai aujourd'hui, c'est vrai pour tout le monde, c'est vrai dans

tous les cas de figure. C'est même

vrai pour la Vérificatrice générale du Québec. Il y a effectivement des

ressources qui sont spécialisées dans le

domaine. Ça nécessite, dans certains cas, de la part de la Vérificatrice

générale, de faire appel à des ressources externes. Ces ressources

externes, elles existent, elles existent sur le marché. Elles sont en nombre

limité, toutefois.

Mais néanmoins il est nécessaire de faire en

sorte que les municipalités soient également soumises à de tels exercices d'optimisation des ressources. On n'a

pas voulu exagérer parce qu'on est conscients des ressources qui sont

limitées à la fois pour les payeurs de ces exercices-là comme de la

disponibilité de ressources, c'est pour ça qu'on ne demande pas d'en faire des tonnes à chaque année, mais qu'on a cette

idée qu'il faut le faire une fois tous les deux ans. Donc, ça met moins

de pression sur les ressources existantes, y compris sur les compétences qui

sont disponibles.

M. Laframboise : Parfait. Bon, évidemment, dans leur

conclusion : «Tout bien considéré, il serait probablement plus avantageux que la vérification de

l'optimisation des ressources soit confiée aux vérificateurs généraux

municipaux et au Vérificateur général

du Québec, des experts compétents...» Bon, ça, pour être honnête, ils m'ont

fait reparvenir un document disant

que c'était leur recommandation, mais que par contre, si le gouvernement

maintenait sa position, ils veulent avoir... Évidemment, c'est toujours

la possibilité, pour eux, des poursuites en responsabilité civile, donc, parce qu'évidemment ils vont prendre... ils peuvent

prendre certaines positions qui vont à l'encontre de la ville. Donc, ce qu'ils

demandaient, ils disaient : Si le

gouvernement veut maintenir sa position, bien, juste voir, là, évidemment,

concernant leur responsabilité. Puis ça, je pense que... En tout cas,

juste pour vous entendre.

M. Coiteux :

On a l'intention, effectivement, de donner suite à cette demande de leur part

parce qu'elle est tout à fait justifiée.

M. Laframboise : Parfait. C'est

bon. Merci, M. le Président.

Président (M. Ouellette) : Ça va? M. le député de René-Lévesque, pas d'autres questions sur

l'amendement?

Le Président (M. Ouellette) :

Est-ce que l'amendement introduisant 19.18 est adopté?

M. Laframboise : Sur division,

M. le Président.

Le Président (M. Ouellette) :

Il est adopté sur division. M. le ministre, voulez-vous nous présenter votre

amendement à 19.19?

M. Coiteux : Tout le monde a la

bonne version, oui?

Président (M. Ouellette) : Tout le monde a maintenant la bonne version. On vous a remis une

version, ce matin, qui rajoutait,

dans la dernière ligne en bas, là, «une fois à tous les deux ans» pour aller

dans... En tout cas. Donc, vous nous présentez la bonne version, M. le

ministre.

M. Coiteux :

Oui. Alors : 19.19. Cette loi est modifiée par l'insertion, après

l'article 108.2, de l'article suivant :

«108.2.0.2.

Une municipalité visée à l'article 108.2.0.1 peut, par règlement, confier

à la Commission municipale du Québec

le mandat de vérification prévu à cet article. Copie vidimée du règlement est

sans délai transmise à cette dernière.

«Un règlement

visé au premier alinéa s'applique à compter de l'exercice financier suivant

celui de son entrée en vigueur, si

cette entrée en vigueur survient avant le 1er septembre; dans le cas

contraire, il s'applique à compter du deuxième exercice financier suivant celui de son entrée en vigueur.

L'article 108.2.0.1 cesse de s'appliquer au vérificateur externe de

cette municipalité à compter de cet exercice financier.»

«Malgré le

troisième alinéa de l'article 86 de la

Loi sur la Commission municipale

(chapitre C-35), la vérification de

la Commission municipale mandatée par un règlement adopté en vertu du présent

article est faite une fois à tous les deux ans.

«Le règlement ne peut être abrogé.»

Alors, commentaires. Donc, cet amendement prévoit qu'une municipalité peut, par règlement, s'assujettir à la compétence de la Commission municipale en matière d'optimisation des ressources.

La compétence de la commission

s'étendra alors à la vérification des organismes

et personnes morales liées à la municipalité. Dans un tel cas, cette vérification sera

faite par la commission plutôt que par le vérificateur externe de la

municipalité.

Président (M. Ouellette) : Juste avant qu'on aille à la question, je vais suspendre une minute, il

y a quelque chose qui ne marche pas dans mes affaires. Ça fait qu'on

suspend une minute.

(Suspension de la séance à 11 h 56)

Président (M. Ouellette) : Nous reprenons nos travaux. Effectivement, nous avons dénoué notre

impasse. De la façon dont

l'amendement était monté, c'est une, je pense... les yeux de la présidence se

sont ouverts sur le petit bout qui manquait.

Donc, M. le député de René-Lévesque, pour vos

questionnements.

M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le Président. Donc, on fait

effectivement suite aux discussions que nous avons eues précédemment

considérant la pertinence que le vérificateur général, lorsque les villes

l'auront choisi... qu'elles soient auditées

aux deux ans dans le cas de l'optimisation des ressources. Alors, on vient

répliquer la même obligation dans le cas de la Commission municipale.

Peut-être une

question pour vous, M. le ministre. Pourquoi vous trouvez pertinent que le

règlement ne peut être abrogé? Pourquoi, lorsqu'on aura choisi d'aller

vers la commission, si les éléments changent, si un nouveau conseil municipal voudrait reprendre cette possibilité-là,

vous trouvez inopportun de le faire? J'aimerais savoir pourquoi vous mettez cette disposition-là. Une fois qu'on s'en

va à la commission, c'est irrémédiable. Vous nous avez parlé beaucoup d'autonomie, d'importance de respecter la

démocratie du conseil de ville. Ce qu'un conseil de ville a décidé aujourd'hui

pourrait être différent, pourrait évoluer, d'ailleurs, avec le temps. Pourquoi

ne pas leur permettre?

M. Coiteux : Oui, il y a de multiples

raisons. C'est une bonne question. Il y a de multiples raisons.

D'abord, je

ne pense pas qu'il soit approprié de commencer à faire du ping-pong en matière

de qui va s'occuper de l'optimisation

des ressources. Sinon, ça pourrait vouloir dire quoi? Et là je présume de la

bonne foi de tout le monde, hein, je

ne dis pas que c'est ça qui va arriver, mais ça n'a pas fait mon affaire la

dernière fois parce qu'ils ont dit des choses que je n'aime pas, donc là je vais à la Commission municipale, mais là,

la fois suivante, c'est la Commission municipale qui a dit quelque chose que je n'aime pas, donc là je vais me prendre un

nouveau vérificateur externe. Voyez-vous, là, dans quelle sorte de cas de figure on pourrait se retrouver? C'est un

premier élément qui milite en faveur de la stabilité.

Ensuite, c'est une décision

importante. Beaucoup de villes nous ont dit qu'elles souhaitaient effectivement

que ce soit leur vérificateur

externe. Elles vont probablement, j'imagine, vouloir commencer de cette

façon-là. Si, pour quelque raison que

ce soit, au fur et à mesure qu'elles vont voir évoluer le régime mis en place

avec la Commission municipale, elles pensent que ce serait une meilleure

option pour elles, j'imagine que ça va être une option qui aura été bien réfléchie. Et d'en faire un choix définitif, ça va

améliorer la qualité de la réflexion qui mènerait à tout cela, puis ensuite

ça va stabiliser, hein, le régime québécois

de vérification. C'est-à-dire, une fois qu'on est passé à un autre système,

bien, écoutez, la Commission

municipale va faire les investissements requis, elle va se doter... elle va

accroître encore davantage son expérience. Donc, il y aura un effet cumulatif

d'une plus grande expertise, d'une plus grande expérience, d'une plus

grande comparabilité des résultats d'optimisation.

Alors,

vraiment, il n'y a pratiquement que des bénéfices, là, à considérer lorsqu'on

décide de ce choix définitif.

Le Président

(M. Ouellette) : M. le député de René-Lévesque.

M. Ouellet :

M. le ministre, je vous suis à 50 %. Je suis d'accord avec vous qu'il faut

éviter le ping-pong. Lorsqu'on aura fait un

choix, si on commence à magasiner, la commission, le vérificateur externe...

Effectivement, pour les saines

pratiques de gouvernance, lorsqu'on a fait un choix, je pense qu'il faut le

maintenir plus d'une année. Cependant, M. le ministre, j'aimerais quand

même attirer votre attention... Peut-être que certaines municipalités, dès

aujourd'hui, considérant que, dans le marché actuel, plusieurs firmes n'ont pas

cette compétence-là, pourraient se tourner vers la commission, parce qu'elle aura à livrer ce travail-là, mais, par la

suite, une fois que les firmes locales et régionales auront cette compétence-là, bien, peut-être elles

voudront effectivement revenir avec ces firmes-là parce que dans certains cas

ça va permettre, dans le fond, à la

municipalité aussi de donner des contrats à des firmes qui sont sur le

territoire, ce n'est pas rien. Alors, peut-être il y aurait des

représentations, par ces firmes-là, de vouloir obtenir ces contrats-là.

Alors,

je pense, M. le

ministre — puis on

discute, là — on

pourrait peut-être réfléchir à... parce que c'est une fois aux deux ans, donc, en début de mandat, le conseil

municipal pourrait décider si, pendant ce mandat-là, c'est la commission

ou c'est le vérificateur externe, puis on y

va avec cette décision-là pour les deux vérifications qu'ils feront pendant ce

mandat-là, et après ça on pourrait effectivement avoir la possibilité de

changer.

Coiteux : Regardez... Comment je dirais ça? Ce à quoi je m'attends? Il

y a peut-être un certain nombre de villes

qui pendant une longue période, peut-être, ne voudront pas passer à la

Commission municipale, mais il peut y en avoir un grand nombre qui vont le faire. Je ne pense pas que les villes

qui ne feront pas le choix ou qui feraient le choix initialement vont le

faire avec l'idée qu'il va se développer un marché local. Je pense qu'on a fait

état de la rareté des ressources notamment,

puis elle est vraie, y compris pour la Vérificatrice générale du Québec. Je

pense, les ressources vont rester

limitées. Mais, pour d'autres raisons que la disponibilité très, très, très

locale de gens hyperspécialisés dans une

ville donnée du Québec... Je ne pense pas que c'est ça qui va motiver le choix.

Je pense que ce qui va motiver le choix, dans un premier temps, c'est l'habitude de travailler avec des gens

qu'on connaît puis en qui on a confiance. Je pense que c'est légitime. Puis il y a certaines villes qui

disent : Bien, on a un bon vérificateur externe, puis à l'intérieur de son

bureau il y a des gens qui sont compétents pour faire ça, puis ils vont

le faire dans les règles de l'art, oui. Mais les villes qui choisiront d'aller vers la Commission municipale,

notamment en voyant la qualité du travail de la Commission municipale,

vont le faire en toute connaissance de cause.

si je reviens à tous les inconvénients qui pourraient être liés à un éventuel

ping-pong, ce n'est pas à sous-estimer, là, les impacts de ça. Je reviens à l'idée que, si je faisais deux

colonnes, bénéfices et coûts, d'une telle opération, je pense que ça vaut largement la peine de maintenir la

rédaction telle qu'elle est. Si vous faites ce choix-là, sachez que c'est un

choix institutionnel. C'est un choix définitif, c'est un choix de long terme.

Le Président (M.

Ouellette) : M. le député de René-Lévesque.

M. Ouellet : Oui, merci. On demande à des élus, présentement, d'engager son conseil

municipal dans une institution issue

du ministère pour toutes les années subséquentes, à moins qu'on change la loi

dans les années futures. Moi, ce que je veux juste vous mentionner, M. le ministre, c'est qu'effectivement il y

aura des représentations... Parce que, vous l'avez dit, présentement il y a des municipalités qui

font affaire avec des vérificateurs externes pour leur vérification financière,

la relation, elle est bonne, les contrats

sont aux trois ans, et puis il y a une réciprocité. Dans certains cas, il y a

même une rotation à l'intérieur des

firmes. Je suis convaincu, dans les plus petites municipalités, que demain

matin ils viennent... ils sont obligés de faire ça, maintenant, aux deux

ans, les firmes vont dire : Écoutez, je ne suis pas prête tout de suite, mais je serais prête... Puis d'ailleurs, l'appel

d'offres pour la prochaine vérification financière, comme dans certains cas il

est aux trois ans, elle le sera dans deux

ans. Ça fait que je vais arriver dans deux ans et je ne pourrai plus

soumissionner. Ça fait que, là, la

municipalité va être obligée de prendre la décision définitive d'y aller avec

la commission, alors qu'elle serait

très bien servie avec une entreprise sur son territoire, suite aux relations

qu'ils ont déjà tissées avec la vérification financière.

que je veux vous dire, M. le ministre : Pourquoi on ne se garde pas

l'opportunité qu'une fois que la décision est prise... qu'il y ait un effet différent? Vous parlez beaucoup

d'autonomie. Je comprends que vous essayez d'englober en disant : Généralement, tout le monde va

arriver vers la commission, mais une véritable autonomie, bien, généralement ou...

M. Coiteux :

Peut-être qu'un certain nombre...

M. Ouellet : Pas la totalité.

Coiteux : Je n'ai pas la certitude, hein...

M. Ouellet : Bon. Mais vous n'avez pas la certitude de la totalité. Donc, pourquoi,

sur ce principe d'autonomie, ne pas

laisser l'autonomie à un conseil municipal de ne pas être lié avec une décision

antérieure pour le choix? Puis je pense qu'on peut trouver un amendement

assez simpliste, là, disant tout simplement : Dans le cas où est-ce que

vous avez décidé la commission, une fois par

mandat, vous avez l'opportunité de revenir pour les quatre prochaines... Je

pense que ce n'est pas compliqué. On

se donnerait l'opportunité, M. le ministre... Puis ce n'est pas un ping-pong,

là, tu sais. C'est un mandat de

quatre ans, donc c'est audité deux fois par quatre ans, puis peut-être,

effectivement, qu'une fois après avoir

été avec la commission ils vont vouloir revenir à l'interne avec les firmes

locales. Moi, je pense qu'il faut leur donner cette opportunité-là. Là,

on les lie, là.

Coiteux : Ce n'est peut-être pas compliqué en théorie, mais en

pratique c'est source de beaucoup, beaucoup, beaucoup d'inconvénients.

Il y a différentes façons de le regarder. Il y a le cas de figure que j'ai

mentionné, puis ne négligeons pas

l'importance que ça pourrait avoir. C'est-à-dire qu'est-ce qui motiverait des

changements constants de cette nature-là? Il y a là motif

d'interrogation pour nous. Mais ensuite est-ce qu'on veut déstabiliser la

Commission municipale dans ses ressources,

dans ses finances, dans les crédits qui sont nécessaires à l'accomplissement de

sa mission? Une année, je les ai; une

année, je ne les ai pas. Deux ans après, je les ai; deux ans après, je ne les

ai plus. On va introduire une

instabilité énorme aussi, là, à l'intérieur de la Commission municipale. Est-ce

que c'est ce qu'on souhaite? Moi, je ne souhaite certainement pas ça.

Alors,

on donne la liberté, on donne la liberté. Le régime par défaut, le régime par

défaut, c'est les vérificateurs

externes. Tout le monde va commencer comme

ça. S'il arrive un jour où, pour x raisons, un conseil municipal se dit :

Savez-vous quoi, nous, on préférerait

aller vers la Commission municipale, ils vont faire l'analyse, sachant que

c'est une analyse très sérieuse parce

que ça les engage pour la suite des choses, et non pas : Je vais aller

tester l'eau, puis après ça je vais revenir,

puis après ça je vais aller retester la température de l'eau. Je ne pense pas

que, dans le cas de la vérification d'une ville, ce soit une option à envisager, je ne pense pas que ce soit le

cas dans lequel il faut permettre autant de va-et-vient.

Alors,

on peut discuter de ça, je suis bien prêt à discuter de ça, mais je pense que

je donne très clairement mon orientation là-dessus. Je pense que ce

serait une mauvaise idée de notre part que de permettre un tel va-et-vient.

Le Président (M.

Ouellette) : M. le député de René-Lévesque.

M. Ouellet : Oui, merci. Vous m'avez repris, lors de la commission, lorsque

j'expliquais un peu l'augmentation du

travail que pourrait représenter l'optimisation des ressources par

vérificateurs externes au lieu d'être sous le chapeau du Vérificateur général du Québec en me

disant : Écoutez, les villes de 10 000 à 100 000, c'est

93 municipalités, alors que des

villes de moins de 10 000 habitants, les MRC et organismes, c'est

plus de 1 000 municipalités. Alors, je vous fais l'effet

miroir. Je ne pense pas que 93 municipalités qui changent d'orientation

vont venir déstabiliser les crédits et le travail

déjà colossal que la commission aura à faire à ce moment-là. Ça fait que, pour

ce qui est de cet argument-là, je vous

dirais, je ne suis pas convaincu que le jeu de chaises entre les crédits, qui

l'auront choisi, qui ne l'auront pas choisi... Je veux dire, il y a des élections municipales, on fait une élection et,

après ça, on prend une décision dès le premier conseil, parce que de toute façon il faut qu'ils fassent

leurs états financiers. Et on sait déjà dorénavant la séquence de municipalités

qui auront à être auditées pour les quatre

prochaines années. Alors, l'administration, je vais être honnête avec vous, je

ne la vois pas hasardeuse, mais moi, je pense que, si on veut donner de

l'autonomie, il faut permettre aux municipalités, si elle a le choix, de ne pas avoir... d'être

liée, présentement, de façon définitive à quelque chose qui pourrait changer ou

évoluer avec le temps. Moi, je pense qu'il faut se donner cette latitude-là.

Alors,

si vous me dites qu'on ne voit pas la même affaire, je pense qu'on ne

s'ostinera pas pendant encore 25 minutes,

je vais tout simplement déposer un amendement, M. le ministre, et puis on

prendra une discussion, puis après ça

on fera le vote puis on passera à d'autre chose. Je veux dire, je vous ai

exposé cette opportunité d'être autonome pour le choix d'une municipalité, vous me dites que vous préférez les lier pour

éviter ce ping-pong. Je vous dis qu'il ne devrait pas y avoir beaucoup

de ping-pong, mais je veux garder cette opportunité-là.

Coiteux : C'est clair, vous

avez toute la liberté de déposer un amendement, dont on discutera, le cas échéant. Laissez-moi essayer de vous convaincre que ce

n'est pas nécessaire de le faire une dernière fois, à savoir, le dernier argument, concernant les crédits et l'impact,

lorsque j'ai fait référence à l'ajout d'éventuellement

93 municipalités, on imagine que

ça se fait graduellement dans le temps et qu'il n'y aurait pas de retour en

arrière, alors ça ne déstabiliserait pas,

en ce sens, on serait capable d'avoir une prévisibilité. Mais, si on commence à

permettre à 93 d'entrer et de sortir, là ça crée une instabilité qui est

plus difficile à prévoir.

Alors,

ce n'est pas tout à fait la même chose. C'est pour ça que ce que j'ai dit dans

un autre contexte et ce qu'on dit dans le contexte actuel... je ne dis pas

qu'il n'y a aucun lien, là, il y en a, certain, mais ce n'est quand même pas la

même réalité.

Le Président (M.

Ouellette) : M. le député de Blainville.

M. Laframboise : Bien, moi, peut-être contrairement

à mon collègue de René-Lévesque, il ne faut pas déstabiliser la

Commission municipale une fois qu'elle aura les dossiers. Votre amendement, là, est correct parce qu'à

quelque

part il faut qu'elle s'assure

d'un personnel stable, et tout ça, puis il ne faut pas déstabiliser la

commission, qui est déjà fragile parce qu'elle n'est pas encore formée,

mais il ne faut pas la fragiliser, puis ça, je suis déjà avec vous.

Mon problème plus majeur,

c'est-à-dire que moi, j'ai quatre municipalités, là, qui sont... ou, si elles

ne le sont pas, là, elles vont l'être, dans

les 10 000 à 100 000, là, j'en ai quatre dans ma circonscription puis

j'en ai quatre qui vont être visées

par cette mesure-là, et, pour trois d'entre elles, là, je suis convaincu que la

décision, elle va être fiscale, c'est-à-dire

comment ça va coûter. Puis, pour une, Blainville, elle, bon, elle est capable

puis elle peut décider de donner un mandat à son vérificateur externe, puis

elle peut aller à l'extérieur, mais, les autres, la décision va être plus

monétaire, c'est-à-dire comment ça

coûte puis... Bon. Ça fait que c'est possible que ces villes-là décident de

choisir... Donc, c'est pour ça que votre amendement est important.

Bon, mon problème à moi, puis vous allez voir,

là... Je vous ai dit que je voulais que la présidence puis la vice-présidence soient nommées aux deux tiers pour

l'impartialité, parce qu'inévitablement, une fois que les villes auront décidé de confier l'optimisation des ressources à

un vérificateur ou à la Commission municipale du Québec, bien, il faut vraiment, là, s'assurer qu'il y a une autonomie.

Parce que la commission, au départ, elle va aller vers des firmes externes, en

attendant, au moins jusqu'en 2019‑2020, jusqu'à tant qu'elle soit capable de

former sa propre organisation, puis peut-être

qu'elle continuera. Moi, je dois m'assurer de ça, là, parce que, l'amendement

que vous déposez, je pense qu'il faut

qu'il soit là. Il faut que la municipalité, compte tenu du fait que... Puis là

je vais vous le faire répéter, là, mais, quand ça... si c'est la Commission municipale qui gère l'optimisation, qui

s'occupe de l'optimisation, ça ne coûte rien à la ville, là, c'est... Je

veux juste vous l'entendre...

Coiteux : Oui, oui. C'est un fait, c'est un fait. C'est la commission

qui assume la responsabilité, y compris la responsabilité financière.

Laframboise : C'est ça. Donc...

Puis souvent, les finances d'une ville, il y a des décisions qui se prennent en

vertu des finances, trop souvent. Donc, vous

allez avoir... Je ne vous dis pas que ça va être dès le départ, parce qu'ils

vont probablement vouloir, tu sais, aller à l'externe, peut-être, voir

comment ils peuvent faire ça, mais là, tout dépendant... Parce que, là, quand on regarde, puis c'est pour

ça que je prends le rapport du CPA, ce n'est pas quelque chose de simple,

l'optimisation des ressources, là. Donc, à

quelque part, là, nous, on peut tous ensemble dire... oui, mais c'est un

rapport, puis le CPA, lui, y va de sa

responsabilité de CPA, c'est pour ça qu'il vous demande de ne pas être sujet

aux poursuites de la ville, mais,

évidemment, comme image de corporatif, là, il va falloir que... puis donc,

évidemment, il y a des frais en

conséquence, là, on le sait, là, quand il y a... C'est comme un audit puis...

un rapport de mission d'examen ou bien donc un audit, là, donc, il y a

des différences, là, il y a un prix à payer pour ces choses-là.

Donc, non, moi, je pense que... Évidemment,

compte tenu que je ne sais pas comment la présidence et les vice-présidents

seront nommés, là, je sais que ça va aller à l'article 27.6, qu'on s'était

dit, ça va arriver plus tard, en attendant, moi, je vais être sur division, là.

Mais prenez acte que cet article-là doit être là, tout simplement.

Le Président (M. Ouellette) : On

revient à M. le député de René-Lévesque.

M. Ouellet : Oui, O.K. Ça va aller,

M. le Président.

Le Président (M. Ouellette) : Ça va?

Le Président (M. Ouellette) : Est-ce

que l'amendement introduisant 19.19 est adopté?

Une voix : Sur division.

Président (M. Ouellette) :

Adopté sur division. Bon, on va aller, maintenant... M. le ministre, vous allez

nous... vous avez un amendement à 27.3 que je vais vous demander de nous

lire, 27.3, pour le bénéfice des collègues. Il a quatre pages, et ça va

modifier l'article... c'est-à-dire, ça va introduire 966.2.1 et 966.2.2.

M. Coiteux : On va y aller un par

un, hein?

Président (M. Ouellette) :

Oui, on va y aller effectivement un par un. Donc, on fait la lecture, M. le

ministre, à 27.3.

Coiteux : Oui. Alors, on est dans le Code municipal du Québec, hein,

pour que tout le monde se repère bien.

Le Président (M. Ouellette) : On

revient dans le Code municipal.

M. Coiteux : On revient dans le Code

municipal. Alors, 27.3, ce code est... Je recommence :

27.3. Ce code est modifié par l'insertion, après

l'article 966.2, des suivants :

«966.2.1.

Outre son mandat prévu à l'article 966.2, le vérificateur externe d'une

municipalité de 10 000 habitants ou plus doit vérifier, dans

la mesure qu'il juge appropriée, l'optimisation des ressources :

«2° de toute personne

morale qui remplit l'une ou l'autre des conditions suivantes :

«

a) elle fait

partie

du périmètre comptable défini dans les états financiers de la municipalité;

la municipalité ou un mandataire de celle-ci nomme plus de 50 % des

membres de son conseil d'administration;

la municipalité ou un mandataire de celle-ci détient plus de 50 % de ses

parts ou actions votantes en circulation;

de tout organisme visé au premier alinéa de l'article 573.3.5 lorsque

l'une ou l'autre des conditions suivantes est remplie :

l'organisme visé au paragraphe 1° du premier alinéa de cet

article est le

mandataire ou l'agent de la municipalité;

«

b) en vertu du

paragraphe 2° du premier alinéa de cet article, le conseil d'administration de

l'organisme est composé majoritairement de membres du conseil de la

municipalité ou de membres nommés par celle-ci;

«

c) le budget de

l'organisme est adopté ou approuvé par la municipalité;

l'organisme visé au paragraphe 4° du

premier alinéa de cet

article reçoit, de la municipalité, une

partie ou la

totalité de son financement;

«

e) l'organisme

désigné en vertu du paragraphe 5° du premier alinéa de cet

article a sa

principale place d'affaires sur le territoire de la municipalité.

«Lorsque

l'application du présent article, de l'article 107.7 ou de

l'article 108.2.0.1 de la

Loi sur les cités et villes (chapitre C-19)

ou de l'article 86 de la

Loi sur la Commission municipale

(chapitre C-35) confie à plus d'un vérificateur le mandat de vérifier certains aspects des comptes

et des affaires d'un organisme visé au premier alinéa de l'article 573.3.5,

la vérification de ces aspects est effectuée exclusivement par le vérificateur

désigné comme suit :

«1° le

vérificateur général de la municipalité dont la population est la plus élevée;

«2° si aucun

vérificateur général d'une municipalité n'est concerné, la Commission

municipale du Québec;

«3° si

ni un vérificateur général d'une municipalité ni la commission ne sont

concernés, le vérificateur externe de la municipalité dont la population

est la plus élevée.

«La vérification

prévue au premier alinéa doit avoir été faite une fois à tous les deux ans.

«Le vérificateur fait

rapport de sa vérification au conseil.»

Le Président (M.

Ouellette) : Commentaires, M. le ministre.

Coiteux : Alors, cet

amendement ajoute la vérification de l'optimisation des ressources au mandat du

vérificateur externe des municipalités de 10 000 habitants ou plus qui sont régies par le Code municipal — on

l'avait fait tout à l'heure pour celles qui étaient régies par la

Loi sur les

cités et villes, maintenant celles qui sont régies par le Code municipal.

Cependant, si, à l'égard d'un organisme lié à la municipalité, l'application des dispositions conférant mandat en vérification confiait certains aspects du mandat à plus d'un vérificateur, soit à un

vérificateur général d'une municipalité ou à plusieurs d'entre eux, soit

à la Commission municipale du Québec, soit à un vérificateur externe d'une

autre municipalité ou à plusieurs d'entre

eux, le présent amendement prévoit alors une exclusivité de mandat selon

l'ordre de priorité suivant :

d'abord au vérificateur général de la municipalité ayant la plus grande population, puis à la

Commission municipale, et finalement au vérificateur externe de la

municipalité ayant la plus grande population.

notera donc que cet amendement est la correspondance, en regard du code, de

celui de l'article 19.18 concernant la

Loi sur les cités et villes.

Le Président (M.

Ouellette) : M. le député de René-Lévesque.

M. Ouellet : Oui, peut-être un éclaircissement. Pourquoi on ne fait pas

mention, comme l'article précédent, des villes de plus de

10 000 habitants mais de moins de 100 000?

M. Coiteux :

Elles ne sont pas dans le Code municipal. Elles n'y sont pas.

M. Ouellet :

O.K. Tout simplement. O.K.

Le Président (M.

Ouellette) : Ça va?

M. Ouellet :

C'est tout pour moi.

Le Président (M.

Ouellette) : M. le député de Blainville.

M. Laframboise : Oui, bien, quand on lit, là, la première ligne, là, 966.2.1 :

«Outre son mandat prévu à l'article 966.2, le vérificateur externe — bon — doit faire l'optimisation», là, là on va

faire... vous allez prévoir tantôt, tout de suite après, une possibilité que la ville puisse confier ça à

la Commission municipale du Québec. Et là vous nous avez dit que, dans

un autre article, pour qu'il y ait un... qu'ils puissent utiliser un

vérificateur indépendant qui n'est pas le même, là, en utiliser un autre, là, vérificateur externe... Vous comprenez? Parce

que, là, c'est comme s'il y avait l'obligation... Je veux dire, vous allez ajuster, là... moi, tout ça pour

dire que vous allez ajuster dans l'article, que vous dites, vous allez ajuster

le... Parce que c'est comme s'il y avait

l'obligation. Tu as un vérificateur externe, il est obligé de le faire. C'est

ce que dit votre article, là.

M. Coiteux : Oui, mais,

plus loin, c'est que la notion de son vérificateur externe peut être bicéphale,

mettons ça comme ça. C'est ce qu'on va permettre plus loin. Autrement

dit...

M. Coiteux :

À 27.2, on va introduire ça.

Le Président (M.

Ouellette) : Dans la quatrième

section du thème 6.

Laframboise : Dans la quatrième section. Pour être bien sûr...

M. Coiteux :

27.2, conjugué à celui-ci, va permettre d'en avoir deux.

M. Laframboise : Parce que, là, sinon, tu sais, j'aurais pu dire : On le suspend,

mais je ne veux pas faire ça, là. Mais

là, tu sais, pour être bien sûr que votre

article modifie 966.2.1... Parce que,

là, dans le fond, quand on le lit, là, puis...

M. Coiteux :

...un seul.

Laframboise : Oui, c'est ça, là.

M. Coiteux :

Si vous avez besoin de l'assurance de nos juristes, on peut...

M. Laframboise : Non, non, mais, si vous le dites... Moi, mais qu'on revienne, là, juste

pour dire que, quand ça va arriver, pour être bien...

Le Président (M. Ouellette) : Quand on sera à 27.2, M. le député de Blainville,

si effectivement ça ne couvrait pas cet article-là, on reviendra à cet

article-là...

Laframboise : O.K., parfait. Moi, ça me va. Pas de problème.

Le Président (M. Ouellette) : ...comme on a fait avec 18 et 23, qu'on a mis

dans le thème 8, si ça vous convient, je n'ai aucun problème avec

ça. M. le ministre, ça vous convient aussi?

M. Coiteux :

De suspendre celui-là?

Le Président (M.

Ouellette) : Non, de ne pas suspendre mais de...

M. Coiteux :

Non, non, O.K., de... Mais, quand on va... Ah! Oui.

Le Président (M.

Ouellette) : Si effectivement il y avait un questionnement, qu'on

reviendra à ça. Ça va?

Coiteux : O.K. Mes

juristes me rassurent à l'égard du fait qu'il

n'y aurait aucun enjeu, mais on en discutera à ce

moment-là.

Le Président (M. Ouellette) : O.K. Bien, je suis rassuré aussi de voir leurs

signes de tête. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur 966.2.1?

Laframboise : Pas pour moi.

Le Président (M.

Ouellette) : M. le ministre, voulez-vous nous lire 966.2.2, qui fait

partie de votre même amendement de 27.3?

M. Coiteux :

Je vais le faire avec plaisir. 966.2.2... Ah! j'en ai un nouveau? Vous l'avez?

Tout le monde l'a?

Le Président (M.

Ouellette) : Oui, oui, on l'a, le nouveau.

M. Coiteux :

Vous l'avez, le nouveau?

Le Président (M.

Ouellette) : Et on suit aussi...

M. Coiteux :

Et on aura encore les flèches, là.

Le Président (M.

Ouellette) : Oui, oui. Puis là j'ai refait les flèches, là. Merci, M.

le ministre.

M. Coiteux :

Alors : «966.2.2. Une municipalité visée à l'article 966.2.1 peut,

par règlement, confier à la Commission municipale

du Québec le mandat de vérification prévu à cet article. Copie vidimée du

règlement est sans délai transmise à cette dernière.

règlement visé au premier alinéa s'applique à compter de l'exercice financier

suivant celui de son entrée en vigueur, si cette entrée en vigueur

survient avant le 1er septembre; dans le cas contraire, il s'applique à

compter du deuxième exercice financier

suivant celui de son entrée en vigueur.

L'article 966.2.1 cesse de

s'appliquer au vérificateur externe de cette municipalité à compter de

cet exercice financier.

«Malgré

le troisième alinéa de l'article 86 de la

Loi sur la Commission municipale

(chapitre C-35), la vérification de

la Commission municipale mandatée par un règlement adopté en vertu du présent

article est faite une fois à tous les deux ans.

«Le règlement ne peut

être abrogé.»

Le Président (M.

Ouellette) : Vos commentaires, M. le ministre.

Coiteux : Cet amendement prévoit donc qu'une municipalité, régie par

le Code municipal, on s'entend, ici, peut,

par règlement, s'assujettir à la compétence de la Commission municipale en

matière d'optimisation des ressources. La

compétence de la commission s'étendra aussi alors à la vérification des

organismes et des personnes morales liés à la municipalité. Et, dans un tel cas, cette vérification sera faite par la

commission plutôt que par le vérificateur externe de cette même

municipalité.

Le Président (M. Ouellette) :

M. le député de René-Lévesque.

M. Ouellet :

Non, pas de question.

Le Président (M.

Ouellette) : M. le député de Blainville.

Laframboise : Ça va.

Le Président (M.

Ouellette) : Est-ce que l'amendement introduisant 27.3 est adopté?

Une voix :

Sur division.

Le Président (M.

Ouellette) : Il est adopté sur division.

Je suspends nos

travaux quelques minutes, compte tenu du fait qu'on a fini le premier... dans

le thème 6, la première ligne. On va

entrer dans la complémentarité des mandats en vérification. Et on va vous

passer des amendements.

(Suspension de la séance à

12 h 23)

Le Président (M.

Ouellette) : Nous reprenons nos travaux.

Avant d'aller dans... toujours

dans le thème 6, dans la

section Complémentarité des mandats en v érification , je vais demander à M. le ministre de nous déposer une nouvelle proposition de séquence pour la suite de l'étude détaillée, c'est-à-dire... on n'a pas le vidéo, là, mais c'est le document

qui nous permet de séparer en 10 thèmes. Et, puisqu'on avait besoin de

replacer les articles suspendus, entre autres les articles 18 et 23, il y

a une nouvelle proposition de séquence, qui va être déposée sur le site de l'Assemblée dès que M. le ministre va

l'avoir déposée officiellement. Pour le bénéfice des gens qui nous suivent et... après-midi, on va être à la salle

Papineau, donc on pourra vous le montrer, là, ceux qui ont besoin de le voir. Donc, M. le ministre, avant

qu'on aille à l'amendement à 19.10, je vais vous demander de déposer la

proposition de séquence.

Coiteux : Oui. Alors, on cherchait un vocable pour désigner ce

plan-là. Appelons-le une feuille de route, si vous voulez bien, M. le

Président.

Le Président (M.

Ouellette) : Effectivement.

M. Coiteux :

Donc, voici la version 2018-02-22, 10 h 15, de notre feuille de

route, que je dépose.

Une voix : ...10 h 11.

Le Président (M.

Ouellette) : Ah! Bien, vous avez eu la version avant celle de

10 h 15.

M. Coiteux : J'ai 10 h 15.

Le Président (M. Ouellette) : Ça va

avec les impressions.

Le Président (M. Ouellette) : Non,

on ne repartira pas sur le débat du Word.

Donc, la feuille de route est déposée. On est

dans le thème 6, dans la

section Complémentarité des mandats en v érification .

M. le ministre, je vais vous demander de nous présenter votre amendement

introduisant 19.10.

M. Coiteux : Oui. Alors, insérer,

après l'article 19 de la

Loi sur les cités et villes, le suivant :

19.10.

L'article 107.7 de cette loi est

modifié par l'ajout, à la fin, de ce qui suit :

«3° de tout

organisme visé au premier alinéa de l'article 573.3.5 lorsque l'une ou

l'autre des conditions suivantes est remplie :

l'organisme visé au paragraphe 1° du premier alinéa de cet

article est le

mandataire ou l'agent de la municipalité;

«

b) en vertu du paragraphe 2° du premier alinéa

de cet article, le conseil d'administration de l'organisme est composé

majoritairement de membres du conseil de la municipalité ou de membres nommés

par celle-ci;

«

c) le budget de l'organisme est adopté ou

approuvé par la municipalité;

l'organisme visé au paragraphe 4° du premier alinéa de cet

article reçoit, de

la municipalité, une

partie ou la totalité de son financement;

«

e) l'organisme désigné en vertu du paragraphe 5°

du premier alinéa de cet

article a sa principale place d'affaires sur le

territoire de la municipalité.

«Lorsque

l'application du présent article, de l'article 108.2.0.1, de l'article 966.2.1

du Code municipal du Québec (chapitre C-27.1)

ou de l'article 86 de la

Loi sur la Commission municipale

(chapitre C-35) confie à plus d'un vérificateur le mandat de vérifier certains aspects des comptes

et des affaires d'un organisme visé à l'article 573.3.5, la vérification

de ces aspects est effectuée exclusivement par le vérificateur désigné comme

suit :

«1° le vérificateur général de la municipalité

dont la population est la plus élevée;

«2° si aucun vérificateur général d'une

municipalité n'est concerné, la Commission municipale du Québec;

«3° si ni un

vérificateur général d'une municipalité ni la commission ne sont concernés, le

vérificateur externe de la municipalité dont la population est la plus

élevée.»

Le Président (M. Ouellette) : Commentaires,

M. le ministre.

Coiteux : Alors, cet amendement assujettit au mandat du Vérificateur

général les organismes visés au nouvel

article 573.5 édicté par la

Loi visant principalement à reconnaître que les municipalités sont des

gouvernements de proximité et à augmenter à

ce

titre leur autonomie et leurs pouvoirs, projet de loi n° 122. Ces

organismes sont les suivants : le mandataire

ou l'agent de la municipalité, l'organisme dont le conseil d'administration est

composé majoritairement de membres du conseil de la municipalité ou de

membres nommés par celle-ci, l'organisme dont le budget est adopté ou approuvé par la municipalité, l'organisme qui

reçoit de la municipalité la

part la plus importante de tous les fonds

provenant des municipalités,

l'organisme désigné dont la principale place d'affaires est située sur le

territoire de la municipalité.

Cependant, si à l'égard d'un même organisme

l'application des dispositions conférant mandat en vérification confiait certains aspects du mandat à plus d'un

vérificateur, soit à un vérificateur général d'une municipalité ou à plusieurs

d'entre eux, soit à la Commission municipale du Québec, soit à un vérificateur

externe d'une autre municipalité ou à plusieurs

d'entre eux, le présent amendement prévoit alors une exclusivité de mandat

selon l'ordre de priorité suivant : d'abord au vérificateur général de la municipalité ayant la plus grande

population, puis à la Commission municipale, et finalement au

vérificateur externe de la municipalité ayant la plus grande population.

Le Président (M. Ouellette) : M. le

député de René-Lévesque.

Ouellet : Oui, merci, M. le

Président. C'était ça, ma question. Si je comprends bien, on est vraiment dans

les dispositions qui touchent les

villes de 100 000 et plus qui ont déjà un vérificateur général. Donc, on

vient vraiment camper pas juste

l'obligation de faire de l'optimisation, mais on vient voir de quelle façon

l'optimisation doit être faite pour ce qui est des vérificateurs généraux dans

les municipalités, d'une part. On vient aussi calibrer ce qu'on a discuté avec

la conseillère de Chicoutimi, cette possibilité

qu'il y avait ultérieurement que ce soit quelqu'un d'autre qui auditionne, mais

cette fois-ci on s'assure que ce soit le VG

si c'est l'entité la plus haute. Donc, dans le fond, on est rendu à capter les

plus de 100 000, présentement.

M. Ouellet : O.K. Je comprends.

Merci.

Le Président (M. Ouellette) : Ça va?

M. le député de Blainville.

Laframboise : Oui. Moi, je

vais juste... Parce que, quand on en avait parlé, M. le ministre, à 27.13, là,

je vous avais posé la question, me

donner des exemples, parce qu'évidemment ce qu'on rajoute, c'est les organismes

qui ne sont pas... parce que 107.7,

donc, le vérificateur vérifie les comptes de la municipalité, puis 2°, c'est

«toute personne morale qui satisfait

à l'une ou l'autre», et là on rajoute les organismes qui ne sont pas des

personnes morales. Puis, quand j'avais demandé,

vous m'aviez dit Promotion Saguenay, mais Promotion Saguenay, je suis allé sur

le registre des entreprises, c'est

une personne morale. Donc, quels organismes seraient visés nécessairement par

19... ce que vous ajoutez, là, qui ne

sont pas des personnes morales? Puis, tu sais, c'est des exemples que je vous

avais demandés, puis j'aurais juste aimé qu'on me donne ça, là.

M. Coiteux : Je vais avoir besoin

d'aide, là, pour étayer ça davantage.

Le Président (M. Ouellette) : Vous

identifier pour les besoins de l'audio

Dumas-Legendre (Hélène) : Hélène Dumas-Legendre. Je suis avocate au

ministère des Affaires municipales.

Donc, il se

peut que les organismes qui sont visés par l'article 573.3.5 de la

Loi sur

les cités et villes soient des personnes

morales, ce n'est pas exclu, le terme est plus large. Quand on parle, dans le

début de l'article du mandat des vérificateurs

généraux, des personnes morales, ce sont les personnes morales très, très

ciblées du périmètre comptable en général.

Il se peut très bien

que ces personnes morales là soient aussi des organismes au sens de 573, mais,

comme on utilise le terme «organisme», c'est beaucoup plus large, et là

on embrasse des organismes différents, qui ne sont pas nécessairement dans le

périmètre comptable de la municipalité.

Dans le cas de Promotion Saguenay, c'est probablement

le cas. Ce n'était probablement pas un organisme du périmètre comptable, mais

là on l'embrasse par 573.3.5.

M. Laframboise : Donc, ça peut être

une personne morale...

Mme Dumas-Legendre (Hélène) : Aussi.

Laframboise : ...mais qui

n'est pas dans le périmètre comptable, parce

que, O.K., ça fait

partie du périmètre comptable. O.K. Donc, à ce

moment-là...

Dumas-Legendre (Hélène) : Exactement. Parce qu'il y a, dans ces

organismes-là, notamment des organismes qui reçoivent une subvention assez forte d'une municipalité ou de

plusieurs municipalités et ils ne sont pas nécessairement dans le

périmètre comptable, parce que juste de recevoir une subvention n'est pas

suffisant.

M. Laframboise : Et les régies

intermunicipales seraient couvertes par ça ou...

Mme Dumas-Legendre (Hélène) : Oui,

mais les régies sont déjà dans le périmètre comptable, oui.

Laframboise : Elles sont

déjà... oui, c'est ça, elles sont déjà dans le périmètre comptable, là. Ça fait

que...

Mme Dumas-Legendre (Hélène) : Oui,

oui. Oui, parce qu'elles sont très proches des municipalités.

Laframboise : C'est ça.

Puis, des exemples d'organismes, est-ce qu'il y en a qui vous viennent en tête

ou non?

Dumas-Legendre (Hélène) : Bien, des organismes de loisirs subventionnés,

des organismes culturels, de sport,

tous ces organismes-là qui sont subventionnés, qui ont des revenus de plus de

1 million, parce que c'est ça que la loi nous donne comme critère, c'est ça, donc, des revenus de plus de

1 million et subventionnés par des municipalités. Donc, à ce

moment-là, c'est beaucoup d'organismes de loisirs...

M. Laframboise : Exemple, l'OBNL qui

gère l'aréna Guertin, à Gatineau, pourrait devenir...

Dumas-Legendre (Hélène) : Bien oui. Oui, ça pourrait être... Oui. S'il

a les revenus annuels suffisants et s'il reçoit une

partie de ses

revenus des municipalités, oui.

M. Laframboise : O.K., parfait. Non,

c'est bon. Merci.

Le Président (M. Ouellette) : Ça va?

Est-ce qu'il y a d'autres questions par rapport à l'amendement 19.10? M.

le député de René-Lévesque.

Ouellet : Oui. Effectivement, le député de Blainville a posé une bonne question, mais, la précision

que madame est venue apporter pour

ces organismes qui doivent, effectivement, déclarer des revenus de plus de 1 million, on l'avait capté dans le projet

de loi n° 122, parce qu'on ne voulait pas non plus aller embêter

de petites associations qui font un travail

pour les municipalités, dans certains cas, à moindre coût et avec beaucoup de

bénévoles, donc on avait mis le barème à 1 million.

Donc,

de me l'avoir rappelé, c'est effectivement l'éclaircissement qui permet de

dire : On capte pas mal, en haut de

1 million, tout ce que la ville peut toucher ou tout ce que la ville peut

avoir contribué qui aurait été touché. Alors, ça va pour moi.

Le Président (M. Ouellette) : Est-ce

que 19.10 est adopté?

Président (M. Ouellette) :

Adopté. M. le ministre, vous nous présentez l'amendement introduisant 19.10.1.

Pour lecture, s'il vous plaît.

M. Coiteux : Alors : 19.10.1.

L'article 107.8 de cette loi est modifié :

1 o par le remplacement, dans le

premier alinéa, de «et de toute personne morale visée au paragraphe 2 o

de l'article 107.7» par «de toute personne

morale ou organisme visé au paragraphe 2 o [et] 3 o du

premier alinéa de l'article 107.7»;

2 o par le remplacement, dans le

deuxième alinéa, de «ou des personnes morales visées au paragraphe 2 o

de l'article 107.7» par «ou des

personnes morales ou organismes visés au paragraphe 2 o [et] 3 o

du premier alinéa de l'article 107.7»;

3 o par le remplacement, dans le

paragraphe 2 o du troisième alinéa, de «ou de toute personne

morale visée au paragraphe 2 o

de l'article 107.7» par «ou de toute personne morale ou organisme visé au

paragraphe 2 o ou 3 o du premier alinéa de

l'article 107.7».

Les commentaires : Il s'agit de

modifications de concordance résultant de la nécessité de mentionner, dans l'article 107.8 de la

Loi sur les cités et

villes, tout autant les organismes que les personnes morales, conformément à la

modification apportée à l'article 107 de cette même loi.

Le Président (M. Ouellette) : M. le

député de René-Lévesque.

M. Ouellet : Non, pas de

commentaire.

Le Président (M. Ouellette) : M. le

député de Blainville.

Président (M. Ouellette) :

Est-ce que l'article... Est-ce que l'amendement introduisant

19.10.1 est adopté?

Président (M. Ouellette) : M. le ministre, votre amendement introduisant 19.22. Pour lecture, s'il vous plaît.

M. Coiteux : Oui. Donc, insérer,

après l'article 19.21, le suivant :

19.22.

L'article 108.4 de cette loi est

modifié par l'ajout de l'alinéa suivant :

«Toutefois,

un conseil ne peut demander au vérificateur

externe aucune des vérifications faisant

partie du mandat accordé à la

Commission municipale du Québec en vertu de la

Loi sur la Commission municipale

(chapitre C-35).»

Alors, cet amendement permet de préserver la

compétence exclusive de la Commission municipale dans ses fonctions de vérification.

L'article 108.4

permet au conseil municipal de demander toute autre vérification particulière.

Il est donc modifié pour que la vérification

ainsi demandée ne puisse pas en être déjà prévue au mandat de la commission.

Le Président (M. Ouellette) : M. le

député de René-Lévesque.

Ouellet : Oui, je veux juste

bien comprendre. Si je suis une municipalité de moins de 100 000 qui a

gardé son vérificateur externe, je peux

y aller. Si j'ai décidé... si mon conseil a décidé qu'on utilise la commission,

je ne peux pas demander à mon vérificateur financier une commande

particulière d'une vérification d'optimisation, puisque c'est la commission qui

est maintenant déclarée compétente pour le faire.

Coiteux : Oui. Tout comme je ne peux pas demander à mon vérificateur

externe de faire une vérification de la conformité aux lois, parce que

c'est du domaine de la Commission municipale.

Coiteux : Par contre, il y a un

article de la

Loi sur les cités et

villes qui permet à une municipalité de demander un mandat de

vérification particulier à son vérificateur externe. Ce que vient faire

l'amendement ici, c'est que cette demande-là ne peut pas toucher l'objet de la

compétence de la Commission municipale.

M. Ouellet : Ce qui était

particulier, avant, c'est qu'on pouvait effectivement, si on était témoin, on

voulait investiguer quelque chose, demander

et mandater directement le vérificateur externe d'aller trouver et faire

rapport. Là, je comprends que, si la

Commission municipale, c'est elle qui va faire ça, on ne peut plus le demander.

Mais est-ce qu'ils peuvent le demander à la commission,

de venir effectivement interagir sur quelque chose vraiment ciblé, ou s'ils

doivent attendre à leur tour de rôle de l'optimisation aux deux ans, là?

Dans le cas

d'une municipalité de plus de 100 000, le conseil peut mandater, sur

résolution, le VG d'aller auditer quelque chose. Là, de quelle façon on

peut maintenant le faire si c'est la commission qui est mandatée pour le faire?

Coiteux : Alors, en ce qui

concerne la conformité aux lois, je pense, c'est assez clair, le mandat est

celui de la Commission municipale, et elle le fait. Le pouvoir du ministre,

qui peut envoyer un vérificateur, existe toujours, par ailleurs, ça, on en a discuté hier, je crois bien,

l'article 15 de la Loi du ministère

des Affaires municipales et de l'Occupation

du territoire. Donc, il est toujours possible... Et une municipalité qui souhaiterait

que ce pouvoir-là du ministre soit utilisé va entrer en communication,

forcément, avec le ministre, d'une part, et ce que... Parce que je ne suis pas

un expert de l'ensemble

des virgules et des points-virgules de toutes les lois qui touchent le monde

municipal, là, ça va me prendre quelques

années encore pour y arriver. J'apprends ici qu'ils peuvent aussi demander des

vérifications particulières à leur vérificateur

externe. Ce que ça vient dire, bien, ça ne peut pas être une vérification qui

est du domaine de la compétence de la Commission municipale, surtout la

ville en question, c'est ce que ça vient faire, mais toute autre chose, oui.

M. Ouellet : Comme quoi? J'essaie

juste...

Coiteux : C'est la

vérification financière, la vérification de l'utilisation d'une subvention, par exemple. Ça peut être beaucoup de choses, il y a beaucoup de cas de

figure possibles.

M. Ouellet : Donc, pas de VOR parce

que c'est la commission, pas de conformité aux lois parce que c'est la commission,

et tout autre mandat qu'il n'aurait pas été clairement demandé par son vérificateur financier d'aller dans cette direction-là.

M. Coiteux : Oui. Tout autre mandat...

Oui.

M. Ouellet : O.K. C'est... Puis là

vous me dites... Tu sais, comment je pourrais dire, je comprends vers où on

s'en va. Je veux juste vous aiguiller, M. le ministre, sur des potentielles situations

ultérieures. C'est qu'anciennement il y avait une situation... Je voulais

constater, je pouvais mandater, puis on pouvait y aller.

M. Coiteux : Et ça continue.

Ouellet : Oui, mais là il faut

faire une demande au... Ce que je veux vous dire, c'est qu'une ville pourrait y

aller plus promptement que... Tu

sais, vous savez mon historique avec les demandes faites au ministère

des Affaires municipales concernant la municipalité de Baie-Trinité.

Tu sais, il reste un jeu d'évaluation de la pertinence ou pas. Tandis que, si une

municipalité voulait le faire, elle avait juste à le mandater, puis le

vérificateur voulait y aller. J'essaie juste de voir. Est-ce qu'on est aussi efficace dans le traitement ou la rapidité du

traitement de la demande? Lorsqu'une ville pouvait le mandater, elle prenait la résolution, le donnait puis le mandatait. Là, il faut qu'elle fasse la

demande à la commission...

Coiteux : Mais le type de

vérifications qui étaient faites sur demande des villes n'étaient pas des

vérifications de la conformité aux

lois, sinon la commission Charbonneau ne nous aurait pas demandé de les

assujettir à un tel régime. C'est parce que ce n'était pas fait.

M. Ouellet : Effectivement.

Coiteux : Tout comme,

l'exercice de vérification de l'optimisation

des ressources, il n'était pas

demandé par les villes à leurs vérificateurs externes non plus, donc ce

n'est pas ça qu'ils demandaient.

Alors,

typiquement, ce qu'elles demandaient, c'est, par exemple : Nous avons

accordé une subvention à tel organisme... ou il y a eu telle chose, on voudrait

aller vérifier qu'est-ce qu'ils ont fait avec ça parce qu'on a des questionnements puis ils envoyaient leurs

vérificateurs externes. Et ils vont le faire encore. Mais, en ce qui concerne

la conformité aux lois, qui n'était

pas fait auparavant, il n'y avait pas de cadre qui obligeait à faire

cela ni d'institution désignée pour faire cela, là ça va être la

Commission municipale. Donc, c'est normal qu'ils ne vont pas aller demander à

leurs vérificateurs externes de faire l'exercice qui est celui de la Commission

municipale. Tout comme l'optimisation des ressources ne se faisait pas avant,

là ils auront le choix. Ils vont avec leurs vérificateurs externes, et auquel

cas ils ne s'assujettissent pas à la compétence de la Commission municipale par

règlement, ou ils vont avec la Commission municipale

par règlement. Et, s'ils y vont, avec la Commission municipale, bien, ça aussi,

encore une fois, il n'y aura pas de dédoublement, là, il y aura une

seule institution qui va s'en occuper. Mais les autres occasions de demander

une vérification au vérificateur externe de la ville restent tout à fait

intactes, et donc il n'y a pas de perte d'efficacité.

Et, par ailleurs, s'il y avait des enjeux qui

amenaient le ministre à vouloir vérifier une ville, il peut toujours dépêcher

un vérificateur désigné en vertu de l'article 15 de la

Loi sur le MAMOT.

M. Ouellet : Donc, ça, si je

comprends bien, on introduit cet

article tout simplement ou principalement pour

venir couvrir le fait qu'une municipalité

aurait donné à la CMQ son mandat puis que, là, maintenant, elle ne peut plus

reculer?

M. Coiteux :

C'est plus pour définir les terrains de jeu, je dirais, si je peux m'exprimer

ainsi. C'est pour bien délimiter quelle est la taille du terrain de foot que

chacun occupe, là.

M. Ouellet : On est rendus au

football.

M. Coiteux : Oui. Ou au soccer,

comme vous préférez.

M. Ouellet : Je suis un joueur de

hockey, M. le ministre.

M. Coiteux : Joueur de hockey.

M. Ouellet : Alors, on va déterminer

la patinoire, la patinoire.

M. Coiteux : La

partie de la glace,

quelle

partie de la glace est occupée par...

Coiteux : Et on me dit très justement que ça permet au vérificateur

externe d'aller dans les coins de la patinoire.

Le Président (M. Ouellette) : Ou sur

les touches. M. le député de Blainville.

Laframboise : Mais par

contre... Là, je comprends que vous ne voulez pas que les villes... que le

vérificateur de la ville, bon, s'occupe de ce que fait la Commission

municipale. Il y a un vérificateur externe, admettons qu'ils gardent leur vérificateur externe. Ça, ça veut dire que la

Commission municipale, elle, elle va s'occuper de la conformité des lois, c'est

ce qu'elle va faire, dans cette ville-là, parce qu'elle va avoir sa... parce

que la ville ne lui a pas donné, je ne sais pas... l'optimisation des

ressources, elle l'a gardée, là. Donc, à ce moment-là... Par contre, la ville...

Tu sais, parce que la Commission municipale,

elle, elle va faire sa rotation, hein, elle ne les fera pas toutes, donc, ça va

être aux deux ans. La ville pourrait

toujours... Parce que, compte tenu, maintenant, que c'est une obligation,

l'optimisation des ressources, la ville...

Tu sais, là, moi, ce qui m'inquiète, c'est que vous dites : Bien, ils ne

peuvent pas se servir de leur vérificateur pour aller, exemple... dire au vérificateur : Fais-moi un avis sur la

conformité des lois par rapport à tel organisme ou telle dépense qu'on a

faite, telle chose. Là, vous dites : Non, elle ne peut pas le faire.

Coiteux : En pratique, là, une fois la compétence établie par... La

loi étant — au

conditionnel, bien sûr, chers collègues — adoptée, la compétence de la Commission

municipale étant établie sur la conformité aux lois, pratico-pratique, de la façon que ça va fonctionner, ça va

être : Écoutez, on a un certain nombre d'inquiétudes, donc on contacte la

Commission municipale puis on lui demande d'atterrir, là.

Laframboise : Oui, sauf que

la ville elle-même pourrait mandater... Parce que sinon, si ce n'est pas un

vérificateur, ils vont aller voir un

bureau d'avocats avec des spécialistes en finances, parce qu'il y en a, puis

ils vont dire : Écoute, je te donne un mandat puis je veux que tu

me fasses telle chose, là, je veux dire, ils...

Coiteux : Bien, pas pour la conformité aux lois, parce que ça, ça

serait une exclusivité de fonction donnée à la Commission municipale, tout comme, à l'intérieur du gouvernement du

Québec, nous, on a notre vérificateur et puis on ne donne pas...

Laframboise : Là, vous dites...

c'est le vérificateur externe qui ne peut pas le faire, mais ils pourraient

engager un bureau d'avocats, qui n'est pas un vérificateur, puis qui va... Tu

sais c'est ça que je veux vous dire, là, par rapport à ça. Ils peuvent

le faire, c'est ça je veux dire, là. Tu sais, c'est...

Coiteux : Ah! O.K. À

titre de... Oui, bien, écoutez... Mais pas à

titre d'acte de vérification au sens, là, de la loi. À

titre

d'information, de conseil.

Laframboise : Non, non, non.

Ah! non, non, je comprends, là. Vous, vous dites qu'il y a juste un

vérificateur qui est... Non, c'est ça.

M. Coiteux : Oui, oui. «Vérifier» au

sens du dictionnaire, pas au sens de la

loi sur un vérificateur.

Laframboise : Oui, oui,

parce que, théoriquement, tu sais que l'an prochain la Commission municipale va

être là puis toi, tu veux t'assurer... donc tu confies un mandat à une firme

d'avocats puis tu dis : Écoute, bon...

M. Coiteux : Oui, oui. Non, non,

cette possibilité-là demeure, cette possibilité-là demeure.

Laframboise : C'est ça, c'est

ça. Sauf que les organismes, eux, pourraient décider de... Tu sais, parce qu'évidemment, vous, la Commission municipale a le

pouvoir d'exiger tous les livres, tous les documents, alors que la ville,

dans des organismes

qui sont hors... en tout cas, ils pourraient lui refuser de donner à l'avocat

de la ville les documents, là, ça pourrait arriver, là.

Coiteux : Oui, il y a de multiples cas de figure, effectivement. Mais,

en gros, l'acte officiel de vérification, là, qui donne lieu à un

rapport...

M. Laframboise : Il y en a juste un

qui peut le faire, c'est ça.

Coiteux : ...il y en a juste un qui le fait. Maintenant, il est

toujours possible de faire appel à une firme, à un conseiller, à une firme d'avocats, par exemple,

pour avoir un éclairage particulier qui est nécessaire pour que la ville

prenne ses décisions. Ça, ça reste vrai.

M. Laframboise : Oui, oui. Non, mais parce que, théoriquement, la

loi va amener une certaine... je veux dire, elle va replacer les colonnes à la bonne place, là, théoriquement, puis

donc il y a certaines villes qui vont vouloir prendre les devants puis ne pas se ramasser avec la

commission qui vienne leur dire... donc ils vont essayer... Puis c'est correct. Tu sais, moi, ce que je veux leur

permettre, c'est de faire ça, là, qu'ils se disent : Écoute...

M. Coiteux : Oui, et, honnêtement,

tant mieux, hein, parce que, dans le fond, le risque d'une vérification

désagréable est un incitatif à éviter qu'elle soit désagréable, hein?

Donc, ça discipline le système.

M. Laframboise : Oui, oui,

c'est ça, tout à fait. O.K. C'est bon.

Le Président (M. Ouellette) :

Ça va? Est-ce que 19.22 est adopté?

Président (M. Ouellette) : M. le ministre, vous nous présentez un amendement à 19.23. Pour

lecture, s'il vous plaît.

M. Coiteux :

Oui. 19.23.

L'article 109 de cette loi est modifié par l'ajout, à la fin

du premier alinéa, de «ou qu'une telle vérification ne fasse

partie du mandat

de vérification accordé à la Commission municipale du Québec en vertu de

la

Loi sur la Commission municipale (chapitre C-35)».

Le Président (M. Ouellette) :

Commentaires.

M. Coiteux : Cet amendement

permet également de préserver la compétence exclusive de la Commission municipale.

L'article 109 permet à

50 contribuables de demander une vérification spéciale des comptes de la

municipalité. Il est donc modifié

pour que la demande de ces citoyens ne concerne pas une vérification déjà

prévue au mandat de la Commission municipale.

Le Président (M. Ouellette) :

M. le député de René-Lévesque.

M. Ouellet : O.K. Anciennement, 50 contribuables

pouvaient faire une demande, puis, par résolution, on allait vérifier la conformité. Là, ils ne pourront plus

le faire, c'est ce que j'ai cru comprendre, puisque c'est la commission qui

le fait.

M. Coiteux : Est-ce qu'ils le

faisaient?

Une voix : Non, parce qu'ils

doivent payer la facture.

M. Ouellet : O.K. Je vais

prendre la réponse.

M. Coiteux : Alors, bien...

Alors, écoutez, rembobinons l'affaire.

Pour l'instant, il n'existe pas de vérification

de la conformité aux lois obligatoire qui couvre l'ensemble des municipalités du Québec. Recommandation de la

commission Charbonneau, il faut qu'il y ait une telle institution qui va le

faire. Pourquoi? Parce que ça ne se faisait pas.

Nos lois

étant riches en articles variés et en possibilités variées, je viens de

m'apercevoir qu'il y a 50 personnes qui pouvaient faire une telle demande, mais ces telles demandes ne se

faisaient pas sur la conformité aux lois, elles se faisaient sur autre chose. Et donc la possibilité

pour les 50 citoyens de demander une vérification particulière demeure,

mais la conformité aux lois reste la compétence de l'institution qu'on a

désignée pour ce faire par la loi.

M. Ouellet : O.K. Je vais juste

refaire le cycle, là. Ce n'est pas... Je pense que je m'exprime peut-être mal.

Anciennement, les gens pouvaient

vouloir vérifier une situation particulière, donc, sur demande, et par

résolution, et, dans certains cas,

par 50 personnes et dépôt de 2 000 $, on pouvait le faire. Là, dorénavant, ils ne peuvent pas le faire, dans le cas de la

conformité, puisque c'est la CMQ qui va le faire. Mais est-ce qu'elle peut le

faire sur demande de la municipalité? C'est

ça, tu sais, la CMQ, là, c'est peut-être ça que je comprends mal, là, la

vérification de la conformité va se

faire par la CMQ annuellement, constamment ou sur demande? Parce que, là, on

pouvait agir de façon rétroactive.

M. Coiteux :

...juste un petit instant, j'ai besoin d'un petit...

Le Président

(M. Ouellette) : On va suspendre quelques minutes.

(Suspension de la séance à

12 h 54)

Le Président (M. Ouellette) : Nous reprenons nos travaux. Effectivement,

M. Savoie, vous identifier pour les besoins de l'audio et ajouter

aux commentaires du ministre.

M. Savoie (Jocelyn) : Alors, Jocelyn Savoie, directeur général des

politiques au ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du

territoire.

qui est prévu dans la loi, on l'a indiqué à un

article précédent, la Commission

municipale va déterminer son programme de vérification. Les sources pour

déterminer son programme de vérification sont multiples. Il va y avoir

des divulgations. Elle va faire une veille prospective, si on peut

dire, actualité, les situations qui semblent émerger à travers le

Québec. Elle-même va identifier des domaines dans lesquels il peut être

intéressant de faire certaines vérifications parce qu'il y a des plus-values

potentielles, là, qui sont identifiées ou soupçonnées. Et donc, à partir de cet

ensemble d'informations là, elle va pouvoir construire un programme de

vérification.

Donc,

si des municipalités ont des besoins, elles pourront effectivement interpeler

la Commission municipale. Ça va être une source équivalente à une

divulgation. Des fois, on va avoir des gens qui vont appeler pour donner une

information, une municipalité peut elle-même solliciter.

Il n'est pas prévu dans

les articles qui vont être déposés qu'il y ait de mécanisme de facturation du

milieu municipal, sauf dans un cas, pour les

VG, mais tous les autres, là, ça va être en fonction, là, de ce que j'en

déduis, des disponibilités, puis du

plan de vérification, puis comment on va insérer ça les uns dans les autres.

Mais il est certain que toute forme d'information qui va lui être

divulguée va lui permettre de faire un meilleur programme de vérification.

Le Président

(M. Ouellette) : M. le député de René-Lévesque.

M. Ouellet : C'est que, là, on avait... Puis je peux comprendre... En tout cas, ce

que j'ai cru entendre, tout à l'heure, c'était peu ou pas utilisé parce

qu'il y avait un coût, dans le cas de la conformité, que les citoyens ne

voulaient pas absorber. Là, je crois

comprendre que ce coût-là n'est plus là puisque, dans le cas de la conformité,

c'est la CMQ qui va le faire. Mais on

avait ce mécanisme qui permettait aux citoyens de lever un drapeau pour

dire : On se rassemble ensemble et on peut effectivement demander

ce que vous me dites, les citoyens pourraient placer appel à la CMQ pour

dire : J'aimerais que vous vérifiiez, parce que ce n'est peut-être

pas dans les médias encore, avant que les médias s'intéressent à une situation,

mais là on n'est pas en train de lever le

«flag» sur un acte répréhensible... Puis là j'essaie juste de voir, là. Le

citoyen, là, il se pose une question sur une situation vraiment

particulière issue de son conseil municipal, ça touche la conformité aux lois.

Qu'est-ce qu'il fait?

M. Coiteux :

Je vais essayer de recadrer un tant soit faire... un tant... oui, enfin, de la

meilleure manière possible, autant faire que peut.

Le Président

(M. Ouellette) : En deux minutes.

M. Coiteux :

Lorsqu'on va à l'article 109 tel que modifié, on s'aperçoit que ce n'est

pas la vérification des comptes et affaires,

c'est la vérification des comptes qui est visée par cette possibilité pour

50 contribuables de demander une

vérification, et donc, dans le fond, ça ne concerne pas véritablement ce qui

pourrait être l'objet des vérifications de la Commission municipale.

je vous vois venir. Et même moi, je me posais la même question. Mais alors

pourquoi cet article? C'est comme une précision additionnelle pour bien baliser

le terrain; en pratique peut-être que c'est une sécurité additionnelle pour qu'on balise bien le terrain, mais ça ne

vient pas enlever des droits aux 50 contribuables puisque ça n'aurait pas

visé, de toute façon, la conformité aux lois. Alors, je pense que... On

me dit que c'est ça.

Le Président

(M. Ouellette) : Je

pense que ça va aller à après-midi, je vais vous laisser réfléchir, M. le

député de René-Lévesque, parce que je

vous vois effectivement réfléchir sur le nouvel encadrement... ou sur

l'encadrement que M. le ministre a donné à son amendement.

vais suspendre jusqu'à 16 heures. On reprend à 16 heures, à la salle

Papineau, l'étude

article par

article de 155.

(Suspension de la séance à

12 h 59)

Le Président (M. Ouellette) : À

l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'aménagement du territoire reprend

ses travaux. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir

éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.

Nous poursuivons

l'étude détaillée du projet de loi n° 155, Loi modifiant diverses

dispositions législatives concernant le domaine municipal et la Société

d'habitation.

rappelle aux gens qui nous suivent que nous sommes à l'étude du thème

n° 6. La nouvelle feuille de route est présentement sur le site de

l'Assemblée nationale, pour ceux qui voudraient suivre nos travaux. Elle est en

constante évolution pour tenir compte des

besoins et des articles suspendus dans les différents thèmes et pour faciliter

la compréhension des gens qui nous suivent.

Lors

de la suspension, nous en étions à une réflexion, je pense, très poussée du

député de René-Lévesque après la

lecture de l'amendement introduit par M. le ministre à 19.23. Et la période

d'échange va s'amorcer dès maintenant. M. le député de René-Lévesque,

sur 19.23.

M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le Président. Oui, ce matin, j'étais en mode

réflexion, parce que, malheureusement ou

heureusement, dans les différents projets de loi que le ministre a déposés,

j'ai dans ma circonscription des situations qui se sont présentées, et celle de ce matin qui me venait à l'esprit et

qui a demandé des vérifications sur l'heure du lunch, c'était celle de la municipalité de Bergeronnes,

pour laquelle les citoyens avaient effectivement demandé une intervention

pour faire une enquête, enquête qui a eu

lieu. Et donc je voulais juste être certain qu'en changeant la loi telle

qu'elle était présentée... est-ce que

ce genre de démarche là était toujours existante et pouvait encore être

disponible pour les citoyens.

Donc, à micro fermé, lorsqu'est venu le temps un

peu de décompresser, le sous-ministre a pu effectivement me donner

certaines précisions, qui étaient à ma satisfaction. Donc, suite à cette

discussion à bâtons rompus, je vous dirais, M. le Président, que je n'ai

plus de commentaire sur l'article 19.23.

Le Président (M. Ouellette) :

M. le député de Blainville.

M. Laframboise : Oui. Bon, ça a pour but, finalement, de rajouter «ou qu'une telle vérification ne

fasse

partie du mandat de

vérification accordé à la Commission

municipale». Quand on prend 109, là,

premier paragraphe, tel que modifié :

«En tout temps de l'année, à la demande écrite d'au moins

50 contribuables, le conseil doit aussi ordonner une vérification spéciale des comptes de la municipalité pour une ou plusieurs des cinq années antérieures, pourvu qu'aucune

telle vérification n'ait déjà été

faite pour les mêmes années sous l'emprise du présent

article

ou qu'une telle vérification ne fasse

partie du mandat de [la] vérification [de] la Commission municipale...»

Donc, on vient d'ajouter ce paragraphe-là. Ça,

ça veut dire que... Bon, évidemment, la Commission

municipale a tout le volet respect des lois et règlements, là. Bon. Mais aussi, si la ville décide de lui confier le

mandat, évidemment, de la mise à niveau, de, mon Dieu... d'optimisation des ressources, là, à ce moment-là, les citoyens

ne pourront pas poser des questions sur l'optimisation des ressources, ils ne pourront pas poser... ils ne pourront pas,

c'est-à-dire... pas poser des questions mais faire une demande écrite, parce

que, si la ville confie l'optimisation des ressources à la Commission

municipale, donc, il ne pourra pas y avoir de questionnement par rapport à ça.

M. Coiteux :

Oui, mais ils peuvent demander la vérification des comptes, hein? Dans la

formulation de cet article-là, c'est

«comptes», pas «comptes et affaires», et, selon le langage consacré dans ce

type d'article là, ça signifie qu'ils

peuvent faire des vérifications de la régularité des comptes, l'exactitude des

comptes. Ce sont... Ils peuvent demander de la vérification financière.

C'est d'ailleurs le but essentiel de cet article-là.

M. Laframboise : Donc, ils pourraient poser des questions sur l'optimisation des

ressources si c'était le vérificateur de la ville qui les faisait, parce

que ça peut faire

partie des comptes.

Coiteux : Non. L'optimisation des ressources, non, c'est un mandat

différent. C'est la vérification des comptes. Et en ce sens c'est

vraiment de la pure vérification financière qui est visée dans cet article-là.

Même si on n'avait pas l'amendement, là, à

son origine même, c'était la vérification financière, et non pas de

l'optimisation des ressources ni de la conformité aux lois.

M. Laframboise : La vérification financière va demeurer, peu importent les causes. C'est

juste la conformité des règlements puis des lois qui est confiée à la

commission...

M. Coiteux : À la

Commission municipale. Et éventuellement également, dans certains cas de

figure, l'optimisation des

ressources. Mais la vérification des comptes, là, la pure vérification des

comptes, elle n'est absolument pas exclue, là, par cette formulation-là.

M. Laframboise : C'est pourquoi vous disiez que vous vous posiez la question, pourquoi

qu'ils avaient mis ça. Moi aussi, je me la pose, là.

Coiteux : C'est comme... Encore une fois, je pense que, selon

l'expression consacrée, on s'assure d'ajouter une bretelle aux ceintures...

à la ceinture.

M. Laframboise : O.K. Et, pour mon information personnelle, là, combien de contribuables

ont signé une demande puis combien ont... au cours des années? Avez-vous

les détails?

M. Coiteux :

Est-ce qu'on a des statistiques là-dessus? Moi, je ne les ai pas sur le bout de

mes doigts, là.

M. Croteau

(Marc) : À ma connaissance, de la mémoire des plus vieux...

Le Président (M.

Ouellette) : Réponse complémentaire, M. le sous-ministre, s'il vous

plaît.

M. Croteau

(Marc) : Oui, excusez. Je m'en excuse, M. le Président, je ne le ferai

plus.

Le Président (M.

Ouellette) : Non, je n'ai pas de problème.

Croteau (Marc) : J'ai posé la question à des gens qui ont une mémoire

corporative encore plus longue que moi, au ministère, puis on ne se

souvient pas de cas où les citoyens ont fait une demande de vérification de

comptes, c'est-à-dire de vérification

financière, demande des 50 personnes. C'est peut-être, l'embûche, où ils

doivent déposer, là, 2 000 $, là, mais on n'en a pas eu, de

demande, de mémoire.

M. Laframboise : ...le règlement, bon, c'est-à-dire que la loi dit : La demande de

vérification est accompagnée d'un

dépôt de 2 000 $, puis évidemment, si jamais la vérification n'était

pas nécessaire, bien, c'est les signataires qui paient tout le processus. Si la ville économise de

l'argent à cause de ce processus-là, à ce moment-là c'est la ville qui va payer

les frais, là. C'est un peu ça que ça dit, là, hein, je pense.

Croteau (Marc) : Effectivement. Effectivement, M. le Président. Et, si

jamais la vérification demandée faisait en sorte de déterminer qu'un fonctionnaire avait fraudé, à ce moment-là

c'est le fonctionnaire qui est soumis à rembourser, à assumer les frais.

Laframboise : C'est beau. Merci.

Le Président (M.

Ouellette) : Est-ce que 19.23... Est-ce que l'amendement à 19.23 est

adopté?

Le Président (M.

Ouellette) : M. le ministre, lecture de l'amendement introduisant

27.5, s'il vous plaît.

M. Coiteux :

Oui. Alors, insérer, après l'article 27.4, l'article suivant :

27.5.

L'article 966.5 de ce code est modifié par l'ajout, à la fin des premier

et deuxième alinéas, de «ou qu'une telle

vérification ne fasse

partie du mandat de vérification des municipalités et des

organismes municipaux de la Commission municipale en vertu de la

Loi sur

la Commission municipale (chapitre C-35)».

Le Président

(M. Ouellette) : Votre commentaire, M. le ministre.

M. Coiteux : Cet amendement permet que soit exclusive la compétence de la

Commission municipale en matière de

vérification des municipalités régies par le Code.

L'article 966.5 permet

au conseil municipal de même qu'à 10 contribuables

de demander une vérification spéciale des comptes de la municipalité. Il est

donc modifié pour que la vérification ainsi demandée ne puisse en être

une déjà prévue au mandat de la commission.

amendement est la correspondance au Code municipal de celui fait par les

articles 19.22 et 19.23 à la

Loi sur les cités et villes.

Le Président

(M. Ouellette) : M. le député de René-Lévesque.

M. Ouellet : Je vais reprendre le commentaire du ministre ce matin. Moi aussi, j'apprends certaines choses

à force de voir en profondeur certaines lois.

À l'article 19.23,

juste peut-être une explication pourquoi on met une

différence. Oui.

L'article 109 permettait à

50 contribuables de demander une vérification, puis là c'est...

M. Ouellet : ...10, dans le

Code municipal, c'est juste 10.

M. Coiteux : ...la

loi sur... du Code municipal,

on s'adresse à des petites municipalités dans cette section-là. Donc, un nombre de

50 serait exagéré dans ce cas.

M. Ouellet : Parfait. Merci.

Le Président (M. Ouellette) : M.

le député de Blainville.

M. Laframboise : Oui. «À n'importe quelle époque de l'année, s'il

[...] est requis par [...] 10 contribuables, le conseil doit faire faire la vérification...» Mais, si jamais des citoyens... Parce

que, là, on vient de leur enlever le

pouvoir. Donc, ils ne pourront pas

demander des vérifications sur les pouvoirs de la Commission

municipale, qui sont la conformité aux règlements, puis, évidemment, pour les municipalités de 10 000

et moins, qui sont pour l'optimisation des ressources. Si jamais il y avait... vraiment les citoyens, là,

ils ne sont pas contents, là, ils déposent une plainte où, là? Parce que, là,

on n'aura plus la possibilité... Par rapport à l'optimisation des

ressources puis par rapport à la conformité des lois et règlements, là, s'il y

avait quelque chose, ils vont déposer ça à la Commission municipale du Québec

ou...

M. Coiteux : Bien, logiquement,

ce serait un chemin, mais l'autre chemin serait évidemment le ministère des Affaires municipales, qui peut-être le référerait,

dans ce cas-là, à la Commission municipale, mais il pourrait y avoir une

plainte qui soit déposée au MAMOT, il pourrait y avoir une communication

directe à la Commission municipale. Sachant que la Commission municipale a le mandat de faire de telles

vérifications, ce serait sans doute le réflexe normal des citoyens à ce

moment-là.

On a eu cette

discussion-là un peu plus tôt aujourd'hui, où on se disait : Mais comment

elle va faire son plan de travail, la

commission? Bien, elle va faire d'abord un plan parce qu'elle va vouloir faire

le tour du plus grand nombre de villes dans un horizon donné, elle va

probablement vouloir toucher à certaines thématiques particulières dans ses

exercices de vérification

d'optimisation des ressources, mais elle va évidemment faire une veille

constante de ce qui pourrait nécessiter une vérification dans certaines villes et puis elle va être aux aguets

de toute dénonciation, plainte, communication que des citoyens d'une

ville pourraient lui faire.

M. Laframboise : Parfait. Bon, pour les municipalités qui sont du

Code municipal, par rapport aux 10 citoyens, est-ce que vous avez

comptabilisé, vous avez demandé s'il y avait des...

M. Coiteux : On me dit que non.

Pas davantage que pour les précédentes.

M. Laframboise : Il n'y en a

pas plus, là.

M. Coiteux : On n'a pas mémoire

qu'une telle chose a été faite.

M. Laframboise : O.K. Bon.

Merci.

Le Président (M. Ouellette) :

Est-ce que l'amendement introduisant 27.5 est adopté?

Président (M. Ouellette) : Adopté. M. le ministre, votre amendement introduisant 28.2. Pour

lecture, s'il vous plaît.

M. Coiteux : J'y arrive.

Maintenant, on est dans la

Loi sur la Communauté métropolitaine de Montréal.

Insérer, après l'article 28.1, le

suivant :

28.2.

L'article 216 de cette loi est

modifié par l'ajout, à la fin, de la phrase suivante :

«Toutefois, elle ne peut exiger aucune des

vérifications faisant

partie du mandat accordé à la Commission municipale du

Québec en vertu de la

Loi sur la Commission municipale (chapitre C-35).»

Le Président (M. Ouellette) :

Commentaires, M. le ministre.

M. Coiteux :

Alors, cet amendement permet de

préserver la compétence exclusive de la Commission municipale dans ses fonctions de vérification des comptes et

des affaires de la Communauté métropolitaine de Montréal.

L'article 216

permet à la communauté de demander à son

vérificateur toute autre vérification particulière supplémentaire à son mandat

initial. Le présent amendement fait donc en

sorte que cette vérification ainsi demandée ne puisse pas en être une déjà

prévue au mandat de la commission.

amendement est la correspondance à la

Loi sur la Communauté métropolitaine de

Montréal de celui fait par l'article 19.22 à la

Loi sur les cités

et villes.

Président (M. Ouellette) : M. le député de René-Lévesque.

M. Ouellet :

Pas de question, M. le Président.

Le Président

(M. Ouellette) : M. le député de Blainville.

M. Laframboise : Juste pour les fins des citoyens qui nous écoutent, la commission,

par rapport à la communauté métropolitaine, quelle est...

les obligations de la commission? Juste les résumer, peut-être.

M. Coiteux :

La Commission municipale?

M. Laframboise :

Oui. La Commission municipale, oui.

M. Coiteux :

Ah! Elle va à la fois faire la conformité aux lois et l'optimisation des ressources.

Elle fait les deux dans ce cas-ci.

M. Laframboise :

O.K. C'est bon.

Le Président

(M. Ouellette) : Ça va? Est-ce que l'amendement introduisant 28.2

est adopté?

Le Président (M. Ouellette) : M. le

ministre, 29.2. Parce que,

là, on est allés à Montréal, il

faut s'en venir à Québec. Donc, lecture de l'amendement

introduisant 29.2. M. le ministre.

M. Coiteux :

Oui. Insérer, après l'article 29.1, le suivant :

29.2.

L'article 203 de cette loi est modifié par l'ajout, à la fin, de la phrase

suivante : «Toutefois, elle ne peut exiger

aucune des vérifications faisant

partie du mandat accordé à la Commission

municipale du Québec en vertu de la

Loi sur la Commission municipale

(chapitre C-35).»

Le Président

(M. Ouellette) : Commentaires, M. le ministre.

M. Coiteux : Cet amendement permet de préserver la compétence

exclusive de la Commission municipale dans ses fonctions de vérification des comptes et des affaires de la

Communauté métropolitaine de Québec.

L'article 203 permet à la communauté de demander à son vérificateur toute

autre vérification particulière supplémentaire à son mandat initial. Le présent amendement fait donc en sorte que cette

vérification ainsi demandée ne puisse pas en être une déjà

prévue au mandat de la commission.

amendement est la correspondance à la

Loi sur la Communauté métropolitaine de Québec

de celui fait par l'article 19.22 à la

Loi sur les cités et villes.

Le Président

(M. Ouellette) : M. le député de René-Lévesque.

M. Ouellet :

Ce qui est bon pour Montréal est bon pour Québec, M. le Président.

Le Président (M. Ouellette) : Ah oui! Puis vous allez voir qu'on va monter plus

haut dans quelques minutes. M. le député de Blainville.

Le Président

(M. Ouellette) : C'est bon. Est-ce que l'amendement à 29.2 est adopté?

Le Président (M. Ouellette) : Bon, là, on a un amendement pour M. le député d'Ungava et on s'en va pas

mal plus haut. M. le ministre, présentez-nous votre amendement à 56.2,

s'il vous plaît.

M. Coiteux :

Oui. Alors, maintenant, nous sommes dans la

Loi sur les villages nordiques et

l'Administration régionale Kativik.

Insérer, après

l'article 56.1, le suivant :

56.2.

L'article 230 de cette loi est modifié par l'ajout, à la fin du paragraphe 1,

de «ou qu'une telle vérification ne fasse

partie du mandat de vérification accordé à la Commission municipale du Québec

en vertu de la

Loi sur la Commission municipale (chapitre C-35)».

Et le commentaire est

le suivant...

Le Président (M. Ouellette) :

Oui, votre commentaire, M. le ministre, je m'excuse.

M. Coiteux : Cet

amendement permet que soit exclusive la compétence de la Commission municipale

en matière de vérification des

villages nordiques.

L'article 230 permet à cinq électeurs de demander une

vérification spéciale des comptes

d'un village nordique. Il est donc modifié pour que la vérification ainsi

demandée ne puisse en être une déjà prévue au mandat de la commission.

amendement est la correspondance à la

Loi sur les villages nordiques et

l'Administration régionale Kativik mais pour les villages nordiques

seulement de celui fait par les articles 19.23 à la

Loi sur les cités et

villes.

Le Président

(M. Ouellette) : Commentaire, M. le député de René-Lévesque.

M. Ouellet :

Ce qui est bon pour le Sud est bon pour le Nord, M. le Président.

Le Président

(M. Ouellette) : Et je n'en attendais pas moins de vous. M. le

député de Blainville.

M. Laframboise : Par rapport à 230.1, là, les

cinq électeurs qui peuvent faire une demande vérification, est-ce qu'il

y a déjà eu des demandes?

M. Coiteux :

Aucune à notre connaissance.

M. Laframboise :

Aucune à votre connaissance. C'est bon. Merci.

Le Président

(M. Ouellette) : Est-ce que l'amendement introduisant 56.2 est

adopté?

Le Président (M. Ouellette) : Je suspends quelques minutes. Nous changeons de

thème, nous... Bien, nous restons dans

le thème 6, mais nous changeons de bracket, on s'en va à l'encadrement du

mandat de la Commission municipale. Et c'est à cet endroit, M. le député

de Blainville, que vous aviez signifié votre question du deux tiers.

Ça fait qu'on va

suspendre quelques minutes.

(Suspension de la séance à

16 h 19)

Le Président (M. Ouellette) : Nous reprenons nos travaux. Pour les gens qui

suivent nos travaux, nous sommes toujours sur le thème 6,

vérification dans les municipalités. Nous débutons une nouvelle rubrique qui va

s'intituler Encadrement du mandat de la Commission

municipale du Québec , sur notre

feuille de route, que vous pouvez suivre, pour ceux qui suivent nos

travaux, sur le site de l'Assemblée.

Dans un premier

temps, je vais demander à M. le ministre de nous présenter son amendement

introduisant l'article 27.6, s'il vous plaît.

M. Coiteux :

Oui. Alors, on est dans la

Loi sur la Commission municipale.

27.6

L'article 3

de la

loi sur la... Il ne manque pas un «la»? Oui. On va mettre un «la».

Le Président (M.

Ouellette) : Que nous avons rajouté à la mitaine, tout le monde.

M. Coiteux :

Oui, et que je n'avais point. Alors, je recommence :

27.6.

L'article 3 de la

Loi sur la Commission municipale (chapitre C-35)

est modifié par l'ajout, après le quatrième alinéa, du suivant :

«L'un des

vice-présidents que désigne le gouvernement est affecté aux dossiers relatifs à

la vérification des municipalités et des

organismes municipaux. En outre et malgré l'article 8 de la

Loi sur

l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des

renseignements personnels (chapitre A-2.1), ce vice-président exerce les

fonctions que cette loi confère à la

personne responsable de l'accès aux documents ou de la protection des

renseignements personnels à l'égard

des dossiers relatifs à la vérification des municipalités et des organismes

municipaux. Sont inhabiles à exercer cette

fonction les employés ou les membres du conseil d'une municipalité locale de

moins de 100 000 habitants, d'une municipalité régionale de comté ou d'une communauté métropolitaine ou qui

l'ont été au cours des quatre dernières années.»

Le Président (M.

Ouellette) : Votre commentaire.

Coiteux : Alors, en lien

avec les amendements qui suivront et qui visent à confier à la Commission

municipale les nouvelles fonctions de vérification des municipalités et

des organismes municipaux, cet amendement propose de revoir la composition de la commission afin qu'un vice-président soit

responsable de ces nouvelles fonctions de vérification. Il prévoit également une inhabilité à occuper cette

fonction pour les personnes qui sont ou ont été, au cours des quatre années précédentes, membres du conseil ou

employées d'une municipalité ou d'un organisme à l'égard duquel la

commission pourrait être appelée à exercer ses fonctions de vérification.

Le Président (M. Ouellette) : Je vous suggère, dans un premier temps, que nous

ayons une discussion sur 27.6. Et,

puisque M. le député de Blainville avait déjà annoncé qu'il soumettrait un sous-amendement,

quand nous aurons terminé notre discussion sur 27.6, je vous laisserai

votre sous-amendement, M. le député de Blainville. Donc, M. le député de René-Lévesque.

M. Ouellet : Est-ce que c'est un de plus ou on nomme... Est-ce que

c'est un vice-président de plus que la structure habituelle?

Coiteux : O.K.

C'est bon. O.K. Alors, dans la composition qui est déjà

prévue par la loi, il y a un poste qui n'est pas attitré à aucune fonction particulière, et là on viendrait

désigner ce poste-là comme étant lié aux vérifications. Donc, ça ne veut pas dire qu'il y aurait plus de vice-présidents qu'il y en

a actuellement, ça serait pareil du point de vue du nombre.

M. Ouellet : Donc, si je comprends bien, il était créé mais non efficient. Donc, la

commission travaillait avec une présidente et deux vice-présidents,

présentement ou anciennement. Parce que vous avez parlé d'une vacance d'emploi, je comprends qu'il n'était peut-être pas

comblé, mais là est-ce qu'on avait l'habitude d'avoir trois vice-présidents,

puis c'était...

Le Président (M.

Ouellette) : La réponse s'en vient, M. le député de René-Lévesque. Si

vous avez d'autres questionnements, là...

M. Ouellet :

Non, c'était...

Coiteux : Et, en attendant qu'on cherche une réponse plus exacte à la

question, je pense que ce qui est important, ici, c'est que, comme on va séparer très clairement les différentes

fonctions de la Commission municipale, il est essentiel qu'il y ait un vice-président responsable des

vérifications. Puis ensuite vont venir avec ça les séparations nécessaires pour

assurer le mur de Chine, là, entre les activités... Voilà.

Alors, ce qu'on a

dans la structure actuelle : «La commission est composée d'au plus

16 membres, dont un président et au plus trois vice-présidents, nommés par

le gouvernement.» Et ce qu'on fait ici, c'est que l'un de ces trois

vice-présidents va être coloré directement, va être désigné comme

vice-président aux vérifications.

Le Président (M. Ouellette) : Je vous ramène à l'amendement du ministre. Vous

avez le petit tableau en bas qui vous

dit ce qui a été changé dans l'article 3 et ce qui existe, effectivement,

fait état de ce que le ministre vient de nous mentionner, c'est-à-dire

un président et au plus trois vice-présidents. On l'a sur notre feuille, M. le

ministre.

M. Ouellet : Oui, ça, je l'ai compris. Je veux savoir, est-ce que la commission a

habituellement siégé avec un président ou une présidente et deux

vice-présidents?

Coiteux : Bien, pour l'instant, il y a deux vice-présidents. Est-ce

que ça a toujours été le cas? Là, il faudrait que je fasse des

recherches dans le passé, là.

Une voix :

Je ne me souviens pas d'avoir vu trois vice-présidents.

M. Coiteux :

On ne se souvient pas...

M. Ouellet :

O.K. Mais, dans la loi, on pouvait... au plus trois...

M. Coiteux :

On pourrait aller jusqu'à trois, au plus trois. Donc, on a...

M. Ouellet :

...mais de façon usuelle, à la commission, ils étaient deux plus la présidence.

M. Ouellet :

O.K., parfait.

Le Président (M.

Ouellette) : Ça va?

Le Président (M.

Ouellette) : M. le député de Blainville, pour votre questionnement sur

27.6.

M. Laframboise : Oui. Oui, là,

évidemment, j'ai bien compris qu'on rajoute un troisième vice-président, qui

était déjà permis par la loi, donc, on le colore puis on lui donne une couleur.

Cette couleur-là, on dit, bon : «L'un des vice-présidents

que désigne le gouvernement est affecté aux dossiers relatifs à la vérification

des municipalités et des organismes municipaux. En outre et malgré

l'article 8 de la loi[...], ce vice-président exerce les fonctions que

cette loi confère à la personne responsable

de l'accès aux documents...» Mais, par rapport à l'optimisation des ressources,

vous n'avez pas senti le besoin de...

Tu sais, parce que vous dites : Il est affecté à la vérification des

municipalités et des organismes.

M. Coiteux :

Dans les deux sphères, dans les deux sphères qui pourraient être de la

compétence de la Commission municipale, autant la conformité aux lois

que l'optimisation des ressources, c'est lui qui...

M. Laframboise : Donc, c'est

implicitement compris, c'est ce que vous dites, là.

Laframboise : O.K.

Évidemment, j'aurai un amendement, M. le

Président, là, pour la composition de...

mais je vais avoir...

Président (M. Ouellette) :

Vous allez avoir un sous-amendement pour la composition, mais on a une discussion

générale sur 27.6, là, présentement.

Laframboise : Oui, c'est ça.

Ça, ça me va, là, tel que c'est présenté, pour le pouvoir du troisième vice-président, je n'ai pas de problème.

Président (M. Ouellette) : O.K.

Donc, je vous entends sur votre sous-amendement que vous nous aviez annoncé il y a déjà

quelques lunes, M. le député de Blainville.

Laframboise : Merci beaucoup. Et que mon collègue de René-Lévesque me permet de déposer. Évidemment, ils ont

la parole avant moi, donc c'est sûr qu'il aurait pu le déposer, puis je le

remercie.

Le sous-amendement se lirait comme suit, sous-amendement

article 27.6, concernant l'article 3

de la

Loi sur la Commission municipale : Remplacer l'amendement 27.6

par le suivant — donc

on remplace 27.6 par :

27.6

L'article 3 de la

Loi sur Commission

municipale est modifié:

1° par la suppression, dans le premier alinéa,

de «, nommés par le gouvernement»;

2° par l'insertion, après le premier alinéa, du

suivant :

«Le président et les vice-présidents sont

nommés, sur proposition du premier ministre, par résolution de l'Assemblée

nationale approuvée par au moins les deux tiers de ses membres.»;

3° par le

remplacement, par les deuxième, troisième et quatrième alinéas, de «le

gouvernement» par «l'Assemblée nationale»;

4° par

l'ajout, après le quatrième alinéa, du suivant — qui est

le même texte qu'on avait dans ce qu'a lu le ministre :

«L'un des

vice-présidents que désigne l'Assemblée nationale est affecté aux dossiers

relatifs à la vérification des municipalités et des organismes

municipaux. En outre et malgré l'article 8 de la

Loi sur l'accès aux

documents des organismes publics et sur la

protection des renseignements personnels, ce vice-président exerce les

fonctions que cette loi confère à la

personne responsable de l'accès aux documents ou de la protection des

renseignements personnels à l'égard des dossiers relatifs à la

vérification des municipalités et des organismes municipaux. Sont inhabiles à

exercer cette fonction les employés ou les

membres du conseil d'une municipalité locale de moins de

100 000 habitants, d'une municipalité

régionale de comté ou d'une communauté métropolitaine ou qui l'ont été au cours

des quatre dernières années.»

Le Président (M. Ouellette) : Je

voudrais juste faire remarquer, M. le député de Blainville, que vous avez mentionné, au début de votre lecture, que c'était

le même que déposé par M. le ministre. M. le

ministre, c'était «l'un des vice-présidents que désigne le gouvernement», alors que dans votre sous-amendement c'est «que désigne l'Assemblée

nationale». C'est différent.

M. Laframboise : Ah non! Oui, vous

avez raison. Oui, c'est différent, vous avez raison.

Le Président (M. Ouellette) : Vos commentaires,

M. le député de Blainville.

Laframboise : Bon, vous avez

raison. D'abord, je remercie, évidemment, le service juridique, là, du ministère, là, qui nous

a aidés à rédiger cette motion.

Je vous l'ai

expliqué, M. le Président, depuis les tout débuts, j'ai un faible pour la

Commission municipale, mais je veux surtout qu'elle soit indépendante.

Si on choisit, la force de la Vérificatrice générale, c'est le fait qu'elle est

indépendante, et son indépendance vient du

fait qu'elle est nommée par les deux tiers de l'Assemblée nationale. Donc,

évidemment, par rapport à ça, donc, si on

veut confier à la Commission municipale du Québec la vérification, évidemment,

autant... on parle de la conformité des

lois, mais on parle aussi de l'optimisation des ressources, il faut que les

citoyens qui regardent l'organisme qui va faire la vérification soient

convaincus que cet organisme-là est indépendant.

Donc, la

façon, je vous dirais, juridique que l'Assemblée nationale a trouvée pour

garantir l'indépendance de ses plus

hauts fonctionnaires, évidemment, c'est la nomination aux deux tiers de

l'Assemblée nationale. Donc, ça, s'est fait pour la Vérificatrice générale. Dans ce cas-ci, on a pris la commission

des droits et libertés de la personne, qui a un président et deux vice-présidents,

donc ça se fait aussi à la commission des droits et libertés. Ça se fait à la

Commission de la fonction publique.

Évidemment,

nous, par rapport au vote aux deux tiers, vous savez qu'on a déposé un projet

de loi, le projet de loi n° 792 de mon collègue de Borduas, puis on a un

processus, mais présentement ce n'est pas ça qu'on vous soumet, là, tu sais. Quand il y aura des changements de

gouvernement, peut-être, un jour, il y aura un projet de loi... ou peut-être

un gouvernement appellera le projet de loi n° 792 de mon collègue de

Borduas, qui, lui, veut qu'il n'y ait plus qu'une personne, qu'un nom soit soumis lorsqu'on veut être capable de faire la

nomination aux deux tiers, mais ça, on n'est pas là-dedans. Là, présentement, le texte qu'on vous propose, c'est ce qui

se retrouve dans les lois actuelles, dont la loi, comme je vous disais... la commission des droits et

libertés de la personne, la Commission de la fonction publique, et donc le fait

que le premier ministre, par rapport à ça... le président et les

vice-présidents sont nommés sur proposition du premier ministre, par résolution

de l'Assemblée nationale approuvée par au moins les deux tiers de ses membres.

Donc, moi, ce

que je demanderais au ministre, c'est pour garantir au citoyen... ou s'assurer

que le citoyen ne voie pas un conflit

entre le fait que le président et les vice-présidents, dont un qui va être

affecté directement à la vérification, soient

nommés par le politique directement, donc, pour lui assurer cette indépendance puis, je vous dirais, pour qu'un jour la Commission municipale atteigne la même crédibilité auprès de la population

que la Vérificatrice générale, qui a cette crédibilité-là. Parce qu'elle, elle est nommée aux deux tiers de l'Assemblée nationale, elle a cette crédibilité-là. Donc, j'espère

qu'un jour la Commission municipale... Puis je le souhaite. Et une des façons,

bien, ce serait que la présidence et les

trois vice-présidents soient nommés... les vice-présidences, là, parce qu'il y

en a trois présentement, il pourrait s'en ajouter ou s'en enlever, mais les vice-présidents soient nommés par une

proposition du premier ministre et adoptés aux deux tiers des membres de

l'Assemblée nationale, tout simplement.

Président (M. Ouellette) :

Est-il pertinent, M. le député de Blainville, que, dans votre sous-amendement,

vous spécifiiez les trois vice-présidents... ou vous le laissez comme il

est là?

M. Laframboise : Bien là, le

président et les vice-présidents, je pense que ça les couvre tous.

Le Président (M. Ouellette) : ...de

vous le demander, M. le député de Blainville.

M. Laframboise : C'est bien.

Le Président (M. Ouellette) : M. le

député de René-Lévesque, est-ce que vous avez des commentaires sur le

sous-amendement déposé par M. le député de Blainville?

Ouellet : Oui, merci, M. le

Président. Je suis un peu au même endroit que le collègue de Blainville, à

savoir que ce qu'on a toujours essayé

de rechercher, c'était une indépendance dans les institutions. C'est ce que le

VGQ nous garantissait, d'une part, de par sa constitution. Et puis on

comprend les irritants que les élus nous ont manifestés, les différentes unions aussi, le fait que la VG relève

de l'Assemblée nationale, qu'il y ait la possibilité que les rapports soient

déposés à l'Assemblée nationale, qu'il y ait

débats ou politiques faits sur le dos des municipalités à l'Assemblée

nationale. Cette mouture pourrait

permettre, effectivement, de baisser les craintes de nos élus municipaux, à

savoir que la Commission municipale

est un organisme reconnu, expert en matière de droit municipal ou d'application

des lois municipales, et puis la nomination aux deux tiers permettrait, d'une

part, je crois, de garantir cette indépendance que les citoyens sont en mesure d'exiger. Et, je pense, ça ne vient pas

défaire un peu le, que je vous dirais... ce que le ministre cherchait à faire,

c'est-à-dire de respecter une des

dispositions de la commission Charbonneau, de rendre maintenant les

municipalités de moins de

100 000 imputables de vérification. Alors, je suis totalement d'accord

avec le plaidoyer du collègue de Blainville.

On avait déjà énoncé certaines craintes, au

salon bleu, considérant notre approbation... notre désapprobation, pardon, sur le projet de loi. Il y avait deux

enjeux majeurs, M. le Président, c'étaient la vérification des municipalités et

la protection des divulgateurs. Et, à certains endroits, certains

groupes sont venus nous présenter une voie de passage.

Alors,

aujourd'hui, je pense qu'on tend la main, les partis d'opposition, au ministre,

je pense qu'on vient de trouver une

voie de passage qui serait intéressante à regarder, parce qu'on vient de faire

apparaître une nouvelle réalité à l'intérieur de la Commission municipale, et, lorsqu'on fait apparaître cette

nouvelle réalité, on veut lui donner toute crédibilité, toute ampleur et

toute intensité. Je pense qu'il serait tout à fait opportun, à ce moment-ci, de

commencer à regarder que la commission soit

nommée aux deux tiers. Et je crois que l'ensemble des municipalités au Québec

seraient bien servies, mais surtout

les citoyens et citoyennes du Québec qui auront à avoir des rapports issus de

la gestion de leur municipalité puissent savoir que ceux et celles qui l'ont

produit, ou sous la juridiction de ceux et celles qui devaient le produire,

soient issus d'un vote aux deux tiers mais soient issus aussi d'un

processus qui permet totale indépendance.

Le Président (M. Ouellette) : M. le

ministre, sur le sous-amendement.

Coiteux : Oui, oui, bien sûr, j'ai des choses à dire sur le

sous-amendement. Je pense que mes collègues ne seront pas surpris que j'aie une vision différente. Puis je vais tâcher

de mon mieux d'expliquer pourquoi j'ai cette vision différente.

J'entends la

question sur l'indépendance, mais allons au fond des choses, là, sur cette

question d'indépendance. Puis on va

commencer par la Vérificatrice générale du Québec, et sa nécessaire

indépendance, et comment on a traité de sa nécessaire indépendance, on

va commencer comme ça.

Le gouvernement, peu

importe le parti politique qui le dirige, là, c'est indépendant de la couleur

politique du moment, puis on sait que dans

notre histoire on a eu différents partis politiques qui ont occupé ce siège,

donc oubliez le parti politique puis pensez

au gouvernement, dans nos institutions, le gouvernement doit rendre des comptes

à l'Assemblée nationale, et donc

l'Assemblée nationale questionne le gouvernement, questionne les organismes qui

sont sous la responsabilité des

ministres du gouvernement. Et donc, lorsqu'on nomme le responsable d'une

institution qui vérifie le gouvernement pour donner cette reddition de comptes

aux députés de l'Assemblée nationale, c'est

assez normal que, pour assurer cette indépendance, on s'assure que la

désignation soit faite avec un large assentiment des députés de l'Assemblée nationale. C'est pour ça qu'il y a ces nominations aux deux tiers pour un certain nombre de

responsables de grandes institutions qui d'une manière ou d'une autre contrôlent le gouvernement ou aident les parlementaires à contrôler le gouvernement. On va partir

avec ça, là, on va commencer avec ça. Après ça, j'amènerai d'autre chose.

Alors là, on parle des municipalités, on ne

parle pas du gouvernement. Lorsque le gouvernement nomme une personne

compétente pour présider la Commission municipale,

c'est pour exercer un certain nombre de rôles importants à l'égard des municipalités, mais les municipalités

n'ont pas de comptes à rendre directement aux députés de l'Assemblée nationale, ils ne sont pas... ce n'est pas le

fonctionnement même de notre système politique. Alors, pourquoi la personne

nommée par le gouvernement ne jouirait pas

de toute l'indépendance nécessaire dans l'exercice de ses fonctions de contrôle

notamment à l'égard des municipalités? Donc, c'est le premier élément.

Donc, cette

transposition du rôle de la VG puis du type de nomination de la VG à une

institution qui ne contrôle pas les

organismes du gouvernement mais les municipalités, je le dis en tout respect à

l'égard de mes collègues, elle est brisée en quelque part, là. Le

lien, il y a un bris dans ce lien-là parce qu'il n'existe pas réellement. On

est en train de transposer la réalité des institutions de contrôle du

gouvernement puis on les étend aux municipalités.

Alors, les

municipalités n'ont pas directement de comptes à rendre à l'Assemblée

nationale. Elles ont des comptes à

rendre notamment à un certain nombre de ministères, en vertu des lois qui

s'appliquent à elles, puis il y a des lois qui sont des lois municipales, puis il y a des lois de l'environnement, puis

il y a toutes sortes de lois qui font en sorte que les municipalités ont des comptes à rendre aux

différents organismes et ministères du gouvernement. Mais le gouvernement

lui-même, lui, il a des comptes à rendre aux députés

de l'Assemblée nationale. Et, les organismes de contrôle du gouvernement, logiquement, on les nomme aux deux

tiers de l'Assemblée nationale, à l'exception d'un certain nombre

d'acteurs, cependant : les juges, les directeurs de police, les responsables

de tribunaux administratifs. Ils ne sont pas nommés,

aucun d'entre eux, aux deux tiers de l'Assemblée nationale. Alors, non

seulement la transposition à la Commission municipale de ce qu'on impute comme rôle à la Vérificatrice générale,

ici, ne peut pas fonctionner, en plus, il se trouve que la Commission municipale, dans l'un de ses

rôles importants, elle exerce aussi le rôle de tribunal administratif, et on ne

nomme aucun président d'un tribunal

administratif, au Québec, aux deux tiers de l'Assemblée nationale. Donc là, on

créerait un précédent basé sur une

comparaison qui ne tient pas vraiment... Parce que les municipalités ne

viennent pas dans les commissions

pour rendre des comptes sur leur gestion aux députés de l'Assemblée nationale,

ce n'est pas là qu'elles vont.

Donc, il n'y

a pas de raison pour douter du fait que le président ou la présidente de la

Commission municipale, nommé par le

gouvernement, indépendamment du parti qui gouvernerait, par ailleurs... il n'y

a pas de raison intrinsèque pour douter de sa capacité de mener son

mandat en toute indépendance. Alors, on arrive davantage à la qualité de l'institution, à la qualité de l'institution, et

c'est là qu'évidemment le gouvernement a des comptes à rendre aux députés

de l'Assemblée nationale, est-ce qu'il

s'assure de la qualité des institutions, puis c'est là qu'il peut être

questionné. C'est clair que toutes

les institutions qui reçoivent des crédits du gouvernement impliquent que le

gouvernement a à rendre des comptes

sur la qualité de la gestion de ses institutions, et donc ça impose une

discipline au gouvernement pour faire les meilleures nominations

possible, mais ça ne l'amène pas à proposer des mécanismes de nomination aux

deux tiers de l'Assemblée nationale.

Alors, je dis tout ça puis je sais que, dans

l'esprit d'un bon nombre de nos concitoyens, on se dit : Ah oui! les deux tiers de l'Assemblée nationale, les partis

sont d'accord; s'ils sont plus d'accord, c'est bien. Oui, c'est vrai, mais

allons au fond même du fonctionnement

de nos institutions. Il n'y a ni logique ni raison pour laquelle la personne

qui préside ou les vices-présidents

de la Commission municipale devraient être nommés aux deux tiers de l'Assemblée

nationale comme le serait le

Directeur général des élections ou le serait la Vérificatrice générale du

Québec ou toute autre institution qui a des comptes à rendre aux députés de l'Assemblée nationale directement,

d'une part, en vertu de leurs fonctions, et de leurs lois, et comment elles ont été instituées, ou alors

ce sont des organismes de contrôle du gouvernement lui-même, qui a des

comptes à rendre aux députés de l'Assemblée nationale. Ce n'est pas le cas des

municipalités.

Alors, même si je fais... même si on était pré-122, même si

on était pré-122, ça ne le justifierait pas, déjà là. Puis là, en plus, on

est post-122 puis on en a ajouté une couche pour bien faire comprendre aux gens

que les municipalités ne sont

pas des organismes du gouvernement, ne sont pas des créatures de l'administration publique québécoise. On ne les considérait déjà pas comme ça

du point de vue du fonctionnement de certaines institutions, comme la

Commission municipale, mais là on devrait

être encore plus attentifs à cette réalité-là, une fois qu'on a adopté

le projet de loi n° 122.

Alors, mon

objection au sous-amendement du collègue de Blainville, là, elle est fondée. Elle n'est pas basée, là,

sur : On est d'accord,

pas d'accord, puis vous pensez comme ça, puis on pense comme ça,

puis... Non, ce n'est pas ça. Elle

est fondée. C'est vraiment une question de principe. C'est vraiment une question

de me connecter, de nous connecter, nous, du côté gouvernemental, sur

l'interprétation correcte du fonctionnement de nos institutions.

Alors, je comprends que certains puissent dire : Ah oui! c'est une bonne idée, mais,

quand on commence à creuser la bonne

idée, on s'aperçoit que c'est peut-être ce qu'on appelle parfois une fausse bonne idée.

C'est comme ça que je vois ça, en

tout respect pour le député de Blainville, parce

que je le sais, qu'il le fait dans un esprit positif, mais j'explique

pourquoi on a une objection, de notre côté.

Le Président (M.

Ouellette) : M. le député de Blainville.

Laframboise : Oui. Bien,

évidemment, vous ne serez pas surpris, M. le Président, que je ne sois pas

d'accord avec le ministre. Pourquoi? Parce que je vous l'ai dit dès le

départ, j'ai été transparent, là, moi, je ne suis pas ici pour défendre les organisations municipales, et ils le

savent, ils m'écoutent, là, je suis ici pour défendre le citoyen. Le citoyen

vient de vivre la pire... Je vous dirais, la

commission Charbonneau, là, par rapport à la réputation des villes, c'est

probablement le pire qu'auraient pu vivre les communautés, les

municipalités par rapport à leur fonctionnement.

Le ministre

dit : On est post-122, puis il faut, pour la simple et bonne raison que

122 redonnait des pouvoirs aux villes,

d'autonomie, entre autres, dans l'attribution des contrats... Puis on a

toujours dit, dans 122... D'ailleurs, c'est pourquoi on a voté contre 122. On a toujours dit qu'après

ça il devrait y avoir le contrôle, le fameux «check and balance», là, excusez

l'expression anglophone, là, mais... et ce

projet de loi là, 155, c'est justement, supposé, le contrepoids de 122. Et là

ce que le ministre nous dit... Il y a

deux partis à l'Assemblée nationale, là, il y a deux partis qui, eux, se

disent : À cause de la commission Charbonneau, il y aurait

peut-être lieu que la présidence puis les vice-présidences de la Commission municipale soient nommées aux deux tiers de

l'Assemblée nationale, dans le but de donner une meilleure image à toute

la supervision puis tout ce qu'on fait comme

travail, depuis deux ans, trois ans, pour essayer de modifier les lois pour que

ça n'arrive plus, là, ce qui s'est passé, la commission Charbonneau. Donc, il y

a deux partis, puis probablement un troisième,

là, qui est... bon, bien, qui voudraient puis qui... Moi, là, ça ne m'intéresse

pas, ça ne m'intéresse pas du tout, avoir

à nommer. Je vous le dis, là, si on était au gouvernement, ça ne m'intéresse

pas, d'avoir à nommer. Je souhaiterais que ce soit un assentiment à

l'Assemblée, de façon à garantir à la présidence de la Commission municipale et

aux vice-présidents de la commission leur

indépendance par rapport à ce que le citoyen peut penser des décisions qu'ils

vont rendre. Moi, je suis mal à

l'aise avec ça. Lui... Bon. Puis là je me retiens, là, oui, je me retiens, M.

le Président, là, je me retiens, là,

tu sais, mais il y a quand même deux partis, là, qui ne sont pas les moindres,

là, qui se disent qu'il faut donner l'indépendance

à la présidence puis à la vice-présidence de la Commission municipale. Il y a

le gouvernement qui dit : Non, on ne veut pas leur donner

l'indépendance, puis qui essaie de nous donner toutes les belles excuses.

Quand la

présidence et les deux vice-présidences de la commission des droits et libertés

de la personne sont nommés aux deux

tiers de l'Assemblée nationale, M. le Président, là, ce n'est pas des

organisations, puis ils ne desservent pas... ils desservent les citoyens. Ce n'est pas relié directement à la

fonction, au travail de l'Assemblée nationale, c'est les citoyens, puis ces gens-là sont nommés aux deux tiers

justement pour que le citoyen se sente bien protégé quand il a affaire avec la

commission des droits et libertés de la

personne. Bien, on se dit, nous : La même chose par rapport aux citoyens,

si jamais ils

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCAT 2018-02-22
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cat-41-1 journal-debats CAT-180222
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier05b6157130f3f04a80e57ef6f3ad8b2326122059

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